House Proceedings — 11 June 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-06-11
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Bon mardi. Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
Nous
débutons nos travaux avec la rubrique Déclarations de députés. Pour la première
déclaration, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
M. Tardif : Oui. Bonjour, M. le Président. Comme vous le savez, les vacances arrivent à
grands pas, et j'aimerais vous inviter, vous, ainsi que les membres de notre
Assemblée et la population du Québec, à venir visiter la belle et grande région
du Bas-Saint-Laurent, et plus particulièrement les trois MRC que je représente
dans mon comté, soit celles de Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques, bordée par le fleuve
Saint-Laurent, ce pays de lacs et de montagnes, comme
l'évoque le poète et chansonnier Gilles Vigneault, à la dimension des hommes et
des femmes qui portent ce grand territoire rural et urbain niché entre deux
chaînes de montagnes, les Laurentides au nord et les Appalaches au sud.
Alors, l'hospitalité
de nos concitoyens et de nos concitoyennes fait aussi de ce territoire une
terre d'accueil exceptionnelle, entre
autres, pour les sports de plein air, pour les nombreuses activités culturelles
et pour la qualité de sa villégiature.
Alors, venez en grand nombre refaire le plein d'énergie. Bas-Saint-Laurent, une réserve mondiale de bon temps. À bientôt!
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, M.
le Président. C'est un privilège de
me lever, ce matin, pour reconnaître la communauté philippine du Québec, fière, travaillante,
chaleureuse, loyale et très présente dans la circonscription de D'Arcy-McGee.
It's
Filipino Heritage Month, and I'm happy to salute a large delegation here with
us today, in the gallery, to commemorate the occasion with us.
I am
struck every day, as I circulate in the riding, by the faith, determination,
and good nature of my Filipino neighbors and
by their devotion to their adopted country, only matched by their continued
love of their homeland. I see their pride in watching their children,
born here, build towards a prosperous and lasting future.
dear friends from the community, you so enrich our Québec and all our Canada
with your culture, your creativity, your hard work, and your devotion to the
family.
meilleurs voeux aujourd'hui et toujours. Mahabang buhay.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci,
M. le Président. Du 27 juin au
30 juin prochain se tiendra, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, la
15e édition de Chants de vielles, un festival qui fait la part belle à la
musique traditionnelle et folklorique.
Chants de vielles a grandi et est devenu toujours plus populaire avec
les années, c'est que les organisateurs principaux, Geneviève Nadeau et Nicolas Boulerice, ont su s'entourer
d'une grande équipe pour mener ce projet de main de maître. C'est aussi parce
que les organisateurs ont su attirer
chaque année des musiciens de grand talent qui rendent hommage à leur façon aux traditions musicales québécoises.
Mais, M. le Président, si le festival Chants de vielles peut souffler cette année ses 15 bougies, c'est également parce que les organisateurs ont pu
compter année après année sur de généreux bénévoles et sur l'accueil chaleureux
des résidents de Saint-Antoine-sur-Richelieu, dont la vie, durant ce
week-end, bat au rythme du festival.
Alors,
Geneviève, Nicolas et tous les membres de votre équipe, bravo pour ces
15 années et bonne 15e édition du festival Chants de vielles!
Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la
parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. C'est un privilège pour moi de souligner le 40e anniversaire
d'ENvironnement JEUnesse, un organisme par les jeunes et pour les jeunes engagé
dans les programmes éducatifs environnementaux qui se trouve dans la
circonscription de Westmount—Saint-Louis.
ENvironnement
JEUnesse incarne l'esprit des jeunes en mettant en oeuvre des véritables
projets de réduction de l'impact
environnemental dans leurs écoles et en organisant des programmes visant à
éduquer leurs pairs sur plusieurs priorités environnementales.
L'organisme a
été une voix forte des jeunes environnementalistes du Québec. Les jeunes ont
élargi leur esprit pour présenter les
préoccupations de leur génération auprès d'institutions telles que la
Communauté métropolitaine de Montréal,
la Cour supérieure du Québec et la Conférence des parties à la convention-cadre
des États-Unis... des Nations unies,
excusez-moi, sur les changements climatiques. Je salue leur énergie, leur
compassion et leur implication au service de notre communauté.
Joyeux 40e anniversaire! Et continuez votre
bon travail.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration est pour Mme la députée de Roberval.
Mme Guillemette : Merci, M. le
Président. Donc, en mars dernier, M. Gilles Lapointe, directeur du cégep
de Saint-Félicien, a annoncé sa retraite pour la fin de la présente année
scolaire, et ce, après plus de 20 ans de service.
M. Lapointe
a débuté sa carrière comme enseignant en éducation physique. Il a été
par la suite coordonnateur de l'enseignement général, puis directeur
d'école.
En 1998, il
devient directeur des études au cégep de Saint-Félicien. En 1995, il devient
directeur de celui-ci. Son passage
est marqué par l'obtention pour le cégep du centre collégial de transfert en technologie Écofaune boréale pour la valorisation
de la fourrure nordique. Il est également un citoyen émérite, fortement impliqué et très apprécié dans
son milieu.
Je profite de la tribune qui m'est offerte aujourd'hui
pour lui souhaiter une excellente retraite. Merci, M. Lapointe.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je
cède la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci,
M. le Président. Après avoir constaté
de sérieux problèmes de moisissure, c'est en octobre 2012 que l'école
Saint-Nom-de-Jésus doit quitter ses bâtiments contaminés pour être relocalisée
dans une autre installation en dehors
du quartier. Aujourd'hui, sept cohortes d'élèves plus tard, l'école
originale a été rénovée de fond en comble et est de nouveau habitable.
Est-ce que
ces délais de rénovation auraient été aussi longs dans Outremont ou dans
Westmount? On peut se permettre d'en
douter. Mais ici je souhaite surtout célébrer le travail incroyable d'une
équipe-école et de toute une communauté,
qui a su témoigner d'une résilience et d'une ténacité hors norme pour
accompagner les familles et les enfants dans cette transition déstabilisante. En plus d'organiser ce déménagement, en 2016,
l'équipe est parvenue à ajouter un volet alternatif avec brio, à la
demande d'un comité de citoyens allumés.
Pour les
élèves de l'école Saint-Nom-de-Jésus, la rentrée scolaire de septembre prochain
se fera enfin dans notre quartier, à quelques minutes de marche de la
maison. Bon retour chez vous!
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la vie d'un homme de coeur qui a
su développer le milieu culturel de Charlevoix, M. Jacques Saint-Gelais
Tremblay.
Originaire de
Charlevoix, cet homme passionné et coloré n'a jamais eu peur de ses convictions
et idéaux. Son oeuvre comme directeur
du Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul pendant 13 ans ainsi que
son travail au sein du Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul auront
sans aucun doute marqué Charlevoix. Il a contribué à faire rayonner la région partout dans le monde
par son travail acharné et remarquable. Charlevoix lui doit beaucoup.
Amoureux d'art, de lettres et de culture, il
s'adonne aussi à l'écriture, lui qui a déjà deux livres à son actif et qui travaille continuellement à noircir la page
blanche, grâce à sa créativité abondante, et s'inspirant de ses expériences
passées.
Malgré son retrait des planches, M. Jacques
Saint-Gelais Tremblay demeurera, j'en suis convaincue, un fier ambassadeur pour
la terre qui l'a vu naître, Charlevoix. Merci, M. Saint-Gelais Tremblay.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M.
le Président. Un journaliste de ma circonscription, M. Steeve Paradis, s'est particulièrement
distingué à l'occasion des Grands Prix des
hebdos
Le directeur de
l'information du journal Le Manic a été honoré à deux reprises en remportant les honneurs dans les
catégories Affaires publiques, municipales et éducation ainsi
qu'Économie et finance.
M. Paradis
est un journaliste chevronné dans la région et participe activement à offrir
une information de qualité à nos
citoyens et citoyennes. C'est d'ailleurs un deuxième doublé consécutif aux
Grands Prix des hebdos pour M. Paradis, alors qu'il avait reçu
également deux distinctions l'année précédente.
La presse locale et régionale joue un grand rôle
dans notre système démocratique et particulièrement pour la vitalité de notre immense territoire. En ce sens,
nous avons un devoir de soutenir et de souligner tout le travail effectué
par nos médias locaux.
Au nom des
citoyens de René-Lévesque, je tiens à féliciter M. Steeve Paradis pour le
professionnalisme qu'il exerce et la reconnaissance qu'il a obtenue de
ses pairs. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, je tiens aujourd'hui à souligner les 40 ans de service de
la Télévision régionale des Moulins.
C'est le
dévouement au travail et la témérité des propriétaires ainsi que de leur équipe
qui permet à la télévision communautaire
de traverser les épreuves du temps et de grandir peu à peu, jusqu'à en devenir
un chef de file dans son domaine. De
plus, il faut souligner l'implication et la contribution immense des milliers
de bénévoles qui se sont joints aux propriétaires afin d'offrir à la
communauté lanaudoise une télévision locale à leur image et de grande qualité. TVRM se veut d'être le reflet des préoccupations
de notre communauté et est devenue par conséquent un incontournable pour
suivre le développement économique, culturel et communautaire de notre belle
région.
En terminant,
j'aimerais féliciter TVRM pour sa proximité des gens ainsi que sa programmation
variée à saveur locale. J'en profite
aussi pour leur souhaiter une bonne continuation et un joyeux 40e. Merci
beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la
parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je rends hommage à Manon Robert,
présidente fondatrice de l'épicerie fine Les Passions de Manon, que je
visite régulièrement, à Saint-Hyacinthe.
La renommée
de son commerce dépasse depuis longtemps les frontières de notre région. Les
passions de Manon ont récemment fait l'objet d'un
article élogieux sur le site
Le Monde de l'épicerie fine, qui la classe parmi les plus dynamiques au
Canada.
D'ailleurs, Mme Robert sera membre du jury du
prestigieux concours Les Épicures de l'épicerie fine qui se tiendra à
Paris le 24 juin prochain. Elle est la première et la seule Québécoise à
faire
partie de ce jury, constitué de sommités internationales. Cette reconnaissance
est pleinement méritée.
Bravo à vous, Mme Robert! Vous faites
rayonner Saint-Hyacinthe et tout le Québec. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 52)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Bon
mardi à toutes et à tous. Veuillez vous asseoir.
Mmes et MM. les
députés, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de la
secrétaire générale de la Francophonie, Son
Excellence Mme Louise Mushikiwabo, à l'occasion de sa visite officielle. Elle
est accompagnée de l'administratrice de l'Organisation internationale de la Francophonie, Mme Catherine Cano. Mme Cano.
Je souligne également
la présence de M. Pierre Michel Auger, ancien député de Champlain.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la vice-première ministre et ministre responsable de la
région de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : Merci,
M. le Président. Permettez-moi de
déposer le rapport annuel 2018-2019 de la Commission
de la capitale nationale.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
M. Julien : Oui, M.
le Président. Je dépose le rapport
annuel 2018-2019 de la Régie de l'énergie. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le
Président, je dépose le rapport
annuel de gestion 2018 de la
Commission de la construction du Québec
ainsi que le rapport actuariel du Régime québécois d'assurance parentale au
31 décembre 2018. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose les réponses du
gouvernement aux pétitions présentées en Chambre le 9 avril par le député de Saint-Jean, le 10 avril par la
députée de Repentigny, le 1er mai par la députée de Duplessis, le 2 mai par la députée de Westmount—Saint-Louis, ainsi qu'à la question inscrite au
feuilleton le 28 mai par le député de Jean-Lesage. Merci.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose le rapport du Commissaire au lobbyisme intitulé Simplicité, clarté,
pertinence, efficacité : Réforme de l'encadrement du lobbyisme,
ainsi qu'une lettre que m'a adressée le Commissaire au lobbyisme,
M. Jean-François Routhier, concernant ce rapport.
dépose également le texte de loi adopté par la 23e législature du
Parlement écolier, Loi visant à lutter contre le suremballage.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'administration publique et député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, je dépose le rapport de la Commission de
l'administration publique donnant suite aux auditions des sous-ministres
et des dirigeants d'organismes publics sur leur gestion administrative.
commission a procédé aux auditions suivantes : le
14 février 2019, audition du Vérificateur général du Québec sur son rapport annuel de gestion 2017-2018
et sur ses engagements financiers; le 28 février 2019, audition du
ministère de l'Énergie et des
Ressources naturelles et du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre
les changements climatiques, sous le
chapitre III, intitulé Terrains contaminés sous la responsabilité de
l'État, du rapport de juin 2018 du Vérificateur général du Québec; et finalement, le
5 juin 2019, audition de la Société québécoise de récupération et de
recyclage, RECYC-QUÉBEC, sous le
chapitre III du rapport de novembre 2018 du Vérificateur général du
Québec, intitulé Gestion des pneus hors d'usage.
commission s'est également réunie en séance de travail les 7, 14 et
28 février, et aussi le 28 mars, 15 mai, ainsi que le
5 juin 2019. Et ce rapport contient sept recommandations.
Président : Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la
Commission des transports et de l'environnement et députée de l'Acadie.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de
la Commission des transports et de l'environnement qui, le 11 juin 2019, a tenu des
auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet
de loi n° 26, Loi concernant le Réseau structurant de
transport en commun de la Ville de Québec.
Le Président :
Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 374 pétitionnaires.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le
projet Royalmount vise la construction d'un mégacentre commercial au
croisement des autoroutes 15 et 40,
dont les segments se retrouvant dans cette zone étaient en 2015 respectivement
les cinquième et troisième tronçons les plus congestionnés au Canada;
«Considérant
que la venue du Royalmount ajouterait de 55 000 à
70 000 déplacements automobiles quotidiens au réseau routier avoisinant, déjà saturé avec
plus de 360 000 véhicules circulant chaque jour dans l'échangeur
Décarie;
«Considérant que la
congestion additionnelle induite par ce développement aura des impacts négatifs
sur les déplacements et la qualité de vie
des citoyens [et citoyennes] des quartiers environnants et de ceux [et celles]
de la Communauté métropolitaine de Montréal qui transitent
quotidiennement dans ce secteur;
«Considérant
que les infrastructures de transport collectif sont actuellement insuffisantes
et qu'un projet de cette envergure amplifiera le problème;
«Considérant
que d'autres développements sont prévus dans ce secteur — Blue Bonnets, Namur, Le Triangle — et qu'il importe de planifier
l'aménagement et le transport avec une vision d'ensemble;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'effectuer une
analyse d'impact régional sur la congestion dans le secteur touché;
proposer conséquemment des mesures d'atténuation de la circulation incluant du
transport collectif structurant; et
«D'imposer
un moratoire sur le projet Royalmount, le temps de réaliser l'analyse et les
propositions d'atténuation.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le vote reporté
sur l'adoption du projet de loi n° 13.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et réponses orales. Je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand : Depuis son discours
inaugural, on n'entend même plus parler de la classe moyenne dans le discours
du premier ministre. On l'a vu la semaine dernière avec ses propos pour les
200 travailleurs de l'usine Velan à ville Saint-Laurent, dont les emplois sont menacés. Le premier ministre leur a
dit que c'était une bonne chose que les emplois soient délocalisés en Inde. M. le Président, je n'ai jamais vu ça d'un
chef d'État, cautionner des pertes d'emploi au profit d'un autre pays, comme
je n'ai jamais vu un premier ministre se mêler d'un conflit de travail privé.
Depuis des
mois, le premier ministre du Québec profite à chaque occasion qu'il a pour s'en
prendre aux syndiqués de l'aluminerie
ABI à Bécancour. Le syndicat de l'usine a déposé une plainte à l'Organisation
internationale du travail hier en
raison de cette ingérence du premier
ministre. Le premier ministre a dit là-dessus, l'a dit au mois d'avril : «...j'ai préféré donner mon opinion pour accélérer le
dossier. Je pense qu'actuellement le
parti qui doit faire le plus de compromis, c'est le syndicat.» Il a ainsi coupé l'herbe sous le pied de son
ministre du Travail qui travaillait sur un projet de règlement pour
résoudre le conflit qui perdure depuis maintenant 17 mois.
Pourquoi le premier ministre n'admet-il pas
qu'il a commis une erreur politique en se mêlant du dossier?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : Oui. M. le Président, je l'ai dit à plusieurs reprises, le
conflit chez ABI a duré depuis beaucoup trop longtemps. Ça fait 16 mois maintenant qu'on a 1 000 employés à
un salaire de 90 000 $ par année qui refusent l'offre de
l'employeur. Pourtant, c'est le même employeur qui s'est entendu avec ses
employés à Baie-Comeau.
Donc, j'ai
donné mon opinion. Moi, je pense que les employés devraient considérer très
sérieusement l'offre qui est là. Ça
ne nuit pas seulement aux employés, ça nuit à toute la région de la Mauricie.
On parle de 1 000 emplois, une centaine de millions de masse salariale, mais on parle de
500 millions de dollars de retombées pour les sous-contractants,
les fournisseurs, le commerce de détail de la région de la Mauricie.
Donc, M. le
Président, c'est un conflit privé. En bout de ligne, ça sera aux employés à
décider s'ils acceptent, oui ou non,
l'offre patronale. Mais j'ai dit ce que j'en pensais et je souhaite, M. le
Président, que ce conflit soit réglé le plus rapidement possible.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Votre discours, M. le
premier ministre, est très différent de ce qu'on a entendu pendant la campagne
électorale. Quand vous étiez là, en campagne
électorale, vous avez dit : Les coûts de main-d'oeuvre d'ABI sont un peu
moins élevés que les autres usines d'aluminium. C'est difficile de comprendre
pourquoi il y a un lock-out.
Donc, en
septembre, l'usine était compétitive, et maintenant les travailleurs gagnent
trop cher. Ce qui est difficile à comprendre, M. le Président, c'est le
pourquoi du changement de discours du premier ministre.
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, c'est difficile de comprendre ce que
propose le Parti libéral. On a, au Québec, un salaire moyen de 49 000 $ par année. Pour être capable de
rejoindre l'Ontario, il faudrait l'augmenter à 53 000 $. Donc,
ça veut dire que tout emploi qui est à plus
de 53 000 $, ça nous aide à augmenter la moyenne du Québec. Quand on
regarde les qualifications, quand on
regarde ce qui est demandé aux travailleurs de l'aluminerie,
90 000 $, c'est un très bon salaire. Et malheureusement, je pense, ça ne serait pas facile, pour plusieurs
des employés, de trouver un emploi comparable avec un salaire
comparable.
Le Président : En terminant.
Legault : Mais, M. le Président, j'aimerais savoir exactement :
Que propose le Parti libéral?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, vous n'avez pas... le premier ministre n'a pas levé le petit
doigt pour défendre les 275 emplois
de l'usine Dare, à Saint-Lambert, qui va fermer en 2020. Vous avez mis cette
pression-là sur les travailleurs d'ABI et vous avez salué la
délocalisation à l'usine Velan de ville Saint-Laurent.
Est-ce
que le premier ministre est le porte-parole des patrons, au Québec, ou bien
gouverne-t-il pour l'ensemble des travailleurs du Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : Oui. M. le Président, on a vu que, maintenant que le chef de
l'opposition officielle n'a plus rien à dire sur ABI, il n'a rien à
proposer, maintenant, il nous parle d'un autre conflit. M. le Président, depuis
que la CAQ est au gouvernement, le salaire moyen a augmenté plus rapidement au
Québec...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault :
...qu'en Ontario puis dans le reste du Canada. Quand les libéraux étaient au
pouvoir, l'écart...
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : ...vois pas ce qu'ils trouvent drôle là-dedans, M. le
Président. Quand les libéraux étaient au gouvernement, l'écart de salaire avec l'Ontario était à 10 %. Il
est maintenant à 8 %. On va continuer à réduire cet écart, M. le
Président...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...on va continuer de créer des emplois payants.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle. Votre
attention à tous, s'il vous plaît.
Arcand :
Bien, le premier ministre veut que je lui parle d'ABI? Je vais lui en parler
encore. L'inquiétude grimpe actuellement
chez les travailleurs et dans la région en raison des rumeurs de fermeture
d'usine. À la fin mai, le premier ministre a rencontré le grand patron
d'ABI à Washington.
Peut-il au moins
rassurer les travailleurs à l'effet qu'il n'a pas été question de délocaliser
les emplois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je l'ai dit au syndicat, je suis inquiet de la position qui est prise
par le Syndicat des métallos. Actuellement, le prix de l'aluminium est relativement bas, que ça soit Alcoa ou que ça soit d'autres
entreprises qui ont des usines à beaucoup
d'endroits dans le monde. Donc, pour moi, c'est très important
que l'usine d'ABI rouvre ses portes.
Et le Parti libéral devrait nous appuyer plutôt que d'essayer de
faire... Je vais faire attention à comment j'appelle ça, mais c'est
surprenant, pour un parti qui a déjà été un parti économique...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...de ne pas être capable de bien comprendre les enjeux économiques.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Sain-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, durant la campagne électorale, la Coalition avenir Québec a proposé une réduction des seuils d'immigration, les faisant passer de
52 000 à 40 000. Se rendant compte que le milieu économique réagissait très mal et qu'il y avait réellement
des pénuries de main-d'oeuvre, ils ont ajouté le mot «temporairement», ne
sachant pas trop ce que ça voulait dire, «temporairement». Un an, trois ans, on
ne le savait pas.
Le Président :
S'il vous plaît!
Anglade : ...ils ont décidé
de présenter un projet de loi, de réduire le nombre d'immigrants et, ô surprise,
après à peine six mois, M. le Président, on constate qu'ils réaugmentent les seuils, pour atteindre le chiffre
magique de 52 000. 52 000, c'était la proposition des
libéraux, M. le Président.
Alors,
est-ce que le ministre
de l'Immigration peut se lever en
cette Chambre et dire la seule chose qui a du sens : Nous avons été
incohérents, nous le regrettons, les libéraux avaient raison? M. le Président,
j'aimerais l'entendre.
Le Président :
S'il vous plaît! La parole n'appartient...
Le Président :
S'il vous plaît! La parole n'appartient qu'au ministre de l'Immigration. Votre
attention.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le gouvernement de la CAQ est cohérent avec ses engagements. Lors
de la dernière campagne électorale,
lors de l'été 2018, nous avions dit que nous abaissions temporairement à
40 000 immigrants par année
le nombre d'immigrants que nous accueillons. C'est ce que nous avons fait,
c'est ce que j'ai fait le 4 décembre dernier pour le plan annuel de
l'année 2019, 40 000 immigrants que nous allons accueillir cette
année.
a fait les choses dans l'ordre, M. le
Président. L'objectif du gouvernement, c'est de mieux accueillir, de mieux sélectionner, de mieux franciser et surtout de s'assurer de
l'intégration en emploi des personnes immigrantes en fonction de leurs
profils de compétence.
C'est
pour ça que j'ai déposé le projet de
loi n° 9, que le Parti libéral s'entête à ne pas vouloir adopter.
Par la suite, M. le Président, qu'est-ce qu'on a fait? Mon collègue des
Finances a consacré 146 millions de dollars par année pendant cinq ans, 730 millions, 42 %
d'augmentation du budget du ministère de l'Immigration pour mieux accompagner,
avoir un parcours d'accompagnement personnalisé pour toutes les personnes
immigrantes.
le Président, ce que j'ai déposé vendredi dernier, c'est une proposition pour
la planification pluriannuelle pour les années 2020, 2021, 2022. Un
an, c'est temporaire. Comme nous l'avions dit...
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : ...nous, on respecte nos engagements. Vous, vous
n'êtes pas habitués d'entendre ça.
Le Président :
Première complémentaire. La parole appartient à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
M. le Président, le ministre dit que sa priorité, c'est de faire avancer son
projet de loi n° 9. Pourtant,
la semaine dernière, la semaine dernière, il a passé 16 % de son temps en
commission sur le projet de loi n° 9. 84 % de son temps, là,
il l'a passé sur une autre commission.
le Président, la prochaine fois que quelqu'un vous dit qu'il y a quelque chose
de prioritaire puis qu'il consacre 16 % de son temps, j'espère que vous
allez lui dire qu'il faudrait qu'il augmente un peu ce chiffre pour avoir l'air
minimalement crédible.
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Président : S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : M. le Président, parlons-en, du projet de loi n° 9. Ça fait plus
de 47 h 28 min qu'on est en étude détaillée pour un projet de
loi de 21 articles.
Le Président :
S'il vous plaît!
Jolin-Barrette : Alors que, lorsque la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
alors qu'elle était ministre de l'Immigration,
qui a adopté une nouvelle
loi sur l'immigration qui abrogeait l'ancienne, il y
avait 125 articles dans le projet de
loi, ça a pris 23 heures, M. le Président. Alors, je ne qualifierai pas
l'attitude du Parti libéral en commission parlementaire, mais, chose certaine, il y a huit organismes
économiques, vendredi dernier, qui sont sortis, qui souhaitaient que le projet
de
loi sur l'immigration soit adopté d'ici
la fin de la session parce que, dans toutes les régions du Québec, il y a des
besoins économiques, il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : Il me semble que la candidate à la chefferie devrait comprendre ça, que
c'est important, les entreprises.
Le Président :
Deuxième complémentaire... M. le leader de l'opposition officielle.
Président : Je vais vous demander un peu de retenue et
d'attention. M. le leader de l'opposition officielle.
Le Président :
S'il vous plaît!
Proulx : M. le Président, j'ai l'impression que le premier ministre a
déteint sur son dauphin. Je lui demanderais, s'il vous plaît, de
l'appeler par son titre.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bon, M. le Président, au moins, un dauphin, c'est un mammifère, ça fait
qu'on est dans la bonne catégorie. Je
pense que, quand même, on doit s'assurer d'interpeler les députés par leurs
titres et par leurs noms de circonscription. Donc, je saurais gré au
député de Jean-Talon de me désigner comme député de Borduas.
Président : Écoutez... Non. S'il vous plaît! Alors, bon, là, on
comprend que vous vous êtes parlé, on s'appelle par son titre. Merci. La
parole appartient à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
M. le Président, combien d'amendements pensez-vous que nous avons fait adopter
dans le projet de loi n° 9, deux,
quatre, six? Un total de 10 amendements. Ça prouve le sérieux de la
démarche du Parti libéral à la commission, M. le Président.
le Président, le Parti libéral du Québec ne peut pas être tenu responsable de
l'incapacité du ministre à planifier ses travaux, à coordonner ses
activités et à livrer la marchandise.
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Le Président :
Encore une fois, silence.
Jolin-Barrette : M. le
Président, en termes de planification des travaux parlementaires, je suis assez
fier de ce qu'on a réalisé à faire
parce que la session va démontrer que le gouvernement a réussi à adopter un
nombre important de
projets de loi qui vont apporter du changement au Québec, des réformes qui
devaient être faites. Pour le projet de
loi sur l'immigration, c'est extrêmement important de l'adopter d'ici la fin de
la session. Écoutez, il y a huit organismes économiques qui demandent au
Parti libéral d'entendre raison et de faire avancer le projet de loi.
M. le
Président, l'économie, pour nous, c'est important, c'est prioritaire. Si le
Parti libéral veut laisser des entreprises et des employeurs en
difficulté, ça leur appartient. Pour nous, c'est prioritaire, et nous allons
faire en sorte...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...que le projet
de loi n° 9 soit adopté, c'est fondamental.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : Merci, M. le Président. Il s'est passé quelque chose
d'extrêmement grave, extrêmement triste, au mois d'avril, avec le décès de cette fillette de Granby. Le premier
ministre, que nous avons tous et toutes salué dans cette Chambre pour la création difficile...
l'accouchement un petit peu difficile, mais accouchement tout de même, avec un
bébé, je pense, qui va bien se
porter, je l'espère, donc pour faire une commission spéciale. Pendant ce
temps-là, la vie continue. Pendant ce
temps-là, il y a des tonnes d'enfants qui attendent sur une liste d'attente. Pendant ce temps-là, le ministre
a, depuis son arrivée, le ministre délégué à la Santé, deux rapports importants, dont un dit : On est au point
de rupture. Et c'est un document de son propre ministère.
Quand le ministre va-t-il présenter, s'il vous
plaît, un plan précis d'action pour, justement, diminuer les listes d'attente?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : M. le
Président, je remercie la députée de
Marguerite-Bourgeoys de sa question, mais on va faire les choses... on va mettre les choses au clair. Le plan dont tout le monde parle est celui des libéraux. Nous, on s'est mis en action dès le mois de janvier parce qu'après avoir lu ce plan, qui était plutôt
vague, j'ai décidé de rencontrer les DPJ pendant deux demi-journées pour décider quelles sont les priorités à
régler le plus rapidement possible. Et on a fait consensus sur un problème particulier, et je ne cesse de le
répéter, et c'est la première
partie de notre plan, c'est vraiment de
consolider les équipes, valoriser les équipes et stabiliser les emplois
au sein de la DPJ, M. le Président.
Maintenant,
nous avons réussi à faire débloquer 18 millions de dollars par le ministre
des Finances, qui n'étaient pas
prévus initialement, pour justement régler ce problème-là. Les sommes, la
semaine dernière, ont été envoyées vers les établissements pour commencer à engager 150 postes pour cette
stabilisation des équipes, M. le Président. D'ailleurs, on apprenait
là-dessus que le CIUSSS—Centre-Sud
avait affiché 50 postes.
Donc, nous
sommes en action. Nous attendons la suite pour les listes d'attente mais nous
avons déjà commencé...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...parce que nous
faisons les choses dans l'ordre, comme le premier ministre me l'a demandé.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David :
Mais le ministre confirme plusieurs choses, d'abord qu'il n'y a pas assez
d'argent. Il le dit ce matin, dans
l'article, il le déclare, ce n'est pas assez, de 18 millions. Le syndicat
a dit : Ça va en prendre 270. Puis son premier ministre a dit deux fois, avant la conférence de presse,
vous étiez là, les journalistes étaient là : Bien, écoutez, venez me
voir, la porte est grande ouverte s'il y a plus de besoins.
Quand attendez-vous pour aller sonner à la porte
du premier ministre, M. le ministre délégué?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, le premier ministre l'a dit lui-même, le jour de l'incident je
suis allé m'asseoir dans son bureau. Donc, je n'ai pas du tout attendu pour
aller sonner à sa porte. Deuxièmement, ce que l'on demande, c'est que... c'est qu'on demande à chaque établissement
de nous envoyer leur plan régional pour vider les listes d'attente. La députée devrait savoir que, d'une région à
l'autre, l'organisation est variable, les besoins sont variables, les besoins
ne sont pas
uniformes. Donc, une fois qu'on va avoir reçu ces plans-là, nous allons les
analyser comme il faut et nous allons décider
quels sont les montants alloués qui seraient nécessaires en plus de ce qui se
fait actuellement avec le 18 millions, 150 postes, qui est
déjà distribué dans toutes les régions.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : Justement, le ministre dit : «La raison pourquoi je ne
suis pas précis, c'est que le processus prend du temps.» Pendant ce temps-là, les enfants vulnérables... C'est ça, une
liste d'attente, ce sont des enfants vulnérables qui attendent. Alors, on n'a
plus le temps d'attendre. Et la porte est ouverte. Même après le drame de
Granby, le premier ministre vous a
encore ouvert la porte. S'il vous plaît, allez le voir pour avoir plus de gens,
plus de ressources, M. le ministre.
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : Non, je crois que je n'ai pas de leçons à recevoir de Mme la
députée de Marguerite-Bourgeoys là-dessus,
cependant. Non, vraiment, c'est important d'avoir les données de chaque
établissement pour décider quels sont les besoins pour régler le problème une fois
pour toutes. Il y a eu plusieurs blitz pour vider les listes d'attente qui ont
été faits dans le passé, et, chaque
fois, les listes d'attente se sont réaccumulées. Nous, on s'organise pour
régler le problème une fois pour
toutes pour tous les enfants du Québec, parce que, maintenant, c'est les
enfants en premier, M. le Président.
Le Président : Question
principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Massé : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, les travailleurs
lockoutés d'ABI et les chauffeurs du taxi ont fait front commun pour demander à la CAQ d'arrêter de prendre le parti
des multinationales contre les gens ordinaires qui travaillent fort. Ils disent que le gouvernement caquiste les a
abandonnés, que le gouvernement caquiste préfère défendre les multinationales
plutôt que leur travail honnête. Ils ont beaucoup à dire au premier ministre,
mais le premier ministre n'a pas tout à fait l'air sensible à leur
situation.
Alors, je
vais leur prêter ma voix, avec leur prise de parole de ce matin, et je les
cite : «Aujourd'hui, ce sont les gens d'ABI et les chauffeurs de taxi.
Mais demain ce sera d'autres domaines [...] d'autres travailleurs. La priorité numéro
un du gouvernement de la CAQ devrait être le
bien-être des Québécoises et des Québécois, pas des multinationales.» Ça,
c'est Kamal, du regroupement des travailleurs autonomes de taxi.
Je cite
encore : «En prenant le parti de la multinationale Alcoa de façon
répétée[...], le premier ministre a fait échouer les négociations et conforté la compagnie dans ses demandes de réduction
des emplois et des conditions de travail.» Ça, c'est Clément, d'ABI.
Ces gens-là,
ils travaillent dans des domaines différents. Certains sont nés au Québec,
d'autres sont arrivés récemment. Ils
vivent la même chose, l'abandon du premier ministre. Ils sont venus ici pour
vous dire ce matin des choses. Ils vous écoutent présentement.
Qu'est-ce que vous leur répondez, M. le premier
ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, la cheffe du deuxième groupe d'opposition
nous parle de deux dossiers, d'abord le
dossier d'ABI, où il y a une offre sur la table, à 90 000 $ par
année. Il y a beaucoup de Québécois qui aimeraient être à la place des travailleurs d'ABI. Ensuite, elle nous
parle des chauffeurs de taxi. Le gouvernement a mis sur la table 800 millions de dollars, 800 millions
qui vient de l'ensemble des contribuables, pour que chaque chauffeur de taxi se
fasse rembourser 100 % du prix
qu'il a payé pour son permis. S'il a payé 50 000 $, il va recevoir
50 000 $. S'il a payé 200 000 $, il va recevoir 200 000 %. Zéro perte. M.
le Président, de demander plus que ça aux contribuables, ça ne serait pas
équitable.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Massé : Dans le dossier du taxi, il défend Uber. Dans le dossier
d'ABI, il défend Alcoa. Dans le dossier de Velan, il défend la délocalisation. Donc, jusqu'à maintenant, depuis son
élection, le premier ministre a toujours répondu de la même façon :
les travailleurs ont toujours tort, et les multinationales ont toujours raison.
Est-ce que le premier ministre peut
m'expliquer, pour lui, c'est quoi, la différence entre un chef d'État et un
chef d'entreprise?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, est-ce que la cheffe du deuxième groupe
d'opposition parle aux jeunes, entre autres dans son comté, à Montréal? Elle semble déplorer la nouvelle approche
d'économie de partage qui permet aux consommateurs, qui permet aux consommateurs... Il
n'y a pas seulement une entreprise puis, si on a le moindrement de vision, bien, il y en aura toutes sortes,
d'entreprises qui feront de l'économie de partage pour le bien des
consommateurs, entre autres les jeunes.
Moi,
j'invite la cheffe du deuxième groupe d'opposition à aller sur le terrain, dans
son comté, de demander aux jeunes dans son comté s'ils prennent
seulement les taxis ou s'ils prennent...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...des formes, comme Uber, d'économie de partage.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Les jeunes parlent de changements climatiques, pas de gaz naturel liquéfié.
Pour le premier ministre, les salariés de Velan ne font pas assez d'argent...
Le Président :
S'il vous plaît!
Massé : ...les salariés d'ABI en font trop, puis de joindre les deux
bouts pour les chauffeurs de taxi, ça, bien, ce n'est pas bien grave. Mais il ne se scandalise jamais des salaires
des P.D.G. d'Alcoa à 13 millions, P.D.G. d'Uber — pas bien, bien une économie de
partage, ça — 45 millions.
Pour lui, ça, c'est normal.
Pour qui travaille le
premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, le premier ministre travaille pour
l'ensemble des Québécois, l'ensemble des Québécois. Mettre sur la table
800 millions de dollars durement gagnés pour rembourser le prix qui a été
payé, pour rembourser 100 % du
prix qui a été payé pour les permis de taxi... Pour qui travaille la cheffe du
deuxième groupe d'opposition? Combien veut-elle fouiller dans les poches des
Québécois? Est-ce qu'elle veut ajouter 100 millions, 200 millions,
1 milliard de plus? Au diable la dépense, c'est ça, Québec solidaire.
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, au Parti québécois, nous sommes d'avis que le
projet de
loi sur l'immigration doit être adopté d'ici vendredi pour que
le nouveau système soit opérationnel.
il y a de la résistance. Il y a de la résistance au Parti libéral, il y a de la
résistance à Québec solidaire, et il y en a aussi avec le gouvernement. On doit tous s'entendre pour adopter cette
loi, qui va l'être de toute façon. Alors, je demande évidemment aux oppositions de collaborer, mais
j'ai une demande aussi pour le gouvernement. Je lui demande d'inscrire dans la loi que les 18 000 dossiers
seront automatiquement transférés vers le nouveau système. En vertu de ces
paramètres, une entente est possible
dont tout le monde sera gagnant : le gouvernement, les oppositions, mais
surtout le Québec serait gagnant.
Est-ce
que le premier ministre est d'accord pour accepter cette proposition et adopter
le projet de loi d'ici la fin de semaine avec un compromis qui
m'apparaît raisonnable?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, ce que
le chef du troisième groupe d'opposition doit comprendre, c'est que les
18 000 dossiers qui ont été déposés, qui représentent
50 000 personnes, qu'on doit utiliser, pour choisir ou non ces personnes-là, les critères qui étaient en place au
moment où la demande a été faite, on le sait, ces critères-là ne répondent
pas aux besoins des entreprises.
Donc, ce qu'on
souhaite, c'est que, oui, ces personnes qui le souhaitent déposent leur dossier
sur le programme Arrima, et
qu'on puisse enfin prioriser les nouveaux arrivants qui répondent aux besoins
des entreprises de chacune des
régions du Québec. Pourquoi le Parti québécois s'oppose-t-il à ce qu'on change
dès maintenant le système pour choisir les nouveaux arrivants? Pourquoi
s'oppose-t-il à aider les entreprises dans les régions du Québec?
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, hier, j'étais à Montréal et j'étais présent
dans la salle lorsque le premier ministre a fait sa conférence à la Conférence
de Montréal, et il énumérait les avantages pour le Québec, pour la prospérité
et puis la stabilité de son gouvernement. Il
m'apparaît que de régler ces dossiers, ça fait
partie de la parole donnée, ça
fait
partie de l'image du Québec, et
on aurait intérêt à bien régler ces dossiers. Ça serait un bon départ, et le
système va être changé avec de nouveaux critères. On va pouvoir avancer.
Il me semble
qu'on n'est pas loin d'une entente entre les formations politiques si on peut
régler ces 18 000 dossiers, c'est une question...
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, sur l'ensemble des immigrants au Québec à
chaque année, il y en a seulement 60 % qui font
partie de ce qu'on appelle l'immigration économique. Si je
suivais la recommandation du chef du troisième groupe d'opposition de traiter
les 50 000 personnes, ça voudrait dire que ça prendrait un an et demi
avant qu'on commence à répondre aux besoins des entreprises. Qu'a-t-il contre
les entreprises, contre les entreprises de toutes les régions du Québec?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le Président, si
on affecte les ressources nécessaires, on est capables d'y arriver, on est capables de faire preuve de diligence, de traiter
les dossiers. C'est du vrai monde, c'est un dossier humanitaire. C'est des
gens qui ont choisi de venir au Québec
contribuer avec nous. Il me semble qu'on est capables d'y arriver et aussi d'avoir
un nouveau système qui respecte les besoins de main-d'oeuvre partout au Québec.
C'est la proposition que je fais au premier ministre.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Donc, M.
le Président, si je comprends bien le chef du troisième
groupe d'opposition, il nous
dit : Faites passer les 50 000 personnes avant les besoins du
marché du travail, utilisez les anciens critères, perdez un an et demi avant
de répondre aux besoins des entreprises.
m'excuse, M. le Président, ce n'est pas ce qu'on va faire. On a huit
associations patronales qui nous disent : Adoptez le projet de loi, mettez tout de suite en place le
nouveau programme, remboursez le 1 000 $ qui a été déboursé puis mettez
en place Arrima tout de suite pour répondre à notre économie.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
M. le Président, ce n'est pas parce que le premier ministre commence à parler
plus fort et répéter les mêmes
affaires que ça devient vrai pour autant. Quand qu'il parle d'économie de
partage, de quel partage on parle? Parce
qu'Uber et Amazon, la dernière fois que j'ai regardé, ils mettaient leur argent
dans les paradis fiscaux, pas dans les impôts et les poches des
Québécois. Alors, si on veut vraiment défendre les entreprises d'ici, ça prend
une stratégie numérique qui a du sens.
En ce moment, là, Oberson,
Décors Véronneau, Ricardo, ça, c'est des entreprises québécoises. En 2017, le gouvernement libéral a déposé un plan, un plan de
4,6 millions de dollars qui aidait nos entreprises québécoises à faire
le virage numérique. Et vous savez quoi? Ça
a rapporté, en ventes, 66 millions de dollars; en taxes, 6,6 millions
de dollars; en impôts, 1 million
de dollars, pour un gros montant de 73 millions de dollars. Donc, un
dollar bien investi en rapporte 16 $ dans l'économie du Québec. Ça
ne prend pas un doctorat en fiscalité pour comprendre ça.
Est-ce qu'un des ministres là-dedans va réaliser
que c'est important d'investir dans l'économie québécoise?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...juste pour
le dépôt du tableau, M. le Président, s'il vous plaît.
Le Président : Consentement
pour le dépôt du document? Consentement. M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, nous allons déposer, dans les prochains jours, le programme
renouvelé d'Investissement Québec, et le
premier objectif est de combler l'écart de productivité, ce à quoi on s'attarde
intensément depuis plusieurs mois. Et
dedans il va y avoir l'optimisation de nos procédés de fabrication et il va y
avoir la numérisation. Il y a des
sommes d'argent importantes qui ont été allouées au niveau du budget
d'opération du ministère. Il y a des sommes importantes au niveau du capital qui ont été approuvées aussi pour
pouvoir aider les sociétés à se numériser et éventuellement profiter de
l'intelligence artificielle.
Alors, je
pense que nous avons tous les ingrédients, on en a parlé déjà, pour permettre
une numérisation accrue des entreprises québécoises qui vont bénéficier,
évidemment, d'un tel support du gouvernement.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Une stratégie, ça
comprend un plan. En ce moment, il y a 25 millions de colis qui viennent
des États-Unis, 10 millions qui viennent de la Chine. Nous, c'est le
Québec d'abord.
Qu'est-ce que vous allez faire pour vous assurer
que ça soit des entreprises québécoises qui puissent faire des affaires au même pied d'égalité? Est-ce que vous
avez une stratégie fiscale pour vous assurer que les Amazon de ce monde paient leurs impôts au Québec? Est-ce que vous
allez nous donner 5 millions pour les entreprises québécoises pour faire
leurs stratèges numériques? On ne vous demande pas cinq milliards, on vous en
demande cinq.
Président : Vous aurez compris, Mme la députée, que ce
n'étaient pas des tableaux didactiques. Je demanderais à répondre au
ministre de l'Économie.
Le Président : Non, ce n'est
pas didactique, là, je m'excuse.
Le Président : Je sais que
vous aimeriez, mais ce n'était pas ça. M. le ministre de l'Économie.
Fitzgibbon : Écoutez, M. le Président, il y a plusieurs parties à la
question de la fiscalité internationale. Je pense que le G20 se préoccupe de ça, l'OCDE, alors on travaille
étroitement avec eux autres. On est la province de Québec. Moi, ce qui me concerne, au niveau du ministère de
l'Économie, nous avons les budgets appropriés pour permettre aux compagnies québécoises de passer à travers le
passage numérique en continuation à ce qui s'est fait dans le passé, et on a
même accéléré ce montant-là. Alors, la
promesse que nous pouvons faire comme gouvernement, ce que nous contrôlons,
ce n'est pas de la fiscalité internationale,
c'est de s'assurer que les compagnies québécoises bénéficient des supports du
gouvernement, ce qu'ils vont recevoir dans les prochains mois et années.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien, voyons donc!
Voyons donc! Avez-vous renoncé à la souveraineté québécoise en matière d'impôts? Ce n'est pas l'OCDE qui régit nos lois
fiscales au Québec, c'est le gouvernement du Québec. La semaine dernière,
le député ayant charge
de la stratégie numérique a dit qu'il allait donner correctement les données
québécoises. Ça, c'est un tableau, M.
le Président. Il va donner quoi là-dedans? Le nom, le numéro d'assurance
sociale, la déclaration de revenus. À
qui? À Amazon? Google? Ils ne paient pas d'impôt ici. Alors, pourquoi qu'on va
leur donner des données privilégiées et inestimables?
Avez-vous une
stratégie numérique pour les Québécois ou pas?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : Bien, merci, M. le Président. Je veux juste rappeler
à tout le monde deux concepts. Au niveau du numérique et de la taxe de
vente, c'est le concept de destination. Le Québec est un leader. Nous avons
commencé à taxer ces géants sur le numérique, et bientôt nous taxerons les
entreprises du reste du Canada.
niveau de l'impôt sur le revenu, c'est le concept d'établissement qui prévaut
dans l'ensemble du monde. Alors, c'est
là où l'entreprise réside qu'elle paie ses impôts, et, bien sûr, c'est un
problème parce que la plupart de ces entreprises sont américaines, et c'est...
Le Président :
En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...pour ça qu'on a besoin d'une solution internationale
avec le G20 et l'OCDE. Et on nous promet une réponse pour...
Le Président :
Question principale, M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Merci, M. le Président. On le sait, au Québec, en
ce moment, il y a 3 300 noms sur la liste d'attente de la protection de la jeunesse.
3 300 enfants qui attendent de l'aide, c'est énorme. C'est trop. Mais
la liste ne s'arrête pas à 3 300. On a recueilli des témoignages
auprès des gens qui travaillent dans le réseau, et ce qu'ils nous disent est choquant. Pour répondre aux exigences de rendement
qu'on exige d'eux, les intervenants de la DPJ se font confier certains dossiers sans pouvoir assurer un suivi, parfois.
Ces dossiers-là ne sont pas sur les listes d'attente. Ils ne sont pas dans la
charge de cas des intervenants. Ils sont
dans les limbes de la protection de la jeunesse. Dans le réseau, on appelle ça
des listes cachées.
Est-ce que le
ministre délégué aux Services sociaux est au courant de ces pratiques? Est-ce
qu'on peut savoir combien il y a réellement d'enfants qui attendent qu'on
s'occupe d'eux au Québec?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : Je remercie le député de sa question. Puis effectivement il
soulève un point qui est important, c'est l'intervention en amont de la DPJ.
Donc, nous, notre approche par rapport à cela, et c'est, en fait, le
projet-phare, là, pour lequel je me
suis impliqué, c'est l'amélioration des services de première ligne pour les
enfants en situation de négligence. Donc,
effectivement, beaucoup d'enfants sont référés à la DPJ, alors qu'ils n'ont pas
eu de services en première ligne, en amont
de la DPJ. C'est un petit peu la seule façon pour les enfants québécois d'avoir
des services, c'est d'être envoyé à la
DPJ. Nous, on veut faire un virage complètement à 360 là-dessus. Ça fait que
nous, on injecte 48 millions puis, à terme, 88 millions pour s'assurer que, dès que les enfants ont un besoin,
dès qu'un parent a un besoin, on va pouvoir commencer à les aider au niveau des CLSC et des services de
première ligne. Avec ceci, on va être capables de diminuer les besoins au
niveau de la DPJ. On va libérer nos intervenants et aussi libérer ces besoins
qui sont excessifs et ces listes d'attente qui sont excessives au niveau
de la DPJ. Donc, on agit en amont et au niveau de la DPJ.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Je suis content de voir que le ministre est au courant de la
situation. Je suis plus surpris de voir, par contre, qu'on n'a pas vraiment de
chiffre là-dessus. Je trouve que c'est quelque chose qui est inquiétant. Et, si
je pouvais faire une recommandation,
ce serait qu'on essaie le plus rapidement possible de savoir combien d'enfants,
en ce moment, sont sur les listes cachées en plus des listes
officielles.
une autre question. J'aimerais savoir : Est-ce qu'au ministère on a
calculé les besoins véritables, globaux pour pouvoir répondre, en ce
moment, aux besoins des intervenants de la DPJ?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : Alors, je vais répéter un peu ma réponse que je faisais à la
députée de Marguerite-Bourgeoys. Ce qu'on
a fait, c'est qu'on a rapidement demandé à tous les établissements de nous
envoyer leurs besoins pour vider ces fameuses
listes d'attente là, que l'on veut éliminer le plus rapidement possible.
Maintenant, comme je l'expliquais aussi tout à l'heure, les besoins sont différents d'un établissement à
l'autre, et ce qu'on veut, c'est vraiment résoudre les besoins de façon individuelle d'une région à l'autre.
Donc, nous attendons ces chiffres. Une fois que nous les aurons, nous allons
intervenir pour combler, en plus du 18 millions qui a déjà été versé... pour renforcer les équipes et
valoriser ces équipes qui sont déjà sur le terrain en train d'agir pour
nos enfants et qui ont nos enfants à coeur.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci. L'APTS évalue les besoins du réseau à 270 millions. Je sais que
vous êtes en train, au fond, de calculer ça. C'est ce que vous me dites.
Est-ce
qu'on peut savoir, d'une part, si vous reconnaissez que le chiffre de
270 millions est une bonne estimation approximative, et, d'une part, quand est-ce qu'on va avoir le vrai
chiffre s'il y a un échéancier qu'on peut avoir là-dessus? Merci.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, on a demandé aux établissements de nous envoyer leurs chiffres
le plus rapidement possible. Je crois
que 270 millions, sans autre évidence, ne peut être pris pour acquis. Il
faut vraiment voir comment les besoins
se déclinent, région par région, avant de pouvoir donner un vrai chiffre et
intervenir. En plus, le fait de consolider les équipes, nous croyons, va régler le problème qui était le plus
important aux yeux de la DPJ. Et, oui, je suis en contact régulièrement, je lui
ai parlé le 31 mai, à la présidente de l'APTSQ, et je la tiens au courant
de nos démarches, et elle aussi. On travaille ensemble pour régler ce
problème qui, encore une fois, nous tient à coeur, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Merci, M. le Président. M. le Président, voici les mots d'un citoyen sinistré
de Sainte-Marthe-sur-le-Lac : «Ce qui nous pend au-dessus de la
tête, c'est de tout perdre ce pour quoi on a travaillé toute notre vie.» En fin
de semaine, ils étaient plus de 200, des hommes, des femmes et des enfants, à
manifester dans les rues de cette municipalité
durement éprouvée, du monde bien ordinaire, comme pourrait les décrire la
ministre de la Sécurité publique. Ces
gens essaient de se faire entendre d'un gouvernement qui les ignore. Depuis la
rupture de la digue, leur vie est en suspens. Le programme d'indemnisation caquiste est mal adapté à leur réalité. Il
s'agit de familles qui s'étaient établies en zone non inondable et qui ont été frappées de plein
fouet par le bris de la digue. La ministre de la Sécurité publique est bien au
fait de la situation, puisqu'elle a en main ce document depuis deux semaines et
que son sous-ministre a rencontré les familles en fin de semaine et leur
a dit qu'il porterait leur message.
Peut-elle
les rassurer et leur garantir que le programme sera modifié et qu'il reflétera
la valeur de leur maison avant l'inondation?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Merci, M. le Président. Bien, merci pour la
question parce que, d'une certaine façon, c'est important, oui, d'en reparler et de témoigner à nouveau notre
sympathie à l'endroit de toutes les personnes sinistrées du Québec, M. le Président. On a déjà abordé, à plus d'une
reprise, le sort malheureux des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. La députée de l'Acadie le sait, de même que le député
de Vaudreuil. On les a rencontrés. On a rencontré un groupe représentant
ces citoyens tous ensemble. Ces citoyens ont également rencontré le personnel
du bureau du premier ministre.
Donc,
nous sommes à l'écoute. Nous sommes très au fait de la situation, je l'ai déjà
dit, mot pour mot, ici, M. le Président.
Nous sommes conscients du fait que la situation à Sainte-Marthe-sur-le-Lac est exceptionnelle et
nous devons y répondre par des moyens exceptionnels, puisqu'effectivement le programme, dans sa forme actuelle, normé, ne convient pas à l'ensemble des personnes qui ont
été touchées par les inondations cette année, raison pour laquelle je travaille sur des stratégies parallèles pour être
capable de répondre aux besoins de chacun en fonction des particularités
de la situation de chacun.
Donc, je rassure tout le monde ici, en cette Chambre, et surtout je rassure les gens de
Sainte-Marthe-sur-le-Lac, nous sommes au travail pour eux.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de l'Acadie.
St-Pierre : M. le Président, le temps presse. Les sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac doivent
prendre des décisions maintenant.
Ils veulent être relocalisés sans être endettés jusqu'au cou. Les camions
satellites sont partis, les caméras aussi, les sinistrés sont toujours
devant l'inconnu, aux prises avec ce cauchemar.
réponse simple à une question claire : À quel moment, quand ces sinistrés
verront-ils la lumière au bout du tunnel?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui. M. le Président, je l'ai dit, on est en train de travailler sur
la situation. La situation, elle est
non seulement exceptionnelle, mais elle est complexe. Le Parti libéral devrait être bien placé pour comprendre que tout ne se fait pas du jour au lendemain. Dans
leur cas, ils nous ont laissé en plus plusieurs dossiers de 2017 pas réglés,
une autre chose sur laquelle je me dois de travailler.
Donc,
il y a plusieurs choses à régler, M.
le Président, mais, je veux rassurer tout le monde, je suis en train de finaliser une
stratégie qui va me permettre de clore, une fois pour toutes, des vieux
dossiers en suspens, qui, eux aussi, démoralisent nos citoyens, en
passant. Je sais que ça ne les intéresse pas, mais c'est bon de le rappeler quand
même.
Et je travaille aussi
sur une stratégie parallèle pour la situation particulière...
Le Président :
En terminant.
Guilbault : ...et exceptionnelle des gens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui, M. le Président. Hier, j'étais avec plus de 300 sinistrés du Pontiac, et tout le monde avait une seule
question : Qu'est-ce qui s'est passé?
1er mai, tous les députés ici, en cette Chambre, ont voté pour la tenue d'une
commission scientifique sur la gestion des barrages. Mais, le même jour,
le premier ministre, lui, refusait une telle enquête. Et, depuis, plus rien.
respect pour les citoyens qui ont eu trois pieds d'eau dans la cuisine et qui
veulent juste comprendre ce qui s'est
passé, M. le Président, est-ce qu'on peut leur dire clairement : Est-ce
qu'il va y avoir, oui ou non, une commission indépendante sur la gestion
des barrages?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Bien, M. le Président, il y a un groupe d'action ministériel, comme le
sait le député de Pontiac, qui est en
train de travailler, que je préside, avec un certain nombre de mes collègues,
et il y a plusieurs questions qui doivent être abordées.
fait est, M. le Président, je sais encore une fois qu'il n'aime pas ça entendre
ça, mais la réalité, c'est qu'il y a des décisions qui ne se sont pas prises au cours des dernières années. Il y
a un laxisme qui a eu cours au cours des dernières années, si bien qu'on
se retrouve dans cette situation...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Guilbault : ...aujourd'hui, où on doit enfin mettre en place
les moyens et prendre les décisions courageuses qui s'imposent. Nous allons le faire, M. le Président, mais il faut le
faire de manière ordonnée, de manière intelligente et de manière scientifique
et rigoureuse. C'est exactement ce que nous sommes en train de faire.
Le Président :
En terminant.
Guilbault : Et, pour la
situation de Pontiac, le député sait très bien qu'on était présents hier, et
aujourd'hui, et demain...
Président : Question principale, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Comme dans de nombreux domaines, le monde de la culture et
des communications se transforme. Les modèles
d'affaires sont complètement chamboulés. La culture et les communications sont
le reflet de qui nous sommes, de
notre identité et servent de ciment à notre société. C'est pourquoi je veux
être le plus constructive possible, comme porte-parole de l'opposition,
et que je propose des solutions concrètes à des problèmes complexes.
C'est
dans cet esprit qu'on dépose aujourd'hui une motion visant à demander au
gouvernement fédéral de pouvoir percevoir
la TPS auprès des fournisseurs des services étrangers en ligne, sur le
territoire du Québec, afin de soutenir les médias d'information du Québec dans un esprit d'équité et de justice. En
pleine crise des médias de l'information, la ministre doit agir.
ministre peut-elle déposer un plan d'action d'ici vendredi à tous les
parlementaires? Car les médias, c'est l'affaire de nous tous.
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Roy : Merci, M. le Président. Je suis ravie de constater que ma
collègue de Verdun a lu la lettre ouverte qui a été publiée de ma plume, samedi dernier, qui dit justement qu'on y
travaille depuis des mois. Parce que cette réalité, le numérique, transforme actuellement toutes les
entreprises de communication, télécommunication, en fait, tout l'univers
culturel. Et c'est une réalité que d'autres gouvernements voyaient venir, mais
n'ont pas agi. Et nous agissons.
Ma collègue dit
qu'elle veut faire une motion de façon constructive. Je lui répondrai que des
actions, nous en prenons actuellement et
qu'elle défonce une porte ouverte, puisque nous travaillons actuellement à des
solutions concrètes.
D'ailleurs,
d'ailleurs, je signifie à cette Chambre ici que, les 18 et 19 juin prochains,
je serai en conférence avec les
ministres de la Culture et du Patrimoine de tout le Canada. Nous allons
justement, à nouveau, tenter de trouver des solutions viables et pas
seulement, pas seulement, M. le Président, un diachylon, puisque...
Le Président :
En terminant.
Mme Roy :
...puisque c'est une situation complexe.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Melançon : La ministre a reconnu hier que le problème, dans la
transformation des médias, c'est que, et je la cite, «les lois qui sont
fédérales n'ont pas suivi cette évolution» et que «les lois doivent être
modifiées».
c'est le cas, pourquoi la ministre n'a pas cru bon d'agir en janvier dernier,
en déposant un mémoire à Ottawa, auprès du CRTC, qui travaille justement
à revoir les lois en radio et en télédiffusion?
gouvernement caquiste a manqué une occasion de faire entendre la voix du
Québec; est-ce que la ministre peut le reconnaître enfin?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Roy : Merci, M. le Président. Effectivement, il y a eu une consultation au CRTC. C'est une consultation, on écoute les
gens. Le gouvernement travaille de gouvernement à gouvernement. Actuellement, je suis en pourparlers avec mon homologue
le ministre fédéral, M. Pablo Rodriguez, sur cette question épineuse.
soit dit en passant, il y a cette consultation, mais on n'est pas encore au stade de la révision
des lois. Et ça, c'est là qu'il
faudra agir. C'est parce que c'est ça qui sera intéressant et c'est là que
nous devrons intervenir, pas au processus de consultations. Par
ailleurs, par ailleurs, je disais justement que nous travaillons, que la députée
défonce une porte ouverte...
Le Président :
En terminant.
Roy : ...et que mes collègues
également participent à cette réflexion, le ministre des Finances et le ministre
de l'Économie.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Melançon : La ministre,
dans ses réponses, lance toujours le blâme sur le travail des oppositions
ou des gouvernements antérieurs. C'est toujours la même chose, mais,
pire encore, elle critique les travaux qui sont faits en commission parlementaire, où les gens de son propre gouvernement siègent. Aujourd'hui, je lui offre l'occasion d'aller
chercher de l'argent pour les médias de l'information du Québec. Ça, ce n'est
pas une porte qui était déjà défoncée, Mme la ministre. Est-ce que vous allez
saisir cette occasion et appuyer la motion que je dépose aujourd'hui?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Merci pour cette question. J'ai eu l'occasion d'écouter le premier ministre du Canada
hier, et le moins que l'on puisse dire, c'est
qu'il n'a pas l'air pressé de bouger sur ce dossier. Alors, j'ai constaté, dans
le budget fédéral, qu'il
y avait une aide, et les parties
prenantes de l'industrie nous ont dit que cette aide était
insuffisante.
Suite à cette information,
nous poursuivons notre travail pour voir de quelle façon nous pouvons aider
cette importante industrie, et j'aimerais rappeler à tout le monde que nous avons déjà un crédit
d'impôt pour la transformation numérique, qui est très
apprécié et qui est du même ordre de grandeur que l'effort que le fédéral
vient de faire. Alors, nous regardons...
Le Président :
En terminant.
Girard (Groulx) : ...pour
faire des efforts supplémentaires, mais dans le contexte de l'équité pour l'ensemble des contribuables.
Le Président :
Question principale, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
M. le Président. Le 27 mars dernier, le coroner a déposé son rapport sur
la mort tragique d'Athéna Gervais,
décédée une année plus tôt, après avoir consommé au moins une cannette de Fckd
Up, une boisson sucrée à forte teneur d'alcool.
Certaines
mesures ont été mises en place, M. le
Président, mais il est nécessaire et surtout urgent, et maintenant,
de repousser sa limite. La saison estivale
est à nos portes, et le temps des bals des finissants, pour ces étudiants,
commence dans quelques
jours. Le 28 mars dernier, nous avons interpelé la ministre de la Sécurité publique afin qu'elle mette en oeuvre une campagne de sensibilisation. La réponse
de la ministre : un comité. Plus de deux mois se sont écoulés, M. le Président, depuis cette intervention. Un comité, ce
n'est pas suffisant. Une campagne de sensibilisation, on n'a plus le
temps, M. le Président.
question est fort simple : Quelles sont les actions qu'elle
va poser maintenant afin de protéger nos enfants?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Effectivement, c'est une question très sérieuse, et je
me souviens très bien de la question du député
de Viau, qui était très pertinente. Et, encore aujourd'hui, je veux l'assurer
de tout le sérieux que nous mettons à
travailler sur cette question-là. Comme le député le sait, les boissons de type
Fckd Up, la vente est déjà interdite
à plusieurs endroits. Donc, il y a déjà un bon pas qui a été fait dans la bonne
direction. La consommation... c'est-à-dire la proportion d'alcool dans
les boissons aussi a été limitée depuis. Parce qu'il faut comprendre qu'il y a beaucoup de pouvoirs et de devoirs qui incombent
au gouvernement fédéral en cette matière. Heureusement, le gouvernement fédéral a agi encore récemment pour limiter encore
davantage la proportion d'alcool dans ces boissons, qui sont malheureusement
très populaires chez nos jeunes.
Mais,
vous le dites, et c'est dans le discours ambiant aussi — ça, c'est une bonne chose — effectivement, les bals de finissants, l'été s'en vient, l'effervescence
caractéristique de l'été aussi. Alors, nous mettons en place tous les moyens.
Nous maintenons les discussions. Le comité
dont je parlais, de la RACJ, la Régie des alcools, des courses et des jeux,
se penche sur un certain nombre de questions, notamment en rapport avec la
consommation d'alcool. Et je peux vous assurer
que nous arriverons très bientôt avec des décisions et des mesures bien
concrètes, notamment pour le bien-être de nos jeunes.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci de votre
collaboration.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, tel qu'annoncé précédemment,
nous allons maintenant procéder au
vote reporté sur la motion du ministre des Finances proposant l'adoption du
projet de loi n° 13, Loi modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du Québec et d'autres dispositions législatives.
Et que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson
(Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe
(Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères),
M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Pardon. Pour. Pardon, excusez-moi.
La Secrétaire adjointe : M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Ouellette
(Chomedey).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau), M. Zanetti
(Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Y a-t-il des abstentions? Alors, pour le
résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 96
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée, et, en
conséquence, le projet de loi n° 13 est adopté.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et du consentement
accordé lors de la séance du 6 juin dernier afin de permettre au groupe
formant le gouvernement et la deuxième opposition d'inverser l'ordre de leurs
motions, je vais reconnaître M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante conjointement avec la ministre de la Justice, le
député de LaFontaine, la députée de Joliette, la députée de
Marie-Victorin et le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale condamne les "thérapies de conversion" qui
visent à changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une
personne;
«Qu'elle
reconnaisse que ces "thérapies" sont dommageables pour la santé
mentale des personnes qui les suivent et qu'elles briment leurs droits;
«Que
l'Assemblée nationale demande à la ministre de la Justice de prendre les
mesures nécessaires pour empêcher les "thérapies de
conversion", comme cela a été fait dans d'autres législations
canadiennes.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Pour la prochaine
motion, je vais reconnaître Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée
de Taschereau, le député de
Rimouski, le député
de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse l'urgence d'agir face à la crise qui sévit dans les
médias;
«Qu'elle
rappelle que le Québec occupe sa compétence en matière de taxation des
fournisseurs de services étrangers en ligne;
«Qu'elle
souligne l'absence de volonté du gouvernement fédéral d'occuper sa propre compétence
en la matière;
«Qu'elle
demande au gouvernement fédéral de percevoir la TPS sur son territoire, auprès
de ces fournisseurs, dans le but notamment de soutenir les médias
d'information québécois, qu'ils soient nationaux, régionaux ou locaux.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente, je vais vous demander un vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, nous
allons procéder à un vote par appel nominal. Et que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre
(Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine),
Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Jolin-Barrette
(Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé
(Châteauguay), M. Girard (Groulx), M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),
Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque
(Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe
(Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx
(Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), M. Caron
(Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon
(Joliette), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des députés contre cette motion? Ou des abstentions?
Secrétaire adjointe : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Pour le résultat du vote, M.
le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 112
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, c'est très bien. La motion est adoptée.
Alors, pour la prochaine motion, je vais
reconnaître un membre du groupe formant le gouvernement...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! Et ce sera
Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Girault :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de cette Assemblée pour
déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, la députée de Taschereau, le
député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne avec fierté la première visite officielle au
Québec de la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie, Son
Excellence Mme Louise Mushikiwabo;
«Qu'elle réaffirme son attachement envers l'Organisation internationale de la Francophonie qui célébrera son
cinquantième anniversaire à Tunis à l'occasion du XVIIIe Sommet de la
Francophonie;
«Qu'elle réitère l'engagement du gouvernement du
Québec envers la langue française, le coeur de l'identité québécoise, propice
aux [changements] et à l'enrichissement mutuel des États membres de l'OIF;
«Qu'elle
apporte son appui à la nouvelle secrétaire générale dans sa volonté de
moderniser l'OIF, de la rendre plus transparente et plus efficace aux
yeux des populations;
«Qu'elle
confirme la volonté du Québec de travailler en appui aux objectifs de la
nouvelle secrétaire générale de l'OIF, notamment en matière d'éducation,
de formation, de jeunesse, d'égalité [homme-femme] et d'économie;
«Qu'elle affirme son soutien ferme à
la réussite du mandat de la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre. Alors, je me
dois de demander s'il y a consentement pour débattre de cette motion.
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Pour la prochaine
motion sans préavis, je vais céder la parole à M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques, de la députée
de Maurice-Richard, la députée de Mercier, le député de Chomedey et
la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige que le Conseil de gestion du Fonds vert et le
ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques agissent avec toute la transparence nécessaire afin de permettre au
Commissaire au développement durable de
poursuivre son travail d'évaluation complète de la mise en oeuvre de la réforme
du Fonds vert dès la rentrée parlementaire d'automne 2019; et
«Que cette motion
soit un ordre de l'Assemblée nationale.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Jonquière. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion... M. le
leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet :
Merci, Mme la Présidente. On demande le vote par appel nominal, s'il vous
plaît.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous avons une demande de vote par appel
nominal. Et maintenant je vais inviter les députés qui sont en faveur de
cette motion... je les invite à se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon
(Joliette), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay
(Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Julien (Charlesbourg),
M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette
(Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon
(Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des députés contre cette motion? Des abstentions?
Alors, pour le résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 111
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions,
et je vais céder la parole à M. le
leader adjoint du gouvernement... et
à demander aux membres qui doivent quitter le salon bleu de le faire en silence.
M. le leader adjoint.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 21,
Loi sur la laïcité de l'État, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures, et ce soir, de 19 h 30 à 21 h 30, à la
salle du Conseil législatif;
La Commission
de la santé et des services sociaux poursuivra quant à elle l'étude détaillée
du projet de loi n° 2, Loi
resserrant l'encadrement du cannabis, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 18 heures, et ce soir, de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Voilà, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Un peu de
silence, s'il vous plaît!
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, et je vais céder la parole à M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente, c'est pour un renseignement, s'il vous plaît,
concernant le projet de loi n° 23. Il a été discuté, dans les échanges avec le cabinet du leader du
gouvernement, de la possibilité que ce projet-là soit appelé aujourd'hui au salon bleu, préoccupation, Mme la
Présidente, et information que nous avons transmises au cabinet du leader du
gouvernement, et je suis en attente d'une réponse.
Mme la
Présidente, notre porte-parole à l'égard du projet de loi n° 23 est
également le porte-parole sur le projet de loi n° 26. Il siège sur ce projet de loi où il y a une entente
particulière avec le ministre des Transports. Alors, dans ce contexte, Mme la Présidente, la demande que je
réitère de vive voix auprès du leader du gouvernement est la suivante :
Est-ce possible de ne pas appeler le
principe du projet de loi n° 23 alors que nous sommes sur le projet de loi
n° 26? Nous avons une entente
pour convenir d'aménagements pour permettre au ministre, notamment, de répondre
à certaines de ses activités, pour
pouvoir convenir ensemble que le projet de loi n° 26, Mme la Présidente,
puisse être adopté d'ici la fin de la présente session.
Alors, le
député de La Pinière, qui est également le porte-parole ici en affaires...
et du Conseil du trésor, Mme la Présidente,
va prendre le temps qui lui appartient pour pouvoir répondre dans ce projet de
loi, veut être présent, comme l'ensemble des parlementaires veulent le
faire lorsqu'ils font ce travail sérieusement à l'étude sur le principe.
Et je vous
rappelle, Mme la Présidente, qu'il y a une décision qui a été rendue le
21 février dernier par la présidence qui citait justement, Mme la Présidente, cette situation, qui faisait
état de cette difficulté que nous avons, lorsque nous sommes dans
l'opposition, pour faire ce travail correctement et qu'il n'est pas
souhaitable, Mme la Présidente, de se retrouver
avec un conflit dans deux endroits en même temps. Dans certains cas, Mme la
Présidente, il avait été proposé
de faire des aménagements pour suspendre à un endroit pour venir faire le
travail dans l'autre.
Dans ce
cas-ci, Mme la Présidente, ce n'est pas possible. Nous sommes déjà dans une voie accélérée dans le cadre du projet de loi n° 26. Alors, ce que je
demande, Mme la Présidente, c'est un peu de considération dans ce contexte-là
pour ne pas appeler le projet de loi n° 23 en même
temps que nous siégeons sur le projet de loi n° 26. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Je vous remercie, M. le
leader de l'opposition officielle. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Écoutez, dans l'horaire
des travaux aujourd'hui, on commence par le 26 au salon bleu, par la suite il y
aura le projet de loi n° 5, et par la suite le 23. On est face à une
situation où le député de
La Pinière est porte-parole de son parti pour une multitude de sujets sur
énormément de projets de loi. Alors, vous savez, il faut que le
Parlement avance, il faut que le Parlement fonctionne. Je suis sensible aux
arguments soulevés par le collègue de
l'opposition officielle. Cela étant dit, on fait notre maximum, mais il faut
aussi que la Chambre avance et il faut que
les projets de loi soient étudiés. Et donc, lorsque c'est possible de le faire,
on le fait. Cela étant dit, il faut que le salon bleu procède.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente. Dans ce cas-ci, c'est possible. Nous sommes dans une
voie accélérée dans le projet de loi
n° 26. C'est un choix que nous avons fait. Le député de La Pinière
est porte-parole des affaires touchant le
Conseil du trésor et en transport. Et, dans ce contexte-ci, Mme la Présidente,
il est possible de faire le principe à un autre moment parce que nous savons déjà que le gros du travail sur le
projet de loi n° 26 sera complété pour demain en grande partie,
puisque c'est dans l'ordre des choses. Nous avons eu cette discussion ici, à
l'Assemblée nationale.
Alors, je ne voudrais
pas, Mme la Présidente, qu'on laisse sous-entendre que c'est de la faute du
porte-parole et député de La Pinière
alors que le leader est très au fait de ce que c'est, être très occupé et
d'encombrer les travaux de la Chambre.
Il est lui-même leader et porte-parole de deux dossiers, pris, d'ici la fin de
la session, de siéger abondamment sur les différents projets.
Alors, ce que je
demande, c'est un accommodement pour lui permettre de faire son travail
correctement. Et sincèrement, Mme la
Présidente, le projet de loi n° 26, là, a de fortes chances — c'est la discussion qu'on a eue ensemble
et notre engagement — d'être adopté. Le projet de loi n° 23,
Mme la Présidente, ne le sera pas, vraisemblablement. Nous ne sommes
qu'à l'étape du principe et il ne reste que trois ou quatre jours à notre
session régulière.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader de l'opposition
officielle.
Alors, ceci met fin à
la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, puisque, M. le
leader du gouvernement, vous ne souhaitez pas intervenir. C'est très bien.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et je vais céder la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, Mme la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article 6
du feuilleton pour débuter nos travaux.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : À l'article 6 du feuilleton, M. le
ministre des Transports propose l'adoption
du principe du projet de loi n° 26, Loi concernant le Réseau structurant
de transport en commun de la Ville de Québec.
Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 236 du règlement prévoyant
que le débat sur l'adoption du principe est inscrit aux affaires du jour de la séance suivant soit sa
présentation soit le rapport de la commission? Y a-t-il consentement?
Des voix :
Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Consentement. Maintenant, M. le ministre des
Transports, je vous cède la parole.
M. Bonnardel :
Merci, c'est trop gentil, là. Mme la Présidente, merci. Écoutez, je serai quand
même bref. Le projet de loi
n° 26 est un projet de loi qui était attendu par plusieurs, à la ville de
Québec. Vous comprendrez, c'est le projet de réseau structurant qui a été annoncé par le maire Labeaume voilà
quelques mois déjà. Certains, du côté de l'opposition, ou certains détracteurs à Québec croyaient que
nous n'étions pas sérieux dans notre démarche à savoir si, oui ou non, nous
allions pousser ce projet pour voir se
concrétiser ce réseau structurant, ce tramway, trambus, et autres. Bien, oui.
Le projet de loi a été déposé, et,
avec l'accord, nécessairement, des oppositions, vous comprendrez que je pense
qu'on travaille... on va travailler de façon unanime pour être capables
d'adopter ce projet de loi d'ici vendredi prochain.
C'est un projet de loi qui est un peu un copier-coller
du projet de loi qui avait été déposé par l'ancien gouvernement pour mettre en
place, encore une fois, donc, la gouvernance du Réseau électrique
métropolitain, du REM, à Montréal. Donc, dans ces conditions, on donne pleins pouvoirs à la ville de Québec pour
mettre en application, donc, les règles d'expropriation, majoritairement. Oui, vous comprendrez que, dans
un projet aussi important que celui-là, la ville devra exproprier. Les
gens auront la possibilité de contester, nécessairement, la valeur comme telle
définie de gré à gré entre la ville et les propriétaires,
qu'ils soient commerciaux, propriétaires de terrains ou résidentiels. Donc,
dans ces conditions, les gens auront, dans
une certaine mesure, la capacité de se défendre ou d'aller... pas en arbitrage,
ce n'est pas le bon mot, mais de contester, contester cette valeur,
donc, qui sera définie par la ville de Québec.
réseau structurant, rapidement, Mme la Présidente, c'est un réseau, donc, de
23 kilomètres de tramway, c'est un
trambus, deux nouveaux circuits Métrobus, de nouvelles voies réservées, quatre
pôles d'échange, des stations, abris sécuritaires,
des liens mécaniques entre la Basse et la Haute-Ville ainsi que sept parcobus,
stationnements incitatifs aussi.
point intéressant que nous avions demandé à l'époque où nous étions dans
l'opposition, c'est le contenu local. Quand
on parle de contenu local, bien, c'est le contenu canadien. Je me souviens, à
l'époque, j'avais posé d'innombrables questions au gouvernement de
l'époque sur la construction du REM, pourquoi on n'avait pas demandé un contenu
minimal de 25 %. L'ancien gouvernement
avait toujours refusé, tout comme la Caisse de dépôt, d'obtempérer et d'assurer,
donc, un contenu canadien. Donc, vous
comprendrez qu'on se réjouit, encore une fois, donc... le fait de mettre dans
cette loi ce 25 %, que la ville
de Québec décide d'aller de l'avant pour assurer, donc, dans ce contrat, qu'il
y ait 25 % de contenu canadien. Dans ces conditions, on respecte
aussi les accords de commerce avec l'Europe.
nécessairement on a reçu ce matin la Ville de Québec, le RTC et Bombardier, de
courtes consultations pour, bon,
mesurer les tenants et aboutissants de cette loi. Et je pense que tout le monde
en convient qu'autant du côté de la ville, qui va prendre la gestion totale de ce projet et qui va, parce que la
loi le mentionne, par la suite céder, donc, tous les actifs pour que
l'opération se fasse par le RTC... Alors, c'est une procédure un peu
particulière, mais normale dans les circonstances
maintenant pour donner pleins pouvoirs à Québec pour aller de l'avant avec son
équipe complète, qui sera mise à profit, donc, pour ce projet.
Alors,
encore une fois, nécessairement, ce projet, je l'ai mentionné, est important
pour notre gouvernement parce que
j'ai souvent mentionné que, quand on veut changer le comportement des gens et
leur dire : Bien, vous utilisez votre véhicule, vous êtes un des facteurs de l'auto solo, bien, il faut donner
des incitatifs à la population, usagers. Des incitatifs, bien, pour moi, il y a trois points toujours
importants, c'est la durée, le coût et le confort. Si on dit un jour à
l'automobiliste : Bien, on vous
donne la possibilité de partir du point a au point b ce matin, vous laissez votre
voiture à la maison, vous embarquez
dans un bus, un trambus, le tramway par la suite, bien, nécessairement, cette
personne va calculer le temps, le coût
et le confort. Et c'est ce défi qu'on a à gagner, à réussir avec le temps si on
veut changer ces comportements de la population. Donc, je reste
persuadé...
les statistiques... En tout cas, le défi que le RTC et la ville de Québec se
donnent, c'est d'augmenter de 30 % l'achalandage le jour où le
réseau structurant ira de l'avant, à partir de 2026. C'est des statistiques,
des pourcentages intéressants, nécessairement un nombre de véhicules qui sera
réduit sur le réseau supérieur et municipal de la ville de Québec. Donc, vous
comprendrez que cela rentre en ligne de compte pour la réduction des gaz à effet
de serre.
boucle aussi, que j'ai souvent mentionnée, entre la portion ouest, de la tête
des ponts, à partir du projet du Phare, où il y aura nécessairement, un jour,
une connexion entre le réseau de transport de Lévis et la ville de Québec.
On a mis en place une sorte de partenariat
avec les deux villes, avec les deux sociétés de transport pour trouver, encore
une fois, pas juste un concept, mais maximiser la fluidité, les fréquences, les
connexions pour les deux réseaux. Et nécessairement, pour la portion de l'est,
vous comprendrez, avec le futur troisième lien, bien, il sera important aussi, à partir de D'Estimauville, qu'on puisse se
connecter avec ce troisième lien pour assurer une boucle. Encore une fois, si
on veut changer le comportement des gens,
il faut être capables d'avoir une vision à long terme et de se dire qu'avec
cette boucle on pourra amener les
gens à voyager que ce soit de l'est à l'est, de l'ouest à l'ouest, pour amener
encore une fois la population à utiliser le transport en commun.
Donc,
je crois, encore une fois, que c'est un projet immensément important, qui a de
la vision. Encore une fois, ce projet,
en 2050, 2060, on en parlera encore. Je reste persuadé que la capitale mérite
un projet structurant aussi important que
celui-ci. Et je reste persuadé aussi que les oppositions... On ira en étude
détaillée si l'adoption du principe est adoptée d'ici 18 heures pour être capable de faire avancer, donc, le peu
d'articles que nous avons dans cette loi. Mais, encore une fois, s'il y a matière à amélioration, à
amendement pour certains articles, il me fera plaisir d'y remédier si cela va
de soi, nécessairement.
Donc, dans les
circonstances, je remercie les oppositions d'accepter rapidement de prendre en
considération, donc, l'importance de cette
loi, du principe et, nécessairement, l'étude détaillée par la suite et de
l'adopter d'ici la fin de cette session. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
ministre des Transports. Et maintenant je cède la parole à M. le député
de La Pinière.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, c'est toujours intéressant de voir, au gouvernement,
qu'on s'applaudit avant et après les
prestations de principe... sur l'adoption de principe. C'est un enthousiasme
débordant. À un moment donné, on peut
se demander si trop, ce n'est pas comme pas assez. Mais manifestement la
question ne s'est pas posée encore.
Mais je vais aborder mon commentaire, Mme la
Présidente, sous l'angle de l'échange que les deux leaders viennent d'avoir. Là, on a deux leaders qui
viennent d'avoir... le nôtre, à l'opposition officielle, le leur, au
gouvernement, sur
un élément très simple. La question qui a été posée par mon collègue le leader
était simple : Est-ce qu'on peut s'assurer de ne pas appeler deux projets de loi en même temps, puisque je suis
porte-parole sur les dossiers? Et on a constaté qu'il n'y avait pas eu
d'entente formelle à cet égard-là. J'en suis extrêmement étonné.
J'ai
même entendu, hors micro, le leader du gouvernement évoquer le fait que j'en
aurais trop, alors que le leader a
actuellement deux immenses projets de loi qui l'occupent presque à temps plein,
le projet de
loi sur la laïcité et le projet de
loi sur l'immigration, et il est leader en plus. Alors, je pourrais
dire qu'au moment où on se parle, à l'exception du premier ministre et du chef de l'opposition officielle,
les deux personnes qui sont... ou peut-être même la personne qui a le plus
d'ouvrage, là, c'est le leader de l'opposition officielle... je m'excuse, du
gouvernement, Mme la Présidente.
Alors,
moi, je peux vous dire une chose, là, et j'en suis convaincu, je n'en ai pas
discuté avec mon collègue parce que
vous avez vu qu'il a dû quitter, là, c'est tout à fait normal, si j'avais eu
cette demande-là, j'en suis convaincu que mon collègue le leader de l'opposition officielle aurait acquiescé à la
demande par courtoisie. Pas que ça me dérange, Mme la Présidente, d'aucune manière, là, absolument pas,
mais, sur le principe d'un aménagement si simple, si véniel, il me semble
qu'à la CAQ on aurait dû consentir parce qu'il n'y a pas d'enjeu.
Pourquoi
il n'y a pas d'enjeu, Mme la Présidente? Parce que, lundi dernier, on a eu un
échange du même type mais à propos du
projet de loi dont nous débattons le principe au moment où on se parle, le 26,
et le leader du gouvernement a littéralement menacé l'opposition officielle, en
fait toutes les oppositions, de faire comme il dit, sinon il ne le
rappellerait pas. Moi, je me rappelle des
mots qui ont été prononcés, là : L'étude détaillée doit se terminer avant
mercredi 17 heures, sinon...
alors que nous avions préalablement donné... les trois oppositions, nous avions
clairement exprimé notre accord sur, un,
la nécessité de faire avancer le projet de loi et, deux, nous avions
formellement, au micro et hors micro, informé le leader du gouvernement que, oui, le projet de loi allait passer les
étapes normales, être terminé, pour ce qui est de l'étude, avant mercredi
17 heures, qui est une date butoir pour le ministre des Transports pour
des raisons qui ne sont pas d'ordre politique, et que ça allait se
faire. Et, malgré tout, on a eu des menaces.
fais ce préambule-là, Mme la Présidente, puis je vais continuer parce que j'ai
appris aujourd'hui d'une source très
sûre, très, très, très sûre, Mme la Présidente, que ce projet de loi là est
écrit depuis février. Il est écrit depuis février et il a été déposé en Chambre, ici, le 30 mai,
ça ne fait même pas, Mme la Présidente, deux semaines. Alors, pourquoi un
projet de loi, de l'aveu même du ministre,
qui est si simple, là, en soi, il y a quelques articles qui traitent tous, sauf
un, essentiellement, du même sujet... pourquoi le projet de loi est-il
déposé comme ça à la dernière minute? Et pourquoi y a-t-il des pressions effectuées par la
partie gouvernementale pour que
le projet de loi soit adopté à une si grande vitesse? On connaît la raison pour ce qui est du mercredi à
17 heures. On la connaît. Mais comment ça se fait que ça arrive comme
ça à la fin? Comment ça se fait? Est-ce que c'est pour des raisons
administratives? Est-ce que c'est pour des raisons politiques? Est-ce que c'est pour des raisons partisanes? L'ensemble de
toutes ces possibilités-là? Bien, posons-nous la question parce qu'il y
en a une réponse à ça, Mme la Présidente.
le projet de loi était écrit en février, et ma source est absolument fiable,
bien je pense qu'on s'est réservé ce projet
de loi là pour la fin, pour une espèce de jeu parlementaire bien inutile,
certainement bien désagréable. Pour
faire quoi au bout de la ligne, là? Pour avoir des applaudissements? Pour
pouvoir avoir un vote au salon bleu avec, là aussi, des applaudissements? Pour gérer et se servir de
ça comme monnaie d'échange? Je trouve ça déplorable, Mme la Présidente, parce que je pense que c'est de ça qu'il en retourne ici,
là. Les projets de loi servent de
monnaie d'échange dans des travaux parlementaires
confus, j'insiste, où l'étude des projets de loi est en collision perpétuelle,
où on apprend la veille à 11 heures que, le lendemain, le projet de loi qu'on devait étudier, bien, on le
tasse pour en étudier un autre comme on l'a... Moi, ça ne me dérange pas, Mme la Présidente. Je peux
discuter de n'importe quel sujet pendant des heures. Mais c'est ça qu'on
a vécu dans les quatre derniers jours.
Alors,
on nous appelle sur un projet de loi pour lequel il n'y a absolument aucune
urgence. Pourquoi qu'il n'y a pas d'urgence? Parce qu'il n'y a même pas
de budget associé au projet en question, qui est le projet de loi n° 14,
projet de loi n° 14 qu'on devait
traiter le jeudi et le vendredi. Jeudi, on passe la journée entière, matin,
midi, soir, sur le projet de loi. Ça
devait continuer le lendemain. 22 h 45 la veille, on apprend que, le
lendemain, on va parler d'un autre projet de loi, projet de loi qui n'est pas urgent non plus, mais
un autre projet de loi. Et, après ça, est-ce qu'on revient avec le même projet,
un des deux, le lundi suivant? Non. Là, ça va être le n° 17, le lundi, et
ça va être le n° 26, le mardi et mercredi.
n° 26 dont on parle actuellement, là, c'est difficile à suivre pour les
gens qui nous écoutent. Puis je tiens à les rassurer, c'est difficile à suivre pour nous autres parce qu'il n'y a
pas de cohérence, il n'y a pas de fil conducteur. Il y a une espèce d'échiquier. On place les pièces comme ça,
là, puis on se dit : Bon, bien, qu'est-ce qu'on va faire, là, actuellement
pour faire avancer un pour avoir l'air de
faire avancer, pouvoir dire que c'est l'opposition qui nous ralentit? Puis ce
genre de jeu là qui ne sert absolument à rien, ne sert absolument à
rien.
projet de loi n° 26, Mme la Présidente, compte tenu de la non-urgence du projet
de loi n° 14, compte tenu de la non-urgence du projet de loi
n° 27, on aurait pu commencer l'étude... évidemment, je l'ai dit en
février, mais on a commencé aujourd'hui. On aurait pu commencer jeudi. Je vais
même vous dire une chose, Mme la Présidente, il est tellement court ce projet de loi là, il y a tellement peu d'enjeux qu'on
aurait probablement pu l'adopter la semaine dernière et le terminer
aujourd'hui, puis là il y aurait eu encore une fois des beaux applaudissements.
C'est
là où on en est, là. Alors, il y a une espèce de jeu pas vraiment inutile qui
se passe... pas vraiment utile, pardon, qui est totalement inutile, une espèce de jeu parlementaire, là, qui
n'est pas à l'honneur de l'Assemblée nationale puis certainement pas quand, à la suite de tout ce
jeu-là de confusion, on invoque que les projets de loi n'avancent pas assez
vite.
Donc,
tout le monde aura compris que bientôt, là, dans les trois prochains jours, il
y aura un moment où les partis et particulièrement le gouvernement
voudra faire un bilan de sa première année de mandat.
gouvernement va vouloir faire un bilan de sa session. C'est une session... ça
s'adonne que, sur le plan parlementaire,
c'est la première année de son mandat, et évidemment le gouvernement va vouloir
se vanter d'avoir déposé et fait
adopter tel ou tel projet de loi. La réponse, elle est là. La réponse, elle est
là, jeu bien inutile que les gens qui nous écoutent comprennent. Dans
les derniers jours, c'est juste ça qu'on a vu.
Et nous, là,
nous, les oppositions, je parle pour les autres, même si je pense qu'elles ne
souhaitent pas qu'on parle pour
elles, mais elles vont certainement être d'accord pour dire : Bien, oui,
mais ça pouvait être fait autrement, d'une part, et ça a été de la bousculade d'horaires. On peut vivre avec ça, Mme la
Présidente, on peut vivre... Il n'y a aucun problème. On est capable de vivre avec ça. Est-ce que c'est
utile? Non. Est-ce que la population devrait le savoir? Oui, certainement
qu'elle devrait le savoir.
Alors, c'est
ce qui s'est passé pour le projet de loi n° 26 dans cette
session-ci. C'était prêt en février, ça aurait pu être déposé avant, ça a été gardé à la dernière
minute, ça a été déposé le 30 mai, ça aurait pu être traité et complété la
semaine dernière, et là on nous bouscule.
Et en plus, comme je l'ai dit il y a quelques instants, n° 23,
pour lequel je suis le porte-parole, le leader n'est même pas capable de
s'engager à ne pas faire les deux en même temps.
Alors, Mme la
Présidente, il paraît qu'ici on ne peut pas prêter d'intentions, c'est la règle
parlementaire. Je ne peux pas prêter d'intentions. Mais je peux certainement
constater, constater le fait que le leader du gouvernement a choisi de se
donner la possibilité d'appeler deux projets de loi en même temps, il s'est
gardé cette possibilité-là, sachant que
personne, ni moi ni lui, n'avons don d'ubiquité. Il sait conséquemment que,
s'il appelle les deux projets de loi en même temps, il sait conséquemment que je ne peux pas être aux deux places et
que je devrais donc me faire remplacer pour un des deux. Est-ce que, dans la
catégorie courtoisie parlementaire, ça rentre là-dedans? La réponse, c'est non.
Est-ce que parce que ce ne sont ni
l'un, ni l'autre des projets qui ont cette urgence-là, est-ce que, Mme la
Présidente, ça justifie une telle
approche? La réponse, c'est non. À un moment donné, il faut que ça se dise, je
le dis. Malheureusement, il y aura probablement
peu de gens qui vont le rapporter, même l'entendre, mais au moins c'est dit et
ça sera dans les annales de l'Assemblée nationale. Je le déplore, et il
faut que tout le monde le déplore, parce que c'est là où on est aujourd'hui.
Maintenant,
Mme la Présidente, je vais revenir au coeur de l'adoption de principe du projet
de loi que nous discutons actuellement.
Le projet de loi n° 26, dont nous discutons le principe actuellement,
est un projet de loi qui a deux objets. Il n'en a pas trois, quatre. En fait, il a un objet, mais ça traite de deux
éléments. Il n'y en a pas trois, il n'y en a pas quatre, il y en a deux. Essentiellement, c'est un projet de
loi qui vise à permettre à la ville de Québec, dans le contrôle qu'elle aura
de ce projet-là, à être habilitée légalement
à procéder à des expropriations sur le tracé du projet du tramway, le réseau
structurant de Québec. Le deuxième élément
dont le projet de loi traite et qui est un élément qui est très important, tout
aussi important que le premier, c'est
évidemment l'article 5, qui traite du contenu canadien, et on peut dire
québécois, dans la réalisation du projet de tramway.
Mme la Présidente, dans l'environnement
politique de la Capitale-Nationale, il y a actuellement beaucoup de commentaires et de discussions qui se font sur le
tracé de ce tramway. Ce n'est pas l'objet du projet de loi, et je le dis tout
de suite, notre formation politique ne fera
pas de débat sur... Même s'il y en a qui voudraient qu'on en fasse, là, on ne
fera pas de débat sur le tracé comme tel, parce que ce débat-là doit se faire
au niveau municipal. C'est un projet qui a été
mis de l'avant par le maire de Québec, nous appuyons ce projet-là, et il
revient au maire de Québec de faire les débats qui lui appartiennent et de faire les arbitrages éventuellement qui lui
appartiennent, et je vous dirais, Mme la Présidente, qu'il risque d'y en avoir, mais ça ne nous
appartient pas, ça ne nous appartient pas. Alors, on ne parlera pas du tracé
comme tel.
Par contre,
on peut faire des commentaires connexes, et ces commentaires, je les ai abordés
ce matin en commission parlementaire.
C'est sûr qu'il est établi que le projet doit se faire à l'intérieur du budget
qui lui est octroyé, et nous, et moi en
premier, comme critique officiel de l'opposition officielle en matière de
transports, je me suis exprimé déjà d'une façon très claire, je suis inquiet, au moment où on se parle, de la
possibilité de ne pas voir le financement complet se réaliser. Je sais que, si le ministre réplique à mon
commentaire, il va nous le dire que, oui, pour lui, ça va se faire. Il n'en
reste pas moins, Mme la Présidente... Et ça, c'est vraiment intéressant parce
que ce matin j'ai posé une question très simple au représentant du RTC et de la
ville, où ça s'adonne que c'était la même personne : Pourquoi y avait-il
urgence? Et une des réponses... Et
puis, je dirais même, je pense, sans vouloir mettre des mots dans la bouche de
M. Normand, il les a prononcés, ces mots-là, mais le mot que je ne
mets pas dans sa bouche, c'est : La raison principale, c'est... Mais j'ai
senti que la raison principale était :
On veut que ça soit scellé, hein? Ça devient une question de confiance parce que... Est-ce que les expropriations
peuvent commencer? Moi, je pense que oui parce
que la ville a le pouvoir d'émettre
des réserves sur un terrain. Il y a
plein de choses administratives qui précèdent une expropriation, qui peuvent
être faites. À partir du moment
il y a une réserve, par exemple, bien, ça vient figer, dans la quantité et dans
le temps, la valeur d'un terrain ou d'une propriété qui sera expropriée.
Alors, j'ai
senti, dans les représentants de la ville et du Réseau de transport de la Capitale, qu'il y avait un désir vraiment intense, que je comprends, de s'assurer
que ce dossier-là soit clos. Ce dossier-là clos, ça veut dire que la loi passe
le plus rapidement possible, et on procède.
Je les comprends, même si je pense qu'en quelque
part l'urgence n'est pas à
ce point-là. Parce qu'on parle de quoi comme
différentiel, Mme la Présidente? On parle d'une différence temporelle de juin versus,
essentiellement, septembre, parce que, si le projet de loi peut être adopté en
trois jours en juin, il peut être adopté...
M. Barrette : Mme la Présidente,
c'est le réveil de l'environnement, non? C'est derrière, l'environnement.
Alors, il
peut être adopté en trois jours aussi dans la première semaine de septembre,
lorsqu'on revient. Alors, est-ce que
ce deux mois-là, trois mois-là fait une si grosse différence? Bon, écoutez, je
l'ai dit, je comprends le sentiment des gens de la ville de Québec. Je le comprends,
je l'accepte, puis on va de l'avant. Mais je peux poser une question, bien,
bien, bien modérée, là, sur cette urgence-là. C'est là qu'on est. Alors, on va
de l'avant avec la chose. Alors, Mme la Présidente,
c'est cet élément-là. Alors, la question que j'ai posée, elle était de cet
ordre-là. Et ce que l'on constate, c'est qu'on est dans une situation où
on veut le sceller.
J'ai commencé
cet argumentaire-là en disant que j'étais inquiet et j'ai pris l'exemple que je
viens de vous exprimer parce qu'eux
avaient la même inquiétude, mais pour la loi qui permet l'expropriation. Moi,
mon inquiétude, c'est celle du financement
parce qu'actuellement il n'en reste