Health and Social Services — 21 January 2014 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2014-01-21
Quebec — Committees
J'espère que cette commission parlementaire pourra être le témoin de belles réalisations qui se font au quotidien dans
nos établissements québécois. Les pratiques évoluent, la clientèle des CHSLD
aussi, et, devant le changement, nous nous
devons d'être proactifs. Cela, nous le faisons en écoutant nos partenaires, en
répertoriant les meilleures pratiques, en analysant nos pratiques
actuelles afin de voir si elles correspondent aux besoins exprimés sur le
terrain. Je pense notamment à la formation des professionnels qui oeuvrent en
CHSLD.
Être
proactif, c'est aussi réfléchir à des solutions innovantes, novatrices,
créatives pour améliorer ce milieu de vie tout particulier. Notre
gouvernement a déjà posé plusieurs gestes et adopté plusieurs mesures afin
d'améliorer le bien-être et la sécurité des
aînés en établissement de soins de longue durée. Il a, entre autres, consenti
plusieurs efforts afin de réaménager
des installations d'hébergement et afin d'implanter des milieux de vie.
D'importants investissements ont
aussi été faits aux quatre coins du Québec afin de rénover, revitaliser et
moderniser des CHSLD devenus vétustes, et ce, afin d'améliorer la sécurité des
lieux et afin d'offrir un milieu de vie plus agréable aux résidents. Le
processus des visites ministérielles
d'évaluation en CHSLD a été revu. En effet, ces visites se sont nettement
intensifiées, en plus d'être menées
désormais avec la participation d'organismes travaillant à la défense des
droits des aînés et des résidents en CHSLD.
maltraitance constitue un phénomène complexe qui peut se produire dans
différents milieux, y compris le milieu institutionnel. Toutefois, la maltraitance en milieu institutionnel est
peu documentée pour l'instant. Afin de mieux cerner l'ampleur du phénomène, le ministre Hébert a
annoncé, en novembre dernier, que la Chaire de recherche sur la maltraitance
envers les personnes aînées se voyait
confier un mandat qui permettra de réfléchir aux meilleurs moyens pour assurer
la santé et le bien-être de nos
aînés. Ce mandat permettra de mettre en lumière les diverses mesures en place
ainsi que les mécanismes existant au Québec et ailleurs dans le monde.
L'amélioration
de nos pratiques est un souci continu. Nous sommes heureux de pouvoir nous
mettre à l'écoute de nos partenaires
afin d'éclairer notre réflexion sur les conditions de vie des aînés en CHSLD.
J'espère que ces consultations nous
permettront de mettre en lumière les améliorations que nous devrions apporter
au système actuel afin d'assurer le bien-être des résidents de ces
établissements. Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme la députée. Alors,
maintenant, j'invite la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
à faire ses remarques préliminaires pour une période maximale de six minutes.
Mme la députée.
Blais :
Merci, M. le Président. C'est un privilège pour notre formation politique de
débuter cette commission parlementaire
importante. Je tiens à saluer les députés de ma formation politique, les
parlementaires des autres formations qui vont participer pleinement à
cette commission, le personnel politique et celui de l'Assemblée nationale.
C'est
le 14 mai 2013, par le biais de la députée de Gatineau, que le mandat
d'initiative que j'avais déposé, soit celui
d'examiner les conditions de vie des adultes hébergés en centre d'hébergement
et de soins de longue durée, a été saisi
par les membres de la commission. Le 17 septembre 2013, je suis devenue membre
de la Commission de la santé et des
services sociaux. Il nous apparaissait essentiel d'éclairer et d'examiner les
conditions de vie de 37 424 personnes en perte d'autonomie de façon modérée ou sévère — données au 31 mars 2012 — qui vivent dans un CHSLD public et privé
conventionné, surtout pour faire écho au
projet de loi n° 67 sur l'assurance autonomie que nous allons
prochainement étudier.
Il va sans dire que
nous souhaitons tous demeurer à domicile le plus longtemps possible. C'était
d'ailleurs l'une des conclusions de la
consultation publique sur les conditions de vie des aînés qui s'est tenue en
2007. Mais il arrive que cela ne soit
plus possible. C'est pourquoi les CHSLD demeurent indispensables. On ne peut
pas faire de compromis quant à la sécurité et à la santé des adultes
hébergés.
grande majorité des personnes en CHSLD sont âgées de 75 ans et plus. Ce sont
des résidents qui présentent de
multiples conditions de santé. Il n'en demeure pas moins que 11 % des
résidents, en 2012, étaient âgés de moins de 65 ans. Cette clientèle est hétérogène et mal connue. Certains parmi ces
résidents sont jeunes et partagent leur quotidien avec des personnes très âgées. Les besoins au niveau de
leur stimulation intellectuelle sont
fort différents de ceux d'une personne âgée.
Cet aspect doit être abordé, examiné afin de trouver des pistes de solutions à
une question complexe. Le milieu de vie en CHSLD
peut-il être amélioré et comment? C'est la question centrale de cette commission
parlementaire.
médias brossent parfois un portrait sombre de situations vécues dans certains établissements, ce qui crée une perception négative dans la population pour
l'ensemble des 202 établissements ayant une mission de CHSLD au Québec.
Les médias ont raison de rapporter les faits
lorsqu'il y a des abus, des cas de maltraitance, qui sont inadmissibles, une
mauvaise gestion, une alimentation
déficiente, un manque et des coupures de personnel, et le reste. Nous ne le
dirons jamais assez, un cas
malheureux est un cas de trop, mais il y a aussi de belles histoires à
raconter, qui peuvent servir de modèles, d'exemples à développer, à
appliquer, et du personnel compétent dans beaucoup de CHSLD.
but de cette commission parlementaire n'est pas de faire une enquête sur les
CHSLD. Nous trouverons forcément des
éléments négatifs, mais nous souhaitons surtout éclairer des réalités actuelles
afin de cheminer et de dénicher des idées innovantes pour améliorer les conditions de vie des adultes qui y sont
hébergés. Tout n'a pas été dit sur les CHSLD, loin de là. Nous avons donc le devoir de rassurer la
population sur ces établissements, et le rôle du gouvernement sera de corriger
le tir, s'il y a lieu, lorsque le rapport final sera déposé.
gouvernement précédent a mis en place des mesures pour améliorer certaines
situations. Entre autres, nous avons resserré et amélioré le processus
d'inspection des visites en CHSLD, ajouté des inspecteurs, aboli le préavis de 24 heures donné aux établissements avant les
visites, l'obligation de prendre un repas avec les résidents. Le gouvernement
actuel poursuit ces changements qui étaient nécessaires.
J'ai
également déposé en octobre dernier le projet de loi n° 399, Loi visant à
enrayer la maltraitance des personnes vulnérables
hébergées dans le réseau de la santé et des services sociaux. De nombreux pas
dans la bonne direction ont été faits,
mais nous devons aller plus loin, et c'est ce que nous souhaitons faire en
apportant un éclairage supplémentaire afin de mieux comprendre la
réalité de tous les adultes hébergés en CHSLD.
Je terminerai en souhaitant que cette commission
parlementaire poursuive ses travaux avec une approche non partisane. Nous sommes toutes et tous réunis dans
le but de mieux servir les adultes hébergés en CHSLD. Je remercie tous celles et ceux qui ont préparé un mémoire. Je
nous souhaite une excellente commission parlementaire particulière, des visites en CHSLD qui sauront nous mettre un
peu plus au parfum de cette réalité et je vous invite tous à répondre au
questionnaire sur le site de l'Assemblée
nationale. Vos réponses sont importantes pour nous. Mmes et MM. les députés,
M. le Président, merci.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme la députée. Alors,
maintenant, je souhaite la bienvenue à nos invités. Nous recevons
l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Pour les fins d'enregistrement, je vous demande
de bien vouloir vous présenter. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
mais par la suite nous allons procéder à la période d'échange avec les membres
de la commission. Alors, la parole est à vous. Mme McCann, bienvenue.
Mme McCann
(Danielle) : Merci, M.
le Président. Alors, M. le Président, membres de la commission, mesdames
et messieurs, bonjour. Alors, tout d'abord, permettez-moi de vous présenter les
personnes de l'agence qui m'accompagnent
aujourd'hui. Alors, il s'agit, à ma gauche, de M. Patrick Murphy-Lavallée,
directeur des programmes-services; Mme Lydia
Ingenito, à ma droite, qui est directrice adjointe du programme Soutien à
l'autonomie des personnes âgées; et, derrière nous, Mme Maryse
Beaumier-Robert, conseillère en communications.
Alors, avant
de débuter, j'aimerais remercier la commission de nous permettre de présenter
aujourd'hui les grandes lignes de
notre mémoire et notre vision de l'hébergement de longue durée à Montréal.
D'entrée de jeu, j'aimerais faire un
portrait, un bref portrait de notre région. Montréal dispose d'un peu plus de
12 000 places d'hébergement permanent en centre de soins de longue durée, réparties dans 80 installations
publiques et privées, privées financées, que je nommerai dorénavant CHSLD. Parmi ces places d'hébergement,
environ 1 200 places proposent une offre de services adaptée aux
différentes communautés culturelles. Et un peu plus de 500 places
permanentes sont dédiées aux clientèles ayant des besoins spécifiques d'encadrement
en raison d'une déficience intellectuelle ou de troubles graves de
comportement. Notre offre comporte aussi des
places d'hébergement temporaires. 86 places sont prévues pour
donner du répit aux proches aidants
et 25 sont dédiées aux urgences sociales lorsqu'un hébergement immédiat est nécessaire en
raison d'une situation inattendue.
Les personnes de 65 ans et plus
représentent 86 % de la clientèle hébergée en CHSLD. Plusieurs présentent d'importants déficits cognitifs associés à des
troubles de comportement. Chaque année, à Montréal, environ
4 500 personnes sont
accueillies en hébergement permanent. Le visage de la clientèle en centre
d'hébergement a d'ailleurs grandement évolué
au cours des dernières années. Comme l'organisation de notre service est axée
sur la prestation des soins à domicile le
plus longtemps possible, lorsque les personnes sont admises en CHSLD, elles ont
déjà perdu beaucoup de leur autonomie.
L'alourdissement
de la clientèle représente donc pour nous un défi important et nous oblige à
adapter notre offre de services en
CHSLD afin de répondre à des besoins de plus en plus complexes et diversifiés.
Pour mieux répondre aux besoins de la
clientèle, l'agence procède depuis quelques années à une importante
transformation de son parc de ressources d'hébergement pour la longue durée. Cette transformation prévoit des
sommes additionnelles pour adapter 1 500 places existantes en CHSLD aux besoins de personnes en
lourde perte d'autonomie et la réduction du nombre de chambres à plusieurs lits au profit de chambres privées ou
semi-privées. Cette transformation se fait dans la continuité de la mise en
place de l'approche milieu de vie, déjà entamée depuis plusieurs années dans le
réseau, notamment en ce qui a trait à l'organisation physique des lieux.
Au cours des
trois dernières années, 123 projets visant spécifiquement l'amélioration
de la qualité de vie ont été réalisés
dans les CHSLD montréalais. Ces projets touchaient notamment la rénovation des
salons communs, des salles polyvalentes,
de la salle à manger, des locaux de services et de réadaptation. Ils pouvaient
également toucher directement le milieu de vie intime du résident, comme
sa chambre.
La transformation de notre parc de ressources
d'hébergement nous donne également l'occasion de maximiser le potentiel
d'accueil d'installations existantes qui, en raison de contraintes architecturales,
ne peuvent accueillir une clientèle en
lourde perte d'autonomie. Cette démarche permet d'ajuster l'offre de services
d'hébergement pour accueillir des
clientèles spécifiques, comme des personnes marginalisées aux prises avec des
problèmes de toxicomanie, de santé mentale, atteintes de maladie
d'Alzheimer ou encore des personnes présentant des déficits cognitifs avec
troubles de comportement. À Montréal, sept CHSLD ont été invités à
présenter un projet clinique en ce sens.
J'aimerais
maintenant aborder la question des services et des soins. Plusieurs de nos
CHSLD ajustent leur offre de services
afin qu'elle soit adaptée aux besoins et aux attentes des résidents. Comme la
clientèle hébergée arrive désormais plus
tard en CHSLD et qu'elle y séjourne moins longtemps, l'équilibre entre milieu
de vie et milieu de soins prend tout son sens. L'approche préventive appliquée
autrefois n'a plus la même pertinence. Il faut donc concilier l'approche milieu
de vie et milieu de soins et de fin de vie
tout en s'adaptant aux multiples problématiques, parfois graves, des nouvelles
clientèles hébergées en CHSLD. On peut penser à des personnes souffrant des
troubles de santé mentale comme la schizophrénie
ou la bipolarité. Ces clientèles posent, d'ailleurs, de nombreux défis
supplémentaires, notamment au plan clinique.
Dans
ce contexte, l'accès à des ressources spécialisées est essentiel. Les CHSLD doivent développer des liens avec d'autres partenaires afin d'accroître le
développement de corridors de soutien entre la deuxième, la troisième ligne
et la première ligne. Le CSSS de Bordeaux—Cartierville—Saint-Laurent en est un bel exemple. Les employés
des CHSLD de ce CSSS peuvent compter
sur des gérontopsychiatres de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal pour les
soutenir et les conseiller lorsque les résidents présentent des
problématiques de santé mentale.
Toujours
en lien avec l'offre de soins et de services, nous ne pouvons passer sous
silence la présence de nombreuses personnes
issues des communautés culturelles dans nos CHSLD. Au-delà des résidents issus
de l'immigration qui sont présents dans nos centres d'hébergement en
général, sept CHSLD ont une offre de services spécialement adaptée aux différentes communautés culturelles, soit juives,
chinoises, polonaises, italiennes, arabes. Il arrive souvent que ces personnes
ne parlent pas la même langue que le
personnel, qu'elles aient diverses croyances religieuses ou encore certaines
habitudes alimentaires. Cette situation requiert des ajustements
constants mais nécessaires de la part des intervenants dans les pratiques cliniques, mais également dans leur
approche auprès des résidents et des familles. La formation et la
sensibilisation du personnel sont
alors essentielles pour répondre aux attentes de cette clientèle. Rappelons que
le tiers de la population
montréalaise provient d'une communauté culturelle.
Comme
nous venons de le voir, la variété des besoins de la clientèle, en CHSLD, pose
des défis énormes. Pour y faire face,
les établissements sont également soucieux de développer les compétences de leurs
employés. Le personnel en place a
besoin de formation en continu. Il doit notamment acquérir des
habiletés complexes afin de composer avec des résidents atteints sur le
plan physique et psychique, parfois agressifs et aux réactions imprévisibles.
Parmi
les initiatives porteuses en matière de formation, l'agence est fière de
souligner la publication récente par le CSSS du Sud-Ouest—Verdun, du
cahier Milieu de vie . Celui-ci propose plusieurs points de repère pour
les employés des centres
d'hébergement travaillant de près ou de loin avec les résidents. En plus de la
formation, l'organisation du travail doit être revue pour faire face
à certains enjeux cliniques. Ces changements peuvent se traduire par la mise en
place d'équipes interdisciplinaires alors en mesure de répondre aux besoins
particuliers des clientèles.
présence des proches aidants en CHSLD a également une influence directe dans l'organisation du travail. Ces personnes ont
souvent pris soin de leurs proches pendant de longues années, ils souhaitent
demeurer impliqués, ce qui est une
excellente nouvelle. Nous fondons d'ailleurs beaucoup d'espoir sur un projet pilote impliquant trois établissements d'hébergement où les résidents et les proches sont considérés
comme des partenaires de soins. Ce projet vise notamment à développer et améliorer les pratiques
organisationnelles en multipliant les possibilités d'expression des résidents
et à favoriser une meilleure communication entre les professionnels et les
proches aidants.
J'aborderai, maintenant,
la question du suivi de la qualité des services et des soins dans nos
ressources d'hébergement. Sachez que la qualité est, pour nous, une priorité.
L'agence prend part aux visites ministérielles et assure le suivi des plans d'action qui en découlent. Elle
assure également le suivi des recommandations du rapport du
coroner et du Protecteur du citoyen. Depuis le 1er avril 2013,
25 CHSLD montréalais ont été visités, et, d'ici 2015, nous allons compléter la tournée de l'ensemble des
installations de la région de Montréal. Évidemment, nous sommes soucieux que
nos établissements partagent leurs bons
coups. Sous peu, l'agence mettra donc en place un outil de compilation de
données qui permettra de faire
connaître les initiatives gagnantes afin d'instaurer des milieux de vie de
qualité pour les résidents en CHSLD.
Avant de conclure,
j'aimerais glisser quelques mots sur le soutien offert par nos CHSLD dans le
maintien des personnes à domicile. Nous
croyons que les CHSLD sont des partenaires incontournables pour concrétiser
cette orientation. Plus précisément,
selon nous, les services de répit et les centres de jour des CHSLD sont
essentiels dans l'offre de services de nos CSSS pour permettre de
prolonger la vie chez soi.
conclusion, j'aimerais saluer l'ensemble du personnel du réseau montréalais. Il
s'agit, entre autres, de milliers de personnes qui font un travail
remarquable pour offrir à tous les résidents des CHSLD des soins et des
services de qualité adaptés à leurs besoins
spécifiques. Bien sûr, le réseau fait face à de grandes transformations, mais
soyez assurés que nous sommes déjà à
pied d'oeuvre pour relever le défi, adapter les mieux de vie que sont nos CHSLD
à la hauteur des besoins actuels et à venir de chacun de nos usagers. Et
je vous remercie pour votre attention.
Président (M. Bergman) : Mme McCann, merci pour votre
présentation. Maintenant, l'échange avec le groupe ministériel, Mme la
députée de Sainte-Rose.
Proulx : M. le Président, avant de débuter l'échange, est-ce
que je pourrais proposer que le temps soit scindé en deux périodes de 10
minutes, si nos collègues sont d'accord?
Le Président (M.
Bergman) : Est-ce qu'il y a consentement?
Bolduc
(Jean-Talon) : Je vais répondre à ça.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : On l'a déjà essayé, puis on
trouve qu'il n'y a pas de continuité, puis ce n'est pas assez long. On est mieux de faire nos 20 minutes
chacun, et puis c'est beaucoup plus facile en termes de continuité que de faire
deux fois 10 minutes. On l'a déjà essayé dans une autre commission
parlementaire, puis ça n'avait pas donné vraiment des bons résultats.
Président (M. Bergman) : Alors, on va laisser le temps dans un
bloc. Alors, Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Merci, M. le Président. Alors, Mme McCann, ça me fait plaisir de vous saluer,
et vos collègues aussi. Je vous
souhaite la bienvenue dans cette commission. Et je pense que vous avez soulevé
une foule de thèmes qu'il nous fera plaisir, là, de discuter et d'aborder
avec vous pendant nos échanges.
Mais,
d'entrée de jeu, j'aimerais saluer cette initiative que je vous ai entendu mentionner, de compiler les initiatives gagnantes dans les différents CHSLD. Je pense que c'est exactement comme ça qu'on aborde
les travaux de cette commission aussi.
Comme le
mentionnait ma collègue, ce n'est pas une commission d'évaluation,
d'inspection, c'est une commission pour
comprendre comment ça fonctionne, mais aussi pour voir comment on peut
améliorer les soins et la qualité de vie dans les CHSLD. Et c'est vraiment intéressant de voir qu'on peut
apprendre des autres et qu'on peut… Ça sera une belle opportunité de faire rayonner les initiatives
porteuses et les bons coups qui sont faits dans les différents établissements.
Vous avez
mentionné dans votre présentation cette particularité que vous avez, à
l'agence, d'être en transformation. J'aimerais
ça que vous nous parliez un peu plus de cette transformation, si j'ai bien compris,
de diminuer certaines ressources d'hébergement
pour en augmenter d'autres en fonction du profil. Pouvez-vous nous expliquer un
peu plus de quoi il s'agit?
Le Président (M. Bergman) :
Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) :
Certainement. Merci. Alors, à Montréal, nous avons un grand parc d'hébergement
historique. Plusieurs de nos CHSLD ont été
bâtis dans les années 30, 40, 50. Alors, contrairement à d'autres régions, nous
avons, nous, un grand parc et nous devons le
transformer. Donc, actuellement, nous avons l'équivalent de 13 000…
environ 13 000 places…
14 000 places, pardon, en centre d'hébergement qui sont des centres
d'hébergement publics ou des centres d'hébergement
privés conventionnés ou privés financés. Et, dans ce parc-là, nous avons 9 000
places où est-ce que nous pouvons accueillir des personnes en très
lourde perte d'autonomie. Il y a 3 000 places où est-ce que nous devons vraiment faire une transformation. Dans ces
3 000 places, nous avons à peu près 1 500 places où nous devrons rehausser,
donc ajouter du personnel. Et c'est ce que
nous allons faire dans les années à venir, le plus rapidement possible, pour
qu'elles puissent accueillir des personnes en lourde perte d'autonomie.
Nous avons
également quelques CHSLD, sept au total, où, à cause de barrières
architecturales, il n'est pas possible pour ces CHSLD d'avoir des
clientèles en plus lourde perte d'autonomie. Alors, nous allons en faire des
ressources spécifiques pour des clientèles
qui ont des problèmes de toxicomanie, santé mentale, troubles de comportement
plus sévères. Alors, nous allons
utiliser ces places-là pour les clientèles qui en ont beaucoup besoin. Nous
allons également développer davantage
nos ressources intermédiaires. Nous en avons 2 000 actuellement et nous
allons en ajouter pour l'équivalent de 350.
Alors, cette
transformation est très importante. J'ajoute à cela : probablement
diminuer les chambres multiples. Nous
avons encore l'équivalent de 400 à 500 places où on a des chambres multiples,
des chambres à cinq, des chambres à quatre, des chambres à trois, et nous voulons
éliminer, dans les deux à trois prochaines années, ces chambres multiples pour
en faire des chambres, à tout le moins, semi-privées.
Alors, c'est une grande transformation que nous
avons entamée. Mais un point ici très important dans cette transformation, c'est que nous intensifions le
maintien à domicile. Et nous avons fait des démarches. Actuellement, par
exemple, il y a des personnes qui arrivent à
l'hôpital pour recevoir des soins, des personnes âgées, et nous avons donné des
directives, nous avons travaillé beaucoup avec nos établissements. Et
actuellement les personnes qui ont terminé leurs soins actifs à l'hôpital vont retourner à domicile davantage avec
les services requis au lieu d'attendre à l'hôpital pour une période beaucoup plus longue ou d'aller dans
une ressource d'évaluation. Nous allons ramener davantage les personnes
à domicile parce que nous avons intensifié le maintien à domicile, nous avons
ajouté des ressources.
Nous avons eu
des développements évidemment qui nous ont été transmis par le gouvernement,
par le ministère. Mais nous avons
même, au niveau de la région de Montréal, ajouter des développements en
maintien à domicile parce que nous
pensons que vraiment c'est essentiel, comme on le disait tout à l'heure, que
les personnes demeurent à domicile le
plus longtemps possible. Et donc, dans ce sens-là, notre parc d'hébergement va
servir davantage, comme il devrait le faire, à des clientèles en lourde
perte d'autonomie.
Alors, c'est
une grande transformation. J'ajouterais que notre offre de services en maintien
à domicile va aussi s'intensifier
pour les personnes qui sont en résidence pour personnes âgées. Nous avons
24 000 unités, à Montréal, de résidences
pour personnes âgées et nous devons intensifier notre maintien à domicile dans
ces résidences pour que les personnes
restent chez elles. Et donc le parc d'hébergement que nous avons va servir
davantage pour la lourde perte d'autonomie.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Avec ce que vous venez de souligner, est-ce que vous diriez qu'en 2014 l'offre d'hébergement de lits en CHSLD sera suffisante, compte tenu que, si j'ai bien entendu, vous prévoyez ouvrir plus de places en
ressources intermédiaires et
intensifier le maintien à domicile? Compte
tenu de ça, de ce plan d'action que vous avez, est-ce que vous pensez
que le nombre de places pour les personnes en lourde perte d'autonomie sera
suffisant à l'agence de Montréal?
Président (M. Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, M. le Président. Oui, nous pensons que le nombre de places est suffisant. Évidemment,
avec l'intensification du maintien à domicile, dans les ressources privées
aussi, à domicile, certainement, nous pensons que le nombre de places
présentes actuellement à Montréal est suffisant.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Merci. Je vais laisser ma collègue de Masson…
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin :
Bonjour. Bonjour, Mme McCann,
monsieur… madame, monsieur. Alors, écoutez, avec ce que je viens d'entendre, je pourrais vous poser la
question : Est-ce que vous présumez, donc, que la mise en place de l'assurance autonomie, qui va favoriser le
maintien à domicile, va vous aider à aller également dans ce sens-là? Donc,
si je comprends bien, c'est des choses qui
devraient vous aider dans les prochaines années aussi. Est-ce que c'est le cas?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) : Oui, M. le Président. Tout à fait, parce
qu'évidemment les orientations que nous prenons
à Montréal sont vraiment dans le sens... dans les orientations de l'assurance
autonomie, du projet de loi, là, du gouvernement,
du ministre Hébert. Alors, certainement, ce projet va nous aider à aller
beaucoup plus loin au niveau, là, de
garder les personnes chez elles avec les services requis, évidemment autour,
là, de toutes les activités de vie quotidienne, les activités de vie domestique. Évidemment, l'organisation de services
qui va se faire avec les entreprises d'économie sociale, avec les centres de santé et de services sociaux, ça va être
extrêmement aidant, ce projet de loi, là, d'assurance autonomie, pour la
transformation que nous voulons faire à Montréal, bien entendu.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Merci. Alors, vous nous avez parlé du plan
de transformation, de ce que vous avez entrepris
et où vous vous en allez. Mais, si on parlait, aujourd'hui, des services
d'accessibilité de la clientèle, est-ce que la population actuellement attend longtemps avant d'avoir une place qui lui
est nécessaire soit en CHSLD aujourd'hui ou au moment où on se parle, ou est-ce que c'est quand même dans des eaux
quand même relativement acceptables, compte tenu de ce que vous avez entamé mais qui n'est pas encore complètement
terminé? Est-ce que vous pouvez nous parler de ça?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, M. le Président. Effectivement, actuellement, nous
avons une attente moyenne de sept
mois pour entrer dans une ressource d'hébergement. Il faut dire d'entrée de jeu
que toute situation d'urgence, par exemple,
où une personne ne peut plus demeurer à domicile, nous y répondons très, très
rapidement. Alors, là-dessus, il n'y
a aucun problème de sécurité de la clientèle. Nous sommes en mesure de répondre
immédiatement à toute situation d'urgence.
Donc,
les personnes qui attendent actuellement sont en majeure
partie à domicile, à
cause effectivement qu'on a intensifié nos services à domicile, et elles
ont les services requis. Donc, l'attente moyenne est de sept mois, mais, encore une fois, ces personnes ont tous
les services dont elles ont besoin, que nous sommes en mesure de donner, là, avec l'offre de services que nous avons à
Montréal, à domicile. Et les services sont sécuritaires, les personnes sont en
sécurité à domicile.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin :
Si je comprends bien, les gens sont quand
même pris en charge, ils ne sont pas
en... ils sont supportés durant cette période de temps là?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, M. le Président. Oui, tout à fait. Et j'ajouterais à ça que — ce
que je vous disais tout à
l'heure — il y
avait quand même un nombre quand même
important de personnes qui étaient à l'hôpital aussi, qui
attendaient, et, avec les démarches que nous
faisons à Montréal, nous sommes en mesure de vous dire aujourd'hui que ce nombre a diminué de façon importante.
Nous
étions, pour vous donner un exemple, à 200 personnes qui attendaient, par exemple, pour des soins postaigus dans
les hôpitaux de Montréal, maintenant
qui retournent à domicile avec des
services. On est à peut-être 40 personnes actuellement, là, qui sont en évaluation
à l'hôpital, ce qui est vraiment quelque
chose de fort intéressant, parce qu'on sait que les personnes préfèrent... Nous
préférons tous être à domicile avec les services nécessaires.
Et l'attente
pour l'hébergement a beaucoup diminué
également. Nous avons une déclaration d'hébergement… un pourcentage de
déclaration d'hébergement qui a baissé, à Montréal, de façon importante. On
était à 7 % auparavant, on est à 5 % maintenant. Donc, c'est vraiment
fort intéressant, ce qui se passe à Montréal dans ce sens-là. Et on est à même
d'améliorer l'offre de services. Nos demandes
d'hébergement ont diminué de façon importante, et les personnes se retrouvent
davantage à domicile maintenant, avec des services qui offrent une sécurité à
ces personnes-là.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Si je comprends bien aussi, de ce que j'ai
compris, il y avait aussi des listes d'attente qui étaient importantes et qu'on a fait aussi un travail de
clarification au niveau de ces listes d'attente là justement pour
regarder si les services étaient encore requis, tout ça. Je pense qu'il y a eu
un travail de fait dans ce sens-là, hein?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, et c'est un travail qui se poursuit, qui n'est pas
terminé. À ce moment-ci, je vous dirais
qu'il y a à peu près 1 500 personnes qui attendent à domicile, la moitié
pour des ressources d'hébergement, de centre d'hébergement, puis la moitié pour des ressources intermédiaires. Mais
nous continuons de faire une évaluation de cette liste d'attente, là, de gens à domicile toujours en sécurité. Et c'est
un travail énorme qui a été fait à Montréal, vous avez absolument
raison, dans ce sens-là et qui se poursuit également actuellement.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée…
Mme McCann (Danielle) : Alors, nous pensons que, dans le futur, nous allons
diminuer le temps d'attente pour aller
en centre d'hébergement, qui ne sera plus de sept mois en moyenne, il va
diminuer certainement avec les travaux que nous faisons.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Je suis curieuse de savoir. Est-ce que
vous avez aussi pris des moyens pour que les gens qui sont en attente à l'hôpital ou qui attendent pour aller en
centre d'hébergement, est-ce qu'il y a des moyens qui sont pris concrètement pour les stimuler, pour
éviter qu'ils accentuent leur perte d'autonomie? Est-ce que vous avez mis
des moyens en place aussi pour contrer ça?
Parce qu'on sait que les gens qui sont hospitalisés, les aînés qui sont
hospitalisés accentuent leur perte d'autonomie quand ces événements-là
perdurent trop longtemps dans leur vie.
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Nous avons, oui, travaillé avec les établissements à
Montréal, notamment les centres hospitaliers.
Tous les centres hospitaliers doivent instaurer ce qu'on appelle l'approche
adaptée à la personne âgée. Vous avez absolument raison de dire qu'aux
premières 24, 48 heures, même à l'urgence, les personnes peuvent perdre une autonomie, là, lors d'une hospitalisation. Alors,
il y a des actions qui se font dans ce sens-là, dans les centres hospitaliers,
dans le cadre d'une approche adaptée pour stimuler, hein, avec l'aide, par
exemple, de préposés aux bénéficiaires, que
les personnes se mobilisent, effectivement, dès le début de leur séjour en
hospitalisation lorsque c'est possible aussi. Alors, l'approche adaptée va évidemment jusque sur les unités de soins.
Donc, en plus, on veut raccourcir ce séjour. Quand l'épisode de soins aigu est terminé, on veut que
les personnes soient accompagnées à leur domicile le plus possible avec
les services ou bien, évidemment, dans un autre type de ressource.
Quand
les personnes sont à domicile, il y a également — j'en parlais dans mon allocution — l'importance des centres d'hébergement là-dessus. Il y a des
centres de jour. Dans chacun des territoires des CLSC à Montréal, il y a des
centres de jour qui sont là pour vraiment
recevoir les personnes qui sont capables de s'y rendre — on a des moyens de transport aussi pour les personnes en perte
d'autonomie — et
recevoir évidemment le bénéfice d'activités de stimulation, d'activités de loisir, de contact social pour ces
personnes. Et aussi de la réadaptation peut être faite pour ces personnes
qui sont à domicile. Il y a des
ergothérapeutes, des physiothérapeutes, des professionnels qui se rendent à
domicile pour avoir des activités de
réadaptation pour ces personnes. On a vraiment un ensemble important, une offre
de services très importante à domicile pour vraiment faire une
réadaptation et stimuler les personnes âgées à domicile.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : En terminant, j'ai une préoccupation par
rapport à… Vous avez parlé, tout à l'heure, de différents centres qui vont se spécialiser pour différents types de
clientèles en raison de l'organisation des lieux avec lesquels… vous avez des bâtiments avec lesquels
vous devez composer. Ça nous amène à la problématique des adultes qui sont hébergés en centre de longue durée, qui
sont plus jeunes et qui vivent des problématiques dues à un état de santé, mais
qui ne sont pas nécessairement des aînés. Alors, est-ce que
vous envisagez, dans le cadre de cette réorganisation-là, peut-être
centraliser une offre de services justement pour cette clientèle-là adulte qui
vit son quotidien de façon très différente? Est-ce que c'est une opportunité
que vous envisagez? J'aimerais vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, M. le Président. Nous devons porter une attention particulière à
cette clientèle qui n'a vraiment
pas les mêmes besoins que les personnes
âgées en très lourde perte
d'autonomie. Et déjà, à ce moment-ci,
je peux vous dire qu'il y a une forme de
concentration, pas totale, là, mais il y a deux centres... deux ou trois
centres d'hébergement, à Montréal, qui ont une plus grande concentration
au niveau, là, de jeunes populations de moins de 65 ans.
parle, entre autres, du CSSS Jeanne-Mance, CHSLD Centre-Ville, qui va être
entendu à la commission, également le
Centre d'hébergement Notre-Dame-de-la-Merci, au CSSS Bordeaux-Cartierville. Et,
au CSSS Sud-Ouest—Verdun,
il y a le Centre d'hébergement des
Seigneurs. Et ces centres d'hébergement... Mais il y a quand même des jeunes
personnes de moins de 65 ans qui
sont dans d'autres centres d'hébergement aussi, mais, si on parle de ces trois
centres d'hébergement, pour vous donner une idée, il y a vraiment une
offre de services particulière qui a été développée dans ces centres-là.
titre d'exemple, il faut... Ces personnes sont beaucoup plus impliquées au
niveau, là, des activités, des décisions qui sont prises. On leur donne accès à l'Internet; ça, c'est quand même
assez fondamental de nos jours. Il y a la présence de personnels plus spécialisés, comme sexologues,
psychologues, éducateurs spécialisés, qui sont formés vraiment pour répondre aux besoins particuliers de cette
clientèle, mais qui doit avoir vraiment des opportunités davantage de
s'exprimer et de participer vraiment au milieu de vie pour une clientèle
qui a quand même des besoins particuliers.
On doit vous dire
quand même qu'à Montréal on va aussi travailler dans le sens de créer des
îlots, des petites unités pour des personnes, justement, qui ont des
déficiences physiques. Et nous avons un projet, entre autres, avec le centre Lucie-Bruneau, et c'est une orientation
qu'on va tenter, là, de développer davantage à Montréal pour une jeune
clientèle qui a des besoins particuliers.
Gadoury-Hamelin :
Je vous remercie. Je laisserais la parole à...
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée des Îles-de-la-Madeleine.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) : Merci,
M. le Président. Bonjour à vous. Ce
que je ne rencontre pas dans mon
comté des Îles-de-la-Madeleine, c'est des communautés culturelles, on
n'en a pas beaucoup. Mais vous avez un défi à Montréal, évidemment, avec les communautés
culturelles. Comme vous disiez, il y a un tiers de la population que vous
desservez qui sont de communautés
culturelles. J'aimerais savoir un peu le défi que ça représente et quelles
solutions que vous avez apportées pour offrir les soins, les services
adaptés à cette clientèle.
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui, bien, écoutez, je pense qu'on a, à Montréal, une
longue expertise là-dessus, là. On a
sept centres d'hébergement qui sont dévolus davantage, là, à des communautés
culturelles. Et on parlait de communautés de pratique, hein? Alors, on a à mettre en commun des initiatives, des
expertises qui existent dans ces centres d'hébergement et on a à développer davantage à travers tout
notre parc de centres d'hébergement. Et, dans ce sens-là, je pense qu'on a des
pratiques qui évoluent et on doit adapter nos façons de faire.
vais vous donner un exemple. Quand une personne arrive en centre d'hébergement,
il est important, au niveau de
l'accueil, de prendre vraiment les informations sur son histoire de vie. Et ça
se pose aussi pour des personnes, de toute évidence, qui viennent des communautés culturelles. Donc, à ce
moment-là, il faut vraiment porter attention aux pratiques, que ce soient des pratiques religieuses, au niveau
de l'alimentation ou autres, aux besoins de ces personnes. Et c'est au moment de l'accueil, avec l'histoire de vie
souvent qu'on peut vraiment mieux comprendre les besoins de ces personnes.
Donc, c'est toute une approche, là,
interculturelle qu'on développe dans ces centres dont je vous ai parlé, mais à
travers tout le parc à Montréal.
Donc, ça, c'est appelé à évoluer dans les années à venir, mais par communauté de pratiques, bien entendu.
Président (M. Bergman) : Maintenant, pour le bloc de l'opposition officielle, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais :
Merci beaucoup, M. le Président. Mme Beaumier-Robert, M. Murphy, Mme McCann, merci
beaucoup d'être là. L'Agence de santé et de services sociaux de Montréal
est l'agence la plus importante. Vous desservez, finalement, 2 millions
de personnes à travers le Grand Montréal, c'est quelque chose de fondamental.
a beaucoup parlé des installations avec la
partie
ministérielle. J'aimerais ça, avec vous, si on était capables, de traverser l'opacité que représentent les CHSLD
et la perception qu'on en a un peu dans les médias. Et dans les médias, mais, quand je parle des médias, je ne fais pas de
blâme sur les médias, là, je fais… J'aimerais qu'on puisse comprendre c'est quoi, la stimulation qu'il y a
à l'intérieur de ces établissements, à la fois pour les personnes plus âgées, et
aussi vous desservez 14 % de la
clientèle de 65 ans et moins, alors que, dans l'ensemble
du Québec, c'est 11 %, c'est un peu plus, un peu plus élevé. Alors, tout cet aspect de
stimulation intellectuelle et comment vous réussissez à créer de véritables
milieux de vie. Parce qu'il
faut que ce soient des milieux de vie, où l'alimentation est agréable, où la
vie dans un CHSLD n'est pas qu'un
unique corridor avec des chambres de chaque côté, mais finalement
là où on peut faire aussi des activités de loisir, des activités
culturelles, des sorties. Pouvez-vous nous faire visiter ça un peu?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) : Oui, bien, écoutez, je vous remercie de
la question parce
que ça nous permet de vous parler de notre vision. Et je dois vous dire que
nous pensons que les centres d'hébergement, ça fait
partie d'un quartier, d'un quartier à Montréal.
Et il y a de la vie dans un centre d'hébergement, et il y a
de la vie de quartier. Et il y a déjà, dans beaucoup de centres d'hébergement, des activités, des gens
qui viennent de l'extérieur, que ce soit du quartier ou plus large, qui
viennent faire des activités.
Je vais vous
donner un exemple. On a, depuis 2009, avec la Société des arts en milieux de
santé, des concerts qui se donnent
dans plusieurs CHSLD à Montréal. D'ailleurs, c'est aussi dans la région de la Capitale-Nationale. Il y a 99 centres qui ont été touchés, qui ont des
concerts de la Société des arts dans le milieu de santé. C'est donc
2 200 concerts qui ont été
donnés avec la participation de l'orchestre
symphonique métropolitain. Et ça, c'est une initiative très importante. Moi, j'ai été
témoin, d'ailleurs, personnellement de l'impact que ça peut avoir,
comment ça a été apprécié, c'est apprécié par les résidents, non
seulement par les résidents, par les
familles, par les employés, par les proches, par les comités des
usagers. Il faut en parler, des comités des usagers, comment c'est important
dans un centre d'hébergement.
Alors, il faut, à notre avis, ouvrir davantage
les centres d'hébergement. Moi, j'ai été témoin parce que j'ai travaillé dans un centre de santé et de services sociaux où il y avait des centres
d'hébergement, et, à plusieurs endroits, quand le quartier, par ses
bénévoles qui viennent au centre d'hébergement, par des activités organisées
par le centre d'hébergement où les personnes peuvent venir, par exemple, à la
salle à manger, participer à des activités, par des formations qui se donnent
aux familles sur l'approche aux personnes qui ont des troubles cognitifs,
ouvrir les centres d'hébergement sur la
communauté davantage et que la communauté vienne participer à des activités,
c'est une des clés que nous trouvons
importante pour la suite des choses dans les centres d'hébergement. Nos
résidents, ce sont des citoyens à
part entière, et c'est dans ce sens-là, je pense, qu'il faut aller davantage
dans le futur, faire la participation des résidents puis aussi de la
population du quartier, plus large, dans les centres d'hébergement.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Quels sont les plus
grands défis que vous avez à relever avec les familles, les proches aidants?
Vous avez mentionné, pendant votre
présentation, que les proches aidants étaient essentiels pour le maintien de la
qualité de vie des personnes qui sont en centre d'hébergement et de
soins de longue durée.
Le Président (M. Bergman) :
Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) : Les
proches aidants sont des partenaires absolument essentiels. Quand on dit qu'il
y a 80 % des personnes âgées en lourde perte d'autonomie qui ont des
problèmes cognitifs, on voit l'importance, à ce titre-là — mais à
bien d'autres titres — de la participation des proches aidants. Simplement à l'accueil,
on a besoin des proches aidants pour
comprendre, avec le résident, bien entendu, l'histoire de vie de la personne
pour bien adapter notre approche
selon les besoins de cette personne-là. On souhaite évidemment que les proches
aidants participent même à des formations. Je pense qu'il faut les
inclure dans les formations qu'on donne dans les centres d'hébergement.
On a trois
projets extrêmement importants pour la région de Montréal qui se sont en mis en
branle récemment avec l'équipe de Dre
Paule Lebel et Vincent Dumez, partenaires de soins, et qui… On mise beaucoup
sur ces projets, qui sont dans trois centres d'hébergement actuellement, où les
proches aidants, les résidents vont pouvoir prendre davantage de place, s'exprimer davantage et on veut que ça
s'étende à l'ensemble des centres d'hébergement. Comme vous voyez, c'est
dans la même foulée que l'approche milieu de vie.
Alors, nos
proches aidants sont essentiels vraiment. Pour qu'on donne les meilleurs soins,
ils doivent faire
partie complètement
de l'équipe des centres d'hébergement, ils doivent être supportés par l'équipe
des centres d'hébergement, par le
comité des usagers, par les bénévoles également. C'est une équipe qui s'élargit
autour du résident en centre d'hébergement.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bienvenue à notre
commission. Si on comprend bien votre message,
la perception que nous avons de Montréal, c'est une perception qui date de
plusieurs années. Entre autres, on disait
qu'il y avait 40 % des gens qui étaient dans des CHSLD, mais qui
n'auraient pas dû être dans des CHSLD et qu'il n'y avait pas de soins à
domicile. Ce que vous nous faites comme message aujourd'hui, c'est qu'il y a
une grande transformation en cours à
Montréal qui devrait donner des bons résultats et avoir le patient au bon
endroit avec la bonne ressource.
Le Président (M. Bergman) :
Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) : Oui. Et
c'est majeur pour Montréal, majeur. Et toute l'équipe de l'agence y travaille
vraiment de pied ferme avec les établissements.
Mais on a vraiment des résultats actuellement. Si on voit juste la démarche
qu'on a faite au niveau de ce qu'on appelle
les personnes en fin de soins actifs, là, les personnes âgées, on a diminué de
façon majeure le séjour à l'hôpital. Les
personnes sont maintenant à domicile davantage. On a fermé, dans le passé,
aussi près de 600 places
d'hébergement en milieu hospitalier. L'hôpital, là, ce n'est pas un milieu de
vie, c'est un milieu de soins
essentiellement. Et on comprend que tout le monde est d'accord que c'est mieux
pour la personne âgée, entre autres, là,
quand elle a terminé ses soins actifs, d'aller à domicile ou dans d'autres
ressources qui sont mieux adaptées à ses besoins.
Alors,
l'intensification du maintien à domicile qu'on fait actuellement, on injecte
des ressources même additionnelles,
c'est par là qu'il faut passer pour vraiment transformer. Et on utilise notre
parc d'hébergement. Vraiment, comme je vous le disais, il y a des
installations qu'on va vraiment utiliser, même s'ils ne peuvent pas accueillir
des personnes en
chaise roulante parce qu'ils n'ont pas, là, l'espace architectural, là, on va
accueillir d'autres personnes qui ont
des besoins à Montréal. Et donc, dans ce sens-là, c'est une énorme
transformation qui va s'étaler encore sur, je vous dirais, deux à trois
ans.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. J'ai lu quelques
mémoires, et puis il y en a, entre autres, qui
remettent en question la création des CSSS. Mais quelle est votre perception de
l'arrivée des CSSS, c'est-à-dire le regroupement à Montréal CHSLD, CLSC et parfois
certains hôpitaux, sur l'amélioration des soins puis pour la continuité
des soins? Et puis est-ce qu'on aurait pu continuer à faire la même chose si on
avait gardé ça en entités séparées?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Moi, je pense que les CSSS sont un atout majeur, là, dans
la transformation qu'on fait, mais en
général, de toute façon, pour la continuité des services et des soins aux
personnes, mais aussi à cause de leurs responsabilités locales. Et,
quand je parlais de vie de quartier, je pense, les CSSS sont vraiment en mesure
de créer davantage cette vie de quartier
avec nos centres d'hébergement. Mais aussi, quand on parle de transfert de
connaissance, d'expertise, il y a un
transfert d'expertise qui peut se faire entre les CLSC, les hôpitaux qui sont
intégrés et les centres d'hébergement,
à l'intérieur d'un CSSS. Alors, c'est une force, un centre de santé et de
services sociaux, dans le contexte du réseau montréalais.
je parlais également, dans mon allocution — j'étends ça un petit peu plus large — comment c'est important d'avoir des gens, des établissements, des
organisations qui travaillent au niveau de la deuxième, troisième ligne aussi
pour supporter les centres d'hébergement. Et j'ai nommé l'Hôpital Sacré-Coeur,
avec Bordeaux-Cartierville. Mais on ne peut pas passer sous silence le
rôle important que joue l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, qui
a une offre de services absolument extraordinaire, de formation, dont les
établissements de Montréal profitent de plus en plus.
Si on pense à la
téléconsultation que fait l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal,
ça, ça va supporter beaucoup nos centres
d'hébergement. Il y a également un guide de pratique médicale, là, qu'ils
viennent d'élaborer. C'est extrêmement
aidant pour nos centres d'hébergement. Alors, c'est vraiment de mettre à profit
toutes ces ressources... toute cette
expertise, là, et qu'on travaille ensemble évidemment pour améliorer les
services. Mais je vous dirais que les
CSSS, c'est la base vraiment de ce travail.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. La transformation qui
se fait à Montréal actuellement... Il y
avait quand même un fait, c'est-à-dire qu'il y avait plus de lits de CHSLD dans
le secteur de Verdun qu'il y en avait dans
l'est de Montréal. Et, à un moment donné, il y a des clientèles qui ne
pouvaient pas demeurer près de chez elles, mais elles devaient déménager ailleurs. Est-ce que c'est une transformation
qui est en train de se faire, c'est-à-dire de ramener les clientèles le plus près possible d'où elles
demeurent? Et est-ce qu'il y a un plan de création aussi de nouvelles places à
Montréal pour répondre à ce besoin-là, plutôt que de transférer des clientèles,
on va essayer plutôt de développer des ressources à proximité de leur vie de
quartier?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Là-dessus, on a fait des travaux
dans la dernière année parce qu'on voulait mieux comprendre justement la
trajectoire des personnes, et ce qu'on a vu finalement, c'est que 70 % des
personnes, là, qui demandent de
l'hébergement se retrouvent à l'intérieur de leur pôle. On a divisé Montréal en
six pôles. Montréal est très grand.
Alors, à
titre d'exemple, quelqu'un qui demande un hébergement dans le pôle est
de Montréal, 70 % du temps, il va
se retrouver dans le même pôle, le même secteur, si on divise géographiquement
Montréal en six pôles. Donc, c'est quand
même assez à proximité, là, de son lieu de résidence. Puis il y a probablement,
à des moments donnés, aussi des personnes
âgées qui préfèrent être plus près des enfants, alors vont se retrouver dans un
autre secteur de Montréal pour être plus près de leurs enfants. Alors,
c'est quand même une situation raisonnable, je vous dirais.
Mais
c'est sûr que ce n'est pas étanche, hein? Par exemple, un CSSS comme Sud-Ouest—Verdun, qui avait un nombre quand même important, là, de places en
hébergement, beaucoup de gens viennent des CSSS d'autour dans ces centres d'hébergement, là. Ce n'est pas simplement
pour la population qui est desservie par le CSSS, donc ça peut s'élargir
un peu plus vers le pôle voisin, par exemple.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui…
Président (M. Bergman) : Mme McCann, je vais profiter pour vous
demander une question. Sur la question d'accès
à un CHSLD et la question d'évaluation, j'ai lu avec intérêt le système de
mesure d'autonomie fonctionnelle et j'ai lu aussi que, de l'hôpital au lieu d'hébergement, le patient passe à un
lit d'évaluation pendant quelques semaines, et dans un lit de transition, et finalement dans un lit
permanent. Et on a eu beaucoup de commentaires sur ce système, des familles
et des appels aux bureaux de comté, et je me demande si c'est possible d'avoir
un autre système.
Je reconnais
l'importance de l'évaluation, mais je me demande : Est-ce que l'évaluation
peut être faite pendant que le
patient est dans l'hôpital? Car on peut prévenir que le patient va aller à un
CHSLD avec consultation avec la famille, les proches aidants, alors on sait des semaines en
avance où le patient va aller. Est-ce que ce sera possible pour réduire ces changements, car, certainement pour les
familles, mais je pense que la personne âgée même a de la difficulté pour
vraiment quitter sa résidence, aller dans un
hôpital, c'est traumatique, et après ça pour aller dans un lit d'évaluation, un
lit de transition et place permanente. Et je me mets à la place d'une
personne âgée, ça doit être extrêmement difficile.
On parle de
l'importance d'une vie pour les patients, le milieu de vie. Alors, je me
demande : Est-ce qu'on peut trouver
une autre solution à ce problème? Et je reconnais l'importance de l'évaluation,
je reconnais l'importance d'avoir quelque
chose qui est efficace, mais il semble qu'il y ait quelque chose qui ne marche
pas avec ce système pour les patients, pour les personnes les plus
importantes, nos aînées. Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Oui.
M. le Président, merci. C'est un objectif majeur pour nous de diminuer le phénomène dont vous parlez. Et, pour ce faire, là,
on a vraiment, encore une fois, intensifié nos services de maintien à
domicile. Donc, à ce moment-ci, là, il y a de moins en moins... il y a de plus
en plus de personnes qu'on va vraiment acheminer, accompagner à domicile. Et
c'est à domicile que l'évaluation va être faite. Si elle n'a pas été terminée à
l'hôpital, elle va être terminée à domicile.
Et les lits qu'on utilisait pour de l'évaluation vont être transformés davantage
pour une offre de services posthospitaliers
pour reconditionner la personne. Parce qu'il y a des personnes âgées qui ne
peuvent pas retourner, même avec les services de maintien à domicile, à
domicile, elles vont avoir besoin d'un séjour ailleurs
qu'à l'hôpital pour avoir une forme de reconditionnement, de réadaptation. Et
ça, c'est tout à fait dans notre offre de services futurs, et même qu'on
fait évoluer actuellement, là, dans ce sens-là.
Donc, ce que
je dis aujourd'hui, là, c'est que, de moins en moins, les personnes vont avoir
ce déplacement vers un autre endroit
pour être évaluées. On ramène maintenant les personnes à domicile, et c'est là
qu'on complète l'évaluation. Et c'est
beaucoup mieux parce que c'est dans leur milieu de vie naturel. Et, avec les
services qu'on offre de maintien à domicile,
elles pourraient même être plus aptes à rester à domicile plus longtemps. Donc,
c'est le mouvement qu'on fait. Et j'insiste sur le fait que c'est un
objectif majeur pour la région de Montréal actuellement.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Merci, M. le Président. On sait que,
dans la province, lorsqu'on a discuté lors des auditions de l'assurance autonomie, c'est qu'on vise environ
2,5 lits de CHSLD par 100 personnes de 65 ans et plus, on vise environ entre 0,6 et 0,8 place de
ressources intermédiaires. Montréal avait une difficulté dans ses CHSLD parce
qu'une clientèle trop légère était dans les
CHSLD parce qu'il manquait de ressources intermédiaires. Oui on non, vous
êtes d'accord avec ce constat qu'il manquait des ressources intermédiaires?
Mme McCann (Danielle) : ...
Bolduc
(Jean-Talon) : Actuellement, quel est votre ratio par
rapport aux lits de CHSLD? Et quel est le ratio que Montréal devrait avoir en tenant compte que peut-être Montréal a des
particularités qui devraient être un peu en haut de 2,5? Pourquoi je
pose la question? Parce que, si on n'a pas les ressources adéquates, un manque
de ressources intermédiaires, ça veut dire
qu'on va prendre des lits de CHSLD pour des clientèles qui ne devraient pas
être là. Et également, si on fait de
l'intensification des lits de soins à domicile pour les services à domicile, ça
va maintenir des patients plus
longtemps, on estime quand même qu'il va y avoir un grand besoin de lits de
CHSLD en fonction du ratio que vous allez nous parler.
Le Président (M. Bergman) :
Mme McCann.
Mme McCann
(Danielle) : On a
fait vraiment une évaluation, là, de la situation à Montréal là-dessus. C'est
sûr qu'on a 2 000 places en ressources intermédiaires actuellement,
il nous en maque à peu près 350. C'est ces ressources-là qu'il faut développer, là, le plus tôt possible.
Et, avec le plan de transformation dont je vous ai parlé, on se retrouverait,
jusqu'en 2018, avec un nombre suffisant de
places en hébergement pour notre population. Alors, jusqu'en 2018, on a un
nombre suffisant en autant qu'on fasse toute la transformation dont on se parle
aujourd'hui.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est
écoulé. Pour le deuxième groupe d'opposition, Mme la députée de Groulx.
Daneault :
Merci, M. le Président. Bienvenue, merci d'être ici avec nous. Bien, je vais
continuer sur votre transformation. Parce que vous n'êtes pas sans
savoir qu'il y a une clientèle qui était inquiète de l'annonce faite de la fermeture de 500 lits dans la région de
Montréal, dans les deux prochaines années. Et on sait qu'actuellement... je ne
sais pas, peut-être que vous avez
précisé le nombre de patients qui sont dans les soins aigus actuellement dans
les hôpitaux de Montréal, qui
attendent une place en hébergement aussi. Alors, on ajoute à ça ces
personnes-là. Moi, je suis tout à fait d'accord
avec la vision de prolonger les gens à domicile, mais il reste qu'on a besoin
de ressources, aussi. Alors, comment vous
entendez faire cette réorganisation-là? Est-ce qu'avec la fermeture des
500 lits on récupère le personnel pour donner les soins, prodiguer
les soins à domicile? Est-ce que ce nombre de personnels là va être suffisant?
Puis est-ce que l'échéancier de deux ans est réaliste?
Le Président (M. Bergman) :
Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Sur l'échéancier, je pense qu'on
peut parler de deux à trois ans, peut-être même un petit peu plus. Je pense qu'il y a vraiment des
travaux à faire importants. Mais
notre volonté est très grande qu'on arrive à avoir des chambres
semi-privées dans ces milieux-là.
personnel, on a besoin de tout le
monde. Alors, ce personnel, on va en
avoir besoin ou au soutien à domicile ou
dans d'autres centres. Il est clair qu'on doit contrer toujours
un potentiel de pénurie. Il faut absolument qu'on ait la contribution de tout le
personnel. Donc, là-dessus, c'est le message qu'on donne : On a besoin de tout
le monde.
faut penser qu'on a ajouté 2 000
places en ressources intermédiaires, hein, aussi, puis on va en ajouter 350
autres. Alors, ça, c'est vraiment un
ajout franc à notre hébergement à Montréal, là, c'est quand même important. Et
en plus l'ajout qu'on fait en
maintien à domicile, c'est aussi très important, les gens qui ne se retrouvent
pas en hébergement; et l'offre de services particulièrement aussi en résidence
privée pour les personnes âgées, 24 000 unités, là, où on va ajouter
du maintien à domicile, où on a à ajouter du maintien à domicile dans ces
résidences. Donc, oui, je pense qu'on va être capables
d'offrir ce dont les personnes ont besoin en hébergement dans les prochaines
années, certainement jusqu'en 2018.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Groulx.
Daneault : Merci. Vous n'êtes pas sans savoir qu'on annonce…
Mais c'est connu, avec le vieillissement de la population, on risque d'ajouter à la demande. Alors, ma question,
elle est claire : Est-ce que le personnel qu'on a actuellement est suffisant? Et, quand on parle de
multiplier les soins à domicile, vous savez comme moi qu'on a besoin de plus de personnel que sur un étage où on a huit
patients hospitalisés et un personnel pour ces huit patients-là. Si elles
sont à domicile les huit mêmes personnes,
les ressources vont être plus exigeantes, on va devoir avoir plus de
ressources. Est-ce que vous avez figuré combien de ressources
supplémentaires en termes de personnel vous aurez besoin?
Le Président (M.
Bergman) : Mme McCann.
Mme McCann (Danielle) : Je vais vous répondre par peut-être un angle un petit peu
différent. D'abord, on pense qu'on
doit diversifier le personnel, là, qui intervient auprès des personnes. Par
exemple, on a des infirmières, bien entendu, mais il faut davantage
d'éducateurs spécialisés, de psychoéducateurs, de psychologues. Évidemment, on
a aussi des ergothérapeutes, des physiothérapeutes, puis il est vrai qu'on en a
besoin davantage.
Une des composantes,
là, très importantes, c'est nos préposés aux bénéficiaires et nos auxiliaires
familiales et sociales, et c'est là que
notre réseau doit avoir une force d'attraction importante. Et on a mis sur pied
des projets, entre autres, qui vont
aider, je pense, dans ce sens-là. Par exemple, il y a des ententes actuellement
avec certains CSSS à Montréal et des
commissions scolaires pour former ensemble des préposés aux bénéficiaires et
des auxiliaires familiales et sociales. Et ces projets-là sont très
porteurs. Et c'est vraiment ces initiatives qu'il faut prendre parce qu'on va
avoir besoin de beaucoup de préposés aux
bénéficiaires et d'auxiliaires familiales et sociales dans le futur, et bien
sûr ces initiatives vont devoir se multiplier.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est
écoulé. Mme McCann et M. Murphy-Lavallée, Mme Ingenito, Mme
Beaumier-Robert, merci pour votre présence, merci pour partager votre expertise
avec nous.
on demande maintenant l'Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean pour prendre leur place à la
table.
Et je suspends pour
quelques instants seulement.
(Suspension de la séance à 10 h 44)
Président (M. Bergman) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je souhaite la bienvenue à l'Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Bienvenue.
Pour les fins d'enregistrement, je vous demande de bien vouloir vous présenter.
Je vous répète, vous disposez de 10
minutes pour faire votre présentation. Par la suite, il va y avoir une période
d'échange avec les membres de la commission. Alors, Mme Couture, le
micro, c'est à vous.
Mme Couture (Martine) : Merci, M.
le Président. Alors, Mmes et MM. les
députés membres de la commission,
il nous fait vraiment plaisir d'être ici
pour discuter du mémoire que nous avons élaboré dans le cadre de la
réflexion sur les conditions de vie des adultes hébergés en CHSLD.
Permettez-moi
de vous présenter les personnes qui m'accompagnent : Mme Julie Labbé,
directrice des ressources humaines et des services administratifs; Mme
Johanne Bilodeau, ici, coordonnatrice des affaires corporatives et juridiques;
M. Yvan Roy, directeur de la qualité et des
services sociaux; M. Michel Martel, directeur des ressources réseau; M. Michel
Côté, responsable des suivis des
visites d'évaluation de la qualité dans les milieux de vie en centres
d'hébergement et soins de longue durée; et M. Jean-François
Saint-Gelais, coordonnateur des communications pour l'agence.
De façon à respecter le temps qui nous
est imparti, nous exposerons les éléments essentiels de notre mémoire. Notre exposé se déroulera en trois temps. Nous
présenterons d'abord les valeurs qui guident notre travail et dresserons
le portrait général des aînés au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Dans un deuxième temps, nous
expliquerons comment nous implantons
l'approche milieu de vie dans nos centres d'hébergement et soins de longue
durée. Enfin, nous vous présenterons quelques recommandations.
Pour
accomplir sa mission, notre agence s'appuie sur des valeurs organisationnelles
qui conditionnent ses actions et ses
pratiques de gestion avec son personnel, les établissements de la santé et des
services sociaux et avec nos partenaires intersectoriels. L'importance du travail d'équipe et du partenariat est
au coeur de nos valeurs. Ceci guide nos actions de l'ensemble du personnel
de l'agence et du réseau de la santé et des services sociaux.
Avec
ses 130 employés, notre agence chapeaute les activités d'un réseau
d'établissements regroupant quelque 10 000
employés et doté d'un budget de plus de 750 millions de dollars. En 2012-2013,
100 millions de dollars ont été investis
dans le soutien à l'autonomie des personnes âgées, dont les deux tiers destinés
aux centres d'hébergement et de soins
de longue durée. Plus d'un millier de personnes travaillent en centre
d'hébergement et de soins de longue durée comme infirmières, infirmières
auxiliaires et préposés aux bénéficiaires.
Saguenay—Lac-Saint-Jean
compte près de 270 000 habitants, dont 18 % sont âgés de 65 ans et
plus. Six aînés sur 10 ont entre 65
et 74 ans; trois sur 10, entre 75 et 84 ans; un sur 10 est âgé de 85 ans et
plus. Dans notre région, le nombre de
personnes âgées de 65 ans et plus augmentera de 39 % d'ici 10 ans. Nous
compterons alors 19 000 aînés de plus. Le quart des habitants de notre région sera alors âgé de 65 ans et plus.
Dans un horizon de 20 ans, le rythme du vieillissement de la population s'accélérera rapidement au
Saguenay—Lac-Saint-Jean
plus qu'au Québec. En 2031, le tiers de la population de notre région
sera âgé de 65 ans et plus contre le quart pour le Québec.
Notre
agence a mené, en 2007 et en 2012, des vastes enquêtes de santé auprès de plus
de 4 000 répondants de la région. Notre objectif est de documenter
l'état de santé et de bien-être, ainsi que ses déterminants dans la population adulte au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Ces enquêtes contiennent des
informations spécifiques sur les aînés qui contribuent à une connaissance plus fine de leur réalité. On
sait ainsi que les aînés de notre région vivent de plus en plus longtemps
et qu'ils sont en bonne santé plus
longtemps, que la proportion des aînés qui cumulent deux maladies chroniques ou
plus est de 16 % chez les 65-74 ans et de 19 % chez les 75 ans
et plus.
Notre
agence a présenté à de nombreux partenaires les différentes informations tirées
de ces enquêtes qui concernent spécifiquement
les aînés. C'est dans ce contexte démographique et sociosanitaire que
l'organisation des services et du milieu
de vie des aînés en CHSLD doit être pensée. Notre région compte 18
installations de centres d'hébergement et soins de longue durée
totalisant 1 286 places; au 31 mars 2013, 1 150 aînés y vivaient.
Nous mettons en
oeuvre depuis 2005 un vaste plan d'action sur les services aux aînés en perte
d'autonomie vivant en CHSLD, grâce à un
investissement de quelque 43 millions de dollars. Notre action a comme
objectif d'implanter l'approche
milieu de vie. Cette approche a été implantée à travers la formation du
personnel et la transformation d'espaces résidentiels dans plusieurs installations de CHSLD. De plus en plus,
l'accent est mis, dès l'accueil d'un résident, sur le développement
d'une relation de confiance entre le personnel, le résident et ses proches.
Notre
réseau régional s'acquitte de son rôle dans l'instauration du concept milieu de
vie de trois façons : par une vision
d'ensemble des besoins des installations —pour ce faire, les échanges avec les
établissements et des visites sur les lieux sont essentiels; par une
planification quinquennale d'investissements immobiliers offrant les moyens
financiers nécessaires pour faire la
différence entre une mise à niveau des lieux physiques et l'introduction
immobilière du concept milieu de vie;
et par une démarche régionale axée sur le partage des expertises et une écoute
respectueuse chez les intervenants.
Depuis
l'instauration du plan d'action régional 2005‑2010 sur les services aux aînés
en perte d'autonomie, notre agence et
les établissements se sont approprié, donc, l'approche milieu de vie :
d'abord, en répondant aux priorités d'interventions
immobilières du ministère, c'est-à-dire l'élimination des lits de longue durée
dans les centres hospitaliers, l'élimination
des chambres multiples, c'est-à-dire les chambres à trois et quatre lits, les
situations de contraintes d'accès liées aux caractéristiques architecturales
et les projets soutenant l'implantation du concept milieu de vie; ensuite, en procédant à des interventions architecturales et
des transformations d'espaces résidentiels originales qui répondent aux besoins des personnes hébergées et en les publicisant
auprès des autres établissements de la région. Construits et pensés à l'origine comme des centres de soins, les centres
d'hébergement deviennent des milieux de vie pour assurer aux aînés un quotidien encore mieux adapté à leurs besoins, à
leurs goûts et à leurs valeurs. Ce nouveau cadre de vie respecte encore
plus leur dignité et leur intimité, tout en leur assurant sécurité et confort.
ce jour, huit centres d'hébergement de notre région ont bénéficié de
transformations physiques pour améliorer le domicile des aînés qui y
vivent, et le processus se poursuit. C'est ce genre de métamorphoses qui
favorise une vie communautaire plus active.
Ces actions concrètes contribuent au maintien et au renforcement des capacités
individuelles de même qu'au développement personnel des aînés en perte
d'autonomie. Nous devons poursuivre l'implantation de l'approche milieu de vie
dans toutes les installations, compléter le travail, corriger les lacunes.
Nous croyons aussi
que d'autres moyens existent pour améliorer la qualité des services et des
soins dans les CHSLD. Nous vous en proposons trois : d'abord, valoriser le
travail des employés des CHSLD dans le cadre d'une campagne sociétale nationale qui mettra en lumière le défi du
vieillissement de la population, la qualité des milieux de vie, les
réalisations émérites, et autres; ensuite, favoriser la concertation des
gestionnaires de CHSLD pour implanter des pratiques gagnantes, développer des
outils de travail plus performants et intégrés au système d'information; enfin,
promouvoir et initier des activités
régionales de formation et d'échange pour les volets médicaux, de loisirs
notamment, et en organisant des ateliers, des colloques ou des forums.
Aborder la
question de l'amélioration de la qualité de vie, des services et des soins dans
les CHSLD commande de s'interroger
sur l'organisation du travail. Nous sommes d'avis que la prestation des soins
et services doit être axée d'abord sur les besoins
des personnes et non sur les tâches à accomplir. Nos établissements ont à
réviser continuellement leur organisation du travail pour implanter un
véritable milieu de vie en CHSLD. Afin de s'assurer que le personnel a les compétences et les aptitudes requises en lien avec
le profil des résidents, les établissements doivent s'assurer de la réalisation
d'un plan d'intervention individuel dans les
six semaines suivant la prise en charge de chaque résident. Les CHSLD de la
région visent cette cible.
Au 31 mars
2013, nous constatons une répartition de 57 % d'heures travaillées préposés aux
bénéficiaires, pour 43 % d'heures
travaillées infirmières auxiliaires et infirmières. Nous n'avons pas recours à
de la main-d'oeuvre indépendante en
soins infirmiers dans notre région. Tous les CHSLD de la région assurent une
présence infirmière sur tous les quarts de travail, jour, soir, nuit et
fin de semaine. Toutefois, les taux d'absentéisme global en CHSLD pour les
titres d'emploi infirmière, infirmière
auxiliaire et préposé aux bénéficiaires sont élevés, variant de 14 % à 16 %.
Notre région s'est dotée d'un plan
d'action en santé et sécurité au travail pour atténuer, voire renverser la
tendance lourde de l'augmentation des taux d'assurance salaire, et ce,
en mettant l'accent sur des activités de prévention.
Nous développons et nous transformons les
centres d'hébergement, mais nous évaluons aussi la qualité des services qui sont donnés aux aînés. Notre agence
participe aux visites ministérielles d'évaluation de la qualité du milieu
de vie. Les centres d'hébergement de la
région ont tous été visités au moins une fois depuis 2005. Les directions ont
dû élaborer et mettre en oeuvre un plan d'amélioration qui respectait
les recommandations d'amélioration des services identifiées par les évaluateurs. Un professionnel de notre agence est
spécifiquement dédié aux centres d'hébergement. Depuis 2012, il a
réalisé des visites dans neuf installations de la région et assure le suivi des
plans d'amélioration. Il complète parallèlement une tournée de rencontres avec
les comités de résidents de tous les centres d'hébergement.
À la lumière
de notre expérience et de nos réflexions, nous formulons six recommandations aux membres de la commission : premièrement, améliorer la
circulation de l'information aux résidents et leurs proches; deuxièmement, mettre à niveau les différents systèmes
d'information relatifs à la clientèle hébergée en CHSLD pour permettre un suivi
clinique, organisationnel et de la qualité des services plus adéquat et basé
sur des données probantes et validées.
Recommandation n° 3 : intégrer davantage
des professionnels et les rattacher aux équipes de travail actuelles dans
les CHSLD, les rendre accessibles aux
résidents des CHSLD et à leurs proches; quatrième, s'assurer que l'ensemble des
employés des CHSLD reçoivent les formations requises en lien avec les
meilleures pratiques.
Recommandation
n° 5 : prévoir et planifier une période de transition suffisante pour
l'implantation de l'allocation de
soutien à l'autonomie annoncée dans la
Loi sur l'assurance autonomie; et
enfin poursuivre la mobilisation des établissements à organiser les unités de vie dans les CHSLD selon les
profils spécifiques, avec les effectifs appropriés et les équipements
adaptés.
Les services
d'hébergement en CHSLD se doivent
d'être continuellement améliorés, évalués, appréciés, optimisés. Les personnes qui les donnent de même que
l'environnement humain et physique de la prestation des services doivent
aussi faire l'objet de constantes
préoccupations. Ils constituent les principaux leviers qui permettront au
réseau de la santé et des services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean de relever des défis de taille. Je
vous remercie beaucoup de votre attention.
Président (M. Bergman) : Merci pour votre présentation, Mme Couture. Maintenant,
pour le groupe ministériel, Mme la députée de Sainte-Rose.
Proulx : Merci, M. le Président. Bonjour à vous tous, Mme Couture et tous les collègues
qui vous accompagnent, merci beaucoup de votre présentation. À vous
entendre, écoutez, je trouve que vous avez des initiatives extrêmement
intéressantes et sur lesquelles j'ai quelques questions.
Vous avez mentionné, là, que vous avez vraiment
centré votre organisation autour de milieu de vie, tout le concept de milieu de vie. Et moi, j'aimerais ça
que vous nous parliez un peu plus de, concrètement, comment vous avez pu faire en sorte que ce qui est tout de même un milieu de soins, puisqu'il
y a des critères pour l'hébergement en CHSLD, donc de nécessiter trois heures de soins par jour… alors, comment vous
avez réussi cette transformation de faire en sorte que le milieu de
soins se transforme en milieu de vie, tout en continuant à offrir les soins
requis.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui, merci.
Alors, pour aller rapidement au coeur, le choix a vraiment été fait de s'orienter sur l'approche milieu de vie, qui
contient des critères très spécifiques. Entre autres critères, l'adaptation, en
fait, de l'environnement est un des
éléments importants. Dans notre mémoire, on axe beaucoup sur la transformation
physique des lieux. On a axé beaucoup
aussi sur la transformation des pratiques en lien avec les orientations du
concept milieu de vie, donc la
formation du personnel et aussi le changement des ratios en termes
d'organisation des services entre préposé aux bénéficiaires, infirmière, infirmière auxiliaire. Alors, c'est vraiment
les éléments sur lesquels on s'est basés pour travailler. Puis c'est une approche... c'est un exercice qui
est à long terme, aussi, hein? Donc, on est dans l'approche milieu de vie
depuis déjà pas loin d'une dizaine d'années,
finalement. Alors, c'est constant. Comme on dit aussi, on est en amélioration
constante à cet effet-là.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Merci. Et vous avez mentionné, toujours dans cet échange, là, sur l'approche
milieu de vie… vous mentionnez l'importance des équipes, et tout ça, et
vous nous avez dit tantôt… une de vos recommandations était la valorisation du travail des employés. Et vous avez
parlé aussi de l'importance de la formation. Et moi, je suis convaincue que c'est un élément
important de valoriser le travail des personnes, et habituellement on réussit
ça quand on intègre dans les tâches à
effectuer toute une notion d'éthique, c'est-à-dire de l'importance du travail
effectué par les personnes et de l'impact
que ce travail-là et la façon de faire le travail peut avoir sur une autre
personne, notamment une personne vulnérable.
J'aimerais ça
savoir, encore là, concrètement, comment vous en êtes arrivés à faire en sorte
que votre organisation du travail mobilise suffisamment les personnes,
votre personnel, pour faire en sorte que leur façon de travailler soit orientée vers la réponse aux besoins des personnes
et non pas orientée vers les tâches à accomplir? Et c'est bien la différence
que j'ai cru comprendre. Et comment, concrètement, on fait ça?
Couture (Martine) : Si vous
me permettez, en fait… Excusez-moi, je n'étais pas au bon endroit. Je vais
permettre aux gens de mon équipe de répondre
à cette question-là. Globalement, c'est un choix et c'est une orientation
nationale et régionale qu'est l'approche
milieu de vie. La formation est importante, la formation des préposés aux bénéficiaires est requise pour l'entrée en
fonction, et l'adaptation du personnel en cours d'emploi, par des formations
qui sont des formations continues. Alors, ça, c'est vraiment le volet de
base pour le travail en CHSLD.
Et, bon, j'ai
parlé aussi du volet immobilier, peut-être que, plus tard, vous aurez des
questions à cet effet-là. Et je vais
peut-être demander à M. Yvan Roy, qui est notre directeur de la qualité et des
services sociaux, qui est responsable de
ce secteur-là, d'aller de façon plus pointue sur les formations qui ont pu être
offertes à l'intérieur de notre région à cet effet-là. M. Roy.
Le Président (M. Bergman) :
M. Roy.
M. Roy (Yvan) : En fait, au niveau
des formations, il y a eu la formation AGIR qui a été donnée de façon systématique à tous les préposés aux bénéficiaires
dans nos CHSLD. Il y a aussi… lorsqu'on a parlé de l'approche milieu de vie, on parlait des personnes, on parlait des
résidents, on parlait du personnel, mais on parlait aussi des proches, des
proches des personnes, des résidents qui
sont là. Et, à l'intérieur de ça, cette dynamique-là fait en sorte que
l'ensemble des gens sont concertés.
Et la
sélection du personnel a été aussi très, très importante. On aura peut-être
l'occasion de vous le dire, mais on a
fait une sélection très importante du personnel, particulièrement du personnel
préposé aux bénéficiaires, de telle sorte que finalement, après une
sélection où il y avait 10 personnes qui se présentaient en sélection, on en
sélectionnait, grosso modo, trois, et, après
la période de probation, compte tenu des exigences qu'on avait, il y avait une
seule personne qui réussissait à
aller jusqu'au bout. Donc, la personne qui était allée jusqu'au bout était
vraiment très qualifiée par rapport à
ça. Et on tient compte de la qualification des personnes qui rentrent, mais
aussi des personnes qui sont à l'emploi. Donc, il y a une formation
continue qui se donne.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
C'est extrêmement intéressant, ce que vous mentionnez, et on aura probablement
l'occasion d'en reparler aussi. Et
vous avez mentionné, en terminant sur cette question-là, la question du ratio
entre personnel infirmier, préposés
aux bénéficiaires, et comment on peut modifier ce ratio. Et ça a été quoi,
votre expérience concrète de ce côté-là?
Mme Couture (Martine) : …
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. O.K. À
ce moment-ci, c'est vraiment dans tout le secteur des volets de la réorganisation du travail. Dans notre région, dans
tous les établissements, il y a des projets de réorganisation du travail
qui sont en cours, basés sur les meilleures
pratiques, basés sur les données probantes, ce qui fait justement faire la
variation de ce ratio entre préposés
aux bénéficiaires, infirmières, infirmières auxiliaires. C'est un mouvement qui
doit se faire en continuité.
Cependant, dans chacun de nos milieux, une infirmière est toujours présente sur
chacun des quarts de travail, comme
je le disais tout à l'heure. Puis, pour aller plus précisément sur le volet
très spécifique des projets d'organisation du travail, à ce moment-ci,
je demanderais à Mme Julie Labbé de compléter la réponse pour l'ensemble de la
région.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Labbé.
Mme Labbé
(Julie) : Oui. Alors, effectivement, il y a eu un arrimage, là, avec
les soins infirmiers et les ressources humaines,
là, pour faire sûr qu'il y ait un suivi important de fait auprès de nos
ressources pour qu'on glisse… de préposés aux bénéficiaires, on tend à aller vers le 60 %, on est quand même
à 57 %. Donc, c'est un défi quand même important de recrutement, de dotation, d'ajuster aussi nos
méthodes de dotation au niveau des ressources humaines. Et on a créé,
d'ailleurs, un comité régional pour les stages en soins infirmiers, où on
optimise nos places de stage en CHSLD pour permettre
à l'étudiant de pouvoir varier sa pratique, autant en CH, mais aussi de
connaître rapidement les réalités du CHSLD et les défis qui s'imposent.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Je vais laisser la parole à la députée de Masson.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Merci. Alors, merci d'être là. Je trouve
ça très intéressant de vous entendre. Vous avez de l'air des gens très dynamiques
et vous avez aussi, de ce qu'on constate, entrepris ce virage-là, de milieu de
vie, déjà presque depuis 10 ans. Et on est en mesure... en tout cas, ce que je pense, c'est qu'on est en mesure d'identifier les résultats
que vous avez acquis avec cette transformation-là qui est amorcée depuis un
bout de temps.
question est de savoir… Vous avez, comme milieu, décidé
que c'était un enjeu que vous mettiez vos priorités dessus, j'imagine, autour des années 2005, quand
vous avez décidé, là, de prendre ce virage-là. Est-ce que je me trompe?
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. Donc, oui, c'est le choix qui a été fait — c'était
l'orientation ministérielle — d'aller
vers l'introduction de l'approche milieu de
vie. Alors, le choix et la décision allaient de soi. Ce qui est important,
c'est la démarche. On ne peut pas
faire des transformations comme celle-là, transformer un milieu de soins en
milieu de vie, en claquant des
doigts. Donc, c'est vraiment l'approche des petits pas qu'on a choisie,
l'approche de la régularité, l'approche aussi de l'adaptation en fonction des conditions dans lesquelles on
était. On a 18 installations présentement, il y en avait un peu plus antérieurement. C'étaient des installations, pour plusieurs
d'entre elles, qui étaient milieux de soins. Alors, l'environnement physique favorisait également le milieu de soins, ce qui fait que la culture de
soins était aussi en milieu de soins. Alors, ce virage-là a dû se faire
sur les deux volets.
Donc,
ce qui est important, je pense, c'est de voir le volet… une vision et
des actions en lien avec cette vision-là au fil des années. Puis c'est vrai que, quand on regarde par en arrière,
dans le fond, on peut voir les résultats, autant sur le plan clinique que vis-à-vis
les évaluations qu'on reçoit au
niveau des visites ministérielles
qu'au niveau des milieux comme tels,
architecturaux. Vous, vous n'avez pas eu la chance de les voir, mais on peut
voir, pour nous, vraiment des transformations, c'est phénoménal,
entre le milieu de soins puis le milieu de vie.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Oui. Tout à l'heure, vous avez abordé la
question du volet immobilier. J'aimerais vous entendre sur ce sujet-là.
Mme Couture
(Martine) : Bien, c'est ça. Donc...
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Excusez. Je réponds trop vite. Donc, dans le plan
d'action aux personnes âgées, sur le volet immobilier, on a investi pas
loin de 45 millions de dollars entre 2005 et 2012 environ, pour
l'amélioration des milieux. Donc, on n'a pas
fait de constructions neuves avec... C'est une belle somme d'argent, mais on ne
peut pas faire beaucoup de
constructions neuves avec 43 millions de dollars. Alors, on a choisi des
approches ciblées pour chacun de nos milieux, lesquels milieux étaient
prioritaires. Et puis on y allait, donc, sur chacun des milieux en profitant de
l'environnement dans lequel ce milieu-là
était placé, les possibilités de restauration, de rénovation, d'amélioration,
en faisant aussi participer le personnel sur place.
Donc, en général, les
chargés de projets, pour chacun de ces projets-là, étaient des gens du milieu
comme tel, souvent des gens qui étaient très
proches des soins et qui travaillaient avec leur équipe de travail qui
impliquait les résidents et surtout les comités de résidents pour
arriver à des résultats. Donc, chacun des milieux qui ont été rénovés de cette façon-là — on a maintenant huit installations pour
lesquelles il y a eu des interventions — on peut voir le résultat vraiment avant, après, là. Donc, on y est allés :
cibler participation du milieu en fonction de l'environnement dans lequel ce
milieu-là était placé, en utilisant au maximum les sommes qui nous
étaient imparties.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : En faisant participer vos équipes
énormément dessus ces propositions-là aussi. Alors, je voyais aussi, dans votre mémoire, vous avez une
évaluation, là — je vais
la retrouver — des
coûts de places en CHSLD. Je pense
que c'est autour de 57 000 quelques dollars, quand la moyenne
québécoise est de 71, ou quelque chose comme ça, là. Je ne me souviens pas du chiffre exact. Mais ça m'a interpellé
quand j'ai vu ce montant-là. Vous y arrivez comment?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) :
Oui. Alors, cette différence-là, on a de la difficulté aujourd'hui, là, ce
jour-ci, le 21 janvier, à décortiquer la
différence entre les deux, on ne serait pas en mesure de fournir une réponse
sur pourquoi c'est comme ça. Donc, la
méthode de calcul entre ce qui a servi à composer le montant de
70 000 $ au niveau québécois, il faudrait aller la décortiquer pour la comparer avec la nôtre. Alors, on
n'est pas en mesure aujourd'hui de vous dire quelle est l'explication d'une différence aussi grande. On
y est allés, nous, sur une méthode d'attribution en fonction des budgets qu'on a, mais on n'est pas allés sur la
connaissance de la méthode de calcul national. Alors, on n'est pas en mesure de
vous répondre à ça.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin :
Mais vous, vos places, c'est autour
du montant que vous avez évalué, ça, vos places à vous, là.
Mme Couture (Martine) : Oui, en
fonction des budgets qu'on a entre les mains.
Gadoury-Hamelin :
O.K.
Le Président (M. Bergman) : Mme
la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : Merci. Il
y a des défis. Je pense qu'il y a
des défis au niveau de la clientèle en CHSLD, l'alourdissement des problématiques des clientèles
qui se retrouvent en CHSLD. Au
niveau, je pense, cognitif, en tout cas,
ce qu'on observe, les gens vivent plus vieux mais ont des problèmes cognitifs
dans leur situation. Alors, comment arrivez-vous
à composer avec cette problématique-là? Quelles sont les particularités que
vous mettez en place pour faire face à ce défi-là?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Couture (Martine) : Oui.
Alors, la modification de la clientèle, c'est un phénomène qui est en constante
évolution. L'adaptation des milieux,
justement, chacun des milieux doit avoir une conception en lien avec les
personnes qui ont des troubles
cognitifs. Au niveau des exemples, j'irais peut-être demander aussi à M. Roy,
d'aller sur des exemples plus
pointus, plus précis parce que je pense que ça nous permettrait d'apporter un
éclairage plus spécifique sur ce qui se passe dans notre région.
Le Président (M. Bergman) :
M. Roy.
M. Roy
(Yvan) : Comme vous l'avez
bien souligné, madame, il y a effectivement une modification de la clientèle
des personnes âgées. Les personnes âgées
arrivent… sont d'abord… «Âgé» ne veut pas nécessairement dire «malade». Lorsqu'ils arrivent en CHSLD, ils sont
probablement plus hypothéqués qu'il y a quelques années. Il y a des clientèles
nouvelles qui arrivent en CHSLD,
particulièrement les clientèles qui souffrent d'Alzheimer, de problèmes
d'errance, de troubles cognitifs, et des clientèles qui ont des
problématiques multiples, tu sais?
Il n'est pas rare de voir des personnes âgées,
comme dans la population en général, des personnes âgées qui souffrent de
problèmes de santé mentale. Alors, ce genre de clientèle là pose un défi très
important au personnel et à l'ensemble du
milieu. Et c'est par rapport à cette clientèle-là que les milieux s'interrogent
et mettent en place des nouvelles approches. Mais on n'est pas les seuls
là-dedans. On fait des réflexions, on s'alimente de réflexions. On a parlé,
tout à l'heure, de pratiques, vraiment de
pratiques gagnantes par rapport à ça. Et on est un milieu en évolution par
rapport à ces clientèles-là qui sont aussi un reflet de l'évolution de
la société québécoise.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin :
Il y a un autre enjeu important aussi, les clientèles adultes qui se retrouvent
en CHSLD, parce que c'est des gens
qui ont des problématiques physiques ou de santé qui font qu'ils doivent vivre
en CHSLD en raison de leur état de
santé. Puis ils se retrouvent souvent avec des personnes aînées. Donc, ils ont
deux réalités différentes. Comment arrivez-vous à composer avec ce
défi-là?
Le Président (M. Bergman) :
M. Roy. Mme Couture.
Couture (Martine) : On est
venus en équipe, hein? Donc, au niveau des clientèles âgées de moins de 65 ans,
c'est un défi. Dans notre région, c'est un
défi depuis longtemps. Souvent, le seul endroit possible pour une clientèle
âgée de 65 ans ou moins avec une
problématique physique ou autre était le CHSLD. Alors, on a des travaux qui ont
été faits par rapport à cette clientèle-là pour arriver à soit faire des
ailes particulières dans certains CHSLD pour les gens de moins de 65 ans, de faire une transition parfois
aussi vers d'autres types de ressources, donc, pour s'assurer, en fait, que
les gens qui ont moins de 65 ans puissent avoir
soit un horaire adapté à leur condition, un environnement, quand on est en
mesure…
À certains
endroits justement, comme je vous dis, soit c'est le rez-de-chaussée soit c'est
une aile particulière pour cette
clientèle-là, pour au moins faire un milieu de vie qui correspond plus à leurs
besoins, à leurs valeurs. Et c'est souvent des gens qui sont plus impliqués encore dans le comité des résidents, par
exemple, qui apportent une contribution particulière. Alors, c'est ou
bien dans l'environnement physique ou bien dans l'organisation même, à
l'intérieur de l'établissement, qu'on peut
trouver des moyens pour faire en sorte que ces gens-là puissent se sentir chez
eux aussi. Voilà.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Masson, il vous reste quatre minutes.
Gadoury-Hamelin :
Merci. Je vais laisser la parole à mes collègues.
Président (M. Bergman) : Mme la députée…
Gadoury-Hamelin : Et je vous remercie, je vous remercie
beaucoup. C'était très intéressant de vous entendre.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée des Îles-de-la-Madeleine.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) : Bonjour. Bonjour, tout le
monde. Comme vous le disiez d'entrée de jeu, vous avez un défi démographique assez important. La population va
vieillir plus vite chez vous qu'ailleurs au Québec. Je pense que, comme
chez nous, les gens veulent rester à domicile. J'aimerais voir, au niveau de
l'organisation du maintien à domicile, les
soins et tous les différents milieux de vie qu'on peut offrir aux personnes
aînées, le travail qui est fait. Il
nous reste peut-être trois minutes, ça fait que je vais vous écouter, ne pas
faire ma question trop longue, mais essayer de voir comment
l'organisation des soins à domicile s'organise.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. Alors, cet aspect-là est important pour les années à venir, c'est vrai. Le choix qui a
été fait chez nous, comme peut-être un peu partout, mais, disons, chez nous, le
défi était d'avoir des ressources alternatives entre le domicile et le CHSLD.
On a misé beaucoup, dans les dernières années, sur le développement des ressources
intermédiaires. Alors, ça, c'est un des aspects.
L'autre
aspect, c'est justement le service à domicile comme tel. On est en augmentation de services également dans le cadre du service à domicile aussi, là, le
soutien à domicile à partir des CSSS. Donc, on est aussi en évolution pour
faire la bascule, pour aller plus près, là,
justement de notre pourcentage de services en soutien à domicile versus le
volet hébergement. Notre défi était sur la ressource alternative ou
intermédiaire entre le domicile et le CHSLD.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée des Îles-de-la-Madeleine.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) : Merci. Pensez-vous,
justement, qu'avec la vision du ministre de la Santé d'avoir l'assurance autonomie et de trouver de
nouveaux moyens pour donner l'allocation aux patients et aux personnes
en perte d'autonomie… va aider, justement, l'organisation des soins de maintien
à domicile?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. Le défi est grand. La certitude, c'est que
le vieillissement de la population est présent.
Le vieillissement de la population ne doit jamais être vu comme étant un
problème, mais un défi. Comme on le disait,
les gens arrivent à 65 ans et plus, dans nos cohortes, de plus en plus en
santé, donc l'espérance de vie est augmentée également. Le défi est grand, on est prêts à le relever. Le choix du
domicile, c'est le premier choix. Et on a fait aussi déjà, dans les dernières années, l'effort d'aller plus
vers le domicile. Donc, on est prêts, on est prêts à relever le défi. On est
prêts à relever le défi.
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Merci beaucoup. …s'il nous reste du
temps.
Le Président (M.
Bergman) : Une minute.
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Oh! Bien, il y aurait peut-être une
petite question. Vous avez parlé d'absentéisme
au travail et d'activités de prévention. Peut-être nous résumer un peu les
activités qui sont mises de l'avant, là, pour essayer de régler le
problème de l'absentéisme au travail?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture, dans une minute.
Mme Couture (Martine) : Une minute. Je vais diviser 30 secondes, 30
secondes. Premièrement, l'absentéisme est
un absentéisme global. Il n'est pas dû uniquement à l'absentéisme pour maladie.
Et effectivement, pour l'absentéisme en
maladie, il y a des activités qui sont prévues. Et là je vais laisser Mme
Labbé, en 30 secondes, vous dire quels types d'activités sont prévues
pour aller contrer l'absentéisme.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Labbé.
Labbé (Julie) : Merci. Depuis deux ans, nous supportons les
établissements de la région à être dans une démarche d'amélioration au niveau de l'absentéisme au travail, mais plus
axée sur une culture de prévention, donc regarder où sont blessés nos gens. Entre autres, pour les
CHSLD spécifiquement, nous avons une formation régionale qui se donne pour les troubles musculosquelettiques. Et on a
décidé de ne pas axer seulement sur la diminution de l'assurance salaire,
mais d'y aller dans une perspective où toute
la notion de prévention et cette culture-là soient dans un objectif de
pérennité pour les années à venir.
Le Président (M.
Bergman) : Merci. Maintenant, pour le bloc de l'opposition
officielle, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Merci, M. le Président. Tout à fait d'accord
avec l'équipe ministérielle, vous êtes tout à fait dynamiques. On est très, très contents de vous
avoir, Mme Couture, votre équipe. Je sais que mon collègue médecin qui
vient de votre région brûle de vous poser des questions, mais je ne vais pas me
priver, quand même, de vous en poser quelques-unes. Deux.
Je veux vous entendre
sur votre cure de rajeunissement que vous avez amorcée il y a trois ans au
Centre d'hébergement des Chênes, qui fait en
sorte que vous avez huit maisons, une ambiance colorée où les gens prennent
moins de médicaments, et ça, je pense que c'est très, très important. Et
je veux vous entendre aussi sur le milieu de vie. On parle de milieu de vie, là,
d'un point de vue de bâtiment, mais moi, je veux savoir qu'est-ce qui se passe
dans le milieu de vie, qu'est-ce que vous faites dans le milieu de vie. Et,
entre autres, dans votre mémoire, à la page 28, vous parlez de
l'approche alternative optimale relationnelle.
surtout je veux vous entendre parler de la distribution alimentaire en vrac et
de la réorganisation de l'activité repas.
On mange trois fois par jour. Je crois que, dans un milieu de vie,
l'alimentation est quelque chose de fondamental. Ça fait plaisir. Il faut que ce soit bon, il faut que ce soit agréable,
les odeurs. Je veux vous entendre là-dessus. La parole est à vous.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Merci. Merci. J'espère que je vais retenir vos
trois questions, mais je vais aussi passer la parole aux gens de mon équipe
également. Premièrement, sur le centre Des Chênes, le CHSLD Des Chênes, oui,
c'est un changement majeur qui a été fait, dans lequel on a respecté le lieu
lui-même. On n'a pas changé de place, on a agrandi, mais on a agrandi en
se basant sur l'approche milieu de vie, en se basant aussi sur le dynamisme
local. La chargée de projet est une personne
de l'intérieur du pavillon Des Chênes qui a conçu ces maisons, donc, avec un
volet relationnel, mais aussi un
volet physique. Donc, il y a quatre maisons différentes à l'intérieur de ce
grand établissement là, où l'ensemble
de la vie se fait à l'intérieur de la maison comme telle. C'est très intéressant. Et, ce qui est intéressant dans ça,
c'est l'implication du personnel, l'implication aussi des résidents, comité de
résidents, et le choix de l'environnement
comme tel qui a été choisi. Puis on a accompagné, en fait, le milieu dans cette
rénovation-là.
Pour
le questionnement que vous avez sur l'approche optimale
relationnelle et puis la distribution alimentaire en vrac, je vais demander à mes collègues
de la Direction des services sociaux, M. Roy et probablement M. Côté aussi, qui pourra ajouter à vos questions...
J'espère que j'ai retenu vos trois questions. Voilà.
Le Président (M.
Bergman) : Merci. M. Roy.
M. Roy (Yvan) : Alors, merci, Mme Blais, de votre question. Vous avez souligné
le dynamisme des personnes que vous
voyez devant vous. Je peux vous assurer que les personnes qui sont dans les
CHSLD, chez nous, reflètent tout
à fait ce dynamisme-là. Et vous parlez du centre Des Chênes. Effectivement, lorsqu'on parle de l'approche relationnelle, évidemment
c'est le terme «relation», donc l'important, c'est la relation entre le personnel et les
bénéficiaires, les usagers qui sont
là, les résidents qui sont là, et surtout de travailler cette approche-là de façon
fort importante. Et ça, ça repose essentiellement sur les personnes qui sont là. Le milieu de vie
aide, l'architecture aide, l'organisation aide,
et aide des fois grandement, mais il
faut avoir des personnes, il faut qu'il y ait des personnes de qualité, des
personnes de coeur, des personnes
tout à fait convaincues de ce qu'elles font. Et, dans les CHSLD, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je dirais que, ça, on retrouve ça à très forte dose, ce genre de
personnes là très convaincues. Peut-être qu'en ce qui concerne l'approche
optimale, je laisserais la parole à mon collègue M. Côté.
Le Président (M.
Bergman) : M. Côté.
M. Côté
(Michel) : Bonjour tout le monde. L'approche optimale, bien, vous avez
tous peut-être déjà entendu parler de
Gineste, Yves Gineste, Marescotti, O.K., un couple français, là, qui est venu
parler, au Québec, à un moment donné — je pense que c'est au début
des années 2000 — de
l'humanitude. Et l'approche optimale relationnelle est le pendant québécois, O.K., de l'humanitude qui a été
développée et, je dirais, là, déployée, là, dans l'ensemble de notre réseau. Ça a été l'objet, là, de la première
grande formation, là, pour tout le personnel des CHSLD. Et a suivi ensuite le
programme AGIR. Mais je rentrerais peut-être
un peu dans le... Et puis cette approche-là, c'est plus axé justement sur
comment travailler avec les personnes qui ont des problèmes cognitifs, O.K.,
pour comment interagir, le regard, comment le contact est important avec cette
personne-là quand on veut faire une intervention correcte, O.K., avec eux.
milieu de vie, comme Mme Blais nous le demandait, le milieu de vie, c'est
axé sur les besoins du résident. O.K.?
Ce qu'on regarde, ce qu'on observe, là, dans le cadre de nos visites et de nos
échanges avec les gestionnaires puis l'ensemble
du personnel, c'est qu'il faut répondre d'abord aux besoins du résident. Et un
exemple, c'est, par exemple, d'avoir
un horaire adapté de repas, O.K., en fonction de leurs besoins. O.K.? Le
déjeuner, par exemple, devrait s'étaler de 7 h 30 à 9 h 30. Tu sais, chacun se lève à son
rythme, et est amené à la salle à manger pour le déjeuner, et retourne...
Même s'il est en pyjama ou en robe de
chambre, ce n'est pas grave, on vient déjeuner et on... Il y a de l'ambiance,
O.K., au niveau du repas.
Maintenant,
la plupart de nos CHSLD offrent… la plupart, mais il y en a encore qui sont en
processus, là, qui s'en viennent vers
ça, d'avoir la salle à manger pour l'ensemble des résidents et d'offrir un
repas servi plat par plat, avec un choix.
Et l'activité repas est l'activité souvent la plus importante de la journée,
hein, à partir du déjeuner, la collation, le dîner, le souper, la collation. Donc, tout ça, on
voit que les préposés, l'ensemble du personnel mettent beaucoup l'accent
sur l'activité repas. Et c'est une façon, hein, d'interagir et de se sentir
impliqué et
partie prenante à leur milieu de vie.
Le Président (M. Bergman) : M.
le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bonjour. C'est un plaisir de vous recevoir.
Puis, suite à votre témoignage, je suis
très fier de notre région. Parce que, lorsque nous avons fait les consultations sur
l'assurance autonomie, trois régions
étaient souvent citées, celles du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Sherbrooke et également Arthabaska-les Érables. Et une des caractéristiques de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est un très grand territoire avec une assez grande population, mais on
retrouve également différents milieux, dont des plus grands milieux, Chicoutimi,
Jonquière; des milieux moyens, on parle de
Roberval, Dolbeau, Alma; et des plus petits milieux comme La Baie. Et on a su
adapter chacun des modèles des milieux pour donner les meilleurs
services aux patients.
Et j'aimerais vous entendre pour... C'est une
transformation qui s'est faite sur 20 ans. On s'en souvient qu'en 1996 les patients de La Baie étaient à
Métabetchouan et qu'on a fait toute une transformation — je
vois Mme Couture, là, qui se souvient
de cette époque — on a fait toute une transformation, dont,
entre autres, de rapprocher les services et les installations près des usagers. Deuxièmement, on a sorti tous les
patients de longue durée des hôpitaux pour les ramener dans des milieux de vie. Et après ça on a éliminé
les chambres triples, quadruples, peut-être quelques chambres doubles qui restent, mais la majorité, c'est des chambres
simples. C'est une transformation qui s'est faite avec une vision sur 20 ans.
Êtes-vous d'accord?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Couture (Martine) : Alors,
bonjour. Vous me demandez si je suis d'accord. Oui, c'est une transformation
qui s'est faite sur un grand nombre
d'années. Vous m'avez même fait souvenir encore plus loin que depuis 10 ans.
C'est un fait que, dans la région, je
vous le disais tout à l'heure, on y est allé progressivement, à partir d'une
vision et étape par étape, patience
et longueur de temps, hein? Alors, c'est vraiment ce qu'on a choisi, en se
disant qu'il valait mieux intervenir sur
des plus petits environnements, à partir des ressources dont on disposait, mais
en ayant une vision globale. Alors, c'est un peu pour ça que je dis : On doit continuer à évaluer, modifier,
améliorer, optimiser. On est vraiment dans cette optique-là. Et effectivement, les transformations, on a
vraiment rapproché les gens de leur milieu, c'est un fait, quand on retourne
il y a 20 ans. C'est une progression sur une vingtaine d'années, effectivement.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Le point que je veux
faire… Moi, j'ai vécu, en 1996, le déménagement
des gens de Métabetchouan vers La Baie pour les rapprocher de leur milieu. Ce
que je veux faire comme point, c'est
qu'aujourd'hui vous vous consacrez vraiment directement aux soins aux usagers,
mais avant il a fallu prendre beaucoup
de temps pour régler tout ce que j'appelle l'infrastructure, l'organisation des
soins, avec les grands principes que vous avez donnés.
Mais je veux vous faire un point, parce que, de
l'autre bord, ils ont voulu faire un petit peu de politique, ils n'arrêtent… ils nous parlent de l'assurance
autonomie. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
il a tout fait ce que l'assurance autonomie
veut, mais voilà 20 ans. Et, en 20 ans, on a rendu aujourd'hui la
transformation comme on veut dans l'assurance autonomie, comme, d'ailleurs, Montréal est venu nous expliquer tantôt
qu'ils sont rendus probablement à l'étape qu'on était voilà 10 ans, où ils sont en train de réorganiser
les services, fermer leurs chambres de quatre et ramener des soins dans la communauté. Mais il faut être conscient que
c'est une belle trajectoire, et ça va prendre cinq à 10 ans, à Montréal, à se
réaliser. Et c'est sûr que des milieux comme
le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
étant des milieux plus petits, peut-être que ça a été plus facile à
faire. Puis il a fallu avoir quand même la vision il y a 20 ans.
Le message
que je veux faire, on veut utiliser cette commission pour améliorer les soins
des CHSLD, mais de faire la promotion
d'un projet d'assurance autonomie alors qu'il y a plusieurs régions qui ont
déjà fait cette transformation-là et que ce qu'on veut maintenant, c'est
centraliser au lieu de décentraliser… Parce qu'un des succès de notre région a certainement été la décentralisation, c'est-à-dire
l'approche par CSSS. Est-ce que vous pouvez nous expliquer qu'est-ce qui
s'est passé avec l'approche CSSS plutôt que tout soit centralisé à l'agence ou
à Québec?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Couture (Martine) : O.K.
Alors, votre question suppose de remonter dans le temps, en fait, ce qui s'est
passé à partir du milieu des années 90. Dans
le mémoire, cependant, vous avez, à la page 6, le découpage ou l'organisation
de notre réseau au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Donc, pour répondre à votre question sur
qu'est-ce qui s'est passé pour arriver aux CSSS à l'époque où on démarre le «il était une fois», donc : il
était une fois 44 établissements différents dans une région à peine plus
populeuse que maintenant, au fond, à
peut-être 280 000 personnes à cette époque-là. Et il y a eu une décision
qui a été prise, il y a une vingtaine
d'années, de faire des regroupements plus par territoire. Alors, on a fait le
découpage que vous avez à la page 6 en fonction soit des territoires de
MRC ou en fonction, à l'époque, des territoires de CLSC, ce qui a donné six
grands territoires qui, avec les changements
de 2003‑2004, sont devenus les CSSS dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Alors, le Saguenay—Lac-Saint-Jean
compte maintenant huit établissements publics, six CSSS, deux établissements régionaux — Centre jeunesse du Saguenay—Lac-Saint-Jean, CRDI, centre de réadaptation en
déficience intellectuelle, trouble
envahissant du développement — et un établissement privé conventionné
CHSLD, ce qui nous fait un total de huit établissements privés, un
établissement privé... un public et un établissement privé conventionné.
L'approche par CSSS a
permis d'avoir sous une seule entité CH, CHSLD et CLSC. Donc, ces travaux-là
sont débutés depuis... c'est une réalité maintenant, ce n'est même pas des
travaux. Au fond, l'organisation de type CSSS ou centre de santé a débuté avant
la fin des années 90 au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
et c'est ce qu'on a continué à faire au
tournant des années 2000 jusqu'à maintenant. Alors, je ne sais pas si ça répond
à votre question, si ça éclaire les membres
de la commission sur le cheminement, sur l'historique régional. Donc, on est
passé de 44 établissements à huit, plus un
établissement privé conventionné, puis vous avez aussi, sur la réserve de
Mashteuiatsh, un établissement privé CHSLD.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Et puis l'autre élément qui est
important dans la transformation, c'est l'importance qu'on a accordée au développement des ressources
intermédiaires. Vous en avez glissé un mot dans votre mémoire. Et un des constats qu'on a faits au Québec, c'est que
les endroits où est-ce qu'il n'y avait pas de ressources intermédiaires, les
patients se retrouvaient en CHSLD. Mais
c'est une clientèle qui était plus légère, donc occupait des places de CHSLD,
ce qui faisait que les patients attendaient dans les hôpitaux en attente
d'avoir une place en CHSLD.
J'aimerais
ça que vous nous expliquiez cette transformation-là également qui a été faite,
et vous avez certainement les
chiffres, le nombre de places en CHSLD par 100 personnes de 65 ans et plus, le
nombre de ressources intermédiaires par
100 personnes de 65 ans et plus et également, depuis plusieurs années, beaucoup
avant même qu'on parle d'assurance autonomie,
toute l'intensité qui avait été mise au niveau des soins à domicile, ce qui
fait qu'aujourd'hui on a des ratios très
bas. Et, pour vous montrer, on a probablement la meilleure qualité des soins,
avec des patients au bon endroit, sans attente,
puis, en plus de ça, on coûte le moins cher. C'est quand même un beau succès
pour une petite région comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. Alors, je vais débuter la réponse, si vous
le permettez, puis peut-être, en cours de
route, je pourrai, sur les volets très spécifiques des chiffres, céder la
parole, si besoin. Alors, oui, la transformation, ce dont on s'est rendu
compte, c'est que, dans le volet personnes âgées, soutien à l'autonomie, on
avait un besoin, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, d'une ressource ou de différentes
ressources entre le milieu de vie naturel et l'hébergement en CHSLD.
C'est sûr, les
ressources privées pour aînés se sont développées également dans notre région
comme partout ailleurs, mais, sur le plan de
notre secteur public, il fallait qu'on arrive à développer un peu plus de
places en ressources intermédiaires.
Alors, dans l'espace de deux ans, on a augmenté de pratiquement 50 % de
plus le nombre de places en ressources intermédiaires, un.
Deux,
on y est allés, encore là, par territoire, donc, par chacun des territoires de
CSSS, on a effectivement les ratios en
termes de nombre de places ciblées et le nombre de places actuelles. On y est
allés aussi sur l'augmentation des services en soutien à domicile à partir, bon, bien, des budgets qui sont
consentis à la région. Donc, ce développement-là ou ces changements-là se sont faits sur une base
graduelle, mais disons qu'on a beaucoup intensifié, dans les trois dernières
années, le développement des
ressources intermédiaires pour se consacrer à l'accueil en CHSLD pour les
profils qui sont prévus, les profils
de neuf et plus — vous
connaissez ce langage-là certainement. Donc, c'est ce qu'on a fait, là, dans la
région. Est-ce que ça répond à votre question?
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui, M. le Président. Mais j'aimerais ça que
vous disiez c'est quoi, les ratios de 100 personnes de 65 ans et plus. Parce
que je dois vous avouer que, quand j'étais ministre, nos travaux sur les ratios
recommandés étaient basés sur ceux du
Saguenay—Lac-Saint-Jean
tout simplement parce que c'était un laboratoire où est-ce que c'est une population fermée, très peu
de mobilité et qu'on est capables de voir évoluer dans le temps. Donc, pour 50 000 de population, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on était capables de déterminer
les ressources nécessaires pour chacun des types de ressources pour les
personnes âgées.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Je vais permettre à M. Roy de donner la réponse à
partir des tableaux qu'on a entre les mains.
Le Président (M.
Bergman) : Deux minutes.
M. Roy (Yvan) : Alors, au niveau des
ratios, en ce qui concerne les ressources intermédiaires dédiées aux personnes âgées, le ratio, c'est 0,8 place par 100
personnes, c'est-à-dire huit places par 1 000 personnes. Pour les unités
transitoires de
récupération fonctionnelle, c'est-à-dire ce qu'on appelait auparavant les soins
posthospitaliers, c'est une place par
1 000 personnes et, pour les CHSLD, c'est 2,8 places par 100 personnes.
Alors, actuellement, c'est les cibles qu'on
a. Et le développement se fait essentiellement au niveau des ressources
intermédiaires parce que c'est là qu'on doit combler le plus. Et, comme Mme Couture vous l'a dit, on est en
développement intensif par rapport à ça, on a augmenté de plus de
50 % et on a encore des places à développer par rapport ça.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, il vous reste
1 min 30 s.
Blais :
Alors, j'aimerais rapidement vous entendre parler d'une population, les
Premières Nations, parce qu'à Mashteuiatsh je pense que vous touchez les Premières Nations, là, en tout cas, une
des Premières Nations. Alors, parlez-nous de cette population
différente, peut-être des besoins différents.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Couture.
Mme Couture (Martine) : Oui. Alors, sur notre territoire, on compte, sur
le territoire du CSSS Domaine-du-Roy… Pour
les gens qui sont familiers avec la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est le secteur Roberval—St-Félicien, là, le CSSS Domaine-du-Roy. Une réserve autochtone, Mashteuiatsh, y est
située, et, dans le mémoire, vous voyez aussi… pour laquelle il y a un
CHSLD, une ressource privée sur place.
dont on parle dans le secteur public, à l'intérieur des différents CSSS ou les
CHSLD de CSSS, il peut arriver d'y avoir de la clientèle autochtone qui
se situe hors réserve. À ce moment-là, l'adaptation se fait en fonction des
personnes qui sont sur place, dans le sens où le nombre, en comparaison avec le
pourcentage, en fait, de personnes autochtones
à l'intérieur de nos CHSLD, est quand même assez minime. Alors, on y va, à ce
moment-là, avec une approche personnalisée
en fonction… Alors, ça peut être une question de langue parfois ou en termes
d'habitudes de vie. Donc, le personnel,
tout comme pour tout le monde, en fait, on est en approche milieu de vie où le
personnel s'adapte le plus possible
au résident qui est sur place, c'est son domicile. On fait la même chose aussi
pour les gens qui sont autochtones.
Président (M. Bergman) : Maintenant, pour le bloc du deuxième
groupe d'opposition, Mme la députée de Groulx.
12201 Mme Daneault :
12201 Mme Daneault : Merci, M. le Président. Merci de votre présence.
Et j'abonde dans le même sens, votre dynamisme est contagieux, et l'exemple de votre région en est un à suivre. Je vais
pousser un petit peu plus votre réflexion. Parce que, bon, je suis tout à fait d'accord avec l'humanitude, entre autres.
Et je pense que, de plus en plus, il y a des expériences à l'étranger
qui ont été faites, qui démontrent que nos personnes aînées, âgées qui ont des
déficits cognitifs, ne sont pas classées
dans les personnes malades. Alors, ce qu'elles ont besoin, c'est d'être aimées,
d'être supportées, d'être soulagées de
leurs souffrances et de pouvoir vivre librement, comme elles le faisaient
avant. Alors, de leur créer des milieux de vie, finalement les études ont démontré que non seulement ça aidait, mais ça
diminuait l'anxiété, ça diminuait aussi la prise de médication et ça
améliorait aussi la qualité de vie de l'ensemble du personnel et des patients
qui sont présents.
pense qu'on a… il y a des unités prothétiques actuellement au Québec, mais
peut-être pas suffisamment. Je ne sais
pas si vous êtes au courant. Et moi, j'ai oeuvré en CHSLD et je vous dis… ça
fait quelques années que je disais qu'on médicalisait trop nos patients qui ont des déficits cognitifs. On a
démontré que ces gens-là, plus on les motive, plus on les laisse vivre librement, moins on utilise de
médication. Alors, moi, j'ai oeuvré dans le temps où tout le monde se couchait
à 10 heures, puis, si tu n'étais pas couché, on te donnait une petite
injection pour que tu ne déranges pas personne. Puis l'errance, ce n'était pas
toléré. Si quelqu'un se levait dans la nuit pour errer, bien il fallait le
recoucher puis avec une médication. Il y
avait même souvent des contentions. Le matin, tout le monde se levait à la même
heure, on déjeunait tous en même
temps. Alors, de vous entendre dire que, bon, on