Public Finance — 10 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-12-10
Quebec — Committees
(Onze heures quarante-deux minutes)
Le Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, bonjour à tous. Je constate que nous avons quorum.
Et, comme le dirait, mon collègue de Richelieu,
c'est avec une joie à peine dissimulée que nous reprenons nos travaux sur le projet
de loi n° 68, Loi visant principalement à permettre l'établissement de
régimes de retraite à prestations cibles.
Mme la secrétaire, bonjour.
La Secrétaire : Bonjour.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il des remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Alors, Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord).
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. Au moment de suspendre hier, nous en étions rendus à l'étude de
l'article 69. Alors, nous allons procéder, comme depuis le début de cette
étude,
article par article. Donc, je vous laisse le temps de regarder la chose,
et, au besoin, vous pourrez faire vos interventions.
M. Girard (Groulx) : ...si vous
nous expliquiez le sens de l'article 69?
M. Gamache (Stéphane) : Oui.
M. Girard (Groulx) : Il faut
que vous vous présentiez.
M. Gamache (Stéphane) : Oui.
Bonjour.
Président (M. Simard) :
Donc, il y a consentement afin que M. Gamache s'adresse à nous? Et
auriez-vous, effectivement, l'amabilité de vous présenter et de décliner
vos fonctions, s'il vous plaît?
M. Gamache (Stéphane) : Oui.
Stéphane Gamache, directeur des régimes complémentaires de retraite chez Retraite
Québec.
Oui, cet article-là fait suite à une demande
qu'on avait eue dans un régime. Des fois, on détecte, en tout cas, des
situations, puis on veut apporter un allègement suite à une demande réelle qui
se présente, là, en fonction de la loi. Il y a un régime multi-employeurs, qui
voulait se mettre en place... mais qui est en train de se mettre en place, à
cotisation déterminée, avec plusieurs dizaines, pour ne pas dire centaines
d'employeurs, puis, eux, c'est seulement à cotisation déterminée.
Puis la loi, de la façon qu'elle est écrite,
elle oblige le retrait... s'il y a un retrait d'employeur, les orphelins
doivent quitter le régime. Mais, dans le régime à cotisation déterminée, c'est,
comme on l'expliquait, comme dans un régime à prestations cibles, les orphelins
qui restent dans le régime sont responsables du risque de leurs avoirs dans le
régime. Dans un régime à cotisation déterminée, s'il reste des gens d'un ancien
employeur, bien, évidemment, ils ont leurs avoirs dans le régime puis ils
assument eux-mêmes le risque. Donc, il n'y avait pas d'enjeux à cet égard.
Donc, ici, on est venus enlever cette
exigence-là de retrait d'employeur dans un régime purement à cotisation déterminée, évidemment, pas juste pour le cas qui
nous l'a demandé, mais, si d'autres situations similaires se présentaient,
ça s'appliquera à toute situation.
M. Girard (Groulx) : C'est un
régime multi-entreprises?
M. Gamache (Stéphane) : Oui.
M. Girard (Groulx) : Dans
quelle industrie?
M. Gamache (Stéphane) : Dans
l'industrie de la production... du cinéma, etc., c'est l'AQTIS.
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas compris.
M. Gamache
(Stéphane) : C'est l'AQTIS, l'association québécoise des techniciens
de l'image et du son.
M. Girard
(Groulx) : Merci. D'accord.
M. Gamache
(Stéphane) : Mais, si... On ne le fait pas pour eux, là, on le ferait
pour...
M. Girard
(Groulx) : On le fait pour tout le monde, mais au moins nous savons
d'où vient la demande.
Le Président
(M. Simard) : Merci. D'autres remarques sur 69?
M. Fortin :
Non,
le ministre a posé toutes les questions pertinentes. Il ferait un très bon
député de l'opposition.
M. Girard
(Groulx) : Parce qu'on veut tous savoir sur quoi on vote, c'est
universel. Ça n'a pas de...
Président (M. Simard) : Bien, vous connaissez le vieil
adage : Les bonnes oppositions font les bons gouvernements.
M. Girard
(Groulx) : Ah!
Le Président
(M. Simard) : Alors, voilà. Donc, y aurait-il d'autres
commentaires sur 69? Sans quoi nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire :
Oui. M. Girard (Groulx)?
M. Girard
(Groulx) : Pour.
La Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
La Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Fortin (Pontiac)?
La Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Marissal (Rosemont)?
Secrétaire : Et M. Simard (Montmorency)?
Le Président
(M. Simard) : Abstention. Cet
article est donc adopté.
Conséquemment, nous
passons à l'article 76, en page 259.
M. Girard
(Groulx) : Bon, moi, je pourrais vous lire les notes du ministre, je
pense, ça va donner un excellent contexte : «Cette modification fait suite
à une demande dans le contexte de la terminaison des régimes du Groupe
Capitales Médias.»
Le Président
(M. Simard) : M. le député de Rosemont.
Marissal : Bien, est-ce que le ministre ou M. Gamache pourrait élaborer davantage — «élaborer
davantage», ça ne se dit pas — élaborer sur ce qui vient
d'être dit?
Le Président
(M. Simard) : Tout à fait. M. Gamache.
M. Gamache
(Stéphane) : Oui. D'ailleurs, là, je vais le préciser, article... tous
les articles suivants, 76, 90, 91, 92, 93, 94 sont tous pour le même sujet. Le
premier modifie la loi, puis après on vient modifier les règlements puis le contenu des relevés en concordance avec
cette situation-là. Donc, le premier vient permettre une nouvelle option
lorsqu'un retraité d'un régime de retraite qui se termine en insolvabilité,
comme dans le cas de Groupe Capitales Médias...
Actuellement, ces gens-là ont deux choix : ils peuvent faire... ils
peuvent avoir une rente achetée auprès d'un assureur ou, une deuxième
option, faire administrer leur rente par Retraite Québec pour une période
maximale de 10 ans, où on tente de la
bonifier, mais de façon prudente. Donc, quand on la bonifie, on la bonifie
légèrement, là, mais c'est sûr que, si elle a été coupée de 27 %,
on tente de la remonter pendant cette période-là, mais elle n'est pas garantie
chez Retraite Québec.
On s'est fait
demander, autant par les syndicats que des gens de l'employeur, s'il pourrait y
avoir une troisième option dans leur cas, que ces retraités-là puissent avoir
accès à la valeur de leur rente, donc, puis, dans le contexte... surtout que
les taux d'intérêt sont bas, les valeurs sont élevées, ce qui fait que les
rentes sont réduites davantage, mais ça peut être intéressant pour certains
s'ils jugent à propos de prendre de la valeur. C'est une option additionnelle
qui est offerte, puis elle sera offerte dans toute situation similaire, pas
juste au Groupe Capitales Médias. Les rapports de terminaison de Groupe
Capitales Médias sont en voie de cheminement. Si le projet de loi est adopté,
là, incessamment, bien, évidemment, ça profitera à eux autres. Ça profitera
aussi aux retraités de Sears, c'est un régime qui est en terminaison pour...
parce que ce n'est pas encore complété. Mais ça s'appliquera... ça pourrait
s'appliquer... je ne l'espère pas, mais à d'autres situations similaires dans
le futur.
M. Girard
(Groulx) : O.K., mais, que je comprenne bien, là, les retraités, ils
avaient deux options : acheter une rente chez un assureur, demander à
Retraite Québec d'administrer pendant 10 ans pour améliorer la situation.
Puis là la troisième option, c'est quoi?
M. Gamache
(Stéphane) : C'est prendre la valeur de la rente puis la transporter
dans un fonds de revenu viager, puis là ils deviennent avec un capital retraite
puis c'est eux qui le gèrent.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Et ça, c'est individuel, là, cette option-là, là?
M. Gamache
(Stéphane) : Oui.
M. Girard
(Groulx) : Tandis que, lorsqu'on transfère l'administration de sa
rente chez Retraite Québec, c'est collectif ou c'est individuel?
M. Gamache
(Stéphane) : C'est collectif.
M. Girard
(Groulx) : C'est collectif, là. C'est important la nuance, là. C'est
que ça, c'est une option qui est disponible par individu.
M. Gamache
(Stéphane) : Oui, chaque individu fait le choix, il va... dans son
relevé de choix, ça va lui être offert. Ce n'est peut-être pas le choix qui est
le meilleur pour tout le monde, mais, pour certaines situations...
M. Girard
(Groulx) : C'est une option supplémentaire qui nous a été demandée par
les retraités de groupe...
M. Gamache
(Stéphane) : Oui.
M. Girard
(Groulx) : Puis là, quand vous dites : L'ensemble des amendements
qui suivent concerne cette situation-là, voulez-vous nous donner une intuition de
l'ensemble de ce qui suit?
M. Gamache
(Stéphane) : Oui, bien, le 76, on vient ajouter cette option-là. Le
suivant, 90, on vient faire des ajustements au règlement pour le calcul de
cette valeur-là, parce qu'on donne une valeur, ça fait qu'il faut dire comment
on la calcule, on vient modifier le règlement pour ça.
L'article 91, on
vient modifier le contenu du relevé de droit
lors d'un retrait d'employeur, mais ça pourrait être aussi être applicable en
cas de retrait de l'employeur. Le 92, on vient modifier le contenu du
relevé de droit entre terminaisons du régime. Puis, bien, le 93, c'est un
amendement, mais c'est une coquille qui était dans le projet de loi, ce n'est
pas un amendement qui découle des consultations par rapport à ça. Puis le 94,
le dernier, c'est aussi une modification réglementaire pour permettre,
justement, d'adopter... pour cette option-là.
M. Girard (Groulx) : O.K.,
puis, dans ces modifications-là législatives — puis je vais arrêter après,
je vais vous passer la parole — le gouvernement fédéral n'a aucun rôle,
là. Tout ça, on a le pouvoir de faire ça?
M. Gamache (Stéphane) : Oui.
M. Girard (Groulx) : C'est
quelles autres demandes que nous étions au conditionnel, au fédéral?
M. Gamache
(Stéphane) : C'est les rentes viagères à paiements variables. Ça fait
que, là, on attend la finalisation de la réglementation fédérale.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Alors, il y avait deux demandes d'option additionnelles pour les retraités, une
qu'on peut rencontrer dans le cadre de ce projet de loi, une autre où nous
sommes dépendants de modification législative du gouvernement fédéral.
M. Gamache (Stéphane) : Mais
celle-là, elle serait prérequise à la deuxième parce que, pour pouvoir
transférer, éventuellement, de l'argent dans un RVPV, il faut que le retraité
ait la valeur de sa rente. Donc, le retraité qui
aurait la valeur de sa rente après, avec cette valeur-là, pourrait transférer
ses sommes dans un RVPV puis s'acheter une rente qui va être plus
élevée, mais dans laquelle il va avoir du risque.
M. Girard (Groulx) : Ça
complète pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres... Oui, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : C'était terminé?
M. Marissal : Non, allez-y, je
suivrai. Allez-y.
M. Leitão : Merci des explications, et, je pense,
ça va accélérer les travaux pour les prochains quelques articles.
Maintenant, si on revient au 76, donc l'option
qui existe déjà, d'ailleurs, que, donc, le versement de la rente soit
administré par Retraite Québec, c'est très bien, mais vous avez dit, et c'est
le cas, «pour une période de 10 ans». Donc, un gouvernement précédent
avait déjà fait cela. Mais une question que je me pose : Est-ce qu'on
pourrait aller plus loin? Est-ce qu'on pourrait... Et c'était une demande...
enfin, une suggestion de la FTQ : Est-ce qu'on pourrait aller... Au lieu
de 10 ans, est-ce qu'on pourrait le prolonger pour 20 ans? Quel
serait l'enjeu pour Retraite Québec? Donc, maintenant, Retraite Québec s'engage
à... si le retraité le désire, donc, de gérer la rente pendant 10 ans.
Est-ce qu'on pourrait aller plus loin? Est-ce qu'on pourrait aller à
20 ans? Est-ce qu'il y a un enjeu quelconque qui rend ça plus difficile?
M. Gamache (St