Culture and Education — 24 October 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CCE 2023-10-24
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante minutes)
La Présidente (Mme Dionne) :
mardi matin à tous et à toutes. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet n° 23, Loi modifiant principalement la
Loi sur
l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national d'excellence
en éducation.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements ce
matin?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) et Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont),
par Mme Garceau (Robert-Baldwin).
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la secrétaire. Donc, je vous rappelle que nous étudions le projet de loi n° 23 par sujets. Alors, nous en
sommes au sujet 3 intitulé : Données. De façon plus précise, lors de
l'ajournement de nos travaux de la
semaine dernière, nous en étions à l'étude de l'amendement proposé par M. le
ministre à l'article 6.10.1 introduit par l'article 61, donc,
qui est ici à l'écran. Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Drainville : Oui, le 6.10, oui.
O.K. On va le relire, hein? D'abord...
M. Drainville : Oui, c'est ça.
D'abord, salutations à tout le monde. Content de vous retrouver. Bonjour. Mme
la députée de Saint-Laurent, on s'est tellement ennuyés de vous.
M. Drainville : Oui, bien, je n'en
doute pas, vous deviez être rivée à votre écran. C'était fascinant, on a eu des discussions tellement intéressantes. On
espère, d'ailleurs, que vous saurez vous inspirer du ton très constructif que
nous avons su développer en votre absence...
M. Drainville : ...et auquel vous
pourrez contribuer à votre tour.
Article 61,
article 6.10.1 de la Loi
sur le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Insérer, après
l'article 6.10 de la
Loi sur le ministère de l'Éducation, du Loisir et du
Sport proposé par l'article 61 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
«6.10.1. Toute personne a le droit d'être
informée, sur demande, du nom de toute personne qui a accédé à un renseignement
la concernant et qui est hébergé dans le système de dépôt et de communication
de renseignements ou qui autrement l'a
utilisé ou en a reçu communication. De même, elle a le droit d'être informée de
la date et de l'heure de cet accès, de cette utilisation ou de cette
communication.»
Alors, cet amendement vise à prévoir le droit de
toute personne qui en fait la demande d'être informée du nom de toute personne qui a accédé à un
renseignement la concernant qui est hébergé, donc, dans le système de dépôt
et de communication de renseignements ou qui
autrement l'a utilisé ou en a reçu communication. De même, il vise à prévoir
le droit de cette personne d'être informée
de la date et de l'heure de cet accès, de cette utilisation ou de cette communication.
Présidente (Mme Dionne) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions
suite à la lecture de l'amendement? Mme la députée de Saint-Laurent.
La Présidente (Mme Dionne) : Bonjour.
Mme Rizqy : Permettez-moi de me
réjouir de vous retrouver. Dans un premier temps, j'aimerais souhaiter, même si ça ne touche pas nécessairement
directement le réseau de l'éducation... C'est la semaine des éducateurs et des
éducatrices du Québec et c'est une semaine
importante. Et, même si c'est les services de garde, il faut savoir que c'est un continuum de services entre la petite enfance,
le préscolaire, le primaire et le secondaire. Alors, permettez-moi de saluer tous les éducateurs, éducatrices — c'est
d'abord et majoritairement des femmes — alors,
merci beaucoup, particulièrement à ceux qui gardent présentement
Gabriel, alors que je suis avec vous. Alors... et évidemment il y aura la
semaine des éducatrices dans le milieu
scolaire, plus tard, mais au moins, cette semaine, un sincère merci de prendre
soin des enfants. Et on ne commence jamais trop tôt la pédagogie, Mme la
Présidente.
Alors, moi, maintenant, je me rejoins à vous,
après... Je sais qu'on ne peut jamais souligner l'absence d'un collègue ou
d'une collègue, mais malheureusement, la semaine passée, je ne pouvais être
avec vous, pour des raisons personnelles,
mais me revoilà. Alors, si j'ai bien suivi les explications à distance de
M. Lehouillier — contente
de vous retrouver — c'était
pour répondre à une excellente question qui avait été posée par ma collègue qui
vous demandait, au fond, au début, le consentement. Puis vous avez donné
un exemple en santé, hein? Hein?
Mme Rizqy : Hein, la preuve que j'ai
suivi...
Mme Garceau : Le consentement.
Mme Rizqy : ...puis que le dossier
pouvait... évoluer, pardon. Puis il y avait l'exemple de Samuel. Moi, je
voulais être certaine, à 6.10.1, c'est pour répondre à la question, là, à 6.8,
puis on n'a pas évacué 6.8, hein?
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
Mme Rizqy : D'accord. Donc, est-ce
qu'on étudie le 6.10.1 maintenant, puis que le 6.8 avait été suspendu? Juste
pour être certaine.
La Présidente (Mme Dionne) : Selon
ce que j'ai, moi, 6.8 était réglé, à moins que quelqu'un me fasse part du
contraire. Dans le fond, il y avait consentement pour passer à l'article
suivant, là, il y avait...
Mme Rizqy : Il me semble qu'on en
est à 6.8. Moi, j'ai suivi à distance...
La Présidente (Mme Dionne) : ...n'avait
pas été amendé, mais on l'avait réglé, avec le consentement, là, de poursuivre
à l'article 6.9.
Rizqy : ...parce qu'il n'y a pas eu de mot «suspendu», ou
«adopté», ou quoi que ce soit dans le... dans ce que j'ai suivi à
distance. Puis je regarde ma collègue de Mercier, elle me fait part qu'elle non
plus...
La Présidente (Mme Dionne) : O.K. je
vais suspendre la commission quelques instants, juste pour faire des
vérifications. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 56)
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
la commission reprend maintenant ses travaux.
Alors, nous
en étions à 6.10.1 sur l'amendement présenté par le ministre. Donc, Mme la
députée, la parole est à vous. Madame...
Mme Rizqy : ...je vais céder la
parole à ma collègue parce que c'est elle qui avait posé la question là-dessus.
Mme Garceau : On devait revenir, là,
sur l'enjeu de toute la question de la confidentialité des documents, du
dossier de l'élève détenu par l'établissement scolaire, détenu par le centre
services scolaire, parce que vous aviez mentionné que, non, une fois qu'on fait
la demande, ils doivent nous transmettre. Et, moi, il y avait tout un élément
d'obtenir le consentement des parents lié à la transmission d'informations au
ministère de l'Éducation.
Et vous étiez censé de regarder cet aspect-là
parce que vous m'aviez... on avait parlé aussi de la
loi sur l'accès, et là j'avais apporté un certain
commentaire là-dessus au niveau de l'application de cet aspect de cet
article
de la loi lié à... au dossier
particulier d'un élève d'où on veut aller recueillir des informations, des
renseignements personnels et probablement hautement confidentiels dont
les parents n'auraient pas donné leur consentement à la transmission au
ministère de l'Éducation. On s'était laissé là-dessus. Oui.
M. Drainville : Oui.
Alors, ce que je vous avais dit à ce moment-là, c'est que... Alors, on l'a dit
à de multiples reprises, là, mais c'est nécessaire de le redire, je pense. Le
système de collecte des renseignements prévu au projet de loi cohabite
avec la
loi sur... la Loi d'accès à l'information et à la protection des
renseignements personnels. Donc, ils sont en équilibre, l'une et l'autre. Et donc, ce qui est prévu dans
le régime de protection des renseignements personnels, c'est que le
renseignement personnel concernant un mineur de moins de 14 ans peut être
recueilli sur consentement, donc, du parent.
Ça concerne notamment les renseignements qui sont recueillis auprès des parents
lors de l'inscription de l'enfant à l'école. Et, ça, c'est
l'article 64.1 de la loi d'accès. Alors, ça, c'est le premier élément.
ce que dit la loi d'accès également, c'est qu'une fois que le renseignement a
été obtenu avec le consentement du parent, à ce moment-là, un organisme
public... ça, c'est l'article 67 de la loi d'accès, l'article 67
prévoit qu'«un organisme public peut,
sans le consentement de la personne concernée, communiquer [des renseignements
personnels] à toute personne ou organisme si cette communication est nécessaire
à l'application [de la] loi», donc, dans ce cas-ci, à l'application de
la loi 23. Et évidemment, pour qu'on puisse l'utiliser... une fois qu'il a
été communiqué, pour qu'on puisse l'utiliser, là ça doit passer le test de
nécessité. Donc, il faut passer par l'autorisation qu'on doit obtenir auprès de
la personne responsable de la donnée. Ça, c'est la loi qui s'applique, et c'est
la loi qui s'applique en l'espèce avec le projet de loi n° 23.
La Présidente
(Mme Dionne) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Garceau :
Donc, suite à l'explication du ministre, le consentement du parent est très
ponctuel. Il est au moment de
l'inscription... l'inscription, donc l'adresse de l'enfant et peut-être
l'établissement qu'il avait déjà fréquenté avant. Mais, moi, je parle de
la vie de ce... de l'évolution du dossier de l'élève. Et c'est... c'est... On
est rendus là, l'évolution, à l'effet qu'il y aurait eu peut-être des
incidents, il y aurait eu... peut-être, l'enfant doit prendre une certaine médication, il a des troubles de
comportement. Ça, c'est dans le dossier de l'enfant, des informations qui sont intégrées
dans son dossier au fur et à mesure. Donc, on est peut-être rendus trois...
trois ans, quatre ans après le consentement initial du parent. Le dossier
maintenant de l'élève n'est pas du tout le dossier de l'élève qu'il y avait au
moment de l'inscription.
j'ai de la difficulté, parce que là, ce consentement-là du parent n'est pas
valide pour l'intégralité du dossier de l'enfant et tout ce qui peut être
ajouté au fur et à mesure que, malheureusement, il y aurait des incidents avec
l'enfant ou des interventions entre l'enfant et, peut-être, je ne sais
pas, un travailleur social à l'école, un psychologue, ou autre. Moi, c'est ces
renseignements-là. Et je ne vois pas, dans la loi, l'habilité du ministère de
dire : Ah! Bien, nous, là... vous
devez, centres de services scolaires, nous transmettre toute cette
information-là, tout le dossier de l'élève, compte tenu que vous avez
donné votre consentement au moment de l'inscription.
Donc, est-ce que ça
veut dire qu'il faudrait regarder une directive, une règle, ou autre, qui fait
en sorte qu'un parent va donner son
consentement, tout comme au début d'une école scolaire, les parents donnent
leur consentement pour... à ce que
l'image de l'enfant soit diffusée? Même une photo, une photo d'un enfant, là,
le parent doit donner son consentement.
Puis il y en a, là, dans des écoles... Puis j'ai déjà été... Quand j'ai fait...
Quand j'ai donné des médailles à des
étudiants... et on voulait prendre une photo, et il y avait certains
élèves : Non, non, Mme Garceau, malheureusement, le parent n'a pas donné son consentement. Et donc
on a respecté. C'est la même chose. Donc, toute cette information, fort probable, hautement personnelle... à moins
qu'un parent, peut-être, au moment... au début, il va avoir un formulaire
à compléter, que lors de la fréquentation de votre enfant à cette école, il
pourrait y avoir des demandes du ministère pour
obtenir le dossier au complet de votre enfant, et là, il y aurait un
consentement ou pas. Mais je ne crois pas, avec respect, que le consentement initial d'un parent équivaut comme
consentement, un consentement, si je pourrais dire...
Mme Rizqy :
À tous azimuts.
Mme Garceau :
Oui. Pour toute instance.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée.
Drainville : Mme la Présidente, la raison pour laquelle je donne la
réponse que je donne, c'est qu'elle s'appuie sur la loi, la loi d'accès.
C'est... C'est comme ça