Public Finance — 6 April 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CFP 2022-04-06
Quebec — Committees
(Onze heures trente minutes)
Le Président (M. Simard) : Bien,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons quorum.
Nous pouvons donc entreprendre nos travaux.
Et, comme vous le savez, la Commission des
finances publiques est aujourd'hui réunie afin de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 12, Loi visant principalement à promouvoir l'achat
québécois et responsable par les organismes
publics, à renforcer le régime d'intégrité des entreprises et à accroître les
pouvoirs de l'Autorité des marchés publics.
Mme la secrétaire, bonjour.
La Secrétaire : Bonjour.
Le Président (M. Simard) : Y aurait-il
des remplacements ce matin?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, M. Émond (Richelieu) est remplacé par M. Allaire (Maskinongé);
M. Reid (Beauharnois) est remplacé par M. Thouin (Rousseau); et M. Ouellet
(René-Lévesque) est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
Président (M. Simard) : Je vous remercie. Alors, récapitulons où nous en
sommes. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 30 mars dernier,
nous en étions rendus à l'étude de l'article 10. Mme la ministre avait
entrepris la lecture de
l'article 21.5.2. En lisant cet article, je crois comprendre, chers
collègues, que vous aviez peut-être fait une petite coquille, là, dans la lecture, que vous aimeriez
corriger éventuellement. Et nous pourrons poursuivre à l'article 21.5.3.
Mme LeBel : Bien, si vous me
permettez, M. le Président, j'avais terminé 21.5.2, et c'est effectivement
avant de compléter la lecture de l'article 10 qui se termine à 21.5.5,
peut-être, corriger immédiatement le fait que, lors de ma lecture de 21.5.1, vous voyez, il y a des articles de
mentionnés, je n'ai pas mentionné le bon numéro, là, j'ai fait un petit lapsus. Alors, vous auriez dû
comprendre et j'aurais dû lire, au premier alinéa de 21.5.1, «troisième alinéa
de l'article 21.48.4 et sous réserve
que l'article 21.48.5 trouve application dès la présentation de la demande
à l'Autorité».
Alors, j'ai corrigé. Maintenant, si vous permettez,
je peux terminer et poursuivre à 21.5.3. Merci. Donc :
«2. Début et durée de l'inadmissibilité
«21.5.3. L'inadmissibilité d'une entreprise aux
contrats publics débute à compter de la date à laquelle cette entreprise est inscrite au registre des
entreprises non admissibles aux contrats publics en application de
l'article 21.6. Elle est d'une durée de cinq ans, sauf dans les cas
suivants :
«1° elle découle de la situation visée au
paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 21.4; dans ce cas, l'inadmissibilité
de l'entreprise prend fin dès que prend fin celle de l'entreprise qui est à
l'origine de son inscription au registre;
«2° elle est
imposée de façon provisoire; dans ce cas, la durée de l'inadmissibilité est
celle qui découle de l'application du troisième alinéa de
l'article 21.48.4.
«Malgré le
premier alinéa, l'inadmissibilité d'une entreprise aux contrats publics prend
fin dès que, le cas échéant, une autorisation de contracter visée à la
section III lui est délivrée.»
«3. Effets de l'inadmissibilité
«21.5.4. Une
entreprise qui devient inadmissible aux contrats publics alors qu'elle exécute
un contrat public est, sous réserve d'une permission du Conseil du trésor
accordée en vertu de l'article 25.0.2, réputée en défaut d'exécuter ce contrat
au terme d'un délai de 60 jours suivant la date de début de son
inadmissibilité. Toutefois, cette entreprise n'est pas réputée en défaut
d'exécution lorsqu'il s'agit d'honorer les garanties à ce contrat.
«Le présent
article ne s'applique pas à l'entreprise
inscrite au registre des entreprises non admissibles aux contrats publics de
façon provisoire en application de l'article 21.48.4.
«21.5.5. Une
entreprise inadmissible aux contrats publics ne peut, pour la durée de son
inadmissibilité, présenter une soumission pour la conclusion d'un contrat
public, conclure un tel contrat ni conclure un sous-contrat public.»
Il est proposé d'introduire, donc, au début du
chapitre V.1, une
section énonçant les obligations imposées aux entreprises en
matière d'intégrité. Quant à elle, la
section II regrouperait l'ensemble
des dispositions de l'actuel
chapitre V.1 portant sur l'inadmissibilité
aux contrats publics, ce qu'on appelle le RENA.
Maintenant,
on peut peut-être aller à chaque article. Je ne sais pas comment vous voulez
procéder, M. le Président.
Président (M. Simard) : Tout à fait, tout à fait, Mme la ministre. Alors,
nous pourrions peut-être continuer comme nous l'avons fait depuis le
début de l'étude de ce projet de loi, comme on l'a fait plus particulièrement
aux articles 4 et 5. Donc on va,
puisque c'est très volumineux comme article, procéder à l'étude de chacun des
sous-articles un par un et éventuellement aborder les amendements s'il y
en avait. Alors, Mme la ministre, sans forcément relire ou... si vous le
souhaitez, simplement, mentionner vos commentaires, on pourrait reprendre à
21.1.
Mme LeBel : Oui. Alors, ce n'est pas
très long, mais je peux mentionner effectivement qu'on est dans la
section I, qui sont les exigences et la
déclaration d'intégrité. Donc, 21.1 explique que toute entreprise
partie à un
contrat ou un sous-contrat doit satisfaire aux exigences élevées
d'intégrité auxquelles le public est en droit de s'attendre d'une
partie à un
tel contrat ou à un tel sous-contrat. Et ci-après désignées, les exigences
d'intégrité, puis on verra. Donc, les cas divisés à la
section III elle en
fait la démonstration préalablement à la conclusion d'un tel contrat.
Donc, c'est
toute la déclaration d'intégrité dont on a parlé dans les consultations. Puis
cette disposition, M. le Président, 21.1, qui fait
partie de
l'article 10 du projet de loi, ça vient, d'une part, obliger une
entreprise qui est
partie à un contrat public
ou à un sous-contrat, naturellement, à satisfaire aux exigences élevées
d'intégrité auxquelles le contrat est en droit de s'attendre d'une
partie à un tel contrat ou à un tel sous-contrat. Ainsi, toutes les
entreprises... ou toute entreprise, là, serait désormais tenue par la loi de
satisfaire à ces exigences, et ce, indépendamment de la catégorie du contrat et
de sa valeur. Donc, quand on parlait sous les seuils, également, qui ne sont
pas nécessairement visés par l'autorisation de contracter.
Cette disposition vise d'autre part à indiquer
de quelle manière le régime actuel est plus spécifique de l'autorisation de
contracter et de l'inadmissibilité aux contrats publics qui découle de ce
régime, s'inscrit, là, dans le cadre de la nouvelle obligation générale. Donc,
c'est pour arrimer cette nouvelle obligation de déclaration d'intégrité qui
viendrait viser, là, les entreprises qui sont également sous les seuils, là,
comme on l'a mentionné.
Le Président (M. Simard) : Merci,
Mme la ministre. Alors, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : Écoutez, M. le
Président, d'abord, je salue la ministre et puis je salue les collègues
également aujourd'hui. Ma question, sur les différents articles, porte sur le
niveau de charge bureaucratique que cela implique. J'aimerais que la ministre puisse nous dire, un peu, est-ce que ces
déclarations d'intégrité que les entreprises vont devoir faire, est-ce
que c'est... J'aimerais qu'elle me dise un peu le niveau de complexité que ça
peut représenter.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. À l'heure actuelle,
ce qui va être préconisé, comme mécanisme, c'est qu'à l'intérieur même des documents de soumission, cette exigence,
cette déclaration d'intégrité... donc, en répondant à la soumission ou en signant le contrat, ils font donc cette
déclaration d'intégrité, là, qui se retrouve... qui devient une nouvelle
exigence, là. Donc, l'idée, on a très
bien compris, là, c'est de faire en sorte, bon, d'avoir un équilibre entre
s'assurer de l'intégrité des entreprises qui contractent avec l'État,
même si elles sont sous les seuils de l'autorisation de contracter et de
l'inadmissibilité, qui est le RENA, là, tel qu'on le connaît actuellement. Donc,
on garde cette autorisation de contracter là
pour les seuils actuels, bon, qui peuvent éventuellement évoluer, mais actuels,
et on intègre cette obligation-là.
Mais on a très bien compris qu'il ne fallait pas
que ça oblige ou que ça ajoute une difficulté, naturellement, une lourdeur
administrative indue. On tente, d'un côté, de faire des allègements, avec mon
collègue de Saint-Jérôme, de l'autre côté,
donc, je pense qu'il y a cette notion d'intégrité qui est fort importante, mais
il faut la faire en équilibre. Donc, l'idée, c'est vraiment dans le mécanisme
des soumissions. Ce serait une... Je ne veux pas dire... Les juristes qui
m'écoutent vont dire : Ce n'est pas ça, mais une espèce de clause à
laquelle on adhère en soumissionnant, finalement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien... Chère collègue.
Mme LeBel : Oui, et à 21.2, on va
voir un peu plus les détails de tout ça pour être capable... Là, on est vraiment, à 21.1, puis je le sais que vous le
savez comme moi, cher collègue, là, mais c'est important de le réitérer, à
21.1, on est dans la mise en place du principe, et le mécanisme, là,
pour vous rassurer, en tout cas, travaillé, sera plus dans les articles
subséquents.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Alors, est-ce
que la ministre peut nous expliquer, dans le fond, qu'est-ce que ça change, là, par rapport à la situation actuelle?
En quelques mots, qu'est-ce que la
section qu'on introduit ici va amener
de différent par rapport à la gestion des contrats publics ou un sous-contrat
public quant aux exigences d'intégrité, là, à l'heure actuelle?
LeBel : Oui, bien, actuellement, comme vous le savez, on
est vraiment dans le mécanisme de l'autorisation de contracter. Quand on est
au-dessus de certains seuils, quand on parle de services, c'est 1 million.
Quand on parle de travaux de construction, c'est 5 millions. Donc,
toute entreprise qui veut contracter des services avec l'État ou des travaux de
construction se doit, au-dessus des seuils que je viens de mentionner, d'aller
chercher une autorisation de contracter.
Actuellement, on a expliqué le mécanisme, puis vous savez que, dans le projet
de loi, on veut aussi travailler sur ce mécanisme-là pour ramener cette notion-là
entièrement sous... l'AMP — je
vais finir par y arriver, désolée — bon,
parce qu'une
partie est faite par l'UPAC, mais ça, on y reviendra.
Donc, l'autorisation de contracter, ça implique,
bon, le fait d'avoir cette enquête qui est faite par l'Autorité des marchés publics, entre autres, la délivrance
de l'autorisation. Et si cette autorisation de contracter là n'est pas obtenue,
pour diverses raisons, ou elle n'est pas disponible, bien, l'entreprise n'est
pas autorisée à contracter. Donc ça, c'est ça.
Mais il y a des seuils, ça, ça demeure, ça. C'est un mécanisme qui va demeurer,
puis c'est important de le dire. Il y a d'ailleurs une surveillance de
l'AMP, une vérification de l'intégrité qui va avec ça en cours de contrat,
entre autres. Et, bon, s'il y a une révocation,
naturellement, les gens font
partie du registre des entreprises non autorisées,
donc ce qu'on appelle le RENA.
Actuellement, pour ce qui est sous les seuils,
les seuils que je viens de vous mentionner, il n'y a pas de régime vraiment
précis dans ce sens-là. Donc, ce qu'on veut faire, c'est d'avoir cette espèce
de déclaration d'intégrité qui va être, comme je le disais, on va le voir à
21.2, qui va se vouloir un mécanisme le plus simple possible, mais naturellement il faut rencontrer un certain niveau
d'exigence si on veut que ça ait une valeur. Et ce que ça va faire, c'est que ça va assujettir également,
dans cette notion-là, la surveillance de l'AMP au niveau de l'intégrité en cours de contrat. Donc, l'AMP pourrait... C'est
beaucoup moins lourd que l'autorisation de contracter sous les seuils,
mais ça va avoir des effets similaires au niveau des pouvoirs que l'AMP va
avoir de vérifier, d'examiner l'intégrité.
Et, s'il y a des manquements suite à cette
déclaration d'intégrité là qui va être, je dirais... auxquels on va adhérer
comme entreprise, il pourrait y avoir des impositions de correctifs... Bien, il
pourrait y avoir des impositions de correctif, il pourrait y avoir des
sanctions administratives, pécuniaires. On en a parlé puis on pourra en
reparler, parce qu'on va continuer à décliner les impacts de tout ça dans le
reste des articles. Il pourrait y avoir une inscription provisoire au RENA. Il
pourrait y avoir une inscription au RENA, là, il y a... naturellement, on
s'entend que... les niveaux de gravité. Et ça va permettre de répondre à une
préoccupation, qui était fort légitime, de plusieurs, de dire : Plusieurs
entreprises contractent délibérément, je ne dirais pas que c'est la grande
majorité, parce que je pense qu'on en ferait un cas qui n'est pas le cas, là,
mais même s'il y en a juste une — c'est trop, là — qui
contracte sous les seuils pour ne pas avoir à passer l'autorisation de
contracter, pas parce qu'elles ne sont pas nécessairement intègres, mais parce
que ça peut être un processus qui est lourd pour une entreprise à faire. Donc,
je pense qu'à ce moment-là on vient de répondre à cet enjeu-là.
M. Gaudreault : Merci, c'est
très clair. Donc, on vient confier quand même des nouvelles responsabilités,
des nouveaux mandats à l'AMP. Qu'en est-il du côté de l'AMP? On a eu ici le
témoignage de M. Trudel qui nous a dit qu'il était bien heureux de tout
ça. Mais quelle information peut nous fournir la ministre quant à la capacité
de l'AMP de jouer ce nouveau rôle sur le plan financier, sur le plan des
ressources, etc.?
Mme LeBel : Mais, présentement,
ce que M. Trudel a dit, si je ne m'abuse, c'est qu'au moment où on se
parle, il considère qu'il a tous les moyens pour jouer son rôle et même le rôle
qui va découler du projet de loi n° 12. Par contre, on est en
travaux... ils sont en travaux, nous sommes en travaux avec le Trésor, et
eux... d'optimisation de leurs ressources, et, naturellement, ils nous feront
les demandes en temps opportun sur leurs besoins. Mais ils sont vraiment en
train de faire ces travaux de vérification là sur l'impact. Ils sont en mesure
de... D'ailleurs, ils ont déjà bénéficié, je vais le dire comme ça, parce que,
pour moi, c'est une bonne nouvelle quand on donne plus de pouvoirs à l'AMP, là. Ils ont déjà bénéficié, vous le
savez, on était ensemble, M. le député, d'un élargissement de leurs pouvoirs
dans le cadre du p.l. n° 66.
Ça va très bien, mais on suit ça de très près,
et la volonté, c'est très certainement de leur donner la capacité d'exercer
leurs pouvoirs, mais ça se fera en temps et lieu, puis on est en discussion
avec eux.
M. Gaudreault : Oui, en temps
et lieu, mais là, si on adopte le projet de loi n° 12, il ne faut pas que
le temps et lieu soient quand même trop longs, puis on...
Mme LeBel : Au moment où on se
parle, leurs déclarations, c'est qu'ils sont à même d'assumer ces pouvoirs et même ceux qui découleraient du projet de loi
n° 12. Mais on a des travaux continus avec eux pour s'assurer que c'est le
cas et il qu'il n'y a pas de bris si c'est ça, votre préoccupation, là, de
bris... de bris de capacité, je vais le dire comme ça.
Gaudreault : Oui, c'est ça, c'est ça, ma préoccupation, mais,
dans le fond, on est juste face, puis je le dis en tout respect, là, mais on
est seulement face à la parole du P.D.G. de l'AMP qui dit : On a ce qu'il
faut pour le faire.
LeBel : Bien, je pense que c'est la personne la mieux
placée pour évaluer ses propres besoins. D'ailleurs, c'est lui qui va faire ses
demandes au Conseil du trésor. Donc, je pense que la meilleure personne pour
exprimer ses besoins, d'exercer ses pouvoirs, c'est très certainement le
P.D.G. de l'organisation concernée.
Président (M. Simard) : Peut-être revenir, cher collègue, puisque notre
collègue de Mont-Royal—Outremont
souhaite intervenir. Et je vous recède la parole après, si vous le souhaitez.
M. Arcand : Bien, merci, M. le
Président. J'aimerais juste savoir, dans un premier temps, parce qu'on vient
d'avoir un budget comme tel, l'Autorité des marchés publics, j'ai vu qu'il y
avait certaines hausses, là, je ne sais pas si j'ai vu
que c'était 5 % ou autour de ça. C'est quoi, les coûts de système? Vous
savez, on a un débat toujours en santé, en particulier, sur les coûts de
système. À partir du moment où l'Autorité des marchés publics, l'Autorité des
marchés publics va avoir... va reprendre une
partie du travail de l'UPAC, etc.,
est-ce qu'ils ont les moyens de faire ces suivis-là? Et, sinon, est-ce que vous
allez leur donner ces moyens-là? À quel endroit allez-vous prendre l'argent,
si... Parce que, quand il y a eu la consultation, il nous a dit : Bien, écoutez,
je suis en train de vérifier tout ça et on verra de quelle façon les choses
vont évoluer. Est-ce que vous avez un coussin à quelque part?
Mme LeBel : On
aura très certainement l'occasion de discuter plus précisément aux crédits.
Vous comprenez que je n'ai pas tous les chiffres devant moi, cher collègue,
mais... Et sans m'engager sur quoi que ce soit, vous savez très bien comment ça
fonctionne, mais disons qu'il est de la volonté du gouvernement de leur donner
plus de pouvoirs. Il est également de la volonté du gouvernement de leur donner
les moyens de les exercer, et on pourra continuer
avec l'Autorité des marchés publics. La discussion continue, qu'on a
présentement, justement, sur cet aspect-là.
M. Arcand : Ma
question porte aussi sur... de la façon dont vous voyez le scénario. Disons que
le projet de loi est adopté, à un moment donné, dans les prochaines semaines,
comment vous voyez, étant donné qu'on est en année électorale, comment vous
voyez les choses pour que, vraiment, avec le règlement et avec tout ce qui
suit, ce projet de loi là soit pleinement efficace?
Mme LeBel : C'est
pour ça... Bien, je ne vous cacherai pas que plus rapidement il va être adopté,
mieux ça va... plus d'espace ça va nous donner pour être capables de prendre
toutes les dispositions et la réglementation qui en découle. L'idée, l'idée, c'est vraiment d'être capable de le faire dans
une séquence la plus efficace, la plus continue possible. Je ne veux pas
présumer de ce qui va se passer à l'automne, mais c'est important, donc...
Mais, une fois que le projet de loi sera adopté, minimalement, la prochaine
personne en place devra également poursuivre le travail, je pense que c'est
important de le dire. Mais je ne suis peut-être pas sûre de bien saisir votre
question à ce moment-là.
M. Arcand : Non,
mais, moi, simplement vous dire, bon, admettons qu'il est adopté d'ici la fin
de la session, il arrive quoi, après ça? Le règlement? Ça prend combien de
temps pour vous de produire le règlement? La publication va durer combien de
temps? À quel moment vous pensez faire ça? Et à quel moment, dépendamment qui
sera là, disons qu'il continue, que la personne qui est là continue dans cette
voie-là... C'est juste d'avoir une espèce de «road map», si vous me permettez
l'expression.
Mme LeBel : Bien,
de façon très, très générale, parce que chaque... vous allez constater, puis
vous l'avez déjà certainement constaté à votre lecture du projet de loi, il y a
aussi des degrés d'entrée en vigueur différents, dépendamment des sections,
pour permettre certains ajustements. Puis c'est normal, c'est un gros virage
que l'on prend pour l'appareil gouvernemental. On veut s'assurer qu'au bout de
l'exercice il y a un impact sur le terrain, mais il faut aussi donner — puis,
de toute façon, en consultation, on l'a vu — le temps à tout le monde
de... j'allais dire entrer dans la danse et dans l'exercice. Donc, il faut
aussi donner cet espace-là. Écoutez, ça va varier en fonction des sections,
mais l'idée, c'est de le faire dans une séquence la plus continue, la plus
serrée possible et en respectant les délais de publication des différents types
de règlement, là, qu'on aura à prendre, là.
M. Arcand : Ça
va. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, cher collègue. M. le député de Jonquière,
souhaitiez-vous ajouter quelque chose?
Gaudreault : Ça va aller.
Le Président (M.
Simard) : Bien. On pourra toujours y revenir, de toute manière, parce
que, comme vous le savez, l'ensemble de l'étude de l'article demeure ouvert
tant et aussi longtemps qu'on ne l'a pas adopté. Alors, on poursuit à 21.2. Mme
la ministre, souhaitiez-vous soit relire l'article ou soit présenter vos
commentaires?
Mme LeBel : Oui,
je vais le lire, parce que j'aurai également un amendement présenté à 21.2,
donc...
Le Président (M.
Simard) : Très bien, madame.
Mme LeBel :
...peut-être, pour clarifier l'exercice, je vais faire la lecture au complet.
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Mme LeBel : Merci.
Alors, l'article tel que lu, tel que déposé à l'article 10, 21.2 :
«Toute entreprise intéressée à conclure un contrat public doit déclarer qu'elle
satisfait aux exigences d'intégrité. Cette déclaration porte sur le fait que ni l'entreprise ni quelque
personne visée aux articles 21.26 et 21.28 ne se trouvent dans l'une ou
l'autre des situations prévues à ces articles.
«La déclaration d'intégrité est faite par écrit
selon la formule déterminée par règlement du gouvernement, au moment du dépôt
d'une soumission ou, dans le cas d'un contrat conclu de gré à gré, au moment de
sa conclusion.»
Commentaires : Cette
disposition oblige toute entreprise qui soumissionne sur un contrat public ou
qui conclut un tel contrat de gré à gré à produire une déclaration d'intégrité.
Elle précise également les modalités suivant lesquelles cette déclaration doit
être faite.
Je ne sais
pas si vous pensez que je dois procéder à la lecture. Est-ce que le secrétariat
a reçu l'amendement? Non? Peut-être qu'on peut suspendre.
Le Président (M. Simard) : Non, ce
n'est pas encore arrivé au Greffier.
Et ce que nous allons faire, comme on le fait
d'habitude, on va momentanément suspendre, le temps d'en prendre connaissance,
et on revient tout de suite après.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
Le Président (M. Simard) : Alors,
on reprend, on reprend, on reprend, chers collègues.
L'amendement
est maintenant déposé sur Greffier. Et, par un grand miracle de la technologie,
vous aurez remarqué que cet amendement se retrouve aussi sur nos écrans.
On va en profiter pendant que ça marche. Mme la ministre, auriez-vous donc
l'amabilité de nous faire lecture de cet amendement?
Mme LeBel : Absolument. Merci,
M. le Président. Donc, amendement concernant l'article 21.2, qui est
introduit par l'article 10 du projet de loi. À l'article 21.2 de la
Loi sur les contrats des organismes publics proposé par l'article 10 du
projet de loi :
1° remplacer le premier alinéa par le
suivant :
«Toute entreprise intéressée à conclure un
contrat public doit, au moyen d'une déclaration écrite, reconnaître avoir pris connaissance des exigences d'intégrité
et s'engager à prendre toutes les mesures nécessaires pour y satisfaire
pendant toute la durée du contrat.»;
2° dans le deuxième alinéa, supprimer «par
écrit, ».
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : Donc,
peut-être, pour les commentaires, là, ce qu'on se propose à faire, et c'est
suite, d'ailleurs, aux consultations et un peu à mes remarques
préliminaires à 21.2, c'est de revoir le contenu de la déclaration d'intégrité
qui est imposée aux entreprises qui souhaitent conclure des contrats publics,
M. le Président, pour s'assurer aussi qu'il y a une cohérence avec le régime
d'autorisation actuel en matière d'intégrité, qui est déjà prévu par des
dispositions, entre autres, 21.26 et 21.28 de la
Loi sur les contrats publics.
Donc, dans les faits, par un mécanisme qui va se
trouver à l'intérieur, potentiellement, des soumissions ou des contrats,
l'entreprise va déclarer, tout simplement, qu'elle a pris connaissance des
exigences d'intégrité qui sont prévues par
la loi, entre autres, 21.26 et 21.28, qui sont les mêmes que pour
l'autorisation de contracter. La différence, c'est qu'elle dit :
J'en prends connaissance et je vais me conformer à ces exigences, alors que,
dans l'autre cas, il y a une enquête qui est
faite, là. Donc, on vient encore plus s'assurer d'alléger le fardeau
administratif tout en maintenant le niveau nécessaire d'intégrité.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : Oui. C'est ce que
j'avais compris également. C'est un allègement au niveau des entreprises.
Alors, en ce sens-là, je pense que c'est une bonne mesure, je pense, c'est
correct.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, je veux
juste bien comprendre, là, je ne suis pas aussi familier que la ministre avec
la loi actuelle. Dans 21.2 d'origine, on dit : [La] déclaration [va
porter] sur le fait que ni l'entreprise ni quelque personne visée aux
articles 21.26 à 21.28 ne se trouvent dans [les] situations prévues à ces
articles.» Mais est-ce qu'on garde ça dans la déclaration écrite que la
ministre est en train de nous amener par amendement?
Mme LeBel : Oui, absolument.
M. Gaudreault : Ce que je veux
dire, c'est : on n'évacue pas les obligations reliées à 21.26 et 21.28?
Mme LeBel : Non. Mais elles
sont déjà mentionnées à 21.2, elles seront mentionnées plus loin, donc on
répétait. Mais, dans les faits, là, elle doit dire qu'elle doit avoir pris
connaissance des exigences d'intégrité qui sont prévues par la loi. Puis, quand on va relire 21.1, on dit
toujours : «Toute entreprise — parce
qu'il faut le lire avec 21.1 également,
comme vous le savez —
partie
à un contrat public — etc. — sous-contrat
[...] doit satisfaire aux exigences élevées d'intégrité auxquelles le
public est en droit de s'attendre...» Et donc c'est ce qui est prévu dans la
Loi sur les contrats publics. Donc, on continue, comme je
l'ai mentionné dans mon commentaire, ce sont les mêmes exigences de 21.26 et
21.28, là, c'est les mêmes exigences.
M. Gaudreault : Qui sont
couvertes, au fond, par 21.1, auquel on réfère.
Mme LeBel : Oui, où on vient
dire que le régime d'intégrité, c'est celui-là. Les exigences auxquelles le
public est en droit de s'attendre, ce sont celles-là. Et, maintenant, on vient
simplement, je dirais, prendre un petit pas de
recul par rapport à la façon de faire et non pas à l'objectif, c'est-à-dire, de
dire : Oui, j'ai pris connaissance de 21.26, 21.28, là, puis c'est probablement ça,
probablement, qui va être dans la soumission : Je déclare avoir pris
connaissance de 21.26 et de 21.28 et je déclare m'engager à m'y
conformer. Ça risque d'être une simple coche de cette façon-là. Et là,
naturellement, ce sera à travailler avec les équipes compétentes, mais
j'extrapole, et il y aura cette référence-là.
Donc, on sait à quoi on doit faire face et on
s'engage à s'y conformer, ce qui donne... ce qui vient donner le pouvoir que je
vous disais à l'AMP, tantôt, de pouvoir faire des vérifications. Mais j'avais
oublié de mentionner, pour fins
d'enregistrement, là, parce que j'avais parlé de services et de travaux de
construction en dessous des seuils, mais on vient également chercher les
contrats d'approvisionnement qu'on ne venait pas chercher avant par la
déclaration... l'autorisation de contracter.
M. Gaudreault : Cette
déclaration écrite, elle va être
partie prenante du contrat ou ce sera un
document à part qui sera consigné quelque part?
Mme LeBel : Oui, mais ça sera
dans la soumission quand on va être dans les appels d'offres. Puis vous le savez que, quand on dépose... Dans un appel
d'offres, dans les documents d'appel d'offres, ça fera
partie intégrante du
document d'appel d'offres. Donc, c'est un
contrat d'adhésion. Quand on fait une soumission, on adhère, donc on adhère à
cette clause-là. Mais, quand ce sera un contrat de gré à gré, naturellement, ça
sera dans les clauses du contrat, parce
qu'il n'y aura pas eu d'appel d'offres ou de... voyons, d'appel d'offres, donc
pas de soumission. Donc, la mécanique sera différente...
M. Gaudreault : O.K., selon gré
à gré ou selon appel d'offres.
Mme LeBel : ...selon
le type de contrat, mais elle sera la même, dans les faits, que... ça sera une
adhésion à une clause quelconque, là.
M. Gaudreault : O.K., c'est
bon. Merci, M. le Président.
Mme LeBel : Je pense c'est la
plus simple expression qu'on peut avoir, en bas de ça, il n'y en a pas.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres remarques sur cet amendement? Sans quoi nous allons
procéder à la mise aux voix. L'amendement déposé par la ministre à
l'article 21.2 est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Alors, nous reprenons nos discussions sur l'onglet 21.2 tel qu'amendé. Y
aurait-il d'autres remarques? Très bien. Alors, nous passons immédiatement à
l'article 21.3. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Je m'excuse,
M. le Président, j'ai quelques feuilles. Il est très court, je vais me
permettre de le relire. Je pense que ça situe mieux le débat, si vous
permettez, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme LeBel : Donc, maintenant, on est
dans la
section II, de l'inadmissibilité aux contrats publics et on parle
des cas d'inadmissibilité.
«21.3. L'inadmissibilité d'une entreprise aux
contrats publics peut résulter soit d'une décision de l'Autorité des marchés publics, lorsqu'une disposition du
présent
chapitre en dispose ainsi, soit du fait que l'entreprise se trouve
dans l'une des situations prévues à l'article 21.4 — qu'on
verra, naturellement, subséquemment.»
Donc, cette disposition précise que
l'inadmissibilité aux contrats publics peut être le résultat de deux façons
différentes, si on veut, soit d'une décision qui découle de l'Autorité des
marchés publics, selon les mécanismes prévus par la loi, soit d'un automatisme,
c'est-à-dire d'une situation qui rend l'entreprise inadmissible aux contrats publics sans qu'il y ait nécessairement les
prérequis d'en faire une analyse préalable. Et on verra ces mécanismes à 21.4.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Des commentaires sur 21.3, chers collègues?
M. Arcand : C'est-à-dire que,
M. le Président, sur cette question-là, j'aimerais que la ministre nous
rassure, parce qu'on a posé quand même la
question lors de l'intervention de l'Autorité des marchés publics, et,
essentiellement, la réponse du président-directeur général de l'Autorité
des marchés publics, ça a été de dire : Écoutez, avant de punir une entreprise, de la
rendre inadmissible, on ne fait pas ça d'une façon totalement arbitraire, et
ainsi de suite. Fiez-vous sur nous, on va s'organiser pour que,
vraiment, avant de déclarer inadmissible une entreprise... que cette
entreprise-là soit vraiment reconnue comme
étant, je dirais, un mauvais citoyen corporatif. Essentiellement, c'était ça,
ce qui m'apparaît être, je dirais, un peu, si vous me permettez
l'expression, lousse, là. C'est un peu...
Le Président (M. Simard) : Vague.
M. Arcand : Ça laisse beaucoup de
pouvoir à l'Autorité des marchés publics. Et, moi, ma crainte, c'est qu'à partir
du moment où on est dans une présence de nombreux médias sociaux qui
existent... Moi, j'ai été conscient que plusieurs entreprises, par exemple, ont
été affublées de toutes sortes de noms par leurs compétiteurs via des médias sociaux ou autres, puis, sans rentrer dans le
détail, simplement, certaines entreprises, on le sait... Par exemple, je vais
vous donner simplement un exemple, dans les médias, actuellement, on
voit, par exemple, que certains compétiteurs... Quand Québecor parle, par exemple, de Radio-Canada ou de Bell Canada,
c'est comme si c'étaient les pires entreprises qu'il n'y avait pas.
Alors, la crainte qu'on a à travers ça, c'est
que de laisser... J'aimerais, à un moment donné, que l'Autorité des marchés
publics, lorsqu'elle prend des décisions, nous indique un peu davantage les
mécanismes qui vont suivre. Simplement vous dire, par exemple, que, quand on a
introduit, il y a quelques années, les sanctions administratives pécuniaires au
ministère de l'Environnement, moi, à l'époque, j'avais demandé au sous-ministre
de dire : Écoutez, il n'y a pas un inspecteur qui va prendre la décision
tout seul, il faut que ce soit au moins un comité de trois qui puisse
véritablement, là... parce que vous pouvez nuire aux entreprises. Si
l'entreprise a fait une faute mineure... Puis, même au niveau des sanctions
administratives pécuniaires, il y avait quatre niveaux, si je me rappelle bien,
quatre ou cinq niveaux.
Alors, moi, je voudrais juste que la ministre
nous rassure sur ce que l'Autorité des marchés publics va faire. Puis on le sait, également, que, dans ce
domaine-là, en plus, il y a souvent des... je dirais, il y a le côté humain.
C'est-à-dire qu'à un moment donné vous avez un inspecteur, puis il
rencontre quelqu'un dans une entreprise, puis ça ne clique pas, puis là ça
devient un peu agressif, et là, bien, il se sert de son pouvoir pour punir
cette entreprise-là, etc. Alors, il y a toutes sortes de cas qui peuvent se
produire. Je voudrais juste qu'au moins, à tout le moins, si la ministre peut
au moins me rassurer là-dessus, parce que je pense qu'il y a une inquiétude
réelle puis je pense que la ministre en est parfaitement consciente, qu'en
cette ère de médias sociaux la réputation des entreprises, très souvent, ne
tient qu'à un fil, hein? Il suffit que... Il y a beaucoup de choses qui sont
dites sur les médias sociaux, et, quand ça commence à percoler, là, dans
l'opinion publique, là, ça peut être extrêmement néfaste. Voilà.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, M. le député. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Bien, écoutez, M.
le Président, je vais non seulement rassurer mon collègue, mais peut-être juste
un petit peu faire la part des choses entre deux choses particulières. Ici, on
parle vraiment de la
section de l'inadmissibilité,
qui va nécessairement... Il va ensuivre une exception RENA. Donc, on est dans
un contexte beaucoup plus large et potentiellement plus lourd que les
sanctions administratives pécuniaires qui vont découler... puis je sais que vous le comprenez très bien, mais qui vont... Je
veux juste... pour que les gens comprennent, là, que, là, on est dans le
régime d'autorisation de contracter ou de manquements tels qu'il y a une
révocation de l'autorisation de contracter ou, bon, une condamnation quelconque
qui... L'automatisme, là, c'est : il y a une condamnation quelconque, à
titre d'exemple, et ce sont des déclarations
d'inadmissibilité ou des révocations automatiques qui en découlent. Et il y a
toute l'analyse qui est faite présentement à la fois par l'UPAC et
l'AMP, on connaît le processus, pour dire : Bien, non, vous n'avez pas votre autorisation de contracter
ou elle n'est pas renouvelée, en découle donc une inscription au RENA.
Donc, on est vraiment dans ce régime-là. Donc, on n'est pas dans les nuances
telles que vous les mentionnez. Je pense
que, dans ce régime-là comme tel, il est important que ce RENA, ce registre-là,
existe et que l'inadmissibilité soit connue.
Maintenant, quand vous parlez de la sensibilité,
ou de la particularité, ou de l'enjeu potentiel des sanctions administratives
pécuniaires, je suis à la même place que vous, c'est-à-dire que je pense que ça
en prend. On pourra en parler. C'est autour de l'article 54 du projet de
loi, je pense, dans 50 et suivants, où on va parler vraiment des sanctions administratives
pécuniaires qui vont maintenant aussi être des résultats de manquements divers
qui ne mènent pas nécessairement... Et là on est probablement, potentiellement,
sous les seuils de contracter en matière d'approvisionnement. Donc, il n'y a
pas nécessairement d'inscription au RENA, même provisoire ou même pour cinq
ans, mais qu'il y a quand même un manquement tel qu'il y a une certaine peine
qui doit y être approuvée.
Maintenant, vous avez raison, il y a toute cette
question-là de ne pas faire pire que ce que le régime veut faire. C'est-à-dire que... de maintenir
l'intégrité de nos entreprises et de s'assurer que le gouvernement, autant que
faire se peut, prennent des moyens pour, le plus possible, s'assurer de
l'intégrité des entreprises, c'est une chose... Je pense que c'est un principe qu'on se doit de mettre de l'avant.
Maintenant, il ne faut pas non plus, par le fait même, nuire à des
entreprises qui ont des manquements de différentes catégories, qui vont
apporter des correctifs, qui vont avoir de l'accompagnement puis qui vont être
dans la bonne volonté de se conformer à l'intégrité.
Donc, on pourra en rediscuter, parce
qu'effectivement j'ai été très sensible à cette notion-là, et on pourra voir
comment on peut s'assurer d'avoir cet équilibre-là nécessaire entre le besoin
d'avoir des sanctions dans certains cas de figure et peut-être le fait que,
dans certains cas, il faut faire attention à ce qu'on rend public, parce que,
des fois, je dirais
que la punition, des fois, n'est pas à la hauteur du délit, là. Je le dis avec
beaucoup de délicatesse, là, parce que, quand on parle de délit, on
s'entend que... à sa plus simple expression, là, du manquement, disons.
Arcand : Mais le point que je veux faire, c'est que, quand
on se retrouve sur le RENA, là, c'est vraiment que, là, il y a eu...
Mme LeBel : On est ailleurs.
M. Arcand : On est... C'est hors de
tout doute.
Mme LeBel : Ah oui! Bien, on est
dans la vérification de l'intégrité ou, quand on parle d'automatisme, on est dans une déclaration de culpabilité quelconque
dans un autre forum. Donc, les règles de justice naturelle auront été
respectées.
Arcand : Oui,
d'accord. Très bien. Merci.
Président (M. Simard) : Alors, nous sommes toujours sur l'onglet 21.3.
Y aurait-il des remarques supplémentaires, M. le député de Jonquière?
Très bien. Sans quoi nous passons à l'article suivant, Mme la ministre.
Mme LeBel : Alors, on entre à 21.4.
Il est assez costaud. Je ne sais pas si mes collègues me permettent de ne pas
le relire, mais je vais simplement lire les commentaires qui s'y affairent, qui
sont en lien.
Le Président (M. Simard) : Le commentaire,
bien sûr.
Mme LeBel : Cette disposition
énumère les situations d'inadmissibilité automatique auxquelles je faisais
référence, naturellement, à 21.3. Ces situations sont les mêmes, là, que celles
actuellement prévues dans la loi. Donc, on n'a pas de nouveauté, c'est parce
qu'on les retarde dans la LCOP. Donc, entre autres... c'est-à-dire, le fait que
l'entreprise ait été déclarée coupable, je vous le disais tantôt, d'une
infraction prévue à l'annexe I en vertu d'un jugement définitif, donc, il y
a eu une vérification, un procès, le fait que l'entreprise soit liée à une
personne qui a été déclarée coupable d'une telle infraction, donc il y a quand
même un lien, le fait que l'entreprise soit sous le contrôle d'une autre
entreprise qui a été déclarée coupable d'une telle infraction, qui a fait
l'objet d'une décision défavorable de l'Autorité des marchés publics. Donc,
dans les deux cas, il y a un processus de vérification formelle.
En outre, la disposition rend explicite la règle
déjà existante mais implicite de la priorité du régime de l'autorisation de
contracter sur celui d'une admissibilité aux contrats publics. Ainsi, donc,
c'est une règle qui était déjà implicite,
mais on la clarifie pour s'assurer qu'elle est bien comprise. Ainsi, comme
c'est le cas à l'heure actuelle, une situation visée à
l'article 21.4 affectant une entreprise qui détient une autorisation de
contracter constituera un élément déclencheur probable d'un examen de
l'intégrité de l'entreprise plutôt qu'une inscription automatique au RENA.
Donc, il y a un lien avec ça. Et enfin la disposition définit les expressions
utiles à son application... à celles du
chapitre V.1, soit celle de la
personne liée, de l'entreprise contrôlée et de l'actionnaire majoritaire.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup. Des remarques sur 21.4? M. le
député d'Outremont—Mont-Royal.
Arcand : Moi, j'avais une question. Lorsqu'on parle
d'entreprises, souvent, on est en présence d'entreprises qui ont plusieurs
actionnaires, des actionnaires qui ont différents types d'actions, et ainsi de
suite. Quand vous dites, par exemple,
à 21.4 : «Est liée à une personne qui est déclarée coupable, en vertu d'un
jugement définitif», si cette personne-là a 10 % des actions d'une entreprise puis que le reste des individus
n'ont pas de casier judiciaire ou sont corrects, est-ce 21.4 va
s'appliquer dans ce cas-ci?
Mme LeBel : Ça fait que, tu sais, la
définition est au paragraphe 3° de 21.4 où on dit, puis, je pense, j'espère y répondre, là : «Une entreprise est liée, si
elle est une personne morale, à la personne physique qui en est l'actionnaire
majoritaire.» Je pense que, là, ça répond à une
partie de votre question. Et
une entreprise... Ah! puis : «Aux fins du paragraphe 3° [...], une entreprise est contrôlée par l'entreprise qui
en est l'actionnaire majoritaire», quand on parle d'une entreprise liée à une entreprise, et «une
entreprise est [...] liée à toute personne qui agit en son sein à
titre
d'administrateur, d'associé ou autrement à
titre de dirigeant...» Donc,
je pense qu'on est loin d'un actionnaire minoritaire. Et «pour l'application du présent chapitre, l'actionnaire
majoritaire est celui qui détient des actions — bon — du
capital-actions [...] qui lui confèrent au moins 50 % des droits de
vote...»
Arcand : Non, ça, j'avais vu ça, c'est juste que, dans le
2°, vous parlez d'une personne qui est déclarée coupable. C'était ça,
mon point.
LeBel : Oui, mais, si c'est un actionnaire majoritaire,
donc, il aura plus que 50 % des actions. Moi, je pense, on
dit : Au moins 50 % des droits. Je pense que, là, on peut dire que
l'entreprise est liée, là.
M. Arcand : Non, c'est juste que
vous employez les mots «une personne». Quelqu'un pourrait l'interpréter...
Mme LeBel : Pas
si on lit la définition à 24.1. Je ne veux vraiment pas en faire un argument
d'obstination, mais la personne liée, il
faut qu'elle... cette personne, il faut qu'elle soit à 50 % au moins des
droits de vote. Là, je pense qu'on est dans une catégorie où on est très
liés, là.
M. Arcand : O.K. Non, non, à
50 % et plus...
LeBel : Disons que mon... un portefeuille de
capital-actions pris ou... tu sais, à 10 % ou à 5 %, on n'est pas
considéré comme liés, là.
M. Arcand : O.K., ça va, merci.
Président (M. Simard) : D'autres remarques sur 21.4? Sans quoi nous
passons à la lecture de l'article 21.5 ou, du moins, à la lecture de ses
commentaires. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Alors, 21.5, ça
référence avec 21.4. Encore une fois, je vais peut-être me permettre de lire simplement les commentaires compte tenu que j'en
ai fait la lecture précédemment dans le cadre de l'article 10. Donc,
commentaire relié à 21.5, M. le Président.
Cet
article reprend le contenu de l'actuel
21.2.0.1 de la loi, qui prévoit des exceptions à l'inscription automatique
d'une entreprise au RENA, en l'adaptant toutefois au fait que l'Autorité
pourrait désormais, en vertu de la nouvelle
section IV qui est proposée par
l'article 43 du projet de loi, qu'on verra donc plus tard, entreprendre
l'examen de l'intégrité d'une entreprise sous les seuils de l'autorisation de
contracter. Ces exceptions sont requises pour assurer la coexistence du RENA
non seulement avec le régime de l'autorisation de contracter, mais également
avec les nouveaux pouvoirs de surveillance de l'Autorité sous les seuils de
l'autorisation de contracter.
Donc, cet
article ajoute, par ailleurs, à la fin
de son deuxième alinéa, une règle prévoyant la suspension de l'effet
d'inadmissibilité qui découle du jugement définitif. Celle-ci est utile pour
éviter qu'une entreprise ne tente d'échapper à l'inscription au RENA en
présentant une demande d'autorisation de contracter avant que le jugement n'acquière un caractère définitif et en retirant
cette demande avant que l'Autorité n'ait eu l'occasion de statuer sur son
intégrité. Donc, c'est pour éviter qu'une
entreprise joue, là, avec les règles puis évalue le terrain et dise :
Oups! j'y vais, ou Oups! je me retire pour, si vous voulez, échapper à
la vérification nécessaire.
Président (M. Simard) : Merci. Des remarques? Sans quoi nous allons
procéder à l'étude de l'article 21.5.1.
Mme LeBel : Exact. Alors, je vais
lire les commentaires reliés à 21.5.1 compte tenu que la lecture a été faite
dans le cadre de la lecture globale du 10.
Le Président (M. Simard) : S'il vous
plaît, oui.
LeBel : Donc, dans l'objectif de réhabilitation des
entreprises sur lequel s'appuient nombre de modifications proposées au régime
d'intégrité par le projet de loi, cet
article permettrait à une entreprise qui
est en voie d'être inscrite au RENA en raison de l'un des automatismes
visés à 21.4, qu'on vient de voir, d'éviter cette inscription en présentant une
demande à cet effet à l'Autorité. Ainsi, l'Autorité pourrait examiner
l'intégrité de l'entreprise, et cette dernière pourrait poursuivre l'exécution
du contrat ou du sous-contrat auquel elle est partie, sous réserve toutefois
qu'elle serait tenue d'apporter toute mesure correctrice qui pourrait lui
imposer l'Autorité. Une telle entreprise serait, par ailleurs, assujettie tout
au long de la poursuite de l'exécution du contrat et du sous-contrat aux
mesures de surveillance ou d'accompagnement que l'Autorité pourrait imposer.
Donc, l'article prévoit les conditions et
modalités suivant lesquels une telle demande pourrait être présentée à
l'Autorité. Moi, je vais peut-être faire un lien, mais je verrais ça comme une
espèce de probation. C'est-à-dire que, s'il
y a une condition de 21.4 qui survient, je comprends que c'est en cours
d'exécution d'un contrat, l'entreprise pourrait dire : Écoutez, malgré ce qui se passe, j'aimerais ça que vous
regardiez au-delà de la condition automatique et que vous me permettiez
de poursuivre le contrat, parce qu'en général la condition d'inadmissibilité
à... condamnation d'une personne liée, à
titre d'exemple, c'est automatique,
c'est terminé, le contrat s'arrête.
Bon, il pourrait être de l'intérêt et de
l'entreprise et du gouvernement à ce que ça continue. L'idée est toujours de
continuer avec des entreprises qui ont une intégrité avérée ou, à tout le
moins, suffisante. Et ce que ça peut permettre, c'est que l'Autorité des
marchés publics pourra aller faire une vérification supplémentaire et
dire : Écoutez, on comprend, vous avez pris les moyens, l'administrateur
en question a quitté la compagnie, et on pourrait donner des mesures
correctrices et/ou on pourrait avoir un accompagnement et une surveillance plus
continus, à ce moment-là, de l'AMP jusqu'à la fin du contrat.
Donc, l'idée, c'est d'avoir encore une fois un
régime d'intégrité, oui, mais une compréhension du terrain, être capable
d'avoir cette espèce d'intermédiaire qui dit : Écoutez... Prenons l'exemple,
c'est un administrateur, et il quitte, ou on
le congédie, ou on le met dehors, bien, l'entreprise, avec ses employés,
peut-être qu'elle est adéquate pour continuer, mais il y aurait,
j'appelle ça dans mon jargon de mon ancienne vie, une probation, si vous
voulez, de l'accompagnement et des mesures correctrices. Puis on ne jetterait
pas à ce moment-là le bébé avec l'eau du bain automatiquement à chaque fois,
mais la reprise doit en faire une demande, par contre.
Arcand : Lorsque l'inscription a lieu au RENA, il y a un 60 jours, là,
qui existe. C'est-tu ça que j'ai compris? C'est plus loin, hein?
Mme LeBel : Oui,
ce n'est pas... C'est automatique, l'inscription, si je ne me trompe pas.
LeBel : Oui, mais, dès qu'il
y a une déclaration d'inadmissibilité, l'inscription au RENA est automatique?
Mme LeBel : Bien,
il faut que l'AMP... Naturellement, c'est l'AMP...
Le Président (M.
Simard) : Avec consentement, nous pourrions laisser la parole à vos
collègues.
Mme LeBel : On
pourrait, effectivement.
Le Président (M.
Simard) : Y aurait-il consentement?
Le Président (M.
Simard) : Me Fournier, à vous la parole. D'abord, maître, pour les
fins de nos travaux, auriez-vous d'abord l'amabilité de vous présenter, s'il
vous plaît?
Mme Fournier
(Marie-Christine) : Bonjour, Me Marie-Christine Fournier, Direction
des affaires juridiques du Secrétariat du Conseil du trésor.
Alors,
laissez-moi juste le temps de reprendre mon article. En fait, l'Autorité doit
inscrire... Puis on va le voir, c'est à l'article 12 du projet de loi,
l'Autorité doit inscrire au registre les renseignements relatifs à toute
entreprise qui est visée à l'article 21.4 au
plus tard dans les vingt jours qui suivent la date à laquelle elle est informée
du jugement définitif. Donc, c'est un délai de 20 jours après avoir été
informée dudit jugement.
Mme LeBel : Et
le délai s'applique à l'Autorité?
Mme Fournier (Marie-Christine) :
Oui.
M. Arcand : Est-ce
que, par exemple... Puis je ne veux pas couper les cheveux en quatre, là, mais
disons que, si, par exemple, vous avez...
vous vous rendez compte que vous êtes dans un secteur dans lequel il n'y a pas
d'autre entreprise qui peut remplir le contrat, si vous êtes... tu sais,
il y a toutes sortes de cas particuliers qui peuvent exister, est-ce que
l'Autorité des marchés publics a la capacité de tenir compte de ça?
Mme LeBel : Bien,
moi, je vous dirais que oui. Je veux dire, quand on parle de la demande de
l'entreprise... Naturellement, si l'entreprise ne fait aucune demande, il y
aura toujours la capacité du Conseil du trésor de donner une permission de continuer de contracter, comme
vous le savez, malgré... Des fois, ça arrive... Le cas le plus fréquent,
c'est qu'elle fait une demande de renouvellement et la demande initiale expire.
Et d'ailleurs c'était une grosse
partie des
raisons pour laquelle on va demander de transférer une
partie des travaux, de
ramener tout ça au sein de l'AMP. Bien, il y avait des fois un «gap» entre l'expiration de l'ancienne
autorisation et... La demande était faite, mais l'autorisation n'était
pas arrivée.
Donc, il y a une
possibilité de le faire, mais j'imagine que ça va être du cas par cas. En vertu
de quelle disposition... Si c'est un
administrateur de l'entreprise, c'est quoi... Il y a une liste, là,
d'infractions potentielles. C'est quoi, l'infraction? C'est pour quelle
raison? Bien, oui, présentement, c'est automatique dans le sens que, s'il n'y a
pas de demande, c'est une déclaration d'inadmissibilité qu'on doit inscrire
dans les vingt jours, comme on vient de mentionner, mais, dépendamment, ça peut
être... Bon, c'est sûr que, si on parle de la corruption d'un fonctionnaire
judiciaire, on est dans un autre domaine que, je ne sais pas, moi, j'en vois...
l'achat ou en vente d'une charge. En tout cas,
il y a plusieurs choses, là, comme vous le savez. Donc, ça va devenir du cas
par cas, nécessairement, mais l'environnement
de l'entreprise, la position de la personne liée, l'infraction, les mesures
correctrices, aussi, proposées par l'entreprise... Est-ce que l'associé
demeure, l'administration demeure? Est-ce qu'il a quitté? Quelle était... Bon,
la réponse à votre question est oui, mais ça dépend.
M. Arcand : ...n'est
pas d'accord avec une décision de l'Autorité des marchés publics.
Mme LeBel : Bien là, il faudrait peut-être... juste peut-être
suspendre, puis je vais vérifier tous les mécanismes.
Arcand :
O.K., juste vérifier cet aspect-là.
LeBel : Mais il y a des
mécanismes, là, qui sont en cours, mais, dans ce cas-ci précis, elle peut...
mais là on parle d'une condamnation, là, devant un tribunal, la
déclaration automatique, il faut le comprendre.
M. Arcand : Non, non, je comprends.
Mme LeBel : Et la personne, soit
l'entreprise soit la personne condamnée, entre guillemets, parce que ça peut être l'entreprise ou une personne liée, a
toutes ses autorités d'appel, là, mais, à un moment donné, même ça, ça finit
par s'épuiser, et on en arrive à la conclusion que la convention demeure, bien
là l'automatisme est prévu par la loi, là.
M. Arcand : Non, non, je comprends.
Non, mais je veux juste m'assurer, là, que, compte tenu qu'on donne plus de
pouvoirs à l'Autorité des marchés publics, on ne se retrouve pas dans une
situation d'abus tout simplement, c'est juste ça.
Mme LeBel : Non, mais, encore là, je
vous dirais qu'au contraire on lui donne plus de mécanismes pour éviter ça. Je vous dirais qu'avant l'adoption du
projet de loi la situation de noir ou blanc prévaut beaucoup plus. Maintenant,
on introduit, ce sont mes termes, une zone
grise contrôlée, donc, pour être capables de mieux faire et de ne pas éliminer
d'entrée de jeu des bonnes... des
entreprises autrement saines, disons-le comme ça, qui pourraient prendre des
mesures et atteindre le niveau d'intégrité jugé nécessaire par la loi.
M. Arcand : O.K. Est-ce qu'on peut
juste vérifier peut-être cet aspect-là?
Mme LeBel : Oui, bien, il faudrait
suspendre.
Président (M. Simard) : Oui. Alors, néanmoins, là, néanmoins, avant de
suspendre, par acquit de conscience, M. le député de Jonquière,
souhaitiez-vous intervenir sur cet objet bien précis ou sur un autre? Parce
que, si tant est que ce soit le cas, on suspend et puis on reviendra avec votre
point par la suite.
Gaudreault : ...un peu embêtante. Bien, en fait, c'est sur les
nouveaux pouvoirs de l'AMP et de l'inscription au RENA, c'est là-dessus
que je veux intervenir, ça fait que...
Le Président (M. Simard) : Bon,
alors, on reviendra, si ça ne vous dérange pas, cher collègue, pour bien
cibler, là, l'intervention du député de Mont-Royal.
(Suspension de la séance à 12 h 27)
Le Président (M. Simard) : Bien,
nous sommes en mesure de reprendre nos travaux. Mme la ministre, la parole vous
appartient.
Mme LeBel : Alors, je prendrai
peut-être juste l'occasion de faire un petit pas de recul pour des raisons
didactiques et bien situer mon explication. Présentement, il y a deux façons...
Comme je disais, c'est implicite, mais on vient l'éclaircir dans l'autre. Il y
a deux façons pour une entreprise de se retrouver sur le RENA. La première, c'est : suite à une demande d'autorisation de
contracter, une enquête est faite, et cette autorisation-là leur est refusée.
Donc, elle n'a pas cette autorisation-là. Dans le régime actuel des
choses, c'est une décision qui est finale, de l'Autorité des marchés publics.
On peut toujours en appeler en contrôle judiciaire devant les tribunaux de
droit commun, mais, dans les faits, c'est
une décision finale de l'Autorité des marchés publics, quand on parle de
l'autorisation de contracter.
Quand on parle de l'inadmissibilité, je vais
parler de l'état actuel des choses, c'est une condition qui découle d'une
déclaration de culpabilité devant un autre tribunal pour un autre type
d'infraction. Donc, on y relie... et ça en fait
une, je dirais, inadmissibilité, une révocation ou non, une inadmissibilité de
contracter automatique. On vient, par contre, ici... Non, ça aussi c'est
final, mais c'est final parce que ça découle d'une décision d'un tribunal
ailleurs, et l'Autorité des marchés publics
n'a pas de décision à prendre là-dessus. Elle fait juste constater l'infraction
et elle a 20 jours pour inscrire... Donc, il n'y a pas de décision
de l'Autorité des marchés publics dans cette catégorie-là.
Ce qu'on vient plutôt introduire ici, c'est...
on vient donner un peu plus d'espace à l'entreprise. E,t à 21.48.6, qu'on va
introduire un peu plus tard, j'imagine, hein, je le comprends comme ça, parce
qu'on vient introduire une nouvelle... on va dire... ça va être... le 21.48.6
va être l'article de la LCOP, là, ce n'est pas l'article du projet de loi, mais un peu plus tard, je pense, c'est dans 54 et
suivants ou 50 et suivants... mais on verra, on vient dire, donc, que toute
mesure correctrice...
Donc, on vient dire ici que, si l'entreprise fait
l'objet d'une déclaration d'inadmissibilité automatique et qu'elle dit... elle est en cours d'exécution d'un
contrat et qu'elle dit : Écoute, Autorité des marchés publics, moi, je
pense que je peux corriger ma situation et continuer le contrat, l'AMP doit
examiner cette situation-là et doit dire, donc : «Toute mesure correctrice ou toute mesure de surveillance ou
d'accompagnement — ce
qu'on vient... dont on discute à l'article en
question ici — [est]
imposée par l'Autorité en...» Bon, donc, une fois que l'autorité décide :
Oui, je peux te donner des mesures
correctrices et, oui, je peux te faire de l'accompagnement, la décision de
l'Autorité, elle est finale, sur le type de mesure et sur le type d'accompagnement...
ou faire ou ne pas faire.
Par contre, ça doit
être déterminé en tenant compte de la situation propre à l'entreprise et après
avoir donné à l'entreprise l'occasion de faire valoir sa situation, là, ses
observations. Donc, ça se fait suite à la... c'est à la demande de
l'entreprise, de concert avec l'entreprise, dans le sens qu'il faut qu'on en
discute avec l'entreprise. Naturellement, ce sont des mesures correctrices qui
devront être appliquées par l'entreprise, l'idée, c'est qu'elle soit capable de
les faire, et les mesures d'accompagnement.
Alors donc, on vient, dans le cadre du projet de loi, introduire, dans le
régime actuellement en cours, cet espace, là, nécessaire pour
l'entreprise, mais, à un moment donné, il arrive un moment où l'Autorité
tranche, et c'est terminé.
M. Arcand : Très
bien, merci.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. J'écoutais la ministre puis je regardais le projet
de loi, évidemment, là, je me suis dit : Je vais retourner dans le mémoire
qu'on a reçu de la ville de Montréal. Puis la ville de Montréal a des grandes
préoccupations concernant la mouture actuelle du projet de loi n° 12, qui
prévoit que les pouvoirs de l'AMP en ce qui
a trait à la surveillance d'intégrité des contrats et des sous-contrats se
trouvent accrus. Bon, et ils nous disent, et là je suis à la page 5
du mémoire de la ville de Montréal, que ça inclut évidemment la capacité
d'inscrire toute entreprise jugée non intègre au RENA, y compris à Montréal.
Alors là, la ville est extrêmement préoccupée par l'élargissement des pouvoirs
d'intervention de l'AMP, ce qui entraînerait une concurrence en regard des
pouvoirs d'intervention des deux organismes,
donc l'AMP et le Bureau de l'inspecteur général. Et donc, voilà, j'aimerais
savoir, sur ce point, comment la ministre répond aux préoccupations
importantes de la ville de Montréal sur les risques de concurrence, entre
guillemets, là, des deux organismes, le BIG et l'AMP.
Mme LeBel : Il n'y a pas de risque de concurrence. Il existe
déjà une... j'allais dire une compétence partagée, dans le sens où, dans la loi
actuelle, c'est déjà mentionné, quand il y a des autorités... bien, ce n'est
pas l'Autorité des marchés
publics, mais, quand il y a des bureaux d'inspecteur général — je
pense qu'il y en a un à Saint-Jérôme maintenant aussi, il y en a un à Montréal — que
c'est le bureau de l'inspecteur qui exerce, sur son territoire, les pouvoirs
afférents.
Par contre, en
matière d'intégrité, le BIG n'en a pas, de pouvoir, actuellement, le bureau de
l'inspecteur général de Montréal. Là, on parle du régime d'intégrité. Depuis le
début de l'existence, c'est confié à l'Autorité des marchés publics. Donc, on
ne vient pas en ajouter plus, on vient étendre le régime d'intégrité à un plus
grand nombre d'entreprises, sous les seuils, mais le régime d'intégrité a
toujours été entre les mains de l'AMP, de l'Autorité des marchés publics. Donc, les autorisations de contracter, même pour la ville de Montréal,
au-dessus des seuils, c'étaient l'UPAC et l'AMP qui le faisaient. Donc,
on ne vient pas... on ne vient pas empiéter sur le territoire du Bureau de
l'inspecteur général dans ce sens-là, ça a toujours été dans la cour de l'AMP.
Maintenant, pour ce
qui est de l'étendue des pouvoirs par rapport à la surveillance des contrats,
puis on l'avait eue, cette discussion-là, dans le cadre du projet de loi
n° 66, il n'y en a pas, de problème. Quand ça sera des contrats de la
ville de Montréal sur le territoire de la ville de Montréal, c'est... c'est le
Bureau de l'inspecteur général. L'AMP se parle, le Bureau de l'inspecteur
général se parle, ils n'ont pas, entre eux, de problématique. Je comprends qu'on a... qu'on a un souci et... mais nous, on
vous dit : C'est déjà prévu par la loi, et ces organismes-là fonctionnent
déjà ensemble et de concert, ils ont du partage d'information.
Donc, la cohabitation
est déjà établie, elle va continuer de se faire, et il n'y a pas question...
puis je peux le dire pour les fins de l'enregistrement,
là, l'idée n'est pas d'empiéter sur les territoires du Bureau de l'inspecteur
général quant aux contrats qu'il est chargé, de façon générale, de
surveiller ou d'enquêter, mais le régime d'intégrité a toujours été à l'Autorité
des marchés publics. Donc, on n'est pas venus ajouter quoi que ce soit. Ce
qu'on est venus faire, c'est de venir, je dirais, capter plus d'entreprises par
ce régime d'intégrité là qu'avant.
Gaudreault : Pourtant, sur... Voyons. Mosus de masque. Pourtant, sur
le site du BIG, on dit que «le rôle des inspecteurs généraux est d'entretenir
et de promouvoir l'imputabilité et l'intégrité», et même, selon l'association
des inspecteurs généraux, «le public s'attend à ce qu'ils préviennent,
détectent, identifient, exposent et éliminent la fraude, le gaspillage, la
corruption, les actes illégaux et les abus au sein des organismes publics».
Et, en tout respect
de la ministre, la ville de Montréal n'est visiblement pas d'accord avec ce
qu'elle vient de nous dire, parce que la
ville de Montréal nous dit : «Il apparaît essentiel que des dispositions
soient ajoutées au présent projet de loi afin d'assurer la coordination
des actions en ces matières», donc en ce qui concerne l'intégrité des contrats
publics. Plus précisément, «des dispositions doivent être introduites de
manière à prévoir des mécanismes de réciprocité assurant la prise en compte par
l'AMP des actions menées par le BIG, et vice versa, et ce, au bénéfice de
l'intérêt public.»
Alors, même si la
ministre dit : Bien, le BIG n'a pas le rôle en matière de... d'intégrité,
il y a quand même des échanges d'information qui se font entre... bien,
c'est-à-dire, qu'il faut formaliser entre le BIG et l'AMP. Et moi, je veux m'assurer que la formalisation — je
ne sais pas si ça se dit, là, comme ça, mais rendre formelles les relations
entre le BIG et l'AMP — atterrisse dans le projet de loi, parce
que moi, je prends évidemment la parole de la ministre, puis je n'ai aucun
problème avec ça, mais visiblement, selon son mémoire, la ville n'est pas
convaincue de ça.
Alors,
est-ce qu'il y aurait lieu de... d'assurer la formalisation des échanges entre
le BIG et le... l'AMP à l'intérieur du
projet de loi n° 12, par cet article-là ou ailleurs, là — peut-être
que la ministre a des meilleures suggestions à me faire — pour
s'assurer qu'il y a cet arrimage entre les deux institutions? Puis moi, là,
comprenez-moi bien, je ne suis pas plus
pro-BIG que pro-AMP, ni anti-AMP, ni anti-BIG. Moi, je suis... je suis moi et
je veux m'assurer que tout marche bien dans le souci de l'efficience de
la gestion.
Mme LeBel :
Tout à fait. Bon, première des choses, ces mécanismes-là existent déjà. Et, en
tout respect pour la ville — on
a eu cette conversation-là avec le cabinet, d'ailleurs — on ne
comprend pas quelle est leur inquiétude, mais
on va y répondre parce qu'on la partage, dans le sens qu'on ne veut pas plus
qu'eux qu'il y ait un dédoublement, si vous voulez, ou un manque de
communication, de coordination.
Ceci étant dit, c'est
déjà prévu dans la Charte de la Ville de Montréal pour le... qui a mis en place
le Bureau de l'inspecteur général, et dans la
Loi sur l'Autorité des marchés
publics, qui a créé l'Autorité des marchés publics. Donc, ces mécanismes-là de partage de renseignements sont déjà en place.
Donc, ça existe déjà. Et ce n'est pas ce qu'on fait dans le projet de loi n° 12 qui vient impacter la réalité. Ça
fonctionne très bien déjà. Ça va continuer à bien fonctionner.
Mme LeBel :
L'article 71 de la
Loi sur l'Autorité des marchés publics, qui prévoit
que «l'Autorité transmet dans les plus brefs délais, à l'organisme public
concerné, les renseignements portés à sa connaissance», entre autres, à... alinéa 1°, «une communication à
l'inspecteur général de la ville de Montréal en application de
l'article 57.1.13 de la Charte de la Ville de Montréal».
Donc, dans 57.1.18 de
la Charte de la Ville de Montréal, c'est prévu également que l'Autorité... le
Bureau de l'inspecteur général, «en outre,[...] transmet à l'Autorité des marchés
publics tout renseignement qui peut [...] être pertinent eu égard à son
mandat».
Donc,
cette coordination-là, s'assurer que chacun fait ce qu'il a à faire sur la
portion de territoire... D'ailleurs, dans... c'est-tu dans la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics qu'il est mentionné que l'Autorité des marchés publics assume la
responsabilité à moins qu'il y ait un bureau d'inspecteur général en place?
Donc, c'est déjà dans la loi. Je pense,
c'est la
Loi sur l'Autorité des marchés publics qui dit ça. Donc, c'est déjà
prévu quand il y a un bureau de l'inspecteur général qui est en place. Et on a nommé, je pense, dans la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics, l'inspecteur général de la ville de Montréal, parce qu'au moment de la
création de l'AMP c'était un BIG, entre guillemets, qui existait déjà,
mais on a prévu, dans la
Loi sur l'Autorité des marchés publics, la possibilité
qu'il y en ait d'autres, potentiellement, sur le territoire, dont celui de
Saint-Jérôme, je pense, qui est arrivé dans l'intervalle. Et c'est prévu que l'Autorité
des marchés publics a autorité sur le territoire sauf aux endroits où il y aura
des bureaux d'inspecteur général qui seront créés.
La Charte de la Ville de Montréal prévoit que, si ça concerne l'Autorité des marchés publics, donc quand on parle du régime
d'intégrité, le renseignement est envoyé.
Donc, les inspecteurs
de la ville de Montréal, qui ont cette préoccupation-là d'intégrité, constatent
un bris ou un manquement à l'intégrité, ont toujours cette responsabilité-là à
assumer, mais, comme c'est le cas aujourd'hui, ils vont transmettre à l'Autorité
des marchés publics le renseignement concerné pour qu'elle puisse gérer le
régime... d'intégrité, qui a toujours appartenu à l'Autorité des marchés
publics.
Donc,
je veux juste rassurer, le dire à voix haute : On ne change pas la
collaboration et les mécanismes en place. On est juste venus s'assurer que,
dans le régime d'autorité... d'intégrité, on capte plus d'entreprises nommément,
et notamment celles qui sont maintenant sous
les seuils ou quand on parle d'approvisionnement. Donc, je veux simplement,
là, rassurer, c'est déjà à l'intérieur des lois.
Et, en plus, je vous
dirais qu'on a eu — je
pense que c'est dans le cadre du projet de loi n° 66 — un
peu ce même débat là, et les deux responsables actuels de l'Autorité des
marchés publics, que ce soit Me Bishop ou M. Trudel, sont venus nous dire qu'il y avait une excellente
collaboration entre les deux organismes. Non seulement les mécanismes
sont prévus, mais, sur le terrain, ça fonctionne.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. D'autres remarques?
M. Gaudreault :
Bien, c'est parce que... Je veux dire, la ville de Montréal est au courant
de ça, là, puis le BIG est au courant de ça, puis l'AMP est au courant de ça,
puis, vu que nul ne doit ignorer la loi, toute la terre entière est au courant
de ça, mais pourtant ça n'a pas l'air de marcher sur le terrain. Parce que,
moi, un mémoire de la ville de Montréal... Je veux dire, tous les mémoires sont
importants, mais c'est quand même la métropole qui nous arrive avec des préoccupations. La ministre nous dit qu'il y a eu une
rencontre avec le cabinet. J'imagine, elle parlait du cabinet de la
mairesse.
Mme LeBel :
...on n'a pas eu une... mais on a eu une communication pour les rassurer.
Écoutez, la ville ne dit pas que ça ne
fonctionne pas sur le terrain, elle dit juste qu'elle veut qu'on s'assure que
ça continue de fonctionner. Moi, je
le vois comme un drapeau jaune en disant : Rassurez-nous ou assurez-nous
que la façon de fonctionner actuellement ne sera pas modifiée par ce que vous venez mettre en place. Alors, je
rassure et j'assure que les mécanismes en place, qui fonctionnent, par
ailleurs... Parce qu'elle ne dit pas que ça ne fonctionne pas présentement...
M. Gaudreault : Elle ne dit pas
Mme LeBel : ...elle
craint pour la suite, elle craint pour la suite.
M. Gaudreault : Exact. Bien,
moi, j'aime mieux...
Mme LeBel : Alors, je rassure
que, pour la suite, ça ne changera rien.
M. Gaudreault : Moi, j'aime
mieux m'assurer que, pour la suite, là... Parce que, là, on fait le projet de
loi, on ne sait pas quand est-ce qu'il va y en avoir d'autres, des projets de
loi...
Mme LeBel : Mais ce n'est pas
dans la
loi sur les contrats publics qu'on insérera ça, puis les mécanismes
apparaissent dans la Charte de la Ville de Montréal et dans la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics.
M. Gaudreault : Mais,
dans ces communications-là avec la ville et avec le cabinet de la mairesse, ou,
en tout cas, entre les cabinets, là, est-ce qu'il y a eu des propositions
d'amendement qui ont été faites, par exemple par la ville, auprès de la
ministre?
Mme LeBel : Vous le savez
particulièrement. D'ailleurs, je pense qu'il est dans son mémoire, si je ne me
trompe pas.
M. Gaudreault : Non. Bien, c'est ça,
il y a... il y a des recommandations, mais il n'y a pas d'amendement.
Mme LeBel : Bien oui, il y a une
recommandation dans le mémoire.
M. Gaudreault : Bien, une
recommandation, mais...
LeBel : «Pour ces raisons,
la ville recommande que des dispositions soient introduites afin d'assurer...»
M. Gaudreault : C'est ce que je vous
dis.
Mme LeBel : Bien, vous me direz que
c'est une proposition large, là.
Gaudreault : Bien, c'est une
recommandation, mais est-ce qu'il y a eu une proposition d'amendement texto?
Mme LeBel : Un amendement bâti tel
qu'on le connaît, non. On nous demande de considérer à insérer ça, mais nous,
on considère... on le considère, on prend en compte les préoccupations et on
réaffirme que ce n'est pas nécessaire parce que les mécanismes sont déjà
introduits. Puis, de toute façon, ils sont dans la Charte de la Ville de
Montréal. Je ne peux pas en faire plus pour la charte. Ils sont dans la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics, et on ne change
pas ce régime-là, et ça fonctionnait avant. Donc, je vous... avec beaucoup de
respect pour la ville de Montréal, je
comprends ses craintes là-dessus, je les prends au sérieux, parce que je
comprends qu'elle craint de la suite, mais ce que je lui réponds, c'est
que ce n'est pas nécessaire, c'est déjà prévu et ça fonctionne.
Gaudreault : Mais,
considérant qu'on ajoute des nouveaux pouvoirs à l'AMP avec ces articles-là,
n'y aurait-il pas lieu, dans ces nouveaux articles qui amènent des nouveaux
pouvoirs... Puis là on est quand même avec une bonne section, là. Ce n'est
pas... Ce n'est pas une virgule qu'on déplace, là. Quand on regarde, là, dans
le cahier du député, tu sais, c'est
quand même «big», sans mauvais jeu de mots, comme changement, là, qu'on amène.
Il me semble, ça prendrait une petite allusion à la bonne coordination
entre le BIG... là je parle du vrai BIG, et de l'AMP.
Mme LeBel : Je vais vous répondre de
cette façon-ci : Ça ne change rien, parce que, même si l'AMP a... je sais que ce n'est pas comme ça qu'on le définit,
là, mais mettons que l'AMP a 10 pouvoirs au lieu de huit, mettons, O.K.,
ça ne change pas que la loi... l'Autorité des marchés publics dit que les
pouvoirs de l'AMP s'exercent en autant qu'il n'y ait pas de bureau d'inspecteur
général en place. Donc, qu'on lui en donne huit ou qu'on en donne 10, ils vont
toujours s'exercer dans ce paradigme-là.
Et, en plus, quand on parle de l'expansion...
parce que, là, ce n'est pas des... ce n'est pas... ce n'est pas des nouveaux
pouvoirs, nécessairement, c'est l'expansion du régime d'intégrité, il était
déjà dans la juridiction de l'Autorité des marchés publics, donc il
n'appartenait pas au Bureau d'inspecteur général. Donc, on ne lui enlève rien,
à l'inspecteur général, on en donne plus à l'Autorité des marchés publics sur
cette section-là.
Et d'ailleurs, dans le cadre du projet de loi
n° 66, on a étendu les pouvoirs, et il n'y a pas eu de commotion, si je peux me permettre ainsi, et la collaboration a
continué de s'appliquer sur le territoire depuis l'adoption du... entre les
deux organismes.
Donc, il faut comprendre, là, on n'enlève rien
au BIG, on ne lui enlève rien et on ne marche pas dans ses plates-bandes. On vient en donner plus à l'Autorité des marchés publics en autant qu'elle n'est pas dans des plates-bandes
couvertes par la... par le Bureau de l'inspecteur général, parce que
c'est déjà prévu par la loi, ce mécanisme-là.
Donc, je veux juste rassurer. Je comprends qu'il
faut le dire correctement et clairement, mais c'est ça. Donc, on ne vient rien
enlever au BIG, mais on ajoute des pouvoirs à l'Autorité des marchés publics.
Mais, comme je le dis, qu'elle
en... ça ne se quantifie pas comme ça, vous le comprenez, là, mais, qu'elle en
ait huit, 10 ou 15, types de pouvoirs à exercer, ils s'exercent toujours dans
le même cadre de coordination et de collaboration qui existe depuis le début
de la
Loi sur l'Autorité des marchés publics.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député.
M. Gaudreault : O.K. Je comprends
que vous n'enlevez rien au BIG, je suis d'accord avec ça. Je comprends que vous en ajoutez à l'AMP, je suis d'accord avec
ça. Mais, quand je regarde la recommandation de la ville de Montréal dans son mémoire versus l'article 71 auquel
vous m'avez référé tout à l'heure, l'article 71 parle d'une communication
à l'inspecteur général de la ville de Montréal, c'est l'alinéa 1° de
l'article 71, tandis que la recommandation de la ville de Montréal parle
d'une coordination entre les deux institutions.
L'article 71,
alinéa 1° parle d'une communication au
BIG, tandis que la recommandation de la ville parle d'une coordination, assurer
la coordination. Pour moi, ce n'est pas la même chose. Je veux bien, là,
qu'il y ait un partage d'information, puis je suis d'accord avec ça, mais,
quand la ville demande une... d'assurer une
coordination, puis on parle, dans l'article 71, de faire l'objet d'une
communication...
En plus, là,
on s'entend que c'est une forme de discrétion, entre guillemets, là. C'est que
l'article 71 dit que l'AMP «transmet dans les plus brefs délais, à
l'organisme public concerné, les renseignements portés à sa connaissance qu'elle estime pouvoir faire l'objet d'une
communication au BIG». Donc, estimer pouvoir faire l'objet d'une communication,
la ministre sera d'accord avec moi, je pense, que ce n'est pas la même chose
que de... d'assurer la coordination entre les deux institutions. Puis la ville
nous dit : Il faut assurer la coordination, parce que, même si la ministre
ne retire pas des pouvoirs au BIG, elle en ajoute à l'AMP. L'ajout de ces
nouveaux pouvoirs, il faut s'assurer qu'il y ait une coordination. C'est ce que
nous demande la ville, tout simplement. Moi, je ne demande pas... je ne demande
pas la lune, là. Ce que je veux, c'est m'assurer que cette coordination
apparaisse quelque part dans un chapitre, qui est quand même substantiel, qu'on
ajoute ici.
Mme LeBel : Première chose, je
n'ai aucun problème à ajouter des choses quand elles sont nécessaires. Il faut
lire tout ça, là, avec l'article 68 de la
Loi sur l'Autorité des marchés
publics, qui dit que, bon, «les fonctions et pouvoirs dévolus à l'autorité...» O.K.,
donc qu'elle en ait huit, qu'elle en ait 10, là, «les fonctions et pouvoirs dévolus à l'autorité — etc., blablabla — sont, à l'égard de la ville de Montréal...» Donc,
c'est nommé. Parce qu'il faut comprendre...
Mme LeBel : 68 de la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics, O.K.? Il faut comprendre qu'à la création de l'AMP il y avait déjà le Bureau de l'inspecteur
général qui arrivait, parce que, dans la séquence, il est arrivé avant, O.K.?
Et qu'est-ce qu'on dit? «Celui-ci — "celui-ci" étant
l'inspecteur — est
alors substitué à l'autorité pour l'application, avec les adaptations
nécessaires, des dispositions de la présente loi.» Donc, que l'Autorité des
marchés publics ait huit ou 10 pouvoirs, l'article 68 s'applique
déjà, et on ne touche pas au territoire du BIG.
Pour la coordination, c'est normal, c'est normal
que l'Autorité des marchés publics dise : Aïe! moi, j'ai des
renseignements qui pourraient servir à la ville de Montréal. Donc, c'est là,
l'évaluation qu'elle doit faire. Et ça, ça appartient
à l'organisme enquêteur de décider si tout... Parce que tout renseignement...
elle ne peut pas donner tous les renseignements qu'elle reçoit à la
ville de Montréal, et vice versa.
Donc, comme tous les corps de police ont cette
obligation-là de coordination, j'ai un renseignement, j'ai une plainte, je
considère qu'elle appartient plus à la ville de Montréal avec... que moi, en
fonction de 68, entre autres, je transmets, et vice versa. Comme le régime...
d'intégrité est sous l'autorité du... de l'AMP, la ville de Montréal, à travers
ses inspecteurs, dit : Ah mon Dieu Seigneur! J'ai une entreprise qui,
quant à moi, contrevient à l'autorisation de
contracter, a une condition d'inadmissibilité automatique, j'en suis conscient,
ça s'est fait devant un tribunal de Montréal, à la cour municipale, je
ne sais pas, je dois... je juge que l'AMP doit le savoir, je transmets. Ça
continue d'exister, mais 68 ne change pas, là, ne change pas, parce qu'il faut
le lire avec 68.
Et la coordination, elle fonctionne
actuellement. Elle va continuer de fonctionner. Et, non, ça ne peut pas être un
automatisme. Quand on a deux organismes d'enquête qui détiennent des
renseignements sensibles et... qui peuvent s'avérer confidentiels, on ne peut
pas leur donner un automatisme de transmission. Ils ont l'autorité, la compétence et l'expérience de juger de la
pertinence de la transmission, et ça, ça ne changera pas, dans les deux sens.
Et je ne donnerai certainement pas cette obligation-là à l'AMP si le corollaire
n'est pas dans la Charte de la Ville de Montréal. Et je ne dirai pas à la Charte de la Ville de Montréal de faire ça parce que je considère que ce n'est
pas de bonnes pratiques.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Mont-Royal.
M. Arcand : Merci. J'ai...
Est-ce que je me trompe, là? On m'informe qu'il y a, dans le RENA, actuellement
1 259 entreprises dans le RENA. Est-ce que ça vous apparaît... Dans
le RENA, actuellement il y a 1 259 entreprises, dernier rapport.
Donc, admettons...
Mme LeBel : Je vais... Je vais
prendre votre parole.
M. Arcand : Bien,
moi, c'est ce qu'on me dit, là. Je ne sais pas si j'ai...
Mme LeBel : Oui, mais... Plus
ou moins.
M. Arcand : Donc, ce que je
veux dire, c'est qu'essentiellement, là, globalement, il y a probablement la...
probablement pas loin de la moitié de ces entreprises-là qui sont inscrites
suite à une recommandation du Bureau de l'inspecteur général, qui a fait les
enquêtes et qui a informé l'Autorité des marchés publics pour leur dire :
Écoutez, ces entreprises-là nous posent un problème, et l'Autorité des marchés
publics a agi. C'est ce que je comprends de ce que vous nous expliquez.
Mme LeBel : ...la proportion,
mais il pourrait y avoir, théoriquement...
M. Arcand : Non, non, mais sans
que ce soit une proportion précise, là.
Mme LeBel : Bien, dans le cadre
de la vérification de l'autorisation de contracter, l'enquête, entre autres,
qui est faite par l'UPAC actuellement, qu'on se propose de transférer à l'Autorité
des marchés publics, il pourrait y avoir une
portion de ça qui découle d'une plainte qui a été transmise par un
renseignement qui provient de... par... au travers, si on veut, le Bureau de
l'inspecteur général, ou le Bureau de l'inspecteur général, dans une enquête
autre qu'il fait sur son territoire, a des renseignements pertinents
pour une entreprise qui a aussi des contrats à la grandeur du Québec.
Je veux juste continuer à... si vous me
permettez, un 30... un 10 secondes...
M. Arcand : Oui, oui, oui,
allez-y.
Mme LeBel : En plus de
l'article 68, des deux chartes et de la loi, il y a un comité opérationnel
présentement en place entre l'AMP et le BIG qui est déjà en place et
fonctionnel. Puis il y a aussi un protocole d'échange qui a été conclu entre les deux entreprises. Donc, on a
plusieurs niveaux pour s'assurer de la bonne coordination de ces deux... de
ces deux organismes d'enquête là.
M. Arcand : Donc, moi, la question,
c'est juste...
Mme LeBel : Je m'excuse, j'ai fait
une petite parenthèse qui n'était pas pour vous.
M. Arcand : Oui, je comprends,
non... Mais est-ce qu'il y a eu un cas, à votre connaissance... s'il n'y en a
pas eu, vous me le dites, mais est-ce qu'il y a eu un cas, à votre
connaissance, où le Bureau de l'inspecteur général a dit : Écoutez, cette entreprise-là ne devrait pas avoir
l'autorisation, etc., et l'Autorité
des marchés publics aurait dit :
Non, non, non, ce que le BIG décide sur son territoire... l'Autorité des
marchés publics fait ce qu'elle a à faire?
Mme LeBel : Ah! absolument,
absolument. Je veux dire...
Arcand : Ah! c'est
Mme LeBel : Bien, je vais me lancer
en ne faisant pas de vérification. Je serais fort étonnée qu'il n'y en ait eu
aucun, donc je vais dire oui. C'est sûr qu'il y a eu de l'échange de
renseignements qui ont mené à des décisions d'une ou l'autre des... des
autorités. Et c'est sûr que, les décisions qui sont prises par le Bureau de
l'inspecteur général sur son territoire par rapport au contrat entre la ville
de Montréal et un entrepreneur, à
titre d'exemple, bien, on va les regarder
parce que... au niveau du gouvernement du Québec également, là. Ça, c'est
clair.
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques sur 21.5.1? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Bien, c'est ça, je retournais dans la revue
de presse, là, puis un
article de Tommy Chouinard, le 29 mars, dans
La Presse , nous dit quand même que... et là je cite l'article :
«Or, selon une source bien au fait du dossier à la ville, Montréal a demandé au
gouvernement des garanties quant au fait que les pouvoirs du BIG resteront
intacts et que l'AMP ne jouera pas dans ses plates-bandes. Elle ne les a pas
obtenues. On craint dans ce contexte une prise de contrôle du BIG par l'AMP, a
indiqué cette source.»
Donc, la ministre n'a pas donné... n'a pas
offert à la ville de Montréal les garanties quant au fait que les pouvoirs du
BIG vont rester intacts. Donc, la ville de Montréal n'est pas rassurée quant à
cet égard. Comment on peut rassurer davantage la ville? Par un mécanisme qu'on
pourrait introduire pour raffermir ça, là. Parce que moi, je vous parle du
mémoire, je vous parle du... de cet article, je fais la... ressortir la
contradiction entre une coordination et un transfert d'information si l'AMP le
juge à propos. Alors, visiblement, il y a quelque part que ça accroche, là.
Mme LeBel : Bon. C'est toujours
agréable de répondre à une source anonyme quand on parle de choses juridiques.
Ici,
là, je rassure, O.K.?
L'article 68 établit le protocole d'action sur le
territoire entre les deux organismes. Ça a été débattu lors de... l'adoption de
la
Loi sur l'Autorité des marchés publics. Ça a été compris. Le Bureau de
l'inspecteur général existait à l'époque, et je vous... et je vous rappellerai
que les deux dirigeants premiers de ces deux organismes-là ont été la même personne.
Donc, ça a été coordonné et ça a été entendu dès le départ que l'Autorité des marchés publics ne viendrait pas supplanter le bureau de
l'inspecteur général de Montréal. L'Autorité
des marchés publics est aussi la recommandation n° 1
de la commission Charbonneau. Donc, je peux les rassurer en disant que
j'ai une petite... j'ai une petite connaissance de ce que je dis.
Ceci étant dit,
l'article 68 établit ce protocole-là. En plus, dans la Charte de la Ville
de Montréal, qui a les mêmes termes... donc, la charte... la ville de Montréal
devrait être rassurée par sa propre charte, il me semble, a les mêmes termes que la
Loi sur l'Autorité des marchés
publics... vient non seulement camper le protocole d'action sur le territoire,
mais le protocole d'échange de renseignements quand les organismes d'enquête
jugent que c'est pertinent. Et on ne peut pas aller plus loin. L'organisme
d'enquête détient des renseignements sensibles et doit décider s'il est
opportun et pertinent de les transmettre selon les paramètres qui sont indiqués
En plus, il y a un
comité opérationnel qui a... qui est sur place et qui fonctionne actuellement
entre l'AMP et le Bureau de l'inspecteur général... déjà en place et qui
fonctionne depuis l'adoption de la
Loi sur l'Autorité des marchés publics, je
ne me souviens plus, en 2018, si je ne me trompe pas.
Mme LeBel : 2017?
Oui, effectivement, en 2017. Et il y a un protocole d'échange déjà en place
entre les deux organismes.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Merci... Mme la ministre, pardon.
Alors, sur ce, compte
tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux, d'autant plus qu'il y a un
caucus dans le... dans la même salle et
qu'on nous presse de quitter. Alors, faites-le avec diligence, je vous en prie.
Au revoir.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M. Simard) : ...en
mesure de reprendre nos travaux. Et, au moment de suspendre, en avant-midi,
nous en étions rendus à l'étude de l'article 21.5.1. Alors, Mme la
ministre, je vous cède la parole à nouveau.
Mme LeBel : Bien,
moi, pour ma part, j'ai fait le tour du commentaire en réponse... de mes
commentaires en réponse à une préoccupation
qui a été soulevée par mon collègue de Jonquière, là. J'ai fait... j'ai dit ce
que j'avais à dire.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Merci. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, une préoccupation très pertinente du député de Jonquière.
Je voudrais juste revenir sur un élément. Parce que la ministre mentionnait un
petit peu plus tôt qu'il y avait un... En tout cas, elle a fait mention... en
tout cas, elle a fait mention qu'il y avait un... en tout cas, elle avait fait
mention d'une entente... puis là j'essaie de trouver le bon terme, j'ai
«protocole» en tête, je ne sais pas si elle a nécessairement parlé de
protocole, protocole de gestion entre...
l'AMP, voilà, je cherche mes mots, entre l'AMP et le BIG. Alors, j'aimerais
savoir... qu'elle me précise un petit
peu plus, là, parce qu'elle parlait tout à l'heure qu'il y avait une entente
entre les deux institutions pour le bon fonctionnement des choses. Est-ce que
c'est un protocole? Comment ça fonctionne pour les relations entre les deux?
Le Président (M.
Simard) : Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui,
bien, je peux juste repréciser ce que j'ai déjà dit, là.
Gaudreault : Oui, c'est ça.
LeBel : Dans la loi,
l'article 68, il y a... dans la Charte de l'île... de l'île... de la Ville de Montréal et l'AMP, il y a aussi
ce... il y a, dans la loi, le respect du territoire et de la juridiction de
chacun, je vais le dire comme ça,
article 68. Je le résume de cette
façon-là.
Il y a également des
articles miroirs, dans la Charte de la Ville de Montréal et dans la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics, sur l'échange de renseignements, qui est un
niveau supplémentaire. Donc, premier article, qui dit : L'Autorité des marchés publics, sauf à l'endroit
où il y a, entre autres, la ville de Montréal, qui est nommée dans l'article,
parce que c'était le seul Bureau d'inspecteur général qui existait au moment de
l'AMP, mais on peut y inclure d'autres
bureaux d'inspecteurs généraux, selon la mécanique que je comprends, qui
pourraient surgir sur le territoire au fur et à mesure, dont
Saint-Jérôme, qui est arrivé à la suite de l'adoption de la
loi sur... je viens
d'en perdre un morceau, désolée, sur la
Loi sur l'Autorité des marchés publics.
Et il y a également, Charte de la Ville de
Montréal, Autorité des marchés publics, des articles qui assurent l'échange de
renseignements, je vais le dire comme ça. Il y a un comité opérationnel pour
lequel... Donc, la loi... la charte, la loi, comité
opérationnel avec l'Autorité des marchés publics, le Bureau de l'inspecteur
général qui est déjà en place, qui fonctionne déjà, pour vraiment assurer la
mise en place du mécanisme de coordination et d'échange de renseignements, et il y a également un protocole
d'entente entre les deux organismes. Moi, je l'ai appelé «protocole»,
mais un protocole d'entente avec les deux organismes qui est en place pour
assurer, encore, cette coordination-là. Donc, on a une expression que vous
employez souvent, cher collègue, ceinture et bretelles.
M. Gaudreault : O.K. Ce protocole
d'entente, il est entre le BIG et l'AMP ou le Conseil du trésor est
partie
prenante?
Mme LeBel : Non, le BIG est... entre
les deux organismes concernés, c'est-à-dire le BIG et l'AMP.
M. Gaudreault : O.K., mais,
considérant les changements qu'on apporte à l'AMP avec le projet de loi
n° 12, est-ce que ça va nécessiter une révision du protocole d'entente?
Mme LeBel : Bien, ils pourront en
discuter au comité opérationnel, mais, selon les informations que j'ai eues des
deux organismes, la réponse est non. Le même protocole va continuer à
s'appliquer, puis ça ne change rien, il n'y a pas d'enjeu. Alors, je
répète : Il n'y a pas d'enjeu.
M. Gaudreault : O.K. Donc, le comité
opérationnel, lui, il n'est pas créé par la loi?
M. Gaudreault : Je veux dire, c'est
un comité...
Mme LeBel : Qui existe beaucoup, qui
existe entre le SPVM, la Sûreté du Québec, de coordination. Je veux dire, ça
existe, là. On en avait un entre la commission d'enquête et la Sûreté du Québec
à l'époque de la commission d'enquête. Les organismes qui ont besoin de
s'échanger des renseignements pour opérer ont souvent ce genre de comité de coordination là, on peut l'appeler
comité opérationnel de coordination, mais on... Et, des fois, il y a des protocoles
d'entente qui se font aussi pour bien clarifier la façon dont l'échange de
renseignements va s'opérationnaliser, mais moi, je le répète, là, il n'y en a
pas, d'enjeu par rapport à ce qu'on fait dans le projet de loi n° 12 et la
réalité terrain. Il n'y aura pas de différence par rapport à ce qui fonctionne
maintenant.
M. Gaudreault : O.K. Et le comité
opérationnel, j'imagine qu'il va faire un état de situation une fois que la loi
va être adoptée pour voir s'il y a des changements qui...
Mme LeBel : Bien non, il n'y a pas
d'état de situation obligatoire. J'imagine qu'ils vont en discuter, mais, dans
les faits, les deux organisations sont au fait du projet de loi et ne voient
pas d'enjeu à leurs actions... j'allais dire... pas particulières, là, mais...
M. Gaudreault : Quotidiennes.
Mme LeBel : ...à chacun, là, à
chacun.
M. Gaudreault : Respectives, oui.
Mme LeBel : Merci, c'est exactement
le terme que je cherchais, c'est des actions respectives. Il n'y en a pas,
d'enjeu, ça va continuer, en bon français, «business as usual». Ça ne change
pas ce qui se passe pour le BIG dans ses opérations.
Il ne sera pas handicapé ou empiété dans sa juridiction, et vice versa, là. Il
n'y en a pas, d'enjeu, honnêtement. Je comprends qu'on le soulève, je
comprends qu'on s'inquiète. La réponse : Il n'y a pas d'enjeu.
M. Gaudreault : O.K. Bien, c'est
parce que c'est la ville de Montréal, quand même, qui l'a soulevé dans son
mémoire, là.
Mme LeBel : Une personne, oui, qui
soulevait l'enjeu, et qui nous demandait de nous...
M. Gaudreault : Non, non, non, mais
je ne parle pas de la source anonyme, qu'on ne connaît pas, je parle du
mémoire. Ce n'est quand même pas banal, là, le mémoire de...
LeBel : Ce que la ville de Montréal disait, dans son
mémoire, c'est que ça fonctionne très bien, maintenant, puis elle veut
juste s'assurer que ça va être le cas pour la suite. Je l'assure que ça va être
le cas pour la suite...
M. Gaudreault : Bien, c'est ça, donc
ma...
Mme LeBel : ...en
fonction de tous les mécanismes déjà en place, et il n'y a pas nécessité d'en
ajouter.
M. Gaudreault : Ni dans le protocole
ni ailleurs?
LeBel : Non, bien, le protocole appartient aux deux organismes,
là, O.K.? Ils nous assurent qu'il n'y en a pas besoin, d'en ajouter, dans le
protocole, mais s'ils le voient, sur l'opérationnalité, ils le feront, là. Je
veux dire, il n'y a pas personne qui va les empêcher d'en signer un
autre, ou de le modifier, ou d'ajouter une clause. Ça, ce n'est pas un enjeu,
ils ont le droit de le faire puis ils peuvent décider que c'est mieux de le
faire. Mais là on est au niveau de la loi. Il n'y en a pas, d'enjeu, dans la
loi, et surtout pas dans la
loi sur les contrats publics.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Mont-Royal—Outremont. On pourra revenir, cher collègue de Jonquière.
M. Arcand : Oui, bien, écoutez,
juste pour simplement vous dire... Parce que moi, j'étais là, en 2018,
lorsqu'on a créé l'Autorité des marchés publics, et c'était une inquiétude, au
départ, de la ville de Montréal, et on s'est
assuré, à l'époque, que les responsabilités de chacun étaient bien balisées. Et
donc, que je sache, là, depuis les quatre dernières années, je ne crois
pas qu'il y ait eu d'enjeu particulier de ce côté-là.
Le Président (M. Simard) : Merci. Y
aurait-il d'autres interventions sur cet article? Sans quoi, nous allons
poursuivre par l'étude de l'article 21.5.2. Mme la ministre.
Mme LeBel : 21.5.2. Merci. Oui,
peut-être que je vais m'abstenir de le relire.
Le Président (M. Simard) : Oui, s'il
vous plaît.
LeBel : Mais je vais quand même lire les commentaires qui
se rapportent particulièrement à cette portion de l'article 10, qui
est à dire 21.5.2.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme LeBel : O.K. Cet
article reprend
le contenu de l'actuel 21.1.1, qui vise à permettre l'inscription d'une
entreprise au registre des entreprises non admissibles aux contrats publics
lorsque cette entreprise ou une personne qui lui est liée s'est vu imposer une
pénalité à l'égard d'une opération d'évitement fiscal abusif.
Il est cependant proposé d'apporter deux
modifications de concordance au texte de la disposition. D'une part, la notion
d'appel à la Cour du Québec serait remplacée par la notion de contestation à la
Cour du Québec, de concordance avec les
modifications apportées aux lois fiscales par le
chapitre XII des lois de
2020, afin de préciser la nature du recours à porter aux citoyens en
matière fiscale devant la Cour du Québec. D'autre part, la notion d'interjeter
appel devant la Cour d'appel du Québec serait remplacée par celle d'introduire
un appel, et ce... c'est pour avoir de la concordance avec la terminologie du
Code de procédure civile.
Donc, c'est, en gros, de la concordance, là,
dans cet article-là, qu'on fait, là. Et c'est des modifications terminologiques
qui ont été demandées, là, par l'Agence du revenu, suite à des modifications
qui se sont faites, je pense que c'était en 2020, que j'ai dit, là. Donc, on en
profite pour ajuster le langage.
Président (M. Simard) : Y
a-t-il des commentaires? Merci. Nous poursuivons par l'étude de l'article
21.5.3.
Mme LeBel : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, comme on commence une autre
section dans 10, je vais peut-être
le relire quand même pour qu'on resitue. On est dans le début et la durée de
l'inadmissibilité, donc :
«21.5.3. L'inadmissibilité de l'entreprise aux
contrats publics débute à compter de la date à laquelle cette entreprise est
inscrite au Registre des entreprises inadmissibles aux contrats publics en
application de [...] 21.6. Elle est d'une durée de cinq ans, sauf dans les cas
suivants :
«1° elle découle de la situation visée au
paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 21.4; dans ce cas,
l'inadmissibilité de l'entreprise prend fin dès que prend fin celle de l'entreprise
qui est à l'origine de son inscription au registre;
«2° elle est imposée de façon provisoire;
dans ce cas, la durée de l'inadmissibilité est celle qui découle de
l'application du troisième alinéa de l'article 21.48.4.
«Malgré le
premier alinéa, l'inadmissibilité d'une entreprise aux contrats publics prend
fin dès que, le cas échéant, une autorisation de contracter visée à la
section III lui est délivrée.»
Donc, l'article 21.5.3 rassemble, dans un
seul article, les règles qui... se rapportant... qui se rapportent au début et à la durée de l'inadmissibilité aux
contrats publics. Dans tous les cas, l'inadmissibilité débute à compter de la date à laquelle l'entreprise est inscrite au RENA.
Elle est généralement d'une durée de cinq ans. Une durée d'inadmissibilité
plus courte pourrait résulter de l'une des trois situations qui y sont prévues.
Ces situations sont déjà prévues par la loi,
à l'exception de celles qui se rapportent à une admissibilité provisoire qu'on
introduit par le biais de la nouvelle
section proposée par l'article 43 du projet de loi, qu'on va voir tantôt,
laquelle s'inscrit dans l'objectif de réhabilitation des entreprises
poursuivie par le projet de loi.
Donc,
c'est la
section par rapport à la notion de... pardon, de déclaration d'intégrité
et du fait qu'on peut les accompagner. On parlait... tantôt, je vous parlais du
processus et je vous disais que ça peut résulter à une inscription provisoire au RENA, qui pourrait être d'une durée
de trois mois, de six mois, de neuf mois. Donc, l'article prévoit que ça
commence au moment de l'inscription et ça se termine à la fin de la durée
provisoire.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Mont-Royal—Outremont. Non? M. le député de Jonquière, ça vous va? Sans
quoi, nous passons à l'étude de l'article 21.5.4. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, merci. Alors là, on
va parler des effets de l'inadmissibilité. Donc, je vais quand même le relire, M.
le Président, pour qu'on ait le contexte :
«21.5.4. Une
entreprise qui devient inadmissible aux contrats alors qu'elle exécute un
contrat public est, sous réserve d'une permission du Conseil du trésor accordée
en vertu de l'article 25.0.2 — que j'ai déjà mentionné
tantôt, lors de nos discussions — réputée en défaut d'exécuter ce contrat
au terme d'un délai de 60 jours suivant la date de début de son
inadmissibilité. Toutefois, cette entreprise n'est pas réputée en défaut
d'exécution lorsqu'il s'agit d'honorer les garanties à ce contrat.
«Le présent
article
ne s'applique pas à l'entreprise inscrite au Registre des entreprises non
admissibles aux contrats publics de façon provisoire en application de
l'article 21.48.4.»
Donc, ce que ça dit,
c'est que le premier alinéa de l'article 21.5.4 reprend le contenu
intégral de l'actuel... 21.3.1, pardon. Ainsi, une entreprise qui est inscrite
au RENA est réputée en défaut d'exécution contractuelle au terme d'un délai de 60 jours suivant la date
de son inadmissibilité, à moins, naturellement, qu'à la demande de l'organisme public
partie au contrat le Conseil du trésor n'en
autorise la poursuite. C'est le pouvoir que le Conseil du trésor a.
Et je vous expliquais
tantôt qu'il peut y avoir aussi une interruption, c'est-à-dire, d'autorisation
de contracter, entre la fin de la première,
et la demande de renouvellement, et la réception de la réponse... il peut y
avoir, bon, on en a déjà parlé, en raison de certains délais, des fois, je
dirais, un gap, là, ça arrive, d'un mois, quelques mois. Souvent, là...
pas souvent, mais, dans ces cas de figure là, il arrive que le Conseil du
trésor donne l'autorisation de la poursuite du contrat jusqu'à la réception du
renouvellement ou de la conclusion du renouvellement, surtout quand on n'a pas
de motif de penser que le renouvellement ne se refera pas.
Le second alinéa
prévoit que la présomption de défaut ne s'applique pas à l'entreprise qui n'est
pas inscrite au RENA... non, qui n'est inscrite au RENA que de façon
provisoire. Une telle entreprise sera toutefois interdite de soumissionner sur des contrats publics ou de
conclure des contrats ou des sous-contrats publics, comme le prévoit 21.5.5 de
la loi proposé par le projet de loi. Donc, la présomption de défaut est rendue
inapplicable à l'entreprise inscrite au RENA
de façon provisoire puisque l'objectif d'une inscription provisoire au RENA est
d'inciter l'entreprise à apporter des
mesures correctrices et non pas nécessairement d'interrompre la poursuite d'un
contrat actuel. C'est la nuance, là, qu'il faut retenir de cet
article-là.
Le Président (M.
Simard) : Des commentaires, M. le député de Mont-Royal—Outremont? M. le député de Jonquière, ça vous va? Et nous
pourrions poursuivre avec le dernier onglet de l'article 10,
l'onglet 21.5.5.
Mme LeBel :
Merci, M. le Président. Alors, 21 nous dit... Ce que
l'article 21.5.5... il reprend, donc, lui, dans son cas, le contenu
intégral de l'actuel
article 21.4.1, qui prévoit qu'une entreprise
inscrite au RENA est interdite, pour toute la durée de son inadmissibilité, de
soumissionner sur des contrats publics ou de conclure des contrats ou des sous-contrats publics. Cette interdiction
s'appliquerait également à l'entreprise inscrite au RENA de façon provisoire.
Donc, comme on introduit la notion
d'inscription provisoire dans le cadre de l'incitation à avoir des mesures
correctrices, on vient, naturellement, ajuster ce qu'il faut ajuster
dans la loi actuelle.
Le Président (M.
Simard) : Des commentaires sur cet article? Alors, nous avons complété
l'ensemble des sous-articles qui composent l'article 10, un
article très
volumineux, un des plus volumineux de tout le projet de loi.
Alors,
on va revenir à l'étude de l'article 10, tel qu'amendé, parce qu'on l'a
amendé en cours de route. Y aurait-il des réflexions générales qu'un
collègue souhaiterait formuler? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Il y a quand même beaucoup d'éléments précis, puis je veux juste être
sûr de bien comprendre. Il pourrait y arriver des entreprises qui se font
déclarer inadmissibles pour un contrat x, mais est-ce que cette
admissibilité... cette inadmissibilité devient générale? Autrement dit, pendant
le processus d'un appel d'offres, il y a un contrat, il y a une entreprise qui
se fait inscrire au registre pour inadmissibilité, mais est-ce qu'elle pourrait
être admissible, par ailleurs, pour d'autres types de contrats ou c'est juste
ce contrat-là? Une fois que tu tombes dans la trappe à souris, tu es dans la
trappe?
Mme LeBel :
...c'est l'intégrité de l'entreprise, donc elle est intègre ou elle ne
l'est pas en vertu des critères de la loi,
O.K.? Et, quand elle est déclarée inadmissible à contracter, donc qu'elle est
inscrite au registre des entreprises non admissibles, donc inadmissible,
c'est parce qu'elle n'a pas le niveau d'intégrité exigé par la loi. Donc, elle
est inadmissible pour tous les contrats...
M. Gaudreault :
C'est ça, c'est ça.
Mme LeBel :
...O.K., quand on parle de l'autorisation de contracter. Maintenant,
aujourd'hui, une entreprise qui est inscrite au RENA, vous me corrigerez si je
me trompe, elle ne pouvait pas plus contracter sous les seuils une fois qu'elle
était au RENA, mais, si elle était... Je m'explique. Je prends le seuil de
1 million, à
titre d'exemple, qui est le seuil pour les services. Une
entreprise qui ne fait ou... qui ne soumissionne que sur des contrats de
500 000 $, de 1 million et
moins, n'avait pas l'obligation d'aller se chercher une autorisation de
contracter. Avec le projet de loi, elle devra faire une déclaration
d'intégrité, mais elle ne le faisait pas avant aujourd'hui, avant étant
aujourd'hui, avant l'adoption du projet de loi.
Par contre, si elle
soumissionnait sur un contrat de 1,5 million, elle devait aller se
chercher une autorisation de contracter avant. Si elle l'obtient, tout est
beau, elle peut soumissionner sur n'importe quel type de contrat. Si elle ne l'obtient pas et qu'elle est donc inscrite au
RENA, elle perdait également sa possibilité de soumissionner en dessous
des seuils. D'où le fait que beaucoup d'entreprises, pas parce qu'elles ne sont
pas nécessairement intègres au sens large, ne prenaient pas la chance ou
n'allaient pas soumissionner quand leur «core business», si on veut, c'est des
contrats de 1 million et moins, donc... Bon, maintenant, elle aura au
moins la déclaration d'intégrité à faire sous les seuils et pour les contrats
d'approvisionnement qui n'étaient pas visés avant.
Mais, pour répondre à
votre question, une entreprise qui est inadmissible est inadmissible, point. Ce
n'est pas pour un contrat donné, non, non. Là, où on va lui permettre, pour un
contrat donné ou un contrat en jeu, c'est si pendant...
Un contrat de service, à
titre d'exemple, d'un CHSLD ou d'une... je ne sais
pas, moi, j'invente peut-être, là, mais
si, en cours de contrat, une personne liée à l'entreprise, à
titre d'exemple,
un administrateur, pas nécessairement les gens qui donnent les services, là, mais un administrateur, est trouvé
coupable d'une infraction qui donne une inadmissibilité automatique,
bien là, l'entreprise pourrait dire : Écoutez, il y a un contrat en cours,
là, ça veut... Théoriquement, on arrête tout, là, on sort l'entreprise du
CHSLD, il n'y a plus de service pour les gens, c'est terminé.
Il existe la
possibilité... il existait... il existe, présentement, la possibilité pour le
Conseil du trésor de donner une autorisation de poursuivre. Dans 99,9 %
des cas, ces autorisations-là sont plutôt dans le chevauchement entre deux
demandes. Ton autorisation de contracter expire, tu dois faire une demande de
renouvellement. Des fois, entre le moment où la demande est faite puis le
moment où le renouvellement est accordé, il pouvait y avoir... des fois, un mois ou deux où, là, on était, je dirais, dans les
limbes, là. Elle n'a pas l'autorisation, elle est en renouvellement, on n'a pas
la demande. C'est souvent dans ces cas-là qu'on permettait de continuer le
contrat jusqu'à ce que le renouvellement, on ait la décision finale.
C'est sûr que, si le renouvellement est refusé, c'est terminé, là, mais on
donnait la poursuite.
Et là ce qu'on vient
dire, ici, c'est que, pour un contrat donné, s'il existe une condition
d'inadmissibilité comme je viens de vous le
dire, bien, en principe, l'entreprise, c'est terminé aujourd'hui, c'est
terminé. Et là ce qu'on va dire, c'est : On pourrait faire une
inscription provisoire, mais elle n'aurait pas le droit de soumettre à d'autres
contrats, mais elle pourrait poursuivre le contrat actuel avec des mesures
correctrices. C'est ça, la nuance.
Le Président (M.
Simard) : Très bien, merci. M. le député de Mont-Royal.
M. Arcand :
Merci, M. le Président. Ce que j'aimerais savoir, parce qu'il y a quand
même quatre années d'expérience, actuellement, au moins, là, au niveau de
l'Autorité des marchés publics, à votre connaissance, est-ce qu'il y a eu des
cas où des entreprises ont été déclarées, là, inaptes à contracter et qui ont
fermé boutique puis qui ont parti une autre
entreprise avec sensiblement les mêmes actionnaires ou avec une ou deux
différences? Est-ce qu'il y a eu des cas de ce type-là et est-ce que vous avez
l'assurance que l'AMP est capable d'enquêter pour vérifier ce genre de choses
Le Président (M.
Simard) : Mme la ministre.
Mme LeBel :
C'est très difficile pour moi de vous donner un cas particulier. À ma
connaissance, il y a un cas où c'est arrivé, mais la deuxième entreprise, la
nouvelle, genre : on fait faillite, puis on repart sur un autre nom...
M. Arcand :
La «new Co.»
Mme LeBel : ...comme vous avez dit,
l'expression, n'a pas obtenu son autorisation de contracter, à ma connaissance,
mais là je le dis sous toute réserve...
M. Arcand :
Oui, oui, je comprends.
Mme LeBel :
...parce que c'est extrêmement pointu là. Mais, en règle générale, comme je
vous disais tantôt, les décisions de laisser poursuivre un contrat sont souvent
reliées à des délais de renouvellement d'autorisation plus qu'à des réels
problèmes d'intégrité, on s'entend, là.
Arcand : O.K., d'accord.
Président (M. Simard) :
D'autres interventions sur l'article 10 tel qu'amendé? M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : Oui. Je voudrais juste entendre la ministre sur les
contrats reliés à la Caisse de dépôt et placement, CDPDQ Infra, de
l'institution elle-même, qui a des contrats, quand même, avec... des contrats
publics et les contrats que la CDPDQ Infra, par exemple, offre pour faire des
projets, là, publics.
Président (M. Simard) : Mme la ministre.
Gaudreault : Bien, je voulais savoir les...
Mme LeBel : ...juste résumer votre question. J'ai compris que
c'était la CDPDQ Infra, puis tout ça, mais c'est quoi, le noeud de votre
question?
Gaudreault : Bien, c'est de savoir qu'est-ce qui en est, là, avec
l'Autorité des marchés publics et comment la ministre voit ça, là, par rapport
aux mesures d'intégrité, là.
Mme LeBel : Bien,
la CDPDQ Infra n'est pas soumise à l'autorité de la
loi sur les contrats
publics, donc n'est pas soumise à l'Autorité des marchés publics. Est-ce que ça
signifie quelque chose de particulier? La réponse est non, c'est juste qu'ils
ne sont pas dans le cadre d'opérations de la LCOP, ils sont hors...
Gaudreault : Est-ce que la ministre envisage, éventuellement, de
revoir ça?
Mme LeBel : À ce stade-ci, c'est... disons que c'est une très
longue et minutieuse réflexion. Pas à court terme, là, pas du tout. Ce
n'est pas un organisme gouvernemental, là, dans ce sens-là.
Gaudreault : C'est bon, merci.
Le Président (M.
Simard) : D'autres commentaires?
Mme LeBel : ...4,
qui exclut, mais ils ont un régime... ils doivent avoir certaines... il doit y
avoir un régime particulier. C'est 4 ou 7? 4?
LeBel : Ils sont sous 7,
c'est ça. Ils ne sont pas dans la LCOP, mais ça ne veut pas dire que ça les
exclut d'avoir toute règle, là.
LeBel : Il faut qu'il y ait
une politique, c'est ça, je savais qu'il y avait quelque chose, là. Ils ne sont
pas, genre, exclus, point.
L'article 7 fait en sorte qu'ils ne sont pas soumis à la LCOP, mais ils se
doivent d'avoir une politique qui...
Mme LeBel : Oui,
oui, puis qui reprend, je vous dirais, les mêmes principes de bonne pratique,
mais ce n'est pas la LCOP, comme telle.
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Mme LeBel : Oui,
les grands principes de l'article 2.
M. Arcand : Puis
la Caisse de dépôt, elle, n'a pas ça nécessairement.
M. Arcand : Et, à votre connaissance, vous ne savez pas si la
Caisse de dépôt a un code d'éthique ou, enfin...
Mme LeBel : Bien,
ce que je dis... Je ne le sais pas. Ma réponse n'est pas que... Ma réponse
n'est ni négative ni positive par rapport à leurs pratiques, c'est plutôt
qu'ils ne sont pas sous le champ de la LCOP.
Gaudreault : Mais l'article 7 dont on parle, il demande d'avoir
un code d'éthique.
Mme LeBel : Pour
l'Hydro-Québec puis la SAQ.
Gaudreault : Ah! O.K., pour les sociétés.
Mme LeBel : Oui,
les sociétés d'État, là, Hydro-Québec, la SAQ...
Gaudreault : La SAQ, la SAAQ.
LeBel : C'est ça. Ils ne sont pas soumis, comme tel, à la LCOP, mais
ils doivent quand même avoir quelque chose, là.
Gaudreault : Mais pas la Caisse de dépôt?
Mme LeBel : Ce
n'est pas une société d'État.
Gaudreault : ...oui ou non?
Mme LeBel : Le
régime d'intégrité s'applique à ceux qui sont sous le 7, mais, par rapport aux
règles d'attribution des contrats, ils ne
sont pas sous la LCOP. Mais 7, ce n'est pas la Caisse de dépôt, 7, c'est
Hydro-Québec.
Gaudreault : Non. C'est ça.
Mme LeBel : Je
veux juste être sûre, parce que, là, je réponds à deux scénarios différents,
là. Je ne veux pas que mes réponses soient
prises dans une ou dans l'autre, mais Hydro-Québec, c'est 7, le régime
d'intégrité s'applique, puis, pour ce
qui est des lois d'attribution des contrats publics, là, les règles, il faut
qu'il y ait une politique. La Caisse de dépôt n'est pas du tout
là-dedans. Mais, pour répondre à mon collègue, la CDPDQ Infra, et là, je veux
dire, j'ai fait... tout le monde peut faire,
mon collègue... a une politique d'approvisionnement des contrats d'acquisition
des biens et a, dans ses objectifs,
de s'assurer du traitement intègre et équitable des fournisseurs, la
possibilité qu'ils participent aux appels d'offres. Donc, la Caisse de
dépôt a sa propre politique, mais elle n'est pas en vertu du régime qu'on
discute.
Le Président (M.
Simard) : Je vous en prie, M. le député.
M. Arcand : Non,
non, mais...
Le Président (M.
Simard) : Non, je vous en prie, ça va très bien, ça circule bien,
allez-y.
M. Arcand : En
fait, ils ont leur propre politique, mais l'Autorité des marchés publics,
évidemment, n'a pas juridiction sur...
Mme LeBel : Non,
pas du tout, contrairement à Hydro, juste pour être...
Le Président (M.
Simard) : Y aurait-il d'autres remarques sur l'article 10 tel
qu'amendé? Oui, M. le député de Jonquière.
Le Président (M.
Simard) : Désolé, parce qu'avec le masque on ne sait plus trop, et
comme il y a un peu de bruit ambiant...
Donc, conséquemment,
nous allons procéder à la mise aux voix.
L'article 10, tel qu'amendé,
est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Bien. Comme on dit, les articles se suivent, mais
ne se ressemblent pas toujours. Alors, nous en sommes rendus à
l'article 11, qui est légèrement... qui est un peu plus léger que le
précédent, disons, légèrement différent.
Mme LeBel : ...on vient de passer à travers le plus long puis
là on va faire, peut-être, potentiellement, le plus court.
Le Président (M.
Simard) : Potentiellement.
Mme LeBel : Donc,
l'article 11. La
section II du
chapitre V.1 de cette loi est
modifiée par le remplacement de ce qui précède l'article 21.6 par ce qui
suit :
«4. Registre des
entreprises non admissibles aux contrats publics.»
Donc,
il s'agit d'une modification de concordance avec ce qu'on vient de faire, là,
par rapport au
titre d'une section.
Président (M. Simard) : Y
aurait-il des commentaires sur cet
article pour le moins volumineux? Sans quoi,
nous allons procéder à la mise aux voix.
L'article 11 est-il adopté?
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous en sommes conséquemment à l'article 12.
Mme la ministre.
Le Président (M.
Simard) : Oui. Je vous en prie.
M. Arcand : Juste
un point que j'aimerais faire avant qu'on continue à l'article 12. La
ministre... Parce qu'un des enjeux que nous avons, c'est l'histoire,
évidemment, des paiements qui sont faits. La ministre nous a dit : Je vais
arriver avec quelque chose. Juste pour ma gouverne, est-ce que je me trompe...
Je voulais juste avoir une idée à quel moment nous allions aborder cette
question-là. Je pense que je voyais ça à 44, c'est-tu ça?
Mme LeBel : ...110
et suivants.
M. Arcand : 110
et suivants. Donc, on va aller vers la fin, hein, c'est ça?
Mme LeBel : Oui, parce que ce n'est pas vraiment dans le cadre
du projet de loi qu'on fait, mais on va y aller dans les mesures... dans
les autres dispositions.
Le Président (M.
Simard) : Si vous souhaitez poursuivre cette discussion, nous
pourrions temporairement suspendre.
M. Arcand : Non, non. C'est juste... moi, c'est juste pour ma
gouverne, juste pour qu'on s'entende pour savoir à quel moment on va
pouvoir en discuter.
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
M. Arcand : Très
bien, merci.
Président (M. Simard) :
Merci pour cette question, cher collègue. Donc, nous pourrions aborder
l'article 12. Mme la ministre.
Mme LeBel :
L'article 21.6
de cette loi est modifié par le remplacement des deuxième et troisième alinéas
par les suivants :
«L'Autorité
doit inscrire au registre les renseignements relatifs à toute entreprise visée
au paragraphe 1° ou 2° du premier
alinéa de l'article 21.4, au plus tard dans les 20 jours qui suivent
la date à laquelle elle est informée du jugement définitif. Toutefois, lorsque l'effet du jugement a été suspendu en
vertu du deuxième alinéa de l'article 21.5, l'inscription des
renseignements s'effectue dans les plus brefs délais suivant la date du retrait
ou de l'annulation de la demande de délivrance d'une autorisation de
contracter.
«L'Autorité doit en
outre inscrire au registre les renseignements relatifs à toute entreprise qui
se trouve dans une situation de contrôle visée au paragraphe 3° du premier
alinéa de l'article 21.4 ou qui fait l'objet d'une décision rendue en application des dispositions du présent
chapitre, dans les plus brefs délais suivant la date à
laquelle, selon le cas, elle est informée de la situation de contrôle ou
elle rend sa décision.»
Commentaires :
La modification proposée par cet
article vise à préciser le moment à compter
duquel l'Autorité doit procéder à l'inscription de l'entreprise au RENA en
fonction de la situation qui l'entraîne.
Le Président (M.
Simard) : Des remarques?
M. Arcand : Simplement, juste m'indiquer ce qu'on veut
dire : «Lorsque l'effet du jugement a été suspendu», juste
m'expliquer ce que ça veut dire, là.
Mme LeBel : Oui.
Peut-être qu'on pourrait juste suspendre. Je vais aller faire une petite
vérification.
Le Président (M.
Simard) : Très bien, très volontiers, alors nous suspendons.
(Suspension de la séance à
15 h 33)
Le Président (M.
Simard) : Bien. Chers collègues, nous en sommes rendus à l'étude de l'article 12.
Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui,
bien, suite à la question de mon collègue de Mont-Royal et Outremont, j'ai...
Il fallait que j'aille vérifier, là, mais il faut vraiment le lire avec
l'article 21.5. L'idée, c'est qu'il y a des mécanismes qui font que, quand... même s'il y a un jugement, il peut y
avoir une suspension de l'inscription en attendant qu'une certaine vérification
soit faite. Et c'est juste s'assurer qu'une fois que tout ça tombe et que la
suspension prend fin l'inscription se fait quand même, même si on a dépassé les
20 jours. C'est très, très, très succinctement résumé.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Cher collègue de Jonquière, souhaitiez-vous, à ce stade-ci, intervenir?
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup.
Président (M. Simard) :
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix sur l'article 12. Cet
article est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous en sommes donc, bien entendu, rendus à l'étude à l'article 13.
Mme LeBel : Merci, M. le Président.
Alors,
article 13 : 21.7 de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe b du paragraphe 3°, de «a entraîné» par «entraîne»;
b) par le remplacement des sous-paragraphes c et
d du paragraphe 3° par les sous-paragraphes suivants :
«
c) la teneur de la décision de l'Autorité qui
entraîne son inscription au registre et, le cas échéant, la mention du
caractère provisoire de celle-ci;
«
d) la
mention du fait que l'entreprise est dans une situation de contrôle visée au
paragraphe 3° du premier alinéa de l'articl