House Proceedings — 9 June 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-06-09
Quebec — Debates (Hansard)
Mme Huard, comme député
de Bonaventure, c'est un honneur d'avoir une citoyenne comme vous dans notre
circonscription. Votre engagement sans limites pour vos citoyens est
impressionnant. Bravo et merci beaucoup!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Bonaventure.
Maintenant, je cède la parole à M. le député de Portneuf.
M. Matte :
Merci, Mme la Présidente. Je souhaite souligner l'implication de citoyens de
Portneuf qui se sont mobilisés pour
recueillir plus de 16 000 signatures pour sensibiliser notre
gouvernement aux particularités de Portneuf en matière de soins de santé. Des représentants de Portneuf sont dans
les gradins, et je tiens à les saluer. Cette démarche a déjà permis une rencontre avec le ministre
Barrette ainsi que bon nombre d'éclaircissements apportés par les représentants
du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Bien que, pour des raisons administratives,
la pétition, qui est, à l'origine, de
Raymondois, est irrecevable, il est important pour moi de préciser que les
préoccupations de mes concitoyens ont été entendues et prises en
considération. L'analyse de la situation est en cours, et des gestes appropriés
seront posés.
Cette
implication citoyenne, jumelée au travail amorcé, permettra de trouver des
solutions pour que Portneuf reçoive sa juste part.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Portneuf. Et nous
souhaitons la bienvenue à vos
concitoyens à l'Assemblée nationale. Maintenant, pour la prochaine déclaration,
je vais céder la parole à Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, Mme la Présidente. En cette fin de session
parlementaire, j'aimerais souligner et remercier
l'implication et le rayonnement que nous apporte M. Mario Pelchat dans la
circonscription de Mirabel. Artiste bien
connu au Québec, celui-ci s'est installé à Saint-Joseph-du-Lac et a démarré son
entreprise viticole depuis quelques années
déjà. Il est un fier représentant des Basses-Laurentides et de la grande région
de la circonscription de Mirabel. Ses chansons resplendissent dans le
paysage laurentien, et la renommée de Mario Pelchat ne fait qu'augmenter le prestige de notre région, ce qu'il réfuterait bien
humblement. Je considère Mario comme l'un des grands ambassadeurs de l'agrotourisme des
Basses-Laurentides, un homme possédant des qualités de coeur, de panache et de
générosité.
Encore
une fois, je le remercie de faire rayonner notre région, nos entreprises et nos
agriculteurs. Je lui souhaite un
grand succès pour son vignoble et espère qu'il continuera de représenter si
fièrement les citoyens de la circonscription de Mirabel. Merci beaucoup,
Mario Pelchat!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, Mme la députée de
Mirabel. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Laval-des-Rapides pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je souhaiterais destiner ce
dernier mot du député à l'ensemble des
organismes de ma circonscription qui, année après année, continuent d'accomplir
un travail remarquable. Le tissu social
et économique de notre circonscription nécessite grandement le soutien et les services offerts par l'ensemble de
ces organismes, qui sont partenaires du gouvernement dans la réalisation de
leur mission auprès de la population.
Également,
je profite de ce mot pour inviter l'ensemble des résidents aux différentes
activités estivales dans notre circonscription et à Laval. À
l'exemple : le Festival arménien le 25 juin prochain, le Grand bazar
d'été le samedi 11 juin, la coupe Soccer internationale de Laval du
25 juin au 3 juillet, le Festival des bières de Laval du
15 juillet au 17 juillet, le concert en plein air de l'OSL le
31 juillet ainsi que la Fête de quartier Laval-des-Rapides et Pont-Viau le
12 juillet.
Je vous souhaite donc
à tous un très bel été et au plaisir de vous y croiser également. Merci
beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Laval-des-Rapides. Alors, nous sommes toujours à la rubrique des
déclarations de députés, et je vais céder la parole à M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet :
Merci, Mme la Présidente. Une organisation de la circonscription de
René-Lévesque a reçu un honneur important le
19 mai dernier, à l'occasion de l'événement annuel de l'Association pour
le développement de la recherche et
de l'innovation au Québec. Il s'agit du Centre d'expérimentation et de
développement en forêt boréale, un centre collégial de transfert de
technologie.
C'est grâce à un
partenariat avec la Microbrasserie Saint-Pancrace que ce centre de la Côte-Nord
a su se faire valoir. Un comité de sélection
a choisi sept partenariats parmi les 14 lors du gala, et le CEDFOB a obtenu le
prix coup de coeur du comité de
sélection. Ce mérite aurait été impossible sans le génie et le désir d'innover
des équipes du CEDFOB et de la Microbrasserie Saint-Pancrace. Celle-ci
travaille avec ardeur afin de mettre en valeur les ressources de notre immense
territoire.
mon nom et en celui des citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je
tiens à féliciter Michael Cosgrove et toute son équipe pour cette
importante reconnaissance pour notre région. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
René-Lévesque. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de
Granby pour son intervention d'aujourd'hui.
Bonnardel : Merci, Mme la Présidente. Objectif dépassé,
participants manifestement engagés, la cinquième
édition du Défi EnBarque de la Fondation du Centre hospitalier de Granby, qui a
eu lieu sous un soleil radieux le
28 mai dernier, a été couronnée d'un vif succès. Alors que l'objectif
avait été établi à 85 000 $, c'est plus de 100 000 $
que la Fondation du Centre hospitalier a reçu en dons.
Chaque année, les
participants de ce défi rivalisent d'imagination afin de s'approprier encore davantage
cet événement. En effet, Mme la Présidente, ils n'hésitent pas à se maquiller,
se déguiser, lancer des cris de ralliement et chanter
pour motiver leurs équipes, créant une atmosphère hors du commun et un
environnement des plus conviviaux durant cette course de bateaux-dragons
qui se déroule sur les eaux du lac Boivin à Granby.
Je désire donc
féliciter les 700 participants de l'édition 2016, la directrice
générale de la Fondation du Centre hospitalier, Mme Suzanne Surette, ainsi que
son équipe pour le déroulement et le succès de ce défi haut en couleurs. Et je désire également remercier la présidente de
la Fondation du Centre hospitalier, Mme Pierrette Grenier, et les membres
de son conseil d'administration pour leur
engagement à l'amélioration de la qualité des soins, des services de santé
offerts à la population de la Haute-Yamaska. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Granby. Et maintenant je
cède la parole à M. le député de Côte-du-Sud.
Morin : Mme la Présidente, j'aimerais offrir cet instant au Musée de la mémoire vivante de
Saint-Jean-Port-Joli. Le Musée de la
mémoire vivante est un jeune et petit musée voué à l'oralité ainsi qu'au
patrimoine immatériel et dont les
expositions reposent sur les récits et les témoignages de toute personne
désirant partager ses expériences. Dans un décor où les objets s'effacent pour
laisser toute la place à l'être humain, des témoignages audio et vidéo traitent
de savoir-faire et de mode de vie
d'une autre époque. Véritable gardien de la mémoire collective, le musée
nous permet d'en apprendre davantage sur différents pans de notre
histoire grâce à trois expositions, Cueillettes d'hier et d' aujourd'hui ,
Vie de quartier — m émoires de la basse-ville
de Québec et Ensemble contre le génocide .
Dimanche
dernier, j'ai vécu entre les murs du Musée de la mémoire vivante une expérience
exceptionnelle que je vous souhaite tous d'avoir la chance de vivre au
cours de l'été, même vous, Mme la Présidente. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci de cette belle invitation, M. le député. Et maintenant,
pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je cède la parole
à M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Cette année, Le Centre d'action bénévole de
Rivière-des-Prairies fête son
20e anniversaire de fondation. La mission du centre est de recruter des
hommes et des femmes qui donnent de
leur temps bénévolement pour plusieurs organismes de Rivière-des-Prairies. Le
centre offre des services qui sont grandement appréciés, et mentionnons
au passage, par exemple, l'accompagnement des personnes âgées lors de
rendez-vous médicaux et encore la clinique d'aide pour l'impôt pour les
familles à faibles revenus.
Je tiens à féliciter
la présidente du conseil d'administration, Mme Juliette Driess, et la directrice
générale, Mme Rachel Latour, et toute son
équipe. Et un grand merci à toutes les personnes qui ont donné de leur temps au
cours des 20 dernières années. Vous
savez, Mme la Présidente, en ce bas monde, il n'y a pas plus précieux que
le temps que nous avons. Et ces gens,
ces femmes et ces hommes en font le don. Alors, il était très important
pour moi de souligner leur apport, au nom des Prairivoises et Prairivois.
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de LaFontaine.
Alors, ceci met fin à
la rubrique des déclarations de députés. Et je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
9 h 51)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci.
Veuillez vous asseoir.
J'ai
reçu ce matin, de la part de M. le
leader du deuxième groupe d'opposition,
une demande de débat d'urgence, conformément aux dispositions des
articles 88 et suivants du règlement.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Avant
ceci, je vais vous faire part de ma décision sur la question qui m'a été
soulevée. Décision de la présidence : recevabilité du débat
d'urgence demandé par le député de Granby.
J'ai
reçu, conformément aux dispositions des articles 88 et suivants du règlement,
une demande de débat d'urgence de la
part du député de Granby. Sa demande concerne, et je cite : Les
allégations troublantes relatives à des actes d'intimidation et de falsification de documents au ministère des Transports.
Ces allégations ont été faites hier soir, lors de la séance de la
Commission de l'administration publique.
Pour
déterminer si une demande de débat d'urgence est recevable, la présidence doit
examiner les critères prévus par le
règlement et par la jurisprudence. Ainsi, une telle demande doit concerner un
sujet précis, qui relève de l'Assemblée et qui ne peut ou n'aurait pu
être discuté autrement. Le sujet doit également concerner une crise aiguë et
soudaine ou l'aggravation d'une situation existante. Dans les circonstances, le
sujet soulevé par le député de Granby relève, sans contredit, de la compétence de l'État québécois. En outre, le principal
critère de recevabilité consiste à juger de l'urgence de tenir un tel débat. À cet égard, les circonstances
doivent d'abord être exceptionnelles et le sujet d'une importance telle
qu'il justifie l'interruption des travaux législatifs de l'Assemblée.
Or, les informations
nouvelles qui ont été livrées hier soir en commission parlementaire sont
effectivement d'une importance telle que les
critères établis par la jurisprudence sont satisfaits. De plus, les
parlementaires n'auraient pas pu
débattre de ce sujet à un autre moment, puisque les témoignages de
Mmes Trudel et Boily rendus hier soir ont mis en lumière des faits
nouveaux.
Bien
que je reconnaisse qu'en période de travaux intensifs la priorité est
généralement donnée à la législation, la
jurisprudence démontre que des débats d'urgence ont été autorisés durant cette
période. Ce n'est pas, donc, en soi, un motif d'irrecevabilité. Enfin, il n'y aura pas d'autres occasions d'en
discuter prochainement, puisque l'Assemblée ajournera ses travaux demain
pour la période estivale. C'est pourquoi je déclare la demande de débat
d'urgence recevable.
Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Tout d'abord, M. le Président, je commencerais par l'article a.
Le Président : À l'article a du feuilleton, M. le ministre
de l'Éducation, du Loisir et du Sport
présente un projet de loi, le projet
de loi n° 105 modifiant la
Loi sur l'instruction publique. M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président. Il me fait plaisir de déposer le projet de loi
n° 105, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique.
Ce projet de loi
modifie la
Loi sur l'instruction publique afin notamment d'accorder à tout
commissaire représentant du comité de parents le droit de vote au conseil des
commissaires ainsi que la possibilité d'être nommé vice-président de sa commission scolaire. Il révise en outre les règles
portant sur les commissaires cooptés afin que l'un des deux postes leur étant destinés soit réservé à
une personne oeuvrant au sein du milieu du sport ou de la santé et ayant
répondu à un appel de candidatures.
plus, le projet de loi introduit certaines mesures visant à assurer la
participation des directeurs d'école, de centre de formation professionnelle et de centre d'éducation des adultes dans
certaines décisions de la commission scolaire concernant la répartition de ses
ressources. Il précise également qu'une commission scolaire doit accomplir sa
mission en respectant le principe de
subsidiarité et dans une perspective de soutien envers les établissements
d'enseignement dans l'exercice de leurs responsabilités.
ailleurs, le projet de loi simplifie les mécanismes de planification et de
reddition de comptes applicables aux écoles, aux centres et aux
commissions scolaires.
Enfin, il attribue au
ministre un pouvoir d'émettre des directives à l'égard des commissions scolaires.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de
l'opposition.
Drainville : M. le
Président, il y aura
des consultations particulières sur ce projet
de loi, je n'en doute point.
On attend juste la confirmation du leader du gouvernement.
Président : Bon,
voilà encore d'autres moments de bonheur. Présentation de projets de loi,
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Merci, M. le Président. Une procédure un peu particulière, si vous me
permettez, ce matin. Suite à des
échanges avec les députés de l'opposition, je
sollicite le consentement afin de permettre dès maintenant à ma collègue
la ministre du Travail de présenter un
projet de loi visant à assurer la reprise des services de transport maritime
fournis par l'entreprise Relais Nordik.
Je vous avise
à l'avance que, dans le cadre de ce consentement qui est offert par
l'Assemblée... qui le sera, je crois, offert
par l'Assemblée, il est aussi entendu, notamment par une demande de la députée
de Gouin, que, lorsque vous allez demander le vote sur l'acceptation de la
présentation du projet de loi, ce vote soit fait par appel nominal, M. le
Président.
Et, à partir
de maintenant, je vous demande donc, avec le consentement, de permettre à ma
collègue de présenter le projet de loi.
Président : Juste quelques
secondes pour vérifier, évidemment, s'il y
a une volonté de dérogation. Puisque
le projet
de loi n'a pas fait l'objet d'un avis
au feuilleton, est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'article 232 afin de
présenter ce projet de loi?
Des voix : Consentement.
Le Président : Consentement? Consentement.
Mme la ministre.
Mme Vien : Merci
beaucoup, M. le Président. Ce projet de loi vise à mettre fin à la grève en cours dans la
région de la Côte-Nord pour y assurer la reprise des services habituels
de transport maritime.
Le projet de loi prévoit la reprise des activités interrompues par la grève ainsi que les obligations
et les interdictions qui s'imposent aux salariés, à leur association
accréditée et à l'employeur à cette fin.
Le projet de loi vise également à assurer le renouvellement
de la convention collective liant l'employeur et l'association accréditée en
prévoyant une période de médiation suivie d'un arbitrage en cas d'échec de la
médiation.
Le projet de loi prévoit des sanctions pénales
en cas d'inexécution des obligations ou de contravention aux interdictions
qu'il impose.
Finalement,
le projet de loi prévoit que le gouvernement peut prendre un
décret avant le 30 septembre 2016 afin d'y assujettir une association accréditée représentant d'autres salariés
de l'employeur concerné et ayant transmis un avis de grève au ministre.
Le Président : Est-ce que
cette motion est adoptée?
Le Président : Adopté. M. le
leader.
M. Fournier : Comme je vous
l'ai indiqué tantôt, nous procéderions par un vote nominal à la demande de la députée
de Gouin.
Président : D'accord.
Alors, qu'on appelle les députés. Les députés
sont appelés, les leaders sont... O.K. Alors, à la motion... la motion, c'est la suivante : Quels sont ceux qui
sont en faveur de la proposition du projet de loi, de la saisie du
projet de loi numéro... Quel numéro?
Le Président : 111. Allez-y.
Le Président : Quels sont ceux
qui sont pour? Merci.
La Secrétaire adjointe : M.
Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Hamad (Louis-Hébert),
M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M.
D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau),
M. Arcand (Mont-Royal), Mme Charlebois
(Soulanges), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Vien (Bellechasse), M. Billette
(Huntingdon), M. Daoust (Verdun), Mme St-Pierre (Acadie), M. Fortin
(Sherbrooke), M. Reid (Orford), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme
Ménard (Laporte), M. Sklavounos (Laurier-Dorion), Mme Boulet (Laviolette), M.
Ouellette (Chomedey), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Iracà (Papineau), M. Tanguay (LaFontaine), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Rousselle (Vimont), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M.
Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M.
Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M.
Merlini (La Prairie), M. Plante (Maskinongé),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis (Argenteuil),
Mme Tremblay (Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
M. Gaudreault (Jonquière), M.
Drainville (Marie-Victorin), M. Marceau (Rousseau), M. Therrien (Sanguinet),
M. Bérubé (Matane-Matapédia),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme
Lamarre (Taillon), M. Traversy (Terrebonne), M. LeBel (Rimouski),
Mme Maltais (Taschereau), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard (Duplessis), M. Lelièvre (Gaspé), M.
Bergeron (Verchères), Mme Hivon (Joliette), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean),
M. Lisée (Rosemont), M. Pagé (Labelle), M.
Cousineau (Bertrand), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque),
M. Villeneuve (Berthier), Mme Ouellet
(Vachon), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Kotto (Bourget), M. Rochon (Richelieu), M.
Roy (Bonaventure).
Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M.
Lamontagne (Johnson), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M.
Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Jolin-Barrette (Borduas).
Président : Est-ce qu'il y a des députés qui sont contre cette
motion?
La Secrétaire adjointe : Mme David (Gouin), M. Khadir (Mercier),
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Président : M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 108
Contre :
Le Président :
Alors, la motion est adoptée. M. le leader.
Fournier : ...quelques informations pour la suite des événements, autant pour nos collègues de l'Assemblée
que ceux qui suivent nos travaux, M. le
Président. Un peu plus tard durant la
journée, la ministre...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader.
Fournier : Merci, M. le Président. Un peu plus tard durant la journée, la ministre aura l'occasion de
revoir à nouveau ses collègues de l'opposition
pour faire un peu l'état des lieux. Il est possible, donc, que, lorsque ces
discussions se tiendront, il soit
proposé que nous entamions le processus d'étude du projet de loi à compter de
l'après-midi... ou on verra ce qui
sera convenu, en tout cas, avec les partis, à ce moment-là. Donc, c'est une possibilité. Je tiens simplement à aviser
l'ensemble des parlementaires que l'agenda législatif pour la journée
risque d'être à géométrie variable, M.
le Président, mais ça va se faire en discussion avec l'ensemble des parlementaires.
Le Président :
Alors, à la rubrique Dépôts de documents, Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, c'est avec plaisir que je dépose aujourd'hui les
documents suivants : le rapport annuel
d'activités et de développement durable 2015‑2016 d'Investissement Québec de
même que les états financiers consolidés au 31 mars 2016 du Fonds
du développement économique.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
permettez-moi de déposer le plan stratégique 2016‑2020 de la Société du Plan
Nord.
Le Président : Ce document
est déposé. M. le leader.
M. Fournier : Oui. Je dépose
la réponse du gouvernement à la pétition présentée par le député de Sanguinet
le 7 avril 2016.
Président : Ce document est déposé. Pour ma part, je dépose le
rapport du Commissaire au lobbyisme intitulé Étude sur l'assujettissement de tous les organismes à but non lucratif
aux règles d'encadrement du lobbyisme, tel que prévu au projet de loi
n° 56,
Loi sur la transparence en matière de lobbyisme .
application de l'article 98 du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale, je dépose un rapport intitulé Rapport
du Commissaire à l'éthique et à la déontologie au président de l'Assemblée
nationale au sujet de M. Sam Hamad,
ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision
permanente des programmes, président du Conseil du trésor et ministre
responsable de la région de la Capitale-Nationale jusqu'au 7 avril 2016,
et député de Louis-Hébert .
Je dépose également le plan stratégique 2016‑2019
du Vérificateur général.
Sauvez-vous
pas! Je dépose en même temps le rapport d'activité 2015‑2016 de l'Assemblée
nationale. Ça fait beaucoup de pas.
Ceci étant
dit, à la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la
Commission de l'aménagement du territoire et député de Champlain.
Auger : M. le Président, je dépose les rapports de la Commission
de l'aménagement du territoire qui a
siégé le 8 juin 2016 afin d'entendre
les intéressés et de procéder à l'étude
détaillée des projets de loi d'intérêt privé suivants : projet de loi n° 215,
Loi concernant la Municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel, la commission a adopté
le texte de ce projet de loi avec des amendements; projet de loi n° 218, Loi
concernant la Ville de Chibougamau, la commission a adopté le texte de ce projet de loi sans amendement; projet
de loi n° 219, Loi concernant la Ville de Sherbrooke, la commission a adopté le texte de ce projet de loi avec des amendements;
et projet de loi n° 212, Loi
concernant la Ville de Saguenay, la commission a adopté le texte de ce projet
de loi avec un amendement.
Le Président : Est-ce que ces
rapports sont adoptés? Adopté.
Je comprends qu'il y aurait un consentement pour
déroger à l'article 174 du règlement afin que soit déposé à l'Assemblée un rapport portant sur des séances de travail non suivies d'une séance
publique portant sur la même affaire. Est-ce qu'il y a consentement?
Consentement.
M. le président de la Commission de la santé et
des services sociaux et député de LaFontaine.
Tanguay : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux
qui, les 21 et 22 janvier, les 11, 12, 18, 19 et 20 février 2014, a tenu des consultations particulières et
des auditions publiques sur les
conditions de vie des adultes hébergés en centre d'hébergement et de soins de
longue durée. La commission s'est également réunie en séance de travail
les 14 mai, 6 juin, 20 août, 3 octobre, 29 novembre,
le 5 décembre 2013, le 18 février
2014, 4 et 11 juin, 24 septembre, 22 octobre et 19 novembre
2015 ainsi que le 7 avril et 7 juin 2016. Ce rapport contient
20 recommandations.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Côte-du-Sud.
Morin : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 683 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification
des transports du Québec procède actuellement à des compressions
budgétaires drastiques dans le déploiement des services en région;
«Attendu
que des rumeurs prévoient l'éventuelle fermeture du centre de service du MTQ à
Pohénégamook — quartier
Sully;
«Attendu
l'importance de ce service sur le territoire du Transcontinental, qui a connu,
depuis quelques années, d'importantes inondations et problématiques
auxquelles le personnel du MTQ-point de service Pohénégamook a eu à répondre
dans de courts délais, ce qui a permis de minimiser les impacts;
«Attendu
que des emplois seront touchés par une telle décision et que la sécurité de nos
populations ne serait pas considérée dans la fermeture du point de
service de Pohénégamook;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires de
la présente pétition, demandons au ministre délégué aux Affaires maritimes et
ministre responsable de la région du
Bas-Saint-Laurent, ainsi qu'au ministre des Transports, de la Mobilité durable
et de l'Électrification des transports, de maintenir ce service de
proximité essentiel sur le territoire du Transcontinental.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. M.
le député de La Peltrie. M. le député de La Peltrie, peut-être
que vous avez une pétition à déposer?
Caire :
Peut-être. Excusez-moi, M. le Président, j'ai l'esprit occupé.
le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 3 644 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant qu'il y
a déjà des voies réservées sur le boulevard Henri-Bourassa à l'heure actuelle
et que [le] boulevard est complémentaire à l'autoroute Laurentienne dans l'axe
nord-sud de l'est de la ville de Québec;
«Considérant qu'il
n'y a pratiquement pas d'autobus sur le tronçon visé par le projet de voies
réservées sur l'autoroute Laurentienne et que cela ne représente seulement que
quelques déplacements par jour;
«Considérant que le Réseau
de transport de la Capitale et [de]
la ville de Québec sont clairs sur leur intention de ne pas
ajouter de parcours sur l'autoroute Laurentienne à court terme;
«Considérant que
l'autoroute Laurentienne est une des artères les plus congestionnées de la ville
de Québec;
«Considérant que, pour plusieurs citoyens
de la ville de Québec et des municipalités de la couronne nord de la région de
Québec, l'autoroute Laurentienne est la seule alternative pour se rendre au
centre-ville;
«Considérant que, pour un grand nombre de citoyens,
le covoiturage ou le transport en commun n'est pas une
alternative possible;
«Considérant que l'autoroute Laurentienne compte déjà
trois voies pour les automobilistes au sud de Louis XIV et que l'ajout
d'une voie réservée au nord de cette sortie causerait un goulot d'étranglement
à l'heure de pointe;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au ministre des Transports, de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports que la voie supplémentaire qui sera
ajoutée lors des travaux d'agrandissement de l'autoroute Laurentienne soit
accessible à tous les automobilistes, et ce, en tout temps.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M.
le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 6 710 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
l'engagement du Québec d'accorder la priorité à la réduction de production de
matières résiduelles, sur [les bases] du principe des 3RV-E;
«Considérant
que le suremballage des produits alimentaires au Québec constitue un obstacle majeur
à la réalisation de cet objectif;
«Considérant
que le suremballage des produits alimentaires constitue une réalité pour la
plupart des Québécois;
«Considérant l'utilisation abusive de
polystyrène dans les épiceries québécoises et sa persistance prolongée dans nos
environnements en raison de son caractère traditionnellement non biodégradable;
«Considérant
les multiples enjeux liés à la réutilisation du polystyrène, limitant ainsi sa
récupération efficace;
«Considérant
les nombreuses alternatives actuellement disponibles, à la fois facilement
recyclables et biodégradables;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«Que des
mesures concrètes soient prises pour mettre un terme au suremballage des
produits alimentaires dans les épiceries québécoises, dans une optique
de réduction des déchets à la source;
«Que le
polystyrène actuellement employé de façon abusive dans nos épiceries soit
remplacé par des matières à la fois facilement recyclables et
biodégradables.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions.
À la rubrique
Interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel, j'ai reçu, dans les délais prescrits, de M. le leader de
l'opposition officielle, une demande d'intervention portant sur une violation
de droit ou de privilège. Dans son avis, ce
dernier allègue que le premier ministre aurait commis un outrage au Parlement
en déposant aux parlementaires le rapport
qui s'intitulait Rapport d'audit... — entre guillemets — Rapport d'audit : Audit
des professionnels en conformité des processus — fermez les
guillemets — dont
l'auteure était Mme Louise Boily.
Selon le leader de l'opposition officielle, ce document aurait été falsifié, contrevenant
ainsi aux paragraphes 3° et 4° de
l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée nationale.
L'avis fait
également mention de l'intention du leader de l'opposition officielle de
présenter une motion en vertu des
articles 315 et suivants du règlement de l'Assemblée pour mettre en cause
la conduite d'un député et que l'Assemblée décide des mesures à prendre.
Je prends
cette question en délibéré et je rendrai ma question à ce sujet dans les meilleurs
délais. Et, quand je dis «les
meilleurs délais», ça veut dire aujourd'hui. Donc, lorsque nous reprendrons nos
travaux cet après-midi, compte tenu des circonstances, là... Demain, on termine
nos travaux, alors, compte tenu des circonstances, demain... c'est-à-dire
cet après-midi, à la reprise, je rendrai ma décision. Nous en sommes... M. le
leader.
Fournier : M. le Président, bien sûr, nous connaissons... Ce
n'est pas la première fois qu'on a ce genre de motion, donc je connais bien la procédure. Je me réserve néanmoins le
droit de faire quelques commentaires à ce moment-là, M. le Président,
puisque j'ai lu, moi aussi, l'article 55, et il ne colle pas à ce qui est
écrit.
Le Président : Est-ce que
vous avez l'intention de faire des commentaires avant ou après le jugement?
Fournier : Honnêtement, ça me semble un peu difficile de les
faire présentement pour une question que nous avons déjà débattue. Lorsque nous
apprenons à 10 h 22 qu'il y a une telle motion et que nous devons
plaider à 10 h 22 alors
qu'on ne le savait pas, c'est un peu compliqué. Donc, moi, je serais bien
disposé à vous faire quelques commentaires si vous considérez que c'est approprié, notamment pour vous dire que
l'article 55 et la façon dont il est écrit ne permet pas... la façon dont j'ai entendu le libellé de la demande
que vous avez faite. Alors, c'est simplement ça, je l'ai entendu, je ne
l'ai pas lu, mais, à l'écoute, je ne voyais pas comment il y avait le lien avec
55. Mais, ceci étant, je sais que c'est
votre décision. Simplement me dire que peut-être il est possible qu'à un moment
donné nous puissions faire quelques représentations si cela agrée à
cette Chambre et à vous, M. le Président.
Le Président :
M. le leader de l'opposition, puisque c'est votre motion.
M. Drainville : M. le Président, le document que
nous avons déposé auprès de vous est très explicite. J'invite le leader
du gouvernement à en prendre connaissance, mais, essentiellement, M. le
Président, on met en parallèle le dépôt de documents qui, à leur face même, ont
été falsifiés et on...
Président : Je ne veux pas plaider tout de suite. Je vais vous
poser la question suivante... En tout cas, je vais vous offrir ceci : moi,
je serais prêt à vous entendre après la période des travaux courants, la
période des travaux. Oui, M. le leader.
Le Président :
Pardon?
Fournier : Permettez-moi de vous dire que vous avez un débat
d'urgence, donc peut-être qu'il serait préférable que le débat d'urgence
soit entendu, qu'à la suite du débat d'urgence, rapidement, nous puissions
faire...
Président : Ce que je pourrais faire, c'est de vous entendre au
moment de la période sur les travaux. Donc, c'est avant le débat
d'urgence. Ça va?
Alors,
nous en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. M. le Président, après les témoignages troublants et accablants de Mmes Trudel et
Boily hier soir en commission, à la Commission de l'administration
publique, les Québécois
et les Québécoises sont tout
simplement dégoûtés, scandalisés.
C'est très grave, ce qui s'est passé hier en commission, M. le Président. Les Québécois sont dégoûtés de voir que le gouvernement a transmis aux parlementaires et à la police des
documents qui ont été volontairement falsifiés. Pensez-y deux secondes. L'UPAC a déposé aux parlementaires une clé USB
dont une série de courriels avaient été effacés. Hier, l'auteure du rapport que le premier ministre a déposé en
Chambre, ici, Mme Boily, a confirmé sous serment que huit pages de
son rapport avaient disparu. Rien de moins, huit pages.
premier ministre a déposé à l'Assemblée nationale des
documents tronqués sans donner aucune explication par la suite, sans aucune conséquence non plus
pour qui que ce soit. C'est extrêmement grave, c'est inacceptable, M. le Président. Le premier ministre a
tout fait pour ne pas savoir et pour ne pas que la population sache.
Ce que les Québécois
se demandent...
Président : S'il vous plaît! Je vais... M. le chef de l'opposition, je sais que vous savez que vous ne pouvez
pas prêter d'intentions à votre collègue.
Je vous demanderais de reprendre cette phrase et de retirer ces derniers
propos.
M. Gaudreault :
M. le Président, ce que je demande : Est-ce que le premier ministre va
prendre l'entière responsabilité de ce qui s'est passé? Est-ce qu'il va
reconnaître l'outrage?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Bien sûr que non, M. le Président. Mais je trouve ça assez
triste...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : Je trouve ça assez triste, M.
le Président, d'entendre notre collègue
aborder la question de cette façon parce que, si je voulais, moi,
utiliser sa propre médecine à son endroit, je lui ferais remarquer poliment
qu'il est ici celui qui a occupé le poste de ministre des Transports le plus longtemps, de façon consécutive, pendant que
tous ces événements se déroulaient littéralement sous son nez. J'essaie
d'imaginer comment je ferais si je
procédais comme lui, mais ce n'est pas ce que je ferais.
Ce que je veux dire, cependant,
c'est que la Commission de l'administration publique...
Couillard : À ce que je sache...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Couillard : À ce que je sache, aucune action n'a été posée à l'époque.
Commission de l'administration
publique, M. le Président, d'abord, a fait un très bon travail. Il faut féliciter les
collègues de tous les partis qui ont...
Président : S'il vous plaît! La question a été posée dans l'ordre. Il n'y a qu'une personne qui a
le droit de parole ici, et c'est le premier ministre.
Couillard : Évidemment, certains faits qui sont mentionnés peuvent les
agresser un peu, je le comprends, mais je ne fais qu'utiliser leur propre
médecine. Je ne fais qu'utiliser leur propre médecine à leur endroit.
Donc,
cette commission a fait un très bon travail. Il faut remercier les
deux témoins qui se sont présentés, qui l'ont fait avec sincérité, qui
ont apporté des informations excessivement utiles.
première chose à dire à la population, c'est que tout ce qui a été mentionné hier en
termes de circulation de documents, modification ou non de documents, tout ça est actuellement l'objet d'enquêtes de l'UPAC et de la Vérificatrice générale. Les enquêtes ont commencé bien avant les
auditions d'hier.
D'autre
part, ce que nous révèle cette situation, à mon avis — et on pourra avoir un échange là-dessus — c'est
qu'il y a, au ministère des Transports du Québec, de toute évidence, un profond
problème de culture d'entreprise ou d'organisation qui date certainement de plusieurs
années.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! C'est évident que la période de questions
risque d'être un peu particulière, mais on
peut-u la rendre un peu plus civilisée en faisant en sorte d'écouter tant les questions
que les réponses?
M. le premier
ministre, c'est à vous la parole.
Couillard : Alors, justement, M. le Président, ce n'est pas ce que la commission
a établi. Elle a établi un problème de
culture à travers la fonction publique du ministère des Transports du Québec
qu'il faut prendre excessivement
sérieusement et sans compromis. Pour cette
raison, j'ai parlé à mon collègue le ministre des Transports, au sous-ministre, ce matin...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...et les ajustements requis seront accomplis sans
concession, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président. On dirait que, pour le premier
ministre, ce n'est pas grave d'avoir
déposé des documents falsifiés. On dirait que c'est juste ce matin, là,
qu'il s'aperçoit...
Président : Je vous
arrête là, je vous arrête là, je vous arrête là. Ce n'est pas compliqué, vous
m'avez demandé de prendre... et je
vous ai dit tout à l'heure que je devais prendre en considération, et je vais
prendre sur moi... Vous avez déposé
une question de privilège, c'est important,
je vais la regarder, mais on ne peut pas la reprendre ici, je ne peux pas
la... On ne peut pas la plaider ici actuellement.
Je vais vous demander
de reprendre votre question, s'il vous plaît, en faisant attention.
Gaudreault : Il y a
eu des témoignages, hier, en commission
parlementaire, sous serment, qui nous
disent qu'il y a
des documents trompeurs qui ont été déposés. Ça fait au moins
deux semaines qu'on parle de ça ici quasiment à tous les jours. Là, on
dirait que c'est aujourd'hui que le premier ministre s'en aperçoit, qu'il
allume, là.
Est-ce qu'il peut
regarder les Québécois en face, entre quatre yeux...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Certainement, M. le Président, et, contrairement à mon collègue, qui n'a rien
fait pendant son séjour au ministère
des Transports, dès le début et dès notre arrivée au gouvernement, nous avons agi. Nous avons agi en resserrant les modalités d'attribution de contrats, nous
avons agi en insérant l'UPAC au ministère des Transports et sur le site du chantier Turcot, nous avons agi, pas plus tard
qu'hier, en proposant le projet de
loi très important
sur la création de l'Autorité des
marchés publics. Ça, c'est l'action; de leur côté, c'était la passivité ou
l'ignorance, M. le Président. Au contraire, nous avons agi, nous allons
continuer à agir, et je veux...
Le Président : Chut! Chut!
Chut!
Couillard : Si on me le
permet, M. le Président, je vais continuer à dire ce que j'exprimais
tantôt, c'est que j'ai demandé au sous-ministre des Transports — et
l'ai assuré de l'entier soutien de toute la fonction publique du Québec, du
Conseil des ministres, du gouvernement — de
faire tous les changements requis, de tous les genres de changements qui
sont requis...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...sans concession ni
compromis, et ce sera fait.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : ...il y a
toujours bien des limites, M. le Président. On a déposé
le projet de loi n° 68 pour abolir le MTQ, créer l'agence des transports. Qui était contre? Le Parti libéral, quand il était ici, puis la
Coalition avenir Québec. Eux autres, ils étaient contre. On voulait
changer la culture du ministère des Transports. Lui, là...
Président : S'il vous plaît! M. le député de Sanguinet, je
voudrais écouter le chef de l'opposition. M. le chef de l'opposition,
c'est vous qui avez la parole.
M. Gaudreault : Tout ce que
le gouvernement trouve le moyen de faire, c'est de congédier Pierre Ouellet, l'embaucher le lendemain au ministre de l'Emploi,
de dégommer Dominique Savoie, de l'embaucher dans son propre ministère.
Qui qui va être responsable, M. le Président,
dans ce gouvernement-là?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : À ce que je
sache, mon collègue a travaillé avec la même sous-ministre pendant la même
époque, à l'époque où ces allégations, d'ailleurs, ont été portées, et
il a eu l'occasion lui-même, à l'époque, de les commenter publiquement,
exactement le même genre, M. le Président, le même genre d'allégations.
Mais je veux
répéter, M. le Président, ce que je disais tantôt, c'est très important. Il y aura
des changements. Tous les changements
requis au ministère des Transports du Québec seront accomplis, et seront
accomplis sans concession ni compromis, M. le Président.
Et je
voudrais rappeler également à cette Chambre que le dépôt du projet de
loi sur
la création de l'Autorité des marchés
publics, qui était requis par le rapport de la commission Charbonneau, fait
partie des solutions. En fait, c'est une des principales solutions à
long terme de ce problème de culture, qui, ne nous méprenons pas...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...dure certainement
au moins depuis deux ou trois décennies, M. le Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. M. le Président, pour mettre fin à une
culture comme celle du MTQ, pour mettre fin à une culture du secret et de la falsification, ça prend
un ministre qui est fort. Présentement, ce n'est pas ce qu'on a. On a un
ministre qui s'embrouille dans les scandales, un ministre qui est dans toutes
histoires, même avec RONA.
Quand est-ce que le premier ministre va le
démettre de ses fonctions?
Président : S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, il aurait peut-être pu s'autodémettre à l'époque,
parce qu'à ce que je sache il n'y a pas
eu grand-chose qui a été fait sur exactement les mêmes sujets et les mêmes
allégations, et là on nous parle, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : M. le Président, on nous parle de l'idée de la création d'une agence de
transports. Et, s'il y a quelque chose
que les événements d'aujourd'hui et d'hier montrent, c'est que c'était une mauvaise
idée. Séparer cet élément majeur de
la fonction publique, des organismes gouvernementaux, de l'imputabilité et de
reddition de comptes, c'était probablement la pire chose à faire. La vraie initiative importante, M. le Président,
c'est la création de l'Autorité des marchés publics. J'espère que notre
collègue et les autres collègues vont favoriser l'adoption rapide du projet de
loi.
Le Président :
Principale, M. le chef de l'opposition.
M. Gaudreault :
Oui. Je voudrais juste rappeler au premier ministre qu'une des recommandations
de la commission Charbonneau, c'est
exactement de faire ce qu'on avait fait avec l'agence des transports et de
créer cette agence.
Mais
hier Mme Trudel a déclaré sous serment que la clé USB qui a été remise à
l'UPAC et aux parlementaires par le
ministère des Transports a été corrompue. Les courriels qui expliquent comment
opère le camouflage au ministère des
Transports ont été effacés. Mme
Boily, l'ancienne directrice de la vérification interne, a indiqué que des
pages entières de son rapport avaient
été retirées, que d'autres éléments avaient été rajoutés tout récemment en utilisant
son nom. Imaginez, M. le Président, c'est inacceptable, c'est
incroyable.
cas d'intimidation dans des directions régionales et, M. le Président, les falsifications qui n'ont pas été faites toutes seules, là, il y a sûrement quelqu'un qui a
triché en quelque part, qui a triché à la fois la police et qui a triché les
parlementaires. C'est inacceptable, quelqu'un a fait en sorte que le premier
ministre a déposé un document falsifié en Chambre.
Le premier ministre ne peut pas continuer à se fermer les yeux, à se fermer la
bouche et à se fermer les oreilles. Qui a falsifié tous ces documents?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je comprends que mon collègue veut se transformer en
enquêteur, mais, à l'époque, il avait dit lui-même, comme ministre des
Transports, qu'il ne voulait pas d'enquête au ministère des Transports du
Québec. C'est assez particulier comme revirement ce matin, on en conviendra.
Couillard : Ah! bien oui. Si le bonnet ne fait pas, monsieur...
Président : S'il vous plaît! On va cesser de s'interpeler. On
va cesser de s'interpeler, on va continuer la période de questions comme
du monde. Je vais demander au premier ministre de continuer. M. le leader.
M. Fournier :
...si vous permettez, ça fait quelques reprises que c'est comme ça. Ils ont le
droit de poser les questions, nous avons le
droit de répondre. Et c'est ce que les citoyens s'attendent, puis est-ce qu'on
peut demander que, pour la suite de la période de questions, il puisse y
avoir une écoute des questions et une écoute des réponses?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Ah! une suggestion sage, M. le Président. Alors, je vais rappeler, M.
le Président, que, même si mon collègue veut s'autodéclarer enquêteur
aujourd'hui, ce n'est pas son rôle et ce n'est pas le rôle de cette Assemblée.
Il y a justement la Vérificatrice générale
et l'UPAC qui portent attention actuellement sur ces éléments précis de
circulation des documents, de
modification ou non des documents, intimidation. Ce sont des allégations très
sérieuses que personne ne doit
minimiser et que l'on doit tous traiter sérieusement, mais de la bonne façon,
M. le Président, de façon ordonnée, sans hâte, mais avec fermeté, et
c'est ce que nous allons faire.
Président : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Gaudreault : Oui. La personne qui est pointée par les témoins
entendus hier en commission, c'est l'ancienne sous-ministre, Mme Dominique Savoie. Lors de son passage devant le
Commission de l'administration publique, il y a quelques semaines, Mme Savoie a clairement induit les parlementaires en
erreur. Sauf que le premier ministre, il a choisi de démettre Mme Savoie de ses fonctions pour,
ensuite, lui trouver un job dans son propre ministère, du premier ministre.
Si le premier ministre a nommé Mme Savoie
aux emplois supérieurs, ça veut dire qu'il a fait le choix de ne pas croire
Mme Trudel et Mme Boily. Pourquoi, M. le Président?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Au contraire, M. le Président, on prend leur témoignage de façon très
sérieuse. D'ailleurs, tout ça va être
vérifié, est en train d'être vérifié par l'UPAC et la Vérificatrice générale.
Mais Mme Boily, puisqu'on parle d'elle,
a déclaré, 9 h 50, hier soir, je la cite : En 2010, j'avais une
équipe performante. J'ai travaillé pendant trois ans. Je leur avais fait donner une formation complète, mais
tout ça est tombé à l'eau en 2013 parce que mon équipe a migré ailleurs,
j'ai dû réengager. Cette équipe était formée pour détecter la fraude.
Pourquoi notre
collègue a éloigné Mme Boily, M. le Président?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : J'ai changé la sous-ministre Mme Josée Dupont, qui
était la patronne de Mme Boily, à l'époque où j'étais ministre des
Transports.
Pour
rétablir la confiance du public, il faut un jour que le premier ministre prenne
ses responsabilités, M. le Président, qu'il
fournisse des explications. Les documents qui ont été falsifiés, là, ils ne se
sont pas falsifiés par eux-mêmes, et c'est très grave.
Avant
de faire déposer par le premier ministre des faux documents, est-ce qu'il y a
eu une vérification minimale au moins par son directeur de cabinet? Qui
qui va nous fournir les explications sur ce scandale-là?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, sans utiliser le même mot, il me semble que ce que je
viens de citer aussi doit inquiéter
beaucoup la population, et on voit qu'il n'a pas vraiment de réponse à cette
question-là. Je l'engage à relire ce qu'a dit Mme Boily hier, mais
je l'engage également à devenir plus raisonnable et équitable dans son
traitement de cette situation-là. La bonne
façon de s'occuper de cette situation très sérieuse, c'est, d'une part, les
changements administratifs, et toute
l'autorité, et le poids du sous-ministre et de la fonction publique qui vont
s'imposer au ministère des Transports, mais
également laisser les autorités compétentes dont c'est le métier faire les
vérifications, les enquêtes et nous donner les conclusions. Je parle de l'UPAC et de la Vérificatrice générale. Il
a beaucoup de qualités, mon collègue, mais il n'est pas enquêteur, M. le
Président.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, hier, Mme Trudel et
Mme Boily ont confirmé nos pires appréhensions : le ministère des Transports est rongé par la manipulation,
l'obstruction, les mensonges et l'intimidation. Ce n'est quand même pas rien,
là, c'est un ministère qui donne pour plus
de 2 milliards de dollars de contrats par année. Et, ce matin, les
Québécois ont une chose à dire au
premier ministre : Assez, c'est assez. C'est le test de leadership le plus
important du premier ministre depuis
qu'il est en poste, les attentes sont élevées. Les Québécois s'attendent à ce
que le premier ministre pose des gestes forts pour faire enfin le ménage
au ministère des Transports.
Je lui suggère, là,
de façon constructive, de poser trois gestes : d'abord, changer le
ministre des Transports; deuxièmement,
mettre un nouveau sous-ministre aux Transports qui vient de l'extérieur, qui ne
vient pas de la machine de la
fonction publique actuelle; puis, troisièmement, de faire rapport à tous les
trois mois aux parlementaires sur ce qui se passe au ministère des
Transports. C'est important de rétablir la confiance.
Quels gestes forts va poser le premier ministre
du Québec?
Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je commencerais, comme je fais souvent, en disant que
je suis d'accord avec une partie, une bonne
partie de la prémisse de la
question. C'est très sérieux, ce qu'on a entendu hier, on parle de culture
d'intimidation, on parle de documents modifiés, on parle de pressions qui se
sont faites de toutes façons, on parle de mauvaise
circulation de l'information. C'est excessivement sérieux, compte tenu, comme
il l'a dit, de la taille du ministère des Transports du Québec.
Maintenant,
je voudrais lui faire remarquer que le sous-ministre qui a été nommé, M. Marsolais, a une feuille de route qui devrait nous inspirer confiance, il a
été à la Justice et à la Sécurité
publique. Il est question
ici de manquements graves, je crois que ce genre de profil correspond au
mandat qui lui est confié.
Maintenant,
sur la dernière suggestion du collègue, je suis d'accord. D'ailleurs, on a entendu à notre caucus ce matin le
rapport de nos collègues qui siègent à la Commission de l'administration publique,
et, M. Marsolais, lorsque je lui ai parlé, ce matin, je l'ai invité à
faire cela, exactement ce que le collègue recommande avec raison, c'est de se présenter régulièrement devant la Commission de
l'administration publique pour faire état des changements qui ont été
apportés, faire état des résultats que ces changements apportent et du plan de
changements ultérieurs.
l'engage à avoir une attitude constructive — c'est le mot qu'il a employé — de participer par l'intermédiaire de ses collègues à cette commission et d'aller en
mode solution avec le nouveau sous-ministre, qui a besoin du soutien non
seulement de la fonction publique et du gouvernement, mais de l'ensemble des
parlementaires, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, hier soir, Mme Boily était très
claire, là. Lorsque le nouveau ministre est arrivé en poste, il était peu intéressé par son travail, et Mme
Trudel et Mme Boily l'ont dit. M. le Président, le premier ministre doit
arrêter de regarder ça de haut. C'est lui qui a démis le député de
Marguerite-Bourgeoys, c'est lui qui garde Dominique Savoie au service du
Conseil exécutif.
Est-ce
qu'il peut enfin agir, changer le ministre et le sous-ministre aux Transports?
C'est important pour rétablir la confiance.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je viens de lui parler du nouveau sous-ministre des
Transports, alors je pense que sa question ne s'applique pas tellement,
Mais
je veux, encore une fois, lui répéter que je ne veux en rien, en rien minimiser
la gravité de la situation. Je ne
suis pas en train de dire : Ce n'est pas grave, on s'en occupera plus
tard. Je suis en train de dire : C'est sérieux, c'est très sérieux, il faut s'en occuper avec beaucoup
d'attention. Il sait comme moi qu'on ne met pas un ministère en tutelle au gouvernement. Par contre, on change de
sous-ministre en titre, et on les met sous surveillance active, et on va
s'assurer que les résultats soient au
rendez-vous. Et, pour garantir le résultat, j'accueille avec beaucoup de
satisfaction sa suggestion que le
nouveau sous-ministre se présente de façon régulière devant la Commission de
l'administration publique pour faire état des changements apportés, de
ceux qui sont à faire et des résultats déjà obtenus.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard :
J'espère que sa formation politique voudra travailler de façon constructive à
cette occasion, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, pour faire un ménage aussi important
que celui-là, ça prend un leader fort. Actuellement, le premier
ministre, là, il agit un peu comme spectateur. Le ministre des Transports aussi
agit comme spectateur. Bon, il semble qu'on
ne peut pas changer de premier ministre, là, mais on peut changer le ministre
des Transports, on peut mettre un
sous-ministre qui vient de l'extérieur. C'est important pour rétablir la
crédibilité du ministère des Transports.
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Je ne suis pas
sûr que ce que suggère mon collègue va changer quoi que ce soit à un problème
de culture organisationnelle qui dure depuis
au moins 20 ans, d'après moi, et même plus. Alors, on va agir avec détermination.
Il n'y aura pas de tolérance pour la passivité, il n'y
aura pas de tolérance pour le manque d'action, ni l'inaction, ni l'ignorance
des faits. On va demander la pleine collaboration de la fonction publique et,
s'il le faut, on va l'imposer, M. le Président.
j'ai confiance dans le sous-ministre, M. Marsolais, que, sous l'autorité de mon
collègue le ministre des Transports,
il va mettre en place les changements requis le plus rapidement
possible, et j'invite l'Assemblée à le recevoir régulièrement en commission
pour obtenir un rapport de sa part des progrès obtenus.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, lorsque le premier ministre a déposé le rapport d'audit de Mme Boily à
l'Assemblée nationale, rapidement
des incohérences sont apparues. Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement à travers
le ministre des Transports? On s'est levé
pour nous expliquer que c'étaient des problèmes de Word, des problèmes
informatiques, des problèmes de
pagination. Pourtant, en quelques minutes, devant la CAP, Mme Boily nous a
expliqué quel était vraiment
le problème, on a falsifié le rapport. Voici le véritable rapport déposé par
Mme Boily, le rapport intègre.
M. le Président,
comment expliquer, comment expliquer... comment le premier ministre peut-il
expliquer que la CAP, en quelques
minutes, est capable d'avoir l'heure juste sur le rapport et que, lui, non seulement
il ne donne pas l'heure juste, mais son ministre des Transports invente
des raisons pour avoir trompé l'Assemblée nationale?
Président : Je vous
rappelle encore une fois que la dernière accusation que vous avez portée ne
peut pas l'être, vous ne pouvez pas
présumer de ce que vous avez annoncé. Est-ce que vous pourriez retirer votre
dernier propos et reprendre la conclusion de votre question?
Caire :
Je retire. Induit en erreur, M. le Président?
Président : Ce n'est
pas mieux. Ce n'est pas mieux. Réessayez-vous une deuxième fois, mais une
dernière fois.
Caire :
A essayé de mêler tout le monde?
Président : L'idée,
c'est d'éviter de... Retirez donc vos derniers propos aussi, s'il vous plaît. M. le ministre des
Transports.
Daoust : Alors, M. le Président, vous comprendrez que, les documents, on s'est empressés de les obtenir de la machine, une machine qui a été fort critiquée
hier et, j'en conviens, une machine qui a besoin d'être ajustée, une machine
où on a, comme l'expliquait le premier ministre, une culture historique, de longue date qu'il faut changer. On a obtenu
les documents de bonne foi à partir de cette machine-là. Et ce
qu'on a appris hier de la personne qui avait fait le document, elle nous a dit : Bon, bien,
il n'est pas correct. C'est fort possible, mais ce que je vous dis simplement,
c'est que, les documents qui ont été déposés, on les a déposés de façon
rapide, de façon diligente pour l'Assemblée, et ce qui appert hier suite au témoignage de Mme Boily, c'est que ces documents-là
n'étaient pas ceux qu'elle avait produits. On l'a appris hier, on l'a
appris comme vous, monsieur.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : Que je
sache, Louise Boily est encore dans la machine. Ça a pris quelques
minutes à la CAP pour faire la
lumière. Pendant ce temps-là, le ministre
des Transports inventait des
problèmes avec Word. Pire que ça, M.
le Président, le ministre des Transports...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Il y a quelques minutes, si ce n'est pas des secondes,
vous lui avez demandé de retirer ses propos lorsqu'il avait utilisé le même verbe. Alors, je m'attendais à ce que ce
soit la même chose. À moins que la règle ait changé?
Le Président :
Veuillez continuer, en faisant attention, M. le...
Caire :
Il s'est emmêlé dans des pseudo-réalités. Pire que ça, M. le Président, ce même
ministre des Transports, quelques
jours plus tard, faisait un point de presse pour discréditer Annie Trudel.
Donc, non seulement on ne leur a pas donné voix au chapitre, mais on a
essayé de les discréditer. Pourquoi?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : M. le Président, je le répète, quand on demande un document
dans une machine, dans une organisation...
Ça fait 45 ans que je suis dans des organisations, je n'ai pas vu, à date, où
on demandait à la personne qui nous le remet en disant... Est-ce que tu
es sûr qu'il est honnête, ce document-là, là? Est-ce qu'il a été falsifié? Vous
demandez ça, vous, quand vous avez un document?
Non, M. le Président, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut faire confiance à notre machine jusqu'à temps
qu'elle nous désappointe. Puis actuellement ce qu'on a entendu hier, ce sont des choses qui sont graves, des choses qui
sont sérieuses, et des mesures importantes vont être prises. Le premier ministre a dit qu'il serait complètement
intransigeant sur les correctifs. Il a raison, on le sera au ministère des
Transports, il faut changer cette culture-là. Mais ce n'est pas une
culture qui a apparue il y a 90 jours, ça...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...c'est une culture qui est apparue il y a 20 ans.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, le ministre des Transports essaie de nous faire croire, là,
qu'il n'a jamais pensé 30 secondes qu'il
pouvait demander à l'auteure du rapport si c'était le bon rapport avec tout ce
qu'il entendait? Ce même ministre des
Transports qui a essayé de discréditer Annie Trudel, alors qu'il aurait dû la
rencontrer, ce qu'il a refusé de faire,
qui aurait dû l'écouter, ce qu'il a refusé de faire, qui aurait dû donner suite
à ses recommandations, ce qu'il a refusé de faire, M. le Président,
est-ce que c'est de la négligence ou c'est de la complicité?
Le Président :
Encore une fois, M. le député de La Peltrie...
Le Président :
M. le député de La Peltrie, je vous invite à éviter de... Cessez vos...
Président : M. le député de La Peltrie! M. le député de
La Peltrie, bonjour! M. le député de La Peltrie, veuillez
retirer vos derniers propos, s'il vous plaît.
Le Président :
M. le leader.
M. Fournier :
On n'est quand même pas incapables de voir le procédé qui est utilisé, qui
n'est pas en respect avec notre règlement,
c'est le moins qu'on puisse dire. Et ce n'est pas la première fois que vous
l'appelez. Je pense que vous devriez
faire un rappel au règlement parce qu'il y a des conséquences, à un moment
donné, à être irrespectueux face à la présidence et à notre règlement.
Président : Vous aurez remarqué, M. le leader, que j'ai demandé
et obtenu du député de La Peltrie qu'il retire ses propos, et je
vais demander maintenant au ministre des Transports de répondre.
Daoust : Alors, simplement, simplement, M. le Président, on a voulu
être diligents, je le répète, parce que les documents étaient,
justement, réclamés par les oppositions et, par souci de transparence, on a
voulu les déposer rapidement. Alors, ce
n'est pas parce qu'on essayait de trouver une vérité autre que celle qui
existe, on a, tout simplement, voulu être diligents, on a voulu les
déposer le matin même.
je n'ai pas, à ma connaissance, questionné la compétence de Mme Trudel, qui, on
le voit avec les documents qui ont
été déposés, a fait un travail structuré. Alors, M. le Président, ça a été par
souci de transparence, ça a été par souci de diligence.
Président : Principale, M. le député de La Peltrie. En
vous suggérant de faire bien attention.
Caire : Toujours, M. le Président. M. le Président, le
ministre des Transports n'a plus la confiance de personne, sinon du
premier ministre. Il y a une autre personne qui nous apparaît indigne de
confiance, c'est Dominique Savoie. M. le
Président, ce qu'on savait déjà, c'est que Mme Savoie avait trompé son
ministre. Ce qu'on savait déjà, c'est que Mme Savoie avait menti à la Commission de l'administration
publique. Ce qu'on savait déjà, c'est qu'elle s'était rendue coupable d'insubordination. On se serait attendus
à ce que Mme Savoie soit congédiée. Eh bien, non! Eh bien, non! Le
premier ministre lui a donné une promotion à son ministère, aux emplois
supérieurs.
question qui nous vient à l'esprit, M. le Président, c'est : Pourquoi on
protège Dominique Savoie? Qui protège Dominique Savoie? Et ça fait
l'affaire de qui de protéger Dominique Savoie?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je pense que ça a été dit à plusieurs reprises par
le premier ministre, mon collègue aussi, je l'ai dit dans mes mots un peu plus tôt ce matin, ce qu'on apprend est très
préoccupant, M. le Président, très préoccupant. Et, en même temps, il faut s'assurer que... Peut-être,
c'est mon biais d'avocat, M. le Président, mais il faut s'assurer aussi que tous les avis soient pris avant de porter
jugement. Donc, préoccupés, mais prudents. Je pense qu'on peut et on doit
être préoccupés et prudents.
Avant
de déclamer les culpabilités de tout un chacun, M. le Président, on devrait
permettre à ce que chacun se fasse
entendre. Je me souviens d'un ancien premier ministre, M. Landry, qui
invoquait souvent la règle audi alteram partem, il me semble que ça devrait jouer pour tout le monde. Il y a en ce
moment la vérificatrice, les corps policiers qui sont saisis des enquêtes, et c'est à eux de prendre la version
de chacun pour qu'ensuite rapport ou, s'il y a lieu, poursuite soit prise,
que jugement soit pris par ceux qui ont à faire ces jugements-là. Prétendre
qu'il n'y a pas eu d'actions alors que Mme Savoie n'est plus au ministère
devrait déjà faire constater qu'il s'est passé quelque chose.
Maintenant, est-ce
qu'elle a des droits...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...comme toutes les autres personnes dans notre société ont des droits ou la
CAQ peut les enlever, ces droits?
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, insubordination, obstruction à des enquêtes, cacher de l'information, intimidation, mentir aux
députés de l'Assemblée nationale. Ça, c'est le glorieux bilan de Dominique Savoie.
Et non seulement on ne l'a pas exclusivement sortie du ministère des Transports, mais on l'a promue au Conseil
exécutif, au ministère du premier
ministre. Qui protège Dominique Savoie? Et pourquoi?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Ce n'est
pas une promotion. Selon les règles, lorsque tu n'es plus dans un ministère,
tu relèves du ministère
général, qui s'appelle l'exécutif, sans aucune fonction d'autorité. Alors, on
ne peut pas dire que c'est une promotion. Franchement, là, tout le monde
le sait.
Maintenant,
je reviens là-dessus, M. le
Président, les citoyens,
même s'ils sont des fonctionnaires que la CAQ n'aime pas ou que
n'importe qui n'aime pas, ont des droits. C'est sûr que c'est plus facile
d'attaquer. Mon collègue déclare ici...
Le Président :
S'il vous plaît!
Fournier : J'ai
entendu une version... Et j'accorde
que cette version est troublante et préoccupante, mais, à partir de cette version, culpabilité? Il me semble
qu'on devrait respecter des règles de droit, d'enquête objective. Évidemment,
je suis ici à vous dire ça...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier : ...c'est bien
plate pour vous, c'est plate pour moi, mais le droit, c'est le droit.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le
Président, moi, j'ai entendu la version du député de Marguerite-Bourgeoys, j'ai
entendu la version sous serment d'Annie
Trudel, j'ai entendu la version sous serment de Louise Boily et j'ai entendu
Dominique Savoie nous mentir à pleine bouche à la Commission
d'administration publique. Ça, j'ai entendu ça, M. le Président, et j'ai
entendu toutes les allégations dont j'ai fait la mention tout à l'heure. Si ça,
ce n'est pas suffisant pour qu'elle soit congédiée, qu'est-ce que ça va
prendre? Qui protège Dominique Savoie? Et pourquoi?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Mme Savoie n'est plus dans sa fonction. Alors, c'est
difficile de dire que quelqu'un la protège, elle n'est plus dans sa
fonction, elle n'est plus là.
M. Fournier : J'entends la
CAQ dire : On la paie pareil. En vertu de règles et de droits auxquels
elle a droit. S'il fallait que je sois ici
puis que je dise : Bien, lui, il a fait telle, telle affaire, puis je lui
enlève sa paie, il n'accepterait pas ça parce qu'il a des droits. Alors,
il faut respecter les droits, M. le Président. Ça me semble...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Fournier : ...ça me semble
quelque chose de très normal.
Maintenant, ce que la CAQ nous dit... Puis le
député de La Peltrie, il dit : Moi, je suis le juge, j'ai entendu et maintenant je déclare. On a des institutions,
notamment le vérificateur, notamment la police, qui font ces études-là et qui
nous font des rapports. Alors, moi, je veux bien que le Parlement devienne...
Président : M. le député de La Peltrie, vous avez posé
votre question, on va écouter la réponse. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : La réponse ne
l'intéresse absolument pas.
Le Président : En terminant.
Fournier : Le but du député de La Peltrie, c'est de faire
une clip pour qu'elle passe aux nouvelles, même si ça ne vous respecte
pas, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
M. Gaudreault : M. le Président...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Je demande que
vous demandiez au député de La Peltrie de retirer ce qu'il vient de faire
en ce moment-ci, où il n'avait aucun droit de parole et qu'il a décidé de
m'attaquer verbalement, M. le Président.
Le Président : S'il vous
plaît, là! Je peux peut-être...
Président : Je n'ai absolument rien entendu, moi, j'ai cédé la
parole au chef de l'opposition. M. le chef de l'opposition, c'est à vous
la parole.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Hier, après les témoignages
accablants et troublants de Mmes Trudel et Boily, le Parti libéral, majoritaire
à la Commission de l'administration publique, a décidé qu'on avait assez
creusé. Le Parti libéral a voté, dans une séance de travail, à l'abri des
caméras, une résolution pour mettre fin aux auditions de la Commission de
l'administration publique et que le
rapport final soit déposé dès vendredi. C'est une première, M. le Président,
parce qu'à la Commission de
l'administration publique toutes les décisions se prennent normalement par
consensus et... par tradition, également par consensus.
Donc, le Parti
libéral a refusé qu'on continue de poser des questions à Annie Trudel et à Mme
Boily. Leurs témoignages, où ils racontent le blocage des enquêtes, la
rétention d'information, l'intimidation, bien, c'est assez pour les libéraux,
ils ne veulent pas en savoir plus. Les députés libéraux ont tellement été
choqués par les témoignages qu'ils ont décidé d'arrêter tout ça et de ne plus
jamais en parler.
Est-ce que le premier
ministre est d'accord avec ses députés qui ont fermé le dossier du ministère
des Transports pour pouvoir partir en vacances? Va-t-il accepter que la
commission parlementaire poursuive son travail pour qu'on puisse davantage
poser de questions et savoir c'était qui, le sous-ministre à la falsification?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, les commissions sont souveraines et
prennent les décisions qu'elles doivent prendre en vertu...
Le Président :
M. le député de Matapédia...
Président : M. le député de Matapédia, vous avez une belle
voix, mais je l'entends trop. Matane-Matapédia, ça va mieux? M. le
premier ministre.
M. Couillard : Oui. C'est une réalité d'un système parlementaire, et une chance qu'il y
a cette séparation, M. le Président.
Et je veux réitérer mes félicitations à tous les députés qui ont participé à
cet exercice dont le mandat a été accompli.
Maintenant, est-ce
que ça veut dire que la commission ne peut pas se réunir pour poursuivre
l'étude de cette question? Absolument pas.
J'ai indiqué tantôt à mon collègue que le nouveau sous-ministre, M. Marsolais,
s'est lui-même déclaré disposé, et on va certainement l'encourager à le
faire, à se présenter régulièrement devant la Commission de l'administration publique pour faire état des
changements à apporter et des améliorations à apporter. Alors, j'inviterais
mon collègue à un peu de prudence, il était
sage de ne pas tenter, à une commission parlementaire, de se substituer aux
enquêteurs, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président. On n'est pas à Juste pour
Rire, là, on est au salon bleu de l'Assemblée nationale. Et là le
premier ministre nous dit que lui, il en a assez entendu puis qu'il ne veut pas
en savoir plus, mais, M. le Président, le sujet n'est pas clos, le gouvernement
ne réussira pas, malgré tout, à étouffer l'affaire.
Devant
la gravité de la situation, est-ce que le premier ministre peut faire preuve de
transparence et consentir à ce qu'on
prolonge d'une semaine la session parlementaire afin que tous les Québécois et
toutes les Québécoises puissent en savoir plus sur ce qui arrive au
ministère des Transports?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, personne n'est dupe, là, on fait un jeu partisan autour de cette
question, qui est très sérieuse et...
Le Président : S'il vous
plaît! La question a été posée correctement, je demande au premier ministre de
pouvoir y répondre correctement. M. le leader.
Fournier : Ce n'est pas la première fois que je vous demande,
M. le Président, de faire en sorte que le règlement s'applique. Combien de fois vous vous êtes levé
jusqu'ici pour permettre, lorsqu'on a une réponse à donner, qu'elle soit
écoutée? Je ne veux pas faire une
comparaison, mais il me semble que, lorsque les questions sont posées, on les
écoute, mais, quand les réponses sont
offertes, il y a toujours du bruit pour, évidemment, empêcher que la réponse
soit faite...
Le Président : Pour
l'instant, j'aimerais entendre le premier ministre. Pour l'instant, j'aimerais
entendre le premier ministre, permettre à la période de questions... M. le
premier ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais, encore une fois, gentiment inviter mon collègue à un peu de prudence,
parce que je vais lui répéter ce que je lui
ai dit tantôt par votre intermédiaire : Si j'appliquais à son parti et à
lui-même la même médecine qu'il
applique au gouvernement, il serait dans de beaux draps. C'est lui qui a
déplacé Mme Boily alors qu'elle
faisait des enquêtes sur la corruption, c'est lui qui ne voulait pas qu'il y
ait d'enquête au ministère des Transports.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : De quel droit
donne-t-il des leçons à qui que ce soit?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. M. le Président, on voit bien que le premier
ministre ne veut pas savoir la vérité, il refuse qu'on pose des questions. Tout ce qu'il veut, c'est qu'on finisse la
session, qu'on mette le couvercle sur la marmite, puis qu'on s'en aille, puis qu'on ferme l'Assemblée
nationale. Ça, c'est la meilleure stratégie pour lui, pour ne rien savoir.
prolongeant la session, les parlementaires pourraient continuer de poser des
questions, on pourrait aller au fond des choses sur ce qui se passe au
ministère des Transports, entendre davantage les principaux témoins, savoir qui
est responsable dans le ministère de tout ce qui se passe présentement.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
savez-vous, j'ai beaucoup plus confiance dans la Vérificatrice générale puis
l'UPAC pour faire ces vérifications-là et nous apporter...
Le Président : Mme la
députée!
Le Président :
M. le député de Verchères, M. le député de Verchères... Oui, je vous entends,
je vous entends très bien.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, je vais répéter ma grande confiance envers les travaux de la
Vérificatrice générale et de l'UPAC,
qui sont les personnes habilitées et compétentes à faire des enquêtes. Les
parlementaires, malgré les ambitions
de mon collègue, ne sont pas des enquêteurs. Toute la vérité va être connue, et
je veux qu'elle soit connue. Elle
sera connue lorsque la Vérificatrice générale fera un rapport intérimaire puis
un rapport définitif. Elle sera connue par
l'action ou non que l'UPAC choisira de prendre suite aux enquêtes qui sont en
cours. Il me semble que c'est de cette façon qu'une société démocratique
doit se gouverner.
Maintenant,
ce que j'ai ajouté, et je suis d'accord avec la deuxième opposition là-dessus, c'est qu'il m'apparaît nécessaire, compte
tenu de la gravité des allégations...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...qu'il y ait un
contrôle régulier de la commission avec le sous-ministre.
Président : Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
M. le Président, il y a quelque chose de désolant de voir le premier ministre
ne pas accepter ses responsabilités et vouloir les rejeter soit sur une subalterne,
Dominique Savoie, soit sur la culture du secret et de l'intimidation. Mais la réalité est que j'ai posé la question à Mme Boily très
précisément hier, elle avait dit d'ailleurs en introduction de sa présentation : «Ces problèmes ont commencé en 2011.» Avant 2011, avant la nomination
de Mme Savoie, avant la nomination de Mme Savoie par celui qu'il est
permis maintenant de nommer comme le suspect numéro un de la commission Charbonneau, c'est-à-dire le premier
ministre d'alors, Jean Charest, avant ce temps-là, Mme Boily effectuait
son travail.
réalité est qu'aujourd'hui on constate que, pendant ces années, il y a eu un
contrôle de l'information pour cacher ce qui se passe au ministère du
Transport et cacher ce qui s'était passé dans le passé.
y a un ministre qui a voulu y voir clair. Le premier ministre, entre ce
ministre-là et Dominique Savoie, a choisi Dominique Savoie. Pourquoi?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je n'ai pas calculé le nombre d'irrégularités, pour
prendre un mot qui serait respectueux de notre règlement, M. le Président, de faits qui ne sont pas conformes à la
réalité dans la déclaration, qui est plus une déclaration qu'une question, de notre collègue, à la hauteur
de ce qu'il nous a habitués, d'ailleurs, dans le passé. Mais ça, je laisse
ça à son parti politique, d'en être très
heureux, de l'avoir comme élément promoteur de cette vision de justice au
Québec, où on peut déclamer de façon
catégorique, facilement, la culpabilité des uns et des autres sans aucun
respect pour les citoyens.
m'étonne toujours du drapeau de justice qui semble être celui dans lequel QS se
drape, M. le Président, pour constater
que, lorsque l'intérêt partisan frappe, ce n'est pas long que le drapeau est en
berne. Lorsqu'on constate tout ce qui a été dit, M. le Président, plusieurs
fois le premier ministre a indiqué ce qui est arrivé à l'occasion du
remaniement et les raisons de ce remaniement.
Il cite Mme Boily,
hier, Mme Boily qui disait hier, à 9 h 50 : En 2010...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...j'avais une équipe performante. J'ai travaillé pendant trois ans, ça...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Mme Boily a travaillé 13 ans et demi dans la Division des enquêtes, mais,
lorsqu'elle a commencé sa
présentation, elle a dit : «Mes problèmes ont commencé en 2011. Depuis ce
temps, je me sentais seule.» C'est ce qu'a dit Mme Boily.
2011, qui est nommé par le premier ministre d'alors, Jean Charest? Dominique
Savoie. C'est à partir de ce moment-là que tout le processus de contrôle
de l'information, de l'intimidation et la culture du secret s'est resserré.
Pourquoi le premier
ministre du Québec, entre le ministre qui voulait faire le...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Il y a, et je répète encore, M. le Président, tout le monde le dira, des
allégations excessivement préoccupantes,
c'est vrai, mais ce n'est pas une version qui fait le jugement. Il y a des
processus d'enquête. Souvent, cette Chambre demande qu'on en réfère à la
vérificatrice pour qu'une personne tierce qui a le respect de cette Assemblée
puisse tirer les conclusions.
Dans
une société juste où on souhaite que les citoyens soient traités équitablement
et également, dans ces valeurs, que souvent QS utilise pour dire
qu'elles sont ses valeurs, pourquoi faut-il que par intérêt partisan...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...vous abandonniez ces valeurs?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Je tiens
justement à ce qu'on ne rejette pas les responsabilités graves de ce qui s'est
passé au ministère du Transport sur une
subalterne, Mme Dominique Savoie. Mais où était le jugement du premier ministre
du Québec? Entre un ministre qui voulait absolument faire enquête pour
faire le ménage au ministère du Transport du Québec
et celle qui occupait le terrain et qui a occasionné tous ces problèmes-là, il
a choisi, par faute de jugement, celle qui contrôlait l'information,
exerçait de l'intimidation et sur laquelle pesait...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Le premier
ministre a été clair : Ça n'a aucun rapport dans la façon de faire.
Fournier : Non, mais, évidemment, vous allez choisir :
Telle personne parle, ça fait mon affaire, je la crois. Telle personne
parle; ah! ça ne fait pas mon affaire, je ne la crois pas. C'est exactement ce
que je dis.
Les citoyens
ont droit à de la justice, n'ont pas droit à cette sélection de
témoignages : Ah! le premier ministre a dit ça, je n'en tiens pas compte. Non, mon avis, c'est que le premier
ministre, il pensait ça, je vais lui prêter des intentions. Et vous allez nous dire que Québec solidaire est
là pour protéger les valeurs de respect, d'égalité entre les citoyens? C'est vous,
ça, Québec solidaire? Je ne reconnais pas vos agissements par rapport à vos
propos.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, dans sa lettre du 27 avril dernier, le député de
Marguerite-Bourgeoys dit, et je le cite : «Avant le remaniement, j'avais demandé plusieurs réponses à des
questions précises à la sous-ministre, Mme Dominique Savoie, mais je suis obligé d'admettre qu'elle ne m'est
jamais revenue avec des réponses et a étiré le temps à outrance.» C'est quand même grave comme accusation. Hier soir, Mme
Boily est venue confirmer ce qu'a dit le député de Marguerite-Bourgeoys.
Je veux bien
croire qu'il faut avoir au Québec une présomption
d'innocence, mais aussi, à un moment
donné, ce qui fait perdre la confiance de la population
envers le gouvernement, c'est que, quand il arrive des problèmes, quand
il arrive de la falsification de documents,
c'est comme s'il n'y avait jamais personne de responsable. C'est comme si jamais il
n'y avait quelqu'un qui avait pris la décision. Donc, M. le Président, le premier ministre a décidé, jusqu'à ce jour, de maintenir
Mme Savoie avec son plein salaire au Conseil exécutif.
Moi, ma
question est très simple aujourd'hui : Est-ce que le premier ministre a toujours
confiance à Dominique Savoie? Qu'est-ce
qu'il a besoin pour la congédier? Quand va-t-on congédier quelqu'un qui a fait
des fautes graves au gouvernement du Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, je vais reprendre un peu ce qui a été mentionné par mon collègue, mais
je pense que c'est important que tout le monde l'entende, là. Mme
Savoie, elle a perdu son poste de sous-ministre en
titre au ministère des Transports, et ça m'apparaît important. Il existe dans
notre société... je sais bien que ça ne fait pas toujours l'affaire
de la CAQ et des autres partis
politiques, mais il existe une notion
qui s'appelle une société de droit où les gens ont des conditions d'emploi,
ont des conditions...
Le Président : S'il vous
plaît! La question a été posée dans l'ordre.
Président : Madame...
La question a été posée dans l'ordre. Ce qui est incroyable,
c'est de ne pas être capable d'écouter la réponse. M. le premier
ministre.
Le Président : M. le député
de Sanguinet, s'il vous plaît! M. le député de Sanguinet, est-ce que je peux avoir votre collaboration?
Bien, je ne veux plus vous entendre, en deux mots. M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, c'est justement dans ces moments-là que ça prend quelqu'un qui
garde son calme et qui garde le cap
sur les principes fondamentaux de notre société, dont le fait que nous
vivons, M. le Président, nous vivons dans une société de droit.
Savoie va être entendue par la police, par l'UPAC, elle va être entendue par la
Vérificatrice générale. Ces deux
organisations porteront un jugement à la lumière des allégations... parmi les
allégations, celles qui ont été mentionnées par la deuxième...
M. Couillard : ...de l'opposition. Je sais bien que, pour l'opposition, il faudrait dresser des bûchers et brûler vifs les gens sur la
place publique le jour où les allégations sont faites, mais ce n'est pas comme
ça...
Le Président :
M. le député de Verchères, je vous nomme pour une première fois. Vous avez
terminé, M. le premier ministre?
Le Président :
M. le chef du deuxième groupe d'opposition, en première complémentaire.
Legault : M. le Président, le premier ministre nous dit : On est dans une société
de droit. Je veux bien, il y a les droits, mais il y a aussi des
devoirs, il y a des responsabilités, puis, quand quelqu'un commet une faute
grave, il faut qu'il y ait des conséquences. De deux choses l'une : ou le premier
ministre a confiance à son député de Marguerite-Bourgeoys, qui dit que Mme
Savoie a fait des fautes graves, ou il a confiance à Dominique Savoie.
En qui a-t-il
confiance? Son député de Marguerite-Bourgeoys ou Dominique Savoie?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : J'ai une grande confiance et beaucoup d'estime pour le député
de Marguerite-Bourgeoys, qui travaille activement avec notre groupe parlementaire,
d'ailleurs. Mais je vais quand même lui rappeler que, même s'il désire dresser des bûchers publics pour
brûler vifs — ou
vives — les
gens qui sont l'objet d'allégations, heureusement, il y
a, dans cette société, des gens qui
se préoccupent de la règle de droit qui vont donner l'occasion
aux gens de se défendre et de
présenter leur version et laisser aux autorités compétentes le soin de se
prononcer, M. le Président. C'est comme ça que ça marche.
Président : Alors,
ceci met fin à la période de
questions et de réponses orales. Je
reviendrai tout à l'heure.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y pas de votes reportés, nous
en sommes à la rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation de ces motions sans préavis, je vais reconnaître un
membre du groupe formant le gouvernement et je
cède la parole à Mme la ministre de l'Économie, de la Science
et de l'Innovation.
Anglade : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le chef de l'opposition officielle, la députée de
Chicoutimi et le député de Johnson :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement fédéral de traiter le dossier des droits
compensateurs imposés par le gouvernement
américain sur le papier surcalendré québécois avec la plus grande diligence et
que les plus hautes autorités
canadiennes interpellent le gouvernement américain afin de mettre en place un
groupe spécial composé en vertu du
chapitre 19 de l'ALENA pour que ce
différend soit réglé le plus rapidement possible.» Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, Mme la ministre. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous proposons l'adoption sans débat, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, pour la
prochaine motion, je vais reconnaître un membre du groupe formant
l'opposition officielle et je cède la parole à Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de La Peltrie et le député de Mercier, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande le prolongement du mandat de la Commission de
l'administration publique intitulé
"Audition sur la gestion administrative et les engagements financiers du
ministère des Transports du Québec et en suivi du
chapitre 5 du rapport du Vérificateur général de l'automne
2015, intitulé ‘Réseau routier : inspection et planification de l'entretien des structures'" afin
notamment de poursuivre les témoignages de : Mme Annie Trudel, analyste
embauchée par l'ex-ministre des
Transports et député de Marguerite-Bourgeoys; Mme Louise Boily, ex-directrice
de la Direction des enquêtes et audits internes du ministère des
Transports;
«Que cette motion
soit un ordre de l'Assemblée nationale.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
Sklavounos : La commission est souveraine, Mme la
Présidente. Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement.
Maintenant, nous allons poursuivre la
rubrique des motions sans préavis, et je suis maintenant prête à céder la
parole à un membre du groupe formant le deuxième groupe d'opposition, M. le
député de La Peltrie.
Caire :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec la députée de Vachon, le député de
Mercier :
«Qu'afin de faire suite aux
révélations de Mme Annie Trudel et Mme Louise Boily concernant la gestion
déficiente du ministère des
Transports en audition [à] la Commission de l'administration publique le
8 juin 2016, la Commission des
transports et de l'environnement procède à l'audition des personnes
suivantes : Nathalie Noël, directrice à la Direction des enquêtes et [à]
la surveillance des marchés au MTQ; Danièle Cantin, sous-ministre adjointe au
MTQ; Martin Massé, directeur de
cabinet de la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation; toute
autre personne que la commission jugera pertinente de convoquer;
«Que la durée maximale de l'exposé
pour chacune de ces personnes soit de 30 minutes et que l'échange avec les
membres de la commission parlementaire soit d'une durée maximale de 240
minutes, partagées ainsi : 120 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
72 minutes pour l'opposition officielle et 48 minutes pour le
deuxième groupe d'opposition;
«Qu'une période de 12 minutes soit
prévue pour les remarques préliminaires, réparties de la manière
suivante : 6 minutes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle
et 2 minutes 30 secondes pour le deuxième groupe d'opposition;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques finales, partagées de
la même façon que pour les remarques préliminaires;
«Enfin,
que cette motion soit un ordre de l'Assemblée nationale.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement.
Maintenant, je suis
prête à reconnaître M. le député de Mercier pour sa motion sans préavis.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente, en espérant qu'à travers cette motion nous
retrouvions un peu nos esprits. Et j'en profite, avant de présenter ma
motion, de souligner la présence de Mme Kathleen Ruff, que la motion cherche à
honorer, Mme Kathleen Ruff, qui est présente dans nos tribunes. Mme Ruff.
Mme la Présidente, je
demande donc le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement
avec le député de Sanguinet et le député de Masson :
«Que l'Assemblée nationale rende hommage à Mme
Kathleen Ruff et la remercie pour sa persévérance dans la lutte pour cesser
l'exploitation de l'amiante au Québec et au Canada et pour interdire son utilisation;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse la contribution
essentielle du travail de Mme Ruff à la santé des travailleuses et [des]
travailleurs ainsi que celle des citoyens et citoyennes du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, une motion sans
préavis ayant déjà été présentée par
le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre règlement afin de permettre la lecture d'une autre motion sans
préavis. Y a-t-il consentement? Oui. Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Je fais motion, conformément à l'article 146 du
règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 106, Loi
concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant
diverses dispositions législatives, procède
à des consultations particulières et tienne des auditions publiques les 16, 17
[...] 18 et 19 août 2016;
«Qu'à cette
fin la commission entende les organismes suivants : L'Alliance Switch,
Association québécoise de la production
d'énergie renouvelable, CanWEA, Chambre de commerce du Montréal métropolitain,
Conseil du patronat du Québec,
Conseil patronal de l'environnement du Québec, Équiterre, Fédération canadienne
de l'entreprise indépendante, Fédération
des chambres de commerce du Québec, Fédération québécoise des municipalités,
Gaz Métro, Institut du Québec, Manufacturiers et exportateurs du Québec,
Regroupement des conseils régionaux de l'environnement, Union des municipalités du Québec, Union des producteurs
agricoles, Hydro-Québec, Association pétrolière et gazière du Québec, Union des consommateurs, Option des consommateurs,
Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie, la Chaire de
gestion du secteur de l'énergie (HEC Montréal), Écotech Québec, [M.] Maurice
Dusseault, professeur de génie géologique à
l'Université de Waterloo, ville de Gaspé, Association de l'exploration minière
du Québec, Hydrocarbures Anticosti[...],
Centre québécois du droit de l'environnement, Caisse de dépôt et placement du
Québec, Régie de l'énergie;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de
la manière suivante : 6 minutes
au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant l'opposition officielle et
2 minutes 30 secondes au deuxième groupe d'opposition;
«Que la durée maximale de l'exposé de chaque
organisme soit de 10 minutes et l'échange avec les membres de la
commission soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, 10 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle et 7 minutes pour le deuxième groupe d'opposition;
«Que le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre
responsable du Plan Nord
soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.» Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant,
nous allons passer à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions, et je vais céder la parole à M. le
Président.
Le Président : Merci beaucoup.
M. le leader du gouvernement, vous m'aviez demandé...
Le Président : Il y a des
avis? O.K. Je m'excuse. Allez, M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Oui. Merci. M. le Président, j'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 87, Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles dans les organismes
publics, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 heures, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de
l'édifice Pamphile-Le May;
La Commission
des relations avec les citoyens entreprendra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 103, Loi visant à renforcer la lutte contre la
transphobie et à améliorer notamment la situation des mineurs transgenres, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 100, Loi
modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement les
services de transport par taxi, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à
18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 101, Loi donnant suite aux
recommandations de la Commission Charbonneau en matière de financement
politique, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau, et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38,
de l'édifice Pamphile-Le May; finalement
La Commission
de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 70, Loi visant à
permettre une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à
favoriser l'intégration en emploi, aujourd'hui, de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Président : Et, pour ma part, je vous avise que la Commission
de l'économie et du travail se réunira en séance de travail aujourd'hui,
de 13 heures à 13 h 30, à la salle RC.161 de l'hôtel du
Parlement, afin d'organiser le mandat d'initiative,
notamment la liste des témoins à entendre, concernant le processus ayant mené à
la vente des actions de RONA par Investissement Québec.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, à ce moment-ci, je vais
souligner, à la demande du leader du
gouvernement, qui voulait plaider sur la question, je pense, de l'article 55...
M. le leader, vous vouliez plaider. Je vous écoute.
Fournier : Merci, M. le Président. Je vais commencer par une
remarque préliminaire qui n'est pas sur le cas en question, mais sur notre procédure, qu'on a déjà soulevée,
d'ailleurs, en une heure, alors que, pendant la dernière heure, vous avez pu constater que j'avais un peu
d'ouvrage avec vous ici, à l'Assemblée, à essayer de maintenir le bon climat.
J'ai dû me préparer à vous faire des
représentations à ce que j'ai appris il y a une heure. Vous constaterez que la
procédure fait en sorte qu'il n'est
pas possible de se représenter valablement auprès de ce Parlement, remarque
préliminaire que je viens de faire et que j'ai déjà faite. Peut-être
qu'un jour on devra y songer.
Donc, de
façon approximative, je vais vous faire quelques remarques concernant la
demande qui est devant nous. Incidemment,
sur les questions comme celles-là qui ont déjà été soulevées, je vous
référerais à la décision de Pierre Lorrain du 18 octobre 1988, qui est
la base de la jurisprudence et aussi de notre doctrine. Je vous en lirai un
extrait tantôt.
Essentiellement,
je vous livre la décision rendue par Pierre Lorrain : «Les faits
invoqués — on était
dans une même question que vous aurez
à répondre tantôt — ne
donnent pas ouverture, prima facie, à une question de privilège. En effet,
l'allégation d'une intention délibérée de tromper l'Assemblée nationale n'est
pas un fait, mais plutôt une prétention sur laquelle le président ne peut
prendre appui pour décider de la recevabilité d'une question de privilège. En
outre, l'admission perçue dans les propos du ministre ne constitue pas des
faits, mais plutôt une interprétation des faits. Selon un précédent anglais de 1963, "l'affaire Profumo", un
député pourrait commettre un outrage au Parlement "contempt" si, lors d'une déclaration de fait personnel, il
avait délibérément trompé l'Assemblée et l'avait subséquemment reconnu, renversant ainsi la présomption de l'article 35(6)
du règlement en sa faveur. Dans d'autres circonstances, un député ne peut,
conformément à l'article 35(6) du règlement, imputer des motifs indignes à un
autre député ou refuser d'accepter sa parole.»
L'article
35.6°, qu'on connaît bien, M. le Président, doit être un guide dans cette étude
prima facie. La décision qui a été
prise est relatée dans notre doctrine, je ne reviendrai pas là-dessus. Mais
simplement pour vous rappeler qu'à la
page 123 de la procédure parlementaire au Québec on rappelle que la présidence
a donc considéré qu'«à défaut d'un aveu
par la ministre d'avoir induit la Chambre en erreur ou d'avoir donné à l'Assemblée
des versions contradictoires», donc lorsque, prima
facie, on peut constater et que la présidence elle-même peut constater qu'elle
a des faits qu'elle constate où il y a une contradiction ou un aveu. Dans ce
cas-ci, il n'y a rien de tel, M. le Président.
N'oubliez pas que ce que vous devez vous
demander, c'est si a été présenté à l'Assemblée, dans ce cas-ci, un document
faux dans le dessein de tromper, prima facie, dans le dessein de tromper.
Je vais vous
déposer les courriels 1, 2 et 3, parce que le document qui a été déposé à
10 h 8 le 18 mai par le premier ministre a été reçu à
9 h 57. Ont été déposés à 10 h 8 à l'Assemblée trois
documents, ou trois envois, parce que le document était lourd, et donc il
nécessitait trois envois qui ont été faits à 9 h 57 et qui concernent
les audits des professionnels en conformité
des processus — PCP — M. le Président, ce qui a été déposé. Et le
courriel dit ceci : «Bonjour, M.
Dufresne — il a été
envoyé à M. Dufresne. Sur recommandation de Mme Dominique Savoie,
sous-ministre[...], nous vous transmettons les documents concernant les
PCP.»
Je suis donc
en train de vous dire en ce moment... et je dépose, avec le consentement, si
vous le permettez, les copies de courriels, je suis donc en train de
vous dire qu'entrés en la possession du premier ministre probablement autour de 10 h 1 ou 10 h 2, je
ne sais pas trop, M. le Président, il vous serait très difficile de percevoir,
dans ces courriels et la durée entre
10 heures et 10 h 8, un dessein de tromper, M. le Président. Il
est probable que vous constaterez dans les
faits qu'il y a eu une réponse à une demande d'avoir des documents et que ce
dont on reproche au premier ministre, c'est
d'avoir répondu en donnant les documents, les recevant quelques minutes avant
le moment de les donner. À partir de
ce moment-là, quand vous savez que le fardeau de la jurisprudence est que vous
ayez une constatation d'aveu ou de contradiction, je suis en mesure de
vous dire que je... même si je n'ai pas à lever le fardeau qui est plus celui
de mon collègue, je suis en train de vous
dire que vous avez plutôt la confirmation qu'il n'y a eu aucun dessein de
tromper. Au contraire, il y a eu transmission d'informations qui
venaient juste d'arriver.
Conséquemment,
je pense qu'il n'y a pas de place dans votre jugement à ce qu'il y ait, prima
facie, une capacité de discerner
qu'il y avait une volonté de tromper. Au contraire, les faits et le document
que je vous dépose témoignent de l'intention de transmettre avec
diligence, en toute transparence, des documents qui venaient d'être demandés.
Si d'aventure vous décidiez qu'ils
constituent un outrage de répondre rapidement aux questions qui sont posées et
de déposer des documents demandés, vous allez nous donner comme
direction de répondre avec des généralités, de ne plus jamais donner de réponse concrète, et je vous dis à l'avance que c'est
la démocratie du Québec qui va perdre, M. le Président.
Un lourd fardeau est sur vos épaules lorsque
vous déciderez de cette question. Merci, M. le Président.
Président : Je vous remercie, M. le leader du gouvernement.
J'entendrai maintenant M. le leader de l'opposition.
Drainville : Merci,
M. le Président. Alors, à la lumière de la preuve soumise, dans les prochaines
minutes, vous constaterez, M. le
Président, que le premier ministre du Québec a commis un outrage au Parlement
le 18 mai 2016 en déposant aux
parlementaires le rapport falsifié qui s'intitulait Rapport d'audit — Audit des professionnels en conformité
des processus (PCP) , dont l'auteur est Mme Louise Boily,
ex-directrice à la Direction des enquêtes et audits internes du
ministère des Transports.
M. le
Président, cet outrage va à l'encontre des
articles 55, troisième paragraphe, et 55, quatrième paragraphe, de la loi
de l'Assemblée nationale, qui indique :
«55. Nul
ne peut porter atteinte aux droits de l'Assemblée. Constitue notamment
une atteinte — M. le Président — aux
droits de l'Assemblée le fait de — troisième paragraphe : présenter à
l'Assemblée, à une commission ou à une
sous-commission un document faux dans le dessein de tromper.»
Et, quatrième
paragraphe : «Contrefaire, falsifier ou altérer, dans le dessein de
tromper, un document de l'Assemblée,
d'une commission ou d'une sous-commission ou un document présenté ou produit
devant elles.» Fin de citation.
Comme
l'indiquait le président Jean-Pierre Charbonneau le 28 novembre 2011, je
cite : «Selon la doctrine, un outrage
au Parlement est tout acte ou toute omission qui a pour effet d'entraver les
travaux de l'Assemblée ou de porter atteinte à son autorité et à
sa dignité.» Fin de citation.
Le président
Jean-Pierre Saintonge indiquait, concernant l'article 55, troisième paragraphe
de la loi de l'Assemblée nationale
le 31 mars 1994, et je cite : «Seule la présentation d'un document
faux dans le dessein de tromper l'Assemblée,
une commission ou une sous-commission peut être sanctionnée sur la base de cet
article.» Fin de citation.
Dans la même
décision du président Saintonge, ce dernier indiquait, concernant l'article 55,
quatrième paragraphe de la loi de l'Assemblée nationale, je
cite : «Les termes "contrefaire", "falsifier" ou
"altérer" signifient [...] une imitation frauduleuse ou [une] fabrication d'une chose au
préjudice de celui qui avait seul le droit de la fabriquer — dans ce cas-ci, l'auteur — ou de la produire[, soit] la présentation
d'un document ou d'une chose qui ne correspond pas à son état originaire.»
Cette interprétation, elle a été reprise par le président Jean-Pierre
Charbonneau le 14 mars 2000.
Le 8 juin
2016, l'auteur du rapport d'audit des professionnels en conformité de
processus, Mme Louise Boily, a indiqué
à la Commission de l'administration publique — et là, M. le Président, je vais la citer longuement
parce qu'elle fait la preuve de l'altération des documents.
M. le
Président, je vous la cite : «...Mme la Présidente — c'est Mme Boily qui parle — effectivement, il y a eu des documents qui ont été déposés le 18 mai en
avant-midi, à la période des questions à l'Assemblée nationale, et en après-midi, lors de la
séance de travail de la Commission de l'administration publique. Alors, j'ai
pris connaissance de ces documents
une fois qu'ils ont été rendus publics. Alors, les documents qui portent mon
nom présentent des caractéristiques de manipulation, ce qui, pour moi,
représente deux faux.»
«[...]Attendez,
je vous les donne, les deux. [...]Donc, ce que je dépose, c'est mon rapport
final du 27 mai 2015.
«Alors[...], je vais prendre le rapport qui a
été déposé [ce] matin[-là] à l'Assemblée nationale. Alors, dans ce document-là, d'abord, ce que j'ai vu, c'est qu'il
y avait une première page titre, qui était suivie d'une deuxième page titre,
au verso de laquelle j'ai trouvé un texte.
Alors, les deux pages titres me semblent semblables. Alors, ce que je vois, sur
la première page
titre en haut, c'est
le nom de la direction, mais qui est incomplet : Direction de l'audit
d'évaluation [des] programmes, quand, dans les faits, c'est :
Direction de l'audit interne.
«On voit
Rapport d'audit : Audit des professionnels en conformité des processus,
mandat 310-2014, décembre 2014. Il
manque un filigrane "projet" [à] travers de chacune des pages du document qui
vous a été remis. C'était une version projet.
«Je remarque
aussi — c'est
toujours Mme Boily qui parle — que la page
titre est paginée. Donc, on ne
pagine pas, d'habitude, les pages
titres. Au verso, je vois qu'il y a un texte dont j'ignore totalement la
provenance parce que ça n'existait pas en décembre 2014. Dans cette
page-là, on voit Enquête sur les allégations d'intimidation. En décembre dernier, la journaliste Mme Lévesque, de La Presse ,
laissait sous-entendre que certains PCP — professionnels en conformité de processus — vivaient de l'intimidation. Moi, j'ai de la
misère à comprendre qu'en décembre 2014, un an avant, on peut parler
d'un
article de journal qui n'existe pas dans le temps.
«Par la
suite, il manque aussi la page de l'équipe d'audit, la page des personnes qui
ont réalisé le mandat d'audit. L'autre
page, c'est la table des matières. Il y a deux annexes, et elles ne sont pas
paginées. Dans les documents qui sont produits,
qui étaient produits à l'époque par la Direction interne d'évaluation de
programmes, on avait des gabarits pour faire les rapports d'audit. Alors, les
professionnels n'avaient qu'à écrire le texte dans les espaces qui étaient
blancs, et la pagination se faisait
automatiquement, puis on inscrivait, une fois, en haut, l'entête, et l'entête,
elle se reproduisait partout. Puis la
table des matières, bien, elle se générait automatiquement à la fin, puis il y
a avait une secrétaire qui faisait le travail.»
Président : M. le
leader, je vous arrête. Est-ce que vous pourriez m'indiquer à quel endroit le premier ministre est affecté par cette question-là? Parce que vous nous amenez le texte
qui a été le verbatim de la commission, je l'ai lu, mais j'aimerais ça que vous
me rameniez à votre question de privilège, s'il vous plaît.
Drainville : Bien, M.
le Président, ce que je suis en train
de vous citer, c'est la témoin qui dit : Voici la version
originale, voici ce que contenait la version originale et voici les
altérations, les changements qui ont été faits à mon document — c'est Mme Boily qui parle — et
qui ont été déposés par le premier
ministre. Je pense, M. le Président, que c'est important que nous entendions Mme Boily jusqu'à la
fin pour que vous puissiez par la suite avoir le portrait d'ensemble. Mais, si
vous me permettez, je vais continuer.
«Donc, il y a
encore une page 1 dans le
sommaire. Nos rapports d'audit comportaient [donc] un
sommaire pour le bénéfice de la haute
direction, donc. Parce que des fois, il y a des rapports qui ne sont plus là.
Alors, dans chacune de ces pages-là,
il n'y a pas de filigrane "projet". Je regarde à la page 1, le
sommaire, dans l'en-tête, M310-2014, Rapport d'audit, projet entre
parenthèses. D'habitude, en dessous, il y a le nom du mandat qui est écrit. Ce
n'est pas là.
«Je regarde dans le bas, le pied de page,
Direction de l'audit. Il manque le mot "interne et de l'évaluation de programmes". Puis là je regarde la page 2, il
y a même plus d'entête, il n'y a pas de filigrane. C'est écrit... Il y a un
autre nom de direction, l'ancien nom de la direction : Direction de
la vérification interne et d'évaluation de programmes. Puis il y a une belle ligne qu'on voit en dessous, ce qui donne à penser
que c'est peut-être un document PDF qui a été photocopié. Je ne le sais
pas.»
Elle fait référence toujours, M. le Président,
au document qui a été par le premier ministre, là.
«Donc, sur
toutes les pages — c'est
Mme Boily qui continue — c'est
à peu près ça que je remarque. Il y a des pages qui sautent. Mais, d'après moi, ce que j'ai
essayé de revoir, je ne pense pas qu'il manque de texte, mais on passe de la page 4 à la page 9, et ça continue ainsi
jusqu'à la page 14, décembre 2014, où il y a mon nom. Par la suite, dans le
document, il y a une
annexe I, qui semble aussi avoir encore des défauts de
fabrication, là. Je ne me suis pas attardée à
toute relire l'annexe I. L'annexe I, en fait, ce que ça représentait, c'étaient
des rapports d'audit détaillés pour chacune des directions territoriales qu'on avait visitées, chacun des dossiers
contractuels. On expliquait... en fait, on recomposait toutes les non-conformités qui avaient été
relevées. Donc, c'est une
annexe quand
même assez importante.
Et elle était suivie d'une deuxième
annexe, l'annexe II, qui présentait la même information, mais d'une
manière différente. Pour chacune des
directions territoriales, ce que ça présentait, c'étaient les dossiers
contractuels qui étaient non conformes pour chacune des étapes du processus de gestion
contractuelle avant octroi, c'est-à-dire avant la signature du contrat. Et la
particularité de l'annexe II, c'est
que ce n'était pas un fichier Word, c'était un fichier qui était en PDF, pour
lequel ma secrétaire, mon adjointe,
avait de la misère à rabouter ça en un document Word. Alors, c'est quelque
chose qui était quand même... dont on se souvient [quand] on avait eu
de la difficulté.
«Je regarde ce document-là, [...]je me rends
compte qu'au lieu d'avoir une
annexe III qui, dans ma version préliminaire que j'avais transmise à la Direction
générale des territoires pour avoir leurs commentaires, en fait, c'est une
annexe III, à gauche, on a les recommandations, puis, à droite, c'est des cases
vides pour que les unités vérifient et inscrivent
leurs commentaires et le plan d'action suite aux recommandations. Je m'aperçois
que, dans ce document-là, j'ai
un plan d'action qui vient de la Direction de la programmation et des
ressources territoriales mises à jour du 18 mai 2016. Je ne sais pas si quelqu'un peut m'expliquer
comment un document mis à jour la journée même où il est déposé à l'Assemblée
nationale peut être inclus dans un document
qui existait en décembre 2014. Moi, j'ai... La physique, ce n'est peut-être
pas... ce n'était pas ma force, mais je pense que les lois d'Einstein, on ne
peut pas, [là]... La physique quantique[, là,] on ne peut pas [...] devancer le temps. Donc, j'ai
beau... J'ai ce plan d'action là que j'ai aussi comparé à la version du plan
d'action que j'ai dans mon rapport final du 27 mai 2015. Puis ce n'est pas tout
à fait pareil. Il y a des disparités.
«Par
la suite, durant la même période des questions, M. [le leader du gouvernement] — elle
le nomme par son nom, je ne vais pas
le faire, M. le Président — a
déposé un document qui s'appelait :
Annexe III, rapport DPCP. Je regarde
ça. C'est bien écrit
Annexe III, rapport DPCP
de décembre 2014. Ça comprend trois pages. Mais moi, je ne me souviens pas qu'on n'ait jamais écrit ce texte-là qui
[représente] d'une manière différente les non-conformités. Et je regarde à la page 3, puis il y a un acronyme, DEAI décembre
2015. Pour moi, DEAI, ça veut dire Direction des enquêtes et de l'audit
interne, décembre 2015. Encore là, une autre question : Comment, dans un
rapport projet préliminaire que j'envoie à la
Direction générale des territoires pour avoir leurs commentaires, je peux [...]
avoir des textes qui sont datés du 18 mai 2016, puis un texte qui est daté de décembre 2015, puis une page au début qui
sort de je ne sais pas où? Donc, ça, c'est pour le document qui a été
déposé le matin à l'Assemblée nationale.»
Presque
terminé, M. le Président. «Suite au dépôt de ces deux documents-là — c'est
Mme Boily toujours qui parle, et on conclut avec elle — j'ai quand même questionné, je voulais
savoir qu'est-ce que c'est, ça porte mon nom, c'est déposé à l'Assemblée nationale, ça me dérangeait. Alors,
j'ai fini par obtenir un courriel qui m'a confirmé la chronologie de qu'il
s'est passé avec ces deux documents-là, notamment dans la journée du 18 mai.
[Et] j'ai déposé ce courriel à l'UPAC.
«Donc,
pour moi, à cette étape-ci, le contenu des textes qui ont été déposés le 18 mai
n'est pas fiable.» Fin de citation, fin de l'extrait de Mme Boily en
commission parlementaire.
M. le Président, nous
sommes bien ici dans une situation où la fabrication d'un document, d'une
chose... au préjudice de celui qui avait
seul le droit de la fabriquer ou de la produire, soit la présentation d'un
document ou d'une chose qui ne correspond pas à son état originaire,
comme le prévoit la jurisprudence de l'Assemblée nationale.
le Président, je dépose le rapport produit par le premier ministre. Ce rapport,
M. le Président, est un document faux qui a été falsifié dans le dessein
de tromper. Le premier ministre, M. le Président, doit être tenu responsable
des documents qu'il produit aux parlementaires.
Je répète, M. le Président : Le premier ministre doit être tenu
responsable des documents qu'il
produit aux parlementaires, M. le Président. Nous estimons que la présidence,
vous, M. le Président, devez
aujourd'hui intervenir sans équivoque et envoyer un signal clair au
gouvernement afin que de telles situations ne se reproduisent pas et que
les parlementaires puissent remplir pleinement leur rôle.
Devant
les faits dévoilés par la preuve soumise, nous considérons que les agissements
du premier ministre sont une atteinte à l'autorité et à la dignité de
cette Assemblée nationale et donc, prima facie, un outrage au Parlement.
Le Président :
Peut-être que M. le député du deuxième groupe voudrait dire un mot. Je vous
entendrai après, évidemment, M. le leader du gouvernement. M. le leader du
deuxième groupe.
Bonnardel : Oui, M. le Président, un bref commentaire. L'événement
du 18 mai 2016, où le premier ministre a
déposé un document qui visiblement était falsifié, a été modifié par des gens
qui étaient sous l'autorité du premier ministre, est certainement
l'événement ou le moment le plus grave que le Parlement a