Transportation and the Environment — 30 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CTE 2015-04-30

Quebec — Committees

Transportation and the Environment — 30 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CTE 2015-04-30

Quebec — Committees

Président (M.

Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant

constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je

demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la

sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est

réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du programme

Implantation de la Stratégie maritime relevant du portefeuille Conseil exécutif

pour l'exercice financier 2015‑2016. Une enveloppe de trois heures a été

allouée pour l'étude de ces crédits.

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

La Secrétaire :

Oui, M. le Président. M. Bolduc (Mégantic) sera remplacé par M.

H. Plante (Maskinongé); M. Ouimet (Fabre), par M. Habel (Sainte-Rose);

et M. Roy (Bonaventure), par M. LeBel (Rimouski).

Président (M. Reid) : Merci, Mme la secrétaire. Nous allons

débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs

d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La

mise aux voix de ces crédits sera effectuée ce soir à la fin du temps qui est

alloué à l'étude de ce programme.

Alors,

nous débuterons donc avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous

disposez de 12 minutes, et, si vous n'utilisez pas tout ce

temps-là, ça sera alloué à votre formation politique.

D'Amour : Alors, merci beaucoup, M. le Président. D'abord, vous me

permettrez de saluer les députés qui sont

avec nous ce soir : Mme la députée de Vachon; M. le député de Rimouski; M.

le député de Groulx; il y a également le

député d'Argenteuil, que je salue, de Maskinongé, d'Argenteuil... de Vaudreuil,

pardon, et d'Abitibi-Est. Alors, je pense que j'ai réussi à nommer tout

le monde ou à peu près.

Alors,

M. le Président, c'est un grand plaisir pour moi et un grand privilège de

prendre part à cette étude sur les crédits

relative à la Stratégie maritime et aux autres sujets me concernant à

titre de ministre

délégué aux Transports, et ce, pour diverses raisons. La première est

certainement qu'il s'agit, à mes yeux, d'un exercice hautement démocratique. Soyez assuré, M. le Président, que j'entends ce

soir m'y prêter avec toute la transparence, l'ouverture et le respect auxquels

la population est en droit de s'attendre de ses élus.

deuxième raison est que cela m'amène encore une fois à entretenir cette

commission d'un grand projet, ce projet, c'est la première Stratégie maritime du Québec, qui sera dévoilée

incessamment. Une étape décisive en prévision de son lancement officiel a été franchie à l'occasion du

dernier budget du gouvernement du Québec. Ce budget a mis sur la table... pour le déploiement de ce qui deviendra rien de

moins qu'une révolution maritime et, par le fait même, un véritable levier

de relance économique du Québec.

le Président, je l'affirme avec fierté, je suis un homme de région. Lorsque

j'ai pris la décision de m'engager en

politique, je l'ai fait avec le désir sincère de contribuer à l'essor de nos

territoires, de nos régions mais également afin de contribuer à forger un Québec meilleur pour les générations à venir.

J'ai la profonde conviction que la Stratégie maritime nous permettra de

réaliser ce souhait très cher. Elle est l'outil dont nous avons besoin pour

assurer le bien-être des Québécoises et des

Québécois pour de nombreuses décennies. Vous savez, la Stratégie maritime

constitue l'un des deux piliers de relance de notre économie avec le

Plan Nord. Elle favorisera la croissance économique et la création d'emplois dans toutes nos régions, et ce, toujours

dans le respect de nos communautés et de l'environnement. Je crois tout à fait à-propos d'affirmer aujourd'hui

qu'elle nous permettra de propulser l'ensemble du Québec vers une nouvelle

ère de prospérité durable.

Stratégie maritime représente un volet important du plan économique du Québec.

C'est un projet de très grande envergure

reposant sur des atouts majeurs, notamment notre positionnement géographique,

qui fait du Québec la porte d'entrée

du continent nord-américain; notre main-d'oeuvre qualifiée et, finalement, les

liens du transport intermodal entre le port de Montréal, les aéroports,

les lignes de chemin de fer et le réseau routier québécois. Notre objectif est

clair et surtout ambitieux : d'ici 2030, le Québec offrira des

infrastructures maritimes les plus modernes et disposera d'une main-d'oeuvre parmi les mieux formées. L'ensemble

de ce plan sera dévoilé d'ici juin 2015, donc dans les prochaines

semaines, et il permettra au Québec de se positionner à

titre de chef de file

dans le secteur maritime.

Déjà,

nous avons posé des gestes concrets. D'abord, j'ai accepté avec empressement et

enthousiasme la responsabilité de

ministre délégué aux Transports et à l'Implantation de la Stratégie maritime

pour coordonner, en lien direct avec

le bureau du premier ministre, cette grande aventure. Nous avons d'abord créé

le Secrétariat à l'implantation de la

Stratégie maritime et mis sur pied le Comité ministériel de l'implantation de

la Stratégie maritime. Nous avons

pris des engagements financiers dans

le cadre du budget de juin 2014, notamment dans le domaine des

biotechnologies marines. Nous avons

lancé, toujours à cette même période, en juin 2014, une vaste consultation

auprès de plus de 180 partenaires du

milieu maritime. Au-delà de 80 mémoires ont été déposés et ont alimenté

l'élaboration de notre première stratégie.

Le 10 février

dernier, j'ai eu l'occasion, le privilège de présenter les grandes orientations

de la stratégie lors d'une conférence

organisée par le journal Les Affaires , la première d'une série de conférences,

d'ailleurs, prononcées lors de divers

évènements d'affaires et d'autres événements régionaux. Le 20 février,

nous avons annoncé le volet Tourisme de la Stratégie maritime. Ce volet vise le développement et le renforcement

de l'offre touristique québécoise afin de faire de ce créneau une industrie compétitive, durable, innovante et

attrayante à l'échelle régionale, nationale et internationale. Ce volet représente 30 millions de dollars

pour la réalisation d'investissements pouvant totaliser 80 millions de dollars sur une période

de trois ans.

6 mars dernier, les premiers

ministres québécois

et français ont fait une déclaration d'intention en vue de la création

d'un institut maritime France-Québec qui favorisera la mise en réseau des

acteurs du secteur maritime et la réalisation de projets de recherche. C'est

lors de la mission du premier ministre en France à laquelle j'ai d'ailleurs eu l'occasion de participer. Des échanges

constructifs en ont découlé avec les élus et différents experts français sur

nos futurs partenariats, mais également

sur la question de nos enjeux maritimes communs. Le 13 mars, le premier ministre a d'ailleurs annoncé

l'attribution de 800 000 $ au Centre de recherche sur les

biotechnologies marines et à l'Institut des sciences de la mer de

Rimouski pour la réalisation de deux projets d'innovation.

Plus récemment, le 18 avril, nous avons

accueilli le nouveau navire de la Société des traversiers du Québec et premier traversier propulsé au GNL en Amérique du Nord, le F.-A. Gauthier, un navire

presque aussi majestueux que le fleuve lui-même et dont la mise en

service est prévue pour juillet prochain. Je me dois d'ajouter que l'arrivée de

la technologie offerte par l'utilisation du

gaz naturel liquéfié fait

partie du virage vert effectué actuellement par la

Société des traversiers du Québec,

qui nous a prouvé une fois de plus être en mesure de mener à bon port des

projets d'envergure. D'ailleurs, la société occupera une place

significative au sein de la Stratégie maritime, constituant ainsi un outil de

développement économique régional et touristique important. M. le Président, la

Stratégie maritime récolte déjà ses premiers fruits. De nombreuses entreprises

ont décidé d'accélérer leurs investissements en raison de la mise en place imminente de la Stratégie maritime. En

octobre 2014... a investi pas moins de 20 millions de dollars

principalement dans l'achat d'équipement moderne de manutention et de

chargement de produits agricoles. L'administration portuaire de Montréal a investi, pour sa part, 4 millions

de dollars dans l'amélioration de son bâtiment et des accès ferroviaires et

routiers.

Le 26 mars,

tournant majeur, dans le budget 2015‑2016, mon collègue le ministre des

Finances a dévoilé la décision du

gouvernement d'investir plus de 1,5 milliard de dollars pour la mise en

oeuvre de la Stratégie maritime. Une étape pour le moins décisive en

prévision de son lancement officiel a donc été franchie à l'occasion de ce

dernier budget.

Nous avons

donc préparé le terrain pour le développement de ce qui deviendra un levier de

relance économique du Québec. Cela

signifie concrètement des leviers fiscaux et financiers qui stimuleront les

investissements privés, publics et

institutionnels, et cela, partout sur le territoire québécois. Ajoutons que le

gouvernement mettra en oeuvre trois plans d'action quinquennaux sur l'horizon de la Stratégie maritime, l'horizon

2015‑2030. Afin d'assurer une mise en oeuvre rapide et concrète de la

stratégie, de nouvelles initiatives seront au coeur de son premier plan

d'action quinquennal. Globalement, ces

initiatives s'inscriront dans les principaux volets de la stratégie. Nous

prévoyons, d'une part, accélérer les

investissements dans les infrastructures portuaires commerciales du Québec avec

un budget de 200 millions de dollars sur cinq ans. Avec cela, nous ferons du Québec une plaque tournante de

manutention des marchandises grâce à la mise en place d'une chaîne logistique efficace. Nous comptons également

favoriser l'implantation de pôles logistiques avec un budget de 400 millions de dollars sur cinq

ans. Les pôles logistiques sont des éléments incontournables pour accroître

les échanges commerciaux et de s'assurer que le Québec prendra davantage sa

place dans le commerce international. Nous

miserons également sur le soutien aux investissements privés et manufacturiers

dans les zones industrialoportuaires en

y consacrant un budget de 450 millions de dollars toujours sur la même

période, une période de cinq ans. D'ailleurs, le dévoilement de la

stratégie nous permettra de faire connaître ces sites qui auront été

sélectionnés.

N'oublions

pas non plus l'essor du tourisme maritime, que nous prévoyons favoriser

notamment en développant les

infrastructures de croisière à Québec et à Montréal avec un budget qui

s'élèvera, au total, à 77 millions de dollars sur cinq ans. De

cette enveloppe, 35 millions de dollars serviront à reconfigurer de même

qu'à agrandir le terminal de croisière

Ross-Gaudreault d'ici cinq ans, une somme de 20 millions de

dollars servira à réhabiliter la gare

maritime et la jetée Alexandra de Montréal, et 21,6 millions de dollars sur

cinq ans sont destinés à élargir l'offre des infrastructures de la société

des établissements de plein air québécois, que l'on appelle communément la

SEPAQ. Il est également prévu de prolonger le

crédit d'impôt pour la Gaspésie et certaines régions maritimes du Québec et de

le bonifier pour les Îles-de-la-Madeleine avec un budget de

56 millions de dollars, une excellente nouvelle pour ces régions.

Soutenir la recherche et l'innovation fait

également

partie des actions prévues tant pour la sauvegarde de l'environnement que pour la création de nouveaux

produits, et ce, en réservant près de 16 millions de dollars. Premièrement,

notre gouvernement a indiqué qu'il

soutiendra la création d'un premier réseau panquébécois de la recherche

spécialisée dans les questions

maritimes. Vous savez d'ailleurs que la création de l'institut scientifique en

collaboration avec la France a été

annoncée lors de la mission du premier ministre, en mars dernier, à laquelle

j'ai eu le plaisir de prendre part. Plus de 3 millions de dollars serviront au développement de ces

initiatives. Deuxièmement, une somme de 3,4 millions de dollars est réservée pour la

recherche de même que l'acquisition de connaissances qui favoriseront

l'élaboration de plans d'urgence environnementale.

Enfin,

plus de 9 millions de dollars seront investis au cours des prochaines

années dans la recherche appliquée et l'innovation, notamment dans le

domaine des biotechnologies marines.

Finalement, nous

comptons également soutenir des initiatives qui visent à répondre à des enjeux

particuliers. Ainsi, le budget 2015‑2016 prévoit des interventions totalisant

70 millions de dollars sur cinq ans répartis de la façon suivante : 35 millions pour améliorer

l'efficacité du transport maritime par la réduction des émissions de gaz à

effet de serre, et ce, par le biais

du Programme visant la réduction ou l'évitement des émissions de GES;

15 millions de dollars sur trois

ans pour développer l'industrie des pêches et de l'aquaculture commerciales;

5 millions sur cinq ans pour encourager les exportations;

15 millions pour former la main-d'oeuvre.

je conclurai là-dessus, M. le Président — encore quelques instants, si vous me le

permettez : dans le cadre de la stratégie,

le gouvernement appuiera notamment le développement des zones portuaires; les solutions

de transport intermodal, qui incluent

le monde maritime, le développement du transport maritime courte distance, le

cabotage, les investissements permettant

aux navires de croisière de se brancher au réseau électrique local pour

s'alimenter lorsqu'ils sont à quai, la construction

de navires utilisant le gaz naturel liquéfié. Ces mesures montrent clairement,

concrètement que la Stratégie maritime constitue un pilier de relance de

notre économie.

voudrais d'abord vous remercier de votre attention et conclure en vous

présentant les gens qui m'accompagnent à la table à l'avant ce soir,

qui pourront, le cas échéant, si le besoin se fait sentir, répondre aux questions :

alors, à ma droite, immédiatement, il y a M. Jocelyn Fortier, président-directeur

général de la Société des traversiers du Québec; à mon extrême droite, M. Georges Farrah, secrétaire général associé

au Secrétariat à l'implantation de la Stratégie maritime; et, à ma

gauche, M. Mathieu St-Pierre, qui est mon directeur de cabinet.

Voilà, M. le Président.

Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. J'invite

maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée de

Vachon à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes.

Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Donc, saluer le

ministre délégué à la Stratégie maritime, saluer les collègues du

gouvernement, les collègues de la deuxième opposition et, finalement, mon

collègue de Rimouski, qui m'accompagne pour une

partie de la soirée étant donné

que le dossier maritime l'intéresse particulièrement.

J'aimerais,

M. le Président, rappeler, parce que souvent le ministre délégué l'oublie, que

le Parti québécois avait déjà déposé, en août 2001, avec l'ancien

ministre délégué aux Transports, Jacques Baril, la Politique de transport maritime et fluvial, et juste vous dire, M. le

Président, qu'elle était déjà très d'avant-garde, cette politique, puisqu'on

parlait, dans cette politique, de la

compétitivité du Saint-Laurent; du cabotage et le transport intermodal; du

transport maritime international; des réseaux portuaires; du

développement industriel et régional découlant du transport portuaire, du

transport maritime; du tourisme fluvial; des croisières internationales; de la

réparation et la construction navale; des armateurs

québécois; et tout un volet pour accroître les efforts promotionnels à l'égard

des activités maritimes et améliorer l'image

du Saint-Laurent avec la promotion des activités maritimes du Saint-Laurent, le

développement de l'intérêt pour le Saint-Laurent et le transport

maritime et, finalement, un volet pour le savoir-faire québécois et le faire

connaître à l'étranger, donc la formation,

la recherche-développement, donc vraiment,

la première politique maritime déposée par le gouvernement du Parti québécois en 2001 et, malheureusement, cette politique

a été laissée dans l'oubli pendant les neuf ans de règne libéral.

Donc,

ceci étant dit, ce soir nous aborderons donc des questions concernant la

Stratégie maritime, des questions reliées

au transport maritime, reliées aux infrastructures maritimes, aux pôles logistiques également.

Nous avons déjà eu des échanges sur

ce dossier. Et nous ferons donc cet exercice de crédits, de questions à la

partie gouvernementale pour recevoir

le maximum d'informations. Et il

y a probablement aussi certains

documents que nous demanderons, là, qui ont été annoncés à travers les

médias, et nous ferons la demande pour avoir un peu plus d'informations.

Président (M. Reid) :

Merci, Mme la députée de Vachon. J'invite maintenant le député de

Groulx, porte-parole du deuxième

groupe d'opposition, à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de

cinq minutes.

Surprenant : M. le Président, bonsoir. Alors, je tiens à saluer mes collègues ce soir, M. le ministre délégué à la Stratégie

maritime et son équipe également, alors les députés du gouvernement, les députés donc de l'Abitibi-Est, de Vaudreuil, de Maskinongé et d'Argenteuil, mes collègues, également, de la première

opposition, les députés de Vachon

et de Rimouski, ainsi que mon collègue député de Borduas. Alors, je les salue

et je les remercie, donc, de participer à cette soirée, là, d'étude des

crédits.

Alors

donc, pour nous, la Stratégie maritime est un élément très important du

commerce canadien international. On a

même eu le privilège de consacrer beaucoup de temps à l'écriture d'un projet

qui s'appelle le Projet Saint-Laurent, alors,

qu'on a publié et dont certains éléments sont repris par l'un et l'autre. Alors

donc, on est fiers de ce qu'on a fait, donc,

pour nous, c'est très important. C'est un pilier important de l'économie

d'avoir une stratégie, là, maritime. Alors, la manutention de marchandises est importante pour le commerce

international, donc c'est important que le Québec ait sa place et donc qu'on ait une stratégie à cet

égard-là, et donc on espère que la stratégie va être déposée de façon imminente

par le gouvernement.

Alors, on est ici ce soir dans un

esprit de collaboration et d'engagement à ce que les travaux fonctionnent bien,

et puis, donc, je vais demander à ce que le

reste de mon temps, M. le Président, nous soit attribué à nos questions tantôt.

Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Groulx. Alors, les

temps qui n'ont pas été utilisés seront rajoutés au temps des blocs. Après discussion, finalement, on a retenu des blocs

de 15 minutes, ce qui fait qu'il y aura cinq blocs

gouvernementaux... enfin, ministériels, quatre blocs aux députés de

l'opposition officielle et deux blocs... trois blocs, pardon — trois

blocs, sinon ça n'arrivera pas — trois blocs à l'opposition officielle et

deux blocs au deuxième groupe d'opposition.

Alors, je vais commencer

maintenant et je suis prêt à reconnaître pour une première intervention

l'opposition officielle. Mme la députée de Vachon, la parole est à vous.

Ouellet : Oui. Donc, merci, M. le Président. Donc, nous

avons des questions. Il y a eu une annonce qui a été faite premièrement en France — vous avez fait tout un voyage en France,

donc, vous faisiez

partie de la délégation — une annonce

de 2 millions de dollars pour un institut de recherche, à Rimouski,

France-Québec, mais, quelques semaines plus tard, l'annonce a dégonflé, et c'est rendu 800 millions de

dollars... 800 000 $, excusez, et, de ce 800 000 $ là,

donc, 400 000 $ à l'Institut des sciences de la mer de l'UQAR,

éventuellement dans un nouveau pavillon qui pourra peut-être nous être confirmé

ce soir, je ne le sais pas.

Toutefois,

nous avons des inquiétudes, parce que, d'un côté, un 400 000 $ pour

l'ISMER à Rimouski... mais, de l'autre

côté, vous savez que la Stratégie maritime est aussi beaucoup reliée aux ports

et aux quais, qui sont de juridiction fédérale. Donc, je ne sais pas

quel genre de relations vous avez avec vos homologues du gouvernement du

Canada, mais le gouvernement du Canada a

fermé, du jour au lendemain, la jetée ouest du port de Rimouski sans aucun

avertissement — aucun — aux gens de Rimouski. Donc là, on voit, là,

que, la Stratégie maritime, il manque un petit peu de communication. Et les gens de l'ISMER évaluent

que les coûts supplémentaires... parce que, maintenant, le bateau ne pourra pas être à quai à moins d'avoir toujours

des travailleurs à l'intérieur pour être toujours prêt à partir, et ce sont

des coûts supplémentaires évalués à 300 000 $.

Donc,

vous comprenez qu'une annonce... d'un côté, on donne de la main

400 000 $ et de l'autre côté on reprend 300 000 $ par une mauvaise communication

avec le gouvernement fédéral. J'aimerais que vous m'expliquiez quelles sont

les intentions. Est-ce que le Québec va

prendre la relève? Est-ce que vous avez discuté avec le gouvernement du Canada

pour qu'il fasse la réfection nécessaire à la jetée ouest du quai pour le port

de Rimouski?

Le Président (M.

Reid) : Merci, Mme la députée de Vachon. M. le ministre.

M. D'Amour :

Alors, il y a beaucoup de choses dans ce qui a été dit ce soir par la députée

de Vachon.

D'abord, sur ses

remarques préliminaires... Moi, je n'ai pas l'intention de nier ce qui a été

fait auparavant dans l'industrie maritime au

Québec, parce que, s'il y

a un constat qu'on peut faire dans l'ensemble

de l'industrie, il y a des choses qui ont été faites, et on a déjà

bâti, pour une bonne part, l'économie du Québec sur le plan maritime — on

l'a fait : le Port de Québec,

le port de Montréal, mais les ports régionaux aussi, que ce soit à

Matane, que ce soit en Gaspésie, à la

Société des traversiers. Il y a des choses qui ont été faites. Sur la politique

fluviale de 2001, j'aimerais rappeler à la députée — sans doute que ça lui rappellera des souvenirs — c'était

50 millions de dollars qui avaient été mis sur la table à ce moment-là, et, faute de projets, le 50 millions

de dollars n'avait pas été utilisé.

J'ai fait les vérifications à ce

niveau-là.

Ceci

dit, le 800 000 $ dont la députée vient de faire allusion quant à l'annonce de Rimouski — son

voisin de gauche peut en témoigner — c'est

800 000 $ qui ont été faits non pas pour l'institut scientifique,

l'institut Québec-France, c'est 800 000 $ pour l'ISMER et le centre de développement des biotechnologies marines. C'est une annonce qui a touché ces

deux éléments bien précis, d'ailleurs qui ont fait l'objet, je le pense, de

questions de la part de la députée de Vachon l'année

dernière parce que c'était dans le budget de l'année dernière. Alors, c'est

800 000 $ dans le cadre de l'ancien budget. Lorsqu'on parle de

l'institut Québec-France, qui a été conclu en mars dernier en France, c'est la

création de cet institut de recherche

conjoint, et je vais me permettre de vous dire exactement où est-ce qu'on en

est. Ce qu'on a fait en France, c'est

de ratifier une entente concernant notre intention. Et, depuis ce temps-là,

notre secrétaire général, M. Farrah, est dans l'action avec son vis-à-vis français pour définir les modalités

d'implantation de l'institut. Et ça, ça va se faire d'ici la fin de la présente année, ça va se faire

en cours d'automne — d'ailleurs,

le député de Rimouski était présent à cette conférence de presse là à Rimouski — et l'institut aura pignon sur rue à

l'Université du Québec à Rimouski. L'institut va s'inscrire dans un projet d'agrandissement de l'université, et, dans

le temps, bien, on parle d'une pérennité, parce que c'est important de

faire la recherche. On ne peut pas parler de créer une première stratégie

maritime au Québec sans miser fortement sur

la recherche. Et, les budgets qui y seront consacrés, là, on parle de 3,1 millions

de dollars. On ne parle pas de 800 000 $, on parle de

3,1 millions de dollars, conjointement avec la France.

Nous

aurons d'ailleurs l'occasion de retourner non pas en France, mais à Rimouski au

cours des prochains mois de façon à

définir les modalités. Mais le fer de lance de notre action maritime au Québec,

M. le Président, c'est la recherche, c'est

le développement et c'est la raison pour laquelle nous misons beaucoup sur cet

institut. La France... ce n'est pas à vous, les parlementaires, que je vais apprendre ce soir qu'il existe là-bas

une expertise tout à fait remarquable. L'histoire de la France, c'est

l'histoire avec l'eau, avec la mer, alors c'est important de le souligner.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Rimouski.

M. LeBel : J'étais en

train de dire : Est-ce que je le laisse aller, prendre le bloc? Parce que

je connais le ministre et...

D'Amour : Mais, juste vous dire, M. le Président, je n'ai pas répondu

à la question sur le bateau sur le quai à Rimouski, mais sans doute que

le député veut m'amener dans cette direction-là.

LeBel : Oui, oui, sûrement. Le député de Rivière-du-Loup, que je

connais depuis assez longtemps, c'est un expert en communications, et je trouve qu'actuellement il y a beaucoup

de contorsions communicationnelles autour de la politique maritime.

C'est

14 millions cette année qui y seraient investis, dans la Stratégie maritime,

et le 800 000 $ dans les deux instituts, que j'ai applaudis, que je suis très heureux, mais

qui ont été annoncés au budget l'an passé, réannoncés avant le budget cette année en conférence de presse à Rimouski et

réannoncés dans le budget. Bon, je trouve que c'est beaucoup de choses, beaucoup d'annonces pour le 800 000 $.

Et je comprends que le ministre vient de rajouter un élément qui est important

pour moi, c'est que... par rapport à

l'institut Québec-France, c'est que c'est lié à l'agrandissement de

l'Université du Québec à Rimouski, à

la création d'un nouveau pavillon. Ça, je trouve ça important. Cet

agrandissement-là, je ne le trouve nulle part dans le budget, dans le PQI ou... il n'est nulle part. Mais, je

comprends, il y avait un petit élément dans le communiqué du premier ministre, et le ministre vient d'en

faire... Je trouve ça important de le mentionner pour la suite des choses, que

ça soit inscrit.

Sur la Stratégie

maritime, pour être quelqu'un du Bas-du-Fleuve comme le ministre, je sais

l'importance du fleuve Saint-Laurent chez

nous pour le développement économique. C'est assez particulier qu'on a des

grandes ambitions puis qu'on fait des

grands discours sur la Stratégie maritime quand le bateau de recherche qu'on

veut installer à l'institut Québec-France...

quand le bateau de recherche de l'université à Rimouski ne peut pas s'accoster

au quai de Rimouski. Puis je le sais,

que ce n'est pas la faute du ministre, c'est la faute du fédéral. Pour une

fois, le fédéral n'a pas... Le quai est en très mauvais état, il n'a pas investi, il a laissé aller, et le

bateau de recherche... Tu sais, on va dire aux Français : Venez voir comment on fait notre recherche, mais le

bateau, il n'est pas à Rimouski, il est à Québec, ça fait qu'embarquez dans

l'auto avec les rechercheurs de Rimouski

puis allez faire un tour à Québec voir ce qui se passe dans le... Je trouve que

ce n'est pas sérieux. Une vraie stratégie

maritime ferait en sorte qu'on aurait accès à nos quais puis on pourrait

développer à partir des quais qui nous appartiennent. Aujourd'hui,

personne ne comprend, à Rimouski, la situation.

bateau de recherche, pour les gens qui sont là, il s'appelle le Coriolis, et

c'est un bateau important qui participe à la recherche maritime. Les chercheurs chez nous et les intervenants

disent : Quel est le plan du ministre dans sa Stratégie maritime

pour les infrastructures portuaires à Rimouski et ailleurs qui appartiennent au

fédéral? Ce que les gens nous disent,

d'autres experts... puis là je parle des gens qui font de la recherche, ils

ajoutent que la Stratégie maritime sans les infrastructures, ça ne

signifie rien. Les investissements doivent être de l'ampleur des prétentions

actuelles. Pour ces deux experts — on parle de deux experts — la Stratégie maritime actuelle, ce ne sont

que des mots si on n'a pas les quais, si

on ne travaille pas avec les quais. Et je pense que le ministre comprend bien

ça aussi et j'aimerais ça savoir avec lui qu'est-ce qu'on dit aux

chercheurs à Rimouski. Qu'est-ce qu'on dit aux gens, les Français qui viennent

ici?

Est-ce

qu'un jour ou l'autre les quais vont nous appartenir? Est-ce qu'on va pouvoir

intégrer ces quais-là dans une véritable stratégie maritime nationale,

québécoise, qui se tienne?

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le député de Rimouski. M. le ministre.

D'Amour : Alors, M. le Président, j'aurai sans doute l'occasion

d'inviter mon collègue au lancement de la Stratégie maritime, et il constatera lui-même... et sans doute sera très

heureux de la Stratégie maritime lorsqu'on en fera le dévoilement parce que Rimouski fait

partie des

régions au Québec qui vont figurer aux premières loges de la Stratégie

maritime en termes de développement.

Rimouski,

c'est un point de convergence, on va s'entendre facilement lui et moi, c'est un

lieu de convergence qui est unique de

l'expertise, des connaissances, du savoir-faire québécois dans le domaine des

sciences et technologies de la mer.

On pense, entre autres, à l'Institut des sciences de la mer — on en a discuté tantôt; du Centre de

recherche en biotechnologies marines.

J'ai eu l'occasion de visiter ce Centre de recherche il y a un peu plus d'un an

avec le premier ministre,

M. Couillard, à l'époque où nous étions dans l'opposition. Nous y sommes

retournés par la suite. C'est important de consolider Rimouski.

Sur la question du

port, de façon pointue, de façon toute particulière...

M. D'Amour :

Non, mais je ne fais que faire référence aux propos du député, Mme la députée

de Vachon.

la question du port, cet après-midi, et parce que ça me préoccupe beaucoup, dès

que j'ai eu la nouvelle, là, j'ai fait le nécessaire, j'ai parlé à

M. Éric Lapointe aujourd'hui pour lui offrir des alternatives. Il y a une

chose qui est claire, c'est que le quai est

en mauvais état, et, moi, ce qui m'étonne, M. le député, c'est que, ce quai-là,

on connaît son état, hein, qui ne va

pas en s'améliorant au gré des années, et personne n'en parlait, jusqu'au jour

où, le quai, on ne peut pas s'en

servir, on ne peut plus s'en servir. Alors, j'ai offert à M. Lapointe

aujourd'hui des idées sur le plan des opportunités qui s'offrent à lui. Il y a Cacouna, qui n'est pas

tellement de Rimouski, il y a Mont-Joli, il y a l'autre quai aussi qui

appartient à Canada, qui est du côté

est, si je ne m'abuse, du quai qui est condamné. Il y a des opportunités pour

pouvoir faire accoster ce bateau à Rimouski ou dans la région.

Maintenant, il y a une question de coûts, et, moi, ce que je demande au

gouvernement fédéral clairement, c'est prendre ses responsabilités et

d'investir sur le quai de Rimouski.

député m'a également, M. le Président, amené sur une problématique d'ensemble.

Premièrement, là, on a des projets.

Présentement, je vous dirais, sur la très grande majorité des ports, des quais

au Québec, il y a des projets avec lesquels

nous cheminons, comme gouvernement, à l'intérieur de la Stratégie maritime, qui

sera annoncée bientôt. Le fait que ce

soient des propriétés fédérales, ça ne nous empêche pas d'intervenir

concrètement, pas du tout, et le fédéral, en autant que je suis

concerné, réagit très bien à notre Stratégie maritime. J'ai eu l'occasion de

rencontrer mon vis-à-vis, Mme Raitt,

et, si vous me laissez conclure, M. le député, je vais vous donner les réponses

claires. Vous savez que le fédéral a annoncé

vendredi dernier son intention de se dessaisir de l'ensemble de ses

installations portuaires. Mais nous, on n'a pas attendu que le fédéral bouge à cet effet-là. Il y a déjà plusieurs

mois, en 2014, j'ai confié au forum maritime au Québec, qui est composé

de gens de l'industrie, de façon très générale, les syndicats, les

représentants en main-d'oeuvre, les armateurs...

j'ai confié au forum le mandat d'analyser la possibilité d'acquérir certaines

de ces infrastructures, mais vous comprendrez

qu'il y a un enjeu financier important. Les quais sont parfois dans des états

qui nous poussent à nous interroger sur le plan financier. Il s'agit de

défis importants.

Alors, on est en train d'analyser la situation

et on aura l'occasion d'échanger avec le gouvernement fédéral là-dessus. Chose certaine, on ne va pas récupérer

des infrastructures portuaires sans que le fédéral y souscrive financièrement

dans la mesure de les rendre accessibles

puis d'améliorer leur état. Et j'ai aujourd'hui rencontré des gens de la

Gaspésie à mon cabinet qui me

soulignent leur intention d'acquérir le quai. On parle de Carleton de façon

pointue, Carleton. Alors, il faut vérifier les intérêts régionalement,

il faut vérifier ce que le gouvernement fédéral est prêt à mettre sur la table,

l'ensemble des enjeux. Mais, chose certaine,

on se préoccupe de ça, et je vous dirais que, jusqu'à un certain point, M. le

député, on partage la même orientation là-dessus.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Rimouski.

LeBel : Bien, c'est clair qu'on partage là-dessus, c'est sûr. Moi,

j'en veux une, vraie stratégie maritime,

mais je suis certain, comme les

autres, qu'il n'y aura pas de vraie stratégie maritime si on n'a pas

accès à nos quais. Actuellement, le

fédéral, il se fout de votre Stratégie maritime. Il y a un quai qu'il n'a pas investi une cent dedans. Il y a des

pétroliers qui vont aller... ils vont

s'accoster à ce quai-là, ils vont avoir de la difficulté. Le

Bella-Desgagnés, qui amène la provision sur la Côte-Nord, a de la difficulté à s'accoster. C'est une situation

qui n'est pas tenable. Et je ne sais pas si le ministre, dans ses grandes ambitions par rapport à la Stratégie maritime, que je suis prêt à appuyer, qui veut venir

annoncer ça en grande pompe, éventuellement, à Rimouski... Mettons, il

parle de juin, à un moment donné, il m'avait parlé de juin, ça va peut-être être plus tard, on verra. Mais, au moment où il

fera ça, est-ce qu'il va faire ça sur le quai de Rimouski en

nous disant que les gens du fédéral ont convenu de réparer le quai et de le

laisser au gouvernement du Québec, de se dessaisir puis de le laisser réparer

au gouvernement du Québec pour qu'on ait une vraie stratégie maritime?

Est-ce que, du moment où vous allez annoncer votre Stratégie maritime, ça va être

réglé avec le fédéral? Est-ce

qu'on aura accès à nos quais? Et est-ce qu'ils seront intégrés dans une

stratégie maritime?

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le député de Rimouski. M. le ministre.

D'Amour : C'est fou, hein, on peut toujours apprendre des choses aux

gens. Le Bella-Desgagnés, soit dit en passant,

peut accoster parce qu'il n'a rien à voir avec le quai qui a été condamné. Le

Bella-Desgagnés, il accoste juste à côté, dans votre comté, M. le

député, là, juste là, O.K.? J'ai la parole, je vais la prendre.

Soyons

sérieux, là. Lorsque vous parlez d'une vraie stratégie maritime, avant la fin

de la présente session, si tout va

comme prévu, la Stratégie maritime aura été annoncée clairement. Et je tiens à

rassurer les gens, les Québécois, mais particulièrement les Québécois de

Rimouski sur la question du ravitaillement, parce que c'est un bateau

ravitailleur, le Bella-Desgagnés. Il

accoste, il peut accoster, il n'y a aucun problème. C'est le quai pour le

bateau de recherche qui éprouve les

difficultés présentement. Alors, il ne faut pas apeurer tout le monde, là.

Alors, pour ce qui est de la Stratégie maritime...

M. LeBel : Ce n'est pas ce que je

fais. M. le ministre, ce n'est pas ce que je fais.

D'Amour : Mais, M. le Président, j'ai la parole. Je crois que j'ai la

parole. Mais je pense qu'il faut être bon joueur puis il faut être

correct. Je vais laisser...

M. LeBel : Mais je suis très bon

joueur.

M. D'Amour : Je vais laisser le

député compléter.

Le Président (M. Reid) :

Allez-y, M. le ministre, allez-y.

M. D'Amour : Non, mais allez-y. Je

vais entendre sa...

LeBel : Non, non, je suis très bon joueur. Ce que j'explique : il

y a un trafic autour de ce quai-là. Actuellement, le bateau de recherche pourrait être là, il

pourrait s'installer, mais il faut qu'il laisse sa place de temps en temps, effectivement, il y a un côté qui est potable. Ça

fait qu'il faut qu'il laisse sa place de temps en temps, il faut qu'il parte, laisse sa place au Bella-Desgagnés, qu'il

revienne. Ça coûte cher en équipage, ça coûte cher en argent puis ça met en

péril la recherche. C'est ce que je dis.

Ce quai-là actuellement

n'est pas à la hauteur d'un quai pour une technopole maritime que voudrait être

Rimouski et qui voudrait être intégrée dans

la Stratégie maritime. Je continue à dire que, une vraie stratégie maritime,

on devrait avoir accès à un quai qui s'appelle vraiment un quai à la hauteur

d'une stratégie maritime.

Le Président (M. Reid) : Merci,

M. le député de Rimouski. M. le ministre.

M. D'Amour : Bien, en conclusion

là-dessus, moi, ça me...

Le Président (M. Reid) : ...

Le Président (M. Reid) : Il

reste 1 min 22 s pour le bloc.

M. D'Amour :

D'accord. Ça me questionne beaucoup, M. le Président, le fait que le député

s'inquiète tout à coup. Où était-il?

Le quai, ce n'est pas arrivé du jour au lendemain, là, qu'il se soit détérioré,

hein? Il n'y a pas eu d'intervention.

On est devant un constat aujourd'hui. Et je le

rassure, en fait, en lui disant que j'ai eu l'occasion de parler à M. Éric Lapointe. Je ne sais pas si le député

lui a parlé, mais M. Lapointe... aujourd'hui, on a eu une discussion

constructive, on a parlé d'avenir, et

ce que j'ai dit à M. Lapointe, ce que je lui ai offert, c'est toute notre

collaboration, parce qu'il y a des

représentations à faire auprès des intervenants concernés au gouvernement

fédéral. On fait notre travail, et, moi, ce que je souhaite, c'est que le gouvernement fédéral prenne ses

responsabilités, dans le sens qu'il s'agit de sa propriété, et répare le quai. Et j'ai moi-même souligné tout à

l'heure l'importance de Rimouski dans la mise en place de la Stratégie

maritime parce qu'au Québec Rimouski est un territoire reconnu. C'est

l'Institut maritime du Québec, c'est bientôt l'institut

France-Québec sur la recherche dans le domaine maritime, c'est important, alors

ce quai doit être réparé, mais, en

attendant, il y a des solutions, puis je pense que ce serait irresponsable de

ne pas envisager de solutions à court terme, parce qu'à moyen terme il faut réparer ce quai-là. Alors, le député de

Rimouski, comme en toutes circonstances, pourra bénéficier de mon appui,

l'appui de mon gouvernement là-dedans.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Nous passons maintenant à un bloc ministériel, et je

donne la parole...

Le Président (M. Reid) : ...au

député d'Abitibi-Est.

Bourgeois : Pardonnez-moi, M. le Président. Bonsoir, M. le Président,

ça me fait plaisir d'être avec vous ce soir,

mes collègues ainsi que les collègues des oppositions. Alors, j'espère que la

députée de Vachon va avoir autant de plaisir ce soir qu'on en a eu hier,

finalement. On a été à même de bien profiter de la séance.

Bourgeois : Ah! ça va être une pièce d'anthologie, mais également pour

le député de Rimouski. Je tiens à le féliciter encore, officiellement,

devant les caméras, puisqu'on avait pris un...

M. LeBel : ...bon joueur.

Bourgeois : Oui, de bonne guerre. Donc, je confirme qu'il a remporté

son pari, et son équipe de hockey a réussi à battre la mienne cette

année, mais on va se reprendre.

M. le ministre, les membres de l'équipe, ça me

fait plaisir d'être ici, parce que ce soir je veux qu'on puisse établir des liens avec un autre secteur qui

m'interpelle beaucoup, le Nord. On est à la réalisation de deux projets

majeurs pour la relance de l'économie

du Québec. Dans sa première mouture, quand le Plan Nord

avait été lancé, tout le monde

s'accordait pour définir cette action-là comme une vision qui permettait au Québec

de se démarquer au niveau international sur plusieurs aspects dans lesquels je vais vous entretenir,

mais la combinaison avec une stratégie maritime, c'est dans cet angle-là que je vais vouloir qu'on regarde ça ce soir, M. le ministre, parce qu'en effet, M. le

Président, vous savez que d'avoir une perspective globale sur des enjeux

comme ceux-là nous permet d'aller plus loin, de créer des synergies entre justement deux stratégies fort

importantes, importantes pour les gens du Nord, parce que ces gens-là disent...

parce que, oui, on parle beaucoup des

territoires, mais on ne parle pas assez des gens parfois. Et, moi, ça m'inspire

beaucoup de parler des gens parce que

je les ai côtoyés, j'ai fait ce passage-là sur le territoire pour connaître et

m'approprier un peu les enjeux, M. le Président. On fait ça dans nos comtés,

hein, on veut représenter le mieux possible nos populations, mais, quand on a eu l'occasion de couvrir ces

territoires-là, on réalise à la fois tout le potentiel, mais aussi les

ambitions des gens qui habitent ce territoire-là.

évidemment, quand on parle d'un territoire de 1,2 million de kilomètres

carrés en ce qui concerne le territoire du Plan Nord, on sait que ce territoire-là renferme des ressources

importantes, que ce soit du côté du domaine minier; on peut parler aussi

du secteur forestier, plus de 200 000 kilomètres de forêt. Et donc, en

termes d'approvisionnement pour les compagnies

forestières, c'est la principale source, si on regarde globalement, sur

l'ensemble du territoire québécois. On parle également de toute la production

hydroélectrique du territoire, plus de 75 % de la production hydroélectrique du territoire, M. le Président,

que ça soit sur la Côte-Nord, en Jamésie, où on retrouve des grands ouvrages

qui font la fierté des Québécois, et qui

font la fierté des travailleurs qui les ont réalisés, ces ouvrages-là, au fil

du temps, et qui nous ont permis

d'avoir accès à une énergie qui nous a permis d'attirer des acteurs économiques

sur l'ensemble du territoire

québécois, parce que c'est ça, l'enjeu : c'est de trouver la meilleure

façon de travailler pour que l'ensemble du Québec profite pleinement des réalisations des grands enjeux qui ont été

mises en place et sur lesquelles on a développé des stratégies pour

s'assurer qu'elles portent le plus possible.

Mais

je veux revenir aux gens. Il y a, donc, dans ce territoire-là, quatre nations

autochtones : les Cris de la Baie-James,

les Inuits du Nunavik, les Naskapis de Kawawachikamach et finalement les Innus

de la Côte-Nord. Ces gens-là ont

occupé ce territoire-là depuis longtemps, ils veulent y rester longtemps et ils

vivent une réalité qui a évolué au fil du temps, plus rapidement pour certaines des communautés. Il n'y a pas si

longtemps, avant le développement des projets hydroélectriques de la Baie-James, les communautés cries étaient toutes

des communautés isolées; aucune route d'accès. Les seules façons d'accéder au territoire, c'était soit par la voie

aéroportuaire ou maritime, et, je pense que vous allez me voir venir

avec mon propos, il y a encore de ces communautés-là qui sont dans cette

situation-là.

y a un enjeu important pour la desserte des communautés du Nord au niveau du

maritime. Il y a un enjeu important

aussi pour les compagnies qui veulent développer des projets importants dans le

Nord, surtout dans le secteur minier. On peut penser que, du côté

minier, toute la

partie du Nunavik, actuellement elle n'est desservie que par

voie maritime; oui, par avion, si vous

allez... Par exemple, il y a une compagnie qui est peut-être un peu plus

chanceuse que les autres, on peut

penser au projet Stornoway; le projet Renard, en Jamésie, ils produisent du

diamant. Bon, le diamant, M. le

Président, je ne vous cacherai pas que le chargement n'est pas trop gros, on

peut mettre ça dans une valise et embarquer dans l'avion, mais, quand on

parle de production d'or ou d'autres types de minéraux ou de métaux,

évidemment, à ce moment-là, on a besoin

d'avoir des infrastructures qui nous permettent, une fois extraits, de les

amener vers les marchés. Et, de ce côté-là, il y a des réalités qui sont

très claires, M. le Président.

Actuellement,

si je veux me rendre dans le communauté inuite la plus proche d'un réseau

routier, je vais être dans le secteur

de Radisson et je vais espérer qu'il y ait une route qui se construise environ

à 300 kilomètres plus loin pour me rendre

à Whapmagoostui ou Kuujjuarapik pour pouvoir penser à aller rejoindre cette

communauté-là. Il y a un fort potentiel, cependant, dans ce secteur-là à

la fois pour des projets à caractère minier et aussi des projets

hydroélectriques.

Donc, dans une vision

de pouvoir permettre à ce territoire-là de se développer, je pense qu'il faut

intégrer, justement, la Stratégie maritime

en lien avec la réalité de ces communautés-là parce qu'elles sont desservies

actuellement... au niveau, par

exemple, de l'alimentation électrique, ce sont des centrales au diesel, mazout,

donc, qui coûtent très cher à opérer,

qui sont très polluantes, et donc qui ne correspondent pas non plus aux valeurs

des gens qui habitent ce territoire-là, qui veulent qu'on protège ce territoire-là, qui ont une préoccupation de

protection, de pouvoir y vivre dans un contexte favorable. Ils sont inquiets des changements climatiques. Il faut être

capables d'amener des solutions. Ce que la Stratégie maritime va venir faire en lien avec ce projet-là,

M. le ministre, j'aimerais ça que vous puissiez nous le présenter, parce qu'il

y a des ambitions. On sait, entre autres, qu'il y a des compagnies aussi qui

comptent beaucoup sur la

partie maritime pour pouvoir les desservir en alimentation, en gaz. Et donc, là-dessus,

M. le ministre, j'aimerais que vous nous établissiez les liens à faire

avec le développement du Nord en lien avec la Stratégie maritime.

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le député d'Abitibi-Est. M. le ministre.

D'Amour : Bien, merci, M. le Président. Dans les faits, là, entre le

Plan Nord et la Stratégie maritime, c'est une cohabitation tout à fait

heureuse, c'est une complémentarité à tout point de vue.

député, à travers sa question... ou sa présentation, je devrais dire plutôt, me

rappelle l'époque où j'avais le plaisir d'agir à

titre de porte-parole de l'opposition officielle en matière de

mines et Plan Nord. Ça fait

partie des enjeux. Je vous dirais que, lorsque le premier ministre m'a parlé,

pour la toute première fois, de la Stratégie maritime, c'était en 2013, bien c'était en complémentarité avec le Nord. Le

député nous parle des gens, nous parle des communautés, des populations que l'on retrouve dans le Nord. On les dessert

déjà par voie maritime. L'été dernier, en août, si ma mémoire est fidèle,

j'étais au quai au port de Valleyfield et

j'ai pu visiter des entrepôts, des entrepôts qui étaient remplis de véhicules,

de denrées alimentaires, de toutes

sortes de produits destinés au marché du Nord, et le port de Valleyfield joue

très bien son rôle à cet égard-là.

complémentarité entre le Plan Nord et le transport maritime, c'est toute la

question du cabotage. Si on veut favoriser la première, la deuxième, la

troisième transformation de minerai, bien le cabotage, là, est une solution au transport de nos matières. C'est environnemental,

d'une part; d'autre part, c'est purement économique, et ça donne une

occasion absolument remarquable de pousser plus loin dans le développement de

la première, de la deuxième et de la troisième

transformation. Et, lorsqu'on parle de transformation au Québec, comme partout

ailleurs dans le monde, on parle d'emplois

directement. Ça, c'est important. Mais il faut se doter de nouveaux outils sur

le plan énergétique. Le gaz naturel liquéfié,

sans doute aurons-nous l'occasion ce soir d'aborder la question de façon plus

pointue, en regard des opérations de la Société des traversiers du Québec, qui

fait appel, dans le cadre de la construction de ses nouveaux navires, à

cette source d'énergie, qui est absolument

extraordinaire — c'est le

cas du bateau de Matane — et ce qu'on veut, c'est

de faire en sorte de disponibiliser le gaz aux communautés, faire en

sorte que ce soit un outil de développement.

Alors,

parler de ces quelques exemples, bien c'est dire toute l'importance de la

complémentarité entre le Plan Nord et

la Stratégie maritime. Je vous dirais que le Plan Nord, sans le secteur

maritime, ce serait difficile d'y arriver concrètement, et vice-versa,

alors ça occupe une très grande place, et chacun des parlementaires dans cette

Chambre, au Parlement, aura

l'occasion de constater les investissements concrets envisagés dans le budget

pour justement investir en regard du développement

et l'amélioration de nos infrastructures. J'ai eu l'occasion, depuis un certain

nombre de semaines, d'aller faire un

tour au port de Sept-Îles, où on a inauguré un pôle logistique en matière de

transport d'aluminium. Alors, ça, c'est important. Sept-Îles, c'est le lien direct avec le Nord. On a visité

Baie-Comeau, on a visité Saguenay. Alors, c'est dire à quel point, bien, les deux grands volets, les deux

grands piliers économiques du gouvernement sont complémentaires à cet égard. Alors, vous pouvez être rassurés qu'à tout

point de vue... D'ailleurs, quand vous serez présents, vous aussi, j'en suis convaincu, au lancement de la Stratégie

maritime, je pense que vous serez en mesure de constater qu'on a tout prévu

à cet égard-là, on n'a oublié personne. Et la Stratégie maritime, elle sera en

place d'abord pour les Québécois.

Alors,

les communautés nordiques vont y trouver une grande place. On veut bien les

desservir, on veut améliorer le

service constamment, on veut surtout créer ce lien économique, le renforcer à

tout point de vue pour qu'on puisse générer des emplois dans le Nord. Puis, on le sait bien aussi, les emplois sont

bienvenus dans le Sud. Le Plan Nord existe pour le Québec tout comme ce

sera le cas pour la Stratégie maritime.

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député d'Abitibi-Est.

Bourgeois : Merci, M. le Président. Oui, je veux aussi revenir un peu

sur, justement, les populations qui habitent

le territoire ont aussi des ambitions dans le domaine touristique, et ce

volet-là, actuellement il n'a pas été exploité à sa pleine valeur. Au contraire, il y a un potentiel énorme. Les sites

sont extraordinaires, la chaleur des populations qui habitent ce territoire-là est tout à fait

particulière, c'est vraiment une expérience formidable à vivre, et un des

défis, encore là, c'est de pouvoir être capables de donner accès au

territoire et de le faire avec une capacité d'accueil.

Donc,

toute la question d'éventuellement pouvoir permettre la facilité au niveau des

croisières qui pourraient se rendre

jusque dans le Nunavik, il y a beaucoup d'attentes là-dessus, M. le ministre,

et je suis convaincu que les communautés ont déjà eu des discussions, vous ont interpellé pour voir comment vous

et votre collègue la ministre du Tourisme pourriez les accompagner dans

cette ambition d'ouvrir le Nord au niveau touristique.

D'Amour : Bien, à ce

chapitre précis, je dois dire aussi que

l'ensemble des communautés nordiques ont été consultées à l'occasion de la mise en place de la Stratégie maritime

comme ils ont été consultés et comme ils ont fait

partie de la Table des partenaires dans l'élaboration du

Plan Nord, et on revient, à l'intérieur du Plan Nord, avec cette idée de

desservir... enfin, de proposer des croisières au nord du 49e parallèle.

va s'entendre tous ici ce soir pour dire que le Nord est un territoire

exceptionnel que tous souhaitent découvrir à un moment ou à un autre. C'est un tourisme d'aventure qui est

exceptionnel, qui est inédit. Alors, on travaille présentement au développement des croisières. À l'intérieur de

la stratégie, vous le savez, nous avons neuf escales de croisière au Québec

actuellement reconnues. Ce que nous souhaitons, c'est de consolider chacune de

ces escales. Que ce soient Québec, Montréal,

les Îles-de-la-Madeleine, Gaspé, Trois-Rivières, on veut consolider l'ensemble.

Maintenant, on a déjà un chantier sur

le plan de la planification pour amener les touristes dans le Nord, découvrir

ce tourisme d'aventure absolument remarquable

et on prend tout en considération. C'est important de bien faire les choses,

c'est important d'être munis de bonnes

infrastructures, c'est important d'avoir un réseau d'accueil qui va faire le

travail. Chose certaine, c'est un enjeu qu'on ne peut pas laisser pour compte, c'est un enjeu sur lequel nous

travaillons déjà concrètement avec nos partenaires, et je pense que l'ensemble des communautés

nordiques ne seront pas déçues. On doit le faire évidemment dans le respect

de l'environnement, dans le respect des

communautés, à travers ce que les communautés réclament, souhaitent et veulent

connaître en termes de développement. Alors, on a la responsabilité de bien

faire les choses, c'est ce que nous avons l'intention

de faire, puis, en même temps, on veut en profiter économiquement. Il y a

toutes sortes d'activités sportives qu'on

peut envisager aussi, au-delà de la chasse, de la pêche, toutes ces

découvertes. Ça fait

partie des orientations de la Stratégie maritime.

Évidemment, lorsqu'on

parle de desservir le monde des croisières au nord du 49e parallèle, ce n'est

pas pour demain. Je ne ferai pas croire aux

Québécois ce soir qu'on s'en vient avec ça puis que c'est un projet qui va

prendre son envol dès 2016. Mais il faut y travailler maintenant si on

veut bien réussir.

Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous passons

maintenant à un bloc pour le deuxième

groupe d'opposition, et je donne la parole au député de Groulx.

Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, je voudrais juste, d'abord,

faire une petite allusion au niveau des équipes

de hockey de mon collègue tantôt, là. Alors, en ce qui me concerne, dans

mon comté, on a une équipe qui est très jeune, et puis, en tout cas, mon

parti, on a l'intention, finalement, d'être à l'avant-scène très prochainement.

Alors,

M. le Président, je voudrais demander une petite question

générale, là, au ministre. Au

niveau des réponses qu'on a

obtenues en préparation des crédits, dans plusieurs cas, on a eu comme réponse

celle-ci : «La réponse à cette question sera transmise par le ministre délégué aux Transports et à

l'Implantation de la stratégie maritime.»

J'aimerais qu'il m'explique, là... on

a souvent eu cette réponse-là, et ça veut dire quoi dans le concret, au niveau

de la réception de ces réponses-là, s'il vous plaît.

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le député de Groulx. M. le ministre.

D'Amour : Ça veut dire que

je suis disponible pour répondre à vos questions à tout moment. Puis d'ailleurs,

M. le député, vous êtes responsable, je crois, chez vous, du secteur maritime depuis

Noël, alors il serait temps qu'on puisse se rencontrer formellement,

vous et moi, pour une première fois. Si vous m'en faites la demande; accordé.

M. Surprenant : Ça me fera plaisir. Donc, je ne vous demanderai

pas chacune des réponses, pour l'instant je vais aller aux questions qui sont plus prioritaires, en ce qui nous concerne,

et puis donc je vais parler de voyages, M. le Président.

Alors,

on apprenait le mois dernier que la STQ a fait pas moins de 50 voyages en

Europe depuis le début de la construction

du navire le F.-A. Gauthier. Alors, le président de la STQ est arrivé avec...

la facture totale serait de 200 000 $.

Alors, pour 2014‑2015 seulement, les voyages

ont coûté 153 000 $ à la STQ, dont 88 000 $ en Italie, là

où évidemment est localisé le

chantier, là, de l'entreprise. Alors, c'est quand même plus du double de

l'année dernière, où les voyages avaient

coûté au total 72 000 $. Alors, j'aimerais donc, très simplement,

qu'on m'explique, là, pourquoi les voyages ont doublé au cours de l'année.

M. le Président.

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le député. M. le ministre.

D'Amour : Bien, la question est tout à fait judicieuse et pertinente,

M. le Président. Je suis heureux d'avoir l'occasion d'y répondre, parce

que ça m'a aussi beaucoup préoccupé. Quand je suis arrivé au ministère l'an

passé, il y avait eu déjà quelques voyages,

quelques déplacements vers l'Italie et dans d'autres pays. Ces voyages-là font

clairement référence à deux cas en

particulier : il y a la question de la négociation des assurances du côté

de Londres, mais la très, très, très

grande majorité des voyages sont liés à la construction du nouveau bateau de

Matane. Et, pour la construction de

ce navire, bien, c'est un appel d'offres international qui a été réalisé et

c'est une firme de l'Italie qui a obtenu le contrat. C'est un bâtiment de 150 millions de dollars.

C'est un immense chantier pour lequel on se doit d'être aux aguets et de

bien faire les choses, et je m'explique.

Vous

savez, c'est un navire, c'est le premier traversier en Amérique du Nord à être

propulsé au gaz naturel liquéfié, ça

fait appel à des technologies qui sont uniques. C'est un navire que nous devons

apprendre à piloter correctement et c'est

un chantier que, je viens de le dire, nous devions surveiller, hein, c'est

comme ça que ça doit se passer. Il faut protéger les intérêts des

Québécois.

La société était confrontée à deux choix, c'est-à-dire faire appel

au secteur privé ou tout simplement permettre

à ses employés d'être présents au moment de la construction, ce qui permettait

aux membres du personnel de

s'approprier ce navire-là, parce que ce n'est pas une mince affaire. Je suis

allé l'accueillir, le bateau, à Matane, le navire, il y a deux semaines, et il fallait prendre des dispositions

pour que chacune des étapes soit suivie rigoureusement. Ce qui a été fait. Et l'ensemble de ces voyages-là

auxquels le député fait allusion, M. le Président, ont coûté effectivement

200 000 $. Sur un chantier de

150 millions que l'on doit surveiller, ça a coûté 200 000 $. Et

j'ai repassé au peigne fin chacun de

ces déplacements. Alors, ce sont des pièces d'équipement que l'on doit

s'approprier, que l'on doit apprendre parce qu'après on navigue avec des passagers. Alors, il y a des questions, il

y a des notions de sécurité qui sont très importantes. Et la démonstration qui m'a été faite, c'est

qu'entre le secteur privé, qu'on aurait dû payer aussi, et nos propres employés

la Société des traversiers en est arrivée à la conclusion que c'était le moyen

le moins coûteux, même si, à prime abord — et ça, je l'accorde, moi-même, j'ai

réagi — 50 voyages,

200 000 $, c'est beaucoup d'argent. Mais ce sont nos employés qui ont dû passer du temps là-bas, ce

sont des pièces sur les navires qui sont uniques, alors il faut bien maîtriser

les opérations, il faut bien piloter ce navire de façon à ce que tout le monde

soit dans un cadre de sécurité.

Alors,

l'explication, je vous la donne de façon générale. Si vous permettez, là — nous avons la présence ce soir du président-directeur général de la société — avec l'autorisation ou le consentement de

mes collègues, M. Fortier pourrait s'exprimer, M. le Président.

Président (M. Reid) : Est-ce qu'on a le consentement?

Consentement. Oui. Alors, je vous demande de vous nommer avant de

commencer votre réponse.

M. Fortier

(Jocelyn) : Alors, Jocelyn Fortier, président-directeur général,

Société des traversiers du Québec.

J'ai

envie de vous les catégoriser, les déplacements en Italie. Effectivement, M. le

ministre l'a bien expliqué, c'est un navire pour lequel on avait accordé un contrat au

chantier Fincantieri à la suite d'un appel d'offres international auquel

avaient été invités aussi les chantiers

canadiens et c'est un contrat de 148 millions qui a été accordé pour la construction du navire, la simple construction. Le projet

global du navire va se terminer aux environs de 175 millions si on considère tout l'ensemble des autres coûts, comme les

architectes navals, comme les experts, etc.

l'origine, on avait prévu, au plan d'immobilisations de la STQ, un budget de

250 millions. Alors, on peut dire que, de 250 millions de budget

initial, on l'a ramené à 180, si vous regardez les documents qui vous ont été

fournis, et on va terminer à 175 millions. Le gros du dossier, vous le réalisez, était au niveau du contrat de Fincantieri, il fallait

donc surveiller de très près, assurer un suivi serré de ce qui serait

fait. 148 millions, c'est parce que ce n'est pas juste la construction de

coque, là. Il faut se rappeler qu'on vient de changer complètement de

technologie. On n'aura pas une propulsion

conventionnelle avec un arbre porte-hélice comme on a sur tous les navires,

c'est maintenant les moteurs et des systèmes

de propulsion azimutaux. Ça implique qu'ils sont opérés par des moteurs

électriques qui eux-mêmes reçoivent leur

énergie d'une usine de production d'énergie et qui sont les moteurs eux-mêmes

qui fonctionnent, comme M. le ministre le

disait, au LNG. C'est des moteurs bimodes aussi, parce qu'on ne voulait pas se

faire se prendre dans le... En maritime, on veut toujours avoir de la redondance, on veut toujours que les

systèmes soient doubles, on veut se dépêtrer, parce que, si on est pris au large puis que, tout à coup, il

y a un problème avec l'approvisionnement LNG du moteur parce qu'il y a eu une coupure ou autre, il faut trouver autre

chose. Alors, ces moteurs-là peuvent aussi fonctionner en tournant simplement

un interrupteur, si on me permet l'image,

peuvent fonctionner au diesel maritime ordinaire. Donc, ça aussi, c'est avantageux, c'est là comme système de secours. Et

il y a eu un tas de technologies modernes. C'est un navire qui a le double

de la capacité des autres navires.

Alors donc,

tout ça pour vous dire que les quatre catégories sont... il y avait du

personnel spécialisé affecté en permanence

pour le suivi des travaux. C'est des

gens qui ont été là pas tous en même temps, pas tous les six, parce qu'il

y en a eu six, au

total, au maximum, du début... en septembre 2013, c'est pour ça qu'on a

72 000 $ pour la première année. Jusqu'à la livraison du navire il y a deux semaines, il y a les gens qui

ont été affectés en permanence : on a commencé par un, deux, trois, au fur et à mesure de

l'augmentation des besoins. Et ces gens-là étaient sous contrat six semaines

sur place, deux semaines de rapatriement. Ça explique certains

déplacements.

y a eu quelques déplacements pour des professionnels, des techniciens

spécialisés pour assister à la mise en place des nouveaux équipements,

pour voir de quelle façon les nouveaux équipements opéreraient, et tout ça dans

un but d'enseigner aux autres collègues de

travail lorsqu'ils reviendraient. Alors, on en a envoyé un, il a assisté à la

construction, il assistait à une

étape importante, il approuvait certaines choses faites et, en revenant, il

peut enseigner les autres. Il y a eu

une

partie de l'équipage qu'il a fallu envoyer là, trois, quatre personnes,

pour assister à l'ouverture d'un équipement de sauvetage, de survie, et ça, c'est une obligation de Transports Canada.

Ces gens-là sont allés, ont appris à opérer l'équipement, sont revenus et, pendant la période de

préopérationnalisation que nous vivons actuellement, ils vont enseigner à leurs collègues

comment manipuler ces équipements-là.

Alors, c'est les

trois catégories où on a eu des personnes fixes et d'autres qui sont allées

sporadiquement.

Le Président (M.

Reid) : Merci beaucoup. M. le ministre voulait rajouter quelque

chose.

D'Amour : Très, très

rapidement, parce que je veux permettre au député de poser d'autres questions — ça

m'amène à un deuxième volet, ça m'amène ailleurs — juste une parenthèse

concernant le navire de Matane : c'est Matane—Baie-Comeau—Godbout. Ce sont 130 travailleurs, le nombre

d'employés qui ont été en Italie, comparativement au nombre total de travailleurs sur le navire et à

terre, 130 personnes. Alors, c'est une grosse affaire. Ceci dit, ça m'amène

à vous parler... enfin, à un autre volet de la Stratégie maritime mais qui est

étroitement lié à cette situation.

Moi,

le rêve que j'ai, comme ministre, c'est de faire en sorte que nos navires, ceux

de la Société des traversiers, soient tous fabriqués au Québec. C'est la

raison pour laquelle, d'ailleurs, dans la Stratégie maritime, on propose de consolider les opérations de nos chantiers

maritimes au nombre de huit. Il y a deux autres navires en construction présentement qui sont au chantier Davie, à Lévis,

tout près d'ici. J'ai eu l'occasion de visiter ces chantiers-là récemment,

ça va bon train. Ce sera deux autres navires

propulsés au gaz naturel liquéfié. Mais le rêve qu'on a, comme gouvernement,

le rêve que j'ai, mais le rêve qu'on a,

notre gouvernement, c'est de faire en sorte que chacun de nos navires soit

construit ici, au Québec. Évidemment,

on est soumis à un appel d'offres international dans le cas du navire de

Matane, avec le résultat qu'on a

connu. Mais, idéalement, là, nos navires sont construits chez nous, au Québec,

par des Québécois, parce que, vous savez, on a l'expertise qu'il faut

pour ça.

Le Président (M.

Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Groulx.

Surprenant : Merci, messieurs. Je reviens au nombre de voyages,

encore, qui ont été faits. Ce que je comprends, c'est qu'au niveau des

coûts, là, on parle... le coût de transport, mais l'hébergement était assumé

par l'entreprise qui fabrique les bateaux. Est-ce que j'ai bien compris?

M. Fortier

(Jocelyn) : Avec votre permission.

Le Président (M.

Reid) : Allez-y.

Fortier (Jocelyn) : Le

contrat de construction... dans l'appel d'offres, dans le devis, on prévoyait

que le chantier, s'il était allé à

l'extérieur de Québec, devait fournir du logement pour au moins du

personnel de base, cinq personnes. On

en a eu six, il y en a un qu'on a payé en supplément, mais ce

n'étaient pas des chambres. On a loué un appartement pour les loger, oui,

mais les cinq autres ont été assumées par le contrat lui-même.

Surprenant : Alors, étant

donné cela, il n'aurait pas été plus judicieux que ces gens passent plus de

temps là-bas et moins à faire des allers-retours?

D'Amour : Je pense que le

fait d'aller six semaines à l'extérieur et de revenir deux semaines au Québec...

je pense qu'il faut être aussi humain

avec les travailleurs, là. Six semaines à l'extérieur, loin de sa

famille, deux semaines au Québec;

la façon qui a été définie, je pense que c'est une façon correcte qui est

respectueuse et qui est efficace aussi. Vous savez, les gens, lorsqu'ils se rendaient en Italie, travaillaient

de façon très sérieuse, rigoureuse, alors, au bout de six semaines, de pouvoir revenir au Québec

deux semaines, je pense que c'est tout

à fait normal. Et

200 000 $, j'en conviens, c'est

beaucoup d'argent, mais, 200 000 $, pour un

chantier de cette envergure-là, avec ce que M. le président vient de

nous expliquer, les particularités fines

d'un projet comme celui-là, ça valait

la peine de le faire. Si on avait fait appel au privé, je ne suis pas certain du tout aujourd'hui, moi, qu'on s'en

serait — puis

j'ai beaucoup de respect pour le monde privé, là — sortis

pour 200 000 $.

Alors,

ça fait

partie des gestes qui ont été posés, des gestes, à mon sens, judicieux,

des gestes qu'il fallait poser pour

en arriver à opérer ce navire-là de façon tout à fait correcte. Voilà. Et ce

qui a été expliqué là, ce n'est quand même pas rien non plus, là. Le projet initial, son financement était prévu à

un niveau nettement supérieur. On en est arrivés à réaliser des économies, et ce navire-là, sur le

plan économique, va être rentable pour le Québec parce qu'il va transporter des

passagers, nous permettre de faire découvrir le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie,

la Côte-Nord. Ce n'est pas rien, ça non plus.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Groulx, vous disposez de

4 min 30 s encore.

Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, je vais aller à une autre

question au niveau de l'adaptation des quais de la traverse Matane—Baie-Comeau,

M. le Président.

Alors, depuis

2009, des travaux ont été effectués sur divers quais et embarcadères pour

accueillir de nouveaux navires, dont

le F.-A. Gauthier, et, en 2009, la Société des traversiers estimait le coût de

réfection de ces infrastructures à

10 millions... la traverse de Matane—Baie-Comeau; 20 millions, la traverse

Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine;

puis 10 millions, la traverse

Sorel-Tracy—Saint-Ignace.

Alors, on a pris le plan d'immobilisations 2009‑2023 de la Société des traversiers et on y constate de nombreuses

augmentations dans l'évaluation des coûts depuis 2009. Alors, les travaux

de la traverse Matane, maintenant, sont

passés de 10 à 40 millions; Tadoussac, de 20 à 40 millions; puis la

traverse de Sorel, de 10 à 40 millions, M. le Président.

Alors, est-ce

que le ministre peut nous confirmer que nous sommes passés effectivement de

40 millions à 120 millions pour ces projets, M. le Président?

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le député de Groulx. M. le ministre.

M. D'Amour : Si vous permettez, M.

le Président, on va se prendre quelques instants pour vérifier, mais, en attendant, là, avant d'avoir les explications

précises sur les chiffres... Vous savez, entre le moment où il y a des plans

qui sont conçus... Vous savez, on

adapte un quai en fonction du service qu'on donne aux citoyens. Alors, entre

les premiers estimés et la

réalisation, il arrive parfois qu'il y ait des différences. Alors, sur la

question des chiffres... M. le président les a entre les mains, je crois.

Alors, M. le président peut répondre clairement à la question du député, M. le

Président.

Le Président (M. Reid) : Oui.

M. le président.

M. Fortier

(Jocelyn) : Alors, si on parle de l'adaptation des quais de Matane, on

est passés, dans le plan 2009‑2023...

mais à ce moment-là c'étaient des estimations très

sommaires, au même

titre que

c'étaient des estimations

sommaires pour le navire.

On a vu que,

le navire, on y allait à 250 millions. Alors, les adaptations des quais,

parce qu'on ne pensait pas qu'il faudrait

les modifier à ce point, on n'avait pas encore une idée de l'envergure du

navire qu'on devrait construire compte tenu

des besoins, alors on avait effectivement 10 millions d'évalués et, en

mars 2013, on va terminer à 36 millions. Mais là on parle des quais, amélioration des quais, on

parle élargissement aussi des embarcadères, on parle aussi modernisation

complète de la gare de Matane, qui avait

au-dessus de 40, 45 ans. Il a fallu aussi modifier la passerelle piétonnière

pour accéder au navire par les

piétons. On en a profité pour en faire justement une

section additionnelle de la garde de façon à ce que les gens puissent attendre de façon

appropriée et confortable l'arrivée du navire. Or, c'est des travaux qui, en

bout de course, ont coûté effectivement 36 millions.

Si on pense à

Tadoussac, on avait évalué, à l'époque, 20 millions et actuellement on estime qu'il va en coûter au total 40 millions pour Tadoussac. Là encore, il y a

eu des aménagements, les navires sont plus gros que prévu pour

répondre aux besoins, pour répondre aux analyses d'achalandage aussi. On peut

partir avec le principe de l'achalandage qu'on a au moment où on fait notre évaluation de base, mais après

on fait les courbes de projection d'achalandage de la clientèle, et autres, on fait l'étude des besoins nécessaires,

et c'est là qu'au fur et à mesure un plan «quinzenal» peut évoluer.

D'Amour : Et un mot, pour

ajouter là-dessus. Ce qui est important... parce que, lorsqu'on parle d'embarcadères et d'installations techniques, il y a un élément

qui est incontournable là-dedans, qui est celui de la sécurité. Et ce n'est

pas rien, là. Lorsqu'on parle de sécurité,

on ne peut pas lésiner, on ne peut pas se permettre d'y aller à tâtons

là-dedans, il faut prendre les bonnes décisions. Or, ça fait

partie de

l'évolution normale d'un projet.

Le Président (M. Reid) : Il

reste une minute au bloc. M. le député de Groulx.

Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, je comprends ce que vous

me dites, là, qu'il faut tenir compte de ceci et de cela, mais ça pouvait tout tenir compte... initialement,

aussi, là, toutes ces choses-là étaient quand même prévisibles. Alors, quand on construit un bateau,

quand on planifie la construction d'un bateau puis la construction, là, de

quais qui vont avec, bien tout pourrait être

mieux planifié que ça, à mon avis. Puis, en fait, j'étais content tantôt, quand

M. le président tantôt disait qu'il y avait

une économie réalisée par rapport au budget initial de construction du bateau.

Mais, si on fait la somme de tout ça, ça a

coûté plus cher finalement que les budgets initialement prévus pour l'ensemble

du projet. Donc, il y a... je ne dirais pas

«une explosion des coûts» dans ce cas-ci, mais ça a coûté plus cher que prévu.

Alors,

comment vous justifiez ça au niveau de la planification? Je pense qu'il y a un

effort évidemment à faire au niveau

de la planification initiale pour qu'on s'assure, là, d'un suivi de budget plus

rigoureux que ce qui est fait dans ce cas-ci, là.

M. D'Amour : Très brièvement...

Le Président (M. Reid) : M.

le ministre, il ne reste...

M. D'Amour : Oui, très, très

brièvement.

Le Président (M. Reid) : M.

le ministre, je vous arrête. Excusez-moi.

Président (M. Reid) : Il ne reste plus de temps dans le bloc du

deuxième groupe d'opposition. Cependant, si un député veut laisser son

temps pour vous permettre de répondre...

Une voix : Oui, M. le...

Le Président (M. Reid) : Alors,

allez-y, M. le ministre.

D'Amour : Maximum une minute, M. le Président. Peut-être corriger

l'interprétation qu'en fait le député sur la question du navire. Le fameux 250 millions dont il parle, ça ne

comprenait pas les installations connexes, c'était pour le navire seulement, le navire seulement. Ça, je

tiens à le préciser, c'est un élément qui est important. Et, lorsqu'on planifie

la construction d'un navire de cette

envergure-là, on parle d'un projet qui évolue avec le temps, parce que ça s'est

fait en consultation avec les

communautés, que ce soit sur la Côte-Nord ou dans le secteur de Matane, pour en

arriver à un produit défini.

Alors, dans

le fond, on fait des installations techniques, des quais pour le bateau, et non

le contraire, voyez-vous? Alors, ce

sont des choix qui se font et qui, dans les circonstances, je crois... Du côté

de Matane, là, quand je regarde la conclusion

de ça, quand je regarde la qualité du navire et les retombées économiques

potentielles, on est en droite ligne avec du développement économique

régional.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Je passe maintenant la parole à la députée de Vaudreuil.

Nichols : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, moi, j'ai plein

de sujets que j'aimerais aborder avec vous, M. le ministre, puis je ne

sais même pas...

Mme Nichols : Bien oui, je ne sais

même pas par lesquels commencer. La Stratégie maritime m'intéresse beaucoup, autant le volet Pôles logistiques que le

côté qui relie un peu un intérêt particulier qui est la Politique nationale

de l'eau.

J'en profite,

là, pour souligner que je suis l'adjointe parlementaire au ministre de

l'Environnement puis j'ai un mandat

spécial qui m'a été confié, d'élaborer la Politique nationale de l'eau. J'ouvre

une petite parenthèse, parce que je suis présentement dans les rencontres interministérielles relativement à

cette politique-là, en fait je revois la politique, puis, justement, on s'est rencontrés la semaine dernière

avec votre chef de cabinet puis on s'est rendu compte que, finalement, il y avait beaucoup de liens entre la Politique

nationale de l'eau et la Stratégie maritime, évidemment, là, parce que c'est

l'eau, mais il y a quand même beaucoup de liens autour de tout ça qu'il faut

tricoter. Et, dans l'élaboration de la Politique nationale de l'eau, qui

deviendra probablement une stratégie, là, on est vraiment en train de

travailler ça, il y aura évidemment un

volet, là, particulièrement rattaché à la Stratégie maritime que nous

travaillerons, là, avec vous, en étroite collaboration, et il y a plein de petits détails, là, que je trouve superintéressants.

Mais je ne veux pas non plus prendre tout le temps pour parler de la

Politique nationale de l'eau, mais sachez qu'on va sûrement se rencontrer, là,

pour parler particulièrement des points en lien avec votre ministère.

Mais il y a aussi les pôles logistiques pour

lesquels j'ai un intérêt particulier, puisque, comme vous savez, Vaudreuil-Soulanges...

ou, en fait, moi, mon comté, c'est Vaudreuil, mais il

y a Soulanges, qui est juste à côté.

On est, je dirais, une porte commerciale, une porte d'entrée pour le commerce

entre l'Ontario, entre l'Est des États-Unis. Juste de la façon dont est placé stratégiquement et géographiquement

Vaudreuil-Soulanges, je pense que ça mérite d'être regardé dans la Stratégie maritime mais plutôt au niveau

des pôles logistiques, parce qu'on sait que, depuis plusieurs années, il se

développe, partout dans le monde, des pôles

logistiques, puis c'est souvent des emplacements géographiques qui sont situés le long des corridors de commerce où

viennent s'implanter les entreprises, des concentrations d'entreprises

spécialisées qui viennent justement

se greffer autour. Entre autres, ça peut être soit dans la transformation de

produits, la distribution, le transport puis évidemment, là, la

logistique, puisqu'on en parle.

Puis, au

Québec, il y a eu plusieurs études sérieuses qui ont été effectuées depuis une

dizaine d'années. Puis je vous dirais

que Vaudreuil-Soulanges est souvent sorti comme étant le site idéal pour

l'implantation d'un plan logistique... voyons,

un pôle logistique — un plan

logistique, ça ne va pas bien — un pôle logistique — il est tard — national. Et il suffit de juste regarder la carte du Québec pour

comprendre les raisons pourquoi je dis que c'est un choix logique. Il est

situé, entre autres, autour des axes de

trois principales autoroutes — je parle de la 30, la 20, la 40 — puis il est traversé aussi par des chemins de fer nationaux — le CP, le CN — puis il y a le CSX aussi, qui, je pense, va

inaugurer... si je ne me trompe pas, c'est lundi prochain, là, le 11,

hein, c'est dans deux semaines, qui va inaugurer, là, la deuxième

partie de son terminal intermodal, qui va donner,

d'ailleurs, plusieurs accès à des nouveaux marchés au sud de la frontière puis,

entre autres, à l'aéroport Montréal-Trudeau. Ça va beaucoup servir à

l'aéroport. Puis, malgré sa proximité avec la métropole,

Vaudreuil-Soulanges aussi est rarement affligé... puis ce n'est pas méchant,

là, mais Vaudreuil-Soulanges... je

veux dire, je ne veux pas causer de préjudice à Montréal, là, mais, dans

Vaudreuil-Soulanges, c'est plutôt rare qu'il y ait de la congestion sur les autoroutes. Ce n'est pas

comme les autoroutes ou les routes pour se rendre au port de Montréal,

là. Là, je suis en train de faire une plaidoirie pour Vaudreuil-Soulanges,

hein? Je vous regarde.

M. D'Amour :

...Mme la députée.

Nichols : Mais il n'y a pas d'embouteillage. Ça fait

partie de la

grande région de Montréal, mais je pense que c'est important de le souligner. Puis, plus important encore, je

dirais que la région de Vaudreuil-Soulanges voit passer sur son territoire présentement environ 80 %

des échanges commerciaux avec les principaux partenaires économiques du Québec, comme je vous mentionnais un petit peu

plus tôt, soit l'Ontario, les États-Unis. C'est donc dire que la région

de Vaudreuil-Soulanges est directement sur le principal corridor de commerce du

Québec.

Je ne veux

pas non plus mettre toute la concentration sur Vaudreuil-Soulanges, parce qu'on

en déjà beaucoup jasé, puis on se dit

qu'il n'y a pas juste Vaudreuil-Soulanges dans la Stratégie maritime, il y en a

pour tout le monde le long de la

Stratégie maritime. Alors, oui, c'est une bonne affaire. Oui, c'est une bonne affaire.

Je pense que c'est important aussi

qu'on développe un peu partout puis je pense que c'est important justement de

ne pas tout concentrer à la même place,

mais de partager tout ça. Je pourrais vous parler du port de Québec, qui est

une véritable plaque tournante en matière de transbordement de vrac solide et liquide. Je pourrais vous parler du

port de Montréal, qui a aussi ses concentrations, ses spécialités, mais... Bien, en fait, ma

question, ça tourne autour de ça : Comment nos régions vont-elles pouvoir

bénéficier de la Stratégie maritime? Puis j'aimerais ça que vous

commenciez par Vaudreuil-Soulanges.

D'Amour : Alors, on va commencer par les pôles logistiques, M. le

Président. Je tiens à féliciter la députée. La première fois que la députée de Vaudreuil et moi, on s'est

rencontrés, elle m'a parlé du pôle logistique. Alors, ça a été sa première conversation. Et je dois vous dire, M.

le Président, que nous arrivons, à ce jour, au terme d'un long débat, d'une longue analyse et je pense que les acteurs

économiques de la grande région vont se retrouver dans les orientations

que nous prenons.

J'ai eu

l'occasion, je le disais plus tôt ce soir, de faire différentes présentations.

Alors, imaginez que vous avez une

carte du Québec devant vous : vous avez Montréal, le port de Montréal,

vous avez le secteur qui prévoit le développement du port

de Montréal, Contrecoeur, et vous avez Vaudreuil-Soulanges, qui est un territoire très,

très, très important pour nous aussi. Dans le fond, on a toujours

eu comme philosophie, au sein de notre gouvernement, que, pour développer une région, on n'a pas besoin de pénaliser une autre

région. On a eu des représentations de bon nombre d'acteurs économiques de Vaudreuil-Soulanges, de Contrecoeur aussi, il faut le dire, et

j'avais annoncé que je prendrais la peine de rencontrer tout le monde, que je m'imposais cette belle discipline, et ça a été

très agréable de rencontrer les maires, de rencontrer les préfets et de

faire en sorte... Puis, peu importe, hein, que ça ait été des députés

d'opposition... D'ailleurs, c'est la députée

de Vachon qui a pris la peine de m'écrire une longue lettre là-dessus où elle

me faisait part de ses orientations,

de ses observations judicieuses, on doit

bien le souligner. Ça nous permet d'en arriver, je pense, à une

conclusion qui est heureuse.

Alors, vous

avez le port de Montréal, qui est un acteur de développement économique et social majeur — on

parle aujourd'hui de 18 000 emplois — et, le port de

Montréal, sur un horizon d'une dizaine d'années, c'est notre premier ministre

qui disait que le port de Montréal peut facilement doubler le niveau de

transbordement des marchandises à Montréal. Mais Montréal, pour connaître son développement,

a besoin de Contrecoeur. Donc, au niveau logistique, Contrecoeur est aussi un élément important. Il y a

une zone industrielle à Contrecoeur qu'on se doit de développer, parce que Contrecoeur, c'est au Québec, et il y a Vaudreuil-Soulanges, où, là,

on est face à un débat qui dure depuis plus d'une vingtaine d'années. Et les

acteurs du milieu de Vaudreuil-Soulanges ont à ce point bien travaillé qu'ils

ont convaincu, l'ensemble des intervenants au dossier, de la pertinence

d'investir.

Vous savez,

on a construit la 30 au Québec, payée par les Québécois, qui nous amène tout

droit en Ontario. Bien, c'est la

porte d'entrée. Vaudreuil-Soulanges, c'est la porte d'entrée vers le Midwest

américain, c'est une porte d'entrée vers

l'Ontario, et, on va se le dire franchement, on a besoin de concurrencer

l'Ontario. Cornwall, ce n'est pas tellement loin, et Vaudreuil-Soulanges, pour nous, c'est une alternative

importante. Et je peux vous confirmer, M. le Président, que déjà il y a

des entreprises privées, il y a des promoteurs qui s'intéressent... parce que,

on pense, un pôle logistique, en quelque

sorte, c'est un grand centre de transbordement à valeur ajoutée. Alors,

ce sont des centres de distribution nouveau genre, des centres de distribution dits intelligents. J'ai vu le centre

de distribution de IGA, je crois, c'est à Terrebonne. C'est très impressionnant. C'est générateur

d'emplois. Et c'est ce qu'on souhaite dans le secteur de Vaudreuil-Soulanges.

Des entreprises qui vont embaucher 500,

600 personnes, vous savez, ce n'est pas juste pour les autres, c'est pour

le Québec aussi, et Vaudreuil-Soulanges va nous permettre

ça. Contrecoeur va nous amener ailleurs aussi, et Montréal.

C'est ça, le réseau.

La question de la députée portait sur l'ensemble

du Québec, mais je me suis attardé d'abord à sa région, Vaudreuil-Soulanges,

bien sûr, ai-je besoin de le répéter?, mais l'ensemble du Québec... comment on

va atteindre chacune des régions du Québec

par la Stratégie maritime, c'est simple : par les éléments que j'ai

soulevés plus tôt ce soir, par nos

chantiers maritimes qui sont à Forillon, en Gaspésie; qui sont à Lévis, ici;

qui sont à Matane par Méridien; qui sont aux Méchins avec Mme Verreault. Il y a le groupe Océan, qui fait un

excellent travail. Donc, ces chantiers-là sont répartis au Québec par nos ports de mer, par les zones

industrialoportuaires qu'on va créer aussi à l'échelle du territoire québécois.

Je donne comme exemple chez moi, dans mon

comté — parce

qu'on parle de Vaudreuil-Soulanges, on parle de plein de régions, je peux parler de mon comté, de ma

circonscription aussi — il y a Cacouna, où il y a un port en eau profonde qui a

besoin de connaître son lot de développements au cours des prochaines années.

Il y a eu quelques expériences décevantes au

cours des dernières années, mais voilà que Cacouna pourrait très bien devenir

une zone industrialoportuaire afin que nous puissions, nous aussi,

accueillir des entreprises.

Alors, la

Stratégie maritime, avec nos escales de croisière, c'est aussi le Québec.

J'espère que, ce soir, nous aurons l'occasion

de parler de formation, parce que ce sont des jeunes du Québec qui vont être

interpellés. C'est simplement ça, la

Stratégie maritime. La Stratégie maritime, c'est pour les Québécois, c'est un

outil de développement. Mais on prend ça région par région en fonction des opportunités

qui s'offrent à nous. Alors, dans le secteur de Montréal, Contrecoeur, Vaudreuil-Soulanges, on couvre bien notre

territoire, et, si on veut maximiser nos échanges économiques... vous savez,

avec l'entente de libre-échange avec l'Union

européenne, ce n'est pas rien, et on a la responsabilité de se préparer pour ça

aujourd'hui. Si on attend deux ans, si on

attend trois ans, il va être trop tard. C'est la raison pour laquelle également

dans le budget, dans notre cadre

financier, bien, on l'a clairement prévu. C'est la raison pour laquelle le

fonds de solidarité du Québec — ce n'est pas rien, là — a décidé d'embarquer avec nous et

d'investir, dans le cadre d'implantation d'entreprises,

100 millions de dollars en termes de participation pour créer une

différence.

Alors, la

Stratégie maritime, certains disent : Oui, mais ça fait un an. Un an

seulement, j'ose ajouter, parce que c'est quand même une courte période

pour couvrir l'ensemble du territoire québécois, couvrir l'ensemble des enjeux,

essayer d'être devant nos concurrents aussi, parce que l'entente de

libre-échange avec l'Union européenne, ça nous touche, nous, mais ça touche d'autres législatures, d'autres territoires

au Canada ou ailleurs. Alors, on se doit d'être prêts. C'est la raison pour laquelle on bouge maintenant

ou on a aussi établi un cadre financier qui touche ces régions-là dans

chacune des initiatives que nous abordons.

Mme Nichols : Merci, M. le ministre.

Moi, je me réjouis que notre gouvernement se dote de stratégies de

développement économique. Je pense que c'est superimportant puis je pense qu'on

a aussi tellement d'atouts puis tellement de potentiel qu'il faut les saisir.

On a des

concurrents qui sont proches, on a des gros concurrents, il y a des gros

joueurs, puis je pense qu'il faut être

aussi gros qu'eux, sinon plus, puis, je pense, justement, en faisant des pôles logistiques un peu partout

le long de la voie maritime, bien, ça

peut juste être un plus pour nous autres puis que les ports commerciaux du Québec

sont en concurrence directe avec la

côte Est américaine à

titre de principale entrée de l'Amérique, notamment

les ports de New York... il y a

New Jersey, Boston puis il y a Savannah.

Puis je me

permets de faire une petite parenthèse, parce que bien moi, j'ai été

préfète dans Vaudreuil-Soulanges et j'ai

été mairesse de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, donc je connais bien le dossier,

puis on a vraiment fait un bon travail, je pense,

les élus, relativement aux pôles logistiques. Puis, quand vous dites

qu'on s'est parlé, c'est parce que je

pense qu'il faut lever le drapeau

puis il faut arrêter l'hémorragie, il faut arrêter que les entreprises,

bien elles passent tout droit puis

qu'elles aillent s'installer justement à Cornwall, comme vous avez mentionné un peu plus

tôt. Puis je fais référence, là, récemment... bien, vous le savez, là, on en a

parlé puis on en parle souvent, je

pense que j'ai un petit TOC sur le sujet, mais on en a parlé récemment, Meubles Ashley, je donne un exemple, là,

Meubles Ashley, je pense, c'est voilà peut-être un mois, bien, ils ont décidé d'aller s'installer à Cornwall. Ça fait

qu'ils sont venus voir dans Vaudreuil-Soulanges, puis finalement, bien,

ils ont décidé d'aller s'installer à Cornwall. Ça fait que de là l'importance

justement de développer ces pôles-là, puis

je pense que ça va être bénéfique pour nos régions puis ça va justement

apporter un bon roulement pour notre économie.

Et le port de

Savannah est aussi un beau modèle ou un exemple intéressant qu'on peut apporter

ici ou implanter ici. En fait, j'ai

beaucoup lu sur le port de Savannah, puis je trouvais ça superintéressant, puis

je pense que le Québec, on a le

potentiel de faire la même chose, sinon mieux, et je pense que ça peut être

juste positif et bénéfique pour nos régions.

Le Président (M. Reid) :

Merci, Mme la députée de Vaudreuil. M. le ministre, vous avez une minute.

D'Amour : Bien, ce qui est intéressant, je pense, autour de ces grands

projets-là, c'est qu'on ait réussi à créer une grande concertation, concertation entre les régions concernées,

parce qu'au départ on parlait de concurrence, et tout le monde se regardait en disant : Bien, si

c'est Contrecoeur qui réussit, on laisse pour compte Vaudreuil-Soulanges. Nous,

on n'a voulu laisser pour compte personne, là. Nous, ce qu'on a voulu,

c'est d'amener tout le monde, à travers ce partenariat-là, dans cet esprit de concertation là, puis on l'a

fait au-delà de la région. On dit : Investissement Québec est à votre

service, Investissement Québec est

aussi dans ce portrait-là. Le Fonds de solidarité, ça, c'est une de mes grandes

fiertés. Je me souviens des premiers moments où j'ai été nommé ministre,

je les ai reçus à mon cabinet, on a échangé ensemble, et aujourd'hui ça se

traduit par des engagements financiers.

Alors,

régions plus gouvernement, plus promoteurs égalent création d'emplois,

développement économique et enrichissement collectif. C'est ça qu'on

veut faire et c'est ça, la Stratégie maritime, M. le Président.

Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous passons

maintenant à un bloc de l'opposition officielle, et je passe la parole à

Mme la députée de Vachon.

Ouellet :

Oui. Merci, M. le Président. Qui dit Stratégie maritime dit ports, dit quais,

et il y a eu une annonce très récente

du gouvernement fédéral, parce qu'effectivement c'est pas mal tout de

juridiction fédérale de ce côté-là, qui veut céder plusieurs ports au Québec : Gaspé, Carleton, etc. Le

ministre délégué dit que le gouvernement du Québec a d'ailleurs commandé

une étude afin d'évaluer les différentes opportunités pour se porter acquéreur

d'infrastructures portuaires qui sont dans

le processus de cession, et le processus de cession est assez rapide, là, c'est

60 jours qui vont être ouverts

bientôt. Je me demandais : Est-ce que le ministre peut me répondre? Et la

question est très courte, donc j'aimerais ça avoir des réponses très

courtes, qu'on puisse cheminer un petit peu dans notre court laps de temps.

Donc, à qui l'étude a été donnée? Quel est le

mandat? Ça coûte combien? C'est quoi, l'échéancier?

D'Amour : Bien, premièrement, les discussions ont été entamées avec le

fédéral. On a discuté. La première fois,

je l'ai dit tantôt, c'était en octobre dernier, octobre 2014. Suite à ça, je me

suis retourné vers le forum, et le forum, financièrement... on va m'indiquer ce que ça

coûte, mais le forum a décidé de s'embarquer dans ce processus-là. Le forum,

je le rappelle, là, c'est l'industrie, les

armateurs, les représentants syndicaux, les représentants du monde de

l'environnement. C'est 25 personnes

autour d'une table qui ont décidé de prendre ça sous leur bras et de

l'analyser, d'abord, l'opportunité, et la faisabilité.

Juste ouvrir

une parenthèse, dire que, des transferts de quai, là, on n'est pas confrontés à

ça pour la première fois, il y a eu

de beaux exemples réussis, notamment au niveau de la Société des traversiers :

il y a eu Montmagny qui a été réussi,

Rivière-du-Loup—Saint-Siméon a

été réussi, alors, on parle de Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine. Alors, il y a

quelques exemples comme ça qui ont été réussis.

Aujourd'hui,

là, nous — pour

répondre clairement et rapidement à votre question — on ne ferme aucune porte, mais on va analyser avec le forum. Le forum, le

chiffre, là, ce que ça coûte, Mme la députée, je vais vous le dire, c'est

zéro. Le forum a décidé de prendre ce

dossier-là et de le mener à bon port. Je les rencontre la semaine prochaine,

dans deux semaines. On va me faire un

rapport clair de la situation. Et je vais rencontrer les représentants du

gouvernement fédéral, fort probablement Mme Raitt au cours des

prochaines semaines.

Quant à l'échéancier,

on va prendre le temps de bien faire les choses. On est le gouvernement du

Québec, on a des responsabilités, on

va les assumer. Moi, je ne vais pas nécessairement me soumettre à un délai de

60 jours. Je vais voir ce que va

me dire le rapport du forum maritime et après ça j'aviserai. Chose certaine, on

va établir un dialogue. Il y a eu des

expériences heureuses dans le passé, et je veux agir, moi, comme ministre, avec

les régions concernées. J'ai rencontré des

représentants de la Gaspésie aujourd'hui qui ont des attentes concernant le

quai de Carleton, par exemple. Je rencontre des gens de Rimouski qui ont des attentes aussi. J'ai personnellement

des attentes à Gros-Cacouna comme député dans mon comté. Alors c'est

comme ça qu'on se gouverne.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.

Ouellet :

Oui. Merci, M. le Président. Donc, en dehors du forum, parce que, là, je

comprends que vous êtes en attente du

forum, est-ce que le MTQ a un portrait de la situation, de l'état des ports et

des quais? Et je vais en prendre un

en particulier, parce que, là, les réponses, là, je ne réussis pas à avoir de

réponse vraiment spécifique, là. On va prendre Gaspé. Est-ce que le MTQ a un état de situation de Gaspé, et de la valeur

de ce port-là, et des réparations qui sont nécessaires? Est-ce qu'il y a

un portrait de situation qui existe?

M. D'Amour : La réponse à ça est

non, et je vais élaborer davantage tantôt. Votre question, tout à l'heure, Mme la députée, sur le mandat, là... Point par

point, le mandat du forum, c'est d'abord de vérifier l'intérêt des

expéditeurs...

M. D'Amour : Non, c'était votre

question.

Ouellet : Je ne

veux pas le mandat du forum.

D'Amour : Non, non, vous avez dit quel était... Tantôt, on a posé la

question, M. le Président, à savoir quel était le mandat. J'ai six

petits points, j'aimerais vous les dire simplement.

Ouellet : O.K.,

mais pas le mandat du forum global, là, le mandat sur la question des quais,

D'Amour : Oui. Bien, regardez, le forum, sur la question des quais,

son mandat, c'est celui-ci, là : d'abord, vérifier l'intérêt des expéditeurs, de la compétitivité du réseau

portuaire québécois, des perspectives de viabilité économique et financière des administrations portuaires, des

objectifs de développement économique régional, des objectifs en matière

de développement durable, des liens à faire

avec le système de transport en général, des perspectives de développement

du transport maritime courte distance et

d'intégration des différents modes. Le mandat, c'est clairement ces points-là.

Et, si la députée — je l'ai fait vite, là — souhaite avoir plus de précisions ou

analyser, je peux déposer ce document-là avec plaisir.

Quant à

l'état des quais, ma réponse, elle est claire, elle est franche, c'est non. Et

c'est la raison pour laquelle, M. le

Président, je veux que le Québec prenne son temps. Puis je veux savoir aussi,

dans un deuxième temps... le gouvernement fédéral fait part de son

intention toute légitime. Cependant, pour rénover des quais, lorsqu'on

travaille dans ce domaine-là, sincèrement,

ça coûte très cher. Alors, moi, je veux avoir un aperçu financier. Je ne vais

pas recommander à mon gouvernement

d'embarquer dans une aventure qui pourrait coûter des centaines

de millions de dollars. Il faut savoir ce que ça coûte, quel est

l'état des infrastructures et comment on va procéder par la suite.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.

Ouellet :

Oui. Merci, M. le Président. En fait, je suis assez inquiète, parce que, si,

depuis l'automne passé, le ministre

délégué est au courant que les ports et les quais vont être cédés et qu'il n'a

toujours pas d'état de situation... il

nous a dit non, il n'avait pas d'état de situation, moi, je pense que c'est

urgent qu'on ait un état de situation de chacun des ports, des quais, la condition physique, les réparations qui sont

nécessaires, la valeur pour être capable de négocier avec Ottawa la cession. Et, quand le ministre me

dit... il m'inquiète encore, le ministre délégué, il me dit : On va

prendre notre temps... c'est parce que ce n'est pas

nécessairement lui qui va décider, c'est le gouvernement fédéral qui a annoncé

qu'il laisserait 60 jours au gouvernement du Québec et aux municipalités

pour décider et qu'ensuite il ouvrirait aux entreprises privées et aux autres

communautés.

Donc, moi, je

veux bien, là, mais il y a urgence d'agir. Puis dire : On va prendre notre

temps... c'est parce que déjà il y a

pas mal de temps qui a passé, et je voudrais avoir est-ce que le ministre a un

échéancier, une date à nous donner à laquelle il va pouvoir nous déposer

un portrait de la situation des ports du Québec.

Le Président (M. Reid) :

Merci. M. le ministre.

M. D'Amour : M. le Président, je me

permets de rappeler que la proposition de dessaisissement des ports du fédéral,

c'est arrivé vendredi dernier, la proposition officielle, vendredi dernier. Je

rappelle ça d'abord.

Deuxièmement,

pour négocier, là, encore faut-il savoir sur quelles bases. C'est la raison

pour laquelle, dès l'automne dernier,

l'année dernière, j'ai demandé au forum d'analyser, en fonction des critères

que j'ai cités tout à l'heure, d'analyser la faisabilité et l'opportunité de le faire. Ça implique aussi un dialogue

avec les régions. M. le Président, moi, je ne vais pas commencer à négocier avec le fédéral sur des

entités qui intéressent les régions

sans parler aux régions. Il me semble que c'est

normal. Alors, c'est l'entonnoir qui nous amène vers cette négociation-là, et il y aura

effectivement une négociation, sauf

que je veux savoir de quoi on parle exactement, et c'est ma responsabilité.

Moi, quand je vais retourner au Conseil des ministres, le jour viendra où j'aurai des recommandations à faire; encore faut-il que ce soit appuyé sur des opinions régionales.

Moi, je n'irai pas jouer, là, au

niveau du quai de Gaspé sans savoir ce que le maire de Gaspé puis ce que les

gens de la région en pensent. Moi, je veux

savoir ce que le maire de Carleton veut faire avec son quai, ce que ça va

coûter, réparer ce quai-là.

Moi, je veux

aller au fédéral discuter, parce que nous, on leur parle, au gouvernement

fédéral, et l'échéancier que je vais

respecter, c'est l'échéancier qui ira dans l'intérêt des Québécois d'abord.

Moi, c'est les Québécois qui me guident là-dedans.

Le Président (M. Reid) :

Merci. Mme la députée de Vachon, il vous reste encore 10 minutes.

Ouellet :

Oui. Merci, M. le Président. C'est de plus en plus inquiétant. La base de la

Stratégie maritime, ce sont les ports

et les quais, et on apprend ce soir que le MTQ n'a aucune espèce d'idée de

l'état des ports et des quais. Pas de port, pas de quai, pas de

Stratégie maritime, là. On s'entend-u, là? Ça, c'est la base.

Le ministre

nous dit que, depuis l'automne passé, il y a des discussions avec le

gouvernement fédéral. Ça ne doit pas

donner grand-chose, parce qu'il n'a même pas appris d'avance qu'il voulait

avoir de la rétrocession. Il l'a appris comme tout le monde. Et là il nous dit que lui, il n'est pas pressé, parce

qu'il veut aller parler avec les régions. Bien oui, il peut bien aller

parler avec les régions, mais, pour aller parler avec les régions, ça prend un

état de situation. La base, c'est d'avoir

l'état de situation, c'est d'avoir les faits. Une fois qu'on a les faits, après

on peut discuter. Mais on ne va pas aller discuter dans le vide sans savoir de quoi on parle. Et là le ministre

délégué, il n'est même pas capable de nous dire de quoi on parle. Et là ce qu'on apprend, c'est qu'il

n'est pas pressé et que, lorsqu'il va annoncer sa Stratégie maritime, le coeur

de la Stratégie maritime, qui est les ports et les quais, il ne va avoir aucune

espèce d'idée de l'état de ces ports et de ces

quais-là. On le voit, là, à Rimouski, l'impact que ça a. L'impact que ça a, là,

c'est 300 000 $. L'annonce de 400 000 $ que vous avez faite pour l'ISMER, là, vient d'être

quasiment complètement flushée par les coûts supplémentaires à cause qu'un

quai n'est pas en bon état.

Donc, une

stratégie maritime sans port, sans quai, c'est du vide, ça ne va nulle part.

Donc, moi, j'aimerais ça que le ministre délégué se réveille — il

n'est pas trop tard — et

qu'il nous prépare un plan pour avoir les informations de l'état de situation avec un échéancier qui informe

la population parce que, là, là, il y a des communautés qui sont inquiètes,

là, parce qu'elles n'ont pas les moyens

d'acquérir, les municipalités, nécessairement des quais, puis elles aimeraient

ça avoir le support du gouvernement du Québec pour cette évaluation-là.

Puis, comme il y en a plusieurs au Québec, le gouvernement

est capable... du Québec... de regrouper, dans une seule étude, l'ensemble de

cette évaluation-là, donc d'avoir cette

évaluation-là. Et moi, je veux bien qu'il va prendre le temps qu'il veut. C'est

parce qu'il va être un petit peu à la remorque

du fédéral. Puis le fédéral, jusqu'à date, n'a pas été très, très à l'écoute du

gouvernement du Québec. Ça fait que,

là, le fédéral, ils disent qu'ils s'enlignent dans un processus de

60 jours. Si le gouvernement du Québec perd la fenêtre de

60 jours, là la Stratégie maritime, s'il n'y a pas de port, s'il n'y a pas

de quai, c'est du vide.

Donc, est-ce

que le ministre délégué... puis je

comprends, là, qu'il dit qu'il veut parler, puis tout ça. Ce n'est pas de

ça, là... puis on ne remet pas ça en question.

Puis on est bien d'accord, là, qu'il parle avec le monde régional, on est bien

d'accord, mais est-ce qu'il peut s'engager à nous déposer dans les meilleurs délais, peut-être

d'ici une semaine ou deux, un plan qui va nous donner l'échéancier, les coûts

pour une évaluation de l'état de l'ensemble des quais au Québec que le

fédéral veut rétrocéder?

Le Président (M. Reid) :

Merci, Mme la députée de Vachon. M. le ministre.

D'Amour : Bien, écoutez,

je pense que la députée de Vachon y voit une belle occasion encore d'une chicane

avec le gouvernement fédéral, mais il n'y en aura pas. Je n'insisterai pas là-dessus. La députée de Vachon, fidèle à sa propre tradition, aime beaucoup

jouer sur les mots.

Je pense que

j'ai exposé clairement ce soir le processus de discussion de façon responsable, parce qu'il ne faut pas embarquer le

Québec dans n'importe quoi, puis moi, là, quand je vais parler au nom des

régions, je veux savoir ce que les régions souhaitent d'abord.

Ça, c'est important.

Ça, c'est important. Et d'ailleurs, si elle avait lu notre projet de campagne électorale, elle saurait — c'est

écrit en toutes lettres — que

nous, on se propose, en tant que gouvernement, de négocier au nom des régions qui

souhaitent acquérir ce genre de port là.

Sur la question

fédérale, quant à la Stratégie maritime, moi, je peux vous dire, M. le Président, j'ai fait le tour de chacun

des ports du Québec, évidemment

Québec, Montréal, Valleyfield, Saguenay, Trois-Rivières, Gaspé, Gros-Cacouna,

Sept-Îles, on a fait le tour, et je peux vous

dire que, dans la très grande majorité de ces ports, il y a des projets de développement et de création d'emplois et je peux

vous dire, M. le Président, qu'il n'y a rien qui empêche le gouvernement

du Québec d'être partenaire avec les

entreprises qui s'y installent, d'être partenaire parfois avec les

administrations portuaires fédérales

pour faire en sorte de créer des emplois. On le fait déjà. On n'a pas annoncé

la stratégie que déjà on est dans l'action

et qu'on discute avec ces partenaires-là puis avec les régions, puis je vais

continuer à le faire. La nouvelle, là, que je vais annoncer, là, c'est

qu'on va continuer à travailler avec ces gens-là.

La députée de

Vachon... et écoutez bien, là, puis les gens qui nous écoutent vont voir la

véracité de ses propos, là : Est-ce que le ministre délégué

s'engage à déposer, d'ici une semaine, l'état des quais?

Ouellet : Un plan.

M. D'Amour : L'état des quais.

Ouellet : Un plan

d'action.

M. D'Amour : Un plan puis l'état des

quais.

Ouellet : Non, un

plan d'action pour nous donner un échéancier.

M. D'Amour : Est-ce que j'ai la

parole ou non, M. le Président?

Le Président (M. Reid) : Oui.

M. D'Amour : Est-ce que j'avais la

parole?

Le Président (M. Reid) : On

va y aller prudemment. Continuez, M. le ministre. La députée de Vachon aura

l'occasion de reprendre la parole. M. le ministre.

D'Amour : Ceci dit, là, on parle d'infrastructures majeures et de

grosses sommes d'argent, et, moi, ce qui est clair, là, je vais dire une chose, là, on ne va pas embarquer le

Québec dans une aventure financière qui n'a pas d'allure. On va prendre le temps d'analyser, on va prendre

le temps de parler aux régions, puis on va faire le travail qu'on a à faire.

On n'a pas

attendu après le gouvernement fédéral, contrairement aux prétentions de la

députée, parce que, l'automne dernier,

j'ai déjà demandé au forum d'analyser tout ça selon les critères que j'ai

déposés tout à l'heure. C'est déjà une

partie

du plan. Le plan, elle l'a déjà entre les mains, M. le Président, elle l'a déjà

entre les mains. On a rencontré les gens du gouvernement fédéral, on a

donné le mandat au forum en fonction de critères vraiment bien établis, puis on

va continuer à avancer. Il est là, notre

plan. Chose certaine, on va travailler en fonction de notre échéancier parce

qu'on veut respecter les Québécois

là-dedans et surtout... Puis, moi, là, il n'y a jamais personne qui va me faire

poser des gestes qui vont à

l'encontre des intérêts régionaux, jamais. Je vais prendre le temps de

m'asseoir avec les préfets, avec les maires, avec les administrations

portuaires, et on va prendre ensemble des décisions intelligentes, porteuses

pour l'avenir économique du Québec.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.

Ouellet : Il me

reste combien de temps?

Le Président (M. Reid) :

Presque quatre minutes.

Ouellet : Quatre

minutes.

Le Président (M. Reid) :

Presque.

Ouellet :

Je me permets, M. le Président, d'insister parce que ce que je proposais au

ministre, c'est d'avoir un plan qui nous donnerait l'échéancier pour

pouvoir justement avoir l'état des infrastructures.

Le ministre nous dit que ce sont des

infrastructures majeures. Je suis d'accord, ce sont des infrastructures majeures, et il faut donc avoir un portrait de la

situation, de l'état de ces infrastructures-là. Ça, c'est le b. a.-ba, là,

c'est le b. a.-ba quand on veut

regarder si on fait une acquisition d'une infrastructure, c'est d'aller faire

ce qu'on appelle de la revue

diligente, c'est d'aller voir l'état des infrastructures. Ça, c'est du

b. a.-ba dans n'importe quelle transaction. Et donc c'est ce que je demande, c'est d'avoir un état des

infrastructures. Je crois que le ministre délégué ne peut pas être contre

ça. Et j'aimerais ça qu'il sorte de sa

partisanerie lorsqu'il parle de chicane avec le fédéral. Il n'est pas du tout

question de

chicane avec le fédéral, c'est le fédéral qui veut céder les infrastructures.

Il n'est pas question qu'on aille lui demander les infrastructures, c'est lui qui veut les céder. Parce que je pense

qu'ils font des évaluations de coûts. Ils se retirent. Ça fait déjà plusieurs années qu'ils se retirent du

côté des ports, donc ça n'a rien à voir, ça n'a absolument rien à voir. Et ça

serait vraiment agréable que le ministre

délégué sorte de cette petite partisanerie là. Et donc moi, je crois qu'il est

nécessaire qu'on ait ce portrait-là.

Lorsque le

ministre nous dit que le forum va regarder les perspectives de viabilité

économique et financière des administrations

portuaires, est-ce qu'il s'attend à ce que le forum lui dépose un portrait

complet de l'état des infrastructures portuaires

port par port, comme le port de Gaspé? Le coût de rénovation, le coût

d'opération, par exemple, du port de Gaspé, est-ce qu'il s'attend à

recevoir cette information-là du forum?

Le Président (M. Reid) :

Merci, Mme la députée de Vachon. M. le ministre.

M. D'Amour : La députée a la réponse

parce qu'elle a le document que j'ai déposé tantôt quant au mandat. Ceci dit, et je rappelle les

faits : l'automne dernier, rencontre avec Mme Raitt, mon vis-à-vis

fédéral, un; deux, on donne le mandat

au forum. En décembre, janvier, février, mars puis jusqu'à ce jour, avec des

températures de moins 35°, moins 40° puis

les glaces, pas sûr qu'on aurait envoyé des ingénieurs pour voir l'état des

infrastructures sous l'eau. Je pense que c'est un argument qui est valable, là, puis je pense qu'on ne me prêtera

pas d'intention partisane à cet égard-là. Mais on ne réinvente pas la

roue, là.

La façon de

procéder, là, elle n'est pas si mauvaise que ça, parce qu'au-delà du

gouvernement, là, tantôt j'ai donné des

exemples d'expériences vraiment réussies, Rivière-du-Loup—Saint-Siméon, j'ai parlé de la Société des

traversiers. Il y a eu des transferts

aux municipalités aussi : Batiscan, Lachine, Sorel, Tadoussac; transfert

même à un exploitant privé dans le

secteur de Gatineau; transfert à des organismes du milieu, Havre-Saint-Pierre; Trois-Pistoles, Les Escoumins, c'est

chez moi, ça a été vraiment

réussi. Puis le fédéral, soit dit en passant, a investi dans ces infrastructures-là, Trois-Pistoles, Escoumins,

beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. Pointe-au-Pic, Cap-à-l'Aigle,

Notre-Dame-du-Lac, Saint-Juste-du-Lac, 4 millions, le chèque du gouvernement fédéral. Ça vient de se faire, c'était l'année

passée, 4 millions. Alors, ça s'est fait dans un cadre de négociation normal. Et, je vous

dirais, là, je parle d'à peu près une quinzaine d'exemples ce soir, d'expériences heureuses en termes de transfert,

nous, ce qu'on possède présentement, c'est des données... C'est important, ce que je dis, Mme la députée,

Nous possédons des éléments techniques, des

données techniques. Ce qu'il nous reste à faire, là, c'est d'aller plus loin, d'avoir des estimés en fonction de ces

données techniques là, et éventuellement

c'est ce qu'on aura à faire. C'est un

processus normal. On peut bien s'exciter, sauf que, dans les faits, là, c'est

un processus rationnel, normal, responsable et porteur pour nos régions.

Le Président (M. Reid) :

Merci, M. le ministre. Le bloc est écoulé. Nous allons passer maintenant à un

bloc ministériel, et je passe à parole au député d'Argenteuil.

St-Denis : Merci, M. le Président. Bonsoir, M. le ministre. Bonsoir,

chers collègues. Je vais vous parler de formation et de main-d'oeuvre, M. le ministre. Un des défis de la

Stratégie maritime sera d'être en mesure de répondre aux besoins

grandissants en main-d'oeuvre qualifiée du monde maritime.

Pour ce

faire, nous devrons offrir des formations adaptées et de qualité. Pour nous

éclairer, le Québec a l'avantage de

pouvoir compter sur deux comités sectoriels de main-d'oeuvre qui recensent

annuellement les besoins de formation de

l'industrie maritime. Il y a le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre de

l'industrie maritime, qui a pour mission de soutenir les employeurs et la main-d'oeuvre dans

l'élaboration de projets visant le développement des ressources humaines et des

compétences ainsi que la promotion des

métiers et des professions liés à l'industrie maritime, et il y a le Comité

sectoriel de la main-d'oeuvre des pêches maritimes, qui a pour mission

d'analyser, de développer et de diffuser un ensemble d'informations, de connaissances et de solutions permettant d'accroître

le développement et la valorisation des ressources humaines de l'industrie québécoise des pêches et

de l'aquaculture commerciales. Ces comités nous permettent de mieux définir les orientations en matière de formation

afin de répondre aux besoins en main-d'oeuvre des différents secteurs maritimes. Selon le Comité sectoriel de la

main-d'oeuvre de l'industrie maritime, c'est plus de 2 000 postes qui

devront être comblés d'ici 2016,

dont, entre autres, les métiers suivants : officier de navigation ou de

pont, matelot de pont, de quart à la

passerelle, ou timonier, officier mécanicien, matelot salle des machines,

cuisinier et assistant-cuisinier, électricien et commissaire de bord.

De plus, les

formations offertes pour l'ensemble des secteurs maritimes auront à s'adapter

afin de répondre aux nouvelles exigences du marché en matière de

technologies, de santé, de sécurité et de protection de l'environnement. Quand

nous pensons emplois maritimes, nous pensons tout de suite au personnel

navigant. Cependant, les besoins en main-d'oeuvre

qualifiée se retrouvent également auprès des industries maritimes connexes, que

ce soit comme débardeur, gestionnaire de navire, spécialiste en

logistique, courtier en affrètement, surintendant de terminal et technologue en

architecture navale. Le Comité sectoriel de

main-d'oeuvre des pêches maritimes prévoit, quant à lui, des besoins, dans

les secteurs de la transformation de produits marins, de l'aquaculture et de la

capture, de plus de 1 700 postes.

Le Québec compte un bassin de ressources marines

d'une grande richesse. Cette industrie contribue ainsi à la vitalité économique de plusieurs régions telles

que la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine

et la Côte-Nord. Depuis le début des

années 90, l'industrie à dû modifier ses façons de faire et l'offre de ses

produits suite à l'effondrement des stocks de poissons de fond. Aujourd'hui, l'industrie des pêches repose

majoritairement sur la pêche aux crustacés, soit celle du crabe des neiges, du homard et de la crevette. Cette

dernière représente à elle seule environ 85 % de la valeur des

débarquements. L'industrie

de la pêche commerciale en haute mer représente un millier d'entreprises de

pêche et procure des emplois à près

de 3 000 personnes. Pour ce qui est du secteur de la transformation des

produits marins, 70 établissements situés en région côtière, soit la

Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, les Îles-de-la-Madeleine et la Côte-Nord,

procuraient plus de 4 300 emplois.

Considérant l'importance des plans d'eau accessibles, les industries de

l'aquaculture et de la mariculture sont appelées à se développer et à

devenir des avenues intéressantes.

Le potentiel de

développement et de croissance de l'industrie des pêches et de l'aquaculture

commerciales du Québec est inestimable. La

Stratégie maritime devra assurer sa pérennité

par une gestion durable des ressources en stocks de poissons. Les produits de la pêche doivent de plus en plus répondre à des standards élevés de qualité et de durabilité pour occuper une place sur les marchés. Il faudra

soutenir les usines qui désirent obtenir de telles certifications. Bien que

l'industrie de la pêche et de la transformation soit dominée par le secteur

traditionnel, le Québec a su développer de nouvelles

connaissances notamment sur les fonds marins, la biologie marine, la

géologie, la présence de minéraux et sur certaines technologies... permet d'envisager d'autres formes

d'utilisation des ressources marines du Saint-Laurent. Afin d'assurer du développement de nouvelles connaissances, le gouvernement devra soutenir nos institutions en recherche

marine, tels le CRBM, le Merinov et l'ISMER.

Ces trois instituts de recherche sont très importants pour la région de la

Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, car ils participent au développement et au maintien de l'industrie

maritime.

M. le ministre, je suis très heureux, ainsi

que les industriels de l'industrie des pêches, de la reconduction et de la

bonification du crédit d'impôt remboursable

pour certaines régions maritimes, notamment en Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord et au Bas-Saint-Laurent. Cela

permettra de soutenir la transformation des produits de la mer et continuera

d'appuyer le développement de la mariculture

et des produits issus de la biotechnologie marine. Au total, ces incitatifs

permettront une injection de quelque

55 millions de dollars pour la période de 2016 à 2020. Il y a un autre

enjeu auquel la stratégie devra

répondre, et c'est celui de la relève et, en particulier, le transfert de

bateaux et de permis de pêche. Il faudra

trouver des mécanismes afin d'aider nos jeunes qui désirent reprendre

l'entreprise familiale ou encore celui qui désire se porter acquéreur

d'un bateau et d'un permis de pêche.

Il est impossible de

passer sous silence les besoins en main-d'oeuvre et les formations relatives

des chantiers maritimes du Québec. Nous

pouvons compter sur sept chantiers navals pour répondre aux besoins de

l'industrie maritime, ces chantiers

qui emploient en moyenne entre 1 200 et 2 000 personnes par année.

Nos chantiers construisent, réparent ou transforment divers types de navire, dont les bateaux de pêche, des

navires d'excursion, des plateformes d'exploitation pétrolière, des

remorqueurs et des traversiers.

Il y a lieu de

souligner que le Chantier Davie Canada est le plus grand constructeur de

navires du Canada. Permettez-moi de faire la

nomenclature de nos chantiers maritimes et leurs spécialisations. Comme je le

disais, il y a le Chantier Davie

Canada, qui est situé à Lévis. Ils font de la construction et réparation de

navires de différent

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCTE 2015-04-30
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cte-41-1 journal-debats CTE-150430
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier3a3f0a9e884b3f995b643078e99a2e08c2596f50

Source file is stored in the law ingest library (html).