House Proceedings — 1 June 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-06-01
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante et une
minutes)
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, chers collègues députés, je vous souhaite une très bonne séance.
Nous en
sommes à la rubrique de la déclaration des députés, et je cède la parole à M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le
Président. Il me fait plaisir ce matin de souligner le départ à la retraite du brigadier-général Stéphane Lafaut. Aujourd'hui officier de l'Ordre du mérite militaire, il joint les Forces armées
canadiennes en 1983. Il obtient son brevet l'année suivante, du
Royal 22e Régiment. Durant ses tours de service opérationnel, le général
Lafaut occupe différents postes de commandement et d'état-major dans les trois
bataillons du Royal 22e ici même, à Québec.
Il sert également au sein d'unités contre-terroristes nationales,
la Force opérationnelle interarmées 2.
Au cours de sa
carrière, il participe à différentes missions des Nations unies et à des opérations nationales, notamment
la crise du verglas en 1998. Dirigeant du Centre de commandement de la Défense
nationale, il est promu colonel en 2009, il
devient le directeur des opérations de l'armée canadienne avant de commander le
5e Groupe-brigade mécanisé du Canada à
Valcartier. Depuis 2014, il est le commandant de la 2e Division canadienne
et de la Force opérationnelle interarmées Est, faisant de lui le seul représentant
senior des Forces armées canadiennes au Québec.
Félicitations, général Lafaut, pour votre brillante carrière! Merci pour votre
dévouement envers notre pays. Je veux
saluer sa femme et ses deux enfants, qui sont... ses deux filles, qui sont avez
nous dans les tribunes ce matin. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le député de Chomedey, pour cette déclaration. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. La Popote roulante oeuvre depuis plus de
44 ans dans notre grande région de
Beauharnois. Bien que la mission principale de l'organisme est
de favoriser le maintien à domicile des personnes en perte d'autonomie, particulièrement les personnes âgées, par le biais de la distribution de repas chauds et congelés livrés
à domicile, La Popote roulante fait beaucoup plus. En effet, par leur présence
et leur chaleur humaine, l'équipe et ses bénévoles
offrent des petits éclats de bonheur aux bénéficiaires en brisant leur
isolement et en les soutenant au cours des années.
Aujourd'hui, La Popote roulante est lauréate du prix Don Quichotte, lequel vise à
rendre hommage à un organisme ou à
une personne ayant réalisé un projet qui a amélioré la qualité de vie dans sa communauté. Il ne fait aucun doute que cet honneur est pleinement mérité. Bonne
continuation à La Popote roulante! Mes hommages, au nom de notre communauté.
Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Beauharnois. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, je participerai le 6 juin à La
Bio Ferme des Caps, à Saint-Tite-des-Caps, au lancement d'une nouvelle gamme de boissons, le koffucha, qui est fait
à base de racines de pissenlits, l'une des premières plantes comestibles
que nous voyons pousser au printemps, souvent bien malgré nous.
En effet, pour son 60e anniversaire de
naissance, Mme Dominique Bouchard, une passionnée de l'agriculture biologique et vivante, a décidé de cultiver sa
plante favorite en utilisant ses racines asséchées à basse température pour
conserver le plus de nutriments possible. Tel qu'indiqué dans le journal L'Autre
Voix , l'amour qu'elle porte pour les pissenlits
remonte à son enfance, alors que son père préparait à la maison des salades
avec des feuilles de cette herbacée.
Faisant
la promotion du régime hypotoxique, sa nouvelle gamme de koffucha se distingue
de sa gamme de kombucha, une boisson
fermentée à base de thé sucré qui compte jusqu'à présent cinq saveurs.
Parions que ce nouveau produit au
goût unique saura susciter l'intérêt. Je compte bien personnellement, d'ailleurs, encourager cet entrepreneur de chez nous. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. M. le député de Deux-Montagnes, à vous la parole.
Charette : Merci, M. le Président. La ville de Saint-Eustache accueillera la
septième édition du FestivalOpéra, qui
se déroulera du 23 juin au 10 juillet sous le thème OpérArts .
Cette année encore, Mme Leila Chalfoun et son équipe nous présenteront une promotion de qualité, riche
et diversifiée. En effet, conférences, concerts et expositions sont au programme
de cet incontournable rassemblement dans les Basses-Laurentides.
M. le Président, je suis toujours fier de m'associer comme partenaire de cet
événement qui démocratise l'art lyrique tout en mettant de l'avant d'incroyables talents issus de notre belle
communauté culturelle. J'invite donc mes concitoyennes et concitoyens mais également le Québec
tout entier à se joindre à moi pour découvrir, entendre et admirer l'art
lyrique sous toutes ses formes lors du FestivalOpéra de Saint-Eustache. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Deux-Montagnes. M. le
député de Sherbrooke, à vous la parole.
Fortin (Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais profiter de cette tribune pour
souligner la détermination de l'athlète sherbrookois Marc-Antoine
Lafrenaye-Dugas.
Double
médaillé aux Jeux du Canada de 2013 à Sherbrooke, médaillé d'or au
championnat universitaire SIC de 2014
et médaillé de bronze aux championnats canadiens de 2014, ce jeune athlète de 23 ans a un
parcours sportif remarquable et inspirant, lui qui poursuit des études
en médecine à l'Université de Sherbrooke.
Marc-Antoine
s'est initié à l'athlétisme à l'âge de 13 ans. Dès son premier lancer, il
s'est découvert une passion qui le
pousse depuis à se dépasser. Il accumule les succès dans différentes épreuves
en plus de fracasser de nombreux records dans les compétitions civiles
et universitaires.
Récemment, j'ai eu
l'honneur et le privilège de devenir son parrain dans le cadre du programme
Parrains de l'excellence, une démarche dynamique de mentorat bien implantée à
Sherbrooke et en Estrie.
Marc-Antoine, je
tiens à te transmettre mes plus sincères félicitations pour ta grande
détermination. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Sherbrooke. M. le député de Mercier, à vous la parole.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Lundi, 287 professeurs et chargés de cours
universitaires ont pourfendu d'une seule voix le projet de loi
n° 70 qui, s'il était adopté dans son état actuel, appauvrira les plus
démunis.
Hier, à Montréal, le Front commun des personnes
assistées sociales du Québec a tenu un barbecue pour dénoncer la volonté du gouvernement de pénaliser les jeunes
qui ne se soumettraient pas aux mesures coercitives de réinsertion.
Et demain midi c'est
devant l'Assemblée nationale que le Collectif pour un Québec sans pauvreté
tiendra un barbecue de solidarité, je nous y invite tous. Je me fais ici le
relais d'un véritable mouvement d'indignation.
le ministre Blais, en 2001, écrivait que le gouvernement faisait fausse route
en mettant en place des transferts conditionnels
et que l'activation et la coercition reposaient sur une conception simpliste et
bureaucratique. Ça, c'est le ministre actuel qui disait ça.
Avec
le projet de loi n° 70, le ministre s'égare à son tour. Je vous le dis
comme vous l'avez dit avant moi : Vous faites fausse route, renoncez à la stigmatisation, à l'humiliation et
choisissez la dignité des personnes. C'est le message qui était lancé
alors par le ministre actuel.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Mercier. M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,
pour votre déclaration.
D'Amour : Alors, M. le Président, je veux vous entretenir ce matin des
150 ans d'histoire de la municipalité de Saint-Mathieu située sur le territoire de la MRC des Basques, dans ma
circonscription. Je m'étais préparé quelques notes, mais, voyez-vous, M. le Président, je les connais tellement bien,
je les représente à l'Assemblée nationale depuis 2009, c'est des gens que je côtoie pratiquement au quotidien. Je veux
leur rendre hommage aujourd'hui parce que, 150 ans, là, il faut prendre la mesure de l'engagement de
toutes ces familles, les Beaulieu, les Théberge, les Côté, les Lévesque
et Saint-Pierre, qui ont contribué à faire de
Saint-Mathieu ce que Saint-Mathieu est aujourd'hui. Ces gens ont vécu d'agriculture,
ont vécu de forêt, vivent de plus en plus de tourisme. Ce sont des gens
engagés.
150 ans, c'est
l'occasion pour nous de célébrer cette année. Alors, on va recevoir, je
l'espère, des visiteurs de partout au
Québec. Ce sera un lieu de rassemblement. Vous savez, Saint-Mathieu a une
tradition d'accueil, on fait bien les choses.
Saint-Mathieu,
également, en 2016, voit des familles nombreuses s'installer sur son
territoire. Il faut dire que c'est un territoire magnifique, c'est un lac
exceptionnel, c'est un parc, une station de ski, l'hiver, qui nous permet
d'accueillir... Alors, longue vie à Saint-Mathieu, mes hommages à toute
la population! Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme la députée de Mirabel, à vous la parole.
D'Amours : Merci, M. le Président. La neuvième édition de la soirée
gala Les Monarques organisée par la Chambre
de commerce et d'industrie MRC de Deux-Montagnes a couronné cette année deux
entreprises de ma circonscription : verger et miellerie Labonté de la pomme et la Chocolaterie
Mathilde-Fays, toutes deux d'Oka. Mathilde Fays est une jeune chocolatière qui est une artiste du cacao et qui
s'est établie comme étant une incontournable de la région en raison de ses
jolis chocolats et très bons chocolats. Pour
sa part, Labonté de la pomme est le seul verger au Québec à valoriser
l'utilisation d'un four à bois antique en plein air pour la cuisson des
gourmandises.
Félicitations
à Mathilde, Nathalie et Sylvain! Vous êtes des entrepreneurs passionnés et
déterminés qui contribuent au développement
économique de notre collectivité. Votre reconnaissance démontre sans contredit
la concrétisation d'un travail sans
relâche et d'une détermination sans bornes. L'incroyable ascension de vos
entreprises confirme indéniablement votre réussite. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Mirabel. M. le député de Brome-Missisquoi, je vous cède la parole.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président, merci. En mars dernier, à
l'invitation du président de l'Assemblée
nationale, 12 producteurs ont soumis leurs cidres de glace à une
dégustation à l'aveugle. L'objectif : choisir une cuvée spéciale
qui sera offerte aux dignitaires en guise de cadeau protocolaire.
félicite Val Caudalies, vignoble et cidrerie situé à Dunham, comté de
Brome-Missisquoi, lauréat de la cuvée spéciale
de cidre de glace de l'Assemblée nationale. Je salue ses propriétaires, Arianne
Thivierge et Guillaume Leroux, qui nous honorent aujourd'hui de leur
présence.
Félicitations
également aux cidreries Union libre et La Pommeraie du Suroît pour leur
deuxième et troisième position avec leurs cidres Union libre et Le Fruit
défendu. Avec de telles appellations, ils se retrouvent sur la voie du paradis!
Soyons
fiers de nos produits du terroir, soyons fiers de nos producteurs artisans. M.
le Président, conformément à notre règlement, je vous présente en
primeur le cidre de glace de la cidrerie Val Caudalies : Sélection du
président Chagnon.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, merci
infiniment, M. le député de Brome-Missisquoi. Enfin, Mme la députée de
Chicoutimi, pour votre déclaration.
Jean : M. le Président, Shannon Desbiens, un libraire certifié, a
remporté le Prix d'excellence 2016 décerné par l'Association des libraires du
Québec. Cette association, qui regroupe plus de 120 librairies, a pour
mission de promouvoir la lecture
auprès de la population. Elle contribue aussi au développement du secteur de la
librairie au Québec et de ses membres.
C'est
par sa passion du livre que M. Desbiens a été remarqué. Via son travail à la
Librairie Le Bouquiniste, de Chicoutimi,
il participe activement à la promotion de la lecture auprès de la population
chicoutimienne. M. Desbiens a su se
démarquer dans le domaine de la librairie, et ce, dans notre belle région du
Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il précise que son souhait est de
démocratiser sa profession de libraire et de la rendre plus accessible.
Certainement que par son exemple son souhait se réalisera.
titre de députée de Chicoutimi, je veux féliciter M. Shannon Desbiens pour son
prix, qui fait rayonner notre circonscription
dans le milieu littéraire québécois. Je suis fière de compter dans ma
circonscription un jeune homme aussi remarquable que M. Desbiens. Merci,
M. le Président.
M. Desbiens est avec
nous avec une collaboratrice des Bouquinistes et deux amis. Bienvenue.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de
Chicoutimi.
Voilà qui met un
terme à la rubrique Déclarations de députés. Et je suspends les travaux de
l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
J'ai
le plaisir de souligner la présence de M. Jean-Paul Diamond, ancien
député de Maskinongé, qui est avec nous. Je viens de le voir tout à
l'heure.
J'ai aussi le plaisir
de souligner la présence de Diane De Courcy, notre ancienne collègue
de Crémazie.
Et finalement nous
avons aussi, dans nos tribunes, Mme Lisette Lapointe, ancienne
députée de Crémazie, et quelques membres...
Je pense qu'elle est accompagnée de quelques membres de la famille Parizeau, à
qui nous souhaitons la bienvenue et
qui viennent probablement commémorer le premier anniversaire du départ de
l'ancien premier ministre Jacques Parizeau.
oui! Bonjour, Mme Pilote, bonjour. Il y a Mme Pilote, madame l'épouse
du premier ministre, qui est avec nous aussi aujourd'hui. Bonjour,
Mme Pilote.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : M. le Président,
je dépose la réponse à la question inscrite au feuilleton le 28 avril 2016
par la députée d'Iberville.
Le Président :
Alors, ce document est déposé.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'aménagement du territoire et député de Champlain.
Auger : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission
de l'aménagement du territoire qui, les
27, 28 avril et les 10, 11, 17, 18, 24 et 31 mai 2016, a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
municipale concernant notamment le financement politique. La commission
a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Le Président : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique
dépôt des pétitions, j'ai reçu une demande de M. le député de Richelieu pour
déposer une pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement. M. le
député de Richelieu, nous vous écoutons.
Rochon : Merci, M. le
Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 1 040 pétitionnaires. Les initiateurs de cette pétition
sont dans nos tribunes.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que
le ministère de la Culture et des Communications a rendu une décision
inattendue et inexpliquée défavorisant le Biophare, situé à Sorel-Tracy,
dans sa volonté d'accéder à un financement de son fonctionnement;
«Attendu que
nous sommes convaincus que le Biophare correspond entièrement aux critères
connus et énoncés dans le document
publié par le ministère en vue du dépôt d'une demande de préadmissibilité au
Programme d'aide au fonctionnement des institutions muséales;
«Attendu que
le Biophare a complété et déposé, selon les règles établies et connues, le
formulaire de préadmissibilité au
Programme d'aide au fonctionnement des institutions muséales et qu'il a
démontré clairement qu'il ne correspondait en aucune façon aux critères
pouvant le disqualifier;
«Attendu que
le Biophare considère qu'il ne fait aucun doute qu'il oeuvre dans les champs de
compétence [...] du ministère, puisqu'il est reconnu par celui-ci comme
une institution muséale, et ce, depuis 2001;
«Attendu que
la réponse de la directrice [générale] du ministère de la Culture et des
Communications du Québec stipule que le Biophare ne correspond pas aux critères
d'admissibilité du Programme d'aide au fonctionnement des institutions
muséales;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, réclamons au gouvernement du
Québec que le ministère de la Culture
et des Communications reconnaisse le Biophare comme admissible au Programme
d'aide au fonctionnement des institutions muséales.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions
et de réponses orales, et je cède la
parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui,
merci, M. le Président. Dans l'affaire du MTQ, on a appris tard hier
soir que l'enquêteur indépendante
Annie Trudel a écrit aux députés membres de la Commission de l'administration publique pour dénoncer la distribution
par le gouvernement de documents erronés aux membres de la commission.
Je vous rappelle que le premier
ministre a refusé hier de remettre les documents d'enquête aux députés, et ce, même à huis clos.
On nous a plutôt distribué un résumé, un rapport de suivi fabriqué par le gouvernement après le départ de l'enquêteur Trudel. Mme Trudel écrit, dans sa lettre aux députés, et je la cite :
«Je peux aussi vous affirmer qu'une analyse
sommaire me permet d'affirmer que
certaines affirmations sont fausses dans ce suivi...»
Lorsqu'on a
demandé de la transparence, hier, au premier
ministre, il nous a fait la morale
sur la séparation des pouvoirs. Mais
moi, je peux vous en parler aussi, de la séparation des pouvoirs, M. le Président, puis on a tous un problème
quand on est rendus que l'exécutif, le gouvernement, dépose au législatif, aux
parlementaires que nous sommes, des documents dont l'auteure elle-même dit
qu'ils sont erronés. Ça, c'est un problème de séparation de pouvoirs.
Ça fait deux
fois que le gouvernement dépose aux parlementaires des documents
modifiés ou arrangés par le gars des
vues. Comment le premier ministre peut-il expliquer que son gouvernement a transmis aux parlementaires un autre document falsifié?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, j'aimerais amener mon collègue à un peu de prudence, un peu de prudence. On est
au courant des faits nouveaux, la lettre de Mme Trudel est bien connue,
mais le mot qu'il a employé fait directement référence
à un acte criminel. Il a parlé de documents falsifiés, de faux documents. À ce moment-là, l'UPAC, c'est son travail de s'occuper de ça, puis il s'en
occupe, M. le Président.
D'ailleurs,
sur la question de la Commission
de l'administration publique, bien
sûr, M. le Président, la commission
est souveraine, et c'est une autre
illustration des séparations des pouvoirs. D'ailleurs, plusieurs membres de
la commission se sont exprimés
ce matin. Il est clair qu'on n'a aucune objection à ce que le directeur de
l'UPAC soit entendu par la commission à huis
clos, bien sûr. Sur la question de la transmission des documents, donc on doit
convenir qu'il y a une question de
délicatesse ici, compte tenu des enquêtes en cours, justement compte tenu de ce
que vient de dire notre collègue.
Alors, je
résume : la Vérificatrice générale va faire enquête au ministère des
Transports et elle a déjà indiqué que Mme Trudel
serait une des premières personnes qu'elle rencontrera, l'UPAC, dès la
réception de la clé USB au cabinet du
ministre des Transports, a été saisie des éléments, et on vient d'ajouter,
encore une fois, le travail de la commission des affaires publiques,
qui, je crois, va être un travail non partisan qui va permettre d'illustrer le
rôle important des députés dans notre
système parlementaire, où ils auront tout loisir de convoquer
M. Lafrenière, à huis clos, probablement, pour des raisons de
confidentialité, mais, M. le Président, c'est justement ça que j'illustrais
hier dans mes propos.
Le Président : Je vais vous
éviter, évidemment, de vous citer Montesquieu en ce qui concerne le partage des
pouvoirs entre l'exécutif et le législatif,
mais je vais aussi vous demander d'éviter de porter et de dire des propos
indignes ou encore de porter des accusations. M. le chef de
l'opposition, allez.
Gaudreault : Oui, mais vous
comprenez que c'est difficile d'avoir confiance au gouvernement quand il dépose pour la
deuxième fois — pas
juste une fois, deux fois — des
documents qui ont été arrangés pour protéger le gouvernement. Alors là, on peut bien mettre la faute une première fois sur
Word, là, mais, c'est quoi, il va nous dire aujourd'hui que c'est Excel, là, le problème, là? Tu sais, je veux
dire, ça ne marche pas, là. Alors, on doit avoir des originaux, c'est fini, les
résumés qui sont préparés par le gouvernement pour les députés.
Est-ce que oui ou non le gouvernement va
accepter de remettre l'original de la clé USB aux députés?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, on ne l'a pas, la clé USB, c'est l'UPAC qui l'a. Alors, justement,
la Commission de l'administration publique a tout le loisir d'entendre le
commissaire Lafrenière à ce sujet-là, et M. Lafrenière, à huis clos, pourra expliquer aux membres de la commission
pourquoi certains éléments peuvent ou ne peuvent pas être divulgués à la
commission. Et c'est de cette façon que le système parlementaire doit fonctionner
et de cette façon qu'il fonctionnera. Mais,
encore une fois, ça illustre l'importance
du rôle des députés qui siègent dans nos commissions permanentes, notamment
celle de l'administration publique.
Je veux être
très clair : s'il y a des choses irrégulières qui ont été faites, on va
les sanctionner. S'il y a des problèmes à corriger, on va les corriger sans aucun compromis, M. le Président,
mais cependant dans les principes de justice naturelle et en connaissant
les faits avant de juger trop rapidement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. Je vais citer encore Mme Trudel, qui dit :
«Il serait plus juste et pertinent de rendre publics les documents originaux qui ont été produits par
moi, plutôt que ceux fabriqués par les représentants du MTQ.» Ça, c'est Mme Trudel qui dit
ça. Et vous, hier, à la présidence de l'Assemblée nationale, vous avez dit que
les dispositions de la loi d'accès à
l'information ne peuvent empêcher la remise de documents aux députés, vous avez
été très clair par la voix du vice-président, M. le Président.
Alors,
est-ce que le premier ministre peut finalement donner accès à l'information
pleine et entière aux députés en respect de votre décision?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Il semble malheureusement que l'opposition officielle — involontairement, j'en suis sûr — veut miner le travail de l'UPAC.
Parce que j'ai expliqué très clairement hier en citant l'extrait de lettre du
commissaire Lafrenière, et je vais répéter
l'extrait de cette lettre : «Dans ce contexte, le Commissaire à la lutte
contre la corruption doit refuser de
donner communication d'un renseignement contenu dans un document qu'il détient
dans l'exercice d'une fonction [...]
de prévention, de détection [...] de répression du crime ou des infractions aux
lois lorsque sa divulgation serait susceptible d'entraver une
enquête...»
Donc,
l'endroit pour avoir une conversation là-dessus et obtenir plus
d'éclaircissements, c'est à la Commission des affaires publiques, et j'estime que la commission a toute latitude
pour convoquer qui elle veut, dans les circonstances qu'elle veut et
aborder les sujets qu'elle désire, M. le Président.
Président : Troisième complémentaire, M. le président...
monsieur l'ancien président de la commission de la... mais maintenant le
chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, le premier ministre
nous dit qu'il est prêt à ce qu'on entende à la CAP le dirigeant de
l'UPAC. On va déposer une motion tout à l'heure pour entendre également
l'ex-ministre des Transports, député de Marguerite-Bourgeoys, l'ex-directeur de
cabinet, Pierre Ouellet, et l'enquêteur Annie Trudel.
Est-il
prêt également à accepter que la commission entende ces trois personnes-là et
qu'on ait aussi le dépôt de tous les documents nécessaires à la bonne
compréhension du dossier?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, il semble, malgré tout le respect que j'ai pour mon collègue,
que je suis obligé de reprendre l'explication.
Moi,
je n'ai pas à donner d'ordre, comme président de... comme chef de l'Exécutif, à
une commission parlementaire. C'est à la commission de se gouverner et
de décider qui elle va entendre, dans quelles conditions et à quel sujet. Les membres de la commission, quelle que soit la
formation politique à laquelle ils ou elles appartiennent, ont entière latitude
de prendre ces décisions, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le Président. Dans la lettre de Mme
Trudel, l'enquêteuse Mme Trudel, que nous avons reçue hier soir, elle mentionne très clairement : «Je peux [...]
vous affirmer qu'une analyse
sommaire me permet d'affirmer que certaines affirmations sont fausses...» Et
elle continue : «Il est fort probable qu'il y ait davantage
d'irrégularités.» Une enquêteuse qui
écrit ça, M. le Président. Non seulement le rapport déposé contient des
informations fausses, mais... je cite toujours Mme Trudel : «[Il] n'a
jamais été porté à mon attention ni à celle [du député de Marguerite-Bourgeoys],
et qu'il a été produit après notre départ du [ministère].»
C'est
ça, M. le Président, on tasse le ministre, on tasse l'enquêteuse puis on fait
un beau tableau pour faire comme si tout allait bien. Le premier
ministre tantôt a dit : S'il y a des problèmes... M. le Président, c'est
clair qu'il y a des problèmes, c'est clair qu'il y a des problèmes.
Puis,
nous autres, ce qu'on veut savoir, c'est qui : qui a commandé ce
tableau, qui l'a produit et qui l'a falsifié.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. D'abord, la lettre, effectivement, de
Mme Trudel comporte des mots qui sont très
durs. Et, quand je parle de mots très durs, on parle de documents fabriqués, on
parle d'affirmations fausses, on parle de
documents erronés. On parle aussi, «fort probable qu'il y ait davantage
d'irrégularités», vous l'avez dit tantôt. Ce sont des accusations qui
sont graves et qui doivent être vérifiées.
matin, quand j'ai pris connaissance de cette lettre-là, mon premier geste a été
bien sûr d'appeler mon nouveau sous-ministre et de lui demander ce qu'il en
était de ce document-là et de le vérifier. Alors, je ne porterai pas
d'accusation à personne avant d'avoir une réponse à ces questions-là. Ça
s'est produit ce matin.
Mais,
je répète, les affirmations, les allégations qui sont faites là sont très
fortes. Comme le disait le premier ministre tantôt, on pourrait même penser à des affirmations et des accusations de
nature criminelle. Alors, ça demande beaucoup de prudence, parce que ce n'est pas parce qu'une personne a écrit une
lettre sur des impressions et où elle porte des accusations qui sont
fortes que nécessairement tout ce qui est contenu dans la lettre est valide.
va commencer par enquêter, on va faire le travail correctement et, quand on
aura terminé ce travail-là, on sera en mesure de porter des jugements...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...pas avant, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : M. le Président, c'est un peu léger, comme réponse
du ministre. C'est des accusations extrêmement graves que nous retrouvons dans la lettre de Mme Trudel. C'est la
deuxième fois que nous recevons des informations qui ont été manipulées, M. le Président, à la
Commission de l'administration publique. Nous, les parlementaires, nous
recevons des informations manipulées.
L'enquêteur Trudel l'a dit clairement : Des informations du tableau sont
fausses. Ni elle ni le ministre ne l'ont vu, elle a été produite après
leur départ. Qui a commandé le tableau? Qui l'a produit et qui...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Alors, je continue, si vous voulez, M. le Président, dans ce
que je vous disais tantôt. C'est qu'effectivement les accusations qui sont portées sont graves, sont
sérieuses. Non seulement j'en ai parlé avec mon nouveau sous-ministre, tantôt, pour lui demander de m'éclaircir tout ça,
de voir la... Parce qu'encore une fois, quoi qu'en dise ma collègue députée
de Vachon, ça ne veut pas dire que, parce que c'est écrit là, c'est exact; il
faut le vérifier.
allons un pas plus loin, M. le Président. On a demandé aux autorités
compétentes... du côté criminel, on a demandé à l'UPAC de faire enquête, on a aussi demandé à la Vérificatrice générale,
qui a rencontré, hier, mon nouveau sous-ministre, avec lequel on s'était
entendus pour faire une enquête exhaustive.
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
Alors, on va dans la bonne direction.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, la confiance des citoyens, elle est ébranlée avec ce qui se
passe. Le gouvernement se comporte comme s'il voulait à tout prix
étouffer l'affaire. Ça, ça s'appelle un «cover-up», M. le Président.
Président : M. le leader de l'opposition, vous savez comme moi,
avec votre expérience, que vous ne pouvez pas imputer des motifs qui
sont indignes, en cette Chambre, à n'importe qui. Je voudrais... Merci.
M. Drainville :
M. le Président, le premier ministre nous parle de séparation des pouvoirs.
Nulle
part ce n'est écrit que l'Exécutif a le droit de déposer des faux
documents auprès des parlementaires, au nom de la séparation des pouvoirs. Ça
n'existe pas.
Le Président : M.
le leader de l'opposition, un rappel... deuxième rappel : Vous ne pouvez
pas imputer de motifs indignes, je vous demanderais de retirer la
dernière
partie de vos propos.
M. Drainville :
Je le retire.
Le Président :
Merci. Oui?
M. Drainville :
Qui a fabriqué le tableau? À la demande de qui? Qui voulez-vous protéger en
déposant des faux documents, M. le Président?
Le Président :
Encore une fois... M. le leader du gouvernement.
Fournier : Honnêtement, c'est... Vous avez fait deux rappels à
l'ordre, vous êtes rendu au troisième, je ne sais pas qu'est-ce que vous
allez lui dire pour qu'il respecte le règlement, mais bonne chance!
Le Président :
Ah! ce ne sera pas compliqué, je vais donner la parole au ministre.
Le Président :
Ah! vous allez la prendre.
Le Président :
Vous savez quoi? Je vais vous la donner. Alors, M. le leader.
M. Fournier :
D'abord, je crois, M. le Président, que vous devriez réfléchir aux moyens à
prendre quand une personne se lève et, devant vous, fait le contraire de ce que
vous lui demandez. Ça, c'est le premier élément.
Deuxième
élément, le leader de l'opposition laisse entendre des comportements du gouvernement. Il y a
l'UPAC qui est dans le dossier,
vérificateur qui est dans le dossier, nos membres, comme les vôtres, comme l'ensemble
des membres qui sont à la CAP, sont
en train de discuter de la chose. Je ne vois pas vraiment, M. le Président, ce qu'on peut faire de plus.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, lorsque j'étais ministre
de la Santé en 2002, l'écart des
médecins du Québec avec ceux
de l'Ontario était d'environ 40 %, alors que l'écart des autres salariés entre le Québec et
l'Ontario était d'environ 15 %.
J'avais accepté, à l'époque, par équité, de réduire, sur un certain nombre
d'années, l'écart de salaire des médecins de 40 % à 15 %, comme les autres salariés. Or, il semble que
le gouvernement libéral, depuis huit ans, est allé beaucoup plus loin, beaucoup trop loin. M. le Président,
sur huit ans, la rémunération des médecins a été augmentée de 72 % pour
les omnipraticiens et de 107 %, donc une
augmentation de 107 % pour les spécialistes. M. le Président, au total, l'augmentation représente 3 milliards de
dollars payés par les Québécois.
Donc,
ma question au premier ministre est très claire : Selon lui, aujourd'hui,
quel est l'écart de rémunération pour les
médecins entre le Québec puis l'Ontario et quel est l'écart de rémunération de
l'ensemble des salariés entre le Québec et l'Ontario?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, effectivement, mon collègue me rappelle
ce qu'on a trouvé dans les tiroirs en arrivant, c'est une lettre d'entente
qu'il avait signée avec les fédérations médicales sans aucun autre engagement,
qui engageait le Québec sous une voie qui a
été sans précédent d'établir un concept de parité, ou d'égalité, ou de
correction avec d'autres
gouvernements, ce que d'autres gouvernements font, et la route s'est poursuivie
par la suite, et il vient de donner
un aperçu, je dis bien «un aperçu», des conséquences du geste qu'il a posé à
l'approche des élections de 2003 pour s'assurer
de balayer le problème sous le tapis et qu'on n'en parle plus jusqu'à
l'élection. On a été pris, nous autres, à régler le problème, à s'en occuper avec les fédérations
médicales, et je pense qu'on a bien fait. Personne ne peut se plaindre au
Québec, il n'y a pas un médecin qui peut se
plaindre qu'il n'est pas bien rémunéré au Québec, et ça, je pense que c'est...
je pense qu'il faut le dire.
Le Président :
Ça va! Merci. M. le premier ministre.
M. Couillard : Je ne sais pas qu'est-ce
qu'il y a de drôle là-dedans,
là. Je répète, là, il n'y a pas un médecin qui peut se plaindre...
Le Président :
Chut! Chut! Chut!
M. Couillard : ...il n'y a pas un médecin qui peut se plaindre, au Québec, de
sa rémunération, et ça, je le répète.
M. Fournier :
Bien, levez-vous, M. le Président.
Président : Oui,
bien, M. le député de Sanguinet, vous, vous avez tort, O.K.?
Alors, M. le premier ministre, c'est à vous la parole.
M. Couillard : C'est étrange, ce comportement. Mais je voudrais quand même
rappeler une donnée importante à mon
collègue, qui a occupé les fonctions déjà de ministre
de la Santé et des Services sociaux, c'est qu'actuellement la masse... la quantité d'argent dévolue
aux médecins est de 13 %, environ, inférieure au Québec par rapport à
celle de l'Ontario. Ça ne veut pas dire qu'il y a
d'autres rattrapages à faire, je
pense qu'il y en a assez, de
rattrapages de faits, puis les
prochaines négociations doivent être entièrement, entièrement basées sur les besoins des patients, plus que les besoins des
médecins, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe de l'opposition.
Legault : M. le Président, pour une fois, je suis d'accord avec
le premier ministre. Il n'y a pas un médecin qui peut se plaindre, au Québec,
de sa rémunération, on est d'accord là-dessus.
Mais,
M. le Président, je veux bien comprendre sa réponse, là. Est-ce qu'il nous dit que l'écart de rémunération
des médecins du Québec
avec ceux de l'Ontario est de 13 % aujourd'hui? Est-ce que
c'est ça qu'il nous dit? Sinon, quel
est l'écart? Quel est l'écart? Je comprends
qu'il aime ça regarder de haut puis que ça ne l'intéresse pas, le quotidien,
là, mais on parle d'une augmentation de 3 milliards. Combien
d'écart?
Le Président :
Il faut faire attention, évidemment, à ses propos. M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je vais quand même faire remarquer à la population qui
nous écoute le style de politique pratiqué par mon collègue. Il y a
rarement une question qui ne contient pas une insulte à peine voilée. Je pense qu'on doit le remarquer, on doit le
souligner puis on doit le faire remarquer à nos concitoyens et nos
concitoyennes, qui n'attendent pas ce genre de comportement des
parlementaires qui les représentent à l'Assemblée.
crois que les médecins du Québec sont bien rémunérés, je pense qu'ils sont
correctement rémunérés par rapport à leurs voisins ontariens. On n'a pas
d'effort de plus d'équité à amener au moulin, là, je pense que le travail est
fait. Il y a beaucoup de ressources
publiques données aux médecins alors qu'il y a beaucoup de besoins de
ressources publiques à d'autres éléments, notamment les aînés en centre
d'hébergement, tout le monde en est conscient.
Alors,
je pense que la masse monétaire, la quantité d'argent disponible pour les
médecins est moindre au Québec qu'en Ontario, on s'y attend, c'est comme ça...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...mais ce n'est plus ça, la priorité. La priorité de la prochaine
négociation, ce sont les patients, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe de l'opposition. En faisant attention, évidemment.
Legault : M. le Président, ce que les Québécois s'attendent de
leur premier ministre, c'est des réponses claires à des questions
claires.
question est claire : Quel est l'écart de rémunération des médecins entre
le Québec puis l'Ontario? Puis quel est
l'écart de rémunération pour l'ensemble des salariés? Il me semble que c'est
simple, là. Qu'il sorte de sa nonchalance puis qu'il nous donne enfin
une réponse.
Président : On n'améliore pas le décorum de l'Assemblée en
tirant des propos blessants, d'un côté comme de l'autre, comme ceux-ci,
comme les derniers propos que j'ai entendus. M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, ça continue, là. Deux questions, deux insultes à peine
voilées. Alors, c'est le style du chef de la deuxième opposition.
Puis
ici je veux lui parler encore du style de politique qu'il pratique. Laissez-moi
lui rappeler un souvenir récent. Il a
fait une agitation extrême ici, à l'Assemblée, parce qu'il y avait un conflit
de travail au sujet des autobus scolaires. Il fallait démanteler le Code du travail, il fallait décréter les
conditions de travail, il fallait intervenir d'urgence. Ça a duré 72 heures, ça s'est réglé par une entente
négociée, puis il y a 15 enfants qui malheureusement ont perdu quelques
heures de classe. Alors, c'est ça, la politique de la deuxième
opposition.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le Président, je me lève.
L'article 79,
je pose la question, le premier ministre a à répondre à la question du chef du deuxième
groupe d'opposition. C'est ça, la...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Quand on entend les questions, on mérite les réponses qu'on a.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre, veuillez continuer.
Couillard : Alors, ce que je
veux faire remarquer à la population, c'est que ce parti politique ou ce groupe, disons, ce parti politique ou ce groupe,
continue à faire des allégations qui sont à la fois inexactes, incomplètes
et qu'il n'y a pas une seule de leurs interventions en Chambre
qui ne contient pas une insulte à peine
voilée.
Le Président :
En terminant.
Couillard : Je l'appelle à changer son comportement.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, hier, le premier ministre invoquait la séparation des pouvoirs
pour refuser qu'on transmette à la CAP
l'intégralité des documents contenus sur la clé USB. Hier, vous avez rendu
un jugement qui est sans appel :
non seulement la CAP peut le faire, non seulement n'y a-t-il pas d'ingérence dans une enquête policière, mais
autant la présidence de l'Assemblée nationale que les tribunaux jugent que c'est un droit
essentiel au travail des parlementaires que de décider qui ils veulent entendre
et quel document ils veulent avoir.
Compte tenu de la lettre, qui a été abondamment évoquée hier, écrite par Mme Trudel à la
présidente de la CAP, compte tenu de ce qu'elle contient, compte tenu des circonstances, est-ce que
le premier ministre du Québec va autoriser ses députés qui siègent à la CAP à voter en faveur d'une motion qui
ordonne qu'on lui transmette l'ensemble des documents, qu'on puisse aussi entendre M. Lafrenière, le
député de Marguerite-Bourgeoys, Annie Trudel et Louise Boily? Est-ce
qu'il va autoriser ses députés à voter en faveur d'une motion semblable?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Bien, il y a différentes façons de répondre à la
question. Il y a plusieurs éléments. Probablement, le premier élément, le plus important — et il va vous intéresser particulièrement,
puisqu'on parle du législatif — c'est de reconnaître que cela se passe à la commission et que c'est à la
commission, aux membres de la commission de prendre ces décisions-là. Alors, ça fait deux fois qu'on
le dit, je pense que là on l'a assez bien exprimé, ce sera aux membres de
faire les choix.
Maintenant,
pour ce qui est de la décision qui a été rendue hier, et je l'ai lue au
complet, mais j'ai lu une
partie où
on rappelait qu'il revient aux seuls députés de déterminer ce dont ils ont
besoin pour exercer la fonction de contrôleurs de l'action du
gouvernement. Cela est exact. Dans une autre décision de la présidence, qui
date du 25 février 2016, M. le
Président, vous vous rappelez cependant qu'il y a lieu de faire attention entre
la séparation des pouvoirs entre le législatif
et le judiciaire, ce qui inclut, évidemment, le domaine des enquêtes, où on
disait... et c'était inspiré de... et vous citiez alors une décision de la Cour supérieure dans New Brunswick
Broadcasting, où vous rappeliez que les tribunaux et l'Assemblée parlementaire respectent mutuellement
leur indépendance en n'intervenant pas dans leurs affaires internes et
délibérations respectives.
Le Président :
En terminant.
Fournier : Ce que je veux dire, c'est : contrôleur de
l'action du gouvernement, ce n'est pas enquêteur policier.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. Il ne faut pas être naïf non plus, M. le Président. Hier, le premier ministre disait qu'il n'était pas question
qu'on exige, qu'on ordonne à l'UPAC ou à quelque entité que ce soit à transmettre les documents à la
commission.
M. le Président, si
le registre des armes à feu a une leçon à nous apprendre — et la
députée de Chauveau et le député de
Beauce-Sud pourront en témoigner — c'est qu'au Parti libéral on est libres de
voter de la même façon que le premier
ministre. Alors, ma question, elle est très, très simple : Est-ce que le
premier ministre va les autoriser à voter en faveur de cette motion, oui
ou non?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Alors, c'est la troisième fois que je dis que la
commission va faire ses choix elle-même. Il cite le premier ministre. Le premier ministre a dit,
hier : «La commission décidera de sa conduite — c'est assez cohérent avec ce qu'on dit en ce moment — c'est à elle de le faire de façon
souveraine, mais il n'est pas question d'aller dire à l'UPAC quoi faire ni de compromettre quoi que ce soit.»
J'espère que le député ne souhaite pas que la commission aille faire les
enquêtes de l'UPAC elle-même.
si vous me permettez, je voudrais avoir le temps de rappeler ce que dit le
commissaire de l'UPAC. Il dit ceci, dans
la lettre qui a été envoyée : «Le Commissaire à la lutte contre la
corruption doit refuser de donner communication [de renseignements contenus] dans un document qu'il détient dans
l'exercice d'une fonction, prévue par la loi, de prévention, [et] de
détection ou de répression du crime...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...ou des infractions aux lois lorsque sa
divulgation serait susceptible d'entraver une enquête.» Que dire de
plus?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, je veux juste qu'on reconnaisse les droits constitutionnels de
cette Assemblée et reconnus par les
tribunaux canadiens et par la présidence de l'Assemblée nationale. Ceci étant
dit, la CAP a un travail à faire, les
députés libéraux sont majoritaires, le premier ministre a une opinion, on sait
très bien qu'il impose ses opinions à son
caucus. On l'a vu dans le cas du registre des armes à feu. Hier, il a
dit : Pas question qu'on transmette ces documents-là. Est-ce que les députés libéraux auront l'autorisation d'appuyer
cette motion-là, oui ou non? C'est au premier ministre à répondre.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Le député demande aux députés de la CAQ, pas juste
ceux ministériels, l'ensemble, incluant les siens, d'aller à l'encontre d'une décision ou d'une position prise par
le commissaire de l'UPAC. Ce qu'il demande, en ce moment, c'est de
dire : Moi, j'invoque mes privilèges pour aller mettre les deux mains dans
une enquête policière. Ce qu'il y a eu comme
décision hier, M. le Président, c'était de reconnaître aux parlementaires le
rôle de contrôleur de l'action du gouvernement. Et j'espère qu'ils vont
le faire et qu'ils vont pouvoir prendre des décisions dans ce sens-là, mais est-ce que la présidence a décidé que la
commission était maintenant l'UPAC? Je ne le pense pas, M. le Président.
Alors, qu'il y ait des gens qui soient
entendus, comme M. Lafrenière, qu'ils viennent expliquer les raisons qui
sous-tendent sa lettre...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...c'est une
chose, je pense qu'elle devrait être faite en premier.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Un sondage publié ce matin par TVA-Léger démontre que 92 %
des Québécois, 92 % jugent qu'un bain
ou une douche par semaine en CHSLD, ce n'est pas suffisant. Rappelons que,
l'an dernier, j'ai révélé l'existence d'un
marché de bains au noir dans les CHSLD. Or, selon la fédération des préposés
aux bénéficiaires du Québec, il y aurait toujours des bains au noir dans les
CHSLD. Pourquoi? Parce que l'offre est insuffisante. Le cas de François
Marcotte, la semaine dernière, n'est que le plus récent exemple, et il y en a
d'autres.
La CAQ
propose depuis plus d'un an l'instauration d'une norme nationale d'au moins
deux bains par semaine, avec une
exception pour les usagers qui n'en veulent pas ou qui ne peuvent pas en
recevoir. Le ministre de la Santé rejette cette proposition en se collant à
la position de l'ex-ministre péquiste Réjean Hébert.
Pendant combien de temps le ministre va-t-il
faire la sourde oreille au désir de la population d'augmenter le nombre de
bains dans les CHSLD pour ceux qui le peuvent et qui le veulent?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, j'ai pris connaissance, évidemment, du sondage qui a été publié ce matin et je ne suis pas surpris, et personne ne sera surpris d'un
tel sondage parce que nous, tout le
monde ici, là, on est tous dans la
même position, on veut tous avoir les
meilleurs soins possible pour nos personnes aînées, nos parents, nos proches en
CHSLD. Mais je tiens à répéter la
chose, M. le Président, les soins sont donnés, en termes d'hygiène
personnelle, à tous les jours, et de
façon complète, et à tout le monde. Ce qu'on entend du sondage, M. le Président, c'est que la façon dont on donne ces soins-là n'est pas celle
que les gens voudraient voir, et c'est la question du bain.
Alors, M. le Président, contrairement à ce que le député
de Lévis dit, ce n'est pas une question
de Réjean Hébert, qui, soit dit en
passant, n'a pas rien changé lui-même lorsqu'il était au pouvoir il n'y a même
pas deux ans, M. le Président.
Mais prenons l'exemple du Pr Voyer, de l'Université Laval, qui est à
Michel-Sarrazin, dans une institution qui est mondialement
reconnue pour la qualité des soins. Cette personne-là est sortie publiquement
pour dire qu'il ne fallait pas des
normes mur à mur et qu'on devait adapter les services à l'état des patients, et
c'est ce sur quoi on travaille, M. le
Président.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Oui, il y a des choses
à améliorer, et, oui, on va les améliorer.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, pour 72 % des Québécois, le ministre
de la Santé gère mal le dossier des
CHSLD. Le ministre pense qu'une
débarbouillette, pour laver les aînés, c'est suffisant. Les Québécois
pensent le contraire. Une norme
nationale de deux bains par semaine avec des exceptions pour les usagers qui ne
peuvent pas ou ne veulent pas, c'est une question de dignité, c'est une question
de santé, c'est une question d'humanité.
Qu'est-ce que
ça va prendre au ministre pour que les aînés reçoivent deux bains par semaine
dans les CHSLD?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : J'entends les
gens, de l'autre côté, dire : Bravo! Je comprends, M. le Président. Encore une fois, on est
tous dans la même position, on veut le meilleur. Mais, le meilleur, M. le Président, arrive un moment donné où on doit écouter les gens qui nous
disent la chose suivante : Nous devons adapter les soins d'hygiène, pour
le cas présent qui est débattu, à chaque situation.
Et il y a des problèmes, M. le Président, on l'a vu
avec le cas de M. Marcotte. C'est clair
qu'on doit faire en sorte qu'on doit apporter des ajustements, j'en suis. Et je
peux vous dire une chose, M. le
Président, dans la dernière année on a beaucoup
travaillé là-dessus, et je peux vous dire qu'à l'automne on aura certainement des choses...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...à annoncer en
termes de transformation à cet égard.
Le Président : M. le député
de Lévis, en deuxième complémentaire.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, les Québécois demandent au gouvernement d'investir. Au
cours des derniers mois, j'ai visité
des CHSLD dans plusieurs régions du Québec, je peux vous dire que,
sur le terrain, c'est assez unanime, les
soins d'hygiène dans les CHSLD sont défaillants. Avec l'augmentation et le vieillissement de la population, on va bientôt frapper un mur. Il y a
40 000 aînés en CHSLD qui méritent plus qu'une débarbouillette, ils
méritent au moins deux bains par semaine.
Le sondage de ce matin, là, c'est un «wake-up
call» au ministre, va-t-il se réveiller?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, ce que je pense que le
député de Lévis devrait faire, comme
tous les parlementaires, c'est
de regarder les choses avec le maximum d'objectivité et le minimum de politique.
Je le répète, M. le Président, nous sommes tous sur la même page sur ce
point-là. Nous sommes des êtres humains, on a des familles, on a des parents, et nous aussi, et moi inclus, je veux avoir le
mieux pour les personnes qui sont mes parents, pour ceux qui restent. M. le Président, par contre, je peux vous dire une chose, là, et
ça inclut ma propre mère, moi, quand je lui demande ce qu'elle veut, là, ce n'est certainement pas des normes mur à mur. Puis c'est probablement une déformation
professionnelle dans son cas, puisqu'elle était infirmière auxiliaire.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Ce à quoi elle
s'attend, elle, un jour, c'est d'avoir les soins appropriés, adaptés à sa situation...
Le Président : Principale, Mme
la députée de Duplessis.
Richard : Merci, M. le Président. M. le Président, le Plan
Nord constitue un des échecs les plus
retentissants du gouvernement libéral. Deux ans après leur arrivée au pouvoir, leur bilan est
désastreux sur la Côte-Nord : faillite de la minière Cliffs, abandon du projet FerroAtlantica,
mise en veilleuse du projet de Mine Arnaud, réduction des activités de la
minière Rio Tinto à Havre-Saint-Pierre,
fermeture de certaines PME. Et, ce matin, on apprend qu'ArcelorMittal réduira
ses activités dès 2020 et pourrait arriver à
une fermeture en 2030. C'est plus de 2 500 emplois directs à
Port-Cartier et à Fermont...
Le Président : Chut, chut,
chut. S'il vous plaît!
Richard : ...qui vivent
grâce à ArcelorMittal. La survie même de Port-Cartier et de Fermont, M. le Président, passe par le maintien des
activités d'Arcelor. C'est toute la population de la Côte-Nord qui est inquiète
ce matin.
Est-ce que le gouvernement libéral va nous
abandonner encore une fois de plus?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : Bien, M.
le Président, évidemment,
la députée de Duplessis trace un tableau toujours
sombre de la situation. Elle parle d'ArcelorMittal ce matin, moi, je
pourrais aussi lui parler de Champion, qui a décidé de travailler à la relance de la mine du lac Bloom, qui est un
projet extrêmement important. Et je voudrais également dire qu'on est en
train de faire un projet extrêmement novateur sur l'emploi sur la Côte-Nord pour faire en sorte que, quand il y a
des appels d'offres, on tienne de plus en plus compte, évidemment, de l'embauche locale qui est très... une
discussion que nous avons eue avec tous les intervenants de la Côte-Nord,
M. le Président, et qui est extrêmement positive.
Maintenant,
quand je regarde les projets, tout ce qu'on a fait sur la Côte-Nord,
on travaille d'arrache-pied pour améliorer
la situation parce
qu'évidemment on est toujours victimes d'une situation mondiale qui, je
l'espère, va aller en s'améliorant.
Mais, quand je regarde le travail qui est fait sur la Romaine, quand je
regarde Aluminerie Alouette, M. le Président,
quand je regarde les travaux que nous faisons pour avoir du gaz naturel
liquéfié sur la Côte-Nord, quand je regarde les télécommunications que
nous améliorons également sur le territoire de la Côte-Nord...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...je pense qu'on travaille dans la bonne direction, et tous ensemble, M. le
Président, on va y arriver.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : M. le Président, sur la Côte-Nord, il n'y a aucune relance économique
de la part du Parti libéral, c'est
l'hécatombe sur la Côte-Nord. Notre population, ça se vide. La population
quitte notre région. C'est la région où les gens quittent le plus
rapidement, là, par rapport aux autres régions du Québec. Les gens, ils sont
inquiets chez nous, M. le Président, là. Si
le gouvernement libéral, là, ils prennent ça à la légère, là, c'est leur
problème. Mais un gouvernement qui
aurait à coeur l'intérêt des régions puis de la population qui y habite, il y
aurait un petit peu plus de sérieux ce matin, là, dans la réponse du
ministre. Je vous parle d'ArcelorMittal, 2020, là...
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, on prend tellement ça à la légère que le gouvernement s'est
porté acquéreur d'une portion de
terrain qui fait en sorte que, finalement, la situation sur la Côte-Nord va
s'améliorer. C'est près de 100 millions de dollars qu'on a dépensés, M. le Président, pour se porter acquéreur
de ce terrain qui va rendre nos entreprises beaucoup plus compétitives
sur la Côte-Nord dans l'avenir, M. le Président.
Alors,
je n'accepte pas ce genre de discours là actuellement. Je pense que le gouvernement
a fait le maximum et continue de
faire le maximum pour faire en sorte que la Côte-Nord soit bien servie. Ça a
été reconnu, d'ailleurs, par plusieurs personnes, plusieurs intervenants
dans le milieu de la Côte-Nord...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...et je n'accepte pas ce genre de commentaires, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : M. le Président, moi non plus, je n'accepte pas la réponse du ministre
parce que, là, je lui parle d'ArcelorMittal,
puis il n'a sûrement pas appris ça en mangeant ses céréales ce matin, là,
sûrement pas, ça fait un petit bout
que le gouvernement, le ministre... Le premier ministre lui-même doit savoir
que ça ne va pas très bien au niveau d'ArcelorMittal.
C'est 2 500 emplois, c'est la survie d'une ville qui s'appelle
Port-Cartier puis d'une autre qui s'appelle Fermont. C'est ça que je
vous parle ce matin, M. le ministre.
Oui,
il y a des choses qui ont été faites, ça n'a pas donné de création d'emplois
jusqu'à maintenant, et là je vous parle d'ArcelorMittal.
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, écoutez, au moins la députée reconnaît qu'il y a des choses
qui ont été faites. Déjà, c'est un pas dans la bonne direction.
M. le Président, tout le monde sait
que sur la Côte-Nord, dans le domaine du secteur minier en particulier, il y a
des entreprises qui partent puis il y a des
entreprises, évidemment, qui, parfois, ont ce genre de difficultés là. Il y a
un marché qui est quand même cyclique dans ce domaine.
Mais,
M. le Président, encore une fois, je tiens à rappeler que j'ai eu l'occasion
d'aller à plusieurs reprises... Je vais
être sur la Côte-Nord dans les prochaines semaines. On a annoncé près d'un
quart de milliard de dollars de projets d'investissement...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...routiers, M. le Président, et c'est parmi les investissements les plus
importants.
Le Président :
Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. D'abord, pour répondre à une question du chef de la CAQ
à laquelle le premier ministre n'a
pas pu répondre, Pierre Fortin, dans un article, une analyse parue en avril
dans L'Actualité , parle de la différence entre la rémunération des médecins québécois et la rémunération des
médecins ontariens en parité de pouvoir d'achat. À l'heure actuelle, les omnipraticiens gagnent 40 000 $ de
plus par médecin en moyenne, et les spécialistes, 100 000 $ supplémentaires. C'est des chiffres excessivement
importants, c'est au-dessus de 25 % en parité de pouvoir d'achat. Ça
coûte entre 1 et 1,5 milliard de dollars aux contribuables québécois.
Pendant
ce temps-là, les plans du ministre de la Santé pour le réseau de la santé
s'écroulent, le personnel de la santé, les infirmiers, les préposés sont au bord de l'épuisement, le personnel
est découragé, les gens n'ont pas de bains dans nos CHSLD.
Est-ce que le premier
ministre partage la honte que j'ai pour notre système de santé québécois?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je vais prendre la
1 min 15 s pour rectifier les faits, les faits comptables qui
ont été erronément rapportés par le
chef de la deuxième opposition, M. le Président. Alors, on va rectifier les
faits. La base de données qui est utilisée, M. le Président, par les
chroniqueurs qui sont cités ici, en Chambre, montre clairement, M. le
Président — c'est
le premier tableau duquel découle toutes les autres affirmations — qu'au
Québec le citoyen québécois dévolue en
rémunération médicale la somme de 648 $ par année, alors qu'en Ontario,
per capita, c'est 736 $. Ce qui fait qu'au Québec... le Québec
investit 13,6 % de moins qu'en Ontario.
Maintenant,
M. le Président, les commentaires qui sont faits par tout un chacun viennent
d'un sous-tableau du tableau principal. Et je peux vous le dire de façon
formelle, M. le Président, il est possible de trouver un médecin au Québec qui gagne plus qu'en Ontario, mais on peut
en trouver un paquet qui gagnent moins parce que, dans le tableau en question, on prend un sous-groupe. Nous
rapportons constamment les données de 40 % des médecins seulement. C'est
ça, la réalité. Mais la réalité à la base, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...c'est qu'au Québec
les médecins sont à la place qu'ils, entre guillemets, méritent selon eux et
qu'il n'y a pas d'effort...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Il n'y a pas d'ambiguïté dans les chiffres de
M. Fortin, les médecins québécois sont beaucoup plus payés.
Mais ce n'est pas ça, l'important, là, c'est que le réseau de la santé est en
déroute actuellement, et les plans du ministre ne marchent pas.
C'est pour ça que j'ai posé la question au premier
ministre. Je crois que le ministre
actuel a démontré son incapacité, son
incompétence à régler les problèmes du système de santé. Personne parmi les
médecins ne veut même pas aller
travailler dans ses supercliniques. Pendant ce temps-là, il a dépouillé les
CLSC, saboté leur capacité de livrer les services pour lesquels les CLSC
sont prévus.
Qu'est-ce que dit le premier
ministre?
Président : M. le député de Mercier, je vais vous demander d'éviter les propos blessants. M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, je suis
content, M. le Président, que le
député s'adresse à la réalité qui est
dans les médias ce matin et qui me déçoit
beaucoup moi-même aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on voit dans les médias aujourd'hui? On voit des médecins qui disent à la population du Québec,
comme je viens de le démontrer, qui les paie correctement, en fonction de notre capacité de payer, ils disent à
la population : Ce n'est pas grave, si vous avez un problème de
santé qui est mineur, vous pouvez attendre au lundi.
a mis en place une loi, M. le
Président, la loi n° 20,
qui exige que les médecins soient disponibles. Vous avez, vous autres ici, l'autre bord, tous voté contre
cette loi-là, tous sans exception, et aujourd'hui vous dites que ce n'est pas correct, ce
qu'on fait.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
Jamais on n'a été aussi déterminés à régler le problème, M. le Président. Et la
réponse la plus décevante actuellement, ce matin, c'est celle des médecins.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Le résultat,
c'est qu'après deux ans, deux projets
de loi majeurs, des restructurations,
toutes sortes de plans annoncés... la réalité, c'est que les services publics
au Québec, notamment la santé, le système de santé, est en déroute, on n'est même pas capable d'offrir un
nombre de bains et une hygiène adéquate à nos aînés dans les CHSLD parce que le gouvernement, le premier ministre, lorsqu'il était ministre de la Santé, ont eu d'autres priorités, augmenter
les revenus des médecins, de leurs collègues, de moi. Moi, je n'avais pas
besoin de ça, les gens ont besoin de bains...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, on s'attend à ce que lui, le
député de Mercier, fasse un don à
Centraide, ils vont le prendre. Mais aux dernières... Bien, c'est comme
Ceci dit, M. le
Président, il n'en reste pas moins que, devant la situation actuelle, il
fallait un gouvernement pour mettre en place
des mesures, poser des gestes pour corriger la situation, et c'est exactement
ce que nous sommes en train de faire. Et c'est exactement ce qui n'a jamais
été dans le programme de la CAQ, et c'est exactement ce qui n'a pas été fait par le PQ, M. le Président. Nous allons la corriger, la situation, parce que nous utilisons et mettons en place
les leviers...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...qui nous permettront de le faire, à votre grand désespoir...
Le Président :
Principale, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. Il y a deux semaines, la compagnie
Squatex annonçait que le sous-sol du Bas-Saint-Laurent pourrait contenir
jusqu'à deux fois plus de barils de pétrole par kilomètre carré que sur
Anticosti. Maintenant, la compagnie est rendue à l'étape de trouver du
financement, son premier appel d'offres à la bourse. Ce gouvernement, qui a créé
l'incertitude jusqu'aux investisseurs étrangers... la compagnie se fait refuser
parce qu'elle est au Québec sous un
gouvernement libéral avec un premier ministre qui est contre toute exploitation
de pétrole sur le territoire. M. le Président, on voit les conséquences
des gestes et des paroles du premier ministre et de son acolyte à
l'Environnement, on nous fuit comme la peste.
dirigeants de Squatex sont ici, dans les tribunes. Le gouvernement n'a jamais
donné suite à leurs lettres, même pas un accusé de réception, M. le
Président. Le ministre...
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie. Bien, je pense que ça va être lui. Oui, M. le
ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, d'abord, la première chose que je dois dire, j'invite la
députée à relire la politique énergétique
du gouvernement du Québec, dans laquelle il y a une place, bien sûr, sur toute
la question des hydrocarbures, qui peut se faire au Québec sans aucun problème,
évidemment en respectant les différents lois et règlements. Et d'ailleurs
on vient de terminer des évaluations
environnementales stratégiques sur toute la question des hydrocarbures, et, M.
le Président, j'aurai l'occasion
certainement — et nous
l'avons dit dans la politique énergétique — de déposer, justement, une loi pour faire en sorte qu'il y ait un
encadrement au niveau des hydrocarbures, M. le Président. Donc, il y a des
projets qui existent au Québec. Il y a le projet Galt, le projet
Haldimand. Il y a le projet Bourque également sur lequel le gouvernement travaille avec l'entreprise Pétrolia
actuellement. Donc, les choses se font, M. le Président, et très bientôt
j'aurai l'occasion, donc, de déposer cette loi à l'Assemblée nationale.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. Ce n'est plus un secret pour personne,
l'économie n'est pas la force de ce gouvernement
contre Anticosti et contre Old Harry. Il est temps pour le ministre de
l'Énergie de reprendre les commandes de
son ministère. M. le Président, le ministre n'est pas un ministre délégué à
l'Environnement. Les entreprises cherchent du financement à
l'international, et elles se font revirer de bord.
Quand allez-vous
enfin ouvrir la porte de notre économie?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, je passe mes journées à travailler pour faire en sorte que
l'économie soit meilleure au Québec,
pour faire en sorte qu'il y ait des projets,
M. le Président. J'étais hier, entre autres, à Toronto, où on
a eu des discussions avec le gouvernement ontarien pour faire en sorte qu'on ait éventuellement de meilleures
ententes sur le plan de
l'électricité. Sur le plan des hydrocarbures, on appuie les entreprises. Je comprends qu'elle se réfère toujours à la question
d'Anticosti, qui est un cas très
particulier, mais je pense que l'ensemble des entreprises du Québec comprennent, encore une fois, M. le Président, que,
quand les règlements sont respectés, quand les lois sont respectées, il y a de
la place, M. le Président, pour...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...un développement de notre économie, qui est très forte actuellement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy :
Merci, M. le Président. Le ministre dit qu'il travaille fort. Les investisseurs
fuient le Québec, M. le Président. M. le
Président, je veux aider le ministre de l'Énergie, je lui donne l'opportunité aujourd'hui de rassurer les entreprises qui veulent explorer.
Nonobstant
le prix de l'énergie sur les marchés, est-ce
que le ministre de l'Énergie peut se
lever et dire clairement qu'au Québec nous sommes ouverts aux
investissements dans le domaine pétrolier et gazier?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : Bien, M.
le Président, je crois
avoir répondu à la question. Puis, vous savez, je pense que les gens
devraient regarder exactement les projets que l'on supporte, encore une fois.
Les gens de la Gaspésie ont compris, jusqu'ici,
qu'il y avait des projets importants. Il y a des
projets sur lesquels il y a quelques enjeux d'acceptabilité sociale, mais il
y a des projets également
qui ont une très bonne acceptabilité sociale. Ces projets-là, on les appuie et
on va continuer de les appuyer.
Quant
au projet de Squatex, ce dont elle nous a parlé tout à l'heure, c'est un
projet qui peut être extrêmement valable pour
le Québec. On est dans une phase d'exploration au moment où on se parle et, encore une
fois, nous allons regarder la situation
et nous serons prêts à supporter l'entreprise si elle respecte les lois et les
règlements du Québec.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Il existe,
M. le Président, des musées qui sont reconnus par le ministère de la Culture, mais qui ne sont pas financés. C'est le cas notamment de deux musées dans le secteur des sciences
naturelles. On pense, par exemple,
au Biophare à
Sorel-Tracy, dont les représentants sont parmi nous aujourd'hui — et
ce serait bien que le ministre prenne le
temps de les rencontrer — et
à Exploramer à Sainte-Anne-des-Monts. Or, plutôt que de voir leur situation
s'améliorer avec les changements
apportés récemment par le ministère au programme de soutien aux musées, ces musées se retrouvent
maintenant complètement exclus de tout espoir de financement récurrent. En effet, alléguant que leur mission est liée à
la mise en valeur du patrimoine naturel ou scientifique, le ministère
dit maintenant qu'ils doivent être financés par l'Environnement ou le ministère de la Science et de l'Économie. Or, il
n'y a aucun programme pour les financer dans ces deux ministères. Donc,
on les laisse complètement à eux-mêmes.
Est-ce
que le ministre de la Culture peut nous dire comment il peut laisser tomber des
musées régionaux qui sont essentiels à l'essor des régions?
Le Président :
M. le ministre de la Culture.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, je
remercie la députée de Joliette pour sa question. Je veux lui dire que ça va me
faire plaisir de rencontrer les gens de Biophare après la période de questions.
Il faut savoir, M. le
Président, il y a 300 musées à travers le Québec. Il faut faire des choix
pour soutenir les musées qui sont en lien direct avec la mission du ministère
de la Culture, c'est-à-dire ceux qui traitent des entreprises culturelles, des lettres, des arts et du
patrimoine culturel. Ceci étant dit, effectivement, le Biophare n'est pas
admissible au PAFIM, mais, au
ministère de la Culture et des Communications, nous continuons de les soutenir.
Ils seront toujours admissibles aux
appels de projets, notamment pour les expositions permanentes, itinérantes,
l'aide aux immobilisations et le programme Mécénat Placements Culture.
en terminant, M. le Président, j'aimerais vous rappeler cette chose, c'est
qu'en 10 ans de gouvernement libéral le Biophare a été soutenu à hauteur de 750 000 $, on va
continuer de les soutenir, alors que le Parti québécois a été au
pouvoir, tout ce qu'ils ont eu, c'est une enveloppe discrétionnaire de
1 000 $. Merci, M. le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions
sans préavis, et je crois comprendre qu'il y a une demande de dérogation à
l'article 84.3...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le député de Sanguinet...
Alors,
je comprends qu'il y a une demande de dérogation à l'article 84.3, pour
déroger à l'ordre de présentation. Il y
aurait consentement pour permettre au premier ministre de passer en premier la
motion sans préavis. Alors, M. le premier ministre, je vous cède la
parole.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième
groupe d'opposition de même que la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le premier anniversaire du décès de monsieur
Jacques Parizeau, premier ministre du Québec;
«Qu'elle
salue la désignation, à compter du 2 juin 2016, de l'édifice abritant
le bureau principal de la Caisse de dépôt et placement du Québec à
Montréal comme étant l'édifice Jacques-Parizeau.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le premier ministre. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Consentement. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, M. le Président. Consentement pour le
débat. Des interventions d'environ trois minutes par intervenant, à commencer par notre premier ministre, auteur de la
motion, suivi du chef de l'opposition officielle, du chef du deuxième groupe
d'opposition et Mme la députée de Gouin.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, consentement
pour quatre intervenants, d'une durée d'environ trois minutes. À vous la
parole, M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je voudrais à nouveau saluer la
présence de Mme Lapointe, du frère de M. Parizeau également, d'autres membres de la famille parmi
nous. C'est un honneur de vous recevoir aujourd'hui et de rendre hommage
à Jacques Parizeau avec vous.
Donc, à
pareille date l'an dernier, tout le Québec, M. le Président, était ébranlé par
la mort d'un homme d'exception dont les idées et l'engagement profond
envers le Québec ont fortement marqué notre société, et pour longtemps. Les témoignages sont venus de partout pour souligner
l'apport de cet homme de convictions. À cette époque, ses talents d'orateur
ont été soulignés.
Il était
également reconnu pour être un débatteur redoutable et élégant également. Je
n'ai pas connu cette époque, mais je
l'ai connu comme citoyen avec les reportages de nouvelles. Mais la qualité de
ses échanges, la profondeur des échanges également et la vivacité
d'esprit qui caractérisaient ses échanges avec Robert Bourassa, de part et
d'autre, d'ailleurs, restent dans les mémoires de ceux qui suivaient à l'époque
les débats parlementaires.
Sa prestance
et son élégance au cours de ces débats également doivent nous amener à avoir
une réflexion sur la façon dont nous menons les débats dans cette
Assemblée. Moi, je me souviens qu'il n'y avait jamais en sa bouche de manque de respect envers ses adversaires ni même
de remarque subtilement dérogatoire envers ceux-ci ou celles-ci et je
pense qu'on devrait tous tirer parti de cette leçon et de cet héritage.
Au lendemain
de son décès, le gouvernement a annoncé son intention de désigner l'édifice
abritant les bureaux de la Caisse de
dépôt et placement du Québec à Montréal, de le désigner comme étant l'édifice
Jacques-Parizeau, et demain cette
intention se réalisera. Je serai présent à Montréal pour participer à la
désignation de l'édifice Jacques-Parizeau. Ce geste contribuera à perpétuer la mémoire de ce grand bâtisseur, et aucun
lieu n'aurait pu être plus approprié pour rendre hommage à ce
révolutionnaire tranquille, si j'ose dire.
M. Parizeau a
été de toutes les grandes réformes de ces décennies historiques pour le Québec,
les décennies 60 ou 70 surtout,
mais après, par la suite également. Le jeune économiste avait quitté son poste
d'enseignant à l'École des hautes
études commerciales pour devenir conseiller économique de Jean Lesage.
Rapidement il s'est démarqué grâce à son
intelligence, son don de livrer ses idées avec détermination. Il avait une
influence assurée sur les grandes questions économiques d'ici et
d'ailleurs. Il faut se souvenir qu'à l'époque le secteur public assumait
relativement peu de responsabilités, tout
était à construire, et les temps modernes que nous connaissons aujourd'hui n'en
étaient qu'à leurs débuts. Pour M.
Parizeau, cette situation n'était pas acceptable, il fallait que l'État
québécois ait en main les outils nécessaires au contrôle de son économie, et c'est ce à quoi il s'est employé et
s'est acharné, même, je dirais, dans le sens positif du terme.
Dans les
années 60, le Québec a connu une véritable révolution dont il était l'un
des artisans. M. Parizeau, il faut le rappeler également, a été le
premier Québécois à décrocher un doctorat à la London School of Economics. Il
était également diplômé de l'Institut d'études politiques à Paris et de la
Faculté de droit de Paris. Ces années passées à l'extérieur du pays lui ont amené de nouvelles idées. Il a vu d'autres
sociétés, d'autres gouvernements, d'autres modes de pensée.
En rentrant
au Québec, il avait envie de faire bouger des choses. Il souhaitait faire du
Québec une société forte, tournée
vers l'avenir, mais également fière de ses origines. Il est parvenu à ses fins
en étant un des grands artisans de la modernisation
de l'économie du Québec, et son influence a dépassé, bien sûr, les frontières
du Québec. Au sein même du Canada, je
me souviens très bien qu'à plusieurs reprises les premiers ministres des autres
provinces canadiennes, les ministres
des Finances qui le côtoyaient disaient qu'il n'y avait pas ce niveau
d'expertise ailleurs qu'au Québec
sur les questions fiscales, la fédération canadienne
et notamment le régime de péréquation, et, encore aujourd'hui, ils en parlent avec admiration, M. le Président.
La Caisse de dépôt et de placement du Québec,
créée en 1965 par le gouvernement de Jean Lesage, est un symbole-phare de cette
modernité, et M. Parizeau, avec d'autres, en a été l'un des grands
artisans. 50 ans plus tard, la Caisse
de dépôt et de placement du Québec est plus que jamais un fleuron du Québec
qui, maintenant, se tourne vers d'autres horizons, qui prend en main, par exemple, de grands projets
d'infrastructure importants pour l'avenir du Québec, on le voit dans la région de Montréal. Cette institution a
traversé les décennies parce qu'elle a su s'adapter aux réalités économiques
et à un monde changeant. La Caisse de dépôt
et de placement, je pense qu'on peut le dire, M. le Président, traversera
encore plusieurs décennies, tout comme le souvenir de Jacques Parizeau.
Son héritage,
répétons-le, va bien au-delà d'un édifice désigné à son nom. C'est un geste de
plus que nous posons pour contribuer à honorer ce grand homme qui a
consacré sa vie au Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le premier
ministre, pour cette intervention. Je cède la parole maintenant à M. le
chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : M. le Président, il y a un an, le Québec perdait
l'un de ses plus grands bâtisseurs, un géant qui a consacré sa vie entière à l'indépendance politique et économique de
notre nation. Je suis moi-même un produit de ce qu'on appelle la génération Parizeau. J'ai commencé à militer quand
M. Parizeau occupait ce siège que j'occupe aujourd'hui, alors imaginez comment je me sens. J'ai forgé ma
conception du sens de l'État sous les auspices de M. Parizeau. Son oeuvre
m'inspire dans mon
travail de tous les jours comme député. Il m'a inspiré comme ministre, il m'inspire
comme chef de l'opposition et, bien sûr, comme militant du Parti
québécois.
Alors,
au nom de l'opposition officielle et
du Parti québécois, je tiens à saluer Mme Lisette Lapointe, M.
Robert Parizeau, son frère, son
épouse, les autres membres de la famille de M. Parizeau qui peuvent certainement témoigner mieux que personne de l'attachement et de la fierté
que ressentaient les Québécoises et les Québécois envers M. Parizeau.
Grand
intellectuel, économiste réputé et respecté à travers le monde, Jacques
Parizeau a mené sa vie publique avec conviction,
intégrité et courage. La contribution au Québec du premier
ministre Jacques Parizeau est
inestimable. Il initia ou participa à
la création des plus importants leviers économiques de notre nation : la nationalisation de l'électricité,
la Régie des rentes, la Société
générale de financement, bien sûr, la Caisse de dépôt et placement, qui
constitue, maintenant et toujours, un
pilier de notre économie. M. Parizeau a aussi contribué à l'émergence du Québec
inc., notamment en créant le Régime d'épargne-actions, qui fut l'une de
ses nombreuses grandes réussites.
Comme
député d'une région ressource, je veux aussi faire ressortir les convictions
profondes de M. Parizeau quant à l'occupation
du territoire et la décentralisation dans les instances locales, comme les
municipalités, les MRC. Donc, je tiens
à souligner le geste du premier ministre actuel, qui a désigné l'édifice
abritant le bureau principal de la Caisse de dépôt et placement du Québec, au coeur du quartier des affaires de
Montréal, comme étant l'édifice Jacques-Parizeau. Il s'agit d'une reconnaissance qui témoigne de
l'importance de l'héritage légué par le 26e premier ministre du Québec.
Mais,
derrière Jacques Parizeau l'homme d'État visionnaire et le grand artisan de la Révolution tranquille, il y
avait aussi Jacques Parizeau le
social-démocrate qui travaillait sans relâche pour construire un État du Québec
plus juste et plus égalitaire. À une
époque où les universités étaient encore fréquentées par une élite peu
nombreuse, M. Parizeau croyait en l'importance de démocratiser l'éducation pour assurer notre développement et en une
meilleure répartition de la richesse. C'est
aussi pour ça que M. Parizeau n'a jamais refusé d'aller rencontrer les étudiants, dans
toutes les universités à travers le Québec et dans tous les
cégeps, jusque dans les dernières années de sa vie. C'est aussi ce Jacques
Parizeau là, cet humaniste réel, qui a créé une vaste coalition pour le Oui et
qui a amené notre nation au seuil de son indépendance.
«Monsieur»,
comme on aimait l'appeler, était un professeur généreux, respecté, apprécié,
qui, toute sa vie, a gardé foi dans la jeunesse du Québec, et je peux en
témoigner. C'est peut-être ce
titre de professeur qui décrit le mieux son parcours. Jacques Parizeau nous a enseigné qu'il
était possible pour un peuple de bâtir son économie par et pour lui-même.
Jacques Parizeau nous a enseigné que les
Québécoises et les Québécois sont capables de grandes réalisations. Jacques Parizeau nous a enseigné à croire en notre
capacité de devenir maîtres chez nous, de devenir un pays entier et
total. Merci, Monsieur. Merci, M. le premier ministre Parizeau. Merci pour
tout.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et merci à vous, M. chef de
l'opposition officielle, pour cette intervention. M. le chef de la
deuxième opposition, je vous cède la parole.
Legault : Merci, M. le Président. Je voudrais, moi aussi,
saluer Lisette, saluer toute la famille Parizeau, son frère et tous ceux qui sont présents aujourd'hui.
M. Parizeau, qu'on soit d'accord ou non avec lui, c'était quelqu'un qui avait les idées claires, qui savait où il s'en
allait. Tous les politiciens devraient s'en inspirer. Lorsqu'il était à
l'Assemblée nationale, il répondait clairement aux questions qui lui
étaient posées.
Donc,
il y a un an aujourd'hui, un grand Québécois nous quittait. Jacques Parizeau a marqué l'histoire du Québec comme
peu de gens l'ont fait. Son départ a laissé un vide qui ne sera jamais tout à fait comblé. Pour plusieurs, et je m'inclus dans le lot, M. Parizeau était une source d'inspiration. Il faut le
dire, c'était un incontournable, un géant. Et ce n'était pas nécessaire
de partager toutes ses convictions pour reconnaître l'importance de son
héritage, notamment dans le domaine économique. Son héritage
transcende tous les partis, toutes les allégeances.
Pour
moi, M. Parizeau, évidemment, c'est un grand pionnier de la Révolution
tranquille, c'est un grand bâtisseur, et, sans lui, le Québec, aujourd'hui, ce n'est pas trop fort de le dire, ne serait pas le même que ce qu'on
connaît. Il nous a appris à nous dépasser, à avoir confiance en nos moyens, à
avoir de l'ambition. C'était un économiste de formation qui croyait que le Québec devait avoir la
maîtrise de son économie, et, grâce à des gens comme lui, le Québec
est devenu plus autonome; on est passés d'une économie de succursale à une économie
de propriétaire. Il a réussi à s'imposer en créant de toutes pièces des outils
de développement comme la Caisse de dépôt, qui est peut-être notre outil de développement le plus important,
s'il est bien utilisé.
Le rôle qu'a joué
Jacques Parizeau lors de la création de la Caisse de dépôt, en 1965, a été
majeur, et il fallait trouver le moyen de
l'honorer, donc l'idée de rebaptiser le très bel édifice de la caisse à Montréal
du nom de Jacques Parizeau est une
excellente idée. C'est un symbole fort. Jacques Parizeau a ajouté une pierre importante
à cet édifice qui s'appelle le Québec moderne. Son nom et son héritage
resteront gravés dans notre mémoire. Merci beaucoup, M. Parizeau.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le chef de la deuxième opposition, pour cette
intervention. Enfin, je cède la parole à Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, je ne veux pas, évidemment, répéter ce qu'ont
dit mes collègues, donc j'aborderai peut-être rapidement d'autres
aspects.
Ça fait déjà un
an, il me semble que c'était hier. Et, un an plus tard, je pense qu'on est vraiment
ensemble pour regretter cet homme remarquable
qu'était Jacques Parizeau.
Ce qui me frappait le plus chez lui, au-delà de tout ce qui a été
dit, c'est son esprit clair et son regard lucide sur la société québécoise mais aussi sur l'état de santé
du mouvement souverainiste. M. Parizeau avait l'habitude de commenter très
librement les faits et gestes de ce qu'on appelle souvent la famille
souverainiste. Ça pouvait parfois agacer, mais ça ne manquait pas de
pertinence, M. le Président. Il était à la fois un social-démocrate convaincu
et un souverainiste, ce qui est donc tout à fait possible.
pense qu'il était aussi — est-ce qu'il l'était devenu? est-ce qu'il l'était déjà plus
jeune? — quelqu'un
qui appuyait le mouvement des femmes
au Québec. Et j'ai en mémoire la marche Du pain et des roses , en 1995,
où j'ai eu le bonheur et la surprise
aussi de marcher plusieurs instants avec lui. Nous l'avions rencontré avant
cette marche avec certaines députées membres
à l'époque, là, députées et ministres... députées du Parti québécois,
Mme Lyse Leduc, Mme Céline Signori, des porteuses de deux projets de loi qui ont
finalement été adoptés, la
loi sur la perception automatique des pensions
alimentaires et la
Loi sur l'équité
salariale. M. Parizeau avait pris ces engagements-là dans sa campagne
électorale. Il appuyait les revendications des femmes. Et, lors de la marche de
1995, ce qui m'a frappée, c'est de le voir ici, devant l'Assemblée nationale, répondre aux neuf demandes de milliers
de femmes, des réponses jugées à certains moments très satisfaisantes, à
d'autres moments moins. En fait, ce fut la
première et dernière fois qu'un premier ministre du Québec a osé sortir dehors
et aller répondre directement, sans filtre,
aux revendications d'un mouvement social québécois important. Ce monsieur
ne manquait pas de courage. Ça, il en avait.
Je suis très heureuse de la désignation, donc, de
l'édifice qui abrite le bureau de la
Caisse de dépôt et placement comme s'appelant maintenant l'édifice
Jacques-Parizeau. Je pense qu'on lui doit bien cela.
terminant, je voudrais souhaiter à Mme Lapointe tout simplement que le
temps apaise sa peine et je voudrais que
Mme Lapointe et toute la famille Parizeau sachent que le souvenir de
Monsieur vit dans le coeur d'un très grand nombre de Québécoises et de
Québécois. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Gouin, pour cette intervention. Alors, cette
motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Je vous invite en conséquence à vous lever. Nous
allons observer une minute de silence à la mémoire de M. Jacques
Parizeau.
• (11 h 10 — 11 h 11)
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, veuillez vous asseoir. Alors, toujours à la rubrique des
motions sans préavis, Mme la députée de Vachon, pour une nouvelle motion
sans préavis.
Mme Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de
La Peltrie, le député de Mercier et la députée d'Arthabaska, la motion
suivante :
«Qu'afin
de faire la lumière sur les irrégularités rapportées par le député de
Marguerite-Bourgeoys dans la gestion des
contrats au ministère des Transports, la Commission des transports et de
l'environnement procède à l'audition des personnes suivantes :
l'ex-ministre des Transports et député de Marguerite-Bourgeoys; Mme Annie
Trudel, analyste embauchée par l'ex-ministre
des Transports et député de Marguerite-Bourgeoys; M. Pierre Ouellet, ancien
directeur de cabinet du ministre des Transports; ainsi que toute autre
personne que les membres de la commission jugeront pertinent d'entendre.
«Que
la durée maximale de l'exposé pour chacune de ces personnes soit de
30 minutes et que l'échange avec les membres de la commission parlementaire
soit d'une durée maximale de 240 minutes, partagées ainsi :
120 minutes pour le groupe parlemen-taire formant le gouvernement, 72 minutes pour l'opposition
officielle et 48 minutes pour le deuxième groupe d'opposition;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires
réparties de la manière suivante : 6 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle et
2 minutes 30 secondes pour le deuxième groupe d'opposition;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques finales partagées de
la même façon que pour les remarques préliminaires;
«Enfin, que cette
motion soit un ordre de l'Assemblée nationale.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Vachon. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, je cède la parole à M. le député de Groulx
pour une nouvelle motion sans préavis.
M. Surprenant : Merci, M. le
Président. Alors, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de Rouyn-Noranda et
ministre délégué aux Mines, le député d'Abitibi-Ouest et la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée nationale félicite
chaleureusement les Huskies de Rouyn-Noranda pour leur victoire à la Coupe
du président le 12 mai 2016 [ainsi que] pour leur remarquable
performance lors de la finale de la coupe Memorial le 29 mai dernier.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Groulx. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : Oui, M. le Président. Nous nous sommes entendus
sur un débat de deux minutes, à commencer par le député de Groulx, suivi du député d'Abitibi-Ouest, de la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques
et finalement le député de Rouyn-Noranda et ministre délégué aux Mines.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous.
Consentement pour quatre intervenants d'une durée d'environ deux
minutes. Alors, M. le député de Groulx, à vous la parole.
Surprenant : Merci, M. le Président. D'abord, je tiens à dire merci à
mon collègue le député de Drummond—Bois-Francs pour m'avoir cédé la parole pour
parler des Huskies de Rouyn-Noranda. Mon collègue le sait très bien, je suis un
grand amateur de hockey, spécialement le hockey junior. Pour ceux qui ne le
savaient pas encore, ça fait cinq ans que
j'héberge, année après année, des joueurs de hockey junior, et j'ai le plaisir,
l'immense plaisir, cette année, d'héberger Anthony Boucher, qui est proche parent de la députée de Bellechasse, que
je salue. Mais il a une très belle qualité, Anthony, c'est un grand joueur, c'est un compteur naturel.
Mais, brièvement, le bon Dieu est bon puis la Société de l'assurance automobile
du Québec fait bien les choses, il s'était
acheté une première auto cette année et il a eu comme licence... on peut bien
lire «CAQ» sur sa licence. Alors, c'est merveilleux!
Des voix :
Ha, ha, ha!
Surprenant : Alors donc, revenons aux choses sérieuses. Je félicite le
député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
On a eu une gageure ensemble —évidemment, M. le Président, une gageure bien
symbolique — alors, qu'il
a gagnée. Je m'y attendais,
d'ailleurs. On a évidemment, en ce qui concerne mon comté, une équipe qui est
très jeune, l'Armada de Blainville-Boisbriand.
On avait battu le collège de Val-d'Or en six, pour ensuite être bien essoufflés
lorsqu'on a affronté l'équipe de l'heure, finalement, dans le junior
majeur, qui est les Huskies de Rouyn-Noranda.
Alors,
ils étaient en route — c'était inéluctable — ils s'en allaient à la Coupe du président,
qu'ils ont d'ailleurs gagnée.
La Coupe du président, c'est la coupe emblématique du circuit de la ligue
junior majeur du Québec. Alors, ces gagnants-là, finalement, s'en vont
par la suite au championnat de la Ligne canadienne de hockey, qui regroupe les
trois ligues canadiennes : ligues junior majeur du Québec, de l'Ontario et
puis de l'Ouest canadien.
Donc, ils se sont
rendus à la coupe Memorial, M. le Président. Alors, ils ont subi une défaite
très honorable de 3-2 en prolongation,
versus les Knights de London. Les Knights de London, c'est la propriété de Dale
Hunter, alors un ancien Nordique,
pour ceux qui se rappellent de cette belle époque là. Alors, j'ai eu le
plaisir, grand plaisir d'être devant mon
téléviseur dimanche après-midi pour regarder ce match-là. Et d'ailleurs,
lorsque Julien Nantel, qui est le fils d'un de mes bons amis, François, a compté le but qui donnait l'avance, hein,
le deuxième but, en fait, des Huskies de Rouyn-Noranda, qui a reçu une belle passe, comme on dit dans le
langage du hockey, il était dans la «slot», il l'a levée dans le filet. Alors,
j'ai texté son père pour le féliciter pour l'exploit de son garçon.
Puis par ailleurs,
bien, je connais bien aussi le père de Francis Perron. Francis demeure dans mon
comté, le comté de Groulx. Alors, quand il
m'arrive d'aller à des matchs, on va s'asseoir ensemble puis, quand ils
viennent jouer à Québec, je vais à l'aréna aussi puis on peut se
rencontrer, aller voir finalement l'équipe de Francis.
Alors
donc, les Huskies de 2016, c'était toute une équipe, M. le Président, j'en
conviens. Alors, au gala de la Ligue canadienne de hockey, ils ont
remporté... l'entraîneur a remporté le trophée Bumper to Bumper Brian Kilrea.
Alors, il avait mené son équipe, en fait, à
une saison de 113 points, pour une fiche de 54 victoires et neuf défaites.
Alors, c'était seulement — M. Gilles Bouchard — sa troisième saison derrière le banc puis il
a donc mené son équipe vers une Coupe du président, la première, M.
le Président, de l'histoire des Huskies de Rouyn-Noranda.
Alors, avant ça, il y
avait eu le gala des médailles d'or, de la ligue junior majeur du Québec, et
puis il y avait différents trophées, dont le trophée Jacques-Plante, gardien
bien connu, qui a été remis à Chase Marchand, alors, le gardien de but des Huskies de Rouyn-Noranda, un excellent gardien de
but. Il a pris part à 38 matchs et il a eu 29 victoires. Il y a eu le trophée Ron-Lapointe pour l'entraîneur
de l'année, ainsi que le trophée Maurice-Filion pour le directeur-gérant
de l'année, qui sont également, donc, allés
à Gilles Bouchard, qui cumule les deux fonctions. Alors, le trophée
Michel-Brière, le joueur le plus
efficace, qui a été remis à Francis Perron, le capitaine — je ne l'ai pas dit tantôt — le capitaine, cette année, des Huslies du Rouyn-Noranda, c'est un trophée qui
est prestigieux. Après ça, il y a eu les équipes d'étoiles. Francis Perron
s'est retrouvé encore dans la première
équipe d'étoiles, ainsi que le défenseur des Huskies, Philippe Myers, qui n'a
jamais été repêché et que les Flyers ont signé, finalement. C'est un
très, très bon prospect.
Vice-Président (M. Ouimet) : M. le député de Groulx, je vais
vous inviter à conclure. On avait prévu environ deux minutes. Il nous
arrive de dépasser, mais...
M. Surprenant : ...pour terminer.
Le Vice-Président (M.
Ouimet) : Une conclusion.
Surprenant : Alors, tout ça pour dire que j'ai une passion pour le
hockey et puis il y a deux joueurs, qui sont Francis Perron et Julien Nantel, qui ont été repêchés en 2014 par la
Ligue nationale de hockey, par Colorado pour un et Ottawa pour l'autre. Donc, ce sont des bons
prospects. Et j'encourage les gens à aller voir ces matchs-là de la ligue
junior majeur du Québec, qui est une ligue en fait qui permet aux
communautés, aux régions en particulier, que les gens se retrouvent, échangent
et puis créent une belle dynamique dans les régions.
Donc,
c'est un circuit très important, M. le Président, et je félicite donc son président,
M. Gilles Courteau, pour tout l'effort qu'il y met pour assurer une
belle continuité à cette ligue-là. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Groulx. Je vous fais remarquer que vous étiez en temps
supplémentaire. M. le député d'Abitibi-Ouest.
Gendron : Alors, M. le Président, c'est avec énormément de
plaisir que je joins ma voix à la motion et non pas à la connaissance de notre collègue par rapport au hockey junior.
Mais c'est clair que ça me fait énormément plaisir de joindre ma voix et celle de ma formation
politique à la motion pour féliciter l'équipe des Huskies à Rouyn-Noranda,
la direction, bien sûr, les propriétaires,
les actionnaires, l'extraordinaire public pour une saison exceptionnelle qui,
comme on l'appelle chez nous, a
permis à la meute — parce
que c'est le nom qu'on leur donne — de se rendre, en fin de saison, à la
plus haute distinction, qui est la Coupe du président.
C'est
clair que ce fut une équipe-surprise, mais une équipe championne, déterminée,
qui a fait honneur à la ligue majeur
junior du Québec, qui a fait honneur à l'Abitibi-Témiscamingue, qui a fait
honneur au Québec par une performance extraordinaire. Et, le 12 mai
dernier, ils ont obtenu la Coupe du président.
veux également souligner qu'il s'agissait d'une équipe soudée, déterminée,
extraordinaire, professionnelle, je
l'ai dit, qui a fait honneur à Rouyn, à l'Abitibi, à tout le Québec. Mais il
faut se rappeler que l'Abitibi-Témiscamingue, c'est une pépinière du
hockey professionnel. Les gens oublient ça, là, souvent. On a fourni au-delà de
70 joueurs, en Abitibi-Témiscamingue, à
la ligue nationale, et j'en cite quelques-uns, les Savard, Brière, Larouche,
Vachon, les trois frères Bordeleau, Lapierre, Dave Keon, Connolly, «Pit»
Martin, et ainsi de suite.
Donc,
quand une région comme la nôtre a contribué autant que ça au sport
professionnel bien joué, bien dédié, c'était requis que l'Assemblée
nationale du Québec félicite les Huskies de Rouyn-Noranda pour leur
extraordinaire performance de la saison. Et
également ils ont raté de peu la coupe Memorial, qui est quand même un signe
important du hockey junior dans tout le Canada, parce que ça comprend
l'Ouest, l'Ontario.
Moi aussi, comme
amateur de hockey, ça fait plusieurs années que je suis, et j'ai eu la chance,
pour au moins deux périodes, d'être devant
mon téléviseur, et on a eu droit à un match d'une très, très haute qualité.
Même les commentateurs avertis ont
dit que ça doit faire une quinzaine d'années qu'on n'a pas eu la chance d'avoir
une
partie aussi extraordinaire pour
du hockey propre, déterminé, clean, mais d'envergure, qu'ils se rendent compte
qu'il y a encore le moyen de jouer du
hockey professionnel avec énormément de conviction, de détermination. Puis
c'est beau quand ce sport-là est bien joué.
Donc,
bravo à la direction! Bravo à l'équipe! Bravo aux supporteurs, aux
actionnaires! Et il y a là une belle fierté qui va être largement soulignée en Abitibi. Ils ont été d'ailleurs bien
accueillis, même s'il se faisait un peu tard. Il y a eu une parade, hier, importante. Et bravo et
félicitations! Ça met l'Abitibi-Témiscamingue sur la mappe, et c'est toujours
requis de le faire. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
d'Abitibi-Ouest.
Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
à vous la parole.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je suis fascinée de voir comment le hockey fascine
l'Assemblée. Wo! Cinq minutes, trois
minutes, alors que l'entente, c'est deux. Je suis fascinée. Mais, ceci étant
dit, je ne suis pas là pour ça. Fascinée, ce n'est ni la première et la
dernière fois dans cette enceinte.
Laissez-nous vous parler
un peu de hockey, puisque c'est extraordinaire et qu'il n'y a pas que des
amateurs, mais aussi des amatrices de hockey
dans la vie. Alors, les Huskies de Rouyn-Noranda et les Knights de London ont
donné tout un spectacle dimanche à
cette coupe finale, mais malheureusement, cette fois-là, malgré la vaillance
des joueurs, ce n'est pas nous qui l'avons gagnée.
Alors, c'était la
première fois en trois ans que la formation représentait la Ligue de hockey
junior majeur, se qualifiant pour cette
finale.
Malgré la défaite, l'équipe a fait vivre des émotions aux partisans et,
bien sûr, aux amatrices de hockey. De
nombreuses personnes étaient réunies à Rouyn-Noranda pour suivre ça en direct
et, je pense, à travers le Québec en entier. Un événement marquant pour
les joueurs, pour la communauté et pour le Québec tout entier.
genre d'expérience permet aux joueurs d'acquérir de la maturité, qui préoccupe
la base, pour l'accomplissement en sport ainsi que le succès dans la
vie. C'était, par ailleurs, le dernier match de la ligue de hockey junior pour
une demi-douzaine de joueurs. Ils en
retireront certainement de beaux souvenirs, mais surtout une excitation
magnifique pour ce dernier match.
Bref, félicitations aux
joueurs, aux entraîneurs, à tous ceux et celles qui ont permis aux Huskies de
se rendre si loin — j'imagine qu'il y a bien des parents, des
conjoints et conjointes là-dedans — dans le tournoi, où ils ont affronté
des équipes de haut niveau, tout comme elle l'est elle-même, cette équipe-là
des Huskies! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
pour cette intervention. Enfin, M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
et ministre délégué aux Mines.
Blanchette : Merci, M. le Président. Je vais essayer de m'en tenir aux
choses, mais vous allez voir que l'émotion était tout de même là. C'est un immense plaisir que j'ai aujourd'hui de
m'adresser à l'Assemblée nationale puisque les Huskies de Rouyn-Noranda nous ont fait vivre une saison de rêve. En
passant, et ma conjointe et moi, on a nos billets de saison, donc dès que je pouvais, on y allait.
Ça a été une série enlevante, autant avec l'équipe de Drummondville, que
l'équipe de Blainville-Boisbriand, que l'équipe de Moncton. Ça a été vraiment
quelque chose d'extraordinaire.
La Coupe du
président, ça a été énormément d'émotions. Il y avait au-delà de 3 500
personnes en salle. Tout le monde
était très heureux. La finale en prolongation, pour ceux et celles qui ont eu
l'occasion de la voir, c'étaient vraiment de grands moments. Je pense que les gens qui avaient des pacemakers ont
eu de la difficulté à assurer la fibrillation du coeur, les débats.
Plusieurs
députés ici, dans cette Chambre, représentent fièrement, effectivement, leurs
équipes respectives, et ces équipes ont offert une forte opposition, forçant
l'équipe des Huskies de Rouyn-Noranda à se surpasser au fil des années. Donc, merci à vous de nous avoir permis de nous
dépasser, sans quoi on n'aurait pas été à la hauteur. Anecdote : quand
je regardais les premières parties dès le
mois d'octobre, on voyait du hockey de saison... c'est-à-dire du hockey de fin
de saison et, honnêtement, toute la synchronisation et l'esprit d'équipe
se développaient.
Je tiens à souligner, bien sûr, le mérite des
joueurs, je n'ose pas commencer à parler des uns parce qu'ils sont au-delà d'une vingtaine de joueurs, mais, essentiellement,
le travail acharné de l'organisation pour encadrer tout ça, les propriétaires, les entraîneurs, le personnel de
soutien qu'on oublie souvent, en fait, tout le monde qui gravite autour de ça.
La «Husky
game», qu'on appelle, c'est la vitesse et la rapidité, le talent et
l'intelligence, et surtout la discipline. Je suis d'accord avec vous autres que la discipline n'est pas toujours
présente, mais enfin c'est du hockey. D'ailleurs, j'ai des anecdotes avec mon collègue de Shawinigan,
qu'on a rencontré en grande finale, malheureusement, qu'on a battue — bien, malheureusement pour lui,
j'entends — ...
Des voix : Ha, ha, ha!
Blanchette : ...mais qui me parlait d'un travail d'un numéro 8 devant
le filet. Il a fait un jeu extraordinaire. Il était en beau fusil après lui, mais, essentiellement, je lui ai
offert : Est-ce que tu le prendrais demain matin? Il a dit : Oui, oui,
oui, ça, c'est clair.
Donc, c'est avec beaucoup d'émotion... Toute une
performance. Et vous avez écrit une page d'histoire pour l'Abitibi-Témiscamingue et l'équipe de
Rouyn-Noranda. On vous en remercie. Bref, un merci vraiment très grand de la
part de l'ensemble de la population. On est fiers de vous. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le ministre, pour cette intervention.
Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Y a-t-il d'autres motions sans préavis? Mme la députée de Gouin, à vous
la parole.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, je demande le consentement de la Chambre
pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de
Rimouski et le député de Lévis :
«Que
l'Assemblée nationale affirme que les personnes vivant en CHSLD ont droit de
recevoir des soins et des services adaptés à leurs besoins;
«Qu'elle
déplore que le Québec occupe le dernier rang des provinces canadiennes au
niveau du financement du maintien à domicile et de l'hébergement dans le
réseau public;
«Que
l'Assemblée nationale exige que le gouvernement corrige la situation et
garantisse des conditions optimales et dignes aux personnes en CHSLD.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée
de Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion, M. le
leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : On a
des difficultés avec le libellé. Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Y
a-t-il d'autres motions sans préavis?
S'il
n'y en a pas, nous allons passer maintenant aux avis touchant les travaux des
commissions. M. le leader adjoint du gouvernement, je vous cède la
parole à nouveau.
Sklavounos : Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée
que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 59, Loi édictant la
Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et
apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection
des personnes, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 17 heures
et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux entendra la Régie de l'assurance
maladie du Québec, aujourd'hui, après
les affaires courantes pour une durée maximale de 60 minutes, dans le cadre de
l'étude détaillée du projet de loi n° 92, Loi visant à accroître
les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses
dispositions législatives, et poursuivra dès
après l'étude détaillée dudit projet de loi jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 17 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques, quant à elle, entreprendra l'étude détaillée
à l'égard du projet de loi n° 87, Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics,
aujourd'hui, de 15 heures à 17 heures, à la salle du Conseil
législatif;
Commission de l'économie et du travail, elle, poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 70, Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi, aujourd'hui, de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Et finalement la
Commission de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera
à l'étude détaillée des projets de loi
d'intérêt privé suivants, et ce, dans l'ordre ci-après indiqué : le projet
de loi d'intérêt privé n° 215, Loi
concernant la Municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel, le projet de loi d'intérêt
privé n° 218, Loi concernant la Ville de Chibougamau, le projet de loi d'intérêt privé n° 219, Loi
concernant la Ville de Sherbrooke, ainsi que le projet de loi d'intérêt privé n° 212, Loi concernant la Ville de
Saguenay, le mercredi 8 juin 2016, après les affaires courantes jusqu'à 13
heures, de 15 heures à 18 heures et, si nécessaire, de 19 h 30
à 22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'administration publique se réunira en séance de
travail aujourd'hui, de 12 heures à 13
heures, à la salle RC.161 de l'hôtel du Parlement, afin de faire le suivi de la
transmission des documents par le ministère des Transports, de la
Mobilité durable et de l'Électrification des transports.
vous avise également que la Commission de l'Assemblée nationale se réunira
aujourd'hui, à 15 heures, à la salle
des premiers ministres de l'édifice Pamphile-Le May, afin de procéder à la
formation des commissions parlementaires et à l'adoption de la liste des
présidents des séances.
Alors, à la rubrique,
maintenant, des renseignements sur les travaux de l'Assemblée...
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Pour la suite des choses, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Oui. Merci, M. le Président. Auriez-vous
l'amabilité d'appeler l'article 12 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 12 du
feuilleton, M. le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 100, Loi modifiant
diverses dispositions législatives concernant principalement les
services de transport par taxi.
Alors, je suis prêt à
céder la parole à M. le ministre des Transports. M. le ministre.
Daoust : Je vous remercie, M. le Président. Je soumets à cette
Assemblée le projet de loi n° 100, intitulé Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant principalement les services de transport par taxi, en vue de son
adoption de principe. Je tiens à souligner
que ce projet de loi, que j'ai présenté à cette Assemblée le 12 mai
dernier, vient tout juste de faire
l'objet de trois journées de consultations particulières dans le cadre de la
Commission des transports et de l'environnement.
Ces audiences nous ont permis d'entendre différents points de vue, des points
de vue toujours intéressants et éclairants, qui témoignent de la
complexité des enjeux.
Établissons d'entrée de jeu que les
mesures que nous avons mises de l'avant pour améliorer la sécurité des
cyclistes font l'unanimité. Il est évident que ces mesures, que je
qualifierais d'urgentes, sont limitées. Elles nous apparaissent néanmoins nécessaires. Et, en vue de la saison de
vélo qui s'amorce, je tiens à préciser que des modifications additionnelles
seront proposées au cours de l'automne dans
le cadre d'une révision du Code de la sécurité routière, une révision qui sera
fondée sur le principe de prudence.
ailleurs, en ce qui a trait au thème dominant du projet de loi n° 100, à savoir
l'encadrement des services de transport
rémunérés de personnes par automobile, les avis sont partagés, comme nous nous
y attendions. On a beaucoup parlé
d'économie de partage, chacun y allant de son interprétation. À ce sujet, je
tiens à préciser que le gouvernement ne
s'oppose absolument pas à l'économie de partage, bien au contraire. C'est
d'ailleurs pourquoi le premier ministre a fait part de son intention de mettre en place un chantier sur le sujet, mais
encore faut-il s'entendre sur une définition commune. Ce concept ne doit pas être galvaudé par tout un
chacun au gré de ses intérêts, car, si l'économie de partage est appelée
à être de plus en plus facilitée par
l'arrivée de nouvelles technologies, elle ne doit pas devenir un prétexte pour
favoriser l'évasion fiscale et le
non-respect des règles en vigueur dans le transport rémunéré de personnes par
automobile, notamment celles visant à assurer la sécurité des usagers.
cours des dernières semaines et à nouveau pendant les audiences de la commission
parlementaire, certaines personnes ou
groupes nous ont parlé de covoiturage commercial et de covoiturage urbain. Or,
soyons clairs, de telles notions n'existent
pas en vertu de nos lois. Au Québec, la définition de covoiturage est déjà
circonscrite, la notion de contribution limitée aux frais d'utilisation du véhicule y occupe une place
importante. Le projet de loi n° 100 viendra apporter certaines
précisions nécessaires afin d'éviter toute confusion.
Ainsi,
le transport ne devrait être effectué que sur une
partie ou sur l'ensemble d'un
même parcours, et les conditions suivantes devraient être
respectées : d'abord, l'automobile utilisée devrait être un véhicule de
promenade au sens de l'article 4 du Code de
la sécurité routière; le conducteur déciderait de la destination finale, et la
prise de passagers à bord serait
accessoire à la raison pour laquelle il se déplace. Le transport serait offert
moyennant une contribution financière qui
se limiterait, quel que soit le nombre de personnes à bord de l'automobile, à
l'indemnisation prévue par le gouvernement pour les fonctionnaires qui utilisent leur véhicule personnel. Il est
évident, dans ces circonstances, que le modèle proposé par UberX, jusqu'à présent, n'est pas du
covoiturage puisque les chauffeurs opérant selon le modèle d'affaires ne
décident pas de la destination et
qu'ils sont rémunérés au-delà des frais d'utilisation. Il s'agit donc
clairement d'un service de transport rémunéré de personnes par
automobile.
Cela
dit, nous souhaitons que l'industrie du taxi puisse innover dans le respect
d'un encadrement équitable pour tous. J'ai déjà fait part de mon
invitation aux représentants d'Uber à nous soumettre un projet pilote. Ce
projet devra respecter les lois fiscales du
Québec, l'obligation pour les conducteurs de posséder un permis de chauffeur
professionnel et l'obligation d'un
permis de propriétaire de taxi. Le ministère des Transports, de la Mobilité
durable et de l'Électrification du
transport fera preuve d'écoute et d'ouverture à l'égard de tout projet
respectant les considérations, comme ce fut le cas avec Taxelco en 2015.
dit que le permis de propriétaire de taxi constitue une barrière à l'entrée,
c'est vrai. Il ne s'agit pas cependant d'un
avantage consenti à un groupe de privilégiés. Et je rappelle, et cela est
fondamental, que ceux et celles qui détiennent ces permis achètent le droit d'exercer leur métier. Combien d'autres
travailleurs et travailleuses peuvent en dire autant? De plus, il s'agit d'un investissement important
qui s'accompagne à la fois d'obligations financières et d'obligations légales, des obligations légales que le projet de
loi n° 100 propose justement de renforcer. Et j'insiste sur le fait que
ces permis se transigent sur un marché secondaire et que leur prix fluctue
selon l'offre et la demande. Le gouvernement n'a donc rien à voir dans
ces échanges.
importe de rappeler que le taxi n'est pas le seul secteur dont l'accès soit
contrôlé par une barrière à l'entrée. La
médecine, l'ingénierie et divers métiers dans l'industrie de la construction,
pour ne nommer que ceux-là, sont aussi des domaines dont la pratique est
réservée. Ici, seuls ceux et celles ayant suivi avec succès une formation
spécifique et appartenant à un ordre
professionnel spécifique peuvent exercer. C'est que, voyez-vous, même en
démocratie, même dans un État de droit fondé sur le respect des libertés
individuelles, il y a des règles à respecter.
Nous
sommes d'avis qu'il est tout à fait justifié de déterminer nos règles plutôt
que de nous laisser imposer celles des
autres. Ainsi, les dispositions proposées dans le projet de loi n° 100
afin d'encadrer les services de transport rémunéré de personnes reposent sur six grands principes, à
savoir : un, permettre une modernisation des services offerts à la
clientèle; deux, créer un
environnement équitable et flexible; trois, assurer la sécurité des passagers;
quatre, protéger les consommateurs; cinq, tenir compte des
particularités régionales; et six, réduire l'évasion fiscale.
Nous croyons que ce
projet de loi répondrait aux nouveaux besoins par un encadrement plus flexible
visant à moderniser les services à la population. Le projet de loi donnerait
ainsi la latitude nécessaire à de nouveaux joueurs qui voudraient intégrer le marché dans le respect des règles. L'arrivée
de nouveaux joueurs serait en effet possible, car le gouvernement pourrait fixer de nouveaux quotas
par agglomération de taxi, selon les besoins de la population. Il pourrait
notamment déterminer des catégories de
service et des conditions, par exemple, de permis de propriétaire de taxi pour
chauffeur à temps partiel. Les exigences
pour obtenir un permis de chauffeur de taxi seraient aussi allégées, et
celles-ci seraient précisées dans une modification réglementaire à
venir.
projet de loi constitue, selon nous, une importante réforme dans le transport
rémunéré de personnes. Il donnera au
Québec un cadre plus flexible, qui amènera une culture de modernisation et
d'amélioration continue des services aux usagers. Parmi les changements
les plus importants, mentionnons un allégement potentiel de la formation qui
serait davantage axée sur le service à la
clientèle, la modulation des tarifs selon une fourchette autorisée, des
responsabilités supplémentaires pour
les intermédiaires, la mise en place de mesures favorisant l'électrification du
transport par taxi, la possibilité de
payer électroniquement sa course, la création de plus grands parcs de
véhicules, enfin, le taxi-partage afin de permettre à plusieurs clients
de se répartir entre eux le coût d'une course.
Pour
nous, les mesures contenues dans le projet
de loi proposent un encadrement et un environnement d'affaires plus flexibles, qui permettront
une modernisation continue des façons de faire. J'invite donc les membres de
cette Assemblée à adopter le principe du projet que je leur soumets
aujourd'hui. Je vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre des Transports, pour cette intervention.