Public Finance — 4 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CFP 2013-10-04

Quebec — Committees

Public Finance — 4 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CFP 2013-10-04

Quebec — Committees

Le Président (M. Richer) : …prendre votre demande en délibéré, et je vous

annoncerai ma décision. Et je vous demanderais, M. le député de Brome-Missisquoi,

de commencer votre temps de parole.

Paradis : …mise au

point, vous avez mentionné que le député de la CAQ aurait les troisième et

sixième séries de questions. Je ne sais s'il pourrait y avoir entente, là. Moi,

il m'a demandé d'avoir la deuxième et troisième, et je n'ai pas d'objection.

Le Président (M.

Richer) : C'est recevable.

Gendron :

Oui, moi, je n'ai pas de trouble, si c'est pour l'accommoder, puis il aime

mieux ce qu'on vient d'indiquer, je n'ai

aucun problème avec ça. Parce

que nous, on est accommodants. On

aurait évité ce qui s'est passé, M. le Président, si ces gens-là avaient été le moindrement

accommodants à des informations qu'ils connaissaient, mais ils n'ont pas voulu jouer le fair-play parlementaire. Alors,

vous pourriez écrire ça dans la lettre aussi, si jamais ça vous

intéresse.

Le Président (M. Richer) : Alors, M.

le député de Lévis,

vous pourrez intervenir au deuxième et au quatrième bloc, et, M. le

député de Brome-Missisquoi, vous avez la parole.

Paradis :

Merci beaucoup, M. le Président, pour 10 minutes. Le 4 septembre de l'an passé,

on était en élection. Le Parti québécois a reçu un mandat de gouvernement, mais de gouvernement minoritaire. Le

19 septembre, le Conseil des

ministres a été assermenté par Mme la

première ministre. Le ministre

des Finances et le président du

Conseil du trésor se sont fait donner un mandat strict, des ordres stricts par

Mme la première ministre : atteinte du déficit zéro, l'avenir économique

du Québec en dépend. Le 20 novembre dernier, le ministre des Finances a déposé

en cette Chambre son budget, et l'atteinte du déficit zéro faisait

partie des objectifs

gouvernementaux à cette époque-là.

Aujourd'hui, nous en

sommes au bulletin du ministre des Finances, et, je vous préviens, M. le

Président, tous nos chiffres sont issus du budget

du ministre des Finances, de la mise à jour économique du ministère des Finances et des bulletins du ministre

des Finances, sauf un chiffre qui nous vient de l'APCHQ, à la question des

mises en chantier; c'est le dernier bulletin de l'APCHQ, l'association

professionnelle reconnue dans ce domaine.

ce qui concerne les mises en chantier résidentielles au Québec,

le ministre des Finances avait fait preuve de modération, il avait prévu une baisse de 10 %. On se retrouve dans quelle situation, M.

le Président? On se retrouve avec une

baisse de 25 %. La marge d'erreur du ministre des Finances dans le

domaine des mises en chantier résidentielles est de l'ordre de 150 %. Ça, ça pénalise les jeunes

familles québécoises qui veulent avoir, dans toutes nos régions, dans

toutes nos municipalités, accès à la

propriété. Ces chiffres-là sont vérifiables, je vous ai donné la source, le

vice-premier ministre pourra les vérifier.

Deuxième élément, M.

le Président. Pas d'investissement dans le domiciliaire, manque d'investissement

dans le domaine commercial et industriel. Le

ministre des Finances avait prévu dans son budget une augmentation de 5 %.

Il a obtenu une augmentation de 2 %. Ça

veut dire quoi, M. le Président? Ça veut dire une erreur de 60 % dans lesinvestissements commerciaux et industriels.

Ça veut dire que les gens d'affaires, les entrepreneurs au Québec ont

perdu confiance dans ce gouvernement-là et ont décidé de diminuer les investissements

qui étaient prévus.

matière d'emploi, c'est encore plus catastrophique, M. le Président. Le

ministre des Finances a prévu la création de 45 000 nouveaux emplois. Résultat pratique? 45 000 emplois

non pas prévus, mais perdus. Différence de 90 000 jobs, M. le Président. C'est beaucoup pour les

travailleurs du Québec. La marge d'erreur du ministre des Finances?

200 %.

Tantôt, les

gens d'en face vont vous citer d'autres chiffres. Puis ils sont bons, leurs

chiffres. Je vais vous expliquer comment

qu'ils les travaillent. Eux autres, ils prennent les chiffres de l'automne passé, du budget Bachand, qui

étaient sur ses prévisions, alors qu'ils

savent très bien que le budget du ministre des Finances a été

déposé le 20 novembre. Donc, les effets

sur les emplois du budget Bachand ont duré au moins jusqu'au 1er janvier, on en

assume la totale responsabilité. Les

effets du budget Bachand sur l'emploi ont arrêté le 1er janvier, mais là le

budget du ministre des Finances

péquiste, depuis le 1er janvier, a eu des

effets de perte de 45 000 jobs.

J'espère qu'ils vont avoir assez de transparence et d'honnêteté pour en

assumer également la responsabilité.

M. le

Président, il s'est perdu 45 000 jobs au Québec. Pendant ce temps-là, dans

le reste du Canada, il s'en est créé 145 000. Pendant ce temps-là,

aux États-Unis, parce que la première ministre a essayé de nous faire un petit cours de géographie, hein, il s'en est créé

1,4 million. C'est, dans les proportions, 10 % au Canada. Alors que

le reste du continent, alors que le reste de l'Amérique est en

progression de création d'emplois, le Québec évolue à contresens, est en perte

d'emploi nette.

M. le Président, ces chiffres-là nous amènent à une autre colonne. On savait que les investissements nefonctionnaient pas, on

savait que les revenus ne rentraient pas, mais on pensait que les dépenses

étaient sous contrôle. Sérieusement, moi, M.

le Président, je me suis méfié un petit peu quand j'ai vu l'attitude un peu lymphatique du ministre des Finances, qui, à chaque signal où il manquait une cible, ne réagissait pas, ne

corrigeait rien. On manque la cible en revenus,

on ne corrige rien, on manque la cible en… On ne corrige rien nulle part. Là,

je me suis inquiété un petit

peu. Mais j'écoutais puis je voyais le

président du Conseil du trésor, qui, lui, maintenait le cap… ses collègues

ne l'appréciaient pas toujours, mais il a maintenu le cap jusqu'au 31

mars, ses chiffres du 31 mars sont bons. Mais là, au 31 mars, il s'est rendu

compte de quoi? Il s'est rendu compte que la première ministre l'avait

abandonné, il s'est rendu compte que le ministre des Finances louvoyait, il s'est

rendu compte qu'il était tout seul au front. Se retrouvant tout seul au front, bien, il

a décidé de faire comme les autres,

de baisser les bras. Puis vous savez ce qui est arrivé quand il a baissé les

bras comme tel, M. le Président? Bien, les dépenses se sont mises à augmenter

au-delà des prévisions qu'il avait faites. Il s'est

trompé de 40 %. Il avait prévu

des dépenses de 314 millions, il a obtenu des dépenses de

434 millions, marge d'erreur de 40 %. Et cette marge d'erreur

là, M. le Président, c'est avant les annonces préélectorales. Parce que c'est

juste un trimestre, là, 40 % d'erreur, 120 millions dans un

trimestre.

Puis là on est tombés dans les annonces

électorales. M. le Président, les annonces électorales, là, du mois de

septembre seulement, seulement au mois de septembre, à partir du moment où ils

ont abandonné l'objectif du déficit zéro, à

partir du moment où les revenus sont en baisse de plus de 1 milliard, les

dépenses en hausse ou en dehors de la cible

de plus de 40 %, 120 millions, il y a plus de 200 annonces au mois de

septembre. M. le Président, moi, j'aimerais ça, là, dire que je suis d'accord

avec tout ça, mais ça n'a pas de bon sens, ça n'a pas de bon sens, M. le

Président.

Et nos chiffres sont corroborés, là. Ce n'est

pas le Parti libéral qui le dit, là : le Mouvement Desjardins

titre Le Québec est en panne , le Conseil du patronat, les analystes

financiers... Même ce matin, dans La Presse , Alain

Dubuc parle de la crédibilité du ministre

des Finances, qui est mise en doute, M. le Président. Quand la crédibilité d'un

ministre des Finances est mise en doute,

c'est l'économie du Québec qui est mise en doute. Puis, quand il n'y a pas de

mise en chantier, quand qu'il n'y a

pas d'investissement industriel et commercial à la hauteur prévue, c'est un

appauvrissement collectif. Puis,

quand on s'appauvrit politiquement, M. le Président, ce sont toutes les couches de la société qui paient. Ce sont

nos jeunes familles qui n'ont pas accès à la

propriété. Ce sont nos travailleurs qui n'ont pas d'emploi. Ce sont nos services

sociaux qui sont en baisse. Ce sont nos malades qui sont plus longtemps dans

les corridors des hôpitaux. Ce sont nos enfants en difficulté qui, à l'école, n'ont

pas les services requis.

Puis, pendant

ce temps-là, le ministre des Finances, M. Météo de la politique, nous

dit : Il va faire beau. Ça va être correct. Mais, quand il sort

dehors, puis qu'il pleut, bien, le Québécois, il n'a pas de parapluie. Le

Québécois, ce qu'il a, là, c'est des

augmentations de taxes, des augmentations d'impôts, des augmentations de taxe

scolaire, 200 millions, on l'a vu, il y a un autre

200 millions qui s'en vient sur la taxe foncière des municipalités. On est

déjà les plus taxés en Amérique du Nord. Nos cibles budgétaires sont

complètement ratées. Puis, pendant ce temps-là, le ministre des Finances ne

réagit pas.

On nous a

promis, là, une politique industrielle transversale pour lundi prochain. Ça

m'inquiète, M. le Président, parce que l'auteure de la politique, là, c'est

la ministre de la banque qui n'a pas réussi puis des investissements qui n'ont pas réussi. C'est la ministre qui a perdu

quatre fois plus d'emplois — on en a perdu 23 000 — que la ministre des Ressources

naturelles, qu'on pensait être la pire dans ce ministère-là, dans ce

gouvernement-là. Elle en a perdu quatre fois

plus. Puis là on se dit : C'était quoi, elle, ce qu'elle a réalisé avant

de venir en politique, celle qui va nous présenter cette politique-là lundi prochain? J'inviterais les

collègues de l'autre côté, là, s'ils veulent connaître son implication

majeure dans un dossier majeur au Québec, de

lire le rapport sur la Gaspésia; elle est citée à peu près à toutes les 10

pages. Elle était au centre d'une des pires catastrophes économiques du

Québec puis elle va nous annoncer une politique transversale parce que c'est

elle qui est la championne des pertes d'emploi de tous les ministères. Elle

veut que les autres deviennent comme elle. Ça m'inquiète, M. le Président, au

nom des Québécois puis des Québécoises.

Ce qu'on a

besoin… Le député qui m'accompagne, de Louis-Hébert, a proposé cinq mesures

concrètes que le ministre des Finances peut mettre en application à

compter de minuit ce soir, qui vont permettre de créer de l'emploi dans la

construction, qui vont permettre de créer des investissements dans nos shops,

dans nos manufactures, des emplois qui vont

être permanents puis durables. On a proposé cinq mesures immédiates, M. le

Président; aucune réaction de M. Météo, ministre lymphatique des

Finances.

J'espère

qu'aujourd'hui le vice-premier ministre, qui nous fait l'honneur de sa présence

en cette commission, va réagir positivement et qu'il va faire en sorte

que le message qu'il reçoit de ses électeurs d'Abitibi-Ouest soit mis en application par le ministre des Finances. Je sais

que lui-même, là, il n'est pas tellement heureux des pertes d'emploi qu'ils

ont eu à l'Agriculture puis on reviendra là-dessus tantôt. Merci, M. le

Président.

Le Président (M. Richer) : Alors,

merci. Je cède maintenant la parole à M. le ministre pour une période de 10

minutes.

Gendron :

Alors, merci, M. le Président. Je salue les collègues, mon collègue d'abord qui

m'accompagne ainsi que les collègues de l'opposition officielle et du deuxième

groupe. Je suis très heureux, ce matin, au nom du gouvernement du Québec, comme

vice-premier ministre, comme député d'Abitibi-Ouest également, de venir à cette

interpellation-là puis vous rappeler

d'autres réalités. Je vais commencer par quelques messages auxquels je tiens à

mettre dans mon premier 10 minutes, puis, après ça, on verra comment on occupe

la patinoire politique.

Moi, ce que

j'assiste, puis j'assiste au Conseil des ministres à tous les mercredis,

l'obsession du gouvernement, dans les faits, dans mon vécu, je pourrais

en parler tantôt parce que mon collègue de Brome-Missisquoi a fini avec le ministre de l'Agriculture : tous les

vendredis, tous les vendredis depuis au moins huit semaines, je suis en quelque

part au Québec pour annoncer un nouveau

programme d'accompagnement au niveau du secteur bioalimentaire et

agroalimentaire suite à la politique que

j'ai eu l'honneur, avec la première ministre, de publier en mai dernier,

quelque quatre mois après.

Mais on n'a

pas pris, comme nos anciens amis, là,

qui ont placoté pendant six ans dans le secteur agriculture, ils ont

placoté rapport sur rapport, puis là je pourrais tous les nommer… Mais pas d'orientation,

pas de décision. Mais je vais m'en tenir à ce que je dois faire ce matin, là.

Notre

préoccupation, c'est l'emploi. Puis c'est tellement vrai que, ce matin, pourquoi

je suis ici? Pour deux raisons. On n'a pas voulu être gentleman, on n'a

pas voulu accommoder, parce que ça s'est déjà déplacé, une interpellation. Non,

puis, peu importe, puis on la veut, puis, même si le ministre des Finances est

ailleurs… C'est ce qui s'est passé.

Une voix : M. le Président,

question de règlement.

Gendron : Bon. Ça

ne me dérange pas.

Paradis : ...offert qu'elle soit déplacée n'importe quand

jeudi. J'ai offert de la tenir à huit heures ce matin s'il fallait. Je

sais que vous n'en avez pas été informé, parce que vous n'auriez pas dit ça. Ça

Le Président (M. Richer) : On parle

de quel règlement, M. le député?

Paradis : C'est

réglé, là, il vient de dire ce qu'il a à dire.

Le Président (M. Richer) : Alors, c'est

un propos. Alors, veuillez poursuivre, M. le ministre.

Gendron : Aujourd'hui même, là, à la même heure, là, l'annonce est

faite, là. On se préoccupe tellement

de l'emploi qu'encore ce matin, là, le ministre des Finances avec la ministre déléguée au

développement économique sont en train d'annoncer... la première

ministre, sont en train d'annoncer, pour une ixième fois, un projet majeur d'envergure

dans un créneau où, effectivement, on va

générer de l'activité économique pour l'avenir, pour les jeunes, bien payés,

bien rémunérés. C'est déjà fait, là, je suis convaincu que c'est fait, là, puis

ça s'appelle une annonce avec Warner Bros. à Montréal.

Alors, j'espère avoir le plaisir, dans les quelques minutes qui sont miennes,

là… puis de reparler de ce dossier-là et de d'autres.

Mais moi, je suis convaincu que le député de

Brome-Missisquoi, qui devrait se réjouir, il voudra en savoir davantage sur pas

mal d'investissements qu'on a faits. Puis je l'entendais, dans son point de

presse, avant, là, il est allé placoter en

dehors avant de venir faire le débat ici, puis il a le droit, il n'y a pas de

trouble, on est d'accord là-dessus, là. Alors, il est allé expliquer que, nous, là, nos engagements n'étaient

pas chiffrés. Bien, on ne marche pas de même. Nous, là, nos engagements sont chiffrés, ils sont

budgétisés. Tous ces engagements-là, qu'il a qualifiés d'un autre nom, bien,

ces engagements-là, là, on va les livrer, puis on a déjà commencé à les livrer,

parce que, nous autres, là, un engagement qui

n'est pas budgétisé, pour lequel le Trésor n'a pas accepté les crédits, ce

n'est pas très régulier. Je n'emploierai pas d'autres qualificatifs,

mais on a connu ça pendant sept ans. Alors, je reviens toujours à mes affaires,

Ils nous

interpellent sur le bulletin. Moi, j'ai tombé en bas de ma chaise, parce que...

surtout que l'expression qu'ils ont employée, là : mauvais bulletin

lié à toute la question des finances publiques. Dans la question des finances

publiques, il y a toujours deux colonnes : il y a les entrées puis il y a

les dépenses. Sur les dépenses, je répète : On a un régime très, très

rigoureux de suivi, puis ce n'est qu'à la marge qu'il y a des distinctions, ce

n'est qu'à la marge.

Mais, en même temps,

nous, on a une vision de développement économique équitable et durable pour le

développement du Québec, surtout dans le contexte — et là il y a un mot

qui compte, M. le Président — dans le contexte économique international

actuel. Ah bon! On n'est pas sur une île déserte. Et, s'il y en a qui pensent

qu'on est sur une île

déserte, le contexte actuel international, il est fragile. Puis, je le sais, il

va me dire : Oui, mais Ontario puis au Canada... Pensez-vous que je ne le sais pas? Mais l'Ontario, écoutez,

j'étais étudiant à l'école normale, puis l'Ontario avait une meilleure

économie que moi. Ça fait juste 45 ans. Ça fait 45 ans que c'est comme ça.

Donc, est-ce que ça me dérange? Pantoute.

Parce qu'on a tellement pompé de l'argent… Bien non, on a tellement pompé de

l'argent du fédéral à Ottawa... Ottawa a tellement pompé de l'argent

envers l'Ontario qu'ils ont toujours eu une économie beaucoup plus supportée avec mes impôts — oui, oui, vous pouvez écrire ce que vous

voulez — beaucoup

plus supportée avec nos impôts qu'où que ce soit dans le monde. C'est

ça, la réalité. Alors, on y va tranquillement.

Gestion responsable

des finances publiques. Que c'est qu'on a dû composer, là, quand on est arrivés

au gouvernement? D'abord, on va en parler

tantôt, là, s'il y a un gouvernement qui devrait être gêné le restant de ses

jours, c'est bien eux autres par rapport aux

cibles. Ils n'ont jamais, jamais, jamais

rencontré quelque cible que ce soit, confirmé par le Vérificateur

général, pas par celui qui vous parle, confirmé par le Vérificateur général. À

chaque fois, le Vérificateur général était obligé de dire : Ils avaient dit que,

sur la plaque, ils se rendraient là, woup, ils n'étaient pas un pouce ou

deux pouces à côté de la plaque, 100 % à côté de la plaque, 400 % à

côté de la plaque, 500 % à côté de la plaque. Je vais vous l'illustrer tantôt, là, mais là je vais

rester où j'en suis. 2,6 milliards 2011‑2012 de déficit,

1,5 milliard, les déficits du Québec des deux dernières années. C'est

des méchants efforts, ça, à essayer de redresser ça.

Trois

raisons pourquoi que c'est un peu plus difficile au Québec… Parce que moi, je

n'essaierai pas de cacher la vérité,

là, il me connaît un peu, là, on ne fait pas 37 ans de vie politique si on

passe notre temps à compter des fleurettes à tout le monde puis on ne donne pas l'heure juste. Mais est-ce qu'on

vieillit plus qu'ailleurs? Oui. Le Québec, la population vieillit plus

qu'ailleurs. Est-ce que ça entraîne des dépenses accrues? Oui. Est-ce que ça a

un effet sur la rentabilité, la profitabilité? Oui.

Deuxièmement,

récession moins sévère qu'ailleurs. Mais êtes-vous au courant qu'une récession

moins sévère qu'ailleurs, des fois, ça peut

avoir des conséquences? Parce que, par définition, le rebond, le rebond va être

moins fort au Québec qu'ailleurs, on

est allés moins creux dans le trou qu'ailleurs. Ça, ce n'est pas… pas besoin

d'être économiste pour ça, là, pas besoin d'avoir un paquet de diplômes,

là. C'est simple à comprendre.

Troisième élément, un

endettement. Ah, là, là c'est vrai comme ça ne se peut pas. Un endettement

beaucoup plus élevé qu'ailleurs. L'ancien

gouvernement… Moi, j'en ai connu quelques-uns, là, je suis ici depuis 1976.

Jamais de ma vie je n'ai vu un gouvernement qui a pompé autant de

dépenses sur le dos des générations futures à des hauteurs incommensurables. Ça va être difficile, M. le

Président, de s'en sortir, et il faut vraiment n'être pas très responsable

pour prétendre que ça coûte une méchante

beurrée aux Québécois : un tiers de la dette totale. Le tiers de la dette

totale. Je n'ai jamais vu ça. En neuf

ans, là, le tiers de la dette totale. Cependant, la raison la plus importante,

à la base même de tous nos efforts,

c'est la nécessité d'avoir des finances publiques saines. Alors, est-ce qu'on a

fait des efforts? Regardez ce que les autres

font. Le gouvernement fédéral, il va retourner à l'équilibre quand? Vous le

savez, 2016. L'Ontario, 2018. Ce serait un peu honnête d'en parler un peu, que nous, on a mis beaucoup plus,

beaucoup plus serré que ça. Quand on a une once d'honnêteté, on essaie

de se rapprocher des réalités. Les agents, puis là j'arrive peut-être à ce qui

m'apparaît le plus important... Hé, écoutez,

entre le bulletin partisan de l'équipe d'en face puis le bulletin des firmes

des agences de dotation, qui vous pensez que je vais choisir, M. le

Président? Je vais choisir les firmes de dotation. Puis, eux autres, est-ce qu'ils

nous donnent un bulletin aussi ridicule

qu'il a fait ce matin? D'aucune façon. Parce que ces gens-là, ils sont habitués

de porter des jugements avec les données sur

lesquelles on doit les nourrir. Et ils ont dit : Nous, on croit ça, là. On

est d'accord que ces gens-là ont une comptabilité qui nous donne la

certitude qu'ils sont sérieux. J'aime pas mal mieux cette crédibilité-là que ce

que j'ai entendu tantôt.

Autre chose : c'est

clair que notre gestion serrée des finances publiques, ça repose aussi sur la

capacité du gouvernement d'atteindre les

objectifs établis de la réduction de la dette à moyen terme. Sur le contrôle

des dépenses — parcequ'il me reste encore un peu de temps — dès notre arrivée à l'automne 2012, nous

nous sommes donné des moyens : un, un contrôle des dépenses serré, deux — écoutez bien ça, mes amis d'en face,

là — des

niveaux d'investissement public en

immobilisations — on n'a

pas arrêté là, on a continué la phrase —compatibles, compatibles avec ce qu'on appelle

un certain réalisme et la capacité de payer. Que c'est que ça veut dire

concrètement? Moi, combien de fois j'ai dit, avant que j'aie l'occasion de faire ce que je fais à matin : Est-ce que

j'étais pour ça, un programme d'infrastructure? Oui. Est-ce que c'est intelligent? Oui. Est-ce que c'est

intelligent de le porter à la hauteur qu'ils l'ont porté, en milliards? Je me rappelle, là, on était rendus, 35; non, ce n'est

plus 35, c'est 38; non, ce n'est plus 38, c'est 42; ce n'est plus 42, c'est

45. À un moment donné, on était rendus à 47 milliards, le

firmament, l'apothéose. Que c'est qui

est arrivé? De la surchauffe. Et qu'on l'a payée cher, la surchauffe.

Est-ce qu'on la paie encore cher, la surchauffe? La réponse, c'est oui.

père avait une bonne expression : Petit gars, quand tu mets trop de bois

dans la fournaise ou dans le poêle, le tuyau va chauffer puis c'est

dangereux. Alors, est-ce que le tuyau chauffe au Québec? Oui. Est-ce qu'il a

chauffé toujours à la bonne place? Non. Est-ce qu'on a payé pour rien? Oui.

Alors, ça, c'est ça, le contexte des gens d'en face. Puis là ils vont nous

jouer du violon? Écoutez, moi, ils repasseront. Merci.

Le Président (M. Richer) : Alors, je vous remercie. Alors, nous allons

maintenant débuter la période d'échange.

Mais, avant de vous

céder la parole, M. le député de Brome-Missisquoi, deux petites interventions.

Vous avez utilisé des propos tout à fait corrects tout le long de la première

intervention, sauf à la toute fin. Donc, je vous demanderais de faire attention

à vos propos et je vous inviterais à un tout petit peu baisser le ton durant l'intervention

du ministre, parce que...

Paradis : ...d'être

partisan, M. le Président.

Le Président (M. Richer) : Il n'y a aucune partisanerie à vous rappeler le

règlement. Et le règlement 35 précise entre autres que vous ne

devez pas parler en même temps qu'un député...

Le Président (M.

Richer) : ...alors que vous le faites en même temps que moi

actuellement.

Paradis :

Ça ne se fait pas, ce que vous faites.

Le Président (M.

Richer) : M. le député...

Paradis :

Ça ne se fait pas d'être partisan et présider, monsieur...

Le Président (M.

Richer) : ...je vous ai fait un rappel. Et je vous invite maintenant à

entamer la période...

Hamad : ...question

de règlement, M. le

Président. Vous venez de dire à un collègue

ici qu'il s'est comporté...

Le Président (M.

Richer) : ...député?

Hamad :

Je suis en train d'expliquer, là, donnez-moi la chance.

Paradis :

L'article 2 du règlement. Le pouvoir d'un président.

Hamad : Alors, M. le Président, l'article 2. Vous venez

de dire qu'un député s'est comporté parfaitement et, après ça, vous lui

demandez la prudence.

Paradis :

Il y a des limites.

Hamad :

Alors, on ne comprend pas votre message, M. le Président. Puis il y a des

limites dans votre pouvoir, là.

Paradis :

Il y a des limites, M. le Président.

Hamad :

Alors là, il faut respecter les collègues ici.

Paradis :

...peut pas franchir.

Le Président (M.

Richer) : ...qu'à la toute fin. Votre collègue avait utilisé des

propos sur lesquels je lui demandais de faire attention et je vous ai aussi

demandé, durant les interventions de l'autre groupe, de baisser le ton dans vos

échanges, parce que vous intervenez...

Le Président (M.

Richer) : ...à voix haute durant...

Paradis :

Vous n'êtes pas un député péquiste, ce matin, vous êtes un président à l'Assemblée

nationale.

Le Président (M.

Richer) : Ce matin, je suis le président, et j'agis comme président,

M. le député.

Paradis :

Oui, mais il ne faut pas...

Le Président (M.

Richer) : Et je vous cède la parole maintenant pour un bloc de cinq

minutes.

Hamad : Alors, d'abord, M. le Président, le député d'Abitibi-Ouest,

je ne le sais pas s'il assiste aux réunions de Conseil des ministres, M.

le Président. Puis il doit voir un peu la situation économique, un peu. J'espère

qu'au Conseil des ministres, dans ce

gouvernement-là, ils partagent l'information sur l'économie, parce qu'à

l'entendre parler on dirait qu'il ne

vit pas au Québec, il ne lit pas les journaux au Québec, il ne lit pas

Desjardins, Banque Nationale, Conseil du patronat. Je ne sais pas où il

est, M. le Président.

Les chiffres, ça, c'est

les chiffres du gouvernement, M. le Président. Ça, c'est des chiffres que le

bulletin du ministère des Finances a sortis.

Ces chiffres-là, M. le Président, ce qu'ils disent... mise en chantier, était

prévu moins 10 %, M. le Président. Et actuellement l'état actuel, c'est

moins 25 %...

Une voix :

Je ne vois rien. Est-ce qu'il y aurait moyen de le déposer?

Hamad :

Ce n'est pas grave. Je vais finir, M. le Président, là, j'en ai besoin.

Paradis :

M. le Président, M. le Président, là-dessus, je vais accommoder mon collègue,

on va faire des copies puis on va lui en envoyer pour qu'il puisse

suivre.

Hamad :

Alors, M. le Président, la mise en chantier était prévue moins 10 %. On

est rendus à 25 %. Donc, le ministre des Finances s'est trompé de

150 %. Les investissements commerciaux et industriels, était prévue une augmentation de 5 %. Actuellement, nous avons

2 %. Et, ce matin, on voit que

la confiance des PME est à la baisse pour les investissements, donc il s'est

trompé de 60 %. L'emploi, M. le

Président, ils ont prévu créer 45 000 emplois, le bulletin de l'emploi

aujourd'hui, c'est moins 45 000. C'est 200 %, l'erreur de ce

gouvernement-là.

Le député

d'Abitibi, M. le Président, d'Abitibi-Ouest, il disait qu'on a un contrôle

serré des dépenses. Pour les premiers trois mois au Québec, M. le

Président, ils ont défoncé de 40 % de l'objectif de contrôle des dépenses.

Ça, est-ce qu'on appelle ça un contrôle

serré des dépenses, quand vous vous trompez de 40 %? Vous savez que, sur

1 $ que vous avez prévu de

dépenser, vous avez dépensé à peu près 1,50 $. Ça, on appelle ça contrôle

serré des dépenses, M. le Président.

Imaginez un père de famille ou une mère de famille qui contrôle ses dépenses,

puis finalement ont dépensé une fois

et demie ce qu'ils ont prévu, M. le Président, pensez-vous qu'ils seront

encore… qu'ils ne seront pas en faillite? Ça, c'est le bulletin de ce

gouvernement-là, M. le Président.

L'autre

élément, il a parlé… En passant, j'étais vraiment surpris et je n'ai pas cru

mes oreilles, M. le Président. Il dit,

lui… Ce gouvernement-là, il vient dire que ça ne le dérange pas, que l'Ontario

soit meilleur que nous, M. le Président. Il dit : Ça ne nous

dérange pas. Puis, en plus, s'il y a un problème de finances publiques, il

vient dire : Ah! Mais parce que c'est les vieux, on a trop de vieux au

Québec. Parce qu'on a des vieux au Québec, ça coûte cher, puis pour ça, les

finances publiques sont dans un mauvais état. Ce que je viens de l'entendre, M.

le Président, parler de vieillissement, puis,

il dit, ça ne lui dérangeait pas que l'Ontario performe. Il dit : Depuis

40 ans, ça performe. Je m'excuse, M. le Président, il n'est pas au courant des chiffres depuis

quelques années, d'après moi. Parce que, pendant la pire crise économique

en Amérique du Nord, M. le Président, nous avons performé mieux que l'Ontario,

le taux de chômage au Québec était plus bas

que l'Ontario, on a créé plus d'emplois au Québec que l'Ontario, M. le Président.

Il a oublié cette période-là, mais,

pour le rappeler, je lui demanderai d'appeler M. Landry, Bernard Landry; qu'il

l'appelle. M. Landry lui-même, il a dit que le Québec a mieux performé que tous les autres dans cette crise

économique là, M. le Président. Où il a été, ledéputé, le vice-premier ministre, M. le Président? Je comprends qu'il

est dans l'agriculture, mais, au moins, qu'il regarde les chiffres.

M. le Président, quand il parlait de dette, la

dette, on la mesure toujours en fonction de PIB. En 1999, M. le Président, il était au gouvernement, lui, on avait

le plus haut pourcentage de dette par rapport au PIB dans notre

histoire, M. le Président. C'était dans son temps à lui. Aujourd'hui, la dette

est plus basse qu'elle était en 1999, c'est nous autres qui a mis un plan, M. le Président, sur place pour attaquer à la

dette : le Fonds de générations. Ce gouvernement-là, il critiquait le Fonds de générations, et,

aujourd'hui, bien, ils sont contents d'avoir le Fonds de générations. Mais, par

contre, le problème qu'ils ont, M. le

Président, ils ne génèrent pas assez de revenus pour combler le Fonds de

générations, M. le Président. Ça n'a pas bon sens, ça n'a pas de bon

sens de voir ce déni total.

Juste voir

les chiffres, M. le Président, la seule chose qui monte au Québec depuis qu'ils

sont là, c'est le chômage. Le taux de

chômage monte depuis le début de l'année, M. le Président. Ça, ce n'est pas

grave; de toute façon, on comprend que ce gouvernement-là a démissionné,

parce qu'il dit que ce n'est pas grave, l'Ontario est meilleur que nous. C'est grave, ce qu'il vient de dire là, ça démontre

l'esprit de ce Conseil des ministres là, ce gouvernement-là. Bon, l'Ontario

nous dépasse, ils sont plus chanceux que nous. Puis…

Hamad : J'ai

24 secondes encore, M. le Président. O.K.

Et là, M. le

Président, on leur a offert des mesures qu'ils peuvent appliquer, parce qu'ils

manquaient d'imagination, ils ne

veulent même pas les appliquer pour aider l'économie. Alors, qui qui va l'aider,

M. le Président? Quelle idéologie qu'ils ont dans la tête pour ne pas

aider les Québécois, les familles, et les travailleurs, et l'économie du

Québec?

Le Président (M. Richer) : Alors, M.

le ministre, pour une période de cinq minutes.

Gendron : Oui. Bien, très simplement, je

voudrais commencer, parce que je l'avais indiqué… bien, peut-être tout

de suite… revenir sur la remarque qui

a été faite par rapport à l'Ontario. Pensez-vous que je ne sais pas que, suite

à la crise de l'économie américaine et le

fait que l'Ontario a toujours été immensément favorisé par le pacte de l'industrie

de l'automobile… Pensez-vous que je ne suis

pas au courant de ça, là, que, lorsqu'il y a eu une crise aux États-Unis,

est-ce que ça a affecté d'une façon temporaire l'économie de l'Ontario, quand

on me rappelle que le Québec a mieux performé que

l'Ontario pour une courte période? Je suis au courant, parfaitement au courant,

puis je n'ai pas de trouble avec ça. Alors, il devrait se rappeler que

ce n'est pas parce que, pour quelques mois, que le Québec… ou même une année ou

deux, sur 40 ans, que le Québec a une

meilleure performance que l'Ontario, que c'est les statistiques qu'il connaît

autant que moi. Le taux de chômage au Québec a toujours été presque le

double de celui de l'Ontario. La raison principale, c'est le support par nos argents pour 50 % au

gouvernement canadien, qui a toujours supporté plus et mieux… Regardez

juste les centres de recherche. Je m'en

rappelle, j'avais déjà fait une monographie, moi, quand j'étais étudiant à

l'école normale, puis il y avait deux centres de

recherche au Québec, puis il y en avait 26 du côté d'Ottawa — mais

en Ontario — puis les 26 étaient supportés à mort par le

gouvernement canadien, puis il y en avait seulement que deux l'autre côté de la rivière. Alors, si ces gens-là n'ont

pas traversé la rivière Outaouais, c'est leur problème. Moi, je l'ai

traversée à une couple de reprises.

Revenons à ce

qui est plus majeur, M. le Président. Et là c'est évident que ça ne leur

tentera pas de regarder ça, là, mais ça, c'est leur magnifique oeuvre

par rapport, là… l'augmentation réelle versus les objectifs initiaux…

Gendron :

Oui, oui. Je vais le faire comme vous autres, là, on va vous déposer ça à la

fin, bon échange de procédés. On avait prévu ça, on en a des copies…

Gendron : Ah! bien,

on va le faire en même temps, là. Il y a des gens ici qui normalement viennent

nous aider pour déposer… Ça me fait plaisir. Mais c'est étonnant par contre qu'ils

veulent le voir tout de suite, alors qu'ils l'ont vécu pendant neuf ans. Alors,

moi, je pensais qu'ils s'en rappelaient. Ils l'ont vécu, ils l'ont pratiqué.

Alors,

regardez ici, là, ce n'est pas compliqué, là. Le blanc, ça, ça veut dire le

niveau de croissance en termes de dépenses prévues par l'ancien

gouvernement, puis le rouge, là, il a quasiment toujours été aussi haut que le

blanc. Avez-vous une idée de ce que ça veut

dire? Dès 2004-2005, il y a juste une petite erreur de 2 milliards, petite

erreur de 2 milliards.

2005-2006, on baisse ça un peu, 1,9 milliard. 2006-2007, encore pareil,

1 milliard quelque chose. 2007-2008, woup, on revient à 2 milliards. Et là regardez l'explosion, 2008‑2009,

on est quasiment à trois d'écart. 2009‑2010… Puis on continue toujours,

là. Je répète : Le Vérificateur général a toujours confirmé que jamais,

jamais ces gens-là n'ont atteint… Ce n'est pas des…

Gendron :

C'est des pourcentages. Ce n'est pas des milliards, excusez, je corrige,

là, c'est des pourcentages. Jamais ces gens-là n'ont atteint les cibles

fixées. Donc, ce serait important.

Je ne sais pas si vous voyez de loin, là, on va

vous le distribuer. Je ne sais pas si vous voyez la dernière, là, 2012‑2013, là, woup, là il y a la cible puis il y

a ce qu'on appelle la petite erreur par rapport à la cible prévue. Ça, je

pense que ça méritait d'être mentionné. Et

j'ai entendu religieusement le député de Brome-Missisquoi, il a dit, au tout

début : Vos chiffres sont bons, vos

chiffres sont bons, même s'ils ont dit, pendant des semaines, dans la période

de questions, que nos chiffres n'étaient pas bons. Il a même dit ici, en

notre Chambre, là, après des semaines à dire que nos chiffres, ce n'était pas bon, là, ils sont bons ce matin. Bien,

tant mieux, on reconnaît ça. Et il a reconnu, il y a quelques

semaines, que son gouvernement avait fait de la comptabilité créative. On a entendu ça ici, là, il a

fait de la comptabilité… Le 19 septembre, là, il dit : «On a

assisté, au cours des [dernières] années, à de la comptabilité créative...» Je

trouve que c'est un bel aveu, moi, j'endosse

ça. C'est clair qu'on a assisté à de la comptabilité créative pas à peu près,

parce qu'entre la réalité

objective puis les chiffres qu'on voyait dans leurs documents il n'y a jamais

eu une adéquation parfaite. Mais moi, je peux vous

affirmer, M. le Président : On n'a jamais fait de la comptabilité

créative. Donc, je suis heureux d'apprendre que c'était la méthode libérale,

mais, nous, ça ne nous tente pas, ça ne nous tente pas de tromper la

population. Ça, on a le droit de dire ça?

Oui. En

conclusion, il faut donner l'heure juste à la population. C'est ce qu'on fait,

et on a un parfait contrôle, avec une conjoncture qui fait qu'effectivement

il va y avoir quelques petites erreurs sur les cibles.

Président (M. Richer) :

Alors, merci. Je cède maintenant la parole au député de Sanguinet pour une

période de cinq minutes. M. le député.

Therrien :

Merci. Merci, M. le Président, je vous salue. Je salue le ministre et son

équipe, je salue les gens de l'opposition, les trois députés présents.

La nouvelle équipe économique, je vous salue. Écoutez, après avoir vu partir M. Bachand et M. Paquet, à la dernière élection,

et M. Gignac, je pense qu'ils ont un gros défi à relever. Écoutez, je

sais que le critique économique nous porte à croire que, dans le Parti libéral,

le ministre le plus important, c'est le ministre de la Famille, de la famille

libérale.

Donc, je

parlerais un peu des commentaires du ministre de… du ministre… du député de

Brome-Missisquoi par rapport à ce

qu'il a dit, là. Puis ici il arrive avec des erreurs en pourcentage. Première

chose qu'on ne fait jamais, c'est de calculer

des marges d'erreur sur des pourcentages avec des variables quantitatives. Tu

ne fais jamais ça. Si tu veux calculer une

marge d'erreur, tu ne regardes pas les pourcentages, c'est des données

construites. Ce qu'il faut que tu fasses, il faut que tu regardes des valeurs totales, en dollars dans

ce cas-là, et que tu fasses ta marge d'erreur à partir de ça. Exemple, si

je fais une prévision de 0,2 % puis, finalement, c'est 0,4 %, on va

dire : On a fait une erreur de 100 %. Bravo, mais ça n'a aucun sens,

parler comme ça. Ça, ça montre la rigueur intellectuelle de l'autre côté. C'est

toujours comme ça. Ils tripotent les chiffres, je veux dire, ils violent la

pensée critique, la pensée scientifique, c'est toujours la même chose. Puis

après ils nous arrivent dans une situation où ce qu'on doit expliquer des

choses qui n'ont aucun sens.

Quand on

parle de diminution de la mise en chantier, là, nos collègues de l'autre côté,

ils étaient là quand vous avez été présents puis le ministre Flaherty a

commencé à parler de l'accès à la propriété. On avait un problème au Canada. Le problème, c'était la bulle spéculative en Alberta

puis en Colombie-Britannique. On avait un problème de financement des hypothèques. Alors, Flaherty évidemment, qui gouverne

pour l'ensemble du Canada, sauf pour le Québec, qu'est-ce qu'il a dit? Il dit : On a un problème actuellement au

Canada, il faut absolument limiter l'accès à la propriété. Même si cette mesure-là ne favorise pas le Québec

et nuit au Québec parce qu'on n'a pas de problème de bulle spéculative au Québec, on est arrivés avec une politique, en

2011, qui a fait en sorte qu'on a actuellement les rebonds de ça, qu'on

a une diminution de l'accessibilité.

Et qu'est-ce

que nos gens d'en face on fait quand ça s'est produit? Est-ce qu'ils ont

défendu les intérêts du Québec? Pantoute. Ils n'ont pas défendu les

intérêts du Québec, ce n'est pas leur fonction première. Qu'est-ce qu'ils ont

fait? Ils n'ont rien fait. Ils n'ont même

pas opposé quoi que ce soit face à l'accès à la propriété. Ils ont laissé les

choses aller parce que ces gens-là,

quand ils vont à Ottawa, ce n'est pas pour défendre nos intérêts, ils vont

manger des croque-monsieur puis ils font du béni-oui-oui. Ça, c'est l'économie

québécoise qui en souffre.

Pourquoi ils n'ont pas justement fait en sorte

de protéger les intérêts des Québécois où est-ce qu'on aurait davantage accès à la propriété? C'est sûr, pour des gens d'un âge certain, ce n'est pas

problématique, mais, pour nos jeunes qui veulent accéder à la propriété,

ça pose davantage problème. Est-ce qu'on a pensé à eux? Est-ce qu'on a pensé à

cette situation-là?

Autre

chose : on parle de l'emploi au Canada. Le Québec, actuellement, dans la

création d'emplois, depuis un an, est en quatrième position, est devancé

par l'Ontario. Pourquoi? Le vice-premier ministre a bien mentionné, je veux dire, ils se sont effondrés en 2008. A fallu de

l'aide du fédéral d'urgence, aurait fallu que mes impôts paient

justement le péril économique de l'Ontario.

Alors, ils se sont effondrés. C'est sûr que, quand tu perds 450 000

emplois, de récupérer une somme, ce

n'est pas problématique. Puis, en plus, eux ont des déficits extrêmement

élevés, qui dépassent le 10 milliards de dollars.

Il faut comprendre une chose, c'est que le

déficit, là, à très court terme, ça peut stimuler l'économie. Ils le savent; c'est comme ça qu'ils essaient de régler

les problèmes économiques, en empruntant sur le dos des générations futures. Mais, quand on est éclairés, quand on va

faire des politiques économiques sur du long terme, sur du structurel,

il faut faire en sorte que les emplois qu'on

crée vont rester permanents. Bien, il faut absolument qu'on soit éclairés,

qu'on fasse en sorte que nos démarches

aillent directement dans la promotion de la productivité et du savoir-faire,

puis c'est là-dessus qu'on est en train de travailler à court terme et à

long terme. Et donc il faut comprendre une chose, c'est que la solution facile à la libérale avec un endettement excessif, ce

n'est pas la solution. Et là les deux, troisième positions, c'est l'Alberta, la Saskatchewan. Mais c'est à

cause du prix du pétrole. Encore une fois, l'Alberta a subi des

contrecoups d'une baisse des prix du pétrole en 2011. Et là ils se font un

rattrapage également. Ça, c'est la vérité. Ça, c'est les chiffres qui parlent.

Puis, quand

on parle de rigueur intellectuelle, j'aimerais beaucoup qu'à

part les critiques

qu'ils formulent à l'égard de la

présidence ici, là, qu'ils soient un peu plus constructifs puis qu'ils fassent

en sorte d'élever davantage le débat. Parce que ce que j'ai entendu

jusqu'à date, là, ce n'est pas digne d'un travail de parlementaire.

Le Président (M. Richer) : Alors,

merci. Alors, nous passons au deuxième bloc d'interventions. Et, tel que

convenu en début de séance, je cède la parole au deuxième groupe d'opposition.

M. le député de Lévis.

M. Dubé :

Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Et je tiens à saluer mes collègues. Je

crois que j'ai un premier bloc de 10 minutes. C'est ça?

Le Président (M. Richer) : Cinq

minutes.

M. Dubé :

De cinq minutes. O.K. Je vais être assez rapide. Je vais vous faire juste une

petite comparaison pour exprimer un peu ma surprise d'avoir le

vice-premier ministre ce matin avec nous à cette rencontre-là. Et j'ai beaucoup de respect pour vous, M. le vice-premier

ministre, mais c'est un peu comme si on avait demandé à rencontrer le

chef des finances puis on nous a envoyé le contrôleur. Puis là ce n'est plus le

contrôleur, là, c'est rendu le chef du marketing.

Alors, je dois vous dire que je suis un peu surpris. Je trouve ça un peu

déplorable. Et ce que j'aimerais dire, c'est que je vais poser quand même mes questions très claires. Et

malheureusement je pense que je n'aurai pas les réponses. Mais je vais

les poser très simples, s'il vous plaît.

Je vais

commencer pas les états financiers du 2002, du 2013, qui sont toujours en

préparation. Lorsque nous avons reçu

les états financiers, les résultats du 30 juin, au 30 juin… c'est-à-dire le 31

mars 2013, il y a eu un estimé qui a été préparé et qui a été déposé le 29 ou le 30 juin. Dans ces états

financiers là, le déficit du gouvernement du Québec, pour l'année qui se

terminait en 2012‑2013, était de 1 789 000 000 $,

contrairement à l'objectif de la cible, qui était de 1,5 milliard. Alors, depuis quelques semaines, on entend et le

ministre des Finances, et le président du Conseil du trésor, les deux personnes, encore une fois, qui étaient

supposées être ici ce matin en alternance pour parler de ça. On nous indique, il

y a eu plusieurs déclarations qui

nous disent que, maintenant, on dit

que l'atteinte de la cible de 1,5 milliard va être faite. Alors,

c'est-à-dire qu'entre l'estimé qui a été déposé pour le 31 mars… Ce qu'on nous

dit, c'est que, pendant que le vérificateur fait son travail, il va donc y

avoir des ajustements pour au moins 300 millions pour que les résultats

qui vont sortir, vérifiés par le

vérificateur à quelque part au mois de novembre, juste à temps pour les

prochaines élections, vont montrer l'atteinte du déficit 1,5.

Alors, ma

question est très claire, et c'est la première : Quels sont les

ajustements qui font qu'aujourd'hui le ministre des Finances et le

président du Conseil du trésor peuvent affirmer que, contrairement à l'estimé de 1 789 000 000, aujourd'hui,

on peut dire que le gouvernement va atteindre la cible de 1,5 milliard?

C'est ma première question.

La deuxième question,

maintenant, et en supposant — parce que là, j'ai toujours respecté à l'intérieur

de ma limite de temps — que le vice-premier ministre, encore une

fois, que je respecte beaucoup, puisse répondre à ma question, la deuxième question, toujours sur le même sujet,

elle est simple. Je veux m'assurer qu'au cours de cet exercice-là, qui

est fait présentement par le Vérificateur

général, il n'y aura pas de pratique ou de changement aux pratiques comptables

ouaux normes comptables qui

feraient que, lorsqu'on va comparer les résultats de 2012-2013 avec les

résultats de l'année précédente… il n'y aura

pas de changement dans les pratiques comptables qui ferait que les résultats,

dont on a eu l'estimé dont je parlais

tout à l'heure de 1,8 milliard… on n'aura pas changé, durant l'été, ou

demandé à des organismes et fondsspéciaux

de changer des pratiques comptables pour respecter le déficit, qui est très

important, qui était un engagement électoral.

Et je veux

bien m'expliquer parce qu'avant de répondre… Puis je suis certain que tout le

monde est très transparent ici. Et c'est pour ça que j'aurais aimé

pouvoir en discuter ouvertement, notamment avec le président du Conseil du trésor, qui était supposé remplacer le ministre

des Finances, là, à la dernière minute. Pour bien comprendre… Et je vais

être très précis dans ma question. Parce que,

s'il y a des changements dans les pratiques comptables… Puis je veux

juste vous donner la chance, M. le vice-premier ministre, de bien répondre à

cette question-là. Il sera très clair, dans tous les rapports du Vérificateur

général, que, s'il y a eu des pratiques comptables, le vérificateur doit

l'indiquer dans son opinion. Alors, je vous

dis juste que, s'il y a des changements dans les pratiques comptables, entre

les deux exercices, qui aideraient à respecter le déficit, le

vérificateur va être obligé de l'indiquer dans le rapport de chacun des

organismes.

Le Président (M. Richer) : ...

M. Dubé :

En conclusion, avec plaisir. Alors, je conclus en disant : Et que, tous

ces rapports de vérificateur là, nous allons les voir, ils vont être

disponibles lorsque les organismes vont déposer.

Alors, ce sont mes deux questions très précises,

M. le vice-premier ministre. Merci.

Président (M. Richer) :

Alors, merci, M. le député. Alors, M. le ministre, pour une période de cinq

minutes.

Gendron : Oui, je

veux d'abord remercier le député de Lévis de sa présence. Et moi aussi, j'ai du

respect pour tous les parlementaires, donc j'en ai également pour le député de

Lévis et sa responsabilité dans sa formation politique. Mais là je voudrais

commencer par une réponse du chef du marketing parce que c'est l'appellation qu'il

m'affuble ce matin.

Gendron :

Oui, oui, je n'ai pas de trouble avec ça. Je ne me sens pas blessé, M. le

député de Lévis. Je fais juste vous

expliquer que le chef du marketing, il est dans un secteur économique pas à peu

près. Et il veut juste vous en parler un peu parce que je n'en entends pas bien, bien parler de votre formation

politique. Je n'ai pas eu une question

et je ne suis pas sûr qu'ils savent c'est quoi, le bioalimentaire ou le

secteur agroalimentaire. Donc, moi, je suis obligé de vous dire ça, là. Le

secteur pour lequel j'ai la responsabilité, là, c'est juste 22 milliards,

c'est 22 milliards de dollars du produit intérieur

brut. C'est presque 9 % de l'économie québécoise. Ça, c'est

toujours le chef du marketing qui parle, là. C'est…

Une voix : …répondre à la

question…

Gendron : On va

répondre.

Gendron : Non, non,

mais je vais répondre à votre question. J'ai cinq minutes, M. le Président...

M. Dubé :

M. le Président, question de règlement. J'ai posé deux questions très simples.

Si vous êtes la bonne personne pour

répondre aux questions, monsieur, répondez aux deux questions précises que j'ai

posées. La différence...

Gendron : Je les

ai, les deux questions. Je vais répondre.

Une voix : Si vous êtes la

bonne personne, s'il vous plaît, répondez à...

Gendron : Je vous

jure que je vais...

Gendron :

Un instant. Je vais répondre à vos deux questions, mais j'ai cinq minutes. Je

vais le faire dans les dernières minutes.

Le Président (M. Richer) : Alors, M. le député de Lévis, je reçois votre

demande, et on va laisser le temps au ministre de répondre. Et, M. le

ministre, je vous rappelle de vous adresser à la présidence, s'il vous plaît.

Gendron :

Oui, M. le Président, et je veux indiquer à mon collègue de Lévis que…

Une voix :

Est-ce qu'on pourrait avoir le silence un peu? Si vous voulez entendre les

réponses…

Une voix :

M. le Président, s'il vous plaît, demandez-lui de répondre aux deux questions

que j'ai posées, s'il vous plaît.

Le Président (M. Richer) : La demande est faite, et je vais demander la

collaboration de tous pour un échange cordial. Alors, M. le ministre.

Gendron :

M. le Président, je vous jure que je vais répondre aux deux questions posées.

Mais, dans mon cinq minutes, je peux-tu l'utiliser comme bon me semble? J'ai

assez d'expérience ici pour savoir quand je peux utiliser… le moment où je vais répondre précisément à ces deux

questions. Alors, je veux juste continuer, pas longtemps.

Mais

le produit intérieur brut de l'agroalimentaire, là, juste un exemple, c'est supérieur

à l'ensemble de l'extraction minière

du Québec. Je ne suis pas sûr que le député de Lévis sait ça, là. C'est

supérieur, c'est quatre fois… deux fois plus élevé que le secteur aérospatial. Ah bon. Je suis là-dedans, je suis

responsable de ça, donc c'est peut-être important d'en parler. Et moi, j'ai l'impression que j'ai une

responsabilité économique. Et, quand je discute au Conseil des

ministres, ça me fait plaisir de discuter d'économie. Ça me fait plaisir de

parler de ces secteurs-là, parce que c'est très significatif. C'est juste presque un demi-million d'emplois,

475 000 emplois du secteur bioalimentaire. Puis là je pourrais le

répartir par secteur. Je ne le ferai pas, par respect pour mon collègue de

Lévis.

J'arrive

aux questions posées. Première question, la réponse est simple : Le

Vérificateur général, dans les comptes publics, va être obligé de donner

effectivement toute l'information à votre première question.

la deuxième question, nous, là, on respecte les pratiques comptables. Moi, là,

là, comme membre de l'équipe du gouvernement, là, on respecte les

pratiques comptables. Et vous avez posé : Est-ce qu'il va avoir des

changements aux pratiques comptables? La réponse, c'est : Non, il n'y aura

pas de changement aux pratiques comptables.

quand il y en a, puis vous le savez, je connais votre formation, quand il y en

a, des changements aux normes, il faut

avoir des nota bene, il faut avoir des signets, il faut avoir les

avertissements. C'est obligatoire. Les ajustements, non seulement on le

signale, mais ça requiert des ajustements pour les années antérieures, pour

être certain que le lecteur qui prendra

connaissance de cette information-là, avec des changements aux ajustements

comptables, bien, qu'il puisse faire des

comparables qui se comparent. On ne peut pas comparer des pommes avec des

oranges si on a modifié les méthodes comptables.

c'est clair qu'il n'est pas question, pour ce que j'appelle s'accommoder d'une

réalité, de changer au gré du vent les normes comptables. Parce que comment

voulez-vous que les parlementaires… Le Vérificateur général, quand il dépose

son rapport, les comptes publics — j'ai assez d'expérience ici, en Chambre,

là — quand

on dépose ça, il faut que ça ait une base de

logique et il faut que ça serve en termes d'informations. Je suis convaincu que vous allez être d'accord

avec ça. Moi, quand je consulte ces briques-là, là, qu'on laisse souvent à nos

pieds de notre pupitre, là, ou dans notre bureau,

là, c'est majeur, si on fait des consultations de ces documents-là, il faut qu'ils soient éducatifs, instructifs et qu'ils nous

permettent de tirer et de dégager des constats, des conclusions, mais qu'ils

permettent, effectivement, d'avoir une référence. Si ces éléments-là n'avaient

aucune référence par rapport aux années antérieures, comment on va faire pour s'assurer

qu'il s'agit d'outils pédagogiques pour les parlementaires, significatifs, qui

nous permettent de faire notre job?

M. Dubé :

...puis il n'a pas encore répondu à première question. Je lui ai demandé c'étaient

quoi, les ajustements pour

300 millions, puis il n'a pas encore... Je veux lui donner la chance de

répondre une dernière fois, là. Ma première question était : Quels

sont les ajustements pour 300 millions? Il n'a pas répondu.

Une voix :

Excusez-moi. Question de règlement, M. le Président.

Le Président (M.

Richer) : Alors, un instant, M. le député de Lévis.

Le Président (M. Richer) : Règlement, 211, sur la pertinence, permet une

réponse qui, à mon avis, ne peut pas être jugée, donc vous n'avez pas le

choix que d'accepter les réponses actuelles du ministre.

Une voix :

Article 81.

Le Président (M.

Richer) : Oui?

Therrien :

Aucun rappel au règlement ne peut être fondé sur l'opinion que la réponse à une

question posée à un ministre est insatisfaisante.

Le Président (M. Richer) : Très

clair, je le reçois bien. Donc, merci. Ceci mettait fin à votre bloc, monsieur.

Paradis : …que la

pertinence ne peut pas être jugée…

Le Président (M. Richer) : Juste un

instant, nous allons finir le bloc sur lequel… Et je recevrai votre point de

règlement.

Paradis : Non,

excusez, non. Vous avez dit que la pertinence ne peut pas être jugée. Je vous

soumets très respectueusement que la pertinence doit être jugée par la

présidence.

Président (M. Richer) : Je

reçois. Alors, M. le ministre, il restait 33 secondes à votre bloc d'interventions.

Gendron :

Oui, je les prends, je les prends, les 33 secondes. Je veux dire que, dans le

secteur bioalimentaire, suite à la politique de souveraineté

alimentaire, qui, en passant, a été bien reçue à 75 %, 80 % de l'ensemble

de la population, j'ai la chance, tous les

vendredis, d'annoncer des investissements et de s'assurer que les producteurs

agricoles soient mieux supportés compte tenu

du facteur risque, compte tenu de beaucoup d'éléments. Et, dans ce sens-là, je

pense que le secteur contribue au

développement économique, contribue à l'économie du Québec avec une répartition

dans toutes les régions du Québec. Et

moi, je pense que ça devrait être relaté davantage au niveau du développement

économique.

Président (M. Richer) :

Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Sanguinet, pour un bloc de cinq

minutes, en vous rappelant de conserver un ton qui favorise des échanges

cordiaux. Merci.

Therrien :

Merci, M. le Président. Écoutez, le Cirque du Soleil, soit dit en passant, est

une belle réalisation de l'entreprise de l'économie québécoise, il ne

faut pas se moquer de ça. Il ne faut pas se moquer de ça. Autre chose, j'aimerais ça qu'à l'avenir, quand vous avez une

question de règlement, il faut utiliser le règlement en bonne et due

forme selon les préséances qu'on doit avoir ici.

Alors, je

vais revenir sur les propos du député de Brome-Missisquoi, je pense, ou c'est

le député de Louis-Hébert, je ne me rappelle plus trop, par rapport à

la… Il parlait du ratio d'endettement, de la dette publique par rapport au PIB. Mais je dois avouer qu'il a raison, c'est ce

qu'il faut regarder, et c'est bien. Mais il compare la situation en

1999, quand le Parti québécois était au

pouvoir, et sa situation, la situation du Parti libéral quand ils ont laissé le

pouvoir. Et ils ont le record absolu

au niveau de la dette brute, c'est 55 %, et de la dette cumulée, c'est

33 %, en 2012, et là il compare à 1999.

Ça, c'est des

erreurs qu'il ne faut pas faire. Parce que, dans les années 90, le gouvernement

fédéral, Jean Chrétien, a utilisé les

coupures des transferts aux provinces dans le but d'éliminer leur propre

déficit. Dans leur lutte au déficit, c'est ce qu'ils ont fait. Ils ont coupé massivement dans les transferts aux

provinces, ils ont pelleté dans la cour des provinces la lutte au déficit, et toutes les provinces canadiennes se sont retrouvées dans une situation

problématique. Je vais vous donner un

exemple simple : en 1999, les transferts aux provinces, au Québec,

le transfert du fédéral au Québec,

c'était 6 milliards; en 2012,

était de 14 milliards. Et donc la situation catastrophique des finances

publiques due à un gouvernement prédateur au fédéral avait fait en sorte de nous mettre dans une situation

intenable, et c'est d'ailleurs ce qui avait amené l'ensemble des

provinces canadiennes à parler de déséquilibre fiscal. Et toutes les provinces

canadiennes avaient considéré, à l'époque,

que c'était une entrave au développement économique des provinces, et toutes

les provinces, même l'Ontario, se

sont soulevées contre cette prédation fédérale là. Alors, quand vous arrivez et

que vous commencez à comparer ces deux situations-là alors que l'arrivée

du gouvernement actuel, Harper, a justement rétabli en

partie la situation des transferts aux provinces, bien, quand on regarde

ce que le Parti libéral a fait durant son règne de cette augmentation

massive des transferts aux provinces, on

s'aperçoit qu'ils ont quand même emporté, en 2012, le record absolu de l'endettement

public. Et ça, je pense qu'il faut bien le comprendre afin de ne pas comparer

les deux situations, soit l'endettement public

de 1999 et l'endettement public de 2012. Alors, il faudrait quand même faire

très attention à ne pas comparer des situations incomparables. Il faut

toujours revenir à l'histoire, hein, si on veut bien comprendre les choses.

Dernier point, le député de Lévis mentionnait qu'on

avait bâclé l'année 2013 avec un déficit de 1,7, 1,8 milliard. Il faut comprendre qu'on avait un trou budgétaire de

1,6. Ça veut dire qu'on a récupéré du gâchis libéral quand même 1,3 sur 1,6. C'est sûr qu'on n'a pas atteint

la perfection, mais quand même on a dû travailler et lutter très fort

pour justement arriver dans une situation où

notre déficit en fin d'année s'approche très fortement de notre cible. Mais il

faut comprendre que d'arriver à une situation de 1,6 milliard... avec un

trou de 1,6 milliard, c'est difficile.

Dernier point, il ne faut pas oublier que, quand

on parle d'héritage libéral, l'endettement public grossi, là, de 30 %, là,

ça a une conséquence sur le budget aussi. Ça veut dire que le service de la

dette actuellement, au Québec, grâce aux lumières libérales, le service de la

dette actuellement est aussi élevé que les dépenses qui sont dans le primaire et le secondaire au Québec. L'éducation

et le service de la dette, c'est deux, deux plans budgétaires

équivalents. Ça, c'est un héritage avec

lequel on doit travailler. Puis il y a aussi d'autres héritages avec lesquels

on doit travailler, il y en a plein. On est arrivés dans une situation

catastrophique. Et, nous, qu'est-ce qu'on fait? On est en train de rétablir

l'ordre, on met le Québec sur ses rails parce qu'on a une situation, à bien des

égards, qui était complètement, complètement, je veux dire...

Therrien : Oui, on

était dans une situation complètement aberrante, et c'était suite à l'inaction,

pendant neuf ans, du régime libéral. Et

nous, on doit se sortir de ça, et c'est ce qu'on fait. Et vous allez voir, là,

avec... lundi prochain, là, il y a des choses qui s'en viennent. On est

très fiers de ça. Merci, M. le Président.

Président (M. Richer) :

Merci, M. le député. Alors, nous allons entreprendre la troisième série

d'intervention, et j'invite, pour une période de cinq minutes, le député de

Lévis à prendre la parole.

Dubé : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais faire un

deuxième essai. Le premier essai, je le faisais… Là, je vais parler en

termes de football peut-être ou de... On va essayer de trouver un terrain

d'entente. Mon premier bloc portait sur les

résultats de 2012‑2013, qui sont en

cours de vérification, là je vais parler du bloc du premier trimestre de

l'année, c'est-à-dire celui qui s'est terminé le 30 juin 2013.

30 juin 2013 — je

vous rappelle les faits, M. le

vice-premier ministre — le déficit à ce jour est

de 1,8 milliard après trois

mois. Et j'aimerais vous dire, bon, toute l'inquiétude que… je ne suis pas le

seul, là, les différents… plusieurs personnes, plusieurs institutions

financières, plusieurs commentateurs ont indiqué leurs craintes. Et j'aimerais

vous amener spécifiquement sur la croissance

des dépenses, donc je vais être encore très précis dans mes points. Il avait

été indiqué que la croissance des dépenses de programmes, la croissance des

dépenses de programmes serait de l'ordre de 1,9 %, alors qu'après trois

mois elle est de 2,6 %.

Ce qui est

très inquiétant aussi, c'est que nous n'avons pas d'information sur ce qu'on

appelle les organismes et les fonds

spéciaux. Et je vous amène… je pourrai vous soumettre la liste, si vous voulez,

juste pour vous rappeler, parce que c'est un point que je discute depuis

un an. Il y a une centaine d'organismes et de fonds spéciaux qui ne sont que consolidés à la fin de l'année, là, dans la fin de

l'exercice comptable, pour donner les dépenses totales du gouvernement. Parce

que, si vous regardez le budget du gouvernement, qui est de l'ordre d'à peu

près 70 milliards, lorsqu'on vient consolider toutes ces dépenses-là dans

les centaines d'organismes dont j'ai la liste ici, on arrive à un total d'à peu

près 90 milliards, qui inclut la dépense d'intérêts.

Donc, aujourd'hui, on n'a aucune idée, après

90 jours d'exercice financier, de combien est la croissance de dépenses

dans ces 100 organismes là. Alors, ma question est très spécifique. Non

seulement le gouvernement, après trois mois… Puis je m'attendais de

pouvoir le demander… Puis je suis très… ça me fait très plaisir de vous avoir aujourd'hui, là, mais ça ne répond pas aux

questions, puis je vais vous donner la chance de répondre. J'aurais

demandé au président du Conseil du trésor,

parce que lui, il s'occupe des dépenses… Je lui dis : Vous ne respectez

pas votre objectif de 1,9, vous êtes

déjà à 2,6. J'ose penser que, quand je regarde des dépenses comme l'Agence

métropolitaine des transports, la

Régie de l'assurance maladie, la Société de l'assurance automobile, le fonds

d'assistance financière pour les régions sinistrées, Lac-Mégantic, Fonds de développement du marché du travail,

fonds de fourniture des biens — puis je peux vous en donner, là — fonds de technologie de l'information, qui

ne respectent aucun des budgets… Je veux vous demander d'être très spécifique : Quelle est croissance

des dépenses, après trois mois, dans ces organismes-là et fonds

spéciaux?

Parce que je vais vous donner un exemple, puis

je vais poser la question, là, mais je vais vous donner un exemple. L'an dernier, le gouvernement, votre

gouvernement, s'est gargarisé de dire qu'il avait respecté les dépenses

de programmes, c'est le beau tableau que

vous nous avez sorti tantôt. Vous avez juste oublié de dire, dans le même

tableau, que vous ne tenez pas compte de la

croissance des dépenses dans les organismes et fonds spéciaux. Moi, ce que je

vous dis aujourd'hui, c'est que, l'an dernier, quand vous avez, admettons,

2 % sur le 60 milliards, mais que vous dépensez, exemple, à 4 %, 5 %, puis, je peux vous

dire, ça a monté jusqu'à 10 % dans certains organismes, la croissance

totale de toutes les dépenses du

gouvernement est supérieure à 3 %. Mais la différence de 1 % sur

90 milliards, c'est 900 millions. Alors, ce que… 900. On ne

parle pas de 9 millions, on ne parle pas de 90 millions, on parle de

900 millions.

Alors, moi,

ce que je vous demande très précisément aujourd'hui, je demande par

l'intermédiaire du président, puis vous pourrez le demander au président

du Conseil du trésor : En date du 30 juin 2013, quelle a été la

croissance des dépenses de ces 100 organismes autres que budgétaires et

fonds spéciaux?

Et, comme il me reste quelques secondes — puis

j'écouterai votre réponse tout à l'heure — j'aimerais vous demander — parce que je veux le demander au président

du Conseil du trésor, qui s'était

engagé à le faire depuis un an, qui ne

l'a pas fait encore — dans

la liste détaillée du PQI — parce que, là, vous allez vous promener en campagne électorale bientôt,

on pense, peut-être, hein, il

y a des rumeurs — je veux savoir, dans le PQI détaillé qui

nous est promis depuis un an, il y a combien de projets importants, c'est-à-dire

qui sont supérieurs à 30, 40 ou 50 millions, qu'on verrait dans cette

liste-là. Est-ce que c'est 100 projets importants? C'est-u 125? C'est-u 150?

Alors, pour être très clair : Il y a combien de projets importants qui sont sur la liste qui va vous servir à faire

votre campagne électorale? Ce sont mes deux questions, M. le Président.

Le Président (M. Richer) : Merci, M.

le député. Alors, M. le ministre, pour une période de cinq minutes.

Gendron :

Oui. Merci, M. le Président. Je suis un peu surpris, mais pas des questions.

Les questions sont très bonnes, très précises, alors je vous remercie

beaucoup. Il a répété à trois, quatre reprises que c'est des questions qui s'adressent au président

du Conseil du trésor. Alors, il le savait, tout comme moi, c'est écrit sur le

feuilleton, que c'était le ministre des Finances...

M. Dubé : Je veux juste être

sûr. Ça, c'est une question de règlement; on va trouver le règlement, là. Ce

que je vous dis : J'ai appris quelques

minutes avant de venir à cette réunion-là que la deuxième personne qui

remplaçait le ministre des Finances,

c'était le président du Conseil du trésor, et là j'apprends que j'ai la chance

de pouvoir poser des questions au vice-premier ministre, qui est aussi

ministre de l'Agriculture. J'ai bien compris aujourd'hui. Mais moi, je ne peux

pas vous dire que... Je suis venu pour discuter de finances publiques.

Président (M. Richer) :

Alors, M. le député, ça ne touche pas, à mon avis, à un point de règlement.

Alors, je vais demander au ministre de poursuivre sa réponse.

M. Dubé :

...si vous me dites... Non, mais c'est clair. Est-ce que vous me dites que vous

ne pouvez pas répondre à la question que j'ai posée?

Le Président (M. Richer) : Alors, M.

le ministre, la parole est à vous.

Gendron : Non, ce n'est

pas grave, mon collègue... On va répondre à la question.

M. Dubé :

... l'article 82, là, il dit que c'est un refus de répondre. Est-ce que c'est

un refus de répondre? Qu'il me le dise. Si c'est ça, qu'il me le dise.

Gendron :

...répondre? Bon, bien, écoutez, s'il ne veut pas de réponse, il n'en aura pas.

Le Président (M. Richer) : Bon,

alors, la parole est au ministre justement pour vous répondre.

Président (M. Richer) :

Alors, je veux juste vous rappeler que la parole est au ministre, actuellement.

Merci.

Gendron : Ce n'est

pas lui qui sait si je refuse de répondre ou pas. La réponse...

Gendron : Je vais

répondre. Je vous l'ai dit, mais vous n'écoutez pas.

Une voix : Voulez-vous que je

répète la question?

Gendron : Non. Elle

est claire. Vous n'écoutez pas du tout.

M. Dubé : C'est quoi, le taux

de croissance de dépenses?

Gendron :

Ce n'est pas ça, mon problème. Un instant. M. le Président, j'ai cinq minutes

et je voudrais avoir la paix pour le faire. Il peut-u se la... Bon. Ça,

c'est votre responsabilité...

Gendron : Bien, s'il

vous plaît...

Le Président (M. Richer) : Je

demande la collaboration.

Gendron : Bon, je

retire. Je retire tout ça.

Gendron : Je

retire. Bon.

Gendron : Oui, bien, je comprends qu'on perd notre temps.

Qui nous le fait perdre? C'est le député de Lévis.

Le Président (M. Richer) : Merci de

votre collaboration. J'aimerais qu'on continue le débat.

Gendron : M. le

Président, je n'ai pas pu parler encore.

Président (M. Richer) : M.

le député de Lévis, actuellement, vous interrompez le droit de parole, ce qui

est contraire au règlement 35. Alors, M. le ministre, vous avez la parole.

Gendron : Il a eu

cinq minutes, je n'ai pas dit un mot. Il savait, en se présentant ici, très

sérieusement… Sur le feuilleton, c'est

marqué, c'était une interpellation au ministre des Finances. Ça va, là? Ce

n'est pas une insulte, c'est très clair. Il pose des questions correctes

au président du Conseil du trésor. Je vais répondre aux questions.

Depuis le

début de l'exercice financier, les dépenses budgétaires totalisaient

19 milliards, ce qui représente une hausse de 532 millions, soit 2,9 % par rapport à l'an dernier.

Ça, ce n'est pas compliqué, là. Et le président du Conseil du trésor aurait donné cette réponse-là. Pour les

trois premiers mois de l'exercice financier, les dépenses de programmes

ont augmenté de 434 millions, soit 2,6 %, pour atteindre

17 milliards. La croissance prévue dans le point sur la situation économique et financière de mars dernier, pour

l'année 2013-2014, est de 1,9 %. On s'entend-u jusque-là? Les

variations les plus importantes proviennent de deux missions : mission

santé et services sociaux, 239 millions, et éducation et culture,

155 millions. Là, j'aimerais ça avoir son attention. De tout temps, de

tout temps, M. le député…

Le Président (M. Richer) : Est-ce qu'on

peut laisser le ministre terminer sa réponse, s'il vous plaît?

Une voix : …article 32,

décorum, il coupe la parole au ministre.

Le Président (M. Richer) : Tout à

fait. Alors, M. le ministre, poursuivez, s'il vous plaît.

Gendron : Oui. Je poursuis. J'allais dire que la tendance historique

s'est toujours passée, à chaque année, depuis des années, comme ça. Les dépenses, au

chapitre de

ces deux rubriques, sont toujours beaucoup plus importantes en début année que durant tout le reste de l'année; il faut au moins savoir ça.

Et, parce que ça se passe comme ça puis que c'est une

tendance historique, c'est un écart qui peut se résorber assez facilement en

cours de période. Donc, nous, on pense qu'on

est capables de résorber l'écart en cours de période et qu'on vient de

rappeler, par exemple, dans le même sens, qu'en septembre, en 2012, le gouvernement a

constaté une impasse totalisant 1,6 milliard attribuable à un

dépassement de 1 milliard pour des

dépenses puis un manque à gagner de 500 millions. Le suivi des résultats nous a

permis d'effectuer rapidement un rattrapage.

Dans l'autre

question, c'était une liste d'engagements, où moi, j'ai l'information qu'il n'y

a pas d'engagements qui sont rendus publics s'ils ne sont pas planifiés,

budgétés et qui sont dans le PQI. Et le PQI, il est global, il comprend l'ensemble

des vocations ou des missions de l'État québécois, et c'est rendu que si… il n'y

a pas juste une autorisation du Conseil du trésor, ça prend une autorisation du

Conseil des ministres par dossier. On appelle ça la ceinture et les bretelles, M. le député de Lévis. Donc, il me semble

que, pour la première fois, on marque progrès, comme dirait l'ex-premier

ministre M. Parizeau, on marque progrès. Parce que ça nous permet d'avoir deux

instances — ça,

c'est le respect des institutions — qui nous donnent une confirmation on ne peut

plus claire que ces dépenses-là ont été examinées, validées et sont autorisées parce qu'effectivement elles sont

prévues dans les crédits budgétaires. Une dépense qui n'est pas prévue dans les crédits budgétaires,

ça fait ce que j'ai vécu avec la prison d'Amos : quatre ministres

sont venus l'annoncer, on a planté quatre pelles devant la pancarte annonçant

le projet, mais il n'y a jamais eu aucune activité sur le projet parce que c'était

une annonce non budgétisée, une annonce qui n'avait aucune décision, ni du

Trésor ni du Conseil des ministres. Conséquence, c'est qu'il y avait… c'était

un chantier inactif. Moi, je veux des chantiers actifs. Ce n'est que les

chantiers actifs qui génèrent de l'activité économique.

Donc, moi, je

n'ai pas vécu, là, la période excessive d'enthousiasme de l'ancien ministre des

Finances, là, qui effectivement connaissait les finances… Effectivement,

je n'en disconviens pas, on en a parlé tantôt, on a eu toute une diminution de

la qualité de l'équipe économique …

Le Président (M. Richer) : M. le

ministre, la période est terminée.

Le Président (M. Richer) : S'il vous

plaît.

Gendron :

…le constater. Merci.

Le Président (M. Richer) : Merci.

Alors, M. le député de Sanguinet, pour une période de cinq minutes.

Therrien : Merci,

M. le Président. Je reconnais la

rigueur dans les questions du député

de Lévis. Au niveau des réponses, je trouve que les réponses sont très à propos, c'est juste

qu'il faut avoir un minimum de contenu économique pour bien les saisir. Et

moi, je vous dirais que j'apprécierais qu'il ait la même rigueur en face de son

chef. Parce que j'ai, justement, là, le résultat d'une visite de la CAQ, de l'autobus

de la CAQ dans mon coin. Et le chef de la CAQ est arrivé à La Prairie et il

a dit : «Le terrain de Rose et Laflamme, propriété de la ville depuis

2002, serait […] "un bon exemple de

terrain dans lequel le gouvernement doit investir, via un programme de revitalisation

et de décontamination. […]un terrain qui se rentabilise bien sur cinq à

10 ans, une fois vendu…"»

Et là c'est

la mairesse qui parle. «Si Mme Roussel n'a rien contre un investissement

gouvernemental permettant la décontamination de ce terrain — une

opération s'élevant à 3 [milliards] — la mairesse a tout de même

apporté un bémol quant à ce qui pourrait y être construit.

«Je ne pense

pas que ce sera une industrie sur le terrain.» Bien, ça, ça ressemble un peu à

la rigueur de la CAQ, là. Il arrive à un endroit, il ne se renseigne

pas, il dit : Tiens, ici, on devrait mettre une entreprise. Puis la

mairesse dit : Non, non, c'est parce que c'est un environnement très

culturel ici, on ne devrait peut-être pas mettre d'industrie.

Puis, finalement, en finissant, avant d'embarquer

dans l'autobus, il mentionne : «Les parcs industriels de La Prairie, [de] Candiac et même Delson,

c'est plusieurs millions de kilomètres carrés, certains utilisables

maintenant...» En tout cas, Delson, La Prairie et Candiac, ce n'est pas

plusieurs millions de kilomètres carrés, et ça, ça prouve à peu près, là, la

rigueur des amis de la CAQ.

Je voudrais

revenir… Oui, bien, c'est ça, là, toujours on verra, on verra, j'ai des… En

tout cas, on pourrait continuer comme

ça, là. Leur cadre financier, là, c'était le festival du on verra. Ils

voulaient payer sur 200 ans la dette publique avec les retours sur le

pétrole, qui n'a pas encore été exploité au Québec, soit dit en passant, et ils

avaient oublié que la moitié des récoltes via cette source de revenus devait

aller à la péréquation, mais ils avaient oublié ça. Peu importe.

Je voudrais

revenir sur une situation extrêmement importante pour le Québec. Le Québec,

c'est un pays — mais c'est une province, mais, un jour, ça

deviendra un pays — qui

est ouvert sur le monde, comme les petites économies sur la planète. Quand on parle de petites économies, on parle de

8 millions d'habitants. C'est des petites économies. Les grosses économies, là, il n'y en a pas beaucoup

dans le monde. Et, évidemment, comme toutes les économies de taille semblable au Québec, on est très ouverts sur le

monde et très dépendants de ce qui se passe sur le reste de la planète.

On exporte actuellement 46 % de notre

PIB. Quand je parle d'exportations, c'est à la fois au reste du Canada et à

l'étranger, et ça, c'est une forte diminution depuis les années 90 pour

plusieurs raisons, mais je ne rentrerai pas dans ces détails-là. C'est sûr qu'on y travaille actuellement. On

essaie de stimuler l'exportation davantage en amenant une cohérence au

niveau des démarches qui sont entreprises par les petites entreprises à travers

Expansion Québec, un réseau très intéressant qui

va permettre aux petites entreprises d'aller vendre à l'étranger, même si elles

n'ont pas nécessairement les moyens financiers de réussir ce tour de

force.

Et, quand on regarde ce qui se passe par rapport

au reste du monde, on est très tributaires de ça… Bien, le FMI, au début de

l'année 2013… Je vous avais avertis que 2013 serait une année de transition

vers une croissance en 2014. Et on n'arrête

pas de revenir… Le FMI revient toujours sur ses prévisions en disant :

Bien, je pense que ça va être pire

qu'on pensait, je pense que la croissance économique n'est pas au rendez-vous.

Et là on ne parle pas seulement du Québec, évidemment, mais on parle de

l'ensemble de la communauté internationale, qui sont des consommateurs à

46 % de notre production. Alors, il faut comprendre ça aussi : on n'est

pas sur une île, on n'est pas indépendants totalement de ce qui se passe à l'étranger.

On a juste à

penser aux États-Unis actuellement, qui ont des problèmes budgétaires assez

importants. On va même peut-être même vivre, aux États-Unis, une

récession suite à ça. Ça dépend comment de temps ça va durer. On pense à l'Europe, qui s'est relevée péniblement d'une

récession, mais qui est encore vacillante, et donc qu'on n'est pas

certains qu'on ne va pas retourner en récession. Les économies émergentes, on

parle du BRIC généralement : Brésil, Russie, Inde et Chine. C'est des pays qui ont déjà connu des jours meilleurs et

qui sont fortement intéressés généralement aux biens et aux productions

canadiennes et québécoises. Alors, on est dans une situation actuellement où

les débouchés internationaux se referment lentement. Et évidemment, quand on

parle de l'Europe, des États-Unis, on parle de récession potentielle. Mais,

ici, c'est sûr qu'il n'y en aura pas, là.

Et donc tout

ça pour vous dire que le gouvernement du Parti québécois a des projets, a des projets et des

politiques qui vont justement répondre aux besoins et qui vont compenser en

grande partie, là, la diminution de l'activité économique d'outre-frontières.

Président (M. Richer) :

Alors, merci, M. le député de Sanguinet. Alors, nous entamons la quatrième série d'interventions.

Et je donne maintenant la parole au député de Louis-Hébert pour une période de

cinq minutes.

Hamad : Merci,

M. le Président. C'est que les collègues en face, là, du gouvernement péquiste,

là, ils essaient de toute faire la démonstration que ce n'est jamais

leur faute nulle part. Chaque fois qu'il y a un problème, là, ils font une

démonstration, une fausse démonstration que ce n'est vraiment pas leur faute.

On va les prendre un

par un, M. le Président. Secteur minier, il vient de faire une loi, déposer une

loi qui était en commission parlementaire,

et on voit les chefs d'entreprise qui disent : Moi, j'aime mieux aller

investir en Tanzanie. Quelle est la

réponse de ce gouvernement-là? Ah, ce n'est pas notre faute, c'est le régime

minier, que le député d'Abitibi-Ouest connaît bien. Puis il savait qu'on était le meilleur

régime au monde selon l'Institut Fraser. Puis aujourd'hui on ne l'est

plus à cause de ce gouvernement-là. Là, ce n'est pas la faute du Québec, c'est

la faute de Tanzanie.

Taxes

scolaires, ce n'est pas notre faute, 200 millions, des taxes pour les

citoyens, c'est la faute de la commission scolaire, ils ont mal compris. Les directives étaient claires, ce

gouvernement-là, pour faire des taxes additionnelles pour les citoyens.

Ce n'est pas notre faute, c'est les taxes scolaires.

n'y a pas longtemps, le ministre des Finances, M. le Président… il y a une

baisse de consommation, le ministre des

Finances est sorti en public pour dire : Écoutez, les Québécois épargnent

plus, ils dépensent moins. Puis, moi, là, je mets au défi, là, tous les députés ici, en face, M. le Président, qui

ont un salaire plus haut que la moyenne québécoise, là : Lesquels,

parmi ces députés-là, épargnent plus depuis quelques mois, M. le Président? On

n'est vraiment pas… C'est la faute des citoyens qui épargnent plus selon ce

gouvernement-là.

arrive, le taux de chômage, l'investissement : Ah! Mais là ce n'est pas

notre faute, ça, c'est le fédéral, c'est l'Ontario, c'est le contexte

mondial, c'est la lune, le soleil, c'est toutes les fautes des autres, sauf

nous autres.

Hamad :

La météo, évidemment. Mais pas nous autres dans les investissements au Québec.

les dépenses ont augmenté, c'est la faute des vieux. Ce qu'il vient de dire, le

député d'Abitibi-Ouest : Ce n'est pas

notre faute. Les dépenses augmentent, c'est comme : on vient de se

réveiller, qu'on a un taux de vieillissement élevé au Québec. Ah! Mais

là on ne le savait pas, qu'il y a un taux de vieillissement, on vient de l'apprendre,

que… le député d'Abitibi-Ouest vient de

l'apprendre, que le taux de vieillissement est plus important, donc on dépense

plus. M. le Président, c'est toujours

la faute des autres. Ils n'ont jamais pris aucune responsabilité de rien, de

rien. Puis là c'est contexte mondial puis

contexte canadien. C'est drôle, là, ils n'ont pas vu que 11 régions sur 16 au

Québec, le taux de chômage a augmenté; ils n'ont pas vu que toutes les autres provinces, à l'exception de quelques

provinces, que l'emploi, la création d'emplois était bonne partout.

145 000 emplois dans le reste du Canada. Puis on a des pertes d'emploi.

Ils n'ont pas vu ça, là. C'est la faute, là, je ne sais pas de qui, là, ils

vont en trouver, un justificatif. Et là il a parlé des déficits, parlé de…

M. le Président, je

prends une référence… ce n'est pas nous autres, là, on prend la référence du

ministère des Finances et l'Économie et la presse. Récemment, ils ont sorti les

déficits accumulés après trois premiers mois de l'année en 2013‑2014, 2012‑2013;

en fait, les dernières cinq années. Puis là ils ont dit combien qu'on avait un

déficit les premiers trois mois et quel est finalement le déficit réel à la fin

de l'année. Alors, 2009-2010, on se rappelle, on était en pleine crise

économique, les premiers trois mois, c'est 1,6 milliard; 2010‑2011,

1,2 milliard; 2011‑2012, 1 milliard — c'est

950 millions; 2012-2013, 1,5; et, cette année, 1,8 milliard. Mais, dans les quatre autres années, M. le Président, c'étaient toujours des déficits prévus

dans les budgets. C'est-à-dire qu'avec un déficit de 1,5 milliard l'année passée le gouvernement péquiste a fait un déficit de 1,7 milliard. De 1 milliard, on a fait un déficit de 1,6 milliard. Et là, cette année, il y a 1,8 milliard de déficit pour

les trois premiers mois.

Puis là quelle est la

réponse du ministre des Finances? Bien là, on va équilibrer le budget. Quelle

est leur réponse? On va équilibrer le budget.

C'est le déficit des premiers trois mois le plus important depuis cinq ans. Les

quatre dernières années, chaque fois qu'on avait un déficit, on avait un

déficit à la fin de l'année cumulé, et là leur réponse, M. le Président :

Non, non, non, il n'y a pas de déficit. On va faire l'équilibre budgétaire.

M. le Président, à un

moment donné, là, à un moment donné, là, il faut être réaliste. Il faut dire la

vérité aux Québécois, M. le

Président. À un moment donné, là, ce

qu'on voit, les chiffres, là… Et, comme vice-premier ministre, M. le Président, un gars qui a 35 ans d'expérience

à l'Assemblée nationale…

Hamad : 36 ans à l'Assemblée nationale, il doit savoir une chose. J'ai une question

pour lui, j'aimerais ça qu'il me réponde. Quand il adopte un budget, à

partir de quel mois l'effet du budget commence à avoir des effets du budget adopté sur l'économie du Québec? Une question simple. On a adopté le budget

le 20 novembre 2012. À quelle date les effets du budget adopté le 20

novembre ont un effet sur l'économie du Québec?

Une voix :

Sur les jobs.

Hamad :

Sur les jobs, l'économie. Voilà.

Le Président (M.

Richer) : Merci, M. le député de Louis-Hébert. Alors, M. le ministre,

pour une période de cinq minutes.

Gendron :

Oui, je vous remercie. Je suis très content de la question, je vais répondre à

la fin parce que je voudrais camper quand même avant… Moi, personnellement, je

ne crois pas qu'on peut accepter de toujours reporter effectivement des obligations qui sont nôtres. La population a décidé de

nous faire confiance, avec raison, et elle a pas mal de raisons, parce

que nous, on n'a pas bien, bien joué dans le film que vous connaissez, là, de l'immense

coût, pour la société québécoise, de la corruption. Alors, ça a coûté

immensément cher…

Gendron :

Bien, l'UPAC, elle ne débarque pas chez nous pour l'instant, en tout cas.

Alors, je

voudrais vous parler d'investissement privé et de croissance future, parce que

je suis convaincu… Puis c'est notre

responsabilité. Je n'ai pas entendu bien, bien, de l'autre côté, là, de vision

économique. Alors, nous autres, notre vision

est fondée sur la conviction qu'il faut investir pour assurer la croissance

économique nécessaire à l'enrichissement des Québécois, et il faut que les investissements privés augmentent. Et

on ne peut pas avoir que deux colonnes, comme ces gens-là. Il y avait une seule colonne,

c'est-à-dire mettre le plus haut possible les dépenses publiques pour qu'il y

ait de la surchauffe, du gaspillage, et ce qui s'est passé. Ça, c'est

connu, c'est leur dossier. Donc, moi, un niveau de dépenses publiques à un niveau raisonnable, que tu

contrôles, c'est une mosus de bonne affaire. Je souscris à ça, et ça fait

partie de notre vision, ça fait

partie de notre vision. On y va, on y va.

Est-ce que plusieurs initiatives ont été mises

en place? La réponse, c'est oui. Congé d'impôt pour les grands projets

d'investissement, 300 millions dans les secteurs d'activité stratégiques.

Prolongation du crédit d'impôt à l'investissement et sa bonification de cinq

points de pourcentage pour les entreprises de certaines régions ressources. Un fonds de 200 millions destiné au

développement des technologies propres et à l'électrification des transports.

Je fais ça pourquoi? Pour augmenter

le niveau d'employabilité, augmenter le niveau de richesse. Bonification de

17,5 à 27,5 des crédits d'impôt à la recherche et au développement pour

les grandes entreprises biopharmaceutiques. Une enveloppe de 125 millions

pour cinq ans pour les projets de partenariat.

Hamad :

La question, elle est simple : À quelle date l'effet d'un budget adopté le

20 novembre commence à avoir effet sur l'économie du Québec? Alors, c'est

juste une date qu'on demande, M. le Président. C'est l'article 82.

Une voix : Il peut refuser de

répondre.

Hamad : Il refuse

de répondre, M. le Président.

Président (M. Richer) : M. le député, je reçois votre commentaire, mais, à mon avis, le ministre

était en train de répondre. Donc, on va le laisser terminer sa période.

Gendron : Bien oui, parce que, regardez… Non,

mais, je n'en reviens pas, qu'on... Je les connais comme il faut, là, c'est deux parlementaires d'expérience.

Il a posé sa question, dans son cinq minutes, à la 32e seconde. Il pense

que je vais répondre à une date pendant cinq minutes? Ça ne fait pas sérieux,

ça. Alors, il n'a pas le droit de m'interpeller là-dessus. Moi, j'ai mon cinq minutes, mais je vais vous répondre, à

votre question. Pourquoi vous l'avez posée dans les 30

dernières secondes? C'est parce que vous savez que ça prend peut-être une

seconde, répondre à une date. Alors, je peux-tu faire ce que j'ai à faire?

Alors, je vais continuer ce que j'ai à faire.

Appui aux

secteurs clés de l'économie. Projets porteurs pour l'économie.

Le Québec se maintient comme l'un des endroits au Canada

où le poids sur la fiscalité et sur l'investissement est un des plus faibles — on

est d'accord là-dessus — pour

permettre des investissements de nature privée. Et, dans ce sens-là, c'est ce

qu'on assiste. Que fait… mes collègues… le ministre des Finances ce

matin? Il fait de l'économie, il fait de l'emploi sur le terrain avec la

première ministre puis la ministre déléguée.

Moi, je répète, je fais ça tous les vendredis, tous les vendredis. Je donne un

exemple : transfo alimentaire, programme Levier, 19 millions.

Innovactions, 31 millions. J'étais, pas plus tard que mardi passé, dans la région de Laval élargie, où on annonçait

effectivement quelque chose d'intéressant pour l'avenir. Et, juste à

côté, là, la compagnie O Sole Mio, qu'on allait voir, ils voulaient me faire

visiter une extraordinaire usine qui va faire des choses très importantes dans

le secteur de l'alimentation sans gluten, un investissement d'au-delà de

55 millions. C'est ça, de l'économie.

À sa

question… Puis moi, je pourrais prendre encore du temps, il me reste

1 min 13 s, puis il l'a posée, je répète, à la dernière seconde. Alors, moi, est-ce que je…

Je serais qui, ce matin, là, même avec beaucoup d'expérience, pour dire : C'est telle date, à 11 heures

l'avant-midi, que, là, le budget puis les mesures pour lesquelles on a

accompagné les gens de l'économie,

là, ça commence à être comptabilisable, puis c'est uniquement nous qui en ont

le crédit? Je ne croyais jamais qu'on pouvait aller avec des questions

aussi infantiles. Ça n'a pas de bon sens, je ne peux pas répondre à ça.

Mais je sais une chose. Ah! Attends un peu, ah

bon, je sais une chose. Ce que je viens de parler, là, c'est des mesures qui vont donner des effets concrets et qui

vont relancer l'économie, comme ça se fait ailleurs. Il faut accompagner

les créneaux d'excellence. Et moi, je le

fais dans le secteur agroalimentaire parce que le secteur de la transfo

alimentaire, c'est un des secteurs qui génèrent le plus d'activité économique.

Moi, quand j'ai pris l'Agriculture au ministère… Regardons votre beau dossier

juste en Abitibi — oui,

je conclus — de

85 fermes de perdues en deux ans et demi. Deux

ans et demi, là, avant, là, 85 fermes juste en Abitibi. Je vais arrêter ça.

J'ai publié une politique agroalimentaire qui va permettre de donner de

l'oxygène puis relancer l'économie.

Le Président (M. Richer) : Merci, M.

le ministre. Alors, M. le député de Sanguinet, pour une période de cinq

minutes.

Therrien : Merci, M. le

Président. Juste revenir rapidement, ce que le député de Louis-Hébert a dit par

rapport à…

Therrien : Pardon?

Therrien :

Écoutez, il mentionnait que c'était… qu'on revenait toujours sur le règne

libéral, et ainsi de suite, que…

Therrien :

Est-ce que je peux continuer ma réponse? O.K., merci, merci. Il disait que

nous, on parlait toujours que ce n'était pas de notre faute, ainsi de suite.

Là, là, on parle d'un règne qui a duré neuf ans, qui a saccagé l'économie québécoise. Et ça fait un an de ça, là,

ça ne fait pas 30 ans. Eux, en 2012, ils parlaient encore et ils

trouvaient des excuses encore chez le règne

péquiste qui a fini en 2003. Ça, ils l'ont fait allègrement et même sans arrêt.

Et eux, ils nous disent : Bien,

vous devriez arrêter. Non, on ne peut

pas arrêter parce que, dans l'état où on a retrouvé l'économie,

là, on ne peut pas, on ne peut pas

arrêter d'en parler parce que c'est complètement, complètement incroyable, ce qu'on a retrouvé.

vais prendre un exemple. M. le député de Louis-Hébert,

il parle des mines, la situation dans les mines. Il dit : On avait

le meilleur régime au monde. Je crois bien, c'était un bar ouvert. Les

entreprises étaient bien contentes, disent : Mon Dieu, hein, on a beaucoup de plaisir là, on s'en va là. 10 sur 19

n'ont jamais rien payé, et puis on est très heureux de ça. Et là on

arrive à une situation où…

Paradis : M. le Président, question de règlement. On n'a pas

le droit… au vice-premier ministre, là, des choses dont il n'est pas

responsable. Il a été ministre de l'Énergie puis des Mines sous une loi qu'il a

défendue et dont il était fier. Moi, je ne laisserai pas le député de Sanguinet

l'attaquer comme ça.

Hamad :

Absolument, M. le Président.

Hamad :

Le vice-premier ministre n'a pas dit, M. le Président.

Le Président (M.

Richer) : S'il vous plaît! Nous allons poursuivre.

Le Président (M.

Richer) : Messieurs, c'est reçu. On ampute sur le temps de réponse.

Therrien : On n'est pas au Théâtre du Rideau vert, ici, là.

Attendez, M. le député de Brome-Missisquoi, je vais revenir là-dessus,

vous allez voir que vous allez moins rire un peu, là. Ce n'est pas terminé, j'ai

cinq minutes, laissez-moi placer mes affaires, là, puis on en… là, on va en

reparler.

Therrien :

On va en reparler. Quand on parle du règne libéral, à un moment donné, quand M.

Charest a été battu et finalement il a donné

sa démission, à la télévision, les analystes disaient : Quel est

l'héritage de M. Charest? Et là il y

a eu un silence de mort pendant une minute, ils se regardaient dans le blanc

des yeux, et, au bout d'une minute de réflexion, ils ont dit :

Bien, le Conseil de la fédération puis le Plan Nord. C'est tout ce qu'il a fait

en neuf ans.

Conseil de la fédération, c'était une parade de mode, et là on arrive avec le

Plan Nord. Je vais vous le montrer, c'est

quoi, le Plan Nord. Ça, là, c'est l'évolution des prix de l'or depuis 2003. On

appelle ça — puis le

député, la semaine passée, de

Rivière-du-Loup ne me croyait pas — en économie, un supercycle, une hausse des

prix de l'or et des matières premières de façon fulgurante. Pour l'or,

un exemple, c'est fois cinq.

Therrien :

Je peux continuer ma réponse?

Hamad :

…c'est une parade de mode. Sa première ministre était très fière d'assister à

ces conseils des fédérations là. Est-ce

qu'il est en train de dire que sa première ministre assiste à des parades de

mode? Il a attaqué, tantôt… le vice-premier ministre, maintenant, il

attaque la première ministre en disant que la première ministre assiste à des

parades de mode. Alors, c'est-u ça qu'on va entendre aujourd'hui? C'est l'article

Le Président (M.

Richer) : Alors, je vous demande votre collaboration…

Hamad :

Il impute des motifs à ses collègues. Ils ne sont pas raisonnables.

Le Président (M.

Richer) : …et laisser terminer le député, terminer sa…

Therrien :

…y aller à la parade de mode, il aurait aimé ça parader. Est-ce que je peux

continuer, M. le Président, là?

Le Président (M. Richer) : S'il vous

plaît.

Therrien :

Écoutez, est-ce que c'est un… Est-ce qu'on peut jouer les vierges offensées,

ici, comme ça, tout le temps, comme

ça? Ça n'a pas de bon sens, là. À un moment donné, il y a des limites, là.

Est-ce qu'on peut lui amener une tisane?

Or donc, on voit ici, là, le Plan Nord. Le Plan

Nord, c'est : augmentation faramineuse des prix des matières premières. Et là qu'est-ce qui est arrivé? Là, les

libéraux, vu qu'ils étaient assis sur leurs mains, ils ont dit : Ah!

Regarde, il y a une belle vague, et là il y a une création d'emplois

dans le Nord-du-Québec qui se fait automatiquement, il faut absolument prendre

le crédit de ça vu qu'on n'a rien fait pendant neuf ans. Et là qu'est-ce qu'ils

ont fait? Ils ont créé un bel outil marketing pour faire croire aux gens que c'était

grâce à eux s'il y avait une création d'emplois dans le Nord-du-Québec. Évidemment que nous, si on avait été dans une situation

aussi importante, qu'on s'était aperçu que la

Loi sur les mines ne

répondait pas à ça, on ne l'avait pas créée dans ce sens-là, ça ne répondait à

cette situation-là, on aurait changé les

choses. Mais eux ne l'ont pas changée. Et qu'est-ce qui est arrivé? Ils ont

laissé l'économie devenir une exploitation des ressources naturelles.

Et donc, pour

vous montrer que le Plan Nord n'a rien à voir avec la stimulation des emplois

dans le Nord, ici, j'ai le deuxième

carton, c'est les investissements miniers au Québec et en Ontario. Et qu'est-ce

qu'on s'aperçoit? On s'aperçoit qu'en

Ontario aussi, semble-t-il, il y avait un plan Nord. Même s'ils n'ont jamais

fait de Plan Nord, il se trouvait à en avoir aussi parce que tu as une

augmentation des investissements en Ontario et au Québec. Et qu'est-ce qu'on s'aperçoit?

Suite à la chute des prix des matières

premières en 2012, il y a eu une chute à la fois au Québec et en Ontario, qui

fait en sorte que ça prouve que ce n'était pas une histoire de Plan Nord parce

qu'il n'y en avait pas en Ontario. Et, si ça a chuté moins fortement au Québec, c'est justement parce que le

gouvernement a agi pour, justement, limiter les diminutions dans ce sens-là. Et donc, moi, ce que je peux vous

dire : Le régime libéral, ce n'est qu'un ramassis d'immobilisme et…

Bien, je ne dirais pas ça parce que le ministre de la Famille libéral est

extrêmement, extrêmement actif, 80 % des dépassements. Et qu'est-ce qu'on

peut regarder aussi, ça… Je ne sais pas, c'est-u… C'est ma dernière

intervention?

Le Président (M. Richer) : Oui.

Therrien :

Malheureusement. Ça, c'est toute la liste de l'augmentation des tarifs que vous

avez amenés : hausse du prix de

l'essence, 480 millions, l'indexation des frais, hausse des droits de

scolarité — à

part

ceux que vous vouliez faire l'année passée — 332 millions,

taxe sur la santé régressive, 950 millions. Tout le monde était taxé de la

même chose, c'est intelligent, ça. Ça, là, l'équité…

Le Président (M. Richer) : C'est

terminé.

Therrien :

…verticale puis horizontale…

Président (M. Richer) : Merci, M. le député. Alors, nous passons à la cinquième série d'interventions, et je

cède la parole au représentant de l'opposition officielle. Alors, M. le député.

Hamad : Écoutez, M.

le Président, j'aimerais qu'il dépose le dernier tableau qu'il a présenté, le député

de Sanguinet, je demande le dépôt. Le dépôt de document. Là, ça ne compte pas… mon

temps, là, M. le Président, là, c'est une question de règlement.

Le Président (M. Richer) : Pardon?

Hamad :

C'est une question de règlement, ce n'est pas mon temps qui compte, là. Je

viens de demander un dépôt de document.

Le Président (M. Richer) : Cinq

minutes.

Hamad :

Oui, mais il faut recommencer. Question de règlement, on revient à cinq

minutes. Là, mon temps, il n'arrête pas, là. Pourriez-vous l'arrêter?

Le Président (M. Richer) : Ce n'est

pas une question de règlement, qu'on me dit, alors…

Hamad : Le dépôt de

document?

Président (M. Richer) :

…poursuivre et, même si on dépasse de quelques secondes, vous avez votre

temps.

Hamad :

Alors, on a posé une question simple, M. le Président. Et le vice-premier

ministre, ça fait 36 ans qu'il est à l'Assemblée nationale,

probablement…

Hamad :

37 bientôt, il a vu 36 budgets à date. La question est simple. On ne demande

pas quelle heure, quelle minute, quelle

journée que le budget fait effet sur l'économie

du Québec. Ce qu'on lui demande, en

mois, M. le Président,

en mois, on est très, très, quand

même, généreux avec lui… Le budget de

ce gouvernement-là qui a été déposé le 20 novembre 2012…

Alors, à partir du 20 novembre, il y a des mesures budgétaires que le vice-premier

ministre commençait à nous dicter, à nous dire qu'est-ce que c'est, comme, par

exemple, le congé de taxe qu'à date il y a, peut-être, potentiel d'un projet de 70 emplois. La banque

de développement, c'est une mesure que, maintenant,

il n'y a plus rien, de résultat. Ce

qu'on lui demande, M. le Président, tout

simplement, tout simplement : de nous dire, son budget, le budget de son

gouvernement, le 20 novembre, est-ce qu'il y a un effet sur l'économie à partir

du 20 décembre, est-ce que c'est mois de décembre, c'est mois de janvier, c'est

ça qu'on veut savoir, M. le Président, puis s'il trouve que son budget avait un effet énorme sur l'économie…

Puis un budget qui est extraordinaire normalement devrait avoir effet dans quelques

semaines, au moins, M. le Président, le temps… se mette en marche. Le congé fiscal,

c'est un meilleur exemple. Dans son budget, on a eu un projet à date.

Ça, c'est la première question au vice-premier ministre.

Deuxième

question au vice-premier

ministre. Si les chiffres que j'ai

mentionnés tantôt, qu'il manque des revenus de 1,8 milliard dans les premiers trois mois, que les dépenses, M. le Président, ils ont défoncé d'à peu près une centaine de millions pour les trois premiers mois seulement, pas jusqu'en

septembre, là, c'est les trois premiers mois, c'est-à-dire avril, mai, juin, ils ont dépassé de 100 millions...

Pourtant, ce gouvernement-là, on se rappelle son collègue, le président du Conseil du trésor, il se vantait sur toutes les tribunes qu'il va tout contrôler les

dépenses, c'est le champion des dépenses. Puis il ne reconnaît pas ce que le vice-premier ministre tantôt a

dit, c'est-à-dire qu'il a dit : Les premiers mois, normalement,

on dépense plus. Et, s'il écoute ce que son collègue

a dit, le président du Conseil du trésor n'a jamais dit, jamais

dit que les premiers mois, on va dépenser plus que les autres. Pourtant,

le ministère de la Finance le disait, mais il n'a jamais reconnu ça.

Donc,

est-ce qu'il peut reconnaître une chose, M. le Président : c'est ses chiffres, de son gouvernement, c'est les chiffres des ministères des Finances. Est-ce qu'il

peut reconnaître que la situation...

Le Président (M.

Richer) : Alors, M. le député de Louis-Hébert, je devrais vous

demander de conclure rapidement, parce que

je dois, selon l'article 302 du règlement, consacrer les 20 dernières

minutes à deux blocs, donc à un bloc de 10 minutes et à un bloc qui

vous reviendra. Alors, en conclusion, s'il vous plaît.

Hamad : En conclusion : Est-ce qu'il est inquiet pour

le 1,8 milliard? Puis qu'il nous donne une date à peu près, d'approximatif,

un mois, dans les mois, juste les mois. C'est-u un mois ou deux mois après le

dépôt du budget?

Le Président (M.

Richer) : Merci beaucoup. Alors, nous en sommes maintenant aux

dernières interventions. M. le ministre, vous avez un maximum de

10 minutes.

Gendron : Oui, je le sais. Merci, M. le Président. Je vais

faire rapidement sur la question posée. On voit là la méconnaissance de

l'économie des gens d'en face, parce qu'un économiste comme M. Bachand,

qui connaissait ça, comme M. Gignac,

que je connais personnellement, pour qui j'ai beaucoup d'estime, m'a déjà

répondu à trois reprises : Il n'y a aucun économiste qui peut

répondre à ça. C'est d'une... Je n'emploierai pas de mot négatif, mais je n'ai

jamais vu quelqu'un qui peut prétendre qu'on

peut mettre à partir de tel mois : Voilà où on peut commencer à

comptabiliser les retombées dues au budget de y par rapport à z. Je n'ai

jamais entendu ça, là, en 37 ans. C'est la première fois. Alors, il faut

vraiment ne pas connaître grand-chose à l'économie ou vouloir amuser les gens

de poser une telle question. J'aimerais mieux m'en tenir à mes réflexions de

conclusion.

qu'on a assisté, M. le Président, ce n'est pas compliqué, là, le député de

Brome-Missisquoi et son collègue ont interpelé

le gouvernement supposément sur le bilan désastreux, quelles que soient les

explications qu'on peut donner légitimement avec des comparables, avec

des historiques que ça s'est passé ailleurs. Moi, j'ai voulu lui démontrer, au nom du gouvernement, puis je suis fier, que

l'ensemble des actions prises par notre gouvernement concernant les

finances publiques ainsi que les mesures mises de l'avant en matière de

développement économique, là, c'est les meilleures avenues pour poursuivre et

relancer l'essor, pas de l'endettement, l'essor du développement du Québec.

Et, pas plus tard que

lundi, lundi prochain, là — et

ça, c'est une date que je peux donner, là — il y aura l'annonce enfin

d'une politique économique costaude, équilibrée, qui va respecter ce qu'on

appelle des créneaux de développement qui n'égalent pas ce qu'on appelle

uniquement deux choses : on met ça à une hauteur telle qu'on est sûrs qu'il

y aura du gaspillage, qu'il y aura de la surchauffe — ça, c'était

le programme d'infrastructure à un niveau exagéré — ou sur le service de la

dette. C'est ça, leur politique économique.

Ça fait exactement

depuis 2005... Ils ont été sept ans au gouvernement... neuf ans, pas une ligne

sur une politique de développement économique qui aurait permis de générer de l'activité

économique stable dans les bons créneaux, pas toujours être au niveau, par exemple, de l'énergie

nucléaire ou autres secteurs. Les grandes orientations, le gouvernement

les a prises.

tiens à rappeler que les nouveaux gestes donneront lieu à des initiatives

d'investissement majeures, mais pour un développement économique rigoureux, fort et structurant. On va être à la

bonne place, sur les bonnes plaques, entre autres dans l'électrification. C'est très important

d'avoir un accent très fort pour ce qui est de toute l'électrification de notre

réseau routier, qui coûte une fortune, qui est dommageable sur le plan de l'environnement.

On est en surplus énergétique. Déjà, moi, j'ai obtenu un engagement ferme du

gouvernement pour augmenter la production maraîchère, la production en serre, avec nos surplus énergétiques. Que c'est

qu'ils ont fait pendant neuf ans? Ils auraient pu le faire, on était en

surplus. Non, on développe

l'hydroélectricité. Ce n'est pas important qu'on soit capables de la vendre ou

pas, ça n'a pas d'importance. On est en surplus par-dessus la tête, ça a

coûté une fortune, on ne fait pas d'économie intelligente avec ça.

La complicité des

interventions concertées de l'État dans les discussions de la politique de

développement économique, là, reflète de la

vision de développement rassembleuse, équitable, durable et qui tient compte de

l'ensemble des répondants et des principaux. Ce qu'on veut, c'est augmenter la

croissance des revenus du gouvernement. La conjoncture internationale

actuellement est aux prises avec une croissance mitigée — ça,

mon collègue l'a très, très bien

démontré — affecte

la croissance attendue des revenus du gouvernement, et particulièrement cette

année, où d'autres juridictions, notamment dans la zone euro, ont fait

des choix difficiles à l'instar du Québec.

Parce

que, si on avait plus de temps, je voulais montrer comment c'est tout

interrelié, et que le Québec ressemble au monde normalement constitué,

et toutes nos courbes… je l'avais sur le bout, là, tantôt, là… toutes les

courbes se profilent exactement de la même

façon — regardez

ça, mes amis, là — exactement,

là. Vous avez : cycle économique du Québec, Canada, États-Unis. Woup! Ça se touche tout le temps, ça se

profile de la même façon. Et oui, je le dépose, là, ce serait intéressant de regarder ça. Et on a beau

regarder la période que vous voulez, là. J'ai mis 30 ans, pour être

certain que vous en ayez assez, là. Sur 30 ans, là, est-ce qu'il y a des

écarts? Est-ce qu'on se projette différemment? Non, on se projette toujours de

la même façon. Ça, c'est de la discussion intelligente : Comment ça se

fait qu'on ressemble à ces gens-là, là, puis on doit se comporter de la même

façon qu'eux?

C'est

pour ça, M. le Président, vous comprendrez que la croissance modérée que

connaît le Québec, là, que c'est qu'elle est? Elle est liée…

Gendron : Oui, il est déposé. Il est déposé. Je l'ai donné à

quelqu'un qui… O.K. Alors, il est étroitement lié à la situation économique de nos principaux

partenaires. La situation économique s'améliore aux États-Unis, mais l'impasse

budgétaire que traverse son administration fédérale, est-ce que ça tourmente l'économie

dans laquelle on est? Bien oui. C'est quoi,

le Québec? C'est un marché d'exportation. Moi, je le vis, je le connais.

Pourquoi le manufacturier puis les emplois manufacturiers au Québec ont

eu de la sérieuse difficulté? C'est parce que, quand tu exportes 80 % de

tes produits en quantité qui dépasse nos

besoins propres, puis que tu les expédies aux États-Unis, puis qu'il y a un ralentissement

économique, est-ce que ça affecte le Québec? Bien, la réponse, c'est oui.

Alors, la croissance

des revenus du Québec, là, c'est toujours tributaire de facteurs temporaires.

Puis je veux toujours indiquer : oui,

je veux plus revenus. On va se battre à mort avec la politique de développement

économique d'aller chercher plus de revenus. Mais également il faut

maintenir… Contrairement à vos inquiétudes, messieurs, est-ce que le

gouvernement a l'intention de maintenir le cap sur les équilibres budgétaires

pour s'assurer que notre niveau de dépenses ne se projette pas comme vous l'aviez

fait pendant neuf ans? La réponse, c'est oui.

Alors,

vous m'en trouverez, des gouvernements comparables qui ont mis un niveau de

croissance alentour de 2 % par

année, une réduction de 1,9 % de dépenses des programmes, une réduction

des dépenses de fonds des organismes. On peut leur montrer encore ce

tableau-là. Avant ça, votre régime, là, votre régime de rouge, là, c'était

quoi, là? 4,5 %. Dans le rouge tout le temps. Là, dans le bleu, là, on est

à un point quelque chose, on est à 2 %.

Gendron :

Oui. Oui, mais…

Gendron : Ça va être 1,9 % à la fin de l'année, oui.

Puis on vise 2 %, maintenir 2 %. Pas se propulser dans des hauteurs qu'on ne peut

pas se permettre. Donc, il faut faire du ménage, et on va continuer nos efforts

afin de respecter les équilibres budgétaires.

Donc,

j'appelle ça une approche équilibrée. C'est ça, ma conclusion, une approche

équilibrée qui démontre qu'on va continuer à exercer deux volontés

fermes : la volonté d'accroître les revenus d'un côté, puis des revenus,

ce qu'on appelle d'investissement de nature privé. Est-ce qu'on va maintenir

aussi les dépenses publiques dans le programme d'infrastructure? Bien oui. Oui. Mais à une hauteur raisonnable, qui

nous permet d'en avoir un sain contrôle. Il me semble que ce n'est pas en latin, ça, là. Ce n'est pas

compliqué, ça. Et, quand on a une approche équilibrée des deux

principaux volets de l'économie québécoise

ou de l'économie d'ailleurs comparable, contrôle serré des dépenses puis

accroissement des revenus au niveau du

secteur privé, il me semble que ça, ça ressemble à du développement économique

intelligent. Une gestion responsable des finances publiques, ça va nous obliger

effectivement à continuer, pour l'an prochain, à avoir un contrôle serré des

dépenses, s'assurer qu'on n'accepte pas de faire un investissement si on n'est

pas en mesure de le budgétiser.

Que c'est que vous nous

avez dit quand on a déposé notre livre des crédits? Vous avez dit : Vous

avez coupé de l'argent dans le programme

d'infrastructure. La réponse, c'est oui. On n'a pas coupé, on en a mis moins.

Ce n'est pas une coupure, ça. Ce n'est

pas du tout une coupure, ça. Quand on dit : On dépense 2 point… 30 %,

bon, c'est une augmentation des crédits, mais une augmentation

raisonnable des crédits qui permet de faire une dépense qu'on estime que le Québec est capable d'assumer par

rapport à sa richesse, par rapport à la croissance du produit intérieur

brut. C'est des choses de même, mais pas à

un niveau de dépassement… Ce n'est pas grave, la pelle est large, on peut

pelleter ça dans la cour des générations futures, puis c'est tellement vrai.

Quand vous avez été obligés de penser à un fonds des générations, c'est clair,

on n'a pas le choix. Imagine-toi, si on n'avait pas pensé à ça, avec un pareil

pelletage sur les générations futures, ça

aurait été d'une responsabilité chronique. Donc, vous avez dit : Nous

autres, là, on va mettre ça, les surplus

puis telle affaire, là, on va mettre ça dans le Fonds des générations. On fait

des folies, puis on les finance, nos folies, par le Fonds des générations. Moi, je ne peux pas marcher là-dedans puis

faire semblant que je n'en ai pas connaissance, là. Alors, on en a eu

connaissance, on l'a constaté, les Québécois ont fait le choix de dire :

C'est assez! On ne peut pas continuer, là, dépenses de fou, corruption et

pelletage à l'étranger. Ça, on ne peut pas accepter ça.

Alors, il me

semble que, dans ce que nous sommes en train de faire, il y a de la

perspective, il y a de la vision sur les grandes orientations de société. Le Québec a fait les choix de la

modernité, et, quand tu fais les choix de la modernité, ça nous oblige à

faire certains sacrifices. Puis, on le sait, on le sait qu'on a imposé des

sacrifices aux Québécois, on le sait, on

n'est pas fous. Parce qu'on veut vivre selon nos moyens, mais, quand on veut

vivre selon nos moyens, dans la modernité, ça suppose que tu fais les

choix qui l'accompagnent.

Président (M. Richer) :

Alors, merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de

Brome-Missisquoi, qui a également un temps de 10 minutes. Alors, M. le

député.

Paradis : Merci, M.

le Président. Le vice-premier ministre, ministre de l'Agriculture ne nous a pas

parlé beaucoup du bulletin au ministre des Finances. Il dit : Non, je n'en

ai pas parlé beaucoup.

Je vais peut-être répondre à deux de ses

questions, le replacer dans un contexte. Il est là depuis 37 ans, puis je pense que sa mémoire va bien le

servir. Moi, j'ai l'évolution du solde budgétaire du gouvernement du

Québec de 1970 à 2013. Il est probablement

le parlementaire qui connaît le mieux le dossier, là, en tout cas celui qui a

été là pendant toutes ces années-là,

quasiment, là, 1976. L'évolution du solde budgétaire du gouvernement du Québec…

je vais vous donner le solde en

fonction du PIB, notre richesse collective, le PIB, là, à chaque année. C'est quoi, nos pires années comme société québécoise, quel que soit le gouvernement, là? Puis vous

allez peut-être pouvoir nous dire quel gouvernement était là pendant ces années-là. La pire année,

1980-1981, 3 481 000 000 $

de solde sur un budget total de 73 104 000 $, 4,8 %. Qu'est-ce qui est arrivé à cette

année-là, 1980-1981? Pourquoi que c'est aussi important? Année référendaire.

Quand on arrive dans une période politique au PQ, on baisse les bras sur le

contrôle des dépenses et on perd le contrôle.

1994-1995, que c'est qui est arrivé? Même

situation, 3,4 %. Qu'est-ce qu'il y a eu en 1995? Un référendum. Quand on tombe dans la turbulence politique puis

le préélectoral, les dépenses puis l'argent du peuple, ça ne compte

plus. Puis là, de l'autre côté, on rit. Puis

j'ai retenu un de ses arguments, il dit : Moi, là, il dit, je me fie juste

aux agences de crédit. Il dit :

Le reste, c'est de la politique. Quand est-ce que la cote de crédit de la

province de Québec a été abaissée pour

la dernière fois? Et de combien? Le lendemain du référendum de 1995. En 1996,

la cote a été abaissée parce que votre irresponsabilité est suivie de

dommages irréparables sur l'économie du Québec. Et c'est le peuple qui paie en

perte d'emploi puis en augmentation d'impôt et de taxes puis en baisse de

services. Votre irresponsabilité, dans ces périodes-là,

coûte cher au peuple du Québec et affaiblit le Québec comme société. À mon bon

ami le député de Sanguinet, qui

s'inquiétait de ce que le gouvernement libéral a fait dans le passé… Puis je

veux passer brièvement parce qu'après avoir attaqué le vice-premier

ministre puis la première ministre, je ne pense pas de le retrouver sur les

banquettes d'en avant bien, bien longtemps. Il s'inquiète, il s'inquiétait de l'endettement…

Paradis :

Je le réfère au Devoir , 16 mai 2013, Jacques Parizeau. Je vais vous le

lire parce que vous avez de la misère

avec votre vision, là : Ne surdramatisons pas notre endettement .

Fait qu'à ce moment-là, là, prenez donc conseil sur votre ancien premier ministre. Il est aussi inspirant dans d'autres

dossiers. Vous pourrez peut-être vous en rapprocher plutôt que laisser à

des ministres qui veulent créer la chicane dans d'autres dossiers se mettre en

valeur.

Je reviens au bulletin, M. le Président. Mises

en chantier, on en a parlé tantôt. Il y a un budget, à la fin de l'année 2012,

qui nous dit que les mises en chantier vont baisser de 10 % dans l'année

qui suit. On a des rapports intérimaires,

des chiffres vérifiés de la Société d'habitation du Québec, c'est moins

25 %. Là, le député de Sanguinet, il n'aime pas que je fasse ça, mais le monde vont suivre facilement. Tu as

prévu moins 10 %, tu es rendu à moins 25 %, ça fait combien en pourcentage? Moins 150 %, M.

le député de Sanguinet. Si votre additionneuse ne vous donne pas ça, là…

Paradis :

Bien, c'est marqué, là : échec. C'est marqué en bas, là. C'est marqué en

bas : échec. Regardez juste ici, on vous a donné le tableau.

Deuxième élément : investissement

commercial et industriel. Les chiffres du ministère des Finances du

Québec, le budget, les rapports mensuels, il avait prévu une augmentation des

investisseurs, par les entrepreneurs québécois, là, en Abitibi comme dans

Brome-Missisquoi, de plus de 5 %. Ils ont donné plus 2 %. Ils se sont

dit : On ne fait pas confiance à ce

gouvernement-là. On va jouer de prudence. Mais ça, ça veut dire que nos

investissements ne sont pas là puis

que les chiffres d'emploi à venir sont inquiétants, 60 % de marge d'erreur.

Je comprends que le député de Sanguinet va dire : Échec. 60 %

de marge d'erreur, je n'en laisserais pas passer, moi non plus, un ministre des

Finances, à 60 % de marge d'erreur.

Au niveau des

emplois, c'est peut-être ça qui fait le plus mal, puis c'est peut-être là où,

comme société, on va avoir plus de difficultés à se relever. Au moment où le

reste du Canada, là, pendant la même, même période, crée 145 000 nouvelles jobs, pendant que les

États-Unis, dont le député de Sanguinet a parlé, là, ils sont supposés être en panne, suivant lui, là, ils en ont créé 1,4 million. Au

même moment, on en a perdu ici, au Québec, 45 000.

Il avait prévu d'en créer 45 000,

il en a perdu 45 000. Mettez ça sur votre calculatrice, ça fait

90 000 de différence. Marge d'erreur : 200 %. Je pense que l'élève n'aurait même pas été admis à

s'inscrire au cours. Puis qu'est-ce que fait le ministre des Finances

quand il a ces résultats-là, il s'aperçoit que ses cibles ne sont pas

atteintes? Il ne réagit pas, il est flegmatique. Il sourit. Il nous annonce que

la conjoncture à venir, les perspectives sont ensoleillées. Mais ces

chiffres-là lui indiquent qu'il n'a rencontré

aucune de ses cibles en matière de revenus, puis en matière d'investissements,

puis en matière de création d'emplois.

vous l'ai dit tantôt, puis je le répète, parce que j'avais l'impression...

Puis, là-dessus, je demande au vice-premier ministre d'être attentif au Conseil des ministres, là. Jusqu'au 31 mars,

je l'ai dit, là, le président du Conseil du trésor a fait des efforts surhumains pour garder les dépenses

sous contrôle. Il s'est même fait détester par certains de ses collègues

au Conseil des ministres puis par plusieurs clientèles. Mais, le 31 mars, quand

il s'est rendu compte que le ministre des Finances

ne donnait aucun… ne l'accompagnait pas dans cette démarche-là, quand il s'est

rendu compte que la première ministre

disait : Oui, peut-être le déficit zéro, peut-être pas, il s'est rendu

compte qu'il était seul. Il a littéralement baissé les bras. Puis c'est ça que je vous demande de

surveiller, parce qu'avant le 31 mars il avait un bon bulletin. Depuis le 31

mars, dans le semestre qui a suivi, c'est

40 %... il avait prévu des dépenses de 314 millions, il en a effectué pour

434. Il s'est trompé de 40 %. Il

est tombé dans le même club que le ministre des Finances. Puis de l'autre côté

on trouve ça drôle. Puis ça ne tient pas compte, M. le Président, des

200 annonces qui ont été faites au mois de septembre.

Moi,

là, j'écout

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2013-10-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cfp-40-1 journal-debats CFP-131004
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier3a9129e0f5b526f0bedd877dae1239bbed0364ae

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