Health and Social Services — 9 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-05-09
Quebec — Committees
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur la proposition d'amendement du député de Labelle? M. le
député de Labelle?
Pagé : ...je veux remercier le gouvernement de son ouverture
sur l'amendement qu'on a proposé hier soir.
Président (M. Merlini) : Très bien. Alors, je vais donc le mettre aux
voix. Est-ce que la proposition d'amendement de M. le député de Labelle
est adoptée?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 38 tel
qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Oui. Bonjour à tous. Bonjour, Mme la ministre, M. le
Président. Vous savez, moi, j'essaie de toujours regarder un certain
angle, certaines choses, mis à
part les malaises fédéraux, là, mais ça, c'est
constant. Mais, bon, j'y reviendrai aussi
quand ça va passer. Mais je me souviens que, lors de l'adoption de
l'article 19, et, à ce moment-là, ma
collègue de Taillon était présente, à ce moment-là, il avait été question de...
Et là je vais retourner dans l'article pour bien détailler mon
argumentaire, c'est que seul «un producteur de cannabis qui possède les
qualités et satisfait aux conditions
déterminées»... Alors, on avait parlé de conditions déterminées. C'étaient des
standards de qualité qui étaient pour
être vérifiés. Et, à cette époque, à ce moment-là, quand on a étudié cet
article-là, on avait parlé d'analyses, on avait parlé aussi de
laboratoires. Il avait été évoqué la construction possible, future de
laboratoires de la SQDC, dont la construction
possible... ou les plans de construction de laboratoires pourraient être déjà
autorisés début juin ou dans ces eaux-là, là. Ça, c'était lors de
l'article 19.
hier, je vous écoute parler, puis là on... Oui, on parlait, donc, de
laboratoires de contrôle de qualité gérés par la SQDC, parce qu'à l'époque on disait : Non, non, Santé Canada ne
s'occupe pas de ça. Le MAPAQ, on n'était pas certains. Mais des laboratoires, donc, de la SQDC auraient
été envisagés, la construction de laboratoires, qui auraient été seulement
leur apanage. Bon, qui fait quoi là? Bon, on en avait discuté à ce moment-là.
Mais, là où je suis mêlé, probablement, peut-être,
les gens qui nous écoutent aussi, c'est que... La population qui nous écoute,
les gens ont peut-être besoin de savoir
qui va faire les tests finalement, parce qu'hier il était question de
chimistes, des contractuels, de firmes privées par contrats. Et là il y a même une firme,
PhytoChemia, qui est au Saguenay, qui sont les meilleurs et probablement... Je
lis ici, attendez : Le seul au
Québec à pouvoir faire... «Le laboratoire [PhytoChemia] serait le seul au
Québec à pouvoir faire l'analyse de la marijuana thérapeutique.» Ça,
c'est en date du 25 novembre, cet article-là. Ils ont été accrédités par
Santé Canada.
je m'en viens, Mme la ministre, c'est : Où on s'en va? Est-ce que ce sont
des laboratoires de la SQDC qui vont être bâtis un peu partout au
Québec, tout dépendant des régions? Est-ce que ça va être des contractuels, des
chimistes privés? Ou on va faire appel à la
seule organisation actuellement accréditée par Santé Canada, qui est
PhytoChemia, pour faire des analyses
de qualité pour détecter des produits qui ne sont pas bons et qui pourraient
être à même la composition du cannabis qu'on vend à la SQDC?
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Mme la ministre.
Charlebois :
Vous permettez à Dr Arruda de répondre, s'il vous plaît?
Président (M. Merlini) : Très bien. Est-ce que j'ai le consentement
des membres pour permettre au Dr Arruda de s'adresser à la commission?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement. Alors, Dr Arruda, s'il vous
plaît, encore une fois vous
identifier, avec votre titre, pour les bienfaits de l'enregistrement.
Arruda (Horacio) : Horacio Arruda, directeur national de santé publique et sous-ministre
adjoint en santé publique au ministère de la Santé.
La SQDC, elle a des
capacités de laboratoire qu'elle fait notamment pour être en mesure de mesurer
l'alcool, puis etc. Mais elle pourrait aussi
faire faire ses contrôles par d'autres laboratoires, là. Le modèle d'affaires
va être évalué, probablement. Ils ont
des capacités, ils le font pour l'alcool, ils vont probablement évaluer s'ils
vont le faire pour le cannabis. Mais donc ils vont évaluer... soit
qu'ils sous-contractent avec d'autres firmes pour faire des éléments de
contrôle.
Santé
Canada, elle, va aussi faire ses contrôles, notamment autour des producteurs
canadiens, parce que c'est eux autres qui sont responsables comme tel.
Et le MESS, on pourrait, nous aussi, de notre côté, procéder à des tests de conformité en fonction des normes qu'on a
établies, en mandatant, par exemple, un laboratoire de l'INSPQ, le Centre de
toxicologie du Québec. Le Centre de
toxicologie du Québec, qui est à l'Institut national de santé publique, a
toutes les capacités pour être en
mesure d'identifier toutes les composantes chimiques qui peuvent exister dans
un produit. Ils font d'ailleurs des contrats internationaux avec
différents pays.
Ça fait que, dans les
faits, actuellement, moi, je ne suis pas impliqué directement, on n'est pas
impliqués directement dans le modèle
d'affaires spécifique de la SQDC, mais ils pourraient décider, là, selon
l'analyse qu'ils feront, si c'est
plus rentable d'aller faire affaire avec un contractant extérieur ou, versus,
de le faire. Il pourrait y avoir des prises d'échantillons faites dans leur laboratoire, envoyés pour une analyse
d'expertise ailleurs. Mais je pense que c'est eux qui vont évaluer ces éléments-là, mais l'important,
c'est qu'ils soient orientés par rapport à des normes qu'on va demander
à respecter en termes de qualité de produits.
M. Bourcier :
Et, question d'être bien clairs, là, O.K., on avait discuté donc, lors de
l'article 19, qu'il était pour y avoir
des laboratoires exclusivement réservés à la SQDC, parce qu'il avait d'ores et
déjà été évacué que la SAQ était pour faire
partie des mêmes locaux que ces
gens-là. C'était spécifique à la SQDC. Est-ce que c'est encore le cas?
Arruda (Horacio) : Personnellement, je n'ai pas cette
information-là, si c'est... Je n'ai pas l'information de l'organisation du laboratoire de la SQDC, qui
n'est pas encore créée non plus, si vous me permettez. Mais ce que je...
Charlebois :
Mais honnêtement...
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Honnêtement, on ne va pas se priver d'expertise
qui existe déjà à la SAQ. Un chimiste à la SAQ puis un chimiste à la SQDC, c'est un chimiste, là. Ça fait que, si
on est capables d'optimiser, on va optimiser. Ce n'est pas nous qui va
décider ça, c'est le conseil d'administration qui va prendre une décision, à
savoir où seront les laboratoires de la SQDC.
Maintenant, il se
peut que, dans cette façon de faire là, M. le Président, ils décident, outre ce
qu'ils feront en laboratoire... Parce que,
là, ils en font déjà, la SAQ, là, ils font déjà de l'expertise sur pas mal de
produits, ils ont déjà une expertise
en cette matière-là. Mais, si d'aventure ils décidaient d'en donner à contrat
aussi, parce qu'il y a quelque chose de
spécifique qu'ils cherchent, parce qu'ils sont débordés, ou toute autre raison,
ils pourraient aussi le donner à contrat, mais évidemment pas à contrat à du monde qui leur vend le cannabis, là.
On s'entend, ça serait des firmes indépendantes.
y a, comme vous le disait le directeur national de santé publique, l'INSPQ qui
a ses laboratoires en permanence, qui
est là pour appuyer tout ce qu'on peut faire comme gouvernement, ils ont des
laboratoires pour analyser beaucoup de choses, et ça, ça sera dans le
cadre de nos expertises à nous. Mais, dans le cadre de la SQDC, est-ce qu'ils
vont s'appuyer sur de l'expertise qui existe
déjà à la SAQ? Est-ce qu'ils auront leur propre laboratoire? Ce qu'on dit,
c'est : En autant que les
vérifications se fassent. Parce qu'il y a des choses qui vont continuer. Tu
sais, si je prends le développement du site
Internet, bien, on va se servir de l'expertise de la SAQ. Si on prend le
développement des locaux pour vendre du cannabis, on se sert de l'expertise de la SAQ. La preuve,
c'est que la Société québécoise du cannabis n'est même pas créée encore,
puis ils sont déjà en train de parler avec des maires dans certains endroits.
Alors,
ça va être des chimistes, mais est-ce que ça sera des chimistes dans la boîte
de la SQDC? Est-ce que ça sera des
chimistes à l'intérieur de la SAQ? Est-ce qu'il y aura deux bureaux côte à
côte? Est-ce que ça sera dans le même bureau
administratif? Parce que les laboratoires, là... Sincèrement, là, quand il y a
un laboratoire qui est déjà en place, c'est
un laboratoire. Ils vont pouvoir tester des produits liquides, mais aussi des
produits tels que du cannabis, là. L'un et l'autre peuvent se faire.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Bourcier : Oui, merci. Bien, pour
moi, dans ma tête, je ne sais pas, là, je ne suis pas expert, je ne suis pas
chimiste — mon
beau-frère était chimiste, par exemple, je le salue — mais
tester du vin puis tester du cannabis, c'est deux choses totalement différentes. Puis
je me reporte à la discussion qu'on avait eue lors de l'étude de l'article 19
puis je me souviens très bien
qu'on avait dit : Non, c'est probablement préférable que ces gens-là soient à part de la
SAQ. Et, moi, ce que je veux
m'assurer... Puis c'est une question de santé publique. Je ne veux pas aller
dans les détails, mais je veux être
bien certain que, pour la population puis les gens qui nous écoutent, ils soient
rassurés, un, sur la teneur en THC puis
en BCD du cannabis, mais aussi qu'il
n'y ait pas de produits qui arrivent à l'intérieur de la composition du cannabis qui pourraient nuire à la santé,
comme vous le faisiez... vous l'expliquiez si bien hier. Donc, la SQDC, il y a
une possibilité qu'elle ait ses propres laboratoires...
Charlebois : Ça
peut être à... Excusez-moi, je viens de vous couper.
M. Bourcier : Oui, oui, oui,
allez-y, Mme la...
Charlebois : Mais ça peut être à l'intérieur du même
bâtiment, mais deux laboratoires distincts. Ce que je veux dire, c'est qu'on va probablement optimiser les lieux physiques où sont situés ces laboratoires-là. Je ne
veux pas dire que le même chimiste va
passer d'une bouteille de vin à du cannabis, là, ce n'est pas ça que je veux
dire, mais il y aura peut-être dans le même édifice des laboratoires. Pourquoi
doubler les dépenses si on peut... Ça, ça sera la décision de la SQDC.
Bourcier : Et, lorsque
vous allez sous-contracter, vous allez faire appel à d'autres chimistes. Est-ce qu'à ce moment-là vous allez faire affaire avec des gens qui vont être approuvés
ou mandatés par Santé Canada, comme un peu dans le cas de PhytoChemia, qui est au Saguenay? Est-ce que vous allez
faire... Parce qu'il y en a une seule, organisation
qui est mandatée par Santé Canada pour l'analyse du cannabis.
M. Arruda
(Horacio) : Pour les
contrôles, on fait affaire avec ce qu'on appelle des laboratoires certifiés,
qui ont des standards qu'ils doivent
suivre en termes de processus et de protocole. C'est souvent contrôlé
par soit des organisations extérieures... Bon, Santé Canada peut approuver certains laboratoires comme tels. Ça peut
être approuvé par des organisations internationales
de laboratoires. Mais on fait affaire avec des... Comme je l'expliquais hier, il y a
un geste professionnel du chimiste
qui signe un rapport de laboratoire. C'est fait par des machines, mais il y a
un élément de contrôle, puis il faut bien
faire la préparation du spécimen, son traitement puis sa lecture. Ça fait
que tout ça, c'est fait habituellement avec des laboratoires spécialisés.
Souvent,
quand les tests sont peu fréquents, ou tout dépendamment... ou que ça
prend une machiner