CAT — 3 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-09-03
Quebec — Committees
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Girard
(Lac-Saint-Jean) est remplacé par Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac);
Mme Guillemette (Roberval) est remplacée par M. Jacques (Mégantic); M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par M. Benjamin (Viau); Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
est remplacée par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux, nous étions à l'étude d'un amendement
à l'article 78, proposé par le député de
Laurier-Dorion. Je vous rappelle également que l'étude de
l'amendement introduisant l'article 38.1 et de l'article 60 est
suspendue. M. le député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre, Me Simard, chers collègues. Donc, nous étions à l'étude de l'article 78 du projet de loi n° 16 et nous avions introduit, lors de notre
dernière séance, un amendement qui
vient ajouter un élément important, selon nous, à la procédure de conciliation
qui est à l'étude en ce moment. Permettez-moi,
pour le bénéfice des collègues et du public en général, de relire l'article
en tant que tel et tel qu'il est présenté dans le projet de loi :
«S'il le
considère utile et si la matière et les circonstances d'une affaire le
permettent, le Tribunal peut, dès la réception de la demande, offrir aux parties la tenue d'une séance de conciliation,
laquelle est tenue, avec le consentement des parties, à tout moment avant le délibéré, par un membre du
Tribunal ou un membre du personnel choisi par le président du Tribunal,
le vice-président désigné en vertu de l'article 10 ou la personne désignée
par l'un d'eux.»
L'amendement que j'introduis, c'est : «notamment en cas de non-paiement [de] loyer». Il s'insère
juste après «le permettent». Donc, ça se lirait comme suit :
«S'il le considère utile et si la matière et les
circonstances d'une affaire le permettent, notamment en cas de non-paiement [de] loyer, le tribunal peut, dès la
réception de la demande, offrir aux parties la tenue d'une séance de
conciliation, laquelle est tenue, avec le consentement des parties, à tout
moment avant le délibéré», etc.
Donc, cet amendement-là
vise à favoriser l'une des principales causes de litige à la Régie du logement,
c'est-à-dire le non-paiement du loyer. On le sait, là, le
non-paiement du loyer, dans la législation actuelle, conduit presque automatiquement
à la résiliation du bail et à l'éviction du
locataire fautif, là. On s'entend, il y a beaucoup, beaucoup de locataires qui
ont, pour différentes raisons, des problèmes
momentanés, provisoires, à payer un mois ou avoir un... payer un mois de
loyer ou ont des retards pour ce
paiement-là. On sait que la législation actuelle ne prévoit pas que... Lorsque
le juge de la Régie actuelle du logement étudie ces cas-là, le juge n'a
pas à tenir compte des situations, des circonstances atténuantes qui expliquent un non-paiement ou un retard dans le
paiement du loyer d'un locataire et il n'a pas à entendre que le locataire
a eu un problème subit, il a eu un problème de santé, une mise à pied, etc. Et
là les juges de la Régie du logement concluent très rapidement au non-paiement
du loyer, et à la résiliation du bail, et, par conséquent, à l'éviction.
Alors qu'on
sait également que le Québec est une des législations à travers le monde les
plus dures en termes de non-paiement
des loyers, on sait qu'ailleurs, par exemple en Europe, les juges considèrent
les circonstances atténuantes qui peuvent
conduire au non-paiement d'un loyer. En Ontario aussi, la législation prévoit
que, d'après les informations qui nous sont
parvenues, que les juges peuvent considérer les circonstances atténuantes. Et
donc, pour nous, c'est important qu'on puisse favoriser une conciliation
pour effectuer un paiement de loyer en retard, par exemple, ce qui peut
avantager les propriétaires en même temps
puisque les locataires... les locateurs, pardon, vont avoir la possibilité de
récupérer l'argent qui est dû. En ce
moment, avec la législation actuelle, cette possibilité-là diminue grandement
puisque ça aboutit à la résiliation du bail et, par conséquent, à
l'éviction.
Donc, pour avoir un
portrait complet de la situation du non-paiement de loyer en rapport avec la
mesure de conciliation, j'aimerais demander
à Mme la ministre ou à Me Simard, peut-être, quelle est la proportion des
litiges en ce... ou dans les années passées à la Régie du logement qui
concernent le non-paiement de loyer.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça va? Est-ce que monsieur... Mme la ministre?
Mme Laforest : Oui. Bien,
alors, qu'est-ce que je peux dire par rapport à l'amendement qui est déposé?
En fait, la
conciliation est toujours possible. Quand les parties arrivent pour entendre
leur cause, en fait, la conciliation est
tout à fait possible. Une des deux parties peut en faire la demande dès
qu'elles arrivent pour le jugement, en fait, là. Ça fait que la conciliation est toujours possible. Puis,
même quand les parties ont leurs documents pour se présenter en cour,
bien, elles peuvent également demander tout
de suite une conciliation. Alors, dès qu'elles ont les documents ou encore dès
qu'elles arrivent pour entendre leur
jugement, il y a possibilité toujours d'avoir une consultation. Je ne le sais
pas si ça, ça vous était dit, mais c'est toujours possible dès qu'elles
arrivent pour entendre leur cause.
Ceci étant
dit, bien, c'est certain qu'on ne peut pas forcer la conciliation. Si les deux
parties demandent conciliation, tant
mieux, ça peut se faire jusqu'au jugement, alors c'est... on ne peut pas y
aller plus loin que ça. Mais, en même temps, si une des deux parties le
refuse, bien, c'est sûr qu'il faut aller plus loin, il faut entendre la cause
et...
Sauf que la
conciliation, comme vous le mentionnez dans votre amendement, ça se fait déjà,
on le fait. Ça fait que c'est tout à
fait possible d'entendre, par conciliation, les deux parties. Puis il y a
toujours quelqu'un sur place, comme on le disait, là, il y a toujours une personne qui est assermentée pour
entendre les causes. S'il y a conciliation à avoir, la personne est sur
place.
Alors, ça
serait peut-être juste bon de mentionner ou d'informer les gens qu'elles
peuvent, en arrivant pour être soi-disant
entendues, bien, elles peuvent le demander, puis il y a toujours un
conciliateur qui va être sur place pour essayer de faire la
conciliation. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Fontecilla :
Oui, Mme la ministre. Est-ce que... Mme la Présidente, pardon. Est-ce que Mme
la ministre pourrait nous informer du
nombre ou de la proportion des cas de litige pour non-paiement de loyer qui se
rendent en conciliation?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Au niveau du nombre qui vont en consultation, je ne sais pas si on a le nombre
aujourd'hui, on pourrait vous le
fournir, mais c'est quand même assez précis comme question. Maintenant, je ne
sais pas si Me Simard pourrait prendre
la parole, si lui a le nombre, mais je pense que c'est assez difficile
aujourd'hui de vous arriver avec le nombre, le pourcentage de gens qui vont en conciliation. Mais je vais laisser la
parole à Me Simard, mais je ne suis pas sûre qu'on a ça, qu'ici on peut
vous fournir cette information-là.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Me Simard. Veuillez vous identifier.
M. Simard (Patrick) : Oui, avec
plaisir. Patrick Simard, président de la Régie du logement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Consentement?
M. Fontecilla : Consentement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Y a-t-il consentement?
M. Simard (Patrick) : Merci.
Alors, nous n'avons pas d'indicateur de disponible à ce propos-là aujourd'hui, malheureusement. Il faut savoir que le projet de
conciliation était en projet pilote au cours des deux dernières années.
Et on débute, là, on amorce vraiment cette stratégie d'intervention, de
solution de litige.
Vous avez
tout à l'heure évoqué un questionnement à l'égard du volume de dossiers. En
non-paiement de loyer, nous avons
reçu en 2018‑2019... reçu ou relancé, là, des dossiers qui ont été portés à
l'attention du tribunal, 41 579 affaires sur un total de
68 798 affaires pour l'ensemble du tribunal.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Est-ce... M. le député.
M. Fontecilla :
Je vais arrondir les chiffres. Selon les informations fournies par Me Simard,
41 000 sur 68 000, si j'ai bien
pris en note les chiffres, ça fait près des deux tiers, grosso modo, des
litiges qui sont étudiés par la Régie du logement qui concernent spécifiquement les cas de non-paiement
des loyers, là. Et on sait que, dans la législation actuelle, de la
façon telle que la loi est écrite, presque
automatiquement, si ce n'est pas automatiquement, là, le non-paiement des
loyers conduit à l'éviction du locataire. Ça, c'est le résultat final, à
moins que vous ne me corrigiez. Et, dans ce sens-là, il paraît un peu, comment dire, illusoire d'amener les parties à une
conciliation, alors que l'une des parties est presque sûre de gagner sur
la totalité. Si moi,
j'ai un litige avec une autre personne et je suis sûr et certain que la loi va
m'avantager, pourquoi irais-je en conciliation,
alors qu'en conciliation il se peut que j'aie, comme on dit, à mettre un peu de
l'eau dans mon vin? Donc, cela fait
en sorte qu'on est en train d'étudier une procédure de conciliation qui vise à
réduire le nombre de litiges à la Régie du logement, à accélérer, d'autre part, les procédures, si l'on veut, à
déjudiciariser le processus. Mais cette procédure-là ne s'attaque pas à la principale cause des litiges
présentés à la Régie du logement, qui sont les non-paiements du loyer,
Et la
question que j'aimerais poser à la ministre, là, ça concerne les cas dans
d'autres juridictions canadiennes, par exemple
l'Ontario. Est-ce qu'en Ontario la loi prévoit qu'un juge, l'équivalent de la
Régie du logement en Ontario, peut étudier le cas de... les
circonstances atténuantes pour les cas de non-paiement des loyers?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, en fait, j'aimerais quand même donner comme information... Puis c'est
vraiment important aussi de le
préciser, parce que, souvent, les locataires, par des raisons... peu importe,
admettons qu'ils sont insatisfaits de leur logement, vont décider d'arrêter de payer le logement, ce qui est
totalement déplorable, parce que ce n'est pas parce qu'on arrête de
payer notre logement que la cause va aller plus vite à la Régie du logement.
Puis ça, c'est vraiment important.
Alors, moi,
j'invite les locataires à continuer de payer leur logement, sauf qu'évidemment,
même si un cas de... même si le
locataire paie le logement, la cause va aller aussi rapidement. Puis c'est ça,
ça, il faut vraiment prendre ça en ligne de compte, parce que la problématique de non-paiement, on l'entend
toujours, vous l'avez dit tantôt, c'est la plus grande. Au deux tiers, les gens pensent qu'en retirant leur
paiement ça va accélérer leur cause, ce qui est totalement faux puis,
même, ça peut être problématique par la
suite. Alors, moi j'invite quand même tous les locataires à payer... continuer
de payer leur logement parce que c'est souvent ça qui va d'ailleurs
retarder les autres causes à la Régie du logement.
Par contre,
là, vous posez la question en Ontario. En Ontario, moi, je ne peux pas vous
dire, justement, au niveau des
pourcentages, au niveau des proportions, comment ça peut être travaillé. Par
contre, moi, je peux vous dire très, très bien que, comme je... puis, comme je le disais auparavant, étant donné
que la cause de non-paiement est la plus fréquente, bien, moi, je pense que, si les locataires veulent
qu'on accélère le processus à la Régie du logement puis ils veulent
avoir des réponses le plus rapidement
possible, on parle ici de conciliation, bien, moi, je pense que, si un locataire
continue de payer son loyer, par
exemple, puis il arrive au processus qui... pour débattre sa cause, bien, s'il
y a toujours eu paiement, bien, le propriétaire va considérer ça
également, et le juge également.
Alors, moi,
je pense que, pour tout ce qui est cause de non-paiement, il faudrait vraiment
prendre, ici, prendre en considération
que c'est complètement faux de penser que le non-paiement va accélérer les
causes et va aider à la conciliation, parce
que c'est certain qu'un propriétaire qui ne se fait pas payer depuis quelque
temps ne sera pas ouvert à la conciliation. Alors, c'est vraiment important de prendre ça en ligne de compte ici,
parce que, souvent, les locataires ont la vision différente d'arrêter de payer leur loyer. Puis, quand on parle
d'arrêter de payer des loyers, je comprends tout à fait la problématique
des, par exemple, je donne un exemple, des
moisissures, bien, c'est certain que c'est la cause la plus urgente qui est
traitée, ça. Alors, quand c'est un cas de moisissure, c'est traité dans les
jours qui suivent. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. M. le député.
M. Fontecilla :
Je suis tout à fait d'accord avec Mme la ministre sur le fait que la pire chose à faire pour un
locataire, c'est de retenir le paiement du
loyer parce que, bon, il y a des travaux qui n'ont pas été faits, etc., là.
C'est une voie, selon la législation actuelle, là, c'est une voie catastrophique.
Ça mène automatiquement à la résiliation du bail, là. Et je pense que, dans ce sens-là, il y a un important travail
d'information à faire auprès des locataires sur cette situation-là, parce que, oui, malheureusement, vous avez raison, Mme la
ministre, le réflexe, le premier réflexe de beaucoup de locataires, c'est de
dire : Bon, bien, si le propriétaire ne
fait pas les travaux, s'il ne répare ci, ne répare ça, bien, je veux... une
autre formule, je veux faire le travail moi-même et enlever une
partie
du loyer. Mauvaise réponse. Ce n'est pas la chose à faire, parce qu'un paiement incomplet c'est considéré comme un
non-paiement du loyer. Donc, il y a un important travail d'information
auprès des locataires à faire pour que ces
personnes-là ne s'embarquent pas dans cette voie-là qui les mène inexorablement
à une éviction si jamais le propriétaire décide d'aller devant la Régie
du logement, là.
Mais je pense
que la question n'en est pas tellement là, dans le problème d'information, que
je reconnais, c'est plutôt dans le
fait qu'il peut y avoir des problèmes... un locataire rencontre des problèmes
momentanés pour payer son loyer à cause de raisons de force majeure, là.
Et la
question très précise que je posais à Mme la ministre, c'est à savoir si,
effectivement, tel que... et les informations qui nous sont parvenues nous l'indiquent, là, en Ontario, les juges sont
autorisés à considérer les circonstances atténuantes qui peuvent avoir poussé un locataire à... ou
obliger à ne pas payer le loyer de façon momentanée ou avoir un retard
encore. Il nous semble que ce qui nous a été
rapporté, c'est que la législation québécoise en cette matière-là, c'est la
plus dure partout à travers le
Canada, et notamment par rapport à l'Ontario, où le locataire ne peut invoquer
aucune raison pour avoir un retard ou un non-paiement momentané d'un
loyer, là.
Donc, la question que je pose à la ministre,
c'est : Est-ce que c'est vrai que c'est au Québec qu'on retrouve la
législation la plus dure envers les locataires qui n'ont pas payé leur loyer?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, c'est certain que je ne pourrai jamais dire que c'est au Québec qu'on est
les plus sévères au niveau du paiement des loyers parce qu'entre vous et
moi payer son loyer, c'est obligatoire. On est totalement d'accord, sûrement. Puis tantôt,
quand on parlait de la situation entre le locataire et le locateur, justement,
ça respecte quand même les deux parties quand on parle de la
conciliation.
Ceci étant
dit, on l'a vécu d'ailleurs l'été passé, pour un propriétaire d'immeubles
parfois, quand il y a des non-paiements,
on pense que les propriétaires d'immeubles, et je me suis déjà fait dire ça à
quelques reprises, les propriétaires d'immeubles,
eux, peuvent attendre et peuvent attendre que les paiements se fassent. Mais
c'est complètement faux. Un propriétaire
d'immeubles qui a des logements, vous comprendrez très bien, et je sais que
vous êtes totalement sensible à ça également,
que le paiement, c'est obligatoire. Puis ensuite, quand il y a paiement, bien,
c'est certain qu'il y a possibilité... il y a une meilleure possibilité
de conciliation.
Qu'on soit
plus sévères au Québec qu'en Ontario, bien, entre vous et moi, qu'on soit en
Ontario ou au Québec, payer son
loyer, c'est obligatoire comme payer toutes ses choses. C'est obligatoire de
payer le loyer. Puis ce n'est pas une question de sévérité, ce n'est pas une question d'être plus sévères ou non, c'est
une question... moi, je peux vous le dire, puis je l'ai vécu cet été,
c'est que les... Pour encourager les gens à construire des immeubles et,
justement, à pratiquer le fait d'être propriétaire d'immeubles à logements,
bien, c'est certain que, si le locataire décide du jour au lendemain, au
moindre désaccord ou au moindre... à la
moindre déception, décide d'arrêter de payer leur loyer, bien, c'est certain
que les propriétaires d'immeubles ne
seront pas encouragés à pratiquer cet exercice-là. Puis il y en a plusieurs,
d'ailleurs, qui se remettent en question.
On le sait, cet été, ça a été très difficile. Il y a des cas très, très
difficiles. Il y a des locataires qui sont difficiles à loger justement
parce qu'il y a un certain non-respect par certains locataires.
Alors, moi,
quand vous me dites : Est-ce qu'on est plus sévères au Québec? On n'est
pas plus sévères qu'ailleurs, d'après
moi. Mais, comme dans toute chose, payer son loyer, c'est la base, c'est
essentiel. Par contre, après ça, s'il y a paiement de loyer, il y a... Comme je le dis, notre projet de loi au
complet renforcit et donne des dents, d'ailleurs, à la possibilité de la
consultation des... à la consultation. On vient renforcir justement ces
assises-là.
Alors, moi, je pense que ce n'est pas du tout une question de se comparer comme une obligation
de payer son logement comme tout bon
locataire le fait. Puis il faut respecter aussi que... Puis il faut voir que
l'ensemble des locataires au Québec paient
leur logement. Alors, il ne faut pas penser non plus que la majorité ne paie
pas leur logement. Les locataires paient leur logement. Alors, moi, ceci étant dit, si on commence à comparer si on
est plus sévères qu'ailleurs, moi, je suis plutôt... je suis vraiment
favorable à dire que, peu importe, peu importe la province, le paiement de
notre loyer, c'est obligatoire. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la ministre. Le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Encore une fois, je suis d'accord avec la ministre.
Le paiement de notre loyer, c'est un devoir, comme le paiement de toutes nos dettes, hein? Et, ceci
étant dit, il y a toutes sortes de mécanismes pour les cas de
dettes en général pour arriver à des ententes de paiement, etc., là.
Et la
loi sur la faillite, même, c'est une façon d'essayer d'arranger
les... une personne, une entité qui a des dettes, là.
Mais, dès
qu'on tombe dans le non-paiement du loyer, là, il n'y a plus aucune possibilité d'entente parce que la
loi prévoit qu'un cas de non-paiement de loyer ça conduit inexorablement à
l'éviction, là. Donc, il y a... En quelque sorte, il y a deux poids, deux
mesures, là. Pour l'ensemble des mécanismes de retard ou de non-paiement de
dettes, il y a des mécanismes de
conciliation qui fonctionnent, mais, dans le cas de non-paiement de loyer, il n'y a
pas de mécanisme qui fonctionne véritablement, et c'est le locataire
fautif, entre guillemets, qui paie une dure conséquence, là, l'éviction.
Ceci étant
dit, je suis encore une fois d'accord avec la ministre pour dire que la très
grande majorité des locataires au Québec paie religieusement, je
dirais, leur loyer à temps. Par contre, il existe une proportion de ces
locataires-là qui ne paient pas leur
loyer pour différentes raisons. Et ce
qui... Et on a les chiffres fournis par Me Simard, là. C'est 41 000 qui se
sont rendus à la Régie du logement. Et ça, c'est
des causes qui se sont rendues à la Régie du logement. Peut-être, il y en a
d'autres qui ne se sont pas rendues, là,
mais il y a 41 000 ménages, dont beaucoup de familles, là, de
plusieurs personnes, là, qui n'ont pas payé leur loyer.
Est-ce que,
pour les 41 779 personnes qui sont... qui ont... en 2018‑2019, c'est
nécessairement des personnes, des ménages irresponsables? Peut-être pas.
Peut-être qu'il y a une bonne proportion de ces ménages-là qui rencontrent véritablement des problèmes aigus qu'il vaut la
peine d'entendre et qui mériteraient peut-être une entente de paiement
qui va favoriser encore une fois le
propriétaire, parce que le propriétaire va ainsi récupérer l'argent dû. Une
entende de paiement qui pourrait
dire : en deux paiements, ou trois paiements, etc., ça dépend des
circonstances, et où le locataire, en plus de son loyer mensuel, paie la
somme due.
Donc, il y a
une... La question est à savoir si, dans la législation actuelle, on peut
trouver une façon de faire en sorte que
le non-paiement de loyer ne conduise pas automatiquement à ce qu'un ménage
perde son toit. Et la question que j'aimerais adresser à la ministre, c'est si elle est, d'une part, sensible à la
situation des... aux difficultés que peuvent avoir un grand nombre de
ménages à payer momentanément... à ne pas payer momentanément ou à avoir un
retard de paiement. Et comment pourrait-on favoriser le paiement du loyer
justement en retard, là, par une mesure de conciliation?
On est en train d'étudier ici toute une
section
qui vise la conciliation entre propriétaires et... entre locateurs et locataires pour différents types de problèmes qui
peuvent concerner un logement. Mais le problème, c'est que les articles qu'on est en train d'étudier, la procédure de
conciliation, laissent de côté encore une fois toute la plus grosse... c'est la
plus grande proportion des cas à la Régie du
logement qui concernent le non-paiement du loyer, là. La question que je lance
à la ministre : Comment peut-on
considérer, comment peut-on favoriser la conciliation pour le paiement du
loyer, là, entre le propriétaire et
le locataire? Y aurait-il... Est-ce qu'elle est prête à nous proposer une façon
de favoriser cette conciliation-là?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Laforest :
Oui. Alors, c'est important peut-être... Parce qu'il ne faut pas qu'il y ait de
la désinformation, puis c'est
important de considérer qu'il y a toujours possibilité de s'arranger, même
après le jugement. Puis, quand je regarde... Puis il y a deux situations, également, qu'on peut donner des exemples
pour vous le prouver. Si on regarde au Grand Nord, dans le Grand Nord, par exemple, il y a eu des
ententes de prises sur 892 demandes. Alors, il y a eu 892 demandes par
rapport, justement, à cette situation-là et
il y a eu des ententes de prises par la suite. Quand, par exemple... à la suite
d'un jugement, bien, encore là, il y a une possibilité d'entente de
paiement par la suite également. Alors, moi, je pense que...
Puis même, si
on regarde... parce que je pense que ça va bien expliquer la situation puis
bien déterminer qu'il y a toujours
possibilité d'entente avant d'entendre la cause avec la conciliation et même
par la suite, après le jugement. Alors, je pense qu'on donne la possibilité aux locataires de bien s'entendre et de
bien prendre les mesures pour payer leur logement. Mais, ceci étant dit,
ils vont quand même être obligés de payer leur logement.
L'autre chose aussi qu'il faut considérer, on
oublie, quand vous parlez, justement : Est-ce que vous respectez les locataires?, bien, c'est certain qu'on respecte
les locataires. On les respecte vraiment, parce qu'avec les offices
d'habitation — puis
c'est avec les offices d'habitation qu'on travaille, vous savez très bien — bien,
avec les offices d'habitation, il y a
toujours possibilité d'avoir des ententes avec les offices d'habitation. Alors,
moi, j'invite les locataires, pour
les causes de non-paiement, par exemple, comme vous le suscitez auparavant,
j'invite les locataires, s'il y a un problème ou quoi que ce soit,
d'aller voir leur office d'habitation et d'essayer d'avoir une entente.
Alors, si on
résume, on peut avoir conciliation avant, on peut avoir conciliation en
attendant que le jugement soit déterminé
puis on peut avoir conciliation avec les offices d'habitation. Ça fait que
c'est peut-être juste une question de désinformation, à savoir que...
C'est peut-être important que les locataires du Québec soient au courant comme
de quoi il y a toujours possibilité de
conciliation, d'entente, de négociation. C'est toujours possible. Ça fait qu'il
s'agit de le faire dans la meilleure
entente, si je peux dire, pour que ça aille bien. Puis les propriétaires, s'il
y a une bonne entente, c'est certain que les locataires vont rester là.
Alors, je ne
veux vraiment pas qu'on parte une campagne de peur parce que ce n'est pas vrai.
Conciliation avant, conciliation
après puis, sinon, conciliation avec les offices d'habitation. C'est
vraiment... C'est un excellent service, puis les locataires sont très bien encadrés. Ça fait que juste peut-être le
mentionner puis que les gens... Les gens le savent, de toute manière,
qu'il y a toujours possibilité d'entente, ou de négociation, ou d'arrangement
quelconque.
Alors, moi,
je pense que j'ai fait quand même le tour de la question puis... Peut-être
juste informer les parties, parce qu'il
ne peut pas y avoir plus que ça. Avant, après, pendant, il y a toujours
possibilité. Mais l'obligation de payer son logement est la base. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la ministre. Je donnerais la parole au député de Viau.
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tous les collègues, donc, et aussi
aux personnes qui nous soutiennent dans nos travaux, donc notre
secrétaire et toutes les équipes de tous les partis autour de cette table.
C'est une
question de précision. Donc, je ne sais pas, avec l'assentiment des collègues,
je pense que c'est peut-être au président...
ce sera peut-être au président de la Régie du logement de nous éclairer
là-dessus, parce que, dans le cadre des échanges, en tout cas, moi, j'essaie de comprendre, en fait, dans le
cadre des échanges sur les questions de retenue du loyer, donc, il a été question que... j'ai entendu qu'il
n'est pas possible en aucun cas de retenir le loyer sous peine d'être
accusé de non-paiement du loyer.
Or, quand je
suis sur le site Web, sur la page de la Régie du logement, et je vais lire
texto ce que je vois dans la rubrique
et les... sur les dépenses en cas de réparations urgentes et nécessaires :
«S'il refuse de vous rembourser — donc, si le propriétaire refuse de vous rembourser — vous avez le droit, même sans autorisation
[de la régie], de retenir sur le loyer à venir les sommes dépensées pour l'exécution des réparations urgentes et
nécessaires.» Donc, ça, c'est sur le site Web de la Régie du logement.
Donc, moi,
j'aimerais savoir : Est-ce que c'est parce qu'il n'y a pas eu de mise à
jour? Est-ce que c'est encore vrai? Donc, ce n'est qu'une précision que
j'aimerais avoir là-dessus.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, je vais
laisser Me Simard répondre, il a le texto de... le courriel devant lui.
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. Simard. Me Simard.
M. Simard
(Patrick) : Oui, merci. Alors, juste pour reprendre, d'ailleurs, le
contexte, alors, on a vu tout à l'heure qu'il y a plus d'une quarantaine de milliers de dossiers en non-paiement
de loyer. Mais souvent, cependant, ce
que l'on constate, parce que
j'ai été moi-même adjudicateur pendant de longues... nombreuses années avant
d'assumer la présidence, les gens vont retenir le loyer, mais en ne
sachant pas que ce n'est pas possible de le faire, aucune sanction.
Alors, par exemple, pour un cas où est-ce qu'il
y a une dynamique... une problématique dans un logement, par exemple,
il y a de la vermine, bon, alors, le locataire va retenir son loyer pour faire
agir le propriétaire plus rapidement
en ayant comme une mesure de contrepoids. Il y a cependant un autre recours qui
est pris par le locataire, en parallèle, en diminution de loyer pour une
ordonnance, une intervention. Plusieurs recours sont disponibles dans les circonstances.
Alors, le
jour de l'audience, le locataire, on va constater qu'il n'aura pas fait le
paiement du loyer, mais il est du devoir du juge, dans son obligation de
secours et d'assistance, d'exposer aux parties l'ensemble de leurs obligations,
notamment, et le juge va, à ce
moment-là, indiquer au locataire que
la retenue de loyer en raison d'une problématique dans le logement n'est pas
permise, et, à ce moment-là, une fois informé, le locataire, bien souvent,
et, sur les 40 quelques milliers de dossiers, il y en a une énorme proportion, dans le cas où ça arrive,
le locataire va faire le paiement sur-le-champ. Parce que le
loyer, il est disponible. Ce n'est pas une problématique d'être incapable de le
verser, mais plutôt dans une dynamique de confrontation.
Alors, beaucoup
de ces dossiers, dans les 40 quelques milliers, se retrouvent réglés au jour de
l'audience sur le non-paiement.
Sinon, il y aura du temps qui sera donné au locataire pour assumer le paiement
du loyer, puisqu'une fois l'audience
tenue le jugement n'est pas rendu, et le locataire peut payer en tout temps
avant jugement. C'est ce que la loi prévoit.
Alors, c'est dans ce contexte-là que surviennent un nombre important
de dossiers sur les 40 quelques milliers que vous avez en non-paiement.
Donc, la
dynamique est beaucoup plus large que ça. Il ne faut pas voir uniquement
non-paiement problématique de loyer parce que
les gens n'ont pas les moyens de l'assumer. Au contraire, c'est dans une
dynamique de confrontation ou de dépôt
d'une demande et d'une autre qui, par la suite, se retrouve devant le tribunal
et qui se... et qui va trouver une solution totalement différente que
l'expulsion.
Je vous
dirais également qu'on va trouver une énorme proportion de
demandes en non-paiement de loyer également dans les offices municipaux d'habitation, et ce pourquoi ça arrive,
c'est parce qu'il faut établir la créance avant, donc
établir le montant du loyer qui est dû pour, par la suite, prendre une entente
en regard du jugement.
Encore une
fois, grand nombre de ces dossiers avec une décision d'expulsion ne sont pas
exécutés. Puis je peux vous dire qu'à
de multiples occasions j'ai eu l'occasion de les voir puisqu'on retrouve
parfois deux, trois, cinq, six mois plus
tard les mêmes locataires devant nous avec le même propriétaire, alors que, déjà,
l'expulsion a été prononcée. Pourquoi? Parce
qu'il y a une dynamique d'entente.
Les gens se sont servis du tribunal pour établir leur créance, faire valoir
leurs droits et obligations, et par la suite ils ont trouvé une solution
eu égard aux dispositions qui ont été prises dans la décision.
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci pour cette précision. Donc, je
comprends que des 41 000 dossiers que le président de la Régie
du logement nous a parlé tout à l'heure, donc, plusieurs de ces dossiers-là, donc, c'est... parfois,
c'est... on n'a pas de ventilation
qu'elles sont les mêmes... Est-ce que c'est... Ce n'est pas
41 000 locataires, ce n'est pas
41 000 propriétaires, mais ça peut être...
Est-ce qu'on a une ventilation, un portrait à partir d'une étude qui a été réalisée
par la Régie du logement, un portrait de la situation par rapport à
cette demande-là, les 41 000 demandes?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Monsieur... Me Simard.
M. Simard
(Patrick) : Alors, comme il
s'agit de recours en recouvrement de loyer et résiliation de bail, il
s'agit de recours intentés par des locateurs dans ces cas-là, dans les 40
quelques milliers de dossiers, effectivement.
Mais, dans la
mesure où... je reviens à votre questionnement principal, c'était à l'égard du
remboursement de la somme, là, alors,
effectivement, on peut constater, le jour de l'audience, que,
bon, le loyer a été retenu — encore
une fois, on le répète, ce n'est pas
possible de le faire — et on va constater, par exemple, que des
dommages ont eu lieu au logement, on
va constater la faute, par exemple, du locateur, et là on va établir certains
paramètres, justement, de remboursement en disant : Bien, voici. On va constater que le loyer a été retenu,
bon, illégalement, mais, dans la mesure où il y a une proportion qu'on
peut déjà établir, on peut quantifier, on peut justement voir l'équilibre des
droits des uns et des autres et de dire : Bien, voilà, le loyer sur lequel
je vais statuer, ce n'est pas la totalité, mais une somme, une
partie de.
Alors, il y a
beaucoup de mécanismes ou de règlements qui se retrouvent également devant le
tribunal. Une fois confronté à l'ensemble de la preuve, le juge va
déterminer, avec la preuve présentée par les parties, quelle est la solution
appropriée et qui ne se termine pas, je le répète, en résiliation toujours,
vraiment pas.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
la parole est à vous.
Mme Thériault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Lors
des échanges avec le collègue de Laurier-Dorion, vous avez fait état de la quantité de causes devant la Régie
du logement, mais présentement, avant les modifications qu'on est en
train de faire, normalement, un locateur qui
veut que sa cause soit entendue, c'est quoi, les délais? On parle d'au moins
trois mois, à peu près, avant qu'on
soit devant la Régie du logement en train d'essayer de trouver... Dans le cheminement normal, là,
O.K.?
Mettons quelqu'un va déposer sa demande au bout de 21 jours.
Bon, parfait. Là, après ça, il y a des délais de temps sur... on reçoit, la procédure, etc. Donc, ça veut
dire qu'un propriétaire, un locateur,
normalement, va peut-être voir entendre sa cause, il va passer devant le tribunal au bout de deux mois, trois
mois, donc on peut comprendre qu'il y a quand même un bon montant
d'argent qui peut être en jeu aussi, le temps que les litiges se règlent.
Moi,
j'entends, de ce que vous dites, qu'avec ce qu'on est en train de faire ça
devrait réduire de beaucoup les délais parce
qu'on va se donner d'autres manières de pouvoir procéder plus rapidement. Mais
j'entends aussi qu'il y a différents cas de figure devant nous. Quand tu parles des offices municipaux d'habitation,
c'est une chose. Quand tu parles des grands propriétaires, c'en est une autre. Quand tu parles des pas fins qui
laissent les locataires dedans la vermine, c'est un autre type de dossier. Tu sais, il y a différentes
catégories, puis de là... la question de mon collègue, je pense qu'elle était
pertinente aussi, parce que ce sont des problématiques qui sont différentes,
qui demandent peut-être des actions différentes.
que je veux dire par là, c'est que c'est sûr que... Notre collègue de Laurier-Dorion
faisait état que le Québec, c'était pas
mal l'endroit le plus sévère. Bien, le Québec, c'est la seule province au
Canada où il n'y a pas de dépôt de garantie. Pas de dépôt de garantie, ça veut dire aussi, ça... c'est parce que les gens
qui sont dans une situation financière plus précaire, ça veut dire qu'ils n'ont pas les moyens de voir
venir en cas d'imprévus non plus. Mais, dans nos cours d'économie
familiale, on nous a toujours appris qu'il
fallait avoir au moins l'équivalent de trois mois devant nous, au cas où qu'on
perde notre emploi, tu sais. Ça fait
que je comprends que mon collègue de Laurier-Dorion est vraiment très loin du
dépôt de garantie.
Par contre,
moi, je pense que, quand on regarde ailleurs au Canada puis partout où il y a
des dépôts de garantie, il pourrait y
avoir aussi... Moi, je pense que c'est un incitatif, justement, à dire :
Bien, j'ai une somme d'argent qui est là qui peut m'aider à payer mon loyer si jamais il y a un
problème. Je pense que... Moi, de la manière que je le perçois, je pense
que le dépôt de garantie peut aider les gens
qui sont en situation financière beaucoup plus précaire. Donc, c'est bien
évident que, si tu arrives, que tu as
un petit problème avec ton propriétaire pour x nombre de raisons, bien, il y a
déjà un loyer qui est là. Bien, c'est
plus facile de pouvoir s'entendre, il me semble. Puis je pense que, si on
réduit de beaucoup les délais, ça devrait changer considérablement la
dynamique.
Vous savez,
Mme la Présidente, moi, je me suis laissé dire qu'il y a des gens qui vont, des
fois, devant la régie pour un petit
montant, un 40 $, un 50 $, un 75 $. Honnêtement, tu sais,
c'est... Je pense que, quand tu es un propriétaire puis que tu as des bons locataires, bien, tes bons
locataires, tu vas toujours t'arranger avec parce que tu ne veux pas les
perdre, tu sais? Puis j'entends, dans
le débat actuel, que... Oui, je comprends qu'il y a des gens qui peuvent avoir
des difficultés financières, mais,
moi, à mon avis, là, tu sais, tu ne peux pas te faire justice toi-même puis
décider que, dans ta priorité, tu vas payer ton compte d'Hydro-Québec ou bien ton téléphone cellulaire puis tu ne
paieras pas ton loyer. Ton loyer, c'est la base. Tu dois payer ton
loyer.
Donc, c'est
pour ça que... Je comprends, j'entends l'argumentaire de mon collègue aussi. Ce
n'est pas que je ne suis pas
sensible, au contraire, je suis très sensible, Mme la Présidente, beaucoup plus
que vous pouvez vous imaginer pour différentes
raisons que je n'exposerai pas ici. Mais c'est sûr que c'est un dilemme, mais
ce n'est pas sur le poids du propriétaire que doit reposer non plus le fait qu'il y a quelqu'un qui a une
situation financière un peu plus précaire qui va faire qu'il ne paiera pas son loyer. Honnêtement, dans le monde
idéal, tout le monde doit payer son loyer en partant, là. Tu sais, tu ne
peux pas te faire justice toi-même, tu ne
peux pas être le «Robin des banques» non plus puis décider que tu ne paies
pas ton loyer, tu sais. Mais je comprends
aussi qu'il y a des gens qui sont à revenus plus précaires ou dans des
situations qui sont beaucoup plus
délicates, qui, des fois, doivent choisir entre payer leur loyer puis payer des
médicaments. Mais, tu sais, je pense
qu'on est dans une société où on travaille beaucoup pour les plus démunis puis
on les aide, on essaie de les accompagner le plus possible. Je pense que
c'est ça, la justice sociale.
Mais je
comprends que ce qu'on est en train de faire, c'est d'essayer de trouver la
meilleure des solutions. Tu sais, moi,
je pense qu'il n'y aura peut-être pas de solution idéale, mais, en tout cas, il
y a des choses qui ont été testées ailleurs, peut-être ça vaudrait la peine de regarder ici aussi. Puis j'espère que
ce qu'on est en train de faire va vraiment changer la donne au niveau de la Régie du logement, parce que
40 000 demandes d'audition pour du non-paiement de loyer, je
trouve ça particulier. Tu sais, c'est... Je
me dis : Bien là, c'est beaucoup. C'est beaucoup comme chiffre, là. Moi,
je trouve, c'est beaucoup.
Tu sais,
quand c'est des demandes pour non-paiement, puis que le propriétaire n'a pas
été diligent, puis qu'il n'a pas fait
enlever la vermine, là, tu sais... Il y a un cas célèbre qui a fait les médias
dernièrement, Mme la Présidente. C'est dans
mon comté, ça. Ça fait que je peux vous dire qu'on est en train de travailler
avec l'office municipal d'habitation, être capable de s'assurer que les... Tu sais, il y a des locataires qui ne
sont pas fins non plus puis qui ne veulent pas participer. Ce n'est pas toujours la faute du méchant propriétaire
puis du méchant office municipal d'habitation, là, loin de là, tu sais.
Je ne veux pas parler de ce cas-là particulièrement, mais il y en a d'autres
ailleurs.
Ça fait que
je pense qu'il faut responsabiliser et les propriétaires et les locataires. Tu
sais, c'est une entente, hein? On
signe un bail. Ça fait que moi, je te passe mon bien, je te passe mon logement,
puis, toi, ta responsabilité, c'est de payer pour ça. On s'est entendus sur un prix, on s'est entendus sur des
conditions, avec ou sans chauffage, avec ou sans électricité, avec l'usufruit de la cour ou pas puis un paquet
de choses. Mais, dans une société civilisée comme la nôtre, bien, le
minimum, c'est de respecter l'entente et le bail qu'on a signé. Ce n'est pas
pour rien qu'on a signé un bail, tu sais.
Donc, peut-être que ça serait intéressant
d'entendre ce que la ministre a à dire là-dessus.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Laforest :
Bien, je vais y aller rapidement, parce que ça fait quand même un petit bout
qu'on discute sur ce sujet-là. Puis
je suis vraiment heureuse d'entendre notre députée d'Anjou—Louis-Riel être quand même impressionnée du
nombre de causes de non-paiement au Québec.
Puis ce serait peut-être bon... Parfois, on sort des commissions puis on
dit l'enjeu qui a été discuté vraiment dans
une commission parlementaire, puis ce serait peut-être bon aujourd'hui de citer
qu'il y a 46 000 causes de
non-paiement de loyer. On pense souvent que les causes de non-paiement sont
fréquentes mais pas énormes. Elles sont très nombreuses. Ça fait que
46 000 locataires qui ne paient pas leur loyer, c'est énorme au
Québec.
Alors, il
faut considérer également que, oui, on donne tous les moyens à la Régie du
logement d'être plus rapide. Et le
délai, parce que c'était questionné tantôt, le délai en cause de non-paiement,
c'est entendu et réglé dans un délai maximum de 45 jours, et une cause régulière est entendue dans un délai de
50 jours. Ça, c'est des chiffres qu'on a en 2017. Mais c'est sûr qu'on ne peut pas sortir les chiffres
aujourd'hui parce qu'on ne les a pas également, on ne les a pas au complet,
puis ce serait faire outrage. On ne peut pas
les sortir. Mais, quand on regarde ça, quand même, 45 et 50 jours, c'est
assez rapide.
Alors, moi,
je remercie vraiment le commentaire de la députée d'Anjou—Louis-Riel, parce que, quand quelqu'un prend vraiment connaissance et prend conscience,
de voir le nombre de causes non... de logement non payé, c'est énorme. Puis ça, ça fait... bien, veux veux pas, ça
augmente les causes à la Régie du logement. Ça fait qu'il faut vraiment, en
résumé, payer son
loyer, parce que c'est sûr que ça ne réglera pas le problème si on ne paie pas
notre loyer. Et, même si on paie notre
loyer, ça ne changera pas l'idée du propriétaire de dire : Je vais quand
même essayer d'aller en conciliation. Parce que nous, on donne du mordant à la conciliation. Il va y avoir une personne
toujours sur place. Quand le locataire ou le locateur va arriver, il y a
toujours une personne qui va être sur place pour entendre et offrir la
conciliation.
Alors, je
pense que, ceci étant dit, on a fait le tour de la question. Puis, en
terminant, bien, il faut encore mentionner qu'on a 260 millions qui est donné dans notre budget pour la
construction des AccèsLogis. Les projets, je peux vous dire que ça va très, très bien. Dans plusieurs
municipalités, il y a des projets qui sont commencés, puis ça se passe très,
très bien. Alors, c'est certain qu'il
y a... On est comme, si je peux dire, limités dans notre nombre de logements
disponibles au Québec, mais, avec AccèsLogis, on va en construire.
Alors, je
vous remercie. Mais c'est peut-être important, des fois, de mentionner en
sortant d'ici : N'oubliez pas de payer
votre logement. Ne l'oubliez pas, parce que ce n'est pas ça qui va accélérer
votre cause. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la ministre. Je donne la parole au député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
41 000, ça a été dit par la députée d'Anjou—Louis-Riel, réitéré par Mme la ministre.
41 000 cas de non-paiement de loyer, là, c'est, encore une fois,
énorme.
Rendu à ce
chiffre-là, Mme la Présidente, on peut se poser des questions, hein? Et, vous
savez, un cas sur 1 000 de non-paiement
de loyer, ça peut arriver, ça peut être une personne, à la limite,
irresponsable. Deux, peut-être il y en a un d'irresponsable, un autre qui a eu un problème majeur. Mais 41 000,
il faut se poser des questions, là, sur quelque chose qui ne fonctionne pas tout à fait, là, en termes de
capacité de payer, déjà. Est-ce que les gens... Et là on déborde carrément,
hein? Mais c'est important de se poser ces questions-là en tant que
législateurs, là. On a une problématique, 41 000 ménages, familles qui ne paient pas, qui ne réussissent
pas, pour différentes raisons, de payer leur loyer, là. Pourquoi, là? Ça
peut être insuffisance de revenus, ça peut
être des loyers trop chers, ça peut être, etc. Donc, en tant que société, il me
semble que c'est important de se
poser cette question-là, parce qu'il y a 41 000 ménages, dont
plusieurs ménages composés de plusieurs personnes, des familles avec des enfants, qui vont perdre leur logis,
qui vont se retrouver à la rue et courir pour se trouver un autre logement. Et, s'ils ont de la chance, ils
vont finir par en trouver, heureusement, mais, quand même, c'est une
situation dramatique pour 41 000 familles.
On sait que,
dans ces chiffres-là, 41 000, et Me Simard nous l'a expliqué, il y a
différents cas de figure, mais on retrouve
quand même une proportion forte, si la ministre peut nous en informer, de cas
de non-paiement de loyer où le locataire
est dans l'incapacité de payer sur-le-champ, comme Me Simard nous l'a expliqué,
la procédure en vigueur en ce moment,
là, et qui serait intéressé à trouver une voie de conciliation, une entente de
paiement de loyer pour pouvoir conserver son logement et pouvoir continuer à y vivre. Et je pense que, comme
société, on doit regarder cette possibilité-là, surtout dans le cas où
il y a une procédure de conciliation qui est à l'étude en ce moment, là.
C'est-à-dire,
Mme la ministre, est-ce que la mesure de conciliation va aider la principale
cause de litige à la Régie du logement?
D'après ce que j'entends, non. Et la question que je pourrais poser à Mme la
ministre : Est-ce que les juges, à l'actuelle Régie du logement, offrent systématiquement, dans tous les
cas de non-paiement de loyer, là, une possibilité de conciliation? Est-ce qu'ils mettent le personnel
nécessaire pour ce faire, là? Est-ce qu'on pourrait aider ces milliers de
ménages, là, qui ont de la difficulté à
payer à trouver une entente de paiement ou, en d'autres mots, la mesure de
conciliation qu'on est en train
d'étudier en ce moment ne concerne pas les cas de non-paiement de loyer? Parce
que combien de ces 41 000 litiges conduisent à l'éviction? Combien de familles sont mises à la porte à
chaque année parce qu'elles ont rencontré des difficultés de paiement de loyer pendant un mois, etc.? C'est
ça, le vrai problème social qu'il faut se poser, qui est... C'est la
question qu'il faut se poser, là. Combien de
familles se retrouvent à la rue, là, après un non-paiement de loyer, là? Parce
que peut-être qu'il y a des raisons
qui sont justifiées. Et il me semble qu'en tant que législateurs on doit se
poser ces questions-là et prévoir des
mécanismes, justement, parce qu'on est en train d'étudier une mesure de
conciliation qui pourra aider ces personnes-là à rester sur place.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest : En fait, je vais
juste reprendre vos propos, parce que vous dites 41 000, puis là vous
parlez d'éviction. Ce n'est pas 41 000 locataires qui sont évincés,
là. Il faut vraiment faire attention. Il y a 41 000 causes de non-paiement. Il faut faire attention. Là, vous
allez tout de suite dire qu'il y a des... que c'est une question d'éviction.
Ce n'est pas ça du tout. Puis, juste pour
résumer puis reprendre ce que je disais auparavant, quand les gens arrivent
pour entendre leur cause, ils ont la
possibilité d'avoir la conciliation. Le locataire n'a qu'à le demander. Il y a
une personne qui est là, sur place.
Mais ce n'est pas le juge qui va obliger une conciliation entre les deux parties.
Sauf que, si le locataire veut avoir la possibilité d'avoir une
conciliation, le locataire a la possibilité de l'avoir.
C'est juste
pour reprendre vos propos. Il faut faire attention. On ne parle pas de
41 000 cas d'éviction ici, là. Alors, il y a la possibilité. Alors, il faut vraiment mentionner à tous les
locataires du Québec qu'ils ont la possibilité, avant d'entendre leur
jugement, d'avoir la conciliation. Ils ont tous les moyens. Ils ont tous les
moyens. Merci, Mme la Présidente. Moi, j'ai fait le tour, personnellement.
Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais céder la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Dans le débat, parce que
la ministre l'a dit, je pense, c'est important d'entendre qu'il faut payer son loyer, il y a une cause qu'on n'a pas
parlé ici, mais il y a une cause à effet, il y a un résultat final en bout de ligne
aussi que les gens sous-estiment beaucoup, c'est que, si le locataire a perdu
sa cause, il y a un jugement qui est
rendu. Bien, le jugement fait qu'il est judiciarisé, puis ça laisse des traces
quelque part. Ça fait que n'importe quel autre propriétaire va pouvoir voir qu'il y a quelqu'un qui n'a pas payé
son loyer. Ça va être encore plus difficile.
Puis souvent, bien, tu as le jugement
qui est là, qui te condamne à payer, ça fait qu'évidemment, là, on judiciarise
des gens qui, en principe, ne
devraient pas l'être. Puis on aura l'occasion d'en reparler plus tard, Mme la Présidente. J'ai jugé bon d'en parler là parce que ça laisse une trace quelque
part. Les gens sous-estiment qu'ils
vont en cour puis qu'ils peuvent perdre, parce que, des fois, ils n'ont
pas raison de ne pas payer le loyer, ça fait qu'on augmente le dommage qu'on se
fait soi-même.
Ça fait que je
voulais juste qu'on puisse le dire, pour que les gens qui suivent nos débats...
Parce que les gens sous-estiment les
impacts. Quand tu perds ta cause, tu es condamné à payer. Tu es judiciarisé, tu
as un dossier, ça te suit tant que tu ne l'as pas payé.
Eh! on a des demandes
de pardon pour du pot, Mme la Présidente, là, depuis qu'on a changé la législation.
Savez-vous que des demandes de pardon pour
ceux qui n'ont pas payé leur loyer, ça peut leur traîner à vie? Tu peux
faire... Tu sais, tu peux avoir fait un faux
pas quand tu avais 18 ans, 19 ans, puis ça va traîner toute ta vie.
Les gens ne le savent pas, ils ne
sont même pas conscients. Ce n'est pas effacé, là. Ça reste là, là. Ce n'est
pas effacé. Ça, c'est une autre problématique, on reviendra plus tard.
Mais,
honnêtement, là, c'est grave, un non-paiement de loyer, très
grave. Mais les gens ne semblent pas conscients de toutes les conséquences. Ça fait que je voulais juste l'ajouter ici, Mme la Présidente, parce qu'à mon sens la ministre
a raison, puis notre collègue
aussi a raison. C'est sûr qu'on ne peut pas résoudre toutes les questions.
Tu sais, le fait que les gens soient
incapables de payer leur loyer, ça déborde largement les travaux de la commission,
largement l'étude du projet de
loi qu'on a devant nous. Par contre,
il y en a, des conséquences, puis les gens ne sont malheureusement pas assez conscients des conséquences que ça peut donner. Voilà.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vais céder la parole au député de Laurier-Dorion. Il vous reste à peu près une minute.
M. Fontecilla :
Une minute? Merci. Écoutez, j'aimerais juste apporter une précision. Je n'ai
pas dit que les 41 000 cas de
non-paiement de loyer à la Régie du
logement conduisent à l'éviction. Ce
que j'ai... J'ai posé une question : Combien de ces litiges
concernant des non-paiements de loyer conduisent à l'éviction, là? Est-ce que
c'est la moitié? 20 000? Est-ce que
c'est trois quarts? Est-ce que c'est... En tout cas, je peux vous...
je suis sûr que la plupart... qu'il y
a beaucoup... une proportion extrêmement importante de ces gens-là qui finissent par l'éviction. Et,
comme l'a dit la députée d'Anjou—Louis-Riel,
ce n'est pas une situation anodine, parce que c'est un dossier qui vous
suit. N'importe quel propriétaire peut
aller consulter les banques d'informations de la Régie
du logement et savoir si un locataire
a payé ou n'a pas payé, à un moment
donné dans sa vie, là, son loyer. Et
ça peut le pénaliser lourdement pendant le restant de ses jours, lui et sa
famille. Donc, il est important de favoriser la conciliation dans les cas de
non-paiement de loyer. Merci.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Je donnerais la parole à Mme la ministre
ou à Me Simard.
Mme Laforest :
Non, j'ai terminé. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Ça va?
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Donc, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui.
M. Fontecilla :
Vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, nous allons procéder par vote nominal. M.
le secrétaire.
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
Le Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Thériault : Contre.
Le Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Abstention. Donc, c'est rejeté.
Est-ce qu'il y a
d'autres amendements qu'on veut déposer? Donc, on va procéder à la mise aux voix de l'article 78. Est-ce que l'article est adopté?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Pardon?
M. Fontecilla : Sur division.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Sur division.
Mme Thériault : Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui.
Mme Thériault : Avant de passer à l'article 79, parce que le 78 vient d'être
adopté, je dois faire une brève déclaration, Mme la Présidente. Vous savez, les gens suivent nos travaux. Cette
réforme-là, elle est attendue, évidemment, et j'ai eu une communication, vendredi, avec une personne, dont
je vais vous faire état ici. J'aimerais avoir la possibilité de lire ce
qu'on m'a envoyé.
Parce qu'on a adopté l'article 76, qui,
semble-t-il, peut poser des problèmes. Je sais que l'article est adopté, Mme la Présidente, qu'on est rendus au 79, on vient de passer le 78. Mais, vous savez, je
dis ici régulièrement que,
lorsqu'on sait qu'il y a quelque chose qui
est brisé, notre responsabilité, comme législateurs, c'est de l'arranger. On
est tous animés de... oui, on veut
bien faire, on veut que la loi soit bonne, puis des fois, dans la rédaction, on
peut créer un certain petit malaise ou un problème sans s'en rendre
compte.
Donc, par
souci de transparence, j'aimerais ça faire état d'un courriel qui m'a été
envoyé. Je vais le lire, Mme la Présidente, et je vais demander à Mme la
ministre un petit peu de patience. C'est juste deux côtés, mais, par contre, ça
va éclairer.
Puis moi, je
n'amène pas juste : Bien, on a un problème. J'ai aussi une piste de
solution pour aller avec et je pense que,
lorsque j'aurai terminé, on va certainement demander une courte suspension pour
que Me Simard puisse discuter avec les
légistes, en arrière, et Mme la ministre, par rapport à ce que je vais vous
dire, parce que je pense qu'on doit faire un amendement à un
article
qu'on a déjà adopté.
Donc,
le courriel m'a été envoyé par Me Frédéric Sylvestre concernant...
«Objet : Projet
de loi n° 16,
article 76 en lien avec
l'article 30.2 de la
Loi sur la Régie du logement.
«Mme [la députée
d'Anjou—Louis-Riel] — parce
que je n'ai pas le droit de m'appeler par mon nom.
«Le projet de loi n° 16 soulève un questionnement important de la part de
l'association des juges administratifs de la
Régie du logement à l'égard de la proposition d'ajout à l'article 30.2 de
la
Loi sur la Régie du logement d'une compétence générale conférée aux greffiers spéciaux de la Régie du logement pour
rendre jugement dans toute demande — en lettres majuscules — toute
demande — sauf une
toute petite exception visant la conservation des stocks de logement — du seul consentement des parties — entre parenthèses : la
partie ajoutant
l'autorisation pour des affaires procédant par défaut n'étant pas en
cause ici.
«L'article 30.2
se lit actuellement comme suit :
«"30.2. Le
greffier spécial peut décider de :
«"1°toute
demande ayant pour seul objet le recouvrement du loyer ou la résiliation du
bail pour le motif que le locataire est en
retard de plus de trois semaines dans le paiement du loyer, ou à la fois le
recouvrement du loyer et la résiliation du bail pour ce motif, si au temps fixé pour l'audition, il y a absence
de l'une des parties bien qu'elle ait été dûment avisée;
«"2°l'autorisation
de déposer le loyer en vertu de l'article 1907 du Code civil;
«"3° toute
demande ayant pour objet la fixation du loyer ou la modification de la durée ou
d'une condition du bail en vertu de l'article 1947 du Code civil.
cette fin, le greffier spécial est réputé régisseur et a tous les pouvoirs,
devoirs et immunités de ce dernier, sauf le pouvoir d'imposer
l'emprisonnement."
«Le projet
ajouterait, entre autres :
«"5° — donc, le projet de loi — toute autre demande, à l'exception de celles
visées à la
section II du présent chapitre, si, au temps fixé pour l'audition, il y a absence de l'une des parties
bien qu'elle ait été dûment avisée ou — souligné — si les parties y consentent."
«L'association des
juges administratifs soumet qu'un tel libellé comporte une erreur fondamentale
puisqu'il autoriserait le pouvoir du
greffier d'entendre même les causes contestées de toute nature, et ce, du
simple consentement des parties. Or,
il est évident que le greffier — qui est par ailleurs conseiller juridique à
la régie — n'a
aucunement les garanties d'indépendance
requises au sens [de la charte]. Le fait qu'un consentement soit donné par des
citoyens n'implique pas qu'il soit
éclairé, encore moins que l'une ou l'autre des parties, insatisfaite du jugement,
ne puisse par la suite reprocher ce manque apparent d'indépendance afin d'invalider la décision défavorable. Bien
qu'il soit important de simplifier l'accès à la justice, cela doit se faire sans mettre à mal les garanties
minimales de qualité de justice et d'indépendance. Je suis certain que
cela n'est pas le but du législateur et que
cette coquille peut être corrigée rapidement. Vous trouverez d'ailleurs
ci-joint un mémo détaillant notre position sur la question, pour vous
convaincre de l'illégalité de la mesure proposée.
«Nous
convions donc humblement le législateur à éviter une erreur et s'assurer que la
modification se limite à ce qui est
nécessaire pour simplifier l'accès à la justice administrative sans mettre à
mal les principes fondamentaux d'indépendance. Il suffit de proposer des amendements de manière à ce que les termes
"toute autre demande" "si les parties y consentent" — donc, ces deux expressions-là — ne puissent pas viser les demandes
contestées au fond. Pour corriger le tout, le plus simple serait de
biffer les termes "si les parties y consentent". Ainsi,
l'article 30.2 se lirait comme suit :
«"5° toute
autre demande, à l'exception de celles visées à la
section II du présent
chapitre, si, au temps fixé pour l'audition, il y a absence de l'une des
parties bien qu'elle ait été dûment avisée."
libellé faciliterait suffisamment l'accès à la justice en ajoutant des pouvoirs additionnels aux
greffiers, tout en respectant les garanties d'indépendance.
«Nous
sommes certains que cette situation a échappé à tous les intervenants et que le but
de cet amendement n'avait pas pour objectif d'aller aussi loin, mais simplement de proposer
une certaine souplesse, à laquelle tous adhèrent. Il faut maintenant
limiter la portée de cet
article afin d'éviter que les greffiers puissent
entendre des causes contestées au fond, contrairement aux garanties
minimales d'indépendance que ces greffiers ne peuvent rencontrer actuellement.
Par exemple, au-delà du fait que ces
greffiers ne répondent pas au test objectif d'indépendance de la Cour suprême,
il faut ajouter que la Cour d'appel,
dans AJACLP c. Québec 2013 QCCA 1690, a mentionné que le fait d'être
syndiqué est incompatible avec l'indépendance
institutionnelle requise par la fonction de juge administratif. Or, lesdits
greffiers sont justement syndiqués.
«[Donc,] on peut me
rejoindre en tout temps[...].
Évidemment, Mme la
Présidente, j'ai le mémo interne, ici, qui fait état de la jurisprudence et des
pouvoirs des greffiers spéciaux, ainsi que la référence à la cause que je vous
ai mentionnée.
Donc,
évidemment, Mme la Présidente, je suis consciente que peut-être je prends un
peu de court la ministre, ce matin,
avec le fait que je jeux revenir à un
article qui a déjà été ouvert. Vous
savez, moi, je dis souvent ici, bon : Nous autres, on fait les lois, on comprend qu'on a des
législateurs qui sont qualifiés, mais le principe du juridique, aussi, c'est de
s'assurer que, quand on fait une loi, elle
est bien faite puis que... Des fois, bien, à la lecture de l'article, on peut,
à première vue, ne pas déceler une
problématique, puis, quand les gens commencent à la regarder dans le
pratico-pratique, bien là, tu peux dire : Oui, on va peut-être un
petit peu trop loin.
Donc,
évidemment, moi, je pense que les juges administratifs, on ne les a pas
entendus ici non plus, en commission parlementaire,
lorsqu'on a déposé le projet de loi qui touchait la Régie du logement. C'est
normal, on n'entend jamais la Conférence
des juges administratifs. Par contre, bon, dans ce cas-ci, on a signifié que ça
posait un problème, malheureusement.
L'étude du projet de
loi va très bien, Mme la Présidente, donc la missive est arrivée un peu plus
tard, parce qu'on avait déjà adopté l'article 76. Donc, je veux juste
m'assurer, à ce stade-ci, qu'on puisse répondre adéquatement à
Me Sylvestre, qui m'a fait parvenir ce courriel, ainsi que la note sur la
compétence des greffiers spéciaux de la Régie du
logement, que je peux bien vous lire, là. Mais je ne veux pas prendre plus de
temps, non plus, je pense qu'on peut peut-être aussi faire des copies,
on peut les distribuer aux collègues.
M. Simard :
...déposer le document?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien, c'est ça, je voulais demander si vous le
déposez.
Mme Thériault : Oui, je vais déposer le courriel et le document. Juste,
Mme la Présidente, je vais biffer le numéro de téléphone de la personne, ce qui est peu normal, parce qu'à partir du
moment où je dépose on comprend que c'est un document qui est public.
Donc, ça va permettre aussi aux gens de pouvoir en prendre connaissance.
M. Simard :
...titre cette personne écrivait à la députée d'Anjou?
Mme Thériault :
Comme représentant des... ne bougez pas...
Mme Thériault :
Non, des juges administratifs. Je vais vous le sortir, ce ne sera pas long.
M. Simard :
...il parle au nous.
Mme Thériault :
Oui, bien, c'est parce qu'il parle au nom...
M. Simard :
Enfin, on verra peut-être dans la lettre.
Mme Thériault :
Oui, il faut juste que je le retrouve. Je m'excuse.
Présidente (Mme Dansereau) : On va le déposer, et M. le
secrétaire va vérifier ces informations-là. En attendant, de toute façon, ils vont déposer le courriel,
on va faire les copies. Et, à ce moment, je donnerais la parole au député de
Mégantic. Non? Ça va?
M. Jacques :
...une intervention que je voulais faire.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Ah! O.K. Merci. Oui.
Mme Thériault : ...soulève un questionnement important de la part de l'association des juges administratifs de la Régie du logement. Donc, on peut penser que Me
Sylvestre fait
partie de l'association des juges administratifs de la
Régie du logement. En tout cas, il est avocat
La Présidente
(Mme Dansereau) : On dépose le document, le secrétaire va vérifier...
Mme Thériault :
...à la ministre le temps de répondre parce que les collègues vont prendre
la...
Présidente (Mme Dansereau) : On va suspendre quelques
instants pour distribuer des copies
puis qu'on puisse en prendre connaissance. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 41)
La Présidente
(Mme Dansereau) : Nous allons reprendre les travaux.
Est-ce que la députée
d'Anjou—Louis-Riel
avait d'autres commentaires? Là, le document a été déposé.
Mme Thériault : Oui, absolument,
Mme la Présidente. Évidemment, je pense que, pour la bonne marche des
travaux, c'est important
que le document soit public. Ce que j'ai demandé, c'est à biffer
le numéro de téléphone et la personne qui m'a envoyé l'information. Et
cette correspondance-là, Me Sylvestre, c'est l'avocat de l'association, et il
est inscrit au Registre des lobbyistes, dûment inscrit. Donc, je pense que ça
clarifie l'objet.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il le sera. Merci. Je céderais maintenant la
parole à Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui. Après consultation, c'est vraiment important de mentionner que... On
parlait, justement, du pouvoir des greffiers, des greffiers spéciaux,
d'augmenter leurs pouvoirs, si je peux dire, dans leurs applications. Ce qui a
été mentionné ici, c'est que... la première qu'il faut considérer, c'est
évidemment que le projet de loi n° 16 est vraiment spécifique sur
l'accélération des causes entendues à la Régie du logement. Alors, le pouvoir
des greffiers spéciaux... était vraiment
essentiel de leur donner plus de pouvoir. Ceci étant dit, les greffiers
spéciaux sont tous avocats. Ça, ce n'est pas inquiétant parce que ce
sont tous des avocats.
Puis
également, pour les causes de non-paiement, bien, ça, c'était la demande du
Protecteur du citoyen, qui avait fait
la demande. Puis, pour, justement, le pouvoir des greffiers spéciaux, ça, ça a
été demandé, c'était une recommandation des légistes du ministère de la Justice, d'aller plus loin, alors, étant
donné qu'on veut accélérer le nombre de causes. Par contre, par contre, s'il y a une décision qui est
rendue qui ne satisfait pas la ou les parties, bien, il y a toujours la
possibilité de révision, justement, avec le membre du tribunal.
Alors, moi, c'est certain que, si on regarde
notre projet de loi n° 16, disant que nous venons donner des dents à la
Régie du logement pour accélérer les causes et la manière de fonctionner à la
Régie du logement, c'était essentiel de revoir le pouvoir des greffiers
spéciaux. Par contre, il ne faut pas craindre que, s'il y a demande, admettons,
d'une ou deux parties, bien, les parties
vont pouvoir être entendues par un membre à ce moment-là. Ça fait que ça
n'enlève pas la possibilité, justement, que les causes soient entendues
par un membre du tribunal, du tout. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Et je vais donner la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Mme la Présidente, dans ce que
je dépose, évidemment, je pense que tout le monde s'entend que les greffiers spéciaux ont un rôle à jouer, il
n'y a pas de problème. O.K.? Je pense que ce n'est pas qu'on leur donne plus ou moins de pouvoir. Moi, je suis partante,
là, O.K.? Dans l'ancien projet de loi, on l'avait aussi. O.K.? Ça fait
que ce n'est pas que je suis d'accord ou
pas. Honnêtement, je pense que c'est correct qu'on donne plus de pouvoir pour
être capable d'alléger la procédure, de réduire nos délais puis de ne
pas être obligé de tout judiciariser. Je n'ai pas de problème avec ça, c'est
correct.
Sauf que
c'est bien évident que, quand on me dit, à moi, O.K., qu'il y a des greffiers
spéciaux... Là, le petit document, que
je n'ai pas lu, on parle du pouvoir du greffier spécial et de la Régie du
logement, qui dit, ne bougez pas... Et on fait un parallèle aussi avec le pouvoir du greffier
spécial de la Cour supérieure, où les greffiers spéciaux peuvent poser des
gestes, mais pas tous les gestes, puis, je
pense, c'est correct aussi, là. J'entends que, présentement, les greffiers sont
tous avocats à la régie, c'est ce que
la ministre a dit, mais est-ce que tous les autres greffiers spéciaux seront
aussi avocats? Si tel cas, c'est écrit où dans la loi? Et est-ce qu'on
ne juge pas important de pouvoir l'écrire pour s'assurer que, quand...
C'est parce
que, bon, je comprends qu'un membre du Barreau, c'est un membre du Barreau, là.
Mais, quand tu n'es pas membre du
Barreau, tu n'as pas nécessairement la même protection, puis il y a des actes
réservés, protégés, pour les avocats
aussi, qu'on ne peut pas donner à n'importe qui non plus, là. Je ne suis pas
avocate, moi. Je fais des lois, mais je ne suis pas avocate, tu sais?
Ici, à la page 2, on dit : «Les
pouvoirs du greffier spécial et la Régie du logement.
«Créée en 1980, la Régie du logement, qui
succédait à la Cour du Québec, se voyait conférer une compétence exclusive en matière de relations
locateurs-locataires. Un processus était prévu afin de nommer des régisseurs
non assujettis à la
Loi sur la fonction publique.
«En 1981, en
raison du grand volume de causes, le législateur modifiait la
Loi sur la
régie[...], afin de créer la charge de greffier spécial.
«À partir de
ce moment, et comme c'est le cas à l'heure actuelle, le greffier spécial est
choisi parmi les membres du personnel de la régie et nommé par le
ministre responsable, sa compétence est la suivante :
«1° toute
demande ayant pour seul objet le recouvrement du loyer ou la résiliation du
bail pour le motif que le locataire est
en retard de plus de trois semaines dans le paiement du loyer, ou à la fois le
recouvrement du loyer et la résiliation du bail pour ce motif, si au
temps fixé pour l'audition il y a absence de l'une des parties bien qu'elle ait
été dûment avisée;
«2° l'autorisation
de déposer le loyer en cas d'inexécution des obligations du locateur, demande
révisable par le locataire dans les 10 jours du refus et par le
locateur en tout temps;
«3° toute demande ayant pour objet la
fixation du loyer ou la modification de la durée d'une condition de bail.»
Donc, on a vraiment circonscrit les pouvoirs du
greffier spéciaux... du greffier spécial, pardon.
Quand on regarde ce qui se passe à la Cour
supérieure, on dit :
«Celui-ci — le greffier, ses pouvoirs — peut entendre des affaires contestées, mais
seulement en cours d'instance, telle
une modification de demande, des précisions, la production de pièces. Il pourra
être saisi de certaines [...] affaires du consentement des parties, mais
seulement d'un acte de procédure en cours d'instance ou d'une mesure
d'exécution.
«La loi ne
lui donne [...] pas compétence pour entendre des affaires contestées au fond,
sauf par défaut. Mais là encore, sa
compétence est limitée. Ainsi, il ne peut rendre [un] jugement en matière familiale,
sauf homologuer certaines ententes.
«Enfin, il
est établi depuis longtemps que les jugements du greffier spécial de la Cour
supérieure n'ont pas la même valeur
que les jugements du tribunal en matière d'ordonnance et d'injonction, rendues
au mérite, lesquels sont susceptibles d'outrage au tribunal.
«Cela a amené le législateur à adopter une
disposition stipulant qu'une entente portant sur la garde d'enfant ou
d'obligations alimentaires avait la même valeur qu'un jugement de la cour. D'un
autre côté, il [aura] été reconnu qu'un défendeur
pouvait consentir à une injonction au moyen d'un acquiescement à [un] jugement
qui pourrait être avalisé par le greffier spécial.
«Mais il s'agit, dans tous les cas,
d'affaires terminées par un consentement et cela ne donne pas plus
compétence au greffier spécial pour disposer au mérite de litiges, et ce, même
du consentement des parties.
«Car
il est reconnu depuis longtemps que l'on ne peut donner compétence à un
tribunal de consentement, car il s'agit d'une question d'ordre public de
direction.»
Donc,
évidemment, Mme la
Présidente, quand je lis la balance
qui est écrite ici, on dit... «La constitutionnalité
de la régie», O.K.?
«La Cour suprême du
Canada s'est prononcée, sur cette question, en 1983 dans l'arrêt Grondin.
«D'abord,
quant à la fixation de loyer, spécialité des greffiers spéciaux, la cour
détermine qu'il ne s'agit pas d'un pouvoir judiciaire, donc le
législateur québécois pouvait confier ce pouvoir à des fonctionnaires.
ce qui a trait aux autres pouvoirs judiciaires de la régie, ils devaient
normalement relever d'une cour supérieure, dont les membres sont nommés
par le gouvernement fédéral, en vertu de la Constitution.»
Page 3 :
«Cependant, en application de la doctrine de [...] cristallisation des
pouvoirs, le fait qu'avant la Confédération cette compétence avait été exercée par certains tribunaux provinciaux
permettrait au législateur provincial de donner tous les pouvoirs au
régisseur quant aux relations locateurs-locataires[...].
résumé, le Tribunal de la Régie [...] est un tribunal de droit commun exerçant
une compétence complète en matière de bail résidentiel, au même
titre
qu'une Cour supérieure.
«C'est
donc dire que l'on doit analyser les pouvoirs [des greffiers spéciaux] de la régie
en utilisant comme grille d'analyse ceux des greffiers spéciaux de la
Cour supérieure», Mme la Présidente.
Ça fait que c'est
évident que, quand je lis ce qui est écrit ici par rapport aux craintes qui
sont exprimées par l'association des juges
administratifs de la Régie du logement, Mme la Présidente, je comprends qu'il y
a des craintes qu'à l'article 95
on va faire qu'on ne peut pas entendre non plus sur le fond. On verra
certainement plus loin, on aura certainement aussi des discussions là-dessus. Puis, dans le courriel, bien, il y a
quand même deux amendements qui sont proposés. J'ai fait état d'un, mais il y en a deux, là. Il y a le
fait que, bon, on pourrait facilement déposer un petit amendement. Puis
il y a un amendement alternatif aussi que je
n'ai pas lu tout à l'heure, que je vais lire pour les gens qui nous écoutent,
mais c'est écrit, donc vous pouvez le lire, vous aussi :
«On pourrait
alternativement proposer :
«"5°
toute autre demande, à l'exception de celles visées à la
section II du présent
chapitre, si, au temps fixé pour l'audition,
il y a absence de l'une des parties bien qu'elle ait été dûment avisée ou, sur
toute décision intérimaire qui ne décide pas du fond du litige, si les
parties y consentent.»
Je pense qu'on a une
lumière qui s'allume sur le tableau de la ministre, qui est faite par
l'association des juges administratifs de la Régie du logement, Mme la
Présidente.
fait qu'il est évident que je ne peux pas faire comme si on ne m'a pas parlé.
Je suis obligée ici d'en faire état à mes collègues, puis je pense qu'on
est tous au même endroit, sur la souplesse que la régie a de besoin ou que le
Tribunal administratif du logement aura de besoin, on est tous là. Est-ce que
les greffiers spéciaux, ils ont un rôle à jouer? Oui, certainement.
Bien,
je pense qu'il faut entendre aussi ce que les gens nous disent, Mme la
Présidente. Vous savez, on a fait des amendements
tout au long du projet de loi. La ministre, son équipe de juristes, ont accepté
des amendements suite à des discussions
qu'on a eues, très cordiales, très correctes aussi, selon certains commentaires
qui nous ont été faits par les gens qui
sont venus en commission parlementaire, que ce soit le Barreau, la Chambre des
notaires. Dans le cadre de la copropriété, c'était l'association des
gestionnaires de copropriété. Pourquoi?
Parce
qu'il y a une expertise qui est là, il y a des craintes qui étaient légitimes,
on a entendu les argumentaires des gens,
on a fait des amendements, on a fait des aménagements pour faire en sorte que
la loi, qu'on rouvre très rarement, on puisse s'assurer qu'on fasse la
meilleure loi, Mme la Présidente.
Malheureusement,
dans ce cas-ci, je n'ai pas été en mesure de parler avant avec la personne. J'ai parlé vendredi. Bon, on comprend
qu'on revient tous d'une grande fin de semaine, là, on est dans le projet de
loi. Moi, je lis et j'entends, et honnêtement on a une possibilité de deux
amendements devant nous.
Donc,
en toute transparence, Mme la
Présidente, j'en ai fait état, j'ai
fait la lecture du courriel. Les juristes en arrière, Me Simard ainsi que les juristes, autant ceux de
la Régie du logement que du ministère
de la Justice et le sous-ministre de Mme la ministre, sont là. Je pense,
sincèrement, je
pense que même le deuxième amendement, qui est un alternatif tout à fait valable, vient juste baliser
et rassurer les juges administratifs qui auront à rendre des décisions.
Puis
moi, je comprends l'indépendance judiciaire, je la comprends très bien. Les
juges, depuis x nombre d'années maintenant,
ils ont leur comité, ils ne sont pas soumis à aucune pression. Le gouvernement,
ça fait longtemps qu'il ne décide plus
de leur salaire puis de leurs conditions de travail non plus, Mme la
Présidente. Mais, dans ce cas-ci, les greffiers, on comprend qu'ils ne sont pas indépendants, que ce
sont des employés qui sont des fonctionnaires de l'État. Puis je ne veux
rien leur enlever, là, j'ai un immense respect pour toute la fonction publique,
peu importe où ils vont occuper...
Mais
on a vu aussi qu'il y a eu des grèves des juristes de l'État. Ça n'enlève rien,
on a... Mais, tu sais, tu as quand même
un certain pouvoir. Tu n'es pas indépendant comme la justice le commande. Ça
fait que c'est pour ça que je me dis, bien... Quand je lis ça, c'est sûr
que j'ai une lumière qui s'allume sur mon tableau, Mme la Présidente. Donc,
voilà.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Je céderais la parole au député de
Beauce-Nord.
M. Provençal :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je comprends que Mme la députée nous a remis
une... appelons ça un drapeau rouge
qui a été levé par une organisation concernant un article, l'article 76,
qui a déjà été voté, à moins qu'on me
reprenne, là. Et, moi, c'est plus une notion de procédure, là, parce que ce que
je comprends, c'est que Mme la députée voudrait amener deux
amendements...
M. Provençal : ...un, un amendement par rapport à ce qui nous
est déposé. Mais, compte tenu que l'article 76 a déjà été voté, est-ce que... On n'a pas besoin
d'un consentement au départ pour réouvrir l'article? Parce qu'il me
semble qu'on a été, je pense, très
collaborateurs en termes d'écoute. Parce que c'est sûr que c'est vous qui avez
eu la correspondance. Mais il me semble qu'au niveau procédure on a eu
un petit manquement à quelque part, à mon avis.
Mais, ceci étant dit, je tiens quand même à vous
remercier de nous amener un drapeau qui va peut-être nous permettre d'éviter certaines embûches dans le
projet de loi. Mais, moi, c'est... Mme la Présidente, c'est plus un
commentaire parce que je m'y perdais un petit peu dans toute la procédure qu'on
est en train de faire.
Présidente (Mme Dansereau) : Naturellement, là, c'était... je
vais céder... mais il y aura consentement, là, pour réouvrir... il
faudra donner consentement. Je vais céder la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente. Mme
la Présidente, j'apprécie beaucoup l'intervention du collègue, puis il a totalement raison. De consentement, dans
notre Parlement, on peut tout faire. Dans cette commission-ci, on a suspendu
des articles pour laisser le temps aux gens
de travailler. On a même suspendu un article, on n'a pas déposé
d'amendement parce que je ne voulais pas
nuire à la ministre, chose que je n'ai jamais faite, soit dit en passant. On a
comme un 35 quelque part, là,
35 point quelque, qui existe, mais qui n'existe pas, parce qu'il n'y a pas
d'amendement, mais on l'a dit dans le micro
qu'on va revenir. Ça fait que, moi,
ce n'est pas... Je comprends, là, O.K., qu'on a notre règlement, la présidente
va l'appliquer, bon, on peut rouvrir, on ne peut pas rouvrir.
Tu sais, je
suis consciente, là, que c'est inusité. Mais je ne peux pas ne pas faire état
de cette correspondance-là. Et il me
jugeait à propos... plutôt que de faire état de ma correspondance au début de
la séance, j'ai, bon, laissé le collègue terminer sur l'article où on était parce qu'on avait entamé
la discussion la semaine passée, puis c'est bien évident qu'avant de
passer à l'autre article, bien, je devais allumer le tableau... la lumière sur
le tableau de tout le monde, bon.
Ça fait que,
là, moi, par souci de transparence, j'ai distribué les documents. Je pense que
les collègues peuvent les lire. Les
juristes qui sont avec Mme la ministre peuvent regarder. Je comprends ce que la
ministre me dit. Moi, je pense juste qu'on a une grosse lumière qui est allumée, puis il faut la regarder, cette
lumière-là. Puis, contrairement à ce
que Mme la ministre m'a dit, tu sais, la révision, là, on ne peut pas
aller en révision pour n'importe quoi, la révision est limitée à
l'article 30.3. Donc, on ne peut pas
aller... n'importe quoi en révision. Puis, dans l'article 95, on... Parce
que l'article 95 va certainement poser des problèmes aussi sur le
fait qu'on vient encore limiter plus la révision seulement que sur du fond et
pas sur d'autres choses.
Ça fait qu'on
comprend qu'à partir du moment où même les recours pour aller en révision ne
seront pas ce qu'on a présentement,
bien, c'est sûr que le questionnement est valable. Là, question de procédure,
honnêtement, je l'ai vu. On peut le
débattre, on peut attendre, on peut revenir. Moi, je ne m'attends pas à ce
que... Bien, tu sais, c'est sûr qu'on peut faire la discussion, il est adopté, l'article. Je ne ferai
pas une guerre de drapeaux, là, il est adopté. C'est juste que je ne peux
pas être assise ici sciemment en
disant : On va continuer d'adopter la vingtaine d'articles qui nous
restent encore sur la régie ou sur le tribunal administratif sans parler
de ça.
Ça fait que
je suis consciente aussi que les légistes en arrière s'activent et qui... bien,
depuis le début que j'ai fait état honnêtement
et à travers par bon respect de leurs compétences puis ne pas laisser penser
qu'ils ne travaillent pas, là, ce n'est pas vrai, pas du tout, mais je pense qu'ils sont en train de regarder
aussi. Moi, si la ministre, elle dit : Écoutez, on comprend, on
reviendra plus tard. On va voir, on va vous répondre plus tard, on va laisser
les légistes travailler.
On va
continuer, on peut passer à 79. Je n'ai pas de problème. Il y a juste qu'on a
une problématique qui est là, qui est
de fond, puis je pense que ça demande peut-être de regarder un peu plus. Je ne
m'attends pas à ce qu'on me dépose, là, un amendement, là, là, non plus.
J'ai pris tout le monde de court. Bien, le but, ce n'est pas de mettre le monde
en boîte puis de les prendre de court, c'est juste de faire la meilleure loi
possible. Ça fait que, moi, on peut continuer ou on peut passer au 79, je veux juste qu'on me donne un
éclairage par rapport au fait que j'ai amené une situation qui était
nouvelle, c'est tout.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme Laforest : Oui. Alors, bien
évidemment, le président de la Régie du logement veut prendre parole pour
expliquer ce point, cet
article de loi qu'on a voté. Alors, je vais lui laisser
parole.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Me Simard, vous avez la parole.
M. Simard
(Patrick) : Merci. Alors, je pense qu'il est important de rappeler le
contexte, qu'il s'agit d'une demande de
la Protectrice du citoyen à l'égard notamment du non-paiement de loyer qui sera
indistinctement contesté ou non, tout comme
le greffier spécial actuellement, à l'heure où on se parle, entend les affaires
de fixation de loyer contestées ou non dans le même contexte. Et souvent les recommandations que nous avons reçues
des légistes, ce principe-là a été étendu quant aux autres matières, à
l'exception de la
partie 2 de la loi, mais je pense qu'il faut rappeler le
contexte où est-ce qu'il s'agit uniquement dans les cas où il y a consentement.
Il n'y a pas d'obligation de passer devant le greffier, il n'y a pas le
tribunal qui va déterminer que ces causes-là vont passer devant le greffier, il
faut que les parties consentent à ce qu'il y
ait un greffier qui entende l'affaire distinctement d'un membre du tribunal.
C'est similaire, je vous ferai le parallèle, aux clauses d'arbitrage, ce n'est pas différent d'un arbitre. Et je vous
rappellerai que les greffiers spéciaux, chez nous, sont, de tradition, tous avocats
ou notaires et assujettis, tous, au même code de déontologie. Ils ont les mêmes
obligations à l'égard des citoyens,
ils ont les mêmes obligations quant au respect de la loi et ils ne sont pas
distinctement des membres du tribunal, autre
chose qu'avocats. Ils sont tous des professionnels, avocats ou notaires, des
légistes. Et je rappellerai également qu'il y a le rempart qui existe, qui a été prévu au projet de loi quant à la
révision, effectivement, de certaines matières que le greffier pourrait entendre par défaut. Et, je le
rappelle, ce n'est pas différent de ce que les greffiers font actuellement
à l'égard des affaires qu'ils entendent contester également.
je me permets de le répéter, ce n'est pas différent de ce que vous verrez dans
certains autres scénarios, dans d'autres matières où est-ce qu'il y a
des clauses d'arbitrage, où ce sont des arbitres qui entendent les affaires
parce que les gens consentent à aller devant l'arbitre. Alors, le principe du
consentement est important à retenir dans le cadre de l'exercice d'analyse du projet actuellement. Sans le
consentement, ce sont les membres du tribunal. Alors, ça offre aux citoyens
une dynamique supplémentaire de règlement de
leur litige lorsqu'il y a consentement à passer devant un avocat ou un
notaire greffier. Voilà, c'est dans ce contexte-là que le projet aurait été
analysé, étudié et présenté par la suite.
Mme Thériault : ...mais, si on ajoutait «sur toute décision intérimaire
qui ne décide pas du fond du litige»... Je pense que ça ne touche pas... ça ne vient pas réduire le pouvoir de greffier
puis ça vient peut-être sécuriser. À
ce moment-là, si on garde «si les
parties y consentent», il n'y a pas de problème, là, mais qu'on fasse juste
ajouter «sur toute décision intérimaire qui ne décide pas du fond du
litige»... Est-ce que c'est possible de demander un avis juridique?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui.
M. Simard
(Patrick) : Alors... bien,
alors, ça vient évidemment restreindre énormément l'exercice de
compétence du greffier si vous allez de
l'avant avec cette orientation de «toute décision intérimaire», parce que
ça ne vise que des éléments qui ne touchent pas le fond des choses.
Donc,
il y aurait consentement sur toute décision intérimaire qui ne décide pas du
fond du litige. Par exemple, ça pourrait
être une remise, l'ordonnance de certains documents, mais ça ne donne pas la
possibilité, tout comme le permettrait l'arbitrage
devant un arbitre, d'entendre l'affaire en entier et d'offrir ce processus de règlement
de litige supplémentaire aux citoyens. Ça restreint de manière importante
l'exercice de compétence, évidemment.
Mme Thériault : Puis le principe de l'indépendance judiciaire, au niveau
des juges... Parce que c'est un principe qui est reconnu que les juges peuvent avoir toute la marge de manoeuvre de
par leur indépendance. C'est ce qui leur donne la marge de manoeuvre
dans les types de jugement qu'ils vont pouvoir rendre.
ce qu'on est en train de faire, c'est que les greffiers spéciaux vont pouvoir
rendre des jugements, mais ils n'ont pas
nécessairement l'indépendance judiciaire. Puis je pense qu'à peu près n'importe
qui va vous dire que l'indépendance judiciaire est vraiment importante
pour tous, puis que ça ne se négocie pas.
fait que c'est pour ça que je... Quand je lis le petit document qu'on nous a
donné par rapport au fait qu'il y a des gens qui peuvent être avocats et syndiqués, puis je n'ai rien contre les
avocats syndiqués, là, entendons-nous bien, mais je me fais peut-être l'avocat du diable, si vous voulez,
ce matin... on va faire des jeux de mots, mais toujours est-il que je
pense que la question est intéressante.
Puis je comprends qu'il y a un drapeau qui
s'allume. Puis je regarde mes collègues de l'autre côté, puis ils trouvent
tous...
Mme Thériault : Oui, c'est intéressant. Puis il y a des points de vue,
là, qui peuvent être d'un côté puis de l'autre. Moi, j'essaie juste...
Je me dis : On peut-u avoir la meilleure loi possible? On peut-u essayer
de regarder? Parce qu'honnêtement, là, M. le
député de Beauce-Nord l'a bien dit, il est adopté, l'article, Mme la
Présidente, là, O.K.? Je ne partirai
pas toute la journée là-dessus, là, ne soyez pas inquiète, là, O.K.? Je ne veux
pas retarder les travaux. C'est important que la loi avance, O.K., puis
je n'ai pas de problème.
Mais
moi, quand on m'allume une lumière sur mon tableau, en tant que législateur, je
ne peux pas faire autrement que de la
prendre en considération. Ça fait que c'est pour ça que je me dis : Bien,
il y a-tu quelque chose... Ou, Mme la Présidente,
regardez, moi, là, j'entends ce qu'on me dit, mais ce que j'aimerais peut-être
qu'on me réponde, c'est dire : Bien, on va regarder, voir s'il n'y a pas quelque chose avant la fin qu'on
peut regarder. Puis, de consentement, on peut tout faire. On peut
revenir n'importe quel temps, là. Il va falloir qu'on revienne pour les autres,
d'ailleurs.
Ça fait que ça
permettrait peut-être aux gens aussi de se parler puis de parler avec
l'association des juges administratifs de la Régie du logement, mais on peut
continuer d'avancer, là, puis on peut revenir. Le projet de loi, là, il y a 100
quelques articles, ça fait qu'on n'a pas de problème.
Mme Laforest :
...moi, je pense qu'on va clarifier ce point-là. C'est important parce que...
Il y a des arguments vraiment importants ici
qu'il faut noter, puis je pense que ce serait bon de continuer puis de voir. Je
vais laisser Me Simard, puis après ça je vais dire un point aussi. Me
Simard.
M. Simard
(Patrick) : Bien, alors, je vous rappellerai également le libellé de
l'article 30.2 de la loi où on indique clairement que le greffier est réputé membre du tribunal, ayant tous ses
pouvoirs, d'ailleurs. Donc, dans l'exercice de ses pouvoirs, il n'y a
pas de distinction entre les uns et les autres, d'une part.
D'autre part, il faut rappeler, je pense, encore
une fois, que c'est dans un scénario où il n'y a pas d'obligation de procéder de la sorte, que ce n'est pas
différent, encore une fois, de l'arbitrage où est-ce qu'encore une fois ce sont
des membres du Barreau
ou de la Chambre des notaires, que ce sont des avocats ou des notaires, ce sont
des praticiens en droit, qu'ils ont les mêmes droits et obligations que
les membres du tribunal.
Et je vous
rappelle également, encore une fois, le rempart de la révision. Dans la mesure
où il y a une dynamique où est-ce que
la décision n'est pas à la satisfaction des parties, à ce moment-là, il y a un
processus de révision sur l'ensemble des
matières qui ont été entendues par défaut, alors que, si vous avez convenu de
procéder devant le greffier spécial, comme toute autre affaire
d'arbitrage, bien, vous êtes lié par la décision, tout simplement.
Alors, c'est
un processus supplémentaire qui s'offre aux citoyens, tout comme l'est
également la conciliation, qui est un autre mode de règlement de litige,
qui est un mode alternatif. Donc, c'est une offre supplémentaire et non pas un remplacement de quelque chose. C'est que ce n'est
pas à l'exclusion des membres du tribunal qu'ils tiennent compétence,
c'est lorsque les citoyens consentent.
Alors, c'est
une offre supplémentaire et non pas une modification à l'ensemble de la compétence
qui serait déterminée par une mise au
rôle devant le greffier, par exemple. Ce n'est pas du tout ce qui est
l'intention, en tout cas, derrière la rédaction.
Mme Thériault : ...j'imagine que vous pouvez encore
parler à l'association des juges administratifs, voir, là, si jamais on décidait, en cours de route, de
peut-être faire des modifications, parce que, souvent, c'est à se parler qu'on
se comprend, hein, tu sais.
Ça fait que,
moi, c'est tout ce que je vous demande. Je pense que les gens seraient
certainement disponibles à avoir peut-être
une discussion avec vous, puis, si, en cours de route, bien, vous jugez bon de
revenir, go, bon, on reviendra. Moi, je n'ai pas de trouble, là. Je vous
dis, là, on peut passer à 79, là, tu sais.
Je pense que,
si les bonnes personnes se parlent, elles sont capables de trouver la voie de
passage correctement. C'est tout ce
que je veux. Parce que ça m'inquiète, puis je comprends l'objectif qui est
visé. Je serais dans votre chaise, Mme la ministre, là, je ferais pareil, tu sais. On veut avancer, on veut que la
loi soit bonne, on veut qu'on soit en mesure de répondre plus rapidement, on veut que la justice roule,
qu'elle puisse livrer ses jugements le plus rapidement possible, parce que
c'est de la saine gestion administrative. Je n'ai pas de problème avec ça, je
suis d'accord, j'adhère à tout ça. Mais je me dis : Il y a une lumière qui est allumée, puis c'est sûr
que ça me laisse comme un arrière-goût. Ça fait que je pense que peut-être
qu'ils peuvent se parler, puis on peut
continuer et on reviendra, si vous le jugez bon, avant la fin du projet de loi
ou avant la fin de la section.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
On peut continuer, il n'y a pas de problème. Moi, la seule lumière qui
m'allume, en fait, puis c'est peut-être pour rassurer les gens que
peut-être... Là, je dis ça comme ça, parce que, quand on lit dans l'article
30.02 : «À cette fin, le greffier
spécial est réputé membre du tribunal», la seule notification qu'on pourrait
ajouter, puis si ça peut rassurer les
parties, c'est qu'on pourrait ajouter : «À cette fin, le greffier spécial,
obligatoirement avocat ou notaire», c'est là qu'on pourrait juste ajouter cette petite
partie là. Mais le reste, en
soi, moi, je pense que ce qui a été adopté est excellent, puis on irait vraiment... on continuerait dans ce
sens-là. Alors, vous, ça vous rassurerait, parce que c'est ce que vous vouliez
au départ, ajouter «avocat ou notaire». Ça
fait que ce serait peut-être plus cet ajout-là qu'on pourrait faire pour le
spécifier plus clairement, puis après ça on pourrait continuer.
Mme Thériault : Je remercie la ministre pour son
ouverture. Je vais juste vous demander de vous parler avec... bien, pas vous ni nous, là, mais que les gens de
l'association des juges de la Régie du logement puissent parler avec les
juristes soit de la régie, du ministère ou
de la Justice, là, pour être capables de trouver la bonne voie de passage, puis
vous reviendrez en temps et lieu avec un amendement si c'est la voie à
prendre. Je n'ai pas de problème avec ça.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bon, ça va? O.K.
Mme Thériault : Merci, ça me satisfait. Et je
remercie la ministre ainsi que les gens... Me Simard ainsi que les juristes qui sont en arrière de trouver la voie de
passage et mes collègues pour avoir écouté l'argumentaire, vous voyez,
que j'ai fait. Je ne suis pas avocate, mais je pense que...
Une voix : Ça ne vous enlève
rien.
Mme Thériault : ...je
suis capable de plaider, en tout cas. C'est bon. On continue.
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, nous allons poursuivre à
l'article 79 et, en temps et lieu, on demandera s'il y a
consentement pour rouvrir l'article 76. Mme la ministre,
l'article 79.
Mme Laforest : Oui, oui, oui.
L'article 79 :
L'article 55 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement de «la régie» par «le tribunal»;
2° par le remplacement, dans le texte anglais,
de «ex officio» par «on its own initiative».
Article 79,
article 55 de la
Loi sur la Régie du logement. Cet
article apporte une
modification de concordance en lien avec
le changement du nom de l'organisme. Il modifie également le texte anglais de
l'article 55 de la
Loi sur la Régie du logement afin de moderniser
le vocabulaire utilisé. C'est une question de concordance avec le texte
anglais, français.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a des commentaires?
Mme Thériault : Je vais passer juste un commentaire, Mme la Présidente.
Vous savez, ça revient exactement au fond
de ce que je disais avant. Des fois, un mot peut faire une différence dans
l'interprétation de ce que les gens vont en faire. Ça fait qu'on prend le temps de corriger quelque chose qui a été
fait précédemment dans la version anglaise. Des fois, juste de la manière que c'est interprété, à
l'usure ou à l'usage, si vous voulez, c'est là qu'on se rend compte que les
mots ont tous leur importance et une signification. Donc, puisque le
législateur ne parle jamais pour ne rien dire, Mme la Présidente, ça me va pour
la modification qui est proposée devant nous, qui est de concordance.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Nous allons passer au vote. Est-ce que l'article 79
est adopté?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci.
Mme Laforest :
L'article 80 :
L'article 56 de
cette loi est remplacé par les suivants :
«56. Une
partie qui
produit une demande doit en notifier une copie à l'autre partie.
notification de la demande peut être faite par tout mode approprié qui permet à
celui qui notifie de constituer une preuve de la remise ou de la
publication du document.
«Elle
l'est notamment par l'huissier de justice, par l'entremise de la poste
recommandée, par la remise du document en mains propres par un service
de messagerie, par un moyen technologique ou par avis public.
«Quel
que soit le mode de notification utilisé, la personne qui accuse réception du
document ou reconnaît l'avoir reçu est réputée avoir été valablement
notifiée.»
Est-ce qu'on y va
article par
article ou 56.1, je le continue?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je pense que ce serait peut-être préférable,
bien,
article par article.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce que les gens préfèrent
article par
article?
Mme Thériault : O.K. Parce que
c'est long. C'est un
article qui est long. Je pense, la ministre doit
avoir des notes explicatives aussi. C'est toute une section. Donc, je
pense que, oui, c'est la meilleure manière de pouvoir le faire.
Mme Laforest : O.K. Alors, l'article au niveau... l'article 56. Alors, l'article
actuel renvoie au Règlement sur la procédure
devant la Régie du logement, qui
prévoit que la notification se fait par huissier, par courrier recommandé
ou par tout autre mode permettant d'en
prouver la réception. Ce règlement prévoit également que la notification doit
se faire dans un délai raisonnable,
alors que la modification proposée par une autre des dispositions vise à
introduire un délai maximum pour notifier une demande et produire la
preuve au dossier.
La modification
proposée vient détailler plus précisément les modes de notification autorisés.
Elle introduit notamment la notification par
moyen technologique maintenant. Elle établit une présomption selon laquelle la
personne qui accuse réception du document reconnaît l'avoir reçu, est réputée
avoir été valablement notifiée de la demande, ce qui facilitera la preuve lors
de l'audience.
Évidemment,
cet article, si je peux dire, vient aider parce que plusieurs parties se
présentaient en cour sans preuve valable. Alors, c'était important de le
spécifier dans cet
article 80. Est-ce qu'on continue pour
l'article 56.1?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a des commentaires, des
interventions pour le 56? Oui.
M. Fontecilla : Donc, l'article,
ce qui est proposé là, c'est un gros
article et, si je me réfère à ce qui existe actuellement dans le Code
civil, c'est assez bref, là. Et donc
il y a, comment dire, il y a... si on
adopte cet article-là, ça signifie quand même un alourdissement du processus, alors que, vous me corrigerez, mais
j'ose croire qu'à la Régie du logement, puisqu'on n'est pas représenté par un avocat, il y a une volonté
quand même d'accessibilité à la justice qui implique une certaine
simplification, là.
Mais
j'aimerais savoir, là, concernant précisément l'article 56, la situation
actuelle, j'en fais lecture, là, pour le bénéfice des collègues et des spectateurs,
article 56 : «Une
partie qui produit une demande doit en notifier une copie à l'autre
partie dans le délai et en la [matière] prévue par
le règlement des procédures.» Final, ça, ça finit, là, c'est assez bref,
là. Donc, on parle d'un règlement des procédures. Et en quoi consiste ce
règlement de procédures? C'est quoi, la situation actuelle? Bref, je pose la
question à la ministre.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre.
Mme Laforest : En fait, par
exemple, aujourd'hui, il y a au moins 1 200 dossiers qu'on ne peut
pas procéder parce qu'on n'a pas de preuve. Alors, au contraire, on vient
alléger les procédures, parce qu'évidemment les parties... puis on ajoute, évidemment, on est rendu assez
avancé, là, que les parties, par échange de courriels ou textos, par
exemple, peuvent notifier leur demande. Alors, c'est évident qu'aujourd'hui
textos, courriels, ça va alléger les procédures. C'est l'inverse de ce que vous
disiez, complètement.
M. Fontecilla :
O.K. Mais ma question précise, là, l'article... le libellé actuel : «Une
partie qui produit une demande doit en notifier une copie à l'autre
partie dans les délais et [...] la manière prévue par [le règlement] des
procédures.» Qu'est-ce que stipule le règlement des procédures actuel?
Mme Laforest :
Mais le règlement des procédures, en fait, c'est quand vous avez toutes vos
demandes, vous pouvez présenter cette
preuve-là lors du jugement de votre cause. Mais, maintenant, ce qu'il veut
dire, c'est que, par texto, par courriel, les parties vont s'entendre et
également vont avoir des preuves par texto, par courriel, ce qui a allégé... ce
qui allège vraiment la tâche, là.
M. Fontecilla : La
notification, à l'autre partie, là.
Mme Laforest :
Pour la notification et les demandes, oui, à faire, oui, exactement. En fait,
c'est quand même, si je peux dire, c'est qu'aujourd'hui en 2019, avec textos
et courriels, ça va accélérer les demandes.
M. Fontecilla : Donc, l'article 56 tel que proposé par le projet de loi n° 16, donc je fais la lecture rapide :
«...par tout mode approprié qui permet à celui qui notifie de constituer une
preuve de la remise[...].
«Elle l'est notamment par [huissier] de justice,
par l'entremise de la poste recommandée, par la remise du document
en mains propres par un service de messagerie, [ou] par un moyen technologique ou par avis...» Donc, quand
vous dites «par courriel», par exemple, ou «par texto», c'est ça, «par un moyen
technologique»?
M. Fontecilla :
O.K., c'est parfait. Et, dans le code de procédure, le règlement de procédure,
tel que stipulé dans l'actuel
article 56, est-ce qu'il est nommé la poste recommandée, la remise en
mains propres par un service de messagerie ou par un avis public?
Mme Laforest : Par un avis
public, vous dites?
M. Fontecilla : Non, ce que je veux savoir, si, dans le règlement
de procédure, dans l'actuel
article 56, la seule chose qui manque,
c'est le moyen technologique, qui est absent.
Mme Laforest : Non. On vient juste actualiser les procédures, ce
qui veut dire qu'avec... Justement, on se donne plus de moyens technologiques
aujourd'hui pour entendre les causes. On se donne plus de moyens. On se donne
plus de possibilités.
M. Fontecilla : O.K., mais les
moyens technologiques incluent les courriels, les textos...
Mme Laforest : Oui, exact.
M. Fontecilla : ...messages par
Facebook, par tout moyen... «Par un moyen technologique», c'est...
Mme Laforest :
En fait, c'est qu'aujourd'hui le tribunal va considérer ces preuves-là, parce
qu'avant le tribunal ne considérait
pas ça, ces preuves-là, des textos, des courriels. Là, aujourd'hui, on vient
juste offrir la possibilité de considérer ces échanges-là.
M. Fontecilla :
Parfait. Est-ce que c'est à la discrétion du tribunal? Par exemple, si j'envoie
une preuve par texto ou j'envoie une preuve
par Messenger, c'est à la discrétion du tribunal que cette preuve-là va être
signifiée comme notifiée?
Mme Laforest :
Bien, en fait, c'est que le tribunal va demander juste la preuve que ça a été
reçu de l'autre partie. Le tribunal, lui, va considérer que la réception
a été faite par la
partie adverse.
M. Fontecilla : Par tout moyen
technologique?
Mme Laforest : Par tout moyen
technologique.
M. Fontecilla : C'est parfait.
Mme Laforest : C'est bon?
Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je donne la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Mme la Présidente, je
comprends... Présentement, on est obligés de faire affaire soit avec un
huissier de justice soit poste recommandée ou par messagerie. C'est ça? Là, on
veut que la notification par moyen technologique, dont les courriels, soit
acceptée. Ça, je comprends, sauf que, moi, ça m'arrive, des fois, d'attendre
des correspondances, puis elles tombent dans
les courriers indésirables, et c'est bête comme ça, là, ça m'est déjà arrivé.
Ça fait que je fais juste me demander comment on peut, hors de tout doute
raisonnable, là, je vais le dire comme ça, là...
Je comprends
qu'on puisse notifier par courriel, là, il n'y a pas de problème, ou bien
texto. Tu sais, quand tu es d'Apple à
Apple, tu es capable de voir que, le texto, il a été lu, si c'est activé. Moi
personnellement, mes filles, au bureau, là, je peux vous dire que, quand j'envoie un texto, là, ça, ça marche,
hein, ça me dit si elles l'ont lu. Je ne me pose pas la question. Il n'y en a pas une que ce n'est pas mis
là, ça fait que je le sais, qu'elles l'ont lu, O.K.? Mais comment on va
faire pour prouver hors de tout doute que
les gens ont lu le texto ou qu'ils ont reçu le courriel? Je fais juste me poser
la question, parce que tu peux l'avoir envoyé, le courriel, là, puis,
oui, c'est correct, on l'a...
On s'est posé
la question... Honnêtement, quand j'étais ministre de la Protection du
consommateur, puis qu'on a regardé les
points, tu sais, les fameux points Aéroplan, Air Miles, tout le kit, là, qu'on
changeait, puis là tu as l'obligation, maintenant,
pour les grands de ce monde qui ont des programmes de fidélisation, d'aviser le
titulaire de points qui n'a pas fait de
transaction dans son année qu'il va les perdre, ses points, bien, on s'est posé
la question aussi : Comment on fait pour s'assurer que le courriel,
il a vraiment été lu ou que le message texte a vraiment été lu?
C'est juste
une question comme ça, là, parce que, là, c'est devant le tribunal. Ça fait
que, tu sais, si tu n'es pas d'Apple à
Apple ou bien que la chose n'est pas activée, tu ne peux pas savoir si l'autre
personne a lu ton message, là, tu sais. Moi, il y a des gens que j'envoie des messages, puis je le vois, s'il est lu,
ou bien je le vois, s'il n'est pas lu. Bien, ils l'ont lu, mais ils ne
sont pas dans l'Apple, ils ne sont pas compatibles, ça fait que je ne peux pas
savoir, tu sais.
Mme Laforest : Écoutez,
honnêtement, aussi simple que ça puisse paraître, entre vous et moi, quand les
parties veulent s'entendre, elles vont
vérifier : Est-ce qu'elle a reçu mon courriel, est-ce qu'elle a reçu mon
texto? Ça, c'est évident. Ça va faire
comme dans la vie normale, là. S'il n'a pas reçu le courriel, on va téléphoner,
il y a quelqu'un qui va se présenter, on va reprendre les procédures qui
étaient avant... Il y a la possibilité d'avoir l'huissier, parce que toutes les
anciennes démarches sont encore possibles.
Ça fait que, là, aujourd'hui, je pense que pas de réponse par texto, pas de
réponse par courriel, bien, on recommence aux anciennes procédures.
Mme Thériault : O.K.,
c'est beau.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme
la Présidente. Et je comprends effectivement que la motivation qui est derrière cet
article
vise l'objectif global tel qu'évoqué par la ministre,
c'est-à-dire améliorer l'efficacité, donc, des différents
dossiers traités ou reçus au niveau de la Régie du logement.
Mais, sur la question
des moyens technologiques, justement, j'aurais une question. Puisque le fardeau
de la preuve reviendra toujours
à la personne qui a notifié, donc, de dire que... de donner la preuve que la
personne qui a reçu a bel et bien reçu, maintenant, tenant compte de la
complexité de l'usage et de l'utilisation des moyens technologiques, est-ce qu'il y
a des balises? Avez-vous mis en place une procédure spécifique par rapport aux ressources technologiques? Est-ce qu'il y a d'autres tribunaux,
à l'extérieur du tribunal du logement, qui ont des bonnes pratiques à cette
fin-là, qui peuvent être des choses
qu'on pourrait... et que le tribunal du logement va pouvoir utiliser? Telle est
ma question, parce
que, vous savez, par
exemple, un envoi qui se fait, par exemple, par courriel, donc ça va marquer «vu» ou «lu», donc, mais qui
me dit que c'est la personne à qui c'est destiné qui l'a lu, effectivement?
Voilà, donc.
Alors donc, ma question, donc, est-ce
que vous avez déjà en
place des procédures sur l'utilisation des ressources technologiques à cette fin-là? Parce que ce n'est pas rien.
Ce n'est pas rien. On a les causes de justice. Mais, sinon, est-ce qu'il
y a d'autres tribunaux qui ont des expériences similaires qui peuvent être
utilisables chez vous?
Mme Laforest : Je vais laisser Me Simard, par rapport à la question... s'il y
a d'autres tribunaux, je vais lui
laisser le soin de répondre.
M. Simard
(Patrick) : Merci. Alors,
d'une part, il faut savoir que cet article-là est grandement inspiré, c'est un euphémisme, de ce qui existe dans le nouveau Code
de procédure civile, donc, aux tribunaux judiciaires. Donc, ce n'est pas
différent d'ailleurs, vraiment.
Alors, oui,
ça existe ailleurs dans d'autres scénarios que celui du Tribunal administratif
du logement. L'encadrement existe,
mais évidemment il n'existe pas que pour l'exercice devant le
Tribunal administratif du logement ou la Régie du logement puisqu'il s'agit d'une loi. C'est la Loi
concernant le cadre juridique des technologies de l'information qui s'applique
à tous égards, donc autant dans la mesure où vous voulez faire la preuve de la
réception d'un document dans un autre scénario que celui de la Régie du
logement.
Donc, oui, le
cadre existe, et, bien, fort heureusement, on a une obligation prévue à la loi de
renseigner le citoyen. Alors, cette
information-là sera évidemment disponible dans la mesure où le projet de loi franchit toutes les étapes. Donc, il y aura certainement un
moment où est-ce qu'il y aura de l'enseignement à faire sur la manière de...
mais tout ça est bien encadré déjà par la législation en place.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. On l'a vu tantôt, on l'a entendu, là, plus des deux tiers des litiges à
l'actuelle Régie du logement concernent
le non-paiement des loyers, là. Qu'est-ce qui va se passer, là, je pose à la
question, là, si, par exemple, on envoie une demande de résiliation du bail... on notifie plutôt un locataire sur
le dépôt d'une demande de résiliation de bail pour non-paiement de loyer et on envoie ça par
courriel? Bon, on sait que, peut-être, ce n'est pas l'ensemble de la population
qui utilise assidûment les courriels. Nous-mêmes, nous sommes submergés de
multiples courriels. Ça exige une attention de tous les instants.
Donc, la
question que je pose à la ministre, là : Qu'est-ce qui va arriver si une
personne est supposée avoir été notifiée par courriel, mais cette personne-là, elle n'y va que très peu souvent,
et finalement elle n'ouvre pas ce courriel-là, et la cause suit son cours? Qu'est-ce qui va arriver à cette
personne-là qui a été notifiée du dépôt d'une demande de non-paiement de
loyer ou de résiliation de bail à la régie?
Mme Laforest : On revient, comme je le disais tout à l'heure, aux anciennes procédures, une lettre, l'huissier. On revient aux anciennes procédures. Avec les courriels, les textos, on
vient ajouter des possibilités technologiques, ça, vous comprendrez. Si, admettons, courriel, courrier
indésirable ou, peu importe, texto non lu, on revient à l'ancienne
procédure. Donc, on peut envoyer un
huissier, on peut envoyer une lettre par la poste, on revient aux anciennes
procédures, parce que...
Je vais vous
expliquer, en fait, pourquoi on fait ça, c'est parce qu'il y a énormément de
causes, au départ, là, qui sont retournées
dû au manque de pièces justificatives. Aujourd'hui, on offre la possibilité,
parce que plusieurs personnes arrivent en
disant : Je ne le savais pas, on ne m'a pas convoqué, le propriétaire n'a
pas essayé de me rejoindre. Alors là, étant donné qu'on ouvre la possibilité à ajouter des
communications par courriel, par texto, ça va être difficile aujourd'hui que
les locataires disent : Bien, je n'ai pas eu aucun avis, je n'ai
pas eu d'échange avec le propriétaire.
Alors là, on
vient ouvrir un éventail de possibilités de communication entre le propriétaire
et le locataire, sauf que, si le
locataire n'a pas de courriel ou n'a pas de cellulaire, par exemple, bien, on
garde les anciennes procédures qui étaient déjà en place et qui seront
toujours en place. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Est-ce que ça va? On peut
continuer? Mme la ministre, vous pouvez continuer les articles.
Mme Laforest :
«56.1. Lors de sa notification, la demande doit être accompagnée des pièces à
son soutien ou d'une liste des pièces indiquant que celles-ci sont
accessibles sur demande.»
En fait,
c'est que, quand la personne se présente, ça va être obligatoire d'apporter ses
pièces justificatives puis de les transmettre obligatoirement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce que ça va?
Mme Laforest :
Oui, parce que, souvent, bien, quand la cause est entendue, la
partie n'a pas
avec elle la justification de la
partie adverse. Alors là, on ouvre la possibilité que les deux parties aient
toutes les pièces justificatives, autant le locataire que le locateur.
La Présidente (Mme Dansereau) :
S'il n'y a pas d'autre commentaire, on continue. Mme la ministre.
Mme Laforest :
«56.2. La preuve de la notification ainsi qu'une liste des pièces au soutien de
la demande doivent être déposées au
dossier du tribunal. Ce dernier peut refuser de convoquer les parties en
audience tant que ces documents n'ont pas été déposés.
«Si la preuve
de notification n'est pas déposée dans les 30 jours suivant l'introduction
de la demande, cette dernière est alors périmée et le tribunal ferme le
dossier.
«Le présent
article n'a pas pour effet d'empêcher le tribunal de convoquer les parties sans
délai lorsqu'il le juge approprié,
auquel cas la preuve de notification de la demande doit être produite à
l'audience sous peine du rejet de la demande.»
Alors, à
défaut de notifier les demandes, évidemment, ce sera une cause importante de
remise en audience. Évidemment, ça...
les rôles d'audience. Avec cette modification, la régie pourrait constituer les
rôles avec des causes où elle sait que la demande a été notifiée.
Par ailleurs,
cette modification assurerait que la
partie défenderesse reçoit la demande dans
les délais acceptables. Il n'est
effectivement pas souhaitable qu'un défendeur reçoive notification d'une
demande plusieurs mois après son dépôt, comme cela est souvent le cas actuellement. Le service de la mise au
rôle doit disposer de toute l'information pertinente afin d'évaluer le temps d'audience requis. Cette
disposition vise à permettre à la régie de pallier à tout manque
d'information pouvant amener une mauvaise
pondération — évaluation
du temps nécessaire pour l'audition — lorsque la demande est analysée.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la députée de Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Mme
la Présidente, le délai de 30 jours, quand les gens sont de bonne foi, je
pense qu'il n'y a pas de problème, c'est
correct, même, des fois, ça peut paraître long, sauf que ça se peut qu'il y ait
du monde qui sont de mauvaise foi, qui ne veulent pas accuser réception,
puis, à ce moment-là, il arrive quoi?
Mme Laforest : La cause est...
le dossier est fermé.
Mme Thériault : Le dossier est fermé. Mais, si,
mettons, c'est le défendeur qui n'est pas correct puis qui fait traîner
la procédure...
Mme Laforest :
En fait, là, qu'est-ce qui est intéressant, c'est le point qu'on a amené tout à
l'heure, parce que tantôt on disait qu'avant de se présenter pour la cause, en fait,
les parties ont le devoir de déposer toutes les pièces justificatives. Alors, quand les pièces sont déposées, les deux
parties sont présentes, bien, c'est évident qu'il faut juger de la cause
en soi, là. Alors, quand on est rendus là,
les pièces sont déposées, alors c'est normal que, dans les 30 jours, par exemple... qu'il y ait décision de fermer le dossier.
Mme Thériault : O.K. Puis vous ne trouvez pas que, si jamais il y a
de la mauvaise foi d'un côté, ça serait mieux si le tribunal a plus de
latitude que 30 jours? Je ne sais pas, je pose la question.
Mme Thériault : Vous
vous êtes compris. Moi, je n'ai pas compris ni la personne qui écoute.
Mme Laforest : O.K., non, c'est parce qu'on disait tantôt que, là, qu'est-ce qu'on vient faire
justement, c'est qu'avant d'entendre
les causes... parce qu'il y a plusieurs personnes qui se présentent à la Régie
du logement, au tribunal, puis il manque
de pièces. Ils n'ont pas les papiers, en fait, clairs pour défendre leur cause.
Aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'on donne la possibilité, comme on l'a dit tantôt, dès qu'on a commencé ce
matin, d'avoir conciliation. Ensuite, s'il n'y a pas conciliation, on
demande les pièces justificatives. On ajoute maintenant : par texto, par
courriel. On ajoute toutes les possibilités.
Alors là,
étant donné que tout est possible, bien, quand la cause est entendue, on
s'entend à ce que les parties soient présentes
et que les pièces aient été déposées auparavant. C'est pour ça qu'on se dit
qu'à ce moment-là le délai de 30 jours est jugé raisonnable.
Mme Thériault : O.K., mais, à l'usage, on verra,
là, mais, honnêtement, peut-être, 30 jours, ça peut aussi... Mon problème, c'est que, quand il y a de la mauvaise
foi, j'ai peur que le 30 jours soit court. C'est juste ça, tu sais, ça
fait que je me dis : Bien, à quelque part, il faut peut-être
laisser un petit peu plus de latitude au tribunal. Vous voyez, hein, je pense
au tribunal.
Mme Thériault : Bien, quelqu'un... je ne sais pas,
moi, la pi