Transportation and the Environment — 29 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-11-29
Quebec — Committees
(Neuf
heures quarante-sept minutes)
Le Président
(M. Hardy) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi
n° 102, Loi modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin de
moderniser le régime d'autorisation environnementale
et modifiant d'autres dispositions législatives notamment pour réformer la
gouvernance du Fonds vert.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Vallières (Richmond)
sera remplacée par M. Hardy (Saint-François).
Le Président
(M. Hardy) : Merci. Voici l'ordre de cet avant-midi. Nous
entendrons les groupes suivants : l'Association
québécoise pour l'évaluation d'impacts, Hydro-Québec et l'Association d'exploration
minière du Québec.
Je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Association québécoise pour l'évaluation
d'impacts. Je vous demande de bien vouloir vous présenter ainsi que les
personnes qui vous accompagnent. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. La parole est à vous.
Mme Fecteau
(Louise) : Merci. M. le Président, M. le ministre, distingués membres
de la commission, merci de nous avoir
invités à présenter notre mémoire et à échanger avec vous sur cet important
projet de loi. Je me présente, Louise Fecteau, présidente de
l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts, que l'on nommera AQEI
dans la suite de notre présentation. Et je suis accompagnée aujourd'hui par
Pierre Vaillancourt, qui est vice-président de l'AQEI.
Alors, une précision
avant de débuter. L'AQEI est une association parapluie. Nos membres regroupent
des personnes tant des ministères que des
promoteurs, des consultants, des chercheurs, des communautés autochtones,
des OBNL. Nos membres ont donc
individuellement des positions très diversifiées sur des aspects spécifiques du
projet de loi. Nous avons choisi de nous concentrer sur des éléments qui
ont fait consensus parmi nos membres et qui ont été jugés prioritaires au fil
de nos 25 années d'existence.
Donc,
nous avons deux commentaires généraux et trois commentaires spécifiques.
Premier commentaire général très
bref, c'est que, d'emblée, l'AQEI souhaite partager sa satisfaction par rapport
aux orientations générales du projet de loi. Cette modernisation était attendue depuis des décennies, et le mot
n'est pas trop fort, c'est vraiment des décennies d'attente et d'espoirs, et plusieurs propositions
correspondent aux recommandations passées de notre association, notamment
en ce qui a trait à l'inclusion des évaluations environnementales stratégiques
ainsi que celles permettant un meilleur accès à l'information et une plus
grande transparence.
Second
commentaire général... a trait aux nombreuses dispositions importantes qui
seront détaillées au sein de futurs
règlements. Il serait hasardeux, voire impossible de commenter plusieurs de ces
dispositions maintenant. Nous en avons énuméré quelques-unes dans notre
mémoire. J'en relèverai trois ici.
Première
disposition concernant le nouveau concept de déclaration de conformité. Dans l'article 3.0.6 :
«Le ministre peut, par règlement,
désigner des activités prévues à l'article 22 qui, aux
conditions, restrictions et interdictions qui y sont déterminées, sont admissibles à une déclaration de conformité[...]. [...]Les dispositions de ce règlement
peuvent varier en fonction de catégories d'activités, de personnes ou de municipalités, du territoire concerné ou des caractéristiques d'un milieu.» En 31.0.7, on ajoute que «la déclaration de conformité fournie au ministre doit comprendre les renseignements et
documents déterminés par règlement du ministre, selon les modalités qui y sont
déterminées».
autre examen de règlement à venir concerne le délai de transmission de la
directive, en 31.3 : «À la suite de la réception de l'avis prévu à l'article 31.2, le ministre transmet à
l'initiateur du projet, dans un délai raisonnable prescrit par règlement
du gouvernement, une directive qui précise la nature, la portée et l'étendue de
l'étude d'impact sur l'environnement que celui-ci doit préparer.
«Cette directive peut
également prévoir le délai dans lequel l'étude [...] doit être transmise au
ministre.»
Le dernier exemple,
concernant le nouveau concept d'accréditation et de certification,
l'article 118.6 : «Le ministre peut accréditer ou certifier une
personne ou une municipalité pour effectuer un prélèvement, une analyse, un
calcul, une évaluation, une expertise ou une vérification.
«Le ministre peut délivrer, aux conditions qu'il
détermine, une telle accréditation ou certification», et ainsi de suite.
118.10 : «Le ministre peut constituer des comités consultatifs pour le
conseiller sur toute question qu'il peut leur soumettre concernant notamment la délivrance d'une accréditation ou d'une
certification, sa modification, son renouvellement, sa suspension [...]
sa révocation.
«Il détermine le nombre de ces comités, leur
composition et le mandat qu'il leur confie.»
De manière
générale, on apporte ces exemples et d'autres dans le mémoire, et il y en a de
très nombreux autres dans le projet
de loi, surtout pour relever le fait que chacun de ces règlements, en fait, va
nécessiter une attention très particulière. Nous souhaitons que leur publication de chacun d'entre eux soit annoncée
largement non seulement via la publication normale dans la Gazette officielle , mais fasse l'objet de
communiqués et de communications spécifiques sur chacun des sujets,
parce qu'ils sont chacun importants en soi, et aussi que les délais de
consultation normalement prévus, soit de 45 à 60 jours, selon le cas,
soient systématiquement respectés et qu'il n'y ait pas de règlement qui fasse
l'objet de procédure rapide.
En ce qui a trait au dernier exemple cité, soit
celui sur la certification, l'AQEI souhaite faire
partie du comité consultatif,
s'il est constitué.
Quant aux
commentaires spécifiques, ils porteront sur la participation publique, les
évaluations environnementales stratégiques et l'accès à l'information.
Quant à la
participation publique dans le contexte de l'évaluation ou de l'examen des
impacts sur l'environnement, l'article 31
et suivants, le projet de loi introduit, en 31.3.1, une consultation sur la
directive. Et cette disposition répond à une demande régulièrement
exprimée par les membres de l'AQEI. Elle permet de déterminer les enjeux
prioritaires d'un projet. C'est ce qu'on
retrouve d'ailleurs au fédéral avec la procédure d'évaluation des projets au
niveau fédéral. Tel que libellé,
toutefois, l'article ne prévoit qu'une transmission écrite des observations sur
les enjeux au ministre de la part des parties
prenantes, lequel restitue les observations au promoteur et les rend publiques.
On relève le fait que l'expérience et la recherche nous dictent que les
enjeux doivent souvent être discutés et arbitrés et qu'une forme de
consultation en présence des parties prenantes devra être envisagée.
Le projet de
loi introduit la notion de consultation ciblée en 31.3.5. Donc, on avait
normalement la possibilité de faire
une audience publique ou une médiation. Ici, on a la nouvelle notion de
consultation ciblée, qui est déterminée par le ministre au moment des demandes de parties prenantes. Ici, on n'a pas
nécessairement de position, mais plus de questions que de réponses. La notion de consultation ciblée
peut intervenir sur des parties prenantes en particulier ou sur des
aspects du projet. On ne sait pas exactement
à quel besoin répond cette nouvelle notion. Il est difficile, donc, de la
commenter.
Toutefois, on
retrouve, à l'article 287, l'obligation pour le BAPE de produire des
règles de procédure dans un délai maximum
d'un an concernant lesdites consultations ciblées. On souhaite que ces règles
de procédure fassent elles-mêmes l'objet d'une consultation, de façon à
pouvoir intervenir en temps et lieu.
Quant aux
évaluations environnementales stratégiques, en tant qu'organisation
professionnelle ayant maintes fois prôné
l'instauration de dispositions législatives pour appliquer les EES aux
politiques, plans et programmes gouvernementaux, on ne peut que se
réjouir de l'introduction du
chapitre V dans le projet de loi. Nous avons
amplement documenté les bénéfices reconnus
d'une telle pratique dans nos interventions précédentes, entre autres, en
septembre 2015, lors du dépôt du livre
vert, mais, pour que les bénéfices des EES se réalisent, encore faut-il
qu'elles soient effectivement réalisées et qu'elles le soient dans les
règles de l'art.
Et il y a deux problèmes, à notre avis, qui se
posent dans le
chapitre V tel que libellé. Le premier, c'est qu'il n'y a pas de déclencheur automatique pour la
réalisation d'une évaluation environnementale stratégique, et le second,
c'est que la validation de l'importante étape du cadrage est effectuée
seulement par un comité ministériel.
Donc, au
niveau du déclencheur, dans notre mémoire, on relève le fait que dans le projet
de loi, l'article 95.5, on dit que l'administration peut, lorsque
ses politiques ou ses programmes sont susceptibles d'avoir des incidences environnementales, faire l'objet d'une... peuvent
faire une évaluation environnementale stratégique. Or, cette conception
de l'application des EES, à notre avis, est
sous les standards internationaux. À
titre d'exemple, on cite la directive
européenne sur le même sujet, qui prévoit
qu'une évaluation environnementale doit être effectuée pour tous les plans et
programmes qui sont élaborés pour le secteur
de l'agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de l'énergie, de l'industrie
des transports, de la gestion des
déchets, de la gestion de l'eau, des télécommunications, du tourisme, de
l'aménagement du territoire. Nous croyons
que ces déclencheurs sont indispensables aux objectifs de prévisibilité et
d'efficacité de la modernisation du régime.
Quant au cadrage, la recherche a largement
démontré à quel point cette étape est déterminante, tant pour la qualité que la légitimité des EES, et, à notre
avis, aucune raison ne justifie de se priver d'une consultation, qu'elle
soit ciblée ou élargie, pour bonifier l'étape du cadrage.
Le projet de
loi ne prévoit qu'une validation par un comité constitué uniquement de
représentants ministériels aux articles 95.6
et 95.8. Nous croyons que les dispositions pourraient être modifiées, d'une
part, pour assurer une consultation externe sur le cadrage et pour
modifier la constitution du comité de validation, auquel devraient s'ajouter
des experts externes indépendants.
M. Vaillancourt (Pierre) : Si
vous le permettez...
Le Président (M. Hardy) :
M. Vaillancourt.
M. Vaillancourt
(Pierre) : Oui, bien, je vais présenter le dernier élément.
Le Président
(M. Hardy) : En 35 secondes.
M. Vaillancourt
(Pierre) : Oh! d'accord. Alors, ça concerne l'accès à l'information et
le registre ici. Et notre association tient à dire que l'instauration d'un seul
registre public pour toutes les autorisations et les documents attenants à celles-ci... que c'est tout à fait
conforme à nos recommandations antérieures dans notre association et
qu'on considère que ce registre central favorisera la transparence et
l'accessibilité à l'information pour le public. Et ça va également renforcer
tout le processus d'évaluation environnementale.
considère que les déclarations de conformité également prévues devraient faire
partie de ce registre. Et un des éléments
importants dans cette notion d'accès à l'information, c'est qu'elles soient
délivrées dans des délais suffisants pour que le public puisse en être
informé et prendre des décisions éclairées.
Président (M. Hardy) : Je vous remercie pour votre exposé. Nous
allons maintenant commencer la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Bonjour, madame. Bonjour, monsieur. Merci pour votre
présentation ainsi que votre mémoire. Je voudrais approfondir sur vos
commentaires concernant l'EES. Quand vous citez l'exemple européen, je veux
juste bien comprendre. Ça, c'est donc une directive de la Communauté
européenne. Est-ce que ça s'applique
également dans tous les pays membres de la Communauté européenne? Est-ce que
c'est, un, automatique...
Mme Fecteau
(Louise) : La directive...
M. Heurtel :
...dans les pays... Oui?
Mme Fecteau
(Louise) : La directive a été adoptée en 2001 au sein de la Communauté
européenne, mais les États membres — à ce moment-là, ils étaient 27 — avaient trois ans pour les transposer dans
leur législation nationale. Donc, en 2004,
la directive était officiellement en vigueur. Et, depuis lors... D'ailleurs, en
2015, ils étaient à faire la révision de cette politique-là, de cette
directive-là, qui fêtait ses 10 années de mise en application.
M. Heurtel :
Alors, est-ce...
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Pardon. Merci, M. le Président. Alors, est-ce que je comprends, donc, que vous
suggérez une modification de l'article 95.5 pour faire cette énumération?
C'est ça que vous voudriez voir?
Mme Fecteau
(Louise) : Oui. En fait...
Le Président
(M. Hardy) : Mme Fecteau.
Mme Fecteau
(Louise) : Pardon, je vais trop vite. Il y a un des objectifs
principaux qui remonte au livre vert, qui est celui de la prévisibilité. Le second, c'est l'efficacité. Puis toute
la logique en arrière de la refonte du régime d'autorisation
environnementale repose sur... dans un monde idéal, on dirait une cohérence
parfaite entre les différents niveaux d'évaluation,
puis les évaluations environnementales stratégiques sont reconnues comme étant
le niveau initial idéal pour discuter
des grands enjeux sur les politiques, plans et programmes gouvernementaux. Si
on veut que ça se fasse, si on veut
que ça se réalise, nos objectifs, qui sont vraiment des objectifs partagés, qui
font consensus, il faut que les EES se réalisent
dans les faits. Et, pour ça, ça ne peut pas être laissé à la discrétion de
chacune des administrations parce que, la nature étant ce qu'elle est, plus souvent qu'autrement il n'y en aura pas ou
ils seront retardés. Ça fait qu'il faut que les déclencheurs soient là
de manière automatique. Il y a des...
M. Heurtel :
...pardon, continuez.
Mme Fecteau
(Louise) : Il y a des grands secteurs d'activité qui ne peuvent pas
passer à côté des évaluations environnementales stratégiques, entre
autres, ceux du transport, ceux de l'énergie, et plus... en tout cas, il y a
aussi le sujet de l'aménagement du
territoire qui devrait y être assujetti, mais ça, c'est une autre question, là.
Mais ailleurs dans le monde, les
schémas d'aménagement, au plan national, font l'objet d'évaluations
environnementales en bonne et due forme parce qu'il y a beaucoup de projets qui ne sont pas nécessairement dans
la procédure d'évaluation d'impacts — projets immobiliers, projets de centres commerciaux,
projets touristiques — et qui ont beaucoup d'impacts dans les faits, et qui
génèrent des gaz à effet de serre, donc devraient avoir une forme d'évaluation.
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Alors, quand vous parlez qu'on devrait élargir la
composition du comité qui viserait,
là, le mandat, là, de l'EES, vous suggérez quoi? Qui? Qui devrait faire
partie
de ce comité-là? Vous dites : Ce n'est pas
suffisant que ça soit juste des membres de l'administration gouvernementale.
Alors, le comité que vous envisageriez serait composé de quelles personnes,
quelles compétences, provenant d'où?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau.
Mme Fecteau
(Louise) : Minimalement, il faudrait y ajouter deux ou trois experts
indépendants, experts dans le domaine. Ça serait dommage de se priver de
l'expertise. Il s'en fait tellement, des évaluations environnementales stratégiques maintenant. Il y a des pays, il y a
des organisations internationales, les grandes banques, Banque mondiale,
et tout ça... en font, en exigent, la
plupart des grandes organisations aussi. Il y a beaucoup de pays... Même dans
les pays émergents, il s'en fait. Il
y a des experts qui suivent chacune de ces procédures-là. Il y en a qui
écrivent des ouvrages de référence. L'OCDE a maintenant un guide sur la
réalisation d'évaluations environnementales stratégiques. Puis ces organisations-là font appel à des experts pour
être toujours à l'avant-garde de ce qui se fait de mieux, des mesures
qui sont éprouvées un peu partout dans le
monde. On devrait pouvoir bénéficier. Des fois, c'est ça qui est intéressant.
On est peut-être un peu en retard à
ce niveau-là sur d'autres législations, mais on a le bénéfice, peut-être,
d'utiliser leur expérience pour partir
du bon pied. Puis le comité, dans le fond, serait toujours en mode veille et
aurait toujours les meilleures procédures en temps réel.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Heurtel :
Un dernier petit commentaire, juste une précision. Je vous réfère, dans le
projet de loi, à l'article 177 du
projet de loi, qui modifie 118.5, au cinquième paragraphe. Alors, le
118.5 : «Le ministre tient un registre dans lequel sont rendus
accessibles au public les documents et les renseignements suivants.» Et, juste
pour votre information, au cinquième paragraphe, les déclarations de conformité
sont incluses, alors nous vous avons entendus. Alors, merci, M. le Président,
c'est tout pour moi.
Le Président (M. Hardy) :
Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre? M. le député de Maskinongé.
M. Plante :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, bonjour, bienvenue. Écoutez, à la
lecture de votre mémoire, aussi en
écoutant votre exposé ce matin, vous nous faites part, à la page 4 de
votre mémoire, au niveau de la consultation et de la participation du public ou des gens, vous nous faites part du
processus qui... Présentement la loi prévoit un processus de transmission par écrit à l'article 31.3.1,
donc : «...toute personne, tout groupe ou [...] municipalité peut faire
part au [ministère], par écrit et
dans le délai prévu par règlement du gouvernement, de ses observations sur les
enjeux [de] l'étude d'impact [qu'elle] devrait aborder.»
Bon, vous,
vous nous dites, préalablement à ça, qu'il devrait y avoir, je vais prendre vos
termes : «...une forme de consultation
en présence des deux parties prenantes devra être envisagée.» J'aurais quelques
questions là-dedans parce qu'au dépôt
du projet de loi puis avec la modernisation de la loi on a été plus conscients
qu'en plus de la modernisation il y avait aussi une volonté d'accentuer la fluidité des demandes et faire que les délais administratifs un peu lourds soient un petit peu améliorés ou du moins substantiellement améliorés. Alors,
j'aimerais savoir comment ou de quels types de consultation vous voulez parler, et quelle serait, selon vous,
la meilleure façon, et si vous ne craignez pas, par ces façons-là, que
vous allez alourdir le processus administratif.
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau.
Mme Fecteau (Louise) : Merci
pour la question, c'est une excellente question. On en a discuté, dans les
20 dernières années au sein de l'association, de la fameuse consultation
sur la directive. Ça peut paraître paradoxal parce
que c'est une étape, en effet, qui s'ajoute, mais c'est du temps de pris pour
en gagner. C'est qu'au fil des années on s'est retrouvés avec des études d'impact qui sont devenues
encyclopédiques. On a une énumération linéaire d'éléments qui ont une valeur égale. Chaque intervenant... Tu sais, dans les consultations interministérielles puis lors des discussions,
chacun insiste pour que son point soit
détaillé de manière approfondie au maximum, ce qui fait qu'on se retrouve
aujourd'hui avec des... on se retrouve
souvent aux audiences publiques du BAPE, à la fin du processus,
avec des gens qui disent qu'ils ne sont même pas capables de se retrouver dans une étude d'impact, puis parfois
les enjeux prioritaires ne sont même pas abordés de façon satisfaisante.
Donc, la consultation sur la directive, on est
en présence d'un avis de projet, on est en présence d'une idée, le promoteur qui arrive avec une idée, puis, dès le
démarrage, dès la conception de son projet, avant même de faire les
études approfondies, il y a une discussion
sur la directive, sur les enjeux qui devraient être détaillés de manière plus
soignée, là, c'est-à-dire de manière plus détaillée. Ça fait que c'est là
souvent qu'on se rend compte qu'il y
a certains éléments qu'on n'aurait peut-être même pas soupçonnés a priori qui vont attirer
l'attention du public plutôt que, donc, attirer l'attention juste à la
fin. Le promoteur, le ministère de l'Environnement puis les différents intervenants
sont conscients que, dès le départ, ces enjeux-là vont être sensibles, et on va
pouvoir y apporter l'attention requise tout au long du processus. Puis il
y a comme une entente qui s'installe,
à partir de là, sur le fait que ces enjeux-là vont mériter une place
prépondérante dans le cadre de toute l'étude
du projet. Quand on arrive aux audiences publiques, une fois l'étude d'impact
réalisée, bien, on peut faire un lien avec cette préconsultation-là sur
le fait qu'on en a tenu compte tout au long du projet.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Maskinongé.
M. Plante : En parallèle à votre réponse, donc, ce que vous
suggérez, c'est vraiment une rencontre préprojet ou suite à l'avis
de projet, si on veut.
Vous avez
répondu en
partie à ma question, mais quelle est la forme... pour vous, quelle
serait la meilleure forme que
pourrait prendre cette rencontre-là ou cette préconsultation-là, puisque, bien,
selon nous... en tout cas, dans la loi, nous, on pensait que par écrit ou la signification par
écrit des intentions ou des questionnements était suffisante, mais là vous nous suggérez un genre de consultation plus ciblée ou plus restreinte, préprojet qui va permettre, si je
comprends bien ce que vous dites, de
mettre les pour et les contre du projet et donner une orientation pour l'ensemble de l'analyse jusqu'à la fin, donc qui serait comme une forme de préengagement du ministère
et des parties en départ du projet pour arriver, par la suite, à la fin
de l'analyse.
Mme Fecteau (Louise) : En fait,
c'est de donner une légitimité à cette opération-là qui se passe en début de processus
parce qu'on comprend que, dans un projet de loi, on ne va pas jusqu'aux détails
des procédures. Ça fait que probablement que le minimum requis, de demander de transmettre par écrit les enjeux
et éventuellement de les rendre publics, c'est déjà une grande avancée. La consultation, elle est déjà proposée aux promoteurs dans le cadre des
directives. On souhaite que les promoteurs fassent des réunions de consultation
préprojet.
Ce qui
arrive, c'est que... bien, j'allais dire plus souvent qu'autrement. Trop souvent, il y a des promoteurs qui se font reprocher, par la suite, d'avoir fait des
tentatives, comment je dirais ça, donc presque d'acheter des gens de la
partie publique. Tu sais, si les formes de
consultation sont informelles, on peut remettre plein de choses en question au
fil du processus. Il y a certaines
parties prenantes qui ne s'impliqueront pas parce qu'elles n'ont pas envie
d'avoir des discussions privées avec
le promoteur, elles vont attendre que les audiences publiques du BAPE, qui
arrivent à la fin, soient ouvertes. Et là on est à l'envers. Donc, les
interventions arrivent trop tard dans le processus.
L'idée, c'est
de donner une certaine légitimité à ça dès le départ, que tout le monde
convienne que c'est ce qui doit être
fait, que c'est souhaitable. Et, à la limite, ça peut être réalisé par le BAPE
dans une forme allégée, c'est-à-dire que,
pour les grands projets, il y ait une consultation sur la directive en bonne et
due forme, qu'on fasse sortir les enjeux une bonne fois pour toutes, que les parties impliquées y soient invitées et
soient fortement invitées, donc, à s'impliquer dès le début. De cette
façon-là, on va avoir un meilleur résultat tout au long du processus.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Maskinongé.
M. Plante : Merci,
M. le Président. Je comprends un petit peu mieux votre point de vue. Ma crainte reste celle du début où
c'est... il y a certains projets qui vont soulever plusieurs groupes, de
nombreux groupes, on peut dire une cinquantaine,
une soixantaine, même des fois une centaine de groupes, à manifester leur intérêt
de rencontrer le promoteur, de discuter du projet ou d'apporter des
points de diverses formes. Et là, si on instituait par la loi ces rencontres ou
ces prérencontres-là, ma crainte
serait : On a beau donner un fil directeur puis vouloir, mais c'est
impossible, s'il y a
50 groupes, qu'ils vont avoir toutes
les mêmes craintes ou les mêmes opinions sur le projet. Donc, en faisant cette
rencontre-là ou ces rencontres-là,
moi, je pense que ça pourrait aussi peut-être déphaser ou du moins créer de l'attention autour
du projet, qui n'est pas nécessairement celle qui va permettre de conclure le projet puis respecter les
meilleures normes environnementales, là. C'est un peu ma crainte, puis je
me disais : La signification par écrit leur permettait, bon, de faire part
de ça, mais permettait aussi au promoteur de
prendre le pour et le contre de cette signification-là, et par la suite le ministère
fait son travail d'analyse tout au long du dossier.
Quand vous
parlez des rencontres, si tout jamais on institue un processus comme ça, est-ce que
vous verriez, dans ces rencontres-là,
que toute personne qui a un intérêt ou qui a un questionnement face au projet
est invitée automatiquement à ces rencontres-là ou si c'est seulement les
personnes les plus près, bon, municipalités, ministères, des groupes de
citoyens ou des groupes d'intérêts? C'est un petit peu ma question.
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau.
Mme Fecteau
(Louise) : Ça peut se passer un peu comme au fédéral, où il y a deux
niveaux d'intervention, des niveaux... quand il y a des évaluations
sommaires ou plus approfondies, puis le niveau de consultation est ajusté en conséquence. Mais vous avez raison par rapport au
fait que la transmission par écrit est le minimum requis, puis ce n'est
pas dans tous les cas où les consultations
sont requises. Puis, en fait, l'idée ici, c'est... Quand on dit que ça devrait
être envisagé pas nécessairement dans le projet de loi, mais
éventuellement dans des directives, l'idée, c'est de ne pas laisser le
promoteur coincé avec la tenue de consultations parce que ça peut se retourner
contre lui.
C'est certain
que, s'il y a plusieurs groupes qui ont des interventions à faire, il vaut
mieux qu'ils les fassent dès le départ
qu'à la fin parce que, d'une manière ou d'une autre, rendu à la fin, le
promoteur a investi des millions, souvent, dans ses études. Si le projet est pour prendre, excusez-moi
l'expression, mais le champ, si le projet est pour ne pas se réaliser
tellement il y a d'opposition à la fin, il vaut mieux le savoir dès le
démarrage puis pouvoir documenter son projet en conséquence. Mais quant à la
forme, ça peut faire l'objet de directives ou de règlements, éventuellement.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Maskinongé, 1 min 30 s.
M. Plante :
Oui, écoutez, ma dernière question va être très simple et très facile. Vous
faites allusion et vous nous parlez
du rôle d'accompagnateur du ministère. Bon, on sait qu'on voit, par le projet
de loi n° 102, une refonte, un peu, du rôle du ministère pour accompagner plus les promoteurs de projets, tout
ça, et vous ajoutez à ça en disant qu'il devra... puis là j'ai perdu la page en parlant, ça ne va pas bien...
mais... tut, tut, tut... n'ait pas l'importance... je l'avais juste ici. En
tout cas, vous dites qu'il doit être plus qu'accompagnateur, et là il me
manque, là, les mots tels quels, mais, en tout cas, vous parlez du rôle
d'accompagnateur comme étant, oui, bien, mais que vous voulez quand même que le
ministère continue de jouer son rôle d'observateur et d'analyste. Ça, c'est
clair et compris, qu'on va continuer. Mais j'aimerais que vous parliez un petit
peu du rôle d'accompagnateur, comment vous voyez ça, parce que, pour plusieurs
groupes ou plusieurs personnes qu'on a rencontrés, ce rôle-là est une grande
avancée face au ministère, là.
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau, en 30 secondes.
Mme Fecteau
(Louise) : Il y a plusieurs groupes, en effet, puis on fait
partie de
ceux-là, qui font la promotion des rencontres
initiales, là. Autrement dit, dès le démarrage du projet, qu'il y ait des
discussions plus approfondies avec les représentants
du ministère, justement pour bien organiser la structure de l'étude d'impact
elle-même, qu'elles soient moins standard
d'une à l'autre, là, qu'on puisse les ajuster en fonction des différents
projets. Puis, encore là, il faut avoir une ouverture de part et d'autre
pour pouvoir mener ça à bon port.
Président (M. Hardy) : Merci beaucoup. Le temps alloué au groupe
parlementaire formant le gouvernement étant écoulé, je cède la parole à
l'opposition officielle. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, merci, M. le Président. Mme Fecteau, M. Vaillancourt, merci
d'être ici, merci de prendre le temps de nous éclairer de votre expérience
de 25 ans, c'est ce que j'ai vu sur votre logo, là. Alors, félicitations
pour ces 25 années!
Je voudrais
revenir sur les évaluations environnementales stratégiques parce que je sens
que c'est vraiment le point, en tout
cas, sur lequel... un des points sur lesquels
vous insistez en particulier. Ce que je
comprends, c'est que... Bien, j'aimerais ça d'abord que vous m'expliquiez davantage
ce que vous entendez par «déclencheur automatique». Est-ce que ça veut dire que c'est une obligation, d'avoir une EES? Parce que vous dites plus
loin, en vous basant sur l'exemple européen, qu'une évaluation
environnementale doit être effectuée. Donc il y a une obligation derrière ça.
Donc, pouvez-vous m'en dire plus là-dessus?
Mme Fecteau
(Louise) : Le déclencheur est effectivement... correspond à une
obligation. Il y a certains secteurs d'activité
pour lesquels, dès qu'il y a un projet de politique, de plan ou de programme ou
dès qu'il y a une modification significative
de ceux-ci, ils font l'objet, de manière automatique, d'une évaluation
environnementale stratégique, en effet.
M. Gaudreault : Et c'est
ce que vous nous recommandez ici, d'avoir ce déclencheur automatique?
Mme Fecteau
(Louise) : Oui, oui. C'est un prérequis pour la prévisibilité, les
gens vont s'y attendre, vont se former en conséquence. Les évaluations
environnementales stratégiques font éventuellement l'objet d'une consultation
qui serait probablement menée par le BAPE,
donc même le BAPE va s'organiser en conséquence. C'est-à-dire que toute
la... Autrement dit, il y a un système qui
va s'organiser en fonction des évaluations qui vont se faire de manière
systématique, il y a une routine qui va
s'installer, il y a une façon de faire qui va devenir de plus en plus
familière. On va considérer qu'il est important de donner les formations
essentielles et utiles aux différents agents dans les organisations concernées,
puisqu'on va savoir à l'avance qu'ils vont avoir à en faire de manière
obligatoire, tandis que, si ça reste...
M. Gaudreault :
Facultatif?
Mme Fecteau
(Louise) : ...facultatif, tous ces éléments-là d'organisation de
système ne se mettront pas en branle, puis on va être, dans des années,
à se demander pourquoi ça n'a pas fonctionné.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault :
O.K. Et en plus d'avoir ce déclencheur automatique, là vous nous suggérez, en
vous basant sur le modèle européen, une liste de sujets. Est-ce que
c'est ce que je comprends bien? Donc là, dans l'exemple européen, agriculture, sylviculture, pêche, énergie,
industrie, transport, etc., est-ce que c'est ce que vous nous suggérez aussi,
de mettre une liste en annexe, d'une
certaine manière? Et, si oui, quelle est la liste? Vous voulez qu'on fasse du copier-coller
du modèle européen ou il y a d'autres sujets qui peuvent être différents?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau.
Mme Fecteau
(Louise) : Ce n'est pas nécessairement du copier-coller, la liste peut
être éventuellement promulguée par règlement
ou sous forme de directive. Il faut créer une forme d'obligation. La loi, ça
fait... Installer cette liste-là dans la loi, ça devient lourd.
Éventuellement, il faudrait être consultés sur le sujet, mais ce qu'il y a là
est généralement ce qui est reconnu.
C'est là
aussi où les projets subséquents... parce que... ce que je n'ai pas pris le
temps, peut-être, d'expliquer, non seulement
c'est important pour l'efficacité de la procédure elle-même, mais c'est surtout
important pour l'efficacité puis la légitimité des projets qui vont être
évalués sous ces plans généraux là.
À
titre d'exemple, dans le secteur du
transport, si on fait une évaluation environnementale stratégique sur un
plan de transport métropolitain, à
titre
d'exemple, pour la grande région de Montréal, si on avait fait ça, mettons, il
y a une quinzaine d'années, une évaluation sur le grand plan de
transport, chacune des évaluations ensuite, sur la route 30, sur la route 19, sur l'échangeur Turcot, on
aurait droit à de vraies études d'impact sur la route en tant que telle et non
pas sur tout le débat concernant le transport autour de la région
métropolitaine.
Donc,
l'idée derrière l'ajout... parce que, tantôt, on parlait d'efficacité, on
ajoute une étape, mais c'est pour rendre plus fluide, justement, plus
efficace ensuite l'évaluation des projets distincts eux-mêmes.
M. Gaudreault :
Mais donc c'est là qu'on touche justement, un peu comme dans
l'article 95.5, là, les programmes de l'administration, incluant les stratégies. Donc, une stratégie de
mobilité durable, par exemple, devrait faire l'objet d'une évaluation
environnementale stratégique?
Mme Fecteau
(Louise) : Dans certains pays, là, on est à la deuxième puis même à la
troisième génération de plans de transport qui font l'objet d'EES. Les
méthodologies sont éprouvées, ça se fait de manière quasi routinière.
M. Gaudreault :
O.K. Maintenant, vous dites... On en a parlé un petit peu, vous en avez parlé
avec les collègues, là, sur le cadrage
des consultations, là, pour les évaluations environnementales stratégiques,
vous parlez d'une consultation externe pour assurer le cadrage, là.
Pouvez-vous nous en parler un petit peu plus, là?
Mme Fecteau
(Louise) : Oui. L'étape du cadrage est autant sinon plus importante
que l'évaluation elle-même, c'est-à-dire
que c'est là où on va déterminer la portée de l'étude, de l'évaluation, c'est
là où on va déterminer son ampleur. Et,
si on veut qu'elle ait une légitimité, l'évaluation environnementale, encore là
il n'y a pas vraiment de raison de se priver de faire une consultation. Puis, selon la nature du plan ou du
programme, c'est sûr qu'une politique, on va avoir un intérêt à élargir la consultation au plus large possible.
Mais il y a certains plans aux programmes peut-être plus spécifiques qui
pourraient mériter une consultation ciblée auprès d'intervenants sur
invitation, à
titre d'exemple.
Mais au moins on
s'assure... dès le départ, dès que la structure de l'évaluation est déterminée,
on fait une consultation pour s'assurer
qu'on est sur la bonne piste, puis ensuite l'évaluation peut se faire de
manière plus confortable. Puis, rendus à la fin, bien, on a déjà une
certaine légitimité quand vient le temps de la partager au public en général.
M. Gaudreault :
Maintenant, vous commencez votre mémoire avec des commentaires généraux sur...
puis là je vous cite, là, à la
page 2 : «De nombreuses dispositions, importantes, seront toutefois
détaillées au sein de futurs règlements. Il est donc hasardeux, voire
impossible de les commenter ici.» Alors, vous souhaiteriez obtenir, à tout le
moins, les intentions réglementaires du
ministre le plus tôt possible, à tout le moins. Est-ce que, par exemple, ça
vous conviendrait qu'ils soient déposés ici, en commission? Donc, une
fois que c'est déposé, là, au moins c'est public. Puis après ça on pourrait
vous consulter ou vous pourriez nous faire part de vos opinions, de vos
observations?
Mme Fecteau
(Louise) : C'est sûr qu'il y a des règlements qui sont très, très
importants, là, ceux qui vont encadrer, par exemple, les activités qui vont faire l'objet de déclarations de
conformité, tout ça. Il y en a d'autres qui sont plus des règlements
d'application, c'est des détails techniques. C'est certain qu'on n'a pas
nécessairement besoin d'avoir des consultations comme ici pour l'ensemble de
ces règlements.
J'imagine qu'à un
moment donné il y aura la nécessité d'ordonnancer, il va falloir hiérarchiser
la série de règlements pour qu'il y ait une logique derrière leur présentation
puis leur entrée en vigueur. Ça fait que, s'il y a un programme,
éventuellement, des différents règlements qui vont être nécessaires, on va
peut-être savoir plus à quoi s'attendre puis d'à quel moment on va avoir à intervenir.
Mais
une chose est sûre, c'est que, normalement, les règlements, bien, c'est comme
ça, ils sont publiés, il faut surveiller la Gazette officielle .
Mais il y en a beaucoup, de règlements qui sont quand même d'importance, puis
on souhaiterait... Dans le fond, l'idée ici, c'est qu'ils fassent l'objet d'une
publicité, on pourrait dire ça comme ça, pour nous éveiller...
M. Gaudreault :
...qu'ils sont rendus publics.
Mme Fecteau
(Louise) : Oui. Bien, non, en fait, ils sont toujours rendus publics.
M. Gaudreault :
Oui, oui, mais je veux dire rapidement, là, pour qu'on puisse les connaître
puis savoir où le gouvernement s'en va.
Mme Fecteau
(Louise) : Oui, en effet, parce que, dans la Gazette officielle ,
on a une série de... comment je dirais ça?
Il peut y avoir 30 trucs qui ont été modifiés, mais il faut être capable
de localiser celui qui nous concerne, tandis que, là, tout ce qui est autour du projet de loi, de
modernisation du régime d'autorisation environnementale, si on peut
avoir... un communiqué, chaque fois, nous
dit : En voici un, nouveau règlement qui était prévu dans le projet de
loi, il va attirer notre attention de manière plus certaine.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Jonquière, il vous reste une minute.
M. Gaudreault :
Oui. Justement, vous en avez fait mention un peu, les consultations ciblées,
vous en parlez à la page 5 de votre mémoire. Bon, vous dites qu'il y a
beaucoup de questions qui se posent autour de cette question. Autrement dit, vous avez l'air à nager un peu dans
le flou, là, sur cette question de consultations ciblées. Vous
souhaiteriez quoi pour que ça clarifie votre... pour que ça vous aide,
finalement, à vous positionner, là? Comment vous voyez ça?
Le Président (M. Hardy) : En
25 secondes, Mme Fecteau.
Mme Fecteau (Louise) : On se
fie sur... Le BAPE va déterminer ses règles de procédure par rapport aux consultations ciblées, c'est prévu à
l'article 287. On souhaiterait qu'il y ait une consultation sur les règles
de procédure. Ça fait qu'à ce moment-là on verra s'il y a des
ajustements qu'on souhaite par rapport aux règles de procédure qui seront
présentées.
Président (M. Hardy) : Merci beaucoup. Donc, le temps à
l'opposition officielle est terminé. Je cède la parole au deuxième
groupe d'opposition. M. le député de Masson, à vous la parole.
M. Lemay : Merci, M. le
Président. Merci, Mme Fecteau, M. Vaillancourt. Bon, en fait,
plusieurs bonnes questions. Votre mémoire est très bien rédigé et puis très
bien orienté.
On va rester dans les évaluations
environnementales stratégiques, un peu pour avoir des éclaircissements supplémentaires. Mais moi, je trouve ça très
intéressant. En fait, ce que je comprends, là, c'est que vous êtes en train
de travailler en prévention, vous êtes en
préventif, là. Ce que vous recommandez quasiment, c'est de faire des
évaluations environnementales stratégiques en amont sur différents sujets puis
de les avoir, ces documentations-là, disponibles sans nécessairement qu'il y ait de projets sur la table, c'est ce que je
peux comprendre. Ce serait votre situation idéale?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fecteau.
Mme Fecteau (Louise) : Les évaluations
environnementales stratégiques ne portent pas sur des projets spécifiques, c'est l'atout principal, c'est-à-dire
qu'on peut discuter des enjeux... Je vais vous donner l'exemple, qui est
souvent évoqué ici, de la filière éolienne.
Dans le cas de la filière éolienne, quand on discute d'un projet en milieu
habité ou dans différents endroits, la
justification même du projet prend toute la place. Est-ce que c'est normal
d'avoir des éoliennes à proximité des résidences? Ça va faire baisser la
valeur de ma propriété, bon.
S'il y a une
évaluation environnementale stratégique sur la filière éolienne, les grands
groupes vont venir discuter de :
Est-ce que, oui ou non, il y a effectivement une baisse de valeur de propriété?
Quelle est la documentation sur le sujet? Qu'est-ce que la recherche
nous dit? Est-ce qu'il vaut mieux les mettre complètement en région éloignée ou
plutôt à proximité des résidences? Il y a
des groupes qui vont venir dire qu'ils ont envie, pour leur communauté, de
développer des projets comme ceux-là parce
que c'est structurant économiquement. Il y a d'autres groupes qui vont
dire : Pas question parce que ça
va bousiller notre paysage. Mais toutes ces discussions-là se tiennent sans
qu'il y ait de projet promoteur ou de communauté
spécifique concernée. On discute des meilleures conditions pour avoir une
filière éolienne au Québec en considérant
la documentation, la recherche, les expériences ailleurs sur le sujet. Une fois
que ça, c'est déterminé, ensuite, les projets
peuvent s'installer en sachant... Les promoteurs vont avoir en tête les
résultats de l'évaluation environnementale stratégique, les communautés aussi puis les groupes aussi vont avoir
déjà entendu les discussions sur les grands enjeux.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Masson.
Lemay : Tout à l'heure, vous mentionniez, avec les directives
européennes aussi, qu'il y avait... on faisait ça aussi pour les schémas d'aménagement au niveau des
municipalités, O.K.? Donc, est-ce que vous croyez que, dans le fond, ça
devrait être aussi applicable au municipal, au niveau municipal? J'imagine.
Mme Fecteau (Louise) : Il y
avait une autre refonte importante aussi au Québec, la refonte de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Dans le contexte de
la refonte de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, il y avait, en effet, deux dispositions qui avaient été
introduites, qui prévoyaient que des évaluations environnementales, sociales
et économiques se tiennent lors de
modifications de schémas d'aménagement. Nous sommes intervenus dans les
mêmes circonstances à cet effet-là, et on
disait que, oui, c'était indispensable d'imaginer le plus en amont possible les
effets sur l'environnement des
projections de développement dans le contexte de schémas d'aménagement, justement
parce que les plus grands projets ne
sont parfois pas assujettis à la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts. Puis ça permet que les
grandes politiques, par exemple les plans d'action sur les changements
climatiques, et tout ça, trouvent certaines réponses au moment des schémas... au moment de la
modification des schémas d'aménagement. Ça demande aussi un renforcement
des capacités du côté des MRC, des
communautés métropolitaines à cet effet-là, mais c'est important, ça évite que
des projets soient trop avancés puis éventuellement refusés pour les bonnes ou
mauvaises raisons.
M. Lemay : Parfait. Puis je
comprends que vous avez focussé beaucoup sur l'évaluation environnementale stratégique, mais, considérant que vous avez
apporté le point de la directive européenne, est-ce que vous avez aussi
regardé la possibilité d'introduire le test climat? Je ne sais pas si vous avez
une opinion là-dessus. Vous ne le mentionnez pas dans
votre mémoire, mais ça peut être lié. Est-ce que vous croyez, en fait, que
c'est favorable de, justement, pouvoir introduire la notion de test climat dans
la LQE?
Mme Fecteau
(Louise) : Alors, on n'en a
pas discuté, mais c'est certain que, déjà dans les grands projets, les effets sur les changements... les effets sur les
différentes politiques sont prévus dans les directives. Il faut déjà que
les promoteurs détaillent les effets
de leurs projets sur... les projets qui sont assujettis à l'article 31,
là, la procédure d'évaluation,
d'examen des impacts sont déjà là-dedans,
mais on n'a pas eu de discussion, on n'a pas de position formelle sur
l'introduction de test climat dans la loi.
M. Lemay : Bien, il n'y a pas
de problème. Bien, moi, en tout cas, mes questions étaient orientées pas mal sur les EES. Je ne sais pas si vous avez quelque chose d'autre à rajouter ou peut-être M. Vaillancourt? Non? Bon, bien, merci
beaucoup.
Le Président (M. Hardy) : Il
n'y a plus rien à rajouter? Je vous remercie beaucoup. Donc, Mme Fecteau,
M. Vaillancourt, je vous remercie pour votre contribution aux travaux de
la commission parlementaire.
Je suspends
les travaux quelques instants afin de permettre aux représentants d'Hydro-Québec de prendre place.
(Suspension de la séance à 10 h 30)
Le Président (M. Hardy) : Nous
reprenons nos travaux. Je souhaite la bienvenue aux représentants d'Hydro-Québec. Je vous demande de bien vouloir
vous présenter, et vous aurez 10 minutes pour exposer votre exposé.
À vous la parole.
Mme Leney
(Stella) : Merci beaucoup, M. le Président. Mon nom est Stella Leney,
je suis directrice principale Environnement et affaires corporatives à
Hydro-Québec.
M. Bolullo
(Mathieu) : Je suis Mathieu Bolullo, gérant de projets, Projets de
transport et construction à la division Hydro-Québec Innovation,
Équipement et services partagés. Bonjour.
Mme Leney
(Stella) : Bonjour, M. le Président de la commission, Mmes, MM. les
députés. Nous remercions tout d'abord
les membres de la Commission des transports et de l'environnement de cette
invitation à participer aux consultations particulières sur le projet de
loi n° 102.
Hydro-Québec mène simultanément plusieurs
centaines de projets, allant de simples travaux d'entretien à la construction
de grands aménagements hydroélectriques, comme le complexe de La Romaine. Ces
travaux visent notamment à assurer la pérennité de nos installations et à
répondre à la croissance de la demande en électricité.
Hydro-Québec
est présente partout au Québec et intervient dans différents types de milieux,
qu'il s'agisse de forêts publiques, de terres agricoles ou de centres
urbains. Chaque intervention est susceptible de requérir une ou plusieurs autorisations de la part de diverses autorités
gouvernementales. Un grand nombre des autorisations requises découlent
de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Hydro-Québec procède en moyenne par année à près de 150 demandes
d'autorisation, ce qui fait de l'entreprise sans doute le plus important
requérant en vertu des dispositions de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
Hydro-Québec,
également, offre un service essentiel. Elle doit le faire à des tarifs devant
demeurer à un niveau inférieur ou
égal à l'inflation et elle doit, chaque année, au bénéfice de la collectivité,
projets soient réalisés de manière à respecter les échéanciers et à contrôler
les coûts.
Hydro-Québec
souscrit aux objectifs poursuivis par le projet de loi n° 102. Plusieurs
dispositions et modifications mises de l'avant pour atteindre ces
objectifs méritent d'être soulignées.
Nous saluons
notamment la modulation du régime d'autorisation selon les quatre catégories de
risque identifiées ainsi que l'instauration d'un régime d'autorisation
ministérielle unique.
L'abrogation de l'article 8 du Règlement
relatif à l'application de la
Loi sur la qualité de l'environnement est également une initiative intéressante. Rappelons
qu'en tant qu'utilité publique bon nombre de nos projets touchent plus
d'une municipalité et sont d'intérêt régional ou national. C'est pourquoi cette
abrogation constitue, à notre avis, une modification
qui s'inscrit dans les objectifs d'allègement réglementaire, de simplification
des processus et d'efficience qui sont visés par le projet de loi.
Par ailleurs,
nous estimons que certaines modifications ou précisions pourraient être
apportées au texte, tel que proposé,
afin de donner le plein effet aux objectifs recherchés. Les commentaires qui
suivent s'inscrivent dans cette optique.
Premièrement, concernant la modulation du régime
d'autorisation selon quatre catégories de risque, en ce qui concerne la catégorie d'activité à risque élevé,
alors, nous apprécions la volonté d'optimiser
la procédure d'évaluation et d'examen
des impacts sur l'environnement par l'introduction de délais, de délégation de
pouvoirs ou par l'officialisation de modes alternatifs de consultation
publique comme la médiation et les consultations ciblées.
Par ailleurs, dans un souci
d'efficience, il serait pertinent de prendre en compte, lors de l'élaboration
des listes réglementaires d'activités
à risque élevé, les impacts environnementaux réels qui ont été documentés dans
le cadre de suivis environnementaux
de projets antérieurs similaires ainsi que les mesures d'atténuation et les
pratiques environnementales développées au cours des dernières années.
Hydro-Québec
a réalisé, depuis le début des années 90, des centaines d'évaluations environnementales
de projets de lignes et de postes
appuyées par des méthodes reconnues par le ministère. Par conséquent, certains
projets récurrents avec bilan
environnemental positif ou dont les impacts environnementaux et les mesures
d'atténuation requises sont connus et documentés devraient être
considérés comme des activités à risque modéré ou à risque faible, et donc
exclus de la procédure d'évaluation.
Quant au régime
d'autorisation gouvernemental, il doit être prévisible. Le nouveau pouvoir du
gouvernement d'assujettir à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts
un projet non inclus dans la liste réglementaire nous préoccupe, car il rend incertain le régime d'autorisation applicable à
un projet. La décision d'assujettir ou non un projet à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts
engendrera des délais additionnels qui influeront sur ses coûts et sur
sa date de mise en service.
Quant
à la consultation à l'étape de la directive, Hydro-Québec reconnaît le
bien-fondé des objectifs poursuivis par la tenue d'une consultation à l'étape de la directive. Néanmoins, la
procédure, telle que proposée, ne permet pas à l'initiateur du projet de présenter ses observations sur la
pertinence d'intégrer dans l'étude d'impacts certains éléments soulevés
lors de cette consultation. Actuellement,
l'utilisation par le ministère de directives types finales constitue un acquis
majeur en ce que celles-ci sont émises sans
délai et ont un contenu prévisible. En effet, l'utilisation de ces directives
types a permis de réduire les délais d'émission d'une directive de
plusieurs mois sans diminuer la qualité des études d'impact.
plus, dans le cadre de la réalisation de ces études, plusieurs activités
d'information et de consultation du public sont mises en oeuvre par Hydro-Québec, et ce, dès les premières étapes du projet. Les
préoccupations recueillies lors de ces échanges sont ainsi prises en
compte dans la réalisation de l'étude d'impact et dans la conception du projet.
Quant
au nouveau régime d'autorisation ministérielle unique pour les activités à
risque modéré, cette simplification du
régime actuel pourrait mener à des gains d'efficience dans la mesure où il
permettrait l'harmonisation des exigences applicables à un même projet
ou activité. Toutefois, il ne devrait pas conduire nécessairement à la
délivrance d'une autorisation unique
préalable pour l'ensemble d'un projet dans tous les cas. Cela pourrait poser
problème pour certains projets
élaborés en phases successives. Dans bien des cas, les spécificités de
certaines composantes d'un projet ne peuvent être finalisées avant que
ne débutent les principaux travaux. À
titre d'exemple, la construction d'un
nouveau poste de transport doit pouvoir
débuter avant que ne soit finalisée, par
exemple, la conception des
installations de gestion des eaux usées qui seront dans le poste.
Quant à la durée de
validité des autorisations, Hydro-Québec n'est pas favorable à ce que la
validité des autorisations touchant ses activités et ses équipements ait une
durée limitée ou que ces autorisations doivent faire l'objet d'un renouvellement, notamment parce qu'il s'agit d'un service
essentiel qu'est la livraison d'électricité, et que nos installations nécessitent d'importants
investissements, et qu'il s'agit d'infrastructures qui ont une très longue
durée de vie.
Hydro-Québec
suggère également que les nouveaux pouvoirs alloués au ministre
soient bien balisés afin qu'ils ne deviennent
pas une source d'incertitude pour un promoteur quant à l'application de la loi
et des règlements afférents et qu'ils atténuent les bénéfices attendus
de la modulation du régime en quatre catégories.
Quant à l'exemption à
l'obligation d'obtenir une autorisation pour les activités à risque faible et à
risque négligeable, il serait important que les impacts environnementaux réels
qui ont été documentés ainsi que les mesures d'atténuation appliquées soient
pris en compte dans l'élaboration des listes réglementaires d'activités à
risque faible et négligeable. Il serait
également pertinent que la classification des activités dans ces catégories
préserve les exemptions et assouplissements
prévus par le régime actuel en vertu de règlements et par les notes
d'instructions ou d'interprétation qui ont
été émises par le ministère du
Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.
Dans le cadre des projets soumis à la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts, le remplacement d'autorisations par des déclarations de conformité peut
représenter un allègement particulièrement significatif. Cette mesure devrait
être préservée dans le texte de loi. À
titre
d'exemple, dans le projet hydroélectrique d'Eastmain-1-A—Sarcelle—Rupert,
plus de 70 certificats d'autorisation
ont été émis en vertu de l'article 22 de la loi pour les principaux ouvrages. Ces certificats d'autorisation
pourraient être remplacés par des déclarations de conformité.
L'importance
d'une consultation dans le cadre de l'élaboration des listes réglementaires des
activités. Dans le cadre des travaux
actuels, le ministère est à élaborer les règlements d'application qui viendront
notamment déterminer et encadrer les
activités visées par la procédure d'évaluation et d'examen des impacts.
Considérant l'importance de ces règlements, Hydro-Québec souhaiterait
être consultée tôt dans le processus d'élaboration de ces listes d'activités.
L'accès
à l'information et registres publics. Hydro-Québec est favorable à la
publication d'informations permettant de
mieux renseigner le public, mais nous sommes préoccupés quant à la sensibilité
des informations qui pourraient faire l'objet
d'une obligation de divulgation. Nous croyons que les encadrements prévus à la
Loi sur l'accès devraient constituer les balises à cet égard. Un
promoteur devrait pouvoir protéger ses secrets industriels ou commerciaux,
également des informations sur l'utilisation du territoire qui lui ont été
fournies par des usagers du territoire ou les informations qui pourraient, par
exemple, favoriser la spéculation immobilière.
conclusion, Hydro-Québec appuie le projet de loi n° 102. Toute volonté de
simplification, d'allègement, de clarification,
de modernisation du processus d'autorisation est positive, en autant qu'elle
ajoute de la prévisibilité pour le promoteur. Nous saluons la modulation
du régime d'autorisation selon les quatre catégories de risque identifiées.
Enfin, Hydro-Québec se réjouit de l'encadrement
de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement par
l'introduction de délais, de délégation de pouvoirs, par l'officialisation des
modes alternatifs de consultation publique. Ces mesures
offrent de la souplesse tout en apportant des précisions essentielles en regard
de l'application de la loi. Nous vous remercions de votre attention.
Le Président (M. Hardy) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter la période
d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Leney, M. Bolullo. Merci pour
votre présentation ainsi que votre
mémoire. Pour moi, ça fait le tour, c'est très clair. Je veux laisser du temps
à mes collègues pour poser des questions.
Le seul point
que j'aimerais approfondir avec vous, vous avez parlé, en début de
présentation, la notion d'impacts environnementaux
réels. J'aimerais ça que vous alliez plus loin là-dedans, là. C'est parce que
vous... Si je vous comprends bien,
c'est d'ajouter un critère au niveau de l'évaluation environnementale. Est-ce
que c'est ça que vous recherchez? C'est de dire : Bien, si, par exemple, Hydro-Québec est capable de
démontrer qu'un projet est à tous points semblable à d'autres qui ont reçu des autorisations environnementales,
qu'on devrait en quelque sorte faire presque un genre de copier-coller?
Est-ce que je vous suis?
Mme Leney
(Stella) : Alors, oui, M. le Président et M. le ministre, deux
éléments. Premièrement, nos projets, comme
vous le savez, sont quand même des projets qui sont similaires. Ce sont des
projets de lignes de transport, de postes, des ouvrages dans le cadre
d'aménagements hydroélectriques. Donc, c'est des projets qui sont assez
similaires et récurrents dans le temps.
C'est des projets qui ont fait l'objet, comme on le dit, d'études d'impact, en
fait, depuis que la loi existe,
depuis le début des années 80. Alors, les impacts environnementaux de ces
projets-là sont très bien documentés, et c'est dans ce sens-là qu'on dit que la procédure, et donc les
directives, les exigences de la loi, doivent se baser sur des impacts environnementaux réels et sur des connaissances
scientifiques que l'on a acquises au cours de ces études d'impact là et
des suivis environnementaux.
Peut-être je
laisserai la parole à mon collègue par la suite pour donner certains exemples
de ça, de connaissances scientifiques qui ont été acquises et qui nous
permettent maintenant de dire : Bien, dans telle situation ou dans tel milieu, on connaît l'impact, alors on n'a
peut-être pas besoin de recommencer des études complètes sur cet élément-là.
Alors, c'est dans ce sens-là qu'on parle
d'impacts environnementaux réels parce qu'ils ont été documentés, et qu'ils
sont connus, et qu'il y a des mesures d'atténuation aux besoins qui sont
connues. Je ne sais pas si mon collègue...
M. Heurtel :
Juste préciser, M. le Président, j'aimerais ça voir ça par opposition à quoi
aussi. Tu sais, je veux dire, si vous
prenez la peine de faire ce point-là, j'essaie de comprendre c'est par
opposition à... Qu'est-ce que vous voyez, dans le régime actuel, qui ne
tient pas compte de ça? Qu'est-ce qu'on considère... Qu'est-ce qui serait des
impacts environnementaux qui ne sont pas réels qui seraient considérés?
J'essaie de comprendre cette notion-là.
Mme Leney (Stella) : Je vais
laisser mon collègue...
Le Président (M. Hardy) :
M. Bolullo.
M. Bolullo (Mathieu) : M. le
Président, M. le ministre, dans le fond, on fait référence, par ce point-là, à,
par exemple, un projet de poste qu'on va reconstruire au même endroit. Donc, c'est
un bon exemple où la récurrence de ces projets-là
au cours des dernières années, les bilans des impacts qui ont été faits dans le
cadre de ces projets-là, qui, même parfois,
sont positifs, donc on remplace des vieux équipements qui sont bruyants par
d'autres qui sont plus silencieux, on adapte
les nouvelles technologies... Alors, le point qui est fait là-dessus quand
on parle d'impacts réels, c'est pour faire allusion au fait que ces projets-là,
dans la liste des projets à catégorie à risque élevé, bien, à ce moment-là, peut-être
qu'il y aurait une réflexion qui pourrait
être faite pour dire : Bien, est-ce
que ces projets-là ne pourraient pas
être soustraits à cette liste-là en lien avec les impacts réels qui ont
été démontrés?
M. Heurtel : Je comprends,
merci. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Hardy) :
Merci. Est-ce qu'il y a quelqu'un du côté... M. le député de Dubuc.
M. Simard : Merci,
M. le Président. D'abord,
bienvenue, bienvenue chez vous parce
qu'en réalité le Parlement, c'est la maison du contribuable, donc c'est
toujours un plaisir de vous rencontrer.
J'ai quelques
petites questions. Vous parliez de... la validité des autorisations ne devrait
pas être limitée. Quand on dit
«limitée», ça veut dire dans le temps, j'imagine. Vous avez dit ça dans votre
mémoire. J'aimerais que vous donniez... Pour les gens qui nous écoutent
puis aussi un petit peu pour moi, là, j'aimerais vous entendre sur des exemples
particuliers qui font que ça vous cause des
problèmes, ça restreint votre capacité à faire des travaux, je vous dirai, qui
sont nécessaires. J'aimerais vous entendre là-dessus.
Le Président (M. Hardy) :
Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Oui. Ce qui nous préoccupe dans la proposition, c'est que
les... on propose que les autorisations
aient une durée de validité limitée dans le temps, par exemple, cinq ans ou
10 ans, quel que soit le nombre d'années. Nous, ça nous préoccupe
parce que, comme on le disait dans notre mémoire, vous savez, les installations
d'Hydro-Québec, que ce
soient des lignes de transport ou des aménagements hydroélectriques, ont une
très longue durée de vie. Nos
barrages ont une durée de vie de plus de 100 ans, nos lignes, c'est 50, 75 ans,
maintenant, qu'on voit. Alors, on se
dit... Ça nous préoccupe beaucoup de savoir que, peut-être, il y aurait une
durée, pour ces autorisations-là, qui serait limitée dans le temps, et
il faudrait aller redemander, donc, ou faire renouveler l'autorisation pour une
ligne qui est existante depuis 10 ans
ou 15 ans. Ça, c'est sans compter qu'actuellement on estime qu'on a des
milliers d'autorisations en cours
pour des installations qui ont été construites. Alors, imaginez-vous s'il
fallait retourner demander des renouvellements pour tous ces équipements-là. Alors, c'est ça qu'on veut dire, une
autorisation qui serait limitée ou valide, là, dans le temps, une durée
limitée dans le temps.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Dubuc.
M. Simard :
Merci, M. le Président. Vous parliez tout à l'heure, un petit peu avant de
finir votre mémoire, je ne me souviens plus quelle page, là, j'ai
souligné des affaires, mais le certificat d'autorisation remplacé par des
certificats de conformité qui pourrait être
chose qui vous rendrait de grands services. J'aimerais vous entendre là-dessus
parce qu'on a eu quelques
entreprises, effectivement, qui sont venues nous dire la même chose. Mais, pour
Hydro-Québec, est-ce que ça veut dire la même chose que les autres
entrepreneurs? Je ne le sais pas, mais j'aimerais vous entendre là-dessus, si
c'est possible.
Mme Leney
(Stella) : Très bien, merci beaucoup. Je vais commencer puis je vais
demander à mon collègue de compléter par des exemples.
qu'on veut dire, c'est que... puis on a donné l'exemple d'un grand projet comme
Eastmain-1-A—Rupert,
puis qui est, bien sûr, un grand projet
d'aménagement hydroélectrique. Dans le cadre de ce projet-là, on a une
autorisation en vertu, bon, par
exemple, de l'article 31, qui est un décret du Conseil des ministres, et
par la suite il faut retourner auprès du ministre de l'Environnement
obtenir des certificats d'autorisation en vertu de l'article 22 pour
plusieurs, plusieurs ouvrages, même pour des
des dizaines et des dizaines de
certificats d'autorisation. Alors, nous, on se dit que peut-être ça pourrait
être valablement remplacé par des déclarations de conformité qu'on
déposerait au ministère, évidemment en vertu de certaines exigences qui
seraient réglementées, mais on n'attendrait
pas, à ce moment-là, d'avoir une autorisation de la part du ministère pour
commencer les travaux sur ces éléments-là du projet.
Le Président
(M. Hardy) : M. Bolullo.
M. Bolullo
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Donc, en termes d'exemple, exemple,
pour le projet Romaine, où suite à l'obtention d'un décret pour le
projet on doit demander des certificats d'autorisation, on en a demandé plus de
300 dans le cadre de ce projet-là. Donc, on
pense qu'avec un processus de déclaration de conformité pour des activités
qui sont bien connues, bien encadrées, on
pourrait réduire de moitié ce nombre de certificats là qu'on demande, et ça
améliore d'autant plus la prévisibilité dans les échéanciers, et ça aide justement
même à devancer certains échéanciers, ce qui est très important pour un
promoteur et pour... surtout quand on parle de... on oeuvre dans un contexte
d'efficience où les coûts sont très importants. Donc, c'est à ce sens-là que ça
nous permettrait d'être plus efficaces.
M. Simard : Donc, si j'entends ce que vous avez dit tout à l'heure par rapport à, justement, l'expérience d'Hydro-Québec,
pour diminuer les interventions, ça voudrait donc dire qu'en considérant
l'expérience que vous avez sur d'autres projets que vous avez réalisés et considérant le fait que vous pouvez
donner de bons exemples qui ressemblent à... vous avez parlé d'un pit de sable ou encore... bon, que
vous connaissez bien, à ce moment-là le ministère
de l'Environnement devrait prendre en considération vos connaissances
et, nécessairement, changer les certificats d'autorisation pour des
certificats, justement, de... Voyons! J'ai avalé le mot, là, je m'excuse.
Mme Leney
(Stella) : Déclarations de conformité.
M. Simard : C'est ça, des déclarations de conformité, c'est ça
que vous nous dites, là, et puis ça aiderait à faire l'avancement des projets parce que
vous dites 350... Mettons que je n'aime autant pas y penser, là, c'est assez
impressionnant, mais ça aiderait à l'avancement des travaux avec les différents
entrepreneurs qui, nécessairement, pourraient
augmenter la cadence, c'est ce que je
comprends, donc moins de coûts pour
les contribuables parce que
c'est toujours les contribuables... en conformité avec la tarification que vous chargez parce que c'est toujours
potentiellement rattaché, tout ça, là, pour
s'assurer qu'on est vraiment rentables et s'assurer que les Québécois
en ont pour leur argent. C'est ça, l'objectif.
Maintenant,
j'ai une autre question. Par
rapport à votre mémoire,
vous dites, à la page 5, que les nouveaux pouvoirs discrétionnaires
du ministre devraient être balisés. Mais comment est-ce qu'on écrit ça dans la
loi, là? J'aimerais vous entendre là-dessus, là.
Le Président
(M. Hardy) : Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Oui, merci. Je pense qu'au départ ou à l'origine ce qu'on
veut dire, c'est que, comme n'importe quel promoteur, je suis certaine, ce qui est toujours
important, c'est la prévisibilité. On apprécie moins
d'avoir de l'incertitude dans les processus
d'autorisation. Quand on commence à planifier un projet, évidemment,
on veut savoir quel est le régime
d'autorisation qui va s'appliquer à ce projet-là. Alors, dans ce sens-là, c'est sûr que plus ce pouvoir-là... s'il est dans la loi, si le gouvernement en juge ainsi, bien, on veut qu'il soit balisé ou restreint et qu'il ne
puisse être appliqué que de façon
très exceptionnelle et aussi le plus tôt possible dans la réalisation des études d'un projet, que ça arrive très tôt dans les études d'avant-projet et non pas lorsque
toutes nos études sont terminées puis qu'on est à la phase, par exemple, de demander les autorisations, ou tout ça, parce que nos
projets, en tout cas, si on pense à nos grands projets, là, c'est quand même...
les études s'étalent sur plusieurs années. Alors, c'est dans ce sens-là. La balise, je dirais, les balises, c'est de façon très
exceptionnelle, et puis le plus tôt possible dans le processus.
M. Simard : Parce
que votre inquiétude, en réalité,
c'est que les ministres changent et, véritablement,
l'arbitraire soit différent d'un ministre
à l'autre. Et ça pourrait vous causer problème. C'est ce que je comprends et c'est la raison pour laquelle
vous demandez des balises claires dans lesquelles... un couloir donné puis que
ce soit, je vous dirai, très... qu'on ne fasse pas ça trop souvent. C'est
ça que vous êtes en train de nous dire, là.
Mme Leney
(Stella) : Bien, je dis,
oui, effectivement, que ça devrait être exceptionnel, comme tout
pouvoir, je dirais, discrétionnaire devrait être exercé de façon
exceptionnelle. Mais aussi, comme je vous dis, la question
de la période dans le temps du projet
où ça devrait être fait, cette balise-là serait importante le plus tôt, vraiment,
vraiment le plus tôt possible au début des études
d'avant-projet et non pas attendre en fin de course.
M. Simard :
Mais ce serait pour, j'imagine, des projets à risque modéré parce que des
projets à risque élevé, j'imagine que vous
ne voudriez pas que le ministre s'implique dans ça. Excusez-moi, M. le Président, je ne vous ai pas demandé la parole, moi, là.
Mme Leney
(Stella) : Oui, je ne voulais pas...
Le Président
(M. Hardy) : Allez-y, monsieur, ça va bien.
M. Simard :
Oui, merci, merci.
Mme Leney
(Stella) : En fait, oui,
vous avez raison pour les projets à risque modéré parce que
ceux-là seront assujettis à l'article 22
de la loi, alors que les projets à risque élevé seront derechef assujettis à la
procédure d'évaluation et d'examen
des impacts sur l'environnement. Donc, déjà, ils seront dans le cadre de cette
procédure-là avec une audience publique du BAPE, et tout.
M. Simard :
Je vous remercie. Moi, M. le Président, j'ai fait le tour.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Dubuc. Il reste trois minutes.
M. Simard :
Il reste trois minutes?
Le Président
(M. Hardy) : Avez-vous des questions? M. le député de Maskinongé?
M. Plante :
Ça va bien, M. le Président, on peut...
Président (M. Hardy) : Ça va bien? Bon, parfait. Ça fait que nous
allons passer à M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, merci, M. le Président. Alors, bienvenue, Mme Leney et
M. Bolullo. Ça fait plaisir de vous recevoir ici.
Écoutez,
moi, je suis très, très fier d'Hydro-Québec, comme la très grande majorité des
Québécois. C'est un acquis unique,
incroyable, qui permet aux Québécois de pouvoir contrôler leur énergie. Mais en
même temps il y a toujours un risque
que ça devienne une bête indomptable, hein, Hydro-Québec, en raison de
l'ampleur de l'entreprise. Et on entend souvent, et peut-être plus encore depuis quelques années : Ah!
Hydro-Québec, c'est un État dans l'État en raison de ses pouvoirs élargis, de son rôle, de ses moyens, de
son effet de levier, de ce que ça représente comme actifs. Donc, il faut
trouver l'équilibre entre les deux, entre
cet acquis incroyable pour la collectivité et le fait qu'il ne faut pas non
plus que ça devienne un État dans l'État.
Alors,
c'est pour ça que moi, je garde toujours une distance, une certaine distance
critique, pour ne pas non plus qu'Hydro-Québec
ait constamment, si vous me passez l'expression, un «fast track» ou que...
parce que c'est Hydro-Québec, sous
prétexte... service essentiel, bien, on va passer outre certaines autorisations
ou on va aller plus vite pour permettre à Hydro-Québec de passer ses lignes, de faire des postes, ainsi de suite.
J'ai trop d'expérience avec Hydro-Québec pour, en même temps, être conscient
que c'est important de suivre de près ce que la société d'État fait, notamment
dans les régions du Québec, là où on
puise l'énergie pour la distribuer ailleurs. Alors, il faut toujours s'assurer
que la présence d'Hydro-Québec dans
les régions soit correcte, soit efficace et conduise aussi à de la création de
la richesse, etc. Donc, c'est de trouver l'équilibre à travers tout ça.
Alors,
c'est pour ça que j'ai sursauté un peu... dans vos propos, c'est sous le
chapitre Commentaires spécifiques , là... parce que votre mémoire n'est pas paginé, alors c'est le
commentaire spécifique point 1, là, à la fin de la page, en tout cas, moi, selon ma pagination que je me suis
faite, là, c'est la page 4, quand vous parlez de... bon, vous dites que
«certains projets récurrents avec bilan environnemental positif [...] devraient
être considérés comme des activités à risque modéré
ou à risque faible». Donc, ça, c'est votre analyse à vous. Vous dites que tel
projet a un impact environnemental connu, documenté, et ça devrait être
à risque modéré.
Mais, au début de votre paragraphe, vous
dites : «Hydro-Québec a réalisé, depuis le début des années 90, des centaines d'évaluations environnementales de
projets de lignes et de postes appuyées par des méthodes reconnues par
les ministères.» Donc, dois-je comprendre que la ligne Chamouchouane, par
exemple, devrait être une activité à risque modéré
ou à risque faible? Ou l'autre projet, là, de ligne qui va vers les États-Unis,
qui doit traverser le New Hampshire, est-ce que c'est aussi un projet à
risque modéré ou à risque faible? Ce sont des lignes de transmission, et là
vous nous donnez l'exemple de projets de lignes.
Alors, je
veux juste être sûr de bien comprendre ce que vous voulez dire à cet effet
parce que, oui, Hydro-Québec est
importante, oui, Hydro-Québec est habituée de faire des lignes de transmission,
par exemple, mais, quand la ligne passe sur des terres agricoles, traverse des milieux humides, est-ce que ça
doit nécessairement être qualifié de risque modéré ou risque faible,
selon Hydro-Québec parce qu'Hydro-Québec est habituée de faire ça?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Merci, M. le Président. Alors, je vous rassure tout de
suite, M. le député, quand on parle de projets de lignes comme ça, qui
pourraient être à risque modéré ou faible, on ne parle pas d'un projet comme la
ligne Chamouchouane—Bout-de-l'Île,
c'est une ligne... Vous savez, actuellement, les lignes de cette tension-là,
comme Chamouchouane—Bout-de-l'Île,
à 735 000 volts, ce sont des lignes qui sont assujetties à la
procédure d'évaluation et d'examen des
impacts, ce qui serait dans la catégorie, aujourd'hui, risque élevé. Et ce
n'est pas ce genre de projet, de telle
envergure, que l'on cible quand on parle de faire en sorte que des projets de
lignes soient dans les risques modérés ou
faibles. Tantôt, mon collègue a donné un exemple qui est dans le mémoire, c'est
la reconstruction d'un poste de transport sur un même site, la reconstruction d'une ligne à 120 000 volts
dans la même emprise, par exemple. Ça, ça pourrait être des projets qui seraient considérés plus à risque
faible ou, tout au moins, à risque modéré. Mais, je vous rassure, on ne
pensait pas à des lignes de 735 000 volts de 500 kilomètres et plus.
Le Président (M. Hardy) : M. le député
de Jonquière.
Mme Leney (Stella) : Je ne sais pas
si ça répond à votre interrogation.
M. Gaudreault :
Oui, oui, ça répond, mais ça veut dire que ça prendrait, d'une certaine
manière, une forme de liste, là, pour
savoir ce que vous considérez, vous, comme étant des... parce que vous
disiez... vous dites, c'est-à-dire, dans votre mémoire : Des projets de lignes. Alors là, des projets de lignes,
quand on lit ça, on se demande c'est quel type de lignes, là. Et donc il
faudrait comme mettre en
annexe ou je ne sais pas quoi, là, une liste de
projets que, selon vous, vous considérez
comme à risque modéré ou à risque faible. Mais, un peu dans le même sens, dans
la préparation du projet de loi et éventuellement des règlements qui
vont aller avec, est-ce que vous avez été consultés par le ministère, ou par le
ministre, ou par le cabinet du ministre sur la rédaction du projet de loi
justement pour avoir votre point de vue sur la qualification des niveaux de
risque?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Merci. Comme on l'a dit dans notre mémoire, on veut être
consultés le plus tôt possible. Je
crois qu'on a des... on a continuellement des échanges avec le ministère parce
que, comme je dis, on est un très important demandeur d'autorisations gouvernementales. Alors, je crois que le
ministère connaît notre position sur ces listes-là. Mais on a demandé à être consultés. Les listes actuelles,
comme vous le savez, les listes, ce qui est réglementé, c'est en
fonction de la tension de la ligne et de la
longueur de la ligne. La même chose pour les postes, pour ce qui serait
considéré à risque élevé et à risque
modéré, on a demandé d'être consultés par le ministère parce qu'on voudrait
effectivement avoir notre... donner notre opinion sur ces listes
d'activités là qui seront considérées à risque élevé ou modéré.
M. Gaudreault : Donc, vous avez
demandé à être consultés, mais vous ne l'avez pas été encore en amont.
Mme Leney (Stella) : Comme tel,
consultés officiellement, non, mais on a des discussions quand même régulièrement
avec le ministère sur nos projets. Alors, je crois qu'il connaît bien nos
positions.
M. Gaudreault :
O.K. Pour moi, c'est un peu la même chose avec l'autre élément, là, à votre
point 1.2.ii, là, sur la durée de
validité limitée des autorisations. Vous en avez parlé un petit peu avec mon
collègue de Dubuc, mais, pour moi, c'est un peu la même chose, là. Moi,
je veux dire, je suis bien prêt effectivement à reconnaître que, s'il y a des installations qui sont là à longue durée, que ce
soit une centrale ou que ce soit un poste, peu importe, ça devient peut-être
absurde de demander pour des durées
limitées, mais on la tire où, la ligne — c'est le cas de le dire, là — sur les autorisations où vous demandez
de ne pas avoir de limitation, si on veut, là, ou des autorisations qui doivent
être renouvelées, là? Alors,
quel type d'activité, par exemple, là, ou quel type d'installation, là, devrait
faire l'objet d'un renouvellement et d'autres pas de renouvellement?
Le Président
(M. Hardy) : Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Merci, M. le Président. Bien, vous me demandez des
exemples. Évidemment, les exemples, dans
le cas d'installations qui sont là pour une très, très longue durée de vie, on
ne souhaite pas qu'il y ait une durée limitée, bien sûr, parce que tout renouvellement d'autorisation pourrait amener
des modifications importantes aux ouvrages. Par contre, lorsqu'on fait
des travaux, en termes d'exploitation de ces ouvrages-là, lorsqu'on entretient
ces ouvrages-là, il y a des autorisations
qui sont demandées, qui sont exigées en vertu de la
Loi sur la qualité de
l'environnement. Et celles-là, on va
continuer d'en demander si la loi les exige encore. Donc, des travaux en cours
d'exploitation des ouvrages, si vous
me demandiez des exemples qu'on ne veut pas qu'il y ait ou de possibilités de
demander des renouvellements ou, en fait,
de nouvelles autorisations, ça serait, bon, sur des travaux, comme je dis, en
cours, sur l'entretien des ouvrages, si on doit faire certains travaux, c'est ça, d'entretien, de maintenance. Oui, ça, il
n'y aura pas de difficulté.
Je ne sais pas si mon collègue a des...
Le Président
(M. Hardy) : Je vous remercie...
Mme Leney
(Stella) : Pardon?
Le Président (M. Hardy) :
Je vous remercie. Je cède maintenant la parole au député de Masson.
M. Lemay : Merci,
M. le Président. Merci d'être avec
nous aujourd'hui en commission. Vous savez, le groupe précédent, l'AQEI, a mentionné que les évaluations environnementales stratégiques, là, ça
devrait être sous les standards internationaux,
puis ils ont parlé de la directive européenne, ils ont parlé aussi qu'on
devrait tenir des EES sur le secteur de
l'énergie. Hydro-Québec, en tant que joueur important dans le secteur de
l'énergie, vous en pensez quoi, des études environnementales
stratégiques sur le secteur de l'énergie?
Le Président
(M. Hardy) : Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Merci, M. le Président. Alors, les évaluations
environnementales stratégiques, on croit que ça peut être important, comme c'est écrit dans le projet de loi, pour de
grands programmes gouvernementaux, de grandes politiques, et, dans ce contexte-là, je vous dirais, par exemple, pour
une politique énergétique, là, comme par exemple, qui fait l'objet d'une
consultation, et tout ça. Donc, ces grands programmes là, ça pourrait être
intéressant qu'il y ait des évaluations environnementales stratégiques,
effectivement. On parle de grands programmes gouvernementaux.
Le Président (M. Hardy) :
M. le député de Masson.
M. Lemay :
Parfait. Merci. Dans votre point 1.3, vous mentionnez à la fin que «l'ajout de
[la] tarification à la pièce, pour des déclarations de conformité,
pourrait s'avérer contraire à l'objectif recherché d'un allègement
administratif». Est-ce que vous voulez donner plus de détails sur ce point-là?
Mme Leney
(Stella) : Bien, plus on ajoute... On l'a dit, l'objectif du projet
est d'alléger, de simplifier. Alors, plus on ajoute des étapes et des déclarations sur des éléments qui
actuellement... ou des composantes de projet qui ne faisaient même pas
l'objet de demandes d'autorisation, bien là c'est sûr qu'on ne simplifie pas.
Je ne sais pas si mon collègue voudra
préciser. Non? Bien, c'est ça qu'on voulait dire. Là, l'idée est de simplifier
et pas non plus, là, d'ajouter par rapport à des composantes, ou des éléments, ou des activités qui actuellement ne
sont pas assujetties à des autorisations, donc de ne pas en ajouter en
demandant aussi des déclarations de conformité.
M. Lemay :
O.K. Je voulais savoir... C'est sûr que tout coût supplémentaire peut résulter
en une augmentation du tarif aux
clients d'Hydro-Québec, là, mais, compte tenu des sommes... On sait qu'on veut
faire passer le coût des études, là, de 45 %, présentement payé par
le promoteur, à 100 %. Mais, en fait, est-ce que vous croyez que ça peut
avoir un impact pour Hydro-Québec au niveau
du coût qui pourrait être refilé jusqu'aux clients si vous aviez à payer
100 % des coûts pour vos certificats d'autorisation?
Le Président
(M. Hardy) : Mme Leney.
Mme Leney
(Stella) : Tout coût qui s'additionne dans les activités réglementées
pour Hydro-Québec, donc les activités de transport et de distribution, peut
avoir ultimement, évidemment, un impact sur la tarification. Il faut voir dans
quelle mesure, là. Mais, si vous me demandez pour les activités réglementées,
tout cela s'ajoute à ce qu'on appelle le
coût de service. Le coût de service du transport et de la distribution
d'électricité, c'est ce qui permet à la Régie de l'énergie de déterminer
le tarif. Alors, tout a un impact. Quand on parle des activités de production,
qui sont des activités qui ne sont pas
réglementées, alors là, il n'y a pas d'impact direct. Je ne sais pas si cela
répond à votre question.
M. Lemay : C'est
bien, merci. Puis juste un petit point... Dans le fond, vous en mentionnez, là,
à votre point 1.2, au niveau des
pouvoirs discrétionnaires qui sont conférés au ministre, puis vous voudriez que
ça soit mieux balisé. En fait, ce que vous voulez dire, c'est que vous
voudriez qu'on mette un mécanisme pour dire que le pouvoir discrétionnaire du ministre s'appliquerait en moindre mesure. Dans le
fond, on voudrait limiter les pouvoirs discrétionnaires au ministre.
C'est ça que j'entends par «mieux baliser», effectivement.
Mme Leney
(Stella) : Oui, M. le Président, et, un peu comme je le disais tantôt,
donc, effectivement, ce qu'on dit, dans
le fond, la balise, c'est que ce soit utilisé de façon vraiment très
exceptionnelle, qu'on retrouve la notion d'«exceptionnel» et également, s'il doit être exercé pour faire en sorte
qu'un projet qui était à risque modéré devienne un projet à risque élevé
et soit assujetti à la procédure d'évaluation des impacts sur l'environnement,
donc qui est une procédure plus longue, plus
complexe, bien, que cette décision-là soit prise le plus tôt possible dans la
réalisation du projet, et même le plus en amont possible, c'est-à-dire
au tout début des études.
Le Président
(M. Hardy) : M. Bolullo.
M. Bolullo
(Mathieu) : Si je peux me permettre, M. le Président, pour compléter
aussi, c'est que cet impact-là peut avoir un effet jusqu'à très en
amont, là, donc dans la planification des projets. Donc, à l'heure actuelle,
quand c'est prévisible qu'un projet est
assujetti à tel ou tel régime, on peut planifier adéquatement les échéanciers
très en amont, et ça, ça permet de partir les projets au bon moment pour
arriver lorsque c'est requis.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Masson, il vous reste
1 min 20 s.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Je sais qu'on en a parlé déjà avec mes autres
collègues, de cette question-là au
niveau, là, du fameux «fast track», que l'on peut appeler nous autres, là. Vous
mentionnez que, quand il y a un impact positif
à un projet, vous devriez... vous avez mentionné, vous autres, qu'on devrait le
descendre à un risque modéré ou risque
faible. Mais il y a des groupes qui sont venus nous dire qu'ils verraient même
l'instauration d'une cinquième catégorie pour justement... à ce qu'on
dit, là, le «fast track». Vous en pensez quoi, de cette cinquième catégorie?
Le Président
(M. Hardy) : Mme Lemay... Leney.
Mme Leney
(Stella) : Il n'y a pas de problème. Excusez-moi, mais la cinquième
catégorie ou la cinquième... je n'ai pas
bien compris ce que ce serait parce que j'ai bien lu sur les quatre qui sont
proposées dans le projet de loi, mais la cinquième...
M. Lemay :
C'est à cause de... Vous mentionnez vous-même un bilan environnemental positif,
les impacts positifs. Donc, la cinquième catégorie serait à impact
positif, donc on rajouterait cette catégorie.
Mme Leney
(Stella) : O.K. Je comprends. Bien, en fait, nous, bien, impact
positif, on mettait ça dans, dans le fond, impact négligeable, ça fait qu'on n'aurait pas besoin d'obtenir
d'autorisation, que c'est exclu de tout processus d'autorisation.
C'était comme ça qu'on le voyait.
Le Président
(M. Hardy) : Cinq secondes.
M. Bolullo
(Mathieu) : Cinq secondes. Non, mais, dans cinq secondes... L'idée de
ça, c'est qu'on dit que les projets pour lesquels les impacts sont connus et,
ultimement, sont positifs... mais, dans un exercice de simplification, autant
pour les analystes au ministère que pour les promoteurs, ça, on convient que
certains projets sont dans une catégorie qui devrait être reclassifiée à risque
modéré, bien, ça serait positif. C'est cela, voilà.
Le Président
(M. Hardy) : Mme Leney, M. Bolullo, je vous remercie
pour votre contribution aux travaux de la commission.
suspends les travaux quelques instants afin de permettre aux représentants de
l'Association d'exploration minière du Québec de prendre place. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à
11 h 12)
Le Président
(M. Hardy) : Nous reprenons nos travaux. Je souhaite la bienvenue
aux représentants de l'Association d'exploration minière du Québec. Vous avez 10 minutes pour votre exposé, et je
vous demanderais de vous présenter au tout début. La parole est à vous.
M. Savard
(Mathieu) : Merci, M. le Président. Mon nom est Mathieu Savard. Je suis vice-président,
Exploration Québec, chez minière Osisko et vice-président du conseil d'administration de l'AEMQ. Je suis accompagné aujourd'hui de Mme Valérie
Fillion, géologue et directrice
générale de notre association,
et de M. Alain Poirier, directeur de projets.
Au nom de l'Association de l'exploration minière du Québec, je désire remercier la Commission
des transports et de l'environnement
de nous accorder l'occasion de venir vous faire part de nos positions
relativement au projet de
loi sur
la qualité de l'environnement afin de
moderniser le régime d'autorisation environnementale et modifiant d'autres
dispositions législatives, notamment pour réformer la gouvernance du Fonds
vert.
M. le
Président, notre filière minérale québécoise est le fer de lance d'une
industrie qui contribue grandement à l'économie
du Québec et de ses régions ressources. Les activités d'exploration minière
maintiennent, selon les cycles, entre 2 000
et 3 000 emplois pour la recherche et le développement du sous-sol
québécois. Notre expertise est internationalement reconnue pour sa rigueur, son savoir-faire et sa
volonté d'oeuvrer de manière responsable. L'évaluation de la situation
dans notre secteur d'activités de ces dernières années nous permet toutefois de
conclure qu'elle a été particulièrement difficile.
Notre secteur doit composer avec des cycles économiques très variables, des
charges réglementaires accrues et aléatoires
et un niveau de débat public émotif. Cela nuit aux efforts de nos entreprises
d'exploration à lever des capitaux sur les marchés internationaux et au
développement de leurs projets d'exploration.
De manière générale, l'association souscrit aux
objectifs du gouvernement visant à améliorer le processus de délivrance d'autorisation aux entreprises et
sociétés opérant au sein de la juridiction du Québec, et ce, sans réduire
les exigences environnementales. L'AEMQ
souhaite également contribuer à toute réflexion qui permettra de mieux
soutenir le développement responsable de notre secteur et sa contribution à la
croissance économique du Québec. Nous sommes d'avis
qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre le développement économique et la
protection de l'environnement. L'AEMQ demeure
par contre inquiète du manque de dispositions précises concernant les PME
d'exploration minière, qui risque de compromettre
la compétitivité du Québec sur le plan du développement de ses ressources
naturelles et la viabilité économique de son secteur de l'exploration
minérale. Ce manque de précisions concernant la panoplie de pouvoirs
discrétionnaires du ministre, des délais et des coûts nous interpelle sur les
motivations du gouvernement dans le développement des ressources naturelles et
l'ensemble des secteurs économiques du Québec.
Un des enjeux
majeurs de tout le secteur des ressources naturelles est que des pans de loi
puissent être subordonnés à la
discrétion du ministre, précisés postérieurement à l'adoption d'un projet de
loi, soit par règlement ou dans le
cadre d'orientation. À
titre d'exemple, le projet de loi accorde un large
pouvoir discrétionnaire au ministre lui permettant d'assortir une autorisation de toute condition
qu'il juge nécessaire et même de refuser d'accorder cette dernière s'il
est d'avis que les mesures proposées par le
promoteur, conformément aux dispositions prescrites dans le cadre de la mise en
oeuvre du projet, seront insuffisantes.
Dans le projet de loi, on retrouve la référence
aux pouvoirs réglementaires du gouvernement ou du ministre à plus 80 occasions. Nous sommes d'avis que les
lois et les règlements les accompagnant se doivent d'être les plus
précis possible afin de rendre prévisible leur application pour tous. Le
gouvernement a tout avantage à préciser et limiter les pouvoirs
discrétionnaires à l'intérieur de sa législation.
L'AEMQ tient
à rappeler que le secteur minier québécois est déjà encadré par plus de 100
lois, règlements, guides, politiques
et directives. Une des problématiques les plus souvent rencontrées par nos
entreprises d'exploration découle des différences
entre les lois et règlements encadrant notre secteur. La
Loi sur les mines et la
Loi sur la qualité de l'environnement en
font partie. Autant d'interprétations
et de mesures différentes, dans certains cas inutiles, causent des délais
coûteux, tant pour les développeurs que pour
le gouvernement, dans l'émission de certificat d'autorisation. La gestion des délais est essentielle
pour nos entreprises d'exploration minière. Les saisons propices à l'exécution
des travaux peuvent être particulièrement courtes, notamment dans le Nord-du-Québec. Tout retard dans l'émission d'autorisation a un
effet grave sur la viabilité des
projets de nos PME. Il est primordial que les modifications législatives soient simples et efficaces
pour mener à des changements appréciables.
À la lecture
du projet de loi, particulièrement la
section II portant sur les procédures
d'encadrement de certaines activités, nous constatons un flou législatif
important. Il est impossible de déterminer ou même d'avoir une idée du type d'activités à encadrer et de quelle façon
elles le seront. Le projet de loi est silencieux sur le type d'encadrement
auquel les entreprises seront soumises. Il
est impératif de retrouver, dans la loi, la description des catégories et, dans
les règlements, la liste d'activités
assujetties et permises. Puisque les règlements ne sont pas connus, il est fort
difficile d'apprécier les activités assujetties ou non. Notre lecture du
projet de loi n° 102 nous amène plutôt à conclure que l'ensemble des
travaux d'exploration ne nécessitant pas aujourd'hui d'autorisation sera
systématiquement soumis à la déclaration de conformité,
et les autres à une demande d'autorisation en bonne et due forme. Cela nous
semble contraire aux souhaits exprimés par le ministre concernant
l'allègement de la procédure.
Un autre
élément à éviter à l'intérieur du processus d'autorisation est l'introduction
de zones tampons ou même de territoires soustraits à l'exploration. En
accumulant l'ensemble des contraintes à l'exploration, cela nous amène à un total de 28 % de l'ensemble du territoire
québécois qui est soit soustrait à tout jamais ou en voie de l'être. À
titre
d'exemple, l'impact de l'exploitation
minière cumule sur une valeur totale de 90 kilomètres carrés... À
titre de
comparaison, l'impact au sol des
activités d'Hydro-Québec représente 52 000 kilomètres carrés sur l'ensemble
du territoire. Le gouvernement se doit
d'avoir une approche de conciliation, d'harmonisation des usages de
cohabitation et non de soustraction de territoire.
En guise de
conclusion, l'association offre sa coopération pour supporter toute modification
du cadre législatif et réglementaire
qui visera à ne pas introduire de nouveaux éléments d'incertitude et
d'imprévisibilité qui caractérisent notre environnement d'affaires depuis de nombreuses années. Le gouvernement a
une opportunité, avec cette consultation et avec les modifications législatives et réglementaires qui devront en
découler, d'améliorer l'attractivité de son secteur minier et de
stimuler l'apport des investissements nationaux et internationaux requis à son
expansion.
nom de l'AEMQ, nous vous remercions, M. le Président, de l'intérêt porté à nos
propositions et sommes à votre disposition pour répondre à vos
questions. Merci.
Président (M. Hardy) : Merci, M. Savard, pour votre exposé.
Nous allons maintenant commencer la période d'échange. M. le ministre,
la parole est à vous.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs madame. Merci pour votre
présentation et votre mémoire. Page
22, vous écrivez dans votre mémoire, je cite : «Nous demeurons convaincus
que le BAPE doit faire l'objet d'une réforme
en profondeur tout comme l'ensemble de l'approche de consultation publique du
gouvernement. La transparence, les
préjugés idéologiques, les nominations partisanes et le déficit de compétence
sont tous des enjeux qui doivent faire l'objet d'un examen approfondi au
sein du BAPE et soutiennent notre demande de réforme.»
Alors,
pouvez-vous, s'il vous plaît, approfondir cette phrase? Parce que c'est assez
fort. Alors, particulièrement sur les questions de transparence, préjugés
idéologiques, nominations partisanes et déficit de compétence.
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard (Mathieu) : Je vais
laisser la parole à M. Poirier.
Le Président (M. Hardy) :
M. Poirier.
M. Poirier
(Alain) : Oui, bonjour. Les
très peu nombreux qui ont assisté au BAPE sur la filière uranifère ont
été aisément témoins des circonstances. Il faut dire que ce n'était pas
seulement que la filière uranifère qui était sous la loupe du BAPE, mais bien l'ensemble de l'activité minière. C'était
excessivement large. Les questions étaient, on oserait dire, assez dirigées. Il y avait beaucoup
d'attaques par rapport au fonctionnaire du ministère de l'Environnement et
même celui du ministère des Ressources naturelles en mettant en doute leurs compétences. C'était quand même
assez surprenant d'une institution comme le BAPE.
On pourrait citer aussi l'évaluation économique
sur le projet de Mine Arnaud, qui tient sur cinq pages, basée sur un prix hypothétique de l'apatite. Donc, c'est
excessivement faible comme analyse. Nous, on croit que le BAPE est une institution importante au Québec et qu'elle
doit s'assurer de le maintenir. Et c'est une question de crédibilité
aussi par rapport au projet. Et on pense que, tant que pour les nominations ou
pour les gens qui doivent être au BAPE, bien, ils doivent être là parce qu'ils
ont les compétences nécessaires pour siéger au BAPE.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Heurtel :
Merci. Je continue. Au niveau de la question de la déclaration de conformité,
vous recommandez que tous les travaux
d'exploration n'aient besoin que d'une déclaration. Comme on l'a vu dans
Anticosti, puis je comprends qu'Anticosti ce n'est pas du minier, hein,
comme tel, mais parfois il peut y avoir des travaux d'exploration qui
nécessitent des études approfondies puis des analyses approfondies.
Je trouve que
ça va un peu fort de dire d'emblée : Tout ce qui est exploration, c'est
une déclaration de conformité, il n'y
a aucune autre formalité. Je me demande comment vous réconciliez ça, par
exemple, s'il y a des travaux d'exploration qui touchent des Premières
Nations. Je vois difficilement comment on peut juste passer par l'étape de déclaration de conformité avec les obligations
minimales de consultation que ça implique, puis également, surtout
quand, un peu plus loin, à la page 31, vous parlez que vous voulez qu'on
aille plus loin qu'une déclaration signée par un professionnel, membre d'un
ordre professionnel reconnu, vous dites : «...soit signé par un
professionnel ou toute autre personne compétente...» Je me demande comment vous
définissez «toute autre personne compétente». Si ce n'est pas par une reconnaissance par un ordre professionnel, qui
décide que c'est une personne compétente et en vertu de quels critères?
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard (Mathieu) : Mon
collègue va répondre également.
Le Président (M. Hardy) :
M. Poirier.
M. Poirier
(Alain) : Peut-être pour
être plus précis, M. le ministre, il y a différentes étapes dans une
exploration minière. Il y en a une qu'on appelle l'exploration, qui sont les
travaux de base, les travaux de forage, d'exploration, et il y a la mise en valeur. C'est peut-être là la subtilité que... La
mise en valeur, c'est des travaux sur un terrain beaucoup plus restreint, avec des forages de délimitation
qui sont plus rapprochés. Eux, on ne demande pas qu'ils soient exclus
des autorisations, mais c'est vraiment la
première partie. Et la plupart de ces travaux-là, à l'heure actuelle, n'ont pas
besoin d'autorisation... de ceux qu'on
parle. Donc, en réalité, ce qu'on dit, c'est que ceux qui en ont... on n'en a
déjà pas, là, on demande juste que ce
soit une déclaration de conformité pour ces travaux-là. Et on est conscients
que, pour des travaux plus importants, il y a une demande de certificat
d'autorisation qui est ajoutée.
Pour
qu'est-ce qui est des Premières Nations, les Premières Nations sont consultées
à la prise des claims. Il y a une
procédure au MRN pour ça, faire en sorte de s'assurer qu'ils soient conscients.
Il faut savoir aussi que les entreprises qui travaillent dans les
secteurs où est-ce qu'il y a des Premières Nations, souvent ils sont là depuis
plusieurs années, ils les connaissent. Les gens des
Premières Nations les connaissent aussi. Il y a très rarement des surprises. Il
y a des demandes des Premières Nations qui sont associées à leurs droits
ancestraux, qui n'ont rien à voir avec l'exploration minière en tant que telle,
et ça, on en est conscients. Mais ce n'est pas... Nous, notre enjeu, c'est un
enjeu qui relève du gouvernement.
Peut-être,
pour le dernier point, sur les ordres professionnels, c'est parce qu'au niveau
de l'exploration minière la plupart des
documents doivent être signés par un géologue qui est membre d'un ordre
professionnel. Et on voyait mal et on voit toujours mal le fait que ce
soit un tiers qui vienne signer ces documents-là, puisque c'est de la
responsabilité du géologue qui fait les travaux
et qui signerait la déclaration pour l'envoyer au gouvernement. Ça fait que,
nous, ce qui serait le plus simple pour nous, c'est de respecter ce qui
se fait déjà à l'heure actuelle, c'est-à-dire c'est le responsable d'un membre
d'un ordre professionnel qui est dans l'entreprise, qui, lui, signe ces
documents-là.
Le Président (M. Hardy) :
Mme Fillion.
Mme Fillion (Valérie) : Oui, M.
le Président. Seulement, concernant le premier point sur l'exploration, les travaux d'exploration pour les hydrocarbures versus les substances minérales, ce n'est vraiment
pas les mêmes travaux qu'on fait, ce
n'est pas le même équipement. Donc, je pense qu'on ne peut pas considérer les
deux activités de la même façon. Il faut être très, très prudent
là-dedans parce que ce n'est vraiment pas la même chose.
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard
(Mathieu) : En complément de réponse, à l'heure actuelle, lorsqu'il y
a des activités de forage, la seule autorisation nécessaire, c'est au
niveau du ministère des Ressources naturelles, qui, lui, a l'obligation de
consulter, entre autres, les communautés autochtones. Donc, il n'a pas besoin
d'avoir d'autorisation autre, sauf si c'est dans l'environnement du poisson, sur des lacs ou dans les milieux humides.
Mais, pour du forage conventionnel qui est effectué, admettons, en forêt, à l'heure actuelle, il n'y a
pas d'autres autorisations. Évidemment, il y a un devoir de consultation
en amont, si on veut, de l'autorisation au
niveau des forêts. Mais, au niveau de l'environnement à l'heure actuelle, il
n'y a pas vraiment d'autorisation
nécessaire si les forages ne sortent pas d'un cadre ordinaire. Puis c'est dans
cette optique-là qu'on demandait simplement une déclaration de
conformité.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Dubuc.
M. Simard :
Merci, M. le Président. D'abord, bienvenue à vous trois. J'aurais quelques
questions, comme celle-ci, la
première. Vous indiquez, à la page 9 de votre mémoire, que l'impact de
l'exploitation cumule des valeurs totales, sur le territoire du Québec, de 90 kilomètres.
J'aimerais, pour que... pour les gens qui nous écoutent, vous avez parlé
d'Hydro-Québec, qui était... il y avait beaucoup plus d'impact sur l'ensemble
du territoire. On sait que l'exploitation minière, c'est vraiment momentané, bon, c'est des forages de recherche que vous
faites. Mais, bien sûr, l'exploitation par la suite, on sait pertinemment que c'est quand même
passablement de territoire. Mais, j'aimerais vous entendre. Quand vous
tenez des propos comme ça dans votre
mémoire, vous voulez parler de quoi? Expliquez-nous ça en long et en large
parce que les gens ont une perception autre que celle que vous avancez.
M. Savard (Mathieu) : Bien,
effectivement...
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard (Mathieu) : Oui, M.
le Président. Effectivement, on parle de perception, et évidemment, souvent,
l'empreinte des exploitations minières est surfaite, évidemment, pour des
raisons de couverture médiatique, parfois, où
est-ce qu'il y a une surreprésentation. Mais, dans les faits, tous les
gisements qui ont été exploités au Québec depuis la nuit des temps ne représentent pas plus que
90 kilomètres carrés, qui est l'équivalent, grosso modo, des
stationnements des Wal-Mart, si on veut.
Donc, l'empreinte est minime, même si, bon, il y a un héritage du passé, ça on
ne peut pas le nier.
Évidemment,
on regarde en avant puis, aujourd'hui, on sait que les lois empêcheraient que
ce qui s'est produit par le passé se
reproduise. Mais tout ce qu'on essaie de vous dire, c'est que l'empreinte est
très minime. À l'échelle du Québec, ce
n'est même pas 0,03 % du territoire. Et pourtant, des fois, on a
l'impression que l'empreinte est beaucoup plus grande. Donc, c'est un peu notre point, c'est de vous
faire réaliser à quel point l'empreinte, même au niveau de
l'exploitation, est très minime sur le territoire.
Le Président (M. Hardy) : ...
M. Simard : Oui, vous pouvez y
aller, M. le Président.
Président (M. Hardy) : M. le député de Dubuc.
M. Simard : Merci. Vous recommandez, à la page 28 de
votre mémoire, que tous les travaux d'exploration — parce qu'il faut bien se le dire, là, on est dans l'exploration et non pas
dans l'exploitation, c'est deux affaires différentes, là, pour les gens qui nous écoutent, bien sûr — que, bon, on n'ait pas besoin d'une
déclaration de conformité. Et, sur cette base, jugez-vous que ces travaux n'aient besoin que d'une déclaration de
conformité? Mais, pour les gens qui nous écoutent, là, honnêtement, les gens ont pour leur dire :
Pourquoi qu'ils veulent juste une déclaration de conformité, alors qu'ils
ont des impacts énormes? Et, si on ne fait pas nécessairement les recherches
environnementales précises sur leurs travaux, qu'est-ce qu'ils veulent faire,
qu'est-ce qu'ils ont à exploiter? On va avoir nécessairement une surprise
momentanée. J'aimerais vous entendre
là-dessus parce qu'on est quand même bien, bien écoutés lorsqu'on parle de
l'exploitation et l'exploration minières. Vous le savez, là.
Le Président
(M. Hardy) : M. Savard.
M. Savard
(Mathieu) : Oui, tout à fait, M. le Président. Nous, évidemment, on
représente les explorateurs. On sait
qu'au niveau de l'exploration l'empreinte est encore plus minime que
l'exploitation. Donc, tout à l'heure, on parlait de l'empreinte de l'exploitation. Et donc, à l'heure
actuelle, les travaux d'exploration, pour la plupart, évidemment, ne
sont pas sujets à aucun certificat de conformité ou d'autorisation, seulement
dans les cas où est-ce qu'il va y avoir des forages sur des lacs ou
dans des environnements humides.
Donc,
pour ce qui est des forages en forêt, évidemment, ça concerne la
Loi sur les forêts, où est-ce qu'il y a des demandes de permis
qui sont requises, des consultations au
niveau des communautés
locales. Mais il n'y a pas d'autre impact. Puis l'impact d'un
forage d'exploration est très minime. Donc, c'est pour ça que nous, on
considère qu'une déclaration de conformité est suffisante à ce point-ci.
Le Président
(M. Hardy) : Mme Fillion.
Mme Fillion (Valérie) : Oui, M.
le Président. Comme complément, dans
la dernière révision de la
Loi sur les mines
a été ajouté le plan de restauration et garantie pour les travaux
d'exploration, forage, et tout ça. Donc, l'impact est très minime, et on
restaure le site lorsqu'on a fini nos forages ou nos travaux préliminaires
d'exploration. Donc, c'est la raison pour laquelle on...
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Dubuc.
M. Simard : Merci,
M. le Président. Vous permettrez, je
vais y aller rapidement. À la page 23 de votre mémoire, vous êtes très critiques par rapport à l'effet qu'on va... lorsque le ministre veut faire une... aviser le ministre de la Santé, le ministre de la Sécurité publique et, bien
sûr, le ministre de l'Agriculture qu'il peut y avoir nécessairement des... Je
vais le lire textuellement : «L'AEMQ
demande de retirer : Le ministre avise le ministre de la Santé et des
Services sociaux lorsque la présence d'un contaminant dans
l'environnement est susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la
sécurité, au bien-être ou au confort de l'être humain. Il peut également aviser
le ministre de la [Santé] publique et le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation s'il le juge opportun.»
J'aimerais comprendre
le pourquoi que vous voulez qu'on l'enlève et que vous l'expliquiez, justement,
pour notre compréhension.
Le Président
(M. Hardy) : M. Poirier.
M. Poirier (Alain) : De façon très limpide, M. le Président,
l'objectif de la
Loi sur la qualité de l'environnement, c'est de
protéger l'environnement. Ça devrait se limiter à ça. On a de la difficulté à
saisir pourquoi que d'autres ministères
devraient être interpellés, ils le sont de toute façon. Mais là c'est parce
qu'on l'enchâsse dans la loi. Alors, on a vécu ça, nous, au niveau de la
Loi sur les mines, où il y a certains...
deux ou trois articles qui réfèrent à aviser le ministre de
l'Environnement. Mais c'est une loi qui relève du ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles. Ça fait qu'on trouve que ça n'a pas nécessairement sa
place et ça n'ajoute rien, ça ne change rien au fond du projet de loi non plus.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Dubuc.
M. Simard :
Je sais que, bon, vous avez connu des expériences très spéciales, là. Mettons,
vous avez parlé tantôt de la Mine
Arnaud. Je comprends très bien. Bien, le fait d'aviser nécessairement les
médecins... parce qu'on sait qu'il y a beaucoup d'effervescence dans ce...
pas la Mine Arnaud elle-même, plutôt un autre genre de mine, là. Et on a pris
le chemin... Mais le fait d'aviser les
médecins, d'aviser le ministère de l'Agriculture, qui, potentiellement... il y
aurait des contaminants qui
pourraient être là, pourquoi pensez-vous qu'au niveau de l'environnement ça lui
donne des pouvoirs? Ça lui donne des pouvoirs, oui, au niveau de la
santé publique, mais pas au niveau de l'environnement.
Le Président
(M. Hardy) : M. Poirier.
M. Poirier
(Alain) : Écoutez, bien, pour nous, c'est un peu un détail. On
soulevait le point parce qu'on trouvait préoccupante cette insertion-là. Ce
n'est pas, pour nous, notre cheval de bataille à l'intérieur de ce projet de loi là. C'est
plutôt les pouvoirs discrétionnaires du ministre et l'application hasardeuse de
certaines règles qui nous préoccupent le plus. Mais ce n'était vraiment
pas cet élément-là le plus important.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Dubuc.
M. Simard : Mon collègue a une
question, M. le Président.
Le Président (M. Hardy) : Oui.
M. le député de Mégantic, vous avez 30 secondes.
M. Bolduc :
Je vais passer très vite. Bonjour. Il y a eu un mémoire, hier, qui nous disait
qu'à peine... puis je l'ai ici : «...à
peine 10 % des quelque 400 projets d'exploration ont fait l'objet
d'un certificat d'autorisation environnementale ces dernières années.»
Et vous nous parlez que tout ce que vous avez besoin, c'est d'une autorisation
du ministère des Ressources naturelles. Qu'est-ce qu'il y a là-dedans, là?
Est-ce qu'on échappe quelque chose? Ou est-ce qu'il y a deux critères? Est-ce
qu'il y a d'autres choses qu'on n'a...
Le Président (M. Hardy) :
M. Poirier? M. Savard?
M. Savard
(Mathieu) : Oui. En fait, évidemment, sur 400 projets
d'exploration, ils ne sont pas tous au même stade. Et plus un projet va avancer en termes de stade de développement,
bien, évidemment, en cours de route, il peut y avoir des éléments où
est-ce qu'il va y avoir un décapage d'une taille... d'une certaine importance
qui devra être fait, qui va nécessiter un
certificat d'autorisation. Puis ça, évidemment, on en est bien conscients, la
loi actuelle couvre ce genre de chose
là via la Directive 019, et tout ça. Donc, c'est déjà encadré. Donc, le
10 %, si on veut, des certificats d'autorisation émis dans ce cadre-là, c'est pour des projets
souvent en développement avancé ou, comme je le mentionnais tout à
l'heure, où est-ce qu'il y a des forages qui sont dans des environnements plus
sensibles, qui sont déjà encadrés par la loi.
Président (M. Hardy) : Je vous remercie beaucoup. Maintenant, je
cède la parole au député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Alors, merci, M. le Président. Merci de votre présence ici. Première
question, je me demande si vous saviez que vous veniez dans une
commission parlementaire qui étudie un projet de
loi sur la qualité de
l'environnement.
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard (Mathieu) :
Absolument.
M. Gaudreault : O.K. Bien,
c'est parce qu'en lisant votre mémoire il y a beaucoup d'éléments, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'éléments où vous demandez
carrément de retirer des articles, des précisions. Puis là je prends
juste, à la page 3, votre troisième
paragraphe, bon : «L'AEMQ souhaite également contribuer à toute réflexion
qui permettra de mieux soutenir le
développement responsable de notre secteur et sa contribution à la croissance
économique du Québec. Nous sommes d'avis qu'il n'y a pas
d'incompatibilité entre le développement économique et la protection de
l'environnement.» Je trouve que ça ne paraît pas dans votre mémoire.
Moi, j'aurais aimé entendre de votre part au
moins une affirmation qu'on est rendus ailleurs en matière de protection de l'environnement. J'aurais aimé
entendre de votre part une adhésion à cet objectif absolument important
de protection de l'environnement, de lutte
contre les changements climatiques, qu'on sorte un peu de cette dichotomie
que je trouve dépassée, moi, entre
protection de l'environnement puis le développement économique. Puis je trouve
que vous ne nous amenez pas là.
On peut-u
vous entendre un peu, là, là-dessus, sur la protection, sur cette conviction
que je pense que vous devriez ou que
vous devez avoir aussi sur la qualité de l'environnement, sur la protection de
nos cours d'eau, sur la protection de nos
nappes phréatiques? On n'est pas contre le développement économique, mais là on
est dans une... On n'est pas sur la Loi
sur les mines, là. Là, on est sur la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui
a 44 ans... 42 ans... 44, l'âge du ministre, je pense, ou à peu près. Alors, je me demande si...
On va sortir un peu du mémoire, là, j'ai le goût de vous entendre là-dessus.
Comment vous voyez ça, là?
Le Président (M. Hardy) :
M. Savard.
M. Savard
(Mathieu) : Bien, d'abord, dans la première page de notre mémoire, on
mentionne clairement qu'on souscrit à
la révision de la loi. Puis évidemment on mentionne que le développement économique
ne devrait pas être en opposition à la protection de l'environnement.
Puis ça, je pense qu'on peut tous dire qu'on y croit vraiment.
Par contre, souvent
dans les moutures des projets de loi, de la façon que c'est écrit, bien,
évidemment, les deux enjeux sont mis en
opposition et non en complémentarité, si on veut. Donc, évidemment, pour nous,
puis Hydro-Québec, tout à l'heure,
l'ont mentionné, la grosse inquiétude, c'est la prévisibilité. On parle de
capitaux à risque. Déjà, pour un explorateur, trouver une mine, c'est un
défi d'une carrière. Puis la plupart des explorateurs n'auront même pas la chance de trouver une
mine dans leur carrière. Donc, évidemment, on le fait en respectant
l'environnement. On est une des industries
les plus réglementées. Ce qui se fait présentement, souvent, c'est très, très
avancé en termes de technologies, en termes de restauration
environnementale. Malheureusement, ce n'est pas toujours bien rapporté dans les
médias.
Cela
dit, nos investisseurs, ils doivent être en mesure de prévoir un
investissement. Si Hydro-Québec mentionne qu'ils ont un problème avec la prévisibilité avec de l'argent de l'État,
qu'ils ont de la difficulté à planifier, dans le futur, quels vont être les impacts de pouvoirs
discrétionnaires et réglementaires du ministre, bien, je ne vois pas pourquoi
les entreprises devraient être réconfortées.
Si Hydro-Québec n'est pas à l'aise avec un pan de mur discrétionnaire, bien,
je ne vois pas pourquoi les investisseurs privés et même institutionnels
seraient confortables avec ça.
Cela
dit, on souscrit à protéger l'environnement, on le fait à chaque jour en
restaurant nos sites d'exploration, nos sites de décapage. On innove à chaque jour, on tente de chercher des
nouvelles technologies pour réduire les consommations de gaz à effet de serre. Dans le Nord-du-Québec, évidemment, on n'a pas le choix d'être à l'avant-scène de ça
parce que c'est toujours une question de coûts. Les hydrocarbures, il n'y a
rien qui coûte plus cher que ça pour un explorateur. Donc, évidemment
qu'on cherche des pistes de solution à chaque jour. Ça fait
partie de notre
travail.
Mais,
encore une fois, le cadre de prévisibilité, sous sa forme
actuelle, est extrêmement difficile. Puis je ne vois pas comment les
explorateurs pourraient continuer dans un cadre aussi difficile. Il n'y a pas d'opposition
avec la protection de l'environnement, c'est juste d'avoir un cadre peut-être
plus clair, mieux défini.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Bien, peut-être que Mme Fillion voulait compléter. Peut-être, oui?
Mme Fillion
(Valérie) : ...
M. Gaudreault :
Bien, je vous voyais...
Mme Fillion (Valérie) : Non, mais c'était juste pour compléter, pour dire
que les PME qui font de l'exploration au Québec sont des compagnies qui
n'ont pas de revenu. Ce n'est pas des compagnies productrices, là. Donc, la
condition de base, là, c'est d'avoir de l'investissement pour faire recherche et
développement. Une fois que tu as ça,
les habitudes, les pratiques
s'améliorent d'année en année de façon fulgurante. Donc, on serait intéressés à
vous faire partager la connaissance de notre filière puis des avancées
qu'on fait.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Bien, c'est parce que, un autre exemple, à la
page 21, là, dans les commentaires spécifiques sur le projet de loi, je
veux dire, même sur la question
de la disposition préliminaire, là, vous dites :
«Qu'arrivera-t-il si une entreprise
n'est pas en mesure de réduire ou même prouver la réduction des émissions de
gaz à effet de serre ?» Alors là, vous
demandez que l'article soit retiré. Ce n'est pas un peu fort? Parce que
vous venez de nous dire vous-mêmes, là, que vous
faites déjà beaucoup d'efforts, comme entreprise, pour réduire les
émissions de GES, donc il me semble que ça se fait, que ça se démontre, que toutes les entreprises sont en mode de
réduction des gaz à effet de serre. Bien, vous, c'est : Non, on retire carrément
la disposition.
Le Président
(M. Hardy) : M. Savard... M. Poirier?
M. Poirier (Alain) : Oui, M.
le Président. Si je peux me permettre
de revenir sur la question précédente. On a quand même assez bien indiqué,
dans notre mémoire, qu'on est tout à fait d'accord
avec le principe d'autorisation par niveau de risque. On trouve que c'est vraiment une bonne idée, c'est souhaitable, et on
l'encourage.