Institutions — 4 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-10-04
Quebec — Committees
J'aborderai
ces composantes du projet de loi tour à tour. Le regroupement des offices
jeunesse, il s'agit du coeur de la
réforme opérée par le projet de loi. Afin de profiter de la notoriété de
l'Office Québec-Monde pour la jeunesse, qui assure déjà un certain nombre des responsabilités pour
l'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse, ces trois offices
seraient dorénavant regroupés au sein de l'OQMJ. Cette nouvelle entité
aurait alors la responsabilité des
territoires couverts par les offices Québec Wallonie Bruxelles et les
offices... aussi l'Office, également, Québec-Amériques pour la jeunesse.
L'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la
jeunesse est un organisme binational, comme je l'ai mentionné, constitué par le
Québec et ses partenaires de la Communauté française de Belgique. Depuis quelques
années, nos partenaires ont confié les responsabilités auparavant dévolues à la
section Wallonie-Bruxelles à leur
bureau international pour la
jeunesse, le BIJ. Le BIJ est chargé de gérer différents programmes
internationaux destinés aux jeunes de
18 à 35 ans qui résident en Wallonie ou à Bruxelles, incluant un
programme de coopération avec le Québec. Dans cet esprit, j'ai signé en février 2016 un énoncé de principe
avec le ministre président de la Communauté française de Belgique,
confirmant notre volonté de transférer la
mission de la
section québécoise de l'office à un organisme québécois à
déterminer. Cet organisme, c'est
l'OQMJ, dont le mandat couvrirait dorénavant la mobilité entre les jeunes du
Québec et ceux de Wallonie et de Bruxelles.
L'Office Québec-Amériques pour la jeunesse est
un organisme constitué en vertu d'une loi québécoise. Son regroupement avec l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse n'aurait pas d'impact négatif sur les relations qu'entretient le gouvernement du Québec avec ses partenaires des
Amériques, puisque le mandat de l'OQMJ couvrirait également la mobilité
entre les jeunes du Québec et ceux des Amériques.
Le Président (M. Merlini) : Une
minute, Mme la ministre.
St-Pierre : Oh! il me reste juste une minute. Alors, c'est la
modernisation, évidemment, de la gouvernance, la structure de gouvernance actuelle des offices jeunesse internationaux
n'est pas optimale, chaque organisme comptant un conseil d'administration
distinct. Donc, la table ministérielle sur l'action internationale du Québec avait d'ailleurs
signalé, dans ses travaux, que la réduction
des chevauchements sur le plan de la gouvernance rehausserait l'efficacité de
la jeunesse. Donc, on recherche également plus de parité hommes-femmes,
des personnes âgées de 35 ans ou moins et celles qui sont âgées de plus de
35 ans au moment de leur nomination pour ce qui est du conseil
d'administration, les personnes provenant
d'un ministère ou d'un organisme de gouvernement et celles ne provenant pas
d'un tel ministère ou organisme. Donc,
les nominations devraient aussi tendre vers une représentativité des régions.
Enfin, le mandat des administrateurs, y compris celui du président du
conseil, serait renouvelable une seule fois.
Donc, j'aurais bien d'autres choses à vous dire,
mais je pourrai continuer peut-être lorsqu'on sera dans les échanges avec nos
amis des carrefours jeunesse.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales,
de francophonie et de francophonie d'Amérique et le député de Verchères à faire
ses remarques préliminaires pour un maximum de 3 min 30 s. À
vous la parole.
Bergeron :
Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je veux saluer tous les
collègues du parti ministériel, de la
deuxième opposition, M. le Président, Mme la ministre, membres de la fonction
publique québécoise, M. Robitaille. Merci d'ailleurs, M. Robitaille, d'avoir présidé à l'organisation de
notre séance d'information pour nous expliquer les tenants et les aboutissants de ce projet de loi,
que je vois essentiellement comme une modification de nature
fonctionnelle et structurelle, quoiqu'il y a quelques petits trucs qui nous,
nous embêtaient.
D'abord, vous
vous souvenez que je vous avais posé une question concernant l'Office Québec
Wallonie Bruxelles, notre
préoccupation étant que nous ne souhaitions pas froisser nos amis de
Wallonie-Bruxelles en fusionnant cet office avec les autres. Vous nous
avez rassurés en disant que c'était presque à leur suggestion que cette
chose... que cette fusion intervenait. On a
même suggéré éventuellement d'entendre le représentant de Wallonie-Bruxelles
dans le cadre de ce projet de loi là, malheureusement ça n'aura pas été
possible, alors on se fie à votre parole là-dessus.
Il y a un
autre aspect, par exemple, qui nous a étonnés positivement et négativement, positivement dans cette idée de permettre aux jeunes Québécois d'aller voir ailleurs au Québec,
de découvrir ce grand territoire très diversifié qu'est le Québec, et également d'aller voir ailleurs au
Canada. Ça, j'ai trouvé ça... Bon, évidemment, on est toujours très
heureux à ce que... Il y a certainement
plein de choses... Pour avoir moi-même traversé le Canada de long en large, il
y a des choses à découvrir, des gens
à découvrir au Canada, mais j'ai comme l'impression qu'on essaie de se
substituer ici à Katimavik, qui est un organisme ou qui était un
organisme fédéral qui permettait ce genre de chose. Or, peut-être est-ce que
c'est davantage du mandat du gouvernement fédéral d'assurer cette mobilité de
la jeunesse à l'intérieur de ses frontières, et j'ai
quelques réserves à l'égard du fait que nous voulions nous substituer à ce que
le gouvernement fédéral a ou bien abandonné ou bien largement banalisé au fil
du temps.
Le Président (M. Merlini) : Une
minute, M. le député.
M. Bergeron : Oui, absolument. Mais,
avant de se préoccuper de nos propres points de vue sur le projet de loi, ce
qui m'importait, M. le Président, c'était d'entendre le point de vue de celles
et ceux qui au premier chef sont concernés : les jeunes. Nous avons donc
proposé une liste d'intervenants potentiels, et, de cette liste d'intervenants
potentiels, vous le savez, M. le Président, plusieurs se sont d'abord montrés
intéressés, et quelques-uns se sont désistés, à telle enseigne que nous n'avons
plus que le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, que je salue également
et remercie de leur présence.
Alors, devons-nous comprendre que, pour les
autres, qui ne dit mot consent? C'est peut-être une indication qu'il faut
essayer de déduire de leur absence, mais on va donc écouter avec grande
attention ce que les gens du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec
auront à nous dire sur ce projet de loi, parce qu'ils seront pour ainsi dire
notre seul éclairage extérieur sur ledit projet de loi. Et je veux assurer la ministre
et M. Robitaille de notre entière collaboration, et je n'en attends pas moins
de leur part. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci à
vous, M. le député. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député de Deux-Montagnes à faire ses remarques préliminaires pour un
maximum de 2 min 30 s. À vous la parole.
Charette : Merci, M. le
Président. À mon tour de vous saluer,
de saluer la ministre, les gens qui l'accompagnent cet après-midi, les députés gouvernementaux, mon collègue de l'opposition
officielle, naturellement mon collègue et ami de la
recherche. Et nous aurons le plaisir dans quelques instants d'entendre un beau
réseau, un de nos beaux réseaux au Québec, soit celui des carrefours
jeunesse-emploi.
Sinon, très, très
brièvement, je comprends de ce projet
de loi qu'il s'agit d'un projet de loi, d'une loi ultimement, qui
servira à faciliter le regroupement, oui, d'organismes, qui font de belles
choses. Moi, je n'ai pas eu le plaisir comme la ministre de vivre ces
stages-là, mais j'ai eu le plaisir de côtoyer beaucoup de jeunes, par contre,
qui en ont bénéficié et qui, même des
années après avoir vécu leur expérience, la présente, cette expérience-là,
comme une des belles occasions, une des
belles opportunités que la vie leur a offertes. Donc, si à travers ce projet de loi on peut en faciliter l'opérationnalisation, si on peut rendre l'instance encore plus efficace,
naturellement que nous allons l'appuyer. Et, à travers l'étude
article par
article qui va suivre, on peut
le deviner, dans les prochains jours et les prochaines semaines, on aura
l'occasion d'exprimer peut-être certains questionnements, mais, pour le
moment, se limiter à dire, là, que l'on sera tout à fait collaboratifs dans
l'étude du projet de loi en question.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes.
Nous allons maintenant
débuter l'audition en tant que telle. Je souhaite donc la bienvenue aux
représentants du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Puis
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite donc à vous présenter et ainsi commencer votre exposé. À
vous la parole.
M. Soulières (Alexandre) : Alors,
bonjour, M. le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés.
Joanie est
issue d'un milieu familial difficile. Elle est devenue itinérante et elle
n'avait rien à perdre. Elle n'avait tout
simplement rien. Elle a participé au
projet Eldorado du Carrefour jeunesse-emploi de Shawinigan. Je reprends
son témoignage : «J'ai commencé
Eldorado sans avoir d'objectif précis en tête. Je me suis bien vite rendu
compte que c'était l'un des plus beaux cadeaux que je m'étais offerts
depuis longtemps. Je constate aujourd'hui que le CJE m'a permis d'effectuer une démarche concrète de transformation sociale et qui est assurément
devenue un succès de ma vie. Ce fut pour moi le point central qui m'a
permis de devenir celle que je suis présentement.» Huit ans après avoir
participé à Eldorado, Joanie est diplômée et
directrice générale adjointe d'un centre pour les personnes itinérantes. Comme
elle nous l'a dit : «Aider mon prochain, c'est la raison d'être
pour laquelle je suis ici.»
Je me fais également
le porte-voix de Meagan, itinérante, toxicomane, sans ressources et
participante au projet de réinsertion socioprofessionnelle Adelante du CJE de
Sherbrooke. Il s'agit d'un projet qui s'articule autour d'un voyage humanitaire
d'une durée de trois semaines au Costa Rica. Voici ses mots : «Après
deux mois d'ateliers, d'activités de financement, de cours d'espagnol, une
désintoxication, des rires, des colères, des confrontations et des moments de complicité, j'ai quitté le Québec pour
aller vivre une immersion complète au Costa Rica. J'ai appris à gérer
des émotions en me rappelant mon enfance en centre jeunesse, des conflits de
groupe, des conflits de valeurs. J'ai fait la cueillette du grain de café et de
la canne à sucre. J'ai appris à me connaître et me reconnaître.» Cinq ans plus
tard, le quotidien de Meagan a bien changé : «La
jeune marginalisée que j'étais est parvenue à faire confiance, à essayer, à croire, à persévérer, à se connaître, à pardonner,
à travailler, à terminer des études, à exercer un métier que j'aime, qui
me permet tous les jours de faire naître des
lueurs d'espoir dans les pupilles des gens qui, comme moi, n'y croyaient
pas.»
Ces deux témoignages
inspirants sont le fruit du travail quotidien des carrefours jeunesse-emploi
partout au Québec. Nous sommes le Réseau des
carrefours jeunesse-emploi du Québec. Nous représentons plus de
80 carrefours jeunesse-emploi, présents dans toutes les régions du Québec,
qui accompagnent près de 60 000 jeunes chaque année.
suis Alexandre Soulières, le directeur général du réseau. Je suis accompagné
de mon collègue Rudy Humbert, et puis je me permettrai de saluer son
excellent travail dans le