Labour and the Economy — 8 October 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
CET 2025-10-08
Quebec — Committees
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
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Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 8 octobre 2025
Vol. 48 N° 3
Étude détaillée du projet de loi n° 101, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-deux minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 101, Loi visant
l'amélioration de certaines lois du travail.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Dorismond (Marie-Victorin) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); MmeRotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Nadeau-Dubois
(Gouin).
Le Président (M. Allaire) : Alors,
merci, Mme la secrétaire. Alors, selon le plan de travail qu'on s'est donné
ensemble, hier, on a terminé la soirée... le début de soirée avec l'adoption du...
de l'article 54, pardon. On est donc rendus à l'article 72. M. le ministre, je
vous laisse faire la lecture de l'article 72, avec vos commentaires, et je sais
que vous aurez un amendement, qui est déjà sur Greffier, à 72.1, effectivement.
Donc, M. le ministre, allez-y, la parole est à vous.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Bonjour à tout le monde, content de vous revoir ce matin :
«72. Les dispositions du
chapitre XVI.1 de
la
Loi sur la santé et la sécurité du travail, édictées par l'article 54 de la
présente loi, cessent d'avoir effet à la date ou aux dates que le gouvernement
détermine. Le gouvernement peut, par règlement, pour les établissements des
employeurs visés à l'article 335.1 de la
Loi sur la santé et la sécurité du travail,
édicté par l'article 54 de la présente loi, prendre toute mesure transitoire
visant les délais dans lesquels un programme de prévention ou un plan d'action
doit être élaboré, mis en application ou mis à jour ou visant les programmes de
formation que doivent suivre les membres du comité de santé et de sécurité ou
le représentant en santé et en sécurité.»
Donc, commentaires. Là, ça fait suite...
là, ça... en fait, ça prévoit que les dispositions particulières en matière de...
les mécanismes de prévention dans les établissements santé, éducation cesseront
d'avoir effet à la date que le gouvernement déterminera. À cette date... ou à
ces dates, les mécanismes de prévention prévus aux autres dispositions de la
loi et à ses règlements s'appliqueront. Pour assurer une transition, cet
article habilite le gouvernement à prendre, par règlement, des mesures pour,
par exemple, assurer un délai pour lesquels... dans lequel les représentants en
santé et sécurité pourront satisfaire à leurs nouvelles obligations de formation.
Donc, c'est essentiellement ça.
Le Président (M. Allaire) : ...des
interventions sur 72? Oui, allez-y, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, bien, j'aimerais
que le ministre nous explique un peu les intentions, parce que, quand on parle
des dates que le gouvernement déterminera, est-ce qu'on a une idée de l'échéancier
ainsi que les mesures pour assurer le délai dans lequel les représentants en
santé et sécurité pourront satisfaire à la nouvelle obligation de formation?
Tout serait dans un règlement, mais c'est... ce sont quoi, les intentions puis
les orientations du gouvernement?
M. Boulet : Ah! bien, écoutez,
on a un amendement qui suit, à 54.1, mais il n'y a pas d'intentions
actuellement. C'est de confirmer ce pouvoir réglementaire là pour s'assurer que
le déploiement soit fait convenablement, de façon diligente et...
M. Boulet : ...Et donc en
collaboration avec la CNESST, on veut s'assurer que les représentants en santé
et sécurité, par exemple, puissent satisfaire à leur nouvelle obligation de
formation à l'intérieur d'un délai où ça répond à la capacité de CNESST de les
mettre en application, tout simplement.
Mme Maccarone : ...que je
comprends, mais je voulais savoir c'est quoi les orientations du gouvernement.
Est-ce qu'on a un échéancier qu'on souhaite respecter? Est-ce qu'on dit que ça,
on espère que ça serait mis en œuvre d'ici six mois, d'ici 12 mois? On
doit avoir une idée de la direction qu'on souhaite prendre.
M. Boulet : Pas à ce
stade-ci. Comme vous le savez, c'est un régime adapté pour les secteurs de la
santé, éducation, services sociaux. Mais je ne serais pas en mesure de vous
confirmer une intention à ce stade-ci.
Mme Maccarone : Puis est-ce
que les groupes nous ont partagé un peu, eux, ce qu'ils souhaitent avoir comme
échéancier pour la mise en œuvre? Est-ce que ces discussions ont déjà commencé?
M. Boulet : Bien, comme vous
le savez, il va y avoir un rapport d'évaluation en 2029, c'est là qu'on va
déterminer au fur et à mesure quand. Par exemple, à l'article suivant, on a un
amendement, quand, par exemple, les membres des comités de santé et sécurité et
les représentants en santé et sécurité pourront obtenir leur attestation de formation,
la date limite où ils pourront l'obtenir.
Mme Maccarone : ...pour la
mise en œuvre du règlement, ils vont commencer quand?
M. Boulet : Les consultations
pour? Excusez-moi.
Mme Maccarone : Mais c'est
parce que vous avez dit vous aller faire ça en concertation avec les groupes
concernés.
M. Boulet : Ah non, c'est le
CA de la CNESST ou les organisations patronales, et les centrales syndicales
sont représentées.
Mme Maccarone : Oui, mais ils
vont commencer de mettre en œuvre leurs critères puis leurs recommandations
pour les dates. Ça, est-ce que ces consultations puis ces discussions ont déjà
été entamées? Est-ce qu'on a commencé ce travail?
M. Boulet : C'est du travail
continu. Oui.
Le Président (M. Allaire) : ...sur
72? S'il n'y a pas d'autres interventions, on va procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 72 est... Oui? Ah, M. le député de Gouin. Ah, mon
Dieu, vous m'avez fait une feinte. M. le député de Gouin, la parole est à vous,
mon cher.
M. Nadeau-Dubois : Je suis un
peu rouillé.
Le Président (M. Allaire) :
Non, c'est correct.
M. Nadeau-Dubois : Vous
m'excuserez, M. le Président. Je salue M. le ministre, c'est notre première
commission parlementaire ensemble. Quelques minutes seulement. Je suis là pour
remplacer mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, ça fait que j'invite le
ministre à en profiter pleinement des quelques minutes qu'on va passer... Non,
c'est une blague. C'est une blague. J'ai raté le début de l'échange, donc vous
m'excuserez si ma question est redondante avec celle de ma collègue
d'opposition officielle.
L'article 72 vient donner un pouvoir de comme
maintenir de manière indéterminée comme l'exclusion de certains secteurs.
Pourquoi le ministre a choisi de ne pas mettre une date de fin, une date
déterminée? Pourquoi choisir une telle indétermination?
M. Boulet : Mais c'est une
bonne question. Mais revenons à la base, là, c'est des mécanismes de prévention
et de participation des travailleurs, travailleuses. Essentiellement, c'est des
programmes de prévention. C'est des comités paritaires de santé et sécurité.
C'est des représentants en santé et sécurité. Et ça, ça se déploie de manière
asymétrique dépendamment des établissements, il y en a qui sont plus avancés
que d'autres, mais ça se déploie par de l'accompagnement et beaucoup de
formation, et on verra comment ça évolue, mais c'est certain que notre objectif
de diminuer la fréquence et la gravité des accidents de travail, il est
d'intérêt perpétuel pour les membres du CA de la CNESST. Ça fait que je ne peux
pas dire quand. Il y aura certainement un rapport d'évaluation comme c'est
prévu dans le PL n° 101 en 2029, mais je ne serais pas en mesure de donner
de date. C'est tellement complexe de dire, par exemple : Je suis convaincu
que dans deux ans et demi, dans trois ans, il va y avoir des programmes de
prévention, les comités paritaires vont être actifs puis les représentants en
santé et sécurité vont avoir eu la formation, seront efficaces sur le terrain.
C'est... ça ne m'apparaît pas possible de déterminer de date, mais on voulait
que ce régime-là puisse constituer une transition vers l'application du plein
régime.
• (11 h 30) •
M. Nadeau-Dubois : Une transition,
ça a habituellement un début mais aussi une fin. Je pense que l'inquiétude qui
est exprimée, c'est qu'ici il y a une transition qui débute, mais qui ne se
termine pas ou dans très, très, très longtemps, d'où l'inquiétude de plusieurs
intervenants à l'effet qu'il n'y ait pas de date de fin à ce régime qui est
censé être transitoire...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Nadeau-Dubois : ...donc le
ministre fait le choix de ne pas mettre de date. Quels sont les critères qui
vont être utilisés pour juger que, là, c'est le temps de mettre fin à ce régime
transitoire?
Le Président (M. Allaire) :
M. Boulet : En fait, il y en
a une, date, c'est 2029. Puis les critères, ils vont être définis par l'expertise
à la CNESST, par les personnes qui font les suivis appropriés, qui font de l'accompagnement,
et aussi tous les groupes qui font de la formation, là, les associations
sectorielles paritaires, les syndicats, les associations patronales. Je pense
que les critères, ça va être la capacité... le critère prépondérant, ça va être
la capacité de rendre effectives les mesures et actifs les mécanismes de
prévention puis de participation.
M. Nadeau-Dubois : Il y a des
précédents en matière de santé-sécurité où ça a pris beaucoup, beaucoup,
beaucoup de temps avant que certains secteurs soient couverts, même des
décennies. Je pense que c'est ça qui inquiète beaucoup d'intervenants, de se
dire : Encore une fois, on rentre dans un... dans un régime qu'on nous
promet qu'il sera transitoire mais où on n'a pas de date de fin. Puis je pense
qu'il y a... il y a une inquiétude que l'histoire se répète en l'absence d'une
date butoir. Qu'est-ce que vous pouvez dire pour rassurer ces gens-là?
Le Président (M. Allaire) :
M. Boulet : Je leur dis... Puis
je suis totalement d'accord avec vous. Je ne reprendrai pas l'historique de ce
qui se fait en matière de prévention au Québec. En 1979 et en 1985, souvenez-vous,
il y a eu l'adoption d'une loi à l'Assemblée nationale, une en matière de
prévention, santé-sécurité, l'autre en matière d'indemnisation, accidents de
travail, maladies professionnelles. Et, entre ces années-là et 2021, le 6
octobre 2021, où on a adopté la loi modernisant le régime de santé-sécurité du
travail, il n'y avait rien, sauf dans les secteurs à forte prépondérance
masculine, comme la métallurgie, la foresterie, les mines, et autres. Donc, il n'y
avait aucun impératif légal de mettre en place des comités pour analyser les
risques d'accidents de travail, voir comment mieux les contrôler et les
éliminer. En 2021, on a fait une avancée fantastique. Et partout maintenant on
sait c'est quoi, un risque psychosocial, on sait c'est quoi, l'obligation que
cette nouvelle loi là, 27, impose aux milieux de travail, pas que les
employeurs mais aussi les syndicats, dans les environnements syndiqués, puis
les travailleurs, travailleuses, de les identifier puis de travailler tout le
monde ensemble dans ces comités-là. Et donc l'idée d'un décret, c'est de dire :
On va s'adapter. Ça nous permet une certaine souplesse, mais il y a une
évaluation, quand même, en 2029 qui va se faire quant au niveau d'intégration,
niveau de mise en application de ces mécanismes-là, notamment en santé puis en
éducation.
Le Président (M. Allaire) :
M. Nadeau-Dubois : Bien, justement,
en 2029, à ma compréhension, c'est un rapport, c'est tout. Donc, ce n'est pas
une date butoir pour la fin du régime transitoire, c'est juste une date où il
va y avoir dépôt d'un rapport, si je lis bien l'article qu'on va étudier dans
quelques instants, l'article 73. Donc... Puis le premier ministre... le
«premier ministre»... le ministre vient de refaire l'historique auquel je
référais moi-même, là, à l'effet qu'il y a eu pendant très longtemps des
secteurs, notamment en santé, éducation, où il y avait très peu, voire pas de
mécanismes en matière de santé-sécurité. Puis ça a pris des décennies, alors
que ça avait... alors que c'était censé être un déploiement progressif. Finalement,
ça n'a jamais vu le jour. Donc, c'est ça, le... Puis ce n'était pas le... ce n'était
pas le ministre qui était là à l'époque, il n'a pas cet âge vénérable. Mais je
pense que c'est ça, l'inquiétude, c'est qu'encore une fois on pellette les
choses par en avant puis que, finalement, il y ait bien un rapport qui soit
déposé en 2029 mais que le régime qui était censé être transitoire dans ces
secteurs-là, bien, finalement, demeure de manière perpétuelle, dans la mesure
où il n'y a, dans l'article tel que rédigé en ce moment, aucune obligation pour
le gouvernement de mettre... de mettre fin au régime qui est censé être
transitoire puis qui est... puis qui offre des protections moindres...
M. Nadeau-Dubois : ...que
le... ce qui est prévu dans d'autres secteurs. Donc, je n'ai pas entendu de
réponse à ma question, à savoir : Comment rassurer ces gens-là qu'on ne
leur fasse pas encore une fois une promesse qu'on ne tiendra pas?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Deux choses. Si
ça n'a pas bougé pendant des décennies... Puis là je ne ferai pas de politique
ici, mais c'est parce que la loi n'imposait aucune obligation. Il n'y avait
rien. Donc, si ça n'a pas évolué en matière de prévention puis de participation
des travailleurs, c'est qu'il n'y avait rien dans la loi santé et sécurité et
dans la
loi sur les accidents de travail et maladies professionnelles. Il y
avait une
annexe sur les mécanismes et il n'y avait rien qui s'appliquait en
santé, en éducation, en services sociaux puis dans beaucoup d'autres secteurs.
Donc, ce n'est pas qu'il n'y a eu rien, la loi n'incitait à rien, n'obligeait à
rien. Depuis 2021, allez constater dans les milieux de travail à quel point il
y a eu une intégration progressive à vitesse accélérée, dans certains secteurs,
d'une culture de prévention qui s'exprime par les comités paritaires, les
programmes puis les représentants en santé et sécurité. Il y en a même qui me
disent que ça va trop vite. Mais, le but étant de diminuer le nombre
d'accidents de travail, on va continuer d'aller dans cette direction-là.
Maintenant, il y a un rapport
d'application, un rapport d'évaluation, on va le voir effectivement à l'article
suivant, mais la possibilité de le faire par règlement, c'est beaucoup plus
agile. Les lois, quand elles ne sont pas adaptées, le processus législatif est
beaucoup plus long que la procédure réglementaire, d'où l'agilité qui découle.
Donc, moi, je veux rassurer, un, on est en
vitesse accélérée pour faire en sorte que tous les milieux de travail...
D'ailleurs, depuis la loi 27, tous les milieux de travail ont des
obligations en matière de prévention, participation, et on va continuer de
s'améliorer, et c'est un processus continu, dans le respect des capacités
organisationnelles, dans le respect aussi des milieux de travail, de faire les
choses convenablement puis diligemment.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Je
comprends, le ministre insiste sur le fait qu'avant, comme il le disait
lui-même, avant, il n'y avait rien. Là, il y a quelque chose. Quelque chose est
mieux que rien. Ça, je pense que tout le monde est plutôt d'accord là-dessus.
Par contre, les travailleuses, en grande majorité, et travailleurs des secteurs
de l'éducation puis les organisations qui les représentent ont... soulignent
avec raison qu'il y a un traitement qui est différencié pour leur secteur. Le
ministre insiste sur le fait que ce traitement différencié là est mieux que ce
qu'il y avait avant, c'est-à-dire rien, c'est... je pense que ça, on s'entend.
Mais, néanmoins, il y a une inquiétude que ce traitement-là différencié qui
leur a été promis à l'époque comme étant juste une phase de transition, ça
demeure permanent.
Puis le ministre nous dit : Ah! on va
avoir un règlement, on va être agile, on va pouvoir faire plein d'affaires. Je
comprends puis je pense que les... tu sais, c'est... cette agilité-là, elle va
être appréciée pour, comme le dit le ministre, qu'on puisse respecter les
capacités... les capacités organisationnelles, les gestionnaires vont être contents
de ça. Mais, du point de vue des travailleuses et des travailleurs, je pense
que ce qui est attendu, ce n'est pas de... c'est moins de l'agilité... en tout
cas, c'est moins de l'agilité que des garanties, qu'il y a des garanties que
les pas qui ont été faits dans les dernières années, puis, je pense, personne
nie qu'il y a eu certains pas dans les dernières années, mais que ce n'est pas
là... qu'on ne s'arrêtera pas là, puis ce qui leur a été promis comme un régime
transitoire demeure un régime transitoire.
Puis le ministre me répond, mais ne me
réponds pas à cette question-là, je pense, sur le fond, c'est-à-dire :
Pourquoi ne pas mettre une date? Peut-être qu'elle peut être un peu plus
éloignée si on a des craintes que ça aille trop vite, mais pourquoi ne pas
mettre de date outre un simple rapport en 2029 où on va faire un état de la
situation? Puis on pourrait faire un rapport, dire : Ça va bien, ça ne va
pas bien, puis ça reste là, puis on se retrouve dans deux ou dans trois
mandats, puis on n'a pas avancé d'un iota sur la protection en santé et
sécurité pour les travailleuses de la santé puis de l'éducation. Le fait de
passer par règlement puis d'avoir de l'agilité, je comprends ça, c'est... bien,
c'est-à-dire, je comprends les objectifs qui sont poursuivis par ce
mécanisme-là, mais, sur le fait qu'il n'y a pas de date butoir... Puis je n'ai
même pas... je ne suis même pas sûr d'avoir compris la réponse à savoir c'est
quoi, les critères qui vont être utilisés pour savoir s'il y a lieu ou pas d'en
mettre, une date.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bon, là, il y a
plusieurs volets à la question...
M. Boulet : ...gardons ça
simple. En l'absence de l'article 72, ça aurait consacré le caractère
permanent du régime applicable en santé-éducation. Est-ce qu'on se comprend
bien?
L'article 72, s'il n'était pas là, on peut l'enlever. Les groupes
vont être en furie parce que l'article 72, il confirme le caractère non permanent
du régime applicable en santé-éducation, c'est simplement ça qui est visé puis
c'est ce que nous avions en tête quand nous l'avons écrit. Maintenant, il y a
un rapport en 2029 et il n'y a pas de critère mathématique. Il y a un suivi
progressif qui va être fait par la CNESST, par ses ressources internes, par des
campagnes de formation, des ateliers en milieu de travail et, progressivement,
vont s'installer ces mécanismes-là de manière compatible avec la capacité des
organisations, la suffisance des ressources, et ce sera déterminé au moment
opportun. Puis c'est un règlement qui pourra le faire, il n'y aura pas
d'amendement à la loi. Donc, l'article 72, je reviens à son sens et à son
objet, M. le Président, est simplement dire : Ce qu'on a adopté, l'article
précédent, ce n'est pas permanent.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Ce n'est
pas permanent, mais ça pourrait être temporaire pour toujours. Je pense que
c'est ça, le.... Si c'est pour l'exprimer en une phrase simple, je pense que
c'est ça ici, la nature de l'inquiétude, c'est qu'on dit : Ça... Le
ministre le présente d'une perspective, qui est la sienne, à l'effet que ça
consacre le fait que le gouvernement, il... ça cessera d'avoir effet à la date
ou aux dates que le gouvernement détermine. Donc, on peut voir ça comme une
manière de confirmer que la loi donne la possibilité au gouvernement d'y mettre
fin à un moment qu'il détermine, mais vous comprendrez qu'on peut avoir une
lecture complémentaire à celle-là puis plutôt voir que : Ah! ça laisse la
porte ouverte à ce que ce soit pour toujours temporaire et que la date soit
juste simplification déterminée. La loi habilite le gouvernement à mettre fin
en donnant une date, mais s'il n'y a pas d'obligation de le faire, s'il n'y a
pas de date butoir pour le faire, il pourrait juste ne jamais y avoir de date,
puis ce ne serait pas permanent, mais ce serait temporaire pour toujours. C'est
ce qui est arrivé, comme, dans plusieurs secteurs d'activités en santé-sécurité
dans l'histoire du Québec.
M. Boulet : Pas en santé...
M. Nadeau-Dubois : Les
affaires... des affaires qui étaient censées être temporaires puis qui ont été
temporaires pas mal longtemps.
M. Boulet : Pas dans nos
matières, là, mais je n'ai pas d'autres commentaires, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
commentaires, d'autres interventions?
M. Nadeau-Dubois : C'est
quoi, les critères qui vont être utilisés pour déterminer une date de fin?
M. Boulet : Comme c'est
évolutif... comme c'est évolutif, là, moi, je n'ai pas de critères spécifiques
à partager avec vous, mais ça va se faire par des interventions en milieu de
travail, des vérifications en milieu de travail, des échanges et par des décisions
prises par le CA paritaire de la CNESST. Mais je n'ai pas de critère pour
déterminer, dans un an, deux ans ou trois ans, comment on va décider, par
exemple, de décider que le régime qui est transitoire devient permanent à
certains égards ou, pour obtenir des attestations de formation, quelle sera la
date butoir.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Gouin, après vous, il y a la députée de Westmount—Saint-Louis qui
souhaite intervenir, mais je vous laisse la parole. Allez-y.
M. Nadeau-Dubois : Donc, ce
que je retiens, c'est que le ministre nous dit que l'esprit de l'article, c'est
que ce soit temporaire... c'est que ce soit non permanent, mais on ne sait pas
quand ça va... on ne sait pas quand ça va arrêter, on ne sait pas quels critères
on va utiliser pour décider que ça s'arrête parce que c'est compliqué puis ça
va être long. Je trouve qu'il y a... ça fait beaucoup de peut-être, ça fait peu
de garanties pour les travailleuses. Mais je vais laisser la parole à ma
collègue.
M. Boulet : Non, mais je
regrette, puis je comprends ce que vous dites, mais, je le répète, le seul but
visé par cet article-là, c'était de confirmer l'absence de pérennité ou
l'absence de permanence de ce que nous avons adopté à 54. Si 72 n'avait pas été
là, le risque qu'on encourait, c'est que les groupes concernés nous accusent de
transformer un régime intérimaire en régime permanent. Donc, on se donne la
possibilité de le faire. Je sais que je ne suis pas capable d'avancer ou de
définir des critères spécifiques pour l'instant. Ça va se faire
progressivement, on va respecter la vitesse de déploiement, la vitesse de mise
en application des mécanismes et on...
M. Boulet : ...mais on va
s'adapter.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. On va revenir, M. le député de Gouin. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, mais
comme vous voyez, M. le ministre, c'est parce qu'il y a beaucoup de
questionnements, parce qu'il n'y a pas de clarté, parce qu'il n'y a rien qui
est défini quand on parle de «toute mesure transitoire à une date... où le
gouvernement va déterminer», tout sera fait par règlement. Je ne nie pas que
c'est un
article qui a une importance pour les groupes parce qu'on parle de
mettre fin à le régime particulier et l'iniquité et la discrimination que nous
aurons dans le réseau de l'éducation et santé et services sociaux, mais ça
reste que les questions se posent. Comme quand on dit que... «prend toute
mesure transitoire visant les délais dans lesquels un programme de prévention
ou de plan d'action doit être élaboré», est-ce que ça, ça veut dire que la...
pour la formation... Est-ce qu'on doit comprendre, d'abord, qu'il n'y aura pas
de formation, de programme de prévention avant 2029?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre
M. Boulet : Absolument pas.
Mme Maccarone : On aura
quelque chose qui sera mis en place, alors est-ce qu'on a idée d'à partir de
quand les RSS et les membres des comités de santé et sécurité vont être formés?
M. Boulet : ...un élément
dominant, la formation, et on va le voir à l'amendement qu'on soumet à 72.1,
les dates limites ou les dates butoirs pour obtenir l'attestation de formation
pour les membres des comités représentants santé et sécurité.
Mme Maccarone : Et pour les
personnes dans les autres milieux qui ne seront pas formées nécessairement de
la même... contrairement à ce qu'on voit ici, est-ce qu'eux, ils vont être
formés sur une formation réduite? Qu'est-ce qui arrivera pour les autres
milieux?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Souhaitez-vous qu'on suspende, M. le ministre? Ça va?
M. Boulet : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Oui. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 48)
(Reprise à 11 h 52)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, avant de vous laisser la parole,
j'ai besoin de votre consentement pour permettre au député
d'Hochelaga-Maisonneuve de remplacer le député de Laurier-Dorion. Est-ce que
j'ai votre consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. Merci. Ça commence bien. M. le ministre, je vous cède la parole.
Allez-y.
M. Boulet : En fait... Merci,
M. le Président. On est heureux d'accueillir le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, de même que celui de Jean-Talon, Pascal. En
fait, je voulais simplement dire que, les délais, il y aura un amendement à
72.1. 72, tout ce que ça vient dire : ça confirme que le régime applicable
en santé, éducation n'est pas forcément permanent et que, si on veut appliquer
le régime permanent à santé, éducation, on aura besoin d'une période de
transition. Et ici, à 72, on n'a fait que confirmer un pouvoir réglementaire
plutôt qu'y aller par un amendement à la loi pour permettre au gouvernement de
déterminer les mesures pour, par exemple, assurer un délai dans lequel les RSS,
là, les représentants en santé-sécurité, qui vont avoir des obligations de
formation additionnelles pourront compléter cette formation-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui. Comme
j'avais dit, mes questions sont en lien, vraiment, avec l'échéancier pour la
formation, que, je comprends, on va voir dans l'amendement qui suit.
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions sur 72? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Je salue mon collègue de Gouin, qui m'a
remplacé à pied levé ce matin, parce que j'avais un petit point de presse sur
le dépôt d'un projet de loi. J'ai d'ailleurs amené une copie pour M. le
ministre. Je lui donnerai tantôt.
M. Boulet : ...pas vu de
document préliminaire à ce projet de loi là, malheureusement.
Le Président (M. Allaire) : Je
vous invite...
M. Leduc : Vous auriez voulu
que je vous consulte?
Le Président (M. Allaire) : Messieurs,
Messieurs, Messieurs, je vous invite à revenir sur l'essentiel. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
on attend votre question.
M. Leduc : Bien sûr, bien
sûr. Elle vient, elle vient. On m'a résumé un peu les échanges, là, que vous
avez eus avec mon collègue de Gouin, mais j'essaie de voir, là, si on a fait le
tour. Moi, ce que je retiens de l'article 72... Puis tout le débat est sur le
caractère permanent ou non permanent.
M. Boulet : ...
M. Leduc : Bon. Puis là vous,
vous dites : Ça, ce n'est pas permanent, mais je ne sais pas comment on
peut comprendre comment et quand ça va devenir autre chose que ce que c'est là.
Il n'y a comme pas de guide d'instructions sur : voici ce qui doit se
passer ou comment un prochain gouvernement évaluera le passage à un autre état
que celui de fait que nous avons avec cet article-là.
Le Président (M. Allaire) :
M. Boulet : Je pense que j'en
ai parlé abondamment. C'est en termes de mécanismes de prévention et de
participation nouveaux. C'est déployer, implanter de façon progressive, avec de
l'accompagnement, de la formation. Tout ce qu'on vient dire ici, c'est que ce
n'est pas... ce n'est pas permanent. Et, si ça doit être le régime permanent,
celui adopté par le CA de la CNESST, il y aura une période de transition et
pour permettre au gouvernement d'adopter par décret des mesures notamment pour
permettre aux RSS de bénéficier d'un nouveau délai de formation. C'est simplement
de la transition.
M. Leduc : ...régime
permanent général, tel qu'adopté par le Conseil des ministres le 10 septembre
dernier, c'est la base. Le PL 101 vient faire une dérogation à ce régime-là
pour le secteur de la santé et l'éducation. Et là l'article 72 vient
dire : S'il fallait sortir de cette dérogation-là pour revenir au régime
général, il faut... quoi exactement, il faut... C'est parce que...
M. Boulet : Bien...
M. Leduc : Il fallait-tu
écrire ça dans un article? C'est ça que je ne comprends pas, je pense.
Le Président (M. Allaire) :
M. Boulet : C'est une bonne
question. Il y aura une transition, puis, s'il faut, par exemple, prolonger les
périodes de formation pour les RSS parce qu'il y a de la...
M. Boulet : ...la
formation additionnelle, bien, que des décrets puissent être adoptés par le
gouvernement pour en assurer l'application la plus rapide possible. C'est
simplement ça. Comme je l'ai dit à votre collègue de Gouin, on aurait pu ne pas
l'avoir. Ce qu'on nous aurait reproché, c'est de dire et de ne pas écrire la
même chose. On a dit que ce régime-là, notre objectif, c'était d'éventuellement
d'avoir la pleine application des mécanismes, comme... comme dans le règlement
général. Donc, c'est simplement qu'on y va par règlement plutôt que par une
loi...
M. Leduc : Mais je vous
donne... Oui, allez-y.
M. Boulet : Alors, la
procédure réglementaire est beaucoup plus simple que le processus législatif.
M. Leduc : C'est ça, parce
qu'autrement il faudrait modifier la loi.
M. Boulet : Oui. Ce qui
n'a pas été fait pendant 35 ou 40 ans. Là, vous le savez, modifier des
lois, c'est long, c'est compliqué. Alors que par voie réglementaire, il y a
quand même une procédure qui est plus agile. C'est simplement ça que ça dit.
M. Leduc : ...que dans la
loi 101, si on veut déroger à la dérogation, on peut le faire par
règlement en vertu de l'article 72. Autrement, sans l'article 72, il
faudrait déroger à la dérogation en modifiant la loi 101 par un nouveau
projet de loi dans le futur.
M. Boulet : Absolument.
Et moi, j'ai compris ce que vous avez dit. Je suis d'accord.
M. Leduc : On a la bonne
lecture. Parfait! Je prends inspiration de la Charte des droits et libertés.
Quand on veut y déroger, puis on a eu ce débat-là il n'y a pas si longtemps
d'ailleurs, dans l'ancienne législature et dans la présente législature, quand
on veut y déroger, il faut utiliser la clause nonobstant, la clause
dérogatoire, elle a différents noms, de la charte. Puis, par contre, il faut la
revoter aux cinq ans. Quand on la met en place, la clause dérogatoire, on a
tout un débat sur le volet préventif de cette clause-là, là. On... par-dessus
ce débat-là aujourd'hui, mais sur le fait que cette clause dérogatoire là n'est
pas permanente, elle doit être votée aux cinq ans. Ça force dans le fond les
prochains gouvernements qui peuvent être de la même couleur politique ou d'une
autre couleur, à refaire un tour de roue, à refaire un débat. Et on l'a vécu
sur la loi n° 21, la loi de la laïcité. Il y avait une clause dérogatoire
lors de son adoption en 2019 par... par bâillon par le premier gouvernement.
Puis après ça, il y a un an à peu près et des poussières, là, 2023 si je ne me
trompe pas, 2023, 2024, il a fallu revoter. Il a fallu avoir un nouveau projet
de loi du ministre de la Laïcité, M. Roberge, pour revoter une nouvelle...
Le Président (M. Allaire) :
Cher collègue, vous savez, on appelle nos collègues parlementaires par leur
titre.
M. Leduc : Oui, oui, oui,
bien sûr, le ministre de la Laïcité.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Excellent.
M. Leduc : Il a fallu
qu'il dépose un nouveau projet de loi pour renouveler pour cinq ans la clause
dérogatoire. Puis là, ce qui m'inquiète, moi, dans l'article 72, et c'est
pour ça que je soumets au ministre ma réflexion, pourquoi ne pas mettre une
date limite où le prochain... où un prochain gouvernement devrait revoter une
exemption si on juge que c'est toujours pertinent, parce qu'autrement, là, ça
va devenir la loi. Puis, si on se fie à l'historique en matière de
santé-sécurité des secteurs prioritaires qui devaient être temporaires dans les
années 80, 90, ça n'a jamais bougé depuis, il y a peu de chances que ça soit
en haut de la liste d'un prochain gouvernement qui dise : Oui, oui, bien
sûr, nous allons faire une loi ou même un décret pour modifier ça. Alors, si on
mettait une date limite, après ça, on peut négocier sur le nombre d'années
exact. C'est-tu trois, c'est-tu quatre, c'est-tu cinq ans? Mais si on mettait
une date limite, je pense que ça rassurerait beaucoup de gens, ici, qui nous
écoutent, pour dire : D'accord, c'est des régimes temporaires. Ça ne fait
pas notre affaire, mais au moins on sait qu'il y aura un moment clair,
identifié, consensuel, sur lequel on pourra aller faire des représentations
parce qu'il y aura une action à faire par un prochain gouvernement pour
prolonger ce régime intérimaire.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Bien,
évidemment, ce n'est pas relatif à 72, c'est l'article 113 où il y a un
rapport de mise en application et le bilan d'application en 2029. Et on pourra
en discuter plus tard, là. C'est au plus tard le 1ᵉʳ octobre 2029. Et donc
je n'engagerai pas...
M. Leduc : ...argument.
M. Boulet : On ne
s'engagera pas à dire : Dans x années ou au plus tard, ça sera telle
affaire. Tu sais, il faut laisser au législateur le soin de déterminer aussi
ses priorités, là. Mais ici, cet article-là ne vise, comme vous l'avez très,
très bien expliqué, qu'à confirmer que ce n'est pas permanent et que, si ça
devient un régime permanent, donc l'équivalent du règlement général adopté par
le ÇA de la CNESST, il y aura possibilité d'adopter des règlements pour assurer
une transition souple.
Le Président (M. Allaire) :
• (12 heures) •
M. Leduc : Je suis
surpris de ce que vous me dites, M. le ministre. Puis je fais appel à votre
mémoire puis à votre cohérence aussi parce que quand on a eu à voter sur le
projet de loi n° 59, l'original, on a eu ce débat-là sur le régime
intérimaire, puis j'ai insisté, puis j'ai réussi à vous convaincre de mettre
une date limite parce qu'on avait le... L'intention ministérielle, c'était de
donner ça comme mandat au ÇA de la CNESST pour élaborer le régime permanent.
Puis moi, j'avais la crainte que pour x, y raisons, ça prenne des années, et
des années, et des années puis qu'il puisse y avoir une stratégie de...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Leduc : ...part syndicale
ou d'une part patronale de stâler, en bon français, au CA, puis qu'on se
ramasse cinq, six, sept, huit ans là, avec une impasse. Alors là, j'avais soumis
au ministre : il faut qu'on mette une date limite pour forcer les choses à
avancer. Puis ça a fonctionné, en ayant mis la date limite, qui était de trois
ans, si ma mémoire est bonne. Ça a donné un cadre temporel clair, pour les
parties, pour discuter et arriver à un consensus. Et ça a fonctionné, ça a
donné le règlement qui était adopté par le Conseil des ministres. Alors,
pourquoi ne pas refaire la même procédure cette fois-ci?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : À la limite, là, moi,
que cet article-là soit présent ou non... Il pourrait ne pas être là. On l'a
mis là simplement pour rassurer les parties, qui me demandaient de confirmer
que ce n'était pas nécessairement permanent. Il n'y a jamais personne qui m'a
dit quand, puis c'est quoi, la durée d'application du régime... du régime de
transition bonifié. On n'a... on ne m'a jamais demandé ça.
Moi, je pense que cet article-là a une
valeur concrète. Il confirme que, dans l'esprit du législateur, ce n'est pas
permanent. Il confirme que, dans l'esprit du législateur, si on pense à une autre
vitesse, il y aura une période de transition, puis il y aura un pouvoir
réglementaire permettant aux parties de s'adapter, notamment en matière de
complétion ou de terminaison des périodes de formation et d'obtention des
attestations de formation pour les RSS. Je le répète, ce n'est que l'intention
que nous avions en tête. Je ne veux pas... Moi, ça visait à rassurer. Si ça
vise à insécuriser... si vous me dites «ça insécurise», on va l'enlever, mais
je ne comprends pas pourquoi, dans la tête d'un groupe, ça insécuriserait.
M. Leduc : Entendez-moi bien,
monsieur...
M. Boulet : C'est mon humble
opinion.
M. Leduc : Pardon?
M. Boulet : Je dis mon humble
opinion.
M. Leduc : Oui, d'accord. Entendez-moi
bien, M. le ministre, ce n'est pas l'aspect que vous décidiez, avec 72, de
transférer ce pouvoir-là par règlement, plutôt que par loi, qui insécurise. Ce
n'est pas ça, l'enjeu. C'est l'espace-temps, c'est qu'il n'y ait pas de limite
dans l'espace-temps, à cette procédure-là...
M. Boulet : ...n'en a pas. Il
y en a une, limite, à 73, pour un bilan d'application, et on va le voir à l'article
M. Leduc : Mais un bilan... On
parle la même langue, là, M. le ministre, là. Un bilan d'application, ce n'est
pas la fin d'un régime. Quand on a mis en place le régime intérimaire, il y
avait une date de fin, là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...le
déploiement, l'application, ça va se faire progressivement dans le temps, on
se... on s'entend. Pendant 40 ans, il y a plein de milieux de travail au Québec
qui n'ont rien fait. On est en vitesse accélérée, selon moi, depuis 2021. Je le
répète, qui parlait de santé psychologique, qui parlait de risques
psychosociaux, qui parlait de comités paritaires? Dans bien des milieux de
travail, indépendamment des secteurs. On peut-tu se donner le temps d'analyser,
d'évaluer, de mesurer le niveau d'implantation, le niveau de déploiement, en
tenant compte des capacités, en tenant compte de la formation, de l'accompagnement
de tous les groupes qui sont impliqués, pour réduire le nombre d'accidents de
travail au Québec, et le déterminer?
Non, je n'en ai... on n'en a pas de date.
Ça fait que c'est... il n'y en a pas, de date, puis je ne suis pas capable de
dire : On va le faire dans deux ans, dans quatre ans. On va le faire de la
manière la plus respectueuse, la plus compatible aux capacités des ressources
et des organisations.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Le député de Jean-Talon. Après, on va vous revenir. Ça va?
M. Leduc : Non, non, mais je
voulais continuer.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, allez-y.
M. Leduc : Pour clarifier la
discussion, je vais déposer un amendement où on va en mettre une, une date, ça
va être plus facile de discuter avec ça. Ça fait que... Mais si, monsieur de
Jean-Talon, il veut procéder pendant que je le... je n'ai pas de problème.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
pas de problème. M. le député de Jean-Talon, la parole est à vous.
M. Paradis : Merci. C'est
intéressant, cette...
Des voix : ...
M. Paradis : Je vais attendre
que M. le ministre ait terminé.
Le Président (M. Allaire) : On
peut... Ça va? M. le député de Jean-Talon, allez-y, vous avez l'oreille du
ministre.
M. Paradis : Oui. C'est intéressant,
cette discussion, parce que vous avez utilisé, M. le ministre, les mots «rassurer».
Dans la mécanique des articles 72 et 73, c'est là que ce mot a son importance,
entre autres, parce qu'on est au cœur de... d'une mécanique ou d'un processus
qui a été dénoncé par plusieurs des personnes qui sont venues en consultations particulières,
qui disent... Et je sais que vous avez eu aussi, hier et dans les sessions
précédentes, des discussions là-dessus, mais ce régime spécifique, de nature
temporaire — en tout cas, c'est ce que le ministre dit — il
est qualifié de discriminatoire par plusieurs organisations qui sont venues
ici. Le Conseil du statut de la femme dit : C'est un régime
discriminatoire, parce que c'est...
M. Paradis : ...dans le
domaine de la santé notamment et aussi dans le domaine de l'éducation qui y a
le plus de problèmes de santé et sécurité au travail, et ça vise les femmes en
particulier. Des groupes syndicaux, les représentants des travailleuses sont
venus nous dire la même chose. Et ici, c'est une illustration parce qu'en
réalité on est en train d'admettre dans ces dispositions-là que ce régime est
moins favorable. Il vise particulièrement les femmes, je le réitère, et à moins
que le ministre aujourd'hui me confirme le contraire, il n'y a pas eu d'analyse
particulière de l'impact de ce qui va se passer dans ce projet de loi là, dans
le projet de loi n° 101, sur les femmes en particulier. J'aurais aimé ça
que le ministre nous dise : J'ai cette étude-là, et donc, en conséquence,
je vais... je vais suivre l'application du projet de loi n° 101 et son
impact particulier sur les femmes, et ça va me permettre de prendre une
décision le plus rapidement possible sur la fin de ce régime particulier. 72 et
73, M. le ministre, ce n'est pas ce que ça dit. 72, ça dit que le gouvernement,
par règlement, va déterminer la date ou le régime spécial qui... donc qui a des
moindres... qui a des moindres garanties, là. C'est ça... c'est ça l'idée,
c'est que ça protège moins, ça donne moins de garanties en matière de santé et
de sécurité que le régime général. On dit : Il va cesser d'avoir effet à
la date que le gouvernement détermine. Et là, M. le ministre, vous allez
m'expliquer en quoi l'article 73 vient rassurer. Parce qu'ils sont liés,
là. Je comprends, M. le Président, que c'est un autre article, mais ils sont
intimement liés, les deux. 73, ça dit simplement qu'il va y avoir un rapport le
1er octobre 2029. Ça n'a aucun impact sur, après ça, la décision en vertu
de 72, à moins que vous me disiez le contraire. Donc, l'aspect rassurant, M. le
ministre, ce n'est pas d'enlever, vous dites «on va l'enlever si c'est...
si ça crée de l'incertitude», c'est qu'on est en train de parler d'un régime
qui donne moins de garanties lorsque ce sont les femmes qui sont visées. Elles
sont inquiètes sur le régime lui-même. Et là quand elle voit combien de temps
ça va durer... Parce que les groupes, le Conseil du statut de la femme puis les
groupes représentant les travailleuses sont venus nous dire : Enlever le
régime particulier de l'article 54. C'est ça qu'elles sont venues nous dire.
Bien là, à tout le moins, à 72 et 73, combien de temps ça va durer? Et là on
n'a pas de garantie, et c'est un mécanisme, M. le ministre, qui se... qui se
répète souvent. Ce n'est pas notre première commission parlementaire ensemble,
c'est de plus en plus de pouvoir discrétionnaire donné au ministre ou au
gouvernement de décider a ou b sans qu'on ait des garanties dans le projet de
loi. Alors, c'est ça qui n'est pas rassurant, M. le ministre. Puis la solution,
ce n'est pas de dire «on va l'enlever», c'est donner plus de garanties aux
femmes, aux travailleuses du Québec, notamment du secteur de la santé et de
l'éducation quant aux régimes qui s'appliquent à elle ou quant à la temporalité
du régime qui donne moins de garanties pour elles.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bon, évidemment,
je ne reprendrai pas tous les commentaires que j'ai faits hier parce qu'on a
adopté l'article 54, mais j'ai beaucoup de respect pour le collègue de
Jean-Talon. Donc, l'article 54 est adopté. Je veux simplement dire que 72
vise à confirmer que ce n'est pas permanent. 72 vise à conférer de la souplesse
dans les changements que ça imposera durant la période de transition plutôt que
de la faire par voie législative.
• (12 h 10) •
En ce qui concerne les femmes, moi, vous
pouvez m'accuser d'à peu près n'importe quoi. Je pense que le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve me connaît super bien. Ce qui nous a guidés, ce n'est
pas parfait, mais ce qui nous a guidés dans la grande modernisation du régime de
santé et sécurité, c'était l'intérêt qu'on avait pour la santé et sécurité puis
l'intégrité physique et psychique, particulièrement des femmes. Pendant
40 ans, on a toléré au Québec des mécanismes de prévention puis de
participation qui s'appliquaient simplement à des secteurs masculins. On a
déconsidéré la tertiarisation de l'économie, on a déconsidéré l'arrivée
importante des femmes dans beaucoup de secteurs d'activité, puis c'est
particulièrement en santé, en éducation, services sociaux mais aussi en construction,
aussi dans les mines, dans tous les secteurs. Il n'y avait rien. Les risques
psychosociaux, collègue, c'est beaucoup les femmes. La violence à caractère
sexuel, c'est beaucoup les femmes. Le harcèlement psychologique...
M. Boulet : ...c'est beaucoup
les femmes. On a fait beaucoup d'avancées majeures en matière de santé et
sécurité, puis d'intégrité, puis de protection des femmes, le programme de
maternité sans danger, puis je pourrais vous faire un inventaire. On l'a fait,
on l'a adopté, les règles en matière d'application d'affectation suite à une
dame qui, en raison de son état de grossesse, est réaffectée ailleurs. Tout ce
qui est fait ici le fait en considérant hautement la présence importante des
femmes dans les milieux de travail. Puis c'est des milieux de travail qui
doivent se prendre en charge. Au-delà de tout ce qu'on écrira dans les lois, la
prise en charge de la santé et sécurité par les milieux de travail, là où il y
a une prépondérance féminine, ça m'apparaît véritablement crucial. Il faut
continuer. Il n'y a rien de terminé, tout est perfectible. Il y a un règlement,
je le répète, qui s'applique dans les secteurs santé, éducation qui est une
avancée considérable par rapport à avant 2021. On est encore en action. Il y a des
groupes qui accompagnent les écoles, les hôpitaux, les établissements de santé.
Il se fait énormément de choses pour prévenir, particulièrement en matière de
santé psychologique, où ça afflige, oui, plus particulièrement les femmes, puis
il faut le mentionner.
Donc, vous pouvez m'accuser de bien des
affaires, mais certainement pas d'être désintéressé. Puis je ne dirais
pas : J'ai une fille, puis j'ai une conjointe, puis... J'ai un intérêt
profond, senti, sincère, je le pense. Puis ce qui est dans la loi ne vise pas à
dire : Attendez puis attendez. Non, ce n'est pas... J'ai mis
l'article 72 juste pour rassurer. Puis c'est pour ça, collègue de
Jean-Talon, que je dis : Si ça ne rassure pas... Moi, je suis convaincu
que ça rassure, mais bon, si ça ne rassure pas, ce n'est pas un
article qui est
incontournable. Mais je voulais juste partager ça avec vous. Et, celui qui sera
ministre du Travail dans 10 ans, 15 ans, j'espère qu'il aura les
mêmes sensibilités, les mêmes... bien, ça... Bien là, ça peut être vous, je ne
le sais pas. On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Ça peut être notre
collègue de Québec solidaire ou notre collègue du Parti libéral du Québec. Ceci
dit, en badinant, c'est ma réponse.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous savez, je
le disais moi aussi en riant parce que j'entendais, dans nos remarques
préliminaires, le député d'Hochelaga-Maisonneuve dire : Ah! c'est ma... je
ne me souviens plus combientième, là, 13e, 14e. Alors, moi, j'ai dit : Là,
je les ai comptées, c'est la sixième fois qu'on est ensemble, M. le ministre.
Vous savez l'estime que je vous porte. Et il ne s'agit pas ici de lancer des
accusations, là, loin de moi cette intention, puis ce n'est pas... ce ne sont
pas les mots que j'ai utilisés. Mais néanmoins vous le savez, vous les avez
entendus comme moi et vous avez lu les mémoires comme moi. Et le Conseil du
statut de la femme, qui s'inquiète vraiment des impacts différenciés de ce
projet de loi là pour les femmes dans les secteurs de la santé et de
l'éducation, c'est important, tous les représentants des travailleuses et les
représentants des travailleuses qui sont venues nous voir ont exprimé la même
chose, M. le ministre. Ce sont les expertes. Ce sont elles qui sont là et qui
disent : Bien, c'est clair qu'on est en train de... puis, pour les raisons
que vous-mêmes, là, vous exposez dans votre mémoire au conseil des ministres,
là, que, là, on ne peut pas y aller tout de suite dans ces secteurs-là pour
différentes raisons. Le débat a été fait, je le sais, mais on ne peut pas
écarter ça du revers de la main, ces inquiétudes-là, à moins que vous me disiez
encore une fois que vous avez fait une analyse particulière, ce à quoi on vous
appelait, ce à quoi ces groupes-là vous appelaient à les rassurer. Avez-vous
fait une analyse des impacts différenciés sur les femmes? Avez-vous un tableau
de bord? Parce que vous parlez souvent dans votre gouvernement de tableaux de
bord que vous allez suivre. Parce que c'est ça, hein, quand on parle des
analyses, là, différenciées selon les sexes, c'est ça qu'on fait, c'est qu'on
regarde, on dit : Ah! on va se mettre des lunettes de l'égalité entre les
hommes et les femmes quand on va regarder le projet de loi puis ses impacts, et
là on va l'analyser uniquement sur cet angle-là parce qu'on parle d'un secteur
où les femmes sont les... sont les principales artisanes du travail qui est
effectué, et donc vivent les principaux risques. Je n'ai pas entendu que vous
avez fait cet exercice-là, ce qui vous... ce qui nous permettrait aujourd'hui
de dire : Ah! OK, mais vous allez suivre l'évolution. Parce que, là, vous
avez raison, 54, il est adopté, mais là on est à combien de temps ça va durer,
ce régime d'exception. Puis, 72 et 73, je pense que les groupes, ce que les
gens aimeraient savoir, c'est... ce n'est pas de l'enlever, c'est de
dire : Êtes-vous...
M. Paradis : ...de rassurer,
de visser un peu plus les boulons pour que ce soit le moins long possible, ce
régime différencié? Parce que moi, je vous repose la question : Avez-vous
une analyse des impacts différenciés? Qu'est-ce que vous allez suivre?
Qu'est-ce... qu'est ce qu'il va y avoir dans votre rapport, à 73, là, le 1er
octobre 2029? Qu'est-ce qui va... qu'est-ce qui va nous guider pour ne pas
qu'on se retrouve avec un régime... parce que ça arrive, vous le savez, M. le
ministre, ça arrive, des régimes temporaires qui durent deux, trois, cinq, 10,
15 ans, 20 ans. Bien, d'ailleurs, dans le domaine dont on parle, c'est un peu
ça, vous-même, vous l'avez mentionné, c'étaient des décisions intérimaires qui
deviennent des décisions permanentes. C'est ça, l'inquiétude. Si on ne pouvait
pas agir sur 54, qu'est-ce qu'on peut faire sur la durée à 72, 73 et 72.1, que
vous proposez? Qu'est-ce qu'on peut faire pour rassurer les femmes?
Ce n'est pas une accusation, que je lance,
M. le ministre, c'est... je vous invite à faire quelques pas pour aller vers
les représentantes des travailleuses qui ont exprimé de très sérieuses
inquiétudes documentées. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire? D'abord, en
avez-vous une, analyse différenciée, ADS, en avez-vous une que vous allez
suivre?
M. Boulet : Bien, écoutez,
c'est parce que, là, ce serait long, là, de reprendre tous les commentaires que
j'ai faits hier sur les fonctions des comités, sur les fonctions, les
responsabilités des représentants santé et sécurité. Non, il n'y a pas eu
d'analyse différenciée selon les sexes, mais il y a un intérêt constant sur
l'impact de la fréquence et de la gravité des lésions professionnelles, pas que
chez les femmes, chez les hommes, chez les jeunes, chez les groupes issus de la
diversité. Oui, il y a des analyses fines qui sont faites de toutes les
implications de l'application de la loi santé et sécurité, de la
Loi sur les
accidents de travail, maladies professionnelles, mais oui, il y a un souci
constant. Le reste... le reste, je pourrai attirer votre attention sur le
contenu de l'article 54, là, qu'on a adopté hier.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Jean-Talon, vous souhaitez intervenir? Ensuite,
on a reçu l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve. Quand on sera prêt.
Allez-y, M. le député.
M. Paradis : Bon. Bien, je
vais voir la proposition d'amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, mais
j'espère donc que le ministre sera ouvert à ce que, justement, on soit plus
rassurant dans ces articles sur la durée de vie de ce régime d'exception par
rapport au régime permanent qu'on veut mettre en place par le projet de loi n° 101,
et que... J'ai beaucoup parlé de rassurer, mais c'est de faire la bonne chose
aussi sur le plan législatif. Donc, voyons la proposition d'amendement du
collègue, et je nous invite à des discussions constructives là-dessus, dans
l'intérêt de tout le monde, et notamment des travailleuses du secteur de
l'éducation et de la santé.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. On enchaîne avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Donc, vous avez un amendement, on va l'afficher à l'écran. Ce ne sera pas très
long. Il est là. La parole est à vous.
M. Leduc : Merci. Insérer, à
l'article 72 du projet de loi, après les mots «que le gouvernement détermine»,
les mots «au plus tard le 1er janvier 2030».
Alors, ça donnerait la chose
suivante :
La disposition du
chapitre 16.1 de la Loi
sur la santé et sécurité du travail, édicté par l'article 54 de la présente loi
cesse d'avoir effet à la date ou aux dates que le gouvernement détermine, au
plus tard le 1 er janvier 2030.
Donc, on fait un peu le meilleur des deux
mondes, M. le Président : on garde l'article tel quel, inchangé, à savoir
que le gouvernement peut intervenir n'importe quand, c'est ce que le ministre
ouvrait comme possibilité, puis ça, c'est très bien, mais on mettait une date
limite en disant : Il faut qu'il y ait une date limite pour que ce ne soit
pas éternel, cette transition-là.
Puis là on a eu des bonnes réflexions, à
savoir quelle date on met, tu sais, au début, on disait : On va-tu mettre
deux ans, trois ans, quatre ans, mais le ministre nous dit : Il faut quand
même un certain délai pour que ce soit mis en place, appliqué puis qu'on ait le
rapport. Puis là le rapport, il va être déposé le 1er octobre 2029. Ça fait
qu'on s'est dit : Bon. On va donner toujours bien e couple de mois pour
que le rapport soit bien analysé, pour que le gouvernement, peu importe sa
couleur, puisse prendre une décision éclairée au regard du rapport. Alors, si
le rapport est déposé le 1er octobre 29, 1er janvier 2030, ça donne quand même
trois mois, tout le mois d'octobre, novembre et décembre pour que le
gouvernement se fasse une tête, le ministre se fasse une tête et soumette à son
Conseil des ministres l'idée de prolonger la transition ou, au contraire, de ne
rien soumettre et que la transition soit terminée puis qu'on passe au régime
général.
• (12 h 20) •
Je pense que c'est le compromis le plus
intéressant sur la table, en ce sens que ça respecte l'échéancier du ministre,
ça respecte le fait que c'est transitoire, malgré que ce n'est pas une bonne
nouvelle pour plein de monde, passons, mais ça permet de faire en sorte qu'il y
a quand même une fin, qu'il y a quand même un espoir...
M. Leduc : ...puis que ça
force un prochain gouvernement à faire l'étude sérieuse de la situation. Ça ne
tombera pas dans les limbes. Des fois, il peut arriver 50 affaires,
50 priorités, puis là, oups, cette affaire-là tombe. Si on laisse
l'article tel quel, c'est possible que ça tombe dans les limbes puis que ça ne
devienne jamais une priorité, puis que, bien, au final, le rapport va être
déposé en octobre 2029, puis que, bien, coudon, on passera à un autre appel,
puis on tombera peut-être 10 ans plus tard à dépoussiérer cette
affaire-là. Mais si on met une date limite objective, qui est le 1ᵉʳ janvier
2030, à partir duquel il faut, si le gouvernement veut que ça demeure le régime
temporaire, qu'il renouvelle cette clause-là, bien, ça force la discussion puis
ça force la discussion sur la base d'un document que le gouvernement aura
demandé puis qu'on va déterminer... Je pense que, dans les circonstances, ça
serait un amendement de compromis qui permettrait à tout le monde de sortir ici
avec... si ce n'est pas un sourire, du moins l'esquisse d'un sourire.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Boulet : Non, évidemment,
comme j'ai répondu un peu plus tôt, on ne peut pas faire un engagement sur une
date ultérieure. Ça va véritablement dépendre de la capacité des milieux de
travail en santé puis en éducation de mettre en application, de bien déployer
les mécanismes de prévention puis de participation. Que je mette 2020 ou que je
mette 2032, si c'est extrêmement asymétrique en termes de déploiement et de
mise en application, on ne pourra pas, mais c'est ce que vise à faire le
rapport, en collaboration avec la CNESST, sur l'application notamment de 54 de
ce régime-là. Je le répète, 72 vise à confirmer qu'il n'est pas permanent. Puis
je pensais que c'était de manière... c'était pour rassurer les parties, que ce
n'était pas permanent et... mais je ne peux pas, on ne peut pas s'engager sur
une date puis dire : Au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2030, on va passer
d'un régime à un autre sans tenir compte de comment ça se déploie et ça
s'applique sur le terrain. Je pense, je ne peux pas faire ça, là.
M. Leduc : ...non seulement,
on peut très bien s'engager sur une date, on l'a fait dans le projet n° 59. Puis il y a trois semaines, vous avez appliqué la
loi, qu'on avait déterminée ensemble dans le projet n° 59.
On avait mis une date limite à partir de laquelle il fallait que le règlement
soit adopté par le Conseil des ministres, puis vous avez été forcé à adopter la
loi, à appliquer la loi. Puis c'est très bien, c'était ça qui était le design
original de cette loi-là. Ça fait que dites-moi pas : On ne peut pas le
faire, on vient juste de le faire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : On partait de
rien à ce moment-là, puis on demandait aux parties de s'approprier les mécanismes
et de déterminer le temps consensuel de libération, la fréquence consensuelle
de rencontre et la nature, les tenants et aboutissants d'un programme de
prévention. Ici, on n'est pas là, c'est évolutif. Et quand c'est évolutif, on
ne peut pas s'engager. En tout cas, moi, je ne me sens pas la capacité de
dire : Au plus tard cette date-là. Je pense qu'avec le pouvoir
réglementaire que 72 confère, ça permettra de s'adapter, ça permettra une
agilité dans la transition qui va permettre de passer d'un régime à un autre,
mais je ne pourrais pas m'engager à une date, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Est-ce que c'est
parce que vous faites un bilan négatif de ce qu'on vient de vivre avec le PL n° 59 puis l'adoption du... À refaire ça vous, vous
n'auriez pas refait ça de même?
M. Boulet : Ah! non, non, je
n'ai pas de commentaire. J'ai répondu abondamment. Je suis extrêmement fier des
avancées qui ont été faites au Québec en matière de santé-sécurité, puis...
M. Leduc : Ça, j'ai compris,
je parle de la procédure de donner une date butoir pour adopter le règlement,
parce qu'on vient juste de faire exactement cette procédure-là, puis là vous me
dites : Non, non, je ne fais pas ça.
M. Boulet : Non, non, mais
c'est différent. C'était une date butoir qui imposait aux partis de faire un
consensus, alors que, là, c'est une date butoir pour déterminer la maturité de
déploiement et d'application des mécanismes. Et ça, ça ne dépend pas des partis
qui doivent s'entendre. Écoutez, je n'ai pas d'autre commentaire, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Ça va être très
simple si vous faites l'analyse qu'il faut le prolonger, l'état transitoire.
Vous avez juste à adopter un décret tel que prévu par l'article 72. Mais
là, s'il n'y a pas de décret d'ici le 1ᵉʳ janvier 2030, on passe au régime
général. C'est très bien ici.
M. Boulet : Je n'ai pas
d'autre...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Pas d'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
allez-y!
M. Leduc : Merci. M. le
ministre, vous nous dites : À chaque projet de loi, en ouverture, puis je
vous crois sincère quand vous le dites, vous dites toujours : Mon projet
de loi est perfectible, mais, à l'usage, je dois dire que c'est rare qu'on le
modifie fondamentalement en dehors des amendements que vous déposez vous-même.
Puis c'est très bien, puis vous déposez des amendements, puis on les regarde,
puis c'est parfait. Mais là, vous avez une occasion, là, assez simple...
M. Leduc : ...très peu
engageante, de le perfectionner, votre projet de loi, de dire : Je
comprends que des gens sont en colère, qu'ils n'ont pas accès au régime général
tel qu'il avait été promis. Je comprends qu'on se donne du lousse pour
l'évaluer, mais je vous confirme, à travers cet amendement-là, qui, je pense,
est très raisonnable, vous constaterez que, moi aussi, je fais des pas vers
vous. Moi, j'aurais mis, si c'était juste de moi, une date très... pas mal plus
proche, je l'aurais mis l'année prochaine, moi, ma date, vous comprenez? Là, je
fais un pas vers vous, je vous dis : Regardez, je vais même jouer dans son
film, je vais le mettre dans sa date à lui, son espace-temps de 2029,
1er octobre, je vais le mettre trois mois après.
Je pense qu'il y a quand même un jeu
intéressant, là, une main tendue intéressante. Puis vous dites que votre projet
doit être perfectible, vous dites tout le temps ça, puis je vous crois sincère
quand vous le faites. C'est une bonne occasion de le démontrer.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : J'appuie
l'amendement du collègue, j'entends le ministre, puis la résistance, puis je
comprends qu'il n'y a aucun gouvernement qui souhaite se peinturer dans un
coin. Mais, à un moment donné, il faut que les bottines suivent les babines. Si
on a déjà pris un engagement gouvernemental, ce serait fin 2029, et on a
toujours les outils législatifs pour un futur gouvernement. On ne sait pas
qu'est-ce qui va arriver 2026, qui pourront modifier ceci s'il y a lieu, mais
le souhait, c'est vraiment de mettre à l'œuvre plutôt que plus tard. Alors, pour
moi, je comprends le désir de vouloir avoir de la clarté et aussi de l'encadrer
un peu. Quatre ans, c'est long pour beaucoup de personnes qui seront impactées
par cette mesure transitoire.
Alors, je pense aussi de prendre un
engagement collectivement, comme membres de cette commission, pour dire, nous
sommes à l'aise. On comprend, on a des choses que nous devons respecter, de la
partie gouvernementale, on n'est pas prêt à poursuivre, ça prend de la
consultation. Il faut parler avec les groupes, il faut parler avec toutes les
parties prenantes. On ne peut pas le faire peut-être l'année prochaine, mais on
a dit collectivement que ce serait pour la fin de 2029. Alors, je trouve que
c'est sain de mettre à quelque part, dans ce projet de loi, une date butoir. Et
si jamais 2026, 2027, 2028, on a besoin d'avoir un changement, mais ce serait
de s'asseoir avec les parties prenantes puis de dire Bon, bien, ça se peut
qu'on ne puisse pas les respecter, puis on a besoin de vous. Ça se peut qu'il
va falloir qu'on change... Le gouvernement a plein d'outils pour faire des
modifications, s'il y a lieu, à l'intérieur de les lois... de nos lois.
Alors, je dirais que c'est quand même une
avancée, puis il y a un amendement à ce projet de loi, qui serait bienvenu par
les groupes qui sont affectés par ce changement du régime et qui sera bienvenu.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la députée. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : C'est
intéressant, parce que quand je jette un coup d'œil à la Loi modernisant le
régime de santé et de sécurité du travail, je note qu'à l'article 300,
notamment, on parle des règlements qui doivent être adoptés en vertu de cette
loi-là, et que ces règlements doivent prendre en compte, ou ce règlement doit
prendre en compte les réalités propres aux femmes et aux hommes. Et je reviens
à ma question : Est-ce que... Le ministre nous a dit tout à l'heure :
Non, il n'y a pas d'analyse différenciée selon les sexes, mais on parle de ça
ici, là, on parle de l'égalité entre les femmes et les hommes, on parle de la
protection des femmes qui oeuvrent à donner des soins puis à éduquer nos
enfants. C'est de ça dont on parle.
• (12 h 30) •
L'amendement proposé par le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
force, en quelque sorte, le gouvernement à avoir décidé quoi faire avec le
régime d'exception moins avantageux pour les femmes du secteur de la santé et
de l'éducation qu'ailleurs dans le privé, qu'ailleurs dans la société
québécoise. Compte tenu de ce que ce gouvernement a déjà exprimé comme
préoccupation sur les impacts et les réalités propres aux femmes et aux hommes,
dans la loi que je viens de nommer, est-ce que ce n'est pas une invitation à ce
gouvernement de faire ce qu'il a lui-même dit qu'il ferait dans d'autres lois
du Québec? C'est ça que l'amendement vous invite à faire, M. le ministre. J'ai
bien écouté vos réponses aux collègues, mais je ne trouve pas ça convaincant
sur le fait que c'est impossible de se dire que, dans quatre ans, on aura fait
le point. C'est un engagement à prendre pour les femmes du Québec dans nos
secteurs de la santé et de l'éducation...
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12 h 30 (version non révisé
e) Le Président (M. Allaire) :
...merci, M. le député de Jean-Talon. D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve?
Vous souhaitez poursuivre, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : Bien, je
comprends que le ministre n'a pas de réaction sur le lien avec les engagements
qui ont déjà été pris par ce gouvernement en matière de
loi sur les... santé et
la sécurité au travail de tenir compte des impacts différenciés. Est-ce que la
réponse qu'on entend à la proposition d'amendement, c'est... c'est cohérent
avec cet engagement?
Le Président (M. Allaire) : Juste
un instant. M. le député de Beauce.
M. Provençal : Tout simplement
un appel au règlement, M. le Président
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
M. Provençal :
L'article 82
spécifie que le ministre a répondu, lui a dit qu'il n'avait plus de
commentaire. Alors, même si les députés d'opposition font leur travail
correctement, je respecte ça, là, je pense que M. le ministre a été très clair
qu'il n'avait plus de commentaire à formuler. C'est simplement une observation
que je voulais faire. Merci. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : C'est
parfait. On... Vous avez de l'expérience en plus en présidence de commission.
Vous avez tout à fait raison.
L'article 82 s'applique ici. M. le député de
Jean-Talon, vous pouvez continuer.
M. Paradis : Oui, merci du
commentaire, mais c'est ça, ça ne m'empêche pas de poser d'autres questions. Et
je sentais le ministre, là, qui avait peut-être le goût finalement de réagir
sur la... Sur la cohérence, là, avec...
M. Boulet : ...parler, Pascal,
fais-moi pas parler. Il faut que j'apprenne à moins parler.
M. Paradis : C'est ça qu'on
aime, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) :
...ça va. Donc, M. le député de Jean-Talon, vous voulez poursuivre?
M. Paradis : Oui. Donc, c'était
sur la cohérence avec ses engagements pris dans les... relativement notamment
aux lois en matière de santé, sécurité au travail. Donc, est-ce que ce ne
serait pas cohérent de faire ce qu'on avait dit qu'on ferait dans cette autre
loi là, c'est-à-dire de tenir compte des impacts et des réalités différenciées?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : En autant qu'on votre
question ne laisse pas entendre à de l'incohérence ou à de... un manque de
volonté du gouvernement de respecter ses engagements. Si vous ne me prêtez pas
d'intention, moi, je peux toujours discuter. Ça fait que les engagements qu'on
fait, on les suit, on les respecte. Puis la cohésion dans l'application des
lois, je pense qu'on a des organismes, un organisme qui s'appelle la Commission
des normes, équité, santé, sécurité du travail, qui parfois... peut-être pas
tout le temps, vous me direz, mais fait un travail exceptionnel d'accompagnement
des milieux de travail pour s'assurer que partout on fasse de la prévention.
Puis d'ailleurs, collègue, vous le savez,
en 2019 et 2025, le taux de cotisation a baissé considérablement puis a permis
des économies de 687 millions de dollars. Donc, c'est bénéfique. Puis
je pense que la culture de prévention durable, non seulement elle est intégrée,
mais elle donne des résultats dans beaucoup de secteurs d'activités. Il y a des
secteurs où on a encore trop de décès, où on a encore trop de lésions avec des
blessures corporelles graves. On a encore beaucoup trop de lésions à
connotation psychologique, mais on s'est donné les outils. Puis vous étiez là
dans le projet de loi qu'est devenue la loi, là, pour lutter contre le
harcèlement puis les violences à caractère sexuel. On a fait un partenariat
avec Juripop. Puis Maître Sophie Gagnon a été... a... Puis elle a quitté Juripop
récemment, là. Je pense que vous la connaissez. C'est une personne avec qui moi
j'ai, développé, puis mon ministère, puis la CNESST a développé une relation
extrêmement intéressante. Puis il y a eu des accompagnements. Il y a des
témoignages qui m'ont été partagés quand je suis allé à Juripop il y a une
couple de mois encore à Montréal, de personnes marginalisées, victimes de
violence. Tu sais, c'est... nous, on voit le grand tableau, mais c'est quand on
voit des personnes qui sont aux prises avec des problématiques profondément
humaines, comment on a réussi à les accompagner par l'application de nos lois, par
la suite qu'on a donné à nos engagements... Parce que oui, le projet de loi n° 42,
on avait des engagements.
Derrière chaque loi, il y a des objectifs,
puis des engagements, puis on s'assure de les respecter. Puis le rapport de
mise en application au plus tard le 1ᵉʳ octobre 2029 va nous permettre...
ça ne se fera pas deux jours avant le 1ᵉʳ octobre, ça va se faire dès la
sanction de la loi où on va être à l'affût de comment ça se déploie, comment ça
s'applique dans les milieux de travail. Puis la CNESST a les outils puis fait
des rapports de gestion, puis est ouverte à partager de l'information. Mais l'impact
sur les femmes, l'impact encore une fois chez tous les groupes de travailleurs,
travailleuses, dans tous les milieux de travail... Puis je suis fier de le dire,
là, parce qu'avant 2021 il n'y avait seulement que...
M. Boulet : ...que 23 %
des milieux de travail qui étaient visés par des mécanismes de prévention et de
participation. Puis, en termes de pourcentage de travailleurs, travailleuses,
c'était un pourcentage famélique. Alors que, là, c'est 100 %. Enfin, oui,
la vitesse n'est pas la même en santé puis en éducation pour les raisons que
j'ai partagées abondamment hier, mais on a connu des progrès considérables en
santé-sécurité. Et je pense qu'on peut tous en être fiers. Puis notre collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve l'est aussi sûrement.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Vous
m'avez ouvert la porte toute grande à parler d'incohérence, mais je ne le ferai
pas. Je vais vous le présenter de nouveau autrement. Je vous invite au devoir
de cohérence avec des éléments que vous avez vous-mêmes inscrits dans d'autres
lois du Québec, qui disent que le gouvernement doit tenir compte des réalités
et des impacts différenciés sur les femmes et les hommes de ce qu'on fait en
matière législative. Le régime mis en place par l'article 54 n'est pas
aussi avantageux dans le secteur de la santé et de l'éducation, là où il y a
une prévalence d'incidents en matière de santé et de sécurité qui vise
principalement les femmes. Sur la durée de ce régime, je vous invite à faire ce
que... ce dont vous nous parlez souvent, M. le ministre. Hein, vous dites
souvent : Ah! il y a ceux-là, de ce côté-là, là, qui demandent plein de
choses comme ça, trop. Puis il y a ceux-là, de ce côté-là, qui demandent trop
de ce côté-là. Vous, vous dites : Je veux placer le curseur quelque part.
Puis là je n'ai pas qualifié pour les personnes, là, mais vous dites : Il
vous faut placer...
Une voix : ...
M. Paradis : Il faut
placer... Bien, c'est parce que, justement, je ne voulais pas nous faire
dévier, mais vous dites : Il faut placer le curseur à la bonne place. Là,
ce que vous faites dans les articles 72 et 73, c'est de laisser une marge
complète qui est à la discrétion du gouvernement. Le seul jalon que vous placez,
c'est de faire un rapport. Le rapport ensuite, il n'a pas d'impact. On ne sait
pas ce que ça va donner. Il n'y a pas d'obligation quant à la durée du régime.
Et l'amendement qui est actuellement sur la table oblige le gouvernement à
avoir fait son nid ou à avoir réfléchi sur les impacts, notamment différenciés
pour les hommes et les femmes, à une date déterminée. Je pense que ça serait un
délai de quatre ans, à peu près, entre l'entrée en vigueur du régime, cette
réévaluation-là. Il me semble que c'est un bon compromis, comme vous les aimez,
comme vous dites les aimer, M. le ministre, entre aucune date, aucune assurance
dans quelque chose qui peut durer 20 ans, 25 ans ou quatre ans, ou un
délai trop court. Entre les deux, il y a dire : On va se donner cette
date-là. C'est à ça qu'on vous invite, M. le ministre, en cohérence avec ce que
vous avez inscrit vous-même dans d'autres lois sur les impacts différenciés
pour les femmes et les hommes de ce qu'on fait, nous, comme législateurs.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député de Jean-Talon. D'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, allez-y.
M. Leduc : Je pense qu'on
a tiré tout le jus qu'on voulait tirer de M. le ministre sur cet article-là. Je
me tourne donc vers mes deux collègues des oppositions parce que je vais
demander un vote par appel nominal dans quelques instants. Je pense que le vote
que nous allons tous tenir sur cet article-là va être aussi engageant pour nos
formations politiques respectives dans les prochaines années, qui seront
peut-être appelées à gouverner ou appliquer, donc, cet article-là. Donc, je
vais juste prendre un instant pour dire que je vais faire un appel au vote
nominal, puis je veux vous inviter à réfléchir, puis à voter avec ça à
l'esprit, que là, ça va être certainement battu par la
partie gouvernementale,
mais que le vote que nous allons prendre va représenter nos partis politiques,
qui pourrait être réutilisé dans d'autres commissions parlementaires ou dans
une période de questions pour vous rappeler ce qu'on aura voté aujourd'hui en
ce 8 octobre 2025. Merci, M. le Président. Et, en toute conséquence, s'il
n'y a pas d'autre intervention, je demanderai de vote par appel nominal.
• (12 h 40) •
Le Président (M. Allaire) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant cet amendement? S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de cet
amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Une voix : Par appel nominal.
Le Président (M. Allaire) :
Appel nominal, Mme la secrétaire. Allez-y, s'il vous plaît.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire
: M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
La Secrétaire
: M. Paradis
(Jean-Talon)?
M. Paradis : Pour.
La Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. L'amendement est donc rejeté.
Alors, on revient à l'article 72.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 72? S'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à sa mise aux voix. Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je voulais
juste expliquer que je vais quand même voter pour l'article même si, sur
l'économie générale, c'est sûr que je vais voter contre le projet de loi. J'ai
voté contre, hier...
M. Leduc : ...le régime
intérimaire, mais je vais quand même voter pour l'article, parce que c'est
mieux d'avoir une modification par règlement que par loi, mais je ne veux pas
qu'on interprète. Parce que je le connais, des fois il est un peu tannant, M.
le ministre, il va commencer à dire : Oui, même le député
d'Hochelaga-Maisonneuve a voté pour.
Une voix : ...
M. Leduc : Exact. C'est mieux
ça que l'inverse, mais ça reste très mauvais sur l'économie générale. Fin de la
parenthèse.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Pas d'autres interventions? Procéder à la mise aux voix de
l'article 72. Est-ce que l'article 72 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. Donc, on enchaîne avec un amendement pour introduire un nouvel
article, le 72.1. M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Boulet : Oui. Insérer,
après l'article 72 du projet de loi, le suivant :
«Un membre d'un comité de santé et...
sécurité ou un représentant en santé et... sécurité d'un établissement auquel
s'applique le
chapitre XVI.1 de la
Loi sur la santé et la sécurité du
travail, édicté par l'article 54 de la présente loi, doit participer au
programme de formation prévu au paragraphe 5° de l'article 335.3 ou au
paragraphe 3° de l'article 335.4 de la
Loi sur la santé et la sécurité du
travail, édictés par l'article 54 de la présente loi, selon la dernière
des échéances, soit dans les 120 jours de sa désignation, soit avant le 1er octobre
2026, lorsqu'il a été désigné avant cette date.»
Commentaires. Donc, ça vise simplement,
là, tenant compte des délais, là, à étaler l'obligation pour un membre d'un
comité ou un RSS dans les établissements de santé de participer à un programme
de formation. Donc, on va assurer une période de transition à l'entrée en
vigueur de la présente loi en adéquation avec le fait qu'il y aura un nombre
élevé de personnes à former à ce moment. Donc, c'est du 1er avril 2026 au
1er octobre 2026. C'est tout. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Des interventions? Mme la députée de Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Je
remercie le ministre pour l'amendement, ça répond à les questions que j'avais
dans l'article précédent. Je voulais juste savoir si les dates de
120 jours ou avant le 1er octobre 2026, ça, c'est des dates qui ont
été convenues avec les groupes.
M. Boulet : Oui. En fait, il
y a eu un règlement qui a été publié à la Gazette officielle du Québec ce matin
qui reporte les dates pour le règlement général au 1er octobre 2026. Ça
fait que c'est juste une cohésion. On fait appel à notre devoir de cohésion.
Or, il s'applique parfois. Merci.
Mme Maccarone : Mais je
comprends que c'est quelque chose qui a été publié, mais je voulais juste
savoir les dates. On a tout validé avec les groupes et eux, ils sont à l'aise
avec le... dans le fond?
M. Boulet : Totalement. C'est
les recommandations de la CNESST validées puis publiées ce matin.
Mme Maccarone : Parfait.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
Iinterventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article... du nouvel
article qui introduit le 72.1. Est-ce
qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Donc, le nouvel
article 72.1 est adopté.
Donc, on poursuit. M. le ministre, 73,
s'il vous plaît, lecture et commentaires.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président.
«Le ministre doit, en collaboration avec
la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du
travail, le ministre de la Santé et des Services sociaux et le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport, au plus tard le 1er octobre 2029, faire
au gouvernement un rapport sur l'application des dispositions du
chapitre XVI.1
de la
Loi sur la santé et la sécurité du travail (Chapitre S-2.1),
édictées par l'article 54 de la présente loi, et sur l'opportunité de les
maintenir ou de les modifier.
Commentaires. Je pense qu'on en a parlé
plus qu'abondamment. Alors, c'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Interventions? Mme la députée de Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, M. le
Président, j'ai un amendement à aborder ici. On l'a déjà envoyé...
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Oui, effectivement, on l'a reçu. On va l'afficher, ce ne sera pas très long.
Allez-y, la parole est à vous.
Mme Maccarone : Merci. Alors,
article 73 du projet de loi et modifié par l'ajout, à la fin de l'alinéa
suivant : «Le ministre doit faire évaluer ou faire évaluer périodiquement
et au minimum aux cinq ans l'implantation des mécanismes de prévention et de
participation (comité de santé et de sécurité, représentant en santé et
sécurité, agent de liaison) en appliquant, entre autres, une analyse
différenciée selon les sexes et intersectionnelle.»
On a fait le débat hier, M. le ministre,
rendu quand on abordait l'article 54, on l'a entendu de la part des
collègues ce matin. Puis là, quand on parle de faire une évaluation, on va
déposer un rapport, moi, je pense que c'est une occasion en or, surtout que
nous avons du temps de s'assurer que l'analyse différenciée des...
Mme Maccarone : ...sexes est
mise en place. C'est quand même la recommandation-phare non seulement de la
FIQ, mais du Conseil du statut de la femme, on l'a entendu des autres groupes.
On l'a dit puis on peut le répéter ad
nauseam ici, dans cette commission, on sait que les choses ont évolué. Le
ministre a dit hier que, je pense que c'était en 1979 ou 1965, la prépondérance
n'était pas féminine. Mais là les temps ont évolué, et on a entendu l'impact,
évidemment, majoritairement, sur les femmes qui vont être subies à ce
changement du régime. Je pense qu'on a une responsabilité de poursuivre avec
cette analyse. C'est quelque chose qu'on adopte ici, comme parlementaires,
régulièrement. C'est la raison qu'on entend ces groupes, souvent, en commission
parlementaire, pour s'assurer qu'on prend en considération la condition
féminine. Le Secrétariat de la condition féminine, en 2006, a mis en place la
politique gouvernementale pour que l'égalité de droit devienne une égalité de
fait.
Alors, je vous demande, avec beaucoup de
respect, de poursuivre avec cette évaluation, avec l'accompagnement des autres
instances ministérielles, qui pourraient collaborer ici. C'est l'endroit où, il
me semble, parce qu'on ne l'a pas fait auparavant, que nous pouvons au moins
entamer ce type de travail et analyse d'ici l'implantation du régime complet,
juste pour s'assurer qu'on a pris en considération les préoccupations qui ont
été évoquées non seulement par ces instances très importantes, mais aussi la
stratégie d'égalité. C'est quelque chose qu'on prend très au sérieux. C'est
quelque chose qu'on s'attend, avant le dépôt de chaque projet de loi, qu'on a
une consultation. Ça fait
partie de le document qui est préparé par le Conseil
des ministres, souvent, ça fait
partie d'une analyse d'impact. C'est notre
responsabilité, il me semble, de prendre ça en considération. Et je pense
qu'ici, à l'intérieur de cet article, ça rentre très bien, parce qu'on parle,
comme j'ai dit, collaboration avec toutes les autres instances, les parties
prenantes, qui sont très chères, très importantes, mais aussi de poursuivre
avec ce type d'analyse pour avoir un portrait complet avant le déploiement.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien, je
comprends. Je respecte beaucoup le contenu de cet amendement, mais je vais me
soumettre à un devoir de réserve. J'ai fait beaucoup de commentaires sur le
délai et j'ai fait beaucoup de commentaires sur l'analyse différenciée selon
les sexes. Et, pour ces raisons-là, je vais... je vais me limiter aux
commentaires déjà faits, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Monsieur... Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Moi, je n'ai
pas besoin d'avoir un débat, M. le ministre, en ce qui concerne le besoin de
comprendre la différence puis le besoin d'avoir le rapport. Je comprends où
vous êtes, mais là on parle de quand même un délai de quatre ans. On a quatre
ans pour mettre ceci à l'oeuvre. Alors, je ne comprends pas pourquoi on ne peut
pas être en faveur de ce type de modification du projet de loi, qui ne dénature
aucunement ce que le ministre et le gouvernement souhaitent accomplir avec le
projet de loi n° 101. Même que, je dirais, je pense que c'est une contribution
très positive pour s'assurer que la voix des femmes est bien entendue. Encore
une fois, c'est une stratégie gouvernementale qui est en place. Ça va faire
bientôt 20 ans. Je pense qu'on a une responsabilité et un devoir, comme
parlementaires, de poursuivre avec ceci et de s'assurer que le Secrétariat à la
condition féminine peuvent contribuer, le Conseil du statut de la femme peuvent
aussi contribuer. Ça peut être une analyse qui n'est pas très coûteux, surtout
qu'on comprend que l'impact est majoritairement... va majoritairement impacter
les femmes. Alors, je ne comprends pas pourquoi qu'on ne peut pas poursuivre
avec ceci. Tu sais, on pourrait faire des arguments.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Allaire) :
M. Boulet : ...je peux quand
même vous rassurer que le ministre doit, mais en collaboration avec la CNESST,
où il y a énormément de talent, d'expertise sur comment on met en application
une loi, c'est quoi, le taux de lésions professionnelles, la fréquence, la
gravité, avant et après, le nombre de comités de santé-sécurité qui ont été
formés, le nombre de personnes qui siègent sur ces comités-là, le nombre de
représentants en santé-sécurité du travail, le nombre d'inspections qui aura
été fait, la nature des inspections, le nombre de constats d'infraction. La
CNESST a l'expertise, le fait depuis des décennies...
M. Boulet : ...et on
dit : En collaboration aussi avec le ministre de la Santé, avec la
ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, sur l'application des
dispositions qui sont dans le
chapitre 16.1 de la loi santé et sécurité, et
ainsi que sur l'opportunité de les maintenir ou de les modifier. Il n'y a pas
de... Moi, je ne veux pas m'immiscer dans la façon dont tout ce monde-là va
travailler ensemble, mais je me fie aux méthodes, aux techniques et à
l'expertise de toutes ces personnes-là réunies pour déterminer comment la loi a
été appliquée sans leur imposer une technique d'analyse.
Puis j'ai beaucoup de respect, là, pour
l'analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle, j'ai beaucoup de
respect pour ça, là, mais ces personnes-là ont des méthodes éprouvées, ils
s'assoient sur des données empiriques, ils s'assoient sur la progressivité dans
le déploiement puis l'application des mécanismes. Moi, j'ai une totale
confiance à ça, cette collaboration-là, pour faire un rapport de mise en
application et, après ça, qu'on détermine l'opportunité de maintenir ou de
modifier. Ça fait que je pense que ça va être les seuls commentaires que je
fais sur l'article 73, sur le délai puis la façon d'analyser. Je pense que je
viens de tout dire ce que je pensais, avec respect.
Le Président (M. Allaire) : ...députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Non, je
comprends, nos débats puis nos échanges sont très respectueux. On peut être en
désaccord et toujours avoir des mesures de respect. Je suis évidemment très
déçue de la réponse du ministre, parce qu'on a quand même adopté à l'unanimité
une stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
C'est une stratégie qui est en place depuis 2022, uis on a pris un engagement
pour cinq ans. Alors, c'est toujours en place pour 2027. Si on ne met nulle
part dans ce projet de loi des éléments en ce qui concerne l'ADS, on est en
train de diluer le rôle de la condition féminine.
On est en train de diluer le rôle aussi du
Conseil du statut de la femme, qui ont fait cette recommandation. Ils ont un
rôle à jouer, c'est un rôle fondamental et c'est leur demande, de s'assurer
qu'on prend en considération l'égalité des sexes avec une ADS. Ce n'est pas la
première fois... ça fait sept ans depuis que je suis députée, ce n'est pas la
première fois qu'on fait une demande de s'assurer que cette analyse est mise en
place. Parce qu'ils viennent souvent témoigner en commission parlementaire, et
souvent il y a une grande déception de leur part parce que soit ils n'ont pas
été consultés, même, avant le dépôt d'une loi, et ils nous ont partagé ça en
commission parlementaire. Je constate que, cette fois-ci, on les ait entendus,
mais leur recommandation le plus fort, c'est d'intégrer cette analyse, qui peut
être à faible coût, qui peut juste nous assurer quand nous faisons l'analyse
puis quand nous allons produire un document avant ce rapport, pour
l'application, qu'on prend en considération leurs préoccupations. Je
comprends... Sincèrement, je ne comprends pas les arguments de ne pas vouloir
poursuivre avec ceci, qui n'est pas coûteux pour nous, encore une fois, je
répète, ne dénature aucunement ce qu'on souhaite accomplir avec ce projet de
loi. Ça n'enlève rien de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et
de sécurité de travail, ça n'enlève rien de la santé... du ministère de Santé
et Services sociaux, rien du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Ça ne va pas étendre la date limite au-delà du 1er octobre 2029. Ce n'est que
des éléments positifs que nous pouvons entendre pour bonifier un rapport et...
de prendre en considération ces préoccupations. Ce n'est que du bon, selon mon
avis.
Je suis féministe. Je pense qu'on a fait
la démonstration que tous les collègues ici sont féministes. Nous ne sommes pas
rendus à un endroit où on a une égalité hommes-femmes encore, puis c'est pour
ça que nous devons prendre ça au sérieux puis avoir cette mesure de respect à
inclure au moins cette mesure dans ce projet de loi. Je répète, on n'a aucun
autre endroit où on parle de l'égalité hommes-femmes, où on prend en
considération une analyse différenciée pour s'assurer qu'on respecte la
condition féminine. Et, sincèrement, ça fait
partie de ce que nous faisons ici
au quotidien, comme parlementaires.
J'insiste que nous prenons en
considération une intégration de ce rapport. Si le ministre dit que ce n'est
pas ici, dites-moi où nous pouvons le faire, d'abord, parce qu'on a une
responsabilité commune de s'assurer qu'on entende ces personnes et qu'on a ce
rapport...
Mme Maccarone : ...qui va
contribuer à une réflexion puis peut-être des décisions qui ne vont pas être le
même si on n'avait pas eu ce rapport d'impact.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? M. le député de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Est-ce qu'il y
a un autre endroit, M. le ministre, que nous pouvons peut-être l'intégrer, si
ce n'est pas ici?
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon. Allez-y.
M. Paradis : Bon, les
analyses différenciées selon les sexes, on vient de le dire, ça existe depuis
longtemps, là, ça fait depuis 1997 qu'il y a une politique officielle du
gouvernement du Québec. On vient de produire un très beau guide l'année passée,
votre gouvernement vient de produire un guide l'année passée sur l'analyse des
programmes avec cette perspective de l'ADS. À moins que je ne me trompe, par
contre, je ne trouve pas encore cette expression-là dans le corpus législatif.
Et ma question au ministre, c'est : Est-ce que c'est ça qui bloque? Est-ce
que, par exemple, le ministre serait ouvert à ce que, dans l'article 73,
on utilise les mêmes mots que dans sa
loi sur la... sur le... modernisant les
lois en matière de santé et de sécurité au travail, c'est-à-dire qu'on doit
tenir compte des impacts ou de la réalité différenciée chez les hommes et les
femmes. Est-ce que vous seriez prêt à ce qu'on dise que le rapport du
1er octobre 2029 va devoir au moins faire ça? Je suis convaincu, M. le
ministre, que ça va être dans le rapport, là, c'est sûr qu'on va parler de ça,
de l'impact sur les femmes. Alors, est-ce qu'on peut l'expliciter dans cet
objectif, pour reprendre vos mots, de rassurer un peu et de dire «on s'en
occupe, on va regarder ça»? Là, je vous propose de prendre les mêmes mots que
ceux qu'on retrouve au deuxième alinéa de l'article 300 de la loi
modernisant les régimes de santé et de sécurité au travail, mêmes mots, est-ce
que vous seriez ouverts à faire ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Non. En fait,
moi, comme j'ai répondu à notre collègue de Westmount—Saint-Louis, je me fie
totalement à la façon dont la CNESST va collaborer avec les ministères santé,
éducation et... pour faire un rapport de mise en application. Puis, comme je
l'ai mentionné, l'effet des changements ou le rapport d'application, ils vont
s'attarder aux lésions professionnelles. Puis il y a des statistiques homme,
femme, âge, région, il y a... il y a tout ça, là, qui est... qui fait l'objet
d'une analyse fine. Et moi, je n'ai pas l'intention de m'immiscer puis de
guider la façon dont les parties vont faire, écrire leur rapport de mise en
application et nous informer de l'opportunité de maintenir ou de modifier. Mais
moi, j'ai une confiance dans l'expertise et dans les ressources non seulement
des ministères, mais aussi de la CNESST. Il y a des personnes hyper
compétentes. Ce n'est pas le premier rapport de mise en application des
dispositions d'un
chapitre d'une loi qui se fait. Et donc c'est la raison pour
laquelle je ne vais, moi, pas dire : N'oubliez pas de faire ci, n'oubliez
pas de faire ça, ça, faites-le de telle manière, ça, utilisez telle technique.
Moi, je le répète, là, on donne ce mandat là dans la loi, de faire un rapport
de mise en application, et c'est des organisations qui sont tout à fait
crédibles et ont l'autorité pour le faire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon, 30 secondes.
M. Paradis : Mais ici, sauf
que c'est le cœur de l'affaire, la préoccupation principale qui est exprimée
sur ce projet de loi, M. le ministre, vous le savez, c'est celle-là. Et ici, je
pense qu'on pourrait faire la bonne chose en disant que, dans le rapport, on va
s'attarder sur cette question-là en particulier. Ce n'est pas de dire quoi
faire, c'est dire que ça, c'est un des principaux éléments sur lequel va devoir
porter le rapport.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
tout le monde, pour votre collaboration ce matin.
Compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux jusqu'à 15 heures. Bon dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 05)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie du travail reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 101, Loi
visant l'amélioration de certaines lois du travail.
Alors, si vous vous souvenez, nous étions,
avant d'aller dîner, à l'article 73, plus précisément, à l'amendement
déposé par la députée de Westmount—Saint-Louis. Par contre, on m'a demandé de
suspendre les travaux quelques instants pour continuer les discussions.
Donc, on va suspendre les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 06)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Je vous rappelle que nous sommes à l'article
73, plus précisément sur un amendement déposé par la députée de Westmount—Saint-Louis.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
la parole est à vous.
Mme Maccarone : Oui. Je
souhaite quand même poursuivre pour clore le débat, parce que, si je comprends
bien ce qu'on a discuté hors micro, c'est que le gouvernement a trouvé un
passe-droit avec l'aide des... du député de Jean-Talon. Alors, je suis comblée.
Mais je voulais quand même ajouter d'autres éléments pour notre réflexion, pour
les gens qui suivent nos travaux aussi, parce que, je sais, c'est d'une grande
importance pour plusieurs personnes de s'assurer qu'on a cette réflexion puis
qu'on fait vraiment une analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle.
Ça fait
partie de qui nous sommes, c'est dans notre ADN. Alors, je trouve que
c'est très important qu'on poursuit de cette manière. On le voit aussi sur le
site Web quand on parle de l'application de l'ADN, on dit qu'on souhaite une
démarche simplifiée pour la réalisation qui s'intègre dans toutes les phases
d'un projet, que ça soit dans la planification, que ça soit dans la mise en
œuvre et ainsi l'évaluation. Alors, c'est pour ça que je trouve que ça devrait
nous tenir tous à cœur de s'intégrer ce type de processus. J'espère que ce ne
serait pas la dernière fois qu'on va pouvoir agir de cette manière... mais
peut-être pas sur le biais d'un débat. En espérant que ceci fera
partie de
toutes nos lois qui vont suivre, qui seront déposées, parce que c'est quand
même un élément très important. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de cet amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Par appel nominal, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
• (15 h 30) •
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
La Secrétaire
: M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Paradis
(Jean-Talon)?
M. Paradis : Pour.
La Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
L'amendement est rejeté. On revient donc à l'article 73. J'ai compris que le
député de Jean-Talon souhaite déposer un amendement. M. le député de
Jean-Talon, on va l'afficher à l'écran, ça ne sera pas tellement long.
M. Paradis : Oui. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Et
voilà. Je vous laisse en faire la lecture... vos commentaires. La parole est à
vous.
M. Paradis : Donc, ajouter, à
la fin de l'article 73 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Ce rapport doit notamment prendre...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) M. Paradis : ...en compte les
réalités propres aux femmes et aux hommes. Et donc c'est en continuation des
discussions qu'on a eues avant la pause, à l'occasion notamment du dépôt de la
proposition d'amendement de la collègue de Westmount—Saint-Louis, et l'idée, c'est
de s'assurer que le rapport qui sera produit à la date indiquée à l'article 73
sur l'application, donc, du régime particulier en santé et sécurité dans le
milieu de la santé et de l'éducation tienne compte de ces réalités propres aux
femmes et aux hommes. Et donc on a eu la conversation avec M. le ministre, on
reprend ici les mots qui existent déjà ailleurs dans les lois du Québec. Notamment,
j'avais fait état de l'article 300 de la Loi modernisant le régime de
santé et sécurité au travail. Alors, je pense que c'est un... c'est une
indication qui va être reçue très positivement par les principales intéressées,
des discussions que nous avons eues dans les derniers jours. Alors, c'est ça,
la proposition d'amendement.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? M. le ministre. Allez-y.
M. Boulet : Bien, moi, j'en
profite pour dire que nous sommes favorables à un tel amendement qui, sur le
fond, est compatible avec l'intention de faire un rapport d'évaluation. Puis j'estime
aussi beaucoup le fait que ça provienne de mon collègue de Jean-Talon. C'est du
travail constructif, c'est du travail d'équipe puis c'est ce que les Québécois,
les Québécoises aiment nous voir faire, de travailler en collégialité puis de
trouver des voies de passage et de réaliser qu'on est plus d'accord qu'en
désaccord. Ça fait que merci au collègue de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci, M. le
ministre. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de cet amendement déposé à l'article 73.
Est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Excellent. On revient donc à l'article 73 maintenant amendé. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 73, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Excellent. M. le ministre, je crois que vous avez un amendement
maintenant pour introduire un nouvel
article à 73.1. La parole est à vous.
M. Boulet : Non, on n'a pas d'amendement
à 73.1. Non.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
je pense que oui, M. le ministre, mais ce n'est pas grave, on peut peut-être
suspendre les travaux. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 34)
(Reprise à 15 h 39)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, je vais vous céder la parole
pour l'article 51 qui introduit un, deux, trois, quatre nouveaux articles.
Donc, la même façon de procéder que les autres fois, on va y aller
article
introduit par
article introduit et on va voter le bloc à la fin. Donc, la
parole est à vous pour le 176.0.0.1.
M. Boulet : OK Est-ce qu'on
peut les lire tous ensemble?
Le Président (M. Allaire) : Si
vous pensez que c'est plus logique d'y aller tout ensemble dans le même bloc,
allez-y.
M. Boulet : Si vous êtes
consentant. Parce c'est toute la même affaire. C'est assez technique, là, ce
qui vient, là.
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème.
• (15 h 40) •
M. Boulet : OK, merci. 51.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 176, de la
section
suivante :
«Section II.1 Décisions de la
Commission en matière de mesures équivalentes et différentes.
«176.0.0.1 La Commission peut, par
règlement, établir des normes de construction et de sécurité applicables aux bâtiments
qu'elle identifie parmi ceux qui sont exemptés de l'application du
chapitre I
du Code de construction ou du
chapitre VII du Code de sécurité,
«176.0.0.2. La Commission peut, aux
conditions qu'elle détermine, autoriser, dans le cas de travaux de construction
qui concernent un bâtiment visé à l'article 176.0.0.1 :
«1° une méthode de conception, un procédé
de construction ou l'utilisation d'un matériau ou d'un équipement différent de
ce qui est prévu par un règlement pris en application de l'article 176.0.0.1,
lorsqu'elle estime que la qualité de cette méthode, de ce procédé, de ce
matériau ou de cet équipement est équivalente à celle recherchée par les normes
prévues par ce règlement et que la sécurité des lieux est assurée;
«2° l'application des mesures est
différente de celles prévues à...», ouh, là, il y a peut-être une faute, là,
«...prévues par un règlement pris en application de l'article 176.0.0.1,
lorsqu'il lui est démontré que les dispositions du règlement ne peuvent
raisonnablement être appliquées.
«176.0.0.3. Une personne qui se croit
lésée par une décision de la Commission rendue en vertu de
l'article 176.0.0.2 peut, à son choix, dans les 30 jours de sa
notification, en demander la révision...
M. Boulet : ...conformément aux
articles 358.1 à 358.5 de la
Loi sur les accidents du travail et les
maladies professionnelles, ou la contester devant le Tribunal administratif du
travail.
«176.0.0.4. Une personne qui se croit
lésée par une décision rendue par la Commission à la suite d'une demande faite
en vertu de l'article 176.0.0.3, peut, dans les 30 jours de sa
notification, la contester devant le Tribunal administratif du travail.»
Commentaires. En fait, c'est tout relié,
là. C'est une
section qui vise à donner à la commission les mêmes pouvoirs que
la Régie du bâtiment dans le traitement de ce qu'on appelle des mesures
équivalentes et quant au pouvoir de prescrire des procédés puis des méthodes
pour des bâtiments dans lesquels la régie n'a pas juridiction et qui, de façon
générale, sont destinés à être des lieux de travail.
En fait, là, pour résumer bien simplement,
là, la CNESST traite des demandes, s'occupe des bâtiments industriels dans
lesquels se trouvent des travailleurs. Puis la RBQ, elle s'occupe des bâtiments
accessibles au public, avec quelques exceptions. Ça fait que des mesures
équivalentes, c'est plutôt que ce qui est dans le code, on analyse et on soumet
une mesure équivalente pour réduire les délais puis les coûts engendrés par
l'accroissement des délais. On l'a fait dans la loi améliorant la qualité de la
construction. Je ne sais pas si le collègue de Jean-Talon s'en souvient, la
qualité de la construction puis la sécurité du public. Mais c'est des mesures
qui sont demandées et qui sont équivalentes en termes de sécurité du... des
travailleurs et de qualité de la construction. La CNESST en traite à peu près
15 demandes de mesures équivalentes par année. Puis la RBQ, c'est à peu
près 300. Ça fait qu'en gros, c'est ça. La CNESST s'occupe de la sécurité des
bâtiments où il y a des travailleurs. La RBQ, c'est là où on... le public a
accès. La RBQ à ce pouvoir-là. Puis on donne un pouvoir équivalent à la CNESST.
C'est aussi simple que ça, toute cette section-là, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : L'expertise,
c'est que c'est... Comment ça fonctionne? Parce que, là, on parle d'avoir une
autre instance. Puis je vous entends que c'est quelque chose qui est déjà en
œuvre, mais comment ça fonctionne en termes d'expertise? Parce que là, on va
faire des recommandations. Mais est-ce que la commission a cette expertise puis
la capacité de poursuivre avec ce mandat?
M. Boulet : Oui, tout à fait.
En fait, la CNESST détient de l'expertise depuis près de 35 ans. Il y a
des ingénieurs, notamment à la CNESST, donc ils ont la connaissance,
l'expertise dans le traitement de ces demandes en lien avec les bâtiments qui
relèvent du champ de juridiction de la CNESST.
Mme Maccarone : Pouvez-vous
donner...
M. Boulet : Donc, il n'y a pas
de ressources supplémentaires. L'expertise est déjà là puis il y a à peu près
15 demandes par année. Ça fait que c'est juste une accélération.
Mme Maccarone : Puis le processus
de mettre ces mesures en place, comment ça fonctionne? Avez-vous un exemple de
la mise en œuvre? Parce qu'il y en a qui existent déjà.
M. Boulet : Bien, dans les
RPA, là, par exemple, là, puis là j'y vais plus avec la RBQ, là. Mais tu sais,
à la place d'avoir, je ne sais pas, un mur ou deux escaliers ou trois
escaliers, on propose des mesures équivalentes qui assurent la même sécarité...
la même sécurité et la même qualité. Ça peut être un matériau qui est prescrit
dans le code de construction. Puis là, le demandeur qui est un promoteur ou un
entrepreneur, il dit : Moi, je substituerais à ce matériau-là tel autre
matériau pour les raisons X, Y et Z. Et plutôt que changer le code, bien, on
accepte la demande de mesure équivalente. C'est... c'est du cas par cas.
Mme Maccarone : Est-ce que ça
arrive qu'il y a des gens qui contestent ça? Ils disent : Non, on n'est
pas en accord.
M. Boulet : Ils pourraient on
voit ici qu'ils pourraient aller devant le... Oui, tout à fait. Une personne
qui se croit lésée... dans le dernier... dernier paragraphe, il peut dans les
30 jours contester devant le TAT, Tribunal administratif du travail. Tout
est...
Mme Maccarone : Mais C'est-tu
quelque chose qui est déjà arrivé?
M. Boulet : Bien, comme je
l'ai mentionné, 15 fois par année, à peu près à la CNESST.
Mme Maccarone : Ça, c'est...
mais ça, c'est la contestation.
M. Boulet : Non, les
contestations, je ne le sais pas combien il y en a.
Une voix : ...
M. Boulet : La contestation,
il n'y en a pas eu à date, on l'introduit dans notre projet de loi.
Mme Maccarone : OK. Ça fait
que, là, maintenant, le pouvoir existe qui n'existait pas avant.
M. Boulet : Exact, exact.
Mme Maccarone : OK Merci.
Le Président (M. Allaire) :
D'autres interventions...
Le Président (M. Allaire) : ...Oui,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je me demandais,
M. le ministre, là, puis j'étais en train