Health and Social Services — 2 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-11-02
Quebec — Committees
(Onze
heures quinze minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Bonjour à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et
des services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 15,
Loi visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, Mme Dorismond
(Marie-Victorin) est remplacée par Mme Bogemans (Iberville); Mme Lachance
(Bellechasse) est remplacée par M. St-Louis (Joliette); Mme Poulet
(Laporte) est remplacée par M. Tremblay (Dubuc); Mme Caron
(La Pinière) est remplacée par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont); et M. Marissal
(Rosemont) est remplacé par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup.
Lors de l'ajournement
des travaux hier soir, la... on était sur l'article 500... 600, excusez,
et la parole était au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Oui. Pour l'instant, je pense que j'avais terminé, de mon côté.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
M. Cliche-Rivard :
Oui.
Le Président
(M. Provençal)
: O.K.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 600?
M. Fortin : Oui. Bon, quand on... effectivement, quand on s'est
laissés, là, il y avait eu des échanges entre ma collègue de Mont-Royal, le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
le ministre sur comment devrait être nommé le commissaire national aux
plaintes. J'aimerais ça que vous nous expliquiez quand même... peut-être juste
prendre un pas de recul, que vous nous
expliquiez, là, pourquoi vous avez choisi que le commissaire national soit
nommé par le ministre puis que les
commissaires régionaux soient nommés par le C.A. de Santé Québec. Pourquoi pas
la même procédure de nomination pour les deux instances?
M. Dubé :
Je pense que la... on essaie d'avoir le plus d'autonomie possible à
l'intérieur de Santé Québec. Alors, que le
conseil d'administration nomme les commissaires, pour moi, c'est vraiment
logique, c'est une approche où ils vont être, mettons, indépendants de
toute influence politique ou quelconque... puis, je pense, c'est un des
éléments qu'ils avaient demandés. Ça fait que, pour moi, c'est naturel.
Maintenant,
quant à la nomination du commissaire national, il faut trouver, justement, je
pense... puis Daniel... M. Desharnais pourra vous donner un peu plus de
background, mais là on a voulu regarder qu'est-ce qui se faisait comme
nomination équivalente lorsqu'on a un rôle national. Et, dans ce sens-là...
moi, je prends aussi comme modèle... puis je vais laisser Daniel vous
donner plus de détails, mais, pour ma part, moi, je suis très à l'aise, pour
des concepts d'indépendance, de qualité, de
m'assurer que le commissaire national se rapporte au C.A. en termes d'à qui il
se rapporte dans son quotidien versus
qui il... le nomme, parce que je pense que le ministre — puis
là je dis «le ministre/gouvernement», là — doit avoir une influence sur cette personne-là...
je dis «une influence»... de pouvoir la nommer parce que je pense que c'est un poste qui est très important dans la...
comment je dirais, dans les quatre ou cinq blocs qu'on fait dans le fameux
projet de loi n° 15. Moi, je... Ce
n'est pas pour rien qu'on passe autant de temps, là, c'est quand même une des
sections importantes du projet de loi. Ça fait que, dans ce sens-là, je
pense que le gouvernement devait continuer d'avoir un rôle ou un levier sur ça. Et, dans ce sens-là, vous vous rappelez, on
parle souvent quels sont les rôles que le ministre doit garder, hein, on
dit : Oui, on crée Santé Québec, mais, pour moi, la nomination du
commissaire national aux plaintes donne à... puis là je fais attention à
comment je le dis pour ne pas que vous soyez malcommodes, là, mais le fait que
le ministre continue de s'occuper de ça, pour moi, ça donne de l'importance au
rôle.
Alors,
oui, il se rapporte hiérarchiquement au conseil, mais je pense qu'en même temps
le ministre dit : C'est moi qui
va nommer le... je dis «le ministre» parce qu'en quelque sorte, c'est le
gouvernement, là, il y a peut-être une petite différence, mais c'est
quand même le ministre. Alors, voilà.
Puis je pense que
M. Desharnais, si vous le voulez, pourrait vous donner un peu des
exemples, parce que, suite à votre question, hier, on a essayé de regarder à
quoi ça pouvait se comparer, hein, de dire quel genre de poste équivalent on
peut avoir. Alors, peut-être que Daniel pourrait en parler, si vous le voulez.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour permettre à...
M. Dubé : M. Desharnais,
pardon.
Président (M. Provençal)
...M. Desharnais? Oui, ça
va? Alors, M. Desharnais, vous connaissez la procédure.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. Bonjour. Daniel Desharnais, sous-ministre
associé à la Coordination réseau et ministérielle et aux affaires
institutionnelles.
Bien, je pense que M. le ministre a donné une
bonne
partie de la réponse. Dans les réflexions sur le mode de nomination du
commissaire national aux plaintes, il a été considéré qu'actuellement on a un
commissaire-conseil qui est désigné par le ministre, donc on reste dans le même
mode de nomination même si on change la responsabilité. Et, si j'embarque sur le niveau de responsabilité, on
n'est pas dans une fonction où... on est vraiment dans une fonction de gestion, on n'est pas dans une fonction où le
commissaire national est en deuxième instance dans le traitement des plaintes.
La deuxième instance, c'est le Protecteur du citoyen, qui, lui, est nommé aux
deux tiers de l'Assemblée nationale. Donc,
on est vraiment dans une optique de gestion. Et, pour préserver aussi une
certaine indépendance au commissaire national, bien, on le rattache au
C.A. de Santé Québec et...
M. Fortin : ...qui était aux deux tiers, il y a quelques instants?
Une voix : Le Protecteur du citoyen.
M. Fortin : Le Protecteur du citoyen, oui. O.K., oui.
M. Desharnais
(Daniel) : Le Protecteur
du citoyen, qui, lui, est en deuxième
instance sur ces questions-là, sur ces questions-là.
M. Fortin : Oui. Je ne me souviens plus si c'était le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne
ou ma collègue de Mont-Royal—Outremont, là, hier, qui a fait référence au Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, qui est un
concept introduit dans le p.l. n° 37 du ministre délégué à la Santé, qui,
lui, est un poste qui serait, si le projet de loi est adopté tel quel,
là, nommé aux deux tiers.
Maintenant,
là, corrigez-moi si j'ai tort, la Commissaire
à la santé et au bien-être,
Mme Castonguay, ça, ce n'est pas
un poste qui est nommé aux deux tiers, mais c'est un poste pour lequel il y a
eu, lors de sa nomination, un processus... appelons ça transpartisan, si
on veut, là, où il y avait des députés de toutes les formations politiques qui
étaient impliqués dans le processus
d'entrevue et de sélection de la candidate, dans ce cas-là. Est-ce que ça, c'est
un processus que vous pourriez adopter?
M. Dubé : Bien, je vais
répondre en deux temps à votre question, parce qu'effectivement, hier soir, là,
c'était une bonne question, puis on a dit : À quoi on peut comparer? Ça
fait que, pour ce qui est du projet de loi n° 37... puis on l'a regardé aussi, j'aimerais ça que
Me Paquin, si vous permettez, M. le Président, vous donne un peu les
raisons pour lesquelles on s'est
situés juste un peu à côté de ça, parce qu'effectivement on était au courant
qu'il y avait une différence dans le projet de loi. Je vais le laisser,
puis je reviendrai sur la deuxième partie.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour permettre à
Me Paquin...
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président. Il existe...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...procédure habituelle.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui. Alors, Mathieu Paquin, Direction des affaires
juridiques, Santé et Services sociaux.
Il y a différents rôles de ce qu'on appelle des
agents de l'Assemblée nationale. Donc, ce sont des personnes qui sont nommées par l'Assemblée nationale aux deux
tiers pour exercer des fonctions qui sont des fonctions, normalement, qui sont inhérentes à l'Assemblée nationale. Par
exemple, c'est le cas du Vérificateur général, c'est le cas du Protecteur du
citoyen, c'est le cas du Directeur général des élections.
La philosophie qui a été retenue derrière le projet de loi n° 37 pour le Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants est la même, donc il exerce une fonction
de l'Assemblée nationale. C'est pour ça qu'il a été retenu de le faire nommer
aux deux tiers par l'Assemblée nationale.
M. Fortin : Ça me va pour la première partie. La deuxième, le ministre
devait nous revenir.
M. Dubé : Oui. Dans le cas de
Mme Castonguay, Joanne Castonguay, je vous le dis bien honnêtement, il y a
une différence. C'est pour ça que, tout à
l'heure, je disais «le ministre ou le gouvernement». Dans le cas de
Mme Castonguay, on a vérifié puis c'est le gouvernement. Alors, c'est plus
une décision du Conseil des ministres que... Puis je dois vous dire que moi, je
serais très à l'aise de faire cette modification-là, si...
M. Fortin : Passer du ministre au gouvernement.
M. Dubé : Au gouvernement,
parce que je dois vous avouer, là, que je n'ai pas... D'abord, premièrement, je
pense qu'on a assez gardé de fonctions, là,
qui permettent de faire le lien qu'on a demandé depuis le début. Mais, si vous
insistiez là-dessus, moi, je vous le dis tout de suite, je n'aurais pas de
problème.
M. Fortin : Bien, ce que... en fait, ce que j'aimerais avoir comme réflexion, puis
on n'est pas du tout fermés, là, le gouvernement,
fort probablement que ça a... c'est plus inclusif que le ministre
unilatéralement, même si, évidemment, la recommandation vient
probablement du ministre, à ce moment-là. Mais le processus pour lequel... par
lequel Mme Castonguay a été nommée, pour nous, c'était quand même un
succès, comme processus, puis le député de Marquette,
qui était ici hier, il a pris part de façon approfondie pour notre formation
politique. Mais c'était vraiment un processus où l'ensemble des
formations politiques étaient impliquées du début à la fin, alors on est
arrivés avec un commissaire qui faisait
consensus. Mais ce n'est pas les partis d'opposition qui sont arrivés avec des
suggestions de noms, non plus, là,
c'est venu de la
partie gouvernementale. Mais tout le processus d'entrevues a
été mené de façon transpartisane, puis
je vous avoue que ça a... bien, vous le savez, ça a porté fruit, là,
Mme Castonguay, c'est une excellente Commissaire à la santé et au
bien-être. Alors, de reproduire quelque chose comme ça, où... à la fin de la
journée, bien, oui, c'est nommé par le gouvernement, mais il y a un processus,
disons, plus ouvert qu'à l'habitude autour de la nomination du Commissaire à la
santé et au bien-être, puis, dans le cas ici, du commissaire national aux
plaintes et à la qualité des services, ça nous apparaîtrait tout aussi
approprié.
M. Dubé : Je vais peut-être
laisser M. Desharnais... Juste voir la différence, parce qu'on voit quand
même une différence dans les objectifs, le rôle, etc., mais je vais le laisser,
puis après ça on pourra faire une conclusion, si vous voulez.
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
bien, je... oui, effectivement, si je peux faire un parallèle entre les rôles
et responsabilités de chacun... qui peut influencer la décision d'un mode de
nomination ou un autre, et après ça les parlementaires pourront en disposer, la
Commissaire à la santé et au bien-être a pour fonction de porter un regard
critique sur la performance du réseau de la santé et services sociaux, donc de
faire des analyses poussées, de faire des rapports
qui... naturellement, en se prononçant sur la performance, bien, elle se
prononce sur la gestion du système de santé
qu'en fait le gouvernement. Donc, ça peut expliquer le mode de nomination...
qu'on a désiré d'introduire un mode de nomination très précis à cet
égard-là en lien avec sa mission.
Le rôle du commissaire national aux plaintes et
à la qualité des services, on le veut plus dans un rôle d'accompagnement, de structuration du régime d'examen des plaintes, de
soutien aux commissaires locaux, puis il y a un rôle de reddition de
comptes, aussi, auprès du ministre, donc c'est plus un rôle de gestion, comme
tel. Donc, c'est un peu pour ça qu'on est
allés vers un mode de nomination qui est, comment je pourrais dire, peut-être
moins enchâssé dans la loi, comme
pour d'autres postes dans la fonction publique, mais ça ne veut pas dire qu'il
n'y aura pas un processus rigoureux pour faire la sélection, là.
M. Dubé : Par contre, son poste
est clairement défini dans notre loi. C'est ça qui est la différence.
M. Desharnais (Daniel) : Dans
la loi, à l'article 605.
M. Dubé : Mais
moi, en tout cas, je vous dirais, là... puis ça dépend de ce que vous voulez
faire avec ce point-là, mais c'est pour ça qu'au début je vous ai dit,
M. le député, que je serais très à l'aise à le laisser au gouvernement. Puis,
lorsqu'on le fait au gouvernement, bien, il y a quand même une certaine
procédure à suivre, avec préparation de mémoires au Conseil des ministres, vous
connaissez bien cette procédure-là. Alors, moi, étant donné les différences,
puis on les a analysées hier soir, on était confortables à aller un petit peu
plus loin, mais tout en laissant les explications que Me Paquin et M. Desharnais
vous ont données, là. Ça fait qu'à moins que vous insistiez puis qu'on passe
par la procédure qu'on peut faire, des fois, aussi, moi, je serais confortable
à vous suggérer l'amendement de changer «ministre» par «gouvernement» puis avoir
ce processus-là.
M. Fortin : On n'est certainement pas fermés à ce changement-là. Je
vais y penser deux secondes. Je pense, mes collègues avaient peut-être des
interventions.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Oui. Moi
aussi, je réfléchis à la proposition. Je pense que j'ai une ouverture, là, de
ce côté-là, je pense que c'est intéressant. Au niveau des commissaires, là,
locaux, eux, on s'attend à ce qu'ils soient dans les établissements
directement, ou qu'ils gravitent puis qu'ils soient appelés de temps en temps,
ou s'ils ont vraiment bureau?
M. Dubé : Je veux juste
comprendre votre... Quand vous dites qu'ils gravitent...
M. Cliche-Rivard : Mais là on a
un commissaire national.
M. Cliche-Rivard : On a le
commissaire national puis il y a des commissaires... Est-ce qu'il y a les
commissaires régionaux aussi ou...
M. Dubé : Oui, oui, les
commissaires...
M. Desharnais (Daniel) : Locaux.
M. Dubé : ...les commissaires
locaux, qu'on a...
Le Président (M. Provençal)
: Les établissements?
M. Cliche-Rivard : Exact. Ils
ont un bureau, porte ou adresse dans les établissements?
M. Dubé : Oui, parce qu'hier...
Je ne sais pas si vous étiez là à ce moment-là, on en a... on a dit qu'on en
avait, quoi, une cinquantaine, là, si on prend les commissaires adjoints...
M. Cliche-Rivard : Il y en
avait des adjoints aussi, hein?
M. Desharnais (Daniel) : Oui.
M. Dubé : Mais je veux juste
comprendre votre question, c'est quoi. Ils ont-tu un bureau?
M. Cliche-Rivard : C'était
juste pour être sûr qu'ils sont sur le terrain, ils sont là, ils sont
accessibles, ils sont visibles.
M. Desharnais (Daniel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et ce n'est
pas un bureau connexe que quelqu'un doit appeler ou... C'est à même...
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
en fait, ils ont...
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Desharnais
(Daniel) : ...ils ont du personnel, naturellement, qui...
C'est soit... les gens sont soit en contact avec le commissaire ou avec leur
personnel, mais ils ont du personnel, naturellement, ils ont des professionnels
qui traitent les dossiers, là.
M. Cliche-Rivard : O.K., mais
ça ne veut pas dire qu'ils logent où leur bureau-chef ou que leur travail
quotidien est à même le lieu où sont les usagers, là.
M. Desharnais (Daniel) : Possiblement,
oui.
M. Cliche-Rivard : Possiblement.
M. Desharnais (Daniel) :
Possiblement, oui. Là, il faudrait que je vérifie, là, je ne pourrais pas dire exactement l'adresse exacte où siège le
commissaire comme tel, mais, oui, possiblement qu'il est dans une installation
de l'établissement.
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça, une installation de l'établissement.
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
oui.
M. Cliche-Rivard :
Là, il y a plusieurs installations où ça, c'est possible.
M. Desharnais
(Daniel) : Exact.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on dit qu'il
n'est pas loin, mais ce n'est pas nécessairement : Va au deuxième étage,
il y a le bureau du commissaire.
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
en fait, si vous fréquentez une installation du réseau de la santé,
actuellement, il y a des obligations pour les établissements d'afficher
très clairement les numéros de téléphone ou les endroits où vous pouvez
rejoindre le commissaire ou son représentant.
M. Cliche-Rivard : O.K. Ça, c'est une
obligation, c'est dans la directive ou c'est dans... ou c'est des obligations
légales?
M. Desharnais
(Daniel) : Il faudrait que je vérifie si c'est une directive, mais je
suis pas mal sûr que, si vous alliez aujourd'hui à l'Hôpital Saint-Sacrement,
bien, vous... il y a des bonnes chances que vous croisiez une pancarte d'une
dimension assez grosse pour voir que, si vous voulez formuler une plainte...
M. Cliche-Rivard :
Appelez telle place.
M. Desharnais
(Daniel) : Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Alors, si on
revient à l'article 600, est-ce qu'il y a un dépôt d'amendement ou...
M. Dubé :
Moi, j'ai dit que j'étais ouvert à le faire, puis, si ça fait consensus
pour donner un niveau de confort supplémentaire, je suis prêt à le faire.
M. Cliche-Rivard :
Allons-y.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
on va de l'avant avec l'amendement?
Le Président
(M. Provençal)
: O.K.
Alors, l'amendement... Est-ce que cet amendement-là est disponible?
M. Dubé :
Puis je peux même le lire en attendant que tout ça passe de chez nous à
Drummondville, là.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui,
allez-y.
M. Dubé :
Alors, l'amendement se lit comme suit : «Le gouvernement nomme un
commissaire national aux plaintes...»
C'est comme ça qu'on
va l'écrire, probablement, Me Paquin? Est-ce qu'on va dire «le gouvernement»?
Voulez vous qu'on suspende puis qu'on aille à l'autre article?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui,
parce que... Si ça ne vous dérange pas, on va suspendre parce qu'on n'a pas cet
amendement-là. Je pense qu'il y a un consensus pour l'esprit de l'amendement.
Alors, je vous... j'inviterais, M. le ministre à nous faire lecture du 601.
Donc, consentement
pour suspendre temporairement le 600?
Des voix : Consentement.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
M. Dubé :
Alors, 601 — merci,
M. le Président : «Le commissaire national aux plaintes et à la qualité
des services doit, de l'avis du ministre, se qualifier comme personne
indépendante.
«Tout commissaire aux
plaintes et à la qualité des services doit, de l'avis du conseil d'administration
de Santé Québec, se qualifier comme personne indépendante.
«Une personne se qualifie
comme indépendante si elle n'a pas, de manière directe ou indirecte, de
relations ou d'intérêts, notamment de nature
financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique, susceptibles de
nuire à l'exercice de ses fonctions eu égard aux intérêts des usagers et
des autres personnes susceptibles de formuler une plainte en vertu de
l'article 572.»
Alors, le commentaire sur cet
article :
L'article 601 du projet de loi prévoit que le commissaire national et les
commissaires aux plaintes doivent se qualifier comme personne indépendante.
Il précise à son deuxième alinéa les critères
pour qu'une personne se qualifie comme indépendante. Voilà.
Président (M. Provençal)
Interventions sur
l'article 601? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Peut-être
pour Me Paquin, est-ce qu'on a ailleurs, dans d'autres lois, cette
définition-là d'indépendance ou de cette
personne indépendante, ou si ça, c'est du droit nouveau que vous avez rédigé de
cette façon?
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président. Sous cette mouture précise là, c'est nouveau, parce que c'est un
texte qui est fait sur mesure pour le commissaire national aux plaintes et à la
qualité des services. Cependant, ça va s'inspirer très fortement de la
définition d'indépendance qu'on retrouve dans la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État.
M. Cliche-Rivard : Pendant
que je la... je vais la chercher, je laisserais mon collègue, potentiellement,
de Pontiac.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Bien, la définition qu'on a au troisième alinéa, ici,
là, «une personne se qualifie comme indépendante
si elle n'a pas, de nature directe ou indirecte, de relations ou d'intérêts,
[...]de nature financière, commerciale, [ou] professionnelle ou
philanthropique», ça, c'est du texte de loi qu'il y a ailleurs, ça, j'imagine,
cette définition-là.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président. En fait, ça s'inspire de ce qu'on va retrouver au deuxième alinéa de l'article 4 de la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État. Je peux vous en faire lecture, ça dit :
«Un membre se qualifie comme tel — d'indépendant — s'il n'a
pas, de manière directe ou indirecte, de relations ou d'intérêts, par exemple
de nature financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique,
susceptibles de nuire à la qualité de ses décisions eu égard aux intérêts de la
société.»
M. Fortin : O.K. Là, je veux juste essayer de comprendre jusqu'à quel
niveau on va pour dire «de manière directe
ou indirecte, de relations ou d'intérêts». Là, ici, on parle, bien évidemment,
du milieu de la santé. Alors, un intérêt dans, je ne sais pas, une
pharmaceutique, par exemple, là, pourrait mener, j'ose croire, à...
M. Fortin : Alors, tu sais, quelqu'un qui a... je ne sais pas, moi, qui
participe à un fonds d'investissement, puis
dans ce fonds d'investissement là, bien, il y a des actions de compagnies
pharmaceutiques. Tu sais, on va jusqu'où dans l'analyse que doit en faire le ministre qui nomme... bien, le
gouvernement, là, lors de la nomination du commissaire et/ou Santé
Québec? Si c'est un...
Le Président (M. Provençal)
: ...Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Bien, en
fait, dans l'application de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, ça
va être un examen ou une appréciation qui va être faite par le gouvernement au
moment de procéder à la nomination d'un membre qu'il qualifie d'indépendant.
M. Fortin : O.K. Alors là, le gouvernement, dans son processus de nomination à
travers le Conseil des ministres, fait cet exercice-là, mais là on vient dire
«tout commissaire aux plaintes». Donc, tous les commissaires régionaux,
là, ou d'établissement doivent également... puis ça, ça inclut les
co-commissaires, j'imagine, ou les numéros deux, là, les commissaires adjoints
aux plaintes. Alors, Santé Québec, le C.A. doit faire l'exercice aussi. Est-ce
que ça, c'est défini, c'est-à-dire de la
façon... quel type d'exercice ils doivent faire pour se rendre là? C'est une
déclaration d'intérêt de la part du candidat, j'imagine?
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, forcément, ça va prendre une déclaration
d'intérêt pour avoir une idée des intérêts du candidat, pour évaluer
s'il est indépendant ou non.
M. Fortin : O.K. Puis là, pour les
gens qui sont déjà commissaires aux plaintes, là, aujourd'hui, le même
processus existe en ce moment?
M. Paquin
(Mathieu) : Oui. On porte à ma connaissance qu'il y a
l'article 30.1 de la LSSSS qui va également prévoir, là, des conditions d'indépendance pour les commissaires qui
sont essentiellement similaires à celles qu'on retrouve dans le projet de loi, donc ça... ces personnes-là,
normalement, devraient continuer à se qualifier d'indépendantes.
M. Fortin : Est-ce qu'un commissaire aux plaintes qui vient du CISSS,
par exemple, là, qui était un employé du CISSS, qui devient commissaire aux
plaintes, là... est-ce qu'une personne comme ça est considérée indépendante,
c'est-à-dire quelqu'un qui était dans l'équipe de gestion du CISSS, par
exemple? Parce qu'il y en a, là, il y a des commissaires qui proviennent des
équipes de gestion du CISSS.
M. Dubé : ...sa relation de
salarié, vous dites?
M. Fortin : Bien, c'est-à-dire, si on est... si on fait
partie de
l'équipe des dirigeants, là, de l'administration du CISSS ou du CIUSSS et que, là, Santé Québec ou le ministère, là, veut
nommer cette personne-là, est-ce que la relation, elle est... puis, je
comprends, ce n'est peut-être pas de nature financière, commerciale,
philanthropique, mais le professionnel,
c'est intéressant, mais, encore là, il y a une relation de lien qu'ici vous
essayez de briser, entre autres, là, parce que vous dites : Le commissaire
aux plaintes, bien, il se rapporte au commissaire national aux plaintes, donc
vous essayez de briser ce lien-là un peu, mais, quelqu'un qui vient
directement de l'équipe de gestion, il me semble qu'à un moment donné il y a un
petit potentiel de conflit.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Bien, je
pense qu'effectivement il arrive qu'il y a des anciens gestionnaires ou des
personnes qui occupaient des postes de gestion dans l'établissement qui peuvent
éventuellement changer d'emploi puis être nommés commissaires, et ça, les... ça
ne fait pas en sorte que ça annule leur indépendance, comme tel, c'est juste
que, là, ils font d'autres fonctions puis ils sont rémunérés pour ces
fonctions-là.
M. Fortin : O.K. Vous ne voyez pas... dans votre analyse, là, vous ne
voyez pas d'enjeu d'indépendance quand un directeur, un adjoint, ou peu
importe, là, dans un établissement, devient commissaire aux plaintes de ce même
établissement là?
M. Desharnais (Daniel) : Non,
on ne voit pas nécessairement d'enjeu puis on voit possiblement un avantage que la personne ait une connaissance du
fonctionnement de l'établissement, mais c'est sûr... Puis je pense que, du
moment que la personne est nommée
commissaire, elle est investie du rôle du commissaire et est capable de faire
la part des choses.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que ça va, M. le député...
M. Fortin : Oui, bien, alors, qu'est-ce qui pourrait être une relation
professionnelle si ça, ce ne l'est pas? Puis
je peux comprendre, jusqu'à un certain point, tu sais, le... Là, vous me
dites : O.K., c'est quelqu'un qui comprend le fonctionnement interne, donc
peut-être il va y avoir un avantage, mais ici on vient dire : Une personne
se qualifie comme indépendante si
elle n'a pas... puis là j'enlève d'autres mots, là, mais si elle
n'a pas de relation professionnelle susceptible
de nuire. Relation professionnelle puis quelqu'un qui était déjà dans
l'établissement dans le poste de gestion, c'est pas mal une relation
professionnelle. Alors, qu'est-ce que vous voyez, dans ce contexte-là?
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
dans ce contexte-là, c'est ce qui s'applique généralement quand il y a une possibilité d'apparence de conflit d'intérêts.
Donc, si, mettons, il y avait un membre de la famille qui travaillait dans un département
x, bien, possiblement qu'il y aurait des mesures pour faire en sorte que cette
personne-là n'analyse pas les plaintes de
cet... de ce département-là. Puis, l'exemple, aussi, d'un gestionnaire qui
ferait la transition vers la fonction de commissaire, on pourrait
prendre des mesures de sauvegarde pour faire en sorte que pendant x nombre de
mois ou d'années, bien, il y ait un
détachement par rapport à l'analyse des plaintes qui viendraient de son ancien
département, là.
M. Dubé : Par département, par
exemple.
M. Desharnais (Daniel) :
Effectivement.
M. Fortin : Oui, O.K., donc elle pourrait se récuser, se retirer, là, des décisions
en lien avec ce département bien précis là.
M. Dubé : Parce que, quand vous
faites votre déclaration d'intérêt, puis vous en avez sûrement déjà fait, vous devez... en tout cas, celles qui sont bien
faites, vous retournez des fois à deux puis trois employeurs derrière. Alors,
si, par exemple, on a la... dans la
déclaration d'intérêt, les emplois précédents, bien, s'il y avait, par exemple,
dans... un infirmier, une infirmière, peu importe, qui
serait dans un département x, bien là, ce serait facile de dire que, pendant un
certain temps, elle ne peut pas prendre...
Voyez-vous? Alors, je pense que c'est comme ça que la... Donc, la déclaration
d'intérêt, elle est très importante.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, avant de redonner la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Setlakwe : Merci,
M. le Président. Aucun enjeu avec le principe, ici, là, mais juste peut-être
deux questions. Une première : Qu'est-ce qu'on entend par une relation
philanthropique ou un intérêt philanthropique? Et ma deuxième
question : Comment est-ce que cette clause s'inscrit dans le
chapitre III, là, du
titre II, qu'on avait étudié il y a déjà plusieurs
semaines, sur l'éthique et la déontologie? Je retournais vers ces articles-là
en me demandant, bien, le commissaire national et les commissaires aux
plaintes, eux, ils vont faire
partie de quelle catégorie au niveau du personnel
des cadres de Santé Québec.
Mme Setlakwe : C'étaient les
articles 55 et suivants, sur éthique et déontologie.
Le Président (M. Provençal)
: ...terminé le débat sur
l'article 601, il y aura un amendement de concordance en lien avec
l'article 600, qui sera... avec 600.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président. D'abord, en fait, les deux règles pourront ou devront trouver à
s'appliquer de façon cohérente. Les commissaires... en fait, le commissaire
national et les commissaires sont des employés de Santé Québec, dont le code
d'éthique, prévu à l'article 55, va leur être applicable, pourra, si c'est
jugé opportun à ce moment-là, prévoir des dispositions qui leur sont
spécifiques.
Par ailleurs, l'exigence d'indépendance, elle
est prévue à 601 et cette exigence d'indépendance là... En fait, il faut toujours se rappeler que l'indépendance, ce
n'est pas seulement une absence de conflit d'intérêts. Donc, peut-être
qu'il peut y avoir des questions davantage sur les conflits d'intérêts qui
peuvent être ponctuels qui vont apparaître dans le code de déontologie.
L'indépendance, normalement, c'est plus une question d'état d'esprit où, la
personne, on va la... considérer qu'elle est
capable d'agir au meilleur... dans le cas d'un administrateur de société
d'État, par exemple, au meilleur des
intérêts de la société. Alors, ici, c'est au meilleur des intérêts des usagers
et des autres personnes susceptibles de formuler une plainte.
Donc, quand on parle d'intérêts commerciaux,
professionnels ou philanthropiques, il faut se placer dans une situation où on
se dit : Bien, la personne qu'on va nommer pour être commissaire, est-ce
qu'en raison de ses intérêts philanthropiques,
si elle... est-ce qu'elle va avoir un préjugé qui serait plus favorable à
certains? Par exemple, là, je vais essayer de rattacher un exemple avec
de la philanthropie, la philanthropie peut supporter des projets de recherche,
on peut faire de la recherche, et un usager
peut faire une plainte à l'égard de ce qui s'est produit en recherche auprès
d'un commissaire. Donc, est-ce que le
commissaire a des implications telles, au niveau philanthropique, pour le
financement de cette recherche-là, qu'on pourrait penser que, s'il devait
traiter la demande de l'usager, il ne serait pas à même d'agir dans le
bon intérêt de l'usager? Donc, c'est ce genre de considérations là qui vont
devoir être examinées au moment de la nomination de... du commissaire.
Mme Setlakwe : On s'entend, de
toute façon, qu'ici on a parlé de... Le principe, c'est que la personne ne doit
pas avoir de relation ou d'intérêt susceptible de nuire à l'exercice de ses
fonctions, puis on donne, par exemple... notamment
de nature financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique. Donc, je
n'ai pas vraiment d'enjeu, je pense que l'exemple est bon. Mais on le
retrouve ailleurs, là, le «ou philanthropique»?
M. Paquin (Mathieu) : Oui.
Mme Setlakwe : Oui. O.K.,
merci.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci. On
revient, puis là je vais... vous parlez de concordance à...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, ça va être un mot, parce que,
suite aux discussions que vous avez eues précédemment à l'article 600, où
ce sera le gouvernement qui va nommer le commissaire national aux plaintes,
c'est sûr que, dans l'article 601, l'avis va être au gouvernement.
M. Cliche-Rivard :
C'était la nature de mon intervention.
Le Président
(M. Provençal)
: Je précède un petit
peu, là, mais c'est juste pour éviter toute confusion.
M. Cliche-Rivard :
Bien, moi, je serais prêt à y aller, puis on reviendra à 601 en substance, là.
Le Président
(M. Provençal)
: O.K.
Alors, écoutez, M. le ministre, l'amendement est là, on va traiter l'amendement
de 601 puis on reviendra aussi sur l'article 601 puis 600 après. Votre
amendement.
M. Dubé :
Alors, l'amendement de 601 se lit comme suit... Attendez une minute...
M. Dubé :
Ah! O.K., il est ici — merci,
Mylène :
«601. Le commissaire
national aux plaintes et à la qualité des services doit, de l'avis du
gouvernement, se qualifier comme personne indépendante.»
Le Président (M. Provençal)
: Alors, c'est vraiment en
lien avec les discussions qu'il y avait eu à l'article 600 pour...
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement de l'article 601?
S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 601 est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Maintenant, est-ce... sur l'article 601 amendé, est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 601 amendé est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté. Merci
beaucoup.
Et nous allons
revenir à l'article 600. Alors, consentement pour revenir à
l'article 600, ça va?
Le Président (M. Provençal)
: Et M. le ministre avait annoncé qu'il déposait un amendement à
l'article 600, on va vous le projeter. Il n'y aura pas de surprise,
je pense, pour personne.
M. Dubé :
Je ne sais pas si, peut-être, Mme
la députée veut en faire la lecture, là, parce que je pense que c'était,
entre autres, notamment, la suggestion du groupe de l'opposition officielle,
alors...
Mme Setlakwe :
Bien, pourquoi pas, mais c'était suite à une discussion collective, mais
le...
Donc,
à l'article 600 : Remplacer, dans le premier alinéa de
l'article 600 du projet de loi, «ministre» par «gouvernement».
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
ça fait suite aux différents échanges qui ont été faits autour de
l'article 600 pour avoir un processus qui ressemble à d'autres que nous
connaissons. Alors, y a-t-il des interventions sur cet amendement?
S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 600 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Maintenant, je reviens à l'article 600 amendé. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, peut-être juste, la différence, là... Le processus où le
gouvernement nomme un commissaire, ça, c'est vraiment le... O.K., c'est
le Conseil des ministres qui nomme suite à la recommandation, mais, quand on
dit «le ministre nomme un commissaire», ça, c'est essentiellement... c'est le
ministère qui est en charge de nommer quelqu'un, là, puis ça arrête là, il n'y
a pas de...
Le Président (M. Provençal)
: Autres...
M. Dubé :
...ça vous a rassurés, puis je suis très à l'aise de faire ça, très.
M. Fortin : Donc, dans le fond, ce que je comprends, c'est qu'en ce moment, là,
c'est le ministère qui nomme tout le
monde. Tous les commissaires aux plaintes sont nommés par le ministère... non,
sont nommés par les établissements?
M. Desharnais
(Daniel) : ...
M. Dubé :
...n'existe pas, là.
M. Desharnais (Daniel) : En
fait, la commissaire-conseil, dans la loi, je crois, c'est marqué qu'elle est
désignée par le ministre.
M. Fortin : O.K., c'est bon. Ça va. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 600 amendé?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 600 amendé est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté. Ce qui nous
amène, M. le ministre, à l'article 602.
M. Dubé : Oui. Alors : «Une personne est réputée ne pas
être indépendante pour exercer les fonctions de commissaire national aux
plaintes et à la qualité des services si :
«1° un membre de sa
famille immédiate est le président-directeur général ou exerce d'autres
fonctions de direction au sein d'un établissement public ou pour un titulaire
d'une autorisation ou un prestataire;
elle fournit des biens ou des services à
titre onéreux à un tel établissement,
à un tel titulaire d'une autorisation ou à un tel prestataire.
«Une personne est
réputée ne pas être indépendante pour exercer les fonctions de commissaire aux
plaintes et à la qualité des services dans
les cas visés au premier alinéa, dans la mesure où elle pourrait être, comme
commissaire, responsable d'examiner
les plaintes concernant les personnes, les titulaires d'autorisation et les
prestataires qui y sont visés.
«Aux fins du présent
article, est un membre de la famille immédiate d'une personne son conjoint, son
enfant ou l'enfant de son conjoint, [son père, sa mère] ou l'un de ses parents,
le conjoint de sa mère, de son père ou de l'un de ses parents ainsi que le
conjoint de son enfant ou celui de l'enfant de son conjoint.»
Le commentaire, c'est
que l'article 602 du projet de loi établit une présomption qu'une personne
n'est pas indépendante pour exercer les fonctions de commissaire national ou
celles de commissaire aux plaintes dans certaines situations.
Il précise, à son deuxième
alinéa, ce que signifie être membre de la famille immédiate d'une famille pour
les fins d'exercice... pour les fins de cet article.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui,
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Là où on dit, au deuxième alinéa : Une personne est réputée ne pas
être indépendante pour exercer ses fonctions eu égard, là, à un membre de
famille ou autres, est-ce qu'on parle qu'il n'est pas habilité dans cette
plainte-là précise parce que, là, sa famille le concerne ou s'il ne pourra même
pas être nommé du moment où il y a une personne qui est visée, là?
M. Cliche-Rivard :
...l'indépendance est permanente, là, ou elle est seulement en lien avec la
plainte en question?
Le Président
(M. Provençal)
: M. Desharnais.
M. Desharnais
(Daniel) : ...nomination, donc l'indépendance...
M. Cliche-Rivard :
Complète.
M. Desharnais
(Daniel) : La personne ne pourrait être nommée.
M. Cliche-Rivard :
O.K. Ça fait que, du moment où elle aurait quelqu'un, une famille qui
pourrait être susceptible de déposer une
plainte dans le futur, elle ne serait pas habilitée à devenir commissaire? Je
pose la question.
Le Président
(M. Provençal)
: Me
Paquin, est-ce que c'est le cas?
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, peut-être deux éléments de réponse, M. le Président.
D'abord, comme ça a été expliqué par
M. Desharnais, l'indépendance est un critère qu'on évalue au moment de la
nomination. Donc, si la personne n'est pas indépendante, on ne la nomme pas. Ça...
ce n'est pas en fonction des plaintes qui sont présentées.
Ici, le critère de la famille, ce n'est pas tant
de savoir si c'est un membre de la famille du commissaire qui présente une
plainte, c'est plutôt de savoir si c'est un membre de la famille du commissaire
qui est un P.D.G. ou qui exerce des
fonctions de direction dans un établissement public ou un autre titulaire d'une
autorisation ou d'un prestataire à l'égard duquel le commissaire va être
compétent. Et en fait c'est pour ça qu'on va parler de la famille, le critère est
au paragraphe 1°.
Et, dans le cas du commissaire national, c'est
général. Dans le cas des commissaires locaux ou régionaux, appelons-les ainsi,
là, on va avoir une nuance qui correspond à ce qu'on retrouve actuellement dans
la LSSSS, à savoir qu'on va se poser la question, dire : Est-ce que le
commissaire en question examinerait des plaintes qui concernent les personnes,
les titulaires d'autorisation, les prestataires de services qui sont visés?
Donc, pour donner un exemple simple, si je nomme le commissaire dans un
établissement ou, en fait, pour le CIUSSS de Québec, il va être indépendant
pour entendre des plaintes du CIUSSS de Québec, même si le conjoint du
commissaire en question est P.D.G. du CIUSSS de la Mauricie—Centre-du-Québec.
M. Cliche-Rivard : S'il était
P.D.G. du même CIUSSS, là, il n'est, évidemment, pas indépendant?
M. Paquin (Mathieu) : Exactement.
M. Cliche-Rivard : Et, si son
conjoint ou sa conjointe est médecin ou spécialiste ou employé dans le même
CIUSSS, est-ce que c'est... «fournit des biens et services à
titre onéreux», ça
s'applique ou pas?
M. Paquin (Mathieu) : Bien, en
fait, le membre de la famille ne s'applique pas aux critères de fournir des
services.
M. Cliche-Rivard : C'est
seulement le premier.
M. Paquin (Mathieu) : Ça, c'est
seulement pour la personne qu'on entend nommer comme commissaire. Dans l'autre cas, ça va devoir être apprécié au
moment de la nomination du commissaire parce que ce n'est pas réputé être... ne pas être indépendant, parce qu'on ne
tombe pas directement dans la question qui est là, d'avoir des fonctions de
direction ou d'être P.D.G., mais peut-être qu'on apprécierait néanmoins que la
personne n'est pas indépendante.
M. Cliche-Rivard : Et, encore
une fois, là, on réfère à l'indépendance au moment de la nomination. Cela dit,
j'imagine que cette personne doit préserver son caractère d'indépendance
pendant l'ensemble de son mandat. Elle pourrait ne devenir plus indépendante.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, elles doivent prendre... elle doit... elles
doivent demeurer indépendantes. Et d'ailleurs l'article 604 va prévoir que le conseil d'administration doit
prendre les règles nécessaires pour préserver en tout temps l'indépendance des commissaires et des membres du
personnel qui agissent sous leur autorité. Donc, on veut le maintien de
l'indépendance des commissaires.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Tout à l'heure, vous nous avez référé... vous nous avez dit que c'étaient des
dispositions qui étaient analogues ou similaires à la
Loi sur la gouvernance
des sociétés d'État, notamment l'article 4. Il y a, à 4 : Un
administrateur est réputé ne pas être indépendant s'il a été, au cours des
trois années précédant sa date de nomination, à l'emploi de la société ou de l'une de ses filiales, et ça, on ne le
retrouve pas à 602. Est-ce que c'est volontaire de ne pas avoir inclus
le critère de trois ans en emploi?
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président, notamment parce qu'en pratique les commissaires sont à l'emploi de Santé Québec et des établissements.
D'ailleurs, c'est un critère, quand on regarde les critères d'indépendance
actuels de la LSSSS, qui ne s'y trouve pas.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Donc, c'est parce que, justement, vous avez l'intention de les reconduire dans
les fonctions actuelles, que, si vous faites le trois ans, on les
perdrait tous, là, ils seraient tous pas indépendants?
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Bien, en
fait, je dirais, je n'ai... il ne m'appartient pas d'avoir l'intention de les
reconduire ou non dans leurs fonctions...
M. Cliche-Rivard : Si, si.
M. Paquin
(Mathieu) : ...mais, essentiellement, je pense que ce qui... le choix
qui a été fait, ici, c'est que les critères d'indépendance qui ont été fixés à
30.1 de la LSSSS, qui s'inspirent de ceux de la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État, suffisent, actuellement, donc c'est ceux-là qui sont
reconduits.
M. Cliche-Rivard :
Et les critères de 602, là, s'appliquent également aux commissaires
adjoints?
M. Dubé :
Comment vous avez dit ça?
M. Cliche-Rivard :
On a parlé de commissaires adjoints depuis quelques reprises, là. Ça
s'applique de la même façon?
Le Président
(M. Provençal)
: Me
Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. C'est prévu à l'article 603.
M. Cliche-Rivard :
Ça s'en vient. Parfait. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
a-t-il d'autres interventions sur l'article 602? Le député de Pontiac?
Non, ça va. Mme la députée?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 602 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté.
Article 603, M. le
ministre.
M. Dubé :
«Le conseil d'administration de Santé Québec peut, pour assister un
commissaire aux plaintes et à la qualité des services, lui adjoindre toute
personne qu'il nomme pourvu qu'elle se qualifie comme personne indépendante
pour exercer les fonctions de ce commissaire.
personne ainsi adjointe au commissaire exerce sous son [comité] toutes ses
fonctions et tous ses pouvoirs, à moins que l'acte de nomination ne les
restreigne ou ne les retire.»
Alors, le
commentaire :
L'article 603 du projet de loi permet qu'une personne
soit nommée pour assister un commissaire. Il précise que cette personne doit se
qualifier comme personne indépendante.
C'était exactement ce
qu'on se posait comme question il y a deux minutes.
Le Président
(M. Provençal)
: Interventions
sur l'article 603? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Le regroupement des commissariats aux plaintes avait
proposé une modification, là, au 603. Avez-vous
eu la chance de vous pencher là-dessus? Et en fait c'était une modification
pour maintenir l'indépendance, l'autorité des commissaires adjoints.
M. Fortin : En fait, ce qu'ils...
M. Fortin :
Si je comprends bien leur proposition, là, ce qu'ils aimeraient faire, c'est
rajouter, à la fin du premier alinéa...
Attendez-moi une petite seconde, ce ne sera pas long. Je lis leurs
commentaires, là : «Pour maintenir l'indépendance et l'autorité des
commissaires adjoints et adjointes, la reconnaissance par la haute direction
des commissaires adjoints comme étant des vis-à-vis exerçant des fonctions de
cadre supérieur représente un défi qui ne pourrait être qu'exacerbé par la
dévalorisation du titre. Les articles 603 et 1134 seraient donc un recul
assimilable à une perte de statut professionnel pour les commissaires adjoints
et une perte de légitimité pour les commissariats.»
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
que vous partagez le commentaire qui vient d'être émis?
M. Desharnais
(Daniel) : Oui, M. le Président. En fait, ce que Me Paquin
m'indiquait, c'est que... je pense que le
commentaire, le désir d'amendement est lié avec une appréhension d'un
changement de statut de cadre, mais on me dit que, dans les faits, il
n'y aura pas de changement de statut de cadre.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça va, M. le député?
M. Fortin : Bien oui, je pense que c'est un peu ça qu'ils
veulent s'assurer, là, qu'il n'y a pas de perte du statut professionnel.
Donc, ça, ça change zéro...
M. Desharnais
(Daniel) : Ça ne change pas.
Le Président
(M. Provençal)
: ...clairement
dit au niveau de la commission. Autres interventions à 603?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 603 est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
604, pour lequel vous aurez un amendement, M. le ministre.
M. Dubé :
Oui, je vais commencer par lire 604 : «Le conseil d'administration de
Santé Québec doit prendre les mesures nécessaires pour préserver en tout temps
l'indépendance des commissaires et des membres du personnel qui agissent sur
leur autorité.
cette fin, le conseil d'administration doit notamment s'assurer que les
commissaires exercent exclusivement les fonctions prévues à la présente
partie et que les membres du personnel qui agissent sous leur autorité
n'exercent aucune autre fonction au sein de Santé Québec ou d'un établissement
regroupé ou pour un titulaire d'une autorisation ou un prestataire.
«Le conseil
d'administration doit de même voir à ce que chaque commissaire dispose d'un
espace de travail situé ailleurs que dans
une installation où un établissement...» où il exerce ses activités... «où un
établissement exerce»... Il
manque un petit mot, ici.
Alors,
je vais lire l'amendement, M. le Président, si vous me permettez :
Supprimer le troisième alinéa de 604 du projet de loi.
commentaire : Cet amendement vise à supprimer l'obligation imposée au
conseil d'administration de voir à ce que les espaces de travail des
commissaires soient situés ailleurs que dans les installations des
établissements.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va aller voir
où se situe, s'il vous plaît, la modification. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Pouvez-vous nous l'expliquer, l'amendement? Pourquoi est-ce qu'on vient
enlever cette obligation-là? Il me semble que c'est logique que le
bureau ne devrait pas être à côté de celui du P.D.G., mettons.
Le Président
(M. Provençal)
: Parce
que ça semble un peu en contradiction à une réponse qu'on avait donnée au
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. le sous-ministre.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui, en fait, c'est qu'on garde le statu quo par rapport à
la situation actuelle. On avait eu des
commentaires, parce que les commissaires sont dans des installations du réseau
de la santé et services sociaux. Donc,
on garde, là... C'était du droit nouveau, puis on a eu des commentaires à
l'effet que ça pouvait peut-être représenter des problématiques ou des
coûts supplémentaires.
M. Fortin : Qui s'est inquiété de ça?
M. Desharnais
(Daniel) : Il faudrait que je...
M. Fortin : Bien, c'est sûr qu'il peut y avoir des coûts à ça.
M. Desharnais
(Daniel) : On me dit le Regroupement des commissaires aux plaintes et
à la qualité.
Fortin : Ah! c'est les commissaires aux
plaintes eux-mêmes qui aiment faire
partie de...
M. Desharnais
(Daniel) : Oui, oui, dans le... On me dit que c'est contenu dans leur
mémoire également.
M. Fortin :
...O.K., qui aiment faire
partie des espaces communs du CISSS et du CIUSSS.
M. Dubé :
J'allais vous dire, avant la réponse, que je trouve que c'est bien logique
de permettre ça, là, quand on parle de gestion de proximité, entre autres.
M. Fortin : Oui, bien, oui et non, que le... qu'on ait un espace de
travail, par exemple, dans un hôpital, dans un CLSC, ça va; que le bureau soit
avec ceux des... la direction, là, pas sûr de ça, je me pose la question à
savoir si c'est approprié. Bien, qu'on ait un espace de travail dans le réseau
de la santé en quelque part, bien sûr, là, dans les installations d'un des
établissements, d'accord avec ça. Bien, je vous donne l'exemple de ma région,
là, des bureaux de travail, là, il y en a
dans à peu près tous les hôpitaux. Il y en a dans plusieurs CLSC, il y en a
dans des CHSLD, des installations publiques, mais la plupart des bureaux
sont à un édifice, là, celui où vous aviez une activité de prévue il n'y a pas longtemps, là, où ce sont les bureaux de
la direction. Est-ce que l'espace de travail du commissaire devrait être
dans le bureau de la direction ou est-ce qu'il devrait être dans un
établissement du réseau de la santé?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y, M. le sous-ministre.
M. Desharnais
(Daniel) : On m'indique que ce n'est pas le cas, actuellement. Il n'y
a pas de situation où est-ce qu'un commissaire est dans les mêmes bureaux que
la haute direction de l'établissement.
M. Fortin : O.K., parce que c'est un peu ça... L'esprit de ce que vous
aviez présenté initialement, là, ce n'était
pas nécessairement, je pense — mon
interprétation — de
les retirer du réseau complètement, c'était juste de vous assurer qu'il
n'y avait pas ce lien-là, qui pouvait être problématique, de voisins de bureaux
qui pourraient avoir une influence quelconque sur le commissaire.
M. Desharnais (Daniel) : C'était
effectivement l'esprit, puis je partage votre avis, là, sur le fait qu'on
pourrait avoir des doutes sur l'indépendance d'un commissaire qui...
M. Fortin : Il partage une imprimante puis une machine à café.
M. Desharnais
(Daniel) : ...est dans les bureaux de la haute direction de
l'établissement avec les hors-cadre, mais là
on nous dit que ce n'est pas le cas, actuellement, et qu'on garde le statu quo
par rapport... au niveau légal, on garde le statu quo. Puis le commissaire, dans ses fonctions, pourrait
clairement mentionner... s'il sentait, dans ses fonctions, que son
emplacement de travail nuit à son indépendance, je crois très bien qu'il le
manifesterait aussi.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
sur l'amendement, toujours.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais est-ce qu'on
pourrait le prévoir, ça, que, s'il en fait la demande, le commissaire peut
obtenir un espace de travail situé ailleurs qu'à l'installation? Je comprends
qu'on ne le fera pas de bord en bord, mais, si lui, il vient à
dire : Moi, je sens, en ce moment, qu'on a des enjeux tant au niveau de
l'apparence que de mon indépendance pour... puis peut-être même, pour ce cas
précis, peut-être, je pense qu'il faudrait qu'on travaille à l'extérieur,
est-ce qu'il pourrait en avoir la... est-ce qu'il pourrait en faire la demande?
M. Desharnais
(Daniel) : En fait, le statut d'indépendance des commissaires est
manifeste dans la loi. Son mode de nomination, fait par le conseil
d'administration de Santé Québec, fait en sorte qu'à mon sens on n'est pas
nécessairement... on n'est pas nécessairement obligés d'inscrire dans la loi
toutes les situations où est-ce que le commissaire pourrait sentir son
indépendance menacée. Du moment qu'il est nommé par le conseil
d'administration, il peut très bien revenir soit au conseil d'administration,
ou à la commissaire nationale, ou au commissaire national pour manifester le
fait que son indépendance serait compromise pour x situation, mais là, de
placer dans la loi l'inventaire des situations où est-ce que le commissaire
pourrait être... que son indépendance serait menacée... Moi, je pense que l'important, c'est que le commissaire
soit bien conscient qu'il doit faire son travail en toute indépendance,
et que les gestionnaires, la haute direction de l'établissement, s'assurent de
cette indépendance-là, en collaboration avec le conseil d'établissement, et que
ça soit très bien mentionné — et c'est le cas, actuellement — qu'on
doit préserver l'indépendance de leur fonction.
M. Cliche-Rivard : Et, dans ce contexte-là — puis
nos travaux, ici, sont quand même porteurs et peuvent intéresser
plusieurs, là — si
la demande en était faite puis que c'était justifié, j'imagine qu'on lui
accorderait, au commissaire, sa demande. Il n'y aurait pas de raison de lui
dire non, là?
M. Desharnais
(Daniel) : Non, tout à fait. Je pense que les établissements de santé
sont quand même de dimension assez grande, donc il y a beaucoup d'installations,
ils sont composés de beaucoup d'installations. Je pense qu'il y aurait moyen de
remédier à la situation.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Je n'ai rien d'autre sur l'amendement. Je reviendrai sur le
principal.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va? S'il n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement, est-ce que
l'amendement à l'article 604 est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté.
Je reviens donc à
l'article 604 amendé et je redonne la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : 604 donne des
responsabilités au C.A. de Santé Québec eu égard à la préservation de l'indépendance des commissaires. Est-ce que cette
même responsabilité existe du gouvernement envers le commissaire
national?
Le Président
(M. Provençal)
: Me Paquin,
je pense que vous avez la réponse.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui. En fait, M. le Président, l'article 604
mentionne l'indépendance des commissaires sans le spécifier, donc ça s'applique
au commissaire national et aux commissaires locaux ou régionaux.
M. Cliche-Rivard : O.K. Donc
là, cette responsabilité-là constante de mesures proactives appartient au C.A.
de Santé Québec, mais l'indépendance au niveau de la nomination, elle appartient
au gouvernement.
M. Paquin (Mathieu) : Dans le
cas du commissaire national, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va, M. le député?
M. Cliche-Rivard : Je pense que
oui.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Setlakwe : Pour
compléter — merci — je
comprends la nécessité de l'article, mais est-ce qu'il va y avoir, disons, dans un code d'éthique, une obligation
d'aviser de tout changement de situation qui pourrait affecter l'indépendance
des commissaires?
M. Dubé : ...d'indépendance, en
tout cas, c'est annuel. On doit renouveler...
Mme Setlakwe : Oui,
dans les faits, c'est ce qui se fait, mais là on a dit que c'étaient deux
choses, là, quand on a parlé des...
M. Dubé : De la famille.
Mme Setlakwe : ...oui,
ou des dispositions qui traitent de l'éthique et la déontologie, puis
l'indépendance, c'est au moment de la nomination, et elle doit être
continue. Mais je pense que Me Paquin a une réponse.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : En fait,
oui, l'indépendance doit être continue. Je pense que ça s'infère notamment du contenu de l'article 604, parce que, si on
voulait que ce soit seulement au moment de la nomination, on n'aurait pas
besoin de l'article 604. Et effectivement, je pense, ce serait de bon
aloi, soit dans le code d'éthique ou ailleurs, dans les conditions de
travail des commissaires, de prévoir une obligation de fournir une déclaration
d'intérêt périodiquement afin de s'assurer de leur indépendance.
Mme Setlakwe : Bien, la loi ne
prévoit pas cette obligation-là pour qui que ce soit. Je pense que ça
rentrerait dans la
section générale sur l'éthique et la déontologie.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : ...ma
conclusion, M. le Président.
M. Dubé : ...est-ce que ça
irait, ça, dans les règlements internes de Santé Québec, ça, Me Paquin, quand
on... Ce qu'on vous a soumis comme document, là, je me demande si ce n'est pas
là que pourrait aller la, par exemple, déclaration d'intérêt, puis etc.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Peut-être,
M. le Président. En fait, je pense qu'il y aurait probablement plusieurs
véhicules qui permettraient de prévoir une telle obligation.
M. Dubé : Mais on réfère au
code d'éthique dans le règlement interne. Je pense que oui. Dans la liste des
cas qu'on a présentés l'autre fois... On va regarder parce que...
Le Président (M. Provençal)
: ...des commentaires additionnels à
formuler?
M. Dubé : Non, mais j'ai juste
demandé à une des avocates, là, de... c'est elle qui a préparé la liste, vous savez, ce qu'on a discuté l'autre fois, là, sur le
règlement interne de Santé Québec, puis je disais qu'on avait une référence
au code d'éthique comme un des éléments, ça
fait que... Est-ce que, dans la... Lorsque les gens prennent connaissance
du code d'éthique, habituellement, même, on
va jusqu'à leur... en tout cas, des expériences que j'ai déjà eues, on demande
à signer qu'on a vu le code d'éthique. Est-ce que, là, on pourrait avoir une
mise à jour de la déclaration d'intérêt?
M. Fortin : ...la vôtre, là, ou la nôtre, la déclaration d'intérêt?
M. Dubé :
Oui, oui, celle qu'on signe comme députés.
M. Fortin : Si votre situation change, il faut que vous le déclariez.
M. Dubé :
Ça fait que je vais... On va regarder, mais je pense que c'est là que ça
irait. En tout cas, comme dit Me Paquin, c'est peut-être un des endroits où on
pourrait le faire. Je ne sais pas si ça vous va.
Le Président
(M. Provençal)
: Autres
interventions sur le 604 amendé? S'il n'y a pas d'autre...
M. Fortin : Je prends une petite pause là-dessus, un petit pas de
recul. Si c'est dans le règlement intérieur de Santé Québec... parce que le commissaire national aux plaintes, là, vous
avez dit : Il se rapporte, dans son quotidien, à Santé Québec dans ses échanges quotidiens, mais,
dans la structure, il se rapporte quand même au conseil d'administration
de Santé Québec. O.K., ce n'est pas... mais
ce n'est pas parce qu'il est nommé par le ministre, là. Il n'est pas un employé
du ministère, c'est un salarié de Santé Québec, là.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va, M. le député?
M. Fortin : Oui, oui, ça va.
M. Dubé :
C'est un bon point.
M. Fortin : Alors, ça peut entrer dans le règlement interne. Il n'y a
pas de...
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
valait la peine d'être clarifié. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
604 amendé?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 604 amendé est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
Article 605.
M. Dubé :
On change de section, on s'en va aux fonctions du comité... du commissaire
national aux plaintes et à la qualité, d'accord?
«605. Le commissaire
national aux plaintes et à la qualité des services veille à l'application
adéquate et optimale des dispositions de la
présente
partie et du traitement des signalements effectués dans le cadre de la
politique de lutte contre la maltraitance adoptée en vertu de la Loi
visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne
majeure en situation de vulnérabilité.
cette fin, le commissaire national favorise la concertation des commissaires
aux plaintes et à la qualité des services et des médecins examinateurs
ainsi que le partage de bonnes pratiques applicables dans l'exercice de leurs
fonctions. Il doit également veiller à ce que les commissaires et les médecins
examinateurs reçoivent de la formation pertinente à l'exercice de leurs
fonctions.
«De plus, le
commissaire national apporte son soutien au commissaire aux plaintes et à la
qualité des services ou au médecin examinateur qui le requiert, dans le respect
de la confidentialité des dossiers. Il peut ainsi lui donner son avis quant aux
moyens à privilégier ou aux solutions à envisager pour pallier [à] une
difficulté liée à l'exercice de ses fonctions.
commissaire national peut recommander à Santé Québec toute mesure susceptible
d'améliorer l'application des dispositions visées au premier alinéa et
de bonifier l'exercice des fonctions des commissaires aux plaintes et à la
qualité des services et des médecins examinateurs.»
Je vais vous lire le
commentaire :
L'article 605 du projet de loi prévoit que le commissaire
national a pour fonction de veiller à ce que les dispositions de la présente
partie et le traitement des signalements en matière de maltraitance soient
appliqués de manière adéquate et optimale.
Il ajoute, à son
deuxième alinéa, qu'il favorise la concertation entre les différents acteurs en
matière de traitement de plaintes et le partage de bonnes pratiques.
prévoit, à son troisième alinéa, le rôle de soutien du commissaire national
envers les commissaires aux plaintes et les médecins examinateurs.
Enfin, il prévoit, à
son quatrième alinéa, le rôle de conseil du commissaire envers Santé Québec.
Le Président
(M. Provençal)
: Interventions
sur l'article 605?
M. Fortin : Les recommandations que le commissaire national peut faire, ça, ça peut
être... c'est vraiment à sa guise,
là, ça peut être : Dans telle région, vous avez besoin de tels
investissements supplémentaires. Disons, ça peut être... c'est vraiment, là, de
façon générale, partout. Donc, c'est à la guise... il peut recommander ce qu'il
veut, mais il n'y a pas d'obligation de Santé Québec de suivre les
recommandations du commissaire national aux plaintes en lien avec la capacité des commissaires de faire leur travail
convenablement. Un commissaire national aux plaintes qui viendrait dire,
là : Aïe, gang! Ça ne marche pas, là,
on n'a pas les ressources nécessaires, ou on est systématiquement bloqués par
tel mécanisme, ou il nous manque
quelque chose dans le règlement interne pour nous permettre de faire notre job,
il n'y a pas d'obligation de Santé Québec de répondre à ça.
M. Dubé : Là, on fait référence
au quatrième alinéa, là. Il peut recommander toute mesure susceptible... C'est
ça que vous dites?
M. Desharnais (Daniel) : En
fait, le commissaire va agir en lien avec l'application de la loi qui est à
l'étude actuellement puis en lien avec la
loi sur la maltraitance, donc, c'est
son domaine d'intervention qui est lié à la procédure
d'examen des plaintes. Et là vous posez la question sur le commissaire
national, puis on a déjà eu, je crois, des discussions, lors de la discussion des articles sur la création du
comité national de vigilance et qualité. Le commissaire national, par
rapport aux commissaires locaux qui... Les commissaires locaux, leur rôle bien
précis, c'est de recevoir les plaintes, les
traiter dans les délais requis. Le commissaire national va pouvoir aller
recueillir l'information de ce qui se passe
dans l'ensemble du réseau, et voir s'il y a des problématiques systémiques qui
se dégagent, et faire des recommandations à cet égard-là.
M. Fortin : Un commissaire local ne peut pas faire de recommandation directement au
C.A. de Santé Québec. Lui, il doit passer par le commissaire national?
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
en fait, oui... non, non, il peut faire... Le commissaire national ou le...
M. Fortin : Non, le commissaire local qui dit : Je n'ai pas les
leviers pour faire mon travail dans ma région ou
dans mon établissement, lui, il ne peut pas passer directement au C.A. de Santé
Québec. Lui, il passe par le commissaire national?
M. Desharnais (Daniel) : Il
passe par le commissaire national, qui relève du C.A. de Santé Québec.
M. Dubé : Mais j'aimerais ça
revenir sur votre première question parce que, oui, effectivement, il peut recommander, par opposition à «il pourrait
exiger», mettons on irait là. Mais, quand vous lisez le premier paragraphe,
moi, je vais vous dire comment je l'interprète, là, il y a quand même «veille à
l'application adéquate et optimale des dispositions de la présente partie»,
alors, moi, je pense qu'il a un rôle très fort, par rapport à Santé Québec, de
dire : Donnez-moi les ressources pour
le faire. Puis là je fais référence à... quand on a fait la
loi sur la
maltraitance, il a fallu s'assurer
qu'on avait les budgets nécessaires qui ont été faits pour... Alors là, c'est
un poste qui n'existe pas, en ce moment. Puis, vous avez absolument
raison, moi, je pense que... et c'est pour ça que je vous lis le premier
alinéa, pour être sûr qu'il aura la responsabilité de demander les budgets
appropriés.
M. Fortin : O.K., pour vous, ce bout-là, là, «veille à l'application adéquate et
optimale des dispositions», ça veut dire : il faut qu'il aille se
battre pour les ressources nécessaires et...
M. Dubé : Pour avoir les
ressources et de garder son indépendance.
M. Dubé : C'est ça, je pense
qu'on est à la même place.
M. Fortin : Et d'avoir toutes les portes ouvertes dont il a besoin et
tout le reste, là.
M. Dubé : Daniel, veux-tu commenter?
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
juste peut-être pour compléter, effectivement, l'exemple du ministre sur
l'adoption des nouvelles dispositions de la
loi sur la maltraitance, dans la
foulée de l'adoption de cette loi-là, il y a eu un investissement qui a été
fait par le gouvernement pour renforcir la capacité des commissaires en lien
avec l'application des nouvelles dispositions.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le député?
M. Fortin : Ça va pour moi, pour l'instant.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Pour faire son travail, puis, comme vous l'avez dit, pour l'application
plus nationale, là, on a bien compris que, dans le fond, il se faisait le
relais de ce qu'il pouvait avoir entendu au niveau local. Mais j'imagine qu'il
peut prendre sur lui aussi l'ouverture d'une enquête. Et, en ce sens, est-ce
qu'il aurait les mêmes pouvoirs qu'un commissaire?
M. Desharnais (Daniel) : Le
rôle est différent parce que, si on applique le principe de subsidiarité, on
souhaite que les plaintes soient traitées de façon locale, plus proche du
terrain, donc, que ce soit... On ne veut pas dégager les établissements de leur
responsabilité à cet égard-là. Par contre, dans l'application de la loi, il y a
des obligations pour les commissaires locaux de signaler certaines situations à
Santé Québec ou au ministre. Bien, le rôle du
commissaire, à cet égard-là, c'est de s'assurer de faire le suivi ou d'indiquer
à la direction... je ne sais pas, moi, une direction clinique qui est
concernée par une situation x, mettons, de maltraitance en lien avec des soins
infirmiers dans un... de s'assurer que le suivi est fait localement, qu'il y a
un plan d'action, de travailler avec le comité vigilance et qualité pour que
les situations, si elles doivent être corrigées... qu'elles soient corrigées,
mais ça, c'est en collaboration, également, avec d'autres équipes.
M. Cliche-Rivard : Mais
donc il collige ou il prend les plaintes au niveau local, il fait un rapport.
On pourrait dire, là : Il les rapporte, il les documente puis il
transmet ça aux autorités compétentes avec recommandations pour corrections.
M. Desharnais (Daniel) : Bien
là, ça dépend de ce que vous entendez comme collection puis... comme collection d'information. Oui, dans le rôle, plus
tard dans l'article, je pense qu'il a l'obligation de produire un rapport
annuel auprès du ministre, si je ne me trompe pas, sur l'application du régime
d'examen des plaintes. Mais, dans la situation que j'ai décrite, s'il y avait
une situation qu'un commissaire local... un commissaire local se rend compte
qu'il y a une situation qui nécessite l'attention du... et qui compromet la
santé et la sécurité de l'usager et il doit le mentionner au commissaire national,
le commissaire national a la responsabilité de s'assurer que c'est des suivis appropriés qui sont faits. Selon la situation, ça
pourra être de demander à une direction spécifique de Santé Québec de s'assurer
du suivi si ça concerne, je ne sais pas, moi, les soins infirmiers ou encore de
s'assurer que l'établissement applique les mesures puis également aussi
de faire circuler l'information auprès des autres autorités aussi.
M. Cliche-Rivard : Mais, de son
propre chef, là... puis là je peux donner un exemple, tu sais, s'il n'y a pas
de plainte qui vient d'en bas puis si les commissaires nationaux... locaux,
pour une raison où... je peux penser, notamment, aux personnes autochtones,
Premières Nations, qu'ils décident qu'ils ne déposent pas plainte, est-ce que
le commissaire national, lui, a un pouvoir inhérent de décider d'ouvrir, entre
guillemets, là, enquête nationale, sans que ça devienne de petits rapports...
bien, petits, entre guillemets, là, mais de rapports individuels locaux, de la
base? Tu sais, y a-tu un pouvoir inhérent,
national de dire : On a un problème avec les services offerts à certaines
personnes?
M. Desharnais (Daniel) : À mon
sens, ça, c'est différent du traitement d'une plainte en bonne et due forme ou du traitement d'une situation par un
signalement, mais, oui, effectivement, si je ne me trompe pas, il y a des
dispositions, plus tard, qui font en
sorte qu'on peut demander au commissaire de se prononcer sur des situations
spécifiques. Donc, pour répondre à votre question, j'aurais tendance à
dire oui.
M. Cliche-Rivard : On peut lui
demander, mais il peut en faire de son propre chef.
M. Desharnais (Daniel) : Mais
ce n'est pas nécessairement une enquête plutôt que de demander l'opinion sur un
objet précis en lien avec ses responsabilités ou en lien avec les
responsabilités de commissaires locaux.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est pas
une enquête au sens de la plainte, au sens de cette partie-là, ce genre, je le
comprends. Dans le terme plus holistique d'une enquête ou d'une évaluation,
j'imagine que, là, on se rejoint, vous dites : On peut lui demander. Ma
question, dans l'autre sens : Peut-il le faire de son plein gré, de son
propre chef ou doit-il recevoir l'instruction de Santé Québec?
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre, vous êtes en mesure de répondre?
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. En fait, après consultation avec
Me Paquin, le dernier alinéa de 605 permettrait au commissaire
national d'entreprendre de telles démarches.
M. Cliche-Rivard : ...plein
gré?
M. Desharnais (Daniel) : De son
plein gré.
M. Cliche-Rivard : Il serait
pleinement compétent pour s'enquérir... Puis là, bien, on se disait que ce
n'était pas une enquête au sens de la plainte, là, puis au sens de la
procédure, mais lui, il pourrait dicter qu'il déclenche une évaluation
nationale des services offerts sur le territoire aux gens issus des communautés
autochtones, par exemple, il pourrait faire cette décision-là puis lancer sa
procédure qu'il définirait lui-même, en vue, comme vous le dites, de
recommander à Santé Québec...
M. Desharnais
(Daniel) : Bien, en fait, je ne sais pas à quoi vous faites référence
quand vous parlez d'une situation au niveau des autochtones. Par contre,
605 : «Le commissaire national peut recommander à Santé Québec toute mesure susceptible d'améliorer l'application
des dispositions visées au premier alinéa et de bonifier l'exercice des fonctions des commissaires aux plaintes», donc le
premier alinéa, c'est en lien avec les objets pour lesquels il a compétence.
M. Cliche-Rivard :
Donc, toute la loi... toute cette
partie de la loi et la
loi sur la
maltraitance, dans la mesure où ça, ça
rentre dans sa juridiction, la référence autochtone ou pas, peu importe, dans
le sens où, dans l'ensemble de sa juridiction... et il a donc tous les
moyens nécessaires pour mettre en application, évidemment, le quatrième alinéa.
M. Desharnais
(Daniel) : Exact.
M. Cliche-Rivard :
Donc, oui? Parfait. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
que ça va, M. le député?
M. Cliche-Rivard :
Oui.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme
la députée.
Mme Setlakwe : J'ai peut-être trois
petites questions. Dans le premier alinéa, on emploie les termes «application adéquate et optimale». Est-ce que... On a souvent
cette expression-là dans la loi. Parfois, on utilisait «efficient», mais est-ce
qu'«efficient» est réservé plus à des soins aux patients? Juste
expliquer le raisonnement derrière le choix des mots.
M. Dubé :
...référé souvent quand on pensait aux services, là, avoir les ressources
adéquates pour offrir les services, là. Je ne peux pas...
Mme Setlakwe :
C'est peut-être «optimal» versus «efficient».
M. Dubé :
C'est le «optimal» qui... Oui, on va demander à Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, en fait, on reprend le... On s'est inspirés des
dispositions de l'article 5.5 de la Loi
sur le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui décrivent le rôle de
la commissaire-conseil, qui, actuellement, est responsable de veiller à
l'application adéquate et optimale des dispositions relatives au régime
d'examen des plaintes prévues par la LSSSS. Donc, essentiellement, c'est la
reconduction des mêmes principes.
Mme Setlakwe :
Vous me suivez? Donc, on réfère à son rôle comme étant de veiller à
l'application des dispositions de la présente partie, là, la
partie VII, et le
traitement des signalements effectués dans le cadre de la politique de lutte
contre la maltraitance, qui vise les aînés et les personnes majeures en
situation de vulnérabilité. Pour ce qui est des jeunes, la DPJ, qui sont des
services sociaux, là, j'imagine que la... veiller à la... ou surveiller ces
plaintes-là, est-ce que ça va être la nouvelle ou le nouveau commissaire, en
vertu du projet de loi... c'est-tu 37 ou 38?
Mme Setlakwe :
...oui, 37, qui va veiller à surveiller ce régime-là, de plaintes?
M. Paquin
(Mathieu) : M. le Président, en fait, je n'ai pas eu l'occasion de
me... en fait, j'ai lu rapidement le projet
de loi n° 37, je ne m'en souviens pas. Mais une chose est
certaine, puisque, quand on rédige les projets de loi et qu'on en fait
plusieurs en même temps, on ne présume jamais de l'adoption des projets de loi
par l'Assemblée nationale, donc, assurément, on n'a pas pu présumer, dans le
projet de loi n° 15, de l'adoption du projet de loi n° 37. Donc, s'il y a
des fonctions en matière de traitement des plaintes qui relèvent du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, ce n'est pas... on ne les aura pas soustraites de ce que le projet de
loi, ici, prévoit des fonctions du commissaire ou du commissaire
national puisqu'au moment où on a rédigé on ne savait pas que l'autre projet de
loi s'en venait, ou même, si on l'avait su, on s'est gouvernés en faisant
semblant que ce n'était pas le cas parce qu'on ne peut pas présumer l'adoption.
Mme Setlakwe : C'est toujours
le cas, mais l'intention, c'est que le commissaire national aux plaintes ait
tout ça sous son parapluie, si on veut.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui.
M. Dubé : Comme pour la
maltraitance, effectivement.
Mme Setlakwe : O.K. Puis, bien,
une dernière question. Dans le deuxième alinéa, à la fin, on fait référence à l'obligation du commissaire national de «veiller à
ce que les commissaires et les médecins examinateurs reçoivent de la formation
pertinente à l'exercice de leurs fonctions». Est-ce qu'on a... on vise une
formation en continu, une formation continue?
M. Desharnais
(Daniel) : Je n'ai pas le détail du programme de formation,
mais c'est sûr qu'il y a un soutien qui est fait auprès des
commissaires.
Je vais vous
donner un exemple : avec l'adoption de nouvelles dispositions législatives
qui viennent interférer dans le
travail des commissaires, comme, mettons, de nouvelles dispositions dans la loi
sur la maltraitance, nécessairement, il y a une... il y a des formations
qui seraient données auprès des commissaires ou, du moins, un partage... un
partage de pratiques avec la communauté, de pratiques des commissaires aux
plaintes et à la qualité des services en lien à l'application de ces
modifications-là. Mais là je n'ai pas le détail du programme de formation, mais
ce qui est clair, c'est qu'il y a un désir que et les commissaires et les
médecins examinateurs aient la formation adéquate pour traiter les plaintes de
façon adéquate et dans les délais qui sont prescrits par la loi.
M. Dubé : Mais, en ce moment,
juste... comme cette fonction-là n'existe pas, ici, ce qu'on lui donne comme
responsabilité, c'est de s'assurer que ça va arriver. En ce moment, ce n'est
probablement peut-être pas tout au...
M. Desharnais (Daniel) : On me
dit...
M. Desharnais (Daniel) : Excusez.
Les réponses... il y a un petit décalage entre l'Internet et ici, on m'envoie les réponses. Excusez. On dit qu'il y a un
programme de formation sur la plateforme ENA, la plateforme d'enseignement numérique
du gouvernement.
M. Dubé : Pour chaque
établissement.
M. Desharnais (Daniel) : En
fait, c'est des formations communes qui sont partagées pour les commissaires.
M. Dubé : O.K. Mais ici, ce
qu'on parle... Donc, la réponse, c'est : Ça existe en ce moment, mais ici,
on veut s'assurer qu'il va y avoir... ça fait
partie de sa responsabilité de
s'assurer qu'il y a une formation qui est donnée.
M. Desharnais (Daniel) : Et
j'ai mal lu, il y a une formation... il y a une formation qui est en
production, actuellement. Excusez.
Mme Setlakwe : Vous
ne jugez pas opportun de spécifier, là, que c'est en continu? C'est peut-être
assez général, «qu'ils reçoivent de la formation pertinente».
M. Dubé : Je pense que ça
inclut la...
Mme Setlakwe : Oui, mais où
est-ce qu'on a parlé de formation continue? Il n'y a pas si longtemps, on
regardait des dispositions qui parlaient...
M. Dubé : Amélioration
continue.
Mme Setlakwe : On parlait de
formation continue, non, récemment?
Dubé : Mais je sais que vous aviez fait rajouter
«amélioration continue» — ça,
je me souviens de ça — dans
un de nos articles, mais ça fait tellement longtemps que...
M. Desharnais (Daniel) : Je
peux?
M. Desharnais
(Daniel) : Bien, je peux peut-être compléter.
Le Président (M. Provençal)
: ...je veux savoir si elle va avoir
une quatrième question.
M. Desharnais (Daniel) : O.K.,
c'est ça.
Mme Setlakwe : ...de formation
continue. J'ai peut-être rêvé.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M.
le Président, on en a parlé à l'article 137.
Le Président (M. Provençal)
: Qui a été traité, quand même, il y a quelques
semaines.
Entre-temps, je céderais la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
qui m'a demandé la parole.
M. Cliche-Rivard : Le
commissaire national, là, lui, donc, il n'exerce pas vraiment de rôle de
contrôle ou de subordination face aux commissaires aux plaintes qui sont
locaux. Il n'y a pas vraiment un rôle de boss, ou de check, ou de vérificateur,
ou de sanction.
M. Desharnais (Daniel) : En
fait, le lien hiérarchique va être précisé dans les articles plus loin, où des
commissaires locaux vont... Mathieu, si tu pouvais...
M. Dubé : Bien,
Daniel, il faut vraiment lire le deuxième alinéa, là, quand on dit qu'il
favorise la concertation puis que...
en plus, le partage des bonnes pratiques à l'exercice de leurs fonctions. Ça,
pour moi, là, quand je vous parle souvent de coordination, là, ça,
c'est...
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
oui, tout à fait.
M. Dubé : ...ça, c'est peut-être son rôle le plus
important, c'est de s'assurer que tout le monde a les meilleures
pratiques.
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Dubé : Puis je pense que
c'est une autre façon de dire «la coordination».
M. Desharnais (Daniel) : Mais,
c'est ce que je voulais dire en complément, c'est que, là, on va passer d'un
commissaire-conseil...
M. Desharnais (Daniel) : ...au
ministère. Un commissaire national, commissaire-conseil, c'est en soutien général pour des questions ponctuelles. Là, on
vient établir «commissaire national». Et, pour répondre à votre question,
il y a un lien hiérarchique qui s'installe,
notamment à l'article 608 : «Tout commissaire aux plaintes et à la
qualité des services est responsable,
envers le commissaire national aux plaintes et à la qualité des services, de
l'exercice des fonctions qui lui incombent en vertu de la présente
partie.»
Donc, à la question précédente, au niveau de la
formation, c'est... comme le ministre le mentionnait, c'est là où on veut tendre vers, justement, de
l'application plus soutenue ou un soutien plus constant dans le partage des
bonnes pratiques dans la formation de
la communauté, le lien hiérarchique qui s'établit, développement de
l'encadrement et tout.
M. Cliche-Rivard : O.K.,
mais il va rester nommé et donc, le cas échéant, congédié par le C.A. de Santé Québec.
M. Desharnais (Daniel) : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc, le
commissaire national n'est pas satisfait, par exemple, dans un cas x, va faire,
probablement, une recommandation à Santé Québec en disant : M. le commissaire national X, là, j'ai fait des
interventions, mais ça ne va pas, moi, je n'ai pas le pouvoir de lui...
d'enlever sa nomination, mais je vous recommande de le faire. C'est comme ça que ça va se passer. Bien qu'il y a
un lien hiérarchique, ce n'est pas lui qui détermine la nomination ou la
qualité d'un commissaire national.
M. Desharnais
(Daniel) : Non, mais il pourrait effectivement recommander au
C.A. de Santé Québec s'il y a des motifs qui font en sorte
qu'il y a un motif de congédiement parce que le commissaire local ou la
commissaire locale n'a pas... ne s'acquitte pas de ses tâches convenablement.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait qu'il y a un lien de responsabilité ou de vérification, mais le
vrai lien juridique de subordination appartient avec le C.A. de Santé Québec.
Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Autres
questions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 105 est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
Article 606,
M. le ministre, pour lequel vous avez un amendement.
M. Dubé :
Oui. Merci, M. le Président.
Alors :
«Le commissaire national aux plaintes et à la qualité des services établit la
procédure d'examen des plaintes reçues par un commissaire aux plaintes
et à la qualité des services. Cette procédure peut prévoir toute disposition
complétant celles applicables au sein de Santé Québec au traitement de ces
plaintes.
«La procédure est
soumise à l'approbation du conseil d'administration de Santé Québec; elle fait
partie du règlement intérieur de celle-ci à compter de son approbation.»
Alors,
le commentaire sur l'article 106, c'est :
L'article 606 du
projet de loi prévoit qu'il incombe au commissaire national d'établir la
procédure d'examen des plaintes.
Il précise que cette
procédure doit être approuvée par le conseil d'administration et que dès lors
elle fait
partie du règlement intérieur de Santé Québec.
Alors, comme vous le
savez et vous l'avez demandé à plus d'une occasion, on vous soumet un
amendement, qu'on voit ici, à l'écran, que je vais lire parce que je ne l'ai
pas dans mes notes, mais je vous lis ça :
«Cette procédure doit
être...»
Insérer, après le
premier alinéa de l'article 606 — que je viens de lire :
«Cette procédure doit
déterminer les types de recommandations formulées par un commissaire aux
plaintes et à la qualité des services qui doivent être diffusées, à qui elles
doivent l'être ainsi que les autres modalités de cette diffusion. Elle
détermine également les informations reçues par un commissaire sur les mesures
prises à la suite de ces recommandations qui doivent être diffusées.»
Le Président
(M. Provençal)
: Interventions
sur l'amendement? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Bon, j'apprécie l'amendement.
Le Président
(M. Provençal)
: ...
M. Fortin : Vous me connaissez trop bien, M. le Président.
Bon, aux articles...
à l'article 581, on avait parlé de : est-ce qu'on diffuse à des gens qui,
par exemple, sont dans un établissement d'hébergement ou une installation
d'hébergement, hein, par exemple? À l'article 585, on avait parlé de :
est-ce qu'on doit informer... lorsque c'est un médecin examinateur qui prend
une décision, est-ce qu'on doit informer le commissaire? À l'article 587, on
avait parlé de : est-ce qu'on doit raccourcir les délais? Puis, à 589, on avait dit : est-ce qu'on doit informer les
autres professionnels de certaines de ces recommandations-là? Et, à chaque
fois, on s'était donné rendez-vous au 606.
Le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
m'a dit : Je pense que vous allez être déçu au 606, parce que ce n'est peut-être pas... on ne rentrera peut-être
pas dans le détail que vous voulez, et je me dois de lui donner raison en ce
moment, parce que, là, relisez votre amendement, M. le ministre, là... En fait,
je vais le relire, moi : «Cette procédure doit déterminer les types de recommandations formulées par un
commissaire aux plaintes et à la qualité des services qui doivent être
diffusées — O.K.,
donc, dans la procédure de Santé Québec, dont on ne discute pas le contenu en
ce moment, ils doivent déterminer les types de recommandations qui sont
formulées, je m'attendais effectivement à ce que
ce soit déjà là-dedans — à
qui elles doivent l'être ainsi que les autres modalités de cette diffusion.
Elle détermine également les informations reçues par un commissaire sur
les mesures prises à la suite de ces recommandations qui doivent être
diffusées.» On n'est pas dans le... disons que c'est très peu restrictif. Tout
ce qui est là, là, c'était un peu sous-entendu que c'était déjà fait par le
règlement ou la procédure, la procédure d'examen des plaintes qui est établie
par le commissaire.
Mais
ce que ça ne vient pas dire, essentiellement, c'est : c'est quoi, les
minimums, tu sais. Hier ou avant-hier, là, quand on parlait de ça, on
s'est justement dit : Est-ce qu'on doit établir des minimums?,
c'est-à-dire est-ce que nous, on doit
dire... au-delà du fait que le commissaire national aux plaintes établit
la procédure d'examen, est-ce qu'on doit dire, nécessairement... Quand
il y a une plainte pour laquelle il y a un examen et des recommandations qui
touchent un CHSLD, une ressource intermédiaire, une installation, où il y a de
l'hébergement, bien, est-ce que l'ensemble des résidents doivent en être informés?
Ça, c'était un des exemples qu'on s'était dit qui pourrait être un minimum.
dans ce qui est là, je ne vois pas de minimum contenu dans la procédure. Je
vois : O.K., bien, il faut s'assurer qu'il y a des types de
recommandations qu'on vient établir, à qui c'est diffusé, puis les modalités de
la diffusion, mais on ne vient pas dire
c'est quoi que vous, moi puis les autres parlementaires autour de la table
considèrent comme le strict minimum, comme l'exemple dont on a discuté
hier.
M. Dubé : ...moi,
je vais vous dire, là, on a établi un principe. Ça, je pense qu'on est au
niveau... on est entre n'avoir rien fait puis fait des grands...
M. Dubé : ...non, non, mais
entre les grands principes. Maintenant, dans votre rôle, que vous jouez très
bien, est-ce que vous pouvez améliorer cet amendement-là? Moi, je n'ai aucun
problème, parce que...
Je vous donne un exemple, là, puis je demande
peut-être aux légistes de réagir, mais je vous écoutais, là, puis c'est un bon commentaire, si on dit «des types de
recommandations aux plaintes», bien, est-ce que le type... qui tiennent compte, par exemple,
du type d'installation, bien, ça, ça
va déjà un petit peu plus loin, sans... parce que je veux m'assurer qu'on ne rentre pas dans un niveau de
détail, dans la loi, qui nous... Alors, c'est pour ça que je suis ouvert
à... comme Plume Latraverse, je suis ouvert à vos commentaires, mais pas si
vous payez le cognac.
Alors, je vous dirais, M. le Président... M. le
député, prenez le temps de regarder, mais je ne voudrais pas aller jusqu'à la procédure détaillée, tu sais,
c'est un petit peu ça. Puis, je ne sais pas, M. Desharnais... Mais, quand
je vous entendais sur le type d'installation, ça, je n'aurais pas de
problème à dire «des recommandations qui tiennent compte du type
d'installation» parce que, là, on est... Mais ce n'est peut-être pas ça que
vous vouliez dire, mais vous avez raison qu'une recommandation sur le CHSLD
n'est peut-être pas la même que... ou la procédure n'est pas la même.
M. Fortin : Oui. D'abord, M. le ministre, si on termine 1 200 articles,
là, je vous avertis de suite, c'est vous qui allez payer le cognac.
Mais...
M. Dubé : Je vais m'assurer de
M. Fortin : En fait, je vais prendre un petit pas de côté.
M. Dubé : Ce n'est pas le «si»,
c'est le «quand» qu'est la question.
M. Fortin : O.K., d'accord, d'accord, si on survit tous aux
1 200 articles, disons. Mais, si on prend un pas de côté, là, je vous
avais entendu sur les... puis on reviendra au détail, par exemple, de ce qu'on
pourrait proposer à l'intérieur de votre amendement pour le rendre un petit peu
plus contraignant.
M. Dubé : O.K. Mais peut-être
que je laisserais M. Desharnais vous dire la philosophie que... l'équipe a
mis ça de l'avant, je pense que ça vous
aiderait dans... ça nous aiderait tous dans la réflexion, puis après ça on
prendra une décision si on est allés assez loin ou pas, là.
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Merci,
M. le Président. Puis, Me Paquin, n'hésitez pas, également, à renchérir puisque
c'est vous qui avez écrit ça, mais l'amendement, tel que libellé, a été
réfléchi en lien avec les débats qui ont eu
lieu, justement, qui menaient à 606. Puis je peux peut-être
juste, peut-être, mettre quelques éléments de réflexion en le lisant.
«Cette procédure doit déterminer les types de recommandations formulées par un
commissaire aux plaintes et à la qualité des
services qui doivent être diffusées», c'est en lien avec la variabilité des
plaintes qui peuvent atterrir sur le bureau d'un commissaire qui ferait
en sorte qu'administrativement ça pourrait être lourd de gestion, et on ferait
en sorte qu'on nuirait possiblement au
travail premier du commissaire qui est de traiter des plaintes. Mais par
contre, en lien avec les débats qui
avaient eu lieu, on avait entendu dire que, bon, il y avait peut-être certains
types de plaintes que ça valait la peine de porter à l'attention du
public. Donc, c'est l'élément qui a amené à cette réflexion-là.
«À qui elles doivent l'être ainsi que les autres
modalités de diffusion», «à qui elles doivent l'être», dans les débats, on a entendu parler autant sur... bon, de
s'assurer que les clientèles locales soient avisées, les familles soient
avisées, donc ça pourrait faire
partie de ces éléments-là, et «les modalités de diffusion», on peut faire
référence à la fréquence qui était aussi... faisait partie, également,
des débats.
«Elle détermine également les informations
reçues par un commissaire sur les mesures prises à la suite de ces
recommandations qui doivent être diffusées», là on faisait... si je me souviens
bien, dans les débats, on faisait la distinction entre les recommandations et
les mesures prises.
M. Desharnais (Daniel) : Les
conclusions, exactement.
M. Fortin : O.K. Puis je ne veux pas minimiser votre travail, là, ou celui des
légistes qui se sont penchés là-dessus, ce n'est pas ça, le point, c'est...
Puis... Parce qu'effectivement la façon que c'est écrit permet au commissaire,
quand il établit sa procédure d'examen,
d'inclure les éléments dont on a discuté, lui permet, mais disons que ça
demeure encore assez... Puis, tu sais, on est quand même satisfaits du
fait que c'est dans les mains du commissaire national aux plaintes, là. Ce n'est pas dans les mains de Santé Québec comme organisation, mais bien du commissaire lui-même. Alors, tu sais, un
commissaire qui a une indépendance qui fait
ça, c'est positif. Mais, encore là, disons que, le débat, ça ne nous rassure pas par rapport à ce qui va être inclus parce qu'on n'a pas,
collectivement, fait le débat sur... Et ce n'est pas... Nous ne sommes
pas l'instance décisionnelle avec ça qui peut dire : Voici le strict
minimum.
Je me permets... puis
on va y arriver, là, aux... peut-être aux modifications comme celle que le
ministre nous a suggéré de suggérer, mais,
avant ça, on avait parlé, dans le 581, de la façon que les rapports des
commissaires étaient rendus publics, puis vous m'avez dit, à un moment
donné : Bien, des rapports annuels des commissaires, ils sont rendus publics, vont être rendus publics, puis là
on avait eu un débat sur : Oui, mais ça peut être long, tu sais, ça peut
être plusieurs mois. Puis, encore là, dans ces rapports-là, il y a
souvent des conclusions, mais qui ne permettent pas de connaître, disons, les circonstances, le détail de certaines situations
bien précises, encore là, en protégeant l'identité des personnes
concernées.
Deux choses par
rapport à ça. Les rapports des coroners, eux, ils sont publics puis eux, ils
sont disponibles. Alors, pourquoi est-ce que les rapports des commissaires aux
plaintes ne suivraient pas la même logique que les rapports de coroner, c'est-à-dire d'être disponibles à travers les mêmes
processus? Puis, des rapports des coroners aussi, là, ils ont une obligation de
protéger des données de... par rapport... les données qui pourraient permettre
d'identifier, et tout ça, mais ils
sont quand même rendus publics. Alors, est-ce qu'on ne pourrait pas suivre la
même démarche pour les rapports des commissaires aux plaintes?
M. Dubé :
Vous voulez dire sur toutes les plaintes?
M. Fortin : Oui. Quand il y a un... bien, il y a un rapport de coroner qui est
effectué, là, ce rapport-là, il est public, il est accessible sur
demande.
M. Dubé :
Oui, mais il n'a pas la même fréquence, le rapport de coroner, qu'un
rapport de plainte, là.
M. Fortin : Non, je suis d'accord, mais la procédure est déjà établie, alors je vois
mal pourquoi on se priverait d'avoir un rapport... de rendre ces
rapports-là publics.
Le Président
(M. Provençal)
: ...
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. Je comprends très bien la question. Encore une fois...
Bien, je vais faire la distinction entre le rôle de chacun, puis après ça c'est
aux parlementaires d'en disposer.
En fait, le coroner,
sa fonction spécifique, c'est d'enquêter sur des décès, sur des situations
problématiques, des décès qui peuvent être parfois inexplicables et faire des
recommandations pour corriger des situations qui sont susceptibles... d'éviter
que ces situations-là se reproduisent.
Là, on est dans le
traitement de plaintes d'usagers, donc des personnes qui... la personne qui
fait la plainte comme telle et on demande
au... puis le commissaire a un travail à faire, et ça concerne des gens dans
les établissements. Il faut juste
faire attention sur la préservation du... de la confidentialité du régime
d'examen des plaintes et des conséquences qui pourraient arriver soit
sur le plaignant ou sur une personne qui fait l'objet d'une plainte qui ne
serait pas fondée non plus.
M. Fortin : ...puis là je corrige, c'est mon erreur, effectivement, les rapports des
coroners, là, tout est public, là, les circonstances, les noms des... du
décédé, et tout le reste. Mais la procédure autour de tout ça fait en sorte
qu'on comprend les circonstances qui ont mené au décès d'une personne, et donc
on peut comprendre les manquements potentiels
et les correctifs à apporter. Puis là je vous soumets... Je vais prendre une
seconde et attendre que le ministre revienne à la table.
M. Fortin : Non, non, ça va. Je vous soumets, parce qu'on en a parlé abondamment
dans les derniers mois, là, dans le cas, par exemple, de M. Lauzon, le
rapport du coroner qui était rendu public, lui, il nous permettait de constater
ce qui s'est passé à l'hôpital, c'est-à-dire comment il est décédé, puis on
connaît les circonstances de son décès, là. Mais,
ça, on a pu savoir les causes de son décès par le rapport du coroner, mais, si
quelqu'un n'avait pas, disons, poussé, offert le rapport du commissaire
national aux plaintes à ceux qui fouillaient déjà dans ce dossier-là, on
n'aurait jamais connu les circonstances de la... du manque, disons, des
manquements de la résidence, parce qu'on aurait eu juste le rapport du coroner,
qui dit : Il est décédé dans telles circonstances à l'hôpital, mais on
n'aurait pas su ce qui s'est passé dans les mois précédents à la résidence.
M. Dubé :
...parce qu'on va se quitter
pour... dans quelques minutes, puis j'aurais peut-être une autre suggestion
à vous faire, mais allez-y, M. Desharnais, là, si vous avez un...
M. Desharnais
(Daniel) : Vous faites référence à un cas spécifique dans votre
région, oui?
M. Fortin : Mais rappelez-vous le cas de M. Lauzon, là, O.K.,
qui a été en long et en large diffusé dans les médias d'information.
M. Fortin : Exact. Il y a le rapport du coroner. Le rapport
du coroner nous a dit : M. Lauzon est décédé à l'hôpital suite
à une malheureuse circonstance. Et l'hôpital a... il y avait des correctifs
nécessaires dans le rapport du coroner que l'hôpital a pu suivre. Mais là... Et
ça, c'était public, là. Ce rapport-là, il était public. On peut en faire la
demande, n'importe qui peut y avoir accès. Le rapport du commissaire aux plaintes,
par rapport à ses circonstances de vie, à ses
conditions de vie à la résidence La Victorienne pendant les mois qui ont mené à
son décès, ça, ce n'est pas public. Alors, pourquoi on peut comprendre
les circonstances du décès de quelqu'un, mais on ne peut pas comprendre les
circonstances de tout ce qui aurait pu, peut-être, peut-être pas, dans cette
circonstance-là, mener à son décès, ou tout ce qui était ses conditions de
soins auparavant? Tu sais, il est là, l'enjeu, c'est qu'on peut comprendre tout
ce que le coroner nous dit, là, parce que c'est public, mais on ne peut pas
avoir accès au rapport du commissaire aux plaintes. Alors, dans son cas, il
aurait manqué un grand, grand, grand bout de l'histoire si ces données-là
n'avaient pas été offertes par la famille, entre autres. Alors, je me pose
la... Est-ce que c'est vraiment ça, le mécanisme qu'on veut, ou est-ce qu'on
devrait être capables d'avoir accès à toutes ces choses-là?
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
dans le cas que vous soulevez, je ne pourrais pas aller dans les détails. Par contre, il y a certaines choses préoccupantes,
effectivement, vous avez raison de le souligner, vraiment des choses très
préoccupantes. Mais je ferais référence...
Bon, oui, il y a eu rapport de coroner à cause du décès. Dans la loi, l'article
71 de la présente loi, mais c'est déjà dans la
loi sur la santé et services
sociaux, quand il y a un incident de cette nature-là, il y a une obligation de déclaration, donc il faut
que cet incident-là soit déclaré, et ça peut mener à un déclenchement de...
d'autres vérifications qui pourraient être faites.
Manifestement, il y a des circonstances...
effectivement, avec les différents rapports qu'on a eus, il y a des
circonstances qui ont fait en sorte que le ministre a nommé, dernièrement, un
enquêteur. Donc, indépendamment du processus de plainte, je comprends votre
question sur le fait qu'il y a une plainte qui aurait été faite, la commissaire
a fait son travail en lien avec l'examen du
régime d'examen des plaintes et, pour préserver la confidentialité, elle l'a
fait dans une temporalité. N'empêche
qu'il y a des circonstances troublantes qui font en sorte que possiblement que
l'information que vous cherchez va peut-être venir dans un rapport
d'enquêteur.
M. Fortin : O.K., mais sauf que, là, la réalité, c'est que le rapport
d'enquêteur, là, qui a été demandé, ou même
la nomination d'un enquêteur... on peut se poser la question, si le rapport de
la commissaire aux plaintes n'avait pas été rendu public, n'avait pas
été donné au Droit , au quotidien d'information, là, est-ce qu'on aurait
nommé un enquêteur, rendu là? Est-ce qu'on aurait poussé l'analyse? Est-ce
qu'on aurait été voir ce qui se passe dans les autres résidences de ce
groupe-là? Est ce qu'on aurait... Je ne suis pas certain de ça. On aurait juste
le rapport du coroner, là, qui nous aurait dit : Bien, voilà, il est
décédé à l'hôpital parce qu'il y a eu un incident malheureux qui a affecté le dosage
que M. Lauzon a reçu, mais on n'aurait pas eu... Si le commissaire aux
plaintes, si le rapport du commissaire aux plaintes n'avait pas été donné au Droit ,
il y a bien des choses qui n'auraient pas été... il y a bien des procédures qui
n'auraient pas été mises en place, probablement, dont ce que vous mentionnez.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, M. le ministre.
M. Dubé : O.K. Je voudrais
juste qu'on repasse, parce qu'on va se revoir dans une heure, là, puis...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Oui, on va...
M. Dubé : On le sait, qu'il est
important, cet article-là, puis on se le dit depuis les deux dernières
journées.
M. Dubé : Deux
choses que j'aimerais vous suggérer. Quand on va revenir tout à l'heure, vous
allez me dire : C'est de la mécanique, là, mais j'aimerais ça qu'on
reprenne peut-être cet amendement-là qu'on voit à l'écran et qu'on le divise en quatre ou cinq points, puis ça,
peut-être que ça nous permettrait... Parce que c'est assez... c'est assez
compact, ce qui est là, là, et, si on le mettait comme des fois on a,
par...
Le Président (M. Provençal)
: En points de forme.
M. Dubé : ...par alinéas, on
pourrait notamment, à l'écran, dans notre discussion, donner des
exemples : ça veut dire quoi, diffuser,
à qui, quand, etc. Et ça, je pense qu'au lieu d'aller dans un détail écrit on
pourrait avoir cette... Moi, je serais prêt à faire ça. C'est comme un
peu détailler cet amendement-là. Ça, c'est la première chose.
Et la deuxième chose que je voudrais réfléchir
avec l'équipe de légistes : Est-ce que la publication d'un rapport
spécifique fait
partie de la procédure de plainte? Je ne suis pas certain. Je
ne sais pas si vous... Voyez-vous, moi, je
me dis... Parce que je comprends bien votre question, mais c'est peut-être
ailleurs que le... l'à-propos de publier un rapport x pour des raisons
serait à la discrétion... Je ne le sais pas.
M. Fortin : Je me permets un commentaire, M. le Président, puis vous...
si vous êtes d'accord avec ça.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, puis... parce que je vais
suspendre après ça.
M. Fortin : Hier, on s'est dit... on a posé cette question-là, puis
vous nous avez dit... bien, l'équipe a dit : La publication fait
partie du
processus d'examen.
Et l'autre chose, puis je vous laisse là-dessus,
là, je veux juste vous le rappeler avant que vous travailliez votre... vos amendements possibles, dans Le Droit du 15 septembre, vous, là, M. le ministre, vous avez dit qu'il y a des changements à faire dans le processus des plaintes
pour être sûrs que ces rapports-là deviennent rapidement disponibles, ces rapports-là étant les rapports des
commissaires aux plaintes, là, tu sais. Vous avez vous-même parlé de l'importance
de les rendre publics rapidement.
M. Dubé : Alors,
c'est pour ça que je veux trouver, là, où est-ce que ça peut se situer.
C'est-tu dans cet article-là?
C'est-tu dans un autre? Moi, je pense qu'à la lumière de votre réaction sur l'amendement,
on va en discuter, nous, à l'heure du lunch, puis on va revenir à...
mais pensez-y, vous autres aussi.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va suspendre les travaux pour permettre une
bonne réflexion, et on se rejoint à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 02)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, la commission va reprendre ses
travaux. Nous les poursuivons.
Je vous rappelle que, lorsque nous avons pris
notre pause, nous étions sur l'amendement à l'article 606, et le dernier
questionnement avait été formulé par M. le député de Pontiac.
M. Fortin : ...je vous remercie, M. le Président, de nous relancer sur
ce dossier. Et on avait laissé la discussion,
là, à savoir est-ce qu'il y a une meilleure façon de rendre l'information qui
est contenue, entre autres, dans les
rapports des commissaires aux plaintes disponibles. Puis je sais qu'il y a une
préoccupation de la
partie gouvernementale, avec raison, d'anonymiser,
là, de s'assurer qu'on ne divulgue pas de l'information sur les patients comme
tels. Il ne faut pas... tu sais, il ne faut pas se rendre à décourager les gens
de faire des plaintes, là, au contraire, alors il faut s'assurer qu'ils sont
toujours protégés à travers ça, que leurs données, les informations sont
protégées, mais il faut qu'il y ait une façon d'obtenir cette information-là.
Et on s'est laissés, entre autres, sur le cas de
M. Lauzon, où, effectivement, la surmédication, là, à l'hôpital a mené à un décès qui a mené à un rapport du coroner
très public. On a pu connaître les circonstances, aussi malheureuses et
abominables soient-elles, de son décès, mais c'est le rapport du commissaire
aux plaintes, dont Le Droit avait obtenu copie d'une façon ou d'une
autre, qui, vraiment, a permis de mettre en lumière tout ce qui s'est passé au
fil du temps dans les derniers mois de la
vie de M. Lauzon. Et c'est ce rapport-là que, dans les pages du Droit ,
justement, le ministre avait dit : Il faut trouver une façon de
rendre disponible, transparente cette information-là.
Alors,
l'article 606, pour nous, nous apparaît une opportunité très appropriée
de, justement, s'assurer que, comme un rapport du coroner ou encore si le
rapport du coroner dévoile trop d'informations ou quoi ce soit, comme les rapports
du Protecteur du citoyen, qui sont beaucoup plus... qui sont, évidemment,
anonymisés, qu'on puisse avoir cette information-là, qu'elle puisse être rendue
publique, parce que, je le crois sincèrement, sans le papier, sans l'article du
quotidien Le Droit , je ne pense pas
que toutes les mesures auraient été mises en place à la résidence La
Victorienne. Je ne crois pas qu'un
deuxième cas aurait été étalé sur la place publique, celui du proche d'un
résidant de ma circonscription.
Alors, je
vous le dis, M. le Président, je pense qu'on a une opportunité, ici, d'aller un
peu dans ce que la volonté du ministre était, c'est-à-dire de s'assurer qu'on
puisse avoir... pas juste dans les rapports annuels des commissaires aux
plaintes, mais qu'on puisse avoir, dans les
rapports ou les examens de plaintes, une transparence beaucoup plus grande.
Président (M. Provençal)
...que, lorsqu'on a suspendu les
travaux, M. le ministre voulait en profiter pour faire une réflexion sur les différents éléments que vous avez apportés,
vous et l'ensemble des députés de l'opposition. Maintenant, où en
êtes-vous dans votre réflexion, M. le ministre?
M. Dubé : Alors,
encore une fois, je veux remercier tous les parlementaires pour les suggestions
parce que ça contribue à améliorer,
je dirais, la qualité puis la profondeur de notre projet de loi quand on a ce
genre de discussion là, puis j'apprécie encore, du côté des
parlementaires, là, des deux oppositions, ces suggestions-là.
Ce qu'on est
en train de faire, qui n'est pas tout à fait fini, mais je vais vous le dire
parce que peut-être Me Paquin pourra
me dire qu'on l'a complété, mais on va vous faire deux suggestions. La
première, pour le point que je pense qui est le plus important pour
vous, c'est la publication, justement, d'un rapport qui pourrait être comme
celui que vous mentionnez, là. Puis ce qu'on
va faire, qui est en train d'être préparé... puis on regardera après, mais je
veux vous l'expliquer, puis après ça, s'il faut s'interrompre quelques minutes
pour laisser le temps aux légistes de finir... mais ce qu'on ferait,
c'est qu'on prendrait un 598.1, puis, dans 598, on va chercher un peu la
terminologie qui est là... puis, je vous le dis, là, comme... prenez-moi pas au
mot-à-mot, là, mais où on dirait que «s'il est témoin d'un événement qui peut
compromettre la santé», etc., là. Vous voyez ce qui est écrit dans le milieu du
paragraphe, là? Bien, ça pourrait s'appliquer
à une publication d'un rapport, puis je pense que c'est exactement ce que vous
voulez, mais nos légistes nous ont suggéré de le mettre en suite à 598.
Vous me suivez?
Ça fait que ça, ce serait... puis je vais vous
laisser en prendre connaissance, là, mais je pense que ça va, je dirais, vraiment carrément avec la demande qu'on a
discutée, puis, quand vous verrez l'amendement, je pense que ça va répondre
à ça. Puis on peut... Puis on ne le fait pas comme amendement à 598, on
dit : Par contre, dans ces cas-là, voici
ce qu'on devrait faire quand il y a eu un rapport d'un commissaire, mais qu'on
trouve qu'il est urgent, peut-être, de le publier, on verra la
diffusion. Ça va?
M. Fortin : Mais ce serait... puis là on verra l'amendement en
question, mais ce serait qui qui prendrait cette décision-là, à savoir... le
commissaire lui-même?
M. Dubé : Le commissaire.
Président (M. Provençal)
Ce que je comprends de votre
propos, c'est que vous êtes en train de travailler un amendement qui va introduire un nouvel article,
598.1, qui va venir répondre aux demandes qui a été... qui ont été faites.
M. Dubé : Une des deux
demandes.
Le Président (M. Provençal)
: Une des deux demandes.
M. Dubé : Une des deux...
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que, cependant, on maintient toujours...
M. Dubé : Oui, je vais y venir.
Vous avez...
Le Président (M. Provençal)
: Excusez-moi.
M. Dubé : Non, non, pas de
problème, c'est la bonne question.
Le deuxième, la suggestion que je vous ferais
pour étayer notre amendement de 606, c'est qu'on va le mettre par voies plus
détaillées, donc un peu par étapes, puis là je pense que... puis on verra dans
quel ordre on veut faire 598.1 ou
606 amendé. Puis là on regardera où est-ce que vous pensez que, dans les
quatre ou cinq catégories qui composent l'amendement, vous avez besoin
vraiment de précisions, mais, comme on pensait que le plus important, c'était
la publication, moi, je me dis, en séparant les deux — puis
je pense qu'ils doivent être séparés, vous allez voir la suite logique de 598 — moi, je pense qu'on va répondre à ça. Alors, ce
qu'on fera... puis vous déciderez, là — moi,
je ne veux pas... vous ne jouez pas
dans les minutes — est-ce
qu'on est mieux de retirer notre 598... excusez-moi, notre 606 amendé puis
de le soumettre. Je pense qu'on peut faire ça, là, parce que...
Le Président (M. Provençal)
: ...juste la mécanique.
M. Fortin : Mais moi, je vous soumettrais que, de notre côté, ce que
vous allez proposer pour le 598.1 risque...
puis je dis ça comme ça parce que, de bonne foi, là, on croit que ça pourrait
régler une
partie de l'enjeu, tu sais, les amendements qu'on pourrait
avoir au 606 pourraient être de beaucoup diminués si le 598.1 vient en régler
une grosse partie.
M. Dubé : Je pense aussi. Je
pense aussi.
M. Fortin : Alors, réglons le premier en premier puis le deuxième en
deuxième, peut-être?
M. Dubé : Êtes-vous d'accord
avec ça aussi, M. le député?
M. Dubé : Non, je pense qu'on est à la bonne place. Puis,
encore une fois, on a eu des bonnes suggestions, là, de Daniel et des
légistes, ça fait que...
Le Président (M. Provençal)
: Maintenant, suite à tout ce qui vient
d'être dit, je comprends que le 598.1 n'est pas prêt encore, n'est pas
finalisé. Vous êtes encore à Drummondville, là, probablement?
M. Dubé :
Ah! je pense qu'il se rapproche, mais...
M. Fortin : Je pense qu'il va falloir changer de ville parce que je ne
veux pas parler du pont à chaque fois, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Ah! O.K. C'est ce
que je pensais.
M. Fortin :
Ah! il prend le train? Ah! O.K., d'abord.
Le Président
(M. Provençal)
: Puis,
pour une question d'efficacité, je vous demanderais de suspendre, pour le
moment, le 606 avec l'amendement et l'article. On pourrait discuter du 607 — parce
que, selon moi, il n'y a pas d'impact — pour lequel vous avez un
amendement. Et aussitôt que les amendements, autant de 598.1 et le nouveau...
le nouvel amendement de 606, seront prêts, on pourra les traiter. Ça vous
va-tu?
M. Fortin : ...sans faille, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, je vous
demanderais de faire la lecture... Donc, il y a consentement pour
suspendre l'amendement du 606 et l'article 606?
Le Président
(M. Provençal)
: Ça va. 607, en
attendant, M. le ministre.
M. Dubé :
Bien, merci beaucoup. Je pense qu'on avance bien.
Le Président
(M. Provençal)
: ...
M. Dubé :
Puis je ne vous cacherai pas qu'on a un objectif, cet après-midi, hein, je vous
ferai remarquer qu'on tomberait sur une autre partie.
Le Président
(M. Provençal)
: ...hein?
Il faut se rendre à 634. Vous...
M. Dubé :
Moi, j'irais jusqu'à 638, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Bon,
bien, en tout cas, vous êtes plus...
M. Dubé :
Je dis ça comme ça.
M. Fortin : ...avoir des objectifs.
M. Dubé :
Et voilà, et voilà. Donc, à chaque semaine, quand on finit une partie,
c'est quand même encourageant, là. Ça, c'est... c'est une grosse
partie qu'on a
faite, là, les commissaires aux plaintes, les commissaires nationaux, puis, si
on avait terminé ça, ce serait quand même très encourageant.
Le Président (M. Provençal)
: ...607, s'il vous plaît.
M. Dubé :
607. Je vais arrêter de parler.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui, c'est en plein
M. Dubé :
Et voilà. C'est ça que vous me dites poliment.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
M. Dubé :
«607. Le commissaire...»
Le Président
(M. Provençal)
: Par
le langage des signes, là, c'est pas mal ça que ça...
M. Dubé :
Eh qu'on vous apprécie.
Alors : «Le commissaire national aux
plaintes et à la qualité des services consulte tout commissaire aux plaintes et
à la qualité des services concerné par une mesure susceptible d'améliorer le
traitement des plaintes.»
Alors, l'article 607 du projet de
loi complète le dernier alinéa de 605. Il précise l'obligation pour le
commissaire national de consulter tout commissaire aux plaintes concerné
par une mesure susceptible d'améliorer le traitement des plaintes. Voilà.
Le Président
(M. Provençal)
: Votre amendement.
M. Dubé :
J'arrive. Je veux juste m'assurer qu'il est dans le document que j'ai ici. Oui,
il est là.
Alors, l'amendement
de 607, c'est : Remplacer, dans l'article 607 du projet de loi,
«concerné» par «et tout médecin examinateur concernés».
Alors, le
commentaire : Cet amendement vise à prévoir que le commissaire national
consulte également tout médecin examinateur concerné par une mesure susceptible
d'améliorer le traitement des plaintes.
Et on voit à
l'écran... merci beaucoup d'avoir mis ça à l'écran, on voit le changement
suggéré dans le milieu du paragraphe ou de l'alinéa.
Le Président
(M. Provençal)
: Interventions
sur l'amendement? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Pas sur l'amendement.
Le Président
(M. Provençal)
: Pas
sur l'amendement.
M. Cliche-Rivard :
Pas sur l'amendement.
Le Président
(M. Provençal)
: Non
plus. O.K. Alors, s'il n'y a pas d'intervention sur l'amendement, est-ce que
l'amendement à l'article 607 déposé par M. le ministre est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté.
Maintenant, je
reviens sur l'article 607 amendé. M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
O.K. Alors là, on vient dire que le commissaire aux plaintes, il consulte le
commissaire aux plaintes régional, là, et/ou
le médecin examinateur concernés. Ça, c'est vraiment en lien avec le traitement
d'une plainte passée, j'imagine,
parce que... Est-ce que... En fait, ma question, c'est : Est-ce que le
commissaire aux plaintes, à chaque fois
qu'il va vouloir améliorer un processus, il va falloir qu'il aille voir des
commissaires puis des médecins examinateurs, ou est-ce que c'est vraiment en lien avec une situation bien
particulière qu'il tente de régler, qui découle d'une plainte en
particulier, là?
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
en fait, c'est en quelque sorte une obligation de consultation en lien avec
l'exécution de ses responsabilités sur toute mesure susceptible
d'améliorer le processus, donc en lien avec...
M. Dubé :
Ce n'est pas une plainte... bien, ce n'est pas une plainte...
M. Desharnais
(Daniel) : Ce n'est pas une plainte en particulier.
M. Fortin : O.K.
Alors, à chaque fois que le commissaire national aux plaintes considère,
disons, mettre en place une mesure pour améliorer le traitement des plaintes,
il va essentiellement en informer chacun des commissaires aux plaintes
locaux ou consulter chacun des commissaires locaux. Donc, eux ont une
opportunité de se prononcer avant même la mise en place d'une telle mesure.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. Exact, exact.