Public Finance — 10 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-06-10
Quebec — Committees
(Quatorze
heures quatre minutes)
Le Président (M.
Dubourg) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Mesdames, messieurs,
bon après-midi. Je déclare donc la séance de la Commission des finances
publiques ouverte et je vous demanderais de
bien vouloir éteindre la sonnerie de vos téléphones cellulaires pour ne pas
perturber nos travaux.
La commission est
réunie afin de procéder à des consultations particulières et des auditions
publiques sur le rapport intitulé Innover pour pérenniser le système de
retraite , le rapport D'Amours.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements, s'il vous plaît?
Secrétaire : Oui, M. le Président, M. Dubourg (Viau) est remplacé par
M. Bolduc (Mégantic).
Le Président (M.
Dubourg) : Mégantic. Voilà. Pourtant, je suis présent. Oui, je sais.
Voilà.
Donc,
à l'ordre du jour aujourd'hui, nous allons donc recevoir tout d'abord la Régie
des rentes du Québec, il y aplusieurs
représentants qui sont ici. Ensuite, vers 16 heures, nous allons
poursuivre avec M. Alban D'Amours et, pour terminer, avec la CARRA, la commission
administrative des régimes des rentes et d'assurances du Québec.
Voilà,
c'est fait et, étant donné qu'on n'a pas de remarques préliminaires, c'est
libre à vous, à chaque groupe, d'avoirun
deux minutes pour introduire ce rapport ou bien pour saluer les gens qui
sont ici. D'abord, je veux souhaiter la bienvenueaussi à tous les collègues parlementaires, Mme la ministre et tous les collègues qui sont ici, souhaiter la bienvenue aux
groupes. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Maltais : Merci, M. le Président. Alors, je tiens moi aussi, évidemment, à
souhaiter la bienvenue à tousles
parlementaires qui sont ici, à vous, M. le Président, aux membres de la
commission, de tous les partis, et saluer les gensde la Régie des rentes du Québec qui sont venus
ici pour nous informer sur la situation des régimes de retraite au Québec.
sait que la Régie des rentes du Québec est là pour suivre et veiller à la saine
administration des régimes desrentes
du Québec, particulièrement les régimes privés, et c'est un acteur important
dans la société québécoise, dans lesens
où c'est lui qui voit à ce que, du côté des régimes privés, du côté des
corporations privées, nous ayons des régimes deretraite qui non seulement suivent les lois, mais puissent permettre aux
gens de vivre une retraite en toute sécurité. Ces mots-là, «sécurité de
la vieillesse», reviendront régulièrement pendant ces travaux. C'est le thème
un peu du rapport D'Amours, c'est de
pérenniser les régimes de retraite pour assurer une sécurité de la vieillesse,
parce que c'est un peu la trame de fond des discussions que nous allons
avoir.
Évidemment,
on vise le meilleur débat possible afin d'atteindre le plus grand consensus
possible. Nous avons décidé communément, à l'Assemblée nationale, de
tenir ce débat sur le rapport D'Amours parce que l'enjeu est important. L'enjeu a été mis sur la table, évidemment, par les
commentateurs, il a été mis aussi... L'équipe du rapport D'Amours a été
installée, en place… cette idée d'avoir un rapport sur les régimes de retraite
a été mise en place par le précédent gouvernement.
On a déjà salué, à l'époque, cette idée, comme on a salué le dépôt du rapport D'Amours.
Maintenant, cequ'il faut saluer, c'est
l'idée de tous les parlementaires qui est de tenir un débat non partisan, le
plus éclairant possible sur l'avenir de nos régimes de retraite.
Alors, je tiens à le
dire d'entrée de jeu, je veux le dire aussi aux gens de la régie, parce que je
les côtoie régulièrement, et aux
parlementaires que, comme j'ai la chance de travailler souvent avec les gens de
la Régie des rentes,comme j'ai eu la
chance de rencontrer M. D'Amours pour bien me faire expliquer son rapport, les
gens de la CARRA, dans cette première
partie des échanges, je vais poser
quelques questions, mais je vais vraiment veiller à ce que mes collègues les parlementaires puissent prendre
toute la place possible. L'idéal, c'est qu'à la fin de cette journée on ait eu
unemise à niveau de tous les
parlementaires pour qu'il y ait la meilleure compréhension possible de ce qui
se passe dans nosrégimes de retraite
et de ce que contient le rapport D'Amours pour éclairer les débats, ensuite, de
la mi-août, parce qu'on reviendra à la mi-août.
Alors,
j'ai une question à vous question, d'entrée de jeu, M. Jean, M. Villeneuve, c'est :
Êtes-vous d'accord avecl'état de
situation que nous présente le rapport D'Amours? C'est une question générale,
mais je pense que l'opinion de larégie
des rentes a été sollicitée par les parlementaires. On veut vous entendre. Qu'est-ce
que vous pensez du rapport D'Amours?
Mme Maltais :
Non, c'est à l'intérieur de nos blocs.
Le Président (M.
Dubourg) : Ah non! on n'est pas encore rendus… Non.
Mme Maltais : Ah! Moi, on m'avait dit que c'était à l'intérieur de nos blocs. C'est
ce que vous avez émis comme opinion, M. le Président, alors, je l'ai
fait à l'intérieur de notre bloc. O.K. C'est comme vous voulez.
Le Président (M. Dubourg) : Ah bien… O.K. Non, ce que j'ai dit, c'était :
Étant donné qu'il n'y a pas de remarques préliminaires, donc, je voulais
permettre aux groupes parlementaires de prendre une à deux minutes pour saluer
au tout début.
Mme Maltais :
…je pensais que c'était à l'intérieur de notre 20 minutes.
Le Président (M.
Dubourg) : Oui. Ne vous en faites pas. Ça va venir très, très, très
bientôt.
Mme Maltais :
Ah! J'aurais été plus brève.
Le Président (M.
Dubourg) : D'accord. Je vous en prie, et le député de Verdun pour une
à deux minutes, s'il vous plaît.
M. Gautrin : Je serai bref, moi aussi. Mais, il faut être conscient, à l'heure
actuelle, le rapport d'Alban D'Amours nous interpelle, à peu près toute
la société, quels que soient les éléments dans cette société. Dans la rencontre
qu'on a voulu organiser, cette journée de cette manière… de la manière
suivante : dans un premier temps, de rencontrer des gens de la régie pour
se faire expliquer, c'est-à-dire poser des questions sur les éléments qu'on
verra à l'intérieur du rapport D'Amours,
dans un deuxième temps, lorsqu'on aura compris un peu les éléments qui sont là,
de pouvoir rentreraprès avec M. D'Amours…
le contenu même de son rapport. Donc, la première
partie est vraiment une
partie purement pédagogique.
dois dire, M. le Président, en terminant, qu'on a en main, ici, sur le plan
pédagogique et sur le plan... un excellent rapport, un rapport de première qualité, et je voulais réellement
réaffirmer cette chose-là et inviter toutes les personnesqui sont intéressées par la question de lire le
rapport du début jusqu'à la fin et ne pas se limiter uniquement au
sommaire,parce qu'il y a beaucoup... La majeure
partie des questions que je m'étais posées, moi, j'ai été répondu après à l'intérieur
du rapport. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Dubourg) : Merci, M. le député de Verdun. Est-ce que le
député de Lévis souhaite aussi une brève introduction, faire...
M. Dubé :
Rapidement. Merci, M. le Président. Alors, à tout le monde, aux parlementaires
et à tous ceux qui sont ici, à la Régie des rentes et à ceux qu'on... Je pense
que c'est un exercice très important qu'on commence. Premièrement,
remercier l'équipe de M. D'Amours — on le fera tout de suite — de
son comité qui a eu, à mon sens, non seulement d'attaquer cet enjeu-là, mais d'avoir le courage de faire un état des
faits très clair de la situation. On ne peut peut-être pastoujours être d'accord avec les recommandations,
toutes les 21 recommandations, mais il y a eu un état des faitsextraordinaire qui a été présenté. Ce sera à nous,
au gouvernement et à l'Assemblée nationale d'avoir aussi le courage de
mettre plusieurs de ces recommandations-là en application au cours des
prochains mois.
En fait, on commence
aujourd'hui à rencontrer tout le monde, dont la Régie des rentes, mais on aura
aussi la chance, dans les prochaines
semaines, d'avoir un groupe en août… plusieurs groupes qui vont venir nous voir
en août.Et j'aimerais juste mettre
en perspective, et je terminerais là-dessus, M. le Président… Il y a deux
choses. Nous, on s'était...Il est
très clair pour tout le monde qu'on veut avoir un projet de loi cet automne, on
avait parlé de septembre, parce qu'undes
objectifs pour ce projet de loi là, c'est d'avoir une loi qui serait très
claire et qui serait applicable à partir du 1er janvier2014. Alors, on a beaucoup de travail, on a
beaucoup de pain sur la planche pour les prochains mois, et je suis très
content qu'on commence aujourd'hui. Merci à tout le monde.
Le Président (M. Dubourg) : Merci, M. le député de Lévis. Donc, je voudrais
saluer les représentants de la Régiedes
rentes du Québec. Je sais que vous êtes nombreux ici, bienvenue. Et, en avant,
à la table, nous avons M. Jean qui est accompagné de M. Villeneuve. Vous
dire que vous allez avoir 30 minutes pour faire votre exposé, et ensuite il y
aura 1 h 30 min accordée aux
parlementaires pour vous questionner. Et je sais que vous nous avez fait venir
ce rapport, mais le matériel est aussi disponible. Je crois que tous les
parlementaires ont reçu aussi ce document.
Donc,
sur ce, je vais vous céder la parole, M. Jean, en vous présentant, et vous dire
que vous avez 30 minutes à partir de maintenant pour présenter votre
rapport.
M. Jean (Denys) : Merci, M. le Président. Alors, mon nom est Denys Jean,
président-directeur général de la Régiedes rentes du Québec. Je voudrais, d'entrée de jeu, remercier la
commission de l'invitation qui nous a été faite de nousprésenter devant vous pour discuter des enjeux de
retraite. Vous comprendrez que c'est le quotidien de la Régie des rentes,
donc c'est toujours intéressant de pouvoir en discuter avec vous.
voudrais saluer la ministre et tous les parlementaires et aussi vous présenter
les personnes qui sont avec moi.On
est venus en bon nombre pour deux raisons, premièrement, parce que c'est un
sujet qui nous intéresse... Trois finalement. Premièrement, le sujet
nous intéresse. Deuxièmement, on sait que vous entreprenez un travail important
aujourd'hui, qui va vous mener en septembre.
Et, troisièmement, bien, s'il y avait des questions plus fines ou plus
pointues, alors, j'ai des experts avec moi : Mme Francine
Martel-Vaillancourt, la présidente du Conseil du trésor; juste à ma droite, j'ai...
M. Jean
(Denys) : …du conseil d'administration
de la régie des rentes — mon
ancienne vocation, excusez-moi.J'ai,
à ma droite, M. Roland Villeneuve, qui est vice-président aux Politiques et
programmes à la Régie des rentes; j'aiMme
Sonia Potvin, la directrice de la révision, des évaluations et de l'administration
provisoire; j'ai M. André Lorquet,qui
est directeur des régimes de retraite; M. Charles Cossette, chef du Service de
l'évaluation; M. Georges Langis, quiest
l'actuaire en chef de la Régie des rentes du Québec; et j'ai aussi avec moi
trois actuaires et une avocate. Alors, on est équipés pour répondre aux
questions éventuellement.
Donc, M. le
Président, j'ai compris, de l'invitation que nous avions reçue, que vous aviez
comme intérêt à nousentendre sur un
peu la situation du système de retraite québécois. Je le ferai donc de la
manière suivante. D'abord, aprèsavoir,
à
titre de rappel, présenté le système de retraite québécois et son
fonctionnement, je compte identifier les enjeuxque nous avons à relever, porter à votre attention un certain nombre de
facteurs à considérer dans les discussions que vousaurez à avoir entre vous, vous informer d'initiatives
en cours et puis, avant de conclure, aborder brièvement la question del'âge de la retraite. Je pense qu'on a transmis à
la commission un document, et la présentation se trouve au document.
Donc, à l'acétate
4, vous êtes sans doute très familiers avec la présentation un peu symbolique
du système de retraitequébécois, la
fameuse maison à trois étages composée d'un premier étage qu'on appelle… un
étage de type public quicomprend le programme de la sécurité de vieillesse fédéral et le supplément de revenu garanti; le
deuxième étage, égalementpublic, qui
est composé par le Régime de rentes du Québec; et finalement un troisième étage
composé d'initiatives privées, à la
fois collectives, comme les régimes complémentaires de retraite d'entreprises,
et individuels, comme l'épargne individuelle ou les régimes enregistrés
d'épargne-retraite.
La théorie
veut que, lorsque les trois étages jouent leur rôle complètement, on est en
mesure de fournir à quelqu'unqui
prend sa retraite un taux de remplacement de revenu suffisant pour maintenir
son niveau de vie. Traditionnellement,le
taux visé était 70 %. Ça vient d'une théorie britannique de l'ancien temps
qui disait : 35 ans de travail, 2 % par année, 70 % le
taux de remplacement. Depuis un certain nombre d'années, il y a des études qui
ont été faites sur le taux de remplacement
souhaité lorsqu'on prend notre retraite. Et vous avez d'ailleurs, à la page 36
de la présentation, un relevédes
différentes opinions, et je peux vous dire qu'aujourd'hui le taux cible varie
entre 50 % et 70 %. D'ailleurs, le comité d'experts, dans son
analyse, retient, quant à lui, 60 %.
À l'acétate suivant, l'acétate 5, juste pour
vous donner un exemple de ce que ça peut représenter, un taux de remplacement de revenu à la retraite de 60 %,
on a pris trois cas de figure. On a pris un premier cas de figure basé sur unrevenu brut avant retraite de
38 000 $, qui est le salaire moyen au Québec en 2012; on a pris un
autre exemple basé surun revenu brut
avant la retraite de 76 650 $; et finalement le troisième cas, c'est
un revenu brut avant la retraite de 100 000 $.Vous pouvez voir, pour chacun des étages, dans
chacun des cas, la contribution nécessaire de chacun des étages dans chacundes cas de figure. Par exemple, si vous
prenez le cas numéro un, le salaire moyen de 38 000 $, il faut donc
dire qu'à laretraite quelqu'un qui
gagne 38 000 $ brut au travail, lorsqu'il prend sa retraite, il devra
remplacer à peu près 22 800 $.Et la contribution de chacun des étages est indiquée en chiffres, là,
pour permettre de consolider ou d'apporter le remplacement de revenu de
retraite requis pour maintenir le niveau de vie.
À l'acétate
suivant, le 6, vous aurez compris d'ailleurs, par les cas de figure que je vous
ai donnés, que l'importance,particulièrement
du troisième étage, l'étage privé, varie beaucoup en fonction du revenu brut de
travail, et donc du tauxde
remplacement à aller chercher. Donc, si on fait un constat de l'agencement des
composantes du système de retraite,c'est-à-dire
les deux parties publiques et la
partie privée, on constate premièrement que c'est
à partir de 33 000 $ que le revenu brut de travail...
33 000 $ de revenu brut de travail que les initiatives privées, c'est-à-dire
le troisième étage, commencent à entrer en
fonction et qu'elles prennent de plus en plus d'importance au fur et à mesure
où le revenu brutde travail
augmente. Deuxièmement, on constate qu'en bas de 33 000 $ de revenu
de travail brut les systèmes publics jouentpleinement le travail de donner le taux de remplacement de revenu
satisfaisant pour maintenir le niveau de vie à la retraite.
À ce
stade-ci, M. le Président, on peut peut-être se poser la question tous
ensemble : Est-ce que le système quenous avons, c'est-à-dire notre système à trois étages, avec ses
caractéristiques public-privé, général et puis individuel,peut remplir le rôle auquel on s'attend, c'est-à-dire
remplacer correctement le niveau... le revenu brut de travail lorsqu'onarrive à la retraite? Pour répondre à cette
question-là, on peut référer à des analyses ou du benchmarking international.
Il existe un
indice mondial qui est produit par la firme Mercer Melbourne sur les systèmes
de retraite, et, en 2012, cet indice-là plaçait le Canada et le
Québec… — parce
que le système de retraite québécois et le système de retraite canadien sont calqués les uns sur les autres, c'est
les mêmes trois étages qui jouent leur rôle — donc plaçait le Canadaau sixième rang dans une comparaison de 18 pays.
Les critères d'analyse qui étaient utilisés par cette étude-là à l'international, c'étaient la suffisance des
revenus de retraite, la viabilité du système et l'intégrité du système. Et il y
avait 40 indicateurs qui servaient à établir le résultat de cette
recherche-là.
Selon les spécialistes de cette firme-là, la
performance du système de retraite canadien tient notamment à son approche à plusieurs piliers consistant à offrir
une combinaison de rentes de retraite universelles, de rentes fondées sur lerevenu de rentes d'employeurs et de rentes
provenant des régimes enregistrés d'épargne-retraite individuels. La
performance reflète également la concentration des prestations publiques
vers les revenus inférieurs à la moyenne.
Selon, toujours,
l'indice Mercer, la position du Canada, et donc du Québec, pourrait cependant s'améliorer
en : augmentant la participation
à des régimes d'employeurs en développant un produit attractif pour ceux qui n'ont
pas accès à des régimes complémentaires de retraite; en augmentant les
taux d'épargne des ménages; et en encourageant les travailleurs plus âgés à retarder leur départ à la retraite, compte tenu
du fait que l'espérance de vie continue d'augmenter. Vous avez, en
annexe de la présentation, pages 37, 38 et 39, de l'information supplémentaire
sur cet indice Mercer.
Maintenant, deuxième
partie de la présentation : Quels sont les enjeux auxquels nous sommes
confrontés par rapport au système de
retraite québécois? On en a identifié deux, à la Régie des rentes. Il y a toute
la question de la suffisancede l'épargne
à la retraite. Et l'autre enjeu, c'est : Est-ce que les outils publics et
privés d'épargne à la retraite, donc, que nous connaissons aujourd'hui,
ont une performance satisfaisante pour assurer un bon fonctionnement du
système?
Donc,
première question : Est-ce que la suffisance de l'épargne à la retraite
est au rendez-vous dans le systèmeactuel?
À la page 10, vous avez une espèce de présentation sous forme de tarte. C'est
des chiffres qui sont véhiculés depuislongtemps,
ils sont connus. D'abord, en partant, tous les travailleurs et toutes les
travailleuses québécois reçoivent les prestations des programmes
publics. Ici, la démonstration, c'est comment s'inscrivent les travailleuses et
travailleurs québécois dans le troisième
étage, dans la
partie privée du système de retraite. Or, selon les analyses qui
ont été faites,on constate qu'il y a
52 % des travailleurs et travailleuses qui disposent d'un système
collectif d'épargne à la retraite soit sous forme de régime
complémentaire de retraite ou sous un autre type de régime collectif.
On constate
par ailleurs qu'il y a 30 % des travailleurs et des travailleuses
québécois qui n'ont aucune couverturecollective
et même individuelle d'épargne à la retraite et que, le jour où ils prennent
leur retraite, ils ne peuvent compterque
sur les programmes publics, les régimes publics. Finalement, il y a 18 %
des travailleurs et des travailleuses qui, eux,peuvent épargner de manière individuelle, soit sous forme de régimes
enregistrés d'épargne-retraite, de CELI ou d'épargneindividuelle. Cette étude aussi a permis d'établir
un certain nombre de constats à la... Il manque une page, là? Oui. On
verra plus loin sur les constats.
Maintenant,
ça, c'est la configuration du système... du troisième étage. Posons-nous
maintenant la question : Est-ce que
les outils d'épargne à la retraite dont on dispose aujourd'hui sont
performants? Commençons par les outils publics. Premier outil public qu'on
regarde, c'est la pension de la sécurité de vieillesse et le supplément de
revenu garanti. Deux problématiques se profilent à l'horizon en ce qui concerne
l'étage fédéral du système.
La première
problématique, c'est la mécanique d'indexation. Comme la mécanique d'indexation
de la pensionde sécurité de vieillesse fédérale et du supplément de revenu garanti ne
prend pas en compte l'évolution des salaires, onconstate progressivement que la contribution fédérale dans le système de
retraite s'érode progressivement au fil des ans.On établit, par exemple, que, si le taux de croissance des salaires
excède l'inflation de 1 %, eh bien, le taux de remplacementde revenu diminue d'à peu près 0,15 % par
année. Donc, à moyen et très long terme, la place qu'occupe le système fédéral
dans le système de retraite s'atténue, diminue.
L'autre enjeu
soulevé par l'étage fédéral, c'est la récente décision du gouvernement du
Canada de pousser l'âgede la
retraite à 67 ans. Vous vous rappellerez que, dans le budget de mars 2012, il a
été décidé de porter l'âge de la retraite,au Canada, de 65 à 67 ans sur un horizon de 2023 à 2029. Alors, ça, ce n'est
pas sans impact sur notre système de retraite.Par exemple, il va y avoir des impacts directs sur l'aide sociale, je
pense que ça avait déjà été calibré autour de 100 millionspar année, si ma mémoire est fidèle. Et il y
aurait également des impacts sur le Régime de rentes du Québec, notammentau niveau de la rente d'invalidité et de la
rente de conjoint survivant du Régime des rentes du Québec, qui seront sansdoute affectées — on
est en train de mesurer tout ça — par
l'entrée en vigueur de l'âge de retraite fédéral à 67 ans. Voilà pour l'étage
fédéral.
Maintenant,
si on vient à l'étage... deuxième étage, public, le Régime des rentes du
Québec, avant d'aborder les enjeux, rappelez-vous qu'en 2011 il y a un
projet de loi qui a été adopté, qui est venu ajuster les taux de cotisation du Régime de rentes du Québec pour les faire passer
graduellement de 9,9 % en 2011 à 10,8 % en 2017, et qu'en même tempsil y a un mécanisme d'ajustement automatique
qui a été adopté, et qui va être en vigueur à compter de 2017‑2018,
et qui va permettre d'ajuster le taux de cotisation selon certaines
conditions dans les années futures.
Par ailleurs,
et je le dis parce que ça peut être important pour les discussions que nous
aurons plus tard, le mêmeprojet de
loi — et
c'est souvent oublié — est
venu également ajuster des facteurs d'ajustement selon l'âge de la retraite.Le Régime de rentes du Québec prévoyait déjà
que, si vous preniez votre retraite avant 65 ans, il y avait une espèce depénalité sur la rente, et, si vous preniez
votre retraite après 65 ans, il y avait comme une espèce de bonification à
votrerente. Le projet de loi de 2011
est venu augmenter la pénalité et est venu augmenter la bonification de prendre
sa retraite après 65 ans. Donc, c'est les deux changements importants
qui sont survenus.
C'est quoi,
les enjeux, pour le Régime des rentes du Québec? Eh bien, écoutez, le Régime
des rentes du Québecn'est pas à l'abri
des facteurs économiques boursiers, alors donc c'est le principal enjeu que
nous avons à surveiller. Noussommes d'ailleurs
actuellement à produire une évaluation actuarielle du Régime des rentes du
Québec en date du 31 décembre 2012, évaluation actuarielle qui sera
disponible à l'automne prochain. Donc, on aura une meilleure idée des taux de cotisation à envisager après 2018, à
partir de l'évaluation actuarielle dont nous disposerons des résultats à
l'automne prochain.
L'autre
effet, l'autre enjeu du régime des rentes, bien, je l'ai évoqué tout à l'heure,
c'est tout l'impact de la décisiondu
gouvernement du Canada de porter l'âge de la retraite à 67 ans de 2023 à 2029.
On est en train de mesurer, à la Régiedes
rentes, qu'est-ce que ça peut signifier comme impact sur le régime. Alors donc,
il y aura certainement des impactsfinanciers
sur le régime des rentes, et la conséquence, ce sera sans doute un effet sur le
taux de cotisation éventuellement.
Si on
poursuit maintenant, on vient de disposer des outils publics d'épargne à la
retraite, allons maintenant ducôté
de l'étage privé. Rappelez-vous qu'il y a deux types d'outils, il y a des
outils collectifs, il y a des outils individuels d'épargne à la retraite
au troisième étage.
Disposons d'abord
de la question des outils d'épargne individuels. On se pose la question :
Est-ce que les outilsd'épargne
individuels actuellement disponibles pour épargner à la retraite sont
satisfaisants, sont suffisants? On a fait,en 2005, une analyse, on a comparé la performance des caisses de
retraite avec la performance d'un certain nombre d'outilsindividuels d'épargne à la retraite, et, vous
voyez, à cette étape 15, que les outils individuels d'épargne à la retraite ontdes rendements inférieurs à l'inflation. Il
y a donc là un questionnement sur les outils d'épargne individuels à la
retraite.
Et, quand on pousse l'analyse
davantage, on se rend compte que ce différentiel entre l'inflation et le
rendementdes outils d'épargne
individuels à la retraite est particulièrement dû aux frais de gestion de ces
outils d'épargne individuelsà la
retraite. Et on me dit, les collègues me disent que ces tendances-là ou ces
écarts-là entre les caisses de retraite et lesoutils d'épargne individuels à la retraite sont à peu près les mêmes
aujourd'hui, il n'y a pas eu nécessairement de changement.Peut-être que la crise de 2008 est venue modifier
un peu le portrait, mais il y a toujours ce rapport caisses de retraite plus
performantes versus outils d'épargne individuels à la retraite moins
performants.
L'étude
nous a permis aussi de constater un certain nombre de choses. Au-delà du fait
que les outils d'épargne à laretraite
individuels n'offrent pas des rendements suffisants, comme vous l'avez vu, on a
constaté que les taux de cotisationde
ceux qui ne participent qu'à un régime enregistré d'épargne-retraite ne sont
adéquats que dans environ 40 % à 50 % des cas. Donc, quand,
tout à l'heure, je vous disais : Il y a 18 % des travailleurs et des
travailleuses qui ont des outils d'épargne individuels à la retraite, bon, il y
en a un certain nombre là-dedans dont le taux d'épargne est insuffisant, même s'ils
font un effort d'épargne individuelle. On a constaté aussi qu'une bonne part
des travailleurs qui gagnent entre
20 000 $ et 40 000 $ par année n'épargnent pas du tout pour
la retraite puis, quand ils le font, ils le font de manière irrégulière,
ce qui ne leur permet pas d'accumuler un capital pour la retraite suffisant.
Deuxième
type d'outil du troisième étage, c'est ce qu'on appelle les outils de type
collectif. Juste pour simplifierla
situation, parce que des types de régimes, des régimes complémentaires de
retraite, là, il y en a un bon nombre de types, mais on peut reconnaître,
dans l'univers des régimes complémentaires de retraite, deux grandes familles,
vous les connaissez bien : les régimes
complémentaires à prestations déterminées, les régimes de retraite à cotisation
déterminée.
vous rappelle la différence. Bon, prestations déterminées, son nom le dit, la
rente est promise dès le départ, la prestation est annoncée au début du
régime, la cotisation est fixée en fonction de la rente promise, l'employeur et
l'employé cotisent tous les deux, et le
risque est supporté par l'employeur. Au niveau de la cotisation déterminée,
bon,bien, la rente est fonction des
sommes accumulées au fil des ans, la cotisation est convenue entre l'employeur
et l'employé, l'employeur et l'employé cotisent tous les deux, et le
risque est supporté par le participant individuellement dans une cotisation
déterminée.
On a ensuite, à l'acétate
18, un portrait de 2009, la distribution, entre guillemets, au Québec, des
régimes complémentaires de retraite. Vous
allez voir, au Québec, en 2009, on avait 2 853 régimes complémentaires de
retraite.Pour l'essentiel, c'est
distribué en prestations déterminées, cotisation déterminée. Ce que je pourrai
vous faire remarquer,c'est que, même
si, au niveau du nombre de régimes, le nombre de régimes prestations
déterminées et cotisation déterminéesont
le même, il reste qu'au niveau des bénéficiaires ou des participants actifs des
régimes le gros nombre de participantsaux
régimes complémentaires de retraite se retrouvent dans la catégorie des
prestations déterminées. Il y a 67,1 % desparticipants qui sont dans les régimes à prestations déterminées. On
pourrait même ajouter à ce chiffre ceux qui ont unmélange de cotisation déterminée et de prestations
déterminées, donc on pourrait monter le chiffre à peu près à 84 %, et delà l'intérêt de s'occuper des régimes de
retraite à prestations déterminées, qui sont les régimes les plus utilisés et
qui sont,comme l'a dit le rapport D'Amours,
les régimes qui promettent, qui annoncent une rente de retraite de manière intéressante
pour le travailleur.
Alors donc, si on s'intéresse
maintenant à la situation plus particulière des régimes de retraite à
prestations déterminées, vous avez, à l'acétate
19, un tableau qui vous brosse la situation financière des régimes complémentairesde retraite à prestations déterminées. Vous
pouvez voir que 75 % des régimes, regroupant 87 % des bénéficiaires,
ont des taux de solvabilité inférieurs à 80 % et ils représentent,
ces régimes-là, 85 % du passif de l'ensemble des régimes complémentaires
de retraite à prestations déterminées. Au Québec, c'est surveillé par la
Régie des rentes.
Dans
l'acétate suivant, c'est un tableau, je pense, qui a déjà été véhiculé à l'étude
des crédits, si ma mémoire estfidèle,
vous avez l'évolution et la progression des déficits des régimes
complémentaires de retraite à prestations déterminéesdepuis 2007. Vous voyez que c'est passé de
4,5 milliards en 2007 à 40,6 milliards en 2012. Et, si on avait à
conclure surles enjeux dont je viens
de vous parler, on pourrait conclure que le revenu de retraite est insuffisant
pour beaucoup detravailleurs et de
travailleuses. On parle de 30 % à 40 % de travailleurs et de
travailleuses qui n'ont pas de contribution du troisième étage, de l'étage privé, et c'est d'autant plus
important qu'il y a une tendance à partir plus tôt où tu travailles.Donc, la retraite s'allonge, et puis, bon, les
disponibilités financières ne sont pas là. Vous avez également compris qu'au
niveau de la pension de sécurité de vieillesse, il y avait une contribution qui
est en diminution régulière.
niveau du régime des rentes — et là il manque un mot — le Régime des rentes du Québec est sensible
aux facteurs économiques — il manquait le mot «économiques»; la
faible performance et la faible utilisation des outils d'épargne individuelle;
des régimes de retraite d'entreprises privées et publiques comportant des défis
importants de financement, particulièrement pour les régimes à prestations
déterminées. Et ce n'est pas, ça, cette situation-là sans donner comme résultat que le nombre de régimes à
prestations déterminées sous la surveillance de la Régie des rentes necesse de diminuer. De 1 160 qu'ils étaient en
2000, ils sont maintenant 779 en 2011. Et on constate également qu'il y a deplus en plus de régimes à prestations
déterminées qui se voient ajouter un volet à cotisation déterminée, c'est passé
de 74, en 2000, à 188, en 2011.
Qu'est-ce
qui est important, puis je pense que vous êtes très familiers avec ces
facteurs-là, mais c'est juste à titrede
rappel : C'est quoi, les facteurs à considérer lorsqu'on discute de
retraite? Il y a d'abord, bien entendu, à l'acétate 24, laquestion de la démographie. Vous savez qu'en
termes de vieillissement de la population… et là je n'intègre pas les récentesdonnées sur le taux de fécondité qu'on a
eues la semaine dernière, là, mais, avant ces données-là, le Québec se situait
tout juste après le Japon en termes du nombre de personnes de 65 ans et
plus, et la tendance du vieillissement était très importante, était d'ailleurs
très collée sur le Japon.
Vous savez également que l'espérance de vie est
en constante augmentation. On parle d'un mois par année. Aujourd'hui, l'espérance
de vie se situe autour de 82 ans; en 1950, c'était à peu près 67 ans. En
conséquence de ces deux phénomènes, eh bien, il y a plus
de personnes de 60 ans et plus et ils sont là pour plus longtemps. Et, juste un
indicateur de cette situation, par exemple,
pour le Régime des rentes du Québec, si on compare le nombre de cotisantsversus le nombre de bénéficiaires, bien, en
1995, il y avait 4,1 cotisants par bénéficiaire au Régime des rentes du Québec;aujourd'hui, il y a 2,6 cotisants par
bénéficiaire; et, si les tendances se maintiennent, on parle, en 2030, de 1,6
cotisantpar bénéficiaire au Régime
des rentes du Québec. Donc, la démographie est très importante, là, sur les
régimes de retraite. Je pense que vous le savez déjà et vous l'aurez
compris.
L'autre
facteur à considérer, c'est la situation économique et financière. Performance
des marchés et taux d'intérêt.Depuis
2008, les indices boursiers sont volatils, les taux d'intérêt sont à des bas
historiques. Et les taux d'intérêt sonttrès importants, hein? Je pense qu'une variation de 1 % — c'est ça, hein? — 1 % des taux d'intérêt peut avoir un
effetde 10 % à 15 % sur le
passif d'un régime de retraite. Donc, les taux d'intérêt sont très importants
sur les passifs et ils sontdans des
bas historiques. Et, si on se fie aux annonces, là, de la Banque du Canada puis
de la Réserve fédérale américaine… on sait qu'ils vont remonter parce qu'ils
ne peuvent pas descendre plus bas, la question, c'est quand.
perspectives de croissance économique aussi. Certaines problématiques,
certaines difficultés économiquesaffectent
certains secteurs industriels ou manufacturiers. La conséquence, c'est que les
régimes de retraite peuvent être impactés.
compétitivité des entreprises. Aujourd'hui, les entreprises sont en compétition
avec l'extérieur, avec le monde. Le régime de retraite, lorsqu'il est un
important coût de la masse salariale, peut avoir un effet sur la compétitivité
des entreprises, les exigences comptables également.
Les exigences
comptables. Suite à Enron, il y a eu des modifications aux exigences comptables
internationales,qui obligent, depuis
deux ans, je crois, les entreprises privées à affecter dans l'état financier
annuel l'état exact du déficit des régimes de retraite. Avant, il
pouvait être étalé dans le temps, donc ça diminuait la pression.
L'autre facteur à considérer, c'est la gestion
des risques. Quatre minutes, M. le Président? Vous m'arrêterez
puis... La gestion des risques. On peut constater, je pense, que, si on
fait un recul sur le passé, on peut constater que, peut-être pour toutes sortes de raisons, de rendements boursiers, de
taux d'intérêt élevés, je ne pense pas qu'on s'est investibeaucoup dans la gestion des risques en matière de
gestion des régimes de retraite. Pensons aux risques de maturité desrégimes puis aux risques de marché qui n'ont pas
nécessairement été pris en compte. Je pense qu'on est rendus là. D'ailleurs,
je pense que le rapport D'Amours, effectivement, évoque cette idée.
problématique de main-d'oeuvre. Pénurie de main-d'oeuvre dans certains secteurs
versus clauses de départ hâtif à la retraite dans certains régimes de
retraite, c'est des choses, je pense, qu'il nous faut considérer.
Et finalement
les effets intergénérationnels des décisions. Demander à des cotisants actuels
relativement jeunesde payer
davantage des conditions de retraite auxquelles ils n'auront pas droit. De plus
en plus, on se fait dire ici, à la Régiedes rentes, quand on regarde les solutions à des régimes complémentaires
de retraite : Bien, on n'est pas sûr que les jeunes travailleurs de
l'entreprise vont accepter d'aller dans ce sens-là. Donc, ça devient un élément
important de réflexion.
Les initiatives maintenant. Je vais aller plus
aux initiatives en cours que passées. À l'acétate 28, d'abord, au niveau
fédéral il y a deux approches et deux initiatives. Il y a une approche d'abord
obligatoire et publique. Il y a des discussions,
depuis 2010, sur l'augmentation de la couverture de la
partie publique du
système, soit le Régime des rentesdu
Québec ou le Régime de pensions du Canada. Et, sur l'approche au niveau
fédéral… Il y a eu une entente, en 2010, au niveau fédéral, provincial
et territorial sur la mise en place de régimes volontaires d'épargne-retraite
qui prennent la forme de régimes de pension
agréés et collectifs au fédéral pour les entreprises sous autorité fédérale, et
qui invitent les provinces à adopter leurs propres législations.
Au niveau du
Québec, eh bien, il y a eu le dépôt, le 8 mai dernier, du projet de loi mettant
en place les régimes volontaires d'épargne-retraite. La Régie des rentes — et
vous avez l'information en
annexe — on travaille avec des partenaires syndicaux, patronaux et retraités à
définir l'encadrement des régimes de retraite à prestations cibles. Et finalement,
bien, il y a le rapport du comité D'Amours qui a été rendu public le 17 avril
dernier et pour lequel vous entreprenez des travaux.
Un petit mot,
M. le Président, rapide sur l'âge de la retraite. Bon, au Québec, vous le
savez, l'âge normal de laretraite, c'est
65 ans. On sait maintenant que le fédéral a décidé de porter l'âge de la
retraite à 67 ans, en 2029, pour avoir accès à la pension de sécurité de
vieillesse. La question maintenant, c'est : En quoi c'est opportun pour le
Québec de s'inscrire dans ce mouvement-là?
Si j'avais la réponse, messieurs dames, j'irais chercher un brevet et je serais
peut-être millionnaire aujourd'hui.
Tout ce que
je vous laisse comme information, c'est un relevé de ce qui se passe autour de
nous. Vous avez, àl'acétate 32, huit
cas, y compris le Québec, sur la situation de l'âge de la retraite. Vous voyez,
par exemple, que, dans six des huit cas, l'âge normal de la retraite est
ou était 65 ans, que, dans six des huit cas, il y a des réformes en cours sur l'âge
normal de la retraite, et quatre des six cas en réforme vont vers un 67 ans au
tournant de 2020.
L'autre
information importante, c'est l'âge effectif de retraite. Et vous voyez, par
exemple — rapidement,
là — quele
Québec est au quatrième rang quant à l'âge effectif de la retraite, 62,2 ans
pour les hommes, 61,7 ans pour les femmes.Et ce qui m'a fasciné, c'est la Suède : âge normal de la retraite,
aucune réforme faite, aucune réforme annoncée, mais,quand on regarde l'âge effectif de retraite du
marché du travail, 66 ans pour les hommes, 63,6 ans pour les femmes, oncomprend qu'il y a peut-être là une explication
sur le non-intérêt de la Suède à avancer dans le report de l'âge de la
retraite.
Je conclurai
rapidement, M. le Président. Eh bien, écoutez, la retraite, c'est devenu un
enjeu de société. D'ailleurs,cette
commission parlementaire — et la ministre l'a évoqué d'entrée de jeu et les députés
également — témoigne
du faitqu'on est face à un enjeu de
société. Il y a beaucoup de solutions qui ont été proposées, qui circulent, il
y a des orientations adaptées. Le travail que vous faites aujourd'hui
vous permettra, puis c'est tout à fait nécessaire, de prendre la mesure des problèmes et la
dimension des enjeux avant, après ça, de vous commettre sur les solutions. Les
discussions débutent,et je crois,
comme président-directeur général de la Régie des rentes, qu'elles débutent
dans le meilleur forum qui soit, c'est-à-dire dans une commission
parlementaire.
Je vous laisserais en vous disant que, dans le
cours de vos travaux, M. le Président, si vous avez besoin de la Régie des rentes et du personnel de la Régie des
rentes pour travailler des choses, répondre à des questions, nous sommes
totalement disponibles. Merci.
Président (M. Dubourg) :
Merci pour cette offre, M. Jean. Écoutez, c'est excellent. Je vous remercie.
Donc, vous avez mis la table. Et je passe donc la parole à la ministre
pour les 20 prochaines minutes.
Mme Maltais : Merci, M. le
Président. En fait, ce n'est pas à la ministre mais bien aux parlementaires du Parti québécois que vous passez la parole parce
que je pense que c'est un travail commun que nous avons à faire. Il nes'agit pas ici... Je suis membre d'une commission,
j'ai été invitée à y être, mais ce n'est pas un projet de loi qui est déposépar le gouvernement. C'est un rapport d'experts
indépendants qui nous amène à trouver des solutions nouvelles, innovantes
pour protéger nos systèmes de retraite.
Merci, M. Jean, M. Villeneuve, de votre exposé.
J'ai dit tout à l'heure que je ne ferais pas comme dans un projet de loi, où les ministres doivent
effectivement beaucoup, beaucoup, beaucoup défendre leur position. Là, on
chercheune position commune, on
cherche à avoir le plus large débat social pour atteindre le plus grand
consensus social possible.Cet
après-midi est consacré à la compréhension d'abord de la situation, pour
ensuite explorer les solutions, puis ensuite, au mois d'août, on va
revenir avec les positions des gens, des intervenants du monde… tant du
patronal que syndical.
M. Jean, la
question que tous se posent, et elle est importante, elle est large, mais elle
est importante : Est-ce que la Régie des rentes considère que le
constat fait par le rapport D'Amours est un constat valable?
Le Président (M. Dubourg) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Alors, M. le
Président, effectivement, Mme la ministre, effectivement, le constat fait par
lerapport D'Amours est un constat
tout à fait adéquat, tout à fait juste sur l'état de la situation du régime de
retraite québécois.
Maltais : Les
recommandations de l'indice Mercer, qui nous fait trois recommandations — d'après
ce quevous nous dites, là, vous les
exposez dans une acétate — proposent
trois méthodes qui sont plus classiques. C'est dansune des premières acétates que vous avez déposées — je
vais chercher le numéro, voilà, c'est l'acétate 8, page 4 — il
y avaittrois morceaux. C'est un peu
plus classique comme situation. Est-ce que vous pensez... Est-ce que ces
recommandationsde l'indice Mercer
étaient celles qui étaient utilisées d'abord comme vision ou si vous pensez qu'on
serait arrivés à cequ'on arriverait,
simplement avec ces recommandations-là, à protéger nos régimes à prestations
déterminées? Est-ce que vous pouvez avoir une opinion là-dessus?
M. Jean
(Denys) : Bien, écoutez, en
tant que président-directeur général de la régie, je pense que l'indice Mercersoulève des pistes, mais ne va pas
nécessairement aussi loin que souhaité. Par exemple, en augmentant la
participation àdes régimes d'employeurs
en développant un produit attractif pour ceux qui n'ont pas accès à des régimes
complémentairesde retraite, ça va,
mais reste tout de même qu'il y a peut-être un effort à faire supplémentaire
pour permettre justement àdes
travailleurs et des travailleuses d'avoir accès ou de faire de l'épargne de
manière plus efficace. Mais je pense que lestrois aspects de l'indice Mercer sont grosso modo dans nos enjeux :
insuffisance de l'épargne et faiblesse de certains outilsd'épargne à la retraite. Et je pourrais dire que
le rapport D'Amours va un peu plus loin dans ce sens-là en précisant les
solutions.
Maltais : Et est-ce que les
régimes à prestations déterminées sont véritablement — je vais utiliser l'expressionqui est écrite dans le rapport D'Amours — en danger, pour vous? Je sais qu'il arrive
souvent que vous veniez, commeprésident
de la Régie des rentes, me présenter des situations de régimes à prestations
déterminées qui sont... où on a de ladifficulté
avec la capitalisation, des entreprises sont en difficulté, n'arrivent plus
à... arrivent difficilement à remplir leurs obligations envers leurs
retraités. Est-ce que cette tendance va en s'accentuant?
M. Jean
(Denys) : Bien, quand on...
comme on le voit dans les données qu'on... les données qui sont disponibles,
d'abord il y a une très nette progression,
mettons, des déficits, des déficits de solvabilité des régimes de retraite àprestations déterminées — vous
avez vu les données que je vous ai données — de 4,5 milliards à 40 milliards. Il y a
donc une accentuation du déficit des régimes de retraite à prestations
déterminées.
Ce n'est pas
très sain qu'un régime de retraite à prestations déterminées soit en déficit,
dans la mesure où, lorsqu'ilfaut
livrer la prestation, eh bien, l'argent n'est pas là. Donc, je pense qu'il y a
quelque chose, il y a un indice là qu'il y a un malaise sur le
financement des régimes de retraite à prestations déterminées. Ça, c'est clair
qu'il y a un malaise.
Est-ce que c'est
un malaise qui peut être… qui peut porter à la catastrophe? Bien, je pense que
c'est préoccupant,puis, si on n'a
pas de correction sur cet aspect-là, on peut se retrouver dans des situations
difficiles. D'ailleurs, on le voit, hein,
quand une entreprise d'un secteur, par exemple, est en difficultés financières
ou, en termes de production, mettons, est
obligée de se mettre sur la
Loi sur la faillite, bien on constate que, bon, le
manque à gagner des régimes complémentairesde retraite à prestations déterminées impacte sur les retraités qui
voient leurs rentes promises coupées jusqu'à 60 % dans certains
cas. Alors donc, il y a donc un phénomène de financement qui peut porter
éventuellement à conséquence.
M. Jean (Denys) :
Oui, vas-y.
M. Villeneuve
(Roland) : Si je peux me…
Le Président (M.
Dubourg) : Oui, allez-y, M. Villeneuve.
M. Villeneuve
(Roland) : Si je peux me permettre d'ajouter un élément. Non seulement
on a des difficultés présentes qui sont observées par les déficits, etc., mais
on anticipe de grandes difficultés aussi si rien n'est fait pour rendre les régimes à prestations déterminées plus
attractifs. Parce qu'actuellement une entreprise qui n'est pas en difficultésfinancières absorbe les coûts de son régime
de retraite, bien elle trouve ça lourd. Elle ne peut pas le terminer parce qu'il
faut qu'elle paie le déficit.
Alors,
si la situation se rétablissait, je ne sais pas pendant combien d'années, et qu'ils
redeviennent solvables sansqu'on
change les paramètres des régimes à prestations déterminées, ils ne seront pas
plus attractifs puis là ils vont s'endébarrasser,
à ce moment-là. Une fois que la solvabilité va être atteinte, ils vont
dire : Maintenant, je passe à autre chose, je ne retournerai plus
dans le même cercle vicieux qu'auparavant.
Le Président (M. Dubourg) : Merci, M. Villeneuve. Donc, je passerais la
parole au député de Saint-Maurice. À vous la parole.
M. Trudel :
Merci beaucoup, M. le Président. Chers invités, j'ai quelques questions. Tout d'abord,
dans les écolesde gestion en
économie, on apprend certains phénomènes, certains principes de base, entre
autres que, quand il y a desbaisses
de rendement boursier, entre autres, baisses de rendement dans des fonds, on a
des pertes et on se réchappe quand il y a des augmentations, des
croissances de rendement.
Par contre, dans les
années 90, on a vécu des années très fastes et puis on a senti, tout d'abord de
la part des dirigeants d'entreprises mais
également de la part du gouvernement, entre autres du gouvernement du Québec,
et aussides travailleurs, syndiqués
ou non… où on préférait utiliser les rendements exceptionnels pour diminuer les
cotisations puisfaire face à d'autres
difficultés qu'il y avait dans l'entreprise, là, de relancement, relance d'entreprise,
réorganisation, et ainsi de suite.
Vous
ne pensez pas que ça... on aurait peut-être fait une erreur, et les rendements
exceptionnels n'auraient paspu être
gardés dans nos bas de laine, justement, pour voir venir ou pallier aux mauvais
coups, aux durs coups comme on a euen
2008‑2009? Et vous ne croyez pas que le phénomène principal qu'on doit discuter
aujourd'hui, ce n'est pas de regarderles
erreurs du passé qui nous amènent aujourd'hui à se poser des questions sur la
solidité de nos régimes de retraite, sur les façons dont on doit
déterminer les niveaux de cotisation?
M. Jean (Denys) : Bien, M. le Président, effectivement, le député soulève une bonne
question. Il y a eu effectivement des
années fastes dans la gestion des régimes de retraite, des rendements boursiers
exceptionnels, des tauxd'intérêt
élevés qui ont généré des surplus. Et, à cette époque-là, il y a eu des
décisions qui ont été prises, de prendre les surplus et puis de les
utiliser à d'autres fins, à des fins qui auraient pu être différentes. Bon,
disons-le comme ça.
Aujourd'hui,
d'ailleurs, on est face à la situation. Les paradigmes sont complètement
changés. Il y a sans doutedes
gestionnaires de régime de retraite qui se disaient : Bien, écoute, je
fixe ma cotisation à peu près comme ça, sachantque les rendements des marchés puis les taux d'intérêt vont générer...
la bourse est… va générer du rendement de telle sorteque le différentiel... ce que je devrais mettre,
je ne le mets pas, mais, la différence, c'est le marché qui va me l'apporter.
a eu une leçon, en 2008, avec la crise boursière, les rendements n'étaient pas
là, les taux d'intérêt sont descendus, et
aujourd'hui cette espèce de... j'appellerais ça l'option rendement, là, elle n'est
plus là et puis, là, les paradigmes sontchangés. C'est pour ça que j'évoquais d'ailleurs la question de mieux
gérer les risques de marché, hein, et ça, c'est important.
Par ailleurs, on sait
qu'il y a des pays qui ont réussi à passer à travers 2008 parce que les
structures de leurs régimes de retraite étaient ainsi faites qu'ils avaient
pris des précautions dans le passé, de telle sorte que, quand est arrivé le
choc de 2008, ils sont passés à travers en utilisant les espèces de coussins
qui avaient été installés.
collègues de la régie ont déjà proposé, et je pense que ça a été adopté, la
mise en place d'une provision pourécart
défavorable dans les régimes de retraite, qui permettrait d'accumuler une
espèce de coussin, là, qui... puis pour les coups durs, pour les mauvais
jours.
M. Trudel :
...à l'abri de nous-mêmes.
M. Jean (Denys) : Et voilà. Et, bon, le problème peut-être de ce dossier-là, c'est que d'abord
la provision pour écart défavorable est un peu faible, à 7 % — c'est
ça, Roland? — …
M. Villeneuve
(Roland) : 7 %.
M. Jean (Denys) : …7 %, et qu'elle n'est pas automatiquement financée. Elle n'est
financée que s'il y a des surplus. Or, l'ère des surplus est
passablement derrière nous.
Alors, il y a une réflexion à faire, là, sur
régler la problématique d'aujourd'hui et, un peu comme le député l'évoque, M. le Président, qu'est-ce qu'on met en
place pour éviter le résultat de comportements passés. C'est facile de juger aujourd'hui, là. On est devant une situation qu'on
connaît l'histoire. À l'époque, les décisions qui ont été prises devaient être
sans doute de bonne foi.
En passant,
il y a eu, oui, l'utilisation de surplus mais aussi la bonification de régimes
qui ont augmenté les coûtsdes
régimes. Un autre phénomène aussi, il a été une époque, si vous vous souvenez,
où la mode, c'était : Incitons les départsà la retraite pour faire place aux jeunes. Bon, je n'ai pas fait d'étude
scientifique, mais je peux vous dire qu'il y a beaucoupde dispositifs de départ hâtif à la retraite dans
les régimes complémentaires de retraite qui sont issus de ce mouvement, de cephénomène-là qu'on a connu il y a quelques
années. Aujourd'hui, bon, bien, ça pose un certain nombre de problématiques
financières aux régimes complémentaires de retraite.
Le Président (M. Dubourg) : M. le
député de Saint-Maurice, à vous.
M. Trudel : Au tout début, vous avez fait allusion à des
suggestions, entre autres, là, de renforcer le troisième étage. Pourtant, quand je regarde le rapport D'Amours,
ici, là on parle de deux avantages importants de l'épargne commune,là : les économies d'échelle et la
mutualisation du risque. Ce n'est pas un peu contradictoire avec les prémisses,
la position que vous avez énoncée au départ?
M. Jean
(Denys) : Bien, d'abord,
premièrement, je pense que le rapport D'Amours recommande également la
mise en place des régimes volontaires d'épargne-retraite, et ça, c'est une
forme de renforcement du troisième étage.
L'autre recommandation du rapport D'Amours qui
est importante pour le troisième étage, c'est ce que j'appellerai tout l'assainissement et la consolidation des régimes
complémentaires de retraite à prestations déterminées.Moi, si j'ai compris l'esprit du rapport D'Amours,
c'est qu'il nous dit, il nous témoigne le message suivant : Les régimescomplémentaires de retraite à prestations
déterminées sont des régimes qu'il faut préserver, et il faut prendre les
moyenspour régler la situation
actuelle et rendre attrayante la mise en place de régimes de retraite à
prestations déterminées. Et là il joue dans le troisième étage
complètement, là. Roland…
Le Président (M. Dubourg) : Allez-y,
M. Villeneuve.
M. Villeneuve (Roland) : Quand on
parle de mutualisation du risque, là, il faut préciser que, toute épargne collective, le risque est mutualisé. Donc, un CD
collectif, il y a de la mutualisation. C'est dans le troisième étage que... La
prestation déterminée, il y a de la mutualisation des risques là-dedans. Alors,
ce n'est pas nécessairement contradictoire, là, la mutualisation puis le
troisième étage, là. Ça s'imbrique.
Et, si vous
permettez, j'ajouterais un élément sur votre question précédente, qui était
structurel, là, sur le fait que,dans
les années 90, on prenait des améliorations, des congés de cotisation, etc.,
mais il y avait quand même une limite fiscale aux surplus qu'on pouvait
avoir dans un régime de retraite. Dans la loi fédérale sur la fiscalité, c'était
10 % de surplus, on ne pouvait pas
aller plus haut que ça. Aujourd'hui, c'est corrigé, ça, c'est rendu à
25 %. Donc, c'est un élément qui était quand même structurel.
Président (M. Dubourg) :
Merci. Donc, je passe la parole au député de Dubuc pour les six prochaines
minutes.
Le Président (M. Dubourg) : C'est
vous qui… Ah! Pour ce bloc-ci, c'est-à-dire...
M. Trudel : ...combien qu'il y a de
blocs au total?
Le Président (M. Dubourg) : Il y a
un bloc de 20 minutes, un bloc de 20 minutes à l'opposition
officielle et deux blocs de huit minutes
pour deuxième opposition et pour le député de Mercier. Et ensuite on revient à
vous pour un autre 20 minutes, pour terminer avec l'opposition
officielle. Donc, le député de Dubuc?
Claveau : Oui. Alors,
peut-être… M. Jean, on a vu qu'au niveau de la maison le solage, c'était
la pension desécurité de vieillesse du fédéral. Et la non-indexation a un impact qui va être
majeur dans les années à venir. Est-ce quevous avez vraiment évalué... Parce que ça va faire des pressions au
niveau des régimes provinciaux entre autres, là, laprestation du conjoint, l'aide sociale, etc. Parce
que la décision de reporter de 65 à 67 ans est prise depuis 2012. Est-ce que vous avez fait une évaluation de l'impact
ou la pression par rapport à la sécurité, là, du revenu pour les retraités?
M. Jean
(Denys) : M. le Président, d'abord,
le député évoque deux phénomènes un peu distincts qui s'additionnent,là. Sans décision sur l'âge de retraite, l'étage
public fédéral s'érodait, parce que, dans le fond, la mécanique de l'indexationn'a pas rapport avec la décision de reporter
l'âge de la retraite. Donc, il y avait un phénomène de... Ça s'érode.
Érodement…
M. Jean
(Denys) : …érosion
tranquille, au fur des années, à moyen et long terme. Bon, ça, c'était dans le
système.Vient s'ajouter la décision
de reporter l'âge de la retraite de 60 à 67 ans. Peut-être que, Roland, tu peux
développer ça.
M. Villeneuve (Roland) : La décision fait en sorte que, du côté de la
rente d'invalidité et de la rente de conjointsurvivant, il va y avoir un manque à gagner à 65 ans, l'âge auquel on
transforme ces rentes-là. La rente d'invalidité puis larente de conjoint survivant, il y a un montant de
base minimum, là, pour assurer un revenu minimum. On appelle ça lapartie uniforme. Alors, à 65 ans, ces rentes-là
sont transformées, et, l'intention était volontaire, on prenait la
partie
uniforme,elle disparaissait, la
partie qui était variable au-dessus devient une rente de retraite et la
partie
uniforme était compensée par la pension de sécurité de vieillesse. Donc,
pour le participant, bien ses revenus étaient stables.
Maintenant,
on a un trou de deux ans, là, à partir de 2023. Donc, nous, il faut analyser à
la fois les effets sur ces rentes-là, les effets sur l'aide sociale,
parce que... — non,
O.K. — les
effets sur l'aide sociale vus globalement et la pertinence aussi d'augmenter à 62 ans ou 67 l'âge où on peut avoir des
rentes du Régime de rentes. Il va falloir analyser tous ces éléments-là.
M. Claveau :
Présentement, vous n'avez pas fait d'étude encore…
M. Villeneuve (Roland) : On commence, là. On a un peu de temps, là. Sur
cet aspect-là, on a un petit peu de temps.
M. Claveau : Et je ne sais pas si ça va être à votre niveau. On sait qu'on veut que
les fonds privés prennent laplace,
ou l'épargne privée, au niveau des fonds de retraite et on cherche des mesures
incitatives pour que les gens épargnentplus. Et, si on met en lien la dernière décision d'exclure les fonds de
travailleurs, qui était un incitatif, ça peut-u avoir un impact sur les
fonds globaux, là, pour les gens d'épargner de plus en plus, au niveau de...
M. Villeneuve
(Roland) : Vous faites référence au Fonds FTQ...
M. Villeneuve
(Roland) : ...qui va perdre ses crédits, là, puis la CSN?
M. Claveau :
Puis de la CSN aussi.
M. Villeneuve
(Roland) : Personnellement, je pense que oui parce qu'il y a un
intérêt certain pour plusieurs personnes,
dont ceux qui s'approchent de l'âge de la retraite, de mettre de l'argent dans
ces fonds-là à cause des créditsd'impôt.
Alors, ça rend le véhicule beaucoup moins attrayant. Est-ce que les gens vont
reporter ça sur d'autres véhiculesd'épargne-retraite
ordinaires ou sur le CELI ou, espère-t-on, sur le RVER qui va prendre de l'espace
bientôt? La réponse est inconnue, là, à ce moment-là.
Le Président (M.
Dubourg) : Merci. Je passe la parole au député de Sanguinet.
M. Therrien : Oui. Bonjour. Je vais faire rapidement. J'avais plusieurs questions,
mais là je vais me limiter àquelques-unes
si j'ai la chance. Le RVER, on parle beaucoup, là, du troisième étage, qu'il y
a des gens qui n'ont pas accèsà des
systèmes de fonds de retraite. Est-ce que le RVER va faire en sorte, justement,
de faire un travail pédagogique qui vainciter
davantage les gens à mettre de l'épargne de côté pour leurs vieux jours? Est-ce
que vous pensez que ça, c'est unebelle
façon, pour les 48 % de la population qui n'ont pas accès, là, de,
justement, là, pallier puis atteindre leur 60 %, là? Vous pensez...
Est-ce que vous êtes encouragé par cette création-là?
M. Jean (Denys) : Bien, le régime volontaire d'épargne-retraite, M. le Président, c'est
exactement l'esprit évoquépar le
député, c'est-à-dire de mettre à la disposition de
travailleurs et de travailleuses qui n'ont pas de régime complémentairede retraite d'entreprise un outil d'épargne à la
retraite de type RCR, dans le fond, disons-nous-le, sur une base volontaire, alors
que le concept même du régime volontaire d'épargne-retraite, il agit sur cette
problématique, là, où vous avez 30 % à
40 % de travailleurs qui n'épargnent pas, peut-être parce que, justement,
l'entreprise ou l'employeur n'offre pas de régime complémentaire de
retraite. Alors, en mettant en place ce régime volontaire d'épargne-retraite,
on donne... on ouvre une possibilité à ces travailleurs et à ces
travailleuses-là d'investir dans un régime complémentaire de retraite.
M. Therrien : Dernière question. Par rapport à un placement de revenu, là, on avait
ciblé au départ 70 %. Avecles
études récentes, on a baissé ça à 60 %. J'ai lu aussi que, quand tu avais
un revenu plus élevé, tu pouvais te contenterde 50 %. Est-ce qu'on peut considérer qu'avec l'augmentation du
salaire réel moyen dans la population — ça
veut direqu'on gagne plus que le
coût de la vie nous enlève — ça veut dire qu'en s'enrichissant collectivement
est-ce qu'il n'y apas, justement,
une diminution constante de ce ratio-là qui va faire en sorte que l'avenir des
fonds de retraite va être un peumoins
en danger parce qu'on aura besoin de moins en moins de pourcentage de
remplacement? Je ne sais pas si vous me suivez, là? Parce qu'on a vu que
ça a décliné de 70 % à 60 %, puis, dans les revenus élevés, on se
contente de 50 %. Est-ce que, ça, vous prévoyez, à moyen terme, là, une
continuation dans cette trajectoire descendante là?
M. Jean
(Denys) : Bien, M. le Président, il est clair qu'on n'est plus à
70 %.
M. Therrien : Non, c'est ça, mais on
parlait du 60 % de ce qu'on peut voir, effectivement...
M. Jean (Denys) : Est-ce que c'est 60 %, est-ce que c'est 50 %?
Bon. L'autre élément, ce pourcentage-là, dansle fond, c'est le résultat de l'effet global du système, hein, et c'est
la contribution de chacun des étages qui donne le fameuxchiffre. Est-ce qu'on peut penser que... Est-ce qu'on
peut établir... Est-ce qu'on peut jouer avec ce pourcentage-là, régimecomplémentaire de retraite par... Non, je ne pense
pas. Il faut que les régimes complémentaires de retraite, là, s'additionnentaux deux autres étages pour fournir,
mettons, le 60 %. Maintenant, sur le taux de remplacement — puis,
Roland, tu pourraspeut-être ajouter — le
débat est ouvert, vous avez raison. L'OCDE, par exemple, hein, ils recommandent
deux taux : un taux de 50 %, un taux de 40 %, selon le
niveau de salaire.
M. Villeneuve
(Roland) : Quand on fait de la planification de la retraite…
Le Président (M.
Dubourg) : Rapidement, M. Villeneuve.
Villeneuve (Roland) : ...chaque individu est différent. Alors, moi, ça
peut être 35 %, dépendant de mes actifs, si j'ai un immeuble à revenus qui est payé, etc.
Donc, ces pourcentages-là sont donnés pour, quand on est jeune, se donnerun horizon puis se donner une idée de
placement. Mais je ne pense pas qu'on baisse, un jour, en bas de 50 %, là,
mais rien d'impossible.
Le Président (M.
Dubourg) : Merci beaucoup. Donc, nous allons passer maintenant au
deuxième bloc avec l'opposition officielle. Et je reconnais le député de
Verdun.
M. Gautrin :
Je vous remercie, M. le Président. Je vais rentrer avec vous spécifiquement sur
la page 53 du rapport D'Amours, qui identifie essentiellement les
failles qu'on a eues, dans le passé, dans la gestion des régimes de retraite, ce qui amène à nous dire, aujourd'hui,
comment on peut les corriger. Alors, parmi les failles — je
vais reveniraprès dans le détail — selon
moi, il y a en deux, la troisième et la quatrième… Et vous avez répondu
en
partie lorsque lecollègue de
Saint-Maurice a posé la question, c'est-à-dire lorsque les régimes ont eu
tendance à faire des promesses trop coûteuses ou sous-évaluer les
engagements du régime…
question par rapport à vous, la Régie des rentes. Actuellement, vous avez le
mandat de surveiller les régimesde
pension à cotisation... les régimes RCR. Est-ce que vous avez le moyen
actuellement d'intervenir lorsque vous identifiezqu'un régime aurait été… a fait des promesses trop
coûteuses ou aurait sous-évalué, dans un rapport actuariel, sesengagements? Et est-ce qu'il serait utile que vous
ayez — parce
qu'on est en train de penser au futur — ce
pouvoir-là?
Le Président (M.
Dubourg) : M. Jean.
M. Jean (Denys) : Bien, on pourra peut-être ajouter des précisions, on a
le responsable du service de surveillance, ici, là. Il reste tout de
même qu'on exerce notre responsabilité dans le cadre de la loi. On applique la
loi telle qu'elle est écrite. Et je ne pense
pas, à moins du contraire, André, qu'on a ce mandat d'aller fouiller ce genre
de chose. Est-ce que maintenant on devrait le faire, M. le député?
M. Gautrin :
C'est exactement ma question. C'est justement…
M. Jean
(Denys) : Le débat est ouvert. Tout à l'heure, j'ai évoqué...
M. Gautrin :
Ma question...
M. Jean (Denys) : Excusez-moi. J'ai évoqué, tout à l'heure, la question de la gestion des
risques, j'ai évoqué, tout à l'heure, tout ce qu'il y avait... On est
là, là.
M. Gautrin :
Non, mais ma question était : Est-ce que ce serait souhaitable que vous
ayez... Oui, je sais parfaitement que vous ne l'avez pas actuellement.
Mais est-ce que ce serait souhaitable que vous puissiez l'avoir?
M. Jean (Denys) : Ce qui serait souhaitable, c'est que... Bon, M. le Président, ce qui
serait souhaitable, c'est quele jour
où le gouvernement, le Parlement aura décidé de profiler la situation future du
système de retraite québécois, etplus
particulièrement du troisième étage, qu'on pense en même temps à doter la Régie
des rentes du Québec des moyens utiles pour s'assurer que vos intentions
fonctionnent. Alors donc, c'est oui, M. le député.
M. Gautrin :
C'est ce que je voulais entendre de votre part.
Le Président (M.
Dubourg) : M. le député de Verdun.
M. Gautrin : Deuxième élément, je vais maintenant arriver sur des questions plus pointues. Vous savez
que, dansune des failles, il y avait
toute la question de l'asymétrie — je
ne voudrais pas entrer dans le détail parce que je n'ai pas letemps — c'est-à-dire,
entre le partage des risques entre l'employeur et les employés ou les
retraités. Il y a une réflexionqui a
été portée... qui est portée par la régie. D'ailleurs, le rapport D'Amours
vient signaler… je n'en parle pas parce que la régie réfléchit sur ça. Où
êtes-vous actuellement dans les régimes de retraite à prestations cibles? Et qu'est-ce
que vous avez à suggérer dans les régimes de retraite à prestations
cibles?
Président (M. Dubourg) : M. Villeneuve.
M. Villeneuve
(Roland) : Sur les régimes de retraite à prestations cibles, vous
savez… vous savez sûrement qu'il y a eu un projet de loi d'adopté dans le
secteur des pâtes et papiers au mois de décembre. Nous sommes…
M. Gautrin :
J'en ai discuté avec Mme la ministre.
M. Villeneuve
(Roland) : Oui. Nous sommes donc à... nous sommes à rédiger le
règlement qui est en... On a presque terminé la rédaction du règlement qui va
permettre l'existence de ces régimes-là.
deuxième volet, c'est qu'il y a un comité technique qui est en place pour
établir les règles générales pour un régime à prestations cibles qui
serait offert à toutes les entreprises. Ce comité technique là est
présentement, jusqu'à l'automne, en stand-by, là, parce qu'on a beaucoup de
travail sur d'autres éléments.
Maintenant,
le régime à prestations cibles, comme vous le savez, c'est un régime qui met la
responsabilité des coûts sur les
participants. Alors, ce qui se profile actuellement là-dedans, c'est une rente
qui est fixée... puis elle a un tauxde
cotisation qui est fixé par les parties pour l'employeur et qui va rester fixe,
une rente qui est fixée à un certain niveau et, quand on a des problèmes
de financement, c'est la rente qui doit varier.
Maintenant,
il faut trouver une façon de financer ces régimes-là pour que cette rente-là
varie le moins souventpossible. C'est
une tâche délicate, ce n'est pas facile, et il faut trouver les paramètres puis
il faut trouver aussi la façonque
les risques, là-dedans — vous
parliez des risques tout à l'heure — que
les risques soient bien gérés. Donc, il y a desméthodes qui vont être utilisées, là, pour s'assurer que les risques
soient bien gérés, et c'est ce qu'on est en train de faire.
M. Gautrin : Je vous remercie. M. le Président, y aurait-il possibilité, avant
le mois d'août, que vous nous donniez l'information sur les régimes à
prestations cibles au moment où on va… Parce qu'on va probablement avoir à en
discuter, où vous en êtes, vous, avec les différentes personnes qui vont venir
témoigner devant nous.
Le Président (M.
Dubourg) : M. Villeneuve? M. Jean.
Jean (Denys) : Oui. On peut, M. le Président, fournir à la commission
le maximum d'information sur qu'est-ceque
c'est que le régime de retraite à prestations cibles puis l'état d'avancement
des travaux. On s'engage à vous transmettre à la commission…
M. Gautrin : J'ai encore une autre question. Là, et peut-être il serait important...
Vous avez parlé tout à l'heure de la situation aux Pays-Bas. Aux Pays-Bas,
donc, on a une approche... ce qu'on appelle l'approche stochastique. Peut-être,pour les parlementaires ici autour de la
table, rappeler ce que ça veut dire, l'approche stochastique, qui, d'ailleurs,
n'estpas retenue par le rapport D'Amours,
mais est presque à... disons qu'ils ont un peu de malheur de ne pas la retenir
commetelle. Peut-être que ce serait
bon pour les collègues parce qu'on va avoir bientôt à discuter avec évidemment
les tenants du rapport D'Amours. Qu'est-ce qu'il s'agit de l'«approche
stochastique»?
M. Villeneuve (Roland) : C'est une approche qui… comme je ne suis pas
actuaire, qui m'apparaît très compliquée.Mais je la résume de la façon suivante. C'est qu'on soumet le régime à
des milliers d'hypothèses de situations économiquesde baisse de déficit puis on associe aux résultats
une probabilité. Dans le cas du régime à prestations cibles, par exemple, onvoudrait qu'on ait 97,5 % des chances d'être
solvables dans cinq ans. Alors, ça se calcule de façon stochastique. C'est
apparemment le Saint-Graal de la gestion des risques.
Le Président (M.
Dubourg) : M. le député de Verdun.
M. Gautrin : Et c'est expliqué en partie. Je pourrais vous l'expliquer aussi. Mais,
si vous avez de la documentationà
cet effet-là, ça serait utile que vous le transmettiez à la commission parce qu'on
aura probablement à échanger en cours… à ce sujet-là.
les questions de transfert — moi,
je reviendrai plus tard — là,
à l'heure actuelle, je ne me rappelle plus, alorsje fais mon... J'imagine, en 2000, on a introduit
l'article 60.1 dans la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite. Lerapport D'Amours dit, à ce moment-là :
On surestime les paiements de transfert. Alors, j'ai probablement dû
voter — parceque j'étais aussi critique à l'époque — en faveur de cette modification puisque ça a
été fait en 2000. Quelle est la... Est-ce que, d'après vous, il y a une
faille, un manque, au niveau des paiements de transfert dans l'article 60.1?
M. Villeneuve
(Roland) : Est-ce que c'est une faille? Écoutez, c'est une
appréciation...
M. Gautrin :
Elle a été qualifiée comme telle par M. D'Amours.
Villeneuve (Roland) : ...que
les parties auront à faire.
L'article 60.1 — là, je vais avoir l'air intelligent, maismes collègues m'ont soupiré à l'oreille — ça
traite de la rente… la prestation additionnelle. C'est quelqu'un qui quitte sontravail, quitte son emploi, la valeur de son
régime de retraite qu'il a accumulé, elle vaut 100, mettons, mais on va lui
payerune prime de risque parce qu'on
se dit que quelqu'un qui change d'emploi souvent est désavantagé du point de
vue de la retraite
par rapport à quelqu'un qui a une carrière dans le même endroit, chez le même
employeur. Donc, il y a une primequi
est versée. Ce que M. D'Amours et ses collègues disent, c'est : Enlevons
cette prime, parce que ceux qui restent, là, ils subissent un risque
quand même.
Gautrin : On va avoir à
débattre de cette question-là. Je pourrais vous poser... Est-ce qu'il reste
encore beaucoup de temps, M. le Président?
Le Président (M. Dubourg) : Oui.
Continuez, M. le député de Verdun. Allez-y.
Gautrin : Alors, peut-être
pour expliquer aux collègues ici, à l'heure actuelle. Vous savez que D'Amours
retireévidemment les tests de
solvabilité, des tests de capitalisation et remplace ça par un test qui est le
test de capitalisationaméliorée,
essentiellement parce que le taux qu'il utilise est un taux beaucoup plus réel
que le taux qui est utilisé à l'heureactuelle
dans les calculs de capitalisation. Est-ce que vous pourriez réexpliquer d'une
meilleure manière que moi ce que c'est que la capitalisation améliorée,
de manière qu'on soit tous au même niveau?
Le Président (M. Dubourg) : M.
Villeneuve.
Villeneuve (Roland) :
Actuellement, on a deux façons de calculer : la solvabilité, qui suppose
la terminaison;la capitalisation,
qui suppose la continuité. Quand on travaille en continuité, on utilise des...
on fait une projection sur ceque
vont être les taux d'intérêt dans le futur. Donc, on a une bonne... C'est le
jugement de l'actuaire qui prime. Et ce queM. D'Amours… — pas
M. D'Amours — en
tout cas, le comité recommande, c'est une méthode qui se situe entre les
deux, entre les deux, en termes de
cotisation. Ce qu'il vient dire, c'est qu'au lieu de projeter un taux de
5 %, par exemple, pourtout le
monde, à la fois participants et actifs... participants actifs et retraités, pour
tout le monde on va être plus conservateurspour la
partie retraite, pour les retraités qui sont là et pour la
période de retraite des actifs qui vont y être un jour. Donc, on est
plus conservateurs, ce qui fait augmenter la cotisation courante.
Gautrin : Et ça a un effet
direct, évidemment, pour les régimes qui n'étaient pas soumis au test de
solvabilité. On aura à échanger avec M. D'Amours dans un instant. J'avais
d'autres questions, mais je suis sûr que mon collègue d'Outremont voudrait poser des questions et le collègue de Mégantic
aussi. Alors, comme on a peu de temps, je lui passe la parole.
Le Président (M. Dubourg) : Merci,
M. le député de Verdun. Donc, la parole au député d'Outremont.
M. Bachand : Merci beaucoup. Il
reste combien de temps, dans notre bloc, M. le Président?
Le Président (M. Dubourg) : Il reste
9 min 30 s.
Bachand : Neuf minutes.
O.K. Je vais essayer d'en laisser à mes collègues aussi. Vous êtes nos experts
sur les régimes de retraite privés
aussi à prestations déterminées. Donc, j'aimerais ça prendre ce chapitre-là du
rapport. Moncollègue de Verdun, là,
parlait de la méthode de capitalisation améliorée suggérée par le comité D'Amours.
Vous avez expliqué ce que c'était, mais êtes-vous d'accord?
Bachand : D'accord. Est-ce
que vous êtes... Nous, on est ici comme législateurs, vous êtes nos experts, est-ceque vous nous recommandez d'adopter ça? Je
ne veux pas vous mettre mal à l'aise, mais c'est... Ce n'est pas partisan,c'est vous qui êtes les experts. Quels sont
les points forts de ça : Oui, c'est parfait, faites leur... c'est une
bonne méthode,on change ça; ou, non,
on a toutes sortes d'autres études à faire? Puis là on va vous demander de les
faire, vous nous donnez ça au mois d'août, évidemment, si vous nous
répondez à ça.
Le Président (M. Dubourg) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Est-ce que c'est
une bonne, est-ce que c'est une mauvaise méthode? Je veux dire, est-ce qu'uneméthode de financement… quand on dit :
Voici, on a une méthode de financement, on a tout dit? Pas sûr. Moi, je pense…Puis d'ailleurs je pense que le comité d'experts
insiste beaucoup sur le fait que son rapport doit être pris dans un tout. Uneméthode de financement, c'est des outils de
gestion de risques. Sans des protections des… qui entourent la méthode de
financement pour gérer les problématiques ou les problèmes éventuels, on n'est
pas plus avancés. Bon.
La réflexion
du comité d'experts sur la capitalisation l'a amené à dire : Bien, on
devrait bonifier ou resserrer la capitalisation classique et sortir une
nouvelle capitalisation de type améliorée. Si vous vous mettez sous l'angle de
la capitalisation, vous venez de resserrer
la capitalisation, avec les propositions du comité D'Amours. Si vous prenez
sousl'angle de la solvabilité, là
vous réduisez, parce que la solvabilité, là, c'est l'exercice, là... je dis
souvent à mes collèguesactuaires :
Ça, c'est l'exercice de la fin du monde. Le régime, il se termine puis là tu
dois établir tout ce que tu dois à ladate
du moment où tu as établi... ou tu faisais l'hypothèse qu'il se terminait. Il y
a un avantage à ça, c'est que ça te donne l'heure juste, ça te donne le
prix exact de tes engagements que tu as pris. Est-ce qu'il y a moyen d'avoir ce
même résultat là avec un impact relativement réduit sur
les finances des entreprises? Moi, je pense que la capitalisation améliorée ouvre là-dessus. Mais, je vous répète,
M. le député... M. le Président, je dirais au député : La seule méthodede financement, c'est insuffisant pour se
garantir, là. Il va falloir prendre d'autres mesures alentour pour qu'il y ait
des précautions qui soient prises, là.
Bon, je dirai, en
concluant, que, bon, la Régie des rentes, écoutez, on est au service du
gouvernement et des parlementaires. On est
là pour conseiller. Là, il y a un débat d'ouvert. Vous allez entendre une
quarantaine de groupes,je crois, au
mois d'août, là, qui vont venir s'exprimer. Et on va voir, nous aussi, c'est
quoi, les arguments qui nous sont fournis. Oui, mais il y a une bonne
piste de travail, là, on vous dirait, dans le rapport D'Amours.
M. Bachand : O.K. Hein, il s'étire le cou en disant que c'est une bonne piste de
travail. Donc, on vous fera revenirpour
essayer, après avoir écouté tout le monde... Parce que c'est vrai, vous êtes
nos conseillers aussi, mais pas juste des conseillers silencieux. On
essaie d'être transparents dans cette commission-là.
reste dans ce chapitre-là sur la recommandation 14, qui est à la page 175. Ça,
c'est qui est… comment les régimesse
remettent en place, se remettent en ordre, se réorganisent, et c'est la période
de cinq ans, en disant : À partir d'aujourd'hui,vous négociez puis vous pouvez remettre en cause
un certain nombre de paramètres. Ça leur prendrait une approbationlégislative. Puis, sinon, ça peut être fait de
façon unilatérale sur d'autres paramètres. Est-ce que ça, c'est une
méthodologiequi vous semble
prometteuse pour essayer de... C'est une stratégie de réorganisation, là, en
quelque sorte. Mais, sur ça, avez-vous des commentaires sur cet
aspect-là du rapport?
M. Jean (Denys) : Bien, M. le Président, je pourrais dire au député que cette proposition
du comité d'experts esttout à fait
intéressante dans la mesure... À la base, un régime complémentaire de retraite,
c'est le résultat d'une négociation.Moi,
je dis souvent à ma famille — parce que, depuis que je suis à la Régie des
rentes, j'imagine, je suis un spécialistedes régimes complémentaires de retraite : Un régime de retraite, c'est
quoi, là? C'est du salaire reporté. On a souvent vu çadans des négociations collectives, au lieu de
donner du salaire tout de suite, tu augmentes ou tu bonifies le régime de
retraite. Mais c'est d'abord et avant tout négocié.
Donc,
quand le comité d'experts dit aux parties : Écoutez, retournez à la table
à dessin, dans le fond, et revoyez l'état de votre régime, et discutez
entre vous de changements à apporter au régime qui pourraient améliorer sa
santé financière, moi, je trouve qu'on est
dans le «mood», là, du régime complémentaire de retraite, qui est le résultat d'unenégociation. Là, les enjeux sont les
suivants, maintenant. Encore faut-il que les parties des deux côtés soient
sensibles àla difficulté du régime
de retraite, tu sais? Ça, c'est la première condition. La deuxième condition, c'est :
qui dit négociationdit, à un moment
donné, résultat en quelque part, puis relativement rapidement, puis dans des
conditions correctes. Alorsdonc, il
faut trouver le moyen de lancer cette opération-là puis que ça se fasse, là,
correctement. Mais moi, je trouve que le rapport D'Amours, il est dedans parce que le régime de retraite, c'est
le résultat d'une négo. Le résultat ne fonctionnepas, retournons discuter entre nous pour l'améliorer
ou le corriger. C'est un peu ça que je vois, moi, dans la proposition du
comité d'experts.
M. Bachand : Merci. Je résumerais ça comme : c'est un appui de principe. Puis
on va écouter les autres groupes, évidemment, patronaux, syndicaux. Mais
il faut aller dans une direction pour encadrer une nouvelle négociation puis
donner des outils pour négocier, c'est ce que je comprends de ce que vous
dites.
Tout
à l'heure, vous disiez qu'évidemment, dans votre travail, mission d'encadrer
les régimes, vous dépendiez du cadre législatif que vous avez, puis c'est
normal. Peut-être, avec la permission de la ministre, on pourrait vous demander : Avez-vous des recommandations à
faire, là — pas
aujourd'hui mais peut-être au mois d'août, parce que çadevrait faire
partie du rapport final de la
commission — sur l'ensemble
des questions, quels pouvoirs additionnels la régie,dans son rôle d'encadrement, de surveillance des
régimes, devrait avoir? C'est pour ça que je dis «avec la permission de laministre», parce que c'est un débat... Quand
on va arriver, si on fait tout ça mais il manque une pièce à la table, la table
va rester chambranlante. Alors, je ne sais pas si c'est quelque chose que vous
pourriez nous fournir plus tard.
M. Jean (Denys) : M. le Président, il y a actuellement, à la Régie des rentes, une
réflexion, effectivement, sur... Bon, c'est sûr que la décision, par
exemple, capitalisation améliorée, solvabilité, capitalisation, ça, c'est une
décision gouvernementale et parlementaire. Mais, au niveau, par exemple, de l'expérience
que les collègues de la régie ont tirée de
toutes ces années où cette loi-là a été appliquée, qu'est-ce qu'on devrait
avoir de plus dans ce cadre législatif là pour assurer un meilleur
résultat? Il y a une réflexion actuellement à la Régie des rentes, et on va
essayer, si vous le souhaitez, de vous transmettre, là, des pistes à quelque
part sur ces aspects-là, là.
M. Bachand : Je disais «avec la permission de la ministre». Là, à la fin de l'été,
peut-être que ça compléterait le rapport s'il y a une piste intéressante
là-dedans.
dernier point, puis je vais laisser la parole à mes collègues. Vous parliez que
vous étiez évidemment en train de faire la révision de l'évaluation
actuarielle. Puis évidemment, à chaque révision actuarielle, les taux de
rendement baissent et puis la longévité
monte, le déséquilibre s'installe. Je ne vous demanderai pas les résultats
parce que vous allezme répondre que
ça va être cet automne. Mais dans quel «range» — excusez l'expression — dans quels paramètres de rendement... La
dernière fois, je pense, vous étiez à 6,4 %, là, pour le rendement annuel
espéré. Vous réfléchissez dansquels
paramètres? Je ne vous demande pas le chiffre précis mais dans quel «ballpark»
actuellement? Parce que ça a bougé beaucoup dans le marché aussi.
M. Villeneuve (Roland) : Vous parlez
Président (M. Dubourg) : M. Villeneuve.
M. Villeneuve
(Roland) : …du placement du fonds RRQ à la Régie des rentes du Québec?
M. Villeneuve (Roland) : Notre dernière politique de placement qu'on a
adoptée... que le conseil d'administration a adoptée au mois de décembre
dernier a une espérance de rendement de 6,7 % pour les années à venir,
mais on la revoit en profondeur à chaque
trois ans puis, à chaque année, si c'est nécessaire, on l'ajuste. Mais on a
diminué, on étaitplutôt à 7 %,
avant. Et l'analyse actuarielle, quand elle va être terminée puis quand les
résultats vont être connus, va nous donner un nouvel alignement, je
pense.
M. Bachand :
Merci. Je vais laisser l'espace à mon collègue.
Le Président (M.
Dubourg) : Bien, il ne reste que 30 secondes. Je pense qu'on
va...
M. Bolduc
(Mégantic) : Une petite question pointue, rapidement.
Le Président (M.
Dubourg) : Allez-y. Le député de Mégantic. Allez-y. Rapidement, s'il
vous plaît.
M. Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. Est-ce qu'on pourrait avoir une
idée de pourquoi les frais d'investissement
au Québec et au Canada sont si élevés par rapport au reste du monde? On parle
des frais d'investissementdans les
fonds de retraite d'au-dessus de 2 %, ce qui est très, très élevé, comparé
à d'autres pays du monde. Est-ce qu'on a une idée de pourquoi c'est comme ça?
Puis est-ce qu'on devrait travailler sur ça puisque vous avec mentionné que c'était
un cas très important?
Le Président (M.
Dubourg) : M. Villeneuve.
M. Villeneuve (Roland) : Je pense qu'une des raisons c'est les frais de...
les courtiers, là, qui viennent à la maison,là, il faut payer ça. Donc, il y a beaucoup d'intermédiaires dans la
chaîne, O.K., ce qui fait que le modèle semble être unpeu différent dans les autres provinces au Canada.
Mais ça, c'est un élément qui... Je ne mets pas la faute sur les courtiers,là, mais il y a des intermédiaires qui font
qu'en bout de ligne, là… Puis il y a probablement d'autres éléments
comme : sion garde un client
pendant longtemps, on met un petit montant chaque année, là... Je vous donne
des exemples de mémoire,là, parce
que ce n'est pas tellement notre secteur, mais il y a des éléments comme ça,
oui, qui rentrent en ligne de compte.
Le Président (M. Dubourg) : Merci, M. Villeneuve. Donc, nous allons donc
passer à un troisième bloc avec le député de la deuxième opposition, et
je reconnais le député de Lévis.
M. Dubé :
Merci. Alors, je vais aller rapidement, M. le Président, pour poser mes
questions à la Régie des rentes.Une
des recommandations qui est poussée fortement par le comité D'Amours, c'est la
rente de longévité. Et j'ai entenduplusieurs
fois que leur approche, c'est de dire : Bien, écoutez, lorsque le Fonds de
solidarité poussait l'augmentation de la Régie des rentes pour faire
passer...
regarde votre acétate à la page 5, où on dit que ce deuxième étage là comble de
12 % à 25 % en fonction dusalaire.
On voulait le faire monter à 30 %, 40 %, ce qui avait des
conséquences importantes sur la cotisation des gens et del'employeur. Là, on dit : Bien, cette
approche-là, elle est moins pire, mais on la pousse beaucoup parce qu'on
dit : Ça, c'est le minimum.
voudrais avoir votre opinion là-dessus. Parce qu'on parle quand même de contributions
qui viennent s'ajouteraux 10 %
actuels, on parle de 3 %. Ça a été quantifié dans le document que c'était
2 milliards par année que ça coûtait àl'employeur. Quelle est votre perception? Est-ce que c'est vrai, selon
vous, comme aviseurs, que c'est le minimum qu'on doit faire, c'est-à-dire
aller à cette cotisation-là de rente de longévité?
M. Jean (Denys) : Bien, M. le Président, la rente longévité, prise comme ça, là, elle a
quand même des avantagesindéniables,
dans le sens que d'abord, premièrement, elle est pleinement capitalisée, alors
là vous évitez tous les enjeuxintergénérationnels.
Ensuite, elle intervient à un moment important, là, dans la retraite de quelqu'un,
75 ans. Vous savez, quand on prend notre retraite, le plus difficile à
prévoir, c'est l'âge où… — excusez,
là — l'âge
où on décède. Alors donc, elle vient un peu
intervenir à un bon moment. Par ailleurs, vous avez raison d'évoquer, M. le
député... M. le Président, le député a raison d'évoquer que ça constitue quand
même une charge à l'entreprise et au personnel, là, qui va être imposée
par rapport à tout ce qui existe déjà. Mais il reste tout de même que c'est un
avantage, c'est un avantage à la retraite.
M. Dubé :
Est-ce que vous croyez que c'est un minimum? C'est ça, ma question.
M. Jean (Denys) : Est-ce que c'est un minimum? Est-ce que ça pourrait être mieux? Je
pense qu'on est pas mal dans le minimum, là.
Dubé : …votre recommandation
et... Ma deuxième question porte sur… Et je sais que c'est une question délicate,mais on va avoir la chance de la poser à
plusieurs personnes. Je reviens à votre graphique à la page 20. Puis, dans ça,
vousexpliquez qu'il y a eu beaucoup
de confusion sur la portée exacte du rapport D'Amours. Parce que, dans le
rapport D'Amours, à la page 91, si on prend le tableau 8, on dit bien qu'il y a
37 milliards au 31 décembre 2011 — qui
estl'équivalent de votre 40, là, on
le voit bien dans votre tableau — mais
que ça considère les secteurs privés, c'est-à-direles entreprises privées qui ont des régimes d'épargne-retraite…
qui ont des régimes de prestations déterminées, et l'autre18 milliards vient des universités et des
municipalités. Vous, vous êtes... ce qui est important, c'est que je veux que
tout lemonde comprenne bien que ce
premier 40 milliards là que vous mettez ici ne comprend pas les CARRA de
ce monde, quiest le déficit d'un
autre 40 milliards qui est dans les états financiers du gouvernement. Vous
êtes bien d'accord avec ça?
M. Jean
(Denys) : M. le Président,
le député a raison. On parle ici des régimes sous surveillance de la Régie desrentes, et ça exclut les régimes de retraite
gérés par la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances.
Dubé : Très bien. Alors, je
veux juste qu'on comprenne bien que là ce n'est pas de 40 milliards, la problématique qu'on parle, mais c'est bien de
80 milliards avant d'ajuster le taux de capitalisation dont M. le député
parlait tout à l'heure. Ça fait qu'on parle peut-être de 90 milliards
dans des chiffres…
M. Jean
(Denys) : Ça, je ne sais
pas. C'est... calcul à faire. Je ne pense pas qu'on est rendus là, là, M. le
député, là; on va vite un peu…
M. Dubé : Mais la question pour
laquelle...
Le Président (M. Dubourg) : Excusez,
excusez. Question de règlement, madame? Oui, allez-y.
Maltais : Oui, M. le
Président. Avant de faire dire quelque chose à la régie, il faudrait être
prudent. La régieest là pour parler
ici de l'état des régimes des rentes de la Régie des rentes du Québec. On aura
la CARRA. Avant de faire dire à la régie qu'on est rendus à
90 milliards de dollars… Ce n'était pas la règle du jeu qu'on s'était
donnée.
M. Dubé : …c'est quoi, la règle du
jeu. Est-ce que je peux continuer, M. le Président?
Le Président (M. Dubourg) : M. le
député de Lévis, continuez, toujours sur la...
Dubé : Alors, ce que je veux
bien comprendre, ce que je veux bien comprendre pour que les gens comprennentbien, puis, si vous me dites que je suis
dans l'erreur, vous me le direz, mais il y a une question qui a été posée, puis
on lareposera… — je
veux avoir votre perception — posée
aux gens du comité D'Amours : Est-ce que les recommandationsqui sont ici ne sont que pour les municipalités
ou, par exemple, les universités et incluant les autres personnes, les autresorganismes qui ont des régimes à prestations
déterminées ou ça s'applique à l'ensemble de la fonction publique, selon vous?
M. Jean
(Denys) : M. le Président,
le mandat du comité d'experts portait sur des régimes complémentaires de
retraite sous surveillance de la Régie des rentes du Québec. Dans cette
matière...
M. Dubé : Est-ce que ça veut dire
que vous n'avez aucune surveillance sur la CARRA, par exemple?
M. Jean
(Denys) : Non. Nous avons...
Nous, nous surveillons les régimes complémentaires de retraite du privé,des entreprises privées, des municipalités,
des universités, des CPE, des ambulanciers. Et je pense que... La CARRA, c'estune vingtaine de régimes de retraite. Ce
sont des régimes de retraite qui sont institués par loi de l'Assemblée
nationale, etnous ne surveillons
pas, nous… nous n'avons pas le mandat de surveiller ces régimes de retraite là.
Et, quand on a mis enplace ce comité
d'experts, son mandat portait sur le champ d'intervention, si vous voulez, de
la Régie des rentes, donc ça excluait tous les régimes de la CARRA.
M. Dubé : Est-ce qu'il me reste un
peu de temps, M. le Président?
Le Président (M. Dubourg) : En trois
minutes.
Dubé : Très bien. Le
troisième volet porte sur la capitalisation de la Régie des rentes. Avec les
différentes augmentations qui ont été faites au cours des dernières
années, puis là on dit qu'il va y en avoir encore, vous en avez parlé tout à l'heure — là je ne suis pas capable rapidement d'aller
à votre acétate — est-ce
qu'il est impossible, possiblequ'un
jour la Régie des rentes, pour la fonction actuelle, là, je ne parle pas de la
rente de longévité dont on parlait tantôt,qui serait administrée par vous, est-ce qu'il serait possible que ça
devienne capitalisé complètement, c'est-à-dire pour qu'aumoins il n'y ait pas d'écart intergénérationnel
pour les gens qui y cotisent? Là, on est loin de comment… de cet objectif-là?
Le Président (M. Dubourg) :
M. Jean.
Jean (Denys) : Bien, vous
savez, M. le Président, tout est possible dans la vie. On va sur la lune. Sauf
que c'est en…
M. Dubé : Non,
mais ce que je veux dire, avec... Je recommence ma question.
M. Jean (Denys) : Méchante question,
M. le député, que vous posez, là.
Dubé : Non, mais je vais
vous la poser autrement : Avec les cotisations que vous supposez, on va
être capitalisé à quelle hauteur?
M. Jean
(Denys) : Bon, actuellement,
là, le Régime des rentes du Québec, M. le Président, est capitalisé autour de15 % à 20 %. O.K.? Et n'oubliez
pas, M. le député, qu'on cotise, oui, puis on met des... mais il y a aussi des
sorties, hein?
M. Dubé : C'est pour ça que...
M. Jean
(Denys) : Bon, l'an passé,
on a cotisé... En 2012, on a cotisé 11,9 milliards puis on a versé
11 milliards. Et donc il faut, à
un moment donné, que ça, ça... Tu sais? Alors donc, actuellement, on est
capitalisés à peu près entre 15 % et 20 % — c'est
ça, Georges? — …
M. Langis (Georges) : Oui.
M. Jean
(Denys) : …15 % et
20 %, et on devrait normalement rester là-dedans. Ce qui est important, je
pense,dans le Régime des rentes du
Québec, c'est de s'assurer une réserve suffisante pour répondre à l'évolution
de la démographieparce que, je vous
l'ai dit tout à l'heure, là, le nombre de cotisants par rapport aux
bénéficiaires se réduit. Il faut toujoursavoir en réserve ce qu'il faut pour verser les prestations, et les
études actuarielles nous permettent d'y parvenir. Si mamémoire est fidèle, et l'actuaire en chef qui est
en arrière de moi pourra me brasser si je me trompe, mais je sais que, si mamémoire est fidèle, l'évaluation actuarielle
de 2009 nous portait jusqu'à 2060 avec une réserve d'à peu près 3… l'équivalentde 3,5 fois les sorties annuelles. Et, avec
une réserve comme ça, on est en sécurité pour plusieurs années. Là, on est en
train de faire le point puis on va venir dire au gouvernement puis à la
population...
M. Jean
(Denys) : À 2018, on est là.
Et, si on veut se projeter encore plus loin dans le temps, on devrait poser
tel, tel geste. C'est ça qu'on fait. C'est comme ça qu'on le gère, le Régime
des rentes.
M. Dubé : Il ne me reste pas de
temps?
Le Président (M. Dubourg) : Non,
malheureusement, M. le député de Lévis, c'est terminé.
M. Dubé : ...j'y reviendrai.
M. Jean (Denys) : À propos de?
Président (M. Dubourg) : M.
le député de Lévis, voilà, c'est terminé pour ce bloc-ci. Nous allons donc
passer, pour un bloc de huit minutes, avec le député de Mercier.
M. Khadir : Huit minutes? Wow! J'ai rarement eu ça.
Le Président (M. Dubourg) : Oui. Je
suis généreux, hein?
Khadir : Alors,
M. Jean, M. Villeneuve. D'abord, je remarque... Enfin, pour
comprendre… Parce que c'estsûr que,
si moi, le médecin, qui n'est pas, comme un physicien, là, habitué aux calculs
stochastiques des risques, qui sontpeut-être
un peu plus difficiles à saisir, j'essaie de comprendre les problèmes vécus par
nos régimes de retraite conçuscomme
une maison à trois étages… Ce qu'on constate, c'est qu'actuellement à peu près
30 %, hein, si je me fie à votrerapport, 30 %
de la population n'ont simplement pas de troisième étage. Donc, il y a juste
deux étages. Si les deux étages ne sont pas bien dotés, bien solides et
il n'y a pas de troisième étage pour offrir un toit, bien là il y a des
problèmes.
Ensuite on
sait que, même le troisième étage, bien, il y a des problèmes importants, là.
Les régimes complémentairesà
prestations déterminées, qui couvrent à peu près 80 %, je pense, des
cotisants présentent un certain nombre de problèmes.On peut dire, pour prendre l'analogie, là, il y a
des bardeaux qui tombent, ça pourrait bientôt couler, ne pas être capable de
bien protéger les épargnants.
De l'autre côté, ce que je vois, quand je
regarde votre tableau à la page 8, dans la première section, c'est que globalement la performance des outils collectifs
est beaucoup plus grande, est supérieure à l'épargne individuelle, les REER,les FERR, et tout ça, là. Et, quand je
regarde les caisses de retraite collectives, je vois… si je prends cette
moyenne de 6 %puis je vais à la
page 11 de la deuxième section, où vous parlez de vos propres rendements, le
taux... à la page 10, plutôt, le taux de rendement du fonds de RRQ est à
9 %, donc 50 % supérieur même à la moyenne des autres.
Donc là, il me vient une
idée. Si on a un problème au troisième étage, que les régimes complémentaires
ont besoin d'oxygène, ont besoin qu'on
trouve des solutions pour leur donner un peu de marge de manoeuvre pour
soulagerles entreprises, garantir
une meilleure protection, une meilleure solvabilité aux travailleurs, c'est
peut-être qu'il faut renforcer le premier et le deuxième étage. Alors, c'est
là ma première question.
Parce que,
dans le rapport D'Amours, pour des raisons qui m'échappent, disons que la
solution «renforcementdu premier
étage», donc des régimes obligatoires, le deuxième étage, offert par le
gouvernement du Québec, a été un peuécarté
ou on n'en parle pas beaucoup. On n'insiste pas sur la possibilité de pouvoir
améliorer notre deuxième étage. Or,il
y a des gens dans la société civile — la
Fédération des travailleurs du Québec, la Fédération des femmes du Québec — quiproposent de bonifier le Régime des rentes
du Québec. D'ailleurs, le gouvernement du Parti québécois, actuellement, la
première ministre elle-même, en cours de campagne électorale, prenait l'engagement
de l'améliorer.
Alors, je
table sur cette volonté puis sur votre réponse pour dire : Qu'est-ce que
vous pensez de cet aspect deschoses?
Par exemple, un régime des... un renforcement du RRQ, mais entièrement
capitalisé, comme le propose la FTQ, c'est-à-dire qu'un nouveau volet
capitalisé à 100 % qui viendrait à maturité au bout d'à peu près 40 ans,
avec l'idée d'assurer un taux de
remplacement du revenu pour le faire… du revenu, là, du travailleur ou du
salarié moyen, de 25 % à 50 %dans le temps. Avec les avantages que vous avez montrés dans les frais
de gestion, qui sont plus faibles, dans les taux de rendement, qui sont
plus élevés, il me semble que ça donnerait de l'oxygène ensuite aux régimes
privés, aux régimes complémentaires pour
pouvoir mieux s'ajuster, ne pas avoir à assumer les mêmes responsabilités de
couverture. Donc, ça, c'est ma première question.
La deuxième
question : Comment vous expliquez… Ça, c'est très technique. Vous disiez,
à la page... — je m'excuse — à
la page 16 de votre présentation, que la Suède, dont l'âge officiel de la
retraite est à 65 ans, l'âge effectif se trouve à peu près au même niveau. Est-ce qu'il y a une explication
structurelle dans la protection offerte dans le soutiend'emploi? Quelle est la raison, si vous l'avez
étudiée, qui explique cette adéquation qui fait en sorte qu'on ne serait pas
obligés d'augmenter l'âge officiel de la retraite?
M. Jean
(Denys) : M. le Président,
sur la Suède, je pense qu'on n'a pas la réponse, mais on pourra peut-être
vérifier. On l'a-tu, la réponse?
M. Jean (Denys) : Oui, on va
vérifier, M. le député, puis, quand on aura la réponse, on vous la transmettra.
Sur la
question de... Bon, écoutez, c'est un débat, hein? Bon. Moi, j'ai pris la
peine, en partant ma présentation, de vous présenter le régime dans ses
trois étages parce que c'est un régime qui a quand même une relative... il y a
un équilibre, hein? Il y a du public, il y a
du privé, il y a du privé individuel, il y a du privé collectif. Et les études
qu'on regarde à l'international nous disent que cet équilibre-là permet
d'assurer une relative performance.
Là, quand on
dit maintenant : Est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de prendre le deuxième
étage puis de le monterà… de le
rapprocher, dans le fond, du troisième étage davantage?, c'est comme je disais
tantôt au député de Lévis, M. lePrésident,
tout est possible, la question est de savoir quels sont les conséquences et les
impacts de ce genre d'approche. Etça,
c'est à mesurer et c'est à discuter. Parce que les gens que vous évoquez, M. le
député, vont venir ici expliquer pourquoi eux envisagent que. Bon.
Par ailleurs,
il y a des échanges au niveau canadien, hein, sur à peu près la même chose
dans... la même approche,c'est-à-dire,
par exemple, que le Régime des rentes du Québec et le Régime de pensions du
Canada couvrent davantagede
couverture, peut-être pas autant que celle qui est proposée actuellement, et
est-ce qu'on fait varier, par exemple, le niveaude prestations, est-ce qu'on fait avancer le maximum des gains
admissibles. C'est toutes des hypothèses de travail qui sont
actuellement discutées.
Le dernier
commentaire que je vous ferai, c'est : moi, je pense qu'il est possible d'assimiler... puis
les collèguesd'ici me contrediront,
puis ça, ça ne me dérangera pas une minute, mais il est possible d'assimiler la
proposition de rentelongévité du
comité d'experts à un deuxième étage amélioré, hein, avec une approche un peu
différente. Parce qu'il y a desparticularités.
Mais je pense que ça fait
partie d'un deuxième étage amélioré. C'est une façon
d'améliorer le deuxième étage, la rente longévité.
Khadir : En fait, dans ma
question, c'était sous-entendu. Une des propositions-phares du rapport D'Amours,
c'est la rente longévité, et la rente longévité repose sur les mêmes arguments
que je vous invoque pour justifier une amélioration du Régime des rentes du
Québec. Donc, partant de la même logique, je me dis : Bien, peut-être, on
pourrait mieux renforcer le deuxième étage. Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas d'épargne
privée individuelle et collective, mais ça veut dire que, compte tenu de la
difficulté à attirer les gens à épargner individuellement, pour différentes
raisons...
On est quand même dans une logique de société de
consommation à brève échéance où il faut satisfaire ses besoins. Il n'y a rien
dans l'espace à l'extérieur de nous et de notre réflexion qui encourage les
gens à l'épargne, tout au contraire. Tout, dans l'économie, encourage à la
consommation immédiate. Donc, dans ce contexte-là, peut-être qu'il faut prendre
d'autres outils pour essayer d'équilibrer, beaucoup plus qu'avant. Il y a
50 ans, les générations qui nous ont précédées avaient plus tendance à
épargner, étant donné les expériences passées. Aujourd'hui, le paradigme
ambiant dans l'économie, c'est que vous avez un revenu, vous le dépensez tout
de suite, c'est ça qui fait rouler l'économie. Qu'est-ce que disait
M. Bush, d'ailleurs? Allez consommer. C'est ça qu'il faut... Donc, il n'y
a pas de place à l'épargne individuelle beaucoup dans notre société.
Président (M. Dubourg) :
Merci. Merci, M. le député de Mercier. M. Jean, peut-être une courte
réaction en cinq secondes, parce que le temps s'est écoulé pour ce
bloc-ci.
M. Jean
(Denys) : Bien, j'insisterai
sur le fait que la proposition D'Amours, c'est une amélioration du deuxième
étage, c'est une façon de voir les choses. Elle a des caractéristiques, elle
cible des besoins bien précis que d'autres
propositions ne ciblent pas ou ciblent différemment. Et le débat est ouvert,
là. Le débat est ouvert. Et la limite,c'est
la capacité de la société à se payer ce genre de système. C'est là qu'on arrive
à se poser des questions, là. Mais c'est une idée intéressante.
Président (M. Dubourg) :
Merci. Merci, M. Jean, merci beaucoup. Donc, je reviens à la députée de
Taschereau et ministre pour un autre bloc.
Maltais : Merci. Ainsi qu'avec
mes collègues parlementaires, je viens d'écouter les échanges de l'opposition.Je remercie le président et le
vice-président de la Régie des rentes de nous apporter leurs lumières dans un
contexte pas facile parce qu'évidemment je vois déjà qu'il y a des
collègues qui ont tendance à reprendre un rôle parfois un peu plus… — je le soumets respectueusement — un peu plus partisan. Mais rappelons-nous qu'on
a demandé… que la Régiedes rentes du
Québec est ici pour nous éclairer sur l'état de situation des régimes privés du
Québec. Et c'est important derespecter
qu'ils ont... On a demandé qu'ils viennent dans cet esprit non pas de nous
donner une opinion… que nous devonsnous-mêmes
nous faire. Ils pourront peut-être, dans l'avenir, passer par rapport à ce qu'ils
nous ont dit, mais bien de nousdonner
une opinion sur l'état du régime privé. Puis on va avoir M. D'Amours tout
à l'heure pour pouvoir répondre à leurs choses.
Le Président (M. Dubourg) :
Excusez-moi, madame. Question de règlement, M. le député de Lévis.
M. Dubé : ...la ministre, que je
respecte beaucoup, me vise, la question que j'ai posée, c'était sur les faits
de confirmer les chiffres, je ne pense pas qu'il
n'y avait rien de partisan. Je ne pense pas que c'est moi que vous visiez, mais
je veux juste le clarifier. Merci beaucoup.
Le Président (M. Dubourg) : D'accord,
ça va. Merci. Et je vous rappelle que nous allons aussi entendre la CARRA
après. Mme la ministre, à vous.
Maltais : Oui, M. le
Président. C'est parce que je voulais juste... Le rapport D'Amours en aucun cas
netraite des régimes publics, et il
le dit lui-même dans le rapport, qu'il ne traite pas des régimes publics. C'est
pourquoi, à lademande de la CAQ,
nous avons apprécié d'avoir la CARRA, et on va pouvoir leur poser toutes les
questions à la CARRA, précisément.
Maintenant,
M. le président de la Régie des rentes, j'aimerais beaucoup vous poser des
questions sur les failles,les
failles du système. M. D'Amours critique assez sévèrement les régimes à
prestations déterminées, en disant : Il y a desfailles dans le système. En fait, il dit : C'est
le meilleur modèle… En ce sens-là, il les encense, il dit : C'est le
meilleurmodèle pour les retraités,
mais ils ont des failles majeures qu'il faut corriger. Le député de Verdun en a
soulevé quelques-unes tout à l'heure, ce qu'on peut appeler les failles
3 et 4, là, qui étaient les...
Je vais
chercher les failles du système, page 53, c'étaient les promesses trop
coûteuses ainsi que la sous-évaluationdes
engagements du régime, mais il y a aussi les... spécifiquement sur... Il y a
aussi l'asymétrie entre la prise de risque etle bénéfice de la prise de risque, c'est en page 57 du rapport D'Amours.
Il nous explique le problème en disant que «lorsqu'unexcédent d'actif apparaît dans un régime, la
pratique consiste à partager l'excédent entre l'employeur, les participants
et les bénéficiaires. Par contre, en cas de
déficit, seul l'employeur en assume les conséquences financières.» Mais ils
disent, plus loin, aussi que «pour les employeurs[...], il n'y a aucun
intérêt à constituer des coussins de sécurité, alors qu'ils n'auront que peu de
chances de récupérer d'éventuels excédents». J'aimerais ça que vous nous
expliquiez un peu cette mécanique, qui est une faille des régimes à prestations
déterminées qu'il faudra peut-être, à un moment donné, regarder.
Le Président (M. Dubourg) :
M. Villeneuve.
Villeneuve (Roland) : Oui.
La responsabilité des déficits, d'abord, est inscrite dans la loi, «responsable
dusolde du coût», là, un genre de
phrase comme ça. Elle est bien inscrite là. Et, par négociation, peut-être, à l'occasion,
onpeut aller chercher un peu plus de
cotisations salariales qui vont compenser, mais la règle d'or, là, c'est :
la responsabilité de déficit appartient à l'employeur.
Du côté des
surplus, quand on a des surplus, l'utilisation des surplus, c'est aux parties à
s'entendre là-dessus. Donc,il y a une espèce… Parce qu'il y a des congés de
cotisation, on l'a évoqué tout à l'heure, il y a des congés de cotisation
qui se sont pris dans le passé. Alors, il faut que les parties s'entendent.
Bon, est-ce que...
Moi, ce que j'en
sais, c'est, dans le passé, mettons, avant les années... je ne sais pas, avant
les années 2000, c'étaitquand
même assez équilibré, la répartition des surplus. Depuis ce temps, bien,
peut-être que ça s'est modifié un petit peu,mais il faut dire très objectivement qu'est apparue la question de la
confirmation du congé de cotisation en regard desretraités aussi, la possibilité de se faire congé,
puis est apparu aussi le principe d'équité, à savoir que, quand il y a des
congés de
cotisation, il faut consulter les retraités. Le processus est devenu un peu
plus lourd dans ce sens-là. Donc, l'employeur,de ce point de vue là — la
lourdeur puis les esprits de négociation — peut dire que maintenant le discours, c'est :
J'ai responsabilité des déficits, mais je partage — ce
qui est une réalité aussi — je
partage les surplus.
Mais je pense
que la notion fondamentale, là-dedans, c'est : Qui prend le risque? Vous
savez, en bourse, là, onprend du
risque, on prend la chance de gagner en même temps. Si on ne prend pas de
risque, on court la chance de ne pas gagner beaucoup. Alors, c'est un
petit peu cette notion-là, là. Comme je prends le risque au niveau des
déficits, bien permettez-moi d'avoir la chance de ramasser les surplus.
Maltais : Il y a une
question complémentaire, M. le président, c'est… Beaucoup de gens disent...
mettent la faute sur le fait qu'il y a eu justement des congés de
cotisation dans le passé. S'il n'y avait pas eu de congés de cotisation — j'ai déjà posé la question, j'aimerais ça
que vous répétiez la réponse à tous les parlementaires — s'il n'y avaitpas eu de congés de cotisation dans le passé,
est-ce que nos régimes seraient déficitaires encore? Est-ce que ça aurait été
suffisant pour rétablir la santé des régimes à prestations déterminées?
Villeneuve (Roland) : Non
parce que, écoutez, la chute… les déficits, là, avant tout, la première raison,
c'est les taux d'intérêt qui ont
descendu de 15 % à 2 %, à 3 % aujourd'hui. C'est la première
raison. Évidemment, s'il n'y avait paseu
de congés de cotisation et pas d'amélioration, il y aurait un petit peu d'argent,
mais on serait dans la même problématique, je pense.
Le Président (M. Dubourg) : Merci.
Donc, je passe donc la parole au député de Dubuc... Non, non, non.
Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
M. Chapadeau, oui, à vous la parole. Je vous en prie.
M. Chapadeau : Merci, M. le
Président. Il n'y a pas de faute. Merci, M. le président. D'abord, merci pour
la présentation que vous avez faite, les réponses qui sont claires. Moi, j'aimerais
vous entendre — ça
va être une courte question — j'aimerais vous entendre sur la situation
financière, là, de la Régie des rentes du Québec au 31 décembre 2012,bien de la situation financière de la Régie
des rentes au 31 décembre 2012 et comment la loi qui a été adoptée en
2011, là, sur l'augmentation des cotisations a affecté la Régie des
rentes... la situation financière.
Le Président (M. Dubourg) : Oui,
M. Jean.
M. Jean
(Denys) : M. le Président,
la situation financière... Le député s'intéresse sans doute à l'état du Régime
des rentes, là. Écoutez, on a eu des rendements, je pense que c'est
10,5 %, là, en 2012 — c'est
ça, Georges? — …
M. Jean (Denys) : …10,5 % de
rendement, là, de nos sommes investies à la Caisse de dépôt. La réserve est maintenant... je pense que c'est trois fois les
sorties de fonds, si ma mémoire est fidèle. Je vais chercher mes chiffres pourne pas vous induire en erreur, là. Écoutez,
donc, 2012, un taux de cotisation de 10,05 % O.K., il était, en 2011, à
9,9 %,donc plus 0,15. On a des
cotisations de... on a perçu des cotisations de
11 874 000 000 $, on a des revenus de placementde 3 662 000 000 $, pour un
total de 15 536 000 000 $. On a sorti des prestations de
11 181 000 000 $, et, au 31 décembre 2012, la
réserve de la Régie des rentes à la Caisse de dépôt et placement du Québec
était de 39 480 000 000 $, et ça équivalait à 3,3 fois les sorties annuelles de l'année. Donc, c'est la
situation financière, là, du Régime des rentes du Québec au
31 décembre 2012. Est-ce que, M. le Président, je réponds à la question du
député?
Le Président (M. Dubourg) : M. le
député, ça répond? Ça va?
M. Chapadeau : Oui, absolument.
Merci.
Le Président (M. Dubourg) : Merci.
Alors, la parole au député de Sanguinet.
Therrien : Merci, M. le
Président. Écoutez, j'aurais une question vraiment, là, de projection, là. Moi,
je suisen économie, donc les
économistes font beaucoup de projections, là. Je ne sais pas à quel point vous
en faites dans votreboulot, là,
mais… Par rapport aux études actuarielles, là, quand on parle... Je regarde à
la page 16, là… M. le député deMercier
parlait tantôt de la Suède, puis on parle aussi du Japon. C'est sûr que ça a un
impact sur le Régime des rentes duQuébec,
là, la date de départ à la retraite. Il y aurait... On s'aperçoit qu'on part
plus tôt que dans plusieurs pays. Puis il y aune question de culture, là-dedans. Quand on était jeunes, là, c'était
liberté 55, et ainsi de suite, là. Il y en a qui rêventencore à ça, là. Mais, avec la pénurie de main-d'oeuvre
qu'on commence à noter au Québec, avec la qualité des travailleursde 55 ans et plus, avec le fait aussi que,
quand tu as une pénurie de main-d'oeuvre, c'est là que la demande... le salaire
va augmenter pour ces gens-là, donc il y aura une rétention économique de
ces gens-là, qui vont demeurer davantage au travail.
Est-ce que
vos actuaires ont fait une projection par rapport à ça, dire, mettons : À
partir de l'état du marché dutravail,
est-ce que l'âge de la retraite va venir plus tardivement, puis ça viendrait un
peu alléger la pression? Je ne sais pas, je m'informe, là. Est-ce que
vous avez fait cette analyse-là et quelles en seraient vos projections par
rapport à ça?
M. Jean (Denys) : Bien, M. le Président, d'abord rassurer le député
sur le fait qu'il y a au moins trois économistes, il y en a...
M. Therrien :
C'est pour ça que vous avez l'air brillant, là, je me disais : Ça doit
être un économiste.
Le Président (M.
Dubourg) : ...allez-y, M. Jean, je vous en prie.
M. Jean
(Denys) : Je sais, par ailleurs, que, dans l'évaluation actuarielle
qui est actuellement en cours de développement
sur l'état du Régime de rentes du Québec au 31 décembre, il y a des
hypothèses de travail qui sont faites là-dessus, hein, Georges?
M. Langis
(Georges) : Oui.
M. Jean
(Denys) : Bon. Veux-tu venir nous en dire un petit peu plus?
M. Langis
(Georges) : Oui. Bien, la...
M. Jean
(Denys) : Viens t'asseoir. Viens t'asseoir ici.
Le Président (M.
Dubourg) : Oui, donc on va demander… Est-ce qu'il peut se présenter?
M. Jean
(Denys) : M. le Président...
Le Président (M.
Dubourg) : Je présume que c'est l'actuaire en chef?
M. Jean (Denys) :
Oui, l'actuaire en chef de la Régie des rentes, M. Langis.
Le Président (M. Dubourg) : Oui. Alors, prenez place et identifiez-vous, s'il
vous plaît. Est-ce qu'il y a consentement pour écouter... Bon. D'accord.
Alors, allez-y, monsieur.
M. Langis
(Georges) : D'accord. Georges Langis...
M. Therrien :
...donc, j'aimerais qu'il y ait moins de bruit un peu, là. Merci.
M. Langis (Georges) : Georges Langis, actuaire en chef du Régime de rentes du Québec. Je ne
sais pas si vousallez savourer mes
paroles. Mais effectivement on tient compte de ce que le... de l'augmentation
de... Il y a comme uneaugmentation d'activité
économique aux âges avancés, donc, dans l'analyse actuarielle, on en tient
compte. Par rapport… et aussi, on remarque, depuis peut-être
une dizaine d'années, que, la demande de prise de retraite du Régime de rentes,
O.K., l'âge augmente tranquillement, donc on en tient compte. On tient compte
que c'est un phénomène qui va continuer dans l'analyse du Régime de rentes. C'est bien sûr que c'est une analyse
aussi qui montre des tendances à long terme. On ne peut pas prédire le futur, mais on tient compte de ces
phénomènes-là qui s'installent graduellement sur le marché du travail.
M. Therrien : L'impact sur les régimes de retraite, j'imagine que ça va être assez
sensible, là, on va comme avoir...Surtout
au niveau des régimes de la RRQ, là, ça va être comme évident que ça va vous
alléger un peu le fardeau, là, des paiements, là, j'imagine.
M. Langis (Georges) : Si les gens décident de prendre leur retraite un peu plus tardivement,
au niveau, mettons,du Régime de
rentes du Québec, c'est l'opposé qui va arriver parce qu'on est en situation qu'à
l'âge de 60, on a... on val'appeler
une pénalité. Donc, si on a pénalité, ça veut dire que c'est désavantageux pour
l'individu de prendre sa retraite à 60 ans.
Si c'est désavantageux pour l'individu, c'est avantageux pour le Régime de
rentes. Si les gens tassent la prise de retraite un petit peu, bien ce
sont des pressions financières qui s'installent au niveau du Régime de rentes.
Le Président (M.
Dubourg) : Voilà.
M. Therrien :
Ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle.
M. Langis (Georges) : C'est une bonne nouvelle. Il faut regarder aussi l'élément de société
là-dedans. Je veux dire, au niveau des taxes, au niveau, bon, de toutes les
rentrées fiscales, ces choses-là, on ne peut pas dire que c'est une
mauvaise nouvelle, c'est une très bonne nouvelle.
niveau du Régime de rentes, c'est différent un peu. Je veux dire, le
comportement est différent, l'impact estdifférent. Le Régime de rentes du Québec n'est pas l'économie du Québec
aussi, c'est un régime... Donc, si on incite les gens à partir plus tard, bien,
je veux dire, en les pénalisant là, s'ils partent plus tard, ils seront moins
pénalisés, donc c'est l'impact que ça donne sur le Régime de rentes.
M. Therrien : Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M. Dubourg) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Taschereau, allez-y.
Maltais : Ministre, merci.
Justement, le rapport D'Amours nous parle un peu des régimes de retraite desmunicipalités. Est-ce qu'il existe encore,
dans les régimes de retraite au Québec, y compris les municipalités, des
régimesoù, comme il le dit, on offre
des bénéfices de retraite anticipée subventionnée aux participants âgés de
moins de 55 ans?Est-ce qu'il y
a encore véritablement, au Québec, des régimes de retraite qui sont... qui
donnent des bénéfices aux gensqui
partent avant 55 ans? Et est-ce qu'il y en a beaucoup? Quels types de
régimes offrent ça? Et puis est-ce qu'on a des... Est-ce qu'on a essayé
de travailler... Est-ce qu'on travaille sur des solutions?
Villeneuve (Roland) : Bien,
ce sont les régimes à prestations déterminées qui offrent ça. Oui, il y en a.
Il y en a.C'est surtout la grande
entreprise, hein, qui a les régimes à prestations déterminées. Donc, c'est des
conditions qui sontnégociées entre
les parties. Et effectivement, oui, il y en a. Je n'ai pas de statistiques en tête,
à moins que... On n'en a pas.
Villeneuve (Roland) : O.K.
Il y en a aussi du côté des policiers puis des pompiers. Je n'ai pas de
statistiques.
Maltais : ...policiers et
pompiers sont dans les régimes de retraite où il y a des bénéfices à prendre sa
retraite avant l'âge de 55 ans.
Villeneuve (Roland) : Mais,
du côté des pompiers, je crois savoir — je ne suis pas un spécialiste — que le travail y est pour quelque
chose aussi, la nature du travail.
Mme Maltais : ...la nature du
travail, mais, quand même, retraite à 55 ans.
M. Villeneuve (Roland) :
Probablement les policiers aussi.
Le Président (M. Dubourg) : Merci.
Il y a le député de Sanguinet. Allez-y, rapidement. Oui, allez-y.
Therrien : Oui. O.K. Merci.
La rente longévité, d'après le rapport D'Amours, là, va être munie d'une
cotisation,évidemment, pour payer la
rente longévité. Cette rente-là va permettre aux prestations déterminées de
survivre, en tout cas de davantage capitaliser leurs fonds, là. C'est ce
qu'on a vu également... Je ne me trompe pas, là, en disant ça, là?
M. Villeneuve (Roland) : La rente va
être capitalisée. La rente longévité est...
Therrien : Oui, oui. Cette
rente-là est capitalisée, mais l