Health and Social Services — 11 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-02-11
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version finale
Retour à la liste des séances du Journal des débats
40 e législature, 1 re session
(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)
Le lundi 11 février 2013 - Vol. 43 N° 6
Ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Table des matières
Services sociaux
Remarques préliminaires
Véronique Hivon
Stéphanie Vallée
Discussion générale
Adoption des crédits
Documents déposés
Autres intervenants
M. Lawrence S. Bergman, président
Mme Sylvie Roy
Mme Diane Gadoury-Hamelin
Mme Denise Beaudoin
M. Sylvain Roy
Mme Suzanne Proulx
* Mme Sylvie Tremblay, Office des personnes
handicapées du Québec
* Témoin
interrogé par les membres de la commission
Note de
l'éditeur
: Les
crédits du volet Adoption du
ministère de la Santé et des Services
sociaux
été étudiés à la
Commission
des relations avec les citoyens
le 12 février 2013.
Les crédits du volet Aînés du
ministère de la Santé et des Services
sociaux
ont été
étudiés à la
Commission
des relations avec les citoyens
le 15 février
Les crédits du volet Curateur public du
ministère de la Santé et des Services sociaux
ont été étudiés à la
Commission
des relations avec les citoyens
19 février 2013.
Journal des débats
(Quatorze
heures quatre minutes)
Le Président (M.
Bergman) : À l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du
volet Services sociaux relevant du
portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2013‑2014. Une
enveloppe de quatre heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Richer (Argenteuil) est remplacé
par Mme Beaudoin (Mirabel) et Mme Daneault (Groulx) est remplacée par
Mme Roy (Arthabaska).
Le Président (M.
Bergman) : Merci. Nous allons débuter
par les remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les
réponses, en alternance entre le groupe
parlementaire formant le gouvernement et les députés de l'opposition. La mise
aux voix des crédits rattachés au
volet Services sociaux sera effectuée à la fin du temps qui est alloué à l'étude,
soit à la fin de la séance.
Puisque
nous avons débuté nos travaux à 14 h 3 et qu'une période de
quatre heures doit être consacrée à l'étude
de ce programme cet après-midi, y a-t-il
consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, soit
jusqu'à 18 h 3 min?
Des voix : Consentement.
Président (M. Bergman) : Consentement. En terminant, je vous invite, aux fins de l'exercice de l'étude de ces crédits, à poser
de courtes questions et à fournir des réponses qui sont aussi brèves, de façon
à favoriser le plus grand nombre d'échanges possible.
Services
sociaux
Remarques
préliminaires
Alors,
collègues, nous allons commencer sans plus tarder avec les remarques
préliminaires. Mme la ministre, vous disposez
de 10 minutes pour vos remarques d'ouverture. Mme la ministre.
Véronique Hivon
Hivon : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, mes salutations à vous, mesdames et messieurs
les membres de
la commission. Je vous salue aussi, Mme la porte-parole de l'opposition
officielle, avec qui j'ai vécu plusieurs études de crédits alors que j'étais porte-parole et qu'elle
était vice-présidente de ma commission, Mme la porte-parole du deuxième groupe d'opposition et, bien sûr, chers collègues
du parti ministériel. Salutations aussi au secrétaire et à son adjointe,
qui ont toujours une tâche très importante pendant l'étude des crédits.
Alors,
cette étude des crédits est évidemment une première pour moi à
titre de
ministre, et je dois vous dire que je l'aborde avec le plus grand sérieux. Il s'agit d'un
exercice démocratique de reddition de comptes qui est essentiel. Alors, pour bien le mener, je suis, bien sûr, accompagnée
de l'équipe du ministère, la très impressionnante équipe du ministère. Pour avoir déjà été de l'autre côté, je sais à
quel point c'est impressionnant. Donc, je suis accompagnée de M. Jacques
Cotton, qui est sous-ministre en titre, de
M. Sylvain Gagnon, qui est à mes côtés, qui est sous-ministre associé aux
services sociaux, et je peux aussi compter
sur la présence de plusieurs autres sous-ministres associés et adjoints du
ministère, que je remercie de tout le
travail qu'ils ont investi, parce que c'est beaucoup de travail dans la
préparation de ces crédits. Un merci tout spécial à Dominique Breton,
qui est la directrice des relations ministérielles, qui a coordonné tout l'exercice
de la préparation des crédits. Alors, merci à tous les gens qui se sont
déplacés. Et, bien sûr, merci aux membres de mon cabinet, qui sont avec moi
aujourd'hui.
L'exercice a lieu
cette année dans un contexte particulier. Notre gouvernement est en poste
depuis moins de cinq mois, moi, depuis un
peu plus de deux mois. Ce sont donc, en bonne partie, les crédits du précédent
gouvernement qui nous occupent. Ce sera
toutefois l'occasion pour moi de faire part d'un certain nombre d'actions déjà
entreprises, d'orientations et de priorités.
Permettez-moi
de vous dire que c'est en saisissant toute l'importance de mon mandat que j'ai
accepté la responsabilité des services sociaux
et de la protection de la jeunesse, une grande responsabilité. Je me suis
engagée à travailler
au quotidien, et ce, avec les organismes et les clientèles concernés pour
donner tout son sens à un des piliers de l'action de notre gouvernement, la solidarité, pour améliorer le sort
des personnes qui ont besoin de notre soutien parce qu'elles sont en situation de vulnérabilité, de
détresse ou parce qu'elles désirent maintenir leur autonomie, malgré que
la vie leur ait réservé des défis parfois
plus grands que nature. Notre gouvernement est déterminé à les accompagner dans
toute la complexité de ces défis.
sait que les crédits du secteur de la santé et des services sociaux augmentent
cette année de 4,8 %, la hausse la plus importante de l'ensemble des secteurs d'activité
du gouvernement, ce qui témoigne de l'importance que nous yaccordons, malgré le contexte budgétaire difficile
qui est le nôtre à l'heure actuelle. C'est une grande responsabilité,
bien sûr, de tirer le meilleur parti
possible des sommes dont on nous confie la gestion, de le faire de la manière
la plus rigoureuse et équitable possible, en maximisant l'accessibilité
aux services, à des services adaptés et de qualité pour les citoyens de toutes
les régions du Québec.
souhaite d'abord aborder le programme service Jeunes en difficulté, parce que l'organisation
est faite selon des programmes services dont
les dépenses prévues pour la prochaine année sont de plus de 1,1 milliard. Bien
qu'on associe souvent les jeunes en
difficulté strictement à la protection de la jeunesse, le programme est
beaucoup plus large puisqu'il touche
aussi tous les services de soutien dit de première ligne, donc offerts par les
CSSS. Depuis ma nomination en
décembre, afin de m'acquitter le mieux possible de mon mandat dans ce domaine
si névralgique, j'ai amorcé une tournée des centres jeunesse. Je peux
ainsi échanger avec autant la direction que les intervenants et les enfants et
adolescents qui se trouvent en unité de réadaptation. Il en ressort des
échanges éclairants et très précieux.
• (14 h 10) •
peux constater aussi tout le travail qui est fait au quotidien par des gens
profondément engagés dans leur mission. Je
constate aussi tous les défis que représente le fait d'apporter la bonne
réponse, la bonne aide aux enfants et aux adolescents
qui sont en besoin. Je ne vous cacherai pas que je suis très préoccupée par l'importance,
justement, de ces besoins. Les listes d'attente pour le traitement de
signalement, le nombre de signalements retenus, ce sont autant de manifestations de l'importance d'agir en
prévention, comme s'y est engagé notre gouvernement de manière générale
en matière de santé et services sociaux,
avec le dépôt, d'ailleurs, d'une imminente politique gouvernementale en
prévention. C'est cet engagement pour la
prévention qui me motive, en matière d'aide aux jeunes, à ce que nous nous
assurions qu'un programme d'intervention en négligence soit déployé dans
toutes les régions du Québec d'ici le 31 mars prochain. Je travaille aussi avec mes collègues de la Famille
et de la Justice dans le dossier de la supervision des droits d'accès pour
structurer adéquatement et améliorer l'organisation de ces services de plus en
plus utilisés.
Outre
l'importance de l'action que nous devons mener pour les jeunes en difficulté,
être ministre déléguée aux Services sociaux, c'est avoir aussi la responsabilité
d'autres personnes qui peuvent être vulnérables. Je pense notamment aux
personnes itinérantes. Comme l'annonçait la première ministre dans le discours
d'ouverture, notre gouvernement s'engage à
élaborer une politique en itinérance, politique qui était attendue par le
milieu et dont l'annonce a été reçue avec le plus grand enthousiasme.
Déjà, j'ai bien amorcé le travail et je peux vous dire que ce sera une
politique globale et ambitieuse qui fera
intervenir l'ensemble des partenaires gouvernementaux et qui sera bien collée
aux besoins des personnes itinérantes, car les intervenants et les
experts du domaine sont bien associés à la démarche.
partie importante de mon mandat est également de m'assurer que soient déployées
les meilleures réponses pour les besoins des
personnes devant composer au quotidien avec une déficience. La projection de
dépenses pour le programme des personnes
ayant une déficience est de plus de 1,5 milliard, dont 920 millions
pour la déficienceintellectuelle et
les troubles envahissants du développement et 589 millions pour la
déficience physique. Au Québec, nous pouvons
compter sur plusieurs ressources et services qui viennent en aide aux gens
ayant une déficience. Nous pouvons aussi compter sur l'Office des
personnes handicapées, dont je salue la présence de la directrice générale,
Mme Sylvie Tremblay, office qui nous rappelle d'ailleurs fréquemment que
plusieurs défis demeurent.
domaine des déficiences reçoit, cette année, un investissement supplémentaire
de 35 millions de dollars, et ce, de manière récurrente. Et je peux vous dire que nous
serons très diligents dans le suivi de l'utilisation de ces sommes qui peuvent faire une réelle différence. Parmi les
actions en cours et à venir, mentionnons que les travaux se poursuivent
pour améliorer les services de réadaptation, les services de dépistage et de
diagnostic précoce, pour améliorer aussi l'offre d'hébergement résidentiel, le
soutien à la famille et les activités socioprofessionnelles.
Du côté plus
spécifiquement des troubles envahissants du développement, le bilan et les
perspectives du plan d'action Un geste porteur d'espoir ont été rendu publics
en décembre. Je suis présentement en pleine réflexion avec l'équipe du
ministère pour dégager les meilleurs moyens d'agir quant aux priorités qui en
ressortent.
Maintenant,
dans le domaine des dépendances, pour lequel on prévoit une dépense de
106 millions de dollars, des travaux sont en cours pour définir de nouvelles
orientations. Nous comptons poursuivre aussi avec des outils concrets et
efficaces, que ce soit en matière de
campagne de prévention, de certification des ressources d'hébergement, de
formation des intervenants ou du déploiement d'équipes de liaison dans les
urgences.
Finalement,
du côté des services sociaux généraux, la projection de dépenses est de
728 millions, ce qui comprend les activités cliniques et d'aide données par les
CSSS. J'ajoute que ces budgets comprennent une somme de
492 millions de dollars aux précieux
partenaires que sont les organismes communautaires. L'indexation donc, pour la
prochaine année, de l'enveloppe sera
de 2,5 %. Je mène d'ailleurs présentement une réflexion en ce qui concerne
le Programme de soutien aux organismes communautaires, le PSOC, dans la
foulée notamment des demandes du mouvement communautaire, à laquelle les
organismes seront d'ailleurs associés.
Dans le domaine des
services sociaux généraux toujours, je tiens aussi à souligner le dépôt du
rapport sur les homicides intrafamiliaux et le nouveau plan gouvernemental en
matière de violence conjugale, en décembre, qui confirme notre volonté d'axer l'action
sur la prévention.
Quelques mots, avant de
conclure, sur un autre dossier qui me tient à coeur, vous le savez, celui de
mourir dans la dignité. Après avoir été l'instigatrice
puis la vice-présidente de la commission spéciale, c'est un grand privilège de maintenant pouvoir y donner suite à
titre
ministre. Je travaille présentement sur deux fronts : l'amélioration de l'offre
en soins palliatifs et la présentation d'un
projet de loi pour donner suite aux recommandations de la commission,
notamment en ce qui a trait aux directives anticipées et à l'aide médicale à
mourir.
Alors,
voilà, M. le Président, ce qui dessine bien
sommairement l'état des lieux et
les grandes orientations et priorités en
matière de services sociaux et protection de la jeunesse. C'est toujours en
mettant à l'avant-scène des valeurs de justice,
de compassion et de solidarité que j'assumerai les mandats qui me sont confiés.
Et, pour l'instant, c'est avec une volonté
d'ouverture et de collaboration que j'entreprends cette étude des crédits et
que je répondrai au meilleur de mes connaissances aux questions des
membres de la commission. Merci.
Le Président (M. Bergman) : Merci, Mme la ministre. Alors, j'invite
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Gatineau à faire ses
remarques préliminaires pour un maximum de 10 minutes. Mme la députée.
Stéphanie Vallée
Mme Vallée : Merci, M. le Président. Alors, je
serai brève. Je tiens d'abord à saluer la ministre et à lui souhaiter bienvenue dans ce grand bain qui est l'étude des
crédits. Alors, c'est une première pour moi à
titre de critique de l'opposition officielle tout comme pour ma
collègue la ministre, que je suis très heureuse de retrouver cet après-midi.
Je souhaite bienvenue également à son
équipe. On aura la chance de travailler ensemble, en étroite collaboration je
l'espère, parce que je comprends du discours
de la ministre qu'elle partage avec moi les mêmes préoccupations pour les
clientèles qui sont desservies par le ministère des Services sociaux.
Alors, là-dessus, je pense qu'on s'entend. On
peut avoir des visions différentes quant à ce qu'on souhaite pour notre Québec, mais
je pense qu'on peut avoir des visions similaires pour les gens, les clientèles
les plus vulnérables de notre société.
Alors, là-dessus, je prends les remarques introductives, les remarques
préliminaires de la ministre avec beaucoupd'optimisme et j'espère que nous aurons la chance de bien travailler
ensemble dans les mois et les jours qui suivront.
veux saluer également tous les gens du ministère qui se sont déplacés en grand
nombre pour assister à ces crédits. Alors,
je vous avoue que c'est un peu impressionnant, de l'angle où je me situe, de
vous voir là tous présents. Alors, j'espère qu'on aura la chance de
solliciter vos interventions. Comme ça, vous ne vous serez pas déplacés dans
cette tempête de neige pour rien. Vous êtes
présents et vous serez appelés à intervenir. Et saluer les collègues de la
commission aussi qui sont présents et ma collègue du deuxième groupe d'opposition,
que je retrouve dans d'autres chaussures.
Alors,
sans plus tarder, je pense qu'on pourrait commencer l'étude des crédits, parce
qu'évidemment vous avez — Mme la ministre a fait état de ses
grandes priorités — beaucoup de travail, beaucoup de
réflexion, beaucoup de préoccupation à l'égard
des jeunes en difficulté et des clientèles. Mais maintenant allons voir un petit
peu plus dans le détail comment tout ça va
pouvoir se mettre en oeuvre sur le terrain, comment on pourra faire atterrir
ces mesures-là et puis aussi
questionner sur certains des éléments qui se retrouvent dans le cahier des
crédits. Je comprends que, dans certains cas, il s'agit de crédits du
gouvernement précédent, mais, comme c'est un exercice de reddition de comptes,
on est là pour faire avancer les choses et, on l'espère, améliorer le sort des
clientèles. Alors, merci, M. le Président.
Le Président (M. Bergman) : Merci, Mme la députée. Alors, j'invite
maintenant la porte-parole du deuxième groupe
d'opposition et députée d'Arthabaska à faire ses remarques préliminaires pour
un maximum de cinq minutes. Mme la députée.
Mme Roy (Arthabaska) : M. le Président, je souhaiterais que
le temps investi pour les remarques
préliminaires soit dédié à un échange avec
la ministre et je pense que je n'ai pas beaucoup de temps puis j'aimerais mieux
en profiter pour faire un échange. Mais j'en profite pour saluer tout le
monde qui est ici ainsi que la ministre et mes collègues.
Discussion
générale
Président (M. Bergman) : Parfait.
Merci, Mme la députée. Alors, je vous remercie pour ces remarques préliminaires. Je suis prêt maintenant à reconnaître
la première intervention de l'opposition officielle. Mme la députée de
Gatineau.
Mme Vallée : Merci, M. le Président. Alors, nous
allons aborder, dans un premier temps, le dossier de l'itinérance. Nous irons par thèmes. Alors, la ministre,
lors de sa déclaration, a mentionné qu'il y avait évidemment déjà en chantier
une politique globale sur l'itinérance. Cette politique-là fait suite aux
recommandations de la commission, alors sur
laquelle j'ai eu la chance de siéger, et fait suite également au dépôt du plan
d'action interministériel Pour leur redonner... confiance, dignité, un
toit, la santé, l'espoir, un avenir. C'est le plan d'action interministériel en
itinérance 2010‑2013.
Donc, je comprends qu'on souhaite élaborer la
politique, et le plan d'action, lui, prendra fin à la fin de l'année 2013. Alors, j'aimerais
connaître de la ministre, M. le Président, quel est l'échéancier ou les
échéanciers qui sont prévus pour la mise en oeuvre de la politique.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Mme Hivon : Alors, je suis très heureuse d'avoir
cette question-là d'entrée de jeu parce qu'évidemment, pour nous, c'est un engagement important. On est très
heureux de cette politique en itinérance, donc, qu'on va mettre de l'avant. On sait que l'itinérance, et la collègue Mme la
porte-parole de l'opposition officielle le sait très bien, elle a siégé sur
la commission, donc, spéciale sur la
question de l'itinérance, donc il y a beaucoup de problématiques. C'est un
univers qui se complexifie. Ce n'est
plus qu'une problématique montréalaise; beaucoup de problèmes en région. Le
visage de l'itinérance change : des gens plus âgés, beaucoup plus
de femmes, même des familles, des gens qui connaissent des épisodes renouvelés
d'itinérance, donc beaucoup de préoccupations.
• (14 h 20) •
l'idée derrière cette politique, c'est vraiment de se doter d'une vision
globale, à long terme et à laquelle, je
dirais, tous les partenaires gouvernementaux
vont adhérer pour vraiment donner un élan à la lutte à l'itinérance, mais aussi
les partenaires du milieu qui vont être
associés à la démarche. Donc, je peux vous dire que, pour ce qui est de
l'échéancier de la politique, les travaux ont déjà débuté.
Donc,
nous avons formé un comité aviseur qui a eu une première rencontre il y a deux
semaines, je crois, et qui est composé notamment de représentants du RAPSIM, le
Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, et du Réseau de Solidarité Itinérance Québec, donc, qui
sont représentés au sein de ce comité aviseur, pour être bien branchés,
comme je le disais dans mes remarques préliminaires, sur la réalité terrain de
l'itinérance. Donc, il y a un comité interministériel qui regroupe une douzaine
d'organismes et ministères et il y a aussi ce comité aviseur qui se réunit
périodiquement pour donner, donc, des avis au ministère pour l'élaboration de
la politique.
On prévoit, avant l'été,
faire aussi une opération de consultation plus large auprès des gens du milieu
de l'itinérance. L'objectif est vraiment d'y
aller rondement. D'ailleurs, les gens des organismes de défense des
personnes en situation d'itinérance me
disaient qu'ils sentaient que le rythme était très soutenu parce que même eux
doivent consulter leurs membres et donc ils sont dans un processus assez
accéléré pour que les choses aillent rondement. Et nous espérons finaliser la politique pour décembre 2013. Donc, on se donne un
échéancier d'environ une année pour que la politique soit mise, donc, en
place. Et, pour ce qui est du plan d'action, nous travaillons en ce moment pour
qu'il soit reconduit d'une année, donc il serait prolongé d'une année pour
pouvoir, là, atterrir avec le dépôt d'une nouvelle politique et le travail sur
un nouveau plan d'action qui y serait coordonné.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Mme Vallée : Qui sont les membres du comité aviseur?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Un petit
instant. J'ai l'information. Alors, pour ce qui est des représentantes du ministère,
c'est Mme Lynne Duguay,
qui est ici, qui est directrice, donc, à la Direction des dépendances et de l'itinérance
au ministère, et il y a Mme Marie-Andrée
Gourde, de la même direction, donc qui est chez nous une professionnelle. Pour
ce qui est des experts, il y a M. Pierre Gaudreau, donc du Réseau de
Solidarité Itinérance, et Mme Anne Bonnefont, M. Michel Simard, qui est le directeur général du Centre Le Havre, à
Trois-Rivières, Mme Céline Bellot, qui est la professeure... qui est
professeure, elle, à l'École de service social de l'Université de Montréal,
M. Roch Hurtubise, qui est directeur à l'École de travail social de l'Université
de Sherbrooke, et Dr Olivier Farmer qui, lui, est psychiatre, donc, à l'Hôpital
Notre-Dame, au CHUM. Nous avons aussi Mme
Manon Barnabé, qui est coordonnatrice des activités communautaires de l'itinérance et du programme des services
généraux à l'agence, donc, de Montréal, Carmen Baciu, qui est
conseillère en développement de politiques
au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, M. Marc Riopel, qui est
du Service de police de la ville de
Montréal, Jason Champagne, de la Direction des services généraux et des
programmes spécifiques au CSSS
Jeanne-Mance, Mme Carole Lévesque, qui est professeure au Centre Urbanisation,
Culture et Société, et Mme Suzanne LaFerrière, qui est conseillère en
développement d'habitation à la Direction de l'habitation de la ville de
Montréal.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Est-ce
que, dans vos comités aviseurs, il y a une place pour la réalité des
communautés autochtones? Parce que, lors de la commission parlementaire, un
des éléments qui a été mis à l'attention des membres de la commission
était l'augmentation de l'itinérance chez les membres des communautés
autochtones hors réserve.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Oui, c'est
une question fort pertinente. En fait, on me dit que Carole Lévesque, qui est professeure au Centre Urbanisation, Culture et Société, a
une spécialisation sur la question de l'itinérance en milieu autochtone. Et j'ai eu des échanges avec les gens, aussi, du
Réseau Solidarité Itinérance Québec, qui m'ont dit qu'ils avaient aussi
travaillé sur la question. Et par ailleurs j'ai
déjà indiqué une volonté que, lors des consultations élargies, on n'oublie pas,
bien sûr, les représentants des
communautés autochtones à venir parler de la réalité. C'est effectivement, d'ailleurs,
une réalité très concrète et très
préoccupante. Ma collègue la ministre déléguée aux Affaires autochtones m'en
parlait parce que, notamment à Val-d'Or,
la situation est excessivement problématique, et on voit aussi un phénomène d'itinérants
qui sortent de leur communauté, comme
c'est le cas à Val-d'Or. On le voit aussi à Montréal, et donc je pense qu'il
faut s'en préoccuper, et je suis heureuse de voir que la députée partage
la même préoccupation que moi.
Président (M. Bergman) : Mme la
députée de Gatineau.
Hivon : Et je
sais que... J'oubliais, parce qu'évidemment la députée, venant de Maniwaki,
elle est aussi proche d'une communauté autochtone qui a son lot de
problèmes — de deux, me fait-elle signe. Alors, qu'elle soit
rassurée, ces gens-là sont impliqués évidemment dans l'élaboration de la
politique.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Mme Vallée : J'aimerais connaître le budget qui est rattaché aux
travaux de ce comité aviseur là.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Il n'y a
pas comme tel de budget spécifique. En fait, les gens le font à
titre bénévole
parce qu'ils croient à la cause. Donc,
essentiellement, nous couvrons leurs frais de déplacement et de repas lors des
réunions.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Mme Vallée : J'imagine, par contre, que, pour l'élaboration de la
politique, il y a un budget qui a été rattaché aux travaux parce qu'on parle d'une consultation, d'une large
consultation, qui viendra probablement au cours de l'été. Donc, on doit avoir prévu un budget quelconque de
rattaché parce que, si je me souviens bien, on l'avait fait pour la
commission itinérante.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Mme Hivon : En fait, pour la consultation, qui va être élargie, c'est
une consultation dont les frais vont être assumés
à même, en fait, nos enveloppes en matière, donc, d'itinérance, de dépendance.
Il n'y a pas d'enveloppe spécifique allouée
au processus. Éventuellement, je pourrai revenir à la députée lorsque le processus
sera complété, peut-être l'année prochaine,
pour lui dire combien ça aura coûté, là, le processus de consultation. C'est
sûr qu'il va y avoir des coûts. Le forum,
c'est-à-dire le format et le forum, le format du forum, n'est pas encore
déterminé, mais on s'attend à quelque chose qui va peut-être être sur
quelques jours, là, donc éventuellement il y aura des coûts, mais vous dire
aussi que les partenaires qui participent, les agences, les CSSS assument cette
participation-là, en fait, à même leurs enveloppes.
ailleurs, le Réseau Solidarité Itinérance du Québec a reçu une aide de
50 000 dollars que je leur ai annoncée en
janvier, lorsque je suis allée au ralliement
de la rentrée, là, donc, des personnes en ... du RAPSIM, en fait, à
Montréal, pour permettre justement à tout le
réseau de faire les travaux qui sont nécessaires, en lien avec l'élaboration de
la politique, donc pour leur montrer
à quel point nous étions déterminés à les associer convenablement et
correctement et à leur permettre de faire le travail dans l'élaboration
de la politique.
Vallée : On
comprend qu'on prendra les sommes à l'intérieur de l'enveloppe destinée à l'itinérance
et au traitement
des dépendances. Les sommes de la consultation seront prises à même les
budgets, là, actuels du ministère. J'aimerais connaître à peu près quel
pourcentage. Je comprends qu'on ne peut pas arriver avec un montant précis, au moment où on se parle, des sommes que
représenteront les travaux du comité aviseur, du comité interministériel et
de la consultation, mais j'imagine que vous avez une idée du pourcentage de l'enveloppe
que vous avez l'intention de destiner à la consultation plutôt qu'aux services
directs aux citoyens.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Mme Hivon : En fait, je veux juste clarifier... Ce n'est pas de l'argent
qui est retiré des services directs. Il n'y a rien qui touche les services
directs. En fait, c'est pris à même le budget de fonctionnement du ministère,
je dirais globalement, pour ce type, je dirais,
de participation ou d'organisation d'événement. Ce n'est évidemment pas
de l'argent qui va aux personnes
itinérantes, aux réalités de l'itinérance ou des dépendances qui est retiré
pour financer la politique. C'est de l'argent, je dirais, général, de
fonctionnement du ministère. Pour l'instant, bien sincèrement, on ne s'attend pas à ce que ce soit des sommes
astronomiques. Puis, pour le processus de consultation, on pourra vous
aviser, c'est quelque chose qui est en
élaboration, et puis je me suis assurée que tout pourrait fonctionner
correctement et que nous aurions les sommes nécessaires, mais,
rassurez-vous, ça n'a rien à voir avec les sommes qui sont données en services
directs, bien sûr, aux populations, aux gens touchés par l'itinérance ou aux organismes.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
• (14 h 30) •
Mme Vallée : D'accord. Alors, vous ferez une consultation au courant de
la période estivale. Quelle sera la distinction...
Parce qu'il y a quand même énormément de travail qui s'est fait en 2008, en
2009, lorsque la commission, les membres de la Commission de la santé et
des services sociaux ont fait le tour du Québec justement pour rejoindre les organismes, les groupes. On a recueilli énormément
de témoignages. On a recueilli énormément de témoignages. On a
recueilli... Il y a eu énormément de mémoires. Je comprends qu'il y a une
évolution dans la situation de l'itinérance, quoique la situation 2012
ressemble quand même encore à la situation 2009. Des troubles concomitants, c'est-à-dire
toxicomanie et
troubles de santé mentale, ça, on sait que c'est toujours en croissance,
malheureusement. Donc, quelle sera l'importance accordée aux travaux qui
ont déjà été faits par des membres de l'Assemblée nationale dans le cadre de la
commission itinérante?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Bien
sûr, on ne repart pas de zéro. Alors, l'idée, ce n'est pas de mettre ça de
côté, pas du tout. Je pense qu'il y a eu un
travail extraordinaire qui a été fait par la commission dans un premier temps.
Je sais que la députée y a siégé, et la
personne qui est maintenant ma chef de cabinet y a siégé aussi. Des gens avec
qui j'ai travaillé très étroitement au sein d'une autre commission
spéciale y ont siégé. Alors, je sais tout le sérieux qui a été mis dans ces travaux-là et je sais aussi qu'une des
recommandations de la commission était l'adoption d'une politique en
itinérance.
ailleurs, le choix qui avait été fait par le précédent gouvernement, c'était d'y
aller plutôt, dans un premier temps, avec un plan d'action. Nous, de notre côté, on
estimait qu'il fallait une politique et un plan d'action, donc je pense
que ce n'est pas une divergence de vues
fondamentale, mais, bon, on tenait à ce qu'il y ait cette politique-là. Je veux
rassurer la députée : autant le travail de la commission que le travail
qui a été fait pour le plan d'action sont des éléments très, très importants, évidemment, pour partir le
travail et comme, je dirais, considération de départ pour évaluer la
politique.
L'idée
et, je vous dirais, pour nous, la nécessité d'adopter une politique, et je
pense que c'est pour ça que le réseau, donc, des personnes itinérantes et les organismes
en matière d'itinérance le revendiquaient autant, c'est pour vraiment s'assurer qu'on se donne, au Québec, une vision
globale qui n'est pas, je dirais, limitée dans le temps non plus. Parce
qu'un plan d'action, oui, ça peut structurer
les choses, mais, normalement, ça a une durée de vie, on le voit, là, on le
reconduit pour une année, donc trois ans, quatre ans. Et l'idée, c'est de se
dire : Avant de déterminer ce qu'on va faire, est-ce qu'on va reconduire de plan d'action en plan d'action,
pourquoi ne pas vraiment se doter d'une politique globale? Parce qu'on veut l'inscrire dans le temps, on veut s'assurer
aussi, au-delà des changements qu'il peut y avoir de gouvernements, et
tout ça, qu'il y a comme une base commune et
à laquelle vont être associés vraiment étroitement les acteurs du milieu et les
experts, ils l'ont été au niveau de la commission aussi, je le sais, mais qu'on
le fasse pour ce qui est de la politique parce que, justement, dans les travaux de la commission, les gens s'étaient
entendus pour dire qu'une telle politique serait vraiment une étape
essentielle pour pouvoir vraiment structurer les choses.
Donc,
moi, je vous dirais que ce qu'il y a de très, très préoccupant, bien, il y a
plusieurs éléments. Il y a assurément, oui, toute la question des troubles concomitants,
on le retrouve en itinérance, on le retrouve quand on regarde les
questions de santé mentale, on le retrouve
quand on regarde les questions de dépendance, donc c'est évident qu'il faut
travailler beaucoup là-dessus. Il faut
travailler énormément sur l'offre et le soutien à l'hébergement, donc les
appartements supervisés, le soutien qui peut être apporté à cet
égard-là. Il faut travailler aussi sur toute la question de la judiciarisation,
bien évidemment. C'est un autre aspect qui
est très sensible. Il faut aussi, je pense, regarder toutes les questions
d'intégration de ces personnes-là, de marginalisation, les liens avec l'emploi,
les liens aussi avec la pauvreté.
Tantôt,
quand je disais que les visages sont multiples, je pense que c'est quelque
chose qui va devoir ressortir très clairement de la politique aussi. Qu'est-ce qu'on
fait quand, maintenant, on a des familles, des familles monoparentales
qui sont en situation d'itinérance? Comment on organise l'offre de services?
Parce qu'on n'en est plus à uniquement des hommes adultes, blancs, à Montréal,
qui viennent cogner à la porte. La députée y faisait référence, il y a des gens
des milieux autochtones, il y a des gens,
donc, des régions. Comment on organise, donc, notre réflexion avec cettecomplexité-là? Et donc c'est vraiment dans
cette optique-là d'avoir une vision globale des choses... que l'on veut
mettre de l'avant avec les acteurs du milieu, les différents partenaires aussi,
je dirais, des ministères et organismes, et aussi du réseau de la santé et des
services sociaux, et du milieu universitaire aussi.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Quelles
sont les sommes qui sont dédiées à la poursuite du plan d'action pour la
prochaine année?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Oui.
Alors, les sommes... Je pourrais peut-être avoir le... En fait, les sommes vont
être reconduites une fois le travail de coordination avec l'ensemble des ministères...
Nous sommes en train de finaliser ce travail. Le plan d'action vient à échéance le 31 mars, donc l'idée,
c'est qu'en ce moment la consultation est en train de se terminer, parce
qu'on a pris... je suis arrivée en poste
assez récemment et j'ai pris la décision donc de reconduire pour une année le
plan d'action, compte tenu de notre volonté d'arrimer la politique avec le
prochain plan d'action. Et nous devrions être en mesure, là, d'annoncer
prochainement la reconduction formelle avec les sommes qui y seront dédiées.
Mais
je vous dirais que, pour l'instant, l'ensemble des sommes... je n'ai pas de son
de cloche à ce jour qu'il y aurait des
problèmes à la reconduction des sommes. Mais je pourrai éventuellement le
confirmer à la députée de Gatineau.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Je suis
effectivement très intéressée par les sommes qui seront reconduites, parce que
c'est un plan d'action qui, dans son ensemble, totalisait pour environ
65 millions de mesures, des sommes quand même importantes, et je pense qu'il est important de savoir, finalement, à
l'intérieur du budget actuel, pour la prochaine année, j'imagine qu'il y
a des sommes qui ont été réservées. C'est quand même... On parle de sommes
substantielles.
sait également qu'il y aura éventuellement des coupures, des restrictions
budgétaires à l'intérieur du grand
ministère. Donc, de là vient ma question. Je veux m'assurer que cette
clientèle-là, qui est la clientèle itinérante, puisse pouvoir compter sur les services qui existent ou l'aide
qu'elle peut recevoir, là, depuis 2010. Donc, de là vient ma question,
Mme la ministre.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Oui. En
fait, je veux juste rassurer la députée en ce qui a trait à l'investissement. Effectivement, c'était
65 millions qui étaient prévus, mais finalement c'est 74 millions qui
ont été dépensés, parce qu'il y a eu plus de sommes consenties, me
dit-on, notamment en matière de soutien aux logements communautaires. Donc, il
y en a eu davantage. Donc, ça, je pense que c'est une bonne nouvelle, et on
peut s'en réjouir.
Pour
ce qui est des sommes récurrentes, donc des sommes qui, donc, s'étalaient sur l'ensemble
des années et qui seraient celles qui seraient reconduites, on parle d'une somme de
8 millions de dollars qui serait donc au rendez-vous pour la prochaine année. Je peux vous dire que je n'entrevois
pas, à ce stade-ci, d'écueil, mais je ne veux pas confirmer les choses avant que ce ne soit finalisé, parce que le
processus est encore en train de se finaliser avec l'ensemble des ministères.
Mais je peux vous dire qu'assurément toutes
les sommes qui concernent le ministère de la Santé et des Services sociaux vont
être reconduites pour la prochaine année, et
je m'attends que ça soit la même chose pour les autres instances
gouvernementales concernées.
Président (M. Bergman) : Merci. Alors, on termine le premier bloc de l'opposition officielle. Et
on commence le bloc du gouvernement pour un
bloc de 15 minutes. Alors, Mme la députée de Gatineau... de Masson.
Gadoury-Hamelin :
Merci. Merci, M. le Président, Mme la ministre, mes collègues de l'opposition, mes collègues du gouvernement. Alors, salutations
également à toute l'équipe du ministère et du cabinet qui supporte nos actions
au quotidien.
Alors,
je pense que, Mme la ministre, vous nous avez entretenus de façon détaillée de
la politique de l'itinérance que notre gouvernement entend mettre de l'avant
dans les prochaines semaines. Alors, il est certain que c'est un dossier
qui me préoccupait également, compte tenu de
mon action passée auprès de la jeunesse québécoise, pour avoir oeuvré
auprès d'eux pendant plus de 25 ans, qui m'a permis également de constater les
nombreux enjeux et défis que représente la réalité de l'itinérance.
Alors,
l'itinérance, vous nous avez entretenus assez dans les détails, mais il y a un
lien très étroit à faire avec la dépendance.
Souvent, les gens qui sont aux prises avec le problème de l'itinérance sont
confrontés également à des dépendances. Et,
à ce sujet-là, je suis particulièrement préoccupée par un sujet qui m'a
interpellée récemment après avoir vu un
documentaire à la télévision, à Télé-Québec, qui s'intitulait Pas de
piquerie dans mon quartier , et abordait également, lors de cette émission-là, la réalité des
personnes qui sont dépendantes des drogues injectables. Ce documentaire-là
m'a également sensibilisée puis... pour y avoir travaillé également de près
auprès de la jeunesse. Alors, souvent, j'ai été confrontée à ces réalités-là,
aux grandes difficultés de réinsertion que vivent ces personnes, qui sont... et
ainsi qu'aux risques de santé auxquels elles s'exposent dans ces situations-là.
Alors, plusieurs
intervenants du milieu communautaire, notamment, souhaitent que l'on puisse
offrir à ces personnes des lieux
sécuritaires pour s'injecter parce qu'on sait que, quand ils n'ont pas accès à
ces lieux-là, ils le font tout de même, mais dans des conditions très...
de vulnérabilité extrême et ils mettent souvent leur santé sérieusement et leur
vie en danger.
Alors,
Mme la ministre, j'aimerais connaître votre position sur le sujet et j'aimerais
également que vous me parliez également de ce que fait votre... notre ministère,
dans le fond, pour les personnes qui présentent des problèmes de dépendance.
• (14 h 40) •
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Merci
beaucoup. Je tiens à souligner que Mme la députée de Masson est mon adjointe parlementaire. Alors, c'est un plaisir de travailler avec
elle, et je la remercie de son implication.
Alors,
oui, bien, je suis contente de la question. Peut-être, avant d'en venir plus
spécifiquement sur la question des sites d'injection supervisée, j'aimerais
parler un peu de ma vision puis de ce que j'entends faire, là, en matière de
lutte aux problèmes de dépendance, parce qu'on
sait que c'est quelque chose d'excessivement grave pour les personnes
qui y sont aux prises, et on sait à quel point ça implique par la suite toute
une cascade de problèmes lorsqu'on développe une dépendance.
Quand on parle de
dépendance, on parle, bien sûr, autant de dépendance aux drogues ou à l'alcool
que de dépendance aussi au jeu, des joueurs
pathologiques, et je pense que la plupart d'entre nous, dans leur vie, ont été
confrontés à des gens qui ont vécu des
problèmes de dépendance, et on sait à quel point ça peut faire des ravages, des
ravages sur la vie de la personne, sur la vie de sa famille, sur son
estime d'elle-même et, je dirais, des problèmes, plus largement, pour la
société. Alors, il faut s'en préoccuper pour la solidarité qu'on a envers ces
personnes-là, mais je pense aussi pour s'assurer d'avoir le meilleur tissu
social possible et aussi le moins de problèmes de ce type-là sociaux.
Souvent, ce sont des
gens qui demandent peu d'aide. Alors, ce sont des gens qui sont... vivent des
difficultés multiples et évidemment assument
mal la réalité qui est à la base de ces problèmes-là, soit leur dépendance.
Donc, il faut trouver des moyens d'aller donc dire à ces gens qu'ils ne
sont pas seuls et de les inciter à demander de l'aide. Alors, il y a une réalité qui est celle de l'importance
de faire des campagnes, donc, de prévention, de sensibilisation, d'information,
de faire connaître les
services qui sont disponibles et de les faire connaître dans les lieux,
évidemment, où ces personnes-là risquent de se trouver.
Tantôt,
la députée de Gatineau y faisait référence, une réalité qui est très
préoccupante, c'est celle des troubles concomitants, donc les personnes qui ont une
dépendance mais qui ont aussi un problème de santé mentale qui, des
fois, va les amener dans l'itinérance. C'est
vraiment quelque chose qui, pour moi, est un enjeu majeur en matière de
dépendance. Et d'ailleurs l'Association des
centres de réadaptation en dépendance du Québec, que j'ai rencontrée, me
faisait part à quel point pour eux, c'est une priorité de s'attaquer à
la concomitance, donc de ces troubles à la fois de dépendance et ces problèmes de santé mentale. Et d'ailleurs j'ai
sensibilisé mon collègue le ministre de la Santé, qui est en train de
travailler à un nouveau plan d'action en
matière de santé mentale, pour que vraiment la question des problèmes
concomitants soit bien élaborée, bien traitée dans ce plan.
Donc,
au-delà, je vous dirais, des questions de sensibilisation, d'information, des
campagnes d'information que nous faisons, dans la foulée notamment des
questions de problèmes concomitants, il y a en ce moment tout une
initiative d'envergure qui se déploie, c'est
celle d'avoir des équipes de liaison, dans les urgences du Québec, spécialisées
pour que les personnes qui se
présentent aux urgences parce qu'elles ont un problème de dépendance et qu'elles
sont en situation de crise puissent
avoir des services adaptés à leurs besoins, et il y a donc des personnes pivots
dans les urgences du Québec. Le tout, là,
va finaliser de se déployer dans les prochains mois. Selon moi, c'est vraiment
une avancée majeure pour faire en sorte que la personne qui arrive en situation de crise à l'urgence, on ne soit
pas là que pour régler la crise sur le moment même, mais bien qu'on s'assure que, quand elle retourne
dans la communauté, elle a les services et le soutien auxquels elle a droit.
Donc,
évidemment, on se rendait compte que le phénomène des portes tournantes que l'on
voit en itinérance, mais que l'on voit aussi beaucoup en dépendance
continuait à être présent, malgré qu'il y avait beaucoup d'efforts investis
dans la communauté, parce que plusieurs de ces personnes-là ne connaissaient
pas les ressources, n'avaient pas recours aux ressources
et, quand elles allaient, donc, en situation de crise, dans les hôpitaux, on n'était
pas là pour les outiller pour qu'une
fois que leurs problèmes urgents soient traités elles puissent être accompagnées.
Donc, ça, je pense que c'est une avancée
majeure, et je suis de très près le déploiement. En ce moment, il y a 27 de
ces... des centres, des CSSS qui ont donc un tel service spécialisé, et puis c'est en déploiement dans trois
autres régions en ce moment, avec des initiatives qui ne sont pas toutes aussi encore intégrées et avancées,
mais c'est vraiment la volonté d'aller beaucoup plus loin dans le
domaine.
je vous dirais aussi, en terminant, que je suis... une autre préoccupation que
j'ai, c'est vraiment l'arrimage entre les centres de réadaptation et les ressources
communautaires, parce qu'il faut s'assurer aussi que chacun joue son
rôle de la meilleure manière possible, et, à
cet égard-là, je pense qu'il y a une avancée très, très importante et
intéressante, qui est celle de la
certification des ressources communautaires, donc, qui agissent en dépendance.
Donc, en ce moment, ce processus-là est
en cours. Ça va très bien. Il y a 76, donc, des
116 centres qui offrent, dans la communauté, des services en dépendance, qui sont
certifiés et, à ce jour, là, on s'attend à ce que les prochains le soient, là,
dans les prochains mois. Donc, ça, je pense que c'est une autre manière aussi de s'assurer de la qualité des
services et aussi de s'assurer que l'un et l'autre des univers ne seront pas en compétition et en opposition, mais
qu'il va bien y avoir le travail de référencement qui doit se faire
entre les deux et qu'il va pouvoir se faire en toute confiance et correctement.
Pour
revenir à la question des sites d'injection supervisée, je dois dire que,
pour... je comprends que la députée puisse être interpellée parce qu'effectivement c'est
un reportage qui est assez troublant, mais qui, je pense, reflète une
réalité aussi. Il y a beaucoup de
méconnaissance autour de la réalité des sites d'injection supervisée, et je
pense que c'est important d'expliquer
ce qu'il en est. Pour notre part, étant très sensible aux enjeux de dépendance,
je suis aussi très sensible à la question
des sites d'injection supervisée. Je suis ouverte, comme le ministre de la
Santé, donc, à voir le développement de sites d'injection supervisée parce que, à la base, ce qui motive l'implantation
de tels sites, c'est vraiment de permettre de rejoindre la clientèle vulnérable, donc de s'assurer aussi qu'il y a un
lien et que ces gens-là ne sont pas un peu partout dans la communauté ou
dans des lieux où ils peuvent se mettre en danger aussi pour faire ce qui, dans
leur situation bien particulière, est
inévitable. Ça réduit le partage du matériel d'injection,
donc ça favorise des techniques d'injection
qui sont plus sécuritaires. Ça diminue, là — les études l'ont
prouvé — les surdoses puis leurs conséquences, évidemment les décès qui s'ensuivent. Ça réduit aussi le recours aux services ambulanciers et aux
urgences des hôpitaux. Donc, il y a un lien
aussi, là. Tout ça se déploie sur un continuum. Ça favorise l'inscription aussi dans des programmes de
désintoxication et de traitement parce qu'on est capable de rejoindre ces
gens-là. Là, on espère le faire avec les équipes spécialisées qui se déploient dans les urgences, mais évidemment on
espère que, le moins possible, ces gens-là se retrouvent dans les
urgences. Donc, au moins, on est capable de
les prendre si on est capable aussi de les rejoindre via les sites. Ça peut être évidemment un
avantage. Ça
a un effet bénéfique sur l'ordre public aussi. Ça n'augmente pas, selon toutes les expériences, la consommation de drogues et ça n'entraîne aucune
augmentation de la criminalité dans les endroits où ça a été implanté.
• (14 h 50) •
Mais
évidemment, avant d'agir, il faut s'assurer que certaines conditions sont
remplies, et je pense que la condition de
base, c'est qu'il y ait un consensus, c'est qu'il y ait une acceptabilité
sociale autour des sites qui peuvent être retenus.
En ce moment, il y a du travail qui est fait à Québec, mais ils sont encore, je
dirais, dans les premiers pas du travail. Il y avait certains projets. Et donc l'Agence de la santé et des
services sociaux de Québec regarde en ce moment les lieux et comment l'offre
pourrait s'organiser, mais, à Montréal, ils sont beaucoup plus avancés, et on s'attend
donc à ce qu'ils soumettent au ministère,
dans les prochains mois tout au plus, un premier projet de site d'injection
supervisée. Et nous, au ministère,
nous nous sommes dotés, en novembre dernier, de critères, d'un certain nombre
de critères pour analyser donc ces projets,
parce que la manière dont ça fonctionne... Peut-être que c'est important de le
rappeler. En fait, ces sites-là voient leur
déploiement possible à la suite d'un jugement de la Cour suprême, à la suite,
donc, d'une réalité qui était présente en Colombie-Britannique, un jugement qui date de 2011. Et donc nous
allons... à la suite de ce jugement, qui a permis, donc, l'implantation
de ces sites-là, on doit regarder un certain nombre de critères. Et nous, avant
de demander l'exemption fédérale
qui est requise pour pouvoir, donc, permettre l'implantation d'un tel site,
nous nous sommes donné des critères pour
savoir si on peut reconnaître ou non le bien-fondé d'un projet. Et, bien sûr, c'est
sur la base du travail qui aura été fait avec l'agence, avec l'endroit
qui est privilégié et avec les partenaires du milieu, et le critère central est
bien sûr la sécurité des lieux et l'acceptabilité sociale du projet.
Donc,
une fois toute l'analyse faite, une décision sera prise par le ministère, et
ensuite, si on estime que c'est un projet qui répond aux critères de précaution, nous
demanderons donc l'exemption au fédéral. Donc, c'est un peu ce que je
pouvais répondre pour votre question.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme la ministre. Alors, il vous reste deux minutes dans ce bloc,
Mme la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin :
...commentaire. Je voudrais remercier la ministre et je voudrais juste
souligner que je constate que les liens... En
tout cas, pour moi, les liens sont très importants entre l'itinérance, la
dépendance, la santé mentale. Et ça me
rassure de voir que l'importance... Il y a une importance d'accordée au suivi
et d'outiller les gens afin qu'ils
puissent profiter de support entre les périodes de crise, puis ça, vous nous
avez vraiment rassurés à ce niveau-là, et également l'importance de travailler en partenariat avec l'ensemble des
ressources du milieu, autant communautaire que du réseau de la santé et des services sociaux. Je
pense que c'est là que ça va faire toute la différence du monde, alors c'est
rassurant de vous entendre. Merci.
Président (M. Bergman) : Alors, merci. On va aller au groupe de la deuxième opposition. Mme la députée d'Arthabaska, pour un bloc d'à peu près
13 min 40 s.
Roy (Arthabaska) :
Merci. Alors, merci, M. le Président. Mme la ministre, je vous salue. Je vous assure de mon travail
de collaboration afin de faire évoluer puis améliorer notre système. Pour tout
de suite parler des problèmes, qui sont triples, là, de santé mentale,
de dépendance et d'itinérance, je peux vous faire bénéficier de mon expérience.
J'ai fait les requêtes pour évaluation
psychiatrique pour toute la région pendant des années, la région de la
Mauricie, de concert avec les CLSC, ou les organismes gouvernementaux,
ou communautaires. Puis je faisais les requêtes pour évaluation psychiatrique. Donc, les problèmes que vous nous
parlez là... L'itinérance, le problème, c'est que souvent on n'est pas
capables d'identifier quelle est la famille de la personne parce que là, en
état de psychose et intoxiquée, ce n'est pas cohérent.
Donc, on ne sait pas à qui s'adresser pour obtenir une requête pour évaluation
psychiatrique. C'est un problème qu'on
a à solutionner. Puis ensuite, lorsqu'ils arrivent intoxiqués à l'hôpital,
souvent la psychiatrie dit : Bien, ce n'est pas mon domaine, puis, un coup désintoxiqués, bien là,
au niveau de la médecine générale, on dit : Bien, c'est un problème
de santé mentale, induit ou pas par la consommation excessive.
Mais
vous vous attaquez à un gros morceau, et puis j'espère que vous allez pouvoir
réussir à faire le chemin qui n'a pas été fait. Parce que c'est voilà 12 ans que je
faisais ça. On était dans cet état-là il y a 12 ans. J'espère que vous
allez réussir, que ça ne prendra pas 12 ans avant de solutionner ce
problème-là. Donc, je vous offre mon aide.
Maintenant,
je regardais ça, les crédits du ministère, Il y a quand même 3 000
organismes communautaires au Québec. Il y a plein de programmes : le
suicide, les communautés autochtones, les pertes d'autonomie liées au vieillissement,
les TED... Bon. Tout est ventilé soit par
régions, soit par programmes, soit par missions. Dites-moi quels sont tous
les crédits du ministère dédiés au soutien des 3 000 organismes
communautaires, si c'est le même budget que l'an passé, inférieur ou supérieur.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Mme Hivon : Oui. Alors, je vais juste expliquer, parce que c'est une
question que j'avais lorsque je suis entrée
au ministère. En fait, il n'y a pas de programme... Ce n'est pas un programme
service au même
titre que, par exemple, jeunes en difficulté,
déficience, santé mentale. Les fonds, les crédits qui sont alloués au réseau
des organismes communautaires sont rattachés
à chaque mission. Donc, les organismes jeunesse sont rattachés aux programmes
services jeunesse, les organismes en aide à
la perte d'autonomie pour les personnes aînées, même chose, déficience, même
chose, ce qui fait en sorte qu'effectivement
ce n'est pas évident de retrouver le chiffre. Mais heureusement je peux vous le
dire. Donc, c'est 492 millions, pour cette année, pour le soutien, donc,
des... Il y a un peu plus de 3 000... Je pense qu'on est à 3 300... 3 382 organismes communautaires
au moment où on se parle, et donc c'est un budget de 492 millions qui
leur est dédié. C'est 11 millions de plus que l'année dernière. C'est une
indexation de 2,5 %.
Par ailleurs, je peux
peut-être vous dire que, pour la prochaine année, outre cette indexation-là,
donc, globale, il va y avoir des sommes qui
vont être consenties aux organismes communautaires via, donc, des
investissements. Donc, on sait... Je
parlais, dans mes remarques préliminaires, d'un 35 millions de soutien
supplémentaire en matière de déficience. De ça, il y a un
5 millions, minimalement, qui va aller aux organismes communautaires qui
agissent en déficience. Il va aussi y avoir cette année un 2 millions qui
est reconduit, qui est un 2 millions qui avait été annoncé par le
précédent gouvernement et que nous
reconduisons de manière récurrente pour les organismes d'aide, donc, aux
personnes démunies, notamment
organismes d'aide alimentaire. Il va y avoir aussi une somme de
10 millions pour le soutien à domicile dans un plan, là, qui s'en vient de soutien à domicile. Et
il y a aussi... Lorsqu'on a dévoilé le rapport sur les homicides intrafamiliaux,
on a annoncé un peu plus de 1 million, 1 100 000 $ pour les
groupes qui viennent en aide aux hommes en difficulté. Donc, ça, ce sont des
sommes qui vont spécifiquement aux organismes communautaires pour ces
missions-là et qui sont récurrentes.
Président (M. Bergman) : Mme la
députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Comment vous expliquez
qu'il n'y ait pas plus de nouveaux crédits pour tous ces 3 382 organismes communautaires qui emploient
eux autres mêmes à peu près 20 000 personnes au service de la
communauté et qui sont généralement sous-payées par rapport à leurs
compétences?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Je suis
très heureuse d'avoir la question de la députée. C'est un sujet d'actualité. On
sait que tout le réseau des organismes communautaires, financés, donc, par le PSOC, le
Programme de soutien aux organismes communautaires, est présentement,
donc, en revendication. Il demande un rehaussement, donc, des sommes qui sont consacrées aux programmes. Moi, je dois vous dire
que, depuis que je suis députée, je suis franchement impressionnée par le travail qui est fait par nos organismes
communautaires. Je pense que tous, quand nous sommes députés, on voit à
quel point ces gens-là se dévouent et à quel
point ils sont une ressource essentielle pour les gens qu'ils aident au
quotidien. Mais pas juste pour les gens qu'ils
aident, mais pour toute la société parce qu'ils permettent vraiment d'agir au
sein de la communauté sur une multitude de problématiques, là. La
députée d'Arthabaska y faisait référence, ils sont partout. Donc, moi, j'apprécie
énormément leur travail.
bien sûr, cette année, on connaît le contexte budgétaire dans lequel on est. Et
je dois vous dire qu'autant pour ce qui est du budget de la santé, donc, qui a vu ses
crédits, quand même, augmenter de près de 5 % pour... qu'on ait pu
quand même s'assurer d'une indexation de 2,5 % pour les organismes
communautaires, je pense que c'est déjà un pas.
ailleurs, je suis très sensible en ce moment à leurs demandes. Et donc j'ai
vraiment, à mon arrivée, là, mis l'équipe du ministère au travail pour qu'on réfléchisse
vraiment à se donner des bases claires pour évaluer le niveau de financement des organismes et pour s'assurer aussi
de l'équité entre les catégories d'organismes et les régions. Parce que
ça, c'est tout un enjeu aussi, et ce n'est pas si simple, et eux-mêmes vous le
diraient. Il y a un travail important qui doit être fait à cet égard-là parce qu'on voit que, traditionnellement, il y
a des types d'organismes, des catégories qui sont mieux financés, au fil du temps, que d'autres. Pourquoi?
Parce que, par exemple, quand il y a eu des développements, de l'argent en développement dans un domaine, bien, ils ont eu
une part, donc, de l'argent... comme je vous disais tantôt, de ce qui s'en
vient dans la prochaine année. Mais il y a
certains domaines où, dans les dernières années, il n'y a pratiquement pas
eu de développement, ce qui fait en sorte...
Je pense, par exemple, aux auberges du coeur, qui font un travail formidable
auprès des jeunes, mais qui sont des gens qui ont moins bénéficié de sommes
nouvelles provenant de santé et services sociaux, par exemple.
Donc,
il y a ces disparités-là qui existent. Et il y a aussi des disparités entre les
régions parce que ça fonctionne avec la base de seuils planchers, et ce n'est pas
toutes les régions et toutes les agences qui ont établi les seuils au même
niveau. Alors, moi, je veux m'attaquer aussi à toute cette question-là.
Et j'ai rencontré les
représentants des deux tables nationales il y a un mois environ, à la
mi-janvier. Je les ai revus en fin de semaine parce qu'ils sont venus, donc,
nous faire part de leurs revendications à notre conseil national, à
Drummondville. Je suis allée les rencontrer, et donc je leur ai redit ce que je
leur ai dit il y a quelques semaines : ils vont être associés à la
démarche. Donc, on va former un comité de travail pour s'assurer qu'on discute
sur les mêmes bases et qu'on trouve des
réponses aux questions, là, qu'ils se posent. Et d'ailleurs je leur ai dit, là,
que prochainement ils auraient de nos nouvelles, là, pour qu'on amorce
cette démarche de collaboration.
• (15 heures) •
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) :
Comment vous expliquez que l'indexation du PSOC, là, Programme de soutien aux organismes communautaires, est inférieure au niveau d'indexation
moyen du budget du ministère, qui est de 5 %?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Mme Hivon : Oui. En fait, il faut comprendre que, dans l'augmentation
du budget de 5 % du ministère, il y a évidemment
une
part importante qui a trait à des éléments sur lesquels on a peu de
contrôle, je vous dirais : tout ce qui a trait aux médicaments, donc à la RAMQ, et tout ce qui a
trait aussi aux conventions qui ont été signées, donc, avec les
médecins. Donc, il y a une
partie qui
explique ça. En fait, ils sont... il y a des coûts importants qui sont liés,
donc, à certains de ces éléments-là qui font que, juste pour absorber
les coûts de système, c'est la hausse qui est requise.
Pour
ce qui est du 2,5 %, c'est un niveau d'indexation qui est tout à fait
respectable. C'est mieux que ce qui s'est fait, donc, la dernière année et c'est, pour l'instant,
ce qu'il nous semblait normal de faire, et, je vous dirais, parce que, justement, on est dans un processus d'évaluation.
Et, au cours de la prochaine année, on va se donner des bases solides,
communes. Je crois vraiment qu'on peut faire une démarche concertée, une belle
collaboration avec les organismes communautaires
pour dégager des bases de travail communes pour s'assurer que l'argent soit
investi le mieux possible, de la manière la plus équitable possible.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) :
...vous allez faire ces travaux-là. Avez-vous une idée de sur quelle logique?
Parce que là vous avez parlé d'une équité
interrégionale, une équité aussi en termes de mission. Le problème qu'il y a, c'est
que les nouveaux
besoins, les nouveaux défis, ne serait-ce que les troubles d'envahissement...
les TED, sont beaucoup plus reconnus et ont évolué, ce qui fait qu'il y
a plus de cas de détectés ou il y a plus de cas tout simplement, mais il y a plus d'ouvrage, ça, c'est certain. Et puis ces
personnes-là n'ont pas traditionnellement eu d'organisme à leur service
à la hauteur de ce qu'ils ont besoin actuellement.
que je veux vous dire, c'est que la réalité du Québec a changé en... le visage
du Québec a changé depuis que ça existe, ça,
les régies puis les agences. Mais ces nouveaux organismes là n'arrivent pas à
se rendre au buffet, si je peux vous dire.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Oui, je
suis bien au fait de la réalité. D'ailleurs, lundi dernier, à mon bureau de circonscription, j'avais un organisme qui était dans cette
situation-là. En fait, il est reconnu par l'agence mais il n'est pas financé
par l'agence. Et c'est aussi un aspect qu'il faut regarder, puis moi, je veux
le faire aussi avec les organismes existants. C'est-à-dire
qu'en ce moment les demandes sont pour les organismes qui existent, mais il y a
aussi, on le sait, des nouveaux organismes, comme vous le dites très
bien, qui veulent aussi pouvoir arriver et être reconnus.
Donc,
c'est quelque chose qu'il faut regarder dans l'ensemble, c'est un élément qu'on
va regarder aussi, comme la question de l'équité, comme la question des seuils
planchers, comme la question des catégories d'organismes. Et ce que je veux rappeler, par exemple, c'est évidemment que, quand
on se rapporte à la politique qui a été adoptée en 2001 — la
politique, c'est par notre gouvernement en 2001 — donc, qui encadre
toute l'aide et tout le soutien aux organismes communautaires... Ce n'est pas pour rien que ce sont des organismes communautaires;
ce sont des organismes qui émanent de
la communauté, qui sont enracinés dans la communauté et qui ne sont pas des
excroissances de l'État. Et donc ça, c'est important toujours de garder
cet équilibre-là.
sont très jaloux de leur indépendance, avec raison, et ils ne sont pas là que
pour, je dirais, agir par défaut de ce que le
réseau ne peut pas faire; ils sont là aussi pour être vraiment ancrés sur les
besoins de la communauté. Et de là vient le
fait aussi, et je pense qu'eux aussi le reconnaissent : ils ne sont pas là
pour être financés à 100 % par l'État, donc, comme je le dis, mais ils sont là pour qu'on
puisse s'assurer de la meilleure manière possible que le programme qu'on
a mis en place réponde à cette exigence-là
ou à cette volonté-là que l'État s'est donnée au Québec de les soutenir. Parce
que c'est exceptionnel dans le monde, un tel
réseau aussi bien déployé et ancré, un nombre aussi important d'organismes
communautaires. Donc, je pense qu'il y a cet équilibre-là à trouver entre la
participation du milieu, le bénévolat, le soutien de l'État.
je voulais dire qu'une autre réalité aussi, c'est la question du financement à
la mission globale. C'est une de leurs grandes
revendications, et je dois dire que je suis très sensible à ça. Ce qu'ils nous
disent, c'est que, souvent, les organismes,
au fil du temps, ils ont vu des fois des rehaussements mais par des projets
spécifiques. C'est extraordinaire, mais
ce n'est pas récurrent, et ça fait en sorte que ça te force, comme organisme communautaire,
à dire : O.K., si je veux réussir à avoir de l'argent, il va
falloir que je développe un projet spécifique...
Une voix : ...
Hivon :
... — oui — donc, pour pouvoir entrer dans les critères du
projet. Alors, je comprends qu'à long terme c'est difficile, ça les force à faire
certaines choses spécifiques, ça n'assure pas la récurrence. Donc, en ce
moment, je pense que le financement à la
mission globale est d'autour de 84 %. L'objectif est autour de 85 %.
Ça fait qu'on n'est pas loin, et ça, c'est quelque chose que je garde
bien à l'esprit pour les travaux, de ne pas s'éloigner de cet objectif-là.
Le Président (M.
Bergman) : Merci, Mme la ministre.
Alors, pour le gouvernement, bloc de 11 minutes. Mme la députée de Mirabel.
Beaudoin :
Merci, M. le Président. Je voudrais à mon tour saluer Mme la ministre ainsi que
toute son équipe et mes collègues députés. Mme la ministre, j'aimerais vous entendre sur
le thème de la jeunesse versus le maintien des enfants dans leur milieu familial. J'ai représenté à maintes reprises
par le passé des enfants devant la chambre de la jeunesse, à
titre d'avocate,
et on entend souvent des témoignages à l'effet que la direction de la
protection de la jeunesse serait prompte à
retirer les enfants de leur milieu, alors que parfois les parents, s'ils
recevaient suffisamment d'aide, pourraient les garder à la maison. J'aimerais
vous entendre à ce sujet. Comment allez-vous agir?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Bien, alors,
merci beaucoup. Merci, Mme la députée, de votre question. En fait,
effectivement, je pense qu'il y a beaucoup de travail d'information ou de pédagogie à
faire par rapport au rôle des centres jeunesse et par rapport à la réalité des jeunes en difficulté, de
manière générale. Je pense qu'en fait il n'y a personne au Québec, là,
qui remet en cause le caractère nécessaire d'avoir
tout ce réseau-là pour venir s'occuper des enfants ou des adolescents
qui sont en difficulté. Ce n'est jamais
simple. Jamais personne n'espère avoir à retirer un enfant de son milieu ou à
devoir intervenir à la suite d'un
signalement qui est retenu, mais évidemment il faut se doter d'une telle
structure pour pouvoir agir pour les jeunes qui sont en situation de
compromission et de difficulté importante.
Donc,
vous mettez le point sur quelque chose d'important. En fait, quand un jeune est
en difficulté, il n'est pas automatiquement
retiré de son milieu familial. Pourquoi? Parce qu'évidemment ce qu'il faut d'abord
et avant tout, c'est s'assurer
de développer les compétences parentales de sa famille pour s'assurer, donc,
que, sur le long terme, cet enfant-là va pouvoir continuer à évoluer, si
c'est possible évidemment, dans son milieu familial. C'est d'ailleurs un des éléments centraux de la réforme de la
Loi sur
la protection de la jeunesse, qui a été adoptée en 2007, de s'assurer
donc que... en fait, adoptée en 2006, mais entrée en vigueur en 2007, de s'assurer
vraiment donc de maintenir autant que possible les enfants dans leur milieu,
mais en apportant toute l'aide requise.
moi, je dois vous dire, là, je fais une tournée, comme je l'ai dit tout à l'heure,
en ce moment des centres jeunesse, et c'est quelque chose d'assez troublant, mais, je
dirais, qui en dit long en même temps, parce que généralement je dîne
avec les jeunes, avec des jeunes ou des
enfants qui sont en unité de réadaptation, et, quand je leur demande... Quand
ils sont en unité de réadaptation,
vous comprenez qu'ils sont comme au bout du spectre, hein? Alors, la plupart
sont allés en famille d'accueil ou
ils sont allés en foyer de groupe, et c'était tellement difficile, donc, qu'ils
se retrouvent en unité de réadaptation, ou bien il y a eu un signalement, et la situation était tellement
difficile, et l'enfant est tellement en besoin de réadaptation qu'il va directement dans une unité de
réadaptation. Alors, on pourrait penser que ces enfants-là sont tellement mal
en point que la dernière chose qu'ils
voudraient, c'est retourner chez leurs parents. Mais, à chaque enfant, il n'y
en a pas un, quand je leur demande où
ils voudraient être s'ils n'étaient pas là, qui ne me dise pas : Chez
leurs parents, malgré toute la douleur et les problèmes qu'ils peuvent vivre. Et je vous dirais que c'est assez...
Je pense que c'est assez parlant, et c'est pour ça que ces jeunes-là,
bien évidemment, ne peuvent pas y être, parce qu'il faut protéger leur sécurité
affective, leur sécurité physique, la
sécurité de leur développement, Mais je pense que ça nous montre aussi que, dans
la mesure du possible, quand on est
capable plutôt d'agir en prévention, évidemment, c'est la clé, et d'agir en
soutien aux familles pour s'assurer que les enfants, donc, peuvent
continuer à se développer avec leur milieu naturel, c'est quelque chose qui
doit être priorisé.
• (15 h 10) •
fait, je vous dirais qu'en termes de chiffres on constate que, sur les
77 000 signalements qui ont été faits en 2011‑2012 à la DPJ, en fait, il y en a 32 000
qui ont été retenus. Donc, évidemment, c'est un nombre qui est
important, qui est inquiétant, quand même,
mais on se rend compte aussi que, s'il y a autant de signalements qui sont
faits, c'est aussi probablement parce qu'il y a une vigilance accrue. On
ne peut pas dire que c'est juste pour ça, c'est excessivement complexe quand on
regarde l'ensemble des causes, mais on peut espérer enfin que ça découle d'une
vigilance accrue.
quand on pousse un peu, on voit que, quand tous les signalements sont évalués,
en bout de piste, c'est environ 50 % qui vont faire l'objet d'une mesure de
protection et, de ceux-là, en fait, il y a à peu près uniquement, je dirais,
20 % de placement. Je dis «uniquement», c'est déjà énorme, mais, des fois,
on a l'impression que, dès qu'il y a un
signalement, l'enfant est retiré. C'est
quand même 10 000 enfants, donc, au Québec, là, qui sont en situation de
placement. Je pense que ce que ça
nous montre, c'est qu'il y a des moyens d'agir autrement qu'en retirant l'enfant
de sa famille. Il faut le faire, bien sûr, quand il y a une situation de
compromission, et le réseau n'hésite pas à le faire.
ailleurs, il faut développer de plus en plus des approches qui sont en
prévention, et moi, j'en suis convaincue. Ça s'inscrit d'ailleurs
plus largement dans toute la philosophie de prévention qu'on veut mettre de l'avant,
comme gouvernement, avec la politique
globale gouvernementale en matière de prévention, dont je parlais tout à l'heure,
en matière de santé et de services
sociaux, mais, beaucoup plus globalement, pour l'ensemble des déterminants de
la santé, là, dans l'action du gouvernement pour les prochaines années,
et ça touche, bien sûr, la protection de la jeunesse et le travail auprès des
jeunes en difficulté. Donc, il y a beaucoup d'initiatives, et je pense que,
souvent, on n'est pas au fait, mais il y a énormément d'initiatives dans le
réseau mais surtout en première ligne.
Donc,
«en première ligne», là, dans le jargon évidemment de pas
tout le monde qui évolue ici comme nous tous,
au ministère de la Santé et des Services
sociaux, c'est ce qui est donné, donc, par les centres de santé et de services
sociaux, par les CLSC. Et il y a une
multitude de programmes. Juste quelques-uns : il y a un programme en
négligence, j'en parlais tout à l'heure, parce qu'on veut le déployer,
là, vraiment d'ici le 31 mars partout au Québec, parce que justement il vise à dépister, à voir les familles où il y a de la
négligence, où il y a un risque important de négligence, donc de travailler
tout de suite en amont pour s'assurer, donc,
que les problèmes ne deviennent pas plus graves et qu'on n'en arrive pas, donc,
à une situation de placement, de signalement retenu, et tout ça.
y a aussi un programme SIPPE, qui est un programme d'intervention en
périnatalité, donc auprès de certaines clientèles qui peuvent présenter des
vulnérabilités plus grandes — on
pense, par exemple, aux familles monoparentales — doncun
accompagnement dès la naissance et même avant, si c'est possible, pour que les
choses puissent bien se passer dans les tout débuts de la vie de l'enfant.
Il y a aussi un
programme en intervention intensive de crise. Donc, c'est surtout pour les
jeunes adolescents et adolescents. Ça vise vraiment à intervenir avec un intervenant social
quand il y a une situation de crise dans une
famille, quand, par exemple, donc, il y a un jeune qui veut quitter la maison,
quand les parents sont dépassés, quand ils ont le sentiment qu'ils sont au bout de leurs ressources. Il y a donc une
personne du centre de santé et de services sociaux qui aide et
accompagne la famille pour résoudre la crise, pour s'assurer que ça n'empirera
pas.
Puis
je vous donnerais un autre exemple aussi de ce qui peut exister et qui aide
aussi, et on n'est pas dans une situation
non plus, je dirais, de jeunes qui sont nécessairement placés, ce sont toutes
les équipes d'intervention jeunesse. Et ça, ces équipes d'intervention là, ce sont des équipes qui, en fait,
visent à essayer de donner une certaine cohérence à toutes les actions et à tous les gestes qu'on doit faire
pour essayer d'améliorer la situation d'un enfant qui est en difficulté
parce que, on le sait, il peut avoir des
problèmes dans sa famille, il peut avoir des problèmes sociaux, il peut avoir
des problèmes quand il arrive à l'école,
il peut avoir des problèmes dans ses relations avec la communauté. Donc, c'est
une manière de s'assurer qu'il va
vraiment y avoir un continuum entre tous les gens qui sont impliqués dans la
vie de cet enfant-là. Et ça, je pense que c'est un gros plus parce qu'effectivement
nous voyons malheureusement, des fois, des gens qui peuvent se renvoyer la
balle entre la responsabilité du milieu scolaire, la responsabilité des
services sociaux, la responsabilité de la famille et, avec de telles équipes
qui vont vraiment avoir... qui vont vraiment déployer un intervenant pivot qui
va dire : O.K., j'assume
la responsabilité de cet enfant-là pour s'assurer qu'il a tous les services qu'il
faut... Parce qu'en plus peuvent se
jumeler à ça, parce que rien n'est simple dans la vie, des problèmes de
déficience, de déficience physique, de troubles
de comportement. Donc, il faut s'assurer qu'il y ait un ensemble de réponses
qui soient données à l'enfant et que ce soit fait de manière cohérente. Donc ça, c'est tout un exemple, toute
une liste d'exemples, je vous dirais, de manières qu'on a pour intervenir en prévention. Parce que, je le
redis, c'est... il faut essayer d'avoir le meilleur réseau, évidemment,
de protection de la jeunesse, les meilleurs
centres jeunesse, les meilleures ressources disponibles, le meilleur
accompagnement possible, la meilleure loi
possible. Mais ce qu'il faut surtout, c'est essayer qu'il y ait le moins d'enfants
possible qui se rendent dans ce
réseau-là et qui se rendent en besoin de protection, et c'est pour ça que
toutes ces initiatives-là sont déployées.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme
la ministre. Alors, ça termine ce bloc. Merci. Mme la députée de Gatineau, pour
un bloc de 20 minutes.
Vallée : Merci, M. le Président.
Alors, avant de tomber dans un autre sujet, j'aimerais terminer le bloc
Itinérance, parce que, sincèrement, j'ai l'impression que ce n'est pas de
quatre heures dont nous aurions besoin mais bien de huit heures.
J'ai une question qui m'a été transmise par
un de nos collègues qui ne pouvait être avec nous aujourd'hui et qui s'inquiétait d'un
programme particulier, notre collègue le député de Jacques-Cartier, qui était
également membre de la commission sur
l'itinérance et qui était ministre délégué aux Affaires autochtones jusqu'à la
dernière élection. Et il était préoccupé
par la situation du programme Autochtone du Québec, le programme PAQ, qui vient
en aide aux membres des communautés autochtones en situation d'itinérance
dans la grande région de Montréal.
sais qu'il y a actuellement certains travaux, parce qu'il y avait une
préoccupation quant au maintien du programme PAQ. Et est-ce que la ministre, M.
le Président, pourrait nous informer un petit peu davantage sur l'état d'avancement des travaux sur le programme PAQ? Et
je vous transmets incidemment les salutations de notre collègue.
Président (M. Bergman) : Mme la
ministre.
Mme Hivon : ...un collègue pour qui j'ai aussi
beaucoup d'estime, parce qu'on sait que nous avons présidé et vice-présidé
ensemble la commission Mourir dans la dignité. Et ça, ça tisse des liens qui
sont difficiles à défaire, comme je pense
que vous avez travaillé avec lui sur la commission sur l'itinérance. Donc, c'est
quelqu'un à qui on reconnaît tous de grandes qualités et qui a une
préoccupation sociale très, très importante.
Alors, écoutez, je suis heureuse. Vous m'auriez
posé la question il y a un mois, j'aurais peut-être été un peu moins heureuse, mais,
depuis que je suis entrée en poste, en fait, qu'on m'a parlé de la
problématique du programme pour les autochtones, qui est un programme
essentiel, parce que, on en parlait tout à l'heure, c'est une réalité de plus
en plus frappante et difficile que celle de
l'itinérance chez les autochtones... Et la difficulté provenait du fait qu'à
cause de tout un jeu en cascade de
reprise de locaux les itinérants autochtones de... c'est-à-dire ce programme-là
devaient déménager parce que je pense que c'est le CSSS qui devait
prendre les locaux. Je ne me souviens plus de toute la séquence.
Et c'était très difficile de trouver un
nouvel endroit. Ça faisait des mois que nous cherchions.
Je crois qu'il y avait une trentaine de lieux qui avaient été, donc, approchés. Et, quand on
parle du phénomène du «pas-dans-ma-cour», je
pense qu'on en a là un exemple. Donc, c'était
excessivement difficile de trouver un lieu à Montréal pour reloger ces gens-là.
on me dit qu'on vient de trouver, donc, un lieu, que c'est confirmé et donc...
Je ne pense pas que je peux annoncer aujourd'hui le lieu?
voix : ...
Hivon : Non. On me dit : Non, on
va se garder une petite gêne.
voix : Ha, ha, ha!
Mme Hivon : Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il y
a... Je ne veux pas... Regardez, si je crée ici un problème, je vais avoir beaucoup de gens qui vont me regarder avec
des gros yeux. Ça fait que... Donc, il y a un lieu de trouvé.
Et l'autre bonne nouvelle, c'est que tout le
montage financier pour s'assurer de la pérennité, donc, du programme et de l'institution
est en train d'être finalisé. Donc, le Secrétariat aux affaires autochtones, le
ministère de la Santé et des Services
sociaux, l'agence, quelques partenaires, là, sociaux, communautaires... Donc,
vraiment, c'est en bonne voie. Nous avons tous confiance que le
programme va pouvoir demeurer. Donc, les autochtones itinérants concernés vont
pouvoir continuer à obtenir leurs services.
Président (M. Bergman) : Mme la
députée de Gatineau.
Mme Vallée : Je ne voudrais pas causer une
situation... une problématique cet après-midi. Je comprends qu'il reste des trucs à
finaliser puis que, pour le moment, il y a de l'information qui ne peut être
divulguée publiquement. Mais je comprends également des interventions de
la ministre qu'elle accorde une grande importance au programme PAQ. Et on prend
bonne note des informations qui nous ont été transmises.
Hivon :
...semaine, peut-être même de jour. Et je pourrai transmettre l'information au
député de Jacques-Cartier.
Vallée : Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée :
Toujours dans le dossier de l'itinérance, dans le plan d'action
interministériel, il y avait une mesure qui prévoyait la réservation de 300 unités pour
une clientèle itinérante, en fait de logement social, et évidemment,
bon, le plan d'action n'est pas terminé, et
je voulais m'assurer qu'à l'intérieur du budget qui a été déposé en novembre
dernier par le ministre des Finances on
avait prévu des sommes afin d'assurer la réalisation de ces 300 unités là.
Donc, j'aimerais, dans un premier
temps, savoir où on en est dans la réalisation des 300 unités et, le cas
échéant, m'assurer que des sommes soient réservées et quelles sont les sommes, la nature des sommes qui ont été
réservées pour assurer le respect du plan d'action.
• (15 h 20) •
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Alors,
pour ce qui est des trois dernières années, le plan d'action a été respecté. C'était supposé être 900 sur trois ans, et, bonne nouvelle, il y
en a eu 1 400. C'est ce qui expliquait tantôt les montants
supplémentaires, parce qu'il y a eu, donc,
des montants plus importants qui ont pu être consentis, développement, donc, accru
d'unités et le soutien communautaire
qui s'ensuit. On garde le même objectif, qui est de développer 300, donc c'est
le même chiffre. Le financement se
fait sur projet, donc le décaissement, là, si vous voulez, se fait quand le
projet se concrétise, donc pour accompagner le développement du projet
en termes de soutien communautaire, de ressources, et tout ça. Pour ce qui est
du montant plus spécifiquement qui est prévu...
(Consultation)
Hivon : Donc, on
me dit à peu près 10 millions pour 150 unités. Donc, si on en a 300, j'imagine
que ça serait un peu plus de 20 millions. Je semble dire le bon chiffre, me
dit-on, mais on va... C'est ça, 20 millions? 20,18 millions qui
seraient prévus pour ces prochaines 300 unités supplémentaires.
Mme Vallée : ...
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée Gatineau.
Mme Vallée : Je m'excuse, M. le... Par année?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Il y a
eu, au cours des dernières années, une aide importante qui a été apportée aux
grands refuges, et je comprends, là, au cours des dernières années, c'était un engagement
de ma collègue la députée d'Anjou—Louis-Riel qui s'est concrétisé, et je pense que tout le monde a mis l'épaule à la
roue. Les ministres qui se sont succédé ont mis l'épaule à la roue pour
assurer la récurrence de ces sommes-là.
Est-ce
que les sommes consenties aux grands refuges seront maintenues dans le prochain
budget et est-ce que ces organismes-là peuvent
s'assurer de compter sur les sommes en question?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Donc,
ils peuvent être rassurés aujourd'hui, cet argent-là va être octroyé de manière récurrente.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée :
Toujours dans les refuges, là, je vous ramène dans les cahiers, j'ai une
question plus particulière, je vous dirais, une question plus régionale à vous
soulever, parce que, lorsque j'ai pris connaissance des cahiers et des
sommes qui étaient dédiées par régions aux
organismes communautaires via le PSOC, j'ai sursauté. Alors, je vais vous
référer tout de suite, là... Puis l'objectif,
là, ce n'est pas de vous prendre de court, mais c'est tout simplement... J'imagine
qu'il y a une réponse et qu'il y a une explication.
Donc,
dans le volume 2, dans les réponses aux questions particulières, Services
sociaux, à la page 148, nous avons... Il s'agit, là, pour les gens qui nous écoutent,
des organismes communautaires à rayonnement régional. On demandait le
soutien financier accordé pour les exercices 2011-2012, 2012-2013. L'organisme
Le Gîte Ami, qui est un organisme qui vient
en aide aux personnes itinérantes en Outaouais, recevait, en 2011-2012, une
somme de 425 725 $, et on indique, pour 2012-2013, une somme
de 335 942 $. Lorsque j'ai vu les chiffres, j'ai vérifié avec l'organisme,
parce qu'il peut arriver qu'il s'agisse d'une
erreur de frappe, d'une erreur... Et, ce matin, tout à l'heure — parce qu'on a vu ça ce matin — on m'a transmis une confirmation. Donc, c'est une
correspondance émanant de l'agence et des services sociaux, datée du 31 mai
2012, qui confirmait l'aide financière au Gîte Ami pour un montant de
551 234 $. Alors là, je voulais juste savoir : Est-ce que je
prends... Est-ce que les chiffres qui apparaissent dans la colonne 2012‑2013 au
volume 2 sont exacts?
Et, le cas échéant, qu'est-ce qui explique la différence entre les sommes qui
ont été confirmées à l'organisme par l'agence le 31 mai dernier...
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : Je veux
simplement dire évidemment à la députée que je ne suis pas au fait
spécifiquement de la situation. Je partage sa surprise, surtout que, de ce que je comprends,
le chiffre qui apparaît n'est pas celui qui a été confirmé à l'organisme au début de l'année. Normalement, il
faut se fier à la confirmation de l'agence. Donc, c'est l'agence qui
tient les cordons de la bourse. Là, si je dis une bêtise, quelqu'un va me faire
signe. Mais on me fait oui. Donc, ça va.
fait, le PSOC, le Programme de soutien aux organismes communautaires, est
vraiment régionalisé. Donc, il n'y a pas d'ingérence du ministère dans l'octroi
des sommes. Les sommes sont données via les différents programmes services, comme on l'a vu tantôt, aux agences. Et
les agences font l'octroi, donc, des sommes, selon leurs paramètres, qui
sont généralement convenus avec les tables
régionales, des montants qui sont donnés. Et, effectivement, c'est très
rare de voir une baisse d'une année à une autre comme ça de 90 000 $,
sauf situation exceptionnelle où, par exemple, on restreindrait les heures d'ouverture
ou quelque chose.
Donc,
sauf indication contraire, c'est vraiment la lettre de l'agence qui est la
lettre qui fait foi vraiment du montant qui
est accordé. Puis je pourrai vérifier, juste pour rassurer la députée et l'organisme,
de la raison pour laquelle c'est ce chiffre-là qui apparaît. Je vois la petite
note 1 qui nous dit en date du... à la fin, la légende, qui nous dit, en date
du 7 janvier. Mais, normalement, à moins qu'il
y ait un versement qu'il reste à donner dans l'année, là, peut-être que
c'est une question de convention avec l'organisme en termes de versements et
que, donc, ça ne ferait pas état de tous les versements. Mais là je spécule
complètement.
Une voix : ...
Hivon : C'est
probablement ça, qu'on me dit. Bon. Alors, on va le vérifier. Mais c'est
probablement du fait qu'il y a un versement qui n'a pas été encore donné et que ça, c'est l'information
qu'on avait en date du 7 janvier. Donc, on va le confirmer. On pourra
vous revenir avec... On reviendra à la commission avec l'information.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Je vous
remercie. Ça a fait sourciller. Alors, la députée en moi, disons, s'est
préoccupée. Alors, on va revenir aux crédits.
Je remercie pour les explications.
Évidemment,
on ne pourrait pas passer ces crédits sans aborder les questions des centres
jeunesse, les créditsjeunesse, les dossiers jeunesse. Elles ont été abordées par notre
collègue de Mirabel tout à l'heure. Et la ministre a fait état justement de certains programmes, certaines
mesures qui sont mises en place, dont la mesure spécifique visant à
contrer la négligence envers les enfants de
0-12 ans. C'est une mesure, et là je ferai encore... une mesure de la Stratégie
d'action jeunesse 2009‑2014 qui avait été
mise en place. Et la ministre mentionnait tout à l'heure, M. le Président, qu'elle
souhaitait que cette mesure-là soit déployée au 31 mars prochain.
Donc,
j'aimerais savoir un petit peu où on en est dans la mise en place de la mesure
visant à contrer la négligence, où on en est
sur l'ensemble des territoires, parce que ma question vise un objectif, là.
Est-ce que cette mesure-là est implantée sur l'ensemble du territoire du
Québec, ou est-ce qu'on a certaines problématiques, ou on vit certaines
difficultés? Le cas échéant, bien, quelles sont ces difficultés-là?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
• (15 h 30) •
Hivon : Oui.
Alors, je sais qu'effectivement c'est une initiative comme d'autres qui ont pu
découler de la Stratégie action jeunesse. Et je pense que c'est un programme qui est
formidable. Donc, quand on parle qu'on peut se passer le flambeau en matière de services sociaux comme,
je pense, il se doit, bien, c'en est un, exemple. Et moi, le flambeau,
je le prends en disant : Il faut que ce
programme-là, qui est essentiel, soit déployé partout au Québec. C'est une
priorité pour moi. Et je pense que la députée est bien d'accord avec ça
aussi.
Alors,
l'idée, c'est qu'effectivement nous nous sommes rendu compte que ce programme-là
était loin d'être déployé avec la même rapidité et la même intensité partout
au Québec. En fait, au 31 mars 2012, il n'était déployé que dans
40 % des territoires, si vous voulez, de centres de services sociaux.
Alors, l'objectif — et là tout le monde dans le réseau est, à l'unisson, rappelé à l'ordre pour travailler
intensément — c'est que, d'ici le 31 mars, le programme soit déployé
partout. Ça ne veut pas dire qu'il va être
déployé à 100 % dans toute l'intégralité du programme partout, mais toutes
les régions, tous les CSSS vont
devoir avoir mis en place une équipe et un plan pour le déploiement au cours de
l'année et le plus rapidement possible, donc, du programme en
négligence.
Mais, puisqu'elle me
demandait plus spécifiquement, je peux vous dire qu'au Bas-Saint-Laurent il y
avait deux établissements qui l'avaient
déployé, 25 % de couverture, on parle de 31 mars 2012; Saguenay—Lac-Saint-Jean,
quatre, pour 67 % de couverture; Québec, aucun; Mauricie—Centre-du-Québec,
huit, pour 100 %; Estrie, ça va bien, sept
pour 100 %; aucun à Montréal; ensuite de ça, en Outaouais, ça va
intéresser, cinq sur cinq, 100 % — ça doit être la
présence de la députée qui explique tout ça; ensuite de ça, en Abitibi,
60 % de couverture déployée dans trois CSSS; Côte-Nord, un pour 14 %; et ensuite il n'y a rien de déployé,
Nord-du-Québec, Gaspésie, Chaudière-Appalaches, Laval, Lanaudière et
Laurentides; et un endroit en Montérégie pour 9 %.
Alors, vous pouvez constater qu'au 31 mars dernier il y
avait énormément de travail à faire. Et la bonne
nouvelle, parce que le suivi se fait très
intensément, j'en parle encore avec l'équipe la semaine dernière et la
responsable du projet chez nous, donc
semble-t-il qu'ils trouvent qu'on ne leur donne pas beaucoup de latitude ces temps-ci.
Tous les territoires, toutes les
régions vont avoir débuté le déploiement. Il n'y aura pas nécessairement
100 % de couverture au 31 mars, mais, dans toutes régions, le
programme va être en déploiement. Et, au cours de la prochaine année, l'objectif,
c'est que tout le territoire soit couvert.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : Merci,
M. le Président. Je suis contente, vraiment contente d'entendre la ministre
parce que, surtout suite au dépôt du rapport annuel
des centres jeunesse, l'Association des centres jeunesse, le taux de
signalement a augmenté, le taux de
négligence d'enfants, dont les signalements sont rattachés à la négligence, a
aussi augmenté. Donc, je suis heureuse de constater qu'on n'a pas attendu
et on a pris le taureau par les cornes afin de s'y attaquer.
Vous
avez mentionné que, dans le Nord-du-Québec, le programme n'était pas déployé,
et ça m'amène à la question des actions supplémentaires qui seront prises.
Parce qu'on sait que, par le passé, je me souviens, l'opposition était
très préoccupée, et maintenant le
gouvernement, j'imagine, est tout aussi préoccupé par la situation des jeunes
des communautés du Nord-du-Québec, qui vivent des réalités fort
différentes et fort difficiles.
Alors, qu'est-ce qui
sera fait au cours de la prochaine année pour venir en aide à ces
communautés-là et pour déployer des mesures probablement adaptées aux
communautés, mais qui vont permettre de contrer la négligence, la toxicomanie,
l'isolement, bref, toutes ces problématiques que les jeunes vivent au
quotidien?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
Hivon : C'est
une très bonne question, et je suis heureuse que la députée en parle parce que
je trouve qu'on n'en parle pas assez. Donc, c'est évident qu'il y a toute une réalité
dans le Nord-du-Québec, que l'on pense à la réalité chez les Cris ou
dans le Grand Nord, au Nunavik, de problèmes sociaux très importants, et ces
problèmes-là se répercutent d'abord, ou,
enfin, en tout cas en grande partie, chez les jeunes, chez les enfants, et on
sait que c'est des communautés où il y
a beaucoup d'enfants. Donc, c'est des communautés où, en fait, l'avenir peut
être prometteur parce qu'il y a effectivement beaucoup d'enfants, mais
il faut s'assurer que ces enfants-là ont le bon départ dans la vie.
Quand
je suis arrivée, en fait, j'ai voulu qu'on m'explique bien comme il faut le
fonctionnement des services en protection de la jeunesse, donc, dans ces
territoires-là, qui sont des territoires conventionnés, ce qui fait en sorte
qu'ils ont leur propre réseau, donc leur
propre DPJ aussi, et ce sont eux qui sont maîtres en quelque sorte de leurs
initiatives. Ceci ne veut pas dire
que nous ne les accompagnons pas. Donc, il y a aussi un travail qui est fait, donc,
avec des intervenants qui vont sur le territoire et qui, donc,
accompagnent pour le déploiement d'initiatives.
y a une excellente nouvelle, c'est que le programme d'intervention en
négligence et le programme d'intervention de crise et de suivi intensif vont être déployés
dans 14 des communautés d'ici 2016. Donc, ils sont aussi en route, ils
sont en marche pour vraiment, donc, déployer
ces unités, c'est-à-dire ces programmes-là. On parle principalement au
Nunavik, donc, parce qu'on sait qu'ils sont encore,
je vous dirais, moins bien pourvus en programme jeunesse que, peut-être,
si on se compare au territoire cri, et donc
les deux programmes vont être implantés dans 14 communautés d'ici 2016, ce qui
est une excellente nouvelle. Parce que je
veux juste dire, parce que c'est une occasion qu'on a d'en parler aussi, c'est
quelque chose qu'il faut prendre très au
sérieux. On me disait par exemple qu'en territoire cri à peu près, peut-être,
20 % des enfants font l'objet d'un
signalement. Donc, c'est beaucoup, c'est énorme. Alors, il faut s'assurer
encore une fois qu'on ne se rende pas au
signalement mais qu'on donne les ressources, qu'on donne l'accompagnement que l'on
peut, parce qu'on sait qu'il y a des
facteurs aggravants comme la proximité dans les logements, le nombre de
personnes qui vivent dans les logements. Il faut s'y attaquer, je vous dirais, de manière globale. Ce n'est pas que
via le spectre de la protection de la jeunesse, mais il y a un bout
important qui doit être fait en matière jeunesse, et je peux vous donner cette
information-là. À ce stade-ci, c'est en déploiement.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de
Gatineau, il vous reste deux minutes dans ce bloc.
Vallée : Vous
parliez de l'aide additionnelle, probablement, et je vous lance la question, l'aide...
Je sais qu'il y a des pourparlers actuellement
entre la communauté du lac Barrière, dans ma circonscription, et la protection
de la jeunesse concernant l'aide aux jeunes, parce qu'il s'agit d'une
communauté qui est... qui vit des difficultés énormes au niveau de la
gouvernance mais au niveau de sa relève et de sa jeunesse. Peut-être, dans un
prochain bloc, si nous avons la chance, j'aimerais
savoir où nous en sommes dans les discussions, les échanges avec la communauté
afin de les accompagner. Parce que je pense que, dans un premier temps,
la communauté a besoin d'accompagnement, et les jeunes également ont besoin d'un
soutien particulier.
Président (M. Bergman) : Alors, on va compléter... Ce bloc est complété. Alors, Mme la députée
de Mirabel pour un bloc de 18 minutes.
Mme Beaudoin : Merci, M. le Président. Tantôt, Mme
la ministre, vous avez bien décrit tous les
programmes concernant la négligence. Je suis certaine que les gens qui nous
écoutent vont apprécier recevoir cette information-là et aussi être sécurisés.
Cependant, est-ce que vous pourriez nous dire comment on peut les rassurer que
cet argent-là va bel et
bien au bon endroit, c'est-à-dire à la problématique de la négligence, et non
peut-être à d'autres programmes, là, des CSSS? Parce qu'on sait qu'ils
sont vraiment en demande, là, d'argent.
Président (M. Bergman) : Mme la
ministre.
Mme Hivon : Oui. Merci beaucoup pour la question.
C'est une préoccupation que j'avais, parce que, vous savez, quand on arrive
ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, on
veut être sûre que les sommes qu'on réussit à obtenir en matière de
services sociaux et en protection de la jeunesse soient bien dépensées là où
elles doivent aller. Alors, c'est une préoccupation constante que j'ai, et, en
fait, j'ai été très rassurée de savoir que, depuis quelques années, on s'assure d'un suivi précis, donc, que ce soit, par
exemple, pour le nouvel argent... parce qu'il y a un 10 millions d'argent nouveau, donc, qui va
être débloqué cette année, en fait qui va être investi cette année
spécifiquement pour l'implantation du
programme en négligence. Donc, c'est 10 millions récurrent. Donc, c'est
pour ça, là, ça ne tombera pas du
ciel non plus que ce programme-là va pouvoir être implanté. Il y a vraiment des
montants qui sont là pour y arriver.
(15 h 40) •
Et donc comment s'assurer que ce 10 millions
là... Parce que j'ai entendu, moi, des histoires, là, en faisant aussi une tournée, que
ça pouvait arriver dans le passé que, bien que de l'argent descende dans les
établissements pour un objectif donné,
rendu dans les établissements, les besoins en santé, on les connaît, ils sont
toujours énormes, ça pouvait arriver, sûrement
pas par mauvaise foi, mais qu'il y a de l'argent dédié plus aux services
sociaux qui se ramasse plus en santé, et c'est évident que je pense que,
quand on réussit à avoir un montant de 10 millions pour quelque chose d'aussi
fondamental que le programme en négligence, il faut s'assurer qu'il va bel et
bien aller là.
Donc on m'a rassurée, et la consigne est très
claire. C'est qu'en fait l'argent va être payé aux établissements... En fait,
sous preuve que le programme est implanté, les ressources sont engagées. Et
donc c'est comme ça qu'on fonctionne désormais.
C'est aussi comme ça qu'on va fonctionner pour l'argent, le nouvel argent, là,
le 35 millions pour soutenir les déficiences...
les programmes en déficience physique, intellectuelle et en trouble envahissant
du développement, pour s'assurer que
ça va vraiment là où ça doit aller. Alors, c'est comme ça que ça va
fonctionner. Et c'est ce qui, nous croyons, cet argent-là, va permettre au déploiement de se faire, là, dans l'ensemble
des régions où ce n'était pas le cas jusqu'à ce jour.
Président (M. Bergman) : Mme la
députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, M. le Président. Mme la
ministre, j'aimerais vous entendre concernant la
collaboration entre les CSSS et les centres
jeunesse. Alors, nous savons que le MSSS a mis de l'avant des orientations dans
le cadre de ce qu'on appelle les programmes services Jeunes en
difficulté 2007‑2015. Et, dans ces orientations-là, il était question notamment
de renforcer le virage vers la première ligne de services et aussi de mieux
articuler les services entre la première et la deuxième ligne. On pense
notamment à la collaboration entre les CSSS et les centres jeunesse. Où en
sommes-nous par rapport à ces objectifs?
Président (M. Bergman) : Mme la
ministre.
Mme Hivon : Oui. Alors, bien, toute la... ça peut
avoir l'air très technique, très bureaucratique de parler, donc, des CSSS versus
les centres jeunesse, l'arrimage du réseau, et tout ça, mais c'est une réalité
qui est très, très concrète, en fait. Et je dois vous dire que, dans ma tournée des établissements, c'est
probablement un des éléments dont on me parle le plus, les défis, donc, de collaboration, de coordination, de
cohérence entre ce qui se fait — dans notre jargon — en
première ligne, donc dans les CLSC, dans les centres de santé et de
services sociaux et dans les centres jeunesse.
Pourquoi c'est si important? Bien,
évidemment, c'est parce que la trajectoire d'un enfant en difficulté ou sa vie, ce n'est pas un
parcours parfait, linéaire, hein, loin de là. Donc, ça peut être un enfant qui
va d'abord être signalé, mais le signalement
ne sera pas retenu, mais on va se rendre compte qu'il y a un besoin de suivi
dans la famille. Donc, de s'assurer que
le centre de santé et de services sociaux prenne le relais avec les programmes
dont je parlais tout à l'heure, donc en suivi... de suivi en famille, en négligence, que ce soit en crise, que
ce soit en accompagnement, que ce soit les équipes d'intervention
jeunesse, donc, ça, c'est quelque chose de très important.
L'autre
situation peut aussi arriver. C'est-à-dire qu'un jeune peut être donc en
situation de placement, et le placement
prend fin. C'est une excellente nouvelle. Il va retourner, donc, dans son
milieu de vie naturel, mais ça ne veut pas dire que, du jour au lendemain, tout va être simple pour cette
famille-là. Donc, il faut s'assurer aussi qu'ils ne sont pas laissés à eux-mêmes, un peu au même
titre où les
jeunes de 18 ans qui sortent du centre jeunesse ne doivent pas être
laissés à eux-mêmes. On pourra y revenir. Donc, c'est un peu la même chose. Et,
par ailleurs, il y a des enfants qui, s'ils sont bien suivis en centre jeunesse... c'est-à-dire, s'ils sont bien suivis par un
CSSS, n'aboutiront pas, donc, en centre jeunesse et en situation de
protection.
Donc, l'idée derrière ça, c'est vraiment que
ce soient des vases communicants, et qu'il n'y ait pas de chasse gardée entre chaque
univers, et que, vraiment, on voie le travail qui doit se faire en jeunesse
comme une action, je dirais, centrée sur l'enfant ou sur l'adolescent,
vraiment sur ses besoins, et non pas qu'on tente de le faire rentrer dans un
programme particulier ou un système particulier
en disant : O.K., est-ce qu'il est de mon ressort ou de leur ressort? Non.
L'idée, c'est de se dire : Cet
enfant-là a des besoins; cette famille-là a des besoins pour accompagner
correctement l'enfant. Donc, on va s'assurer que les ressources les plus
adéquates soient déployées pour cette situation-là. Et c'est pour ça que cette
collaboration-là est si fondamentale.
ne vous dirai pas que c'est parfait partout. C'est à géométrie variable. Il y a
des régions où ça a l'air d'être une synergie absolument extraordinaire, et il y a des
endroits où je pense qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais
il y a, je pense, un élément, un instrument qui va aider
beaucoup au cours, là, de la prochaine année, c'est qu'il y a un cadre d'entente de collaboration qui a été établi, donc
une belle entente, là, un beau cadre, qui va faire en sorte, donc, de
guider les centres jeunesse et les CSSS pour que, justement, ils développent
justement une vision commune, qu'ils développent donc leur offre de service en partenariat. Et donc le ministère est venu
les outiller en quelque sorte avec ce projet, donc, d'entente de collaboration qui est un peu, je vous
dirais, bien encadré, donc, pour leur simplifier la vie, leur dire un
peu tout ce à quoi ils devraient penser pour améliorer donc cette fluidité-là
et s'assurer que c'est l'enfant qui est au coeur des préoccupations et non pas
le système.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : ...
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de
Bonaventure.
Roy :
Salutations, Mme la ministre, M. le Président, Mme mes collègues députées,
mesdames et messieurs à l'arrière de moi. Mme la ministre, j'aimerais...
je m'adresse à vous aujourd'hui parce que vous êtes la ministre
responsable du dossier Mourir dans la
dignité. Dans un premier temps, j'aimerais d'abord saluer le travail que vous
et vos collègues de la Commission parlementaire spéciale sur la question
de mourir dans la dignité avez fait. C'est un travail exemplaire, non partisan,
qui mérite d'être reconnu et, bon, qui a vraiment amené un climat de confiance
entre les différents intervenants. On pense
aussi à la présidente de la commission, bon, la présidente de la commission, la
députée de Hull, ou son prédécesseur, le député de Jacques-Cartier.
Donc, pour tout ceci, merci, madame.
J'aimerais
amener, bon, avant de poser ma question, une réflexion anthropologique, étant
sociologue de formation. Il y a un auteur, qui s'appelle Louis-Vincent
Thomas, qui a beaucoup réfléchi sur la mort. Donc, en termes d'introduction,
j'aimerais juste amener sa réflexion. C'est
un peu philosophique, mais ça a sa place ici. Donc, ce que Thomas nous
dit, c'est qu'une société — ah! il n'y a pas à être
surpris — une société heureuse et équilibrée...
Une voix : ...
Roy : Une
société heureuse et équilibrée, c'est une société qui accepte la mort, où les
rituels du deuil sont très importants. La mort y est démystifiée auprès des
jeunes puis c'est représenté comme étant un état normal du cycle de la
vie, O.K., donc le culte de la mort sécurise
les vivants. Ce que Thomas nous dit aussi, c'est que, dans notre société, la
mort à été... bon, est une dimension de plus
en plus cachée et occultée, O.K.? Donc, on cache la mort aux jeunes, le culte
de la mort est moins présent, les deuils sont plus... sont raccourcis.
Et il nous dit aussi que ça crée un retour de l'intérêt pour le sanguinolent.
Mais je n'irai pas plus loin là-dedans. Donc, le fait est que la mort est
considérée comme un échec pour l'auteur. La
mort est considérée comme un échec pour la médecine scientifique moderne, ce
qui souvent va se manifester par un certain acharnement thérapeutique
qui peut déshumaniser d'une certaine manière le processus du mourir, d'où l'intérêt
et la grande intelligence d'une commission comme celle-là, Mourir dans la
dignité, et ça, on le reconnaît.
Pour
ramener ça à quelque chose de plus pratico-pratique, moi, j'ai une question,
qui est la suivante. Donc, ça aborde l'aspect
des soins palliatifs. Le rapport de, bon, la commission parlementaire a reconnu
que les soins palliatifs demeuraient la
réponse la plus appropriée à une majorité de personnes. Pourtant, il me semble
qu'on en entend moins parler que de
la question de l'aide médicale à mourir. Donc, j'arrive à la question :
Pouvez-vous nous faire part plus en détail des enjeux et de la vision
liés aux soins palliatifs, Mme la ministre?
Le Président (M.
Bergman) : Mme la ministre.
• (15 h 50) •
Hivon : Merci
beaucoup, M. le député. Alors là, évidemment, vous savez probablement que vous
me faites plaisir
parce que je suis en situation d'apprentissage intensif depuis mon arrivée au
ministère de la Santé et des Services sociaux, mais, le dossier mourir
dans la dignité, je le connaissais avant, donc je suis capable de faire un lien
encore plus important entre, je dirais, le
travail que j'ai pu faire au sein de la commission et maintenant ce que je dois
faire. Parce que c'est une chance
assez incroyable, je pense, que j'ai d'avoir pu être l'instigatrice de la
commission, la vice-présidente, donc
d'avoir fait tous les travaux jusqu'au rapport, et puis, là, d'être nommée
ministre et de pouvoir donc voir à la suite de l'implantation des
recommandations. Donc, je vous remercie de la question.
vais pouvoir un peu peut-être clarifier certaines choses. Tout d'abord, vous
faites référence à toute la notion de la mort dans notre société et l'appropriation versus
le déni de la mort, et je dois vous dire qu'ayant participé aux travaux
de la commission pendant plus de deux ans, ayant fait des consultations dans
huit villes du Québec, ayant entendu près de 300 personnes,
on se rend compte que les avis diffèrent à savoir si, en fait, l'idée de tout
ce travail-là sur mourir dans la dignité
est un travail qui permet de s'approprier la mort ou plutôt est-ce qu'il
découle d'une volonté de la nier et de la contrôler. Donc, je ne ferai pas tout le débat philosophique ici, mais
moi, j'étais plutôt d'avis que d'en parler en société ouvertement avec des tonnes de gens, de
citoyens... Parce qu'on sait qu'exceptionnellement cette commission-là, ce
ne sont pas des organismes qui sont venus
mais en majorité, à 75 %, ce sont des personnes, donc des individus qui
ont décidé de présenter un mémoire, de venir aux séances de micro
ouvert, et je pense que ça en dit long sur l'intérêt du sujet. Moi, je suis plus d'avis, et je pense que c'était aussi
l'avis des membres de la commission en général, que ça montrait que nous
étions une société très mature, apte à
débattre et apte aussi à s'approprier la réalité relative à la mort et à la fin
de vie et donc à être prête à lever le
tabou un peu qui entoure cette réalité-là et pour se demander individuellement
mais aussi collectivement,
ensemble, comment on peut arriver au meilleur accompagnement possible en fin de
vie et aux meilleures, je dirais, solution