House Proceedings — 5 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-04-05
Quebec — Debates (Hansard)
Desservant
la population des villes de Varennes, Verchères, Boucherville et Longueuil, La
Seigneurie a traversé ce
demi-siècle sans faillir à sa mission. L'hebdomadaire a ainsi relaté tous les
événements, heureux ou malheureux, de portée
locale et quotidienne ou d'envergure nationale qui ont jalonné le parcours de
notre région et la vie de ses habitants.
tiens donc à renouveler mon témoignage de gratitude envers tous les
journalistes et tous les artisans du métier de la presse qui ont permis tout au long des 50 dernières années et
permettent encore aujourd'hui la parution hebdomadaire de La Seigneurie et à saluer le travail des
personnes qui se sont succédé à sa direction et qui ont su réaliser son
adaptation tout en restant fidèles à sa mission d'origine. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, à vous la parole.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, Charlevoix est sans contredit
une destination touristique prisée par les visiteurs de plusieurs lieux. Peu importe la saison, ils sont nombreux à
sillonner nos routes en quête des plus beaux points de vue, qu'ils
trouvent à coup sûr et qui contribuent à rendre leur séjour chez nous
inoubliable.
La pittoresque
municipalité de Baie-Sainte-Catherine, où résident actuellement
199 Baie-Catherinoises et Baie-Catherinois,
est la porte d'entrée de notre région en provenance de l'est. Adepte de la
zénitude et épicurienne dans l'âme,
Baie-Sainte-Catherine est une destination où il fait bon s'arrêter pour
rencontrer une population authentique, prendre l'air, observer les
paysages à couper le souffle et, pourquoi pas, les mammifères marins au large.
existe plusieurs occasions pour découvrir la municipalité de
Baie-Sainte-Catherine, que je tiens à féliciter, puisqu'elle a rejoint la grande famille de Tourisme Charlevoix
récemment. Pour connaître ses attraits et y prévoir une visite comme je
l'ai fait samedi dernier, je vous invite à consulter le site de Tourisme
Charlevoix. Et peut-être tomberez-vous
amoureux, vous également, de notre région, comme des centaines de milliers de
personnes. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée. M. le député de
Masson, à vous la parole.
Lemay : M. le Président, il y a maintenant 70 ans, un groupe de
vétérans habitant la région du Haut-Terrebonne décide de fonder la succursale 120 de la Légion royale canadienne.
La légion a comme mission d'aider nos vétérans à reprendre tant bien que mal une vie normale. À cette époque, la légion
était un endroit réservé exclusivement aux vétérans et à leurs familles. Depuis maintenant plus de
40 ans, la légion de Mascouche accueille des scouts, des cadets et plus de
220 joueurs de fléchettes. Notre légion
est particulièrement fière d'avoir remporté deux fois le championnat canadien
de fléchettes.
Avec
sa campagne du coquelicot, la légion aide les quelques vétérans de cette
Seconde Guerre mondiale encore vivants
mais aussi aide aujourd'hui ceux qu'on appelle les nouveaux vétérans, ceux des
nouvelles guerres et missions de paix partout sur la planète.
Le samedi
9 avril prochain, la Légion royale canadienne succursale 120 va
célébrer son 70e anniversaire. Félicitations
à son président, M. Jean Filiatrault, ainsi qu'à toute son équipe pour
leur dévouement auprès de nos
vétérans! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Masson. M. le député de Saint-Maurice.
M. Giguère : Merci,
M. le Président. À l'occasion de la
Journée internationale des femmes, le Centre de femmes de Shawinigan a permis à 19 femmes de s'exprimer par le
biais de l'art visuel dans le cadre de l'exposition Retrouver sa dignité . Lors du vernissage de l'exposition, Mme Marie-Claude Caron, l'une
des artistes participantes au projet, a livré avec courage un témoignage inspirant sur les épreuves qu'elle a dû
traverser en tant que mère monoparentale ayant des limitations physiques
et une situation financière précaire. Mme Caron est également une bénévole
chevronnée qui oeuvre au Centre de femmes depuis de nombreuses années. Elle est
un bel exemple de volonté et de détermination.
Pour terminer, je lui
souhaite tout le succès qu'elle mérite. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Saint-Maurice. M. le
député de Jonquière,
à vous la parole.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Je tiens à rendre hommage à M. Jacques Clément, qui tire sa
révérence comme chef de l'Orchestre
symphonique du Saguenay—Lac-Saint-Jean. M. Clément a dirigé l'orchestre une dernière fois dimanche
dernier après une carrière remarquable de 37 ans.
M. Clément
a connu une brillante carrière. Entré à l'Orchestre symphonique du Saguenay—Lac-Saint-Jean en 1979, il a fondé l'Association des orchestres de jeunes du Québec,
l'Orchestre des jeunes du Saguenay—Lac-Saint-Jean, le Quatuor Alcan, le Choeur symphonique. Il a dirigé le Camp musical du Saguenay—Lac-Saint-Jean de 1980 à 1984 et a été nommé directeur du conservatoire de
musique de Chicoutimi en 1986. Sa plus grande réalisation aura été de professionnaliser l'orchestre symphonique
régional. Jacques Clément a également reçu de nombreux prix prestigieux partout
à travers le Québec.
Alors,
merci, M. Clément, d'avoir partagé avec nous, avec toute la population
du Saguenay—Lac-Saint-Jean, vos connaissances et votre
passion pour la musique. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Jonquière. M. le
député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Je tiens à souligner le 20e anniversaire
d'un organisme clé de Chomedey, le
Youth and Parents Agape Association. Initié par le révérend Donald O'Rourke, prêtre à
l'église Holy Name of Jesus, et deux de ses paroissiens, Leo and
Cliffeline Young en 1976, Agape est établi depuis 1995 dans son local actuel.
For over 20 years, the volunteers
involved met to join their forces and help people. Agape is the only English-speaking community organization in Laval, but serves all families in need by
providing a wide variety of services, such as daily
bread counter, budget planning, food, clothes, furniture and toys. The
organization also offers help and guidance
for victims of all type of addictions, victims of abuse, having a shelter for
women, parenting support and even a day-care.
Agape
is truly a wonderful organization. Let me thank all the employees, volunteers,
board of directors and especially Elizabeth McLeod and family for their hard
work, perseverance and dedication. Happy 20th anniversary!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M.
le député de Chomedey.
M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, je veux saluer l'initiative de
bénévoles de ma circonscription, de Nicolet-Bécancour, qui organisent
pour une deuxième année consécutive la Marche pour l'alzheimer. Cet événement
aura lieu le 29 mai prochain dans les rues de Nicolet et il se déroulera
simultanément aux quatre coins du Québec.
Chez nous comme ailleurs, la maladie fait des
ravages, et les coûts associés à la recherche et aux traitements sont faramineux. Les besoins sont tels que notre société
n'arriverait certainement pas à prendre soin de toutes les personnes
atteintes sans l'apport indispensable de
milliers et de milliers d'aidants et de bénévoles. C'est donc avec enthousiasme
que je m'associe à la Marche pour
l'alzheimer de Nicolet. Je veux ainsi offrir mon appui le plus total à la cause
que tous ces bénévoles endossent et
j'invite mes concitoyens à se mobiliser et à participer en grand nombre avec
moi à ce beau ralliement de solidarité et de générosité.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Nicolet-Bécancour.
M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. À
l'occasion de la Semaine de l'action bénévole de 2016, qui débutera dimanche prochain, qui a pour thème Les
bénévoles sont les racines qui ancrent les collectivités et qui se
déroulera du 10 au 16 avril prochains, j'aimerais souligner
l'importance de l'implication bénévole dans notre société.
titre personnel, et ce, depuis plus de 10 ans, je m'implique dans divers
organismes, que ce soit dans le milieu des affaires, de la culture, du
sport amateur et même des banques alimentaires. À Laval-des-Rapides et
Pont-Viau, M. le Président, nous comptons plus d'une cinquantaine d'organismes qui
ne pourraient offrir leurs services sans l'implication des bénévoles,
dont la présence et le soutien demeurent essentiels.
J'invite
donc l'ensemble des résidents de ma circonscription à participer à cette Semaine de l'action bénévole
et donner de leur temps, que ce soit
en famille, entre amis ou même de manière individuelle. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Laval-des-Rapides. Enfin, Mme
la députée de Gatineau, pour
votre déclaration.
Vallée : Alors, M. le Président, je désire aujourd'hui souligner les 40 ans de la Société québécoise
d'information juridique. Créée en 1976, SOQUIJ avait et a toujours
pour mission de promouvoir la recherche, le traitement et le développement de l'information juridique en vue d'en améliorer la qualité et l'accessibilité au profit de la collectivité, et ce, en utilisant principalement
la technologie.
L'innovation du temps se nommait Datum. Ce programme informatique permettait de
repérer dans un délai de trois minutes un ou des jugements parmi une
banque qui alors en comptait 17 000. Ce service n'était alors disponible
qu'aux juristes.
Aujourd'hui,
SOQUIJ diffuse sur le Web, sans frais, pour tous les citoyens, l'ensemble des
décisions rendues par les tribunaux et
organismes du Québec, et cette société d'État contribue à faire du Québec la
province ayant le plus grand nombre
de décisions accessibles pour tous, soit plus de 1 million. SOQUIJ est
aujourd'hui un acteur clé du milieu juridique
québécois. Au cours des dernières
années, elle a développé de nouveaux outils facilitant l'administration de la justice, notamment en lien avec l'adoption du nouveau Code
de procédure civile. Je tiens donc à saluer leur excellent travail.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Merci à vous, Mme la députée.
Voilà qui met un
terme à la rubrique Déclarations de députés. Et je suspends les travaux de
l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 51)
Président : Mesdames messieurs, avant de nous recueillir, je voudrais... Évidemment,
je ne pourrais passer sous silence le
fait que, comme vous le savez, puisque... Depuis la dernière fois que nous nous
sommes rencontrés, nous avons
quelques anciens collègues qui sont disparus, la première étant évidemment
Mme Claire Kirkland-Casgrain, qui a
été la première députée dans cette
Chambre en 1961, et qui a été pendant
12 ans membre de cette Chambre, et qui a eu des funérailles
nationales samedi dernier, auxquelles plusieurs d'entre vous avez participé.
Il y a
eu aussi M. François Cloutier, qui a été aussi ministre, entre autres de l'Éducation, ici pendant... dans les années... de 1970 à
1976, et qui est décédé pendant la période où nous étions en travail de comté.
Et évidemment rien ne
vous a échappé, sûrement. Celui qui commençait ses programmes à la radio
comme : Salut, salut! J'en ai une bonne
à vous raconter. Bien, il a été député fédéral et ministre
fédéral, comme vous le savez. C'était Jean
Lapierre. Je pense qu'on pourrait penser à leurs familles et se
recueillir évidemment en silence, mais en pensant aux gens qui
ont été près de ces personnes, qui les ont aimées, qui les ont bien connues.
Merci. Je ne vous
demanderai pas de vous asseoir aussi rapidement parce que — je
vois mon collègue de Beauce-Nord qui, lui, ne se fait jamais
prendre — je
voudrais d'abord vous annoncer que nous avons des invités
particuliers dans nos tribunes. Je
pense, entre autres, à l'ancien député de
Roberval, M. Denis Trottier, qui est avec nous.
puis, pour la première fois, si je ne m'abuse, notre ancien collègue
le député de Gouin...
qui a été député de Gouin et aussi
député de Pointe-aux-Trembles, André Boisclair, qui est avec nous aussi. Ça ne
se dit pas généralement, mais, sauf erreur, je pense que vous aurez 50
ans dans neuf jours. Alors, félicitations à l'avance!
J'ai le plaisir aussi de signaler la présence dans
nos tribunes du secrétaire d'État en charge de la Réforme de l'État et
de la Simplification de la République
française, M. Jean-Vincent Placé. Il est accompagné du consul général de
France à Québec, M. Nicolas
Chibaeff, ainsi que de plusieurs maires de la région française,
particulièrement de Nantes, de Rennes, et de Saint-Malo, et de
Saint-Nazaire.
J'ai aussi le plaisir
de souligner la présence dans nos tribunes de l'ambassadeur de Hongrie, Son
Excellence M. Bálint Ódor, à l'occasion de sa visite officielle.
nous ne sommes pas rendus à la fin puisque j'ai également le plaisir de
souligner la présence de M. l'ambassadeur de France, Son Excellence
M. Nicolas Chapuis.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le premier
ministre.
Couillard : Merci, M. le
Président. Je voudrais déposer, avec la députée de Richmond d'ailleurs, la
Politique québécoise de la jeunesse
2030, Ensemble pour les générations présentes et futures , dévoilée,
encore une fois, avec la collaboration de ma collègue et adjointe
parlementaire, la députée de Richmond, le 30 mars 2016.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
permettez-moi de déposer une entente relative à la mise en oeuvre du Plan Nord
à l'horizon 2035 du gouvernement du Québec
entre le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, secondé par
le ministre délégué aux Mines et la Société du Plan Nord.
Président : Alors, ces documents sont déposés. Il y a un
document qui devait être déposé par M. le ministre de la Sécurité
publique. C'est vous qui le déposez?
Président : Plus tard? Demain? Parfait. Alors, dépôt de
documents. Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci,
M. le Président. Je dépose aujourd'hui une entente relative à la mise en oeuvre
du Plan Nord à l'horizon 2035, plan d'action 2015‑2020 du gouvernement du
Québec entre le ministère des Relations internationales et de la Francophonie
et la Société du Plan Nord.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Et, tout de suite après, le
ministre de la Sécurité publique pourra procéder au dépôt. Je dépose la réponse du gouvernement aux
pétitions présentées par : le
député de Lac-Saint-Jean le 11 février; la députée de Repentigny
le 9 mars; par le député de Rosemont le 10 mars 2016.
Je dépose également
la réponse aux questions inscrites au feuilleton le 15 mars 2016 par le
député de Granby.
Le Président : Alors, ces documents
sont déposés. M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Oui, M. le Président. Il me fait plaisir de déposer aujourd'hui le rapport des activités des coroners pour
l'année civile 2015 et un avenant à l'entente sur la prestation des services
policiers dans la communauté de Mashteuiatsh pour la période du 1er avril
2015 au 31 mars 2016.
Le Président : Alors, ces documents
sont déposés.
Pour ma part,
je vous avise que, conformément à l'article 285 de notre règlement, une
réunion entre la présidence et les
leaders des groupes parlementaires a été tenue afin de préciser les modalités de l'étude des crédits. J'informe donc l'Assemblée que l'étude des crédits débutera le
mercredi 13 avril et se poursuivra jusqu'au mardi 26 avril, selon le
calendrier convenu que je dépose maintenant.
demande par ailleurs le consentement de cette Chambre pour déroger à
l'article 283 du règlement relativement
au temps consacré à l'étude des crédits d'un
ministère. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement? C'est consenti.
Voilà.
Alors, pour y
arriver... Ceci est le dépôt du dernier document. Donc, je dépose également les
prévisions budgétaires 2016‑2017 et
les rapports financiers préliminaires 2015‑2016 du Directeur général des
élections du Québec, de la Commission de la représentation électorale du
Québec.
J'ai reçu
préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition. Conformément à
l'article 97.1 du règlement, j'ai déposé copie du texte de ce préavis.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique
Dépôt de pétitions, j'ai une demande de M. le député de Côte-du-Sud pour la
présentation d'une pétition qui est
non conforme. Est-ce que j'ai le consentement pour le dépôt de cette pétition?
Consentement. M. le député de Côte-du-Sud.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Moi aussi, j'ai des gens à vous dire qui sont dans les
tribunes à m'écouter déclarer leur
pétition. Je dépose donc l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 2 537 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la rétribution d'une ressource visée par la LRR est assujettie au Règlement
sur la classification des services offerts par une ressource
intermédiaire et une ressource de type familial;
«Considérant
que le jugement Grenier proclamait les mêmes protections et les mêmes avantages
à une ressource que ceux consentis au salarié exerçant des activités
analogues d'un secteur apparenté;
«Considérant que l'article 34 de la LRR
dicte que la rétribution nette d'une ressource ayant une prestation de services
complète soit équitable par rapport au salaire annuel des emplois évalués;
«Considérant que l'article 303 de la LSSS dicte
que c'est au ministre d'établir la classification des services offerts par une
ressource;
«Considérant que l'établissement public
détermine annuellement ladite classification, en conformité avec le règlement
et que son verdict est sans appel;
«Considérant que, lorsque les interventions d'une ressource [réunissent] à
faire faire des progrès à une personne, cela fait en sorte que sa rétribution risque fort d'être revue à la baisse
et conséquemment mettre en péril la viabilité d'une ressource;
«Considérant que le salarié exerçant des activités analogues
n'est pas assujetti à un tel mécanisme de révision;
«Considérant que l'article 132 de la LRR stipule
que la CES ne peut recevoir une plainte portée par une ressource;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de mettre fin à cette pratique de révision à la
baisse d'une rétribution déjà établie en y introduisant plutôt la notion
du "maintien des acquis".»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu de la part de M. le député de Chambly une demande de dépôt de pétition — en
fait, c'est deux demandes, j'en aurai une qui suivra l'autre — qui
est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement.
M. le député, nous vous écoutons.
Roberge : Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 145 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes de
Saint-Basile-le-Grand :
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que cette pétition s'adresse aux
personnes vulnérables et orphelines sans médecin de famille, résidents de
Saint-Basile-le-Grand;
«Considérant
que cette pétition donne suite à la correspondance datée du 28 janvier 2016
reçue du ministre de la Santé et des Services sociaux en réponse à celle de M.
Serge Michel Rathle du 15 janvier 2016;
«Considérant
que les personnes vulnérables, incluant, entre autres, les analphabètes de
notre société, ont besoin d'un service rapide et adéquat et non d'une
réponse politiquement correcte comme déjà reçue le 4 avril 2014;
«Considérant
que, lors de l'appel téléphonique de M. Rathle du 15 février 2016 au
Centre médical de Saint-Basile, on
l'informait que les bureaux des médecins retraités étaient encore vacants, d'où
l'importance de prendre en considération, dans les plus brefs délais possible, la demande de M. Rathle, datée
du 9 février 2016, adressée à M. le maire Bernard Gagnon ainsi qu'aux
membres du conseil municipal;
«Considérant
que, quant aux accommodements dits raisonnables, on peut ajouter "charité
bien ordonnée commence...";
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de bénéficier de la présence
d'un médecin de famille dans notre municipalité.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Vous
avez une deuxième pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un
consentement? Consentement. M. le député.
M. Roberge :
Très brève. Elle est la suite de la précédente.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 212 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes de
Saint-Basile-le-Grand.
Il n'y a pas de faits
invoqués.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
sommes pour l'obtention d'un médecin de famille dans notre municipalité», à
savoir Saint-Basile-le-Grand.
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition et je vous remercie.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponse orale aux pétitions ni d'intervention portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période des questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le chef du Parti libéral du Québec,
le premier ministre, a décidé de confier la présidence du Conseil du
trésor et également, et surtout, les recommandations de la commission
Charbonneau au député de Louis-Hébert.
Dimanche, nous avons appris, excusez-moi l'expression, qu'il s'est
poussé en Floride pour fuir la tempête médiatique que le premier
ministre a lui-même créée.
Est-il utile de
rappeler à la population que le nouveau ministre responsable de rien a
longtemps fréquenté Marc-Yvan Côté qui,
aujourd'hui, fait l'objet d'accusations de complot, de fraude, d'abus de
confiance et de corruption? Est-il
également utile de rappeler au premier ministre que son nouveau ministre sans
portefeuille fut son serviteur, son fervent
serviteur lors de sa campagne à la direction du Parti libéral du Québec? Alors,
durant votre campagne, durant la campagne
du premier ministre, vous avez dit à la population que vous dirigerez un
gouvernement intègre et transparent. Alors, c'est malheureusement tout
le contraire qui se produit.
Alors, devant
l'exaspération et le tollé de protestation de la population, peut-il nous dire
pourquoi il a laissé partir le député de
Louis-Hébert en Floride, alors qu'il devrait être ici, devant le Commissaire au
lobbyisme, devant le Commissaire à l'éthique, devant le Directeur
général des élections et également, éventuellement, devant l'UPAC?
Président : M. le premier ministre, tout en signalant à tous
les intervenants ici de faire attention quand même aux abus qui pourraient se faire et puis en
évitant de mettre, évidemment, la conduite d'un député en question, comme
le prévoit notre règlement. M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le Président, j'ai eu l'occasion de dire aux
médias il y a quelques instants et de leur rappeler
les raisons pour lesquelles nous sommes ici, dans cette Chambre, les raisons
pour lesquelles je suis dans cette Chambre et les raisons pour
lesquelles j'occupe ce fauteuil.
D'abord,
avant tout, c'est pour moderniser et transformer le Québec qu'on doit
transférer à nos enfants dans de meilleures
conditions que celles qu'on a trouvées à notre arrivée, afin qu'ils aient et
qu'elles aient la liberté des choix, mais
également faire la même chose avec le Parti libéral du Québec. Et on devra tous
se rendre compte et accepter le fait, M. le Président, le fait que de nombreuses
modifications ont été apportées à la constitution du Parti libéral du Québec,
à ses pratiques. Et je défie qui que ce soit
de trouver actuellement autre chose que des pratiques exemplaires dans notre
parti. Et j'estime que tous les partis doivent faire des efforts
continus pour s'améliorer.
Pour ce qui est de la
question relative au député de Louis-Hébert, il a déjà annoncé qu'il
reviendrait jeudi. Il sera présent ici pour
rencontrer les médias. Il sera, bien sûr, à la disposition du Commissaire à
l'éthique, comme il doit l'être. Mais je voudrais quand même qu'on se
rappelle, M. le Président, du principe de justice élémentaire qui est le suivant : On ne doit pas condamner quelqu'un
avant qu'un examen impartial ait été fait des allégations ou des soupçons
qui pèsent sur cette personne, qu'il ait
l'occasion d'y répondre. C'est un principe absolument élémentaire. Je crois que
le député de Louis-Hébert, comme tous les
citoyens de cette société, a droit au respect de ce principe. Maintenant, nous
verrons le rapport du Commissaire à l'éthique.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Avant de connaître les faits
révélés par l'émission Enquête jeudi dernier, le premier ministre
disait, et je le cite : «...moi c'est l'héritage du Parti libéral du
Québec que je porte...» «Chaque fois qu'une
question sera posée au sujet de personnes liées antérieurement à notre
formation politique, nous y répondrons de façon transparente.» Et ce midi, M. le Président, le premier ministre
nous a dit : «Moi, je prends la responsabilité du parti à partir de
ma nomination [comme] chef, en [...] 2013.»
Alors, est-ce que,
oui ou non, le premier ministre assume véritablement...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, comme lui d'ailleurs, j'assume, bien sûr, toute
l'histoire et la glorieuse histoire de
notre parti, qui remonte à 150 ans, un parti qui a été présent à tous les
grands virages de la société du Québec, M. le Président, et qui va continuer de l'être. Ma responsabilité effective
personnelle, bien sûr, commence à partir du moment où j'ai été désigné par les militants chef du
parti en mars 2013, ce qui nous a amenés à proposer à ce moment-là, avant
et après, des modifications importantes qui,
je crois, devraient être suivies par l'ensemble des partis. D'abord, nous avons
réformé notre constitution, ce que chacun fait, mais également y avons intégré
un code d'éthique, ce qui m'apparaît absolument
essentiel. Nous avons profondément, profondément changé les façons dont nous
pratiquons le recrutement de membres et également le financement
politique. J'expliquais la semaine dernière...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...que chacune de nos associations de comté a le même objectif, qu'on
soit député ou membre du Conseil des ministres.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Nous avons constaté hier que le
Parti libéral d'hier, c'est le Parti libéral d'aujourd'hui lorsque le premier ministre Jean Charest et également le
premier ministre nous ont dit que, dans le fond, ils proclamaient
l'innocence avant même que les enquêtes étaient ouvertes.
Alors,
ma question au premier ministre, c'est : Est-ce qu'il est d'accord avec
Jean Charest et est-ce que nous allons, comme ça, redonner confiance aux
Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, la confiance, elle se gagne également en donnant à
chacun et chacune la possibilité d'exercer
une défense tout à fait honorable et correcte avec les institutions qui sont
les nôtres, et je pense que c'est très important de le redire.
Maintenant, à la question spécifique sur le député de Louis-Hébert, moi, je le connais, bien
sûr, depuis quelque
temps, il a été dans notre équipe de gouvernement depuis les premiers jours, et je n'ai rien vu
d'autre qu'un dévouement exemplaire à
sa tâche, à partir du moment où il a été ministre du Travail jusqu'au
dernier jour où il occupait les responsabilités au Conseil du trésor. Il a pris la décision, qui, à
mon avis, était sage et justifiée, de
se retirer de ses responsabilités pendant la
durée de l'enquête du Commissaire à l'éthique. Donnons à cette enquête et à
cette institution le temps de faire son travail. Le moment
de décision viendra au moment de la réception du rapport.
Le Président : En terminant.
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Alors, on doit comprendre, M. le Président, que le premier
ministre endosse absolument les liaisons dangereuses de son président du Conseil du trésor avec un collecteur de
fonds qui est passé à la commission Gomery, qui est passé à la commission Charbonneau, qui fait aujourd'hui l'objet
d'accusations de fraude, de complot, de corruption.
Est-ce que le premier ministre peut nous dire
qu'il a encore confiance en son député de Louis-Hébert?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Je vais répéter
ce que je viens de dire : Depuis le premier jour et les premières heures
de notre gouvernement, autant alors
qu'il occupait le poste de ministre du Travail que récemment au Conseil du
trésor, j'ai constaté le dévouement,
l'énergie et le dévouement au bien commun du député de Louis-Hébert dans
l'exécution de ses mandats.
Ceci dit, on
fait appel ici à des événements survenus antérieurement. Ils ont été rapportés
dans les médias. Il est tout à fait
normal et élémentaire, M. le Président, je veux le répéter, que notre collègue
ait la capacité de se défendre et de présenter
son point de vue devant un organisme indépendant et impartial qui fera un
rapport, et par la suite nous aviserons.
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, les révélations de Radio-Canada sont profondément troublantes :
Marc-Yvan Côté utilisait son ami de Louis-Hébert
pour faire avancer ses dossiers au sein du gouvernement libéral. Les courriels
du cabinet du ministre confirment que
l'entreprise a obtenu plus d'argent grâce aux pressions de Marc-Yvan Côté. Une
telle influence occulte mine la
démocratie et l'intégrité du gouvernement. C'est toute la classe politique qui
est entachée, M. le Président.
Réaction du
premier ministre face à cette affaire : pas un mot pendant deux jours, et,
lorsqu'il a brisé son silence sur le
parvis d'une église lors de funérailles nationales, ça a été pour réitérer sa
confiance dans l'intégrité du ministre noble et courageux et pour le mettre en congé de maladie. C'est le premier
ministre, M. le Président, qui a autorisé son ministre à garder son plein salaire et sa limousine, et les
Québécois sont furieux, avec raison, de la décision du premier ministre.
Est-ce que le
premier ministre va faire ce que la population attend de lui et retirer à son
ministre déchu son salaire de ministre et sa limousine?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : On peut invoquer la fureur des Québécois sur
plusieurs thèmes, M. le Président, et je ne disconviens pas que notre collègue peut poser la question
qu'il pose, mais je veux simplement lui dire que chaque Québécois qui serait
pris devant les feux d'une attaque à son
intégrité basée sur les arguments qu'il soulève sans aucune enquête sur les faits pourrait se demander s'il n'a pas de raison d'être
furieux de la façon dont on mine la présomption d'innocence et la façon
dont on traite, avec peu d'égards, disons-le, le droit à une justice.
Ceci étant,
dans les reportages, et je ne me fie qu'aux reportages que j'ai lus dans les
médias, j'ai aussi noté que, dans l'affaire mentionnée, M. le Président,
il semble que c'est suite à des avis de fonctionnaires et sur la foi et les recommandations selon les normes que cela a été
fait, ce qui fait que la présomption d'innocence en subit un coup encore
plus grand lorsqu'on remet cet élément-là dans le plateau, si vous me
permettez, de la justice.
Ceci étant, notre collègue, M. le Président,
était là, d'ailleurs, je tiens à le noter, était là vendredi et a fait des
commentaires vendredi. Il sera là cette semaine...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...il sera de
retour et il pourra commenter encore, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : M. le
Président, on a fait des vérifications, là, on n'a trouvé aucun autre cas d'un ministre
suspendu qui garde son salaire de ministre, puis sa limousine, puis ses
privilèges, aucun autre cas dans notre histoire parlementaire. C'est un précédent dangereux que le premier ministre
vient de créer, dangereux pour la démocratie, aux frais des contribuables, M.
le Président. Cette affaire-là, ce n'est plus seulement l'affaire du député de
Louis-Hébert, c'est l'affaire du premier ministre du Québec, M. le
Président.
Est-ce qu'il va entendre la population
du Québec qui lui demande de retirer au député de Louis-Hébert son salaire
de ministre, sa limousine de ministre, ses privilèges de ministre?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Avec plus de justesse, je dirais que c'est l'affaire du Commissaire à l'éthique
qui doit, M. le Président, regarder l'ensemble des faits de la cause avant
d'arriver au jugement intempestif que le collègue leader de l'opposition est en train de faire. Il analysera
l'ensemble des faits et déposera son rapport auprès de cette Assemblée, et,
après, on sera en mesure de faire des commentaires, M. le Président.
Mais,
lorsqu'on voit le positionnement qu'il prend... Et, encore une fois, dans cette
Chambre, nous avons une liberté de
parole à laquelle je ne veux... Je ne veux pas apporter de limites là-dessus,
mais je crois que nous avons aussi le droit d'avoir une interprétation
qui nous amène à se dire qu'avec un maximum de justice...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
... tout le monde serait mieux servi.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, le premier ministre ne daigne même pas se lever pour répondre
à la question que les Québécois lui
posent. Ils sont en colère, ils ne comprennent pas, ils se demandent
pourquoi... Qu'est-ce qu'il lui doit tant,
M. le Président, au député de Louis-Hébert pour lui garder son salaire de
ministre, puis sa limousine de ministre, puis ses privilèges de ministre? Qu'il se lève donc, M. le Président, et
qu'il réponde à la colère des Québécois qui veulent comprendre pourquoi.
Pourquoi on laisse au
député de Louis-Hébert un salaire pour un ministre qui n'est plus ministre?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : C'est un
peu la première question, et donc probablement un peu la première réponse. M. le Président, il y a un principe
élémentaire qui est celui de la justice et du droit qu'ont les gens à avoir
leur interprétation être aussi représentée,
et, dans ce cas-ci, disons que la pleine défense n'a pas eu vraiment la chance
d'être entendue. Mais, puisque nous
avons des institutions que nous nous sommes données, dont notamment avec le
code d'éthique, que nous avons adopté ensemble, et le Commissaire à
l'éthique, une institution dont c'est le mandat, alors pourquoi est-ce que mon
collègue décide de se donner lui-même ce mandat
alors que nous avions décidé de le donner au Commissaire à l'éthique? Il va
faire son enquête...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...et on pourra commenter par la suite, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : M. le Président, on connaît le Club Med des
fonctionnaires, mais maintenant le premier ministre a inventé le Club
Med des ministres libéraux. Alors, le ministre de Louis-Hébert a zéro
responsabilité ministérielle, mais le
premier ministre lui conserve, en plus de son salaire de député, son bonus de
68 800 $, chauffeur inclus. Alors, ce n'est pas lui qui va
payer son gaz, qui va faire changer ses pneus d'hiver, le pauvre homme, ce sera
aux frais des contribuables. Le bout du bout : au lieu de faire son
travail de député, il s'en va en vacances en Floride.
Le Commissaire à
l'éthique a déclenché une enquête sur un ministre, et ce ministre s'en va jouer
au golf en Floride. Il aurait dû se rendre
entièrement disponible pour répondre aux questions du commissaire à la minute
où l'enquête a été déclenchée. Fuir
en Floride, c'est rire des Québécois. Seule l'immense grogne populaire, à
l'évidence, le fait revenir jeudi.
Pourquoi
le premier ministre a-t-il accepté que son ministre de Louis-Hébert parte dans
le Sud alors que de graves allégations pesaient contre lui? Pourquoi
a-t-il pris cette décision, accepté ce geste?
Président : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Il est vrai qu'il y a des allégations. Par contre,
de la part de l'opposition, c'est une déclaration de culpabilité à
laquelle on assiste aujourd'hui, M. le Président. C'est deux choses
différentes. À l'égard des allégations, il
était là vendredi dernier, il a répondu aux médias sur ces questions-là. Il
sera de retour cette semaine pour répondre aux médias et être en mesure de participer à l'ensemble des enquêtes que le
Commissaire à l'éthique doit tenir. Et, si d'aventure, demain matin, le Commissaire à l'éthique le
demandait, il y serait. Il a lui-même indiqué au Commissaire à l'éthique qu'il
voulait pouvoir offrir sa version des faits dans le cadre de notre code
d'éthique.
Alors, une
fois qu'on regarde les faits de cette façon-là, on est obligés de se remettre à
ce que je disais tantôt aux journalistes,
à savoir que, derrière tout ça, quand vous avez une personne qui a beau faire
de la politique, mais qui est une personne humaine, qui considère que
les allégations et les déclarations de culpabilité à laquelle on assiste
viennent directement le blesser alors qu'il
sait, dans son for intérieur — c'est ce qu'il dit — qu'il n'a pas cette culpabilité, il est
bien possible qu'il soit effectivement
blessé, qu'il ait besoin d'un peu de temps pour se remettre. Il ne fuit rien,
il sera ici cette semaine, il était là vendredi dernier, M. le
Président.
Le Président : En terminant.
M. Fournier : On pourrait
avoir un peu de respect pour les personnes aussi.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Le leader défend l'indéfendable. Si
un chômeur s'en va dans le Sud, on lui coupe ses prestations. Mais un ministre
libéral sous enquête qui se prélasse en Floride, il garde son salaire, il n'y a
pas de problème. Il y a quelques minutes, le
premier ministre a même parlé de dévouement. Du dévouement, aller se prélasser
dans le Sud, jouer au golf, pendant
qu'on est sous enquête du Commissaire à l'éthique, du DGE et... rajoutons-en,
c'est le premier ministre qui a autorisé ça.
Pourquoi
est-ce que le premier ministre n'a-t-il pas rappelé immédiatement son ministre
quand il a appris qu'il était en Floride?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Il était ici vendredi dernier, il sera ici cette
semaine, M. le Président. Il a lui-même demandé de pouvoir avoir cette affaire étudiée par le
Commissaire à l'éthique. Il est entièrement disponible pour le Commissaire à
l'éthique. Je ne vois pas vraiment ce que je peux rajouter d'autre, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Écoutez, M. le Président, il y a 125 députés ici aujourd'hui ou à peu
près. L'Assemblée siège. Pendant ce
temps-là, il y a un ministre avec responsabilité de rien qui garde son salaire
et sa limousine, et on dit : Il est député, il n'est pas à l'aise, alors il ne se présente pas ici. Il y a
de nouvelles règles du jeu sous le gouvernement libéral actuel, à ce que je sache. Écoutez, les Québécois
voient ça, ils se sentent insultés. Leur tolérance, elle est à moins 15 sous
zéro pendant que leur ministre se prélasse dans le Sud.
Pourquoi est-ce que le premier ministre a
autorisé qu'il s'en aille dans le Sud et pourquoi il ne l'a pas rappelé
immédiatement quand il l'a appris...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Il était ici vendredi dernier, il a répondu aux
questions, M. le Président. Il sera ici cette semaine. Jeudi, il sera là pour pouvoir répondre. Pour le
reste, chacun fait son jugement. Vous faites le vôtre, nous faisons le nôtre,
les Québécois feront le leur, M. le
Président. Derrière tout ça, il reste une personne qui considère qu'elle ne
mérite pas les accusations de
culpabilité que vous lui adressez et qui, conséquemment, prend une ou deux
journées pour s'en remettre, M. le Président, qui sera debout devant
tout le monde pour offrir les réponses.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, samedi dernier, le premier ministre
a réitéré sa confiance en le député de Louis-Hébert. Rappelons qu'en
2005 Marc-Yvan Côté a été banni à vie du Parti libéral du Canada pour
financement politique illégal. Jeudi
dernier, l'émission Enquête nous a appris que le député de Louis-Hébert,
lorsqu'il était ministre, a accepté
d'échanger des informations avec Marc-Yvan Côté sur une demande de subvention
de l'entreprise Premier Tech. Vendredi,
le lendemain, le député de Louis-Hébert a admis qu'il a eu un téléphone de
Marc-Yvan Côté puis il a admis d'avoir
fait le suivi auprès de ses collègues d'une demande de subvention de
l'entreprise Premier Tech. Donc, c'est admis par le député de
Louis-Hébert.
Donc,
ma question est simple : Est-ce que le premier ministre considère que le
député de Louis-Hébert a manqué de
jugement en communiquant avec
Marc-Yvan Côté sur un dossier de demande de subvention de l'entreprise Premier Tech, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, si c'était le cas, bien sûr,
et confirmé par l'enquête qui sera faite par le Commissaire à l'éthique, on aura certainement la même réaction que notre collègue. Mais c'est justement
ce qui fait l'objet de l'enquête, entre
autres, parce que ce que nous avons, M. le Président, au dossier,
c'est les échanges de courriels sans que le principal intéressé y participe. Et ce qu'on devra voir de
sa part et de sa bouche, de la bouche des fonctionnaires qui ont participé
à l'analyse du dossier et des autres
personnes impliquées, c'est comment cette décision a été prise. Et, à ce que je
sache, personne ne remet en question
la décision elle-même. Je pense que c'est important de le rappeler. C'est une entreprise importante pour le
Bas-Saint-Laurent, et il y avait plusieurs emplois impliqués dans cette
histoire.
Mais
je vais répéter encore une fois, M. le Président, que, pour moi, un, c'est une
question que je ne prends pas à la
légère, je voudrais le dire franchement ici à la population et mes collègues de
l'Assemblée, mais c'est une situation dans
laquelle les principes élémentaires de justice doivent s'appliquer, et ces
principes demandent qu'une personne qui est mise en cause de cette façon ait la chance de présenter son point de
vue et sa version des faits devant un arbitre impartial qui, ici, sera le Commissaire à l'éthique. Cette
personne déposera son rapport, tout le monde pourra lire le rapport, et, bien
sûr, les décisions appropriées seront prises à ce moment.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre n'a pas à attendre le rapport du
Commissaire à l'éthique, le député de
Louis-Hébert a lui-même admis qu'il avait parlé avec Marc-Yvan Côté puis il a
dit : C'est normal qu'on fasse le suivi d'un bon dossier de
subvention. Donc, il l'a dit. Moi, je pense que le député de Louis-Hébert
n'aurait jamais dû échanger ce genre d'information avec Marc-Yvan Côté.
Donc,
je lui donne une dernière chance, est-ce
que le premier ministre considère que
le député de Louis-Hébert
a manqué de jugement, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le collègue le présente de la façon qu'il
choisit de le faire, mais, en pratique, nous devons obtenir confirmation
de tous ces éléments-là. Il sait très bien, exactement, effectivement, M. le
Président, que, lorsqu'une entreprise
négocie avec le gouvernement pour une aide financière, il y a des échanges qui
se font de part et d'autre. C'est
toujours de la même façon que ça se passe, et ça se passe à chaque semaine, M.
le Président. La question serait la
suivante : S'agissait-il de lobbying? S'agissait-il de lobbying non
enregistré? Et quelle est l'influence de cette communication sur la
décision qui a été prise de soutenir l'entreprise, même si cette décision était
justifiée? Voilà les questions auxquelles le
commissaire va répondre. Je suggère respectueusement à mon collègue d'attendre
le rapport du commissaire. Je
l'assure encore une fois que je ne prends pas cette situation à la légère, que
la décision arrivera le jour...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...où le commissaire déposera son rapport.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, je parle au premier ministre des communications entre le député de
Louis-Hébert et Marc-Yvan Côté sur un dossier. On ne peut pas
avoir une meilleure preuve, là, le député
de Louis-Hébert a admis. M. le Président, le premier
ministre a une responsabilité, là. C'est beau, être intelligent, mais c'est différent d'avoir du
jugement.
Donc,
je répète une dernière fois ma question : Est-ce
qu'il peut dire aux Québécois
s'il considère que le député de Louis-Hébert a manqué de jugement, oui
ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je vais laisser le collègue choisir la façon dont il s'adresse à
un collègue dans cette Chambre,
et la population pourra juger de ça. Cependant, je vais encore répéter, pour
que tous les citoyens m'entendent bien, les citoyennes
également, que ce qui m'importe d'abord
dans cette affaire, c'est les intérêts supérieurs de l'État
et du peuple québécois, mais également que les principes élémentaires de justice soient
respectés. Et, à mon avis, on ne respecte pas ces principes si on ne laisse pas l'enquête
indépendante se faire. Je réassure encore une fois, je réassure encore une fois
mon collègue et tous mes collègues
que je ne prends pas cette situation à la légère, que le rapport sera déposé et qu'une
action sera prise lors du dépôt du rapport.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. Face aux allégations très graves qui pèsent sur
le député de Louis-Hébert, le premier
ministre a déçu les Québécois,
comme il les a déçus dans le scandale d'Yves Bolduc, comme il les a déçus en
faisant de Pietro Perrino un gagnant à vie.
En effet, le député de Louis-Hébert est toujours président du Conseil du trésor et il
continue de bénéficier de ses avantages de ministre ainsi que le salaire en
ayant pour seule responsabilité la gestion de ses parties de golf en Floride. Là où on attendait un geste fort du
chef du gouvernement, on a eu droit à un geste faible du chef du Parti
libéral.
Est-ce
que le premier ministre du Québec peut se ressaisir, s'élever à la hauteur de
sa fonction, poser le seul geste décent à poser dans les circonstances
et exclure véritablement le député de Louis-Hébert du Conseil des ministres?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Nous avons eu l'occasion de le faire à quelques
reprises déjà, le premier ministre lui-même et moi aussi, sur la question de la force ou de la
faiblesse. L'élément majeur dont le premier ministre a parlé abondamment — et ce
n'est pas la première fois qu'il le faisait aujourd'hui — était sur la question des principes de
justice élémentaire. Ceci étant, il a
aussi ajouté qu'il était important qu'on puisse procéder à cette enquête-là
parce qu'il y avait matière à ce que le commissaire puisse,
effectivement, regarder ce qu'il en était.
Ceci étant, est-ce
qu'on doit procéder dès maintenant à la déclaration de culpabilité avant même
qu'il y ait le travail fait par le commissaire? Tout est là, la question. Tout
est là, la nuance.
Ceci
étant, je ne suis pas en train de jeter le blâme sur l'opposition.
Comprenez-moi bien, je comprends ce que fait l'opposition, mais il faut aussi ajouter d'autres éléments dans ces
deux plateaux de la justice, il faut balancer, M. le Président, les éléments de ce dossier-là. Et notamment
il y a un élément qu'on semble perdre de vue, dans les reportages eux-mêmes, on témoigne que la décision prise est
une décision recommandée par la fonction publique à partir des normes
qui guident la fonction publique.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Voilà un élément parmi d'autres qu'il me semble qu'on devrait aussi considérer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, la question, c'est que le premier
ministre, en excluant le député de Louis-Hébert du Conseil des ministres partiellement, l'a lui-même jugé inapte à remplir sa charge. S'il est inapte
à remplir sa charge, de l'aveu même
du premier ministre, il ne devrait pas recevoir un salaire,
bénéficier d'avantages pour une prestation
de services qu'il ne donne pas au Québec.
Est-ce que le premier ministre va
aller au bout de sa logique et exclure véritablement le député de Louis-Hébert
du Conseil des ministres?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : C'est la même question qui mérite la même réponse.
Évidemment, le délai est plus court, je peux la faire de façon un peu plus succincte, mais ça va être la même chose.
Je peux aussi ne pas répondre durant toute la période. Pourquoi? Parce qu'essentiellement il s'agit d'une
mesure où on doit s'assurer du respect des personnes. Je le comprends, là, ce que propose notre collègue, c'est
qu'unanimement, dans cette Chambre, on dise : Bien là, il y a culpabilité,
alors que, dans les enjeux qui sont
devant nous, et encore une fois à partir des reportages qu'on peut voir — je n'en sais rien, je me fie aussi
aux reportages — il
y a des éléments aussi dans le plateau de la justice qui vont dans l'autre
sens.
Alors,
comment y arriver? Bien, en demandant au Commissaire à l'éthique de faire,
justement, le travail qu'il a à faire...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...et en procédant aux décisions comme celles qui ont été prises par le premier
ministre.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, Jean Charest, qui, de notre avis,
n'incarne pas l'éthique face à une situation semblable, n'a jamais hésité à exclure véritablement les
ministres qui faisaient l'objet d'allégations du Conseil des ministres, et ça,
c'était sans salaire et sans les avantages.
Aujourd'hui, on a besoin d'un premier ministre qui se lève debout, qui assume
sa fonction de premier ministre, qui ne
laisse pas les autres prendre les coups à sa place et qui va véritablement
exclure le député de Louis-Hébert du Conseil des ministres.
Est-ce qu'il va le
faire ou est-ce qu'il va continuer à rester assis comme il le fait
présentement?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je note que le chef de la deuxième opposition était
assis, lui aussi. Alors, il y en a qui se lèvent, il y en a qui restent assis, M. le Président. Il n'y a pas
de conclusion à tirer. Il n'y a pas rien à tirer d'autre de ça, M. le
Président.
Pour
le reste, notre collègue veut faire une analogie avec les autres cas. Chaque
cas est différent, chaque cas. Et, s'il
les regarde, s'il avait un peu d'objectivité — je sais qu'il en a — il pourrait constater, M. le Président, que
chaque cas est différent. Dans ce
cas-ci, le Commissaire à l'éthique aura, pour la première fois, à analyser
cette situation-là. Il va l'analyser,
notre collègue va y participer. Alors, à partir de là, si on permet à notre
institution qu'on a créée nous-mêmes en cette Assemblée... On a créé le
Commissaire à l'éthique avec le code d'éthique...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...il faudrait respecter ce qu'on a créé, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Les courriels du chef de cabinet adjoint le démontrent
clairement, l'intervention politique du
député de Louis-Hébert a permis d'augmenter le montant de l'aide
gouvernementale à l'entreprise Premier
Tech. Le montant initial était insatisfaisant? Pas de problème, on met
Marc-Yvan Côté sur le dossier. Après un déjeuner entre Côté et le ministre, le bras droit du ministre écrit à la
compagnie, et je vais citer : «On partait de loin, mais on a travaillé fort pour ne pas avoir le statu quo.» Le statu quo,
M. le Président, c'est quoi? C'est quoi, le montant initial
qu'il
y avait sur la table? Il y a
une personne ici, au moins une personne qui le sait. La ministre de l'Économie le sait, c'est son ministère qui était dans
ce dossier-là.
Est-ce qu'elle serait capable de nous dire quel est ce montant initial? Parce que,
si elle est capable de nous dire ça, on
pourra ensuite répondre à la question que tous les Québécois se posent :
Combien de millions de plus l'entreprise a obtenus suite aux pressions de Marc-Yvan
Côté et à l'intervention du ministre?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Ma lecture des
reportages...
Fournier : Mes
excuses pour la déception. Ce que je lis des reportages, M. le Président, est plutôt à l'effet... Et, encore une fois, j'ai lu ça dans les reportages, alors vous avez votre lecture, j'ai ma
lecture. J'ai lu dans les reportages que
la décision qui avait été prise était celle qui avait été recommandée par des fonctionnaires selon les
normes qui les guident pour faire ce
genre de recommandation là. Ce qui nous amène à une conclusion bien différente
de celle qui est amenée par la question, on en conviendra.
Évidemment,
les citoyens qui nous écoutent peuvent se dire : Mais, entre ces deux
conclusions, comment trancher? Je
propose, M. le Président, que nous faisions référence à une institution qu'on a
créée, le commissaire, qui va analyser cela
pour savoir quelle est la conclusion juste à l'égard de faits dont on a une
connaissance à travers les médias. Et donc pourquoi ne pas faire
confiance à ce commissaire que nous avons créé, qui peut, à partir de l'enquête
qu'il va mener... Et notre collègue
a déjà dit qu'il allait participer, il l'a même demandé, M. le Président. Alors, on aura le résultat et on pourra tirer nos conclusions conjointement à partir de l'étude objective que fera le commissaire. Alors, on est
toujours dans le même genre de question, c'est toujours le même genre de
réponse. Si on veut que justice soit faite...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...ça prend un
tiers indépendant, c'est le Commissaire à l'éthique.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : M. le
Président, les courriels du cabinet
du ministre sont assez clairs, on a travaillé fort pour ne
pas avoir le statu quo. On a eu plus que le statu quo, c'est clair, les
démarches libérales ont fonctionné.
Je pose la question à la ministre de l'Économie,
elle a ça entre les mains : Pourquoi elle ne divulgue pas cette information-là à travers son ministère et les fonctionnaires? Elle a l'information, pourquoi refuse-t-elle de nous donner cette information-là?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, l'opposition sait très bien
qu'il y a présentement le Commissaire à l'éthique qui va se pencher sur cette question pour obtenir les réponses
spécifiques à la question qui est posée. Ce que je peux vous assurer,
c'est que, depuis que je suis en fonction, je regarde les processus qui sont en
place, et ce que l'on constate, c'est que nous
nous asseyons avec les gens d'Investissement Québec pour regarder de près tous
les dossiers qui nous sont soumis et
nous assurer que nous respectons toutes les règles, nous assurer que nous le
faisons dans l'intérêt de l'ensemble des Québécois, M. le Président.
Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, on part d'une situation qu'on ne connaît pas, on arrive à 11 millions de prêt puis
8 millions de subvention. Il y a un écart entre les
deux, c'est l'effet libéral. On veut savoir c'est quoi, l'effet libéral. Elle a
l'information entre les mains, est-ce
qu'elle peut nous donner d'où on part
pour ensuite comprendre à quel point
l'effet libéral est puissant et a été
rentable pour cette entreprise-là? Pourquoi elle nous cache cette
information-là, M. le Président?
Le Président : Wo! Je vous
arrête là. Si vous pouvez retirer vos derniers propos, M. le député.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, encore une fois, notre collègue est
en train de nous dire une version de l'histoire qui n'est pas celle que rapportent les journaux. Il la présente ainsi,
mais ce n'est pas celle qu'on lit dans les journaux. Et tout ce qu'on a
pour l'instant, c'est des journaux.
lui offre un mécanisme qui permet de répondre à son questionnement. Il a le
droit de poser la question. La conclusion
qu'il amène ne me semble pas tenir compte de l'ensemble des éléments des
reportages qu'on voit. Mais même moi,
M. le Président, qui suis-je pour pouvoir tirer les meilleures conclusions
entre lui et moi? Il y a une chose qui est sûre, c'est que, si on avait
un commissaire à l'éthique qui faisait une enquête, il pourrait nous
renseigner.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Pouvons-nous, ensemble, faire confiance à l'institution que nous avons créée?
Le Président :
Principale, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. L'émission Enquête faisait des révélations
troublantes jeudi dernier en publiant les
courriels dont on parle depuis tantôt. De cette diffusion, le premier ministre
aurait dû, à notre sens, se rendre à l'évidence,
après de telles révélations, le président du Conseil du trésor ne pouvait plus
exercer ses fonctions, il avait perdu la confiance du public.
simples vérifications du Commissaire à l'éthique ne suffiront pas à redorer le
blason du député de Louis-Hébert parce
qu'il y a le conflit d'intérêts et l'apparence de conflit. Le tribunal
populaire, lui, a tranché. Il faut bien être naïf pour croire qu'un
ancien de la firme Roche nommé plusieurs fois, à plusieurs reprises dans le
rapport de la commission Charbonneau était au-delà de tout soupçon.
Est-ce
que le premier ministre attend que l'UPAC débarque au grand complet au Conseil
des ministres pour faire le ménage?
Le Président :
Écoutez, c'est pas mal limite, là, madame. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Il y a, évidemment, beaucoup dans la question, M. le
Président. D'abord, j'ai compris qu'entre nos institutions comme le Commissaire à l'éthique ou encore les principes de
justice fondamentale, du côté de Québec solidaire, c'était le tribunal populaire qui était le guide
qu'on devait suivre. Et le tribunal populaire, M. le Président, chaque personne
peut lui faire dire ce qu'elle veut, chaque
personne est juge dans le tribunal populaire. Celui qui est le juge du tribunal populaire,
il est bien assis, il est assis sur la bonne chaise. Mais, dans un système
de droit basé sur un tribunal populaire, les individus qui sont face à ce juge de tribunal populaire, eux sont
moins bien servis, M. le Président. C'est pourquoi, dans
notre système, on s'est donné des guides, un système
de droit qui évite que chacun devienne juge et que chacun vienne établir
sa propre justice. Il y a une différence, c'est vrai. Il y a une différence,
c'est vrai, entre la façon dont Québec solidaire voit la justice et la façon
dont, certainement, moi, je la vois. Je veux, M. le Président, faire confiance
à nos institutions...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...notamment
au Commissaire à l'éthique, dont Québec
solidaire vient de nous dire qu'il ne
faisait pas confiance.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Je réitère que le
commissaire a toute notre confiance. L'enjeu, c'est entre le conflit et
l'apparence de conflit. Là, c'est politiquement
autrement que les choses s'évaluent. Alors, on le sait, la firme Roche a été
nommée combien de fois? Je n'ai pas pu les compter. Le député de Louis-Hébert
vient de cette firme.
Alors,
je ne comprends pas que le premier
ministre a pu donner le Conseil du trésor à cette personne en sachant
tout ce qu'on sait aujourd'hui de la commission Charbonneau.
Le Président :
Je vais vous éviter des conclusions un peu hâtives. M. le leader du
gouvernement.
Fournier : Au moins, la période de questions a ceci d'utile que
je crois qu'on peut dire, même avec Québec solidaire, que le Commissaire
à l'éthique a leur confiance. C'est déjà un point.
Le deuxième
point, M. le Président, c'est sur la question de l'apparence de conflit
d'intérêts et des conflits d'intérêts. Voilà
aussi le mandat du Commissaire à l'éthique. C'est le mandat que nous lui avons
donné dans un code que nous avons adopté ici. Si j'ajoute, donc, cette confiance
renouvelée de Québec solidaire dans le Commissaire à l'éthique avec son mandat d'analyser les conflits d'intérêts et les
apparences de conflits d'intérêts, M. le Président, je crois que notre collègue
a bien fait de dire au Commissaire à
l'éthique d'étudier la chose pour qu'il arrive à des conclusions plutôt que
nous nous transformions ici en tribunal populaire...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...dont personne ne veut connaître l'issue...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
M. le Président, le président du Conseil du trésor est responsable de mettre en
oeuvre une des principales recommandations
de la commission Charbonneau, c'est-à-dire protéger les lanceurs d'alerte. Avec
le projet de loi n° 87, il a donc la responsabilité d'encadrer la
protection des lanceurs d'alerte. Pas très rassurant.
premier ministre peut-il s'engager à ce que ce projet de loi là protège
réellement les lanceurs d'alerte, et non pas les petits amis du parti?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Mon collègue de droite occupe ces fonctions
présentement, d'une part. D'autre part, sur la suite de la commission Charbonneau, mais sur l'ensemble,
l'ensemble des suites de la commission Charbonneau, je dirige plus mon regard vers la ministre de la Justice et Procureur général du Québec,
qui coordonne l'ensemble des études qui sont faites pour l'ensemble des
recommandations.
dois nous rappeler... et je ne le ferai pas comme je l'ai déjà fait, mais rappeler
que nous avons ici adopté plus qu'une
motion qui demandaient au gouvernement de procéder à l'étude de chacune des
recommandations en vue de leur implantation,
de les étudier sérieusement. C'est ce que notre collègue
fait avec l'ensemble des membres qui sont concernés par ces
recommandations.
Le Président :
En terminant.
Fournier : Et notre
intention, M. le Président, comme gouvernement, c'est effectivement de les appliquer.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Merci, M. le Président. Celui qui était, jusqu'à samedi dernier,
président du Conseil du trésor
a avoué avoir accordé une importante subvention à Premier Tech, ce qui a toutes les apparences
d'un retour d'ascenseur pour les milliers de dollars qu'auraient versés
à sa caisse électorale Marc-Yvan Côté et les autres administrateurs de Premier Tech. Alors, M. le Président, on l'oublie, mais je vous rappelle que Premier Tech a reçu un préavis
de blâme de la commission Charbonneau pour avoir participé à des
stratagèmes de fausse facturation avec la firme Roche afin de contribuer à la campagne électorale des
libéraux. Alors, hier, on apprenait que le Directeur général des élections
allait examiner de très, très près le financement politique fait par
cette compagnie.
question est très simple : Est-ce que le gouvernement est d'accord avec
l'initiative du DGEQ? Et est-ce qu'il va l'encourager à récupérer les
dons qui auraient pu être versés illégalement au député de Louis-Hébert?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Effectivement, on a toujours encouragé le DGEQ à pouvoir procéder à ses
enquêtes. Je suis même en mesure de dire — je
ne suis pas le seul, ce n'est pas de l'orgueil, mais c'est un souvenir — j'ai moi-même déposé des projets de loi pour renforcer les pouvoirs du DGEQ.
Et puis je sais que d'autres l'ont fait aussi, là. Alors, au contraire,
je pense, la meilleure réponse, c'est d'offrir celle-ci.
Je rappelle aussi la
motion que nous avons adoptée en cette Chambre :
«Que
l'Assemblée nationale demande aux partis politiques représentés à l'Assemblée
[...] de donner l'exemple en
s'engageant formellement à rembourser les contributions politiques jugées
illégales à la suite d'enquêtes tenues par le [DGEQ], en vertu de ses
pouvoirs.»
On est toujours d'accord avec ces
résolutions-là que nous avons adoptées, on est d'accord avec le fait que le
DGEQ procède à des enquêtes. C'est
bien normal, on l'a créé pour ça. Il est là pour s'assurer du respect de nos
lois en matière électorale et de
financement électoral, de la même façon qu'on a décidé de se donner un code
d'éthique avec un commissaire à
l'éthique. Pourquoi, lorsque ça vient le temps de l'enquête du Commissaire à
l'éthique, ce n'est pas bon? Par exemple, si c'est pour le DGEQ, là, c'est bon, mais, demain matin, s'il décide qu'il
n'y pas lieu, bien là il n'était plus bon. À un moment donné, respectons
nos institutions...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...dans le départ de l'enquête et dans la conclusion.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Selon le DGEQ, des dirigeants et administrateurs de Premier Tech ainsi que des membres de leurs familles ont donné plus de 20 000 $ au Parti libéral du Québec de 2008 à 2012. Le problème,
c'est que le délai de prescription de
cinq ans ne permet pas actuellement au DGEQ de remonter aux années 2008, 2009,
2010. C'est bien beau de dire que le
DGEQ va faire son travail, mais, de grâce, donnez-lui des outils, c'est ce
qu'on vous demande.
Qu'attend
le gouvernement pour prolonger le délai pour pouvoir poursuivre pendant toute
la période visée par la commission Charbonneau?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Le 22 mars 2016, ça ne fait pas tellement de temps,
c'est le député de Mercier qui avait déposé la motion, elle a été
adoptée à 113 pour, zéro contre. Une motion qui dit, entre autres, ceci :
«Qu'elle
demande au gouvernement de donner suite avec diligence aux principes des
recommandations contenues dans le
rapport final de la commission Charbonneau, notamment celle sur les lanceurs
d'alerte dans l'entreprise privée et les municipalités...»
Qu'est-ce
qu'elles disent, les recommandations dans le rapport final de la commission
Charbonneau? C'est d'analyser les questions de prescription en matière,
notamment, de financement électoral pour les faire passer de cinq à sept ans.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Mon collègue travaille sur le dossier, M. le Président, coordonné par le...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Oui. Je vous rappelle que, des recommandations, on peut faire mieux.
Le premier ministre a
qualifié la décision du député de Louis-Hébert de se retirer du Conseil des
ministres de — et je le cite — noble et courageuse. Laissez-moi vous dire
quelle action de ce gouvernement serait noble et courageuse. Ce serait justement de prolonger le délai de
prescription pour permettre au DGEQ de remonter dans le temps pour récupérer
les dons illégaux. Ça, M. le Président, c'est noble et courageux.
Allez-vous le faire,
au gouvernement?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : On peut faire mieux. Est-ce que la CAQ, qui nous
répète ça depuis deux semaines, est en train de nous dire que la commissaire Charbonneau n'a pas bien fait son travail,
M. le Président? Est-ce que... Et, dans le fond, dans le fond, je sais
bien, je sais bien...
Fournier : C'est une façon de le dire, évidemment. Parce que,
si vous considérez que celle-ci, vous ne l'aimez pas, on fait d'autre chose, dans l'autre non plus, on n'aime pas, on
fait d'autre chose. Mais on a mis sur pied une commission qui avait été quand même pas mal demandée, là, pour
arriver à des conclusions, pour qu'on puisse respecter ces conclusions-là. Et il y a une raison pour laquelle
c'est écrit comme ça. Évidemment, c'est facile de se lever puis dire :
Bien, écoutez, oui, mais là on va en faire
un peu plus. Mais, si elle a été proposée ainsi, c'est parce qu'il y a des
justifications pour que ce soit ainsi. Et ce qu'on a dit, nous, avec
vous...
Président : En terminant.
Fournier : ...c'est qu'il fallait travailler à l'application de
ses recommandations. Pourquoi la CAQ ne veut plus voter...
Le Président :
Principale, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, le gouvernement libéral ne peut pas nier l'existence des
courriels du cabinet du ministre de
Louis-Hébert, Radio-Canada les a rendus publics, les courriels en question. Et
les courriels, ils démontrent quoi?
Ils démontrent que l'entreprise a été informée d'un montant qu'elle jugeait
insuffisant. Et les courriels démontrent
également que, suite à l'intervention de Marc-Yvan Côté auprès de son ami et
ancien collègue de chez Roche le député de Louis-Hébert, le montant octroyé à l'entreprise a été
augmenté.
M. le Président, il y a un montant avant l'intervention puis il y a
un montant après l'intervention, puis il
y a des traces qui existent de ça. Il y a
des analyses qui ont été faites au ministère du Développement
économique parce que
l'argent, il a été puisé dans les
fonds de développement économique. Pas dans les fonds d'Investissement Québec, dans les fonds du développement
économique.
Est-ce que le ministre
va rendre publics tous les documents qui concernent cette affaire-là, oui ou
non?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, tout le monde est à la disposition
du Commissaire à l'éthique dans son enquête, toutes les questions qui
seront posées auront des réponses. Mais, justement, c'est le Commissaire à
l'éthique qui fait l'enquête, et pas notre
collègue le leader de l'opposition, pour qui, honnêtement, lui, tous les faits
sont avérés, tous les faits qu'il
choisit sont avérés, et il arrive donc à la conclusion parce qu'il a choisi ces
faits. Mais, dans notre système de justice,
ça peut en étonner quelques-uns, mais il peut y avoir d'autres versions, et
c'est pourquoi on prend une personne indépendante
qui analyse les versions de tout le monde. Et, à partir de ces éléments-là, il
est bien possible... Je ne dis pas que
c'est ça qui va arriver, mais il est bien possible que ce que j'ai lu dans des
reportages dans les journaux à l'effet que la décision qui a été prise est sur la base d'avis de fonctionnaires
guidés par des normes du gouvernement, bien, ça doit avoir un certain poids dans la balance pour
quelqu'un qui... Je ne dis pas que c'est vrai, j'ai lu ça. Mais ce n'est pas
dans la question qui est posée, et je
me dis : Peut-être qu'on devrait avoir une tierce
partie qui n'est ni le
leader de l'opposition ni le leader
du gouvernement pour trancher puis voir quels sont les vrais faits. Bien, ça
tombe bien, on s'est donné un code d'éthique avec un commissaire à
l'éthique dont c'est le mandat. Savez-vous quoi...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...unanimement, on lui a donné ce mandat-là? Pourquoi
est-ce qu'on ne respecterait pas qu'il le fasse, son mandat?
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, le courriel du cabinet du ministre dit : «On a travaillé
fort, vous [allez avoir] des nouvelles...»
L'entreprise répond : «Positif-négatif?». Et là le cabinet du ministre,
actuel député de Louis-Hébert, dit : «On partait de loin, mais on a
travaillé fort pour ne pas avoir le statu quo.»
le Président, il y a un statu quo dans cette histoire-là, et il y a des preuves
pour le démontrer, et ces preuves-là et
ces documents-là, ils sont au ministère de l'Économie. Et la ministre, elle n'a
pas besoin d'attendre après le Commissaire à l'éthique, qu'elle...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Le Président :
S'il vous plaît!
Fournier : Bien, ce n'est pas en montant le ton qu'on va aller
beaucoup plus loin dans le dossier. Puis c'est ce que notre collègue veut faire, mais il repose la même question. Lui,
il arrive à la conclusion... en lisant un extrait de courriel, à cette conclusion-là. Il y a peut-être
d'autres versions. Vous savez, si la cause devant un juge commençait avec
le procureur de la couronne qui dit : Voici mes faits, puis il n'y a
personne qui pouvait se prononcer dans la défense, il y aurait bien du monde qui serait dans nos prisons, M. le Président.
Mais ça s'adonne qu'on a un principe qui veut que les gens, même des députés, même dans le parti qui
n'est pas le nôtre, ont le droit aussi à une défense pleine et entière et de faire entendre leur version. Et comment on
fait ça? On a un commissaire à l'éthique dont c'est le mandat de le faire
objectivement, là, objectivement.
Le Président : En terminant.
M. Fournier : Ce n'est quand
même pas un libéral, là, objectivement, il va faire son travail.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : M. le
Président, si elle rend publics les documents, là, ça n'empêchera pas le
Commissaire à l'éthique de faire son
travail. Qu'elle rende publics les documents, M. le Président. Il y a au
ministère du Développement économique
des documents qui analysent le dossier, qui nous disent c'est quoi, le montant
initial, le fameux statu quo dont il
est question, qu'elle les dépose. Comme ça, les Québécois vont avoir la vérité,
et puis on va savoir l'écart entre le montant initial, le fameux statu
quo, puis le montant qui a été annoncé publiquement, le 20 millions...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je ne sais
pas comment vous dire, je ne veux pas... C'est correct que le leader de
l'opposition pose la question, je
trouve ça correct, il peut la poser. Je considère, M. le Président, que, le
mandat, on l'a confié au Commissaire à l'éthique. Et bien sûr que mon collègue
peut se lever à la période de questions, puis dire : Bien, pour quelques
minutes, je vais être le Commissaire
à l'éthique et je vais mener l'enquête. Puis, honnêtement, on est dans un pays
libre, il a le droit, mais... Il a le
droit de faire ça, mais, dans ce pays libre, j'ai le droit de lui rappeler
qu'on s'est donné un commissaire à l'éthique.
J'ai le droit de lui dire que je crois qu'une personne objective devrait poser
ces questions, devrait se donner le mandat de prendre l'ensemble des
faits et de nous confier ses conclusions.
Le Président : En terminant.
M. Fournier : Moi, j'ai voté
pour ça, puis je suis encore conséquent, je le respecte.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et nous en sommes à la rubrique
des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je cède la parole à M. le premier
ministre pour la présentation de la motion sans préavis.
Couillard : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de l'Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec la
ministre responsable de la Condition féminine, le chef de l'opposition
officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition, de même que la
députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage à Mme Marie-Claire Kirkland-Casgrain,
première femme élue députée à
l'Assemblée nationale du Québec, première femme titulaire d'une charge
ministérielle au sein du gouvernement québécois, première femme à être
nommée juge à la Cour provinciale;
«Qu'elle
souligne sa contribution inestimable à l'avancement de la société québécoise et
plus particulièrement, au progrès de l'égalité entre les femmes et les
hommes, valeur fondamentale de la société québécoise; [et]
«Qu'enfin les membres de l'Assemblée observent
une minute de silence en sa mémoire.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le premier ministre. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos : Oui,
M. le Président, il y a consentement pour des interventions d'environ trois
minutes par intervenant, à commencer par
notre premier ministre, qui est l'auteur de la motion, suivi du chef de
l'opposition officielle, du chef du deuxième groupe d'opposition et Mme
la députée de Gouin.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, consentement
pour quatre intervenants d'une durée d'environ trois minutes. M. le
premier ministre, à vous la parole.
Couillard : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, nous souhaitons rendre hommage à Claire
Kirkland-Casgrain pour tout ce
qu'elle a accompli pour le Québec. Et je veux, dans un premier temps — je crois que mes collègues également s'y associeront — réitérer mes plus sincères condoléances aux
membres de la famille et à leurs proches. On a eu ensemble l'occasion de leur exprimer notre sympathie ainsi
que celle du peuple québécois lors de funérailles nationales qui ont eu lieu samedi dernier, tout particulièrement à son
conjoint, M. Strover, et aux trois enfants de Mme Kirkland-Casgrain :
Lynne, Kirkland et Marc.
Depuis
l'annonce de son départ, un mot revient sur toutes les lèves, «pionnière», et
ce, à juste titre. Première femme élue
à l'Assemblée législative du Québec en 1961, à
titre de députée libérale, elle
représentera les électeurs des comtés de
Jacques-Cartier puis de Marguerite-Bourgeoys. Lors des élections générales de
2014, 34 candidates ont été élues à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas assez. Ce n'est pas assez, mais du
chemin a été parcouru. D'ailleurs, à
titre d'anecdote, on me rappelle que, lorsque
Mme Kirkland-Casgrain est entrée au Parlement, l'édifice de l'institution,
écoutez bien, ne possédait pas de toilettes pour femmes. Ça montre
l'état de la situation à cette époque.
Elle a été la première femme nommée ministre, en
1962, au sein du cabinet de Jean Lesage. Aujourd'hui, 11 femmes siègent au Conseil des ministres. Elle pilota, à cette
époque, la loi qui établissait la capacité juridique de la femme mariée et qui était adoptée dès 1964, la
loi 16, un geste qui nous semble si simple, si évident aujourd'hui, comme
le vote des femmes le fut tardivement, en 1940. Et il faut le dire à nos
filles, à nos petites-filles. J'ai envoyé ce texte à ma fille pour qu'elle
le transmette un jour à sa fille.
Par la suite, Mme Kirkland-Casgrain assumera
successivement les postes de ministre de Transport et des Communications, du Tourisme et de la Chasse et de
la Pêche, et les Affaires culturelles. On lui doit entre autres la création
de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du
Québec et la
Loi sur les biens culturels. Mme Kirkland-Casgrain a de plus
présenté le projet de loi à l'origine de la création du Conseil du
statut de la femme en 1973.
Elle a été
également, et ça a été peu mentionné, jusqu'aux funérailles où on a trouvé ce
petit renseignement dans les notes biographiques de
Mme Kirkland-Casgrain, la première femme première ministre intérimaire. En
août 1972, Robert Bourassa avait dû
s'absenter du Québec pour quatre ou cinq jours et il avait confié — je crois qu'il voulait poser un geste
vraiment fort en prenant cette décision — il avait confié le mandat de
première ministre pour ces journées à Mme Kirkland-Casgrain. Bien sûr, en 2012,
le Québec a élu la première femme première ministre de son histoire, Mme Pauline Marois, également présente aux
funérailles, une avancée d'ailleurs dont il faut souligner le lien avec celle
dont nous célébrons la mémoire aujourd'hui.
Elle a été,
par la suite, la première femme juge à la Cour provinciale. Aujourd'hui,
122 femmes juges siègent à la Cour
du Québec, 72 à la Cour supérieure, neuf à la Cour d'appel, quatre à la Cour
suprême du Canada. Nous sommes conscients et conscientes du chemin
parcouru et du chemin qu'il reste à faire, et il reste du chemin à faire.
Oui,
pionnière est le bon mot pour décrire l'apport inestimable de Claire
Kirkland-Casgrain à l'avancement du Québec
vers la modernité. Ma consoeur la vice-première ministre et ministre
responsable de la Condition féminine l'a bien dit en 2007, et je la cite : «Nous avons tous [et toutes] la
même responsabilité, celle de paver la voie à une nouvelle génération de
femmes en politique qui [auront] de grands défis à relever, mais surtout de
bons exemples à suivre.»
Cette
responsabilité, elle est partagée par tous et toutes. Mme Kirkland-Casgrain,
après d'autres pionnières, est l'un de ces plus beaux exemples dont on
n'a pas fini, M. le Président, de s'inspirer. Merci.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le premier ministre. M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Dans notre belle et grande histoire
du Québec, peu d'élus ont contribué à faire avancer notre nation du fait
de leur élection, et Mme Marie-Claire Kirkland-Casgrain a réussi cet exploit.
En devenant la première femme députée de
notre Assemblée nationale et la première femme à siéger au Conseil des
ministres, Mme Marie-Claire
Kirkland-Casgrain a contribué à faire entrer le Québec dans la modernité.
Désormais, pour reprendre le slogan
des libéraux de Jean Lesage, les femmes avaient leur place ici, dans cette
Chambre, et à la table du Conseil des ministres. Mme Marie-Claire
Kirkland-Casgrain a aussi été la première femme nommée juge.
Au nom de l'opposition officielle et des 47 femmes élues sous la bannière du Parti québécois depuis sa fondation, dont la
première première ministre du Québec — et
M. le premier ministre l'a salué — et
avec une pensée particulière pour la députée de Pointe-aux-Trembles, ma
collègue, je tiens à offrir nos plus sincères condoléances à la famille et aux
proches de Mme Kirkland-Casgrain. Je tiens également
à souligner le geste du premier
ministre qui a autorisé la tenue
de funérailles nationales, une première pour
une femme au Québec. Il
s'agit d'un honneur et d'une marque
de reconnaissance pleinement mérités, qui s'ajoutent aux nombreuses
distinctions prestigieuses reçues par cette grande pionnière.
Nous
associons souvent l'héritage de la Révolution tranquille à l'émergence du Québec
inc., au réveil de notre conscience
nationale et à la création du ministère
de l'Éducation. Cependant,
la lutte pour l'avancement des femmes et les progrès franchis vers l'égalité constituent un legs tout aussi immense
et indissociable de la Révolution tranquille, un héritage précieux qui nous inspire toujours
et grâce auquel le Québec figure aujourd'hui parmi les nations les plus avancées et les
plus progressistes.
Le parcours admirable de
Mme Kirkland-Casgrain est ponctué de nombreuses réalisations majeures, dont — et, là
aussi, le premier ministre l'a souligné — la fondation du Conseil du statut de la
femme et l'adoption en 1964 de la
Loi sur la capacité juridique des femmes
mariées qui donnait enfin les mêmes droits aux femmes qu'aux hommes mariés. Il faut savoir d'où partaient les femmes pour
comprendre ce qu'il fallait de détermination, de persévérance, de talent et de
soif de justice à Mme Kirkland-Casgrain pour démontrer aux femmes que tout
était possible pour elles.
Mme Kirkland-Casgrain,
au nom de toutes ces femmes pour qui vous êtes une source d'inspiration et pour
lesquelles vous avez pavé la voie, au nom de
toutes ces femmes que nous voulons voir encore plus nombreuses ici, dans cette Assemblée, et dans tous les domaines de la société,
et à tous les échelons, au nom d'un Québec plus juste et plus égalitaire que vous
avez contribué à bâtir et qui fait notre fierté, nous vous disons merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de
l'opposition officielle. Je cède maintenant la parole à M. le chef
de la deuxième opposition.
Legault : Merci, M. le Président. Le Québec vient de perdre une très grande dame.
Mme Kirkland-Casgrain est
décédée à l'âge de 91 ans, après toute une vie consacrée au service public
et à la défense de la justice. J'ai eu le privilège, samedi dernier, d'assister à ses funérailles, et
c'était un moment émouvant de voir toutes les générations qui étaient réunies
pour lui rendre un dernier hommage.
Mme Kirkland-Casgrain
fut une pionnière de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les
hommes : première femme députée
à l'Assemblée — qu'on
appelait législative à l'époque — première femme ministre, première femme juge
à la Cour du Québec. C'était, en fait, la
femme de toutes les premières, celle qui a pavé la voie de l'Assemblée nationale à chacune des élues qui ont suivi, une battante.
C'est ce que vient nous rappeler le magnifique monument à côté de l'Assemblée nationale.
Mme Kirkland-Casgrain y figure avec trois autres pionnières, Idola
Saint-Jean, Thérèse Casgrain et Marie Lacoste Gérin-Lajoie, des femmes
courageuses qui sont aujourd'hui des modèles d'inspiration.
une étrange coïncidence, son décès a eu lieu quelques semaines après le sommet
des femmes qui visait à faire le point sur l'évolution des femmes depuis
l'obtention du droit de vote en 1940. J'ai pu constater sur place que des féministes jeunes et moins jeunes n'hésitaient pas
à se réclamer de son héritage. Mme Kirkland-Casgrain était une femme
de notre temps qui continuait d'inspirer les femmes d'aujourd'hui.
C'est
aussi en
partie grâce à Claire Kirkland-Casgrain que les Québécoises mariées
doivent d'avoir obtenu la pleine capacité
juridique en 1964. Et la loi 16 a aussi changé le régime matrimonial de façon à
permettre un partage équitable des biens
entre époux. C'est un acquis majeur de la Révolution tranquille, une loi-phare
du Québec moderne. Mme Kirkland-Casgrain laisse derrière elle un héritage immense. Si
l'égalité entre les hommes et les femmes est devenue une valeur fondamentale dont nous sommes fiers au Québec,
c'est en bonne
partie grâce à elle. Beaucoup de chemin reste à faire. Plus de femmes doivent s'engager en politique
et occuper des postes de direction, mais Mme Kirkland-Casgrain a contribué à
nous amener là où nous sommes aujourd'hui.
Donc, en mon nom et
en celui de ma formation politique, j'offre mes plus sincères condoléances à
tous ses proches. Le Québec vous regrettera, mais ne vous oubliera jamais, Mme
la ministre.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de la deuxième opposition. Enfin, Mme la députée de Gouin, pour votre
intervention.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Alors, tout
d'abord, je voudrais vraiment
offrir mes plus sincères sympathies
au conjoint de Mme Kirkland-Casgrain, à ses enfants, petits-enfants, à son
gendre et à sa belle-fille, une famille remarquable, en fait, et qui pleure aujourd'hui la perte d'une
mère, d'une grand-mère, d'une belle-mère, bref de quelqu'un dont on nous a largement parlé
durant les funérailles et qui était vraiment une grande femme, un grand
personnage.
Bien sûr, on salue
tous et toutes le fait qu'elle ait été une pionnière. On salue son courage et
sa persévérance. Puisqu'on est un peu dans les anecdotes, moi, j'ai lu qu'elle-même,
lorsqu'elle a été élue députée et qu'elle devait donc louer un appartement ici, à Québec — on
se rend compte, là, c'est une députée — elle
a dû avoir l'autorisation de son mari pour louer un appartement à Québec.
Quand on y pense, c'est un petit peu fort.
partait donc de très loin. Et Mme Kirkland-Casgrain, elle a eu ce courage
d'être la seule femme dans un monde d'hommes
à l'Assemblée nationale. Ça ne devait pas être rigolo tous les jours. Je
pense qu'il y avait une certaine culture à changer. Et la loi qu'elle a fait passer, sa
contribution en font à mon avis une artisane importante de la Révolution
tranquille. Mais je vous souligne, M. le Président, que cette artisane féminine et féministe n'est pas assez souvent
mentionnée lorsqu'on parle des
glorieux artisans et artisanes de la Révolution tranquille.
Plusieurs
l'ont mentionné, nous avons avancé depuis ce temps. Heureusement, bien sûr! Mais, vous savez, quand on réalise qu'ici
même à l'Assemblée nationale nous avons dû, l'an dernier, adopter une politique
sur la question du harcèlement, ça veut dire
que, quelques années plus tard, oui, nous avions avancé, mais qu'il restait du
travail à faire entre ces murs-là,
hein, ces murs où nous sommes. Hier soir, on est beaucoup dans les reportages
ces temps-ci, bien, il y en avait un
autre sur la situation des femmes enceintes au Québec,
des travailleuses enceintes congédiées injustement simplement
parce qu'elles sont enceintes. On est en 2016, là. On a entendu
parler beaucoup des violences et des viols perpétrés par
des policiers de la SQ à l'endroit des femmes autochtones.
Donc, M. le Président, je ne veux
pas allonger la liste, mais c'est simplement pour souligner que, si, oui, nous avons beaucoup avancé, bien
sûr, si les femmes sont juridiquement
aujourd'hui les égales des hommes, il reste beaucoup de
chemin à faire. Et notre devoir de mémoire, bien c'est aussi un devoir de continuation.
Cette mémoire-là, nous la devons à Mme
Kirkland-Casgrain. Le nom de Thérèse Casgrain a été mentionné aussi. Moi, je
voudrais qu'on se rappelle de Madeleine
Parent, de Léa Roback, Simonne Monet. Il
y en a eu plein, de femmes
remarquables au Québec, j'aimerais tellement que les jeunes femmes
et les jeunes hommes les connaissent. Rappelons-nous leur mémoire, parlons-en
et continuons le combat pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Gouin. Est-ce
que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. En conséquence, je vous invite à vous lever.
Nous allons observer une minute de silence à la mémoire de
Mme Claire Kirkland-Casgrain.
• (15 h 15 — 15
h 16) •
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous
en sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et, M. le leader de l'opposition officielle, je
vous cède la parole.
M. Drainville :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le député de La Peltrie et le député de Mercier, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au premier ministre de retirer au
député de Louis-Hébert son
titre de ministre et l'ensemble des allocations et des privilèges auxquels
ont droit les membres du Conseil des ministres.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Merci à vous, M. le leader de
l'opposition officielle. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Mme la députée de Montarville pour une nouvelle motion sans préavis.
(Montarville) : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle qu'elle a adopté à l'unanimité en mars 2015 le projet de loi 26 prévoyant une période d'application remontant jusqu'à vingt ans avant sa
date d'entrée en vigueur et permettant aux organismes publics de récupérer des sommes payées injustement à la
suite de fraudes ou de manoeuvres dolosives dans le cadre de contrats
publics;
«Qu'elle
demande au gouvernement de présenter un projet de loi prolongeant le
délai de prescription prévu à la Loi électorale pour une période d'application
similaire et permettant au Directeur général des élections du Québec de
poursuivre pour les infractions commises pendant toute la période couverte par
la commission Charbonneau.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Montarville. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Mme la députée de Gouin
pour une nouvelle motion sans préavis... ou plutôt Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, M. le Président. M. le
Président, je demande le consentement
de la Chambre pour présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'un ou qu'une ministre qui fait l'objet
d'une enquête du Commissaire à l'éthique et à la déontologie soit exclue
du Conseil des ministres, sans la rémunération et les autres avantages attachés
au statut de ministre, jusqu'à ce que les conclusions de l'enquête soient
connues;
«Que l'Assemblée
nationale statue que, si le Commissaire à l'éthique et à la déontologie formule
un blâme à l'endroit d'un ou d'une ministre
dans le cadre de l'exercice de ses fonctions ministérielles, que le ou la ministre
visée ne puisse pas réintégrer le Conseil des ministres jusqu'à la fin
de la législature en cours.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M.
Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Y a-t-il d'autres motions
sans préavis?
S'il n'y en a
pas, nous allons maintenant passer à la rubrique des avis touchant les
travaux des commissions. Je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Merci,
M. le Président. J'avise cette
Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 70, Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser
l'intégration en emploi, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures, à la salle des
Premiers-Ministres, 1.38 de l'édifice Pamphile-Le May;
La Commission de la culture et de l'éducation
poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 86,
Loi modifiant l'organisation et la
gouvernance des commissions scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des
parents au sein de l'instance décisionnelle de la commission scolaire, aujourd'hui, à compter de 15 h 30 pour une
durée de 2 h 15 min et de 19 h 30 à 21 h 45,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
poursuivra les consultations particulières
et auditions publiques dans le cadre de l'étude du livre vert intitulé Orientations
du ministère de l'Énergie et des
Ressources naturelles en matière d'acceptabilité sociale dès maintenant pour une durée de trois heures et
complétera lesdites consultations de 19 h 30 à 21 heures,
à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des institutions poursuivra, quant à elle, les consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 64,
Loi sur l'immatriculation des armes à feu,
aujourd'hui, à compter de 15 h 30 pour une durée de
2 h 15 min et de 19 h 30 à 21 h 45, à
la salle du Conseil législatif;
Finalement,
conformément à l'article 275 de notre règlement, la Commission des finances
publiques entreprendra le débat sur
le discours du budget aujourd'hui, dès la fin du 13 h 30 min du débat à
l'Assemblée et au plus tôt à compter de 20 heures jusqu'à
21 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38 de l'édifice Pamphile-Le May.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint du gouvernement. Est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des relations avec les citoyens se réunira en séance de travail aujourd'hui à 18 heures, pour une durée de 30
minutes, à la salle RC.161 de l'hôtel du Parlement, afin de statuer sur la
possibilité que la commission se saisisse de deux pétitions concernant le
réinvestissement dans les services de garde éducatifs de qualité.
À la rubrique
maintenant des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe
que demain, lors des affaires
inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par
M. le député de Marie-Victorin. Cette motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale donne le mandat au Vérificateur général du Québec
d'analyser l'octroi d'un prêt de 11,2 millions
de dollars d'Investissement Québec et d'une subvention de 8,5 millions de
dollars du ministère du Développement économique à l'entreprise Premier
Tech, annoncés par le premier ministre Jean Charest le 7 mai 2012;
«Que le
Vérificateur général fasse tout en son pouvoir pour faire rapport à l'Assemblée
d'ici le 1er juin 2016.»
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Pour la suite des choses, Mme la leader adjointe
du gouvernement.
Mme Vien : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Je vous prierais d'appeler l'article 1, s'il vous
plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) :
À l'article 1 du feuilleton, aux affaires prioritaires, l'Assemblée reprend le
débat ajourné le
24 mars 2016 sur la motion de M. le ministre des Finances proposant
que l'Assemblée approuve la politique budgétaire
du gouvernement, ainsi que sur les motions formulant un grief présentées par
MM. les députés de Rousseau, Granby,
Mercier, Sanguinet, La Peltrie, Gaspé, Rosemont, Verchères,
Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Marie—Saint-Jacques, Joliette et M. le député de
Berthier.
Avant de donner la parole au prochain
intervenant, je vous informe qu'il y a
10 h 54 min 30 s d'écoulées à la première étape du débat. Il reste donc un total de
2 h 35 min 30 s, réparti comme suit :
54 min 30 s au groupe parlementaire formant le gouvernement, 60 minutes au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 23 min 30 s au
deuxième groupe d'opposition,
10 minutes aux députés indépendants de Québec solidaire et
7 min 30 s à la députée indépendante d'Arthabaska.
Alors, je suis prêt à céder la parole à un
prochain intervenant. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Oui, merci, M. le Président. Alors, une petite gorgée d'eau pour faire quelques
minutes à mon tour sur une critique au discours du budget prononcé le
17 mars dernier.
Alors, on va
commencer par les bonnes nouvelles. Moi, j'aime ça commencer par les bonnes
nouvelles, parce que, si on veut être
crédibles, il faut de temps en temps dire quand même que le gouvernement a fait
certains efforts positifs. Et
effectivement il y avait quand même quelques bonnes nouvelles particulièrement
qui me touchaient dans ma circonscription. Alors, je dirais, c'est des bonnes nouvelles souvent en réparant des
erreurs qui ont été commises lors des deux dernières années.
Alors, je
remercie et je félicite le gouvernement d'avoir réinjecté 2,5 millions sur
la route verte. On nous avait annoncé, lors du budget de 2014, qu'on coupait
cette aide financière sur trois années. Finalement, il y a tellement eu
un tollé à travers le Québec, vous l'avez
entendu comme moi, le gouvernement a considéré effectivement que c'était une
erreur et on nous a réannoncé... on avait
2,8, on est passés à 2,5 millions. Donc, le budget qui souhaitait être
augmenté par toutes les régions du
Québec finalement est passé à zéro et maintenant revient à 10 % de moins
de ce que nous avions avant. On
considère ça comme une bonne nouvelle, mais je peux vous dire que chez nous,
les huit préfets des huit MRC de la
région des Laurentides, à chaque fois que je les rencontre, me disent... le
sujet numéro un, c'est celui-là, parce que c'est une région qui est très touristique, et le financement que nous avions,
c'était 1 500 $ du kilomètre, on est passé à zéro, ils en voulaient 5 000 $. Alors,
aujourd'hui, on se réjouit qu'on va revenir à 1 400 $ et quelques
dollars du kilomètre. C'est quand
même une bonne nouvelle de rattraper ce budget qui avait été mis de côté et
pour lequel 48 000 pétitionnaires — j'ai déposé une pétition ici, à l'Assemblée nationale — ont signifié, l'année dernière, que c'était
une très mauvaise décision.
Je me réjouis
également que le ministre des Forêts ait annoncé le retour du programme 90-10
pour les chemins forestiers, les
infrastructures, une petite partie, malheureusement, parce qu'on aurait voulu
beaucoup plus parce que les besoins
sont immenses. On dit que, pour tout le Québec, pour les infrastructures
majeures, il y aura 4,7 millions de dollars. Chez nous, j'ai un seul pont
qui va en gober à peu près 2,5 millions. Donc, si vous faites le total, on
va peut-être en faire deux à travers
tout le Québec. Alors, bien sûr, on se réjouit de miettes que l'on avait
coupées, mais les besoins sont beaucoup plus importants que ce qu'on
nous annonce.
On nous
annonce qu'on va revenir avec 50 millions pour des infrastructures
sportives et récréatives. Évidemment, je
m'en réjouis, mais en 2014 on a annoncé 50 millions, on l'a réannoncé en
2015, et en 2016 on commence à annoncer qui va toucher cette première somme annoncée il y a deux ans. Alors,
j'espère que cette fois-ci, quand on annonce dans le budget qu'il y aura 50 millions d'argent
neuf, que ce ne sera pas strictement pour 2018 dans l'année électorale, parce
que, quand on l'a annoncé en 2014, il
aura fallu attendre deux ans avant qu'on voie les premiers résultats de ce qui
a été annoncé il y a deux ans.
Malheureusement, c'est la triste réalité. C'est comme ça que l'on a décidé de
se gouverner avec le parti qui est en place, avec le gouvernement qui
est en place.
Bien sûr, ce
gouvernement, quand il a été élu, il a fait sa campagne électorale
essentiellement sur une chose : l'effet libéral, 250 000
emplois. Ça semblait beaucoup sur cinq ans, mais, quand on sait que le
remplacement naturel de la population, sans qu'on fasse d'effort, c'est entre
41 000 à 43 000 emplois, donc l'effort net qui était demandé par
le gouvernement et dont ils avaient pris
l'engagement, c'était de créer, bon an, mal an, autour de
7 000 emplois de plus que ce
qui se crée naturellement. Malheureusement, non seulement les résultats ne sont
pas du tout au rendez-vous, mais on n'en
parle plus. M. le Président, vous l'avez vu comme moi, je suis convaincu que
vous l'avez entendu lors du discours du
budget, a-t-on entendu parler de création d'emplois? Est-ce qu'il y a un plan
de match pour stimuler l'économie et l'emploi?
On ne l'a pas vu, on ne l'a pas entendu. À un point tel que Vincent Marissal
écrivait, quelques jours après le budget,
la fin de semaine après, où il disait : «Le plus grand point faible de ce
troisième budget se trouve précisément où les libéraux promettaient leur
point fort : la création d'emplois.» C'est triste parce que l'État a cette
responsabilité de motiver la création d'emplois, d'être partenaire dans la
création d'emplois.
D'ailleurs,
le chef, notre nouveau chef — on connaît son expérience à cet égard — dès qu'il est arrivé ici, dès qu'il est arrivé ici à
titre de chef du Parti
québécois, la première chose qu'il a faite, la première question qu'il a posée,
ça a été de tendre la main au gouvernement
pour lui dire : Je veux faire profiter de mon expérience au gouvernement,
et travaillons ensemble à la création d'emplois. On sait que ça fait un
an, on sait qu'il n'y a aucun plan de match pour la création d'emplois, à un point tel que Vincent Marissal dit, je le cite,
là, qu'on n'en parle même plus, c'est d'ailleurs le point faible du troisième budget, où il dit :
«...le ministre [des Finances], sans le dire clairement, a laissé entendre hier
que cet objectif ne sera pas atteint
en raison de la croissance économique...» Mais, pour qu'il y ait croissance
économique, il faut qu'on stimule l'économie, mais malheureusement le
gouvernement n'est pas au rendez-vous.
Il y avait
également un texte, Michel Girard. On avait l'impression, dans le discours du
budget, qu'il y avait peu d'augmentation
d'impôt, et j'ai fait le saut quand j'ai lu le texte de Girard où il dit :
«Hausse salée des impôts, taxes, droits [et] permis», parce que, dans le budget, évidemment on n'en parle pas
beaucoup, là, quand il y a des hausses de tarifs, des hausses d'impôt. Mais savez-vous, M. le Président,
qu'au cours des trois exercices, des trois discours du budget qui nous ont été prononcés par le ministre des
Finances actuel, la facture supplémentaire pour les citoyens du Québec... on va
piger dans leur poche, et c'est ce
que Girard nous dit : «...le gouvernement [...] va percevoir au cours de l'exercice 2016-2017 quelque 8,3 milliards de plus [de] recettes fiscales et administratives
tirées [dans les] poches des contribuables.» Ce n'est pas rien, là, on parle de 8,3 milliards. C'est donc une facture salée, particulièrement en tarification, qui nous est encore une fois refilée, aux
contribuables québécois.
«Il s'agit d'une hausse de 12 % sur trois ans, soit quatre points de
pourcentage de plus que la croissance nominale du PIB québécois — et là il écrit : Ouf!» Comme quoi les
Québécois vont encore passer à la caisse. Et ils vont passer à la caisse
pourquoi? Parce que, d'une part,
comme je vous l'ai dit, M. le Président, ce gouvernement n'est pas proactif
pour stimuler l'économie.
Mais,
si au moins on se disait qu'avec ce 8,3 milliards supplémentaire on
investit dans des besoins essentiels à la population, on pourrait s'en réjouir, mais qu'est-ce que c'est dans les
faits? Dans les faits, quand je regarde ce que la santé, entre autres... dans quel état se retrouvera le
budget de la santé, on nous dit... dans le texte de Philippe Hurteau, il nous
dit : Dans les deux derniers budgets,
c'est une coupure de 963 millions de dollars en santé, 540 millions
de dollars dans celui-ci. Pourquoi?
Parce qu'avec le 2,4 milliards on ne fait pas les coûts de système, ce qui
veut dire que, sur trois exercices financiers
récurrents, c'est 1,6 milliard de moins en santé. 1,6 milliard de
moins en santé. Après, on se demande pourquoi ça déborde à gauche et à droite, pourquoi que les temps d'attente sont
si élevés. Mais c'est que le financement n'est tout simplement pas au
rendez-vous.
Et là je passe... je
fais juste une phrase, là, sur des problématiques bien réelles, terrain, là.
Dans la région des Laurentides, chez nous,
là, il y a un manque à gagner sur l'inéquité interrégionale en santé de
68 millions. Quand on a laissé le pouvoir, on l'avait ramené à
39 millions. Ça veut dire : Chez nous, si vous êtes citoyens dans la
région des Laurentides, vous êtes les moins
bien financés de tout le Québec, donc vos temps d'attente seront plus longs, et
les services ne seront pas au
rendez-vous au niveau de soins de santé parce que nous sommes défavorisés. On
espérerait, on espérerait que le gouvernement fasse un effort pour
rétablir cette inéquité, mais on n'entend absolument rien.
Communautaire.
Les articles de journaux, vous les avez lus comme moi, les gens sont
généralement très déçus de ce qu'ils
ont lu au niveau du discours du budget. Encore un recul pour le mouvement d'action
communautaire autonome! On nous
dit qu'ils sont consternés par le dernier budget présenté par le ministre des
Finances. Tous les organismes d'action communautaire
autonome s'appauvriront. Alors, c'est une grande déception. Le manque à gagner
pour l'ensemble des 4 000 organismes
d'action communautaire autonome s'élève minimalement à 340 millions de
dollars. Ça, c'est les besoins. Combien
ils ont obtenu? Rien. Rien. Des miettes. Absolument, des miettes, et pourtant
on sait que c'est 50 000 emplois de gens qui sont dévoués au quotidien, des gens qui sont vraiment sur la
première ligne et des gens qu'il nous faudrait supporter parce qu'ils
sont essentiels pour desservir une grande
partie de notre population.
éducation. En éducation, j'aime bien quand on nous dit qu'on réinvestit, mais
le coût net des investissements... l'investissement
net, il est... Quand on nous dit 164 millions, il y avait 80 millions
qui avaient été annoncés l'année dernière. Donc, on reprend le montant de l'année dernière, on fait un gros total
de 164 millions, mais, au net, ce n'est pas du tout ce qui était
attendu. D'ailleurs, Marissal dit dans son texte : «Rénover des écoles qui
tombent en ruine, ce n'est pas un programme éducatif.» Parce qu'on a besoin
d'un coup de barre pour la réussite éducative.
veux faire un mot sur la réussite éducative, M. le Président. Vous savez, ça
part lorsque les enfants sont tout-petits. Et on a mis en place il y a 20 ans nos CPE, une grande fierté
nationale qui a été présentée un peu partout dans le monde comme un exemple à suivre, on l'a dit, on l'a
entendu à plusieurs occasions. Et les données, aujourd'hui, sont probantes,
les résultats sont au rendez-vous. Pourtant,
ce gouvernement fait un choix idéologique de couper dans les centres de la
petite enfance, qui font un travail
absolument magnifique, les gens sont formés, les gens préparent bien les
enfants, les éducatrices, les
éducateurs préparent bien les enfants à la réussite éducative, ils font du
dépistage, de l'éducation, de la prévention.
Alors, d'une part, on les coupe, et en même temps ce qu'on dit aux
parents : Vous allez payer plus cher. Et vous allez tellement payer plus cher qu'une grande
partie de ces
parents-là, aujourd'hui, ça leur revient moins cher d'envoyer les
enfants au privé.
Alors,
on compétitionne nous-mêmes notre propre système de centres à la petite enfance, à un point tel qu'il
y a des gens qui désertent maintenant
les centres à la petite enfance,
ce qui est, à mon avis, une catastrophe. Parce qu'on avait mis en place
un modèle, un modèle qui avait fait ses preuves, qui a permis à
70 000 femmes de retourner sur le marché du travail, et un modèle qui était cité en exemple
partout dans le monde et qui faisait une bonne... qui offrait une bonne
préparation aux enfants pour la réussite éducative.
Et là je passe aussi
plein de sujets, là, plein d'endroits, là. Les organismes communautaires
Famille, qui sont énormément déçus du petit
budget, du petit million qui leur est accordé quand ils ont besoin de tellement
plus pour offrir encore tellement de
services à l'ensemble des 271 organisations à travers le Québec, qui, au
quotidien, offrent tellement à
tellement de familles québécoises, ce qu'ils nous disent, là, dans leur
communiqué, là : «1 million de dollars annoncés pour les organismes communautaires Famille qui
continuent de s'appauvrir.» Donc, on continue à appauvrir des gens qui
ont tellement besoin.
Alors,
j'aimerais que le gouvernement réalise qu'offrir un avenir aux jeunes, ce n'est
pas seulement investir dans le Fonds
des générations, mais c'est investir tout de suite dans la santé des Québécois,
dans l'éducation mais également dans
un système de CPE qui a fait ses preuves et qui permet la réussite individuelle
et notre réussite collective. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Labelle, pour cette intervention. Je suis prêt à céder la parole à un prochain intervenant, c'en prend un
qui se lève. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee, à vous la parole.
Birnbaum : Merci, M. le Président. Je suis heureux de prendre la
parole pour défendre le plan économique énoncé dans le budget de 2016-2017 par mon collègue le ministre des
Finances le 17 mars. Je voudrais concentrer surtout sur les mesures
que nous avons ciblées en éducation.
Le premier ministre a proposé une
vision au début de notre mandat. Il l'a répété souvent devant cette Chambre,
notre devoir collectif d'équilibrer le budget est essentiel si nous voulons
nous donner la liberté de choix, la marge de manoeuvre pour réinvestir dans les
services et les programmes qui nous tiennent le plus à coeur.
Pour
une deuxième année consécutive, c'est chose faite. Le budget est équilibré,
donc une marge de manoeuvre est
dégagée. Le contexte reste difficile, l'économie mondiale est en mutation, mais
la relance est incontournable. Notre gouvernement,
avec ce budget, prend la décision confiante et responsable de nous prévaloir
davantage des fruits de ces efforts
collectifs pour réinvestir dans nos écoles, nos cégeps et nos universités, de
réinvestir, après tout, dans l'avenir de nos enfants, à savoir : l'investissement en éducation primaire et
secondaire ainsi qu'en enseignement supérieur augmente de 3 % en 2016-2017. Là où le déficit de
notre gouvernement... que notre gouvernement a hérité du gouvernement péquiste
précédent faisait en sorte que ce taux de
croissance se limitait en conséquence à 0,9 % l'année passée, maintenant
nous instaurons dans ce budget un
taux de croissance de 3 %. De plus, nous fixerons ce taux de croissance
pour les deux ans qui suivront.
Pour
avoir été directeur général de l'Association des commissions scolaires
anglophones du Québec pour 10 ans, je peux affirmer que cet
engagement, cette promesse de stabilité sur un horizon de trois ans sera tout
un atout pour le réseau, et nos jeunes
seront les grands bénéficiaires. On parle ici d'un réinvestissement de quelque
500 millions de dollars réparti sur trois ans.
chercheurs à travers le monde s'entendent, la réussite éducative passe par
l'intervention précoce. Pour bien dépister
les difficultés, assurer la maîtrise de la lecture, bien diriger nos enfants
vers la bonne piste, il faut agir tôt et au bon endroit. Avec ce budget, c'est en plein notre plan d'action. Nous
prévoyons le déploiement de personnel spécialisé pour s'occuper des élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage,
surtout en milieu défavorisé, un investissement de quelque 159 millions
de dollars en trois ans. Au cours de
ces mêmes trois ans, nous investirons 108 millions par année pour contrer le décrochage scolaire. Les retombées de cet investissement : près de 12 000 élèves dans 150 écoles du Québec vont
recevoir un accompagnement individualisé offert en conjonction avec les
partenaires régionaux.
le Président, pour que nos jeunes réussissent, il faut qu'ils aient le goût de
réussir, le goût de se dépasser. Nous allons
donc dépenser un total de 40 millions de dollars au fil des prochains
trois ans à cet effet, entre autres 8 millions de dollars pour bonifier l'activité physique,
3 millions pour multiplier les contacts avec les arts et la culture,
25 millions pour soutenir la réussite aux niveaux collégial et
universitaire.
Finalement,
nous nous trouvons, au Québec, dans une conjoncture cruciale où les enjeux
démographiques font en sorte qu'il y
a un défi énorme à relever en ce qui concerne l'adéquation formation-emploi.
Avec ce budget et la marge de
manoeuvre que nos efforts des derniers deux ans nous a fournie, nous allons
réinvestir dans les liens prometteurs entre le réseau de l'éducation et
le monde des entreprises, donc, un total de quelque 80 millions de dollars
au cours des trois prochaines années :
26 millions pour soutenir l'insertion professionnelle, 24 millions
pour les projets d'optimisation, 13 millions
pour favoriser la mobilité des étudiants québécois et 16 millions pour
appuyer davantage les centres collégiaux de transfert de technologie.
Voilà
une recette, M. le Président, pour la réussite et le bien-être de nos enfants.
Voilà un plan pour profiter de la rigueur,
la cohérence et, oui, les efforts difficiles que nous avons faits ensemble,
comme société, en tant que gouvernement, pour redresser nos finances.
Eh bien, ce n'est pas
étonnant de constater que plusieurs des partenaires clés en éducation,
plusieurs leaders d'opinion publique ont
reconnu la qualité de ce deuxième budget équilibré consécutif déposé par mon
collègue, et je cite : «Le
ministre des Finances n'a pas seulement réussi à équilibrer la colonne des
revenus et celle des dépenses, il a aussi fait des choix équilibrés avec
ses marges de manoeuvre. [...]Cette tâche ardue requiert une détermination de
tous les instants et une discipline de fer.
Les libéraux ont réussi à y arriver dans le délai qu'avait fixé [le premier
ministre] dès son arrivée au pouvoir, c'est une réussite qu'il faut
souligner. [...]Les efforts de redressement des finances publiques permettent
maintenant de dégager de nouvelles marges de manoeuvre. Le budget place
l'éducation comme priorité numéro un pour
réinvestir. La bonne chose à faire.» Fin de citation de M. Mario Dumont, quand
même pas membre du côté gouvernement, à ce que je sache. Il a écrit ceci
dans Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal .
Une autre
citation : «L'annonce d'une croissance des dépenses pour l'éducation et
l'enseignement supérieur pour les trois
prochaines années répond à la demande de la fédération concernant une plus
grande stabilité pour le réseau.» Et donc je cite le président-directeur
général de la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay.
Troisième
citation : «"Nous trouvons que le gouvernement est sur
la bonne voie en matière d'éducation, mais ce
n'est qu'un début. Ils ont du chemin à faire pour assurer que nos élèves soient
une priorité récurrente", de dire Jennifer Maccarone, présidente de
l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec.»
Entendu, du travail qu'il reste à faire. Yes, this is a work in progress. The
management of our collective finances will remain a
challenge. Our Government will continue to chart a responsible and constructive
course for our future. That will mean
responsible growth, and key expenditures, and continued vigilance in order to
reduce our debt load. It's a formula
that is working. I know that the residents of my riding of D'Arcy-McGee are
counting on our Government to strike that difficult but essential
balance.
La marge de manoeuvre dont je parle est essentielle aujourd'hui mais
surtout demain. Nous voulons léguer à nos enfants la liberté de choix et
non le fardeau d'un endettement qui compromettrait leur avenir. Je suis donc
très fier de constater que notre budget du 17 mars 2016 est justement
une réussite sur ce point tellement incontournable. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de D'Arcy-McGee. Je cède maintenant la parole à M. le député de Lévis pour son
intervention.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le
Président. C'était le 1er avril 2015, alors