Institutions — 17 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2018-04-17
Quebec — Committees
Dans le cadre
des diverses représentations effectuées par l'ACVA au cours des cinq dernières
années, l'objectif principal de l'association a toujours été d'assurer la mise en place d'une réglementation adaptée aux réalités sociales et économiques
et permettant ainsi de modifier le statut actuel de détaillant en matières
premières et équipement afin d'y intégrer la notion d'exploitant de centre de
vinification.
Les pages qui
suivent contiennent des éléments factuels qui méritent qu'on s'y arrête. Parmi
ceux-ci, on retrouve entre autres... en 1996, on retrouve l'intégration de la notion
de permis de grossiste et de détaillant de matières premières et d'équipement dans la
Loi sur les permis
d'alcool du Québec. En 2001, date charnière, on retrouve
l'intégration et la reconnaissance du
statut d'exploitant autorisé de vinerie libre-service dans le cadre de l'article
15 de la Loi de 2001 sur l'accise et
des règlements connexes. Cette reconnaissance permettait spécifiquement de reconnaître l'existence et d'assurer l'émission de licences
de vinerie libre-service aux exploitants québécois qui en faisaient la demande.
Également,
au cours de ces années, on retrouve une reconnaissance légale et un encadrement structuré du statut de vinerie
libre-service effectués par plusieurs provinces canadiennes : Ontario,
Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard,
Nouveau-Brunswick, Saskatchewan, Nouvelle-Écosse et Manitoba. Et permettez-moi d'ajouter qu'il y a un peu plus d'une semaine le gouvernement
de l'Alberta a déposé un projet de loi, le projet de loi n° 16, afin,
entre autres, d'assurer la reconnaissance du
statut de centre de vinification dans cette province. Or, le tout devrait se
concrétiser d'ici la fin de l'année, ce
qui va augmenter le nombre de provinces reconnaissant le statut de centre de
vinification à huit ou à neuf, c'est selon le cas. Et par la suite vous trouvez la nomenclature de tous les lois et
règlements relatifs au statut de centre de vinification au Canada. On en
retrouve huit ou neuf à ce moment-ci.
Sur la page
suivante, le graphique qu'on retrouve sur la page suivante démontre le nombre
d'exploitants de centres de
vinification qu'on retrouve dans chacune des provinces canadiennes pour vous
donner une idée de la disparité entre les provinces principales qui ont reconnu depuis longtemps le statut de centre
de vinification et le Québec. Alors, on retrouve, entre autres, l'Ontario, à 508 exploitants;
la Colombie-Britannique, à 263; le Québec, à 89; et les provinces
maritimes, à 76 — en augmentation depuis l'acceptation du
statut de centre de vinification dans ces provinces; et la Saskatchewan, à
En termes de
normes de qualité et de code de conduite, on retrouve au Québec l'existence et
l'application d'un code de conduite
responsable et autoréglementé qui a été éprouvé en Ontario et en
Colombie-Britannique et qui a servi de base dans la plupart... de
l'élaboration des réglementations subséquemment mises en place dans les autres
provinces canadiennes, entre autres la
Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba. Également, il serait
intéressant de noter qu'il
existe — et elles
sont appliquées — des normes
précises de contrôle de qualité chez les producteurs et fournisseurs de
trousses de vinification, en conformité avec la
Loi sur les aliments et
drogues, la
Loi sur l'emballage et l'étiquetage et la
Loi sur les produits
agricoles au Canada, et ce ne sont là que quelques-unes.
Un des éléments essentiels supportant la
reconnaissance du statut de centre de vinification est évidemment la compétitivité des détaillants québécois versus les
détaillants exploitants des provinces limitrophes. Alors, contrairement
au Québec, les provinces voisines de
l'Ontario et du Nouveau-Brunswick reconnaissent le statut de centre de
vinification, ce qui encourage les
commerçants de ces provinces à rechercher activement la clientèle des
consommateurs québécois, et ce qui contribue ainsi à priver l'économie
québécoise d'emplois, de taxes et de revenus significatifs, tout en freinant
significativement le potentiel de croissance de ces détaillants québécois.
Au niveau des
taxations et des impacts économiques et politiques, les trousses de
vinification et de brassage sont déjà
assujetties à la TVQ applicable sur les fournitures de raisins ou de
concentrés. Il est à noter que le Québec demeure à ce jour la seule province canadienne où les matières
premières utilisées pour la fabrication domestique de vin sont
assujetties exclusivement à une taxe de
vente provinciale. Par contre, on doit noter qu'au niveau des frais de service
facturés dans les centres de
vinification au Québec, ces frais de service là sont déjà assujettis à la TPS
et à la TVQ. On retrouve également des
objectifs économiques et politiques qui sont influencés par une reconnaissance
élargie de cette industrie, dont la création d'emplois, l'augmentation de diverses sources de revenus pour le
gouvernement québécois et les municipalités, un encadrement approprié et
un contrôle accru, ainsi que des pratiques de développement durable.
Au niveau des
enjeux, l'ACVA soumet les différents enjeux et recommandations sous quatre
principaux volets : la disponibilité des produits et services liés
à la vinification artisanale, l'intégrité des produits et services associés à
la vinification, l'origine et la qualité de
ces produits et services, ainsi que les normes de contrôle applicables au
secteur de la vinification artisanale
au Québec. Les recommandations faites par l'association et ses membres, la
reconnaissance du statut de centre de
vinification et de brassage permettraient à la fois de sécuriser les
détaillants québécois désireux d'investir dans la croissance de ce secteur d'activité et surtout de rassurer les
nombreux consommateurs québécois adeptes de ce concept de vinification artisanale, leur offrant ainsi la possibilité de
concevoir eux-mêmes les vins destinés à leur consommation personnelle dans un environnement contrôlé et adapté à
leurs besoins, et ce, à l'intérieur d'un cadre structuré et responsable.
Tel que
précédemment mentionné, l'ACVA a toujours supporté et promu un code de conduite
responsable pour le bénéfice de ses
membres. Il serait souhaitable que l'organisme de contrôle qui sera responsable
de l'administration et du contrôle de
ces permis, en l'occurrence la RACJ, considère l'utilisation de ce code dans
l'élaboration d'un programme de contrôle mieux défini. Un tel programme
a toujours été grandement soutenu dans toutes les autres provinces où une
réglementation spécifique a été mise en place.
En conclusion, l'ACVA
croit fermement que les éléments suivants devraient être considérés dans le
cadre du rapport de la commission et de
l'approbation subséquente du projet de loi n° 170 lié à la modernisation
entourant la Régie des alcools du
Québec : tel que libellé dans le projet, il est primordial que le statut
de centre de vinification et de brassage soit reconnu par la mise en
place d'un permis spécifique à ce type d'exploitation et également par
l'élaboration de conditions d'exploitation
appropriées dans un cadre réglementaire flexible et structuré; deuxièmement, la reconnaissance et l'encadrement réglementaire du statut de centre de vinification permettront aux
détaillants québécois d'offrir aux consommateurs québécois des produits et services de qualité dans un environnement sécuritaire responsable, et ce, dans un contexte moderne mieux adapté aux réalités
sociales, économiques d'aujourd'hui; et troisièmement, la reconnaissance et l'encadrement du statut de centre de vinification et de l'esprit d'entreprise qui y est associé contribueront assurément à générer de nombreuses opportunités de création d'emplois, de développement économique et de nouvelles sources de revenus pour la
province de Québec.
Dans
ce sens, nous jugeons donc primordial que le gouvernement poursuive dans
ses intentions de moderniser le cadre
réglementaire et opérationnel entourant la Régie des alcools du Québec
afin de garantir aux consommateurs québécois l'intégrité et la qualité des produits et services destinés à la
vinification artisanale et d'assurer le plein développement de cette
industrie qui demeure embryonnaire au Québec. À l'opposé de la situation que l'on retrouve
ailleurs au Canada, les consommateurs sont mieux renseignés qu'ils ne
l'ont jamais été et exigent des produits et services de qualité
équivalente à ce que l'on retrouve ailleurs
au Canada et qui sauront répondre pleinement à leurs besoins actuels en termes
de vinification artisanale. Alors, je vous remercie de votre attention.
Président (M. Auger) : Merci beaucoup pour votre présentation.
Nous allons maintenant débuter les échanges avec le gouvernement. M. le
ministre, pour 14 min 30 s
M. Coiteux :
Oui, merci, M. le Président. Alors, merci, MM. Brodeur et Raposo, d'être
venus présenter un mémoire puis d'échanger
avec nous. Je comprends donc de votre présentation que, dans le fond, votre... je ne dirais pas préoccupation, mais, dans
le fond, votre souhait, c'est que le
cadre réglementaire qui va être défini avec les paramètres de la loi
soit conforme aux intentions gouvernementales de reconnaître votre industrie,
de permettre à cette industrie-là de fonctionner
en toute légitimité sur des bases similaires à ce qu'on retrouve dans d'autres
provinces, c'est bien ça? Alors, je
tiens à vous rassurer, c'est l'intention du gouvernement d'aller dans ce sens-là, donc les projets de règlement qui seront ensuite soumis à la consultation,
on les travaille dans cet esprit-là. On les travaillera dans cet esprit-là une
fois que la loi serait adoptée.
m'amènerait, moi, à vous poser des questions pour connaître un petit peu plus votre
industrie. Par exemple, vous dites qu'au Québec, à l'heure actuelle, il y a 89 exploitants qui exploitent des centres de
vinification. Ils sont localisés où,
de façon générale? Est-ce qu'ils sont très concentrés dans Montréal,
Québec ou c'est assez dispersé sur le territoire?
M. Brodeur
(Gaétan) : Non, c'est assez
dispersé dans la province. Et, par la force des choses, dans la région
de Montréal... un peu moins dans la région de Québec, mais,
dans la région de Montréal, ils se sont concentrés dans certains secteurs de la ville de Montréal,
question de faciliter pour les clients qui doivent se
déplacer pour aller produire leurs vins et récolter leurs vins, si je peux dire, par la suite. Alors, certaines...
comme le centre-ville de Montréal, et tout ça, ce n'est certainement pas
approprié pour ça.
Alors,
c'est réparti un peu partout au Québec. Il y a déjà eu jusqu'à
au-delà de 130 centres de vinification dans les meilleures années lorsque ça a débuté ici, puis
ça s'est développé un peu. Il y a eu une diminution accrue avec les années, compte tenu de l'incertitude qui régnait et du fait que les exploitants de centres
de vinification, due au fait qu'il
n'y avait aucune réglementation existante, étaient réticents à investir
de l'argent pour développer à ce niveau-là.
l'autre volet qui est intéressant à noter, c'est que ça devenait quasiment
impossible pour les exploitants de faire de la publicité raisonnable
qui permettrait d'attirer et de développer cette industrie-là, alors ces
exploitants-là se sont toujours retrouvés,
et aujourd'hui c'est encore le cas, à un genre de — excusez l'expression, mais c'est en
anglais — «break-even
point» où ils peuvent survivre, ils peuvent
vivoter, mais c'est impossible pour eux de se développer. Et à ça
il faut rajouter la complexité qu'ils
ont toujours dû opérer deux opérations en parallèle, le centre de vinification
séparément du commerce de détail, et
ce, pour ne pas mettre en danger la pérennité de leur permis de grossiste, de
détaillant en matières premières, alors ça dupliquait les coûts, à ce
moment-là.
M. Coiteux :
Oui. Et la
partie détail, c'est la v