House Proceedings — 9 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
2022-02-09
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Bon matin. Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
À la rubrique
Déclarations de députés, nous débutons avec M. le député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Cette semaine se
déroule la Semaine des enseignantes et
des enseignants. Comme chaque année, une école primaire et une école secondaire
de la circonscription de Chauveau sont choisies afin de souligner le
travail exceptionnel d'une enseignante ou d'un enseignant.
Aujourd'hui,
j'ai le plaisir de rendre hommage à Mme Catherine Lessard, enseignante de
français en secondaire I à
l'école Le Sommet. Les élèves décrivent Mme Catherine comme étant une
professeure qui a une excellente écoute, qui est toujours présente pour
eux. Et que dire de sa bonne humeur?
Aussi,
je désire mettre en valeur le travail exceptionnel de tous les enseignantes et
enseignants de l'école primaire Château-d'Eau.
La directrice, Mme Carine Dubé, est très fière de dire que son école est
engagée et unie pour tous les élèves.
vous tous, enseignantes et enseignants de la circonscription de Chauveau, je
vous dis merci et je vous demande de poursuivre votre excellent travail.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je céderais la parole à Mme la
députée de Huntington.
Mme IsaBelle : Bonjour, M. le Président. Je tiens à féliciter le nouveau président du
Conseil des vins d'appellation du Québec, M. Sébastien Daoust,
propriétaire du vignoble Les Bacchantes, d'Hemmingford.
Soulignons qu'en 2018
notre ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation,
M. Lamontagne, officialisait la
création de l'Indication géographique protégée, IGP, Vins du Québec, qui était
tant attendue par les producteurs de
chez nous. Ainsi, les produits identifiés par IGP font gage de qualité, de
traçabilité et sont cultivés à 100 % au Québec dans l'aire géographique
délimitée. Le Conseil des vins d'appellation du Québec représente donc les
vignerons québécois dont les vins respectent l'ensemble des étapes de
production de cette indication.
Félicitations,
M. Daoust, pour cette nomination! Je suis certaine que vous serez un
ambassadeur dévoué. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration
est pour Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci, M. le Président. C'est avec un grand plaisir, aujourd'hui, que je
veux reconnaître Mme Ève Rajotte, qui est une des deux
récipiendaires du prix Pierre-Marchand du 63e Mérite sportif lavallois.
Cette jeune femme de
mon comté, de Sainte-Dorothée, a reçu ce prix en décembre dernier pour sa
persévérance à pratiquer son sport, le patinage artistique, malgré une
importante épreuve dans sa vie.
En effet, en 2019,
elle apprenait être atteinte de la maladie de Leber, maladie qui diminue de
façon tellement importante la vision. En
moins d'un an, elle ne pouvait même plus compter ses doigts à moins de quelques
pouces de son visage. Mais Ève est
une personne déterminée. Elle a changé son alimentation, consulté de nombreux
spécialistes, l'Institut Nazareth
Louis-Braille, le CHUM, pour améliorer sa vue. Avec ses efforts personnels,
combinés à un traitement innovant, elle a pu retrouver une vision
partielle, une grande victoire.
Bravo, Ève, pour ta
persévérance! Tu es un modèle de courage pour nous tous. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Merci, M. le
Président. En ce Mois de l'histoire des Noirs, en cette semaine des
enseignants, M. le Président, j'aimerais
rendre hommage à un grand pédagogue et membre éminent de la communauté noire
nord-montréalaise, un homme qui a transformé la vie de milliers de
jeunes au cours d'une carrière échelonnée sur près de quatre décennies. Il s'agit de Gérard Jeune, que ses anciens élèves
décrivent souvent avec admiration comme un bâtisseur d'hommes et de
femmes.
Ce passionné
de l'éducation a grandi en Haïti. Issu d'une famille pauvre, l'aîné de sept
enfants a parfois dû prendre le chemin de l'école le ventre vide. Et, dès son
arrivée au Québec, Gérard Jeune s'est promis qu'il allait tout faire
pour aider les jeunes d'ici, des milieux défavorisés, à trouver leur place et à
sortir de la pauvreté, peu importent leurs origines.
M. Jeune,
vous nous avez donné des artistes, des scientifiques, des citoyens engagés à
part entière, et vous le faites encore. Merci de votre précieuse
contribution à la société québécoise. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais
souligner aujourd'hui le 30e anniversaire d'un organisme
remarquable de mon comté, Espoir Rosalie.
Fondé en 1992
par soeur Claire Ranger, Espoir Rosalie a pour mission d'accueillir les mères
monoparentales et leurs enfants, dans
le respect et sans jugement, afin de les accompagner dans le développement de
leur autonomie parentale, personnelle,
sociale et financière. Espoir Rosalie permet à ces femmes d'accroître leur
estime d'elles-mêmes et de déployer leur plein potentiel. Les services
d'accompagnement offerts par l'organisme permettent de briser l'isolement et
d'aider ces mères à réintégrer le marché du
travail ou à effectuer un retour aux études. Le respect, l'entraide, l'amour et
la solidarité sont des valeurs au coeur de la mission d'Espoir Rosalie.
M. le
Président, j'aimerais remercier toute l'équipe d'Espoir Rosalie, présente et
passée, pour son dévouement envers ces femmes et ces enfants dans le besoin.
L'écoute, le dévouement ainsi que les interventions de cette équipe permettent
d'améliorer et de changer des vies. Merci
pour votre excellent travail auprès de la communauté de Chapleau, de Gatineau
et de l'Outaouais. Et bon 30e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Je cède la parole à Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, M. le Président. Depuis maintenant
10 ans, un défi unique a lieu dans mon comté, la Saucette de Percé.
C'est le
11 décembre dernier qu'a eu lieu la 10e édition de l'événement.
85 braves ont plongé dans la mer glacée de Percé, et une somme
record de plus de 100 000 $ a été amassée.
Cette initiative
de Marie-Ève Trudel-Vibert et Karen Lévesque-Cahill est devenue une tradition
et un événement communautaire qui rallie plusieurs partenaires et citoyens de
la région. Au fil des ans, une compétition amicale s'est installée entre les différentes équipes
participantes, qui rivalisent entre elles afin d'amasser un maximum de dons. Ce
sont les enfants malades du Québec
qui en ressortent grands gagnants puisque, jusqu'à présent, tout près de
390 000 $ ont été remis à
Opération Enfant Soleil, qui finance l'achat d'équipements médicaux dans les
grands centres mais aussi dans la région.
Mmes Trudel-Vibert et Lévesque-Cahill, ainsi qu'à tous les participants
qui osent braver le froid pour la cause, j'offre mes plus sincères remerciements et félicitations. Vous faites de
la Saucette de Percé une véritable réussite. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Je cède la parole à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président, si vous êtes de ceux et celles
qui ne peuvent résister aux compétitions de patinage artistique aux Jeux
olympiques, je vous rappelle que ces compétitions débutent ce vendredi. Et je
veux vous expliquer pourquoi trois artistes de chez nous seront rivés à leurs
téléviseurs.
Hugo, Karl et Samuel sont des
travailleurs de l'ombre des athlètes en patinage artistique. Hugo et Karl se spécialisent
en montage audio pour les compétitions
sportives. Ce sont eux qui ont préparé les bandes sonores de nombreux patineurs
canadiens, pour ces olympiades, et des
Français, des Espagnols et des Japonais aussi, 51 au total. Samuel, un
chorégraphe, lui aussi de Saint-Jean-sur-Richelieu, n'est pas en reste :
presque la moitié des patineurs de la compétition ont fait appel à ses
services, depuis plusieurs mois déjà, pour se préparer et mettre en valeur la
dimension artistique de leurs prouesses sur patins.
Je vous invite
d'ailleurs à lire leurs histoires respectives, publiées dans la dernière
édition du Canada Français , notre hebdo régional. Et je souhaite à Hugo
Chouinard, Karl Hugo et Samuel Chouinard plusieurs médailles.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le Président.
C'est la Semaine des enseignantes et des enseignants. C'est un privilège de
reconnaître ces professionnels de l'éducation qui sont Entièrement engagés
pour permettre aux élèves, jeunes et adultes, d'atteindre leur plein
potentiel.
Votre
dévouement est remarquable et votre travail est indispensable. Aujourd'hui,
nous soulignons votre travail, mais nous devrions le faire 350 jours par
année, surtout que les derniers mois ont été particulièrement difficiles et remplis
de défis, on n'a qu'à penser à la qualité de
l'air dans les classes, le manque de masques N95, aux fenêtres ouvertes
par les journées glaciales en plein mois de janvier ou encore des
consignes qui ont changé à toutes les semaines.
Malgré
ces profonds changements dans votre façon d'enseigner et l'imprévisibilité,
vous continuez de relever ces défis jour après jour, en virtuel ou en
présentiel. Merci pour votre résilience, et surtout merci de jouer un rôle
essentiel dans la réussite de vos élèves.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laforest : Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, en tant que ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation, je souhaite prendre un moment
pour souligner le 30e anniversaire de la Régie du bâtiment du Québec.
Alors,
depuis le 1er février 1992, la mission première de la RBQ est de protéger
les Québécoises et les Québécois. Au fil du temps, cette mission s'est
façonnée, cette mission a évolué. Alors, chose certaine, la RBQ a toujours à
coeur d'améliorer la qualité de nos
constructions, d'assurer la sécurité du public et d'améliorer la compétence des
entrepreneurs.
Aujourd'hui, la RBQ a
30 ans, puis elle est définitivement tournée vers l'avenir. D'ailleurs, le
2 décembre dernier, à l'occasion de la
première Journée de la construction, de nombreux partenaires du milieu ont été
rencontrés, et plusieurs idées porteuses ont été soumises, en matière de
surveillance des travaux et de protection des consommateurs.
Alors, en terminant,
M. le Président, je remercie tout le personnel de la RBQ, la Régie du bâtiment,
pour leur ouverture et pour leur dévouement. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous terminons notre
rubrique avec M. le député de Sainte-Rose.
M. Skeete :
Bonjour, M. le Président. Permettez-moi une petite indulgence personnelle pour
vous annoncer qu'aujourd'hui, le
9 février, bien, c'est la fête de mon amoureuse, ma belle blonde, ma
femme, mon épouse, que je voudrais souhaiter, bien, joyeux anniversaire!
Peu de gens le
savent, M. le Président, mais j'ai rencontré mon épouse à l'âge de 14 ans,
lors d'une danse au secondaire, et depuis
elle me tolère. Elle me tolère et elle fait fi de mes nombreux défauts pour me
supporter dans toutes mes aventures, notamment l'aventure qui m'amène
ici, au salon bleu, le jour de sa fête, loin d'elle.
Alors,
M. le Président, permettez-moi un petit moment pour dire à mon épouse :
Andrea, I love you very much. You are the light of my life. And I hope you
have a very special day.
Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique
Déclarations des députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Président : Mmes et MM. les députés, je vous souhaite un bon
mercredi. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bonjour, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article a du
feuilleton, s'il vous plaît.
Président : Tout à fait. À l'article a du feuilleton, M.
le ministre des Transports présente le projet de loi n° 22,
Loi modifiant la
Loi sur l'assurance
automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres dispositions. M. le ministre.
M. Bonnardel : Merci,
M. le Président. Très heureux de déposer le projet de loi n° 22, Loi modifiant la
Loi sur
l'assurance automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres
dispositions.
Ce projet de loi modifie d'abord la
Loi sur
l'assurance automobile afin d'apporter des ajustements au régime
d'indemnisation des victimes d'accidents de la route.
À cet égard,
le projet de loi prolonge le versement de l'indemnité de remplacement du revenu
jusqu'au décès de la victime selon
les conditions qu'il détermine et après un nouveau calcul de l'indemnité fait
conformément au règlement qu'il édicte. De plus, il prévoit l'application
rétroactive de ces modifications au 1er janvier 1990 à l'égard
de toute victime d'un accident d'automobile qui est vivante à la date de
l'entrée en vigueur de celles-ci et qui a atteint l'âge de 67 ans.
Le projet de
loi prévoit qu'une victime atteinte de blessures ou de séquelles de nature
catastrophique a droit, selon les conditions qu'il détermine, à une indemnité
de remplacement du revenu calculée à partir d'un revenu brut qui ne peut
être inférieur à la rémunération
hebdomadaire moyenne des travailleurs de l'ensemble des activités économiques
du Québec établie par Statistique Canada. Il édicte le règlement qui
détermine les blessures et les séquelles visées.
Le projet de loi révise les modalités de calcul
de l'indemnité de décès versée au conjoint et augmente le montant minimal de celle-ci. Il augmente également le
montant de l'indemnité forfaitaire pour frais funéraires ainsi que les montants
maximaux remboursables pour certains frais engagés par une victime. Il prévoit
que certains montants sont désormais déterminés par règlement, lesquels ne
peuvent être inférieurs aux montants fixés par la loi.
Le projet de
loi prévoit aussi diverses mesures dont notamment le paiement d'intérêts pour
une personne qui a obtenu, par suite d'une fraude, une indemnité à laquelle
elle n'avait pas droit ou dont le montant excède celui auquel elle avait droit.
Le projet de
loi modifie ensuite le Code de la sécurité routière afin notamment d'interdire
au titulaire d'un permis d'apprenti conducteur, déjà titulaire d'un
permis de conduire, de conduire un véhicule visé par la classe de son permis
d'apprenti conducteur avec une quelconque présence d'alcool dans son organisme.
En cas de non-respect de cette interdiction,
le projet de loi établit que le titulaire est passible d'une amende et que la
classe de permis visée par son permis d'apprenti conducteur est
suspendue pour une période de 90 jours.
Le projet de
loi prolonge la période obligatoire pendant laquelle les contrevenants à une
première infraction en matière
d'alcool au volant doivent conduire un véhicule muni d'un antidémarreur
éthylométrique dès lors qu'ils commettent, pendant la période fixée par règlement, au moins un manquement en lien
avec l'utilisation de l'antidémarreur parmi ceux qui sont déterminés par
règlement.
Le projet de
loi rend obligatoire l'utilisation d'un dispositif de consignation électronique
par les conducteurs de véhicules
lourds pour consigner leurs heures de travail et de repos et prévoit les
responsabilités du conducteur et de l'exploitant du véhicule lourd au
regard de ce dispositif.
Le projet de
loi prévoit aussi diverses modifications afin notamment de réviser les
prérogatives de courtoisie en matière d'immatriculation et de permis de
conduire accordées aux représentants étrangers, de rendre obligatoire le
respect des ordres et signaux donnés
par un signaleur routier lors d'événements exceptionnels et de réviser
l'encadrement relatif à
l'établissement d'une zone scolaire en édictant notamment le Règlement
encadrant l'établissement des zones scolaires et définissant la période
scolaire.
Enfin, le projet de loi apporte des
modifications de concordance et énonce des mesures transitoires.
Président : Et, en application de l'ordre spécial, j'invite maintenant
les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi, suivi des
députés indépendants. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Président : M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Bonaventure?
Le Président :
Mme la députée d'Iberville?
Le Président :
Mme la députée de Maurice-Richard?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence, la motion est adoptée. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, il nous fera plaisir, bien évidemment, de
débattre de ce projet de loi en commission avec
le ministre. J'aimerais également que le leader du gouvernement nous confirme
qu'on aura l'occasion d'entendre les parties intéressées à ce projet de
loi en consultations. Merci.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Nous attendrons la
proposition de groupes de l'opposition officielle et des collègues.
Le Président : Nous passons à la rubrique Dépôt de documents. M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Oui, M. le Président. Je dépose le rapport final d'évaluation de
la
Loi sur l'Institut national d'excellence en santé et en services
sociaux. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci. Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, je dépose la réponse du gouvernement à la question
inscrite au feuilleton le 9 décembre
2021 par le député de Nelligan. Je dépose également la réponse du gouvernement
à la question inscrite au feuilleton le 9 décembre 2021 par le
député de Robert-Baldwin.
Le Président :
Je vous remercie. Ces documents sont également déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M. le
Président. Hier, le gouvernement nous a annoncé des assouplissements qui sont
bienvenus. Je pense qu'on est tous fatigués, tannés de la pandémie, et tous les
Québécois ont besoin de reprendre un semblant
de vie normale, d'apprendre à vivre avec le virus. Et on a été particulièrement
touchés par tout ce qui s'est passé et
on a vécu les conséquences de l'incapacité du gouvernement à prévoir cette
cinquième vague, à prévoir ce 30 décembre, qui a été très lourd
pour tous les Québécois.
Vous savez,
M. le Président, gouverner, c'est prévoir. Et, en même temps que l'on voit
le déconfinement, on veut s'assurer que plus jamais on n'ait à revenir
en arrière.
Pour ne pas
revenir en arrière, il y a des gestes que le gouvernement doit poser. Que
va-t-il faire pour toute la question de
la ventilation dans les écoles? Que va-t-il faire par rapport à la stratégie de
dépistage, qui est clairement manquante, aujourd'hui, au Québec, l'approvisionnement pour les tests rapides, les
tests PCR? Encore une fois, il y a des gestes concrets qu'il doit poser,
parce qu'on ne veut plus retourner en confinement.
Est-ce que le
premier ministre peut se lever ici et nous dire que nous ne reviendrons plus en
arrière, à reconfiner les Québécois?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président, la cheffe de l'opposition
officielle nous dit : Gouverner, c'est prévoir. Je suis d'accord que c'est
important. Et, M. le Président, j'ajouterais que gouverner, aussi, c'est
prendre des décisions au bon moment, et c'est important d'être agile, et c'est important de s'ajuster, surtout
quand on a un virus qui est aussi imprévisible que ce qu'on a vu depuis
deux ans.
Je me rappelle très bien, la cheffe de
l'opposition officielle, au début décembre, qui nous disait : Ça va mieux,
pourquoi on n'enlève pas l'urgence
sanitaire? Or, M. le Président, quelques semaines plus tard, alors que pas
grand monde n'avait prévu ça, on a eu
une explosion à cause du variant Omicron. Donc, je pense que, si la cheffe de
l'opposition officielle est objective,
elle va nous dire qu'elle non plus, au début décembre, elle n'avait pas vu ça,
qu'on monterait à 3 400 hospitalisations, au Québec.
Président : S'il vous plaît!
S'il vous plaît! Je m'excuse, là, je vous entends très bien. Il y a un échange,
question et réponse. On est attentifs, s'il vous plaît. M. le premier
ministre, continuez.
M. Legault : Oui. On n'est pas
au hockey, là, M. le Président.
Le Président : S'il vous plaît! M.
le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, la ventilation dans les
classes, là, c'est important de rassurer les parents, je pose la question à peu près à chaque semaine au directeur
de la santé publique, l'air dans nos classes est sécuritaire, est sécuritaire.
On a quand même mis des mesures préventives,
au cas où il y aurait une autre vague plus forte, où on aurait besoin d'avoir
des standards plus élevés.
Le Président : En terminant.
M. Legault : Pour ce qui est du
dépistage, M. le Président, je pense qu'on a quand même...
Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle. Mais je vais prendre
le temps de vous dire... Encore une
fois, on va être attentifs tant aux questions qu'aux réponses. C'est comme ça
que fonctionne une bonne période de questions, également. La parole est
à vous. Vous êtes la seule à avoir la parole.
Mme Anglade : Merci, M. le
Président. On a un premier ministre qui aime gouverner seul. On a un premier ministre qui aime gouverner par décrets. On a un
premier ministre qui aime imposer des couvre-feux alors que même la Santé publique n'a pas émis d'avis par rapport à
ça. On a un premier ministre dont les Québécois ont vécu les conséquences
pendant les fêtes. C'est ça, la réalité, M. le Président.
Ce que je lui demande, aujourd'hui,
c'est de savoir quelles mesures il met en place pour s'assurer de ne jamais
avoir à reconfiner les Québécois.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, je
peux vous assurer que, depuis deux ans, j'aurais aimé ça, comment je dirais ça,
pouvoir avoir plus de latitude, mais on
s'est donné comme objectif de suivre les recommandations de la Santé publique.
Et, M. le Président, je suis
fier de dire que, depuis 23 mois, on a toujours suivi les recommandations de la
Santé publique. Ça nous est même arrivé d'aller plus loin, donc d'être plus
sévères, pour éventuellement protéger nos hôpitaux, protéger aussi les
Québécois. On voulait le moins de décès possible. Donc, M. le Président,
je pense qu'on a...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : On attend toujours,
M. le Président, les avis de la Santé publique qui ferment les
restaurants. On attend toujours, M. le Président, les avis par rapport au
couvre-feu, une décision qu'il a prise puis qu'il a enlevée au bout de
deux semaines.
réalité, M. le Président, c'est qu'on a un premier ministre, encore une
fois, qui aime gouverner seul, qui aime gouverner par décrets, qui nous
rappelle l'état d'urgence dans lequel on est plongés depuis deux ans alors que
bien des juridictions ont choisi de faire les choses différemment.
Que va-t-il faire
pour ne plus avoir à reconfiner les Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, le
directeur national de la santé publique va faire encore aujourd'hui, à 14 heures,
un point de presse seul, M. le Président. J'invite peut-être, via certains
journalistes, qu'on lui pose la question. Est-ce que le gouvernement a
toujours suivi les recommandations de la Santé publique?
M. le
Président, à la vitesse où ça se déroulait, à certains moments, il y a eu des
échanges verbaux. Et tous les avis écrits ont été rendus publics. Donc, je sais
que la cheffe de l'opposition essaie de trouver de quelque chose qui n'a
pas été transparent, mais, M. le Président, je suis très fier de dire que,
depuis 23 mois, on a été hypertransparents.
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
est-ce qu'il y a quelqu'un, vraiment, qui ne se rappelle pas à quel point on a
dû insister pour avoir les avis de la
Santé publique rendus disponibles à la population? Tout le monde sait comment
le gouvernement a géré non pas de
manière transparente, M. le Président, mais par décrets, oui, parce qu'il
a voulu imposer sa manière de faire, sa
manière de faire les choses, sa manière de penser un système démocratique. Même
quand on a demandé de revenir en Chambre,
il a refusé de revenir en Chambre plus tôt pour gérer la pandémie. C'est un
gouvernement qui aime diriger seul, c'est un premier ministre qui aime
diriger seul.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le
Président, suite à la demande, entre autres, de la cheffe de l'opposition
officielle, j'ai accepté, entre les
sessions, d'avoir des échanges téléphoniques. Donc, à tous les vendredis
après-midi, je rencontrais les trois
chefs de l'opposition. Et, pour les deux dernières semaines, savez-vous quoi, M. le
Président? La cheffe de l'opposition officielle
a refusé de participer. Assez spécial, M. le Président. Donc, c'était
l'occasion, avec le ministre de la Santé, de répondre aux questions, de prendre en note les suggestions,
mais la cheffe de l'opposition officielle a préféré être absente. C'est son
choix.
Le Président :
Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Depuis hier, tout le monde se pose la
question : Qu'est-ce qui va se passer avec le projet de REM de l'Est? La STM nous dit qu'elle est inquiète que le
projet n'est pas viable. L'ARTM dit que le projet coûte trop cher et qu'il n'y aura pas de nouveaux
usagers. La Caisse de dépôt affirme que le projet n'ira pas de l'avant s'ils
n'ont pas l'appui de l'ARTM. Le premier ministre sous-entend qu'il est prêt à
larguer le projet, mais, après trois ans, demande
à la mairesse de Montréal si elle en a un meilleur. La mairesse, elle, dit :
Bien, je veux bien collaborer, mais le gouvernement
refuse de me donner un siège à la table. Et la ministre déléguée aux
Transports, seule dans son monde, dit qu'elle va de l'avant coûte que
coûte, aucun compromis, aucune négociation, aucun changement.
seule chose qui est claire, M. le Président, c'est que, dépenser
10 milliards pour desservir des usagers alors que 94 % sont
déjà pris en charge, ça ne tient pas la route.
Est-ce
que la ministre va continuer de foncer tête baissée, les yeux bandés, ou est-ce
qu'elle va se rendre compte que son projet ne fonctionne pas?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Bien, merci beaucoup, M. le Président. Je
remercie M. le député pour mettre l'accent sur le REM de l'Est, qui est
un projet tellement, mais tellement important pour le territoire de la
métropole, pour les territoires de l'est de Montréal, parce que maintenant on
va pouvoir, avec ce projet très structurant, offrir un mode de transport, une
nouvelle mobilité sur un territoire qui n'est pas desservi adéquatement,
M. le Président, qui ne l'est pas.
Bien sûr qu'il y a
des secteurs qui ont le métro, mais là on est en train de dire : Bien, il
faudrait juste se fier sur l'autobus qui existe déjà puis on est corrects.
M. le Président, il y a plus de plaques d'immatriculation, il y a plus d'enregistrements maintenant qu'il n'y en avait en
2019, il y a plus de voitures. On veut réduire le nombre de voitures. On
veut être capables d'offrir au territoire de
l'est de Montréal un mode de transport structurant, puis ça se fait avec la
ville de Montréal, puis ça se fait
avec la Caisse de dépôt, puis ça se fait avec le gouvernement, puis ça se fait
avec l'écoute des citoyens, et ça se fait avec le groupe d'experts qui
va remettre son rapport sur l'intégration prochainement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Mais qui lui a parlé d'autobus, M. le Président? Ce qu'elle s'apprête à
faire, là, c'est de construire, à
10 milliards, une ligne parallèle à la ligne verte, une ligne qui va
cannibaliser le service qui est déjà en place et ne desservir aucun nouvel usager. Mais, au lieu de vouloir
améliorer son projet, la ministre passe à l'attaque et affirme que les études,
un, ne sont pas honnêtes, deux, sont biaisées, et que les auteurs devraient
refaire leurs devoirs.
M. le Président,
si le premier ministre refuse d'écouter l'ARTM, la STM, la mairesse de
Montréal, la caisse, est-ce qu'il peut au moins écouter sa ministre et refaire
ses devoirs?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Bien, merci, M. le Président. Quel est l'enjeu, M. le
Président, de vouloir un mode de transport structurant sur un territoire
qui est mal desservi? Quel est l'enjeu, M. le Président, de vouloir faire
comme Paris, par exemple, qui en a un,
réseau très structurant, qui est capable d'avoir un enchevêtrement, M. le
Président, de modes de transport? Il
y a des stations, des arrêts d'autobus pratiquement à tous les coins de rue.
Est-ce que c'est un enjeu, M. le Président, de vouloir une métropole
qui va avoir une mobilité adéquate, M. le Président?
on travaille avec les parties prenantes. On a un objectif, c'est d'offrir aux
citoyens, particulièrement de l'est de Montréal, un transport adéquat.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Malheureusement, Paris et Pointe-aux-Trembles, ce
n'est pas la même réalité, M. le Président. À la fin de la journée, là, voici le résultat de l'approche
du premier ministre : on va dépenser 10 milliards, les partenaires se
sentent mis de côté, les citoyens ne
se sentent pas consultés, la mairesse de Montréal dit qu'elle se sent acculée
au pied du mur par le premier
ministre, et la ministre déléguée rejette les arguments de tout le monde. C'est
rendu que, dans le journal, elle est comparée à des dirigeants qui
congédient leurs scientifiques quand ils avancent des faits.
Question honnête :
Est-ce que la CAQ tente de torpiller son propre projet?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : M. le
Président, est-ce que le député du Parti libéral considère que la population de
Pointe-aux-Trembles ne vaut pas la peine? Est-ce qu'il considère que la
population de Bourassa-Sauvé ne vaut pas la peine? Est-ce qu'il considère que la population de Jeanne-Mance—Viger ne
vaut pas la peine? Est-ce qu'il considère que la population d'Anjou—Louis-Riel
ne vaut pas la peine? Voyons donc, M. le PrésidentQ C'est quoi, ça, ce manque
de respect honteux de la part d'un député libéral?
Président : S'il vous plaît!
Toujours prudents et prudentes dans les propos que l'on utilise, en fonction
des règles que nous nous sommes données. Je vous demande...
Le Président : S'il vous plaît! S'il
vous plaît! S'il vous plaît! M. le député de Viau... Je m'excuse, elle avait...
M. Jolin-Barrette : La réponse
n'était pas terminée, M. le Président.
Le Président : Ah! c'est parce que
j'ai vu la ministre s'asseoir.
M. Jolin-Barrette : Mais le
président s'est levé.
Le Président : Mme la ministre,
complétez, il vous restait peut-être...
Mme Rouleau : Je pressens que le
député de Viau va vouloir... non, non, de... va vouloir parler du quartier de
Saint-Michel...
Le Président : En terminant.
Mme Rouleau : ...qu'on veut desservir,
bien sûr, grâce à l'ARTM, M. le Président.
Le Président : Question principale...
Président : Si vous
voulez entendre, c'est le député de Viau qui va poser la question. Alors, M. le
député de Viau, vous avez la parole.
M. Benjamin : M. le
Président, je vous confirme, comme gars de l'est de Montréal,
Pointe-aux-Trembles n'est pas Paris.
Depuis des
mois, les citoyens critiquent le projet. Même le premier ministre, en mars
2021, s'inquiétait du dédoublement des projets et des services. Ce n'est
pas tout. Dans la dernière année, la ministre s'en est prise à la crédibilité
de l'ARTM et à la STM en les accusant d'incompétence. Sous son règne, ce sont
le président et le directeur général qui ont démissionné. La STM a de graves
problèmes financiers et est complètement abandonnée par la CAQ.
Hier encore, la CAQ rejetait le leadership du
REM de l'Est et leur responsabilité sur le dos de la mairesse de Montréal. Celle-ci ne demande simplement que
d'être dans le coup et d'être partenaire. Clairement, la ministre de la
Métropole préfère jouer la carte de la division.
Montréal a
besoin de leadership et d'une vision constructive. Après trois ans, face à
l'unique projet de la CAQ pour l'est de Montréal, la mairesse doit
encore se battre pour être à la table.
Pourquoi elle
ne souhaite pas le meilleur projet pour l'est de Montréal? Pourquoi elle
s'isole en rejetant les blâmes sur les partenaires? Pourquoi ne pas
faire équipe avec la mairesse de Montréal?
Le Président : Mme la ministre
déléguée aux Transports, à vous la parole.
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
M. le Président. Quel projet magnifique, quel projet structurant que le
REM de l'Est, qui va offrir une mobilité est-ouest et nord-sud, M. le
Président.
Lorsque
l'ARTM a fait sa proposition de transport structurant pour l'est de Montréal,
l'ARTM a parlé de réseau est-ouest.
Nous avons ajouté l'option nord-sud pour aller desservir une population qui ne
l'est pas, M. le Président. Qu'est-ce qu'il faut pour qu'ils
comprennent, ces gens-là, M. le Président?
Ils n'ont jamais
réalisé aucun projet de transport collectif structurant dans l'est de Montréal.
Ils ont coupé des rubans, c'est tout ce qu'ils ont fait, M. le Président. Mais,
nous, c'est 10 milliards de dollars qu'on met pour le projet le plus important de
l'histoire du transport collectif du gouvernement du Québec, et c'est dans
l'est que ça se passe. Enfin, la population va pouvoir se déplacer sur
le territoire, et d'est en ouest, pas seulement que pour se rendre travailler
au centre-ville, pour amener des gens dans
l'est et éviter l'étalement urbain, notamment. Il y a une discussion sur
l'aménagement. Alors, voilà, M. le Président, c'est notre réponse.
On a des gestes concrets.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de LaFontaine.
Le Président :
Encore une fois, je vais vous demander d'être attentifs. Je sais que vous
le souhaitez...
Le Président :
Donnez-moi deux secondes. Je vais vous redemander, encore une fois, que le
calme revienne. M. le député de LaFontaine, vous avez la parole. Vous êtes le
seul à l'avoir.
M. Tanguay : Ouf! Ouf! Je pense qu'on vient d'avoir un échantillon de la
réaction de la ministre dans son bureau quand elle a lu le rapport de l'ARTM. Ce n'est pas en criant, M. le
Président, que l'on a des arguments qui tiennent davantage la route.
M. le Président,
le projet du REM est mal ficelé...
Le Président :
S'il vous plaît! Encore une fois,
à chaque moment où je suis debout, on perd de précieuses secondes à une période de questions extrêmement importante.
Je vous demande, s'il vous plaît, de vous contenir. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, contenez-vous. Prenez exemple sur moi.
M. le
Président, la ministre a dit que le REM, ce n'est pas l'autobus. Pour Rivière,
elle a dit que ça allait être l'autobus. C'est mal ficelé.
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Bien, M. le
Président, je m'excuse, j'ai monté le ton, mais je n'ai pas déchiré ma chemise
comme peut le faire le député de LaFontaine assez souvent, par exemple. Je
n'oserais pas, M. le Président, ce serait mal vu.
C'est
un projet de transport collectif pour la métropole. Le monde entier a les yeux
rivés sur ce projet, le premier, REM de l'Ouest, et le REM de l'Est,
parce que c'est un mode de transport structurant qui va offrir des possibilités
de développement incroyables, et qui se rend
jusqu'à Rivière-des-Prairies, M. le Président. Ça se rend jusqu'à
Rivière-des-Prairies.
Le Président :
En terminant.
Mme Rouleau :
Et, en terminant, M. le Président, c'est un projet...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : M. le Président, le
pont de la 25, le prolongement de la ligne bleue, le SRB Pie-IX, tous des
projets de mobilité pour l'est de
Montréal réalisés par un gouvernement libéral. Nous avions rassemblé les
partenaires pour mener à bien ces projets importants, chose que la ministre est
incapable de faire pour le REM. En trois ans, tout ce qu'elle a réussi
de faire, c'est de diviser. Elle s'isole et rejette la faute sur les autres.
Peut-elle assumer ses
responsabilités, mettre son orgueil de côté et écouter les vrais experts?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports, à vous la parole.
Mme Rouleau :
M. le Président, la députée de Jeanne-Mance—Viger a déjà déclaré en
cette Chambre que le coût, le coût de la
ligne bleue n'avait aucune importance, aucune importance. Peu importe le
montant qui est proposé par la STM,
allons de l'avant, ne posons aucune question. Ça, c'est le type de gestion du
Parti libéral, M. le Président, et ce n'est pas comme ça qu'on
fonctionne.
ligne bleue, le projet... puis là je vais baisser le ton, mais le projet de la
ligne bleue, M. le Président, va se réaliser. Le prolongement de la ligne
bleue, il est important. On l'attend depuis longtemps, longtemps, longtemps. Ça
fait à peu près 40 ans qu'on l'attend...
Président : Je m'excuse.
Encore une fois, on va mettre les choses au clair. C'est parce que ça arrive trop
souvent. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
je vous demande de ne pas interpeler la personne pendant qu'elle vous donne
une réponse à votre propre question. Je
pense, c'est la plus simple des choses. C'est une question d'être attentifs à
ce que l'on souhaite entendre comme questions et comme réponses.
Il vous reste quelques secondes, Mme la
ministre.
Mme Rouleau : Le prolongement
de la ligne bleue va se réaliser. Le REM de l'Est va se réaliser. La population
de l'est de Montréal sera bien desservie.
Le Président : Question principale,
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : Merci, M. le Président. Pendant un an et
demi, le projet d'agrandissement du plus populeux cégep anglophone du Québec était la priorité du
gouvernement dans le réseau collégial, un projet-phare de la relance économique
inscrit au projet de loi n° 66. On était prêt à prendre 100 millions de
dollars de fonds publics pour angliciser davantage Montréal. Et soudain, dans un élan de lucidité
préélectorale, la CAQ a vu la lumière au bout du tunnel et a fait la seule
chose qui s'imposait, reculer dans ce dossier-là.
Notre langue,
M. le Président, il faut la protéger et la promouvoir. Il faut en faire le
véritable socle du vivre-ensemble ici, au Québec. Pourtant, l'anglicisation du
Québec se poursuit sous nos yeux, et la CAQ regarde le train passer sans
poser les gestes forts qui s'imposent. Le
déclin du français est réel et documenté. Les transferts linguistiques
s'opèrent, particulièrement à Montréal, et le projet de loi n° 96, un projet de loi plutôt mollo, ne suffira pas à
inverser la tendance, M. le Président.
Ce qu'on attend du gouvernement pour assurer
l'avenir de notre langue, c'est notamment d'appliquer la loi 101 aux
cégeps.
Si le premier
ministre veut réellement se proclamer le défenseur du français au Québec,
pourquoi refuse-t-il toujours d'appliquer cette mesure?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, on a eu souvent l'occasion de le dire, selon nous, la meilleure
façon de freiner la baisse du français au Québec, c'est d'être plus exigeants
sur la connaissance du français pour les nouveaux arrivants. Lorsque le Parti québécois était au
pouvoir, il n'a rien fait. Lorsque le Parti
libéral était au pouvoir, ce
gouvernement-là n'a rien fait. On
avait à peu près la moitié des nouveaux arrivants qui ne parlaient pas français
puis on n'exigeait pas le français. Donc, PQ, Parti libéral, même chose.
Mon collègue
a déposé le projet de loi n° 96. D'abord, on établit que le français est la
seule langue officielle au Québec. Ensuite, on étend la loi 101 aux
petites et moyennes entreprises de 25 à 49 employés. On assujettit aussi
les entreprises de compétence fédérale à la Charte de la langue française. On inscrit, dans le projet de loi n° 96, la prédominance du
français dans l'affichage des commerces. Donc, ce n'est pas rien. On contrôle
aussi le nombre de places dans les cégeps anglophones. On met la réussite de l'épreuve uniforme de français comme
étant obligatoire pour les étudiants des cégeps anglophones. On met en place
Francisation Québec, un guichet unique en francisation. On donne à la
loi 101 un statut prépondérant
sur les autres lois. On modifie la Constitution
canadienne pour y inscrire que les
Québécois forment une nation, que le français est la langue officielle
du Québec.
Le Président : En terminant.
M. Legault : Je vais continuer
tantôt, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : Ce serait bien que le premier ministre continue
tantôt et qu'il ajoute la loi 101 aux cégeps, parce que, vous savez, le premier ministre, il aime bien
rappeler... il aime bien, en fait, gouverner selon les sondages, mais est-ce
qu'il sait que les
deux tiers des francophones, au Québec, sont en faveur de cette mesure
d'extension de la loi 101 au niveau collégial? Le syndicat des professeurs du plus gros cégep de la région
de Québec a opté pour cette option. Il y a quatre cégeps à Montréal, des professeurs de cégep, qui sont
aussi... qui se sont prononcés, en assemblée générale, pour promouvoir cette
option, et il y en a d'autres qui viendront.
Est-ce que le ministre trouve qu'on est tous
extrémistes?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, le Parti québécois pense qu'une seule mesure pourrait régler le
problème du français au Québec. Donc, ça
veut dire, M. le Président, les enfants des immigrants vont à l'école
primaire, secondaire en français, parce qu'on ajouterait deux, trois ans
au cégep ça changerait tout puis ça réglerait tout le problème.
M. le
Président, il y a d'autres mesures dans le projet de loi n° 96. Donc, je continue. Utilisation exclusive du français dans les
activités de l'administration publique. On crée un poste de commissaire à la
langue française pour faire respecter les droits, parce que c'est beau,
d'avoir une loi, mais il faut la faire respecter. On amplifie les pouvoirs...
Je vais continuer, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député Matane-Matapédia.
M. Bérubé : ...promis un projet
de loi costaud. C'est plutôt mollo. Ce qui manque, c'est de compléter la Charte
de la langue française, comme l'a dit Guy
Rocher, qui n'est pas un extrémiste. C'est ce qu'il faut faire. Il manque aussi
la connaissance du français, en immigration, à l'arrivée.
Je demande au
premier ministre, parce qu'on a su qu'il y avait eu des débats intenses, par
Radio-Canada, l'hiver dernier, il peut-u nous identifier qui bloque ça, à la
CAQ? Qui ne veut pas qu'on soit plus nationalistes? Nous, on n'a personne à convaincre, de notre côté, on se porte
volontaires pour convaincre des gens qui pensent que le nationalisme, ce
n'est pas important, on est mieux d'être fédéraliste puis affairiste, au
Québec.
Le Président : M. le ministre
responsable de la Langue française.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, on a fait la démonstration, avec le projet de loi n° 96,
que c'était un projet de loi qui touche les
différents pans de la société, M. le Président, et on a agi d'une façon
importante. Le projet de loi est présentement à l'étude. On souhaite que
ça aille rondement parce que les outils pour freiner le déclin du français sont
dans le cadre du projet de loi n° 96. Reste à savoir si le député de La Pinière va continuer à
ralentir le projet de loi, mais ça, c'est une autre question, M. le
Président.
Pour la
question précise, M. le Président, du député de Matane-Matapédia, les mesures
relativement aux établissements collégiaux, le fait de venir plafonner les
établissements collégiaux en termes de places, le fait d'imposer une épreuve uniforme de français, vont avoir un impact
important. Et surtout, M. le Président, c'est un revirement de situation pour
le Parti québécois. Jusqu'à l'année passée, ils étaient d'accord de ne pas
imposer la loi 101 au cégep. Donc...
Le Président : Question principale,
M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Le Président : M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, dans notre règlement, ici, on doit prendre la parole du député. Le
député de Matane-Matapédia vient clairement
d'énoncer et de dire, et je cite : Arrête de mentir. Moi, en cette
Assemblée, M. le Président, je ne
crois pas que ce genre de propos est acceptable. Considérant notre règlement,
je vous demanderais de le rappeler à l'ordre.
Président : Écoutez, je n'ai pas entendu ce que le député a dit, mais je vous demande, en même temps,
de faire en sorte d'éviter de vous interpeler, d'employer ces termes.
J'ai
cependant entendu très bien ce qui est dit ici, juste à mes côtés. Je ne le
souhaite pas non plus, donc je vous le dis tout de suite. M. le député.
M. Bérubé : Je veux confirmer
que c'est bel et bien ce que j'ai dit. Et je le retire.
Président : Monsieur... J'en
perds... Ce sera au procès-verbal comme retrait officiel. M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Le Québec agit comme un
bénéficiaire d'aide sociale. Ça, c'est des propos indignes, qui sont ceux de
Michael Binnion, le P.D.G. de Questerre Energy Corporation, le lobbyiste en
chef des entreprises pétrolières du Québec. C'était en 2013. Lundi
dernier, il en a rajouté. Selon lui, le Québec est, et je cite, une république bananière, pardonnez-moi
l'expression. Mario Lévesque, le patron d'une autre entreprise pétrolière, est
bien d'accord, je le cite dans les derniers
jours : «Le Québec est officiellement devenu une république de bananes...»
Ça, c'est des propos insultants pour la nation québécoise, M. le
Président.
pétrolières, là, elles ont profité pendant des années d'un bar ouvert, au
Québec, elles ont profité des ressources du Québec à bas prix. On leur a vendu des claims 5 000 fois
moins cher qu'en Alberta. On a payé leurs études, on leur a donné des crédits
d'impôt. On a perdu 120 millions de dollars dans des projets comme Anticosti,
Galt et Bourque. Mais maintenant ces
compagnies-là, elles n'en ont pas assez, elles ont l'audace d'en demander plus,
en nous insultant au passage. Le premier ministre, lui, il est prêt à leur
signer un chèque de 100 millions de dollars, et ça pourrait même être plus
que ça.
J'ai
une question vraiment simple pour le premier ministre du Québec, aujourd'hui :
Pourquoi il est prêt à signer un chèque de 100 millions à des gens
qui méprisent le Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, je suis fier que notre gouvernement ait été le
gouvernement qui a fait cesser l'exploration puis l'exploitation
pétrolières. Donc, il n'y en aura plus, au Québec.
Maintenant,
M. le Président, il y a des entreprises, en toute bonne foi, le chef de Québec
solidaire en mentionne deux, là, qui
ont peut-être des propos qui sont blessants, mais, de façon générale, M. le
Président, ces entreprises-là ont investi de bonne foi, ont dépensé de l'argent. Et ce qu'on parle, ce n'est pas de
compenser un manque à gagner, c'est de rembourser les coûts qui ont été
payés par ces entreprises-là.
le Président, je sais que ce n'est pas une priorité, l'économie, pour Québec
solidaire, mais à chaque année on a des
entreprises de l'extérieur du Québec qui investissent des milliards au Québec.
Ça crée des emplois payants. Ça crée de la richesse. Ça nous permet de
mieux financer nos programmes sociaux, d'investir en éducation, en santé.
Donc, M. le Président, je sais que la réputation
du Québec pour les entreprises internationales, ce n'est pas important pour
Québec solidaire. M. le Président, je pense que Québec solidaire vient de faire
la démonstration qu'il n'est vraiment pas prêt à gouverner.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Quand le premier ministre parle comme ça, il
donne raison aux lobbyistes qui, en ce moment, salissent la réputation du
Québec à l'international avec leurs propos insultants pour la nation
québécoise. Puis ils font ça même
s'il leur signe un chèque de 100 millions de dollars. La vérité, c'est
qu'ils ne seront jamais satisfaits. Le premier ministre pourrait leur
donner 200 millions de dollars, puis ces gens-là continueraient à casser
du sucre sur le dos des Québécois puis des Québécoises.
Pourquoi
le premier ministre ne se tient pas debout devant eux puis ne leur dit pas que
c'est fini, le bar ouvert, au Québec, pour les pétrolières?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, le Québec a la chance d'avoir une bonne réputation à
l'international. J'ai des rencontres régulièrement avec des
représentants américains, des représentants européens. Puis, oui, on souhaite
que les entreprises viennent investir au Québec.
Et, M. le Président,
ce que doit comprendre le chef de Québec solidaire, c'est que c'est important
que le Québec préserve cette réputation, de
respecter les entreprises qui investissent. M. le Président, ce n'est pas une
fin en soi, que les entreprises
investissent, mais c'est comme ça qu'on crée de la richesse, puis c'est avec la
richesse qu'on finance nos programmes.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
Je sais que Québec solidaire ne voit pas ça, pense que l'argent pousse dans les
arbres.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : L'argent, il ne pousse pas dans les arbres, M. le
Président, mais, au XXIe siècle, il ne sort plus des puits de pétrole non
plus. Puis, ces entreprises-là, il faut leur dire que c'est fini, le bar ouvert,
au Québec. Michael Binnion, le
lobbyiste en chef des lobbyistes des pétrolières au Québec, il menace déjà en
ce moment d'aller parler dans le dos du Québec à ses amis des fonds d'investissement de la Norvège, malgré le
100 millions de dollars que le premier ministre veut lui donner. Pourquoi le premier ministre ne se
tient pas debout puis ne leur demande pas de venir s'expliquer ici, devant le
peuple québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, c'est comme changer les règles en plein milieu d'une
partie, on ne peut pas faire ça. C'est ça que Québec solidaire ne
comprend pas. Quand une entreprise, de bonne foi, investit, dépense de
l'argent, puis je ne parle pas, là, de gains
éventuels, je parle des coûts qui ont été payés par ces entreprises-là, bien,
c'est le moins qu'on puisse faire, de
rembourser ces coûts-là. Puis ce qu'on dit, là, c'est qu'il n'y en aura plus,
d'exploration puis d'exploitation des
hydrocarbures. M. le Président, là, il est vraiment temps que le chef de Québec
solidaire prenne un cours d'économie 101.
Le Président :
Question principale, M. le député de Lafontaine.
M. Tanguay :
Je ne sais pas si le premier ministre est prêt à lui donner ce cours-là. Je
ne sais pas si le premier ministre a la
crédibilité suffisante pour donner ce cours-là au chef de la deuxième
opposition. Et j'aimerais que l'on teste cette affirmation-là...
Le Président :
M. le leader du gouvernement. Non, mais... M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Article 35. Ce sont des propos blessants. Écoutez...
M. Jolin-Barrette :
Je vais terminer, M. le Président. Vous savez...
Le Président :
Un instant! Un instant! S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : ...entre membres élus de l'Assemblée nationale,
on peut être en désaccord, mais ne je pense pas qu'on doit s'insulter comme l'a
fait le député de LaFontaine. Ça n'amène rien de positif dans le débat, M. le Président. Le député LaFontaine peut
poser sa question en tout respect.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Ça donne mal à la tête, les interventions du
leader, des fois, M. le Président, parce qu'honnêtement, là, ce que le député vient de faire, c'est de servir
la même médecine au premier ministre qu'il a servie au député qui a parlé
avant lui et au chef de la deuxième
opposition. Bien honnêtement, M. le Président, là, pour dénoncer des propos
blessants, ils devraient peut-être se regarder dans le miroir.
Président : Et là je
vais vous demander, encore une fois, ne serait-ce, et c'est un avis général...
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition.
Mme Labrie : M. le Président, j'inviterais le leader du gouvernement à se regarder
dans le miroir avant de dire que les autres insultent les gens. S'il avait
écouté ce que son premier ministre vient de dire à mon collègue, je pense
qu'il y aurait matière là à se questionner sur le respect ici.
Le Président : Et j'espère, moi, que l'on revienne, maintenant que vous avez eu
l'opportunité de vous exprimer, au
fond de notre période de questions, de reprendre dans un type d'échange que
l'on souhaite. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Très, très sobrement, allons voir ce que le professeur premier ministre
d'économie pense, en matière de pénurie de main-d'oeuvre. Août 2018, il dit,
professeur premier ministre d'économie, je le cite : «Quand on me dit que
le plus grand défi économique est la pénurie [d'emplois], je ne suis pas
d'accord.» Fin de la citation.
M. le
Président, le Québec vit une véritable crise des postes vacants. En 2018,
c'était 118 000. Sous la CAQ en septembre 2021, c'est plus de
280 000. Alors, le professeur d'économie et premier ministre peut-il
recevoir ce tableau didactique et voir la
flèche qui s'en va allègrement vers le 300 000? Et ça, ce sont nos
entrepreneurs, nos femmes et nos hommes d'affaires, M. le Président, qui disent
ce matin, via la FCEI... 45 % disent qu'ils ne survivront pas à cause de
la pénurie de main-d'oeuvre.
Qu'a-t-il à répondre, le premier ministre
professeur d'économie?
Le Président : M. le ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président. Le premier ministre a
répondu de façon extrêmement claire. Le 30 novembre dernier, avec notre collègue de l'Enseignement
supérieur, on a annoncé une vaste opération main-d'oeuvre, un montant de
3,9 milliards de dollars, et ça a été
fait en collaboration avec l'ensemble des partenaires du marché du travail,
notamment la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.
Il y a des
postes vacants, la population vieillit depuis à peu près 20 ans, c'est
anticipé, au Québec. On a des programmes de formation, de requalification. On travaille en équipe pour accroître
la productivité des entreprises et combler l'écart de richesse qui nous sépare de l'Ontario. On a obtenu
des assouplissements au Programme des
travailleurs étrangers temporaires, une
entente qui a été saluée par l'ensemble des partenaires patronaux du Québec.
Donc, cette opération-là va nous permettre de combler des besoins dans les services publics essentiels et dans des
secteurs stratégiques. C'est ce que les Québécois attendent de nous.
Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le Président,
ce que fait la CAQ, ça ne marche pas. Ça, c'est le tableau de la pénurie de main-d'oeuvre qui explose, qui a plus que doublé
depuis que la CAQ est au pouvoir, plus de 280 000 postes vacants. Ça
ne marche pas, ce que vous faites.
J'aimerais
entendre le ministre de l'Économie sur le sondage de la FCEI, des entreprises
qui disent... à 70 % qui considèrent que les mesures sont
inefficaces et à 61 % qu'il ne comprend pas l'enjeu. Qu'a-t-il à leur
dire?
Le Président : M. le ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le Président,
j'inviterais le collègue à venir me rencontrer. Les programmes de
requalification ont aidé au-delà de
25 000 personnes à se réorienter. On a, depuis notre accession au
pouvoir, en 2018, accompagné près de 95 000 bénéficiaires de l'aide
sociale pour revenir en emploi. C'est le taux d'assistance sociale le plus bas
depuis 1977. Les personnes en situation de handicap ont bénéficié de
mesures d'accompagnement. Les travailleurs québécois qui sont en chômage, les travailleurs québécois qui
ont besoin d'une réorientation, les entreprises... On annonçait cette semaine
un programme pour accompagner les entreprises pour accroître leur
productivité...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le Président, encore une fois, ça ne marche
pas. 118 000 à plus de 280 000, plus du double de postes vacants, pénurie de main-d'oeuvre, M. le
Président. Paroles, paroles. 9 octobre 2019, le premier ministre disait,
je le cite : «Je demande au chef
de l'opposition officielle d'être un peu patient. [...]On est en train de
s'assurer qu'on met tout en place pour répondre aux besoins du marché du
travail.» Ça, c'est en octobre 2019. Ça ne marche pas.
Encore une fois, le ministre de l'Économie
répond quoi à nos entrepreneurs?
Le Président : M. le ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président. Qu'avez-vous fait depuis
la fin des années 90, quand les économistes et les démographes, en 2008, 2009, l'annonçaient?
C'est un phénomène démographique qui nous impose de revoir nos façons de faire.
Le marché du travail est en profonde mutation. Les employeurs se doivent
d'améliorer leurs conditions de travail, de mettre en place des mesures
de conciliation famille-travail, de rendre plus modernes leurs méthodes de
recrutement et de rétention
de personnel. La robotisation s'impose, l'adaptation des organisations de
travail pour les rendre compatibles avec les principes de l'économie
circulaire. Il y a plein de défis, et on les relève.
Le Président :
Question principale, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Depuis
2018, à Québec solidaire, on cherche le projet de société de la CAQ,
mais hier on l'a trouvé. La ministre déléguée aux Transports nous a dit
fièrement : Le REM, c'est un projet de société. Aujourd'hui, même le monde entier nous regarde. On aurait pu vouloir
régler la crise du logement ou éliminer la pauvreté, mais, non, à la place, le projet de société de la
CAQ, c'est d'aider la Caisse de dépôt à faire du profit, défigurer nos
quartiers et faire de la spéculation immobilière.
Le projet de société
de la CAQ, c'est de mettre 10 milliards dans un mauvais projet, envers et
contre tous. La STM, l'ARTM, les experts du
transport collectif, les élus de la région de Montréal, la population de l'est,
bref, tout le monde demande à être
entendu. La réponse de la ministre, c'est : On n'écoute personne, on fait
ce qu'on veut, c'est nous, les boss. C'est du «crois ou meurs», ce n'est
pas pragmatique.
Quand est-ce que la
ministre va mettre de l'eau dans son vin?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : Bon, mettre de l'eau dans son vin, c'est une
expression que je n'apprécie guère, parce que de l'eau dans le vin, ce
n'est pas vraiment bon. Mais d'écouter les gens, d'être à l'écoute de la
population, d'être à l'écoute des partenaires,
de travailler avec la ville de
Montréal, de travailler avec la
Caisse de dépôt, de travailler avec les sociétés de transport, de travailler avec la Chambre de
commerce de l'est de Montréal, de travailler avec l'Association industrielle de
l'est de Montréal, de travailler avec la
mairesse de Montréal-Est, de travailler avec les institutions d'éducation dans
l'est de Montréal, de travailler avec
l'Alliance de l'Est, de travailler avec les partenaires qui veulent le REM de
l'Est, qui considèrent que c'est
effectivement un projet qui va permettre un développement économique et social
important sur un territoire qui a été
oublié au cours des dernières années, des dizaines de dernières années... M. le
Président, il n'y en a pas, de transport collectif, dans
des secteurs qui le méritent, dans des zones d'emploi qui méritent d'avoir du
transport collectif. Le REM, c'est un mode...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
C'est sûr que, quand on choisit
juste ceux qui sont déjà contents, tout va bien. Hier, on a entendu le premier ministre
renvoyer la balle dans le camp de la ville de Montréal. Il faut le faire! C'est
le projet de la CAQ et de la caisse.
C'est amateur. Ils n'ont consulté personne avant de mettre ça sur les rails. La
STM a été invitée à la conférence de presse du dévoilement du projet
24 heures à l'avance.
Maintenant, la
mairesse Plante a fixé trois conditions pour la réussite du projet. Ma question
est très simple : Est-ce que la ministre s'engage à les respecter?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau :
M. le Président, il y a déjà, là, des ententes avec la ville, la Caisse de
dépôt, le gouvernement. Une rencontre a eu
lieu la semaine dernière, fort intéressante, pour, justement, clarifier
certaines demandes qui sont faites par la
ville de Montréal. Le premier ministre en a parlé hier, la mairesse en a parlé,
la mairesse dit : Je suis d'accord avec le projet, puis il y a des choses qu'il faut... il y a des choses qu'on
doit discuter. Alors, il y a des discussions qui se font. Depuis
décembre 2020 que la décision a été prise d'avoir le REM de l'Est, avec la
mairesse, avec le premier ministre...
Le Président :
En terminant.
Mme Rouleau :
...il y a eu plein d'aménagements qui ont été faits, et on continue
d'aménager le projet.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : La ministre ne
répond pas à la question. Hier, elle a dit : La mairesse, quand on discute
ensemble, ça va bien. Mais, voilà, les trois conditions de la mairesse sont
très simples, sont très raisonnables : droit de parole de la ville dans
l'intégration du projet, un volet distinct pour l'aménagement urbain, un
financement assuré pour le concrétiser.
La question est très
simple, M. le Président : Est-ce que la ministre a au moins parlé à la
mairesse de Montréal depuis le rapport dévastateur de l'ARTM, hier?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Rouleau : M. le Président,
évidemment que nous sommes toujours en discussion, toujours en contact, très,
très, très fréquent. M. le Président, depuis
l'annonce qui a été faite, il y a des consultations citoyennes qui ont eu lieu.
Depuis que l'annonce a été faite, il
y a un groupe d'experts qui a été mis en place pour identifier de quelle façon
ce REM de l'Est pouvait s'intégrer le
mieux possible sur le territoire, avec la meilleure facture architecturale,
donc travaille à ça, et on va avoir les résultats de leur travail
prochainement. On s'en va vers un BAPE, aussi, où il y aura encore des
consultations publiques qui seront faites.
Alors,
il y a de la discussion, c'est un projet qui avance, et qui avance bien, malgré
tout ce que l'opposition en pense.
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Écoutez, M. le Président,
quand on dépense de l'argent public, on s'attend à ce que ce soit dans
l'intérêt public.
Alors, M. le
Président, quand on regarde Le Journal de Montréal , ce matin, on
constate que le gouvernement a engagé 3 millions de dollars avec la firme de sondages SOM pour sonder sur la
COVID. Le gouvernement s'était engagé à divulguer les résultats. Or, M. le Président, tout le monde va être
d'accord sur un point bien simple : la valeur ajoutée d'un sondage, c'est quand on a le résultat sur-le-champ.
Pas juste le gouvernement; le public, les parlementaires. Si on attend
six mois pour divulguer des sondages, des résultats, on en fait un instrument
partisan, ce qui est inacceptable.
Alors, une fois pour
toutes, M. le Président, ce gouvernement-là va-t-il remplir sa promesse, soit
de divulguer immédiatement, quand ils sortent, le résultat de ces sondages?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, ça va me faire
plaisir de répondre à cette question-là, parce qu'on l'a vu, comment c'est
important d'avoir l'adhésion des Québécois aux différents programmes qui ont
été faits durant la pandémie. Puis, je pense, s'il y a une chose que les Québécois peuvent accepter, c'est de les
avoir écoutés au cours de la pandémie. Puis, pour ce faire, bien, oui, effectivement, ça prend des
sondages, M. le Président. Puis je pense qu'aujourd'hui on a la preuve, après deux ans de pandémie, que les Québécois ont été au
rendez-vous. Puis jamais personne ne pourra nous reprocher d'écouter
ceux qu'on représente, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous passons à la
rubrique des motions sans préavis, et je reconnais M. le ministre de la
Justice.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante
conjointement avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de Matane-Matapédia,
le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Considérant que la
seule langue officielle du Québec est le français;
«Considérant qu'au
Québec la langue française est incontournable dans toutes les sphères de la
société;
«Que l'Assemblée nationale
réitère l'importance du principe de l'exemplarité de l'État en matière de
protection de la langue française;
«Que l'Assemblée
nationale affirme que la justice ne fait pas exception à cet important principe
et que cela n'implique en rien de ne pas respecter les droits reconnus de la
communauté québécoise d'expression anglaise;
«Qu'enfin l'Assemblée nationale
affirme que l'absence de maîtrise d'une autre langue que la langue officielle
et commune ne devrait pas constituer d'office une barrière pour accéder
à la fonction de juge au Québec.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Consentement, sans débat.
Le Président :
Consentement, sans débat. Je vous
demande vos votes respectifs, suivi des députés indépendants. M. le
leader adjoint du gouvernement?
M. Schneeberger :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Bonaventure?
Le Président :
Merci. En conséquence, cette motion est adoptée. La parole à M. le député de La
Pinière.
M. Barrette : M. le Président, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte qu'un jugement rendu par la Cour supérieure
le 2 février conclut que le ministre de la Justice du Québec a agi
de manière illégale;
«Qu'elle
rappelle que l'article 3 de la
Loi sur le ministère de la Justice prévoit
que le ministre de la Justice "veille à ce que les affaires publiques
soient administrées conformément à la loi", ce qui inclut la charte
québécoise des droits et libertés de la personne;
«Qu'elle
rappelle que le code de déontologie des avocats prévoit que l'avocat s'inspire
en toutes circonstances du respect des règles de droit et le maintien de
l'État de droit;
«Qu'elle
déclare que le respect des lois n'est jamais conditionnel à la valeur d'un
objectif politique, quel qu'il soit;
«Qu'enfin,
elle déclare que le titulaire de la fonction de ministre de la Justice doit
faire preuve du plus haut niveau d'exemplarité en matière de respect des
lois.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Le Président :
Pas de consentement. Monsieur...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le député de Rosemont, la parole est à vous,
maintenant.
Le Président :
S'il vous plaît! Pas de commentaire au terme des motions. M. le député de
Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le Président.
Je demande le consentement de cette assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec le député de Nelligan, le chef parlementaire du
troisième groupe d'opposition, la députée d'Iberville, le député de Bonaventure
et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse le travail important effectué par la
Protectrice du citoyen, la Commissaire à
la santé et au bien-être et la coroner Géhane Kamel dans leur enquête
respective sur certains aspects de la gestion de la pandémie de
COVID-19;
«Qu'elle reconnaisse toutefois que
l'ensemble des aspects de la gestion de cette pandémie par le gouvernement doit
faire l'objet d'une enquête publique indépendante, afin de mieux préparer le
Québec à faire face à d'autres pandémies;
«Qu'elle
affirme que la lumière doit notamment être faite sur les communications au sein
de l'appareil gouvernemental,
l'indépendance entre la Santé publique et le politique et les mesures
sanitaires utilisées, telles que le couvre-feu, le confinement et le passeport
vaccinal, afin d'en évaluer l'efficacité pour contrer la propagation du virus
et leurs effets collatéraux sur la santé mentale, notamment celle des
jeunes et des aînés;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de déclencher sans délai une
enquête publique indépendante sur l'ensemble de la gestion de la
pandémie de COVID-19.» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Le Président :
Pas de consentement. M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
leader de l'opposition officielle, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, le député
de Bonaventure, la députée d'Iberville et le député de Rimouski, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que l'est et le nord-est de Montréal méritent un
projet de transport collectif structurant;
«Qu'elle prenne acte
des importantes critiques et des enjeux soulevés par le rapport de l'Autorité
régionale de transport métropolitain (ARTM);
«Qu'elle rappelle que
c'est le gouvernement qui a donné le mandat à la Caisse de dépôt et placement
du Québec d'élaborer un projet de transport collectif dans l'est et le nord-est
[de Montréal];
«Qu'elle
souligne qu'il est l'ultime responsable de la planification et de l'élaboration
d'un projet qui répondra aux besoins des résidents de l'est et du
nord-est de la métropole.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Le Président :
Pas de consentement.
Une motion sans
préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire formant le
gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une
autre motion sans préavis. Consentement. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, merci, M. le
Président. Alors, je fais motion, conformément à l'article 146 du règlement
de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des institutions, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 24, Loi modifiant la
Loi sur
le système correctionnel du Québec
afin d'y prévoir le pouvoir d'exiger qu'une personne contrevenante soit liée à
un dispositif permettant de savoir où elle se trouve, procède à des
consultations particulières et tienne des auditions publiques le mercredi 16 février 2022, après les affaires
courantes jusqu'à 12 h 30 et de 15 [...] à 18 h 30 ainsi
que le jeudi 17 février 2022, après les affaires courantes vers
11 h 15 jusqu'à 12 h 55 et de 14 heures à
14 h 45;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les organismes suivants : L'Alliance des
maisons d'hébergement de 2e étape pour
femmes et enfants victimes de violence conjugale, Femmes autochtones du Québec,
Regroupement des maisons pour femmes
victimes de violence conjugale, Association des directeurs de police du Québec,
Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec,
Commission québécoise des libérations conditionnelles, Commission des droits de
la personne et des droits de la jeunesse, Association des directeurs de police
des Premières Nations et Inuits du Québec;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la
manière suivante : 5 minutes 34 secondes
pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 43 secondes pour l'opposition officielle,
56 secondes au deuxième groupe d'opposition, 56 secondes au troisième
groupe d'opposition et finalement 51 secondes au député indépendant;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
16 minutes 15 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
10 minutes 50 secondes pour l'opposition officielle,
2 minutes 43 secondes pour le deuxième groupe [de l'opposition],
2 minutes 43 secondes pour le troisième groupe d'opposition et
2 minutes 30 secondes pour le député indépendant;
«Que les témoins
auditionnés puissent l'être par visioconférence;
«Qu'une suspension de
10 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que
la ministre de la Sécurité publique soit membre de ladite commission pour la
durée [de son] mandat.» Voilà.
Le Président : Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion? Consentement.
vais vous demander vos votes respectifs, suivi des députés indépendants. M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Bonaventure?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence cette motion est adoptée.
Nous passons aux avis
touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, merci, M. le Président. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 96,
Loi sur la langue
officielle et commune du Québec, le français,
aujourd'hui, de 11 h 30 à 12 h 45 et de 15 heures à
18 h 45, à la salle du Conseil législatif;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations
particulières sur le projet de loi n° 15, Loi
modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions
législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée
de 1 h 40 min et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Pauline-Marois;
La Commission des
transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 102, Loi visant principalement à
renforcer l'application des lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages,
à assurer une gestion responsable des pesticides et à mettre en oeuvre
certaines mesures du Plan pour une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
12 h 45 et de 15 heures à 18 h 45, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 1, Loi modifiant la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance afin d'améliorer
l'accessibilité au réseau des services de garde éducatifs à l'enfance et de
compléter son développement,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 12 h 45 et de
15 heures à 18 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau et
Louis-Hippolyte-La Fontaine. Voilà, M. le Président.
Le Président : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'ordre spécial
concernant l'horaire des travaux et des commissions? Consentement.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période des affaires
courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends nos
travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 6)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Nous reprenons nos travaux. M. le leader adjoint du
gouvernement, s'il vous plaît.
M. Schneeberger :
M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article 84 du
feuilleton.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Je vous remercie. À l'article 84 du feuilleton, aux
motions du gouvernement, M. le ministre de la Justice présente la motion
concernant la rémunération des juges. Je cède maintenant à la parole à M. le
ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président.
Je vous informe d'entrée de jeu que l'honorable lieutenant-gouverneur a
pris connaissance de la présente motion et qu'il en recommande l'étude à
l'Assemblée.
jeudi 3 février dernier, je déposais en cette Chambre la réponse du
gouvernement au rapport du Comité de la rémunération des juges pour la
période 2019‑2023, présidé par Me Pierre Laplante. En vertu de la
Loi sur
les tribunaux judiciaires, ce comité évalue
tous les quatre ans la rémunération, le régime de retraite et les avantages
sociaux des différents groupes de
juges de nomination québécoise, à savoir ceux des juges de la Cour du Québec,
des juges municipaux à
titre exclusif,
soit ceux des cours municipales de Montréal, Laval et Québec, des juges
municipaux rémunérés à la séance, qui siègent principalement dans les
autres cours municipales, et les juges de paix magistrats.
Ce processus découle
d'une décision rendue par la Cour suprême du Canada en 1997. À cette occasion,
la Cour suprême a imposé une nouvelle
obligation constitutionnelle relative à la sécurité financière des juges, soit
que la rémunération des juges doit
être réévaluée périodiquement par un comité indépendant et objectif. Le comité
reçoit d'abord les propositions des différentes parties. Ensuite, pour
évaluer la rémunération des juges, il doit considérer les neuf facteurs prévus
à la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Enfin, il remet son rapport au gouvernement, et, dans les 10 jours de sa
réception, le rapport doit être déposé à l'Assemblée nationale.
J'ai
procédé à ce dépôt le 7 octobre 2021 ainsi qu'à celui d'un addenda au
rapport le 3 février dernier. Ces documents sont également
accessibles au public sur le site Web du ministère de la Justice.
recommandations du comité concernent le traitement des juges, les régimes de
retraite et d'assurance, les frais de fonction, l'aménagement d'un
bureau à domicile et l'allocation pour l'utilisation du domicile pour les juges
municipaux rémunérés à la séance et les
juges de paix magistrats, le stationnement des juges de la Cour du Québec, le
congé sans traitement ou à traitement
différé des juges de paix magistrats, les frais d'avocats et d'experts encourus
par les conférences de juges.
appartient maintenant à l'Assemblée, par résolution motivée, d'approuver, de
modifier ou de rejeter les recommandations
du comité. Toute modification au rejet d'une recommandation doit être
justifiée. Le détail de la réponse gouvernementale
est présenté dans le document qui a été déposé jeudi dernier. Je vais donc
aborder les grandes lignes pour chaque
catégorie de juges. Le gouvernement propose d'approuver 13 des
32 recommandations contenues dans le rapport, soit 40 %.
Nous
proposons d'approuver la recommandation visant le traitement des juges de la
Cour du Québec ainsi que celle concernant les juges de paix magistrats,
le tout sans admission. Toutefois, quant à certaines des conclusions du comité,
soulignons que ce traitement placerait les
juges de la Cour du Québec au troisième rang au Canada, derrière les juges des
cours provinciales de l'Ontario et de la Saskatchewan.
En ce qui concerne la
recommandation du comité de porter le traitement des juges municipaux à
titre
exclusif à parité avec celui des juges de la
Cour du Québec, nous proposons de la modifier pour octroyer des augmentations
selon les mêmes paramètres salariaux que ceux consentis aux juges de la
Cour du Québec.
Maintenant,
concernant les juges municipaux rémunérés à la séance, le comité a émis
plusieurs recommandations quant à leur traitement. Pour la période du
1er juillet 2019 au 30 juin 2022, nous proposons de maintenir le mode
de rémunération à la séance actuel et d'augmenter ses tarifs en fonction des
augmentations qui seront consenties aux juges municipaux
à
titre exclusif. Ainsi, nous proposons de reporter au 1er juillet 2022
l'entrée en vigueur de la notion de séance par blocs. Le tarif payable est,
quant à lui, déterminé conformément aux calculs recommandés par le comité, soit
en divisant le traitement maximum annuel par 250 séances.
En ce qui concerne la
recommandation de leur verser un traitement annuel fixe, nous proposons d'en
retarder l'application dans les meilleurs délais et au plus tard le
1er juillet 2024.
Enfin,
nous proposons de reporter leur intégration aux régimes de retraite et
d'assurance auxquels participent tous les
groupes d'âge... tous les groupes, pardon, de juges au même moment de l'entrée
en vigueur du traitement annuel fixe. Conséquemment,
nous proposons de maintenir la compensation monétaire pour absence de régime de
retraite et d'assurance selon la
formule actuelle jusqu'à l'entrée en vigueur du traitement annuel fixe. Pour la
période du 16 mars au 30 juin 2020, où les activités
judiciaires ont été réduites en raison de la pandémie, le gouvernement propose
de donner suite à la compensation monétaire recommandée par le comité, sans
admission quant aux motifs soulevés par ce comité, et d'ajuster la méthode de
calcul pour certaines situations particulières.
autres propositions et recommandations du comité se trouvent dans la réponse
gouvernementale. M. le Président, nous
sommes d'avis que ces propositions en réponse au rapport Laplante assurent à la
fois le droit des justiciables à des tribunaux indépendants et à une
justice équitable et efficace.
En conclusion,
M. le Président, j'invite l'Assemblée à adopter la motion pour donner suite à
la réponse gouvernementale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le Président. On a été mis au courant,
donc, de cette motion-là la semaine dernière. Il y a eu une rencontre, là, pour
nous expliquer un peu les tenants et aboutissants. Je remercie d'ailleurs M. le
ministre de nous avoir préparé cette
rencontre de breffage technique, qui nous a été fort utile pour bien comprendre
les tenants et aboutissants du processus.
processus-là, on le connaît bien maintenant. C'est un processus qui découle
d'un jugement de la Cour suprême, de
1997, qui a tenté, donc, de vouloir dépolitiser en
partie la question de la
rémunération des juges. Vous le savez, on a eu des longs débats ici, et
nous en aurons d'autres évidemment dans le futur aussi, sur la dépolitisation
de nos propres salaires comme députés. Donc,
c'est un peu dans cette logique-là que les juges également ont fait l'objet
d'une tentative de dépolitiser en
partie leur rémunération.
La séquence est assez bien expliquée.
Premièrement, un comité indépendant est institué en vertu de la Loi des tribunaux judiciaires. Ensuite, ce comité prend en
considération des facteurs prévus à la loi et fait des recommandations.
Troisième étape, le gouvernement se positionne face à ces recommandations. Et,
la quatrième, celle que nous avons aujourd'hui,
celle que nous gérons aujourd'hui, l'Assemblée nationale se prononce sur les
questions et les réponses... et les positions, pardon, du gouvernement.
Les augmentations qui sont recommandées et
acceptées sont substantielles, M. le Président. Il y a différents ajustements
pour différentes catégories de juges, on en a parlé tantôt, les juges de la
Cour du Québec, les juges de paix magistrats,
deux catégories de juges municipaux, des augmentations étalées sur quatre ans,
qui peuvent aller jusqu'à 20 % pour les juges de la Cour du Québec
et les juges municipaux et jusqu'à 42 % pour les juges de paix magistrats.
Je ne rentre
pas dans tous les détails de la proposition gouvernementale, parce que je vous
annonce un peu, déjà, nos couleurs,
notre positionnement. Nous allons nous abstenir sur la motion du gouvernement,
et je vous explique notre raisonnement.
Pour nous, voter contre ça, ça n'aurait pas servi à grand-chose. Ça aurait été
de ne pas reconnaître le processus dont je viens de vous expliquer les étapes,
qui est quand même un processus... bien, pas «quand même», qui est un
processus rigoureux, qui a été testé, donc, à plusieurs reprises dans le passé,
qui permet, en effet, de dépolitiser la question de la rémunération des juges.
Donc, c'est un processus que l'on reconnaît.
Maintenant, ce qui... Donc, c'est pour ça qu'on
n'est pas du tout dans une optique de voter contre cette motion. Par contre, on avait un malaise de voter pour, ce
qui explique, donc, qu'on atterrit sur la position d'abstention. Le malaise
de voter pour, ce n'est pas en soi pour les
augmentations substantielles que les juges peuvent obtenir, vont obtenir grâce
à cette motion. C'est des choses qui
peuvent s'expliquer par rapport au passé, des augmentations qui n'ont pas été
reconnues dans les précédentes
années, dans les précédents rapports. Ce qui nous rend mal à l'aise, M. le
Président, c'est la position du gouvernement par rapport aux autres
employés de l'État.
Cette fois-ci, dans la catégorie des juges,
visiblement, le gouvernement, pour des raisons qui lui appartiennent, décide de ne pas aller dans une optique de
confrontation, et reconnaît à peu près l'entièreté des demandes de la
partie
des juges, en tout cas certainement
la demande qui se retrouve dans le rapport du comité, et décide, là, de ne pas
aller jouer à la baisse dans les
recommandations du comité, en tout cas très, très peu. Ça nous met mal à l'aise
parce que, sur plein d'autres domaines
et dans plein d'autres corps d'emploi qui relèvent de l'État, le gouvernement
n'a pas été aussi généreux. Qu'on pense
aux augmentations d'aide juridique. Qu'on pense à l'augmentation du salaire
minimum. Qu'on pense aux stagnations des
prestations d'aide sociale. Qu'on pense aux augmentations générales de la
fonction publique, là, dont on vient de conclure la convention collective, qui étaient à peu près de 2 % par année.
Qu'on pense aux augmentations, même, pour ceux que le gouvernement voulait un peu chouchouter, on va
le dire comme ça, que ce soient les éducatrices... Du moins, il les a laissées faire plusieurs semaines de grève avant
de leur donner une augmentation intéressante. On est loin des augmentations
reconnues pour les juges. Même chose pour
les infirmières, même chose pour les préposés aux bénéficiaires, même chose pour
les enseignants. Le gouvernement faisait la promotion des augmentations
ciblées, généreuses pour certains corps d'emploi. Donc, même les corps préférés, les
chouchous du gouvernement n'ont pas eu des augmentations aussi substantielles.
Et puis
évidemment tout le reste des employés de l'État, qui auraient mérité aussi des
augmentations plus élevées, d'une part, parce qu'ils font un travail
important, d'autre part, parce qu'il faut combattre la question de la pénurie
de main-d'oeuvre. Vous le savez à quel point les employés de l'État du Québec
sont vraiment moins bien payés que les employés
de l'État canadien, que des employés de la fonction publique municipale. Donc,
il y a un énorme problème de rétention dans la fonction publique
québécoise. On a beau avoir tous les bons plans de main-d'oeuvre du ministre de
l'Emploi, c'est un problème fondamental, la
structure salariale, les avantages sociaux qui sont vraiment moins intéressants
que dans les fonctions publiques fédérale et
municipale. Or, visiblement, il y a eu un choix qui a été fait de ne pas être
aussi généreux envers ces employés-là qu'envers la magistrature.
Donc, encore
une fois, et je conclus là-dessus, M. le Président, ce n'est pas en soi un
problème, ce qui est donné et octroyé aux juges, d'où notre position très
claire qu'on ne va pas du tout dans un vote contre la motion. En même
temps, il y a un choix politique qui est fait du côté du gouvernement. Est-ce
que c'est en lien avec le débat sur les juges bilingues?
Est-ce que c'est en lien avec le débat sur les nombreux juges qui veulent être
ajoutés ou pas, les chicanes que le ministre de la Justice a avec la
magistrature? Je ne le sais pas. La question se pose certainement. Mais une
chose est certaine, on n'allait pas se cantonner dans une option
d'opposition à la motion.
On ne voulait
pas non plus donner... lancer des fleurs au gouvernement par rapport à son peu
de générosité pour les autres corps d'emploi. Il y a là une forme
d'iniquité, à notre avis. Alors, c'est pourquoi nous avons conclu, à mon caucus, M. le Président,
à une position d'abstention. Donc, nous reconnaissons le processus, nous
reconnaissons qu'il s'est bien passé. Cependant, le choix gouvernemental
qui est fait de donner raison presque intégralement aux importantes augmentations salariales réclamées, par
rapport aux autres choix qu'il a
faits dans les autres négociations avec les employés de l'État, nous apparaît quelque chose qui n'est pas
égalitaire, qui n'est pas équitable, d'où notre abstention sur la motion.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député.
Avant
de poursuivre le débat, je vous informe qu'un débat de fin de séance se tiendra
demain, le jeudi 10 février 2022, sur une question adressée par M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve à Mme la ministre déléguée aux Transports
concernant le projet du REM de l'Est.
Et je cède maintenant
la parole à M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Alors, merci, M. le Président. Je
serai bref. Ce n'est pas un dossier pour lequel il y a de grands enjeux,
les raisons en sont simples, il y a une histoire qui nous mène à cette
décision-là aujourd'hui, le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve l'a bien évoqué, à savoir que, pour des raisons évidentes
d'évitement de conflit d'intérêts, il a été décidé un jour par la Cour suprême de faire en sorte qu'un
comité indépendant puisse faire des recommandations, et c'est très bien ainsi.
On connaît la
situation du ministre de la Justice, M. le Président. Il y a quand même quelque
chose d'ironique dans la situation actuelle
du ministre. Et puis j'imagine que... Contrairement à son tempérament très
autoritaire, je pense que, là, dans
sa situation déshonorante d'avoir posé des gestes illégaux, comme ministre de
la Justice... Et lui ne le reconnaît pas, évidemment. On l'a vu, hier,
on a vu à quel point il était content de son coup.
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : M. le Président, le
député de La Pinière, encore une fois, tient des propos tout à fait
injurieux envers le ministre de la Justice, et puis je l'inviterais à
rester dans le sujet actuel. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) : Alors,
M. le député, je vous demanderais d'être prudent dans vos propos, vous
savez que... Donc, on demande votre collaboration.
M. Barrette :
M. le Président, je n'accepte pas
la critique et j'accepte votre recommandation, mais je vous ferai remarquer que
je n'ai relaté que des faits. Il y a un côté déshonorant. Quand on est ministre
de la Justice, responsable du respect des lois, nous sommes la
personne... Le ministre de la Justice est la personne en autorité ultime, le
sommet de la pyramide, qui exige un devoir
d'exemplarité. Et, dans n'importe quelle autre circonstance, M. le Président,
mettez-vous, là, dans n'importe
quelle autre circonstance, le ministre de la Justice ne serait probablement
plus là. Mais on est dans une circonstance
qui est très particulière, qui est celle d'un gouvernement qui,
essentiellement, se croit tout permis. C'est probablement la raison, M. le
Président, que ce gouvernement-là se voit obligé, pour avancer dans sa
philosophie, d'utiliser aussi souvent
la clause dérogatoire. Et on prévoit l'utiliser encore parce que, M. le
Président, pour citer quelqu'un de connu au Québec aujourd'hui, c'est
comme ça que ça se passe.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Oui, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Encore une fois, j'invite
le député de La Pinière à se recentrer et de revenir au sujet actuel, sur
la motion. Là, il parle des affaires du
gouvernement en général, aucunement sur la motion, alors je l'invite à
poursuivre le débat sur la motion même. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Vous pouvez poursuivre, toujours avec la même prudence, s'il
vous plaît.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Je suis
sur la motion, je ne fais que faire un préambule. D'ailleurs, c'est comme
ça que nos lois sont faites, elles ont des préambules.
vais en rajouter une, M. le Président. Le leader adjoint, je ne l'ai pas
entendu, ce matin, quand le leader en poste, là, s'est levé pour dire que je retardais les travaux, hein? Parce que,
vous savez, M. le Président, en commission parlementaire, actuellement, là, quand on pose une question, de
notre côté, au ministre, on ralentit les travaux. Quand on pose des questions
complètement hors sujet, mais complètement
hors sujet, hein, sur... par la deuxième et la troisième opposition, bien là
c'est correct. Mais c'est normal, M.
le Président, ce ne sont que des questions pour féliciter le ministre, lui
demander d'aller plus loin, puis : Faites-moi plaisir. Flatte-moi,
je vais te flatter, tu sais. Gratte-moi le dos, je vais te gratter, toi aussi.
Alors,
moi, là, M. le Président, le jour où le leader adjoint se lèvera, là — et ce jour-là n'arrivera jamais — quand son leader dira des... comment on pourrait
dire de façon parlementaire... je ne peux pas le dire, mais il dira des
inexactitudes et des appréciations non fondées — ça, je pense que c'est
parlementaire — on
verra.
Alors,
M. le Président, donc, on a un ministre, aujourd'hui, qui, selon la loi, a reçu
des recommandations d'un comité indépendant.
Alors, je me serais attendu à plus de critiques de la part du ministre de la
Justice. Il a choisi essentiellement d'aller de l'avant avec la plupart des recommandations. Vous savez, ce que les
juges demandaient, et ce qui est la recommandation, et ce qui constitue la décision du ministre, il
n'y a pas énormément d'écart. Il y en a un, mais il n'est pas énorme, et je ne ferai
pas de dissertation sur ce sujet-là.
Alors, M. le Président, on est dans
une situation que je viens de décrire. C'est assez routinier, je dirais, dans
une certaine mesure. Je ne me
souviens pas... Et j'ai même posé la question. Depuis que ce comité-là existe,
je ne me souviens pas... on ne m'a pas rapporté que le gouvernement n'avait pas
donné suite à la plupart des recommandations ou, du moins, qu'il y ait eu un renversement significatif d'une
des demandes. Il n'y a personne qui m'a rapporté ça dans les archives, on
va dire, ni de mémoire documentaire ni de mémoire en personne.
Alors,
M. le Président, notre formation politique va voter en faveur, parce que je
pense qu'il y a lieu... Et je vais faire
un commentaire, M. le Président. Dans bien des corps professionnels, il y a
lieu de faire un certain nombre d'ajustements que d'aucuns qualifieraient de rattrapage. Je pense que la position, les
demandes fondamentales des juges étaient fondées. Il en est de même pour bien, bien, bien d'autres
secteurs dans l'appareil public, mais évidemment, ces secteurs-là, on ne
s'en occupe pas. Mais, celui-là, comme il
est crucial, bien, je pense que la décision d'aller de l'avant est la bonne.
Mais, M. le Président, ce serait quand même beaucoup mieux si le
ministre de la Justice, lui, respectait les lois.
D'ailleurs,
M. le Président, je m'en vais terminer là-dessus, ce sera ma dernière remarque,
je vais faire une suggestion aux
parlementaires d'en face puisque, de leur côté, ils ont fait des sondages
hebdomadaires sur à peu près n'importe quoi. Je propose la question suivante au grand public, puis qu'il nous dise le
résultat : Trouvez-vous tolérable qu'un ministre de la Justice pose
des gestes illégaux?
le Président, j'ai terminé. Vous n'avez pas besoin de vous lever. Et là-dessus
je vais vous souhaiter une bonne journée ainsi qu'à tous les collègues
de toutes les formations politiques. «Have fun!»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député de La Pinière. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Puisqu'il n'y a pas
d'autre intervention, nous en serions rendus à l'étape de la mise aux voix.
Mais
je constate que l'un des groupes parlementaires n'est pas représenté, donc je
suspends les travaux pour un maximum de temps de 10 minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 37)
Le Vice-Président (M. Picard) : En application de la l'ordre spécial,
j'inviterais les parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes
sur cette motion. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader adjoint de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la députée de Mercier?
Mme Ghazal :
Abstention.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la députée de Joliette?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Je vous remercie. En conséquence, la motion est
adoptée.
Pour la suite de nos
travaux, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article 1 du
feuilleton.
Le Vice-Président (M. Picard) : À l'article 1 du feuilleton, M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux propose l'adoption du principe du projet de loi n° 11,
Loi visant à augmenter l'offre de
services de première ligne par les médecins omnipraticiens et à
améliorer la gestion de cette offre. Y a-t-il des interventions? Mme la députée
de Roberval.
Mme Guillemette : Merci, M. le Président. Je suis très contente de
me retrouver ici aujourd'hui, déjà, pour l'adoption du principe du
projet de loi n° 11.
Le projet de loi est un élément
critique du plan de relance de la santé que nous présenterons très bientôt. Ce
plan de relance est basé sur quatre fondations, et parmi celles-ci il y a les
ressources humaines, et les médecins en font partie. Mais ils ne sont
pas les seuls qui peuvent faire une différence pour le futur de notre système
de santé. Au cours des dernières années, on
a déjà travaillé à élargir le nombre de personnes qui peuvent aider à la prise
en charge. Je pense, entre autres, aux médecins et aux IPS.
Maintenant,
le projet de loi n° 11, lui, se concentre sur les médecins. Le
titre
du projet de loi, Loi visant à augmenter l'offre de services de première ligne
par les médecins omnipraticiens et à améliorer la gestion de cette offre, a
fait l'objet de plusieurs
discussions. Je tiens à dire que, même si on travaille avec les médecins, ça ne
veut pas dire qu'il ne faut pas parler avec les autres professionnels de
la santé. S'il le faut, on est ouvert à ajuster le
titre durant l'étude
détaillée.
Maintenant,
pourquoi on parle de prise en charge? Au Québec, on compte plus de
9 000 patients orphelins. Avec le vieillissement de la population, le temps d'attente dans les urgences
et la diminution de la prise en charge, on doit faire mieux pour les
Québécois et les Québécoises. La situation actuelle n'est pas acceptable. Les
faiblesses de notre réseau, même avant la
pandémie, ont été mises en lumière durant ces deux dernières années, dont
l'accès à nos urgences, à des chirurgies
et, entre autres, à des rendez-vous. Mais, malgré tout, on a prouvé qu'on
pouvait faire mieux et qu'on devait innover. C'est pourquoi on a décidé
de prendre les choses en main en déposant ce projet de loi.
Donc,
on a rencontré plusieurs groupes. Certains avaient des réticences importantes.
Donc, durant les consultations particulières, on a rencontré des groupes
avec des réticences importantes, comme la FMOQ, la Fédération des médecins résidents du Québec, la fédération de la médecine
étudiante du Québec, Collège québécois des médecins de famille. Je les
comprends. Je sais que parfois le changement peut amener des questionnements,
c'est confrontant et que certaines... et
ça peut apporter également certaines levées de boucliers. Mais je suis
certaine, M. le Président, qu'ils ont écouté les autres groupes qui
n'ont pas nécessairement la même vision qu'eux.
Donc,
il y a aussi... Il y a ceux qui ont fait état des situations. Je pense
notamment au Conseil de la protection des malades et à la Vérificatrice
générale. Mais il y a aussi ceux qui ont apporté des solutions, et je veux
vraiment insister sur ces groupes-ci :
le CIUSSS du Bas-Saint-Laurent, le CISSS du Bas-Saint-Laurent, le CIUSSS de la
Capitale-Nationale, l'ordre des
infirmiers et infirmières professionnels... infirmiers et infirmières du
Québec, les IPS, l'AQPP, la Dre Mylaine Breton, le Dr Antoine Groulx. Ce sont eux qui sont sur le terrain, qui voient
que ça prend des données et que ça doit changer. On ne peut plus rester
dans le même cadre qu'on a présentement.
remercie tous les groupes qui ont présenté leur mémoire. Leur apport au projet
de loi est important et essentiel. Les divers commentaires entendus
portent entièrement matière à réflexion pour bonifier le projet de loi. Donc,
le projet de loi n° 11 est perfectible, et nous
ferons les ajustements nécessaires, M. le Président.
Donc,
on a tous ici le même objectif, soit d'améliorer notre première ligne. Il y a
un consensus sur plusieurs éléments. Ça
prend des données mieux gérées, pour mieux gérer. Il faut travailler ensemble
plutôt qu'en silo, et je pense, encore là, à nos IPS et nos pharmaciens. Ça doit être simple pour le patient
d'avoir accès à des services. Il faut mesurer les services qu'on donne
aux patients. En fait, il faut innover, M. le Président.
Sur l'innovation, je crois que tout le monde a été
impressionné par le projet GAP du CISSS du Bas-Saint-Laurent, donc le
guichet d'accès à la pertinence. On en a entendu beaucoup parler en
consultations particulières. Donc, en gros, lorsqu'un
patient est enregistré sur le GAMF, il peut appeler le guichet d'accès à la
pertinence. La personne à l'autre bout du
fil évalue ses besoins et pourra prendre les rendez-vous nécessaires pour lui
en dirigeant vers le bon professionnel, que ce soit un médecin, un pharmacien, une IPS ou autre. Par la suite,
l'intervenant accède au site de réservation local après s'être assuré qu'il y avait des rendez-vous de
disponibles par des professionnels de la santé, d'une GMF, d'une clinique ou
d'un médecin. Et finalement, la clinique contacte le patient pour lui
confirmer son rendez-vous.
L'expérience
est tellement bonne, là, M. le Président, depuis un an qu'elle est devenue un
modèle pour tous. On a investi 700 000 $ dans ce projet, et nous
sommes en processus pour l'appliquer dans toutes les autres régions du Québec.
On est tous d'accord que la porte d'entrée de la première ligne ne doit pas
être uniquement les médecins de famille.
Donc,
nos trois mesures de gestion sont essentiellement... Donc, il y a trois mesures
de gestion sur les quatre qui sont, essentiellement, dans le projet de
loi n° 11, soit connaître la demande, connaître l'offre
pour mieux desservir les patients et, finalement, l'utilisation des
meilleures pratiques, notamment sur les systèmes d'information.
Donc, pour connaître
l'offre... Bien, pour bien connaître l'offre médicale, il faut bien comprendre
l'occupation et les engagements des médecins
de leur GMF, de leur clinique, mais aussi de leurs autres occupations. Pour
faire ça, on doit avoir une meilleure
information qui nous permettrait de mieux répartir les médecins sur le
territoire. On doit arrêter de penser
que ce n'est qu'un... que ce sera un problème. Nos médecins seront sûrement les
premiers à bénéficier de cette mesure-là.
faut aussi identifier les endroits où nous devons développer des services,
c'est-à-dire augmenter l'offre. Il y a bien sûr l'accès adapté. Les calculs
préliminaires experts montrent qu'on pourrait rapidement éliminer une
partie
des GAMF. Notre but n'est pas du tout
de contrôler les médecins, loin de là, mais bien d'être capables de savoir où
il manque du personnel et dans quelle région, un peu comme on l'a fait,
en fait, pour la vaccination.
Donc, on a entendu
les groupes. Il faut que les patients aient accès aux bons professionnels, au
bon moment, au bon endroit, que ce soit un
médecin de famille, un pharmacien, une infirmière praticienne ou autre. Nous
voulons donc mieux outiller nos gestionnaires régionaux pour une
meilleure répartition de toutes les ressources.
Mieux connaître la demande,
M. le Président. Bien, pour moderniser notre service de santé, on doit pouvoir mesurer la demande. Avec les systèmes de prise de
rendez-vous, c'est facile de faire une évaluation de la demande. Notre défi, par contre : avoir un rendez-vous dans
des délais raisonnables. Pensons à Clic Santé. Notre but, c'est que les
Québécois et les Québécoises aient
accès à un service de qualité et dans des délais raisonnables. On est
déterminés à fournir tous les outils nécessaires pour y arriver, M. le
Président.
Pour ce qui est des meilleures pratiques, on
s'entend tous pour dire qu'on doit changer les choses et innover. Encore une fois, je le répète, on doit innover. Il
y a deux gros changements que nous avons mis sur la table depuis le début
des négociations avec
les médecins de famille, soit la charge de travail et la pertinence. Donc, la
pratique de la médecine a beaucoup
changé depuis les dernières années. Nos jeunes médecins veulent une meilleure
conciliation travail-vie personnelle, ils
veulent travailler différemment. Donc, on veut que la prise en charge soit
faite par un groupe de médecins, un GMF, et non seulement par un seul et unique médecin. Il faut aussi s'assurer que
la porte d'entrée de la première ligne ne soit pas uniquement les médecins de famille, comme je le
disais tout à l'heure. On peut s'assurer de la pertinence avant la prise du
rendez-vous. Cette méthode de gestion est déjà pratiquée et doit être mise en
place partout car elle est complémentaire à notre objectif d'assurer l'offre et
la demande.
L'objectif
derrière le projet de loi, comme vous le savez, c'est répondre aux engagements
que notre gouvernement a pris pour un
meilleur système de santé. On veut décentraliser et on prend les moyens pour le
faire. On comprend l'impatience des
Québécois qui, depuis des années, se sont fait promettre mieux, mais nous
agissons avec une vision très claire des besoins que nous avons actuellement, des besoins sur le terrain, M. le
Président. Donc, le p.l. n° 11 en fait partie, le p.l. n° 19, sur les données, et bientôt vous sera présenté le plan pour
la santé de mon collègue ministre de la Santé.
On veut et on
a besoin de la disponibilité des patients orphelins... pour les patients
orphelins. Je pense au GAP dû... au
guichet d'accès à la pertinence, excusez, au Bas-Saint-Laurent. Il faut que ce
soit disponible, comme je le mentionnais tout à l'heure, dans toutes les régions du Québec. En échange, avec le
fil de la pertinence, les médecins sauront que les rendez-vous qu'ils ont avec les patients, ce sera
parce que leur expertise est vraiment nécessaire. Donc, comprenez-moi bien, on ne veut pas venir grossir leur agenda, on
ne veut pas leur donner plus de travail. Ce qu'on veut faire, c'est leur donner
le bon patient.
Depuis son
arrivée comme ministre de la Santé, mon collègue député de La Prairie est allé
sur le terrain à maintes reprises, lorsque les consignes sanitaires le
permettaient, bien sûr, et il a compris ce que les Québécois et les Québécoises
veulent. Ils veulent un système de santé efficace, à l'image de notre campagne
vaccinale. C'est là-dessus qu'on s'est basés pour notre plan de la santé qui
vous sera bientôt présenté. Ce plan pour la santé se base sur quatre
fondations, et le p.l. n° 11 s'inscrit dans trois de ces fondations, donc les
ressources humaines, les données et les systèmes informatiques... c'est ça, les
systèmes informatiques. On se doit de donner les capacités d'avoir les données
nécessaires pour mieux gérer, mais aussi
pour améliorer notre première ligne. C'est la base de notre système de santé,
en fait. On s'est engagés à enlever la pression
sur les omnipraticiens, faire un meilleur triage et envoyer les demandes à des
professionnels lorsque c'est pertinent. On a investi dans des systèmes
qui nous permettront de mieux gérer l'offre et la demande pour les rendez-vous.
conclusion, M. le Président, je remercie les parlementaires qui collaborent au
projet de loi n° 11. C'est un projet qui est constructif et très porteur pour les Québécois et pour notre
système de santé. J'ai déjà hâte qu'on se retrouve tous à nouveau pour
l'étude détaillée de ce projet de loi n° 11 là.
Je tiens à réitérer qu'avec ce projet-là on tend la main aux médecins pour améliorer l'accès à la première
ligne aux Québécois et aux Québécoises. Ce n'est pas un projet de loi de
punition, c'est un projet de loi de
collaboration, un projet de loi de gestion pour offrir aux Québécois et aux
Québécoises les services auxquels ils ont droit. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Très, très heureux de prendre la parole en tant que
porte-parole de notre formation politique
en santé pour parler d'un point extrêmement important, c'est l'accès à la
première ligne. Et, peu importe le temps que je vais prendre, je pense que c'est un dossier qui est extrêmement
important, un dossier qui préoccupe beaucoup de Québécois.
Et je vais, avant d'aller vraiment dans le fond
du projet de loi, juste expliquer aux gens qui nous suivent et les gens qui m'appellent par la suite pour me demander :
On est rendus dans ce dossier... Pourquoi je vous dis que c'est un dossier qui est extrêmement important? C'est parce
que la situation est critique. Et pourquoi nous sommes là aujourd'hui au salon bleu, en train de parler de ce projet de
loi? Pourquoi nous sommes rendus là, à cette situation? Parce qu'avant de
parler du projet de loi, on doit parler
d'une situation, d'un contexte, et après, il faut voir et se poser la question :
Est-ce que le projet de loi répond à la problématique? Et c'est quoi,
les solutions que ce projet de loi ramène pour résoudre la problématique? Et c'est très important parce que
j'en suis sûr et certain que ce sujet, on va continuer à en parler toute
l'année. Et je sais qu'il y a une
campagne électorale dans quelques mois. Ça dépend de l'humeur du gouvernement,
probablement dans quelques mois,
sinon au mois d'octobre. Mais c'est très important de rectifier les faits, M.
le Président. Rectifier les faits commence par la problématique.
C'est très
simple. Aujourd'hui, sur la table, j'ai 1 million de Québécois sans
médecin de famille. Un million de Québécois sans médecin de famille,
c'est la situation actuelle. Reculons de trois ans en arrière. Le premier
ministre, à l'époque chef de l'opposition,
décriait sur toutes les tribunes l'accès aux médecins généralistes. Parlons de
résultats. En 2018, la liste des Québécois qui attendaient d'avoir un
médecin de famille était de l'ordre de 400 000. Ça a déjà baissé pendant
le dernier mandat, et aujourd'hui, j'avais l'impression... je vais utiliser un
peu plus tard une expression que la Fédération
des médecins omnipraticiens du Québec... qu'ils ont utilisée lors du débat lors
de consultations particulières, mais
j'avais l'impression aujourd'hui d'entendre que depuis l'arrivée de la CAQ, il
n'y avait rien au Québec. Il n'y avait rien
au Québec qui se passait. Il n'y avait pas d'hôpitaux, il n'y avait pas de
première ligne, il n'y avait pas d'IPS. Les IPS, je tiens à le rappeler,
c'est sous le dernier mandat libéral. Merci, mon cher collègue Carlos, député
de Robert-Baldwin, mon député. Je n'ai pas le droit de prononcer son nom, mais
il sait très bien que je l'aime. On se taquine, je le nomme.
C'est très
important de rectifier les faits. On oublie, on oublie. Aujourd'hui, on vante
l'accès à la première ligne et soudain on ne parle plus de médecins
généralistes dans la première ligne. Oui, c'est important, mais ça nous prend
d'autres professionnels. Oui, ça nous
prend d'autres professionnels. Justement, la bonne idée du Parti libéral du
Québec, le gouvernement libéral, de
lancer les formations pour les IPS. Et maintenant, M. le Président, pourquoi le
gouvernement, dans une année électorale,
se réveille et se rend compte qu'il y a 1 million de Québécois sans médecin de
famille? Un million de Québécois sans médecin de famille, c'est la réalité.
Pourquoi? Parce que, tout simplement, rien n'a été fait. Rien n'a été fait.
Ça, c'est des faits.
Donc, on peut dire : Il n'avait pas le
temps, il avait les moyens. Rappelez-vous l'état des finances publiques à l'arrivée de la CAQ. Mon collègue de
Robert-Baldwin va certainement en parler et parler de son excellent bilan,
l'argent qu'il a laissé sur la table,
l'argent des Québécois, le travail, l'excellent travail qu'il a fait au niveau
des finances publiques pour laisser les sommes nécessaires pour être
bien investies.
Mais là, quand
on dit que le gouvernement l'a complètement échappé, c'est un dossier où,
complètement, le gouvernement n'était
pas présent, n'était pas présent du tout. Et la preuve, c'est que, maintenant
on est à 1 million. Je ne sais même pas on va finir l'année avec combien
de Québécois qui sont en attente d'un médecin de famille. J'en suis sûr et certain. Je vois les collègues ici, plusieurs
régions, vous êtes tous des députés. J'en suis sûr et certain que l'ensemble
des collègues ont des appels chaque semaine de leurs concitoyens qu'ils
représentent pour leur demander : Je n'ai pas accès à mon médecin de famille... C'est la réalité.
C'est 1 million de Québécois. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait pendant tout ce
temps-là? Et là, M. le Président, j'espère qu'on ne va pas parler, encore une
fois, de la pandémie parce que la pandémie commence
à avoir le dos très large. À un certain moment, je ne sais même pas à quel
point la pandémie va s'arrêter parce qu'on va tout mettre sur le dos de
la pandémie.
M. le Président, l'ancien ministre de la Santé
avait la possibilité d'agir et il ne l'a pas fait. Il a été écarté par le premier ministre. Par la suite, le nouveau
ministre de la Santé n'a rien fait par rapport à l'accès à la première ligne,
et on se retrouve aujourd'hui avec
l'état actuel, où j'ai 1 million de Québécois sans médecin de famille. Je n'ai
pas besoin de vous dire l'importance d'avoir un médecin de famille. J'espère
que vous avez votre médecin de famille, M. le Président, je vous le souhaite en tout cas. Mais c'est très
important, avoir un médecin de famille. Un médecin de famille, c'est très
important, au moment où on parle de
la deuxième, troisième ligne. Mais l'accès à un médecin de famille, c'est
extrêmement important pour toutes
sortes de choses : suivi médical pour les patients qui souffrent de
maladies chroniques; bien gérer, au tout début de l'apparition d'une maladie, si on n'agit pas, ça va être trop tard;
faire les tests, les bons tests; faire les bons diagnostics; référer le patient, au tout début de sa maladie,
aux spécialistes. Donc, c'est un vrai filtre. C'est le premier vrai filtre pour
ne pas se ramasser en urgence et pour ne pas se ramasser à la deuxième et à la
troisième ligne.
Donc, quatre
ans plus tard, quatre ans plus tard, le constat est le suivant : un
gouvernement qui l'a échappé, une promesse
brisée du premier ministre. Souvenez-vous. Souvenez-vous du premier ministre.
Il a dit clairement : Un Québécois, un médecin de famille. Ça, c'est le premier ministre du Québec. C'est le
premier ministre du Québec, en 2018, qui disait à tous les Québécois : Un
médecin de famille, un patient; un Québécois, un médecin de famille. Ça a été
sa promesse.
Aujourd'hui, on peut dire, M. le Président, que
cette promesse n'a pas été respectée, mais pire, la situation est devenue problématique. Bon, on sait très bien, au
niveau du dossier de la santé, je cherche une réalisation de la CAQ dans
ce dossier. Ce que je vois, c'est des
éléments marketing où on annonce du renouveau dans le système de la santé. Mais
avant de parler du renouveau, est-ce qu'on peut parler des quatre
dernières années?
Donc, avant
de parler de ce projet de loi, je voulais absolument mettre les points sur les
i par rapport à la situation. Donc,
fin d'année, l'automne, un réveil douloureux pour la CAQ, un réveil douloureux
pour le ministre de la Santé. Et là on a vu le bras de fer, un bras de fer
entre le gouvernement et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.
Comme à l'image toujours de la CAQ, il faut
trouver le méchant, il faut trouver quelqu'un sur qui il faut frapper. Et cette
fois-ci c'est sur le dos des médecins
généralistes, parce que c'est plus facile, taper sur quelqu'un, M. le
Président, au lieu de trouver la
solution. Parce que je veux vous dire une fois... Je vais parler du projet de
loi, vous allez comprendre pourquoi je suis en train de vous expliquer
un peu l'historique, pourquoi nous sommes rendus là.
Le premier ministre, qui est toujours dans ces
éléments de dire : Écoute, les médecins ne veulent pas prendre des patients, ils ne veulent pas collaborer, veut
aller chercher même leurs rendez-vous, il veut avoir accès... avec les décrets,
aujourd'hui, c'est... 99 décrets, donc,
vous savez, quand on s'habitue à gérer par décrets, on pense que tout nous
appartient, donc utiliser tous les moyens pour dire : Tel ne travaille
pas, l'autre travaille, et après commencer à lancer des messages sur la place publique... Donc, le climat, il n'est pas