Labour and the Economy — 28 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-08-28
Quebec — Committees
Enfin,
quatrièmement, il faut faciliter une meilleure intégration du Parc olympique au
milieu dans lequel il s'insère, en particulier le long des rues
Sherbrooke et Pierre-de-Coubertin.
Pour atteindre ces objectifs, la
nouvelle gouvernance doit non seulement reposer sur une nouvelle loi
constitutive, tel qu'il est proposé,
mais aussi être appuyée et complétée par d'autres mécanismes qui vont au-delà
du projet de loi, et sur lesquels je vais revenir.
Bon. Le projet de loi
lui-même, nous l'appuyons. La loi qui est proposée donnera à la nouvelle
société d'État l'encadrement et les pouvoirs
nécessaires pour accomplir sa nouvelle mission de développer, gérer, promouvoir
et exploiter le Parc olympique. C'est une mission qui est tournée vers
l'avenir.
Héritage
Montréal constate aussi avec satisfaction que la mission proposée inclut la
protection, le maintien et la mise en valeur du patrimoine architectural et
historique du Parc olympique. Cette inclusion de la dimension patrimoniale
au niveau de la mission même démontre l'importance qu'on lui accorde et pourra
orienter les choix de développement.
Élément
digne de mention, c'est la création d'un comité des immobilisations. C'est un
comité qui permettra d'assurer un
suivi serré des projets de maintien des actifs et de bien analyser les enjeux.
Héritage Montréal estime qu'il est essentiel de créer un tel comité,
considérant la nature exceptionnelle de l'architecture du stade.
Pour
l'aider dans sa mission, le comité des immobilisations devra s'adjoindre une
expertise en patrimoine moderne. Nous irons même jusqu'à recommander la
constitution d'un comité expert en patrimoine. Il faut inclure la dimension patrimoniale en amont des projets pour bien les
orienter. Nous pouvons témoigner de l'utilité d'un tel comité puisque nous
avons fait
partie d'un comité-conseil sur la
qualité architecturale du nouveau pont Samuel-De Champlain à la demande du
gouvernement fédéral. Nous participons aussi
à un comité sur la réaffectation d'hôpitaux patrimoniaux à la demande de la
Société québécoise des infrastructures.
dispositions de la nouvelle loi nous semblent adéquates.
La société sera, entre
autres, soumise aux règles édictées par la
loi sur les sociétés d'État,
donc nous n'avons pas de commentaire particulier à formuler sur ces modalités,
sauf peut-être la question du financement.
La nouvelle société doit disposer du financement nécessaire à ses
investissements à pérennité. Le projet de loi prévoit que la nouvelle
société finance ses activités par les revenus qu'elle perçoit, ça, c'est l'article 35, et par des emprunts, c'est
l'article 37. Mais on constate que, dans les états financiers de la RIO,
celle-ci reçoit également des subventions
du gouvernement. Donc, nous suggérons de prévoir que la nouvelle loi puisse...
prévoie que la nouvelle loi...
c'est-à-dire suggérons de prévoir dans la loi que le gouvernement puisse aussi
verser des subventions de fonctionnement à la nouvelle société.
mentionnais plus tôt que la gouvernance du Parc olympique devait aller au-delà
d'une réforme de sa loi constitutive. Héritage
Montréal croit qu'elle doit aussi inclure le classement des installations. Au
niveau municipal, le Parc olympique est
considéré comme secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle, et le stade est
lui-même qualifié d'immeuble de valeur patrimoniale
exceptionnelle. Toutefois, ni l'un ni l'autre ne bénéficie d'un statut de
protection provincial ou fédéral. C'est assez étonnant pour un ensemble
de cette importance.
quadrilatère formé par les rues Sherbrooke, Viau, Pierre-de-Coubertin et Pie-IX
est occupé et géré par plusieurs organisations publiques et privées,
chacune ayant sa mission, ses objectifs de développement et son contexte
d'affaires particulier. Il serait important
de reconnaître officiellement que le stade et le Biodôme sont les éléments
architecturaux et paysagers
principaux du quadrilatère et que les autres bâtiments et aménagements doivent
leur être subordonnés. L'aréna Maurice-Richard,
le Centre Pierre-Charbonneau, dont l'histoire est aussi associée aux Jeux
olympiques de 1976, mériteraient également une certaine protection.
faut s'assurer que tout projet dans le quadrilatère, même un projet qui serait
initié par le Parc olympique, en fait tous les projets, soit soumis à
l'approbation d'une autorité gouvernementale compétente en matière de
patrimoine, et indépendante, et dont le but premier est d'assurer la protection
de l'ensemble.
Héritage
Montréal recommande donc que le Parc olympique, incluant le stade et le
Biodôme, soit classé comme site patrimonial en vertu de la
Loi sur le
patrimoine culturel. Le Parc olympique serait alors doté d'un plan de
conservation et d'une aire de
protection. Le plan de conservation pourrait utiliser comme base l'étude
patrimoniale de Docomomo et s'inspirer
de ceux réalisés pour d'autres stades olympiques dans le monde. Une expertise
dans le domaine sera nécessaire, et le Conseil du patrimoine culturel du
Québec serait appelé à y contribuer.
Pour
l'aire de protection, il faudrait penser à une façon de ne pas se limiter aux
152 mètres qui sont prescrits dans la
Loi sur le patrimoine culturel. On fait face ici à un défi d'échelle.
Le stade domine tout l'est de la ville, et c'est peut-être un peu court. Une piste de solution serait
peut-être d'établir une collaboration avec la ville de Montréal, qui est
responsable du plan d'urbanisme, et
d'inscrire ce lien au plan de conservation. Héritage Montréal offre toute sa collaboration
et son expertise au gouvernement pour faciliter le classement des
installations.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Je vous invite à conclure.
Tremblay (Michel A.) : Merci, je conclus. Un dernier outil, en
terminant, pour compléter la gouvernance, ce serait un mécanisme de concertation, le quadrilatère étant occupé par
plusieurs propriétaires et gestionnaires. Il faut permettre d'assurer un développement harmonieux de
l'ensemble et une meilleure intégration au milieu environnant. Héritage
Montréal propose une table de concertation sur le modèle de celle du
Mont-Royal à cette fin.
Je vous remercie
beaucoup.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Merci pour votre exposé. Nous y
allons maintenant avec la ministre. On commence la période d'échange,
alors nous y allons avec la ministre. Vous avez 16 min 30 s.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, M. Tremblay. Tout un exercice de résumer un
mémoire aussi impressionnant de la part d'Héritage Montréal. Merci de
l'avoir fait, merci de votre présence.
Quelques
questions. Dans votre mémoire, au sujet de la gouvernance, quand vous citez
qu'Héritage Montréal constate que la mission proposée inclut évidemment,
donc, protection, maintien, mise en valeur du patrimoine architectural et
historique du Parc olympique, vous vous en déclarez d'ailleurs satisfait, vous
dites : «Cette inclusion de la dimension patrimoniale
au niveau de la mission [...] montre l'importance et pourra orienter le choix
de développement.» Vous en avez fait
part, donc, dans votre laïus, orienter le choix de développement. Mais, selon
vous, qu'est-ce qui devrait être priorisé, à la lumière où vous dites qu'on doit orienter les choix de
développement en lien avec le patrimoine architectural et l'histoire du
Parc olympique? Comment vous départagez tout ça?
Tremblay (Michel A.) : Prioriser... C'est sûr que l'élément dominant
du quadrilatère, c'est le stade lui-même, c'est les vues sur le stade. C'est une composition architecturale de
l'architecte Roger Taillibert. Il faut veiller à conserver l'homogénéité de tout ça, que ce soit cohérent.
Donc, il ne faut pas, si je puis dire, porter ombrage au stade et au Biodôme
dans les projets de développement. Donc, je
ne peux pas me prononcer sur des projets spécifiques, puisque je n'en connais
pas. C'est donc un mécanisme qu'on met en
place pour étudier des projets futurs, étudier des orientations pour faire en
sorte que le stade et le Biodôme soient bien protégés.
Mme Proulx
(Berthier) : C'est ce à quoi vous faisiez référence dans votre laïus,
là, les constructions que vous dites non essentielles?
M. Tremblay (Michel A.) : Oui, non
essentielles...
Mme Proulx
(Berthier) : La stratégie de développement comprend la mise en valeur
du Parc olympique. Mais, dans la
stratégie de développement économique, à travers, donc, ce projet de loi n° 15 là, vous dites qu'il y a des constructions qui sont non essentielles. Pouvez-vous en nommer
quelques-unes qui, selon vous, seraient non essentielles, mais qui répondent,
donc, à ce projet de loi de développement?
M. Tremblay (Michel A.) : Je pense
que l'exemple qu'on a connu d'un développement non essentiel, c'est le cinéma. Le Cinéma Starcité, qui est dans le
quadrilatère, n'a rien à voir avec les installations olympiques, et je pense
que, si on avait à se prononcer
aujourd'hui, probablement que ça ne se ferait pas. Donc, il faut éviter des
développements de ce type-là, qui n'ont pas rapport avec la mission du
site.
On entend
souvent «la fonction hôtelière». Est-ce qu'un hôtel doit absolument être là? Je
ne pense pas, parce que des endroits
pour mettre des hôtels dans l'est de Montréal, il y en a beaucoup. Il y a des
rues qui ont des fonctions commerciales, la rue Sherbrooke, il y a la
rue Ontario, la rue Sainte-Catherine, qui sont plus bas. Il y a des façons de
développer ces fonctions-là qui sont
accessoires, je dirais, ailleurs que sur le site, de façon à ne pas hypothéquer
le site du quadrilatère pour des projets futurs qui seraient liés à la
mission.
Je pourrais
imaginer... Par exemple, Espace pour la vie veut ajouter un nouveau musée
sur les dinosaures, tiens, la
paléontologie, parce que ça serait complémentaire avec ses autres musées,
avec le Planétarium, l'Insectarium, le Jardin
botanique. Pour moi, ça, c'est des fonctions qui... c'est une fonction qui est
dans la continuité du site, et je pense qu'on pourrait essayer de l'accommoder, toujours en respectant
l'architecture du stade et du Biodôme, donc façon de ne pas interférer
avec ces éléments-là.
Mme Proulx
(Berthier) : Vous parlez également,
M. Tremblay, dans votre mémoire, la nécessité de procéder au classement des installations. J'aimerais avoir un peu plus de détails là-dessus. Au mémoire, vous dites qu'au niveau
municipal le Parc olympique est considéré comme un secteur
de valeur patrimoniale exceptionnelle et le stade est lui-même qualifié
d'immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle.
Vous ajoutez
que, toutefois, ni un ni l'autre ne bénéficie d'un statut de protection
provincial ou fédéral, ce qui vous étonne
beaucoup, à la lecture de votre mémoire. J'aimerais vous
entendre un peu davantage là-dessus, sachant très
bien, évidemment, que ça
relève du ministère de la Culture et des Communications de classifier de tels
monuments.
Tremblay (Michel A.) : Peut-être que le terme «fédéral» a pu
surprendre. Il n'y avait pas d'intention dans ça. C'est simplement que, dans le domaine du patrimoine, on a, des
fois, des statuts de protection qui sont de juridiction fédérale,
comme dans les gares de train, par exemple. Donc, il ne faut pas y voir de
mauvaise intention dans ça.
Je crois qu'effectivement le classement et la culture, c'est de juridiction provinciale. Donc,
on ne parle plus d'un statut
provincial. Est-ce qu'un statut municipal serait suffisant? On ne pense pas. Les
municipalités, des fois, accordent un statut et, des fois, peuvent le modifier,
peuvent l'enlever. Ce n'est pas un statut de protection qui est suffisamment fort, et on pense qu'un
statut provincial, avec un mécanisme très rigoureux, nous donne une meilleure
protection, avec le Conseil du
patrimoine culturel qui est dans le portrait, qui évalue des projets. On se
sent plus à l'aise avec cette approche-là. C'est pour ça qu'on
recommande un classement au niveau provincial.
Mme Proulx
(Berthier) : J'ai une
impression que ça complexifierait un peu le processus. Dans le laïus du projet de
loi, on parle de développement et de mise en valeur. Donc,
on a un souci, au gouvernement du Québec, à la RIO, évidemment, et c'est la première fois qu'un tel libellé est
présenté, pour, justement, démontrer de façon très, très claire qu'on a à coeur
le développement, mais la mise en valeur de
cet édifice exceptionnel, qui est le plus grand symbole touristique non seulement de Montréal et du Québec. On a entendu
parfois des histoires assez complexes lorsqu'un bâtiment est cité ou
nommé.
M. Tremblay (Michel A.) :
Je dirais, ça impose un fardeau, c'est certain, mais je pense que c'est
nécessaire de le faire. Si on veut
vraiment faire un bon travail et ne pas faire n'importe quel projet de
développement, il faut que le fardeau soit
élevé, il faut que les projets soient de qualité, parce qu'on ne peut pas se
tromper dans ça. On n'a pas le droit de se tromper. Ça peut être plus long, ça peut prendre un mois, deux mois de
plus, ce n'est peut-être pas si grave que ça, étant donné l'importance
des enjeux.
Proulx (Berthier) : Je vous entends très bien, M. Tremblay. Soyez
assuré qu'avec la direction générale de monsieur, ici, on ne fera pas n'importe quoi, pour rassurer la
population du Québec. On a vraiment à coeur, évidemment, le développement, mais toute la mise en valeur du
Parc olympique. C'est très, très cher au gouvernement du Québec et
évidemment à M. Labrecque.
Mme la Présidente, je
vais me tourner, donc, vers mes confrères à ce moment-ci.
Mme IsaBelle : Parfait. Merci. Est-ce qu'il y a des députés
qui veulent intervenir? Alors, est-ce
qu'il y a des députés qui
veulent intervenir?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, la députée de Labelle.
Mme Jeannotte :
J'aimerais vous entendre davantage dans ce contexte-là de la préservation du
patrimoine. Comment, à ce moment... C'est dans le comment, hein? C'est
toujours... Le diable est dans les détails. Mais j'aimerais ça vous entendre parce que... Étant donné qu'on a à
coeur le souci du développement, quand même, comment est-ce qu'on pourrait
concilier à ce moment-là le patrimoine et le
développement? Vous en avez donné déjà une partie, de la réponse. Mais ça
serait intéressant de vous entendre quand même encore élaborer là-dessus, si
vous me le permettez.
M. Tremblay
(Michel A.) : Comment concilier la protection du patrimoine et le
développement? Je ne vois pas de contradiction
entre les deux. Il y a moyen de faire l'un et l'autre. Suffit que les projets
de développement soient compatibles avec
les installations en place. Et voilà. C'est difficile pour moi d'élaborer un
peu plus parce qu'on n'a rien de précis, là.
Mme Jeannotte :
Je vais poser différemment la question. Quel impact, dans le fond, au niveau du
patrimoine architectural pourrait avoir une
augmentation de l'offre commerciale et de l'hébergement autour des
installations du parc? Si on y va comme ça, là, est-ce que ça vous parle
davantage?
M. Tremblay
(Michel A.) : Si on parle de services de restauration, des trucs comme
ça, pour moi, ça fait
partie des
activités accessoires normales du site. Il n'y a pas d'incompatibilité avec ça.
J'ai de la misère à imaginer qu'un restaurant pourrait défigurer le Stade olympique. Ça ne peut juste pas arriver, à
moins de mettre des bannières en haut du mat ou des trucs comme ça, mais, connaissant
M. Labrecque, je sais qu'il ne ferait pas des choses comme ça. Donc, ça,
ça ne me préoccupe pas beaucoup.
Donc,
on parle de construction de petite dimension. Ça ne serait sûrement pas des
choses qui seraient figées pour l'éternité,
tu sais. À la limite, on peut les enlever, les modifier. Ce genre de chose là
ne causerait pas de problème. Là où il y a un problème, c'est si on fait une
construction de grande dimension, je reviens toujours avec l'hôtel, donc une
construction en hauteur, là il y a un problème, parce que ça détruit
l'harmonie du site et ça vient polluer, si je puis dire, la conception
générale.
Mme Jeannotte :
Et puis, outre, dans le fond, là, le fameux statut, là, qui serait provincial,
de quelle façon le projet de loi pourrait favoriser la préservation du
patrimoine, dans le fond, architectural du Parc olympique, selon vous?
M. Tremblay
(Michel A.) : Excusez-moi, pourriez-vous...
Mme Jeannotte :
Outre le fameux statut que vous préconisez dans votre mémoire, de quelle façon
le projet de loi pourrait favoriser la préservation du patrimoine
architectural du Parc olympique?
M. Tremblay
(Michel A.) : C'est ce que je présentais quand je disais que c'est des
outils additionnels au projet de loi.
Je ne pense pas... en tout cas, le projet de loi n'est peut-être pas l'outil
qui permet de répondre à tous les objectifs. Le projet de loi, c'est la loi constitutive de la société. Donc, la société
va avoir ses objets, sa gestion et ses projets. Avec le classement, on fait intervenir un regard
indépendant, une autorité indépendante, une autorité experte en matière de
patrimoine pour regarder ces
projets-là qui vont être présentés par la RIO... pardon, par la nouvelle
société du Parc olympique, pour s'assurer que c'est compatible avec la
protection de la valeur patrimoniale du quadrilatère.
Mme Jeannotte :
Pas d'autre question. Est-ce que mes collègues ont d'autres questions,
peut-être?
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce qu'il y a d'autres questions?
Non? Oui. Alors, la ministre. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Je reviendrais,
M. Tremblay, sur le financement auquel vous avez fait référence dans votre laïus, sur les revenus, les emprunts et
la fameuse subvention d'équilibre. Aujourd'hui, avant que... on ne présumera pas de l'adoption du projet
de loi n° 15, les revenus de la Régie des installations olympiques sont
d'environ 60 %, 40 % en subvention
d'équilibre, qui est autour de 17 millions de dollars. Je veux juste
préciser aux membres de la
commission, ici, qu'il n'y a pas eu d'indexation de cette subvention d'équilibre là depuis très, très
longtemps, plus d'une décennie, et qu'avec le projet de loi n° 15 ce que la Société de développement et de mise en valeur du Parc
olympique et le gouvernement du
Québec, comme bon gestionnaire, avec ses sociétés d'État... souhaitons qu'il y
ait 85 % des revenus qui soient
générés par la nouvelle société, et que la subvention d'équilibre du
gouvernement du Québec puisse, à terme, arriver aux alentours de
15 %. C'est vraiment l'objectif, à terme, de la création de cette nouvelle
société. Quand on parle de développement, c'est justement ça, qu'elle puisse
avoir pleine capacité d'aller générer des revenus. On le sait, avec le remplacement, à terme, de la toile du Stade
olympique, on pourra passer d'un 172 jours... — c'est ça, Michel? — 178 jours par année, donc, pour pouvoir opérationnaliser sur 365 jours, d'où
ces chiffres-là, là, qu'on vous amène, M. Tremblay, ce matin sur le
85.15. Je ne sais pas s'il y a un commentaire additionnel que vous souhaitez...
Tremblay (Michel A.) : Non, en fait, c'était purement une
technicalité. J'avais l'impression que le projet de loi ne parlait pas de ces subventions comme faisant
partie des revenus possibles de la société, donc on faisait simplement le
mentionner. Mais peut-être que, dans le
vocabulaire gouvernemental, les avances du gouvernement, ça peut être des
subventions. Écoutez, il ne faudrait pas trop s'attarder sur les
technicalités pour ça.
Mais
je suis satisfait de voir qu'il y a des sommes qui sont prévues, il y a une
continuité au niveau des subventions pour
le Parc olympique, parce que le sous-financement, c'est toujours une grande
source d'inquiétude pour la conservation du patrimoine. On l'a vu dans
le système scolaire, il y a des écoles qui sont à reconstruire parce qu'elles
ont manqué d'investissement en pérennité.
Donc, on veut s'assurer qu'il y a les investissements, les sommes nécessaires
pour le maintien des installations olympiques à long terme.
Proulx (Berthier) : Bien, M. Tremblay, merci infiniment. Merci de
vous être présenté aujourd'hui, très éclairant votre mémoire, merci.
Merci beaucoup. C'est bon pour nous.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : La députée de Labelle aurait une question, et il reste une
minute.
Jeannotte : Bien, dans le fond, j'aimerais ça vous entendre sur le
verdissement. Si on y allait avec le verdissement de l'esplanade, du parc,
est-ce que ça dénaturerait le caractère patrimonial, ça?
Tremblay (Michel A.) : Non, je ne pense pas que ça le dénature,
même... il faut voir le... Vous savez, l'architecture moderne, contemporaine, on regarde le style
international, tout ça, c'est une architecture qui est évolutive dans le temps.
Et, bon, il y a des considérations
aujourd'hui, comme les îlots de chaleur, dont il faut prendre compte. Et, s'il
y a du verdissement sur le site, ce
n'est qu'une amélioration. Et il y a même une continuité avec le parc
Maisonneuve, avec le Jardin botanique, donc
ça nous fait une plus grande masse verte. Et je trouve qu'au niveau de
l'intégration du Parc olympique avec son voisin au nord ce serait
réussi.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Merci pour l'échange. Nous allons
maintenant céder la parole aux députés de l'opposition officielle, alors
avec les députés de Vaudreuil et de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous avez 11 minutes. On s'en rappelle, vous avez
11 minutes.
Benjamin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Donc, bonjour à tous les membres de la commission. Donc, merci,
M. Tremblay pour votre présentation.
Donc,
ma première question. Depuis 1975, Héritage Montréal fait la promotion du
patrimoine architectural historique, naturel
et culturel du Grand Montréal. Dans votre mémoire, je vous ai beaucoup
entendu sur la nécessité de protéger le bâtiment, donc le patrimoine
architectural, mais, comme d'autres groupes qui ont été présents hier, je vous
ai peu entendu sur le patrimoine sportif. Est-ce que vous avez pu
réfléchir là-dessus?
Tremblay (Michel A.) : Sur
le patrimoine sportif, effectivement, il est important. Je pense que la commémoration
des Jeux olympiques, c'est une chose essentielle sur le site. Il y a déjà des
plaques, il y a déjà un musée, hein? On peut l'appeler
comme ça, ou un centre d'interprétation
sur les Jeux olympiques qui se sont tenus. Donc, ça, ça doit se poursuivre.
Et, le Parc olympique,
la nouvelle société peut avoir un rôle à jouer, en fait doit avoir un rôle à
jouer dans la commémoration des grands événements sportifs comme les Jeux
olympiques.
Vous
savez, sur ce sujet-là, le Parc olympique n'est pas le seul endroit qui a reçu
des activités sportives lors des Jeux
olympiques. Il y a aussi d'autres centres, à Montréal, qui en ont reçu. Par
contre, le lieu principal, ça demeure quand même le Parc olympique. C'est le
phare qui... Et on peut facilement imaginer qu'il y aurait d'autres activités
ou un plus grand volume d'activités de commémoration, muséales par
exemple, sur le site pour célébrer l'héritage olympique.
Benjamin : Au niveau de la gouvernance, vous semblez amener... Vous
avez amené une idée assez neuve, donc, au
niveau de la gouvernance, c'est qu'à côté... Est-ce que je dois comprendre que
vous proposez... qu'à côté du comité des immobilisations vous proposez qu'il y ait un autre comité expert en
patrimoine, ou, du moins, c'est ce comité des immobilisations qui deviendrait,
selon vous, un comité expert en patrimoine?
M. Tremblay (Michel A.) : J'en faisais un comité séparé parce que,
le comité des immobilisations, on pense qu'il doit comprendre une expertise en patrimoine dans ses membres, mais il y a
sûrement d'autres expertises qui sont requises, en architecture, en ingénierie, en gestion de projet. Donc, je ne
verrais pas le comité des immobilisations composé uniquement d'experts
en patrimoine.
contre, d'avoir un seul expert en patrimoine, ce n'est peut-être
pas beaucoup. C'est pour ça qu'on propose d'avoir un
comité expert sur les questions de patrimoine et d'architecture.
Benjamin : Vous comprendrez
que la consultation que nous menons actuellement vise autour d'une nouvelle instance qui est une société de développement et de mise en valeur. Sur l'aspect du développement, vous avez...
Vous êtes beaucoup intervenu sur le quadrilatère, donc, autour
duquel se trouve actuellement le Parc olympique, mais on va déborder un
petit peu, si vous permettez, puisque d'autres groupes l'ont fait lors de leurs
mémoires.
Quelle
est votre vision? Par exemple, quels seraient les liens entre le Jardin
botanique, qui est de l'autre côté de la rue... Pourquoi est-ce que le Jardin botanique ne se retrouverait pas
intégré à cette vision que vous nous proposez aujourd'hui?
M. Tremblay
(Michel A.) : Je ne vois pas de conflit dans ce que vous proposez. Le
Jardin botanique est déjà... Il y a déjà un certain maillage entre les deux sites, ne
serait-ce que par le Biodôme et le Planétarium. Il y a déjà un
lien sous le viaduc de la rue Sherbrooke.
Il y a déjà une continuité. Donc, on peut circuler d'un à
l'autre à pied, sans traverser de rue.
Donc, je ne vois pas
d'incohérence ou d'incompatibilité à ce qu'il y ait un maillage encore plus
fort entre les deux sites, surtout, pour
reprendre ce que madame proposait tantôt, avoir un plus grand verdissement du
site, qui va aider à réduire les îlots de chaleur. Et, honnêtement, je
pense que les gens aussi préfèrent marcher dans un environnement verdoyant
plutôt que sur du béton. En fait, tout ça va très bien ensemble.
M. Benjamin :
À l'est, maintenant, à l'est de ce quadrilatère, donc c'est à l'est de la rue Viau...
Hier, je posais la question à un autre intervenant. Il y a à peu près deux... Il
y a deux ou trois terrains qui sont en friche qui seraient peut-être sujets à un développement ou à une forme
de revitalisation dans ce secteur-là. Quelle est la vision... Quelle est la
vision que porte Héritage Montréal au niveau
du développement économique, du développement économique de ce secteur?
M. Tremblay (Michel A.) : Le développement économique, si on regarde les
retombées, si on veut, du Parc olympique pour l'est de Montréal, elles ne
seront pas vraiment vers le nord, parce que, le nord, ce sont des parcs, le
parc Maisonneuve, le Jardin botanique. Mais, au sud, c'est
Hochelaga-Maisonneuve, et je pense que c'est là qu'il y a le plus grand
potentiel d'amélioration du lien entre le Parc olympique et son environnement,
et son milieu.
y a déjà une forme de rapprochement qui se fait. Si on regarde... Il y a le
stade de soccer de l'Impact qui est dans le quadrilatère, mais ils ont fait un centre d'entraînement dans
l'ancienne caserne de pompiers Letourneux, donc qui est plus du côté de
la rue Sainte-Catherine. C'est un des bâtiments de l'ancienne ville de
Maisonneuve.
Donc, on voit déjà qu'il peut y avoir un
plus grand maillage entre les deux, et il
y a des services qui peuvent être
ajoutés sur les rues commerciales, comme Ontario,
pour desservir un peu mieux le Stade
olympique. Pour ce qui est de la rue
Viau, il y a peut-être des projets de construction ou de faire du développement
là-dessus, je ne saurais trop, il faudra voir les projets. Il ferait partie, à ce moment-là, d'une aire de protection.
Si on fait un classement du quadrilatère avec une aire de protection tout le tour, donc il y aurait une
analyse des projets qui seraient présentés, sur la rue Viau, ou Pierre-de
Coubertin, ou sur Pie-IX, et, encore
là, pour s'assurer qu'il y a une compatibilité avec l'architecture du stade,
toujours dans l'idée de ne pas
dénaturer l'ensemble, de ne pas bloquer des vues ou... enfin, il faut que tout
ça... L'élément dominant, c'est le stade, il faut que ça demeure comme
Benjamin : À la page 5 de votre mémoire, deuxième paragraphe, et
je vous cite : «Dans ce contexte, il faut s'assurer que tout projet dans
ce quadrilatère, même un projet qui serait initié par le Parc olympique, soit
soumis à l'approbation d'une autorité
gouvernementale indépendante, compétente et éclairée en matière de patrimoine
et dont le but premier est d'assurer la protection de l'ensemble.» À
quelle autorité gouvernementale vous pensiez à ce moment-là?
Tremblay (Michel A.) : Bien, c'est dans le cadre du classement, c'est
donc le ministère de la Culture qui peut avoir une opinion là-dessus, peut en
référer au conseil du patrimoine pour avoir des commentaires, des opinions.
voudrais juste préciser : il n'y a pas de jugement porté sur
l'administration de la RIO, là, je pense que M. Labrecque, le conseil d'administration, tout ça, fait un
excellent travail, et ça va très bien. Mais il faut regarder le long terme, il
faut regarder dans cinq ans, dans 10 ans, dans 30 ans. Une loi
comme ça, elle est là pour longtemps. Les gens changent, et il peut y avoir une vision du conseil
d'administration de la nouvelle société qui, un jour, soit orientée très
développement et qui voit le Parc olympique comme étant du terrain à
développer. Donc, on voit qu'il peut y avoir un conflit d'objectifs entre ce que le conseil d'administration de la
nouvelle société peut vouloir éventuellement et la protection du patrimoine.
C'est pour ça qu'on propose d'avoir une autorité indépendante des objectifs financiers
de la nouvelle société.
Benjamin : Maintenant, vous comprenez aussi... Et je crois que c'est
une préoccupation qu'Héritage Montréal partage
avec nous, donc, sur l'importance que ce développement-là se fasse, aussi,
beaucoup de citoyens nous l'ont rappelé, l'acceptabilité sociale. Et quelle est
votre réflexion sur les enjeux d'acceptabilité sociale par rapport à la vision
à venir de cette nouvelle société là?
M. Tremblay (Michel A.) : Je vous
remercie de la question, ça me permet d'élaborer un peu plus sur la table de concertation que je voulais présenter tout à
l'heure. C'est un mécanisme... je pense que c'est probablement la solution
là-dessus, c'est un
forum qui permet à toutes les parties prenantes d'échanger sur les projets, sur
les orientations, de faire connaître leurs intentions, mais leurs
contraintes, et faire des recherches de consensus. Ce qu'on voit, avec la Table
de concertation du Mont-Royal, c'est
vraiment quelque chose qui fonctionne bien. Dans cet exemple-là, vous avez tous
les propriétaires et gestionnaires du
site du mont Royal, des universités, l'oratoire Saint-Joseph, des cimetières,
des hôpitaux, et vous avez le milieu
associatif, Les Amis de la montagne, le conseil régional de l'environnement,
Héritage Montréal, d'autres organismes
également, et on échange sur les différents projets que la ville propose, par
exemple, et on commente, et on améliore les projets pour les rendre plus
acceptables.
Si on avait une telle table de concertation pour
le Parc olympique avec ses voisins, je pense, entre autres, à Hochelaga-Maisonneuve, et avec le Jardin botanique
et le parc Maisonneuve, bien, on serait capable de faire évoluer les
projets de sorte qu'ils soient plus acceptés par la population et mieux adaptés
aussi à la population.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous remercie. Vous avez eu la chance
quand même de donner votre réponse. Alors,
nous y allons avec le deuxième groupe d'opposition, avec le député de Rosemont.
Vous avez toujours 2 min 45 s.
Marissal : Merci, Mme la Présidente. M. Tremblay, merci pour la
présentation, c'est assez éclairant. Je
vais continuer là où était mon collègue de Viau. La table de
concertation, vous venez de nommer la liste des gens, elle n'est probablement pas exhaustive, là, des gens pour le mont Royal. Effectivement, ça fonctionne assez bien. Et il
y a eu des débats assez chauds autour du mont Royal depuis
une vingtaine d'années. Puis, pour le moment, on a évité le pire. Et c'est
tant mieux. Et c'est peut-être grâce à cette table-là. Mais, dans la liste que
vous avez faite, qui n'est pas exhaustive, je présume,
vous n'avez pas nommé des citoyens, vous avez nommé des institutions, des groupes, des associations. Est-ce
qu'il y a, un, des citoyens sur cette table de concertation? Et, dans le cas
du Parc olympique, puisque c'est de ça dont on parle ici, est-ce
qu'il serait utile, pertinent d'avoir au moins un ou une représentante de la population?
M. Tremblay
(Michel A.) : Je ne sais pas
si, au niveau de la table de concertation du mont Royal, il y a
des citoyens comme
tels. Je suis allé quelques fois, là,
mais je ne maîtrise pas qui vraiment y participe. Est-ce que ce sont des
citoyens comme tels ou des
représentants d'associations de citoyens? J'aurais tendance à penser que c'est
peut-être plus des associations de
citoyens qui pourraient être représentés. Mais, écoutez, je suis bien ouvert,
je suis bien ouvert à ça, là. On propose un principe d'une table de concertation. Comment elle serait constituée? Ça
sera à la table elle-même de développer ça, mais je pense qu'une participation citoyenne est importante. Est-ce que c'est
des personnes individuelles ou un regroupement de personnes? Ça, je n'ai
pas vraiment d'opinion là-dessus.
M. Marissal :
Non, je me suis mal exprimé. Je ne pensais pas à une personne en soi, qui, de
toute façon, se trouverait isolée dans un ensemble, puis n'aurait pas la
légitimité d'un groupe. Alors, on se comprend là-dessus.
Votre comité
du patrimoine, puis il va vous rester 40 secondes pour répondre, je suis
désolé, le comité du patrimoine, vous le voyez comment, constitué
comment? Et quels seraient ses pouvoirs?
M. Tremblay (Michel A.) : C'est
un comité consultatif qui pourrait, par exemple, se rapporter au comité des immobilisations. Ça peut aussi être un comité
consultatif qui fait rapport, des fois, au conseil d'administration comme tel.
Ça peut être l'une ou l'autre formule ou les
deux, là. Et il faut peut-être y penser un peu plus, au mécanisme. On proposait
simplement le principe d'un comité sur le patrimoine pour accompagner les
décideurs.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Merci pour l'échange. Nous cédons maintenant la parole au troisième groupe d'opposition avec la députée
de Gaspé. Vous avez 2 min 45 s.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Très heureuse qu'on ait aussi des représentants du domaine plus patrimonial
aussi, parce que je vais y aller d'un commentaire plus général, parce que
mes collègues ont posé des questions qui répondent,
bien, en fait, à mes questionnements initiaux.
Alors,
j'aimerais savoir... Parce que vous êtes dans l'héritage, dans le patrimoine, à Montréal,
on a souvent des sites qui sont à
caractère plutôt touristique, qui auraient un potentiel de classement
patrimonial. Donc, on se renvoie la balle d'un ministère à l'autre. Et même
je pourrais inclure là-dedans le ministère
des Affaires municipales, aussi, qui
aurait un mot à dire pour tout ce qui
est de la gestion du classement de notre patrimoine au Québec.
Alors, est-ce qu'il y aurait pour vous une façon d'améliorer la coordination de tous ces ministères-là
qui ont un mot à dire, finalement, sur la gestion du patrimoine au Québec?
M. Tremblay (Michel A.) : Oh là
là! C'est une vaste question. Mais fort heureusement on a eu des réflexions là-dessus,
à Héritage Montréal. Et c'est tout le volet de la cohérence de
l'action gouvernementale en
matière de patrimoine. Et ce qu'on a déjà proposé là-dessus,
c'est d'avoir une
loi sur le patrimoine comme tel. Parce que
le ministère de la Culture, dont relève le patrimoine actuellement, bien, c'est une dimension du gouvernement. Mais le gouvernement, c'est aussi des infrastructures de transport,
c'est aussi des infrastructures de santé. Il y a toute une action gouvernementale qui contient... ou qui
affecte des éléments, des bâtiments qui peuvent être patrimoniaux. Donc, on
pensait qu'une approche plus globale, par
une loi spécifiquement sur le patrimoine serait une façon d'avoir une
approche cohérente au niveau de toutes les institutions du gouvernement.
Mme Perry Mélançon : Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Bien, écoutez, merci, M. Tremblay, pour votre contribution
pertinente, hein, aux travaux de la commission.
Nous allons
suspendre quelques minutes ou quelques secondes, le temps de donner au deuxième groupe... à s'installer.
(Suspension de la séance à 10 h 15)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, bonjour, tout le monde. Bonjour. Nous souhaitons la bienvenue...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Attention, s'il vous plaît! Nous souhaitons la bienvenue à M. Kevin Gilmore,
président et chef de la direction du Stade Saputo. Je vous rappelle, M.
Gilmore, que vous avez 10 minutes pour votre présentation et je vous
invite d'abord à vous présenter avant de commencer votre exposé.
Gilmore (Kevin) : D'accord, merci. Merci, mesdames, messieurs, membres de la commission. Je vous remercie
pour votre invitation et votre attention.
Kevin Gilmore, président et chef de la direction de l'Impact de Montréal. Ça
fait 25 ans que je suis dans le
domaine du sport et du divertissement. J'ai oeuvré et j'ai passé 23 ans en
Californie. J'ai oeuvré avec des
grandes entreprises dans le domaine, comme la compagnie Walt Disney, les Ducks
d'Anaheim, dans la Ligue nationale de
hockey, les Angels de la Californie, dans le baseball majeur, les Kings de Los
Angeles, dans la LNH, et Anschutz Entertainment
Group, AEG, une compagnie globale de divertissement et de sport. Je suis revenu
à Montréal en 2011 pour prendre le poste de chef de l'exploitation des Canadiens de Montréal
et puis, depuis six mois, je suis à la tête de l'Impact de Montréal et du Stade Saputo. Donc, j'ai une expérience
assez longue dans le domaine, et puis ce que j'aimerais faire, c'est vous partager mon opinion, du point de vue micro et macro, sur le projet
de loi n° 15
et comment cela peut nous affecter positivement en tant que
partie
prenante du Quartier olympique, en tant que propriétaires du Stade Saputo et de
l'équipe professionnelle qui joue ses matchs au Stade Saputo.
Du point de vue Impact, Stade Saputo, c'est public qu'on cherche à faire des
rénovations majeures dans le stade. C'est
un stade qui a coûté 60 millions, qui a été bâti et rénové déjà,
bâti en 2008, je crois, rénové en 2012, et puis on voit aujourd'hui que
la ligue a vraiment évolué, la ligue... c'est peut-être la ligue avec la plus
forte croissance en Amérique du Nord, la
ligue sportive avec les plus fortes croissances, où on se retrouve avec des
stades, maintenant, qui sont construits au coût de 250, 350 millions US. Donc, pour être capable de
compétitionner et mettre une équipe sur le terrain, qui peut compétitionner avec les autres équipes, notre
propriétaire a publiquement dit qu'il était prêt à investir des sommes assez
importantes, privées, pour rénover le stade.
Mais ce n'est pas seulement une rénovation à
l'intérieur, il faut aussi travailler avec nos partenaires à la RIO. Et même on a eu des discussions avec eux autres
pour s'assurer que, si nous autres, on veut investir dans le stade, on peut
travailler ensemble pour créer un
environnement, une approche au stade, une marche au stade, un environnement
autour du stade qui reflète vraiment qu'on est une équipe de première
classe dans une grande ville sportive.
Du point de vue macro, moi, j'ai eu la chance,
quand j'étais avec AEG, de témoigner et même d'être
partie de trois gros projets, projets de développement dans
le domaine du sport et du divertissement, qui ont été transformateurs dans
trois grandes villes: Los Angeles, Londres et Berlin. Los Angeles, en 1999, AEG
a construit un aréna de 18 000 places sur ce qui était un terrain industriel. Au début, c'était 25 acres,
finalement on s'est restreint à huit acres, et, sur une période de
10 ans, on a construit non seulement l'aréna, mais un théâtre de
7 000 places, un club de musique de 1 500 places, deux hôtels, des condos et plusieurs
établissements commerciaux, ainsi qu'une tour de bureaux. Et puis ce qui est
arrivé, c'est qu'on a pris une
section désuète de la ville de Los Angeles, juste au sud du centre-ville, et
c'est maintenant un centre de divertissement et de sport qui attire
20 millions de personnes par année.
Ensuite, on a
regardé à Londres. Et, si vous vous souvenez, en l'année 2000, ils ont
construit le Millennium Dome, qui
était une grosse tente blanche, pour célébrer l'année 2000, un
investissement important de la part du gouvernement, et personne n'avait pensé : Qu'est-ce qu'on va
faire après? On a approché le gouvernement, on a pris possession de la grande
tente, qui n'avait rien en dessous, on a
construit vraiment une ville à l'intérieur de la tente avec un aréna de
17 000 places, un lieu pour
un casino qui était projeté dans le temps, et puis un aspect commercial, pas de
résidentiel, mais strictement restaurants, bars, etc., commerces au
détail à l'intérieur d'une tente qui maintenant attirent 8 millions de
personnes par année.
Plus
récemment, AGE a ouvert ce qu'ils appellent Mercedes Platz à Berlin. L'aréna a
été construit vers l'année 2011-2012,
un aréna de 16 000 places, et maintenant, aux alentours, on retrouve
tous les éléments qu'on retrouve à L.A. Live et à l'O2 à Londres.
Donc, c'est
une compagnie qui a pris des sites, dans le cas de Los Angeles, sites
industriels; dans le cas de Londres, une infrastructure qu'ils avaient
construite sans vraiment de la planification de l'avant; et puis, Berlin,
c'était vraiment un site, une terre juste à
l'extérieur de la ville. Et puis on a créé des centres qui sont des
destinations 365 jours par année, pas seulement pour les touristes,
mais pour les résidents de la ville.
Je fais
partie du
comité du quartier avec M. Labrecque, en tant que
partie prenante, avec
l'Impact, et puis, mes deux premiers meetings, j'ai été très tranquille, comme
M. Labrecque peut l'attester, je n'ai pas dit grand-chose. Mais on m'a posé la question,
à mon troisième meeting, qu'est-ce que je pensais, et puis j'ai regardé les 3,6 millions pieds carrés
du Quartier olympique, qui est 10 fois
plus grand que ce qu'on a fait à L.A. Live, et toutes les infrastructures qu'on a eu à construire à
Los Angeles, à Londres et à Berlin existent déjà dans le Quartier olympique.
Tout ce qui est nécessaire est là. Je
pense qu'il y a 1 million de
visiteurs par année, au Quartier olympique, deux stations de métro, dans une
ville qui, d'après moi, semble
s'étendre vers l'est. L'est de Montréal, je pense que c'est un aspect important
dans la croissance de la ville, et puis on a tous les éléments pour
qu'il y ait quelque chose de vraiment spécial.
Moi,
je regarde la loi n° 15, j'en ai parlé avec M. Labrecque aussi, je
crois que c'est un projet de loi qui peut donner les outils pour permettre à la RIO d'entrer dans des partenariats avec
des entreprises privées, avec le but de créer non seulement un site touristique, mais un site touristique qui
en a encore plus à offrir et aussi un site de... une destination pour les
résidents de la ville de Montréal, une place où on veut aller, non
seulement pour voir un match de soccer, ou un spectacle au Stade olympique ou tous les autres éléments qui
sont là, mais parce qu'il y a des choses à faire, pas seulement dans le
contexte de l'événementiel, mais ce
qu'on fait avant un événement, ce qu'on fait après un événement et même ce
qu'on fait les journées où il n'y a
pas d'événement. C'est une place où on peut y retourner parce que ça devient
vraiment une destination pour les résidents de la ville de Montréal.
Donc,
moi, c'est mon opinion macro sur le projet de loi n° 15.
Je crois que, de plus en plus, on voit des partenariats public-privé qui ont pour but de créer quelque
chose de transformateur, tant au niveau pour le public, pour la population,
mais aussi pour le privé qui cherche à faire
un investissement et avoir un retour sur l'investissement. Donc, je pense que
j'ai pris moins de mes 10 minutes, mais je vous remercie.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. Gilmore. Alors, nous y
allons avec la ministre. Vous avez encore 16 min 45 s.
Proulx (Berthier) : M. le président, chef de direction,
M. Gilmore, merci de votre présence ici. Toujours un plaisir de partager avec vous. Vous avez été sur
des événements majeurs, 25 ans dans le sport et dans le divertissement.
Vous avez une feuille de route qui
est impressionnante, M. Gilmore. Merci, d'ailleurs, de vous présenter
aujourd'hui dans cette commission parlementaire là.
Donc, le projet de
loi n° 15, société de développement et de mise en
valeur du Parc olympique. Votre projet d'agrandissement,
on en a, au ministère du Tourisme du Québec, entendu parler. C'est un beau
projet pour l'est de Montréal. Vous
savez que le gouvernement du Québec a à coeur, et c'est un engagement
politique, de développer l'est de Montréal, et nous considérons que ça
doit impérativement passer par le Stade olympique. Comment allez-vous, avec la
nouvelle société, si le projet de loi... je
ne veux pas présumer qu'il sera adopté, là, s'il devait être adopté, comment
vous allez vous arrimer avec la RIO dans votre projet de développement
et d'agrandissement, de mise à niveau du Stade Saputo, qui va vouloir exploiter, donc, de ce que je
comprends, le côté nord du terrain, le quadrilatère du parc, donc, qui va
donner sur la rue Sherbrooke, potentiellement un peu aussi sur la rue
Viau, pour ne pas qu'un entre en compétition avec l'autre et s'assurer d'un bon
arrimage entre les projets de développement de la RIO et ce que vous avez à
proposer, M. Gilmore?
Gilmore (Kevin) : Bien, je pense qu'il faut s'arrimer certainement
sur... Premièrement, il y a entre les quatre murs et à l'extérieur des
quatre murs. Entre les quatre murs, c'est une question de changer
l'expérience... d'améliorer l'expérience
pour les clients, tant au niveau les gens qui font
partie de nos membres,
niveau concessions, salles de bain, etc., circulation, aires de
circulation, mais aussi du côté nord, comme vous avez dit, pour créer vraiment
une expérience plus corporative et VIP. La
plupart des équipes... puis, peut-être, je veux en dire trop, mais, quand on
regarde les équipes sportives, quand
on regarde, disons, 20 000 sièges, il y a environ 30 % à
35 %... c'est haut, on va dire entre 25 % et 35 % des sièges
qui sont pour des corporatifs ou VIP premium, des loges corporatives, des
restaurants, etc., puis souvent ça représente environ
60 % de leurs revenus de matchs. Nous autres, on est environ à... je
dirais, l'aspect premium, on est à 10 %, 15 %, et puis 10 %, 15 % de nos revenus. Donc, du
point de vue affaires, il faut vraiment prendre le côté nord et rénover ça. Mais
ça, c'est entre les quatre murs.
l'extérieur des quatre murs, c'est une question, vraiment, de... Présentement,
les gens se présentent au stade, ils viennent pour l'événement, ils
rentrent, ils sortent et ils s'en vont. On n'a pas d'expérience avant, on n'a
pas de... Juste pour donner un exemple, on
ne peut pas faire le tour du stade, on doit marcher dans le gazon, à travers des arbres, etc. Ce n'est pas aménagé pour, vraiment,
créer une aire de circulation autour du stade, ou même une promenade pour
rentrer vers le stade, un lieu où les gens veulent venir avant le match,
peuvent se promener avant, surtout si on parle d'un développement au-delà de juste ce qu'on parle présentement ici,
mais ce que le projet de loi veut faire, permettre vraiment
la commercialisation de certaines parties du quartier.
Donc,
sur l'aspect circulation, l'aspect entrée du stade, il faudrait travailler très
prochement avec la RIO. On a déjà, même,
eu des discussions pour se diriger vers ça et s'assurer qu'en fin de compte ce
qu'on veut faire en concert avec la RIO est en ligne avec son rôle comme
gestionnaire du Parc olympique.
Mme Proulx
(Berthier) : Oui, parce qu'on va vouloir s'assurer que l'expérience
client, touristique, que vous allez offrir
avec des améliorations, une expérience différente du côté du Stade Saputo, que
l'expérience au Stade Saputo des touristes
et des Québécois, des Montréalais puisse ensuite verser naturellement vers le
Stade olympique, le Biodôme, à terme.
Gilmore (Kevin) : Autant en arrivant qu'en sortant. En arrivant, que
ça fasse
partie de l'environnement, que, vous savez, il y ait une fluidité à l'arrivée au stade, et, en sortant,
être capable de vraiment rester là au lieu d'aller en voiture et puis
quitter.
Mme Proulx (Berthier) : Ou d'entrer
par le stade et de s'amener chez vous?
M. Gilmore
(Kevin) : C'est ça.
Mme Proulx (Berthier) : Ou
l'inverse, M. Gilmore?
M. Gilmore (Kevin) : Oui.
Mme Proulx (Berthier) : O.K. Vous
avez fait référence au O2 Center qui était dans un terrain complètement
désaffecté, la même chose pour le L.A. Live, qui n'était pas un site prisé, là,
pour du développement économique, le Mercedes
Platz également, à Berlin, qui était situé en dehors de la ville, donc des
sites industriels, des zones un peu désaffectées.
Avec ce que
vous proposez en termes de vision, là, pour le développement du Stade Saputo,
là, ce que vous nous avez présenté,
il y a peu d'enjeux liés, donc, à l'acceptabilité sociale parce que vous êtes
dans des zones un peu désertes, si vous
me passez l'expression. Là, vous arrivez dans un arrondissement, une
partie de
la ville de Montréal qui est beaucoup plus
densément peuplée que ce à quoi vous faites référence. Comment vous allez vous
assurer qu'il y ait une acceptabilité sociale avec le plan de
développement que vous présentez aujourd'hui?
M. Gilmore
(Kevin) : Bien, nous autres, présentement, nos activités au stade ne
vont pas changer, hein, dans le sens
qu'on a 17 matchs dans la saison régulière, on en a 19 avec le championnat
canadien, les séries on peut en rajouter une couple d'autres, peut-être quelques matchs amicaux, donc on a entre 19
et, je dirais, 21, 22 événements par année. Ça, ça ne va pas changer. La seule chose qui va changer dans
le quartier, c'est vraiment l'arrivée des gens et le fait que les gens vont
rester, on espère, dans un quartier qui est
aménagé pour attirer les gens et les garder là, permettre que les gens puissent
aller manger avant un match, rester
après un match, aller prendre un verre, se tenir dans le quartier. Et puis ça,
honnêtement, ce n'est pas sur
l'Impact de faire ça. Nous autres, on devient une ancre pour l'événementiel, on
devient 22 des événements qui attirent
les gens. C'en prend plus que 22, événements, c'est pour ça que la
réaffectation du Stade olympique, c'est quelque chose d'important, pour
être capable de donner plus que 20 événements par année. Parce que, comme
à Los Angel, à L.A. Live, on a
600 événements par année entre les trois sites dont je viens de
mentionner. Donc, nous autres, on joue un petit rôle là-dedans, c'est une vingtaine d'événements par année, mais
en travaillant avec la RIO pour vraiment créer une vision plus à travers
le quartier, comment on peut travailler ensemble pour attirer les gens et les
garder là...
Mme Proulx
(Berthier) : Vous parliez de la société de développement mais
également de la mise en valeur du Parc olympique. J'imagine, M. Gilmore,
que, dans ce que vous souhaitez construire ou de mettre à niveau avec le Stade
Saputo, vous allez vous arrimer également pour ne pas avoir une cicatrice
architecturale qui détonerait avec le Parc
olympique ou que tout agrandissement viendrait cacher ma tour, je veux dire, ma
tour à moi. Vous allez vous assurer que vous n'allez pas cacher ma tour?
M. Gilmore (Kevin) : Oui. On
comprend l'axe visuel. On le comprend.
Mme Proulx
(Berthier) : O.K. Oui,
parfait. Excellent. C'est impératif pour nous. Donc, vous avez évidemment, dans...
M. Gilmore
(Kevin) : Oui. Non, écoutez,
c'est un enjeu. Parce que, je veux dire, j'écoutais M. Tremblay puis je
me disais : On peut toujours
mettre le quartier dans une bulle et puis préserver l'aspect patrimonial pour
des années et des années, mais il y a beaucoup
de sites patrimoniaux, dans toutes les grandes villes, qui sont préservés, mais
ils font
partie d'un quartier
vibrant. C'est beau d'avoir des patrimoines, mais, si on a ou si on peut avoir
1 million de personnes par année qui
ont la chance d'avoir l'expérience
autour d'un site patrimonial, ou on a 10, 15 millions, ça fait une grosse
différence. On doit le partager,
notre patrimoine, pas le protéger à un certain point où il n'y a aucun intérêt
à y aller. Donc, je pense qu'il y a une balance à faire entre les deux.
Mme Proulx
(Berthier) : Donc, une
intégration architecturale qui va respecter la valeur patrimoniale qu'est le
Stade olympique de Montréal, s'il devait y avoir, donc, des rénovations de mise
à niveau du Stade Saputo.
M. Gilmore (Kevin) : Oui.
Mme Proulx (Berthier) : Je n'ai pas
d'autre question, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Est-ce qu'il y a des députés qui veulent prendre... Alors, nous
laissons la parole à la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Foster : M. Gilmore, je vous
remercie pour votre présentation à la fois très éloquente. Vous avez une
feuille de route fort impressionnante dans les domaines sportifs et
événementiels. Donc, votre opinion et votre avis ici étaient largement utiles. D'ailleurs, j'aimerais vous entendre plus
spécifiquement, vous avez déclaré que le projet de loi amenait des outils,
donc, ouvrait la porte à amener des outils
pour des partenariats avec des entreprises privées, pour faire un ancrage
événementiel touristique avec le
site. Justement, je voudrais vous entendre plus amplement, est-ce que vous avez
des commentaires à formuler justement
sur la structure administrative ou les mesures de gouvernance qui seraient
mises en place par le projet de loi, qui permettraient et qui
favoriseraient ça?
M. Gilmore (Kevin) : Non,
sauf, en général, je pense que le système de gouvernance, et l'aspect
administratif qui doit être mis en
place, doit protéger les intérêts patrimoniaux du quartier et les autres
enjeux, mais il doit aussi être, comme on
dit, «open for business». On ne peut pas être tellement... La gouvernance peut
être un très bon outil et, des fois, ça peut être un obstacle, dans le sens
qu'on doit être ouverts... Si on veut entrer dans des partenariats public-privé
pour créer un quartier de
divertissement, et sportif, culture, etc., et vibrant avec des gens qui
viennent là à chaque année, ça prend une ouverture. Il ne faut pas s'ancrer dans l'administratif, dans la
gouvernance à un certain point où les gens d'affaires viennent, s'assoient à la table avec des projets vraiment
visionnaires, transformateurs, puis ils se rendent compte à la fin que c'est
impossible. Il faut prendre ça en ligne de compte.
trois sites que j'ai mentionnés... Celui à Londres a été fait avec le
gouvernement de la Grande-Bretagne, très étroitement lié avec eux autres, point de vue... l'aspect patrimonial de
la grande tente qui avait été construite un an avant, mais quand même c'était
important. AEG a travaillé avec eux autres, mais eux autres étaient ouverts à
créer quelque chose qui permettait à
l'entreprise privée d'entrer là, d'investir des sommes importantes d'argent
dans le projet, mais d'avoir un rendement sur leur investissement.
Mme Foster :
Parfait. Moi, je n'ai pas d'autre question.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Est-ce qu'il y a... Oui, le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je me permets, M.
Gilmore, de vous saluer, à l'instar de Mme
la ministre et Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, de souligner votre feuille de
route. Je suis un grand amateur de
sport, et de voir avec quelles équipes que vous avez collaboré, c'est
impressionnant, et je suis convaincu qu'en vos mains on est capables
d'aller plus loin.
je me permets aussi, par votre entremise, de saluer un collègue que j'ai connu
dans une autre vie, Richard
Legendre, que vous saluerez de
ma part, s'il vous plaît, un homme que j'ai beaucoup apprécié.
justement je veux vous parler de la contribution de l'Impact. Moi, je suis un
fan de l'Impact. J'ai eu le plaisir de participer
à un de vos événements l'année dernière. J'aimerais y aller plus souvent,
effectivement. Et je vous souhaite une bonne
saison, là, une bonne continuité de saison. Mais j'aimerais avoir peut-être des
données sur l'Impact et l'impact que vous avez sur le tourisme à
Montréal, la provenance des fans, ceux qui viennent aux matchs.
Parce que, là, on
parle de développer la société. Le projet de loi n° 15
que la ministre met en place va permettre justement de faire un pas de plus. On
veut justement attirer des gens au Québec, et des gens du Québec aussi qui vont
vous voir. Avez-vous des données du Québec ou de l'étranger, les gens qui
viennent voir les matchs à Montréal?
Gilmore (Kevin) : Oui, on a des données, mais, généralement, je vais
vous dire que la plupart de nos partisans, de nos membres viennent de la
grande région de Montréal, puis ça, c'est normal avec le sport.
qui attire le tourisme, c'est les grands événements. Je vous donne un exemple.
Le club Real Madrid est venu s'installer
ici, à Montréal. Il s'est installé à Montréal pendant 10 jours cette année
pour un entraînement. Le Real Madrid, c'est peut-être le plus grand club
au monde, avec des gens, partout au monde, qui sont fans finis de...
M. Gilmore
(Kevin) : Oui, oui, je le sais. Il y en a qui...
Une voix :
Le Barça, oui. Le Barça est fort.
M. Gilmore
(Kevin) : ...prennent Barcelone, mais j'ai dit : Un des grands
clubs. Mais ils sont venus s'installer à
Montréal pour faire leur entraînement à notre centre d'entraînement qui est
justement sur la rue Notre-Dame, juste au sud du stade, et puis on a fait une pratique ouverte où on avait
12 000, 13 000 personnes, puis ils parvenaient de partout, ce
n'était pas juste le Québec, il y avait des
gens de New York, il y avait des gens du Maine. On avait des données précises
sur les gens, qui venaient de partout parce que c'était vraiment... ce
n'était pas l'Impact, c'était un club de l'Europe qui s'installait ici, les
gens voulaient les voir.
sport en général attire la ville. Mais je pense que, quand on parle d'impact
touristique, rayonnement, les clubs sportifs
jouent un grand rôle dans la fierté d'une ville, dans ce que le rayonnement
d'une ville... Tant au niveau, dans notre cas, régional, provincial, national
et international, ça permet aux gens, à travers le sport, que ça soit le
Canadien de Montréal, les Alouettes ou
nous-mêmes, de se rattacher à une ville, même s'ils ne viennent pas de la
ville, éventuellement venir visiter leur club.
Donc,
ce n'est pas le «driving force», comme on dit, le tourisme, pour l'Impact. Ce
qui est plus important, quand je
regarde le Quartier olympique, c'est le tourisme qui va venir avec des grands
événements. Je parle souvent de... Quand je suis arrivé ici en 2011, U2 faisait une tournée cet été-là et puis
ils jouaient seulement dans les stades extérieurs, les grands stades, donc ils allaient passer à travers
Montréal. Evenko a construit un stade temporaire de 80 000 places
pour deux jours, 160 000 personnes qui sont venues de partout.
Avec un grand stade, avec les améliorations qu'on doit faire, ces grands événements vont venir à Montréal. On a la Coupe du
monde, en 2026, qui va venir à Montréal. Ça, c'est des aspects qui vont... Ça, c'est des événements, des grands
événements, Montréal, c'est une ville des grands événements, qui vont amener
des touristes.
M. Lévesque (Chauveau) :
Mais là vous parlez... Puis ça m'intéresse beaucoup, vous avez parlé un peu de
l'avant et de l'après de l'événement.
Effectivement, c'est comme un peu... un peu dénudé dans le secteur. Je pense
qu'il y a un manque, honnêtement. Et,
pour avoir vécu plusieurs événements sportifs... Tu vas à Boston, autour du
Fenway Park, tu as le plaisir,
justement, d'arrêter dans les pubs autour, de prendre une bière avant le match,
après, de célébrer la victoire, la défaite,
peu importe, tu as du plaisir. Et vous en avez parlé tout à l'heure, le projet
de loi va favoriser l'amélioration, peut-être, de l'offre commerciale. Puis la
famille Saputo serait prête à investir ou souhaite investir de l'argent pour
bonifier le Stade Saputo. Quels
seraient, selon vous, ces besoins-là, autour, là, pour améliorer l'offre
commerciale dans l'est de Montréal? Ça serait quoi, là, les besoins?
M. Gilmore
(Kevin) : Bien, je pense que les besoins... Premièrement, sans parler
de l'aspect commercial, toutes les
équipes aiment avoir un point de rassemblement où les partisans peuvent
s'amener avant un match. Surtout, on voit ça dans le soccer. On le voit
un peu dans le football américain, dans le sport collégial.
M. Lévesque
(Chauveau) : Le «tailgate», là, c'est ce qu'on parle un peu, là.
M. Gilmore
(Kevin) : Bien, pas nécessairement un «tailgate», mais une grande
entrée, une grande entrée où les gens peuvent
se rassembler avant. Même le concept de «tailgate» peut entrer... si on a une
grande esplanade qui permet ça, mais pour que l'événement commence deux,
trois, quatre heures avant un match.
L'aspect
commercial, ça, c'est important pour les parties qui vont s'amener à la table
pour dire : On veut regarder un
projet de développement avec vous, la RIO, parce qu'on trouve que, si on
projette... si on a 1 million de personnes, mais, avec ce qu'on fait avec
le stade, avec ce qu'on fait avec le Stade Saputo, avec les événements qu'on va
amener ici, il va y avoir plus
d'achalandage, et nous autres, on veut participer à ça, on veut investir des
dollars dans les aspects commerciaux,
ça, ça va juste ajouter à l'expérience. Ce n'est pas quelque chose que nous
allons contrôler... mais sachant que
Michel et son équipe sont là pour... point de vue gouvernance, administration,
préservation du patrimoine, mais faire le
ballant entre ça et l'aspect commercial, que ça va être un développement qui va
juste améliorer l'expérience pour nos clients.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous ai laissé un peu plus de
temps puisque vous nous aviez accordé... ou, enfin, vous n'aviez pas
pris votre 10 minutes, mais, en temps normal, j'aurais dû vous couper.
Mais c'est bon.
Alors, nous y allons
avec, maintenant, l'opposition officielle, avec le député de Viau. Vous avez
11 minutes.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Merci, M. Gilmore, pour votre présentation.
Donc, je vous ai écouté avec beaucoup
d'attention. Donc, la première question que... Par rapport à votre feuille de
route, vos expériences professionnelles, avez-vous eu, dans votre histoire de vie de développeur... Avez-vous eu
l'opportunité ou l'occasion, que ce soit dans vos différentes expériences, à Londres, Berlin, un peu
partout, de développer des sites protégés ou, du moins, des sites ayant
une certaine valeur patrimoniale?
M. Gilmore
(Kevin) : Le site de Londres était un site patrimonial, dans le sens
que le dôme a été bâti par le gouvernement
pour l'année 2000 et est resté vide. Mais je crois qu'il y avait eu des...
le gouvernement avait été approché pour
faire des développements où on se débarrassait du Millenium Dome. Parce que, si
vous y pensez, c'est une grande tente. Qu'est-ce
qu'un développeur peut faire avec ça, point de vue résidentiel, point de vue
développement commercial, etc.? Donc, cet aspect-là était difficile.
C'était un défi, compte tenu du fait qu'on devait préserver ça. On a travaillé
avec le gouvernement pour s'assurer que c'était préservé et on a
trouvé une façon de bâtir le tout sous le dôme. Donc, de l'extérieur, ça
paraissait pareil, mais, une fois qu'on rentrait à l'intérieur, c'était un
monde presque créé à l'intérieur d'une grande tente. Donc, ça, c'est une
expérience où, vraiment...
autres sites, c'étaient des sites... À Los Angeles, c'est un site industriel. À
Berlin, il y avait certainement un aspect
patrimonial... moi, je n'étais pas vraiment impliqué dans Berlin, mais site patrimonial à
cause de la ville comme telle.
Benjamin : Vous comprendrez
que le projet de loi qu'on étudie, c'est le projet de
loi sur la Société du développement
et de mise en valeur du Parc olympique. Dans
cette mise en valeur... Et beaucoup d'acteurs qu'on a entendus jusqu'à présent... Et d'ailleurs
le projet de loi, d'ailleurs, le dit, il
y a cette volonté de protéger le
patrimoine du Parc olympique, et c'est quelque
chose qui m'apparaît important, cette protection du patrimoine. Et je vous
suis quand vous parlez de l'importance d'avoir cet équilibre.
Qu'en est-il de la
protection du patrimoine sportif du Parc olympique?
M. Gilmore (Kevin) : Merci de poser la question. Parce que,
quand M. Tremblay a répondu, il a parlé de la commémoration... commémorer le sport. Je pense que c'est bien de
commémorer le sport, mais on ne peut pas oublier... ce n'est pas juste
le passé du sport, mais le futur. Comme moi, j'en... Moi, comme, ça fait
27 ans que je suis dans le sport. Le
sport, ça inspire les jeunes, ça inspire la participation. L'impact
positif que le sport a sur la société en
général, tant pour nos jeunes
que notre système médical, on peut passer une commission parlementaire entièrement
sur ça.
Donc, le patrimoine du sport dans le passé, c'est
important, mais ce qui est plus important, c'est comment on peut continuer à
promouvoir l'intérêt dans le sport qui mène à la participation dans le sport
dans nos grandes villes, dans notre société. Le soccer est le sport le plus populaire au
monde. Ça prend une balle, ça prend une ruelle, une cour en
arrière. On a un propriétaire qui, lui, depuis 25 ans, promeut le
sport par entremise de son équipe de soccer, maintenant le centre d'entraînement, qui amène les plus grandes équipes
du monde ici, à Montréal, pour
s'entraîner, et l'académie, qui permet à des jeunes joueurs d'apprendre
le soccer et d'avoir le potentiel de devenir des professionnels.
Mais ce qui est important
dans la promotion du sport, c'est les grands événements, c'est de voir un
match, de s'inspirer d'un joueur, de vivre
les moments qui créent un lien émotionnel entre une jeune personne et un sport
et que cette jeune personne là se
dise : Moi, je veux devenir lui ou elle. Sans les stades, que ça soit le
Stade Saputo ou le Stade olympique, sans les infrastructures sportives,
on ne peut plus inspirer les jeunes, donc on perd ça.
M. Benjamin :
Vous comprendrez que le Parc olympique n'est pas un site situé nulle part,
c'est un site qui est situé dans un
secteur, somme toute, assez résidentiel, au nord. L'autre côté de la rue,
Pierre-de-Coubertin, c'est des résidences. Le Stade Saputo, c'est la
plus... l'une des installations les plus récentes dans ce secteur.
question : Par rapport à la vision de développement de ce secteur, au
niveau de l'Impact ou du moins du Stade Saputo, avez-vous réalisé des
études d'opportunité pour le développement de ce secteur?
M. Gilmore
(Kevin) : Non, parce que,
vraiment, nous autres, quand on regarde notre business de
l'Impact, le micro, comme j'ai dit, c'est vraiment entre les quatre murs
et l'expérience qui rentre là. Ce que j'ai partagé avec vous au point de vue
moi quand je regarde le Quartier olympique, c'est plus une opinion personnelle
et professionnelle, compte tenu de mon expérience.
L'Impact est une
partie prenante dans un petit coin du Quartier olympique, du
côté nord-est. Le stade est là, l'entrée est importante, l'approche est
importante. Ce qui va être créé dans le futur peut être très positif pour nous.
Mais est-ce que nous autres, on a fait des
études? Non, parce que nous autres... Vraiment, quand je mets mon chapeau
Impact et Stade Saputo, je regarde
dans les quatre murs et l'arrivée, et la venue, et le va-et-vient des gens qui
viennent au stade. Donc, non, pas d'étude sur l'aspect du quartier comme
tel.
Benjamin : Vous comprendrez aussi, M. Gilmore, que, quand on parle du
développement économique de ce secteur...
Et là je vais vous poser une question en lien avec justement votre expérience
professionnelle : Comment avez-vous travaillé les enjeux d'acceptabilité sociale autour des différents
projets que vous avez développés par le passé? Comment vous vous êtes pris?
M. Gilmore (Kevin) : Écoutez, moi,
celui dans lequel j'étais le plus impliqué, c'était Los Angeles, et Londres un peu, mais c'est deux développements spéciaux, dans le sens que le... À l'origine, Anschutz Entertainment Group a acheté 25 acres
de terrain industriel au sud du centre-ville commercial... du centre commercial
de la ville de Los Angeles. Et donc il
y avait... Je pense que, dans le temps, il y avait 10 000 résidents,
dans le centre-ville de Los Angeles. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont... tout l'aspect «entitlement»,
zonage, etc., a été fait au préalable pour créer des zones vraiment
résidentielles aux alentours, et puis
ils ont vendu tout, sauf huit acres. Et puis maintenant il y a 100 000 personnes
qui demeurent dans le centre-ville de
Los Angeles. Donc, c'était un peu différent, dans le sens qu'il n'y avait pas
de quartier résidentiel, c'était un quartier
vraiment industriel. Ils ont créé le résidentiel autour,
et puis le mixte était plus vers, je dirais, les jeunes professionnels, comme on voit maintenant au centre-ville de Montréal,
où la vie urbaine est quelque chose d'assez régulier et même désiré par
eux.
Londres, c'était différent, dans le sens qu'il
n'y a aucune résidence dans les alentours, c'est dans la région de Canary Wharf, l'autre bord de la rivière, c'est
des édifices surtout commerciaux, et puis, encore une fois, c'est en dessous
d'une tente. Donc, question de bruits, question de lumières, ce n'est pas vraiment
un enjeu.
Mais,
écoutez, je reconnais que c'est un quartier résidentiel et puis que c'est un
des enjeux. Si on regarde vraiment
un développement, dans le quartier, qui est transformateur, il faut prendre en
ligne de compte l'impact sur les résidents.
Benjamin : Sur les enjeux,
en fait, cette semaine d'ailleurs... Donc, vous semblez suggérer, dans votre
présentation tout à l'heure, de faire une transformation, c'est le mot que
vous avez utilisé, transformation pour en faire une destination événementielle.
Et comment... Et qu'est-ce que... Quels sont les impacts, je fais toujours
référence à vos expériences passées, que
vous envisagez, que vous prévoyez qui peuvent arriver, donc, en termes de...
par rapport à l'acceptabilité
sociale? Vous avez parlé de bruits, y a-t-il d'autres impacts que
vous envisagez?
M. Gilmore
(Kevin) : Bien, dans un premier temps, je veux juste vous corriger, ce
n'est pas une suggestion que je fais,
c'est une opinion que j'ai présentée, dans le sens que moi, je ne suggère pas
que le Quartier olympique devrait devenir un quartier comme L.A. Live ou comme The O2 à Londres, mais a le
potentiel de l'être. Donc, c'est une opinion, une observation de ma part, ce n'est pas une suggestion. Mais,
quand je regarde l'aspect transformateur des développements dont j'ai parlé,
c'est des aspects qui ont vraiment
changé la dynamique d'une... et qui ont enrichi et qui ont, comment je peux
dire, «invigorated»...
Une voix : Revitaliser.
M. Gilmore
(Kevin) : ...revitalisé une portion d'une ville à Los Angeles, de
Londres et de Berlin. Et puis maintenant c'est comme... À Los Angeles,
on ne peut pas imaginer le centre-ville de Los Angeles sans ça, sans L.A. Live.
M. Benjamin :
Et une question, je pense, qui va intéresser beaucoup d'amateurs de soccer, et
l'amateur de soccer que je suis
aussi, en lien avec la prochaine Coupe du monde, qu'est-ce qui est envisagé
actuellement par l'Impact de Montréal, le
Stade Saputo et le Parc olympique en termes d'initiatives, d'actions pour
l'ensemble des amateurs de soccer québécois?
M. Gilmore (Kevin) : Nous autres, on
voit la Coupe du monde en 2026 comme un événement qui pourrait être non seulement un grand événement pour la
ville, pour le soccer, pour promouvoir le soccer. C'est quelque chose d'important pour nous.
J'ai de la misère à imaginer que, si la Coupe du monde vient au Canada, il n'y
aurait pas de match à Montréal, j'ai de la misère en tant que personne
qui oeuvre maintenant dans le sport, sachant l'importance du soccer à Montréal. Du point de vue de notre implication...
puis M. Labrecque peut me corriger, mais je pense qu'on a signé une
entente avec la FIFA en ce qui concerne le centre d'entraînement, pour
permettre aux équipes qui sont ici de se servir du centre d'entraînement
durant le séjour, oui.
M. Benjamin :
Bien, je pense que je...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Il reste 25 secondes.
Benjamin : 25 secondes, et, avec le consentement des collègues,
je vois que M. Labrecque semblait vouloir ajouter un complément de
réponse. Donc, allez-y. Si mes collègues consentent?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, on a besoin du consentement. Est-ce qu'on est d'accord, Mme la ministre?
Mme Proulx
(Berthier) : Oui.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui? D'accord.
M. Labrecque (Michel) : Oui, il y a un partenariat qui est signé. La
ville de Montréal, c'est sa candidature. C'est la ville qui
pilote la candidature, et nous, le Stade Saputo, l'Impact et le Parc olympique,
nous avons signé un document d'engagement, et que la ville transporte par la
suite, oui.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait, merci. Alors, merci pour l'échange intéressant. Nous y allons maintenant
avec le deuxième groupe de l'opposition, le député de Rosemont,
2 min 45 s.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, monsieur. Merci pour la présentation, c'est
assez éclairant.
Moi, je ne connais
rien au soccer, ça fait que je ne ferai pas semblant que je connais ça. Je
remplace le député d'Hochelaga-Maisonneuve qui, lui, est un fan fini de l'Impact. Il aurait peut-être
eu des questions plus sportives à vous poser, mais moi, je veux plus y aller sur... D'abord, une question
météo. Est-ce que le stade fait toujours partie, pour
l'Impact, d'un plan de repli pour les premiers matchs du printemps?
M. Gilmore
(Kevin) : Oui. Ça, c'est un
enjeu qui... Le Stade olympique est un stade qu'on a de besoin parce que, présentement, le Stade Saputo, il
n'y a pas d'hivernisation. On regarde ça comme projet. C'est un autre investissement
qu'on regarde, à faire dans
l'automne 2020. Avec des améliorations au stade, ça va devenir une option
plus plausible, mais présentement c'est un stade... les coûts sont très élevés pour
nous, l'impact financier de jouer des matchs au Stade Saputo, sauf quand c'est des matchs de 60 000 personnes comme les finales de
conférence ou CONCACAF, mais les matchs en début de saison,
financièrement, c'est très difficile.
M. Marissal :
...dit : Stade Saputo. Vous vouliez dire Stade olympique, je présume.
M. Gilmore
(Kevin) : Oui, oui.
M. Gilmore
(Kevin) : Non, le Stade Saputo n'est pas hiverné... hivernisé.
M. Marissal :
Non, vous avez dit : C'est des matchs qui coûtent cher au Stade Saputo.
Vous vouliez dire, je présume, le Stade olympique...
M. Gilmore
(Kevin) : Ah! je voulais dire l'organisation, quand on joue au Stade
olympique, oui.
fait qu'on peut avoir 25 000 personnes au Stade olympique, ça paraît
un peu vide. Au Stade Saputo, 20 000, on est plein à craquer. L'expérience pour les joueurs, jouer sur un terrain
synthétique... C'est tous des enjeux qui font
partie du fait que, pour nous, présentement, ce n'est pas
l'option favorite, dans le sens qu'il y a des enjeux économiques, sportifs
et du point de vue de l'expérience client.
Mais on espère qu'avec la venue de la Coupe du monde en 2026 et les projets
pour le stade, pour se préparer pour ça, ça va devenir un stade parfait
pour les grands matchs.
Marissal : ...ma deuxième question, rapidement, vous aurez à peine le
temps de répondre. Les matchs de 2026, vous
dites, dans votre esprit, il est inconcevable qu'il n'y ait pas de matchs à
Montréal. Pour vous, c'est au Stade olympique?
M. Gilmore
(Kevin) : Oui.
M. Marissal :
...c'est bon. Pas d'autre question. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Pas d'autres questions? Parfait, merci.
M. Marissal :
Bien, oui, mais je n'ai pas de temps.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous y allons avec la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. Gilmore. Moi, je
suis fan de soccer et je me rappelle d'un
souvenir de voyage, justement, la Coupe du monde U20 en 2007, j'y avais
participé. J'étais
partie de Gaspé, puis ça avait été un très beau voyage. Puis c'est le fun de voir des gens qui
ont une vision d'affaires qui inclut tout l'événementiel au niveau
sportif.
Donc, il y a
quand même certaines craintes par rapport à augmenter l'achalandage dans
certains milieux qui ne sont pas
autant dévitalisés que certains secteurs que vous avez mentionnés tout à
l'heure, où est-ce qu'on a eu un investissement massif, là, pour développer des sites, des sites sportifs. J'arrive de
France. Il y a eu la CAN au mois de juillet. En France, c'était vraiment... durant la demi-finale, par
exemple, Algérie-Nigeria, il y a eu quand même de l'action dans les rues, tout
ça, puis ce n'était pas nécessairement sécuritaire, là, ni pour les touristes
comme moi ni pour les résidents, et tout. Donc, est-ce que ça, c'est un aspect que vous considérez? C'est comment on
gère ça, quand je parle, vraiment, pour l'acceptabilité sociale, c'en
fait partie, de tout ça, là, l'aspect sécuritaire de ces événements-là?
M. Gilmore (Kevin) : Mais je
pense que, dans le contexte de grands événements comme la Coupe du monde, l'aspect sécurité, c'est toujours une priorité, et
ça doit être une priorité, puis ça, ça revient aux organisateurs de s'assurer
que la sécurité est là.
Quand on
parle de créer un quartier où il y a plus d'événements par année qu'on a
présentement et plus d'achalandage, la
sécurité est un aspect, mais ce n'est pas... Quand on parle de gros événements,
en France, où il y a eu des problèmes, c'est à cause vraiment de la nature du sport puis de l'événement comme tel.
Donc, ça, ça va être un enjeu. La Coupe du monde en 2026, la sécurité,
ça va être un enjeu, ça va être une priorité.
Mais, en ce
qui concerne aller de 40 événements, dans le Quartier olympique, à une centaine
d'événements puis l'achalandage qui va venir avec ça, on l'a déjà vécu, dans le
sens que... On se souvient, dans les années 70-80, les Expos jouaient 82 matchs par année, puis il y avait
45 000 personnes qui se présentaient. Ce n'était pas nécessairement
un enjeu dans le temps. J'imagine
qu'on a évolué, puis, si on fait quelque chose, il y a des aspects commerciaux,
etc., où les gens peuvent... au lieu de rentrer tous en même temps puis
sortir tous en même temps, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire dans le quartier, que l'aspect achalandage va être
minimisé par le fait que les gens vont venir des heures à l'avance, vont
rester après, donc ce ne sera pas comme le gros rush en rentrant et en sortant,
comme on voyait dans le temps.
Mme Perry Mélançon : Merci.
Rapidement, est-ce que vous voyez du rôle du gouvernement?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Neuf
secondes.
Mme Perry Mélançon : Ah! bon, bien,
on doit passer... Merci beaucoup.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, nous vous remercions beaucoup, M. Gilmore,
pour votre contribution aux travaux de la commission.
Nous allons
prendre quelques minutes, un bon petit cinq minutes, pour une pause et
commander le café pour ceux qui en veulent. Ça vous va? Donc, on se
retrouve à 11 h 5. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 1)
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous allons reprendre nos travaux. Bienvenue à l'Institut national du sport du Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, puis
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite donc à vous présenter puis à commencer votre exposé.
M. Quinn
(Tom) : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre ainsi que Mmes et
MM. membres de la commission, mon nom est Tom Quinn. Je suis président
du conseil d'administration de l'Institut national du sport depuis les derniers
six ans. Juste pour faire un peu de background de mon côté, je suis l'ancien
président, pour 15 ans, des Jeux du Canada. Je suis aussi l'ancien président de Forzani Group, qui inclut Sports
Experts, L'entrepôt du Hockey, Atmosphère et toutes ces bannières-là. J'ai été là pour 35 ans avant
de faire ça. J'étais impliqué... J'étais ancien membre de l'équipe du premier
centre national d'entraînement pour l'équipe
de badminton pour le Canada. J'ai joué l'Omnium canadien,
le US Open puis plusieurs autres choses. «So», j'ai un background beaucoup
dans le sport. Je suis aussi dans le commerce depuis 35 ans, plusieurs choses. Je suis toujours impliqué avec le
sport amateur, depuis longtemps. Et c'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, juste pour continuer à mettre un peu de présence avec l'INS
puis l'opportunité qu'on va avoir au Stade olympique pour continuer le développement
de ce côté-là.
Je suis accompagné de notre président-directeur général, M. Gaétan Robitaille. Nous remercions la commission pour... l'occasion
nous est offerte d'intervenir dans le cadre de cette consultation particulière
sur le projet de la loi n° 15.
L'Institut national
du sport du Québec est un organisme privé sans but lucratif qui soutient tous
les athlètes engagés dans un sport olympique
ou paralympique de haut niveau partout au Québec. Pour ce faire, l'INS Québec
développe et maintient partout au
Québec l'accès à un encadrement et à des services intégrés comparables aux
meilleures pratiques mondiales, et ce, tant pour les athlètes de haut
niveau que pour ceux que la prochaine génération.
L'institut
est installé au coeur du Parc olympique depuis juillet 2014. Construit à
même le centre sportif et le stade du
Parc olympique, notre complexe dispose de plus de 150 000 pieds
carrés de superficie, dont 92 % servent à la pratique sportive et
permettent de répondre directement aux différents besoins des athlètes et des
entraîneurs.
Déjà
convaincus de l'importance patrimoniale et d'«architecture» de ce site trop
longtemps mal-aimé, nous sommes persuadés
qu'il n'a pas atteint son plein potentiel comme animateur de premier plan de la
vie sportive, culturelle et communautaire
de Montréal et du Québec. Nous croyons que le
titre du projet de loi n° 15 est des plus à propos puisque les dispositions qui y sont prévues viennent fournir des outils
nécessaires qui faciliteront le développement et la mise en valeur du Parc olympique, des lieux symboliques de
Montréal. L'Institut national du sport du Québec est donc favorable au projet de loi n° 15 dans son ensemble. Le plus
que notre modèle de sport est fort dans la province, le plus que nos jeunes
vont êtres plus actifs de vie et gardent la meilleure forme, meilleure vie pour
leur vie avec ça.
Maintenant, juste, je
passe la parole à Gaëtan.
M. Robitaille
(Gaëtan) : Gaëtan Robitaille, je suis le président-directeur général
de l'Institut national du sport depuis 2016,
je suis à l'institut depuis 2010. J'ai un parcours sportif depuis 1987, j'ai
travaillé principalement dans le hockey sur glace, soit au niveau provincial, soit au niveau canadien, soit au
niveau international, participé aux Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake
avec l'équipe féminine de hockey canadienne. Donc, ça a été des expériences
intéressantes.
L'institut, pour vous
situer, il y en a quatre, instituts au Canada. Il y a un réseau de
quatre : Calgary, Toronto, Vancouver et
Montréal. On travaille ensemble. Les athlètes, il faut comprendre qu'ils sont
mobiles au Canada, donc c'est les
sports qui s'installent dans des villes, qui s'installent dans des instituts,
puis nous, on regroupe des athlètes d'un peu partout au pays. Donc, on a
aussi un impact pancanadien dans nos activités puis dans notre travail.
Parc olympique est un endroit tout désigné pour installer nos racines. En 1976,
ce lieu a été l'endroit de grands exploits sportifs. Déjà dans la
planification, en 1973-1974, du Stade olympique, on prévoyait l'installation
d'un institut de sport dans la tour. Et vous
savez qu'en 1976, lorsqu'on a eu les Jeux olympiques, la tour était
inexistante, malheureusement. Même s'il a fallu attendre 40 ans, le
rêve ne s'est jamais estompé, et c'est pourquoi nous avons... nous pouvons
affirmer que l'institut s'inscrit
aujourd'hui de plein droit dans l'héritage olympique. Les Jeux olympiques de
Montréal ont laissé un héritage au
niveau des infrastructures. Au-delà des infrastructures, les jeux de Montréal
ont amené le Québec et la communauté sportive
à s'organiser, à se structurer. Donc, il y a eu cet impact-là. C'est à cette
époque, les premiers gestes qui font qu'aujourd'hui nos athlètes sont
davantage connus et mieux encadrés et accompagnés dans leur préparation.
Chez
nous, à l'institut, on a 10 sports résidents, ce qu'on appelle des sports
résidents, des sports olympiques, des sports
paralympiques. On a huit sports d'été... on a neuf sports d'été, un sport
d'hiver. On a huit sports olympiques, on a deux sports paralympiques. On
utilise, évidemment, le centre sportif pour les activités aquatiques. Notre
complexe est utilisé principalement pour le
judo, la gymnastique et l'escrime. Donc, on a créé un lieu, avec l'Institut, à
l'intérieur même du stade, qui est
comparable aux meilleures pratiques partout dans le monde, comme centre
d'entraînement. On reçoit environ 275 athlètes, de 10 sports
différents, à chaque jour, qui viennent s'entraîner.
Depuis 1985, le sport organisé rayonne à partir du Parc olympique, puisque la plupart des fédérations sportives y ont
leur siège social. L'installation de l'institut, à l'été 2014, a en
quelque sorte marqué le retour permanent du sport de haut niveau au Parc
olympique.
Un héritage, pour
qu'il ait un impact significatif, se doit de demeurer vivant pour pouvoir durer
dans le temps. Il doit être ancré dans le passé pour que le présent soit garant
du futur. Nous croyons cependant que la notion d'héritage olympique englobe de
façon plus large la notion de sport et devrait s'étendre à l'ensemble du
système sportif québécois.
Il y a nous qui sont
installés à l'institut. Il y a les fédérations qui sont présentement dans le
stade. Mais l'image, l'héritage des jeux de
1976, elle doit rayonner partout au Québec et partout dans les fédérations
sportives. Nous exprimons le voeu que la nouvelle société de
développement et de mise en valeur du parc s'insère activement dans la
communauté sportive et contribue au développement de notre système sportif
ainsi qu'à la promotion du sport, de l'activité physique.
Concernant
la mission de la nouvelle société, l'institut considère que le premier volet,
portant sur le développement, la
gestion, la promotion et l'exploitation, vient corriger une situation qui
perdurait depuis trop longtemps, une situation qui cantonnait la Régie des installations olympiques
dans un rôle de gestionnaire d'équipement et d'infrastructures seulement.
Heureusement, les dirigeants des dernières
années sont allés au-delà de cette fonction, ça a permis d'avoir un avant-goût
du potentiel de développement du Parc olympique.
personnellement, je travaille là depuis 1987. J'étais avec les fédérations
sportives, j'étais dans une autre organisation, qui s'appelle
Sports-Québec, et je suis à l'institut maintenant. C'est un lieu de travail,
c'est un lieu de rassemblement, puis c'est
un phare à Montréal, le Parc olympique, puis c'est un phare pour la communauté
sportive partout. Il y a des activités
qui se tiennent chez nous, il y a des jeunes d'un peu partout au Québec qui se
déplacent pour venir s'entraîner à l'institut, et on voit les réactions, on
voit l'impression que ça laisse aux jeunes, qui disent : Ah! je vais aller
m'installer... je vais aller m'entraîner au
Parc olympique, je vais aller m'installer... m'entraîner à l'institut.
L'institut est d'avis que la société bénéficiera
de la marge de manoeuvre nécessaire pour réaliser le plein potentiel de ce site
tout à fait unique et grandiose, un potentiel qui devrait aussi
contribuer à la dynamisation du secteur, rejaillir sur l'ensemble de Montréal.
En ce qui a
trait aux projets de développement, de partenariats et autres initiatives qui
pourraient être envisagés par le
parc, nous souhaitons qu'ils soient analysés en fonction de leur pertinence,
leur cohérence et l'harmonisation en fonction de la vocation du site. Les aspects de rentabilité
et de retombées financières prennent beaucoup de place lors de l'analyse,
il faut s'assurer... il faut assurément en tenir compte, mais il faut également
s'assurer que les projets n'affectent pas négativement l'intégrité et
l'héritage du Parc olympique. À notre avis, la conjonction des deux volets de
la mission envisagée pour la société devrait
permettre une cohérence. L'excellence sportive a toujours été hautement
valorisée par la population québécoise, l'appui et l'engagement du
gouvernement du Québec étaient indéfectibles. L'exemple que je vous donnerai, c'est : la construction de
l'institut a été un élément qui a été pleinement financé par le gouvernement du
Québec, donc ça nous place de façon avantageuse dans le système sportif
québécois.
M. Quinn
(Tom) : Comme dernier volet de notre intervention, nous aborderons
quelques aspects liés à la gouvernance de
la nouvelle société. En ce qui a trait de la composition du conseil
d'administration, nous, respectivement, recommandons, en tout respect, qu'un des membres soit issu du
système sportif québécois. Cette personne, au-delà de l'économie, devra être reconnue dans la communauté sportive pour son
expérience et son expertise dans l'organisation de la gestion du sport fédéré. Le conseil d'administration pourra aussi
compter sur une ressource qui connaît intimement le système sportif et
qui pourrait ainsi contribuer au meilleur arrimage entre le Parc olympique et
les communautés sportives québécoises. L'INS Québec se réjouit de la création
d'un comité des immobilisations prévu à l'article 31.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous remercie pour votre exposé, c'est
malheureusement tout le temps dont nous
disposons. Alors, nous allons maintenant débuter la période d'échange. Mme la
ministre, la parole est à vous, vous disposez de
16 min 30 s.
Proulx (Berthier) : M. Quinn, M. Robitaille, merci infiniment de votre
présence. Auprès de notre gouvernement, on a évidemment à coeur le développement sportif, la promotion du sport.
Nous avons d'ailleurs une médaillée olympique qui siège au Conseil des ministres du Québec, qui d'ailleurs fait la
tournée des régions du Québec pour inciter les Québécois, les Québécoises jeunes et moins jeunes à pratiquer
de l'activité sportive, à faire du sport. Donc, j'imagine que la députée
de Brome-Missisquoi serait très heureuse de vous entendre et de vous voir
présentes aujourd'hui.
Je pense
que l'Institut national du sport du Québec
pourrait quelque chose... pourrait être un élément rassurant pour
Héritage Montréal, qui peut, à certains égards, et je les entends, avoir des
inquiétudes sur la conservation du patrimoine, de l'héritage, de l'édifice lui-même, qui est le Stade olympique, qu'on
le protège. Mais je pense que l'Institut
national du sport du Québec est un bel exemple qu'on peut intégrer un
institut extrêmement moderne, de très, très haut niveau, qui développe et qui
accueille des athlètes d'élite chez nous.
J'aimerais
que vous nous racontiez un peu comment, à l'intérieur du Stade olympique et
cette icône architecturale, l'institut national s'y est installé avec un
air très, très moderne et que les deux vont très bien ensemble.
M. Robitaille
(Gaëtan) : Au moment du développement du projet, je vous dirai, dans
les années 2010, 2011, 2012, parce
qu'on a construit en 2013, on a travaillé de très près avec la Régie des
installations olympiques pour faire le design de notre complexe. Il faut comprendre qu'on construisait à l'intérieur,
donc on construisait en
partie dans le centre sportif et en
partie dans le Stade olympique, on est
carrément à cheval entre les deux sections, et on a voulu garder cette
architecture. Je prends l'exemple du
centre sportif, l'espace qu'on occupe présentement, anciennement c'étaient des
terrains de badminton, et il y a un
espace libre jusqu'à la voûte, qui est le toit et, lorsqu'on a fait la
construction... puis les gens qui sont venus par la suite... M. Taillibert était venu visiter à un moment donné puis
il disait : Wow! Vous avez bien harmonisé la modernité qui est l'institut avec le centre sportif, qui a
eu aussi des rénovations, mais... Ça fait qu'on a été capables de garder
l'architecture originale de 1976,
capables de la protéger puis capables aussi de la projeter dans le temps avec
le nouveau complexe puis la modernité qu'on a amenée.
Mme Proulx
(Berthier) : Donc, à la lumière de ce que vous dites,
M. Robitaille, pour vous, il n'y a pas d'inquiétude d'avoir un développement économique auprès de...
avec la RIO, d'avoir des vues architecturales qui pourraient tout à fait
s'intégrer à ce qu'est le Stade olympique lui-même?
M. Robitaille
(Gaëtan) : Moi, je pense que oui, puis de là l'intérêt du comité
d'immobilisations, où il y aura des experts,
j'imagine, qui vont être autour de la table pour considérer ces questions-là.
Puis il y aura aussi des résidents, c'est une des recommandations qu'on fait, d'avoir quelqu'un qui représente les
résidents du Parc olympique pour être capable d'avoir cette
perspective-là architecturale, héritage, mais aussi d'être capable de regarder
par en avant, un peu comme M. Gilmore a mentionné tantôt.
Mme Proulx
(Berthier) : Combien davantage... ou plus de résidents du grand, grand
quartier qui est, bon, Rosemont, Petite-Patrie,
Hochelaga-Maisonneuve, avec l'arrivée de l'Institut national du sport puis la
mise à niveau, là, des équipements pour les citoyens de Montréal, aller
s'entraîner... Dans quel pourcentage est-ce que la courbe a augmenté?
M. Robitaille
(Gaëtan) : Difficile pour moi de répondre à ça parce que les résidents
qui viennent chez nous, c'est des
athlètes olympiques. Et tous les gens du quartier, tous les gens qui peuvent
utiliser le centre sportif... fait
partie de la programmation du Parc
olympique. Donc, difficile pour moi de répondre à ça.
Par contre,
ce que je vous dirai, c'est : On a eu des entretiens avec le maire de
l'arrondissement puis on a des entretiens présentement avec les gens du
Parc olympique pour voir comment on peut, moi, c'est la façon que je le décris,
enraciner l'institut dans le quartier,
comment on peut faire en sorte que les jeunes du quartier... Parce que, pour
avoir jasé avec les gens de l'arrondissement, ils
se cherchent des activités puis ils trouvent ça intéressant que l'institut puis
le Parc olympique soient là, mais comment
ils peuvent y avoir accès? Donc, on travaille à des projets qui vont
probablement déboucher sur des journées scolaires où on va amener des
jeunes du quartier s'initier à des activités sportives.
C'est un des
volets qui est important. Parce que, depuis notre présence dans le centre
sportif, il y a moins d'espace disponible,
pour les gens de la régie, pour faire ces activités-là. Donc, on travaille
ensemble pour dire : Comment je peux mettre à la disposition de la régie mes installations au moment où les
athlètes ne sont pas en entraînement? Puis l'autre volet, je vous dirai, c'est : Comment je peux amener
les sports à initier des jeunes à des nouvelles activités puis à faire du
recrutement, donc les garder actifs, faire la promotion du sport mais
aussi de l'activité physique? Donc, c'est un projet qu'on regarde présentement
avec les gens du parc.
Mme Proulx (Berthier) : J'ai le
grand privilège d'avoir été nommée ministre du Tourisme du Québec. Donc,
évidemment, l'impact touristique, c'est important pour moi. On aura des
bulletins à présenter.
Le centre sportif,
il se situe où en termes de produit d'appel à valeur touristique pour Montréal,
pour le Québec? Vous avez parlé, là,
de Vancouver... Calgary, Vancouver, Toronto, qui, j'imagine, sont des pôles
touristiques. Est-ce que Montréal s'inscrit également là-dedans?
M. Robitaille (Gaëtan) : Le centre
sportif, il va s'inscrire dans des événements sportifs nichés :
championnats canadiens, essais olympiques,
coupes du monde, des éléments comme ça. Je sais qu'il y a déjà des activités
qui se tiennent, par exemple la Coupe
du monde de plongeon, ça existe déjà. Puis là je vais aller dans le stade
30 secondes, on a utilisé le stade
pour tenir les championnats mondiaux de gymnastique. Donc, il y en a, des
possibilités, il y a des options. Les organisations
qui tiennent ces événements-là ne sont pas des organisations à but lucratif, ne
sont pas des organisations commerciales. Donc, un des éléments qu'on
avançait, c'est d'avoir une grille tarifaire qui permette à ces
organisations-là d'avoir accès à ces
plateaux-là. Mais, définitivement, on pourrait avoir un impact touristique à
partir de ces événements-là.
De notre
côté, je vous dirais, l'impact touristique, c'est les athlètes qui viennent
d'autres provinces, ils ne sont pas nombreux,
ce n'est pas un grand événement, mais les athlètes des autres provinces qui
viennent chez nous, qui s'installent à
Montréal, qui y vivent maintenant pour s'entraîner, parce que leur centre
d'entraînement, c'est Montréal. L'exemple que je vous donnerai, il y a peut-être 18 mois, on a récupéré l'équipe
nationale de water-polo masculine, qu'on a ramenée de Calgary, qui était là depuis 25 ans, on la
ramène à Montréal. On ajoute une dizaine d'athlètes à l'institut. Sur le plan
touristique, ce n'est pas la panacée,
j'imagine. On vise des nombres plus grands, mais là on commence à faire notre
chemin sur la scène canadienne puis là on commence à avoir des gens qui
veulent venir chez nous.
Le skateboard en est un autre. Il y a un
skatepark qui a été construit, on travaille à : On peut-u ramener l'équipe
nationale de skateboard à Montréal? Donc, il y a des éléments comme ça qu'on
peut regarder.
Mme Proulx
(Berthier) : Donc, il y a plusieurs fédérations, là, vous allez... je
ne veux pas dire le mot «voler», là, à Calgary et à Vancouver ou à Toronto,
là, que... pour amener à Montréal, mais vous faites du démarchage, donc, pour
continuer à développer l'Institut national du sport et amener des fédérations
nationales à Montréal.
Robitaille (Gaëtan) : On
fait du démarchage auprès des fédérations nationales, puis Montréal...
Gardez en tête que Montréal a un avantage compétitif sur les
autres : deux stations de métro; quatre universités, deux anglophones, deux francophones; des cégeps français, des cégeps
anglais. Donc, les jeunes qui arrivent à ce niveau de compétition là, ce
niveau d'entraînement là, c'est des jeunes
du collège ou de l'université. Les anglophones, ils viennent chez nous, ils
sont servis dans leur langue. Les
francophones, ils viennent chez nous, ils sont servis dans leur langue. Ils
retrouvent un milieu de vie intéressant avec Montréal. Le transport en
commun fait que c'est un plus. Donc, on a des avantages certains.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, M.
Robitaille. Merci, M. Quinn.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce qu'il y a des députés... Alors, je laisse la parole au député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Robitaille, M. Quinn, merci beaucoup d'être là. Et, M. Quinn, moi également,
j'ai eu le privilège, un peu plus jeune, d'être athlète d'élite en badminton. Ça ne
paraît plus, j'en conviens, mais j'ai participé à des compétitions universitaires
à l'époque avec les Gee-Gees d'Ottawa. Et je suis extrêmement intéressé à parler
aujourd'hui de l'INS parce
que, sur mon territoire,
les infrastructures d'élite en sport, on en a, notamment le centre acrobatique, ce qui fait... le ski
acrobatique au centre Yves-LaRoche, dans Chauveau, à Lac-Beauport,
c'est magnifique. Alors, je suis à même de
constater l'importance d'infrastructures sportives pour les athlètes, bien sûr, de haut niveau et que ça inspire
des jeunes à s'investir davantage dans le sport en bout de ligne.
Et vous avez
parlé... Puis, moi, c'est un peu flou, là, j'aimerais ça que vous m'expliquiez davantage
la notion d'héritage olympique, vous
parlez que, bon, bien sûr, le sport de... 1976 a été une inspiration pour
nous tous — moi,
j'avais trois ans, mais, même si j'avais trois ans, j'ai toujours ma
petite photo, en étant enfant, où est-ce que j'ai les anneaux olympiques sur un
tee-shirt, là, que mes parents m'ont laissé — et comment on peut réussir à
étendre — vous
avez mentionné ça, M. Robitaille — l'héritage olympique à l'ensemble des
sports et partout au Québec.
Robitaille (Gaëtan) : Il y a
un programme qui existe présentement chez nous, qui s'appelle Jouez gagnant, où on
demande à des olympiens et des paralympiens...
Parce qu'on parle beaucoup
d'Olympiques, mais, en 1976, les Paralympiques, ils étaient à Toronto, ils n'étaient pas à Montréal. Ce n'était pas le
même type d'organisation. Puis on a des paralympiens qui participent à ce programme-là, qui rencontrent des jeunes dans les écoles et qui font
la promotion des valeurs du sport, de
la persévérance scolaire. Donc, d'utiliser ces gens... ces athlètes-là, des
hommes et des femmes, comme modèles pour...
Robitaille (Gaëtan) :
...inspirer, merci, inspirer les jeunes, c'en est un, moyen qu'on a, de faire
la promotion du sport, de l'activité physique, puis de garder
l'héritage, à mon avis, de 1976 encore vivant.
Lévesque (Chauveau) : Très
intéressant. J'avais une deuxième question, parce que vous n'avez pas eu la
chance... Tout à l'heure, M. Quinn avait commencé, et le 10 minutes
était terminé, vous aviez commencé à parler du conseil d'administration de la future société et vous avez parlé de l'importance
d'inclure un membre qui soit issu du système sportif québécois. J'aimerais que vous élaboriez davantage
sur cette question-là, parce que ça sera des décisions à prendre, quelle
sera la représentation sur le conseil
d'administration. En quoi vous pensez que c'est important d'inclure un membre
qui vient du milieu sportif sur ce conseil d'administration là?
Quinn (Tom) : Je pense que, dans tous les conseils administratifs avec
une bonne politique de gouvernance, ça
prend les expertises dans chaque chose qui est reliée à, vraiment, la demande
de projet. Dans ce contexte-là, si le sport est déjà impliqué beaucoup dans le
Stade olympique avec des choses, c'est juste naturel qu'il y ait un membre qui
est impliqué dans le sport, qui est là, qui
est capable... aide avec son expertise au... son expertise, de guider le
conseil, ou aide le conseil avec
leurs choses. C'est simplement ça. C'est une question d'expertise et de
gouvernance sur un conseil administratif.
M. Lévesque
(Chauveau) : Parfait. Et, avant de céder la parole à un ou une de mes
collègues, une dernière question :
Comment vous voyez... parce que vous le vivez à tous les jours, vous attirez
des athlètes de partout, comment vous voyez
le développement autour du Parc olympique, dans les infrastructures, dans l'offre
commerciale qu'il peut y avoir autour du secteur?
Robitaille (Gaëtan) : Au moment où on a fait le développement de notre
projet, il y a deux décisions qu'on a prises :
de ne pas avoir de service d'alimentation puis de ne pas avoir de service d'hébergement.
On a cinq ans d'opération maintenant.
On a des discussions avec les gens des sports, et les deux services qu'ils nous
demandent, c'est de l'hébergement puis
de l'alimentation. Et ces deux aspects-là, ils ne serviraient pas qu'aux
athlètes qui viennent chez nous. Comme on l'a dit tantôt, ils amélioreraient l'expérience client sur l'ensemble du
Parc Olympique. Donc, oui, on a ces deux besoins-là pour les athlètes de
façon spécifique, mais je pense qu'il faut regarder ça dans un ensemble plus grand
où ça pourrait répondre à un besoin.
Lévesque (Chauveau) : Est-ce que c'est un frein pour attirer des
regroupements sportifs? Le fait que c'est moins développé aux alentours, est-ce que, pour vous, c'est un frein quand
vous faites votre développement, quand vous avez une vision d'avenir?
Est-ce que ça vous empêche...
Robitaille (Gaëtan) : Les fédérations canadiennes nous disent
définitivement : Si on avait ces deux services-là, on serait plus
présents sur le parc. C'est clair. Ça m'a été clairement dit comme ça.
Quinn (Tom) : Puis, si j'ajoute... Avec celui-là... c'est clair
qu'avec ce type de service on est capables de faire plusieurs autres choses avec le Stade olympique,
comme les centres pour les congrès de sport, le congrès pour «nutrition»,
le congrès pour plusieurs choses, qui va
ramener les gens, et pas nécessairement partout au Canada, «but» mondial. Puis,
en plus que ça, Institut national du sport,
c'est un réseau partout dans la province, avec huit centres, plus d'autres choses,
qui aussi est capable... ils viennent souvent faire nos choses. On fait
beaucoup de choses avec FaceTime ou les choses comme ça, en ce moment, «but», pour être présents pour deux ou trois
jours, on est capables de vraiment faire un transfert de connaissances à
tout... et avec nos expertises, à tout le réseau dans la province puis mondial.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. La parole est au député
d'Abitibi-Ouest. Il ne vous reste que 1 min 45 s.
Blais (Abitibi-Ouest) : Merci, Mme la Présidente. M. Quinn, M.
Robitaille, pouvez-vous nous éclairer un peu plus sur la forme que devrait prendre, selon vous, la structure du
partenariat de la Société de développement et de mise en valeur du Parc
olympique, principalement en ce qui a trait aux tarifs préférentiels?
M. Robitaille
(Gaëtan) : C'est certain, je l'ai mentionné tantôt, nous, on est des
organismes sans but lucratif, certains vont
dire, même, «voire communautaires». C'est clair que, si on a à payer, pour
avoir accès aux installations puis aux
services, les mêmes tarifs que les gens qui font ça de façon commerciale, c'est
un frein à l'accès. C'est clair. Donc, si on était capable d'arriver avec une grille tarifaire préférentielle pour
les organismes sportifs qui veulent tenir des événements ou qui veulent utiliser les installations, parce
qu'on parle beaucoup
d'événements, mais je pense à la tour, il y a
des salles de réunion dans la tour, des choses comme ça, ça pourrait
être un élément qui faciliterait l'accès, définitivement.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci pour l'échange. Nous allons
maintenant du côté de l'opposition officielle. Nous cédons la parole au
député de Viau.
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Donc, merci beaucoup, messieurs, pour votre
présentation. Nous allons faire une
démarche un peu particulière. Nous allons commencer à la fin de votre mémoire,
pour arriver vers le début.
À la fin, on
s'entend que... Au deuxième paragraphe, vous considérez que le projet de loi n° 15 vient fournir les moyens nécessaires pour que le Parc
olympique puisse se déployer. On s'entend là-dessus. L'exercice que nous
faisons aujourd'hui, c'est un exercice de
consultation. Plus tard, on s'en va à l'étude détaillée. Et, le projet de loi
n'étant pas parfait, nous allons tenter de l'améliorer, de le bonifier,
et je vous remercie pour votre contribution.
Puisqu'un des
éléments que vous suggérez dans votre mémoire au niveau de la gouvernance,
c'est, entre autres, tenir compte de
la présence des résidents, des locataires, de ceux qui sont déjà dans le Parc
olympique, j'aimerais vous entendre, parlez-nous
de votre expérience. Un instant je vais vous considérer comme le porte-parole
de toutes les associations, et il y
en a beaucoup au Parc olympique, associations sportives qui sont au Parc
olympique. Parlez-nous du vécu. Qu'est-ce que vous avez identifié comme
défis, comme enjeux des différentes organisations sportives qui sont actuellement
au Parc olympique?
M. Robitaille (Gaëtan) : On est
dans une situation un peu différente de l'ensemble des associations sportives,
puis je veux juste bien cadrer ça. Il y a 65 fédérations sportives, je
pense, qui sont installées au Parc olympique ou au Stade olympique. C'est essentiellement des bureaux administratifs. Nous,
de par notre vocation, de par nos installations, de par nos espaces, on
est un centre de services. Donc, déjà, la perspective est différente.
Notre relation avec le Parc olympique a évolué,
je vous dirai, positivement depuis 2014. Au moment de notre arrivée, il y avait, je vous dirai, certaines
embûches administratives, soit dans l'utilisation des espaces, soit dans les
services qui nous étaient offerts.
Mais avec le temps on a appris à se connaître, on a appris à travailler
ensemble. Les gens du parc ont appris
à mieux cerner ou à mieux comprendre nos besoins, notre réalité, qui est celle
de services aux athlètes, qui va extrêmement rapidement, et avec le
temps on s'est ajustés.
Donc,
présentement, je vous dirai que, de notre point de vue, la relation est
positive. Au début, ça a été un apprentissage,
parce que, même pour les gens du parc, d'avoir un locataire comme nous... ils
n'en avaient pas eu avant. Ça n'existait pas. Donc, il y a eu une
évolution, puis je pense que c'est positif maintenant.
M. Benjamin :
On va se rendre, maintenant, à la page 13. Vous voyez, donc, on progresse.
Deuxième paragraphe, vous
dites : «...l'institut s'explique mal pourquoi le président n'est pas
soumis lui aussi au principe des profils de compétence et d'expérience...» J'aimerais vous entendre...
Puisque ce n'est pas une pratique unique en la matière, j'aimerais vous
entendre, pourquoi est-ce que vous estimez que c'est particulier,
là-dessus.
M. Robitaille (Gaëtan) : Bon,
on pense que, que ça soit pour le P.D.G. ou pour le président du conseil, il
doit apporter... cette personne-là doit
apporter une compétence, et une expérience, qui va contribuer à faire avancer
le projet qui est le Parc olympique.
Et on s'expliquait mal, à la lecture du projet de loi, que ce poste-là et cette
personne-là, ça ne soit pas lié au
profil qui a été déterminé par le conseil, parce que c'est le conseil qui va
déterminer les profils de compétence et d'expérience. Notre commentaire,
il est celui-là.
M. Benjamin :
En ce qui concerne toutes les questions relatives à la mise en valeur du
patrimoine et de l'héritage olympique,
il y a plusieurs intervenants qui sont venus avant vous nous en parler pour
nous dire que c'est important, cette mise
en valeur. Mais, d'un point de vue sportif, donc, comme institut scientifique,
j'aimerais vous entendre sur comment on peut travailler pour renforcer,
justement, cette mise en valeur et cette protection de l'héritage olympique.
M. Robitaille
(Gaëtan) : Oui. La mise en valeur, au départ, je vous dirai, elle est
dans notre personnel, elle est dans
l'information qu'on va distribuer
auprès des autres sportifs au Québec. Je vous parle de 275 athlètes qui sont à l'institut,
mais notre but, c'est de faire rayonner ce savoir-là puis d'avoir un impact sur
l'ensemble des athlètes.
Au niveau de l'héritage, comme je le disais tantôt, le Parc olympique, c'est un phare pour la communauté
sportive depuis 1976. Donc, de permettre
à des jeunes... puis je faisais référence, à quelques occasions, à des
initiatives qu'on tient ou qu'on va
tenir, de permettre à des jeunes pratiquants de venir s'initier à du sport,
mais dans l'enceinte même du Parc olympique, c'est une façon aussi de
les initier à l'héritage et à conserver cet héritage-là en l'impliquant dans ta
vie.
Benjamin : ...qu'une des
missions de cette société, ça va être une société du développement et de mise en valeur, donc,
du Parc olympique. Donc, et j'emprunte
les mots du précédent intervenant, il y aura un équilibre à faire entre ces
enjeux-là. Vous recommandiez par ailleurs,
dans votre mémoire, qu'un des membres soit issu du système sportif québécois.
Pensez-vous que, dans un cadre de
gouvernance, donc, avec à peu près 13 membres de conseil d'administration,
le fait qu'un membre soit issu du système sportif québécois, c'est un
pis-aller? Comment vous... J'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Robitaille (Gaëtan) : Moi, je
pense que c'est essentiel, ce n'est pas un pis-aller, au sens où il y a un
héritage sportif, on veut le mettre en
valeur. Il faut qu'en termes de gouvernance, puis en termes de direction, puis
en termes de réflexion, il y ait
quelqu'un qui soit issu, puis M. Quinn en parlait tantôt, du système sportif,
pas juste pour sa renommée, mais pour
sa connaissance et son expérience dans le système sportif. Et ça, ça devient un
élément extrêmement important dans ta vie.
M. Benjamin : Je comprends
que vos recommandations, corrigez-moi... vous suggérez qu'il y ait un membre
qui soit issu du système sportif, mais aussi qu'il y a un autre membre
qui soit un des résidents, un des locataires du Parc olympique, c'est ça? C'est
le même.
M. Robitaille
(Gaëtan) : Pour le comité d'immobilisations.
M. Benjamin :
Pour le comité d'immobilisations.
on se rend maintenant à la page 11 de votre présentation, donc, cinquième
paragraphe, un musée des sports, donc, vous avez offert votre
collaboration. J'aimerais vous entendre par rapport à ce projet. Où est-ce
qu'il en est?
Robitaille (Gaëtan) : Nous, on a eu des discussions avec les gens du
musée pour voir si on pouvait collaborer avec eux pour le développement du concept. À ce moment-ci, je vais être obligé
de tourner la question vers les gens du parc parce que ce sont eux qui sont en discussion présentement avec les
gens du musée, mais il nous apparaît essentiel de garder... On parle
d'héritage, il y a un héritage dans le bâti, il y a un héritage dans les...
Tantôt, je faisais référence aux exploits,
le musée est l'endroit tout indiqué, à mon avis, pour être capable de
reconnaître les Québécois et les Québécoises qui ont contribué à cet
héritage-là sur le plan sportif.
Benjamin : Je vous pose la question parce que, quelques minutes avant
vous, il y a le représentant d'Héritage Montréal qui, dans la vision développement, justement, de ce secteur, a
suggéré qu'il y ait une institution muséale. Lui, il allait vers la paléontologie, c'est ce qu'il
avait suggéré, donc. Mais je pense qu'on peut concilier la paléontologie et le
sport, donc, notamment par rapport à la
vocation sportive de ce secteur-là. Et je trouvais ça intéressant, important de
parler, justement, de ce projet de musée des sports, donc, probablement comme
nous aurons à écouter, à entendre le P.D.G. de la RIO, donc ce sera une
des questions qu'on va lui poser.
Robitaille (Gaëtan) : Si vous me permettez, au-delà de l'exploit
sportif, nous, on peut aussi avoir une contribution scientifique dans un musée. On a des experts, chez
nous, qui peuvent expliquer la performance humaine. Donc, c'est une des
contributions que j'avais déjà avancées avec M. Labrecque dans des discussions
passées.
Benjamin : Un des aspects, je pense, qui est intéressant, qui est
revenu souvent, et ça, c'est important de le souligner, c'est le fait que le Parc olympique est une institution qui
n'est pas désincarnée par rapport à son milieu, qui est ancrée dans son milieu, et, pour nous, je pense
que notre volonté à nous, nous, du côté de l'opposition officielle, c'est que,
justement, cette nouvelle société, donc, si
le projet de loi sera adopté, donc, cette société qui verra le jour continue,
justement, dans cette mission
d'ancrer avec le milieu. Et je remarque que, dans votre mémoire, il y a déjà
une collaboration, actuellement, entre
le Parc olympique, avec le... au niveau du développement d'un programme
scolaire, donc, auquel vous contribuez. Parlez-nous de ce programme.
Comment ça s'articule avec le milieu?
M. Robitaille
(Gaëtan) : Bien, le programme scolaire, c'est un programme qui est
géré et animé par le Parc olympique, et,
essentiellement, on invite les écoles à venir au parc et à avoir deux sessions
d'activité sportive, une qui est plus aquatique,
puis là ce qu'on essaie de voir, c'est une qui est plus dans nos murs, qui
serait une initiation sportive, soit au judo, à l'escrime ou à la gymnastique. Donc, il y a un aspect aussi de
promotion de l'activité physique, du sport, d'initiations sportives, qu'on essaie de faire en sorte... on
tente avec notre partenariat de faire en sorte de contribuer à cet objectif-là.
faut savoir qu'il y a déjà des activités qui se sont tenues. Par exemple, il y
a des journées olympiques. Mondialement, il y a une journée olympique,
qui est le 23 juin, puis on accueille à chaque année, bon an mal an, 500,
600 athlètes... 500, 600 jeunes
d'écoles, principalement d'autour du Parc olympique, puis on les initie à des
activités sportives avec des olympiens et des paralympiens. Donc, il y a
déjà des initiatives de cette nature-là qui sont en place.
M. Benjamin :
Merci. Donc, je retiens aussi, dans votre mémoire, notamment à la
page 10...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : M. le député de Viau, il vous reste 15 secondes. Si
vous voulez une réponse...
Benjamin : ... — 15 secondes — que vous exprimez des préoccupations à ce que des projets de
développement, de partenariats,
autres initiatives soient analysés notamment en fonction de la pertinence, de
la cohérence et de l'harmonisation avec la vocation du site. Je retiens
ça aussi. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, nous laissons la parole au
député du deuxième groupe d'opposition, alors, le député de Rosemont.
Marissal : Oui, merci, Mme la Présidente. J'ai parti mon «timer» trop
vite, là, déjà que je n'ai pas de temps, je vais le partir au bon moment. Merci, messieurs, d'être là. Alors, je
l'ai dit, je n'ai pas beaucoup de temps. Je veux quand même faire une petite mise en situation. Parce que
moi, je connais bien vos installations, puis, en prévision de l'étude du
projet de loi, j'ai passé, avec mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, trois heures avec la direction du Parc olympique, qui ont été supergénéreux. C'est
une visite que je vous recommande, tous et toutes. C'est vraiment intéressant
de voir la bête de l'intérieur et c'est
vraiment un endroit assez particulier. Ça nous donne une meilleure idée aussi
du potentiel.
Parlant de
potentiel, je suis heureux que vous répondiez à mon collègue de Viau que vous
avez déjà des interactions avec les
écoles, avec le milieu. Mais moi, j'habite ce coin-là, là, je fréquente ce
coin-là, j'ai des enfants, je trouve néanmoins... et ce n'est pas un reproche, ce n'est pas un
reproche, ma démarche est constructive, je trouve néanmoins que vos activités
sont un peu confidentielles. C'est peut-être
le stade qui fait ça, il est tellement gros. Je prends... Par exemple, sur la
page couverture, là, on voit :
«Institut national du sport du Québec», c'est superbeau, ici, là, avec... — vous ne le voyez peut-être pas, là — avec les néons, tout ça. Mais c'est à
l'intérieur. Évidemment, je présume qu'on ne peut pas faire un méga-affichage
dehors, sur le mât, mais ça reste que c'est
à l'intérieur, alors il faut toujours aller à l'intérieur. On a l'impression
qu'on entre un peu comme dans la NASA puis qu'on n'est peut-être pas trop
autorisé, que...