Labour and the Economy — 24 April 1998 (35th Legislature, 2nd Session)
CET 1998-04-24
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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35 e législature, 2 e session
(25 mars 1996 au 21 octobre 1998)
Le vendredi 24 avril 1998 - Vol. 35 N° 97
Étude des crédits du ministre délégué au Tourisme
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Table des matières
Organisation des travaux
Remarques préliminaires
M. David Cliche
M. Jean-Claude Gobé
M. Michel Côté
M. Claude Boucher, président
Mme Cécile Vermette
Discussion générale
Tourisme international et des provinces canadiennes
Politique du tourisme
Article de L'actualité sur le tourisme
Qualité du produit québécois
Politique du tourisme (suite)
Mode de calcul du nombre de touristes
Nombre de touristes américains en 1997 et durée des séjours
Budget de promotion
Participation à des projets privés
État du Fonds de partenariat touristique
Plan de marketing global
Cohésion interministérielle
Aide à l'animation touristique
Implication du gouvernement fédéral
État du Fonds de partenariat touristique (suite)
Création d'une image touristique de marque
Québec, port d'attache de bateaux de croisière
Exploitation de casinos sur les bateaux
Tableau de bord concernant les priorités d'action
Relance des centres de ski
Société du Centre des congrès de Québec
Octroi de contrats sans appels d'offres
Calcul des retombées économiques
Adoption des crédits
Autres intervenants
M. Normand Jutras, président suppléant
*Mme Lucille Daoust, Tourisme Québec
*M. Jean-P. Vézina, Société du Centre des congrès de Québec
*Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Neuf heures cinq minutes)
Le Président (M. Boucher): Mesdames, messieurs, si vous voulez, nous allons commencer. J'ai constaté que nous avons quorum et je déclare la séance ouverte. Le mandat de la commission, vous le connaissez bien. La commission de l'économie et du travail est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires relevant du ministre délégué au Tourisme pour l'année financière 1998-1999. Est-ce qu'il y a des remplacements, Mme la secrétaire?
La Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Gobé (LaFontaine) remplace M. Cherry (Saint-Laurent) et M. Rivard (Limoilou) remplacera M. Beaulne (Marguerite-D'Youville).
Organisation des travaux
Le Président (M. Boucher): Merci. On pourrait procéder de plusieurs manières, soit élément de programme par élément de programme ou soit de façon générale, c'est-à-dire ad lib. Je ne sais pas ce qui vous conviendrait le mieux.
M. Jutras: Est-ce que j'ai la parole?
Le Président (M. Boucher): Oui.
M. Jutras: Je pense que, de toute façon, il y a juste un programme.
Le Président (M. Boucher): Mais il y a des éléments quand même distincts.
M. Jutras: Oui, mais il y a juste un programme.
Le Président (M. Boucher): Il y a juste un programme.
M. Jutras: Donc, il y aura juste un vote à la fin.
Le Président (M. Boucher): Un seul vote à la fin. Mais, ceci étant dit, est-ce que vous voulez y aller ad lib et...
M. Gobé: M. le Président, j'ai toujours pensé que l'étude des crédits était peut-être l'endroit privilégié pour les parlementaires pour débattre avec le ministre et les gens qui l'accompagnent des grandes orientations qu'il entend donner dans le courant d'une année à son ministère et des objectifs qu'il entend réaliser puis pour revenir un peu sur ce qui s'est passé précédemment.
Donc, j'ai toujours pensé que la discussion la plus large possible, tout en respectant un certain décorum, était peut-être plus favorable, et ça, après 13 ans de vie de député, j'ai toujours pensé qu'on en sortait gagnant, même quand on était de l'autre côté. J'encourage même les gens de l'opposition... du gouvernement pardon à y participer parce qu'ils ont certainement des choses à dire.
Le Président (M. Boucher): Vous êtes déjà au pouvoir, vous.
M. Gobé: Voilà.
Le Président (M. Boucher): Alors, moi, je pense qu'on pourrait procéder de façon générale, puis...
Une voix: Le député de LaFontaine...
Le Président (M. Boucher): Oui. D'accord. Alors, on va procéder de cette façon-là. Et je céderais la parole au ministre pour les remarques préliminaires.
Remarques préliminaires
M. David Cliche
M. Cliche: Merci, M. le Président. Chers collègues de cette commission, ça me fait plaisir d'être ici aujourd'hui parce que ces commissions-là permettent non seulement des échanges très précis sur certains aspects très factuels, mais permettent également des échanges plus larges, effectivement, sur les politiques ministérielles en devenir ou en cours. Et c'est avec beaucoup d'ouverture d'esprit et de positivisme que je viens vous rencontrer ce matin.
Avant de présenter les gens qui m'entourent et de procéder avec mes quelques remarques préliminaires, j'aimerais vous faire remarquer que je suggérerais que nous procédions néanmoins en deux temps. Dans un premier temps, nous pourrions parler de Tourisme Québec, qui est cette agence autonome, unité autonome de gestion.
Et, dans un deuxième temps, si vous me le permettez, nous pourrions aborder les questions de la société dont j'ai la tutelle ministérielle, le Centre des congrès de Québec, parce que M. Vézina, qui est le président-directeur général par intérim de la Société du Centre des congrès de Québec, est présentement occupé dans une autre commission parce qu'il cumule également la présidence de la SIQ, de la Société immobilière du Québec. Alors, je sais qu'il pourrait se joindre à nous vers 10 h 30.
Alors, je sais que vous êtes sans doute impatients de poser des questions sur la gestion de la Société du Centre des congrès du Québec, ce qui est normal, compte tenu de l'actualité des derniers mois, et je pourrai répondre, si vous le voulez, immédiatement, je n'ai pas l'intention de brimer le droit de parole et le droit de question des collègues, mais je vous suggérerais qu'on pourrait peut-être attendre la venue de M. Vézina, d'autant plus qu'il en a assumé la présidence et la direction générale dans les mois qui viennent de se passer.
Alors, les gens qui m'accompagnent ce matin pour m'appuyer et éventuellement répondre à des questions, si ce sont des questions très pointues et très factuelles dont je n'aurais pas la réponse, sont les suivantes. À ma droite, il y a mon chef de cabinet, M. Richard Carbonneau, que vous connaissez, à ma gauche, il y a Mme Lucille Daoust, qui est sous-ministre associée responsable de cette agence d'unité autonome de gestion, son bras droit, M. Robert Madore et, derrière moi, M.
Michel-Claude Demers, qui est directeur de l'administration, Mme Gilberte Tremblay, qui est chef du Service des ressources financières, Mme Martine Gareau, du Service des ressources financières, M. André Lachapelle, qui est directeur des relations publiques, M. Michel Couturier, qui est directeur de la promotion, que je ne vois pas, mais qui est dans les environs, et M. François Goulet, qui est directeur du développement des marchés.
Plus tard, lorsque nous aborderons la question de la Société du Centre des congrès, se joindront à nous M. Jean-P. Vézina, qui est le P.D.G. par intérim de la Société du Centre des congrès, M. Guy Vachon, qui est vice-président aux opérations, Mme Julie Bouchard, qui est de la direction de l'administration et Mme Claire Verreault, qui est la directrice marketing et vente.
(9 h 10)
Alors, après avoir présenté brièvement les gens qui m'accompagnent, qui nous appuieront dans cette discussion, permettez-moi ces quelques remarques préliminaires sur l'industrie touristique, qui, pour le Québec, représente un potentiel de développement assez exceptionnel et assez extraordinaire.
C'est un ministère, c'est une industrie qui suscite actuellement beaucoup d'engouement et beaucoup d'enthousiasme dans la population, et je pense que c'est de bonne guerre et c'est justifié parce qu'il y a vraiment un potentiel assez exceptionnel de développement économique et de développement de l'emploi autour de cette industrie, qui sera, comme vous le savez, en l'an 2000, la première industrie à l'échelle du monde.
Cette industrie a crû et va continuer de croître dans les années à venir. On pourra aborder subséquemment, comme vous le savez, les questions de chiffres, mais ce que l'Organisation mondiale du tourisme nous prévoit, c'est une croissance soutenue de l'ordre de 5 % pour les années à venir, à l'échelle internationale. De sorte que c'est dans cette perspective que, dès les premiers mois, les premières semaines de mes activités au Tourisme, on s'est attaqué à essayer de voir quels étaient les forces et les faiblesses dans notre industrie, qui rapidement se sont définies comme étant de véritables défis à relever pour l'ensemble de l'industrie touristique.
Le premier des défis, je pense, qui s'est imposé d'emblée lors des premières analyses, c'est suite à la réalisation que c'est une industrie éclatée, tant à l'échelle des régions touristiques du Québec qu'à l'échelle d'intervenants dans ce secteur. Il y a près de 50 000 entreprises qui oeuvrent dans le domaine du tourisme, et c'est une industrie qui est composée de beaucoup, beaucoup de petites entreprises, de moyennes et de petites entreprises, de tout petites entreprises. Et c'est une industrie très éclatée.
Alors, les premiers mois, essentiellement, jusqu'à l'aube de 1998, je les ai passés à sensibiliser l'industrie touristique à la nécessité de travailler ensemble, de travailler ensemble à relever les défis collectifs dont je vais faire brièvement la description.
Cet objectif fut atteint autour du temps des Fêtes, où l'ensemble des associations touristiques régionales et l'ensemble des représentants principaux, majeurs de l'industrie touristique ont convenu de créer et de participer de plain-pied et de bon gré à la mise en place du Forum de l'industrie touristique, qui est en place, qui est fonctionnel et qui encore s'est réuni hier à Québec pour aborder des questions d'importance fondamentale pour l'industrie touristique, sur lesquelles nous allons sans doute revenir, tel un plan marketing, telle une politique en devenir du développement de l'industrie touristique et telle la suite à l'application de la loi n° 76, qui permettrait de générer des revenus inhérents et nécessaires à la mise en oeuvre de notre plan marketing.
Ce premier objectif fut atteint autour des Fêtes. L'objectif, c'était de sensibiliser tout le monde à la nécessité de travailler ensemble et de faire réaliser à tous et je pense que c'est fait; honnêtement, je dois dire que c'est fait que notre compétition n'était pas intra-Québec, mais que notre compétition était extra-Québec.
Notre compétition, au Québec, à
titre de destination touristique internationale, c'est de grandes destinations touristiques internationales avec lesquelles nous sommes en compétition, que ce soit en termes de tourisme d'hiver, que ce soit en termes de tourisme d'été, que ce soit en termes de tourisme d'agrément, que ce soit en termes de tourisme d'affaires. J'ai à l'esprit une série de destinations touristiques avec lesquelles nous sommes en compétition directe.
Et, lorsqu'on entend parler, on lit ou on voit la façon dont se tiennent les grandes bourses internationales en matière de tourisme, on réalise que le guichet Québec, le comptoir Québec suit immédiatement un comptoir polynésien ou un comptoir sud-africain. Et les touristes, dans leurs destinations, les grossistes et les réceptifs, choisissent entre de grandes destinations internationales. Donc, ce premier objectif, il est atteint. Les gens, encore une fois, hier, m'ont exprimé la ferme volonté de se solidariser et de travailler en toute cohésion ou concertation autour d'un objectif commun.
L'objectif commun, c'est de faire du Québec une grande destination touristique à l'échelle nationale et à l'échelle internationale. Et c'est dans cette optique que je vais maintenant vous décrire très brièvement les forces à consolider pour qu'effectivement nous devenions cette destination touristique internationale.
D'abord, notre offre touristique, elle est, dans certains cas, moins dans d'autres, et il faut qu'elle le devienne, une offre touristique de calibre international. À cet égard, il faut que nous connaissions donc les attentes du touriste à l'échelle internationale et que nous lui assurions, à ce touriste international là, qu'il retrouve chez nous un produit, une offre touristique au rapport qualité-prix exceptionnel, mais qui correspond à ses attentes et qui correspond aux qualités essentielles à toute destination touristique internationale.
L'autre force sur laquelle on peut compter et à partir de laquelle on peut développer notre industrie touristique, c'est le fait que les Québécoises et les Québécois, de plus en plus, voyagent au Québec.
Ils le font et délaissent des destinations traditionnelles, comme la côte américaine, la côte nord-est et de plus en plus découvrent le Québec, essentiellement pour deux raisons: une qui est reliée au taux de change, et je ne la nie point; mais une autre qui est reliée beaucoup plus au fait que le produit touristique québécois se développe et que les Québécois et les Québécoises découvrent que ce produit touristique est en émergence, en développement et qu'il est source de plus en plus grande de satisfaction.
Une autre force sur laquelle, je pense, on peut tabler, qu'on peut utiliser comme un tremplin qui va nous propulser dans un développement continu, c'est le fait que la culture touristique, au Québec, est en train de se développer, c'est-à-dire que les gens réalisent de plus en plus que le tourisme est une industrie. Voilà 15 ans, on ne pouvait pas parler de tourisme en termes d'industrie, on parlait de tourisme en termes d'agrément, en termes de vacances. Mais je pense que de plus en plus les Québécois réalisent que le tourisme est une véritable industrie, d'une part.
D'autre part, ce que les gens réalisent, c'est que cette industrie offre un potentiel et un développement exceptionnels dans l'ensemble des régions du Québec. Il y a peu ou pas d'industries qui offrent la possibilité de s'implanter et de se développer dans l'ensemble des régions du Québec.
Il est intéressant de remarquer, à cet égard, que les conseils régionaux de développement, qui sont ceux qui déterminent les axes de développement à la grandeur des régions du Québec, ont, sauf exception, presque unanimement retenu le tourisme comme un axe de développement. À cet égard, on retrouve sur les conseils d'administration des conseils régionaux de développement, dans tous les CRD du Québec des représentants des associations touristiques régionales et des représentants de l'industrie touristique.
Donc, c'est une industrie à fort potentiel, et c'est une industrie à fort potentiel dans toutes les régions du Québec. Que ce soit à Ivujivik, ou à Restigouche, ou à Saint-Prosper, ou à Laval, il y a des potentiels de développement un peu partout.
Autre élément essentiel au développement de notre industrie qui offre un potentiel, c'est qu'elle se structure et qu'elle se concerte de mieux en mieux pour faire face à la concurrence internationale. J'ai élaboré très brièvement sur la mise en place et le travail très positif du Forum de l'industrie touristique que j'ai réuni, encore une fois, hier.
Mais également je veux noter qu'à l'intérieur des régions et entre les régions il y a un travail de concertation relancé, ragaillardi, qui est établi entre Tourisme Québec, son ministre responsable et les associations touristiques régionales, qui sont, comme vous le savez, en ce moment, au nombre de 18 et qui pourraient devenir au nombre de 19, si nous harmonisons la région du Coeur-du-Québec, actuellement, à la nouvelle réalité régionale de Centre-du-Québec et Mauricie.
Donc, l'industrie touristique est de plus en plus consciente qu'elle doit s'harmoniser et qu'elle doit se concerter pour affronter la concurrence internationale.
(9 h 20)
L'autre force sur laquelle, je pense, on peut tabler, c'est que l'émergence de notre industrie touristique fait en sorte que ça nous permet également de consolider nos deux pôles urbains principaux que sont Montréal et Québec. Il faut réaliser que nos deux pôles principaux d'attrait touristique sont encore et demeureront disons les choses telles qu'elles sont Montréal et Québec, notre capitale nationale.
Et vous savez l'importance que nous accordons à la fois à la relance de Montréal et de la métropole, et vous savez l'importance que les gens du milieu de Montréal et également les gens de la région de la capitale nationale vouent à la relance et au développement de ces deux pôles urbains qui sont nos deux pôles urbains majeurs et principaux au Québec. Vous avez certainement entendu parler que nous sommes en train d'élaborer une politique de la capitale nationale.
Or, à l'intérieur de cette politique de la capitale nationale, le segment, l'élément tourisme est un des trois éléments qui ont été retenus par les gens du milieu comme étant des éléments porteurs de développement et porteurs d'avenir. Donc, le tourisme contribue à l'atteinte de cet objectif, qui est, dans l'ensemble de la société québécoise, de consolider nos deux pôles urbains principaux.
Je vous note qu'en termes de création d'emplois également, qui est une autre obsession de notre gouvernement, et tous les jours nous en parlons, et tous les jours, les ministres, on s'est donné comme mandat et comme leitmotiv de penser en termes d'emplois, le développement touristique est au coeur de la création d'emplois à deux niveaux. D'abord, chez les jeunes, pour plus du quart des emplois de l'industrie touristique, ceux-ci sont occupés par des gens de moins de 25 ans, ce qui fait de cette industrie l'industrie qui est la plus ouverte à la jeunesse, d'une part.
D'autre part, les chiffres qui ont été cumulés et les analyses qui ont été faites par la Société générale de financement en association avec le ministère des Finances et qui ont été repris dans l'annonce du budget de M. Landry nous démontrent que c'est dans le secteur touristique, c'est dans l'industrie touristique qu'il se créera le plus d'emplois dans les cinq prochaines années.
Le 1 000 000 000 $ d'investissements que nous prévoyons, uniquement à partir du moyen de levier qu'est l'outil Société générale de financement, pour ce 1 000 000 000 $, nous prévoyons que ce 1 000 000 000 $ d'investissements dans les cinq prochaines années générera 16 000 emplois. Et ce 16 000 emplois, c'est plus que tous les autres secteurs industriels pour lesquels également nous vouons un très grand avenir, comme le transport. Que ce soit le transport aérien, le transport ferroviaire, le transport sur rail, on sait la position stratégique du Québec en ce domaine.
Le Québec, maintenant, est la sixième puissance mondiale, en termes d'aéronautique. Bombardier est le troisième constructeur aéronautique mondial. Et, même à ça, c'est dans le tourisme qu'on va créer le plus d'emplois.
Finalement, à partir de ces bases, un aspect, nous, qui nous motive également beaucoup, c'est la nécessité pour nous de faire rayonner le Québec à l'échelle du monde, parce que nous vivons dans une économie de plus en plus mondialisée. Et nous croyons, à cet égard j'ouvre une toute petite parenthèse que notre projet souverainiste est de plus en plus d'actualité parce que tout peuple digne de ce nom ce que nous sommes aspire à se donner l'ensemble de ses moyens politiques, de ses moyens financiers et de ses moyens étatiques de se développer dans l'économie mondiale et dans le concert des nations.
Et, à cet égard, notre projet est de plus en plus moderne parce que, selon nous, les Québécois et leur économie n'atteindront leur pleine plénitude dans l'économie mondiale que dans la mesure où ils contrôleront l'ensemble de leurs outils économiques, fiscaux, réglementaires, législatifs et autres. De sorte qu'il est important que nous fassions connaître l'économie québécoise à l'échelle du monde et que nous fassions connaître le Québec à l'échelle de l'économie mondiale et à l'échelle du monde.
Un Québec souverain, ce serait la seizième force économique mondiale; ce n'est pas rien. Parmi les 170 pays, en ce moment, qui siègent aux Nations unies, nous serions la seizième économie mondiale. Et il est important, selon nous, de faire connaître qu'il existe en terre d'Amérique du Nord cette péninsule située dans son nord-est qui s'appelle le Québec et qui est la terre sur laquelle vit ce peuple.
Et ce que nous réalisons, c'est qu'à l'échelle internationale un des premiers contacts, sinon le premier contact que font les gens du monde, que fait le monde avec le Québec, c'est lorsque ces gens pensent vacances. Ces gens explorent, souvent à l'échelle de leur famille, quelles sont leurs intentions, tant en termes de voyages d'agrément, mais également en termes de voyages d'affaires avec leurs associations professionnelles. Or, nous réalisons que c'est via ces réflexions, en termes de tourisme d'agrément et de tourisme d'affaires, que les gens établissent un premier contact avec le Québec.
De sorte que nous croyons que le positionnement du Québec à l'échelle internationale, en termes de destination touristique, va également contribuer à faire connaître le Québec et va également contribuer à faire connaître que le Québec est une force économique, que le Québec est une réalité incontournable dans cette économie mondiale qui est en train de se développer et de s'épanouir. Et, à cet égard, la contribution du Québec destination touristique est, je pense, un élément essentiel à excusez l'expression positionner le Québec dans l'économie internationale et dans l'économie mondiale.
Donc, à partir de ce bref tableau, et je vais terminer là-dessus, M. le Président, parce que c'est le seul temps qui m'est échu à
titre de... Non. On pourra revenir sur ces questions fondamentales dans les échanges fructueux et positifs qui sont devant nous. On pourra revenir sur ces questions. Mais je voulais seulement vous dresser un bref tableau de l'industrie touristique et surtout de son potentiel de développement.
Et je pourrai revenir sur les outils qui sont les nôtres pour s'assurer de ce plein potentiel, tant au niveau d'une politique de développement sur laquelle nous travaillons très fort, en devenir, et pour laquelle je fonde beaucoup d'espoir, tant en termes de stratégie de marketing au niveau international, tant en termes de positionnement de l'image de marque du Québec, tant en termes d'outils modernes, électroniques, Internet, pour faire connaître le Québec.
Et nous avons, dans notre carquois de développement, une série de flèches plus pertinentes et plus acérées les unes que les autres, qui nous permettront d'atteindre nos objectifs. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Boucher): Merci, M. le ministre. Je donnerais la parole à M. le critique officiel de l'opposition.
M. Jean-Claude Gobé
M. Gobé: Merci, M. le Président. Mesdames et messieurs qui accompagnez M. le ministre, j'ai le plaisir de vous saluer aussi à mon tour et de vous souhaiter la bienvenue en cette commission, particulièrement parce que vous êtes certainement les acteurs ou ceux qui allez mettre en application pendant la prochaine année les objectifs et les réalisations de ce que le gouvernement entend faire pour favoriser et développer le tourisme au Québec.
Alors, je saluerai aussi, bien sûr, l'arrivée du nouveau ministre; c'est tard un peu, mais, je veux dire, c'est la première fois qu'il va défendre les crédits, donc on peut le mentionner, vu qu'il est arrivé vers la fin du mois d'août dernier à ce poste. Alors, on lui souhaite une bonne séance aussi. On va voir si elle sera aussi intéressante qu'avec sa prédécesseure avec qui j'ai eu l'occasion de débattre quelquefois d'une manière un peu plus virile ou difficile.
Alors, vous entrez, M. le ministre, dans une situation assez particulière, car, vous-même vous le constatez, le tourisme au Québec connaît certaines difficultés, certaines baisses. Vous mentionniez vous-même, dans une édition qui a été reprise, dans une édition du journal Le Soleil , le 2 février dernier, que le tourisme étranger est en baisse au Québec.
Le tourisme québécois, on comprend qu'avec la conjoncture actuelle, les taux de change très élevés, les problèmes que l'économie a pu connaître en termes de création d'emplois, de chômage, les impositions, les taxes élevées, et tout ça, les gens ont intérêt ou plutôt tendance à rester chez eux pour prendre leurs vacances s'ils en ont prises, premièrement, à l'extérieur de leur maison. Alors, on peut donc constater que le tourisme connaît certaines difficultés.
(9 h 30)
Et les questions que nous nous posons, nous n'y trouvons pas réponse actuellement dans les énoncés que vous avez faits. Il y avait eu un plan qui avait été prévu, un plan de développement du tourisme, il y a des tournées qui avaient été faites, les gens avaient été consultés, certaines orientations avaient été mises de l'avant, et je n'ai pas vu à ce jour de publication ou de positionnement officiel de votre ministère sur ces choses-là. Au contraire, on a l'impression que, depuis votre arrivée, certaines choses ont été retardées. Votre prédécesseure, Mme Marsolais, avait fait un certain nombre de travaux.
Nous aimerions savoir si vous avez, vous, décidé de tout reprendre, pourquoi vous l'avez fait et quels sont les changements que vous entendez apporter à ce qu'elle voulait faire, et quand. Ça, c'est une des choses qui, pour nous, va être très intéressante parce qu'on ne sait pas trop où on s'en va actuellement. On remarque aussi, dans la perception des gens à l'intérieur du tourisme au Québec, particulièrement dans certains médias: le produit touristique québécois et la manière dont il est vendu n'a pas bonne presse actuellement.
Vous pouvez voir ça adonne comme ça, je ne pense pas qu'ils l'aient fait exprès parce qu'ils savaient que nous avions les crédits L'actualité : Du tourisme de broche à foin . Vous avez certainement dû le lire, peut-être même avant moi. Si vos services sont bien organisés, ils ont dû vous procurer ça quasiment quand l'encre était encore fraîche. Un certain nombre de questions troublantes sont évoquées, et ce n'est pas la première fois. On se rappellera que notre ancien responsable en France, en Europe, M.
Houde, avait, à l'occasion, lui aussi tiré la sonnette d'alarme sur certaines politiques ou catégories de tourisme et il s'était fait pour cela, certainement, rappeler à l'ordre et, si ce n'est pas rappeler à l'ordre, vertement réprimander, c'est le moins qu'on puisse dire.
Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui force est de constater que ces lacunes-là, qui avaient été identifiées, n'ont pas été prises en compte ou ne semblent pas avoir été prises en compte et que des correctifs n'y ont pas été apportés. Alors, quand vous dites que c'est certainement le premier ou un des plus importants créateurs d'emplois au Québec, eh bien, je m'étonne qu'on n'ait pas pris plus d'attention à ces cris d'alarme, à l'époque, qui étaient faits.
On sait qu'au Québec le taux d'occupation des hôtels est en moyenne d'à peu près 48 %, 49 %, c'est en bas du seuil de rentabilité. Dans certaines régions, vous allez dire: Oui, il a augmenté. Mais on prend l'ensemble, on ne vit pas seulement dans une région. On ne va pas commencer à tout isoler. Ça, c'est à peu près 10, 12 points sous le seuil de la rentabilité.
Alors, c'est sûr que ça peut être difficile pour les hôteliers, les gens qui vivent de l'hébergement, de pouvoir s'en sortir, en particulier avec l'application des nouvelles taxes qui a eu lieu, l'augmentation de la taxe de 1 %. La taxe sur les forfaits aussi, vous savez là. Le 2 $ aussi, oui. Ça n'a rien de la partisanerie en disant ça, c'est une réalité. C'est des choses, je pense, qui valent la peine d'être mentionnées maintenant.
Dans votre énoncé, M. le ministre, vous avez parlé règle générale, et je sais que vous êtes un homme qui avez une certaine vision de certaines choses, mais, dans le concret, tous les jours, ce qui préoccupe les gens, c'est ce qui les empêche de bien fonctionner. Et ce qui les empêche de bien fonctionner, bien, ce sont des choses comme celles-là. Je pense que nous pourrions peut-être profiter de ces crédits pour en faire une discussion à débattre et que vous puissiez sortir d'ici peut-être avec l'opinion des parlementaires, si déjà vous ne l'avez pas.
On se dit aussi qu'au Québec on essaie d'adapter les touristes aux produits. C'est vrai qu'on remarque une espèce de tendance à dire: On a un produit unique en Amérique du Nord. Bon, les gens y viennent pour ce produit-là et on ne cherche pas à voir, quand ils sont partis d'ici, est-ce qu'ils sont satisfaits. Est-ce qu'il y a eu des études qui ont été faites? Est-ce qu'il y a eu des échantillonnages qui ont été faits auprès des touristes étrangers quant à l'impression, la satisfaction, ce qu'ils ont pu retirer de leur séjour au Québec aux niveaux hébergement, culinaire, culturel, attraits touristiques?
Pourquoi je vous pose ça, M. le ministre? C'est parce que je n'ai jamais vu aucun rapport à cela. Peut-être que je les ai manqués, s'ils ont été produits, mais il serait peut-être souhaitable de voir pourquoi nos 400 000 Français actuellement sont en baisse. Il serait peut-être intéressant de savoir qu'est-ce que nous pourrions améliorer pour que, lorsqu'ils rentrent chez eux, bien, ils disent à l'autre de revenir ici. Je n'ai pas vu à date ces choses-là.
On remarque aussi un éparpillement. C'est intéressant qu'on retrouve tout ça dans cette publication. Je pense qu'à l'occasion nous, les parlementaires, on peut être un peu frustrés des journalistes et de ce qu'ils peuvent écrire, mais il y a certainement du bon travail qui se fait aussi et qui nous éclaire. Un des points et moi, ça m'a toujours aussi semblé un peu particulier le grand nombre des ATR. Est-ce qu'on a besoin de toutes ces structures qui se chevauchent les unes les autres, qui à l'occasion même entrent en conflit les unes avec les autres?
On se rappelle dans l'Estrie, par exemple. Il y a deux ATR là qui ont de la difficulté celle qui est plus proche de la région de Montréal à se mettre d'accord. Il y a probablement des dédoublements. Votre gouvernement, qui est champion des dédoublements, de la dénonciation, entre le fédéral et le provincial, de certains dédoublements, je pense qu'on pourrait peut-être commencer à regarder aussi chez nous ce qui se passe. Et je me demande si le ministre ne pourrait pas, dans cette année, prendre comme objectif de revoir l'ensemble de toutes ces structures, de revoir un peu si on a vraiment besoin de 18 ATR.
De voir aussi avec les CRD, avec les CLD. On est rendu dans d'autres structures qui vont avoir des budgets pour dépenser dans d'autres activités qui vont être connexes il ne faut pas se conter de choses qui vont faire de la promotion, elles aussi. Il y a tout ça qui n'est pas abordé. J'aimerais ça que cette année vous nous... Il ne faut pas seulement nous en parler, mais qu'on agisse dans cette direction-là, parce que ça commence à devenir un vrai cafouillage: les gens voient un peu leur chasse gardée, leur petit territoire qui commence à être envahi par l'un ou par l'autre, et là, c'est Clochemerle , c'est chacun son truc.
Il y a aussi identification, vu qu'on parle des ATR, des régions, du produit québécois. Il est vrai qu'aller faire la promotion de Chaudière-Appalaches ou de Laval à Francfort, ça ne remplacera jamais une bonne promotion du Québec et même du Canada. Ou à Paris. Moi qui voyage un peu à l'occasion, je vais vous dire, en dehors de toute politique, que le mot «Canada» se vend très bien et qu'à l'intérieur du mot «Canada», au niveau touristique, le Québec se vend aussi très bien.
Alors, il y a cet éparpillement, aussi, des ressources. Moi, je trouve ça bien, Chaudière-Appalaches, et je trouve ça bien, Charlevoix, la région de Québec, mais, d'après moi, ce n'est pas un contexte global. C'est le Québec qu'on vend et en même temps le Canada.
J'aimerais ça que M. le ministre puisse regarder s'il y a eu aussi avec le gouvernement fédéral ou nos voisins ontariens et néo-brunswickois des associations qui auraient pu être faites au niveau de promotions, parce que, vous savez, on rencontre souvent à l'étranger des gens qui aiment visiter le Parlement fédéral et qui aiment visiter Toronto, qui atterrissent à Toronto et qui aimeraient venir visiter le Québec aussi. Donc, c'est ça.
Et, lorsque l'Ontario fait sa promotion, on pourrait certainement avoir un volet où, ensemble... ou nous, faire en sorte d'intéresser une espèce de collaboration. Évitons de faire des tranchées autour de nous, parce que, quand l'avion d'Air France ou de Francfort atterrit à Toronto, il y a beaucoup de Français là-dedans ou d'Allemands qui, peut-être, aimeraient ça venir passer une journée ou deux ici, ou trois, au Québec, dans ce genre de tourisme-là. D'accord? On parle du tourisme de groupe.
Maintenant, il y a le tourisme canadien. L'année dernière, j'avais eu l'occasion de m'emporter... Tout à l'heure, je parlais de débats un peu plus virils dans le sens d'agressivité, on s'entend bien, d'accord?, dans le sens de bagarre parce que nous avions constaté que les sommes allouées au tourisme canadien, en termes de promotion, étaient marginales, étaient minimes par rapport aux sommes qui sont données aux marchés étrangers. Je pense qu'on aura l'occasion d'y revenir, mais, à l'époque, on parlait de pas tout à fait 500 000 $ comparativement à 8 000 000 $ pour l'étranger et 4 000 000 $ pour le Québec.
On se rend compte que cette année, ça baisse. Vous avez fait des réaménagements; j'aimerais ça que vous m'expliquiez pourquoi tout à l'heure.
Ça va être quelque chose d'intéressant, parce qu'il me semble qu'on n'est jamais mieux pour ratisser, pour aller ramasser des choses, que de commencer par sa propre porte, un peu comme la personne qui voudrait faire sa moisson ou sa vendange et commencerait par aller faire le champ le plus loin. Il ne ferait pas le champ le plus près, alors que le plus loin serait peut-être même moins prolifique. Alors, on se rend compte encore que là, d'après moi, ça n'a pas été corrigé.
D'autres. La taxe sur la nuitée, j'en ai parlé rapidement, c'est des choses qu'il va falloir revoir. Il y a aussi le Centre des congrès. M. le ministre, le centre des congrès, on le fera en deuxième partie. C'était notre intention, à nous aussi, nous savions que M. Vézina ne pouvait pas être là. Différentes questions sur le Centre des congrès: sa gestion, tout ça, sa vocation, est-ce qu'il doit rester une entité gouvernementale ou pas? Enfin, différentes choses. Et il y a le problème épineux actuellement et assez urgent des centres de ski au Québec.
(9 h 40)
Vous ne l'avez pas mentionné, mais probablement que vous attendiez que, dans la discussion, nous l'abordions. Vous n'êtes pas sans savoir les difficultés, les situations difficiles qu'ils traversent actuellement et je pense que ça vaudrait la peine que nous puissions en débattre et peut-être sortir d'ici avec des indications sur les intentions qui sont les vôtres ou celles de votre gouvernement. Alors, il y aura d'autres petites choses, on va certainement parler aussi de certaines dépenses qui ont été faites, on va regarder tout ça, ou ce qui est prévu. Alors, pour l'instant, c'est l'essentiel de mes remarques, et j'en ai profité pour donner un peu le cadre de travail en même temps.
Le Président (M. Boucher):
Merci beaucoup, M. le député de LaFontaine. Est-ce que les députés ministériels aimeraient prendre la parole? Oui?
M. Michel Côté
M. Côté: Oui. Merci, M. le Président. M. le ministre, vous avez très bien démontré tout à l'heure l'importance de l'industrie touristique au Québec en matière économique, en matière de création d'emplois. Donc, c'est un des volets qui mérite toute l'attention, je pense, qu'il faut accorder à ce secteur de développement économique pour le Québec, mais aussi pour la région de Québec.
On l'a vu dans les tables de consultation qui ont travaillé au courant de l'hiver sur les aspects de développement économique de la région de Québec, de la région de la capitale: le tourisme est un des secteurs qui ressort le plus en termes de développement, ici, dans la région de Québec, avec la haute technologie et la culture. D'ailleurs, vous avez eu l'occasion justement d'être présent à l'une de ces rencontres.
Il y a peut-être un des éléments de développement en matière touristique, ici, dans la région de Québec, qui est en progression; à
titre d'exemple, ce serait le volet croisières. Et particulièrement, les croisières en eau froide sont en très haute progression depuis ces dernières années et, pour Québec, c'est un attrait particulier, ce fait-là.
Au niveau des croisières, on sait que la plupart des croisières ont leur casino à bord des bateaux et, à l'entrée du fleuve, on sait qu'ils doivent fermer les portes de leurs salles de jeux pour justement se conformer à la loi fédérale relativement aux croisières. Ici, à Québec, on a pris position à cet effet-là, on a même légiféré, je crois, dans ce sens-là. Est-ce qu'il se fait actuellement des consultations avec le fédéral, est-ce qu'on peut espérer, à court terme, que cet aspect-là soit levé pour permettre justement aux croisières de pouvoir exploiter ou opérer leur casino à port, si vous voulez? Alors, j'aimerais qu'on revienne sur cet aspect-là lorsque j'aurai terminé mon intervention.
Il y a un autre point aussi que j'aimerais que vous abordiez également, M. le ministre. En novembre dernier, vous avez annoncé la mise sur place d'un bureau de développement de l'offre, qui aurait pour fonction principale de traiter rapidement toutes les demandes de promoteurs de projets touristiques.
Avec la nouvelle structure maintenant à la SGF, qui projette de s'impliquer dans le milieu touristique en termes d'investissement, puis d'investissement qui serait massif, est-ce que le bureau de développement que vous avez annoncé l'automne dernier demeure toujours un complément dans tout ça, ou est-ce que ça devient un peu du dédoublement relativement au développement touristique ou à l'analyse de ces projets touristiques là? Alors, c'est un peu le questionnement que je voulais vous soumettre, M. le ministre, puis j'espère que dans les prochaines minutes vous aurez l'occasion d'y répondre.
M. Claude Boucher, président
Le Président (M. Boucher): Alors, merci, M. le député de La Peltrie. Si vous me permettez, je vais faire quelques remarques, moi aussi, très brèves. J'aimerais souligner, d'une part, que le tourisme québécois est en train de faire des progrès, notamment en Amérique latine. Ce midi, je vais à un dîner avec des Brésiliens pour donner suite à la Conférence parlementaire des Amériques qui a eu lieu en septembre, vous le savez. Et la destination Québec au Brésil devient de plus en plus populaire. Des chiffres pourront nous le démontrer.
Mais ce que j'entends le plus de mes amis brésiliens puis j'ai des contacts au Brésil c'est que la Conférence parlementaire des Amériques a fait connaître le Québec au Parlement latino-américain et particulièrement au Brésil, qui sont tombés en amour, d'une certaine façon, avec le Québec je les comprends d'ailleurs et qui vont de plus en plus prendre la destination Québec. On verra dans les années si ce que je dis là se vérifie dans les faits.
J'aimerais tout simplement aussi terminer en soulignant que la décentralisation de la promotion touristique n'a pas que des défauts. Chez moi, l'Association touristique des Cantons de l'Est fait une promotion extraordinaire de ma région. Et, comme vous le savez, l'Estrie est devenue la destination par excellence des Québécoises et des Québécois, dont je suis très fier. Elle est une région touristique extraordinaire.
Je sais que je ne peux pas faire de promotion pour ma région ici parce que vous la connaissez très bien, tout le monde, et ce n'est pas parce que je vais en parler que vous allez venir davantage, mais je vous dis que la décentralisation peut être intéressante pour des régions, de se faire connaître et d'attirer chez elles des personnes. Voilà. Je m'arrête là. Je pense que ma collègue députée de Marie-Victorin...
Mme Vermette: Alors, écoutez, je pense que je viens d'entendre quelque chose d'important. Le député de Johnson, ce que je viens d'entendre, c'est qu'il a dit: Ma région, l'Estrie... alors que j'ai toujours pensé qu'il faisait
partie de la Montérégie.
Le Président (M. Boucher): Pardon?
Mme Vermette: J'ai pensé que vous faisiez
partie de la Montérégie et non de l'Estrie.
Le Président (M. Boucher): Ah, il y a une
partie de mon comté, madame, qui est dans la Montérégie et il y en a une autre
partie qui est dans le centre du Québec. Un magnifique comté.
Mme Cécile Vermette
Mme Vermette: Alors, il est chanceux parce qu'il a les deux plus belles régions du Québec, en fait, ou presque. Ha, ha, ha! Ceci étant dit, écoutez, M. le ministre, ça me fait plaisir de faire les crédits. Nous avons été habitués avec d'autres porte-parole ou ministres dans ce domaine. C'est un dossier, effectivement, très emballant que le domaine touristique parce qu'il touche différents volets et aussi c'est une excellente façon de faire connaître notre culture. Et, comme Québécois et Québécoises, je pense que c'est un élément essentiel dans notre devenir.
Plus les gens vont apprendre à nous connaître sous différentes facettes, plus ils apprécieront ce que nous sommes et ce pourquoi nous faisons certaines démarches aussi en fonction de devenir un pays. Je pense que c'est une excellente occasion de faire la connaissance d'une société dans son ensemble et d'un pays dans son ensemble. Donc, je pense que vous avez des fonctions très importantes à
titre de ministre touristique.
Ceci étant, je pense que le tourisme se fait à deux niveaux: il y a du tourisme international, où il faut faire la promotion à des niveaux internationaux, et il y a du tourisme plus local, au niveau régional, où les gens peuvent le faire d'une façon beaucoup plus locale et qui capte un peu plus le tourisme interne, en fait. Le développement des régions pour attirer le tourisme extérieur, c'est-à-dire un peu international ou même des autres provinces ou des États-Unis, en fait continental, je pense qu'il faut faire preuve d'imagination.
Actuellement, ce que je crois, pour voyager assez régulièrement, c'est qu'on devient saturé de voir un paquet de mêmes choses. Dans toutes les grandes villes, on voit les bâtisses, on voit les cathédrales, on voit, en fait, les musées, etc. et, à un moment donné, on cherche quelque chose de différent, on veut vraiment toucher ce qui fait la différence par rapport à un autre endroit, par rapport à un autre pays. Et, au Québec, je pense qu'on a la possibilité de le faire à cause de nos hivers qui sont tellement particuliers et aussi nos étés qui nous offrent un autre plan. Alors, il y a différentes façons.
(9 h 50)
Est-ce que vous envisagez on pourra en discuter tantôt voir à ce que... Justement, quand tu parlais que, de plus en plus, on essaie de toucher l'Amérique latine, à cause du traité de l'ALENA où on transige de plus en plus, il n'y a pas juste les Brésiliens, mais il y a les Chiliens, il y a tous ces gens-là avec qui on fait commerce maintenant de plus en plus. Et ces gens-là, je pense qu'ils apprennent à nous découvrir et à nous connaître.
En fait, là où je veux en venir: quand on leur parle, c'est de nos grands espaces, la chasse, la motoneige, la pêche, c'est des choses qu'ils ne peuvent pas trouver généralement dans leur pays. Alors, ce sont des éléments intéressants. Est-ce que vous avez l'intention en tout cas, on pourra en discuter de développer ces différents aspects là?
Et je voulais souligner un dernier point. Quand, tantôt, le critique de l'opposition mentionnait que, malheureusement, les gens arrivent à Toronto, visitent Toronto puis finalement ils ne viennent pas au Québec parce qu'ils ne leur restent plus de sous ou... J'ai même vu des Français, l'été dernier, qui me disaient: Ah! Je m'en vais vous visiter, mes petits cousins du Québec! Je disais: Ah oui? Vous allez où? À Toronto. Alors, il y avait comme une méconnaissance, dans le fond. Et le fait, cette dichotomie d'être Canadien et Québécois, fait en sorte que très souvent le Québec passe après le Canada.
Alors, moi, je pense que c'est important qu'on fasse la distinction, la différence que le Québec n'est pas nécessairement le Canada et que le Canada n'est pas nécessairement le Québec.
Le Président (M. Boucher): Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Cliche: Oui, merci, M. le Président. J'aimerais que vous me donniez une indication, à cette étape-ci. Les propos des trois députés de LaFontaine, de La Peltrie et de Marie-Victorin, incluant les vôtres, soulèvent j'ai pris quelques notes ici 10 questions fondamentales dont je peux parler. Qu'est-ce que vous me suggérez, M. le Président? Et-ce que vous suggérez que le ministre réponde, essaie de les couvrir très rapidement ou... Qu'est-ce que vous suggérez à cette étape-ci? Quel est le temps que j'ai de réponse à cette étape-ci?
Le Président (M. Boucher): Vous n'avez pas droit de réplique en principe, sauf que je ne sais pas si l'opposition...
M. Cliche: Non, ce n'est pas une réplique, ce sont des questions très pertinentes qui ont été soulevées par vous quatre, et j'aimerais, si vous me le permettez, les survoler très rapidement. Et, à ce moment-là, j'accepterais que vous me limitiez à un certain moment donné et que vous donniez la parole à d'autres. Mais, si vous me permettez, je vais essayer d'y aller très...
Discussion générale
Tourisme international et des provinces canadiennes
M. Gobé: Il y a peut-être une autre façon. Vu que, comme vous dites, on a soulevé des questions très importantes et que la première
partie est faite pour ce débat, on pourrait se prendre une heure, et prendre ces questions-là et en discuter. D'accord? On a des questions à vous poser. À
titre d'exemple, moi, j'ai parlé tout à l'heure de la faiblesse, au niveau canadien puis au niveau américain, du tourisme, puis la différence d'investissement qui se fait par rapport à l'étranger. Alors, ça, c'est une question. Peut-être qu'on pourrait prendre un certain nombre de temps à discuter, parce que, certainement, ma collègue a fait valoir un très bon point, elle aussi, mon collègue aussi, là-dessus. Alors, on pourrait faire comme ça et les passer en revue. Puis si, à un moment donné, il y a d'autres choses qui viennent, ça viendra.
M. Cliche: Ça me va, M. le Président.
M. Gobé: Ne pas faire de monologue, par exemple.
M. Cliche: Non, non, non, non.
M. Gobé: Entre nous, du moment que tout le monde puisse participer.
Le Président (M. Boucher): Vous considérez qu'on a commencé l'étude des crédits, là?
M. Gobé: Tout à fait.
M. Cliche: Ah oui! Sinon, on ne serait pas ici, M. le Président.
Le Président (M. Boucher): Tout à fait. Par rapport aux remarques préliminaires. C'est ça. M. le ministre.
M. Cliche: Bon. Alors, allons-y très rapidement. D'abord, je veux en partant que nous nous entendions sur les chiffres. Et effectivement, l'article auquel le député de LaFontaine a fait référence c'était, si ma mémoire est bonne, un gros titre: Baisse du tourisme international . C'est l'article auquel vous faites référence, là? Oui.
Alors, c'est moi-même qui avait lancé le cri d'alarme et je jugeais important de noter qu'il y avait eu, entre 1996 et 1997, une légère baisse du tourisme international, et je jugeais important de mettre en lumière cet aspect pour essentiellement convier tout le monde à réaliser que nous étions une destination touristique internationale et qu'on devait aller chercher notre part de touristes internationaux.
Néanmoins, j'aimerais vous faire part de certains chiffres qui permettent de mettre ces choses en perspective. Entre 1994 et 1997, il y a eu une augmentation du nombre de touristes internationaux dans le monde, de 551 000 000 en 1994 à 613 000 000 en 1997; c'est-à-dire qu'entre 1994 et 1997 il y a eu une augmentation de 551 000 000 de touristes à 613 000 000.
Et lorsqu'on regarde, à ce moment-là, la performance du Québec eu égard au tourisme international, entre 1994 et 1997, donc quatre années complètes, il y a eu une augmentation du nombre de touristes internationaux: de 2 769 000 qui ont visité le Québec en 1994 à 3 119 000 en 1997. La baisse que j'invoquais dans ce document, dans cette conférence que j'ai faite, elle était entre 1996 et 1997. Effectivement, entre 1996, 3 162 000 touristes, et 1997, comme je viens de le dire, 3 119 000, il y a eu effectivement une baisse de 1,3 % entre ces deux années. Mais, si on regarde les quatre années globales, on est néanmoins en progression.
Est-ce que cette progression est suffisante? Non. Nous aurions dû, à mon point de vue, avoir une progression à tout le moins similaire à la progression du nombre de touristes internationaux. Donc, nous avons relativement bien fait, nous avons eu une hausse globale sur ces quatre années, néanmoins une baisse entre 1996 et 1997 mais, à mon point de vue, ceci n'est pas à la mesure du potentiel de développement touristique.
Et, si on fait le total des touristes québécois et des touristes internationaux que je viens de décrire brièvement, entre 1994 et 1997, nous avons connu une hausse de 19 939 000 touristes, ce qui est composé du total des touristes internationaux, en 1994. Je veux vous dire ces chiffres-là pour qu'on parle des mêmes choses. En 1994, un total de 19 939 000 touristes au Québec, définition de «touristes» étant la définition de quelqu'un qui couche à l'extérieur de chez lui, dans un hôtel, dans un lieu d'hébergement autre que son domicile principal pour y exercer une activité de tourisme d'agrément ou de tourisme d'affaires. C'est la définition dudit touriste.
Alors, 1994, juste pour placer ces chiffres rapidement, M. le Président, 2 769 000 touristes internationaux plus 2 296 000 touristes en provenance des provinces canadiennes, plus 14 874 000 touristes en provenance du Québec, qui visitent le Québec, pour un total de 19 939 000.
En 1997, les mêmes strates sont les suivantes. En matière de tourisme international hors Québec, hors Canada, 3 119 000 touristes internationaux; en provenance du Canada, 2 479 000, et en provenance du Québec, 15 556 000. Et on remarque que dans les trois strates, les trois classes, il y a une augmentation nette pour un total de 21 154 000 touristes en 1997. Ceci met en perspective les choses.
On m'a informé que par les années dernières le député de LaFontaine a posé énormément de questions sur la question pertinente des efforts promotionnels que le Québec effectue dans les autres provinces canadiennes et du résultat de cet effort. J'aimerais essayer on peut en parler longuement de parler de cette question-là le plus rapidement possible, «d'adresser cette question», comme ils disent à Hull, le plus rapidement possible.
Il y a une croissance nette, continue, et il y a une croissance entre 1996 et 1997 et 1997 et 1998: il y a eu une croissance du nombre de touristes qui nous visitent en provenance des autres provinces canadiennes. C'est une clientèle nous la décrivons dans notre jargon qui est relativement fidélisée, en ce sens que la clientèle en provenance de l'Ontario est beaucoup une clientèle de skieurs et également beaucoup une clientèle fidélisée lors de ce qu'ils appellent les «school break», les relâches scolaires. C'est à ce moment-là que beaucoup d'écoles ontariennes nous visitent, tant au Carnaval de Québec qu'ailleurs.
(10 heures)
C'est une clientèle relativement fidélisée, mais il ne faut rien prendre pour acquis dans ce domaine, et c'est ainsi, M. le député de LaFontaine, que vous serez sans doute heureux d'apprendre que nos dépenses en matière de promotion touristique, qui étaient de 500 000 $ en 1996-1997, ont plus que doublé en 1997-1998 et nous avons investi plus de 1 100 000 $ en promotion touristique chez nos amis voisins ontariens en ce domaine. Donc, nous réalisons que c'est une clientèle fidélisée qui, souvent, est attirée de façon naturelle.
Je pense à l'attrait assez phénoménal du Casino de Hull sur la clientèle ontarienne notamment. Mais ne voulant rien prendre pour acquis dans ce domaine, on a doublé les efforts de promotion sur les marchés canadiens en 1997-1998, espérons-nous, répondant ainsi à votre préoccupation.
Politique du tourisme
Maintenant, rapidement, j'ai campé ces chiffres et j'ai essayé de répondre à la question du tourisme canadien, une question fondamentale soulevée: Ai-je fait tabula rasa du bon travail effectué par ma prédécesseure la députée de Rosemont? La réponse à ça, c'est non. Il y avait eu ce Forum de l'industrie touristique qui avait rassemblé l'ensemble des gens de l'industrie touristique en mars 1997 à Montréal. Allocution prémonitoire, j'avais été conférencier, semble-t-il, apprécié à cette assemblée. Et il y a eu des suites à ce forum, il y a eu des bilans de faits.
Et suite à ces bilans, ces constats que je vous ai dressés, j'ai élaboré l'ébauche d'une politique. Et l'essentiel d'une politique, c'est deux choses. D'abord, c'est d'amener l'ensemble des ministères du gouvernement à adhérer à cette vision et cette volonté de développement ceci est important mais j'accorde encore plus d'importance à l'adhésion de l'industrie elle-même à cette politique.
Et je peux vous dire, hier, que j'ai présenté au Forum de l'industrie touristique les grandes lignes et surtout, comme je suis un homme d'action je vous remercie de la fleur que vous m'avez lancée, que j'avais certaines visions, mais je suis beaucoup plus un homme d'action... et j'ai présenté hier à l'ensemble de l'industrie touristique non seulement la vision de développement, mais les actions concrètes de développement et les politiques spécifiques de développement.
Et il semble bien que, de la réaction très positive que j'ai eue de l'ensemble du Forum de l'industrie touristique hier, je serai en mesure d'annoncer espérons-nous, et là je vis d'espoir très bientôt à la fois la politique et les mesures concrètes qui font cohésion et qui créent une adhésion majeure de l'industrie touristique.
Article de L'actualité sur le tourisme
Rapidement, je veux parler de cet
article de broche à foin qui est intitulé Du Tourisme de broche à foin , dans L'actualité . Je suis un lecteur non assidu de L'actualité et, chaque fois que je lis un
article de L'actualité dans un domaine que je connais, j'en ressors avec un certain degré plus ou moins élevé mais toujours constant de frustration. Ce sont des articles superficiels où on juxtapose une série d'idées et de clichés souvent, sans que le rédacteur ait vécu ce que les jésuites m'ont appris en Méthode et en Versification, des notions fondamentales d'introduction corps-conclusion dans une suite logique et cohérente de dissertation qu'on ne retrouve pas dans cet article. Donc, c'est une série de clichés accolés. Et il y a certains chiffres notamment, certains faits qui sont relevés qui me permettent d'affirmer que c'est un
article de broche à foin. Par exemple, je cite l'article qui dit qu'en 1995 citation de M. Désiront «en 1995, nous avons accueilli 1 946 000 touristes américains. Il s'agit d'une décroissance spectaculaire. En 1990, 2 849 000 Américains étaient venus faire du tourisme au Québec.» Et, à partir de là, c'est l'effondrement du tourisme. Alors, M. Désiront, effectivement, erre dans ses données parce que, en 1990, il n'y avait pas 2 849 000 Américains, il y en avait 1 846 000. Alors, il y a une erreur factuelle de 1 000 000, et il y a plusieurs autres erreurs factuelles dans cet article.
Ceci étant dit, sur le fond, le manque d'harmonisation, le manque de concertation, de nécessité d'une politique beaucoup plus concertée et forte en matière de développement touristique avec une qualité continue... sur le fond, je suis d'accord avec ces énoncés de fond, et c'est sur ces énoncés de fond que j'ai travaillé avec les membres de l'industrie touristique au développement d'une politique et de mesures, de sorte que l'article m'apparaît un
article superficiel qui manque de cohérence, qui utilise des données fausses dans certains cas, carrément fausses, comme je viens de le dire, dans certains cas. Mais, sur le fond, on doit reconnaître qu'il faut améliorer notre qualité de produit touristique, il faut développer notre produit touristique, il faut le faire en meilleure concertation, harmonisation avec l'ensemble des membres de l'industrie touristique.
Qualité du produit québécois
Vous avez soulevé rapidement la question de... cette notion est revenue sur plusieurs aspects par la députée de Marie-Victorin, par le député de La Peltrie et par le député de LaFontaine, c'est sur la notion de notre produit. Quel est notre produit? Est-ce qu'il y a eu des études de faites à la fois sur la satisfaction de notre produit et sur la perception de notre produit, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du Québec? Quel est ce produit touristique qui pourrait nous démarquer? La question est tout à fait pertinente, et j'aimerais prendre une minute pour vous dire la façon dont cette question-là est discutée.
La question est d'autant plus pertinente que je crois qu'il faut se développer une image de marque distincte et forte pour positionner le Québec à l'échelle internationale. Et je suis rapidement arrivé à la conclusion, dans les premières semaines de cette responsabilité qui est la mienne en ce moment, à l'effet que nous n'avions pas encore développé cette image de marque forte: destination touristique internationale Québec. Et on est engagé dans un exercice majeur avec l'ensemble des partenaires de l'industrie touristique.
Je me souviens, notamment, dans les derniers jours de février, de cette réunion, où il y avait 65 personnes dans une salle, où nous avons spécifiquement discuté de l'image de marque: Québec destination touristique internationale. L'exercice devrait aboutir d'ici à l'été, d'ici au solstice d'été, et, à ce moment-là, j'espère que je serai en mesure de vous présenter, à l'ensemble des Québécois et Québécoises, cette image de marque qui sera notre positionnement touristique international.
Mais je peux vous dire qu'il y a trois choses essentiellement qui ressortent à la fois des focus groupes... des analyses et des interviews des focus groupes que nous avons effectuées auprès des touristes internationaux qui sont venus chez nous et auprès de l'industrie touristique. Il y a trois lignes de force qui ne sont pas des lignes de force, chacune d'elles, uniques à la destination touristique québécoise, mais le cumul de ces trois lignes de force fait de nous une destination touristique distincte qui peut attirer l'attention dans l'international.
La première ligne de force, et ceci, je pense que c'est assez impressionnant; en tout cas, moi, ça m'a frappé parce que personne n'avait pensé que ceci était une ligne de force auprès des touristes internationaux.
Ce qu'ils retiennent comme étant la chose qui les a le plus frappés, qu'ils retiennent comme un caractère distinct je ne veux pas tomber dans la grande constitutionnalisation ou des débats politiques pancanadiens, canadiens ce qu'ils retiennent comme étant un caractère unique de notre définition de notre destination touristique, c'est le contact avec ce que nous sommes, le contact avec les Québécois, et ça, que ce soient les Français, que ce soient les Allemands, que ce soient les Américains, que ce soient les Japonais, le contact avec nous et ce que nous sommes dans notre culture, dans notre façon de vivre, dans notre joie de vivre, dans notre bonne bouffe, dans notre camaraderie, dans notre solidarité, c'est quelque chose qui les frappe de façon unanime.
Premier élément de force.
Le deuxième élément de force, ce sont nos pôles urbains animés par ce que nous sommes, mais qui sont également des villes relativement sécures, heureusement encore sécures et là je me croise les doigts que ça va demeurer ainsi à Montréal, mais où on peut encore, sur la rue Saint-Denis, pour un Américain, déambuler le soir pendant le Festival de jazz, en toute sécurité, à minuit, et voir des familles avec leur poussette d'enfant qui peuvent le faire en toute sécurité ce qui les frappe énormément, et ce caractère, entre guillemets, européen de nos villes et de notre façon de faire, notamment à Québec, ceci est un élément de force très important.
Et, tertio ça a été soulevé par la députée de Marie-Victorin ces grands espaces, cet écotourisme, ces grands espaces qui sont uniques au monde: nos pourvoiries, nos réserves fauniques, nos parcs, notre fleuve. De sorte que ces trois éléments additionnés, cumulés, ce sont les trois lignes de force à partir desquelles nous sommes en train de développer notre image de marque.
(10 h 10)
Quant à la satisfaction, ma sous-ministre me glissait à l'oreille que les seules études récentes qui lui viennent à l'esprit seraient des études de satisfaction qui ont été effectuées par l'Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal, l'OCTGM, qui révèlent un taux de satisfaction à plus de 90 %. Est-ce que c'est satisfaisant? Non. Il faut viser le 100 % en matière de tourisme.
On fait tous du tourisme, on a tous voyagé et on sait que, malheureusement, le souvenir qu'on garde d'un voyage, c'est souvent ce petit segment, ce petit souper manqué, cet accueil à l'hôtel qui a été réellement catastrophique, et c'est souvent ces petits segments de notre souvenir touristique qui nous reviennent à l'esprit. Enfin, moi, c'est comme ça. Je ne sais pas si c'est comme ça pour d'autres. Il faut qu'on vise 100 % en matière de qualité.
Tout notre travail en matière de qualité vise à s'assurer que les touristes qui visitent le Québec, soit du Québec ou de l'extérieur du Québec, aient une satisfaction en matière de qualité totale, 100 %.
Politique du tourisme (suite)
J'ai évoqué l'idée de cette image de marque, vous avez évoqué l'idée, qu'on retrouve dans cet
article de L'actualité , de manque de cohésion. Or, j'ai le plaisir de vous annoncer qu'hier, lors du Forum de l'industrie touristique, qui regroupe les ATR, naturellement, mais qui regroupe également les autres membres de l'industrie touristique aussi importants que les transporteurs en bus, les transporteurs aériens, les hôteliers, les restaurateurs, les agents de voyage, enfin tout le monde est autour de cette table, 30 personnes que j'ai regroupées et qui sont toutes des acteurs principaux...
Nous avons convenu, à leur demande, d'élaborer un plan marketing global pour le Québec qui sera le plan marketing national, le plan marketing Québec en matière de tourisme. Il y aura, bien sûr, un plan marketing auquel tout le monde va adhérer, mais il y aura des déclinaisons régionales et des déclinaisons sectorielles. Lorsqu'on vend la motoneige à l'extérieur du Québec, selon moi, on devrait vendre d'abord et avant tout Québec destination touristique avec une déclinaison motoneige.
Si Charlevoix, paysage magnifique, lieu magnifique, reconnu par l'UNESCO, réserve mondiale, etc., veut se faire connaître à l'extérieur du Québec, bien, mais il faut que cette image se rattache à une image destination touristique Québec forte. Et je conviens avec le député de LaFontaine que non seulement l'image Québec, des fois, n'est pas tellement connue, loin... Alors, c'est d'autant plus vrai pour l'Abitibi-Témiscamingue ou Chaudière-Appalaches, comme vous avez évoqué, qui, dans certains pays du Québec, sont peut-être plus des provinces d'un autre pays que des régions touristiques du Québec.
Et en ce qui concerne nos relations avec la Commission canadienne du tourisme en matière de démarchage sur des marchés européens, nous travaillons en équipe avec la CCT. J'ai eu, la semaine dernière, un petit déjeuner de travail avec mon collègue au Développement Canada, M. Cauchon. Nous aurions aimé que le Canada renouvelle cette entente quinquennale en développement touristique qui s'est échue au 31 mars 1997. Nous comprenons qu'ils n'ont pas la volonté de ce faire. Nous avons néanmoins continué à travailler avec la Commission canadienne du tourisme et avec le bureau de M.
Cauchon dans une perspective où, moi, ce qui m'intéresse, c'est de développer l'industrie touristique du Québec. Le Canada semble reconnaître notre leadership en la matière. Et nous travaillons en partenariat avec ces gens pour développer l'industrie touristique québécoise.
Alors, j'ai fait un survol très rapide des questions soulevées. Quant aux questions des ATR, leur rôle, leur nombre, j'ai établi, je pense, une bonne relation de travail avec les associations touristiques régionales.
Le Président (M. Boucher): M. le ministre, je m'excuse, ça fait 20 minutes que vous parlez. Est-ce que vous pourriez revenir sur cette question-là et laisser la parole à notre collègue?
M. Cliche: Oui. Je vous ai reconnu d'emblée le droit de m'interrompre si j'élaborais trop longtemps sur certaines questions, mais j'ai essayé de faire un survol rapide des questions fondamentales soulevées par nos collègues.
Le Président (M. Boucher): Vous aurez l'occasion de revenir, mais M. le député de LaFontaine m'a demandé la parole depuis un bout de temps.
M. Gobé: Non, c'est correct, c'est très intéressant. Écoutez, vous avez répondu... c'est sûr, vous ne pouviez pas répondre certainement autrement. Je suis quand même heureux d'apprendre que vous avez fait un certain nombre de choses, entre autres ce plan qui va être... vous l'avez démontré hier à votre forum. Est-ce qu'il y aurait moyen d'avoir une copie pour nous?
M. Cliche: De?
M. Gobé: Vous avez déposé, démontré hier un plan, une politique du tourisme, hier. C'est ça que vous avez dit.
M. Cliche: Ah! Hier, il y a un communiqué de presse que j'ai écrit.
M. Gobé: Mais je ne parle pas du communiqué, moi, je parle de ce que vous leur avez montré. Est-ce que les parlementaires peuvent en prennent connaissance, l'avoir, ou c'est confidentiel?
M. Cliche: Oui, on peut vous présenter la démarche. Mais, hier, c'est une décision à double volet qui a été prise. D'abord, un, oui, tous veulent un plan marketing global auquel tous vont s'arrimer et il y aura des déclinaisons sectorielles et régionales, un peu à l'image des poupées russes. Ça, c'est la première décision. La deuxième décision, c'est sur la démarche qui va nous permettre d'élaborer ce plan marketing qui aura, à ce moment-là, force sur les cinq prochaines années. Et c'est un exercice très complexe et nous avons convenu de la démarche.
La première étape de la démarche, c'est de définir le devis. Quel est l'objectif que l'on poursuit? Quels sont les aspects du plan marketing? Enfin, le devis, ce qu'on appelle dans le jargon comme vous connaissez, M. le député le devis d'étude.
Compte tenu de l'ampleur de la démarche, nous avons l'intention d'aller en appel d'offres auprès de consultants aptes à ce faire pour qu'ils appuient Tourisme Québec, qui est une petite équipe de 250 employés, pour qu'ils appuient Tourisme Québec et l'industrie touristique dans l'élaboration de ce plan marketing, ce qui devrait nous amener à ce moment-là détermination du devis d'étude, appel d'offres et choix du consultant retenu autour de juillet et, à partir de juillet, élaboration du plan marketing avec l'ensemble de l'industrie touristique naturellement, je ne veux pas refaire la déclinaison des membres de l'industrie touristique qui devrait nous amener, avec le plan marketing, quelque part en début d'année 1999, février 1999, c'est l'objectif nous sommes en 1998 en ce moment.
Est-ce que l'échéancier est long? Oui. Est-ce que j'aurais aimé qu'il soit plus court? Oui. Mais tous m'ont dit que c'était un échéancier très optimiste compte tenu de l'ampleur de la tâche et compte tenu que ce plan marketing devra rallier l'ensemble des gens de l'industrie touristique. Donc, décision de principe et décision de démarche. Et on peut vous déposer, vous transmettre ou vous déposer les documents qui ont été soumis hier à l'industrie touristique.
M. Gobé: Nous les transmettre ou les déposer, je veux dire, on ne peut pas déposer en commission des documents, de toute façon. C'est seulement en Chambre. C'est juste un point que je n'ai pas pu... Je veux juste vous parler de ça, pour ne pas que je l'oublie, tout de suite, parce que le temps tourne.
Mode de calcul du nombre de touristes
Moi, M. le ministre, il y a quelque chose avec lequel j'ai de la misère à vivre depuis pas mal de temps, c'est la manière dont on comptabilise les touristes. On calcule des nuitées, si je comprends bien. Bien, moi, j'aimerais bien mieux, par contre, en ce qui concerne les touristes étrangers, que nous comptabilisions les entrées et les sorties au pays, comme ça se fait dans les autres pays internationaux.
Une voix: ...
M. Gobé: Je n'ai pas fini. Tout à l'heure, vous nous avez lu une définition du touriste: une personne qui fait une nuit, qui s'est déplacée à l'intérieur, à l'extérieur, enfin, on ne fera pas la déclinaison de tout ça. On ne sait pas exactement. La CSN qui a son congrès à Québec, puis le gars, il part de Montréal ou de Drummondville, il dort deux nuits à l'hôtel Hilton ou je ne sais pas trop où, ce n'est pas du tourisme. C'est du tourisme d'affaires, c'est plutôt un voyage d'affaires payé par la CSN. Le Parti libéral ou le Parti québécois fait un congrès à Drummondville.
Moi, je me déplace puis je dors à l'hôtel Le Dauphin, j'embarque dans la compilation, mais je peux vous assurer que je ne suis pas allé faire du tourisme. Puis ça n'a rien à voir avec les plans de marketing du gouvernement, le fait que je me sois déplacé à l'hôtel Le Dauphin, hein. On se comprend toujours. Donc, j'ai l'impression qu'il y a un peu, là, confusion dans les genres. Et est-ce qu'il n'y aurait pas lieu, si j'ai bien compris ce que vous avez dit, de revoir cette dénomination?
Vous me disiez tout à l'heure: 14 000 000 de Québécois, touristes québécois à l'intérieur du Québec. Écoutez, on est 7 000 000. Ça veut dire qu'il y aurait plus de touristes québécois que de Québécois. Vous êtes un homme de rigueur. Je suis certain que, vous comme moi, ça doit vous «chipoter» qu'on dise qu'il y a 14 000 000 de touristes québécois. Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu à ce moment-là de parler de nuitées d'hôtel pour affaires, de nuitées d'hôtel pour déplacements touristiques?
Et pour les touristes étrangers et d'autres provinces, qui ne sont pas des étrangers, n'y aurait-il pas lieu à ce moment-là de parler de séjours, et par nombre de personnes? Trois personnes dans une voiture pour une semaine, bon bien, ça fait trois touristes qui sont restés une semaine. Deux Français qui arrivent dans un avion et qui restent trois jours à Québec, deux jours à Montréal et quatre jours à Toronto, ça, ça ne fait pas... Trois nuits à Montréal, puis deux nuits à Québec, c'est cinq par trois, ou par deux, ça fait 10 dans votre cas, là. Ce n'est pas 10, ça, là.
D'après moi, c'est deux personnes qui sont restées cinq jours. Alors,...
Une voix: Oui.
(10 h 20)
M. Gobé: Là, on se conte des histoires. on se met de la poudre aux yeux, là. Moi, je veux bien croire ça, qu'il y a 19 000 000 de ci puis de ça. Entre vous puis moi, je ne les ai pas vus, les 19 000 000, moi. Par contre, quand vous dites qu'il y a 400 000 Français qui sont venus, là je vais le croire, ce chiffre-là. Les gens vont comprendre ça. Ça nous permet de regarder c'est quoi le phénomène, c'est quoi les raisons qui les amènent, pourquoi ils ont baissé l'année suivante. Est-ce qu'ils sont restés trois jours, ces 400 000 Français-là? Deux nuits? Trois nuits? Ils ont dépensé combien?
Moi, j'ai beaucoup de misère avec cette façon de comptabiliser là, ou alors je me suis trompé dans ce que vous avez dit et je n'ai pas compris. À ce moment-là, si vous me le démontrez, bien, je réviserai ma position, sinon je souhaiterais que vous entamiez rapidement une manière de comptabiliser les entrées et les sorties du pays, d'accord? incluant le nombre de nuitées, enfin ces choses-là, pour les étrangers. D'ailleurs, ça doit se faire. Et ne pas les inclure par nuit... Tout mettre dans une espèce de melting-pot de tout ça, tant de touristes équivaut à tant de nuitées, là, j'ai de la misère un peu avec ça.
M. Cliche: D'abord, quelques remarques préliminaires, rapidement...
M. Gobé: Oui, parce qu'on n'a pas beaucoup de temps.
M. Cliche: Non, c'est ça, et je vais passer la parole, si vous me permettez, M. le Président, à ma sous-ministre pour permettre de répondre sur la définition technique. Mais je veux dire des choses.
Les chiffres que j'ai évoqués sont les chiffres effectivement sur le touriste, le nombre de touristes, et Mme Daoust va élaborer là-dessus. Mais je veux dire qu'il ne faut pas exclure de ces chiffres les touristes d'affaires. Le tourisme d'affaires, c'est un tourisme qui est souvent le plus payant parce que, souvent, les gens en congrès, avant ou après les congrès, indépendamment du contenu de vos congrès politiques ou des nôtres, c'est comptabilisé en termes de tourisme d'affaires. Il faut vraiment développer ce créneau, aller chercher des congrès internationaux, les amener chez nous.
Donc, on peut avoir un long débat sur le nombre de touristes, mais il y a les débats qui, eux, pourraient être moins longs en termes de dépenses des touristes, dépenses totales en termes de dollars. Ce qu'il est intéressant de remarquer, c'est que les dépenses touristiques directes, les touristes qui dépensent dans leurs voyages, en 1994, c'était 3 717 000 000 $ et, en 1997, c'était 4 336 000 000 $, dépenses directes des touristes.
Également, il faut noter que notre déficit touristique, c'est-à-dire quel est l'argent qui est dépensé chez nous par les touristes à la fois québécois et étrangers, et également quelles sont les dépenses effectuées par les Québécois à l'extérieur du Québec... Or, nous avons été toujours en déficit touristique. C'est-à-dire que les Québécois dépensent plus à l'extérieur du Québec en tourisme que l'ensemble des dépenses touristiques effectuées chez nous. Mais la bonne nouvelle, c'est que ce déficit touristique fond comme neige au soleil. Il était, en 1994, de 788 000 000 $; en 1997, il est de 451 000 000 $.
Il y a vraiment une décroissance du déficit touristique dollars de façon constante et, espérons-nous, qu'il sera éventuellement... nous aurons, pensons-nous, espoir, non plus un déficit touristique, mais un surplus touristique.
Alors, une fois que j'ai ramené ces chiffres en dollars, je vais demander à Mme Daoust de reprendre ma définition, qui était très
sommaire, et qu'elle vous réponde sur: Qu'est-ce qu'un touriste? et la notion d'entrée et de sortie frontières. Mme Daoust. Si vous permettez, M. le Président.
Le Président (M. Boucher): Oui, voulez-vous vous identifier, Mme Daoust, pour les fins de la transcription?
Mme Daoust (Lucille): Alors, Lucille Daoust. Tout d'abord, ce que j'aimerais dire au niveau des statistiques, parce que, évidemment, c'est une question qui revient souvent. La façon dont nous comptabilisons les statistiques est la façon dûment reconnue à l'échelle internationale et telle que définie par l'Organisation mondiale du tourisme. Donc, la façon, c'est de regarder en termes de volume de touristes; alors, à ce moment-là, on inclut dans cette notion-là autant les touristes que les excursionnistes, ce qui peut expliquer, par ailleurs, votre étonnement par rapport au marché domestique, le marché québécois.
Et l'adoption de cette méthode qui est reconnue internationalement nous permet aussi de nous comparer. Donc, il faut prendre les mêmes bases pour pouvoir se comparer et évaluer à ce moment-là notre performance au niveau tant canadien, au niveau aussi mondial.
Par rapport à votre souci de savoir, par exemple, en termes de nuitées, en termes de séjours, et ainsi de suite, nous disposons également de ces données-là. Ces données-là sont d'ailleurs rendues disponibles aussitôt qu'on peut les obtenir, parce que nous travaillons à partir des chiffres qui nous sont fournis par Statistique Canada. Alors, normalement, dans le cadre d'une publication, qui est publiée au printemps, les données statistiques sous toutes leurs formes, ventilées sous toutes leurs formes, en termes de séjours, nuitées, et ainsi de suite, sont disponibles à même ce document-là qui devrait être produit dans les prochaines semaines.
Nombre de touristes américains en 1997 et durée des séjours
M. Gobé: D'accord, Mme la sous-ministre, je vous remercie. Alors, pour peut-être mieux s'éclairer: En 1996-1997, combien de touristes américains sont-ils venus au Québec et combien de nuits ont-ils passées en moyenne? Tout à l'heure, on m'a dit 3 000 000 touristes...
M. Cliche: Alors, si vous me le permettez...
M. Gobé: Elle peut répondre. Je n'ai pas de problème à ce qu'elle réponde, hein, M. le ministre.
M. Cliche: Pardon?
M. Gobé: Je n'ai pas de problème si votre sous-ministre veut répondre.
M. Cliche: Non, mais c'est parce que j'ai les chiffres ici.
M. Gobé: O.K. D'accord.
M. Cliche: Je peux vous les donner moi-même. Alors, en 1996, il est venu 1 920 000 touristes américains. En 1997, il est venu 1 869 000 touristes américains. Ils ont dépensé au total, en 1996, 853 000 000 $CAN et, en 1997, ils ont dépensé 775 000 000 $CAN. Mais je n'ai pas ici les chiffres en termes de nuitées ou de jours passés chez nous. Mais ce que Mme la sous-ministre vous dit essentiellement, c'est que ce ne sont pas nos statistiques.
Ce sont nos statistiques à nous, mais faites à partir de balises et de critères qui sont eux-mêmes définis par l'Organisation mondiale du tourisme pour s'assurer que tous les pays puissent se comparer et qu'on puisse faire la comparaison de notre destination touristique par rapport à d'autres destinations touristiques. Donc, essentiellement, ce ne sont pas nos définitions, ce sont les définitions que nous appliquons à l'échelle du Québec à partir de données existantes.
M. Gobé: Vous ne savez pas combien de nuits ils ont passé? Ça représente combien de nuitées, s'il y a 1 900 000 touristes?
Mme Daoust (Lucille): Bon, malheureusement, nous n'avons pas aujourd'hui avec nous l'information, sauf qu'elle est disponible. Alors, nous pouvons vous faire parvenir le document qui est déjà public, à savoir l'importance... Le tourisme au Québec en 1996 ; ça, c'est la dernière édition qui existe. Nous travaillons sur celle de 1997. C'est donc un recueil statistique qui vous donne toutes ces informations-là, à savoir, par exemple, la durée moyenne de séjour, les dépenses moyennes de séjour, les dépenses moyennes par nuitée, et ainsi de suite. Alors, toutes ces données-là sont disponibles et publiques.
M. Gobé: Donc, quand vous me répondez, M. le ministre, c'est bien 1 900 000 personnes physiques. On ne parle pas de 1 900 000 nuits, là.
M. Cliche: Non, non, non, personnes.
M. Gobé: Qui ont franchi la frontière...
M. Cliche: Oui.
M. Gobé: ...par avion, par voiture, par train.
M. Cliche: Oui, oui.
M. Gobé: La raison est simple, c'est parce que j'ai eu l'occasion de faire une petite tournée, de rencontrer quelques hôteliers. Il semble y avoir une inquiétude de la part de ces gens-là du fait que les séjours ont beaucoup raccourci, c'est-à-dire qu'on passe de quatre nuits et demie de séjour s'ils se sont trompés en me donnant l'information, vous me reprendrez, mais quelque chose comme ça et on arrive, je pense, à deux nuits maintenant, de séjour moyen, en particulier dans les Laurentides.
M. Cliche: Ce que je comprends...
(10 h 30)
M. Gobé: Et je pense que, si eux nous disent ça, moi, ce que j'aimerais, c'est que... Est-ce qu'on est conscient chez nous que, même si, des fois, le nombre peut augmenter, d'accord? c'est surtout la durée du séjour qui est importante? C'est dans la durée du séjour que les gens vont dépenser de l'argent, qu'ils vont faire travailler les Québécois et les Québécoises. Et lorsqu'on voit qu'il y a une moyenne d'occupation de 48 %, en moyenne, dans les hôtels, toutes saisons confondues, d'accord? eh bien, est-ce que ce n'est pas là l'explication de cela? Est-ce que ce n'est pas là qu'il y a moyen de remédier?
Vous semblez dire: On les a, les touristes. Encore faut-il qu'ils restent chez nous suffisamment longtemps pour y dépenser de l'argent et occuper nos infrastructures. Alors, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu et mon point va être le suivant de mettre des efforts dans ce domaine-là peut-être, et pas seulement vouloir combler par un accroissement en disant: Bon, il reste deux jours, on va en faire venir deux fois plus? Ça coûte très cher et ce n'est pas sûr qu'on va en faire venir deux fois plus pour combler.
Est-ce qu'il ne serait pas mieux de travailler actuellement sur nos infrastructures, sur l'accueil, sur, enfin, un certain nombre de choses à faire, à créer et à bâtir, sur l'investissement? Quand vous vous promenez dans le monde, M. le ministre, vous y allez... Moi, j'arrive un peu plus du Sud, mais je vais aussi dans d'autres hémisphères. Je vois des investissements majeurs en termes de récréation, en termes culturels, enfin, en termes de toutes sortes de choses qui se font, un peu comme on a fait dans le nord pour notre piste cyclable, même si c'est discutable en termes de changer le train pour la bicyclette.
Mais, en tout cas, on n'est pas là pour discuter de ça, vous et moi, pour l'instant.
Alors, est-ce qu'il n'y aurait pas là un problème? Est-ce que vous êtes conscient de ça, Tourisme Québec? Et avez-vous prévu des sommes d'argent, des investissements et des mesures pour faire en sorte que ce 1 900 000 Américains dont vous me parlez... Oublions les Français qui sont ici pour une semaine puis qui tournent en voiture; c'est un autre genre de tourisme. Mais les Ontariens, eux, puisqu'ils viennent en voiture généralement, ils peuvent rester plus que deux nuits; les Américains, la même chose. Est-ce que ce n'est pas là que vous devriez mettre, maintenant, les efforts: les ramener, oui, mais les garder un peu plus longtemps? Certainement, d'après moi.
M. Cliche: Votre remarque est très pertinente, vous avez absolument raison sur le fond. Tendance lourde, surtout des États-Unis: les séjours sont plus courts. Il y a un développement de la petite escapade de week-end qui se développe, qui est très forte. Alors, le grand défi, vous l'avez absolument remarqué, et vous avez absolument raison, c'est de les garder plus longtemps, et ça, on est très conscient de ça. Alors, tout notre développement, tout ce qu'on fait dans le développement de l'offre, essentiellement, vise cet objectif fondamental de garder les gens plus longtemps.
Prenons ici la belle ville dans laquelle ce matin nous siégeons, la ville de Québec. La moyenne des séjours, à Québec, c'est 48 heures; c'est insuffisant. Alors, si on regarde, comment se fait-il qu'après 48 heures les gens qui viennent dans ce lieu unique au monde nous quittent? Une fois qu'ils ont fait le tour des murs, une fois qu'ils ont vu ce qu'il y a à voir, ils nous quittent. Donc, il faut faire deux choses. Donc, il faut développer le produit touristique à Québec.
Et on a en chantier, on a sur la table une série de projets, que ça soit les pistes cyclables, les pistes quatre saisons qui vont relier le centre de la ville à la côte de Portneuf, à la côte de Beaupré, que ce soit les projets d'investissements sur lesquels on travaille très fort pour relancer et en faire de véritables centres de villégiature, juste au nord, ici, les centres de ski connus et les relier au centre de Québec pour faire de Québec la seule ville de villégiature en Amérique du Nord, ce que nous allons présenter aux Américains comme «the only resort city». Il faut développer le produit local attrayant.
D'autre part, il faut réseauter les régions. Exemple: Les ententes, maintenant, qui existent entre les gens de Tremblant et les gens de l'OCTGM. Un Américain peut venir à Montréal deux jours, trois jours, prendre le vol Philadelphie-Montréal, venir à Montréal deux jours et, maintenant, on lui offre, il y a aussi ce centre de villégiature assez phénoménal de qualité exceptionnelle, qui est au nord, à Tremblant. Donc, il y a une offre de produit touristique qui jumelle Montréal et Tremblant.
Alors, vous avez absolument raison, il faut à la fois se donner comme objectif de les garder plus longtemps. Et, pour ce faire, il n'y a pas de façon miracle, il faut développer le produit, il faut diversifier le produit et il faut réseauter ce produit. Je vous signale, et ça, c'est vrai pour le tourisme international, mais c'est également vrai pour le tourisme québécois, on a pris pour acquis que les Québécois, spontanément, étaient des spécialistes en réceptif, étaient tous des réceptifs individuels et qu'ils excellaient dans le forfaitage et le réseautage de leurs propres vacances.
Or, le succès de l'été dernier, ça a été cette petite brochure Vacances Québec , qui a été élaborée avec le Club automobile et avec le grossiste de voyage Kilomètre Voyages, où on disait aux Québécois: Venez à Québec passer trois jours, vous allez passer deux belles nuits à l'hôtel X; le lendemain, vous allez aller voir l'attrait touristique suivant, vous allez avoir une bonne bouffe là, vous allez aller voir les Chutes, vous allez... Et c'est ça qu'il faut faire, et c'est ça, tout le défi de garder les touristes, effectivement, plus longtemps.
Budget de promotion
M. Gobé: O.K., M. le ministre, je suis d'accord. Ça, c'est des bonnes intentions, puis j'en suis avec vous. Mais quel est le montant d'argent que vous avez prévu? Quelles sont les sommes qui sont disponibles pour faire le...
M. Cliche: Ce que nous prévoyons...
M. Gobé: Excusez-moi.
M. Cliche: Oui.
M. Gobé: ...pour consolider ces choses-là...
M. Cliche: L'État a...
M. Gobé: ...pour faire le développement du tourisme sur place et maintenir les gens? Est-ce que vous avez prévu des sommes de 10 000 000 $, 3 000 000 $, 500 000 $, rien du tout ou 50 000 000 $? Est-ce qu'il y a des projets qui vont venir d'autres ministères ou d'autres organismes? On voit la SGF, qui veut s'impliquer dans Mont-Sainte-Anne. Alors, vous, à
part le Fonds de partenariat touristique, qui est le 2 $ mais qui ne fait pas l'unanimité, d'ailleurs, vous le savez comme moi peut-être que vous pourriez m'indiquer, juste après que j'aurai fini de parler, sans que je vous pose la question à nouveau, ce qui se passe, un peu, là-dedans, faire peut-être un peu le point, ici...
Mais ma question principale, c'est: Avez-vous de l'argent de disponible, avez-vous des choses prévues, vous, ou attendez-vous que ça se fasse puis, de temps en temps, vous donnez un petit coup à droite et à gauche? Avez-vous un plan d'ensemble? Avez-vous fait l'inventaire, dans les régions, de ce qui devrait être fait à Québec, à l'ATR de Laval? Enfin, je souris un peu en disant ça, mais, je veux dire, certaines régions, puisque vous êtes le député...
Mme Vermette: Un cosmodôme.
M. Gobé: C'est ça. Avez-vous un inventaire des interventions qui devraient être réalisées et avez-vous un échéancier, tout ça, ou est-ce que c'est à faire? Et entendez-vous le faire?
M. Cliche: Oui. Et je vais répondre à votre question spécifiquement. Je réalise, lorsque vous avez évoqué les montants d'argent que vous aviez en tête, que peut-être que vous n'avez pas vous-même réalisé l'importance de l'industrie touristique. Juste du côté de la SGF, nous prévoyons un investissement de 1 000 000 000 $ dans les cinq prochaines années dans l'industrie touristique. Et la SGF a mis de côté 250 000 000 $ spécifiquement pour devenir partenaire d'affaires dans ces projets qui, selon la SGF, eux seuls vont totaliser plus de 1 000 000 000 $ dans les cinq prochaines années. Ça vous donne l'ampleur.
Donc, nous avons à notre disposition pour développer l'industrie touristique 250 000 000 $ à la SGF, ce qui va nous permettre, selon les analyses que nous avons faites, de générer, de faire basculer un investissement de 1 000 000 000 $ en récréotourisme.
M. Gobé: Qu'est-ce qui est ciblé?
M. Cliche: Ça, c'est un. Je vais revenir là-dessus. Deuxièmement, du côté de la SDI, qui va se métamorphoser en Investissement-Québec, nous nous sommes spécifiquement assurés que tout leur programme de prêt, de garantie de prêt, va couvrir l'industrie touristique. De ce côté, la SDI n'a pas encore identifié quelle sera la part du récréotourisme dans le 5 000 000 000 $ d'investissements qu'elle prévoit à partir de ses investissements à elle-même de 500 000 000 $. Mais on sait que le récréotourisme va être une
part importante de ça. Et, via le bras d'Investissement-Québec, Garantie Québec, qui va être le bras pour garantir les prêts aux petites et aux moyennes entreprises...
Vous savez très bien que l'industrie touristique est composée en très grande
partie par des petites et moyennes entreprises. Or, lorsque ces petites et moyennes entreprises se présentent chez leur banquier... Vous savez le caractère assez frileux des gérants de banques et des gérants de caisses. De par leur nature même, ce sont des gens frileux. Mais ils sont d'autant plus frileux pour la petite et la moyenne entreprise dans le domaine touristique. Or, avec ces programmes de garantie, nous pourrons garantir les prêts de ces petites et moyennes entreprises.
Donc, l'argent est là. Et nous avons le Bureau de développement de Tourisme Québec que nous mettons en place, qui va accompagner les développeurs et qui va être le lien privilégié d'analyse de développement auprès des développeurs, auprès de la SGF et d'Investissement-Québec. Et on est en train de tout mettre ça en place. Donc, le fric est là... Pardon?
M. Gobé: Vous mettez un bureau de développement...
M. Cliche: Oui, à Tourisme Québec.
M. Gobé: ...de Tourisme Québec. Ça, c'est une nouveauté.
M. Cliche: Oui, c'est une nouveauté.
M. Gobé: Je n'ai jamais entendu parler de ça.
M. Cliche: Auparavant...
M. Gobé: Je vous remercie de nous l'annoncer en commission. Je n'ai jamais entendu parler de ça nulle part. Est-ce qu'il y en a qui en ont entendu parler, ici?
M. Cliche: Bien, moi, j'en ai fait état, mais, comme...
M. Gobé: Dans le caucus, peut-être chez vous, mais...
M. Cliche: J'en ai fait état dans mes discours, mais, comme c'est une bonne nouvelle, ça n'a pas été repris dans les journaux. Mais on a eu un petit budget supplémentaire de 3 000 000 $, cette année, dans le budget et, avec ce 3 000 000 $, on va faire toutes sortes de bonnes choses, notamment mettre en place un bureau de développement. Le bureau de développement sera un lieu physique qui sera... Il arrivera un développeur: J'ai une bonne idée. On pourra l'accompagner, on pourra l'aider et on va travailler avec lui à faire en sorte que la SGF et Investissement-Québec le reçoivent correctement.
Et les analyses de pertinence vont être faites par ce bureau de développement de Tourisme Québec parce que c'est nous qui avons la vision globale de développement de l'industrie touristique au Québec.
M. Gobé: Si je comprends bien, en clair, une petite municipalité qui veut se faire un quai sur le bord de son fleuve, parce que ça va attirer des plaisanciers ou des gens qui ont des bateaux, peut venir vous voir au bureau de développement pas vous, mais les gens qui vont être là soumettre son projet et dire: Voilà, pouvez-vous nous aider à faire cheminer le dossier? ou alors: Pouvez-vous nous aider financièrement?
M. Cliche: Là, vous soulevez un autre... Là vous parlez d'investisseurs...
M. Gobé: Bureau d'accompagnement, c'est ça?
M. Cliche: Oui. Mais qui allons-nous accompagner?
M. Gobé: C'est ça.
Participation à des projets privés
M. Cliche: Lorsque je vous parlais d'accompagnement, dans mon esprit à moi, il y avait l'accompagnement d'investisseurs privés. Il y a de la place au Québec pour plusieurs développements de style Mont-Tremblant. Je sais que la SGF a notamment, avec nous, ciblé le développement de stations de villégiature. Tout l'écotourisme est au coeur du développement. Donc, nous allons accompagner des développeurs privés principalement.
(10 h 40)
Qu'arrive-t-il dans le cas où un développement privé nécessite un investissement public, d'infrastructures publiques? Alors, nous sommes ouverts à ça. Reprenons l'exemple d'Intrawest Mont-Tremblant que je connais bien. Lorsque nous avons annoncé, le 25 septembre dernier jour d'ouverture de la chasse au canard l'investissement à Mont-Tremblant, on a annoncé, à ce moment-là, 500 000 000 $ d'investissements.
Il y avait, dans ce 500 000 000 $ d'investissements là, 32 000 000 $ à caractère public, c'est-à-dire que c'étaient les infrastructures d'aqueduc et d'égout nécessaires pour servir ces hôtels, ces golfs, ces écuries qui sont inclus dans le 500 000 000 $. Or, ce sont les deux paliers de gouvernement qui ont pris à leur charge, via des programmes existants, cette part-là.
Alors, pour répondre à votre question de quai, si un maire m'arrive avec: Je veux un beau quai, tout le monde veut un beau quai, mais, si le beau quai s'inscrit dans un développement d'un centre de villégiature, dans une perspective d'un grand projet de développement, nous sommes ouverts à ça.
Le Président (M. Boucher): Merci, M. le ministre. Il y a déjà plus de 20 minutes que ces nouveaux échanges ont commencé. La députée de...
M. Gobé: Oui. Le 2 $ n'est pas répondu.
Le Président (M. Boucher): Pardon, M. le député de LaFontaine. Excusez.
M. Cliche: Oui. Le 2 $, rapidement, parce que c'est une question importante. Le 2 $, si vous me permettez, M. le Président, pour répondre...
Le Président (M. Boucher): Bien. Mais c'est la dernière, parce que la députée de Marie-Victorin attend la parole depuis longtemps.
État du Fonds de partenariat touristique
M. Cliche: Oui, oui, la dernière. Le 2 $. C'est la loi n° 76, son application, qui en ce moment est appliquée uniquement dans les régions touristiques de Montréal et de Laval, qui, à Laval, va générer 800 000 $ cette année et, à Montréal, 8 000 000 $. Dans les autres régions, ça avait soulevé toutes sortes de questions problématiques au niveau de son application.
J'ai mis en place un groupe de travail, qui m'a fait rapport, et ce rapport a été soumis hier au Forum de l'industrie touristique, sur les modalités d'application. Je ne veux pas entrer dans le détail. Il y en a divers aspects, de son application, notamment sur l'enclenchement du processus, sur l'«opting in», l'«opting out», etc. Je ne veux pas entrer dans le détail parce que le président me souligne que mon temps est restreint.
Mais la chose importante, c'est que le Forum de l'industrie touristique, sur la base du rapport du groupe de travail qui a été soumis hier à ce Forum, demande à son président je préside le Forum de l'industrie touristique de prendre son bâton de pèlerin et d'aller expliquer aux associations sectorielles, jusqu'à ce jour réticentes sinon carrément opposées à l'application de cette loi, les hôteliers, les pourvoyeurs et les gîtes Agricotours, le résultat du groupe de travail, les recommandations du groupe de travail, qui, dans certains cas, sont consensuelles à 100 %, dans d'autres cas, sont consensuelles mais avec des réserves émises.
Alors, dans les semaines qui viennent, j'aurai l'occasion de rencontrer ces associations, toujours opposées fermement elles l'ont réitéré hier, et j'accepte ça d'aller leur expliquer le fruit du travail de concertation qui a été effectué et des pistes consensuelles en matière de modalités d'application.
Suite à ça, j'ai l'intention également d'aller dans certaines régions où le débat est lancé. Et, à la lumière de ces recommandations, de ces suggestions, de ces modalités d'application dont je ferai état, j'espère que tout le dossier va débouler, va débloquer, parce que ceci nous permettrait de générer autour de 25 000 000 $. Et, si on fait un plan de marketing national, ça nous prend des nouveaux dollars pour aller vraiment faire une force de frappe sur les marchés internationaux qu'on veut cibler. Alors, c'est vraiment la clé. La clé, c'est le plan de marketing, et la clé, c'est le fric, ce sont les moyens financiers pour en faire la promotion.
M. Gobé: ...chercher de l'argent pour baisser les crédits du gouvernement pour remplacer ça?
M. Cliche: Non, non, non.
M. Gobé: On a vu déjà ça ailleurs.
Le Président (M. Boucher): Merci, M. le ministre.
M. Cliche: Oui, oui. Et ça, c'est une...
Le Président (M. Boucher): Merci, M. le ministre. Je pense qu'il faut céder la parole à la députée de Marie-Victorin.
Plan de marketing global
Mme Vermette: Donc, M. le ministre, ma question, elle est dans le même sens de celle que le député vous a posée: Où est-ce qu'on en est avec le 2 $, avec les ATR? Je sais, pour ma part, que, dans ma région, en tout cas, ce n'est pas nécessairement évident. Je ne sais pas s'ils ont acquiescé, mais, en tout cas, aux dernières nouvelles, ils n'étaient pas tout à fait en accord.
Mais vous parlez d'un plan de marketing global et que, si on veut avoir une force de frappe à tous les niveaux, il faut vraiment que les gens comprennent que c'est dans leur intérêt. En tout cas, je ne sais pas quelle démarche vous allez prendre pour essayer de le démontrer. Est-ce que c'est par un forum que vous allez mettre sur pied, qui va être annuel, qui va revenir, qui va être permanent? Est-ce que c'est de cette façon-là que vous allez finir par développer cet esprit de concertation par les différents intervenants dans le domaine touristique, les différents centres d'intérêts?
Vous avez les hôteliers qui ont leurs intérêts, vous avez d'autres promoteurs qui ont d'autres intérêts. Est-ce que c'est par un forum permanent que vous pensez que vous pouvez atteindre cet objectif de concertation important qui favoriserait justement des plans de marketing ou qui pourrait aussi favoriser des plans d'ensemble pour le développement touristique au niveau du Québec?
M. Cliche: La réponse à votre question, c'est oui. Et le Forum permanent de l'industrie touristique est en place, il est fonctionnel. Hier, nous avons tenu notre troisième réunion. Et on retrouve là l'ensemble, je pense, des intervenants majeurs en matière de développement touristique. Si j'y vais, hier, en mémoire, des gens, des visages qui étaient autour de cette table, il y avait, à ma droite, par exemple, un représentant d'Intrawest. Parce qu'on sait l'importance de Tremblant et d'Intrawest et surtout de la vision qu'ils ont su donner au développement touristique.
Il était assis à côté d'un représentant de l'Association de camping et caravaning du Québec, à côté de l'Association des hôteliers. Les pourvoyeurs, les restaurateurs, les transporteurs aériens, les transporteurs maritimes étaient là, les transporteurs par bus étaient là. Il y a les grandes associations touristiques de Montréal et de Québec qui sont membres de ce forum. Il y a les représentants de l'ensemble des associations touristiques. Il y a des représentants de grossistes.
Il y a le représentant d'Air Canada, le représentant d'Air Transat et le Conseil québécois de la formation de la main-d'oeuvre en tourisme. Ils sont tous là.
On en était hier à notre troisième réunion, et tous conviennent que cette structure devrait être permanente. Elle a un petit secrétariat, chez nous. La volonté de tous, c'est qu'elle soit permanente. Et la volonté de tous, c'est qu'elle soit au coeur de toutes les grandes décisions en matière de développement touristique. C'est pour ça qu'hier je leur ai exprimé de vive voix nos intentions gouvernementales en matière de développement touristique, en matière de politique, et j'espère en faire l'annonce bientôt.
Et je voulais être en mesure de pouvoir dire à mes collègues du Conseil des ministres: Ce que je vous propose fait consensus dans le milieu. Or, à la lumière de la réunion d'hier, je peux l'affirmer avec force. On a également discuté de mesures très spécifiques. On a longuement discuté du plan de marketing et de son élaboration. On a longuement discuté de la question de la nuitée, du 2 $ et de la suite au dossier.
Donc, cette concertation, ça passe par le Forum de l'industrie touristique, et ça passe, je pense, aussi par une concertation et un dialogue renouvelés avec les associations touristiques régionales, qui ont 20 ans d'existence et dont le travail, en termes de concertation et d'harmonisation avec le gouvernement, a fluctué, en termes d'importance, a eu des hauts et des bas. Mais j'ai cru important, en décembre, de les réunir. J'ai passé deux jours avec elles dans un lieu enchanteur. On s'est réfugié dans ce lieu et nous y avons passé deux jours.
Et nous avons finalement convenu qu'il y avait lieu de mieux harmoniser nos actions et de mieux travailler ensemble au développement du produit touristique québécois.
Mais j'accorde également beaucoup d'importance au développement des produits sectoriels, de sorte que j'ai établi beaucoup de relations et que nous travaillons énormément avec, par exemple, l'Association de cyclotourisme, les gens qui oeuvrent dans le cyclotourisme. J'ai oublié de dire que, sur le Forum, il y a les motoneigistes qui sont là. Pourquoi les motoneigistes? Parce que le produit motoneige est un produit en pleine émergence, qui attire la clientèle internationale en très grand nombre.
Cet après-midi, je serai conférencier à Trois-Rivières devant une Association qui s'appelle Les amis du Saint-Laurent et je ferai l'annonce du plan de développement du tourisme nautique sur le fleuve Saint-Laurent. Notre vision, c'est non seulement Québec, port d'arrêt des grands bateaux de croisière qui nous visitent en plus grand nombre, mais notre vision, c'est Québec, port d'attache de croisières qui remonteraient la côte de Beaupré jusqu'au Labrador et qui visiteraient notre magnifique fleuve et l'estuaire du Saint-Laurent.
Alors, travailler avec le Forum, qui est permanent, travailler avec les ATR et également travailler avec les associations sectorielles, qui oeuvrent à développer à l'échelle du Québec des produits sectoriels de qualité, donc ça passe par ça. Mais ce qui me réjouit, c'est que tous sont d'accord sur l'incontournable nécessité de travailler en cohésion et en concertation. Et, si nous ne le faisions pas, c'est notre destination touristique internationale et sa performance qui en souffriraient. Et tous sont d'accord, on chante tous alléluia autour de ce credo.
Cohésion interministérielle
Mme Vermette: Ce que vous êtes en train de nous dire, M. le ministre, c'est qu'il y a un virage qui est en train de se prendre dans le domaine touristique au niveau du Québec, au niveau du développement touristique, en tout cas. Il y a une volonté gouvernementale, dans le fond, de favoriser la concertation par la mise en place d'un forum permanent, d'une part, avec la Société générale de financement, de mettre plus d'argent pour favoriser les grands projets, et même à d'autres niveaux, même les infrastructures locales pour permettre à de grands projets de se réaliser. Donc, ça appelle aussi, ça demande une plus grande interrelation avec les différents ministères.
(10 h 50)
Est-ce que l'ensemble de vos collègues sont favorables à entreprendre une telle démarche? Parce que ça touche plusieurs volets, notamment la culture, notamment les municipalités. Enfin, je pense, tous les secteurs, tous les différents ministères sont impliqués, dans le fond, quand on parle tourisme.
M. Cliche: Alors, étant un homme d'espoir, j'ai espoir de pouvoir annoncer éventuellement que le gouvernement s'est doté d'une politique de développement touristique. Vous savez le long cheminement de l'élaboration d'une politique. Et, lorsque le gouvernement adopte une politique, il va de soi que l'ensemble des ministères sectoriels s'associent et sont membres à part entière et ont la pleine responsabilité de voir à l'application de cette politique.
Dans l'application de cette politique, il y aurait normalement un comité interministériel qui existe déjà et qui est présidé par la personne qui me flanque à ma gauche, Mme Daoust, qui va continuer à présider ce comité interministériel qui aurait le mandat spécifique de voir à l'application et au respect de cette politique de développement touristique. Et là je me croise les doigts. Espérons qu'autour de l'éclosion des feuilles de tremble je puisse faire une telle annonce.
Mme Vermette: En tout cas, c'est intéressant...
M. Cliche: Les experts en botanique vont avoir...
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Gobé: Ça a commencé à Montréal.
Mme Vermette: C'est intéressant de voir, en tout cas, l'orientation qu'on est en train de donner...
M. Cliche: Ça a commencé, c'est vrai. On a trois semaines d'avance, M. le député de LaFontaine.
Mme Vermette: Oui, c'est vrai, on a un printemps hâtif.
M. Gobé: J'ai un bout de Pointe-aux-Trembles dans mon comté.
Des voix: Ha, ha, ha!
Aide à l'animation touristique
Mme Vermette: Mais c'est intéressant de voir ce qui est en train de se faire au niveau touristique au niveau du Québec. Parce que, en fait, ce n'est pas les ressources qui manquent, à mon avis. Il y a plein de choses qui sont fort intéressantes pour les gens qui viennent nous visiter. Moi, j'ai toujours considéré que ça avait l'air assez statique, en fait vous l'avez très bien dit dans le fond, quand les gens viennent. Comme à Québec, une fois que tu as fait le tour des rues, que tu a arpenté, et tout ça, il faut que tu aies quelque chose de dynamique. Et j'entends...
Les pierres, on peut les faire parler, on peut les faire vibrer de différentes façons, notamment avec de l'animation ou d'autres façons de faire les choses.
L'année dernière, à Québec, il semblerait, en tout cas puis ça, ce n'est pas de votre responsabilité, c'est au niveau municipal qu'au niveau des festivals, et tout ça, on avait tendance à diminuer, dans le fond, ces festivals-là. Est-ce que vous considérez que c'est important de maintenir, dans le fond, ces festivals à travers un petit peu différentes régions parce que ça a un apport touristique important?
M. Cliche: La réponse à ça, c'est oui. Le produit touristique ne doit pas être vu comme étant uniquement un produit à caractère immobilier: bâtiments, hôtels, etc. Le produit touristique, c'est aussi un événement touristique. Et toutes les études nous démontrent que les gens veulent vivre une expérience touristique. Les gens veulent voir des choses et les gens veulent vivre des choses. Il est fini le temps où les touristes se satisfaisaient d'une vision, d'une vue imprenable, comme on disait quand j'étais jeune. Les gens veulent vivre maintenant ce que nous appelons dans le jargon «une expérience touristique».
Or, ces expériences touristiques reviennent toujours d'abord à une expérience qu'ils vivent et tournent beaucoup autour de l'animation de lieux touristiques. Et, en ce sens, les festivals... Un festival, des «festivaux»? Non. Un festival, des festivals?
Mme Vermette: Des festivals, oui.
M. Cliche: C'est une exception? Les festivals, à cet égard, sont au coeur de l'attrait touristique et sont des produits d'appel majeurs. À Québec, il en manque, selon nous. Il y a le Carnaval et il y a le Festival d'été, il y a cette fête biannuelle qui est maintenant les Fêtes de la Nouvelle-France, mais il y a certainement lieu, à Québec, capitale nationale, de penser à d'autres événements. Et, si je n'étais pas ministre, si j'étais un homme d'affaires, à Québec, je sais la compagnie que je me partirais demain matin.
Ce serait une compagnie d'animation, qui animerait le Vieux-Québec, avec des soldats sur les murs, des jarrets noirs beaucerons habillés à la mode fin XVIIIe siècle qui déambuleraient sur la Grande Allée. Il faut animer les lieux touristiques, et c'est ça qui fait un peu... J'y ai pensé ce matin tôt en me levant.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Cliche: C'est ça qu'il faut faire.
M. Gobé: Vous oubliez les filles du roi, M. le ministre.
M. Cliche: Enfin, ça, je vous le laisse. Ce serait un grand succès, l'arrivée annuelle des... Mais il faut animer, il faut qu'il y ait des événements touristiques. Et les événements sont au coeur de ça. La preuve, c'est Montréal. La marque de commerce de Montréal, sur le marché nord-américain, c'est: Montréal, la ville des festivals. «Montréal, city of festivals», c'est notre marque de commerce sur le marché nord-américain. Et vous savez que, du 15 juin à la fête du Travail, c'est une suite continue de festivals qui sont l'attrait principal de Montréal en plein été.
Donc, le produit touristique, ce n'est pas seulement un produit immobilier, mais c'est un produit d'attraits et d'événements touristiques.
Implication du gouvernement fédéral
Mme Vermette: La dernière question que je vais vous poser... Parce que je fais référence, à un moment donné, à un échange que vous avez eu avec le gouvernement canadien où, en fait, vous avez eu un petit peu de difficulté à faire renouveler, en fait, l'entente Canada-Québec sur cinq ans, dans un plan quinquennal. Et vous avez dit que vous avez mis sur pied un comité de stratégie avec des gens, en fait, pour faire votre plan de marketing global. Est-ce que ça peut remplacer cette entente-là? Est-ce qu'ils peuvent jouer le même rôle au niveau des différents... C'est sur cinq ans, de toute façon, ce que vous êtes...
M. Cliche: Je vais, de la façon la plus objective et honnête possible, essayer d'exprimer ma compréhension des intentions canadiennes. Ils n'ont pas l'intention de renouveler l'entente de tourisme Canada-Québec. Ça, je pense que ça m'apparaît clair; à moins que je me trompe. Mais ça m'apparaît assez clair, d'une part.
D'autre part, ils sont néanmoins ouverts à une forme de collaboration qui est déjà établie entre Tourisme Québec et la Commission canadienne du tourisme pour faire la promotion du Québec destination touristique. Mais là le Québec destination touristique devient une sous-destination si je peux m'exprimer ainsi de la destination touristique canadienne. Et nous convenons que, dans certains marchés, ça peut être utile et, entre guillemets, nous jouons ce jeu-là avec la Commission canadienne du tourisme. Notre objectif, c'est de développer le produit touristique, ce n'est pas de faire des chicanes fédérales-provinciales pour le seul plaisir de les faire.
En matière de développement, ce que je comprends, c'est qu'il existe des programmes canadiens de la corporation qui s'appelle Développement Canada, maintenant, qui est sous la responsabilité ministérielle de Martin Cauchon, député d'Outremont. Mais ce que je comprends, c'est qu'ils n'ont pas de plan ou de vision du développement de l