Culture and Education — 10 March 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-03-10
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-neuf minutes)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, bon matin à tous. À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture
et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre les consultations publiques et auditions...
consultations particulières, excusez-moi,
et auditions publiques sur le projet de loi n° 86, Loi modifiant
l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue de
rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des parents
au sein de l'instance décisionnelle de la commission scolaire.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplaçants?
Secrétaire : Oui, Mme
la Présidente. Mme Hivon (Joliette) est remplacée par Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles) et M. Kotto (Bourget) est remplacé par M. Pagé
(Labelle).
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Nous entendrons cet avant-midi la Fédération québécoise des directions
d'établissement d'enseignement. Merci d'être là. Alors, je vous rappelle que
vous disposez de 30 minutes pour votre présentation,
et par la suite on va passer à une période d'échange entre les élus. Alors, je
vous demanderais juste de vous identifier, pour les fins
d'enregistrement, et par la suite vous pouvez commencer votre présentation.
Alors, la parole est à vous.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Bonjour. Lorraine Normand-Charbonneau, je suis présidente de la Fédération
québécoise des directions d'établissement d'enseignement. À ma gauche, Mme Lise Madore,
vice-présidente de la fédération et
aussi présidente de l'association des directions d'établissement d'enseignement
du Nord-Est du Québec, donc région de Sept-Îles.
Mme Madore (Lise) : Bonjour.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : À ma droite, M. Francis Bélanger, secrétaire de la fédération.
Et M. Bélanger est président de l'association des directions
d'établissement d'enseignement de Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Parfait. Allez-y.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Bonjour. Donc, dans un premier temps, on veut vous remercier de
nous offrir la possibilité de venir s'exprimer quant au projet de loi
n° 86.
Avant de débuter, j'aimerais ça vous parler qui
est la fédération. Donc, la fédération, c'est un regroupement de
2 200 directions, ça a été fondé en 1962, donc on a tout près, là, de...
on a 54 ans, on va avoir bientôt 55 ans, et on représente des directions d'établissement du
primaire, du secondaire et aussi la formation adulte, que ce soit générale
ou formation professionnelle. Et ces
2 200 directions d'établissement sont regroupées en
21 associations à travers le Québec, et nos membres travaillent
dans 48 commissions scolaires à travers le Québec. Notre mission, la
fédération, on s'assure d'assurer un
développement professionnel aux membres, on veut que nos membres aient des
hauts standards quant à la profession de direction d'établissement
d'enseignement. Depuis plusieurs années, la fédération s'est dotée d'un volet recherche, donc on travaille souvent avec des
chercheurs quant à certaines problématiques vécues au niveau de la
fonction ou au niveau, là, du réseau
scolaire, là, de l'éducation, on travaille aussi en partenariat avec les
différents acteurs du réseau. Et,
depuis quelques années, nous avons un volet international, donc, la fédération,
il y a des membres qui vont donner de la formation, que ce soit en
Afrique, Haïti et tout dernièrement en France, nous sommes allés donner de la
formation à 250 chefs d'établissement qui entraient en fonction.
peut-être avant de débuter aussi j'aimerais ça vous dire qui sont les
directions d'établissement d'enseignement. Les directions d'établissement d'enseignement, ce sont des gens qui
travaillent jour après jour dans les écoles, mais, pour vous faire connaître notre profession, je vais
utiliser des verbes. Donc, la direction d'établissement planifie, organise,
écoute, conseille, encourage, mobilise,
partage, négocie, coordonne, assiste, console. Donc, vous comprendrez que la
direction d'établissement,
dans son école, c'est une personne qui est passionnée puis qui a à coeur la
réussite, là, de tous les élèves. La loi
nous confère des rôles et responsabilités, et les directions d'école, qui
assurent la gestion pédagogique et administrative de leur école, le font
d'une façon équitable, et ce, pour que les enfants, là, réussissent.
Depuis
plusieurs années, à la fédération, les membres ont fait des constats du réseau
de l'éducation. Donc, avec les responsabilités,
avec les fonctions qu'on a, nos fonctions, là, à chaque jour, on a remarqué
qu'il y avait une perte d'autonomie
au niveau des décisions qui tiennent compte des particularités des milieux.
Chaque école est différente, milieu par
milieu. On ne peut pas faire du tapis mur à mur, il faut vraiment prendre des
décisions localement, selon les besoins des enfants, de la population, là, de l'école. Mais on a remarqué aussi que,
depuis quelques années, les directives sont toujours dans un sens, la prise de décision se fait du haut
vers le bas, que ce soit du ministère vers la commission scolaire ou
aussi de la commission scolaire vers
l'école. Donc, l'école, qui est un lieu de décision parce qu'on a une proximité
avec les élèves, on est à un niveau
où on remarque que de plus en plus on est des exécutants et on ne peut pas
donner notre opinion, on ne tient pas compte de l'opinion des directions
d'école dans la structure du réseau de l'éducation.
a trouvé aussi que... On voit que de plus en plus c'est un réseau qui est
rigide, qui a beaucoup d'encadrement, puis
ça limite l'ouverture à des projets novateurs. Vous savez, au niveau de la
recherche, la littérature, ce qu'elle dit, c'est que l'école du XXIe siècle, ça doit être une école qui est
innovatrice. Donc, la direction
d'école, elle se doit d'être capable d'appuyer
son équipe-école, d'appuyer les enseignants
à trouver des façons de faire au niveau de la pédagogie, des façons de
faire qui sont novatrices, et on a besoin de directions d'école qui sont
efficaces et efficientes dans les écoles.
a remarqué aussi que, le rôle de la commission scolaire, la commission
scolaire, c'est un palier intermédiaire, on y croit, c'est un palier intermédiaire où il y a des gens qui y
travaillent qui ont une grande expertise, mais on a remarqué que de plus en plus, au lieu d'être en service aux
écoles, ce qu'on remarque, c'est que la structure qui est au-dessus de l'école, c'est une structure qui vient limiter les
actions dans l'école avec des décisions qui sont prises avec notre
équipe-école. On remarque un manque de marge
de manoeuvre aussi pour prendre des décisions, et les décisions, comme je
vous le disais tantôt, les décisions sont
différentes d'un milieu à l'autre. Tantôt, on parlait de madame qui vient de la
Côte-Nord. Bien, quand tu es à
Blanc-Sablon, tu ne peux pas... ton école, il n'y a pas les mêmes besoins que
quelqu'un qui est au centre de
Québec, par exemple. Donc, il faut toujours tenir compte... Dans notre message,
on tient compte des particularités des milieux et on ne peut pas avoir
du mur-à-mur au niveau décisionnel.
Donc,
considérant les insatisfactions qu'on avait et que les directions d'école sont
des passionnées, on s'est dit : C'est quoi, la lecture du réseau,
présentement, au niveau de la gouvernance? Parce qu'on entend souvent parler de
la gouvernance, mais, la gouvernance scolaire, ça fait seulement quelques
années qu'on en parle. Donc, parce qu'on a un volet recherche et développement,
on s'est associés avec une chercheuse, et en 2014 on a produit une étude sur la
gouvernance — je sais que les députés, vous en avez eu,
là, une copie, mais, si jamais il y en a qui n'en ont pas, je pourrai vous en donner une. Nous avons regardé avec la
chercheuse qu'est-ce qui se passait au niveau de la gouvernance au
niveau du Québec et qu'est-ce qui se passait
au niveau international, au niveau, là, de la gouvernance. Et ça, c'était dans
un seul but, c'était de travailler à
essayer d'améliorer le réseau, et, dans le fond, en améliorant le réseau, c'est
les enfants qui vont en bénéficier, puis c'est la réussite des élèves
qui va être meilleure.
Donc, quand on a
entendu que le gouvernement déposait un projet de loi pour revoir la gouvernance,
vous comprendrez que, pour nous, on
accueillait favorablement le fait que le gouvernement s'attardait à revoir la
gouvernance, ce qui ne nous empêche pas de
donner certains commentaires à certains articles, mais on était contents de
voir que finalement on s'attardait à
regarder qu'est-ce qui se passe dans le réseau. Parce que, depuis la fin des
années 90, quand il y a eu les modifications à la
Loi sur
l'instruction publique avec le projet de loi n° 180, on voyait que ce
projet de loi là visait une certaine décentralisation vers les écoles. Quand on
parle de décentralisation, ce n'était pas une décentralisation majeure, 100 %, mais ce qu'on avait remarqué,
c'est qu'au fil des ans il y a des modifications qui ont été apportées
puis il y a des façons de faire qui ont été amenées aussi, et, dans le fond, le
réseau s'est refermé sur la structure au lieu de s'ouvrir sur les élèves.
ne fera pas état de tout le contenu de notre mémoire, vous l'avez déjà vu, vous
avez pu le consulter. Nous allons seulement, là, identifier certains
éléments pour permettre de vous laisser plus de temps pour nous poser des
questions quant à certaines interrogations, là, que vous avez pu rencontrer.
Donc, la première
chose, c'est au niveau de la mission de l'école, la mission du centre et la
mission de la commission scolaire. Donc, on
accueille favorablement le fait que l'école, maintenant, avec le projet de loi,
on dit que l'école, c'est le centre,
c'est le lieu central des décisions, et aussi le fait qu'on parlait du principe
de subsidiarité. Nous, dans notre
étude sur la gouvernance, on appelait ça une gouvernance de proximité. Donc, ce
que ça dit, c'est que, quand tu as un niveau inférieur qui est capable
de prendre les décisions, bien tu les laisses prendre la décision, mais, quand
parfois tu as besoin... tu n'es pas capable
de la prendre, la décision, il y a un palier qui est supérieur à toi qui est
capable de la prendre, la décision.
Donc, on accueille favorablement le fait qu'il y a un respect, une
reconnaissance de l'expertise puis de l'expérience
du terrain, qui est capable de prendre des décisions. Et en plus il y a une
étude sur l'OCDE qui dit que les écoles
les plus performantes sont les écoles où on donne des responsabilités aux gens
qui sont sur le terrain et des gens qui sont capables, là, de procéder à
des projets qui sont novateurs.
Pour vous aider à la lecture de notre mémoire,
vous verrez qu'à la fin on vous a mis des références documentaires
faisant état des recherches qui nous ont servi à nous positionner.
qui est intéressant aussi, c'est que la mission de la commission scolaire, c'était une mission... La mission, c'était que maintenant, la commission
scolaire, ça devait être en service
aux écoles. C'est-à-dire que la commission
scolaire, elle a une certaine expertise, elle va servir de facilitateur à
l'école. Donc, l'école qui a des problématiques, qui a besoin de soutien, qui a
besoin d'expertise peut se tourner vers un palier intermédiaire qui va venir
l'aider à résoudre, là, ses problématiques ou, dans le fond, à donner de la formation
aux employés ou que ce soit à différents paliers.
Le conseil scolaire, au
niveau du conseil scolaire, ce qu'il est important de noter, on parle de
démocratie participative. Pour nous, ce qui
est important, c'est que la structure qui va être choisie soit une structure
qui va permettre aux écoles de
prendre des décisions localement. Et là, encore une fois, il y a la recherche
qui dit que, lorsqu'une organisation permet aux gens qui y travaillent
de participer à la prise de décision, bien les décisions, elles ont plus de
chances de répondre aux besoins des milieux, elles ont plus de chances, dans le
fond, d'offrir une certaine... — là, j'ai un blanc de mémoire — d'offrir
des solutions qui vont permettre le plus efficacement à répondre aux besoins
des élèves, c'est ça. Et la recherche
le dit à travers le monde. La chercheuse, ce qu'elle a trouvé, c'est que c'est
la... ce n'est pas la tendance, là, mais,
je veux dire, c'est vers ça qu'on se tourne. Quand les gens qui sont sur le
terrain, c'est des gens qui ont de l'expertise, on leur permet de
participer aux décisions, bien ça fait des gens plus motivés, des gens qui vont
être plus aptes à en donner plus dans le réseau. Donc, au niveau de la
composition du conseil scolaire, d'avoir des parents, d'avoir de la communauté
et d'avoir du personnel, c'est quelque chose, là, qu'on apprécie aussi.
Peut-être un
petit bémol. Ce qu'on disait, c'est qu'il y a trois ordres d'enseignement au
niveau de l'éducation, il y a le primaire,
il y a le secondaire et il y a la formation adulte, que ce soit générale ou
professionnelle. Ce qu'on vous propose, ce qu'on demanderait, c'est qu'il y aurait l'ajout d'une troisième
personne pour être certain qu'au conseil scolaire il y ait les trois
ordres d'enseignement qui soient représentés. Et vous voyez aussi qu'il y avait
un corps d'emploi qui n'était pas représenté,
c'était le personnel de soutien, donc on vous proposait aussi, là, d'avoir un
personnel de soutien, et ce qui faisait que, dans le fond, ça faisait un tiers, un tiers, un tiers : un
tiers de parents, un tiers de communauté et un tiers de personnel.
Une autre
chose : la communauté, les gens qui font
partie de la communauté, ce sont
des gens qui travaillent jour après
jour dans les écoles. On trouverait ça intéressant que les directions d'école,
on ait au moins la capacité d'être capable de s'exprimer au niveau des
critères des gens qui seraient sélectionnés au niveau, là, de la communauté,
parce qu'il n'y a rien dans le projet de loi
qui donne aux directions d'école d'être capables de s'exprimer quant à qui
pourraient être des gens, là, aptes à représenter la communauté.
Le comité
conjoint de gestion, ça aussi, c'est quelque chose qui nous avait interpellés,
parce que présentement ça s'appelle
un comité consultatif de gestion, et à plusieurs endroits ce qu'on remarque,
c'est que la consultation est bidon. Donc,
oui, il y a de la consultation, mais on ne prend pas en compte les décisions.
Mais nous, on s'est aperçus qu'il y en avait, des endroits, il y en
avait, des commissions scolaires qui avaient mis en place des processus de
consultation, de concertation, et c'est pour
ça qu'on accueille le fait qu'au lieu de dire le mot «consultatif» on parle de
«conjoint». C'est certain qu'il
faudra qu'il y ait un suivi, parce que ce n'est pas parce que c'est marqué le
mot «conjoint» que ça va se faire.
Le comité de répartition
des ressources, c'est quelque chose qui existe, ça, dans certaines commissions
scolaires, il y a des commissions scolaires qui ont mis en place un comité
formé de directions de l'école, de directions de centre ainsi que de gens des services de la commission scolaire où on va
mettre sur la table toutes les sommes d'argent qui arrivent du ministère, parce
qu'on s'était aperçus, nous, qu'il y avait des endroits où les directions d'école en table de gestion ne
savaient même quelles sommes d'argent étaient envoyées dans le réseau, donc on
ne savait pas, au niveau des règles budgétaires, combien d'argent était donné pour différentes
allocations. Par contre, à certains endroits, avec l'aide du
comité de répartition des ressources, on s'était aperçus que ça existait. Donc,
il y a certaines commissions scolaires comme le
Lac-Saint-Jean où on s'assoit avec son équipe de direction et on
regarde l'argent, il y a des services qui sont... il y a des sous qui sont gardés collectivement pour répondre aux besoins de la
collectivité, et il y a des sommes d'argent qui sont envoyées aussi dans les écoles pour répondre à des
besoins, là, plus locaux. Donc, la recommandation de mettre un comité, là, de mettre
en place un comité de répartition des
ressources et de dire que ce comité-là devra travailler en
concertation — ça
veut dire que ce comité-là va devoir se
greffer à d'autres comités ou greffer des comités à eux — faisait
que, dans le fond, ce comité-là ne se retrouvait pas à être un comité
fermé qui va décider. Et le fait que ce comité-là donnait des recommandations au conseil scolaire, ça assurait que les discussions, que les consultations
à la base de la pyramide arrivent jusqu'au conseil scolaire, qui est le comité,
là, décisionnel, là, de la commission scolaire.
Au niveau
du conseil d'établissement, le conseil d'établissement, il y a
des membres du personnel, il y a tous les corps
d'emploi qui sont représentés, il y a
les parents, la communauté. Encore une fois, la direction d'école doit
travailler avec tous ces gens-là. Elle doit
travailler à créer une... elle doit travailler à s'assurer que les décisions
qui vont être prises au conseil d'établissement le sont dans le meilleur
intérêt de l'élève.
Il y a
quelque chose au niveau du conseil d'établissement, c'est l'avis sur la
prestation de travail du directeur de l'école. Il nous semble, pour
nous, qu'il manque quelque chose. Est-ce que c'est la prestation de travail du
directeur de l'école dans le cadre de ses
fonctions au conseil d'établissement ou si c'est un avis global sur tous les
rôles et fonctions de la direction?
Parce que, le conseil d'établissement, il y a des membres qui sont du
personnel, et des fois la direction d'école a des décisions à prendre qui va faire que ce n'est pas tout le temps
facile et agréable pour le personnel. Donc, on se disait, peut-être que
la volonté du gouvernement, c'était de dire un avis de prestation dans le cadre
des rôles et fonctions du conseil
d'établissement, mais c'est quelque chose qui serait à éclaircir, là, parce
qu'on se posait des questions, là, on trouvait ça... surtout que notre supérieur immédiat, c'est la direction générale,
là, de la commission scolaire. Donc, il y avait des ambiguïtés là, au
niveau de l'avis sur la prestation de travail de la direction.
La deuxième
chose, c'était le processus d'adoption et d'approbation. Donc, en mettant tout
au niveau de l'adoption, il y a dans
la loi des... Par exemple, quand on parle du régime pédagogique, ça touche
beaucoup le personnel enseignant. Donc, les experts en pédagogie, c'est
les enseignants. On trouvait ça hasardeux, dans le fond, de permettre au
conseil d'établissement d'adopter, par
exemple, quand on parle de régime pédagogique, au lieu d'approuver, parce
qu'approuver, la différence entre adopter et
approuver, approuver, c'est que, quand le conseil d'établissement n'est pas
d'accord, la direction doit retourner
avec son équipe et refaire ses devoirs, tandis qu'adopter, c'est sur-le-champ.
Donc, un exemple au niveau, là, des
activités, si les enseignants ont décidé, par exemple, de faire certaines
activités avec leurs élèves, des sorties éducatives, au conseil
d'établissement on pourrait dire : Non, au lieu d'aller au Musée des
sciences et de technologie, tu vas aller au musée Y. Donc, ce qu'on disait, c'est que
l'approuver devait rester pour tout ce qui est pédagogique. Puis, dans le
fond, ce que ça fait, bien, ça reconnaît l'expertise pédagogique, là, des
enseignants.
Les pouvoirs du ministre.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Vous ne voulez pas que je vous en parle?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Ah! O.K. Bien, les pouvoirs du ministre, ça existe déjà
présentement, c'est sous forme de tutelle, là, c'est plus compliqué, là, mais
il y a quelque chose qui nous intéressait, c'était que le ministre avait l'intention
de mettre à la disposition des commissions scolaires un guide de gestion
décentralisée des pratiques efficaces et
efficientes, parce que ça, c'est quelque chose qu'on avait vu aussi, là, il y a
des commissions scolaires qui ont des
meilleures pratiques de gestion décentralisée que d'autres. Donc, le fait
d'aller voir des commissions scolaires qui
ont des bonnes pratiques, c'est intéressant, parce que les commissions
scolaires vont pouvoir se les partager. Et le fait de s'assurer qu'il y
avait quelqu'un qui s'assurait qu'on était pour les mettre en place, ça, c'est
quelque chose, là, qui est intéressant, parce que c'était un constat qu'on
avait présentement avec notre étude, c'est qu'il y a des endroits où il n'y a pas de bonnes pratiques de gestion, il y a
des endroits où, les directions d'écoles, on ne les informe pas, les
décisions sont prises sans consultation. Par
contre, on espère que le ministre va respecter le principe de subsidiarité
aussi, là, dans ses pouvoirs, mais on trouvait que c'était important de
mettre un mécanisme de vérification pour le guide, là, des bonnes pratiques,
là, décentralisées.
On voulait vous parler aussi de l'approche
décentralisatrice et gestion budgétaire, parce que ce qu'on entend, tout l'argent va être décentralisé vers l'école.
Nous, ce n'est pas ce qu'on a vu dans le projet de loi. Ce qu'on
constate, dans le réseau, c'est que le
réseau s'est alourdi, le réseau, là, la structure éducative s'est alourdie,
puis qu'est-ce que ça a eu comme effet, bien ça a complexifié la gestion
financière puis ça a augmenté les mécanismes de reddition de comptes. Donc, on était en accord avec le fait qu'il y
avait une volonté du gouvernement de réduire, dans le fond, de se parler
entre redditions de comptes, parce que, là, c'est souvent détaché, il y a de la
bureaucratie, tu as des documents à remettre avec
certaines informations qui sont... il y a de la redondance. Donc, d'avoir une
volonté d'alléger la reddition de comptes, on le salue, là, très positivement, parce que c'est un irritant,
présentement, là, dans le réseau. Et présentement ce qu'il y a aussi,
c'est que le ministère envoie des consignes, envoie des redditions de comptes,
ça arrive dans les commissions scolaires,
les commissions scolaires, eux autres, mettent d'autres règles, donc c'est des
couches par-dessus des couches au niveau
de la reddition de comptes. Donc, le fait qu'on a une volonté de vouloir, là,
alléger... Les directions d'établissement, on est conscients qu'il faut faire de la reddition de comptes, l'argent,
en éducation, c'est l'argent des contribuables, mais présentement la
reddition de comptes qui est demandée n'est pas efficace et efficiente et elle
n'a pas de sens, pour nous, elle n'a pas de sens pour notre personnel non plus.
Et aussi ce
qu'on disait, c'est que, les sommes d'argent qui sont envoyées dans le réseau,
il faut que les sommes d'argent représentent des besoins des milieux, il
y a des endroits où les besoins ne sont pas les mêmes qu'à un autre endroit. On
parle beaucoup, par exemple, de la réussite des garçons; nous, on a des écoles
où c'est les filles qui ne réussissent pas.
Donc, il faut laisser les marges de manoeuvre aux écoles, aux équipes-écoles
d'être capables d'identifier les problématiques dans les écoles. Donc,
les enveloppes dédiées, là, les enveloppes mur à mur qu'on envoie dans le réseau, il y a des sommes d'argent qu'il y a des
écoles qui ne sont pas capables de les dépenser parce que ce n'est pas...
ça ne répond à leurs besoins, tandis qu'il y
a d'autres besoins où il n'y en a pas, d'argent. Donc, ce qu'on demande,
c'est de cesser d'envoyer de l'argent avec
des enveloppes dédiées et des enveloppes pour lesquelles les écoles ont les
mains liées et qu'elles ne peuvent pas dépenser l'argent selon les
besoins de leurs élèves.
On verrait beaucoup, dans le projet de loi, que
ça réaffirme la position de l'école, de voir qu'on implante une gestion
collaborative dans le réseau, parce que ce n'est pas le cas. On est tous là
pour les élèves, tout le monde veut que les
enfants réussissent, c'est important que les acteurs du réseau y soient aussi
d'une façon collaborative. Il y a des gens qui travaillent sur le terrain qui ont des bonnes idées. Comme nous, dans l'école, on écoute notre équipe-école,
il y a des enseignants, il y a
du personnel de soutien, il y a des professionnels qui ont des bonnes idées,
qui peuvent permettre aux élèves de mieux
réussir. On voudrait avoir un réseau qui permet aux gens qui travaillent sur le
terrain d'être capables de donner leur opinion et d'aider à trouver des
pratiques efficaces et efficientes. On veut un réseau mobilisateur, d'être capable de mobiliser les gens, parce que, quand tu
n'es pas capable de participer à la prise de décision, ça fait que tu as
des gens qui ne sont pas mobilisés. Je ne
parle pas seulement des directions d'école, là, je parle aussi des
gens dans nos écoles. L'importance d'avoir du soutien au niveau des écoles, d'avoir quelqu'un
qui est au-dessus de nous, un palier
intermédiaire qui est prêt à être en service aux écoles, qui est capable de
nous aider. Même si parfois notre problématique semble, à leurs yeux, petite, bien, pour nous, si c'est une problématique, si on
l'a identifiée, c'est parce que cette problématique-là, dans l'école, elle est grande et elle a de
l'impact sur la réussite des élèves. Donc, encore une fois, on espère qu'il y
aura une volonté du gouvernement de revoir les pratiques de gestion
décentralisée efficaces et efficientes.
Et, en terminant, il faut que la réorganisation
proposée — je
vais le lire — favorise
une prise de décision où la créativité, la
capacité d'innover, le leadership de l'établissement et la contribution des
parents auront préséance sur les intérêts politiques et administratifs
grevant malheureusement la structure actuelle pour favoriser une communication bidirectionnelle, dans les deux sens, et partager
une vision rassembleuse, à l'inverse de la bureaucratie actuelle qui
paralyse le système et amenuise les chances de réaliser les objectifs
pédagogiques. C'est ce que nous nous souhaitons. Merci.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup, Mme Normand-Charbonneau. Alors, on va passer à la
période d'échange, et je cède la parole à M. le ministre pour une période de
28 minutes.
M. Proulx :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'abord, mesdames monsieur, merci beaucoup
d'être ici aujourd'hui, je suis très heureux
d'avoir l'occasion de vous entendre. Je vais dire en début de journée ce que
j'ai dit jusqu'à maintenant et ce que je vais dire jusqu'à la fin, on
est ici pour écouter, on est ici pour vous entendre, entendre tous les points
de vue.
suis heureux parce que vous avez exposé de façon très concrète — et vous l'avez fait puis vous allez le
faire encore dans la période de questions,
je suis certain — de façon
très concrète la vie qui est la vôtre, les difficultés qui sont les vôtres, les avantages, parfois, qu'il y a dans
certains milieux, parce que vous avez été en mesure, puis vous l'avez
fait, de dire que les choses ne sont pas
partout pareilles. Vous avez parlé de mobilisation, d'intérêts communs, vous
avez parlé du soutien, vous avez parlé de l'école au centre de la
préoccupation et, par le fait même, des élèves. C'était instructif et
intéressant, et ça va, je pense, susciter un échange important.
Vous
avez fait des suggestions. Vous avez dit, dans certains cas, les points en quoi
vous étiez en accord avec le projet
de loi, mais vous avez également émis des réserves, puis j'ai l'intention — puis je pense que les collègues vont le faire — de façon très ouverte, d'aborder tout ça
avec vous. Je le sais et je l'imagine, là, ce n'est pas d'hier que vous
demandez et vous revendiquez plus d'autonomie pour les directions
d'établissement. Pouvez-vous nous décrire en quelques
mots pour vous c'est quoi, les bénéfices de l'implication des directions
d'établissement dans les conseils scolaires?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : La direction d'école travaille dans l'école avec
les parents, avec le personnel, avec
les enfants, c'est la personne dans le réseau qui a le plus de données des
besoins des élèves. Donc, d'avoir une direction d'école à un conseil
scolaire, c'est une mine d'or, parce que cette personne-là, c'est le pare-feu
entre le politique et les besoins du terrain. Donc, l'avantage qu'on
y voit, d'avoir une direction d'école, c'est que, dans le processus décisionnel, qu'on parle de la table de gestion,
qu'on parle du comité d'allocation des ressources et du comité qui est plus politique,
le fait d'avoir des directions d'école, ça donne un coup de pouce aux parents,
à la communauté qui y siègent de dire :
C'est vraiment ça qui se passe sur le terrain. Donc, quand il y a
des décisions qui sont plus politiques qui sont prises, bien, le fait qu'il y ait des directions d'école ou qu'il y ait du personnel — là,
on parle des directions d'école, mais ça pourrait être des enseignants, ou des professionnels,
ou du personnel de soutien — on
est capables de dire : C'est ça qui se passe sur le terrain.
Et nous, les directions d'école, on ne travaille
pas seulement pour notre école, on travaille pour la réussite des élèves
de la commission scolaire dans laquelle on travaille, parce que, quand on est
en tête de gestion, aujourd'hui je suis à l'école X,
demain je vais être à l'école Y. Donc, on se partage... Il y a des
commissions scolaires, là, il y a des endroits où on se partage les
ressources.
Mais
ce qui est important, c'est qu'au conseil scolaire tu as la chance de connaître
toutes les sommes d'argent qui arrivent,
tu as la chance d'avoir l'expertise des gens qui sont sur le terrain. Donc,
nous, ce qu'on voit, c'est une bonification du volet qui est plus politique, d'avoir des gens... Puis la recherche le dit. Si
tu as des gens qui font
partie de l'organisation qui sont dans le palier plus décisionnel, bien ça va
donner des meilleurs résultats parce
qu'ils connaissent le mieux
les besoins des élèves.
M. Proulx :
Vous m'avez parlé des bénéfices de l'implication des directions d'établissement, mais les bénéfices pour un
directeur lui-même, là, pour le directeur d'un établissement, c'est quoi, les
bénéfices d'être au conseil scolaire, notamment pour la réussite des
élèves?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : Bien, le bénéfice, c'est qu'il va avoir plus de
réunions, il va y passer plus de
temps. Donc, si les... Les directions qui vont accepter d'aller au conseil
scolaire, il faut être conscient, comme les parents ou comme la communauté qui vont y siéger c'est des gens qui y
croient et c'est des gens qui vont mettre des heures de plus
que leur travail ordinaire, parce que, quand tu vas être au conseil scolaire, tu vas
avoir des rencontres, ce n'est pas seulement une heure par semaine.
Donc, c'est des gens qui ont vraiment une volonté de faire avancer le réseau.
M. Proulx :
Dans la gouvernance actuelle, dans l'organisation actuelle avec les commissions scolaires, j'ai cru comprendre,
puis je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais qu'il y avait des
obstacles pour les approches favorisant
la persévérance, la réussite. Je ne sais pas si, si je dis ça, je vais trop loin, si je dis que, dans la
gouvernance actuelle, il y a pour vous certains obstacles pour favoriser la
réussite.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Oui. Oui, oui.
M. Proulx :
Pourriez-vous nous donner quelques exemples de ces obstacles-là et ensuite peut-être m'expliquer pourquoi
vous pensez que dans une nouvelle formule, notamment celle qui est
proposée, vous voyez la levée de certains de ces obstacles-là?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Oui. Il y en a plusieurs.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Si on y va avec la reddition
de comptes, par exemple, la reddition de comptes, présentement, est axée seulement sur un
pourcentage : tu as tant d'élèves dans ton école, tes élèves
devraient obtenir tant de pourcentage en
français, tant de pour cent en mathématiques. On ne regarde pas le processus,
on ne regarde pas le travail que les
gens ont mis en place pour réussir. Il
y a des endroits où les moyens qu'on
va utiliser pour faire réussir les élèves,
c'est un peu... je vais vous faire
rire, là, c'est McDonald, tu as une
feuille avec des moyens et tu vas cocher, on ne laisse même pas à
l'équipe-école la latitude de choisir les moyens pour favoriser la réussite de
leurs élèves. Ça, c'en est un, obstacle au
niveau de la reddition de comptes. Présentement, au niveau des allocations, des sommes d'argent,
il y a vraiment une problématique. Il y a des commissions scolaires où ça
va bien, mais majoritairement on
n'informe pas les directions d'école.
Nous, on a des directions d'école où... il y a des endroits, il y a
des ponctions de 21 % sur le
budget de l'école, hein, la direction reçoit
son budget, là, on fait des ponctions de 21 %, mais on n'a pas dit à la
direction d'école pourquoi, on ne s'est pas assis avec les directions
pour dire : Regarde, il faudrait mettre plus d'argent à tel endroit. On
peut-u s'asseoir ensemble? On peut-u regarder où est-ce qu'on peut mettre
collectivement des sous?
Donc, nous,
présentement, là, notre budget, il y a des gens qui se servent dedans, puis
nous autres, on attend puis on fait
avec le restant. C'en est un, exemple que le fait qu'il y aurait un comité
d'allocation de ressources... de répartition des ressources, pardon, le
fait que les directions d'école seraient sur ce comité-là, ça assurerait une
compréhension, puis on s'assurerait que les sommes d'argent sont distribuées,
collectivement, correctement.
Proulx : Le projet de loi dit et prévoit que des règles budgétaires pourront prescrire qu'il y a
certaines mesures qui seraient
dirigées vers les établissements. Vous avez dit : Le projet de loi ou le... un transfert de décision vers les écoles, ça ne va
avoir du sens que s'il y a des budgets qui sont décentralisés.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Oui.
M. Proulx : Alors, vous avez vu une
intention, vous dites : il faut qu'on suive l'intention par des moyens.
Pouvez-vous me donner des exemples d'enveloppes — parce que souvent on
parle en termes d'enveloppes dans ce milieu-ci — pouvez-vous me donner des exemples
d'enveloppes que vous croyez utiles, nécessaires ou positives à être
transférées vers les établissements et qui peuvent améliorer la gouvernance,
faire état d'une réelle décentralisation et améliorer la réussite, la
persévérance de nos jeunes?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Des allocations qui sont probantes, qui sont basées sur des faits, et non pas des allocations à la saveur du mois, donc la saveur de l'aide
aux devoirs, la saveur des saines habitudes de vie. Il y a
des endroits, là, qui en ont besoin, de sous pour les saines habitudes de vie, il y a
d'autres endroits qui n'en ont pas besoin.
Donc, ce qui est très important, c'est de se coller sur la recherche mais aussi
de respecter que les sommes d'argent qu'on
va envoyer, elles ne seront pas dépensées directement. Ça ne veut pas
dire qu'il n'y aura pas de reddition de comptes, mais elles sont vraiment dépensées différemment d'un milieu à l'autre.
Parce qu'une des problématiques, présentement, puis qui met des freins au système, dans les écoles, c'est qu'on reçoit des sommes
d'argent, on les reçoit janvier, février, mars, avril, l'année finit en juin, on n'est pas
capables de dépenser notre argent. Des fois, l'argent qu'on reçoit n'est
même pas en lien avec notre projet éducatif
ou avec les besoins des enfants. Qu'on soit capable de planifier l'argent
qui rentre dans les écoles. S'il y a
quelque chose, présentement, qui ne fonctionne pas, là, c'est la planification
des mesures. C'est des mesures ponctuelles qui arrivent, puis il faut
que tu te dépêches à dépenser tes sommes d'argent parce que sans ça tu vas les perdre. Donc, pour la direction d'école, tu ne veux pas perdre d'argent
pour les enfants, hein, tu veux être capable de le dépenser, mais
parfois l'argent, il pourrait être utilisé à meilleur escient. Donc, l'idée
d'avoir des sommes d'argent envoyées à l'aide
de données probantes puis aussi de lecture des milieux, c'est ce qui va être le
plus gagnant dans le réseau.
M. Proulx : Il y a deux jours, à
moins que je me trompe, il y a un président d'un comité de parents, je pense, de la commission scolaire Marie-Victorin, si ma
mémoire est bonne, effectivement, qui nous a dit : J'ai posé une
question à mon directeur d'école, je lui ai dit : Écoute, si tu pouvais
travailler directement sur la persévérance, sur la réussite, comment voudrais-tu faire cela? — je paraphrase un peu notre échange, les gens
pourront le retrouver. Il nous a dit : Bien, le directeur m'a répondu quelque chose
comme : Si je pouvais avoir une somme libre pour être capable de
dire : Bien, cet enfant, je vais
en prendre charge avec cette somme-là pour m'en occuper parce que c'est son
besoin, c'est avec ça que je vais être capable de l'aider à réussir.
Donc, est-ce
que je comprends qu'au-delà de l'enveloppe spécifique qui pourrait être
décentralisée et tournée vers... dirigée
vers les écoles vous dites : On a besoin d'une latitude, à la limite, dans
certains cas, d'une latitude individualisée, c'est-à-dire d'être capable d'agir directement sur une personne, et là
ce n'est pas malheureusement une mesure nationale d'aide particulière qui
va aider mon fils ou ma fille, là, par exemple?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Ça existait, ça, avant, on appelait ça l'enveloppe de la réussite éducative. Chaque école recevait une enveloppe où
tu avais des marges de manoeuvre, donc chaque école était capable d'utiliser, toujours avec... Il fallait que ça
passe au conseil d'établissement, là, ce n'était pas de l'argent que c'est la
direction d'école qui s'amusait à dépenser elle-même, là. Il y a même des
sommes d'argent où tu dois aller à ton conseil des enseignants, à ton comité,
là, au niveau de réussite de l'école, ton comité de projet éducatif. On avait
cette marge de manoeuvre là, mais maintenant on n'en a pas.
Et maintenant
ce qui est pire, c'est qu'on vient enlever des sommes d'argent qui initialement
sont dans le budget de l'école. Quand
je vous parlais de ponctions, tantôt, on a fait l'exercice, l'année passée, à
regarder ce qui se passait dans les réseaux. Quand toi, direction d'école, là, tu as
planifié des projets ou tu as planifié, là, des dépenses, et qu'on te dit
que ton budget va être amputé de 21 %,
et que tu n'as pas participé à la discussion... Bien, on nous demande,
présentement, la loi nous demande de gérer au niveau pédagogique et
administratif de notre école, et présentement on n'a même pas de contrôle sur l'argent qui rentre dans l'école.
Donc, on serre à gauche et à droite,
et nous, en plus, on demande à l'école en plus de rendre des comptes au
niveau de la réussite des élèves. Et, quand je parle de l'école, c'est au
personnel aussi, là, enseignant.
Mais il
faudrait que cette latitude-là revienne. Donc, quand on parle de
décentralisation, c'est un bon départ de dire... de permettre aux écoles de ravoir cette marge de manoeuvre là qui était une décentralisation d'un montant d'argent, et non pas de tout décentraliser comme on a entendu
précédemment, mais il faut donner à l'école cette marge de manoeuvre là de pouvoir aider les élèves, parce que
ponctuellement, les enfants, quand ils ont un besoin, là, c'est tout de suite qu'ils l'ont, le besoin. Quand tu as fait ton plan
d'intervention, que tu t'es assis avec ton enseignant, avec l'orthopédagogue,
avec la psychologue ou l'orthophoniste, puis
qu'on dit : Ce jeune-là, présentement, aurait besoin d'une heure de plus, par exemple, en orthopédagogie, ce n'est pas le temps de faire remplir ta feuille
pour prouver que tu as besoin d'une heure. Je veux dire, il y a des gens
autour de la table qui ont pris la décision. Dans le plan d'intervention, on
l'a écrit. Bien, si la loi nous dit que dans
le plan d'intervention tu dois avoir la signature du directeur, la signature du
parent puis que l'enseignant soit d'accord, bien, qu'on nous donne la marge
de manoeuvre pour être capables de la mettre en place tout de suite, cette
heure-là de surplus aux enfants.
M. Proulx : Il me reste encore du
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, il vous reste 15 minutes, M. le ministre.
Proulx : Merci. Je passe de
la décentralisation à la centralisation. Vous avez dit tout à l'heure, dans votre exposé, que... je ne sais pas s'il y a une
tendance ou... en tout cas vous dites qu'il y a des milieux où on centralise
beaucoup plus autour de la commission
scolaire, ce que vous avez déploré. Est-ce que vous pouvez nous donner des
exemples, là, d'abord nous dire
est-ce que c'est un phénomène plus récent que vos membres et vos gens
connaissent? Et qu'est-ce que ça veut dire dans les faits, cette
centralisation-là, pour vous?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Cette centralisation-là, la première chose, au niveau budgétaire il y a des endroits où les directions d'écoles ne
savent pas les sommes d'argent qui arrivent, comme je vous disais
tantôt, ils n'ont rien à dire. Il y a des
endroits que... Là, on a l'air de... on est en train vous donner des exemples
négatifs, mais on a aussi des exemples positifs, on vous en donnera.
M. Proulx : Avec plaisir.
Donnez-les.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Oui. Il y a des endroits où, par exemple, quand les règles
budgétaires vont arriver, il y a une table
de gestion, la direction générale va mettre un PowerPoint, un diaporama au mur,
va expliquer les chiffres, pas de
document, on n'a pas eu nos documents avant. Donc, c'est pour ça que nous, les
pratiques de gestion décentralisée
efficaces et efficientes, on aimait ça, parce qu'on se disait : Là, au
moins, on va avoir les documents avant, on va être capables, là, de les
consulter.
Il y a
d'autres commissions scolaires, c'est le contraire. Il y a des commissions
scolaires qui vont former un comité qui
va regarder le budget avec les directions d'écoles, puis ils vont arriver en
table de gestion avec des propositions pour faire adopter le budget, il
y a eu un consensus ensemble.
Donc, il y en
a des endroits, là, qui ont des bonnes pratiques de gestion. Donc, au niveau
budgétaire, au niveau, là, de tout ce qui est professionnels, par
exemple, il y a des commissions scolaires où les argents donnés pour les professionnels est donné à un secteur, l'école
secondaire, avec ses écoles périphériques primaires, et ensemble les
gens s'assoient et regardent les besoins des
enfants de ce secteur-là, et ensemble ils sont capables de voir quel type de
professionnels ils ont besoin. Et, par
exemple, s'ils ont décidé que c'est un psychologue, ils vont envoyer le
psychologue une semaine, deux semaines dans telle école pour aller aider les
enfants. Quand c'est fini dans cette école-là puis ça fonctionne, on passe à
une autre école.
Il y a
d'autres endroits, c'est différent, tu as, par exemple, le psychologue deux
demi-journées par mois le lundi. Le
lundi, c'est la journée où l'équipe de psychologues se rencontre à la
commission scolaire pour différents projets? Bien, toi, tu perds ta
demi-journée, il n'y a pas de possibilité de s'aider entre nous. Donc, des
bonnes pratiques qui vont avoir un impact
sur les enfants, ça serait de permettre, comme ça se fait dans certaines
commissions scolaires, de permettre aux
professionnels... de permettre à la direction de décider ensemble, avec les
autres directions du secteur : O.K., on s'en va dans telle école
aider, les besoins sont plus grands là. C'en est deux, exemples. Je peux
continuer, là.
M. Proulx : Vous avez parlé de
mettre en place des mécanismes, là, pour assurer le suivi des résultats puis la
simplification des mécanismes de reddition
de comptes. J'aimerais ça vous entendre un peu plus là-dessus, vous
savez qu'on a cette intention-là dans le projet de loi.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Oui. Présentement, là, ce qui se passe, au niveau de la reddition de comptes, c'est que le ministère a des
indicateurs, il les donne aux commissions scolaires, et les commissions
scolaires rencontrent les écoles. Un exemple, toi, tu peux être dans la direction
d'école dans une école qui a 90 % en lecture, mais
la commission scolaire, elle, elle doit augmenter son pourcentage au niveau de
la lecture, donc toi, tu arrives à ton
équipe-école — et ça
m'est déjà arrivé — tu
arrives à tes enseignants, tu leur dis : Bon, là, présentement, les
résultats en français, lecture, là, il ne
faut plus avoir 90 %, il faudrait monter à 92 %, parce que, là, il
faut aller aider l'autre école qui,
elle, a 62 %. On est en train de brimer l'école, qui, elle, a des beaux
projets, O.K.? Puis elle, l'école, elle, ce n'est pas d'avoir 92 %, là, le 90 %, c'est
correct, ses enfants, ils réussissent, puis on est capable de développer
d'autres projets, mais on est freinés
pour mettre des mesures en place pour aller aider l'autre école. Nous, ce qu'on
dit, c'est que, les écoles que ça
fonctionne bien, laissez-les fonctionner, donnez-leur des marges de manoeuvre
pour développer des projets et, les écoles qui ont des difficultés,
donnez-leur de l'aide pour aider les enfants à s'améliorer.
Puis aussi il faut tenir compte que la réussite scolaire des élèves, là, ce n'est pas seulement un chiffre,
il y a la réussite éducative, hein? Les enfants, là, ils vivent des
réussites à l'école. Il y a des enfants qui n'ont pas des bons résultats, là,
mais ils se font des amis, ils vont faire des bons citoyens quand ils vont être
plus vieux.
Donc, il faut
cesser, au niveau de la reddition de comptes, de tout le temps être sur un
pourcentage à atteindre, parce qu'on
brime certaines écoles, puis, dans le fond, il y a d'autres écoles qui
bénéficieraient d'avoir encore plus de soutien. Dans la recherche, ce qu'on disait, c'est : On peut-u regarder le
processus? Ça se peut qu'il y ait une école qui n'ait pas des bons résultats mais que les enseignants y
travaillent fort puis que l'équipe-école, là, s'en donne pour faire réussir les
enfants, mais qu'au bout de la ligne les enfants n'ont pas mieux réussi. Mais
il y a d'autres succès que la réussite d'un chiffre.
Donc, s'il y
avait quelque chose à améliorer au niveau, là, de la reddition de comptes,
c'est cette vision-là d'une usine de boulons à faire réussir les élèves.
La réussite scolaire, ça ne passe pas seulement par un chiffre pour aider des
paliers à réussir.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Il vous reste encore un peu de temps, M. le ministre. Huit minutes.
Proulx : Merci. Huit
minutes. Vous avez parlé du conseil d'établissement, vous aviez des réserves
par rapport à ça. J'aimerais ça vous entendre plus spécifiquement sur
ça, s'il vous plaît.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Présentement, au niveau du conseil d'établissement, peut-être
que les parents vous en ont parlé, quand on parle de budget, quand les
directions d'école, on arrive avec notre ventilation de budget au conseil d'établissement, il n'y a pas de marge de manoeuvre.
Ce qu'on demande aux parents puis au personnel et à la communauté :
Est-ce que nos chiffres sont dans la bonne colonne? On n'a pas de marge de
manoeuvre au niveau budgétaire. Les sommes d'argent qui arrivent dans l'école,
présentement, là, elles sont déjà enlignées dans des postes budgétaires, il n'y a pas de marge de manoeuvre.
Donc, le conseil d'établissement, c'est certain qu'à certains égards les
gens se disent : Je fais quoi là? Est-ce que je suis important? Je ne
prends pas vraiment de décision.
Donc, au
niveau budgétaire, le fait qu'on donnerait plus de marge de manoeuvre, il faut
donner de la latitude, là, à l'école,
bien le conseil d'établissement, lui, il va être dans cette marge de manoeuvre
là, il va avoir à adopter le budget de l'école,
ce n'est pas seulement que le directeur qui va prendre l'enveloppe budgétaire
puis qui va faire ce qu'il veut avec.
Présentement, un exemple, au niveau de la
reddition de comptes vous avez le projet éducatif, vous avez la convention de gestion, vous avez le plan de
réussite. Dans le projet de loi, ce qui est proposé, c'est que tout soit
imbriqué un dans l'autre avec le projet
éducatif. Présentement, le projet éducatif, c'est adopté; les moyens, c'est
approuvé. En mettant le plan de
réussite, le projet éducatif puis la convention de gestion et de réussite
ensemble, ça veut dire que, par exemple, au niveau des moyens, si les enseignants décident certains moyens pour
faire augmenter la moyenne de 90 % à 92 %, bien le conseil
d'établissement... Puis on sait que les parents y ont le vote prépondérant. Un
exemple, les enseignants qui auraient choisi
certains moyens à certains niveaux pourraient se faire dire : Non, ce
n'est pas ce moyen-là. Donc, nous ce qu'on
disait, c'est qu'au conseil d'établissement tous les gens ont de l'expertise.
Est-ce qu'on peut respecter les expertises des gens, surtout que dans le
projet de loi on reconnaît l'expertise, là, des enseignants au niveau
pédagogique?
Donc, ça, ça
nous... On se disait : Comment ça se passerait? Les endroits que ça va
bien, ça va aller bien, mais les endroits
que ça ne va pas bien, ça va continuer de ne pas aller bien. Mais on avait de
l'interrogation au fait que... On se disait : Peut-être que c'est
mieux, présentement, avec ces premiers changements là, de mettre l'accent sur
un réseau collaborateur, pour être capables
de développer des façons de faire collaboratives, là, avant de mettre... de
l'adopter partout, là. Mais on
croyait qu'il fallait continuer à reconnaître que l'école, elle avait de
l'expertise pédagogique, et ça, c'en est un exemple, par exemple, au
niveau, là, du conseil d'établissement.
Au niveau...
Je pense que vous aviez deux... Les deux membres votants de la communauté,
nous, on était d'accord, là, avec le
fait que les deux membres de la communauté soient capables de voter. Et
peut-être que ça ferait qu'il y aurait plus de gens de la communauté qui
viendraient au conseil d'établissement.
M. Proulx : Bien, personnellement,
je vous remercie; au nom de mon gouvernement aussi. Mon collègue de Pontiac
avait quelques questions pour vous, mais je vous remercie pour votre
témoignage.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Merci.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Alors, le député de Pontiac. Il vous reste cinq minutes.
M. Fortin (Pontiac) : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, mesdames monsieur. Merci d'être avec nous aujourd'hui et d'avoir préparé un mémoire si détaillé, qui, je pense, exprime très bien
certaines de vos préoccupations mais aussi des aspects positifs que vous
voyez dans le projet de loi.
veux parler du comité de répartition des ressources, parce que je vous entends
parler depuis tantôt, et il me semble que beaucoup
de ce que vous dites est basé sur le fait que les écoles n'ont pas toutes les
mêmes besoins et que d'avoir une
opportunité, là, de vraiment s'asseoir et de voir qui peut avoir besoin de
quelles ressources à quel moment, ce serait
un mécanisme utile. Je sais que les... Pour avoir rencontré les gens de ma commission scolaire locale, la commission scolaire anglophone, la Western Québec, ils me disent qu'ils
ont déjà un système comme ça, et vous y avez fait
référence dans votre présentation, il y a déjà des
commissions scolaires qui ont mis quelque chose comme ça en
place. Avez-vous vu, à l'intérieur de ces commissions
scolaires là, des améliorations vraiment
nettes par rapport à certaines des commissions scolaires qui
ne se sont pas donné des outils comme ça?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Vous êtes chanceux, vous, vous avez
la commission scolaire des
Hauts-Bois-de-l'Outaouais, et c'est une commission scolaire qui a des
pratiques de gestion décentralisée à cause du grand territoire, hein, vous allez du Pontiac à Maniwaki. Vous
êtes chanceux parce que vous avez une commission scolaire qui est
petite, qui réussit à s'en sortir, qui n'a pas beaucoup d'élèves, puis vous
réussissez à vous en sortir. Et effectivement eux fonctionnent beaucoup
par... C'est certain qu'ils ne sont pas beaucoup de directions, donc eux, ils
peuvent se permettre d'être au comité de
gestion, ils n'ont pas besoin de faire une autre structure de CRR, là, de
comité de répartition des ressources, parce qu'ils
ne sont pas beaucoup, mais vous en avez un bel exemple
dans votre région, là, d'une commission scolaire qui travaille beaucoup
en partenariat, en consultation, en concertation, et ce qui fait que, dans le fond,
localement, les besoins du Pontiac ne sont pas les mêmes besoins que Maniwaki
et que, si on arrivait avec un modèle unique,
de façons de faire uniques... C'est pour ça que le guide des bonnes pratiques,
là, décentralisées, là, il va falloir aussi qu'il permette à géométrie
variable, parce que les besoins ne sont pas les mêmes. Mais effectivement,
vous, dans votre région, ça fonctionne très bien.
Fortin (Pontiac) : Je vous
entends parler puis je me demande qu'est-ce
qui fait que certaines commissions ont choisi
ce modèle-là et que certaines commissions scolaires ont décidé de ne pas
procéder comme ça. Tout ce que j'entends, que ce soit des commissions
scolaires... que ce soit la mienne, Hauts-Bois, Western Québec ou d'autres et
de gens comme vous, c'est qu'un modèle comme ça fonctionne. Donc, d'après vous,
là, qu'est-ce qui explique que certaines commissions scolaires ont choisi de
mettre ça de côté pour l'instant?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : Il faudrait demander au directeur général de la
commission scolaire. Moi, je vous dis, les directions d'école, ce qu'on
remarque.
Puis
c'est pour ça qu'on s'est penchés vers la recherche, parce qu'on savait qu'il y
avait des endroits... Parce que, nous,
c'est nos membres, ça, commission
scolaire des Hauts-Bois comme au Coeur-des-Vallées, M. Iracà, et on se disait : Comment ça se fait qu'il y a des
endroits où ça fonctionne bien, puis il y a des bonnes pratiques de gestion,
puis toi, comme direction d'école, quand tu essaies d'en discuter, il y a
certains endroits que ça va mieux, en discuter, qu'à d'autres? Donc, à un
moment donné, il faut que tu te tournes vers quelqu'un. Je veux dire, nous, on
est sur le terrain, on connaît les besoins
des élèves. On travaille en partenariat, chaque jour on travaille d'une façon
équitable, hein, parce qu'on organise
des services aux élèves, on communique avec les parents, les parents viennent
nous voir, on travaille avec les enseignants,
avec le personnel. Dans notre école, on est des personnes très équitables, donc
au conseil scolaire on va être des personnes très équitables. Mais c'est
ça, la problématique, là, c'est d'être capable de faire changer les choses.
Donc,
quand vous pensez que les directions d'école, présentement... Nous, on se dit :
C'est peut-être une bonne idée que le
ministre fasse un guide des bonnes pratiques. Je suis certaine qu'autour de la
table vous devez dire : Des directions d'école qui veulent que le
ministre fasse un guide des bonnes pratiques, il y a quelque chose qui ne
marche pas à quelque part. Oui, il y a
quelque chose qui ne fonctionne pas à quelque part. Puis, si présentement c'est
ce guide-là qu'il nous faut, bien on va l'accueillir, toujours en
respectant le principe de subsidiarité, là, mais on est rendus là. Il faut vraiment qu'il y ait quelqu'un qui demande à
certaines commissions scolaires d'avoir des bonnes pratiques de gestion,
des bonnes pratiques efficaces et efficientes.
c'est pour ça que je suis tannante avec mon étude, là, mais c'est parce que
nous, on ne s'est pas basés sur : C'est ça que ça nous tente, aujourd'hui, de dire. On est 2 200 à travers
le Québec, ça fait longtemps qu'on y pense. On s'est servi de la
recherche. Il y en a une autre sur l'OCDE, vous en avez, je vous en ai mis. Il
faut se tourner vers les données probantes puis regarder c'est quoi, les
meilleures façons de faire.
C'est
peut-être l'erreur qu'on a faite quand le projet de loi n° 180 a été
sanctionné, il n'y a pas eu de mécanisme de vérification puis de régulation, on n'est pas venu voir comment ça se
déroulait avec la vision décentralisatrice, là, que le projet de loi
n° 180, là... avec les marges de manoeuvre que ça donnait aux écoles.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup,
Mme Normand-Charbonneau. On va passer du côté de l'opposition
officielle, et je cède la parole au député de Lac-Saint-Jean pour une période
de 17 minutes.
Cloutier : Je vous remercie, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de
vous remercier pour votre présentation.
J'essaie
de voir un peu comment... Parce que je pense que vous avez partagé avec nous
plusieurs de vos réflexions qui vont au-delà du projet de loi actuel. Vous
avez fait référence... il y a quand même plusieurs enjeux sur lesquels vous
émettez des bémols.
y a un enjeu, je ne pense pas, sur lequel vous vous êtes prononcés, sur les
élections scolaires, parce que, dans le fond, vous réclamez davantage de
place pour les directeurs d'établissement au conseil scolaire, mais ça pourrait
être conforme au modèle actuel. Est-ce que
vous avez une réflexion là-dessus? Est-ce que vous êtes pour? Est-ce que
vous êtes contre le processus électoral?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Nous, on veut une structure qui va répondre le mieux possible
aux besoins des élèves. Au moment où on a dit qu'il y avait un conseil scolaire
puis qu'on avait la possibilité d'avoir des directions,
la recherche, ce qu'elle dit, c'est que, si tu as des gens qui sont du palier
de l'organisation, tu as des meilleures chances que les décisions se
prennent.
Présentement, il y a des problématiques dans le
réseau. C'est triste que le débat soit juste autour de ça, là, mais il y a des problématiques dans le réseau,
puis il faut que la structure qui va être là permette aux écoles de
fonctionner. Puis peut-être pour faire du
pouce sur ce que M. le député du Pontiac a dit tantôt, si un réseau est rendu à
ne pas être capable de le dire à
quelque part, il y a un problème à quelque part, là. Présentement, il y a des
problématiques, puis on n'est pas capables, nous, directions d'école, de
faire améliorer les pratiques, les façons de faire. Il y a une incompréhension
à quelque part.
Cloutier : ...je pense que
je vous comprends bien. Dans le fond, ce que vous nous dites, c'est important pour vous que les directions d'établissement
puissent avoir votre voix au conseil scolaire ou à l'intérieur de la commission
scolaire, mais vous ne semblez pas avoir d'opposition marquée par rapport au processus de sélection des gens qui doivent siéger au conseil. L'important, pour vous, c'est d'être là, d'être présents, de pouvoir
exprimer votre point de vue, partager votre expertise, mais vous ne vous
opposez pas à ce qu'il y ait un processus électoral.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Ce n'est pas d'être là, c'est d'avoir une structure qui va être la meilleure,
et la meilleure pour les enfants, la structure qui va répondre le mieux aux
besoins des élèves.
Cloutier : Je comprends tout ça. C'est justement ce sur quoi nous
réfléchissons, c'est un projet de
loi sur la gouvernance. Mais il n'en
demeure pas moins qu'on n'en serait probablement pas à discuter de ça
aujourd'hui si ce n'était pas de... Il y a un élément qui est quand même
important, là, qui est celui du processus électoral, du choix. Maintenant, on
pourrait décider ensemble que, parmi le processus électoral, il y ait deux ou
trois représentants des directions
d'établissement, auquel il y a un représentant aussi du milieu de
l'enseignement. Il n'y a rien qui empêcherait de donner ou de créer aussi un nouveau comité de gestion. Ce que j'essaie
de dire, finalement, c'est que vos propositions ne sont pas nécessairement incompatibles avec un
autre processus qui est le processus actuel, qu'on pourrait bonifier.
C'est ça, dans le fond. Puisque vous avez une expertise, vous avez travaillé
avec des élus scolaires, est-ce que vous pensez que le processus électoral nuit
à la réussite scolaire?
Mme Normand-Charbonneau
(Lorraine) : Donnez-nous une
autre structure qui répond aux besoins des élèves.
M. Cloutier : ...je respecte votre
réponse. Alors, je vais passer à une autre question.
Concernant les...
Vous avez parlé, tout à l'heure... vous avez fait référence à des
orthophonistes, à des psychoéducateurs,
vous avez dit : Ce serait le fun, des fois... nous, on est conscients
qu'il y a un besoin particulier dans nos écoles puis on aimerait ça avoir cette marge de manoeuvre. Mais je ne me
trompe pas en disant que, dans la loi actuelle, ça ne va strictement
rien changer. Je veux dire, demain matin, vous n'aurez pas une nouvelle
enveloppe pour gérer davantage en fonction des besoins dans chacune des écoles.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Non, non, un instant, là. Avec le comité de répartition des
ressources, là, ça va être différent. Je
veux dire, tantôt, quand je vous parlais d'organisation, présentement la
structure est tellement rigide
qu'elle ne permet pas de t'organiser différemment dans les milieux. Donc, je
vous ai donné des exemples tantôt au niveau,
là, des psychologues puis des orthophonistes. Il faut que tu regardes tes
façons de faire, il faut que tu sois capable d'être novateur, puis, le
réseau, là, il y a plein de gens qui sont capables de faire ça.
Donc, ce que
je vous dirais, c'est que je sais qu'au Lac-Saint-Jean, par exemple, quand même
je vous donnerais 3 millions demain matin, ce n'est pas facile
d'avoir des professionnels, comme madame à Sept-Îles, il en manque, de
professionnels dans le réseau, là, pas nécessairement parce qu'il n'y a pas de
sous, mais le fait qu'on va permettre... le
fait qu'on va savoir où est-ce que sont les sommes d'argent puis qu'on va
pouvoir collectivement décider où est-ce qu'on les met, bien il y a des endroits qui vont pouvoir avoir plus de
psychologues, par exemple. Parce que présentement le réseau ne te le permet pas. Par exemple, tu as un élève qui a un trouble spécifique
d'apprentissage, à certains endroits ça vaut une heure d'enseignante-ressource.
Bien, il y en a, des enfants qui ont une difficulté, là, en lecture, qui n'en
ont pas besoin, d'aide, mais il y en
a d'autres, là, qui en ont besoin de trois, quatre, cinq. Mais, moi, si j'ai
reçu de la commission scolaire une heure pour Lorraine, il faut que je
le mette dans le plan d'intervention puis il faut que je donne l'heure.
Cloutier : Bien, j'espère... je suis assez convaincu que, si Lorraine
a besoin d'aide d'un professionnel puis que la commission scolaire l'a identifié... j'imagine que c'est parce
qu'il y avait eu un rapport d'expert, la personne avait reçu une cote,
puis il devait y avoir un service qui était offert. Je veux dire, je ne pense
pas que ce soit la commission scolaire qui s'est improvisée en disant :
Lorraine va avoir...
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Pas du tout, parce que c'est nous qui fournissons les documents
à la commission scolaire. Mais ce que je suis en train de vous dire, c'est que
Lorraine, là, ce n'est peut-être pas, dans son école, une heure... Parce qu'il
y a une autre problématique, c'est au niveau de l'identification des élèves qui
ont des difficultés. Ça aussi, ce n'est pas
dans le projet de loi, là, mais c'est une difficulté. Ce qu'on est en train de
dire, c'est que le fait que les
écoles... qu'il y a les directions qui vont être au comité de répartition des
ressources, où il va y avoir aussi des gens de la commission scolaire, hein, les gens
des ressources éducatives, les gens qui sont au niveau de l'EHDAA, on va pouvoir collectivement décider de la façon, au
lieu que ce soit un tableau qui décide que ça, ça donne une heure. C'est
ça qui manque dans le réseau, c'est la latitude d'organisation.
Cloutier : J'aimerais ça vous dire que la latitude va être complète à
l'intérieur de chacun des établissements, mais je pense que la réalité, elle est plus complexe que ça. D'abord,
chaque établissement, j'imagine, souhaiterait avoir davantage de
ressources, entre autres pour les programmes... pour les problèmes de langage,
qui m'apparaissent être démesurés par
rapport à l'offre de services. Il y a quand même des préoccupations qui ont été
soulevées, depuis le début des
travaux, quant à la capacité, justement, de dialogue entre les directions
d'établissement pour s'assurer qu'il va y avoir une répartition juste et
équitable. J'imagine que vous avez aussi réfléchi à ça. Est-ce que ça, ça vous
inquiète ou au contraire vous dites : Puisque nous, on se connaît entre
nous, on va être davantage capables de dialoguer? Je ne sais pas, je vous
invite à...
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : C'est assez pathétique de penser ça des
directions d'école. À chaque jour, nous autres, on travaille dans les
écoles, on travaille avec les enfants, les parents, les membres du personnel.
Si, comme direction d'école, quand X rentre
dans mon bureau puis il me demande... comme par exemple un enseignant me
dit : Est-ce que je pourrais avoir
telle chose?, oui, toi, je vais te l'acheter; ah! toi, tu as les yeux bruns, ce
matin, toi, je ne te l'achète pas...
Le directeur d'école travaille d'une façon équitable jour après jour dans son
école. À la commission scolaire, lorsqu'on est ensemble, les gens
travaillent d'une façon équitable. Et ces gens-là, quand ils vont être au
comité de l'allocation des ressources, ça va
être des gens qui vont être là pour la communauté de la commission scolaire et
non pas pour leur école, parce qu'aujourd'hui je suis dans cette école-là,
puis demain je serai peut-être dans l'autre école.
M. Cloutier :
Donc, pour vous, ce n'est pas une source de préoccupation qui est réelle.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : Non. Et tantôt la question que vous m'avez
demandée, là, au niveau, là, des psychologues, là, je vais vous donner
un exemple. On parle de données probantes, hein? Il y a un programme présentement dans certaines commissions scolaires,
on appelle ça L'alphabet des mots, c'est pour faire de la prévention au préscolaire en lecture. Il y a des endroits,
là, que c'est appliqué mur à mur, il y a des enfants qui reçoivent de
l'aide d'un orthopédagogue professionnel en maternelle pour avoir le programme
L'alphabet des mots et ils n'en ont pas besoin. Parce que c'est du mur-à-mur, c'est tout le monde, tout le préscolaire
de la commission scolaire qui va avoir L'alphabet des mots. Bien, ça, là, ça le dit, les données
probantes, tu es en train de brimer des enfants qui n'en ont pas besoin, de
L'alphabet des mots. C'en est un, exemple,
ça. Au lieu de donner de L'alphabet des mots à tout le monde dans des écoles
qui n'en ont pas de besoin, va donner le double de L'alphabet des mots
dans une autre école.
M. Cloutier :
Alors, poursuivons sur votre exemple. Avec le projet de loi actuel, comment
auriez-vous pu différemment choisir, justement, d'appliquer ce programme?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : Parce que quand tu es en table de gestion puis
que le groupe décide que, L'alphabet
des mots, on veut l'avoir mais pas partout, quand tu vas arriver au conseil...
au comité de répartition des ressources,
lui, ensuite, va faire des recommandations, il va y avoir des directions
d'école au comité de répartition des ressources
puis il va y en avoir au conseil scolaire, tu as plus de chances que la
décision représente les besoins du milieu, tandis que, là...
Cloutier : Par votre participation au conseil scolaire puis par votre
participation au partage des ressources.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : Ce qui n'est pas le cas présentement, parce que
présentement, au comité consultatif
de gestion, il y en a, il y a des exemples, il y en a qui ont dit non à
L'alphabet des mots, je n'en ai pas de besoin;
non, tout le monde va l'avoir. La même chose au niveau des enveloppes de l'aide
aux devoirs. Il y a des
endroits, il y a des commissions scolaires, ils ont regardé école par
école : En as-tu besoin? Oui? O.K. Tu n'en as pas de besoin?
L'autre à côté, il en a plus de besoin? Il y a d'autres endroits, on en a donné
à tout le monde. C'est ça qu'on parle, de pratiques efficaces puis efficientes.
Cloutier : Il reste combien de temps? Six minutes? Très bien. Je vais
ensuite céder la parole à ma collègue.
Vous faites référence
aux pratiques, justement, efficientes, tout à l'heure vous avez parlé de
l'importance de gérer vous-mêmes des
enveloppes, mais je ne vois pas, dans le projet de loi actuel, de réelle marge
de manoeuvre de gérer des sommes
supplémentaires pour donner une souplesse aux directeurs d'établissement, si ce
n'est de cette participation au comité du conseil, du partage de
ressources.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) : On parle d'une décentralisation, là, de marge de
manoeuvre. On ne dit pas le montant,
si c'est ça, puis on ne dit pas de quel, là, pourcentage, là, mais on a une
volonté de décentraliser vers les écoles. Mais vous avez raison, on ne
dit pas combien puis à quel pourcentage.
Cloutier : Au-delà du combien, on ne sait pas non plus quelle
enveloppe puis de quoi on parle exactement.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Bien, nous autres, une question qu'on a posée : Est-ce que c'est
un pourcentage des enveloppes dédiées?
Est-ce que c'est un pourcentage de l'enveloppe globale? Parce que, dans le
fond, la marge de manoeuvre qu'on parlait tantôt au niveau de la réussite
éducative, il ne faut pas que ce soit seulement un pourcentage, par exemple, de l'aide aux devoirs ou un pourcentage de tes
enveloppes dédiées qui arrive, là, il faut qu'il y ait une vraie marge
de manoeuvre.
M. Cloutier :
Peut-être juste une dernière question, là. Sur l'évaluation des directions,
vous avez émis quelques réserves par rapport au projet de loi actuel.
Pouvez-vous peut-être nous éclairer davantage?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Oui. C'est parce que, dans le projet de loi, on dit «l'évaluation
de la direction», puis, l'évaluation de la
direction, son supérieur immédiat, c'est le directeur général, mais on ne
précise pas si c'est dans le cadre de ses fonctions au conseil d'établissement.
Parce que ce qu'on se dit, c'est que ça va être difficile pour un parent d'évaluer un directeur d'école au
jour le jour dans l'école quand il est en relation de supérieur
immédiat, par exemple, avec du personnel, de
venir l'évaluer. Donc, c'est pour ça qu'on a demandé, dans notre mémoire,
est-ce que c'était dans le cadre de ses fonctions. S'il y a des
problématiques dans le cadre de ses fonctions au conseil d'établissement, est-ce qu'on peut y aller par règles de régie
interne? Est-ce que le conseil d'établissement peut se donner des régies
internes pour être capable de régler certaines problématiques qui pourraient
avoir lieu?
Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Alors, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, il vous reste quatre
minutes.
Mme Léger :
Merci. Vous en avez beaucoup à dire. Bonjour, mesdames. Bonjour, monsieur.
Particulièrement sur la latitude. Je vois
que vous insistez beaucoup à participer à plus de décisions et qu'il y ait plus
de décisions aussi au niveau de l'école, au niveau de la direction
particulièrement.
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
...c'est au niveau de l'école.
Mme Léger : Je ne suis pas
certaine que le projet de loi n° 86 vient répondre à tout ce que vous
dites, là, aujourd'hui, parce qu'il y a
beaucoup d'éléments que vous apportez, et il y a quelques éléments, oui, qui
peuvent se corriger par le projet de loi, mais on n'a pas encore assez
élaboré par rapport à la réussite scolaire et le projet de loi. Ça, on pourra
en reparler.
Mais quelles sont les décisions que l'école
devrait avoir qu'elle n'a pas actuellement et que les commissions scolaires...
les décisions qui doivent être reliées vraiment aux commissions scolaires?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : La commission scolaire, elle devrait être en service. L'école
devrait être capable... Parce que le
principe de subsidiarité, là, on n'en parle pas beaucoup, là, mais c'est le
directeur général, je pense, hein,
qui va avoir le rôle et les responsabilités de s'assurer que le principe est
respecté. On sait que, si l'école est capable
de prendre la décision, elle va être capable de le faire. Donc, un exemple, au
niveau de la reddition de comptes, quand
tu t'assois avec ton équipe-école puis tu analyses les résultats des élèves,
bien les experts en pédagogie, là, c'est les enseignants, on est capables, avec notre équipe-école, de savoir quels
moyens on va mettre en place pour faire réussir les élèves. Ce n'est pas normal qu'à certains endroits
on te dise quels moyens utiliser puis qu'on te le dicte. Pourquoi qu'à
certains endroits tu peux le faire?
Mme Léger :
Mais ce que je veux savoir... C'est que, là, le système actuel est là, en
place, parce que vous avez des relations
avec les commissions scolaires, chacun a ses décisions à prendre. Qu'est-ce qui
actuellement ne fonctionne pas à votre
goût pour dire que le projet de loi n° 86 va venir répondre à ça puis que
vous ne pouvez pas, dans le contexte actuel, l'améliorer, selon la structure qui est là actuellement? Qu'est-ce qui
fait qu'il faut absolument un projet de loi n° 86 pour que vous dites : Bien là, c'est avec ça que je
vais être capable de régler les choses que je n'ai pas pu régler? Parce que,
là, on s'entend qu'une commission
scolaire... vous l'avez quand même dit, qu'une commission scolaire, elle a des
décisions qu'elle doit prendre puis par
rapport à l'équité, par rapport à la répartition des ressources, par rapport à
beaucoup d'éléments qui appartiennent à un niveau qui n'est pas le niveau
d'une école. Il ne faut pas donner aux écoles des responsabilités qu'elles n'ont pas à avoir, alors, je pense qu'on
s'entend sur ça. Mais maintenant, actuellement, comment vous voyez que vous n'êtes pas... Vous dites que vous n'avez pas
ce qu'il faut au niveau des décisions, qu'il faut absolument un projet de loi n° 86 parce que le système actuel ne
le permet pas, puis vous avez parlé tout à l'heure aussi de gestion
collaboratrice comme s'il n'y en avait pas, comme si elle serait mise à mal
actuellement.
Normand-Charbonneau (Lorraine) : Vous venez de dire quelque chose, là. L'allocation des
ressources, quand vous dites : C'est la
commission scolaire qui est responsable de l'allocation des ressources, là,
bien la commission scolaire, c'est les directions d'école aussi — ça,
on dirait qu'on a tendance à l'oublier — c'est les écoles, c'est les enseignants, c'est les directions d'école. Donc,
quand toi, tu es à la commission scolaire et que la commission scolaire reçoit des sommes d'argent, bien, il faut que tu
le dises à tes gens, quelles sommes d'argent que tu as reçues puis
pourquoi. Si toi, tu es dans un petit
milieu, tu es dans une petite école, puis que le ministère donne trois profs de
plus pour t'aider, mais que moi, je ne l'ai pas, les trois profs de
plus, il y a une problématique.
Donc,
le fait que la direction est au comité de répartition des ressources, tu vois,
c'est plate à dire, là, mais ça assure une présence où est-ce qu'on va
parler de l'allocation des ressources et ça t'assure que ce qui a été décidé là
arrive au conseil scolaire en haut.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. On va passer du côté du
deuxième groupe de l'opposition, et je cède la parole à M. le député de
Chambly pour une période de 11 minutes.
M. Roberge : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Merci pour votre présentation. J'apprécie que vous ayez un regard,
je pense, très objectif sur le projet de loi en y voyant des points forts comme
des points faibles.
Qu'est-ce que
vous diriez d'un réseau d'écoles, au Québec, autonome, autonome pas à
100 %, regroupé au sein d'instances
régionales, on peut les appeler des commissions scolaires ou des centres de
services, des écoles autonomes dirigées
par des directions d'école — une direction d'école, ça dirige — avec des conseils d'établissement qui ont
quelque chose à dire, des conseils d'établissement où on prend des décisions,
où des profs, des parents, des membres de la communauté
y vont puis ils savent qu'ils vont décider, qu'ils vont décider des choses, ils
vont avoir le droit de vote, des écoles
où la direction d'école, quand elle a besoin d'aide, parce qu'elle a besoin
d'un support administratif, elle a besoin de support juridique, elle a besoin d'aide pour gérer les trajets
d'autobus, peut se retourner vers une organisation régionale, appelons-la commission scolaire, des écoles où le
budget, c'est une enveloppe, une grosse enveloppe, pas brune mais une seule, que l'équipe-école utilise et rend des
comptes sur les résultats, une obligation de résultat plutôt qu'une
obligation de moyens, avec un budget
pluriannuel, donc pas d'obligation vite, vite, vite de flamber l'argent à
partir du mois de mai parce que, si
on ne dépense pas l'argent, on ne l'a pas l'année prochaine, avec un budget de
deux, trois ans, et puis avoir le droit d'avoir de la vision, avoir le droit de dire : Cette année, on ne
dépense pas tout notre argent, on a un projet dans trois ans, on refait le parc-école, ça va coûter
80 000 $, donc on ne va pas le demander à quelqu'un, non, non, on
reçoit l'argent puis chaque année on
met de l'argent de côté parce qu'on sait que dans trois ans c'est ça qu'on
fait? Qu'est-ce que vous pensez d'un modèle comme ce que je viens de
vous suggérer?
Normand-Charbonneau (Lorraine) : C'est le paradis. Mais ça existe un peu, le paradis,
présentement, il y a des commissions scolaires... Et même au niveau primaire,
je pense c'est la commission scolaire Harricana que, imaginez, là, les écoles primaires, quand les sommes d'argent arrivent,
ils s'assoient ensemble puis ils regardent quels services on va se payer collectivement, ensuite on décentralise même les
salaires des écoles primaires. Puis on parle de petites écoles, là, on parle en Abitibi, là. Ça existe à certains
endroits, ça, où on va donner... Parce que ça, ça existe dans les centres de formation professionnelle ou générale
adulte, on va décentraliser la masse salariale et considérant ton...
Puis même au secondaire il y a certains
endroits, moi, je l'ai déjà vécu, on décentralise la masse salariale. Je
m'assois avec mon équipe-école, puis
là on regarde combien de profs, combien de jeunes... La convention me
dit : Tu en mets tant dans la classe.
Vous me dites qu'on a des grands besoins au niveau de l'orthopédagogie.
Êtes-vous prêts à ce qu'on mette un, deux élèves? Mettons que la
moyenne, c'est 25, est-ce que vous êtes prêts qu'on s'approche du maximum, mais
que ça, ça va me libérer des sommes d'argent
pour embaucher un orthopédagogue de plus? Il y a des endroits que ça
fonctionne comme ça, et ce que ça fait,
c'est que, pendant l'année, les enseignants ne peuvent pas arriver puis
dire : Ah! moi, je n'ai pas d'aide.
Bien non. Ensemble, collectivement, on l'a décidé, on s'est dégagé une marge de
manoeuvre à cause de l'organisation que vous avez acceptée, que vous
m'avez demandée. Mais ça existe, ça, dans les écoles secondaires.
M. Roberge : On a combien d'écoles
secondaires au Québec, excusez-moi? On est-u autour de 700, 800?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Ça doit être pas loin de là, oui.
Roberge : Est-ce qu'on peut se dire que c'est largement minoritaire,
le système que vous venez de décrire au secondaire, et que ça s'applique peut-être à certaines... à des centres
de formation professionnelle davantage? Pourquoi on aurait ça dans des centres de formation
professionnelle puis qu'on ne l'aurait pas le reste du réseau? Alors, est-ce
qu'il y a une bonne raison? Alors, on va vous entendre avec grand plaisir,
monsieur.
M. Bélanger (Francis) : Bien, c'est
une question de confiance. Puis je vais vous donner un exemple. La commission scolaire de la Capitale, dont je fais
partie, au secondaire on s'est décentralisés pour les services
professionnels et de soutien. On a
l'enveloppe. L'argent de ces personnes-là, on l'a tout dans notre budget-école.
Les enseignants, ça représente
2 millions, exemple, pour mon école, 2,5 millions. On dirait que,
parce que c'est un plus gros chiffre, ça ne peut pas descendre dans nos milieux. Autrement dit, le 2,5 millions,
c'est une grande masse salariale. Puis 80 % des revenus qu'on a dans nos écoles, c'est le salaire, ce
n'est pas compliqué. Les marges de manoeuvre, c'est du salaire, ce n'est
pas compliqué. Donc, si tu n'as pas ce
2,5 millions dans ton école, puis si... On est financés au salaire moyen,
mais on sait très bien qu'on a une
jeune enseignante qui arrive dans le milieu, elle ne le gagne pas, le salaire
moyen, elle gagne 30 000 $, donc on fait un petit profit, une
économie. Puis cette économie-là, quand elle n'est pas dans notre école, elle
est à la commission scolaire, et on n'a pas
accès à cette économie-là, elle est à la commission scolaire. Donc, comme
direction d'école, moi, ce que je
revendique, c'est d'avoir la masse salariale dans mon école pour avoir les
marges de manoeuvre, avec mon équipe,
pour prendre les meilleures décisions. Donc, quand on dit : Moi, je sais
que j'ai des jeunes enseignants, ça arrive
cette année, j'ai des jeunes enseignants, parfait, on va s'engager un
orthopédagogue de plus, parce qu'on a des jeunes enseignants, pour répondre à des besoins bien
particuliers. Mais ça, il faut l'avoir, cette marge de manoeuvre là, puis
ça, c'est des règles... Puis moi, je suis
chanceux, à la commission scolaire de la Capitale, on en a un, comité CRR où on
a des directions d'école, il y a des parents, même il y a des élus qui sont là,
et on discute des répartitions, et ça va très bien.
Donc, le projet de loi, je pense qu'ils se sont
inspirés de 14 commissions scolaires, ils ont fait une tournée de 14 commissions scolaires et ils se sont
inspirés de ça parce qu'il y a des bonnes pratiques. Donc, moi, je vois... Le
modèle que vous avez parlé, c'est sûr que
c'est un modèle super idéal, puis il existe, puis il est hybride. Il y a des
commissions scolaires comme Harricana, en
Abitibi, ils sont complètement décentralisés. Chez nous, bien, le secondaire,
on est plus ou moins décentralisés; la FP, c'est totalement; le
primaire, c'est complètement centralisé. Mais, quand tu es dans une école primaire
puis tu n'as pas de salaires, imaginez, tu gères un budget de
70 000 $, à peu près, dans une école primaire de... À part acheter du papier, puis photocopieurs, puis un
«in-and-out», comme on dit, pour les cahiers d'exercices qu'on vend aux... il n'y en a pas, de marge de
manoeuvre. Donc, si tu décentralises la masse salariale, 2 millions,
bien dites-vous que, là, il y en a, une
marge de manoeuvre, puis il y a des choix qui peuvent... Puis ça, c'est un
exemple, là.
Puis ça,
bien, le CRR, c'est plate à dire, mais il faut l'imposer, qu'il apparaisse dans
une commission scolaire pour faire ces discussions-là. C'est plate, mais
ça s'est instauré dans des... Pourquoi ça s'est instauré dans une commission scolaire puis pas dans une autre? Bien, j'ai ma
petite idée, là. Tu sais, il y a des gens, il y a des directions générales
qui ont été des enseignants, qui ont été à
des directions d'école, qui sont des directions générales. Donc, aujourd'hui,
dans nos commissions scolaires, vous
pourriez peut-être valider à savoir une direction générale qui est issue du
milieu de l'éducation, qui a été enseignant, qui a été à la direction,
qui est là, est-ce que ça crée des meilleures pratiques? Peut-être que oui
aussi. Donc...
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Par contre, il y a des endroits, comme par exemple en Gaspésie ou, par
exemple, le Nord-Est du Québec,
quand vous êtes à Blanc-Sablon, il
faut qu'il y ait... Puis le CRR,
c'est que ça va faire, c'est de
s'assurer que les petites écoles, par
exemple, vont avoir de l'aide. Ce
n'est pas vrai que c'est juste le politique qui est capable de faire ça. Le comité de répartition des ressources,
c'est ça qu'il va faire, là, il va regarder les ressources puis comment on se les partage. C'est ce qu'on
fait en table de gestion, puis ça se fait dans des commissions scolaires, donc... Mais ça,
c'est le paradis.
Roberge : Je précise une
chose : C'est bien évident que pour des petites écoles, dans certains
milieux, on ne peut pas faire un bête
financement à la tête de pipe et avoir des écoles autonomes, c'est-à-dire à 100 %, là, chaque
école est totalement indépendante puis il
n'y a pas de structure régionale, je n'ai jamais pensé ça. Mais le fait que
vous nous disiez que ça peut se faire
en Abitibi, alors que, quand j'ai fait des discussions comme ça avec des gens
des villes, on m'a souvent dit : Oui, peut-être ça se pourrait en
ville mais pas en campagne, parce qu'il y a des petites écoles, vous me confirmez qu'il peut y avoir une plus grande
décentralisation, que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain. Moi,
j'ai une inquiétude, j'ai une inquiétude,
c'est qu'avec le fameux comité de répartition des ressources les directions
d'école soient encore plus qu'aujourd'hui obligées
de sortir de leurs écoles pour gérer leurs écoles. Ma question, c'est :
Avec le projet de loi n° 86 tel qu'il est, sur une semaine de cinq
jours, vous vous attendez à ce que la direction soit ailleurs qu'à l'école
combien de jours par semaine?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Présentement, la direction d'école, là, elle fait
partie de certains comités, comité des finances, comité des
ressources éducatives, elle va même le soir parce qu'il y a des comités
politiques. Les personnes qui vont être sur
le comité de répartition des ressources se concentreront sur le comité de
répartition des ressources.
Présentement, il y en a, des directions d'école qui siègent à différents
comités. Donc, au lieu d'être éparpillé ou de... d'être éparpillé dans plusieurs comités, tu te consacres à ton
CRR, ton comité de répartition des ressources. Et de toute façon il y a des endroits où ça fonctionne. Je ne pense pas
que dans les commissions scolaires qui l'ont, le comité de répartition des ressources... Il y a
même... je pense, c'est la commission
scolaire des Bleuets qui l'a, le
comité de répartition de ses ressources; je n'ai jamais entendu parler
qu'on disait que la direction n'était pas dans l'école puis que c'était
monstrueux, là.
Donc, ça existe déjà, ces pratiques-là, dans
certaines commissions scolaires. Donc, il faudra que les gens qui décideront
d'aller au CRR fassent des choix, vous avez raison.
Roberge : Une dernière chose
qui ne figure pas à aucun endroit, dont je vous ai parlé, vous m'avez dit
que c'était l'école de rêve : L'idée
d'avoir des budgets pluriannuels, est-ce
que c'est une demande que vous
faites, ne pas être obligé à chaque fin d'année de vider les enveloppes
puis d'acheter un peu n'importe quoi de peur de ne pas avoir cet argent-là l'an
prochain?
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Si on commençait à les avoir annuellement, ce serait déjà un bon début, là.
M. Roberge : Vous demandez bien peu.
Un peu d'ambition!
Mme Normand-Charbonneau (Lorraine) :
Mais vous avez raison parce qu'en formation professionnelle ils ont ce
problème-là, parce qu'en formation professionnelle tu as tes sous sur la
sanction. Ils ont des problèmes, en formation
professionnelle. Il y a quelque chose à regarder, là, au niveau de l'allocation
des budgets, là, mais ils ont une problématique, vous avez raison.
M. Roberge : Vous
seriez favorables, mais vous ne croyez pas au père Noël.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
C'est terminé, M. le député. Merci beaucoup, M. le député de Chambly. Alors, M. Bélanger,
Mme Normand-Charbonneau et Mme Madore, merci d'être là.
Alors, je
suspends les travaux jusqu'à 15 heures, cet après-midi. Vous pouvez
laisser vos documents dans la salle, la salle sera verrouillée.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, bon après-midi à tous. À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques, s'il vous plaît.
Nous
poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 86, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue de
rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des
parents au sein de l'instance décisionnelle de la commission scolaire.
Nous
entendrons cet après-midi les organismes suivants : l'Association des
directeurs et directrices d'établissement du Suroît — merci
d'être là — le
Regroupement des Associations PANDA du Québec et l'Association montréalaise
des directions d'établissement scolaire.
Alors, je
vous souhaite la bienvenue. Vous avez 10 minutes pour faire votre exposé,
et par la suite on va passer à la période
d'échange entre les élus. Alors, je vous demanderais juste de vous présenter
ainsi que votre titre, pour les fins de l'enregistrement, et par la
suite vous pouvez commencer votre présentation tout de suite. Alors, la parole
est à vous.
M. Drouin (Jean-François) :
Jean-François Drouin, je suis président de l'Association des directeurs et
directrices d'établissement du Suroît. Je suis accompagné de Mme Annie
McSween, vice-présidente de l'association, et de M. Michel Girard,
conseiller aux relations de travail.
Mme la
Présidente, M. le ministre, MM. et Mmes les députés, merci de nous recevoir en
commission parlementaire au sujet de
la loi n° 86. Cette loi nous tient à coeur parce que ça fait plusieurs
années qu'on réclame des décentralisations, et on va pouvoir en discuter
au cours de ma présentation.
Avant,
l'association des directeurs et directrices d'école du Suroît, ça regroupe
83 directions d'établissement dans deux commissions scolaires
différentes, donc commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands, région de
Salaberry-de-Valleyfield, Beauharnois et Huntingdon, et la commission scolaire
des Trois-Lacs, la région de Vaudreuil-Dorion, Soulanges, Île-Perrot et Pincourt. On fait également
partie du
regroupement de la fédération des directions d'établissement du Québec, la FQDE, qui compose
2 200 directions d'école, qui ont fait la présentation cet avant-midi
au niveau de la commission
parlementaire. Au niveau de notre fonction, au niveau associatif, on est là
pour nos membres, pour assurer des formations, formation continue,
s'assurer avec les commissions scolaires qu'on reçoive bien les formations dans
le but, nécessairement, d'augmenter notre qualité au niveau des services aux
élèves, toujours dans le but d'augmenter la réussite de nos élèves.
Au niveau des
enjeux, ça fait plusieurs années qu'on réclame plus de décentralisation vers
les écoles, plusieurs années qu'on réclame plus de pouvoir vers les
écoles pour qu'on puisse prendre des actions et déterminer les moyens nécessaires, toujours dans le but de faire réussir
les élèves. Donc, ces pouvoirs décentralisés là ont presque vu le jour
en 1998, 1997, avec la naissance de la loi
n° 80, mais les commissions scolaires ont retenu les pouvoirs vers les
instances, et ça n'a pas nécessairement
descendu vers la base. Et la loi, elle a été modifiée au cours des années.
Donc, c'est pour ça que, je pense, aujourd'hui, le dépôt de la loi, on
voit de l'espoir pour pouvoir récupérer certains pouvoirs.
Nécessairement,
la décentralisation, on veut avoir aussi une décentralisation financière. Donc,
ce n'est pas juste une déconcentration,
on souhaite qu'il y ait des sommes d'argent qui soient redonnées aux écoles
pour qu'on puisse vraiment prendre les actions nécessaires, toujours
dans le but de la réussite.
Le présent
projet de loi a modifié quelque peu les missions, mission des écoles, mission
de la commission scolaire. Donc, au
niveau de la mission des écoles, on est toujours au niveau d'instruire,
socialiser et qualifier. On ajoute le volet persévérance, on ajoute le volet réussite du plan de réussite du plus
grand nombre, donc c'est tout à fait louable. Et ça doit passer par le projet éducatif, le projet éducatif
qui est fait avec l'équipe-école. Et l'équipe-école détermine les moyens
qu'on doit mettre en place dans chacune des
écoles pour pouvoir assurer la réussite des élèves, et c'est ces moyens-là que
l'on veut pouvoir mettre en place. Donc, on
a besoin de décentralisation au niveau des services, au niveau des services
pédagogiques, pour pouvoir mener à bien notre mission.
Ce qui est
pendant à ça, c'est la mission de la commission scolaire, qui est modifiée
quand même passablement, où est-ce
qu'on a le principe de subsidiarité qui détermine que l'école, maintenant,
pourra prendre les décisions nécessaires à la réussite. Donc, ce
principe-là est très important, parce qu'on ne parle pas... on parle d'équité
et non d'égalité, dans ce principe-là, et
chaque école, de façon équitable, peut déterminer les moyens nécessaires à
mettre en place, et ce n'est pas nécessairement égal mur à mur dans
toutes les écoles, donc chacune des écoles peut être différente.
À ça, bien il y a dans le projet de loi un guide relatif aux pratiques de gestion décentralisée qui va nous
aider, aux commissions scolaires, à bien appliquer le principe de subsidiarité. Il y a plusieurs
commissions scolaires qui fonctionnent déjà de façon
décentralisée, il s'agit d'aller vérifier leurs façons de faire, ça fonctionne
bien. Et le projet de loi nous obligera, finalement, à camper dans
chacune des commissions scolaires ce principe-là. Et, étant donné que les
recherches le disent, plus que les décisions sont prises à la base, meilleure
sera la réussite.
Au niveau
du conseil scolaire qui est modifié, donc le conseil scolaire, maintenant, serait formé de parents, de membres
de la communauté et de membres du personnel, donc, ce sont des
gens qui sont près du milieu, ce sont des gens qui sont près des élèves et
qui connaissent bien, au niveau professionnel, ce qu'il faut faire pour pouvoir
améliorer la réussite des élèves. On
souhaiterait qu'il y ait une modification par
rapport au projet de loi actuel, donc, présentement, six parents, six membres de la communauté
et quatre membres du personnel. Comme directions d'établissement, on souhaiterait avoir deux membres du personnel de
plus, soit trois directions d'établissement : un pour représenter
le primaire, un pour représenter le
secondaire et un pour représenter les centres et la formation professionnelle.
Étant donné que nous avons, dans ces
trois sphères-là, des réalités complètement différentes, il faut que ces
personnes-là puissent être là pour en parler,
pour en témoigner. Par la suite, au niveau des enseignants, donc, un poste pour
les enseignants, un poste pour les professionnels.
Et on a oublié un corps d'emploi très important dans nos écoles, c'est le
personnel de soutien. Sans eux, la réussite des élèves est mise en jeu,
est mise ne péril. C'est un personnel important, et je pense qu'ils ont leur
place au conseil scolaire. Avec ce
regroupement-là, on se retrouve avec une équipe qui travaille près de l'élève
et qui n'est plus à des... je vais
dire des années-lumière, mais donc qui n'est plus loin des élèves. Donc, près
des élèves, les décisions devraient se prendre pour les élèves.
Un nouveau
comité a vu le jour dans le projet de loi, et on le salue, c'est le comité de
répartition des ressources. Nous
avons des collègues dans la province qui nous disent que ça existe chez eux et
que ça fonctionne très bien, on souhaite ça pour chez nous également, donc comité composé majoritairement de
directions d'établissement. Et qui de mieux qu'une direction
d'établissement, avec son équipe-école, pour déterminer quelles sont les
ressources nécessaires pour faire en sorte
que les élèves aient une meilleure réussite? Avec les moyens que les
équipes-écoles, via le projet éducatif, auront déterminés, ce comité de répartition des ressources pourra les répartir,
ces ressources-là, de façon équitable et non de façon égale, ce qui permettrait, dans une même
commission scolaire, à avoir des écoles différentes qui recevaient des
ressources différentes, mais on s'assurerait qu'il y aurait l'équitabilité des
chances pour tous.
Le comité
consultatif de gestion est remplacé par un comité conjoint de gestion. Ce
comité-là, habituellement, était consulté au niveau des règlements de la
commission scolaire, au niveau des politiques. Maintenant, on demande aux
directions d'établissement et aux directions de services de faire part... de
fabriquer, de rédiger les politiques et les règlements, donc, ce qui est un pas
dans la bonne direction, étant donné qu'on pourra influencer et ne pas juste
être consultés. Et je vous dirais que,
depuis plusieurs années, ce comité-là se traduit bien souvent par un comité
informatif de gestion où est-ce qu'on n'était seulement qu'informés et la
consultation n'était pas toujours présente.
Au niveau du conseil d'établissement, donc, qui
nous touche un peu plus parce qu'on est tous des directions d'école, donc, au niveau du conseil
d'établissement, au niveau de la loi, on a changé le mot «approuver» à
plusieurs endroits pour le mot
«adopter»; le mot «approuver», c'est de donner son accord, on le sait. Le mot
«adopter», on peut modifier séance
tenante un document, un projet, des informations, des structures par rapport à
l'école. Je vois un bémol, nous voyons un
bémol par rapport à ça. Si on regarde l'article 19, dans la loi, qui parle
d'autonomie professionnelle des enseignants, et lorsqu'on dit au conseil d'établissement que vous devez adopter les cahiers
d'exercices, que vous devez adopter les outils pédagogiques, que vous devez adopter les sorties éducatives, bien on
enlève complètement l'autonomie professionnelle des enseignants. Donc, si, dans la loi ,
l'article 19 est important, bien il faut remettre le mot «approuver» à
tout ce qui a aspect au niveau pédagogique et de laisser le personnel
enseignant déterminer des moyens pour favoriser la réussite des élèves.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
En terminant, M. Drouin.
M. Drouin (Jean-François) : Oui. En
terminant, on souhaite... Au niveau de la conclusion, on est d'accord avec le projet de loi, on est
favorables à ce projet de loi là et on espère que maintenant les décisions
seront prises près de l'élève pour favoriser leur réussite. Donc, c'est,
finalement, notre conclusion. Donc, merci de votre attention.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci à vous. Alors, on va passer à la période d'échange. On va passer
du côté du gouvernement, et je cède la parole à M. le ministre pour
environ 15 minutes.
M. Proulx
: Merci, Mme la Présidente.
Madame messieurs, très heureux d'avoir l'occasion de vous entendre. Merci pour votre
présentation, merci également pour votre mémoire.
Ce matin,
nous entendions la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, et dans leur mémoire il
était indiqué qu'il y avait un sondage qui avait été fait, 74 % des gens, si ma mémoire est bonne,
disaient ne pas avoir suffisamment de
latitude pour faire leur travail. Vous représentez des directeurs
d'établissement. Qu'est-ce que ça veut dire, manquer de latitude? Quel
est... les exemples ou la façon dont vous pourriez nous exprimer ce que veut
dire ce manque de latitude là pour les directeurs d'établissement?
M. Drouin (Jean-François) : Je vais vous donner des exemples. Un exemple qui
me vient en tête au niveau des écoles
secondaires, bon, bien souvent on va donner un montant d'argent ou
d'enseignants à une école, on va dire : Bon, toi, école
secondaire X, tu as 70 enseignants pour l'année en cours. Le
directeur d'école est capable de manoeuvrer avec
son équipe-école pour peut-être diminuer ça à 68 — je vous donne des exemples concrets — mais ce qui arrive, chez nous, c'est que les deux...
les enseignants qui sont comme libérés, bien la commission scolaire les
récupère. Donc, on n'a pas les moyens de pouvoir être autonomes même
jusqu'à ce point-là.
Donc,
quand on réclame de l'autonomie, c'est qu'on réclame les règles budgétaires
dans nos écoles pour qu'on puisse,
après, déterminer avec notre équipe-école ce qu'on veut faire avec. Donc, des
fois, on peut remodeler la façon de faire.
Et ce n'est pas vrai que, dans une école secondaire dans un village, ça va être
la même chose qu'on aura besoin que dans
une autre école qui est peut-être dans un milieu urbain. Donc, c'est une façon...
Pour nous, c'est de récupérer ces... de récupérer. On ne l'a pas eu.
Puis on sait que dans certaines commissions
scolaires ça fonctionne très bien,
puis ils peuvent se dégager des marges de manoeuvre à même les règles budgétaires.
M. Proulx :
J'ai posé un peu la même question ce matin : Est-ce que dans
l'organisation puis la gouvernance actuelles il y a pour vous des obstacles qui
favorisent la persévérance et la réussite?
M. Drouin (Jean-François) : On n'est pas
partie prenante des décisions et des
politiques tout
le temps. Donc, lorsqu'on
détermine avec une équipe-école des moyens qu'on juge importants pour pouvoir
faire la réussite, bien on n'a pas les outils financiers, bien souvent,
pour pouvoir appliquer ces moyens-là. Donc, l'obstacle est au niveau des
finances, l'argent n'arrive pas dans les écoles de façon importante. Donc,
l'obstacle, il est là. Puis l'équipe-école sont quand même capables et assez professionnels
pour savoir ce qui est le mieux pour leur type d'élève, qu'on a devant nous.
Donc, je pense que c'est important, là, cette décentralisation-là, que chaque
équipe puisse déterminer des moyens.
M. Proulx :
Alors, qu'est-ce qui est dans le modèle proposé qui vous apparaît plus propice
à la persévérance puis la réussite?
M. Drouin (Jean-François) : Le comité de répartition des ressources
m'apparaît un levier important pour pouvoir arriver à ces fins. Donc, le comité est composé de directions
d'établissement qui... Puis une direction d'établissement, lorsqu'on travaille en comité, sachez qu'on ne
travaille pas pour notre école mais qu'on travaille vraiment pour
l'ensemble de la commission scolaire. On le
fait depuis quand même plusieurs années, on est capables de s'élever au-dessus
de nos écoles. Et ce comité-là aura une vision globale de la commission
scolaire pour pouvoir envoyer les ressources au bon endroit, et ce n'est pas nécessairement, je répète, de façon égale mais de façon
équitable, pour s'assurer que dans chacune des régions de nos commissions
scolaires tout le monde ait accès à la réussite.
M. Proulx : Ce
matin, la Fédération québécoise des directions d'établissement nous disait que
des ressources financières devaient suivre.
On a parlé du projet de loi, on a dit : Il y a effectivement un article, l'article 120, qui dit qu'on pourrait diriger des
ressources vers les établissements.
J'ai
posé la question à la personne qui était là avant vous. D'abord,
j'imagine que vous voyez ça également
d'un bon oeil, c'est ce que je comprends,
mais êtes-vous en mesure de nous donner des exemples d'enveloppes ou de sommes qui devraient,
selon vous, se retrouver dans les établissements pour favoriser une meilleure gouvernance, oui,
mais également la réussite puis la persévérance?
M. Drouin (Jean-François) : Au début de la loi n° 180, écoutez, je n'ai
pas l'année, mais le ministre Pagé avait ce qu'on appelait le plan Pagé, pour ceux que ça peut réveiller des
souvenirs, et c'était une enveloppe qui était dédiée à la réussite des élèves.
Ce qu'on faisait avec cette enveloppe-là, dans nos écoles, on s'assoyait avec
notre équipe-école et on déterminait ce qu'on voulait faire. Dans certaines
écoles, c'était l'aide aux devoirs. Dans d'autres écoles, c'était l'activité
physique. Dans d'autres écoles, c'était de l'orthopédagogie supplémentaire. Donc, chacun y allait de sa façon. Et ça a été dénaturé par le
temps, puis là on est devenus avec de l'aide aux devoirs mur à mur.
Mais
je pense que c'est ce genre d'enveloppe là non précise
mais de façon... dédiée à la réussite des élèves. Puis laissez les
écoles faire, vous allez voir, on va avoir des beaux succès.
M. Proulx :
Vous avez dit tout à l'heure que... J'ai compris que, chez vous, il n'y avait pas de comité de répartition des ressources, il n'y a pas de
modèle, bien entendu, là, actuel, là, d'une version de ce qu'est le comité.
M. Drouin (Jean-François) :
Il n'y a pas de comité de répartition des ressources.
M. Proulx :
Donc, il y a effectivement des commissions
scolaires qui ont une façon de
travailler plus décentralisée que la vôtre.
M. Drouin (Jean-François) : Effectivement. Puis, je vous dirais, là on est dans le mode
coupures, ces temps-ci, donc là on
essaie de répartir les coupures au lieu de répartir des ressources, donc c'est
plus compliqué. Puis on est rendus qu'on
touche aux élèves, et ça, ça nous fait mal au coeur, les directions d'école, et
ça crée des déchirements. Quand on n'est plus capables de couper dans les structures administratives puis qu'on coupe dans les services
aux élèves, nous, ça nous blesse profondément. Donc, on a hâte que le
gouvernement réinjecte des sous pour qu'on puisse faire notre mission
correctement.
M. Proulx :
J'ai noté également plusieurs... Vous avez émis des réserves dans les
changements proposés, vous avez également
des réserves en ce qui a trait au conseil d'établissement. Pourriez-vous nous
expliquer un petit peu plus en détail ou donner des exemples concrets de
ce qui vous inquiète par rapport à ça?
Drouin (Jean-François) : Bien, écoutez, un exemple précis, le conseil
d'établissement adopte les sorties éducatives,
donc une enseignante, avec le programme qu'elle a, décide d'aller sur un site,
dans notre région on a un site amérindien
pour les troisième année, le site Droulers, donc ça va exactement avec le
programme qu'on a à enseigner, bien, ça
se peut que, dans le conseil d'établissement, on décide que ce n'est pas ce
site qu'on veut aller visiter mais plutôt une pièce de théâtre à
Montréal. Je ne pense pas que ce soit au conseil d'établissement de dicter aux
professionnels qui sont les enseignants quelles sorties devront-ils faire ou ne
pas faire.
C'est
sûr qu'il y a un coût, il y a un montant d'argent. Ça, on peut parler d'adopter
les montants ou les coûts qui sont reliés
aux sorties, mais, la qualité de la sortie, je pense qu'il faut laisser ça aux
professionnels de l'enseignement, donc leur laisser cette autonomie
professionnelle là. Donc, ils devront approuver.
C'est
un exemple, il peut y avoir un exemple au niveau du code de vie. L'équipe-école
s'assoit et détermine un code de vie
précis, on ne voudrait pas se faire dire comment faire les sanctions auprès des
élèves par des parents. Les parents peuvent
nous donner des suggestions, mais je pense qu'au niveau professionnel, au
niveau pédagogique, les meilleures personnes pour pouvoir prendre ces
décisions-là, c'est l'équipe-école.
M. Proulx :
On a parlé un peu ce matin également — puis on en a parlé avec
d'autres également — des
mécanismes qui pourraient assurer un suivi
sur les résultats, la reddition de comptes. Vous avez parlé vous-mêmes,
de mémoire, dans votre mémoire, sans me
répéter, de la reddition de comptes. Est-ce que vous pouvez me parler des
réalités que vous vivez? Et comment vous pouvez entrevoir, là, la suite des
choses si on devait aller de l'avant avec ça?
M. Drouin
(Jean-François) : On a plusieurs redditions de comptes. Présentement,
on a reddition de comptes pour le projet
éducatif, reddition de comptes pour le plan de réussite, reddition de comptes
pour le plan de lutte contre la violence,
reddition de comptes sur la convention de gestion, donc ça fait beaucoup de
comptes à rendre vers la fin de l'année pour une direction d'école. On
doit consulter le personnel, consulter les enseignants, beaucoup de travail est
à faire.
Donc,
si on est capables de réduire dans un seul document ces redditions de comptes
là, ça va nous enlever du travail
puis ça va être plus bénéfique. Et nécessairement on va rendre des comptes sur
la réussite de nos élèves, et c'est ça qui
est primordial, et l'année d'ensuite on change nos moyens pour pouvoir
améliorer notre façon de faire. Donc, diminuez la reddition de comptes,
parce qu'on s'y perd un peu puis on est un peu embourbés dans les papiers.
M. Proulx :
On a un peu parlé ce matin... je disais qu'on a rencontré un président d'un
comité de parents qui nous disait, il
y a quelques jours, il y a deux jours, même, un directeur d'école lui
disait : Si je pouvais avoir une enveloppe libre pour pouvoir
travailler auprès d'un enfant en particulier... Moi, j'aimerais ça vous
entendre. Vous êtes directeur d'établissement,
vous en voyez, des enfants avec des difficultés, et vous savez quel genre de
ressources vous avez, les enveloppes,
les programmes, et tout ça. Pourriez-vous
nous donner... nous illustrer des exemples de ce que vous pourriez faire si vous aviez la capacité financière d'avoir
un plan particulier pour quelqu'un, là, ou pour un enfant en particulier que je pourrais appeler Sébastien, pour être capable de nous illustrer ce
que c'est, de la créativité, ou ce que c'est, une initiative qui est locale, qui n'a pas été pensée par un programme
au ministère, ou dans une commission scolaire, ou même dans une autre instance régionale? Vous voulez une application locale pour quelqu'un
qui a une difficulté et que vous pensez être en mesure de l'aider.
M. Drouin (Jean-François) :
Je vais laisser Mme McSween répondre à cette question.
Mme McSween
(Annie) : Alors, je prends comme exemple les écoles où on travaille en
communauté d'apprentissage, on travaille avec le programme Réponse à
l'intervention. Donc, quand les petits nous arrivent à la maternelle, on les
évalue, on se donne des indicateurs, des cibles à atteindre, et on les évalue
régulièrement, et on se rencontre ensemble,
et on parle de ces élèves-là, qu'est-ce qu'on peut faire pour les aider. Et on
se réunit avec les professionnels,
tout le monde, et on doit dégager des sous pour libérer nos enseignants pendant
cette période-là justement pour être efficaces, parce qu'à
4 heures, après la journée, on n'est pas efficaces.
Donc,
ça pourrait être une enveloppe dédiée à l'intervention précoce auprès des
élèves. Ça fait plusieurs écoles de notre
secteur qui travaillent comme ça, on suit les élèves et on voit un bel impact
sur l'apprentissage. Donc, on cible les élèves à risque dès le départ, et ces enveloppes-là servent à ces
élèves-là... bon, si on les avait, parce que, là, on ne les a pas.
Alors, voilà. Donc, on ne voudrait pas être obligés de mettre de côté des
programmes particuliers qui sont prouvés efficaces
et qu'on voit vraiment des résultats et sur les élèves sur lesquels on doit
investir, parce qu'il y a des élèves qui n'en ont pas besoin, de services, du tout, mais on doit investir sur les
élèves avec des besoins, donc ça, c'est important, et d'investir
rapidement et tôt. Voilà.
M. Proulx :
Une dernière question. Vous parlez, à la fin de votre mémoire, à la page 8...
avis sur la prestation de travail de
la direction de l'établissement aux fins de son évaluation annuelle. Il y en a
plusieurs qui ont parlé de ça, mes collègues également ont posé des questions
là-dessus. Expliquez-moi où est votre malaise, là.
M. Drouin (Jean-François) : Oui, je n'ai pas eu le temps d'en parler tantôt,
bon, donc merci de me le ramener.
M. Proulx :
Je voulais, oui, vous en donner l'occasion, bien sûr.
M. Drouin
(Jean-François) : Bien,
écoutez, le malaise est le suivant. Une direction d'établissement,
présentement, notre patron, c'est la direction générale. Elle nous évalue de
façon annuelle, ça fonctionne très bien présentement. Donc, on ne voit pas de quelle façon dans notre
quotidien un conseil d'établissement composé de parents et de personnel de l'école pourrait évaluer la prestation de
travail quotidienne. Il pourrait y avoir conflit d'intérêts, à un moment
donné, avec certains types de personnel qui sont en difficulté, que la
direction d'école doit intervenir auprès d'eux.
Maintenant,
si vous voulez évaluer la prestation de travail de la direction d'école lors
des séances des conseils d'établissement,
nous n'avons pas de problème avec cela, donc il n'y a pas de difficulté à ce
qu'on soit évalués. Est-ce qu'on
donne nos documents à temps? Est-ce que nos documents sont clairs? Est-ce que
les informations qu'on transmet sont
claires, précises? Donc, ça, se faire évaluer sur ça, on n'en voit pas, de
difficulté, mais, sur notre prestation quotidienne, je pense que c'est
le travail de la direction générale.
M. Proulx : Merci de votre
témoignage.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Alors, on va passer du côté
de l'opposition officielle. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, vous
disposez de neuf minutes.
Mme Léger : Oui, merci. Mon
collègue va en prendre aussi, là. Bonjour, madame. Bonjour, messieurs. Vous
êtes membres de la fédération qui sont venus précédemment, avant vous. Vous
avez la même approche, on voit qu'il y a
quand même un certain consensus, mais vous avez tenu quand même à venir vous
exprimer parce qu'il y a quand même des
éléments, comme particulièrement celui de pas de mur-à-mur, que les décisions
soient plus à proximité locale, bon, on le sent, vous vous êtes exprimés
là-dessus.
Comment
voyez-vous... Comment se fait-il que certaines commissions scolaires, dans le
fond, réussissent, dans le fond, par
rapport aux règles budgétaires plus particulièrement, réussissent quand même à
avoir, dans le fond, une certaine autonomie,
et certaines autres non? Vous l'avez exprimé en disant que vous, vous voyez
dans le projet de loi des avantages à ce niveau-là, mais pourquoi
actuellement ce n'est pas possible de le faire?
M. Drouin
(Jean-François) : Écoutez,
je vais parler des collègues que j'ai au travers de la province, parce
qu'on est quand même une fédération. Sans
vouloir rien enlever à nos directions générales, bien c'est arrivé dans des
commissions scolaires où est-ce que la
commission scolaire était ultradécentralisée, la direction générale prend sa
retraite, une nouvelle direction
générale arrive et elle centralise le tout. Donc, le pouvoir que la direction générale a est énorme, à ce sujet-là,
et elle peut, au gré du vent, recentraliser
les choses, et là les écoles de ces commissions
scolaires là ont perdu toute l'autonomie qu'elles avaient avant.
Donc, il y a
une volonté, je dirais, politique, dans certaines commissions scolaires, de
décentraliser. Et décentraliser, c'est beaucoup d'ouvrage. Ça implique
qu'il y ait des comités, ça implique qu'il y ait plus de consultations. Quand on fonctionne de façon centralisée, c'est beaucoup
plus simple, parce qu'on prend des décisions, puis il n'y a pas beaucoup
de monde qui les prennent, les décisions, c'est simplement applicable.
Mme Léger :
Mais là vous ne pensez pas que... Maintenant, les directions vont être nommées
par le ministre, alors comment vous
voyez... Est-ce que ça va s'améliorer, vous pensez, si c'est une nomination qui
vient, quand même, du ministre?
M. Drouin (Jean-François) : Par
contre, le projet de loi est très encadré, on parle... Il y aura des comités de
répartition des ressources, il y a quand
même le comité conjoint de gestion, il y a le conseil scolaire qui est composé
du personnel, de parents et des membres de la communauté. Je pense qu'avec tous
ces gens-là qui gravitent autour de la commission
scolaire on va plus encadrer. Et, avec le guide de bonne gestion que le
ministère devra nous fournir, je suis persuadé qu'on va y arriver.
Mme Léger : Vous avez espoir
que ça va être mieux parce que c'est nommé par le ministre, c'est ce que je
comprends.
M. Drouin
(Jean-François) : Je parle
des structures avec lesquelles je vais travailler. Et, si les structures
sont là, la loi campe vraiment ce que les gens peuvent faire, ne peuvent pas
faire, le reste va suivre, et ça va bien aller.
Mme Léger : Vous êtes plus
confiant que nous autres.
Avant de
laisser mon collègue aussi, qui est le porte-parole de l'éducation, comment
voyez-vous que les décisions... Parce
que, là, il y a des décisions qui se prennent au niveau d'une commission
scolaire et que l'école prend aussi à un certain niveau. Comment voyez-vous que le projet de loi va être... que vous allez
avoir davantage de décisions qui vont se prendre à l'école? Et quelles
sont-elles qui, pour vous, sont essentielles, ces types de décision là, que
vous voyez dans le projet de loi n° 86, qui va améliorer la situation?
M. Drouin
(Jean-François) : Toute
décision qu'il y a relative au niveau pédagogique va venir des écoles. Si
les écoles ont besoin d'aide, elles vont
réclamer les services à la commission scolaire. Présentement, ce qui arrive,
c'est que la commission scolaire
décide de comment tes élèves, dans votre école, vont réussir. Et je pense
qu'avec l'équipe-école, le projet
éducatif qui est le levier de ce qui se passe dans nos écoles au niveau de la
réussite, donc, on va partir de la base, on va demander au palier intermédiaire qui est la commission scolaire de
l'aide, des services pour pouvoir nous aider à faire réussir nos élèves en identifiant comme il faut
nos moyens. Et le moyen dans l'école, comme je disais tantôt, de village
et l'école du centre-ville d'une grosse
ville, les moyens seront complètement différents parce que la réalité sociale
et économique est différente, donc on ne peut pas
aller de mur à mur. Et je pense que les gens de la base sont les mieux placés
pour pouvoir identifier les moyens. La commission scolaire devra se plier et
nous aider à ces moyens-là.
Léger : Et quel type de services qui sont actuellement aux
commissions scolaires que vous trouvez essentiel qu'ils demeurent aux
commissions scolaires? Je termine avec ça pour...
M. Drouin (Jean-François) : Bien, écoutez, je ne suis pas très intéressé à
gérer la gestion des bâtiments, la gestion lourde. Mon toit coule, bon,
écoutez, la commission scolaire, vous avez un service des ressources
matérielles, venez m'aider à réparer mon toit.
contre, au niveau pédagogique, je pense qu'on est capables, avec toute
l'expertise qu'il y a dans une école, de déterminer les bons moyens. Mais la gestion lourde des bâtiments, faire
les chèques de paie, écoutez, c'est de la poutine qui peut être faite
facilement dans un palier intermédiaire.
Mme Léger :
Tout en s'assurant que, la pédagogie, il y a un bout qui appartient vraiment
aux enseignants, on s'entend.
M. Drouin (Jean-François) : Ça, c'est clair. Je parle toujours
d'équipe-école, et ce n'est pas la direction d'école seule qui va
déterminer de la pédagogie.
Mme Léger :
O.K. Merci.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : M. le député de Lac-Saint-Jean. Il vous reste trois
minutes.
Cloutier : Merci, Mme la Présidente. En quoi le projet de loi actuel
donne plus de pouvoir de pédagogie aux directeurs d'établissement... aux
directions d'établissement, pardon?
M. Drouin (Jean-François) : Bien, je recommence avec le nerf de la guerre,
qui est la répartition des ressources. Une fois qu'on va avoir des ressources
dans nos écoles, bien on va pouvoir imaginer une pédago