CAT — 13 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-11-13
Quebec — Committees
Alors, voulez-vous qu'on fasse une lecture du
texte de l'article 15 avec les modifications?
Le Président (M. Auger) : S'il vous
plaît.
M. Moreau : Alors, 15, avec
les modifications, se lirait dorénavant ainsi :
«Le régime
doit prévoir que tout engagement supplémentaire résultant d'une modification au
régime doit être payé en entier dès le
jour qui suit la date de l'évaluation actuarielle établissant la valeur de cet
engagement. Cette valeur correspond à la plus élevée entre celle
calculée selon l'approche de solvabilité et celle calculée selon l'approche de
capitalisation. Les excédents d'actif du régime peuvent être imputés au
paiement de cet engagement.
«L'excédent
d'actif représente, à l'égard du service postérieur au 31 décembre 2013, la
différence entre l'actif du régime et
la somme de son passif et du montant correspondant à la valeur que doit
l'actif du régime et la somme de son passif et de la provision pour
écarts défavorables. La valeur actualisée des cotisations d'équilibre relatives
aux déficits prévus au troisième alinéa de l'article 8 ou au quatrième alinéa
de l'article 12 doit être incluse dans la valeur de l'actif.
«Le montant
comptabilisé dans la réserve en application du premier alinéa de l'article 10
n'est pas pris en compte dans [le] calcul de l'excédent d'actif prévu au
deuxième alinéa.»
Président (M. Auger) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions
concernant cet amendement? M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Moi, j'aimerais ça, pour pas qu'on... parce que je trouvais que l'article 14,
quand on avait procédé, c'était... je
trouvais ça un petit peu mélangeant, on passait d'un alinéa à l'autre. On
peut-u y aller juste... surtout pour le 15 puis le 16. C'est 16, tu sais, je vous parlais, j'avais confondu, là. Le 16,
il va être quelque chose aussi. Ça fait que, si on va bien
tranquillement, là...
M. Moreau : Alinéa par
alinéa.
Therrien : Oui,
j'aimerais mieux ça.
Président (M. Auger) : ...commencer par traiter de l'amendement et
après ça, à l'article 15, alinéa par alinéa, ça ne me dérange pas.
Therrien : O.K., ça
me... O.K.
Le Président (M. Auger) : Mais on
doit traiter de l'amendement en premier, par contre.
Therrien : Bien, moi, j'irais amendement par... pardon,
alinéa tel que modifié.
Moreau : Oui, c'est-à-dire qu'on peut voter l'amendement, puis je pense que, techniquement, il n'y a pas de problème, puis après ça on peut y aller alinéa par
alinéa tel que modifiés. Je vous suggère ça, je pense que ça va être la
façon la plus facile de suivre.
Le Président (M.
Auger) : O.K. Est-ce que, M. le député de Blainville, vous aviez
quelque chose à ajouter?
Président (M. Auger) : Donc, si je vous suis bien, on procéderait à la
mise aux voix de l'amendement comme première étape.
M. Moreau :
Qui est plutôt technique, là.
Président (M. Auger) : Qui est plutôt technique, ça va. Donc, je vais
mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Therrien : Ah! O.K., donc, on vote?
Le Président (M.
Auger) : Ah! juste un instant. Excusez-moi, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Parce que j'aurais des questions sur l'amendement, par contre, là.
Le Président (M.
Auger) : Ah! bien, on va... Là, on va avoir des interventions sur
l'amendement.
Therrien :
Bien, je suis désolé. Oui, bien là... Dans les...
Therrien : Oui, bien là c'est ça, c'est de la concordance,
mais, par rapport à la solvabilité puis à la capitalisation, c'est des
questions techniques.
M. Moreau :
L'approche de solvabilité puis l'approche de capitalisation?
Therrien : Oui. Oui, c'est ça, parce que vous avez rajouté
l'approche de solvabilité. Moi, je veux juste qu'on m'explique bien, là,
parce qu'habituellement, je ne sais pas si je fais erreur, là, mais,
habituellement, le principe de solvabilité est plus sévère que le principe de
capitalisation dans le calcul, habituellement.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a un consentement pour que M. Jean puisse
intervenir?
M. Moreau :
Oui, il a une carte faveur, mais, juste avant que M. Jean n'intervienne,
l'objectif, pour garder l'objectif plus
large, l'objectif de dire : Alors là, on dit : Il y a une
amélioration au régime... On veut s'assurer que cette amélioration-là soit payée comptant, et donc que
l'amélioration ne constitue pas une charge ou amène le régime en mauvaise
situation. Donc, on dit : On le paie comptant.
paie quoi? Là, on veut établir la valeur. L'objectif de l'amendement, c'est de
s'assurer que la valeur attribuée à l'amélioration
soit la plus élevée des deux techniques, soit celle de solvabilité, soit celle
de l'approche de capitalisation. Pour
le détail de l'approche de solvabilité et celle de l'approche de
capitalisation, là, je vais laisser M. Jean vous l'expliquer.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : Oui, M. le Président. Il est vrai que, si vous parlez
de la santé de l'ensemble du régime, là, la capitalisation est moins exigeante que la solvabilité. Mais, bizarrement,
il peut arriver, dans un régime financé sur base de capitalisation,
qu'une amélioration coûte plus cher en solvabilité, moins cher en
capitalisation ou l'inverse.
Jean (Denys) : Oui, aussi
bizarre que ça peut être possible. Ça dépend, bien entendu, du type d'amélioration et des effets de l'amélioration sur les hypothèses, les perspectives de coût du régime dans le
temps. L'exemple le plus facile que
je peux vous donner, c'est une modification aux départs anticipés à la retraite. Mettons que
vous dites : On change nos
départs anticipés à la retraite, alors là, on dit, par exemple : Au lieu d'être 55, c'est 56 ans. Si vous êtes sur base de capitalisation, l'actuaire va faire des hypothèses :
Combien de personnes partiront à l'âge de la retraite à... Combien de
personnes opteront pour cette amélioration? Il va faire des hypothèses puis il
va arriver avec un coût x, y, z.
En matière de solvabilité, comme c'est une photo... Alors, la photo, là, c'est qu'il
va faire l'hypothèse que tout
le monde part en
même temps à l'âge prévu au régime.
Comprenez-vous? Les hypothèses sont moins variables, là, parce qu'en
capitalisation tu fais des hypothèses sur tes comportements de population,
alors qu'en solvabilité tu prends une photo, l'objectif étant de dire : Si, demain matin, je ferme le régime,
est-ce que j'ai tout l'argent nécessaire en actifs pour payer les
engagements que le régime a pris? C'est ça, l'objectif de la solvabilité.
Therrien : Ça, j'ai
compris ça.
M. Jean (Denys) : Donc, il peut
arriver qu'il y ait des modifications au régime qui soient plus coûteuses en capitalisation, moins coûteuses, plus coûteuses en
solvabilité. Ça dépend du type de modifications, m'a-t-on
expliqué. J'ai demandé qu'on me
développe des exemples simples de différences, puis je vous avoue franchement
qu'une fois que les exemples sont
arrivés ils avaient le caractère d'exemples, mais ils n'avaient pas le
caractère simple. Alors, oui, on va tâcher
de vous travailler quelque chose d'accessible pour tout le monde pour qu'on
puisse comprendre, parce qu'il y a des notions d'actuariat là-dedans, là.
Therrien : On peut-u en avoir un, exemple? Même si c'est
compliqué, on peut-u essayer juste de se débrouiller avec un exemple ou
on peut-u en recevoir un?
M. Jean (Denys) : On peut vous
produire, peut-être pour la reprise des travaux, M. le ministre...
M. Moreau : À 15 heures.
M. Jean (Denys) : ...à 15 heures, on
peut vous produire une espèce... un exemple...
M. Jean
(Denys) : ...chiffré qu'on
pourrait peut-être vous... qui pourrait nous permettre de mieux
comprendre la mécanique.
M. Moreau : Ce qui fait que, dans certains cas, bien qu'on
puisse penser que ça amène une valeur moindre, ça va amener une valeur supérieure.
M. Jean
(Denys) : Et, si ma mémoire est fidèle, la loi
actuelle a les mêmes exigences, si ma mémoire est... mais plus que mémoire, c'est confirmé par les gens en arrière. La loi actuelle a déjà ce même
principe de dire : Si vous améliorez votre régime, vous devez faire
établir sa valeur selon la plus élevée des deux approches.
Therrien : Donc, moi, ça m'a accroché l'oeil, parce que
je pensais que, systématiquement... Moi, tu sais, je ne suis pas actuaire,
puis c'est là que ça paraît, là. Moi, je pensais que...
M. Moreau : C'est votre
déformation d'économiste.
Therrien : Oui,
mais on est loin de l'économie, là...
Therrien : ...dans ce cas-là, je vais vous dire, là. Ça fait
que, tu sais, l'approche de solvabilité, j'ai toujours pensé que ça donnait des situations inférieures à quand
tu parles de capitalisation, là. Ça fait que c'est sûr que ça va m'intéresser d'avoir des documents qui vont me
permettre de mieux saisir ça. Alors donc, évidemment, c'est pour l'introduction de cette mesure-là, là, de l'approche de solvabilité dans l'amendement. Le but, c'est d'avoir une meilleure évaluation des coûts du
changement apporté au régime puis de...
M. Moreau : La valeur la plus conservatrice pour s'assurer
qu'on ait le coût le plus probable de l'amélioration.
Therrien : O.K., c'est
ça. Donc, pour ne pas mettre le régime en péril, là.
Therrien : O.K.
Donc, autrement dit, on va prendre la situation, corrigez-moi si je me trompe,
la moins favorable pour s'assurer... pour être conservateur, là. C'est ça,
l'idée, là. O.K. L'approche conservatrice.
M. Moreau : La moins favorable à l'égard de l'évaluation, c'est-à-dire qui risque d'amener l'évaluation la plus élevée de
l'amélioration apportée au régime.
Therrien : O.K.
Bon. Donc, O.K., cet amendement-là, ça va. Je m'excuse, là, je...
Therrien : Oui,
oui, allez-y, c'est...
Le Président (M. Auger) : Juste un
instant, monsieur... j'avais M. le député de Blainville.
Therrien : Ah! bien
oui, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Oui, bien, c'est
parce que, bon, dans le deuxième... dans votre...
M. Moreau : Juste avant, M.
le député de Blainville, s'il me le permet, M. le Président...
M. Laframboise : Oui, oui.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
ministre.
M. Moreau : M. Jean m'indique qu'on aurait une
information additionnelle à ajouter, là, sur la ligne de question du
député de Sanguinet.
Le Président (M. Auger) :
M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Ça peut peut-être...
La loi actuelle dit : Si vous améliorez votre régime, admettons que vous
modifiez votre régime, et si vous êtes
capitalisé à moins de 90 %, vous devez appliquer cette règle, là, du coût
le plus élevé entre la solvabilité
puis la capitalisation. La différence ici, c'est qu'on ne met plus de référence à un taux de capitalisation,
on applique la méthode conservatrice de
financement des améliorations, peu importe le niveau de capitalisation du
régime.
Une voix : Ça, c'est
l'article 132.
Le Président (M. Auger) : Ça vous
va? M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Le deuxième alinéa des amendements, là, votre
point 2°, là, qui fait la concordance... Puis vous nous dites : Bon, bien, c'est pour
permettre un rétablissement plus rapide, une indexation selon le cas, là. C'est
un peu, là, on fait de la
concordance, là. C'est ce que vous nous dites. Je voudrais qu'on prenne un
exemple, là... Exemple, les policiers
de Montréal, là. Parce que, dans le fond, l'article 15, c'est pour
dire : S'il y a des engagements supplémentaires, bien, voici, avant de faire des engagements
supplémentaires, il faut être capable de les financer. C'est un peu ça,
l'article 15, avec...
M. Moreau : S'il y a des
améliorations au régime, il faut être capable de...
Laframboise : Il faut être capable puis tout en permettant, peut-être,
une indexation plus rapide. Donc, si on prend le cas des policiers de
Montréal, là, qui, eux, vont se faire... en tout cas, l'indexation va être...
ils ne seront pas pleinement capitalisés,
donc l'indexation va être... elle ne sera pas retenue, là, comment cet
article 15 peut s'appliquer, là, aux policiers, là, avant qu'ils
puissent être capables... puis une indexation?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Allez-y,
M. Jean. Comment est-ce que ça va nous affecter?
Le Président (M. Auger) :
M. Jean.
M. Jean (Denys) :
Bien, M. le Président, le deuxième alinéa n'a pas nécessairement de référence
avec la question de l'indexation.
Laframboise : Non, ce que je veux dire, c'est parce que l'article...
avant qu'il se donne, là... Moi, c'est pour ça que je veux prendre les policiers, parce qu'ils sont... vous savez,
ils ont une capitalisation peut-être meilleure que d'autres, là. Mais, avant qu'ils soient capables de prévoir
des engagements supplémentaires, là, d'une modification au régime, là, qu'est-ce qu'il va falloir qu'ils fassent, là? Il
va falloir qu'ils atteignent... selon notre
article 15 qu'on va adopter
aujourd'hui avec les amendements, là, qu'est-ce qu'il va falloir...
Le Président (M. Auger) : M. Jean.
M. Jean (Denys) : M. le
Président, c'est à 16 où on va établir l'ordre dans lequel les usages des
surplus pourront servir, vous
comprenez? Donc, à 16, vous allez voir, à un moment donné, on parle
d'amélioration du régime, il y a un ordre,
là, les retraités, l'indexation, ensuite il y a un ordre, on descend un ordre
puis, hein, on identifie les améliorations au régime.
Laframboise : Mais, à 15, on leur dit : Vous ne pouvez pas faire
d'amélioration, là. C'est ça...
Jean (Denys) : C'est-à-dire qu'à 15 ce qu'on leur dit, M. le député :
Si vous faites des améliorations, la valeur des améliorations devrait être établie comme ça. Après ça, vous devrez
le financer, c'est marqué d'ailleurs : «...payé en entier dès le jour qui suit la date de
l'évaluation actuarielle...» Ce paiement-là peut prendre la forme d'une
modification de cotisation, peut
prendre la forme aussi d'usage de surplus, mais l'usage de surplus, pas tant
que d'autres priorités ne sont pas réglées.
M. Moreau :
C'est la troisième priorité à l'article 16.
M. Jean
(Denys) : C'est en ce sens-là qu'il faut voir les choses. Ça vous va?
Laframboise : C'est juste ça. Oui, ça me va. O.K.
Le Président (M.
Auger) : Merci. D'autres interventions? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Bien, question de comprendre avant qu'on arrive à
l'alinéa 2°...
M. Moreau :
...s'il était modifié.
M. Leclair :
Tel que modifié, oui.
Leclair : Exact. Ça fait que, là, vous avez l'amendement, là,
vous avez bien expliqué, là, côté engagement. Alors, je mets ça un peu plus pratique, la négociation est en train de
se passer, on négocie des nouveaux avantages, puis c'est à partir de là que cet article-là, il rentre
en compte. Là, on dit : Bon, bien, ça, ça va nous coûter x centaines de
milliers de dollars ou de millions,
«whatever», on part de là, puis là on dit que ces sommes-là doivent être payées
en entier le jour de la date d'évaluation actuarielle, donc qui...
M. Leclair :
Exact. Puis cette évaluation actuarielle là, elle a-tu un délai de temps?
Moreau : Les intervalles des évaluations actuarielles, c'est à
tous les trois ans. La logistique est de trois ans.
M. Leclair :
O.K. Donc, après, je vous apporte à la dernière ligne de cet alinéa-là.
Moreau : Alors, je pense... Voilà. O.K. Alors, les évaluations
actuarielles pour établir la situation du régime se font habituellement aux trois ans, mais, si les parties disent :
Nous, on est dans une situation où on pense qu'on va passer le test puis on veut avoir une amélioration au
régime, ils peuvent faire une évaluation actuarielle qui établit la valeur de
cet engagement à l'intérieur du cycle
de trois ans puis, là, dire :
Bon, la valeur... Mais ils doivent la payer comptant à partir du moment
où cette valeur-là est établie par l'évaluation actuarielle.
Leclair : O.K. Je trouve
ça juste spécial. C'est peut-être de la manière que ça fonctionne depuis toujours,
je n'étais juste pas au courant.
Mais, lorsqu'on fait une négociation, on est... j'imagine, les actuaires, des deux
côtés de la table, évaluent : Bon, bien, ça, ça devrait coûter à
peu près x, y. À partir de là, pour avoir les coûts réels qu'on... Si ça fonctionne de même, on dit : Bon, on va
attendre trois ans, de voir quelles sommes on a à mettre dedans pour couvrir ce
qu'on vient de négocier pour les prochains
trois, quatre ans ou, en tout cas, la durée de la convention collective. Alors, quand
on dit «ils peuvent», j'avais dans la tête qu'ils doivent beaucoup plus qu'ils
peuvent, parce qu'on vient de négocier, on doit mettre des sommes. Si on
attend dans trois ans pour savoir la somme exacte...
Moreau : Non, ce n'est pas ça. C'est-à-dire que cet article-là
introduit une nouvelle disposition par rapport à la loi générale. La loi
générale disait — je
pense, c'est le député de Rousseau, là, qui le soulignait, je pense, c'est l'article 138 — que, quand vous aviez une capitalisation
inférieure à 90 % dans la loi actuelle, vous avez l'obligation d'avoir
une évaluation actuarielle pour faire une amélioration au régime.
Lorsqu'on dit :
Pour faire une amélioration, exemple, un congé additionnel...
M. Leclair :
Mais je vous arrête juste, là, M. le ministre, parce que je vais peut-être
l'oublier. Là, vous me dites : Si on est en deçà du 90 %...
M. Moreau :
Dans la loi.
M. Leclair : Actuelle.
M. Moreau : Pas dans la loi
n° 3.
M. Leclair : Actuelle.
M. Moreau : Dans la loi
actuelle RCR, oui.
M. Leclair : Puis, si on est
en haut, on n'a pas besoin de la faire?
M. Moreau :
Non. Là, ce qu'on dit maintenant, on dit : À chaque fois que vous allez
faire une amélioration au régime, vous
allez en établir la valeur à partir d'une évaluation actuarielle. Et la valeur...
pour être sûrs que... puis parce qu'on
exige que ce soit payé comptant pour ne pas créer un déficit. Alors donc, on
dit : Voici la valeur selon l'évaluation actuarielle, et la valeur dont on parle, ça va être la plus élevée entre
celle qui est calculée selon l'une ou l'autre des approches, solvabilité
ou capitalisation.
Donc, on
s'assure... Donc, c'est une mesure extrêmement conservatrice qui dit :
Oui, vous pouvez l'améliorer, votre
régime. Si vous l'améliorez, vous devez le payer comptant. Quel est le montant
que vous devez payer, ça, ça va être établi spécifiquement sur une
évaluation actuarielle liée à la valeur de l'amélioration.
M. Leclair : C'est peut-être
juste dans trois ans.
M. Moreau :
Non, ils peuvent le faire en dedans... entre... C'est ce que je venais de vous
répondre, là, c'est-à-dire...
M. Leclair : Exact, sauf que
c'est là qu'est mon inquiétude un peu. Tu sais, on dit qu'on veut s'assurer de
la pérennité des régimes. On négocie quelque chose entre vous et moi, on dit
que ça a une valeur x, y, que, d'après nos actuaires
alentour de la table, ça nous coûtera à peu près 300 000 $, puis on
dit : Bon, bien, on... Puis là, ici, on leur exige... on dit : Vous allez le payer comptant ou
immédiatement, le but, c'est ça, sauf qu'on dit : Bien, seulement
lorsqu'on calculera, dans deux ou trois ans, si...
M. Moreau : Non, non, non.
Ils peuvent le... Mettons...
M. Leclair : Bien, exact, ils
peuvent, mais ils ne sont pas obligés.
M. Moreau :
C'est-à-dire, ils pourraient décider de se donner une amélioration à
l'intérieur de deux évaluations actuarielles
de trois ans s'ils le faisaient... ils devraient faire ça, c'est-à-dire ils
devraient... La seule façon d'établir la valeur de l'amélioration, c'est par une évaluation actuarielle. Et cette
évaluation actuarielle là, elle doit tenir compte qu'elle établit la valeur de l'amélioration au moment où on la
décide. Et, au moment où on la décide, elle doit établir la valeur sur la
base... c'est-à-dire au montant le plus élevé que lui donnera l'approche de
solvabilité et l'approche de capitalisation.
M. Leclair :
O.K. Bien, en tout cas, il y a un petit bout, je pense, qu'on ne se comprend
pas. Je comprends bien ce que vous
m'expliquez. C'est juste à partir du bout où est-ce qu'on négocie, on dit que
ça nous coûte à peu près tant, ça va
nous prendre une étude actuarielle pour vraiment définir le montant jusqu'aux
sous, là, en dernière ligne, sauf qu'on dit : Mais vous pouvez engager tout de suite une étude actuarielle
pour savoir combien ça vous coûte, puis, en plus, le nouveau projet de loi, l'article 15 vous dit qu'il
faut que vous le payiez comptant. Je n'ai pas de problème avec ce bout-là,
mais on peut dire : Si on est entre
deux études actuarielles, on va attendre deux ans avant d'avoir le montant
total. C'est ce petit bout-là que...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Alors, regardez, vous avez une évaluation actuarielle sur le régime à tous les
trois ans, par cycle de trois ans,
O.K.? Entre les deux... c'est là où vous êtes, vous, alors, vous êtes entre les
deux, puis là vous dites : On s'assoit pour x raisons puis on dit : On voudrait avoir une amélioration au
régime qui entre en vigueur là, si on s'entend, ou plus tard, ou à la prochaine... Bon, on dit : Très
bien. Si vous voulez faire ça, vous devez établir la valeur de cette amélioration-là, la seule façon de le faire, c'est de demander une
étude actuarielle qui établira la valeur réelle sur la base du montant le
plus élevé que lui fourniront les deux approches.
M. Leclair : O.K. Bon, mais...
O.K.
M. Moreau : On est-u au même
endroit?
M. Leclair : On est au même
endroit, mais sauf que vos mots changent un peu : Vous devez avoir l'étude
actuarielle; tandis que, tantôt, on disait : Bien, on va attendre à la
prochaine. C'était ce bout-là que...
Moreau : Non, non,
non. La seule façon... Là, si je dis des folies, vous me le direz, là. La seule
façon d'établir la valeur d'une
amélioration, c'est par une étude actuarielle, et on vous dit : Contrairement à la loi générale actuelle, ce n'est
pas juste quand vous êtes capitalisé en bas de 90 %, c'est tout le temps. À chaque fois que vous voulez apporter une
amélioration, ça vous prend une étude
actuarielle. Cette étude actuarielle établit la valeur, et la valeur, elle est
la plus élevée entre l'approche de solvabilité et l'approche de
capitalisation.
M. Leclair :
Ce dont vous m'expliquez en ce moment, M. le ministre, est-ce que c'est écrit
quelque part dans notre nouveau projet de loi n° 3 ou c'est...
M. Moreau : C'est ce que dit
le premier alinéa de l'article 15 tel que modifié : «Le régime...»
M. Leclair : Bien, il nous
dit qu'elle doit être payée, mais il ne nous dit pas que le...
M. Moreau :
Non, non. Il dit... Oui : «Le régime doit prévoir que tout engagement
supplémentaire résultant d'une modification
au régime — peu
importe quand elle est décidée — doit être payé en entier...» Premier
élément. Quand? Dès le jour qui suit la date de l'évaluation actuarielle
établissant la valeur de cet engagement, parce que la...
M. Leclair : Mais on ne lui
dit pas qu'il est obligé de la faire tout de suite, là.
M. Moreau : Oui, bien oui. On
lui dit : «...dès le jour qui suit la date de l'évaluation actuarielle...»
M. Leclair :
Exemple, moi, là, je suis un petit peu nono, puis je dis : Bon, bien,
regardez, les boys, là, ça s'en vient,
là. Dans deux ans, on va avoir notre nouvelle... ou bien, non, l'an prochain,
on est dus, dans notre petit cycle de trois ans, d'avoir une nouvelle
évaluation actuarielle, alors on va attendre à l'année prochaine, exemple.
M. Moreau : On va attendre ce
temps-là... Oui, on peut faire ça.
M. Leclair : Bon. Si on peut
faire ça, je n'ai pas de problème, ça, on s'entend, c'est correct.
M. Moreau : Mais, comme il
pourrait y avoir...
M. Leclair : Mais l'article
ne nous oblige pas, là.
Moreau : Il ne vous oblige pas à attendre, mais il vous oblige
à avoir une évaluation actuarielle dès lors que vous...
M. Leclair : À un moment
donné.
M. Moreau : Non. Dès lors que
vous choisissez d'avoir une amélioration au régime...
M. Leclair : C'est ça que je
ne lis pas dans le texte.
M. Moreau :
Bien, regardez, «doit»... C'est la construction. On dit : Vous devez le
payer en entier le jour qui suit. Alors, on est aujourd'hui le 13, vous
avez votre évaluation actuarielle aujourd'hui, demain...
M. Leclair : Non, il n'y en a
pas de prévue. Elle est prévue dans deux ans, on négocie aujourd'hui.
M. Moreau : Ah! Vous négociez
aujourd'hui l'idée d'avoir une amélioration?
M. Leclair :
Bien, on est en négociation collective, puis on ferme les livres aujourd'hui,
puis on signe. Mais notre évaluation
actuarielle de notre régime de retraite, qui est une des clauses dans le livre
au complet, elle, elle va être due juste dans deux ans.
M. Moreau : Non. Alors, ça va
vous prendre, ça va vous prendre, pour conclure l'amélioration, ça va vous
prendre une étude actuarielle qui va faire en sorte... qui va établir la
valeur, et, le jour où vous recevez cette... le lendemain de la journée de votre évaluation actuarielle, vous devez
payer l'amélioration dont vous avez convenu avec l'autre partie.
M. Leclair :
Je trouve ça très logique, M. le ministre, c'est juste que je ne le lis pas
comme ça. Je ne lis pas cette rigidité-là
de dire... Tu sais, là, on dit : À la minute qu'il va y avoir une
modification, c'est clair, ça va être payé en entier le jour qui suit la
date de l'évaluation actuarielle...
M. Moreau :
Regardez, c'est plus loin... ou plus tôt dans la phrase : «Le régime doit
prévoir — le
régime doit prévoir — que tout engagement supplémentaire résultant
d'une modification — ça,
c'est intemporel, peu importe quand est-ce que vous le faites — ...
Leclair : Exact. Je vous suis.
Moreau : ...doit être payé [...] le jour qui suit la date de
l'évaluation actuarielle...» Ce qui implique que, un, ça vous prend une
évaluation actuarielle... Ah! oui, ça...
M. Leclair :
Elle peut être dans trois ans.
M. Moreau :
Ça, je vous le plaiderais n'importe quand.
Leclair : Bien, logiquement, oui, M. le ministre, là. Je vous
comprends, là. Logiquement, si on veut savoir combien que ça nous coûte, il faudrait avoir une étude actuarielle, sauf
que, dans la vraie vie, si on dit : Bien, on ne se repaiera pas une étude actuarielle, on en a une
qui est due dans un an... C'est juste ce côté-là, là, c'est pratico-pratique,
ma question.
Moreau : Alors, je vous dis, là, à la réponse de votre question
pratico-pratique, l'interprétation que l'on donne au texte tel qu'il est et qui m'apparaît être une
interprétation compatible avec le texte qu'on vous propose, c'est de
dire : Vous pouvez toujours décider d'attendre de conclure une
amélioration dans le cycle de trois ans...
M. Leclair :
Ce ne sera pas effectif avant, si...
Moreau : Exact. Mais, si vous choisissiez de le faire avant la
prochaine évaluation actuarielle — sur la base du texte que vous avez là, ça va vous en prendre une — cette étude-là va devoir établir la valeur
sur la base du critère le plus élevé
entre les deux approches dont on a parlé, l'approche de capitalisation ou
l'approche de solvabilité, et vous allez devoir payer en entier la valeur établie par l'étude actuarielle au lendemain de la date où cette étude
est produite. C'est ce que...
Leclair : Bien,
l'explication est très claire. C'est juste que je ne le lisais pas exactement
comme ça, mais c'est très clair. J'y
reviendrais juste pour encore pour une... question de bien comprendre. À
la dernière phrase : «Les excédents d'actif du régime peuvent être imputés au paiement de cet engagement.»
Juste m'expliquer un peu ce principe-là, là...
M. Moreau :
Bon. Alors là, là, on va avoir un... alors...
M. Leclair :
Parce que, si c'est dans l'autre alinéa, on va l'expliquer un peu plus profond,
mais...
Moreau : C'est ça,
mais c'est-à-dire qu'on peut utiliser, pour payer l'engagement, les excédents d'actif du régime,
mais l'article suivant, l'article 16, qu'on va amender, va nous dire ce qu'on doit
payer avec les excédents d'actif avant de se rendre là; il y a un ordre.
Alors, évidemment, on dit...
M. Leclair :
Mais, juste pour compréhension, un exemple.
M. Moreau :
Bien, vous l'avez à 16. Regardez à 16, les surplus doivent être...
Moreau : C'est ça.
Alors, on a des surplus. Qu'est-ce qu'on peut faire avec ça? On peut, un,
constitution d'une provision équivalente à la valeur de la suspension
d'indexation des rentes, l'abolition de l'indexation à l'égard des participants actifs; deuxièmement,
rembourser les dettes contractées par le régime; troisièmement, financer des améliorations au régime.
Alors,
c'est pour ça qu'à 15 c'est une disposition qui est déclaratoire, c'est-à-dire que les excédents d'actif du régime
peuvent être imputés au paiement de cet engagement, et, pour savoir
quand est-ce qu'on peut utiliser les excédents d'actif pour payer ces
engagements, là, on se rapporte à l'article 16 qui nous donne un ordre
préalable. Est-ce que j'exprime bien ça?
Une voix :
Parfait. Parfait.
M. Moreau :
Alors, ça a l'air que je n'ai pas perdu ma job.
M. Leclair :
Correct. Je vais laisser la parole à mon collègue, parce qu'il va devoir
nous...
Président (M. Auger) : Mais
juste un instant, là. En principe, on devrait traiter de l'amendement, parce que, là, on semble être plus dans l'article tel
qu'amendé, là.
M. Leclair :
Bien, on est dans l'amendement, là, on est dans la quatrième ligne de...
M. Moreau : On fait une...
Oui, oui, on fait une salade de fruits.
Le Président (M.
Auger) : On mixe pas mal les deux, là.
M. Moreau :
On mixe les deux.
Le Président (M.
Auger) : Mais, normalement, on devrait traiter de l'amendement et,
après, revenir sur...
M. Leclair :
Bien, c'est parce que c'est dans l'amendement, la troisième ligne, là, premier
alinéa.
Le Président (M.
Auger) : Oui. Vous vous sentez bien comme ça, là? C'est ça que je
comprends?
Le Président (M.
Auger) : O.K. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Je dois quitter dans quelques minutes. Je vais poser quelques questions qui
sont en lien...
M. Moreau :
...vous allez quitter dans quelques minutes.
Therrien :
C'est ça. Je ne veux pas vous voir le dire...
M. Moreau :
J'espère que...
Therrien :
...l'entendre le dire, là. Je vais surveiller.
Moreau : Non, non.
J'espère que vous n'allez pas m'annoncer que vous allez quitter dans quelques
minutes, vous, là.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Therrien : Par rapport... très rapide, parce qu'il y
a des éléments dans le projet de loi qui sont des éléments ponctuels, qui ne reviendront plus, puis il y a
d'autres éléments qui sont censés être périodiques. Ici, on parle de périodicité,
là, c'est... Ça va être éternel ou à peu près. C'est que... permanent, c'est
ça. C'est-à-dire que, si vous allez avoir un avantage...
Therrien : Oui. Ça, avant, avec la loi SAAQ, comment ça
fonctionnait quand on voulait avoir des bonifications? C'était-u comme
ça ou...
M. Moreau :
Ce que M. Jean expliquait tantôt, puis là...
Therrien :
Je m'excuse si j'ai...
M. Moreau :
Non, mais... Alors, c'est l'article 138 de la loi actuelle... 138 ou 132?
Moreau : 132, 132 de
la loi actuelle, qui disait qu'il y avait une approche à peu près
semblable à celle-là, mais uniquement lorsque la capitalisation était inférieure à 90 %. Alors là, ce qu'on fait, c'est qu'on
dit : Tout le monde, tout le temps.
Therrien : O.K. Ça, je n'ai jamais posé la question, puis...
le député de Berthier vous l'avait posée, vous n'étiez pas content,
mais, bon, on va voir si c'est la source ou le message qui...
Une voix :
La source ou la question.
M. Moreau :
Essayez l'approche... Essayez l'approche Châteauguay-Brassens.
Therrien : Oui, Châteauguay... oui. En toute amitié, là, tu
sais? Non, mais les coûts d'une évaluation actuarielle, là, tu sais,
parce qu'admettons, moi, je dis...
Therrien :
Bien, à peu près, ça coûte combien? Parce qu'il vous avait posé la question, puis
là vous aviez les bras dans les airs...
M. Moreau :
Ce n'était pas la journée pour les ventes.
Therrien :
Moi, je me rappelle du geste, là, très, très théâtral.
M. Leclair :
C'était comme dans l'annonce de... hein?
M. Moreau :
O.K. Eh! mon Dieu! Alors, il y a une fourchette, là.
Moreau : Non, non, c'est une fourchette de services, parce
qu'on me dit que c'est entre 10 000 $ et 100 000 $,
dépendamment du régime.
Therrien :
O.K. Et puis... ça va. Je m'en allais vous poser...
Therrien : J'ai mangé ce que je m'en allais dire. Entre
10 000 $ puis 100 000 $. C'est qui qui partage les coûts?
C'est une négociation, j'imagine, ou...
M. Jean
(Denys) : C'est financé par le régime.
M. Moreau :
Alors, allez-y.
Therrien :
Ah! financé par le régime.
M. Jean
(Denys) : Financé par le régime, M. le...
Therrien : O.K. puis ce n'est pas... dans le fond, tu sais,
100 000 $, ce n'est quand même pas si pire comparativement aux actifs des régimes. Puis
j'imagine que, quand c'est 10 000 $, c'est parce qu'il y a moins de
monde dedans.
M. Jean
(Denys) : Petit régime, moins de monde, moins compliqué.
Therrien :
Oui, c'est ça. Oui, O.K. Bon, ça va. Pour l'instant, ça va aller. Je vais
laisser mes collègues...
Therrien :
Oui, c'est ça.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui, O.K. Merci, M. le Président. J'ai plusieurs
questions, puis ça concerne l'ensemble
de l'amendement, je
pense, là. Ma compréhension, là,
c'est que le premier amendement fait en sorte qu'on évalue le coût à son niveau le plus élevé. C'est-à-dire que, dépendant de l'approche, là, solvabilité ou capitalisation, ça va
être le coût plus élevé.
Maintenant, dans le deuxième alinéa, on parle de
la valeur de l'excédent d'actif, et il n'est pas clair pour moi que cet excédent d'actif va être évalué à l'aide de la
méthode de la capitalisation ou à l'aide de la méthode de solvabilité. Et je
me demandais pourquoi est-ce qu'on ne le
précise pas, d'une part. D'autre part, ça pourrait être un excès de
conservatisme que d'imposer que les excédents d'actif ne soient pas
évalués de la même manière que le coût des améliorations.
Puis je suis retourné
voir le rapport D'Amours, là, parce que je me rappelle qu'il parlait de ça. Eux
autres, ils proposent que l'ensemble de l'oeuvre soit évalué, à la fois les
coûts et les excédents d'actif, à l'aide de la méthode de solvabilité. Ça,
c'est une approche. Tu sais, il y a plusieurs possibilités, là, mais j'aimerais
ça vous entendre sur ces questions-là, là.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : La méthode de financement des régimes de retraite municipaux
demeure celle qu'elle était, la méthode de capitalisation, et puis, bon,
on n'a pas retenu la suggestion de D'Amours de modifier la méthode de financement des régimes de retraite municipaux par la
capitalisation améliorée, mais on a retenu la méthode de capitalisation. Quant aux calculs de l'excédent
d'actif, bien, c'est la méthode de capitalisation. Introduire la solvabilité,
ça aurait resserré énormément la situation des régimes de retraite municipaux.
Marceau : O.K., je comprends. Mais, autrement dit, ce que vous
dites, c'est que, si on introduisait, dans le deuxième alinéa, la méthode de solvabilité, ça rendrait moins fréquent
les situations où des améliorations seraient offertes et proposées puis
seraient mises en place. C'est ce que vous dites?
M. Jean
(Denys) : Pas nécessairement seulement les améliorations. Par exemple,
si vous regardez à 16, dès qu'il y a un
surplus, on rétablit l'indexation des retraités, ainsi de suite. Donc, disons
que ça réduirait la probabilité d'avoir des surplus, puis ça mettrait peut-être en cause, par exemple, la
provision pour écarts défavorables, des choses comme ça, là.
M. Marceau :
O.K. O.K. Est-ce que c'est correct de dire qu'en à peu près toutes
circonstances les excédents d'actif, avec la méthode de capitalisation, sont
plus élevés qu'avec la méthode de solvabilité, les excédents d'actif?
M. Jean
(Denys) : Ce n'est pas nécessairement une règle, M. le député, ça
dépend des hypothèses utilisées, puis de la
maturité du régime, puis de l'état de situation qu'on passe. Ce n'est pas une
règle. C'est sûr que la solvabilité est
très exigeante, là, dans le sens que vous faites le test de fermeture, pas dans
le domaine de... pas la capitalisation, là.
Marceau : Est-ce qu'on ne peut pas envisager que la valeur de
l'excédent d'actif soit le maximum de la valeur de capitalisation puis
de la valeur de solvabilité, comme on le fait pour la valeur du coût dans le
premier alinéa?
Jean (Denys) : M. le Président, il n'y a rien d'impossible, on
pourrait envisager ça, mais ce n'est pas le choix qui a été fait, là. On
garde la méthode actuelle, là. C'est ça, hein, André? On garde la méthode...
Jean (Denys) : On ne change rien dans la méthode pour évaluer les
excédents d'actif dans le monde municipal, là. On garde la méthode
actuelle.
Marceau : O.K. Juste pour bien situer le débat, là, aussi,
j'aimerais... Puis, écoutez, parce que je n'ai pas... Moi, je m'excuse, je n'étais pas là, puis je le
dis moi-même, là, je n'étais pas présent au moment des auditions. Et il n'était
pas prévu... Enfin, je n'ai pas entendu...
J'ai lu les résumés de ce qui a été dit au moment des auditions, mais je ne le
sais pas si vous vous êtes prononcé,
vous, M. le ministre, sur la question de la capitalisation améliorée. Vous
dites que vous n'avez pas retenu
cette suggestion. Moi, je n'en fais pas la promotion, là, je veux qu'on me
comprenne bien, je veux juste que vous m'expliquiez les raisons pour
lesquelles vous avez choisi de ne pas retenir cette approche-là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau : En fait, pour l'histoire, le gouvernement précédent ne
l'avait pas retenue non plus dans le projet de loi n° 79, puis on
n'a pas revu cet aspect-là des choses.
Marceau : O.K.
Donc, je vais revenir à ce que je disais. Pour revenir, donc, à la question
d'une espèce d'asymétrie qu'il y a, si on veut, dans l'article 15,
tel qu'amendé, entre la...
M. Moreau :
Entre la valeur des améliorations?
Marceau : ...c'est
ça, entre la valeur des améliorations, d'une part, puis l'excédent, quand on
évalue la valeur, on prend le coût le plus élevé puis, quand on...
M. Moreau :
Méthode très conservatrice.
Marceau : Très
conservatrice. Mais, quand on prend l'excédent d'actif, même si
on pense que, la majorité du temps,
la capitalisation nous donne une valeur plus grande, donc on ne se donne pas la
chance d'avoir une valeur plus grande
pour la valeur de l'excédent d'actif, parce
qu'il y a... comme vous le disiez, il y a
des situations, peut-être rares, là...
Je sais que je regardais certains chiffres, dans le rapport D'Amours, qui
montrent que... en tout cas, pour ce qui est de la médiane de la valeur des régimes, c'est clair
que c'est très, très significativement plus élevé pour la
capitalisation que pour la solvabilité. Mais, quand même, est-ce qu'on
ne devrait pas se donner une chance? Ce ne serait pas un gros changement à l'article 15 que de permettre
de choisir le maximum de valeur de l'excédent d'actif. Si vous me dites
que ça n'arrive jamais,
là, je vais dire : O.K., on est dans un monde théorique, mais, si vous me
dites qu'il y a des situations où c'est le cas, de manière à être
cohérent entre les deux alinéas, là...
M. Moreau :
On va suspendre, M. le Président.
Président (M. Auger) : Oui. Je vais suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
12 h 22)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
Moreau : Oui. Alors,
voici ce qu'on m'explique, je vais le traduire en sens politique.
En réalité, quand on utilise
l'approche de capitalisation pour le calcul de l'excédent d'actif, on a la même
philosophie de prudence que celle qu'exprime
le premier alinéa de l'article 15, tel que modifié, en ayant une approche
conservatrice. En d'autres termes, au
premier alinéa, quand on calcule la valeur de l'engagement supplémentaire,
l'approche conservatrice veut qu'on attribue à cet engagement supplémentaire la plus haute valeur possible,
d'où l'idée de vérifier le calcul selon l'approche de solvabilité et selon l'approche de capitalisation pour les
raisons qu'a exprimées M. Jean en disant que, dans certaines circonstances,
l'une pourrait produire une valeur supérieure et pas toujours.
Dans
le cas de l'excédent d'actif, quelle est la philosophie la plus conservatrice?
C'est de constituer l'excédent le
plus petit possible pour ne pas imaginer un excédent qui soit au-delà de
ce qu'il devrait être. Donc, l'approche conservatrice, on l'obtient en calculant l'excédent d'actif sur
la base de la capitalisation. Donc, pour les excédents, on verra au plus petit
montant, pour les améliorations, au plus grand montant, ce qui amène, je dirais, une continuité dans
l'approche prudente que l'on doit apporter.
L'autre
élément que l'on m'indique, c'est qu'antérieurement à 2007 ou jusqu'en 2007,
jusqu'en 2007, on utilisait l'approche
de solvabilité, mais que c'est même à la demande des municipalités où on a changé
cette approche de solvabilité pour
l'approche de capitalisation justement pour ne pas gonfler indûment la notion
d'excédent. Et donc, de se rendre à la suggestion... bien, en fait, ce n'était pas une suggestion,
j'ai compris que c'était plus une question. Si on devait changer ça, c'est l'ensemble des calculs ou de l'approche pour établir la
valeur dans les régimes qui devrait être modifiée, ce qui n'est pas le
choix qui est fait, évidemment, à ce moment-ci.
Donc,
dans le contexte de l'article 15, autant l'approche de capitalisation prévue au
deuxième alinéa de l'article 15 que
le test de solvabilité ou d'approche de capitalisation dans le cas des engagements
supplémentaires au premier alinéa traduisent une volonté d'avoir une
approche qui est extrêmement prudente.
Le Président (M.
Auger) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : O.K. Merci
pour la réponse, mais il y a quand
même un élément sur lequel ça a été peut-être
un peu trop vite pour que je comprenne bien. Vous disiez : On avait
changé de solvabilité à capitalisation...
M. Marceau :
En 2007. O.K.
Moreau : En 2007. On
m'explique que, jusqu'en 2007, on avait l'approche de solvabilité pour le
calcul de l'excédent d'actif... C'est exact? Pour le calcul de
l'excédent d'actif. Ce qu'il y avait...
Une voix :
...financement.
Moreau : Pour le
financement des régimes. Bon. Alors, le financement des régimes était établi
sur une base de solvabilité. Et c'est
à la demande des municipalités qu'on aurait changé cette approche-là dû au
fait que, dans le cas, j'imagine, des
excédents d'actif, ça avait une conséquence de produire un résultat
plus important que ce qu'il pouvait être en réalité,
c'est ce que je comprends.
M. Moreau :
Alors, M. Jean...
M. Marceau :
Je n'ai pas entendu.
Le Président (M.
Auger) : Oui, oui, on va répéter.
Moreau : ...non, non,
mais M. Jean va vous donner la réponse qu'il vient de me donner à l'oreille, je pense que ça va vous...
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
M. Moreau : ...ça va dans le sens de ce que je vous disais,
mais avec plus de détail sur ce qui se passait jusqu'en 2007.
Président (M. Auger) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : M. le Président, jusqu'en 2007, il y avait comme une espèce
de double financement ou méthode de
financement, les municipalités faisaient deux tests, un test de solvabilité
puis un test de capitalisation, et ils prenaient
celui qui était, entre guillemets, le plus coûteux, oui, donc les plus gros
déficits, les plus petits excédents, c'était dans ce sens-là. Et, après quelques
années, on s'est rendu compte que la méthode de solvabilité était toujours
celle qui amenait le... qui
construisait entre la situation financière des municipalités de manière importante...
ça créait des déficits. Et c'est
suite aux représentations du monde municipal que le gouvernement, à l'époque, a pris la décision de s'en tenir à
la méthode de capitalisation, point final. Et l'argument massue, à l'époque,
c'était de dire : Écoutez, la solvabilité fait l'hypothèse qu'on ferme,
nous, comme institution, on est pérenne, on n'est plus près de la
capitalisation...
M. Moreau :
Dans le cas des municipalités.
M. Jean
(Denys) : Oui. Alors, c'est dans ce sens-là que ça s'est passé comme
Marceau : O.K.
Merci pour la réponse. Si je
comprends bien... Je vais le redire
autrement, puis j'aimerais aussi
qu'on fasse le lien entre évaluation de la santé financière du régime puis
usage des excédents d'actifs, là, mais je reviendrai après plus
précisément sur ça.
Mais
vous me dites, donc, qu'avant 2007 l'image ou la photographie qu'on avait des
régimes de retraite était rendue plus négative, plus sombre parce qu'on
devait prendre la pire évaluation entre capitalisation puis solvabilité.
C'était toujours solvabilité qui était le plus négatif, le plus sombre, et donc
on a demandé à écarter ça. Bon, puis, à l'époque, l'argument, c'était :
Bien, on n'est pas des gens qui vont fermer nos régimes, donc ça n'a pas de bon
sens que...
M. Moreau :
On est des corps publics.
Marceau : On est des corps publics, O.K., O.K., je comprends
bien. Regardez, j'aimerais ça réfléchir à mon affaire. Je vais revenir,
puis je vais laisser la parole à...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. C'est juste pour me rassurer, là, puis qu'on se
comprenne tous bien. L'ajout du troisième alinéa, là, «le montant comptabilisé dans la réserve [...] n'est pas
pris en compte dans le calcul de l'excédent», c'est parce que le montant qui est comptabilisé dans la
réserve, dans le fond, c'est l'indexation qu'on a coupée, le surplus
d'indexation, puis on veut
véritablement que ça ne serve jamais à bonifier le régime, on veut que ça
serve, en premier lieu, à récupérer l'indexation qu'on aurait coupée,
là. C'est juste ça, là, c'est... Je comprends bien?
Le Président (M.
Auger) : Une intervention, M. le député de Rousseau?
Marceau : ...parce que c'est une question qu'éventuellement je
voulais poser. Je me rappelle qu'hier on... j'ai posé cette question ou à peu près, là, l'équivalent, puis vous m'aviez
dit que c'était inclus dans les excédents d'actifs. Je vous dis ça... C'est arrivé hier, là, puis c'est
une très bonne question... Peut-être que je n'avais pas bien compris ou que
j'avais mal posé ma question.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : M. le Président, ce n'est peut-être pas impossible que
j'aie dit ça parce qu'on a nettoyé ça, cette question-là, ce matin.
M. Marceau :
Ah bon! O.K. Alors, je redonne... je me retire de la conversation, j'avais...
Le Président (M.
Auger) : Donc, M. le député de Blainville.
Jean (Denys) : En fait, vous avez adopté, à l'article 10 — vous avez raison, M. le député — un dispositif qui dit : S'il y a un solde de l'indexation une
fois que la contribution des actifs à la réduction de la part de leurs déficits
est faite, s'il y a un solde, il s'en va en réserve, et cet argent-là
peut servir... doit servir ou peut servir d'abord à restaurer l'indexation ad
hoc ou à toute autre fin établie par les parties.
Et là, si, par
exemple, on ne mettait pas le dernier alinéa, étant donné qu'il faut considérer
toutes les sommes disponibles au régime, il pourrait servir, ce montant-là, par
exemple... pas par exemple, à constituer la provision pour écarts défavorables. Et là on irait en
contradiction avec la volonté des législateurs, qui ont dit, à
l'article 10 : Cet argent-là, là, elle appartient aux actifs, puis ils décideront, avec l'employeur,
quoi en faire. Alors donc, pour éviter une espère de détournement, entre
guillemets, de sommes, on met ça à l'abri du calcul de l'excédent d'actif.
M. Moreau :
Et ce à quoi réfère M. Jean, là, c'est le premier alinéa de
l'article 10 qu'on a voté.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : C'est ça.
Et, quand vous dites : Ils décideront de ce qu'ils vont en faire, c'est à
l'article 16 qu'ils vont décider, c'est ça?
M. Jean
(Denys) : La décision se prend à l'article 10, parce que c'est
écrit, à l'article 10, que la réserve ainsi constituée pourra servir à l'indexation ad hoc ou encore à toute autre
fin convenue entre les parties. Et, comme ici on le sort de l'excédent
d'actif, donc ce n'est pas un surplus, alors l'article 16 ne s'applique
pas à ça, là.
Laframboise : O.K., O.K. Donc, ça va être 10. O.K.
Jean (Denys) : Maintenant, ceci étant dit, M. le député, ça
n'empêcherait pas les parties de dire, par exemple : Bon, écoute, cette somme-là, nous autres, on la
prend pour financer, mettons, la PED ou encore on peut... Ils ont le choix
de dire : On finance une amélioration. Ça ne limite pas le choix, là.
Laframboise : O.K., il peut y avoir une négociation. Parfait.
M. Moreau :
Mais ça ne s'impose pas comme ce qui est prévu à l'article 16, c'est véritablement...
Laframboise : Non, non, c'est correct. Non, non, c'est...
Moreau : La phrase
est : «Ces gains ne peuvent être utilisés qu'aux fins de l'indexation
ponctuelle de la rente ou, à défaut
d'une telle indexation, aux fins convenues entre l'organisme municipal et les
participants actifs», qui ne les limitent donc pas.
Laframboise : Donc, la relation, c'est avec 10, pas avec 16, là. C'est
ça. O.K., c'est bon.
Président (M. Auger) : Je
vais maintenant céder la parole — mais premièrement, lui souhaiter la bienvenue — au député
de Terrebonne.
M. Marceau :
Mais, juste avant...
Le Président (M.
Auger) : Oui, M. le député de Rousseau, avant?
M. Moreau :
Le député de Rousseau veut museler le député de Terrebonne. Pauvre gars, il
vient d'arriver!
Le Président (M.
Auger) : Il vient d'arriver.
Marceau : Il ne perd
rien pour attendre. Mais, juste là-dessus, juste parce
qu'on est dans ce sujet-là, là,
puis... Je comprends la logique que vous avez décrite. En fait, c'est
que l'excédent d'actif... pardon, le surplus, au-delà de l'indexation prévue au
premier alinéa de 10, ça vient des actifs, ça fait que ça ne sert pas aux
retraités, une logique implacable, mais que
ça ne serve pas aux retraités... pardon, que ça ne serve pas aux actifs, ça, ce
n'est pas une logique implacable. En
fait, on pourrait très bien imaginer que le troisième alinéa dise : Ça n'est
pas comptabilisé dans le cas de l'excédent d'actif correspondant aux
retraités, là.
non! Excusez-moi. Oubliez ça, oubliez ça. Je viens de me rendre compte que je
viens de... je me suis trompé. J'ai compris en le...
Le Président (M.
Auger) : Donc, on comprend... On aurait dû céder la parole au député
de Terrebonne.
M. Marceau :
Bien oui, ça aurait été mieux, j'aurais eu l'air plus intelligent. Ça arrive,
ça arrive!
Président (M. Auger) : Donc,
on reprend, en lui souhaitant la bienvenue, au député de Terrebonne.
La parole est à vous.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. Il n'y
a pas de hasard là-dedans,
il y avait une stratégie pour me laisser plus de temps, là, pour
peaufiner une question. Non, non, ce n'est pas vrai.
Donc, j'aimerais
profiter de cette Journée de la gentillesse, M. le ministre, là, pour vous
demander quelques éclaircissements. Vous
avez parlé, donc, en entrée de jeu, de cet article, qu'auparavant les régimes dont la capitalisation était supérieure à 90 %...
M. Moreau :
Inférieure à... inférieure.
M. Traversy :
...inférieure à 90 % devaient...
M. Moreau :
...devaient, avant d'aller en amélioration, faire l'exercice ou un exercice
semblable à celui que suggère l'article 15. Et l'article 15 du
projet de loi n° 3, maintenant, étend cet exercice-là à toute situation,
quelle que soit la capitalisation du régime, même ceux, donc, qui sont
capitalisés au-delà de 90 %.
M. Traversy : Juste
pour partir sur les mêmes bases, parce que vous êtes entouré de sources
d'inspiration et de connaissance, là, très aguerries...
M. Moreau :
Qui sont mises à votre disposition avec générosité.
Traversy : ...j'aimerais comprendre pourquoi 90 % et plus
n'était pas obligatoire auparavant. C'était sur quel principe que ça se
reposait? Est-ce qu'il y avait des raisons pour ça?
M. Moreau :
C'est un choix qui a été fait au moment de la disposition de l'article.
Laframboise : C'est en 2006 que c'est arrivé.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean ou M. le ministre? M. Jean.
M. Moreau :
Oui, oui. Non, non. Bien, je peux vous donner ce qu'on...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Je m'excuse, M. le Président. On est dans une valse-hésitation ici.
Une voix :
Non, c'est correct, en autant qu'il y en ait un qui nous donne...
M. Moreau :
Bien, M. Jean suggère, puis je pense qu'il nous le rappelle avec beaucoup
de justesse : 2008, la situation de 2008 a changé la donne beaucoup.
Avant, on disait... Bon, quand on avait un régime à 90 %, on ne voulait pas qu'il soit dégradé par l'ajout d'une
amélioration, donc on disait : Évaluez votre amélioration, puis vous
n'êtes pas capitalisés à 100 %,
on ne veut pas que cette amélioration-là dégrade davantage la
sous-capitalisation du régime. Si j'ai bien
compris, c'est ça. Et, en 2008, tout le monde s'est fait peur comme il faut, avec l'effondrement des marchés et le
fait que des régimes pleinement capitalisés...
Je ne vous fais pas le reproche, vous n'étiez pas là quand on a fait les
auditions au mois d'août, là. On est
venu nous dire que des régimes qui étaient surcapitalisés — au-delà de 100 %, donc — s'étaient retrouvés sous-capitalisés suite à l'effondrement boursier de 2008. Et
le rapport D'Amours arrive dans la continuité de ça, et le rapport D'Amours vient nous dire : Un
régime en santé, c'est un régime pleinement capitalisé, à 100 %, et vous
devez apporter des améliorations.
L'idée
du projet de loi n° 3, de façon générale — puis je prends un peu plus de temps pour
l'expliquer parce que notre collègue
se joint à nous, puis je suis très heureux de le voir se joindre à nos
travaux — l'idée,
c'est de dire : Un, on veut
ramener les régimes en santé; deux, on veut assurer leur pérennité. Alors, une
façon de les ramener en santé, c'est de
régler la situation de sous-capitalisation, et, une fois qu'ils sont
capitalisés correctement, on prévoit donc une protection additionnelle à la capitalisation entière, et on
dit : Quand vous allez modifier le régime subséquemment, il ne faut pas
que cette modification-là vienne
fragiliser le retour à la santé et la pérennité assurée du régime. Et donc on impose maintenant à tous l'exercice
qu'antérieurement on n'imposait qu'à ceux qui étaient sous-capitalisés. Donc,
je dirais, c'est peut-être
l'effet de : On s'est fait peur, on ne veut plus que ça arrive, et voici pourquoi
on fait ça comme ça maintenant.
Traversy : O.K. Je
voulais voir s'il n'y avait pas des technicalités, parce qu'on a mentionné tout à l'heure
qu'une évaluation actuarielle pouvait
varier entre 10 000 $ et
100 000 $, donc est-ce qu'il y avait des situations où, dans le cadre des négociations, on voulait laisser une
plus... une marge de manoeuvre, là, par rapport aux coûts que ça peut amener? Mais je pense que vous répondez bien à la
question, alors je vais laisser mon collègue de Beauharnois, là, poursuivre.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville, avant.
Laframboise : Juste sur le même sujet, c'est juste pour vous dire, M.
le ministre, que, quand même, la norme de
90 % est encore dans la loi. Ça n'a pas été modifié... on l'a modifié
pour... Le 90 % qu'on mentionne, c'est encore dans la loi, il n'y a
pas de modification à la
loi sur les régimes...
M. Moreau :
Mais là, ici, dans le...
Laframboise : Nous, on le veut pour le secteur municipal, mais c'est
encore valide pour les régimes dans le privé,
là, je veux dire, ce n'est pas une norme, là. Vous, vous dites : Ça a
changé. Oui, mais il n'y a pas... Ça a changé, vous...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Un instant, là, notre mandat n'est pas terminé, et mon
collègue de l'Emploi et de la Solidarité va vous établir que ces normes de prudence là vont devoir s'appliquer
ailleurs aussi. D'ailleurs, ce n'est pas une cachette, là, je pense
qu'il l'a dit assez clairement.
Alors, nous sommes une brique dans l'édifice, ce
qui est beaucoup mieux qu'une brique dans le pare-brise.
M. Laframboise : Ça dépend qui
reçoit la brique, par exemple, là.
Moreau : Ça dépend de quel bord du pare-brise on est,
évidemment.
Laframboise : Oui, c'est ça.
M. Leclair :
C'est du côté passager, puis c'est toi qui chauffes.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Bien, je vais juste revenir sur la dernière
intervention, ça m'apporte deux petits questionnements. La réglementation, à la Régie des rentes, qu'on
a — parce
qu'on se réfère souvent aux articles de la Régie des rentes — cette réglementation-là, automatiquement, avec le projet de loi, va... y a
certains articles qui sont s'annuler, justement, là. Cette
concordance-là va devoir se faire, là. J'imagine que c'est prévu.
Moreau : Bien, c'est-à-dire qu'il y a une règle, M. le
Président, d'interprétation des lois qui veut que les lois
s'interprètent les unes par les autres, mais qu'une loi postérieure et
spécifique a préséance sur une loi antérieure et générale. Alors, la
Loi sur
les régimes complémentaires de retraite, dans ce cas-là, est une loi antérieure
et générale. La loi n° 3, qui vise
spécifiquement la santé et la pérennité des régimes de retraite à prestations
déterminées dans le secteur municipal,
serait postérieure le jour où elle sera adoptée, et spécifique. Donc, les
règles d'interprétation vont faire que les
articles, s'il y avait une incompatibilité entre un
article de la loi générale
et un
article de la loi n° 3, la loi n° 3 aura préséance dans
son interprétation, dans son champ d'application.
Leclair : O.K. Puis, je ne sais pas si c'est possible pour
vous, M. le ministre, peut-être pas aujourd'hui, mais peut-être même en début de semaine prochaine,
c'est... Il y a beaucoup... il y a des articles de loi qui vont être ciblés
dans le projet de loi n° 3, il y a des articles qui vont être
ciblés dans le temps.
Leclair : Dans le temps, pendant trois ans, quatre ans. Après
ça, ça ne s'applique pas. Il y en a d'autres qui vont rester permanentes. Est-ce qu'on est capables d'avoir un peu une
liste de notre projet de loi, dire :
L'article 18, 19...
M. Moreau :
Les effets permanents ou ponctuels?
M. Leclair :
Exact. Si c'est possible, là, pour votre équipe, là, ça serait apprécié. Je
reviens...
M. Moreau :
Certainement. On va faire ça en début de semaine prochaine...
M. Leclair :
Ah! il n'y a pas de problème, j'ai... Je reviens un petit peu sur le...
M. Moreau :
...dès l'étude de l'article 52. On commence mardi matin avec 52.
M. Leclair :
Juste avant, là, mettons, à 51... On peut commencer une demi-heure à l'avance
pour être sûrs.
M. Moreau :
Oui, c'est ça.
Leclair : Je reviens un peu sur la question de mon collègue,
tantôt, qui disait : Avant ça, on disait que les régimes qui étaient à 90 % et plus n'avaient pas
besoin d'évaluation actuarielle, même s'ils changeaient n'importe quoi dans
leurs régimes. J'ai de la misère à
percevoir cette... bien, dans ma tête, c'est quasiment une lacune parce que, si
on modifiait... même si on a un
régime capitalisé à 98 %, puis on modifiait dans le passé des avantages
qui coûtaient encore x, y milliers de dollars, on attendait à la prochaine évaluation, j'imagine, on
attendait à la prochaine évaluation actuarielle, puis on n'avait pas le
vrai coût que ça nous coûtait... C'est-u une bonne compréhension que j'ai? Je
trouve ça bizarre un peu.
Moreau : O.K. Alors, non, c'est exactement la même chose. On
demandait... La seule façon... Puis j'ai répondu tantôt, là, puis, dans la loi générale, c'est la même réponse. La seule
façon de connaître la valeur d'une amélioration à un régime, c'est une évaluation actuarielle, alors...
L'article 132 de la loi générale prévoit la même chose. La seule
différence, c'est qu'au lieu de le payer comptant, comme on l'exige là,
il pouvait l'amortir. Maintenant...
M. Leclair :
Ah! O.K. Je comprends. C'est ça, la différence.
M. Moreau :
Oui. Et donc, dans l'exemple que vous donniez, là, vous êtes à 98 % ou
à...
M. Leclair :
Exact, en haut de 90 %.
Moreau : Bon. L'amélioration pouvait faire en sorte que, si elle était amortie, là, on ait un poids
sur le régime.
M. Leclair : Mais, dans la réglementation de la Régie des rentes, il y avait quand
même, quelque part, un
article
qui spécifie : Tu as besoin d'une évaluation actuarielle...
Moreau : Oui. Ce
n'est pas la réglementation, c'est la loi. C'est La
loi sur les régimes
complémentaires, c'est l'article 132.
M. Leclair :
O.K. C'est bien. Ça répond à ma question.
Je reviens, là,
deuxième alinéa, juste pour bien comprendre. Les deux premières lignes : «L'excédent
d'actif représente, à l'égard du service
postérieur au 31 décembre 2013, la différence entre l'actif du régime et
la somme de son passif...» Là, on
avait mis une date pour tout ce qui était l'endettement passé des régimes, puis
là pourquoi qu'on a besoin de mettre
une date encore? Je ne comprends pas, je ne saisis pas pourquoi qu'on
dit : Les excédents du régime avant 2013 vont avoir donné une somme x, y, ceux qui en ont, ceux que c'est
sûr qui, eux... ceux qui sont dans le déficitaire n'en auront pas, mais, ceux qui en ont, il va y avoir un
montant x, puis là, à partir du 1er janvier 2014, ces futurs
excédents là, ça ne sera pas des actifs? Je voudrais juste comprendre.
Moreau : Non, en
réalité, c'est qu'à l'article 16, qu'on va voir tantôt, on va gérer
différemment les excédents selon qu'ils sont postérieurs ou antérieurs
au 31 décembre 2013. Et le reste de la phrase, c'est strictement
l'opération mathématique, c'est-à-dire la différence, c'est le résultat d'une soustraction, alors la
différence entre l'actif et la somme, qui est le résultat d'une
addition, de son passif.
Moreau : Ah! oui,
oui, oui. Et vous avez le fonds de stabilisation et la provision pour écarts
défavorables, qui sont financés différemment, et donc qui impliquent
soit un régime antérieur ou le régime postérieur.
Leclair : Oui, O.K. On
n'aura pas bien le choix d'attendre à 16, là, pour le voir, parce que,
lorsqu'on parle d'actif puis de passif, lorsqu'on a un surplus, qu'il
soit avant le 1er décembre ou non, peut-être, on pourra modifier la méthode de l'appliquer ou où est-ce qu'on peut
jouer avec l'excédent — ça,
je comprends ça, qu'à 16 on va venir enligner ça — mais,
quelque part, ça fait quand même
partie des actifs, là, qu'ils soient avant...
M. Moreau :
Mais ils n'appartiennent pas aux mêmes personnes.
Leclair : O.K.,
oui, mais sauf qu'ici on parle plus de... dans l'article 15, on parle
plus de calculs actuariels.
Moreau : Bien, c'est-à-dire que non, non, on parle du calcul pour établir l'excédent d'actif selon
la situation où on est au service antérieur ou au service futur.
Leclair : Mais, à
moins que je me trompe, là, mais ici, dans notre
article 15, on dit :
Là, si on a une modification, on doit
la payer en entier tout de suite, puis on explique tout ça, puis on dit, avec la...
pour faire l'évaluation actuarielle qu'on s'oblige à faire tout de suite...
M. Moreau :
Ça, c'est le premier alinéa.
Leclair : Premier
alinéa. Après ça, on dit : L'excédent d'actif... puis là c'est là que j'ai
de la misère, parce que, là, si on
explique, au premier paragraphe, qu'on doit avoir une étude actuarielle, au
deuxième paragraphe on dit : Bien, les excédents... je
comprends, pour l'article 16, qu'on va dire comment qu'on va utiliser ces
excédents-là, mais pourquoi qu'on a à spécifier...
M. Moreau :
Le calcul? Il aurait pu faire l'objet d'un
article différent.
Moreau : Alors, en
haut, vous dites... En haut, là, le premier alinéa dit : Voici ce que vous
devez faire si vous voulez améliorer
votre régime. On dit, à la dernière phrase : L'excédent d'actif peut
servir au paiement de cet engagement.
l'article 16, on va voir dans quel ordre est-ce que ça
peut arriver. Et, au deuxième alinéa de l'article 15, on dit
comment on calcule s'il y a
ou non un excédent d'actif, de sorte que le deuxième alinéa pourrait être un
article
en soi, et on dit : L'excédent
d'actif, on le calcule de telle façon pour le service postérieur, c'est la
première idée du deuxième alinéa, puis,
pour le service antérieur, on le calcule de telle autre façon, c'est la
deuxième idée du deuxième alinéa. Alors, on aurait pu prendre le deuxième alinéa puis en faire un
article distinct qui ne sert qu'au calcul. Il exprime une idée différente qui
pourrait être totalement autonome. C'est peut-être de là que vient la
confusion.
M. Leclair :
Oui, sûrement. Bien, c'est parce que je ne le comprends pas encore, parce que,
si je calcule un excédent, que je le calcule
avant ou après, il reste un excédent, puis là où est-ce que je vous rejoins,
c'est à l'article 16...
M. Moreau : ...comme dans le
calcul.
M. Leclair : ...où on dit comment on va utiliser l'excédent.
Là, je comprends, si on veut le baliser, mais là, ici, pour le calcul, j'ai un petit peu de misère avec
ce bout-là, là, mais... Je ne savais pas que c'est problématique, là, mais...
Moreau : Oui. Non,
bien, c'est ça. C'est parce que, depuis le début de... on fait une différence. La
loi est ainsi faite qu'on fait toujours
une distinction entre le service postérieur puis le service antérieur. Vous
êtes d'accord avec ça?
Moreau : Alors, le
deuxième alinéa, il vous dit : L'excédent d'actif va être différent selon
qu'on s'adresse au service postérieur
ou au service antérieur. Alors, la première idée, c'est : «L'excédent
d'actif représente, à l'égard du service postérieur au
31 décembre[...], la différence entre l'actif du régime et la somme de son
passif et du montant correspondant à la valeur que doit atteindre le fonds de
stabilisation...» Ça, c'est pour le service postérieur.
Pour
le service antérieur, c'est quoi, l'excédent d'actif? C'est la différence entre
l'actif du régime et la somme de son
passif et de la provision pour écarts défavorables parce que
la provision pour écarts défavorables ne s'applique qu'au service
antérieur. Alors, c'est deux calculs différents, O.K.?
On aurait pu dire
aussi, dans l'architecture du texte : L'excédent d'actif représente, un, à
l'égard du service postérieur, blablabla; deux, à l'égard du service antérieur,
blablabla, mais là on l'a fait dans un texte attaché.
M. Leclair :
Merci de l'explication.
M. Moreau :
C'est bon?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : O.K.
Moi, je vais... il y a encore une certaine confusion, quant à moi, puis peut-être
que ça vient de moi. Dans le deuxième alinéa, là...
M. Moreau :
...une confusion autogénérée.
Marceau : Non, non. Peut-être
que c'est moi, le problème, mais peut-être que l'article n'est pas clair. Ça, c'est
deux possibilités. On verra.
Dans le deuxième
alinéa, on parle des excédents d'actif, et c'est...
M. Moreau :
Du calcul de l'excédent d'actif.
Marceau : ...et il y a, évidemment, le service antérieur... pardon, postérieur au 31 décembre 2013
puis antérieur au 1er janvier
2014. Évidemment, dans les excédents d'actif qui sont antérieurs au
1er janvier 2014, il y a une
partie qui est attribuable aux participants actifs puis il y a
une
partie qui est attribuable aux retraités. Dans le cas du postérieur, on
parle strictement des actifs.
que je ne comprends pas, puis peut-être que vous allez pouvoir me l'expliquer,
c'est : Est-ce que ça sous-entend que les excédents, là, qu'on pourrait mesurer pour le service antérieur
pourraient être utilisés, d'une manière ou d'une autre, enfin, au bon vouloir du comité de retraite, pour les retraités
puis pour les participants actifs? Parce
que, dans le fond, pour les antérieurs, on peut bonifier...
Pardon,
je vais y aller clairement, là. Dans le cas de... S'il y avait un excédent
d'actif correspondant au service antérieur, on pourrait bonifier, tel
que prévu, en 2015‑2016, puis on pourrait bonifier pour les actifs, puis on
pourrait aussi bonifier pour les retraités.
On sait qu'on peut ajouter de l'indexation, en vertu du troisième alinéa de
l'article 12, pour les
retraités, puis on sait qu'on peut apporter des améliorations en vertu de 16
pour les participants actifs. Alors, ma question, c'est : Comment est-ce
qu'on découpe ça?
M. Moreau :
C'est 16 qui le découpe. Alors, 16 dit : Les excédents d'actif du régime
doivent être affectés en priorité au
rétablissement de l'indexation des rentes des retraités à l'égard du service
antérieur. Puis après ça, là, quand on a comblé ça, là vous avez trois
possibilités.
Marceau : O.K.,
c'est parfait. C'est la réponse que j'espérais. C'est parfait, c'est clair.
Mais, dans ce cas-là, dans ce cas-là, est-ce que...
M. Moreau :
O.K. C'est parce que je vous ai donné la réponse sur la base du texte...
M. Marceau :
De l'ancienne version.
M. Moreau :
Non, non, non, sur la base de la version amendée en octobre, qu'on va
repréciser davantage...
M. Marceau : Réamender, O.K.
M. Moreau : Alors, quand je vous ai dit... c'est vrai, là, ça
ne change pas ce que je vous ai dit, mais il y a plus que trois
éléments suite au rétablissement de l'indexation des rentes des retraités.
Marceau : O.K., je
comprends. Ce que je ne comprends pas, c'est que le surplus, là, la... En fait,
ce que je comprends mal, c'est le troisième alinéa, là, c'est qu'on me
dise que les montants...
M. Moreau :
Le montant comptabilisé dans la réserve?
Marceau : ...qui sont
comptabilisés dans la réserve ne soient pas pris en compte dans le calcul, là, pour que ça ne puisse pas être utilisé pour les retraités. C'est un argument qui
a du sens si, dans 16, effectivement, on vient dire : On va se
servir des retraités en premier.
M. Moreau :
C'est exactement ce qu'on vient dire.
Marceau : Ça, ça a du sens. Bon. Maintenant, ça a du sens... en
tout cas, disons, il y a une certaine logique, là, on pourrait avoir une
autre logique, mais la question, c'est pour les actifs. S'il y a un surplus
au-delà du montant d'indexation, moi, je trouve que ça devrait rentrer dans le
calcul.
O.K.,
disons qu'il y a un excédent d'actif, puis on... O.K., je recommence ça, je
vais recommencer tranquillement. On
a, au premier alinéa de 10, un surplus qui découle de l'abolition de
l'indexation, O.K.? Il en reste un gros montant. De ce gros montant là, il y en a une
partie qui peut
permettre de rétablir... il est tellement gros, là, que ça permet de rétablir
l'indexation des retraités, puis il en reste encore. Puis là vous me
dites : On ne le calcule pas... on ne l'inclut pas dans l'excédent d'actif. Moi, je trouve ça bizarre
parce que c'est de l'argent qui appartient aux actifs puis qui pourrait être
utilisé pour eux-mêmes.
O.K., imaginez, là,
on recommence, on a un gros, gros... mettons, il y a magot, là, la...
M. Moreau :
Oui, oui, oui. Vous dites : À 10, là, il y a un gros motton.
Marceau : Il y a un gros motton, puis le gros motton permet à
la fois de couvrir le 50 % qui est leur part des déficits pour les participants actifs, permet
aussi de couvrir le rétablissement de l'indexation. Là, vous me dites : Ça
se pourrait qu'on ne paie pas les
actifs, c'est-à-dire qu'on ne leur permette pas de bonifier leur régime en
n'incluant pas la part de surplus de...
Bien, c'est ça que ça dit, là, le troisième, ce n'est pas inclus dans le calcul
d'excédent actif. Ça va payer moins souvent, autrement dit. Voulez-vous
que je vous fasse un exemple chiffré ou c'était clair?
M. Moreau :
Alors, allez-y.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : Bien, M. le Président, l'objectif qu'on a, c'est de...
et justement, au contraire de ce que vous évoquez, M. le ministre, c'est de mettre à l'abri les sommes parce que,
si je ne mets pas cette protection-là, ils deviennent en excédent de
catégorie générale...
M. Marceau :
Ça, je comprends.
Jean (Denys) : ...puis là ils peuvent être utilisés à n'importe
quelles fins, sauf à ceux des actifs. C'est pour ça qu'on met ça, qu'on
met cette exception-là.
Marceau : Non, mais il y a deux affaires, là. O.K. Il y a quand
on paie puis il y a avec quoi qu'on paie. Le quand on paie... Autrement dit, avec ça, là, vous restreignez la
fréquence à laquelle on va payer... à laquelle on va permettre des
améliorations.
Jean (Denys) : Au contraire, parce qu'en excluant ces sommes-là des
excédents d'actif, ils peuvent les utiliser tout de suite, ils n'ont pas
besoin d'attendre le test de 16 pour savoir s'il y a des surplus ou pas.
M. Marceau :
O.K., bien, peut-être que votre 16 va...
Jean (Denys) : Parce que — excusez, M. le Président — 16, ça présuppose qu'il y a des surplus.
Donc, s'il n'y a pas de surplus, il
n'y a rien à faire avec 16, comprenez-vous? Alors, si je prends la somme de 10,
puis je le mets dans le compte général,
puis qu'il est fondu dans les surplus et les déficits, cette somme-là risque de
disparaître; gros magot, petit magot.
Tandis que, là, je la mets comme à part, puis ils peuvent l'utiliser tout de
suite en appliquant la clause de 10, soit des indexations ad hoc ou
d'autres fins.
Marceau : C'est-u envisageable qu'on voie la rédaction de 16
modifiée avant de passer... simplement pendant l'heure du dîner, je...
M. Moreau : Oui, oui, oui.
M. Jean (Denys) :
On peut la déposer.
M. Marceau : Puis ça
permettrait de mieux comprendre, là.
M. Moreau : Bien,
c'est-à-dire qu'il y en a une autre en plus de celle-là. Oui, oui, oui...
Le Président (M. Auger) : Oui, on
peut distribuer.
M. Marceau :
Parce que moi, je suis désolé, mais je ne suis pas... Je veux dire... Il
faudrait peut-être qu'on me le réexplique mieux.
M. Jean (Denys) : Pour me rendre à
16, il faut que j'aie un excédent.
M. Marceau : Ça, je
comprends.
M. Jean
(Denys) : Et là, si je mets ces sommes-là dans le compte général de
l'actif, je risque de le perdre en déficit ou encore en financement, par exemple, de la provision pour écarts
défavorables, puis il ne sert pas aux fins prévues qu'on s'est dit à 10.
Comprenez-vous?
M. Marceau :
O.K., mais là vous me parlez de l'usage de l'excédent du premier alinéa de 10.
Moi, je vous parle de la fréquence à laquelle on va pouvoir faire une
amélioration, parce que 15, il nous dit : Quand on peut faire une amélioration, puis vous, vous me parlez de
qu'est-ce qu'on peut faire avec l'argent qui découle du premier alinéa de 10.
Je comprends votre point, là, sur le... Dans le premier alinéa de 10, on
a de l'argent...
M. Jean
(Denys) : O.K., je comprends ce que vous voulez dire, dans le sens que
vous dites :
L'article... Excusez-moi, M. le ministre.
M. Moreau : Non, non,
allez-y.
M. Jean
(Denys) : Vous dites :
L'article limite l'utilisation de la
réserve à 10 pour financer une amélioration. C'est ça que vous
sous-entendez?
Le Président (M. Auger) : Bien,
messieurs, nous allons poursuivre cet après-midi.
M. Moreau : C'est ce qu'on
saura...
Le Président (M. Auger) : ...un peu
plus tard.
Donc, compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux de la commission jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13
heures)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux sur l'amendement à l'article 15. Est-ce qu'il y a des
interventions?
M. Moreau :
Oui, M. le Président. On s'était engagés à faire des exemples chiffrés au
député de Rousseau. On me dit que ce
n'est pas tout à fait prêt, on va pouvoir y aller un peu plus tard, mais on
travaille ardemment sur la chose. Alors, je ne sais pas s'il y a d'autres
questions sur l'article 15. On pourrait mettre la demande du député de Rousseau
entre parenthèses. Lui-même nous suggérait
de prendre avantage de la pause pour peaufiner quelques questions, alors, s'il
y en a d'autres, on pourrait y passer tout de suite puis revenir plus
tard sur les exemples qu'il nous avait demandés.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. En fait, une première question très simple : On a cru bon séparer,
dans le projet de loi, ce qui concerne
le service antérieur au 1er janvier 2014 puis ce qui concerne le service
postérieur au 31 décembre 2013. Maintenant,
s'il se dégage des excédents d'actif, j'imagine qu'il va y avoir une
comptabilité qui va être tenue de la part de ces excédents d'actif qui revient aux participants actifs puis de la
part qui revient aux retraités. Est-ce que j'ai tort de penser ça?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Moreau : M. le Président, ce sera le service passé et le
service futur. C'est ce qu'on dit depuis le... bien, en fait, oui, c'est
ce qu'on dit depuis le début, là, c'est l'architecture du projet de loi.
M. Marceau : Non, vous n'avez
pas compris ce que je veux dire.
M. Moreau : Ah! peut-être.
M. Marceau : Je m'excuse, je
n'ai peut-être pas été aussi clair...
M. Moreau : Vous étiez en
réflexion depuis un certain nombre de minutes.
M. Marceau :
Disons qu'il y avait des déficits, là, puis ce n'est pas tout... O.K., disons
qu'il y avait des déficits, on a donc
aboli l'indexation automatique du côté des participants actifs, puis disons que
ça représentait... ce n'est pas bien grave
que ça représente plus ou moins que 50 %, mais disons qu'il y avait des
déficits. Il y a eu abolition de l'indexation automatique pour les participants actifs. En vertu de l'article 12,
premier alinéa, on a aussi suspendu l'indexation de la rente des retraités — mettons que ce n'était pas une
possibilité — bon,
puis là ça, ça a été fait en 2017, mettons, là. Puis là, par la suite, il y a une embellie sur les marchés
financiers, là, des rendements spectaculaires, et puis le régime qui était
dans une situation de déficit passe à une
situation d'excédent d'actif, O.K., pour des raisons qui ont à voir avec une
embellie sur les marchés financiers.
Il y avait des déficits évidemment qui étaient pour le service antérieur,
auparavant, antérieur au 1er janvier
2014. Là-dedans, il y avait des déficits qui appartenaient aux retraités, il y
avait des déficits qui appartenaient aux
participants actifs. Là, il y a des excédents d'actif qui se manifestent parce
qu'il y a une embellie. La part de l'excédent d'actif, est-ce qu'elle est
attribuée à un groupe puis à l'autre?
Le Président (M. Auger) : M. Jean?
M. Moreau : Oui, allez-y.
M. Jean
(Denys) : M. le député, M. le Président, on gère les excédents en
fonction du service passé et du service actif puis, dans le service passé, on distingue l'utilisation des
excédents pour les retraités et les actifs, parce qu'un actif peut avoir
du passé puis du futur, là.
M. Marceau : O.K., vous
conservez la trace de l'utilisation qui en est faite mais pas l'origine de, si
on veut.
M. Jean
(Denys) : Bien, l'origine, il est relativement facile à trouver, parce
que, dans le fond, les fameux rendements dont vous parlez, là, ils
viennent de l'actif placé.
M. Marceau :
Moi, selon moi, c'est faisable de le garder. Parce que, dans le fond, la
question que ça pose, c'est : Est-ce
qu'on peut utiliser un excédent d'actif qui, par exemple, proviendrait des
placements des actifs des retraités pour bonifier, à l'aide de cet
excédent d'actif, des dispositions du régime des actifs?
Le Président (M. Auger) : Oui?
M. Jean (Denys) : Oui, dans la
mesure où... Oui, M. le Président. Oui, dans la...
M. Marceau : Dans la mesure
où on a passé par...
M. Jean
(Denys) : Oui, dans la mesure où on a rétabli la rente des retraités
tel que prévu à la loi — puis c'est la priorité — qu'on a financé notre provision pour écarts
défavorables, il serait possible, hein, ensuite, de profiter des excédents
d'actif imputables aux actifs du service
passé, dans le fond — c'est ça
que vous dites? — il
serait possible de jouer avec ces...
M. Marceau : Donc, dans les deux cas, ça peut... dans la mesure où on remplit les obligations requises dans un sens ou dans l'autre.
M. Jean (Denys) : C'est ça.
M. Marceau : O.K. Ça, c'est le comment on peut utiliser les
excédents. Puis, dans le fond, vous me dites : La recette est déjà prévue. O.K., ça,
ça me va. Dans la mesure où la recette est déjà prévue, le 15, là, lui,
il prévoit... Parce que le 16,
il prévoit le comment on peut utiliser les excédents d'actif. Le 15, il prévoit
quand on peut les utiliser.
M. Moreau : ...plus le
calcul.
M. Marceau : Plus le... oui.
Puis le calcul, il mesure c'est quoi, la...
M. Jean (Denys) : M. le Président...
Marceau : Excusez-moi. Oui?
M. Jean
(Denys) : ...le 15 vient préciser qu'est-ce que c'est qu'un excédent
d'actif, dans le fond.
M. Marceau :
Oui. Bien... O.K.
Une voix :
Bien, à comment l'évaluer.
Marceau : O.K., ça
revient à la même chose parce
que c'est quand l'excédent d'actif
existe qu'il y a moyen d'en
disposer. Ça fait qu'on s'entend, on
dit la même affaire. O.K. Alors, pour moi, c'est le quand puis le qu'est-ce,
là. Est-ce que ça existe? C'est la
même chose que dire : Quand on peut effectivement utiliser ça. On s'entend
pour dire que le quand... Vous n'êtes pas d'accord, M. le ministre?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
...ce rythme... Non, non, mais je ne veux pas interrompre votre...
M. Marceau :
Allez-y, allez-y.
M. Moreau :
Non, non, je ne veux pas...
M. Marceau :
On pourrait être tatillons puis dire : Ça pourrait exister puis on
pourrait avoir une séquence d'événements qui prévoit l'utilisation d'excédents
d'actif. Ça, j'en conviens aussi.
M. Moreau :
Non, bien, je ne veux pas vous interrompre, mais, en rédaction législative,
c'est... Je suis votre raisonnement, là, qui
est un raisonnement économique; moi, j'ai un raisonnement qui est juridique.
Des fois, il y a des conflits entre l'un et l'autre.
M. Marceau :
...l'économie peut l'emporter, vous le savez.
M. Moreau :
Mais malheureusement ce n'est pas le cas puisque l'économie passe par la
rédaction des lois.
M. Marceau :
Vous avez raison. Vous avez raison.
M. Moreau :
Et c'est pour ça que les avocats ont toujours raison en dernière analyse.
M. Marceau :
Ça dépend des fois.
M. Moreau :
Non, ils ont toujours raison.
M. Marceau :
Non, mais je comprends ce que vous dites, là. Dans le fond, le 15, il établit
l'existence ou non d'excédents d'actif et
puis cette existence permet éventuellement d'en disposer. Bon. Cette existence,
dans le 15, dans le fond, la rend
plus ou moins probable, plus ou moins fréquente par le degré de sévérité puis
de conservatisme qu'on utilise pour définir ce que c'est qu'un excédent
d'actif. Bon.
Alors,
moi, je reviens au troisième alinéa. Comme le disait le collègue de Blainville
puis comme j'en avais parlé hier, je
pense, là, ce que je comprends, c'est que, dans le troisième alinéa, dans la
mesure de l'existence d'un excédent, on ne tient pas compte de ce qui pourrait être en surplus du 50 %... bon,
enfin, du surplus qui découle de l'abolition de l'indexation lorsque
cette abolition d'indexation représente plus que 50 % des déficits qui
sont imputables aux participants actifs.
Alors,
je vais vous reposer la question, parce qu'on avait l'argument qu'il ne fallait
pas que ça serve aux retraités. Mais,
en même temps, les excédents d'actif peuvent servir aux retraités, on vient
d'en parler, là, dans la première
partie de la discussion. Alors, je ne suis pas parfaitement au clair sur cette
disposition. Vous comprenez? J'ai demandé, au départ... Dans le fond, il y a un excédent d'actif, on
serait capables de tenir la comptabilité exacte d'où proviennent les excédents
d'actif, mais on a convenu — puis, moi, je suis bien raisonnable, là,
puis je suis bien d'accord avec ça — de dire que, s'il y a des excédents d'actif, en premier, dans le 16, on rétablit l'indexation
pour les retraités quand on l'a suspendue. Puis après ça on va passer à d'autres améliorations qui pourraient être
au bénéfice des participants actifs. Moi, ça, ça me va, là.
Puis
là, dans le 15, c'est comme si on disait : On fait ça, mais pas au
complet, parce qu'on ne voudrait pas que les suppléments qui provenaient...
bon, pas les suppléments, mais l'espèce de surplus au-delà du 50 %, là, du
premier alinéa — 10 — que
ça, par exemple, on ne voudrait pas. Peut-être me réexpliquer ce bout-là, là.
Moreau : Puis-je résumer votre pensée en disant que, selon
vous, le dernier alinéa de l'article 15 serait une limitation à la
latitude que l'on confère à l'article 10?
M. Marceau :
Excusez-moi, là. Je n'écoutais pas, puis j'ai été perturbé... non,
involontairement, là, mais...
Président (M. Auger) : Je visais le député de Rousseau, qu'il y avait
encore 30, 40 secondes à sa disposition sur l'amendement.
M. Moreau :
Ah! Alors, je vais répéter : Est-ce que je résume votre pensée en disant
que, selon vous, le dernier alinéa de
15, où on dit : «Le montant comptabilisé dans la réserve en application du
premier alinéa de l'article 10 n'est pas
pris en compte dans [le] calcul de [l'exercice] d'actif prévu au deuxième
alinéa» constituerait une limitation à la liberté que l'on reconnaît au
premier alinéa de l'article 10? Est-ce que c'est ça, votre raisonnement?
M. Marceau :
Non, c'est simplement qu'il rend moins fréquentes les situations où on va
rétablir l'indexation des retraités. En gros, c'est ça.
Le Président (M. Auger) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Bien, je pense que le député a raison, parce
qu'effectivement il y a une somme qui est comme détournée du calcul de
l'excédent d'actif, à l'évidence. Cette somme-là, c'est le solde du 50 %
indexation qui a servi. Maintenant, à
l'article 10, on dit que cette somme-là est mise en réserve puis elle est
utilisée soit pour rétablir l'indexation ad hoc ou encore à des fins autres décidées par les parties. Alors, si
on ne met pas le dernier alinéa de 10, à ce moment-là...
M. Jean
(Denys) : ...de 15 plutôt, à ce moment-là, le dispositif d'utilisation
de ces sommes-là qui est prévu à 10 devient
comme caduc, là. Comprenez-vous ce que je veux dire? Ils vont tomber dans les
grands excédents puis ils vont servir
à... sans que les parties disent un mot et sans que la priorité à l'indexation
ad hoc soit respectée. Vous comprenez ce que je...
M. Marceau :
En 10 secondes, c'est toujours le cas, de toute manière, puisque la priorité,
c'est le rétablissement de l'indexation des retraités, de toute manière.
M. Jean (Denys) : Sauf pour cette
somme-là, parce qu'elle n'est pas dans les excédents d'actif, M. le député.
M. Marceau : O.K. Donc, elle
n'est pas prévue en 16.
M. Marceau : Ah! je viens de
comprendre. Excusez-moi.
M. Jean (Denys) : Elle n'est pas
dans les excédents d'actif.
M. Marceau :
Puis c'est prévu où, la somme dégagée pour les actifs en 10, premier alinéa, où
on la distribue, elle?
M. Jean (Denys) : En 10, premier
alinéa, c'est eux autres qui vont dire quoi faire avec.
M. Marceau : O.K. Vous, il
est autosuffisant, le 10, premier alinéa.
M. Jean (Denys) : Oui, il est
autosuffisant, il est autonome.
M. Moreau : En 10, premier
alinéa, on leur donne toute la latitude.
M. Marceau : O.K.!
Excusez-moi. J'étais certain que... Je viens de comprendre la logique, là, O.K.
Excusez. M. le Président...
M. Moreau : On accepte vos
excuses.
M. Marceau : Non, il n'y a
pas de problème.
Le Président (M. Auger) : Une
vingtaine de secondes.
M. Marceau : J'ai un petit
point d'ordre très simple puis c'est sur votre... c'est justement sur le 20
secondes, M. le Président. Il y a trois...
Le Président (M. Auger) : Vous n'en
avez pas assez?
Le Président (M. Auger) : Vous n'en
avez pas assez de 20 secondes?
Marceau : Je n'ai pas compris.
Le Président (M.
Auger) : Non, non, je vous laisse continuer. Allez-y.
Marceau : Non, mais c'est simplement que l'amendement, il comporte
trois paragraphes... deux alinéas. En tout cas, on aurait pu convenir...
On avait parlé...
Président (M. Auger) : On en a parlé ce matin. Là, on est sur
l'amendement. Lorsqu'on reviendra à l'article, on pourra y aller
paragraphe par paragraphe, alinéa par alinéa, comme suggéré ce matin. Mais là,
sur l'amendement comme tel, c'est 20 minutes par...
M. Moreau :
...Ah! là, vous êtes en train de faire la leçon au président.
Marceau : Mais là je ne veux pas prendre votre place, là, mais
je vais vous poser une question, tout simplement.
Une voix :
Ça s'en vient!
Le Président (M.
Auger) : Ça s'en vient, M. le député de Rousseau.
M. Moreau :
Oui, oui. C'est son petit travers, ça.
Le Président (M.
Auger) : Ça s'en vient, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Non, non, non! Je vais vous poser... C'est une question...
Président (M. Auger) : Ça s'en vient, M. le député. Vous allez vivre
une expérience, d'après moi, cet après-midi.
M. Marceau :
...une question, M. le Président. L'étude...
Une voix :
...son temps est écoulé, M. le Président.
M. Marceau :
Non, non, là, je suis dans un point d'ordre, là.
Le Président (M.
Auger) : Non, mais c'est une question de règlement, là, je ne sais pas
trop, là.
Marceau : Oui, c'est une question de règlement. Comme
l'amendement comporte plusieurs paragraphes et alinéas, est-ce qu'il n'y
a pas lieu d'avoir des...
Moreau : Mais vous n'avez aucune idée de la longueur du temps
que vous avez pris depuis que vous vous interrogez...
Marceau : Ah non! Mais ça, ce n'est pas parce que je veux
prendre du temps, c'est parce que je veux finir mon interrogatoire!
M. Moreau :
...depuis que vous vous interrogez...
Président (M. Auger) : Je vais y aller avec l'article, précisément,
là, l'article 245. C'est vraiment... le temps de parole de 20 minutes,
c'est pour chaque amendement.
M. Leclair :
On va avoir d'autre temps.
Le Président (M.
Auger) : Donc, l'amendement, c'est 20 minutes.
Marceau : O.K. Bon, bien, je reviendrai dans l'amendement
sous-amendé, il n'y a pas de problème. J'aurai d'autres questions.
Le Président (M.
Auger) : Oui, c'est sûr...
Moreau : C'est en vertu de l'article 81, vous ne pouvez pas
remettre en question une décision de la présidence.
Le Président (M.
Auger) : Ça, c'est clair. C'est clair. Par contre...
Moreau : Et l'article 79 ne vous permet pas non plus... vous
oblige à répondre à la question, mais vous ne pouvez pas juger de la
pertinence de la réponse.
Le Président (M. Auger) : Par contre...
M. Moreau : Et, en vertu de
l'article 35, vous ne pouvez pas non plus poser les propos incorrects à
votre...
M. Moreau : Et, à l'article
32...
M. Moreau :
Et, à l'article 32, vous pouvez faire un rappel au décorum. Bien, alors là,
d'après moi, on a couvert le...
Le Président (M. Auger) : On a
couvert pas mal tout ce qui peut se passer.
M. Moreau : Ah! oui, oui,
oui, il se cherche de la job...
Une voix : Vous avez déjà vu
ça, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : Par contre... Absolument,
je peux lui répéter, mais pas dans l'ordre.
Le Président (M. Auger) : Par contre,
par consentement, on peut tout faire. Je vous dis ça comme ça.
M. Leclair : Et voilà.
M. Moreau : Ce qui vient
abroger tout ce qu'on a dit précédemment.
Des voix : Ha, ha, ha!
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y, en attendant, d'autres
interventions concernant l'amendement à l'article 15?
Therrien : Juste
une très... S'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
député de Sanguinet. C'est un plaisir.
Therrien : Merci.
Écoutez, je suis désolé, j'ai été absent un petit bout, là, ça fait que...
M. Marceau : Quel article, M.
le ministre? C'est quel article, M. le ministre?
Therrien :
Oui, je suis désolé, mais, bon, j'avais d'autres chats à fouetter. Alors, je ne
sais pas si la question à été posée,
je vais revenir là-dessus... Puis je ne sais pas à quel point votre exemple, M.
Jean, va nous permettre de cerner la
réponse, éventuellement, à cette question-là, mais, tu sais, quand on parle de
terminaison de régime, là, puis on utilise la solvabilité, là on utilise la solvabilité ou la capitalisation pour
évaluer, là, le rajout qu'on va faire pour calculer le coût exact... bien, en tout cas, le coût de façon
pessimiste, parce qu'on prend le coût le plus grand, là, je pense que la source
de ça, c'était dans l'article 132 de la loi... C'est de là que vous avez
pris ça, là. Donc, ce n'est pas un cas exceptionnel.
Therrien : Vous
n'avez rien inventé, vous dites.
M. Moreau : Mais on l'ajoute...
Therrien :
Il y a beaucoup d'inventions dans ce... Bien, bon, c'est pour ça que vous
n'avez rien inventé. Je vous le
demande parce qu'il y a des choses que vous avez inventées là-dedans, mais...
O.K., donc, ça fait que ce n'est pas quelque chose d'inhabituel, là. C'est sûr que
c'est... Moi, quand j'ai vu ça, ça m'a surpris, surtout qu'on prend le plus
faible des deux... bien, en tout cas, le
coût le plus élevé des deux, c'est... Bien, si vous me dites que vous avez pris
ça par expérience de ce qui se faisait antérieurement, c'est...
Therrien :
Oui, écoutez, je n'irai pas me battre dans les autobus pour ça.
Le Président (M.
Auger) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'amendement, je vais le mettre aux voix. Est-ce l'amendement...
Wo! M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Non, je ne peux pas parler.
Therrien :
Je ne peux pas parler de lui...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
On peut-u suspendre...
Des voix :
Ha, ha, ha!
Therrien :
Non, bien, c'est que je viens de comprendre. Bon, excusez-moi, bon.
Une voix :
On recommence.
M. Moreau :
Mais vous pouvez parler sur l'article amendé, là.
Le Président (M.
Auger) : Oui.
M. Moreau :
Votez l'amendement, vous parlerez sur l'article amendé.
Therrien : Non, mais regardez, on peut-u attendre de voir
l'exemple? C'est un peu... Vous l'avez, l'exemple?
Therrien :
Ah! le petit coquin.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce que ça suffit verbalement ou...
Therrien :
Bien, on ne peut pas le... Parce que ce n'est pas bien écrit, c'est ça?
M. Moreau :
C'est très bien écrit.
Therrien :
Il y a des fautes d'orthographe?
Le Président (M.
Auger) : Donc, vous allez faire une...
Therrien :
C'est juste parce que j'aimerais voir...
Le Président (M.
Auger) : Juste un instant. Je comprends, vous faites des copies pour
vos collègues?
M. Moreau :
D'une note manuscrite.
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 28)
Président (M. Auger) : Donc,
nous reprenons nos travaux. Le document a été distribué à des fins simplement pour permettre...
Président (M. Auger) : C'est
ça, pour permettre à nos collègues de bien comprendre l'exemple de M. Jean.
Donc, M. le député de Sanguinet, je crois.
Therrien : Oui, merci,
M. le Président. Bien, tout simplement, j'aimerais que M. Jean nous fasse la leçon.
Therrien : Oui, on va être studieux, on va essayer de
suivre. Évidemment, il
faudrait presque qu'on soit des pattes de mouchologue, mais, en tout
cas, on va essayer...
Moreau : Question de règlement. Ça, je trouve que c'est des
propos blessants, compte tenu de l'effort qui a été fait.
Une voix : Mais le problème,
c'est que...
M. Moreau : Eh bien, ça ne
s'applique pas à M. Jean. On peut être blessant envers M. Jean?
Des voix : Ha, ha, ha!
Une voix : Vous allez en
manger une bonne...
M. Moreau : Non, mais je vais
m'objecter avec véhémence...
Le Président (M. Auger) : Non, en
fait, le règlement dit : Qui que ce soit, donc...
M. Moreau : Ah, O.K. Vous
êtes corrects, vous êtes qui que ce soit. Non, c'est bon.
Le Président (M. Auger) : Mais, M.
Jean, la parole est à vous.
M. Moreau : ...entrez dans la
définition du qui que ce soit. C'est tough en titi, ça. Il dit : Je finis
ma semaine comme ça.
M. Jean (Denys) : Bien, merci, M. le
Président. Donc, écoutez, c'est des notes personnelles, alors il y a des raccourcis. Donc, on prend le premier cas. On a un
régime de retraite qui a une formule de rente carrière. Vous comprenez ça, on a une formule de rente carrière? C'est une
formule de rente carrière qui n'indexe pas le salaire. À un moment donné,
il y a une décision qui est prise de marcher
salaire indexé sur base annuelle. Ça peut arriver, ça. Alors là, le défi, c'est
d'établir maintenant la valeur de cette amélioration-là au régime.
Sur la base
de la capitalisation, étant donné la perspective de temps, on va considérer
l'ensemble du coût de cette indexation
annuelle du salaire carrière pour éventuellement établir la rente de retraite.
Donc, ça a un effet direct sur le passif. Donc, il y a un coût important
en termes de capitalisation.
Sur base de
solvabilité, comme vous le savez, la solvabilité, c'est un test de fermeture de
régime. Donc, ça veut dire qu'à la date... au moment où vous faites
l'évaluation actuarielle, vous considérez les retraités, et vous considérez l'engagement que vous avez pris envers les
retraités, et vous considérez les actifs comme quittant l'emploi et ce que
vous leur devez à ce moment-là.
L'amélioration, dans ce cas-là, n'a aucun effet financier puisque vous faites
le test de fermeture. Vous ne la livrerez jamais, cette amélioration-là,
en définitive. Donc, dans ce cas de figure là, le coût en capitalisation est plus élevé que le coût en
solvabilité pour les raisons que je viens de vous expliquer. Si vous prenez un autre cas maintenant,
vous avez un...
M. Moreau : ...parce que vous
ne livrerez jamais...
M. Jean (Denys) : Bien oui, ce qu'on fait en caisse de fermeture,
on ne l'emploie pas. L'amélioration n'est pas entrée en vigueur.
M. Moreau : O.K. O.K.
Parfait.
M. Jean
(Denys) : Là, vous faites un
autre cas de figure. Mettons, vous avez un régime qui n'a aucune... dont
la date de départ à la retraite est 65 ans,
puis il n'y a aucune autre mécanique, si vous partez avant 65
ans, vous avez une rente différée qui
est versée à 65 ans, ainsi de suite. À un moment donné, il décide de dire :
Bien, on va changer ça, on va mettre 62 ans. Ça
veut dire que, si tu pars à 50 ans, au lieu de te verser ta rente à 65, on va
te la verser à 62. C'est ça, l'amélioration qui est décidée.
capitalisation, ces trois ans-là n'ont pas d'effet parce que,
dans le fond, les hypothèses de départ peuvent être assez généreuses pour combler... tu sais, on peut toujours
estimer que, même s'il y
a une possibilité de faire payer une
rente à 62 ans, il y en a
qui vont rester, ainsi de suite.
Donc, les hypothèses nous permettent de quasiment avoir un effet nul en capitalisation sur ce trois ans-là, alors qu'au
contraire en solvabilité vous avez des gens, des actifs... mettons que vous
faites le test de fermeture, tous vos actifs
sont là, vous devez bonifier, dans le fond, de trois ans toute la situation du
régime. Donc, la solvabilité, dans ce cas-là, va être plus dispendieuse
que la capitalisation.
Puis,
comme on m'a expliqué sur l'heure du lunch, parce que les... il faut laisser
manger ça, ces petites bêtes là, au dessert, ils m'ont dit : Si tu
étais actuaire, ce serait évident. Parce que j'ai demandé bien des explications
pour bien comprendre, mais c'est exactement les cas de figure possibles, puis
là, entre ça, il y a toutes sortes de variantes, là.
M. Moreau :
Et, malgré tout, il faut digérer.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Les
variantes, c'est-u important, tu sais, les variations qu'il peut avoir entre la
capitalisation puis la solvabilité
dans des cas comme ça? C'est des cas un peu extrêmes, là, mais, généralement, là, ça peut-u jouer, mettons, à 2 %, 3 %, 4 % de
capitalisation?
Jean (Denys) : Tous les cas
de figure sont possibles, M. le
député, parce que,
si vous faites des améliorations variables
qui rentrent dans le temps, tu sais, je veux dire, ça devient d'une complexité,
les cas de figure sont innombrables. Là,
on a essayé de vous mettre à peu près deux cas vraiment extrêmes, là, parce que, dans un cas, la
solvabilité est à effet nul, il y a effet nul sur la solvabilité; dans l'autre, c'est
la capitalisation qui a effet nul, mais, entre ça, il va y avoir toutes sortes
de cas de figure, là.
Therrien : Moi, la
seule chose... Là, dites-moi si je me trompe, là, mais, pour commencer à bonifier
le régime, il faut que tu sois
capitalisé à 100 %, il faut que
tu aies ton fonds de stabilisation bien couvert, et donc tu arrives avec les
excédents, puis c'est à ce moment-là que tu
es capable de bonifier. C'est sûr que le coût est jugé de façon très, très
pessimiste. Vous ne trouvez pas que...
Therrien : Oui, conservatrice, ce serait peut-être plus
juste comme mot. Vous ne trouvez pas que les gains... surtout parce que
là on parlait, à un moment donné, tu sais, on avait discuté... tu sais, quand
j'avais dit : Est-ce que la rémunération
globale est touchée?, vous disiez : Bien, à long terme, peut-être que non.
En tout cas, vous disiez : À long terme,
non, tu sais, dépendamment comment on négocie. Sauf que, si la bonification des
régimes est serrée comme ça, peut-être que ça va créer un certain frein
à la bonification de régime ou...
Moreau : Bien, en fait, l'idée n'est pas de créer un frein à la
bonification des régimes. L'idée est plutôt de s'assurer que, quand on
procède à la bonification des régimes, on le fait en toute sécurité pour éviter
un impact qui viendrait remettre en question la santé financière du régime
après la restructuration.
Therrien :
Donc, selon vous, c'est une garantie comme quoi la pérennité...
Moreau : Bien, ce que j'expliquais ce matin au député de
Rousseau, là, c'était de dire... en fait, quand on regarde l'article 15, tel que nous suggérons de l'amender,
on garde la même logique dans le premier alinéa, dans le deuxième alinéa.
Dans le premier alinéa, on est conservateurs
sur la façon de calculer la valeur de l'engagement supplémentaire puis, dans le
deuxième alinéa, on est conservateurs sur la façon d'établir l'excédent
d'actif.
En d'autres termes,
on vise un plus petit excédent plutôt qu'un plus grand puis on vise une plus
grande valeur à l'engagement
supplémentaire plutôt qu'une plus petite. Donc, on dit :
Dans l'un et l'autre cas, on garde... on favorise la même approche, qui
est une approche qui vise à sauvegarder la santé du régime.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Pour
l'instant, moi, je n'aurais pas d'autre question. Je ne sais pas si mes collègues
auraient des questions.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? S'il
n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement, je vais le mettre aux voix. Est-ce
que l'amendement est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Donc, nous revenons à l'article 15 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 15 tel qu'amendé?
Le Président (M.
Auger) : Oui, et votre collègue, ce matin, avait demandé à procéder
alinéa par alinéa...
Therrien :
C'est au niveau de la compréhension. Oui, c'est pour la compréhension, surtout.
Le Président (M. Auger) :
Donc, M. le député de Sanguinet. Oui, M. le député de Blainville.
Laframboise : Moi, je veux
bien qu'on passe alinéa par alinéa, mais est-ce que vous donnez 20
minutes à tous les intervenants?
Le Président (M.
Auger) : La réponse est oui. Donc, lorsque la demande est faite...
Laframboise : Moi, je ne suis pas d'accord avec ça, là.
Le Président (M.
Auger) : Dès qu'un député en fait la demande...
Le Président (M.
Auger) : Pardon? Juste un instant. M. le député de Sanguinet, oui.
Therrien : M. le Président, est-ce que vous pouvez juste faire remarquer au député de Blainville
que je n'ai pas pris tout mon temps
pour ce qui précédait? Est-ce que vous pouvez lui dire qu'il me restait 14 minutes,
puis je ne l'ai pas pris, mon temps?
Le Président (M.
Auger) : Bien, en fait, ce que je peux dire...
Therrien :
Ça pourrait peut-être suggérer des...
Président (M. Auger) : Ce
que je peux dire, c'est que, dès qu'un député ait fait la demande de procéder
alinéa par alinéa, oui... et le temps, effectivement, pour chacun des
alinéas, est de 20 minutes. Ça va?
Laframboise : Vous avez eu un député qui en a fait la demande?
Le Président (M.
Auger) : Exactement, ce matin.
Laframboise : C'est bon.
Marceau : Bien, en
fait, ça avait été demandé au début de la commission parlementaire... Je
ne sais pas c'était quand, là.
Président (M. Auger) : Vous
avez une bonne mémoire, M. le député de Rousseau, parce que j'ai le même souvenir.
Therrien :
C'est important, une bonne mémoire, pour devenir président.
Le Président (M.
Auger) : Donc, je comprends qu'il a déjà une étape de franchie, le
député de Rousseau.
Therrien :
Il a tout ce qu'on a besoin pour être un...
Le Président (M.
Auger) : Oh! pas sûr.
Therrien : Écoutez,
non, mais c'est ça, je voulais juste dire que... parce qu'hier je trouvais que,
en tout cas, on s'était promenés pas mal, puis ça
n'avait pas aidé à la compréhension. Alors donc, par rapport au premier alinéa...
Président (M. Auger) : Effectivement. Par exemple, un détail, là, qu'on me souligne : ça va être
important de savoir
sur quel alinéa vous travaillez, si on y va alinéa par alinéa, parce que
le temps doit être calculé en fonction de chacun des alinéas. Vous
comprenez ce que je veux dire?
Therrien : Oui,
oui, oui, absolument. Il n'y a pas de problème, puis moi, en tout cas, j'imagine, je ne sais pas si le ministre est d'accord, on
pourrait y aller en ordre de présentation, là.
Laframboise : Oui, si vous me dites qu'en plus, alinéa par alinéa, on
peut choisir n'importe quel alinéa?
Président (M. Auger) : Bien,
écoutez, s'il veut parler du troisième alinéa, donc son temps va s'appliquer au
troisième alinéa.
Laframboise : Mais, comme président,
vous ne pouvez pas dire : On repasse, on fait l'alinéa un, l'alinéa deux...
Président (M. Auger) : Bien,
ça dépend comment vous voulez le regarder. Moi, je ne déciderai pas pour vous c'est-tu
le deux, le trois ou le un. C'est vous qui allez faire des interventions en
fonction des alinéas, là. Vous comprenez?
Therrien : Bien
oui, mais moi, en tout cas, ce que je proposerais, là, c'est qu'on y aille
avec l'ordre de présentation.
Le Président (M. Auger) : Bien
voilà. Donc, on y va... Ce que j'entends, là...
Le Président (M. Auger) :
Excusez-moi. Ce que j'entends, là, c'est qu'on s'en va à l'article 15, on prend
l'alinéa un puis on traite de l'alinéa un. Il y a 20 minutes par intervention
par intervenant.
Therrien : Puis, si jamais on prend 80 minutes par alinéa,
bien, je pourrai permettre au député de Blainville de nous chicaner.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
ministre.
M. Moreau : Je veux simplement souligner, comme j'étais totalement
à l'extérieur de la conversation que vous venez d'avoir avec les deux partis d'opposition,
toute l'ouverture et la souplesse dont la
partie ministérielle fait preuve,
comme d'ailleurs nous l'avons fait
depuis le début de l'étude de ce projet
de loi là. Non seulement au niveau de l'étude, mais
dans sa rédaction et dans l'ouverture d'esprit que nous manifestons à tout
instant depuis le début de la commission, M. le
Président. Et, comme je n'ai pas
entendu cette appréciation de la part des partis d'opposition, j'ai senti le besoin de le rappeler moi-même.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Moi, je vous dirais, M. le Président, qu'il m'enlève littéralement les mots de la bouche. J'allais justement
y arriver.
M. Moreau : O.K. Le ministre
était impétueux et impatient.
Therrien : Non, mais je dois... Moi, je vous dirais, M. le ministre, et je le dis à tous les gens qui me posent la question, et il y
en a plein, que vous êtes un ministre qui est agréable en commission
parlementaire.
M. Moreau : Est-ce qu'on peut
suspendre quelques instants? «We're living a moment».
Therrien : Voilà,
ça, c'est la première
partie de la technique Châteauguay.
M. Moreau : Puis ça va
«rough» pour le reste.
Therrien :
Non, non, mais c'est vrai, on a le droit de le dire, hein? Oui. Alors donc,
pour... bien, le... on en a parlé
beaucoup. Je laisserais peut-être la parole au député de Beauharnois pour
commencer le dépouillement de cette analyse.
Le Président (M. Auger) : Alinéa un,
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Si vous me donnez deux secondes parce que,
là, j'ai embarqué dans un autre dossier, le temps de me replacer.
Le Président (M. Auger) : Pas
facile.
M. Leclair : Non, non, on
fait deux, trois affaires en même temps. Je suis mêlé dans les deux, trois.
Président (M. Auger) : Donc,
nous sommes rendus à l'article 15, alinéa un. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Sérieusement, je
ne suis pas prêt.
Therrien : O.K.
Bien, écoutez...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Oui. Bien, on en a parlé beaucoup
à travers, là, la discussion qu'on avait eue avec l'amendement, là, qui était proposé par le
ministre et puis c'est pas mal le coeur de l'alinéa un. Bien, je veux dire... bien, le premier alinéa,
Therrien : Oui, j'essaie d'y aller en ordre, là. «Le régime
doit prévoir que tout engagement supplémentaire résultant d'une
modification au régime doit être payé en entier...» Écoutez, on l'a discuté.
«Les
excédents d'actif du régime peuvent être imputés au paiement de cet
engagement.» On l'a fait aussi, on en a discuté largement. C'est un des avantages, justement, d'y aller avec
autant de gentillesse, c'est qu'on peut ratisser plus large puis on
arrive à des moments où est-ce qu'on explique plus que ce que le...
Therrien : Oui, c'est ça. Ça fait que moi, pour l'instant en
tout cas, je n'aurais pas vraiment d'autre question sur cet alinéa-là.
Il va peut-être en venir avec mes collègues, là, mais, pour l'instant...
M. Moreau :
Sur le texte amendé du premier alinéa, vous n'avez plus d'autre question.
Therrien : Bien, non, parce qu'on a parlé beaucoup de
l'alinéa, puis c'est le coeur, là, tu sais, je veux dire, que le régime doit... engagement supplémentaire
résultant d'une modification puis les excédents d'actif. Moi, je pense que, pour l'instant, ça m'irait, mais vu que j'ai
été absent — je peux
le dire — j'ai été
absent tantôt, j'ai peut-être manqué des
subtilités, là, puis c'est pour ça que je vais peut-être permettre à mes
collègues de soulever les subtilités, étant donné que ce sont des gens
subtils.
M. Leclair :
Mais, moi, c'est juste...
M. Moreau :
Mais, si, malgré votre absence, vous avez réussi à avoir la...
Une voix :
Il ne faut pas souligner...
Moreau : Non. C'est vrai. Si, malgré ce que vous venez de
déclarer, vous avez saisi l'élément substantif du premier alinéa, j'imagine que vos collègues, qui,
eux, ont été suspendus à nos lèvres pour les explications, ils ont sûrement
aussi tout compris.
Therrien :
C'est une supposition.
M. Moreau :
C'est vrai. Vous les connaissez plus que moi. Peut-être que je suis
présomptueux.
Président (M. Auger) : Je vais vérifier quand même. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 15 tel qu'amendé? M. le
député de Beauharnois.
Leclair : Moi, je reviendrais juste... Une question
d'information à M. Jean... Ah! là, c'est l'alinéa un? Bien, c'est plus global, c'est sur la méthode de calcul,
quand qu'on disait tantôt... quand on a parlé du sous-amendement, on parlait de... il y avait différentes méthodes
qu'on aurait pu utiliser, puis le ministre, il dit : Bien, même dans le
projet de loi n° 79, on n'avait pas décidé de changer la méthode...
Leclair : Exact, la manière. Puis je voulais juste
savoir : Est-ce que, dans vos manières de fonctionner, d'une manière quinquennale, peut-être qu'il nous faut
cinq ans, vous dites : Est-ce que ça a avantage ou désavantage de changer
de méthode de calcul ou si, d'une manière ou d'une autre...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Oui. Bien, en fait, je comprends très bien la question
du député de Beauharnois, là. Je pense que l'idée... vous étiez là à l'explication. L'idée, c'est de
dire : En 2007, quand la demande a été faite et que l'évaluation, je
dirais, de l'opportunité politique — M. Jean, on pourrait l'exprimer comme
ça — a été
prise, la question ne s'est pas reposée. Ce n'est pas... Vous dites : Est-ce que vous le réévaluez de temps
en temps? La réponse, c'est non. Je pense qu'en 2007 tout le monde s'est
fait à l'idée que la meilleure façon de procéder était celle qui a été
déterminée à ce moment-là.
Leclair : Mais, comme vous dites, M. le ministre, à ce
moment-là... Mais est-ce que ces différences de calcul là ou de méthode
pourraient être plus ou moins avantageuses dans d'autres circonstances?
M. Moreau :
Bien, je vais vous donner un exemple. Ce matin, M. Jean me faisait la... Je
pense qu'il y a quelqu'un qui a fait
le calcul. On évalue aujourd'hui, suivant la méthode actuelle qui est la
méthode de la capitalisation, que les déficits actuariels des régimes de
retraite dans le secteur municipal sont de 3,9 milliards, indépendamment,
là, de la guerre de chiffres, en disant : Non, ce n'est pas
vraiment 3,9, je ne sais pas quoi.
Alors, prenons pour
acquis un instant, là, que le 3,9 est fondé. Si on y allait suivant la méthode
de solvabilité, ce serait de
6,1 milliards. Alors, vous voyez que, quand on regarde ça, l'impact de
changer de méthode amène un résultat qui est complètement différent, là.
M. Leclair :
Puis tantôt vous aviez dit, quand on parlait de ça aussi — puis,
tu sais, je ne comprenais pas trop — on prend comme le pire résultat des deux,
celle qui a le plus grand écart. Je ne me souviens pas trop qu'est-ce que
vous avez sorti. Je ne voyais pas c'était quoi, le sens, là.
M. Moreau :
Bien, parce que, dans le premier alinéa de l'article 15, lorsqu'on examine...
Reprenez les notes manuscrites que vous a
données M. Jean, là, vous allez voir, là, on est dans une situation où on a
deux hypothèses : une suivant l'hypothèse de capitalisation puis
l'autre suivant l'hypothèse de solvabilité. Ce qu'on vous démontre dans le
premier alinéa de l'article 15, c'est qu'on dit : On doit établir la
valeur d'un nouvel engagement au régime.
Exemple
d'un nouvel engagement au régime : on a un départ à la retraite prévu à 65
ans, on prévoit maintenant des
départs à la retraite à 62 ans dans l'exemple, donc il y a une bonification au
régime. C'est une amélioration au sens du premier alinéa de l'article
15. On doit faire le calcul ou l'évaluation de la valeur de cette
amélioration-là suivant les deux approches,
solvabilité et capitalisation, et retenir des deux approches la valeur la plus
élevée, en d'autres termes, ce qui
concrétise que c'est une approche conservatrice en disant : Vu que je dois
la payer tout de suite, alors qu'avant je pouvais l'amortir, vu que je dois la payer tout de suite,
je vais la payer tout de suite à la plus haute valeur. Donc, je protège le régime.
Et, à l'inverse,
lorsque vous avez suivi la ligne de question du député de Rousseau sur le
deuxième alinéa, quand il s'agit d'établir
l'excédent d'actif, j'essaie d'établir l'excédent d'actif le moindre pour
dire : Bien là, je ne prendrai pas pour acquis que j'en ai plus que
ce que j'en ai en réalité. Alors, c'est la même approche conservatrice :
une pour l'évaluation de la bonification, l'autre pour l'évaluation de
l'excédent d'actif.
M. Leclair :
O.K. J'avais resté sur l'impression qu'on prenait le plus élevé, mais, dans le
fond, le plus élevé devenant le plus réel.
M. Moreau :
Exact, le... ou, en fait, celui qui doit être pris en compte pour mieux
protéger le régime.
M. Leclair :
Bon, merci de l'explication, ça...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Écoutez, rapidement, sur le premier alinéa, juste
m'assurer que, quand on fait... Mettons, je suis un employé puis j'aimerais avoir une bonification quelconque, je sais
que mon régime est à peu près pleinement capitalisé, puis, bon, je sens que l'heure est... c'est
correct, là, tu sais, je pense qu'on serait bons d'avoir une amélioration,
selon les sons que j'entends.
fait qu'on demande une évaluation actuarielle et on s'aperçoit, mettons, je ne
sais pas, moi, qu'il nous manque un
montant d'argent quelconque pour s'assurer d'avoir cette bonification-là. Nous,
on peut arriver avec une cotisation supplémentaire au régime, là. Il n'y
a pas de problème, on peut arriver à combler cet écart-là...
M. Moreau :
Par une cotisation spéciale.
Therrien :
O.K. Ça, c'est possible. Puis le plafond, c'était quelque chose de temporaire.
Therrien : Donc, ça veut dire qu'au fur et à mesure qu'on va
négocier dans le futur on est capables de bonifier notre régime, soit de cette façon-là, mais aussi
en augmentant les cotisations et en s'éloignant peut-être du plafond à ce
moment-là.
M. Moreau :
Oui, le plafond, ce que...
Therrien :
Bien, qui n'existe plus, là.
M. Moreau :
Le 18 et le 20. Oui, exact, il n'existe...
Therrien :
C'est ça, c'est ça. Donc, ça, ça...
Moreau : Exact. Quand
vous nous avez demandé ce matin de produire, la semaine prochaine, en début de
semaine, une illustration de ce que sont
les dispositions ponctuelles et les dispositions à caractère permanent ou cyclique, vous allez voir que le
plafond est ponctuel, comme on l'a dit.
Therrien : Ça
marche. Merci.
Le Président (M.
Auger) : Sur le premier alinéa, d'autres interventions?
M. Traversy :
M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Oui, M. le député de Terrebonne.
Traversy : C'était simplement
une remarque pour dire que l'exemple de M. Jean a contribué beaucoup, là, à éclaircir, là, certaines interrogations. Donc, on lui en est
reconnaissants, là, pour ce travail manuscrit de haut calibre.
Moreau : On trouve que le député de Terrebonne est sympathique.
Il devrait se joindre plus souvent à notre...
Le Président (M.
Auger) : Plus souvent aux travaux de la commission.
M. Leclair :
Ça va finir dans une chambre d'hôtel avec vous deux, là. Wo! Wo! Wo!
M. Moreau :
Ah! non, mais on a déjà croisé le fer, lui et moi, comme leader et leader
adjoint.
Traversy : Oui, jadis, dans une autre vie, hein? Je vous parle d'un temps que les moins de 20
ans ne peuvent pas connaître. Et là-dessus...
M. Moreau :
Alors, vous parlez d'expérience?
M. Traversy :
Alors, je voulais vous dire, c'est la Journée de la gentillesse, profitez-en.
Traversy : Voilà.
C'était donc simplement un compliment parce
que ça nous a aidés à éclaircir, là,
certaines interrogations. Ce n'est
pas évident, la capitalisation. Je vais vous dire, parler de régime de
retraite, c'est un sujet qui est précoce dans ma situation. Alors, j'en
apprends beaucoup.
Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur le premier alinéa? Donc, le deuxième alinéa, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Est-ce qu'on a excédé notre temps ou on a... C'est correct?
Le Président (M.
Auger) : Non, pas encore.
Therrien :
O.K. Deuxième. Vas-y. Vas-y.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : Sur le
deuxième alinéa, le commentaire que j'ai formulé plus tôt sur l'asymétrie entre
le premier puis le deuxième alinéa demeure, puis j'y reviendrai tout à
l'heure. Mais, avant ça, j'avais une question à poser sur la dernière phrase, la dernière phrase du deuxième
alinéa, qui dit : «La valeur actualisée des cotisations d'équilibre
relatives aux déficits prévus au
troisième alinéa de l'article 8 ou au quatrième alinéa de 12 doit être incluse
dans la valeur de l'actif.»
donc, ça fait en sorte que l'actif est plus important et qu'on constate
plus fréquemment des excédents d'actif, n'es