Labour and the Economy — 15 March 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-03-15
Quebec — Committees
(Dix-neuf heures trente-deux
minutes)
Président (M. Cousineau) : Alors, à l'ordre, s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte et je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 70, Loi
visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Simard (Dubuc) remplace M. Drolet (Jean-Lesage); M. Ouellet
(René-Lévesque) remplace M. Bergeron (Verchères); M. Turcotte (Saint-Jean)
remplace M. Leclair (Beauharnois); et M. LeBel (Rimouski) remplace M. Therrien
(Sanguinet).
Président (M. Cousineau) : Alors, merci, Mme la secrétaire. Donc, lors de la dernière séance,
le député de Saint-Jean
avait présenté une motion préliminaire afin d'entendre le Réseau Solidarité
Itinérance du Québec — RSIQ — et
le Réseau d'aide aux personnes seules et
itinérantes de Montréal. Le
député de Saint-Jean
et le ministre s'étaient exprimés sur cette motion. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion?
En vous rappelant que les interventions
sont de l'ordre de 30 minutes pour les membres de la commission qui
représentent un parti... ou un groupe parlementaire, excusez-moi, et de 10
minutes pour les autres intervenants.
Donc, est-ce qu'il d'autres interventions? Mme
la députée de Gouin. Alors, vous avez 10 minutes.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je voudrais manifester mon appui à cette motion.
Je pense que les organismes
dont il est question, qui ont été apportés par mon collègue le député de Saint-Jean,
sont des organismes qui mériteraient d'être entendus ici, des organismes que je
connais très bien, avec lesquels nos députés travaillent, particulièrement le
RAPSIM dans la région de Montréal, et je voudrais dire qu'une visite que j'ai
faite dernièrement dans un organisme, dans
une auberge du coeur, donc une maison d'hébergement jeunesse, dans le quartier
Centre-Sud de Montréal, donc le comté de Sainte-Marie—Saint-Jacques — mais
c'est vraiment le quartier du Centre-Sud, quartier très pauvre — m'a
vraiment convaincue qu'il fallait écouter les jeunes en situation d'itinérance,
qui, là, ont trouvé un toit de façon moins temporaire, et il fallait
écouter aussi les intervenants et intervenantes qui s'occupent de ces
jeunes-là.
Les meilleurs
experts au monde, puis il y en a des bons — il y a des bons chercheurs en politiques
sociales — ne
peuvent pas remplacer quand même
l'expérience qui est vécue par les gens du terrain. Cette expérience-là a fait
dire à une multitude d'organismes qui
sont venus nous voir, y compris des organismes qui travaillent avec des jeunes
en difficulté... ce qu'ils sont venus nous dire, là, c'est : Les
sanctions prévues au projet de loi vont être non seulement inutiles, mais
nuisibles, nuisibles aux jeunes eux-mêmes, pouvant les pousser dans une
situation d'itinérance, et nuisibles aussi aux organismes qui s'en occupent. Et ça m'a été encore confirmé par
l'auberge du coeur du quartier Centre-Sud, qui disait : Si vous
coupez des chèques jusqu'à la moitié, qu'est-ce qu'ils vont faire, nos jeunes?
Alors, moi,
je pense qu'on a intérêt à entendre cette parole-là. En fait, je pense qu'il
faudrait en entendre, et en entendre,
et en entendre pour se débarrasser définitivement de cette idée qu'une sanction
vis-à-vis des personnes déjà soit dans l'itinérance ou très proches de l'itinérance
va les fouetter puis va leur apporter de la bonne humeur ou peut-être de la mauvaise humeur, mais cette mauvaise humeur ou cette bonne humeur vont
les fouetter puis les amener à vouloir à tout prix, là, occuper un emploi ou participer à une mesure d'insertion. Ce
n'est tellement pas comme ça que les êtres humains fonctionnent, et particulièrement les êtres
humains qui sont en situation de vulnérabilité, et particulièrement en situation soit... d'itinérance, pardon, ou d'être sur le bord
de l'itinérance.
Puis c'est
pour ça qu'un réseau comme le RAPSIM ou son pendant national, donc, le Réseau
Solidarité Itinérance... ce sont des réseaux tellement importants, en fait,
que je ne comprends même pas comment ça se fait qu'ils n'ont pas été invités.
Ils ont demandé à l'être et ils n'ont pas pu venir s'exprimer ici, en
commission. Je trouve ça assez incroyable, parce qu'après tout c'est beaucoup des jeunes dont ils s'occupent, là, dont le
projet de loi veut s'occuper, dont on veut parler, pour lesquels on dit
vouloir donner un coup de main, permettre la sortie de la pauvreté, mais on
n'écoute pas les premiers concernés. Puis
d'ailleurs même tous ceux et celles qui sont venus, moi, ce qui me frappe,
c'est qu'on n'a pas l'air... on les a écoutés,
oui, on les a entendus, mais c'est
comme si on n'avait pas compris le message qu'ils essayaient de nous envoyer. Alors, je me dis,
bon, peut-être qu'un ou deux organismes de plus,
ça ferait du bien, ça aiderait peut-être à une meilleure compréhension. Et voilà pourquoi
je trouve que la motion de mon collègue est pertinente et qu'on devrait
l'accepter.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la députée de Gouin. Est-ce
qu'il y a d'autres intervenants?
Oui, M. le député de Rimouski. Vous avez 10 minutes.
LeBel : Ah! non, ça va être
plus court que ça, c'est très court. Je pense, c'est l'exemple, encore que...
Tu sais, on est à travailler sur un projet de loi qui va avoir des impacts sur les jeunes, entre autres, les premiers
demandeurs. On est là, on va essayer
d'étudier
article par
article puis on n'est pas des spécialistes dans tous les
domaines. Moi, le dossier de l'itinérance,
là... la députée de Gouin connaît ça beaucoup parce que c'est dans son quartier, moi, je le connais
moins, mais j'aimerais ça beaucoup connaître
mieux... Il me semble que ça serait bon de connaître les impacts sur la
pauvreté avant de commencer à étudier
article par article. Je pense que c'est bon pour les parlementaires d'être au
courant des différents phénomènes,
qui ne sont peut-être pas dans chacune de nos régions mais qu'on peut voir
ailleurs, puis de prendre le temps d'en
discuter avec les gens puis de comprendre un peu plus ces réalités-là. Je
serais curieux, moi, d'entendre parler de la pauvreté en milieu autochtone, entre autres, je serais curieux
d'entendre... C'est des dossiers que je connais moins, mais on pourrait
aider, en tout cas, je pense, puis pour... avant de commencer à l'adoption de
cette loi-là. Puis, quand on parle de pauvreté, bien, c'est majeur, là, on
aurait intérêt à prendre vraiment le temps d'entendre notre monde.
Et c'est pour
ça qu'on a amené quelques propositions, là, des gens qui n'ont pas été entendus
et qui auraient dû être entendus. Ça aurait été bon de les entendre pour
nous éclairer. Puis ce que dit la députée de Gouin ici vient me chercher parce
que c'est vraiment des situations que je connais moins, qu'on aurait pu
discuter davantage avant de s'avancer pour adopter les articles
article par
article. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Rimouski.
Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion du député de
Saint-Jean? Oui, M. le député.
Schneeberger : Merci,
M. le Président. Je ne veux pas intervenir directement sur la motion du député
de Saint-Jean...
Schneeberger :
Comment?
Le Président (M. Cousineau) :
Député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui,
c'est ça. Vous avez retenu votre leçon la dernière fois.
Des voix : Ha, ha, ha!
Schneeberger :
D'ailleurs, c'est bien, parce qu'il n'y a aucune personne qui me l'a
refait. On me l'avait déjà dit :
Tu diras au président que c'est «Bois-Francs» pour une autre région. Ça fait
que c'est parfait, à cette heure, il ne me l'a pas dit. C'est parfait.
Bon, je
reviens à mes choses. Je pense que le député de Saint-Jean, dans son
amendement, a le même verbatim avec des organismes différents. Moi, je
n'ai absolument rien là-dessus, pas de problème.
Par contre,
je profite du temps qui m'est alloué pour redemander au ministre... Le projet
de loi, là-dessus, c'est sûr que
c'est un projet de loi qui va toucher plusieurs personnes, qui touche
directement, vraiment, la vie de ces gens-là, et, malheureusement, c'est
parmi les plus démunis de notre société. Alors, j'espère que le ministre va
pouvoir vraiment nous expliquer tous les aléas, vraiment toute la mise en
application, les règlements pour justement que les gens qui nous écoutent soient vraiment, peut-être,
rassurés... peut-être pas, mais vraiment au niveau du fonctionnement. Parce
qu'on sait qu'actuellement, le projet de
loi, il y a quand même... bon, on sait où est-ce que le projet de loi veut s'en
aller, mais c'est très important, la
mise en application des règlements. Alors, j'en profite pour lui redemander
que, quand on sera
article par article, il précise vraiment les
cheminements pour vraiment faire voir où est-ce que veut aller le ministre, et
peut-être nous rassurer, je l'espère. Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion du député de Saint-Jean?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervenant, pas
d'autre intervenante, est-ce que la motion... Oui, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Est-ce que nous pouvons procéder au vote par appel nominal?
Président (M. Cousineau) : Absolument. C'est votre droit de le
demander, et nous allons procéder par vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Turcotte
(Saint-Jean)?
Turcotte : Pour.
La Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
La Secrétaire : M. LeBel
(Rimouski)?
La Secrétaire : M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Schneeberger :
Contre.
La Secrétaire : M. Blais
(Charlesbourg)?
La Secrétaire : M. Polo
(Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire : M. Hardy
(Saint-François)?
La Secrétaire : Mme Sauvé
(Fabre)?
La Secrétaire : M. Simard
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. St-Denis
(Argenteuil)?
La Secrétaire : M. Cousineau
(Bertrand)?
Le Président (M. Cousineau) :
Je m'abstiens.
La Secrétaire : C'est rejeté.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires?
S'il n'y a
pas d'autre motion préliminaire, je vais donc passer à l'article 1. Alors,
M. le ministre, on vous laisse aller avec l'article 1 pour la
présentation de l'article puis les explications.
Blais : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, tous les collègues
ici, notamment nos collègues d'en face, ont reçu une proposition — je le fais, là — dont ils disposeront, peut-être, pour
organiser nos échanges. Je pense que tout le monde l'a reçu, je crois, maintenant. L'idée, c'est simplement d'essayer
de donner une cohérence à nos échanges. On a travaillé là-dessus, parce
que, bon, c'est un projet de loi qui touche à différentes autres lois.
Donc,
il y aurait un premier bloc que nous pourrions aborder — je pense que c'est cette grande feuille que
vous avez ici, les collègues — un premier bloc qui pourrait être abordé et
qui essentiellement, là, touche le développement, la reconnaissance
des compétences de la main-d'oeuvre. Ensuite, on pourrait procéder à l'étude
d'un deuxième bloc. Est-ce que tout le monde a la feuille? Est-ce que ça va?
Le Président (M.
Cousineau) : Alors, le président ne l'a pas.
M. Blais :
On n'en a peut-être pas pour tout le monde, je m'excuse. On va la faire
circuler.
Le Président (M.
Cousineau) : On va en faire quelques copies supplémentaires, ça
ne sera pas très long. Continuez vos explications, M. le...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui.
Blais : D'accord. Alors donc, ce serait : le premier bloc,
développement et reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre; le deuxième bloc, la loi qui
touche le mini