Culture and Education — 17 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2017-10-17
Quebec — Committees
Président (M. Laframboise) :
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons réouvrir la séance. La parole est
à vous, M. le ministre.
M. Proulx :
Merci, M. le Président. D'abord, merci de m'avoir permis de suspendre quelques
instants pour, d'abord, terminer la distribution puis également
que je puisse prendre connaissance des amendements que je vais proposer. Bien entendu, vous l'avez expliqué hors d'ondes, je vais le répéter, je vais donner quelques
explications, mais ensuite ça va vous amener à faire une
mécanique, là, de retrait si les collègues acceptent, et moi, je pourrai retirer mes deux
projets d'amendements, à l'article 2 et à l'article 9, mais qu'on étudie
l'article 2 et vous en proposer d'autres.
Mais
ce que je veux dire, commission ouverte, et qui est un peu la même chose que je
disais tout à l'heure, c'est... D'abord, lorsqu'on a déposé le projet
de loi... Bien entendu, il faut distinguer un lien avec la commission scolaire compétente pour un parent qui, dans le fond, choisit de faire l'école à la maison pour son enfant et qui est
responsable de l'accompagnement et de l'appréciation du projet
d'apprentissage... Et, à la lumière des difficultés et, je dirais, des comptes
rendus que nous avons
eus, autant en commission, que les différents collègues, que le ministère, sur
comment les choses se passent sur le
terrain, on avait choisi, dans un premier temps, de ne pas reconnaître
l'ensemble des organisations scolaires, les commissions scolaires, mais
certaines d'entre elles. Et, pour favoriser et pour s'assurer que ce soient
toujours des expériences positives, on disait : Bien sûr, il faut
conserver le lien avec sa commission scolaire compétente parce qu'éventuellement, si on voulait réintégrer
l'école, si on souhaitait que l'enfant réintègre l'école, on devait le faire à
la commission scolaire qui est compétente, donc en respect de la loi 101 et de
la
Loi sur l'instruction publique, donc, dans la grande majorité des
cas, la commission scolaire francophone compétente.
que j'ai proposé dans le premier amendement faisait en sorte que cet
accompagnement-là, qui n'est pas des services
éducatifs au sens de la loi, pouvait être fait soit par une commission scolaire
du choix du parent, à l'intérieur de celles
qui seraient reconnues par le ministre, ou un établissement privé qui serait
lui aussi parmi une liste d'établissements qui seraient reconnus par le ministre. Les collègues ont soulevé qu'il y
avait là... C'est le collègue de Lac-Saint-Jean qui l'a soulevé en premier, a soulevé le fait qu'il
pouvait y avoir un enjeu au niveau de la langue et, dans ce contexte-là, a
dit : Il y a peut-être une
brèche à la loi 101. Ce à quoi j'ai répondu... Et, à la lumière des
connaissances que nous avons et des avis
que j'ai des légistes, des juristes, et il faut savoir que ces projets de loi,
M. le Président, passent par différents comités, y compris le comité de législation, et, dans ce contexte-là, on a
dit : Il n'y a pas de brèche. Je comprends que les collègues
disent : Oui, mais ça ne respecte pas l'esprit de la loi 101.
Dans
un des scénarios qui avaient été évoqués, autant par certains groupes, que par
nous en réflexion, que par des
collègues également, on s'est dit : Mais, dans les faits, il a été évoqué
la possibilité que le ministère prenne en charge cette appréciation du projet d'apprentissage avec une équipe dédiée au
sein de son personnel, et c'est le cas dans certaines législations, si ma mémoire est bonne. Et la
proposition que je fais aujourd'hui est pour nous assurer d'avoir, dans le fond,
non pas une brèche parce qu'on n'en veut
pas, et, à mon avis, il n'y en a pas. Mais, pour renforcer davantage encore le
fait français dans l'enseignement, je
propose que le ministère soit en charge de cette appréciation du projet
d'apprentissage.
Alors,
ce que je propose, c'est que le parent ait toujours l'obligation de se
rapporter annuellement auprès de la commission scolaire compétente, qui sera
définie dans un amendement que nous proposerons. Il faut que vous alliez
lire les articles 204 à 207 de la
Loi sur
l'instruction publique. Dans un deuxième temps, également transmettre un avis
au ministre parce que le ministre
actuellement ne sait pas qui fait l'école à la maison, mais, éventuellement,
après l'adoption du projet de loi,
saura qui fait l'enseignement à la maison, et c'est le ministre qui va
convenir, avec son équipe, de l'appréciation annuellement du projet
d'apprentissage de l'enfant.
ce que je propose également dans l'amendement que vous avez devant vous, c'est,
à son paragraphe b, voilà, d'ajouter également une condition relative à
l'apprentissage de la langue française, ce que nous n'avions pas dans
aucun projet jusqu'à maintenant, et même ce
qui n'est pas une condition actuelle du régime dans lequel on évolue. Alors, on
n'est pas en train d'affaiblir la loi 101 ou
la Charte de la langue française. On est en train d'en faire le renforcement.
On fait en sorte de mieux la protéger
et de s'assurer que la logique, là, qui m'a été exprimée par les collègues,
puis que je comprends, qui va de soi
dans le contexte où on veut s'assurer de cette continuité, se retrouve, je
pense, avec une réponse qui est convenable.
Alors,
vous avez devant vous deux choses. Le premier, c'est l'article 2 du projet de
loi qui sera modifié. Donc, quand
vous me direz que je serai prêt, je pourrai le lire. Vous avez également devant
vous l'article 9 qui vient nous donner le
pouvoir réglementaire. Et, par la suite, j'avais déjà prévu, M. le Président,
dans le bloc suivant, d'amender deux articles qui, dans le fond,
amendaient 204, 207, 4.1, 4.2, qui venaient, dans le fond, modifier...
M. Proulx :
...4.3, pardon, qui venaient modifier la communication des renseignements et
des démarches auprès des parents. Ce
que je vais proposer, c'est de le faire dans ce bloc-ci de façon à ce qu'on
puisse convenir déjà, dans la
Loi sur l'instruction publique, qui
prévoit là où est le respect de la Charte de la langue française, qui est la
commission scolaire compétente... qu'on prévoit également que cette
compétence-là s'applique aussi dans le cas où il
y a non fréquentation scolaire parce que... respect de l'article 15. En
d'autres mots, ce que ça veut dire, c'est que ça va couvrir également
l'enseignement à la maison.
Alors,
moi, je pense que le ministère, c'est la bonne entité pour pouvoir faire cette
appréciation. C'est le ministère qui,
à terme, a la responsabilité de s'assurer du respect de la
Loi sur l'instruction
publique. Je pense que, s'il y avait un manque de confiance à l'égard de certains organismes qui pourraient
jouer un rôle dans le système, bien, écoutez, si on perd confiance en le ministère de l'Éducation, on
a un peu de difficultés parce que c'est l'entité qui a à administrer la loi
et à gérer le réseau et qui représente... et
c'est le ministre, à terme, qui a la responsabilité ministérielle de l'ensemble
des enfants. Alors, c'est dans ce contexte-là.
Président (M. Laframboise) : Parfait, M. le ministre. Je vais
permettre juste une tournée de questions générales parce qu'évidemment on devra retirer un
sous-amendement qui a été déposé par le député de Chambly. Donc, avant qu'on
permette de retirer ou qu'on demande au
collègue de retirer, juste peut-être des questions générales, là, sur le
principe. Bon, je vais vous permettre une tournée de questions
générales, là. M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Bien, j'apprécie, M. le Président. D'abord, bienvenue avec
nous, M. le Président, et félicitations pour votre nomination à
titre de président de la commission. Ceci étant
dit, je pense que je vais réserver mes... car vous n'êtes pas président
de la commission.
Président (M. Laframboise) : Non, c'est ça, je ne suis pas président.
Je vais juste vous arrêter, là. Je suis président de séance. Il y aura une
nomination.
Cloutier : Ah! excusez-moi. Je vois les... Bien, en fait, visiblement,
vous êtes bien positionné pour une élection à venir, et on espère que la
suite sera heureuse pour vous. Ça s'appelle se mettre les pieds dans les plats.
C'est ça?
Cloutier : Alors, je disais donc que je vais quand même préférer faire
mes... Je vais laisser l'opportunité au ministre, en fait, de déposer son amendement, puis on aura la chance de
discuter plus longuement. Puis je vais vouloir qu'on règle une fois pour toutes la question de l'inscription, je le dis
tout de suite, le fameux rattachement des parents à une commission scolaire, parce que je... Le
ministre a déjà fait référence tout à l'heure aux articles 204 et suivants, à
207, mais les documents du ministère
sont contradictoires. Et je sais qu'on m'a déjà dit que les documents, ce
n'étaient pas les bons puis que
blablabla, là, mais je vais vouloir qu'on clarifie ça ensemble tout de suite.
Mais je m'en tiens à ça pour l'instant.
Le Président (M.
Laframboise) : Ça va. Question générale, M. le député de Chambly?
Roberge : Bien, une espèce de question. C'est sur l'information.
D'abord, là, je comprends que le ministre cherche une voie de passage. C'est
très bien. J'apprécie ça, honnêtement, sauf que, là, dans une procédure un peu
particulière, on nous invite à poser des questions sur un amendement qui flotte
à quelque part. Il n'est pas déposé.
Président (M. Laframboise) : Non, mais c'était juste du général,
là. Mais, si vous voulez qu'on aille tout de suite dans le vif du sujet, je vais vous demander de retirer votre
amendement, et puis que le ministre puisse retirer son
article 2, puis
qu'on les dépose. Si c'est ça que vous souhaitez, je vais le faire tout de
suite, il n'y a pas de problème.
M. Roberge :
Bien, j'ai une question avant.
Le Président
(M. Laframboise) : O.K. Allez-y.
M. Roberge :
Dans l'amendement, en tout cas, bref, le document déposé par le ministre, pas
encore un amendement, on ne parle
plus de suivi de l'enseignement. C'est une notion qui disparaît complètement.
On travaille dans un document où, en
ce moment, paragraphe a — on travaille là-dessus en ce moment, là — ça dit : «Un avis écrit indiquant
notamment la commission scolaire ou
l'établissement d'enseignement régi par la
Loi sur l'enseignement privé
(chapitre E-9.1) choisi pour effectuer le suivi de l'enseignement est
transmis par ses parents au ministre...»
Bon,
il y avait déjà quelque chose qui était transmis au ministre et à la commission
scolaire. Ce n'est pas nouveau de transmettre
au ministre, c'était déjà là. Mais ce qui disparaît, c'est la notion de suivi
d'enseignement dans le document déposé.
Donc, question au ministre. Est-ce une omission? Est-ce un choix clair? Il n'y
en a plus, de suivi d'enseignement?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Proulx : Merci, M. le Président. D'abord, je comprends très bien la question du
collègue. Je l'explique. Si on lit le
nouvel
article 2, là, que je vais déposer, on voit, si vous allez à b
maintenant, on voit «est soumis au ministre et mis en oeuvre par ses parents». Et, si on lit 9, vous
allez à la deuxième phrase, «ces normes peuvent notamment établir les modalités
de suivi et de soutien à respecter à l'égard de l'enfant qui reçoit
l'enseignement à la maison», ce qui veut dire en langage juridique que la responsabilité du suivi et de l'appréciation
du projet d'apprentissage incombe maintenant au ministre et non à la
commission scolaire.
M. Roberge :
C'est vraiment encore des questions d'éclaircissement. Je prends la réponse du
ministre. Je vais lire le texte au
complet, là, on réfère à l'article 9, là, dans le document : «448.1. Le
gouvernement détermine, par règlement
— donc le
gouvernement détermine, mais pas fait un suivi, là, il détermine par
règlement — les
normes applicables en matière
d'enseignement à la maison. Ces normes peuvent notamment établir — ce n'est pas obligatoirement, ça peut notamment établir — les modalités de suivi