Labour and the Economy — 18 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-04-18
Quebec — Committees
(Dix-neuf
heures trente minutes)
Présidente (Mme IsaBelle) : Bon, à l'ordre, s'il vous
plaît! C'est fait? À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de
l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre leurs appareils électroniques. C'est fait
pour tout le monde? Merci.
commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du
volet Développement économique régional
du portefeuille Économie et Innovation pour l'exercice financier 2019‑2020.
Une enveloppe de trois heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
La Secrétaire :
Mme la Présidente, M. Jacques (Mégantic) remplace M. Bélanger
(Orford); M. Martel (Nicolet-Bécancour) remplace Mme Blais
(Abitibi-Ouest); M. Fortin (Pontiac) remplace M. Rousselle (Vimont); Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) remplace M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. LeBel (Rimouski) remplace
Mme Richard (Duplessis).
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Nous avons eu une demande pour
raccourcir le temps du trois heures d'une heure sur le temps du gouvernement.
Est-ce que c'est accepté?
M. Fortin : Mme la Présidente, moi, je n'ai pas de problème à consentir à ce que le
gouvernement impute... ou, en fait,
que le gouvernement réduise son propre temps de parole. Je voulais juste bien
comprendre que le gouvernement ne réduit que son temps de parole à lui.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Tout à fait.
M. Fortin : Et je vous avoue, Mme la Présidente, bien humblement, que je trouve ça
particulier. Tu sais, je vois des députés de l'opposition, on a la
ministre du Développement régional, ils sont tous des députés qui ont des
enjeux régionaux, je trouve ça particulier
que le gouvernement choisisse de s'autobâillonner. Mais on ne s'opposera pas à
la demande du gouvernement de réduire le temps de parole de ses propres
députés.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci au député de Pontiac. Nous y
allons avec le deuxième groupe. Est-ce que nous avons le consentement?
Une voix :
Oui, consentement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui. Le consentement aussi?
M. LeBel :
Consentement. Puis je remercie, du côté du gouvernement, de nous permettre, au
moins, de conserver notre temps pour
qu'on puisse poser des questions. Puis je ne remets pas en question votre goût
pour le développement des régions.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, le 60 minutes
est donc retranché sur le temps du gouvernement. L'adjointe va donc
faire le calcul. Elle va refaire le calcul, si vous êtes d'accord.
Alors,
nous allons débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par
blocs d'environ 20 minutes, mais ça va être réduit, étant donné...
particulièrement pour le côté du gouvernement, incluant les questions et
réponses. Nous avons... Alors, ça, ce n'est plus nécessaire. Je m'excuse, je
m'excuse.
Nous
débutons donc avec les remarques préliminaires. Mme la ministre du
Développement économique régional, vous disposez de 12 minutes pour
vos remarques préliminaires.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, Mme la Présidente. Je tiens, d'entrée de jeu, à
remercier l'ensemble de l'équipe des
fonctionnaires qui sont ici avec nous ce soir, tous de très grands
professionnels qui nous ont permis d'être avec vous et d'être aussi professionnels, je l'espère,
autant qu'eux. Donc, merci, tout le monde. Merci aussi à mon équipe au cabinet.
C'est avec une grande fierté que
j'assume la responsabilité de ministre déléguée au Développement économique
régional. Ayant travaillé dans le domaine du
développement régional pendant plus de 20 ans, j'ai inscrit à mon agenda
des objectifs qui vont me permettre
de mener à bien le mandat qui m'a été confié par le premier ministre. Ce que je
veux, c'est redonner la place aux
régions et de mettre au coeur des priorités gouvernementales celles-ci,
dynamiser et revitaliser les communautés rurales, innover et rendre les régions
plus prospères, donner plus d'autonomie aux régions pour qu'elles puissent agir sur leur propre développement. À ces
items s'ajoutent de poser des gestes concrets au niveau de l'économie sociale et de l'entrepreneuriat collectif, le
déploiement de l'Internet en région, la délocalisation de
5 000 emplois vers les régions.
la Présidente, à l'instar du gouvernement, dont je suis fière de faire partie,
je considère que le moment est venu
d'aborder l'entrepreneuriat avec une approche renouvelée. Comme le répète
souvent le premier ministre, nous devons être ambitieux pour les entreprises et les entrepreneurs du Québec. Et,
pour ce faire, il est essentiel d'aller sur le terrain afin de pouvoir
discuter des enjeux et des attentes en vue de régler les problématiques
rencontrées de manière innovante et constructive.
Chaque région a ses forces, chaque région a ses caractéristiques propres.
Plusieurs régions partagent des traits et
des enjeux communs tels que la dévitalisation, l'exode des jeunes, la rareté de
main-d'oeuvre, l'accès à une connexion Internet,
le vieillissement de la population, la décroissance économique, la disparition
ou la réduction des services de proximité.
C'est pourquoi j'ai
entrepris une tournée du Québec, en janvier dernier, afin de prendre le pouls
des acteurs régionaux, des entrepreneurs et
des citoyens. Ces rencontres permettent d'assurer un meilleur arrimage entre
les actions du gouvernement et les
besoins réels de chacune des régions. Trois éléments sous-tendent notre
approche : écouter, se concerter et agir.
la Présidente, la vitalité des régions repose en grande
partie sur l'implication des acteurs et des organismes
locaux, de même que sur le dynamisme de l'économie
et des entreprises, particulièrement des PME. Ces PME constituent d'ailleurs
85 % des entreprises
québécoises. L'entrepreneuriat est un puissant moteur de croissance et de
création de richesse parce qu'il
permet de renforcer et de diversifier le tissu économique des régions par la
création et le maintien d'emplois de qualité, par une innovation accrue,
par l'émergence de nouveaux secteurs d'activité. Le gouvernement du Québec met à la disposition des PME plusieurs programmes et
leviers financiers efficaces pour les aider à chacune des étapes de leur
parcours, tout en tenant compte de leurs réalités régionales.
la Présidente, j'aimerais rappeler que le ministère de l'Économie et de
l'Innovation est présent sur tout le territoire
québécois grâce à ses 17 directions régionales. Je tiens d'ailleurs à
saluer les membres de ces directions qui nous écoutent sûrement à cette
heure, un jeudi soir. Le ministère travaille en concertation avec les instances
locales pour appuyer les clientèles et
répondre à leurs besoins spécifiques de développement des affaires. Les
conseillers régionaux du ministère
peuvent notamment offrir un accompagnement stratégique, c'est-à-dire une
intervention personnalisée auprès des
dirigeants sur toutes les fonctions de l'entreprise, soutenir les dirigeants
dans l'élaboration de leurs solutions d'affaires, organiser des sessions de formation et des réseaux
d'entreprises sur l'innovation, la productivité, l'industrie 4.0 et sur
les autres meilleures pratiques d'affaires en entreprise, appuyer des
entreprises dans le développement de nouveaux marchés hors Québec et fournir une aide financière en
fonction des besoins de l'entreprise et des programmes existants. Il est
important que l'intervention du gouvernement soit modulée en fonction
des spécificités de chacune des régions.
la Présidente, pour dynamiser les régions, notre gouvernement va prioriser
notamment l'accès à Internet haut débit,
la transformation numérique des entreprises, l'augmentation des exportations,
l'innovation et l'entrepreneuriat et, bien sûr, le financement de
celles-ci. Je prends donc quelques minutes pour vous parler davantage de ces
priorités.
C'est inacceptable
qu'on doive encore parler d'accès à Internet à haut débit partout sur le
territoire en 2019. Clairement, l'heure est
venue de régler ce problème. C'est une nécessité pour maximiser la performance
du Québec, de nos entrepreneurs, de
nos institutions et de nos citoyens. C'est essentiel pour les entreprises, dans
toutes les sphères d'activité, qui veulent prendre le virage 4.0 et
intégrer les technologies numériques.
400 millions
sont ainsi alloués dans le budget 2019‑2020 pour établir un accès à des
infrastructures numériques de qualité
dans l'ensemble du Québec grâce au nouveau programme Québec haut débit. Il est
essentiel de desservir adéquatement les entreprises et les ménages québécois
des régions rurales en leur donnant accès à une connexion Internet à haut
débit et à un réseau cellulaire à large bande.
2019, un service Internet fiable et rapide est plus que jamais un
incontournable pour les entreprises qui veulent intégrer davantage le numérique dans leur processus d'affaires, avoir
une présence en ligne et faire du commerce électronique. Avec la
mondialisation, les entreprises québécoises doivent pouvoir communiquer
rapidement partout dans le monde, traiter les demandes et faire croître leur
chiffre d'affaires. Et c'est sans compter qu'avec accès à Internet de... avoir un
accès à Internet de qualité a une incidence directe sur la compétitivité des
entreprises québécoises. En résumé, nous pressons le pas et tiendrons le pied
sur l'accélérateur.
Mme la Présidente,
l'économie mondiale amène les entreprises à innover, à se moderniser et à
renforcer leur compétitivité en misant sur
l'immense potentiel qu'offre l'industrie 4.0. Le Québec s'est donné une
feuille de route pour devenir une
économie d'excellence numérique attrayante, ouverte et reconnue sur les marchés
mondiaux pour son savoir, son écosystème et ses innovations. La
transformation numérique des entreprises est une priorité gouvernementale. 11,5 millions sur cinq ans ont été accordés
dans le budget 2019‑2020 afin de bonifier le programme Audit
industrie 4.0 destiné aux entreprises manufacturières pour le rendre plus
accessible et en faire profiter les entreprises provenant d'autres secteurs. Ce programme propose aux entreprises une
démarche unique et structurante pour qu'elles puissent analyser leur
performance globale et se doter d'un plan numérique.
Mme la
Présidente, dans une économie aussi ouverte que la nôtre, la croissance des
exportations et l'internationalisation des
entreprises québécoises jouent un rôle crucial pour la prospérité et le
maintien d'emplois de qualité en région. Il est essentiel
de miser sur les savoir-faire et les atouts indéniables de nos PME afin
qu'elles puissent réussir sur les marchés extérieurs.
Nous poursuivons et se donnons les moyens d'atteindre deux objectifs :
financer et accompagner les entreprises.
Le programme Exportation
a pour objectif de sensibiliser les entreprises québécoises au potentiel de
croissance que représentent les exportations et de les soutenir dans la
consolidation ou la diversification des marchés extérieurs. 35 millions de dollars additionnels sur cinq
ans sont alloués à ce programme dans le budget 2019‑2020, ce qui signifie
que les PME pourront bénéficier d'un soutien qui atteindra
25 millions annuellement.
la Présidente, l'innovation demeure un incontournable pour que les entreprises
québécoises deviennent plus productives
et plus compétitives et ainsi contribuer à la création de richesse et à la
prospérité du Québec et des Québécois. La
valorisation des terrains, déterminée par certaines municipalités, permettra de
favoriser la réalisation des projets innovants les plus prometteurs. À cet égard, 320 millions de dollars sur cinq
ans seront consacrés notamment à la décontamination de terrains, à la construction d'infrastructures
publiques et à l'acquisition et à la mise en val