Culture and Education — 8 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-11-08
Quebec — Committees
Mme Samson : Merci, M. le
Président. Ça sera très rapide. Un, je salue le ministre, mes collègues, et
merci beaucoup, madame messieurs, d'être
avec nous ce matin. C'est toujours agréable d'entendre parler des musées. On
n'en entend pas parler assez souvent,
malheureusement, je le déplore. Mais prenons l'opportunité aujourd'hui d'en
parler un peu plus. On a bien compris
que les musées ont été consultés en amont. Il s'agira maintenant de voir si on
a leur aval pour le projet de loi, qui, comme le disait ma collègue, est
plutôt technique et qui devrait aller assez rapidement, je crois.
Président (M. Auger) : Merci, Mme la députée. Nous allons
maintenant commencer les auditions. Je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants du Musée de la civilisation du
Québec. Je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour votre exposé, et, par la suite, nous allons
procéder à une période d'échange avec les trois groupes parlementaires.
Donc, dans un premier temps, bien vouloir vous identifier. Par la suite, vous
allez pouvoir commencer votre exposé.
Mme F.
Delisle (Margaret) : Alors, merci, M. le Président. Le Musée de la
civilisation est très heureux d'avoir été
invité aujourd'hui à vous donner ses commentaires sur le projet de loi
n° 114, projet de loi qui concerne la modernisation, la gouvernance
dans les musées nationaux.
M. Stéphan La Roche, qui est à ma droite, qui
est notre directeur général, va m'accompagner dans cette démarche et va également, dans deux secondes, vous entretenir de
notre institution pour mieux vous faire connaître notre institution. Stéphan.
M. La Roche (Stéphan) : Merci,
Mme Delisle. Bonjour à tous. Donc, créé par la
Loi sur les musées
nationaux en 1984, le Musée de la
civilisation a ouvert ses portes en 1988. Il a pour mission de faire connaître
l'histoire et les diverses composantes
de notre civilisation, notamment les cultures matérielles et sociales des
occupants du territoire québécois de même que celles qui les ont enrichies, assurer
la conservation et la mise en valeur de la collection ethnographique et des
autres collections représentatives de notre
civilisation et d'assurer une présence du Québec dans le réseau international
des manifestations muséologiques par des acquisitions, des expositions et
d'autres activités d'animation.
Le Musée de
la civilisation place l'humain au coeur de sa mission. Il lui fournit des
repères pour comprendre le passé,
construire le présent et rêver le futur. Notre institution inscrit l'ouverture
au monde, la réflexion, la connaissance, la rigueur et l'enchantement comme fondement de l'expérience du
visiteur. Le musée fait
partie du réseau canadien et du circuit
international des grands musées.
Le Musée de la civilisation se veut plus qu'un
lieu d'exposition. Il est également un lieu d'animation où de nombreuses activités éducatives complètent la
programmation et en font un véritable centre de diffusion de la culture,
un lieu de rassemblement, un musée pour la communauté, bref, un musée pour
tous.
Depuis son
ouverture, le 19 octobre 1988, le Musée de la civilisation accueille
à lui seul, en moyenne, bon an, mal
an, plus de 550 000 visiteurs.
Au cours du dernier exercice financier, l'achalandage a été de 807 862
visiteurs pour l'ensemble du complexe muséal, ce qui est une performance
impressionnante pour une institution muséale d'une communauté métropolitaine de 750 000 habitants. Il est aussi
stimulant de préciser que l'on compte plus de 160 000 jeunes parmi
nos visiteurs, dont plus de 75 000 en visite scolaire.
Notre musée est un lieu reconnu pour ses
multiples activités de rencontre et d'échange. Au cours de l'année 2015‑2016, pas moins de 308 activités culturelles
de toutes sortes ont été réalisées au Musée de la civilisation, et, pour
tout le complexe muséal, c'est près de
141 000 personnes qui ont participé au cours de la dernière année, sans
compter les innombrables visites
commentées et les ateliers éducatifs reliés aux différentes expositions ainsi
qu'à la mise en valeur des collections.
Les assises territoriales du musée se
sont déployées avec les années. Son complexe muséal intègre aujourd'hui des lieux culturels différenciés. Au Musée de la
civilisation et à la Maison historique Chevalier s'est ajouté le Musée de
l'Amérique francophone, en 1995, puis le
Musée de la Place royale, en 1999, en vertu d'une entente avec le ministère
de la Culture et des Communications qui
enrichissait le mandat d'animation confié depuis 1985. Et enfin le Centre
national de conservation et d'études des collections s'est ajouté en
Composante
du complexe muséal, donc, le Centre national de conservation et d'études des
collections centralise les
collections — c'est
une grande réserve — objets
et oeuvres d'art, donc, avec l'assurance de fournir les conditions de sécurité et de conservation adaptées à chaque type
de collection. Les collections nationales offrent un regard sur les multiples
aspects qui définissent une société. Le
musée se fait un devoir d'assurer la pertinence et la cohérence de la gestion
de ces collections. Il a ainsi entrepris un vaste programme de révision
de ses axes de développement de collections et de ses politiques d'acquisition
et d'aliénation.
Au 31 mars 2016, la
collection comptait 625 000 objets enregistrés, composés principalement de
près de 300 000 artéfacts, oeuvres
d'art, livres rares et anciens et de 225 000 documents d'archives, dont le
fonds des archives du Séminaire de
Québec, reconnu par le programme Mémoire du monde de l'UNESCO. Et je précise
que l'on compte seulement quatre
fonds au Canada qui ont obtenu une telle reconnaissance internationale. Avec
son portail Internet et ses collections
numériques, le musée est aussi une institution virtuelle, accessible partout au
Québec et évidemment dans le monde entier.
Grâce au soutien de
nos partenaires publics et privés, le musée regarde l'avenir avec confiance.
Cette vision s'incarne dans une volonté
affirmée d'offrir une expérience exceptionnelle à nos visiteurs, d'être un lieu
de rassemblement et de partage
largement ouvert sur sa communauté et de devenir un modèle d'innovation,
notamment en matière d'engagement numérique.
Notre plan triennal 2015‑2018 précise quatre enjeux qui orientent nos
actions : la convergence des cultures et des patrimoines comme catalyseur de la connaissance, le développement
de nouvelles approches culturelles, le numérique comme le lieu de
partage des biens collectifs et l'optimisation de notre organisation.
principales orientations se regroupent comme suit : un musée pour tous,
donc pour les jeunes, pour les familles, pour les aînés, pour les milieux défavorisés, un lieu d'expression de la
diversité culturelle et de l'autochtonie en lien avec les milieux
éducatifs et communautaires, fortement engagé dans le développement numérique,
rayonnant au niveau régional et
international, développant stratégiquement les partenariats et le mécénat et
optimisant ses ressources grâce à l'amélioration continue.
fonction de ces orientations, le musée se projette dans l'avenir tel un lieu
innovant, proposant une expérience exceptionnelle et inédite en raison
de la qualité remarquable de sa muséographie et de ses activités culturelles,
du développement de ses collections et de
l'accès facilité à celles-ci. L'institution conjugue sa mission avec un
engagement ferme en faveur de la
démocratisation culturelle et de la valorisation des expressions culturelles.
Par ses contributions au
développement des connaissances, par sa créativité, favorisant l'enchantement
lors de l'expérience de visite, par ses ancrages dans la collectivité et par son ouverture sur le monde, le
musée concourt à l'enrichissement de la réflexion face aux défis
collectifs de la société. Le musée se définit comme un lieu de rassemblement et
de partage. Engagé dans la révolution
numérique, il consolide ses actions en faveur du virage numérique, notamment
grâce au Plan culturel numérique du Québec, et il dynamisera et
favorisera la participation collaborative populaire pour donner forme et
prestance à la programmation de ses activités muséales.
Enfin,
le musée se positionne comme une institution qui sera reconnue pour
l'efficience de son organisation. Il combine
une approche collégiale à l'efficacité de ses processus administratifs. Par le
caractère exemplaire de sa gouvernance et
de ses règles administratives, par son engagement auprès de ses partenaires et
par le renouvellement de ses pratiques, son organisation encouragera
l'innovation.
Mme F.
Delisle (Margaret) : Alors, Mme la Présidente, je vous salue. Pour
nous, la bonne gouvernance doit baliser l'ensemble des actions et faire
partie intégrante de la culture de gestion d'une organisation. Cette culture
reconnaît l'importance du rôle du conseil
d'administration à
titre d'instance décisionnelle supérieure. La bonne gouvernance
incombe d'abord et avant tout au
conseil d'administration, qui doit être capable d'exercer les responsabilités
qui lui sont confiées.
Le projet de loi
n° 114 prévoit des modifications à la composition du conseil
d'administration, notamment l'élargissement
du nombre de membres du conseil, pouvant aller jusqu'à 15 membres. Ceci devrait
permettre une meilleure présence de
la collectivité au sein de notre organisation. De plus, la volonté de mettre à
profit des personnes correspondant à
un profil de compétence et d'expérience établi selon les besoins de
l'institution est un principe, sans contredit, garant d'une gouvernance
plus efficace, ouverte, plus représentative de la société, et donc plus
éclairée.
La parité entre les
hommes et les femmes au sein du conseil reflète l'évolution de la société
québécoise. Actuellement composé de quatre
femmes et de cinq hommes, notre conseil d'administration sera revu à la lumière
d'une représentation hommes-femmes
équilibrée, ce qui nous apparaît juste et pertinent. Le projet de loi prévoit
également que les nominations doivent
faire en sorte que siègent au conseil d'administration au moins un jeune et des
représentants de diverses composantes
de la société québécoise, notamment en s'assurant de la présence de personnes
issues de communautés variées, ce qui est en parfaite adéquation avec
les valeurs de notre institution.
Alors
que le musée a noué, au cours des dernières années, de solides et précieux
partenariats financiers avec diverses entreprises
ainsi qu'avec de nombreux donateurs de la fondation et qu'il nous faut sans
cesse faire croître nos revenus autonomes,
l'ajout de membres du conseil d'administration provenant du milieu des affaires
ne pourra qu'être des plus
bénéfiques. Il serait par ailleurs souhaitable que le renouvellement, et donc la
durée des mandats des membres du conseil d'administration, puisse
permettre un séquencement dans les nominations avec un étalement dans le temps.
Cela assurerait une meilleure efficacité dans la poursuite des activités
de gouvernance du conseil d'administration.
Le projet de loi rend obligatoire
la constitution, pardon, d'un comité de vérification et d'un comité de gouvernance et d'éthique. Je suis heureuse de vous dire qu'aujourd'hui ça fait déjà quelques années que ces deux comités existent, et
évidemment ils vont être encore opérationnels après l'adoption du projet de loi.
projet de loi permet une souplesse quant à la gestion du comité
des ressources humaines. Nous saluons cette ouverture, et notre conseil
d'administration mènera une réflexion à cet égard. Le projet de loi précise de
nouveaux paramètres en matière de gestion des collections, de planification et de reddition de comptes. Je précise que le Musée de la civilisation
a déjà mis en place un comité du conseil
d'administration visant la gestion responsable des collections. Ce comité a adopté les axes de développement des
collections ainsi qu'une politique d'acquis