Transportation and the Environment — 7 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2017-06-07
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-quatre minutes)
Le Président (M.
Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires et appareils
électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 132, Loi
concernant la conservation des milieux humides et hydriques.
Mme la secrétaire, est-ce
qu'il y a des remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Therrien (Sanguinet) sera remplacé par M. Villeneuve
(Berthier).
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. Alors, aujourd'hui, nous débutons avec l'article 17.2 proposé à l'article 9.
M. le ministre, la parole est à vous.
Heurtel : Merci, M. le Président : «Le ministre doit, tous les 10 ans,
produire un bilan concernant l'application de la présente loi. Ce bilan
porte notamment :
«1° sur la mise en
oeuvre des plans directeurs de l'eau et des plans de gestion intégrée du
Saint-Laurent;
«2° sur la mise en
oeuvre des plans régionaux [de conservation] des milieux humides et hydriques;
sur la mise en oeuvre des programmes de restauration et de création de milieux
humides et hydriques mis en place en vertu de la présente loi, notamment
quant aux éléments suivants :
«
a) l'identification
des projets retenus;
«
b) un inventaire des
milieux humides et hydriques restaurés et créés en vertu de ces programmes;
l'évolution des sommes reçues à
titre de compensation pour l'atteinte aux
milieux humides et hydriques et de celles investies dans des mesures de
restauration et de création de tels milieux;
une analyse des résultats obtenus par rapport à l'objectif d'aucune perte nette
de milieux humides et hydriques;
«4° une évaluation
quant à l'opportunité d'apporter des modifications à l'une ou l'autre des
dispositions de la présente loi.
«Le ministre dépose
le bilan à l'Assemblée nationale.»
M. le Président, cet
article prévoit l'obligation pour le ministre
de produire un bilan décennal concernant l'application de la Loi
affirmant le caractère collectif des ressources en eau et favorisant une
meilleure gouvernance de l'eau et des milieux
associés. Il permet, entre autres, d'analyser les résultats obtenus par rapport à l'objectif d'aucune perte nette. La reddition de comptes spécifique pour les sommes reçues à
titre de
compensation, portées au crédit du Fonds de protection de
l'environnement et du domaine hydrique de l'État, et sur les sommes investies à
partir de ce fond sera plutôt effectuée conformément aux règles prévues à cet
effet dans la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement
et des Parcs, soit annuellement.
Et nous avons un
amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Iracà) : À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Heurtel :
Remplacer le sous-paragraphe d du paragraphe 3° du premier alinéa de
l'article 17.2 de la Loi affirmant le
caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur
protection, inséré par l'article 9 du projet de loi, par le
suivant :
les résultats obtenus par rapport aux enjeux liés aux changements climatiques
et à l'objectif d'aucune perte nette [des]
milieux humides et hydriques, en vue d'évaluer l'équivalence entre les milieux
atteints et les milieux restaurés ou créés ainsi que, le cas échéant,
les gains obtenus dans les bassins versants dégradés.»
M. le Président, cet amendement permet de préciser certains éléments de reddition de
compte en lien avec les enjeux liés aux changements climatiques et
l'objectif d'aucune perte nette des milieux humides et hydriques.
Je crois que l'amendement
a déjà été distribué.
Président (M. Iracà) : Oui, effectivement. Merci, M. le ministre. Les copies ont été distribuées à l'amendement 17.2.
Alors, je vais demander, à ce stade-ci, s'il y a des questions, commentaires,
interventions? M. le député de Masson.
M. Lemay :
Oui. On est à l'aise avec l'amendement proposé.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Masson.
Questions, commentaires, interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise
aux voix. Est-ce que l'amendement 17.2 proposé à l'article 19 est
adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. 17.2, est-ce qu'il y a des questions, commentaires, interventions?
M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui.
Quand on s'est vus hier, on a eu un échange sur les informations qui seraient mises en ligne sur
le site du ministère, ainsi de suite. Je sais que Me Grignon nous
avait donné des réponses. Alors, c'est une chose d'avoir des informations en ligne, mais est-ce qu'on peut s'assurer — puis
je ne sais pas si le ministre peut prendre un engagement aujourd'hui — d'avoir
quand même des informations qui sont uniformes, qui sont faciles à consulter,
qui ne seront pas incohérentes, qui
seront facilement utilisables? Parce que, présentement pour les spécialistes qui doivent s'informer ou qui veulent aller chercher des informations, c'est à la suite de nombreuses requêtes en accès à l'information. Ils ont souvent des... Même, on me dit, il y a des documents
sur PDF, il y en a d'autres sur Excel. C'est très, très varié.
Alors, on
aimerait avoir des données qui sont cohérentes, qui sont facilement, là... qui
sont «user-friendly», si vous me
passez l'expression, permettant une meilleure recherche puis un meilleur travail.
Je voudrais entendre un peu le ministre
là-dessus.
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
Heurtel : M. le Président, je partage cette préoccupation-là. Et j'ajouterais même... Alors, je veux bien
prendre l'engagement. Mais déjà nous sommes en voie de réaliser cet engagement-là,
parce qu'encore une fois, par le jeu du nouvel
article 15.10 qui assimile à une autorisation environnementale... Et également
ce qu'on va voir plus tard avec la modification de la LQE
pour l'autorisation spécifique dans
les milieux humides et hydriques, bien là, ça rattache les dispositions qu'on
a adoptées lors de l'étude de n° 102
sur le registre d'autorisation environnementale. Donc, il y a beaucoup
d'informations qui vont être colligées
et rendues accessibles le plus rapidement possible, presque en temps réel, si
c'est possible, mais dans la nouvelle
dynamique de transparence du registre d'autorisation environnementale qu'on a
adoptée dans n° 102.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. 17.2, questions,
commentaires, interventions? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Je voudrais
communiquer au ministre les informations, en tout cas, qui m'apparaissent importantes à avoir dans cet esprit-là, là :
les coordonnées géographiques du site, la superficie soumise aux travaux de
restauration et de création, les indicateurs des conditions initiales du site,
les objectifs de restauration, les superficies restaurées, les méthodes utilisées, les dates des différentes étapes des
travaux, les paramètres de suivi, les indicateurs de succès de
restauration et de création, et les dates de ces suivis, le mandataire ayant
effectué les travaux.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Heurtel : Si le député peut le
déposer à la commission, on va...
M. Gaudreault : Cette liste?
M. Heurtel : Oui. Ça pourrait...
M. Gaudreault : Oui. On va
s'organiser pour le déposer, oui.
M. Heurtel : Tout simplement pour
nous aider, là.
Le Président (M. Iracà) : Excellent.
M. Heurtel : À prime abord, je ne
vois pas d'objection, mais on va l'analyser, là, puis on va...
Gaudreault : Parfait, on va
vous faire une liste, parce que c'était tiré d'un autre document, mais on va vous
faire une liste avec juste cette liste-là puis on va la déposer.
Le Président (M. Iracà) : Excellent.
M. Gaudreault : Autre
question : Est-ce que le ministre a évalué que l'alinéa un, paragraphe 3°,
a, b, c, d, et le d tel qu'on vient de
l'amender pourrait être déposé plus rapidement que sur 10 ans? Parce que,
là, on parle de la mise en oeuvre
des programmes, de l'identification des projets retenus. Ça
m'apparaît long sur 10 ans. Puis là il est embarqué dans l'ensemble de l'oeuvre du projet de loi, 17.2. Vous comprenez ce que je veux dire? Il y a 1°, 2°
et 4° qui nous apparaissent corrects
sur 10 ans. Mais le paragraphe 3° et ses sous-paragraphes, a, b, c,
d, il me semble, sur 10 ans, là, pour la mise en oeuvre des
programmes, c'est long.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Heurtel : Si on
considère que le temps que tout se mette en place, qu'on a le temps de bien
évaluer... Il faut regarder ça dans un ensemble. C'est vraiment
l'approche qu'on privilégie.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires, 17.2?
Gaudreault : En tout cas, peut-être juste dire que nous, de notre
côté, on pense que l'inventaire des milieux humides et hydriques restaurés, l'évolution des sommes reçues à
titre de
compensation, notamment cet élément-là quand même, l'évolution des sommes reçues à
titre de compensation, et le
dernier élément qu'on vient d'adopter, là, qui est sur la question des résultats obtenus par rapport aux
enjeux... bien, ça, l'enjeu sur les changements climatiques, c'est un peu
plus vaste, mais l'équivalence entre les
milieux atteints, les milieux restaurés, on serait capables de faire ça sur une
période beaucoup plus courte que sur 10 ans.
Le Président (M.
Iracà) : M. le ministre.
Heurtel : En complément, juste rapidement, c'est juste de dire... Je
ne dis pas qu'on ne pourrait pas faire certains éléments qui sont dans la liste plus vite que 10 ans, c'est que
l'objectif du bilan de 10 ans, c'est quoi, ultimement? C'est d'évaluer l'objectif numéro un, qui est la raison
d'être de ce projet de loi là, qui est zéro perte nette. Et ça, pour bien
évaluer, pour bien avoir un portrait,
pour bien être sûrs que les projets, les plans soient bien mis en oeuvre, on
considère que ça va prendre 10 ans.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, toujours
questions, interventions, 17.2? S'il n'y a pas d'autre intervention, puisque
ça complète les sous-articles, je vais demander s'il y a des commentaires sur
le
titre «Reddition de comptes»? S'il n'y a pas de commentaire, je vais
procéder à la mise aux voix de l'article 9. Est-ce que l'article 9
est adopté tel qu'amendé?
Président (M. Iracà) :
Article 9, adopté. Nous allons procéder
maintenant à l'étude de l'article 10. À la lecture, s'il vous
plaît, M. le ministre.
M. Heurtel :
Chapitre II.
Loi sur la conservation du patrimoine naturel.
L'article 1
de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel (chapitre C-61.01) est
modifié :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «protection» par «conservation»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «mesures de protection» par «mesures
de conservation»;
«3° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Elle
favorise, en outre, la conservation des milieux humides et hydriques qui, de
par leurs fonctions écologiques, constituent
des écosystèmes d'une grande importance, notamment pour répondre aux besoins
des générations actuelles et futures.
«Les
mesures de conservation prévues par la présente loi, incluant les aires
protégées, constituent un ensemble de mesures visant à assurer le
maintien du patrimoine naturel et des écosystèmes qui le composent, notamment
leur préservation, leur protection, leur restauration et leur utilisation
durable.»
le Président, cet
article remplace la notion de protection par celle de
conservation, qui est plus appropriée. Le dernier aliéna introduit par le paragraphe 3° précise d'ailleurs le
sens à apporter à la notion de conservation, qui comprend notamment celle de protection. Cet
article permet
par ailleurs d'introduire un objet spécifique lié à la conservation des
milieux humides et hydriques.
M. le Président, nous
avons un amendement.
Le Président (M.
Iracà) : À la lecture.
M. Heurtel :
Dans l'article 10 du projet de loi :
1° insérer, après le
paragraphe 1°, le paragraphe suivant :
1.1°
par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «afin notamment de répondre aux
besoins des générations actuelles et futures»;
2° insérer, après le
paragraphe 2°, le suivant :
2.1° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «ou organismes gouvernementaux» par
«, organismes gouvernementaux ou instances régionales»;
3° remplacer le
paragraphe 3° par le suivant :
3° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Elle
favorise, en outre, la conservation des milieux humides et hydriques et
l'atteinte de l'objectif d'aucune perte nette de tels milieux. Ceux-ci constituent des écosystèmes d'une grande
importance en raison de leur fonction écologique fondamentale, notamment pour réguler le débit des eaux tant en période
d'inondation que de sécheresse et pour lutter contre les changements
climatiques.
«Les mesures
de conservation prévues par la présente loi, incluant les aires protégées,
constituent un ensemble de mesures visant à assurer le maintien du
patrimoine naturel et des écosystèmes qui le composent, notamment leur
préservation, leur protection, leur restauration et leur utilisation.»
le Président, cet amendement vise à préciser les éléments en lien avec le
partage de responsabilités entre l'État, les organismes gouvernementaux et les intervenants régionaux. Il précise
au surplus certaines particularités propres aux milieux humides et
hydriques.
Enfin, dans
un souci de cohérence, la référence aux besoins des générations actuelles et
futures est ramenée au premier alinéa. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. Questions, commentaires sur l'amendement à l'article 10? M.
le député de Masson.
Lemay : Bien, en fait, effectivement, on est très heureux qu'au
premier alinéa on ramène le souci des générations
actuelles et futures, et surtout dans un esprit de développement durable, M. le
Président. Mais moi, j'ai une question,
ici, là, quand on regarde, là... On vient d'introduire la notion, là, de
sécheresse et d'inondation. Je ne sais pas si on peut juste avoir une
petite précision sur ce point-là, s'il vous plaît?
Le Président (M. Iracà) : Ce ne sera
pas long, M. le député de Masson.
Président (M. Iracà) : Oui, oui. Alors, M. Laniel, je vais vous
demander de vous nommer ainsi que votre
titre avant de répondre à la
question. M. le député de Masson, ça va? Alors, la parole est à vous.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Merci.
Jean-Pierre Laniel, directeur de l'expertise en biodiversité au ministère du
Développement durable, et de l'Environnement, et de la Lutte contre les
changements climatiques.
On vient
préciser ici vraiment ce qui va constituer l'essentiel, en tout cas les plus
prioritaires services, bien, on va dire,
fonctions écologiques fondamentales, parce qu'on sait qu'actuellement, dans différents
endroits... les inondations qui ont
eu cours ce printemps notamment, et, à l'inverse, à certaines périodes, avec
les changements climatiques, on s'attend à ce qu'il y ait des périodes de sécheresse à d'autres périodes de
l'année, qui vont venir affecter, dans certaines régions, la qualité et la pérennité des milieux humides et
hydriques. Donc, dans ce cas-là, pour atteindre l'objectif d'aucune perte
nette, on veut s'assurer, effectivement, que
les fonctions écologiques de base, parmi les fonctions qui étaient à 3.1... Si
vous vous rappelez, il y en a une série, il
y a des fonctions hydrologiques qui réfèrent plus au débit, rétention des eaux,
etc., donc tout ce qui peut avoir trait à l'hydrologie, bien, elles sont
prises en compte ici, dans ce paragraphe-là.
Président (M. Iracà) : Alors, merci beaucoup, M. Laniel. Questions,
commentaires, toujours sur l'amendement? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, nous aussi, on trouve ça extrêmement intéressant,
surtout la notion d'inondation et de lutte contre les changements climatiques. Bon, le ministre parle de débit des
eaux en période d'inondation et de sécheresse. Il y a d'autres effets qui nous avaient été quand même soulevés par le
ROBVQ. Là, on parle de décrochement de berge, glissement de terrain, érosion côtière. Est-ce qu'on est capable
d'inclure ça à quelque part dans ce qui est couvert par le nouvel
amendement du ministre?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Masson. M. le ministre.
M. Heurtel : ...député de Jonquière?
Le Président (M. Iracà) : Ah! Le
député de Jonquière, excusez-moi.
Heurtel : Moi, je suis le ministre. Et, pour la question, on va parler
spécifiquement de glissement de terrain, de décrochement de berge dans un amendement subséquent à l'article 15
du projet de loi. Alors, on va traiter spécifiquement. Mais en plus, juste pour rassurer le député, moi,
je vois ces éléments-là comme faisant
partie de... quand même, pour lutter
contre les changements climatiques. C'est
tous des points qui sont liés aux changements climatiques, mais,
spécifiquement, on va en parler dans quelques instants, je l'espère, M.
le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, nous sommes
toujours à l'amendement déposé à l'article 10. Questions, commentaires? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 10, tel que lu par M. le ministre, est adopté?
Le Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. Sur l'article 10 comme tel, est-ce qu'il y a des questions, commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 10, tel
qu'amendé, est adopté?
Président (M. Iracà) :
Article 10, adopté. À la lecture, s'il
vous plaît, M. le ministre.
Article 11.
M. Heurtel :
L'article 2 de cette loi est modifié par l'insertion,
après la définition de «biodiversité ou diversité biologique», de la
définition suivante :
«"milieux
humides et hydriques" : les milieux visés à l'article 46.0.1 de
la
Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2).»
M. le Président, cette
modification permet de référer à l'expression «milieux humides et hydriques»
qui sera définie à l'intérieur de la
Loi sur la qualité de l'environnement, tel
que proposée par l'article 24 du projet de loi.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires,
article 11? S'il n'y a pas d'intervention, je vais procéder à la mise
aux voix. Est-ce que l'article 11 est adopté?
Le Président (M.
Iracà) :
Article 11 adopté.
Article 12. À la lecture, M. le
ministre.
Heurtel :
L'article 9 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «d'une réserve aquatique, d'une réserve de biodiversité ou d'un
paysage humanisé et celles qui sont mises en réserve à ces fins» par «d'une
autre aire protégée relevant du ministre ou
faisant l'objet d'une autre mesure de conservation en vertu de la présente
loi».
le Président, cette modification permet de tenir compte des nouvelles mesures
de conservations liées aux milieux humides
et hydriques introduites par le projet de loi. Ainsi, la référence devient
générique au lieu d'énumérer toutes les mesures prévues par la
Loi sur
la conservation du patrimoine naturel. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup.
Article 12, questions,
commentaires, interventions? S'il n'y a pas d'intervention, je vais
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 12 est adopté?
Le Président (M. Iracà) :
Article 12 adopté.
Article 13. S'il vous plaît, à la lecture.
Heurtel :
L'article 11 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «suite à sa mise en réserve ou
à sa constitution en réserve aquatique, en réserve de biodiversité, en réserve
écologique, en réserve naturelle ou en
paysage humanisé» par «conservé à
titre d'aire protégée ou faisant l'objet
d'une autre mesure de conservation en vertu de la présente loi».
le Président, cette modification permet de tenir compte des nouvelles mesures
de conservation liées aux milieux humides
et hydriques introduites par le projet de loi. Ainsi, la référence devient
générique au lieu d'énumérer toutes les mesures prévues par la
Loi sur
la conservation du patrimoine naturel. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Excellent. Merci, M. le ministre.
Article 13, questions, commentaires? S'il n'y a pas d'intervention,
je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 13 est adopté?
Le Président (M.
Iracà) :
Article 13 adopté.
Article 14. S'il vous plaît, M.
le ministre.
Heurtel :
L'article 12 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «d'une réserve aquatique, d'une réserve de biodiversité, d'une
réserve écologique ou d'un paysage humanisé» par «d'une aire protégée
relevant du ministre ou d'un territoire faisant l'objet d'une autre mesure de
conservation en vertu de la présente loi».
le Président, cette modification permet de tenir compte des nouvelles mesures
de conservation liées aux milieux humides
et hydriques introduites par le projet de loi. Ainsi, la référence devient
générique au lieu d'énumérer toutes les mesures prévues par la
Loi sur
la conservation du patrimoine naturel. Merci.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre.
Article 14,
questions, commentaires, interventions? S'il n'y a pas d'intervention,
je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 14 est adopté?
Le Président (M.
Iracà) :
Article 14 adopté.
Article 15. À la lecture, s'il
vous plaît, M. le ministre.
Heurtel : Alors, M. le Président, c'est un remplacement d'article.
Alors, je passe tout de suite à l'amendement, qui a déjà été distribué.
Le Président (M.
Iracà) : S'il vous plaît, à la lecture.
Heurtel : Merci. Remplacer l'article 15 du projet de loi par le
suivant :
L'article 13
de cette loi est modifié par le remplacement du premier alinéa par les
suivants :
ministre peut désigner certains milieux en les délimitant sur plan lorsqu'ils
se distinguent par la rareté ou l'intérêt exceptionnel que présente
l'une de leurs caractéristiques biophysiques.
«Dans le cas des
milieux humides et hydriques, peuvent également être désignés les milieux dont
les qualités correspondent à l'un des critères suivants :
la diversité biologique et les fonctions associées à ces milieux confèrent une
grande valeur écologique qu'il est
nécessaire de conserver afin notamment de contribuer à la sauvegarde de leur
intégrité et à tenir compte des enjeux liés aux changements climatiques;
les milieux se distinguent, à l'échelle régionale ou nationale, par leur
intégrité [et] leur rareté ou leur superficie;
«3° les milieux
contribuent à la sécurité du public et, conséquemment, à protéger les personnes
et les biens, notamment contre les risques associés aux inondations, aux
décrochements de berge, aux glissements de terrain ou à l'érosion côtière;
«Sont
aussi admis à une telle désignation les milieux humides et hydriques qui ont
fait l'objet d'une intervention dans
le cadre d'un programme de restauration et de création de milieux humides et
hydriques élaboré en vertu de la Loi affirmant le caractère collectif
des ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des
milieux associés (chapitre C-6.2).»
le Président, l'article 15 permet d'introduire de nouvelles possibilités
permettant au ministre de délimiter sur plan certains milieux humides et
hydriques pour lesquels une autorisation préalable à la réalisation d'une
activité pourra être requise. Ainsi,
les milieux humides et hydriques dont les qualités répondent aux critères
spécifiés au deuxième alinéa pourront
bénéficier de ce régime spécifique. Les milieux humides et hydriques ayant été
restaurés ou créés dans le cadre d'un
projet admissible à un programme de restauration et de création de milieux
humides et hydriques pourront également bénéficier d'un tel régime.
L'amendement
vise à préciser les critères permettant au ministre de désigner des milieux
humides et hydriques notamment en lien avec les enjeux liés aux
changements climatiques et à la sécurité publique. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, sur
l'amendement qui remplace tout l'article 15, est-ce qu'il y a des
questions, commentaires? M. le député de Jonquière, le député de Masson également,
par la suite.
M. Gaudreault : Oui. Deux
questions. Premièrement, au troisième
paragraphe, bon, là, je comprends, on
modifie la
loi sur le patrimoine naturel, là, conservation, pardon,
du patrimoine naturel. Au deuxième
paragraphe, le ministre se garde la
possibilité de désigner un milieu dont les qualités correspondent à l'un des
critères. Bon. Le fait d'amener l'un des
critères, c'est intéressant. Mais pourquoi ça ne serait pas automatique? Dans
le cas des milieux humides et hydriques, «doivent également être désignés» ou «sont désignés des milieux dont les
qualités», pourquoi on est comme pas sûrs? Pourquoi on se garde une marge de manoeuvre? Autrement dit, à partir du
moment où il correspondrait à un des critères, paf! ça serait un milieu
humide désigné.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
M. Heurtel :
Le «peut», c'est... bien, en tout cas, je ne le verrais pas comme ça. Encore
une fois, c'est de la rédaction législative,
là. C'est de se laisser une latitude, mais ce n'est pas de dire : Bien, on
ne voudra pas nécessairement le faire. Mais
je crois que, dans le cadre d'une planification, dans le cadre de certains critères, il pourrait y avoir des situations
où, pour des raisons, là... puis je ne peux
pas en imaginer, là, mais c'est quand
même se donner cette ouverture-là. Étant donné qu'il y
a plusieurs intrants, il y a plusieurs
acteurs qui peuvent intervenir
là-dessus, dans l'application, l'aménagement du territoire, la planification des milieux humides et hydriques, donc
il faut quand même, je crois, ici, laisser quand même une latitude au
ministre.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Bien, c'est parce que moi, je fais une distinction entre le premier paragraphe
puis le deuxième. Le premier
paragraphe, il est d'application générale pour la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel. Là, je comprends qu'il
y a une plus grande marge de manoeuvre discrétionnaire, je dirais, alors c'est
pour ça que c'est : «Le ministre peut désigner certains milieux».
Mais là, quand on arrive dans le deuxième paragraphe, là, c'est spécifiquement
pour les milieux humides et hydriques. Pour
moi, ça devrait être une obligation à partir du moment où ça correspond à un
des critères.
Le Président
(M. Iracà) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Ça ne sera pas nécessairement tous les milieux humides qui vont bénéficier de
cette protection, je dirais, additionnelle.
Mais ça ne veut pas dire que le milieu humide qui n'est pas désigné comme tel
ne sera pas protégé. Alors, il y a
quand même une base de protection. Là, ce qu'on dit, c'est qu'il pourra y avoir
une protection additionnelle qui va être donnée.
Cela
dit, il pourrait y avoir des situations où d'attacher... bien, d'enlever un
pouvoir discrétionnaire au ministre pourrait,
disons, être nuisible, étant donné le fait qu'on cherche à vraiment avoir une
planification qui tient compte de plusieurs
intrants. Alors, dans ce cas-là, c'est simplement se donner, là, cette soupape
additionnelle. Mais il ne faut pas voir là une échappatoire qui empêche
la protection de tels milieux s'ils n'ont pas cette désignation-là.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions,
commentaires sur l'amendement à l'article 15? M. le député de Masson.
M. Lemay :
Oui. Donc, nous autres, on est très heureux que le ministre introduit dans le
deuxième alinéa, troisième paragraphe, la
notion, là, de sécurité du public, conséquemment à protéger les personnes et
les biens, notamment contre les
risques associés aux inondations, aux décrochements de berge, aux glissements
de terrain ou à l'érosion côtière. On
avait justement un amendement, M. le Président, en ce sens-là, qu'on ne
déposera pas parce que le ministre l'a introduit. Ça venait d'une
demande du ROBVQ.
Ma question au
ministre, à ce stade-ci, c'est que le ROBVQ avait aussi fait la demande qu'on
ajoute un autre paragraphe concernant ce qui
se situe dans l'espace de liberté d'un cours d'eau, et entre autres pour
contribuer à la régulation des
inondations, à la formation de corridors écologiques et au contrôle des apports
en sédiments et nutriments vers les
cours d'eau. On aimerait savoir, dans le
fond, pourquoi le ministre n'a pas inclus à son amendement la notion de zone
périphérique demandée par le ROBVQ.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. M. le ministre.
M. Heurtel :
Parce qu'après consultation avec l'équipe nous, on voit que, ces notions-là
proposées par le ROBVQ, on les
retrouve dans l'interprétation qu'on donne au premier alinéa, là, au premier
paragraphe, devrais-je dire, là, dans l'énumération :
«La diversité biologique et les fonctions associées à ces milieux confèrent une
grande valeur écologique qu'il est
nécessaire de conserver afin notamment de contribuer à la sauvegarde de leur
intégrité et à tenir compte des enjeux liés aux changements
climatiques.» Nous, on pense que c'est inclus dans les notions qui sont
présentées ici.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Masson.
Lemay : Oui, une précision, là, on est bien d'accord en ce qui
concerne les fonctions qui sont associées au milieu, mais, en ce qui concerne la zone périphérique, là, est-ce que
vous continuez à dire que, dans le fond, c'est couvert dans le premier
paragraphe?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député de Masson. M. le ministre.
Heurtel : Je référerais le député à la définition qu'on propose à
46.0.1 de la LQE, qu'on va voir plus loin dans le projet de loi, où on tient compte de la rive de la zone inondable.
Ça, ce sont des éléments qui sont inclus. Alors, par le jeu de ce qu'on voit ici, de ce qu'on va voir à 46.0.1,
parce qu'on fait référence à la définition, là, on considère qu'on couvre
ces éléments-là.
Président (M. Iracà) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'amendement? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, je veux juste être sûr de bien comprendre, parce que
je ne suis pas encore convaincu, là, ou rassuré. Dans la règle générale
ou le principe de cet article-là, le ministre peut désigner des milieux
lorsqu'ils se distinguent par la rareté ou
l'intérêt exceptionnel qu'ils présentent, mais, dans le cas des milieux humides
et hydriques, s'ils correspondent à un des critères, ils sont forcément
remarqués par leur intérêt exceptionnel ou leur rareté. Alors, pourquoi ils ne seraient pas d'intérêt? J'essaie
de voir une possibilité qui ferait qu'il y aurait un des critères, mais ils ne
seraient quand même pas à un niveau d'intérêt ou de rareté, d'intérêt
exceptionnel ou de rareté. C'est comme une contradiction. S'il y a des
critères, c'est que... Dès qu'ils embarquent dans un critère, ça veut dire
qu'il y a un intérêt exceptionnel ou une
rareté, mais pourtant le ministre se garde une discrétion. Alors, je ne
comprends pas la contradiction. Il me semble que, s'il correspond à un
critère, c'est automatiquement une rareté ou un intérêt exceptionnel.
Donc,
je voudrais juste... peut-être que le ministre peut me donner un exemple, ou
quelqu'un de son entourage, d'un milieu humide qui correspondrait à un
critère mais qu'on ne désignerait pas quand même.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : ...M. le Président. Dans ce cas-là plus
précisément, ce qu'il faut comprendre, c'est dans l'articulation de cet article-là. Le premier
article... le premier paragraphe reprend essentiellement ce qu'il y avait dans
le texte actuel. Donc, la loi prévoyait
certains milieux exceptionnels, mais elle vient intégrer par le deuxième
paragraphe que, dans le cas des
milieux humides, il y a quatre critères qui ne sont pas nécessairement
obligatoires d'en avoir quatre sur quatre
ou trois sur quatre, comme vous avez mentionné, c'est un de ces critères-là qui
vont s'appliquer sur le territoire.
faut penser que ça va aussi s'articuler à travers une méthodologie,
l'identification de ces milieux-là, donc tout l'ensemble des critères qui sont ici vont être un peu mis dans une
méthodologie pour être en mesure d'identifier des milieux. Donc, le critère de la superficie, des fonctions,
etc., vont être mis ensemble pour pouvoir identifier sur le territoire
national, on se comprend, ou encore
régional, on n'est pas au niveau local, à ce moment-là... Donc, c'est d'avoir
la capacité d'aller identifier pour
le Québec les territoires qui vont mériter une appellation comme ça. Il y a
déjà plusieurs exercices en cours avec
des partenaires, le gouvernement fédéral, pour identifier ce type de milieux là
sur le territoire, à travers différentes collaborations, par exemple dans le Plan d'action Saint-Laurent, et ça,
ça va servir effectivement à venir camper quels milieux vont être
priorisés puis quels milieux vont pouvoir être identifiés et désignés en vertu
de la loi.
faut juste faire la différence entre «exceptionnel», qui s'adressait à
l'ensemble des milieux sur le territoire, que ça soit forestier, dans
certains cas «espèces menacées ou vulnérables», ou d'autres caractéristiques
spécifiques avec l'introduction, dans le
deuxième paragraphe... où on vient vraiment cibler les milieux humides et
hydriques et où on aura développé une
méthodologie pour bien identifier et expliquer aux gens comment la démarche a
été menée. Et essentiellement ces quatre critères-là vont être priorisés
par rapport à d'autres.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
Laniel. En complément de réponse, M. le ministre.
M. Heurtel : Oui, M. le Président.
J'y ai fait référence tout à l'heure, mais à cela s'ajoute le fait que, dans la
planification du territoire, le ministre de l'Environnement n'agit pas seul. M.
Laniel a parlé du gouvernement fédéral, il y
a les Premières Nations, il y a
les municipalités, les MRC. Alors, on ne peut pas lier le pouvoir
du ministre et traiter ça en vase clos. Donc, ça,
c'est une autre raison pour laquelle il y a un «peut», là.
L'esprit du projet de loi puis l'esprit du régime de protection qu'on propose dans l'ensemble
du projet de loi, c'est justement reconnaître qu'il y a d'autres acteurs
dans la planification du territoire puis dans l'effort de protection. Alors, l'objectif, c'est certainement de les reconnaître. C'est l'esprit d'ailleurs
de cette loi, de pouvoir reconnaître, là, ce n'est pas un nouveau
concept qu'on introduit.
Et il y a plusieurs...
Il y a une consultation qui doit être faite, on va en parler un peu plus
loin, hein?
L'article 16 du projet
de loi prévoit qu'on va devoir
consulter d'autres ministres, des autorités municipales, les communautés autochtones, comme je disais, les organismes de bassin versant.
Il y a tout un travail qui va devoir être fait. Je comprends la position
du député, mais là c'est vraiment, je crois... ici, on se bute à une rédaction
législative, là, qui fait en sorte qu'elle doit respecter aussi le fait que le
ministre, dans ce cas-ci, ne peut pas agir seul.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires,
toujours sur l'amendement,
article 15?
Gaudreault : Oui. Autre sujet, M. le Président. Je veux savoir... On a
été sensibilisés ici, je ne me souviens plus exactement par quel groupe,
là, je pense que c'est le ROBVQ... les biologistes, Nature Québec également
nous parlait de ce qu'on appelle l'espace de
liberté des rivières, là, quand il y a un débordement. Et on l'a vu, les
inondations récemment, donc la
rivière reprend son espace de liberté. Je voudrais savoir où on la retrouve,
cette notion-là d'espace de liberté. Parce que, là, on arrive avec le
paragraphe 3° qui parle des milieux qui contribuent à la sécurité du public, protéger les personnes et les biens contre les
risques associés aux inondations, aux décrochements de berge, aux glissements
de terrain, à l'érosion côtière. À quelle place qu'on peut dire que l'espace de
liberté est tenu compte?
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le ministre.
Heurtel : Alors, je réfère le député... Cette notion spécifique là,
nous, on la prévoit dans notre définition de milieux humides et hydriques, qui va être proposée par l'article 24
du projet de loi, qui introduit 46.0.1 de la LQE. Je vais juste citer un
extrait, là, de la définition, mais... «Sont notamment des milieux humides et
hydriques — puis
là un deuxièmement — les rives, le littoral et les plaines
inondables des milieux visés au paragraphe 1°, tels que définis par
règlement du gouvernement.» Alors, dans ça,
nous, on considère — puis j'expliquais
un peu la même chose au député de Masson — que, pour nous, ça
inclut la notion, là, qui était proposée par le ROBVQ.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le ministre. Questions,
commentaires, amendements? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Peut-être juste un complément par rapport à ça.
Est-ce que le ministère a l'intention d'ajuster la politique sur la protection des rives, évidemment, en fonction de la
définition, incluant la question de l'espace de liberté?
Heurtel : C'est clair que non seulement on ne peut pas présumer encore
de l'adoption du présent projet de loi. Cela dit, ne serait-ce qu'avec les événements qu'on vient de vivre, j'ai
déjà annoncé la volonté du gouvernement de revoir, à moyen et long terme, l'ensemble de nos outils pour
nous prémunir contre des événements comme ceux qu'on a vécus au Québec.
Alors, c'est clair que la Politique de protection des rives, du littoral et des
plaines inondables va subir un réexamen et
va devoir tenir compte de l'importance accrue que nous accordons à la
protection des milieux humides et leur rôle par rapport justement aux
inondations, notamment.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires,
amendements,
article 15 toujours? S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement remplaçant l'article 15, tel que lu par M. le
ministre, est adopté?
Le Président (M. Iracà) : Amendement
adopté.
Article 16. À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Heurtel :
L'article 14 de
cette loi est remplacé par les suivants :
«14. Avant de désigner un milieu en vertu de
l'article 13, le ministre consulte :
«1° les ministres concernés, notamment les ministres responsables de
l'agriculture, de la faune, de l'énergie et des ressources naturelles
lorsque des milieux humides et hydriques sont visés;
les autorités municipales concernées, notamment pour considérer les éléments
contenus dans un plan régional des milieux humides et hydriques élaboré
en vertu de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et
favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés
(chapitre C-6.2);
«3° les communautés
autochtones concernées, représentées par leur conseil de bande;
les organismes de bassin versant et les tables de concertation régionale
concernés lorsque des milieux humides et hydriques sont visés, notamment pour considérer les éléments contenus
dans un plan directeur de l'eau ou un plan de gestion intégrée du Saint-Laurent élaboré en vertu de la
Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et [prévoyant
des mesures favorisant la conservation des milieux humides et hydriques];
«5° les conseils
régionaux de l'environnement concernés;
«6° lorsque le milieu
est situé sur une terre privée, son propriétaire.»
M. le Président, cette modification permet de dresser la liste des personnes et des
organismes consultés préalablement à la désignation d'un milieu par le ministre.
Une telle consultation permettra notamment de considérer le travail de planification lié aux milieux humides et
hydriques effectué par les organismes
de bassin versant et les tables
de concertation régionales, ainsi que celui effectué par les communautés métropolitaines et les municipalités — ça,
ce n'est plus... Ah! oui, ça marche — tenues au maintien d'un schéma
d'aménagement et de développement. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) :
C'est bon, M. le ministre. C'est bon. On se pose des questions
des fois puis on se répond tout seul en même temps. Alors, l'article 16,
questions, commentaires? M. le député de Masson.
M. Lemay : Oui, M.
le Président. Par souci de
concordance avec un
article que je ne me rappelle plus lequel, là, mais qu'on
avait déjà fait une modification, dans le premier paragraphe, on nomme une série
de ministres responsables qui doivent être... qui sont impliqués. Pourquoi
est-ce qu'on ne retrouve pas le ministre des Affaires municipales? Est-ce que le ministre
est d'accord à ce qu'on fasse un amendement
pour inclure le ministre des Affaires
municipales dans cette liste? Parce
que c'est une concordance.
Le Président
(M. Iracà) : Merci. M. le ministre.
M. Heurtel : Bon, ce n'est pas le même rôle que dans l'autre article.
Là, on parlait de planification. Là, on n'est pas nécessairement... La raison
pour laquelle on a fait une énumération puis qu'elle a été limitative, c'est parce qu'on nommait les ministres qui impactent directement la planification du territoire. Ici, c'est une consultation par rapport à une désignation. Et il y a
le «notamment». Le ministre
des Affaires municipales n'est pas nécessairement exclu, mais ça pourrait être
possible que ce n'est pas nécessaire de consulter le ministre des Affaires municipales dans le cas ici. Tandis que, dans l'autre, c'était absolument nécessaire.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre, M. le député de Masson.
M. Lemay : Parce
qu'on sait que — on
le voit, là — on
donne aux MRC et aux municipalités... Ils sont impliqués dans toutes les décisions concernant les milieux humides. Je comprends qu'ici il y a un «notamment» puis que ce n'est pas exclu, mais la dernière fois, peut-être que... Dans le fond, moi, il me semble que je verrais bien le ministre des Affaires municipales inclus dans cette liste, là. Je ne vois pas pourquoi
qu'on ne l'inclurait pas. On l'a déjà tenu en considération auparavant.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. M. le ministre.
M. Heurtel :
C'est parce que, dans ce cas-ci, c'est vraiment les MRC. C'est parce que, là,
on est à une étape subséquente, là. C'est
les MRC qu'il faut être... plus consulter que le ministre des Affaires municipales dans la plupart des cas. Puis
je peux vous donner un exemple. Si on est sur une terre privée, je ne vois pas
l'impact d'une consultation du
ministre des Affaires municipales. Puis il n'est pas exclu, là. Contrairement à
l'autre
article qu'on a vu, où c'était une
énumération limitative, ici il n'est pas exclu. Alors, je veux le rassurer, là,
je m'entends très bien avec le ministre
des Affaires municipales. Et je suis sûr que les ministres subséquents
vont bien s'entendre. Un partenariat est nécessaire. En tout cas, c'est mon
expérience à moi. Alors, je veux dire... Mais ce n'est pas limitatif. Trêve de
plaisanteries.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires, toujours
article 14 proposé à l'article 16? M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Moi aussi, c'est une question
de concordance, là. Paragraphe 3°,
les communautés autochtones concernées, est-ce qu'on couvre Eeyou
Istchee et Kativik?
Le Président
(M. Iracà) : M. le ministre. Il y a un petit caucus de la
partie
gouvernementale. Me Grignon. Bon matin, Me Grignon. Alors, vous connaissez la
procédure.
Mme Grignon
(Karine) : Oui. Alors, Karine Grignon, avocate au ministère de la
Justice, affectée au ministère du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
Bien,
en fait, ici, comme c'est une consultation, la formulation qui est exigée, là,
dans les différents documents qui
encadrent l'obligation de consultation, c'est : les communautés
autochtones qui sont représentées par leurs conseils de bande, pour que le tout soit officialisé, là,
dans leurs documents, notamment quand ils agissent, ils prennent des décisions,
pour faire état du fait qu'ils ont
été consultés. Donc, c'est la formulation qui apparaît à peu près dans la
majorité des lois par rapport à l'obligation de consultation du
gouvernement.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, Me Grignon. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Bien, c'est
juste pour être sûr de ne pas en échapper, là, parce qu'Eeyou Istchee, les
nations inuites, Kativik ne sont pas
représentés par des conseils de bande. Il y a vraiment un aspect, là, vraiment
plus technique, là.
Le Président (M. Iracà) :
Merci. M. le ministre.
M. Heurtel :
Je comprends. On a consulté le Secrétariat aux affaires autochtones, comme
c'est probablement le cas dans toutes
les dispositions qui touchent aux Premières Nations. Dans les cas précédents,
là, on était dans les notions... Je
rappelle au député que c'était plus... Quand on donnait la planification MRC,
on voulait être sûrs qu'on n'en échappe pas, parce qu'il y a certaines communautés autochtones qui ne sont pas
nécessairement des MRC. C'est pour ça qu'on a précisé.
Là, ici, c'est dans l'obligation de
consultation. Ce qu'on nous recommande et qui est l'expression consacrée lorsqu'on parle de consultation des Premières
Nations, l'expression consacrée et qui... Selon les avis que nous avons du
Secrétariat des affaires autochtones, c'est
que l'expression «communautés autochtones concernées, représentées par leur
conseil de bande», ça inclut. C'est inclusif et ça couvre les cas que vous soulevez,
M. le député.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. Questions, commentaires,
toujours à l'article 14 proposé à l'article 16? S'il n'y a pas d'autre commentaire, on m'indique
que le député de Masson souhaite apporter un amendement pour ajouter
l'article 14.0.1 juste avant l'article 14.1. À la lecture, s'il vous
plaît, M. le député de Masson.
M. Lemay : D'accord.
Article 16(14.0.1) : Modifier l'article 16 du projet de loi en
insérant l'article 14.0.1 :
«14.0.1.
Lorsqu'un milieu désigné en vertu de l'article 13 est situé sur une terre
privée, le ministre détermine le montant de la compensation.»
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. Est-ce que vous aviez davantage
d'explications à ajouter suite à la lecture de l'amendement?
M. Lemay : Bien, écoutez, il y a plusieurs groupes qui sont venus nous parler
d'expropriation déguisée, et, entre
autres, l'APCHQ qui sont venus nous parler, ils nous ont dit que, dans le fond, c'est inclus notamment, entre
autres, avec la charte des droits et libertés, de l'article 6,
qui permet de priver un titulaire de son droit de propriété, mais uniquement
dans la mesure où cette privation est
requise à des fins publiques et moyennant indemnité. Et donc, ici, c'est
mentionné «moyennant indemnité», donc, le but de cet amendement.
Maintenant, c'est le ministre qui détermine le montant de la
compensation. En réalité, c'est une compensation plus pour la perte de jouissance de l'utilisation du terrain. Et
on sait que, le terrain, ça pourrait être un agriculteur aussi qui pourrait avoir des pertes de revenus associées
à sa terre. Ça pourrait aussi être quelqu'un qui voudrait envisager de développer des propriétés, puis il verrait cette
décision bien différemment si, effectivement, il avait fait l'acquisition d'un terrain. Le
terrain est désigné maintenant «milieu humide» et ne peut plus... selon la
séquence d'éviter-minimiser-compenser,
il se retrouve à... ne pourra pas faire de développement sur son terrain.
Il devra se retourner vers un autre terrain. À ce moment-là, ce serait intéressant d'avoir une certaine compensation justement
pour éviter le principe d'expropriation déguisée.
Je ne sais
pas si le ministre avait l'intention d'introduire cette notion-là ailleurs dans
son projet de loi, mais nous, on avait jugé bon de
l'introduire à ce stade-ci.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Masson. M. le ministre.
M. Heurtel : Merci,
M. le Président. Pour nous, ce n'est
pas de l'expropriation déguisée. C'est ce qui est fait en droit québécois dans plusieurs domaines et ailleurs, dans d'autres juridictions,
c'est une restriction au droit de propriété. Puis c'est deux notions différentes. Si on prend la notion... Si on
prend un milieu désigné, un milieu humide désigné sur une terre agricole, s'il est désigné, c'est qu'il
existe. L'agriculteur, ce n'est pas
comme s'il l'utilisait puis il cultivait du maïs sur ce milieu humide là, là. Je ne lui enlève pas sa capacité
d'exploitation. Et, s'il est désigné, en plus de ça, c'est parce qu'il faut reconnaître la valeur des
services écologiques. Il y a une valeur, là. Je comprends qu'on peut penser
qu'on enlève quelque chose, mais, si
on prend en agriculture, ce milieu humide là a une valeur, rend un service, et
ce service-là est quantifiable. Ça,
ça n'est que pour un exemple d'agriculture. Je le prends parce qu'il a été
soulevé dans le commentaire du député.
Alors, je
veux juste qu'on fasse attention. Pour nous, on ne le voit pas comme une
expropriation déguisée. On le voit
pour une restriction de droit de propriété, comme c'est fait dans plusieurs
autres cas. Et là-dessus je demanderais à Me Grignon de donner des
précisions au niveau juridique.
Le Président
(M. Iracà) : La très efficace Me Grignon.
Mme Grignon
(Karine) : Oui. Oui, en fait, en matière d'expropriation déguisée, les
tribunaux ont élaboré certains critères, et puis la Cour suprême,
notamment, est venue dire qu'il fallait démontrer une négation absolue, là, du
droit d'utiliser le bien-fonds, là, ou du
droit d'accéder à son bien-fonds. Si ce n'est pas le cas, il est capable
d'utiliser son bien quand même. Donc,
on peut apporter ce genre de limitation là au droit de propriété. Dans ce
cas-ci, c'est une limitation un peu
comme pourrait l'être la politique de protection des rives. Donc, il y a une
bande de protection qui n'est pas utilisable, mais ce n'est pas
l'entièreté du bien qui ne sert plus à l'usage auquel il est destiné, là.
Président (M. Iracà) : Merci, Me Grignon. Questions,
commentaires, toujours sur l'amendement proposé?
M. Heurtel : Me Grignon aurait
un complément à sa réponse.
Le Président (M. Iracà) : Bien
sûr, Me Grignon.
Mme Grignon
(Karine) : Oui. Bien, en fait, je référerais le député à l'analyse qui
a été produite par Me Jean-François
Girard dans son mémoire du CQDE, donc, qui explique vraiment toute cette
notion-là d'expropriation déguisée, là, et qui nous éclaire un petit peu
sur ces notions-là. Merci.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. D'autres questions,
commentaires sur l'amendement proposé par le député de Masson? M. le
député de Masson.
M. Lemay :
Bien, suite aux explications de Me Grignon, peut-être, c'est... Admettons que
c'est une restriction à son droit de
propriété puis que ce n'est pas une expropriation déguisée, ça reste quand même
que si l'objectif était... Bon, là,
vous dites que c'est un milieu désigné, que, de toute façon, il ne pouvait pas
faire d'agriculture. Mais il peut y avoir des exemples aussi qu'il y a quand même de l'agriculture qui se fait
parce que ce n'est pas... En fait, le milieu humide permet, à un certain moment dans l'année, de
pouvoir avoir une certaine culture qui est faite, je ne sais pas. Comment
qu'on peut prévoir, à ce moment-là, d'avoir
une certaine compensation? Parce que c'est mentionné que... Quand on fait
cette privation qui est requise à des fins
publiques, bien, on dit qu'on doit avoir une indemnité qui y est associée.
Donc, c'est juste pour ça qu'on
propose l'amendement à ce moment-ci, malgré les commentaires qui ont été faits
par le CQDE.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député de Masson. M. le ministre.
M. Heurtel :
Dans ce cas-là, M. le Président, ça serait jugé une utilisation durable, alors
donc pas une restriction. Alors, je
veux dire, je comprends qu'il y a eu une crainte qui a été élaborée, là, puis
je ne remets pas en question qu'il y a une
crainte, mais, dans le cas qu'il donne, s'il y a une forme d'agriculture dans
un milieu humide puis le milieu humide est désigné, je ne vois pas
pourquoi il ne pourrait pas y avoir un usage durable. C'est la même chose en
foresterie. La foresterie, là, un milieu
humide, puis il y a une exploitation forestière, l'exploitation forestière est
considérée une utilisation durable. Alors,
ça ne sera pas une restriction, un empêchement de l'activité. C'est simplement
qu'on va reconnaître, on va désigner un milieu humide pour s'assurer de
le protéger, un peu comme on fait une aire protégée. Ça ne fera pas
nécessairement en sorte que des usages durables pourraient continuer dans le
milieu humide.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le député de Masson.
M. Lemay : Un instant, M. le
Président.
Le Président (M. Iracà) : Oui.
Le Président (M. Iracà) : M. le
député de Masson.
M. Lemay : C'est bon. S'il n'y
a pas d'autre commentaire, on va être prêts à mettre aux voix l'amendement.
Président (M. Iracà) : Parfait. Excellent. Alors, je vais mettre
aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement pour l'ajout de
l'article 40...
M. Lemay : Par appel nominal,
M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Par
appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
Secrétaire : M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
M. Heurtel (Viau)?
La Secrétaire :
M. Plante (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Bourgeois (Abitibi-Est)?
La Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme Vallières (Richmond)?
Mme Vallières :
Contre.
La Secrétaire :
M. Iracà (Papineau)?
Le Président
(M. Iracà) : Abstention.
La Secrétaire :
Donc, 1 pour, 6 contre, 1 abstention.
Le Président
(M. Iracà) : Amendement rejeté. Je vais demander au ministre de
poursuivre avec la lecture de l'article 14.1 proposé à l'article 16.
M. Heurtel : «Dans l'appréciation de toute demande
d'autorisation qui lui est présentée en vertu de l'article 13 au regard de milieux humides et hydriques, le
ministre prend en considération que le milieu désigné devrait, en principe,
être maintenu dans son état naturel.
«Pour
l'application du premier alinéa, sont présumées ne pas être compatibles avec le
maintien de l'état naturel des milieux humides et hydriques les
interventions suivantes :
«1° les travaux de
drainage et de canalisation;
«2° les activités de
remblai et de déblai;
les travaux d'aménagement du sol, notamment ceux nécessitant du décapage, de
l'excavation, du terrassement ou la destruction du couvert végétal;
«4° toute autre
activité déterminée par règlement du gouvernement.
«Malgré
le deuxième alinéa, le gouvernement peut soustraire, par règlement, parmi les
activités visées à cet alinéa, celles
dont la réalisation est compatible en raison du respect de certaines
conditions, restrictions ou interdictions prévues par ce règlement.»
M. le Président, cet
article décrit le régime d'autorisation qui
s'applique aux milieux humides et
hydriques désignés. Même si aucune interdiction formelle n'est
formulée, comme c'est le cas pour un statut d'aire protégée, telle une réserve
de biodiversité, la base du régime précise
que les milieux doivent, en principe, être maintenus dans leur état naturel
afin de maintenir leurs fonctions
écologiques. Une liste d'interventions incompatibles avec le maintien de l'état naturel
des lieux humides et hydriques... des
milieux, dis-je, est prévue pour rendre plus prévisibles les cas possibles de
refus. Il s'agit des mêmes activités
que celles identifiées pour le paiement d'une contribution financière dans le
régime d'autorisation prévu par la LQE, exigé par le nouvel
article 46.0.4 de la LQE, tel qu'introduit par l'article 24 du projet
de loi.
Dans...
le cadre d'analyses applicables à une autorisation d'un milieu humide et
hydrique désigné est celui visé par l'article 22 de la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel. L'autorisation peut également être assortie
de conditions, telles que le prévoit l'article 22 de la loi.
L'article
prévoit également un pouvoir réglementaire au gouvernement afin d'identifier
des activités incompatibles avec le
maintien de l'état naturel qui deviendraient compatibles en raison du respect
de certaines conditions, restrictions ou interdictions. Merci, M. le
Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. 14.1 proposé à
l'article 16, questions, commentaires, interventions? M. le député
de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bon, quelques petites questions. Pourquoi on dit, dans le premier
paragraphe : «Devrait, en principe, être maintenu dans son état naturel»?
C'est rare qu'on voie ça. Il me semble que ça devrait être suffisant de dire : Le ministre prend en considération qu'un milieu
désigné devrait être maintenu dans son état naturel. Pourquoi on précise «en
principe»?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
M. Heurtel : Parce
que c'est un régime d'autorisation. Alors, «en principe», ce n'est pas... on ne lit
pas... Parce qu'il y a quand même
la possibilité qu'on n'autorise pas. C'est simplement
par rapport au fait que, dans un régime d'autorisation, il peut y avoir une latitude. Il peut être
autorisé, pas autorisé, autorisé avec des conditions. C'est de là que
découle l'utilisation d'«en principe».
M. Gaudreault :
Comme si on établissait la règle générale.
M. Heurtel :
Exact, M. le Président.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. D'autres commentaires? M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bon, on dit ensuite : «Pour l'application du premier alinéa, sont
présumées ne pas être compatibles», et là on
fait une liste. Les travaux de drainage et de canalisation, ça touche beaucoup
l'agriculture. Donc là, on dit, au
fond : L'agriculture, à cause des travaux de drainage et de canalisation,
d'une certaine manière, ne se trouve pas à être présumée compatible...
ne pas être compatible. Enfin, vous comprenez. Mais, le dernier alinéa, on
dit : «Le gouvernement peut soustraire, par règlement, les activités
visées à cet alinéa». Bon. Là, on peut penser, par exemple, justement,
à des pratiques agricoles, à des cannebergières, à des tourbières, qui
pourraient être exclues via cet alinéa, plutôt. Quels sont...
Bien, en tout cas, je pourrais arrêter là pour avoir une réponse, là.
Le Président
(M. Iracà) : Merci. M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : M. le
Président, en fait, on reste toujours
dans l'esprit de cet article-là, d'autoriser des activités
compatibles avec le maintien de l'intégrité du milieu ou du milieu naturel. Le gouvernement, les activités qu'il pourrait
soustraire, c'est plus des activités qu'un propriétaire pourrait faire sur son
terrain ou encore qu'un organisme de conservation
qui est propriétaire pourrait faire sur son terrain. Donc, on peut penser à des
sentiers pédestres pour l'interprétation
des milieux naturels et qui pourraient impliquer quelquefois de toucher au sol
ou de modifier le sol, mais, pour
faire un sentier, bien, on a besoin d'y toucher, etc., ce genre d'activité là,
puis, pour le propriétaire, bien, l'installation ou la construction de caches pour la chasse, des travaux d'installation,
éventuellement, d'un camp temporaire ou d'un camp qui n'a
pas beaucoup d'impact sur le milieu pour aller à la chasse et pour certaines activités
de récolte de bois faites selon certaines
conditions, une installation de quai flottant si on est dans un milieu qui est
plus hydrique. Donc, il y a une série de possibilités qui pourraient être
simplement exclues par règlement, donc, et être
permises dans ces milieux-là.
Ça fait que ça, il va falloir travailler ça. Mais effectivement les
cannebergières, ça ne vient pas correspondre, je pense, avec le volet qui vient présumer que ce soit
compatible avec la conservation d'un milieu qui a été désigné en vertu de la loi. Donc, ça, ça n'est pas
le genre d'activité qui serait soustrait.
quand on parle de drainage, on parle de nouvelles activités
de drainage, qui a tout le temps été présumé dans la loi. Évidemment, si on désigne un milieu naturel, puis il y a déjà un
fossé qui traverse ça, puis qu'il s'assure de faire le drainage en amont du territoire,
bien, on ne viendra pas, par la loi, dire : Vous n'entretenez plus le
fossé ou on bloque le fossé. Ça fait que ça, c'est parce qu'à ce
moment-là on impacte toutes les activités qui se font en amont au niveau
agricole. Donc, ce type de chose là
pourrait... Par exemple, l'entretien d'un fossé à des fins agricoles, parce
qu'il existait déjà, pourrait aussi
être inclus dans cet aspect-là. L'idée, ce n'est pas de bloquer l'agriculture
partout au Québec parce qu'on protège un milieu, par exemple.
Président (M. Iracà) : Merci, M. Laniel. D'autres questions,
interventions, 14.1? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais
procéder à la mise aux voix de l'article 16. Est-ce que l'article 16
est adopté?
Le Président
(M. Iracà) :
Article 16 adopté.
Article 17. M. le
ministre.
M. Heurtel :
L'article 18 de cette loi est remplacé par les suivants :
«18.
Le ministre peut modifier la délimitation d'un territoire faisant l'objet d'une
telle désignation ou y mettre fin lorsque, selon le cas :
la délimitation du territoire doit être revue pour assurer le maintien ou la
sauvegarde de sa biodiversité ou pour assurer la conformité de la
délimitation aux caractéristiques du territoire;
«2° l'intérêt public
le justifie;
les motifs qui justifiaient la désignation n'existent plus pour une
partie ou
la totalité du territoire délimité.
«Lorsque
le ministre diminue la superficie de milieux humides et hydriques faisant
l'objet d'une désignation ou lorsqu'il
décide d'y mettre fin, il doit, dans les plus brefs délais, prendre d'autres
mesures de conservation, de restauration ou de création de tels milieux ailleurs sur le territoire [dans les plus
brefs délais] afin de favoriser l'atteinte de l'objectif d'aucune perte
nette des milieux désignés.»
M. le Président, cette modification
prévoit la possibilité pour le ministre de modifier la délimitation d'un milieu
désigné sur plan ou de mettre fin à une
telle désignation. Afin de favoriser l'atteinte de l'objectif d'aucune perte
nette de milieux humides et hydriques, l'article prévoit toutefois que
le ministre doit prendre des mesures pour compenser la diminution des superficies conservées, notamment par la restauration ou
la création d'un autre milieu ailleurs sur le territoire.
Nous avons un
amendement.
Le Président
(M. Iracà) : À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
Heurtel : Dans l'article 18 de la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel, remplacé par l'article 17 du projet de
loi :
insérer, dans le paragraphe 1° du premier alinéa et après «biodiversité»,
«, pour tenir compte des enjeux liés aux changements climatiques»;
2° remplacer le
deuxième alinéa par le suivant :
«Lorsque
le ministre diminue la superficie des milieux humides et hydriques faisant
l'objet d'une désignation ou lorsqu'il décide d'y mettre fin, il doit,
dans les plus brefs délais, voir à ce que d'autres mesures de conservation, de restauration ou de création de tels milieux soit
mises en oeuvre ailleurs sur le territoire, dans les plus brefs délais, afin de favoriser l'atteinte de l'objectif d'aucune
perte nette des milieux désignés. Il considère à cet effet les éléments
contenus dans un plan directeur de
l'eau, dans un plan de gestion intégrée du Saint-Laurent ou dans un plan
régional des milieux humides et
hydriques élaborés en vertu de la Loi affirmant le caractère collectif des
ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et
des milieux associés (chapitre C-6.2).»
le Président, cet amendement permet de préciser certains éléments en lien avec
les enjeux liés aux changements climatiques et la gestion intégrée et
concertée des milieux humides et hydriques.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Sur l'amendement,
article 18 proposé à l'article 17, questions, commentaires? M.
le député de Masson.
M. Lemay :
Je comprends qu'on vient faire des précisions, là, sur comment qu'on peut
mettre fin à une désignation, mais ma
question est quand même de base. Alors, est-ce que le ministre peut nous donner
des exemples de pourquoi il voudrait
mettre fin à une désignation? Je sais que l'amendement fait en sorte qu'on va
avoir zéro perte nette au final. Mais ça serait quoi, les motifs qu'on
pourrait mettre pourquoi on voudrait vouloir mettre fin?
Le Président
(M. Iracà) : M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Merci, M. le Président. Pour répondre à cette
question-là, on peut penser notamment d'insérer
la notion des changements climatiques, qui est importante ici. Un milieu qui
aurait été désigné pour une valeur exceptionnelle
en raison de la présence d'une espèce menacée ou vulnérable qui, avec les
changements climatiques, disparaît de
ce milieu-là, hein, parce que les conditions ne sont plus favorables à sa
présence, bien, évidemment, le ministre pourrait avoir à renverser sa décision et à protéger d'autres territoires en
compensation, entre guillemets, où cette plante-là se retrouve encore.
Donc, il faut une certaine flexibilité pour permettre au ministre d'agir dans
des cas précis comme ça.
y a des cas aussi où, par exemple, ce qui se passe en terre publique sur des
aires protégées, pour des raisons de bien
commun, s'il y a une décision de passer des ouvrages hydroélectriques ou des
lignes, etc., et qui touchent à une partie, par exemple, d'une réserve
de biodiversité ou ce genre d'endroit là, bien, il faut avoir la capacité aussi
de retirer cette partie-là qui n'est plus
considérée comme jouant un rôle important dans la réserve de biodiversité et la
remplacer par un autre site,
évidemment, localisé à proximité. Puis c'est ça qui rend intéressant, là, les
modifications par amendement. C'est que,
là, il faut aussi considérer les plans régionaux, les plans directeurs de
l'eau, donc, pour être certain d'aller trouver des sites au moins, à
tout le moins, dans le même bassin versant.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. Laniel. Toujours sur l'amendement, M.
le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, bien, justement, M. le sous-ministre...
M. Laniel
(Jean-Pierre) : Non, directeur.
M. Gaudreault :
O.K. Bon, ça viendra peut-être.
Le Président
(M. Iracà) : Vous avez eu une promotion, là.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Bien, si jamais il ne revient pas,
M. Beauchesne, peut-être que je pourrais postuler pour le poste.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président
(M. Iracà) : On ne souhaite pas de mal à personne.
M. Gaudreault : On en
parlera au Conseil du trésor en même temps. Justement, vous venez de parler de
bassin versant. Je ne le retrouve pas dans l'amendement. Quand on
dit : «Voir à ce que d'autres mesures de conservation, de restauration ou de création de tels milieux soient
mises en oeuvre ailleurs sur le territoire», est-ce qu'on ne serait pas mieux
de préciser «les bassins versants»?
Le Président
(M. Iracà) : M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Mais, en fait, ce qu'on retrouve dans le même
bout de paragraphe, c'est que le ministre, «il considère, à cet effet, les éléments contenus dans un plan directeur
de l'eau», qui traite essentiellement de la gestion des bassins versants, ou dans la «gestion intégrée
du Saint-Laurent, ou dans un plan régional des milieux humides», qui va
aussi intégrer ces notions-là, qui ont été modifiées auparavant dans les
articles qu'on a vus sur la Loi affirmant le caractère collectif des ressources
en eau.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. Laniel. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Ça veut dire que, théoriquement, ça pourrait quand même être dans un autre
bassin versant. Parce qu'on ne dit
pas : «Sur le territoire». Mais là, oui, je comprends que vous considérez
les PDE faits par les OBV, mais, théoriquement, ça pourrait être dans un
autre bassin versant.
Le Président
(M. Iracà) : M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Bien, en fait, M. le député, on vient de décrire
un peu «mises en oeuvre ailleurs sur le territoire», ce qui n'exclut pas que, par ce qui suit, le territoire
visé, c'est un territoire de bassin versant ou un territoire de MRC où
il y a un plan régional qui a été élaboré. Donc, c'est un peu comme ça qu'il a
été réfléchi, cet article-là.
Président (M. Iracà) : Alors, toujours sur l'amendement,
article 18 proposé à l'article 17, M. le député de Masson.
M. Lemay :
Oui. Moi, j'ai juste une question. On met fin à la désignation puis on dit
qu'on veut restaurer ailleurs, à même le même bassin versant. Avec quel
argent?
Le Président
(M. Iracà) : Merci. M. le ministre.
M. Heurtel :
Celle de notre fonds, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Masson, ça va? Sur l'amendement, toujours? S'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'amendement, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 18 proposé à l'article 17 est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement adopté. Sur l'article 18,
d'autres questions, commentaires? À l'article 18 proposé à
l'article 17, questions ou commentaires? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Dans son mémoire, Nature Québec nous avait demandé de reconnaître le caractère
d'aire protégée aux milieux d'intérêt désignés. Est-ce que le gouvernement a
examiné ce scénario?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : En fait, la mécanique, à travers la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel, vient établir des mesures de
conservation des aires protégées, qui sont peut-être plus connues au Québec
comme étant les catégories I, II, III
de l'UICN, donc les réserves de biodiversité, les réserves écologiques, ce type
de milieu là. Mais les autres mesures de conservation sont reconnues
aujourd'hui par la Convention sur la diversité biologique comme des éléments
contributeurs à la conservation de la diversité biologique.
fait que le projet de loi, ici, campe à peu près l'ensemble des mesures de
conservation sous le même lot. Mais
c'est évident que ça n'empêche pas, par exemple, qu'en terre publique certaines attributions d'aires protégées...
réserves de biodiversité plus connues
ou ce genre de réserves écologiques, par
exemple, plus connues où on va travailler
soit en terre privée ou en terre
publique pour faire des aires protégées. Mais les mesures de conservation
identifiées par la loi peuvent être interprétées comme des aires
protégées, effectivement.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. Laniel.
Gaudreault : Donc, ça peut embarquer dans l'objectif du 17 %.
Laniel (Jean-Pierre) :
...normalement, pourrait embarquer éventuellement dans l'objectif du 17 %,
l'idée étant — on
va le voir plus tard — de
tenir un registre de ça.
Le Président
(M. Iracà) : C'est bien? Merci. Alors, est-ce que ça fait le tour pour
l'article 18 proposé à l'article 17? Je comprends que oui. Alors, je
vais demander au ministre de poursuivre l'étude à 18.1. À la lecture, s'il vous
plaît, M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Alors, nous avons un amendement, alors, qui remplace le 18.1. Non?
Le Président (M. Iracà) : Non. Moi,
ce que j'ai : à la lecture, 18.1 proposé à l'article 17.
M. Heurtel : Pardon, M. le
Président.
Le Président (M. Iracà) : Allez-y.
Heurtel : «18.1. La modification de la délimitation d'un territoire
faisant l'objet d'une désignation ou la fin d'une telle désignation
s'effectue de la même manière que sa désignation initiale.
«La fin d'une
désignation est publiée à la Gazette officielle du Québec et sur le site
Internet du ministère. Une telle décision est transmise aux personnes et
aux organismes mentionnés à l'article 14.»
Alors, M. le
Président, cet
article prévoit comment le ministre effectue une modification à
la délimitation d'un milieu désigné
ou comment il peut y mettre fin. Ainsi, les articles 14 à 17 de la loi
s'appliquent à la modification ou à la fin d'une désignation.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. 18.1 proposé à
l'article 17, questions, commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, je vais proposer l'adoption de
l'article 17 tel qu'amendé. Alors, est-ce que l'article 17, tel
qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Iracà) :
Article 17 tel qu'amendé, adopté.
Article 18. M. le ministre, à la
lecture.
Heurtel :
L'article 22 de cette loi est modifié par le
remplacement du paragraphe 1° du premier alinéa par les paragraphes
suivants :
«1° la nature
de l'intervention de même que les contraintes, les pertes et les perturbations
occasionnées au milieu visé;
«1.1° les
caractéristiques écologiques du milieu visé et de son bassin versant de même
que les perturbations ou les pressions anthropiques subies par ceux-ci.»
Alors, M. le
Président, cette modification ajoute deux nouveaux éléments que le ministre
prend en considération lorsqu'il analyse une demande d'autorisation dans
un milieu désigné. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Merci.
Questions, commentaires,
article 18? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : On parle des
caractéristiques écologiques. Ne devrait-on pas y ajouter les caractéristiques
hydrographiques du milieu visé?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Jonquière. M. Laniel.
M. Laniel
(Jean-Pierre) : Les
fonctions écologiques les plus reconnues des milieux humides et hydriques, on
parle toujours de fonctions hydrologiques
comme étant, le volet hydrologique, compris dans l'ensemble des fonctions
écologiques. Donc, on interprète que, dans ce cas-là, les fonctions
hydrologiques sont incluses dans les fonctions écologiques.
Gaudreault : Donc, vous
dites que les fonctions hydrologiques sont incluses dans les caractéristiques
hydro...
M. Heurtel : Écologiques.
M. Gaudreault : ...écologiques.
C'est inclus?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Oui, tout
à fait.
Gaudreault : O.K. Est-ce qu'on tient compte également ou est-ce
qu'on devrait tenir compte de
l'aspect des impacts cumulatifs des perturbations?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Jonquière. Toujours monsieur... Juste un instant.
Le Président (M. Iracà) : On
m'indique que vous êtes prêt, M. Laniel. M. le ministre, ça va? M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Après consultation,
le huitième... là, je ne sais pas le paragraphe ni l'alinéa, on va dire alinéa... le huitième point, on
dit : «La présence d'une disproportion marquée entre les bénéfices
escomptés par la préservation du
milieu naturel par rapport aux préjudices pouvant résulter d'une limitation
ou d'une interdiction de réaliser l'intervention...» On pense que ça, ça peut être interprété comme
la prise en compte, n'est-ce pas, des impacts cumulatifs, par exemple,
dans un bassin versant, et la résultante qui pourrait avoir cours.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
Laniel. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Juste un petit copier-coller à faire, bien, parce que vous nous avez répondu sur les
caractéristiques hydrologiques, là,
mais ce serait l'insertion, après le paragraphe 1.1°, de 1.2° : «La
contribution de l'intervention aux impacts cumulatifs des perturbations
à l'échelle du bassin versant.»
Le Président (M. Iracà) : Alors,
vous déposez un amendement?
Le Président (M. Iracà) : Je
suspends quelques instants pour faire les copies.
(Suspension de la séance à 12 h 36)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous étions au dépôt d'amendement du député de Jonquière pour
l'ajout d'un
article à l'article 18... d'un paragraphe, excusez-moi, à l'article 18. Vous en aviez
fait la lecture, M. le député de Jonquière. Peut-être des explications?
M. Gaudreault : Oui. Bien... Oui,
c'est clair. Voilà.
Président (M. Iracà) :
Alors, si, à la lecture, c'était clair, donc est-ce qu'il y a
des commentaires sur l'amendement
proposé par le député de Jonquière?
Alors, c'est très clair. Sur cette clarté, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement proposé par le député de Jonquière à l'article 18
est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 18? Il n'y a
pas d'autres interventions sur l'article 18? C'est clair?
Des voix : C'est clair.
Le Président (M. Iracà) : Alors, si
c'est clair, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 18,
tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Iracà) :
Article 18, adopté. Il y a des amendements, à ma connaissance, qu'on m'a
informé, pour l'ajout d'articles. M. le ministre.
Heurtel : L'amendement a été distribué. Insérer, après l'article 18 du projet de loi, les articles suivants : 18...
Président (M. Iracà) : Juste
un instant, M. le ministre. Je suis désolé, question de procédure. Puisque
ça englobe plusieurs articles dans un
seul amendement, j'aurais besoin du consentement pour procéder à la lecture de l'amendement
et à l'adoption en bloc des nouveaux articles dans l'amendement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Iracà) : Consentement.
À la lecture, M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Insérer, après l'article 18 du projet
de loi, les articles suivants :
18.1. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 22, des suivants :
«22.1. Le ministre
peut refuser de délivrer une autorisation relative à un projet dans des milieux
désignés sur plan :
«1° s'il est d'avis que le projet est
incompatible avec le maintien de l'état naturel du milieu;
«2° s'il est d'avis que les mesures
d'atténuation proposées par le demandeur ne permettent pas de réduire au
minimum les impacts du projet sur le milieu;
«3° s'il est d'avis que le projet porte atteinte
aux fonctions écologiques et à la biodiversité du milieu;
«4 o le projet serait réalisé dans l'habitat d'une espèce menacée ou vulnérable visée par le Règlement
sur les espèces fauniques menacées ou
vulnérables et leurs habitats
(chapitre E-12.01, r. 2) et pour lequel un plan est dressé en vertu du Règlement sur les habitats fauniques (chapitre C-61.1, r. 18) ou dans
l'habitat d'une espèce menacée ou vulnérable visée par le Règlement
sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats (chapitre E-12.01, r. 3);
si le demandeur n'a pas fourni, dans le délai fixé par le ministre, tous les
renseignements et les documents exigés aux fins de
l'analyse de la demande.
«22.2.
La
section II du
chapitre VI du
titre I de la
Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) s'applique également aux demandes
d'autorisation et aux décisions faites en vertu de la présente section, avec
les adaptations nécessaires.»
18.2.
L'article 23 de cette
loi est remplacé par le suivant :
«23.
Avant de prendre une décision en vertu du deuxième alinéa de l'article 22
ou de l'article 22.1, le ministre doit notifier à l'intéressé le préavis prescrit
par l'article 5 de la Loi
sur la justice administrative
(chapitre J-3) et lui accorder un délai d'au moins
15 jours pour présenter ses observations.»
18.3.
L'article 24 de cette
loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «sur une
demande d'autorisation» par «en vertu de la présente section».
M. le Président, l'amendement prévu au nouvel
article 18.1 permet d'introduire des
motifs permettant au ministre de refuser la délivrance
d'une autorisation qui sont similaires à ceux qui apparaissent dans la
Loi sur
la qualité de l'environnement. Par ailleurs,
il permet d'appliquer les dispositions de la LQE visées aux articles 115.5
à 115.12 de cette loi.
L'amendement
prévu à l'article 18.2 permet, quant à lui, d'uniformiser les termes de
l'article 23 avec ceux utilisés dans la LQE relativement à la transmission, par le
ministre, d'un avis préalable avant la prise d'une décision défavorable.
Enfin, l'amendement prévu à
l'article 18.3 est fait en concordance avec les amendements précédents. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Alors, nous allons quand même étudier un
article à la fois qui est ajouté, même si on adopte en bloc l'amendement. Alors, je vais commencer par l'article 18.1 qui est ajouté dans l'amendement. Est-ce qu'il y a
des questions, commentaires,
article 18.1 ? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Donc, au fond, on reprend un peu la formulation, je dirais,
qui est prévue à la LQE, mais là spécifiquement pour les autorisations
relatives à un projet dans des milieux humides et hydriques d'intérêt, effectivement. Donc, on dit, à 22.1 : «Le ministre
peut refuser de délivrer une autorisation relative à un projet», tandis qu'au 31.0.3 de la LQE on dit : Le ministre
refuse de délivrer une autorisation. Donc là, pourquoi on dirait... Pourquoi
le ministre veut quand
même se garder une marge de manoeuvre, là? Dans le sens que, là, on parle quand même de projets dans des milieux d'intérêt.
Il me semble que... À partir du moment où il dit qu'«il est d'avis que le projet
est incompatible avec le maintien de
l'état naturel du milieu», que les mesures d'atténuation ne remplissent pas
leur rôle, «que le projet porte atteinte aux fonctions écologiques», il
me semble qu'il ne devrait pas avoir une grande marge de manoeuvre, là. Ce serait : «Refuse de
délivrer», puis ce serait quand même assez conforme avec la formulation adoptée lors de l'étude de la loi n° 102.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Jonquière. Me Grignon, la parole est à vous.
Mme Grignon
(Karine) : Oui. En fait, on
s'est collés davantage au libellé qui va être proposé au nouvel
article 46.0.5, dans la
section spécifique sur les milieux humides et hydriques,
dans laquelle on dit plutôt : «Le ministre
peut refuser». Donc, c'est les mêmes motifs qui apparaissent plus tôt dans
cette section-là.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Me
Grignon. Questions, commentaires, 18.1?
Gaudreault : Mais justement c'est la question que je pose. On pourrait y revenir tout à l'heure, au 46.1, mais la question
sur le fond demeure. Est-ce qu'à ce
stade-ci on veut permettre au ministre
de se garder la possibilité de ne pas refuser
ou on veut clairement dire :
«Refuse de délivrer une autorisation»? Je pense que c'est l'occasion de le
trancher, auquel cas on modifiera les
autres sections à venir, là. Alors, c'est vraiment plus une question de choix
entre «refuse» et «peut refuser».
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. Je regarde la
partie gouvernementale. M. le ministre.
M. Heurtel : On veut garder un
élément de discrétion pour le ministre dans ce cas-là.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Jonquière, 18.1, toujours.
M. Gaudreault : O.K. Oui, ça va pour
l'instant.
Le Président (M. Iracà) : Questions, commentaires à 18.1? 18.2, qui avait
été lu par M. le ministre, questions, commentaires? M. le député de Masson.
Lemay : Oui. La formulation
qui est reprise à l'article 23, là, on la retrouve dans la LQE, notamment
à 31.0.3, mais je veux juste, par
souci de rappel... Il me semble qu'on avait eu des discussions, dans la LQE, lorsqu'on
avait traité de ce genre de
formulation qu'on retrouve présentement, en ce qui a trait à des gens qui sont
dans des régions un peu plus éloignées,
à savoir... Je comprends, là, que c'est marqué ici, là, «un délai d'au moins
15 jours», mais je sais qu'il y
avait eu des discussions à savoir : il y a
des situations particulières pour lesquelles ça prendrait un
délai un petit peu plus long que 15 jours pour pouvoir
répondre. Je ne sais pas si le ministre peut nous rassurer là-dessus, là.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le ministre.
M. Heurtel :
Bien, je crois que c'est pour ça qu'on emploie «d'au moins 15 jours».
Lemay : Par exemple, quelqu'un arriverait, à cause d'une situation
particulière, à 21 jours ou 22 jours, tu sais... Le «au moins 15 jours», j'imagine que le ministre,
ici, il va... Il pourrait être considéré, puis la demande est quand même
recevable, là, j'imagine?
Le Président (M.
Iracà) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Si c'est assorti de motifs raisonnables, je ne vois pas... Ce ne serait pas
dans notre intérêt. Puis j'imagine que les tribunaux nous taperaient sur les
doigts si on n'avait pas des motifs pour justifier une interprétation stricte
du délai.
M. Lemay :
C'est bon. Merci beaucoup pour la précision.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. 18.2, ça va? 18.3, tel que lu par M. le ministre, dans l'amendement, pas de commentaires? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
introduisant les nouveaux articles 18.1, 18.2, 18.3 est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. Donc, les nouveaux articles sont adoptés.
L'article 19. S'il
vous plaît, M. le ministre, à la lecture.
M. Heurtel :
Alors, nous amendons et nous remplaçons complètement. Alors, je vais passer tout
de suite à l'amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Iracà) : Allez-y, à la lecture.
Heurtel : Remplacer l'article 24
.1 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel, inséré par l'article 19 du projet de loi, par le suivant :
«24.1.
Le ministre publie et tient à jour un registre des désignations visées au
présent chapitre. Ce registre contient notamment, pour chaque milieu
désigné :
«2° sa localisation
géographique et, le cas échéant, une mention à l'effet qu'il est situé en tout
ou en
partie dans les terres du domaine de l'État;
«3° le bassin
versant, le sous-bassin versant ou tout regroupement de ceux-ci dans lequel il
se situe;
«4° la date de
l'entrée en vigueur de sa désignation.»
le Président, cet amendement permet de préciser certains éléments que le
ministre doit diffuser dans son registre, notamment en ce qui concerne
le bassin versant concerné par une désignation. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, l'amendement qui
prévoit le remplacement de l'article 19, questions, commentaires,
interventions? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Est-ce que tout ceci, le registre, sera disponible
et accessible sur Internet? Première question.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
Heurtel : Oui, M. le Président. Il y a déjà un registre existant, et
il est déjà disponible sur Internet. Alors, on va continuer dans cette
même veine.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Deuxième
question. Le ROBVQ nous disait qu'il souhaitait que le registre soit
«géoréférencé afin de permettre
d'effectuer un suivi détaillé des projets de restauration [qui sont] réalisés à
titre de compensations, en toute transparence,
et ce, à l'échelle du bassin versant». Là, on parle de localisation
géographique. Une localisation géographique, ce n'est pas nécessairement géoréférencé, parce qu'une localisation
géographique, ça peut être un emplacement géographique qui est ciblé,
là, mais ce n'est pas nécessairement géoréférencé. Alors, voilà, c'est ma
question.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député de Jonquière. On
me demande quelques instants, là, pour qu'on puisse étudier la question
et bien y répondre.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, merci beaucoup, M. le député de Jonquière. M. le
ministre va répondre à la question.
M. Heurtel :
Premièrement, ce n'est pas exclu, hein? Ce n'est pas limitatif, ce qu'on a ici.
Deuxièmement, ça peut faire
partie de
sa localisation géographique. Alors, ce n'est pas exclu, là, parce que, si on
parle des... si on définit comme
étant les coordonnées des milieux désignés, bien, ça, ça peut faire
partie de
la localisation géographique. Alors, ce n'est pas exclu, là. On peut le
regarder.
M. Gaudreault :
Est-ce que le ministre a l'intention de le faire éventuellement, vu que ce
n'est pas exclu que ce soit sur le registre?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
M. Heurtel :
Nous avons l'intention de l'explorer.
Le Président (M. Iracà) : Merci. Toujours l'amendement pour remplacer
l'article 19, questions, commentaires, interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement proposant le remplacement de l'article 19, tel que lu
par M. le ministre, est adopté?
Le Président
(M. Iracà) : Amendement adopté. Alors, je présume que... Est-ce
qu'il y a des ajouts, d'autres commentaires
pour l'article 19? Alors, je présume que l'article 19 est adopté tel
qu'amendé.
Article 20. À la lecture, s'il vous plaît, M. le
ministre.
M. Heurtel :
L'article 70 de cette loi est modifié :
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «s'il s'agit d'une personne
morale» par «dans les autres cas»;
par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «toute personne qui», partout
où il se trouve, par «quiconque»;
3° par l'ajout, à la
fin du deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
quiconque endommage des milieux humides et hydriques désignés ou qui détruit un
bien en faisant partie.»
le Président, le paragraphe 1° de cet
article permet d'élargir la notion
de personne morale pour viser également d'autres types de société, notamment les sociétés en nom collectif et
les sociétés en commandite. Ainsi, l'ensemble des sociétés se verra
imposer les mêmes amendes en cas d'infraction à la loi.
paragraphe 2° de cet
article permet d'élargir la notion de personne afin
de viser autant une personne physique qu'une personne morale ou un autre
type de société.
paragraphe 3° de cet
article permet d'ajouter une infraction pour les cas
où des milieux humides et hydriques sont endommagés ou lorsqu'un bien en
faisant
partie est détruit.
M. le Président, nous
avons un amendement.
Le Président
(M. Iracà) : À la lecture, s'il vous plaît.
M. Heurtel :
Remplacer le paragraphe 2° de l'article 20 du projet de loi par les
suivants :
par le remplacement, dans les paragraphes 2° et 3° du deuxième alinéa, de
«toute personne qui exerce une activité ou qui réalise» par «quiconque
exerce une activité ou réalise»;
2.1° par le
remplacement du paragraphe 4° du deuxième alinéa par le suivant :
quiconque exerce une activité ou réalise une intervention en contravention avec
une ordonnance rendue par le ministre en vertu de la présente loi, ou
contrevient autrement à une telle ordonnance.»
M. le Président, cet
amendement apporte une correction technique.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Sur l'amendement à
l'article 20, questions, commentaires? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, je peux poser ma question sur l'amendement, là. En fait, c'est pour
savoir : Est-ce qu'on couvre les
contrevenants durant la période transitoire, des petits malins qui pourraient,
avant la mise en vigueur de la loi, là, et l'adoption des premiers plans régionaux des milieux
humides et hydriques, dire : Bien là, je vais en profiter pour me construire un immeuble de
50 logements sur une tourbière hypermenacée et fréquentée par des
cigognes, et tout? Alors, est-ce
qu'il pourrait y avoir, pendant cette période transitoire, des gens qui
pourraient en profiter puis qui échapperaient à cette possibilité
d'amende ou de sanction? Est-ce qu'on ne devrait pas le modifier?
Le Président
(M. Iracà) : O.K. Merci beaucoup, M. le député de Jonquière. M.
le ministre.
M. Heurtel :
Dans ce cas-là, il y aurait quand même le régime de la LQE. Les sanctions de la
LQE vont s'appliquer au cas qu'il
décrit. Alors là, on crée un régime de milieux désignés. Donc, on fait une
concordance avec l'article 70. Parce qu'en créant le régime de
milieux désignés on modifie 70 au niveau des sanctions de la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel. Mais, dans le cas dont on parle, dont le député
parle, il ne faut pas oublier qu'il y a un régime d'autorisation sous la LQE qui s'applique, et il y a tout le régime de
sanctions administratives et les sanctions pénales qui vont continuer à
s'appliquer.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Ma crainte, c'est que ce ne soit pas assez dissuasif, le régime général des...
À moins qu'on m'indique ce serait quoi qui
serait... ce seraient quelles pénalités ou quelles sanctions qui
s'appliqueraient. Mais on a déjà vu ça, des promoteurs inclure la pénalité dans
leur investissement, si on veut, d'une certaine manière, là. Alors, moi, je
voudrais juste bétonner la... ça a l'air drôle à dire, moi, j'allais
dire : Bétonner le milieu humide, là, mais bétonner la protection du milieu humide pour m'assurer que,
justement, il n'y ait personne qui le bétonne au sens propre du terme.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
M. Heurtel :
Bien, suite à la révision du régime de sanctions administratives et pénales, en
2011, nous, on croit que... Puis Me Grignon peut ajouter, mais le régime
de la LQE est peut-être même plus sévère, à bien des égards, là, que le régime
de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Puis il s'applique là.
Alors, nous serons vigilants.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions,
commentaires, toujours sur l'amendement à l'article 20?
M. Gaudreault :
Mais le régime général de la LQE ne prévoit pas la remise en état des lieux
pour le milieu humide.
Le Président
(M. Iracà) : Merci. M. le ministre.
M. Heurtel :
Oui. Le ministre dispose de pouvoirs d'ordonnance pour la remise en état.
D'ailleurs, j'ai même signé une telle
ordonnance ce matin, mais ça ne concernait pas un milieu humide. Mais le
ministre dispose des pouvoirs d'ordonnance de remise en état.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, questions,
commentaires, amendement
article 20? S'il n'y a pas... Oui, M. le
député de Masson.
M. Lemay :
Ça n'a pas de lien sur l'amendement, là, dans...
Le Président
(M. Iracà) : Alors, si vous voulez, je vais procéder à
l'amendement.
M. Lemay :
Mais ce que je... Non, mais attendez. Ce que je veux dire, c'est que
l'amendement est correct. C'est juste dans les commentaires, comment que
c'est écrit au verso.
Le Président
(M. Iracà) : Ah, O.K. Allez-y. Oui, sur la forme?
M. Lemay :
Oui, c'est ça.
Le Président
(M. Iracà) : Vous avez vu une erreur, M. le député de Masson?
M. Lemay :
Bien, au troisième paragraphe, là, on a... Il manque le «exerce», là, mais, je
veux dire, dans le libellé de l'amendement, il est précisé. C'est juste
que, dans les commentaires, il n'était pas là. Ce n'est pas grave.
Le Président
(M. Iracà) : Mme la secrétaire, avez-vous...
M. Lemay :
Je voulais juste le mentionner.
Président (M. Iracà) : Mme la secrétaire l'a noté. Merci
beaucoup, M. le député de Masson. On va faire les corrections. Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement à l'article 20 est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement adopté.
Article 20,
questions, commentaires? S'il n'y a pas d'intervention, je vais procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'article 20, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Iracà) :
Article 20 adopté.
Article 21. M. le
ministre, à la lecture.
M. Heurtel :
Chapitre III.
Loi sur la qualité de l'environnement.
La disposition préliminaire de la
Loi sur la qualité de l'environnement
(chapitre Q-2), introduite par la Loi modifiant la
Loi sur la
qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation
environnementale et modifiant d'autres
dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert
(2017,
chapitre 4), est modifiée par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Elles visent aussi à
faciliter la mise en oeuvre de l'Entente sur les ressources en eaux durables du
bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, laquelle a été approuvée par
l'Assemblée nationale le 30 novembre 2006.»
le Président, cette modification résulte de la suppression d'un considérant dans
le préambule de la loi affirmant le
caractère collectif des ressources en eau et visant à assurer leur protection.
Comme ce considérant était lié à la modification intégrée à la
Loi sur la qualité de l'environnement en 2009, son contenu
a été reproduit à l'intérieur de la disposition préliminaire de la LQE.
Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions
commentaires, interventions,
article 21? S'il n'y a pas
d'intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 21 est adopté?
Le Président
(M. Iracà) :
Article 21 adopté. À la lecture,
article 22, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Heurtel :
L'article 22 de cette loi, remplacé par la Loi modifiant la Loi de la
qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation
environnementale et modifiant d'autres dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert (2017,
chapitre 4), est modifié par le remplacement du paragraphe 4° du
premier alinéa par le paragraphe suivant :
tous travaux, toutes constructions [et] toutes autres interventions dans des
milieux humides et hydriques visés à la
section V.1.»
le Président, cet
article apporte une modification à l'article 22 de la
LQE, lequel fait l'énumération des différentes activités qui seront soumises au nouveau régime d'autorisation
ministérielle qui entrera en vigueur le 23 mars 2018. Plus précisément, il intègre la notion de milieux
humides et hydriques tout en référant à la
section spécifique de la LQE qui
viendra compléter le régime général
d'autorisation pour les projets qui seraient réalisés dans de tels milieux. Cette nouvelle section, introduite par l'article 24 du projet de loi, vient notamment
codifier dans la loi la séquence d'atténuation des impacts d'un projet éviter-minimiser-compenser, et donne
la possibilité au ministre d'exiger une compensation pour certains types
d'intervention dans des milieux humides et hydriques. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires,
article 22?
Le Président
(M. Iracà) : Est-ce que vous avez des questions, commentaires?
M. Heurtel :
Consentement pour finir cet article-là passé l'heure, M. le Président?
Le Président
(M. Iracà) : Alors, j'ai une demande pour un consentement pour
terminer l'article 22.
Une voix :
Consentement.
M. Heurtel :
Consentement.
Président (M. Iracà) : Est-ce que
j'ai le consentement? Questions, commentaires,
article 22?
M. le député de Jonquière, ça
Président (M. Iracà) : M. le député de Masson, ça va? Ah bon! Bien, alors, écoutez,
s'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'article 22 est adopté?
Président (M. Iracà) : Alors, compte tenu de l'heure, je suspends
les travaux de la commission jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre
nos travaux. Je vous rappelle que la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 132,
Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous étions à l'étude de l'article 23 du
projet de loi, et, entre-temps, sur la pause du dîner, j'ai eu une demande,
là, du député de Jonquière pour un amendement. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Alors, j'aimerais demander
le consentement pour faire un petit retour en arrière pour introduire un amendement à l'article 2.1 du projet
de loi. Ça devient une habitude dans cette commission parlementaire, de faire des petits retours en
arrière, comme on avait fait dans le projet de loi n° 102. Alors, c'est un
peu le même type d'amendement que je
propose aujourd'hui, là. Alors, voilà. Je ne sais pas trop comment vous voulez
procéder, M. le Président.
Le Président (M.
Iracà) : Bien là, si vous êtes assez persuasif, ça me prend le
consentement.
Gaudreault : Je veux le consentement.
Président (M. Iracà) : Alors, je vais poser la question suite à votre
plaidoirie. Est-ce que j'ai le consentement des collègues? Alors, consentement pour faire un retour en arrière pour
un amendement concernant l'ajout d'un article. À la lecture, s'il vous
plaît, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Alors, je propose l'amendement suivant à
l'article 2.1 : Insérer, après l'article 2 du projet de
loi, l'article suivant :
2.1. Insérer, après
l'article 3 de cette loi, l'article suivant :
«3.1.
Dans le but de sensibiliser et d'éduquer la population du Québec sur l'eau et
ses enjeux, le mois de juin de chaque année est proclamé le Mois de
l'eau.»
Président (M. Iracà) : Alors, merci beaucoup. Est-ce que vous avez des
commentaires suite à la lecture de l'amendement? Et, soit dit en
passant, l'amendement a déjà été distribué.
Gaudreault : Oui. Bien, écoutez, M. le Président, je suis très heureux
de pouvoir réintroduire cet amendement qui
découle d'une initiative que nous avons eue, de ce côté-ci, en déposant le
projet de loi n° 795 pour faire du mois de juin le Mois de l'eau. On est convaincus que le mois de juin est le mois
tout désigné pour ce faire, considérant que — vous le savez sûrement, vous avez aussi une grande circonscription, M. le
Président, avec beaucoup de villégiature — c'est un mois où les gens rouvrent les chalets, installent les piscines, et c'est
un mois aussi, évidemment, du printemps, et qu'il y a l'été également qui
arrive. Alors, c'est le mois parfait pour se rappeler l'importance d'économiser
l'eau, l'importance de préserver et de protéger notre ressource en eau.
Québec dispose de 3 % des réserves d'eau potable au monde. Si le mois de
mai, au Québec, est le mois de la forêt,
je pense, considérant les immensités de réserves en eau, le fleuve
Saint-Laurent, les milliers de rivières, les milliers de lacs à travers le Québec, les milliers de puits
également qui fournissent de l'eau potable pour la population... Je pense
qu'il faut être conscient que ce n'est pas
une ressource qui est... c'est une ressource qui est fragile, c'est une
ressource qu'il faut constamment
préserver. Et ce sera une occasion pour tous les gouvernements qui vont se
succéder, au Québec, de faire la
promotion, d'aller dans les écoles, d'aller dans les familles, d'aller dans les
municipalités, de faire des activités auxquelles,
j'espère, les députés de l'Assemblée nationale pourront contribuer pour faire
du mois de juin le Mois de l'eau.
Alors,
dans cet esprit, je réintroduis cet amendement. J'aimerais entendre le ministre
là-dessus pour savoir ce qu'il en pense. Et, s'il s'avère qu'il partage notre
enthousiasme pour faire du mois de juin le Mois de l'eau, j'aimerais entendre de sa part quelques mots pour savoir
comment, de son côté, il pense que le ministère du Développement durable,
de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques et peut-être l'ensemble du gouvernement pourraient mettre
en valeur cette nouvelle activité ou cette nouvelle proclamation d'un mois de
l'eau au Québec.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Jonquière. Alors,
questions, commentaires? M. le ministre, vous semblez très enthousiaste.
Heurtel : M. le Président, vous lisez dans mes pensées. Nous
partageons l'enthousiasme du député de Jonquière et nous le remercions pour le dépôt de cet amendement. Concernant les
mesures à suivre, vous comprendrez que nous allons prendre le temps de réfléchir. Mais nous serons ouverts à des
suggestions de la part du député de Jonquière, tant que celles du député
de Masson et de leurs... de vos formations politiques respectives pour explorer
des avenues de célébration et de commémoration pour juin 2018.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. D'autres commentaires sur le
Mois de l'eau? Oui, M. le député de Masson.
Lemay : Écoutez, M. le Président, on a eu les discussions jeudi
dernier où tout... et puis, pendant la fin de semaine, M. le Président, on a eu la Fête de la pêche
justement ici, au Québec, où c'est un accès gratuit pour tous les jeunes et les
moins jeunes. Donc, vous savez, l'eau, c'est
une des priorités numéro un pour ma formation politique en matière
d'environnement. C'est notre or bleu, c'est notre richesse. Et donc nous étions
favorables et nous sommes toujours favorables
à cette proposition qui est faite par le député de Jonquière de faire le mois
de juin, à chaque année, le Mois de l'eau.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député de Masson. Alors,
est-ce qu'il y a d'autres commentaires, discussions, interventions? S'il
n'y a pas d'autre commentaire, je vais procéder à la mise aux voix.
Une voix : Par appel nominal,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Iracà) : Par appel
nominal, Mme la secrétaire. Moment historique.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
La Secrétaire : M. Heurtel
(Viau)?
La Secrétaire : M. Bourgeois
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Bolduc
(Mégantic)?
La Secrétaire : Mme Vallières
(Richmond)?
Vallières : Pour.
La Secrétaire : M. Iracà
(Papineau)?
Le Président (M. Iracà) : Pour.
Alors, écoutez,
c'est un moment historique. Vous allez pouvoir dire à vos enfants et à vos
petits-enfants que vous avez contribué à l'instauration du Mois de
l'eau.
Une voix : ...faire voter le député
de Maskinongé?
Le Président (M. Iracà) : Ah! ça me
prend le consentement.
Une voix : Bien oui! Consentement,
hein?
Président (M. Iracà) : Consentement? Voulez-vous faire
partie de l'histoire, M. le député de Maskinongé?
Alors, pour ou contre?
M. Plante : Pour, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Pour.
Alors, on ajoute la voix au député de Maskinongé. Quel beau moment.
Alors, nous
allons revenir à nos moutons, dans le sens où nous étions rendus avant la pause
du dîner, c'est-à-dire l'article 23.
À la lecture, M. le ministre.
M. Heurtel : Alors, nous remplaçons l'article
par un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Allez-y.
M. Heurtel :
Alors : Remplacer l'article 23 du projet de loi par le suivant :
L'article 31.0.3 de cette loi, inséré par l'article 16 de la Loi
modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation
environnementale et modifiant d'autres dispositions législatives notamment
pour réformer la gouvernance du Fonds vert (2017,
chapitre 4), est
modifié, dans le deuxième alinéa :
1° par l'insertion, dans le paragraphe 2°
et après «de la santé », de «ou de la sécurité»;
2° par l'ajout, à la fin, des paragraphes
suivants :
«3° le projet
serait réalisé dans un territoire figurant au registre des aires protégées
prévu à l'article 5 de la
Loi sur
la conservation du patrimoine naturel (chapitre C-61.01) ou au registre
des autres mesures de conservation de cette loi prévu à l'article 24.1
de celle-ci;
«4° le projet
serait réalisé dans l'habitat d'une espèce menacée ou vulnérable visée par le
Règlement sur les espèces fauniques
menacées ou vulnérables et leurs habitats (chapitre E-12.01, r. 2) et pour
lequel un plan est dressé en vertu du Règlement
sur les habitats fauniques (chapitre C-61.1, r.18) ou dans l'habitat d'une
espèce menacée ou vulnérable visée par le Règlement sur les espèces
floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats (chapitre E-12.01,
r. 3).»
M. le Président, cet amendement ajoute nommément
le motif de la sécurité de l'être humain au motif de refus généraux prévus à l'article 31.0.3 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, notamment dans le contexte des enjeux liés aux changements
climatiques. De plus, il ajoute des motifs liés à des territoires sensibles. Merci,
M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. Sur l'amendement remplaçant l'article 23, questions,
commentaires, interventions? S'il n'y a pas d'intervention, je vais
procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'amendement tel que lu par
le M. le ministre, proposant le remplacement de l'article 23, est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. Sur l'article 23, je présume, s'il n'y a
pas d'autre commentaire... Ça va? Alors, l'article 23 est adopté
tel qu'amendé.
Nous allons
procéder à la suite. J'ai une copie ici d'amendement que les gens ont
reçue, pour l'ajout de l'article, M. le ministre?
M. Heurtel : Exact, M. le Président.
Insérer, après l'article 23 du projet de
loi, les suivants :
23.1.
L'article 31.0.6
de cette loi, inséré par l'article 16 de la Loi modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation
environnementale et modifiant d'autres dispositions législatives notamment
pour réformer la gouvernance du Fonds vert
(2017,
chapitre 4), est modifié par l'insertion, dans le deuxième alinéa et
après «débuter l'activité», de «ou, dans les cas déterminés par
règlement du gouvernement, dans tout délai moindre».
23.2.
L'article 31.74.1 de cette loi, inséré par l'article 45 de la Loi modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation environnementale et
modifiant d'autres dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert (2017,
chapitre 4), est modifié par le remplacement de «1 et 4» par «1 à 4».
M. le
Président, le nouvel
article 23.1 permet, par règlement, de raccourcir le
délai général de 30 jours applicable entre la transmission d'une déclaration de conformité au ministre et le
début de l'activité concernée. Un délai plus court peut être justifié dans certains cas, étant donné
la nature même d'une activité qui requiert une réalisation plus rapide, par
exemple en ce qui a trait à l'épandage de matières résiduelles ou
fertilisantes.
Le nouvel
article 23.2 apporte, quant à
lui, une correction de nature technique. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, étant donné que
c'est un amendement qui contient l'ajout de deux articles, j'ai besoin d'un consentement pour l'adoption en bloc.
On va quand même l'étudier
article par article, là. Est-ce que j'ai le
consentement pour l'amendement qui introduit les deux nouveaux articles?
Des voix : Consentement.
Président (M. Iracà) : Consentement. Alors, l'article 23.1,
questions, commentaires, interventions? Ça va?
L'article 23.2, tel que lu par M. le ministre, questions, commentaires,
interventions? S'il n'y a pas d'intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement ajoutant deux nouveaux articles, à savoir 23.1 et 23.2, tel que lu
par M. le ministre, est adopté?
Le Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. Nous allons poursuivre, M. le ministre, avec l'article 24.
M. Heurtel : Bon. 24. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 46, de la
section
suivante :
«Section V.1. Milieux humides et
hydriques.»
Alors là, je
pense, on insère. Alors, suite à cette section, j'aurais, M. le Président, à
insérer un article, qui a été distribué.
Le Président (M. Iracà) : Alors, à
24, vous avez un amendement à apporter à l'article 24?
Le Président (M.
Iracà) : À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Heurtel :
Alors, est-ce que je peux procéder?
Le Président (M.
Iracà) : À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
Heurtel : «46.0.0.1. Les dispositions de la présente
section visent à
favoriser une gestion intégrée des milieux humides et hydriques dans une perspective de développement durable et en
considération de la capacité de support de ces milieux et de leur bassin
versant.
«Elles
ont notamment pour objectif d'éviter les pertes de milieux humides et hydriques
et de favoriser la conception de projets qui minimisent leurs impacts
sur le milieu récepteur.
plus, elles exigent des mesures de compensation dans le cas où il n'est pas
possible, pour les fins d'un projet, d'éviter de porter atteinte aux
fonctions écologiques et à la biodiversité des milieux humides et hydriques.»
Alors,
M. le Président, cet amendement permet d'introduire les dispositions
spécifiques aux milieux humides et hydriques
prévues dans cette
section et d'en clarifier leurs principaux objectifs, dont
celui de la mise en application de la séquence
de conception et d'atténuation des impacts d'un projet
éviter-minimiser-compenser. Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, sur l'amendement
à 46.0.1 proposé à l'article 24, questions, commentaires,
interventions? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Bon, c'est une disposition quand même assez générale,
c'est ce que je comprends, qui est introduite.
Parce qu'on vient quand même modifier de façon importante la
Loi sur la qualité
de l'environnement. Donc, c'est pour mettre un peu de contexte.
Deux
éléments. Est-ce qu'on devrait, dans le premier paragraphe... Parce qu'on
dit... «Dans une perspective de développement
durable [...] en considération de la capacité de support de ces milieux et de
leur bassin versant» fait référence à
leurs fonctions dans la lutte contre les changements climatiques, parce qu'on
l'a intégré ailleurs, dans d'autres amendements avant.
L'autre
élément également, dans le troisième alinéa, quand on dit : «Elles exigent
des mesures de compensation dans le
cas où il n'est pas possible, pour les fins d'un projet, d'éviter de porter
atteinte aux fonctions écologiques et à la biodiversité des milieux humides et hydriques», est-ce qu'on devrait
tenir compte également de la superficie affectée dans ce volet-là?
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le ministre.
Heurtel : Alors, en effet, la raison d'être de 46.0.0.1, c'est
vraiment de donner peut-être un... étant donné qu'on introduit un régime spécifique de protection des
milieux humides en vertu de la LQE, c'est de donner, si vous permettez, là, un genre de clause d'article interprétatif, de
guider l'interprétation du régime spécifique. Vous avez remarqué, M. le Président, que j'ai procédé à plusieurs
amendements depuis le début de l'étude du projet de loi pour préciser les
grands objectifs du régime de
conservation des milieux humides que nous introduisons avec le projet de loi
n° 132. Alors, ils sont décrits ici.
raison pour laquelle nous n'avons pas mis la lutte contre les changements
climatiques, c'est simplement parce qu'on
l'a dans le préambule de la LQE. On l'avait ajouté nommément. Puis c'est
d'ailleurs... oui, c'est d'ailleurs suite à une proposition d'amendement du député de Jonquière. Alors, on ne voyait
pas la nécessité de répéter ici étant donné que c'est vraiment une
clause interprétative. Là, on a ajouté des points spécifiques aux milieux
humides.
le point de la superficie, M. le Président, encore une fois, puis ce n'est pas
la première fois que le député de Jonquière
parle de superficie, c'est simplement que, nous, de ce côté-ci, ce n'est pas
qu'on ne trouve pas que la superficie, c'est
important, c'est qu'on ne veut pas limiter l'importance d'un milieu humide à sa
superficie. Et c'était un problème qu'on
vivait et qu'on vit avec le régime actuel, la superficie, ce n'est pas le seul
critère, ce n'est pas nécessairement un critère qui est important. Je ne dis pas que ça ne l'est jamais, ça peut
l'être, et c'est considéré. Mais, quand on évalue la valeur d'un milieu humide ou hydrique, il ne faut
pas se limiter à la superficie. Il y a beaucoup d'autres choses, notamment
la valeur des services écologiques, on peut
avoir un milieu humide relativement petit en superficie mais qui rend des
services écologiques, ou sa valeur en
termes de biodiversité qui est de loin supérieure à un milieu humide qui a
10 fois sa taille. C'est possible.
Alors,
on ne pense pas que... surtout à cette étape-ci, quand on parle d'un
article
qui devra, à notre avis, recevoir une
interprétation générale et qui a une valeur interprétative, de bien mettre en
place... Puis je crois qu'on a les principes, là, très clairs ici, là, qui rejoignent justement et
qui englobent, là... surtout quand on parle des fonctions écologiques, je crois
qu'on réussit véritablement à rassembler les
principes clés en matière de conservation des milieux humides et hydriques.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires,
toujours à l'amendement pour ajouter l'article 46.0.0.1?
S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement, tel que lu par M. le ministre, pour l'ajout de
l'article 46.0.0.1 proposé à
article 24 est adopté?
Le Président (M.
Iracà) : Amendement adopté. M. le ministre, 46.0.1, à la lecture s'il
vous plaît.
M. Heurtel :
«46.0.1. Pour l'application de la présente section, l'expression "milieux
humides et hydriques" fait référence
à des lieux d'origine naturelle ou anthropique qui se distinguent par la
présence d'eau de façon permanente ou temporaire,
laquelle peut être diffuse, occuper un lit ou encore saturer le sol et dont
l'état est stagnant ou en mouvement. Lorsque l'eau est en mouvement,
elle peut s'écouler avec un débit régulier ou intermittent.
«Un milieu humide est également caractérisé par
des sols hydromorphes ou une végétation dominée par des espèces hydrophytes.
«Sont notamment des milieux humides et
hydriques :
«1° un lac,
un cours d'eau, y compris l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent et les mers
qui entourent le Québec;
«2° les
rives, le littoral et les plaines inondables des milieux visés au
paragraphe 1°, tels que définis par règlement du gouvernement;
«3° un étang, un marais, un marécage et une
tourbière.
«Les fossés, tels que définis au paragraphe 4°
de l'article 103 de la
Loi sur les compétences municipales
(chapitre C-47.1), ne constituent pas [un milieu humide ou hydrique].»
M. le
Président, l'article 24 du projet de loi propose l'intégration dans la Loi
sur la qualité de l'environnement d'une
section particulière relative aux milieux humides et hydriques en vue de
clarifier le cadre légal applicable aux projets affectant ces milieux et
pour compléter le régime général d'autorisation environnementale, tel que
modifié par la Loi modifiant la
Loi sur la
qualité de l'environnement afin de moderniser le régime d'autorisation
environnementale et modifiant d'autres
dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert,
2017,
chapitre 4, le fameux projet de loi n° 102.
Tout d'abord,
l'article 46.0.1 établit le champ d'application de cette nouvelle
section
en proposant une définition qui combine tant les milieux humides que les
milieux hydriques. Les fossés, au sens de la
Loi sur les compétences
municipales, seraient nommément exclus de ce champ d'application.
Par ailleurs,
il est utile de rappeler que les activités d'un milieu humide et hydrique qui
seront considérées à risque faible ou
négligeable pourront, par règlement du gouvernement, être exclues du régime
d'autorisation ou admissibles au nouveau
mécanisme de déclaration de conformité. Ainsi, les dispositions de la nouvelle
section sur les milieux h