CAT — 14 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-09-14
Quebec — Committees
(Onze heures trente-sept minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte.
Je souhaite
la bienvenue à tous. Et je vous demanderais de bien vouloir regarder vos
téléphoneries cellulaires, qu'elles soient bien éteintes.
Alors, la commission était réunie aujourd'hui
afin de procéder aux consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 31, Loi modifiant diverses
dispositions législatives en matière d'habitation.
Mme la secrétaire, est-ce que nous avons des
remplaçants?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce) et M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par Mme Caron
(La Pinière).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons ce matin avec deux groupes : la Corporation
des propriétaires immobiliers du Québec, qui sont ici présents, et nous aurons
aussi l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du
Québec en visioconférence.
Alors, je
demanderais le consentement pour dépasser de... l'heure de 13 heures,
étant donné que nous sommes déjà à 11 h 37. Il y a
consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Schneeberger) :
Consentement. Parfait. Alors, j'invite la ministre responsable de l'Habitation
à faire ses remarques préliminaires si elle
veut prendre son temps. Vous avez six minutes pour... pour temps de parole.
Mme Duranceau : Parfait, merci
beaucoup, M. le Président de la commission. Alors, je tiens à saluer mes
collègues députés, merci d'être à mes côtés. Et, bien sûr, mes collègues
députés des oppositions, merci d'être là. Et je nous souhaite des débats constructifs. Alors, bonjour à toutes et à
tous. Donc, je remercie mes collègues parlementaires qui sont ici aujourd'hui ainsi que les
participantes et participants qui auront l'occasion de contribuer aux
consultations particulières du projet de loi n° 31
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Ce projet de
loi, que j'ai eu le plaisir de déposer à l'Assemblée nationale en juin dernier,
vise entre autres l'atteinte d'un
équilibre entre trois grands principes : le droit au maintien dans les
lieux, le droit de propriété et le fait que l'écosystème locatif est
fondé sur une négociation entre les locataires et les propriétaires.
Pour bien
faire respecter ces grands principes, il nous apparaît également nécessaire de
renforcer l'efficacité des interventions du Tribunal administratif du
logement. Certaines mesures auront aussi un impact sur la préservation,
l'accroissement et une meilleure gestion du parc de logement social et
abordable.
Compte tenu
du contexte, je n'ai pas été surprise que le projet de loi suscite de vives
réactions. C'est pourquoi je suis
heureuse d'être ici dans un esprit constructif afin d'écouter les positions et
recommandations de chacun. Sachez que je serai à votre écoute et que vos
commentaires seront pris en compte dans nos réflexions. En bout de ligne, nous
avons tous le même objectif, c'est-à-dire de mettre de l'avant des solutions
efficaces afin, notamment, de contribuer à augmenter la disponibilité de
logement ainsi que son abordabilité.
Ce projet de loi s'appuie sur une prémisse
incontournable : il y a, au Québec comme ailleurs au Canada et dans le monde, des enjeux préoccupants en matière
de logement. Les plus récentes données de l'enquête sur les logements locatifs,
réalisée en 2022 par la Société canadienne
d'hypothèques et de logement,
confirment que l'offre de logement demeure à des niveaux bas dans de
nombreuses municipalités au Québec sous l'effet d'une forte demande, notamment
en ce qui concerne l'accès à des logements à un coût abordable. D'ailleurs,
parmi les six grandes régions métropolitaines de recensement, quatre présentent
des taux d'inoccupation inférieurs à 1 %. Seules les régions
métropolitaines de recensement de Montréal et de Québec présentent un taux
légèrement supérieur, donc 2 % pour Montréal,
1,5 % pour Québec. Également, la majorité des autres centres urbains ont
des taux inférieurs à 1 %. Alors, ces données montrent une réalité
évidente : il manque de logements.
Et, que ce soit par le biais des ententes et des
partenariats que nous avons signés, des programmes que nous avons mis sur pied,
les investissements que nous avons réalisés, nous avons mis de l'avant
différentes solutions novatrices pour
améliorer la situation partout au Québec. Et il faut continuer. Nous l'avons
fait de concert avec l'ensemble des partenaires et acteurs du milieu, j'en suis
fière, car, s'il y a une chose dont je suis convaincue, c'est que la situation
actuelle interpelle l'ensemble des intervenants et elle doit nous amener à
optimiser notre collaboration.
Tout cela donne déjà
des résultats concrets, comme en témoigne le fait qu'il y a présentement près
de 5 000 logements sociaux et
abordables en chantier au Québec, soutenus financièrement par les différents
leviers que notre gouvernement a contribué à mettre en place. On parle
ici de plus de 3 500 dans le cadre d'AccèsLogis Québec et d'AccèsLogis
Montréal, de plus de 1 060 découlant de nos partenariats avec les Fonds de
solidarité FTQ, Desjardins et Fondaction, puis de plus de 260 associés aux
différentes phases de l'Initiative de création rapide de logements du gouvernement du Canada, et même d'une quarantaine
de logements issus du Programme
d'habitation abordable Québec. Et
ce n'est qu'un début.
Je tiens à ajouter
que plus de 1 700 logements destinés à des personnes en situation
d'itinérance sont soit en chantier, soit en développement partout au Québec.
Est-ce que c'est assez? La réponse, c'est non. Et nous devrons en faire plus
pour venir en aide à cette clientèle vulnérable. Nous l'avons vu ce matin, avec
le dévoilement des chiffres, 10 000...
10 000 personnes en situation d'itinérance, c'est énorme, et c'est sans
parler de l'itinérance cachée. Il faut en faire plus, et c'est mon intention et c'est l'intention de notre
gouvernement. Avec mon collègue Lionel Carmant, nous planchons sur des
solutions car il faut redonner une dignité à ces personnes qui sont des
citoyens à part entière de notre société.
Évidemment, ce projet
de loi ne réglera pas tout à lui seul. C'est un des éléments sur lequel il faut
travailler. Des facteurs comme l'inflation,
les taux d'intérêt et le manque de main-d'oeuvre resteront des éléments avec
lesquels il faudra continuer de composer. Mais ce projet de loi posera un jalon
important, un jalon auquel s'ajouteront nos autres initiatives pour développer une véritable approche
constructive que l'on proposera dans notre plan d'action gouvernemental
en habitation, actuellement en élaboration.
Permettez-moi de
préciser, et je... j'achève, permettez-moi de préciser les principales
améliorations que pourrait apporter le projet de loi n° 31, s'il est
adopté, soit une offre... une offre... offrir une meilleure protection aux
locataires, comme de prévoir l'indemnité à verser aux locataires en cas
d'éviction et d'écarter la présomption de bonne foi du locateur dans le cadre
d'un recours en dommages et intérêts intenté par un locataire dont le logement
a fait l'objet d'une reprise ou d'une éviction. Aussi, pour la clause F, il est
proposé que le locateur précise dans le bail le
loyer maximal qu'il pourra exiger dans les cinq années suivant la date où
l'immeuble peut être loué. Le projet de loi pourrait permettre aussi de
préserver et accroître l'offre de logements sociaux et abordables, d'offrir une
latitude aux locateurs dans le choix de leurs locataires lors d'une cession de
bail...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...vous êtes... on est... on est déjà... en négatif,
Duranceau : Parfait. C'est bon. C'est correct. On va poursuivre
ensemble.
Le Président (M.
Schneeberger) : C'est bon. Alors, désolé, on essaie de respecter les
règles. Alors, j'invite maintenant la députée de Mille-Îles à faire ses
remarques. Vous avez un temps de 4 min 30 s.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. On se retrouve. Une
nouvelle session et un nouveau projet de loi. Vous étiez avec moi pour
le projet de loi n° 16. Et... Et donc moi, c'est un grand honneur d'être
ici, accompagnée de ma collègue... non, ma collègue, la députée de?
Mme Dufour : Notre-Dame-de-Grâce. On se connaît plus par nos noms que nos comtés. Donc, c'est un grand
honneur pour moi d'être ici, accompagnée de ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce. Et je remercie la ministre de nous donner l'occasion, là, de... de travailler sur un projet de loi qui est
quand même important. Et je salue évidemment les membres des oppositions qui sont présents et... et tous les autres
députés de la
partie gouvernementale qui nous accompagnent.
Donc, comme je
disais, c'est un projet de loi qui, malgré qu'il n'a que 38 articles,
pourrait s'avérer très important. Nous
vivons une crise du logement qui est vraiment majeure au Québec, les taux
d'inoccupation, la ministre en a parlé, n'ont jamais été aussi bas, et il y a
quelques éléments dans ce projet de loi là qui ont... qui sont intéressants,
notamment, de venir fixer un montant maximal pour les cinq premières années
du... d'un nouveau logis sur le marché. Ce
qui est... Ce qui n'est pas présentement le cas, et donc il y a des gens qui
ont eu des mauvaises surprises. La présomption
de refus aussi, lors d'avis d'éviction, ça, c'est quand même un pas important,
et le recalcul des indemnités à verser aux locataires qui ont été
révisées, là. Ça, ça, c'est des points que je considère qui sont très positifs.
Par contre, il y a
beaucoup de préoccupations avec ce projet de loi, notamment, évidemment, tout
ce qui entoure la cession de bail, qui a été
abondamment médiatisé. Mais quelque chose qui a été un peu moins... qu'on a
moins parlé, mais qui me préoccupe beaucoup, c'est l'affaiblissement du
logement social qu'on peut trouver dans certaines clauses de ce projet de loi,
notamment la possibilité d'aliéner des HLM pour du logement abordable. Et on s'entend
que le logement abordable, ce n'est pas du logement social. Et donc ce serait
déplorable qu'on perde des logements sociaux, déjà qu'on en manque beaucoup. Et
il y a aussi la... une possibilité que la CMM puisse faire des contributions à des projets d'habitation et...
alors qu'elle était dans l'obligation de faire des contributions seulement pour
du logement social. Et «habitation», c'est très large.
Il y a aussi le... une
autre préoccupation, c'est les objectifs d'autofinancement de la Société d'habitation
du Québec, la SHQ, qu'on... qu'on peut lire à travers le projet de loi, là,
que... qu'elle pourra offrir des services payants. Alors, on va... on va voir
un peu plus de quoi il s'agit, mais pour... de prime abord, ça... ça inquiète
un peu.
Il y a... Et, le point majeur, c'est qu'il n'y a
rien, vraiment, dans ce projet de loi là, qui n'aura d'impact, au bout du compte, sur la crise du logement, rien de
majeur, du moins, rien de structurant. C'est certain. Donc, nous serons
présents pour bonifier le projet de loi, écouter les groupes, évidemment, qui
ont beaucoup, beaucoup... qui auront certainement beaucoup de propositions
pour... pour cet aspect-là, et j'ai hâte d'entendre les intervenants qui... qui
vont se succéder.
Par contre, je voudrais souligner qu'il est
désolant qu'on... qu'on trouve encore, à cette heure-ci, deux plages libres dans notre horaire, alors qu'on a... on a
soumis des groupes, on a soumis des groupes, mais qui ont été refusés par la
partie gouvernementale. C'était le cas de la ville de Gatineau, qui,
finalement... on a réussi, suite à un troisième désistement, à faire intégrer,
mais il reste toujours la Fédération étudiante collégiale du Québec et la
Confédération québécoise des coops d'habitation, que nous avons sollicitées,
que nous avons demandé qui soient intégrées, et qui ont été refusées par... par le gouvernement. Et donc, compte tenu de
l'importance d'un tel projet de loi, je ne pense pas qu'on puisse se
permettre d'avoir des plages libres actuellement. Je pense que c'est important
qu'on entende un maximum d'intervenants. Alors, j'invite... j'invite la
partie
gouvernementale à revoir ce... sa décision à ce sujet-là.
Et... Et,
pour moi, là, ça va conclure mes remarques introductives. Je vous remercie
beaucoup, M. le Président. Puis bien hâte de travailler avec la ministre
de façon constructive.
Président (M. Schneeberger) : Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons
maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le député de Laurier-Dorion
pour... vous avez 1 min 30 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, je suis très, très content d'être ici pour commencer
l'étude... l'étude détaillée du pl n° 31 et les auditions avec nos
invités, qu'on va entendre dans quelques minutes. Je salue Mme la ministre, son... ses collègues également, M. Patrick
Simard, du Tribunal administratif du
logement, et ses collègues, là.
Je salue mes collègues des... des oppositions. Je pense qu'on va faire un
travail constructif.
C'est un projet de loi important qui a suscité
beaucoup de polémiques. Il y a quelques avancées, quelques reculs importants. On sait le... le débat qu'il y
a autour de la question de la cession des... des baux, en... en particulier,
on va étudier cette question-là très attentivement. Il y a beaucoup de gens,
beaucoup de gens, au Québec, qui nous regardent, et je pense que j'arrive ici
avec une vision constructive : faire avancer les bons... les bons points,
essayer d'améliorer le... ce qui nous paraît
des reculs. Mais évidemment, là, il faut travailler dans un contexte de crise,
là. On a entendu les chiffres sur l'itinérance visible aujourd'hui, c'est
vraiment grave, ce qui se passe au Québec en ce moment. Donc, on va... je pense que l'ensemble des députés
ici présents vont mettre beaucoup d'efforts pour faire en sorte que ce
projet de loi soit nettement amélioré. Merci.
Président (M. Schneeberger) : Merci, député de Laurier-Dorion. Alors,
maintenant, j'aurais besoin du consentement... (panne de son) ...de...
les Îles-de-la-Madeleine, pardon, puisse faire ses remarques préliminaires.
Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, vous avez 58 secondes, M. des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci beaucoup, M. le Président. Merci à mes
collègues de me permettre quelques notes introductives. Je suis très
heureux de faire
partie de... des travaux de la commission aujourd'hui. C'est
effectivement un enjeu extrêmement important pour... pour tous les Québécois,
la crise du logement, que le gouvernement a enfin reconnue. Puis on voit quel genre de conséquences ça peut apporter, là,
notamment lorsqu'il est question de... de l'itinérance.
Alors, qu'on dépose un projet de loi, je pense,
c'est une première étape. La ministre a évoqué le fait que ça ne réglerait pas
tout, effectivement, mais il faut commencer quelque part. On aura des
amendements à apporter au projet de loi,
notamment pour s'assurer que ce projet de loi là, il réponde à l'objectif
numéro un qu'on a tous, j'espère, c'est
de pouvoir permettre un accès plus grand à un logement, et à un logement qui
est abordable, dont on a les moyens de se...
de se l'offrir. Et évidemment je fais référence ici, là, à la cession de bail.
C'est un des moyens qu'on fait disparaître. Alors, nous, ce sera notre
principal cheval de bataille.
Mon temps est déjà écoulé. Merci, et bons
travaux.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous recevons ce matin les
gens de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec. Alors, bonjour
à vous trois. Alors, dans un premier temps, vous présenter et, par la suite, vous avez un 10 minutes pour
faire vos exposés. Et on procédera avec des échanges avec les députés par la
suite.
Plante (Marc-André) : Merci. Alors, M. le Président, Mme la ministre de
l'Habitation, Mmes, MM. les députés, bonjour.
Mon nom est Marc-André Plante. Je suis directeur des Affaires publiques et des
Relations gouvernementales à la CORPIQ. Je suis accompagné aujourd'hui
de notre président, M. Éric Sansoucy, et de notre directeur général, M. Benoit Ste-Marie. Tous deux propriétaires
de logements locatifs dans le Grand
Montréal, ils sont ni plus ni moins
l'un des nombreux gestionnaires privés d'un vaste parc locatif
abordable, d'ailleurs en bas de 750 $, comme le rapportait en juin dernier la SCHL, à savoir que 23 %
des logements dans le Grand Montréal sont sous 750 $. 23 %, concrètement,
ça veut dire quoi? C'est 145 000 logements privés dans la RMR de
Montréal qui sont sous les 750 $.
Un sondage Léger Marketing qui a été fait pour
le compte de Vivre en ville, qui est un organisme qui est plutôt de tendance à
soutenir les locataires, nous révélait — auprès de
5 550 locataires — récemment
que 60 % des locataires de Montréal paient moins de 1 000 $ en
ce moment. C'est 64 % à Québec et, dans le reste du Québec, c'est à
79 %. En bon français, le Québec offre déjà les plus bas loyers au Canada.
Et le nombre de logements abordables dans le
secteur privé est parmi les plus grandes réussites du système des
40 dernières années au Québec. Nous pouvons être fiers d'avoir un tel bassin de logements abordables. Et les
propriétaires que nous représentons aujourd'hui, malgré les
circonstances difficiles récemment, ont pris soin de leurs locataires dans
ce... dans ce contexte.
Or, comme l'explique le mémoire que nous
déposons aujourd'hui, tout ceci arrive à un point de rupture, car le parc de
logements a besoin de rénovations, et les propriétaires sont bloqués par une
législation qui est désuète.
En premier lieu, nous partageons la volonté du
gouvernement de revitaliser le secteur locatif, et nous saluons le courage
politique d'agir. Globalement, la CORPIQ souhaite l'adoption du projet de loi
n° 31, mais espère des modifications qui aideraient à solutionner la crise
du logement. Il y a aujourd'hui un réel désir de comprendre les problématiques de notre secteur d'activité, et
c'est dans cet esprit que nous partagerons... donc nous partageons ce mémoire
aujourd'hui, lequel a d'ailleurs endossé également l'Institut du développement
urbain, l'IDU, qui nous soutient dans cette démarche aujourd'hui.
La CORPIQ veut être bien claire aussi
aujourd'hui avec les parlementaires : nous croyons à l'importance d'une offre diversifiée en habitation, qui
implique notamment des investissements publics en logement social et abordable.
Nous voyons les secteurs des OBNL, du milieu
communautaire, comme des partenaires de cet écosystème en habitation, et nous souhaitons évidemment qu'on agisse de...
au pluriel dans les actions qui seront menées et avec ce projet de loi.
Maintenant, allons dans le vif du sujet avec les
modifications proposées dans le projet de loi n° 31. La cession de bail a
fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers temps. Pourtant, la pièce
législative corrige une dérive contraire à l'esprit et à la volonté du
législateur depuis plus de 30 ans. Rappelons que l'adoption du projet de
loi n° 31 permettra toujours la cession de bail, mais à des conditions
plus équilibrées entre locateurs et locataires.
Jusqu'à il y a cinq ans, une cession de bail
était rare au Québec. Moins de 5 % des propriétaires des... de la CORPIQ
nous disaient avoir vécu une telle situation il y a cinq ans. Essentiellement,
les cessions se passaient plutôt bien et dans le respect de la loi, les
propriétaires se montraient compréhensifs, le tout se déroulait dans l'harmonie
et la transparence.
Or, ce qui était harmonieux et... et transparent
ne l'est plus. Aujourd'hui, la cession de bail s'est transformée en un marché
parallèle où la marchandisation des baux est monnaie courante, souvent sans
l'accord du propriétaire et le plus souvent par une désinformation alarmante.
De plus en plus de propriétaires privés ont connu une cession de bail au fil des années : 10 % en 2021,
resondage, 15 % en 2022 et cette année, en 2023, 25 %. Alors, vous
voyez la courbe en... en très forte hausse. Les groupes Facebook de cession de bail sont en nette progression. Il y en a d'ailleurs
un qui a 54 000 membres, donc c'est assez populaire, pour ceux qui en
doutaient.
Or, il ne s'agit plus de cession de bail à
l'esprit de la loi adoptée par cette Assemblée au début des années 90. Et il n'est plus rare qu'un locataire fasse
déraper le... le processus de renouvellement de son loyer en faisant semblant
d'accepter son renouvellement de bail en début d'année et de l'annoncer,
quelques jours plus tard, lui-même sur une page Facebook, le tout à l'insu du
propriétaire. Pas surprenant que ce même propriétaire soit donc surpris et
cherche, d'une certaine manière, à refuser une situation qui est, dans les
faits, de mauvaise foi de part et d'autre. Le projet de loi n° 31 vient
donc rétablir l'équilibre entre locateurs et locataires. Cela signifie
simplement de revenir à l'esprit de la loi, c'est-à-dire l'approche où le
locataire expose sa situation avec honnêteté.
Maintenant, parlons d'un autre enjeu, celui de
la sous-location. La sous-location est un problème actuel et qui va s'accroître, notamment avec les zones
grises avec ce que l'on appelle l'hébergement touristique court terme ou
plus de 32 jours. Le marché locatif, donc, est... est donc dans cette
situation, et des pratiques se sont malheureusement développées. Nous avons trois recommandations dans notre mémoire visant
à mieux cerner l'enjeu de la sous-location, que nous vous demandons
d'ajouter à ce projet de loi.
Abordons aussi maintenant un autre aspect de la
pièce législative qui est la
section F. Celle-ci permet à un logement neuf de
ne pas être soumis, pendant cinq ans, au Règlement sur les critères de fixation
de loyer. La modification apportée au projet de loi n° 31 pousse les
constructeurs et propriétaires à se doter d'une feuille de route financière crédible
avant la mise en marché des nouvelles unités, offrant, du coup, de la
prévisibilité aux locataires potentiels qui
s'épargnent des hausses de loyer surprises. Pour cette raison, nous appuyons
intégralement l'article 1 du projet de loi n° 31 et surtout sa
transparence éventuelle qu'elle va amener.
Maintenant,
abordons l'éviction et les taux accordés de fixation des loyers par, notamment,
les recommandations du tribunal.
L'autre modification que nous désirons saluer, concernant le resserrement
législatif entourant les évictions illégales... bien, d'abord, on tient
à souligner que la CORPIQ a toujours dénoncé les mauvais comportements au
niveau des évictions illégales. Ainsi, nous n'avons pas d'inconfort aux
modifications législatives sur le sujet, qui fait porter un fardeau plus important sur les épaules
des propriétaires et qui permet au locataire une meilleure défense de ses droits. Les entrepreneurs immobiliers qui étaient
sans raison fondée seront ainsi bloqués par le nouveau cadre réglementaire.
Nous sommes par ailleurs inquiets que l'on
n'aborde pas les causes fondamentales, par ailleurs, des évictions et des
reprises, la question de fond, pourquoi il y a autant d'évictions et de
reprises. La réalité, c'est que le système en
place conduit malheureusement les immeubles à des points de rupture où les
évictions et les reprises apparaissent comme la fin d'un parcours semé
d'embûches. Est-ce normal que les recommandations du TAL, Tribunal administratif du logement, pour le calcul d'ajustement des loyers, soient systématiquement en bas
du seuil de rentabilité du propriétaire et de l'inflation? Est-ce normal
d'amortir des travaux majeurs sur 40, voire 50 ans? Le système cause sa
propre perte. Les mauvais
comportements engendrent d'autres mauvais comportements. 70 % du parc
locatif a plus de 40 ans au Québec. Soyons sincères, il a besoin de
beaucoup de rénovations.
Je veux vous
parler de la
section G du bail, très rapidement. La
section G du bail n'était,
jusqu'à tout récemment, très rarement appliquée, ce qui permettait à la
fois au locataire en place depuis longtemps d'avoir le bas loyer et, en même
temps, au propriétaire de retrouver un rendement lorsque le locataire quitte.
Depuis peu, à coups de publicité, même sur Facebook, autour de l'idée d'un
registre des baux de la part de la... et de la mise en place de la
section G...
commence à être appliquée. Ceci engendre une
tendance et une confrontation entre locateurs et locataires. Nous sommes inquiets
qu'on étudie une telle mesure, surtout qu'on connaît les conséquences. Nous
préconisons une modernisation de l'application de la
section G. Nous espérons
justement, et on le propose dans notre mémoire, qu'il y ait plus de transparence, qu'on applique justement que le
dernier loyer payé soit clairement indiqué sur le bail. La problématique, c'est
le recours rétroactif en fixation au loyer qui ne fait aucun sens à l'heure
actuelle.
Je termine,
en... en disant : Nous souhaitons aussi une modernisation du
fonctionnement, donc, des... des dossiers devant le Tribunal
administratif du logement. Nous avons
donc plusieurs mesures auxquelles nous sommes confortables, mais nous
croyons aussi qu'il y a d'autres mesures d'efficience et d'efficacité qui
devraient être mises en place, et l'une de nos propositions, c'est, par
exemple, de souhaiter qu'un comité de travail soit fait, propriétaires,
locataires, juristes et autres, pour trouver des solutions pour diminuer les
enjeux et les délais devant le Tribunal administratif du logement.
Voilà, merci, M. le Président.
Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors,
vous êtes dans les temps, alors félicitations. Alors, Mme la ministre,
la parole est à vous pour un temps de 16 min 30 s.
Mme Duranceau : Bon, alors, merci
pour vos commentaires. Alors, si je peux me permettre, peut-être, on peut revenir... J'ai quelques questions, là, à la
suite de la réception puis la lecture de votre mémoire, puis peut-être que vous
pouvez revenir sur la notion de marchandisation, là, des baux, puis peut-être
donner des exemples concrets.
M. Plante (Marc-André) : Bien,
d'abord, revenons sur un élément. Vous savez, au Québec, la majorité des baux sont renouvelés pour le 1er juillet, ce
qui est quand même une particularité qu'on ne vit pas nécessairement dans
les autres législations. Vous savez que la
chronologie d'un avis de renouvellement, au début janvier, avec les
augmentations, il y a toute une
séquence qui arrive. L'enjeu, aujourd'hui, qu'on vit, aujourd'hui, c'est que
beaucoup de locataires vont renouveler leur bail en sachant très bien
qu'ils n'ont pas l'intention de l'habiter le 1er juillet qui suit, et là,
donc, se retrouve dans... sans même que le propriétaire soit, donc, informé,
rapidement mis en ligne.
Alors, évidemment, il y a des cessions de bail
qui se font en bonne et due forme, qui respectent les règles, et ça, nous tenons à le souligner. Malheureusement,
dans un contexte où le marché s'est resserré, je ne vous cacherai pas
que des stratagèmes se mettent en place. Par exemple, on fait une cession de
bail avec les meubles, et, dans les faits, il y a un montant d'argent qui est
associé. Ça peut être toutes sortes de mécanismes pour lesquels le propriétaire
peut difficilement intervenir parce que c'est une relation entre un locataire
et celui qui cède, et donc un futur locataire et ceux qui cèdent.
Nous, ce qu'on revient, c'est... Relisez les
débats parlementaires au début des années 90, notamment la citation du ministre de la Justice du Code civil.
D'ailleurs, il y avait une belle entente, à l'époque, entre le gouvernement
libéral de M. Bourassa et l'opposition, Mme Harel, du Parti québécois. On
s'entendait clairement que la cession de bail, ce n'était pas un
mécanisme de contrôle des loyers, c'était un mécanisme, à l'époque, pour faciliter,
lorsque les gens quittaient en cours de bail... pour responsabiliser les
locataires. Là, aujourd'hui, on en fait un mécanisme de contrôle. Vous comprendrez que l'objectif du législateur a
complètement dérapé au cours des 30 années qui ont suivi. C'est pour
cette raison-là qu'on est satisfaits que... de cette pièce législative qui
remet en perspective ce qui a toujours été, à l'origine, l'esprit de la loi.
Mme Duranceau : Allez-y.
M. Sansoucy (Éric) : ...quand on
pense à la cession de bail et aux grands préjudices que ça cause, c'est
important de comprendre que le préjudice... On peut facilement penser que ça
cause un préjudice financier au propriétaire, mais le plus grand préjudice est
causé au parc immobilier abordable. Le moment le plus fréquent où les
propriétaires vont faire des travaux, c'est évidemment au changement de
locataire. Quand un locataire quitte, c'est à ce moment-là où il va faire les
travaux majeurs dans les... à l'intérieur des logements. Évidemment, les
logements qui sont les plus souvent cédés sont les moins chers. Donc, souvent,
un logement qui n'est pas cher, c'est parce que ça fait
longtemps qu'il est occupé par un locataire, et c'est parmi les logements qui
sont les plus... qui sont... qui ont le plus besoin, là, d'être rénovés.
Donc, dans un
contexte où 70 % de nos appartements ont été construits il y a plus de
40 ans... Moi, je suis dans le centre de Montréal. Je peux vous dire que
c'est même 70 ans, on est actuellement en train de se priver de la
meilleure opportunité pour rechercher ce que, tout le monde, je vous ai entendu
dire, le mot «équilibre». C'est ça qu'on a besoin d'aller chercher en ce
moment. «Équilibre», c'est un mot qui peut être subjectif, par exemple, mais je
vous ai tous entendu parler aussi de «constructif».
Alors, c'est ensemble qu'on pourra y arriver, parce que l'abordabilité à
tout prix, sans considérer les coûts qui sont nécessaires pour relancer ce
parc-là, on n'y arrivera pas. Merci.
Mme Duranceau :
Vous parlez aussi, dans le mémoire,
de réviser la méthode de calcul de la fixation de loyer, la notion de
revenus nets, mais la notion de travaux majeurs, puis j'aimerais ça vous
entendre sur votre évaluation de ce que cette révision-là va avoir comme impact
sur les locataires qui ont déjà de la difficulté.
M. Ste-Marie
(Benoit) : Oui, je vais répondre. En fait, ça revient à préserver le
parc de logements locatifs en général, mais spécifiquement le parc de logements
abordables, parce que, si on ne fait pas un entretien sur une base continue, on va perdre ces logements-là qui sont à
faible loyer aujourd'hui, mais ils sont dans un point de rupture. Donc, c'est important de recréer les bases où est-ce que
le propriétaire va être incité à faire des travaux sur une base régulière
pour éviter des points de bris, on va dire, dans le marché.
Pour répondre à votre
question sur ce qui est souhaité et les impacts, on parle ici de faire en sorte
que l'investissement dans le logement prend son sens pour que le propriétaire
voie un revenu à long terme dans son investissement. On veut mettre fin, autant
que possible, à une posture du court terme où est-ce que les gens achètent,
rénovent, revendent. Il faut sortir de là. Il faut arriver avec ces deux
éléments-là, qui sont le retour sur les travaux majeurs... Il faut que ça fasse
du sens. Là, il ne fait pas de sens depuis, on va dire, une vingtaine d'années,
où est-ce que la pièce qui est remplacée, par exemple, qui dure une quinzaine
d'années, va être amortie sur 50 ans, 40 ans. Ça ne fait pas de bon
sens, et c'est pour ça qu'on a un parc qui baisse en qualité et qui atteint un
point de rupture.
Et, pour ce qui est
du revenu net, bien, ça, c'est toute la question, effectivement, d'avoir une
pensée long terme, de conserver longtemps les logements. Plus un propriétaire
conserve longtemps son immeuble, plus il est en mesure d'avoir de la flexibilité avec ses locataires dans ses
augmentations de loyer, dans toutes ses relations. S'il n'y a pas cet
incitatif de conservation à long terme... puis on l'a vu, là, depuis quelques
années, des transactions à court terme, ça, il faut éviter ça.
Mme Duranceau :
OK, merci. Ensuite, vous avez aussi suggéré de pénaliser les locataires qui
pratiquent des sous-locations illégales ou
des cessions qui seraient illégales. Qu'est-ce que... À quoi vous pensez en
termes de pénalités?
M. Plante
(Marc-André) : Bien, d'abord, pas tant... les pénalités, on va laisser
au législateur de déterminer des montants,
etc. Pour nous, une sous-location sans informer le propriétaire, ça devrait
être carrément illégal, mais, une fois
qu'on dit que c'est illégal, il faut qu'il y ait une pénalité. Ça, c'est la
première option. La deuxième recommandation que l'on fait, c'est que, lorsqu'il y a une sous-location, il y a
techniquement une personne qui est entre le nouveau locataire, celui qui
s'improvise maintenant locateur, et le propriétaire. Nous, ce qu'on dit, c'est
qu'il faut remettre...
qu'on a fait dans le projet de loi n° 25, sur l'hébergement
touristique, c'est deux facteurs qui nous apparaissent importants. Le premier, c'est la permission de
demander un dépôt de garantie, qui pourrait être, d'ailleurs, demandé par le
locataire qui sous-loue, parce que, souvent, il y a des meubles qui sont en
jeu, donc l'enjeu du dépôt de garantie. La
deuxième des choses, c'est d'avoir une police d'assurance responsabilité à
2 millions. C'est quand même assez incroyable qu'aujourd'hui on
peut louer, un week-end, un chalet deux jours, où on peut légalement demander
un dépôt de garantie, on exige une police
d'assurance de 2 millions, mais, quand on sous-loue un logement pour un
mois, deux mois, quatre mois, cinq mois, il n'y a absolument rien qui
est permis par la loi.
Alors, nous, ce qu'on
dit, c'est qu'il faut qu'il y ait une certaine forme d'équité. Vous m'excuserez
de l'expression. Ce qui est bon pour pitou devrait être bon pour minou. Bien,
c'est la même chose pour l'hébergement touristique
ou la sous-location. Il y a des éléments qui sont... Il y a des zones grises
qui méritent d'être éclaircies dans le projet de loi n° 31.
Duranceau : OK, puis, concernant justement les dépôts de garantie, je
pense que vous mentionnez, dans le rapport, avec étude...
M. Plante
(Marc-André) : On parle d'un mois, oui.
Duranceau : ...oui, c'est ça, avec étude à l'appui, là, que ça se fait
évidemment ailleurs dans le monde, ailleurs au Canada aussi.
M. Plante
(Marc-André) : Et au Québec.
Duranceau : Oui, oui, puis, seulement, ce n'est pas permis au Québec,
mais, dans le contexte actuel puis... qui
est difficile, puis plus largement, comment vous voyez l'effet d'une pratique
comme ça sur tous les ménages à plus
faibles revenus, puis il y a-tu une façon... Quand on parle de... Le dépôt de
garantie, aussi, c'est pour indemniser en cas de non-respect des obligations, là, en vertu du bail. Il y a-tu
d'autres façons de prévoir ça qu'un dépôt de garantie?
Ste-Marie (Benoit) : Je vais y aller en deux temps, répondre à votre
première question, ensuite la deuxième.
Le dépôt de
garantie, en fait, est pratiqué ailleurs dans le monde pas pour rien, c'est
qu'il permet aussi l'accès à un logement par un plus grand nombre à
partir du moment où ils peuvent payer ce dépôt de sécurité, et, on le voit, les gens issus de l'immigration vont être les
premiers, là, à le mettre dans la balance pour réduire le risque du
propriétaire. Et je dirais que la
chose vraiment importante ici, c'est de déjudiciariser les gens en lien avec
des non-paiements de loyer, et
quelqu'un qui a un non-paiement de loyer avec un dépôt de sécurité se
trouverait... lorsqu'il aurait une difficulté à payer, le propriétaire
aurait son coussin et n'aurait pas à aller, par exemple, au tribunal.
Donc, dans ce sens-là, il y aurait plus de gens
qui seraient... Il y aurait un meilleur accès au parc de logements parce que
les gens qui sont en difficulté financière ou qui en auront connu n'auront pas
un dossier qui vont les suivre pour ainsi
les pénaliser, là, je dirais, dans une recherche de logement à partir du moment
où ils peuvent faire mettre dans la balance le dépôt de garantie quand
la situation se présente. Donc, c'est un outil qui est, à court, moyen, long terme, bon pour autant propriétaires
que locataires, si je me suis bien exprimé dans la question de déjudiciariser.
Faire autrement, ça serait difficile.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui les propriétaires qui se retrouvent avec des
logements laissés en mauvais état ont très peu de temps pour réagir, parce
qu'on parle que tout le monde déménage en même temps au Québec, et c'est
beaucoup le locataire qui emménage qui en subit les conséquences. Il arrive
dans un logement qui n'est pas propre, nécessairement, l'habitation, et ça
amène tout un... d'abord, un mauvais début de relation pour celui qui entre
dans le logement, mais une situation presque impossible à gérer pour un
propriétaire qui voudrait, en l'espace de
24, 48... une semaine, remettre ça à jour, et vous savez qu'il y a des
propriétaires qui relogent les nouveaux dans un hôtel le temps qu'ils
fassent des...
C'est un outil qui nous apparaît essentiel, puis
on ne voit pas comment parer à cette situation-là de logements laissés en mauvais état, et toute cette
responsabilisation-là nous apparaît importante et normale. Ce n'est pas normal
que, le 1er juillet, il y ait autant... Je pense, c'est 30 %,
quasiment, là, qui sont dans des états, disons, pas acceptables pour le suivant, le locataire suivant. Donc, c'est une
question encore une fois d'amener des éléments fondamentaux dans ce
système qui vont faire en sorte que ce système-là va mieux fonctionner.
Mme Duranceau : J'aimerais que vous
reveniez sur la clause G puis la bonification, la modernisation de la clause G,
là. Tantôt, vous l'avez évoqué, mais j'aimerais ça qu'on revienne de manière
concrète sur ça.
M. Plante (Marc-André) : D'abord,
dans la préparation que j'avais faite, j'avais plus d'explications à vous
donner. Donc, merci de me permettre d'aller un petit peu plus loin dans ce
qu'on pourrait moderniser.
Ce qui est quand même assez spécial... Puis je
pense que les propriétaires n'ont aucune gêne à présenter clairement quel est
le plus bas loyer payé au cours des 12 derniers mois. La problématique,
c'est que, lorsqu'un propriétaire s'assoit avec un aspirant locataire, qu'il y
a une discussion, qu'il y a une entente sur le prix du loyer, souvent, il peut
y avoir, entre deux locataires, rénovations, des fois, il y a des exigences qui
viennent même du locataire d'ici à son emménagement, que le logement soit mis
dans tel ou tel type d'aménagement, il y a une entente sur le prix. La
problématique, aujourd'hui, c'est que ce locataire-là, légalement, par la loi,
il peut, 10 jours plus tard, retourner en fixation devant le tribunal.
Alors, ici, c'est quand même assez spécial. On a
un contrat entre deux personnes qui, en toute connaissance de cause,
connaissaient le précédent prix, signent pour un nouveau prix, et, dans la
réalité, l'une des deux parties peut aller devant le tribunal pour remettre en
question le principal élément de ce contrat, qui est le prix. Ça n'a aucun sens
au niveau de la loi, et nous, nous estimons qu'à partir... qu'il y a... à
partir de la transparence, à partir d'éléments qui sont clairs et qu'il y a une
signature en toute connaissance de cause, bien, que ce bail-là doit être
reconnu, et donc suivi, parce qu'il n'y a personne qui est dupé dans une telle
situation.
M. Ste-Marie (Benoit) : C'est
important qu'il n'y ait pas d'approche punitive pour le propriétaire qui écrit
l'ancien loyer. Aujourd'hui, celui qui l'écrit a quand même une approche
punitive, c'est-à-dire qu'il peut se voir altérer ce prix-là, qui est la clause
principale du bail. Donc, il y a quand même un certain nombre de propriétaires
qui ne l'écrivent pas. Si on arrête d'être punitifs, on aura, finalement,
transparence, intégrité complète dans ce bail-là. Aujourd'hui, ce que je trouve
bizarre, comme disait Marc-André, c'est que les deux parties sont dans une
quasi-pièce de théâtre, alors qu'on parle du bail. C'est fondamental.
Donc, il y a une
partie qui n'ose pas trop
écrire l'ancien loyer puis l'autre
partie qui dit : Moi, le prix, ce n'est
pas grave, je vais prendre un autre prix. C'est quand même quelque chose qui
est hors du fonctionnement normal. On veut juste faire en sorte que le
propriétaire soit encouragé à écrire l'ancien loyer, qu'il soit transparent,
que tous les baux l'aient, mais qu'il n'y ait pas de conséquence, disons,
punitive, qu'elle demeure très punitive, très, très punitive pour ceux qui ne
l'inscrivent pas ou ceux qui inscriraient un mauvais chiffre de loyer, un
mauvais loyer, et ça, on est prêts, tu sais, à être très partenaires de cet
encouragement-là, mais la situation, aujourd'hui, n'est pas favorable à une
bonne entente propriétaire-locataire.
M. Sansoucy (Éric) : Moi, je vous
demanderais seulement de réfléchir aux effets pervers de la clause G. Ce qui se passe, en ce moment, quand un propriétaire
récupère un logement qui, pendant 20 ans, a été occupé par le même
locataire, était à 700 $ et en vaut 1 400 $, que se passe-t-il
quand il a cette épée de Damoclès? Certains vont retirer le logement du marché pendant un an juste pour être
certains de se soustraire à ce risque-là. Autrement, de plus en plus de
propriétaires n'annoncent plus les logements. Donc, les locations se font en
circuit fermé avec des gens de confiance ou on va louer à des nouveaux
arrivants qui... pour eux, cette réglementation-là qui ne fait pas de sens, je
veux dire, ça ne fait pas
partie de leurs réflexes. Donc,
réfléchissons. Quand on dit que le système cause sa perte, c'est que les voies
de contournement sont encore plus dommageables que les objectifs visés.
M. Plante (Marc-André) : Au plan
statistique, vous savez que la SCHL, quand elle regarde le marché québécois,
l'écart entre un loyer et le marché actuel, par exemple, elle calcule qu'au
Québec l'écart, en ce moment, est à peu près à 17 %, ce qui veut dire que,
sur un logement qui est à 700 $, bien, l'écart est de 17 %. Donc,
faites le calcul en dollars.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
continuerais avec la première... l'opposition officielle, pardon. Alors, Mme la
députée de Mille-Îles, la parole est à vous pour un temps de 10 min 24 s.
Mme Dufour : Merci, merci. Écoutez,
je vais peut-être... J'aimerais ça, vous entendre... Je ne reposerai pas les mêmes questions que la ministre. C'était très,
très clair, vos réponses. Dans votre mémoire, vous parlez qu'une cession...
la cession de bail peut causer une hausse
des assurances pour le propriétaire. J'aimerais vous entendre là-dessus,
qu'est-ce que ça... dans quel cas on voit ça puis comment ça se traduit.
M. Ste-Marie (Benoit) : Merci pour
la question. C'est un sujet, effectivement, qui n'est pas très connu du public, mais les assureurs demandent
systématiquement quels sont nos revenus de loyer par appartement, et,
systématiquement, toutes les compagnies d'assurance le font, on a une
prime plus chère lorsque le loyer est bas. Donc, plus les loyers sont bas, plus
les assurances sont élevées.
Ça fait qu'un propriétaire qui se ferait faire
une cession de bail, essentiellement, va voir sa prime augmenter dans le temps,
et ça aurait été l'effet inverse s'il avait bougé, disons, au niveau de son
revenu de loyer, et j'inclus là-dedans le fait que, s'il y a une cession de
bail... Et on donne l'exemple ici. Pendant qu'un propriétaire est... pendant
qu'un locataire est occupant, s'il y a un problème, par exemple, un dégât d'eau
dans la salle de bain, ou quoi que ce soit, on ne va pas refaire la salle de
bain, il y a un occupant. On va amener un plombier qui va faire l'essentiel
pour que ça tienne le coup. Lorsqu'il y a départ d'un locataire, là, on va
refaire la plomberie, comprenez-vous. Et ça, les assureurs, pour eux, dégât
d'eau, électricité, c'est des éléments fondamentaux. Ils vont constamment nous
demander où est-ce qu'on en est dans ce plan, disons, d'intervention sur des
éléments fondamentaux qui sont à la base de la prime d'assurance. Donc, ça fait
partie du questionnaire, essentiellement.
Donc, s'il y a cession de bail, on court
effectivement à notre perte, et il faut savoir que c'est notre perte, mais
l'assurance est transférée directement au locataire. C'est le locataire qui se
trouve à être impacté. Donc, quand on parle de bon fonctionnement, c'est aussi
dans ce sens-là, puis les assureurs, au Québec, je vous le dis, là, regardent
le marché locatif avec de plus en plus de crainte. Ce qui s'est vécu dans le
domaine du condo avec des assureurs qui se retirent, on vit ça actuellement.
Donc, c'est vraiment, vraiment fondamental.
Mme Dufour : Parlant des assurances,
vous avez mentionné... plus loin dans votre mémoire, vous parlez de la révision
de la méthode de calcul du loyer, et là vous parlez, justement, que des
assurances aussi... la façon que c'est réparti entre les loyers. Donc là, je
comprends que, s'il y a des loyers plus bas, les assurances augmentent, mais,
quand c'est réparti, c'est réparti... par rapport aux taxes, c'est réparti
surtout sur les loyers les plus hauts, finalement. Donc là, il y a comme un effet inflationniste pour les loyers plus hauts
du même immeuble. C'est ce que je comprends?
M. Ste-Marie (Benoit) : Oui, c'est
ça, c'est que les répartitions d'assurance sont au prorata des revenus par
appartement. Donc, celui qui paie le plus cher va payer plus de taxes, parfois
deux fois plus, qu'un autre locataire. Donc, on amène, pour ces deux
éléments-là, les taxes et l'assurance, et, dans le cas de l'assurance,
effectivement, ce que vous avez très bien compris, c'est contre-intuitif, dans
le sens que, normalement, la prime d'assurance est plus chère compte tenu des
logements, disons, qui sont plus à risque, oui.
Mme Dufour : Donc là, dans le fond,
on pourrait dire, d'une certaine façon, que les loyers les plus élevés d'un
édifice, bien, ce n'est pas subventionné, mais ils contribuent davantage pour,
en fait, les logements qui... parce qu'on s'entend que la taxe municipale est
la même, peu importe le logement, là, non? Je vois...
M. Plante (Marc-André) : Dans toutes
les considérations, c'est l'une des problématiques qu'on identifie. Que ce soit
pour des travaux majeurs, quand ils ne sont pas spécifiques à un logement, qui
sont, par exemple, le cadre bâti, etc., la subdivision est toujours faite
proportionnellement au prix du loyer.
Alors, revenons toujours à cette situation de
deux locataires voisins. L'un est là depuis 20 ans, paie 700 $, et
l'autre nouvelle voisine est arrivée cette année, paie 1 400 $.
Alors, quand on vient faire leur grille de calcul suivant le 20 janvier de chaque année, bien là
admettons qu'il y a eu des travaux, bien, il y a un des deux locataires qui
apprend qu'il, dans les faits, va
absorber deux fois plus que l'autre voisin quand il y a des travaux majeurs,
alors, quand il y a des frais d'assurance plus élevés, les taxes
municipales. Alors, même si les deux vont à la même bibliothèque, l'un va
absorber une plus grande part.
Alors, c'est pour ça que, dans notre mémoire, on
amène le principe en disant : Il faudrait que la subdivision se fasse plutôt au pied carré, selon la
proportion, parce que la réalité, c'est qu'on ramène toujours à faire porter le
poids, finalement, de ces nouvelles
charges aux loyers les plus élevés, ce qui accélère, eux, leur augmentation en
augmentant l'écart entre les plus
hauts et les plus faibles loyers. Alors, on estime que ça désavantage un
certain nombre de locataires, et nous aurions envie de vous dire que ça
désavantage davantage la jeune génération et ceux qui entrent sur le marché
locatif, principalement.
Mme Dufour : Oui,
d'accord. Merci beaucoup. C'est beaucoup plus clair. Un élément qui m'a
surpris, vous mentionniez... Et là je suis propriétaire d'un seul logement
locatif, mais à temps partiel. Alors, ce n'est vraiment pas ma spécialité. Vous avez mentionné... L'hypothèque
ne fait pas
partie du calcul, et là, donc, on voit qu'il y a beaucoup de
propriétaires qui vont retomber en... renouveler des hypothèques, des taux
d'intérêt plus élevés. Est-ce que vous envisagez que ça pourrait être un... en
fait, avoir un impact négatif sur le parc locatif éventuellement?
M. Sansoucy
(Éric) : C'est ni plus ni moins une bombe nucléaire dans un contexte
qui était déjà difficile. C'est le coup le plus important. La très forte
majorité des propriétaires ont une hypothèque. Même quand il y a une succession, les gens doivent payer de l'impôt, ils
sont hypothéqués. Donc, les bâtiments sont hypothéqués, et la plupart
des propriétaires sont en taux variable. Donc, c'est déjà impacté, puis je fais
un chiffre rapide, j'ai un bâtiment de 1,6 million,
j'ai 800 000 $ d'hypothèque, moitié, bien, quand je payais 2 %
versus que quand j'en paie 7 %, c'est 5 %, c'est
40 000 $ par année pour ce huit logements-là. C'est 5 000 $
par logement de charges supplémentaires.
Alors, la seule chose
qui nous permet de garder ça à flot, c'est de couper totalement toute dépense
d'entretien et rénovation. Si on est
asphyxié maintenant... avant... aujourd'hui on est incapable, et c'est très
dangereux parce que, là, ce qui va arriver, c'est qu'il y en a qui vont
ramener les clés. Ils ne pourront juste plus tenir un immeuble à perte comme ça. C'est grave. Quand on parle de point de
rupture, là... Ça fait longtemps qu'on anticipe la situation actuelle à
cause du cadre réglementaire. Ce qu'on n'avait pas anticipé, c'est qu'en plus
on ajouterait cette couche-là qui est juste hallucinante.
M. Ste-Marie
(Benoit) : ...c'est fondamental que, dans les bases de calcul... En
passant, ce qui avait été fait en 1980 avait été réfléchi avec la donne de
1980, mais aujourd'hui c'est important de revoir ça. 40 ans plus tard, je
pense qu'on peut se permettre, parce que les bases ne tiennent pas compte des
éléments qui impactent la vie d'un... la vie, sur du long terme, d'un immeuble.
Donc, il faut retrouver... C'est pour ça qu'il y a des recommandations faites
par des firmes spécialisées. Il y a eu de la recherche de faite là-dessus. Puis
on vous invite vraiment à reconsidérer la façon dont est construit ces
augmentations-là, puis ça ne veut pas dire nécessairement plus d'augmentation. C'est
une façon de le calculer qui est plus actualisée dans notre monde
d'aujourd'hui.
Mme Dufour : Merci.
Il reste deux minutes, un peu plus que deux minutes, et j'ai deux questions.
Alors, je ne sais pas si vous allez être capables de répondre rapidement, mais
j'aurais aimé vous entendre sur les animaux, parce que ça ne fait pas
partie du
projet de loi, mais il y a quand même des demandes en ce sens-là, et la clause
G. Vous avez parlé d'avoir plus de transparence, mais je me demandais comment
ça s'appliquerait dans le concret, parce qu'actuellement quelqu'un remplit...
un propriétaire le remplit ou pas, pas vraiment de conséquence.
M. Ste-Marie
(Benoit) : On va faire une pierre, deux coups avec les animaux puis
la... les éléments, en fait, à déclarer. C'est-à-dire que le dépôt de sécurité
est un élément, aujourd'hui, qui permet beaucoup plus facilement à des
propriétaires d'accepter des animaux à partir du moment où le locataire en fait
la demande. Donc, ça, ça a été popularisé beaucoup par les gens qui ont des
animaux, et, je vous rassure, les propriétaires, on adore les animaux. On veut
juste s'assurer que l'animal autant que le locataire soit logé convenablement,
que ça convient pour un animal, surtout dans le cas des chiens, parce que, dans
le cas des chats, je pense, c'est 70 % des propriétaires qui les
acceptent. Dans le cas des chiens, tout à fait normalement, il y a une question
de communauté ici. Pour ce qui est de la clause G, de savoir...
Mme Dufour : ...comment...
parce que vous avez parlé de faire plus... d'avoir plus de transparence, mais,
actuellement, qu'on la remplisse ou pas, il n'y a pas vraiment de conséquence.
M. Ste-Marie
(Benoit) : C'est-à-dire qu'il y a des conséquences. Ce qu'on aimerait,
c'est qu'il n'y ait plus de conséquence pour un propriétaire, justement, qui
écrit le bon loyer dans la clause G, tout simplement, pour avoir cette
transparence.
Mme Dufour : Et
celui qui n'écrit pas le bon loyer ou qui ne le remplit pas...
M. Ste-Marie
(Benoit) : Ah! bien, lui...
M. Plante
(Marc-André) : Là, il y a des... Celui qui n'écrit pas le bon loyer ou
qui ne fait pas preuve de transparence, il se court... de se retrouver en
fixation du loyer, et les conséquences sont rétroactives, devant le Tribunal
administratif du logement, et les conséquences sont très coûteuses. Donc, il y
a une différence entre celui qui est très transparent, et qui signe une
entente, et qui veut qu'elle soit respectée, et celui qui vient duper le locataire, mauvaise identification, qui l'oublie,
il peut et il court d'être reconnu devant le tribunal. Pour nous, elle est là,
la distinction, entre celui qui est transparent et celui qui ne le serait pas.
Je peux vous dire, du jour au lendemain, un tel changement, 100 % des
logements vont être affichés, et d'ailleurs c'est ce qui nous amène à nous
opposer au registre des loyers. Nous, on
croit à la transparence entre le propriétaire et le locataire et non entre le
propriétaire et les 8,5 millions de Québécois.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. OK, merci. Alors, nous allons
maintenant du côté de la deuxième opposition, et la parole est au député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Combien de temps, M.
le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 3 min 28 s.
M. Fontecilla : Très peu de temps.
Écoutez, je vais y aller droit au but, là. Vous nous avez dit qu'on court au
désastre avec le système actuel, et, de notre côté, aujourd'hui, on a eu des
nouvelles assez, assez incroyables, là, 10 000 itinérants, itinérance
visible, et l'étude du gouvernement du Québec nous dit que 22,6 % de ces
itinérants-là et ont été expulsés de leur
logement, le phénomène des évictions, et 16,8 %, c'est pour revenus
insuffisants, près de 40 % de ces itinérants-là sont dus soit à des
évictions ou des hausses de loyer.
Donc, j'aimerais vos propositions, comment elles
peuvent atténuer ce phénomène-là? Parce qu'au bout du spectre social il y a des gens qui perdent leur logement pour des
évictions ou des hausses de loyer, là, et vous dites... vous voulez avoir... en quelque sorte, encadrer les
évictions, oui, et faciliter pour, justement, les travaux, etc., et, en même
temps, avoir une capacité plus grande de monter les loyers.
M. Plante (Marc-André) : Bien, tout
d'abord, je tiens à vous souligner que, parmi les
300 000 propriétaires qui sont, dans la très grande majorité, des
Québécois, des gens qui vivent dans toutes vos circonscriptions et qui
s'efforcent, au quotidien, de loger 1,5 million de ménages québécois, il
n'y a personne, parmi ces propriétaires, qui se lève le matin en se
disant : Qui vais-je évincer et retrouver à la rue? Si vous parlez à mon
collègue M. Sansoucy ou à M. Ste-Marie, eux-mêmes ont été confrontés,
dans leurs vies, à, malheureusement, accompagner une personne ou d'avoir des
locataires qui ont un pied dans la rue, mais souvent cette situation-là est due
à des enjeux soit de santé mentale, des
problématiques de vie, dont le propriétaire, lui, est un peu laissé au
dépourvu. Nous, ce qu'on dit, c'est que, d'abord, le secteur public et les gouvernements doivent prendre leurs
responsabilités et prendre charge des clientèles les plus vulnérables. Les propriétaires le font déjà en
accueillant avec un grand nombre de logements abordables, 145 000 dans le Grand Montréal. Vous savez, c'est 23 %... c'est 23 fois... 23 points de
plus qu'à Toronto. Ça fait que c'est déjà pas pire. Et donc il y a une
réalité, malheureusement.
Vous savez,
les propriétaires paient déjà des taxes, des impôts et ils contribuent au
trésor public, et, à notre avis, pour les situations particulières, on
encourage les gouvernements, donc, à investir, à... donc à mettre les sommes d'argent qui sont nécessaires dans ce secteur-là,
mais de faire porter un fardeau sur les épaules des propriétaires locatifs, c'est, à notre avis, peut-être une situation qui
n'a pas de sens. Alors, pour toutes ces raisons, on pense plutôt qu'il faut regarder...
plutôt que de regarder l'augmentation du prix des loyers comme étant le
problème du système, regardons plutôt le
système dans son ensemble. Je vous rappelle que, l'an dernier, 90 % des
locataires n'ont pas bougé au Québec, et,
de ceux dans le rapport de la SCHL, ils ont tous eu une augmentation de loyer
moyenne de 3,4 %, ce qui était la moitié de l'inflation.
Donc, je
tiens quand même à souligner que, quand on regarde dans son ensemble l'état de
situation, il y a des défis, puis il
faut améliorer le système, mais, malheureusement, les gouvernements doivent
aussi prendre leurs responsabilités en investissant.
Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Plus de
temps. Fini. Alors, nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine.
Alors, vous avez un 2 min 38 s disponible pour vous.
M. Arseneau : Très généreux de votre
part, M. le Président. Alors, moi, j'ai un peu l'impression que c'est le monde
à l'envers, là, excusez-moi ma surprise, et en tout respect, je pensais que la
crise du logement, ça affectait beaucoup ceux qui sont les locataires, ceux qui
ont de la difficulté à se trouver un logement et ceux qui ont de la difficulté
à le payer. Je vous entends, et c'est comme si les propriétaires dans
l'immobilier, ce sont eux qui vivent la crise
et c'est eux actuellement qu'il faut sauver grâce à un projet de loi. Et j'en
veux pour preuve la question de la cession de bail. Vous dites : Le
contexte a bien changé depuis les années 90. C'est vrai, et c'est
tellement vrai que ce qu'on voit, et les chiffres le prouvent, en tout
cas, moi, les études que j'ai pu constater, c'est que, si vous avez le même
locataire et des cessions de bail, le loyer va être modéré dans sa hausse,
alors que plus le roulement est élevé, plus le loyer va augmenter. Et vous vous
opposez en plus à un registre des loyers et puis vous citez des études qui
disent... bien, des études... en fait, je
voudrais savoir si vous avez des études qui disent que, maintenant, la raison
principale pourquoi la cession de bail devrait être complètement
éliminée ou interdite, ou à peu près, où vous pourriez... que le propriétaire peut s'y opposer sans aucune raison valable, c'est
parce que c'est devenu un moyen de faire de l'argent sur Facebook. Mais
d'où vous prenez ça? C'est un phénomène répandu?
M. Plante (Marc-André) : Vous me
permettrez d'abord de dire que c'est un phénomène répandu. Je tiens à vous
souligner que la cession de bail telle que décrite ici, au Québec, n'est dans
aucune législation, même les plus progressives
au monde. Vous avez abordé des études sur le registre des loyers. Même les
études les plus progressives, même les législations les plus
progressives dans le monde n'ont mis en place aucunement la... ce type de
registre des loyers, donc un contrôle des loyers strict.
Je tiens à préciser que — dans
notre mémoire, on y fait référence — dans une ville comme Boston,
en ce moment, on veut implanter un contrôle
des loyers strict. Savez-vous à combien on propose la latitude pour les
propriétaires d'augmenter les loyers
cette année? La mairesse de gauche propose des augmentations entre 6 % et
10 % des loyers, ce qui est trois fois plus que la recommandation
du Tribunal administratif du logement. J'invite donc les parlementaires à être
très prudents de ces idées nouvelles qui donnent une image qu'on va régler tous
les problèmes dans le système.
Et je vous
rassure, le problème de la crise du logement, ça touche les locataires,
notamment les plus vulnérables, mais les propriétaires aussi font
partie de la
solution, et on vous... on vous invite à nous écouter et à nous rencontrer le plus souvent possible pour mieux
comprendre un secteur compliqué, qui est celui de l'immobilier locatif.
M. Arseneau : Mais moi, j'aimerais
quand même, si vous...
Le Président (M. Schneeberger) : ...vous
n'avez plus de temps. C'est déjà terminé.
M. Arseneau : Ah! j'aurais aimé. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre exposé.
Alors, nous
suspendons quelques instants pour permettre à un prochain groupe de prendre
place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 36)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons la séance. Alors, nous sommes maintenant avec... par visioconférence, avec l'Association des professionnels de la
construction et de l'habitation du Québec. Alors, bonjour à vous.
Alors, dans un premier temps, bien, vous présenter officiellement, et puis, par
la suite, celui ou celle qui présente le
mémoire, vous avez un 10 minutes, et nous ferons une séance d'échange avec
les députés par la suite. Voilà. La parole est à vous.
Mme Demers (Isabelle) : Parfait.
Bien, merci beaucoup et merci de nous recevoir aujourd'hui pour cette consultation très importante dans le cadre de la Commission de l'aménagement du territoire, son mémoire sur la proposition de la Loi modifiant les diverses dispositions
législatives en matière d'habitation, le PL 31. On est très contents
d'être ici.
Comme ça a été dit, on est... représente
l'APCHQ. Mon nom, c'est Isabelle Demers. Je suis vice-présidente ici, à
l'APCHQ. Je suis responsable du développement et des affaires publiques. Et
nous représentons un secteur qui est d'importance. Nous sommes une organisation
à but non lucratif qui représentons plus de 20 000 entrepreneurs et
entreprises du domaine de l'habitation et de la construction, et, nous, notre
mission, essentiellement, c'est... c'est de représenter et de soutenir tous les
professionnels de l'industrie de la construction résidentielle et de la
rénovation. Et donc nos membres, par leurs activités de construction, de
rénovation contribuent, en logeant les Québécois et les Québécoises, au développement économique et social de la province. Et,
dans ce contexte-là, pour nous, nous avions... nous avions hâte de venir
vous rencontrer pour vous donner certains avis et recommandations quant à la...
quant à la loi PL 31 qui est proposée ici.
Alors, pour ça, je vais laisser mon collègue
François Bernier, qui est conseiller à l'industrie, vous présenter les
dispositions. Merci beaucoup.
M. Bernier
(François) : Bonjour. Bonjour, M. le Président et tous les
collègues. Merci de nous recevoir. À mon tour, je vous remercie de nous
recevoir pour parler du projet de loi n° 31.
On a regardé les dispositions du projet de loi
en... d'abord et avant tout en voulant savoir, bon, à quels besoins on répond
avec les dispositions qui sont proposées, à quels besoins dans le marché, dans
la société on vient répondre ici. En même temps, à l'examen de ça, on doit se demander
est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a des effets secondaires aux solutions qui
sont proposées, est-ce qu'il y a des angles morts, et, si on en voit, bien, on
va en parler, et puis aussi des solutions qui pourraient être utiles à ce
moment-là.
En débutant avec l'article 1, au fond, qui
prévoit de... qu'on stipule d'avance les montants des loyers pour les cinq prochaines années, on a... on comprend que...
à quel besoin ça vient répondre dans le marché puis dans l'industrie.
Bien, c'est évidemment un besoin de clarté, de prévisibilité. On comprend très
bien qu'il y a des gens dans la société qui entrent dans un nouvel immeuble et
qui se disent : Mais qu'est-ce qu'il va arriver, au juste, des loyers pour
les prochaines années? Alors, maintenant, avec l'article 1, on vient de
clarifier les choses, et on peut difficilement être plus clair, à partir de ce
moment-là, sur les... la courbe des augmentations de loyer des prochaines
années.
Par contre, il faut comprendre dans quel
contexte on se retrouve, dans quelle dynamique on se retrouve, c'est celle de devoir être extrêmement prévoyant,
clairvoyant même, sur tout un paquet de dépenses et de circonstances qu'on
ne connaît pas encore mais sur lesquelles il
va falloir statuer pour... et traduire tout ça correctement dans le prix des
loyers pour les cinq premières années. C'est beaucoup de... C'est
beaucoup d'effort, évidemment, qui est demandé pour viser juste, c'est... Non seulement il faut y voir
clair pour les cinq prochaines années, mais on comprend qu'il y a aussi, au-delà de ça, tout un régime de fixation de loyer
qui nous attend, et c'est de... au fond, c'est de connaissance publique qu'il
est impossible de récupérer des investissements dans un délai raisonnable quand
on entre dans cette période-là.
Donc, il faut voir
venir aussi le futur, d'autres besoins de la société qui pourraient se pointer.
On est tous conscients de l'effort qu'on doit faire au plan environnemental, de
l'efficacité énergétique des bâtiments. Donc, sans même imaginer à quoi ça va ressembler plus tard, il faut avoir toute
cette prévoyance-là puis essayer de faire du mieux possible dès
maintenant. Personne... Je pense, il faut... il ne faut pas être naïf, là, il
n'y a pas personne qui va se faire un
scénario juste avec des lunettes roses, où tout va bien aller. Personne ne peut
être dans cette situation-là. C'est plus probable maintenant qu'on va se
donner une petite marge de manoeuvre. Il va falloir avoir une petite marge de
manoeuvre pour toutes sortes de conditions qui pourraient se présenter
difficiles, justement, à entrevoir.
Donc, pour nommer un
chat un chat, on a quand même un enjeu d'abordabilité ici qui vient. La clarté
est un élément positif. L'abordabilité peut être un élément à surveiller.
Alors, qu'est-ce qu'on a à proposer à ce moment-là? Bien, on vient de le nommer, là, d'abord et avant tout les règles de
fixation de loyer devraient être revues, à notre sens. C'est peut-être
un exercice qui est majeur, là, qui est important à faire éventuellement. Et,
quand on sera capable de traduire correctement le coût et le bon moment pour
récupérer ces coûts-là, quand on réformera la réforme de façon à ce qu'elle
soit, bon, compréhensible et acceptable pour tout le monde, on pourrait... non
seulement ce serait pertinent de le faire pour les années après cinq ans, mais,
peut-être pour toute la vie de l'immeuble, on pourrait avoir une méthode
alternative, maintenant, qui est rebasée, recalculée, refondée, et, un jour,
donc, en faire une alternative. Il pourrait y avoir une alternative à l'article 1
qui est aujourd'hui devant nous, qui est une avancée. Mais je pense que ça vaut la peine de continuer d'investiguer la
méthode de fixation des loyers puis, peut-être, un jour, de venir substituer
le résultat à ce qu'on a devant nous.
Puis, par ailleurs,
autre façon d'alléger le... du point de vue de l'abordabilité, c'est de se
rappeler... je l'ai mentionné tout à
l'heure, il y a quand même des exigences en matière d'efficacité énergétique,
je pense qu'on doit les voir venir à
l'horizon, et toute l'importance des programmes gouvernementaux qui vont nous
permettre de bien financer ces
opérations-là qui viendront dans le futur, bien, ce sera autant d'occasions
autant de servir la bonne cause environnementale de l'entretien des
immeubles que d'aider en termes d'abordabilité.
Alors,
ça, c'est pour le premier point. Puis ça nous amène à recommander l'adoption de
l'article 1 comme il est là, mais, en même temps, la révision de la
méthode de fixation de loyer et de continuer de soutenir les programmes de subvention ou d'aide à la rénovation énergétique,
si on voit un peu plus loin dans le futur, là. Mais c'est avec l'ensemble de
ces solutions-là, je pense, qu'on peut mieux y arriver.
Dans un deuxième
temps, il y a l'article 4, qui prévoit un certain montant de compensation
lorsqu'il y a éviction. Ce n'est pas
tellement notre champ, là, d'aller discuter de ce qui est une éviction de bonne
ou de mauvaise foi, de... juste ou pas juste, là, ce n'est pas ça. Ce
qu'on relève de cet article-là, c'est qu'il prévoit, au fond, de faire une...
une compensation qui est basée entre trois et 24 mois, selon le nombre
d'années de résidence. Bien, ce qu'on y voit, évidemment,
c'est qu'il y a un coût, il y a un coût à cette mesure-là. Il ne faut jamais
ignorer que, n'importe quel coût qu'on rencontre, tôt ou tard, bien, il
faut trouver une façon, en quelque part, de le récupérer. Donc, encore une
fois, il y a un enjeu d'abordabilité ici qui est... qui nous vient.
en termes de solution, sous cet angle-là, on a juste pensé peut-être soumettre
à votre attention un compromis. C'est-à-dire qu'au lieu d'aller sur
24 mois au maximum, peut-être qu'une clause terminant à 12 mois
pourrait convenir, mais, pour les locataires de longue date, ça serait
peut-être intéressant de leur permettre quand même d'avoir accès au tribunal
pour aller défendre, au fond, une compensation qui est justifiée selon leur
préjudice. Là, cet accès-là au tribunal
n'est pas en fonction de la mauvaise foi. Je sais qu'il y a des clauses qui
concernent déjà ça, quand tu as la mauvaise foi, tu peux demander compensation, mais là, en termes, vraiment... même
dans une circonstance de bonne foi, on pourrait peut-être permettre l'accès au tribunal pour ces cas-là. On pense que,
bon, dans la majorité des cas, le 12 mois fera l'affaire, et ça fera... ça
sera suffisant. Puis, pour les cas d'exception, je pense que le mérite viendra
déterminer la juste compensation, puis on peut très bien vivre avec ça.
Donc, c'est une idée de compromis qui vous est soumise.
Le dernier point
qu'on a regardé, c'est la question de la cession de bail. Donc, on... Là, si on
a bien compris, la cession de bail est
permise, la cession de bail, c'est permis dans le projet de loi. La différence
ici, c'est qu'il est question d'obtenir
l'accord du propriétaire pour faire la cession de bail. Alors, en quelque part,
c'est un peu la moindre des choses. Quelqu'un va disposer de mon bien
sans m'en parler, c'est quelque chose qui est, à première vue, bon,
inacceptable.
Mais ramenons ça à
notre domaine de compétence. Notre domaine de compétence, c'est que nous, là,
on se fait appeler par des propriétaires pour rénover leurs immeubles, et c'est
une occasion que le propriétaire attend, qu'il souhaite depuis longtemps, puis
c'est quelque chose dont le locataire n'est absolument pas au courant. Alors,
quand il y a cession de bail, ça peut le
priver, le propriétaire, de cette occasion-là qu'on a de rénover les immeubles.
Et, d'un point de vue macro, nous,
comme observateurs de la société, au fond, on pense qu'il ne faut pas les
rater, ces occasions de rénover nos
immeubles, de ne pas laisser notre parc immobilier se dégrader. Donc, ça, on
est très soucieux de préserver, pour le propriétaire, au fond, son... sa
liberté de faire ce travail-là de bien rénover ses immeubles. Puis ça, donc, on
est en lien avec notre mission, notre
contribution. Mais c'est pour ça qu'on est à l'aise avec le... avec
l'article 7 comme il est là et
qu'on en recommande simplement l'adoption. Pour notre part, c'est essentiel
pour, justement, ce que je vous ai souligné, l'entretien.
Ça fait que voilà un
tour d'horizon assez bref, là, de nos quelques recommandations. Puis on va être
heureux d'accueillir vos questions.
Président (M. Schneeberger) : Alors, merci beaucoup pour la
présentation. Alors, vous avez maintenant 16 min 30 s qui est
accordé avec la ministre pour échanger. Alors, Mme la ministre, la parole est à
vous.
Duranceau : Parfait. Merci. Bien, écoutez, merci d'avoir pris le temps,
là, de préparer ça pour nous, bien que,
comme vous dites, ça sort un peu du champ purement APCHQ, là. J'ai quelques
questions, peut-être, précisions pour vous.
Je suis curieuse, vous avez parlé, bon, par rapport à la recommandation
numéro... pas la recommandation, mais l'article n° 1,
la clause F du bail. Deux questions. On a maintenu à cinq ans la période, là,
pour s'ajuster puis donner une prévisibilité, là, de part et d'autre. Est-ce
que vous considérez que cette période-là est la bonne pour vos entrepreneurs?
Et je suis curieuse, vous avez fait référence à la fixation de loyer puis la
méthode alternative, là, à laquelle vous
pensez. Ça fait que j'aimerais ça que vous reveniez là-dessus, pour mieux
comprendre ce que vous avez en tête.
M. Bernier (François) :
Je ne sais pas si mes collègues veulent y aller. Je vais y aller en... Je
vais casser la glace, là. La période de cinq ans n'a jamais été une zone
d'émotion pour nos membres. On était très à l'aise d'avoir cinq ans pour stabiliser les choses, parce que
c'est ça, le grand but de l'opération, c'est le... Moi, je ne le sais pas, dans
trois ans, quelles seront mes taxes municipales, il y a plein de choses que je
ne sais pas. Mme Rinfret peut en rajouter beaucoup, beaucoup sur toutes les éventualités qu'on ne voit pas venir.
Ça fait qu'au fond c'est sûr qu'une belle période de cinq ans, ça permet vraiment de stabiliser les
choses. Ce qui est plus confrontant, c'est de devoir, justement, rapprocher
ça puis, à la limite, tout faire à
l'intérieur d'un court délai. Ça, c'est confrontant. Ça fait que de garder le
cinq ans, ça va. On préfère garder le cinq ans puis avoir une obligation
d'écrire noir sur blanc un chiffre que de devoir faire ça en deux ans ou trois
ans, là. Ça, ça serait encore plus provocateur, je dirais, là, premier regard.
Peut-être, je
reviendrai après, mais je pense que ça mérite un ajout de Mme Rinfret, là.
Mme Rinfret
(Isabelle) : Oui. Si je peux me permettre, tu sais, moi, la période de
cinq ans, je la trouve rassurante, parce que, là, on l'a vu dans les dernières
années, les taux d'intérêt qui montent, on ne pouvait pas nécessairement
prévoir ça il y a trois ans, là, il n'y a personne qui avait une boule de
cristal puis qui s'imaginait qu'il allait...
qu'il y avait ça qui allait arriver. Par contre, là où j'ai un certain bémol
par rapport à ça, puis là je vais un peu répéter et donner l'exemple dans le marché de ce que M. Bernier a dit,
c'est que, là, on nous demande de prévoir l'imprévisible. Donc, c'est
difficile de mettre un chiffre sur... ou un pourcentage sur ce qui va s'en
venir.
Si je prends mes
exemples des dernières années, le dernier immeuble que j'ai fait, à partir du
moment où j'ai fait les soumissions et du moment où j'ai livré le dernier
loyer, il y avait une augmentation de 10 %. Je ne pense pas qu'il va y avoir 10 % dans les prochaines
années, mais je serais quand même tentée de mettre le 10 % pour me protéger,
parce que, d'un côté, je ne veux pas
surfacturer, mais je veux être sûre de couvrir mes frais, parce que, si je ne
couvre pas mes frais, bien, c'est un ralentissement au niveau de ma
construction, c'est de l'argent qui sort de mes poches que je vais devoir
injecter dans ce projet-là qui va ralentir ma construction de logements, là, en
fin de ligne, là.
M. Bernier
(François) : Si je peux essayer de répondre à l'autre... l'autre
volet, l'autre question, oui, on dit qu'il y
a une alternative, mais elle va demander énormément de travail, hein? De revoir
de fond en comble la méthode de fixation
de loyer, c'est le grand espoir, je pense qu'il va être partagé par tout le monde,
par tout le monde, qu'on arrive à faire des ajustements de
loyer selon ce qui est juste, et correct, et bien documenté, et bien appuyé.
Alors, quand on
arrive qu'on est devant la vérité, la vérité des coûts, la vérité des frais, et
puis qu'on arrive à convenir d'une
récupération raisonnable de tous ces frais-là, bien, je pense qu'on a la
méthode parfaite, on a la méthode parfaite
puis on n'est pas obligé de décréter des augmentations un peu artificielles,
spéculatives, puis avec le bon puis le mauvais côté que ça représente.
Encore
une fois, il n'y a rien de plus clair que l'article 1 tel qu'on a
aujourd'hui. Pour la clarté, la prévisibilité, c'est champion. Mais le vrai... la vraie solution d'atterrissage, c'est
le jour où, ces différents coûts, ces événements-là, on va trouver la
méthode correcte pour les intégrer dans la variation des loyers, puis il va
falloir la défendre. Mais, en même temps,
justement, il n'y aura pas d'exagération non plus. On va être à la bonne place,
parce qu'on aura la bonne méthode.
C'est le souhait qu'on fonde pour une éventuelle... révision, révision ultime.
Mais, à court terme, on a un gain, on a une avancée avec
l'article 1, puis je pense qu'on veut le souligner quand même.
Mme Rinfret
(Isabelle) : Puis, si je peux rajouter, c'est vrai que c'est bien
d'avoir cette prévisibilité-là parce que les gens sont inquiets les cinq
premières années. Ça fait que c'est bien de se pencher sur cette question.
Mme Duranceau :
OK. Parfait. Excellent. Merci
beaucoup. Ensuite... Bien, je vais quand même revenir. Vous avez parlé d'un
enjeu d'abordabilité, là, avec la notion de compensation en situation
d'éviction. Évidemment, l'idée ou l'esprit de cette mesure-là, là, c'est
de... c'est de protéger, là, les gens qui sont en situation plus vulnérable.
Peut-être vous entendre sur ça encore une fois.
M. Bernier (François) : Bien, je vais... je vais
essayer de mettre l'emphase sur le bout... J'allais dire, on va même plus
loin, en fait, on va peut-être un peu... un peu plus loin encore. Moi, je pense
à des gens qui sont là depuis 20 ans puis
que... Oui, OK, prends ton 20 mois puis va-t'en. Mais le préjudice qu'ils
pourraient subir, là, ça pourrait être tout autre chose. Mais donc
est-ce qu'on n'est pas gagnant dans une formule qui leur donne la possibilité
de s'adresser au tribunal pour demander une
compensation pour leurs circonstances, leurs préjudices à eux? Puis, si c'est
odieux, là, je veux dire, si ce n'est pas... si c'est très grave, bien, la
compensation pourrait être supérieure à un nombre de mois fixe.
Ça fait qu'il y avait une
préoccupation pour nos locataires de longue date, souvent vieillissants, qui,
eux, vont se ramasser sur un marché de l'habitation puis de la location
où les choses pourraient être particulièrement difficiles. Je pense à eux.
Puis, au fond...
Donc, c'est ça,
l'ouverture qu'on vous... c'est l'ouverture qu'on suggère. Ce n'est pas une
question de mauvaise foi, là, ce n'est
pas... On ne s'adresse pas au tribunal dans un contexte de mauvaise foi, on est
allé plaider, là, la mauvaise foi. Non, on est dans des bonnes fois, de
part et d'autre, mais le préjudice est important. Donc, on a dit : Laissons ça. En même temps, limitons les frais,
limitons les frais. Les 12 premières années, ceux qui sont là-dedans, là,
je pense qu'ils pourraient très bien s'en satisfaire, et certains autres
locataires de longue date qui ne vivent pas un préjudice incroyable.
Duranceau : OK. Parfait. Je vais vous amener... On déborde peut-être
un peu, là, du cadre du projet de loi, mais,
au niveau des incitatifs pour accélérer la construction, je pense, ça serait
intéressant de vous entendre, là, parce que, je l'ai dit à plusieurs reprises, le projet de loi, c'est un des
volets pour travailler sur la crise du logement, mais on va en profiter
pendant que vous êtes là pour écouter vos suggestions.
Mme Demers
(Isabelle) : Veux-tu y aller, François? Tu veux que j'y aille?
M. Bernier
(François) : Non, non, allez-y, allez-y, parce que, là, la liste peut
être longue.
Mme Demers
(Isabelle) : Bien, la liste, elle est longue, effectivement, tout à
fait. Bien, c'est sûr que... Bien, merci
d'abord de nous donner la possibilité, là, de ramener sur la table certains
éléments pour lesquels il faut agir pour être capable de... bien, de... pas de... tant de régler cette crise,
mais d'être en mesure de repartir la construction pour être en mesure de
loger les gens.
Vous savez, nous,
c'est la construction résidentielle dont on se préoccupe surtout, de la... et
ça, ça touche l'ensemble, là, de... du secteur, mais l'ensemble de la province.
On pense évidemment à : il faut alléger la structure réglementaire et administrative dans laquelle les
entrepreneurs évoluent en ce moment. Il y a déjà un... Il y a un travail qui est en train de se faire par de vos
collègues, au ministre du Travail, pour être capable de moderniser la loi R-20,
par exemple. On doit alléger certaines exigences administratives au
niveau de... pour les entrepreneurs au niveau de la RBQ, au niveau de GIR, au niveau... Donc, il y a tout un volet de...
réglementaire, simplifier, amener plus de cohérence, de constance dans les demandes municipales en ce
moment. On en a déjà parlé dans une précédente commission parlementaire, avec vous où on demandait,
justement, d'avoir une plus grande constance, que ça soit... qu'il y ait plus de prévisibilité ici aussi pour un entrepreneur
qui travaille avec plusieurs villes. Ça, c'est vraiment au niveau de la
structure.
Mais
il faut aussi que les conditions de marché soient favorables. Les conditions,
en ce moment, ne fonctionnent pas. Les entrepreneurs, pour reprendre
leurs mots, nous diraient ou nous disent : La mathématique ne marche pas. Donc, est-ce qu'on... Donc, il y a toutes sortes
de choses qu'on peut faire à cet effet-là, de travailler, bon, la... Il y a eu des
annonces aujourd'hui à l'effet, là, justement, d'annonces pour la TPS au
fédéral, la TVQ, peut-être, au provincial aussi. Donc, il y a plusieurs
mesures, des mesures aussi de crédits d'intérêt. Il peut y avoir
l'autocotisation des taxes pour les promoteurs immobiliers. L'autocotisation,
c'est... c'est de demander à le... à un promoteur de mettre de l'avant des
montants qu'il... pour lesquels il va recevoir une compensation dans l'avenir.
Donc, on lui demande à lui de financer
directement des programmes. Donc, il y a plusieurs éléments au niveau des...
sur lesquels on peut travailler au niveau des conditions de marché.
Puis ensuite, bien,
il faut aider le consommateur aussi. Donc, il y a plusieurs aspects structurels
de marché, mais il faut aider le
consommateur à accéder au logement ou à accéder à la propriété. Donc, est-ce
qu'on peut bonifier remboursements de TPS, TVQ? On en a déjà parlé. Il
faut que... Il faut permettre à ces personnes-là d'y avoir accès. Les droits de
mutation, là, au premier acheteur, accorder des crédits de taxes, et ça... et
alléger le «stress test». En ce moment, on a des gens qui, pendant...
peut-être, ont payé à jour, le premier du mois, pendant 20 ans leurs
loyers mais qui ne passent pas au «stress test» à la banque. Pourtant, ils ont
démontré une certaine probité dans la gestion de leurs finances. Est-ce qu'on
peut augmenter la période d'amortissement hypothécaire? Est-ce qu'on peut
stimuler toute la propriété foncière publique? Et l'autre et non le moindre, et
ça nous touche ici dans le contexte de ce projet de loi là, c'est de préserver
et de développer le parc locatif actuel. On doit... On a un parc locatif, au
Québec, qui est en mauvais état, et on se doit de le revaloriser, on se doit de
favoriser le réusage, on se doit de permettre d'avoir des éléments qui vont
nous permettre de le rénover. En ce moment, il y a peu d'avantages et
d'incitatifs à la rénovation. Est-ce qu'on
peut rénover à ce moment-là et donc bonifier les mesures d'aide au logement, de
rénovation, et de motiver l'aide à
construire avec des primes à la performance, par exemple? Donc, comme vous le
savez, Mme Duranceau, là, notre liste,
elle est... elle est complète. Je pourrais continuer longtemps comme ça, mais
peut-être que mes collègues voudraient partager aussi certains éléments.
Peut-être que j'ai tout couvert.
Mme Duranceau :
Bien, peut-être que j'ajouterais, justement, sur l'aspect rénovation. Puis
quand on pense à des mesures qui pourraient
être mises de l'avant par le gouvernement, vous avez, est-ce que vous avez des
suggestions concrètes?
Mme Demers
(Isabelle) : Au niveau de la rénovation?
Mme Demers
(Isabelle) : Définitivement. François, est-ce que tu veux y aller ou
tu veux que j'y aille? C'est juste que...
M. Bernier (François) : Je
pense qu'on n'inventera... on n'inventera pas la roue, là, au niveau de la
rénovation, là, puis on doit faire la connexion avec le sujet que je
mentionnais tout à l'heure, au fond, l'efficacité énergétique. Il y a au Québec
présentement un gigantesque bassin d'efficacité énergétique qui est caché dans
nos maisons, et c'est bien plus facile d'avoir accès à ce bassin-là que de
construire un barrage. L'industrie de la rénovation, ça répond au quart de tour à une commande. Alors, on a une
opportunité spectaculaire, au Québec, de faire de l'efficacité énergétique
dans nos maisons, dans nos immeubles à logements qui fuient de partout. Et,
s'il y avait une très belle intervention à faire en matière d'habitation, c'est
justement à la fois pour améliorer cette qualité-là des immeubles, mais... mais
globalement. Parce que l'efficacité
énergétique, c'est le confort. L'efficacité énergétique, c'est... c'est
beaucoup à la fois d'industries qui vont se mobiliser, les portes et
fenêtres, les isolations, c'est tout ça, ce moteur économique là qu'on est capable de faire virer. Puis d'autant plus
qu'on va moins construire, puis en plus on va préserver la qualité de notre
bâti qui a besoin d'amour, là.
Alors, la rénovation,
c'est sûr, pour nous, c'est une des plus belles opportunités à considérer pour
le Québec, à la fois sur le point de vue économique puis environnemental à ce
moment-ci, mais c'est sûr que ça va commander des
budgets, nécessairement, pour faire bouger, pour faire bouger les choses. Ça
pourrait aussi commander un certain effort de s'arrimer entre le fédéral
puis le provincial pour additionner nos subventions, pas juste voir ce que
l'autre fait, puis ensuite, moi, je fais ce
que je peux. Additionnons nos aides, et même avec le municipal. Ça, c'est une
force de frappe qui peut faire bouger
énormément le marché dans toutes les directions. Ça fait que c'est tant mieux
que vous ayez ça en tête, la rénovation, et j'espère que des mesures, un
jour, viendront.
Mme Duranceau : Puis dites-moi... c'est
bête, j'ai perdu mon idée, mais... non, c'est ça, alors, au niveau de la
rénovation, puis là je ne sais pas si vous avez fait le tour des programmes,
Hydro-Québec a des programmes, le ministère
de l'Environnement a des programmes. Il y a eu des annonces qui ont été faites,
d'ailleurs, à l'Environnement. Je ne sais pas si vous avez eu le temps
de faire le tour de ça, mais est-ce que vous jugez que ça répond?
M. Bernier
(François) : Bien, ce qu'on... Si je peux me permettre, ce qu'on en
comprend, c'est que ces programmes-là, ils ont été calibrés selon certains objectifs
d'efficacité énergétique, mais je pense qu'il y a des nouvelles données qui arrivent, qui nous montrent que les potentiels
sont beaucoup plus grands qu'on ne l'avait imaginé, et ça mérite un nouvel examen. Puis, quand tu es
autorisé par, je ne sais pas, moi, les budgets ou, en tout cas, peu importe, les
autorités qui vont autoriser ça, ils vont recalibrer les aides, ils vont les
recalibrer à la hauteur des nouveaux potentiels.
Puis là, bien, je ne serais pas surpris que les résultats soient différents,
que les subventions soient plus généreuses, plus agressives pour qu'on aille rapidement mettre la main sur les
potentiels. Ça fait que c'est la lecture qu'on fait, là,
présentement. On a les bonnes mesures à date, mais attention, quand on va
prendre vraiment acte des potentiels, je pense qu'on va entreprendre une
réévaluation.
Mme Demers
(Isabelle) : Puis, si je peux me permettre, François, tu sais, ça a
été dit à plusieurs reprises, on chauffe le
dehors au Québec. Donc, si on arrête de chauffer le dehors parce qu'on a des
maisons qui sont plus résilientes, bien, effectivement, il y a un impact
environnemental qui est grand. Mais, pour ça aussi, il faut donner des
incitatifs, entre autres, aux propriétaires à rénover. En ce moment, le
contexte permet peu de rénover, et en ce sens qu'un propriétaire qui a un parc
locatif a peu d'incitatifs à rénover, malheureusement, à cause de la structure
actuelle. Donc, est-ce qu'on peut favoriser la rénovation alors même que les
gens sont locataires des espaces où ils vivent ou encore, justement, s'ils
quittent pour favoriser une rénovation entre deux locations?
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme Jeannotte :
Oui, merci de me laisser la parole. Comment voyez-vous la rénovation des
édifices à bureaux au centre-ville à Montréal? Est-ce que vous voyez ça d'un
bon oeil pour l'habitation?
M. Bernier
(François) : Parce que vous imaginez en faire du logement?
Mme Jeannotte :
Non, non, mais c'est la question que je vous pose. Comment vous verriez ça?
Est-ce que ça pourrait être possible?
M. Bernier (François) : Mme Rinfret
a beaucoup d'expérience en construction, mais je la laisserais peut-être d'abord...
Mme Rinfret
(Isabelle) : Je le suis peut-être un peu moins en rénovation, là. Mon champ
d'expertise est plus encore construction neuve. Donc, je ne me sentirais pas
l'experte, là, au niveau... En plus, je suis dans la région de la Mauricie.
Donc, je me sens un petit peu loin du problème.
Mme Demers
(Isabelle) : Peut-être... Par contre, peut-être vous dire
qu'effectivement, en termes de logique, le réusage, c'est une voie absolument à
considérer, surtout lorsqu'il y a des immeubles et des espaces qui sont peu
utilisés. On a besoin de...
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, je pense qu'on avait compris le message. Mais, en
tout cas, pouvez-vous revenir tantôt?
Alors, nous
en sommes maintenant du côté de l'opposition officielle, et vous avez pour un
total de 10 min 24 s, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Je vais passer la parole à ma collègue députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci. Merci
beaucoup. C'est une petite, une courte question. Je veux juste poursuivre un
peu les questions, la discussion sur la transition énergétique et l'efficacité
énergétique. En tant que porte-parole sur l'environnement, ça me passionne
évidemment. Donc, juste pour avoir des exemples très concrets de programmes, ici, au Canada. Je comprends... je conviens le
programme APH Select au fédéral. Est-ce qu'il y a d'autres exemples, ailleurs
dans le monde, qui pourraient être utiles pour le Québec justement pour
encourager cette efficacité énergétique pour, en
même temps, s'attaquer au problème du parc de logements, mais en même temps à
l'efficacité énergétique et notre transition énergétique? Donc, des
exemples très concrets ailleurs au Canada ou même plus loin? Merci.
M. Bernier (François) : Si je
peux me permettre. En fait, peut-être que vous avez voulu référer à Maisons plus vertes, là. Mais au fond on a des programmes
à la fois au fédéral puis au provincial qui encouragent la rénovation.
Souvent, les deux paliers s'arrêtent, s'arrêtent à un moment donné dans leurs
programmes quant à la taille des unités. À un moment donné, là, il y a... c'est
juste bon pour les plus petits immeubles d'un côté ou de l'autre aussi, mais
pas de la même frontière, etc. Puis sur les mêmes questions, comme une fenêtre,
bien là, ce n'est pas dit, comme je le mentionnais, que les aides
s'additionnent. Ce n'est pas nécessairement une addition des aides. Mais ce
vers quoi il faut s'en aller, c'est de couvrir évidemment tous les immeubles
possibles et impossibles avec ces programmes-là, et de faire en sorte que, dans les mêmes interventions, on puisse s'assurer
de cumuler les aides. Puis moi, je n'étudie pas ça à tous les jours, mais quand j'ai vu ça la dernière fois, ça ne
s'accumulait pas très fort. Et en plus, il y a le municipal qui peut avoir sa propre tranche d'aide et ajouter une
autre couche encore, encore une fois pour la même fenêtre si on veut le
même exemple.
Donc, il reste qu'il y a beaucoup de travail
d'harmonisation à faire. Je ne pense pas qu'on ait tant que ça à apprendre de
l'extérieur, mais il y a beaucoup d'exemples ou de mesures qu'on a laissées de
côté malheureusement et qui sont encore embryonnaires. Ça fait qu'outre le
cumul des aides, il y a des programmes comme celui qu'on a appelé le programme FIM, par exemple, là, à
l'époque, là, qui permettait de prêter de l'argent. Une municipalité pouvait prêter
de l'argent au fonds pour rénover et se faire repayer au fil des années par un
compte... par le biais du compte de taxes.
Alors là, on vient de fournir du carburant facilement, avec une très bonne
corde autour du cou, là, pour ramener l'argent à la ville. Mais on vient
de lancer une opération de rénovation avec ce type de financement là. Toutes ces mesures-là existent et ne viennent pas
d'ailleurs, elles sont de chez nous, puis il s'agit au fond d'en profiter
du mieux qu'on peut.
Mme Dufour : Est-ce que je
peux? Merci. Le programme FIM, je le connais bien parce que j'étais à la ville
de Laval lorsqu'il avait été lancé, puis j'avais tenté de le mettre en place.
J'étais à l'époque au municipal. Mais malheureusement, là, il y avait des
empêchements légaux. Et, pour avoir eu une rencontre là-dessus à ce sujet-là la
semaine dernière, je comprends qu'il y a
encore des empêchements légaux. Alors, vous pouvez compter sur moi pour
essayer de...
M. Bernier (François) : Il y en
a, mais avec de la volonté...
M. Bernier (François) : Peut-on
croire qu'avec de la volonté, on va réussir à mettre ça au clair?
Mme Dufour : Exactement.
M. Bernier (François) : On a
besoin de... On a besoin de ce genre d'aide là qui, ultimement, ne coûte rien. Franchement, là, ça ne coûte absolument rien,
d'envoyer du carburant dans le système de la rénovation. Ça permet même de
s'assurer que les travaux sont de qualité. Ça permet de faire les bonnes
interventions. Et je ne sais pas pourquoi on continue de s'enfarger dans
des contraintes, je ne sais pas trop lesquelles, inutiles, en fait.
Mme Dufour : Bien, je voulais
juste vous mentionner que j'avais comme objectif de m'en occuper très
prochainement et d'en parler avec la ministre des Affaires municipales, parce
que c'est de ce côté-là que ça bloque. Pas
de la ministre elle-même, mais de son ministère. Écoutez, vous avez
mentionné... Je pense que la ministre en face de moi est contente que j'aie
précisé ça. Vous avez précisé les compensations pour éviction dans votre
mémoire, que ça pouvait nuire à l'abordabilité. Et j'aimerais vous
entendre un peu davantage à ce sujet-là, s'il vous plaît.
M. Bernier
(François) : Bien, ce n'est vraiment pas une question autre que
mathématique, là, c'est qu'on... Quand on
pense qu'on peut aller jusqu'à 24 mois de compensation pour quelqu'un qui
a résidé longtemps, là, dans un immeuble, c'est 24 ans, là, c'est
un montant assez important, assez important de compensation. Et, encore une
fois, on ne croit pas que ce montant-là va
être perdu dans la nature, oublié ou quoi que ce soit. Il fait
partie de la
réalité d'un propriétaire, puis quelque
part il va essayer de le récupérer, tôt
ou tard. Il va avoir une certaine pression, en tout cas, à le récupérer,
son montant, en tout ou en partie. Ça fait qu'il y en a un qui est parti avec
un gros chèque, mais tous les autres locataires, eux, on pense à eux, là. Le
propriétaire, il a une somme à récupérer ici. Ça fait qu'on ne veut pas que ça
mène à un problème d'abordabilité pour ceux qui restent ou pour les suivants.
On pense qu'il faut essayer de limiter le
montant des compensations à cause de ce souci-là pour l'abordabilité, d'où
notre espèce de formule de compromis, pour essayer de dire :
Écoute, oui, c'est vrai, ça fait 20 ans que tu es là, mais je pense que
12 mois, ça fait l'affaire. Ça fait
l'affaire, c'est suffisant. Il y a bien des gens qui vont dire : Bien,
comme c'est vrai, ça fait l'affaire, sauf les cas d'exception, qu'on
s'est dit : Ceux-là méritent d'aller devant le tribunal. Allez-y.
Mme Dufour :
Par contre, il y a une réalité, c'est que les gens qui ont ces bas loyers
là, qui sont évincés, souvent, c'est dans les plus bas loyers. Et, lorsqu'ils
sont évincés, ce qui leur reste sur le marché n'est pas si simple. Ce n'est pas une petite augmentation pour eux.
Parfois c'est trois, quatre fois plus cher. Alors, le 12 mois peut
peut-être faire très peu de... Parce que, là, c'est basé sur le loyer actuel,
qui est très, très bas probablement. Et donc peut-être que les gens en
question, au bout du compte, ça ne va leur donner même pas un an de loyer de
compensation. Donc, je vous soumets ça comme réflexion. Mais, moi, il y a une
inquiétude, qui est... que c'est... Avec votre proposition, c'est qu'on pourrait retrouver finalement que tous
ceux qui seraient... qui auraient vécu 12 ans et plus dans un logement
ou au-delà de 12 ans se ramasseraient
systématiquement au TAL. Et là, actuellement, le TAL, ce n'est pas
nécessairement là qu'on veut que les gens... On voudrait, je pense,
améliorer l'accès au TAL, et donc diminuer le nombre de causes qui vont au TAL,
non? C'est parce que j'ai l'impression que cette proposition-là est un peu
contre-intuitive, non?
M. Bernier
(François) : Elle est... Elle est offerte, au fond, dans un esprit de
compromis, là, pour essayer de limiter les
frais. Puis, encore une fois, comme vous le décrivez, là, quelqu'un qui a payé
400 $ toute sa vie, là, puis qui part avec son 400 $, là, ce
n'est pas beaucoup, là. Le préjudice qu'il pourrait rencontrer, peut-être qu'il
ferait mieux d'aller se défendre puis d'avoir une meilleure compensation qu'un
400 $ de plus, là. Tu sais, ça va des deux côtés, ce... Bon, ou bien ça
coûte un peu trop cher, la mesure, ou bien elle prive les gens d'obtenir une
juste compensation dans leurs circonstances. On préfère leur donner l'écoute au
TAL, même s'il est engorgé, tu sais, que de les laisser avec leur misère.
Mme Dufour :
Je comprends. Je voudrais vous entendre. J'ai trouvé intéressant, là... à
la page 7 de votre mémoire, vous parlez d'un fonds de réserve. Dans le
fond, vous dites qu'avec la fixation, le modèle de fixation actuel du loyer,
c'est difficile de... Bien, évidemment, là, on en a parlé avec le groupe
précédent, là, de rentrer dans les frais, là, d'une réparation dans un délai
raisonnable. Mais vous parlez d'un fonds de réserve, comme on voit, par
exemple, pour les condos. Vous dites : Ce n'est pas possible d'en mettre
un en place dans les conditions actuelles. Donc, je ne sais pas si vous pouvez
élaborer davantage sur ce sujet-là.
M. Bernier
(François) : Bien, moi, je vais laisser Mme Rinfret le dire avec
sa façon, mais comment veut-on prévoir les dépenses futures autrement qu'en
ayant les loyers suffisants pour payer son hypothèque puis avoir une marge de
manoeuvre? Tu sais, c'est la... C'est ça qu'on veut dire quand on parle de
marge de manoeuvre, c'est qu'il faut... il faut trouver moyen de la créer pour,
un jour, être capable d'avoir des moyens pour financer des dépenses futures. Ça
fait qu'on est, je pense, dans cette dynamique-là qu'il peut sembler, à
première vue, que les loyers sont plus élevés que nécessaire, plus élevés que
ce qu'on démontre le jour 1, mais on est obligé de penser à créer une
certaine réserve financière pour des dépenses futures.
Dans le cas du condo,
c'est devenu évident, c'est forcé par la loi, là. Bien, tu sais, ça le sera un
jour, quand tout ça sera effectif, là, mais on est obligé de constituer une
vraie, vraie réserve, là, dans un compte de banque à part. Mais, en matière de logement locatif, le seul
outil de réserve qu'on a, c'est l'hypothèque, qui est diminuée. Ça fait que...
Donc, il faut être conscient qu'on est dans cette dynamique-là où on veut... on
veut créer ce réservoir-là pour faire face au futur, parce que ce n'est pas par
le biais de l'ajustement des loyers qu'on va réussir.
Mme Rinfret
(Isabelle) : Bien, en fait, ce que ça vient dire, si je peux me
permettre, là, au niveau de la prévisibilité, quand on met notre pourcentage
dans la clause F, si je ne mets pas assez, si, par exemple, je dis que j'ai à récupérer 5 %, mais, en fait, j'ai
10 % à aller récupérer, c'est la réserve qui va être touchée parce que mon
hypothèque puis mes dépenses à chaque mois, je vais devoir les payer.
Mais, tu sais, on a une réserve quand se calcule un projet de construction, mais c'est ça qui va en écoper si
je n'en mets pas assez puis je ne suis pas capable d'aller chercher assez
de revenus. Je pense que c'est ce que ça veut dire.
Le Président
(M. Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Dufour : Oui, bien, dans le fond,
ce que je comprends... Parce que, là, présentement, les frais d'hypothèque
ne font pas
partie non plus du calcul. Et là, s'il y a des... Avec les hausses
de taux d'intérêt, ce que je comprends, c'est qu'on risque de voir encore
moins... La réserve, entre guillemets, risque de fondre complètement et même
être dans le négatif, là, avec la situation actuelle.
Mme Rinfret
(Isabelle) : Ça risque de ressembler... Ça risque de ressembler à ça,
là. Si je peux vous donner un exemple concret, le dernier projet que j'ai fait,
qui est un immeuble de 40 logements...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Pas de temps. On a déjà... On surpasse déjà le temps. Alors, il
faut que je sois strict. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition. M. le député de Laurier-Dorion, vous avez un 3 min 28 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Mesdames, messieurs, merci beaucoup d'être ici et de nous apporter
votre connaissance dans ce domaine-là.
Moi, j'aimerais revenir... En fait, j'aurais
deux sujets, là, mais tout d'abord la question de la clause F, là. Moi, je me pose la question. Bon, c'est la
question de la prévisibilité, etc., là. Et il y a une composante psychologique,
je trouve, dans cet élément-là. Oui, on regarde nos chiffres, là, puis on
établit : au bout de cinq ans, je pourrais aller jusqu'à telle
augmentation des loyers, parce que l'important, c'est l'augmentation des
loyers, là, mais est-ce qu'il... est-ce qu'on a un cran d'arrêt en quelque
part, là? Est-ce que... Mettons que vous prévoyez une augmentation de, je ne
sais pas, 10 %, 15 % et puis vous voyez que, finalement, non, c'est
juste 8 %, parce qu'en ce moment ça va mal, mais ça peut aller bien dans cinq, 10 ans — en
tout cas, on l'espère. Mais est-ce
qu'il... est-ce que vous voyez la
possibilité d'avoir un cran d'arrêt, là, dans les loyers maximums qu'on
peut exiger, là, au bout de cinq ans?
Mme Rinfret (Isabelle) : Bien,
comme je le disais, on nous demande de prévoir l'imprévisible. Tu sais, nous,
on est une entreprise intègre. Si la mathématique marche puis je ne suis pas
obligée de charger plus cher, je ne vais pas charger plus cher. Mais si ça me
coûte plus cher, je n'ai pas le choix de refiler la facture si je veux que ça
continue à rouler puis si je veux continuer à faire d'autres logements, sinon
je fais juste mettre la main dans ma poche. Mais je comprends ce que vous êtes
en train de dire avec le cran, mais ce cran-là est difficile à établir parce
que le marché est volatil.
M. Fontecilla : Très bien.
Mme Rinfret
(Isabelle) : Comment on pourrait... Comment on pourrait établir
ça? Je pense que François avait un bon point, M. Bernier, au départ, avec
une méthode d'établissement du prix qui refléterait les coûts réels. C'est ce
qu'on demande, c'est que le pourcentage reflète les coûts réels de la
construction. C'est ça qu'il faut couvrir là, en fait.
M. Fontecilla : Est-ce
que ça pourrait être... ça pourrait être aussi pris en compte par le Tribunal
administratif du logement?
M. Bernier (François) : C'est
ce qu'on disait. C'est ce qu'on dit. Fondamentalement, le jour où on aura, disons, le courage de revoir en profondeur la
méthode de fixation des loyers pour qu'elle donne une juste compensation pour
les vrais coûts, bien, ça va être bon tout le temps, ça va être bon dès la
naissance de l'immeuble. Pour les premiers mauvais coûts, les mauvaises
factures, c'est vrai, puis pour les bonnes aussi. Et, toute la vie de
l'immeuble, on devrait être capable de
justifier les ajustements. Donc, il est là, le cran d'arrêt, là, mais c'est une
réforme en profondeur.
M. Fontecilla : Très bien.
Écoutez, j'ai très peu de temps, là. J'aimerais revenir sur la question des
programmes d'efficacité énergétique. Encore une fois, l'essentiel au bout, là,
c'est le prix du loyer, là. Est-ce que vous croyez que, s'il y a des aides
suffisantes de la part du gouvernement, là, pour la rénovation, la rénovation
des... des travaux majeurs, là, qui sont une composante essentielle des
augmentations de loyer, là, ça pourrait contenir les augmentations de loyer
s'il y a davantage d'aides gouvernementales pour des programmes de rénovation?
M. Bernier (François) : Exactement.
Mme Rinfret (Isabelle) : Tout à
fait. Absolument.
M. Bernier (François) : Manifestement.
À la limite, poussons ça... Poussons ça au maximum, là. Si la cause était si
bonne, de l'efficacité énergétique, et ça se méritait une subvention à
100 %, il y aurait zéro impact sur les loyers, zéro impact sur les loyers.
Donc, c'est... c'est cet équilibre-là. Alors, c'est un ou c'est l'autre qui va
payer. Est-ce que, comme société, on va
décider de donner un grand coup de barre en efficacité énergétique de nos
logements? Et rappelons-nous que c'est au grand bénéfice des locataires qui
payent souvent l'électricité, donc c'est une économie directe dans leurs
poches, là. Alors, est-ce qu'on est prêt à faire ce pari-là, aller chercher un
potentiel immense? C'est ça qu'on a devant nous.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
vous remercie. Merci beaucoup. Nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine.
Alors, M. le député, la parole est à vous pour 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci,
M. le Président. Mesdames, monsieur, j'aimerais revenir sur la question des
compensations pour la reprise de possession. M. Bernier, vous avez parlé
de la vérité des coûts, la vérité des frais, mais je pense qu'on peut
quand même se poser la question sur la vérité de la réalité que vivent les
locataires, des expulsés, par exemple, après 24 années, là, dans le même... le même
domicile. Et évidemment, c'est un domicile qu'ils perdent, là, et ils doivent,
comme l'a dit ma collègue de Mille-Îles,
s'en trouver un nouveau, un domicile qui coûtera énormément plus cher, ça me semble
assez clair.
Si on voit le logement comme un droit
fondamental plutôt qu'un bien de consommation, est-ce que vous ne pensez pas
qu'on devrait considérer, là, les plus vulnérables, notamment les aînés par
exemple? Parce que quand on a vécu
24 ans, on peut imaginer qu'on a quand même une certaine expérience de
vie. Est-ce qu'on ne devrait pas considérer la solution la plus
généreuse pour ces locataires les plus vulnérables?
M. Bernier (François) : Bien,
si je peux me permettre, c'est un peu à ça qu'on pensait, là, en permettant non
pas de fixer d'avance un montant ou une mécanique, mais en allant dire :
Écoute, qu'on s'explique devant le tribunal puis
qu'on aille chercher ce qui est juste et bon, là, tu sais. On était dans cette
dynamique-là. Et je crois aussi qu'il y a maintenant au Québec quand
même des mesures par rapport aux personnes un peu plus âgées, et puis qu'on ne
peut pas nécessairement évincer, des personnes plus âgées, là, mes collègues me
rappelleront les chiffres, là, mais donc il y a déjà des dispositions puis ça
montre toute la sensibilité de la société envers nos aînés, là, sur cette
question-là, puis on n'a pas de problème. Ça fait que voyez donc notre
proposition dans le sens d'être certain d'assurer quelque chose qui est à la
hauteur du préjudice que peut vivre une personne plus âgée, justement, résidant
de longue date. Puis n'oubliez pas non plus
que le pauvre logement qu'il quitte, là, il est en très, très mauvais état,
très, très mauvais état. Il est temps qu'on y voie.
Mme Demers (Isabelle) : Parce
que c'est ce que l'on souhaiterait, c'est de permettre que l'un n'empêche pas
l'autre. Il faut permettre et faire en sorte que les gens puissent rester dans
des environnements qui sont aussi décents.
Le système en ce moment ne favorise pas la rénovation. Est-ce qu'on peut
favoriser la rénovation et aussi avoir des mesures qui vont faire en sorte que
les gens soient peut-être compensés s'ils doivent quitter, par exemple, mais
qu'on puisse aussi... Donc, c'est l'un et l'autre, et ce n'est pas l'un
en dépit de l'autre.
Le Président
(M. Schneeberger) : Alors, le temps est écoulé. Alors, je vous
remercie beaucoup pour votre exposé.
Et puis je suspends la commission jusqu'à
14 heures. Merci beaucoup à vous.
(Suspension de la séance à 13 h 25)
Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon après-midi à
tous. Bon après-midi à tous. Alors, nous reprenons vos travaux ayant constaté
le quorum. Alors, juste vérifier vos appareils cellulaires, qu'ils soient bien
fermés.
Alors, nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 31, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
après-midi, nous allons entendre l'UTILE de travail pour l'implantation de
logement étudiant, qui sont déjà ici
parmi nous, bonjour, le Réseau FADOQ et le Réseau québécois des OSBL
d'habitation, qui sera en visioconférence.
Alors, nous commençons tout de suite par l'Unité
de travail pour l'implantation du logement étudiant. Alors, bonjour, à vous deux. Alors, vous présenter. Vous
avez un 10 minutes pour faire vos exposés. Par la suite, il y aura des
échanges avec les députés. Alors, allez-y.
M. Levesque (Laurent) : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, MM. Mmes les députés, bien, merci de l'invitation.
Mon nom est Laurent Levesque, je suis directeur général de — on a
fait un acronyme pour vous simplifier la vie — l'UTILE, et mon collègue,
Maxime Pelletier, directeur adjoint aux relations gouvernementales.
Tout d'abord, merci de l'invitation pour
commenter ce projet de loi en habitation. Bravo aussi de se porter sur la
question de l'habitation en ce moment où on sait que c'est important. Et c'est
un... c'est un projet de loi qui, je pense, contient plusieurs dispositions
intéressantes à différents égards. On a quelques commentaires là-dessus, mais on va aussi... évidemment, c'est écrit dans notre
le nom de notre organisme, on va aussi vous parler de logement étudiant dans ces quelques minutes que nous avons ensemble.
Et évidemment, après, nous serons à votre disposition pour toute
question.
Donc,
d'abord, on voulait souligner quelques dispositions du projet de loi qui sont
particulièrement structurantes, les
articles 8 à 10 concernant la Communauté métropolitaine de Montréal et des
dispositions, des pouvoirs supplémentaires en matière d'habitation, on
trouve que c'est une avenue intéressante pour permettre à la Communauté
métropolitaine, où il y a déjà de
l'innovation en matière d'habitation, de soutenir des projets de logements
abordables hors programmes comme les nôtres le sont souvent. Donc, on a
eu des discussions intéressantes avec la commission. On appuie d'ailleurs leurs
propres propositions de la communauté dans notre mémoire.
a aussi souligné, bon, les précisions apportées dans les articles 11 à 17,
qui sont intéressantes au niveau de, par exemple, assujettir à
l'obligation d'autorisation ministérielle pour l'aliénation d'immeubles à but
non lucratif, les fonds de terre, également. On partage, à cet égard, certaines
préoccupations soulevées par d'autres acteurs sur le fait que
l'obligation reste permanente sur ces immeubles-là. Nous, on est de l'avis que
quand un organisme à but non lucratif d'habitation, là, dans
l'article 227.7 de la
Loi sur les compagnies, quand un organisme comme le
nôtre cède un immeuble à un autre organisme à but non lucratif, on pense que
l'obligation d'approbation ministérielle devrait être maintenue à perpétuité.
Ça, on appuierait ça. Évidemment, il ne faut pas que ce soit le cas si un
organisme vend des immeubles au marché pour différentes raisons de gestion de
portefeuille, là. Par exemple, un organisme peut vendre un immeuble pour en
rénover d'autres, des choses comme ça, comme le font certains offices. Donc,
ça, c'est des observations générales sur le contenu du projet de loi qui
contient d'autres dispositions où on est moins experts comme développeurs de
logements étudiants à but non lucratif.
M. Levesque
(Laurent) : Bonjour, bienvenue. Donc, on veut aussi soulever
l'opportunité que ce projet de loi représente pour introduire des mesures
spécifiques au logement étudiant. C'est un bon moment pour se poser ces questions-là. Vous le savez comme moi, on a eu une
rentrée scolaire plutôt difficile cet automne au niveau de l'habitation.
On a des universités, des cégeps qui ont refoulé des étudiants, qui les ont
déplacés de campus, qui ont même refusé, dans certains cas, des étudiants,
étudiantes. On a vu des jeunes qui dorment dans leur auto, qui dorment au
motel, qui cherchent des solutions temporaires, puis c'est une situation qui
frappe vraiment, là, toutes les villes étudiantes au Québec. C'est tellement
visible cet automne qu'on a vu le gouvernement fédéral flotter l'idée de
limiter le nombre d'étudiants étrangers que le Canada reçoit. À juste titre, le
gouvernement du Québec, les universités et les cégeps ont refusé cette proposition, mais ça laisse entière
la recherche de solutions pour augmenter l'offre en matière de logement
étudiant.
bonne nouvelle, c'est que nous, on a des solutions à proposer. On a des projets
en développement dans la majorité des villes universitaires du Québec. Nous, on
pense que notre organisme va être en mesure de loger 3 000 étudiants d'ici à 2027, et ça pourrait même être plus et ça pourra continuer par
la suite si on met en place un cadre favorable, ce qui est déjà bien
commencé, pour le logement étudiant à but non lucratif au Québec.
Ce cadre là,
évidemment, ça implique des questions de financement, qui ne sont pas à l'ordre
du jour des travaux de la Commission, mais ça implique aussi des questions de
reconnaissance réglementaire et législative. Le modèle qu'on a développé à l'UTILE, de logement étudiant non lucratif,
il est relativement nouveau. Il s'inscrit à certains égards dans des
dispositions législatives existantes. À d'autres égards, ça ne marche pas aussi
bien. C'est pour ça que, dans notre mémoire,
on vous propose pour votre considération deux amendements potentiels ou deux
suggestions d'ajout dans le projet de loi.
Le premier, qui est
vraiment notre priorité, si je peux me permettre d'en énoncer une, c'est
d'amender le Code civil pour créer un régime
de droits de maintien dans les lieux spécifiques aux organismes de logement
étudiant. C'est quelque chose qui
existe déjà dans le Code civil, aux articles 1979 et suivants pour les
établissements d'enseignement. Très important de souligner qu'on ne
demande pas que ce régime-là s'applique à un organisme de logement étudiant
comme nous parce qu'il n'est pas transposable pour plusieurs raisons qui sont
élaborées dans notre mémoire. Au niveau technique, ça peut même causer plus de
problèmes que de solutions. Mais pour enchâsser, pour à la fois reconnaître
mais aussi encadrer les pratiques d'un... d'un organisme à but non lucratif de
logement étudiant comme le nôtre, on
propose, puis il y a un amendement qu'on a travaillé déjà avec des juristes,
qui est soumis pour votre bonne... à votre disposition, mais... qui vise
à assurer simplement la possibilité pour un organisme comme le nôtre d'exiger une preuve d'études pour un renouvellement de
bail. Donc, c'est une mesure assez simple, beaucoup plus simple que les
dispositions actuelles du Code civil pour les établissements d'enseignement,
mais qui permet de sécuriser la capacité de maintenir notre mission de loger la
population étudiante dans le temps.
deuxième proposition, elle concerne davantage la
Loi sur la fiscalité
municipale qui, elle, n'est pas l'objet du projet de loi, on en est bien conscient, mais c'est quelque chose qu'on
se sent obligés de souligner parce que c'est une mesure... c'est un
élargissement de l'exemption fiscale qui existe déjà pour le logement étudiant
universitaire à but non lucratif qui, si elle était étendue au logement collégial,
permettrait à des modèles comme le nôtre de répondre davantage aux besoins
des... de la population collégiale et même de formation professionnelle. Je
peux vous dire qu'à l'UTILE on est très sollicités, pas seulement par toutes
les universités et villes universitaires du cégep, mais beaucoup d'administrations collégiales et de plus en plus des CFP qui
ont des enjeux de logement. De permettre à une solution à but non lucratif comme la nôtre de répondre à ces besoins-là
pour tous les étudiants supérieurs, postsecondaires, ça peut être un
élément de solution qu'on vous soumet également.
Aujourd'hui, le
Québec est déjà chef de file en matière d'innovation, en matière de logement
étudiant. Le modèle de l'UTILE est étudié, est en train d'être répliqué dans de
nombreuses autres provinces du Canada. En adoptant ne serait-ce qu'une de ces
dispositions qu'on vous propose, ce serait une reconnaissance, dans la loi, de
ce modèle-là qui ferait encore plus, je pense, du Québec un leader sur cette
question-là, et qui va probablement faire école,
parce que la question du logement étudiant, je peux vous dire que ce n'est pas
juste au Québec que c'est catastrophique, au niveau fédéral.
On a également, dans
nos travaux à l'UTILE, des réflexions sur comment est-ce qu'on peut s'assurer
que faire du logement à but non lucratif, comme les projets que nous, on
réalise, ça peut coûter le moins cher possible, et comment est-ce que ça peut
être le plus rapide possible parce que, dans une situation de crise du logement,
on est... on vous parle de milliers de logements, on est... on travaille à
accélérer la réalisation de projets le plus possible, mais on est toujours en
réflexion sur comment est-ce qu'on peut mettre en place des innovations
réglementaires et/ou législatives pour faciliter ça. Pour cette raison-là, on a
aussi inscrit, dans notre mémoire, quelques réflexions et propositions
législatives à cet égard-là, pour lesquelles je vais transférer la parole à mon
collègue Maxime.
Pelletier (Maxime) : Merci, Laurent. Bon, effectivement, l'UTILE a
créé avec deux organisations à but non
lucratif qui... qui travaillent en habitation, Vivre en ville et l'Arpent, un
think tank, puis on essaie, avec ce think tank-là, de proposer des innovations réglementaires qui
permettent, notamment aux municipalités, là, de favoriser le logement à
but non lucratif sans le financer directement. Puis, à travers nos réflexions,
on est tombés sur deux innovations qui nécessitent une modification à la loi
provinciale, donc on vous les soumet aujourd'hui.
La première, ça
concerne le recours au référendum lorsqu'il y a des modifications au règlement
d'urbanisme. Il y a déjà eu des modifications, là, à ça lors de la réforme de
la LAU, mais on pense que c'est possible d'aller encore plus loin et de
favoriser le dév