Health and Social Services — 22 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-02-22
Quebec — Committees
Donc, je me
suis inspirée un peu de la
Loi sur la Société des alcools du Québec,
mais aussi en ajoutant «le pouvoir exclusif».
Pourquoi le mot «exclusif», M. le Président? Parce que c'est ça vraiment qui est l'enjeu dans
cet amendement-là. Bien, pour
s'assurer qu'il n'y aura pas aucune autre entité qui pourra s'occuper de la
mission qui est dévolue à la Société québécoise de cannabis,
c'est-à-dire d'acheter du cannabis produit à des fins commerciales, d'exploiter
des points de vente, de vendre du cannabis
au moyen d'Internet, d'autoriser, là, les personnes, le transport, donc, tout
cet élément-là de sa mission,
s'assurer qu'aucune autre entité ne puisse faire ces activités-là concernant le
cannabis. On a vu au Québec un très,
très large consensus pour que ce soit une société d'État qui s'occupe de la
distribution du cannabis. Et je ne voudrais pas qu'il n'y ait aucune porte ouverte à une potentielle privatisation.
Et je sais qu'il y a des tendances qui ont déjà été un petit peu
affirmées, et on pourra y revenir avec la question des projets pilotes, mais,
en le mettant clairement dans la mission, je
pense qu'on ferme toute porte à la privatisation. On ferme toute porte à ce
qu'il y ait quelque autre entité que la Société québécoise de cannabis
qui puisse s'occuper, là, de la distribution et de la vente de cannabis au
Québec.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Vachon. Mme la ministre.
Charlebois :
Bien, M. le Président, je comprends les intentions de la députée de Vachon,
mais il faut que je vous dise que,
d'entrée de jeu, là, dans son remplacement, quand elle dit : «À cette fin,
la société», ce serait «la filiale», parce que ça ne sera pas la SAQ qui
va faire ça, ça va être plutôt la filiale.
Mais, au-delà de tout ça — puis
ça, c'est simplement un changement de mot, puis je pense bien que ce n'est pas ça qui est l'essence... qui va être de mon
propos — je
comprends l'intention de la députée de Vachon, mais je veux juste la
ramener à l'article 16.1, qui nous dit exactement la même chose.
Donnez-moi une seconde, je vais l'attraper. On a tellement travaillé. Bon,
voilà.
Alors, à
l'article 16.1 qui modifiait... mais, en fait, c'est le troisième
article
qui modifiait l'article 16.1, pour être bien exacte, on dit : «La société a également pour mission
d'assurer la vente du cannabis dans une perspective de protection de la santé, afin d'intégrer les consommateurs
marché licite du cannabis et de les y maintenir, sans favoriser la consommation
de cannabis.» Ça, ce
n'est pas le propos de la députée de Vachon. Où je veux venir à dire que c'est
comme de la duplication ou de la
répétition, c'est qu'à la fin de 16.1, deuxième paragraphe, on dit : «Elle
exerce cette mission exclusivement par l'entremise
de la Société québécoise du cannabis constituée en vertu de [...] 23.1.» Alors,
c'est déjà dit, ça serait de la redite.
Et normalement ce qu'on me conseille, c'est que les législateurs... le
législateur normalement ne fait pas de redite, ne répète pas. Et j'hésite à utiliser ce que je vais dire, parce que je
ne voudrais pas que ça soit pris sur un ton négatif, là, mais c'est vraiment dans le langage
juridique : Normalement, le législateur, M. le Président, ne parle pas
pour rien. Alors, vu que c'est déjà à
16.1, je comprends ses intentions, mais je veux juste la rassurer pour lui dire
que c'est déjà là, ça serait de la redite.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. Effectivement, «à cette fin», c'est bien «la Société québécoise de
cannabis» qu'on devrait voir, lire, ça fait
que, si vous permettez, on pourrait intégrer directement, là, la modification,
«a le pouvoir exclusif d'accomplir
tout ce qui est nécessaire». Je comprends que la ministre, elle dise que c'est
dans 16.1, mais ce n'est pas
exactement de la même façon. Et, dans 16.1, ça concerne la Société des alcools
du Québec, tandis qu'ici ça concerne la Société québécoise de cannabis. Et je
pense que, dans ce cas-ci, il est vraiment essentiel de pouvoir donner non pas seulement qu'à... est-ce que c'est dans un
sens dans le 16.1. Ici, c'est vraiment sur la Société québécoise de cannabis
qui «a le pouvoir exclusif», donc il n'y a personne d'autre qui aurait le
pouvoir, ce que ne dit pas 16.1. Ce n'est pas exactement
ce que dit 16.1. Ça dit que la Société des alcools du Québec ne pourrait pas
exercer cette mission-là à travers d'autres organismes, pour la Société des
alcools du Québec, mais ça ne dit pas qu'il ne pourrait pas y avoir d'autres
entités privées qui feraient la vente de cannabis.
Donc, je
pense que c'est essentiel qu'à cette fin la Société québécoise de cannabis ait
le pouvoir exclusif, c'est qu'il n'y ait pas d'autre entité au Québec
qui aurait le pouvoir de faire de la distribution et de la vente de cannabis sur le territoire québécois, et ça, je pense que
c'est un large consensus québécois. Je pense que, très clairement, par cet
amendement-là, moi, je souhaite fermer la porte à toute privatisation possible,
à ce qu'il ne puisse pas y avoir aucun producteur qui puisse vendre directement
du cannabis non médicinal.
Donc, comme
ça a été évoqué lors des consultations particulières, même certains producteurs
disaient qu'ils étaient déjà en discussion pour avoir, là, le droit, à
travers de projets pilotes, de pouvoir faire de la distribution et de la vente
de cannabis. Donc, je pense que ça, il ne faut pas permettre ça, et c'est pour
ça que je rajoute ici «le pouvoir exclusif d'accomplir
tout ce qui est nécessaire à la réalisation de sa mission», donc le pouvoir
exclusif dans les missions qui sont en
1°, 2°, 3° et 4°, sur la question d'acheter du cannabis, exploiter des... acheter
et vendre du cannabis, exploiter des points de vente et vendre du
cannabis au moyen d'Internet.
Donc, il n'y
aurait personne d'autre que la société d'État qui pourrait le faire, et je
pense que c'est nécessaire de l'inscrire.
Je ne pense pas que ce soit redondant, et, même si ce l'était un peu, je pense
que ça confirme encore plus fortement le
pouvoir exclusif et qu'on ne veut qu'il n'y ait aucune autre société... aucune
autre compagnie privée qui puisse vendre du cannabis au Québec, comme ça a été invoqué, et c'est pour ça que j'y
reviens, et c'est pour ça que c'est aussi important de fermer la porte, et qu'il n'y aura aucune
privatisation par la bande, parce que ce ne sera que la Société québécoise de
cannabis.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la députée de Vachon.
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur la proposition d'amendement
de Mme la députée de Vachon?
Charlebois : Juste
un propos, M. le Président...
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : ...pour encore, encore une fois sécuriser la députée
de Vachon ou, en
tout cas, essayer de le faire. Je reviens avec la modification de l'article 16.1 à l'article 3, où on dit...
je comprends qu'on parle de la SAQ, mais «elle exerce cette mission
exclusivement par l'entremise de la Société québécoise du cannabis constituée
en vertu de [...] 23.1», et je l'invite à aller voir l'article 21 du
chapitre II... — c'est
ça? comme ça...
Charlebois : ... — dans
la
partie II du projet de loi, où l'on dit, à l'article 21 : «Sous
réserve de l'article 20, seule la Société québécoise du
cannabis peut acheter du cannabis produit par un producteur, en assurer le
transport, l'entreposage et vendre du cannabis.»
Alors, ça serait vraiment redondant, M. le
Président, et de la redite. Alors, je voulais juste apporter cet
éclaircissement, M. le Président, pour le bénéfice de la députée de Vachon.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur la proposition
d'amendement? Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Je comprends
qu'on est dans du vocabulaire, M. le
Président, mais vous savez à quel
point les mots sont importants, et,
des fois, même les virgules. Et, dans le cas de 16.1, 16.1 ne dit pas que la Société des alcools du Québec
a le pouvoir exclusif pour la mission sur la vente du cannabis. Mais elle dit
que la Société des alcools du Québec, sa mission,
elle ne pourra pas l'exercer autrement qu'à travers la Société québécoise du cannabis. Ça veut dire que, par exemple, elle ne pourra pas vendre de cannabis dans ses
succursales, actuellement, de vente d'alcool.
Mais l'article 16.1 ne dit d'aucune espèce de façon que la Société des alcools du Québec a l'exclusivité sur la vente du cannabis. Et c'est pour ça que c'est nécessaire
de pouvoir l'écrire du côté de la Société
québécoise de cannabis, pour dire qu'il y
a un pouvoir exclusif. 16.1 ne fait
pas en sorte d'interdire que du cannabis puisse être vendu par des producteurs.
Ça fait juste en sorte que la Société des alcools du Québec ne pourrait
pas vendre dans ses succursales d'alcool du cannabis.
Son pouvoir sur le cannabis, elle l'exerce seulement qu'à travers la société de cannabis du Québec. Mais 16.1
laisse ouverte la possibilité que du cannabis soit vendu par des producteurs
privés, et c'est cette perte-là qu'on veut refermer, M. le Président.
Et là j'essaie de lire le 21 auquel fait
référence la ministre, là.
L'article 21 du projet de loi? C'est ça?
Charlebois :
Êtes-vous au projet de loi, Mme la députée de Vachon?
Mme Ouellet : Bien, je suis au projet
de loi.
Charlebois :
Page 27.
Mme Ouellet : Page 27, dans
l'article 21?
Charlebois : Oui.
Mme Ouellet : Bien,
l'article 21...
Charlebois : La
vente de cannabis, au
chapitre VI.
Ouellet : Oui, c'est ça.
Mais ce que dit 21, là... «Sous réserve de l'article 20, seule la Société québécoise du cannabis peut acheter du cannabis produit par un
producteur, en assurer le transport et l'entreposage et vendre du cannabis.» Mais vous avez des projets pilotes plus loin, donc ces projets
pilotes là permettent aux producteurs
de vendre directement. Ça fait que, très clairement, l'article 21
ne ferme pas la porte à ce que des producteurs puissent vendre directement,
parce que vous avez des projets pilotes qui sont permis par le projet de loi.
Donc, moi, je pense qu'il est vraiment nécessaire de pouvoir l'ajouter, là, à l'article 5 et
dire que c'est un pouvoir qui est exclusif à la Société québécoise de cannabis.
Le Président (M. Merlini) : Merci, Mme
la députée de Vachon. Une observation, un commentaire, Mme la ministre?
Ça va? Est-ce que j'ai d'autres
interventions à la proposition d'amendement? Je n'en vois pas, je vais donc passer à
la mise aux voix. Est-ce que la proposition d'amendement par Mme la députée de
Vachon est adoptée?
Président (M. Merlini) : Il
est donc rejeté. Nous revenons donc à l'article 23.2 tel qu'amendé. Est-ce
que j'ai des interventions? Je n'en vois pas, nous allons donc passer à l'article 23.3. Mme la ministre, pour la lecture de l'article 23.3 introduit à
l'article 5.
Charlebois : Juste
pour ma gouverne, M. le Président...
Le Président (M. Merlini) : Oui, Mme
la ministre.
Charlebois : Il
restait du temps à l'article 23.2?
Le Président (M. Merlini) : Il reste
effectivement du temps aux députés à l'article 23.2, effectivement.
Charlebois : Est-ce que je peux vous demander la répartition
du temps, juste pour ma curiosité? Ça doit vouloir...
Le Président (M. Merlini) : Oui, certainement,
avec plaisir.
Charlebois : Ça
doit être bon pour mes collègues aussi.
Le Président (M. Merlini) : Nous
avons une proposition d'amendement qui est en suspension, sur lequel il restait 7 min 25 s à M. le député de Labelle, les autres députés n'ayant pas utilisé de temps. À
l'article 23.2, tel qu'amendé, M.
le député de Borduas dispose de
3 min 35 s, Mme la
députée de Repentigny,
de 17 minutes, Mme la députée de Vachon, de 19 minutes, M. le député de Labelle,
1 min 30 s, M. le député de Dubuc, 18 minutes, et M. le député d'Argenteuil, 19 minutes, les autres députés
n'ayant pas prévalu de leur droit de parole.
Charlebois :
Merci.
Le Président (M.
Merlini) : Alors, 23.3. Mme la ministre, à vous la parole.
Charlebois :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à l'article 23.3 :
«La filiale ne peut,
sans autorisation du gouvernement :
«1° prendre un engagement
financier au-delà des limites et des modalités déterminées par le gouvernement;
construire, acquérir ou céder un immeuble en considération de montants
supérieurs aux montants déterminés par le gouvernement;
contracter un emprunt qui porte le total des sommes empruntées par elle et non
encore remboursée au-delà d'un montant déterminé par le gouvernement.»
Alors,
ici, ce qu'on vient faire... À l'article 23.3, c'est — de
la
Loi sur la Société des alcools du
Québec — à certains égards, le pouvoir de contracter de la SQDC à l'intérieur des limites
déterminées par le gouvernement. Si la SQDC souhaite exercer son pouvoir au-delà
de ces limites, elle devra avoir l'autorisation du gouvernement. Et ces restrictions visent les mêmes objets que ceux des restrictions
qui s'appliquent à la Société des
alcools du Québec, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions à l'article 23.3? M. le député de Labelle.
Pagé : Oui, merci, M. le Président. Bien, ce qu'on constate, c'est qu'à toutes fins pratiques, je pense,
c'est un copier-coller de la loi
constituante sur la SAQ, qui est l'article 20. Pour le premier...
l'introduction, c'est la même chose, sauf qu'on change «société» par
«filiale», hein, on s'entend là-dessus. Ensuite, 1°, 2°, 3°, j'ai l'impression
que c'est totalement identique. Il y a, par contre,
un dernier paragraphe qui n'est pas là, et on comprend à l'article
suivant pourquoi, parce que la filiale ne peut pas créer de filiale,
mais ça, on va le voir à 23.4.
Il y a une
interrogation que j'ai, sur laquelle on se demandait si on écrivait un amendement,
mais je vais demander à vos juristes et je
vous demande, Mme la ministre, aussi, de m'éclairer. Au deuxième paragraphe,
«construire, acquérir ou céder un
immeuble en considération d'un montant...» Parce qu'elle ne peut pas,
hein, «construire ou acquérir un
immeuble en considération [d'un montant supérieur] aux montants déterminés par
le gouvernement». Bon. Donc, on met un montant limite supérieur pour la construction et l'acquisition.
J'en conviens, c'est correct, on se dit, je ne sais pas, moi, on veut construire quelque chose, le montant limite, c'est 3 millions qui est fixé, alors arrivez à l'intérieur de ces
prix-là. C'est bien ça que ça veut dire, «construction, acquisition»?
Par contre,
là, vous dites : «Ou céder un immeuble». Quand tu veux céder un immeuble,
tu veux essayer de le céder au
montant le plus cher possible. Mais le reste de la phrase dit : «Ne peut
en considération d'un montant supérieur». Alors là, c'est l'inverse. Ça devrait être en fonction d'un montant inférieur fixé par le
gouvernement. Je ne sais pas si vous me
suivez, là. Parce que, là, vous avez un bâtiment, et vous vous rendez compte
que, finalement, il ne fait plus l'affaire, puis on peut le mettre sur
le marché des transactions, puis il est évalué à 2 millions, le bâtiment,
et il y a quelqu'un qui vous offre 2,5. Mais là il y a un montant supérieur.
Non, on ne peut pas le vendre aussi cher que ça! Il me semble qu'il y a comme un non-sens, là.
L'article devrait
plutôt dire, il me semble, ou bien qu'on m'explique : Bien, il est évalué
à 2 millions, vous ne pouvez pas aller
en bas de 1,8, hein? Vous ne pouvez pas aller en bas. Donc, on met un plancher.
Alors,
si on a mis un plafond sur la construction et l'acquisition, j'en conviens,
c'est correct. Mais un plafond sur le
montant qu'on pourrait vendre? Je ne le sais pas, mais moi, quand je vais
vendre ma maison qui est évaluée à 200 000 $, s'il y a quelqu'un qui m'offre
300 000 $, je ne dirai pas : Non, c'est trop cher. Je n'accepte
pas l'offre parce que je vais faire trop d'argent avec. Alors, j'imagine que,
pour l'État, ça devrait être la même chose. Alors, je
voudrais juste qu'on m'explique ce paragraphe, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Labelle. Mme la ministre.
Mme Charlebois : En fait, si
vous me le permettez, pour bien
répondre au député de Labelle, je demanderais au juriste qui
m'accompagne de bien vouloir répondre à la question, si les collègues
l'acceptent.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai le consentement pour
permettre à Me Roy d'adresser la commission? Très bien. Alors, Me Roy,
encore une fois, veuillez vous identifier pour les bienfaits de
l'enregistrement.
M. Roy (Gabriel) :
Oui. Merci, M. le Président. Gabriel Roy, avocat au ministère des Finances.
Alors,
en fait, pour répondre à la question, c'est simplement qu'on veut s'assurer que
le gouvernement puisse avoir un droit
de regard sur la gestion immobilière. Puis, pour répondre précisément à la
question, c'est qu'on veut pouvoir conserver l'immeuble. On veut avoir
un droit de premier rachat, en fait, là.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, oui, mais sauf que l'article dit par contre qu'on ne pourrait pas vendre
à un montant supérieur. Alors, je
comprends bien, là, tout ce que vous me dites, là, mais sauf que... Essayez de
m'expliquer la cohérence. Fixer un montant supérieur pour l'acquisition et/ou la
construction, c'est correct, c'est normal. Mais que l'article dise qu'en
même temps il y a un montant maximal que
vous pouvez vendre... S'il y a quelqu'un qui veut payer plus cher puis que
l'État s'enrichisse, je ne vois pas où est
le problème, là. Alors, pour la
partie de la vente, donc de céder l'immeuble,
il faudrait que, là, ça ne soit pas à
un montant inférieur. Ou à moins que le mot «supérieurs» peut prendre
différentes formes, compte tenu de la façon dont c'est libellé. Mais
j'essaie de comprendre, là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député de Labelle.
Mme Charlebois :
Pouvez-vous me donner une légère suspension, s'il vous plaît?
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 18)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension
où Mme la ministre a pu
consulter ses conseillers juridiques. Alors, à la question du député de Labelle,
Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, ici, M. le Président, ce qu'on vient faire, c'est... C'est une norme
standard, en fait, qui sont dans... C'est une norme qui est standard,
qui est dans plusieurs projets de loi, pas juste la Société des alcools, là il y aurait
la Société québécoise du cannabis, mais il
y en a d'autres aussi qui ont cette
clause-là. Et c'est en regard de... Puis
je comprends votre intervention, mais ce qu'on m'indique, c'est que, s'il y avait une intention soit — puis dans les trois sens, là — construire,
acquérir et même céder un immeuble, par décret... Bien là, premièrement, ils
demandent l'autorisation, ils parlent au gouvernement, évidemment, là, le
gouvernement qui sera en place, et, à ce moment-là, le gouvernement peut, par décret, fixer les sommes, les montants qui ont à
être déterminés et qui diront : Tu peux céder ou tu ne peux pas céder. Mais ça va être fixé par
décret. Honnêtement, ce n'est comme jamais arrivé encore, mais c'est comme
on se garde une protection pour que les
gouvernements, dans le temps, puissent interagir puis dire : Bien, on ne
veut pas que tu cèdes cet immeuble-là pour x raisons, notamment en
regard des montants, pour protéger la valeur.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Labelle.
Pagé : Oui, en regard des montants, mais c'est parce que, là,
il y a le mot «supérieurs». Si on avait mis «en regard des montants soit inférieurs ou supérieurs», ça pourrait
s'appliquer pour le cas d'acquisition, construction ou céder, donc vendre. Mais c'est parce qu'en regard des
montants supérieurs... C'est que la façon dont la loi est écrite, c'est que le
gouvernement, ou la filiale, ou la société
ne pourrait pas vendre un établissement, un bâtiment à un montant plus élevé
qu'il serait fixé. S'il y a une personne
qui... s'il y a quelqu'un qui décidait de dire : Bien, c'est évalué à
2 millions, et le gouvernement a
fixé qu'on ne peut pas vendre plus cher que 2,5. Mais, non, lors de la vente,
c'est : tu fixes un prix minimal. Alors, le mot «supérieurs» ne
fonctionne pas pour la vente parce que, là, c'est le prix minimal, parce que...
Mme Charlebois :
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous parce que...
Mme Charlebois :
Ah! Excusez.
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Avez-vous fini, M. le député?
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Je ne voulais pas vous interrompre, là. Je suis désolée.
Bon.
En fait, je pourrais vous dire que... vous donner un exemple, un cas de figure
qui pourrait arriver, mais ce n'est
pas nécessairement arrivé dans le temps, là, que... Là, ce qu'on cherche, c'est
de protéger le parc immobilier des sociétés
d'État. Et mettons qu'un établissement... pas un établissement, mais un
immeuble serait situé à un endroit qui ferait
l'envie de quelqu'un dans un type d'entreprise qui serait prête à donner
au-delà de la valeur du marché à la Société québécoise du cannabis, mais que le gouvernement veut garder cet
édifice-là pour toutes les raisons qui peuvent être bonnes, bien, ça
vient protéger ça.
Me permettez-vous de
laisser parler Me Roy?
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
Mme Charlebois :
Il va peut-être ajouter un...
Le Président
(M. Merlini) : Ah! M. le député de Labelle, allez-y, en
complémentaire, oui.
M. Pagé :
Juste un commentaire avant que Me Roy... C'est parce que, si le
gouvernement décide de ne pas céder, de
ne pas céder, de ne pas mettre en vente, la question ne se pose même plus. À
partir de ce moment-là, il n'y aura pas d'offre parce que le bâtiment ne sera pas sur le marché. Alors, c'est
parce que disons que, bon... Oui, bien, Me Roy, allez-y.
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Si c'est en bas du montant que le gouvernement peut
déterminer, la société n'a pas besoin d'aller
voir le gouvernement. C'est simplement si le gouvernement fixe un montant
au-delà duquel... pour la valeur de la cession,
là ça va prendre l'autorisation du gouvernement. Sous ce montant, la société
n'aurait pas besoin d'aller obtenir l'autorisation du gouvernement.
C'est ça que ça dit.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
C'est parce que, écoutez, je verrais très mal le gouvernement dire : Mon
bâtiment est évalué à 2 millions, je
fixe le montant, je ne veux pas avoir plus que 2,5. Attention, là! S'il y a
quelqu'un qui veut m'offrir 2,7, là, non, non, non, je ne veux pas le vendre. Normalement, pour la vente, le
gouvernement va dire : Il est évalué à 2 millions, mon prix plancher. Tu fixes un prix plancher qui est
peut-être de 1,5. S'il y a quelqu'un qui m'offre 1,4, c'est non. Pour la vente,
c'est l'inverse. Et là je vois qu'il y a
plein de têtes qui hochent de façon positive en disant : Bien, il me
semble qu'il y a quelque chose qui ne
fonctionne pas. À moins que, dans la façon légale d'écrire les choses, le mot
«supérieur» veut aussi inclure «inférieur». Mais il faut aussi que nos lois
soient compréhensibles. Il faut aussi... je comprends souvent... Parce que, même moi, souvent, qui commence à avoir un
petit peu l'habitude, quand je lis les lois, souvent il faut que je les relise
en me disant : Qu'est-ce qu'ils ont
voulu dire? Mais là, cette fois-ci, plus j'entends, plus je me dis qu'il
faudrait mettre... bien, je pense qu'on va proposer éventuellement un
amendement, clarifier ce paragraphe-là, où on inclurait les mots «inférieurs ou supérieurs». Et là ça pourrait
s'appliquer dans les cas de construction, d'acquisition et de vente. Je pense
qu'on va peut-être écrire un amendement pour...
Mme Lavallée :
Je peux-tu rajouter quelque chose?
Le Président
(M. Merlini) : Oui, Mme la députée de Repentigny.
M. Pagé :
Allez-y, allez-y.
Le Président
(M. Merlini) : Puis ensuite M. le député de Borduas, aussi qui
avait fait signe, là.
Mme Lavallée :
Juste rajouter, c'est parce que ce que je comprends, c'est que, si le
gouvernement fixe un montant, pour la vente, qui est 2 millions, la
SQDC pourrait vendre à 1,5 sans autorisation, donc en bas du prix fixé.
M. Pagé :
Ça, il n'y a pas de trouble.
Mme Lavallée :
Mais ça n'a pas d'allure, ça non plus, parce que c'est là qu'il faudrait que le
gouvernement puisse dire : Mais
là, si tu vends en bas du prix que je t'ai fixé, non, tu n'as pas
l'autorisation. Ça fait que, là, on dirait qu'on va... on crée l'effet
contraire de l'intention du législateur, là. Je ne sais pas si vous me suivez.
Mme Charlebois :
...j'avais d'autres explications en même temps.
Mme Lavallée :
C'est que, si le gouvernement détermine qu'une vente d'un immeuble ne peut
pas... doit être à 2 millions,
l'article, comment il est écrit, veut dire que, si on demandait... si la SQDC
vendait à 1,5 million, il n'y aurait pas besoin de l'autorisation du gouvernement, de la façon dont c'est
rédigé, alors que ce n'est pas l'intention du gouvernement de vendre en
bas du prix qu'il a déterminé. Ça fait que cette rédaction-là crée un...
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Mais ce n'est
pas... Ce que l'article dit, c'est que le gouvernement peut fixer un
seuil. Ça pourrait être,
je ne sais pas, moi, 1 million. Puis, si la Société québécoise du cannabis voulait céder un immeuble, mais qui
n'était pas... qui n'atteignait pas ce prix-là, elle n'aurait pas besoin
d'obtenir l'autorisation du gouvernement.
Le Président (M.
Merlini) : J'ai M. le député de Borduas...
M. Roy
(Gabriel) : Si elle voulait céder un immeuble qui...
Charlebois : Me
permettez-vous une suspension, s'il vous plaît, M. le Président?
Le Président (M.
Merlini) : Je pense que, oui, ça vaudrait la peine.
Alors, je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension. Mme la ministre a pu consulter son équipe
de conseillers juridiques. Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, on veut tellement bien faire, là, que je pense qu'on se complique
la vie, tout le monde,
puis j'étais dans la même complexité que tout le monde, là, mais je
reviens au texte, on va recommencer ça du départ : «La filiale ne
peut, sans l'autorisation du gouvernement — ça, c'est la prémisse de
base, puis allons tout de suite à 2° — construire, acquérir ou céder un immeuble en
considération [des] montants supérieurs — à quoi? — aux montants déterminés par le
gouvernement.» Et là c'est le montant que le gouvernement peut fixer par
décret.
Or donc, si
on dit : Au-dessus... Puis ça, normalement les conseils d'administration
sont autonomes, ils sont capables de
faire leur gestion, puis on n'intervient pas là-dedans. Mais, si, pour toutes
sortes de raisons, on décide d'intervenir puis de dire : Dans un parc immobilier... Puis là je donne des chiffres,
là, mais ça n'a pas rapport avec aucune réalité, là. Si le gouvernement dit : Au-delà de 1 million,
on met... — pas
«au-delà», je reprends mon mot — le montant déterminé est 1 million, alors à tout... tu ne peux pas
céder l'immeuble à partir de 1 million et plus, il faut que tu viennes
nous consulter. C'est ça qu'on dit, c'est tout.
Le Président (M. Merlini) : O.K. M.
le député de Labelle. Après, on ira à Borduas.
M. Pagé : Oui, mais, a
contrario, pour un prix de vente minimal, cette norme-là n'existerait pas.
Alors, c'est 1 million, mais je
pourrais accepter 100 000 $ sans passer par le gouvernement. Alors,
c'est pour ça que, très clairement, afin...
Il me semble que notre loi... Je dirais, le législateur ne parle pas pour ne
rien dire, là, et normalement chaque mot a son pesant d'or, surtout
quand on parle de transaction.
Alors, à ce
moment-ci, M. le Président, je souhaiterais, pour clarifier notre loi et qu'il
n'y ait pas d'ambiguïté dans l'esprit de personne... L'amendement que je
proposerais se lirait ainsi :
Modifier
l'article 23.3 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec (chapitre
S-13) inséré par l'article 5 du présent projet de loi par l'insertion, dans le troisième paragraphe du premier
alinéa, après «montants supérieurs», après les mots «montants
supérieurs», des deux mots suivants : «ou inférieurs».
Le Président (M. Merlini) : Très
bien. On va faire les photocopies appropriées, la distribuer aux membres.
Je suspends donc quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 37)
Le Président (M. Merlini) : Nous
reprenons donc nos travaux. La copie de la proposition d'amendement de M. le député de Labelle a été distribuée. Les membres en ont pris connaissance. M. le député de Labelle, à vous, pour vos explications.
M. Pagé : Bien, je ne veux
pas reprendre tout ce que j'ai dit tantôt, parce que ça, j'étais plus en
cueillette d'information, et, devant les explications qui, je dirais, ne me
satisfaisaient pas, il me semblait que, pour être plus clair dans la loi, et quand les citoyens aussi, quand tout le monde vont lire la loi... il me semblait plus approprié d'ajouter les mots suivants : «ou inférieurs».
Pourquoi? Parce que, le troisième paragraphe, le deuxième picot,
donc qui s'appelle le troisième paragraphe, il est écrit que «la filiale
ne peut, sans l'autorisation du gouvernement, construire, acquérir ou céder un immeuble en considération [d'un montant
supérieur] aux montants déterminés par le gouvernement». On comprend très bien, donc, en ajoutant, là, le «ou
inférieurs», ça se lirait : «Construire, acquérir ou céder un immeuble en
considération [d'un montant supérieur
ou inférieur] aux montants déterminés par le gouvernement.» Parce qu'on comprend très bien que, quand on construit puis on fait
l'acquisition, on ne veut pas que ça se fasse à un montant plus que tant.
Donc, fixer
le montant supérieur, on est d'accord avec ça. Mais, quand on cède le bâtiment,
le montant qu'il faut fixer, selon
nous, et il me semble que ça serait plus clair si c'était inscrit dans la loi,
c'est le montant inférieur. Donc, avec le
«ou», nous aurions les deux options lors de l'acquisition, soit par... Parce qu'on bâtit, on construit, on fait
l'acquisition, que ça soit le montant
supérieur qui soit fixé, on est accord. Mais le montant «ou» serait...
évidemment s'appliquerait surtout au
moment où on cède le bâtiment, afin de s'assurer que l'article... En ajoutant
le «ou inférieurs», l'article, il me semble, se lirait plus clairement en fonction des intentions qui pourraient être
de faire l'acquisition ou encore de vendre un bâtiment.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Labelle. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, tout comme
mes collègues de Labelle et de Repentigny, j'émets des fortes réserves relativement au texte, au libellé du texte
présenté présentement à 23.3.2° : «La filiale ne peut, sans l'autorisation du gouvernement, construire,
acquérir ou céder un immeuble en considération de montants supérieurs aux montants déterminés par le gouvernement.» Moi aussi,
je le comprends de la façon suivante, tout comme Me Roy l'a expliqué : dans le fond, il y a un
montant qui est fixé, supposons 1 million, au-delà de ça, ça vous prend
l'autorisation du gouvernement. Mais,
lorsque vous vendez l'immeuble, si vous le vendez 900 000 $, ça ne
vous prend pas l'autorisation du gouvernement. Mais, s'il vaut
1,1 million... Ça ne marche pas là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député...
Jolin-Barrette : Non, mais...
Le Président (M.
Merlini) : Oui?
M. Jolin-Barrette : Je n'ai pas fini, mais je veux juste m'assurer que la ministre me suit,
là, quand je dis ça, là.
Charlebois :
Jolin-Barrette : Bien, est-ce que vous trouvez ça logique, ce que je
dis?
Charlebois : Non, mais j'aimerais mieux que vous finissiez
votre argumentaire, puis après ça je vais répondre à vos préoccupations.
M. Jolin-Barrette : Je vais vous donner un exemple concret, O.K.? La SQI, ou la SIQ, avec
les immeubles qu'elle a vendus, vous
vous souvenez de tout le scandale — on va faire l'aparté sur la famille libérale
rattachée à ça puis l'enquête de la
Vérificatrice générale — mais c'est un cas comme ça qui s'est présenté. Alors, on avait un
conseil d'administration indépendant,
théoriquement, O.K., théoriquement, où la ministre titulaire de l'époque, la
députée de Marguerite-Bourgeoys, disait :
C'est une gang de pas bons que j'ai nommée là. Parce que c'est elle qui faisait
les nominations. Puis elle s'en sacrait, dans le fond. Elle l'a dit, dans le fond, à l'émission d' Enquête .
Elle a dit : Gang de pas bons à la SQI, ce n'est pas prestigieux de siéger là. Par contre, qu'est-ce que ça a fait?
Ça a fait que des Québécois ont perdu des centaines de millions de dollars.
Ça a choqué les Québécois. On a donné des
immeubles à rabais à des gens qui étaient des collecteurs de fonds associés au
Parti libéral. Ça, c'est d'histoire, vous vous en souvenez? La Vérificatrice
générale a enquêté là-dessus. Alors, pour éviter des choses comme ça, moi,
je pense que, dans nos lois, ça prend des balises très claires.
Et là ce qu'on
constate, c'est qu'on pourrait avoir le même stratagème de céder des immeubles
à rabais. Et la ministre nous dit
tantôt : Le conseil d'administration va évaluer les propositions. Mais à
la SQI, ou à la SIQ à l'époque, c'était
comme ça. C'est le conseil d'administration qui a décidé de vendre les
immeubles. Puis le gouvernement l'a annoncé dans son budget, en plus. Alors, pour éviter des situations comme ça,
là, je pense que l'amendement du député de Labelle est pertinent. Et
d'ailleurs on va en déposer un, nous aussi.
fais juste inviter la ministre à regarder une des dernières sociétés d'État qui
a été créée par son gouvernement, la
Société du Plan Nord, puis je vais vous en faire la lecture, du libellé, là,
c'est un
article qui ressemble, mais on a prévu des modalités
distinctes : «La société — en parlant de la Société du Plan
Nord — ne
peut, sans l'autorisation du gouvernement — au paragraphe 3° — acquérir,
détenir ou céder des actifs au-delà des limites ou contrairement aux modalités déterminées par le gouvernement.» Alors,
avec ce libellé-là, ça permet au gouvernement de dire, bien : Vous pouvez vendre un immeuble entre tant et tant.
Alors, ça laisse une marge de manoeuvre au gouvernement puis au conseil
d'administration, sauf qu'ils sont venus le baliser dans la
Loi sur la Société
du Plan Nord.
Parce
que, si vous laissez ça comme c'est écrit présentement, en lien avec la
Loi sur
la Société des alcools... Puis, même chose, là, là, on travaille sur la
filiale, mais vous faites un renvoi à la
Loi sur la Société des alcools, il y
aurait l'opportunité aussi de modifier la
Loi sur la Société des alcools présentement pour éviter que la SAQ, si elle
acquiert des immeubles, bien, elle puisse les céder de façon à donner
une libéralité à des gens XYZ.
Alors,
c'est important. On parle du domaine public, on parle des biens du domaine
public. Je vous déposerai mon amendement
par la suite, là. Ça peut être une voie de passage pour vous. Mais il y a une
chose qui est sûre : il ne faut pas que le parc immobilier qui sont détenus par les biens publics soient
vendus à rabais. Ça, c'est une de nos préoccupations, puis on l'avait
exprimée très clairement dans le cadre du dossier de la SQI et de la SIQ.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Borduas. Mme la ministre.
Charlebois : Bien, je veux juste clarifier quelque chose
pour le bénéfice de nos auditeurs, là. Le conseil d'administration de la Société québécoise du
cannabis ne sera pas nommé par le gouvernement, hein? Je sais qu'on n'est pas
fins, là, hein, on fait un peu de politique, là. On avait dit qu'on n'en ferait
pas avec la
loi sur le cannabis, mais là, malheureusement,
le député de Borduas a débordé, là, un petit peu. Bon. On va l'avaler, là, puis
on ne dira pas un mot, là, parce qu'on ne peut pas dire rien, là, qui va
vexer personne. Mais, M. le Président, là, ce n'est pas nous autres, le gouvernement, et peu importe qui sera le
gouvernement, qui va nommer les membres du conseil d'administration de la
Société québécoise du cannabis. Ça fait que, là, il y a... Mon père disait,
dans le temps : Il y a toujours ben un boutte, un boutte et demi,
deux bouttes. Là, là, c'est assez.
Deuxième élément, M. le Président...
Président (M. Merlini) : Oui, Mme la ministre.
Charlebois : Je comprends de la part de mes légistes que...
Là, je voudrais bien voir, là... Je vais leur demander encore une suspension, on va aller voir la Loi de
la Société du Plan Nord. Mais, à chaque article, M. le Président, on n'en a
pas étudié beaucoup, là, il y a toujours des
craintes, des peurs, des ci, des ça. Moi, je comprends ça, là, mais, à un
moment donné... Puis, en plus, je
suis rendue à me faire dire qu'ils ont peur que, parce que nous autres, on est
là, peut-être les deniers publics
pourraient être... Non! Là, c'est assez, M. le Président, là. On va suspendre. Je vais aller voir son affaire de la loi du Plan
Nord, la Société du Plan Nord. On va revenir, je vais donner mon argumentaire
final, puis après ça ils pourront plaider pour leur amendement. S'il
vous plaît.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Deux choses : le premier élément, les Québécois,
là, ont été choqués, ulcérés. Et je le dis à la ministre, là, candidement, je
ne souhaite pas faire de la politique avec ça. Je lui dis de façon transparente. Mais, Mme la ministre, vous conviendrez avec moi, sans faire allusion
au gouvernement libéral qui était là à l'époque, O.K., c'est un fait
avéré. La situation factuelle, c'est quoi?
Charlebois :
Jolin-Barrette : M. le Président, si la ministre veut m'écouter, c'est
une situation...
Le Président (M.
Merlini) : Continuez, M. le député.
M. Jolin-Barrette : Et je n'impute pas la responsabilité à la ministre, à la députée
de Soulanges, pas du tout, mais ce que je dis, c'est
qu'elle ne peut pas nier qu'il y a eu des malversations de la part du conseil d'administration de la SQI, ou de la SIQ à l'époque. On a des immeubles
importants qui ont été cédés à rabais. Moi, là, comme Québécois, je ne veux
pas que ça se reproduise. Comment est-ce
qu'on fait pour faire en sorte, là, ensemble, que ce genre de situation là ne
se reproduise plus, que ce soit avec n'importe quel gouvernement? Le
moyen pour le faire, c'est de l'encadrer le plus strictement possible.
Deuxièmement,
les membres de la SQDC, ils ne seront pas nommés directement par le
gouvernement. Par contre, ils vont
être nommés par la SAQ, qui est la maison mère de la SQDC. Et qui nomme les
membres du conseil d'administration de la SAQ? Le gouvernement.
Alors,
ce que je dis à la ministre, c'est qu'en matière d'imputabilité, en matière de
contrôle de filiales commerciales du
gouvernement, c'est de l'argent public, là, c'est de l'argent public, il faut
faire en sorte, là, d'avoir les ceintures, les bretelles, parce que, l'expérience passée... et je ne viserai pas qu'un
seul gouvernement, l'expérience passée au cours de l'histoire, l'expérience passée, ça a été démontré
qu'au niveau de la gestion du parc immobilier il y a eu des lacunes. Et la
ministre ne peut pas le nier là-dessus.
Alors,
si elle soucieuse comme moi de faire en sorte qu'on ne dilapide pas les avoirs
des Québécois, je pense que la
proposition que je fais, elle est raisonnable, d'autant plus que le ministre...
le président du Conseil du trésor actuel, le député de Mont-Royal, c'est lui qui a adopté la
Loi sur la Société du
Plan Nord, où ça fixe des paramètres. Et d'ailleurs, si on le modifie
dans la loi, là, comme nous le souhaitons, il y a un autre élément sur lequel
j'insiste, là, c'est : par voie réglementaire.
Les paramètres, là, vont être fixés par voie réglementaire du gouvernement.
J'invite fortement le gouvernement à émettre
des balises très strictes pour acquérir... bien, en fait, pour se départir de
ses actifs immobiliers. C'est important que l'imputabilité soit associée au gouvernement, pour ne pas dire — et ça, on l'a entendu, M. le Président — pour ne pas dire : Bien, vous
savez, c'est un conseil d'administration indépendant. On a nommé le monde, mais
c'est un conseil d'administration
indépendant. Puis c'est leur responsabilité. Je m'excuse, quand c'est une
entreprise reliée au gouvernement, quand
c'est une société d'État, c'est important que l'imputabilité retourne au
gouvernement ultimement. Alors, on ne peut pas se décharger en disant : Bon, il y a un conseil
d'administration indépendant, puis ils vont faire ce qu'ils veulent. Quand
il s'agit d'argent public, c'est important.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Borduas. Mme la
ministre, vous avez souhaité une
suspension. Je vais vous la donner.
Charlebois :
...avant de donner la suspension, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, je vous en prie.
Charlebois :
Si, comme il l'a dit, il ne fait pas de politique, il aime beaucoup ça relater
le rapport de la Vérificatrice générale. Il dit que, dans le passé, à travers tous les gouvernements... Ça, ça inclut l'opposition
officielle. Savez-vous quoi? Je veux
juste rappeler au député de Borduas, là, que son chef, de la CAQ, était un ministre
du Parti québécois. On suspend, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
Le Président (M.
Merlini) : Nous reprenons donc nos travaux après cette demande de
brève suspension par Mme la ministre. À vous la parole.
Charlebois :
Alors, M. le Président, c'était un libellé, qui est là pour la Société québécoise du cannabis, qui était le même libellé qui était pour la Société des alcools, mais, comme il semble vraiment
déplaire à mes collègues d'en face... J'ai entendu le plaidoyer du
député de Borduas et...
Le Président (M.
Merlini) : Oui. Un instant, Mme la ministre. M. le député de Labelle.
Pagé : Oui. Je n'ai
pas proposé un amendement parce
que ça me déplaît. Ce n'est pas pour
cette raison-là que je dépose des amendements.
M. Pagé :
Non, non, mais... Bien, c'est parce que...
Le Président (M.
Merlini) : ...je vais laisser M. le député de Labelle... Allez-y.
M. Pagé :
C'est ça. Alors, j'ai déposé un amendement afin de souhaiter clarifier la loi.
Le Président (M.
Merlini) : Oui. C'est correct.
M. Pagé :
Pas parce que ça me déplaît.
Président (M. Merlini) : Ce
n'est pas un appel au règlement. J'ai permis l'intervention pour juste clarifier
les choses. Vous pouvez continuer, Mme la ministre.
Charlebois : Oui.
C'est ça. J'ai le droit d'avoir mon interprétation, quand même.
Et là, M. le Président, en regard de tout ça, puis j'ai entendu le plaidoyer
du député de Borduas, bon, on va changer dans les deux lois. Mais il va
falloir regarder, à l'heure du dîner,
l'implication pour la Société des
alcools du Québec, parce que
ça a peut-être d'autres implications. Puis il y a
un libellé qui pourrait ressembler à la Société du Plan Nord. Ça dit la même chose que ce qui est écrit là, mais dans des mots différents.
Alors, en revenant,
on pourra déposer un amendement, mais c'est sûr qu'il va falloir disposer de
celui-là, qui appartient au député de Labelle.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. Bien, écoutez, on regardera l'amendement après l'heure du dîner — on va
suspendre dans 30 secondes — et
on verra, à ce moment-là, si nous retirons notre amendement. Parce que, bon, ce que j'ai entendu par rapport...
de la Société du Plan Nord semble
aller dans la direction de ce que nous avons déposé, mais on veut simplement en
être certains.
Le Président (M.
Merlini) : Très bien, M. le député de Labelle. Je vous remercie de
votre intervention.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend donc ses travaux jusqu'à
15 heures. Et bon appétit à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Président (M. Merlini) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend donc ses travaux. Je vous rappelle que notre mandat est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 157, Loi
constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant
le cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière.
demande encore une fois à toutes les personnes présentes dans la salle du
Conseil législatif de bien vouloir éteindre toute sonnerie de tout
appareil électronique.
Lors
de la suspension de nos travaux, ce midi, nous étions rendus à l'étude d'une
proposition d'amendement de M. le
député de Labelle à l'article 23.3 de la
Loi sur la Société des alcools du
Québec introduit à l'article 5. M. le député de Labelle, la parole
est à vous.
M. Pagé :
Oui. Très rapidement, l'amendement que nous proposions ce matin était pour
rendre le texte, je dirais, plus conforme à ce que nous souhaitons et qu'il n'y
ait pas d'ambiguïté. 23.3 dit : «La filiale ne peut, sans l'autorisation
du gouvernement,
construire, acquérir ou céder un immeuble en considération [d'un montant
supérieur] aux montants déterminés par le gouvernement.» On comprend
qu'on ne veut pas un montant supérieur pour l'acquisition ou encore pour la construction, mais évidemment, pour la
vente, c'est autre chose. Alors, nous avions présenté un amendement qui
disait «supérieurs»... ajouter le «ou inférieurs», pour bien baliser le haut et
le bas, dépendamment de la circonstance.
Compte
tenu des échanges que nous avons eus ce matin, compte tenu aussi des propos du
député de Borduas, qui... C'est bien
quand on travaille tout le monde ensemble, parce que tout le monde fait son
travail de recherche. Notre recherchiste, ici, est extrêmement efficace, mon collègue me donne un coup de main, mais
le collègue de Borduas aussi est arrivé avec un autre travail de recherche et nous a fait la démonstration qu'en
2014, lorsque nous avons adopté la
Loi sur la Société du Plan Nord, on aurait pu écrire cela dans le même
genre de situation, reprendre le même libellé de la loi constituante de la
SAQ, parce que ce qu'on nous proposait
aujourd'hui, c'est le même libellé que la loi constituante de la SAQ, modifiée
en 2011, mais pourtant, en 2014, le
législateur a décidé de faire autrement et de le nommer autrement, ce que nous voulions nommer. Et, en
2014, le député de Borduas nous a fait la démonstration que nous avions un
libellé qui correspondait beaucoup plus à ce que nous souhaitions, soit ne pas
avoir d'ambiguïté.
cette ambiguïté qui... c'est vrai que c'était... Ce n'est pas agréable
d'entendre... des fois, de rappeler des faits qui sont arrivés dans le passé, mais malheureusement il y a
des choses désagréables qui sont arrivées dans le passé puis qu'on ne
souhaite pas qu'elles se reproduisent. Et, à cet égard-là, effectivement, le
nouveau libellé, je pense, nous permet un
peu mieux de se prémunir. Alors, cela dit, compte tenu que j'ai bien
entendu qu'il y aurait un autre libellé qui pourrait être proposé à ce
moment-ci, M. le Président, avec le consentement des collègues, je retirerais... demanderais le consentement des collègues pour retirer l'amendement, en attendant l'amendement suivant. Je pense qu'il va venir soit de la ministre ou du député
de Borduas, là, peu importe.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, M. le
député de Labelle. Est-ce que
j'ai le consentement des membres pour retirer la proposition d'amendement
du député de Labelle?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) :
Le consentement est donné. Donc, la proposition d'amendement de M.
le député de Labelle est donc retirée. Nous revenons donc à l'étude de
23... à l'article 23.3. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Charlebois : Bien, M.
le Président, effectivement, on a eu beaucoup de discussions cet avant-midi. On a eu des
propositions de faites, dans le projet de loi, qui faisaient en sorte qu'on
avait une certaine cohérence avec la Société des alcools, un peu ce que vient de dire le député de Labelle. Et c'est
pour ça que l'article était rédigé. C'était vraiment miroir à ce que l'autre
article de la Société des
alcools avait. Maintenant, il est exact que la Société du Plan Nord, qui a été
créée en 2014, comme le disait le député de
Labelle, a été... cet article-là a été rédigé de façon nouvelle. On peut dire
que ça va dans le même sens, mais c'est peut-être plus encadrant.
Alors,
tout ça pour vous dire, M. le Président, qu'il fallait faire des vérifications
pendant l'heure du dîner pour savoir...
Parce que c'est beau de rédiger du droit nouveau pour la Société québécoise du
cannabis, mais encore faut-il aller voir
l'impact que ça a sur l'ensemble de la Société des alcools, qui est la société
mère, parce que la société québécoise est
une filiale. Alors, en ce sens-là, les juristes de l'État, qui sont
apolitiques, ont fait une vérification pendant l'heure du dîner. Je prends la peine de le dire parce que ces
gens-là travaillent fort aussi. Et ils ont fait la vérification, et on arrive
à une proposition qui répondrait aux préoccupations
du député de Labelle et du député de Borduas, et qui va dans le sens de
ce qui a été fait pour la Société du Plan Nord. Je peux déposer. Je pense que...
Le Président
(M. Merlini) : ...pour la lecture, oui? Vous avez votre
proposition d'amendement.
Mme Charlebois :
Oui. Je crois que vous avez déjà les papiers.
Le Président
(M. Merlini) : Faites la lecture.
Mme Charlebois :
Je fais la lecture avant?
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Oui.
Mme Charlebois :
Alors, à l'article 5, 23.3 de la Société des alcools du Québec :
Modifier
l'article 23.3 de la Société des alcools du Québec, proposé par
l'article 5 du projet de loi, par le remplacement du paragraphe 2°
par le suivant :
construire, détenir ou céder des actifs au-delà des limites ou contrairement
aux modalités déterminées par le gouvernement.»
Ça vient modifier,
comme je vous le disais, le deuxième paragraphe de 23.3.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Nous allons en
faire des photocopies et la distribuer aux membres de la commission.
Je suspends donc
quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 19)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux. La proposition d'amendement de Mme
la ministre a été distribuée. Les membres en ont pris connaissance. Mme
la ministre, pour vos explications.
Charlebois : Bien, d'une part, M. le Président, il manque le
mot «acquérir», là, au début. Ça serait : «Acquérir, construire, détenir ou céder». J'invite tout le monde à faire
la modification tout de suite, là, parce que le mot «acquérir», c'est un
oubli, tout simplement, là, ce n'est pas de la mauvaise volonté.
Le Président (M.
Merlini) : ...ajout manuscrit, le mot «acquérir» s'ajoute.
Charlebois : C'est
ça. Et, dans mon explication, M. le
Président, là, on est en train de
modifier... Oui, c'est la Loi de la
Société des alcools, mais on est en train de constituer la Société québécoise du cannabis. Alors, à l'article 20 de la Société des alcools, il faudrait faire aussi le même amendement pour que ça soit
cohérent, qu'on ait les mêmes articles dans les deux lois.
Est-ce qu'il faut
qu'on dépose une autre modification? Comment ça marche...
Président (M. Merlini) :
Oui. Il faudrait déposer une autre proposition d'amendement, qui modifie la Loi de la Société des
alcools.
Charlebois :
Alors, on pourra le faire après celle-là?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui, on pourrait le faire...
Président (M. Merlini) :
C'est ça, exactement. Nous allons faire l'étude de la proposition d'amendement de Mme
la ministre et, lors de l'autre proposition d'amendement, qui va modifier ce que la ministre
a dit, la Loi de la Société des alcools, on le fera à ce moment-là. Il
n'y a aucun problème.
Mme la ministre, la
parole est à vous.
Charlebois :
Bien, en fait, c'est les mêmes explications que ce matin que j'ai à donner. Le
libellé le dit carrément, là, que c'est... Dans l'article 23 de la loi, la Société des
alcools... sur la Loi de la Société
des alcools, restreint à certains égards le pouvoir de contracter de la Société
québécoise du cannabis, à l'intérieur des limites déterminées, qu'est-ce qu'on a là, là, dans le libellé. Au
premier paragraphe, deuxième qu'on vient de modifier et troisième
qu'on avait déjà, on vient donner des limites qui seront données
par le gouvernement, et la Société
québécoise du cannabis ne pourra
pas aller au-delà de ce qui est noté là.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions à la proposition d'amendement de Mme la
ministre? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bon, on a compris qu'on ajoutait le mot «acquérir».
M. Pagé :
O.K., dès le début, «acquérir», virgule. C'est ce que l'on ajoute.
Bon,
là, je vois apparaître le mot «détenir», parce que je n'avais pas
devant moi... et là ça serait tel que ce qui est libellé, je pense, à
la...
Charlebois :
Loi sur la Société du Plan Nord.
Pagé : O.K. O.K. Compte tenu que nous sommes dans le cadre d'une transaction, est-ce que les
légistes peuvent nous dire pourquoi
qu'on a ajouté le mot «détenir»? Parce
qu'une transaction, c'est soit l'acquisition, c'est soit la construction, que ça fait
partie de... ou céder.
Mais pourquoi le mot «détenir»? Parce que, là, il n'y a pas de transaction, là.
En tout cas, s'il y a quelqu'un qui peut me répondre, là.
Bon,
j'imagine qu'ils y ont réfléchi quand ils ont fait la Société du Plan Nord,
mais est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut me répondre à cette
question-là? Sinon, bon, on va l'adopter tel quel, mais chaque mot,
normalement, est censé vouloir dire quelque
chose, là. Parce que ce qui suit, c'est par rapport à une transaction
quelconque ou à une acquisition.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Labelle. Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : On peut faire des vérifications, là.
Le Président (M. Merlini) : O.K. Alors, les conseillers juridiques vont faire la vérification nécessaire pour vous donner ce détail-là. Mais, si
j'ai bien compris, c'est que c'était cohérent avec le texte qui était pour la
Société du Plan Nord, le texte utilisé pour la société... le libellé, je
vais le dire comme ça, là. Oui?
M. Pagé :
Mais on s'entend, là, puis je ne le dis pas méchamment, là...
Le Président (M.
Merlini) : Non, pas du tout.
Pagé : ...on s'entend qu'on veut justement, par souci de
cohérence... Mais, par souci de cohérence, on a voulu retranscrire ce qui était inscrit dans la
Loi sur
la Société des alcools et finalement, aujourd'hui, on bonifie, on améliore
tout ça. Est-ce qu'aujourd'hui on va
bonifier ce qui a été fait en 2014, où on avait un mot qui était inutile? Mais,
s'il n'est pas inutile, parfait, on va le conserver, mais...
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, loin de moi l'idée de venir à la rescousse de la
partie gouvernementale...
Charlebois :
Venez à la rescousse des fonctionnaires de l'État.
M. Jolin-Barrette : O.K. Bien, en fait, j'ai siégé sur le projet de
loi créant la Société du Plan Nord, et, à mon souvenir, il me semble que le ministre des Ressources
naturelles à l'époque disait : Dans le fond, la Société du Plan Nord va
devenir une entreprise commerciale et
va pouvoir aussi faire des sociétés... dans le fond, il va pouvoir avoir
l'équivalent des joint ventures, dans le fond, pour certains projets
aussi. Alors, il y avait un enjeu...
M. Jolin-Barrette : Non, ce n'est pas ça, mais, dans les pouvoirs qui sont conférés à la
Société du Plan Nord, dans le fond,
il allait pouvoir développer des entreprises commerciales. Donc, il y avait un
enjeu au niveau de la grosseur de
l'entreprise, et il voulait avoir un certain contrôle aussi en termes
d'investissement. Donc, au niveau de la détention, à mon souvenir, ça
touchait cela.
Charlebois : Du fait qu'on n'a pas de filiale, on n'a pas
besoin de ça, donc. Parce que la filiale ne peut pas avoir de filiale.
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, je ne me prononcerai pas sur le contenu du dossier, là,
mais, à mon souvenir...
Charlebois :
On va finir les recherches... Les juristes vont finir leurs recherches aux
Finances.
Le Président (M.
Merlini) : Votre point est très bien apporté. Ça va ajouter à la
réflexion des conseillers juridiques de la
ministre. Pour l'instant, à la limite, on peut adopter l'amendement tel qu'il
est rédigé, quitte à revenir à 23.3, tel
qu'amendé, et ensuite l'enlever au besoin, tout simplement. Ou on peut
suspendre l'étude de la proposition d'amendement.
Charlebois :
Donnez-moi juste une petite seconde, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui.
Je vais donc
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 27)
Le Président (M.
Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons donc reprendre nos
travaux suite à cette suspension où Mme la ministre a discuté avec ses conseillers juridiques et avec les députés de
l'opposition pour poursuivre des
discussions pour bien comprendre le libellé qui est proposé. Mme la ministre, à vous la parole pour la suite des choses, la suite de vos
explications.
Charlebois : Effectivement, c'est important, M. le
Président, parce que,
là, non seulement on vient, dans la création de la Société québécoise du
cannabis, faire des modifications à ce qui était déjà prévu, mais on vient
aussi modifier la
Loi sur la Société des alcools, qui est déjà là, alors il faut faire attention aux incidences
ou aux impacts qui pourraient y avoir. Alors, on a examiné tout ça et
avec les juristes et avec les députés de l'opposition.
Alors,
la proposition d'amendement finale... Là, je ne sais pas comment il faut je
fasse, M. le Président, parce
que vous avez déjà quelque chose. Je peux vous lire ce que je... au
final...
Le Président (M. Merlini) : Vous
avez quelque chose de nouveau?
Charlebois : Bien,
ce n'est pas vraiment nouveau. C'est qu'il y a un mot qu'on enlève. On
a ajouté «acquérir» au départ...
Le Président (M. Merlini) : La
meilleure chose à faire dans ce cas-là, Mme la ministre, c'est de retirer votre
amendement et de déposer le nouveau libellé que vous avez.
Charlebois : Bon,
bien, on va faire ça, M. le Président.
Président (M. Merlini) :
Alors, est-ce que j'ai le
consentement pour le retrait de la proposition d'amendement de Mme la
ministre?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement. Alors, la proposition
d'amendement telle que déposée, elle est retirée. Mme la ministre,
allez-y avec votre nouveau libellé.
Charlebois :
Oui. Alors, à l'article 5, à 23.3 de la
Loi sur la Société des alcools du
Québec, on propose de modifier
l'article 23.3 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec, proposé par
l'article 5 du projet de loi, par le remplacement du paragraphe 2°
par le suivant :
«2° acquérir,
construire ou céder un immeuble — je prends mon temps pour ne pas oublier de
mots puis ne pas en ajouter, là — au-delà des limites ou
contrairement aux modalités déterminées par le gouvernement.»
Je répète, M. le Président, au paragraphe 2° : «Acquérir, construire ou céder un
immeuble, au-delà des limites ou contrairement aux modalités déterminées par le gouvernement», ça, c'est
ce qui est proposé pour l'article 5 dans le projet de loi de la Société
québécoise du cannabis. Et nous proposons le même
article à
l'article 20 — c'est
ça? — de la
Société des alcools du Québec.
Président (M. Merlini) : Très bien. Alors, nous allons faire des
photocopies pour la distribution aux membres. Je crois que les explications
étaient assez claires, dans les discussions aussi, qui ont été données là, lors
de notre suspension. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. Bien, en fait, pendant qu'on fait les photocopies, je peux vous dire que
c'est conforme aux échanges que nous avons eus entre les trois
formations politiques présentes. Et je suggérerais — vous allez me guider,
M. le Président — compte
tenu qu'il faudra également avoir le même genre d'amendement, mais qui fera
référence à la loi constituante de la SAQ,
je suggérerais que nous écrivions immédiatement le même genre d'amendement, qui
pourra être inclus... Parce que, moi, ma compréhension, c'est qu'il va
falloir le faire aussi, et, tant qu'à être dedans, aussi bien l'écrire immédiatement. Alors, on va reprendre le
même texte, mais par contre, au lieu de faire référence à tel, tel numéro,
bien là, on va faire référence à la loi... oui, c'est vrai, le chapitre, quand
même, S-13, à l'article 20, etc.
Président (M. Merlini) : Moi, j'avais dit avant notre suspension,
lorsque le premier amendement de Mme la ministre avait été déposé :
On peut revenir lorsque les conseillers juridiques, les juristes auront rédigé
le même amendement que vous dites, là, pour
la Société des alcools, pour la loi constituant la Société des alcools. Quand
on l'aura, le texte proprement dit, là, on fera un dépôt d'amendement
puis on le fera à ce moment-là.
M. Pagé :
Oui. Bien, en fait, c'est que ça va être le même texte. C'est la confirmation
qu'on nous a donnée tantôt.
Le Président (M. Merlini) :
Oui, oui, oui, c'est ça.
M. Pagé : Alors, à
partir du moment où on sait que c'est le même texte, si on veut tout de suite
le rédiger...
Président (M. Merlini) : De bien citer... c'est ça, pour que la
rédaction soit conforme à la loi constituant la Société des alcools, et
non à la loi... le projet de loi n° 157.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur la proposition d'amendement? M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. On remercie la ministre pour son ouverture.
Je pense que ça permet d'exercer un plus grand contrôle. Mais par contre
l'important, ça va être dans les modalités sur l'autorisation du gouvernement,
et là je ne sais pas si la ministre souhaite
qu'on ait la discussion tout de suite ou qu'on attende d'avoir l'amendement,
mais je pense qu'on pourrait avoir la
question tout de suite, à savoir : De quelle façon ça fonctionne déjà,
pour acquérir un immeuble ou le
céder, dans la mécanique? La SAQ avait déjà ces dispositions-là que c'était
assujetti, dans le fond, à l'autorisation gouvernementale. Donc, on voudrait connaître les paramètres qui
existaient déjà lorsque la SAQ achetait ou vendait un immeuble.
Dans le fond, récemment, bien, en fait
l'an passé, en 2017, la Société des alcools du Québec a vendu son siège social, Pied-au-Courant, à côté du pont
Jacques-Cartier, à la SODEC et à Télé-Québec, à
titre d'exemple. Bon, ça reste
de détention publique, là, l'argent
public. Mais, dans le fond, je voudrais savoir, quand la SAQ acquérait ou
vendait, comment ça fonctionnait.
Est-ce que c'est un règlement? Est-ce que c'est un décret qui a été pris
généralement pour toutes les sociétés d'État qui fixe des seuils? Et
quels sont ces seuils-là?
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député de Borduas. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
M. le Président, si vous me le permettez, je demanderais à Me Roy de
répondre à cette question-là. Ça serait plus clair.
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Certainement. Alors, Me Roy, à la
question du député de Borduas.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Bien, en fait, c'est simplement la procédure qui
avait été prise en vertu de... je veux dire, le gouvernement avait pris
un décret pour autoriser la transaction en indiquant le montant, là.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, là, moi, quand je lis le texte,
là, ça nous dit, dans le fond... Supposons, on prend la
Loi sur la
Société des alcools, l'article 20 : «La société ne peut, sans
l'autorisation du gouvernement, construire, acquérir
ou céder un immeuble en considération de montants supérieurs aux montants
déterminés par le gouvernement.» Dans
le fond, est-ce qu'à chaque fois que la SAQ ou une autre société d'État qui a
la même disposition... Est-ce qu'à chaque fois qu'ils font une transaction immobilière comme ça ils vont voir le
gouvernement à toutes les fois, ou il y a un décret de préautorisation qui fixe des seuils, ou est-ce
qu'il y a un règlement qui fixe des seuils? Parce que, sinon, là... Supposons, là, la SAQ achète, là, un magasin, supposons, à
Beloeil, un espace commercial à Beloeil, puis ça coûte 300 000 $, ce
n'est pas la même affaire que si elle
achète un immeuble au centre-ville à 3 millions. Ça fait que, dans le
fond, ce qu'on veut savoir, M. le
Président, c'est plus comme : Est-ce que c'est prédéterminé ou est-ce que
c'est à chacune des transactions que ça monte pour avoir un décret?
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, en fait, ça peut... Pour la SAQ, il n'y a pas de
transactions qui ont lieu, normalement, là, à... Ses magasins sont loués. Donc, ça n'a pas été appliqué, là, cette
disposition-là, très souvent, là. Ça peut être un montant... Le libellé fait en sorte que ça peut être un
montant qui est fixé pour tout le temps, là, un montant de base, là, pour...
qui s'appliquerait à n'importe quelle transaction, n'importe quelle
cession d'immeuble, là.
M. Jolin-Barrette : On va juste reculer un côté, là, d'un pas. Donc,
actuellement, ce que je comprends dans le cas de la Société des alcools du Québec, il n'y a pas de règlements qui ont
été pris en vertu de l'article 20 ou il n'y a pas de décrets qui ont été pris pour dire à la Société
des alcools du Québec : Si vous acquérez ou vous cédez un immeuble, voici
la fourchette dans laquelle vous devez avoir
l'autorisation du gouvernement prise par décret pour l'acquérir. Ça n'existe
pas, là, actuellement, là.
M. Roy
(Gabriel) : Effectivement.
M. Jolin-Barrette : Effectivement, ça n'existe pas. O.K. Je trouve ça
un petit peu inquiétant. S'il n'y a pas de règlement ou s'il n'y a pas de décret, ça veut dire que, demain matin,
la SAQ pourrait acquérir un immeuble de 100 millions à Montréal,
puis ça n'a pas besoin de passer par le Conseil des ministres.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, écoutez, la SAQ tient quand même le gouvernement au
courant de... tiendrait quand même le
gouvernement au courant de ce type de projet là, là. Donc, ça ne se fait quand
même pas en vase clos, là, pour ce type de transaction là. Donc, il y
aurait des discussions. Puis, s'il y a lieu, le gouvernement prendrait un
décret, là.
M. Jolin-Barrette : Bien, je comprends ce que Me Roy me dit. Mais par
contre, légalement, ils ne sont pas tenus de le faire, là, si le gouvernement n'a pas adopté de décret ou n'a pas
adopté de règlement à l'avance. Et, théoriquement, la SAQ, elle est
indépendante du gouvernement. Théoriquement, le ministre des Finances n'est pas
supposé appeler le P.D.G. de la SAQ à chaque
semaine pour savoir : Quelle est votre stratégie? Il est supposé y avoir
une distance entre le ministre
responsable et le président de la société d'État. Alors, je veux juste
comprendre, à savoir, un, pourquoi il n'y a pas de décret, pourquoi il n'y a pas de règlement. Puis, deux, dans la
gestion administrative des choses, ce n'est pas normal que le P.D.G. de la SAQ appelle à tout bout de
champ le ministre des Finances. Il est supposé y avoir une indépendance
entre les deux.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, en fait, c'est parce que la SAQ ne procède pas à
l'acquisition d'immeubles dans le cours de ses activités, là. Donc, ce
n'est pas une clause qui est appelée à vraiment s'appliquer, là.
M. Jolin-Barrette : O.K. Mais par contre elle a le pouvoir
d'acquérir. Dans le fond, là, de ce que je comprends, là, c'est qu'en vertu de la loi la SAQ a le
pouvoir d'acquérir des immeubles. Et on a prévu dans la loi que le gouvernement
peut déterminer les seuils en fonction
duquel elle peut acquérir ou céder des immeubles. Mais on n'a jamais, au sein
des gouvernements successifs, fixé de
balise à ça. Ça fait que, demain matin, la SAQ peut acquérir un immeuble de
100 millions, puis elle est
libre de le faire. Si elle a le cash dans son compte de banque, elle peut
acquérir l'immeuble de 100 millions. Puis le gouvernement va
dire : Ah! je constate que vous avez acquis un immeuble de
100 millions. Point à la ligne. Il n'y avait pas besoin d'adopter un
décret.
M. Roy
(Gabriel) : Écoutez, juridiquement, oui. Mais on s'entend que c'est
très théorique comme cas, là.
Une voix :
Est-ce que c'est possible de parler plus fort? Je ne vous entends pas.
Roy (Gabriel) : Oui. J'ai dit : Bien, juridiquement, strictement
parlant, quand on lit le paragraphe, oui. Mais c'est une possibilité qui
est extrêmement théorique, là.
M. Jolin-Barrette : Mais là-dessus, sur les hypothèses, là, au niveau
de l'appareil gouvernemental, je pourrais vous dire qu'on en a vu de toutes les couleurs depuis 1867. Et tout se
peut. Alors, nous, notre rôle, ici, de parlementaire, et vous aussi, du côté gouvernemental, du côté
ministériel, c'est très, très important de bien baliser les choses puis,
surtout quand qu'on parle de l'argent public, de faire en sorte de
mettre les bretelles et la ceinture pour attacher le tout à une autorisation gouvernementale. Moi, là, on le
découvre tous ensemble aujourd'hui, qu'il n'y a pas de décret ou il n'y a pas
de règlement associé au maximum, alors, ça m'inquiète, honnêtement.
Alors,
j'aimerais ça, peut-être, si vous pouviez nous renseigner. Pour la SAQ, on sait
qu'il n'y en a pas. Peut-être est-ce que, dans d'autres sociétés d'État
où ils ont des dispositions comme celles-ci... Exemple, comme la Société du Plan Nord — on
a parti sur cette hypothèse de travail là — est-ce
que, là, dans ce cas-là, il y a un décret ou il y a un règlement qui a été adopté? Parce que, sinon, on a vu les
dérives qu'il y a déjà eu par rapport à des immeubles du gouvernement qui ont été vendus, puis on ne voudrait pas que,
dans toutes les circonstances, ça se reproduise. Je comprends qu'on me dit : La SAQ, d'habitude, elle fait des baux,
elle loue des espaces commerciaux. Mais elle a la possibilité d'acquérir des
immeubles. Même chose, on va donner la
possibilité à la SQDC d'acquérir des immeubles aussi. Puis ça, c'est une
évaluation commerciale. Peut-être que
la SQDC, là, elle pourrait évaluer qu'au lieu de louer ça lui est plus rentable
d'avoir... de devenir propriétaire, puis ça, c'est une possibilité.
Alors,
je voudrais juste savoir si on peut
faire des parallèles, à savoir si, dans d'autres sociétés d'État, ceux-ci ont
obtenu des directives du gouvernement, un décret ou un règlement qui fixent la fourchette. Parce qu'ultimement — puis je m'adresse à la ministre sur ce point-là — je pense qu'elle voit la problématique et,
en créant cette nouvelle société d'État là, bien, je pense qu'elle serait appelée, ou son collègue des Finances, à
adopter un décret ou une fourchette de prix là-dessus. Parce qu'on a bien beau le mettre dans la loi, que c'est
validé par le gouvernement, mais, s'il
n'y a pas de règlement
ou de décret qui le fait, que c'est validé par le gouvernement, bien, ils
vont faire ce qu'ils veulent.
Charlebois : Je
comprends qu'il y avait un article. Là, je sens qu'il y a des vérifications qui s'effectuent, à savoir s'il y a
déjà eu des fourchettes. Me Roy nous dit que, bon, ça n'a jamais
été utilisé. On va vérifier ça. Honnêtement, là, en ce moment, il y a des vérifications qui s'effectuent. Si vous me donnez quelques
instants, M. le Président, nous pourrions peut-être revenir avec un
petit peu plus de détails.
Le Président (M.
Merlini) : Alors donc, je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 57)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette suspension pour faire des
vérifications auprès des conseillers juridiques de la ministre. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Charlebois : M. le Président, pour répondre à la question du député de Borduas, il y a
des recherches qui doivent
s'effectuer, c'est que, là, à court terme, les recherches sont difficiles à
effectuer parce qu'on n'a pas la
personne qui a créé la Société du
Plan Nord et qui peut nous donner les réponses factuelles à ce qu'il nous
demande. Ceci étant dit, je ne pense pas qu'on va l'avoir ni aujourd'hui
ni demain.
ce que je peux lui dire, c'est qu'on constate qu'il y a des décrets, parce que
c'est rare qu'un immeuble s'achète sans
faire un emprunt. Ça fait qu'il y a toujours des décrets ministériels,
gouvernementaux, ou je ne sais pas trop comment le dire, là, mais il y a un décret qui est fait dans le cadre de
l'emprunt, ça, on le voit. Pour, justement, la SAQ, là, on vient d'en voir un, là, un emprunt de ta ta ta, mais
spécifiquement, à la question que vous avez posée, je ne suis pas capable
de vous répondre en ce moment, là, alors il va falloir vous revenir pour vous
donner l'information.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Je remercie
la ministre de faire les vérifications, puis on aura le temps de recevoir sa
réponse au cours des prochaines
séances. Ça peut aller aussi à la reprise des travaux après les deux semaines,
il n'y a pas de problème là-dessus.
J'invite
juste la ministre à réfléchir, dans le fond, sur le questionnement que j'ai, à
savoir c'est quoi, la mécanique applicable.
Donc, avec les vérifications, éventuellement, il y aurait peut-être lieu de
prendre l'engagement ou d'inscrire directement
dans le projet de loi quelles vont être les modalités d'application. Donc, on
pourra y réfléchir, là, mais c'est sûr
que, si jamais, dans le fond, dans les autres sociétés d'État, il n'y a jamais
de décrets qui ont été pris relativement à l'acquisition... Je comprends que, lorsqu'on fait l'emprunt, c'est parce
que c'est deux choses : des fois, tu as l'immeuble, tu as l'emprunt aussi, mais, si tu as les
liquidités, comme société d'État, pour le faire, bien, tu n'auras pas
nécessairement besoin de ton emprunt.
En tout cas,
ça soulève plein de questions. Alors, je dis à la ministre, là, un coup qu'elle
aura l'information, il y a d'autres questions qui vont se poser,
notamment...
Charlebois : ...le
dernier segment, là, si...
Jolin-Barrette : Dans le
fond, si vous avez les liquidités pour l'acheter, vous ne faites pas
nécessairement un emprunt.
Charlebois :
Oui, non, O.K. Non, je comprends, mais d'habitude, des bâtiments, on n'a pas
les liquidités nécessairement. Ça prend des méchants portefeuilles réservés. Mais,
en tout cas, c'est correct, je comprends. On est dans la haute voltige,
là. On est dans l'hypothèse...
Jolin-Barrette : Bien, la
Société des alcools, en termes d'actifs, elle verse quand même au gouvernement
du Québec des bons revenus annuellement.
Charlebois : Mais
elle n'achète pas des bâtiments avec ça non plus.
M. Jolin-Barrette : Non, mais ce
n'est pas ce que je vous dis. Ce que je veux...
Charlebois : Non,
mais ce que je veux vous dire, c'est que, normalement, quand tu fais
l'acquisition d'immeubles... Mais on va
vérifier, là. Je ne suis pas en train de vous dire que je ne veux pas vérifier,
mais je veux juste vous dire que,
normalement, quand il y a acquisition d'immeubles, il y a des emprunts. C'est
assez rare que les sociétés d'État achètent des immeubles sans
emprunter. C'est très, pour ne pas dire très, très, très rare. Mais on va
vérifier.
M. Jolin-Barrette : Mais ça pourrait
arriver.
Charlebois : Tout
peut arriver sur la planète.
Jolin-Barrette : C'est ça,
c'est ça. Alors, c'est ce que je voulais dire à la ministre, il y a d'autres
questions qui vont se poser relativement à est-ce qu'il y a un décret
qui va être adopté aussi dans le cadre de la SQDC et est-ce qu'il y a un règlement qui va être mis en place
pour encadrer les actifs. Puis la même question va se... les immeubles. La
même question va se poser pour la SAQ. Mais sur...
Charlebois :
J'entends ça. On va vous revenir quand on va avoir l'information.
Jolin-Barrette : Mais, sur
l'amendement, je remercie la ministre de son ouverture. Ça permet de découvrir
plein de choses.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Borduas.
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur la proposition d'amendement
de Mme la ministre? Mme la ministre.
Charlebois : Je
trouve ça le fun que l'harmonie soit revenue, M. le Président, j'aime ça.
Le Président (M. Merlini) : On en
est très heureux. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Bien, l'harmonie a
toujours été parmi nous, Mme la ministre.
Charlebois : ...ça
dépend des heures.
Le Président (M. Merlini) : Ne nous
éloignons pas de la proposition d'amendement.
Pagé : Non, non, je pense que nous avons tous le même objectif.
Et les questions qui ont été soulevées, finalement, si elles n'avaient pas été pertinentes, je ne
pense pas qu'on en arriverait à faire un aussi long débat. Alors, nous aussi,
nous nous réjouissons de l'amendement et du compromis auquel nous
arrivons. Le député collègue de Borduas a soulevé des
questions également fort pertinentes. Alors, je ne les reprendrai pas parce
qu'on avait exactement les mêmes questions,
qui n'étaient pas vraiment sur l'amendement mais plus sur le fond de
l'article 23.3. Alors, adoptons l'amendement pour qu'on puisse
continuer le débat sur 23.3.
Président (M. Merlini) : Très bien. Alors, dans cet air d'allégresse
et de réjouissance, est-ce que la proposition d'amendement de Mme la
ministre est adoptée?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous revenons donc à l'article 23.3 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Juste une
question, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Oui.
M. Jolin-Barrette : Pour la
Loi sur
la Société des alcools, l'article 4, on va revenir plus tard?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Donnez-moi donc une seconde, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Oui.
Charlebois :
...suspension, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Très
bien.
Alors, je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 16 h 9)
Le Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension
pour vérifier encore une fois auprès des légistes, des conseillers juridiques
de la ministre. Mme la
ministre, vous avez la parole.
Charlebois : Alors, M.
le Président, toujours
suite aux échanges qu'on a eus, il y
a eu deux suspensions,
puis qu'on continue d'examiner la situation,
je vous demanderais de suspendre l'article 5 temporairement pour que nous
puissions aller déposer un nouvel article, qui s'appellerait
l'article 4.1.
Le Président (M. Merlini) : Alors,
est-ce que j'ai le consentement pour suspendre l'étude de l'article 5?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) :
Consentement. Alors, Mme la ministre, vous avez encore une fois une proposition, qui me prend le consentement pour que Mme la ministre puisse
présenter un nouvel article, qui serait 4.1. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) :
Consentement. Mme la ministre, pour la lecture de votre proposition qui introduirait 4.1.
Charlebois :
Exact. Insérer, après l'article 4 du projet de loi, l'article
suivant :
4.1.
L'article 20 de cette loi est modifié par le remplacement du paragraphe 2° du premier alinéa par le suivant :
«2° acquérir,
construire ou céder un immeuble, au-delà des limites ou contrairement aux
modalités déterminées par le gouvernement.»
Et là, ici, M. le Président, on vient faire exactement ce qu'on vient de faire... on fait exactement
ce qu'on vient de faire pour la Société québécoise du cannabis mais dans la Société des alcools, juste par souci de... bien, pas «juste», mais par souci de cohérence, faire en sorte que
tout ce qu'on a discuté précédemment pour la Société québécoise du cannabis
puisse s'appliquer à la Société des alcools.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions à l'article 4.1? M. le député de Labelle.
Pagé : C'est conforme à ce que nous avons discuté depuis
quelques moments, alors, moi, je n'ai aucun problème.
Le Président (M. Merlini) : Très
bien. M. le député de Borduas, un commentaire, une observation sur 4.1?
Jolin-Barrette : Oui. Bien,
en fait, c'est la concordance avec la Société québécoise du cannabis, alors
c'est conforme à ce qu'on a discuté.
Président (M. Merlini) : Très bien. Ne voyant pas d'autre
intervention, je mets donc la proposition qui introduit
l'article 4.1 aux voix. Est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Merci beaucoup. Mme la ministre.
Charlebois : Oui.
On revient à l'article 5, M. le Président, juste pour...
Président (M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai le consentement des
membres pour reprendre l'étude de l'article 5?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement. Alors, nous revenons donc à
l'article 5. Nous étions à l'article 23.3 tel qu'amendé.
Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. J'essaie de me
souvenir quelle était la question...
Le Président (M. Merlini) : Ça
revient.
M. Pagé :
Bon. Ici, bon, ça commence en disant : «La filiale ne peut, sans
l'autorisation du gouvernement», bon, là, prendre des engagements financiers, construire, acquisition. Mais qu'en
est-il quand on parle de location? Parce que, là, ce que l'on comprend, c'est que... Puis je réalise
aujourd'hui jusqu'à quel point la SAQ ou, éventuellement, la SQDC sont beaucoup plus des locataires que des
propriétaires, même que ça m'attriste un peu, parce que j'ai l'impression qu'à
terme on y gagnerait peut-être plus à être propriétaires, mais on ne
fera pas ce débat-là.
Cela dit...
c'est parce que... 23.3 encadre tout ce qui est plus transaction, vente,
acquisition ou construction. Mais, compte
tenu qu'une très grande
partie de nos transactions sont beaucoup plus basées
sur de la location, en vertu de
quelle loi ou règlement
on encadre aussi tout ça, pour s'assurer qu'il n'y a pas de débordements à
la hausse, surtout, parce qu'il
pourrait y avoir facilement ce qu'on veut éviter, là, du copinage ou... bon.
Alors, de quelle façon on balise aussi ces transactions
qui sont liées à des baux, à des baux? Parce que, ces baux-là, la plupart du
temps... Puis je pense à une succursale chez nous, à Mont-Laurier, la SAQ n'est pas propriétaire. Le nouveau
bâtiment, je pense qu'il y a eu des appels d'offres, mais le bail qui est signé doit être signé
probablement pour une quinzaine d'années, avec des montants qui doivent être
assez importants. Alors, si on veut
s'assurer que tout ça se fasse correctement et que les deniers publics soient
utilisés correctement, ce que je veux
dire, que le prix payé soit le juste prix, comment on encadre tout ça afin de
s'assurer qu'il n'y ait pas de débordements?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Alors, M. le Président, j'aimerais ça pouvoir laisser notre juriste, Me Roy,
répondre à cette question.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy,
à vous la parole.
M. Roy
(Gabriel) : Merci, M. le Président. En fait, les engagements
financiers que peuvent prendre les organismes publics, normalement la
Loi sur l'administration financière prévoit
qu'il faut que le ministre des Finances autorise les engagements financiers et, je vous dirais... C'est
assez complexe, les règles, là, qui s'appliquent, mais c'est prévu par la
Loi sur l'administration financière. Donc,
normalement, il faut qu'il y ait une autorisation du ministre des Finances,
sauf exception prévue par règlement.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Roy. M. le député de Labelle.
Pagé : O.K. Bon, il faut que le ministre des Finances
l'autorise. Est-ce que l'on sait sur quelles bases il l'autorise? Tout ça, c'est encadré comment? Je veux bien
l'autoriser, mais, si moi, demain matin, je me retrouve ministre des Finances,
il va falloir que je
me réfère à quelque chose quelque part, là. Je ne peux pas juste dire :
Bien, la somme fait mon affaire, je
signe en bas, là. Non? Hein, on s'entend là-dessus. Puis ce qu'on ne veut
pas... En fait, ce que l'on souhaite, c'est que tout ça soit bien
encadré pour que les deniers publics soient utilisés correctement.
Alors, moi, honnêtement, en tout respect, je ne
peux pas me satisfaire d'une réponse qui est : C'est le ministre des
Finances qui autorise. Il autorise en vertu de quel encadrement, là? C'est ce
que je cherche à comprendre.
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Bien, écoutez, le ministre des Finances est quand même
le ministre responsable de la gestion de ce type de question là. Donc, il a la
compétence pour déterminer les balises, les conditions et les modalités
requises. Elles ne sont pas inscrites dans la loi, donc, je veux dire...
Pour vous répondre,
parce que j'ai... La loi ne le prévoit pas, mais, dans l'intérieur de sa
compétence, il a les ressources nécessaires pour utiliser son jugement puis
déterminer dans quel contexte l'autorisation et de quelle façon l'autorisation
doit être donnée.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
Pagé : Je suis un peu étonné de la réponse. Le ministre des
Finances va utiliser son jugement pour déterminer si le contrat de location est... il y a un contrat
conforme à une saine utilisation des deniers publics. Je me serais attendu
à ce qu'il y a des balises quelque part puis
qui encadrent plus que le bon jugement du ministre des Finances. Je comprends
que le ministre des Finances est aussi, je
dirais, conseillé par une équipe autour de lui. Bon, alors, là, j'imagine que
le ministre des Finances reçoit,
justement, des avis de conseillers qui lui disent : En fonction du marché,
on vous conseille de dire oui à cela. Est-ce que c'est ça, dans le fond,
que vous voulez me dire?
Roy (Gabriel) : Bien oui. Quand je dis «jugement», je ne dis pas
«intuition», là. Évidemment, c'est qu'il y a des gens qui... Il y a une
panoplie de fonctionnaires qui font des analyses, qui ont des grilles, qui ont
les documents nécessaires puis qui ont
l'expertise requise pour répondre à ces questions-là adéquatement puis donner
les autorisations lorsque c'est considéré judicieux, là.
Pagé : Et il n'y a pas d'encadrement autre que des conseillers
autour du ministre des Finances qui lui suggèrent des choses. C'est ce
que je comprends?
Roy (Gabriel) : Bien, les conseillers ont des balises, ont des
critères, là, ils ont des documents de travail. Ils n'évaluent pas dans l'abstrait, là, ils évaluent
in concreto, en vertu de l'ensemble de l'information qu'ils ont acquise puis
en vertu de paramètres qui sont déjà travaillés puis réfléchis préalablement,
M. Pagé :
Vous m'avez parlé de balises, de critères, de paramètres, est-ce qu'on a des
exemples de ce que ça pourrait ressembler, ces balises, ces critères, ces...
M. Roy
(Gabriel) : Je n'en ai pas sous la main, là, ça fait l'objet d'une
analyse financière, là. Moi, je n'en ai pas à vous présenter, là.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va?
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, sur le même point, là, le
montant déterminé par le gouvernement, c'est par voie réglementaire?
M. Roy
(Gabriel) : C'est par décret. Une autorisation du gouvernement, c'est
pris par décret.
M. Jolin-Barrette :
O.K. Et le décret est préalable.
M. Roy
(Gabriel) : Préalable à... Qu'est-ce que vous voulez dire?
M. Jolin-Barrette : Mais, dans le fond, je veux dire, c'est un peu la
même chose, là, que pour l'immeuble. Dans le fond, l'emprunt... Dans le
fond, l'autorisation va être donnée du gouvernement. Le montant qui est
déterminé par règlement, il est déterminé
par décret. Ce décret-là, il est pris, supposons, au jour 1 de la création
de la filiale. Ils vont dire : Bien,
en haut de 500 000 $, vous devez avoir l'autorisation du ministre des
Finances. C'est ce qui va être écrit dans le décret.
M. Roy
(Gabriel) : L'autorisation du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Roy
(Gabriel) : C'est deux décrets. C'est à la fois le montant qui est
fixé, les limites qui sont fixées, là. Mettons, 23.3, les trois paragraphes, là, le gouvernement exerce son pouvoir par
décret. Puis, si jamais la volonté, l'engagement financier ou l'emprunt dépassait le montant fixé préalablement par
décret, comme vous dites, à ce moment-là, l'autorisation donnée par le
gouvernement viendrait d'un autre décret.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Puis c'est la même chose qu'à la SAQ, ça?
M. Roy (Gabriel) : Oui, c'est
la même chose.
M. Jolin-Barrette : O.K. Puis
là est-ce qu'on sait si le gouvernement a adopté un décret pour la SAQ?
M. Roy
(Gabriel) : Comme je vous dis, ça, pour vous donner une réponse plus
complète, on va faire des vérifications puis on va vous revenir dès que
possible.
M. Jolin-Barrette : O.K. Puis là, à la question du collègue de
Labelle, vous disiez : Pour l'évaluation, les analyses, tout ça, c'est le personnel du ministre qui évalue
le dossier pour dire : Est-ce que je donne mon O.K. si c'est en haut de
tant?, pour justifier le décret. Dans le fond...
Mme Charlebois :
M. Jolin-Barrette : Bien, pour
l'emprunt.
M. Roy
(Gabriel) : ...ultimement, je veux dire, dans le fond, s'il n'y a pas
de décret qui a été pris, puis il y a un engagement financier qui va être pris, ça doit être autorisé par le
ministre des Finances. Là, ce n'est pas un décret parce que c'est une
autorisation ministérielle, et ça, je vous réfère à la
Loi sur l'administration
financière pour les modalités et les déclencheurs de ce mécanisme-là.
Mais, si le gouvernement avait fixé des limites en vertu, par exemple, là, de l'article 20 de la
Loi sur la SAQ, à ce
moment-là le ministre des Finances ne donnerait pas d'autorisation parce que,
de toute façon, le gouvernement devrait prendre un décret pour
autoriser. Ça fait que ce serait bête de faire autoriser un ministre puis autoriser le gouvernement, vous
comprenez? Ça fait qu'à ce moment-là, là, ça serait juste le gouvernement
qui ferait une autorisation.
M. Jolin-Barrette : Donc, ce que vous nous dites, c'est : Dans
la
Loi sur l'administration financière, c'est déjà prévu que le ministre
intervient. J'imagine qu'il y a des balises, aussi, financières.
M. Jolin-Barrette : Est-ce que vous avez en tête un aperçu à partir
de quand le ministre intervient, son autorisation ministérielle? Et puis
ça, ça touche... Dans le fond, la
Loi sur l'administration financière, ça
touche...
M. Roy (Gabriel) : Ça touche
tous les organismes qui sont visés par la
Loi sur l'administration financière,
à l'article 77 de la
Loi sur l'administration financière.
M. Jolin-Barrette : À
l'article 67?
M. Jolin-Barrette : 77. Puis la
forme de l'autorisation ministérielle, dans le fond, c'est...
M. Roy (Gabriel) :
...ministériel.
M. Jolin-Barrette : C'est un
arrêté ministériel. O.K.
Président (M. Merlini) : J'aimerais rajouter pour les fins de
discussion, suite aussi à l'intervention du député de Labelle, le code de déontologie... le Code
d'éthique et de déontologie de l'Assemblée nationale nous prescrit certaines
valeurs comme députés, et ça s'applique également
aux ministres. Tantôt, il avait été question de l'évocation de la tâche du ministre, dans le jugement, et vous dites, et
vous aviez raison de le dire : Bien, on veut éviter des choses aléatoires,
je vais le dire comme ça. Mais, dans notre
code, à l'article 6, c'est bel et bien indiqué que la «conduite du
député — donc
aussi des ministres — est empreinte
de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d'honnêteté, de sincérité et
de justice. [Et] — dans les
sous-paragraphes — par
conséquent, le député — le troisième dit, le troisième picot, pour reprendre votre expression — fait preuve de rigueur et d'assiduité.»
Alors, à ce moment-là, on s'entend que le ministre des Finances, dans
toutes ses décisions, adhère à ces principes-là.
Alors, à quelque
part, oui, la réponse pouvait peut-être vous sembler... pas étrange, mais,
disons, différente à ce que vous
attendiez comme réponse. Mais il faut se rabattre aussi sur notre code
d'éthique et de déontologie pour le comportement
de tous les membres, incluant les membres du Conseil exécutif, les ministres du
gouvernement. Alors, ça s'applique là aussi, sans nécessairement qu'il y ait des règles
conscrites et écrites, là, des paramètres qu'on recherche pour s'assurer qu'il n'y a pas de débordements,
comme vous l'avez souhaité. Alors, je tenais à ajouter ça à notre réflexion.
M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui, alors...
Président (M. Merlini) : J'en ai profité pendant que vous faisiez vos
recherches, là, ça vous donnait le temps de faire de la recherche.
M. Jolin-Barrette : Merci. Alors, à 77 de la
Loi sur l'administration financière,
j'ai : «Pour l'application du présent chapitre, on entend par "instrument ou contrat de nature
financière" : tout instrument [...] contrat financier[...]; un
organisme visé aux paragraphes 1° à 5°». Dans le fond, c'est un
mécanisme de renvoi par 77, c'est ça?
M. Roy
(Gabriel) : Bien, au paragraphe 2°, on indique quels organismes
sont visés, puis si vous allez au sous-paragraphe c :
«Les sociétés à fonds social dont la totalité des actions, comportant droit de
vote fait
partie du domaine de l'État». Donc, clairement, la SAQ et la
filiale sont visées par ce sous-paragraphe-là.
Jolin-Barrette : O.K. Puis la disposition qui nous dit... Ah! c'est
77.1.
Roy (Gabriel) : 77.1 et suivants, le 77.1, c'est les emprunts, 77.2,
c'est les placements, 77.3, c'est les engagements financiers. Donc, vous
avez l'ensemble des articles qui indiquent la règle générale. Et voilà.
Jolin-Barrette : O.K.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Juste une petite précision. Quand on parle de construire un
immeuble, tout à l'heure vous avez parlé...
l'évaluation des analyses, c'est fait par les fonctionnaires. Quand il y a des
engagements financiers qui sont pris puis qu'on décide de faire une construction
d'un immeuble par un organisme gouvernemental, quels sont... sur quoi base-t-on nos analyses pour dire : On va de
l'avant avec ce projet-là? Est-ce qu'il y a des rapports qui sont faits, qui
sont demandés? Est-ce qu'il y a deux
rapports, pour être sûr que le projet est valide? Parce que, des fois, si on se
fie juste à un rapport, ça se peut
que l'information ne soit pas nécessairement la meilleure puis qu'il faut se
double valider. Comment ça se fait, ça?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Écoutez, je ne connais pas le détail, là, de ce type
d'analyse là à l'interne, nécessairement, je veux dire, c'est une
question juste d'administration interne que vous posez, là, la manière dont la
structure, l'appareil ministériel fonctionne,
s'il y a un rapport, deux rapports. Écoutez, les affaires juridiques, on est
consultés pour des questions juridiques,
mais, bon, ce n'est pas nécessairement des questions... cette vision-là du
fonctionnement, concret, administratif, donc ce n'est pas nécessairement
juridique, là. Donc, je ne peux pas vraiment répondre précisément à votre
question.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée. Ça va?
Lavallée : Bien, c'est juste que, quand on engage des deniers publics,
effectivement, je me demande juste quels
sont les mécanismes pour s'assurer que, lorsqu'on embarque dans un projet de
construction... au niveau gouvernemental, quels sont les mécanismes qui sont mis en place pour s'assurer que le
projet, il est viable puis que c'est correct d'embarquer dans un tel
projet. Donc, je ne sais pas s'il y avait déjà des modalités qui étaient
établies pour...
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Je n'ai pas tout le détail de la mécanique,
mais, oui, effectivement, il y a toute une mécanique. Puis, pour siéger au Conseil du trésor, M. le
Président, il n'y a pas de deniers publics qui sortent de là sans que ça ait
été... Oui, dans le cadre de l'analyse
d'un ministère où c'est là que les sous sont imputés, ou les dollars, ou, en
tout cas, appelez-les comme vous
voudrez, il y a une analyse là. Mais, une fois qu'il y a des déboursés à faire,
il faut que ce soit autorisé par le Conseil
du trésor, et là il y a une autre quantité astronomique d'analyses qui sont
faites et qui sont contre-validées. Il y a de l'expertise dans les ministères, les élus peuvent passer dans le
temps, mais les fonctionnaires restent et ceux qui ont l'expertise pour faire l'analyse de ça sont là.
Alors, quand il y a des déboursés à faire — puis là je ne voudrais pas vous induire en erreur sur les montants, et tout — il faut que ce soit autorisé par le Conseil
du trésor. C'est la dernière étape avant
de reprendre le chemin du Conseil des ministres. Alors, il y a beaucoup de gens
qui examinent les transactions, oui.
Lavallée : Mais, quand on... Je repars toujours avec le projet de
construction, là. Oui, les fonctionnaires vont faire faire une
évaluation, mais est-ce qu'on demande une double évaluation pour s'assurer que
la...
Le Président (M. Merlini) : ...pour
aider à... Oui, Mme la ministre.
Charlebois :
Bien, en plus, quand c'est une construction, il faut savoir qu'il y a le Plan
québécois des infrastructures qui existe
ici, au Québec, dans lequel il faut être inscrit, d'une part, et, d'autre part,
il faut respecter les étapes, là. Il
y a trois grandes étapes, on se rappelle qu'il y a le dossier d'étude,
opportunité, dossier d'affaires. Et il y a des choses, des documents à fournir, mais pas juste des documents pour faire
du papier, mais il y a des analyses concrètes qui doivent être faites et qui doivent être concluantes pour permettre
d'arriver à une décision. On ne franchit pas une étape parce qu'on veut
la franchir. Il faut vraiment être capable de démontrer qu'on est dans
l'exactitude de l'affaire.
Puis ça, ce
n'est pas le politique qui fait ça. L'analyse est déposée par des gens qui ont
les compétences pour les faire et
qui, parfois, font des recommandations positives, parfois font des
recommandations négatives, parfois sèment le doute et retournent les gens sur la planche de travail. J'ai vu des
dossiers retourner à la planche de travail, moi. En tant que
vice-présidente du Conseil du trésor, j'ai vu ça.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée.
Mme Lavallée : Je vais poser juste
une dernière question...
Le Président (M. Merlini) : Allez-y.
Lavallée : ...parce que je ne veux pas étirer le temps pour rien, mais
c'est que... Lorsqu'on embarque dans un projet de construction et qu'on engage
les deniers publics, est-ce qu'il y a une exigence d'avoir peut-être deux
évaluations pour être sûr? Parce que, quand
ça arrive au Conseil des ministres, on s'est fié sur tout ce qui s'est fait
avant, puis on nous présente,
j'imagine, quand on est ministre, on nous présente un dossier pour dire :
Il est comme ça, puis on est sûrs de
notre affaire. Comment on s'assure que ce qu'on nous présente, c'est vraiment
bien fondé puis qu'il y a eu quand même plus qu'une évaluation d'un
projet avant d'engager des deniers publics? C'était plus ça, ma question,
mais...
Charlebois :
Oui, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a plusieurs évaluations où il
y a de l'expertise dans les
ministères, le ministère qui dépose sa demande, mais il y en a une autre,
vraiment, qui est dans l'analyse de tous, tous, tous les menus détails, qui est au Conseil du trésor. Et ce n'est
pas nécessairement un appel d'offres qui détermine si on l'a ou on ne l'a pas, ou on a le montant.
C'est vraiment chemin faisant, ils ont déjà des tableaux, des bases de données,
dépendamment des projets, dépendamment d'où c'est situé, dépendamment de ce
qu'on a besoin comme immeuble, dépendamment
des risques. Tout ça, il y a déjà des critères, il y a des pourcentages de
contingence. En tout cas, c'est tout évalué
dans une grille très, très, très sévère, là, j'ose le dire, le mot, là. Et
croyez-moi que, quand ça a franchi le cap du Conseil du trésor avec un commentaire positif, c'est parce que ça a été
analysé pendant des mois, pas des semaines, des mois. Je parle, pour une
construction, là.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé : Oui, bien, en fait,
M. le Président, vous avez à juste
titre fait mention de l'article 6, je
pense...
Le Président (M. Merlini) : Oui.
M. Pagé :
Fait
partie de notre nécessaire probité, bienveillance, honnêteté. Et ça, je
n'ai aucun doute là-dessus. Par
contre, pour qu'un ministre puisse prendre des bonnes décisions, il faut que le
processus qui amène le ministre à pouvoir prendre décision... il faut que le processus en amont soit fait selon
les règles de l'art. Et ce que je n'entends pas encore, c'est dans le processus. Parce que la
Loi sur les
contrats des organismes publics, quand on regarde... on avait un tableau
ici tantôt, là. Quand on regarde le tableau, bon, «type de contrat» — ça,
c'est la loi, là, sur...
M. Pagé :
...les contrats, c'est ça, publics, bon : l'approvisionnement, ministères
et organismes, gré à gré, en bas de
25 000 $, appel d'offres, plus de 25 000 $; services
professionnels et techniques, gré à gré, moins de 100 000 $, appel
d'offres, plus de 100 000 $;
travaux de construction — même chose — gré à gré, moins de 100 000 $, appel d'offres, plus
de 100 000 $. Alors, c'est clairement défini dans chacun des cas de
figure. Bon.
Mais là, la
SAQ ou la SQDC, est-ce qu'elles vont être soumises à cette loi-là? C'est ça,
dans le fond, que je veux savoir. Ou
bien, non, eux autres, ils peuvent partir à négocier, il n'y a pas vraiment de
balises, de montants. À partir de quel montant
on traite clairement ou qu'on est obligés d'aller en appel d'offres, moi, c'est
ça, dans le fond, que je veux savoir, là.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, la SAQ est soumise à la
Loi sur les contrats des
organismes publics. Et le sort de la filiale, comme la ministre l'a déjà indiqué, fait l'objet de travaux pour vous
présenter un amendement dans les meilleurs délais, par rapport à ces questions-là avec l'AMP, ce que
la ministre a indiqué. Donc, ça, ça va être présenté suite au travail de
rédaction qui est fait. Et on va pouvoir vous donner une réponse complète en
présentant les résultats de ce travail-là.
M. Pagé : O.K.
J'avoue que je commence à être dur de la feuille. Je vous demanderais, s'il
vous plaît, de parler un petit peu plus fort.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, c'est beau. Bien, je peux le répéter, il n'y a pas de
problème.
Pagé : Mais je pense avoir compris. Ce que vous m'avez dit,
c'est que la société, la filiale vont être soumises à la même loi.
Roy (Gabriel) : Ce que je vous dis, c'est que la SAQ est régie par la
Loi sur les contrats des organismes publics. Puis, pour répondre aux préoccupations des parlementaires, ce que la
ministre a indiqué, c'est que, ce qui touche la filiale par rapport à la
Loi sur les contrats des
organismes publics, on est en train de travailler sur quelque chose puis on va
vous le présenter dès que possible. Donc, on va pouvoir vous répondre à
ce moment-là.
Pagé : O.K. Et, compte tenu qu'on est beaucoup plus dans un
processus de location que de construction ou d'acquisition, j'imagine... Parce que, quand je regarde ici :
services professionnels, travaux de construction, je ne vois pas «appel d'offres public pour des contrats de
location». Et, compte tenu que c'est ça qui s'en vient, là, dans les prochains
mois, là, on veut ouvrir... On parlait de
15 succursales pour le mois de juillet, mais, bon, la loi fédérale va être
adoptée un peu plus tard, donc
probablement pour le mois de septembre. Alors, peut-être que, là, on pourra en
ouvrir 25, 40 cet automne. Tout ça va
arriver très rapidement, là. Alors, est-ce qu'on peut nous expliquer un petit
peu le processus qui va faire en sorte qu'on va s'assurer qu'on va payer
le juste prix pour notre location?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Là, vous voulez que... Excusez-moi, pouvez-vous
répéter votre question? Vous voulez savoir le processus pour obtenir le
juste prix dans les locations?
Pagé : Oui, étant donné qu'on ne sera pas tellement dans un
processus d'acquisition ou de construction, parce que tout ça est dans un échéancier très court.
Puis, ce qu'on me dit de plus en plus, la SAQ ne construit pas elle-même,
elle fait construire puis elle donne ensuite
un bail de 15 ans, par exemple, avec, bon, une location x. Mais, quand on
veut être certain que les deniers
publics... qu'on paie le juste prix... Je vois qu'il y a une loi qui encadre
pour des travaux de construction,
pour des services professionnels, mais je ne vois pas là-dedans quel est le
processus qui nous amène au même genre d'encadrement pour de la
location.
Parce
qu'un contrat de location sur 15 ans, je vais vous dire que ça peut être
drôlement payant. Parce que, la plupart du temps, celui qui va construire pour répondre aux normes demandées par
la SAQ ou encore autre organisme public, il va s'assurer qu'il va être capable de payer son bâtiment à l'intérieur
de 15 ans, puis il va faire de l'argent avec ça. Alors, si on veut s'assurer que ces deniers publics là
soient bien utilisés, est-ce qu'on a le même genre de processus qui oblige à
des appels d'offres? Pour une
construction, là, à partir de 100 000 $, il y a des appels d'offres.
Pour une location, où on peut facilement imaginer que le coût des locaux
va varier peut-être entre... Bon, ce ne sera pas des locaux aussi vastes, j'imagine, que les locaux de la SAQ, mais ça va
peut-être être des locaux qui vont être loués à 30 000 $,
40 000 $, 60 000 $ par
année. Ça va jouer peut-être dans ces eaux-là. Alors, ça finit, sur une période
d'une quinzaine d'années, par être un méchant
beau contrat. Alors, si on veut s'assurer que le gouvernement du Québec paie et
que les citoyens paient le juste prix, l'encadrement à cet égard-là se
trouve à quel endroit?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui. L'encadrement se trouve dans le Règlement sur les
engagements financiers pris par un organisme, règlement qui est pris en
vertu de la
Loi sur l'administration financière.
M. Pagé :
O.K. Alors, je vous demanderais, bien amicalement, de m'envoyer le lien pour
que je puisse éventuellement aller voir cela, parce qu'on ne l'avait pas
trouvé. Alors, s'il y a un encadrement, vous me rassurez. Parce que, dans les prochains mois, il y a évidemment
beaucoup de transactions qui vont se faire. Et je pense que tous les Québécois
souhaitent que les transactions se fassent le plus correctement possible et que
les Québécois en aient pour leur argent, sans payer trop
cher, évidemment.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Labelle. Est-ce
que j'ai d'autres interventions sur l'article 23.3 tel qu'amendé? Je n'en vois
pas. Alors, nous allons procéder maintenant à l'article 23.4. Mme la ministre, pour la
lecture du très long
article 23.4.
Charlebois :
Vous faites de l'humour cet après-midi, M. le Président.
Alors, à 23.4, on
dit : «La filiale ne peut constituer aucune filiale.»
Le Président (M.
Merlini) : ...d'explication, Mme la ministre?
Charlebois : Et
donnez-moi une seconde, apparemment que nous aurions un amendement pour cela.
Président (M. Merlini) :
Non. Il n'y en avait pas dans les amendements qui ont été
déposés jusqu'à présent. On avait un amendement de déposé pour 23.5.
Nous sommes à 23.4.
Est-ce que j'ai des interventions à l'article 23.4?
M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Ça va être
très simple : Pourquoi? Pourquoi?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Parce
que son travail n'est pas de se
constituer plusieurs filiales ou succursales, c'est une filiale
qui est déjà une... C'est déjà une filiale,
elle n'aura pas besoin de se constituer d'autres filiales. Sa mission — on revient à la mission de base — c'est de ramener des gens qui consomment du cannabis qui est sur
un marché illégal vers un marché licite.
Alors, elle n'a pas besoin de se constituer des filiales, elle le fera
elle-même, elle-même étant une filiale de la Société des alcools du
Québec.
M. Pagé : O.K. Qu'est-ce
qu'il y a comme filiales présentement à la SAQ?
M. Roy (Gabriel) : Il y a une seule
filiale, qui n'a pas d'activité, là, qui est une coquille, là, qui n'a pas d'activité
depuis quelques années.
M. Pagé : Quelle est cette
filiale?
M. Roy (Gabriel) : Un instant.
Charlebois : Bien, la Société
des alcools du Québec avait toujours
la possibilité d'avoir des filiales, d'où... Une chance, parce qu'on peut se servir de l'expertise de la Société des alcools pour créer
la Société québécoise du cannabis.
Mais, comme notre mandat n'est pas de vendre de plus en plus de cannabis et
de faire des ventes de ce marché-là à outrance, bien, on pense qu'elle
doit faire sa mission, point final.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy,
complémentaire?
M. Roy
(Gabriel) : Oui. La filiale,
c'est 9268-2707 Québec inc. Mais c'est une coquille vide, comme je vous
dis, là, il n'y a pas d'activité dans cette filiale-là, là.
Charlebois :
Et, pour revenir à votre question plus précisément, ramenons-nous à 16.1. Le
seul et unique but d'exercer... Ce
que fait la société, c'est d'exercer la mission que la société... que la
société... — voyons! — relativement à la vente de cannabis,
qui est prévue à 16.1. Alors, il n'y a pas de nécessité qu'elle se constitue
des filiales.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. C'est parce que, bon, en fait, c'est la seule différence avec, bon, la loi
sur la SAQ.
L'article 20, c'est du copier-coller. À la SAQ, on dit
que le gouvernement peut déterminer que l'une des... Non.
Charlebois :
L'article que vous citez, M. le député de Labelle...
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre, oui.
Charlebois :
Ce qu'on souhaite, là, c'est que la SQDC ne sous-traite pas sa mission, qu'elle
effectue sa mission elle-même. On ne
veut pas une filiale, tu sais, qui va... Ce ne sera pas de la sous-traitance de
la vente du cannabis, qui pourrait être faite par d'autres filiales. Sa
mission, c'est uniquement la vente de cannabis.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
Pagé : Oui. Sa mission, c'est uniquement la vente, mais sa
mission, c'est aussi l'achat, le transport, l'entreposage.
Charlebois : Oui,
oui. Mais on ne veut pas que...
M. Pagé :
Alors, il y a tout ça pour arriver à la vente. Alors, bon, la possibilité
d'avoir des filiales, à la SAQ elle existe.
Charlebois : Oui,
mais pas pour la SQDC.
M. Pagé :
Bon. C'est parce que, si elle existe pour la SAQ, c'est qu'on a vu un avantage
à lui permettre d'avoir une filiale
dans un cas de figure que, pour l'instant, je n'ai pas. Parce qu'on me
dit : Oui, il y en a une, filiale, mais c'est une coquille vide. Bon. Mais, si on a prévu ça dans la loi constituante de la SAQ, c'est qu'il y a
donc un avantage quelque part à prévoir qu'il puisse y avoir une filiale. La
SQDC, je veux bien croire que c'est une filiale de la société,
mais elle va quand même avoir des opérations fort différentes. Mais, dans
l'ensemble de ces opérations... On a beau dire : elle
va juste vendre, oui, mais elle va
aussi acheter et peut-être qu'elle pourrait, au cours de ses opérations, au
fil des ans, se rendre compte que, peut-être
si je fonctionnais autrement, puis si j'avais une filiale quelconque... Je ne
le sais pas, mais j'essaie de
comprendre pourquoi c'est autorisé à la SAQ et que ce ne le serait
pas à la SQDC. Et donc si jamais il arrivait un jour...
vais poser ma question autrement. Si jamais il arrivait un jour
qu'on considérait qu'une filiale de la filiale soit utile, pouvait être
utile, il faudrait soit rouvrir la loi ou bien de demander au grand frère, qui
est la société, la SAQ : Peut-u me créer une filiale pour l'opération que
je souhaiterais faire? C'est-u comme ça qu'il faudrait fonctionner?
Charlebois :
Bien, en fait, je vous dirais, on vient de constituer une filiale. Si la
filiale décidait que ça prendrait une autre filiale, bien, la SAQ pourra toujours
faire une autre filiale, la maison mère...
Charlebois :
Mais pas pour le cannabis, mais... mettons, le transport?
Charlebois :
Même pas. Voyez-vous?
Pagé : Bien, c'est
ça. C'est ça, c'est pour ça que je me dis : Quel inconvénient ça causerait
si on acceptait que, dans la loi, il
y ait la même opportunité que dans la loi constituante de la SAQ pour lui
donner, je dirais, plus de liberté d'action?
Parce que, là, on me dit : Woups! Ça limite dans ses actions. Puis effectivement elle ne peut pas faire certaines choses. Et à ma question : Est-ce que la société pourrait constituer la
filiale pour la SQDC?, woups! on me dit non. Donc, elle est plus limitée, la SQDC. Alors, pourquoi
la limiter? Qu'est-ce que ça lui enlèverait d'avoir cette possibilité-là de
pouvoir créer une filiale?
Charlebois :
Pour ce qui touche le cannabis, vous savez qu'il y a des habilitations
sécuritaires pour les membres du C.A., etc.
Mais, au-delà de tout ça, là, la SAQ a le pouvoir d'avoir des
filiales pour vendre d'autres produits. Ce qu'on vient dire à la Société
québécoise du cannabis, c'est qu'elle
peut, elle, faire toutes les opérations nécessaires dans le domaine du
cannabis, mais on ne veut pas que la filiale ait des filiales. Si on a un
besoin pour d'autres produits... Parce
que le seul véhicule pour traiter du cannabis, ce sera la Société québécoise du cannabis. Et, s'il y a d'autres produits qui émergeaient sur le marché, qui ne touchent pas
le cannabis, bien, ça sera une autre filiale de la SAQ, comme, il vous a
donné un numéro, là, il pourrait ouvrir
cette filiale-là ou une autre. Mais, pour ce qui touche le cannabis, ça sera seulement et uniquement la Société
québécoise du cannabis.
Société des alcools, quand vous me
dites : Ah! bien, peut-être qu'on pourra ouvrir une filiale pour le
transport, une filiale... la Société
des alcools ne l'a pas fait, parce qu'elle a gardé son expertise à la Société
des alcools. Alors, tout ce qui
touche le cannabis va rester dans la filiale, mais on ne fera pas des filiales,
des filiales, parce qu'il y a toute une question d'habilitation
sécuritaire. Puis c'est une filiale. Ce n'est pas la maison mère de d'autre chose.
La maison mère — je
l'appelle, entre guillemets, comme ça, là, parce que c'est la société
d'État — c'est
la Société des alcools.
Pagé : Oui. Mais on
comprend que les besoins de la SQDC vont être différents des besoins de la SAQ.
Je fais juste penser aux transports. Je pense qu'on va être... on va sécuriser
pas mal plus les transports de la SQDC, parce que le produit est beaucoup plus à risque, a une
valeur extrêmement importante. Alors, compte tenu que les besoins vont être
différents, j'essaie juste de comprendre pourquoi
on ne lui permettrait pas, éventuellement, de pouvoir se créer une filiale, si jamais
l'opportunité se présentait. Parce que, si jamais l'opportunité se présentait,
bien, il va falloir rouvrir la loi, parce
que, là, on ne le permettrait pas. Compte tenu qu'on le permet à la SAQ, puis
on n'utilise pas ou très peu, on se rend compte, bien, je me dis : Bien, la SQDC, pourquoi
n'aurait-elle pas la même opportunité? Et, si un jour elle veut s'en servir,
bien, ça serait déjà
inscrit dans la loi pour qu'elle ait cette opportunité-là. En fait, je vais
prendre la question autrement : Qu'est-ce que ça
enlèverait si on lui permettait la même chose que la SAQ on lui permet? Ça lui
enlève...
Charlebois : Dans
un premier temps, j'ai le goût de vous dire que ce qu'on vise, ici, c'est
toujours de ramener... Je reviens
toujours au principe de base, là, on vend du... On fait ce projet de loi là, on
constitue la Société québécoise du cannabis pourquoi? Parce que le
cannabis va être légal quand le gouvernement fédéral va avoir adopté sa loi — un jour, j'imagine — et, nous, ce qu'on doit faire, c'est avoir
les instances nécessaires pour vendre le cannabis. Alors, pour faire le transport, la Société des
alcools n'a jamais eu besoin d'une filiale, elle a été capable d'assumer. Si la
Société québécoise du cannabis veut faire
elle-même son transport, elle pourra, si elle veut... Il y a un conseil
d'administration qui va être en
mesure de prendre des décisions, elle n'a pas besoin d'une filiale pour faire
ce travail-là, c'est une entreprise, c'est
une société d'État elle-même, mais une filiale de la Société des alcools. On
veut que sa mission demeure la seule et unique, c'est de tout... de faire en sorte qu'on puisse acheter, vendre
et faire ce qu'il y a à faire concernant le cannabis. Vous vouliez
ajouter quelque chose?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui. Bien, en fait, c'est qu'on prévoit, là, au projet
de loi, justement, le processus d'habilitation sécuritaire pour assurer la probité des administrateurs de la filiale.
Donc, ça, c'est quelque chose qui est fondamental dans le projet de loi. Puis la possibilité de créer...
Si on permettait de créer une autre filiale, avec un C.A. distinct, ce
processus-là ne serait pas
applicable. Ce n'est pas ça qu'on veut, là, c'est pour ça qu'on garde la
filiale, pour qu'on ait un processus d'habilitation
qui s'applique aux personnes directement concernées par la filiale, en tant
qu'administrateurs ou employés.
Charlebois : On ne veut pas d'échappatoire, bref, là, on
veut un contrôle serré sur tout ce qui touche le cannabis.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
En fait, est-ce que j'ai bien compris, vous me dites que la filiale ne pourrait
pas avoir de filiale, ce ne serait pas applicable, c'est bien ça?
M. Roy
(Gabriel) : Bien, on dit qu'elle ne peut pas en avoir puis on
prévoit... je veux dire, le régime, le processus d'habilitation
sécuritaire, on vise...
Charlebois :
D'habilitation.
M. Roy (Gabriel) : Oui,
d'habilitation sécuritaire ne vise que la filiale, là.
M. Pagé :
Bien, si elle ne peut pas en avoir, pourquoi qu'on l'inscrit, d'abord, que la
filiale ne peut pas constituer aucune filiale?
M. Roy (Gabriel) : ...ne peut pas en
avoir.
M. Pagé : Je n'ai pas
compris.
Charlebois :
C'est parce qu'on l'inscrit, qu'elle ne peut pas en avoir. C'est pour ça qu'on
le met là, parce qu'on ne veut pas qu'elle ait une filiale, on veut
qu'elle fasse sa mission et avoir le plein contrôle sur la filiale.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai d'autres interventions sur l'article 23.4? M. le député de
Labelle.
M. Pagé :
Bien, c'est parce que ça existe au niveau de la SAQ, puis on me dit qu'on a
créé une coquille et on ne s'en sert pas. Est-ce qu'on sait pourquoi on
l'a créée, cette coquille-là, au moins? Est-ce qu'on sait d'où ça vient?
M. Roy
(Gabriel) : Oui. C'était pour... ça s'appelait Twist avant, je n'ai
pas beaucoup de détails, là, mais c'était une filiale qui avait été
créée pour exercer des activités commerciales par rapport à la
commercialisation des boissons alcooliqu