Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 4 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAPERN 2017-05-04

Quebec — Committees

Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 4 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAPERN 2017-05-04

Quebec — Committees

(Quinze heures trois minutes)

Président (M. Paradis, Lévis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de

la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des

ressources naturelles ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle

d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de procéder à

l'étude du volet Pêcheries des crédits budgétaires du portefeuille Agriculture,

Pêcheries et Alimentation pour l'exercice financier 2017‑2018.

Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?

La Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Habel (Sainte-Rose) est remplacé par M. Billette

(Huntingdon).

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci. Étant donné qu'une période d'une heure est prévue pour ce volet, il n'y aura pas de remarques préliminaires. Nous

allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ

15 minutes, incluant, évidemment, les questions et les réponses.

Et, puisque

nous avons débuté nos travaux à 15 h 3 et qu'une période de trois

heures doit être consacrée à l'étude de

ce portefeuille cet après-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos

travaux au-delà de l'heure prévue, soit 18 h 3? Consentement.

Alors donc,

en commençant par l'opposition officielle, je suis maintenant prêt à reconnaître

une intervention, donc, pour un premier bloc d'échange, de M. le député

de Gaspé. La parole est à vous pour une période de 17 minutes.

Lelièvre : Merci, M. le Président. Je tiens à saluer l'ensemble des

personnes présentes, M. le ministre, son équipe, M. le sous-ministre

Aziz, l'ensemble des collègues des différentes formations parlementaires.

Écoutez, M. le ministre, ça me fait plaisir de

venir discuter de pêche, de pêcheries avec vous, de pêcheries et d'aquaculture, parce que c'est un domaine qui

me tient à coeur. C'est un domaine qui est extrêmement important

pour le Québec

mais surtout pour certaines régions, ce qu'on appelle le Québec

maritime : Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Côte-Nord, Îles-de-la-Madeleine. Vous savez, on dit que l'économie

des pêches... dans l'économie du Québec, les pêches sont moins de 2 %

de notre économie, mais, dans nos régions, c'est tout près du tiers, 30 %

de notre économie qui est basée là-dessus. Puis, au-delà de toutes les crises puis les tempêtes que la Gaspésie

puis plusieurs régions maritimes ont traversées au fil des années, bien,

les pêches ont toujours maintenu le cap pour relancer l'économie, hein, de ces

territoires-là, c'est une valeur sûre. Il y

a eu des périodes difficiles, mais nos industriels, nos pêcheurs, nos

travailleurs d'usine, l'ensemble des intervenants

ont toujours su prendre les bonnes décisions pour s'assurer que le secteur des

pêches continue à contribuer à l'économie, pour une large part de

l'économie de nos régions. Donc, un secteur extrêmement important.

Je vais vous

parler aussi un peu d'aquaculture. C'est sûr, on a des attentes. Le Québec a

investi depuis plusieurs années, même au-delà

d'une décennie dans l'aquaculture, et c'est un domaine qui m'apparaît

prometteur. Donc, on va sûrement avoir l'occasion d'échanger un peu

là-dessus.

J'aimerais aussi vous sensibiliser peut-être en

introduction à, disons, une crise qui se vit présentement au niveau de l'industrie de la crevette. Vous êtes

sûrement au courant. Depuis quelques semaines, la pêche n'est pas débutée.

Donc, ça cause différents problèmes au

niveau, notamment, des travailleurs d'usine, qui sont inquiets à savoir

qu'est-ce qui va arriver avec

l'absence de revenus. On sait que l'assurance-emploi couvre un certain nombre

de semaines, mais, rendu à cette

période-ci de l'année, souvent, ce qu'on appelle le trou noir arrive,

c'est-à-dire qu'il n'y a pas de revenus d'emploi parce que l'industrie n'a pas ouvert ses portes, au niveau de

la crevette, et les prestations d'assurance-emploi sont complétées. Donc, est-ce qu'on peut prévoir,

si ça se poursuit dans les prochaines semaines, une alternative pour aider

nos travailleurs d'usine? Dans les années

antérieures, des situations similaires se sont déjà produites, et on a, au

niveau du gouvernement du Québec, intervenu avec des programmes,

différents programmes. Donc, j'aimerais peut-être vous sensibiliser à une veille active à ce niveau-là, parce que ça se peut

qu'on ait, malheureusement, peut-être une prolongation de la situation.

M. le

ministre, j'aimerais également vous sensibiliser à l'importance, en parallèle à

votre mandat, mais de l'École des pêches et de l'aquaculture de

Grande-Rivière. J'ai eu l'occasion, il y a quelques heures, d'aborder le sujet

avec la ministre responsable de l'Éducation

supérieure. Vous savez, la ministre de l'Éducation s'occupe de l'école, vous,

vous occupez des pêches, donc c'est

complémentaire. Donc, je l'ai sensibilisée à l'importance, là, de donner un

coup de main à l'EPAQ, une des cinq

écoles spécialisées au Québec, qui, je dirais, combat, là, pour sa survie. Il y

a des progrès énormes qui ont été réalisés dans

les dernières années, mais ce n'est pas évident. On sait que le budget

d'opération, à partir du 1er juillet

2017, de l'École des pêches, qui fait

partie du cégep de la Gaspésie, n'est pas

encore assuré. Donc, une attention particulière,

parce que c'est la seule école dans ce domaine-là au Québec. Puis c'est un

joyau pour la ville de Grande-Rivière, qui est très fière d'avoir sur

son territoire cette école nationale.

Donc,

peut-être vérifier avec vous... Dans un premier temps, commençons par

l'aquaculture et toute la

section de

l'élevage soit en mer soit en bassin. J'ai eu l'occasion de rencontrer

différents éleveurs, dans les dernières années, et ces gens-là nous disent que,

bon, on pourrait développer davantage le secteur de l'aquaculture. On a des

programmes, mais il faut pousser un

peu plus, là, à ce qu'on nous dit, les gens ont besoin d'un appui. Notamment,

pour des investissements en

immobilisations, le Québec pourrait prendre une plus grande place. Juste au

niveau de la truite, la consommation,

on produit environ 8 % de la consommation québécoise, là, strictement de

la truite. Si on ajoute le saumon et les autres espèces, ça pourrait

être encore supérieur.

Donc,

j'aimerais vous entendre, là, sur la vision du gouvernement du Québec, du MAPAQ

sur l'aquaculture. Vous savez, dans

le monde, il y a vraiment une progression, là, pour les produits de la mer. Au

niveau des saines habitudes de consommation,

les produits de la mer sont de plus en plus répandus, il y a une tendance.

Comment peut-on s'inscrire puis créer de l'emploi pour nos régions dans

ce créneau-là?

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député de Gaspé. La

réponse, la parole appartient au ministre de l'Agriculture, des

Pêcheries et de l'Alimentation.

Lessard :

Oui, merci beaucoup, M. le Président. Bienvenue, tout le monde. Merci à mes

collègues, le collègue de Gaspé, qui connaît bien les produits de la mer,

évidemment, puisque c'est une industrie qui a été quand même assez stable au fil des années. Quand la grande

industrie est partie, les pêches, l'aquaculture, la capture sont demeurées et

ont été la base sur laquelle on a

toujours construit, au fil des années, le temps de se reconstituer. Je veux

saluer aussi mes collègues des

Îles-de-la-Madeleine, de Dubuc, de Beauce-Sud, d'Abitibi-Est, de Montmagny...

Côte-du-Sud, excusez, et de Huntingdon,

donc, qui vont participer à nos travaux, ainsi que mon collègue, donc, de

Nicolet-Bécancour et, je pense, la députée de Saint-Hyacinthe, qui

devrait se joindre dans la journée.

Donc, peut-être, parce

qu'on entre direct, sans remarques préliminaires, on verra un peu plus tard,

tout le monde sait... Parce que, sur la vision, honnêtement, elle fait

partie d'un cadre plus large, parce que, comme vous l'avez dit, l'aquaculture,

c'est dans un plan, parce qu'il y a un plan quinquennal que mon collègue des

Îles-de-la-Madeleine, actuellement, pilote au renouvellement qui touche le

volet autant de la capture, de l'aquaculture, la transformation, la commercialisation, la concertation et

l'innovation. Évidemment, on sait bien que, sur les niveaux alimentaires

internationaux, il y a quelques

années, c'est la première fois que la mer n'allait pas suffire à nourrir le

monde entier en protéine qui vient, donc,

du domaine à tout le moins de la mer et les autres, ce qui fait que

l'aquaculture a pris une grande importance en production et en substitution, là. Donc, on va produire sur terre les

produits de l'aquaculture, donc la truite, le saumon, qui est une

innovation, il y a encore des groupes qui travaillent là-dessus.

Sur la

truite, la difficulté... Parce que, quand on rencontre le principal et grand

producteur, M. Roy, de l'entreprise Bobines,

qui est dans les Cantons-de-l'Est, il a, au fil des années, augmenté sa

production de truite de table. Au commencement,

ses productions d'élevage servaient principalement à ensemencer les lacs, en

général, puis c'est de ça qu'il tirait

les revenus, mais avec l'innovation, comme vous le dites, ça a permis de passer

à une autre étape, de produire de plus grands

spécimens, puis d'adapter, finalement, à la demande du consommateur, et prendre

sa place. Puis aujourd'hui, avec ses fils, ils produisent une truite de

table.

difficulté, ce qu'on me mentionne, puis il faudra adresser la question du côté

environnement, c'est que, les contraintes,

la stratégie environnementale sur le traitement des eaux et des rejets, on dit

qu'elle est assez lourde. Elle est respectueuse de son environnement, ce

que les consommateurs demandent aussi, d'avoir un produit qui respecte l'environnement, socialement acceptable, mais on

me dit qu'elle est assez lourde, qui empêche... ou qui donne un frein au

développement.

De l'autre

côté, on a vu quand même émerger — puis là je termine là-dessus pour favoriser

les échanges — le

saumon d'élevage, mais pas un saumon d'élevage dans les eaux, que ce soient les

rivières, comme on voit du côté de la Colombie-Britannique,

mais vraiment sur terre. Donc, la BC, elle l'a fait. Dans les régions de l'est

des Maritimes, il y a une production

qui est partie, il y a des gens qui sont en demande, actuellement, d'essayer de

faire du saumon d'élevage, il y a

quelques défis, mais principalement, là, pour, donc... qui serait biologique,

qui donnerait accès aux tables directement, donc, accès aux tablettes des grands marchés. Les productions qu'on dit

biologiques, des productions de saumon sur terre, sont pratiquement toutes vendues aussitôt que la

production est là. Donc, il y a certainement un effort à faire sur ce volet-là,

par rapport aux salmonidés, là, en aquaculture.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Gaspé.

Lelièvre : Merci, M. le Président. Merci, M. le ministre, pour les

informations. Donc, ce que je comprends, c'est que vous semblez sensible, là, et éveillé à toute la question, là,

de l'émergence, là, de ces nouveaux produits là. Donc, je souhaite que le Québec prenne sa place puis que

les régions puissent en tirer bénéfice. C'est vraiment un domaine d'avenir,

c'est clair.

Si on parle, maintenant, de l'ensemble des

pêches, il y a un élément qui revient, qui, encore là, n'est pas nécessairement dans votre ministère, mais que

plusieurs industriels ont soulevé, dans les dernières années, puis ce n'est

pas récent, là, c'est quelque chose qui

remonte à quelques années, c'est la question des crédits d'impôt à

l'investissement.

crédits d'impôt, on le sait, sont gérés, bon, par le ministère des Finances, en

partie, et en

partie par le ministère du

Développement économique. Et, je dirais, c'est le délai de remboursement. Les

industriels déplorent... Écoutez, par exemple,

pour des investissements de l'ordre de quelques centaines de mille dollars, des

fois ça dépasse le million, souvent on va atteindre des délais de

remboursement jusqu'à 18 mois.

Donc, je sais que ce n'est pas dans votre

portefeuille, mais j'aimerais vous sensibiliser, parce qu'on sait que l'industrie de la pêche, c'est une industrie

saisonnière. On investit des millions pour se moderniser, on n'a pas le choix

parce que la main-d'oeuvre se fait de plus en plus rare. Si on veut répondre

aux exigences internationales, on doit se moderniser,

et les industriels ont fait leur bout dans les dernières années. Mais le crédit

d'impôt est très bien accueilli, c'est clair,

mais, le délai de remboursement, quand on parle de 12 à 18 mois, ça

m'apparaît un peu long. Puis ce n'est pas d'hier, là.

Donc, je vous

sensibilise parce que c'est votre monde, c'est vos industries qui me passent le

message. Donc, je vous demanderais de

peut-être sensibiliser vos collègues à cet effet-là. C'est plus une

information. Je ne sais pas si vous avez de quoi à ajouter là-dessus,

mais...

Lessard : Ce qui

est intéressant, dans les demandes traditionnelles du secteur de la Gaspésie et

des Îles, Côte-Nord, ce crédit-là est fort

important, et ça fait la différence. Et personne au Québec... On se souvient

d'une certaine guerre intrinsèque

entre les différentes régions concernant les crédits d'impôt aux régions

ressources. Mais, quand on parle de ressources,

vraiment cette ressource-là n'est pas en compétition ailleurs au Québec, c'est

vraiment le Québec maritime que vous avez identifié. Puis, dans la

région des Maritimes, ça fait le travail.

On comprend

la difficulté de prendre la mer tous les jours, se lever plus de bonne heure,

affronter les défis que nous présentent actuellement les grandes

marées, les éloignements. Quelqu'un me racontait que, juste pour aller, donc, pêcher le crabe, il fait 14 heures en bateau,

14 heures en bateau pour y aller, 14 heures revenir, donc, pour qu'on

ait des produits frais.

Donc, je

prends bonne note puis je ferai les représentations

d'usage, là, pour réduire, parce que ça joue sur les liquidités, à la fin. Ça fait qu'ils sont obligés

de les avancer, ils savent qu'ils vont les avoir, ils sont obligés d'aller

chercher un outil de financement bancaire. Bon, même si ça arrive, je

prends bonne note, là, que ça devrait être plus efficient.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

M. le député de Gaspé.

M. Lelièvre :

Le prochain élément, c'est... Bon, c'est sûr que le temps file vite. Je pense

qu'on ne peut pas passer sous

silence, là, l'élément que j'ai mentionné en introduction, c'est-à-dire les

problèmes qui sont rencontrés au niveau de la pêche à la crevette, parce que, bon, dans d'autres domaines ça va

bien. Le crabe, les quotas sont supérieurs, les gens sont en mer. Le homard se porte bien aussi, le

poisson de fond relativement bien aussi, on voit une effervescence. Donc,

l'exception, cette année, c'est la crevette.

Et je vous

dirais que les travailleurs d'usine, là, qui sont souvent les gens qui

travaillent aux salaires les plus bas sur

le marché, souvent au salaire minimum, travaillent très fort, dans des

conditions difficiles, des gens qui sont fiers de leur travail, mais ces gens-là, là, depuis quelques

semaines, certains sont sans aucun revenu. Et chaque semaine qui passe fait

en sorte qu'on augmente la quantité de travailleurs qui sont sans aucun revenu,

question, là, du fameux trou noir de l'assurance-emploi.

Est-ce que

vous pourriez vous engager à envisager, là, avec vos partenaires, par exemple

votre collègue du Travail ou

d'autres, sûrement le ministre régional aussi, responsable de la région, à

mettre en place, advenant le cas que ce soit un besoin, si le problème s'éternise ou s'extentionne... est-ce qu'on peut

envisager la mise en place de mesures palliatives

comme ça a déjà été fait dans les

dernières années pour permettre à ces travailleurs-là d'avoir accès à un revenu minimum, là,

au cours des prochaines semaines?

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

M. le ministre.

M. Lessard : Oui. On se retrouve devant une drôle de situation.

Évidemment, les produits, vous avez noté, les quotas se sont améliorés dans le domaine du crabe, le

homard, donc ça va être encore une bonne saison. C'est ce qu'on annonce.

En tout cas, les prix sont bien annoncés. J'ai été au Boston Seafood Show avec mon

collègue des Îles-de-la-Madeleine, les ventes semblent... la perspective est

Maintenant, dans la crevette, évidemment, curieusement,

ils ont décidé de ne pas prendre la mer cette année à cause du différend sur la négociation des plans conjoints, faisant en

sorte que, un, donc, les pêcheurs n'ont pas pris la mer pour aller récolter les crevettes, puis les

entreprises ont décidé de rester fermées. Je veux dire, il n'y a pas personne

qui pêche puis il n'y a pas personne qui le

transforme. Donc, ça fait une situation assez difficile. Ils se sont présentés

devant la régie pour essayer de

régler leur différend le plus rapidement possible, mais toutes les semaines

qu'on perd, en Gaspésie, c'est des semaines perdues, ça ne se rattrape

pas, dans le domaine des pêches.

Alors donc,

devant le fait qu'il y avait comme une difficulté, ils nous ont demandé...

Donc, on a suggéré si un médiateur ne pourrait pas entrer au dossier.

Ils ont accepté hier d'avoir un médiateur, qui aujourd'hui rencontrait les

parties, et demain, dans le but de trouver un règlement le plus rapidement

possible.

Alors donc,

ça crée toujours de la pression sociale, parce qu'évidemment le temps de

chômage... On est sensibles à ce qui

se passe. On va regarder, voir s'il n'y a pas de fonds qui existe, de

suppléance. Mais on espère que le différend va se régler rapidement.

Mais ça

m'indique aussi que... On a la Régie des marchés qui est un régulateur. Est-ce

qu'il y a des mécanismes qui

pourraient être améliorés pour trouver des solutions différentes? J'ai vu des

belles propositions qui ont été faites dans le sirop

d'érable, en disant : Ne revenez plus me voir sur le mécanisme de fixation

des allocations de quota, je vous donne la formule, vous aurez à l'appliquer. Donc, on aura certainement cette

discussion-là. L'AQIP nous parle aussi de décisions intérimaires, etc.

Donc, il y a

certains mécanismes. On va regarder si on ne pourrait pas avoir un banc

spécialisé éventuellement dans le secteur des pêches pour qu'on puisse

activer. La période est courte, un peu comme dans le sirop d'érable.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

M. le député de Gaspé. À vous pour deux minutes encore.

M. Lelièvre : Je comprends que le

médiateur a été nommé dans les derniers jours? C'est récent?

Lessard :

Le conciliateur a été nommé hier, et les parties se sont rencontrées

aujourd'hui et demain, donc, dans les horaires fixés.

Lelièvre : O.K. Parce que c'est sûr que c'est une situation qui risque

de s'empirer dans les prochains jours, les

prochaines semaines, si jamais il n'y a pas d'entente. On sait que le... Puis

la problématique n'est pas seulement qu'au Québec, hein? Même à Terre-Neuve, là, c'est problématique. Donc, ça

semble être assez sérieux, cette année, les prix ont vraiment chuté. Donc, je voulais vraiment vous

sensibiliser à l'importance que, si jamais il n'y a pas une solution à court

terme, on devra se reparler, avec vos

collègues, pour voir à mettre en place des mécanismes pour protéger les

travailleurs d'usine, parce que, je

le répète, c'est des gens qui travaillent très fort mais à des revenus très

modestes, donc ils n'ont pas de marge

de crédit dans leurs comptes, là.

C'est le pain puis le beurre, là, qui est en manque, ce n'est pas long. Ça fait

que c'est vraiment leurs besoins, hein,

de base, là, qui sont, souvent, menacés. Donc, je vous demande d'être vigilant à ce niveau-là, là. Puis soyez assuré de ma

collaboration dans ce dossier-là.

Lessard : C'est apprécié, en fait. Puis, historiquement, j'ai déjà été, dans le temps, aux

Pêches et j'ai déjà vécu ce

différend-là. Et à un certain moment donné, donc, ils avaient trouvé d'autres

sortes de solutions. Mais, pendant que ça dure... Une journée perdue, en pêche, ce n'est jamais bon pour

l'économie régionale, qui est un... Les entreprises se sont spécialisées. Elles ont des meilleurs équipements,

elles sont plus modernes. Mais, quand tu n'as pas de ressource, tu n'as pas de ressource; tout ça, ça ne fonctionne pas,

donc, on est conscients, sur l'économie régionale. Puis ça fait une drôle

de situation. Parfois, c'est le conjoint qui

est allé pêcher, puis l'autre va travailler à l'usine. Alors, probablement que,

dans la maison, ça ne doit pas être tout le temps jojo, de ces temps-ci.

M. Lelièvre : Merci, M. le Président.

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député de Gaspé. Ce sera

maintenant au bloc du gouvernement pour une période de

14 min 15 s. Je reconnais le député de Huntingdon. À vous la

parole, M. le député.

Billette : Merci beaucoup,

M. le Président. C'est un plaisir. Je pense que c'est la première fois qu'on

partage une commission ensemble. Je

veux saluer mes collègues, également les collègues de l'opposition, M. le

ministre également. Félicitations à

votre bon travail! Je sais qu'on l'a pris à pied levé, deux gros ministères,

donc c'est tout à votre honneur. M.

le sous-ministre, qu'on retrouve. Je pense que la dernière fois que je vous ai

vu ici, M. le sous-ministre, c'est voilà cinq ou six ans, peut-être, il y a quelques années. Les gens du cabinet

également. Également, les permanents du ministère de l'Alimentation, du MAPAQ, autrement dit. C'est

un plaisir. Puis félicitations pour votre bon travail que vous faites tout au long de l'année pour pouvoir soutenir les

politiques alimentaires et les pêches, également, à la grandeur du Québec!

Je vais vous

dire, c'est important, cette commission-là. Je n'ai pas un parti pris. Je viens

d'un milieu très agricole, mais, je vais vous dire, lorsqu'on parle d'un

secteur d'activité d'importance, c'est sans aucun doute l'agriculture et l'alimentation. Lorsqu'on parle que 7 % du PIB

est basé sur l'agriculture, l'alimentation et l'agriculture, également, c'est

500 000 emplois, et d'autant plus

important, je pense, c'est l'occupation du territoire. On a tous... On est

presque tous du milieu rural, ici. Et

c'est ce qui occupe également... ce qui fait vivre nos épiceries, nos écoles,

c'est souvent l'agriculture, donc d'où l'importance de ces crédits-là et

les heures qu'on va pouvoir y consacrer aujourd'hui.

On commence

avec le bloc pêche et aquaculture commerciale. Et j'entendais mon collègue de

Gaspé qui parlait que c'était

2 % de l'économie, mais, je veux dire, c'est beaucoup quand même. C'est ce

qui nous permet également, au niveau de l'agriculture et des pêches,

d'avoir un mouvement diversifié et d'occuper les régions. Je pense que mes deux collègues, vous, des Îles-de-la-Madeleine,

également, on voit qu'il y a une diversification. Et, je pense, c'est tout à

l'honneur du Québec de pouvoir voir ces

différentes expertises là et connaissances au niveau de l'agroalimentaire à la

grandeur du Québec. Et ce qui fait notre force, c'est notre diversification.

On sait que

le secteur est très important, autant que la terre. Et, dans ce sens, M. le

ministre, il y a un plan d'action qui

avait été mis en place pour cinq ans, un plan quinquennal, de 2013 à 2018. Il y

avait cinq programmes qui en avaient découlé à l'époque. Il y avait... Je

n'en ferai pas l'état non plus, là, des cinq programmes, mais, je pense, ça

avait été souhaité, ça avait été bienvenu

également. Ça avait été fait de concert avec l'industrie de la pêche. Il faut

savoir également qu'il y a une

concertation, également, avec le fédéral à ce niveau-là parce que, chacun, on a

nos champs d'expertise, et ça se complète

bien. Puis, je pense, c'est une industrie qui a besoin de soutien aussi bien au

niveau financier qu'au niveau de développement, et les cinq programmes

répondaient de façon exacte à ces besoins-là.

Vous avez fait...

vous n'avez pas fait, le ministère a fait un renouvellement, le gouvernement,

de deux de ces programmes-là, 2015‑2016, pour trois ans, les deux premiers

programmes, qui était, premièrement, l'appui financier aux entreprises de pêche, quelqu'un qui veut

s'acheter un bateau, qui veut s'acheter une flotte, qui a besoin de sous

également pour pouvoir pallier... On

parlait des fluctuations. C'est saisonnier, quand même, au niveau des pêches.

Et également, baisser son taux d'endettement, je pense que le

gouvernement peut jouer un rôle important à ce niveau-là. Donc, ce programme-là a été renouvelé pour trois ans, et

également celui à la relève. On connaît bien l'importance de la relève, M. le ministre, également. Je pense qu'on partage...

Vous avez fait la politique de la relève agricole lorsque vous étiez dans votre premier... deuxième passage ou

troisième passage au ministère. Donc, ce programme-là également a été renouvelé

sur un horizon de trois ans, jusqu'au 31 mars 2019.

y a deux autres programmes également qui se terminaient au 31 mars 2017

qui viennent d'être renouvelés pour une

saison. On parle, à ce moment-ci, du programme d'appui financier au

développement de la pêche et aquaculture, donc, qui permet à nos entreprises déjà existantes de pouvoir croître, de

pouvoir devenir compétitives. La compétition, ce n'est pas, souvent, le pêcheur qui est à côté, mais

souvent ça peut venir de l'Asie, ça peut venir d'autres pays également. La

compétition, le marché est maintenant devenu mondial.

Également, aux initiatives collectives, je pense que la

concertation, c'est ce qui a fait la force de la pêche et de l'aquaculture à la

grandeur du Québec, donc, d'avoir des associations, des

regroupements également qui sont forts, qui parlent au nom des

pêcheurs et qui soutiennent également ces pêcheurs-là.

également, le dernier, il faut innover. C'est un secteur...

Comme tout autre secteur, il faut toujours aller de l'avant, voir l'innovation. Il y avait le programme Innovamer. Donc, je

pense, ce qui est intéressant, c'est que ça a été renouvelé. On parle

d'une période d'un an, M. le ministre. Donc, à ce moment-là, si vous pouviez

nous dire — un

an, c'est vite passé — où on en est et également les sommes qui

sont disponibles pour nos gens, là, aussi bien de la relève, de la recherche

et développement, des regroupements que tout bon pêcheur qu'on a ici, au

Québec.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. La parole à M. le ministre.

Lessard : Oui, merci. Donc, mon collègue de Huntingdon, là,

qui vient de dresser un portrait assez exhaustif, quand même, de l'ensemble de l'action. Puis, je

tiens à le mentionner, mon collègue des Îles-de-la-Madeleine a fait le tour et a mené, depuis quelques années, donc, avec

les groupes, la concertation. Il y a un élément dans le plan qui tient

tout le secteur ensemble, et c'est la concertation. Ce n'est pas un gros

groupe, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord,

les Îles-de-la-Madeleine. 12 millions, grosso modo, l'aide, si on prend...

il y a une bonification cette année, là,

sur cinq ans, au dernier budget, mais c'est 12 millions qui va aller à ce

secteur de l'industrie là que, lorsqu'on travaille tous ensemble, on va fournir, donc, des produits

soit pour la consommation intérieure, évidemment, de tous les jours, les

tables touristiques. Ne serait-ce que

d'aller en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, dans le Bas-Saint-Laurent,

aussitôt que les arrivages de crabe

sont là, les expéditions, donc, les livraisons, les achats directement aux

poissonneries, c'est... Tu sais, on

attend depuis tout un hiver, là, à aller prendre les produits de la mer. Mais

aussi on fait des exportations quand même

assez importantes, c'est plus de 600 millions de recettes, là. Quand

j'étais au Boston Seafood Show, récemment, pour faire la promotion des produits du Québec et participer avec, dans

le fond, l'exercice commercial, quand ceux qui les mettent en valeur, les entreprises, les

industriels, vont vendre, donc, et donner accès, au marché américain

principalement, mais il y a tout le

secteur... les Chinois, les Japonais... Donc, c'est une des plus grandes foires

dans le secteur. Donc, ils se présentent, donc, ils veulent avoir accès

à notre ressource. C'est des recettes de plus de 600 millions, donc c'est

assez important, comme tel.

J'en

reviens... Donc, c'est 12 millions qui vont être donnés aux entreprises.

Ce qu'on a favorisé, au fil des années, c'est l'augmentation... l'innovation au service de nos pêcheurs, nos

industriels, donc, autant sur le bateau que dans les usines. Pourquoi? Pour donner accès à un marché,

donner de la valeur au produit, donner de la valeur et plus de revenus aux

pêcheurs et aux transformateurs et

d'accéder, donc, aux tablettes, les meilleures tablettes, qui va payer notre

produit. Donc, la traçabilité est

entrée dans à peu près tous les produits, le flétan, la crevette, le homard, le

crabe. Bon, le crabe, ce n'est pas

complété encore partout sur, je pense, la Basse-Côte-Nord... Ou c'est le

flétan? C'est ça. Donc, sur la Côte-Nord. Donc, il nous reste du travail à faire sur cette traçabilité-là. Mais j'étais

en Gaspésie, et l'équipe de M. Poirier faisait en sorte que... Dans les années antérieures, on se

disait : Avec la traçabilité, on pourrait vendre directement, on pourrait

savoir quel pêcheur, à quelle heure

il l'a fait, et être capable de vendre son produit plus cher. Savez-vous

qu'est-ce qu'il m'a dit? Ça a marché. Quand je suis retourné visiter les

bureaux de leur installation, dans le temps, ils étaient avec des cahiers puis

des crayons. Quand je suis passé, ils étaient avec des écrans, parce que, là,

ils pouvaient faire maintenant directement...

et même parler, enregistrer des capsules pour parler à ceux qui ont acheté

leurs produits, et ça avait donc valorisé, quelques millions de dollars de plus dans leurs poches pour avoir fait

une démarche en traçabilité, comme quoi, quand le secteur, la concertation qui est faite puis la

valeur d'un produit... On a même, maintenant, j'étais content de voir ça... on

a des huîtres. Donc, on a diversifié le champ d'activité en ayant les

meilleures productions. Puis, bon, les changements climatiques ont changé, la baie des Chaleurs s'est améliorée, ce qui

fait qu'on peut maintenant augmenter le nombre de productions, améliorer la quantité de produits et

aider, donc, à accéder aux tablettes mais avec des pratiques modernes.

ne veut pas seulement de la croissance, dans le domaine des pêches. Comme

ailleurs en matière agricole, on veut de la croissance durable, donc on

ne fait pas de sureffort de pêche. On a des eaux froides de grande qualité,

c'est reconnu mondialement pour la qualité des eaux. Et de faire aussi qu'on

limite le nombre de remontées, exemple, aux Îles-de-la-Madeleine,

qui est une pratique, qu'on identifie notre produit, qu'on fait la traçabilité,

du côté de la Gaspésie... Et ça nous

permet d'accéder à des marchés mondiaux, en plus qu'on obtient des

certifications pour être sûrs de répondre aux grands standards

internationaux.

Alors donc, ça, on pourrait le décliner produit

par produit. C'est sans compter qu'un jour le temps vient nous aider aussi, le retour du sébaste dans peu de temps. On

me dit que les stocks sont à un niveau tel qu'on peut penser, avec les permis qui sont détenus

par le Québec, pour 30 %

des permis, le sébaste, ces poissons de fond seront de retour et augmenteront, donc il faut se préparer, avoir des

meilleurs bateaux, avoir des bateaux appropriés, avoir des usines avec des installations, donc, parce que ça va augmenter

une pêche de plus et étirer le temps des pêches. Ça fait que, donc, on est

parfois aussi chanceux. Comme cette année, dans le crabe, ils ont doublé les

quotas de crabe. Les bateaux reviennent, il

y a 100 000 livres de crabe par bateau, écoute, ils capotent. C'est

une belle année. On en profite puis on engrange les profits. Ça nous permettra de nous donner le

temps, par la suite... Parce qu'on a eu des années où c'était moins que ça,

donc. Vous vous en souvenez, la stratégie de rachat, même, des permis, de

rationalisation dans le domaine du homard. On se servait des permis de crabe, avec les montants qu'on obtenait,

pour faire les remboursements, comme levier financier, et ça a fonctionné. Maintenant, tu as des pêcheurs...

prime à l'établissement, qui permet, un, d'acheter à ses parents ou à la parenté, comme en agriculture, d'avoir des

meilleurs bateaux, on refinance des bateaux, on refinance des équipements,

mais surtout des équipements modernes.

Alors donc,

c'est un secteur qui est très actif. Ça, c'est 12 millions du gouvernement

dans différents aspects, mais chaque

industriel investit beaucoup d'argent pour répondre aux standards

internationaux. En Gaspésie, parce que je nomme celui-là, puis tantôt mon collègue des Îles pourra en parler, ils ont,

donc, des certifications internationales, ce qui fait que les Japonais sont directement dans l'usine pour

sélectionner les meilleurs produits, obtenir les meilleurs prix puis exporter

en qualité puis en valeur ce que la mer nous

a offert en récolte pour les pêcheurs, mais, nécessairement, dans les poches

des pêcheurs, de meilleurs revenus.

Donc, on

n'est pas obligés de soutenir autant les secteurs de l'industrie, puisqu'ils

peuvent réinvestir les profits qu'ils

tireront. Actuellement, l'industrie me dit que ça va bien, en général. Les

crevettes, là, on a un différend, mais ça va...

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. Toujours la

parole au député de Huntingdon? Non, on s'en va avec le député des

Îles-de-la-Madeleine.

M. Chevarie : Merci. Il me reste

combien de...

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Trois minutes, M. le député.

Chevarie : Trois minutes? Je pense que je vais faire un commentaire

assez rapide, compte tenu du peu de temps qu'il reste, pour parler des

pêches à mon niveau.

D'abord, vous

souligner, M. le Président, que le mois d'avril et mai, c'est vraiment

l'occasion de lancer les pêches, pour les communautés maritimes, hein, avec nos

trois produits-vedettes : le crabe, la crevette puis le homard. Bien sûr,

il y a la mariculture, il y a d'autres types

de pêche, mais, particulièrement pour ces produits-là, ce sont des produits extrêmement

appréciés non seulement des Québécois, sur

le marché canadien également et sur le plan international. Par rapport à ces

trois produits-là, si on pense au

débarquement, par exemple, c'est 60 millions de tonnes qui sont débarquées

pour l'ensemble des produits, en

incluant ces trois produits-vedettes. C'est 250 millions en dollars au

débarquement, ça, c'est-à-dire, aux travailleurs

de la mer, qu'ils reçoivent en termes de retombées économiques. Si on parle,

par exemple, de... si on inclut la

transformation puis l'exportation, là on arrive à plus de 500 millions de

dollars par rapport à l'ensemble des produits marins du Québec. Alors, c'est d'une importance capitale pour l'ensemble

des communautés maritimes. Et c'est 8 000 emplois

pour la Gaspésie, pour les Îles-de-la-Madeleine, pour la Côte-Nord, le

Bas-Saint-Laurent. Alors, c'est vraiment majeur en termes d'impact dans nos communautés maritimes du Québec. Et

évidemment on va souhaiter — puis j'imagine que le ministre, dans ses

remarques, à la fin, va le faire — une excellente saison à tout le monde, bien

sûr, sécuritaire et avec des bons résultats.

Et ce que

j'inviterais mes collègues ici, les gens de l'Assemblée qui sont présents ici,

à cette commission, et la population en général, c'est d'exiger dans vos

épiceries ou encore les marchés les poissons... les produits marins du Québec, exiger, parce qu'on a quand même,

particulièrement pour le homard, des produits qui nous viennent des provinces

maritimes, particulièrement de la

Nouvelle-Écosse, où il y a, à l'occasion, un peu l'inondation des marchés sur

le marché québécois. Alors, exigez

les produits marins du Québec. Et, je pense, ça va être extrêmement apprécié. Et c'est une façon

d'aider nos communautés maritimes dans notre développement économique et surtout le

développement de la pêche.

Maintenant, je ne sais pas s'il reste encore

quelques secondes...

Le Président (M. Paradis, Lévis) : À

peine 10 secondes, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

Chevarie : Bon,

10 secondes. Saluer l'enthousiasme du ministre par rapport à tout le volet de développement

des pêches et de la mariculture. C'est majeur pour nos communautés maritimes du

Québec. Merci.

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. Voilà qui complète le bloc du gouvernement. Je cède maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition

pour une période de 12 minutes et je reconnais le député de Nicolet-Bécancour.

Martel : Merci, M.

le Président. Bien, dans un premier temps, je veux vous saluer. Vous m'avez partagé, ce

matin, votre enthousiasme de passer la

journée avec nous aujourd'hui. Donc, j'espère qu'on va passer une belle fin de

journée.

Je veux

saluer le ministre. Content de parler des pêches aujourd'hui, c'est rare, quand même, qu'on a l'occasion de parler de ça. Mon

collègue et ami, que je dis toujours, de Gaspé et les députés membres du gouvernement.

Je pense que j'ai une douzaine de

minutes, c'est assez difficile d'approfondir, mais je vais vous dire un peu en

rafale les préoccupations que j'ai, puis

on prendra le temps qui restera. Mais, tu sais, quand je pense aux pêcheries,

je pense aux stocks de poissons, évidemment,

ça prend des stocks pour... Ça fait longtemps qu'on parle moins de la morue. Puis

là j'avoue mon biais par rapport à la morue, là. On dit que les stocks s'améliorent un petit peu, puis j'aimerais ça avoir votre point de vue par rapport à la

morue. Par rapport à la crevette, mon collègue de Gaspé en a parlé tout à

l'heure. Et évidemment, ce qui me touche peut-être un petit peu plus particulièrement, il y a la perchaude au lac Saint-Pierre. Ça a un

impact, évidemment, sur la pêche sportive, mais ça impacte aussi sur les

pourvoyeurs.

Je voulais qu'on se

parle aussi des pêcheurs, parce qu'il y a un problème, souvent on parle de la

sécurité des pêcheurs, mais aussi de la

relève. Je veux savoir s'il y a des programmes adaptés, au ministère, pour assurer une

certaine relève au niveau des pêcheurs.

j'avais une préoccupation aussi par

rapport à toute la flotte de bateaux

de pêche, parce qu'on dit qu'à beaucoup

d'endroits ça commence à être vieillot.

Est-ce qu'on a des programmes pour s'assurer qu'on va avoir une industrie

de la pêche forte et pour longtemps?

vais vous parler, s'il reste du temps... Je sais qu'il y a le quai... je

pense que c'est à Matane, qui est un peu désuet par rapport à accueillir les

bateaux de pêche. C'est des emplois qui sont importants en région. Et,

toute la question de la transformation, voir s'il

y a des projets à cet égard-là, parce

que la transformation, souvent, je pense à toute la région de la

Gaspésie, il y a beaucoup d'usines de transformation, ça crée des emplois et

c'est important en région.

fait qu'essentiellement si vous pouvez me parler un petit peu de l'état des stocks, là, crevettes, perchaudes et morues.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. La parole au ministre.

Lessard : Oui.

Alors donc, oui, on va y aller par étapes, je pense. Je salue mon collègue, qui

est baigné par le lac Saint-Pierre,

la pêche sportive, pêche commerciale principalement pour la perchaude, qui a connu de meilleures

années. Évidemment, ça fait en sorte aussi

que ça exprime très bien ce que le Québec fait, autant que le

fédéral, sur la gestion des stocks et

des inventaires, quand il y a un signal qui est envoyé qu'il y a

une possibilité de baisser le stock au point de le perdre. Donc

là, il n'y a plus de pêche sportive possible, il n'y a plus de pêche

commerciale possible, et même les

pêches autochtones ou communautaires

peuvent être cessées. Et, dans ce temps-là, ils mettent un plan de rétablissement, donc un plan pour voir quand

est-ce... les méthodologies pour... Donc, c'est le ministère de la Faune et des

Parcs qui va faire cet aspect-là.

Pour

le volet de la morue, évidemment, au fil des années... On se souvient. Quand

moi, j'étais jeune, je mangeais de la morue. Quand on était pauvres, on

mangeait de la morue. Il est arrivé des grands bateaux, ils ont tout ramassé le

fond puis ils ont ramassé les grandes

espèces. Puis, en général, les petits, ils les jetaient. Bien, si les petits se

reproduisent entre les petits, ça va

faire des petits, faibles. Donc, les grandes espèces, les grands mâles de

reproduction ont été enlevés dans la chaîne, a fait en sorte que, donc,

on a assisté à une baisse très significative, au fil des années, qui a amené un

moratoire. Et on espère, donc, pendant plusieurs

années, que les biologistes du gouvernement

fédéral et du gouvernement du Québec... Donc, on anticipe

que, l'an prochain, sur la morue, il

y ait assez de morue, il y ait

assez de spécimens avec... nécessairement, quand on rouvre la pêche, il

y aura des spécimens.

Donc, la dimension des spécimens, souvent, comme

dans le homard ou ailleurs, donc, est réglementée pour faire en sorte qu'on

remette à l'eau... bon, qu'on garde les femelles, etc. Donc, il y aura

certainement un plan. Mais, oui, 2018 est

anticipé comme étant un retour de la pêche à la morue, donc, ce qui nous laisse...

Et, pour les pêcheurs de poisson de fond, bien, c'est une pêche de plus,

c'est une activité de plus. Et on les prend toutes.

Concernant

la sécurité, que vous avez mentionnée, ça fait

partie du plan des pêches en

général, la sécurité à bord, on veut

qu'ils prennent la mer et qu'ils retournent. Il y a eu un décès sur un quai

récemment, au transbordement. Donc, il ne

faut pas seulement que les bateaux soient sécuritaires lorsqu'on met les

casiers à l'eau... Puis on le sait puis on invite toujours nos aides-pêcheurs puis nos pêcheurs à faire

attention, parce que l'activité casiers, dépôt à l'eau et remontée, présente son lot de risques. Alors, autant quand

on fait des débarquements, là, il semble que la... en tout cas, l'ancienne

CSST est en train de faire enquête sur le décès d'une personne qui a été

blessée sur le quai.

Quant

à la flottille, évidemment, il y a beaucoup d'efforts qui sont faits, qui font

partie du plan d'investissement. On donne des garanties, donc, de prêt,

j'en signe régulièrement, des bateaux. Donc, soit qu'ils achètent, soit qu'ils refinancent, soit qu'ils apportent des

modifications ou carrément qu'ils en achètent des neufs. Et la nouvelle

génération de bateaux achetés, ils

sont plus longs, parce qu'ils entrevoient, donc, les nouvelles pêches qui vont

arriver, donc, avec des équipements

puis des engins plus grands. Alors donc, la flotte va mieux, mais il faut

continuer de les garder technologiques.

Puis il y a des façons, maintenant, à

part les étoiles, de se repérer, mais les

bons marins savent qu'on doit avoir

plusieurs outils à sa disposition pour faire les meilleurs repérages, aller sur

les sites, détecter la présence des poissons ou pas. Alors donc, voilà.

Pour

ce qui est des quais, parce que vous avez abordé la... le quai de Matane, on a

un intérêt pour... On sait que le fédéral a lancé une procédure, puis ça

revient régulièrement, on a jusqu'au mois de juin pour se prononcer sur des... est-ce que le Québec a un intérêt pour certains

quais. Mon collègue de la Stratégie maritime a levé la main en disant oui.

Donc, on laissera savoir au mois de juin les

quais qui sont d'intérêt, susceptibles d'être transférés après amélioration.

Donc, il y aura une négociation qui pourra nous amener... Et ce quai-là,

à Matane, nous avons un intérêt pour sa cession.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. La parole au député de

Nicolet-Bécancour.

Martel : Merci, M. le Président. On a vu que le gouvernement

fédéral, je pense que c'est au mois de mars, là, il a fait une annonce quand même assez importante pour l'injection

de fonds pour favoriser la pêche au Canada, et je voulais savoir : Est-ce que vous connaissez

l'impact que ça a au Québec, cet investissement-là? Et est-ce que Québec compte

en faire autant pour des fois doubler les

montants? Parce que tantôt il y a le collègue des Îles-de-la-Madeleine qui

parlait de la vente des produits, ce

serait bien si on faisait la promotion des produits du Québec, mais souvent ça

prend des sous pour encourager nos producteurs, nos transformateurs.

Donc, je voulais savoir s'il y avait une stratégie financière derrière tout ça.

Lessard : Pour

revenir au... Je pense que ça ne fonctionne pas.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Oui, M. le ministre.

Lessard :

O.K., excusez-moi. Donc, l'annonce du fédéral, qui semblait très bonne pour le

Québec maritime, a été très décevante

pour le Québec parce que le Québec n'en fait pas partie, donc, ils ont attribué

ça au Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse,

etc., l'Île-du-Prince-Édouard. Alors donc, je suis allé l'exprimer au nom de

tous à Boston, rencontrer le ministre

LeBlanc, qui n'était pas encore venu beaucoup. On l'a invité, apparemment qu'il

va venir bientôt. Parce qu'il semble

qu'ils ont aussi un plan pour le Québec, mais on ne l'a pas vu. Alors donc, on

a manifesté notre déception. Puis on

pense qu'on fait quand même

partie du Québec maritime, ça doit... il faut qu'il

rentre un petit peu d'inter, là, tu sais. Et, comme ils l'ont ciblé, ils l'ont ciblé à l'alliance, donc au groupe,

et non pas à nous, alors donc on a exprimé, un, notre frustration.

Deuxièmement, on met de la pression pour qu'ils puissent nous aider aussi.

Troisièmement, sur le développement et la promotion, évidemment, on a le Groupe

Export aussi. Donc, pour les exportateurs, exemple le groupe qui est allé à

Boston, le groupe qui va aller au European Seafood Show, en Belgique, ou

qui va aller en Chine pour faire la

promotion — je

pense que mon collègue des Îles-de-la-Madeleine les a

accompagnés — qui

nous a permis de revoir les Chinois ici

récemment, à Montréal, avec un groupe d'investisseurs pour le loup

marin et d'autres productions, ils

sont supportés par le Groupe Export. Donc, ça, le Groupe Export, on donne entre

9 et 10 millions, je

pense, par année... 3? 3,

excusez. Oui, j'étais généreux. Ils auraient été contents. N'écoute pas ça,

André. Alors donc, 3 millions

par année, excusez, pour faire le support à

l'exportation, comme ils ont tenu le Salon international de l'alimentation

mardi à Toronto, en alternance entre

Montréal et Toronto. Donc, ils aident les entreprises à être présents. Puis on

paie à peu près 50 % des coûts du show sur place. Et donc ça les

aide à faire... bon, réduire les coûts, être présents sur les marchés internationaux et solliciter les acheteurs. Et il

y a de l'argent du fédéral qui nous aide aussi à faire ça mais dans d'autres

programmes que l'argent que le ministre LeBlanc avait annoncé.

Le Président (M. Paradis, Lévis) : M.

le député.

Martel : Bien, je l'apprends, là, peut-être

j'aurais dû le savoir, mais j'apprends que de la part... c'est-à-dire que, je pense, c'est 315 ou 325 millions, c'est beaucoup

de sous. Puis là, de ce que vous dites, je comprends que cet argent-là va pour, autrement

dit, la pêche en mer, les provinces

maritimes puis, j'imagine, une

partie en Colombie-Britannique.

Lessard : Ce n'est pas noté, non. Je pense

que c'est vraiment l'alliance maritime, dans laquelle, dans le fond, on n'est pas, parce que nous ne sommes pas baignés par les eaux...

puis on est plus à l'intérieur.

Mais honnêtement, quand tu ne veux vraiment pas

aider, là, tu fais ça de même. Parce qu'ils ont visé un programme de l'alliance plutôt que viser vraiment le Québec maritime ou

l'Est maritime, donc, dans lequel nous faisons partie, nous pêchons dans les mêmes eaux. Donc, c'est dur à expliquer,

là... bien, ce n'est pas explicable, puis on leur a dit. Et puis là on met de la pression sur

Mme Lebouthillier pour dire : Regardez, là, je pense qu'ils en ont

oublié un petit bout. Il faut que tu

partes de la terre pour te rendre dans l'eau, alors il y a ces bouts-là que

vous avez oubliés. Alors, on a été aussi

expéditifs que ça. On ne va pas lâcher notre morceau. On est appuyés par

l'ensemble des groupes de pêcheurs et des industriels et puis...

Mais

M. LeBlanc a eu une réception quand même positive. On a pris la peine, mon

collègue des Îles et moi-même, d'aller à leur soirée au

Nouveau-Brunswick, dans laquelle ministre LeBlanc prenait la parole...

Président (M. Paradis, Lévis) : En conclusion, M. le ministre, s'il

vous plaît, le temps file. Quelques secondes.

Lessard : O.K.

Bien, on lui a dit qu'on n'était pas contents.

Des voix : Ha, ha, ha!

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. Ça complète le bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition. Je cède la

parole au gouvernement pour un dernier bloc de 14 minutes et je reconnais le

député des Îles-de-la-Madeleine.

Chevarie : Merci, M. le Président. Effectivement, le ministre a très clairement

exprimé au ministre Dominic LeBlanc, le

ministre fédéral des Pêches, notre insatisfaction et nos attentes par rapport aux perspectives de développement.

Puis c'est justement dans

cette voie-là que je veux aborder ce bloc-ci.

D'abord,

le ministre l'a exprimé, mon collègue de Gaspé l'a exprimé également,

les pêches vont bien en général

depuis quelques années. Les prix sont bons, à l'exception des crevettes, là, actuellement,

qu'il y a un petit problème, mais j'imagine que ça va se régler éventuellement. Comme je

l'exprimais tantôt, quand j'ai intervenu, les prix sont bons au débarquement, les usines exportent et vendent de façon

satisfaisante, il y a des retombées extrêmement importantes

pour l'ensemble des communautés.

Et la bonne

nouvelle, M. le ministre, puis vous le savez très bien : il y a des belles perspectives de développement. Vous avez parlé du sébaste tantôt. Effectivement, le sébaste est de retour, et il semblerait que

la cohorte est encore plus

importante que celle des années 90. Alors, c'est assez important.

On a des

perspectives de développement dans le phoque, dans, également,

la mariculture. La mariculture, vous savez,

particulièrement au Québec, on pourrait prendre... on pourrait multiplier par

10 la production qu'on fait actuellement et on n'aurait pas de problème avec le marché québécois,

parce que c'est beaucoup le Nouveau-Brunswick

et l'Île-du-Prince-Édouard qui

répond au marché québécois. Et je pense qu'on a un énorme potentiel, au Québec,

en termes d'environnement, en termes de produits qui sortent de la

mariculture, et on pourrait effectivement prendre le marché québécois en

mariculture.

Il y a toute

la question des résidus des poissons aussi qu'éventuellement on va

s'inscrire dans cette approche-là. Il y

a beaucoup de demande sur le plan de la pharmacologie, les

cosmétiques et même en termes d'engrais aussi. Donc, là aussi, ça va

être une plus-value apportée à nos produits marins du Québec.

Mais je vous

amène, M. le ministre, sur un sujet un petit peu plus controversé

qui est l'industrie du phoque, une industrie ancestrale aux Îles-de-la-Madeleine,

dont on a toujours pratiqué, et dont il y a eu beaucoup de controverse. D'ailleurs, il y a des moratoires aux États-Unis,

en Europe, à certains endroits en Asie également. Mais il y a un marché là extrêmement intéressant,

d'autant plus que c'est une chasse qui est dans une perspective de développement

durable.

Vous savez, la population du phoque du Groenland

particulièrement, qui vient du Groenland, qui descend en janvier, février,

mars, avril sur la côte est de Terre-Neuve, passe par le détroit de Belle-Isle,

s'en vient dans le golfe, il y a la mise bas

des petits, l'accouplement, puis ils remontent quelques semaines plus tard.

Mais ces phoques-là sont rendus,

selon les scientifiques, à peu près à 8 000 bêtes. Et, quand ils sont dans

le golfe, bien, ils passent au buffet, que ce soient les crustacés, les mollusques, les poissons de fond. Évidemment,

un phoque, ça mange beaucoup, et il y a de l'impact sur nos ressources

de produits marins.

L'autre type

de phoque, c'est le phoque gris, qui, lui, ce n'est pas un vacancier, dans le

golfe, il est sédentaire, il demeure

dans le golfe. On parlait, il y a à

peu près 20 ans, d'à peu près

10 000 phoques gris. Là, on parle de 500 000. Et c'est

une espèce, là aussi, qui a beaucoup de conséquences sur les produits marins

dans le golfe.

Et ce qu'il y

a de beau dans tout ça, c'est qu'aux Îles-de-la-Madeleine, je vous le disais, on fait une chasse

historique, et il y a un marché, il y

a un marché québécois pour la viande, il y a un marché pour la

fourrure, il y a un marché pour les huiles

également. Il y a, pas loin d'ici, un laboratoire qui

s'appelle... qui a des relations d'affaires avec une

cinquantaine de pays dans le monde,

qui est prêt à développer ce produit-là, les huiles de phoque, parce qu'elles

sont en très grande teneur au niveau de l'oméga-3 particulièrement. Et j'aimerais ça entendre, M. le Président, le ministre par

rapport à la position du gouvernement du Québec

et sa position à lui par rapport à toute la perspective concernant le phoque en termes de développement.

Le Président (M. Paradis, Lévis) : Merci,

M. le député. M. le ministre.

Lessard : Oui, merci. Quand on est avec mon collègue des

Îles, il s'anime devant cette... En fait, un, c'est un problème, mais c'est aussi une solution, parce

que, bon, pour dire, on chasse historiquement le phoque du Groenland, depuis

plusieurs années. Évidemment,

la particularité, dans le phoque, c'est sa capture. On a vu, même à

l'international a été décriée sa

capture traditionnelle par... l'abattage par hakapik au début, par la suite une

chasse à l'arme, qui donnait des moins

bons résultats, donc il a fallu faire reconnaître ça. Il y a eu des

contestations internationales, nos entreprises, dont M. Longuépée, donc, c'est-à-dire, nos

chasseurs, M. Longuépée qui a fait une bataille pour nous à

l'international, subventionnée, aidée,

supportée par le gouvernement du

Québec, le gouvernement du Canada aussi, devant la Communauté européenne,

devant le bannissement des...

Maintenant,

c'est un produit important, c'est un produit alimentaire. La difficulté

demeure quand même la capture, on le sait, avec moins de glace, la présence des phoques gris qui est...

Comme vous le dites, ce n'est pas un vacancier des Îles, c'est le meilleur pêcheur qu'il n'y a pas

dans le coin, parce qu'il fait des ravages importants. Première chose, je

pense que le fédéral doit reconnaître

que c'est un problème et qu'il y a une surpopulation de phoques gris nuisible à

l'industrie, je vous dirais, de l'Est

maritime, donc, sa présence et ce qu'il consomme, son surnombre. Puis il n'y a

pas beaucoup de débouchés,

actuellement, et sa capture, donc, présente une difficulté.

Donc, nous serons en demande auprès du gouvernement

fédéral pour qu'il impose... Quand on

n'avait pas assez de morue, il a déposé un moratoire. Mais, quand on a un stock

en trop grande quantité, il faut

autoriser d'autres moyens pour éviter que cette espèce-là ravage les stocks,

qui ont une valeur commerciale actuellement plus élevée.

Quant à la

valeur commerciale des produits ou des sous-produits, des produits du phoque, je pense,

vous avez eu l'occasion

de montrer... Moi, quand j'étais jeune, c'étaient des pilules d'huile de foie

de morue. Là, c'est des capsules, pour le phoque, des huiles de phoque,

donc, qui ont des valeurs puis des propriétés reconnues, et qui font un travail

remarquable, dont l'entreprise ici, au Québec. Il y en a dans... aussi du côté

de l'Ontario.

Et ça nous

amène sur le volet, nécessairement, de toute la pharmacologie à partir des produits

de la mer, toutes les biotechnologies.

Mon collègue de la Stratégie

maritime est allé en Islande, donc,

dans laquelle les usines de capture, donc, de transformation, à côté il

y a une usine de biotechnologies ou

de technologies médicales puisque, exemple,

on valorise maintenant les carapaces de crevette, principalement pour la chitine, donc la valeur, les propriétés, donc augmenter le

rendement sur place comme ont pu faire dans

le temps les usines, donc, qui sont en Gaspésie, dans les anciens propriétaires,

qui a été continué

aussi, pour faire des laboratoires puis des sous-produits à plus grande valeur

ajoutée que même le produit de consommation qu'est la crevette et les fertilisants à partir, donc, des résidus des

poissons et autres. Donc, il ne faut rien

rejeter à la mer. Avant, c'était pour nourrir les oiseaux puis le fond de la

mer. Aujourd'hui, on pense que, dans la valeur, une fois que tu as coupé la tête, coupe la queue,

coupe en deux, bien, occupe-toi de ce qu'il

y a en dedans, parce qu'en dedans aussi ça peut donner une

valeur ajoutée aux sous-produits qui sont dans le pharmacologique.

Le secteur du phoque, je crois qu'il y a une

valeur importante. Il faut améliorer sa capture. On le sait, qu'on a autorisé

puis on a soutenu l'association, donc, des chasseurs de phoque du Québec, donc,

pour réaliser puis faire des prélèvements

scientifiques. Et puis il faut être capable de bien documenter, une fois à

terre, quels seront les produits, autant la viande que ces sous-produits, qui rentrent dans une nouvelle ère de

produits. Puis on regarde, avec tout ce qui se fait comme promotion des valeurs nutraceutiques, des

valeurs thérapeutiques des produits de la mer... Comme, quand moi, j'étais jeune, pour être en santé, il fallait,

dans le bon temps, prendre des capsules de foie de morue pour avoir une

meilleure santé durant l'année. Bien là, on nous offre des alternatives

et des produits à valeur ajoutée.

Alors donc,

c'est comme quoi, quand on travaille sur des segments de secteur... Puis le

prochain plan du secteur des pêches

et de la capture comprendra un volet du secteur des produits et des sous-produits

du phoque et des biotechnologies, puisque

c'est son naturel, et puis c'est ce qui donnera une valeur ajoutée. Quand on

est, exemple, aux produits des Îles... Comme

vous avez pu voir, dans le temps, dans le secteur de la volaille, ces résidus,

donc, ou ces fumiers faisaient en sorte que ça devenait un problème aux Îles, bien, ils ont ajouté une

technologie pour... maintenant c'est devenu un fertilisant, ce qui fait qu'on

peut augmenter la production, exemple, de volaille aux Îles et exporter le

fertilisant en augmentant les revenus,

et juste par une technologie, là, qui répond à nos standards. Parce qu'on

comprend qu'aux Îles-de-la-Madeleine la superficie d'épandage et l'impact de

l'épandage sur les eaux de ruissellement limitaient la production et l'approvisionnement

en oeufs, exemple, aux Îles-de-la-Madeleine.

Maintenant, on est autosuffisants et on a fait un produit à valeur ajoutée.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le ministre. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Chevarie :

Oui. Justement, pour compléter puis donner une petite information sur les

valeurs du produit du phoque, il y a

une entreprise qui s'appelle Bilodeau Fourrures ou quelque chose comme ça, au

Saguenay ou au Lac-Saint-Jean...

Une voix : Au Lac-Saint-Jean...

M. Chevarie : ...au Lac-Saint-Jean,

c'est ça, mon collègue m'informe, et puis cette entreprise-là achète pour 20 000 peaux de phoque, de loup-marin,

comme on dit aux Îles, particulièrement de Terre-Neuve. Puis les Îles, bien, on

en chasse aux alentours de

2 000, je dirais, 2 000 à 5 000, on ne peut pas fournir. Donc,

il y a un marché là, là, pour nous, extrêmement

intéressant, puis toujours dans l'optique ou la perspective d'utiliser

l'ensemble de la bête aussi, une façon plus écologique de bâtir une

industrie.

Maintenant,

M. le ministre, je vous amènerais sur le volet de l'écocertification des pêches

pour en parler un peu plus.

On sait que

les consommateurs québécois puis les consommateurs canadiens exigent de plus en

plus d'avoir des produits de très

grande qualité. C'est sûr que, dans le domaine des pêches, on a accompli

beaucoup, beaucoup de progrès à cet

effet-là. D'ailleurs, notre environnement, comme le mentionnait le ministre,

les eaux sont très froides, c'est sain, on a vraiment un environnement

de qualité qui permet ça au départ.

Il y a également, dans l'écocertification, toute

la question de la traçabilité. Le consommateur veut savoir d'où provient le

produit, presque à quelle heure qu'il a été pêché par le pêcheur. Et, en ce qui

concerne l'écocertification, évidemment,

c'est la responsabilité des entreprises qui exploitent le produit, qui le

transforment de s'assurer qu'il réponde à des normes exigées par

l'ensemble des pays qui sont importateurs de nos produits.

Et j'aimerais

ça du ministre qu'il puisse nous en parler un peu plus, par rapport à tout

l'état de situation, au niveau des produits marins qui sont

écocertifiés.

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. M. le ministre,

vous avez une minute pour répondre.

Lessard :

Une minute? Accès au marché. C'est le marché mondial qui conditionne comment on

doit livrer les produits principalement, donc, quand on exige

mondialement, pour l'accès aux tablettes, d'être certifié. Donc, depuis 2008, ça fait

partie du premier plan qui

visait la certification. On peut aller jusqu'à 70 %, actuellement, le

homard des Îles et de la Gaspésie, la

crevette nordique, le crabe des neiges du sud du golfe du Saint-Laurent, puis

il reste celui-là de la Côte-Nord

ainsi que le flétan de l'Atlantique à certifier. Mais c'est vraiment une

question d'accès aux marchés, parce que

le consommateur l'exige, en plus de la traçabilité. Dès 2008, donc, les

Européens... On est ce qu'il y a de plus européen à l'est de l'Europe, c'est le Québec. Et, eux,

depuis longtemps, on voyait bien, nos partenaires, qu'ils demandaient d'avoir

la traçabilité, de connaître le pêcheur,

l'heure de remontée, etc., donc, pour préserver le produit puis l'authenticité

du produit.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le ministre. Merci à tous pour votre collaboration.

La commission, ayant terminé l'étude du volet

Pêcheries des crédits budgétaires du portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour l'exercice

financier 2017‑2018, elle suspend ses travaux quelques instants dans le but de

permettre aux personnes concernées par

l'étude des crédits budgétaires du volet Agriculture et Alimentation de prendre

place. Merci.

(Suspension de la séance à 16 h 3)

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : La commission est maintenant réunie afin de procéder

à l'étude du volet Agriculture et Alimentation des crédits

budgétaires du portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour l'exercice

financier 2017‑2018.

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements pour ce volet?

La Secrétaire :

Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement.

Président (M. Paradis, Lévis) : Alors, nous allons débuter par les remarques préliminaires, puis

nous allons procéder à une discussion

d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions

et les réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin du

temps qui est alloué à l'étude de ce volet.

Nous débutons donc

avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de

12 minutes.

Lessard : Alors, merci, M. le Président. Donc, je veux saluer mon collègue

de Berthier. On se retrouve pour une énième fois. Donc, ça a été aux Affaires municipales,

puis à l'Agriculture. Maintenant, on revient encore aujourd'hui. Les autres

collègues, donc, à l'ouverture on les avait salués.

Bon,

m'accompagnent aujourd'hui, je tiens à le mentionner... Donc, j'ai le sous-ministre, Marc Dion, qui a accepté de

venir me prêter main-forte et pour un retour de sa retraite. Alors donc, merci.

Il avait écrit, donc, le premier plan des pêches, je tiens à le

mentionner, à l'époque. M'accompagnent aussi Laura Lisotte, qui est la

directrice de cabinet, et Kathya Parisée,

qui est la chef de cabinet adjointe, ainsi que les sous-ministres, donc, Hélène Doddridge, Christine Barthe, Aziz Abdoul Niang, qui vient de partir ou... qui

est encore ici, pour les pêches — excuse-moi, Aziz — alors, Bernard Verret, Louise Leblanc, qui vient de nous arriver des

directions régionales, qui se... maintenant à la transformation alimentaire,

la secrétaire générale Geneviève Massé, donc... Masse, Masse, excusez-moi. Et

donc on a le P.D.G. de La Financière agricole,

M. Ernest Desrosiers, qui est à nos côtés; la présidente de la Régie des

marchés agricoles, Mme Céline Bureau; la

présidente de la Commission de la protection du territoire agricole, Mme

Marie-Josée Gouin. Certainement que nous aurons des questions là-dessus.

suis content de revenir comme ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de

l'Alimentation pour la raison suivante aussi,

dans un contexte où est-ce qu'il y a de la turbulence sur les marchés en

général, qui arrive avec des opportunités, donc, que nous offre l'accord international sur l'Europe, donc, mais

aussi, donc, un accès à un nouveau marché, 500 millions d'Européens, mais aussi un petit défi que nous a

lancé M. Trump sur la renégociation de l'ALENA, donc, mettant aussi

un peu à rude épreuve l'ensemble des

marchés, parce qu'on sait très bien qu'actuellement, avec la proximité, nos

échanges commerciaux, nous sommes

beaucoup tournés vers le Sud, donc ça nous permettra d'avoir de la

diversification des marchés, comme tel.

Officiellement,

quand on lit le plan stratégique du ministère puis les défis qui sont devant

nous, il nous présente quoi? Une

concurrence mondiale, parce que, malgré les bons produits qu'on fait, si on va

à l'épicerie, il y a quand même 50 % des produits qui nous arrivent

de l'étranger, donc il faut prendre notre place.

Les changements

climatiques qu'on a pu voir, avec, actuellement, la crue des eaux,

principalement dans le secteur de la

Mauricie, Laurentides‑Lanaudière, donc, il y a des producteurs qui ne pourront

pas faire les plantations plus rapidement,

le temps que la crue des eaux baisse, comme quoi, les changements climatiques,

on me dit que... À vue de personne,

il y en a qui disent que ça fait pus de 40 ans que ce n'est pas arrivé. Ça

a un impact sur la production, donc planter hâtivement, le retard et

peut-être moins de rendement, nécessairement.

L'évolution des

exigences du consommateur. C'est lui auquel on doit répondre. On ne dit

pas : Je produis des patates, puis il

mangera les patates que je produis. En fait, maintenant, il a le choix de

plus 10 000 variétés de

patates, en tout cas, que tu peux

avoir sur le marché, comme quoi il faut spécialiser les productions pour répondre

aux besoins de consommateurs, parce

qu'il a moins le temps pour manger, il veut que ce soit préparé, il veut que

des saveurs soient ajoutées. Donc, il

faut répondre au consommateur, qui est très exigeant et dont l'offre mondiale

lui parvient maintenant plus rapidement.

compétitivité des entreprises et l'innovation. L'accès à la main-d'oeuvre, qui

est devenu un défi fort important en

agriculture comme en pêche. On doit recruter à l'extérieur, maintenant, le

temps de la production, de la transformation aussi, parce qu'évidemment on étire la saison, puisque le Québec doit

transformer à peu près 70 % des productions qu'il a, donc, en donnant de la valeur ajoutée, en

développant des marques, en développant des produits, contrairement au reste du

Canada.

Évidemment,

tout ça doit se faire dans un environnement où est-ce qu'il y a des changements

climatiques mais en même temps

l'acceptabilité sociale. Lorsqu'on fait des types de production, les Québécois

sont exigeants. Les Québécois acceptent

de produire dans un environnement contrôlé, respectueux de l'eau, l'air, les

sols, donc, pour la génération présente et future.

en même temps on veut une agriculture qui s'occupe de toute l'occupation du

territoire, donc la vitalité des milieux ruraux comme telle. Donc, c'est

les défis qu'on s'est donnés.

Le secteur

bioalimentaire, bien, j'étais à la présentation lors de l'assemblée générale

annuelle de La Coop fédérée par ma

collègue du ministère du Développement économique et j'étais content de l'entendre

que le premier secteur qui a permis

de faire une croissance accélérée des exportations, c'est le secteur de la

transformation, donc le bioalimentaire, au Québec, le plus grand donneur d'ouvrage, donc, il y a plus de

120 000 personnes qui y travaillent, donc, avec un PIB à 11,3 milliards de dollars, ce qui fait en

sorte qu'on est un vrai moteur économique pour toutes les régions du Québec.

Dans sa façon de présenter son

agriculture, il y a toutes sortes de façons d'élever, transformer, produire. Puis

il y en a qui veulent produire pour

leur consommation personnelle, donc, on a des modèles, il y en a qui veulent

nourrir leur village, il y en a qui

veulent nourrir, quelques producteurs, par des paniers, il y en a qui veulent

nourrir leur région en produisant, il y en a qui veulent nourrir le Québec, puis il y en a qui veulent nourrir le

reste du Canada, puis il y en a même qui veulent nourrir le reste du monde par leur production avec les

augmentations de valeur par les pêches, par la capture, avec des produits

internationaux dans lesquels on doit répondre aux exigences des produits, donc,

des consommateurs d'ailleurs.

Le secteur

des pêches, c'est plus de 8 000 emplois, aquaculture commerciale. Les

valeurs de débarquement, on l'a dit tout à l'heure, donc, c'est des années

record. Les prix sont élevés, les usines font des profits. En tout cas, ils ne

s'en plaignent pas, on ne les entend pas.

Il y a

beaucoup d'investissement qui se fait dans le secteur, donc, juste dans l'appui

d'intervention, dans le secteur des

pêches et de l'aquaculture. Ça a généré des investissements totaux de plus de

100 millions de dollars, 397 projets. Les gens veulent

investir. La stabilité est là, les profits et les rendements sont au

rendez-vous.

Nécessairement,

dans les crédits budgétaires, on a pu voir qu'il y a une amélioration dans les

crédits, donc une bonification des

crédits du ministère, comme tel. On pourra voir tantôt comment se répartit le

portefeuille, principalement deux

programmes. Les programmes sont, donc, au ministère pour être redonnés à

d'autres. Et on parlera probablement du

crédit des taxes tantôt et de l'autre volet qui est pour le financement de

La Financière agricole, qui, elle, a eu une petite réduction, mais, comme elle anticipe des excédents

de plus de 100 millions de dollars, je pense que les bons choix ont

été faits.

On voyait bien la perspective, dans le budget,

le 195 millions qui répond à des impératifs. Même si on est en démarche de faire une politique bioalimentaire,

l'année ne doit pas être perdue, concernant les investissements, puisqu'il y a des opportunités à saisir

actuellement dans le marché. Le dollar est faible, la demande mondiale est là,

la valeur des exportations est en croissance. Donc, il y a

159 millions... 167 millions, dont 95 millions qui étaient pour répondre aux standards qu'on s'est donnés de

bien-être animal, donc principalement l'industrie porcine, en

partie

l'industrie laitière, qui conditionne

des investissements de renouveler le parc immobilier, les bâtiments. Il y avait

42,5 millions pour l'agriculture

novatrice, la transformation alimentaire, qu'elle soit biologique, urbaine, que

pour la relève agricole ou la compétitivité des entreprises.

14 millions pour les risques liés aux pesticides. C'est le nouvel enjeu

moderne. Donc, ça a été la pollution diffuse puis le phosphore dans les

années 80. Aujourd'hui, il y a une sensibilité, nécessairement, à l'aspect

d'utilisation des pesticides ou à sa réduction.

Autant,

aussi, on a 4 millions sur deux ans pour élargir l'admissibilité à des

programmes de soutien au drainage et

au chaulage. Ça n'a l'air de rien, mais la valeur agronomique des sols est

importante. Principalement dans les territoires où est-ce qu'il y avait une baisse, bon, puis il n'y avait pas de

drainage, les terres ont baissé, les rendements baissent, donc, si on

veut augmenter les rendements, donc, je pense, c'est important. Il y a un

élargissement à plusieurs municipalités.

3,7 millions

pour favoriser les cultures en serre. 7,5 millions sur cinq ans pour l'industrie

des pêches, l'aquaculture, qui a été mentionné par mon collègue des

Îles-de-la-Madeleine.

Les priorités, en général, c'est le

renouvellement de Cultivons l'avenir, donc la troisième politique agricole canadienne qui est à renouveler, autant pour le

volet du développement stratégique, donc, qui est non lié à la gestion des

risques, et le volet de la gestion des risques.

renégociation de l'ALENA, écoutez, M. Trump a annoncé en grande pompe

qu'il voulait renégocier l'ALENA. Maintenant,

je n'en suis plus sûr, je pense que lui-même n'en est plus sûr. Puis tous les

Américains lui disent que ce n'est pas

la bonne chose à faire, j'aurai l'occasion d'exprimer des points de vue qui ont

été rendus publics récemment par les différents

producteurs américains, parce que, l'investissement à long terme, son pire

ennemi, c'est l'incertitude politique, et les Américains sont des grands

exportateurs, dont le Québec aussi peut profiter.

Il y a tous les volets aussi sur l'Europe, donc, l'entrée en vigueur de la nouvelle entente Canada—États-Unis qui donnera des opportunités, donc, aux produits d'exportation que sont la

canneberge, les bleuets, les céréales et bien d'autres, mais aussi qui amène son lot de difficultés

concernant les producteurs de fromage, sur les quotas, donc on a des représentations qui ont été faites

là-dessus, sachant qu'il en arrivait déjà plus de 20 000 tonnes par

année de produits européens. Donc, s'ajoutent à ça 17 000 tonnes de

produits. Donc, on a des représentations qui ont été faites avec ma collègue du

ministère du Développement économique.

La relation

avec la clientèle, bien, celle-là, c'est la pierre angulaire du ministère,

pour parler aux consommateurs, aux

producteurs agricoles, aux pêcheurs, aquaculteurs, transformateurs alimentaires,

distributeurs, grossistes, détaillants, manipulateurs d'aliments, restaurants, fournisseurs de services de

production, les étudiants dans le domaine bioalimentaire, les instances

régionales impliquées dans le secteur bioalimentaire. En fait, c'est toute une

famille puis un groupe qui est au service de la production et de... de

la production d'aliments santé.

Alors

donc, la future politique bioalimentaire, nous aurons bientôt, au mois de mai,

donc, le troisième volet. Le premier,

au mois d'octobre, faisait place aux consommateurs pour exprimer les besoins

auxquels on doit répondre à tous les

jours. Au mois de février à Drummondville, auquel j'ai assisté, c'était Place

aux transformateurs. Mon collègue de Berthier

y était, d'ailleurs. Donc, les transformateurs ont pu exprimer, donc, vers où

on doit aller avec des présentations de président d'honneur mais aussi avec des

spécialistes à différentes tables pour exprimer les besoins, les quantifier. Ça

nous amènera, au 26 de mai, donc, à

Lévis, Place aux producteurs, pêcheurs et à la capture, qui viendront nous

exprimer, donc... avec Claude Lafleur

qui est président d'honneur, vedette, ainsi que trois autres panélistes

spécialistes dans les différents domaines qui viendront faire une

présentation. Qui nous amènera à l'automne, donc, vers un sommet qui

rassemblera l'ensemble des initiatives et puis qui placera le Québec dans une

nouvelle politique bioalimentaire, donc, qui nous amènera donc à faire pratiquement notre consultation prébudgétaire

durant la période d'automne pour que, dans le budget de 2018, il y ait d'autres sommes qui s'ajoutent,

là, à l'ambition d'un Québec sur une période plus longue. Je pense, quand

on a des budgets plus élevés sur une période

plus longue, la prévisibilité dans l'investissement, ça envoie le signal que

tout le secteur de la production, de la transformation, de la distribution,

donc, est au rendez-vous.

Alors,

c'est ces sujets-là qu'on pourra étudier, là, tout au long des prochaines

heures, sur l'ambition agroalimentaire au Québec.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le

porte-parole de l'opposition officielle et député de Berthier à faire ses

remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes.

Villeneuve : M. le Président, je garderais ce temps-là pour des

questions au ministre. Ça ne m'empêchera pas de vous saluer tantôt. Je vous salue maintenant et je vais saluer les

gens qui nous accompagnent tantôt. Mais je le garderais pour plus tard.

Président (M. Paradis, Lévis) : Je me considère comme salué. Et on

remarque et on reprend le temps pour vos périodes d'échange. Merci, M.

le député.

J'invite

maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député de

Nicolet-Bécancour à faire ses remarques préliminaires, pour un maximum

de cinq minutes.

Martel :

Merci, M. le Président. Si je ne prends pas tout le temps, j'imagine que ça

peut être reporté.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : C'est remis sur vos blocs d'échange.

Martel : J'ai salué pas mal tout le monde tantôt, sauf mon

collègue de Berthierville... de Berthier, qui vient de se joindre à nous. Et je n'ai pas salué non

plus tous les gens qui représentent les différents organismes. Je veux vous

saluer, tout le monde. Je ne suis pas sûr...

J'avais cette occupation-là en 2012. Il y a des visages qui ont changé, je ne

suis pas sûr que je reconnais tout le

monde, mais je veux vous dire quand même que, même si, au niveau de

l'opposition, on peut être souvent

critiques, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas un respect du travail que vous

faites. On veut évidemment pousser le

gouvernement à être plus efficace, à travailler plus fort, mais ça ne veut pas

dire que c'est un désaveu à l'égard des missions que vous avez.

J'en

ai parlé tantôt, M. le ministre. Quand j'étais là, en 2012, le chef m'avait

donné la responsabilité de l'agriculture. Et, 2012, c'était beaucoup toute la question de la reconnaissance des

accréditations qui était dans le décor, est-ce qu'on doit reconnaître les autres accréditations que

l'UPA, etc. Je ne dis pas que ce débat-là, il est terminé, mais moi, en tout

cas, je pense que l'agriculture, c'est

beaucoup trop important pour le développement économique du Québec que de

passer notre temps ou mettre trop

d'énergie par rapport à ça. Il y a des gens qui sont sur le terrain qui peuvent

faire ces débats-là. Moi, je pense

que l'agriculture... en tout cas, ce que je souhaiterais, c'est qu'on se serve

l'agriculture comme un moteur économique très important.

J'ai quand

même deux frustrations par rapport à,

mettons, ce que j'ai vu entre 2012 à 2014 et quand je suis arrivé, voilà

quelques mois, c'est les stratégies de... On avait vu le Parti québécois, quand

il était au pouvoir, il avait fait une consultation pour arriver au bout du

terme à un document qui s'appelait la Politique de souveraineté alimentaire .

Le gouvernement libéral, il arrive en fonction, il met le document

un peu sur une tablette, pour ne pas dire au recyclage, là, mais il

recommence sa stratégie, c'est une période de trois ans. Pour moi, sincèrement,

là, puis, vous savez, je viens d'un milieu

agricole, j'en parle avec les producteurs de chez nous ou d'ailleurs, il

y a un quatre ans, là, où vraiment on n'a pas vu d'action très concrète du gouvernement

pour essayer de renforcir l'agriculture.

Moi,

je souhaiterais éventuellement que... Parce que, je vois mon collègue de Huntingdon, j'ai déjà eu la fonction de directeur général d'un CLD, et on faisait des conférences de

presse, des fois, pour des entreprises qui investissaient 25 000 $

ou 50 000 $. Tu sais, les

producteurs agricoles, là, souvent, ils vont décider d'investissements de la sorte avant de déjeuner le matin, là. Ce que je veux dire, c'est

qu'ils vont faire souvent des investissements très importants. Et pourtant — puis là ça ne s'adresse pas à vous, M. le

ministre, je parle de la société en général — on ne considère pas encore les producteurs agricoles comme des entrepreneurs.

Puis je pense que c'est un défi qu'on a, ça. Je pense que les... Moi, je regarde, en région rurale comme chez nous, les

producteurs agricoles, c'est des employeurs, c'est des gens qui font beaucoup d'investissements privés, c'est des gens

qui vont s'impliquer dans différentes causes. Donc, je pense que c'est important de les reconnaître, c'est important

qu'on mette les argents nécessaires pour soutenir, parce que,

quand je regarde, je ne suis pas

économiste de formation, mais on a quand même une certaine expérience, quand je

regarde... C'est sûr que je suis un peu biaisé par rapport à mon

territoire, là, mais, quand je regarde les potentiels d'investissement privé,

les potentiels d'augmenter la contribution

au PIB dans les différents secteurs, je pense qu'au niveau de l'agriculture on

peut faire beaucoup, beaucoup plus qu'on fait là.

Moi,

je regarde juste au niveau de la transformation. Sur un territoire grand comme

chez nous, Nicolet-Bécancour,

on ne peut pas dire, malgré toutes les matières qu'on produit sur le

territoire, qu'on en transforme beaucoup...

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. Vous aurez

pris tout votre temps de remarques préliminaires, finalement. Mais les

échanges suivront.

D'ailleurs,

je suis maintenant prêt à reconnaître une intervention de l'opposition

officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Berthier, la

parole est à vous pour une période de 22 min 30 s.

M. Villeneuve : Merci, M. le

Président. Alors, je vous resalue. Je veux saluer aussi les gens qui vous

accompagnent, au niveau du secrétariat, je veux saluer tous les collègues qui

sont ici présents. Et je veux saluer aussi M.

le ministre, bien sûr, mais je veux saluer et vraiment avec enthousiasme, je

vous dirais, les gens qui vous accompagnent. Ça faisait longtemps qu'on ne les avait pas vus. Semble-t-il qu'ils nous

écoutaient à la télé, par Internet ou autrement. Mais je suis heureux qu'ils vous accompagnent, parce qu'effectivement il

arrive par moments qu'il y ait des questions plus pointues, hein, on ne peut pas tout connaître du ministère. Alors,

très, très content de vous voir, mesdames messieurs du ministère et des

différents organismes.

M. le

Président, je commencerais avec un point très important, majeur, je vous

dirais : la gestion de l'offre. La gestion de l'offre, là, je pense qu'ici, là, tous les parlementaires, on

est d'accord avec ça. Il n'y a pas un pays sur la planète qui ne soutient pas son agriculture. Nous, on le

fait de cette façon-là, au niveau de la gestion de l'offre, donc le lait, les oeufs, les poulets puis les dindons. On le fait de cette façon-là, on a une gestion de l'offre. Et c'est efficace. Ça

permet d'avoir des produits de

qualité, de très haute qualité. Ça permet à nos agriculteurs de pouvoir

assurer la pérennité de leurs entreprises et, le consommateur, de payer un prix qui est

correct et qui est juste, M. le

Président, parce que

tout ça est quand même

bien balisé, bien contrôlé. Alors, moi, il n'y a personne qui m'a dit,

là, puis qui a fait une démonstration qu'il

y avait de l'abus d'une façon

ou d'une autre dans ce dossier-là.

Par contre,

M. le Président... Et là je pense que vous allez convenir avec

moi qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et on l'a vu dans le cas de la gestion de l'offre, M. le Président. La dernière négociation qu'il y

a eu avec Canada et Europe, le Canada

négociait, au final, pour nous autres, et on a vu qu'il y a

pratiquement eu, on peut dire, un échange

entre le boeuf de l'Ouest versus... donc, le gouvernement fédéral a

favorisé le boeuf de l'Ouest dans les échanges et il a pénalisé, on va se le dire comme ça, M. le Président, nos

producteurs laitiers et fromagers. 17 700 tonnes vont très bientôt,

là, arriver sur le marché, au Québec comme au Canada.

On a vu

aussi, avec le Partenariat transpacifique... qui probablement ne se réalisera

pas parce que les Américains s'en

sont retirés, donc je pense que, de ce côté-là... Mais il n'en demeure pas

moins qu'il y a eu une brèche, là aussi, de 3,25 %, donc, une

brèche dans la gestion de l'offre. Donc, deux brèches importantes dans la

gestion de l'offre.

Et malheureusement, M. le Président, on se

rappellera la déclaration du premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau, qui a dit ceci :

«Toute conversation à ce sujet commence en reconnaissant les faits.» Je peux

vous dire que j'aurais préféré qu'il

dise : Il n'est pas question qu'on touche à la gestion de l'offre. Et je

pense que tout le monde va être d'accord avec ça. Je vois le ministre

qui opine du bonnet.

Moi, je veux

savoir de la part du ministre, M. le Président : Est-ce qu'il est d'accord

avec le fait que la réponse du premier ministre, M. Justin Trudeau,

est insatisfaisante?

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le député. La parole au ministre.

Lessard : Oui,

merci. Donc, merci d'aborder la question de gestion de l'offre, là.

Pour parler à

ceux qui nous écoutent à la maison, c'est quoi? C'est les oeufs, la volaille,

le lait. Qu'est-ce qu'on fait avec

ça? Donc, on produit pour nos besoins de consommation intérieurs, à travers

tout le Canada. Donc, on répond à nos

besoins, exemple, pour le lait, le lait de consommation quotidienne, après ça

le yogourt, le fromage, le beurre, etc., et on produit aussi des

sous-produits, donc, comme, exemple, la poudre, là, parce que ça a une durée de

vie, tout ça. Et donc c'est ce qui comprend

ce qu'on produit, donc, et les oeufs de consommation, la volaille, incluant le

dindon. Sans faire de surplus. Donc,

on n'exporte pas ces produits-là, d'une certaine façon, on ne surproduit pas

pour faire ce qu'on appellerait du

dumping international. Et, pour sécuriser le revenu à la ferme pour des fermes

de dimension familiale, on va mettre aussi de forts tarifs pour éviter que les

produits de l'extérieur viennent envahir le marché, le déstabiliser, faire

perdre le revenu à la ferme. Donc, actuellement, il y a une stabilité dans les

prix, il n'y a pas de volatilité comme aux États-Unis, en Europe, etc., parce

qu'on a une stabilisation.

Le Québec, juste pour revenir sur le Québec

avant de parler d'Ottawa, puis je vais y aller quand même assez rapidement, le Québec a toujours parlé d'une

seule voix sur la gestion de l'offre, a défendu gouvernement après gouvernement

la gestion de l'offre, sans faille. Bon, évidemment, sans faille, l'accord sur

l'Europe, évidemment, ce n'était pas le gouvernement

du Québec, là, sous Mme Marois, qui était la négociatrice en chef, mais

évidemment, dans l'accord global, on

a quand même, le gouvernement canadien, donné son accord, reçu l'aval des

premiers ministres. C'est toujours un peu difficile. On ne parlait pas de donner accès à du lait, ça a été quand

même assez «wise», c'est de dire : On donne accès à du fromage. Mais, si le fromage qui rentre n'est

pas produit par du lait du Québec, bien là, on va avoir un petit problème

tantôt, donc ce qui envoyait un drôle de

message sur ce que c'est qu'on défendait réellement. Alors donc, ils ont donné

accès parce que les producteurs de boeuf, les autres productions allaient

profiter des marchés.

Quant à M. Trump, du côté des

États-Unis, quand il est passé au Wisconsin, il a découvert le fait que le

Wisconsin, eux, faisaient de la

surproduction mondiale et qu'il y avait un problème avec leurs protéines. Donc,

on a vu, actuellement, dans les

recettes à la télévision, tout le monde prend plus de gras, hein? Dans mon

temps, quand j'étais plus jeune, il n'y a pas si longtemps, c'était du lait 1 %. À cette heure, c'est du

3,25 % puis c'est de la crème à 5 %, 10 %, 15 %, il y a toutes sortes de crèmes. Puis là, bien, ils nous montrent à faire à manger,

puis on en rajoute de plus en plus. On vend plus de beurre, on vend plus de produits gras puis on est

pognés avec les protéines. Et, pour éviter d'importer des protéines qui venaient du Wisconsin, on a décidé, au Canada, de

faire à partir de nos propres protéines des ingrédients laitiers, ce qui

veut dire que le fromage canadien sera

encore plus canadien qu'avant, puisqu'il sera complété par des protéines

d'ailleurs. Donc, ça, c'est le côté

de M. Trump. Du côté du gouvernement fédéral, la réponse peut être

meilleure, améliorée, renforcée, parce qu'actuellement, si on ne se

tient pas debout, on va avoir de la difficulté.

Le Président (M. Paradis,

Lévis) : Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.

Villeneuve : Donc — puis

M. le ministre pourra me répondre assez rapidement, là — si

je comprends bien la fin de la

réponse, M. le ministre est insatisfait de la position du... ou de la

déclaration du premier ministre, M. Justin Trudeau? C'est ce que je

dois comprendre de la fin de la réponse?

Lessard : Je n'ai pas assisté à tout ce qu'il a pu dire au

président américain Trump, mais ce qu'on peut dire, qu'on a dit au gouvernement fédéral, puis ce

qu'on espère qu'il répète sur toutes les tribunes internationales : que la

gestion de l'offre, ce n'est pas

négociable. Ça correspond à un modèle familial canadien. Puis,

s'il l'a dit pas assez fort, bien, je souhaite

qu'il le dise haut et fort partout, donc, parce que la personne qui négocie en

avant de nous autres, elle, a été assez claire sur son modèle de

gestion.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci. M. le député de Berthier.

Villeneuve : Oui,

bien, écoutez, moi, j'aimerais savoir concrètement qu'est-ce

que le ministre compte faire, justement, pour que le premier ministre, là, affirme de façon très claire... Et l'Ontario

a été très claire, hein? La déclaration

de l'Ontario, on pourra vous l'envoyer, M. le ministre, là, mais c'était très

clair, ils ne céderont pas un pouce.

Lessard : On est à

la même page, le Québec et l'Ontario ont toujours fait front commun sur cette question-là.

Le premier

ministre du Québec a

parlé au premier ministre du Canada il y a deux jours. J'ai parlé à M. MacAulay déjà depuis

deux fois, je l'ai rencontré à Boston spécialement, même s'il était en visite à Boston... même si ce

n'était pas pour... c'était le Boston Seafood Show, et son collègue

LeBlanc, le ministre LeBlanc, était là. On a réitéré l'importance de le faire haut et fort. Il est en promotion

actuellement avec les départements américains pour s'assurer que le message

passe. Je le vois la semaine

prochaine, jeudi prochain, avec l'Union des producteurs agricoles du Québec.

Donc, nous réitérons que le Québec va

agir puissamment dans toutes les sphères d'activités avec les partenaires que

sont l'Union des producteurs agricoles

du Québec. Donc, nous avons une stratégie pour visiter les régions ensemble,

puis on va l'améliorer, parce qu'on ne se laissera pas faire.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.

Villeneuve : Oui. M. le Président, pour rester dans l'accord

avec l'Europe, on se rappellera que le fédéral a fait une proposition, dû au fait qu'il y a

17 700 tonnes qui vont entrer au Canada et au Québec, et le

gouvernement fédéral a fait une proposition, un plan de compensation de

350 millions, donc 250 millions pour les producteurs sur cinq ans,

250 millions sur cinq ans, et un 100 millions pour les fromagers sur

quatre ans. Ça a été décrié de façon unanime par l'ensemble des acteurs.

Qu'est-ce

que le ministre va faire pour s'assurer... Parce que ça, ça a toujours été

clair dans les négociations, nous n'accepterons un accord avec le

Québec, et ce, pour le Parti québécois, là... nous n'accepterons un accord que

si les compensations sont suffisantes. Ce

n'est pas ce que le premier ministre a dit. Le premier ministre, lui, il a

dit : On n'empêchera pas un

accord à cause d'un secteur. Alors, moi, je veux savoir de la part du ministre

qu'est-ce qu'il compte faire avec ce plan de compensation là qui a été

proposé par le premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : En réponse, M. le ministre.

Lessard : Oui. On a toujours été clairs, avant même l'accord

européen, parce que c'est une longue démarche. Et ce qu'on a fait dans la stratégie, même, dans la politique agricole

canadienne pour s'assurer que, si le gouvernement fédéral devait, dans ses négociations

internationales, laisser aller la gestion de l'offre ou une

partie en donnant

accès pour d'autres raisons, pour toutes sortes de raisons, dans les

négociations, on a fait reconnaître dans la politique agricole canadienne II le volet que la gestion des

risques, à l'intérieur de la politique agricole... reconnaissant que la gestion

de l'offre est un modèle de gestion

des risques. Et, si le gouvernement canadien, d'emblée, devait laisser aller la

gestion de ces risques, il devrait le compenser.

Alors,

quand c'est arrivé sur l'accord européen, sur l'introduction de nouveaux

quotas, qui va laisser moins de place

pour les produits québécois, donc, on a toujours dit d'une seule voix qu'il

devait compenser. Lorsque la compensation a été déposée, à la hauteur de 350 millions, on a toujours dit,

puis même les producteurs agricoles du Canada, que c'était un premier

jalon, qu'on n'allait pas se satisfaire seulement de ça.

Maintenant,

on a été quand même étonnés dans la façon dont le produit a été livré,

c'est-à-dire 250 millions aux producteurs,

100 millions aux transformateurs, alors que le Québec... Et ce qu'on

cherche à faire reconnaître, c'est que le Québec, dans la production, en fait, puis la détention de ses quotas de

produits fins, parce que c'est des produits fins qui vont rentrer, en général, alors donc c'est le

Québec qui produit à peu près... je pense que c'est 60 %, un peu moins de

60 % de ces produits-là. Pourquoi il n'a pas ciblé en fonction de

la détention des parts au Canada?

Toutefois, je

dois vous dire que, comme ces programmes sont là, on va donc faire des équipes,

des escouades avec les différentes

productions pour aller chercher le maximum des argents du fédéral. On va

tellement appliquer qu'ils vont être bien tannés. Donc, on va aller

chercher la grosse part du gâteau là-dedans.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.

Villeneuve : Oui, M. le Président. Non pas qu'il n'y a que des

nuages sombres sur le monde agricole, loin de là, mais il y a des nuages qui sont là depuis trop longtemps, et il

faut les dissiper, M. le Président. Je veux juste faire comprendre que

je ne suis pas en train de faire une description sombre de la situation, mais

il y a un gros, gros travail à faire de la part du ministre et de la part du

gouvernement pour améliorer les choses.

Le lait diafiltré, le lait diafiltré, là, c'est,

selon les estimations, là, 120 millions

de dollars de pertes pour le Québec annuellement. Donc, quand je dis

pour le Québec, je parle évidemment des agriculteurs, qui se lèvent avant le

soleil, M. le Président, puis qui se couchent après le soleil. Ces

gens-là, ils travaillent fort, ils travaillent très fort. Ils ont investi

leur vie là-dedans et ils le font avec passion et avec coeur. Et c'est à croire

que, finalement, on leur a dit : Bien, écoutez, il y a une injustice qui se produit présentement, il

y a des produits qui passent à la frontière, et puis on les laisse passer.

On n'a pas ajusté la réglementation, le

gouvernement fédéral a été laxiste dans le dossier, et c'est nos producteurs

qui en paient le prix.

Et là c'est

comme rendu que, bien, le gouvernement fédéral ne fait rien, arrangez-vous pour

trouver une solution entre vous.

Alors là, on a vu, il y a eu... Les gens sont débrouillards, hein? Devant

l'inaction du fédéral, ils ont réussi à faire une classe 7. Pour

eux autres, évidemment, c'est un recul, ce n'est pas la solution idéale.

Alors, moi,

je veux savoir de la part du ministre, M. le Président, qu'est-ce qu'il compte

faire pour justement assurer à nos

producteurs un meilleur soutien et s'assurer aussi que les producteurs du

Québec soient mieux protégés. J'avais offert à l'époque une solution à votre prédécesseur, de mettre en place une

veille pour s'assurer que, s'il y a des producteurs qui sont malmenés ou qui sont touchés de plein fouet

par, évidemment, le lait diafiltré américain qui rentrait ici... de faire

une veille pour au moins de façon

conjoncturelle les aider, de les soutenir pour passer au travers; on n'a jamais

vu l'ombre de cette idée-là être mise en place par votre prédécesseur.

Qu'est-ce que le ministre compte faire?

Lessard :

Oui, bien, pendant cette période-là où est-ce qu'il rentrait des ingrédients

laitiers, donc, qui faisait en sorte

que les fromages québécois, dont on veut l'authenticité des produits, qu'ils

soient fabriqués avec un maximum de produits québécois... on a vu des

entreprises comme... et les transformateurs du Québec utiliser les ingrédients

qui venaient des États-Unis, donc, parce qu'ils les payaient pas cher, étant

donné que c'est des surplus, hein? C'est le Wisconsin...

Prenons le Wisconsin. Quand le président Trump était au Wisconsin, de quoi se

plaignaient les producteurs du

Wisconsin? C'est que, depuis un certain temps, puis on va voir quelle solution

ils ont apportée... c'est qu'ils ne pouvaient plus exporter leurs surplus de protéines, qu'ils ont déjà, il y a un

surplus de production, mais il y a un surplus de protéines du résultat de... du fait qu'ils exportent

massivement à bas coût, ce qui veut dire que les acheteurs canadiens

l'achetaient, débalançaient,

introduisaient de plus en plus d'ingrédients laitiers d'ailleurs, diminuaient

la concentration de produits de lait entier rentrant dans la consommation.

Donc, on importait... Je pense que vous avez évoqué 120 millions, je n'ai

pas le chiffre exact.

Donc, devant ce fait, il y a deux stratégies qui

ont été déployées; un, de faire en sorte qu'ils puissent taxer les produits du lait diafiltré comme étant un produit

qui rentre dans des lignes tarifaires, etc., ce que le fédéral n'a pas fait. Et,

deuxièmement, le conseil de l'industrie

laitière du Canada a pris la responsabilité de créer la nouvelle catégorie de

lait 7, qui fait en sorte que

maintenant, comme on prend plus de gras, puis comme nous-mêmes, au Canada, on a

un surplus de protéines qui s'en

allait à terre, de la poudre de lait qu'on exportait, qu'on supportait à

l'exportation... bien, ça faisait en sorte

qu'on était moins, même, à l'abri de toute dénonciation internationale par

rapport au fait qu'on exportait. On soutenait l'exportation d'un produit qui était la poudre de lait. En transformant

puis en acceptant, le Canada a décidé de prendre le taureau par les

cornes, de créer cette catégorie-là et de faire en sorte, maintenant, qu'ils

ont un coût pour leurs sous-produits de protéine et qu'ils vont maintenant

compléter leurs propres produits québécois à partir des protéines québécoises,

ce qui a laissé... Donc, ils n'ont plus besoin des produits américains.

Ce qu'on dit

aux Américains : Il n'y a pas un problème au Canada, il y a un problème

aux États. Si vous faites de la surproduction, c'est le problème

américain, ce n'est pas le problème québécois. Et, au Québec, on ne fait pas de

surproduction pour l'envoyer aux États.

Donc, les Américains n'ont rien à voir avec la production laitière du Canada

quant à ses surplus parce qu'on n'en fait pas, on utilise le maximum.

Le Président (M. Paradis, Lévis) :

Merci, M. le ministre. Pour la suite des échanges, le député de Berthier.

Villeneuve : Merci, M. le Président. Écoutez, le lait diafiltré

a été créé de toutes pièces pour pouvoir, justement, passer les frontières. On sait que, le service

frontalier, pour lui, c'est un ingrédient, puis, l'Agence canadienne

d'inspection des aliments, c'est du

lait frais. Alors là, là, c'est une injustice incroyable, puis on a laissé

faire. Et là on laisse l'industrie seule

essayer... l'industrie et les producteurs essayer de trouver une solution,

alors qu'il y a une injustice même du gouvernement fédéral de ne pas appliquer sa propre

réglementation. C'est quand même assez incroyable. Moi, je trouve ça assez fort,

assez fort, merci.

Est-ce

que le ministre trouve ça normal

qu'on ait laissé cette brèche-là pendant tout ce temps-là et qu'on ait surtout laissé nos producteurs et nos agriculteurs, donc,

et qu'on continue de laisser... effectivement, qu'on continue à laisser faire ça? Est-ce

que c'est normal, M. le ministre?

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : La réponse au ministre.

Lessard : On a toujours

dit que ce n'était pas normal. Mon collègue, mon prédécesseur a fait beaucoup

de représentations avec l'Ontario,

avec le fédéral. On n'a pas obtenu encore réparation de ça, puisqu'il y a

toujours un litige sur l'aspect... la façon dont ils le traitent, entrée

en produit ou en sous-produit, tarifé, non tarifé.

Mais

il est sûr d'une chose. Quand j'entends le président américain dans sa réaction

au Wisconsin, c'est que la solution

du Canada, pour le Canada, a réglé définitivement l'entrée des protéines de

lait diafiltré qui vient du Wisconsin ou

d'ailleurs. D'ailleurs, ils s'en plaignent principalement comme quoi la

solution qu'ils ont trouvée a permis, donc, de stabiliser les revenus à la ferme, d'avoir des produits canadiens... On

pourra dire maintenant que le fromage d'Agropur sera 100 % canadien, parce qu'il sera complété en... Donc, la

partie qu'ils importaient des ingrédients américains sera maintenant à

partir des produits canadiens.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. M. le député.

M. Villeneuve :

Oui, merci, M. le Président. Je passerais à un autre sujet. Quoique... En tout

cas, j'écoute le ministre, puis il semble

dire qu'éventuellement il trouvera des compensations pour nos gens. Alors, j'ai

hâte de voir ce jour-là arriver.

le Président, tantôt, j'ai bien aimé les propos de mon collègue de la CAQ, qui

disait qu'on avait une politique de

souveraineté alimentaire qu'on s'était donnée en 2013. Vous savez, j'ai

travaillé en affaires toute ma vie ou presque et je me suis toujours

dit : Vaut mieux avoir un plan que pas de plan, là. Et là on a vu que le

gouvernement, votre prédécesseur est arrivé

en 2014, donc, le gouvernement qui a été élu, M. le député de Brome-Missisquoi

a été nommé à l'Agriculture, et ça

n'a pas été trop long que la politique de souveraineté alimentaire est

disparue. Donc, plus de plan. On se retrouve

devant un vide. Et tantôt mon collègue de la CAQ disait avec justesse qu'on se

retrouve... Et là ce n'est pas le député de Berthier qui dit ça, là, c'est tous

les acteurs de la transformation, de la distribution qui s'entendent là-dessus.

Ça n'a pas de bon sens qu'on n'ait pas...

Qu'on ait ce vide-là depuis tout ce temps-là, ça n'a aucun sens. Ils sont

sortis avec virulence, je vous

dirais, pour dénoncer la situation. Et là on va se retrouver, si on est

chanceux, là, avec une politique juste avant les élections de 2018. En

gros, c'est à peu près ça.

Est-ce

que le ministre, M. le Président, encore une fois, peut nous dire que ce n'est

pas la meilleure façon de faire quand on veut aider notre industrie?

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Deux minutes.

Lessard : L'insatisfaction, bon, j'ai été quand même étonné,

quand j'étais à l'Agriculture, dans le temps, de voir que j'avais signé

la deuxième politique agricole canadienne. Alors, j'avais demandé elle était

où, la nôtre, pour m'apercevoir qu'on n'en

avait pas. On a des politiques, mais on n'avait pas une politique — alors, surprenant qu'on était deuxièmes après le Canada, en général le Québec

est souvent en avant — donc, qui adresse toutes les questions sur la politique agricole, dans tous les volets, là, du

consommateur, à travers la production, la transformation, la distribution,

etc., à travers les réseaux. Donc, on

l'avait mis de l'avant. Et la commission... Rappelez-vous, le rapport Pronovost

faisait état et l'analyse de tous les volets, où se situe le Québec puis

vers où devait aller le Québec. Il y a eu le rapport Ouimet et le rapport Saint-Pierre, on était dans l'assurance

stabilisation du revenu agricole, la révision, la mise à mort ou ça vit. Alors

donc, on a donc fait des grandes réformes

sur des politiques de gestion des risques, des politiques en bioalimentaire,

etc.

Il y a eu la

politique, là, je le souligne, là, le ministre Gendron, à ce moment-là, le

ministre... notre collègue d'Abitibi-Ouest,

excusez, qui était ministre de l'Agriculture, a produit une politique. On ne

dit pas qu'elle n'était pas bonne, on

dit maintenant qu'on peut aller plus loin. Et c'est ce que mon collègue... Puis

les politiques, elles sont améliorables, là, on peut y travailler

différentes facettes, et surtout quand elles sont accompagnées d'un plan

financier.

termine là-dessus. Donc, on est à une autre étape, il y aura une politique,

comme quoi aussi, au fédéral, quand les

politiques sont adoptées, les gouvernements arrivent et les modifient, les

améliorent. Mais on pense qu'il y aura une première politique plus

complète, c'est tout, là, je ne veux pas critiquer l'ancienne.

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier,

pour une minute.

Villeneuve : Oui. Bien je comprends des propos du ministre

qu'il n'était pas trop heureux qu'on se retrouve pas de plan, parce que... Je

suis heureux de l'entendre dire qu'il trouvait que... Bon, il n'a pas porté de

jugement sur la politique en disant

qu'elle était peut-être bonne, là, elle n'était peut-être pas mauvaise, mais on

s'est retrouvé pas de plan, et là,

écoutez... pendant quatre ans. Et on ne sait toujours pas à quoi ça va

ressembler d'ici 2018. Alors, heureux d'entendre le ministre à tout le moins dire qu'il n'était

peut-être pas... on est dans l'insatisfaction, je pense, là, il n'était

peut-être pas satisfait totalement des décisions prises par son prédécesseur.

Merci, M. le Président.

Président (M. Paradis, Lévis) : Merci, M. le député. Ça complète le premier bloc d'échange de l'opposition officielle. Je donne la parole

au gouvernement pour une durée de 17 min 45 s et je reconnais le

député d'Abitibi-Est.

Bourgeois : Merci, M. le Président. Vous me permettrez de vous saluer,

mes collègues, les collègues des oppositions, M. le ministre, votre équipe du

cabinet et du ministère. Merci d'être là. Il va nous faire plaisir de

travailler avec vous sur cette étude de crédits.

Et, vous le

savez, M. le ministre, j'aime beaucoup parler de ma région. Et je pense que,

parler d'agriculture, il va de soi que l'Abitibi-Témiscamingue a ses

particularités, qui méritent d'être soulignées.

D'ailleurs,

pour le bénéfice de notre président, vous savez, l'Abitibi-Témiscamingue, c'est

un vaste territoire. C'est un

territoire qui, au fil des années, a été reconnu beaucoup plus pour

l'exploitation des ressources naturelles que sont la forêt et les mines, mais évidemment on se

rappellera que l'Abitibi-Témiscamingue a été développée, à l'époque, entre

autres par le plan Vautrin, où on

encourageait des gens de Montréal à venir s'établir en Abitibi, défricher les

terres pour pouvoir avoir une terre,

pour pouvoir développer ce vaste territoire là. L'agriculture, donc, a occupé

une place importante aussi dans le développement de ce vaste territoire

Et moi, dès

le début du mandat, même un peu avant, on a eu l'occasion d'échanger avec les

représentants du secteur agricole, M. le Président. Et moi-même n'étant

pas un fils de producteur mais ayant connu quand même plusieurs fils d'agriculteurs pendant mes études, mais aussi

avoir travaillé avec eux, j'ai été à même de constater la passion qui anime

ces gens-là, une passion qui fait en sorte

qu'ils veulent trouver toujours les meilleures façons de travailler ce

territoire-là, premièrement, pour le bénéfice de leurs familles mais

aussi pour le bénéfice de leurs voisins, des gens qui habitent le territoire,

et idéalement même le faire rayonner à l'extérieur de la région.

Vous comprendrez que, pour faire ça, on fait des

choix. Et, les filières, comme on les retrouve ailleurs au Québec, on les retrouve chez nous. Le secteur de la

production bovine a été longtemps un moteur important de l'Abitibi-Témiscamingue, il y a eu certains

ralentissements. Il y a le secteur de la production laitière qui est encore un

joueur très important.

Ce qu'on a vu

apparaître, cependant, c'est d'autres joueurs. On a vu, entre autres, dans le

monde... au niveau de la production

d'oeufs, j'ai la chance d'avoir dans mon comté deux grands producteurs d'oeufs

qui non seulement fournissent l'ensemble

de la consommation de l'Abitibi-Témiscamingue, mais exportent une

partie de

leur production à l'extérieur du

territoire de l'Abitibi, je pense à la ferme Les Oeufs d'or et la ferme

Richard. Et je prends l'exemple de la firme Richard aussi parce que c'est un modèle qu'on veut voir se

réaliser sur notre territoire, M. Richard qui exploite cette exploitation-là

depuis longtemps, et ses fils, maintenant,

sont revenus en Abitibi avec lui, ont fait des études dans le domaine agricole,

ont fait des études pour être capables, dans

le fond, de reprendre la succession de cette entreprise-là et de la faire

grandir. Ils ont développé également

des exploitations qu'on ne retrouvait pas, il n'y a pas si longtemps, dans le

secteur d'Abitibi-Est. Au

Témiscamingue, c'était connu. Produire des grains, bon, la température, le type

de sol, le climat s'y prêtaient mieux. Mais,

dans le secteur d'Abitibi, Abitibi-Ouest, c'était moins évident. Et maintenant

ils ont réalisé des travaux importants qui

les ont amenés à développer aussi ce type de culture et à prendre de

l'expansion. Parce que ça, c'est la métamorphose qu'on a vue en Abitibi-Témiscamingue, M. le Président, on a moins de

fermes, on a moins de fermes que ce qu'on avait auparavant. C'est sûr

qu'il y a des rangs, on rentre dans les rangs... Chez nous, comme on dit, on

rentrait, il y avait quatre, cinq, six cultivateurs. Maintenant, il en reste

un, mais il occupe toutes les terres. Et notre ambition, c'est non seulement

qu'il occupe toutes les terres, mais qu'il en développe d'autres ou qu'il

récupère certaines terres qui malheureusement,

dans certains secteurs dévitalisés, commencent à être en friche. Et ça, c'est

un enjeu important chez nous. On ne

veut pas que ces terres-là deviennent des terres en friche, on veut qu'elles

soient exploitées. Et, pour faire ça, il

faut donner des moyens à nos agriculteurs qui veulent développer le territoire,

qui veulent l'occuper, l'occuper avec des productions qui sont intéressantes,

qui ont un potentiel.

Et là c'est

là où a été mis à contribution, entre

autres, le secteur de la recherche. Je pense

à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, qui fait un travail

extraordinaire, qui, entre autres, a permis aux agriculteurs dans des secteurs

pointus, par exemple dans la production de

bovins, de faire du boeuf à l'herbe. Le boeuf à l'herbe, pour ceux qui n'ont

pas eu la chance de déguster ce produit-là,

c'est une qualité de viande exceptionnelle, pas de grain, juste nourri à

l'herbe. Mais qu'est-ce qu'on a comme

particularité en Abitibi-Témiscamingue? On a des heures d'ensoleillement plus

longues l'été. L'hiver, il fait... c'est moins évident, mais l'été, dans

la bonne période, ça nous permet d'avoir une production fourragère exceptionnelle. D'ailleurs, il y a certains producteurs qui

ont abandonné la filière animale, mais qui ont gardé leur terre et qui l'ont développée pour faire soit

des fourrages qu'ils vendent à l'extérieur de la région, parce qu'il y a des

gens de l'extérieur de l'Abitibi qui

viennent chercher ces fourrages de qualité là pour être capables de répondre à

leurs besoins de production, mais

également de produire des grains, des... faire des productions qui sont, donc,

diversifiées, qui sont mieux adaptées avec la réalité de ce que c'est,

faire de l'agriculture, maintenant, en 2017.

productions-là, elles sont importantes parce qu'elles offrent aussi d'autres

possibilités, entre producteurs, de complémentarité, et ça, c'est fort

important. Mais il y a des outils qui étaient nécessaires, et je me rappellerai

toujours la première rencontre que j'ai eue dans mon rôle... À ce moment-là,

j'étais encore candidat, et, je me rappelle, l'UPA nous avait dit, les représentants nous avaient dit : Écoutez, nous

autres, notre priorité, là, c'est le programme de drainage et de

chaulage des terres. Ce programme-là, on nous l'a expliqué, on nous a fait

comprendre qu'il pouvait faire une différence

majeure dans le rendement que pouvaient offrir les terres agricoles du

territoire. Bon, je ne suis pas agronome, je ne suis pas spécialiste. J'ai posé des questions à savoir si cet

impact-là, il était si important que ça. Clairement, je peux vous le dire, c'est vraiment important. Ça permet

de produire des cultures différentes parce qu'on a maintenant accès aux champs plus tôt et plus tard, parce que le

drainage se fait de façon adéquate. Et je compatis avec les gens qui

actuellement vivent

des... il y a un contexte qui n'est pas facile au niveau de la température, là,

mais, pour les agriculteurs, ils savent ce que ça veut dire, être capable de rentrer au champ puis d'aller

chercher, dans le fond, le résultat de leurs efforts pour leur saison.

Donc,

il faut être capable de soutenir ce monde-là. C'est ça qu'on nous a dit. Et

là-dessus, d'emblée, on a fait les représentations.

Je pense qu'on a tellement bien fait les représentations que même le député de

Côte-du-Sud avait une certaine jalousie, si je peux exprimer ça ainsi. Est-ce

que c'est non parlementaire, M. le Président?

Le Président (M.

Paradis, Lévis) : Ça passe, M. le député, dans ce contexte-ci.

Bourgeois : Bien, c'est gentil, merci. Mais effectivement on a

démontré clairement la valeur de ce programme-là,

la valeur pour accompagner adéquatement nos gens dans leurs besoins, pour être

capable d'amener leurs exploitations

avec des contextes favorables en termes financiers, parce que ce sont des gens

d'affaires. Et je rejoins le collègue

de Nicolet-Bécancour, qui nous disait : Écoutez, là, le matin, là, ils se

lèvent, là, puis eux autres, ils prennent des décisions, là... Quand c'est le temps d'acheter un tracteur de

200 000 $, là, on est dans un enjeu important. Donc, il faut

leur donner les bons outils.

programme-là, ils l'ont identifié clairement. On a voulu les supporter, on

s'est assurés dès la première année du

mandat qu'il était là. Il a été tellement bon, M. le Président, l'année

dernière on a augmenté le nombre de régions qui étaient admissibles, parce qu'on a aussi découvert qu'il y avait

d'autres secteurs à travers le Québec qui ont dit : Aïe! nous, là,

on aimerait ça aussi l'avoir, parce qu'il y a des réalités dans certaines MRC

qui fait que, la qualité de sol qu'on a, l'éloignement,

les types de sol, si on serait capable d'avoir ce type de programme là, on

pourrait amener une rentabilité, une

production beaucoup plus intéressante pour ces sols-là. Ça fait que, vous

comprendrez, M. le Président, j'étais très fier quand j'ai vu à l'intérieur du budget l'augmentation des crédits

pour pouvoir permettre pas juste à ma région mais à plusieurs autres

régions, d'autres MRC de pouvoir bénéficier de ce programme-là.

là je parle de drainage, mais le chaulage est important. Et là je vais faire un

clin d'oeil. Je vous l'ai dit, hein, on est une région de ressources

naturelles. Chez nous, on a un moulin à papier, on a une usine, Boralex, qui

fait de la cogénération, à Senneterre, on a

des installations dans les centres hospitaliers qui utilisent la biomasse

forestière pour leurs chaufferies. Il

y a un produit de choix qui ressort de cette utilisation-là de la biomasse

forestière, on valorise les cendres, parce

que, les cendres, M. le Président, là, le chaulage et les cendres, là, il y a

un rapprochement intéressant. Et je vois mon collègue de la Mauricie qui opine de la tête, parce qu'effectivement,

pour les agriculteurs, d'avoir ce type d'approvisionnement là à

proximité pour répondre à ce deuxième volet là dans ce programme-là du drainage

et chaulage des terres fait une grosse

différence. On a de disponible une quantité importante de produits qu'on peut

amener sur les sites à l'hiver...

Parce que c'est un enjeu, hein? Je vous disais : Rentrer dans le champ,

mais rentrer dans le champ sur la

gelée, comme on dit chez nous, être capable d'amener les camions, aller faire

le transport, là, et donc être prêt, au printemps, pour faire les

travaux, pour mettre le plus rapidement possible et de la façon la plus

adéquate possible les produits, donc, de ces

cendres-là, de pouvoir les étendre... En même temps, l'année d'avant, on a fait

le drainage, on fait le chaulage et on est capable de lancer la

production comme on la souhaite, adéquatement.

le ministre, ce programme-là, il est fort important. Et, premièrement, je salue

votre écoute. Je pense qu'on va bien

accompagner nos gens. Et j'espère que vous allez pouvoir nous permettre de le

maintenir, parce qu'il reste encore beaucoup de travaux à faire. Moi,

les agriculteurs, chez nous, ils s'en sont servis. Il y en a que... On sait

qu'il y a un maximum jusqu'à

50 000 $ de travaux. Il y a

une gestion financière, hein, on ne

peut pas nécessairement toujours faire tous

les travaux dans la même année. Il y a aussi un enjeu de capacité de

réalisation parce que les contracteurs pour faire ces travaux-là, là, il n'y en a pas une multitude,

hein? Donc là, il y a comme un enjeu de : On va-tu être capable d'avoir

ce contracteur-là? Est-ce qu'il est capable

de faire tout le territoire? Puis là ils vont être sollicités, là. On ajoute

34 MRC, donc il y aura probablement un développement d'entreprises

pour mieux desservir ce type de besoins là.

Mais

là-dessus, M. le ministre, je tiens vraiment à vous remercier de cette

écoute-là. Il y a plusieurs collègues, peu importe le territoire, qui

vont souligner cet apport-là. Et j'aimerais que vous puissiez nous confirmer

votre volonté de maintenir le programme.

M. Lessard :

Alors, je le confirme. Non.

Merci à mon collègue

d'Abitibi-Est, parce que, dans le fond, drainage, chaulage, c'est né en

Abitibi. J'étais ministre de l'Agriculture à

ce moment-là, et l'Abitibi avait levé la main en disant : On a un problème

de déficience au sol, les rendements,

les cultures fourragères, puisque le boeuf à l'herbe prenait beaucoup de place...

et le drainage des terres, comment on

utilise au maximum les terres qui sont déjà disponibles et défrichées, et pour

lesquelles on n'avait pas pleine utilisation parce qu'elles n'étaient

pas suffisamment drainées, et dans lesquelles la valeur agronomique des sols s'appauvrissait puisqu'au fil des années on ne

pouvait pas être capable de les stabiliser et d'aller chercher, donc, un plein

rendement.

Alors,

à ce moment-là, on a développé, suite à la demande de l'Abitibi, le plan de

drainage, chaulage. La première génération a été annoncée par notre

collègue d'Abitibi-Est, qui était ministre de l'Agriculture à ce moment-là, il

l'a implantée, puis par la suite c'est venu

pour le reste du Québec avec notre collègue à l'Agriculture et ministre avant

moi, donc, pour les g

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAPERN 2017-05-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions capern-41-1 journal-debats CAPERN-170504
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier41efe63483262e7d42634316dd20162961f412f2

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