CAT — 7 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-05-07
Quebec — Committees
(Dix heures quatre minutes)
La Présidente (Mme Dansereau) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Prendre place, les gens, s'il vous plaît!
La Présidente (Mme Dansereau) : S'il
vous plaît, les gens, si vous voulez prendre place! C'est bon?
Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre les sonneries de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder aux consultations
particulières, aux auditions
publiques du projet de loi n° 16, Loi visant
principalement l'encadrement des inspections en bâtiment, de la copropriété
divise, le remplacement de
la dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de ses règles de
fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec
et diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Donc, en tout premier lieu,
je veux souhaiter la bienvenue à tous les députés, aux fonctionnaires et aux
invités.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
est remplacée par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion) et Mme Perry Mélançon (Gaspé) est remplacée par M. LeBel
(Rimouski).
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Nous débutons cet avant-midi par les remarques préliminaires puis nous
entendrons la Fédération québécoise des municipalités.
Nous
débutons avec les remarques
préliminaires. J'invite d'abord la ministre
des Affaires municipales et de
l'Habitation, la députée de Chicoutimi, à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de six minutes. Mme la députée.
Laforest : Merci. Alors,
bonjour à vous tous. Merci. Merci, alors, Mme Suzanne Dansereau, vice-présidente de la Commission de
l'aménagement du territoire. D'abord, j'aimerais saluer tous mes collègues
présents, bien entendu, et souhaiter
la plus cordiale des bienvenues à tous ceux qui voudront se faire entendre aujourd'hui. Je vous remercie de prendre
le temps de nous partager vos points
de vue. Votre participation
contribuera au processus démocratique en matière de législation. Je sollicite
votre collaboration afin que nos échanges, bien entendu, comme toujours,
se déroulent dans un esprit d'ouverture. Pour ma part, je serai à
l'écoute de vos commentaires, qui nourriront mes prochaines réflexions.
Nous entreprenons donc les consultations
particulières sur le projet de loi n° 16, la Loi visant principalement l'encadrement
des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la
dénomination de la Régie du logement
et l'amélioration de ses règles de fonctionnement et la Loi modifiant la Régie
du logement, la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal. Ces consultations
font suite à la présentation du projet de loi, qui a eu lieu à l'Assemblée
nationale le 3 avril dernier.
J'aimerais préciser que les
mesures touchent en
partie le domaine de l'habitation, bien entendu. Celles qui
concernent la copropriété découlent des
recommandations du rapport du Comité consultatif sur la copropriété de 2012.
Pour permettre l'élaboration de ces
mesures, des discussions ont eu lieu avec les ordres professionnels et les
principales organisations concernées par la copropriété. En somme, il en
ressort que des actions précises devaient être posées dans ce dossier.
En matière municipale, des
dispositions sont également proposées sur différents sujets, comme les
finances, l'adjudication des contrats et la fiscalité.
Vous
le savez, le parc immobilier du Québec est vieillissant. Cette constatation
s'applique aussi aux copropriétés, qui représentent 12 % des habitations
sur tout le territoire, soit plus de 329 000. Des copropriétés divises
auront même bientôt
50 ans. Ça entraîne, en conséquence, des travaux d'entretien, de
rénovation et de mise aux normes parfois importants, ce qui peut
constituer un enjeu majeur pour des copropriétaires.
Un sondage à ce sujet a d'ailleurs
été diffusé en 2015 par le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec, la Fédération des chambres immobilières
du Québec et l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec. Il est intéressant de
mentionner que 41 % des 850 administrateurs de copropriété qui ont
été entendus ont affirmé que les sommes disponibles dans leurs fonds de
prévoyance étaient insuffisantes au moment de réaliser des travaux majeurs. Ça signifie que,
dans certains cas, des copropriétaires ont eu beaucoup de mal à payer des
rénovations qui ne pouvaient être évitées,
tandis que d'autres ne sont tout simplement jamais arrivés à fournir les sommes
nécessaires à la réalisation des travaux.
Ainsi, des copropriétaires se sont retrouvés coincés dans une habitation
détériorée ayant perdu de la valeur.
En ce sens, le projet de loi comprend des mesures qui
permettraient de préserver les copropriétés de façon durable. Pour ce faire, il
obligerait, entre autres, les syndicats de copropriété à tenir un carnet
d'entretien qui soit révisé périodiquement et à faire effectuer une étude afin d'évaluer les
sommes nécessaires à investir dans leurs fonds de prévoyance. De plus, le
montant des cotisations des copropriétaires devra être fixé en fonction des
recommandations de cette étude.
Des dispositions visent également à améliorer le
fonctionnement de l'administration des copropriétés et à mieux protéger les acheteurs d'unité de copropriété neuve ou existante.
Un autre volet du
projet de loi prévoit des mesures pour permettre à la Régie du bâtiment
d'encadrer la profession d'inspecteur
en bâtiment. Au Québec, rappelons que la formation n'est pas obligatoire,
qu'aucun permis n'est requis et qu'il
n'est pas rare qu'un inspecteur ne soit pas assuré. Afin de mieux protéger les
acheteurs, il est donc primordial de garantir la compétence et la
standardisation des pratiques.
ailleurs, des dispositions du projet de loi concernent la Régie du logement.
Elles donnent notamment suite à un rapport publié en 2016 par le
Vérificateur général du Québec. Au moment de cette vérification, le délai de
traitement moyen des plaintes à la régie était de sept mois. Il faut donc
assurer un meilleur accès aux services de la régie, tant pour les locataires
que pour les locateurs, d'autant plus qu'environ 40 % des ménages résident
dans une habitation en location.
que nous proposons aujourd'hui, c'est la plus grande réforme de la Régie du logement depuis sa création en 1980. Des modifications sont donc
proposées, visant principalement à diminuer le délai de traitement élémentaire
des demandes, réduire les remises
d'audience, favoriser la conciliation
entre les locataires et les locateurs et optimiser l'utilisation de la
visioconférence.
De plus, il est prévu
que le nom de la Régie du bâtiment soit remplacé par celui de Tribunal
administratif du logement. Cette nouvelle
désignation serait plus conforme à la fonction qu'elle exerce réellement.
L'utilisation du terme «régie» n'est pas représentative du rôle qu'elle joue en
tant que tribunal spécialisé dont le mandat principal est d'arbitrer les
litiges entre les locataires et les locateurs.
Enfin,
conformément à la mesure annoncée au budget 2019-2020, 30 nouveaux
préposés aux renseignements et du personnel
du soutien et d'encadrement seront embauchés. D'ailleurs, cette mesure
permettra de maintenir et d'améliorer l'offre de services dans toutes
les régions. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la ministre, c'est tout le
temps... J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires municipales et députée
de Vaudreuil à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de
quatre minutes.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens tout d'abord à saluer la ministre et son
équipe, les députés ministériels, les collègues des partis de l'opposition
ainsi que vous, Mme la Présidente.
Alors,
il me fait plaisir de prendre la parole pour quelques remarques
préliminaires... que nous amorçons aujourd'hui dans le cadre de la consultation
particulière du projet de loi n° 16. On le sait, on l'a lu, on l'a vu,
c'est un projet de loi omnibus qui reprend
notamment de nombreuses mesures en habitation qui se retrouvaient au sein du
projet de loi n° 401, présenté
lors de la précédente législature par la collègue d'Anjou—Louis-Riel. Il propose notamment d'accorder des
pouvoirs accrus à la Régie du bâtiment en matière d'encadrement des
inspections, de resserrer les obligations qui incombent au syndicat de
la copropriété au
chapitre des fonds de prévoyance et de revoir le
fonctionnement global de la copropriété.
Nous
voyons évidemment d'un oeil favorable que ces mesures, qui figuraient dans le
projet de loi n° 401, soient redéposées.
Le projet de loi
innove aussi en dotant la Regie du bâtiment d'un motif additionnel pour le
refus de tout type d'autorisation qu'elle
peut délivrer, en modifiant le nom de la Régie du logement, qui devient
désormais le TAL, Tribunal administratif du logement, et en revoyant sa
procédure pour encadrer la conciliation.
projet de loi contient aussi des mesures touchant le monde municipal.
Évidemment, ces mesures seront un point d'intérêt particulier pour ma
part, étant donné mon
titre de porte-parole de l'opposition officielle en
matière d'affaires municipales.
Alors, Mme la
Présidente, je tiens à réitérer que notre formation politique aborde le projet
de loi n° 16 avec optimisme, dans le
but avoué de bonifier le projet de loi à la lumière des propositions et
échanges qui auront lieu dans les consultations qui s'amorcent.
ce sens, nous aurions souhaité entendre plus de groupes en commission
parlementaire. Il est toujours souhaitable de consulter largement afin que toutes les facettes d'un projet de loi
fassent l'objet d'un examen susceptible d'en améliorer la portée et l'effet.
Et, comme le mentionnait la ministre, c'est quand même des modifications sur
une loi qui date de 1980. Alors, nous aurions vraiment aimé entendre
plus de groupes pour en bonifier la portée, de ce projet de loi.
Tout
de même, je tiens à assurer la ministre de notre volonté de travailler en
collaboration avec le gouvernement au bénéfice
de nos citoyens. Sur ce, j'ai bien hâte d'entendre les points de vue qui seront
exprimés dans la présente consultation. Et voilà. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la députée. J'invite
maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de logement et d'habitation, le député de
Laurier-Dorion, à faire ses remarques préliminaires pour une durée d'une
minute.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Moi aussi, je voudrais
commencer par saluer vous, en partant, qui allez animer ces travaux-là, les collègues, merci beaucoup d'être ici. Mme la
ministre, j'aimerais vous saluer tout particulièrement, ainsi que nos invités de... Mme Marcoux, de la
Société d'habitation du Québec, qui vont suivre les travaux, en partie, à
tout le moins.
Donc, nous, de notre part, oui, on porte un
intérêt tout particulier à cette question-là. On sait que la question de — on va
la nommer — avoir
un toit sur la tête, c'est extrêmement important pour la population. C'est le
principal poste de dépenses, en général, de
tous les ménages. Et il y a des problématiques qui existent, certaines qui
sont traitées par ce projet de loi. Nous allons étudier très attentivement, de façon positive, nous allons essayer
d'améliorer ce projet de loi là, nous
allons collaborer et pour le bien de l'ensemble de la population du Québec, étant donné l'importance de ce sujet. Donc, je vous remercie encore une fois.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci à vous, M. le député. J'invite maintenant le porte-parole du troisième
groupe d'opposition en matière d'habitation et député de Rimouski à
faire ses remarques préliminaires pour une durée d'une minute.
LeBel : Bien, merci. Bonjour, tout le monde. Je pense qu'on va bien
travailler. C'est un projet de loi qui est important. On va faire le
tour des différents éléments.
Moi, de mon côté, je vais vous dire, je vais
être très sensible à la
partie accès aux services, notamment pour les régions plus éloignées. Quand on parle de
visioconférence, je trouve ça intéressant, mais en même temps ça m'inquiète. Je
pense qu'on a besoin de personnes sur le terrain pour accompagner les gens,
surtout les locataires qui sont en situation plus difficile, qui ont besoin d'être accompagnés puis
qui ont besoin que des services leur soient donnés d'une façon très efficace
et facile d'accès. Ça fait que, pour moi, ça va être important.
J'ai averti aussi un peu tout le monde, puis
c'est... je devrai de temps en temps quitter, là, j'ai... Je devrais être à trois places en même temps aujourd'hui, ça fait
que ça se peut... Mais ne prenez pas ça mal, là, ce n'est pas personnel, je
vous aime beaucoup. Mais je reviendrai quand je pourrai revenir. Je vous le dis
à vous autres, puis je le dis aussi aux gens qui vont être là pour venir
nous faire des mémoires. C'est une journée compliquée. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, M. le député. Nous allons
maintenant débuter les auditions. Je souhaite la bienvenue à la Fédération
québécoise des municipalités. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter puis à commencer votre exposé.
M. Simard
(Luc) : Merci, Mme la
Présidente. Tout d'abord, je vous salue. On est heureux d'être ici devant vous
pour présenter notre mémoire. Mme la
ministre, qui est aussi notre ministre régionale de la merveilleuse région du
Saguenay—Lac-Saint-Jean,
je vous salue.
Je me
présente, Luc Simard, je suis préfet élu de la MRC de Maria-Chapdelaine, au
nord du Lac-Saint-Jean, et je suis accompagné de mes collègues de la
FQM : conseillère Maryse Drolet et Maxime Girard, qui est aussi conseiller
à la FQM.
Donc, merci
d'accueillir la Fédération québécoise des municipalités dans le cadre de cette
commission parlementaire sur le
projet de loi n° 16. J'aimerais d'abord dire quelques mots sur la
Fédération québécoise des municipalités. Certains d'entre vous la
connaissent bien, mais je veux quand même faire un petit rappel.
Donc, on a
été fondé en 1944, ce qui fait qu'on fête cette année notre
75e anniversaire. Nous sommes le porte-parole des régions. On regroupe près de
1 000 municipalités locales et régionales, donc quatre municipalités
sur cinq, et la totalité des MRC qui,
sur une base volontaire, forment nos rangs. Notre rôle est de faire entendre la
voix des régions, de porter les ambitions
locales et régionales et de défendre les intérêts des gouvernements de
proximité. La FQM constitue le plus grand rassemblement du monde municipal
au Québec.
Donc, la
Fédération québécoise des municipalités accueille favorablement le dépôt du
projet de loi n° 16. En tant que
porte-parole des régions, la FQM observe que certaines dispositions du projet
de loi, notamment en ce qui a trait aux modifications apportées à la
Loi sur la Société d'habitation du Québec,
consolident la volonté gouvernementale d'assurer la vitalité et l'occupation du territoire et de renforcer le rôle des
municipalités et des MRC en tant que gouvernements de proximité. Ainsi, notre
mémoire est divisé selon ces deux principes chers aux membres de la FQM :
la vitalité du territoire et le principe de gouvernement de proximité.
L'article 3
de la Loi pour assurer l'occupation et la vitalité des territoires confirme la
transition du concept de développement régional vers celui, plus moderne,
d'occupation et de vitalité des territoires. Nous pouvons y lire que cette expression signifie la mise en valeur des
potentiels de chaque territoire dans une perspective de développement durable
résultant de l'engagement et du dynamisme
des citoyens, des élus et des acteurs socioéconomiques. Pour les membres de la
FQM, ce concept est très important et guide
les décisions des municipalités et des MRC du Québec. Beaucoup de leurs efforts
sont déployés afin d'améliorer la qualité de
vie de leurs citoyens, et toute nouvelle disposition allant en ce sens est la
bienvenue.
Le projet de loi
n° 16 contient plusieurs éléments qui tendent à favoriser cette
orientation et ce changement de paradigme.
chapitre I du projet de loi n° 16, concernant la Régie du bâtiment et
des changements apportés aux règles entourant l'inspection des bâtiments, mérite d'être souligné. Pour la FQM, il est
certain qu'un encadrement plus serré de l'inspection des bâtiments ne peut être que bénéfique pour le
maintien et l'amélioration du patrimoine bâti de nos régions. En bonifiant
le contrôle des compétences des inspecteurs,
ces derniers seront mieux à même d'identifier les potentiels problèmes des
immeubles inspectés, ce qui en améliorera
l'entretien et, ultimement, la valeur. Une municipalité ne pourra que
s'enorgueillir d'un patrimoine bâti
en meilleur état et profitera ainsi d'une meilleure valeur foncière, tout comme
ses citoyens bénéficieront plus longtemps d'immeubles en bon état.
Dans le même ordre
d'idées, quelques dispositions du
chapitre II concernant la copropriété
divise concourront également, selon nous, à
maintenir et améliorer le patrimoine bâti du Québec. Par exemple, l'obligation
pour les syndicats de copropriétaires
de tenir un carnet d'entretien des immeubles permettra aux propriétaires
actuels et futurs de mieux connaître leur
immeuble et les différentes transformations que ce dernier aura subies à
travers les années, assurant ainsi un meilleur suivi et un meilleur
entretien.
plus, l'instauration du concept d'étude du fonds de prévoyance nous semble une
très bonne chose. Il est de bon ton d'avoir en tout temps l'heure juste quant
aux frais de condo réels, tant pour les syndicats de copropriété, les
propriétaires que les futurs
acheteurs, aussi, qui s'engagent avec un nouvel achat qui est souvent très
important pour la vie d'un citoyen.
La municipalité et les
MRC, en tant que gouvernements de proximité, exercent des fonctions
essentielles et offrent à leurs populations
des services qui contribuent à maintenir un milieu de vie de qualité,
sécuritaire et sain. Toute nouvelle disposition visant à renforcer cet état
de fait ne peut être que saluée.
Le
chapitre IV,
qui introduit plusieurs changements à la
Loi sur la Société d'habitation du
Québec, est un bon exemple qui confirme que
les municipalités et les MRC sont les mieux placées pour comprendre les besoins
de leurs citoyens. Proches de leurs
citoyens, les membres de la FQM ont une compréhension fine des besoins de leurs
populations. S'il est jugé plus
efficace ou plus pertinent de soutenir un projet résidentiel hors de leurs
territoires, il est heureux qu'ils en aient maintenant le pouvoir. Cette initiative est une belle preuve de
valorisation du rôle de l'élu et de la FQM, et ses membres en sont
satisfaits.
L'article 122
du
chapitre V vient modifier la
Loi sur les compétences municipales afin
de permettre aux municipalités et aux
MRC de venir en aide aux résidences privées pour aînés. Dans les plus petits
milieux comme dans les plus grands, cette
nouvelle disposition apparaît à la FQM comme étant extrêmement positive et
constructive. Les dernières années ont malheureusement
vu leur lot de problèmes entourant la fermeture des résidences pour personnes
âgées, particulièrement dans des petits villages.
Autrefois
presque impuissantes, les municipalités et les MRC pourront agir et soutenir
leur communauté en aidant financièrement une résidence pour personnes
âgées qui serait sur le point de fermer ses portes. En tant que véritables gouvernements de proximité, les membres de la FQM
sont prêts à assumer ce rôle, et ce, avec... et avec la pyramide des âges
qui tend à s'inverser, sont de plus en plus déterminés à le faire pour
contribuer à la vitalité de leurs territoires.
contre, avec toutes les responsabilités qui leur incombent, nos membres sont
déjà grandement sollicités financièrement. Cette possibilité d'aide d'urgence
aux résidences pour personnes âgées devra demeurer une aide de dernier
recours et ponctuelle. Il serait malheureux d'assister, à la suite de
l'adoption de cette disposition, à un certain désistement
des réseaux responsables, comme celui de la santé, par exemple, qui pourraient
éventuellement tenir pour acquise cette
aide d'urgence. Sans ressource financière supplémentaire pour assumer cette
nouvelle mission, ce genre d'aide devra demeurer ad hoc et pour le bien
de la communauté.
appui à cette nouvelle disposition, nous observons de plus en plus le phénomène
de l'exode des aînés vers les grands centres pour être à proximité des services
hospitaliers, mais aussi de divers services. En lien avec ces départs, un
autre phénomène s'ajoute, celui de l'exode des enfants de ces aînés, désireux
de rester physiquement proches de leurs parents. En favorisant le maintien des
ressources spécialisées en région et dans les petites municipalités, c'est
toute la communauté d'une municipalité qui en bénéficie.
Finalement, la FQM
croit que cette mesure s'inscrit dans la même volonté gouvernementale entourant
la vision communautaire de soins aux aînés.
Tout le concept de maison des aînés tourne en effet autour de l'idée de
rapprocher les aînés de leur milieu.
Donner des outils aux municipalités et aux MRC qui permettront d'aller dans le
même sens est une excellente chose.
En conclusion, la FQM
souhaite réitérer son appui au projet de loi n° 16. Ses dispositions
encouragent la vitalité et l'occupation dynamique du territoire tout en
renforçant le rôle de gouvernement de proximité qui est cher à nos membres
à la FQM, principalement aux MRC.
Donc,
merci de votre attention. Et maintenant nous sommes prêts à répondre à vos
questions. J'ai mes collègues qui vont
me donner un coup de pouce, parce qu'il y a quand même beaucoup d'éléments
techniques, dans cette loi, beaucoup de modifications législatives.
Donc, on est prêts à recevoir vos questions.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Merci, monsieur, pour votre exposé. Nous allons
maintenant débuter la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Vous disposez de 16 min 30 s.
Laforest : Bon, alors, considérant, justement... Merci pour vos
commentaires, je vois quand même que le projet de loi est très, très bien accueilli. Merci. Considérant,
justement, les commentaires, j'entends qu'on parle énormément des résidences pour personnes... pour les aînés
dans les plus petites régions, si je peux dire, les plus petites municipalités.
Puis ça, c'est certain que c'est important, pour moi, de vous entendre sur ça,
pour la vitalité des régions.
Alors, moi,
j'aimerais ça savoir, de par vos commentaires, comment a été acceptée cette
nouvelle réglementation, pour les municipalités, d'octroyer la possibilité
aux villes d'aider leurs résidences de personnes âgées de rester en fonction, si je peux dire, considérant qu'on est
rendus quand même au-dessus de 400 fermetures de résidence
pour aînés jusqu'à ce jour, ce qui est vraiment trop. Alors, moi, c'est
certain que j'aimerais vraiment vous entendre sur l'état de situation.
Comment vous voyez ça, la possibilité que les municipalités puissent prendre en charge les résidences pour
aînés? C'est vraiment
important pour moi de voir comment qu'on peut s'ajuster, comment qu'on peut
travailler avec ce nouveau règlement là. C'est vraiment important pour
moi de vous entendre à ce sujet-là.
M. Simard
(Luc) : Bien, nous, nous
sommes vraiment contents d'être capables d'intervenir dans ce
créneau-là parce que nous... Bien, si on prend uniquement l'exemple chez
nous, on a des résidences pour aînés dans plusieurs municipalités, puis ce n'est
pas des grosses résidences non plus. C'est des résidences privées qui ont des
bénéficiaires mais que... Il n'y a
pas 50 bénéficiaires non plus, mais c'est souvent des petits groupes. Et c'est de plus en plus difficile, entre autres au niveau
de la centralisation des soins de santé, là, dans les plus grandes municipalités, de les conserver, ces résidences-là, ouvertes. Souvent, les
gens ont tendance à migrer vers les plus grandes villes.
Donc, pour nous, de donner un coup de pouce
financier à ces centres-là pour des projets ponctuels ou des aides ponctuelles, c'est quand même très, très
bienvenu. Des fois, c'est un petit coup de pouce qui peut donner un petit plus,
bonifier l'offre, améliorer les
services. On ne veut pas que ce soit une aide au fonctionnement non plus qu'on offre, parce qu'on n'a pas les moyens financiers
de commencer à entrer dans le fonctionnement de ces résidences-là puis de les
financer année après année pour payer leurs employés ou des choses comme ça. Mais, si on peut
bonifier, aider à rénover ou des petites choses comme ça, bien, c'est quand
même très, très positif pour nous.
Hier, j'étais
au niveau de la loi n° 17, au niveau du transport de personnes. Cette loi-là aussi nous offre des belles
opportunités pour faciliter le maintien des
personnes âgées dans les villages. Puis on le sait, que, dans les villages,
souvent, les enfants vont demeurer à proximité de leurs parents. Donc, c'est
une question de vitalité. Si les personnes âgées s'en vont,
bien, les jeunes vont suivre, puis il
y a des villages qui... je ne dis pas
qu'ils vont fermer, mais qui vont être encore davantage dévitalisés.
Donc, l'opportunité est là, mais il ne faut pas
que ça devienne une aide récurrente. Il ne faut pas que ça devienne qu'on met
le «payroll» des employés de ces résidences privées là sur la charge des MRC,
mais qu'on ait au moins la possibilité d'améliorer leur offre puis d'améliorer
les services qui sont offerts dans ces centres-là.
Mme Laforest : C'est bon. Puis, au niveau, justement, des résidences pour aînés, il y a eu plusieurs
fermetures aussi au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je suis quand même au courant. Puis moi, je me
demandais : Est-ce que les municipalités sont prêtes, justement, à faire face à ce nouveau
règlement là, qu'on va leur donner la possibilité... Les municipalités sont
prêtes? Est-ce que les gens, les
propriétaires de résidence pour aînés ont bien accueilli ça? Est-ce qu'il y a
eu des discussions avec les municipalités? Est-ce que ça a été bien
accueilli aussi?
M. Simard
(Luc) : Bien, on n'a pas eu
de discussions au niveau des municipalités à ce niveau-là. Mais moi, pour vous
donner un... Dans la MRC voisine, Domaine-du-Roy, comme dans la nôtre,
particulièrement chez nous, on a... Chaque municipalité a des fonds qui proviennent de la MRC pour faire du
développement, pour maintenir des services dans les municipalités, entre autres des services... le
dernier dépanneur ou le... tu sais, des services de dernier recours, si on peut
dire, et les services de maisons de personnes âgées, et aussi dans ce
créneau-là. Donc, je pense que c'est aux MRC à se doter de services, en
collaboration avec les municipalités, de fonds pour être capables d'aider ces
centres-là privés.
Nous, on a des fonds. Entre autres, vous savez
qu'on a des minicentrales, on a des revenus qui proviennent de programmes
d'énergie communautaire qui sont extrêmement importants pour nous autres. Puis
il y a une
partie de ces sous-là qui sont
retournés aux municipalités pour des projets porteurs. Mais ce n'est pas des
projets récurrents. On s'entend qu'on
a mis des balises. On ne veut pas de la récurrence, on veut des projets
porteurs. Donc, des projets pour personnes âgées pourraient être admissibles à
ces projets-là. Donc, ça pourrait être intéressant. Je parle pour notre MRC,
mais je pense que ça va être aux autres MRC aussi, à toutes les MRC, de
se structurer en fonction de la nouvelle loi.
Mme Laforest :
O.K. C'est bon. Parce qu'il y a aussi l'enjeu, là, de l'obligation des
gicleurs. Ça, c'est certain, on est comme... Quand on est arrivés en
poste, on est arrivés avec cette réglementation-là qui est vraiment, si je peux
dire, exigeante pour certaines résidences de
personnes âgées. On est en train de voir aussi qu'est-ce qu'on pourrait faire
pour accélérer la possibilité,
justement, que les résidences pour aînés puissent avoir des gicleurs. Parce
qu'on s'entend qu'avec la Régie du bâtiment il y a eu plusieurs
rencontres qui ont eu lieu avec le ministère de la Santé. Et j'ai eu beaucoup
de discussions aussi avec la ministre des
Aînés, si je peux dire. Ça fait que ça, ça a été vraiment considéré parce que
le nombre de fermetures de résidence pour aînés a été vraiment... a
bondi depuis la dernière année.
Ça fait que c'est pour ça qu'on s'est remis en
question puis on s'est dit : Qu'est-ce qui s'est passé? On a pensé aussi
aux gicleurs. Puis on a pensé justement aux plus petites à cause de cette
problématique-là.
Et je voulais vous entendre aussi au niveau
des villages. On a les demandes aussi des familles qui voulaient les laisser ouvertes, comme vous dites. Est-ce que c'est ça
que vous dites, pour laisser les familles dans les villages? C'est ça que vous entendez?
M. Simard
(Luc) : ...l'enjeu est vraiment là, là. Les gens sont attachés à leur
village. Chez nous, moi, même à la MRC, j'ai
beaucoup d'employés qui proviennent des villages autour,
on ne se le cache pas. Puis on en a eu, des bonnes discussions
là-dessus, effectivement, là. Ça fait
partie des services normaux dans un
village, de maintenir ces personnes-là présentes.
Puis il y a des jeunes familles qui cherchent la qualité de vie d'un village où est-ce que c'est un rythme de vie beaucoup
plus tranquille, l'accès à la propriété est facile, beaucoup
moins coûteux. Donc, oui, il y a une demande de nos citoyens pour maintenir
les personnes âgées dans les villages.
Laforest : O.K. C'est bon. Alors, moi, ça répond à mes questions.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Ça va? Est-ce que vous souhaitez... c'est ça,
souhaitez-vous céder la parole à vos collègues? Il reste encore neuf minutes.
Laforest : ...est-ce que je
peux demander... Parce que ça concerne aussi notre région. Si j'entends la MRC
de Maria-Chapdelaine... Ou peut-être aller voir une autre MRC ou une autre
région serait intéressant, oui.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Oui, je vous cède la parole, Mme la députée.
Jeannotte : Alors, Chantale Jeannotte, députée de Labelle. Merci, Mme
la ministre, de me donner la parole.
Je le vis, justement, dans ma belle circonscription de Labelle, qui est quand
même assez une région éloignée, là, particulièrement... je vais nommer la municipalité de Mont-Laurier.
J'ai une dame qui est
venue me voir dans mon bureau de comté, puis elle a une résidence pour
personnes âgées, 17 personnes. C'est
des tout petits groupes, comme vous le mentionniez. La dame est à bout de
souffle. Dans son sous-sol, elle a sept personnes. Un petit peu plus
haut... Puis c'est propre. Elle m'a montré les photos, et je vais aller la
visiter prochainement. La dame est exténuée.
Puis donc, vraiment, Mme la
ministre, ça va vraiment
être bénéfique, ce que vous apportez avec le projet de loi. Donc, je
suis contente aussi d'apprendre que la fédération est un partenaire important.
Quand
vous dites : On va pouvoir apporter un petit support, là... Tout à l'heure, vous avez parlé de rénovation. Donc, pouvez-vous être un petit peu plus au ras des pâquerettes, là? Est-ce que ça
veut dire que vous allez être obligés de... comme il va y avoir un programme,
carrément, puis ça va être strictement... Êtes-vous rendus là dans les moyens
ou...
M. Simard (Luc) : Non, pas du tout, pas du tout. J'ai lancé... C'est des idées, c'est des
pistes. Ce qu'on ne veut pas, c'est que ce soit une aide récurrente qui est
constante pour payer les salaires, pour payer l'électricité, pour payer
tous les frais. Donc, on veut... c'est qu'on
puisse investir avec eux autres pour améliorer les services, pour maintenir la
qualité.
Souvent,
ces petits centres là n'ont pas nécessairement des gros revenus. Donc, ils n'investissent peut-être
pas au niveau des services. Il n'y a peut-être
pas, je vous dis un exemple, des tables de billard ou des services un peu
comme ça où est-ce que les personnes âgées pourraient aller se détendre. Tu sais, c'est peut-être
pour améliorer l'offre puis la qualité des services, un petit peu de rénovations. Pourquoi pas? Je pense que ça va être à chaque milieu
de définir qu'est-ce qu'ils veulent faire avec ça.
Bien,
on n'a pas nécessairement de programme, mais, nous, ce qu'on estime, c'est que chacune
des MRC, chacune des municipalités devra déterminer qu'est-ce qu'ils
veulent faire puis comment qu'ils veulent aider ces résidences-là.
Jeannotte : O.K. D'accord. Merci beaucoup. Parfait.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Il reste encore sept minutes.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Oui, vous pouvez y aller, Mme la ministre.
Laforest : C'est bon?
La Présidente (Mme
Dansereau) : Vous avez la parole.
Laforest : O.K.
Bien, c'est parce que, dans le projet
de loi, aussi, il y a
la possibilité d'avoir une contribution pour une municipalité, d'aider un projet
d'habitation qui est localisé hors de son territoire. Ça, vous l'avez vu aussi?
Laforest : Puis, ça aussi,
j'aimerais ça, avoir des informations là-dessus parce que c'est... Quand on parle
des projets hors municipalité, est-ce que vous croyez qu'au
niveau des municipalités c'est favorable? Est-ce que les municipalités vont être d'accord avec ça? Parce qu'on s'entend que c'est souvent des
projets qui vont être instaurés ailleurs que leur municipalité.
Croyez-vous que l'accueil va être positif?
M. Simard (Luc) : Bien, c'est une possibilité, ce n'est pas une obligation. Donc, je pense que
le fait d'ouvrir, ça peut être intéressant. Chez nous, pour vous donner un exemple, c'est que, souvent,
c'est des regroupements de municipalités qu'on
a. Je donne un... Tu sais, nous autres, dans notre MRC, on a un secteur, GEANT,
qu'on appelle, Normandin, Girardville, Saint-Edmond,
Albanel, Saint-Thomas-Didyme, donc des municipalités qui ont des affinités, qui sont proches
géographiquement. Même chose dans le
secteur est de notre MRC, où est-ce que les trois municipalités qui ont plus d'affinités, qui sont plus proches pourraient peut-être
décider d'investir dans un centre de personnes
âgées pour maintenir les gens plus
proches au lieu qu'ils soient très éloignés de leur milieu. Donc, oui,
je pense que ça pourrait être effectivement bien accueilli.
il pourrait y avoir d'autres services aussi que les gens se mettent en commun.
De plus en plus, les municipalités, ce
qu'on veut faire, c'est se regrouper, hein? On a des municipalités de
200 habitants, 300, 400, 500 habitants. On sait qu'on ne peut pas offrir des services au même
titre que
les plus grandes municipalités. Bien, en se regroupant, on peut se doter
de services qui sont convenables, à tout le
moins. Et beaucoup de municipalités s'orientent de plus en plus vers là. On
parle d'eaux usées, d'eau potable, mais ça peut être des services divers, ça
peut être des maisons de personnes
âgées, ça peut être beaucoup
d'autres choses, là. On n'aura pas le choix de passer par là, au niveau des municipalités,
si on veut maintenir la qualité des services offerts aux citoyens, puis cette
option-là est intéressante. Mme Drolet.
Mme Drolet (Maryse) : ...oui,
en complément. Effectivement, surtout dans tout le processus de regroupement
des offices d'habitation, on le voit, ça se passe bien dans la majorité
des territoires du Québec. Les gens travaillent à l'échelle des MRC. Et, comme disait M. Simard, c'est
ça, justement, il y a de plus
en plus de concertation. Les municipalités travaillent de plus en plus ensemble dans une vision régionale, «région» étant «MRC»
dans la façon dont on le travaille. Et, dans tout le processus de regroupement, effectivement, il se peut que, dans ma municipalité, je n'aie pas d'office d'habitation, mais,
dans la voisine, oui, mais c'est dans mon intérêt,
comme municipalité, parce
que j'ai des citoyens qui vont
vouloir y habiter, que je contribue également.
Donc, dans une vision collective régionale, effectivement, c'est de plus en plus comme ça qu'on voit que les gens et les municipalités
travaillent ensemble.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre.
Mme Laforest : D'accord. Puis vous voyez, comme, les municipalités vraiment rapprochées, ou des municipalités même sur... par exemple, en région complètement, ou juste les municipalités
avoisinantes?
M. Simard
(Luc) : Bien, tout dépendant des projets, il va se créer des affinités
naturelles puis des liens naturels qui vont
se tisser, là. Puis il peut y avoir des projets plus régionaux, tu sais, des
projets entre deux MRC. Ah! on ne ferme pas la porte, là. Mais c'est une nouvelle ouverture qui peut être intéressante. Par exemple, nous, dans notre MRC, vous savez, on s'est mis en union, en lien avec la MRC voisine
pour développer une stratégie de main-d'oeuvre.
Donc, peut-être qu'il pourrait y en avoir d'autres, projets de même
entre deux MRC. Pourquoi pas?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre, ça va?
Mme Laforest :
Oui, ça va. C'est pour compléter, en fait. C'est que c'est certain que nous, on
disait qu'étant donné que les municipalités
pourraient justement être les instigatrices de ces projets-là... On croyait
puis on est convaincus en même temps
que ça va renforcer l'autonomie municipale, en fait, pour gérer les projets,
ces projets-là communs. Ça fait qu'on
trouvait que c'était essentiel de passer par ce règlement-là. Puis en même
temps, bien, ça aide la communauté, bien entendu, là, nos... Qu'est-ce
que vous en pensez, vous?
M. Simard
(Luc) : On est entièrement d'accord avec votre analyse.
Mme Laforest :
Vous êtes d'accord avec l'autonomie municipale, ça, je suis convaincue.
M. Simard
(Luc) : Oui, oui, entièrement d'accord.
Mme Laforest :
On en a déjà parlé, d'ailleurs, oui, c'est vrai. O.K. Bien, merci beaucoup.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Je céderais maintenant la parole au
député de Montmorency.
M. Simard
(Montmorency) : Oui. Et combien de temps me resterait-il?
La Présidente
(Mme Dansereau) : 2 min 53 s.
M. Simard (Montmorency) : Bien, c'est parce que j'étais curieux d'une
chose, Mme la Présidente, et c'est un peu
ad hoc par rapport à l'étude et à l'objet bien précis de nos consultations.
Bien, vous avez insisté sur le fait que vous étiez un préfet élu, ce qui
est rarissime quand même au Québec.
M. Simard (Luc) : On est 16, au
Québec, sur 87 MRC
Simard (Montmorency) : Très franchement, vous connaissez, donc, des
préfets qui, eux, ne sont pas élus.
M. Simard
(Luc) : Oui. Je travaille avec eux autres à tous les jours, oui.
M. Simard (Montmorency) : À tous les jours. Et donc ça pique ma curiosité.
En termes de dynamique politique, vous le vivez comment, et puis vous
pourriez dire forces et faiblesses, là, du fait d'être élu?
M. Simard (Luc) : Bien, tout d'abord, M. Thouin, vous étiez
préfet élu aussi, hein? Je ne me trompe pas, hein?
M. Simard (Luc) : Ils l'ont mis à la porte. Non, mais, honnêtement, ça fait vraiment une différence. Puis, quand on se présente... Écoutez, moi, je travaille pour
tous les gens. Je n'ai pas une municipalité. Puis mon premier lien est à la MRC et non à une municipalité en particulier.
Puis, en même temps, j'ai fait une campagne
électorale, on était quatre candidats,
où est-ce
que j'ai proposé des éléments au niveau du développement économique, développement touristique, développement social. J'avais
un programme complet au
niveau des ressources
naturelles aussi. Donc, je me sens légitimé de développer ce que j'ai dit que j'allais faire en campagne électorale, comme à peu près... comme tous les maires font aussi, là. Donc, moi,
c'est vraiment là-dessus.
Puis je suis élu par
100 % de la population. Souvent, un préfet non élu est élu par une municipalité
de 300, 400 habitants. Donc, s'il reçoit... s'il a 50 % des votes, il va
avoir 100 votes, puis il va être élu, puis il va se ramasser préfet
avec 100 votes. Tu sais, moi, il y a un
élément là-dessus que je trouve... que je ne dénigre pas non plus, parce qu'il
y a des municipalités qui vont
continuer de maintenir que ce soit un maire qui soit élu préfet, puis c'est
bien correct. Mais moi, pour mon
côté, je trouve que ça me donne une vraie belle légitimité, puis d'autant plus
que j'ai eu 51 % des votes, puis on était quatre candidats. Ça fait
que c'est encore plus intéressant dans ce temps-là.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci...
M. Simard (Luc) : Puis, en même temps, ça me permet de faire... de
venir aussi ici défendre nos enjeux, défendre les enjeux régionaux, de m'impliquer à la FQM. Donc, ça me donne aussi
une liberté d'action. Parce que je suis là à temps plein, hein, je suis là à temps plein pour la MRC.
Donc, c'est pour ça que j'ai le temps
de venir discuter avec les gens de la FQM,
discuter de nos enjeux. Je suis sur la table du caribou forestier, qui est un
enjeu majeur chez nous, le caribou forestier. Donc, ça me permet de m'impliquer, en étant préfet élu à temps plein, dans des dossiers provinciaux, puis on amène nos préoccupations
de nos milieux à travers notre implication.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Mme la ministre, vous aviez une dernière question?
La Présidente (Mme
Dansereau) : 30 secondes.
Laforest : La réception... Par rapport
au projet de la copropriété, les mesures qui sont prises, quelle est votre vision par rapport à ça?
M. Simard (Luc) : Bien, écoutez, ça, moi, je trouve que c'est parfaitement légitime, là,
de... Vous l'avez mentionné, en introduction, qu'il y en a quand même beaucoup,
de copropriétés, 41 %, si j'ai bien compris, qui n'avaient pas les
sous prévus pour faire des rénovations.
Donc, c'est une sécurité qu'on apporte aux citoyens qui vont s'acheter des
condos. Moi, je trouve ça parfaitement normal. Mais je trouve ça
désolant qu'on soit obligés...
La Présidente (Mme
Dansereau) : ...monsieur, le temps est écoulé.
M. Simard (Luc) : ...obliger aux gens de faire des plans. Ça, je trouve ça désolant, là.
Je pense que ça devrait être naturel.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Le temps est écoulé. Je m'excuse.
Je cède maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition
officielle. Mme la députée, vous disposez de 11 minutes.
Nichols : Merci, Mme la Présidente. Alors, merci, M. Simard,
merci, M. Girard, et merci, Mme Drolet, d'être ici aujourd'hui.
M. Simard, vous parlez, là, depuis tantôt, que vous... tu sais, vous dites
que vous êtes légitime de faire les représentations que vous faites
aujourd'hui. Vous avez dit aussi : Je trouve que... Moi, je me demandais,
en tant que préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, vous représentez combien
de municipalités.
M. Simard
(Luc) : On est 12 municipalités.
Nichols : 12 municipalités. Et les représentations que vous
faites ici aujourd'hui, là, évidemment, c'est le groupe de la FQM, donc
je présume que c'est pour la FQM.
Simard (Luc) : C'est pour la FQM, oui.
Nichols : Parfait. Il y a 1 131 municipalités au Québec. La
FQM représente... Je pense qu'il y a à peu près 1 000 membres,
peut-être, là...
M. Simard
(Luc) : Presque 1 000, oui. On est pratiquement 1 000, un
petit peu moins.
Mme Nichols :
...un petit peu plus de 1 000 municipalités, là, qui sont membres de
la FQM. Je me demandais : Est-ce que
vous avez consulté vos membres avant de soumettre le mémoire que vous soumettez
à la commission aujourd'hui?
Drolet (Maryse) : De façon générale, non. Et on a eu quatre
jours.
Nichols : Ah! c'est ça, vous avez eu un court délai pour pouvoir nous
soumettre ce mémoire, un mémoire de huit
pages, là, qui est quand même assez général. Et je comprends que les membres de
la FQM n'ont pas été nécessairement consultés. Et, ce que vous nous
ramenez aujourd'hui, vous l'avez... Vous avez rédigé ce document-là sur quelle
base?
Mme Drolet (Maryse) : Si vous me permettez, en fait, il y a beaucoup
d'éléments qui ont été discutés et sur lesquels on s'appuie depuis très, très
longtemps, notamment la gouvernance de proximité. Donc, on est vraiment dans
l'enlignement des réclamations
fondamentales, là, de la FQM. Alors, non, on n'est pas... Donc, ce n'était pas
si... Oui, les délais ont été très courts, mais ce n'était pas si
complexe à répondre.
Évidemment,
vous l'avez vu, on n'a pas de commentaire sur l'ensemble du projet de loi. On
se restreint à ce qui est dans notre champ de compétence. Et, pour en avoir
aussi discuté, non pas nécessairement sur ce projet de loi là mais sur
le rôle qu'on veut avoir auprès de nos
personnes aînées, tous ces enjeux-là ont été longuement discutés dans une
commission permanente, aux instances,
au C.A. Non, là-dessus, on n'a pas trop d'inquiétudes. Et il va être présenté,
effectivement, au conseil d'administration qui s'en vient.
Mme Nichols :
Très bien. Bien, je comprends. Merci.
Mme Drolet (Maryse) : Mais évidemment l'exécutif... Le président l'a
vu, évidemment, nos instances décisionnelles.
Nichols : Merci, Mme Drolet. Je comprends. C'est parce que, comme
on dit, là, il y a quand même
1 000 membres à la FQM. Je comprends que vous avez une position que
vous venez présenter aujourd'hui. Puis évidemment, là, j'ai été mairesse, j'ai été préfète de la MRC de
Vaudreuil-Soulanges, qui a 23 municipalités, j'ai été mairesse à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot. Puis je vous dirais
que moi, je consulte aussi en tant que députée, comme la plupart des députés
ici présents, là, on consulte souvent nos
élus sur le terrain, et je voyais certaines divergences entre diverses
municipalités, et je me disais que
votre position était quand même assez campée, donc ce pourquoi ma question, à
savoir si vous aviez consulté l'ensemble de vos membres.
J'avais
une petite question relativement... Dans la page 7 de votre mémoire, vous
parlez de donner des outils aux municipalités,
aux MRC, qui leur permettront d'aller dans le même sens. Vous faites référence
à quoi quand vous parlez de donner des outils? Est-ce que c'est un
aspect financier? Est-ce que c'est un aspect...
M. Simard
(Luc) : Tu l'as-tu trouvé? C'est où qu'on en parlait? Par rapport à...
Mme Nichols :
À la fin ou...
Mme Drolet (Maryse) : Bien, en fait, disons, des outils... De façon
générale, avoir plus de marge de
manoeuvre, c'est, en soi, pour
nous, des outils d'intervention, des outils d'action. Là, je m'excuse, là,
c'est...
M. Simard (Luc) : Par rapport aux maisons des aînés, tu sais, c'est de nous donner des
outils, entre autres au niveau
de ce qu'on a discuté pour les résidences de
personnes âgées. C'est ce qu'on veut, comme MRC, avoir une liberté d'agir.
On veut avoir une liberté d'innover, de
trouver des nouveaux modèles puis de s'adapter en fonction de nos réalités. On
a tellement de divergences au niveau de nos réalités, quand même. On a tous
des...
qu'on a fait transparaître dans le mémoire, c'est quand même une vision commune
des MRC, tu sais. D'avoir des résidences mieux entretenues, je pense que c'est
parfaitement normal, des inspecteurs en bâtiments plus compétents, je pense que
c'est parfaitement légitime d'avoir tout ça. Mais ce qu'on demande, en même
temps, sur la loi n° 17...
Hier, ce qu'on a dit,
c'est qu'on aime avoir de la souplesse. On aime avoir des modèles adaptables,
des choses qu'on peut adapter à nos réalités
régionales, puis ça, c'est un peu l'élément, là, qu'on veut aussi faire
transparaître. C'est que c'est bien
quand on peut mettre en place des modèles qui peuvent répondre à nos
problématiques. Si nos voisins n'en ont
pas besoin, c'est tant mieux, mais, si nous, on en a besoin, si d'autres MRC
ailleurs en ont besoin... C'est ce qu'on veut dire dans cette partie-là.
Mme Nichols : Bien, vous
parlez à une députée qui est 100 % d'accord avec l'autonomie des villes,
là. Puis d'ailleurs je pense que le
précédent gouvernement a travaillé beaucoup à ce
titre de gouvernement de
proximité. Et je remercie la ministre, d'ailleurs, là, qui croit encore
beaucoup à ce principe-là.
on parlait un petit peu plus tôt des mesures financières, entre autres, là,
relativement... pour les aînés, pour... Vous parlez aussi de nouveaux
modèles. Êtes-vous capables de... Puis vous parlez de nous présenter des
nouveaux modèles. Est-ce que c'est dans
votre vision ou dans vos travaux futurs de nous les présenter, les nouveaux
modèles, mais évidemment de présenter
vos nouveaux modèles à la ministre? Parce qu'on essaie de faire un projet de
loi, évidemment... qui pourront
bénéficier aux citoyens par l'entremise de
nos gouvernements de proximité, donc de nos villes, de nos municipalités. Et, de ces nouveaux modèles
là, je comprends qu'il y aura une
partie financière quand même
assez importante. Donc, moi, j'aimerais ça vous entendre. Vous vous attendez à quoi comme
modèle financier, comme structure financière? Je ne pense pas que vous
vouliez assumer 100 % du coût, hein, qui s'en va avec tout ça.
M. Simard (Luc) : Non, non, non. Nous, c'est ça, dans tout ce qu'on fait, on n'est jamais
là à 100 %. On a toujours besoin
d'une aide complémentaire, c'est bien entendu. Tu sais, comme on mentionnait,
on veut que les frais de ces maisons-là soient au niveau des centres de services de santé, que ce soient ces
gens-là qui prennent en charge. Nous, on veut être là pour des besoins
ponctuels ou des aides spécifiques, spéciales, mais on est là pour peut-être
éviter la fermeture de certains centres. Mais on ne veut pas être une
aide récurrente, on l'a déjà dit.
Pour
les modèles, je pense que ça va être aux milieux de développer leurs modèles.
Là, actuellement, la loi vient d'être
mise en application. Je ne pense pas qu'il y ait de modèle nulle part qui soit
vraiment bien développé, mais ça ouvre la
place à en développer. Dans notre MRC, j'ai quand même des idées, là, un peu,
comment qu'on pourrait déployer ces modèles-là, mais on n'a rien de
concret à présenter, là.
Drolet (Maryse) : C'est un beau chantier à lancer.
Nichols : Oui, c'est un beau chantier à lancer, puis je pense que vous
êtes vraiment très concernés. Parce que ce qui est particulier dans le projet
de loi n° 16, c'est que c'est vraiment... on donne vraiment une
section
indépendante, on donne vraiment cette
responsabilité-là aux villes. Moi, je trouve que c'est superimportant, parce
que qui de mieux que les maires, que les élus municipaux, que les gens
sur le terrain, qui connaissent leurs territoires?
je suis 100 % d'accord avec vous quand vous dites : Bien, il y a des
personnes, là, il y a des personnes aînées qui... Moi, je vais vous parler de
Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, là. Il y a des personnes, là, qui sont nées à
Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, qui ont
élevé leurs familles, qui ont des fermes familiales, qui ont des... Puis ils
veulent rester sur le terrain, mais il n'y a pas... Dans leur territoire, il y a un sentiment
d'appartenance très, très élevé mais... À Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, là, c'est
juste du résidentiel. Il n'y a pas de densité. Il n'y a pas de condo, il n'y a
pas de bloc-appartements. Ça fait que ces personnes-là, bien, à un moment donné, ils n'ont plus
l'autonomie suffisante pour entretenir leurs maisons, puis, bien, ils doivent
déménager, souvent, à l'extérieur de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot.
Donc,
oui, c'est intéressant que peut-être la MRC ou d'autres villes pourront venir
investir, mais, encore là, il va falloir changer le zonage pour permettre de la densité. Ça, c'est d'autre chose.
Mais je suis 100 % d'accord avec vous, à cet effet-là, que les... C'est un beau pouvoir qu'on va donner
aux municipalités, mais quelle inquiétude ou quel fardeau financier ça
sera pour les municipalités? Moi, c'est vraiment ma préoccupation. Je trouve
que...
Nichols : Oui, c'est une grande préoccupation. On décharge beaucoup
dans la cour des municipalités, puis, à la fin, c'est qui qui paie? Bien, c'est
le citoyen via son compte de taxes.
M. Simard
(Luc) : Bien, tu sais, effectivement, c'est ça.
Nichols : Alors, moi, je trouverais
très intéressant que la FQM et même des regroupements comme... la FQM,
l'UMQ, différentes MRC soumettent des modèles ou soumettent des hypothèses.
Puis reprenez-moi si je me trompe, mais je pense que c'était un peu le but de la question ou même des remarques
préliminaires, en disant : Bien, présentez-nous des choses. On a le goût d'être innovateurs, on a
le goût de... Je sens qu'il y a une volonté de travailler pour les citoyens et en
respectant l'autonomie des villes. Bien, soumettez-nous des idées,
soumettez-nous des nouveaux modèles.
M. Simard
(Luc) : On va travailler avec notre équipe.
Nichols : Levez le drapeau
au niveau financier, parce qu'une
fois que ça va être adopté ça va être trop tard pour chialer puis dire que la
facture est trop élevée, puis vous le savez. Vous êtes des élus, hein? Donc,
les citoyens, qui ils vont voir quand le compte de taxes va augmenter?
M. Simard (Luc) : Oui, oui, on en est conscients. C'est pour ça qu'on ne veut pas que ce
soit une aide récurrente, qu'on veut vraiment
que ce soient des projets ponctuels, bonifier l'offre de services pour les
rendre plus attractifs, même dans les petits milieux. On ne veut pas que
ça devienne notre fardeau, effectivement. On est là aussi, nous autres.
Nichols : Avec l'arrivée de la maison des aînés, avez-vous aussi pensé
aux effets que ça va avoir sur les résidences
qui sont présentement existantes? Il va falloir qu'il y ait
une mise à niveau, là, probablement, qui soit faite. Là aussi, on va vous
demander d'investir. Est-ce que vous avez envisagé aussi des impacts, des
effets secondaires de...
Mme Drolet (Maryse) : Il y a des travaux qui sont en cours, là. Il faudra vous
revenir, effectivement. Tout ça est à être mis en place. Je vous
dirais que, dans nos milieux, l'important, c'est d'avoir des services. C'est la
priorité n°1.
Nichols : ...les services, pas à n'importe quel coût.
Drolet (Maryse) : Non, absolument pas.
Mme Nichols : C'est bon, Mme la Présidente. Je
vous remercie d'avoir répondu à mes questions. Et je comprends que c'est un long chantier qui est
encore en cours, mais on a beaucoup d'attentes envers la FQM puis l'UMQ pour
nous orienter. Merci.
Simard (Luc) : On va regarder ça. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition, M. le député de
Laurier-Dorion. Vous disposez de 2 min 45 s.
M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Vous
craignez un désistement des réseaux responsables d'aides d'urgence aux
personnes âgées à la suite de l'adoption de cette loi. Par exemple, vous ne
voulez pas que le ministère de la Santé, bien, dise : Les municipalités peuvent le faire,
moi, je me retire. Est-ce que vous avez des propositions pour éviter ce genre
de situation?
M. Simard (Luc) : Bon, il faut que le financement soit
maintenu, bien entendu. On ne veut pas que l'aide municipale soit remplacée par... que l'aide actuellement
fournie aux services de santé soit compensée puis demander aux municipalités
d'investir pour le fonctionnement de ces
municipalités-là. Je n'ai pas nécessairement de proposition claire, mais ça
prend un financement adéquat, tout simplement.
On le
sait, qu'il va y avoir un vieillissement de la population, là. On n'aura pas le
choix quand même d'investir pour nos aînés
dans le futur, c'est bien entendu. Bien, nous, on est là pour bonifier les
projets, maintenir des maisons qui ont des difficultés, mais on ne veut pas
devenir une aide récurrente, c'est bien entendu. Donc, ça va prendre du
financement.
Puis on s'entend que les questions de gicleurs... Il y a
beaucoup de problématiques. Il faut aussi faciliter le travail des propriétaires de ces maisons-là.
M. Fontecilla : Je comprends tout à fait que
vous ne voulez pas une aide récurrente mais ponctuelle, mais, quand même, des rénovations peuvent être
assez coûteuses. Si on parle d'un toit, de gicleurs, enfin, ça coûte quand même
beaucoup d'argent, là.
Mais, sur la question du désistement, ça s'applique aussi à
des propriétaires privés de résidence qui auraient les moyens mais qui préfèrent se décharger sur les
contribuables, finalement. Comment, encore une fois, vous prévoyez d'éviter
ces situations-là où des propriétaires qui
auraient les moyens de faire des rénovations mais qui préfèrent faire appel aux
municipalités...
M. Simard (Luc) : Bien, dans les petites municipalités, je
vous dirais qu'il n'y a pas 50 maisons de personnes âgées, là. Il y en a souvent une, quand il
y en a une. Les gens qui sont élus dans ces municipalités-là sont bien au fait
aussi de la situation financière, de
la situation de ces résidences-là. Ça doit être du cas par cas, on en est
conscients, puis ça va être aux municipalités de prendre les décisions
qui les concernent.
Écoutez, effectivement, c'est une préoccupation, là. On ne
veut pas non plus que ça devienne un abus puis que toutes les municipalités mettent de l'argent dans toutes
les maisons pour personnes âgées, là. C'est loin de là, là. On parle vraiment
de maisons en difficulté, de petits centres.
Donc, ça va être du cas par cas. Ce sera aux municipalités de prendre aussi
leurs décisions. Ce sera à eux de
gérer leurs sous. S'ils veulent mettre des programmes, ils mettront des
programmes, mais c'est... Tout est à discuter à ce niveau-là.
M. Fontecilla : Est-ce que vous croyez qu'il
faudrait un cadre général, peut-être pas très précis mais adressé aux MRC, aux municipalités, pour encadrer, justement, là, de façon
générale cet investissement-là fait par les MRC?
M. Simard (Luc) : Bien, moi, honnêtement... Je vais
demander aussi à Maryse, mais moi, je ne ressens pas le besoin nécessairement d'avoir un encadrement bien précis là-dessus. Je pense
qu'on est habitués de travailler aussi avec nos municipalités... Oui?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. C'est tout le temps qu'on disposait.
M. Simard
(Luc) : Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Je cède maintenant la parole au
porte-parole du troisième groupe d'opposition, M. le député de Rimouski.
Vous disposez de 2 min 45 s.
LeBel : Merci. Je me reconnais beaucoup dans ce que vous avez dit au
début de la présentation, la situation des petites municipalités. C'est la même chose dans mon coin. Je me
reconnais beaucoup dans votre discours. Mais actuellement, dans votre
région, Lac-Saint-Jean—Saguenay,
il y a combien de bureaux de la Régie du logement?
M. Simard (Luc) : Je ne
pourrais pas vous dire. Je n'ai pas vérifié puis je ne suis pas au courant.
M. LeBel : Il y en a un. Il est à
Jonquière.
M. Simard (Luc) : Il y en a un
à Jonquière, hein?
LeBel : Oui. Est-ce que vous pensez que, pour l'ensemble de la région,
un bureau à Jonquière, c'est suffisant pour assurer l'accessibilité aux
services de la régie?
M. Simard
(Luc) : Bien, il y a eu
beaucoup de... On s'entend qu'il y a beaucoup de services centralisés. Je ne
suis pas au fait. Je ne pourrais pas
vous répondre là-dessus, là, au niveau de nos offices, comment qu'on travaille.
Ce n'est pas moi qui siège au niveau de l'office puis...
LeBel : O.K. Bien, moi, c'est un peu... C'est une question que je vais
poser souvent parce qu'on semble vouloir compenser... Parce que nos régions sont grandes. Un seul bureau... Ça
fait qu'on semble beaucoup vouloir compenser cette problématique-là par de la visioconférence. À mon
avis, ce n'est pas certain que ça va favoriser, surtout l'accès pour les
locataires, ceux-là qui vivent des difficultés.
L'autre
élément, je n'ai pas beaucoup de temps, maisons des aînés, là. La proposition
de la CAQ, c'est 30 maisons des aînés, dans le mandat, puis là ils sont en
train de revoir ça à la baisse. On a 17 régions au Québec. Ça veut dire
que, dans votre région, là, comme dans la
mienne, là, c'est peut-être une maison des aînés. Ça fait que j'ai hâte de voir
où ça va s'installer, la maison des
aînés, dans le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Je ne suis pas sûr que ça va être ça qui va régler les problèmes des
aînés dans votre village. Ça fait que, moi, ce côté-là, là...
Mais
actuellement est-ce que les municipalités ont de l'argent? Actuellement, là,
mettons, on vous donne... Vous avez la possibilité de financer des
résidences pour aînés, est-ce que vous avez ce qu'il faut actuellement pour
faire ça?
M. Simard
(Luc) : Je pense que c'est
une situation variable au niveau du Québec. Il y en a qui l'ont, il y en a qui
l'ont moins, tout dépendant des revenus
qu'on peut obtenir. Mais effectivement il y a beaucoup de MRC qui risquent...
ou de municipalités qui vont avoir de
la difficulté à investir dans des projets comme ça. Dans notre cas, on s'est
donné les moyens, puis je pense qu'on serait capables de soutenir dans
les municipalités...
M. LeBel : Bien, je pense que ceux
qui vont avoir plus de difficultés, ça va être ceux-là qui vivent déjà de la
dévitalisation, qui auraient besoin de plus d'aide. Ça fait qu'on va favoriser
des municipalités qui ont plus de moyens d'amener
des résidences privées dans leur coin puis de vider les aînés des villages qui
ont plus de difficultés. Je me dis, si
on va vers ça, je m'excuse, là, si on va vers ça, il va falloir soutenir les
municipalités dévitalisées par un programme où l'État va intervenir. À
mon avis, on n'aura pas le choix.
L'autre
élément, juste d'avoir votre avis... Les municipalités vont aider des
résidences privées un peu dans le même sens.
Est-ce que vous êtes plus à l'aise de financer une résidence avec un
propriétaire unique privé ou aider au financement d'une résidence... un OSBL, une coop ou un OSBL?
Vous, qu'est-ce que... Vous vous sentiriez plus à l'aise dans quelle
façon, dans les deux exemples?
M. Simard (Luc) : Ah! c'est du
cas par cas, là, c'est...
M. Girard (Maxime) :
L'important, c'est que les résidences demeurent...
M. Simard
(Luc) : L'important, c'est
d'avoir un service. Ce qu'on vise, c'est le service aux citoyens. Donc, le
moyen de l'utiliser, c'est tel que tel. Un
OBNL, souvent, on va investir beaucoup plus facilement, mais par contre, un
privé, on sait qu'il va mettre des
heures, et des heures, et des heures pour faire rentabiliser sa résidence.
Donc, c'est aussi un autre modèle qui peut être gagnant. Nous, c'est
d'offrir des services en fonction des gens présents sur le terrain.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie. Je vous remercie,
M. le député. Je vous remercie pour votre contribution à nos travaux.
La commission suspend ses travaux jusqu'après
les affaires courantes, soit jusqu'à 15 h 30. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
Présidente (Mme Dansereau) :
...travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous
poursuivrons les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 16, Loi visant principalement
l'encadrement des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le
remplacement de la dénomination de la
Régie du logement et l'amélioration de ses règles de fonctionnement et
modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Nous
entendrons cet après-midi les organismes suivants : l'Association des professionnels de la
construction et de l'habitation du
Québec, le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec et le
Bureau d'assurance du Canada.
demanderais tout de suite le consentement, parce qu'on est comme
15 minutes en retard, donc s'il y a consentement pour poursuivre
jusqu'à 18 heures, parce qu'on parlait de 15 h 45. Ça va?
Mme Thériault :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Oui.
Mme Thériault :
Il y a un député qui... Les députés ministériels recommandent de prendre le
temps qui manque sur leur temps parce qu'ils ont un caucus à
6 heures.
Présidente (Mme Dansereau) : Non. Bien, je pense que c'est... qu'on
est corrects, parce que c'était 15 h 45, puis là ça va
terminer... Je veux dire 16 heures. Oui, c'est ça. Il y a consentement?
O.K.
M. Simard
(Montmorency) : Ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé.
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, bienvenue à l'Association des
professionnels de la construction et de l'habitation du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous demande donc de vous présenter et puis commencer votre
exposé.
Parent (Michel) : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, bonjour.
Mmes, MM. les députés, merci de nous
recevoir aujourd'hui. Mon nom est Michel Parent, je suis le vice-président du
conseil d'administration de l'APCHQ. Je
suis également propriétaire d'une entreprise de construction et de gestion
immobilière résidentielle et commerciale Logisco. À mes côtés se trouvent François Vincent,
vice-président des relations gouvernementales à l'APCHQ, et Me Marc Bergeron,
avocat pour l'APCHQ.
Notre
association, qui a été fondée en 1961, a comme mission de développer et de
faire valoir le professionnalisme de ses membres. Elle regroupe
18 000 entreprises en construction et rénovation résidentielle.
Nous
remercions la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation ainsi que
les membres de la Commission de
l'aménagement du territoire de nous recevoir aujourd'hui concernant le projet
de loi n° 16. Nous en sommes très heureux, car ce projet de loi vient concrétiser plusieurs
années de travail de sensibilisation de la part de notre organisation et de
celles du milieu de l'habitation, qui ensemble demandent une réforme du
droit de la copropriété.
la Présidente, la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation était
présente la semaine dernière au sommet de la construction de l'APCHQ, où
tous les acteurs de l'industrie étaient réunis. Je suis persuadé qu'elle a pu constater l'enthousiasme des participants
concernant les orientations gouvernementales qu'elle présente dans son projet
de loi.
Nous
remercions la ministre d'avoir fait de la réforme de la copropriété et de
l'encadrement de l'inspection des bâtiments
une priorité de son gouvernement. Cela permettra d'améliorer la protection des
copropriétaires et de faire de la copropriété un type d'habitation de
choix pour construire nos quartiers d'aujourd'hui et de demain.
la Présidente, l'APCHQ appuie le projet de loi n° 16
et demande aux parlementaires de l'adopter en prenant en considération, bien
entendu, les propositions d'amélioration que nous formulons dans notre mémoire.
Je cède maintenant la parole à M. Vincent pour préciser ces
recommandations.
M. Vincent
(François) : Mme la Présidente, on peut penser que la copropriété est
une réalité montréalaise ou des grandes
municipalités. Cela a peut-être été le cas jadis, mais, depuis les
25 dernières années, il y a eu une augmentation de la construction des copropriétés, et ça fait
maintenant
partie du paysage national québécois. Aujourd'hui, 11,7 % des
ménages québécois vivent en copropriété. La
copropriété est partout au Québec, dans toutes les régions administratives.
parc de copropriétés s'agrandit et il vieillit. L'âge moyen du parc est de
29 ans. 56 % des unités ont été construites avant 2000, et plus de 100 000 avant 1980. Le
cadre actuel ne permet pas de mettre les sommes adéquates pour faire face aux
réparations normales d'un bâtiment. La copropriété étant composée de plusieurs
publics différents, allant des copropriétaires qui louent ou qui veulent vendre à court terme, en passant par ceux qui
veulent rester dans le logis pour la retraite ou pour longtemps, ils ont
des intérêts divergents.
Ainsi, l'adoption d'augmentations mensuelles
pour des rénovations à faire dans 10, 15 ou 20 ans relève de la fiction. Mais, dans la réalité, la majorité des
syndicats de copropriété a un manque de planification à long terme, et la
stratégie de cotisation spéciale
unique est utilisée dans la majorité des cas lorsqu'un rattrapage est de mise.
On se trouve donc devant un cul-de-sac quant à la gestion responsable
d'immeubles où habitent des centaines de milliers de Québécois.
Mme la Présidente,
j'aimerais vous parler de ma belle-mère. Elle a vécu une situation particulière
liée à l'achat d'une copropriété. Son
objectif, quand elle a acheté la copropriété, c'était d'avoir un lieu
tranquille avec son tendre époux pour
vivre sa retraite et recevoir ses enfants et ses petits-enfants. Ce lieu
tranquille a plutôt été une boîte à surprise où, au bout du ressort métallique, des milliers de
dollars de cotisation spéciale sur cotisation spéciale sont venus lui faire des
belles surprises. Il y a eu un petit
coucou pour les dalles de stationnement intérieur, après ça un beau bonjour
pour l'ensemble des balcons et une belle surprise pour les briques de
l'ensemble de l'immeuble de 20 étages. On connaît tous dans notre entourage des histoires similaires, des histoires
qui ont créé de l'ombrage à ce beau type d'habitation que représente une copropriété
bien gérée.
Quant à la construction neuve, la problématique
est similaire. Si un entrepreneur désire prévoir les sommes nécessaires pour constituer un bon fonds de
prévoyance, mais qu'en face de la rue son compétiteur met le strict minimum,
on ne s'en sort pas. L'acheteur risque de
choisir, pour le prix, la copropriété qui sera remplie de surprises au moment
où les rénovations seront requises.
C'est ici que
le gouvernement peut faire la différence. Et c'est pourquoi l'APCHQ recommande
l'adoption de la pratique des carnets
d'entretien à la réalisation d'études de fonds de prévoyance. Cela permettra
d'assurer une gestion pérenne et équitable.
Nous invitons
toutefois le législateur à définir les modalités ainsi que l'entrée en vigueur
des articles 32 et 33 par règlement.
Cela donnerait une meilleure marge de manoeuvre au gouvernement pour procéder à
des modifications plus facilement, si
nécessaire. Nous suggérons également l'entrée en vigueur par phases, selon les
années de construction, sur une
période de cinq ans. De cette façon, on s'occupera prioritairement des
immeubles susceptibles d'avoir des réparations à court terme. De plus,
ça va permettre aux professionnels qui réaliseront les études demandées par la
loi de répondre à la demande, car, ne nous
faisons pas de cachette ici, il y a probablement la majorité des personnes qui
vont attendre la date limite pour se conformer à la réglementation. Puis, en
procédant par vagues, on va pouvoir permettre au marché d'assumer, justement, cette demande-là. Puis ce n'est pas une
pratique qui est nouvelle. Ça a été mis en place notamment pour le régime
volontaire d'épargne-retraite. On a commencé
avec les entreprises avec plus d'employés puis, ensuite, on est allé avec les
entreprises avec moins d'employés. Donc, c'est possible de procéder de cette
façon-là.
L'APCHQ
invite également le gouvernement à accompagner la présente réforme d'une
campagne de sensibilisation ciblant les différents publics concernés, comme les
ménages, les syndicats de copropriété et les entrepreneurs.
Quant aux nouvelles obligations prévues pour les
entrepreneurs, notamment aux articles 54, 55 et 60, nous les acceptons et recommandons leur adoption telles que
rédigées. Les entrepreneurs sont prêts à faire leur part et sont d'avis
que les demandes du gouvernement prévues aux articles que je viens de
mentionner sont justes et raisonnables.
Mme la
Présidente, maintenant, j'aimerais parler des dispositions de l'encadrement de
l'inspection des bâtiments.
L'achat d'une
propriété est l'un des investissements les plus importants qu'une personne fait
dans sa vie. L'APCHQ est donc
heureuse de constater la création d'un nouveau
chapitre à la
Loi sur le
bâtiment pour encadrer l'inspection des bâtiments. Selon nous, c'est la manière la plus efficace et la plus
logique que de confier le suivi et l'encadrement de l'inspection à la
Régie du bâtiment du Québec, dont la mission est de protéger le public, de
contribuer à la qualité et la sécurité des bâtiments et des installations.
Nous tenons
également à appuyer les orientations en matière de formation continue. Nous
avons exprimé à plusieurs reprises et
nous le réitérons ici, pour l'APCHQ, l'obligation d'une formation initiale et
d'une formation continue apportera une assurance complémentaire quant à
la qualité de construction et à la sécurité du public.
Un autre
point que nous soulevons dans notre mémoire porte sur la modification
permettant à la RBQ de suspendre les
travaux de construction lorsque la personne qui les exécute ou les fait
exécuter n'est pas titulaire d'une licence ou que celle-ci ne comporte pas la sous-catégorie
appropriée. Nous invitons à la prudence en ce qui concerne l'application de ce
nouveau pouvoir, car il est parfois difficile de déterminer la sous-catégorie
requise pour effectuer les travaux.
Finalement,
le projet de loi n° 16 apporte
des modifications à la Régie
du logement. N'étant pas interpelés directement par ces changements, nous n'en avons pas traité dans
notre mémoire. Nous tenons toutefois à sensibiliser les membres de la commission et le gouvernement à l'effet que le
parc de logements locatifs privés compte 1,3 million d'unités
d'habitation. L'âge moyen du parc de
logements au Québec est de 43 ans, et près de trois logements sur cinq a
été construit avant 1980, où les
normes en performance énergétique étaient moins efficaces... des bâtiments à
cette époque. Nous invitons donc les parlementaires
à évaluer toutes les avenues législatives et budgétaires pour entreprendre une
corvée de rénovation qui serait bénéfique pour tous les citoyens.
La Présidente (Mme Dansereau) : Il
vous reste une minute.
Vincent (François) : Nous
vous remercions pour votre écoute, et c'est avec plaisir que nous échangerons
avec vous.
Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant
débuter la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Vous disposez de 16 min 30 s. Mme la ministre.
Laforest : Bon, alors,
bonjour à vous tous. Je suis très heureuse d'être avec vous aujourd'hui parce que la copropriété,
c'est certain que c'est un domaine que je connais assez bien. Puis c'est un
projet, quand je suis arrivée, qui était
déjà travaillé depuis 2007, 2008, puis qui a été travaillé aussi dans les
années précédentes, plus intensément.
Alors, c'était vraiment important,
parce que moi, ce projet-là, je le trouvais vraiment urgent parce que je sais
que certains copropriétaires vivent
plusieurs drames dans leurs copropriétés. Puis, de par mon expérience
personnelle, c'était comme le temps, c'était même... il y avait urgence
d'agir dans ce domaine-là.
Également, dans le projet de loi,
bien, vous le voyez aussi, hein, on travaille sur la Régie du bâtiment, on
change le nom de la Régie du bâtiment, pas seulement pour changer le
nom, parce que la Régie du bâtiment est vraiment...
Laforest : Le changement, c'est ça. Parce que la Régie du logement est
vraiment un tribunal administratif à
92 %. Alors, c'était vraiment important de lui redonner son rôle exact,
qui est un tribunal administratif, soit de régler des litiges entre les
parties.
Également, il y a la
Régie du bâtiment aussi qu'on travaille sur les inspecteurs en bâtiment. Vous
comprendrez qu'aujourd'hui des inspecteurs
en bâtiment il n'y en a pas beaucoup, on en voudrait beaucoup plus. Alors, il y
avait urgence d'agir également. Ceci
étant dit, de par le faible nombre d'inspecteurs en bâtiment, bien, c'était
comme important, également, de donner
le temps aux inspecteurs d'être formés. Alors, c'est pour ça que, dans notre
projet de loi, on n'a pas fait obligation. Bien entendu, on va en
discuter ici également.
Alors,
je suis très heureuse de vous rencontrer. Les collègues, bonjour à vous tous.
C'est le fun de toujours se retrouver ensemble.
Alors,
si je peux y aller de par... plus concrètement, une question que je pose. Parce
que, dans votre mémoire, vous dites que vous préférez suggérer, quand on parle
du carnet d'entretien et du fonds de prévoyance... Je vais y aller tout
de suite avec mes questions. Parce que vous
suggérez que... Dans le projet de loi n° 16, au lieu de passer à trois
ans, vous suggérez, justement, de
demander... Vous demandez deux ans de plus pour le carnet d'entretien, alors je
voulais savoir le pourquoi. Parce que
je me disais : Si on retarde encore... Depuis déjà longtemps qu'on devrait
avoir un projet de
loi sur les copropriétés et l'habitation. Je me demandais, si on retardait, pourquoi. Est-ce que
c'est une bonne chose? Je ne suis pas sûre que c'était... Je ne suis pas
tout à fait d'accord avec ça. Ça fait que je voulais vous entendre à ce
sujet-là.
Puis
aussi, bien, étant donné qu'avec le ministère des Affaires municipales on a
joint l'Habitation, ce qui est tout à fait logique, et on a également
l'Aménagement du territoire, vous trouverez dans le projet de loi aussi des
modifications pour les Affaires
municipales. Alors, le projet de loi est quand même tout à fait très, très
concret. Puis c'est pour ça que vous
avez trouvé, justement, des nouveaux pouvoirs qui sont aux Affaires
municipales, des nouveaux règlements possibles. Alors, tout ça se
retrouve dans notre projet de loi.
Alors,
si on revient à la question importante, bien, la question, justement, revient
au carnet d'entretien, qui est au niveau des délais. C'est pour ça que je
voudrais vous entendre : Pourquoi, pourquoi vous suggérez un changement de
délai?
La Présidente (Mme
Dansereau) : ...
M. Vincent (François) : Merci. Peut-être préciser, on ne demande pas à ce
que ça soit plus long, mais on demande à
ce que, les immeubles les plus âgés, la réglementation rentre en vigueur pour
eux avant. Là, actuellement, de ce qu'on comprend, c'est qu'il y a un... Vous allez adopter le règlement, puis,
ensuite de ça, le maximum pour appliquer la réglementation, c'est trois ans. À partir du trois ans, tout le
monde devra être appliqué... appliquer la réglementation. Nous, ce qu'on propose, dans le fond, c'est quelque chose de similaire, mais après ça d'y aller par vagues.
Donc, admettons, an 1, c'est toutes les copropriétés qui ont été
construites avant 1980, ensuite de ça, an 2, vont rentrer tous les
immeubles avant 1990. Ainsi, comme ça, on
est capables de faire rentrer la réglementation par phases puis cibler justement
l'obligation de résultat des différents syndicats de copropriété, selon ceux qui sont le plus
sujets à avoir des réparations ou à avoir des problématiques quant à un fonds de prévoyance qui est mal géré
puis d'avoir des surprises de milliers de dollars pour les copropriétaires.
Donc,
c'est vraiment d'y aller pour cibler en priorité les bâtisses qui
sont les plus nécessaires par
rapport aux modifications qui sont proposées. Puis on croit que ce serait possible de le faire en
référant au règlement ou en référant
à l'article, que l'application des différentes dispositions pour le fonds de
prévoyance sera définie par règlement.
Puis ensuite, dans le règlement, bien, vous mettez en place justement les
phases de l'application de ce règlement-là.
Puis
ça, ça devrait être précédé, on pense, par une campagne de sensibilisation. Pour bâtir le règlement, j'imagine que ça ne va pas prendre
quelques semaines, là, on pourrait... Si vous voulez aller... La ministre veut
y aller rapidement, Mme la Présidente. Mais entre-temps on aimerait ça qu'il y ait une
campagne de sensibilisation, en collaboration avec les différents acteurs du milieu. Parce
que peut-être qu'une des problématiques, c'est que les gens, lorsqu'ils
achètent une copropriété, ils pensent
acheter les quatre murs mais qu'ils ne voient pas nécessairement l'importance de la gestion des parties
communes. Donc, de précéder les changements législatifs et réglementaires d'une grande campagne de
sensibilisation, on en a parlé dans
notre mémoire, puis ce n'est pas quelque chose de nouveau. Dans certaines modifications,
notamment la Loi du tabac ou les
modules d'enregistrement des ventes dans les restaurants, il y a eu des grandes
campagnes de sensibilisation qui précédaient l'entrée en vigueur de
cette réglementation-là. Donc, on vous suggère ces bonnes idées.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Mme la ministre.
Laforest : O.K. Je peux...
M. Parent
(Michel) : On comprendra, madame...
M. Parent
(Michel) : Mme la ministre — Mme la Présidente, excusez-moi — on comprendra qu'y aller par étapes,
c'est de s'assurer qu'on ne créera pas de rareté ou de surenchère dans le
marché des consultants, des inspecteurs et, éventuellement, des entreprises qui auront à faire
des travaux. Si on installe tout ça dans un seul goulot, on peut créer une
rareté et puis, éventuellement, une
surenchère dans les prix, puis on ne rendra pas service aux consommateurs, aux
copropriétaires.
Laforest : Moi, ma question, en fait... Je peux y aller, oui, vous
avez terminé? O.K. Bien, en fait, ma question... Pour revenir à ce que vous
disiez, si j'entends bien, vous dites : Tous les immeubles datant de 1980,
tous les immeubles... Comment vous allez vous y prendre pour y aller de
cette manière-là? Je ne sais pas, expliquez-moi, voir...
M. Vincent
(François) : Comment s'y
prendre? Bien, ça peut se faire dans les dispositions transitoires finales
de... Le règlement va rentrer en
vigueur, pour les immeubles avant 1980, le 31 décembre. Ensuite de ça, les
autres immeubles, ça va être... Ça
serait défini dans le règlement, les années ou la norme d'aller chercher le
carnet d'entretien. Les gens seraient... pourraient le faire avant.
Maintenant, il y a une obligation quant à le délivrer.
Il y a eu aussi une modification quant aux
façades de bâtiments puis il fallait qu'il y ait une étude qui soit faite ou un travail qui soit fait par rapport à ça. Puis
il y a eu des distinctions quant aux années, quand il fallait déposer le
rapport. Ça s'est déjà fait dans le
passé. Puis je suis persuadé qu'il y a des juristes fantastiques, au
gouvernement du Québec, qui peuvent
vous définir, dans le règlement ou dans la loi, une possibilité de rentrer par
vagues l'application... les nouvelles règles qui seraient assujetties
aux syndicats de copropriété.
Laforest : O.K., c'est bon. J'ai une autre question. J'ai plusieurs
questions. La campagne... Est-ce que je peux y aller, oui?
La Présidente (Mme Dansereau) : Oui,
allez-y, Mme la ministre.
Laforest : C'est ma première commission, hein? On va suivre les
procédures. En fait, quand vous parlez de votre campagne de
sensibilisation, ça aussi, je voudrais vous entendre, parce qu'étant donné que,
justement, dans le projet de loi, il y a quand même... On touche énormément à
l'habitation, là. On parle d'une campagne de sensibilisation. J'aimerais vraiment ça savoir... Est-ce que vous
avez déjà... Vous êtes-vous penché sur la manière de faire cette campagne-là? Comment vous feriez ça? Est-ce que vous avez
travaillé ou c'est juste comme ça, pour dire : On va faire une campagne de
sensibilisation? Comment vous allez y aller pour ne pas non plus faire peur au
marché, là?
M. Vincent
(François) : Peut-être de
deux ordres. Puis ça faisait
partie d'une des demandes qu'on avait émises avec
cinq autres associations. D'ailleurs, je tiens à les remercier pour le travail
que ces organisations-là ont fait, le Bureau d'assurance du Canada, la CORPIQ
et la Fédération des chambres immobilières, l'OACIQ puis les regroupements de gestionnaires de copropriété. En 2017, on a soumis
au précédent gouvernement une demande de réforme avec différents axes.
Dans cette demande-là, on demandait justement de mettre en place une campagne
de sensibilisation qui précédait l'application
du règlement. Là, ici, on parle de copropriétés. On sait que votre projet de
loi touche d'autres aspects. C'est vraiment
pour la question de la gestion de la copropriété, pour faire connaître les
obligations des copropriétaires, mais également faire connaître les
nouvelles obligations du gouvernement.
Maintenant,
bon, bien, ça peut se faire de plusieurs ordres. Ça peut être, bon, le
ministère qui décide de faire sa campagne de sensibilisation lui-même,
d'aller dans une campagne ciblée. Mais, nous, ce qu'on suggère, c'est que les différentes associations ont quand même un lien de
communication assez direct avec leurs différents memberships puis que ça pourrait se faire en collaboration avec le
ministère, avec des budgets qui seraient appropriés, pour sensibiliser puis
faire connaître les nouvelles obligations
puis faire connaître que c'est quelque chose de bien. Parce que, là, il y a un
consensus dans le milieu de
l'habitation, mais il va quand même y avoir certaines hausses que les personnes
vont avoir à vivre puis il faut faire connaître à ces gens-là pourquoi ces
hausses-là sont légitimes, pourquoi c'est quelque chose de sain et de
bien de gérer à long terme et quelles sont les différentes autres obligations
que les copropriétaires ou même les entrepreneurs...
Bien, si je
peux donner un exemple, pour nous, quand je dis que nos différentes
organisations rejoignent bien leur public,
on a un magazine, qui est Québec habitation , qui est envoyé à
37 000 entreprises qui ont des licences de la Régie du bâtiment du Québec. Bien, ça, c'est un beau
véhicule pour être capable de faire connaître des nouvelles obligations, puis
de permettre aux personnes de l'appliquer,
puis peut-être même commencer à l'appliquer avant que, justement, la date
limite ne soit arrivée. Mais on
voulait vous signifier notre entière collaboration pour faire atterrir
positivement ce projet de loi là dans
les différents publics, puis nous, on va porter une attention particulière aux
constructeurs de copropriétés au Québec.
Laforest : C'est important pour y aller doucement, hein? Il ne faudra
pas... Il faut vraiment que ce soit bien accueilli.
Alors,
j'avais également une autre question. Je voulais savoir, pour vos pratiques,
présentement, que vous faites au niveau des notes d'information pour les
acheteurs, c'est quoi, vos procédures actuellement pour vos notes
d'information.
M. Vincent
(François) : On donne les
notes d'information... Moi, je ne suis pas un spécialiste sur cette
question-là. On peut vous mettre en
contact avec un entrepreneur qui fait beaucoup de copropriétés. On donne le
minimum qui est inclus par la loi.
Maintenant, on savait qu'il y avait une
problématique quant à certains documents qui pouvaient être donnés. Quand on a fait le travail, aussi, avec l'étude
d'impact économique, on parlait de remise de plans tels que construits, etc. Ce
qu'on a constaté ici, c'est que c'est quelque chose d'assez intéressant parce
que ça permet des plans annotés. Puis une des craintes qu'on avait au départ, c'était qu'on soit obligés d'avoir
un architecte sur chaque moment du... puis là ça aurait pu
faire augmenter de façon assez importante... Une chose est certaine, ce qu'on
voit dans les obligations pour remettre aux syndicats de copropriété l'ensemble des notes et les informations pour
être capables de faire le suivi quant à la bonne gestion de leurs
immeubles, on trouve que ce sont des bonnes orientations.
autre aspect qu'on mentionnait dans le mémoire, c'est qu'il faut faire un
budget prévisionnel. Puis il y avait la disposition précédente qui
parlait de rembourser le double si le budget prévisionnel n'était pas inclus.
Nous autres, on voyait ça peut-être d'un
mauvais oeil. Mais là, maintenant, on va rembourser ce qu'on doit. Puis nous,
on est persuadés que les
constructeurs de copropriétés veulent bien faire. Puis ça se peut dans un cas
qu'il y ait une problématique, puis, dans ce cas-là, bien, on remboursera ce qu'on doit. Mais on trouve justement que
les différentes demandes qui sont émises sont bien pour aider le marché
à mieux se réguler.
Bergeron (Marc) : Si vous me permettez, peut-être juste compléter. En
fait, l'APCHQ fournit à ses membres des
modèles de contrat, notamment des contrats préliminaires, qui incluent
notamment les notes d'information, là. C'est un modèle, là, qui peut être utilisé par les entrepreneurs. Donc, c'est
disponible aux membres de l'association sur le site Web de l'APCHQ.
Laforest : D'accord. Puis, au niveau des acomptes, c'est quoi, vos
pratiques pour les acomptes, au niveau des acheteurs, pour les nouveaux
projets ou... Avez-vous une procédure également pour protéger les acheteurs, en
fait?
M. Parent
(Michel) : Il n'y a pas de procédure précise à ce niveau-là. Puis on
pense qu'éventuellement... Effectivement, on
voit que vous demandez, dans le projet de loi, de protéger ces acomptes-là,
puis je pense que c'est louable qu'on le fasse. Puis on est prêts, nous autres, on est prêts à
collaborer puis à participer à trouver la meilleure solution puis le meilleur véhicule. Vous avez proposé sous forme
de cautionnement, sous forme de, peut-être, un programme de garantie ou toute autre chose, là. On est favorables puis on est prêts à
collaborer pour trouver la meilleure façon de le faire, parce qu'il y a eu, à
ce niveau-là, quelques
histoires d'horreur, encore une fois, puis c'est malheureux. C'est très malheureux parce qu'il y a des entrepreneurs qui utilisent ces acomptes-là, et vous
comprendrez que, dans certaines occasions, ça crée des pertes, là, pour
la clientèle, pour le consommateur. C'est dommageable.
n'a pas, à ce que je sache, de service pour les acomptes en particulier, mais on voit favorablement
l'adoption de l'article 60. Puis
ce qu'on trouve bien là-dedans, c'est qu'on donne plus qu'un moyen pour bien
protéger le consommateur. Donc, il va
pouvoir avoir un plan de garantie. Bon, il y a le plan de garantie obligatoire,
il y a des plans de garantie volontaires, une assurance, un cautionnement, un dépôt de compte en fidéicommis.
Donc, on donne les outils aux entrepreneurs pour trouver les bons moyens
pour bien protéger les consommateurs. Puis ça, on trouve que c'est l'avenue à
prendre pour justement permettre la
meilleure façon que l'entrepreneur puisse bien protéger le consommateur. Puis
ça, vous pouvez compter sur l'appui de l'APCHQ sur l'article 60 tel
que rédigé.
Laforest : D'accord. Puis j'ai peut-être une... Est-ce qu'il me reste
du temps?
La Présidente (Mme
Dansereau) : Il reste une minute, question, réponse.
Laforest : Une minute? Juste rapidement, la formation pour les
inspecteurs en bâtiment, quand on a parlé justement de la formation des
inspecteurs... juste votre accueil par rapport à cette demande.
M. Vincent (François) : On est très, très favorables par rapport à la
formation initiale puis par rapport à la formation continue. On a eu l'occasion de déposer deux
mémoires à la Régie du bâtiment du Québec, en 2015-2016, si je ne m'abuse.
Les dates, en tout cas, sont dans le
mémoire. Et on voit vraiment bien le fait que tout détenteur d'une licence de
la Régie du bâtiment du Québec ait une formation initiale et également une
formation continue. Donc, ici, dans la volonté qu'il y ait des inspecteurs qui soient régis par la Régie du
bâtiment du Québec et qu'on renforce encore l'obligation de formation continue,
c'est vraiment de la musique à nos oreilles. On voit qu'il y a plusieurs
formations qui sont...
La Présidente (Mme
Dansereau) : Merci, le temps est écoulé. Je vous remercie.
M. Vincent
(François) : D'accord.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Je cède maintenant la parole à la porte-parole de
l'opposition officielle. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, vous disposez de
11 minutes.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. Vous me permettrez de souhaiter la bienvenue au
vice-président, M. Parent, à M. François
Vincent, qui est vice-président et aussi également responsable des relations
intergouvernementales, ainsi qu'à Me
Marc Bergeron, qui est l'avocat de l'APCHQ. Bonjour à la ministre. Bonjour à vous,
Mme la vice-présidente, qui officie
comme présidente. Étant donné que je suis critique au niveau de l'habitation et
de la construction, on comprend que je suis assise ici à poser des
questions plutôt que d'être assise là à présider les travaux.
Vous allez me
permettre... J'ai manqué l'ouverture des travaux ce matin parce que j'avais une
obligation pour des questions de sécurité.
Donc, je n'ai pas pu faire mes remarques préliminaires. Mais je vais remercier
ma collègue la députée de Vaudreuil,
qui est la porte-parole en matière d'habitation, d'avoir été ici ce matin pour
veiller au fort. Évidemment, j'aurais
aimé mieux que les consultations commencent cet après-midi, mais c'est le
gouvernement qui décide de l'horaire. Donc, il n'y a pas de problème.
tiens à réitérer à la ministre mon entière collaboration pour pouvoir faire
avancer le plus rapidement possible le projet
de loi n° 16. Évidemment, que ce soit le projet de loi n° 401, le
projet de loi n° 16, moi, ce qui est important, c'est que, depuis le temps que tout le monde travaille à
une réforme sur la copropriété, il est temps que le Québec aille de l'avant.
On a pris beaucoup de retard. Je pense que
la ministre a fait des choix en rajoutant des choses dans le projet de loi.
Elle a retiré d'autres dispositions.
On aura l'occasion en commission parlementaire, lors de l'étude
article par
article, de poser certaines questions et peut-être même d'apporter des
amendements.
Par contre,
dans votre mémoire, vous avez parlé dès le départ des règles qui régissent les
copropriétés, les syndicats de
copropriété, notamment par rapport avec le carnet d'entretien. Vous demandez à
ce que nous puissions le faire sur quelques phases, là, en fait, d'années de construction. Vous savez, et je sais
également, et les gens en arrière vont certainement nous le dire, qu'il y a des firmes spécialisées qui
gèrent un parc de copropriétés où les travaux ont été faits, où on s'est
inspirés des bonnes pratiques. Et les
firmes de gestionnaires, la plupart du temps, vont faire faire les grands
travaux. C'est déjà une planification
qui est là, peu importe l'année de la bâtisse, que ce soit 2010, que ce soit 1980. Je suis moi-même
propriétaire de deux copropriétés,
une à Québec et une à Anjou, et j'ai vraiment les deux mondes. Donc, je peux vous en parler de
long en large. Et je sais que, lorsqu'il y a un gestionnaire qui est
impliqué, ça permet une meilleure planification.
Donc, vous ne
croyez pas que, peut-être, avec le fait d'étendre le carnet d'entretien, ça
serait peut-être intéressant
aussi de regarder les firmes de
gestionnaires qui gèrent déjà certaines copropriétés où il y a
un minimum ou un maximum d'entretien, de phases, de carnets d'entretien qui
ont déjà été faits, que ça pourrait permettre une entrée
en vigueur peut-être un peu
plus rapide, et de prendre un peu plus de temps avec les syndicats de
copropriété où c'est plus fait maison, entre guillemets, qu'avec une firme de
gestionnaires? Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Vincent
(François) : Avant de
répondre à votre question, si, Mme
la Présidente, vous me permettez,
j'aimerais remercier aussi la députée d'Anjou—Louis-Riel, qui a joué un
rôle dans la réforme de la copropriété. Il y a plusieurs ministres qui ont travaillé là-dessus
depuis 2011. Mais on voulait le souligner en commission parlementaire et on
le fait aussi, dans notre communiqué, pour l'ensemble des ministres qui
ont été touchés par cette question-là.
Quant au
carnet d'entretien, on parle quand
même de 413 225 unités de
copropriété au Québec, donc des dizaines de milliers d'immeubles. Donc, si on fait rentrer ça, au jour 1, tout en même temps, ça peut créer
un goulot d'étranglement. Ensuite de
ça, lorsqu'on considère que la majorité... C'est trois syndicats de copropriété
sur cinq qui sont en autogestion, et,
je pense, c'est 61 % qui vont avec des cotisations spéciales uniques. On
considère que, bien, normalement, ça, ce sont les immeubles les plus
âgés qui vont avoir des réparations avant dû au vieillissement des parties de
la copropriété.
Donc, c'est pour ça qu'on propose une entrée en
phases, pour qu'il y ait... oui, qu'on y aille rapidement, mais qu'on y aille rapidement avec les immeubles qui
ont le plus de potentiel d'avoir des bobos et des réparations à court terme. En 2011, la Chambre des notaires disait que
c'était urgent d'agir. Neuf ans. Donc, travaillons bien, travaillons vite, mais
assurons-nous justement qu'on puisse répondre à la demande, puis c'est pour ça
qu'on propose une entrée, justement, en phases.
Mme Thériault : J'imagine que vos membres ont été
consultés pour la rédaction du mémoire. Depuis le temps qu'on parle de la
copropriété, à l'APCHQ... Je me souviens de vous avoir rencontré à plusieurs
reprises, particulièrement lorsqu'on
a fait la journée de réflexion sur la copropriété. Donc, je pose la question
pour la forme, pour être sûre qu'on entende bien que les membres de l'APCHQ ont été consultés pour la rédaction du
mémoire et pour la majeure
partie des recommandations qui sont à
l'interne, j'imagine.
M. Vincent (François) : Le
mémoire a été adopté vendredi dernier, à 11 h 49, par notre comité
des relations gouvernementales.
Mme Thériault : Parfait. Félicitations! Dans les
membres de l'APCHQ, vous en avez combien qui se spécialisent dans la
construction de copropriétés? Le savez-vous?
M. Vincent
(François) : Le marché de la
copropriété augmente. Quand on regarde le... Il faudrait que je regarde le
nombre de memberships qu'on a.
Mme Thériault : À peu
près 50 %, la moitié, le tiers, plus? C'est une bonne question, hein?
M. Parent (Michel) : C'est une
très bonne question. On a des gens qui font de la rénovation résidentielle
aussi beaucoup. Alors, ça, c'est...
M. Vincent
(François) : On a la
majorité qui font du résidentiel. On en a certains dans le commercial. On peut
aller chercher les données en tant
que telles. Mais, lorsqu'on regarde cela, il y a de plus en plus de constructeurs
qui vont faire de la copropriété, parce que, quand on regarde les
25 dernières années, puis je vous invite, à la page 4 de notre
mémoire... Puis, bon, par rapport à
notre membership, là, ils vont répondre à la demande du marché de l'habitation.
Donc, pour savoir exactement le
nombre, on pourrait faire un prorata, par rapport à notre membership, avec le
pourcentage qui est établi ici.
Mais, quand on regarde en 1995, là, il y avait
15 % des unités, de l'ensemble des mises en chantier qui étaient de la copropriété, puis la maison unifamiliale,
c'était 70 %. Puis, en 2015-2017, là, on passe à une proportion de
30 %. Ça fait que ça a doublé au
niveau de la copropriété. La maison unifamiliale est passée à 29 %. Donc,
elle a diminué de plus que la moitié.
Bon, maintenant, on voit vraiment que la copropriété est présente. Puis, on le
voit aussi dans les statistiques des personnes qui
sont dans les copropriétés, la majorité des personnes qui vont être là, ça va
être des jeunes acheteurs puis ça va être
des personnes plus âgées. Puis ça, vous l'avez également à la page 6 de
notre mémoire. Donc, il est important de
bien protéger nos citoyens qui sont là. Pourquoi des premiers acheteurs? Parce
que c'est un bon véhicule pour
acheter une première propriété. Le
prix va être plus intéressant, puis aussi ça répond peut-être
aussi à un besoin d'acheteurs d'aller plus en centre, parce que ce sont
des types d'habitation qui vont se faire dans le centre.
Peut-être pour
conclure, c'est un véhicule qui va continuer à être utilisé parce qu'il y a des
politiques de densification. Donc, on ne
pense pas que ça va aller en diminuant, mais ça va aller en augmentant, d'où
l'importance de maintenir la confiance du public de ce type d'habitation
là. Puis c'est une des craintes qu'on avait, que, si on ne s'en occupait pas, à un moment donné, les gens ne
voudraient plus toucher à un condo, ne plus acheter une copropriété. Par contre,
c'est un véhicule qui est fantastique pour permettre à des personnes de pouvoir
vivre bien.
Mme Thériault :
Je vais y aller en rafale parce qu'il reste à peu près trois minutes. Donc,
vous voyez, le temps passe très rapidement.
vais vous demander, première question. Est-ce que vous pensez que les règles de
copropriété devraient s'appliquer... peut-être
pas les règles de copropriété, mais les garanties des maisons neuves, O.K.?
Puis vous allez voir où est-ce que je vais.
Le plan de garantie des maisons neuves pour les unités... quatre unités
superposées... Est-ce que, justement parce qu'on construit plus de propriétés, on ne devrait pas appliquer le fonds de
garantie des maisons neuves dans la construction de copropriétés sur
plus de quatre unités superposées? Parce qu'il y a beaucoup plus de
copropriétés qui est fait, dans la densification, avec des cinq, six, sept,
huit étages et plus.
Est-ce
qu'au niveau de l'inspection des bâtiments... — parce que je vais manquer de temps — est-ce qu'au niveau de l'inspection des
bâtiments, un coup qu'on a encadré l'inspection des bâtiments, vous ne pensez
pas qu'il serait important, justement...
Parce que vous avez souligné, à juste titre, que les nouvelles familles
achètent beaucoup de la copropriété, et on a, aux deux spectres... Ceux qui vendent leurs maisons avant d'aller
dans une résidence de personnes âgées, souvent, vont acheter une
copropriété, et tu as aussi les jeunes familles, c'est le premier accès à la
propriété.
Donc,
l'encadrement au niveau des inspecteurs en bâtiment, je pense que tout le monde
s'entend pour dire qu'il est temps qu'on fasse quelque chose. Mais ne
croyez-vous pas que, comme un arpenteur-géomètre ou comme un paquet de
choses qu'on oblige lorsqu'on fait des achats
de copropriété... qu'on ne devrait pas obliger l'inspection des bâtiments pour
s'assurer qu'on puisse faire les bonnes demandes d'hypothèque, s'assurer qu'on
puisse avoir l'heure juste pour éviter d'avoir
des surprises, pas, peut-être, de vices cachés, là, mais pour s'assurer de ne
pas avoir de surprise lorsqu'on achète quelque chose? Quand on achète
une maison ou un condo, souvent c'est un coup de coeur qu'on a, puis les
petites lumières ne s'allument pas toutes.
Donc, si on oblige l'inspection des bâtiments, ça risque de faire une grosse
différence dans l'achat... mais aussi, pour les gens qui vont vendre,
s'assurer que les réparations sont bien faites. Qu'en pensez-vous?
M. Vincent (François) : Je vais répondre à la deuxième question en
premier et la première question en deuxième.
La Présidente (Mme
Dansereau) : ...pour répondre.
M. Vincent
(François) : Pardon?
La Présidente (Mme
Dansereau) : Il reste une minute.
M. Vincent (François) : Eh! Aïe, aïe! Inspection, on va aller un pas à la
fois. On va commencer avec l'obligation pour l'encadrement. Puis, ensuite de ça, je suis persuadé qu'il peut y
avoir du travail avec les organismes concernés pour venir, à terme, à
une obligation de l'inspection.
Quant à la garantie,
on n'est pas fermés à l'idée, mais on pense qu'il faut évaluer les meilleures
façons et les meilleures pratiques. Quand on
regarde les régimes dans le reste du Canada, où les provinces obligent la
garantie, le marché est également
présent. Donc, il y a des organismes à but non lucratif puis il y a également
des entreprises spécialisées qui offrent justement un plan de garantie.
Donc,
nous, ce qu'on a demandé, on a fait des représentations — on peut déposer le mémoire si vous voulez — d'évaluer les meilleures pratiques puis d'inclure les compagnies d'assurance dans
la réflexion pour offrir la meilleure façon de procéder. Puis je tiens à citer le rapport Cunningham, ici,
qui a été... en Ontario, qui ont eu une volonté d'ouvrir le marché, puis ils
sont en train de le faire actuellement. Puis M. Cunningham, il disait...
La Présidente (Mme
Dansereau) : Le temps est épuisé. Je vous remercie.
M. Vincent
(François) : Une très bonne citation, hein? Une très, très bonne
citation.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Je cède maintenant... Oui?
Mme Thériault :
...on pourrait avoir le dépôt du document, puisqu'ils ont proposé de déposer
l'autre mémoire avec les recommandations qu'ils avaient, si c'était
possible de le faire parvenir aux membres de la commission. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : O.K. Ça fait qu'on va le regarder, puis
après on va le déposer. Ça va? O.K. Merci. Je cède maintenant la parole
au porte-parole du deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Laurier-Dorion, vous disposez de 2 min 45 s.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Je vous remercie pour votre
présence.
Donc,
j'aimerais revenir sur la question de la période de cinq ans qui est proposée.
Et donc vous, vous proposez une période
de cinq ans échelonnée, ce qui semble... bon, commencer par le plus vieux
bâtiment, etc., là. Mais en même temps vous nommez la question des
professionnels qui devraient effectuer l'étude des fonds de prévoyance, là.
Pour bien éclairer la commission,
c'est qui, les professionnels qui font cette étude-là? Et ne craignez-vous pas
que, si on commence tout de suite avec l'obligation pour tout
le monde, il y ait une sorte de
surchauffe ou de pénurie de professionnels pour satisfaire à la demande
et une augmentation des prix?
M. Vincent
(François) : On veut éviter toute surchauffe puis on veut que ça se
fasse bien puis ça se fasse rapidement. Pourquoi le cinq ans? On s'est basés à la lettre
qu'on avait écrite, le rapport en 2017, puis on pensait que c'était peut-être
une bonne façon de faire.
Puis,
quant aux différents inspecteurs qui devront le faire, ça va être prévu par règlement.
Si vous me permettez, si je ne peux pas faire la citation, je peux vous référer
à la page 15 du mémoire. Mais, en gros, M. Cunningham disait que
«la mise en place d'une approche
concurrentielle devrait encourager l'amélioration continue et l'innovation», favoriserait une meilleure perspective pour le consommateur, «notamment des améliorations à la garantie qui iraient au-delà des indemnités
minimales», et aussi ça permettrait aux
constructeurs de profiter d'un choix de fournisseurs en parallèle et avoir des
effets positifs également.
La Présidente (Mme
Dansereau) : Une minute encore, monsieur.
Fontecilla : Oui. Votre
mémoire s'adresse principalement au marché de la copropriété. Mais vous avez
mentionné, quand même, le marché locatif, là, qui souffre quand même, peut-être, de problèmes encore plus graves, là. Est-ce qu'on pourrait, par exemple, songer
à imposer à ce secteur-là la réalisation d'une étude de fonds de prévoyance
aussi aux propriétaires du marché locatif?
M. Vincent (François) : Oui. On ne l'a pas écrit dans notre mémoire,
mais, juste en arrivant, on a dit : Bon, il faut en parler parce
qu'on en parle dans nos représentations politiques. Notamment, on a
demandé d'avoir un type de RénoVert pour
le locatif privé, parce qu'actuellement ça prend 40 ans pour un
propriétaire de logement privé de rentabiliser un 1 000 $
d'investissement. Ensuite de ça, il y a 74 % des gens qui habitent dans le
locatif privé qui paient leurs factures d'énergie eux-mêmes. Donc, on se
retrouve devant un cul-de-sac. Maintenant, nous, pour permettre, justement,
d'avoir...
La Présidente (Mme
Dansereau) : Je vous remercie...
M. Vincent (François) : ...un chantier de rénovation, on a dit :
Faites des mesures budgétaires. Maintenant, on invite les parlementaires à penser à cette question-là, parce que,
finalement, qu'est-ce qu'on vit dans la copropriété, bien, si on ne
donne pas les outils aux propriétaires de logement de faire des rénovations,
bien, ils n'en feront pas.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, le temps est écoulé. Comme le
troisième groupe d'opposition n'est pas présent, donc je vous remercie
pour votre contribution aux travaux de la commission.
suspends les travaux pour quelques instants afin de permettre au prochain
groupe de prendre place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
16 h 28)
Présidente (Mme Dansereau) : Je souhaite la bienvenue au Regroupement
des gestionnaires et copropriétaires du
Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de
la commission. Je vous invite donc à vous présenter puis à commencer votre
exposé.
M. Emery
(Laurent) : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, au nom du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires
du Québec, je remercie les membres de la commission
de nous entendre aujourd'hui dans le cadre des consultations autour du projet de loi n° 16. Mon nom est Laurent Emery, directeur général du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec. Je suis accompagné de Me Yves Joli-Coeur,
secrétaire général du RGCQ, avocat
émérite et membre du comité consultatif sur la copropriété; M. Réjean
Touchette, administrateur du
regroupement et technologue professionnel; ainsi que M. Adrien Vallat,
coordonnateur à la recherche et à l'analyse au regroupement.
RGCQ est un organisme à but non lucratif qui oeuvre depuis 20 ans dans le
milieu de la copropriété. Sa mission est
de former et d'informer l'ensemble des acteurs du milieu. Nous sommes également
leur porte-parole. Nous représentons, sur
l'ensemble de la province, plus de 1 500 syndicats de copropriétaires,
donc environ 60 000 unités, et 300 entreprises qui travaillent dans le domaine. À ce jour, le
regroupement est la plus importante association de consommateurs et de professionnels dans le domaine de la copropriété
au Québec. Il est également l'organisme de formation numéro un, tant
pour les consommateurs que pour les professionnels.
projet de loi était très attendu par notre organisation, nos membres et
l'ensemble des acteurs du milieu. Nous saluons
la rapidité avec laquelle Mme la ministre a réussi à le déposer. Le RGCQ est
intervenu auprès des gouvernements successifs
depuis 2002 pour demander une réforme de la copropriété. Nous avons participé
au comité consultatif sur la copropriété
en 2012 ainsi qu'aux consultations organisées par Mme Lise Thériault en
mai 2018. De plus, le regroupement a également réalisé un sondage sur les fonds de prévoyance avec l'APCHQ
et la Fédération des chambres immobilières, en 2015, qui démontrait l'urgence
d'agir. Nous avons aussi réalisé une enquête sur la profession de gestionnaire
de copropriété en 2018. Nous avons
mis sur pied un standard des études de fonds de prévoyance en 2015. Nous sommes
également en train d'en établir un pour les carnets d'entretien. Cette
information pourra vous être transmise par la suite.
Dès le dépôt
du projet de loi, nous avons entamé une période de consultation et de réflexion
autour de ce texte. Nous avons sollicité nos membres, nos
administrateurs et nos partenaires. Notre expérience passée ainsi que
l'ensemble des commentaires reçus se reflètent dans le mémoire qui vous a été
transmis.
Pour nous, un projet de
loi sur la copropriété
doit satisfaire trois critères : pérenniser le parc immobilier en copropriété, favoriser une équité
intergénérationnelle et être compréhensible pour les administrateurs et les
copropriétaires. L'administration d'une copropriété doit rester à
échelle humaine. D'emblée, nous sommes très satisfaits de ce projet de loi et considérons qu'il respecte, pour
l'essentiel, ces trois critères. Nous appuyons ses orientations et presque
toutes ses dispositions. Nous recommandons aussi de bonifier certains
éléments de ce projet de loi.
Il est urgent
d'agir. Nous ne souhaitons pas retarder l'adoption de ce projet de loi, car il
en va de la sécurité financière des copropriétaires et de la confiance
du public.
Enfin, pour
que la loi ait l'effet escompté et le succès qu'elle mérite, il est important
de bien informer le public des changements qu'elle apporte. Nous pensons
donc qu'une campagne d'information auprès du milieu est indispensable.
Après ces commentaires d'ordre général, j'invite
maintenant Me Joli-Coeur à présenter quelques-unes de nos recommandations à
propos du projet de loi n° 16.
Joli-Coeur (Yves) : Merci. Alors, Mme la Présidente, Mme la ministre,
Mmes et MM. les députés, nous fêtons cette
année le 50e anniversaire de la copropriété et également peut-être une loi
qui sera votée par les parlementaires de l'Assemblée nationale. Notre mémoire, qui comprend 65 pages de
commentaires et d'observations, évidemment, je ne le reprendrai pas point par point. Je vous dirais,
par contre, que les volets les plus importants à mes yeux sont sur la question
du fonds de prévoyance et du carnet
d'entretien. Vous savez tous que le Québec vit un déficit chronique, dans de
nombreux immeubles, de fonds lorsque des travaux doivent être requis. Alors,
évidemment, que le conseil obtienne et suive une étude de fonds de prévoyance nous apparaît un essentiel.
On ne peut laisser aux membres du conseil d'administration le soin de l'établir par eux autres même. Donc, la
recommandation, évidemment, passe par la mise en place de documents par des
professionnels qui seront qualifiés.
Évidemment,
ces professionnels... On a beau être ingénieurs, architectes, voire même
technologues, ça ne veut pas dire
qu'on connaît bien la copropriété. Donc, dans cette circonstance, nous sommes
d'opinion que ces professionnels devront suivre une formation spécifique
pour comprendre la copropriété, qui, malheureusement, est souvent incomprise.
Maintenant,
la période de renouvellement des études de fonds de prévoyance devrait être
fixée, par voie réglementaire, entre
cinq à sept ans, selon les recommandations du professionnel qui les réalise.
Nous sommes d'opinion qu'on doit laisser une liberté au professionnel du bâtiment ou à un évaluateur agréé, le
soin de guider le conseil d'administration. La nécessité d'agir en cette matière passe par une sécurité des
occupants des immeubles, mais également assurer la salubrité des logements
qui, parfois, sont affectés par le déficit
d'entretien des bâtiments. La durée
de mise en oeuvre de ces nouvelles obligations devrait être de cinq ans pour permettre à
ce qu'une offre de services puisse se développer pour répondre à cette nouvelle
obligation. On peut reprendre le modèle qui avait été établi à l'époque à l'égard
du CBCS pour la problématique d'effondrement des façades et des garages.
Le volet
transactionnel est, à nos yeux, un élément très important. On dit parfois :
Acheter un condo, ça relève d'une profession
de foi, c'est-à-dire qu'il est difficile, dans certains immeubles, de
comprendre si le bâtiment a été bien entretenu. Parfois, des acheteurs ignorent
qu'ils sont propriétaires indivis des parties communes de l'immeuble. Je
signale, par ailleurs, que l'OACIQ, l'Organisme d'autoréglementation du
courtage immobilier, a établi un formulaire fort intéressant pour permettre à un acheteur potentiel de connaître et
d'évaluer le risque associé à l'achat. Nous recommandons que ce type de
document soit généralisé à tout achat en matière de copropriété.
Le contenu de
l'attestation de l'état des finances de l'immeuble devrait être indiqué
précisément dans le règlement. Évidemment,
on a un coup de coeur pour l'achat de l'appartement, mais qu'en est-il de la
santé financière de la copropriété? Est-ce que les copropriétaires
paient leurs charges communes? Est-ce qu'il y a des déficits combinés?
Par ailleurs,
les inspecteurs préachat en copropriété devront être formés pour la réalité de
la copropriété. Il est difficile d'obtenir
une inspection préachat dans une tour d'habitation de 12 étages à un prix
raisonnable, donc, on doit donc, pour les inspecteurs préachat, adapter
leur pratique professionnelle à l'égard de la copropriété.
Protection des dépôts. J'attire votre attention
qu'à juste
titre le projet de loi n° 16 veut éviter d'avoir deux
catégories de consommateurs, ceux qui achètent dans une grande tour et ceux qui
achètent dans les petites copropriétés. Sachez,
à ce niveau-là, que les consommateurs qui achètent dans les petites
copropriétés sont plus protégés que ceux qui achètent dans les grandes tours. C'est un non-sens d'avoir un degré de
protection à deux vitesses. En cette matière, nous avons une réserve à l'égard des remises dans le
compte en fidéicommis d'un notaire puisque notre expérience de pratique fait en sorte que le notaire, bien souvent, va
débourser les sommes dans son compte en fidéicommis selon l'évolution du
chantier. Notamment, on voit ça assez souvent que, lorsque l'excavation est
faite, le notaire est justifié de dégager les sommes. Donc, on ne parle pas de
malversation des notaires, on parle plus d'un mécanisme qui, malheureusement,
est insuffisant pour protéger les acheteurs de copropriété.
Nous
signalons également le processus relatif aux gestionnaires de copropriété.
Évidemment, c'est une question fort
importante. Si on parle de sécurité, ça prend immanquablement des gestionnaires
de copropriété qui sont bien formés. Actuellement,
au Québec, on peut s'immiscer dans la gestion en copropriété du jour au
lendemain, qui, à nos yeux, amène une insécurité sur le marché. Il nous
semble essentiel que cette question-là soit de nouveau abordée.
Évidemment,
la question du gérant, du gestionnaire, nous sommes d'opinion que le gérant n'a
pas sa place en matière de
copropriété, mais ça nous prend des gestionnaires en bonne et due forme. C'est
une correction, à mes yeux, qui devrait être apportée au Code civil du
Québec.
Parlons
maintenant de la résolution des litiges en matière de copropriété. On attire
l'attention qu'on veut essayer de déjudiciariser les litiges. Un
tribunal spécialisé en cette matière serait important.
Dernier point
important, c'est l'article 10.74.2, Mme la ministre. On a constaté un
dysfonctionnement à l'égard des réclamations d'assurance. Nous avons
produit un texte qui, à mes yeux, corrigerait le tir. Alors, je vous remercie.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça va? Je vous remercie pour votre exposé.
Mme Thériault : Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui?
Mme Thériault : J'aurais besoin d'une question de
directive. Je viens de m'entretenir avec le recherchiste du collègue du Parti québécois, qui ne sera pas présent cet
après-midi. Donc, le temps qui est dévolu au Parti québécois, est-ce qu'on
pourrait le répartir?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui. S'il y a consentement, on le répartit entre les gens de l'opposition.
Mme Thériault : Ça serait apprécié. Je suis
convaincue que mon collègue de Québec solidaire aimerait avoir une
minute de plus, au moins, pour poser des questions.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Il n'y a pas de problème. Est-ce qu'il y a consentement?
Mme Thériault : Merci.
Des voix : Consentement.
Présidente (Mme Dansereau) : Consentement. Je vous remercie.
Donc, je disais que nous allons maintenant débuter la période d'échange.
Mme la ministre, la parole est à vous. Vous disposez de
16 min 30 s.
Mme Laforest :
O.K. Alors, bonjour, M. Joli-Coeur. Bonjour à vous tous. Et on s'est vus
récemme