House Proceedings — 7 December 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
2021-12-07
Quebec — Debates (Hansard)
Au nom de
l'ensemble de la population de Vaudreuil et en mon nom, je vous remercie, cher
Dr Downs. Je vous remercie pour votre dévouement envers notre communauté.
Nous vous souhaitons une bonne retraite, bien méritée.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Vaudreuil. Et maintenant je cède
la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec grand plaisir, aujourd'hui, que je
souligne l'apport important d'une
jeune entreprise dynamique native de Beaupré qui a vu le jour il y a de ça à
peine quelques années. Je parle ici de l'entreprise
de skis Ferréol, fondée par trois passionnés de ski et de plein air, que
j'ai d'ailleurs eu l'occasion de rencontrer il y a de cela quelques
semaines, soit Jonathan Audet, Félix Lapointe et Étienne Boucher.
Ces trois adeptes du ski sont également des
précurseurs dans leur domaine. En plus d'offrir un produit 100 % québécois, ces derniers ont développé, au fil du
temps, une technique de fabrication issue de matériaux innovants qui permet
d'offrir aux skieurs un ski avec une empreinte carbone des plus faible au
monde.
Issue de
leurs forces respectives et d'employés dévoués, l'entreprise ne cesse de se
démarquer ici comme ailleurs en Amérique du Nord. Récipiendiaires de nombreux
prix et distinctions, je souhaite à ces trois inconditionnels de la
glisse le meilleur des succès et beaucoup de neige pour la saison à venir.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Maintenant, je me tourne
vers Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais mettre en lumière le travail d'une grande
dame de Montréal-Nord, Lise Larosée,
décédée le mois dernier. Je le fais pour nous tous et je le fais aussi pour ses
petits-fils, pour qu'ils se souviennent de leur grand-maman comme un
modèle d'engagement social, une inspiration.
Lise
venait d'un Montréal qui n'est plus, celui des romans de Michel Tremblay,
un milieu modeste, une vie rude et
ingrate. Mais Lise était une survivante, une battante qui a trouvé sa place en
politique, comme attachée politique; pas la politique partisane, Mme la Présidente, mais celle des bureaux de comté,
celle qui se rapproche du travail social, celle qui fait une différence, un humain à la fois, et ceci,
pendant 50 ans. Des bureaux de Louise Robic à Denis Coderre,
elle a servi la nation québécoise sans compter son temps, en
investissant son coeur à chaque fois.
À ses filles et ses
petits-fils, Mme la Présidente, je vous dis : Vous avez de quoi être fiers
d'elle. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Et
maintenant je me tourne vers M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je tenais à souligner l'implication d'une
citoyenne d'exception, Mme Pierrette Desforges.
y a une dizaine d'années, Mme Pierrette Desforges débutait une longue et
fructueuse période de bénévolat chez Espoir Rosalie, un organisme
communautaire dont la mission est d'accueillir les mères monoparentales et
leurs enfants. Mme Desforges a toujours eu envie de servir la communauté,
et c'est pour cette raison que la directrice de l'époque l'a invitée à aider
une éducatrice avec des enfants. Petit à petit, en découvrant sa polyvalence,
ses compétences en gestion et ses aptitudes personnelles,
on lui a offert un poste d'adjointe. Pierrette a accepté en refusant toute
rémunération.
dévouement n'a jamais cessé tout au long de son engagement.
Mme Desforges est une femme de coeur, fiable, faisant toujours preuve d'abnégation. Son sens de l'humour, sa
passion et sa loyauté envers les autres lui ont permis d'aider plusieurs
femmes monoparentales dans le besoin.
Mme la Présidente, je tenais à féliciter et à remercier Mme Pierrette Desforges pour
toutes ses années de service auprès de la communauté. Merci, Pierrette.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chapleau.
Et maintenant je reconnais Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Je veux réaffirmer l'importance cruciale des six
centres d'éducation populaire de Montréal. Ces centres offrent des services
essentiels aux personnes en situation de pauvreté et d'exclusion. Ce sont des
milieux de vie, des lieux d'inclusion, de participation, de mobilisation.
Rien
que dans mon comté, les ateliers d'éducation populaire du Plateau offrent,
entre autres, des paniers pour les fêtes, des ateliers d'informatique, des
activités d'agriculture urbaine, etc., toujours dans le but de rendre
ces personnes autonomes.
Malheureusement, les
centres sont menacés de fermeture dès juin 2022. Pourtant, depuis 2019, mes collègues solidaires et moi avons interpelé le ministre de l'Éducation plus d'une fois. Son inaction est inexplicable.
Les écarts de richesse, au Québec,
se creusent. Les centres d'éducation populaire font
partie de la solution.
C'est peut-être moins sexy que de vouloir réduire l'écart de richesse avec l'Ontario,
mais il serait irresponsable de les laisser disparaître. Si ces centres
disparaissaient, c'est l'espoir de
milliers de personnes qui disparaîtrait avec elles. Mais ni le
regroupement InterCEP ni Québec
solidaire ne lâcheront le morceau. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mercier.
Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente.
Today, I pay tribute to
Mr. Raymond Dempsey, a citizen of my riding who was a municipal councillor
in Saint-Jean-de-Brébeuf for 56 years without
interruption.
Elected
in 1965, Mr. Dempsey was in charge of local roads and road safety for all
these years. His presence was essential on
many occasions, including during a disaster that caused significant damage to
the road network of Saint-Jean-de-Brébeuf in 2016.
It was an honor for me to highlight the public
service of Mr. Raymond Dempsey by presenting him, on November 22, with
the Medal of the National Assembly of Québec. Thank
you, Mr. Dempsey.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Et maintenant
je cède la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, depuis un an, les régions
du Québec attendent impatiemment le dépôt d'un plan
de relance du gouvernement pour le transport aérien régional. Un an. Les
transporteurs, les aéroports, les citoyens, les intervenants locaux attendent
tous un signal positif de la part de Québec pour pouvoir s'organiser.
ministre des Transports leur a fait miroiter un nouveau modèle de
desserte aérienne, pour les régions du Québec,
pérenne, fiable et à coût abordable. Un plan
était prévu en décembre 2020, puis ensuite janvier, puis mars, puis juin, puis
silence radio.
Mme la Présidente, il y a encore des turbulences dans
le domaine du transport aérien, au Québec,
mais y a-t-il un pilote
dans l'avion au ministère? Le transport aérien, c'est crucial, c'est une question
de vitalité régionale. C'est un levier pour assurer la relance de nos
régions.
que demandent surtout les régions, c'est une vision et l'assurance qu'elles
font
partie de l'avenir, aux yeux du gouvernement
du Québec, de l'après-pandémie. C'est pour ça qu'on a besoin d'un plan durable
de relance en transport aérien maintenant. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée
d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux
féliciter La Troupe À Coeur ouvert, de la MRC d'Abitibi-Ouest, qui fête
ses 40 ans d'existence.
C'est
avec un groupe de comédiens amateurs que cette troupe de théâtre a vu le jour à
La Sarre, en 1981. Peu à peu se sont
greffés des comédiens professionnels. Après 40 ans, celle-ci a mis en
scène de nombreuses productions en théâtre d'été, en théâtre musical, et également
créé plusieurs mises en situation en théâtre d'intervention sur différents enjeux
sociaux. Plusieurs prix de distinction ont été attribués à cette troupe
sur le plan culturel, économique et touristique.
C'est grâce à leur persévérance,
leur esprit de débrouillardise et le soutien de la communauté que La Troupe À Coeur ouvert a même présenté pendant sept ans un
spectacle à grand déploiement, Le paradis du Nord , qui regroupait plus
de 171 comédiens et bénévoles sur une scène des plus grandes superficies
au Québec.
Félicitations à tous
les artisans de La Troupe À Coeur ouvert! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée d'Abitibi-Ouest.
Et maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je
reconnais M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est avec grand plaisir que j'ai accepté à
titre de président
d'honneur et porte-parole la campagne 2021 de l'Opération Nez rouge de
Longueuil—Rive-Sud.
campagne a débuté le 26 novembre dernier sous le thème De retour pour
vos retours , et ce, après une année d'absence
en raison de la pandémie. Pour vous donner une idée, en 2019, ce sont plus de
1 700 raccompagnements qui ont été effectués en
18 soirées par plus de 750 bénévoles. Et j'en profite pour les
remercier.
Avec
le retour des partys en présence cette année, il ne faut surtout pas perdre nos
bonnes habitudes. Comme policier, j'ai
trop souvent été appelé à annoncer des drames horribles à des familles à cause
de la négligence d'un automobiliste. Alors, oui, comme ex-policier, comme élu, mais surtout comme papa de deux
jeunes filles, pour moi, c'est une cause qui est très importante.
Mme la Présidente, je
vous rappelle que c'est avant le party qu'on planifie son retour. C'est
rarement après quelques consommations qu'on
a des idées de génie. Alors, si on consomme de l'alcool ou de la drogue, on
appelle un ami, un taxi ou encore Opération Nez rouge. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Vachon.
Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 52)
Président : Mmes et MM. les députés, avant d'entreprendre nos travaux, nous allons
nous recueillir quelques instants en
ayant une pensée particulière pour la famille et les proches de deux anciens
collègues dont nous avons appris le
décès : M. Marcel Bérard, député
de Saint-Maurice de 1973 à 1976, et
M. Gilles Fortin, député de Marguerite-Bourgeoys
de 1984 à 1989. Recueillons-nous quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Mmes
et MM. les députés, à ce moment-ci, j'ai l'immense plaisir et le privilège de
souligner la présence de médaillés, d'athlètes
et d'entraîneurs québécois des Jeux olympiques et paralympiques 2020 de
Tokyo qui sont avec nous, et vous les voyez, aujourd'hui, au restaurant Le
Parlementaire .
Le Président :
Nous poursuivons, à ce moment-ci, les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article b du feuilleton,
s'il vous plaît.
Président : Et, à l'article b
du feuilleton, M. le
député d'Arthabaska présente le projet de loi n° 696, Loi remplaçant le nom de la circonscription
électorale d'Arthabaska par Arthabaska-L'Érable. M. le député.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. Ce projet de loi modifie la liste des circonscriptions
électorales avec leur nom et leur délimitation afin de remplacer le nom de la
circonscription électorale d'Arthabaska par Arthabaska-L'Érable. Merci,
M. le Président.
Le Président : Et, en application de
l'ordre spécial, j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de
leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi,
suivi des députés indépendants. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Président : M. le leader de l'opposition officielle?
Président : Mme la
leader du deuxième groupe
d'opposition?
Le Président : M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député de Chomedey?
Le Président : M. le député de Bonaventure?
Le Président : Mme la députée d'Iberville?
Le Président : Merci. En conséquence, cette motion est donc adoptée.
Nous
en sommes à la rubrique Dépôt
de documents. À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
M. Dufour : Oui, M. le Président. Je dépose le rapport concernant la reconnaissance et le financement de la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs pour les
années 2019, 2020 et 2021. Merci, M. le Président.
Président :
Merci. Ce document est déposé. M. le ministre délégué à la Transformation
numérique gouvernementale.
M. Caire :
M. le Président, je dépose le rapport annuel de gestion 2020‑2021
d'Infrastructures technologiques Québec.
Le Président : Et ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le 21 octobre par la députée de
Vaudreuil, le 26 octobre par le député de Vimont et le 2 novembre par
le député des Îles-de-la-Madeleine. Merci, M. le Président.
Le Président : Merci. Ces
documents sont donc déposés.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'administration publique et député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M. le Président, je
dépose le rapport sur l'imputabilité de l'automne 2021 de la Commission de
l'administration publique donnant suite aux
auditions des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics sur leur
gestion administrative. La commission a procédé aux auditions suivantes :
le 15 septembre 2021, audition du ministère de la Famille sur sa gestion administrative et ses engagements
financiers ainsi que sur le
chapitre 2 du rapport d'octobre 2020 du Vérificateur général du Québec intitulé Accessibilité
aux services de garde éducatifs à l'enfance ; le 30 novembre 2021,
audition de la Société d'habitation du
Québec sur le
chapitre 4 du rapport d'octobre 2020 du Vérificateur
général du Québec intitulé Programme AccèsLogis Québec : réalisation des projets
d'habitation et en suivi de la recommandation n° 2.1
de son 41e rapport.
La commission s'est également réunie en séance de travail le 15 septembre,
les 6 et 27 octobre ainsi que le 30 novembre 2021. Ce
rapport contient cinq recommandations. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci. Ce rapport est déposé.
Pour ma part, je
dépose le rapport de la Commission des institutions qui, le 30 novembre
ainsi que les 1er, 2 et
3 décembre 2021, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet de loi n° 2, Loi portant sur la
réforme du droit de la famille en matière de filiation et modifiant le Code
civil en matière de droits de la personnalité et d'état civil.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit
ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. M. le Président, dans les dernières semaines, on a
appris que, depuis le mois de
janvier, le gouvernement était au courant qu'avec la crise de la COVID les
personnes aînées étaient particulièrement vulnérables, particulièrement dans les CHSLD. On l'a appris, puisque
l'ancienne ministre de la Santé nous l'a dit, puisque le sous-ministre... l'ancien sous-ministre nous
l'a dit, puisque le directeur de la santé publique l'a mentionné et
qu'également la Protectrice du
citoyen en a fait état dans le rapport qu'elle nous a présenté. Le premier
ministre, lui, nous a dit : Moi, avant le mois de mars, je n'avais rien
su par rapport au risque qui était associé aux personnes
aînées. Aujourd'hui, M. le
Président, lorsqu'on lit la revue de
presse, on constate, en fait, qu'il y
avait des gens qui étaient sur le
terrain, des gens qui vivaient ce
qui se passait dans les CHSLD et qui alertaient le gouvernement. Pourtant, rien
n'a été fait jusqu'au mois d'avril.
question que j'ai pour le premier ministre : Quand est-ce qu'il a su que
les aînés allaient particulièrement être touchés et quand est-ce qu'il a
agi pour protéger les aînés dans les CHSLD?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, j'ai appris au mois de
mars qu'il y avait un risque du côté
des CHSLD. On avait un manque de personnel.
Malgré les réorganisations, il
manquait toujours de personnel. C'est pour ça que, le 15 mars, on a
mis en place un site qu'on a appelé Je contribue pour demander aux Québécois
qui pouvaient venir nous donner un coup de
main de venir nous donner un coup de main. Puis d'ailleurs les Québécois ont
été solidaires puis sont venus nous donner un coup de main.
M. le Président, avant ce moment-là, il y avait
des indications très générales sur le coronavirus, mais il n'y avait pas, au
Québec, en tout cas, à notre niveau,
de personnes, là, qui s'inquiétaient, éventuellement, d'un grand manque de
personnel dans les CHSLD.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, on ne parle pas ici, là, de
manque de personnel. On parle de gens qui disent qu'ils n'ont pas de directives.
On parle de gens qui disent qu'ils n'ont pas d'équipement de protection. On
parle de gens qui disent : «Vous me trouvez extrêmement surprise par vos
propos qui me semblent contradictoires avec les informations que le premier
ministre Legault et [...] la ministre
McCann transmettent lors [de leurs] points de presse quotidiens.» C'est de ça
dont on parle, M. le Président.
Quand
est-ce que le premier ministre a su qu'ils allaient être particulièrement
touchés, nos aînés, et quand est-ce qu'il a posé des gestes concrets
pour les protéger?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président,
concernant les équipements de protection individuelle, à chaque matin,
sept jours sur sept, je demandais aux responsables
du ministère de la Santé où on en était dans les inventaires d'équipement de
protection individuelle.
M. le Président, effectivement, on est venus proche d'en manquer. À un moment
donné, il nous en restait pour trois semaines.
À un moment donné, pour deux semaines. À un moment donné, pour
une semaine. Mais jamais on n'est arrivés à zéro.
Par contre,
ce qu'on a appris plus tard, c'est qu'il y avait des établissements qui
n'avaient plus de direction — l'ancien gouvernement avait décidé de
ne pas mettre un patron dans chaque CHSLD — et donc qui n'ont pas levé la
main...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...pour avoir des
équipements additionnels.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, le gouvernement recevait des messages, des messages d'alerte.
Je vais vous en lire un seul, M. le
Président : «Nous ne sommes plus...» Alors : «Nul besoin de rappeler
le scénario catastrophe advenant un
cas de COVID-19 dans un CHSLD.» Nul besoin de rappeler le scénario catastrophe.
Ils ont reçu
cette information-là le 19 mars, M. le Président. Pourtant, rien n'a été
posé, comme gestes, avant le 10 avril. Comment se fait-il que le
gouvernement ait tardé avant d'agir?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président, à
chaque matin, sept jours sur sept, je demandais un inventaire des masques, des blouses, des gants, de chaque équipement de
protection, et jamais on n'est arrivés à zéro. Par contre, on a appris plus
tard qu'il y a des établissements...
la chaîne de commandement n'était pas en place. Mais une chose qui est claire,
c'est qu'on m'a dit tout au long des
premières semaines : S'il y a un manque d'équipement, ça nous prend
maximum 24 heures pour livrer l'équipement, puis on a assez
d'inventaire.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, c'est un peu surréel, ce qu'on entend de la part du premier
ministre. C'est surréel parce que ce que les gens disent, c'est qu'il
manquait d'équipement, qu'ils ont appelé le gouvernement, qu'ils l'ont dit à
plusieurs reprises, et que le gouvernement, malgré tout, le premier ministre au
premier chef, dans ses points de presse, disait qu'il ne manquait pas
d'équipement.
M. le
Président, quand est-ce que le premier ministre a su qu'il manquait
d'équipement? Quand est-ce qu'il a agi pour protéger les personnes dans
les CHSLD?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je le répète, au niveau national, jamais on ne m'a dit qu'il
manquait d'équipement. Par contre... Je trouve ça assez spécial que ça
vienne du Parti libéral. Le Parti libéral avait congédié des dirigeants de CHSLD et avait congédié des personnes responsables
des EPI, donc ils n'ont pas levé la main pour dire : Il nous manque
d'équipement. C'est ça que le ministre a corrigé depuis ce temps-là.
Le Président : Question
principale, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
la réalité, c'est que, depuis le mois de janvier, le gouvernement savait qu'il y avait des personnes qui étaient vulnérables dans
les CHSLD et qu'il n'a pas agi depuis le mois d'avril. Dans son document,
la Protectrice du citoyen nous dit qu'avec les informations qu'ils avaient sur
l'État de Washington, avec l'information qu'ils avaient sur ce qui se passait
en Colombie-Britannique, le gouvernement aurait dû agir. Or, il ne l'a pas
fait.
Dans une
question qui a été posée par le député de Mont-Royal—Outremont, le premier ministre répondait, à une de ces questions, le
10 mars, et le premier ministre nous disait la chose suivante, c'est qu'il
savait que dans l'État de Washington il y avait quelque chose qui se passait.
Ça, c'était le 10 mars.
Comment
le premier ministre, qui savait qu'il y avait des personnes particulièrement
vulnérables à partir du 10 mars au minimum, n'a pas agi avant le
10 avril pour protéger les gens dans les CHSLD?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, j'ai lu les mêmes articles que la cheffe de l'opposition
officielle. J'ai vu qu'effectivement, en
Colombie-Britannique puis à Washington, il y avait eu des indications sur les
risques dans les CHSLD. On peut
comprendre, en Colombie-Britannique, on venait de vivre l'épisode de SRAS. Mais, M.
le Président, ni à Montréal, ni à Québec, ni à Toronto, ni à New York, ni à Paris on n'avait d'indications qu'il y
aurait un problème dans les soins de longue durée. Donc, M. le
Président, la cheffe de l'opposition officielle peut bien essayer de refaire
l'histoire, les faits sont têtus.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
10 mars, M. le Président, à la question, le premier ministre répond la
chose suivante : «...dans certains
États américains, il y a plus ou moins de décès, en pourcentage du nombre de
personnes infectées, selon qu'on a des
résidences [pour] personnes âgées atteintes, par exemple dans l'État de Washington...» Il savait très bien, à ce moment-là, que les personnes
vulnérables dans les CHSLD pouvaient être atteintes.
Pourquoi est-ce qu'il
a attendu le 10 avril pour agir? Un mois, M. le Président, un mois.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, on n'a pas eu d'avis d'Ottawa.
On a eu le même problème à Toronto. On a eu le même problème à New York. La cheffe de
l'opposition officielle est en train de nous dire, là : New York,
Boston, des États, là, qui sont très riches, n'ont pas vu venir la crise
dans les CHSLD, mais elle réfère à deux exemples, Washington puis Colombie-Britannique.
M. le Président, chez nous, à notre table, on n'a pas eu, malheureusement, ces
indications.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Alors, M. le Président, oublions les États-Unis.
L'INSPQ nous l'a dit, le directeur de la santé publique lui a dit, l'ancienne ministre de la Santé l'a
dit, l'ancien sous-ministre l'a dit. Combien de personnes il fallait, pour le
premier ministre, pour véritablement voir qu'il fallait agir bien avant
le 10 avril?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, autour de la table il y avait 15, 20 personnes à chaque
matin, sept jours sur sept, et je peux vous
dire que j'avais beaucoup de questions à poser, mais malheureusement, avant le
mois de mars, personne n'a soupçonné
l'étendue de ce qui s'en venait dans les CHSLD, M. le Président. C'est facile
de le dire après, mais ça ne s'est pas rendu à notre table.
Le Président :
Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Voici trois citations qu'on a entendues ce
matin dans l'article de Radio-Canada : «...le
Québec [se dirige] vers une hécatombe en CHSLD.» «Je vous prie d'agir
maintenant, de grâce.» «Par pitié, écoutez les experts terrain.» Trois citations, trois avertissements, trois
plaidoyers, M. le Président, pour que le gouvernement agisse dès la mi-mars. Trois plaidoyers, aucune action,
selon la Protectrice du citoyen, avant la mi-avril. Aucune mesure
additionnelle de protection, de renforcement en CHSLD, selon la Protectrice du
citoyen, avant la mi-avril.
Moi, j'ai une seule question pour le gouvernement, à ce moment-ci, M. le
Président : Comment peuvent-ils
encore nier l'importance, la nécessité d'une commission d'enquête
publique et indépendante?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, écoutez, M. le
Président, là, plusieurs
choses. Tout d'abord, sur la question de l'enquête du coroner, en ce moment, qui reçoit toute
l'information nécessaire à son enquête, je pense qu'on le voit, puis je vais répéter ce
que j'ai dit plusieurs
fois, M. le Président, c'est important de laisser la coroner Kamel
faire son travail, parce
qu'effectivement elle reçoit de l'information.
Et je pense que le premier ministre l'a dit souvent, je l'ai dit souvent, nous,
comme gouvernement, avons avantage à ce que toute l'information sorte
pour savoir ce que nous savions à ce moment-là.
premier ministre a absolument raison, il y a peut-être des gens qui avaient de
l'information, mais le gouvernement, la
cellule de crise n'avait pas cette information-là, M. le Président. Et c'est là
qu'il faut faire la différence entre aller chercher de l'information qui était peut-être disponible
par certaines personnes mais qui ne l'était pas par notre gouvernement. Puis
je pense que... Si je prends, à
titre d'exemple, une information où ça a été
décidé... qui était importante, le 15 mars, la cellule de crise a décidé d'augmenter de 10 000 personnes les
préposés aux bénéficiaires. Je pense que c'est un exemple que, le moment
où le gouvernement...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...a su comment c'était difficile, il a posé de poser des gestes excessivement
importants.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, pendant le mois de mars, il y a
eu des signaux d'alerte qui ont été envoyés. Pendant le mois de mars, des gens
se sont époumonés à parler au gouvernement puis à leur dire qu'il fallait agir. Le premier ministre nous parle d'employés. Moi, je vais vous lire la citation suivante :
«Je fais appel à vous pour régler la situation maintenant avant qu'un incident malheureux ne survienne,
faute d'[équipement de protection].»
Pas faute d'employés, faute
d'équipement de protection.
Pourquoi le premier
ministre n'a pas agi quand il manquait d'équipement à ce moment-là?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, j'ai agi dès le mois de mars. D'abord, le 15 mars, on a
mis en place Je contribue pour demander aux Québécois de venir nous aider. Deuxièmement,
on a commencé à demander, partout dans le monde, puis c'était surtout en Chine, comment on pouvait rapidement
acheter des masques, des équipements de protection, mais tout le monde cherchait des masques. Donc, il
n'y avait pas juste le Québec, M. le Président, tout le monde s'est retrouvé dans cette situation-là, parce
qu'on consommait 13 fois plus d'équipement de protection qu'à l'habitude.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Ce qu'on constate, M. le Président, c'est que le
directeur de la santé publique savait que les personnes allaient être touchées dans les CHSLD, que
l'ancienne ministre de la Santé le savait, que l'ancien sous-ministre de la Santé le savait, mais
apparemment que le chef de la crise, le premier ministre, ne le savait
pas et que tout ça a mené, en fait, à des mesures qui ont été prises
seulement le 10 avril.
Donc,
depuis janvier que le gouvernement savait, et le gouvernement n'a pas agi.
Pourquoi ce délai dans la prise de décision du gouvernement?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, je m'excuse de contredire la
cheffe de l'opposition officielle, mais la ministre de la Santé, le directeur national de santé publique
étaient à notre table à chaque matin, puis on était tous d'accord, M. le
Président, que, un, il fallait mettre
en place Je contribue, le 15 mars, puis il fallait trouver des équipements
quelque part dans le monde. Puis on a utilisé à peu près toutes les ressources
possibles pour y arriver, mais tout le monde cherchait des équipements à
ce moment-là. Mais, je le répète, au national il n'a pas manqué d'équipement.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, M. le Président. Le premier ministre et moi, on a passé plusieurs heures au téléphone avec les autres
chefs de parti pendant la première vague. Il nous disait la même affaire, en
fait, qu'il répétait à la télévision : Tout
est sous contrôle, ça va bien aller. Puis là on apprend que, dans les CHSLD,
bien, bien des gens disaient au gouvernement
que ça n'allait pas bien pantoute. Dès le
12 mars, des signaux d'alarme se sont multipliés, le gouvernement a été alerté qu'on s'en allait vers une hécatombe. Il savait. Il
savait, et il savait bien avant Herron.
Alors,
ce matin, moi, je me sens trahie. Je me sens trahie parce que je me fiais sur
le premier ministre. Les Québécois et Québécoises aussi se sentent
trahis.
Comment
se fait-il qu'en décembre il a pu dire qu'il n'avait commis aucune erreur alors
qu'il savait très bien ce que nous, on apprend aujourd'hui?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, on dirait que les oppositions
ont une machine à remonter le temps, on dirait qu'on est dans Back to
the Future , M. le Président. Les propos...
Le Président :
Mais donnez-moi la question de règlement, M. le leader, rapidement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, on vient prêter des intentions
au premier ministre du Québec. Il n'y a personne dans cette Chambre qui aurait fait le travail que
le premier ministre du Québec a fait pour protéger les Québécois.
C'est honteux, M. le Président, l'attitude...
Le Président :
S'il vous plaît! Vous me laisserez en juger, bien sûr.
Le Président :
Non, s'il vous plaît! Merci, M. le leader du gouvernement. Merci.
Le Président :
À ce moment-ci, je suis debout. Je vous remercie.
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition, rapidement.
Mme Labrie : M. le Président, le leader du gouvernement fait ça très souvent, prendre le temps des oppositions pour
répondre aux questions en prétextant que c'est une question de règlement. Ce
n'en est pas une.
Le Président :
Je vais vous répéter...
Président : Non, mais
O.K. Non, non. S'il vous plaît! S'il
vous plaît! S'il vous plaît! On ne va
pas commencer ça à ce moment-ci. Nous sommes dans une période de
questions importante. Les questions sont légitimes, importantes, les réponses le sont tout autant. Je vais
simplement vous rappeler, à ce moment-ci, à la prudence, globalement, sur les
termes à être utilisés, sur les
notions qui sont mises de l'avant, sur le fait de pouvoir exprimer les idées
qu'on veut exprimer, mais en utilisant le ton et les mots appropriés. Vous avez
aussi la responsabilité des mots que vous utilisez. Mais je vous
dis, à ce moment-ci, à cette étape-ci : Soyez prudents et soyez
collaborateurs sur ce que je vous demande de faire.
Je vous demande de
poursuivre la période de questions. M. le leader du gouvernement, pour
l'instant, on va...
Le Président :
Permettez-moi, là, de...
M. Jolin-Barrette : On vient clairement de prêter des intentions, avec l'utilisation du terme «trahir». Si vous ne considérez pas...
Le Président : Non, non, je
vais... Non, M. le leader, je viens de dire...
Le Président :
Bien, je ne veux rien que vous dire : Je ne veux pas entendre ce genre de
référence. Je vais vous demander d'être
prudentes et prudents dans la façon d'utiliser des termes et des notions. C'en
est une. Pour l'instant, je fais appel
à votre collaboration et je me contente de vous dire d'être prudentes
pour la suite et prudents pour la suite. Et j'arrêterai...
Le Président :
M. le leader du gouvernement, M. le leader du gouvernement, il reste trois
secondes à...
Président : M. le leader du gouvernement, ça suffit. Pour l'instant, je viens d'exprimer quelque chose, je pense que c'est assez clair,
là. Et je vais vous demander de faire en sorte que, pour la suite, on garde le
ton approprié, dans des questions aussi importantes que celles qui sont
abordées ici.
Mme la leader du
deuxième groupe... Et je vais vous demander d'arrêter de vous interpeler. Mme
la leader du deuxième groupe.
Mme Labrie :
M. le Président, pouvez-vous clarifier quelque chose? Est-ce qu'on a le droit,
ici, de dire comment on se sent?
Président : Non, il y a... Mme la leader, je viens de
l'expliquer. Je pense que vous avez tous très bien compris. Il vous
reste trois secondes à la question, Mme la députée, mais trois secondes. La
réponse va suivre.
Mme Massé :
M. le Président, est-ce qu'il peut nous dire qu'il ne nous a pas raconté toute
l'histoire?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Écoutez, M.
le Président, j'ai eu la chance,
quand je suis arrivé, à la fin juin, début juillet 2020, de m'atteler à la tâche de préparer la réponse du gouvernement à la deuxième vague. Et, lorsque j'ai pris connaissance de la
documentation qui était disponible,
je me suis rendu compte rapidement, M. le
Président, que le monde entier avait
fait face à une crise qui était sans précédent. La consommation des biens
d'équipement de protection individuelle était de 10 à 15 fois supérieure
dans les premières journées à ce qu'elle
était en consommation normale durant une année clinique habituelle, et c'est pour
ça qu'il y a plusieurs acquisitions qui ont dû être faites à la dernière
minute. Et ce que le premier...
Le Président :
Première complémentaire...
Président : Ah! je
m'excuse. Excusez-moi. Mon erreur. Il vous reste encore du temps, M. le ministre, c'est mon erreur. Il vous reste encore 30 secondes.
M. Dubé : Oui, je pense qu'on a des petits problèmes. Mais
ce que j'allais dire, M. le Président, c'est que le premier ministre l'a bien expliqué, c'était une situation
mondiale qui était excessivement difficile, tout le monde se battait pour
les mêmes équipements, puis ce que
les gens du ministère ont réussi à faire, c'est d'être capables de
garder à flot les inventaires, ce qu'ils ont réussi à faire. C'était
difficile, mais ils ont quand même réussi.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. En fait, ce qu'on entendait durant les points de presse du
premier ministre, là où étaient concentrées les décisions, c'est que tout allait bien, qu'il n'y avait pas de
problème et qu'on n'avait pas de problème d'équipement. Là, ce que j'entends,
c'est : Oui, ce n'était pas facile. Donc, le gouvernement reconnaît que
les informations qu'il nous présentait en conférence de presse n'étaient
pas conformes à la réalité. Est-ce que je me trompe, oui ou non?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Écoutez, moi non plus, là, je ne veux pas
réécrire l'histoire, M. le Président. Le premier ministre vient
d'expliquer, puis il l'a expliqué plusieurs fois, que le gouvernement
compétitionnait avec le monde pour avoir des équipements.
Moi, je me souviens très bien, j'étais au Conseil du trésor, dans ce temps-là,
on allait chercher l'équipement sur le tarmac des aéroports pour être
sûrs qu'on ne se faisait pas voler. C'est pour vous dire la situation.
Alors,
quand le premier ministre dit : Bien, écoutez, j'avais trois semaines
d'inventaire, j'avais deux semaines d'inventaire,
j'avais une semaine d'inventaire, il y avait des gens au ministère qui
faisaient des appels partout dans le monde, qui se déplaçaient. Il faut
essayer de se remettre dans la situation...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...qu'on a vécue ensemble, qui était impossible.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : M. le Président, tout le monde a beau avoir fait
leur possible, là, je l'entends, mais, ceci étant dit, il est arrivé ce qui est
arrivé. Si on ne reconnaît pas nos erreurs, comment on va faire pour les
changer dans le futur? Alors, il est là, le sens de ma question. C'est que les
gens sur le terrain ont envoyé plein de signaux pour leur dire qu'il n'y en
avait pas, de matériel. Alors, je veux bien
qu'on essayait de prendre de l'avance, on annonçait ce qui s'en venait, mais,
sur le terrain, les S.O.S. étaient lancés.
Est-ce que le premier
ministre peut reconnaître qu'il n'est pas à l'écoute du terrain?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement...
Le Président :
Non, je comprends...
M. Jolin-Barrette : On prête encore des intentions, M. le Président,
entre parlementaires. Honnêtement, la job de bras que l'opposition
essaie de faire, on ne peut pas accepter ça, M. le Président, dans le cadre...
Le Président : Évidemment,
j'ai souvent... M. le leader, c'est une expression... Et je vais vous demander,
effectivement, de faire en sorte qu'on commence cette semaine de bonne façon,
sur des sujets aussi précieux que ceux-là. Et je vais vous demander de
poursuivre, encore une fois, et demander votre collaboration. Je vais vous demander
une certaine tolérance de part et d'autre. Il y a des choses qu'on a déjà
entendues... il y a des choses qui se prêtent difficilement, dans un contexte...
mais vous en jugerez également, à travers vos propos. Je serai le plus attentif
possible. Mais j'ose espérer qu'on puisse conserver des secondes précieuses,
pour une période de questions tout aussi importante. Je ne rappellerai pas le
règlement à toutes les deux minutes ou à toutes les 30 secondes, dans
la mesure où tout le monde s'exprime de bonne façon, en connaissant nos règles,
et vous les connaissez très bien. Je vais aussi faire appel à votre collaboration. Je vais vous demander la réponse, M.
le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, ce que j'allais dire en complément, M. le Président, c'est que tout le
monde reconnaît que ça a été une période
excessivement difficile, que les inventaires étaient difficiles à acquérir parce qu'on compétitionnait sur une base
mondiale. Les inventaires qui étaient disponibles au moment du début de la
crise, c'étaient des inventaires qui n'avaient jamais été planifiés pour
une crise de cette ampleur-là, M. le Président.
Donc,
c'est sûr que, et le premier ministre l'a dit, et souvent, et d'ailleurs
c'est ce qui a été remarqué par la Protectrice
du citoyen, le gouvernement non plus n'avait pas toute l'information pour être capable de gérer ça, parce
que, justement, elle l'a
dit, nos systèmes d'information...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...étaient excessivement déficients.
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M. le
Président, durant l'hécatombe du
printemps 2020, les autorités ministérielles ont reçu plusieurs signaux d'alarme, et ça, dès le mois de mars, des
signaux qu'ils ont tous ignorés pendant des semaines, des signaux qui
émanaient de nos CHSLD, pas de CNN, pas de l'Italie, pas de New York, ils
émanaient de Montréal.
Des courriels envoyés au cabinet
de la ministre des Aînés en mars 2020 par Mme Annick Lavoie le
démontrent. Je cite : «Nous ne sommes plus dans un mode [attente], nous
sommes rendus en mode critique. Je vous prie d'agir maintenant,
de grâce.»
sous-ministre aux Aînés a promis de faire le message. La ministre des Aînés, qui, elle, siégeait sur la
cellule de crise pour faire passer
les messages, a-t-elle dit en entrevue télévisée par la suite, a-t-elle fait
les messages? Ce n'est pas clair si le premier ministre était au courant
ou pas.
Alors,
ma question : Est-ce que la ministre des Aînés a transmis les signaux
d'alarme à la cellule de crise? Et, si oui, qu'est-ce que la cellule de
crise en a fait?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je le répète, au mois de mars on a reçu des signaux qu'il
manquait d'employés de plus en plus
dans les CHSLD. On n'avait pas un bon système d'information, c'est pour ça
qu'on a commencé à faire des visites dans chaque CHSLD pour voir combien
il manquait d'employés puis est-ce qu'il manquait des équipements de
protection.
M. le Président, dès
le 15 mars, on a mis en place le site Je contribue, parce qu'on s'est dit :
On n'a pas assez d'employés. On a essayé de
solliciter les médecins, on a essayé de demander aux infirmières qui étaient à
la retraite de revenir; il nous
restait à demander l'aide de la population. On a commencé des formations. On a
augmenté les salaires. On a mis en place des primes. On a fait, là, dès
qu'on l'a su, tout ce qui était en notre possible pour minimiser les impacts.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau :
M. le Président, le premier ministre parle de système d'information. Nous, ce
qu'on veut savoir, c'est si la
ministre des Aînés a transmis l'information. Elle l'a dit à l'émission Enquête
sur la préparation des CHSLD : «J'étais au bout du fil à 7 heures le
matin, je donnais mon point de vue. Peut-être que ce que je disais était pris
en considération une semaine ou deux après, mais je le disais.»
répète ma question : Est-ce
que la ministre des Aînés a
transmis les signaux d'alarme à la cellule de crise? Et, si oui, qu'est-ce
que la cellule de crise en a fait?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, à chaque matin, on avait une
réunion de la cellule de crise. La ministre aux Aînés était là,
la directrice de cabinet de la ministre aux Aînés était là, la sous-ministre aux Aînés,
Mme Rosebush, était là. M. le Président, il y avait une vingtaine
de personnes, puis on posait toutes les questions puis on fouillait toutes les
solutions possibles.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M. le Président, si tout le monde était assis à la cellule de crise, y compris la ministre
des Aînés, qui avait
reçu des signaux d'alarme de la part
des CHSLD via Mme Rosebush, pourquoi
est-ce que ça a pris un mois avant d'agir, d'aller à
la rescousse des CHSLD, M. le Président?
Est-ce que, l'information, le premier
ministre en était conscient? Est-ce qu'il l'a reçue? Pourquoi n'a-t-il pas agi en temps utile?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, on va revenir, là, à la ligne
d'autorité ou d'imputabilité. Les CHSLD se rapportaient aux CISSS, aux CIUSSS, qui se rapportaient au ministère.
Ce qu'on s'est rendu compte, c'est que le gouvernement libéral...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault : ...avait congédié beaucoup de dirigeants d'établissement, incluant des dirigeants de CHSLD. Donc, il y a eu un problème
dans la chaîne de commandement. Au national, on a toujours eu un inventaire,
mais il y a eu des problèmes. Dans certains CHSLD, on n'a pas levé la main pour
dire qu'il nous manquait d'équipement.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci, M. le Président. On va revenir sur les équipements de protection.
On va revenir aussi sur les courriels auxquels on n'a pas répondu.
12 mars, conférence téléphonique du ministère de la Santé avec les
CHSLD. On leur dit que des équipements de
protection leur seront fournis, mais pas le moindre masque, gant ou jaquette
n'a été livré. 11 avril, drame de Herron, on s'en souvient.
Entre
les deux dates, Annick Lavoie, de l'Association des établissements privés conventionnés, qui,
en passant, ont des gestionnaires, a écrit au moins 10 courriels
pour dire ce qui se passait vraiment sur le terrain.
Le 20 mars, le sous-ministre
adjoint, qui est responsable des équipements, lui avoue que le ministère n'a
pas d'inventaire. Ça, ça veut dire zéro. Et
elle lui répond, Mme Lavoie, c'est là qu'elle répond : «Vous me
trouvez extrêmement surprise par vos
propos qui me semblent contradictoires avec les informations que le premier
ministre [...] et [...] la ministre [de la Santé] transmettent lors des
points de presse quotidiens.»
Mme Lavoie
a parlé d'hécatombe, elle a parlé d'urgence d'agir, et la majorité de ses
courriels sont restés sans réponse. M. le Président, pourquoi avoir
ignoré ces signaux?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, écoutez, M. le
Président, je pense
qu'il y a un fil conducteur ici qui est très important, à
mettre les choses en perspective. Je
l'ai dit et je vais le redire, la coroner qui fait enquête en ce moment a le pouvoir d'entendre toutes les
personnes qui ont quelque chose à dire si de l'information n'était pas
connue. Et je pense qu'on a des exemples ici... et je l'ai dit
dans les dernières semaines, depuis que l'opposition prend cette approche-là,
c'est de dire : Laissons donc faire... la coroner faire son enquête. Elle
a demandé aux gens de venir témoigner. À chaque fois, on prend un témoignage,
M. le Président, hors contexte. On peut prendre toutes les informations, mais
je pense qu'il est important, M. le Président, de laisser la coroner faire son travail.
Et c'est à elle de mettre les différents témoignages en ligne, les mettre...
concrètement ce qu'ils veulent dire.
Mais
il y a une chose. Moi, j'ai confiance dans le premier ministre, qui nous dit :
À ce moment-là, je n'avais pas l'information, pour toutes sortes de
raisons. Et, quand il a eu l'information, le premier ministre, il a agi, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Entre le 12 mars et le 11 avril, je répète, Annick Lavoie a
écrit au moins 10 courriels. Elle a écrit à tout le monde. Elle a écrit au cabinet de la ministre des Aînés, à la
sous-ministre adjointe à plusieurs reprises, au sous-ministre chargé des équipements et aux hauts fonctionnaires
du ministère. Elle a parlé de scénario catastrophe. Des cris d'alerte ont
été nommés, et venant directement du terrain.
Comment
se fait-il que ce gouvernement n'a pas répondu à ces cris d'alerte, n'a même
pas répondu à ces courriels?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, je pense, M. le Président, ce qu'on voit ici, là, c'est
exactement ce que la coroner doit répondre comme questions, si c'est ça,
le témoignage qui est donné par cette personne-là.
Le premier ministre
l'a dit depuis le début, puis je pense que ça a été très, très clair, la
cellule de crise a agi sur l'information
qu'elle avait. Et ça, pour moi, c'est très clair, parce qu'à chaque fois qu'il
y avait une information qui permettait de poser un geste pour protéger
les gens dans les CHSLD, la cellule de crise l'a fait.
Moi, je vous le dis,
j'ai regardé les documents, quand je suis venu, après, pour regarder... Par
exemple, on parle des EPI, ici. Est-ce qu'il en a manqué? La réponse, c'est
non. Est-ce que ça a passé proche? La réponse, c'est oui.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
Puis je pense que c'est ça qu'il faut comprendre de l'analyse que la coroner va
faire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, depuis le début de l'enquête,
là, de la coroner, les Québécois sont témoins de contradictions, d'informations partielles et inexactes, de manque
de transparence, et pas une seule réponse de plus pour les familles.
Ce matin, les courriels révélés par
Radio-Canada sont criants de vérité, une vérité que les Québécois méritent de
savoir. Si on se posait la question avant ce matin, là, on vient de comprendre
aujourd'hui, avec cette information-là, pourquoi ce gouvernement refuse
de déclencher une enquête publique et indépendante.
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, ce qui est intéressant, M. le Président, malgré la gravité de ce qu'on discute aujourd'hui, c'est qu'on est en train de
prouver, justement, que les enquêtes qui doivent arriver sont en
train d'arriver. La coroner, elle pose les bonnes questions, puis elle a
dit : Si vous avez de l'information que je devrais avoir, je vais
convoquer les témoins nécessaires. Alors, si la coroner, qui lit, elle aussi, les
journaux, a pris connaissance de cette information-là, c'est à elle de
faire ce qu'elle a à faire avec ça, M. le Président.
Alors,
encore une fois, pourquoi demander une enquête publique quand
c'est exactement ce qui est en train d'arriver avec l'excellent
travail que Mme Kamel fait? Puis, nous, bien, lorsqu'elle demandera de l'information...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...si elle est en notre possession, on va la lui fournir.
Le Président :
Question principale, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Vivre dans un CHSLD, ce n'est pas rose à tous les jours.
Malgré la générosité,
les sourires, l'humanité des gens qui
y travaillent dans des conditions difficiles, les journées peuvent être longues
pour les résidentes et les résidents. Il ne se passe pas toujours
beaucoup de choses. J'y ai travaillé comme préposé, il y a une quinzaine
d'années, et je sais qu'aujourd'hui, avec toute l'austérité qu'il y a eu, c'est
pire encore.
Les repas, en CHSLD, c'est souvent l'événement le
plus important dans une journée, c'est le moment où il peut enfin se passer
quelque chose d'agréable, un moment qu'on attend, auquel on peut avoir hâte. Et
là, dans certains CHSLD du Québec, les repas, ce qu'on attend, c'est ça : des parmentiers secs, cuits il y a
quelques jours, du café froid réchauffé le matin. J'ai profondément honte.
Est-ce que le
ministre a honte, lui aussi?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président, j'apprécie beaucoup la question du... de Jean-Lesage,
parce que j'ai eu exactement la même
réaction, ce matin, quand j'ai pris connaissance de cet article-là. Il est
inacceptable que nos patients dans
les CHSLD n'aient pas une nourriture de qualité puis un service de qualité. Nos
aînés doivent être traités avec dignité.
Je me suis informé,
ce matin, suite à la parution de l'article, pour me faire expliquer qu'il y a
eu un problème de fournisseur, là, je ne
rentrerai pas dans le détail, mais il y a eu une consolidation de plusieurs
cuisines qui a été faite, et qu'il y
aurait eu, dans ce CISSS là, une réorganisation pour trouver un fournisseur
temporaire, qui expliquerait en partie, c'est ce qu'on m'a dit
rapidement, qui expliquerait en
partie la piètre qualité de la nourriture qui a
été faite.
Alors, j'ai demandé à
un enquêteur d'avoir plus d'information, parce que, je le répète, je suis
d'accord avec le député de Jean-Lesage, la qualité,
de ce que je comprends, de la nourriture qui a été fournie aux patients en
raison de cette situation particulière là n'est pas acceptable, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
J'aimerais ça que les repas servis en
CHSLD soient servis ici, à l'Assemblée
nationale. Je peux vous dire
que ça changerait assez vite, merci. Les députés n'accepteraient pas ça.
Est-ce que
le ministre s'engage à faire en sorte que la situation
soit réglée, que les aînés vulnérables puissent manger dignement, de
façon pérenne, avant Noël?
Le Président :
M. le ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
M. Dubé : M. le
Président, je comprends très bien ce
que le député dit, parce que je pense
qu'on veut tous le meilleur traitement
pour nos aînés. En fait, en mars dernier, la ministre Marguerite Blais avait...
pardon, la ministre avait annoncé un programme supplémentaire de 20 millions de
dollars additionnels pour, justement, augmenter la qualité de la nourriture
et d'avoir du personnel supplémentaire. Bon, on sait que, dans la pandémie, ce
n'est peut-être pas toujours facile de mettre
toutes les mesures en place, mais, à la demande que j'ai faite ce matin à ma
sous-ministre, je veux m'assurer que, le plus rapidement possible, la
situation dans ce CHSLD là et dans les autres, si c'est le cas, doit être
réglée le plus rapidement possible.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : La négligence dans l'alimentation des aînés
vulnérables est un choix politique. Ça fait trois ans que le gouvernement
est en place...
Président : M. le leader du gouvernement... Je pense que, non, il ne faut pas prêter de motifs indignes à
travers une question
qui est aussi importante. Alors, je vais vous demander de... On ne peut
pas laisser entendre la négligence, et je vais vous demander de retirer
ces propos, M. le député de Jean-Lesage. M. le député de Jean-Lesage.
Le Président :
Les propos sont retirés. J'entends le retrait.
M. Zanetti : Le gouvernement se demande s'il va financer le futur stade de
baseball d'une demi-équipe de la Floride. Est-ce qu'il pourrait
commencer d'abord par financer des bons repas pour les aînés des CHSLD de son
propre peuple?
Le Président :
M. le ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
M. Dubé : M. le
Président, là, j'ai déjà
répondu que j'ai pris acte de la situation ce matin. J'ai déjà dit qu'il y a
eu des budgets qui ont été mis pour améliorer la qualité avec des préposés
additionnels. Je pense que ce gouvernement-là
fait tout ce qu'il peut, avec la situation
qu'on a en ce moment, pour améliorer non seulement la condition des aînés en
général, mais au niveau de la nourriture. J'ai été sur le terrain, mais je vais m'assurer, M. le Président, j'en prends l'engagement, de voir
comment le programme qui a été mis en place par celle que je remplace présentement... pour qu'il soit activé pour que les patients dans les CHSLD
aient une nourriture de qualité, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, pendant le mois de mars, lorsqu'il
y avait... on était en plein milieu de la COVID, en 2020, je me souviens très bien
d'avoir parlé à des gens qui nous disaient, sur le terrain, qu'il manquait
d'équipement, et qu'ils étaient en train d'envoyer ces informations au
gouvernement, et qu'il n'y avait pas de réaction de la part du gouvernement,
et ce qu'on entendait dans les points de presse n'était pas ce qui se reflétait
sur le terrain. Je l'ai entendu à plusieurs reprises.
ce qu'on apprend, c'est que, dans le fond, le gouvernement a reçu des messages
du terrain, a reçu des messages qui disaient qu'ils avaient besoin d'équipement,
et qu'ils n'en obtenaient pas, et que ce que le premier ministre disait
en point de presse ne ressemblait pas à ce
qui se passait sur le terrain. C'est ça qu'on apprend dans les courriels qui
ont été envoyés, M. le Président.
Tout
à l'heure, le ministre de la Santé nous a dit : Moi, j'ai regardé les
documents et j'ai vu qu'à un moment donné il nous manquait effectivement, les documents... on est passés proche,
mais c'était correct. Mais ce qui m'intéresse, c'est de savoir c'est
quels documents est-ce que le ministre de la Santé regardait.
Les documents dont il
parle aujourd'hui sur l'équipement qui était disponible à l'époque, est-ce
qu'ils sont disponibles? Et est-ce que le premier ministre s'engage à les
déposer ici, en cette Chambre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je me rappelle, à chaque jour je donnais toutes les
informations sur les masques, sur les gants,
sur les blouses, on en a pour combien de jours. J'ai entendu, comme la cheffe
de l'opposition officielle, des personnes
nous dire : Oui, mais, dans mon CHSLD privé, on n'a pas d'équipement. Et
j'ai demandé à plusieurs, plusieurs reprises
aux dirigeants du ministère de la Santé : Est-ce que vous pouvez en
livrer? Ils m'ont assuré qu'en 24 heures tous ceux qui demandaient des équipements en
recevaient, en 24 heures. Mais, M. le Président, le gouvernement libéral
avait enlevé des dirigeants, et il y
avait un problème, surtout les CISSS et CIUSSS, avec les CHSLD privés. Le
système avait été brisé par le gouvernement libéral.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, le premier ministre ne répond pas à la question. Ma question
est la suivante. Le ministre de la
Santé a dit qu'il avait accès à des documents qui montraient que, finalement,
il n'avait pas vraiment manqué d'équipement. Ce que je veux savoir, c'est
si les parlementaires en cette Chambre peuvent avoir accès à ces documents
maintenant. Est-ce qu'ils peuvent être déposés en cette Chambre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, on a juste à aller sur le rapport qui était fait à chaque
jour. Il n'y avait pas de cachette, on
était 100 % transparents. À chaque jour, je disais : Il nous reste
tant de gants, il nous reste tant de blouses, il nous reste tant de
masques. Il y avait deux sortes de masques. Tout ça, là, a été dit à chaque
jour.
Donc, je comprends la
cheffe de l'opposition officielle qui essaie de fabriquer quelque chose...
Le Président :
...encore une fois. Non, c'est la même chose, la même chose. Je pense que vous
avez tous cette expérience-là. On ne peut
pas non plus prétendre qu'on tente de fabriquer des choses, c'est aussi des
motifs qu'on ne doit pas utiliser. Je
vais vous demander votre collaboration, à ce moment-ci, mais je ne veux pas
entendre ça. Continuons sur... C'est une période de questions, c'est
important.
M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le
Président, il y a 4 000 personnes, dans la première vague de la COVID,
qui sont décédées en CHSLD. Ça
n'existe pas, une question de trop, dans ce dossier-là, M. le Président. Mais
j'en ai une, M. le Président, une question bien simple, bien simple, pour
le gouvernement, et je lui demande de répondre aussi honnêtement qu'ils le peuvent. Et, s'ils ne le peuvent pas, si le
premier ministre ou le ministre de la
Santé ne le peut pas, je demande à
l'ex-ministre de la Santé de répondre.
Lorsque
la Colombie-Britannique et l'Alberta ont procédé à des achats
d'équipement de protection, en décembre 2019 et en janvier 2020, est-ce
que le gouvernement du Québec a refusé de participer avec eux?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Écoutez, M. le Président, pour cette question-là
spécifique, moi, je n'ai pas l'information, je n'étais pas là à ce
moment-là. C'est très clair que je ne peux pas répondre à cette question-là
aujourd'hui.
Le Président :
Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, voici ce que les CHSLD privés ont dit ce matin, ils
ont dit... en fait, ce qui a été rapporté à propos des CHSLD privés ce matin, en
mars 2020 ils disaient au gouvernement : On manque d'équipement de
protection. Le jour même qu'ils
faisaient ces demandes-là, le CIUSSS, le CIUSSS auquel ils se rapportaient,
refusait de leur en donner, et le
premier ministre s'exprimait à la télévision en disant : Il ne manque pas
d'équipement de protection. Ils disaient : Arrêtez les déplacements de résidents, et, pendant ce
temps-là, ça continuait, le gouvernement refusait leurs demandes. Ils disaient :
On vous prie d'agir, de grâce, il va y avoir
des hécatombes, et ça continuait. Ils n'avaient même pas d'accusé de réception
de qui que ce soit au gouvernement. M. le Président.
Est-ce qu'on peut
comprendre, de l'autre côté de la Chambre, pourquoi ça prend aujourd'hui une
commission d'enquête publique et indépendante?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, M. le Président, je vais reprendre
exactement où j'en ai laissé il y a quelques minutes, exactement. Ce qui est important, c'est d'avoir une enquête,
qui en ce moment prend son cours, avec la coroner Kamel, qui fait un excellent
travail. Elle dit : J'ai besoin
d'information, et, lorsque je reçois de l'information, M. le Président... Si
elle est contredite ou si elle a
besoin d'être complétée par un autre témoignage ou par le témoignage de
quelqu'un qui est déjà passé, qu'est-ce qu'elle fait, M. le Président? Elle
demande à cette personne de revenir.
Je l'ai dit
tout à l'heure, la coroner Kamel, si elle entend des informations qu'elle juge
qu'elle devrait interroger ces personnes-là pour savoir à qui ça a été communiqué,
quelle a été la réponse de ces personnes-là, c'est son plein droit. Nous avons dit, et je le répète, ce gouvernement a
avantage à ce qui était connu soit connu. L'information que le premier ministre nous dit, c'est : J'ai agi quand
j'avais l'information. S'il n'avait pas cette information, M. le Président, il ne pouvait pas agir. Et moi, je salue le travail de la
coroner Kamel, qui essaie de faire la lumière sur ce qui s'est passé.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Il y a quelques instants le ministre de la Santé nous a dit :
Moi, je crois le premier ministre quand il
nous dit qu'il n'avait pas l'information. Le problème avec ça, c'est que tout le monde d'autre autour
de la cellule de crise, eux,
semblaient l'avoir, l'information. Sous serment, le directeur national de la santé
publique dit qu'il savait qu'il y avait un risque en janvier. L'ex-ministre
de la Santé a dit sous serment
qu'elle savait en janvier qu'il y avait un risque et qu'elle avait donné
des ordres au ministère de se comporter en conséquence. Le sous-ministre a dit la
même chose.
Est-ce qu'on peut avoir une commission
d'enquête pour savoir pourquoi
ça ne s'est pas rendu au premier
ministre?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Écoutez, M. le Président, moi, je ne suis pas un avocat, mais je sais une
chose, c'est que c'est au travail de
la coroner de faire le travail que le député
de Pontiac essaie de faire en ce moment, parce que faire des amalgames de
témoignages...
Le Président : Non, encore
une fois, c'est un dossier... Non. Non, mais c'est un terme sur lequel on a
beaucoup réfléchi pendant un certain bout de
temps, vous le savez. Je vais vous demander d'être prudents dans les termes que
l'on utilise, encore une fois, en fin de période de questions. Finissons
la période de questions de bonne façon.
M. Dubé : Je vous l'ai dit, je
ne suis pas un avocat. Alors, M. le Président, essayer de mettre des
témoignages ensemble pour arriver à la conclusion qu'on veut, moi, je pense que
ce n'est pas au député, en ce moment, de faire ce travail-là, c'est au coroner, qui, elle, avec l'expérience qu'elle a,
avec les témoins qu'elle peut convoquer ou reconvoquer, si elle croit qu'il y a des témoignages qu'elle
doit mettre ensemble... et de voir que toute la vérité soit faite pour qu'on
puisse savoir exactement qu'est-ce qui s'est passé.
Puis, encore une fois, il y a deux choses. La
première, c'est que la cellule de crise a fait tout ce qu'elle pouvait...
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle...
M. Fortin : M. le Président, ça fait trois semaines que le
gouvernement s'indigne des questions au lieu d'y répondre directement. S'il veut vraiment la transparence,
là, est-ce qu'il peut permettre à l'ex-ministre de la Santé de répondre à nos
questions? C'est elle qui devrait avoir toute l'information.
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien là, je ne voudrais pas qu'on m'accuse, M. le Président, puis je regarde
mon leader en même temps, là... Je
voudrais juste être certain que nous, on fait confiance à 100 % dans le
travail et le professionnalisme du coroner. J'espère que tout le monde
ici croit que le coroner fait un excellent travail.
Alors, on n'est pas ici
pour douter du travail qu'elle fait. Moi, je le répète, M. le Président, puis
je vais le dire correctement, laissons la
coroner faire son travail, et, quand elle aura décidé qu'elle a entendu les
témoins et réentendu les témoins
qu'elle doit le faire, bien, M. le Président, elle aura pu réussir à faire
toute la lumière. Mais nous, de notre côté, on fait confiance qu'elle
fait un excellent travail, M. le Président.
Le Président : Cela met un
terme à la période de questions et de réponses orales.
Nous passons maintenant
à la rubrique des motions sans préavis. Et je reconnais, à ce moment-ci, M. le
chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je demande le
consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Chomedey, le député de Bonaventure et le député
de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse qu'il existe un manque de financement et de personnel dans
de nombreux services publics,
notamment les réseaux de la santé, de l'éducation et de la petite enfance, et
que cela se traduit par un manque de services et des délais d'attente
déraisonnables pour les Québécois et [les] Québécoises;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec de ne financer ni la venue d'une équipe
professionnelle de baseball à Montréal ni la construction d'un nouveau
stade tant et aussi longtemps que l'ensemble des services publics québécois ne seront pas financés adéquatement, que les
besoins de main-d'oeuvre n'y seront pas pleinement comblés et que tous les
Québécois et [toutes les] Québécoises
n'auront pas accès dans un délai raisonnable à l'ensemble des services publics
auxquels ils ont droit.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de Fabre, le député
de Jean-Lesage, le député de Bonaventure, le député de Chomedey
et le député de Rimouski, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que les aînés, qui sont les bâtisseurs du Québec, ont droit à
un traitement digne;
«Qu'elle dénonce la piètre qualité de la
nourriture servie aux personnes âgées dans certains CHSLD;
«Qu'elle
demande une reddition de comptes sur l'amélioration quant à la qualité des
repas et investissements du gouvernement;
«Qu'elle demande au gouvernement et aux
institutions des actions pour remédier à la situation et améliorer la qualité
de la nourriture dans [nos] CHSLD.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président : Consentement,
sans débat. Et je vous demande vos votes respectifs sur cette motion, suivi des
députés indépendants. M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : Mme la leader
du deuxième groupe d'opposition?
Président : M. le député de Chomedey?
Le Président :
M. le député de Bonaventure?
Le Président :
Mme la députée d'Iberville?
Président : En
conséquence, cette motion est adoptée. M. le ministre du Travail, de l'Emploi
et de la Solidarité sociale.
Le Président :
Monsieur... Je m'excuse. M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Bien vouloir transmettre une copie de cette
motion au Conseil pour la protection des
malades, à l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées
et préretraitées, au réseau de la FADOQ ainsi qu'au Regroupement
provincial des comités des usagers.
Le Président :
Et ce sera fait, M. le leader. M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
la députée de Westmount—Saint-Louis,
la députée de Taschereau, le leader du troisième groupe d'opposition, le député
de Chomedey, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale des bénévoles, qui a
eu lieu le 5 décembre 2021, afin de reconnaître l'apport et le
travail exceptionnel de l'ensemble des personnes bénévoles;
«Qu'elle
valorise le dévouement des bénévoles qui se mobilisent tous les jours pour
améliorer la qualité de vie de leurs concitoyennes et concitoyens;
«Qu'elle
poursuive son engagement à soutenir les personnes bénévoles dans leur action,
car cette forme de participation citoyenne renforce le tissu social
québécois;
«Qu'elle
encourage toutes les Québécoises et tous les Québécois à s'engager dans
l'action bénévole pour apporter, à leur tour, leurs compétences et leur
bienveillance à la population du Québec.» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vous demande vos votes
respectifs, suivi des députés indépendants. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Président : M. le député de Bonaventure?
Le Président :
Mme la députée d'Iberville?
Le Président :
En conséquence, cette motion est adoptée. Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Anglade : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Rosemont, le chef du troisième groupe d'opposition,
le député de Chomedey, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Attendu
qu'il y a eu près de 11 600 victimes de la COVID-19 au Québec, dont
près de la moitié sont décédées dans les CHSLD;
«Attendu
que des témoignages sont rapportés par les médias quotidiennement de personnes
sur le terrain, de familles, de syndicats et d'associations démontrant
le manque de planification et de transparence du gouvernement;
«Attendu que le
gouvernement a des versions contradictoires quant à ses actions en lien avec la
gestion de la COVID-19 dans les CHSLD;
«Attendu
que les équipements de protection individuels n'ont pas été rendus disponibles
en temps opportun pour protéger les patients, particulièrement les
personnes aînées, et les travailleuses et les travailleurs de la santé;
«Attendu que le
gouvernement n'a toujours pas déployé les tests rapides et réglé la question de
la ventilation dans les écoles;
«Attendu
que de nombreuses questions ont été soulevées quant à l'octroi de contrats sans
appel d'offres ainsi que par l'utilisation d'un pouvoir discrétionnaire
pour soutenir certaines entreprises à travers la pandémie;
«Attendu que le
gouvernement gère sous l'état d'urgence, lequel a été renouvelé 89 fois
depuis mars 2020;
«Qu'elle
ordonne au gouvernement de déclencher immédiatement une enquête publique
indépendante sur la gestion de la pandémie de la COVID-19, depuis le
début de celle-ci.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette question?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement.
Nous
sommes maintenant aux avis touchant les travaux des commissions. M. le leader
du gouvernement, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que
la Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 96,
Loi sur la langue officielle et commune du
Québec, le français,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi
visant à faciliter le déroulement des
prochaines élections générales provinciales dans le contexte de la pandémie de
la COVID-19 et modifiant la Loi
électorale, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et
de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet
de loi n° 102, Loi visant principalement à renforcer l'application des lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une gestion responsable des pesticides et à mettre en oeuvre
certaines mesures du Plan pour une économie verte 2030 concernant les
véhicules zéro émission, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures, à la salle
Marie-Claire-Kirkland, et de
19 h 30 à 21 h 30, aux salles Louis-Joseph-Papineau et
Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci.
Président : Merci.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des finances publiques se réunira en
auditions publiques aujourd'hui, à 19 h 30, pour une durée de 90 minutes, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin d'entendre le ministre des Finances dans le
cadre de l'étude de la politique budgétaire du gouvernement et de l'évolution des finances publiques.
Nous en sommes à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période des
affaires courantes étant maintenant terminée, nous passons aux affaires du
jour.
Et je suspends les
travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 1)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux, et je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Schneeberger : Bon
après-midi, Mme la Présidente. Alors, je vous demanderais d'appeler
l'article 19 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, à l'article 19 du feuilleton, M. le ministre des Finances propose l'adoption du projet de loi n° 3, Loi modifiant diverses dispositions
législatives principalement dans le secteur financier.
Et, M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Girard
(Groulx) : Merci, Mme la
Présidente. Et, comme vous le savez, le cabinet du ministre des Finances et le ministère
des Finances écrivent les meilleurs
discours, et je me fais toujours un honneur de ne pas vous les lire pour garder le...
M. Girard (Groulx) : Non, non, mais
attendez, ce n'est pas fini. Mais là il est tellement bon — parce
qu'après trois ans ce jeune a compris qu'il fallait aller à la
synthèse — alors
je vous le lis intégralement, Mme la Présidente.
Je vous
présente pour adoption le projet de loi n° 3, Loi modifiant diverses dispositions législatives
principalement dans le secteur financier.
Comme je l'ai
souligné précédemment, le ministre des Finances est responsable de
l'encadrement du secteur financier, notamment
en tant que responsable de l'application des principales lois visant le
secteur, soit la
Loi sur les agents d'évaluation de crédit, la
Loi sur les assureurs, la
Loi sur les coopératives de
services financiers, la
Loi sur le courtage immobilier, la
Loi sur la distribution de produits et services
financiers, la
Loi sur l'encadrement du secteur financier, la
Loi sur les
institutions de dépôts et la
protection de dépôts, la
Loi sur les sociétés de fiducie et les sociétés
d'épargne, la
Loi sur les valeurs mobilières. Ce projet de loi vise à
apporter divers ajustements à certaines de ces lois.
Il est important
de s'assurer que l'encadrement du secteur financier demeure aussi efficace que
possible. Je ne ferai pas ici la liste des mesures que le projet de loi contient, mais je rappellerai simplement que son adoption est attendue par un vaste éventail de parties prenantes, je pense notamment
aux citoyens ayant des dettes d'études, aux grands groupes
financiers, tel le Mouvement Desjardins, mais également aux petites
et moyennes entreprises que sont les cabinets en assurance de dommages. Ce sont en effet toutes ces personnes
qui y trouvent des mesures avantageuses et qui espèrent donc que nous
allons ensemble, aujourd'hui, prendre la décision d'adopter ce projet de loi.
J'ajouterais
que cette adoption est également importante pour la province. En effet,
l'ajout, par amendement, d'une mesure permettant de procéder au changement
d'application de la norme comptable sur les paiements de transfert
permettra à l'avenir de présenter des états
financiers qui se comparent adéquatement avec ceux des autres provinces et qui
ne feront plus l'objet d'une note aux états financiers, qu'il était
important de retirer.
Je remercie
spécifiquement mes collègues de la Commission des finances publiques d'avoir
consenti à cet ajout. Je les remercie également, de la façon plus générale,
pour leur collaboration exceptionnelle lors de l'étude détaillée. Cette
collaboration a permis que les travaux qui nous ont amenés jusqu'ici se fassent
avec une grande efficacité.
Je demande
donc sans plus tarder à tous mes collègues de nous appuyer afin que le projet
de loi soit adopté et entre en vigueur le plus rapidement possible.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre
des Finances. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de
Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, contrairement à M. le ministre, moi,
j'écris mes propres discours, ce qui n'est pas toujours une bonne chose, parce
que ça peut aller dans l'autre direction. Mais, en ce qui concerne le
projet de loi n° 3, Mme la Présidente, Loi modifiant
diverses dispositions législatives, principalement dans le secteur financier,
je vous dis, et on l'a déjà dit, que nous sommes en faveur de ce projet de loi,
nous allons voter pour.
Ce projet de
loi fait suite à la loi n° 141 de 2018, qui avait, elle, déjà changé
considérablement l'encadrement du système
financier. Ici, on apporte un certain nombre de modifications, d'ajustements,
de corrections, et nous n'avons pas de
problème. Donc, aucun problème avec ce qui se trouve dans le projet de loi. Il
y a plusieurs choses qui ne sont pas dans le projet de loi que nous avions pensé que le gouvernement pourrait y
aller. Mais, bon, il y en a d'autres, projets de loi, qui viendront. On reviendra à la charge sur ces
enjeux-là. Mais, pour ce qui est ici,
devant nous, le projet de loi
n° 3, on est en accord
avec ce projet de loi, on va voter pour.
Le ministre a fait allusion à toute une série de lois qui
sont changées, qui sont très importantes. Je mentionnerais seulement qu'on a
revu, dans ce projet de loi, la gouvernance de l'Autorité
des marchés financiers, l'AMF, en lui
donnant maintenant un véritable conseil d'administration et en
la traitant comme une société d'État comme les autres. Nous avons au Québec quand même
un modèle unique, un régulateur intégré des marchés financiers, l'AMF, et d'y
aller maintenant, à l'étape suivante,
de lui donner le même statut qu'une société d'État, je pense que c'était
très bienvenu, et ça a été fait, et donc c'est très bien. Voilà.
J'aimerais
juste, en terminant, remercier aussi tous les parlementaires, les membres de la
Commission des finances publiques,
notre intrépide président de la commission, qui nous a bien guidés dans nos
travaux, les collègues et, bien sûr, le personnel du ministère, du ministre, qui ont répondu... on avait
plusieurs questions, des fois des questions de nature très techniques, mais on
a eu toujours les réponses qu'on souhaitait avoir, donc tout s'est bien passé;
notre propre personnel, évidemment,
dans mon cas, Marc-Antoine Rioux, notre recherchiste, qui nous a beaucoup,
beaucoup aidés, nous a accompagnés dans ce processus. Donc, merci. Merci
beaucoup, Marc-Antoine.
Et voilà, Mme la
Présidente, c'est tout. Et nous allons voter pour ce projet de loi. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Robert-Baldwin. Alors, y a-t-il d'autres interventions? Alors,
il n'y en a pas.
en application de l'ordre spécial, j'invite maintenant les parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption du projet de loi n° 3, Loi modifiant diverses dispositions
législatives principalement dans le secteur financier.
je constate que l'un des groupes parlementaires n'est pas représenté pour la
mise aux voix, alors je vais suspendre nos travaux pour un maximum de
10 minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 17)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux.
en application de l'ordre spécial, j'invite maintenant
les parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption du projet de loi n° 3,
Loi modifiant diverses
dispositions législatives principalement dans le secteur
financier. Et je débute avec M. le leader adjoint du gouvernement.
Schneeberger :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le député de Robert-Baldwin?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée de Mercier?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Maintenant,
est-ce que, M. le leader adjoint, vous avez une indication pour le vote
des députés indépendants?
Schneeberger :
Aucune.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Très bien. Alors, je vous remercie. Et, en
conséquence, le projet de loi n° 3, Loi
modifiant diverses dispositions législatives principalement dans le secteur
financier, est adopté.
Maintenant, pour la
suite de nos travaux, M. le leader adjoint du gouvernement.
Schneeberger :
Oui. Pour la suite, je vous demanderais d'appeler l'article 20 du feuilleton,
s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. À l'article 20 du feuilleton, Mme la ministre déléguée à l'Économie propose l'adoption
du projet de loi n° 103, Loi
modifiant diverses dispositions législatives principalement aux fins
d'allègement du fardeau administratif. Et, sans plus tarder, Mme la ministre,
je vous cède la parole.
Mme Lecours
(Les Plaines) : Merci, Mme la Présidente. Alors, vous ne serez pas surprise de m'entendre
dire que je suis très heureuse et particulièrement fière de m'adresser à
mes collègues et à vous, bien entendu, Mme la Présidente, aujourd'hui, pour l'adoption finale du projet de loi n° 103, un projet de loi qui va alléger le fardeau administratif
de dizaines de milliers d'entreprises
québécoises, mais aussi des administrations municipales, qui sont des acteurs
de développement économique de premier
plan. Pour tous celles et ceux qui sont concernés par le projet de loi, ça
signifie des gains importants en temps, en argent et en efficacité.
Mais, avant
d'aller plus en détail sur les changements contenus dans le projet de loi, je
vais me permettre de faire un petit
pas de recul pour rappeler pourquoi on est ici aujourd'hui pour parler
d'allègements réglementaires et administratifs. Vous le savez, dès notre arrivée en poste, on a fait de la réduction de
la paperasse pour les entreprises québécoises une priorité, pas
seulement en paroles, Mme la Présidente, mais aussi en gestes. Rappelons-nous
quelques actions concrètes. On a commencé
par la transformation d'Investissement Québec en guichet unique, la mise sur
pied du bureau de coordination des
droits miniers, l'adoption de la Loi concernant le transport rémunéré des
personnes par automobile, le dépôt du projet de règlement pour l'encadrement
d'activités en fonction de leur impact environnemental, le projet de loi
n° 72, aussi, pour l'alcool et
les restaurants, la révision de la
loi sur les services alimentaires et la
toute récente modernisation de la
Loi sur l'hébergement touristique. Mme
la Présidente, ce sont quelques-uns des exemples, et j'en passe.
Comme je
tente de l'illustrer, la réduction de la paperasse, c'est l'affaire de tous les
ministres de notre gouvernement, et
on prend ça très au sérieux. On a fait de la réduction de la paperasse une
priorité en raison de laquelle j'insiste... et c'est pour ça que j'insiste sur les actions qu'on a
posées, parce qu'il y a un certain cynisme, je vais le dire, il y a un certain
cynisme quand les gouvernements
parlent de réduction du fardeau administratif. Malheureusement, ça ne surprend
pas, Mme la Présidente. De 2004 à
2018, sous les anciens gouvernements, le nombre de formalités administratives
n'a fait qu'augmenter de façons
successives, si bien qu'il y avait, en 2018, 94 formalités de plus qu'en
2004. Ce n'est pas tellement plus reluisant, Mme la Présidente, au
niveau du volume des formalités. Alors, lorsque j'ai entendu mon collègue le
député de Nelligan dire que le projet de loi
n° 103 s'inscrivait dans la continuité des gestes posés par sa formation
politique, j'ai levé ma tête et je me
suis demandé : Est-ce que j'ai bien entendu? Moi, je vais rectifier des
faits, Mme la Présidente. Non, ce n'est pas dans la continuité. Au contraire,
ce qu'on veut, c'est rompre avec la fâcheuse habitude qu'avaient nos
prédécesseurs de réduire l'allègement administratif et réglementaire à
de belles paroles.
L'an dernier,
le ministre de l'Économie et de l'Innovation et le député de Saint-Jérôme ont
dévoilé notre plan d'action en matière d'allègement réglementaire et
administratif, un plan ambitieux de 44 mesures qui vise à réduire le
fardeau administratif imposé aux entreprises
et à stimuler l'investissement et l'innovation, ainsi que l'amélioration de la
productivité, un plan qui va nous
permettre, à terme, de diminuer de 10 % le nombre des formalités
administratives, de 15 % le volume des formalités et de 20 % le coût des formalités. Ça signifie une
diminution de 5,4 millions de documents produits et des économies
annuelles de 200 millions de dollars pour les entreprises. Ça, Mme la
Présidente, c'est majeur.
Et le projet
de loi n° 103 qu'on s'apprête à adopter s'inscrit en parfaite
complémentarité et en parfaite cohérence avec les objectifs poursuivis
par le plan d'action. Ce premier omnibus exclusivement, je le répète,
exclusivement dédié à l'allègement réglementaire et administratif va faire
réaliser des économies aux entreprises de 12,5 millions de dollars dès la
première année et près de 8 millions les années subséquentes. On parle
d'un impact positif sur 34 000 entreprises québécoises de différentes tailles et actives dans plusieurs secteurs de
l'économie. Les entreprises vont également bénéficier d'une plus grande flexibilité et l'élimination
d'irritants, de même que d'un allègement du fardeau administratif. Pour celles
et ceux qui veulent du concret et des retombées directes pour les entreprises,
on a frappé dans le mille.
Et la bonne nouvelle, c'est que ce n'est que la
première étape. On a pris l'engagement, en effet, de déposer un omnibus en allègement réglementaire chaque année.
On se doit, en tant que gouvernement, d'améliorer constamment nos façons de faire. On doit, en tant que
gouvernement, se donner les moyens de s'adapter continuellement aux besoins des
entrepreneurs du Québec. C'est ça, être pragmatique, Mme la Présidente.
La relance
postpandémique et la rareté de la main-d'oeuvre sont des défis importants pour
les entreprises du Québec. L'allègement
du fardeau administratif va leur permettre d'utiliser leurs ressources à d'autres enjeux, à d'autres
activités. Ça va créer un environnement propice et une relance
économique rapide. On y assiste déjà, Mme la Présidente.
Ce qui me
ramène à vous parler du projet de loi
n° 103. Avec cette pièce
législative, on procédera à la mise en place de 25 mesures d'allègement et de modernisation. On parle
d'amendements à des lois existantes, qui répondent à des demandes des entreprises ou des municipalités afin
d'alléger leur fardeau. Les mesures proposées touchent à plusieurs secteurs :
le manufacturier, les coopératives
non financières, le secteur minier, le domaine de la protection de
l'environnement, le milieu municipal et le secteur agricole.
Dans le secteur manufacturier, le projet abroge
la
loi sur le rembourrage. Surtout et enfin, on élimine le double emploi avec la législation fédérale, tout en
conservant... et ça, c'est important,
tout en conservant la protection du consommateur,
car, je tiens à le rappeler, le Québec, avant l'abrogation de la loi, était la
seule province du Canada à maintenir une réglementation provinciale en
matière d'articles rembourrés. Moi, je vais vous dire : Enfin! Ça va
permettre à nos entreprises de se battre
enfin à armes égales avec leurs compétiteurs, avec d'autres... dans les autres
provinces, notamment grâce à l'utilisation de matériaux recyclés moins
coûteux.
Cette
abrogation, qui était demandée, par ailleurs, depuis longtemps, notamment par
vêtement Québec et RECYC-QUÉBEC, apportera aux entreprises une plus
grande flexibilité dans le choix des matériaux de rembourrage. Elle retire l'obligation d'utiliser des matériaux neufs dans
la fabrication de produits de consommation rembourrés, comme les meubles, les
vêtements et les jouets. Elle offre aussi la possibilité aux entreprises de
faire le choix d'utiliser des matériaux de rembourrage recyclés. On répond ainsi à une demande de l'industrie du
commerce au détail, de la mode et du vêtement. À elle
seule, cette mesure... et ça, c'est bien important, cette mesure va permettre
des économies annuelles de 2,7 millions de dollars aux entreprises
manufacturières de ce secteur.
Dans le
secteur des coopératives, maintenant, la principale... la modification
réglementaire apportée permettra aux coopératives
non financières de tenir une assemblée générale annuelle par des moyens
électroniques. Les 20 derniers mois ont mis en relief, en effet,
l'importance d'utiliser la technologie. Les Teams, les Zoom, je pense qu'on
connaît tous ça aujourd'hui. Eh bien,
le cadre administratif actuel n'était pas adapté aux besoins exprimés depuis la
pandémie. Cette solution vise une
plus grande agilité, une réduction des coûts d'organisation d'assemblées et une
diminution des déplacements des membres qui y participent. Disons que
c'est juste du gros bon sens, Mme la Présidente.
D'ailleurs, en parlant de gros bon sens, les
syndicats de copropriété ont aussi exprimé le souhait, après le dépôt du projet de loi, de pouvoir, elles aussi, tenir
leurs assemblées en format virtuel. Eh bien, on les a entendues et on a agi
rapidement pour donner suite à leur demande à même ce projet de loi.
Pour revenir
aux coopératives, on a aussi introduit une disposition qui permet à une
coopérative de fusionner avec une
société par actions ou une personne morale afin de conserver son numéro d'entreprise au Québec. Encore
une fois, on vient de réduire
les coûts liés aux formalités administratives pour les coopératives
fusionnantes.
Dans les
secteurs de l'énergie et des ressources
naturelles, le prolongement de la
première période de validité du claim
à trois ans donnera à l'industrie minière davantage de temps pour financer et réaliser ses travaux
d'exploration. On vient aussi permettre l'agrandissement du bail minier afin de
simplifier les démarches des exploitants qui désirent agrandir leur site d'exploitation. On agit également
sur la déclaration des travaux d'exploration minière en les ramenant
tous à la même date d'anniversaire
pour simplifier, tout simplement, les procédures administratives. On abolit aussi
le jalonnement comme moyen d'obtenir un
titre minier. Le jalonnement, Mme
la Présidente, c'est des petits drapeaux qu'on installait. Quand je vous parle de gros bon sens et de cohérence, le dernier jalonnement, donc la pose de petits
drapeaux de claims, a été réalisé le 8 juin 2014, mais la loi
n'était pas ajustée. Sept ans plus tard, je pense qu'il était temps.
Comme on le
sait, le projet de loi touche aussi le milieu municipal
en permettant notamment plus de temps pour publier la liste des contrats, moins de rapports à transmettre au vérificateur externe et la possibilité de passer
des contrats à commande en approvisionnement. L'octroi de contrats à commande
favorisera des gains en termes de temps et de ressources
pour les municipalités et pour les entreprises. Pourquoi j'ajoute évidemment
les entreprises? Parce que, si elles sont
sélectionnées, elles n'auront pas à soumettre de nouveau des documents relativement
à l'appel d'offres au contrat. Les nouvelles mesures améliorent aussi la
prévisibilité dans les appels d'offres et donneront un accès accru aux contrats
d'approvisionnement pour les entreprises.
Nous avons aussi la disposition qui touche la
conservation du patrimoine culturel. La solution proposée pour le projet de loi favorisera une gestion plus
efficace des avis transmis à la ministre de la Culture et des Communications.
Elle viendra aussi accélérer, dans certains cas, les démarches pour les
demandeurs. Présentement, une municipalité, si vous ne le savez pas, Mme la Présidente, ne peut pas permettre la démolition
d'un immeuble bâti avant 1940 sans avoir donné un avis de 90 jours à la ministre de la
Culture et des Communications. Or, certaines situations justifient justement
que ce délai soit revu, notamment pour des démolitions rendues
nécessaires pour des raisons de sécurité de chantier, pour des démolitions rendues nécessaires à la suite d'un
sinistre ou encore dans un cas où l'analyse patrimoniale est complétée et que
la démolition ne représente pas une perte
sur le plan patrimonial. Pour remédier à la situation, le projet de loi
comporte une disposition à l'effet
d'habiliter la ministre de la Culture et des Communications à réduire,
lorsqu'elle le juge justifié, ce délai
de 90 jours. On poursuit notre volonté d'assurer une meilleure conservation du
patrimoine au bénéfice de l'ensemble de la société québécoise.
Dans le
domaine de la protection de l'environnement, on va allonger les délais pour la
production d'une étude de caractérisation et simplifier le renouvellement de
l'accréditation des laboratoires. Les
solutions prévues vont permettre aux laboratoires d'économiser du temps
et de libérer des ressources à des fins plus productives.
Et maintenant le secteur agricole, qui est sans
doute celui qui a le plus soulevé les passions en commission parlementaire, particulièrement la mesure sur le morcellement agricole. Plusieurs
choses ont été dites, écrites et rapportées dans le cadre de différents mémoires,
dans les médias et lors de nos échanges aussi en commission. Je tiens à
rappeler à cette Chambre les objectifs
derrière cette disposition : le premier, s'adapter aux nouveaux modèles
d'affaires qui favorisent les petites
productions, le deuxième, créer un
environnement d'affaires propice au développement des entreprises agricoles,
l'autre, soutenir la relève agricole et
stimuler le développement agricole de projets à échelle humaine; et, enfin,
concilier le développement économique
et la protection du territoire agricole. Bref, dynamiser pour mieux protéger
nos terres agricoles.
On a
notamment entendu l'UPA, Jean-Martin Fortier, la Commission de la protection du
territoire agricole et d'autres acteurs
concernés par ce secteur. Leurs observations nous ont alimentés pour la
rédaction de libellés plus explicites sur les fins... à des fins de
morcellement. Mon collègue le ministre de l'Agriculture et le président de la
Commission de la protection du territoire
agricole ont également pu rassurer les groupes d'opposition et de nombreux
autres acteurs également. On a
démontré qu'on peut respecter les objectifs généraux d'une réglementation tout
en étant collés aux nouvelles réalités du marché.
On a
évidemment beaucoup parlé du morcellement des terres agricoles, mais on a aussi
introduit d'autres dispositions qui
s'inscrivent parfaitement dans notre volonté d'alléger les formalités, tout en
conservant les acquis du passé. Entre autres, on va permettre certains usages accessoires, comme une réception sur une
entreprise agricole, à l'occasion de mariages ou d'autres activités comme ça, également de la transformation à la ferme,
pour que nos producteurs puissent générer davantage de revenus
autonomes.
Ça va
permettre également des gains administratifs pour les villes et les
municipalités, sans nuire à la protection du territoire de nos terres agricoles. Ça va également renforcer la prise
en compte des particularités régionales pour les critères décisionnels de la CPTAQ.
Et, enfin, ça va permettre le traitement
global des demandes d'exclusion à l'échelle de la MRC ou de la communauté
métropolitaine de Québec et l'identification de plus d'une option de
localisation pour ces demandes.
Mme la
Présidente, le projet de loi n° 103 propose des avancées qui faciliteront
la vie des gens d'affaires ici, au Québec, dès maintenant et pour les années à
venir. Les consultations ont confirmé qu'avec ce projet de loi on répond aux
demandes des entreprises et des
municipalités. Les gens nous connaissent pragmatiques. On a su s'ajuster tout
au long du processus pour répondre aux inquiétudes qui pouvaient parfois
être manifestées par des groupes d'intérêt entendus en commission parlementaire, et
la très grande majorité des intervenants entendus sont en faveur du projet de loi et, surtout, de la formule proposée.
Comme je vous
le disais d'entrée de jeu, il s'agit d'un projet de loi omnibus. Chaque
année, nous proposerons des allègements
pour pouvoir mieux adapter les besoins des gens d'affaires et des municipalités.
C'est notre façon de procéder, et je crois sincèrement qu'elle sera excessivement
efficace. On veut encourager des entreprises à investir, à innover et à
accroître leur productivité. On veut qu'elles passent moins de temps à remplir
de la paperasse et plus de temps à développer
leurs projets d'investissement et à mettre en marché des produits et des
services novateurs. Ce projet de loi va nous
aider à bâtir un environnement d'affaires plus compétitif, tout en créant plus
de richesse pour toutes les régions du Québec.
Mme la Présidente, j'ai un petit aparté à faire pour exprimer ma déception, ma déception
à l'endroit de mon collègue de l'opposition
officielle, le député de
Nelligan, qui est également porte-parole en matière
d'économie et qui s'apprête à voter contre
ce projet de loi. Oui, je suis déçue. Je suis déçue, et je ne suis
pas la seule. Plusieurs groupes et entreprises pour qui ce projet de loi représente des
avancées majeures le sont eux aussi.
Mme la Présidente, tous les collègues ici, en Chambre, me connaissent et savent que je
suis une personne qui accorde une
grande importance à la collaboration, au travail d'équipe puis qui
accueille tous les points de vue. J'écoute, j'analyse et je rends à César ce qui appartient à César. C'est
vraiment cette approche que j'ai souhaité qu'on fasse avec ce projet de loi.
On était bien
partis, Mme la Présidente. Lors des remarques préliminaires, le député de
Nelligan a dit, et je le cite ici : «Je salue votre courage d'attaquer la
paperasse. Je pense que ça va être bénéfique pour l'ensemble des entrepreneurs. Je salue l'initiative.»
Puis, au long des travaux, il a soutenu, puis je le cite à nouveau, apprécier
la collaboration, que le projet de
loi est un bon premier pas, que c'est
le début d'une nouvelle façon de faire. Moi, je n'invente rien, Mme la
Présidente, je cite ce que j'ai
entendu. Puis aujourd'hui, l'opposition officielle s'apprête à voter contre le projet de loi. Vraiment, j'ai de la
difficulté, Mme la Présidente, à suivre la logique dans tout ça, surtout que le
message qu'elles envoient aux milieux d'affaires,
c'est que la paperasse, ça ne les occupe pas. Est-ce que c'est ça, la nouvelle
façon de faire dont parlait le député de
Nelligan? Parce qu'on va se le dire, en votant contre ce projet de loi, l'opposition est davantage dans le statu quo que dans les
nouvelles façons de faire. Moi, je suis plus ou moins surprise, mais j'ai
encore espoir que peut-être qu'ils vont changer d'idée.
Ça va de soi
qu'on ne s'entend pas sur certains éléments du projet. C'est normal, c'est le
fondement même de la démocratie.
C'est pour ça qu'on est dans un processus législatif rigoureux. Et c'est sain,
ça alimente des échanges, des réflexions. Mais de là à voter contre un projet
de loi qui va simplifier la vie de
34 000 entreprises, tout simplement parce qu'on n'est pas à l'aise avec certains articles du projet de loi, alors que des amendements ont été apportés et qu'on les a même
travaillés ensemble, Mme la
Présidente, moi, ça me dépasse. Bon, en même temps, je suis plus ou moins
surprise, comme je vous le disais. Je
l'ai mentionné plus tôt que, sous un gouvernement libéral, le bilan en matière de paperasse n'a
fait qu'augmenter. Eh bien, aujourd'hui, Mme la Présidente, ça, ça a au
moins le mérite d'être clair. Pour l'opposition officielle, c'est plus important de faire de la petite politique que de
poser des gestes concrets en allègements administratifs et réglementaires.
Fin d'aparté, Mme la Présidente. J'avais besoin de le dire.
Je reviens au
projet de loi n° 103. Et je dois
dire que je suis habitée par un grand sentiment de fierté. Je suis fière,
car aucun gouvernement n'est allé aussi loin que nous en matière d'allègements
réglementaires et je suis à même de constater
tous les effets positifs et la différence que ça va faire auprès de nos
entreprises, auprès de nos entrepreneurs. Et, comme ministre déléguée à l'Économie, ça me rend particulièrement
heureuse. C'est avec des initiatives comme celle-ci que l'on contribuera
à créer un Québec plus prospère, un Québec plus riche. Et, comme on l'a
démontré, on ne renonce nullement à nos obligations en matière sociale ni en
matière environnementale, au contraire. On n'abaisse pas les seuils réglementaires, on diminue le fardeau
administratif et on modernise les processus. Et, avec tout l'engouement que
j'ai pu observer à travers les
différents mémoires et les intentions des groupes, j'ai hâte de m'atteler à la
tâche pour produire le prochain omnibus. Mais d'abord je vous invite à
voter pour, à voter en faveur, le projet de loi n° 103. Merci beaucoup,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Je vous remercie,
Mme la ministre. Et je vous rappelle que l'expression «petite politique» fait
partie des termes non
parlementaires et je vous invite à ne plus les utiliser lors de vos
interventions. Je suis certaine que vous comprenez que c'est la règle dans le
cadre de nos débats.
Maintenant, je suis prête à reconnaître la
prochaine intervenante, et ce sera Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Merci, Mme la
Présidente. Je vais m'efforcer de ne pas répéter le terme.
la Présidente, on est dans le dernier droit, hein, de cette longue saga du
projet de loi n° 103, le projet de loi modifiant diverses
dispositions législatives principalement aux fins d'allègement du fardeau
administratif. On parle de réduction de
paperasse. Je sais qu'on va... on déçoit la ministre déléguée à l'Économie,
mais notre caucus va voter contre l'adoption
de ce projet de loi. Et ce n'est pas par manque de mérite de la ministre, c'est
une question de principe. C'est aussi... et ça vient chercher... Écoutez, Mme la
Présidente, c'est un projet de loi omnibus qui traite de plein, plein, plein de
sujets, qui traite
d'hydroélectricité, de transport en commun, des mines, de rembourrage, qui
traite de plein de choses. Et, dans ce projet de loi omnibus, qui est
porté par la ministre déléguée à l'Économie, on a un bloc agriculture qui vient
modifier une loi sacrée pour le monde
agricole québécois, la
Loi sur la protection du territoire et des activités
agricoles, et ce n'est pas rien, là.
Par la porte d'en arrière, on vient modifier une loi sacrée pour le monde
agricole et on fait des modifications qui ne sont pas anodines, Mme la Présidente, qui ne sont pas chirurgicales,
comme aime le dire le ministre de l'Agriculture, mais qui ont des répercussions sur toute cette loi-là,
une loi qui est historique, qui a été adoptée en 1978 pour protéger nos terres
agricoles. Et on le fait, dans ce projet de
loi omnibus, par la porte d'en arrière, à travers une commission, un véhicule
qui est la Commission de l'économie. Bien, écoutez, Mme la Présidente,
ça ne marche pas.
Puis
on l'a vu, là, au cours des consultations, quelques groupes sont venus se
prononcer. On pense à l'UPA, on pense aussi au mémoire de l'Institut
Jean-Garon, des gens, des groupes qui ont dit : Ça n'a pas sa place de
faire ces modifications-là dans un contexte comme celui-là. Ça n'a pas sa place
et c'est une insulte au monde agricole québécois. C'est comme ça qu'ils l'ont pris, Mme la Présidente. Et, en plus, tout
ça s'est fait, en bout de ligne, là... la fin de l'étude détaillée s'est faite en plein congrès de l'UPA. Et les
groupes l'ont dit. Il y a eu les consultations, mais même après, là, il y a eu
tout un tollé. Et je pense qu'il faut
écouter les groupes, et c'est pour ça qu'en bout de ligne notre caucus va voter
contre ce projet de loi là, parce que ça n'a juste pas de bon sens.
Et je veux vous rappeler, Mme la Présidente, que, si ça n'avait pas été de mon collègue député de
Nelligan, durant l'étude
détaillée du bloc agriculture, ça aurait été la ministre déléguée à l'Économie qui serait assise là et qui aurait fait
l'étude détaillée, qui aurait analysé les
modifications proposées, ce qui n'a pas de bon sens, puisqu'encore une fois
c'est des modifications d'une loi fondamentale en agriculture qui ont des
répercussions, qui vont avoir des conséquences peut-être irréversibles. On aurait voulu un vrai débat sur
l'agriculture au Québec pour la pérennité de notre garde-manger collectif
et pour notre relève agricole qui n'a pas les moyens d'acheter des terres.
veux, Mme la Présidente, qu'on se remette un peu dans le contexte, le contexte
dans lequel on vit en ce moment. En
ce moment, nos terres agricoles diminuent comme une peau de chagrin. Et on l'a
vécu durant la pandémie, là, on a réalisé comment c'était important, la
souveraineté alimentaire. Et, si on a moins de territoires agricoles, bien,
c'est logique, Mme la Présidente, si on a
moins de territoires agricoles, comment voulez-vous qu'on y arrive, en termes
de souveraineté agricole? Comment voulez-vous qu'on puisse augmenter
notre autonomie alimentaire?
là nos terres agricoles sont extrêmement vulnérables, comme jamais. Écoutez, en
cinq ans, là, on a perdu au moins 10 000 hectares
de terre agricole, en cinq ans. Je rappelle au gouvernement, là, ce qui s'est
passé suite à tout le scandale autour de la MRC Montcalm, où c'est
170 hectares qu'on a perdus, là, pour du développement immobilier. Le
ministre de l'Agriculture est présent, il
n'aime pas ça, mais, de toute l'histoire Beauharnois et Google, il y a eu des
terres agricoles qui ont été
utilisées pour le projet. Compensation, peut-être, mais beaucoup de groupes
disent que ces compensations-là ne sont pas suffisantes pour les terres
agricoles qu'on a perdues.
là on a toute la question du troisième lien, le troisième lien qui pose la
question, encore une fois, de l'étalement urbain dans la région de
Montmagny, Lévis. Mme la Présidente, je suis allée à Saint-Anselme, j'ai
rencontré plusieurs agriculteurs dans ce
coin-là, et les gens sont inquiets. Les gens sont inquiets, ils ne veulent pas
perdre leurs terres agricoles et ils sentent tout ça très fragile, ils
se sentent menacés.
Alors,
je pense qu'il garder ça en tête. Il y a eu un documentaire récemment, qui
s'appelle Québec, terre d'asphalte , là, Nicolas Mesly, un
réalisateur qui a fait un reportage extraordinaire qui met en lumière, là,
toute la problématique. Maintenant, il y a des terres à vendre, pas à l'hectare
près, pas à l'acre près, mais ils sont vendus au pied carré, et la pression est énorme sur nos agriculteurs pour
vendre ces terres-là. Et on le voit partout, là, sur la ceinture, la deuxième,
la troisième ceinture montréalaise,
hein, on voit des terres à vendre. On voit des terres agricoles aussi qui sont
prises en étau entre des autoroutes, entre des développements urbains.
Il faut protéger ça.
quand il y a des modifications qui sont amenées comme ça, hein, par la porte
d'en arrière, dans un projet de loi omnibus porté par le ministre de
l'Économie, qui vient modifier la
Loi sur la protection du territoire agricole
de façon incomplète, bien, on est inquiets, on se pose des questions.
ministre, à La Presse ... le ministre de l'Agriculture, au
journal La Presse , il y a quelques semaines, disait :
Écoutez, ces craintes-là, là, des
groupes, là, c'est le fruit de leur imagination. Bien, en tout cas, je vais
dire... Le ministre a dit ça à La Presse ...
Mme Robitaille :
Oui, bien, je suis désolée de vous le dire, mais c'est vrai. Et je pense qu'il
s'est ravisé. Et, durant les
consultations, il était présent et il a concédé que... Bon, il n'a pu que
prendre acte de ces inquiétudes-là. Nous, ce qu'on a dit au ministre... Et
le ministre était présent et le ministre est plein de bonne volonté, là.
question, c'était toute cette question du morcellement des terres. Et
l'intention était bonne, là. L'intention est bonne, hein? C'est pour, dit-on, donner accès aux jeunes agriculteurs...
permettre des nouveaux modèles agricoles, des modèles diversifiés sur des superficies variées. C'est
très bien, mais on ne peut pas faire ça sans un vrai débat, avec des balises
pour protéger, pour faire en sorte
qu'à long terme, à moyen et à long terme, ces terres agricoles là demeurent des
terres agricoles.
y a plein de questions, il y a plein de questions qui se sont posées à l'étude
détaillée. Je pense que le ministre a bien
réalisé que ces modifications-là, qu'il disait chirurgicales, avaient des
conséquences, avaient des ramifications partout, partout dans cette
loi-là, cette loi-là très, très importante.
Durant
l'étude détaillée, j'ai vraiment apprécié de pouvoir avoir accès au président
de la CPTAQ, Me Labrie, qui a répondu
à nos questions. Et c'est intéressant, parce que, bon, il l'a dit, il va y
avoir beaucoup plus de demandes de morcellement de terres, hein, ça va de soi, et
donc... Je vous donne juste un exemple comme ça. Donc, plus de demandes de morcellement... Et là il nous disait : On
est au nombre maximum de commissaires, hein? Il y a 16 commissaires, selon
la loi. À l'article 4, on dit 16 commissaires, il ne peut pas y en avoir plus. Et là il y a 15 commissaires qui entendent des demandes,
plus le président. Ils sont déjà 15. S'il
y a plus de demandes, hein, bien... Et
puis, en plus, on a découvert aussi, on
a compris, dans l'étude détaillée, qui allait y avoir beaucoup
plus de travail pour les commissaires parce
qu'ils doivent faire une analyse de
plus. Eh bien, est-ce qu'on va pouvoir rajouter des commissaires, s'il y a un
arriéré? On ne pourra pas, parce qu'on n'aura pas amendé, on n'aura pas
modifié l'article 4.
Ça, c'est
juste un petit exemple comme ça, Mme la Présidente, qui vous dit que, si on
avait, justement, amené un vrai
projet de loi, avec des vraies consultations, puis on avait tout révisé la loi
sur la protection du territoire agricole, bien, on en serait arrivé à un
meilleur résultat, parce que c'est ça que les groupes voulaient.
Alors, on a
entendu, là... Il y a eu les consultations, pas assez de groupes ont été
entendus. Puis, après ça, il y a eu tout
le tollé, et là les gens disaient : Bien, M. le ministre, s'il vous plaît,
est-ce qu'on ne peut pas prendre le bloc agriculture, en faire un vrai projet
de loi puis l'amener devant la bonne commission pour avoir un vrai débat sur
l'agriculture? Ça a été même une résolution,
ça. Au congrès de l'UPA, l'UPA a adopté une résolution demandant au ministre,
justement, de sortir, là, in
extremis, sortir le bloc agriculture puis amener un vrai projet de loi avec des
vraies consultations devant la CAPERN. Malheureusement, le ministre a
refusé.
C'est dommage parce que les conséquences peuvent
être irréversibles. Les conséquences sont grandes, puis je pense que, tant qu'à
faire le travail, aussi bien bien le faire, ce travail-là, parce que ce n'est
pas rien, là. Puis la ministre parlait, tout
à l'heure... bon, on veut réduire la paperasse. Bien, le bloc agriculture, là,
ne parlait pas de réduire la paperasse.
En fait, le
bloc agriculture, s'il y a une chose, c'est qu'il va rendre les choses un petit
peu plus compliquées. Par exemple,
avant, tout le monde avait le droit à avoir accès aux documents, hein, quand il
y a une demande de morcellement. Bien,
maintenant, le nombre de gens... en tout cas, l'accès à ces documents-là, les
personnes qui ont accès à tous les documents est limité. Initialement, dans le projet de loi, on disait que certaines
personnes allaient avoir accès aux documents puis après on a amendé la loi pour... quand même, on a une
petite ouverture, là, à ce que tout le monde ait accès au document général,
sauf certains documents, des documents
importants malgré tout, certains documents qui iraient à l'encontre de la loi
sur l'accès à la protection des
renseignements personnels. Ça, c'est un exemple. Mais, écoutez, on vient modifier cette loi-là, on vient ajouter une mission à la loi, donc cette
mission... La loi, originellement, protégeait seulement... la mission,
c'était que la CPTAQ protégeait nos terres agricoles, veillait à
la protection de nos terres agricoles. Maintenant, il y a tout un aspect
économique qui devra être pris en compte officiellement. On dira : Bien
oui, mais ils le faisaient déjà avant. Bien là, c'est enchâssé dans la
loi. Il va falloir vraiment qu'ils aillent beaucoup plus loin qu'où ils
allaient avant.
Il y a plusieurs
groupes, l'UPA, l'Institut Jean-Garon qui disent : Cette nouvelle
mission là, là, hein, cette mission économique que la CPTAQ devra faire,
cette analyse de faisabilité des différentes entreprises agricoles qui voudront
prendre un bout de terre, bien, ça, la CPTAQ
n'avait pas nécessairement cette mission-là, n'avait pas... puis n'a peut-être pas
l'expertise non plus pour aller jusqu'au bout, pour faire un bon travail. Cette
mission-là, c'est l'Institut Jean-Garon qui le dit, et l'UPA aussi, c'est le MAPAQ qui doit faire ces études de
faisabilité là. Donc, il y a tout un débat, Mme la Présidente, et c'est
pour ça qu'il aurait fallu, hein, un vrai projet de loi, entendre tous les
groupes et puis faire le point sur ce qui est bon, ce qui n'est pas bon.
Ça aurait été heureux, Mme la Présidente, mais ce n'est pas ça qui est en train
d'arriver.
On a fait un
amendement, ma collègue ici, de Québec solidaire, a fait un amendement qui
parle de viabilité. En fait, l'entreprise
agricole qui veut morceler une terre devra établir qu'elle est viable. Bon,
petite amélioration, mais, encore une fois, toute cette notion de
viabilité, ça veut dire quoi? Est-ce que viabilité veut dire rentabilité?
Durant l'étude détaillée, il y a eu toutes
sortes de contradictions, là, on ne s'entendait pas sur le terme. Du côté de la
banquette gouvernementale, on ne s'entendait pas sur le terme.
Viabilité, est-ce que ça veut dire rentabilité, vice versa, et jusqu'où on va?
Et il y a plein d'inquiétudes, parce que,
Mme la Présidente, si l'entreprise qui morcelle, qui prend un morceau de terre,
hein, fait faillite après sept, huit
ans, bien, la personne qui rachète la terre, bien, elle ne sera pas obligée
nécessairement de cultiver la terre. Et
donc elle pourra acheter la terre,
s'asseoir sur sa terre, hein, avoir... se construire un beau château et laisser
les terres en friche, et là on perd
une terre agricole. Et, encore une fois, on parlait d'autonomie alimentaire,
tout à l'heure, bien, c'est un bout de terre qu'on ne cultive pas. Et
donc c'est des enjeux comme ceux-là.
Et, le projet de loi, les modifications ne viennent pas... Parce que
le ministre nous disait : C'est très bien
comme ça, les jeunes, la relève pourra avoir accès à la terre. Bien, il
y a plein de groupes qui ont dit : Bien, ce n'est pas par ces modifications-là que la relève va plus avoir accès à la terre, c'est le contraire, parce que
morceler des terres — je pense à l'Institut Jean-Garon, je
pense à l'UPA, je pense à d'autres groupes — morceler des terres peut, en
fait, entraîner une surenchère, ne réglera
pas la question de la surenchère des terres, et on pourra perdre le contrôle, à
un moment donné, et ces bouts de terre là pourront ultimement être achetés par
plein de monde qui ne vont pas nécessairement faire de l'agriculture, et notre relève agricole, là-dedans, bien, elle ne
pourra pas avoir accès à ces bouts de terre là. Alors, oui, si on veut morceler
les terres pour donner accès à notre relève
agricole à la terre, bien, il faut la soutenir, cette relève agricole là. Et
évidemment ces modifications-là, tu
sais, n'amènent pas cette réflexion-là, ne facilitent pas nécessairement le
soutien à notre relève agricole.
modifications ne viennent pas, aussi, régler un autre problème. On a des
agriculteurs d'un certain âge qui ont d'immenses
terres. Ils ont d'immenses terres et ils n'ont pas d'enfants qui peuvent
prendre la terre, et ces gens-là, là, ils subissent les pressions des promoteurs immobiliers, hein? Si on est dans
la région, là, pas loin de Montréal, bien, notre terre de 500 acres ou de
300 acres, là, bien, il y a plein de monde qui la veulent, puis on reçoit
plein de pressions. Puis c'est intéressant, parce que Québec... On le
voit, là, les agriculteurs sont sollicités énormément, et ces gens-là qui
voudraient laisser leur