House Proceedings — 13 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-06-13
Quebec — Debates (Hansard)
M. Carrière : Mme la
Présidente, je désire aujourd'hui souligner l'apport exceptionnel d'une grande bénévole dont j'ai eu la chance de faire la connaissance il y a
plusieurs années. Il s'agit de Mme Lilliane Charette, que j'ai connue
dès mon entrée en fonction comme député, en 2008.
Avec sa belle
personnalité, son dynamisme et son grand dévouement envers les aînés de la
région de l'Outaouais, je dois vous avouer que je suis rapidement
tombé sous son charme, comme tout le
monde, d'ailleurs. Mme Charette
est impliquée au Club des aînés
Saint-René depuis 22 ans, dont 14 ans à
titre de présidente. Son club, comme
elle aime bien dire, a été fondé en
1987 et célèbre donc son 30e anniversaire cette année. Mme Charette aura
sans aucun doute contribué à cette
grande longévité. Lorsqu'elle a pris la présidence du club, il n'y avait
qu'une cinquantaine de membres. Aujourd'hui,
ils sont plus de 500.
Mme Charette,
je tiens à souligner votre grand dévouement, votre passion et votre grand
altruisme auprès des aînés de chez
nous. Mme Charette, vous êtes une source d'inspiration. Au nom de nos
aînés, en mon nom personnel, je vous dis bravo et merci! Bonne retraite
pleinement méritée!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Chapleau. Maintenant,
je cède la parole à M. le député d'Abitibi-Ouest.
M. Gendron : Mme la Présidente, les gens de l'Abitibi-Témiscamingue ont un
attachement immense pour leur université. L'une des raisons qui
expliquent la réussite de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue,
c'est l'excellence de ses dirigeants depuis sa
fondation. Après Rémy Trudel, Jules Arsenault, c'est Johanne Jean qui est...
qui a concouru, pardon, à
l'épanouissement et au rayonnement d'un établissement d'enseignement
supérieur unique en son genre.
Rectrice de l'UQAT depuis 2004,
Mme Jean assurera la présidence du réseau de l'Université du Québec à compter du 2 juillet prochain. C'est une promotion pleinement méritée pour cette
femme qui a marqué la recherche universitaire et le développement régional. De son mandat à la tête de l'institution, nous
retiendrons l'enracinement dans les territoires, l'offre de service décentralisée, la bonification de la formation à
distance ainsi que le développement des services adaptés destinés à la
clientèle des premiers peuples.
Si l'Abitibi-Témiscamingue
perd une rectrice, elle conservera pour toujours une excellente ambassadrice
qui continuera de défendre la pertinence et
le rôle des universités au Québec. Félicitations, Johanne! Bonne chance dans ta
nouvelle responsabilité.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député d'Abitibi-Ouest. Maintenant, je vais céder la parole à Mme la députée
de Mirabel.
Mme D'Amours : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais
souligner les 25 années de vie politique de Denis Lavigne, maire de la municipalité
de Saint-Placide.
Denis a été élu pour
la première fois en 1992 et a toujours eu à coeur les citoyens qui l'ont élu.
Bien que Saint-Placide soit la plus petite municipalité de ma circonscription,
celle-ci se démarque par son dynamisme, qui est indissociable des efforts de son maire. Les citoyens s'ennuieront de sa
fougue et de sa ténacité, mais surtout
d'un maire dévoué pour sa collectivité, qui aura su mettre en valeur
le patrimoine historique et le potentiel récréotouristique de sa communauté.
C'est
un fier Placidien qui prenait à coeur son rôle de maire et qui aura toujours
placé sa municipalité au coeur de ses
préoccupations. Denis Lavigne aura donné un quart de siècle à Saint-Placide, et
c'est un honneur, au nom des citoyens de
Saint-Placide et en mon nom personnel, de le remercier pour toutes ces années.
Merci, Denis! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de
Mirabel. Et maintenant, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la
parole à M. le député de Papineau.
M. Iracà : Merci, Mme la Présidente. Ingénieur forestier de formation,
M. Messier est chercheur, professeur et directeur à l'Institut des sciences de la forêt tempérée, ISFORT, à
Ripon. Affilié à l'Université du Québec en Outaouais, il enseigne aussi
à l'UQAM, à Montréal.
L'ISFORT
s'inscrit entièrement dans une éthique de développement soutenable de toutes les ressources forestières afin d'être écologiquement fondé, socialement
acceptable et économiquement viable. M. Messier se penche sur la gestion
durable des forêts, sur la sylviculture
urbaine et il milite pour la diversité des essences en ville afin d'augmenter à la fois
la productivité et la résistance des
plantations aux maladies, aux insectes et aux humeurs de dame Nature. Il a
remporté le prix de la Fondation Humboldt, une fondation allemande qui finance
100 chercheurs annuellement dans le domaine des sciences naturelles.
Alors, bravo, M. Messier!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Papineau. Maintenant, je vais céder la parole à M. le député de
Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. Le 15 juin prochain sera la journée mondiale de
sensibilisation à la maltraitance des
aînés des Nations unies. Je tiens à souligner le travail exceptionnel de la
Table AMI de La Petite-Patrie et
Villeray, qui, depuis 2008 maintenant, sensibilise la population aux enjeux des
personnes âgées victimes d'abus, de maltraitance
ou d'isolement. Leurs programmes de prévention et de sensibilisation sur, entre
autres, la sécurité routière ou la
fraude ont permis de favoriser la détection de cas et de mettre en place des
mécanismes concrets d'action auprès des
personnes âgées vulnérables afin de diminuer les risques. La Table AMI fait un
travail précieux, et je tenais à la saluer.
Ceci
étant dit, il faut le dire, la maltraitance peut prendre plusieurs formes, dont
celle d'institutions qui, par contrainte budgétaire, diminuent la
qualité des repas ou annulent les sorties estivales. Nous devons veiller à ce
que, lorsque les familles confient leurs aînés entre les mains de l'État,
l'État soit à la hauteur. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie,
M. le député de Gouin. Maintenant, je me tourne vers M. le député
de Marquette pour sa déclaration.
M. Ouimet : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire souligner le 350e
anniversaire de fondation de l'arrondissement
de Lachine. À
titre de député de
Marquette, c'est avec fierté que je représente les Lachinoises et les Lachinois ici,
à l'Assemblée nationale du Québec, depuis maintenant 23 ans.
350 ans, c'est
exceptionnel. Lachine a obtenu ses premières concessions de terre en 1667, au
temps de la Nouvelle-France. Sous le régime
britannique, l'ouverture du canal de Lachine, en 1824, puis l'arrivée du chemin
de fer, en 1847, a favorisé le
développement du principal centre industriel du Canada du début du
XXe siècle. Cette situation a propulsé le développement économique
de Lachine et des environs.
Aujourd'hui,
Lachine est connue pour son magnifique bord de l'eau, ses pistes cyclables, ses
écoles de grande qualité, ses parcs, ses quartiers paisibles, sa
culture, et j'en passe. Lachine est une grande communauté chaleureuse et accueillante dont l'implication communautaire et
ses citoyens... est unique. Je souhaite un joyeux 350e anniversaire à toutes
les citoyennes et tous les citoyens de Lachine! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Marquette. Et, toujours
à la rubrique des déclarations de députés, je vais céder la parole à M. le
député de Granby.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, aujourd'hui j'ai le plaisir de souligner la 10e saison
de l'organisme Écolo Vélo du coeur, un organisme chapeauté par la Fondation
Gérard-Bossé de Granby.
Tous
les ans, le plateau de travail de cet organisme mouille... grouille de monde,
pardon, et d'activité. En plus de revaloriser
des vélos dans le but d'en faire des vélos verts qui sont prêtés gratuitement
pour une période de 48 heures dans
divers points de chute à travers la ville de Granby, ils font également des
mises au point et la vente de pièces et de vélo. De cette façon, Écolo Vélo
du coeur peut répondre de façon très économique aux besoins de nombreuses
familles granbyennes qui, plus
souvent qu'autrement, doivent changer régulièrement les vélos de leurs enfants
qui grandissent trop vite.
autre volet intéressant d'Écolo Vélo du coeur Granby est l'insertion sociale.
Depuis 2008, Mme la Présidente, une
cinquantaine d'étudiants et de jeunes adultes âgés entre 13 et 30 ans en
quête d'une nouvelle expérience de vie ou de travail ont transité par
l'organisme, leur permettant ainsi d'accueillir de nouvelles aptitudes.
Je profite de cette tribune pour féliciter et
souhaiter une excellente 10e saison à l'équipe de coordination d'Écolo Vélo du coeur Granby composée de Marie-Danielle
Voyer, Simon Robert et Michel Joly. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Granby. Maintenant, je
reconnais Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : Merci, Mme la Présidente. Il n'est pas toujours facile
d'être positif dans la vie, mais, quand nous rencontrons sur notre chemin des gens qui font naître l'espoir comme le
Club optimiste, ça nous donne le courage de prendre des actions
nécessaires pour atteindre nos objectifs.
C'est avec plaisir
que je prends la parole pour souligner le 50e anniversaire de fondation du
Club optimiste Montréal-Nord. Depuis déjà un demi-siècle, le Club optimiste se
voue à inspirer le meilleur chez les jeunes en parrainant, au sein de notre collectivité, des projets de services
communautaires concrets visant à tendre la main à la jeunesse et à lui
donner la place qu'elle mérite.
J'aimerais souligner d'une façon particulière le
dévouement et l'implication de Diane Le Couedic, Claude Taillefer, Robert Richard, Normand Bergeron au sein de cette
organisation. Je les félicite et les encourage à continuer à s'impliquer
et à faire de leur mieux pour que nos jeunes
continuent à s'épanouir à travers les différentes activités qu'ils leur
proposent. Merci et bonne continuation! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la députée
de Bourassa-Sauvé. Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations
de députés, je cède la parole à M. le député de Verchères.
M. Bergeron :
Merci, Mme la Présidente. Cette année marque le 40e anniversaire de
l'Académie de danse Martine-Laferrière, une institution
varennoise devenue, au fil des ans, un pôle incontournable de formation en
danse dans l'ensemble de la région et même au-delà.
me fait donc plaisir de témoigner de mon appréciation pour ces 40 années
d'efforts soutenus ayant permis à des jeunes
et moins jeunes de se découvrir une passion pour la danse, de s'y investir pour
le simple plaisir ou pour se dépasser et
développer des amitiés durables sur la base de cette même passion
commune. Un tel accomplissement mérite d'être souligné.
J'exprime
donc ma gratitude à toutes les personnes ayant su, au cours des quatre
dernières décennies, accompagner d'innombrables
danseuses et danseurs en herbe ou accomplis avec empressement et
professionnalisme, leur permettant de
développer des habiletés, une discipline et une confiance personnelles devant
contribuer à l'atteinte de leur objectif.
40e anniversaire et longue vie à l'Académie de danse Martine-Laferrière, à
celle qui en est la fondatrice et l'inspiration,
de même qu'à toutes les personnes qui y ont évolué et qui y évoluent encore!
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie,
M. le député de Verchères. Et ceci met fin à la rubrique des
déclarations de députés. Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Le Président : S'il
vous plaît! Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Il me fait
plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, d'un député de la Grande
Assemblée nationale de Turquie, M. Hisyar Özsoy.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, M. le Président.
Veuillez appeler l'article b, s'il vous plaît, du feuilleton.
Président : Alors, à
l'article b du feuilleton, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques présente le projet de loi n° 990, Loi interdisant la
fracturation hydraulique et la stimulation chimique des puits sur tout le
territoire du Québec. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci. Ce projet de loi
a pour objet d'interdire la fracturation hydraulique et la stimulation chimique des puits sur tout le territoire
du Québec afin de protéger la santé et la sécurité des Québécois
et Québécoises ainsi que la
qualité de l'environnement.
Cette
interdiction s'applique aux projets d'exploration et d'exploitation de pétrole
et de gaz de schiste utilisant ces procédés, incluant ceux en
cours.
Enfin, le projet de loi prévoit des sanctions pénales pour les personnes physiques ou morales qui ne respectent pas cette
interdiction.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de la Justice.
Vallée : Alors, M. le Président, vous me permettrez de déposer
un peu de lecture de chevet pour l'été. Donc, il s'agit des rapports annuels des ordres professionnels suivants, pour
l'année 2015-2016 : les acupuncteurs, les administrateurs agréés, les agronomes, les architectes, les arpenteurs-géomètres,
audioprothésistes, Barreau, les chimistes, les chiropraticiens, les comptables
professionnels agréés, conseillers et conseillères d'orientation, conseillers
en ressources humaines agréés, criminologues,
dentistes, denturologistes, diététistes, ergothérapeutes, évaluateurs agréés,
géologues, huissiers de justice, hygiénistes dentaires, infirmiers et
infirmières, infirmières et infirmiers auxiliaires, ingénieurs, ingénieurs
forestiers, inhalothérapeutes, médecins, médecins vétérinaires, notaires,
opticiens d'ordonnance, optométristes, orthophonistes et audiologistes,
pharmaciens, professionnels de la physiothérapie, podiatres, psychoéducateurs
et psychoéducatrices, psychologues,
sages-femmes, sexologues, techniciens et techniciennes dentaires,
technologistes médicaux, technologues en
imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale,
technologues professionnels, traducteurs, terminologues et interprètes
agréés, travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux familiaux, les
urbanistes et planificateurs de milieu de vie.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Président : Aviez-vous dit «acupuncteurs»? Alors, un jour, je
souhaite bien qu'on puisse avoir une clé USB pour mettre tout ça sur la
table.
Alors, Mme la ministre
de la Justice, ces documents sont déposés. M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
J'ai le plaisir de déposer le rapport annuel de gestion 2016 de Retraite
Québec.
Le Président :
Le document est déposé. M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux :
M. le Président, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2016-2020 de la
Sûreté du Québec.
Le Président :
Alors, ce document est déposé. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, je dépose le rapport
d'évaluation Évaluation de la mise en oeuvre de la Loi assurant l'exercice des droits des personnes
handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale .
Le Président :
Alors, ce document est déposé.
Pour ma part, je
dépose le rapport d'activité 2016-2017 du Commissaire au lobbyisme.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'aménagement du territoire et député de Champlain.
Auger : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission
de l'aménagement du territoire qui, les 18, 30 et 31 mai, 1er, 6, 7, 8 et 9 juin 2017, a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 122, Loi visant principalement
à reconnaître que les municipalités sont des
gouvernements de proximité et à augmenter à ce
titre leur autonomie et leurs
pouvoirs. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
Mme la députée de Taschereau,
dans la rubrique Dépôt de pétitions.
Mme Maltais : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 574 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant
que la fermeture de la clinique médicale sans rendez-vous au CLSC Haute-Ville
amène une diminution de services pour les résidents et résidentes de la
Haute-Ville;
«Considérant
l'importance pour les citoyens et citoyennes de ce secteur de la ville d'avoir
accès à des services de santé de proximité puisque la majorité se
déplace à pied ou en transport collectif;
«Considérant
que ces quartiers se veulent un milieu de vie complet dans lequel les services
de santé jouent un rôle primordial;
«Considérant
la présence de plusieurs résidences pour personnes aînées, de deux écoles
primaires et d'une école secondaire;
«Considérant que le rétablissement de la
clinique sans rendez-vous peut se faire sans incidence financière;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons que le ministre de
la Santé et des Services sociaux ordonne au CIUSSS de la Capitale-Nationale de
rouvrir la clinique sans rendez-vous du CLSC Haute-Ville.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'inviterais maintenant Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve pour sa
pétition.
Poirier : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
373 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que, dans
Hochelaga-Maisonneuve, les 56 280 citoyens et citoyennes ont accès à
seulement deux médecins dans les cliniques du quartier pour le service sans
rendez-vous;
«Considérant que les services sans
rendez-vous sont offerts de façon discontinue, que le nombre de places est
restreint et que les personnes doivent se déplacer à l'extérieur du quartier
pour consulter un médecin;
«Considérant
que les huit médecins de famille du territoire se partagent 10 000 inscriptions,
qu'aucun d'entre eux n'accepte de nouveaux patients et que
trois médecins prendront leur retraite d'ici la fin de l'année 2017;
«Considérant
que 45 % de la population d'Hochelaga-Maisonneuve est inscrite auprès d'un
médecin de famille, qu'il
reste 22 735 patients à inscrire pour atteindre la cible de la Régie
de l'assurance maladie du Québec et que seulement
5 136 patients sont inscrits au Guichet d'accès à un médecin de
famille;
«Considérant que les besoins sont
également importants pour des médecins spécialisés tels que [...] pédiatres,
[...]orthophonistes, [...]gérontologistes [...] radiologistes;
«Considérant que de nombreux
médecins sont réticents à venir pratiquer dans Hochelaga-Maisonneuve;
«Considérant
que les cliniques actuelles peinent à attirer de nouveaux médecins afin de
combler les départs à la retraite;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de la Santé et des Services sociaux :
l'ouverture d'une clinique médicale avec
de nouveaux médecins de famille — GMF-Réseau; l'embauche de médecins pour
combler les départs à la retraite.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé.
J'inviterais maintenant Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 94 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
le projet de loi fédéral qui permettrait éventuellement la légalisation du
cannabis ainsi que sa production, sa distribution, sa vente et sa
possession partout au Canada;
«Considérant qu'environ 11,5 % des
Québécois [et Québécoises] utilisent du cannabis;
«Considérant
que le Québec pourrait bénéficier financièrement d'une industrie du cannabis
grâce aux revenus fiscaux et permettrait d'économiser environ
10,5 millions en frais d'application de la loi;
«Considérant que 60 % des Québécois [et
Québécoises] appuient la décriminalisation;
«Considérant
que, selon une étude, 44 % des Québécois [et Québécoises] appuient les
dispensaires comme modèle de
distribution et que 47 % des Québécois [et Québécoises] estiment que le
gouvernement devrait établir un système de distribution ayant pour
unique but de vendre du cannabis;
«Considérant
que les Québécois [et Québécoises], à 14 %, présentent le taux le plus
élevé d'utilisateurs cultivant leur propre cannabis et qu'à 13 %
ils l'achètent auprès d'un dispensaire;
«Considérant
que 81 % des répondants à une étude affirment qu'ils ne consommeraient
probablement pas de cannabis en dépit de sa légalisation;
«Considérant que 55 % des Québécois [et
Québécoises] obtiennent leur cannabis auprès d'un ami;
«Considérant
que la légalisation du cannabis pourrait limiter la criminalité organisée
entourant la production et la distribution de cette substance au Canada;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'autoriser des dispensaires
afin que du cannabis soit distribué
et de délivrer des permis abordables afin de faciliter la participation de
propriétaires de petites entreprises à l'industrie éventuellement
légalisée du cannabis.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai reçu de
la part de Mme la députée de Crémazie la demande de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement? Consentement. Mme la députée de Crémazie, nous vous écoutons.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, M. le Président. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
5 022 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'école Félix-Antoine est une école
secondaire spécialisée pour adultes avec difficultés scolaires ouverte
depuis 1996, qu'elle détient un permis du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et que sa survie est aujourd'hui menacée;
«Considérant que l'école n'a jamais reçu de subvention de
la part du ministère de l'Éducation ni d'aucun autre ministère concerné, que la
totalité des enseignants,
intervenants et responsables ont toujours été et sont encore à ce jour entièrement bénévoles, que l'école vit uniquement
de dons issus de la communauté et qu'elle s'adresse à des élèves en
situation financière précaire;
«Considérant
[...] depuis son ouverture, l'école a fourni des services d'enseignement à plus
de 300 élèves désireux de compléter leurs études secondaires et
d'obtenir les préalables à une formation professionnelle qualifiante, afin de
contribuer pleinement à la société québécoise;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de dégager une voie de
financement récurant afin d'assurer la poursuite de ce projet unique consacré à
la réussite éducative des adultes raccrocheurs.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Alors, nous
en sommes rendus à la période de questions et de réponses orales. Je cède la
parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, l'accord de libre-échange avec l'Europe, c'était une idée du
Québec, parce qu'on a beaucoup à y
gagner. Nos PME exportatrices sur tout le territoire vont avoir un accès
privilégié aux marchés européens. Mais,
à la onzième heure de négociation, le gouvernement fédéral a décidé de faire
payer le Québec en faisant en sorte que les quotas d'importation de fromage
fassent très mal à notre industrie fromagère et laitière. Pourquoi? Pour favoriser le boeuf de l'Ouest.
J'étais
ministre du Commerce extérieur à l'époque, et nous avions réclamé une
compensation. Et nous avons une lettre
du gouvernement fédéral nous disant, et je traduis parce que c'est en
anglais : Les éléments de la compensation seront déterminés avant la ratification par l'Assemblée
nationale. Aujourd'hui, le premier ministre veut nous faire ratifier cette
entente cet après-midi.
Alors, je lui
demande : Où est la compensation? Nous n'avons aucun élément qui nous
permet de croire que cette compensation,
elle est satisfaisante. Aucune négociation n'a eu lieu. Et donc soit le premier
ministre veut qu'on fasse un signe...
un chèque en blanc, soit il accepte le fait que nous allons laisser le
gouvernement fédéral décider de lui-même si la compensation est suffisante. Pour l'instant, ils offrent
350 millions, alors que nous pensons que la compensation correcte
serait de 1,5 milliard.
Alors, est-ce
que le premier ministre veut qu'on signe un chèque en blanc ou est-ce qu'il
sait quelque chose qu'on ne sait pas sur la compensation fédérale?
Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : Ce que je retiens surtout, c'est que l'appui du Parti québécois à la
notion de marché ouvert et de libre-échange me semble pour le moins
vacillant. Même chose pour le REM, en passant, la semaine dernière.
Alors,
écoutez, il y a eu une époque où ils étaient au gouvernement, où ils se sont
déclarés sans réserve en soutien. Et
c'est une bonne chose, et il l'a dit dans son ouverture. Pour le Québec, c'est
un bénéfice énorme pour tous les secteurs économiques, incluant le secteur agricole. Puis, oui, le boeuf, il y a
du boeuf dans l'Ouest, mais il y a du boeuf au Québec aussi. Puis il y a des
producteurs de porc, également au Québec, également qui sont très contents de
l'ouverture des marchés européens. On parle de 500 millions de
consommateurs.
gouvernement fédéral s'est engagé à verser une compensation, une aide pour la
transition à nos producteurs. Moi,
j'ai confiance, en passant, dans la qualité des produits de nos artisans
fromagers. Le point qu'il va falloir éclaircir, c'est à qui seront donnés les quotas d'importation. Ça, c'est important,
je dirais même plus, peut-être, que les autres mesures.
Mais
il n'est pas question, je veux être bien clair là-dessus, il n'est pas question
de jeter la moindre ombre que ce soit sur l'appui indéfectible du Québec
au libre-échange et à l'accord de commerce avec l'Union européenne.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : On voit la technique de négociation du premier
ministre : il ne fait même pas de vérification diligente avant de signer. Ottawa s'est engagé à nous dire
quelle serait la compensation avant qu'on signe, et lui dit : Non, ce
n'est pas nécessaire, et puis il reste des questions à poser sur qui
aura les quotas. Oui, il reste des questions à poser.
Alors,
puisque ça ne l'intéresse pas, puis-je lui demander s'il a un engagement
fédéral sur la compensation pour l'industrie médicale et pour nos frais
de...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, c'est clair que l'opposition officielle ne favorise pas le
libre-échange. Je pense qu'on ne peut
pas dire autre chose que ça. Il dresse maintenant une longue liste de raisons
pour lesquelles il faudra retarder ou même ne pas se déclarer liés par l'accord de commerce global avec l'Union
européenne, ce qui serait une erreur très, très grave pour le Québec.
je veux encore revenir sur le fait que cette entente est tellement bénéfique
pour le Québec, cet accord est tellement moderne — c'est la
nouvelle génération d'accords commerciaux — qu'il serait tout à fait inapproprié de
mettre en péril ces bénéfices sur des questions comme celle qui est
présentée par le député, que nous partageons. On partage les inquiétudes, on fait les représentations, on va accompagner
nos producteurs fromagers, mais je vais être encore une fois très
clair : nous ne mettrons pas, de quelque façon que ce soit, en péril
l'accord.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Il n'est pas question d'essayer de construire un rapport de force avec
l'Europe, c'est avec Ottawa. Ottawa s'est engagé à compenser les dégâts qu'il
cause et Ottawa s'est engagé à compenser les dégâts qu'il cause en prolongeant
de deux ans les brevets de médicament.
Est-ce que le premier
ministre sait combien ça va coûter de plus par année au gouvernement québécois,
le prolongement de deux ans de ces brevets? Est-ce qu'il a même cette information?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : On sait également que le gouvernement fédéral est au
courant des impacts financiers sur les provinces et va certainement en tenir
compte.
Mais je reviens
encore à cette question fondamentale. On peut dresser une liste infinie
d'enjeux qui vont être peut-être problématiques dans la mise en place de l'accord — qui
est imminente. En passant, la mise en place provisoire de l'accord est imminente. Il n'est pas question
de retarder d'une seule journée, nous qui avons fait tellement
d'efforts en Europe pour en faire la
promotion, dire aux Européens : Nous avons des sociétés
semblables avec les mêmes valeurs sur
l'environnement, le droit des travailleurs, la santé
publique, les services publics, la culture, il n'est pas question de
retarder d'une seule journée la mise en place provisoire de l'accord.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Les négociateurs fédéraux doivent boire les paroles du premier ministre, qui
s'empêche tout rapport de force et
qui n'a pas l'air à savoir que, selon son propre ministère des Finances — parce que nous, on avait fait notre travail — le coût, pour l'État québécois, sera d'un
quart de milliard de dollars par année, le prolongement des brevets. Alors, il dit qu'on va signer un chèque en blanc
sans qu'il sache le moindrement quelle sera la compensation pour ce quart de
milliard que ça va nous coûter. Son chèque en blanc.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Non, ça ne
marche pas. En fait, c'est l'opposition officielle, du temps qu'ils étaient au
gouvernement, qui ont manifesté un
accord inconditionnel, inconditionnel — il n'était pas question d'autre chose à
l'époque — un
accord inconditionnel, et c'est logique, c'est dans l'intérêt du Québec
de donner cet accord.
Alors, je
vais encore une fois répéter, M. le Président, puis on pourrait être en désaccord,
puis je laisserais les petites entreprises, nos PME manufacturières
entre autres, et nos autres entreprises qui vont bénéficier de cette
entente-là, juger de l'attitude de l'opposition officielle. Il y a des enjeux,
bien sûr, sur lesquels on va intervenir, mais il n'est pas question — puis on a le droit d'être en désaccord
là-dessus — il n'est
pas question de laisser la moindre ombre planer sur l'accord ni de
retarder sa mise en place provisoire.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, on peut lire, ce matin en une de La Presse,
l'histoire incroyable de Gino Lebel. Gino
souffre de dystrophie musculaire. Ça veut dire essentiellement qu'il perd
tranquillement l'usage de ses muscles, et c'est pour ça qu'il a besoin
d'aide respiratoire.
43 ans, Gino a déjà déménagé 27 fois. Il a vécu chez sa mère, en
famille d'accueil et sept ans en CHSLD. Gino est ici aujourd'hui avec
ses amis, avec sa famille de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, une résidence pour
personnes handicapées qui est flambant neuve. Mais malheureusement il y a un problème grave de financement, si on ne trouve
pas rapidement du financement pour la maison, elle va devoir fermer à
compter du 1er juillet prochain.
Si Gino et
d'autres résidents se sont déplacés avec nous aujourd'hui, M. le Président, malgré tous les défis que ça représente
pour eux, c'est parce qu'ils ne veulent pas retourner en CHSLD. Il y a
une seule solution, c'est de trouver du financement pour la Maison
Jean-Eudes-Bergeron, qui est leur véritable chez-eux.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : On partage tous
ces sentiments. Quand j'ai vu l'article... D'ailleurs, je connais la situation de cette maison. On s'imagine, si c'était mon frère,
c'était quelqu'un de ma famille, comment est-ce qu'on vivrait cette situation-là avec
beaucoup de difficultés. Il y a clairement un enjeu
financier profond qui existe entre la maison et l'établissement de santé.
En passant, c'est M. Lebel. Ce n'est pas parce
qu'on a 43 ans et handicapé qu'on doit se faire appeler par son prénom à l'Assemblée
nationale. M. Lebel, on va lui
donner toute l'attention possible, avec toutes les autres personnes qui sont hébergées là, et surtout je ne crois pas
que, pour eux et pour elles, le CHSLD soit l'endroit approprié. C'est des
besoins totalement différents, ce sont des réalités totalement différentes.
Alors, le
message est clair : Pour l'instant, les gens restent où ils sont. On va
travailler pour trouver des solutions dans la région pour des soins
dignes, des soins de qualité pour ces personnes qui ont besoin de toute la
solidarité des Québécois.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, si je l'appelle Gino, amicalement Gino, savez-vous pourquoi, M. le premier ministre? Parce
que je me suis tellement
investi dans ce dossier-là puis j'ai tellement passé de temps avec eux que, oui, je vais
l'appeler Gino, puis je vais continuer à le faire parce que je le traite
comme un ami.
Ce qu'ils
vivent présentement, là, c'est carrément inhumain. Avez-vous remarqué qu'en les
transférant en CHSLD ça coûterait le double? Ils ont un milieu de vie, ils y
vivent, ils veulent y rester. On a besoin d'un engagement sur six mois pour réussir à trouver une période
transitoire. On veut un engagement du ministre responsable de la région.
Président : Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
Alors, M. le Président, notre souhait, ce n'est pas de faire en sorte que la
Maison Jean-Eudes-Bergeron ferme. Depuis le
début que je travaille ce dossier-là qu'on fait tout ce qui est en notre
pouvoir pour garder cette maison-là,
et le député du Lac-Saint-Jean le sait très
bien, puisqu'il a assisté à deux rencontres. Depuis le début, depuis 2014 même, je vous dirais, M. le Président, le
CIUSSS, centre intégré de santé et de services sociaux, du Lac-Saint-Jean
travaille avec ces personnes-là pour trouver des solutions aux multiples
problématiques qu'ils ont rencontrées.
Notre
but, comme gouvernement, ce n'est certainement pas d'envoyer ces
personnes-là dans un CHSLD, et le député
du Lac-Saint-Jean le sait très
bien, M. le Président, il n'en est
juste pas question. Nous travaillons encore à une piste de
solution. Et, si toutefois cette piste de solution...
Le Président :
Complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Aujourd'hui, peut-être qu'on va trouver une solution pour cette
maison-là, mais il y en a 10 autres qui ont fermé au cours de la dernière année, parce que ce que les CIUSSS et
les CISSS font, c'est répondre à des demandes de restrictions budgétaires du ministre
de la Santé qui font en sorte qu'ils font semblant que les handicapés dans ces
maisons sont moins mal en point qu'ils ne le sont. Et ça, c'est documenté,
nous avons les preuves de ça.
vous demande d'arrêter de pousser ces maisons d'accueil à la fermeture. Et
pouvez-vous nous dire combien...
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, le chef de l'opposition
officielle sait très bien, il est député de Rosemont et il était le porte-parole de l'opposition à
l'époque où il occupait le siège qui me permettait de l'avoir comme critique,
il sait très bien puisque son parti a
signé des ententes collectives avec les ressources intermédiaires, comment ça fonctionne.
C'est chez eux que ça a commencé, la signature des ententes collectives, avec
une députée qui est à une place de lui.
Alors,
moi, ce que je veux dire, M. le Président, ce qu'il est important aujourd'hui de retenir, c'est que je veux assurer
à ces gens-là que non seulement jamais ils ne seront dirigés vers un CHSLD, il faut
qu'il y ait un milieu approprié et une ressource intermédiaire qui
correspond à leurs besoins.
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
Merci, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, ça fait maintenant six mois que le gouvernement libéral a fait
adopter sous bâillon la
loi sur les
hydrocarbures, le laissez-passer pour l'exploration et la fracturation, le
laissez-passer pour les gaz et le pétrole de schiste, parce que la CAQ et le PLQ ont rejeté notre amendement qui
aurait interdit la fracturation. Le gouvernement a toujours refusé que la loi précise quoi que ce soit quant aux normes
que les entreprises pétrolières devront respecter; on nous disait que ça viendrait dans les
règlements. Six mois plus tard, les règlements ne sont toujours pas prêts, et
l'incertitude, elle persiste.
Pour
que la population sache ce qui sera permis et comment ce sera permis, est-ce
que le ministre peut s'engager à ce que ces règlements soient étudiés de
manière publique par une commission parlementaire?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
Bien, M. le Président, vous savez, on parle beaucoup d'hydrocarbures. Je trouve
ça toujours très étonnant, parce
qu'au moment où on se parle il n'y a aucun projet d'hydrocarbures,
actuellement, au Québec. Alors, ça, c'est la première des choses dont
j'aimerais dire.
J'aimerais
dire également au député, sur cette question-là, que les règlements seront
publiés. Et les règlements seront
publiés toujours d'une façon... qui sont très démocratiques, où les gens ont
45 jours ou 60 jours, dans certains cas, pour pouvoir faire
part de leurs commentaires sur l'ensemble des dossiers.
Maintenant,
j'aimerais quand même profiter de l'occasion pour rappeler au député, encore
une fois, que nous priorisons, bien sûr, le
développement des ressources et des énergies renouvelables. Je pourrais
également vous dire que nous avons,
depuis 2014, un plan d'action sur la question des hydrocarbures, et ce plan
d'action est très efficace parce qu'encore
une fois nous avons des interdictions, entre autres dans l'estuaire du
Saint-Laurent. Le premier ministre a eu l'occasion de dire également
qu'il n'y aurait pas de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.
Alors,
M. le Président, j'aimerais dire à l'opposition de ne pas créer de problème là
où il n'y en a pas, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, tout au long de l'étude du projet de loi n° 106, il y
avait un éléphant dans la pièce. Tout
le monde le voyait, sauf le ministre. Cet éléphant, c'était la technique qui a engendré la crise du gaz de schiste, la
fracturation. On ne veut pas d'une autre crise, on ne veut plus de gaz et de
pétrole de schiste.
ministre va-t-il enfin nous dire comment il encadrera la
fracturation, que ni la CAQ ni lui ne veulent interdire?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
Bien, M. le Président, moi, je pense que, bien au contraire, ils aimeraient ça
qu'il y ait une crise là-dessus. Ils
aimeraient ça, absolument, là, qu'il y ait des problèmes parce qu'actuellement
il n'y en a pas, de problème.
je tiens simplement à vous rappeler que, sur ces éléments-là, on a adopté
récemment un règlement pour assurer la
protection des eaux. Le ministre de l'Environnement vient d'adopter la
loi n° 102 qui fait en sorte, finalement, qu'on contrôle
encore davantage. On a créé des unités de vigilance, il y a des règlements qui
vont arriver.
Alors, M. le
Président, je pense que le Québec, actuellement — je tiens à le
rappeler — dans
le domaine des hydrocarbures, au niveau de l'intérêt de la part des compagnies,
on est à peu près 122e sur 126.
Le Président :
En terminant.
Arcand :
Il n'y a pas grand enjeu actuellement dans ce domaine.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, le ministre, là, je le vois s'afficher partout, bien fier des
règlements que personne n'a vus.
Comme il en est si fier, M. le Président, est-ce qu'il peut s'engager à ce que
ces règlements ne soient pas publiés en catimini pendant les vacances estivales et à les
faire étudier par une commission parlementaire cet automne au vu des
populations de Nicolet-Bécancour, de Lotbinière et de Saint-Hyacinthe? Qu'il
s'y engage, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, je peux assurer cette Chambre que nous ne ferons pas ce qui a
été fait par le Parti québécois dans
le cas d'Anticosti, ce qui a été fait, d'ailleurs, en catimini. Alors, M. le
Président, je tiens à rappeler encore une
fois au député de Richelieu, j'ai eu l'occasion, avec les gens de Bécancour
même de discuter de ces questions-là, des inquiétudes. Je pense les
avoir passablement rassurés.
M. le Président, les règlements sont publics, les gens ont la chance de pouvoir
faire leurs commentaires avant l'adoption
finale d'un règlement. Ça se fait selon des critères extrêmement démocratiques,
et, M. le Président, il n'y a pas d'enjeu en ce qui me concerne.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, je rencontre régulièrement des pères, des mères de famille qui ont un emploi, mais qui me
disent qu'ils ont de la difficulté à arriver à la fin du mois, que leur salaire
n'est pas assez élevé. Lorsque le Parti libéral est arrivé au
pouvoir, en 2003, le Québec avait un salaire moyen de 4 000 $ plus bas que l'Ontario.
Aujourd'hui, 14 ans plus tard, il y a toujours un écart de
4 000 $ entre le Québec et l'Ontario.
Le premier
ministre nous dit qu'il est satisfait de la situation économique. Moi, je ne le
suis pas. Moi, j'ai plus d'ambition.
Je pense, c'est important puis c'est urgent de créer des emplois payants, entre
autres dans le secteur manufacturier. Et le gouvernement a une
opportunité exceptionnelle avec la construction de trains et de métros, hein,
donc créer des emplois payants et exiger
dans ces contrats un contenu local. Malheureusement, le premier ministre
s'oppose à cette façon de faire. Et,
hier, il y a eu une manifestation contre le gouvernement libéral, et je cite un
entrepreneur de La Pocatière : «Si
nous voulons que des entreprises
québécoises fabriquent des pièces [...] et puissent par la suite rayonner à
l'international, il est insensé d'avoir un appel d'offres sans aucun
contenu canadien pour les contrats au Québec...»
Qu'est-ce que le premier ministre répond à cet
entrepreneur?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : D'abord, M. le
Président, je réponds à tous les entrepreneurs qu'effectivement l'économie du
Québec est sur la bonne voie. La
rémunération hebdomadaire au Québec a crû plus rapidement que dans le reste du
Canada depuis 2014 et même depuis la dernière année. On est vraiment sur
la bonne voie. On a investi dans le secteur manufacturier innovant un peu plus de 400 millions déjà
engagés qui ont généré plus de 2 milliards d'investissements publics et privés.
Ça, c'est de l'action efficace qui développe l'économie dans la bonne
direction.
Maintenant, sur la question du contenu local, je
vais lui répéter ce que je lui disais la semaine dernière, il faut différencier deux situations. La situation où ce
sont les entreprises où l'État peut avoir un contrôle même indirect —exemple, l'AMT
et d'autres semblables — où on croit, effectivement, qu'il faut raffermir nos instructions
pour le contenu local. Pour la
caisse, cependant, pour la caisse, je pense que, là, il doit être excessivement
prudent. Je sais qu'il sait. Je sais qu'il sait que toute manifestation d'ingérence du gouvernement dans la gestion
du projet, et notamment dans la structure des appels d'offres, aura des conséquences excessivement négatives sur le
projet lui-même et, à plus long terme, sur les autres projets qu'on est
capables de réaliser au Québec. Je sais qu'il est au courant de ça.
Moi, je sais
également qu'on a posé un geste important, il y a plusieurs années, pour La
Pocatière, et on va continuer à se
battre pour l'usine de La Pocatière pour qu'ils aient les volumes d'activité et
les emplois. Mais ce n'est pas une raison pour décrédibiliser la Caisse de dépôt sur les marchés internationaux et
faire en sorte que le projet, qui, en passant, va créer 34 000
emplois directs et indirects, 34 000 emplois directs et indirects, qui est
le plus gros projet... Il parle de la Baie-James,
la nouvelle Baie-James. Elle est là, devant ses yeux, la nouvelle Baie-James,
c'est le REM, et c'est le gouvernement libéral qui le mène.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, une Baie-James qui va être
construite en Chine. Je vois que le premier ministre évolue, hein, il vient de nous dire : À l'AMT, on a
fait une erreur de ne pas avoir accepté un contenu local. C'est ce qu'il vient
de nous dire. Mais il nous dit : La
caisse, je n'ai pas de contrôle. M. le Président, quand on investit des
milliards de dollars. On a le droit de donner des conseils à la caisse,
on a le droit d'avoir un petit peu de leadership.
Quand le premier ministre va-t-il cesser d'être
naïf?
Le Président : S'il vous
plaît! On va éviter les propos blessants. M. le premier ministre.
Couillard : Alors, j'ai déjà
répondu à ces questions, mais je répète ce que j'ai dit déjà ici plusieurs fois
à mon collègue et en tout respect, c'est
qu'il n'a que des paroles négatives pour le Québec, pour l'économie du Québec,
pour les entrepreneurs du Québec, et, franchement, il a des attentes à
géométrie variable.
Résumons. On
arrive au gouvernement, il dit : Vous ne serez pas capables d'équilibrer
le budget, on l'équilibre. Ensuite :
Vous ne serez pas capables d'équilibrer le budget, d'investir en éducation,
baisser les impôts, on fait tout ça. Ensuite :
Vous ne serez pas capables de créer un nombre d'emplois important, on est en
train de le faire, puis maintenant c'est la qualité des emplois qui est
en croissance.
Alors, il se cherche continuellement des thèmes.
Nous, notre thème est simple, des finances publiques saines, équilibrées pour l'éducation, la santé et
l'économie du XXIe siècle, partout dans les régions, y compris à
La Pocatière, M. le Président.
Le Président : S'il vous
plaît! Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre sait très bien
qu'il a réalisé l'équilibre budgétaire en pigeant 800 $, en
moyenne, dans le portefeuille des familles.
Mais
est-ce que le premier ministre réalise que le Québec risque d'investir des
milliards de dollars dans un beau grand train électrique «made in
China»? Quel gâchis!
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Est-ce qu'il a des informations que moi, je n'ai pas? Est-ce qu'il
connaît déjà, lui, le résultat de l'appel
d'offres? Je lui rappellerais que, dans tous les consortiums qui sont là, il y
a soit des entreprises québécoises soit des filiales canadiennes d'entreprises étrangères. De toute façon, le
consortium qui va l'emporter va avoir, parmi eux, une entreprise
québécoise ou au moins une entreprise ou une filiale canadienne d'une
entreprise étrangère.
34 000 emplois, ils ne seront pas créés sur la planète Mars, M. le
Président, ils vont être créés au Québec. La vision d'une métropole du XXIe siècle quand on arrive à
l'aéroport Trudeau pour se rendre au centre-ville, ça va être chez
nous, puis on va être fiers de notre métropole et de ce qu'on peut offrir au
monde.
Maintenant,
moi, je ne le sais pas, le résultat de l'appel d'offres, je ne le sais pas,
moi. Je sais que Bombardier est sur les rangs. Pourquoi il dit déjà que
Bombardier...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...manque d'ambition, M. le Président? Moi, je pense que Bombardier est
capable de compétitionner.
Le Président :
Principale, M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci, M. le Président. Hier, je me suis rendu à
La Pocatière pour soutenir les gens de la région qui sont inquiets. Parce que, contrairement à ce
que le premier ministre et les ministres libéraux ont dit, le contenu local,
dans un contrat, fait la différence. Dans la région de La Pocatière, on
parle de 1 000 emplois reliés directement ou indirectement au
transport de matériel roulant. Et, non, le Parti libéral n'est pas sur la bonne
voie. Si le député de Côte-du-Sud était resté
après le départ des caméras hier, il aurait entendu les entrepreneurs lui
parler des installations de leurs
entreprises en Chine et aux États-Unis. Ils ont dit que le message lancé par le
premier ministre... ils pourraient même
songer à fermer au Québec et tout produire ailleurs.
Est-ce que
la ministre de
l'Économie reconnaît que, sans
exigence d'un contenu local, une entreprise n'a pas à être au Québec pour vendre ici et que,
sans exigence d'un contenu local, les entreprises pourraient fermer leurs usines au Québec,
produire en Ontario, aux États-Unis, où il y a des exigences d'un contenu
local?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. S'il y
a une chose que l'on comprend, c'est vraiment
l'importance de tout le secteur
manufacturier au Québec. C'est la raison pour laquelle le gouvernement du Québec n'a ménagé aucun effort pour aller dans toutes les régions du Québec
et s'assurer qu'on rencontre les entreprises, qu'on soit présents avec eux et qu'on
investisse. Dans la dernière année seulement, c'est 240 projets dans
toutes les régions du Québec, dans le système manufacturier.
On progresse avec les entreprises, on avance, on a des résultats concrets :
400 millions d'investissement
public pour 1,9 milliard d'investissement privé. C'est ça que nous avons réussi à faire
dans le secteur du manufacturier.
la question du contenu local, il est évident qu'il y a des contenus locaux
que nous devons maintenir. Nous allons
regarder les différentes alternatives. On a déjà expliqué qu'au niveau de la Caisse de dépôt c'est une société qui était indépendante. Par contre, pour le reste,
nous sommes ouverts à regarder ce qui peut être possible. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : M. le Président, nos voisins, les États-Unis, exigent 60 % de contenu local, bientôt
70 %; nos autres voisins, l'Ontario,
25 %. La semaine dernière, on l'a répété à tous les jours au gouvernement, qu'il faut exiger un contenu local à la hauteur de 25 %, comme c'est
permis dans l'entente Canada-Union Europe. Malheureusement, malgré qu'on
répète et on répète, le gouvernement continue de s'entêter.
Je vais le répéter
encore : Mme la ministre, allez-vous exiger 25 % de contenu local?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Encore une fois, l'opposition refuse de voir les résultats concrets qui ont été
faits dans le secteur du
manufacturier, des résultats expressément spécifiques avec des investissements concrets puis plein d'emplois qui ont été créés, 162 000 emplois
qui ont été créés depuis 2014.
sujet du contenu, je l'ai dit, je ne suis pas entêtée, je l'ai dit, je le
répète, nous allons regarder ce qu'on peut faire pour vraiment maintenir
des contenus ici, au Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
M. le Président, j'aimerais rappeler à la ministre qu'on a perdu
15 000 emplois dans le monde manufacturier.
Hier, le député de Côte-du-Sud a dit lors de son allocution, un, qu'il fallait
écouter. Deux, il a dit qu'il fallait trouver
un argumentaire et, trois, qu'il fallait un porte-parole pour le dossier. M. le
Président, je veux rassurer tout de suite la population du comté. Un, je les ai écoutés pendant et après la
conférence de presse. Deux, l'argumentaire, on l'a, on le répète depuis une semaine. Et, trois, oui, ils en
ont un, porte-parole. Et je veux rassurer le député de Côte-du-Sud, la CAQ
s'occupe du dossier.
Mme la ministre, je
vous demande 25 % du contenu local...
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : M. le Président, nous avons répondu à la question du REM.
Mais, quant à être présents pour les gens
de la région, avec le député de Côte-du-Sud, je peux vous assurer que nous
allons être présents. Nous avons déjà prévu une rencontre ce vendredi pour aller à la rencontre des gens, à la
rencontre des entreprises, à la rencontre des entrepreneurs et nous
assurer qu'on réponde réellement aux besoins.
Mais,
encore une fois, le secteur du manufacturier se transforme au Québec. Il y a
plusieurs articles, Le Québec en tête de liste , la semaine dernière,
avec le secteur manufacturier, c'est ça que nous voyons. Et c'est les résultats
de plusieurs années et de plusieurs mois
d'efforts sur le secteur manufacturier, et on en voit les résultats. Merci, M.
le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : Merci, M. le Président. J'aimerais interpeler aujourd'hui
le gouvernement sur deux enjeux majeurs de la Gaspésie. Depuis 2013, le décret 2013-01 obligeait les
entreprises exploitant des parcs éoliens à faire des ententes, réaliser des ententes avec les acteurs du milieu
afin de construire les fameux parcs. Maintenant, depuis mai dernier, le gouvernement a adopté un nouveau décret dans
lequel il n'y a plus d'obligation de s'associer avec les acteurs du milieu.
Conséquence, des investissements majeurs
vont être réalisés, et les profits iront majoritairement, sinon totalement dans
les coffres de la grande entreprise privée,
privant ainsi les régions de plusieurs dizaines de millions de revenus en
dollars annuellement qui pouvaient être injectés dans l'économie locale,
régionale et dans l'occupation du territoire.
plus, l'obligation de contenu local et régional a été enlevée, privant aussi
les entreprises manufacturières du Québec de contrats extrêmement
importants.
Est-ce que le
gouvernement va revoir sa position exprimée dans son décret de mai 2016?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
Bien, M. le Président, d'abord et avant tout, il faut bien se rendre compte que
nous sommes, bien sûr, toujours
intéressés à faire en sorte que l'industrie éolienne soit en croissance au
Québec. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on
a adopté, il y a quelques semaines, un décret — parce qu'auparavant il n'y en avait
pas — on a
adopté un décret qui permet de faire en sorte que des projets éoliens
puissent servir à l'exportation.
Et je tiens à rappeler que, d'ici les prochaines
semaines, d'ailleurs, il y aura des appels d'offres importants à New York et puis il y aura des appels d'offres
importants au Massachusetts dans lesquels, évidemment, le gouvernement du Québec, via
Hydro-Québec, sera, bien sûr, présent. Et ça peut se faire de façon conjointe
avec les industries éoliennes, M. le
Président, alors nous travaillons avec ces industries-là. Bien sûr que nous
voulons que cette industrie-là continue de créer beaucoup d'emplois. Nous allons travailler avec les industries
pour favoriser encore davantage les exportations parce que le Québec n'est pas un marché qui est suffisamment énorme pour
permettre de faire en sorte que les industries survivent sans aucun enjeu. Alors, M. le Président, nous allons
continuer à faire en sorte de favoriser les exportations pour le
bénéfice des gens...
Le Président : En terminant.
Arcand : ...entre
autres, de la Gaspésie, bien sûr.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre : M. le Président,
favoriser, malheureusement, est insuffisant. Est-ce que le gouvernement veut s'engager à modifier son décret, son décret actuel,
pour obliger, comme c'était dans le passé, l'inclusion des communautés locales et régionales aux futurs projets de parcs éoliens et également
confirmer l'importance d'avoir un contenu régional et un contenu
national québécois pour garantir la pérennité de nos entreprises dans le
secteur de l'éolien?
j'aimerais savoir si le ministre des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire serait d'accord pour
convaincre son collègue d'aller dans ce sens-là pour...
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : Bien, M. le
Président, ce dont on parle actuellement, en fait, l'enjeu, pour que les gens
comprennent très bien ce dont il est
question, c'est de faire en sorte de garantir 50 %, en fait, aux
municipalités, les futurs contrats éoliens. Et la vérité, c'est que les futurs contrats éoliens, ça va se faire
conjointement avec Hydro-Québec. Ça doit se faire de façon compétitive. Et, pour que ça se fasse de façon
compétitive, il faut qu'il n'y ait pas de barrières. Et l'époque où on donnait
à fort prix des contrats éoliens, c'est maintenant terminé. Il faut que les
gens soient compétitifs. Rien n'empêche les municipalités...
Le Président : En terminant.
Arcand : ...de
participer à ces projets-là, mais il faut que ce soit compétitif.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : Second dossier, M. le Président, l'École des pêches et de
l'aquaculture de Grande-Rivière, un dossier majeur pour l'économie de la Gaspésie, mais également du Québec. Après
de nombreuses années, cette école doit attendre annuellement son budget annuel. J'ai eu l'occasion d'en discuter avec la
ministre de l'Enseignement supérieur, et, vous savez, on est passé de 70 à tout près de 140 inscriptions durant
l'année. On avait de gros défis à relever au niveau de la région, les
gestionnaires locaux ont fait leurs devoirs.
Maintenant, est-ce qu'on peut avoir la garantie
de la ministre à l'effet qu'il va y avoir une déclaration, une annonce
officielle pour assurer la pérennisation des budgets de...
Le Président : M. le ministre
délégué à la Gaspésie et aux...
M. D'Amour : Non, ministre délégué
aux Affaires maritimes, M. le Président.
Le Président : Ministre
délégué aux Affaires maritimes.
D'Amour : Alors, M. le Président, lorsqu'il est question de
l'école nationale des pêches de Grande-Rivière en Gaspésie, c'est notre
gouvernement, à l'époque d'Yves Bolduc, qui avait produit un rapport sur l'état
de situation qui a conduit à une entente
avec l'Institut maritime de Rimouski pour créer un rapprochement, stimuler
l'inscription des jeunes. Et je peux vous
dire, grâce à la Stratégie maritime, M. le Président, non seulement le nombre
d'inscriptions a augmenté du côté de
Grande-Rivière à l'école nationale des pêches, mais, du côté de l'Institut
maritime de Rimouski, c'est un succès.
Moi, j'invite
le député de Gaspé, M. le Président, à rencontrer l'ensemble des intervenants,
il va apprendre des choses de son propre comté, là. Il y a de bonnes
nouvelles au niveau de l'école nationale des pêches, ma collègue de l'Enseignement supérieur
fait un travail remarquable. On le fait en équipe, et, M. le Président, je vais
rencontrer le député après la période de questions sur un ensemble de
dossiers.
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
Ça va me faire plaisir d'aborder cette question-là des travailleurs avec lui.
Le Président :
Principale, M. le député de Verchères.
Bergeron : Merci, M. le Président. La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, habituée à un
train de vie vice-royal, a jugé bon d'apporter quelques changements à la
résidence qu'occupait l'ex-ambassadeur
canadien à l'UNESCO, Jean-Pierre Blackburn, qui, lui, la trouvait apparemment
convenable. Le hic, c'est que ces améliorations locatives ont coûté la
coquette somme d'un demi-million de dollars.
n'est pas la première fois, M. le Président, que Mme Jean défraie la manchette
pour son train de vie princier et ses
dépenses somptuaires. La ministre des Relations internationales a déclaré que
Mme Jean avait toujours sa confiance. Mais
encore? Le Québec est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'Organisation internationale de la Francophonie.
ministre n'est-elle pas préoccupée que l'argent des
contribuables québécois serve davantage à l'accessoire, au clinquant qu'à
l'essentiel, c'est-à-dire au rayonnement de la langue française à travers le
monde?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre :
Merci, M. le Président. Évidemment, le rôle que joue le Québec au sein de
l'Organisation internationale de la
Francophonie est un rôle très important, fort important. D'ailleurs, nous avons
un délégué qui siège au sein de l'Organisation internationale de la
Francophonie.
Les comptes de
l'Organisation internationale de la Francophonie sont revus, M. le Président,
par la Cour des comptes du Maroc. Donc,
toutes les dépenses de l'Organisation internationale de la Francophonie sont
contrôlées, sont revues, il y a
une vérification qui est faite. Il y a également
un comité qui est en place, et nous siégeons sur ce comité.
Quant au dossier de
la résidence, c'est un dossier entre l'Organisation internationale de la
Francophonie et le gouvernement d'Ottawa, qui a fourni cet appartement à la
secrétaire générale lorsqu'elle a été nommée à la tête de l'Organisation
internationale de la Francophonie.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron : Doit-on
comprendre, M. le Président, que la ministre est d'accord avec ces améliorations locatives
à un demi-million de dollars, alors que l'appartement, selon son précédent
locataire, était tout à fait convenable?
ministre a dit, ce matin, qu'elle n'était pas au courant.
Est-ce qu'il y a une vérification qui est faite ou est-ce qu'il n'y a pas de
vérification qui est faite? Et, en bout de piste, est-elle d'accord?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : M. le Président, en tout respect, je viens de dire que le dossier de l'appartement de la
secrétaire générale de l'Organisation
internationale de la Francophonie est un dossier entre l'organisation et le gouvernement fédéral, qui a décidé d'offrir cet appartement à la secrétaire générale.
comptes de l'Organisation internationale de la Francophonie, je le répète, je
l'ai dit dans la réponse précédente, sont
revus par la Cour des comptes du Maroc, et nous avons confiance en la Cour des
comptes du Maroc. Donc, tout est vérifié,
M. le Président. Nous siégeons même au sein du comité d'audit de
l'Organisation internationale de la Francophonie. Notre délégué est
présent. Notre délégué...
Le Président :
En terminant.
St-Pierre :
...a demandé certaines explications, et nous sommes au fait de ce qui se passe
au sein de l'organisation...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron : M. le Président, en tout respect pour le Maroc, le Québec est l'un des principaux
bailleurs de fonds de l'OIF. Alors, dans les circonstances, est-ce que
la ministre est d'accord avec les voyages princiers de la secrétaire générale,
avec l'achat d'un piano à 20 000 $, avec des améliorations locatives
à un demi-million de dollars?
Est-ce
qu'elle est d'accord, finalement, à ce que l'argent des contribuables serve à
l'accessoire, au clinquant, comme je le disais, plutôt qu'à l'essentiel,
c'est-à-dire au rayonnement de la langue française à travers le monde?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Justement,
l'Organisation internationale de la Francophonie, comme vous le dites si bien,
M. le député, c'est le rayonnement de la langue française à travers le monde.
Il y a plus de 50 pays et États membres de l'organisation
internationale et il y a également des pays qui sont observateurs.
que l'on souhaite, bien sûr, c'est que la secrétaire générale aille visiter,
aille rencontrer les gouvernements de ces différents pays. On ne souhaite pas
qu'un secrétaire général soit assis dans son bureau à Paris. Ce qu'on veut,
c'est qu'il aille sur le terrain, et le terrain, bien, on parle de
85 pays et États, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le ministère de l'Économie empêche la création d'une cinquantaine d'emplois
à Magog. L'entreprise québécoise
Iceworks Animation veut investir 10,7 millions de dollars pour relancer un
projet de série télé inspirée des
romans Amos Daragon. Une contribution de 2,7 millions de dollars a été
demandée à Investissement Québec,
et Investissement Québec a bien accueilli le projet. Mais, depuis que le ministère
de l'Économie s'en est mêlé, le dossier s'est complexifié pas mal. Le ministère ne veut pas soutenir
ce projet régional. Pourtant, Radio-Canada s'est engagée à diffuser. La situation est
tellement désolante, M. le Président, que le député libéral d'Orford, ce matin,
dans La Tribune, a affirmé que la stratégie
de développement économique des régions de son gouvernement ne
fonctionne pas.
Est-ce que la ministre
peut nous expliquer pourquoi elle refuse de créer ces emplois à Magog?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, écoutez, d'abord, je vais dire que le rôle d'un
député, c'est de vraiment défendre sa région, et nous avons le député d'Orford qui prend vraiment à coeur tout ce qui s'y passe, qui veut vraiment
s'impliquer, qui veut vraiment faire
en sorte qu'il y ait des projets qui
arrivent, des projets auxquels il croit. Par exemple, un exemple concret,
Magog Technopole. Voici un exemple concret de projet qu'il a poussé et qu'il a
fait en sorte que ça voie le jour, et l'annonce a été faite par ma
collègue du Développement régional, la vice-première ministre du Québec, il y a quelques mois. Donc, des
projets concrets peuvent voir le jour, M. le Président.
Dans
le cas qui nous occupe, d'un point de
vue économique, qu'est-ce qui nous
intéresse, c'est de nous assurer qu'il
y ait des retombées pour l'ensemble de la population — ce
sont des deniers publics — et
nous assurer que les projets qui
soient présentés puissent vraiment avoir un impact concret sur toute la région.
C'est ce que nous regardons comme critère.
Je ne vais pas discuter d'un cas particulier ici, au salon bleu. Mais ça, c'est
une chose, nous regardons tous les projets porteurs pour la région du Québec.
Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel :
M. le Président, il faut sortir du mur-à-mur un peu du côté du ministère et de
la ministre, là. Montréal, là, c'est une capitale des technologies de l'information. Ubisoft plus beaucoup d'autres entreprises
ont bénéficié de subventions
importantes. Est-ce que c'est un combat entre Magog et Montréal
soudainement, là? Pourquoi on ne veut pas supporter cette société, que le député
lui-même souhaiterait créer de l'emploi, investir dans sa région? Pourquoi la
ministre ne veut pas répondre aujourd'hui et supporter cette entreprise?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade : Bien, parlons de
développement, particulièrement dans la région de l'Estrie. Combien de projets qui ont été soutenus dans la dernière
année? Combien de projets exactement
ont été soutenus? Deux? Trois? Quatre? Combien?
Il y a eu 18 projets qui ont été soutenus. J'étais à l'annonce pour Verbom,
une compagnie extraordinaire qui fait un travail remarquable, qui a des
ententes partout à travers la planète.
Nous soutenons plusieurs projets. Nous avons eu
des projets avec Mag One Operations, nous avons eu des projets avec Canards du Lac Brome. On en a, des projets, dans la région,
M. le Président, et on va continuer à en avoir, soutenir des projets qui sont porteurs, qui sont
créateurs d'emplois avec des résultats concrets, comme on l'a vu dans les résultats
de l'emploi des 12 derniers mois. Merci, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : Là, je ne suis pas, M. le Président. 10,7 millions d'investissement à Magog, on veut créer 50 emplois.
La société demande 2,7 millions, Radio-Canada dit : On a besoin d'une réponse d'ici 20
jours. Est-ce que la ministre
peut s'engager à supporter la société de son propre député et créer des emplois
à Magog?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Créer des emplois à Magog, M. le Président, c'est ça qu'on
fait. Répondre à des projets concrets et
porteurs, c'est ça qu'on fait, M. le Président. Chacun des projets est évalué
pour la portée qu'il a, pour l'impact qu'il a sur l'économie de la
région. C'est pour ça qu'on a fait Magog Technopole, c'est pour ça qu'on a fait
Verbom.
Maintenant,
vous me parlez d'un projet en particulier. Il est évalué sur l'ensemble des
critères que nous avons, il faut
qu'il y ait un impact direct pour la communauté. Maintenant, si vous voulez
discuter du projet spécifiquement, bien, on se donnera un rendez-vous à
l'extérieur du salon bleu. Merci, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier : Je vous remercie, M.
le Président. M. le Président, j'en suis à ma 11e année ici, à l'Assemblée nationale,
et je dois vous dire qu'en 11 ans de vie parlementaire il y a
rarement un dossier qui est venu me chercher autant que la Maison Jean-Eudes-Bergeron. On est clairement
dans un cas des bonnes vieilles craques du système où tu as des situations
où les gens ne casent pas dans ce qui est prévu par le gouvernement du Québec.
Pourtant, la
logique devrait parler. Si on prend juste les cas humains, là... Parce qu'à côté de Gino il y en a un autre
qui s'appelle Sébastien — puis, oui, je vais l'appeler Sébastien — puis Sébastien vit exactement la même
situation que Gino. Puis Gino, vous
savez quoi, M. le premier ministre, a besoin de vous aujourd'hui parce qu'enfin
ils se sont donné un milieu de vie dans lequel ils croient. Leur
chez-eux, ce n'est pas un CHSLD où ils ne connaissent personne. Leur chez-eux, c'est leur gang d'amis, entre eux, qui
vivent des situations similaires. Puis là ils demandent honnêtement qu'on
sorte des cases du système, qu'on trouve au
moins une situation temporaire pour assurer qu'on trouve une solution
permanente.
Est-ce qu'on peut avoir l'engagement de la
ministre responsable?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
M. le Président, j'ai entendu tantôt le député du Lac-Saint-Jean. Je lui ai dit
que nous travaillons au dossier depuis 2014, le CISSS de sa région. Mais
nous avons eu deux rencontres, lui, moi et les gens de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, ces personnes-là savent qu'on
travaille au dossier. Ils nous ont demandé de faire des évaluations, on les a faites. Ils nous ont demandé plein de
choses, on les a faites. Là, on est en train d'examiner une autre piste de
solution, M. le Président.
Et ce que je
dis au député du Lac-Saint-Jean, c'est que, non, ces personnes-là...
D'ailleurs, il m'a envoyé une petite note tantôt me demandant de les
rencontrer, ce que je vais faire avec plaisir. Je veux dire à ces personnes-là,
qui sont en haut dans nos tribunes :
Non, le CHSLD, pour eux, ce n'est pas admissible. Arrêtez de parler de ça, ça
n'arrivera pas. Il n'y a pas de CHLSD pour eux. On va tout faire pour
trouver une solution à la Maison Jean-Eudes-Bergeron. Et, si toutefois il arrivait qu'on ne soit pas capables
de trouver de solution avec le milieu — parce que ça vient de chez vous aussi — nous allons tout faire pour que ces
personnes-là... puis ce n'est pas «nous allons tout faire», nous sommes en
mesure de confirmer...
Le Président :
En terminant.
Charlebois : ...qu'ils
seront dans une ressource intermédiaire.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, il y a une situation d'urgence parce que,
le 1er juillet, si on n'a pas trouvé de solution d'ici là, ce n'est
pas compliqué, c'est terminé, la résidence va fermer, M. le Président. Alors
là, il y a une situation d'urgence. Puis
c'est vrai, avec la ministre, qu'on travaille sur une solution alternative de
financement. Mais, si on ne trouve pas
du financement dès maintenant, pendant qu'on essaie de trouver une solution, la
résidence, elle va être fermée, puis il va être trop tard.
J'ai besoin
de votre engagement, puis ces gens-là attendent une réponse maintenant,
aujourd'hui, comme de quoi la résidence va rester ouverte tant qu'on ne
trouvera pas une solution permanente.
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
M. le Président, je réitère qu'on travaille depuis plusieurs mois sur ce
dossier-là. Le député du
Lac-Saint-Jean le sait, il a participé à deux rencontres, il sait que je suis
très sensible à la situation. Il sait que je vais tout faire pour trouver une solution viable pour
ces personnes-là. Et le premier ministre est aussi sensible que moi, comme
l'ensemble du gouvernement. Il n'y a
personne, là, qui souhaite que ces personnes-là aillent en CHSLD, et je vous le
dis, là, ça n'arrivera pas. C'est clair, là, ça n'arrivera
pas qu'ils soient en CHSLD. Arrêtez de dire ça, ça n'arrivera pas, M. le Président.
Ceci étant
dit, on travaille sur un scénario en ce moment, il le sait. On va tout faire
pour que le scénario fonctionne.
Le Président : En terminant.
Charlebois : On va
voir à la situation par la suite, mais je veux le rassurer.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, la seule solution humaine, c'est le maintien de la Maison
Jean-Eudes-Bergeron pour les gens qui
sont ici. La ministre nous dit qu'elle travaille depuis des mois à trouver une
solution; il y a des solutions sur la
table. Ce qu'ils ont besoin, c'est de temps, c'est de l'argent pour résister au
temps. Le temps joue contre eux, ils ne veulent pas déménager. La
ministre dit : Ils ne veulent pas être dans un...
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
M. le Président, je les ai rencontrés deux fois, le 2 mai et le
18 mai. J'entends bien le député de
Saint-Jean, qui est ému par la situation, nous le sommes tous, et je veux les
assurer qu'ils n'iront pas en CHSLD, je veux vous assurer que nous allons continuer de travailler à trouver une
solution, solution à laquelle le député du Lac-Saint-Jean est très au courant, il était aux deux rencontres
puisque c'est dans son comté. Et je veux vous dire, M. le Président, que, le
scénario sur lequel nous travaillons, s'il
entraîne, à la fin du jour, que nous devions ajuster nos ressources, nous
allons le faire, et c'est ce que j'ai dit d'ailleurs au propriétaire de
la ressource. Je vais les rencontrer après...
Le Président : En terminant.
Charlebois : ...nous
aurons certainement une discussion, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le
Président. Bien, d'abord, je tiens à saluer également les résidents de la Maison Jean-Eudes-Bergeron d'Alma qui se sont
déplacés aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour demander que l'on sauve leur maison. Ça,
c'est leur chez-soi. Si le gouvernement libéral n'intervient pas, si le premier
ministre continue à ne pas
intervenir, ces 20 résidents seront bientôt forcés de déménager, leur
maison va fermer ses portes. Il reste 17 jours, 17.
CAQ se bat depuis des mois pour que l'on développe des places en ressource
intermédiaire pour les personnes handicapées,
qui ne devraient pas se retrouver en CHSLD, mais, au Lac-Saint-Jean, bien, il
semble qu'on fait exactement le contraire.
Devant
ces faits, ce 17 jours, le premier ministre peut-il dire aujourd'hui à ces
résidents qui souhaitent sauver leur chez-soi, leur qualité de vie, leur
milieu de vie que la Maison Jean-Eudes-Bergeron d'Alma ne fermera pas?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Bien, merci pour une autre fois la question,
mais je veux rassurer le collègue aussi de la CAQ, qui récupère la question du député du
Lac-Saint-Jean et le député de Saint-Jean, mais pour lui dire que nous
travaillons au dossier, qu'on ne veut pas que ces personnes-là quittent
leur milieu de vie. Ce n'est pas ce qui est souhaité, M. le Président, ce n'est
pas ce qu'on envisage. Si ce n'était pas le cas, je ne travaillerais pas au
dossier.
Mais
ce que je comprends mal... On me parle de jours. Moi, on m'avait dit, à la
dernière rencontre, que c'était pour fermer le 1er juillet. Quelle
date sommes-nous?
Charlebois : Bien, voilà. Alors, moi, ce que je vous dis,
c'est qu'on travaille encore au dossier, hein, puis ce n'est pas le 1er juillet aujourd'hui,
alors restons calmes. Je vais
travailler au dossier pour trouver une solution parce que ces personnes-là méritent qu'on trouve une solution, M.
le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de vote reporté, nous allons
passer à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je vais
céder la parole à Mme la ministre
de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
Mme Weil :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement afin de présenter la motion
suivante, et ce, conjointement avec
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Montarville, le député de
Gouin, le député de Laurier-Dorion, le député de Groulx ainsi que le
député de Gaspé.
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée mondiale des réfugiés qui se tiendra le
20 juin 2017;
«Qu'en
cette journée, l'Assemblée nationale réitère son engagement envers les millions
d'hommes, de femmes et d'enfants qui doivent quitter leur foyer pour
fuir la guerre et la persécution;
«Qu'en
cette journée, l'Assemblée nationale souligne la force morale, le courage et la
persévérance des demandeurs d'asile, des personnes déplacées, des
apatrides ou des personnes de retour dans leur pays après une longue absence.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Oui, Mme la Présidente. Nous proposons des interventions d'une durée maximale
de deux minutes par intervenant et,
selon les informations reçues, les interventions se feront dans l'ordre
suivant : d'abord, la ministre de l'Immigration,
de la Diversité et de l'Inclusion, suivie par les collègues
d'Hochelaga-Maisonneuve, Montarville et Gouin.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Alors, il y a entente
pour qu'il y ait des interventions d'environ deux minutes. Et, sans plus
tarder, je vous cède la parole, Mme la ministre.
Mme Weil :
Mme la Présidente, merci. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les
réfugiés, un nouveau record a été battu dans le monde en 2015 avec
65,3 millions de personnes déracinées pour fuir des conflits. De ce nombre, quelque 21,3 millions de
personnes sont réfugiées et plus de la moitié d'entre elles sont des enfants. À
lui seul, le conflit syrien a forcé plus de 5,5 millions de
personnes à se réfugier dans des pays voisins et lointains.
Dès septembre
2015, le gouvernement du Québec a dévoilé des mesures exceptionnelles pour
faire face à la crise humanitaire la
plus importante de notre temps et pour accueillir rapidement, dans le cadre
d'une opération d'envergure exceptionnelle, plus de
7 580 personnes réfugiées syriennes. Et fidèle à sa longue tradition
humanitaire, le Québec a accueilli, en 2015
et 2016, un total de 16 879 personnes réfugiées sélectionnées à
l'étranger ou reconnues sur place, de toutes origines confondues. Et
notre engagement se poursuit, Mme la Présidente.
tiens à souligner la collaboration indispensable de nombreux partenaires tels
les organismes de parrainage, les ministères
et organismes communautaires et leurs réseaux, les commissions scolaires,
établissements d'enseignement, les
organismes humanitaires et philanthropiques et les villes de destination pour
leur engagement et leur implication dans l'action humanitaire du Québec.
En terminant,
je suis fière que le Québec soit une terre d'accueil pour les personnes
réfugiées qui viennent avec courage
refaire leur vie dans la dignité. Je souhaite de tout coeur que cette nouvelle
vie leur apporte la paix et la sécurité. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. Au Québec, nous avons la
chance de vivre où il fait le mieux vivre au monde, une véritable terre de paix. Je pense que nous avons tendance
à oublier à quel point nous sommes chanceux. Cette chance, ce n'est pas tout le monde qui l'a eue, on ne choisit pas
où on naît. J'ai une pensée profonde et sincère pour tous ces enfants, toutes ces femmes et tous ces
hommes pour qui la guerre fait
partie de leur quotidien; pire encore, pour qui
la guerre est la seule chose qu'ils connaissent.
Les Québécois
ont toujours été de grands humanistes et ont toujours été solidaires et
accueillants envers les réfugiés, plusieurs
exemples de notre histoire le démontrent. Souvenons-nous que nous avons
accueilli généreusement 8 000 réfugiés vietnamiens à la fin des années 70, les «boat people», qui furent
parrainés par des gens généreux qui répondirent à l'appel de Jacques
Couture, ministre de l'Immigration du gouvernement Lévesque.
Le Québec fut également la première colonie
britannique à accorder les mêmes droits civiques aux Juifs et à accueillir
plusieurs Juifs persécutés en Europe de l'Est. Au tournant du XXe siècle,
le Québec a aussi accueilli des milliers de Chinois victimes d'intolérance et
de persécution en Colombie-Britannique. Et, plus récemment, pensons à l'accueil
de nombreux réfugiés syriens et congolais.
J'aimerais
également saisir cette occasion pour plaider qu'il est temps de changer nos
moeurs avec les personnes migrantes et
celles qui n'ont pas de papiers. Il est inacceptable de les traiter comme des
criminels, comme le fait présentement
le gouvernement canadien, en emprisonnant des parents et même leurs enfants.
Cela représente un manque flagrant de compréhension et d'humanisme, que
nous devons dénoncer.
Je suis honorée de pouvoir dire que le Québec a
toujours été une terre d'accueil et le demeurera encore,
j'en suis certaine, dans l'avenir. Merci, madame.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Maintenant, au tour de Mme la députée
Montarville de faire son intervention.
Mme Roy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Évidemment, c'est un grand plaisir pour moi
de joindre ma voix à celle de la
ministre aujourd'hui. Et je le dis sans équivoque : Les réfugiés ont leur
place au Québec, toute leur place, et nous
devons continuer de leur ouvrir nos portes et nos coeurs. Ce sont surtout des
hommes, des femmes et des enfants qui
fuient l'oppression et la violence de leur pays natal. Ils ont un parcours de
vie des plus difficiles. Et ces personnes ont toute notre admiration.
Québec, une
société d'accueil extraordinaire. Nous faisons grandement notre part, nous
sommes même parmi ceux qui
accueillent, au prorata de la population, plus d'immigrants et de réfugiés que
la France et les États-Unis. Et ça, c'est tout à notre honneur, et il
faut s'en souvenir.
Nous avons
souvent échangé en cette Chambre, Mme la Présidente, sur des questions
d'immigration. On a des désaccords,
on débat. Toutefois, un principe nous réunit. Oui, le Québec est accueillant
et, oui, il doit le demeurer. Par contre,
nous estimons qu'il y a certaines lacunes importantes dans notre modèle. Et
nous n'avons, à ce jour, aucune étude qui vient définir notre réelle
capacité d'accueil. Nous l'ignorons tous. Il faudrait faire un jour une étude
là-dessus.
La réalité
aujourd'hui, c'est que nos immigrants et réfugiés ont de la difficulté à
trouver du travail, ils ont de la difficulté
à apprendre et à maîtriser le français. Trop de nouveaux arrivants n'ont pas le
soutien nécessaire pour réussir. Alors,
c'est pourquoi nous croyons que les cours d'intégration et de francisation
devraient être obligatoires. Il faut garantir les ressources actuelles
afin d'assurer une intégration réussie des nouveaux Québécois au marché du
travail et à l'apprentissage du français. Et c'est ce que nous souhaitons, une
intégration réussie. C'est ça, la véritable ouverture, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de
Montarville. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Je veux aussi saluer le
dépôt de cette motion, joindre ma voix à celle de mes collègues.
L'enjeu des réfugiés est un enjeu qui
suscite de plus en plus de débats un peu partout dans le monde, et ce n'est pas
pour rien. La guerre civile en Syrie a fait
augmenter significativement le nombre de réfugiés et de gens déplacés un peu
partout dans le monde. Cette année, on
comptait 65,3 millions de personnes réfugiées et déplacées, selon le
haut-commissariat des réfugiés de
l'ONU. On le sait, malheureusement cette crise-là n'est pas terminée, parce que
les changements climatiques, si on ne fait rien, vont générer à
eux-mêmes 250 millions de réfugiés de plus.
Tout ça, bien sûr, ça
cause des problèmes de nature géopolitique, mais ça représente surtout une
immense souffrance. L'exil forcé, c'est une
douleur incommensurable vécue par trop d'hommes, trop de femmes, trop d'enfants
à travers le monde à l'heure actuelle.
Ici, au Québec, selon
ma formation politique, il y a une seule réponse à faire face à cette
douleur : celle de l'humanisme, celle
de la solidarité. Il faut, selon nous, ouvrir nos portes, il faut travailler à
l'intégration, et la meilleure manière
d'intégrer ces hommes, ces femmes et ces enfants, c'est, bien sûr, l'éducation.
On en profite donc pour souligner l'importance,
dès septembre prochain, de faire toute la place aux enfants réfugiés et aux
enfants à statut migratoire précaire dans nos écoles.
En terminant, je
voudrais rappeler que les réfugiés dont on parle aujourd'hui sont des gens qui
plus souvent qu'autrement fuient la violence dans leur pays d'origine. Il ne
faudrait donc pas qu'en arrivant ici ils retrouvent de la violence. Alors, tout en appuyant la motion, ma
formation politique veut d'une même voix s'inquiéter de l'augmentation des crimes haineux qui a été annoncée ce matin. Il
faut accueillir, bien sûr, le plus de réfugiés possible, et il faut le faire
comme si c'était notre propre famille. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Gouin. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Pour la prochaine motion,
je cède la parole à M. le député de Verchères.
Bergeron : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie, le député de Granby, le député de Mercier, le député de Gaspé, le
député de Groulx et le député de Laurier-Dorion, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale réaffirme son attachement indéfectible aux institutions
démocratiques, à l'État de droit et
aux libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression et d'association,
ainsi que son engagement à les défendre et [à] les promouvoir partout
dans le monde;
«Que
l'Assemblée nationale exprime sa préoccupation concernant les questions
d'arrestations et les détentions de
citoyens, de journalistes et particulièrement de parlementaires et d'élus
municipaux du Parti démocratique des peuples en Turquie;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle l'importance de l'engagement de [chacune et]
chacun en faveur d'un État garant de l'égalité de tous ses citoyens,
sans distinction de leur sexe, de leurs croyances politiques ou religieuses.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Verchères. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée? Adopté. Maintenant,
pour la prochaine motion, je cède la parole à M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je demande le consentement de cette Chambre
pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de Sanguinet,
le député de Gaspé et le député de Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la mobilisation de plusieurs acteurs économiques des
régions du Québec, notamment des entreprises de la région de La Pocatière, concernant la
diminution de plus en plus fréquente des exigences de contenu local dans
l'octroi des contrats d'infrastructures publiques de transport;
«Qu'elle
constate que la participation du gouvernement du Québec dans le REM de
2,5 milliards de dollars lui permet d'y avoir un droit de regard;
«Qu'elle
demande au gouvernement d'exiger un seuil minimal de 25 % de contenu local
dans le projet du REM.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le député d'Arthabaska. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement. Maintenant, je reconnais M. le député de Mercier pour la
prochaine motion sans préavis.
M. Khadir :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante conjointement avec le député de Sanguinet
et le député de Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale demande au président du Comité de modernisation de l'industrie
du transport par taxi de convoquer
rapidement une rencontre du comité et d'inclure à l'ordre du jour l'évaluation
du projet pilote Uber et ses effets sur l'industrie;
«Que
l'Assemblée nationale demande à la Commission des transports et de l'environnement
d'évaluer les résultats du projet pilote Uber autorisé par le
gouvernement;
«Que
l'Assemblée nationale demande à la CTE d'entendre le ministre des Transports
ainsi que les principaux acteurs de
l'industrie du taxi. Que le bilan soit déposé à l'Assemblée nationale avant la
fin du projet pilote le 14 octobre 2017.»
Je me dépêche pour
attraper le ministre du Transport.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Mercier. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Maintenant, s'il n'y
a pas d'autre motion sans préavis, nous allons passer à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions, et je cède la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors,
j'avise cette Assemblée que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 113, Loi modifiant le Code civil et d'autres dispositions
législatives en matière d'adoption et de communication de renseignements,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 137, Loi
concernant le Réseau électrique métropolitain, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 18 heures, à
la salle du Conseil
législatif;
Finalement,
la Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée
à l'égard du projet de loi n° 99, Loi modifiant la
Loi sur la
protection de la jeunesse et d'autres dispositions, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Pour ma
part, je vous avise que la Commission de
la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui,
de 18 heures à 19 heures, à la salle RC.171, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de pétitions concernant : le maintien des services
de santé et de proximité au Kamouraska, la reconnaissance des pairs aidants,
l'affichage des emplois offerts au Centre intégré de santé et de
services sociaux des Laurentides et enfin le remboursement des bandelettes pour
lecteur de glycémie.
Nous en sommes
maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
puisqu'il n'y a pas de demande de renseignements, la période des affaires
courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du
jour, et je vais céder la parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Bonjour, Mme la Présidente. Merci d'appeler l'article 93, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 93 du
feuilleton, l'Assemblée procédera maintenant au débat sur la motion inscrite à l'article 93 du feuilleton,
faisant suite au dépôt, par Mme la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation au nom de Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie, d'un engagement
international. Cette motion se lit comme suit :
«Que,
en vertu de l'article 22.3
de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, l'Assemblée nationale approuve l'Accord économique et commercial
global entre le Canada et l'Union européenne, signé le 30 octobre
2016 et approuvé par le Parlement européen le 15 février 2017.»
Je vous rappelle que, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, cette motion donne lieu à un débat
restreint de deux heures.
Avant
de poursuivre, je vais suspendre nos travaux afin de réunir les leaders pour
procéder à la répartition du temps
de parole. Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 21)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous allons reprendre nos travaux. Et, à la suite de la réunion
avec les leaders, voici la répartition des temps de parole pour ce débat : 55 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement; 32 min 5 s sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle; 22 min 55 s
sont allouées au deuxième groupe d'opposition; 10 minutes sont allouées
aux députés indépendants, six minutes sont réservées
aux trois députés de Québec
solidaire, et la présidence répartira
le reste de cette enveloppe de temps entre les députés de Groulx, de Vachon
et de Gaspé, selon de nombre de députés qui se seront manifestés, et sous
réserve d'un maximum de deux minutes chacun. Dans le cadre de ce
débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera
redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies précédemment.
Mis à
part les consignes mentionnées précédemment, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants qui
souhaitent intervenir au cours du débat qu'ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la
présidence.
Et je cède maintenant la parole à Mme la ministre
des Relations internationales et de la Francophonie.
St-Pierre : Merci,
Mme la Présidente. C'est avec un grand plaisir que je propose aujourd'hui à
cette Assemblée, conjointement avec ma
collègue de l'Économie, de la Science
et de l'Innovation, l'approbation de
l'Accord économique et commercial global entre le Canada et
l'Union européenne, que l'on nomme l'AECG. J'aimerais prendre quelques
instants pour remercier toute l'équipe de négociation dirigée par
Me Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre du Québec, et également
notre équipe en Belgique, à la délégation générale, dirigée par M. Michel
Audet et auparavant par M. Christos
Sirros, qui ont fait vraiment un travail exceptionnel pour en arriver à ce que
nous puissions aujourd'hui déposer cette motion.
Je rappelle
aux membres de cette Assemblée que le gouvernement
du Québec a été l'initiateur des négociations de l'accord ainsi que l'un de
ses principaux promoteurs. L'initiateur, celui qui a eu l'idée, était le
premier ministre Jean Charest, et par la
suite on a réussi à convaincre l'Union européenne et le Canada d'entamer ces
importantes négociations. Donc, la
négociation a été lancée en mai 2009, et, pour la première fois, le Québec a
obtenu du gouvernement fédéral une pleine participation aux négociations
d'un accord commercial international.
À ce titre,
il a eu un accès à tous les textes en négociation et a participé à
l'élaboration des positions canadiennes sur les matières ressortissant
de la compétence constitutionnelle du Québec. Compte tenu de notre rôle
fondamental à l'étape de l'application d'un
tel accord, une participation aux négociations était essentielle, dans un souci
d'efficacité. Le gouvernement du Québec se réjouit de l'excellente
collaboration entre les gouvernements du Québec et du Canada tout au long du processus entourant la négociation,
la promotion et l'entrée en vigueur de l'Accord économique et commercial
global entre le Canada et l'Union européenne et souhaite en ce sens
qu'une collaboration similaire puisse être établie pour
d'autres accords de commerce que le Canada souhaite conclure à l'avenir.
Dans la
nouvelle politique internationale du Québec que nous venons de
lancer cet hiver, nous réaffirmons, dans un contexte mondial marqué d'incertitudes, l'engagement
du Québec en faveur de l'ouverture économique
et de l'internationalisation des
entreprises québécoises. C'est pour assurer la promotion de son identité
et assurer sa prospérité que le Québec a choisi, il y a 50 ans, de
se doter d'un ministère des Relations internationales.
En suivant la
doctrine de Paul Gérin-Lajoie, le Québec a su démontrer, au fil des ans, sa crédibilité et
sa pertinence sur la scène
internationale, et cela a été reconnu par le premier ministre Trudeau et
hier encore, à la conférence de Montréal,
par la ministre Chrystia Freeland.
Cette participation du Québec à des enjeux l'impliquant directement a des retombées concrètes pour les Québécois et les Québécoises.
En raison de
la taille relativement limitée de son marché intérieur, la prospérité du Québec
dépend largement de sa capacité à exporter. Ainsi, le Québec doit miser
sur la diversification de son commerce et viser l'élargissement de son accès au
marché extérieur, dont celui, bien entendu, de l'Union européenne.
En conséquence, le gouvernement du Québec a plus
d'une fois démontré son appui au libre-échange et à la mondialisation de l'économie, qui constitue incontestablement l'une de
ses priorités. L'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union
européenne est l'accord de
libre-échange le plus important depuis l'entrée en vigueur de l'Accord de
libre-échange nord-américain, l'ALENA, que l'on appelle ALENA, en 1994.
L'AECG fera
d'ailleurs du Canada l'un des seuls pays au monde à profiter d'un
accord de libre-échange avec deux des
plus grands partenaires économiques de la planète. Que ce soit dans le cadre de
l'ALENA, des accords conclus sous l'égide de l'Organisation mondiale du
commerce ainsi que des accords bilatéraux conclus entre le Canada et de nombreux pays, le Québec a fait le choix
d'appuyer la libéralisation des échanges et l'amélioration des règles qui
régissent le commerce international.
Puisque
l'AECG devra également être ratifié par les États membres de l'Union européenne suivant leur constitution nationale, l'accord entrera en vigueur
en deux phases.
première phase est l'application provisoire, par laquelle la quasi-totalité de
l'accord sera applicable. Le Canada
et l'Union européenne visent une telle application dès le 15 juin 2017,
donc très bientôt, dans quelques heures.
La seconde phase permettra l'entrée en vigueur définitive
de l'accord, une fois que tous les États membres de l'Union européenne ainsi que le Canada l'auront ratifié. Bien,
avant l'application provisoire, le Québec, notamment
par l'entreprise de ses
représentations en Europe, a fait valoir le rôle essentiel des différents
acteurs économiques et l'avantage de cette occasion afin de
désamorcer les craintes.
Nous devons
dès maintenant miser sur cette interprétation de nos marchés...
interpénétration, devrais-je plutôt
dire, et préparer les entreprises à profiter de l'entrée en vigueur de l'AECG.
Je ne saurais trop souligner les occasions d'affaires accrues tant pour les entreprises
québécoises qu'européennes et celles créées par nos secteurs d'excellence
complémentaires sur les pourtours du monde transatlantique.
Mme la Présidente, la ratification est un processus qui peut prendre plusieurs années au sein de
l'Union européenne. Ce laps de temps
est une occasion à saisir puisque, tout au cours de ce processus,
nous ferons la démonstration concrète que l'accord renforcera notre
commerce tout en respectant nos normes et que les inquiétudes s'apaiseront.
L'accord offre un accès privilégié à un marché
de 500 millions de consommateurs, entraînant des retombées économiques
substantielles pour le Québec. Ce sont plus de 16 000 emplois qui
seront créés annuellement.
L'AECG élimine les tarifs douaniers pour la
totalité des biens industriels. Il permet à nos entreprises de faire
reconnaître ici la conformité de leurs produits aux normes européennes.
L'AECG offre un meilleur accès au marché public
de l'Union européenne, qui est le plus important marché d'approvisionnement public au monde. Il facilite la circulation des
investisseurs et des professionnels entre le Canada et l'Union
européenne. Il élimine les tarifs douaniers sur près de 94 % des lignes
tarifaires agricoles dès l'application provisoire de l'accord.
L'AECG institue un mécanisme de coopération
visant à atténuer les différences réglementaires. Il permettra intimement d'accélérer et de faciliter la
reconnaissance des qualifications professionnelles et de hausser le taux
d'acceptation des demandes de permis d'exercice pour des professions et
métiers réglementés.
Finalement,
l'AECG favorise l'adoption de dispositions renforcées en matière
d'environnement, de développement durable
et de droit du travail. Ces dispositions s'inscrivent dans les orientations
privilégiées par le Québec dans le cadre de la nouvelle politique internationale Le Québec dans le monde : s'investir, agir, prospérer — c'est
le
titre de notre nouvelle politique qui a été rendue publique le 11 avril
dernier — notamment en ce qui a trait à la contribution à un monde plus durable, juste et
sécuritaire.
chapitre 29, concernant le règlement des différends, comporte nombre d'améliorations sur les versions précédentes, dont
la reconnaissance explicite du droit de réglementer pour tous les paliers de gouvernement et la création d'un tribunal chargé
de régler les différends entre les investisseurs et l'État. Ajoutons la nomination
des membres du tribunal à partir d'une liste préalablement établie par
les parties ainsi que des engagements détaillés en matière éthique permettant d'éviter tout conflit d'intérêts, perçu ou réel,
pour les membres du tribunal. Un mécanisme d'appel pourra corriger les erreurs de droit commises en première instance et
assurer ainsi une constance dans la qualité des décisions et une plus
grande prévisibilité pour les entreprises et les gouvernements.
S'agissant de
la délicate question de l'environnement, l'accord reconnaît expressément, et je
cite : «...le droit de chaque
partie de définir ses priorités[...],
d'établir ses niveaux de protection de l'environnement ainsi que d'adopter
ou de modifier en conséquence sa législation
et ses politiques.» Les parties conviennent aussi de ne pas affaiblir ou
réduire leur niveau de protection environnementale pour stimuler le
commerce ou l'investissement. Le Canada et l'Union européenne demeureront libres d'adopter les normes qui leur conviennent
selon leurs processus législatifs respectifs et selon leurs valeurs.
La coopération dans le domaine réglementaire est
volontaire et vise le partage d'information entre les entités compétentes. En ce sens et dans le respect de ses
compétences, le Québec continuera d'être un acteur engagé de la mobilisation
internationale en faveur de la protection de l'environnement et de la
biodiversité ainsi que de la lutte contre les changements climatiques.
L'accord
comporte aussi une référence importante à la Convention sur la protection et la
promotion de la diversité des
expressions culturelles de l'UNESCO, car il faut rappeler la double nature des
biens et services culturels et réitérer le droit souverain des États,
dont le nôtre, de se doter de leurs propres politiques culturelles.
Mme la
Présidente, permettez-moi de rappeler qu'au Canada le droit constitutionnel et
la pratique ont confirmé le pouvoir
exclusif des gouvernements des provinces et des territoires à mettre en oeuvre
ces instruments lorsqu'ils portent sur des matières qui relèvent de leur
compétence. C'est en 2002 que le Québec a officiellement octroyé un pouvoir d'approbation des engagements internationaux important
à l'Assemblée nationale, dans la
Loi sur le ministère des Relations internationales, en y affirmant que le Québec est
le seul compétent pour assurer la mise en oeuvre de tels accords. En ce sens, les accords internationaux conclus par le
Canada en matière de commerce international dont des chapitres relèvent de la compétence constitutionnelle du Québec
constituent des engagements internationaux importants au sens de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales. Dès lors, leur entrée en vigueur requiert, dans un
premier temps, qu'ils soient approuvés par cette Assemblée et, dans un deuxième
temps, la prise d'un décret par le gouvernement du Québec, qui peut alors
exprimer sa volonté d'être lié par un accord international du Canada.
conférant ainsi aux membres de l'Assemblée nationale une compétence
d'approbation préalable des engagements internationaux importants, le Québec a fait de cette Assemblée la
première institution parlementaire de type britannique à codifier une compétence d'une telle nature. En
associant les partenaires... les parlementaires, dis-je, à l'approbation des
ententes jugées importantes au regard de la
loi, nous consacrons la démocratisation du processus qui vise à nous déclarer
liés à ces accords.
L'approbation des accords conclus par le Canada et qui concernent nos
compétences nous permet sans aucun
doute de réaffirmer les responsabilités du Canada en ces matières et de
perpétuer la capacité de notre Assemblée nationale dans le cadre de la
doctrine Gérin-Lajoie.
À ce titre,
je vous rappelle qu'en 1965 l'allocution de M. Gérin-Lajoie comportait
l'annonce selon laquelle, dans tous
les domaines qui sont complètement ou partiellement de sa compétence, le Québec
entend désormais jouer un rôle direct,
conformément à sa personnalité et à la mesure de ses droits. Et, comme l'a si
bien dit l'ancien premier ministre Jean Charest, ce qui est de
compétence chez nous est de compétence partout.
C'est donc
dans cette optique et afin d'en assurer la continuité que nous nous présentons
aujourd'hui devant cette Assemblée. L'approbation parlementaire de
l'AECG contribuera à la reconnaissance de notre pratique en établissant
notamment des précédents, pour le Québec, qui viendront soutenir sa
participation à d'éventuelles négociations.
Je suis
convaincue que la mise en oeuvre de l'AECG contribuera au développement encadré
et productif de nos relations
commerciales et politiques. Le ministère des Relations internationales et de la
Francophonie entend d'ailleurs jouer
un rôle important dans l'amélioration et le renforcement des relations
bilatérales avec plusieurs États européens, relations souvent
essentielles à la mise en place d'échanges commerciaux fructueux.
Dans un même ordre d'idées, je souligne que
l'amélioration des liens commerciaux entre le Québec et ses partenaires a également un effet majeur sur
d'autres dimensions de nos relations internationales. Une plus grande
intégration économique peut ouvrir de
nouvelles avenues de coopération. Déjà plus intégré à l'économie européenne que
le reste du Canada, le Québec est un
partenaire de grand intérêt de l'Europe, dont l'environnement juridique et
culturel nous est très proche. Nous partageons également les mêmes priorités en
matière de recherche et d'innovation et souhaitons nous positionner à
l'avant-garde mondiale dans ce domaine.
Déjà, le
Québec et plusieurs régions d'Europe peuvent tabler sur une relation
commerciale vigoureuse. Le dynamisme
économique étant tributaire de l'innovation, le Québec et l'Europe ont aussi
développé de belles coopérations scientifiques en mettant l'accent sur
la valorisation et le transfert aux entreprises, car, forte de ses grandes
équipes de recherche, de ses objectifs
ambitieux et de budgets substantiels, l'Europe est souvent à l'avant-garde
mondiale. Le Québec est sur des
places européennes depuis plus d'un demi-siècle. Il compte sur un réseau de
représentation à Bruxelles, Paris, Londres, Munich, Berlin, Rome et
Barcelone. Et j'en profite pour saluer nos équipes sur le terrain. Nous y avons
ensemble fait éclore une riche coopération
économique, culturelle et scientifique. Ces coopérations font écho aux enjeux
du siècle : environnement et
développement durable, intégration des immigrants, diversité culturelle,
recherche et innovation, mobilité des étudiants et de la main-d'oeuvre,
etc.
Nous
partageons avec l'Europe l'idée de ce que doit être une société moderne,
démocratique et pacifique, fondée sur
le pluralisme linguistique, la diversité culturelle, le développement durable
et le progrès social. J'en profite pour réitérer la volonté du Québec de collaborer avec l'Union européenne dans
différents dossiers internationaux tels que les changements climatiques.
Mme la
Présidente, nous voilà donc arrivés à l'étape de l'approbation de l'AECG par
l'Assemblée nationale, un processus
qui, par sa transparence et sa collégialité, reflète la capacité d'action
internationale du Québec. Je propose donc que l'Assemblée nationale approuve l'Accord économique et commercial
global entre le Canada et l'Union
européenne.
Lorsqu'il
aura été approuvé, le Conseil des ministres sera en mesure de prendre un décret
afin que le gouvernement du Québec
puisse donner son assentiment à ce que le Canada s'y déclare lié ainsi que de
l'ajouter, lorsque celui-ci sera en
vigueur de façon définitive, à la liste des accords mis en oeuvre en vertu de
la Loi concernant la mise en oeuvre des accords de commerce
international.
Et je
réitère, je termine en disant à quel point les équipes ont travaillé de façon
exceptionnelle, autant sur le territoire
européen qu'ici au Québec.
Les différents ministères ont travaillé main dans la main, et c'est un grand
plaisir pour moi, Mme la Présidente, d'avoir pris la parole aujourd'hui pour cet important accord qui créera des milliers d'emplois et qui
nous ouvre un marché de 500 millions de personnes. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre
des Relations internationales et de
la Francophonie. Et je vais céder la parole au député de Verchères,
qui est aussi le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de relations internationales et de francophonie.
M. Bergeron : Mme la
Présidente, la ministre,
il y a quelques instants, soulignait ce mécanisme qui a été mis en
place à l'Assemblée nationale, par lequel les élus du peuple québécois sont
appelés à se prononcer sur des accords internationaux touchant les compétences
constitutionnelles du Québec, sont appelés à se prononcer sur des ententes conclues par le Québec ou liant le Québec
sur le plan international. C'est une initiative, c'est une innovation
qui avait été mise en place par Louise Beaudoin, ministre du Parti
québécois, et la ministre a raison de souligner qu'il s'agit d'une avancée sur
le plan démocratique.
Mais ce qui
n'est pas une avancée sur le plan démocratique, Mme la
Présidente, c'est l'AECG lui-même
puisque, et nos amis de la Wallonie
nous l'ont démontré, cet accord a été négocié sans l'intervention, sans la mise
dans le coup, si je puis dire... sans
que les parlementaires soient mis dans le coup. Et on se surprendra aujourd'hui
que certains d'entre nous, certaines
d'entre nous soient réticents à donner cet accord que sollicite de nous la
ministre des Relations internationales.
Pourquoi
sommes-nous réticents? J'entendais le premier ministre dire tout à l'heure que
le Parti québécois était contre les accords de libre-échange. Mme la
Présidente, je suis obligé de dire que, des fois, le ridicule nuit à la crédibilité de la personne qui parle. Je veux
dire, prétendre une chose pareille, ça va à l'encontre de la réalité des faits.
Le Parti québécois,
depuis la fin des années 80, a toujours été l'un des plus ardents
promoteurs du libre-échange. Ce n'est pas différent aujourd'hui, Mme la
Présidente.
Nous
sommes tout à fait conscients que l'accès à un demi-milliard de consommateurs
en Europe, c'est un atout pour nos entreprises exportatrices. On ne va
pas se mettre la tête dans le sable ou dans l'autruche, comme disait notre
ancien collègue. On est tout à fait conscients de cela, hein, qu'il y a un
avantage pour nos entreprises exportatrices.
Québec est une nation commerçante, Mme la Présidente, on exporte presque la
moitié de ce qu'on produit. Donc,
l'ouverture des marchés, l'élimination des barrières tarifaires et non
tarifaires, c'est un avantage, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
Donc,
contrairement à ce que disait M. le premier ministre un peu plus tôt,
aujourd'hui, ce n'est pas parce que le Parti québécois est opposé au
libre-échange, loin de là. Nous sommes favorables. Mais il y a un os dans le
fromage, comme disait notre ancien collègue Marjolain Dufour. Et je
pense que l'expression est particulièrement bien choisie aujourd'hui, Mme la
Présidente.
Pourquoi y a-t-il un
os dans le fromage? Bien, parce que le gouvernement fédéral, voulant conclure
l'entente, hein, à la dernière minute, il a
jeté dans la balance la gestion de l'offre. Il a fait une brèche dans le
système de gestion de l'offre en
permettant aux producteurs de fromages fins européens un accès au marché
canadien de 17 700 tonnes supplémentaires
de fromages, alors qu'ils ont déjà accès à près des deux tiers des
20 400 tonnes déjà acceptées au Canada. Ça, Mme la Présidente,
ça va avoir un impact considérable pour les producteurs fromagers québécois.
gouvernement fédéral, pourquoi a-t-il mis dans la balance à la toute dernière
minute les fromagers québécois, les producteurs laitiers? Parce qu'il
voulait garantir l'accès au marché européen des producteurs de boeuf de
l'Ouest. Alors, nous étions en place, nous
étions au gouvernement à ce moment-là, Mme la Présidente, lorsque c'est survenu, et nous avons exigé et non
seulement exigé, mais obtenu — hein, il y a un rapport de force, quand il y
a un gouvernement du Parti québécois, à l'égard d'Ottawa — nous
avons exigé et obtenu d'Ottawa qu'il verse des compensations à nos producteurs fromagers, à nos producteurs laitiers.
Et, plus que ça, le gouvernement fédéral, dans la lettre qu'il nous avait...
dans la réponse qu'il nous avait adressée en
anglais, s'il vous plaît, nous disait que les modalités de cette compensation
seraient connues avant la ratification.
la Présidente, on nous demande de ratifier, mais, Mme la Présidente, nous
n'avons pas ces modalités, et le gouvernement
du Québec nous demande de signer un chèque en blanc, d'abandonner le rapport de
force dont il dispose pour obtenir,
pour les producteurs laitiers, nos producteurs fromagers, des compensations
suffisantes. Là, les compensations, Mme la Présidente, sont de l'ordre
de 350 millions de dollars. L'évaluation qui est faite des impacts pour
notre industrie laitière, notre industrie fromagère, est de l'ordre de
1,5 milliard, Mme la Présidente. 1,5 milliard, il y en a actuellement
pour 350 millions de dollars. Je ne suis pas fort en calcul, Mme la
Présidente, mais il me semble que le compte
n'y est pas. Il me semble que nos producteurs de lait, nos producteurs
fromagers n'en ont pas pour leur argent actuellement. Ils vont donc être
perdants. Perdants au profit de qui? Au profit des producteurs de boeuf de
l'Ouest.
y avait une promesse du gouvernement fédéral à l'effet que nous ayons une
compensation adéquate, que nos producteurs
aient droit à une compensation adéquate et que cette compensation, on en
connaîtrait les modalités avant la ratification.
Or, on nous demande aujourd'hui de ratifier. Nous ne pouvons accepter de
ratifier cet accord avec lequel, évidemment,
nous sommes tout à fait... cette entente avec laquelle nous sommes évidemment
en accord, mais il n'y a pas les
protections suffisantes pour nos producteurs laitiers et nos producteurs de
fromage. Conséquemment, on ne peut pas aller de l'avant.
gouvernement, la ministre nous demandent notre collaboration. Ce n'est pas
faute d'avoir demandé la pareille. Dans
une motion que nous avons déposée ici, à l'Assemblée nationale, Mme la
Présidente, nous demandions à ce que nous
puissions examiner, examiner, les impacts de l'accord sur les producteurs
laitiers et les producteurs fromagers. Le gouvernement avait refusé. La
ministre de l'Économie se demandait pourquoi c'est faire, tout d'un coup, on
arrivait avec cette motion. Bien, moi, je
lui ai dit : On arrive avec cette motion parce qu'il y a un élément
nouveau. Peut-être que cet élément-là vous a échappé, là. Il y a un
élément nouveau. L'élément nouveau, c'est l'objection de la Wallonie, Mme la Présidente. Les parlementaires de Wallonie
se sont dit : Écoutez, là, ça, ça s'est négocié derrière des portes
closes. On n'a pas eu tous les
éléments en main pour prendre une décision. Ce n'est pas vrai que vous allez
nous précipiter, là, ce n'est pas
vrai que vous allez presser le pas puis nous obliger à prendre une décision,
comme dirait ma mère, les pattes aux fesses.
là on se retrouve dans cette situation-là. Le gouvernement nous pousse à
prendre une décision précipitée, alors qu'on
n'a pas fait l'analyse détaillée des impacts
pour nos producteurs laitiers et nos producteurs fromagers. Le gouvernement s'est opposé à ce que nous puissions fai