Transportation and the Environment — 9 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-12-09
Quebec — Committees
M. Charette : En fait, ce que l'on
a, ça a été statué au Conseil des ministres il y a peut-être deux ou trois
semaines, de mémoire. L'aire protégée était... existait déjà. On est venus
ajouter un élément supplémentaire en lien avec la préservation du caribou
forestier, mais c'est une aire... C'est-à-dire, c'est une aire protégée qui
était déjà en place, qui était déjà reconnue, mais la préservation du caribou
forestier, elle est effectivement de compétence du MFFP. Mais tout ce qui est aire protégée, tout ce qui est réserve de biodiversité est de compétence du ministère de l'Environnement. Donc, c'est
clair que, dans un dossier comme celui-là, les deux ministères travaillent
ensemble. Et je me souviens, d'ailleurs, que la présentation du dossier au
Conseil des ministres était partagée autant par mon collègue au MFFP que par
moi, qui représentais l'Environnement.
M. Benjamin : Comment, alors,
s'assurer, M. le ministre, dans ce cas-là... Lorsqu'il y aurait, par exemple,
une modification d'une aire où il y a une espèce qui est à protéger sous la
responsabilité d'un autre ministère et qui fait
partie justement des
composantes de la biodiversité, comment s'assurer justement qu'on puisse savoir
quelles sont les mesures de protection qui sont applicables et appliquées dans
la circonstance, parce que... lorsqu'une espèce, par exemple, ne relève pas des
compétences de votre ministère?
M. Charette : Bien, en fait, ça, on
l'a vu à d'autres articles aussi. À partir du moment où il y a aire protégée, à
partir du moment où il y a un plan de conservation, ce plan de conservation là,
il n'est pas sous la responsabilité unique, par exemple,
du ministère de l'Environnement. Il y a d'autres ministères. Donc, si on parle
de préserver les hardes de caribous forestiers, c'est clair que le MFFP sera là
comme partenaire et comme
partie de la solution, là, indiquée au plan de
conservation.
M. Benjamin : L'autre élément, en
fait, je crois, hier soir, au moment... presque vers la fin de nos travaux, je
l'ai abordé, et puis je me permets encore de l'aborder à nouveau, M. le
ministre, parce que l'article 2.7, tel qu'il est actuellement, bien sûr, offre
des perspectives intéressantes, mais, cependant, je considère... je continue de
croire que ça vous donne un pouvoir, un grand pouvoir discrétionnaire, et ma
question : Est-ce qu'il se pourrait, par exemple, que, dans une aire
protégée... que vous... qu'un ministre... peut-être pas vous personnellement,
mais qu'un ministre pourrait décider, par exemple, d'autoriser une activité qui
serait autrement interdite?
M. Charette : En fait, on a
effectivement eu l'occasion d'aborder la question hier. Lorsque l'on parle
d'une aire protégée, on l'inscrit dans une catégorie. La catégorie va
déterminer ce qui est permis ou pas de faire sur cette aire protégée là. Donc,
ce n'est pas sans fondement. Ce n'est pas sans référence objective. Donc, à
partir du moment où l'aire protégée est inscrite avec telle ou telle limitation,
bien, ces limitations-là sont respectées. À partir du moment... Et, ça, on l'a vu dans les autres articles, mais,
en référant à 32 dans l'article 2.7 également, quand il
y a des modifications, c'est possible, exceptionnelles, mais possibles,
on doit repasser à travers un processus de consultation, de validation, et autres. Donc, ça ne se fait pas du jour au lendemain,
mais, ultimement, c'est un pouvoir qui relève du gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le député. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Pour continuer dans la même veine que mon collègue, quand il dit
que c'est possible qu'une activité soit permise ou ne soit pas interdite sur
une aire protégée d'initiative autochtone, nous,
on a reçu, en fait, des commentaires de gens, là, qui sont venus aussi en
commission, par rapport à cet amendement-là, qui disent que ça donne
quand même un pouvoir discrétionnaire au ministre, au gouvernement. Ça ne
devrait pas être différent, pour une aire protégée d'initiative autochtone, de
donner un pouvoir plus grand de gestion et de conservation de la biodiversité
pour les autochtones?
M. Charette : Ce que je mentionnais
hier, c'est qu'on est en terres publiques. On n'est pas en terres privées.
Donc, il n'y a aucun groupe... Il n'y a aucun ministre, mais il n'y a aucun
groupe qui a le monopole de la décision sur l'affectation du territoire, d'où
l'importance des articles précédents qui ont mis en place les processus de
consultation, qui ont balisé cette
consultation-là. Mais pas plus le ministre de l'Environnement, que le ministre
des Affaires autochtones, qu'une communauté autochtone, que le MFFP, que
le MERN n'aurait, à lui seul, la possibilité de trancher la question, d'où
l'importance de cette consultation-là. Mais on est en terres publiques. Donc,
c'est le fruit d'une concertation.
Mme Ghazal : Mais les communautés
autochtones veulent avoir un peu plus de pouvoir de gestion dans la protection
de la biodiversité dans ces territoires-là. Là, ils demandent d'avoir une aire
protégée, mais, à la fin, ce n'est pas eux qui décident, c'est le ministre.
Charette : En fait, c'est
deux choses différentes. Établir une aire protégée et établir les modalités de
gestion, c'est deux choses complètement différentes, parce qu'on a
des exemples d'aires protégées, au Québec, dont la gestion, dont la responsabilité revient aux communautés
autochtones. Donc, c'est deux éléments complètement, complètement
différents.
Donc, pour établir l'aire protégée d'initiative
autochtone, c'est la concertation, mais il n'y a strictement rien qui
empêcherait... Au contraire, on peut penser que ce serait encouragé. À partir
du moment où l'aire protégée d'initiative autochtone est reconnue, on doit
avoir un plan de gestion. Donc, on peut penser que le plan de gestion... Si la communauté
elle-même est intéressée, on pourrait penser que le plan de gestion reviendra
sous l'autorité de la communauté, mais, gestion et détermination de territoire,
c'est deux éléments différents.
Mme Ghazal : Mais donc, pour la
délégation... Ça, c'est l'article 12, là, qui... où le ministre peut déléguer
des pouvoirs à une communauté autochtone.
M. Charette : En fait...
Mme Ghazal : C'est de ça que vous
parlez quand vous dites que ce n'est pas la détermination, parce que, là, on
est à 2.7, où on parle de désignation. Je comprends que c'est le ministre qui
le désigne, mais moi, je parle surtout... Dans l'amendement, c'est : «Les
articles 43 à 45 s'appliquent à ces aires protégées.» Je ne parle pas juste de
la désignation, là. Donc, ça, c'est dans le deuxième alinéa de 2.7. Et, dans l'article
43, ça dit que le gouvernement peut, par règlement, entre autres, permettre à
une activité interdite d'être réalisée sur ce territoire-là. Ça peut être fait
contre le gré de la communauté, par exemple.
M. Charette : En fait, on avait eu
le débat à ce moment-là. Il y a des circonstances qui peuvent justifier une
certaine dérogation, mais ce n'est pas chose courante. Ce n'est pas chose
commune, mais c'est... Tous les échanges que nous avions eus sur les cas de figure, pour
peu importe le type de catégorie, s'appliqueraient aussi à cette catégorie-là,
mais c'est balisé, là. Ce n'est pas sous l'impulsion ou un coup de tête, là,
qu'on pourrait introduire une activité qui, autrement, serait interdite.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça. On en
avait parlé quand on a discuté de 43 à 45. Je ne me rappelle pas si j'avais
amené des amendements à ce moment-là. Mais pourquoi est-ce que vous trouviez
que c'était important d'appliquer ces articles-là pour une aire protégée
d'initiative autochtone aussi?
M. Charette : En fait, c'est une
aire protégée. Donc, ce sont les mêmes modalités qui vont s'appliquer, tout
simplement, mais, à travers le plan de gestion, c'est là où on pourrait avoir
une implication encore plus grande de la communauté si elle-même le souhaite.
Ghazal : Est-ce qu'on est au courant, ailleurs... Je sais que c'est
quand même nouveau, cette catégorie-là d'aire... on ne l'appelait pas
Ia, mais c'était de conservation autochtone, une aire protégée de conservation
autochtone. Est-ce qu'ailleurs, dans les
endroits où ça a été utilisé... Je ne sais pas si votre équipe... sont au
courant. Est-ce qu'il y avait des exceptions pour cette aire protégée
particulièrement, de dire : Bien, contrairement aux autres aires
protégées, parce que c'est de conservation
autochtone, nous allons leur donner un peu plus, peut-être, de pouvoirs ou
certaines dispositions qui s'appliquent aux autres aires protégées, aux
autres catégories, ne s'appliqueraient pas à une aire protégée de conservation
autochtone parce que c'est des communautés autochtones? Est-ce que ça existe?
M. Charette : Pour ce qui est des
modalités, ce qu'on se disait hier, c'est : Le règlement qui va faire foi
de ces applications-là et le règlement va être déterminé avec les communautés
autochtones. Donc, il se pourrait... Effectivement, là, le scénario que
j'évoquais, qui est très plausible, au niveau du plan de conservation, de sa
gestion du plan de conservation... Il se pourrait que le règlement précise, par
exemple, que ce serait, idéalement, et dans le meilleur des cas, la communauté
autochtone, si elle est intéressée, naturellement, qui recevrait ce mandat-là.
Donc, dans la réglementation, c'est le genre de modalité qu'on va préciser. Là,
on est au niveau de la création de la catégorie, mais c'est vraiment des étapes
ultérieures, là, qui vont permettre d'arrêter ce genre de détail là.
Ghazal : Juste deux choses. La première, pour le règlement, je sais
qu'on en fait souvent référence, est-ce qu'il va y avoir un règlement
sur les aires protégées d'initiative autochtone, qui va s'appeler comme ça?
M. Charette : Tout à fait, c'est ce
qu'on mentionnait hier, puis avec plusieurs étapes de consultation avant la
rédaction pour s'assurer d'être sur la bonne voie. Au moment où il y a
publication, il y a une consultation en bonne et due forme et, avant de mettre
en place le cadre réglementaire, une autre validation aussi avec les
autochtones. Donc, on veut... En fait, c'est une avancée majeure que l'on fait.
Donc, on ne veut pas que ce soit un objet de déception. Au contraire, on veut
que les communautés se retrouvent dans cette avancée-là.
Mme Ghazal : Et est-ce que le
ministre des Affaires autochtones ou le secrétariat va être impliqué dans la
rédaction du règlement ou ça ne fonctionne pas... il faut que ce soit le
ministère de l'Environnement?
M. Charette : En fait, c'est un
travail qui se fait avec les différentes instances.
Mme Ghazal : Puis, pour les
articles 43 à 45, est-ce que c'est possible de dire que ces articles-là
vont être appliqués, mais il faut qu'il y ait une consultation des autochtones?
M. Charette : En fait, c'est la
réglementation qui va déterminer les modalités. Mais, à partir du moment où on
intervient sur une délimitation, sur les activités qui sont permises ou pas, on
a le même cadre pour toutes les aires protégées et la garantie supplémentaire,
qu'on a pu, naturellement, discuter hier, tout ça en conformité avec les lignes
directrices de l'UICN, là, naturellement.
Mme Ghazal : Donc, dans le fond, le
pouvoir discrétionnaire du ministre pour... de désigner une
partie ou tout un territoire d'aire protégée d'initiative autochtone...
le pouvoir discrétionnaire du ministre, dans le règlement, va être
balisé.
M. Charette : C'est le cas déjà. Le rôle du ministère est
précisé dans la réglementation, pas dans ce règlement-là en particulier,
parce qu'il n'a pas été créé encore, mais à partir du moment où on établit un
cadre réglementaire, on vient baliser les possibilités de chacun, en quelque
sorte.
Mme Ghazal : Et ajouter, par
exemple, après «Les articles 43 et 45 s'appliquent à ces aires protégées»
«après consultation des autochtones», est-ce que ça serait quelque chose
d'envisageable?
Charette : En fait,
n'oublions pas qu'en 2.3... Et d'ailleurs, suite à un échange, là, avec vous,
on a bonifié le 2.3. Donc, l'aspect
consultation, il est déjà très bien balisé. Les autochtones sont au coeur, là, de cette démarche-là, naturellement.
Mme Ghazal : 2.3 a été modifié? Non,
c'est plus 2.4.
Charette : En fait, on a abordé...
Mme Ghazal :
Et, moi, c'était 2.6, je pense, oui.
M. Charette :
Donc, 2.3 n'a pas été amendé. C'est à travers 2.6 que la modification avait été
faite pour renforcer, là, la volonté et le principe de consultation.
Mme Ghazal :
Donc, dans le fond, l'idée, c'est de ne pas répéter?
M. Charette :
De ne pas...
Mme Ghazal :
De ne pas répéter?
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, on est encore dans l'article 2. Donc, ne pas répéter...
Il faut éviter de créer une confusion avec un choix de mot, là, qui peut être
redondant, sans valeur ajoutée, mais tout le volet consultation... En fait, l'article 2, sur plusieurs aspects,
vient baliser, et, non, ce serait difficile d'en rajouter une couche
supplémentaire au niveau de la consultation.
Mme Ghazal :
O.K. Puis, dans le fond, dans le règlement, on va pouvoir dire... Ça serait
possible, même si c'est sur le territoire
public, le domaine public, de dire, par
exemple, dans la réglementation... on met :
L'article 43 ne sera pas appliqué dans telle, telle, telle circonstance. Est-ce que c'est quelque chose de possible dans un règlement, de dire ça?
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, le règlement va venir préciser un certain nombre d'éléments
très certainement, mais ce n'est pas le genre d'élément qu'on
pourrait ajouter à la loi elle-même
étant donné qu'on est uniquement au niveau de la création de l'aire
protégée. Et ce qui vient modifier une aire protégée, peu importe la catégorie,
est balisé, là, à travers différents articles, mais le règlement pourra
certainement préciser qu'est-ce qui est attendu au niveau de l'implication des
communautés, ce qui sera possible d'y effectuer, comme activités, ou pas.
Mme Ghazal :
Donc, le fait qu'il y ait des activités autorisées, alors qu'elles sont
normalement interdites, ça, ça va continuer qu'il y ait règlement ou pas?
M. Charette :
En fait, ça, c'est le propre de toute catégorie d'aire protégée. Mais, sans
refaire tout le débat qu'on avait fait, là, il y a quelques jours, sinon
quelques semaines, c'est très balisé, ce n'est pas dans n'importe quelle
circonstance, là, mais ce sont les mêmes possibilités, les mêmes modalités, là,
qui vont s'appliquer.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions sur
cet amendement, l'article 2.7, en fait? Non? Nous allons poursuivre avec
l'article 2.8. M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Je retrouve le bon endroit.
Donc, 2.8 : «Le
ministre favorise la participation des communautés et des nations autochtones
concernées à la conservation de la biodiversité et à la gestion des aires
protégées d'initiative autochtone. À cette fin, le ministre peut conclure avec
ces communautés ou nations une entente conformément à l'article 12.»
Le commentaire. Les
détails concernant la mise en oeuvre, la création et la gestion de ces aires
protégées seront établis dans un guide qui sera élaboré en collaboration avec
les communautés et les nations autochtones afin d'assurer que le statut répond
à leurs besoins. Le guide sera rendu accessible. En fait, on a, en partie, à
travers notre échange précédent, là, abordé ces modalités-là, mais on vient les
confirmer à travers l'article 2.8.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Viau et Mme la
députée de Mercier.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, dans cet
article 2.8, un premier élément que
je trouve, et je pèse mes mots, encore étonnant, c'est le concept de favoriser
la participation. J'aimerais peut-être que le ministre nous dise qu'est-ce
qu'il entend par favoriser la participation.
M. Charette :
En fait, comment le dire différemment? En fait, c'est favoriser la
participation. Mais, moi, ce que je trouve encore plus intéressant, c'est dans
le commentaire, c'est qu'on veut, en bout de ligne, que le statut qui sera
retenu soit conforme à leurs besoins et à leurs attentes. Donc, c'est là où la
participation des communautés sera encouragée. Il faut savoir qu'il peut y
avoir, par exemple, un intérêt, pour une communauté, de protéger un certain
secteur pour les raisons qu'on évoquait hier, mais ça ne veut pas dire pour
autant que la communauté a toute l'expertise. Donc, le ministère sera là pour
l'accompagner. Le ministère sera là pour encourager sa participation, pour
s'assurer, là, que tout est pris en compte et qu'ultimement le résultat soit à
la convenance, là, de la communauté interpelée.
M. Benjamin : Peut-être, pour le
bénéfice des gens qui nous regardent, qui nous écoutent, on parle bien... On
est sur un
article où on parle d'aires protégées autochtones. Et, ici, dans cet
article 2.8, le ministre veut favoriser la participation.
Et, plus loin dans cet article, donc, vous parlez de la gestion des aires
protégées d'initiative autochtone. Pourquoi est-ce que vous ne parlez pas, au
lieu de parler de gestion, de gouvernance?
M. Charette : Si on regarde les
articles qui ont déjà été adoptés pour les autres aires protégées, il y a
toujours un plan de conservation, il y a une gestion de... Donc, on est dans le
même vocable qui a été retenu pour les autres types d'aires protégées, mais, à
partir du moment où la gestion est confiée à une entité ou à une communauté, il
est question de gouvernance. Cependant, le vocable qui a été retenu, c'est
réellement «la gestion» pour s'assurer, là, que le plan de conservation soit
respecté.
M. Benjamin : En fait, je pose cette
question, M. le ministre, parce que j'avais l'impression que, bien, je peux
dire que j'ai encore l'impression, nous avions choisi, lors... suite aux
consultations particulières, et même au début de l'étude détaillée, de
travailler sur de nouvelles bases lorsqu'il s'agit des relations du
gouvernement du Québec avec les communautés autochtones dans le cadre de ce
projet de loi, le projet de loi n° 46. Et ces nouvelles bases exigeaient
justement que, même dans la formulation des articles, nous puissions en tenir
compte. En fait, la raison pour laquelle je vous soumets ça, M. le ministre,
c'est que je crois que nous avons à faire davantage d'efforts, d'exercices. On
ne peut pas parler de simple... favoriser la participation. Quand on parle
d'une aire protégée autochtone, on ne peut pas parler de simple gestion. Moi,
je pense qu'il faut parler de gouvernance. Il faut parler de cogestion. Alors,
qu'est-ce qui vous empêche... Qu'est-ce qui nous empêche d'aller un peu plus
loin?
M. Charette : Ce n'est pas dans le projet
de loi. Le collègue de Viau parle de cogestion. La cogestion est tout à fait
possible, mais c'est dans le plan de gestion que c'est déterminé. On a des
exemples actuellement d'aires protégées qui ont une gestion ou une cogestion autochtone.
Donc, ce n'est pas le projet de loi qui vient le déterminer, mais bien
l'entente de gestion. Donc, ce n'est pas à ce moment-ci que le modèle est
systématiquement arrêté.
M. Benjamin : Je vais me permettre, M.
le ministre, pour les membres de la commission, de lire un extrait du mémoire
de l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador au sujet
justement de cette délégation, au sujet de cette favorisation de la
participation, et en rappelant que l'article 12 ramène déjà... parlait
déjà d'une simple délégation de gestion.
Alors, dans l'extrait du mémoire de l'assemblée
québécoise des premières nations, ils disent : «Bien qu'il s'agisse d'une
avancée, elle n'est pas suffisante, si ce n'est qu'au regard du principe
inadéquat de "déléguer" des pouvoirs sur des terres ancestrales non
cédées. La délégation constitue également un concept paternaliste qui fait en
sorte que le titulaire de la délégation de pouvoir doit remplir des objectifs
dans un cadre relativement rigide et rendre des comptes au ministère, puisque
le gouvernement conserve alors la gouvernance de l'aire protégée et un pouvoir
décisionnel susceptible d'en affecter la gestion. La délégation de pouvoir
repose de plus sur la négociation d'ententes, ce qui a tendance à exacerber les
inégalités entre les communautés. Nous devrions plutôt parle de cogestion.»
Alors, ma question encore, M. le ministre, donc...
Et là je viens de lire un extrait du mémoire de l'assemblée québécoise des
premières nations, qui suggère que nous parlions de cogestion. Alors, qu'est-ce
qui vous empêche, dans le cadre de ce projet de loi là, que nous puissions
parler de cogestion?
M. Charette : En fait, comme je le
mentionnais, il n'y a strictement rien qui nous en empêche au moment de
déterminer l'entente de gestion, mais là on n'est pas à cette étape-là. On est
à l'étape où on crée la catégorie, qu'on crée les modalités pour la créer,
qu'on précise qu'il peut y avoir une délégation d'autorité, mais les modalités
de cette gestion-là ne seront pas précisées dans le projet de loi. Elles le
seront en
partie dans le règlement, mais, plus encore, elles le seront dans
l'entente de gestion du plan de conservation. Et on a déjà des exemples, comme
je vous le mentionnais, où ça s'applique.
Donc, dans les faits, ce souhait-là pourra
s'incarner à travers des ententes de gestion, mais, ultimement, là où on ne
peut pas céder, c'est que ça demeure le ministère de l'Environnement qui est le
gardien des principes des aires protégées, peu importent lesquelles, pour
s'assurer qu'on soit dans le respect des règles de l'UICN. Donc, on ne pourra
jamais déléguer totalement l'assurance que les principes mêmes de l'aire protégée
sont respectés.
M. Benjamin : J'espère que vous
comprendrez un peu mon questionnement, M. le ministre, quand, dans un
article
comme celui-là, donc, on parle... Le ministre veut favoriser la participation.
C'est un concept qui me semble... Pour avoir déjà entendu ce concept-là,
favoriser la participation, dans d'autres contextes, dans d'autres programmes,
dans d'autres sujets, à d'autres... pour d'autres clientèles, je suis toujours
sceptique quand j'entends : Favoriser la participation. Or, ce à quoi je
pense que nous, on est invités, c'est à être beaucoup plus décidés, et, ça, ce
projet de loi là nous donne l'occasion d'en faire la démonstration. Par quels
gestes, concrètement, vous entendez favoriser cette participation?
M. Charette : En fait, comme je
le mentionnais, on ne peut pas isoler une portion d'article ou un
article seul.
Moi, je prends le 2.8 dans son ensemble. Cette participation vise à établir
ultimement les modalités de gestion de l'aire protégée. Donc, on parle de la possibilité,
si la communauté le souhaite, de lui confier la gestion de l'aire protégée. Et
on lit aussi, à la toute dernière phrase, qu'on peut conclure une entente
officialisant ça, cette reconnaissance-là de gestion. Donc, on favorise la
participation. On ne s'arrête pas là. C'est réellement dans la volonté
d'établir, là, quelles seront les bases de gestion de l'aire protégée en question.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci, Mme la
Présidente. J'aurais un amendement à 2.8, qui a déjà été envoyé.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, vous l'avez transmis. Vous souhaitez
le déposer maintenant?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, on va suspendre les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux. Mme la députée de
Mercier, vous avez déposé un sous-amendement à l'article 2.8 de
l'article 2. Donc, je vous invite à en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui, très bien. L'amendement
à l'article 2 du projet de loi, remplaçant l'article 2 de la
Loi sur
la conservation du patrimoine naturel, est sous-amendé par :
le remplacement à l'article 2.8 des mots
«favorise la participation des» par «travaille de concert»;
par l'insertion de «, dans le respect des
visions du monde, des modes de gestion traditionnels et des savoirs autochtones» — ça, ça
doit être «par», je pense, ah! O.K. — entre «des aires protégées d'initiative
autochtones» et «À cette fin...»;
le remplacement du mot «concernées» par le mot
«initiatrices»;
le remplacement du mot «peut» par «doit».
Donc, pour faciliter la lecture, il y a un
tableau juste en bas qui... je vais le lire, là, pour que ça fasse sens,
donc : «Le ministre travaille de concert avec les communautés et les
nations autochtones initiatrices de l'aire protégée à la conservation de la
biodiversité et à la gestion des aires protégées d'initiative autochtones, dans
le respect des visions du monde, des modes de vie... de gestion traditionnels
et des savoirs autochtones. À cette fin, le ministre doit conclure avec ces communautés
ou nations une entente conformément à l'article 12.»
Donc, c'est vraiment une formulation...
J'entendais mon collègue le député de Viau poser des questions : Ça veut
dire quoi, favoriser la participation? Ici, ce n'est pas... Le ministre, son
rôle n'est pas de favoriser la participation. De toute façon, les communautés autochtones,
elles veulent participer. Elles ont demandé qu'il y ait une aire protégée qui
soit créée. Donc, c'est de simplement travailler de nation à nation avec les communautés
autochtones... J'ai remplacé «concernées» par «celles qui initient» Donc, elles
ont un rôle plus actif que simplement d'être concernées par l'aire protégée.
Et, ici, j'ai ajouté «dans le respect», c'est-à-dire
que cette gestion-là, cette protection du territoire soit faite dans le respect
de leurs visions du monde, de leurs modes de gestion traditionnels et de leurs
savoirs autochtones, donc, dans le respect de leurs savoir-faire qui sont
reconnus. Et, pour ce qui est de l'entente conclue en fonction de l'article 12
qui a déjà été adopté, bien là il faudrait qu'il y en ait une. Et donc
j'aimerais entendre le ministre là-dessus puis après j'aurais une question
aussi par rapport aux ententes.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
M. Charette : Oui, volontiers. Merci
pour la proposition, mais, comme on a l'habitude de le faire, là, d'entrée de
jeu, je confirme si on peut l'appuyer ou pas, et, dans le cas présent, on ne
pourra pas appuyer l'amendement. Il y a plusieurs éléments qui posent problème.
Le plus simple, d'abord, lorsqu'on parle des
nations autochtones initiatrices, on a clairement dit, dans les articles précédents,
qu'il y a la communauté initiatrice qui peut être consultée, mais les autres communautés
aussi qui peuvent avoir un lien avec le territoire. Donc, ce simple volet là n'est
pas recevable.
Autre élément simple à conclure, le «peut» et le
«doit», c'est un débat qu'on a souvent lors de l'étude
article par
article d'un projet de loi. Bien, encore là,
il ne peut pas y avoir cette obligation-là parce qu'on ne sait pas s'il y
aura forcément une entente de gestion assumée par la communauté autochtone. Si
elle ne le souhaite pas, c'est difficile de lui imposer, alors que le «peut»
offre la possibilité. Mais, comme on le mentionnait dans les explications, le
but, c'est d'arriver à une formule dans laquelle la communauté va se retrouver.
Donc, si la communauté veut assurer la gestion, ce sera une entente de gestion.
Mais, si la communauté dit : Bon, il y a un lien affectif traditionnel par
rapport à ce territoire-là, mais on ne se sent pas en mesure d'en assurer la
gestion, du territoire, donc on ne leur imposera pas.
Pour ce qui est de la référence à la gestion
traditionnelle, et là on est... je suis alimenté, en même temps, là, par le
Secrétariat à la législation, bien, on le mentionnait hier, on ne peut pas, à
travers notre commission, régler ou donner l'impression de régler des enjeux
territoriaux. Et, à partir du moment où on fait référence à la gestion
traditionnelle, on fait référence aussi à des revendications ancestrales parce
que, sur tel ou tel territoire, il y avait, par exemple, tel type de gestion
traditionnelle. Donc, ce n'est pas de la compétence de la commission, malheureusement,
de trancher ces enjeux-là.
Mais, pour l'esprit, on se reconnaît
dans l'esprit, mais c'est déjà ce que prévoient les articles,
autant le 2.8 que les précédents, là, qui ont déjà été adoptés. Moi, je
ne souhaiterais pas créer une catégorie dans laquelle les communautés autochtones ne se reconnaîtraient pas. Donc, c'est
pour ça que la réglementation va être adaptée en conséquence. C'est pour ça que tous les processus de consultation sont
balisés en conséquence. Et, si la communauté le souhaite, et c'est ce qu'on va favoriser, aller jusqu'à gérer cette aire
protégée là ou l'application de son plan de conservation, d'emblée, c'est ce
qui sera favorisé.
Mme Ghazal :
...dans l'autre article, on a voté que le ministre peut permettre des activités
interdites, mais, ici, la façon de gérer le territoire dans le respect de leurs
visions du monde ou de leurs modes de gestion traditionnels, ça, c'est
impossible.
M. Charette :
En fait, pour des raisons... les raisons que j'invoquais, là, je ne pourrai pas
recommander l'adoption, là, de cette formulation-là.
Mme Ghazal :
C'est-à-dire qu'elles ne pourront pas, sur l'aire protégée qu'elles ont
demandée, pratiquer leurs modes de gestion traditionnels.
M. Charette :
Non, ce n'est pas ce que ça veut dire, c'est que ce n'est pas un automatisme,
parce que la gestion traditionnelle pourrait faire référence à des droits
ancestraux, et c'est là où ne peut pas reconnaître de droits ancestraux. On est
sur des terres publiques. Mais, par contre, comme on le mentionnait hier, dans
les premiers éléments de l'article 2, lorsqu'on dit : Le premier
critère, c'est un élément de biodiversité, et qu'on rajoute... à laquelle se
rattachent, par exemple, des référents culturels, dans leur pratique ou dans
leur gestion, ils pourront intégrer, très certainement, ces éléments-là, mais
il ne faut pas que ça serve d'assise pour une revendication sur le territoire
en question.
Et, pour conclure, on
ne tranche pas la question des droits ancestraux, mais on n'interdit pas la
résolution de ce débat-là entre les bonnes instances. Ce qu'on disait hier
aussi, c'est qu'il peut y avoir des ententes, il peut y avoir des traités, il
peut y avoir des jugements de cour qui, ultimement, vont trancher la question
des droits territoriaux, mais ce n'est pas le projet de loi, là, qui va donner
l'impression qu'on donne suite, d'une façon positive ou négative, à quelques
revendications territoriales.
Mme Ghazal :
Et le ministre n'a pas donné de commentaire par rapport à «travaille de
concert» à la place de «favorise la participation».
M. Charette :
En fait, et là aussi, comme je le mentionnais, il y a toute la question de
l'expertise des compétences. On favorise la participation en fonction du rôle
que la communauté veut jouer, en fonction de l'expertise qui est là, mais,
c'est clair, si on regarde les éléments précédents, à partir du moment où on
parle de leur confier la gestion... Donc, on n'est pas juste dans l'invitation,
là. C'est eux, ultimement, les... je dis «eux», mais la communauté qui aurait
le rôle de gérer le plan de conservation.
Mme Ghazal :
Puis, s'il y a une entente, est-ce qu'il y a du financement? Est-ce que c'est
accompagné d'un financement à long terme s'il y a une entente qui est conclue en
vertu de l'article 12?
M. Charette :
En fait, il y a du financement qui est possible. Pour ce qui est des modalités,
je ne sais pas si c'est sur le long terme ou si c'est renouvelé.
M. Charette :
C'est deux ans renouvelables, ultimement, là, pour... Donc, on a un exemple qui...
où ce cas de figure là s'applique. Et là c'est ma connaissance ou ma maîtrise
de la langue qui peut être déficiente. On prononce... Sur le côté de Uapishka, il
y a une entente de gestion en bonne et due forme, là, de deux ans qui a été
conclue avec financement, et, naturellement, c'est des éléments, là, qui
peuvent et qui pourront être reconduits, mais c'est nouveau. Donc, on n'est pas
encore au renouvellement, mais il pourra y avoir, certainement, là, cette possibilité-là.
Mme Ghazal :
Est-ce que je peux demander la suspension pour le vote, s'il vous plaît?
Présidente (Mme Grondin) : Conformément à
la motion de l'Assemblée nationale du 20 octobre, je suspends les travaux
pour permettre à la députée de Mercier d'aller voter.
(Suspension de la séance à
15 h 48)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux.
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Il y a combien
d'ententes comme ça? Parce que, là, vous en avez parlé d'une. Ça dure
deux ans. C'est la seule?
M. Charette :
La seule, actuellement, qui a été officialisée, là, par une entente de gestion.
Mme Ghazal : Avec les communautés autochtones?
M. Charette : Oui, naturellement.
C'est certain qu'avec cette nouvelle catégorie d'aire protégée, c'est un
modèle, là, qui est susceptible, là, de se reproduire, là, rapidement.
Mme Ghazal : Puis donc, des fois,
si, par exemple, il n'y a pas d'entente de gestion ou de délégation de
pouvoirs, c'est comme ça que ça s'appelle, je pense... s'il n'y a pas d'entente
de délégation, c'est qui qui s'en occupe? Ça va être le gouvernement?
M. Charette : En fait, avec l'aire
protégée d'initiative autochtone, on va toujours privilégier la communauté,
mais, si la communauté ne le souhaite pas, pour une raison qui lui appartient,
c'est là où on tomberait dans des scénarios qui s'appliquent aux autres aires
protégées. Il peut y avoir des ententes de gestion avec un organisme quelconque
ou avec une entité quelconque.
Mme Ghazal : Et qui décide qu'il va
y avoir une entente ou pas?
M. Charette : Bien, si c'est une
initiative... si c'est une aire protégée d'initiative autochtone et que la
communauté veut cette gestion-là, bien, naturellement, c'est ce qui sera
favorisé. Mais je ramènerais la collègue à l'article 12 qu'on a déjà
adopté. C'est très large, la délégation. Donc, la délégation, ça peut être au
niveau de la gestion. Ça peut être l'équivalent de gardes, de gardiens... de
gardes... bien, pas forestiers, on les appellerait des agents territoriaux et
autres. Donc, cette entente de gestion là peut être très très large et peut
donner de réels pouvoirs, là, à la communauté ou à l'organisme qui se verrait
attribuer cette responsabilité-là.
Ghazal : Puis l'entente que
vous venez de nommer, qui est la seule qui existe, pourquoi c'est juste deux
ans?
M. Charette : En fait, on ne peut
pas y aller de façon permanente parce que, là, on viendrait substituer la
responsabilité du ministère, en quelque sorte. Le gouvernement ne peut pas, à
long terme, déléguer ses responsabilités. Ça peut être renouvelé, mais ça ne
peut pas être sur le long terme ou permanent, là, sinon ce serait se déroger à
la responsabilité, là, du ministère ou du gouvernement.
Mme Ghazal : Puis, dans le fond...
Écoutez, je vais vous lire... ce n'était peut-être pas dans le mémoire, mais
c'est des notes, parce qu'on a demandé l'avis, peut-être que le ministre,
aussi, des Affaires autochtones a fait la même chose, de l'Institut de
développement durable des premières nations, et, eux, ce qu'ils disent, c'est
que, par rapport à «doit», il peut... Oui,
vous avez peut-être raison sur le «doit», «peut», mais ils disent : La
formulation actuelle sous-entend également que le ministre pourrait
avoir le choix de conclure ou non une entente — c'est pour ça que j'ai mis «doit» — avec
une première nation, et ce, indépendamment de la volonté de la communauté.
Là, ce que le ministre... Vous dites : Non,
il faut que la première nation ou la communauté le souhaite. Si elle le
souhaite, on n'en fera pas, mais probablement que ça va être le mode
privilégié. Et nous suggérons de reformuler ces dispositions pour plutôt
affirmer que les communautés ou nations autochtones peuvent, si elles le
souhaitent, conclure une entente avec le ministre, c'est si elles peuvent
et non pas le ministre. Et, dans tous les cas, la chose la... Et c'est
important que ça soit une entente qui appelle au consentement préalable, libre
et éclairé de la première nation.
Et un des problèmes aussi qui est soulevé, c'est
le financement, parce qu'ils ne pourraient pas s'en occuper s'il n'y a pas de financement,
parce que, sinon, ils auraient des responsabilités accrues sans soutien... Mais
qu'est-ce qui fait que c'est deux ans? Est-ce que ça peut être trois ans? Je
comprends que ce n'est pas pour toujours, mais, peut-être, une période plus
longue comme cinq ans ou moyen terme...
M. Charette : Comme on le
mentionnait, c'est la première expérience qui se vit. Je ne dis pas que ce
serait impossible de concevoir trois ans, sinon quatre, ou maintenir à deux,
mais ça ne pourrait pas être à long terme et ça ne peut encore moins être
permanent. Mais, à partir du moment où le contrat de gestion... Je
dis «contrat», mais c'est peut-être davantage «entente de gestion» qu'il
faudrait retenir comme expression. C'est des modalités, là, qui seront
précisées. Donc, le deux ans n'est pas coulé dans la loi, tout comme il n'est
pas question de trois ou quatre ans. Donc, c'est au moment de déterminer cette
entente-là de gestion que les modalités vont être précisées.
Ghazal : Et le «favorise la
participation», j'ai entendu ce que vous avez répondu aussi à mon collègue,
mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi ce n'est pas «travaille de concert».
Pourquoi c'est une mauvaise formulation?
M. Charette : En fait, il y a...
Mme Ghazal : Parce que ça aussi, ça
a été une critique qui nous a été formulée par rapport à cet amendement du
ministre, que c'est un peu faible. Les Premières Nations, elles n'ont pas à
attendre que le ministre favorise leur participation. Elles, elles ont un rôle
primordial de conservation et de gestion de cette aire protégée. Donc, moi, je
vous formule la critique que nous, on a reçue de cette formulation-là, comme si
c'était la responsabilité du ministre de favoriser cette
participation-là, alors que c'est elles qui sont les initiatrices. C'est ces
communautés-là qui ont un rôle plus actif dans la gestion.
M. Charette : Plus actif, oui, mais,
ce que je mentionnais, même si on travaille dans la perspective d'une entente
de gestion, la responsabilité première demeurera tout le temps celle du ministre
de l'Environnement. Le gouvernement, ou le ministère, ou le ministre ne peut
pas se soustraire de cette responsabilité-là. Donc, dans la formulation, si on
laissait entendre que ce n'est pas le ministre qui en est responsable, on
viendrait abdiquer de cette responsabilité-là. On est, entre nous, davantage
dans des précautions légistiques qui sont nécessaires.
Donc, il ne faut pas le prendre comme étant un
désaveu ou un manque de confiance à l'égard du partenariat qui serait à conclure,
bien au contraire, et, je répète encore, on veut une entente dans laquelle la
communauté ou les communautés vont se reconnaître, mais il ne faut pas, à
travers peu importe la formulation, et ce serait la même chose dans d'autres
articles... En fait, c'est la même chose dans d'autres articles. On ne peut pas
laisser entendre que le ministère ou le gouvernement se déresponsabilise — voilà, je
vais y arriver — de
quelque chose qui lui revient, là, de plein droit.
Mme Ghazal : Quand ça, ça a été
rédigé, cet article-là, ces ajouts-là, on s'est inspiré d'où, ce qui se fait en
Colombie-Britannique, ce qui se fait... Est-ce qu'ailleurs dans le monde il y a
eu des aires... il y a des pays qui ont mis en place des aires protégées ou
c'est totalement une pure invention qu'on a faite autour de la table?
M. Charette : De consentement, on
pourrait peut-être laisser la parole au légiste.
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce qu'il y a consentement
pour que Me Delisle puisse intervenir? Il y a consentement ici. Y a-t-il consentement
dans la salle La Fontaine? Merci. Donc, Me Delisle, s'il vous plaît.
M. Delisle (Antoine) : Antoine
Delisle, légiste. Bien, c'est quelque chose qui est une formulation qui a un
travail nouveau. Ce n'est pas repris de ce qui est fait dans d'autres
provinces, par exemple, législatures, oui, comme vous le dites. Bien, c'est
justement parce que c'est une disposition qui vise surtout à mettre en commun
l'APIA, et déjà ce qu'on retrouvait comme étant les ententes de délégations, et
justement à venir les mettre en valeur dans le contexte d'APIA pour qu'elles
soient plus... bien, pas nécessairement... bien, encouragées, en fait,
favorisées, comme il est dit dans les termes, là, pour qu'on puisse utiliser
cet outil-là pour, justement, permettre d'atteindre les objectifs et les...
bien, l'intention derrière, en fait, le projet d'APIA qui a été présenté.
Mme Ghazal : Donc, sans avoir pris
un copier-coller de ce qui se fait ailleurs, est-ce qu'on s'est inspirés
d'ailleurs ou on s'inspire de ce qui se fait déjà, comme il y a déjà une
entente qui existe dans une communauté?
M. Delisle (Antoine) : Bien, l'article 12,
là, qui parle des ententes de délégation, lui, existait déjà.
Mme Ghazal : Dans la loi actuelle?
M. Delisle (Antoine) : Il a été
changé un petit peu, là, mais donc, lui, il a été simplement rattaché avec
l'APIA. Donc, ce n'est pas... oui, comme vous dites, là.
Mme Ghazal : O.K., parce que je me
dis : Comment ça se passe ailleurs, par exemple? Est-ce qu'on s'est
inspirés des meilleurs modèles? Est-ce qu'ailleurs, où ils ont des APCA...
est-ce qu'on donne plus d'autonomie, par exemple, aux communautés autochtones
par rapport à ici? C'est un petit peu ça, mon questionnement.
M. Charette : ...applicable à la loi
qui est la nôtre, mais surtout au souhait d'avoir un résultat qui soit à la satisfaction du groupe ou des groupes demandeurs.
C'est pour ça que c'est ce qu'on se répète à quelques reprises. Il y a
l'article lui-même, mais il y a l'ensemble des articles du projet de loi,
notamment l'article 12, qui n'est pas du tout en lien spécifique avec les
aires protégées d'initiative autochtone, mais qui va laisser une très, très
grande marge de manoeuvre pour établir l'entente de gestion qui sera à la
hauteur des attentes de la communauté. S'il y a nécessité de budget, si la
surveillance du territoire leur est confiée, si... Bref, ça peut... selon ce
que la communauté va se sentir en mesure d'assumer comme responsabilité ou
comme souhait d'assumer comme responsabilité.
Mme Ghazal : O.K., parce que, dans
le fond... Bien, peut-être, comme le ministre m'a invitée hier, oui, ça serait
une question qu'on peut demander au ministre des Affaires autochtones par
rapport à la consultation, quels groupes, parce que, nous, ce qu'on a eu des
quelques groupes qu'on a consultés, qui ne sont pas des communautés
autochtones, là, c'est des groupes qui représentent... Comme je le disais, il y
avait l'ITUM. C'est les groupes qui sont venus, dans le fond, en consultations
particulières. Je pense qu'aussi mes collègues les ont consultés suite à
l'amendement. Ils ont dit : Ah! O.K., c'est bien parce que nous, on en
demandait une, mais on n'a pas été consultés.
On voit qu'il n'y a aucune reconnaissance de
l'autonomie territoriale. Là, le ministre le reconnaît, il dit : Écoutez,
ce n'est pas dans cette loi‑là qu'on va permettre ça. Peut-être qu'il y a des...
On n'est pas, peut-être, dans le bon ministère pour ça.
On est quand même dans le bon gouvernement, parce que c'est le gouvernement qui
en décide. Et donc peut-être que ça serait plus à lui de poser les questions
puis qu'il soit très impliqué aussi dans le règlement qui va être fait par le
ministère.
Charette : Le règlement va permettre de clarifier certainement
plusieurs éléments. Et j'ai eu un complément d'information, là, d'une
légiste qui n'est pas physiquement avec nous, mais qui suit les travaux, par
rapport aux autres exemples, là, ailleurs au
Canada. Donc, on réfère, comme dans le cas du présent projet de loi, aux
pouvoirs existants. Donc, là-dessus, on est dans la même philosophie. Et
aussi on passe généralement par des ententes avec les communautés. Donc, c'est
ce qu'on dit. On réfère aux articles généraux existants, mais les
particularités vont se discuter au niveau de l'entente de gestion.
Mme Ghazal : O.K., merci.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement?
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Bien, écoutez, à première vue, je trouve très intéressant
l'amendement de la collègue de Mercier. Donc, c'est un amendement, donc, je
crois, qui nous permet d'aller un peu plus loin. Donc, ma première question
pour M. le ministre, à l'article 2.1, M. le ministre, que nous avons adopté,
donc, le législateur n'hésite pas à parler
de concertation avec les ministères, les organismes gouvernementaux, les
municipalités, etc. Et là, quand vient le temps de parler de travailler de
concert, donc, vous comprenez que, concertation, travail de concert, on est
toujours dans la même logique, et comment se fait-il... Pourquoi est-ce qu'à ce
moment-là c'est si difficile que le ministre puisse travailler de concert avec
les communautés et les nations autochtones?
M. Charette : En fait, il n'y a rien
de difficile. Et, comme je le dis souvent aux collègues, on ne peut pas
interpréter un seul
article sans prendre en considération les autres. Le
collègue a lui-même mentionné 2.1. Or, en 2.1, on précise aussi que c'est avec
les communautés autochtones. Donc, il n'y a pas... Il n'y a rien de difficile.
C'était déjà précisé en 2.1. Donc, on n'a pas à tout le temps le reconfirmer
article après article.
M. Benjamin : J'ai entendu vos
arguments, M. le ministre, concernant... parce que c'est un amendement qui a
plusieurs aspects. Donc, il y a plusieurs changements. J'ai entendu vos
arguments pour ce qui est des nations autochtones initiatrices et j'ai entendu
vos arguments sur le «peut» ou le «doit», mais j'aimerais savoir... Parce qu'un
des aspects que je trouve aussi intéressant dans cet amendement-là, c'est le
fait que la collègue de Mercier suggère dans cet amendement-là que nous
puissions travailler dans le respect des visions du monde, des modes de gestion
traditionnels et des savoirs autochtones. Il me semble que, là, c'est quelque
chose d'intéressant que... Il faut au moins que nous puissions en disposer de
manière heureuse, pas le rejeter du revers de la main.
Charette : En fait, j'ai eu
l'occasion, là, déjà d'expliquer ce volet-là et je disais que c'était davantage
de nature légistique, au niveau
de la législation elle-même. À partir du moment où on introduit
les concepts de gestion traditionnels, on peut référer aussi au territoire traditionnel. Donc, il y a
l'enjeu des revendications territoriales qui revient. Et, comme je
le mentionnais tout à l'heure, mais aussi hier, notamment, on ne peut pas d'aucune façon laisser entrevoir que c'est un projet
de loi ou une loi, ultimement, qui va régler
cette question-là. C'est une question qui est importante, qui mérite d'être
réglée, mais elle ne sera pas réglée à
travers un projet de
loi sur l'environnement. C'est réellement des discussions
qui ont cours avec le Secrétariat aux affaires autochtones, dans
certains cas, suite à des traités, des ententes, dans certains cas, suite à des
jugements de cour. Mais d'aucune façon on ne
peut laisser entrevoir que c'est un projet de loi qui permet la résolution,
là, de ces revendications-là. Et ce qu'on a précisé en début d'article 2,
c'est qu'on est en territoire public. Donc, ce sont des terres publiques. Donc,
on ne règle pas d'enjeux ancestraux ou territoriaux, là, à travers le projet de
loi en question.
M. Benjamin : Il y a eu cette
annonce il n'y a pas si longtemps du site ancestral Mushuau-nipi, désormais
protégé de façon permanente.
M. Charette : Je ne me souviens pas
que le collègue de Viau ait félicité le gouvernement pour cette reconnaissance.
M. Benjamin : Écoutez, j'aimerais
bien pouvoir vous féliciter, mais c'est à la lumière de cet amendement que je
vais pouvoir le faire, donc. Alors, j'aimerais bien que vous nous dites quel
sera le statut de ce site, éventuellement.
M. Charette : En fait,
j'inviterais... Je sais le collègue amant de lecture. Je pense que c'est
aujourd'hui même, sur Radio-Canada, un superbe texte sur à quel point le milieu
est reconnaissant de cette annonce qui a été faite, cette confirmation qui a
été faite à la fin de la semaine dernière, donc, superbe texte. Naturellement,
on parle d'aires protégées d'initiative autochtone. Donc, pour les prochaines,
à partir du moment où on est en territoire où il y a un intérêt autochtone,
c'est déjà possible, et je le mentionnais, de conclure des ententes de gestion.
Donc, même une aire protégée qui est confirmée avant même l'adoption du projet
de loi pourrait laisser place à une entente de gestion qui mettrait à
l'avant-scène la communauté autochtone qui se sent particulièrement liée par le
territoire concerné.
M. Benjamin :
Vous me confirmez que, ce site-là, donc, il y aura une entente éventuellement
pour en faire une aire protégée autochtone?
M. Charette : En fait, ce n'est pas
ce que je dis, c'est qu'au niveau de l'entente de gestion on pourra mettre de
l'avant cette communauté si c'est le rôle qu'elle souhaite jouer. Et, dans
l'article de ce matin, d'ailleurs, on parle d'une association qui s'est donné
le mandat de protéger le territoire. Donc, c'est un mandat qui pourrait, par
exemple, être confirmé, là, à travers une entente de gestion.
M. Benjamin : J'en parle pour
plusieurs raisons, parce que nous sommes évidemment dans un débat sur une loi
sur la protection du patrimoine naturel. Il y a aussi cet amendement, donc, que
vient d'amener ma collègue la députée de
Mercier. Mais je veux... J'aimerais souligner aussi, en fait, qu'afin d'assurer
la pérennité de ceci, donc, il y a un fonds qui porte le nom d'une bonne
amie à moi, donc, la poète Joséphine Bacon, donc, dont... On parle de ce
fonds-là créé justement avec l'objectif qui est intimement lié à la protection
de ce site-là.
Alors, pour cette association, pour le Fonds
Joséphine Bacon, mis en place par la cinéaste Obomsawin, pour, aussi, cette
association locale visant la protection de ce site, ma question encore, M. le
ministre : Est-ce que vous allez travailler de concert avec ces gens-là?
Allez-vous travailler de concert avec eux, donc, afin d'assurer la gestion de
ce site dans le respect des visions du monde, des modes de gestion
traditionnels et des savoirs autochtones?
M. Charette : En fait, je
parlais de certains termes qui pourraient être problématiques au niveau de
l'interprétation si on les intégrait au projet de loi. Donc, je ne reprendrai
pas ces termes-là au niveau de l'explication. Mais naturellement que c'est un
travail qui se fait avec la communauté initiatrice, les communautés qui
pourraient être interpelées. C'est évident
aussi que l'entente de gestion devra refléter cette place-là que la communauté
va vouloir assumer. On n'impose pas quelque chose qui ne serait pas
souhaité par la communauté, mais on va favoriser naturellement le rôle qu'elle
souhaite jouer.
M. Benjamin : En fait, vous
faisiez référence, M. le ministre, à cet article, et, oui, effectivement, je
l'avais lu, cet article, et, dans cet article, justement, il est fait mention
de la volonté ferme des communautés de sauvegarder ce territoire, mais dans le respect du patrimoine, notamment, des peuples
innus, donc, des communautés innues. Et là-dessus, justement, il s'agit
de travailler dans le respect des visions du monde, et c'est là que je vous
dis, je vous enjoins même à regarder encore une fois l'amendement qui est
devant vous. Je comprends... Est-ce qu'il est nécessaire.. Selon vous, est-ce
qu'il y a des aménagements qui peuvent être apportés?
Donc, je pense que la collègue de Mercier est
parlable, donc, mais je pense que... Je vous ai entendu dans plusieurs
interventions où vous avez même repris, donc, l'idée. Donc, pour vous, vous
allez travailler de concert. Mais pourquoi
est-ce que, dans un amendement, dans un
article de loi, ça ne... vous ne parlez
pas justement de cette volonté-là, vous ne la traduisez pas dans cet
article-là?
M. Charette : C'est-à-dire, on
le traduit à plusieurs endroits dans le projet de loi, notamment dans les
articles que nous avons adoptés précédemment et même au niveau de
l'article 2. Donc, c'est très bien traduit. Cependant, on ne peut pas
introduire des concepts juridiques qui n'existent pas. Il n'y a pas de concept
juridique qui permet de traduire une vision du monde. Donc, c'est réellement à
travers le règlement qui va découler de l'adoption du projet de loi que l'on
pourra préciser les attentes et les modalités qui lieront la gestion à une
communauté, à une aire protégée, par exemple.
Mais le concept de respect des visions du monde dans un projet de loi, ce n'est
pas quelque chose qui se définit.
M. Benjamin : Est-ce qu'il
pourrait y avoir, M. le ministre, une aire protégée non autochtone sur laquelle
il faille intervenir pour protéger des éléments de patrimoine, de culture,
d'histoire, de mémoire autochtones?
M. Charette : En fait, étant donné
que le projet de loi n'est pas encore adopté, il n'y a pas, à ce jour, d'aire
protégée d'initiative autochtone, dont l'exemple dont je vous nommais... Je
vais aller relire au niveau phonétique pour essayer de m'aider à bien le
prononcer, et là il est soudainement très loin dans l'échange. Ça ressemblait à
Uapishka, voilà. Donc, il y a cet élément-là, et pourtant la catégorie n'existe
toujours pas. Donc, oui, c'est possible d'avoir une gestion d'aire protégée qui
traduit des particularités autochtones sans que l'aire protégée soit une aire
protégée d'initiative autochtone.
Naturellement, cette entente de gestion là est intervenue alors que le projet
de loi n'était pas encore adopté,
mais, avec l'adoption du projet de loi, on peut deviner qu'il y aura de plus en
plus de ce type d'entente de gestion.
M. Benjamin : Alors, dans
l'hypothèse, donc, fort probable qu'il puisse y avoir une ou des aires
protégées où il y aurait un ou plusieurs
éléments soit d'histoire patrimoniale, donc, culturelle, etc., autochtones à
protéger, dans cette éventualité-là, comment vous allez vous y prendre
pour vous assurer de cette protection-là?
M. Charette : On se rappelle
l'échange d'hier. Il faut partir d'un concept de biodiversité étant donné que
c'est la
loi sur le patrimoine naturel. Il faut qu'il y ait... Et d'ailleurs
l'article auquel on faisait tous les deux référence, l'élément de biodiversité
qui est cité, c'est une rivière, c'est le caribou nordique. Donc, tout s'est
bâti à partir de ces éléments-là de biodiversité et ce serait la même chose
dans d'autres cas de figure. Il pourrait y avoir un élément de biodiversité
identifié auquel est associée une pratique religieuse, par exemple, autochtone.
Donc, du coup, cette pratique-là sera, je veux dire, mentionnée dans les
caractéristiques de l'aire protégée d'initiative autochtone.
Benjamin : Alors, je vais... Si vous permettez, Mme la Présidente, je
vais citer M. Ashini Goupil, qui est le président de la corporation, le
cofondateur même... M. Serge Ashini Goupil, cofondateur de la corporation de
Mushuau-nipi, qui, parlant de cette corporation et du travail qui est fait de
ce site-là... il dit : «Si les gens croient à ce qu'on fait — et les
gens, je présume, je soupçonne, en premier lieu, il parle... il fait allusion
au gouvernement — pour
faire de la transmission, faire l'exercice
de présenter ce qu'on était comme Innu dans le passé aujourd'hui, c'est ça
[que nous voulons à travers] la pérennité [de ce] site.» Vous comprendrez, M.
le ministre, et je suis sûr que vous partagez ces commentaires de
M. Ashini Goupil, donc, que ce travail-là ne peut être fait qu'en
concertation, M. le ministre.
M. Charette :
En fait, assurément, et pourquoi il y a cet article-là aujourd'hui et pourquoi
on a salué cette avancée-là, c'est parce que le gouvernement du Québec, l'actuel,
à tout le moins, et c'est un petit clin d'oeil, a permis la reconnaissance de
ce territoire-là, et ça s'est fait naturellement en concertation avec les
communautés. Et on a le privilège d'avoir la personne avec nous qui, au
quotidien ou à peu près, est en discussion avec les différentes communautés
selon les territoires concernés. Donc, on n'aurait pas pu dire : On ajoute
30 000 kilomètres d'aires protégées sans avoir impliqué la communauté.
Autrement, la communauté ne serait pas citée dans l'article comme étant
emballée par la décision qui fut prise.
M. Benjamin :
J'apprécie le clin d'oeil, M. le ministre, mais, vous savez, si j'avais à faire
des clins d'oeil, je passerais tout le temps de la commission à faire des clins
d'oeil, que ce soit sur le legs qui vous a été laissé comme ministre... Donc,
hier, je vous en ai fait un beau au sujet d'Anticosti, vous vous rappelez?
M. Charette :
Oui, mais, ça, on pourra éventuellement, peut-être pas à la commission, mais
autour d'une bière, rappeler toutes les tergiversations autour d'Anticosti au
cours des 15, 20 dernières années, mais pas cet après-midi, éventuellement
avec plaisir.
M. Benjamin :
En tout cas, je trouve, si on est à l'amendement de la collègue de Mercier, que
c'est un amendement qui a... qui porte
quelque chose de très intéressant et je crois que ça vaut la peine que nous
puissions vraiment regarder cet amendement et le considérer, donc, que la
partie gouvernementale puisse considérer cet amendement. Voilà, merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. D'autres interventions,
questions, commentaires? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
...juste dire que, bien, je remercie le collègue de Viau. Oui, je suis
quelqu'un de parlable. Et le ministre aurait pu amener tous les amendements
qu'il aurait voulus, et je lui aurais même donné l'amendement. Il aurait... En
fait, on ne peut pas sous-amender un sous-amendement.
M. Charette :
...que la collègue de Mercier est tout à fait parlable.
Mme Ghazal :
Très bien. Maintenant, il reste à savoir si le ministre l'est pour changer le
sous-amendement, mais j'ai compris que la réponse, c'est non, pas qu'il n'est
pas parlable, mais qu'on ne peut pas... il ne peut pas changer l'amendement. Je
ne suis pas convaincue de tous les arguments. Il y a plusieurs éléments qui
auraient pu peut-être être acceptés. Je comprends que le «peut» et le «doit»,
non, c'est vraiment... Il faut que ça soit voulu par les communautés
autochtones. En fait, même, peut-être que la formulation qui aurait été
meilleure, c'est : Si les communautés autochtones le veulent, il pourrait
y avoir un pouvoir de délégation, une entente de délégation en vertu de
l'article 12. Mais, par exemple, le premier
élément de mon amendement qui mentionne... ah! je ne le vois plus, mais où on
dit «travaille de concert», ça, ça
aurait été quelque chose, quand même, de tout à fait acceptable au lieu de
«favoriser la participation».
M. Charette :
J'ai abordé des arguments pour chacun de ces éléments-là. Et, Mme la
Présidente, on me surveille de près. Si jamais je devais les répéter de
nouveau, j'aurais un message assez rapidement qui apparaîtrait sur l'écran me
disant : Tu te répètes, Benoit. Donc, je ne répéterai pas ce que j'ai déjà
mentionné à ce niveau-là.
Présidente (Mme Grondin) : D'autres commentaires? Non? Je vais
donc procéder à la mise aux voix du sous-amendement à l'article 2.8, de l'amendement
de l'article 2.8. Donc, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Oui, veuillez répondre pour, contre ou abstention. Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : M. Campeau
(Bourget)?
La Secrétaire : Dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : De retour à
la salle Papineau, M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)... Pardon, M. Gaudreault (Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire : Et Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, le sous-amendement est rejeté.
Nous revenons donc à l'article 2.8. Y
a-t-il des commentaires,
ou interventions, ou questions? Donc, nous poursuivons avec l'article
2.9. M. le ministre.
M. Charette : Juste un petit
instant, j'y arrive. 2.9, donc :
«Le ministre élabore et rend public un guide
concernant la création, la gestion et la mise en valeur des aires protégées
d'initiative autochtone.
«Ce guide est élaboré et mis à jour dans un
esprit de collaboration avec les communautés et les nations autochtones.»
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, en fait, ce qu'on n'a pas... J'aimerais savoir, en fait,
quelle sera la nature de ce guide, comment... Ce guide-là, comment il se fera?
M. Charette : En fait, vu que
c'est au niveau de l'application, peut-être, je ne sais pas si le collègue...
la différence entre «entente de gestion»,
«guide de gestion». Est-ce qu'avec consentement on pourrait proposer au sous-ministre
adjoint de départager un petit peu ces concepts-là?
M. Benjamin : Absolument.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, il y a consentement. Est-ce que,
dans la salle La Fontaine, il y a consentement? Consentement, merci. Donc,
M. le sous-ministre, je vous invite à vous présenter, s'il vous plaît.
M. Martin-Malus
(Jacob) : Merci, Mme la Présidente. Donc,
Jacob Martin-Malus, sous-ministre adjoint au ministère de l'Environnement.
Donc, le guide qui est mentionné à
l'article 2.9 vise notamment à établir le processus et le mode de
fonctionnement pour encadrer l'obligation constitutionnelle de consulter les
communautés autochtones. Donc, cet aspect-là va être établi à l'intérieur du guide.
Et je pense que le ministre a déjà mentionné durant la commission, là, dans une
session préalable, que ledit guide ferait l'objet d'une démarche de
participation des communautés autochtones dans sa rédaction. Et effectivement
on va avoir à l'intérieur du guide des dispositions qui viennent baliser, je
dirais, le mode de délégation des pouvoirs du ministre, donc, des ententes de
délégation, de quelle façon elles vont être établies, et plusieurs autres aspects relativement à la désignation par le gouvernement
des aires protégées d'initiative autochtone.
M. Benjamin : Merci pour la
précision. Est-ce que ce genre de document là, ce genre de guide là, est-ce
qu'il existe pour d'autres types d'aires protégées? Est-ce que ça existe?
M. Martin-Malus (Jacob) : Mme la
Présidente, je ne voudrais pas induire le député en erreur. Je ne crois pas,
parce qu'ici on parle vraiment d'un nouveau statut. Les aires protégées
d'initiative autochtone est un nouveau statut qui est complètement nouveau à la
LCPN, donc, et qui impliquent une intervention d'une communauté pour soumettre,
à son initiative, donc, à partir de certains critères... Vous vous rappelez,
aux articles précédents, on parlait de cartes géographiques. Donc, il y a
certaines balises minimums qui vont devoir faire l'objet de la proposition,
donc, de l'initiative de la communauté, directement auprès du ministre. Donc,
c'est le seul cas d'espèce où il y a vraiment une proposition directement faite
par écrit en vertu des articles précédents... directement faite auprès du
ministre. Donc, ce type de guide là ne s'appliquerait pas dans d'autres statuts
actuellement.
M. Benjamin :
Merci. Et, ce guide-là, c'est un guide du ministère à l'intention des
communautés et des nations autochtones. Donc, c'est bien ça?
Martin-Malus (Jacob) : Ma réponse, Mme la Présidente, serait
«notamment», donc, mais c'est un guide, donc, qui serait...
M. Benjamin :
C'est une réponse très prudente, M. le sous-ministre.
Martin-Malus (Jacob) : Oui, effectivement, mais je vous dirais
que, de plus, c'est un guide qui va être rendu public, M. le député, sur le site
Internet du ministère de l'Environnement. Donc, il sera accessible à toute
personne voulant le consulter, bien sûr.
M. Benjamin :
Et quelle serait la contribution des communautés autochtones dans la confection
même de ce guide-là? Est-ce qu'il est prévu qu'il y ait une contribution des
communautés autochtones dans la préparation, dans la confection même de ce
guide-là? Parce que, vous comprendrez, il serait très malvenu de faire un guide
à l'intention d'un groupe... de groupes, et pour lesquels ils ne seraient même
pas consultés. Donc, quelle serait leur contribution à ce moment-là?
Martin-Malus (Jacob) : Je vous répondrais... Et je vais être
prudent pour ne pas aller au-delà des propos du ministre en commission, mais,
si j'interprète ce que j'ai entendu jusqu'à présent, la volonté du ministre,
c'était réellement, donc, une démarche où le ministère va faire participer les
différents représentants des communautés autochtones pour soutenir, donc, le
ministère dans la rédaction, la préparation et le développement du guide en
question.
Donc, on parle
vraiment d'une démarche très, très, très participative des communautés, dans un
horizon... Une fois le projet de loi n° 46 adopté, donc, on se donne un
horizon temporel à déterminer. Je ne l'ai pas de façon très précise, mais ce
n'est pas quelque chose qui va se faire dans les trois prochaines semaines
suivant l'adoption. On parle d'une démarche participative de plusieurs mois en
vue, donc, d'adopter un guide qui aura été largement commenté par les
communautés autochtones.
M. Benjamin :
Donc, autrement, vous me confirmez que, que ce soit dans l'élaboration de ce
guide, donc, dans sa préparation, donc, il y aura un travail qui sera fait, de
concertation, avec les communautés autochtones.
Martin-Malus (Jacob) : Je vous confirme qu'il y aura un travail
de fait, de consultation des communautés autochtones, effectivement, et ce sera
une consultation élargie, là, pour inclure le plus possible de représentants
des Premières Nations qui souhaitent y participer.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres... Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal :
Oui. Est-ce que c'est possible que le guide soit... pour ne pas que ce soit
imposé ou que ce soit vu comme tel, qu'il soit élaboré en collaboration avec
les communautés autochtones?
M. Charette :
En fait, comme le sous-ministre adjoint vient de le mentionner et comme le
précisent les articles précédents, c'est clair que c'est une démarche
participative. On n'imposera pas une aire protégée d'initiative autochtone à
une communauté autochtone qui ne le souhaiterait pas, ce statut d'aire protégée
d'initiative autochtone. Donc, le cadre de gestion va refléter la mobilisation
de la communauté, là, pour l'obtention du statut.
Ghazal : En fait, c'est écrit où que le guide va être écrit en
collaboration avec les communautés autochtones?
M. Charette :
En fait, au niveau... Comme je le mentionnais précédemment, la gestion pourrait
ne pas revenir à la communauté si la communauté ne souhaite pas l'obtenir, ce
mandat-là. Donc, c'est là où il faut laisser place à cette possibilité-là. Donc, on lit : «Ce guide est élaboré et mis à
jour dans un esprit de collaboration avec les communautés et les nations
autochtones.» Donc, c'est tacite qu'ils font
partie de la démarche.
Mme Ghazal :
Et donc ils font
partie de la démarche... parce que je ne comprends pas... Le
guide, il est mis en place pour les aires protégées où il y a une entente ou
pas nécessairement?
M. Charette : En fait, on est rendus
à l'étape suivante, en quelque sorte. C'est-à-dire, on a l'aire protégée d'initiative
autochtone qui est reconnue. Il faut maintenant déterminer les modalités. On
parle tout le temps d'un plan de conservation, donc, d'une entente ou d'une
nécessité de gestion du territoire. C'est là où on dit : «Le guide est
élaboré et mis à jour dans un esprit de collaboration.» Donc, ce n'est pas le
ministère seul qui le fait. Donc, c'est dans un esprit de collaboration avec
les communautés et les nations autochtones.
Mme Ghazal : Très bien, c'est bon,
merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions? D'autres
interventions, non? Donc, nous avons finalisé l'article 2. Merci, Mme la
secrétaire. Donc, on va revenir sur l'intitulé. Êtes-vous d'accord avec
l'intitulé, qui est «Objet et application»? C'est ça? O.K. Donc, les
intitulés : «Chapitre I, Dispositions générales,
Section I,
Objet et application.» Y a-t-il des commentaires sur les intitulés?
Charette : Étant donné que
nous étions sur un amendement, est-ce
qu'il faudrait d'abord adopter l'amendement?
La Présidente (Mme
Grondin) : O.K., merci, M. le ministre.
M. Charette : Bien, quoiqu'hier on
l'avait déjà adopté, le 2, mais juste pour être sûr que...
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, y a-t-il des commentaires sur les intitulés... l'intitulé de
l'amendement... des amendements... de l'amendement? C'est ça? Non?
M. Benjamin : L'intitulé des
amendements étant...
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, au niveau de
l'amendement, on a ici : «Section l.1, Dispositions propres aux
communautés autochtones.»
La Présidente (Mme
Grondin) : O.K. Et donc il y a des intitulés par la
suite : «Dispositions générales», «Aires protégées d'initiative
autochtone.» Vous l'avez dans l'amendement. Donc, y a-t-il des commentaires sur
ces intitulés? M. le député de Viau.
M. Benjamin : Écoutez, Mme la
Présidente, à la lumière des derniers échanges qu'on a eu depuis... qu'on a
depuis hier soir jusqu'à aujourd'hui, c'est sûr que j'aurais aimé avoir... voir
un intitulé beaucoup plus parlant pour ce qui a trait au rôle, à la
contribution des communautés autochtones, mais je tenais quand même à souligner
que je pense qu'on aurait pu faire... Le ministre aurait pu faire davantage
pour avoir un intitulé beaucoup plus parlant à cet effet, donc, mais... Je ne
ferai pas d'amendement, mais je tiens à le souligner.
La Présidente (Mme
Grondin) : D'autres commentaires? Ça va? Donc, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement qui
introduit les articles 2.3 à 2.9 est adopté. Nous revenons donc à
l'article 2, où nous avions déjà passé à travers l'ensemble.
Présidente (Mme Grondin) : Oui, Mme la députée de Mercier?
Mme Ghazal :
Les dispositions préliminaires, je pense, c'est comme ça que ça s'appelle, au
début... c'était au début, début... Ah! on avait décidé que c'était à la fin.
Très bien, c'est bon, je viens de me rappeler.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, c'est ça, elles sont... elles
vont être discutées à la fin. Le préambule, là, sera à la fin. Donc, si on
revient à l'article 2 tel qu'amendé, y a-t-il des interventions? Je vais
donc procéder à la mise aux voix de l'article 2.
Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault :
Abstention.
La Secrétaire : Et Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, l'article 2, tel qu'amendé,
est adopté. Nous poursuivons avec les articles suspendus et, si je ne me trompe
pas, Mme la secrétaire, nous sommes rendus à l'article 8. Donc,
l'article 8, M. le ministre.
M. Charette : Exactement, je l'avais
lu à l'époque qui semble lointaine, mais c'est effectivement bien loin. Donc,
je peux le lire de nouveau, c'est très simple :
Les articles 10 et 11 de cette loi sont
abrogés.
Le commentaire.
L'article 10 abrogé est
remplacé par le nouvel
article 41 proposé par l'article 32 du projet
de loi. On avait convenu, là, ça me revient tout en le lisant, de le reporter
parce que l'article 32 n'avait pas été étudié, ce qui est fait maintenant
dans sa quasi-totalité, donc, lequel prévoit un nouveau mécanisme pour la
modification de désignations gouvernementales, notamment afin d'introduire
l'obligation pour le gouvernement de prendre toute mesure de conservation
propre à compenser toute diminution de la superficie totale des aires protégées
au Québec.
Et l'article 11, lui, il est tout
simplement déplacé à l'article 2.2, qu'on a tout juste traité par
l'article 2 du projet de loi, afin de regrouper cet
article avec les
autres dispositions générales. Donc, on avait convenu de le reporter tout
simplement pour se laisser le temps d'y aller dans l'ordre un petit peu
chronologique des articles.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions
sur l'article 8? Je vais donc procéder à la mise aux voix de
l'article 8. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : M. Campeau
(Bourget)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin : Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire : Et
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente
(Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'article 8 est
adopté. Nous poursuivons avec l'article 9 qui était suspendu. M. le
ministre, je vous invite à le lire.
M. Charette :
Exactement, en vous mentionnant qu'il y aurait des amendements en 12, mais
également pour introduire 12.3 à 12.6.
Donc, l'article original :
L'article 12 de cette loi est remplacé
par les suivants :
«12. Le ministre peut, par entente, déléguer à
toute personne ou à toute communauté autochtone tout ou
partie des pouvoirs que
lui attribue la présente loi ou qu'il détient au regard de la gestion d'un
territoire qui relève de son autorité et qui fait l'objet d'une mesure de
conservation en vertu de la présente loi.»
Donc, je pourrais déjà lire, bien, peut-être le
commentaire, parce que l'amendement ne modifie pas tout. Donc, le commentaire.
Cette modification élargit le pouvoir de délégation du ministre afin de
favoriser une participation plus active des communautés autochtones, des
organismes de conservation et d'acteurs impliqués en matière de conservation de
la biodiversité. Le ministre pourra notamment déléguer certains pouvoirs
d'inspection.
Le nouvel
article 12 est notamment inspiré
de l'article 15.11 de la Loi affirmant le caractère collectif des
ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des
milieux associés, de l'article 17.22 de la
Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune et, plus récemment, du nouvel
article 12.2 de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, proposé par le projet de loi n° 44.
Donc, je vous ferais la lecture de l'amendement.
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui. Toutefois, l'amendement, c'est ça, si
j'ai bien compris, M. le ministre, il introduit les articles 12.3, 12.4 et
12.5?
M. Charette : L'autre
amendement par la suite, mais le premier est réellement sur 12.
La Présidente
(Mme Grondin) : O.K., parfait, c'est bon. Je voulais juste
m'assurer que je suivais.
M. Charette : Excellent. Donc,
j'en fais la lecture, merci.
Article 12 de la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel. Donc, à l'article 12 de la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel proposé par l'article 9 du projet de loi :
1° dans le premier alinéa :
a) remplacer «Le» par «Sous réserve de
l'article 77.19, le»;
b) insérer, après «personne ou», «à toute nation
ou»;
2° ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Pour les fins du présent article, les nations
autochtones sont représentées — plutôt — par la Société Makivik, le
Gouvernement de la nation crie ou un regroupement de tous les conseils de
bandes ou de tous les conseils de village nordique. Les communautés autochtones
sont quant à elles représentées par leur conseil de bande, par leur conseil de
village nordique, par un regroupement de communautés ainsi représentées, ou, en
l'absence de tels conseils, par tout autre regroupement autochtone.»
Un commentaire, là, qui vient de m'être ajouté.
Donc, c'est un amendement qui découle essentiellement des commentaires reçus
lors de la présentation du projet de loi. Il vise à clarifier que la délégation
des pouvoirs se rapportant au recouvrement d'un montant dû en vertu de la LCPN
ou de ses règlements n'est pas visé par l'article 12 et sera fait
conformément à l'article 77.19.
Cet amendement permet également de clarifier
quels sont les regroupements qui peuvent représenter les nations et les
communautés autochtones dans le cadre des ententes de délégation. Cette
énumération englobe les différents modes de représentation et reprend les mêmes
regroupements que l'article 62 de la Loi encadrant le cannabis et de la
loi sur le bien-être et la sécurité animale, lesquelles sont
les textes les plus récents à ce sujet.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il... M. le député de
Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Ma première question... Donc, dans le premier paragraphe de cet
article 12 amendé, quand le ministre parle de «tout ou
partie des
pouvoirs», j'aimerais peut-être l'entendre sur le «tout ou
partie des
pouvoirs».
M. Charette : En fait, est-ce que le
collègue est sur l'amendement ou l'article 12... bien, c'est-à-dire,
l'article 12 original?
M. Benjamin : Bien, en fait, je suis
dans l'amendement, en fait : «Sous réserve de l'article 77.19 — donc — le ministre
peut, par entente, déléguer à toute personne ou à toute nation ou communauté
autochtone tout ou
partie des pouvoirs...»
M. Charette : C'est réellement... Ce
n'est pas la... C'est ça, il faudrait débattre de l'amendement. Ça, c'est le 12
lui-même.
M. Benjamin : De l'amendement? Bien,
parfait. Bien, écoutez, donc, je vais aller, donc, sur l'amendement strict.
Dans le... Ici, donc, vous avez cru bon d'ajouter «toute personne ou à toute
nation ou communauté autochtone». J'aimerais vous entendre sur pourquoi est-ce
que c'était important d'amener cette dimension-là. Or, il me semble que les
nations vivent sur un territoire, donc...
M. Charette :
En fait, c'est peut-être mieux pour... C'est vrai que des amendements, là, où
on ne fait que modifier ou ajouter quelques mots, ça devient difficile de s'y
retrouver. Avec la permission du collègue, je vais tout simplement lire le
texte amendé. La réponse devient toute naturelle, là. Donc, 12 se lirait
ainsi : «Sous réserve de l'article 77.19, le ministre peut, par
entente, déléguer à toute personne ou à toute nation ou communauté tout ou
partie des pouvoirs et responsabilités...»
Notamment, on ne peut pas, dans certains cas,
parler de conseils de bande. Les Inuits n'ont pas de conseils de bande. Donc, on
ne peut pas arriver à conclure une entente de gestion avec un conseil de bande.
Donc, ça devient à travers les individus répondants pour la communauté...
Est-ce qu'il y aurait d'autres exemples?
Et, encore plus précisément, le deuxième
paragraphe qui est introduit par l'amendement, ça illustre très bien la
finalité, là, de cette dénomination. Donc, on lirait : «Pour les fins du
présent article, les nations autochtones sont représentées par la Société
Makivik, le Gouvernement de la nation crie ou un regroupement de tous les
conseils de bandes ou tous les conseils de village nordique. Les communautés
sont quant à elles représentées par leur conseil de bande, par leur conseil de
village nordique [ou] par un regroupement de communautés ainsi représentées ou,
en l'absence de tels conseils, par tout
[...] regroupement autochtone», qui est composé de personnes... Donc,
l'amendement lui-même est assez clair, là, sur sa finalité.
M. Benjamin : Cet amendement-là, M.
le ministre, est-ce que... J'aimerais savoir si cet amendement-là, au moment de
le préparer... Est-ce qu'il est puisé... Est-ce qu'il a été tissé à partir de
la concertation avec les communautés autochtones? Parce que c'est clair qu'ici
il est question de représentativité. Il est question de légitimité. Donc,
alors, moi, j'aimerais savoir... En fait, cet amendement-là, est-ce qu'il a été... Avant
de l'apporter, est-ce qu'il a été... Est-ce qu'il y a eu une consultation?
Est-ce qu'il y a eu une concertation avec les communautés autochtones?
M. Charette : Oui, en fait, comme je
le mentionnais dans les commentaires, c'est réellement un amendement qui est
apporté suite à la consultation. Donc, à travers ce qu'on a pu entendre, à
travers les discussions qu'on a pu avoir par la suite, donc, on répond à des
attentes avec cette nouvelle terminologie là et ce nouveau paragraphe là.
M. Benjamin : Donc, est-ce que vous
me confirmez que le ministre délégué aux Affaires autochtones, donc,
responsable des relations entre le gouvernement du Québec et les communautés autochtones,
est à l'aise avec ce que vous nous proposez ici dans l'article 12?
M. Charette : En fait, l'article 12,
comme je le mentionnais tout à l'heure, offre un pouvoir très élargi et de belles possibilités. Donc, oui, c'est à la satisfaction du collègue,
très certainement, mais aussi des communautés qui y
voient un réel potentiel, là, de rôle à jouer, là, pour la suite.
Présidente (Mme Grondin) : Ça va, vous avez... Ça va, M. le député? Parfait. Y a-t-il d'autres
interventions? Non? Donc, je vais procéder à la mise aux voix de l'amendement.
La Secrétaire : M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : M. Campeau
(Bourget)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
La Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
La Secrétaire : Et Mme
Grondin (Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 9
est adopté. Nous revenons à l'article 9 tel qu'amendé. M. le ministre, je
crois que vous aviez également un amendement?
M. Charette : Un amendement pour
introduire de nouveaux articles.
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, monsieur...
M. Benjamin : Je pense qu'on devait
revenir sur l'article 12 amendé. Donc, on vient de... Est-ce que c'est sur
l'amendement qu'on vient de voter?
La Présidente (Mme
Grondin) : On a voté sur l'amendement. Donc, on revient sur...
M. Benjamin : Oui. Donc, il faut
revenir sur le 12 amendé, voilà.
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, le 12 de l'article 9.
M. Benjamin : Oui, d'accord. Donc,
moi, j'aurais une intervention.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait, allez-y, M. le député.
M. Benjamin : En fait, c'était...
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, ce qu'on va fonctionner... On va y aller... 12, 12.1, 12.2, et, par la
suite, on traitera de l'amendement. Ça vous
convient? Parfait. Donc, on revient à l'article 12 de l'article 9. M.
le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je reviens à ma question. Donc, quand on parle de «tout ou
partie des pouvoirs et responsabilités», j'aimerais entendre le ministre sur le
«tout ou
partie des pouvoirs».
M. Charette : En fait, ce qu'on a
mentionné dans l'échange, précédemment, et avec la collègue de Mercier et avec
vous, sur... Au moment de l'article 2, on regardait un petit peu quelles
étaient les avancées, quelles étaient les possibilités,
et je référais justement à l'article 12, parce que c'est réellement un
pouvoir, là, qui peut être assez... C'est-à-dire que cette entente-là
peut reconnaître des pouvoirs assez élargis. Tout à l'heure, je parlais de la
surveillance, notamment, du territoire par des gardiens de parc ou peu importe
comment on pourrait les appeler. Donc, on peut ou on pourra déléguer ce type
d'activité là à travers l'entente de gestion, et ça vient illustrer encore une
fois le rôle que le milieu pourra jouer. On est à un
article où il n'est pas
question uniquement des communautés autochtones. Ça va s'appliquer aux
différentes possibilités d'aires protégées, mais on comprend que ça va aussi
s'appliquer à l'aire protégée d'initiative autochtone.
M. Benjamin : Merci, M. le ministre.
Donc, en fait, le sens de ma question... En fait, moi, je pense qu'il ne faut
pas faire miroiter des choses aux gens qui n'existeraient pas. Moi, ce que
j'ai... Lorsque je vous ai entendu tout à l'heure parler des possibilités de
délégation... Justement, vous avez parlé de possibilités de délégation, de
questions d'inspection, mais, sur le «tout»,
donc, sur le «tout», précisément sur le «tout», donc, je comprends aussi que
cette délégation de pouvoirs...
Est-ce que c'est ce que le «tout» veut dire? C'est-à-dire qu'il pourrait y
arriver, dans certains cas, que, même quand on est... nous ne sommes
pas, donc, dans une aire protégée autochtone... Qu'est-ce que le «tout» veut
dire?
M. Charette : En fait,
l'article 12 ne vise pas spécifiquement les aires protégées d'initiative
autochtone, ce sont l'ensemble des aires protégées. On parlait, par exemple...
oui, pour une communauté autochtone, ses représentants, mais, dans le cadre du
projet de loi, on a souvent parlé des organismes de conservation, par exemple.
Donc, ça pourrait être aussi une convention convenue avec un organisme de cette
nature-là et ça va préciser ce qui sera délégué. Le plus évident est
effectivement la question de la sauvegarde, de la protection du territoire. Ça
peut être l'inspection. Ça peut être... Bien, en fait, ce sont essentiellement
les différents pouvoirs qui sont énumérés dans la loi elle-même, là. C'est
là où je dis que la portée de l'article 12 est très large et offre un beau
potentiel de collaboration avec les différents milieux.
Benjamin : Effectivement,
nous ne souhaitons que ça, M. le ministre, qu'il puisse y avoir des
collaborations, des concertations. Mais l'article que nous avons devant nous
nous dit que «le ministre peut, par entente, déléguer à toute personne ou à toute nation
ou communauté autochtone tout ou
partie des pouvoirs et responsabilités que lui
attribue la présente loi...»
Alors, moi, ce que je... «partie des pouvoirs»,
je comprends, et vous l'avez illustré notamment à travers, par exemple, cet
exemple d'inspection, par exemple. Ça, c'est une délégation d'une
partie des
pouvoirs, mais tout le... Et, moi, c'est le «tout» qui m'intéresse. Le «tout»
veut dire quoi et comment pourrait se manifester, comment pourrait
s'opérationnaliser le «tout»? Parce que c'est «tout ou
partie des pouvoirs».
Donc, le «tout», c'est quoi?
M. Charette : En fait, comme je le
mentionnais à mon intervention précédente, le projet de loi précise les
pouvoirs du ministre de l'Environnement. Donc, à travers une entente, on pourra
en déléguer une
partie ou tout, mais, lorsque c'est élargi dans... À chaque
fois qu'il y a une délégation de pouvoirs, comme on le mentionnait pour un exemple
précédent, ça ne peut pas être éternel, ça ne peut pas être à long terme, parce
que le ministre se déchargerait de sa responsabilité première. Mais, oui, le projet
de loi fait référence à plusieurs pouvoirs et, oui, l'article 2
permettra... l'article 12 de l'article 9 permettra de déléguer certains
ou une grande partie, là, de ces pouvoirs.
M. Benjamin : Est-ce que ça pourrait
aller, par exemple, dans le cas qu'on a, par rapport à cet article-là, à des
conventions de gestion, par exemple, d'une aire?
M. Charette : En fait, oui, c'est ce
qu'on mentionnait aussi précédemment. Il y a un plan de conservation. Il faut
avoir la possibilité de l'appliquer, ce plan de conservation là. Donc, oui, il
peut y avoir une délégation au niveau de la gestion, un exemple qui est très
fréquent ou qui est susceptible de l'être davantage avec les organismes de
conservation, notamment.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va? Y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 12? Donc, nous poursuivons avec l'article 12.1. Y a-t-il des interventions?
L'article 12.2? Donc, M. le ministre, vous souhaitez déposer un amendement
qui va introduire les articles 12.3 à 12.6?
M. Charette : S'il vous plaît,
merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Vous avez tous les amendements avec vous, hein? Ils
sont sur le Greffier. Donc, M. le ministre, je vous invite à en faire la
lecture. On va commencer avec le 12.3, s'il vous plaît.
M. Charette : C'est bien gentil.
Merci, Mme la Présidente.
Donc, 12.3 : «Le gouvernement peut, par
décret, mettre en réserve toute terre faisant
partie du domaine de l'État dans
le but de constituer une nouvelle aire protégée.
«Pendant cette mise en réserve, aucun nouveau
droit, bail, permis ou autorisation ne peut être octroyé ou délivré [par] la
réalisation de l'une ou l'autre des activités suivantes :
«1° la réalisation d'une activité d'aménagement
forestier à des fins commerciales;
«2° la recherche, l'exploitation et le transport
de substances minérales;
«3° l'exploration, la production et le stockage
d'hydrocarbures, de saumure ou de réservoirs souterrains;
«4° la construction d'oléoducs et de gazoducs;
«5° la production, la transformation, la
distribution et le transport d'électricité à des fins commerciales;
«6° la réalisation d'une activité d'exploitation
de la faune ou d'une activité agricole;
«7° la construction de toute infrastructure
assujettie à une autorisation du ministre responsable de l'application de la
Loi sur les terres du domaine de l'État.»
Présidente (Mme Grondin) :
Ça va? Donc, y a-t-il des interventions sur cet
article 12.3? M. le député
de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Petite question pratique pour mon édification, M. le ministre.
Donc, généralement, une mise en réserve, en moyenne, ça dure combien de temps,
une mise en réserve?
M. Charette : En fait, c'est un
nouveau pouvoir qui est introduit à travers 12.3. Est-ce qu'on a une estimation
du temps que ça pourrait représenter? En fait, c'est un nouveau pouvoir qui est
introduit, mais, en 12.6, par contre, on aura potentiellement un élément de
réponse, là, sur cette question-là. Mais je ne peux pas y aller d'exemples
particuliers, étant donné, là, que c'est une nouvelle possibilité, mais qui,
ceci dit, est très, très intéressante, parce que, même si on parle de mise en
réserve, on voit tout ce que ça implique. On gèle, en quelque sorte, le territoire,
là, pour nous permettre de passer plus rapidement à l'étape subséquente.
Benjamin : Au point 5°, on parle de production, transformation,
distribution, transport d'électricité à des fins commerciales. Est-ce qu'il
pourrait y avoir, par exemple, des situations de transport d'électricité à
d'autres fins que commerciales?
M. Charette :
On a déjà donné comme exemple... Si c'est pour alimenter, par exemple, un
bâtiment en particulier, si c'est pour desservir un lieu en particulier, ça
pourrait s'appliquer à ce cas de figure là. Et ce que j'aurais peut-être dû
mentionner, là, cette mise en réserve là ou cet amendement-là, c'est largement
inspiré, là, de ce que nous proposait la SNAP, là, au moment des consultations,
mais également des discussions avec l'organisme.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il des commentaires sur cet
amendement, l'article 12.3? Donc, nous allons poursuivre avec l'article
12.4.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc, 12.4 :
«La décision du
gouvernement précise les motifs qui justifient la mise en réserve du territoire
concerné ainsi que les activités qui, parmi celles énumérées au deuxième alinéa
de l'article 12.3, sont visées par celle-ci.
«Elle est accompagnée
d'une carte géographique du territoire [...] réservé.»
Et j'ai un petit
commentaire qui s'est ajouté. Donc, 12.4, voilà, ça précise le contenu minimal
de la décision du gouvernement, soit les motifs, les activités ciblées ainsi
qu'une carte géographique du territoire concerné.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il des interventions sur
l'article 12.4? Donc, nous allons poursuivre avec l'article 12.5. M. le
ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc, 12.5 :
«La décision du
gouvernement entre en vigueur à la date de sa publication à la Gazette
officielle du Québec .»
Présidente (Mme Grondin) : Commentaires ou questions à
l'article 12.5? M. le ministre, l'article 12.6.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc, 12.6 :
«La mise en réserve
d'un territoire prend fin :
«1° par
la désignation du territoire concerné à
titre d'aire protégée en vertu de la
présente loi ou de toute autre loi; ou
«2° par son
abrogation par décret du gouvernement.»
Présidente (Mme Grondin) : Commentaires sur
l'article 12.6? Y a-t-il des commentaires sur l'intitulé? Donc,
c'est : «Section III. Mise en réserve de territoires». Ça va? Donc,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin : Abstention.
Secrétaire : Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement est
adopté. Nous revenons à l'article 9 tel qu'amendé. Y a-t-il des
commentaires ou questions sur cet article? Je vais donc procéder à la mise aux
voix de l'article 9. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'article 9
est adopté. Nous poursuivons avec les articles suspendus. Donc, nous sommes
rendus à l'article 18. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Charette :
Juste pour se remémorer pourquoi la suspension au départ, c'est qu'il y avait
eu un échange, notamment, avec la légiste concernant les changements. On
parlait de l'arpenteur général, et autres. Et c'est le Parti québécois, je
pense, qui avait soumis quelques questions. Les réponses sont disponibles sur
Greffier. Et ça confirme, là, les propos de la légiste comme quoi c'étaient des
aménagements, là, très, très, très techniques, mais les réponses sont
disponibles sur Greffier.
La Présidente (Mme Grondin) : Nous en étions... Vous aviez déposé un amendement.
Nous en étions également sur cet amendement-là qui est suspendu.
M. Charette : Oui, bien, en fait, on
avait suspendu 18 en entier, là, pour clarifier cette question-là.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, y
a-t-il des commentaires sur l'article 18? Donc, ce qu'on va faire, on va
commencer par l'amendement, comme on fonctionne habituellement, l'amendement.
Par la suite, on reviendra sur l'article
amendé ou non. Donc, l'amendement, M. le
ministre, est-ce que vous pouvez
juste nous le relire pour être certain...
M. Charette :
...le relire volontiers. Donc, c'est tout simplement retirer l'article 18
du projet de loi.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, y a-t-il des commentaires
sur cet amendement? Je vais donc procéder à la mise aux voix de l'article... de
l'amendement, pardon. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
M. Gaudreault :
Abstention.
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement
est adopté. Cet amendement-là retire évidemment l'article 18. Donc, nous
poursuivons avec l'article 32, c'est toujours ça, Mme la secrétaire, hein?
Je suis bien les choses?
La Secrétaire :
Oui, absolument.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'article 32, il y a
plusieurs articles qui ont été suspendus. Donc, je vous amène à
l'article 40 de l'article 32.
M. Charette :
Je suis peut-être plus positif que vous, Mme la Présidente. Plusieurs ont été
adoptés et certains ont été suspendus, mais nous sommes effectivement à 40.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc,
plusieurs suspendus... quelques-uns qui sont suspendus. Donc,
l'article 40.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, effectivement, c'est une bonne idée. Je vais faire la liste des
articles qui sont suspendus à l'article 32. Donc, il y a
l'article 40, l'article 41, l'article 48, et l'article 53,
l'article 65.7, et c'est tout.
M. Charette :
...bien certain qu'il n'y ait pas d'oubli. Il y a aussi un ajout qui est
disponible sur Greffier, qui serait, lui, en 63 et, juste pour bien les
énumérer, en 65.7.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, 65.7, il y a un
amendement, c'est ce que vous...
M. Charette :
Exactement.
Présidente (Mme Grondin) : ...et
l'article 63 également?
M. Charette :
À 63 également.
Présidente (Mme Grondin) : On va suspendre quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 17 h 09
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous sommes rendus à
l'article 32 qui est suspendu, à l'intérieur duquel il y a plusieurs
articles. On va commencer avec l'article 48. M. le ministre.
M. Charette :
En fait, la lecture...
Présidente (Mme Grondin) : Non, l'article 40, pardon.
M. Charette :
Le 40, la lecture avait été faite. Je peux la faire de nouveau étant donné que
c'est assez lointain. Donc, ce serait tout simplement : Retirer
l'article 40 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel proposé
par l'article 32 du projet de loi. Et c'est un amendement, là, qui...
Juste lire la petite note. Donc, c'est un amendement qui a le même objet que
celui retirant l'article 18 du projet de loi introduisant
l'article 17.1 de la LCPN, et c'est la même logique. On n'avait pas abordé
ou on n'avait pas tranché, je crois, cet article-là au moment de l'étude de
l'article 32.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, juste pour être certaine que
tout le monde suit, donc nous sommes à l'article 40 de l'article 32.
Il y a un amendement qui a été déposé par le ministre, et donc nous allons
traiter de cet amendement-là. Et, M. le ministre, ce que vous nous dites, c'est
que cet amendement-là propose de retirer l'article 40.
M. Charette :
Effectivement. Il est de nouveau question de l'arpenteur général. Donc, c'est
un élément, là, qui n'avait pas été précisé au moment d'aborder l'article en
question.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur cet amendement? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. En fait, la question... Puis je comprends que le
ministre a précisé un peu tout à l'heure avec le Bureau de l'arpenteur général,
mais je me souviens qu'on avait eu l'occasion d'échanger un peu là-dessus. Bon,
là, ça a l'air drôle, parce qu'on parle sur un amendement qui vise à faire
disparaître complètement l'article, là, mais :
«Le ministre peut apporter à la délimitation du territoire [...] tout
ajustement nécessaire pour corriger une erreur...»
La vraie question que...
de fond, là, c'est juste c'était qui qui partait la machine, c'était ça, tu
sais, dans le sens que, là, on disait : «Le ministre peut apporter à la
délimitation du territoire d'une aire protégée tout ajustement nécessaire pour
corriger une erreur...» Mais il y a une différence entre le fait que le
ministre peut partir la machine pour dire : Ah! il y a une erreur là, ce
n'est pas telle rivière, c'est telle autre, il faut couvrir telle île et pas
telle autre, et que l'arpenteur général, dans son ordre professionnel, avec ses
compétences puis sa connaissance professionnelle, corrige une erreur. Pour moi,
il y a comme une nuance. Je voudrais juste entendre un peu le ministre
là-dessus.
M. Charette :
L'explication... Une des explications, là, que j'ai sous les yeux, c'est
réellement précisé que c'est l'arpenteur général du Québec qui va déterminer
qu'est-ce qui est mineur ou majeur comme erreur à corriger. Donc, c'est en
vertu de sa propre compétence.
Gaudreault : O.K. Ça veut dire que, si, admettons, la ligne n'est pas
tout à fait délimitée... bien délimitée, c'est vraiment l'arpenteur général qui
va le constater et qui peut même initier, par ses observations sur le terrain
puis son enquête sur le terrain, qu'il y a un problème, que la ligne ne passe
pas à la bonne place.
M. Charette :
En fait, il peut l'initier, mais, si on regarde parmi les réponses qu'il nous
a... qui nous ont été transmises, on lit à un autre endroit, là : «Une
demande est adressée par le représentant du ministre titulaire ou l'organisme
en autorité de gestion sur [le] territoire au Bureau de l'arpenteur général
[...] afin de procéder à la correction...» Et c'est là où lui est amené à
déterminer si erreur il y a et quelle est la nature de l'erreur à corriger.
Gaudreault : O.K. C'est juste parce que je veux être clair, là, qu'il
faut tracer une ligne entre une erreur mineure puis une erreur majeure. Puis je ne voudrais pas que, sous couvert
d'erreur mineure, finalement, on fasse un changement initié par le
ministre, qui, finalement, s'avère un petit peu plus majeur que prévu. Je veux
juste bien délimiter la chose.
M. Charette : Tout à fait.
M. Gaudreault : Tout à fait?
M. Charette : C'est le cas. Bien,
dans les réponses, ça explique la procédure. Donc, on signale l'erreur, mais ce
n'est pas dans l'optique de corriger quelque chose qui est significatif, c'est
réellement, là, s'il y a une borne, par exemple, qui n'est pas... qui a mal été
localisée, ou qui n'a pas été détectée, ou quelque chose de cette nature-là, et
là on est réellement dans le champ de compétence de l'arpenteur général à ce
niveau-là.
M. Gaudreault : O.K., c'est bon.
Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va, M. le député? Donc, y a-t-il d'autres
interventions sur cet amendement? Je procède donc à la mise aux voix de
l'amendement à l'article 40. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin : Abstention.
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal : Abstention.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
La Secrétaire : Et
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté et retire
l'article 40. Donc, nous sommes rendus
à l'article 41. Nous avons un amendement de la députée de Mercier et un
sous-amendement du député de Jacques-Cartier. Donc, nous allons
commencer avec le sous-amendement du député de Jacques-Cartier. M. le député, je vous invite... Donc, souhaitez-vous...
Avez-vous... Ça va? Voulez-vous que je suspende les travaux quelques
minutes?
Kelley : Juste un instant, oui.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à
17 h 19)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux.
J'aimerais obtenir un consentement, s'il vous plaît, pour suspendre l'article...
bien, en fait, oui, laisser l'article 41 suspendu. Donc, est-ce que j'ai
un consentement ici? Oui? Est-ce qu'il y a un consentement dans la salle La
Fontaine, s'il vous plaît? Oui? Parfait, merci. Donc, nous allons poursuivre
avec l'article 48 qui est suspendu. M. le ministre.
Présidente (Mme Grondin) : À l'article 48, effectivement.
Donc, nous avons l'article 48 qui est suspendu, mais il y a également un
amendement qui avait été déposé par le ministre. Donc, souhaitez-vous relire
l'amendement, peut-être, au lieu de refaire l'exercice?
Charette : En fait, l'amendement que nous avions... parce qu'il y
avait eu un questionnement, là, avec... sur le transport pétrolier et
autres. Donc, on le retirerait pour en introduire un nouveau qui sera plus
clair, là, en vertu de l'échange que nous avions eu, là, ensemble. Donc, on
retirerait ce qui avait été présenté il y a quelques jours, quelques semaines,
et on déposerait, je pense qu'il est déjà disponible, en fait, sur Greffier, un
qui viendrait corriger la situation.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, j'ai besoin d'un consentement
pour retirer l'amendement. Il y a consentement. Il y a consentement dans la
salle La Fontaine aussi? Merci. Donc, l'amendement est retiré, et, M. le
ministre, vous déposez un nouvel amendement.
M. Charette :
Effectivement, qui sera plus clair, je pense bien. Donc, ce serait de remplacer
l'article 48 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel proposé
par l'article 32 du projet de loi par l'article suivant :
«48. Les activités
suivantes sont interdites dans une réserve de biodiversité :
«1° une activité
d'aménagement forestier réalisée à des fins commerciales, à l'exception :
«
a) d'une
activité réalisée pour la protection des forêts contre les incendies, les
insectes nuisibles et les maladies cryptogamiques;
«
b) de la
construction, l'amélioration, la réfection, l'entretien et la fermeture de
chemin multiusage au sens de la
Loi sur l'aménagement durable du territoire
forestier;
«
c) d'une
activité de prélèvement de produits forestiers non ligneux, à l'exception de la
culture ou de l'exploitation d'une érablière à des fins acéricoles;
«2° une activité
réalisée à des fins de recherche ou d'exploitation de substances minérales et
la construction d'infrastructures servant au transport de telles substances;
«3° une activité
réalisée à des fins d'exploration d'hydrocarbures ou de réservoirs souterrains,
de production ou de stockage d'hydrocarbures ou d'exploitation de saumure;
«4° la construction
d'oléoducs et de gazoducs;
«5° une activité
réalisée à des fins de production, de transformation, de distribution et de
transport d'électricité à des fins commerciales.
«Les lignes de
distribution d'énergie électrique d'une tension de moins de 44 kV ne sont
pas visées au paragraphe 5° du premier alinéa.»
Présidente (Mme Grondin) : Donc, y a-t-il des
interventions sur cet amendement? M. le député de Viau et, par la suite, M. le
député de Jonquière.
M. Benjamin :
Si vous permettez, Mme la Présidente, donc, je céderais peut-être mon tour de
parole, nous sommes presque en fin de session, donc, au député de Jonquière,
parce que je soupçonne qu'il va intervenir sur le même élément que moi. Donc,
je le laisse aller parce qu'étant donné que c'est lui qui avait soulevé ce
point lors... par rapport à cet article.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Jonquière, la
parole est à vous.
M. Gaudreault :
Je vois que l'esprit de Noël a envahi la circonscription de Viau.
M. Gaudreault :
Bien oui, c'est bien. Bien, on va voir si j'ai lu dans l'esprit du... dans la
pensée, c'est-à-dire, du député de Viau. C'est juste que je me souviens que,
quand nous avions discuté de cela, le ministre disait : Ah! mais c'est parce qu'il peut y avoir, par exemple, des pourvoiries
dans le bois, puis là on va... il faut alimenter en mazout, par exemple, une
pourvoirie pour garantir son chauffage. Et nous, on disait : Bien, il faut
éviter, dans les aires protégées, dans les
réserves de biodiversité, par exemple, le transport d'hydrocarbures de façon
massive, les méthaniers, pour ne pas les nommer, là, dans les réserves
de biodiversité.
Et là l'amendement
que vient de nous présenter le ministre en remplacement de l'amendement qu'il
nous avait déjà présenté ne dit pas plus ça. Puis là j'essaie juste de faire
une différence ou une comparaison. Quand il nous dit, bon, qu'on ne pourra pas
faire, dans une réserve de biodiversité, une activité réalisée à des fins de
recherche ou d'exploitation de substances minérales et la construction
d'infrastructures servant au transport de telles substances, O.K., parce que,
là, par rapport à son ancien amendement, il nous ajoute la construction
d'infrastructures...
Présidente (Mme Grondin) : M. le député, je dois suspendre
les travaux pour permettre à la députée de Mercier d'aller voter. Donc, je
suspends les travaux.
Gaudreault : C'est bon.
(Suspension de la séance à
17 h 27)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux.
Donc, M. le député de Jonquière, vous en étiez dans votre envolée à l'amendement
à l'article 48. Donc, je vous invite à poursuivre.
Gaudreault : O.K., bien, c'est ça, je comprends qu'on est dans une
réserve de biodiversité, mais, quand même, je veux comprendre la bonne
distinction, parce que, si on compare par rapport au premier amendement que le
ministre avait déposé, là, ce qu'il nous a ajouté à 2 °,
c'est : «Une activité réalisée à des fins de recherche ou d'exploitation de substances minérales — mais
là il a ajouté — et
la construction d'infrastructures servant au transport de telles substances.» Bon, puis, dans 3°, il y
a des petits changements aussi : «Une activité réalisée à des fins
d'exploration d'hydrocarbures ou de réservoirs souterrains, de production [et]
de stockage d'hydrocarbures ou d'exploitation de saumure.» «La construction
d'oléoducs et de gazoducs», à 4°.
Mais la nuance qu'il
a apportée à 2°, dans le sens qu'on ne peut pas faire de construction
d'infrastructures servant au transport pour les substances minérales, il ne le
ramène pas pour l'exploration d'hydrocarbures et de réservoirs souterrains,
vous comprenez ce que je veux dire, dans le sens que... Bon, je comprends qu'on
est dans les réserves de biodiversité, mais
il y a d'autres types de transports, qui peut ne pas être des bateaux, qui peut
ne pas être de l'oléoduc et du
gazoduc comme à l'article... au paragraphe 4°, mais qui n'est pas prévu
comme interdiction au paragraphe 3°.
M. Charette :
Effectivement. Donc, on est effectivement en territoire terrestre. Cependant,
il peut y avoir du transport d'hydrocarbures à petite échelle, on s'entend. Je
donnais l'exemple de la pourvoirie. Autre exemple, il peut y avoir, et c'est le
cas, des communautés autochtones, parce qu'on est en territoire davantage
nordique, qui sont complètement isolées, qui ne bénéficient pas, par exemple,
de l'alimentation à travers Hydro-Québec, c'est ça.
Donc, il peut y avoir
une livraison d'hydrocarbures, mais ça ne passera pas par bateau parce qu'on
est en terrestre. Ça ne passera pas par gazoduc ou quelque forme
d'infrastructure lourde. C'est vraisemblablement un camion qui va aller faire
une livraison spécifique pour alimenter cette communauté-là. Cependant, ce que
l'on mentionne, il n'y a pas d'activité de recherche ou d'exploration qui va se
faire, mais on comprend aussi qu'il ne peut pas y en avoir sur le terrain,
sinon ce terrain-là n'aurait pas été déclaré aire protégée.
Donc, tout ce qui est
exploration, tout ce qui est exploitation, autant des substances minérales que
ce qui pourrait être lié aux hydrocarbures,
ne sera tout simplement pas permis, naturellement, là, sur le territoire d'une
aire protégée.
Gaudreault : O.K. Je vais laisser mes collègues pour l'instant... puis
je vais revenir plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il des... M. le député de
Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Donc, au deuxième paragraphe, donc, celui qui
commence par : «Une activité réalisée à des fins de recherche ou
d'exploitation de substances minérales et la construction d'infrastructures
servant au transport de telles substances;»... Et ma question, en fait, c'est une
question à la lumière de quelques inquiétudes émises par des instances du
Saguenay. Je pense, entre autres, à la chambre de commerce du Saguenay. Je
pense, entre autres, à Rio Tinto et au port de Saguenay. À la lumière de
cet amendement, M. le ministre, est-ce que je comprends que, par exemple, ce
qui est interdit... En fait, ce qui n'est pas interdit, c'est le transport par
bateau de substances minérales, mais ce qui est interdit, c'est la construction
de ports servant au...
M. Charette :
En fait, juste pour être bien certain, là, qu'on se comprenne bien, on est sur
le cas d'une réserve de biodiversité. Donc, on est au niveau terrestre. Il n'y
a pas d'eau du tout, là. Donc, on n'est pas dans les cas de figure qui
pourraient être ceux de Rio Tinto ou du port de Saguenay. On est en
réserve de biodiversité, donc, réellement en milieu terrestre. On aura
l'occasion, dans les prochains instants, sans doute, de parler des aires
protégées de type marin. Là, on pourra aborder cette question-là, mais ici on est
réellement, là, en territoire nordique, mais milieu terrestre.
M. Benjamin :
Donc, vous me dites qu'on aura l'occasion d'en débattre.
M. Charette : Oui, on a un petit peu
loin... Effectivement, on avait les mêmes questionnements, là, il y a quelques
jours, sur le volet marin, là, des aires protégées.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je me pose la question. Je regarde l'article 34 du projet de loi,
où on parle... Est-ce que je suis dans le bon article, où on parle de ce qui
est... En fait, là, 34, ça commence par «Sur les terres du domaine de l'État
comprises dans le plan d'une réserve aquatique...» C'est autre chose, là, mais
est-ce qu'il y a des activités qui sont interdites dans... En fait, c'est ça,
je pense que c'est l'article 34... c'était l'actuel
article 48. Est-ce que
c'est possible? Parce que j'essaie de comparer les interdictions qui sont dans
l'amendement versus ce qui était là déjà
actuellement, parce que, moi, c'est un copier-coller de l'article 34 :
«Sur les réserves du domaine de l'État comprises dans le plan d'une
réserve aquatique, d'une réserve de biodiversité ou d'une réserve écologique
projetée...»
M. Charette : C'est l'article 34 de
la LCPN actuelle.
Mme Ghazal : C'est ça, actuelle. Ça
se peut qu'on ait eu aussi la discussion au moment où on a parlé... avant de
suspendre, et, par exemple, toute... Il y a des éléments qui sont dans la loi
actuelle qui ne se retrouvent pas dans l'amendement du ministre. Par exemple,
dans la loi actuelle :
«Sont interdites les activités suivantes :
«
d) toute autre activité interdite par le plan
de conservation de l'aire projetée; là, c'est sûr qu'il n'y a plus d'aire
projetée, ce n'est pas une aire projetée, mais, au moins, le plan de
conservation...
«
e) toute autre activité que peut prohiber le
gouvernement par voie réglementaire.»
Après ça, il y a les activités d'exploration
minière... Tout ça ne se retrouve pas dans l'amendement actuel.
M. Charette : En fait, je serais
porté à croire que oui, mais formulé autrement. Tout ce qui est minier, par
exemple, on le voit bien au niveau 2°. Donc, on dit de façon très, très claire,
là : Toutes les activités de recherche ou d'exploitation sont interdites,
et même les infrastructures pour transporter ces substances sont également
interdites. Donc, en 2°, c'est clairement mentionné.
Mme Ghazal : Donc : «i. les
activités — je
vais le lire actuellement — d'exploration
minière, gazière ou pétrolière, de recherche de saumure ou de réservoir
souterrain, de prospection, de fouille ou de sondage, lorsque ces activités
nécessitent du décapage, du creusage de tranchées, de l'excavation ou du
déboisement;» et après
«ii. toute nouvelle attribution d'un droit
d'occupation à des fins de villégiature;
«iii. les travaux de terrassement ou de
construction.»
Le fait qu'on ne les retrouve pas actuellement,
ce n'est pas parce qu'elles sont permises, ces activités-là.
M. Charette : Non, mais, lorsqu'on
parle, par exemple, du volet hydrocarbures, on l'a en 3° et en 4°. On parle
d'interdire, naturellement, tout ce qui est exploration d'hydrocarbures ou de
réservoirs souterrains. Et, en 4°, c'est la construction des infrastructures
qui permettraient leur transport. Donc, c'est une formulation certainement
différente, mais qui n'ouvre pas de nouvelles possibilités.
Mme Ghazal : Mais je veux juste être
certaine que c'est juste parce que c'est une formulation différente et non pas
qu'il y ait certains éléments qui ont été enlevés, parce que, quand je le lis...
Oui, vous le dites, mais, par exemple, on ne parle pas... C'est-à-dire que
c'est toutes les activités d'exploration minière, gazière ou pétrolière qui
sont interdites dans la nouvelle formulation. C'est comme ça que c'est écrit?
M. Charette : Oui. Ce n'est pas
mentionné comme tel, mais c'est ce que ça veut dire clairement, là. Tout ce qui
est exploration, et exploitation, et transport, c'est mentionné et en 3° et en
Mme Ghazal : Mais «exploration»
n'est pas mentionné.
M. Charette : Bien, je vais le
regarder avec vous. À partir du moment où on dit : «Une activité réalisée
à des fins d'exploration...» C'est ce que ça dit.
Mme Ghazal : Ah! ça, c'est lequel?
M. Charette :
Le 3°, en 3°. En fait, pour ce qui est... hydrocarbures, là... Autant, le
minerai, c'était en 2°. Pour ce qui est des hydrocarbures, c'est en 3°. Donc,
on lit textuellement, là : «Une activité réalisée à des fins d'exploration
d'hydrocarbures ou de réservoirs souterrains, de production ou de stockage
d'hydrocarbures ou d'exploitation de saumure.»
Donc, ça, c'est textuellement, là, ce qui est proposé dans l'amendement actuel.
Et, en plus, on rajoute... En 4°, les
infrastructures de transport de ces substances-là seraient aussi interdites,
là, à travers la construction d'oléoducs ou de gazoducs.
Mme Ghazal :
O.K. Et puis est-ce que toutes ces activités qui sont interdites... O.K.,
donc : «Les activités suivantes sont interdites[...] :
«1° une activité
d'aménagement forestier réalisée à des fins commerciales, à l'exception...»
Puis là, ça, c'est les exce