Public Finance — 6 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-05-06
Quebec — Committees
(Quatorze heures deux minutes)
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des
finances publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission
est réunie afin de procéder à l'interpellation du député d'Outremont au
ministre des Finances et de l'Économie sur le sujet suivant...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, le sujet suivant : Faire le point sur les conséquences de la
diminution des revenus de l'État sous le régime péquiste.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Dubé (Lévis) est remplacé par M. Le Bouyonnec (La Prairie).
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci. Je vous rappelle succinctement les règles sans les expliquer,
vous allez voir qu'il y a des changements.
Je vous rappelle brièvement le déroulement de l'interpellation : dans un
premier temps, le député d'Outremont
aura un temps de parole de huit minutes, suivi du ministre pour un temps
de six minutes. Par la suite, des périodes de quatre...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Par la suite, des périodes de quatre minutes seront allouées selon la
séquence suivante : d'abord le député interpellateur, ensuite le ministre,
puis un ministre… puis un député du groupe formant
le gouvernement, et ainsi de suite, jusqu'à 16 minutes avant la fin, et puis
nous allons garder, dans les remarques finales, six minutes pour le
ministre et 10 minutes pour le député d'Outremont.
Je vais vous le demander quand même, parce que
c'est un règlement, mais, étant donné qu'on a commencé à 14 heures, est-ce
qu'il y a consentement pour finir à 16 heures? J'imagine que non.
Alors, sans plus tarder, je reconnais M. le
député d'Outremont. Vous avez la parole pour huit minutes.
Bachand : …M. le Président.
Bonjour, chers collègues. Salutations au ministre des Finances, aux
députés qui l'accompagnent, aux excellents fonctionnaires du ministère des
Finances qui vous entourent pour vous conseiller, et mon conseiller Jonathan
Hamel, qui est ici, et au député de la CAQ et son conseiller.
Nous interpellons aujourd'hui le ministre des
Finances du Québec parce que nous sommes inquiets, parce que l'équilibre budgétaire semble être en danger, et
juste pour montrer, trois titres de journaux de la semaine dernière, hein, alors : Le ministre des Finances — je passe par-dessus son nom, on n'a pas le
droit de le dire ici — défend l'atteinte
de l'équilibre budgétaire cette année , Nous contrôlons les dépenses ,
évidemment, le même jour… Les syndicats — grand
titre — demandent le report du déficit zéro ,
et, le même jour, Marois donne satisfaction aux chefs
syndicaux .
Alors, évidemment, quand on a une première
ministre qui, à trois reprises depuis le dépôt de la mise à jour économique et budgétaire à la fin mars… Ce n'est
pas un document qui date d'il y a un an, d'il y a 12 mois, ça date
de quelques semaines, document qui garde le
cap sur l'équilibre budgétaire, qui a plusieurs interrogations. Nous
reviendrons là-dessus tout à l'heure, mais,
quand on a, à plusieurs reprises, cette incertitude… La première ministre,
évidemment, d'abord dans une rencontre
privée avec des gens d'affaires, ensuite à Larocque Lapierre , ensuite
dans une rencontre privée avec les
chefs syndicaux, trois fois, là, trois fois en 10 jours, il faut le faire,
en même temps que le ministre des Finances est à New York, la première ministre émet des doutes sur la capacité
d'atteindre l'équilibre budgétaire. Pourquoi? Parce qu'elle émet des
doutes sur les revenus. Elle pose des questions : Est-ce que les revenus
seront au rendez-vous? Nous reviendrons à ça dans le courant de
l'interpellation.
Les revenus, effectivement c'est une inquiétude
que nous avons, parce qu'on constate, dans la mise à jour, qu'il y a une baisse importante de revenus de
l'État, dans la mise à jour, par rapport au budget improvisé de
l'automne dernier. D'ailleurs, sur deux ans,
on parle de 800 millions de revenus de moins, croissance économique un peu
plus faible, mais, je dirais, aussi baisse importante des
investissements privés, et nous aurons aussi l'occasion de revenir sur ce sujet-là : équilibre
budgétaire, revenus, dépenses d'investissement. D'ailleurs, c'était le test que
le ministre des Finances s'était
donné dans son budget. Le test de son administration du gouvernement, c'est :
stimuler les investissements privés. Or, on sait que les investissements
privés sont en recul au Québec. Et ça, ce sont des chiffres de Statistique
Canada, les investissements privés non
résidentiels sont en recul au Québec. Nous aurons l'occasion d'y revenir. Puis
autant la CAQ et le PQ pourront s'amuser à se chicaner, là, sur les
chiffres d'Investissement Québec et à sortir n'importe quels chiffres. Moi, je vais prendre les chiffres de Statistique Canada
analysés par le ministère des Finances, et ça démontre que, pour la première fois depuis plusieurs...
longtemps, depuis qu'on est sortis de la récession, les investissements privés
sont en recul au Canada, puis on sait aussi qu'on a perdu
30 000 emplois au cours des deux derniers mois.
Alors, nous avons des inquiétudes parce que la
crédibilité du Québec dépend de la crédibilité du ministre des Finances, et c'est à peu près les documents les
plus solennels d'un gouvernement, c'est le budget et bien sûr sa
corollaire, qui est la mise à jour six mois après, deux fois par année. Il y a
un budget et il y a une mise à jour économique.
On sait que,
pour avoir une économie forte, il faut qu'on contrôle les finances publiques.
Nous l'avons fait, nous l'avons fait systématiquement, quoi qu'en disent
le ministère et le ministre des Finances actuellement. On l'a fait de façon équilibrée. On a atteint et même fait mieux
que nos cibles budgétaires année après année — et nous pourrons revenir sur les chiffres — on a gardé le cap sur la réduction du poids de la
dette. Et d'ailleurs nous avons les mêmes cibles sur la réduction de la
dette que le ministre des Finances. Nous avons réglé et contrôlé les dépenses
gouvernementales, pas en coupant dans les
services publics, contrairement à ce que le gouvernement du Parti québécois
fait, et pas en dompant les déficits
et les coupures dans le reste. On n'a pas coupé les municipalités, on a
augmenté les budgets des universités. Vous
avez coupé les budgets des universités, vous avez coupé les budgets des
commissions scolaires, vous pigez dans les garderies. Vous changez les règles... vous voulez changer — parce que la loi n'est pas adoptée — les règles d'équilibre comptable, hein, en disant : Bien, règles
comptables, ce n'est pas important, je ferme Gentilly, c'est 1,8 milliard,
mais on ne comptera pas ça dans le déficit, ça, ça ne compte pas. Bien, je
regrette, mais, dans le monde entier, là, il y a eu une réforme globale de toutes les règles comptables depuis quelques années
pour éviter tous les scandales qu'il y a eu, Enron, et tous les gens qui
cachaient des choses. Je suis très fier que notre gouvernement... c'était la
première fois depuis longtemps, et
maintenant quatre années d'affilée, M. le sous-ministre, cinq années d'affilée,
le Vérificateur général qui a signé
les états financiers sans restriction, sans commentaire, satisfait des règles
comptables. Et là le nouveau gouvernement revient dans les vieilles
habitudes du Parti québécois, bien, en disant : Bien, il y a
1,8 milliard qu'on va rater, mais, savez-vous, on ne le comptera pas.
Évidemment,
vous avez fait des promesses pendant la campagne électorale. On verra aussi, en
fin d'après-midi, aujourd'hui, là…
c'est aujourd'hui le nouveau régime de redevances minières, on pourra…
l'occasion... on aura l'occasion d'en parler, possiblement. On le sait
que nous avions un régime désuet qui rapportait 30 millions par année
pendant 10 ans, on le sait, et que la réforme majeure du régime que nous
avons faite amène les redevances à 390 millions en 2014‑2015. C'est votre chiffre,
M. le ministre des Finances, c'est mon chiffre, 385; 395, on a le même chiffre
pour 2014-2015, on ne se chicanera pas, il y
a des fluctuations entre-temps. 30 millions, 395 millions, engagement
électoral du Parti québécois, de la ministre
des Ressources naturelles, de la chef du Parti québécois, de dire : On va
doubler ça, on va avoir
400 millions de plus, 388 millions de plus. Alors, on verra.
Peut-être que c'est comme ça, par ailleurs... dernière impasse
budgétaire qu'on voit.
Donc, incertitude sur les revenus, mais j'espère
que le ministre des Finances va aussi nous rassurer sur les revenus et nous rassurer sur le contrôle des
dépenses. Parce qu'il y a un chiffre dans les crédits — on ne voit pas ça ici mais dans les crédits — qui était 400 millions de coupures de
dépenses à déterminer... compressions, coupures à déterminer. Ce n'est
toujours pas fait. Pas pour dans trois ans, là, l'année qui est commencée
maintenant. Puis là on a la première ministre,
alors, qui vient dire : Bien, il n'y aura plus de compression. Alors,
est-ce qu'il manque ce 400 millions là aussi pour l'équilibre
budgétaire de cette année? Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que vous allez
faire. Peut-être que c'est le même 400 millions que vous allez chercher
dans les redevances minières, alors le problème serait réglé. J'en doute, bien sûr. Coupures dans les universités, coupures
dans la recherche et l'innovation, alors il y a une inquiétude parce que
ça, c'est des moteurs d'investissement. Puis
par ailleurs vous mettez en doute vous-même, ou votre première ministre,
ou... il y a des inquiétudes sur les revenus.
Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, pour
que le ministre des Finances nous confirme que le point qu'il a fait il y a
quelques semaines tient toujours, tient la route, et que sa première ministre a
tort d'inquiéter les Québécois, parce que
les chiffres du ministère des Finances sont solides, étant donné l'état de
l'économie et les prévisions qu'ils viennent de faire il y a à peine
quelques semaines, M. le Président. Je vous remercie.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci. Merci, M. le député d'Outremont. M. le ministre, pour un
temps de six minutes.
M. Marceau : Merci, M. le Président.
Écoutez, M. le Président, M. le député d'Outremont interpelle le gouvernement
sur ce qu'il appelle les conséquences de la diminution des revenus de l'État
depuis l'élection de notre gouvernement, en
septembre 2012. Maintenant, M. le Président, la prémisse du député d'Outremont
est fausse. Contrairement à ce qu'il dit, les revenus de l'État
québécois vont augmenter. Je l'invite à consulter Le point qui a été déposé le 28 mars dernier, et il y constatera que les
revenus autonomes, entre 2012-2013 et 2013-2014, passent de 52,9 milliards à 55,7 milliards, une
hausse de 5,2 %. Ça, ce sont pour les revenus autonomes. Et puis, quant
aux revenus budgétaires, eux, ils passent de 68,7, disons, à
72,1 milliards, une hausse de 5 %. Donc, M. le Président, les
revenus augmentent, et, parce que les
revenus augmentent, entre autres, mais aussi parce que nous contrôlons les
dépenses, nous sommes en mesure d'atteindre l'équilibre budgétaire dès
cette année, en 2013-2014, chose qui n'a pas été accomplie depuis plus de
quatre ans.
Alors, M. le Président,
j'aimerais démontrer au député d'Outremont que les actions prises et les
mesures mises de l'avant par notre
gouvernement en matière de politiques économiques constituent le meilleur
projet de développement que le Québec
a eu depuis plusieurs années. C'est une vision de développement économique
rassembleuse, équitable et durable pour tout le Québec, surtout dans le
contexte actuel de la conjoncture économique mondiale.
Je vous rappellerai qu'en septembre 2012
nous avons constaté, à notre arrivée, une impas