House Proceedings — 21 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-11-21
Quebec — Debates (Hansard)
début du mois, M. le Président, l'ENA a eu le privilège d'accueillir une
délégation de Nouvelle-Aquitaine, en
France. Ces gens-là sont venus découvrir les installations exceptionnelles de
l'école, mais aussi venus échanger avec les étudiants internationaux qui ont choisi de venir étudier ici. Ils ont
aussi conclu un partenariat avec les homologues français sur l'aérocampus, qui
favorisera la mobilité étudiante des enseignants et le partage de contenu
pédagogique, de même que la reconnaissance de cours. L'ENA, avec ses 27
avions et 11 hélicoptères sur les lieux...
Le Vice-Président
(M. Picard) : En terminant.
Lafrenière : ...dont un
Airbus, est l'établissement d'enseignement possédant le plus d'aéronefs au
monde.
Alors, je veux
souligner leur bon travail et vous dire qu'il reste encore beaucoup de place.
Si les gens veulent s'inscrire, ils sont les bienvenus. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député de Vachon. Nous poursuivons avec M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Bon matin,
M. le Président. Aujourd'hui, je
veux rendre hommage à George Springate... former MNA
for Westmount, passed away last night after a fight against cancer.
George was not just an Alouettes who
had won a Grey Cup, but somebody who served his community not just as an MNA,
but long afterwards as well. George was very involved with the handicapped
children association, he was very involved in the West
Island and, of course, is well remembered for standing up for the
English-speaking community in some trying times during the 1970's.
But, really, George was
just one of those people that was a good person. Every time I had the
opportunity to speak to
George, he was providing me hope and optimism, and, I will never forget, he
passed along a book to me about the future of Canada and federalism, and he wrote a very
kind note, that I should always be hopeful for the future. And he was just somebody who always spread the message that we need to be united
people and always work together.
to George Springate's family, my condolences.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. La prochaine déclaration par M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Tardif : Merci, M. le Président. Alors, dans le cadre d'enjeux
environnementaux majeurs que connaît l'ensemble de notre société, la ville de
Rivière-du-Loup est l'une des 25 municipalités canadiennes à faire
partie du projet Villes-vitrines, une initiative
environnementale inédite de la Convention mondiale des maires, pour le climat
et l'énergie, au Canada.
Dans une démarche en
développement durable, Rivière-du-Loup a fait également partie, grâce à son
usine de biométhanisation... s'est inscrit à ce niveau-là. D'autre part, la
ville a également obtenu, cette année, sa certification Communauté bleue,
c'est-à-dire une communauté qui gère l'eau comme étant vraiment une ressource
commune.
Alors,
toutes mes félicitations aux élus municipaux
de Rivière-du-Loup pour cette initiative de même qu'à toute la
population qui s'implique activement dans cette démarche! Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Pour la suite, M. le député de
Blainville.
Laframboise : Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir de souligner aujourd'hui, dans cette Assemblée, la première place de Blainville à
titre
de ville où il fait bon vivre.
Basée
sur des données d'un classement national réalisé par le magazine Maclean's ,
la revue L'Actualité a tout récemment mesuré la performance de
103 municipalités de plus de 10 000 habitants, notamment pour la
croissance démographique, la vitalité
économique et l'accès à la propriété. La ville de Blainville s'est hissée au
premier rang des municipalités québécoises
où il fait bon vivre, une reconnaissance exceptionnelle des efforts de
l'administration en place.
Notons
que Maclean's classe la ville de Blainville au premier rang pour élever
des enfants et en quatrième position au Canada pour la même raison. Cette
fois-ci, L'Actualité en rajoute en proclamant Blainville ville par
excellence au Québec où il fait bon vivre.
Permettez-moi
donc de féliciter chaleureusement le maire de Blainville, M. Richard Perreault,
son conseil de ville et tous les
employés de son administration. Vous êtes résolument une source de fierté pour
toutes les Blainvilloises et tous les Blainvillois. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Merci, M. le Président. C'est avec reconnaissance que je souligne le 30e
anniversaire du Regroupement de défense des droits sociaux de Drummond.
petit organisme au grand coeur aide les personnes vulnérables, le plus souvent
sans emploi ou se sentant lésées par leurs employeurs. Il privilégie une
approche de partenariat avec les services concernés. Ces interventions
permettent à ses clients de
s'approprier des solutions à leurs problèmes en les écoutant, en les informant,
les orientant et les accompagnant même au besoin.
Permettez-moi
de souligner le travail remarquable de l'équipe dirigée par Joan Salvail et
l'engagement du conseil d'administration présidé par Julie Parent. Au
cours de l'année 2018‑2019 seulement, le RDDS a ouvert 149 dossiers, retenus 397 rencontres, la plupart en lien avec
l'aide sociale, l'aide de dernier recours, les normes du travail, assurance
collective et immigration. Félicitations et bon anniversaire au RDDS Drummond!
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. M. le député de
René-Lévesque, je vous cède la parole.
M. Ouellet :
Merci, M. le Président. Le 8 novembre dernier, lors du gala de l'Association
québécoise des pharmaciens
propriétaires, Jennifer Dastous, pharmacienne propriétaire de la pharmacie
Gauthier et Dastous à Baie-Comeau, a reçu un prestigieux prix.
Concrètement, elle a reçu le prix de la pharmacienne propriétaire de la relève.
L'AQPP a souligné l'innovation, l'excellence et la persévérance dont elle fait
preuve dans la gestion de son entreprise et pour la contribution qu'elle
apporte à sa communauté sur divers enjeux de santé. La jeune pharmacienne a
déjà d'autres reconnaissances à son actif,
elle est également chargée d'enseignement clinique à l'Université Laval, elle
est une citoyenne active dans la communauté.
Originaire
de Baie-Comeau, je suis très heureux
de voir de jeunes professionnels comme Mme Dastous revenir
s'installer en région après leurs études et ainsi contribuer à son développement
et à son rayonnement. Selon moi, elle représente
ce que l'on peut qualifier de citoyenne corporative modèle qui assume pleinement un rôle
de leadership dans la Manicouagan. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député de René-Lévesque. Je cède la parole à M. le député de Chapleau.
Lévesque (Chapleau) : Merci, M. le Président. J'aimerais souligner le 75e anniversaire
des Filles d'Isabelle du cercle 674 à Gatineau.
L'Ordre
des Filles d'Isabelle est une organisation caritative composée de femmes engagées qui ont
comme devise Unité, amitié et
charité . Le cercle 674 des
Filles d'Isabelle s'est donné comme mission le bien-être de notre communauté. En outre, ce cercle favorise la
qualité de vie chez ses membres et au sein de la population tout en
encourageant le développement et le progrès
des personnes. Pour ce faire, plusieurs de ses membres s'impliquent dans la
communauté de façon bénévole pour appuyer de nombreuses bonnes oeuvres.
plus, les Filles d'Isabelle
soutiennent des organismes
communautaires et organisent divers soupers et plusieurs campagnes de
financement afin de redonner au suivant, notamment au Centre de pédiatrie
sociale de Gatineau. Les Filles d'Isabelle
se font aussi un devoir de soutenir de nombreuses causes qui concernent les
femmes ainsi que les familles de la région de l'Outaouais,
particulièrement les causes qui touchent nos plus démunis.
terminant, je tenais à remercier le cercle 674 des Filles d'Isabelle pour
leur implication dans Chapleau. Vous êtes
toujours à l'écoute, prêtes à servir et à aider les gens
les plus vulnérables de notre société. Merci pour vos bons et loyaux services
depuis 75 ans et bon anniversaire!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant Mme la
députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Merci,
M. le Président, de me permettre de
féliciter chaleureusement l'organisme la Route des arts, qui célèbre, cette
année, leur 20e édition.
ans, M. le Président, à travailler ardemment à promouvoir les artistes
et la culture québécoise des Basses‑Laurentides. L'organisme, entièrement bénévole, promeut les
artistes de la région et permet aux citoyens et citoyennes de visiter différents ateliers et expositions de nos artistes d'ici. Il
offre, durant neuf jours consécutifs, un circuit aux visiteurs de notre
belle région, qui peuvent venir visiter les ateliers des artistes en
arts visuels et d'artisans en métiers d'art.
Non seulement les citoyens en apprennent davantage sur les différentes
techniques que les artistes utilisent, mais ils peuvent également se procurer tableaux et produits d'artisans
directement sur place. Continuez votre beau travail pour la région. Vous contribuez à l'industrie touristique et vous permettez de faire découvrir toute la richesse artistique de la
région à la population locale. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : Merci, M. le Président.
C'est avec grande tristesse que j'ai appris que le Festival du maïs de
Saint-Damase mettait fin à ses activités. L'été dernier, la 30e édition du
festival fut un succès sur toute la ligne, avec 25 000 visiteurs.
Le Festival du maïs de Saint-Damase, c'était d'abord un événement rassembleur
et familial. C'était aussi un incontournable dans la région de
Saint-Hyacinthe, voire toute la Montérégie.
garde d'excellents souvenirs de mes présences à ce festival pour y avoir
rencontré des gens extraordinaires, mais
surtout pour y avoir servi et goûté le meilleur maïs au Québec. Merci aux
organisateurs chevronnés, notamment MM. Germain
Chabot et Yvon Blanchette, ainsi qu'aux bénévoles dévoués, qui ont assuré le
succès du festival au fil des ans.
C'est
la fin d'une époque, mais, connaissant les gens de Saint-Damase, M. le Président,
je suis persuadée qu'ils trouveront
rapidement une autre façon de mettre en valeur et de faire rayonner leur
communauté. Quoi qu'il en soit, je serai toujours à leurs côtés. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. J'aimerais savoir
s'il y a consentement pour permettre à Mme la députée de Marie-Victorin
de présenter une 11e déclaration. Consentement? Mme la députée, allez-y.
Mme Fournier :
M. le Président, en mon nom et en celui de mes concitoyens de Marie-Victorin,
je souhaite aujourd'hui souligner la remise
de la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale à un citoyen qui fait la
fierté de ma circonscription, Boucar Diouf.
Bien
sûr, Boucar est reconnu aux quatre coins du Québec pour son humour, sa qualité
de vulgarisateur scientifique, son
sens de la formule et, bien sûr, son caractère foncièrement attachant, mais il faut
également savoir que Boucar prend aussi
le temps de laisser sa marque chez nous, à Longueuil. Tout récemment, il a, par
exemple, généreusement assisté une enseignante et ses élèves de l'école
Christ-Roi dans la présentation d'un projet de médiation culturelle.
Bref,
Boucar Diouf n'est pas seulement un citoyen engagé dans sa communauté, c'est
aussi carrément un sage dans la cité.
Son regard posé sur notre société permet de trouver l'équilibre nécessaire à la
vie commune, celui qui permet une
conversation démocratique saine. Au fond, Boucar fait pratiquement dans la
psychanalyse puisque, par sa parole et ses écrits, il nous permet de
mieux nous comprendre collectivement. Il nous aide ainsi à avancer ensemble.
Boucar, je te
félicite encore une fois pour ces distinctions hautement méritées.
Félicitations!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, d'abord, c'est avec tristesse que nous avons appris le
décès de M. George Springate, ancien député de
Sainte-Anne, puis de Westmount, de 1970 à 1981. Nous allons nous recueillir
quelques instants en ayant une pensée particulière pour sa famille et ses
proches.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Mmes
et MM. les députés, j'ai le plaisir de souligner la présence dans les tribunes
de M. Simon-Pierre Savard-Tremblay, député fédéral de Saint-Hyacinthe—Bagot.
Et j'ai également le plaisir de
souligner la présence dans nos tribunes également de M. Guy Bourgeois,
ancien député d'Abitibi-Est, et de M. David Whissell, député...
Président : ...je me
permets de compléter parce que les applaudissements ont peut-être
enterré un peu ce que je disais, mais aussi la présence de M. David
Whissell, ancien député d'Argenteuil.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Boulet : M. le Président, je dépose le plan stratégique 2020‑2023
de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au
travail accompagné de son tableau synoptique. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
81 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement du Québec a la responsabilité de protéger l'identité et les
avoirs des Québécois;
«Considérant que
l'identification par photo éviterait une grande majorité des fraudes;
«Considérant le vol
d'identité de plusieurs millions de Québécois et le risque de vol d'identité au
cours des prochaines années;
«Considérant
que la fraude et le vol d'identité coûtent plusieurs millions de dollars
annuellement aux Québécois;
«Considérant
que les vols d'identité récents occasionneront des problèmes graves aux
citoyens dans les années à venir;
«Considérant
que [...] les citoyens qui paient [au] bout de [la] ligne les frais reliés aux
fraudes absorbés par les institutions financières;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
[soussignons], demandons au gouvernement du Québec : de créer, d'encadrer
et de gérer la mise en place d'un
fichier central d'identification par [la] photo pour les transactions et le
financement; d'obliger Desjardins à renforcer l'identification avec
photo pour les transactions et le financement.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une
demande de Mme la députée de Taschereau pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour le
dépôt de la pétition? Consentement. Mme la députée.
Dorion : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 753 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'avec l'application de l'alinéa 27.1°
de l'article 111 du Règlement sur l'aide aux personnes et
aux familles ayant eu lieu le 1er janvier 2019 les prestataires d'aide de
dernier recours ont droit de recevoir des dons d'un maximum de 100 $ par
mois avant de voir leurs prestations coupées;
«Considérant
que des personnes assistées sociales ont engendré des dettes en rapport à des
dons qu'elles ont reçus antérieurement à 2019;
«Considérant
que le remboursement de ces dettes se fait à même la prestation d'aide de
dernier recours et que ceci a un impact direct sur les conditions de vie
des personnes assistées sociales qui voient leurs prestations diminuées;
«Considérant
que la pénalisation des dons est un recours qui empêche la solidarité entre les
membres d'une société et entre les membres d'une famille;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'ajuster les dettes des
personnes assistées sociales en
fonction de l'application actuelle de l'alinéa 27.1° de l'article 111
du Règlement sur l'aide aux personnes
et aux familles rétroactivement au 1er janvier 2019.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est maintenant déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période de questions
et réponses orales sera tenu le vote
reporté sur la motion de la députée de Westmount—Saint-Louis débattue hier
aux affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et réponses orales, et
je cède la parole au chef de
l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, bonne nouvelle, on apprend
dans La Presse qu'après s'être cassé les dents avec le ministre de l'Immigration la CAQ fait maintenant circuler un mot
d'ordre au sein de ses ministres : Prenez le temps et travaillez
comme du monde.
Chose
certaine, on est mal parti. Selon Denis Lessard, le projet de
loi sur les tarifs d'Hydro-Québec passera coûte que coûte, même au prix d'un autre bâillon. Pourquoi? Parce que le premier ministre a besoin
de ce qu'on appelle une machine à
cash pour payer ses promesses électorales, et cette machine, elle s'appelle
Hydro-Québec. Le premier ministre a été clair en Chambre, c'est
Hydro-Québec qui va lui permettre, entre autres, de financer certains de ses
projets.
C'est sûr que
les Québécois vont se faire avoir. Contrairement aux quatre dernières années,
ils ne paieront jamais leur
électricité sous l'inflation. Le premier ministre a même refusé notre
proposition de laisser la Régie de l'énergie fixer des tarifs plus bas. Pire, le gouvernement enlève
pour cinq ans les pouvoirs de la Régie. La Régie, M. le Président, c'est
un peu comme le Protecteur du citoyen mais
pour le consommateur d'électricité. Qui envisagerait, d'ailleurs, de dépouiller
le Protecteur du citoyen de ses pouvoirs?
Le premier ministre doit reconnaître qu'il n'a
aucune idée des impacts de son projet de loi.
Peut-il
reconnaître qu'il a toujours pensé que les Québécois ne payaient pas assez cher
leur électricité et, en fait, ce qu'il veut, c'est d'aller chercher le
plus d'argent possible?
Président : M. le premier ministre. Je vous rappelle à tous de
faire attention à certains mots utilisés, sans les rappeler, mais vous
le savez. M. le premier ministre.
Legault : Oui. M.
le Président, le chef de l'opposition officielle nous dit qu'on doit maintenant
travailler comme du monde. Je l'invite
à lire le rapport de la VG, hier. Il va voir la définition contraire, il va
voir comment c'est, un gouvernement
qui est brouillon.
Et, M. le Président, j'ai de la difficulté à suivre le chef de l'opposition officielle concernant Hydro-Québec. Il nous dit : C'est une machine à cash qui va
financer nos projets. Or, l'année prochaine, les tarifs d'Hydro-Québec vont
être gelés. Donc, je ne sais pas ce
qu'on va financer de plus avec un gel, j'ai beaucoup de difficultés à essayer
de suivre le chef de l'opposition officielle.
Par la suite,
il y aura des augmentations égales à l'inflation. Comme le sait le chef de
l'opposition officielle, on essaie de
donner l'inflation aux employés de la fonction publique, qui représentent à peu
près les deux tiers de nos dépenses. Donc, encore là, j'ai de la misère
à voir la machine à cash qui va nous permettre de financer des projets.
Donc,
peut-être, dans sa complémentaire, il peut nous expliquer un petit peu mieux où
il voit le cash additionnel qu'on va aller chercher chez Hydro-Québec.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Premièrement, M. le
Président, le gouvernement a modifié les prédictions d'augmentation trois fois
durant cette session-là. Selon Francis
Vailles, de La Presse , le Québec a affiché la plus forte
hausse de l'inflation au Canada. Au
même moment où on débute, selon des experts, une période de forte inflation,
les coûts de production d'Hydro, eux, sont
en chute libre. Mais, pour le premier ministre, ça n'a pas d'importance.
Hydro-Québec, c'est là pour faire de l'argent.
Pourquoi vous imposez des augmentations
injustifiées aux citoyens quand ça va coûter moins cher à...
Le Président : Toujours
s'adresser à la présidence, je vous le rappelle. M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je reprends mon explication. À chaque
année, et on est en négociation actuellement avec les employés de l'État, on essaie de donner une augmentation qui
est égale à l'inflation. Évidemment que, si, d'un côté, on augmente les tarifs d'électricité de
l'inflation, que les salaires augmentent de l'inflation, je trouve que c'est
logique, c'est cohérent.
Ce qu'on
sait, par contre, c'est que, quand les libéraux étaient là, ils augmentaient
les tarifs d'électricité du double de l'inflation, donc les gens
devaient...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : ...piger dans leurs
poches. Je pense qu'il mélange l'administration libérale avec la nôtre.
Président : Deuxième complémentaire. Je vous demande d'être
attentifs aux propos du chef de l'opposition officielle. Pour votre
deuxième complémentaire.
Arcand : Selon le premier
ministre, il l'a dit mardi, personne ne lui parle de sa facture d'Hydro dans l'autobus. Premièrement, le premier ministre, il ne prend pas l'autobus. Deuxièmement, a-t-il pris la peine de lire la revue de
presse? Jean-François Blain : «C'est de la poudre aux yeux.» Pierre
Couture : Rejet quasi unanime du projet de loi . Mario
Dumont : «Une mauvaise solution.» Michel Girard : Remboursez-nous .
Pierre-Olivier Pineau : «Un mirage.»
M. le Président, est-ce que c'est ça, un premier
ministre qui est à l'écoute?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, j'aurais presque le goût d'offrir au chef
de l'opposition officielle d'aller peut-être, samedi après-midi, se promener au Centre Rockland, dans son comté. Et je
serais prêt à parier pas mal que, si on parle à une centaine de citoyens, il n'y en aura probablement pas un qui va nous
parler du projet de loi n° 34. Donc, je lui offre cette
possibilité-là d'aller sur le terrain. Je sais qu'il n'a pas l'habitude d'être
sur le terrain...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : ...je lui offre d'aller
dans son comté...
Président : S'il vous plaît! Non. S'il vous plaît! Non, je
pense... Ne prêtez pas des intentions. Faisons attention aux propos, encore une fois. C'est la réponse du
premier ministre. Je vous demande évidemment d'arrêter et de faire en
sorte qu'on soit tous attentifs.
M. le premier ministre. On vient de commencer.
Vous complétez votre réponse.
M. Legault : Ah! j'avais complété.
Le Président : Vous aviez
complété?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! La parole n'appartient qu'au chef de l'opposition
officielle.
Arcand : Donc, pour le premier
ministre, les experts, c'est des vulgaires lobbyistes. Les groupes de
consommateurs, ils exagèrent. Les
entreprises, les PME, elles se plaignent pour rien. Sans parler de l'attaque,
en plus, inexplicable de la ministre
des Aînés contre sa propre clientèle. 35 % des aînés gagnent moins de
20 000 $ et sont frappés de plein fouet par cette décision
insensible de la CAQ.
Le premier
ministre doit maintenant écarter l'idée de bâillonner cette Assemblée pour
imposer une taxe déguisée à tous les Québécois.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : Bien, M. le
Président, on prête des intentions, hein, au gouvernement. Je ne crois pas que
le terme «bâillonner» est approprié, M. le Président.
Président : Je vais vous demander tout simplement, encore une
fois, d'être prudents sur les mots utilisés. Nous les connaissons, nous
les évitons. S'il vous plaît, maintenant, la réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. M. le Président,
je pense, le chef de l'opposition officielle doit faire la différence entre des
lobbyistes puis des citoyens. Et j'aimerais, encore une fois, le mettre au défi
d'aller rencontrer ensemble des citoyens puis
de trouver un citoyen qui ne trouve pas que c'est une bonne idée de geler les
tarifs d'Hydro-Québec l'année prochaine puis ensuite les augmenter de
l'inflation.
Donc, je ne sais pas s'il
préfère qu'on fasse ça dans les Laurentides ou à ville Mont-Royal, mais c'est
comme il veut.
Le Président : Question
principale, M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : M. le Président, depuis le début du débat sur le
projet de loi n° 34, le ministre de l'Énergie nous répète tout le
temps la même cassette. La seule chose qui intéresse ce gouvernement et ce
ministre, c'est de faire passer les Québécois au cash en leur faisant... en
leur imposant des hausses de tarifs d'hydroélectricité de 2 % à 3 %.
Hier
après-midi, M. le Président, j'ai présenté un amendement à l'article 2 du
projet de loi, un amendement qui disait
que les hausses se feraient au maximum de l'inflation. Vous savez pourquoi?
Parce qu'à la fin de la journée ce qu'on veut, c'est offrir le meilleur prix, la meilleure hausse possible pour
les Québécois; pas la hausse maximum, la meilleure hausse possible. Dès le début du débat sur cet
amendement-là, le ministre s'est prononcé contre l'amendement. Vous savez
pourquoi? Parce qu'à la fin de la journée la
seule institution qui sort gagnante de ce projet de loi là, c'est Hydro-Québec.
Le ministre et ce gouvernement-là veulent assurer absolument une hausse de
revenus à Hydro-Québec sur le dos des Québécois.
Est-ce que le ministre est ouvert à accepter cet
amendement-là, à accepter l'idée...
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Julien : Oui, merci, M. le Président. C'est effectivement toujours un
plaisir de discuter avec mon collègue de Laval-des-Rapides. Nous sommes
en commission parlementaire, et, comme je le mentionnais la semaine dernière ou il y a une semaine et demie déjà, bien, ça
avance rondement. Bon, bien qu'on soit toujours à l'article 2, soit le
même
article qu'il y a une semaine et
demie, honnêtement, les discussions sont constructives. Et mon collègue de
Laval-des-Rapides mentionnait
justement d'accepter l'amendement. Bien, non, on a voté contre l'amendement,
c'est déjà chose du passé.
Essentiellement...
J'entendais le chef de l'opposition parler de sensibilité. Où était-il, le chef
de l'opposition, quand le mécanisme
d'écart de rendement a été suspendu pour retourner l'argent, en fin de compte,
dans la rigueur financière? Où était-il quand la hausse était trois fois
l'inflation, dans cette sensibilité-là?
Aujourd'hui,
la proposition du projet de loi n° 34 est simple. Premièrement, on
retourne 500 millions. Et, pour retourner
le 500 millions du compte d'écart, on doit modifier le mode de tarification.
Donc, si la loi n° 34 est sanctionnée, on va pouvoir retourner 500 millions, un gel tarifaire et une
hausse à l'inflation. Sur base historique, M. le Président...
Le Président : En terminant.
M. Julien : ...ces trois mesures-là,
c'est une hausse qui n'a jamais été vue si faible.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : M. le Président, Hydro-Québec appartient aux Québécois, ils
sont en droit d'obtenir le meilleur prix possible. À travers ce projet
de loi là et à travers surtout cette vision fermée du ministre, ce qu'ils
veulent... ce que le ministre veut
absolument, c'est imposer des hausses de tarifs à l'inflation. On connaît bien
ce que le premier ministre a dit, c'est qu'il souhaite absolument
imposer à l'inflation parce que, sinon, il considère que les Québécois vont
gaspiller l'électricité.
Est-ce qu'on
peut donner un break aux Québécois et leur assurer qu'ils vont avoir les
hausses... les meilleurs prix possible sur les tarifs
d'hydroélectricité?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Julien : Oui. M. le Président, c'est ce que propose le projet
de loi n° 34. Le retour de plus
de 500 millions, là, dès
la première facturation, ça représente 4,3 % des comptes des clients sur
une base annuelle. On retourne 4,3 % en début d'année et on gèle
les tarifs en 2020. C'est ça, prendre en considération la clientèle, c'est ça.
Et là, le projet de loi n° 34, comme je vous le dis, on a des heures de
discussions ensemble, et certains amendements ont été apportés, ont été adoptés pour le
bonifier. Il nous reste quelques semaines à travailler de manière constructive
ensemble pour le faire avancer et pour le faire adopter...
Président : En terminant.
Julien : ...et je sais que
je peux compter sur la collaboration de mon collègue de Laval-des-Rapides comme
d'habitude.
Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides. S'il vous plaît! Parole au député.
Polo : On en débat tellement
longuement, M. le Président, parce
que justement il est totalement
contre tout avis contraire de toutes
les oppositions, de toutes les organisations qui s'y
opposent. Ce qu'on se dit, à la fin de la journée, c'est que même les clientèles qu'ils sont supposés
servir s'opposent à son projet de
loi, que ce soient les aînés, que ce
soient les familles, que ce soient
les consommateurs. À la fin de la journée, là, c'est une opposition,
c'est un barrage d'opposition.
M. le Président, est-ce que finalement... on aboutit, là, est-ce que finalement
le ministre est ouvert à considérer
des amendements qui vont aider les Québécois à payer le meilleur prix possible,
M. le Président?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Julien : M. le Président, je suis content que mon collègue de
Laval-des-Rapides m'offre l'opportunité d'en parler, justement, des amendements. Pas plus tard que la semaine
dernière, il y a un amendement qui a été apporté par mon collègue de Laval-des-Rapides. À sa lecture,
on a trouvé ça fantastique, on a dit : Aïe! c'est une bonne bonification,
ça, on est prêts à voter pour immédiatement. Savez-vous quoi? Ils ont insisté
pour en débattre. On a passé une heure...
Président : S'il vous plaît! Non, je vais vous demander... La parole vous appartient, vous avez les
propos. Je vous demande simplement de ne pas intervenir et de garder le
silence, garder le silence. Seul le ministre a la parole, actuellement.
Julien : On a passé une
heure à en débattre pour nous convaincre qu'on était encore pour. Un peu plus
puis ils nous convainquaient d'être contre. Mais honnêtement on a fini par
voter pour, après une heure, parce
que c'était constructif et ce
n'était pas du blocage, bien au contraire.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : La réforme scolaire,
M. le Président, clairement sert essentiellement à s'assurer que le ministre de l'Éducation ait tous les pouvoirs. Maintenant, qui va pouvoir fusionner des territoires? Le ministre.
Qui va pouvoir abolir des centres de
services? Le ministre. Qui va pouvoir dire si on choisit entre un
gymnase ou un agrandissement? Le ministre. Qui va pouvoir dire quels services seront
partagés avec le privé? Le ministre.
si jamais il a oublié un superpouvoir, inquiétez-vous pas, il est prévu, dans
son projet de loi n° 40, l'article 310 qui
permet de faire par règlement tout ce qu'il a oublié. Il va pouvoir maintenant, grâce à cet
article fourre-tout, adopter par règlement. Un
autre superpouvoir.
Alors,
maintenant, M. le
Président, est-ce que
le ministre peut nous dire qui connaît le mieux les élèves :
le ministre ou les gens sur le
terrain?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : Les deux, M. le Président, les deux. Connaît bien le réseau, connaît bien les élèves, mais
surtout les connaît tellement que ça me fait plaisir de décentraliser la
prise de décision vers les écoles.
c'est bien parce que c'est très
pédagogique, à chaque jour vous me sortez un article. Alors, allons-y.
L'article 310 : «Le gouvernement peut,
par règlement, prendre avant le — et là on indique la date qui suit de
18 mois la sanction de la
loi — toute
mesure utile à l'application de la présente loi — imaginez, c'est-u scandaleux, on a un
article qui permet d'appliquer la loi, mon Dieu, "breaking
news" — [et]
à la réalisation efficace de son objet.»
M. le Président, ce genre d'article là a été
inclus dans des projets de loi par le précédent gouvernement du Parti
québécois, dans la loi n° 20, 36, 38, 60 et 68...
Président : S'il vous plaît!
Roberge : ...et par le
précédent gouvernement du Parti libéral dans les projets de loi n° 42, 86 et 157. C'est juste normal d'avoir
un
article transitoire qui permet l'application de la loi.
Alors,
si vous voulez nous soumettre un autre article, ça va me faire plaisir de faire l'article par
article ensemble aujourd'hui.
Le Président :
Question principale... complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Pour la compréhension de texte, clairement c'est un échec pour le ministre de
l'Éducation. Maintenant, je le mets au défi de prendre le libellé mot
pour mot, dans ces autres règlements, et de le mettre dans son projet de
loi n° 40. Il ne peut pas le
faire. Savez-vous pourquoi? Parce
qu'il nous a sorti les mêmes articles lors de la consultation, il a fallu qu'on lui remette le texte de loi dans sa
face pour dire : Ce n'est pas exactement le même libellé. Il y a une
grande différence ici, il centralise tous les pouvoirs à Québec, loin
des élèves, loin de la réalité sur le terrain.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : Oui. Là, on retombe plus dans les messages tout faits, on
n'y va plus dans les articles parce que, finalement, on essaie, M. le
Président, et c'est triste un peu, de faire dire au projet de loi ce qu'il ne
dit pas.
C'est
un projet de loi qui est bien accueilli par ceux qui font l'école à tous les
jours, qui est bien accueilli par les parents.
Je circule dans les écoles; les gens ont hâte d'avoir une modernisation de la
gouvernance scolaire pour que les décisions
soient prises le plus près possible de ceux qui connaissent leurs élèves. C'est
le principe de la subsidiarité. D'autres en ont parlé; nous, on va
l'appliquer.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée
Saint-Laurent. Je vous demande de ne pas commenter à voix haute les
réponses, s'il vous plaît, tout le monde.
Rizqy : Ce n'est pas le principe de subsidiarité, c'est le principe de
la sourde oreille. Parlons-en, de l'accueil. Il y a des enseignants qui font des sit-in devant son bureau. Est-ce
qu'il passe de temps en temps à son édifice? Parce que le ministère de l'Éducation est occupé par des
enseignants qui dénoncent la centralisation de pouvoirs. Il y a des parents
qui vous écrivent, vous ne les écoutez pas.
Alors, ici, là, je
repose la question : Pourquoi y a-t-il besoin d'un
article fourre-tout pour
corriger toutes les lacunes dans son projet
de loi? Est-ce que c'est lui qui connaît le mieux les milliers de noms d'élève
au Québec ou les enseignants, les directions d'école puis les
commissaires scolaires?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Bon, M. le Président, on revient à l'article 310. Si le seul objectif... le
seul obstacle qu'on a à l'adoption du projet
de loi n° 40, c'est qu'il y a
des articles transitoires pour l'application du projet de loi n° 40, il ne reste plus grand-chose. Ma
collègue nous parle...
Président : Attendez.
S'il vous plaît! Encore
une fois, je vous entends, malheureusement, puis moi, je souhaite entendre
celui qui a le seul le droit de
parole. À ce moment-ci, c'est le ministre de l'Éducation. Alors, c'est la même règle pour tout le
monde. M. le ministre de l'Éducation, poursuivez.
M. Roberge : On a consulté énormément, pendant des
années, avant de préparer ce projet
de loi là. On a écouté les
groupes qui sont venus nous voir puis on va continuer de les écouter.
C'est
vrai qu'hier il y a eu des délégués syndicaux, des représentants qui sont venus, ils ont voulu se faire
entendre. Les gens de mon cabinet les
ont accueillis, on a convenu que je vais les rencontrer personnellement d'ici
Noël. On a écouté les groupes avant,
on les a écoutés en auditions, on va continuer de les écouter puis on va
amender le projet de loi pour qu'il soit le meilleur possible, au
bénéfice des élèves.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Le rapport de la Vérificatrice générale a confirmé nos
pires craintes. Non seulement la crise
continue à la DPJ, elle empire. Le nombre de signalements a augmenté de
27 % de 2014 à 2019, et la situation continue de se détériorer.
La Vérificatrice nous l'a rappelé hier, le délai
dans l'accès aux services compromet la sécurité et le développement des
enfants. Je la cite : «Si on prend en compte le fait que ce nombre ne
cesse d'augmenter, le délai d'attente risque d'augmenter [...] si rien n'est
fait.»
Alors que le ministre
délégué à la Santé faisait du pot à 21 ans sa grande priorité, il aura
fallu une fillette, le décès d'une fillette
à Granby pour que le ministre bouge. La commission Laurent, c'est bien, c'est
même nécessaire. En fait, quand la maison est en feu, ce n'est pas
interdit de penser au plan de rénovation. Mais franchement la première chose à faire, c'est de s'assurer que tout le monde est
sorti de la maison sain et sauf. Quand on a du leadership, on s'occupe de ce
qui est urgent. Ce que nous dit la
Vérificatrice générale, c'est que le ministre échoue à faire en sorte que nos
enfants s'en sortent sains et saufs.
le Président, j'aimerais ça que le premier ministre nous dise s'il est
satisfait du leadership exercé par son ministre.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, quand on est arrivés, il y a un an, on a hérité d'un système
sous-financé, un système où
effectivement des délais d'attente inacceptables à la DPJ ont lieu. Je rappelle
à la cheffe de la deuxième opposition que
le rapport concerne les années 2016 à 2018. Donc, je pense qu'on peut dire déjà que les
services sont améliorés en 2019. M.
le Président, on a augmenté le budget à la DPJ de 63 millions. On a affiché
500 postes de plus, 500 postes de plus.
M. le Président, mon
collègue est venu en politique pour défendre les enfants, puis, quand il est
venu à mon bureau à plusieurs
reprises me demander d'avoir des ressources additionnelles parce que la
situation qui avait été laissée par les libéraux était inacceptable, j'ai
accepté de lui donner des ressources. Évidemment, pas simple de trouver les personnes pour combler des postes. C'est une des
raisons, entre autres, pourquoi on veut choisir certains secteurs quand on
choisit des nouveaux arrivants.
Donc,
M. le Président, la situation est en train de s'améliorer. Il y
aura le rapport Laurent qui va venir, et puis, bon, il y a un nouveau représentant
de Québec solidaire qui est là. On travaille ensemble et on ne devrait pas
faire de partisanerie autour des enfants, c'est trop important.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
33 millions, ce n'est même pas 1 % des surplus de l'an passé, M. le
Président. À Alma il y a trois ans, il y a
un petit gars de 22 mois qui est décédé un mois après avoir été signalé.
Le logiciel de la DPJ avait décidé qu'il
n'était pas assez vulnérable pour justifier une intervention. Tout le monde
dans le milieu le sait depuis très longtemps, ce logiciel-là, il est
déficient. Le ministre ne fait rien.
Alors, est-ce que le
premier ministre va tolérer ça encore longtemps? Il peut agir maintenant.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, c'est un dossier très sensible. En 2016, un enfant est mort,
puis rien ne s'est produit.
Nous,
ce qu'on a demandé, déjà c'est en cours, une révision de ce logiciel-là, mais
le plus important, puis c'est ça que j'ai dit à tous les intervenants, il n'y a
pas de logiciel qui doit prendre préséance sur une décision clinique.
C'est d'abord et avant tout des décisions cliniques. Quand ces décisions sont
prises, c'est dans des situations difficiles. L'information
est parcellaire, l'information est parfois erronée. Donc, il ne peut pas se
fier sur ce qui se passe sur un logiciel, la décision est clinique. On fait tout ce qu'on peut pour alléger la
charge administrative et les paperasses que nos intervenants doivent
compléter.
Le Président :
En terminant.
M. Carmant :
Nous, ce qu'on veut, c'est qu'ils soient avec les patients, qu'ils voient les
patients et qu'ils soient encadrés au niveau des décisions cliniques.
Le Président :
Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : M. le Président, je pense que la commande ne se
rend pas. Les intervenants et intervenantes doivent encore utiliser ce même
logiciel là qui est arrivé à cette conclusion-là voilà trois ans, et on cherche
même à l'appliquer dans les CLSC. Alors,
on commence à comprendre pourquoi, M. le Président, que le premier ministre a
lui-même lancé la commission Laurent qu'on appelle aujourd'hui. La dernière fois que ça s'est passé, le premier
ministre a protégé largement un ministre, ça a été un cafouillage.
Que va-t-il faire
avec le ministre délégué?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Bien, M. le Président, je ne pense pas que j'ai besoin de protection, là. On est en train d'ajouter des ressources partout. Les listes d'attente ont
baissé de façon significative. Il y avait 3 800 enfants en attente au
mois de juin, on est rendus à
2 000 enfants sur les listes d'attente. On continue à les éliminer.
Nous, on veut les éliminer d'ici un an. Ensuite de ça, on veut
ajouter... travailler en amont.
Plusieurs
fois, ils nous ont demandé d'augmenter la taille de la DPJ. La DPJ, ça ne peut
pas être la salle d'urgence des services sociaux, M. le Président. Il
faut qu'on travaille en amont, il faut qu'on prévienne, il faut qu'on évite ces
signalements-là, et c'est là qu'on va ajouter des ressources pour les jeunes
avant qu'ils aillent à la DPJ.
Le Président :
Question principale, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Hier, la Vérificatrice générale blâmait
sévèrement l'ancienne ministre de l'Économie sous le gouvernement
libéral. Pour quelle raison? Parce qu'elle a mal géré un fonds de
1 milliard et qu'elle a multiplié les
subventions hors programme et mal justifiées. On s'entend tous, M. le
Président, que ça n'a aucun bon sens
comme pratique. Mais c'est quoi, le pire dans cette histoire-là, M. le
Président? Non seulement le gouvernement ne règle pas le problème, mais
il va encore plus loin.
Ça va être pire avec le projet de loi n° 27.
Il y a un
article dans cette loi qui permet de créer un fonds de
1 milliard à la disposition du
ministre de l'Économie, dans lequel il pourra dépenser, tenez-vous bien,
50 millions sans avoir à passer par le Conseil des ministres. Le
seul appui dont le ministre de l'Économie a besoin, c'est d'un avis favorable
de son collègue des Finances.
le Président, est-ce que le gouvernement pense que c'est une bonne idée de répliquer
les pratiques de l'ancien gouvernement libéral et de faire pire encore?
Le Président :
Mme la ministre régionale au Développement économique.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. C'est une question qu'on est
contents de répondre aujourd'hui.
Notre gouvernement se fait traiter parfois de brouillon. Puis ce qu'on a
constaté il y a un an, la Vérificatrice générale du Québec l'a confirmé
hier dans son rapport. Notre objectif quand on est rentrés au gouvernement,
c'était d'être beaucoup plus transparents,
d'être plus structurés, pragmatiques dans notre approche, et ce, également pour
l'économie, en fait foi la loi n° 27 qu'on
s'apprête... et qu'on espère pouvoir adopter.
D'ailleurs, le
président du Conseil du trésor nous a également conviés, tous les ministères, à
développer une planification stratégique structurée et organisée pour chacun
des ministères. Cette optique-là démontre notre objectif d'assurer les suivis de nos actions, mais aussi
d'être plus transparents à l'égard de la population. C'est ce que la population
demande et c'est ce en quoi elle a droit d'avoir d'accès.
la transparence, M. le Président, c'est ce qu'on veut comme gouvernement. On
sera plus structurés. On sera en mesure de faire nos suivis, puis c'est
ce qu'on veut, c'est là qu'on veut aller. On veut amener un sentiment puis une
perspective d'excellence dans nos façons de faire gouvernementales...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...puis c'est là qu'on s'en va.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : M. le Président,
le ministre de l'Économie affirmait cette semaine en commission parlementaire qu'il mettait en place ce fonds de 1 milliard
pour aller plus vite dans l'attribution de financement. Pas de compte à rendre
au Conseil des ministres, juste besoin d'un appui de son collègue des Finances.
le Président, deux ministres pour distribuer 1 milliard comme bon leur
semble, c'est une belle petite caisse, ça.
Elle est où, la réduction de compte, M. le Président? Elle est où, la
transparence? Il est où, le changement de culture par rapport au
gouvernement libéral?
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Le projet de loi n° 27 vise à être plus agile
dans nos façons de faire
gouvernementales en matière de soutien aux entreprises. C'est ce qu'on va faire
via le projet de loi n° 27. L'objectif est d'être plus transparent aussi, puis ce n'est pas vrai, ce que le député
mentionne, le député de René-Lévesque mentionne, on ne va pas laisser au ministre
de l'Économie comme ça...
On veut être
responsable dans la gestion des fonds publics. Investissement Québec est
l'outil qui nous apparaît le plus important
et intéressant pour soutenir avec
agilité les entrepreneurs au Québec. On veut faciliter l'accès aux finances
pour augmenter l'économie, pour accélérer la croissance des entreprises. C'est
là qu'on s'en va, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, et la parole n'appartient
qu'au leader du troisième groupe d'opposition. M. le leader.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Plus agile, c'est
quand même hallucinant, là. Moins de transparence... On a blâmé... ils ont blâmé longtemps le
gouvernement, et là ils veulent absolument faire pire. M. le Président.
L'article 35.22 du projet de loi
n° 27, là, il le stipule : 50 millions sans discrétion offerts
par le ministre sans passer par le Conseil des ministres.
Si le gouvernement est véritablement sérieux, M.
le Président, là, il faut tout simplement retirer cet article-là. S'ils veulent
être agiles, ce n'est pas gérer le Québec avec la petite caisse de
50 millions...
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : Je
rappelle les blâmes qui sont faits dans le rapport général de la Vérificatrice générale, hein, je pense que ça démontre que
c'était déterminé à même le ministère. Ce qu'on propose avec le p.l. n° 27, c'est de sortir l'analyse
et l'expertise du gouvernement puis de le faire via Investissement Québec pour
se donner un recul.
Ce n'est pas
le gouvernement, ce n'est pas les gens ici qui vont déterminer, c'est
Investissement Québec, avec une
structure externe, avec des spécialistes qui vont analyser les dossiers, qui
vont faire leur travail puis qui vont amener les entreprises à aller
plus rapidement. Ce n'est ni le ministre de l'Économie ni, ici, nous qui allons
décider, c'est Investissement Québec, une structure indépendante. Merci, M. le
Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci, M. le Président. On va tous inévitablement
passer par là. Les derniers moments de notre vie, quand on pense à ceux qu'on aime, on reflète sur
ce qu'on a accompli et on reflète sur ce qu'on aurait aimé accomplir. On se dit qu'on ne rattrapera jamais le temps
perdu, M. le Président, et on n'a plus rien à demander à personne, sauf une
chose : mourir à la maison, passer nos
derniers jours dans le calme, dans le confort de notre chez-soi. Mais, au
Québec en 2019, on ne réussit pas à
offrir des soins palliatifs de
qualité à domicile. Plutôt, les gens passent leurs derniers jours dans un système hospitalier trop occupé ou dans un CHSLD qui n'a
pas toujours des ressources pour bien prendre soin de nous.
Mais il n'y a
pas de raison, M. le Président, que les soins
palliatifs ne soient pas donnés à la maison. Il y a une vingtaine d'équipes qui, depuis deux ans, sont
prêtes à être déployées, mais la ministre de la Santé refuse de signer une
entente qui permettrait à tout ce monde-là
d'offrir du service chez eux à des centaines de Québécois à l'aube de la mort.
Alors, qu'est-ce qu'elle attend au juste? Parce
que ces patients-là, ils ne peuvent pas attendre.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : M. le Président,
sur le fond, je suis entièrement d'accord avec le député de Pontiac, que la population
demande d'être à domicile dans les derniers moments, en fin de vie. D'ailleurs,
ça fait partie, là, des soins palliatifs et des soins de fin de vie que d'organiser ces services à
domicile. Il faut le faire avec les équipes des CLSC, il faut le faire aussi avec les médecins. Et d'ailleurs
on a une rencontre la semaine prochaine là-dessus avec la Fédération des médecins omnipraticiens du
Québec pour vraiment mettre sur pied toute cette organisation de services.
Moi, je suis
très familière avec cette façon de faire, M. le Président. Quand j'étais dans
le réseau, M. le Président, j'ai mis sur pied ce type d'équipe, qui est encore
là, à Verdun, et je sais l'effet extraordinaire que ça peut faire pour les
patients, pour les familles. Alors, moi, M.
le Président, l'objectif que j'ai avec le ministère, avec mon équipe, c'est
vraiment de mettre sur pied ces équipes le plus possible à travers le
Québec parce que les gens...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...veulent mourir
à domicile et non pas à l'urgence, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
M. Fortin : M. le Président, tous les établissements du
réseau s'étaient engagés dans ce sens-là pour mettre de l'avant des équipes dédiées aux soins palliatifs à
domicile. La ministre nous dit qu'elle va avoir une rencontre la semaine
prochaine. Ça fait un an qu'elle est là, et il n'y a rien qui bouge. Les
omnipraticiens nous disent qu'ils relancent le ministère de façon incessante, mais la seule réponse qu'ils ont, c'est
que le dossier, il dort sur le bureau de la ministre.
Alors, si le dossier, lui, il dort, M. le
Président, est-ce que la ministre, elle, elle peut se réveiller?
Président : S'il vous plaît! Soyez prudents dans les façons de
faire, et les façons de dire, et les propos qui ne sont pas nécessaires, et vous le savez. Alors,
pensez aux propos que vous utilisez. Mme la ministre, vous avez la réponse.
Mme McCann :
Non, M. le Président, c'est un dossier, d'ailleurs, dont on a hérité, je dois
le dire, là, du dernier gouvernement
parce que ça aurait pu être fait dans la dernière année où est-ce qu'il était
au pouvoir. Ça aurait pu être fait avant,
mais nous, on va le faire dans les règles de l'art, M. le Président. Et moi,
effectivement, je suis de l'opinion que c'est absolument prioritaire.
On a mis sur
pied d'ailleurs un groupe de travail national pour améliorer l'accès aux soins palliatifs et aux soins de fin de vie.
Alors, c'est nécessaire. Ces équipes doivent être mises en place. On va
travailler avec la Fédération des médecins omnipraticiens.
Le Président : En terminant.
Mme McCann : C'est ce qu'on
fait, dans la collaboration, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : M.
le Président, réécoutez les mots de
la ministre aujourd'hui et ceux des dernières semaines, c'est toujours
la même chose. Elle nous répète qu'elle est préoccupée. Elle nous
dit qu'on pose des bonnes questions. Elle nous remercie. Mais, au-delà de ses préoccupations, il ne se passe rien. On n'arrive pas à savoir
ce qu'elle fait concrètement
pour améliorer la situation.
Alors, est-ce qu'on peut avoir des faits? Est-ce
qu'on peut savoir ce qu'elle a fait?
Comment elle va s'assurer que les soins palliatifs soient disponibles à
domicile?
Le Président : Mme la ministre
déléguée à la Santé et aux Services sociaux.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Bien, regardez, je l'ai fait à Verdun. Je sais ce que
c'est, une équipe comme ça, qui va à
domicile, qui donne des soins de fin de vie, et la différence que ça fait pour
les familles. Et je pense que la Fédération
des médecins omnipraticiens aussi comprend ça. On va travailler avec eux dès la
semaine prochaine pour finaliser l'organisation de ces services.
Le collègue
député de Pontiac l'a dit lui-même, il y a 20 équipes qui sont prêtes, là.
M. le Président. On va mettre sur pied ces 20 équipes pour donner
ce type de soins à la population qui le réclame. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. En juin dernier, Desjardins était l'objet du plus gros
vol de données de l'histoire du Québec, des millions de Québécois touchés, des
millions de gens inquiets. Les yeux de ces gens-là se sont tournés
depuis vers nous, vers la classe politique. Ils nous demandent d'agir ensemble
sur ce dossier sensible.
Le 21 juin, Québec solidaire a proposé une
commission parlementaire. Le 9 juillet, le Parti québécois a fait la même
chose. Le 1er novembre, le Parti libéral l'a fait. À chaque fois, les
oppositions ont demandé un réel travail non partisan,
à chaque fois, on a demandé une réelle réflexion sur le fond de l'affaire,
c'est-à-dire la protection des données personnelles
des Québécois et des Québécoises, et, à chaque fois, le gouvernement a dit non.
Ça aurait dû être l'occasion d'un
débat de fond sur la question, finalement, c'est une occasion ratée. La
démarche est discréditée, elle est expéditive. Et le responsable, c'est
le leader parlementaire du gouvernement. Il en porte la totale responsabilité.
Quand va-t-il
arrêter de faire à sa tête? Quand va-t-il se mettre à travailler avec les
oppositions pour le bien commun au Québec?
Président : M. le leader du gouvernement. L'attention et la
parole n'appartiennent qu'au leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, quelle ironie! Quelle
ironie, M. le Président! Vous savez pourquoi? Parce que le gouvernement
voulait, dès cet été, entendre Desjardins en commission parlementaire. Oui, M.
le Président, les collègues m'ont relaté, en commission parlementaire lors du
mandat d'initiative...
Le Président : Oui, le leader
de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Tanguay :
Article
35.6°, M. le Président. Le collègue se prête des intentions qu'il n'a jamais
eues.
Président : S'il vous plaît! Merci. M. le leader du
gouvernement. Je vous demande votre
attention, s'il vous... Je vous demande votre attention. Le leader du
gouvernement.
Le Président : S'il vous
plaît, collègues!
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, il me semble, sur une question
de règlement, que le député doit prendre ma parole. Alors, je
souhaiterais qu'il retire ses propos.
Président : Je viens
de dire d'être prudent. L'échange a eu lieu. Nous sommes sur une question
de fond sérieuse et importante. Moi, M.
le leader du gouvernement, je vous
demande de poursuivre votre réponse. Je ne veux pas d'interruption du
genre.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, dès cet été, le gouvernement souhaitait entendre Desjardins. Malheureusement, par un
jeu partisan des oppositions... ne souhaitaient pas entendre et tenir la commission
rapidement pour entendre Desjardins. Il y a
d'autres événements qui sont survenus, M. le Président, et, pour s'assurer
qu'on puisse faire la lumière sur les
événements qui sont survenus sur Desjardins, le gouvernement a déposé une
motion en Chambre qui a été votée et qui nous permet aujourd'hui même
d'entendre Desjardins.
Pour la
suite, M. le Président, il y aura la commission parlementaire aujourd'hui, dès
11 h 15. J'invite d'ailleurs Québec
solidaire à faire
partie de la commission. Le ministre des Finances ainsi que
la ministre responsable de l'Accès à l'information ont déjà annoncé
qu'ils allaient déposer des projets de loi dans les prochaines semaines...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...pour
s'assurer de protéger les données personnelles.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Encore
une fois, la parole n'appartient qu'à vous. Et ensuite à la réponse.
Président : C'est trop bruyant. Nous sommes attentifs aux
propos qui sont échangés. Le dossier est sérieux.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, la vérité, tout le monde la connaît. Le leader du gouvernement
a décidé de travailler seul, il a
décidé de travailler mal, il a décidé de travailler sans consulter personne et
il a fait, ce n'est pas nouveau, des erreurs. Il aurait dû apprendre de
ses erreurs en matière d'immigration.
Après
son cafouillage dit gigantesque la semaine dernière, il est retourné exactement
dans le même pattern en convoquant
une commission parlementaire de manière expéditive et cavalière. Quand va-t-il
apprendre de ses erreurs au lieu de les répéter sans cesse?
Le Président : M. le ministre... M. le leader du gouvernement. Encore
une fois, je vous demande, dans ce dossier comme dans tous les autres,
d'être attentifs. C'est notre règle. M. le leader.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi, M. le Président, je pense que
d'entendre Desjardins aujourd'hui, que l'ensemble des parlementaires
puissent... vont pouvoir poser des questions aux représentants de Desjardins
ainsi qu'à cinq autres groupes, je pense que
c'est une bonne chose dans le cadre des auditions publiques parce qu'il y a
beaucoup de Québécois qui sont inquiets relativement au vol de données
personnelles.
Alors, le
gouvernement a pris ses responsabilités pour inviter Desjardins à venir
témoigner en commission parlementaire. Or,
M. le Président, et de la façon dont les partis d'opposition se comportent, ça
fait en sorte que peut-être qu'on
n'aurait pas réussi à entendre Desjardins. On a fait un choix responsable
d'inviter Desjardins par une motion ici, à l'Assemblée nationale. Alors,
aujourd'hui, Québec solidaire nous reproche d'inviter Desjardins à
s'exprimer...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...au parlement. Soyons un peu sérieux, M. le Président.
Président : S'il vous plaît! Je vous demande encore une fois...
et je ne veux pas de commentaire. J'entends
des gens qui n'ont pas la parole. Ce n'est pas censé être ça. C'est à vous, la
parole, M. le leader.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, les oppositions
l'ont demandé trois fois, d'entendre Desjardins, trois fois la majorité gouvernementale
a dit non.
La vérité, là, c'est qu'avec sa commission-minute
convoquée de manière cavalière, le message que le gouvernement envoie, c'est que le vol de données et le vol d'identité, comme des gens
ici dans les tribunes ont été victimes, là, bien, à la CAQ, on gère ça
comme l'Immigration, sur un coin de table.
Le Président :
M. le leader du gouvernement. S'il vous plaît, votre attention.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, dès cet été, nous étions
d'accord avec la proposition qui a été faite par le député de René-Lévesque. On a donné notre consentement. Or, qu'est-ce qui est arrivé, M. le Président, dans le
cadre du mandat d'initiative? Bien
non, les oppositions ont fait toujours ce qu'elles font, elles embourbent les
choses puis, plutôt que d'être efficaces pour faire en sorte...
Président : Faites attention! Vous savez, il y a des termes...
Encore une fois, il y a moyen de dire bien des choses en utilisant des mots du vocabulaire. Je vous demande aussi
d'être prudent sur ça et de faire en sorte que le climat reste bon. C'est bruyant. J'aimerais que ce le
soit moins. À ceux qui parlent et qui n'ont pas la parole, s'il vous plaît,
soyez attentifs. M. le leader du gouvernement, complétez votre réponse.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, si les oppositions avaient à
coeur le bien commun, ils nous féliciteraient, M. le Président...
Le Président :
Encore une fois... Là encore... Vous savez...
Président : Non, je sais. M. le leader du gouvernement et tout
le monde... Mais là, M. le leader du gouvernement,
permettez-moi d'intervenir à nouveau puis répéter ce que je viens de dire il y
a deux instants. Évitez de vous
interpeler, répondez à la question, évitez les termes qui portent justement à
des dérapages ou des événements bruyants. On n'a pas besoin de ça, puis
ce n'est pas ça, notre période de questions. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Alors, M. le Président, je crois que les Québécois
souhaitent entendre Desjardins, et c'est ce que nous allons faire aujourd'hui dans un forum, ici, à l'Assemblée
nationale, en commission parlementaire. L'objectif, il est atteint. À un certain moment, M. le Président,
il ne faut pas toujours faire le jeu des oppositions comme ils le souhaitent.
C'est important qu'il y ait de la transparence, que les groupes puissent être
convoqués...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...ce que
nous faisons aujourd'hui. Nous prenons une décision responsable.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, entre la 20 et le pont Laviolette, l'autoroute 55, ce
n'est pas une autoroute. Plusieurs routes
la croisent, comme le chemin Forest. Pour la population qui vit là,
l'intersection est dangereuse. Le maire de Bécancour le dit à répétition. Une résidente de la région
raconte qu'elle fait parfois un détour de 15 kilomètres par Saint-Célestin
pour aller à Précieux-Sang parce qu'elle
considère l'intersection Forest-55 dangereuse. D'autres racontent que ça prend
20 minutes la traverser.
La semaine
dernière, les élus locaux ont décidé de s'adresser directement au ministère des
Transports. Déception, le dossier, il
n'avance pas. Bien, on fait quoi? Les élus ont proposé de construire un viaduc
maintenant. Il va falloir en construire un de toute façon
éventuellement.
Alors, un
viaduc, ou un élargissement, ou les deux, le ministre va-t-il enfin écouter la
population et faire avancer son dossier?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, mon collègue de Bécancour
m'avait très, très bien informé du dossier qui est piloté par les
élus de cette région. Il y a deux rues qui mènent à un cul-de-sac, et on sait qu'il
y a des investissements importants qu'eux souhaiteraient voir de l'avant pour
sécuriser la 55. C'est une route qui est à 100 kilomètres-heure. Je
le sais très bien, il y a de la circulation dans ce secteur.
Je regarde le dossier avec mon collègue de Bécancour,
on va trouver les meilleures solutions possible pour sécuriser le réseau. C'est
l'engagement que je prends pour la population et les élus.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
M. Barrette : M. le
Président, c'est le Parti libéral qui a mis le projet de l'élargissement
de la 55 au PQI en 2017, mais, en
2018 sur les ondes de TVA, l'actuel député de Nicolet-Bécancour s'est vanté
d'avoir réussi, lui, à mettre le projet au PQI. Il est où, aujourd'hui, le très influent député de Nicolet?
Parce que le projet, il est encore stationné à «étude», pas une virgule
d'avancement.
Est-ce que le
ministre des Transports peut nous confirmer que le député de Nicolet-Bécancour
n'a aucune influence sur lui?
Président : M. le ministre des Transports... Soyez prudents dans
les propos. Faites attention. Faites un débat. Il peut être vigoureux,
bien sûr, mais non violent. M. le ministre.
M. Bonnardel :
Ça, c'est le style du député de La Pinière. C'est pour ça qu'ils ne lui
donnent pas...
Le Président : Non!
S'il vous plaît! Non, mais il n'y a pas de... Là, on est sur le fond de la
question, M. le leader du
gouvernement. M. le ministre des Transports, on est sur le fond de la question.
Je pense que ça réclame une réponse sur le fond et je vous demande de la
faire.
M. Bonnardel :
Je dis respectueusement que c'est le style du député de La Pinière, puis
c'est pour ça qu'il n'est pas à la course à la chefferie aujourd'hui au
Parti libéral, parce que personne ne veut de lui au Québec.
Président : S'il vous plaît! O.K. Pourriez-vous revenir? Je
vous demande de revenir sur le fond de la réponse, s'il vous plaît, et
de faire en sorte que le climat reste calme.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Bonnardel :
Vous savez, M. le Président, le député de Nicolet-Bécancour fait un excellent
travail dans sa circonscription, un excellent travail. Il pilote le dossier. Il
est bien au fait de la situation avec ses élus et la population comme telle. Il m'a fait valoir, encore une fois,
ce que la population souhaite. On va continuer de travailler avec lui pour
être capables de réaliser ses engagements.
Président : M. le député de La Pinière, deuxième
complémentaire, toujours en ayant en vue les propos qu'on utilise et le
fond de la question.
M. Barrette :
Oui. M. le Président, je ne veux pas faire de la peine au ministre, mais, en
campagne électorale, le premier
ministre lui-même est débarqué dans le comté avec le député et a dit, et je
cite : «Il est temps qu'on arrête de parler et qu'on le fasse. Il faut que ça avance.» Mais ça n'avance pas, M. le
Président. S'il est influent, ça a l'air que ce n'est pas vrai.
Apparemment, le premier ministre n'a pas plus d'influence.
Alors, le ministre
peut-u se lever puis dire qu'il va faire avancer le dossier à «opportunité»,
oui ou non?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, oui, je vais rester poli. Il y a plusieurs dossiers, au
ministère des Transports, qu'on doit
piloter et faire avancer. Il y a beaucoup, beaucoup d'investissements. Il y a 4,8 milliards de dollars que nous avons
investis cet été et que nous investirons l'été prochain.
Je vais continuer de
travailler avec le député de Nicolet-Bécancour comme je le fais avec tous les
députés du gouvernement et les députés
d'opposition qui viennent me porter des dossiers, comme vous, Mme la députée,
ce matin. Alors, soyez assuré, M. le
Président, qu'on va continuer de travailler dans l'intérêt de tous les Québécois pour sécuriser le réseau
québécois, encore une fois, autoroutier. Merci.
Le Président :
Question principale, M. le chef de l'opposition officielle.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le chef de l'opposition, vous êtes le seul à avoir la
parole.
M. Arcand :
M. le Président, dans quelques instants, nous nous apprêterons à voter une
motion de notre collègue la députée
de Westmount—Saint-Louis
concernant les services offerts aux personnes autistes ayant notamment atteint
la majorité.
le Président, malgré nos couleurs politiques différentes, je suis convaincu que
les valeurs que sont l'humanisme et
la compassion animent également le premier ministre. En appuyant aujourd'hui la
motion, il aurait l'occasion de poser un
geste en ce sens. Les citoyens s'attendent, au-delà de nos divergences, à ce
que nous soyons capables de travailler ensemble. Et aujourd'hui, M. le premier ministre, ma formation vous tend la main
pour faire avancer une cause tellement importante.
Donc,
dans un esprit de non-partisanerie et pour le bien de ces personnes concernées,
est-ce que le premier ministre va
voter en faveur de la tenue de deux jours d'auditions pour entendre une
quinzaine d'experts afin de tous nous éclairer sur les défis et les
sensibilités de l'autisme?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, le dossier des enfants et des jeunes adultes qui ont des
difficultés, des handicaps, des
formes d'autisme plus lourd, ça me touche beaucoup, puis je veux le dire, entre
autres, à la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mon collègue,
mes collègues, je devrais dire, travaillent à ce qu'on aide mieux les parents
de ces enfants. Ils ont besoin de beaucoup de services additionnels.
Effectivement, rendu à 18 ans, il y a des services qui disparaissent. Il y
a des montants qui sont donnés quand
c'est une famille d'accueil, mais des montants pas mal moins importants, quand
ce n'est rien, pour les parents qui
choisissent de sacrifier leur carrière souvent pour aider ces enfants. Donc, M.
le Président, c'est un dossier, là, qui nous touche, qui me touche
beaucoup.
Maintenant,
il y a beaucoup actuellement de travail dans les commissions parlementaires, du
travail qui n'avance pas dans les
commissions parlementaires. Et, M. le Président, on a déjà accepté plusieurs
mandats d'initiative de l'opposition depuis qu'on est ici. On n'a rien,
rien, rien, aucune leçon à recevoir du Parti libéral...
Le Président : S'il vous
plaît! Il reste peu de temps.
Le Président : Non, s'il vous
plaît! Je vais vous demander...
Le Président : M. le...
M. Tanguay : M. le
Président, le premier ministre tient des propos blessants lorsqu'il...
Le Président : Non! Non!
Le Président : O.K. Non, non,
non, je m'excuse, non. Je vais vous demander...
Président : M. le leader de l'opposition officielle, je suis
debout. Je suis debout, je vous demande de vous asseoir, c'est la règle. M. le leader du gouvernement, je suis debout,
je vous demande de vous asseoir, c'est la règle. C'est un sujet très sensible,
évitons... Il y a eu du respect dans l'attention à la question, ayons du
respect dans l'attention de la réponse.
Je continue à vous dire que c'est un sujet très sensible. Je demande au premier
ministre de compléter ses réponses. C'est ma décision à ce moment-ci, et
on arrête là-dessus.
M. le leader de l'opposition officielle...
Président : M. le leader de l'opposition officielle, j'ai déjà
rendu une décision. Vous connaissez... Faut-il vous rappeler l'article 41? Faut-il vous rappeler
l'article 41? Je viens de dire : Continuons la réponse pour compléter la
période de questions.
Le Président : Je ne veux...
Non, je ne veux pas entendre plus longuement...
Président : S'il vous plaît! Ne recommencez pas ce que vous ne
vous souhaitez pas. M. le leader de l'opposition officielle, je vous redemande de vous asseoir pour compléter la question
et... pour compléter la question. Je suis maintenant... Je n'ai pas à
vous entendre plus longtemps, c'est fait.
M. le premier
ministre, je vous demande de compléter votre question. Nous nous reparlerons au
besoin, mais, pour l'instant, nous complétons la période de questions.
C'est ma décision. C'est ma décision, M. le leader.
Président : M. le leader de l'opposition officielle, je vous
demande de vous asseoir. Je viens de vous dire ce que je viens de dire. Dans ce sujet très sensible, je demande au
premier ministre de compléter la réponse, ce qui complétera la période de questions. Il en est ainsi. Je préside. Je
viens de vous le dire, c'est comme ça que ça va se passer.
M. le premier
ministre, complétez votre réponse.
Président : M. le leader du gouvernement, je vous demande...
que je veux le calme pendant les réponses, et on est à l'étape de la
réponse. M. le leader de l'opposition officielle...
Président : M. le leader de l'opposition officielle, je sais ce
que vous me dites. Vous avez commencé, j'ai compris.
Président : M. le leader de l'opposition officielle, je vous
demande de vous asseoir et de laisser le premier ministre compléter la
question. Je viens de vous le dire, ma décision,
article 41, et c'est comme ça
que ça se passe.
Président : Vous faites un deuxième... un nouvel appel au
règlement que celui que vous aviez fait il y a deux instants?
Président : M. le... Écoutez, on est à... on a eu une étape et
on est à la fin d'une période de questions, sur un sujet extrêmement
sensible, où tout allait bien. Il y a eu respect sur l'écoute de la question,
parce que très importante. Respect à
l'écoute de la réponse également. Je demande que l'on complète la réponse du
premier ministre. Vous m'avez, M. le
leader de l'opposition officielle, et tous, donné le rôle de présider.
Aujourd'hui, je vous dis que, dans ce contexte, je demande au premier
ministre de poursuivre sa réponse. Je demande votre collaboration, la vôtre
spécifiquement, M. le leader de l'opposition
officielle. Ne me forcez pas à aller plus loin, vous le savez fort bien. Je
vous rappelle l'article 41, j'ai pris
une décision, c'est celle qui sera appliquée. Nous complétons, pour les
quelques secondes restantes, cette période de questions. Merci.
Président : Non, là. Non, non, je m'excuse. Là, vous allez...
vous allez... Est-ce qu'il faut vraiment que j'aille jusqu'où vous ne souhaitez pas que j'aille? Je
vous dis que non. M. le leader de l'opposition officielle, dans le contexte,
c'est très clair. Je vais vous demander...
Je vais vous dire, c'est un premier rappel à l'ordre. On complète la période de
questions. Je ne veux pas aller là, ça ne
donne rien. Je pense qu'on est en mesure de faire en sorte de compléter ce qui
se passait bien sur un sujet aussi important.
vous fais, M. le leader de l'opposition officielle, un premier rappel à
l'ordre. Je ne veux pas aller plus loin que ça.
demande au premier ministre de compléter sa réponse. S'il vous plaît, M. le
premier ministre. M. le premier ministre, vous complétez.
Legault : M. le Président, la députée de Soulanges est avec nous parce
qu'elle a un enfant qui est lourdement handicapé. Elle a décidé de faire
de la politique avec nous. On a pris des engagements, on va les respecter.
Maintenant, si les
libéraux...
Président : Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales. Et je ne veux plus de commentaire, ça se termine comme
ceci. Merci à tous.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bon. Est-ce que, lorsque vous... O.K. Est-ce qu'on peut
commencer?
Alors,
à la rubrique des votes reportés, comme annoncé précédemment, nous allons
maintenant procéder au vote reporté
sur la motion de Mme la députée de Westmount—Saint-Louis débattue hier aux affaires inscrites
par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale mandate la
Commission de la santé et des services sociaux afin qu'elle procède les 22 et 23 janvier 2020 à des
consultations particulières et auditions publiques concernant les services offerts
aux personnes autistes, notamment lorsqu'elles atteignent l'âge de la
majorité;
«Que la commission entende les personnes et organismes
suivants ainsi que toutes [...] personnes ou organismes qu'elle jugera nécessaire de convoquer :
Autisme Québec conjointement avec Autisme Montréal, Réseau pour transformer
les soins en autisme, Autisme sans limites,
M. Charles Lafortune, vice-président Contenu et réalisation, Pixcom, The Little
Red Playhouse, Autism Speaks, Dre Srividya
Lyer, professeure adjointe au Département de psychiatrie [de] l'Université
McGill et chercheure au Centre de recherche
de l'Hôpital Douglas, l'Association de médecins psychiatres du Québec, l'association des [directeurs généraux] des
commissions scolaires, Association of Directors General of English School
Boards of Québec, Saccade, Mme Brigitte
Harrison, L'École À Pas de Géant, Dr Alexis Beauchamp-Châtel, psychiatre,
chef de service médical du programme de
psychiatrie neurodéveloppementale adulte de l'IUSMM, professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie de
l'Université de Montréal, la Fédération québécoise de l'autisme, la Coalition
Autisme Québec, M. Tung Tran, directeur du
programme santé mentale et dépendance [...] au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal,
conjointement avec Mme Geneviève Chabot, directrice adjointe de la réadaptation
au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal;
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue
pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 4 minutes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition
et 1 minute au troisième groupe d'opposition;
«Que la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit
de 10 minutes et l'échange avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de
35 minutes partagées ainsi : 17 minutes 30 secondes
pour le groupe parlementaire formant
le gouvernement, 11 minutes 40 secondes pour l'opposition
officielle, 2 minutes 55 secondes pour le deuxième groupe
d'opposition et 2 minutes 55 secondes pour le troisième groupe
d'opposition;
«Que
l'organisation des travaux soit confiée au comité directeur de la commission,
notamment l'aménagement de l'horaire selon les éventuelles demandes de
changements des personnes et des organismes.»
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont),
M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre
(Acadie), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau), M. Zanetti
(Jean-Lesage).
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon
(Gaspé), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés qui sont contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), Mme McCann
(Sanguinet), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Picard (Soulanges), M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire
général, le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 40
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Lorsqu'il y a un vote et que le page dit les noms des députés
et des circonscriptions, s'il vous plaît, garder le
silence, c'est une question de respect. Mme la députée de Maurice-Richard,
avez-vous un commentaire?
Alors, maintenant, à la rubrique des motions sans préavis,
en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation
des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition. Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci, Mme la Présidente. Je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de Fabre, le député de
Rimouski, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que près de six ans se
sont écoulés depuis l'incendie mortel de la Résidence du
Havre, à L'Isle-Verte, en janvier 2014;
«Qu'elle prenne acte qu'un rapport d'inspection du ministère
de la Santé et des Services sociaux révèle que la majorité
des résidences pour aînés ne respectent pas les normes de sécurité imposées par
le gouvernement;
«Qu'elle souligne que le gouvernement a exigé notamment que
toutes les résidences soient munies de gicleurs d'ici le
2 décembre 2020;
«Qu'elle prenne acte que la ministre des Aînés a imposé un
moratoire administratif par rapport aux seuils minimaux de
sécurité;
«Qu'elle demande au gouvernement d'élaborer un nouveau plan
d'action pour s'assurer que toutes les résidences pour
aînés respectent l'ensemble des normes de sécurité d'ici le mois de
décembre 2020.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la
députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Comme il
n'y a pas de consentement, je suis prête à reconnaître un
membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Mme la Présidente, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le
ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques,
la députée de Maurice-Richard, la
députée de Mercier, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale réitère son appui au marché du carbone;
«Qu'elle rappelle que son renforcement représente une
condition essentielle à l'atteinte des cibles climatiques
du Québec;
«Qu'elle constate que le marché du carbone permet au Québec
à la fois de minimiser les coûts des réductions des
émissions de GES et d'accroître la compétitivité de nos entreprises;
«Qu'elle rappelle que l'accélération de nouveaux protocoles
de crédits compensatoires, notamment dans le secteur des forêts québécoises, représente une occasion importante
de valoriser les réductions d'émissions de GES sur le territoire
québécois;
«Qu'elle demande au gouvernement du Québec de maintenir et
de renforcer son partenariat avec la Californie, d'accélérer l'adoption de nouveaux protocoles de
crédits compensatoires et de poursuivre le recrutement de nouveaux
membres [du] marché du carbone.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le
député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Oui. Il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Adopté. Ah! M.
le leader du troisième groupe d'opposition, je vous écoute.
Ouellet : Merci, Mme la Présidente. Je vous
demande d'appeler le vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous
avons une demande de vote par appel nominal.
Que les députés qui sont en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), M. Roy (Bonaventure),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé
(Châteauguay), Mme McCann (Sanguinet), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard
(Montmorency), M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert
(Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Picard (Soulanges),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard),
Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
M. Fortin (Pontiac), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) : Les députés qui sont contre cette motion veuillent bien se
lever. Y a-t-il des abstentions?
On m'informe qu'il y a deux
députées qui étaient à l'extérieur du salon bleu lors du vote. Alors, est-ce
qu'il y a consentement pour leur permettre de participer
au vote? Alors, consentement. Vous pouvez vous lever.
Le Secrétaire adjoint :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), Mme Rizqy (Saint-Laurent).
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) : Merci, M. le secrétaire adjoint. M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 102
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, cette motion est adoptée.
Maintenant,
je suis prête à reconnaître un membre formant le gouvernement. M. le ministre, je crois, de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur, la parole est à vous.
Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, la
députée de Sherbrooke,
la députée de Joliette, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la tenue du 18 au
22 novembre 2019 de la Semaine des professionnelles et des
professionnels de l'éducation;
«Qu'elle
reconnaisse l'engagement de toutes les personnes qui effectuent, avec
dévouement, un travail essentiel pour
répondre aux besoins particuliers des élèves en offrant des services d'aide aux
élèves, de soutien pédagogique ou de soutien administratif pour faire de
l'école un milieu organisé;
«Qu'elle
souligne la qualité des services offerts dans toutes les régions du Québec par
les équipes-écoles du réseau scolaire auprès des élèves, des parents et
de leurs collègues;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur de garantir
un accès équitable aux professionnels dans toutes les régions du Québec;
«Qu'enfin, elle rappelle
que le travail des professionnelles et des professionnels de l'éducation
contribue grandement au développement et à l'épanouissement des jeunes
Québécoises et Québécois.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour en débattre? M. le
leader du gouvernement.
Schneeberger : Il y
a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est-elle adoptée? M.
le... Je croyais que M. le leader du troisième groupe d'opposition se
levait. Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, motion adoptée.
Maintenant,
je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le député de Nelligan.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
le député de Rosemont, la députée de Gaspé et le député de Chomedey :
«Attendu que
la pénurie de main-d'oeuvre frappe l'ensemble du Québec et que l'industrie de
la transformation alimentaire n'y fait pas exception;
«Attendu que
l'industrie québécoise de la transformation alimentaire est en compétition avec
le reste du monde, mais aussi avec les autres provinces canadiennes;
«Attendu que
le gouvernement fédéral prévoit l'entrée en vigueur d'un programme pilote pour
janvier 2020, afin d'assouplir
les règles applicables aux travailleurs étrangers temporaires pour l'industrie
de la transformation alimentaire, mais
que le Québec ne pourra pas en bénéficier puisqu'il est le maître d'oeuvre en
matière d'immigration économique;
«Attendu que le gouvernement du Québec dispose
de tous les pouvoirs afin de mettre sur pied un programme pilote similaire mais
[il] ne le fait pas;
«Attendu qu'il en résultera un déséquilibre de
compétitivité au désavantage de notre industrie;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement caquiste d'utiliser les pouvoirs prévus à la
Loi sur l'immigration au Québec et qu'il mette sur pied un
programme pilote offrant la même flexibilité que le programme fédéral.
Que ce programme pilote soit prêt et entre en vigueur dans les meilleurs
délais.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a
consentement pour en débattre? M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Il
n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, Mme
la députée de Marie-Victorin, la parole est à vous.
Mme Fournier :
Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Rosemont, le député de René-Lévesque et le
député de Chomedey, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement canadien de rendre publique
l'entente conclue avec Lowe's lors de l'achat de RONA en
décembre 2016.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
consentement pour en débattre? M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Il y
a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée? Motion adoptée. M. le...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, on me demande un vote par appel nominal.
Que les députés qui sont en faveur de cette
motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : Mme Fournier
(Marie-Victorin).
M. Jolin-Barrette
(Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), Mme McCann
(Sanguinet), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), M. Bonnardel (Granby),
M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi),
Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme),
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Picard (Soulanges),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque
(Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard),
Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
M. Fortin (Pontiac), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau),
M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau).
M. LeBel (Rimouski), M. Roy (Bonaventure),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Les députés qui
sont contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des
abstentions? M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 100
Contre :
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, cette motion est adoptée à l'unanimité. Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : Oui. Mme la Présidente, j'aimerais qu'une copie de la
motion soit envoyée au gouvernement du Canada, au premier ministre du
Canada ainsi qu'au ministre du Développement économique.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Ça sera fait. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger :
Oui. Mme la Présidente, je demande le consentement pour déroger à
l'article 84.1 de notre règlement afin de permettre au député de Vachon de
présenter une motion supplémentaire suite à une entente entre les
leaders et les députés indépendants.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour permettre au
député de Vachon... Il y a consentement. Alors, M. le député de Vachon.
Lafrenière : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
vice-présidente de la commission, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée
de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le 10e anniversaire du programme Les
Survivantes du Service de police de la
ville de Montréal qui vise à offrir des séances d'information aux différents
professionnels oeuvrant auprès des victimes d'exploitation sexuelle;
«Qu'elle
rende hommage aux policiers du SPVM : [l']agente Diane Veillette, [l']agente
Josée Mensales, [les] instigatrices du programme ainsi qu'au
sergent-détective Daniel Loiseau et [le] lieutenant-détective
Dominic Monchamp qui interviennent quotidiennement auprès des victimes;
«Qu'elle
réaffirme l'importance de la mise sur pied de telles initiatives visant à
sensibiliser et informer les victimes d'exploitation sexuelle aux
différentes ressources pouvant les aider à [...] sortir de ce milieu;
«Qu'elle souligne la tenue
[de la] Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs; et
«Qu'enfin,
elle félicite et encourage ces femmes et ces hommes qui se sortent de
l'exploitation sexuelle et qui viennent en aide à d'autres en partageant
leurs vécus.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Oui.
Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant, en commençant par le président de la commission et député de
Vachon, la vice-présidente de la commission et députée d'Acadie, le
député d'Hochelaga-Maisonneuve et la députée de Gaspé.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Alors, je comprends qu'il y a
consentement pour un débat maximum de deux minutes. M. le député de
Vachon.
Lafrenière : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est vraiment un
honneur pour moi aujourd'hui de me lever
dans cette Assemblée afin de souligner le 10e anniversaire du programme
des Survivantes du Service de police de la ville de Montréal.
Dans ma
précédente carrière de policier au SPVM, j'ai côtoyé deux femmes extraordinaires,
des femmes qui avaient décidé de
consacrer leur vie à venir en aide aux hommes et aux femmes qui étaient
exploités. Je parle ici de Diane Veillette et de Josée Mensales. Vous savez, il
y a de cela 10 ans, Mme la Présidente, les préjugés étaient bien présents, les
mentalités étaient très différentes,
et ces femmes-là ont été très persévérantes, et je veux les saluer aujourd'hui.
Je dois même avouer que moi-même,
j'ai été converti par ces femmes. Alors que j'étais policier, elles m'ont fait
voir l'autre visage de la prostitution, et je me suis promis de toujours les
supporter, et c'est ce que je fais aujourd'hui. Elles ont écrit des livres,
donc le premier, Pour l'amour de
mon pimp..., qui est un récit de survivante, puis, cette année, Mon ami...
mon agresseur , qui dévoile... qui lève le voile, pardon, sur les
réalités des Premières Nations.
Du côté
enquêtes, les sergent-détective et lieutenant-détective Daniel Loiseau et
Dominic Monchamp sont vraiment des
sommités dans le domaine, Mme la Présidente. En matière d'enquêtes de
proxénétisme, ils sont reconnus, et, dans ma carrière, j'ai rencontré plusieurs victimes, plusieurs parents de
victimes qui m'ont souligné à quel point ils avaient une approche humaine, professionnelle et à l'écoute.
Tout récemment, il y a d'ailleurs une victime qui s'est présentée à la soirée
de départ du sergent-détective Loiseau pour
lui témoigner toute son affection. Alors, c'est pour vous dire à quel point les
gens les apprécient.
Mme la
Présidente, nous sommes en pleine Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle, et d'ailleurs je veux remercier
les gens qui sont membres... les membres de la commission qui sont ici, qui
font un travail extraordinaire. On devrait s'inspirer des Survivantes,
parce qu'on doit agir pour le futur de nos enfants. Et d'ailleurs je vais
prendre une thématique amérindienne, des Premières
Nations, qui dit : Le concept des sept générations, c'est-à-dire que les
décisions qu'on prend aujourd'hui,
les actes qu'on prend aujourd'hui ont un impact sur les sept prochaines
générations, pas seulement pour mes
enfants, pas pour les enfants de mes enfants, mais les enfants de leurs enfants
aussi. Alors, ce qu'on fait aujourd'hui, c'est très important, Mme la
Présidente.
À tous ces
hommes et ces femmes survivants, nous disons : On ne vous oublie pas, nous
sommes toujours avec vous. Aux
policiers qui sont présents, l'inspecteur Pascal Côté, le sergent-détective
Daniel Loiseau, le lieutenant-détective Dominic Monchamp, l'agente Josée Mensales et l'agente Diane Veillette,
qui va faire son dernier jour de travail lundi prochain, on leur dit : Félicitations! Merci beaucoup de tout coeur
et, comme papa de jeunes filles, merci pour mes enfants.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député de Vachon.
Maintenant, Mme la députée de l'Acadie.
St-Pierre :
Merci, Mme la Présidente. À mon tour de prendre la parole pour souligner le 10e
anniversaire du programme Les
Survivantes, et je salue nos invités dans les tribunes. Un seul mot :
Merci. Merci aux agentes Veillette et Mensales,
qui ont eu l'idée de ce programme dont les retombées sont incontestables. Merci
au sergent-détective Loiseau, au
lieutenant-détective Monchamp, également au sergent-détective Pascal Côté pour
vos interventions quotidiennes auprès des victimes d'exploitation
sexuelle. Vous êtes des anges.
Car il s'agit
bien de victimes, des filles et des garçons pris au piège, emprisonnés dans la terreur,
dans la violence. Trop longtemps, la
société traitait ces cas comme étant ceux de choix personnels. La réalité est
tout autre. Montréal aurait le triste record de plaque tournante de ce fléau,
et les nouvelles technologies s'avèrent un outil fabuleux de recrutement.
La Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs lève le voile sur ce monde parallèle. Ce qui ressort,
c'est le besoin criant d'un éveil de
toute la société. Outre le proxénète, il faut s'attaquer aussi au client. Le
client abuseur doit être débusqué,
montré du doigt, cloué au pilori. C'est un violent, un misogyne, un pervers. La
société le tolère, regarde ailleurs.
Pendant ce temps, il détruit, utilise le corps de sa victime comme s'il
s'agissait d'un simple produit de consommation,
et, dans la société, c'est souvent un M. Tout-le-monde. Je salue le caractère
non partisan de notre commission, et nos pensées vont aux victimes.
Parlant
de victimes, je souligne le courage de ces survivantes qui aujourd'hui s'impliquent
dans ce programme, et je citerai ici
un extrait du témoignage de Mégane, l'une
d'entre elles : «Dans la vie, la seule chose qui t'appartient, c'est ton corps. Ne le vends pas. Tu n'es pas un produit
de consommation. Si mes cicatrices peuvent servir à le faire comprendre
à ces jeunes femmes, mes blessures n'auront
pas été vaines. J'essaie de veiller sur elles. Comme un phare, pour empêcher
d'autres naufrages.» Nous vous disons merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens également à souligner personnellement le travail
acharné et engagé des agentes
Veillette, Mensales, instigatrices du programme Les Survivantes. Je veux
également saluer le sergent-détective Loiseau ainsi que le
lieutenant-détective Monchamp pour leur ténacité dans leurs interventions
auprès des victimes d'exploitation sexuelle. Vous faites un travail
exceptionnel. Merci.
Vous savez,
il y a trois dimensions principales qui aident à enrayer l'exploitation
sexuelle juvénile : d'abord, des personnes
dévouées dans l'accompagnement et l'aide aux victimes, comme celles qu'on
souligne aujourd'hui; ensuite, le travail des policiers en général dans
l'appréhension des proxénètes; et finalement, la dernière dimension, celle que
représente notre défi collectif, c'est de casser la demande, s'attaquer au
client abuseur.
Les audiences
ont commencé, et on entend des choses difficiles. Vous savez, moi, il y a deux
statistiques qui me restent dans la
tête depuis le début de ces audiences-là. La première que j'ai entendue :
11 % des hommes au Canada auraient payé pour du sexe. Une autre statistique qui frappe : 40 % des
femmes qui évoluent dans l'industrie du sexe sont des mineures, sont donc des adolescentes. Ça, Mme la Présidente,
ça veut dire qu'ici même il y a une probabilité statistique que parmi les 71 députés hommes, il y en ait près de
huit qui aient déjà payé pour du sexe. Puis probablement, considérant que
plusieurs mineures sont dans l'industrie, une bonne proportion de ces
huit hommes ont consommé du sexe avec des mineures.
Bien sûr, je
n'accuse personne, ce n'est pas ça, l'idée. Je souligne une probabilité
statistique pour illustrer le fait que
les clients abuseurs sont parmi nous, sont partout, sont des collègues ici,
peut-être, au Salon bleu, sont des familles, sont des amis, un cousin, un père, un fils. Ils sont partout, et, Mme la
Présidente, je pense qu'on les a laissés tranquilles beaucoup trop
longtemps. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Le programme Les Survivantes du Service de police de la ville
de Montréal a maintenant
10 ans. Grâce à ce programme, depuis une décennie, des survivantes qui ont
dû affronter elles-mêmes l'exploitation sexuelle ou la traite de personnes soutiennent d'autres
femmes et d'autres filles afin qu'elles puissent, elles aussi,
recommencer à vivre après avoir été confrontées à cette dure réalité. Depuis
10 ans, ces femmes accueillent,
rencontrent, sensibilisent et informent d'autres victimes sur les ressources
disponibles qui les aideront à sortir du milieu, 10 ans que ces
femmes ont choisi de sortir de l'ombre pour faire place à l'espoir et à
l'entraide.
Donc, dans la
mise sur pied de ce projet, on ne peut passer sous silence le travail des
policiers du SPVM, notamment celui
des agentes Diane Veillette et Josée Mensales,
instigatrices du programme. Mentionnons aussi la précieuse implication du sergent-détective Daniel Loiseau et celle du
lieutenant-détective Dominic Monchamp, qui interviennent quotidiennement
auprès des victimes. Merci pour votre
dévouement auprès de ces filles et de ces femmes. Ça signifie énormément pour
elles et pour nous. Et merci pour votre engagement quotidien à combattre ce
fléau.
J'aimerais
aussi souligner le courage et la détermination de toutes ces femmes et de tous
ces hommes qui arrivent à se sortir de l'exploitation sexuelle et qui
viennent ensuite en aide à d'autres en partageant leur histoire.
Enfin, je tiens à souligner la tenue de la
Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Cette commission va au-delà de la partisanerie, et c'est
nécessaire. On travaille tous ensemble pour nos filles, nos petites-filles,
nos soeurs et nos amies qui sont vulnérables
à cette exploitation, peu importe leur âge, peu importe leur classe sociale
ou le milieu culturel d'où elles sont issues.
Les séquelles
de ces traitements inhumains demeurent et elles sont douloureuses.
Collectivement, nous payons le prix
pour ces traumatismes que vivent ces filles et ces femmes. Mais la reconstruction
est possible, des solutions, des ressources existent. Le programme Les
Survivantes nous le prouve chaque jour et nous inspire, dans cette commission.
Alors, bon 10e anniversaire. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée. M. le député de Vachon.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Oui.
M. Lafrenière :
Je voulais juste demander qu'une copie de cette motion unanime soit envoyée à
la direction du Service de police de
la ville de Montréal, au président de la Fraternité des policiers et policières
de Montréal, de même qu'à la mairesse de la ville de Montréal, s'il vous
plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Très bien. Ce sera fait.
Maintenant, à la
rubrique Avis touchant les travaux des commissions, M. le leader du
gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'aménagement du territoire
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi visant principalement l'encadrement des
inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la
dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de
ses règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à salle
Louis-Joseph-Papineau, ainsi que le mardi 26 novembre 2019,
de 10 heures à midi, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des relations avec les
citoyens poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 18,
Loi modifiant le Code civil, le Code
de procédure civile, la
Loi sur le curateur public et diverses dispositions en
matière de protection des personnes, aujourd'hui, de 15 à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux entreprendra l'étude détaillée
du projet de loi n° 31, Loi modifiant principalement la
Loi sur la pharmacie afin de favoriser l'accès à
certains services, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 à 18 heures,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le
mardi 26 novembre 2019, de 10 heures à midi, à la
salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 34, Loi visant à simplifier le processus
d'établissement des tarifs de distribution d'électricité, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 à 18 heures,
à la salle Pauline-Marois;
Commission des finances publiques procédera à des consultations particulières
et auditions publiques sur la question de la fuite des données personnelles
chez Desjardins, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée de
1 h 45 min et de 15 à 18 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de
l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 27, Loi concernant principalement
l'organisation gouvernementale en matière d'économie et d'innovation, mardi le
26 novembre 2019, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Et enfin la
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 37, Loi visant principalement
à instituer le Centre d'acquisitions gouvernementales et Infrastructures technologiques
Québec, ce mardi 26 novembre, de 10 heures à midi, à la salle
Pauline-Marois. Voilà, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le leader. M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Tanguay :
Oui. Mme la Présidente, vous me permettrez quelques instants juste pour vous
soulever une situation qui est tout à
fait particulière, certains suggéreraient le terme «ironique». Nous avons
débattu contre et voté contre une motion
qui a été adoptée, qui est un ordre de l'Assemblée nationale, pour entendre,
dans le contexte de Desjardins, des gens en commission parlementaire. Il était
écrit dans le ciel que vers 11 h 15, pour 45 minutes, puis finir
à 13 heures, ça n'allait pas arriver. Je vous souligne l'ironie de
la chose. Il est 11 h 38, ils doivent commencer à travailler pour, notamment, entendre Desjardins à 11 h 15
et ils sont pieds et poings liés, Mme la Présidente. Alors, quand le leader du
gouvernement nous dit qu'il faut respecter
le règlement et qu'il l'applique de cette façon-là, on voit bien qu'on n'est
pas pantoute efficaces.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Vos commentaires sont reçus, M. le
leader. Maintenant, la commission va organiser ses travaux. Merci
beaucoup.
Maintenant, nous
passons maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous demanderais, s'il vous
plaît, de parler moins fort si vous parlez, sinon gardez le silence.
vous rappelle que, lors de l'interpellation prévue pour demain, vendredi le
22 novembre 2019, Mme la députée de Saint-Laurent s'adressera à M. le ministre de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur sur le sujet suivant : L'absence inquiétante
de vision du gouvernement caquiste en matière d'enseignement supérieur.
La période
courante des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant procéder
aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement, pour nous indiquer
la suite des travaux.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, pour débuter nos affaires du jour, je vous demanderais d'appeler
l'article 4 du feuilleton.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, à l'article 4 du feuilleton,
l'Assemblée reprend le débat ajourné le 20 novembre 2019 sur l'adoption du principe du projet n° 40, Loi modifiant
principalement la
Loi sur l'instruction publique relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaires. Je suis
prête à entendre un premier intervenant. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. Je dirais que je suis contente d'intervenir, mais ce
n'est pas le cas, car, c'est sûr, je
suis à 100 % contre ce projet de
loi. C'est un projet de loi qui divise. C'est un projet
de loi qui ne respecte pas la
voix de la communauté. 70 % des gens qui ont présenté en commission
parlementaire, ils ont été clairs, ils ont demandé
au ministre de retirer son projet de loi. Il y en a
plusieurs qui ont demandé de faire une consultation qui était plus large, qu'ils pouvaient participer puis
qu'ils pouvaient partager leur opinion. Et chaque personne l'a dit, on a
demandé la même question : Est-ce que le projet de loi n° 40
va améliorer la réussite des élèves? Et tout le monde a dit la même
chose : Non.
Brasser des
structures, c'est clair, ça améliore zéro, zéro puis une barre par rapport à la réussite de nos élèves. Et c'est malheureux que, dans ce projet
de loi, on n'adresse pas une fois la
réussite de nos enfants. Alors, si c'est vraiment la priorité de notre gouvernement de mettre l'éducation dans la place numéro un
dans leur palier, dans leurs discussions, c'est clair, avec le projet de
loi n° 40, c'est un échec.
J'ai plusieurs sujets que j'aimerais aborder,
j'ai seulement 20 minutes. Alors, je vais quand même utiliser un petit
document qui a été préparé, qui circule dans la communauté, que, c'est sûr,
plusieurs de nos collègues, ils l'ont reçu — moi-même,
je l'ai reçu — puis
le titre, c'est 10 raisons de s'opposer au projet de loi n° 40 . Parce que
c'est clair, je ne pourrai pas aborder tous les sujets, mais je ne veux
rien manquer.
«Le projet de loi n° 40, c'est une concentration des pouvoirs dans les
mains du ministre, un traitement inégal pour les francophones et les anglophones, un recul pour
la démocratie, une violation du principe "pas de taxation sans représentation",
des attentes démesurées à l'endroit des parents d'élèves, des conflits d'intérêts
assurés, l'illusion de l'autonomie des
écoles, une perte de temps, d'énergie et d'argent, une restructuration
idéologique, le silence imposé aux communautés locales et régionales.»
Et, en
conclusion, le dernier paragraphe indique que «plutôt qu'un débat de structures
stérile et coûteux, nous proposons un
[...] débat public sur les priorités de l'éducation d'aujourd'hui et de demain. Nous appuierons les changements de structures qui s'avéreront nécessaires pour favoriser la
qualité de l'éducation, l'accessibilité des services notamment
pour les enfants en difficulté et les
immigrants, la persévérance et la réussite scolaires, la valorisation du
personnel, la mise aux normes des infrastructures,
l'adaptation aux changements technologiques, ainsi que la contribution du
réseau de l'éducation au développement
social, économique et culturel du Québec et de chacune des régions.»
Je répète,
c'est un projet de loi qui divise, qui divise la communauté. Ça ne
serait pas la première fois que je le dis ici, dans cette Chambre, Mme
la Présidente, ça va être la deuxième fois que je l'aborde. C'est un projet de
loi qui va diviser la communauté anglophone
et francophone. C'est un projet de
loi qui donne des droits à quelques
Québécois et pas aux
autres. Nous sommes tous des Québécois. Nous devons arrêter d'étiqueter le monde de
cette façon-là. Nous avons tous le droit à la démocratie.
Il y a
du monde alentour de notre société, à l'extérieur du Québec, partout
dans le monde qui est en train de perdre leur vie. On vient de célébrer... on vient de citer le jour du Souvenir.
On a tous porté notre coquelicot, tous porté notre coquelicot. Puis j'ai siégé dans cette commission-là
cette journée-là, ça a été une journée triste, triste parce que
nous sommes en train... pas d'abolir
les commissions scolaires, mais d'abolir le contrepoids, d'abolir la
démocratie, puis c'est ça. Puis notre
société, nos communautés, nos parents, nos jeunes, la jeunesse qui va prendre la
relève, eux, là, ils nous regardent, ils
savent de qu'est-ce que nous sommes en train de faire. On a eu la chance
d'avoir des élèves qui sont venus se présenter en commission parlementaire pour dire : Attends, minute, là, moi aussi,
je veux avoir le droit de voter. Moi aussi, je veux avoir le droit
d'agir pour ma communauté. Moi aussi, je veux aller voter. Mais ils n'auront
jamais cette chance-là, Mme la Présidente.
On a eu la
chance d'entendre APPELE, l'organisme APPELE, qui... c'était l'ancien député de
Jacques-Cartier, M. Geoff Kelley, qui est venu présenter en commission parlementaire, et je le cite parce qu'il était très éloquent. Il a dit deux choses que, pour moi, étaient hyperimportantes, surtout que lui, il
militait pour la communauté
minoritaire d'expression anglaise et
il disait : «Local input goes beyond oversight body, it responds to local
needs.» Bien, c'est ça. C'est ça qu'ils font, les commissaires. C'est ça
qu'ils font, les présidents et présidentes des commissions scolaires.
Plus
tôt cette semaine, le ministre de
l'Éducation, quand il a pris