Health and Social Services — 17 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-04-17
Quebec — Committees
M. Pagé :
C'est quand même passablement dans le même esprit, la question que je vais
poser. Parce que c'est une question
qui m'a été posée, justement, vendredi dernier suite à l'adoption de
l'article 15. Des fois c'est surprenant de voir jusqu'à quel point il y a quand même des gens qui suivent nos
débats et qui sont préoccupés. Parce que vous savez, M. le Président, je ne sais pas combien d'heures
on a passé la semaine dernière sur l'article 15? On a commencé
lundi, à 14 heures...
Le Président (M. Merlini) : ...
M. Pagé : 18 h 30
min?
Le Président (M. Merlini) :
18 h 30 min.
M. Pagé :
Donc, 18 h 30 min sur l'article 15, qui est, je dirais, un
des «crunches» du projet de loi, parce que l'article 15
prévoit qu'on va pouvoir consommer du cannabis dans les lieux publics, sauf à
certains endroits bien précis, les
aires de jeux pour enfants, des parcs, effectivement, des terrains de jeu
aussi, des terrains sportifs, bon, on a fait ajouter les pistes cyclables, les abribus, alors certains
endroits, évidement, où tout le monde s'attendait effectivement à ce que
ça soit interdit.
Donc, oui, on
a passé beaucoup de temps parce que, là, je pense qu'on avait une différence de
fond sur laquelle nous souhaitions
convaincre le gouvernement d'aller plus loin que ce qu'il nous proposait. Mais
il fallait, je pense, quand même
finir par finir. Parce qu'une fois qu'on a fait entendre notre point, et qu'on
est allé au bout de notre argumentation, et que... Je pense qu'il faut quand même avancer dans le projet de loi.
Puis on a pris l'engagement d'adopter le projet de loi avant la fin de la session parlementaire parce
qu'il est important de l'adopter, alors c'est ce que nous allons faire.
Mais il fallait qu'on fasse entendre notre point de vue.
Et la
question qui m'était posée était la suivante, et elle fait quand même un lien
assez clair avec l'article 16... Et justement c'est une direction d'école qui me disait : Bon, compte
tenu qu'on n'a même pas adopté de périmètre autour des écoles, donc, aussitôt qu'on tombe sur le trottoir
en face de l'école — là,
j'étais justement dans une école secondaire — bien, on pourrait consommer du cannabis. Bon, et c'est le même endroit où,
justement, les jeunes vont pour fumer la cigarette. On voit, ils sont au bout du stationnement, ils
sont sur le trottoir, puis là il y a plein de botchs de cigarette par terre,
et, bon, c'est l'endroit où les gens pourraient également aller consommer du
cannabis.
Bien sûr, ce
qu'on nous répond, c'est que les municipalités connaissent leurs milieux, les
municipalités pourraient réglementer
et faire en sorte qu'il ne serait pas permis. Mais il n'y a aucune certitude.
Alors, il pourrait y avoir dans certains cas des municipalités qui
décideraient, non, de ne pas réglementer. Comme d'autres décideraient de
réglementer non seulement autour de leurs écoles, mais pour l'ensemble de la
municipalité.
Donc,
véritablement, ça va être vraiment à géométrie variable. Certaines
municipalités vont peut-être dire : On va juste encadrer ou réglementer autour des écoles, d'autres, un peu plus
loin sur la rue, d'autres, ça va être la totalité, parce qu'il y a certaines municipalités qui ont déjà dit
que ça serait 100 % de leurs territoires. Alors, l'objectif de garder
quand même un espace ne serait pas atteint à ce moment-là.
Alors, la
question qui m'était posée, c'est : Bon, si la ville de Mont-Laurier
décidait de ne pas réglementer et qu'en fait... non, si la ville de Mont-Laurier décidait de réglementer et
qu'il serait interdit sur la rue, compte tenu que, là, ça serait un règlement municipal, qui aurait l'obligation
d'assurer que le règlement est vraiment respecté, d'une part, et
jusqu'où la municipalité devrait aller quant
à la contravention? Est-ce que la municipalité pourrait dicter, comme nous le
faisons dans plusieurs articles, de
700 $ à 2 750 $, dans certains cas de 500 $ à
12 500 $? Alors, on prévoit déjà dans nos articles de loi
quelle pourrait être la pénalité.
Alors, à
partir du moment où c'est la municipalité qui va commencer à déterminer les
endroits où on ne peut pas, donc est-ce que ce sera... Et là je pense à
toutes mes municipalités de la MRC d'Antoine-Labelle. Ce sont toutes des
municipalités qui n'ont comme corps policier que la Sûreté du Québec.
Évidemment, sur un territoire de plus de 20 000 kilomètres
carrés, vous vous imaginez qu'avec quelques dizaines de policiers c'est
pratiquement impossible d'être un peu partout dans les municipalités,
donc de faire respecter les règlements. Ça va être impossible. Alors, vous vous
imaginez si, à tout bout de champ,
justement, le directeur d'école commence à appeler la SQ puis lui dire :
Venez voir en avant de la
polyvalente, ils sont en train de consommer.
S'il faut que ça commence à... S'il faut que la SQ soit appelée à tout
bout de champ, je ne sais pas comment ils vont faire.
Alors, est-ce que ça devrait être obligatoirement
la SQ qui va faire appliquer cette réglementation-là? Est-ce que la municipalité pourrait avoir aussi la
possibilité de nommer des gens qui auraient ce pouvoir de faire appliquer
cette réglementation et de donner des
contraventions? Parce que, dans certains cas, contre la nuisance publique, la
municipalité peut nommer des gens qui
peuvent aller donner des contraventions et qui ne sont pas des gens faisant
partie d'un corps policier. Alors, qu'est-ce qui va être permis pour les
municipalités dans ce cas-là?
Et est-ce
qu'il y a un encadrement, aussi, à l'égard de l'infraction? Est-ce qu'une municipalité
qui déciderait : Moi, je n'en veux tellement pas chez nous, là,
que, si quelqu'un se fait attraper, là, dès la première infraction, c'est 10 000 $, puis ça peut monter jusqu'à
100 000 $... Bon, alors, est-ce qu'on va être capables de se prévenir
aussi de ce genre d'abus — je pense qu'on pourrait parler
d'abus — si
jamais une municipalité allait aussi loin?
Alors,
comment on va encadrer tout ça? Comment on va réussir à faire respecter tout
cet aspect de l'article 15? Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, M. le député de Labelle. Mme la ministre.
Charlebois :
Bon, ce qu'on m'indique... Écoutez bien ça, voir si je répète ça comme il faut.
Alors, ce qu'on m'indique, M. le
Président, et pour le cannabis et pour le tabac, s'il y a un règlement
municipal, effectivement, il y a des gens qui peuvent être nommés par
les municipalités pour faire respecter le règlement. Si ce n'est pas d'un
règlement municipal, les lieux d'usage... On
ne parle pas de possession, on parle d'usage, là, de consommation. Alors, s'il
n'y a pas de règlement municipal,
effectivement, c'est la Sûreté du Québec, ou à moins qu'il y ait une police
municipale. Mais, pour le tabac, s'il n'y a pas de règlement municipal,
bien, c'est les inspecteurs en tabac.
Charlebois :
Ah! Les inspecteurs municipaux pourraient aussi pour... qui sont accrédités,
là, en fait, pour le tabac, pour l'usage.
M. Pagé : Je veux
être sûr de bien comprendre. Est-ce que le mandat qui pourrait être donné à
un... appelons-le un constable du
cannabis, là, mais qui ne serait pas un membre d'un corps policier comme la SQ,
est-ce que sa capacité, sa possibilité
de pouvoir émettre une infraction est seulement en vertu des règlements de la
municipalité? Est-ce que c'est bien
cela? Parce qu'au niveau de la possession la loi québécoise, déjà, prévoit
qu'on ne pourra pas avoir de possession, justement, sur le...
Charlebois :
Le terrain.
Pagé : ...sur le terrain et dans les bâtiments de cette fameuse
école polyvalente. Alors donc, ça, compte tenu que c'est déjà prévu dans l'article 15, j'imagine que, là, ce n'est
pas un constable de la municipalité, mais c'est vraiment la SQ, parce
que c'est la loi québécoise.
quand on parle d'un règlement municipal qui va venir encadrer la consommation
dans les lieux publics, donc, ça
pourrait être un constable mais non formé comme étant un agent de sécurité...
bien, un agent de sécurité faisant
partie d'un corps policier, là. Parce que, là, je pense à sûreté municipale et
Sûreté du Québec, c'est essentiellement les deux, moi, que je considère faisant
partie d'un corps de
police. Donc, ça pourrait être... je ne sais pas comment on
l'appellerait, là, une espèce de constable,
là, un inspecteur qui pourrait venir devant la polyvalente puis dire : Eh!
ici vous êtes... en vertu du
règlement de la municipalité de Mont-Laurier, vous ne pouvez pas. Et ça ne
serait pas la SQ qui... Mais j'imagine que la SQ pourrait aussi donner
un constat d'infraction.
Charlebois :
Évidemment, la SQ peut... Oui, oui, la SQ pourrait aussi, n'est-ce pas?
Charlebois :
Oui, en vertu... Parce qu'il y a un règlement, là, à faire respecter, la
réglementation, mais l'inspecteur municipal
pourrait, d'entrée de jeu, aussi faire le travail. Parce qu'il y a un règlement
municipal. S'il n'y avait pas de règlement municipal, pas d'inspecteur
municipal.
Pagé : Oui. O.K. Et j'imagine que cet inspecteur municipal
devra avoir une formation quelconque. J'imagine que ce n'est pas la
ville qui dit : Bon, bien, tiens, toi, tu as du temps, tu travailles juste
20 heures par semaine, on va combler
ton poste, tu vas un autre 20 heures pour aller faire de... aller te
promener sur la rue pour vérifier si on respectait bien notre réglementation. J'imagine que ça doit
être quand même encadré, que les gens doivent être formés, il doit y
avoir un minimum de formation et de préparation qui devrait être nécessaire
pour aller jusque-là.
Charlebois : On
est en train de vérifier deux choses, là. Si vous me donnez deux secondes, M. le Président, avant de répondre,
j'aimerais bien affiner ma vérification.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, très bien.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 20)
Président (M. Merlini) : Nous reprenons donc nos travaux. La brève
suspension a permis à Mme la ministre de faire des vérifications auprès
de ses juristes. Mme la ministre.
Charlebois : Alors, une des... puis ce n'est pas la dernière
question, mais il y avait une autre question avant. Puis, je veux juste
vous dire, c'est... je ne sais plus c'est quoi, la loi, là, c'est
section II, Sûreté du Québec, ça dit, à l'article 50... C'est-u dans
notre projet de loi à nous? Juste une petite seconde.
Une voix :
...Loi sur la police.
Charlebois :
C'est dans la
Loi sur la police : «La Sûreté du Québec, corps de police
national, agit sous l'autorité du ministre de la Sécurité publique et a
compétence pour prévenir et réprimer les infractions aux lois sur l'ensemble du
territoire du Québec.
Sûreté a également compétence pour prévenir et réprimer les infractions aux
règlements municipaux applicables sur le territoire des municipalités
sur lequel elle assure des services policiers.»
ça règle une
partie de la question que vous m'aviez mentionnée tantôt. Pour ce
qui est de l'autre question, quand il n'y a pas, exemple, comme vous me
disiez, mettons... Je ne sais pas si, Mont-Laurier, vous avez un corps de
police municipal, mais...
Charlebois :
Bon, O.K., bien, mettons qu'il n'y en a pas, comme vous dites, et que la Sûreté
du Québec n'est pas sur les lieux,
effectivement, un inspecteur municipal pourrait donner une contravention. Et,
en ce qui a trait à la formation de
ce personnage-là, ça relèverait de la municipalité. Il n'y aura pas de
directive donnée par le gouvernement en
ce sens-là. Mais je pense qu'on n'a pas besoin d'une longue formation pour
sentir quand quelqu'un fume du cannabis, là, entre vous puis moi, puis la boîte à bois, là. Je pense qu'on en a
même fait état la semaine dernière, quand il y a un joint qui s'allume sur le trottoir... On a même
fait un amendement, vous vous souvenez, à l'article 15, pour les files
d'attente, là, près des autobus, là.
Charlebois :
Oui. Mais c'était la file d'attente. Je pense qu'on a...
Charlebois :
Vous êtes sûr que c'est les aires?
Le Président (M.
Merlini) : Oui.
Charlebois : Oui, les aires extérieures, vous avez raison,
utilisées pour l'attente. Subtilité. Alors, c'est ça.
Pagé : O.K. Oui. Bien, je comprends que constater qu'une
personne consomme du cannabis, je pense, c'est relativement facile. Mais il y a tout, je pense, un contexte. Une
personne peut avoir les facultés affaiblies, altérées, et je pense qu'un policier qui est déjà formé pour faire
face à ce genre de situation là... Parce qu'on ne peut pas prévoir
quelle sera la réaction de la personne. Ce
n'est pas pour rien que les policiers sont formés pour donner des constats,
pour réagir devant telle, telle situation.
Alors,
on ne peut pas simplement dire : Bien, un constable pourrait arriver et
constater : Vous avez fumé, voici votre contravention. Je pense que
ça prend un peu plus de formation parce que, là, on va s'adresser à des gens
qui effectivement auront... Quelqu'un qui
fume une cigarette, c'est un peu moins pire, ses facultés ne sont pas altérées. Mais quelqu'un qui vient de
consommer un joint... Bon, normalement, les gens sont plus euphoriques, sont plus de
bonne humeur, mais il peut y avoir des réactions différentes pour telle,
telle personne.
Puis,
bien, la plupart du temps, quand les gens consomment, aussi, un joint, ils ne
sont pas seuls. La plupart du temps,
ils sont deux ou en groupe. Alors, bien là, il peut y avoir un attroupement de
personnes, un constable arrive, veut donner
une contravention, bien, la mêlée pogne. Des fois, ça peut tourner mal, ces
histoires-là. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut prévoir que,
quand ces choses-là seront faites, soit qu'un constable, dans une petite municipalité,
aura le mandat d'aller donner des
contraventions, il ait toute la formation nécessaire pour intervenir. Parce qu'on le sait, là,
on fait juste avoir une contravention quand
on est sur la route, là, puis on est en maudit, là, puis hein, on a envie de se
fâcher puis de... bon. Mais, tu sais,
on n'aime pas ça, ces situations-là. Mais, quand en plus les conditions sont
altérées, il faut que les gens qui
auront ce mandat d'aller donner des contraventions soient bien préparés aux
conséquences de ce qu'ils vont faire.
Alors,
ça m'apparaît important de faire ce point ce matin, là, pour qu'on
comprenne bien que, oui, les municipalités pourront le faire, mais ça ne sera pas des professionnels de la sécurité publique. Alors, tout ça pour dire que je pense que notre option, qu'on avait présentée au départ, de
dire non dans l'espace public, et tout simplement nous, on disait : Que les municipalités aient le mandat dans un endroit bien précis, ça
aurait été mieux encadré. Mais, bon, le gouvernement a fait un choix différent. Et là on vivra avec, là. Mais,
juste dans ce cas de figure là, là, on voit bien qu'il y a des
problèmes, hein? Comme dirait un de mes ex-collègues, il y a un os dans le
fromage, là.
Charlebois : L'os
est déjà là, hein? Il y en a qui en consomment, puis ce
n'est pas légal. Puis ils sont déjà sur le trottoir.
Président (M. Merlini) :
Vous allez me permettre une intervention
à ce point-ci. Bien que j'apprécie la mise en contexte que vous faites, M. le député de Labelle, l'article 16
parle des obligations de l'exploitant d'un lieu, et on parle, entre
autres, dans l'article 16, d'affichage.
Alors,
je comprends l'importance de la mise en contexte, mais, à un moment donné... Et
j'apprécie les réponses également de
la ministre pour ajouter les compléments d'information. Parce que oui,
effectivement, on a passé un certain nombre
d'heures sur l'article 15, mais j'aimerais qu'on puisse revenir au sujet
qui est traité dans l'article 16, soit au niveau de l'affichage et
les amendes, là. Vous avez fait une allusion aux amendes tantôt. Alors,
j'aimerais, si possible, qu'on revienne à cet article.
Pagé : Oui. Bien, vous faites bien de le rappeler, M. le
Président, mais c'est quand même pas mal en lien avec... parce que c'est la suite logique de
l'article 15 à l'article 16, et je pense qu'il y a une suite logique.
Et les gens se posent beaucoup de
questions, et j'apprécie effectivement l'ouverture et les réponses de la
ministre et des gens qui les entourent, parce que ces questions-là vont venir très, très rapidement, et, si on a
de la difficulté à y répondre ce matin, imaginez dans quelques mois,
quand la loi va être adoptée. Vous allez recevoir des tonnes de questions du
genre venant de plein de municipalités qui vont vouloir savoir comment on
s'organise avec tout ça.
Alors, ce
matin, déjà, il y a une réflexion supplémentaire, je pense, qui a été faite et
qui va nous permettre, je pense, de mieux comprendre ce que nous sommes
en train de faire.
Peut-être,
si vous me permettez encore une fois, M. le Président, juste une dernière
question en lien avec ce que je disais
tantôt : La limite que les municipalités peuvent donner, en termes
d'amendes, est-ce que c'est prévu quelque part? Parce que l'exemple que je donnais, qu'une municipalité, que des gens...
Parce qu'il y en a, là... J'en entends aussi qui me disent : Chez nous, il n'en est pas question.
Et là, là, la réglementation, vous allez voir, on va être... Comme il y en a
qui sont très, très, très libéraux, très
ouverts puis qui vont permettre un peu n'importe quoi. Alors, est-ce que déjà
on sait, en vertu de la Loi des cités et villes, je ne sais trop,
jusqu'où pourront aller les municipalités?
Charlebois : On va vérifier parce que je ne le sais pas en ce moment, là, mais, quand j'aurai les seuils, je pourrai vous le dire,
s'il y a des seuils.
Le Président (M. Merlini) : Merci. M.
le député.
M. Pagé : Donc, voulais-tu
dire quelque chose? Oui?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Oui. Bonjour, M. le Président, bonjour, Mme la ministre, et
messieurs du gouvernement. Écoutez, je vais
m'en aller, moi, immédiatement dans l'article 16. Et peut-être que je ne
suis pas bon, là, peut-être que je ne comprends pas beaucoup, mais on est rendus à la troisième ligne, où c'est
écrit : «Le gouvernement peut, par règlement, déterminer des normes applicables à ces affiches.» On parle
évidemment des affiches qui sont installées à la vue des personnes.
Alors, je sais, puis pour regarder le site
du MAMOT, que le pouvoir de réglementer l'affichage, c'est attribué aux
municipalités. Mais, dans le règlement, ici,
qu'on nous propose... dans l'article 16, plutôt, c'est que le gouvernement peut, par règlement,
déterminer des normes applicables. Alors,
j'aimerais savoir quelles sont ces normes-là que le gouvernement pourrait, par règlement, déterminer aux municipalités. Est-ce
que c'est de ça qu'on parle...
Charlebois : Oui.
Bien, en fait, je vous dirais que c'est la même chose que pour le tabac.
L'affichage d'interdiction est réglementé
par le provincial, par le gouvernement
du Québec. On a soumis des normes, et
qu'ils doivent respecter, puis on peut les changer, les normes. Alors,
c'est la même chose pour le cannabis, ça va être normé par le gouvernement du
Québec, et les normes vont devoir être respectées.
M. Bourcier : O.K. Pouvez-vous me
donner des exemples, là, de changement de normes?
Charlebois : Bien,
on n'en a pas eu jusqu'à maintenant. Vous avez vu certainement des panneaux
d'interdiction de consommation de cigarette. Ça, ça a été même, à quelques reprises...
je ne me souviens pas si c'est le gouvernement qui fournit ça aux établissements,
les terrasses notamment, l'interdiction de fumer la cigarette, mais il y avait
un modèle... je le sais parce que j'ai quelqu'un, dans ma famille, qui est
propriétaire d'un établissement où il y a une terrasse, puis il a pris ce modèle-là pour
l'afficher, là. Alors, ça va être la même affaire pour le cannabis, là,
il va y avoir un modèle qu'ils vont pouvoir reproduire.
Puis, si je me souviens bien, il faudrait
vérifier ça, mais je pense qu'on en avait même distribué, des formats d'affiches d'interdiction de fumer du tabac. C'est
disponible sur le site du ministère, qu'on m'indique. Mais on n'a pas changé la norme jusqu'à maintenant,
mais, tu sais, le monde ne peuvent pas s'imaginer une interdiction de fumer
avec des fleurs, mettons. Non, mais, tu
sais, je vous donne un exemple, là, je ne sais pas... mais il faut qu'ils
suivent le cadre standard, puis ça va
être le même genre de cadre pour le cannabis. On vient reproduire l'article,
mais on se dit que, s'il y avait
lieu d'être plus percutants puis qu'on change le modèle, bien, on se donne une
opportunité par règlement.
Bourcier : O.K. Il y a
des gens qui nous écoutent, là. Puis moi, je suis toujours
par exemples. Alors, est-ce
que,
par exemple, justement, une affiche pourrait servir pour les deux,
autant pour le tabac que pour le cannabis? Est-ce que c'est des choses qui pourraient être faites?
Parce que, là, on tomberait à un double affichage. Est-ce qu'il va falloir changer? Ça implique des dépenses.
Charlebois : Bien, ceux qui ont déjà leur affiche pour le
tabac pourront certainement ajouter... non, mais, tu sais, ce n'est pas des affiches de
15 x 15, là. C'est des petites affiches, là, quand on est sur les
terrasses, tout ça. Ça dépend des
lieux où on est, il y a des dimensions à respecter, il y a
des places pour les installer, etc., là. C'est un peu ça qu'on vient
encadrer et ça va être la même chose pour le cannabis.
Alors, ils
pourront, ceux qui voudront, avoir juste le complément pour le cannabis, puis
les autres, bien, ils pourront avoir
une affiche, effectivement. Je suis allée dans un hôtel il n'y a
pas si longtemps, il y a un an, à
Montréal, puis, dans la salle de
bain, c'était écrit... c'était une affiche, mais il y avait déjà une
interdiction de fumer puis il y avait l'interdiction... ça m'a frappée, parce que je me suis dit : Aïe!
Ce n'est même pas légalisé encore, tu sais. Tu voyais le feuillage du
cannabis, puis c'est interdit aussi de
consommer, fumer le cannabis, puis tu voyais bien qu'on parlait de fumer le
cannabis, là. Ça m'a frappée, je me
suis dit : Ah! c'est ça, c'est déjà parti. Mais ça correspondait en tous
points, pour ce qui concerne le tabac,
à l'interdiction qu'on a sur le site du ministère, qui est affichée. Ça fait
que j'imagine qu'ils ont repris la même... Ils ont pris ça de leur
propre initiative, mais là nous autres, on va en concevoir une.
Bourcier : Vous comprenez ma préoccupation encore, parce qu'il y a des
amendes qui sont reliées à ça. Évidemment,
on parle d'une substance quand même qui est différente du tabac. C'est sûr
qu'il y a des questions de sécurité. Donc,
ma préoccupation, c'est justement que l'affichage soit bien fait, et à
l'intérieur des normes, et surtout bien visible aux gens. C'est pour ça que je vous demandais tout à l'heure à propos
des exemples, là, des endroits et si les deux étaient pour être sur la même affiche. Est-ce que ça
implique pour les commerçants ou les villes de faire des achats supplémentaires?
Alors, c'est un peu tout ça, là, qui est ma préoccupation.
Charlebois : Comme je vous dis, c'est la direction, là, de
l'inspection qui va produire ça, puis ça va être sur le site Internet du
ministère, puis les gens vont pouvoir se référer à ça, là. Alors, c'est pour
éviter justement les dédoublements, comme vous le dites, tout ça. Mais il y
aura certainement quelque chose d'uniforme à travers tout le Québec. Puis je pense que les gens peuvent se
conformer facilement, là, quand ils vont... Parce que, si les
restaurateurs l'ont trouvé facilement, pour leurs terrasses, pour le tabac, ils
vont faire la même chose pour le cannabis, qui va être disponible sur le même
site, là.
M. Bourcier :
O.K. Je vous remercie.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
Pagé : En fait, est-ce qu'il pourrait y avoir un endroit où
c'est interdit de fumer la cigarette mais que ça pourrait être permis de
fumer du cannabis? Je ne pense pas que ça va exister.
Charlebois :
Non, moi non plus. Non, c'est les mêmes interdictions que pour le tabac à la
base, même qu'on en a ajouté.
Pagé : C'est ça. Donc, d'office, partout où on verra «interdit de
fumer», c'est clair que, d'office, on
ne peut pas fumer aussi du cannabis.
Mme Charlebois : Oui, mais on va... Je pense que ça va
nécessiter quand même un affichage, parce que, du fait que c'est nouveau, le phénomène
de la légalisation, je pense qu'on va devoir aussi l'afficher aux yeux de tout le monde que le cannabis ne pourra pas
être fumé dans ces lieux-là non plus.
M. Pagé : C'est ça ou,
en tout cas... ou tout simplement modifier le logo puis avoir un peu les deux sur la même affiche,
là, pour ne pas qu'on multiplie les affiches à ne plus finir. Par contre...
Mme Charlebois :
...administratif quant à la disposition puis la... Tu sais, ce n'est pas la ministre
qui décide de l'affiche, là.
M. Pagé : Non, non. Non, non, on s'entend, mais, bon, je
pense que toute affiche, pas nécessairement laide mais... disons, ce n'est pas ça qui
embellit le décor, hein, alors que...
Mme Charlebois :
Ça n'égaie pas une atmosphère, mettons.
M. Pagé : Moins il
y en a, mieux que c'est, mais en même temps c'en prend. Et là, quand arrive la situation où, justement, c'est tabac plus, donc vous pouvez fumer une
cigarette à neuf mètres de la porte d'un hôpital. À neuf mètres
de la porte d'un centre hospitalier, vous
pouvez fumer la cigarette, mais vous ne pourrez pas sur le terrain du centre
hospitalier.
Alors
là, dans ce cas-là, est-ce qu'on va avoir plutôt des affiches qui vont indiquer
plus clairement que, là, ce n'est pas
juste à neuf mètres, là. Ce n'est pas juste à neuf mètres, là, il faut aller
plus loin. Alors, comment on va s'organiser avec ça, là?
Mme Charlebois : Bien, ça fait
partie du tabac plus. Sur les
terrains des établissements de santé, il ne sera plus permis ni de fumer du tabac ni de fumer du
cannabis. On a prévu la disposition un peu
plus loin, parce que,
sans ça, comme vous le dites, gérer ça, ça devient... Où c'est inscrit?
Ce ne sera pas long, je vais vous dire à quel article.
M. Pagé :
O.K. Il y a un
article qui va prévoir cela, oui?
Mme Charlebois :
À l'article 15.3°, oui, le cannabis, mais le tabac?
Mme Charlebois : Alors, c'est les politiques qui visent
l'interdiction, mais les politiques sont à géométrie variable selon les établissements, comme vous le savez. On ne va pas se cacher ça.
Et, pour ce qui est du tabac, puis ça, c'est à l'article 5.1 de la lutte
contre le tabagisme, là, qui dit que tout établissement de santé et services sociaux doit adopter une politique concernant, ta, ta, ta... Puis vous
le connaissez, cet article-là...
Ceci étant dit, il va falloir... Puis ça va être du stock, là, vous avez raison. Soit on
l'interdit et on vient modifier ça, mais
je pense que ça va être... Il faut y penser honnêtement, parce qu'en ce moment c'est
neuf mètres de la porte, alors que, le cannabis, c'est une interdiction totale
sur tout le terrain de l'établissement de santé. Et les campus
universitaires et cégeps, ça va être interdit, la même chose, là.
M. Pagé :
Tandis qu'à ces endroits que vous venez de nommer, on peut fumer la cigarette à
neuf mètres de la porte. Alors là, ça va nous prendre un double
affichage, là, qui va dire : Ici, sur le terrain du campus, sur le terrain
de l'établissement de santé... En tout cas, je... O.K. Donc, on est en train de
penser à ça, là?
Mme Charlebois :
Oui, mais il va falloir le gérer.
M. Pagé :
O.K. Là, évidemment, pour cet aspect-là, compte tenu que ça relève d'un
article
de loi qui vient du gouvernement du Québec, tout cet affichage-là, ça va
être installé, et prévu, et payé par le gouvernement du Québec.
Mme Charlebois :
Ça n'a pas été le cas dans le tabac, de mémoire, non. Non, c'est aux frais de la personne qui a un établissement
et/ou des établissements de santé, là.
M. Pagé :
Oui, mais, justement, là, sur le site de l'université...
Mme Charlebois :
Ils commandent leurs affiches puis c'est eux qui paient, là.
M. Pagé :
C'est eux qui paient?
Mme Charlebois : Oui. Oui, ou bien tu te la fais imprimer sur ce qu'il y a
comme modèle à l'écran, là, puis tu paies
l'encre, puis tu fais ton affiche, puis tu la mets sur un carton. Mais il faut
qu'elle soit conforme en tous points à ce que le gouvernement fait, et
sinon tu les commandes, puis tu les paies.
M. Pagé : O.K. Et, si je vais plus loin, donc, dans le
raisonnement, j'imagine que... J'imagine déjà la réponse. Si une municipalité décide de réglementer sur l'ensemble de son
espace public et de dire : Bien, chez nous, partout sur les trottoirs, sauf les parcs, c'est permis, donc la municipalité devra payer elle-même son affichage, ses installations pour
réussir à informer les citoyens qu'ils ne peuvent pas consommer dans ces lieux?
Charlebois : Oui.
Oui, mais, encore là, ils vont aussi communiquer avec leurs citoyens,
j'imagine, via leur revue municipale
et/ou tout autre moyen de communication, mais l'affichage va être à leurs
frais. Mais ils ne mettront pas une
affiche à tous les deux pieds, là. Les citoyens sont capables de comprendre
que... Ce n'est pas des stationnements, là.
Pagé : Oui, mais,
d'une municipalité à l'autre, là, vous voyez la confusion dans
laquelle on va se retrouver. Puis,
pour qu'une municipalité... Des fois, c'est très grand aussi, là. Bon, il y a
des municipalités où c'est une rue, c'est la rue
principale. Il y a 450 personnes, des fois deux petites rues de côté. Une
affiche à l'entrée, une affiche à la sortie, probablement que pas mal tout le
monde va le savoir. Puis, encore là, il faut que ce soit une affiche.
Est-ce que
c'est partout dans la municipalité? Est-ce
que c'est juste dans les parcs? Est-ce que
c'est juste sur les trottoirs? En tout cas, ça va être vraiment complexe,
là, comme...
Charlebois : Bien,
en fait, j'ai le goût de vous dire : Ça ne sera pas plus complexe que les stationnements, là. À Montréal, là, vous avez différentes affiches
selon les heures, selon les rues, selon toutes les particularités qu'il y
a, puis les gens comprennent très bien où
ils peuvent se parquer, ne pas se parquer, entre quelle heure et quelle heure,
etc. Ça fait que ça ne sera pas différent pour ça, puis je pense que les
citoyens vont être capables de comprendre ce qui va s'adresser à eux, là.
Pagé : Oui. Disons que les stationnements, c'est une chose, là,
mais là je pense que... En tout cas, je pense que ça risque d'être un petit peu plus compliqué que
les espaces de stationnement et j'essaie... En tout cas, j'essaie de
voir, là... Une municipalité qui déciderait,
effectivement, de réglementer sur l'ensemble de son territoire, il faut aussi
qu'il y ait de l'affichage de façon
suffisante pour que les gens puissent dire autre chose que, ah! je ne l'avais
pas vue. Parce que, quand vous vous
stationnez, vous n'avez pas besoin d'aller très, très loin pour dire : Ah!
O.K., l'affiche est là. À chaque fois que vous vous stationnez, Mme la ministre, là, puis que moi, je me stationne
à Montréal, je vais toujours voir les affiches, elles sont proches. Mais je ne pense pas qu'il va y
avoir partout, dans toutes les rues, des affiches pour dire : Ici, vous
n'avez pas le droit de consommer, ou sur telle autre rue.
Bon, O.K. Ce n'est
pas simple. Ce n'est pas simple.
Charlebois :
Non, mais en même temps c'est pour ça qu'il y a 62 millions qui a été
accordé aux municipalités, pour pouvoir
faire tout le travail qu'il y a à faire, là. Ça fait
partie de... Mais c'est
vrai que ce n'est pas simple, mais le phénomène de la légalisation n'est
pas simple en soi, là.
M. Pagé :
Bien, c'est pour ça que notre solution était simple aussi.
Charlebois :
Bien, ça peut vous apparaître simple, mais en même temps, votre solution qui
faisait l'interdiction partout, on revenait
à la prohibition, puis on le sait, que ça n'a pas fonctionné dans le cadre de
la prohibition, parce
que le monde en consomme illégalement. Ça fait que c'est juste... En tout cas,
on ne recommencera pas le débat de l'article 15, là, mais voilà.
M. Pagé :
Oui, mais notre solution, c'était «défendu partout, sauf aux endroits prescrits
clairement par les municipalités». Alors, ce n'est pas tout à fait vrai que
c'était défendu partout. Et, bien, je ne pense pas que, l'Ontario, ça va être
la prohibition, je ne pense pas que, le Nouveau-Brunswick, ça va être la
prohibition, la même chose pour Terre-Neuve—Labrador, et pourtant ça va être
interdit partout dans les lieux publics.
Alors,
effectivement, on ne refera pas le débat, mais il y a vraiment une complexité
très évidente par rapport à tout cet
affichage, et les municipalités vont vraiment être aux prises avec cette
problématique. Bien, à ce moment-ci... oui.
Charlebois : J'ai une question... J'ai une réponse à votre
question précédente. À l'article 369 des cités et villes... — c'est ça? Il y a l'article 369 où on
parle de sauf... Les «peines attachées au règlement», on parle de
«prescrire soit un montant d'amende fixe,
soit les montants minimum et maximum de l'amende ou le montant minimum de
1 $ et un montant maximum
d'amende. Le montant fixe ou maximal prescrit ne peut excéder, pour une
première infraction, 1 000 $ si
le contrevenant est une personne physique [et] 2 000 $ si [le
contrevenant] est une personne morale.»
En cas de récidive, le montant
fixé prescrit ne peut excéder 2 000 $ si la personne est une personne
physique et, si c'est une personne morale, 4 000 $.
Alors,
ça, c'était pour répondre à votre interrogation des montants de peines qui
peuvent être fixés par les villes.
Pagé : O.K. Pour revenir à ces affiches, là... Parce que, si je
fais le tour du Québec, là, je ne suis même pas sûr que 62 millions, il y en ait assez, juste
pour les affiches. Alors, les 62 millions, probablement, c'est de l'argent
qui est prévu pour bien plus que les affiches. Mais faites le tour du
Québec, là, et mettez des affiches partout, dans toutes les municipalités qui
décideraient de réglementer à géométrie variable, probablement que, juste pour
ça, il n'y a même pas assez de 62 millions. Alors, vous comprenez, là,
dans quelle situation pas évidente on se retrouve.
Et, bon, j'imagine...
Bon, pour la cigarette, on la connaît déjà, l'affiche. C'est clair, on la
connaît, là. Pour le cannabis, bon,
j'entends depuis tantôt : On travaille là-dessus. Mais est-ce que ce
double panneau là, cigarette, cannabis, dans certains cas seulement cannabis, et non cigarette... Est-ce que ces
panneaux-là sont déjà pas mal établis, sont... Parce que ce n'est pas parce que je veux les voir ce
matin, là, mais c'est parce que les municipalités... Quand C-45 va
entrer en vigueur, à peu près autour du 1er septembre, et donc tout notre
encadrement va aussi prendre force de loi autour du 1er septembre également, alors les municipalités, cet été, ils vont
vouloir commencer à prévoir le nombre d'affiches qu'ils ont besoin. Puis
ça vient vite, là. Ça vient vite, là.
Si la loi, elle est
adoptée, probablement fin mai, peut-être début juin, il y a plusieurs conseils
municipaux qui n'auront même pas le temps
d'adopter leurs règlements pour le début juin. Et souvent ils ne siègent même
pas, les petites municipalités, au
mois de juillet. Alors là, on va se retrouver au mois d'août. Le temps de
passer un règlement, le temps de
passer des commandes, bien, on va se retrouver cet automne, il n'y en aura pas,
d'affiches, qui vont être installées.
Alors, est-ce qu'il y
a déjà quelque chose qui est en préparation et que vous pouvez assurer ce matin
les municipalités : Bon, ne vous en
faites pas, là, d'ici la fin du mois d'avril, par exemple, vous allez déjà
avoir des indications pour vous dire
comment ça va fonctionner, quel genre d'affiches, des recommandations sur les
endroits à en installer? Parce que ça va venir vite, là. Ça va venir
vite.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, d'entrée de jeu, oui, il y a des gens qui
sont déjà, au service des inspections, en train de réfléchir à ça. Et juste vous rappeler qu'on a adopté
l'article 15 la semaine dernière, on n'est pas rendus à la fin du
projet de loi, mais il y a déjà des gens qui réfléchissent à ça, parce qu'on
sait qu'on va avoir besoin de cela.
Maintenant, pour ce
que j'en sais, puis à moins qu'on ait des indications contraires, le
gouvernement fédéral n'adoptera pas cette
loi-là pour le 1er juillet. Alors donc, on aura le temps de finir notre
réflexion, de produire les affiches, et les municipalités seront en mesure de les avoir en temps opportun, parce
que, de ma compréhension, ce sera plus tard, à la fin de l'été, là, de
ce que j'ai compris. En tout cas, c'est sûr que ça ne sera pas pour le 1er
juillet, là, mais on va être prêts, oui.
Pagé : On s'entend tous que ça va être probablement autour du
1er septembre, là. C'est à peu près vers cela qu'on s'enligne. En
tout cas, chose claire, c'est que...
Charlebois : Bien, la perception qu'on a en ce moment, mais
on n'est pas jamais sûr tant... Vous savez, un projet de loi, tant qu'il n'est pas adopté, il n'est pas adopté, autant
pour nous comme pour eux. Alors, tout le monde a cette vision-là de septembre, mais est-ce que ce sera
ça? Bien là, l'avenir va pouvoir nous le dire, mais ce n'est
certainement pas juillet. Ça, ça a été écarté.
Pagé : Ce que j'en conclus avec la conversation que nous avons,
c'est que moi, je vais carrément passer le message immédiatement à mes 27 municipalités pour leur dire :
Commencez déjà à réfléchir à, un, ce que vous voulez vous donner comme réglementation et, deux, suite à
cela, bien, ce que vous aurez à faire pour afficher cette
réglementation-là. Parce que, sinon, comme
je vous le dis, là, si on attend à la fin de l'adoption de la loi, puis c'est
ce qui va arriver, là, dans plusieurs,
plusieurs, je dirais même la très large majorité des municipalités, la
réflexion ne sera probablement pas tellement faite avant la fin de
l'adoption de la loi, qui est plus pour fin mai, peut-être début juin, autour
de cela.
à partir de ce moment-là, vous savez qu'il y a plusieurs conseils municipaux
qui ne siègent qu'une seule fois par
mois, le 1er lundi du mois, le premier lundi du mois de juin et, s'ils n'ont
pas eu les temps de prendre connaissance de la loi, puis s'ils n'ont pas eu le temps de faire leur réflexion, puis
s'ils n'ont pas eu le temps de faire le débat puis de passer les commandes d'affiches, au mois de juillet,
souvent, ils ne siègent pas du tout, on va se retrouver au mois de
septembre, puis il n'y aura pas encore de règlement, il n'y aura pas
d'affichage, il n'y aura rien de fait.
Alors, il me
semble que, là, autant qu'on voulait faire de la prévention en amont dans les
écoles et un peu partout... Je pense
que, là, il y a une prévention, en tout cas, à tout le moins, un avis qui devrait être envoyé aux municipalités pour leur dire : Voici,
là, ce qui s'en vient, là, ce qui est adopté, c'est cela, articles 15, 16, 17, alors déjà
prévoyez faire votre débat, votre
réflexion. Et, si vous avez des commandes d'affiches à passer, faites-les, pour
ne pas qu'on se retrouve avec des
affaires à géométrie variable puis ne pas qu'on se retrouve aussi juste avec
des affiches en carton. Je pense que ça prend quelque chose qui est plus
sérieux que cela, là.
Charlebois : M. le
Président.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Bien, juste pour dire au député de
Labelle, c'est vrai que les petites municipalités... Soulanges, c'est un comté avec 15 municipalités, deux, trois qui ont un peu
plus de densité de population, mais c'est principalement des petites municipalités. Alors, je sais
aussi qu'ils peuvent se faire des assemblées spéciales, et ils en font régulièrement.
Pour ce qui est déjà de l'affichage de la boisson
dans les municipalités, les villes, il y a des interdictions, puis ils n'ont pas nécessairement des affiches tant que ça,
puis les citoyens savent très bien à quoi s'en tenir. Ceci étant dit, ça
ne veut pas dire de ne pas faire d'affichage pour le cannabis.
Et, de là à
penser que les municipalités ne suivent pas nos débats, je pense qu'ils les
suivent tellement qu'ils nous ont fait des communiqués la semaine passée
pour nous dire de respecter leur autonomie, mais aussi pour négocier les sommes d'argent qui vont leur être dévolues.
Alors, ils sont très à l'affût en ce moment. Il y a beaucoup de... Je ne
vous dis pas que toutes les municipalités
sont au même stade, vous avez raison, mais il y en a beaucoup qui réfléchissent
en ce moment sur les lieux, etc., et sont,
en passant, ceux que j'ai rencontrés, supercontents qu'on respecte leur
autonomie à ce niveau-là. Je sais qu'on n'adhère pas au même point de
vue, mais, bon... Alors, c'est ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre.
M. Pagé :
En fait, je pense que, compte tenu qu'un peu comme la ministre maintenant je
suis affiché monsieur cannabis, là, à
tout le moins dans mon comté, et même un petit peu plus largement maintenant,
je pense qu'il sera de ma... peut-être pas nécessairement de ma
responsabilité, mais, par souci de vigilance, je vais quand même informer mes 27 municipalités pour leur dire : 15,
16, 17, là, c'est adopté, là, alors commencez déjà à réfléchir, faites déjà le
débat. Et, comme le préfet de la MRC
disait, bien, ça serait peut-être même, comme solution... il y aurait peut-être
même comme solution qu'il y ait une politique uniforme pour les
17 municipalités de la MRC. Alors, moi, je vais les inviter, dès le prochain conseil des maires, une fois que 15, 16,
17 est adopté, le prochain conseil des maires qui, de toute façon,
devrait être justement lundi ou mardi, la
semaine prochaine... Tiens, je vais leur dire de — puis je suis convaincu qu'on va être rendus plus loin que ça — de déjà commencer non seulement à réfléchir,
mais à prendre position à cet égard-là. Et j'ai hâte de voir ce que ça
va donner comme résultat, parce qu'effectivement ça ne sera pas si simple que
cela.
Quant à
l'alcool, bien, compte tenu que c'est légal depuis 1921, ça fait 97 ans,
compte tenu qu'il y a des... je pense que
tout le monde sait comment se comporter par rapport à l'alcool, je pense que,
là, la situation est bien différente. Et se promener avec une caisse de bière dans son sac à dos, c'est pas mal
moins évident que de se promener avec cinq, six joints dans le sac à
dos. Alors, on s'entend que, là aussi, il y a une différence importante qui
fait en sorte qu'il faut traiter le cannabis d'une façon différente.
Est-ce que mon collègue avait... Oui?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Oui, tout à fait. Je reviens toujours avec des points
différents de mon collègue pour compléter le débat. Mais, Mme la ministre, est-ce que vous avez évalué, ou votre
équipe, le coût de ces affiches-là? Je regarde, exemple, la texture, la grandeur, le format, ça peut aller
jusqu'à 100 $ l'affiche, des fois un peu plus, tout dépendant, exemple,
si c'est en aluminium ou en coroplaste. On
n'ira pas là, là. On s'imagine que le coroplaste ne résistera pas aux années.
Mais, quand on parle de 100 $ par
affiche, en moyenne, sans l'installation, puis on jase, là, 20 X 30
ou un petit peu plus petit, s'il y en
a une quarantaine à mettre, c'est quand même une bonne somme pour certaines
municipalités. Puis, comme mon collègue
le disait, le prévoir d'avance, ça va être important. Est-ce que le
gouvernement a évalué ces coûts-là d'installation? Parce qu'ils vont
être dévolus aux villes et aux villages.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Oui. Ça, en passant, on est à... À l'article 16, on parle d'un exploitant
d'un lieu visé. Bref, l'exploitant
d'un lieu visé, c'est, genre, des terrasses et des choses comme ça, là. On ne
parle pas de municipalités, là, en passant. Mais je veux bien répondre à
votre question quand même, là.
M. Bourcier : Mais ça peut
être un commerçant également, puisque j'imagine qu'ils vont être régis par les
mêmes normes.
Charlebois : Les gabarits vont être fournis par le ministère
dans les temps prescrits. Et, comme je vous le dis, pour connaître quelqu'un qui en a un, établissement où il y a une
terrasse, il l'a carrément fait imprimer du site du ministère, là, puis il l'a affiché, là. Ce n'est pas plus sorcier que ça. Il y en a
d'autres qui les commandent directement puis qui se les font livrer, là. Puis c'est des choses plastifiées, mais ce
n'est pas si onéreux que ça pour les municipalités. Je ne l'ai pas, le coût, parce que ça va
dépendre de ce qu'ils vont réglementer, effectivement.
M. Bourcier :
O.K., parce qu'un abribus, ce n'est quand même pas un commerçant qui
l'exploite, là.
Charlebois : Non. C'est le RTC, puis qui va faire ses
dispositions, mais ça va devenir... Est-ce qu'on va afficher à tous les deux pouces carrés, je ne
pense pas non plus, parce que les gens le savent, que, par règlement, les
abribus au complet, dans le Québec, vont être
interdits. On va-tu mettre des affiches partout? L'interdiction de fumer, là,
on n'a pas mis des affiches partout au Québec.
M. Bourcier :
Si c'était partout, comme on le voulait, il n'y aurait pas de problème. Mais là
il y a beaucoup d'endroits où c'est
spécifique, mais ce n'est pas le cas, donc... Et il y a des amendes qui sont
reliées à ça, quand même. Je vois,
là, de 500 $ à 12 500 $. Alors, j'imagine qu'il va falloir être
spécifique, et ça va engendrer des coûts supplémentaires aux
municipalités pour l'afficher correctement, ou aux commerçants.
D'où
la question que je vous pose, moi, question que je me serais posée en tant que
conseiller municipal : Combien ça va coûter, cette affaire-là? On
ne le sait pas encore. Et à quelle date, au moins, on va avoir une idée du prix
de cet affichage-là, en termes de municipalités ou de commerçants?
Charlebois : Bien, ce que je veux vous dire, c'est que la
réglementation va être faite par les municipalités. Ça fait qu'en
fonction de ce qu'ils auront fait comme réglementation ils vont être en mesure
d'évaluer leurs coûts.
M. Bourcier :
Donc, ils devront, les commerçants ou les municipalités, on s'entend, là,
mettre en réserve des sommes...
Charlebois : ...à l'article 16, on ne parle pas des
municipalités, mais, si les municipalités désirent afficher ou ils voudront le faire, bien, en fonction des
interdictions qu'ils auront faites, bien, ils verront à faire les affiches et
évaluer les coûts.
M. Bourcier :
O.K. Merci.
Président (M. Merlini) : J'aimerais, si vous me permettez, M. le
député de Labelle, permettre au deuxième groupe d'opposition à poser une question aussi sur l'article 16, et
on reviendrait ensuite à l'opposition officielle, par la suite. M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Alors, bonjour, M. le Président. Bonjour, tout le
monde. J'aurais quelques questions relativement à l'article 16.
Le premier élément, tout à l'heure, il y avait une
discussion entre Mme la ministre et le député de Labelle relativement aux agents chargés de l'application de la loi.
Alors, la ministre nous disait : Lorsque ça sera l'application de
l'article 15, ça sera les agents du corps de police ou de la Sûreté du
Québec en fonction de qui a la juridiction sur le territoire de la
municipalité. C'est bien ça?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
Pouvez-vous permettre à Me Lavoie de répondre, s'il vous plaît?
Président (M. Merlini) : Oui. Alors, est-ce que j'ai le consentement
pour permettre à Me Lavoie de s'adresser
à la commission? Consentement. Alors, Me Lavoie, pour les bienfaits de
l'enregistrement, s'il vous plaît, vous identifier encore une fois.
Lavoie (Christine) : Oui. Je suis Christine Lavoie, avocate à la
Direction aux affaires juridiques du ministère de la Santé et des
Services sociaux.
fait, l'article 15, ça pourrait être aussi un inspecteur nommé par le
ministère de la Santé et des Services sociaux qui pourrait en faire
l'inspection.
Jolin-Barrette : ...un inspecteur pour le tabac.
Mme Lavoie
(Christine) : Exactement.
Jolin-Barrette : O.K. Mais
un inspecteur municipal ne peut pas appliquer l'article 15, ou un agent
désigné par une municipalité ne peut pas appliquer l'article 15.
Mme Lavoie
(Christine) : Effectivement, plus loin, on va voir, dans les articles
concernant la surveillance, là, qu'on n'a pas donné ce pouvoir-là, là,
aux municipalités.
M. Jolin-Barrette : O.K. Alors là,
pour les autres lieux publics qui ne sont pas prévus à l'article 15, si
une municipalité décide de réglementer sur
certains lieux publics, du domaine public, qui relèvent de sa juridiction, là,
à ce moment-là, la municipalité va pouvoir
donner un pouvoir à ses agents, que ça soit inspecteur ou autre, pour appliquer
le règlement municipal.
Mme Lavoie
(Christine) : Effectivement, là, dans la limite de leur possibilité,
là, au niveau... Dans le fond, ça pourrait
être le service de police, là, de la ville, s'il est là, puis aussi, comme on a
dit tout à l'heure, la Sûreté du Québec a automatiquement ce pouvoir-là.
Maintenant,
par rapport à un inspecteur, là, il faudrait voir plus précisément, mais c'est
sûr que ça ne pourra pas être... Ce n'est pas l'inspecteur du ministère
qui va pouvoir faire cette inspection-là, là.
Jolin-Barrette : O.K. Mais
je fais juste reprendre ma question. Pour un règlement municipal qui est
adopté, dans le fond, le corps de police qui
a la juridiction sur le territoire de la municipalité va pouvoir faire
appliquer le règlement municipal, en
plus de l'article 15. Par contre, l'agent de l'État, du gouvernement
provincial, la police du pot, lui, il n'aura pas de juridiction sur le règlement municipal, et seulement les
inspecteurs municipaux avec les policiers pourront faire appliquer le
règlement municipal.
Donc, il va y avoir les policiers provinciaux,
si c'est desservi par la SQ, la sûreté municipale qui va pouvoir appliquer le règlement municipal, si c'est une
sûreté municipale, ou l'employé de la ville, qui va pouvoir faire
appliquer le règlement municipal, mais pas la police du pot?
Mme Lavoie (Christine) : C'est
ma compréhension, effectivement.
M. Jolin-Barrette : O.K. Puis, lorsque vous dites que c'est votre
compréhension, c'est la réponse du gouvernement?
Mme Lavoie
(Christine) : Bien, en fait, oui. C'est ce qui est écrit dans le
projet de loi actuellement, là, c'est ce que le projet de loi permet
actuellement.
M. Jolin-Barrette : O.K. Ça, ça
signifie qu'exemple, sur les voies publiques...
Président (M. Merlini) : M. le député de Borduas, je comprends
que vous faisiez une mise en contexte, tout comme le député de Labelle l'a faite, mais présentement je reviens à
l'article 16, où on parle de l'exploitant d'un lieu visé et d'affichage. Alors, j'aimerais que votre mise
en contexte nous amène vers des questions sur l'article 16 et les
sujets qui lui sont indiqués. Alors, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette : Très certainement, M. le Président, j'y arrive,
et vous allez voir le lien entre les deux, mais je veux juste terminer sur ce point-là. Ça ne sera
pas très long, mais je veux juste... C'est au niveau de l'application
puis ça touche directement l'article 15 et 16 au niveau... Alors, je veux
juste faire clarifier quelques éléments.
Alors, avec
le tableau que j'ai présentement, on a le trottoir, on a la piste cyclable et
on a la route. Alors, la piste cyclable,
on l'a déjà régie dans le projet de loi provincial. Donc, à l'article 15,
c'est interdit de consommer du cannabis sur une piste cyclable. Ça, ça veut dire que, supposons qu'une municipalité
réglemente le domaine public, à la fois sur le trottoir et à la fois sur la rue, sur la voie routière,
bien, l'inspecteur municipal, lui, va pouvoir donner un constat d'infraction
sur la rue, sur le trottoir, mais, si jamais
quelqu'un fume du pot sur la piste cyclable, bien, l'agent de la ville,
l'inspecteur de la ville ne pourra pas donner de constat d'infraction.
Je comprends bien?
Mme Lavoie (Christine) :
Effectivement.
M. Jolin-Barrette : O.K. Alors, si
jamais il y a quelqu'un qui marche sur la piste cyclable avec son joint, l'inspecteur municipal va devoir appeler la police
provinciale, ou va devoir appeler la police du pot, ou va devoir appeler
la sûreté municipale, si c'est régi par la sûreté municipale. C'est ça?
Mme Lavoie
(Christine) : C'est ce que
le projet de loi prévoit actuellement par rapport aux possibilités d'inspection.
Jolin-Barrette : O.K. Je le
soumets, là, respectueusement à la ministre, là, moi, je trouve qu'il y a une
difficulté d'application là-dessus. Parce
que ça, ça veut dire que, supposons que le règlement municipal dit : Vous
n'avez pas le droit de consommer sur
le trottoir, puis que, là, la piste cyclable est à côté du trottoir, bien là,
l'agent, l'inspecteur municipal, lui, n'aura pas de juridiction dès
qu'il va avoir le pied sur la piste cyclable.
Alors,
comme je vous dis, M. le Président, je le soumets respectueusement à la
ministre, là, à mon avis, il y a un petit
trou là qu'il faudrait peut-être combler parce qu'on va se retrouver dans une
situation d'incongruité où l'individu pourrait
dire : Bien, appelez la police si vous voulez faire appliquer cette
réglementation-là parce que vous, agents de la municipalité, vous n'aurez pas
juridiction.
Charlebois : Quelle est la suggestion du député de Borduas,
M. le Président? Retirer les pistes cyclables?
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Jolin-Barrette : Alors, non, je ne suggère pas de retirer la piste
cyclable, mais, à tout le moins, je vous référerais
peut-être à l'idée d'ajouter les trottoirs et d'ajouter les rues. C'est juste
un exemple de l'application concrète de la législation. Alors, c'est un
nouvel exemple que j'amenais par rapport à cette réalité-là, sur
l'article 16, au niveau de l'application. Alors, je le soumets à la
ministre, parce qu'honnêtement, pour la...
Charlebois :
Le Président (M.
Merlini) : Oui, Mme la ministre?
Charlebois : À l'article 16, il n'est nullement
question de l'application de ce qu'il nous parle. Ça, c'était l'article 15. D'ailleurs, on l'a adopté
vendredi après-midi, et je pense qu'on a fini... jeudi après-midi, on a fini le
débat, on est rendus à l'article 16, où on parle d'affiches. Je comprends
que le député de Borduas, depuis le début, ne voit pas comment on peut faire bien les choses au Québec. Moi, je lui dis qu'on
le fait déjà pour la boisson, alors on continue de faire la même chose
pour...
Charlebois : Bien, c'est une question de règlement.
L'article 15 a été adopté, M. le Président, alors je vous amène à
l'article 16.
Président (M. Merlini) : Oui, oui. Effectivement, j'ai permis au
député de Borduas, tout comme je l'ai permis au député de Labelle, de faire une certaine mise en contexte par rapport
à l'article 16, et on a fait référence à l'article 15. J'ai permis cette mise en contexte là, mais là je
souhaite très certainement, Mme la ministre, et je vous entends très, très
bien là-dessus, de... En même temps, j'en profite pour aussi vous rappeler
d'être prudents dans l'usage des propos utilisés.
Mais
effectivement on est à l'article 16, qui parle d'affichage. Et là je
comprends que, M. le député de Borduas, vous avez terminé votre mise en contexte. Alors, si vous avez des
questions par rapport au sujet qui est traité à l'article 16, bien,
allez-y, vous avez la parole.
M. Jolin-Barrette :
Oui, certainement, M. le Président. Alors, à l'article 16, on voit très
bien qu'on parle de «l'exploitant d'un lieu
visé au présent
chapitre ou par un règlement pris en application du quatrième
alinéa». Alors, exemple, au présent chapitre, l'exploitant, on vise les
abribus, à 15.1°, nécessairement?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, dépendamment où il est, l'abribus, là.
C'est soit un RTC ou quelque chose d'autre du genre qui gère le
transport en commun.
Jolin-Barrette : O.K. Donc, c'est la municipalité, la société de
transport. Puis ultimement la société de transport,
généralement, c'est une régie de transport intermunicipale ou locale, donc ça
relève de la municipalité. Donc, à ce
titre-là, au niveau de l'application, et je reviens à mon exemple, si l'abribus
est situé sur le trottoir, c'est la même difficulté qui s'applique, au niveau de l'application de la loi, pour
l'inspecteur municipal ou pour l'inspecteur provincial. Alors, voyez-vous, M. le Président, on en a déjà
discuté, mais, au niveau des lieux, sur l'obligation de l'application,
on se retrouve encore dans une situation d'incohérence entre les deux, à savoir
qui va être chargé de l'application.
Donc,
mon autre question, M. le Président, c'est... En vertu de 16, «l'exploitant
d'un lieu visé au présent
chapitre ou par un règlement pris en
application du quatrième alinéa de l'article 15...» Le quatrième alinéa de
l'article 15, c'est : «Les terrains où sont situés les bâtiments mis
à la disposition d'un établissement d'enseignement postsecondaire.»
Président (M. Merlini) : Non, M. le député, je vais vous corriger. Le
quatrième alinéa se trouve à être le... si je regarde, si je compte mes alinéas comme il faut, M. le secrétaire — un, deux, trois et quatre — c'est : «Le gouvernement peut, par règlement, prévoir d'autres lieux où il
est interdit de fumer.» Voilà le quatrième alinéa de l'article 15, les
autres étant... Les chiffrés, ce sont les paragraphes du premier alinéa et les
paragraphes du deuxième alinéa.
Jolin-Barrette : Vous avez raison, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Je vous en prie.
Jolin-Barrette : Alors, les
affiches qui seront installées, on nous dit : Vous devez indiquer au moyen
d'affiches installées à la vue des personnes
qui fréquentent ce lieu sur les endroits où il est interdit de fumer. Qu'est-ce
qui va arriver dans
la situation où il n'y a pas d'affiche d'installée? Parce que, lorsqu'on lit
l'article 16, c'est comme s'il fallait installer des affiches dans tous les lieux où c'est visé.
Alors, est-ce que, supposons, l'exploitant, la société de transport, la
municipalité, le commerçant, le cégep,
l'université, ceux qui gèrent les camps de jour, les camps de vacances, ceux
qui ont des terrains sportifs ou des
terrains de jeu, les aires réservées aux spectateurs... Si eux, ils ne mettent
pas de panneau, qu'est-ce qui arrive? Est-ce qu'ils sont... Est-ce qu'on
va se retrouver dans une situation où on va les pénaliser ou... Parce qu'au quatrième alinéa de l'article on dit : Si
vous contrevenez aux dispositions, bien, vous êtes passible d'une amende.
Alors, est-ce que, dans tous les lieux, si l'affiche n'est pas là, supposons
dans chaque abribus, elles vont être passibles d'une amende de 500 $, les
municipalités ou les sociétés de transport?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Oui,
M. le Président. C'est de leur responsabilité, effectivement.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
M. Jolin-Barrette : Donc, je donne
un exemple, là : dans chaque abribus de la ville de Montréal — il y
a beaucoup, quand même, d'abribus, là, à
Montréal, et d'arrêts d'autobus — il va falloir qu'il y ait une affiche.
Est-ce que c'est ça, ma compréhension?
Charlebois : Ce
qu'on m'informe, M. le Président... C'est assez intéressant comme question.
Dans les abribus, étant donné que c'était
une copie... copier-coller de la
loi sur la lutte au tabagisme, effectivement,
les abribus étaient des lieux où il
est interdit de fumer... et qu'il doit être affiché. Et la plupart des abribus,
que je sache, là... en tout cas, moi, je
ne suis pas souvent là-dedans, là, mais ce qu'on m'indique, c'est qu'il y a des
interdictions de fumer d'affichées. Et ça va être la même chose pour le
cannabis, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
Jolin-Barrette : Est-ce
qu'on a chiffré, lorsqu'on a fait ça pour le tabac, à combien ça s'élevait
d'indiquer, en termes de coûts, de ressources
humaines, de ressources financières, l'achat d'autocollants ou
d'affiches, en main-d'oeuvre, tout ça, combien ça a coûté? Parce que, là, on est
face à une situation où, d'un côté, nous, on proposait l'interdiction
sur le domaine public. Alors, c'est clair
pour tout le monde, on sait que, sur le domaine public, c'est
interdit. Là, le gouvernement a décidé de choisir certains lieux, de
dire : Là, c'est interdit, là c'est interdit, là c'est interdit, mais les municipalités
décideront si aux autres endroits c'est interdit.
Alors, moi,
je veux savoir si la ministre est sensible aux coûts pour les municipalités et, par conséquent, aux coûts pour
les citoyens, parce que c'est eux autres qui paient leurs
taxes municipales, M. le Président.
Alors, je veux savoir si on a évalué
quel pouvait être le coût de ça, en termes de main-d'oeuvre, en termes d'achats
également pour mettre des stickers ou des pancartes sur chacun des lieux
visés par l'article 15 de la ministre, à savoir combien ça coûte.
Charlebois :
M. le Président, je n'ai pas les coûts avec moi, mais il y a une chose qui est
sûre, si vous tapez sur Google
«abribus Québec», vous allez voir un abribus où il y a une bande rouge tout le
tour, puis il y a des collants où on
voit une cigarette et une interdiction. Et ils l'ont déjà fait pour le tabac,
ça fait que j'imagine que ça va être assez rapide de le faire pour le cannabis, puisque c'est déjà
fait. Et je vous invite à le faire, là. Je peux même... si j'étais capable
de le grossir suffisamment pour vous le
montrer, de l'autre côté, là, c'est déjà... On ne peut pas le voir
correctement, là — la caméra doit pouvoir le capter — mais
il y a une bande rouge, tout le tour de l'abribus, avec le collant qui
indique : Interdiction de fumer du tabac. Ça va être la même chose pour le
cannabis, M. le Président, mais je n'ai pas les coûts spécifiques. Mais les
municipalités qui l'ont déjà fait doivent être en mesure de le chiffrer
elles-mêmes.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, vous savez, c'est quand même important. Je ne dis pas que ça ne
s'est pas fait. Ça s'est fait, parce que c'était dans la
Loi sur le tabac, mais
l'expérience, ça fait déjà plusieurs années.
Je serais
curieux de savoir, quand le gouvernement provincial développe une mesure comme
ça avec ses partenaires municipaux — pour lesquels on a beaucoup de respect — et qu'on vise l'autonomie municipale, la
patate qu'on leur envoie, là, de
réglementer ça puis de leur imposer, de dire : Sur les abribus, là, vous
allez avoir une interdiction, puis, dans la zone d'attente de l'abribus, alors, ça va être plus large que le tabac, il va
falloir que ça soit différent puis que ça soit indiqué qu'à x mètres... Bien, en fait, ce n'est pas à x mètres,
parce que la ministre n'était pas capable de nous dire la semaine passée
c'était quoi, la file d'attente, c'est
l'aire d'attente. Ce n'était pas clair, tout ça. Alors, j'imagine qu'il va
devoir être indiqué le libellé de la loi pour dire : Dans l'aire
d'attente, vous ne pouvez pas consommer du cannabis.
Mais je suis
très soucieux, M. le Président, de savoir combien ça va coûter pour les
municipalités. Alors, pour le tabac,
est-ce que le gouvernement a estimé combien ça avait coûté? Parce que c'est
quand même important, M. le Président, en
termes... Il y a 1 100 municipalités, au Québec, il y a des abribus
dans plusieurs municipalités, dans plusieurs MRC, ça entraîne des coûts, là, vous savez, pour indiquer
que vous n'avez pas le droit de fumer à cet endroit-là. Alors, est-ce
qu'on a un estimé de coûts, au moins, pour
nos partenaires municipaux, à savoir combien, le fardeau financier, ça va
représenter de faire cette démarche-là?
Charlebois : Non, puis on n'en avait pas non plus pour le
tabac, puis ça s'est fait, M. le Président, puis ça fait
partie des devoirs d'une municipalité que de
prendre les moyens. Et, même si c'était fait selon la volonté du député
de Borduas, il aurait dû y avoir des
affiches. Alors, moi, en ce sens-là, M. le Président, les municipalités doivent
jouer leur rôle, prendre leurs
responsabilités et faire ce qui est dévolu en fonction de ce qu'ils ont à
faire. Et les citoyens font une élection
d'un élu au Québec, d'un élu à la municipalité, et, en fonction de ce qu'aura
fait... le choix, comme municipalité, comme réglementation, ils verront
à voir combien ça va coûter aux citoyens. Mais il n'en demeure pas moins que,
même s'il y avait une interdiction totale, il faudrait l'afficher quand même.
Alors, en ce
sens-là, M. le Président, je vous dis, là, si ça a été possible pour le tabac,
je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible pour le cannabis. On a
fait un copier-coller, même qu'on a ajouté certains lieux d'interdiction, M. le
Président. Et là on refait le débat de 15, je vous signale ça comme ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, je souhaiterais apporter quelques correctifs à ce que la ministre
vient de nous dire. Alors, on est très conscients que le gouvernement libéral
impose aux municipalités d'indiquer sur leurs abribus,
hein... Parce que la ministre nous l'a dit, ça appartient soit à la
municipalité soit à la société de transport en commun d'indiquer sur
l'abribus cette interdiction-là. Alors, ce n'est pas un choix des élus
municipaux, là.
Et les élus
municipaux vont devoir dépenser le budget municipal à ce niveau-là. Ils ne se
font pas leurs élections là-dessus,
M. le Président. Puis ce n'est pas une question de confiance, de compétence et
de saine gestion d'un élu municipal. La ministre impose à chacune des
municipalités du Québec, impose aux élus municipaux d'installer des pancartes,
d'installer des autocollants qui indiquent que c'est interdit.
Président (M. Merlini) : M. le député, je vais vous interrompre pour
vous faire un petit rappel amical à l'ordre, que ce n'est pas la ministre qui impose, mais bel et bien les lois qui
sont votées par les parlementaires ici, à l'Assemblée nationale, qui créent des règlements dont les
municipalités ont à faire l'application des lois du Québec. Mais ce n'est
pas la ministre qui impose quoi que ce soit
aux municipalités, ce sont les lois qui sont votées. Et je crois que le point
que la ministre tentait de faire,
c'était qu'effectivement les élus municipaux ont des devoirs par rapport à ces
lois-là, comme nous avons, lorsque nous votons des lois, des lois à
respecter nous-mêmes. Et ça implique des coûts pour tous les citoyens,
effectivement. Alors, à vous la parole, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : J'aurais une
question de directive, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Allez-y.
Jolin-Barrette : Est-ce que
vous conviendrez avec moi que, tant que le projet de loi n'est pas adopté par
cette Assemblée et qu'on est porteurs d'un
projet de loi, à
titre de responsables du projet de loi, les dispositions qui
s'y retrouvent, ce sont celles que
l'on veut faire adopter par notre Assemblée, et conséquemment c'est le gouvernement
qui souhaite ce genre de législation et nécessairement par la voix de
son ministre? Est-ce que vous conviendrez de cela avec moi?
Président (M. Merlini) : Je ne partirai pas un débat de sémantique
avec vous, M. le député de Borduas. La commission
est saisie de ce projet de loi et doit l'étudier
article par article, comme
tous les parlementaires le font, avec sérieux et avec rigueur. Et
ensuite les articles peuvent être modifiés.
J'ai déjà
intervenu là-dessus la semaine dernière. Vous pouvez faire des propositions
d'amendement ou non, et les
parlementaires ici en débattent, autour de cette table, et ensuite les étapes
du processus législatif se suivent. Le rapport de la commission va être
éventuellement déposé au salon bleu. Il y aura des débats là également au salon
bleu. Mais, en attendant, je n'engagerai pas un débat de sémantique sur les
intentions de l'un et de l'autre.
Effectivement,
il y a des projets de loi qui sont proposés par des députés, il y a des projets
de loi privés, il y a des projets de
loi d'intérêt public également, alors, à ce moment-là, on fait notre travail de
législateur. Et je n'embarquerai pas dans un débat de sémantique à ce
sujet-là.
Si vous voulez poursuivre à l'article 16,
si vous avez des questions, on est prêts à les recevoir.
M. Jolin-Barrette : Très
certainement. Alors, M. le Président, la proposition législative que nous avons
présentement, là, c'est d'imposer aux
municipalités un fardeau financier supplémentaire pour faire en sorte de
délimiter ou d'indiquer sur chacun des
abribus du Québec qu'on n'a pas le droit de fumer de cannabis à ce niveau-là.
Moi, ce que je demande au
gouvernement, c'est : Est-ce qu'il y a des estimés? Est-ce qu'il y a eu
des discussions avec les municipalités à savoir combien ça allait coûter
aux contribuables de chacune des municipalités à ce niveau-là?
Ça s'applique
à la fois pour les abribus, ça s'applique également pour les établissements de
santé et de services sociaux. Ça,
c'est au niveau du trésor provincial. Ça s'applique au niveau des cégeps et des
universités, établissements d'enseignement
postsecondaire. Ça relève du trésor provincial et des fonds des cégeps et des
universités, par la bande les frais
de scolarité. «Les terrasses, les autres aires extérieures», ça, c'est des
activités commerciales. «Les aires extérieures de jeu destinées aux
enfants et qui accueillent le public, y compris les aires de jeux d'eau, les
pataugeoires et les planchodromes», ça,
souvent, M. le Président, c'est dans les municipalités, c'est un parc municipal
où il y a tout ça, ça relève encore
des contribuables qui paient leurs taxes municipales. «Les terrains sportifs
[...] les terrains de jeux, y compris les
aires réservées aux spectateurs, qui sont fréquentés par des mineurs et qui
accueillent le public», ça aussi, ça peut être des installations municipales, M. le Président. «Les
terrains des camps de jour et des camps de vacances de même que les
patinoires et les piscines extérieures qui sont fréquentés par des mineurs et
qui accueillent le public», ça aussi, M. le Président, ça peut être au niveau
municipal. Il y a des patinoires municipales, il y a des piscines extérieures
qui sont municipales aussi. Ça relève des citoyens de chacune des
municipalités, qui sont taxés pour leurs taxes municipales.
Alors, ce que
je voudrais savoir, c'est : Est-ce qu'il y a un estimé de coûts pour tout
ça? Parce que, M. le Président, le
fait de produire des pancartes, tout ça, le fait de produire des autocollants,
ça va exiger de la main-d'oeuvre, tout ça, et, vous savez, on vient
délimiter tout ça. Alors, moi, j'ai ce souci-là. D'autant plus que, si on avait
élargi la notion au domaine public, plus
largement, bien, vous n'avez pas besoin de l'indiquer partout parce que tout le
monde sait que c'est illégal sur le
domaine public. Et, vous savez, M. le Président, nous n'avons pas besoin
d'indiquer partout qu'une chose est illégale,
sinon, il y aurait des pancartes pas mal partout si toutes les interdictions
devaient être identifiées. Alors, j'aimerais savoir les coûts pour cette
mesure-là du gouvernement et la logique associée à ce choix.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Borduas. Mme la ministre, commentaires, observations?
Charlebois :
Oui, M. le Président. On ne refera pas le débat de 15, mais, comme je l'ai
indiqué à plusieurs reprises la
semaine dernière, c'est les municipalités elles-mêmes, dont l'Union des
municipalités du Québec, les élus
de cette association-là, la Fédération
québécoise des municipalités du Québec,
le regroupement des villes et villages en santé, des élus, encore
une fois, qui nous ont demandé de
respecter leur autonomie municipale et de leur laisser décider de certains
lieux en plus de ce qu'on a prévu à l'article 15. L'Institut national de
santé publique nous a indiqué que de faire une interdiction totale serait plus néfaste pour la santé des gens, de les
confiner à l'intérieur, que de laisser des endroits, et même
qu'ils ne nous recommandaient pas de
laisser ce pouvoir-là aux municipalités. Alors, moi, je suis allée dans ce
sens-là.
Pour ce qui
est de l'affichage, M. le Président, c'est le même affichage, quand on parle des installations qui sont régies
par le gouvernement du Québec, qu'on a fait pour le tabac. Ça va être les mêmes
types d'affichage mais pour le cannabis.
Et, pour ce
qui touche tout ce qui est du pouvoir municipal, et là, quand il me fait la liste des dispositions qu'on a mises à l'article 15,
tout ce qui touche les municipalités, bien, ils vont pouvoir se référer à ce qu'ils
ont déjà fait pour le tabac. Et, pour ce qui est des autres endroits, bien, ils vont être en mesure de savoir combien ça va leur coûter puisqu'ils en ont déjà fait, de l'affichage pour le tabac, M. le Président. S'ils décident de multiplier le nombre d'affiches en fonction des zones que les municipalités et les élus
municipaux se seront... auront émis
et auront décidé, bien, en fonction
de ces zones-là, ils sauront
combien d'affiches ça va leur prendre, et ils seront en mesure d'évaluer les
coûts.
Mais, pour ce
qui est déjà des lieux où déjà le tabac est interdit, M. le Président, c'est la
même chose. C'est la même chose.
Alors, si les municipalités se prévalent de davantage d'interdictions, ils
n'ont qu'à multiplier par le nombre de lieux et d'affiches. C'est tout
ce que je peux dire, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup.
Mme Charlebois :
Et je veux dire aussi...
Le Président (M. Merlini) :
Oui, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
J'ai oublié de dire ça, M. le Président, c'est assez important. Pour ce qui est
des coûts, il y a toujours des
discussions en cours entre le ministre des Affaires municipales et de la
Sécurité publique, et les municipalités, justement, pour comment ils vont se partager le 62 millions qui a
été prévu dans le projet de loi... bien, pas dans le projet de loi, mais
dans le dernier budget, excusez-moi.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Est-ce que, du côté du gouvernement, on a estimé
le nombre de lieux où ça allait s'appliquer, en termes de quantité, M.
le Président?
Mme Charlebois :
Non, parce qu'on respecte l'autonomie municipale, M. le Président. Quand ils
auront décidé de leurs lieux, ils pourront décider de combien d'affiches
ça va prendre.
M. Jolin-Barrette : O.K. Et puis, pour l'article 15, qui
s'applique à des installations provinciales, avez-vous une évaluation du
nombre de lieux?
Mme Charlebois :
Je dis et je répète que c'est les mêmes affichages, ils n'auront qu'à
multiplier par deux. Ils auront à refaire faire des affiches.
M. Jolin-Barrette : Vous n'avez
pas de recensement de ça?
Mme Charlebois :
Non.
M. Jolin-Barrette : Puis
comment ça va s'appliquer concrètement? C'est à la va-comme-je-te-pousse?
Mme Charlebois :
M. le Président, franchement, c'est insulter les élus municipaux que de dire
une chose comme ça. Ils ont déjà prévu...
M. Jolin-Barrette :
Je parle du volet provincial, M. le Président. La question...
Le Président
(M. Merlini) : ...vous ne pouvez pas interpeler la ministre.
M. Jolin-Barrette :
La question est sur le volet provincial, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Non, non, non, vous ne pouvez pas
interpeler la ministre. C'est la ministre qui a la parole en ce moment.
Mme la ministre.
Mme Charlebois :
C'est l'insulte totale, c'est l'insulte pour les élus municipaux. On n'a pas
confiance en eux. C'est l'insulte
pour les inspecteurs du gouvernement. C'est l'insulte pour tous ceux qui
conçoivent ça comme ils l'ont conçu
pour le tabac. C'est comme ne pas faire confiance à personne. C'est comme si
tout le monde était incapable de faire correctement les choses. C'est
déjà prévu dans la lutte au tabagisme, dans tout ce qu'on avait dans 15, sauf
qu'on a ajouté — parce qu'on a, je pense, fait des bons
échanges — les
aires extérieures utilisées pour l'attente d'un moyen de transport et
les voies cyclables. Mais, pour le reste, c'est tout ce qui se fait déjà pour
le tabac.
Alors,
je ne comprends pas toute cette enflure-là, M. le Président. Et, si les
municipalités décident d'ajouter des lieux,
il ne faut pas sous-estimer leur capacité, là. Vraiment, là, ils sont capables
de faire des choix, ils sont capables de chiffrer ça, puis ça fait
partie des enjeux et des discussions qui sont
faites avec le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité
publique.
comprends, là, qu'on veut démontrer, là, qu'avec un petit point on peut faire
tout un grand bobo, là, mais, à un moment
donné, là, M. le Président, il faut faire
confiance à la population, il faut faire confiance aux élus municipaux,
il faut faire confiance à notre fonction
publique. C'est comme si tout le monde, ils étaient des incapables, à chaque
fois qu'on parle de quelque chose comme ça. Moi, je veux bien, là, qu'on
discute puis qu'on trouve des voies de passage, mais, à un moment donné, il
faut aussi faire confiance.
Puis
je sais que la CAQ ne veut pas cette légalisation-là. On n'avait pas ça dans
notre programme électoral nous non
plus, M. le Président, mais ça va se faire parce que
c'est le fédéral qui décide de légaliser. Alors, nous, on encadre, ici, au meilleur de nos connaissances, M. le Président. Je fais ça avec beaucoup de diligence. Mais, à un certain moment, il ne faut pas prendre la population
pour des gens inaptes totalement. Dans les 8 millions, là, il y en a
quelques-uns qui sont aptes à prendre des bonnes décisions.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Alors, M. le Président, je réitère ma question, parce
qu'on m'a répondu sur un volet municipal, alors que le volet touchait le provincial. Et je
vous le dis, M. le Président, je n'accepterai pas qu'on me prête des intentions non fondées dans le cadre des travaux
de cette commission. Alors, si à
chaque fois il faut que je fasse un rappel au règlement, M. le Président... Moi, je pose des questions sérieuses et
légitimes sur la question des coûts de l'application au niveau provincial. Alors, qu'on arrête de me
répondre sur du municipal puis qu'on prête des intentions au niveau de
la non-confiance. C'est totalement hors champ, hors sujet, M. le Président. Je
ne pense pas que ça aide les travaux de la commission.
C'est une question sérieuse, à savoir... La ministre peut bien rire, M. le
Président, mais la réalité, là, c'est que les gens, ils paient des taxes
puis ils veulent savoir combien ça coûte.
Charlebois :
Le Président (M.
Merlini) : ...le député de Borduas, Mme la ministre.
M. Jolin-Barrette : C'est important quand on prend des décisions, là. On prend des
décisions en matière de santé publique,
on prend des décisions d'application de la loi, on prend des décisions aussi de
nature financière, ici, à l'Assemblée nationale.
On débute l'étude des crédits cette semaine, puis, écoutez, M. le Président, si
ça ne dérange pas la ministre à savoir
combien ça coûte, là, c'est son problème, mais, moi, ça me dérange. Parce qu'au
ministère de la Santé, là, Santé Services
sociaux, c'est quasiment 50 % du budget du Québec, O.K.? Ça croule de
partout. Les citoyens québécois sont taxés, et il faut s'assurer que
leur argent soit bien utilisé.
proposition que nous avions, et je l'ai bien démontré à la ministre, c'est que
le fait d'avoir une disparité entre les différents lieux publics,
nécessairement, ça va entraîner des coûts supplémentaires aussi au niveau des
municipalités. La ministre nous dit :
On ignore combien qu'il y a de lieux qui vont être visés au niveau municipal.
Je lui ai demandé la question
suivante : Au niveau provincial, il y a combien de lieux qui sont visés?
Elle nous dit : Il faut faire confiance aux gens. Je pose des questions qui sont uniquement factuelles, M. le
Président, et on me répond des choses comme étant : Il faut avoir
confiance.
Ma job de parlementaire, M. le Président, c'est
d'être renseigné, savoir combien ça va coûter, est-ce qu'on l'a estimé. Du
côté gouvernemental, ce qu'on fait, c'est qu'on ne souhaite pas répondre à la
question. Alors, honnêtement, M. le Président, je demande : Est-ce
qu'au niveau provincial on a estimé les coûts et le nombre de lieux? C'est tout
ce que je veux savoir.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député.
Charlebois : Bien, je m'excuse, M. le Président, si le
député de Borduas se sent victime cette semaine. C'est son affaire. Moi,
je n'ai jamais prêté d'intentions au député de Borduas, contrairement à ce que
lui a fait...
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre...
Charlebois :
...la semaine dernière. Puis je trouve que le débat allait bien, puis, dès que
le député de Borduas vient ici, ça...
Président (M. Merlini) : Mme la ministre, vous allez me permettre de
vous interrompre. Et maintenant je vais faire un appel à la prudence à
tous les membres autour de cette table. Parce qu'effectivement, vous avez
raison, Mme la ministre, les débats se
déroulent très bien jusqu'à présent, et je souhaite, comme président de cette
commission, que les débats continuent dans cette veine-là, dans cette
manière-là.
Effectivement, les questions sont pointues, les
opinions, je l'ai déjà dit, je vais me répéter, les opinions sont distinctes, elles sont tranchantes parfois. Il y a
des choses qu'on dit autour de cette table qui peuvent déplaire. En
effet, ça peut déplaire. Mais elles ont
droit d'être exprimées, tout dans le respect de notre règlement. Alors,
j'invite les parlementaires autour de cette table d'utiliser un langage
approprié et prudent, qui respecte notre règlement.
On peut faire
le débat de la question, comme on l'a fait depuis le début. Et ce n'est pas
pour rien qu'on passe un certain
nombre d'heures sur ce projet de loi. Il est important pour toute la
population. Alors, s'il vous plaît, je fais un appel à la prudence et au
respect de notre règlement pour qu'on puisse faire le débat.
On est à
l'article 16, qui parle d'un exploitant d'un lieu visé. On parle
d'affichage, et M. le député de Borduas a posé une question par rapport
aux lieux publics. Vous avez répondu.
Et, M. le député
de Borduas, vous ne pouvez pas dire que le gouvernement refuse de répondre aux
questions. Le gouvernement répond aux
questions. La réponse ne peut ne pas vous plaire, effectivement, ça peut
arriver à l'occasion, comme les
questions ne peuvent pas plaire, des fois, au gouvernement, effectivement. Mais
ça fait
partie de notre débat, et c'est préférable, comme je dis
souvent, aux fusils et aux bombes qu'on a ailleurs dans le monde.
Alors, s'il
vous plaît, je fais un appel encore une fois à la prudence dans les propos
utilisés. On est capables de le faire,
le débat. On est capables de poser les questions, même quand elles sont
difficiles, et on est capables aussi d'entendre les réponses, même si, des fois, la réponse donnée, ce n'est pas la
réponse qui est souhaitée. Mais on fait le débat et on avance dans
l'étude de ce projet de loi.
Alors, M. le député de Borduas, la parole est à
vous, à l'article 16.
Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, je vais réitérer ma question : Est-ce que, pour les lieux
provinciaux qui sont visés par l'article 15, on a un estimé des coûts et
du nombre de lieux?
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Borduas. Mme la ministre.
Charlebois :
J'ai déjà répondu à cette question, M. le Président, et je l'ai dit clairement.
Je vais l'épeler cette fois-ci : N-o-n, ça veut dire non. Je n'ai
pas d'estimé. Ce que je dis, c'est que c'est la même quantité d'affiches qu'il y a pour
le tabac. Tout ce qui est prévu à l'article 15, sauf deux amendements que nous avons
apportés la semaine dernière, était déjà là pour le tabac. Alors, il y aura
des affiches supplémentaires et/ou remplaçantes. Et, comme je le disais,
pour les abribus, c'est une bande rouge tout
le tour, où on voit des collants où il est interdit de fumer. Ça va être la même chose pour le cannabis.
Ceci étant
dit, non, je répète, non, n-o-n, on n'a pas d'estimé de coûts. Qui va gérer ça?
C'est la fonction publique.
Quand on parle d'établissements d'éducation, c'est les gestionnaires dans le
monde de l'éducation. Quand on parle d'établissements
de santé, c'est les gestionnaires dans les établissements de santé qui vont
faire la gestion, puis j'imagine que
ce n'est pas le P.D.G. qui va faire ça. Si on me demande, dans la hiérarchie,
exactement, quelle personne va le faire, je ne peux pas vous répondre parce que je ne suis pas dans
l'établissement. Mais il y a une personne qui est visée dans
l'établissement pour voir à toutes ces affaires d'affichage là, etc.
Alors, non,
je n'ai pas la réponse aux coûts estimés. Et qui le fera, de quelle
responsabilité ça relève? Bien, ça dépend du ministère qui y est
affecté.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Alors, je
voudrais savoir durant combien de temps les établissements, qu'ils soient
provinciaux ou qu'ils soient municipaux, ils vont avoir le temps d'installer
leurs pancartes ou d'installer les autocollants sur les différents... Est-ce que c'est à la date d'entrée en vigueur de la loi
ou il va y avoir une période tampon, M. le Président, pour installer
toutes ces affiches-là? Parce qu'on parle de milliers et de milliers de lieux.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Bien, en fait, les gabarits et tout vont être
disponibles déjà sur le site Internet du ministère de la Santé. Parce que, selon toute vraisemblance, si
nous continuons de bien travailler, nous devrions adopter notre projet
de loi, ici, au Québec, le projet de loi n° 157, avant la mi-juin. Parce
qu'il faut savoir que la légalisation est faite par le gouvernement fédéral, M. le Président, et, le gouvernement fédéral,
selon les indications que nous avons, c'est l'échange que j'avais tantôt avec le député de Labelle,
selon toute vraisemblance, ça ne sera pas en vigueur pour le 1er juillet,
mais ça pourrait l'être pour septembre,
octobre. On ne sait pas exactement quand. Tant qu'il n'est pas adopté au fédéral,
il ne sera pas en vigueur.
Mais nous, dès que
nous aurons adopté... Et j'espère que ça sera d'ici la mi-juin. Parce que vous
savez quoi, M. le Président? Si ce n'est pas
adopté, ce sera les dispositions du fédéral. Non seulement il n'y aura pas de
restriction d'usage, mais les gens pourront
fumer du cannabis partout, en tout temps, il pourra y avoir quatre plants par
résidence, et autres dispositions qui sont
dans notre projet de loi ne seront pas en vigueur. Ils se feront vendre du
cannabis par les autres provinces, etc. Je n'en ajouterai pas.
Alors,
quand est-ce qu'il faut que les affiches soient posées, M. le Président? Au
moment où la loi fédérale va entrer
en vigueur. Dès que c'est légal, que les gens pourront consommer, notre loi
va... Parce que notre projet de loi va entrer
en vigueur la journée que le leur va entrer en vigueur. On ne peut pas mettre
notre projet de loi en vigueur tant que la loi qui légalise le cannabis... parce que la drogue, ça relève du
gouvernement fédéral. Est-ce que ça répond clairement, M. le Président?
J'ai été claire?
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Alors, pour bien comprendre, ça, ça veut dire que les
municipalités et les établissements provinciaux
doivent installer leurs pancartes... devraient les installer tout de suite,
parce qu'au jour 1 de l'entrée en vigueur de la loi il faut que les pancartes soient là. C'est ce que je
comprends... la loi fédérale. Au jour 1 de l'entrée en vigueur de
la loi fédérale, il faut que les pancartes, tous les autocollants soient
installés. C'est bien ça?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Il faudra que les pancartes soient installées
le jour 1. Est-ce qu'on les installe au mois d'avril? Je ne pense
pas, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député.
Jolin-Barrette : Alors, s'il y a certains établissements qui ne les
ont pas installées au jour 1, est-ce qu'il va y avoir une directive de
tout de suite donner des constats d'infraction ou il va y avoir des périodes de
tolérance?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, selon l'article de loi, l'exploitant qui
contrevient aux dispositions du premier alinéa, puis là on parle ici de
ce...
L'article 16 vient encadrer ce qui se décidait à l'article 15.
Alors, ce qui est selon... Dans l'article 15,
il faudra que l'affichage soit fait le jour 1. Puis il y a des
dispositions qui disent qu'ils sont passibles d'amendes, mais les gens sont assez intelligents, encore là,
au Québec, pour être conciliants. Et ce n'est pas prévu au projet de
loi, pas plus que ça ne l'était pour le
tabac, et on a été capables de gérer ça comme du monde au Québec, là. On a été
capables de comprendre qu'on ne pouvait pas tout l'installer dans la première
demi-heure, puis ça s'est fait, là.
Bon,
on est capables de voir quand les gens ont de la bonne volonté puis quand les
gens n'en ont pas. Ça dit : Pour le
premier jour. Ça veut dire : Préparez-vous, il faut que vous soyez prêts.
Puis je ne serais pas surprise, moi, que tout ça va avoir été fait la journée que le fédéral va mettre
ça en vigueur, parce que les gens suivent
l'actualité, les municipalités vont suivre l'actualité.
Alors,
les dispositions qui sont prévues à l'article 15, les élus
municipaux vont s'assurer que leur administration va avoir prévu déjà l'affichage
pour quand ça va être adopté au fédéral, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, pour le tabac, parce que la ministre
y fait référence, est-ce qu'il y a des constats d'infraction qui ont été donnés
lors de l'entrée en vigueur de ces dispositions miroirs là, au niveau du tabac?
Est-ce qu'on a un recensement, à savoir combien de constats d'infraction qui
ont été donnés?
Charlebois : Je
pourrai revenir avec la réponse, M.
le Président, je ne l'ai pas. Ça ne
sera pas long. Si vous me donnez un petit peu de temps, on va avoir la
réponse. Peut-être suspendre deux minutes.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui. Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 36)
Le Président (M.
Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons donc reprendre nos
travaux. Cette brève suspension a permis à la ministre de faire des consultations auprès du personnel qui l'entoure, de son ministère.
Alors, Mme la ministre, la parole est à vous.
Charlebois : En
fait, M. le Président, pour répondre à la question
du député de Borduas, il faut sortir 1998, il faut sortir 2005 puis il faut sortir la
dernière loi de la lutte au tabagisme, alors ça va solliciter beaucoup
de ressources au ministère.
On est en train de faire des recherches, je n'aurai pas la réponse avant la suspension
de midi. Je ne pense pas que ça va
faire une différence dans l'adoption de l'article 16, mais, ceci étant dit, on va fournir la réponse au député de Borduas, on va faire
travailler du monde pour lui donner sa réponse.
Ce que je
peux lui dire, M. le Président, c'est qu'entre le 1er avril 2017 et le
31 mars 2018 il y a eu 76 constats d'affichage concernant le tabagisme, des constats
d'infraction. Il y a eu 398 avertissements, il y a
eu de la tolérance, puis ici c'est
quand on a pris des gens à avoir consommé, hein, alors il y a
eu des amendes de données dans des endroits interdits,
1 481 amendes. Mais, pour ce qui est de la première journée, on va
devoir faire les recherches pour les trois projets de loi, 1998, 2005 et le
dernier qu'on a adopté, de la lutte au tabagisme, en 2016. Ça va être très intéressant pour l'article 16, M. le Président.
Président (M. Merlini) :
Alors, très bien, je comprends donc que, lorsque les informations seront connues et prêtes, vous les déposerez au secrétariat de
la commission.
Charlebois : Il se
pourrait que ce soit ce soir.
Le Président (M. Merlini) : Très
bien. Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Borduas.
Charlebois :
Attendez donc une seconde, on a...
Le Président (M. Merlini) : Oui. Mme
la ministre, vous avez un complément?
Charlebois : Oui, c'est
ça. 1998, on ne le sait pas, 2005... Le premier jour, ça?
Charlebois : La première année — on n'a pas la première journée, mais ça va être
difficile à obtenir, je vous le dis,
là — 10 constats
d'infraction pour de l'affichage, puis, en 2015, 64. Mais ce n'est pas pour la
première journée. S'il veut qu'on aille plus loin que ça, M. le
Président, il faut faire d'autres recherches puis... C'est ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci, Mme
la ministre. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Alors, ma
compréhension, c'est qu'il y a quelques constats d'infraction. On dit, depuis
2015, une soixantaine de constats d'infraction pour des gens qui ne se sont pas
conformés. C'est bien ça?
Charlebois : 2015,
64; 2005, 10; 1998, on ne le sait pas.
M. Jolin-Barrette : O.K. Parfait.
Mon autre question, c'est relativement...
Charlebois :
Pendant l'année. Ce n'est pas la première journée.
Jolin-Barrette : Bien, en
fait, M. le Président, je n'ai pas demandé la première journée, j'ai
demandé le nombre de constats
d'infraction. Alors, je n'ai jamais dit la première journée, le nombre de constats
d'infraction qui avaient été octroyés la première journée. J'ai dit le
nombre de constats d'infraction.
Charlebois : ...
Jolin-Barrette : Bien, oui, M. le Président, c'est quand même important de savoir de quelle façon est appliquée la
loi puis est-ce que...
Charlebois : Ce n'est pas ce que je dis, M. le Président. Ce que je dis, c'est que ce n'est pas important qu'il ait dit la première journée ou une autre. Je ne
ferai pas sortir le verbatim pour cela.
Président (M. Merlini) : Je
vous rappelle notre
article du règlement qui interdit les interpellations d'un
député à l'autre. Même si vous souhaitiez intervenir, vous devez absolument
passer...
Charlebois : ...
Président (M. Merlini) : Ça
marche des deux côtés, Mme la
ministre. C'est bon pour les deux
côtés. M. le député, vous avez
la parole. À vous.
M. Jolin-Barrette : Alors, M. le
Président, j'ai une autre question relativement au quatrième...
Charlebois : ...
Le Président (M.
Merlini) : Allez-y, M. le député.
Jolin-Barrette : Alors, M. le Président, voulez-vous que je relève ce
que la ministre vient de dire? Elle a dit «désagréable».
Charlebois :
M. Jolin-Barrette : Puis elle confirme puis elle dit oui. Alors, M. le Président, moi, je fais mon travail ici. Si ça ne fait pas plaisir à la ministre, je vous dirais que c'est son problème.
Mais je vais continuer à poser des questions à la ministre pour voir comment le projet de loi va être interprété, puis on va suggérer des amendements
jusqu'à la fin également pour améliorer le projet de loi.
Alors,
si la ministre veut continuer dans ce sens-là, je suis désolé,
mais moi, je trouve ça déplorable qu'elle ait ce genre d'attitude là et ce genre de comportement là, alors que, depuis le
début, on souhaite améliorer le projet
de loi. On n'est pas en... on est en désaccord sur plusieurs
éléments, mais ça n'empêche pas de faire son travail de législateur.
Alors, moi, je me comporte comme je me suis toujours
comporté puis, si j'ai un point à plaider, je le plaide, mais je
n'oserais pas dire que mes collègues sont désagréables. Je ne trouve pas que ça
améliore l'ambiance de la présente commission.
Alors,
je vais poser ma question comme je souhaitais le faire, M. le Président. Au
quatrième alinéa, on dit que les amendes
sont entre 500 $ et 12 500 $. C'est quand même des amendes qui
sont importantes. Je souhaitais savoir : Est-ce que c'est les mêmes amendes que pour le tabac? Et,
deuxièmement, lorsqu'on regarde au niveau de la possession en situation d'illégalité, comme on a vu dans le projet de loi,
les amendes étaient vraiment moins élevées que cela. Alors, est-ce qu'il
y a une raison particulière pourquoi les amendes sont quand même très importantes,
500 $ à 12 500 $?
L'objectif,
je comprends que c'est que les organisations se conforment, mais, quand même,
c'est des amendes substantielles. Alors, deux questions.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Borduas. Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, rassurer le député de Borduas, je n'ai pas dit qu'il était désagréable,
j'ai dit que l'atmosphère était désagréable.
M. le Président, je ne lui ai pas prêté d'intentions ici. Je tiens à rectifier
le tir. Alors, c'est ça, c'était important de le dire, et je pense que
les gens sont conscients de ce qui se passe.
Maintenant,
pour les amendes, elles sont dans le même ordre d'idées que pour le tabac en ce
moment. Mais je n'ai pas entendu la dernière
partie de la question parce
qu'on fouillait pour savoir si c'était dans le même ordre d'idées que le tabac.
M. Jolin-Barrette : Parfait. Ma question, M. le Président, et je remercie la ministre de
nous indiquer que c'est la même chose
que le tabac, je disais que quand même les amendes sont substantielles,
500 $ à 12 500 $, puis je faisais la comparaison avec les gens qui sont, supposons, en
possession ou qui fument du cannabis puis qui ne doivent pas fumer, ils
sont dans un lieu... Il y a quand même une grosse marge, il y a quand même une
distinction importante entre 500 $ à 12 500 $
pour ne pas avoir affiché versus quelqu'un qui se retrouve en possession ou qui
consomme dans un lieu qui n'est pas supposé consommer. Il y a quand même
une disparité entre le quantum de l'amende.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
Ce qu'on m'indique, c'est souvent que l'exploitant est plus une personne morale
qu'une personne physique, alors il faut que
les moyens aillent dans le sens. Mais aussi, quand on parle d'«interdit
d'enlever et d'altérer des affiches»,
quand on fait ça délibérément, là, M. le Président, là, c'est qu'on veut
contrevenir aux lois. Alors, même si
c'est un individu, je pense que ça mérite... parce qu'il est en train de désinformer...
la personne qui enlève ça est en train
de désinformer tout un autre pan de la population. Alors, c'est dans ce sens-là
que les interdictions sont avec des amendes de cet ordre-là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
Jolin-Barrette : Parfait. Merci.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Oui, M. le Président. Je vais probablement terminer
là-dessus, il reste quelques minutes, mais j'ai vu encore passer le malaise fédéral, M. le Président,
et puis c'est de leur faute, encore une fois, si on n'est pas de bonne
humeur et puis si on s'obstine.
M. Pagé :
Bien, toi, tu es de bonne humeur.
Bourcier : Ah! bien, moi, je suis de bonne humeur. Écoutez, ces
temps-ci, tout passe par Saint-Jérôme. Même Saint-Jérôme est en péril, hein, alors donc... Bon, alors, c'était ma...
Mais on a quand même, à cause du fédéral, 100 % des problèmes, et ils se gardent 25 % des
profits. Alors, ça, c'est une vérité qu'on ne peut pas éviter de dire
régulièrement, M. le Président, puis ça me fait plaisir.
Mais je reviens à ce
que je disais à Mme la ministre tout à l'heure. J'ai fait des recherches, j'ai
quelques amis encore, municipaux, qui m'ont
abreuvé d'information, parce que, moi, ma préoccupation, c'était de prévoir les
coûts reliés à l'installation et à l'achat des affiches. Alors, on m'a
expliqué que, dans les villes, une affiche, là, ça coûtait environ 100 $, qu'il y avait deux hommes pour
l'installer. Je ne dis pas la technique qu'ils emploient, là, mais il y a deux
hommes...
M. Pagé :
Ou deux femmes.
Bourcier : Ou deux femmes. Deux employés, oui, c'est vrai, oui — merci, mon cher collègue de Labelle.
Alors, deux hommes ou deux femmes à 25 $ de l'heure — le
même salaire, on a atteint l'équité salariale dans l'installation des affiches. Et, en plus, on m'a expliqué que le
camion, et tout ça, les coûts engendrés... Et le poteau, des fois, parce
que ça prend un poteau, bien, c'est 50 $ ou 70 $ de plus, tout
dépendant des coûts du métal actuel. Bon. Alors, on a un coût maximum de 300 $, affiche, poteau, ou, si on
fait un chiffre rond, Mme la ministre, 250 $ de coût moyen par affiche.
On s'entend là-dessus? Mes informateurs sont unanimes, on arrive à ce prix-là.
Alors,
dans une petite ville, une quarantaine de panneaux d'avertissement que les
villes ont installés, ça fait que, si on
calcule ça, c'est 40 panneaux à 250 $ chacun, ce qui fait un coût de
10 000 $, 10 000 $ pour une petite ville. On
s'entend qu'exemple, à Montréal, les
arrondissements doivent coûter pas mal plus cher, mais restons conservateurs...
pas le parti, mais l'attitude, on se comprend? Parce qu'à Saint-Jérôme
on est très, très ouverts. Alors, admettons que, si on évalue qu'il y a 1 100 villes au Québec, on les
met toutes, moyenne, à 40 panneaux chacune, ça fait quand même une
somme de 11 millions qu'on va refiler aux villes en termes d'installations
de panneaux.
Alors,
est-ce que le gouvernement ou l'Union des municipalités se sont entendus?
Est-ce qu'ils ont évalué les coûts reliés
à cet affichage-là, comme je viens de le faire? Est-ce qu'il y a quelque chose
qui a été entrepris par rapport à ces coûts-là qu'on va leur refiler?
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Mme la ministre.
Charlebois :
Je ne suis pas à la table des discussions avec le ministre des Affaires
municipales et de la Sécurité civile. Mais
il y a une chose qui est sûre, il n'y a pas de montant trop élevé pour protéger
notre population et pour leur
permettre d'interdire certains lieux. Je pense que les municipalités veulent se
prévaloir de ça, et l'ensemble des élus savent très bien combien ça peut représenter en termes de coûts. Ils ont
aussi des possibilités de rejoindre leurs citoyens via les revues municipales, et autres, leurs sites
Internet et tout autre moyen de communication qu'ils ont avec leurs
citoyens, parce qu'aujourd'hui on a beaucoup de moyens de communication avec
nos citoyens.
je suis tentée de vous dire que, comme je réponds au député de Saint-Jérôme
avec beaucoup de respect, je n'ai aucune idée des discussions qui sont à
la table en ce moment. Ça ne relève pas de la ministre que vous regardez, ça
relève plutôt du ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique,
et je sais qu'il travaille en ce moment. Il
y a 62 millions sur la table pour les municipalités. Est-ce que c'en fera
partie? Je ne peux pas vous répondre, ce n'est pas moi qui est à cette
table-là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Bourcier :
Oui, mais on s'entend que ces coûts-là vont leur être refilés, mais
actuellement on n'a pas idée encore du prix exact de l'affichage, que tout ça...
ça va devenir, là, le coût de cet affichage-là.
Charlebois : Ils nous ont demandé de respecter leur
autonomie, M. le député de Saint-Jérôme. Dans l'autonomie viennent des responsabilités. Ça fait
partie de leurs
responsabilités. On ne leur refile rien. Ils prennent leurs responsabilités, là, ils prennent carrément leurs
responsabilités de protéger leurs populations, là. Ils prennent beaucoup
d'autres décisions dans un conseil municipal
qui vient aussi en interaction avec les citoyens. Ils sont capables de
prendre les coûts quand ils font des
installations, quand... Ils sont capables de prendre des décisions qui coûtent
pas mal plus cher que ça aux
citoyens. Je ne veux pas dire là que ce n'est pas important, ce qu'on est en
train de faire, pas du tout. Loin de moi la pensée de dire que ce n'est pas utile et que ça ne représente rien
pour les municipalités, non, c'est le premier gouvernement de proximité,
mais on va dans le sens qu'ils nous ont demandé.
je sais qu'ils ont des discussions, comme je vous le dis, avec... On ne refile
rien, là. Ils prennent... Ça fait
partie de leurs responsabilités, et
ils veulent l'assumer, parce qu'ils veulent le mettre à la... comme je vous le
disais, selon les caractéristiques et les
propriétés de chacune des municipalités. Il n'y a pas une municipalité qui se
ressemble. Même qu'il afficherait à
Sainte-Justine, dans le rang 7, là, ça va... ils vont perdre leur temps un
brin. Je vous le dis bien franchement, là,
ce n'est pas utile. Mais par contre il y a d'autres endroits où ce sera fort
utile. À eux de décider, puis c'est ce qu'ils nous ont demandé,
d'ailleurs.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Bourcier :
Bien, je vais conclure, M. le Président, que, et je reviens à mon malaise
fédéral de tantôt, c'est quelque chose qui
n'était pas prévu. Donc, nous, ici, au gouvernement... Bien, le gouvernement
absorbe cette dépense-là, mais, en
fait, à cause du gouvernement fédéral puis des problèmes qu'il nous donne,
bien, ça va coûter 11 millions de plus aux municipalités du Québec
pour quelque chose qui n'était pas prévu avant.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Saint-Jérôme. M. le député de Labelle, vous m'avez
indiqué tantôt que vous désirez prendre la parole.
M. Pagé :
En fait, il reste une minute, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : C'est toujours utile.
Pagé : Oui, oui, oui. Bien, en fait, allons-y peut-être sur une
question qui peut peut-être se répondre à l'intérieur de la minute. Les infractions, quand on prévoit de
500 $ à 12 500 $, bon, on sait que ces infractions peuvent être
émises par l'inspecteur municipal dans certains cas, certains cas la SQ ou,
encore, la sûreté municipale. En fait, où va l'argent, dépendamment qui va émettre l'infraction? Si c'est un inspecteur
municipal, est-ce qu'automatiquement l'infraction... l'argent va se retrouver dans les coffres de la
ville, par exemple? Si c'est la SQ, est-ce que ça se retrouve en
partie
dans les coffres de la MRC et du
gouvernement du Québec? Si c'est la sûreté municipale, est-ce que ça reste
aussi dans les coffres de la ville? Bon, peut-être qu'on aura le temps
d'y réfléchir sur l'heure du dîner et revenir après.
Charlebois :
Oui, on reviendra, parce que ça va être un petit peu long, la réponse.
Président (M. Merlini) : Mmes, MM. les membres de la Commission de la
santé et des services sociaux, il est présentement midi.
Et, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'après la période des affaires
courantes.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Président (M.
Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend donc ses
travaux.
vous rappelle que notre mandat est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 157, la Loi
constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le
cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière.
demande, encore une fois, à toutes les personnes présentes dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine de bien vouloir éteindre la sonnerie de tout
appareil électronique.
Lors de la suspension
de nos travaux, ce midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 16. Est-ce
que j'ai des interventions?
Mme Charlebois :
Le Président (M.
Merlini) : Je crois que, Mme la ministre, vous étiez pour donner une
réponse à la question de M. le député de Labelle.
Mme Charlebois : Oui, effectivement, et j'essaie de me souvenir des propos... Parce qu'il se passe bien des choses, hein,
parce qu'on... Vous vous souviendrez qu'on a suspendu à midi,
bon, on a eu des travaux dans nos caucus respectifs, là on est allés en Chambre, puis là on revient
ici, et honnêtement j'essaie de me souvenir ce dont m'a parlé le
député de Labelle puis j'ai comme un petit... Je suis un peu découragée
de moi-même, n'est-ce pas?
Président (M. Merlini) : M. le député de Labelle, si vous pouvez rafraîchir la mémoire de Mme la ministre et des membres de la commission
également sur l'enjeu que vous avez soulevé lors de notre suspension, à midi.
M. Pagé : Non. Je vais la laisser... Non, bien amicalement,
alors, il faut bien s'amuser à travers toutes ces heures que nous faisons ensemble. Non, effectivement, c'était une question sur les recettes des contraventions, parce que nous savons qu'il y a des contraventions qui vont être données par,
donc, des constables municipaux en fonction des règlements municipaux,
mais il y en aura d'autres aussi qui vont être données en fonction de la
réglementation et des lois votées à l'Assemblée nationale, donc plus données par les sûretés municipales,
des policiers de la sûreté municipale ou encore des policiers de la Sûreté
du Québec. Alors, dans les différents cas de figure, qui va bénéficier des
recettes de ces contraventions? Je pense qu'il y a un intérêt, là, de savoir
comment ces choses-là vont se passer.
Mme Charlebois :
Oui. Dans le cas de l'article...
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : Excusez-moi, M. le Président. Dans le cas
de l'article 16, les contraventions dont on
mentionne ici, c'est des contraventions en
regard de l'article 15, qui sont des... 15, qui constituent des
contraventions qui concernent le Québec. Alors, le bénéfice de ces
contraventions-là irait, finalement, au gouvernement du Québec.
Pour
ce qui est de votre autre question, qui n'a rien à voir avec l'article 16,
par ailleurs, s'il y avait des
règlements municipaux qui font qu'il y
aurait des contraventions de données en regard des réglementations municipales,
selon ce qu'on m'indique, c'est que le produit de la contravention irait
à la municipalité, n'est-ce pas?
Mme Charlebois :
C'est ça. En fonction de la réglementation municipale, le produit de la
contravention irait à la municipalité,
alors que, quand on parle de l'article 16, c'est en regard de la
réglementation ou, en tout cas, de notre texte de loi à
l'article 15, et là ça irait au gouvernement du Québec.
M. Pagé : O.K. Mais,
lors des débats de ce matin, M. le Président, il me semblait qu'un... bien,
oui, qu'un inspecteur municipal qui a un
pouvoir de donner une contravention pourrait aussi donner une contravention en vertu
de la loi québécoise, pas seulement en vertu des règlements municipaux. Est-ce
que j'ai fait erreur?
Charlebois :
Ce qu'on m'indique, M. le Président... il y a eu des vérifications de faites,
je pense, pendant l'heure du dîner, ce qu'on m'indique, c'est qu'en
vertu de notre loi l'inspecteur municipal ne pourrait pas donner de
contraventions et il pourrait donner des contraventions en vertu d'un règlement
municipal.
M. Pagé :
O.K. Donc, ce que ça veut dire, M. le Président, c'est que l'inspecteur, si la
ville de Mont-Laurier interdit de
consommer sur le trottoir, à côté de l'école polyvalente, l'inspecteur
municipal peut aller donner une contravention. Par contre, l'inspecteur municipal, s'il voit que les gens consomment
juste quelques mètres à côté, sur le terrain de l'école, il ne peut pas
parce que, là, c'est en vertu de la loi québécoise.
Mme Charlebois :
Vous avez tout à fait raison.
M. Pagé :
O.K. Vous comprenez que tout ça s'ajoute à toutes les difficultés que nous
avons, compte tenu que, là, justement, ça aurait été tellement plus
simple si l'ensemble du territoire municipal, sauf les endroits désignés par la
municipalité... s'il n'y avait pas eu possibilité de consommer.
Alors, ce ne
sera pas évidemment, ce ne sera pas évident, M. le ministre... — M. le ministre! — M. le Président, parce que, pour le citoyen qui doit se démêler
là-dedans... comment ça se fait que lui, il me donne une contravention
quand je marche sur la rue, par contre, quand je suis sur le terrain de l'école
et que je n'ai pas le droit, il ne peut pas venir donner de contravention? Et
vous savez très bien, comme moi, M. le Président, que 17 municipalités sur
un terrain de 22 000 kilomètres
carrés, s'il y a des élus ou encore des directeurs d'école qui veulent faire
appel à un constable, qu'il puisse
venir donner une contravention, il devra, à ce moment-là, faire appel, selon ce
que j'ai entendu, exclusivement à un policier
dûment reconnu soit par une sûreté municipale... Il n'y en a pas? Dans ce
cas-là, la SQ. Et les quelques policiers qui patrouillent sur l'ensemble
du territoire, oubliez ça, là, oubliez ça, là.
Alors, bon,
j'ai fait un petit peu de temps pour permettre en même temps à la ministre de
pouvoir aller un peu plus loin dans
les échanges, dans les consultations, dans la réflexion. Alors, je suis pas mal
sûr que... Même si vous n'avez pas pu tout suivre ce que j'ai dit, bien,
je suis sûr que vous allez être dans le sujet.
Mme Charlebois :
M. Pagé : Alors, oui,
allez-y, allez-y, allez-y. C'est correct.
Le Président (M. Merlini) : ...Mme
la ministre, allez-y.
Mme Charlebois :
C'est sûr que j'ai... Excusez, je n'ai peut-être pas tout entendu, mais je
comprends l'essence de l'affaire,
puis ce qu'on m'indique, c'est que, pour le tabac, ça a été possible parce que
ce n'est pas un produit qui est... Puis,
tu sais, là, j'invite à la prudence, quand vous m'écoutez, là, on va nuancer
toutes les... Ce n'est pas un produit qui... Il peut y avoir de la contrebande de tabac, mais ce n'est pas un produit
criminel, alors que, le cannabis, on va avoir du cannabis légal et du cannabis illégal, en vertu de celui-là qui sera
illégal qu'on... tu sais? Tout ça fait en sorte qu'on a eu des
recommandations du Directeur des poursuites criminelles et pénales d'être... de
rester là où on est, parce que le produit
illégal, c'est criminel. Ceux qui vont se faire prendre à vendre du produit
illégal, ça va être reconnu comme criminel. Alors, la consommation, comme on... tu sais, il va falloir être très,
très, très prudent pour ne pas que l'inspecteur municipal se trouve dans
du droit criminel. C'est juste ça.
C'est
complexe, je vous avouerai que c'est complexe, puis je peux demander, si vous
voulez, à ma juriste de vous l'expliquer.
Ça serait peut-être plus clair que dans ma bouche, là, parce que moi, je ne
suis pas juriste, là. Mme Lavoie, s'il vous plaît.
Le Président (M. Merlini) : Alors,
Me Lavoie, allez-y pour la réponse à la question.
Mme Lavoie
(Christine) : Bien, en fait, Mme la ministre l'a vraiment bien
expliqué. C'est vraiment le Directeur des poursuites criminelles et
pénales qui nous a vraiment recommandé de ne pas le faire. Eux autres, ils
avaient... ils souhaitaient que ce soit géré
de façon standard, là, au travers du Québec, les poursuites là-dessus, sur,
dans le fond, ce qui est prévu dans notre projet de loi, là, pour s'assurer que ça soit
standard partout puis pour s'assurer aussi que, justement, il y ait des directives qui peuvent s'appliquer à
tout le monde dans le but d'assurer la cohérence des poursuites pénales,
là. C'est vraiment ça, la cohérence des
poursuites pénales en lien aussi avec tout ce qu'il y a comme droit criminel
qui va continuer de s'appliquer, là,
dans ce cas-là. C'est vraiment la raison pour laquelle on a décidé de garder
ça, là, dans la cour du DPCP.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Lavoie. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
J'entends bien, mais je pense qu'il faut faire une distinction entre une
personne qui est juste à côté de la cour
d'école ou même dans la cour d'école, peu importe... Parce que, souvent, ça se
passe là aussi, là, qu'il vient vendre illégalement,
dans le marché au noir, du cannabis. Cette personne-là, effectivement, à mon
humble avis, devrait être arrêtée par un policier compétent. Ça, je
pense qu'on va être assez d'accord là-dessus.
Mais
là où j'ai un problème de cohérence — je ne le dis pas méchamment, là, mais je
nous invite à réfléchir à cela, sans
prendre le tableau de mon collègue, qu'il avait ce matin, là — j'ai la rue qui est juste... j'ai le
trottoir qui est ici, et, juste à côté, bien, c'est la cour d'école qui commence,
j'ai l'école polyvalente qui est là. Alors, l'inspecteur municipal peut aller donner une contravention, si
c'est interdit en vertu de la réglementation municipale de consommer sur le trottoir, juste ici, mais, si je me déplace
de deux pieds et je suis sur le terrain de l'école, l'inspecteur municipal
ne pourrait pas donner la contravention pour une consommation, et pourtant
c'est interdit. Et là, évidemment, bien, une consommation,
je pense qu'il faut le traiter d'une façon différente d'une personne qui veut faire du marché au noir. Tu veux faire du marché au noir, là, c'est sûr qu'on
fait appel à la mafia, on fait appel au crime organisé, on fait appel
à... bon. Alors, vous comprenez le problème
de cohérence que j'ai ici. Parce que disons que les jeunes vont être un peu
morts de rire, ils ont juste à se déplacer
de deux pieds puis ils sont sur la cour d'école. Bien, on attend que la SQ
vienne, mais il n'y en a pas, il
n'y en a pas, ils ont tellement
des grands territoires à couvrir que, bien, ils ont juste à s'en aller
à un endroit où l'inspecteur municipal ne peut pas donner la
contravention.
Alors,
j'invite la ministre... À la limite, on peut peut-être suspendre ou
réfléchir un petit peu à comment on peut revoir tout cela, mais j'en appelle quand même à une forme de
cohérence, parce que je
pense qu'il faut faire
distinction entre ce qui peut relever du
criminel... hein, le marché au noir, ça, on parle du criminel, mais, la
consommation, je pense qu'on
ne parlera pas de la même chose. Alors, je nous en appelle à la cohérence.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Labelle. Je rappelle qu'on est à l'étude de l'article 16,
qui concerne l'exploitant d'un lieu visé au
présent chapitre, et que l'article 16 porte principalement sur l'affichage.
Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Pouvez-vous me permettre de suspendre deux minutes, s'il vous plaît, M. le
Président?
Le Président (M.
Merlini) : Très bien. Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 27)
Le Président (M.
Merlini) : Nous reprenons donc nos travaux après cette brève
suspension qui a permis à la ministre de consulter le personnel qui l'accompagne en commission parlementaire, et également des échanges avec les députés de l'opposition. Je demanderais à Mme la ministre de prendre la parole et d'un peu
donner le topo de ces échanges.
Charlebois : Bien, on est en vérification suite à la
question du député de Labelle, parce que, selon toute vraisemblance, ce
qu'on m'a indiqué, c'est qu'on ne pouvait pas... Il y a des compétences
municipales, il y aura des inspecteurs municipaux, puis il y a les inspecteurs
du gouvernement du Québec, et les amendes, comme je le disais, quand ça s'applique à la loi du Québec, ça va
aller au gouvernement du Québec, quand on est sur le règlement
municipal, c'est la municipalité. Mais je
comprends la problématique, et c'est pour ça qu'on est en train de faire
vérifier, au ministère de la Justice,
s'il y a possibilité que... seulement pour la consommation, pas pour d'autres
aspects, parce que, dès qu'on touche à du droit criminel, ce n'est plus
du tout, du tout en lien avec les municipalités.