Culture and Education — 28 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-05-28
Quebec — Committees
La commission est
réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre de la consultation
particulière du projet de loi n° 5, la Loi
modifiant la
Loi sur l'instruction publique et autres dispositions à l'égard
des services de l'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans.
Mme la
secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement
ce matin.
Le Président (M. Asselin) : Parfait. Cet
avant-midi, on va entendre la Fédération des comités de parents. Je leur souhaite la bienvenue et je les
invite à se présenter. Vous allez avoir un 10 minutes pour présenter votre
mémoire, et puis après on va débuter les échanges avec les membres de la
commission. À vous la parole.
Le gouvernement s'est
engagé à ce que les ressources financières soient au rendez-vous pour les
maternelles quatre ans. Les parents
soulignent que le financement doit également être suffisant pour les autres ressources
éducatives disponibles. Si ce n'est pas le cas, ce ne sera plus un véritable
choix pour les parents.
En conclusion, comme toujours dans le milieu de l'éducation, les besoins des
élèves doivent rester au centre de la prise de décision. Nos conditions
gagnantes essentielles à leur implantation, pour les parents, sont l'adaptation des services aux besoins, au
rythme et au développement des enfants de quatre ans, des communications
soutenues entre les parents et tous les intervenants, le déploiement de
partenariats avec les ressources disponibles dans chaque milieu, la complémentarité
des services offerts dans chaque milieu et
des campagnes d'information pour que les parents soient libres de faire un
choix éclairé qui convient aux besoins de leur enfant. Merci, M. le
Président.
Président (M. Asselin) : Merci, M. Roy. Je vous remercie
de votre contribution. On va débuter la période des échanges. La parole est au ministre
pour 16 minutes. À vous la parole.
M. Roberge : Merci bien, M. le Président. Merci à vous,
les représentants des parents. Très content de vous avoir, parce que
définitivement que, dans l'ambition du gouvernement de déployer l'offre de services, bien, on veut
offrir un choix. C'est vrai que ce
n'est pas une obligation. Il n'a jamais été dans notre intention de rendre la maternelle quatre
ans obligatoire. D'ailleurs, je suis en accord avec vos membres quand ils
s'étaient prononcés à 83 %
contre l'obligation de fréquenter la maternelle
quatre ans. Ça n'a jamais été dans nos plans, on se comprend bien. Donc, on
veut que les parents aient davantage d'options.
Donc, à ce que je comprends, vous n'êtes pas contre le choix qu'on offrirait
aux parents, qui est un réel choix, parce
qu'en ce moment il n'y a pas vraiment de choix, là, il y a de la place pour à
peu près 5 %, 6 % des parents ou, donc, des enfants, et dans
plusieurs cas, bien, c'est géographiquement inaccessible.
Cependant, je
vous demanderais d'avoir un peu plus d'information par rapport à la diffusion
de l'information, à la diffusion de la disponibilité. Est-ce que vous êtes d'accord
pour que, si une classe s'ouvre, si le service devient disponible dans un quartier ou dans un village, la commission scolaire
prenne les moyens pour informer les parents, plusieurs moyens pour leur
dire : Bien, voici, cette offre de services est maintenant disponible,
sachez-le. Vous pourrez vous inscrire ou pas, mais est-ce que vous êtes
d'accord pour qu'on diffuse cette information-là pour que les parents aient le
choix?
M. Roy (Kévin) : En fait, pour
favoriser le choix libre des parents, il faut qu'ils aient l'information
disponible. Il faut qu'ils sachent c'est
quoi, les objectifs de la maternelle quatre ans et c'est quoi aussi, les
objectifs des programmes qui existent
actuellement, donc les CPE, même l'éducation à la maison ou le programme Passe-Partout.
Donc, il y a d'autres choix. Nous, on
pense que la diffusion d'information est importante pour que les parents
puissent prendre un choix éclairé, libre,
pour qu'ils aient toutes les informations disponibles. Parce que, présentement,
les informations que les parents ont, les
informations qui se rendent jusqu'aux parents ou qui sont diffusées des fois
dans les médias, dans les médias sociaux, des fois, c'est, je vais le dire comme ça, des histoires de peur qu'on
entend, autant d'un côté que de l'autre. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne veut pas favoriser un choix ou
l'autre, on veut que les parents soient libres de choisir ce qu'ils veulent
dans le programme qu'ils veulent, dans tout
l'éventail de services qui sont offerts. Donc, d'émettre des informations, des
publications qui pourraient servir d'aide pour les parents pour faire un choix,
nous, on est tout à fait d'accord avec ça.
Je pourrais
peut-être même aller un peu plus loin. En fait, il y a certains parents qui
nous proposent que ça soit de l'information qui soit diffusée
conjointement entre les CPE et la commission scolaire ou entre des différents
ministères, donc, pour qu'il y ait une
information neutre qui vienne des deux parties, entre guillemets, en même
temps, toute l'offre de services qui sont disponibles pour eux.
M. Roberge :
Je trouve ça intéressant que vous dites «deux parties, entre guillemets». Il
n'y a pas deux parties, hein, il y a
un seul gouvernement. Le ministère de la Famille, le ministère de l'Éducation, le ministère
de la Santé travaillent en équipe. Bien des gens essaient d'opposer la
Famille à l'Éducation, l'Éducation à la Santé, j'ai l'impression que c'est peut-être un relent du passé, mais il y a
un seul gouvernement du Québec, hein, qui est là pour servir les enfants, qui
est là pour servir les parents, et il n'y a
pas deux services qui sont concurrents, mais il y a plutôt une offre de
services qui est complémentaire.
Donc, à cet égard-là, j'aime bien l'idée d'informer les parents, peut-être
via les bureaux coordonnateurs, hein, qui, en ce moment, peuvent dire aux
parents : Bien, il y a une place de libre en CPE, une place de libre en
milieu familial, mais on pourrait peut-être
informer aussi : Il y a une place de libre en maternelle quatre ans. Il y a des gens qui disent que, si on informe quelqu'un dont l'enfant a deux ans, a trois ans, qui est
dans un réseau du service de garde éducatif... si on l'informe qu'il y a
une classe qui s'ouvre, c'est mal, c'est du vol d'enfant, c'est du vol de cotisations syndicales, c'est du vol de
parents puis c'est du maraudage. Déjà, le terme, il est syndical,
«maraudage».
Est-ce que
vous pensez que ce n'est pas correct puis qu'il ne faudrait pas informer les
parents qui sont déjà dans un service de garde, s'il y a une classe qui
s'ouvre, là, il ne faudrait pas leur dire? Qu'est-ce que vous pensez de ça?
M. Roy
(Kévin) : Il faut informer les parents. Comme je l'ai dit tantôt, il
faut qu'ils aient toutes les options pour qu'ils puissent faire un choix libre. Il faut qu'ils aient le choix, en
fait, justement, de chacune des options qui sont sur la table.
Puis je vais
revenir sur mon guillemet d'«à chacun des partis», là, c'est l'information que
les parents sur le terrain... qu'on reçoit présentement, il y a deux options
qui s'affrontent, mais dans les faits, ça ne devrait pas être ça. Les parents,
je pense qu'ils sont assez, je vais le dire
comme ça, intelligents pour choisir ce qui est le mieux pour leur enfant, puis
c'est pour ça que le libre choix, il
est important pour nous. Puis je reviens encore là-dessus, il faut qu'ils aient
toute l'information des choix disponibles. Sinon, si l'information est...
influencée, je vais le dire encore, contre un parti ou l'autre, ce n'est pas
un réel choix pour les parents.
M. Roberge :
Donc, l'essentiel, je pense... il faudrait probablement que les différents
réseaux collaborent davantage, comme
les ministères et les ministres collaborent dans le gouvernement, et
probablement que chaque réseau est le meilleur pour expliquer son offre de services. Probablement que... Quand je dis
«le réseau des services de garde», il y a des réseaux, là, CPE, subventionné, non subventionné, à la maison,
régi, non régi, je pense que chacun d'entre eux devrait parler de ce qu'il offre, de la qualité de la formation des
gens qui s'occupent des enfants, de l'horaire. Puis de la même façon le réseau
scolaire peut préciser quelle est son offre
plutôt que d'avoir une information contraire, mais une information
diffamatoire, bien là, que... Imaginez que la commission scolaire
expliquerait ce qu'il y a de pas bon dans les CPE, puis que, là, les CPE expliqueraient ce qu'il y a de pas bon dans la
maternelle quatre ans, ça ne serait peut-être pas la bonne façon. Il faudrait
plutôt que chacun fasse, je dirais même, la promotion de son réseau en
expliquant ce qu'il a de bon.
Mais, parlant
d'information, vous dites qu'il y a des enjeux, qu'il y a des parents qui se
questionnent, qui veulent être
rassurés ou qui veulent être informés sur la stabilité des gens qui sont dans
l'offre de services maternelle quatre ans, la qualification du
personnel, les infrastructures seront-elles adaptées et le financement. Est-ce
que je fais bien le tour des préoccupations des parents qui disent : Bien,
sur le réseau des quatre ans, on a des inquiétudes sur ces éléments-là? Est-ce
qu'il y a d'autres choses que j'oublie ou c'est vraiment là qu'il y a des
enjeux peut-être d'inquiétude?
M. Roy
(Kévin) : C'est les principales, ce qu'on entend... les parents sur le
terrain, les parents qui sont présents avec leurs enfants, là, c'est ce
qu'on entend, les inquiétudes.
M. Roberge : O.K. Donc, on a un travail d'information à faire encore plus grand auprès des parents. Bien, j'ai envie
de répondre à quelques-unes de ces questions-là.
Qualification
du personnel. Bien, je
pense que les gens qui accueilleront
les enfants dans les maternelles
quatre ans sont des gens qui ont une formation
en éducation préscolaire et enseignement primaire. Des
fois, on dit : C'est des profs du primaire, mais je
l'ai fait, le baccalauréat, je sais ce que c'est, j'ai accueilli plusieurs
stagiaires qui faisaient ce baccalauréat-là. C'est vraiment un baccalauréat qui est double, là : éducation
préscolaire et enseignement primaire, c'est la même formation.
Et ce qu'il y a
d'important, puis je pense que ce n'est pas assez connu, c'est qu'il y a
deux personnes dans nos classes de maternelle quatre ans, hein? Il
y a l'enseignant ou l'enseignante
puis l'éducatrice — je
pourrais dire éducateur, mais bien souvent ce sont des femmes — donc on a les deux. On a, moi, ce que j'appelle...
c'est l'équipe de feu. Donc, je pense qu'on n'a
pas à s'inquiéter quand on va conduire nos enfants à l'école à une maternelle quatre ans quand on sait qu'il y a quelqu'un qui est bachelier en éducation
préscolaire, éducation primaire puis qui est épaulé par quelqu'un qui est
titulaire d'une technique au cégep en
éducation, puis tout ce monde-là en plus est épaulé par des
professionnels : psychologues, psychoéducateurs,
orthophonistes, orthopédagogues. Certains vont nous dire : Oui, mais il en
manque dans le réseau. J'ai le goût
de dire : Il faut parler au passé. On est un peu traumatisés par les
années précédentes, là. Puis, si on regarde en avant, bien, il va en avoir 600 de plus en septembre
prochain, des professionnels. Donc, pour la qualification, je pense qu'il y a quelque chose de
rassurant.
Infrastructures inadaptées. Peut-être, les gens
s'imaginent l'école avec les bureaux adaptés pour les enfants de sixième année.
Qu'est-ce que vous pensez qu'il y a comme craintes à l'égard des parents pour
le local?
M. Roy (Kévin) : Bien, on n'est
pas des spécialistes en ressources matérielles, mais les craintes que nous, on entend... que moi, j'entends, en fait, sur le
terrain, c'est entre autres l'autobus. Est-ce
qu'ils vont être capables d'embarquer dans
l'autobus tout seuls? Est-ce que les éviers, les toilettes, les cours de
récréation vont être adaptés pour les jeunes de quatre ans. C'est les
craintes, en fait, qu'on entend des parents sur le terrain.
Mme Payne (Corinne) : C'est nos
bébés, hein?
M. Roy (Kévin) : C'est nos
bébés, oui.
M. Roberge : ...j'en ai eu, des petits de trois ans, de quatre
ans. Bien, moi, j'ai le goût de dire qu'il y aura, pour les
parents qui font le choix de la maternelle quatre ans... c'est un choix, bien
sûr, une fois bien informé, on peut faire le
choix. Oui, il y a le transport par autobus qui est disponible, qui
n'est pas obligatoire. Il faut bien dire que le parent qui dit : Bien, moi, je suis bien content, c'est une
plus-value. Il y a le transport qui se fait, des fois, en gros
autobus, mais souvent en plus petit
puis des fois même en auto, en berline, hein? Il suffit de vérifier, peut-être
que les parents vont être agréablement surpris de savoir qu'ils vont
être transportés en voiture.
Puis il y a le fait aussi que, s'ils
disent : Bien, je ne veux pas envoyer mon enfant en maternelle quatre ans,
je veux l'envoyer dans une garderie éducative,
je ne veux pas qu'il prenne l'autobus, mais, s'il va le reconduire à la
garderie, ils vont y aller en voiture. Alors, ils peuvent aussi aller
reconduire à la maternelle quatre ans en voiture s'ils ont cette inquiétude-là. Il y a déjà
394 classes, quand même, qui sont ouvertes par les précédents gouvernements, d'ailleurs, et pour lesquelles certains sont transportés en
autobus et que ça se fait assez bien.
Pour ce qui
est du matériel, j'ai le goût de dire qu'il faut regarder ce qui se passe déjà
dans les maternelles cinq ans. Les classes des maternelles cinq ans
n'ont rien à voir avec les classes d'enfants de deuxième année, troisième
année, sixième année, hein? Il n'y a
pas des bureaux avec les enfants assis en rang d'oignons avec une chaise trop
grande pour eux, puis le bureau trop
grand, puis le matériel trop grand, puis les lavabos trop hauts. On est
capables d'adapter des classes à la
hauteur de nos petits de cinq ans comme on pourra le faire pour la hauteur de
nos petits de quatre ans, les toilettes aussi. Ça se vend, des toilettes
plus petites, on est capables d'en acheter pour nos tout-petits, évidemment.
Mais je veux juste dire qu'à la maison je ne
suis pas sûr que tout le monde a une toilette haute comme ça, et pourtant les
enfants vont à la toilette quand même, hein? Parce qu'on met un petit banc
d'appoint, on met un petit siège d'appoint
puis ça fonctionne. Ça fonctionne à la maison, ça devrait être capable de
fonctionner à l'école aussi. Mais, ceci dit, notre ambition, c'est
d'adapter le mobilier puis d'avoir même des toilettes, même des lavabos à la
bonne hauteur. Mais je comprends cette inquiétude-là parce qu'on dit :
Bien là, je ne veux pas envoyer mon enfant avec les grands.
Manque de
financement, c'est une autre inquiétude. Est-ce que vous voulez... Ça s'est
manifesté comment, cette crainte de
manque de financement? J'ai de la misère à imaginer comment on pourrait
déployer un réseau sans le financer.
Mme Payne (Corinne) : Je peux
dire quelque chose? Je pense, M. Roy a déjà dit, c'est parce que les
parents, qu'est-ce qu'ils entendent
présentement, c'est toutes les histoires d'horreur qui se passent qui va
arriver avec les maternelles quatre
ans puis ils n'ont pas toutes les bonnes informations. Puis, quand on a dit
qu'il faut qu'ils soient informés, il faut qu'ils soient informés que tout est
là. Parce que, présentement, tout ce qu'on entend ou quand on est sur le
terrain comme parent... pas nous
autres qui sont assis ici avec vous autres, qui sait toute la vraie histoire,
qui a vu des règles budgétaires, qui a vu tout l'argent qui est injecté dans le
système, qui voit tous les efforts qui sont faits par tout le monde
partout, mais le parent à Baie-Comeau ou le
parent à Outaouais puis le parent à Marieville, là, qu'est-ce qu'il voit, c'est
vraiment les horreurs qui passent dans les journaux aujourd'hui, puis
c'est vraiment affreux, ce maternelle quatre ans là.
Alors, il
faut qu'on trouve les moyens pour dire qu'il y a des choses positives dans la
maternelle quatre ans aussi. Puis pour certains enfants, c'est le meilleur
choix, pour d'autres, c'est de rester dans le CPE, puis d'autres, de rester
dans un milieu familial, puis pour d'autres, c'est de rester dans une garderie
privée. Mais il faut qu'on mette l'aspect positif de la maternelle quatre ans, parce que je vais vous dire que mon garçon,
là, rendu à quatre ans, il était prêt pour aller à l'école, puis c'était la
meilleure place pour lui, puis rester une autre année en CPE ou garderie, ce
n'était pas à son service, ce n'était
pas bon pour lui. Je sais que les autres enfants que la maternelle quatre ans a
changé leur vie parce qu'ils ont eu les services qu'ils avaient
besoin, puis ce n'est pas être obligatoire, mais c'est d'être optionnel que les parents
peuvent faire les
vrais choix. Puis présentement la seule chose qu'ils entendent sur la maternelle quatre ans, c'est des histoires d'horreur : il ne va pas y avoir de locaux, ils ne vont pas
être capables d'embarquer dans l'autobus, ils vont... écoute, ça ne finit plus. Maintenant, je ne
regarde même plus les articles sur la maternelle quatre ans, c'est tellement
négatif. Puis ce n'est pas pour dire que je
vais choisir la maternelle quatre ans pour tous mes enfants, mais pour l'enfant
qui en a le besoin, c'est bon de l'avoir.
M. Roy (Kévin) : Je peux
compléter?
Mme Payne (Corinne) : Oui, oui.
M. Roy (Kévin) : Pour prendre
un exemple terre à terre, nous, on voit ça un peu comme un menu, tu sais, au restaurant. Donc, je vais y aller avec le
McDonald, O.K., le McDo. Tu sais, mes enfants, ils prenaient toujours un
Joyeux festin croquettes, O.K., jusqu'à tant
qu'ils découvrent qu'il y a un autre choix possible, il y a le choix du
cheeseburger ou du grilled cheese. Il y a d'autres choix possibles. Donc, chez
nous, les parents, on ne peut pas être contre un deuxième choix, tu sais, tant qu'il reste optionnel. Mais ce qui
est important, c'est que les parents aient toute l'information, puis la
bonne information.
Donc, il y a
un choix qui existe, qui est là puis qui fait bien à tout le monde, puis tout
le monde... bien, ce qu'on entend, c'est que ça répond aux besoins de tout le
monde. Mais on ne peut pas être contre l'ajout d'un autre service qui peut
apporter des services différents pour les
enfants qui ont des besoins différents. Mais, quand les parents ne le
connaissent pas, ce service-là, donc c'est difficile de faire le choix. Ça fait
qu'on ne peut pas être contre l'ajout d'un autre Joyeux festin au menu,
je vais y aller comme ça.
Le Président
(M. Asselin) : Il vous reste une minute.
M. Roberge : J'adore votre
allégorie. Je comprends qu'on a besoin de plus d'information, il faudrait
peut-être que cesse la désinformation. Ça
serait plus facile pour les parents juste de regarder ce qu'il se passe plutôt
que de faire le ménage entre la
campagne de peur et la vérité, etc., que chaque réseau explique ce qu'il se
passe dans son réseau, puis les parents fassent un choix éclairé.
Une dernière
très rapide. Avez-vous évalué la satisfaction des parents dont les enfants
fréquentent en ce moment la maternelle quatre ans?
M. Roy
(Kévin) : Le sondage éclair, qui était disponible à tous sur nos
réseaux sociaux, qu'on a fait en février dernier, il y a... 67 % de nos répondants avaient
envoyé ou avaient des enfants qui fréquentaient le CPE, donc, puis le deux
tiers, en fait, de nos parents, de
nos répondants aussi ont répondu qu'ils choisiraient le CPE en premier. Donc,
on peut s'attendre que c'est les parents qui fréquentent les CPE, on peut dire,
on peut interpréter notre sondage en disant qu'ils recommanderaient, ça
serait leur choix, en fait, pour les enfants.
M. Roberge : Dans le fond, le
programme est tellement nouveau que vous n'avez pas une masse critique de parents qui ont essayé le service de maternelle
quatre ans pour en parler. Mais qu'ils soient satisfaits de l'offre des
services des CPE, tant mieux, mais il
n'y a pas suffisamment de parents qui sont capables de parler de la maternelle
quatre ans. C'est ça, l'affaire.
Président (M. Asselin) :
Je vous arrête, le temps est présentement écoulé. Alors, je vous remercie
beaucoup, M. le ministre. On va laisser la parole à la députée de
Saint-Laurent pour 10 min 40 s. À vous la parole.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Merci beaucoup, M. le Président. Je me permets de souligner la présence de Liberté éducative des parents, qui font l'école à
la maison, qui sont ici dans la salle aujourd'hui, parce qu'on parle de libre
choix, puis c'est triste que des gens comme
eux se battent pour avoir une rencontre avec le ministre de l'Éducation puis
qui aimeraient vraiment être entendus sur le
libre choix réel. Mais, à défaut d'être entendus, vous êtes vus, alors,
bonjour. Bonjour aussi à M. Roy, à Mme Payne et... désolée...
M. Rioux. Bienvenue parmi nous.
Vous avez
donné l'exemple du McDonald pour comparer le réseau de l'éducation. Je vais
prendre votre exemple, pas que ça aurait été le mien, mais j'aime bien
votre exemple. Quand vous allez au McDonald avec votre enfant, vous sortez votre portefeuille, votre enfant va choisir
soit son Joyeux festin ou, peut-être plus aventureux, va prendre un MacPoulet.
Mais vous comprendrez que McDonald, de leur côté, ils attendent votre choix, le
choix de l'enfant avant de sortir la marchandise
du frigidaire, du congélateur, donc il n'y a pas vraiment de pertes. Que votre
enfant choisisse le Joyeux festin ou un MacPoulet, ils vont sortir la
boulette, soit la boulette de viande, soit la boulette... la McCroquette pour
l'enfant.
Mais, si on
prend votre exemple, puis qu'on le met dans le réseau de l'éducation publique,
et que, là, je sors les deux
boulettes en même temps, puis que je fais chauffer les deux boulettes en même
temps, puis votre enfant veut peut-être tester les deux, prend une
bouchée dans la boulette puis une autre bouchée dans la McCroquette, est-ce que
ça se peut que, là, en ce moment, nos
ressources, on vient de les diviser en deux puis qu'il peut peut-être y avoir
des ressources qui ne seront pas utilisées à leur plein potentiel?
M. Roy
(Kévin) : Tu sais, nous, on ne défend pas un service ou l'autre, on
défend vraiment le libre choix des parents, ça fait que sortir...
Mme Rizqy :
...votre exemple, M. Roy, parce qu'il est très pertinent, votre exemple.
Vous prenez un exemple où est-ce que...
à savoir, oui ou non, la ressource, là... parce que les besoins, là, on va
s'entendre, on est tous d'accord que les besoins sont illimités puis on
veut tous le libre choix. Mais les ressources, par définition, sont limitées.
Vous-même vous l'avez dit ici quand vous êtes venu lorsqu'on
a fait l'étude du projet de loi n° 12, qui portait sur les frais facturés aux parents, vous l'avez dit vous-même : Les parents, tout pourrait être gratuit, on ne peut pas. Vous l'avez dit,
ça venait de votre bouche.
Maintenant,
moi, je reprends votre exemple, des croquettes, le Joyeux festin, est-ce que
vous êtes d'accord qu'il est possible qu'avec le budget qu'on
a peut-être on ne pourra pas offrir autant la croquette que la boulette et que,
par conséquent, il faut peut-être
déployer les maternelles quatre ans d'abord et avant tout en milieu défavorisé et où est-ce
qu'il y a d'autres besoins? Et,
lorsqu'il a trait de milieu défavorisé, peut-être que la priorité, c'est
de revoir l'indice de défavorisation, qui n'a pas été revu, pour vraiment
coller l'indice de défavorisation avec le portefeuille réel des parents et non pas leur code postal. Parce qu'on sait, en
ce moment, on regarde la scolarisation de la mère, entre autres choses, ainsi que leurs
revenus, et malheureusement ce n'est pas un portrait réel de la situation,
et on utilise un code postal au lieu d'utiliser le revenu net du parent.
Alors,
pensez-vous que, si on a 2 milliards
de dollars à investir en éducation,
on pourrait d'abord et avant tout aller plus vers le service? Et vos parents mentionnent
qu'eux priorisent les CPE. Est-ce qu'on devrait aussi continuer à offrir
l'offre de services CPE et ajouter les maternelles quatre ans pour les
enfants plus défavorisés?
M. Roy
(Kévin) : On pense que le
choix devrait être disponible à tous les parents, peu importe, comme vous
l'avez dit, le code postal, puis on s'attend à ce que les ressources
soient là. Parce que, si on veut que les parents fassent un libre choix, un choix éclairé, il faut que les services
soient comparables, ça fait qu'il faut que les services soient équivalents un
avec l'autre, ça fait qu'il faut que les ressources soient là. Puis
vous avez parlé du choix des maternelles
quatre ans, donc juste en
complément, là, je me permets de retourner au sondage qu'on a fait pour
compléter mon intervention de tantôt. Dans
notre sondage, il y avait 6 %
des parents qui... leur enfant avait fréquenté la maternelle quatre ans, puis
les répondants ont dit à 12 % qu'ils choisiraient la maternelle
quatre ans en premier. Donc là, on voit qu'il y a seulement 6 % qui ont fréquenté, mais ça génère quand même un 12 %
des parents qui enverraient leur jeune à la maternelle quatre ans si c'était
disponible, donc...
Mme Rizqy : Vous avez aussi
d'autres chiffres qui préfèrent le CPE, mais, moi, mon objectif, ce n'est pas
de savoir... je reste encore dans mes
questions de libre choix, parce que c'est important, ce que vous soulevez avec
votre exemple de McDonald, qui est fort éloquent. Lorsque vous parlez de
libre choix, donc, vous, ce serait un parent, un enfant peut choisir, autant maternelle quatre ans, CPE,
donc il faudrait qu'il y ait une offre de choix pour les deux. Donc, il y a
environ 83 000 naissances par
année au Québec, 83 000 naissances, donc 83 000 places en CPE, 83 000
places en maternelle quatre ans. Est-ce que c'est ça, avec l'exemple du
McDonald, qu'on fait?
M. Roy
(Kévin) : Il faut qu'il y ait le choix, il faut qu'il y ait la
disponibilité pour ces places-là. On le dit, pour faire un choix réel,
il faut qu'il y ait la disponibilité. Donc, comme c'est le cas présentement,
les classes, les commissions scolaires
adaptent les groupes à la grosseur de la cohorte qu'ils vont avoir, donc
j'imagine que ça va être comme ça encore.
Mme Rizqy : Juste pour bien
comprendre, est-ce que votre souhait puis est-ce que vos membres... parce que, quand moi, je lis le sondage, ce n'est pas ce que
j'en décèle, là, mais peut-être que vous, vous avez parlé à plus de personnes
pour mieux comprendre. Est-ce qu'ils
voudraient avoir 83 000 places en CPE et 83 000 places de disponibles
en maternelle quatre ans pour réellement avoir le libre choix? Est-ce
que c'est ça...
M. Roy
(Kévin) : Si les 83 000 parents qui ont des enfants d'âge de
quatre ans veulent aller en CPE, ils devraient avoir la place
disponible. Si on veut avoir un réel choix, c'est ce qu'il faut avoir. Puis là
on parle de CPE, maternelle quatre ans, mais
je pense aussi à Passe-Partout, je pense aux gens en arrière, à l'école à la
maison, je pense au milieu familial.
Mme Rizqy : ...répondez bien à
ma question.
Mme Payne
(Corinne) : Je pense qu'on ne
peut pas avoir deux places pour chaque enfant, on va dire les vraies affaires.
En même temps, rendu quand chaque enfant arrive à cinq ans ou six ans... on va
dire six ans parce que cinq ans, ce n'est pas obligatoire non plus, malgré que
90 % des enfants y vont à cinq ans, mais, quand un enfant arrive à six
ans, il faut qu'on lui trouve une place pour entrer à l'école.
Mme Rizqy : Oui, absolument.
C'est pour ça que la
Loi sur l'instruction publique s'assure de cela, hein?
Mme Payne (Corinne) : Tout à
fait.
Mme Rizqy : Mais revenons juste aux maternelles quatre ans, CPE, si vous le permettez, parce qu'on n'est pas
vraiment sur les sixième année, on est vraiment
sur l'enjeu des quatre ans. Tantôt, on a parlé de la publicité, est-ce que vos membres sont au courant? Puis est-ce qu'il y a
un tableau qui dresse bien la différence entre une place, par exemple, en CPE, une place en maternelle quatre ans ou en milieu familial régi? Le ministre parle de
faire de la publicité. Moi, je n'ai aucun problème avec la publicité en
autant que l'information réelle et factuelle soit disponible.
Est-ce
que vos membres sont au courant que, par
exemple, en matière de CPE, la
limite, c'est 80 enfants, mais que, par
exemple, dans nos écoles, en ce
moment, la moyenne est autour de 370, mais, pour avoir visité plusieurs
écoles, il y a des écoles
primaires avec des élèves de 1 000 élèves? Est-ce que ça, c'est, par
exemple, une préoccupation que vous entendez?
Parce qu'au-delà de savoir que la salle de bains ne sera pas adaptée, peut-être
qu'il y a des parents qui vont être préoccupés de savoir que leur enfant
va aussi fréquenter un milieu de vie avec beaucoup plus de monde et que, là,
son degré pour développer d'autres
compétences, comme par exemple s'attacher, s'ouvrir sur les autres est
peut-être plus difficile dans un milieu de vie avec 1 000 élèves
versus 80 maximum.
M. Roy (Kévin) : Vous avez
parlé de campagnes de promotion. Moi, ce n'est pas ça que les parents... ce
n'est pas ça qu'on dit dans notre mémoire,
ce n'est pas ça, notre recommandation, c'est des campagnes d'information. En
fait, il faut que ça soit neutre, il faut que les deux réseaux... puis
il ne faut pas que ça soit en concurrence un à l'autre. Puis même que notre... Un, les parents ont dit :
Il faudrait que l'information vienne d'une même voix pour pouvoir bien faire
les comparables. Puis, non, les parents ne
sont peut-être pas au fait du maximum possible dans chacun des réseaux, mais
ils sont certainement au fait des ratios,
présentement, dans les écoles versus les CPE, ils sont au fait des choses plus
terrain, qui sont plus connues, qui sont plus diffusées, mais ce serait important
que la diffusion de l'information soit là pour que les parents puissent
avoir vraiment le réel libre choix.
Mme Rizqy : ...parce qu'il y a
eu une campagne qui a été faite de publicité sur Facebook par le ministère de l'Éducation, mais il n'y a pas eu de campagne qui
a été faite par le ministère de la Famille. Est-ce que vous, vous trouvez... Vous parlez de complémentarité et que les deux
services soient offerts. En ce moment, le ministre de la Famille... d'ailleurs,
ma collègue de Westmount—Saint-Louis, elle me l'a mentionné plusieurs fois,
ils ne se parlent pas. Le ministre de la Famille siège sur 57 tables interministérielles, mais aucune pour les
maternelles quatre ans. Est-ce que, pour vous, ça, c'est normal?
M. Roy (Kévin) : Nous, on n'est
pas dans la régie interne de comment ça se passe, mais on souhaite que les deux
réseaux... les réseaux se parlent puis communiquent. La méthode de le faire, ça
vous appartient, ça appartient aux parlementaires.
Mais nous, pour assurer la complémentarité, il faut que les deux réseaux se
parlent, il faut qu'il y ait des échanges.
Mme Rizqy : Tantôt vous avez
mentionné que vous aimez... que vos parents vous ont dit que le ratio, c'était important, l'étendue d'heures, c'était important,
l'infrastructure, c'était important. J'avais l'impression qu'ils décrivaient
un CPE.
M. Roy
(Kévin) : Oui, bien, on l'a dit, en fait, les parents, ce qu'ils
connaissent présentement, c'est le réseau des CPE, leurs enfants, ils sont allés là. Ils viennent après à la
fédération, ils fréquentent le réseau scolaire et ils deviennent les parents qu'on représente. Donc, c'est ce qu'ils
connaissent, c'est ce qui va bien en général. Donc, c'est les bases qu'ils
prennent pour mettre leurs conditions, en fait, pour le déploiement des
maternelles quatre ans.
Mme Rizqy :
O.K. Tantôt, vous avez aussi mentionné... vous m'avez fait sourire,
Mme Payne, parce que vous disiez qu'il
y avait eu une campagne d'horreur dans les journaux. Vous n'êtes pas sans
savoir qu'évidemment les journalistes font leur travail de journalisme d'investigation, que c'est toujours factuel
et que, dernièrement, on a même eu un rapport qui a sorti, qui a été
rédigé par la Dre Mylène Drouin, qui dresse un portrait des maternelles
cinq ans où est-ce qu'il y avait beaucoup de
vulnérabilités. Alors, je comprends que, là, vous n'ouvrez plus les journaux,
mais j'espère que vous lirez le rapport
de la direction régionale de la santé publique, qui dresse un portrait assez
important pour les maternelles cinq ans. Parce que, tantôt, vous l'avez mentionné que, même si vous aimeriez
avoir deux choix, mais vous êtes consciente que les ressources sont limitées. Alors, lorsqu'on a
2 milliards à investir dans le réseau de l'éducation, c'est important de
le faire avec un plan. Et, nous, nos
réticences, c'est qu'en ce moment on n'a pas encore le plan. Alors, c'est pour
ça qu'on l'attend avec beaucoup de
patience à ce jour, ce plan, parce que déployer des maternelles quatre ans,
c'est important, mais il faut le faire correctement et s'assurer que, lorsqu'on
dépiste des troubles, un, on peut le faire bien avant quatre ans, mais de
s'assurer qu'il y a le service. Et je pense que vos parents, c'est ce qu'ils
veulent aussi, c'est le service une fois qu'un trouble a été dépisté.
Mme Payne
(Corinne) : Si vous le permettez, je vais vous dire que, cette année,
je pense qu'on a un plan plus que jamais
pour les maternelles quatre ans de cette année qui s'en vient. On a eu des
informations plus tôt que jamais. Habituellement, ça arrive à la fin de
juin...
Président (M. Asselin) :
Malheureusement, le temps pour cette
discussion-là est écoulé. Je laisse la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je vais reprendre,
moi aussi, l'analogie du menu, que je trouvais intéressante. Parce que,
dans votre... parmi les recommandations que vous faites, là, il y a
celle, la numéro 11, «que
l'offre des maternelles quatre
ans en milieu scolaire respecte le principe du libre choix des parents et que
celui-ci puisse être exercé sans contrainte ni pression». Je ne sais pas si vous partagez mon analyse, mais, moi, il
me semble que c'est quand même une contrainte si une des options au menu est affichée, mais n'est pas
disponible, tu sais. Si on souhaite choisir quelque chose et qu'il n'y a pas
de place disponible, c'est une contrainte. Le gouvernement la nomme lui-même en
disant que c'est une contrainte qu'il y ait des parents qui veulent la maternelle quatre
ans mais n'y ont pas accès. Moi, ce que je constate, c'est qu'il y a aussi
des parents qui souhaitent d'autres types de
milieux de garde et qui n'y ont pas accès non plus. Donc, j'aimerais vous
entendre là-dessus.
M. Roy (Kévin) : Vous avez quand même bien
résumé, mais pour qu'ils aient le libre choix, en fait, il faut qu'ils aient accès au service qu'ils vont
choisir. Puis on ne dit pas de déployer 83 000, le chiffre, je pense, qui était... dans chacun des côtés. Je
pense qu'on est capables de réfléchir puis de regarder vers où on s'en va,
faire des estimations pour ouvrir le bon nombre de places dans chacun
des réseaux.
Mme Labrie :
...faudrait déployer parallèlement plus de places aussi dans le réseau de la
petite enfance?
M. Roy
(Kévin) : Pour qu'ils aient le libre choix, oui. Pour que le choix
soit...
Mme Labrie :
Oui? Parfait. Vous dites aussi que toute l'information doit être transmise aux
parents pour qu'ils puissent faire un choix
éclairé. Est-ce que, pour vous, ça
inclut de l'information, par
exemple, comme les tarifs du service de garde, le nombre de jours de
service par année?
M. Roy
(Kévin) : Oui, oui, certainement.
Mme Labrie : Ça devrait être transmis aux parents, parfait.
Puis aussi une de vos recommandations, la numéro 14, c'est concernant le ratio.
Vous proposez que le ratio soit le même que celui en CPE, donc c'est un pour
M. Roy
(Kévin) : Un pour 10, puis en tout temps, donc.
Mme Labrie :
En tout temps?
M. Roy
(Kévin) : Ce n'est pas précisé, mais qui est précisé dans notre
mémoire, donc.
Mme Labrie :
Donc, vous incluez les services de garde, également, vous pensez que ça devrait
être...
M. Roy
(Kévin) : En tout temps
pendant les heures de services éducatifs, donc, en tout temps qu'il y ait...
Si le groupe est de 20, bien, qu'il y ait deux adultes en tout temps
pendant les heures de services éducatifs.
Mme Labrie : Parce qu'en
ce moment en service de garde, donc, au début et en fin de journée, c'est un pour 20, le ratio, et, sur l'heure du dîner, parfois c'est
un pour 60 pour la surveillance du dîner. Donc, vous pensez que ça devrait être
également un pour 10 pour les enfants du préscolaire, de quatre ans?
M. Roy
(Kévin) : Bien, peut-être pas dans les services de garde, on ne s'est
pas rendus jusque-là, mais, dans les heures de classe, quand l'enfant est dans
la classe de maternelle quatre ans, là, les parents ont demandé un ratio de un pour 10, effectivement, le même qu'en CPE.
Mme Labrie :
Parfait. Parfait. Est-ce qu'il me reste...
Président (M. Asselin) : 10 secondes.
Mme Labrie :
Bien, je vous remercie beaucoup d'être venus ce matin.
Président (M. Asselin) : On avait seulement
2 min 40 s. On a encore 2 min 40 s avec la
députée de Joliette.
Mme Hivon :
Merci beaucoup. Pouvez-vous juste me dire, la consultation que vous avez faite,
c'est environ 2 000 répondants?
Mme Payne
(Corinne) : 1 000, 1 000.
Mme Hivon :
1 000? 1 000 répondants, O.K., parfait, de partout au Québec, il n'y
a pas de... Parfait.
M. Roy
(Kévin) : Oui, c'est ça,
c'était ouvert à tous, on a fait ça... Avant d'avoir un projet de loi, ce sondage-là était vraiment
plus large puis était juste pour meubler des réflexions, des discussions
en vue du conseil général qu'on a eu en avril, donc c'était plus
introductif, se faire une idée là-dessus puis commencer à travailler.
Mme Hivon : Je pense que, en tout cas, c'est une information qu'il est pertinent d'avoir, parce que le ministre
parle beaucoup du libre choix, et donc, si le gouvernement veut être dans cette optique-là du libre choix, je pense qu'il faut
écouter les parents si c'est ça, la logique qui est de l'avant.
Donc, mes collègues
en ont parlé, c'est sûr que nous, on est d'avis que, pour avoir un vrai libre
choix, ce n'est pas juste de
dire : On va offrir la maternelle
quatre ans à tous les enfants, mais
c'est : On va offrir aussi les CPE aux parents qui souhaitent
les CPE, parce que, je le rappelle, il
y a moins du quart des enfants de
quatre ans qui fréquentent un CPE, alors que, même quand on regarde votre
sondage, il y a beaucoup plus de parents qui souhaiteraient avoir une
place aussi en CPE.
Mais
moi, j'aimerais sortir un peu de ce débat-là et vous demander : Vous, là,
comme représentants des parents, pas maternelle quatre ans, CPE,
tout ça, mais votre besoin prioritaire, ce que vous estimez qui est la chose la
plus importante en ce
moment pour les enfants, si vous
aviez le choix de dire : Nous, c'est là qu'on veut investir, est-ce que
c'est réduire les ratios enseignant-enfants? Est-ce que c'est d'avoir
plus de spécialistes? Est-ce que c'est d'avoir des plus belles écoles?
Qu'est-ce que les parents vous disent? Qu'est-ce qui serait leur priorité?
M. Roy
(Kévin) : Il faut qu'on
ramène les discussions à la base, tu sais, qui est, tu sais, la réussite
du plus grand nombre. En fait, moi,
j'irais même dire la réussite de tous les élèves selon leurs capacités ou selon
ce qu'ils sont... Il faut amener les enfants au plus loin qu'ils sont
capables d'aller, chacun des enfants. Il faut adapter nos services pour ça. Sans y aller précis, tu sais, aller mesure par
mesure, mais il faut faire en sorte que l'ensemble des mesures servent... que
l'objectif reste le même : la réussite de nos élèves, de nos enfants.
Hivon : Il n'y a
pas une demande qui vient plus souvent de la part des parents, de dire :
On trouve qu'il y a beaucoup
d'enfants dans la classe, ou on trouve que c'est difficile, des fois, d'avoir
des services, ou, au contraire, on voudrait qu'il y ait de l'école à
quatre ans? Tu sais, il n'y a pas quelque chose qui revient plus souvent chez
les parents, comme préoccupation?
Mme Payne
(Corinne) : En représentant tous les parents du Québec, tout
le monde a un besoin différent, alors
c'est, on peut dire, en compétition
entre eux autres pour c'est quoi... on veut que chaque enfant ait les services
a qu'il a besoin.
Président (M. Asselin) : Mme Payne, M. Roy,
M. Rioux, je vous remercie beaucoup de votre contribution.
Nous
suspendons nos travaux jusqu'à environ 16 h 15, et puis on continue d'être à
l'écoute de votre point de vue. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
11 h 29)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il
vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je vous demande de
bien vouloir éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
Nous
poursuivons les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et d'autres
dispositions à l'égard des services de l'éducation préscolaire destinés aux
élèves âgés de 4 ans.
Cet après-midi, nous allons
débuter nos consultations avec les représentantes du Conseil supérieur de l'éducation. Je vous souhaite la bienvenue à votre Assemblée
nationale. Vous disposez d'une période de temps de 10 minutes pour votre
présentation et, par la suite, vous aurez
l'occasion d'échanger avec les élus. Et je vous demanderais, pour les fins d'enregistrement,
de bien vouloir mentionner vos noms et fonctions. Sans plus tarder, la parole
est à vous.
Mme Lassonde
(Maryse) : Parfait. Merci. Je
suis Maryse Lassonde, présidente du Conseil supérieur de l'éducation, et je suis accompagnée de Mmes Christina
Vigna, secrétaire générale, et Marina St-Louis, agente de recherche au
conseil. M. le Président de la commission, je peux commencer?
Président (M. Tanguay) : Je vous en prie.
Mme Lassonde
(Maryse) : Bon, alors, M. le
Président de la commission, M. le ministre, Mmes et MM. les députés membres de la commission, depuis maintenant 55
ans, le conseil est un observateur attentif des changements qui surviennent au
sein de la société en éducation. Dans sa fonction de conseil auprès du ministre
et en tant qu'organisme indépendant de consultation
et de réflexion en vue du développement d'une vision globale et prospective de
l'éducation, le conseil s'est prononcé
à maintes reprises sur l'importance de la qualité et l'accessibilité des
services offerts aux enfants et sur la nécessité de s'adapter à leurs
besoins.
réalisation du présent mémoire s'appuie sur
les écrits antérieurs du conseil mais aussi sur la littérature scientifique récente et les délibérations de ses instances
concernées par le sujet, soit la Commission de l'éducation préscolaire et de
l'enseignement primaire et la table du conseil.
Avant
de partager avec vous les deux principaux messages du mémoire déposé devant la
commission, je tiens à préciser que les
propos du conseil ne cherchent pas à trancher le débat actuel sur la question
des maternelles quatre ans et des
services de garde éducatifs à l'enfance. La contribution du conseil s'efforce plutôt de mettre en avant les
besoins et caractéristiques des enfants de quatre ans ainsi que les enjeux
liés à la qualité et à l'accessibilité des services qui leur sont offerts.
Deux
messages principaux se dégagent de notre mémoire. Le premier est un
message dans lequel le conseil accueille favorablement l'intention du législateur
d'intervenir tôt auprès des enfants tout en saluant l'intention poursuivie de
mieux prendre
en compte les besoins des tout-petits. Le second est un message reflétant une
certaine inquiétude liée à la qualité des services offerts, à la transition
vers la maternelle quatre ans et à la conciliation
travail-famille-études. Permettez-moi
de clarifier notre position à ces égards.
Au niveau des bénéfices, rappelons que l'Enquête québécoise sur le développement des
enfants à la maternelle de 2017 montre qu'un peu plus d'un enfant sur
quatre présente une vulnérabilité dans au moins un des cinq domaines de développement suivants : santé physique et bien-être, compétences
sociales, maturité affective, développement cognitif et langagier et habilités de communication et connaissances générales. Cette proportion tend à augmenter avec le
degré de défavorisation dans lequel
les enfants grandissent. Des services éducatifs de qualité peuvent avoir des
effets bénéfiques sur le développement des enfants, particulièrement
pour les populations vulnérables. Intervenir tôt peut réduire les écarts et
favoriser l'égalité des chances.
Dans
ce contexte, le conseil reconnaît que l'accès à une maternelle quatre ans en
fonction de la seule distribution géographique de la pauvreté comporte
des limites intrinsèques. En effet, la vulnérabilité ne saurait se limiter au
milieu économique où vit la famille. L'universalité permettrait également à
certaines familles de ne pas craindre un effet de stigmatisation. Et en outre
il apparaît que les familles à faibles revenus ont moins tendance à recourir à
des services éducatifs. De plus,
l'universalité de la maternelle quatre ans assurerait le droit de tout enfant
de recevoir des services éducatifs personnalisés sans égard à la présence de
handicaps ou de troubles comportementaux. Enfin, l'universalité de ce service
est également soutenue par une volonté
sous-jacente du gouvernement du Québec d'intervenir tôt auprès des enfants qui
semblent présenter des vulnérabilités. Voilà pour les bénéfices.
Passons
aux enjeux, dont le premier identifié par le conseil concerne la qualité. Au
Québec, deux études récentes apportent un éclairage sur la qualité des
maternelles quatre ans. La première, menée par l'équipe de Japel, a examiné la
qualité de l'environnement éducatif en maternelle quatre ans sur un échantillon
de 304 enfants. Il s'en dégage, et je cite, «que la qualité de
l'environnement éducatif est généralement très basse avec des lacunes marquées
en ce qui a trait au mobilier et à
l'aménagement des lieux, aux soins personnels, à la stimulation du langage et
du raisonnement, aux activités offertes, aux interactions et à la
structure du service». La seconde étude, menée par April et collaborateurs
auprès de 415 enfants, rapporte des
résultats plus positifs, bien qu'il ait été difficile de trouver un soutien à
l'apprentissage de qualité élevée dans les écoles échantillonnées.
Rappelons que
récemment, soit en 2019, le Fonds des Nations unies pour l'enfance indiquait
que la qualité du service éducatif peut
exercer une influence sur le développement de l'enfant. Or, le conseil perçoit
des enjeux de qualité au regard du
ratio, du programme éducatif et de la formation initiale et continue du
personnel eu égard à la maternelle quatre ans.
Concernant le ratio,
même si a priori aucun consensus n'a été établi quant à l'effet de la taille du
groupe sur la réussite, leur effet chez les
jeunes enfants et ceux qui sont plus vulnérables que les autres est de plus en
plus documenté et se révélerait
positif. Dans cette optique, les ratios actuels en classe et au service de
garde en milieu scolaire nous apparaissent préoccupants,
particulièrement dans les milieux socioéconomiquement défavorisés, même avec le
soutien à mi-temps d'une ressource qui accompagne le personnel enseignant.
ce qui concerne le programme éducatif, bien qu'il soit de plus en plus admis
que le développement du langage apparaît comme un prédicteur de la réussite
ultérieure, ce développement ne se fait pas isolément. Le conseil souscrit
à l'approche de développement global où toutes les dimensions ont leur
importance pour le développement de l'enfant. Le
conseil rappelle d'ailleurs que, dans une perspective d'éducation inclusive,
tout doit être mis en oeuvre pour permettre à l'enfant de développer son plein
potentiel, quel que soit ce potentiel. Le conseil insiste également sur le fait
que l'apprentissage au préscolaire
doit être basé sur le plaisir, la découverte et le jeu, éléments essentiels et
constitutifs des droits fondamentaux de l'enfant.
Évidemment,
afin de soutenir la qualité des processus, la formation initiale et continue de
l'ensemble du personnel intervenant auprès des enfants doit pouvoir mener à des interactions de qualité basées sur la
connaissance du développement des
enfants de cet âge. Au niveau universitaire, afin de bien considérer les
particularités du préscolaire, il importe d'augmenter le nombre de cours
portant particulièrement sur celui-ci et d'instaurer un stage obligatoire à cet
ordre d'enseignement.
deuxième enjeu porte sur la question de la transition vers la maternelle quatre
ans. Pour être harmonieuse, la transition doit se baser, entre autres, sur la collaboration entre les différentes personnes intervenant auprès des enfants
et sur la préparation de l'école à recevoir
l'enfant et sa famille. Quant à l'organisation des services, elle doit notamment
pouvoir favoriser cette collaboration.
conseil observe toutefois que la complémentarité des services et la
concertation entre le réseau de la santé et des services sociaux et le réseau de l'éducation posent des défis dans
plusieurs milieux. L'arrivée des enfants de quatre ans pourrait exercer une pression supplémentaire sur
le réseau scolaire si le réseau de la santé et des services sociaux interrompt
les services spécialisés au moment où l'enfant entre à l'école.
ailleurs, le conseil se questionne sur les répercussions qu'un déploiement
universel des maternelles quatre ans peut
avoir sur la pérennité d'autres services qui contribuent à répondre aux besoins
spécifiques des populations vulnérables, comme le service d'animation
Passe-Partout.
Enfin,
le dernier enjeu concerne la conciliation travail-études-famille. La
fréquentation de la maternelle quatre ans implique le recours au service de
garde en milieu scolaire et à la garde estivale pour nombre de familles, étant
donné que l'école offre des services éducatifs gratuits à l'intérieur de
plages horaires restreintes. Or, le conseil est d'avis que la contribution financière requise des parents pour
ces services peut constituer un frein à leur accès. Il constate également que
la présence des services de garde en milieu
scolaire n'est pas encore garantie dans tous les établissements,
particulièrement hors de la région de
Montréal. Il semble en outre que les activités offertes par les camps de jour
et les terrains de jeu des municipalités ne sont pas toujours adaptées
aux besoins des enfants de quatre à six ans.
Ainsi,
pour toutes ces raisons et considérant les réalités variables d'un milieu à
l'autre, le conseil convie le législateur à offrir la maternelle quatre ans en fonction des besoins et des
demandes des milieux et selon les ressources professionnelles, matérielles et financières disponibles. Il recommande
d'accompagner les milieux dans un déploiement progressif des maternelles quatre ans et de mettre en oeuvre les
conditions relatives, un, à la qualité structurelle, soit la taille du groupe,
la formation du personnel, deux, à la qualité des processus, soit la qualité
des interactions entre l'intervenant et l'enfant, soutien par le jeu,
relation avec les parents, trois, à un accès équitable au service de garde en
milieu scolaire et à des services de garde
estivale de qualité afin de favoriser la conciliation travail-études-famille,
quatre, à l'augmentation du recours à ces services par les populations vulnérables et à la mise en place de
services appropriés à leurs besoins spécifiques et enfin, cinq, à
l'amélioration continue de la qualité de ces services.
résumé, si le conseil reconnaît l'intention de certains objectifs de ce projet
de loi, il soulève des questions sur les enjeux inhérents à un déploiement
universel des maternelles quatre ans, que ce soit quant à la qualité des
services, à la transition vécue et à conciliation
travail-études-famille.
ailleurs, le conseil tient à rappeler que l'État, en tant que responsable de
l'éducation, considérée comme bien commun,
doit faire en sorte que les services dispensés soient accessibles et de
qualité. Le conseil insiste sur l'importance pour le gouvernement du Québec de mettre en place des mesures qui visent
à assurer une concertation entre les services offerts par le ministère de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur, le ministère de la Famille et le ministère de la
Santé et des Services sociaux afin de rendre accessibles les ressources
professionnelles, matérielles et financières nécessaires au développement du
plein potentiel de chaque enfant.
le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés membres de la commission,
je vous remercie de votre attention.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup, et nous allons maintenant
débuter la période d'échange, et, pour un premier bloc de
16 minutes, je cède la parole au ministre de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. Bonjour, Mme la présidente. Bien content
d'échanger avec vous. J'aime bien que vous manifestiez à la fois une adhésion à
cette idée de déployer le service, mais toujours avec une préoccupation
de qualité de services. Parce que déployer pour déployer, ce n'est pas
intéressant, ce n'est pas un objectif en soi, il faut évidemment que les services de qualité soient au rendez-vous, donc
formation des accompagnateurs, mais aussi programmes de formation,
lieux, espaces, mobilier. On se rejoint.
vois qu'une de vos préoccupations que je retrouve autant dans votre rapport que
dans votre allocution, c'est l'idée que
ça pourrait exercer une pression supplémentaire soit sur le réseau scolaire
soit sur le réseau de la santé. Donc, à cet égard-là, est-ce que vous pensez que la mise en place, qui commencera
incessamment, du programme Agir tôt, qu'on met en place en synergie, là, à trois ministres, trois ministères, ministre
délégué à la Santé, le ministre de la Famille, moi-même, pour intervenir
très, très tôt, bien, même avant les quatre ans, pour à la fois les retards de
développement et les troubles neurologiques,
ça démontre qu'on ne déshabillera pas... est-ce que vous trouvez que c'est une
démonstration suffisante qu'on ne déshabillera pas le réseau de la santé
pour habiller le réseau de l'éducation?
Mme Lassonde (Maryse) : C'est certainement une très bonne initiative.
Pour mieux refléter, je pense, les discussions qui ont eu lieu autour de la commission, je vais demander à
Mme St-Louis, peut-être, de vous préciser ce qui vraiment posait
problème, finalement, ou ce qui inquiétait la commission et le conseil par la
suite.
Mme St-Louis (Marina) : Ce que les personnes de la Commission de
l'éducation préscolaire et de l'enseignement primaire nous ont fait valoir, c'est qu'une fois que les enfants de
quatre ans entrent à l'école parfois le système de santé, un peu, se
dégage de certaines évaluations, et c'est au réseau de l'éducation à prendre en
charge ces évaluations et la concertation des services.
M. Roberge :
O.K. Bien, je vous rassure tout de suite que ce n'est pas notre intention du
tout, du tout. On sait bien que ça commence à la naissance, comme l'a
dit, d'ailleurs, au salon bleu mon collègue le ministre délégué à la Santé il y a peut-être une heure, deux heures. On pense
qu'il faut faire du repérage. Pas toujours du diagnostic, nécessairement,
mais à tout le moins du repérage et de
l'intervention très, très tôt pour agir tout de suite, autant pour aider les
éducatrices qui les accompagnent lors des services de garde éducatifs à
l'enfance... qui peut peut très bien aller jusqu'à cinq ans, parce que les
parents peuvent faire ce choix aussi de laisser leur enfant dans le réseau du
service de garde éducatif à l'enfance, même
à quatre ans, évidemment, ou bien de le poursuivre une fois que les parents
font le choix de la maternelle quatre ans, si c'est le cas.
vous citez deux études aussi, vous dites «passons aux enjeux», et vous citez un
premier texte, celui de Mme Japel, publié en 2017. Mais il faut le
dire, le rapport Japel se base sur ce qui se passait dans les classes en 2014‑2015.
Puis je trouve ça intéressant que vous l'ayez mentionné quand même parce que,
lors des premières années... Moi, je salue le courage
et la vision du premier gouvernement du Parti québécois, qui a fait adopter ce
projet de loi là, même si ce n'était qu'en
milieu défavorisé. Il y avait quand même une vision là. Malheureusement, il n'y
avait pas les fonds pour aménager les classes, puis ça se reflète dans le
rapport Japel, là. Ça dit : «...la qualité de l'environnement éducatif est
généralement très basse avec des
lacunes marquées en ce qui a trait au mobilier et à l'aménagement des lieux...»
Il faut dire qu'il a fallu attendre
sept années pour que le gouvernement alloue presque 12 000 $, là,
11 000 $ par classe pour aménager les locaux. Donc, on peut penser que, si on faisait un nouveau
rapport dans les classes de cette année, 2018‑2019, et même 2019‑2020, et pour la suite, avec 11 000 $ par
classe pour aménager les locaux et acheter du matériel, je pense que ça
répondrait à la fois à votre préoccupation et celle de Mme Japel.
Mme Lassonde (Maryse) : En fait, il y avait deux éléments dans cette
étude-là. C'est sûr que la maternelle à temps plein donnait de meilleurs
résultats que la maternelle à demi-temps.
Par ailleurs, ce n'était pas que le mobilier, ce
n'étaient pas que les ressources matérielles, il y avait aussi le fait qu'il y avait un problème aussi qui avait été
relevé quant à la stimulation du langage, du raisonnement, quant aux activités
offertes, quant aux interactions aussi entre
éducatrices et enfants. Donc, à cette époque-là, c'est ce qui était rapporté.
Il y avait quand même eu une amélioration dans un domaine, c'était dans le
domaine langagier. Donc, il y avait quand même un aspect positif. Puis elle insistait, en fait aussi, en conclusion,
qu'il fallait vraiment, pour avoir de bons effets, simplement augmenter
la qualité.
M. Roberge :
Tout simplement. Et c'est ce qui s'est fait ces dernières années, il faut le
dire, même sous le précédent gouvernement,
puis c'est ce qu'on veut continuer à faire. On a eu des discussions avec elle
et les membres de mon cabinet, récemment,
puis elle misait beaucoup sur la formation des enseignants, une formation
continue... une formation initiale, mais une formation continue, de même
que sur un programme qui serait encore mieux adapté. Et on met en oeuvre ses recommandations puisque, vous le savez sans doute,
on a mis en place un comité, présidé par Mme Monique Brodeur, pour avoir
un cycle du préscolaire, quatre ans et cinq ans. Qu'est-ce que vous
pensez de cette perspective-là? Non pas d'avoir un programme maternelle quatre ans, un programme maternelle cinq ans,
mais avoir un programme cycle du préscolaire avec une approche mixte.
Puis c'est important de le préciser, une approche mixte, ça veut dire... moi,
j'appelle ça la ludification de l'apprentissage, ça veut dire qu'on y va par le
jeu. Est-ce que c'est une approche, d'après vous, qui est prometteuse et qui
tient compte de la recherche?
Mme Lassonde
(Maryse) : C'est une bonne
approche, certainement. Il ne faut pas oublier par contre, et puis le rapport... le mémoire de l'Ordre des psychologues
du Québec le dit bien, l'enfant de quatre ans est différent de l'enfant de
cinq ans. Il y a quand même cet aspect-là
qui... et c'est un gros pas entre les deux, finalement, parce que le
développement cognitif et social se
fait tellement rapidement à ces âges-là qu'il y a quand même une assez grosse
différence entre les deux. Mais c'est bien de mettre ensemble les
activités d'un cycle préscolaire.
M. Roberge :
Oui, bien sûr, quand on dit «un cycle du préscolaire», ça ne veut pas dire
qu'on voit la même chose à quatre ans et à cinq ans, ça veut dire, justement,
qu'on laisse plus de temps, justement, aux enfants plutôt que d'avoir un
programme par année. C'est beaucoup plus rigide parce qu'on considère qu'un
enfant de quatre ans, c'est comme ça, un
enfant de cinq ans, c'est comme ça. Or, des fois, il y a 11 mois et quelques
semaines entre le plus jeune du groupe et le plus vieux du groupe, hein? Moi, j'ai une grande fille de 15 ans
qui est à peu près la plus jeune de sa classe à chaque année. Plus petite, ça
paraissait plus; plus vieille, ça paraît moins. Mais on le sait bien, donc,
l'idée d'avoir un programme cycle, puis
c'est ce qu'on voit au primaire aussi, je
pense... la perspective derrière l'idée d'avoir des programmes
cycles, c'est de tenir davantage compte des différences de maturité des
enfants.
Mme Lassonde
(Maryse) : Oui, absolument,
c'est parfait, très bien. C'est sûr, encore une fois, on rappelle que le
conseil veut insister beaucoup sur le fait
que c'est tout le développement global de l'enfant qui doit être considéré et
pas seulement le développement
langagier. Parce qu'il y a des tendances parfois, dans certaines écoles, de
vouloir développer surtout le langage, bien... peut-être aux dépens des
autres sphères du développement.
M. Roberge :
Maintenant, vous dites de faire attention, de ne pas aller trop vite, mais d'y
aller quand même. Vous dites : «...pour
toutes ces raisons et considérant les réalités variables d'un milieu à l'autre,
le conseil convie le législateur à
offrir la maternelle quatre ans en fonction des besoins et des demandes des
milieux et — bien
sûr — selon
les ressources professionnelles...» Évidemment, on n'ouvre pas une classe si on
n'a pas de ressources professionnelles, c'est bien évident, c'est pour ça qu'on le fait sur cinq ans, etc.
Donc, vous ne souscrivez pas au fait que, dans la mesure où on a des locaux,
des enseignants et des éducatrices,
évidemment, c'est sûr, mais dans la mesure où on a local, enseignante, éducatrice,
il ne faudrait pas se limiter à déployer la maternelle quatre ans
seulement en milieu défavorisé.
Mme Lassonde
(Maryse) : En fait, bon, il
y a plusieurs aspects à cette question-là. Il n'y a pas que les enfants de
milieux défavorisés qui ont des atteintes, aussi, hein? Donc, les enfants,
donc, de milieux favorisés peuvent aussi avoir des troubles de développement,
donc l'approche universelle peut être très bonne.
Mais on ne parle pas ici que des ressources
professorales, ou enseignantes, ou ressources matérielles, on parle aussi de certains enjeux, également, là, auxquels
il faut faire face, finalement. Et donc, parmi ces enjeux-là, si... juste pour
y revenir, finalement, c'est qu'on a aussi
la question de la transition maternelle quatre ans, bien s'assurer, finalement,
que la relation avec la famille et
l'école, avec la famille et les différents intervenants qui oeuvrent auprès de
l'enfant... que cette relation soit bonne. Donc, ça aussi, c'est un
enjeu.
On a aussi,
finalement, comme enjeu sur... le troisième... j'essaie de revenir là-dessus...
on parle de la qualité aussi, oui, la
transition, puis la conciliation, oui, il y a ça aussi dont il faut tenir
compte. Évidemment, le troisième enjeu qui est très important, la
conciliation travail-études-famille. Il faut aussi en tenir compte, de ça.
Donc, c'est bien d'avoir les ressources, le matériel, les locaux, tout ça, mais
il y a encore des enjeux aussi qu'il faut considérer, finalement.
M. Roberge :
Certaines personnes ont fait valoir un enjeu aussi, celui de la stabilité pour
les enfants, stabilité de lieux puis
aussi d'avoir... pas trop avoir de personnes différentes, là, qui changent,
quoique, évidemment, la garderie, des fois,
on vieillit, on change d'éducatrice. Mais il me semble que c'est assez commun,
même s'il n'y avait aucune maternelle quatre ans, que des parents changent de milieu de
garde pendant que les enfants vieillissent, ce n'est pas rare. Enfin, moi, je
l'ai vécu, puis beaucoup de gens l'ont vécu, qu'avec les tout-petits, par choix
ou des fois à cause de la liste d'attente pour avoir une place en CPE...
Mais parfois il arrive aussi que c'est un choix numéro un. Les gens, quand
l'enfant est tout-petit, on dit : Bon,
on va l'envoyer en milieu familial, ça va ressembler plus à la maison. Puis en
même temps, bien, il y a aussi la réalité de la liste d'attente, puis
souvent, vers trois, quatre ans, oups! on finit par avoir une place en CPE. Donc, il arrive que, de toute façon l'enfant fasse
un, deux, trois, et, à quatre, change de milieu pour aller, de toute façon,
en garderie, puis rechange de lieu pour aller en maternelle cinq ans. Je vous
vois opiner. C'est quelque chose que...
Mme Lassonde
(Maryse) : Oui, c'est sûr que ce sont des situations qui
arrivent, mais évidemment on veut toujours
prôner, finalement, la stabilité, d'une certaine façon, la permanence,
stabilité des images aussi des gens auxquels on s'attache. Alors, oui, c'est sûr qu'il y en a, des situations où les enfants peuvent passer d'un
milieu à l'autre. Évidemment, l'idéal,
dans un monde idéal, ce serait bien que ce ne soit pas... on va avoir plein de réponses à vous donner, alors, oui... alors, non, c'est... Ce qu'on vous dit, oui, c'est ça,
justement, aussi pour assurer aussi cette permanence ou
assurer une forme de stabilité, ce
serait bien aussi qu'il y ait une collaboration entre les différents acteurs
concernés avec une continuité de l'expérience
éducative, dans le sens où, si l'enfant passe d'un certain milieu à un autre,
ce serait bien qu'il y ait quand
même des liens qui soient gardés entre ces différents milieux. Alors,
ça, c'est très important aussi.
M. Roberge :
Je peux vous dire que mon collègue le ministre de la Famille travaille très
fort pour formaliser les mécanismes
et les outils de communication entre le service
de garde éducatif et la maison, mais aussi
le transfert de ce dossier-là, que ce
soit à l'école, quand l'enfant y va à cinq ans ou à quatre ans pour faire son
cycle du préscolaire, l'idée d'avoir...
qu'un dossier qui suit, en tout cas, c'est quelque
chose sur lequel on travaille, et pas
sur des années, là, à très court terme, il y aura quelque chose, une
offre bonifiée.
Hier,
j'ai eu un échange intéressant avec les gens de l'association des éducatrices de
service de garde en milieu scolaire, qui voyaient aussi une
opportunité de stabilité pour eux, pour elles en milieu de travail, mais aussi
pour les enfants, en sachant que, si quand
le parent va reconduire son enfant à l'école, supposons, pour le petit de
quatre ans, bien, il peut être accueilli par l'éducatrice du service de
garde, mais cette même éducatrice peut rester avec l'enfant dans la classe,
parce qu'on aura un duo, là, il faut se le
dire, éducatrice-enseignante, en maternelle
quatre ans, et d'avoir cette
stabilité qui continue, évidemment, à supposer que cette éducatrice ait toute la
formation nécessaire. Mais est-ce que vous voyez, d'abord, cette
opportunité d'avoir une stabilité puis aussi
cet avantage d'avoir un duo enseignante-éducatrice qui intervient dans une
classe?
Mme Lassonde
(Maryse) : Oui, absolument, le duo peut être très bien, ça
s'est fait en Ontario, certains duos marchent
très, très bien. Mais, quand on parle de services de garde, parfois, ce ne sont pas les mêmes intervenants, ce ne sont pas les éducatrices qui sont là pour les services de garde. En général, c'est un diplôme d'études professionnelles, hein,
qui est requis, et donc les personnes
sont là le matin, le midi, parfois dans la cour, parfois après l'école, mais ce
n'est pas nécessairement l'éducatrice. Non, en fait, ce n'est pas
l'éducatrice qui s'occupe des services de garde en général.
Concernant
le duo enseignant et éducatrice, là aussi, l'équilibre peut être difficile à
trouver, hein? J'ai entendu des commentaires, à la commission
d'enseignement préscolaire,
primaire, où on disait : Bien, il ne faudrait pas que l'éducatrice,
ce soit celle qui s'occupe de moucher les
enfants puis de s'occuper de toutes les choses qui sont moins agréables et puis
que l'enseignante fasse les choses
soi-disant un peu plus nobles. Alors, il
y a quand même un équilibre aussi
à trouver à ce niveau-là, entre les
deux, justement, pour ne pas qu'il y ait une forme de
hiérarchie qui soit menée. Je pense que le rôle de l'éducatrice, dans un
cas semblable, va être crucial parce que c'est elle, peut-être, qui va aussi
assurer la qualité de l'apprentissage par le jeu puisqu'elle a été formée, très
souvent, là-dedans.
M. Roberge : Vous avez raison de soulever cet enjeu-là. Cependant,
j'ai visité plusieurs classes la semaine dernière, justement,
où je rencontrais des duos, là, enseignante-éducatrice, en Ontario.
Ils nous ont dit que parfois la première année... ce n'était pas habituel de travailler en duo, mais
je n'en ai rencontré aucune qui reculerait, et elles nous disaient qu'au fil
des années, même au fil de quelques
mois, se créait une dynamique où il n'y en avait pas une qui était inféodée à
l'autre, là, une qui s'occupe de
moucher puis l'autre s'occupe de faire les comptines, là, c'était plus quelque chose qui était complémentaire. Et
c'est, d'après moi, une plus-value pour développer le plein potentiel des
enfants. Est-ce que vous pensez que,
donc, ce déploiement, dans des bonnes conditions, peut contribuer, avec bien
d'autres choses, avec des services professionnels, à amener une égalité
des chances?
Le Président (M.
Tanguay) : En quelques secondes.
Mme Lassonde (Maryse) : Oui, certainement qu'un service d'éducation pour les enfants de
quatre ans, c'est très important, ça peut certainement — il y a des preuves là-dessus — améliorer le rendement d'un enfant et ses
conditions ou ses capacités de réussite, éventuellement, oui.
Président (M. Tanguay) : Merci. Merci beaucoup. Nous allons poursuivre
les échanges maintenant, pour un bloc de 10 min 40 s,
avec la collègue de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, M. le Président. Merci de votre présence. Je reconnais aussi,
dans la salle, Mme Berlus, qui est avec
la Liberté éducative, une autre maman qui fait l'école à la maison, qui, elle
aussi, avec plusieurs autres milliers de parents, tente désespérément de
rejoindre le ministre de l'Éducation afin de pouvoir parler factuellement de qu'est-ce
que c'est de faire de l'école à la maison.
Alors,
pour commencer, merci pour votre mémoire, Mme Lassonde. Évidemment,
je lis à la fin que vous mentionnez : «[Il recommande] d'accompagner les
milieux dans un déploiement progressif des maternelles quatre ans [et] de
mettre en oeuvre les conditions relatives...» Je ne citerai pas
toutes les conditions, mais j'imagine que ce sont ce qu'on peut résumer
des conditions gagnantes pour un bon déploiement. Et, nous, ça fait quand même plusieurs
mois, ce que nous réclamons aussi, un
déploiement progressif. Mais évidemment vous parlez aussi des milieux défavorisés, mais
vous dites que ce n'est pas en fonction du code postal. Là-dessus, nous vous rejoignons totalement
parce que c'est bien au-delà d'un code postal, le milieu défavorisé.
Je profite de
votre présence ici, parce que vous étiez aussi présente lors du projet de loi
n° 12, qu'il était question des
frais facturés aux parents. Dans votre début d'allocution, vous avez parlé
d'accessibilité et d'égalité des chances. Je me permets de refaire un
portrait de la situation depuis le nouveau gouvernement. Le premier projet de
loi en matière d'éducation était de retirer
900 millions de dollars d'argent direct pour les commissions scolaires,
qui était pallié à partir du budget
consolidé. Donc, les commissions scolaires, on vient uniformiser le taux. Par
conséquent, elles ne peuvent pas aller chercher 900 millions de
dollars de taxe scolaire directement, mais ça partait quand même, ce
900 millions, du budget consolidé du
gouvernement. Par la suite, il y a eu le projet de loi n° 12, où il y a eu
beaucoup de questions d'accessibilité des chances. Et on voit qu'aujourd'hui le projet de loi n° 5, il est
question de 2 milliards de dollars d'investissement pour les quatre
prochaines années pour être en mesure de déployer les maternelles quatre ans.
Et je fais le lien suivant parce que, dans le
projet de loi n° 12, tout est une question aussi de priorités. Et là ce
que nous avons entendu, vous avez parlé que le système québécois est un des
plus inégalitaires au pays. Aujourd'hui, pensez-vous
que c'est encore la priorité, la maternelle quatre ans, ou c'est d'abord de
pallier aux égalités des chances dans un premier temps dans le réseau
actuel?
Mme Lassonde
(Maryse) : Je pense qu'il faut
travailler sur tous les aspects, en fait. Quand on parle de l'égalité des chances, c'est aussi d'aller chercher ces
tout-petits de quatre ans et de leur donner une chance de pouvoir être stimulés
et donc d'avoir une approche qui va leur
permettre de se développer. Et ça, on sait que la maternelle quatre ans dans
les milieux défavorisés, il y a quand
même eu des effets positifs, au moins au niveau du langage. Alors, je pense
qu'il faut agir sur tous les côtés, d'une certaine façon, donc s'occuper des petits
qui sont vulnérables. Et même quand ils ne le sont pas, vulnérables,
c'est juste les faire évoluer, mieux évoluer. De la même façon, il est évident
que, lorsqu'on parle des frais scolaires,
évidemment, c'est ce que j'avais dit ici au nom du conseil, les frais scolaires
demandés pour encourager les programmes particuliers, finalement, bien, ça défavorise les enfants qui sont dans
des milieux socioéconomiquement moins favorisés, c'est sûr, parce que... Je
vous avais apporté des statistiques à ce niveau-là, où il y a seulement
14 %, je pense, de programmes à
projets particuliers dans les milieux défavorisés, alors que c'est presque la
moitié dans les milieux moyens et favorisés.
Mme Rizqy :
Puis pensez-vous que, dans les... Est-ce que vous avez visité des CPE avant la
rédaction de votre rapport?
Mme Lassonde
(Maryse) : Je connais bien les CPE, oui, oui, en tant que
grand-maman.
Mme Rizqy : Pensez-vous qu'en
ce moment ceux qui fréquentent les CPE sont bien servis?
Mme Lassonde
(Maryse) : On n'a pas
voulu... Le conseil a toujours dit, finalement, que les services éducatifs
étaient de très grande qualité au Québec. Alors, c'est la qualité qui compte,
pour nous. Et on avait dit, donc, en 2012, dans notre avis... c'est qu'on disait que c'était bien de développer les
maternelles quatre ans dans les milieux socioéconomiquement défavorisés, d'une part, premièrement, mais on
disait aussi qu'il était bien de développer le système qu'on avait, aussi, de
centres de petite enfance parce que
c'étaient des services de qualité. Mais, pour le moment, ici, le conseil ne
s'est pas prononcé sur une comparaison entre les deux.
Mme Rizqy :
Parfait. Vous savez parfaitement aussi l'état de la situation avec les
enseignants, la pénurie d'enseignants,
la pénurie de suppléants aux enseignants également ainsi que le nombre
croissant d'enseignants qui sont en congé
de maladie, que cette situation est réelle et qu'il nous manque présentement,
juste pour le réseau actuel, des enseignants pour répondre à nos besoins présentement. Il y a quelques semaines, le
ministre a évoqué la proposition d'avoir une maîtrise qualifiante pour
avoir plus d'enseignants notamment pour les maternelles quatre ans. Vous en
pensez quoi?
Mme Lassonde
(Maryse) : On ne s'est pas
penchés sur cet aspect-là, donc on n'a pas fait de comparaison. Bien, je sais que ça existe dans d'autres provinces, par
exemple, mais on n'a pas fait la comparaison ni... on n'a pas étudié les
effets de ce type de formation là puis je ne
voudrais pas m'avancer, surtout au nom du conseil, quand je n'ai pas de
chiffres ou de données factuelles.
Mme Rizqy :
Mais c'est plus au niveau de la formation parce que, dans les recommandations,
évidemment, c'est la formation du
personnel. Est-ce que vous êtes d'accord qu'habituellement, lorsqu'il est
question des plus petits, il y a une formation plus spécifique à avoir?
Mme Lassonde
(Maryse) : Absolument, ça, c'est très clair. Autant en service
de garde, où le diplôme d'études professionnelles devrait être requis, autant
au niveau, finalement, dans les services éducatifs, où il faut aussi avoir un diplôme d'études collégiales, et autant au niveau
de la formation universitaire, il faut avoir davantage de formation au niveau
de tout ce qui est préscolaire, le développement cognitif, développement
du cerveau et le reste.
Mme Rizqy : Pour le
bénéfice de ceux qui nous écoutent à la maison, les parents, en ce moment, la
maîtrise qualifiante, on peut
permettre, par exemple, à une personne qui a un baccalauréat, par exemple, en
histoire de faire sa maîtrise qualifiante, il peut enseigner au secondaire, ce
qui n'est pas le cas présentement pour le primaire. Avec la proposition
du présent gouvernement, ils explorent cette
avenue et ils explorent aussi l'avenue suivante, que les éducatrices puissent
faire une voie alternative pour être en mesure d'enseigner dans les
maternelles quatre ans.
Vous comprenez qu'une
fois que l'enseignant est dans le réseau de l'éducation, par exemple, dans
cette voie alternative pour enseigner en
maternelle quatre ans, cette personne-là pourrait aussi... Cette éducatrice,
est-ce qu'elle pourrait aussi se
promener à l'intérieur du réseau de l'éducation puis enseigner aux deuxième
année, quatrième année, sixième année?
Mme Lassonde (Maryse) : En fait, dans une condition semblable, ce qu'il
faudrait favoriser, puis on l'a déjà dit dans d'autres documents, c'est la formation D.E.C-bac, donc d'assurer,
finalement, que cette personne-là qui a un D.E.C. professionnel puisse
accéder au bac plus facilement, qu'il y ait une reconnaissance de certains
cours, et ça, ça marche très bien. Ça marche très bien, par exemple, dans les
cas de «nursing» et je pense que ça serait peut-être quelque chose à envisager. Le conseil s'est prononcé là-dessus,
sur le fait qu'on devrait augmenter ces passerelles entre le D.E.C. et le bac.
Mme Rizqy : Pour préciser ma... ce n'était pas une question
d'augmenter la passerelle entre un D.E.C. et un bac, c'est quelqu'un
qui... parce que, là, en fait, on ne
sait pas trop de quoi il est question parce
que le ministre n'a pas encore
précisé sa vision, mais on parlait soit
d'une maîtrise qualifiante qui pourrait se faire sur 10 ans... Donc, on
pourrait avoir une éducatrice qui, avec un D.E.C., puisse enseigner en
maternelle quatre ans et avoir 10 ans pour se qualifier. Est-ce que ça, le Conseil supérieur a
regardé cette question?
Mme Lassonde
(Maryse) : On ne l'a pas regardée. Encore une fois, on ne s'est
pas penchés là-dessus. C'est une situation
qui est nouvelle, et donc on ne s'est pas penchés là-dessus. Mais encore une
fois, les passerelles D.E.C.-bac, oui, et ça, ça marche très bien et ça
devrait être renforci.
Mme Rizqy : O.K. Vous parlez des services qui peuvent être un
frein lorsqu'il est question de manque de gratuité. En ce moment, dans le réseau primaire, il y a
de plus en plus aussi des projets pédagogiques particuliers qui sont déployés
de façon importante. Pensez-vous, là, en ce
moment, que les parents, lorsqu'ils vont inscrire leur enfant en maternelle
quatre, qui pensent que c'est gratuit peuvent avoir une surprise soit parce
que le service de garde ne sera pas gratuit ou parce que le service de garde ne
sera pas disponible nécessairement en région, et que les journées pédagogiques
sont facturées, et que l'été il n'y a pas de maternelle quatre ans?
Mme Lassonde (Maryse) : On a soulevé ce problème-là de conciliation
famille-travail-études. C'est sûr qu'il faudrait trouver les meilleures
conditions possible pour que ça n'arrive pas, finalement, alors, pour que les
parents puissent continuer de travailler et que l'enfant soit bien également.
Alors, on pense toujours au bien de l'enfant.
Mme Rizqy : Oui, habituellement. Et en terminant, si vous deviez... parce que
je comprends que vous avez dit : On
aimerait que l'offre soit offerte à tous, mais évidemment c'est que, par
définition, les ressources sont limitées. Si vous deviez déployer des
maternelles quatre ans, comment le feriez-vous?
Mme Lassonde (Maryse) : Bon, écoutez, ce qu'on dit, nous... ce n'est pas
à nous de décider, finalement. Je
pense que c'est à vous tous de voir
où sont les ressources, où sont les conditions gagnantes qu'on a énumérées.
Nous, on a énuméré les conditions qui
étaient nécessaires pour que ça se produise bien. Alors, c'est à vous de
vérifier, de vous assurer que ces conditions-là soient rencontrées pour
que ça puisse être fait, finalement, ou réparti, les maternelles quatre ans.
Mme Rizqy : Bien, nous, on aimerait bien le voir, mais vous
comprenez qu'on n'a pas encore de plan de déploiement. À ce stade-ci, est-ce que le Conseil
supérieur aimerait voir, justement, un plan de déploiement pour être en mesure de
bien analyser les impacts, les effets positifs et voir aussi où est-ce
qu'il peut y avoir des améliorations de faites?
Mme Lassonde
(Maryse) : Bien, on a déjà... je pense que c'est relativement
clair, les conditions qui doivent être
rencontrées pour que ça marche bien. On s'inquiète, si ces conditions ne sont
pas rencontrées, que la qualité n'y sera pas. Puis, si on veut faire du développement vraiment positif de l'enfant, bien, la qualité est
primordiale. Alors, on a fait la liste des conditions. On ne peut pas
les... Je pense qu'on a fait notre devoir, finalement, en les énumérant.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, maintenant nous poursuivons les échanges avec la
représentante du deuxième groupe d'opposition, la collègue de Sherbrooke,
pour 2 min 40 s.
Mme Labrie : Merci, M.
le Président. Vous avez abordé, dans
votre mémoire, les ratios en nommant, notamment,
que c'était préoccupant en classe et au service de garde. Il y a des groupes qui sont venus ici nous proposer que
le ratio en service de garde soit, par
exemple, de un pour 15, alors qu'actuellement c'est un pour 20, parfois même, en surveillance du dîner, un pour 60. Il y a d'autres groupes qui
nous ont proposé qu'on adopte le même ratio en classe de maternelle quatre ans
qu'en CPE, soit un pour 10. Avez-vous une position, au Conseil supérieur de
l'éducation?
Mme Lassonde
(Maryse) : Oui, on a fait quand même un examen des choses qui sont... par
exemple, un rapport de l'OCDE. On a aussi examiné d'autres travaux, en
particulier ceux de Haeck, de Connolly et Haeck en 2018. En fait, le ratio est extrêmement important quand les enfants sont
très jeunes, et c'est encore plus important dans les milieux socioéconomiquement défavorisés, alors c'est là où
il faut le faire. On a vu des études Haeck, finalement, qui montrent que
peut-être, quand les enfants sont plus âgés,
ce facteur-là est moins important, mais chez les tout-petits, oui, puis surtout
chez les enfants de milieux
défavorisés pour favoriser, en fait, la qualité des interactions également puis
favoriser l'apprentissage.
Mme Labrie :
Mais vous n'avez pas de ratio à proposer spécifiquement.
Mme Lassonde (Maryse) : On a simplement dit que le ratio qui était là,
qui était proposé tel quel ne semblait pas suffisant, surtout pour les
tout-petits, oui.
Mme Labrie :
O.K. Donc, un pour 15, un pour 17, c'est trop élevé. Par rapport aux
contributions financières qui sont exigées pour le service de garde,
vous dites que ça peut être un frein à l'accès. Bon, j'extrapole, comme le coût
est similaire dans les services éducatifs à
la petite enfance, je devine que ça peut aussi être un frein à l'accès. Est-ce
que vous pensez que les frais
devraient être abolis pour les services éducatifs pour les enfants de quatre
ans si on veut favoriser leur réussite?
Mme Lassonde (Maryse) : Je pense qu'il faudrait vraiment s'assurer que
les enfants qui proviennent de milieux socioéconomiquement défavorisés
n'aient pas à subir ça, qu'ils puissent vraiment avoir le même service que tous
les autres. Et, dans ces cas-là, je pense
qu'il devrait y avoir une... favoriser ces enfants-là, finalement. Donc, ce
n'est pas nécessaire peut-être que ce soit dans toutes les familles,
mais certainement au niveau des enfants qui proviennent d'un milieu socioéconomiquement défavorisé. Ils ont besoin de
plus de stimulation, puis, quand on stimule ces enfants-là aussi très tôt dans la vie et de façon adéquate, avec
qualité, il y a vraiment un potentiel qui peut se développer, et ça, les études
le confirment, à court et à long terme.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Merci beaucoup. Nous
poursuivons nos échanges, pour 2 min 40 s, avec la
collègue de Joliette.
Mme Hivon :
Merci beaucoup. Donc, à la page 3 de votre présentation, vous dites que
l'arrivée des enfants de quatre ans
pourrait exercer une pression supplémentaire sur le réseau scolaire si le
réseau santé et services sociaux interrompt les services spécialisés au moment où l'enfant entre à l'école. Je
voudrais vous entendre un peu sur les diverses ramifications par rapport au continuum de services. On sait que
c'est pas mal déjà le cas quand les enfants entrent à cinq ans, c'est le
milieu scolaire qui est supposé prendre le relais des services sociaux.
Un des arguments qui est beaucoup fait, c'est de
dire que les maternelles quatre ans vont avoir un bénéfice parce que les
enfants vont avoir des services spécialisés à l'école. Mais hier les
représentants, notamment, des centres de la petite enfance, de la CSN, nous ont dit : Nous, on
en fait, du dépistage dans les centres de la petite enfance, mais le défi,
c'est qu'il n'y a pas de services qui suivent parce qu'il y a une grande
pénurie de services.
J'aimerais
vous entendre sur un peu l'ensemble de ces enjeux-là, le continuum, puis aussi
l'absence de services en ce moment.
Puis est-ce que ça va faire une si grosse différence qu'à quatre ans il puisse
y avoir, par exemple, orthopédagogues ou les services de l'école?
Mme Lassonde (Maryse) : Oui, en fait, le dépistage peut être fait dans
plusieurs milieux, et ça se fait aussi dans les milieux de services éducatifs,
en CPE et le reste. On parle de dépistage, mais l'intervention, non. Et là,
l'intervention, on a besoin de
ressources spécialisées. Parfois, dans certains milieux, en tout cas, dans les écoles, il
y a déjà des ressources
spécialisées, orthopédagogie, orthophonie, extrêmement
important, là, pour les tout-petits. Donc, il y a probablement, dans certains milieux, plus
d'accès aux ressources professionnelles. Alors, cet accès-là devrait favoriser le développement des enfants, absolument, oui.
Mme Hivon : O.K. Puis, quand on parle d'agir tôt, un des gros
enjeux, c'est justement de dire : On n'attendra pas quatre ans ou cinq ans, donc il faut agir très
tôt. Est-ce que vous avez des recommandations à faire sur, justement, ce continuum et l'accès aux services pour les enfants qui vont
être dépistés, par exemple, en lien avec les services sociaux? Parce que, normalement, l'orthophonie devrait
être disponible, tout ça, pour les tout-petits.
Mme Lassonde
(Maryse) : Oui, idéalement. Bon, donc, il y a beaucoup de
professionnels qui sont maintenant habilités
aussi à faire du dépistage, mais pas du diagnostic, il faut bien s'entendre.
Mais, pour ce qui est de l'intervention, idéalement, il faudrait que le réseau de la santé soit très, très proche
du réseau de l'éducation, finalement, pour permettre d'avoir une certaine fluidité entre ces deux
réseaux-là. Je sais par expérience que, très souvent, les enfants peuvent
attendre... ou les parents, plutôt,
attendent pour leurs enfants pendant deux ans avant d'avoir une
évaluation — j'en
faisais, moi — et
donc ça peut être très, très long,
finalement. Et c'est sûr que ça, ce n'est pas idéal et d'autant plus que ces
évaluations-là, quand elles ne se font pas dans le contexte du réseau de
la santé, bien, c'est très cher.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Bien, je vous remercie beaucoup, représentantes du Conseil
supérieur de l'éducation, pour votre participation à nos travaux.
Pour la suite des
choses, je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 2)
Président (M. Tanguay) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons poursuivre nos travaux et nous
entendons maintenant les représentants, représentantes de l'Association des garderies privées du Québec.
Bienvenue à votre Assemblée nationale.
Vous disposez d'une période de 10 minutes pour votre présentation. Pour
les fins d'enregistrement, j'aimerais
que vous puissiez vous identifier, et par la
suite vous aurez l'occasion de discuter avec les élus. Alors, la parole est à
vous.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Bonjour. Merci de nous accueillir ici aujourd'hui. Mon
nom est Mona Lisa Borrega, je suis
vice-présidente à l'Association des garderies privées du Québec. Je suis ici
aujourd'hui avec mon collègue Samir
Alahmad, qui est notre président. Notre association regroupe majoritairement,
très majoritairement des services de garde subventionnés à contribution
réduite, comme les CPE.
Alors, l'Association des garderies privées est
très préoccupée par la position du gouvernement sur la place des enfants de quatre ans. La place des enfants de
quatre ans a toujours été dans les services de garde éducatifs à la
petite enfance, qui demeurent toujours encore, pour nous, la meilleure
place. Pourquoi? Parce que chez nous chaque enfant est unique. On a des petits ratios, 10 par groupe par rapport à 15 et plus à l'école. La taille de nos installations, à la garderie,
est beaucoup mieux adaptée à l'âge des enfants comparativement à la taille de l'école. L'enfant demeure dans un environnement calme et stable toute la
journée, du moment où il arrive jusqu'au moment où les parents viennent le chercher le
soir. La formation des éducatrices
est concentrée sur eux, car elles sont spécialisées en enseignement à la petite enfance. Le programme éducatif appliqué dans le réseau des services de garde
éducatifs favorise le développement harmonieux de l'enfant et touche les
domaines de développement chez lui, comme le développement physique, moteur,
cognitif, langagier, social et affectif. Il
est important de souligner qu'en général les professeurs à l'école primaire ont
l'éducation nécessaire pour enseigner au primaire, mais pas nécessairement la formation
requise pour enseigner à la petite enfance zéro à cinq ans, alors qu'à la
garderie le personnel éducateur est formé
spécifiquement en éducation à la petite enfance. À la lumière de ce qui précède,
il est évident que les enfants de quatre ans ont une meilleure qualité de vie
dans les services de garde éducatifs.
En plus, le
programme éducatif Accueillir la petite enfance démontre l'importance des parents, car ce sont eux, les principaux agents dans la vie de leurs enfants. Plus que jamais,
les jeunes enfants ont besoin d'une base solide, et cela inclut le soutien à
leur famille. Nous croyons que le fait de maintenir les enfants à la garderie — les
enfants de quatre ans — plus
longtemps permettra aux services de garde éducatifs de travailler encore plus longtemps
aux côtés des familles pour les aider
et leur donner le soutien nécessaire. À la garderie, tout le personnel connaît
le nom de chaque enfant ainsi que le nom de chaque parent. Nous connaissons intimement chaque famille avec
laquelle nous vivons chaque jour pendant plusieurs années, nous connaissons leurs problèmes, leurs préoccupations,
leurs soucis. Bref, nous faisons
partie de ces familles. Malheureusement, ces
familles n'auront pas cette même relation de soutien et de stabilité dans les écoles.
À la garderie, la taille de l'installation
favorise la proximité. Les parents, les éducatrices et la direction développent
tout naturellement au fil du temps des relations significatives qui
créent chez le parent un sentiment d'appartenance qui est essentiel pour
cultiver son implication parentale dans le succès de son enfant.
Les garderies font un travail exceptionnel quant
au dépistage précoce des enfants qui présentent des problèmes d'adaptation. Il
faut miser davantage sur cet élément pour bien préparer les enfants pour
l'école. Investir dans la petite enfance est un investissement qui rapporte,
car c'est investir dans le futur du Québec. Aujourd'hui, l'AGPQ se pose la question : Quelle est la motivation du gouvernement d'implanter des maternelles, mur à mur, quatre ans? On a créé, depuis
1997, un réseau de services de garde éducatifs
subventionnés qui a coûté des milliards et qui a engagé une ressource humaine impressionnante. On a
créé un réseau qui non seulement a fait ses preuves hors de tout doute, mais
qui ne cesse de se perfectionner. Notre système de
garde subventionné est unique en Amérique
du Nord. Il fait l'envie de beaucoup
de gouvernements et d'intervenants partout dans le monde. Le Québec a
une notoriété internationale et un leadership solide dans le domaine de l'éducation à la petite
enfance. Le Québec n'a aucunement besoin d'aller voir le système
ontarien ni le système new-yorkais afin de nous orienter à ce sujet. Bien au contraire, c'est le Québec qui
pourrait leur en montrer, car ni l'Ontario ni New York n'a un système
subventionné comme le nôtre.
Pendant la campagne
électorale, la CAQ a pris un engagement ferme de développer des maternelles
quatre ans. Toutefois, il faut faire
attention de ne pas fragiliser les services de garde éducatifs ou nuire au
bien-être de l'enfant pour remplir
des promesses électorales. Maintenant que la CAQ est au pouvoir et forme le
gouvernement, elle a accès à toutes les vraies données, elle doit donc se baser
sur ces données crédibles et réelles pour prendre des décisions réfléchies et
laisser tomber les hypothèses qu'elle
avançait avant la campagne. Ce qui est déplorable chez les politiciens de chez
nous, c'est qu'à chaque fois qu'ils
veulent faire un changement contesté par nos experts et nos professionnels du
milieu ils vont fouiller partout ailleurs dans le monde jusqu'à tant qu'ils
trouvent quelqu'un qui fait pareil de ce qu'ils veulent faire et l'annoncent haut et fort sans connaître les
motifs pourquoi et les motivations des gens d'avoir choisi ce modèle. Il est
important de se rappeler que chaque endroit
a sa réalité, son contexte particulier et ses priorités. S'il peut à Paris, il
ne faut pas sortir nos parapluies à Québec.
conclusion, l'AGPQ veut revenir à la source et demande au gouvernement de
laisser de côté la partisanerie, la politique
et les grands ego pour que nous puissions continuer à faire
partie d'un Québec
fou de ses enfants. Et pour y arriver, il
faut penser avant tout à l'enfant, laisser les enfants de quatre ans dans leurs
petits milieux sécuritaires bien encadrés que sont les installations en services de garde éducatifs régis du Québec,
développer rapidement des services de garde éducatifs dans les régions, les municipalités où il manque
de places plutôt que de les entasser dans des écoles où il manque d'espace,
il manque de locaux,
il manque de professeurs et que ça tombe en ruine, exempter les familles à
faibles revenus du tarif de base
8,25 $ pour les encourager à envoyer leurs enfants en service de garde
éducatif. En ce moment, le service de garde est gratuit pour un parent sur l'aide sociale. Pourtant, les familles
qui ont des revenus d'environ 30 000 $ par année, être obligées de payer 2 153 $ par année par
enfant, c'est énorme. Pourtant, ces familles n'ont pas plus les moyens de payer
ce montant-là que les familles sur l'aide sociale.
Il faut harmoniser le
programme éducatif pour les enfants de quatre ans dans les deux réseaux, les
services de garde et les écoles,
principalement au niveau des activités dirigées. Le gouvernement implante des
maternelles quatre ans dans toutes
les régions. Le fait que l'AGPQ est ici aujourd'hui, on veut juste que ce soit
précis, là, connu qu'on n'est pas contre
le fait qu'on implante des maternelles quatre ans. La seule chose, c'est qu'il
faut faire attention, il faut les implanter dans des endroits où c'est impossible d'installer des services de garde
subventionnés. Si c'est le cas et que les écoles peuvent répondre à
l'appel, leur offre serait bienvenue. Toutefois, le gouvernement doit bien
cibler ces endroits et ces quartiers défavorisés.
Il doit également savoir pourquoi le taux de participation des parents dans ces
services de garde et dans ces quartiers est si faible et mettre en place un système
pour favoriser la participation, comme par
exemple éliminer la contribution
parentale pour les familles à faibles revenus.
Finalement, l'AGPQ
souligne qu'il ne faut surtout pas fragiliser un réseau qui est notre fierté et
qui nous a coûté si cher en créant une
compétition malsaine entre le service
de garde éducatif et les écoles, car en bout de ligne ces
deux réseaux sont financés par l'État. Il faut maintenir, voire même
renforcer le réseau des services de garde éducatifs. Cet investissement aura des effets positifs permanents sur l'avenir de
nos jeunes lorsqu'ils seront adolescents, jeunes adultes et adultes.
Merci de votre écoute.
Le Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Avant de céder la parole au
ministre pour un premier bloc d'échange de 15 minutes, j'invite tout le monde autour de la table, y
incluant nos invités, Mme Borrega, à avoir un dialogue respectueux et mesuré, et, en ce sens-là, nous pouvons donc
débuter nos échanges sur ces bonnes bases là. Alors, M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. Merci pour votre présentation. Quelques petites
questions pour bien comprendre. Dans le
réseau des services de garde privés, la plupart du temps subventionnés — semble-t-il que c'est ceux que vous
représentez — est-ce
qu'il y a beaucoup de locaux qui sont vides à l'heure actuelle?
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Non.
M. Roberge :
Est-ce qu'en ce moment...
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Bien, il y aurait la possibilité d'avoir plus d'élèves,
mais la majorité des services de garde sont au maximum de leur licence.
M. Roberge :
O.K. Alors, je comprends qu'il peut arriver que certains groupes ne sont pas au
ratio maximal. Vous n'avez pas des locaux, là, de 20, 30, 80, 200,
500 locaux qui sont vides.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Non, ce n'est pas ça que je veux dire. L'installation
maximale est de 80 places. Si tu as de la place pour 80 places
et qu'on t'a donné 80, bien, tu ne peux pas aller à 81 ou 82.
M. Roberge :
Et est-ce qu'à l'heure actuelle, de ce que vous savez, dans le réseau des
garderies éducatives privées, il y a des difficultés de recrutement, de
rétention du personnel?
Mme Borrega
(Mona Lisa) : À ce que je comprends, il y en a partout dans le réseau,
O.K.? Ce n'est pas juste les garderies
privées, les CPE ont les mêmes problèmes. Nous, on est le réseau subventionné,
on a les mêmes problèmes que tout le monde. C'est pire dans certaines
régions.
M. Roberge :
O.K. Bien, c'est ce que je pensais aussi, mais je préférais vous le demander à
vous, qui connaissez mieux le réseau
que vous représentez. Parce que, justement, je pense qu'il y a, à plusieurs
endroits, dans plusieurs domaines au Québec, une pénurie de travailleurs, vous
n'y échappez pas. Le réseau scolaire, à certains égards, dans certaines
régions, l'ont aussi, la rareté de personnel. Ça dépend des régions, c'est plus
criant dans certaines régions que d'autres.
Vous
avez parlé tout à l'heure... Vous avez dit plusieurs choses, mais vous avez dit
notamment qu'à New York... on ne
pouvait pas comparer New York avec le Québec, on ne peut pas comparer l'Ontario
avec le Québec. Je suis d'accord que
toute comparaison peut être boiteuse à certains égards parce que ce n'est
jamais pareil, on ne peut pas copier-coller. Cependant, on peut s'inspirer, comme on s'inspire de ce qui se passe en
France, comme la France s'inspire de ce qui se passe ici, comme on s'inspire de ce qui se passe en Scandinavie, bon, on
regarde toujours ce qui se passe ailleurs. Mais vous avez dit que ça n'existe pas, l'accessibilité, un
réseau subventionné, mais pourtant hier il y a des gens de New York qui sont venus nous dire que, pour les milieux
défavorisés... puis les deux personnes qui nous parlaient hier venaient de
districts new-yorkais où presque
100 % des parents avaient la gratuité dans le réseau des services de
garde, il y avait ce qu'ils appellent des
«vouchers». Donc, oui, ça pouvait coûter cher, ça pouvait coûter jusqu'à
10 000 $ par année, mais en réalité les gens paient zéro parce que c'est l'État qui l'absorbe,
les coûts, comme on pourrait dire que votre réseau a une grande valeur, mais
les parents ne paient pas 100 %. Mais on ne peut pas dire qu'à New York
c'est très cher, l'accessibilité au réseau de garderies n'existe pas.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Écoutez, moi, je m'excuse, je ne connais pas New York,
O.K., à part de bien aller me
promener dans les rues de New York, là. Moi, ce que je dis, c'est que ce qu'on
a ici, au Québec, c'est unique et puis on
est en train d'essayer de fragiliser le système alors qu'on devrait le
solidifier. On peut faire des choses remarquables au niveau du dépistage précoce quatre ans, là. Puis
moi, j'ai l'air... je le sais, on a fait la présentation, je suis une personne
qui est passionnée par mon travail
puis je pense que ça paraît. C'est très frustrant, notre travail, parce qu'on
le voit tout de suite quand ils sont tout petits, un enfant qui a un
besoin particulier, puis on a besoin d'aide, puis on ne nous l'apporte pas, cette aide-là. Puis à quatre ans, ce n'est pas là
que vous allez l'aider, c'est au service de garde. Puis au service de garde,
nous autres, on est capables de
l'accompagner jusqu'à ce qu'il arrive à l'école. Je suis d'accord avec vous
qu'il y a des places qu'il n'y en a
pas, puis il faut les aider, il y a un besoin criant, mais allez donc aider
ceux qui veulent se faire aider aussi.
Roberge : Je pense qu'il faut faire attention de ne pas opposer les
choses puis de ne pas dire : C'est en garderie, ce n'est pas à quatre ans, ou : C'est à
quatre ans, ce n'est pas en garderie. Je pense qu'on a cette ambition d'aider
tous nos jeunes, parce que même à quatre ans puis à cinq ans, ce n'est
pas fini. Puis dans le réseau scolaire, en secondaire II, en
secondaire III, il y a encore des jeunes qui ont besoin d'aide...
Mme Borrega (Mona Lisa) :
Absolument.
M. Roberge :
...puis il ne faut pas concentrer 100 % de nos professionnels ni à quatre
ans, ni à trois ans, ni à 12 ans. Je
pense que les jeunes qui ont des difficultés, qui ont des vulnérabilités ont le
droit de recevoir de l'aide à tous égards et à tout moment.
Et qu'est-ce que vous pensez, justement, pour
les 0-3 puis les 0-4, du programme que mon collègue le ministre délégué, M. Carmant, est en train
d'implanter, le programme Agir tôt, qui veut faire, en partenariat... et qu'il
veut envoyer des gens du réseau de la santé vous aider dans votre
réseau? Comment vous voyez cette initiative gouvernementale?
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Moi, je l'accueille, je l'accueille, cette
initiative-là, sauf que ça fait plusieurs mois que j'en entends parler, j'ai hâte qu'elle se concrétise parce que les
journées passent, les semaines passent, les années passent, et puis on a toujours le même problème, puis je
vous dis, c'est un problème criant, là. Les enfants à besoins particuliers,
dans les cinq dernières années, on en a vu que c'est quasiment le
double, là. Ce n'était pas comme ça il y a 10 ans.
M. Roberge :
Bien, je peux vous dire que le programme Agir tôt, d'intervention précoce, avec
les gens du réseau des services de
garde éducatifs, sera implanté plus rapidement que le programme de maternelle
quatre ans parce que
le programme de maternelle quatre ans...
Mme Borrega (Mona Lisa) : C'est
qu'on nous dit. Je veux y croire.
M. Roberge : ...c'est définitivement
sur cinq ans; Agir tôt, ça commence de manière plus rapide parce qu'il y a
urgence. Et on n'oppose pas l'aide aux
enfants en difficulté chez les 0-3 ans à l'aide qu'on donne aux quatre ans, on
travaille en synergie. Puis, si vous permettez, je vais laisser mon
collègue poursuivre parce qu'il voulait poursuivre les échanges avec vous.
Le Président (M. Tanguay) : Oui,
bonjour. Alors, collègue du comté de Beauce-Sud, la parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Mona Lisa, Samir, quel plaisir de vous retrouver.
Mme Borrega (Mona Lisa) :
Toujours un plaisir.
M. Poulin : J'avais hâte qu'on
puisse échanger ensemble parce qu'on a eu le privilège de travailler ensemble, à l'époque où nous étions dans l'opposition. À ce
moment-là, j'étais conseiller politique responsable des dossiers de la famille, et, très humblement, c'est un peu avec
vous que j'ai découvert ce magnifique univers des services de garde que nous
avons au Québec, effectivement, services de
garde qui se déclinent via les centres de la petite enfance et également le
réseau de garde subventionné. Et on a
eu d'excellents échanges, particulièrement lors de deux moments clés du service
de garde. Je me souviens du projet de
loi sur les places fantômes, c'est comme ça qu'on l'appelait à l'époque, donc
ces places qui étaient subventionnées
et qui n'étaient pas occupées par des enfants, donc on a eu le plaisir de
pouvoir échanger là-dessus, et
également la modulation des tarifs de garderie, qui a fait extrêmement mal dans
le réseau des services de garde, qui était un choc tarifaire assez important pour les familles du Québec lorsqu'on
a lié le tarif des garderies au salaire des parents. Je me souviens des nombreux échanges qu'on avait eus sur
cette question-là et aussi, bien entendu, le fait que notre gouvernement
s'est engagé à rétablir le service de garde
unique sur une période quatre ans. Alors, c'est déjà commencé, et on va le
poursuivre par la suite, et je sais
pertinemment que c'est applaudi par votre réseau puis également applaudi par
l'Association québécoise des centres de la petite enfance.
On avait également échangé beaucoup sur le choix
des parents de choisir où ils envoyaient leurs enfants, entre autres de dire pourquoi ils devraient seulement
les envoyer, par exemple, en CPE ou devraient seulement les envoyer en garderie privée. On s'était dit : Faisons
confiance aux parents pour décider l'endroit où ils envoient leurs enfants.
Alors, je me souviens que cette
guerre-là, qui a duré trop longtemps au Québec, mais qui, je crois, s'est
calmée... parce qu'on sait également
que les services de garde privés que vous représentez sont régis par la Loi des
services éducatifs à l'enfance, donc qu'ils offrent les mêmes barèmes, les mêmes
enjeux, par exemple, d'un CPE. Et je sais, pour bien vous connaître, que vous
avez une confiance inébranlable aux parents pour envoyer, où ils souhaitent,
leurs enfants.
Dans
le cas qui nous préoccupe aujourd'hui, vous faites toujours confiance aux
parents pour décider où ils envoient leurs enfants?
M. Alahmad
(Samir) : Mais, tu vois...
M. Poulin :
Cher Samir...
M. Alahmad (Samir) : ...Samuel, ça me fait plaisir de vous voir. Nous
autres, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui... vraiment, au-delà de toute la partisanerie, au-delà de tous nos intérêts
corporatifs ou autres, il faut voir, vraiment penser c'est quoi qui est bon pour l'enfant avant tout. Et
malheureusement on essaie de trouver c'est quoi, cette idée, vraiment, de
transférer des enfants. Parce que
c'est ça qu'on fait présentement, on transfère des enfants des garderies dans
les maternelles quatre ans. Nous, la façon la plus simple, mis à part qu'il
manque des locaux dans les écoles, mis à part qu'il manque des professeurs,
mis à part que ça coûte cher, ça coûte moins
cher, on met tout ça à côté, là, voir c'est quoi, le plus que l'enfant, il a
dans une école qu'il n'a pas dans une
garderie. Et c'est ça, comme société, on doit poser cette question. Et si on
est capables de nous convaincre que
l'enfant, il est mieux dans une école, bien, on n'est pas contre la vertu, là,
il y a d'autres enfants chez nous,
là, il y a les enfants, les poupons, il y a le un an, le deux ans, le trois
ans. Ce n'est pas une question que nous, vraiment, on regarde.
C'est
sûr que, si on veut avoir une migration totale, peut-être, ce n'est pas
souhaité pour personne. Qu'est-ce que l'école offre plus qu'un service
de garde? Nous, on est allés dans les écoles, on a pris une journée type dans
une école maternelle quatre ans — maternelle quatre ans, ça existe déjà — puis on a pris une journée type dans un
service de garde éducatif de qualité.
L'enfant, il arrive le matin chez nous, il rentre tout de suite dans son local;
il arrive dans une école, s'il arrive
un peu de bonne heure, le service de garde, puis après ça, il commence. Il y a
des périodes de jeu libre, des champs d'activité, il chante, il bouge. Comme on
dit, jouer, c'est magique. Puis après ça, il y a des activités dirigées. Ils
ont des activités dirigées dans les
écoles, on a des activités dirigées. Il y a des périodes de sieste, on a une
période de sieste. Il y a la nourriture, le repas, on a le repas, puis
il sort dehors après, puis il joue.
Puis
en fin de compte, si on décortique tout ça, là, il y a à peu près
1 h 30 min, ou à peu
près, d'activités dirigées dans
l'école et de chez nous. Là, leurs activités
dirigées, est-ce que c'est plus orienté, le préscolaire, que chez
nous? Je ne sais pas. Nous, on fait
du préscolaire aussi. Nous, qu'est-ce
qu'on a dit? On a un système
qui fonctionne et, vraiment, on parle de ce 1 h 30 min Est-ce
qu'on peut harmoniser ce
1 h 30 min du réseau scolaire de notre réseau? Qu'est-ce que je dis, Samuel? Puis, je veux
dire, nos éducatrices, elles ont une formation de trois ans et elles sont
toutes capables d'enseigner ce 1 h 30 min de...
Parce
qu'en fin de compte tout ce qu'on fait, le débat aujourd'hui, le débat de
maternelle, ce n'est pas parce qu'un
enfant, il rentre dans une école... on a la
vérité absolue parce qu'il est dans une école, pas parce que dans l'école on
appelle enseignant puis chez nous on l'appelle éducatrice. Ça n'a rien
de différent. La différence... Est-ce qu'on est capables d'harmoniser, de voir
nos deux programmes, de dire c'est quoi, l'objectif, qu'est-ce qu'on recherche,
de travailler les deux ensemble et vraiment que ça soit un système?
maintenant, on n'est pas contre dans des places où il n'y a pas accès à un
service de garde, personne qui n'a accès,
qui peuvent aller dans les écoles, au contraire, on n'est pas contre la vertu.
Mais le problème, on se bat, là, maintenant, tous les deux, pour
1 h 30 min, ou à peu près, par jour et on est capables de faire
ce 1 h 30 min
M. Poulin :
Oui. Mais je suis très content de vous entendre dire, à l'Association des
garderies privées, aujourd'hui, qu'il
y a une possible harmonisation, en même temps que vous n'êtes pas contre la
prématernelle quatre ans, Mona Lisa vient de l'exprimer, et, du même coup, que l'harmonisation, elle est
importante et qu'elle est essentielle. Et je pense qu'on se doit de
travailler à ce niveau-là, comme on le fait avec Agir tôt ou ailleurs. Alors,
l'harmonisation devient possible.
je suis aussi également très content de vous entendre dire que c'est au-delà
d'une bataille de réseau comme un autre,
comme vous avez trop souvent joué dans ce film-là, contre vous, dans le réseau
des services de garde. Des fois, on tente de nous le ramener très injustement.
Mais d'abord et avant tout, c'est le choix des parents qui préconisent — et vous avez dit quelque chose
d'hyperimportant d'entrée de jeu — le bien-être, également, des enfants.
je pense que le réseau scolaire québécois — on entendait tout à l'heure le Conseil
supérieur de l'éducation — a cette volonté-là
également de faire en sorte que les enfants puissent être bien dans notre
réseau scolaire, et je sais pertinemment que ce dont le Québec s'est doté également, d'un service de garde
subventionné... a à coeur également le bien-être des enfants du Québec.
Alors, la complémentarité, elle existe, et je pense qu'elle peut se faire.
Là où je souhaitais
vous entendre... M. le Président, combien il nous reste de temps, la
partie
gouvernementale?
Le Président (M.
Tanguay) : Moins de deux minutes.
M. Poulin :
Moins de deux minutes. Peut-être en terminant, parce que vous êtes à la
grandeur du Québec, il y a des milieux
défavorisés, des milieux qui se retrouvent dans une situation qui est beaucoup
mieux. Vous avez parlé de détectage précoce
tout à l'heure. J'imagine, vous, peu importe le code postal où se retrouve
votre service de garde, il y a des jeunes qui ont des difficultés d'apprentissage ou certains défis, j'imagine,
peu importe qu'ils soient en milieu défavorisé ou non?
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Oui, bien oui, absolument.
M. Alahmad (Samir) : C'est sûr
et certain. Tu peux répondre.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : C'est partout. Ça ne connaît pas de région.
M. Alahmad (Samir) : La difficulté avec des enfants, là, ce n'est pas
une valeur économique. Oui, à un moment donné, l'économie peut influencer ou peut déranger un peu, mais il y a
des enfants qui viennent des milieux les plus aisés que tu peux
imaginer, ils ont vraiment des problématiques, toutes sortes de problèmes, là.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Puis une des choses qu'on voulait, c'est... On a besoin
d'un investissement du gouvernement,
justement, pour le dépistage, et puis pas juste pour le dépistage, pour le
suivi, parce qu'avec notre expérience on
a vu que, quand on intervient tôt... Ces enfants-là, ils ne sont pas perdus
dans le système, c'est qu'ils se mêlent tellement avec les
autres enfants qu'une fois rendus à l'école tu ne sais même pas que c'est un
enfant qui avait eu un problème à la garderie, là.
M. Poulin :
Bien, d'où l'importance du détectage le plus tôt possible, d'où l'importance de
l'harmonisation entre votre réseau et la prématernelle quatre ans et de
faire en sorte que ça puisse se poursuivre en également...
Mme Borrega
(Mona Lisa) : On en fait, de la prématernelle, depuis des années.
C'est pour...
M. Poulin :
Et vous en faites, effectivement, effectivement, et vous détectez, et tout ça
pourra se faire en harmonie, comme vous l'exprimiez tout à l'heure, d'où
le libre choix des parents, que ce soit en garderie privée ou en CPE.
M. Alahmad
(Samir) : Mais le libre choix du parent, on est tout à fait pour. La
seule chose, malheureusement, qu'est-ce qu'on voit jusqu'à date, on voit qu'on
essaie vraiment de bouger les enfants dans un milieu qui fonctionne, qui
travaille bien vers un autre milieu. C'est ça qui nous dérange, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Merci beaucoup. Alors, maintenant nous allons
poursuivre nos échanges. Vous aurez
l'occasion de poursuivre le débat dans un contexte d'échange, maintenant, avec
la collègue de Saint-Laurent pour 10 minutes.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, M. le Président. Je suis un peu perturbée par le commentaire de
la
partie gouvernementale parce qu'ils parlent beaucoup du modèle de New York. Mais parlons-en, puis ça va être bon pour votre
bénéfice parce que vous avez bien mentionné, Mme Borrega, que vous ne
connaissez pas le modèle de New York, puis beaucoup de Québécois non plus, qui
nous écoutent, ne connaissent pas le modèle de New York.
Un, il faut savoir
que, contrairement au système québécois, à New York, ils n'en ont pas, de CPE,
puis ils n'en ont pas, de services de garde comme nous avons. Et, lorsqu'on
parle de services de garde modulés, oui, ils existent à New York, mais la modulation,
bien... on peut trouver même plusieurs blogues écrits par des New-Yorkaises, des mères
qui écrivent par rapport aux maternelles quatre ans new-yorkaises. Elles
écrivent la chose suivante : un, ça leur coûte environ 1 675 $ par
mois, le service de garde, donc l'équivalent d'environ
2 000 $ canadiens. Donc, pour une mère qui décide d'aller travailler, ça lui coûte environ
27 000 $ de service de
garde new-yorkais. Oui, il existe
des... Hier, on a eu la chance
d'avoir un des représentants du district le plus pauvre de New York,
le district 7, et, oui, il y a des mesures pour les familles à faibles revenus, que c'est gratuit.
Mais nous autres aussi, au Québec, on a cette mesure-là. C'est comme si le gouvernement de la CAQ avait oublié que ça existait aussi au Québec.
On a instauré des mesures pour que les services
de garde subventionnés et les CPE soient gratuits.
Mais
ils oublient aussi de mentionner une autre affaire, parlant des maternelles quatre ans, mais les mères et les pères qui travaillent,
eux, en parlent, ils disent la chose suivante : Bien, la maternelle quatre ans, ça commence à 9 heures puis ça
termine à 3 h 20. Mais, pour les parents qui travaillent, la vie ne
commence pas à 9 heures puis ça ne finit pas à 3 heures.
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Surtout à New York.
Mme Rizqy : Exact. Alors, même chose, j'imagine que, pour nos
familles québécoises, le travail, ça ne commence pas à 9 heures, puis ça ne finit pas à
3 heures. Et ils disent qu'à New
York, s'ils veulent avoir, pour la maternelle quatre ans, un service extensionné, par exemple déposer l'enfant à 6 heures le matin ou 7 heures, ou venir le
reprendre plus tard, par exemple,
et/ou revenir le reprendre après 5 heures ou après 18 heures, bien,
il faut payer, et là ça coûte environ 560 $ US par mois, donc environ un
autre 6 000 $ de frais supplémentaires.
Mais
nous autres aussi, au Québec, quand on parle de libre choix, encore faut-il
parler d'affaires sérieuses, avoir des
comparables. Donc, par exemple, vous, j'imagine que vous ne commencez pas votre service à 8 h 30 ni à 9 heures,
vous le commencez tôt. Est-ce que vous terminez avant ou après
3 heures?
Mme Borrega
(Mona Lisa) : Pas mal après.
Mme Rizqy :
Pas mal après.
M. Alahmad
(Samir) : C'est régi, on commence à 7 heures puis on doit fermer
minimalement à 6 heures.
Mme Rizqy : Alors donc, ça, c'est pour les parents qui ont
des enfants et qui travaillent. Ils n'ont pas de frais-surprises, hein,
s'ils déposent leurs enfants à 7 heures et non pas à 8 h 30?
M. Alahmad
(Samir) : Dans les frais de
base de la contribution réduite, on doit fournir jusqu'à 10 heures
de garde continue par jour, mais on
est ouverts 11 heures, mais on doit fournir minimalement... si le parent
le désire, c'est 10 heures.
Mme Rizqy : Beaucoup plus
extensionné que les maternelles quatre ans.
M. Alahmad (Samir) : Ça ne se
compare pas, oui.
Mme Rizqy : Ça ne se compare
pas. Et dites-moi, vous, là, vous offrez des repas?
Mme Borrega (Mona Lisa) : Oui.
On offre des collations aussi en plus des repas, on en donne deux, oui.
Mme Rizqy : Ah oui, deux, deux collations. Et dites-moi, maternelle quatre ans libre choix, est-ce que les parents sont
au courant qu'il n'y a pas de repas puis que ça va être facturé?
Mme Borrega (Mona Lisa) : On
est à la veille de leur donner notre tableau.
Mme Rizqy : Dites-moi, comment vous avez réagi lorsque,
devant le mur de la pénurie d'enseignants, on a entendu dire que le gouvernement pensait aller chercher
les éducatrices, les former? Est-ce que, vous, ça vous enchante de savoir
que les gens que vous avez formés qui travaillent chez vous