CAT — 16 April 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CAT 2013-04-16

Quebec — Committees

CAT — 16 April 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CAT 2013-04-16

Quebec — Committees

(Neuf heures deux minutes)

Le Président (M. Claveau) : Alors, s'il vous plaît! Alors, je

déclare la séance de la Commission de l'aménagement

du territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien

vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de procéder à l'interpellation

du député de Mont-Royal au ministre

responsable de la région de Montréal sur le sujet suivant : L'absence du

leadership du gouvernement péquiste quant aux enjeux liés à la métropole.

le secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme

Gadoury-Hamelin (Masson) est remplacée par M. Claveau (Dubuc); M. Villeneuve

(Berthier) est remplacé par M. Therrien (Sanguinet); M. Carrière (Chapleau) est

remplacé par M. Gautrin (Verdun); M. Iracà (Papineau) est remplacé par

M. Arcand (Mont-Royal); M. Spénard (Beauce-Nord) est remplacé par M. Le

Bouyonnec (La Prairie).

Le Président (M. Claveau) : C'est beau. Alors, je vous rappelle

brièvement le déroulement de l'interpellation.

Dans un premier temps, le député de

Mont-Royal aura un temps de parole de 10 minutes pour ses remarques d'ouverture,

suivi du ministre pour également 10 minutes. Par la suite, des périodes de cinq

minutes seront allouées selon la séquence

suivante : d'abord, un député de l'opposition officielle, ensuite le

ministre, puis un député du groupe formant le gouvernement, et ainsi de suite. Je comprends qu'il y a une entente à l'effet

que le député du deuxième groupe d'opposition interviendra lors de la troisième et sixième séries d'interventions. 20

minutes avant la fin de l'interpellation, j'accorderai 10 minutes de

conclusion au ministre et un temps de réplique égal au député de Mont-Royal.

Enfin, je vous rappelle que le débat ne peut,

à moins d'un consentement, dépasser midi. Étant donné qu'on débute à 9 h 4, ainsi, comme la séance a débuté à

9 h 4, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de

midi, soit jusqu'à... C'est plutôt 11 h 4. Ce n'est pas midi, mais 11

heures, 11 h 4.

Président (M. Claveau) : Ah non, non,

non, c'est assez.

Le Président (M. Claveau) : Non, non, non, ce n'est pas… Est-ce

que j'ai le consentement? Ça va. Alors, M. le

député de Mont-Royal, vous avez la parole pour 10 minutes.

Arcand : Merci beaucoup, M. le

Président. J'en profite également pour saluer, bien sûr, mon collègue de

Verdun, M. le ministre, les collègues également de l'opposition.

pense que le sujet, évidemment, aujourd'hui, est un sujet particulièrement

important parce que Montréal, lorsqu'on regarde cette ville et le grand ensemble,

si on veut, de la Communauté métropolitaine de Montréal, c'est la moitié du Québec, c'est véritablement un élément

majeur, et on ne peut pas avoir un Québec fort s'il n'y a pas une ville

forte à ce niveau-là. Le problème que nous

avons sur la question montréalaise, c'est qu'on est en présence d'une vision,

je dirais, de la part du gouvernement

qui semble être une vision, je dirais, un peu jovialiste des choses parce qu'on

se veut optimiste, on veut que les choses avancent. Nous sommes les

premiers à vouloir que ces choses-là avancent, mais, évidemment, on ne voit pas

de plan de la part du gouvernement, on ne voit pas de quelle façon on va

pouvoir y arriver.

D'ailleurs,

vendredi dernier, lors d'un discours du maire de Montréal... Il y a eu un

discours qui a été assez critiqué, d'après

ce que j'ai vu dans les journaux, où on se voulait justement... Pour suivre un

peu ce que le ministre disait, on se

veut montrélao-optimiste, on disait : Bon, bien, les choses vont commencer

à aller dans le cas de Montréal, on va réussir à passer à travers. Moi,

je veux bien, je suis d'accord pour qu'on soit le plus optimiste possible par

rapport à Montréal, mais la problématique,

encore une fois, c'est que la situation, elle est très sérieuse. Et je ne parle

pas seulement de la question de l'éthique, je parle véritablement de la

situation générale de Montréal en tant que ville.

donc, si on regarde ça de près, je vais simplement vous donner quelques

statistiques : perte de près de 40 000

emplois à Montréal depuis janvier 2013; le taux de chômage sur l'île qui est

rendu au-delà de 8 %; dans les derniers bulletins

sur les investissements privés et publics, le Québec dans son entier, on était

en 2012 à 10,2 %, là on parle d'un maigre 0,5 %. Et, donc, tout ça m'indique

que la situation à Montréal va être assez difficile.

On voyait également

certains articles. Entre autres, un de David Descôteaux dans Le Journal de

Québec , on disait qu'on trouve presque

autant de maisons à vendre actuellement à Montréal qu'à Toronto et Vancouver

ensemble. C'est un ralentissement immobilier

qui touche d'abord Montréal et qui va avoir, évidemment, un impact sur l'ensemble,

si on veut, de la province.

Je pense que les

changements au cours des derniers mois n'ont pas aidé, évidemment, les

citoyens, néces­sairement, à reprendre

complètement confiance aux institutions. Et on a eu, comme vous le savez sans

doute, le fameux épisode des

nids-de-poule, et j'espère pouvoir savoir du ministre, dans cet épisode-là, s'il

a réussi à convaincre son collègue du Conseil du trésor, là, que ce n'est

pas seulement de limiter le rôle de l'Autorité des marchés financiers à seulement 25 contrats, mais qu'on

va pouvoir être plus flexible et y aller pour pouvoir aider Montréal, qui n'est pas une

petite ville, qui est une grande ville, à pouvoir, finalement, avoir le nombre

suffisant de contrats à ce niveau-là.

Moi, en fait,

contrairement aux gens de la deuxième opposition, qui disaient que Montréal

était une ville morte, il y a eu une

déclaration à cet effet-là… Le problème, ce n'est pas que Montréal est une

ville morte, mais c'est une ville qui,

depuis l'arrivée du Parti québécois, n'avance pas actuellement. Je lisais

aujourd'hui un papier qui était écrit

par M. Réal Ménard, le maire de l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, et tous

les programmes dont il parlait, que ce

soit le Quartier des spectacles, tous les projets dont il a parlé, les usines

de biométhanisation pour les matières

résiduelles, ensuite de ça, la décontamination des terrains, un paquet de

projets comme ça, ce sont tous des projets

qui avaient été initiés par notre précédent gouvernement. Et je pense qu'il n'y

a pas une personne qui est dans le

milieu des affaires à Montréal qui ne vous dira pas, actuellement, qu'il y a

une énorme crainte sur l'avenir de Montréal.

Et ce n'est pas une crainte qui est liée véritablement à la conjoncture

mondiale. On sait que la conjoncture mondiale

n'est peut-être pas parfaite actuellement, mais il est clair, actuellement, que

ce gouvernement ne propose rien de

très excitant pour Montréal. Et je sais que, lorsqu'il y a eu le budget qui a

été proposé par le ministre des Finances au mois de novembre, écoutez, même les

critiques… même Louise Harel, qui n'est pourtant pas une libérale, que je sache, disait que, dans ce

budget-là, il n'y avait rien pour Montréal.

Alors,

moi, je veux bien croire le ministre de la Métropole, croire en son optimisme,

mais, malheureusement, les gestes ne suivent pas les paroles. Et ça, je pense

qu'il doit s'expliquer aujourd'hui pour nous dire de quelle façon il va

vouloir relancer Montréal. Et moi, je serais

très intéressé également à savoir de sa part, en particulier aujourd'hui, dans

une des pièces maîtresses, où on disait essentiellement que c'était un

élément qui allait certainement aider à la relance de Montréal, on parlait de, lorsqu'il y avait un investissement — je

pense que c'était 300 millions — il y avait à l'intérieur de ça,

évidemment, je dirais, un congé de taxes de 10 ans. Alors, moi, ce que j'aimerais

savoir de la part du ministre, c'est combien d'entreprises ont profité

de ça — ça fait depuis le mois de

novembre qu'on en parle — parce que Montréal

doit être la locomotive du Québec.

un des éléments, souvent, dont les économistes parlent et qui ne mentent à peu

près jamais dans la plupart des cas, c'est l'activité qui existe que ce soit au

niveau portuaire ou que ce soit au niveau des aéroports. Or, Montréal,

depuis les derniers mois, semble vouloir

avoir une diminution du nombre de ses passagers, alors qu'à Toronto on est

toujours dans une augmentation de plus de 4 %.

j'inviterais le ministre, aujourd'hui, à ne pas nous parler, évidemment, que

tout ce qui arrive est soit la faute de l'ancien gouvernement ou encore la faute du

gouvernement fédéral, je pense qu'il n'y a pas actuellement, au sein de

ce gouvernement-là, une vision. Il n'y a pas

eu de mesure dans le dernier budget qui concerne la métropole de façon

efficace. Il y a actuellement absence

complète d'une stratégie efficace pour soutenir la croissance des secteurs

importants de Montréal, le secteur biopharmaceutique, aéronautique,

entre autres, qui sont des éléments très importants, et il y a également, je pense, différentes technologies d'information qui

pourraient être mises en valeur. Je ne parlerai pas non plus de l'industrie

du jeu vidéo, qui fait beaucoup de mises à

pieds après avoir connu des croissances absolument exponentielles au cours

des dernières années. Il semble qu'à Montréal, actuellement, les gens se posent

des questions. Et, donc, je ne vois pas là simplement le cas d'une conjoncture

mondiale, je vois là certainement une inactivité de la part du gouvernement, un

désintéressement de la part du gouvernement. Et mon collègue de Verdun aura l'occasion

certainement d'en parler un peu plus tard au

cours de cette interpellation, mais une des situations, évidemment,

particulièrement critiques, pour ce qui est de Montréal, est toute la

question qui touche la santé.

Je sais que le

ministre a annoncé qu'il y aurait, le 6 mai prochain, un forum pour développer

les grappes industrielles de Montréal.

On ne peut pas être en désaccord avec un forum là-dessus. Le problème, c'est

que vous n'avez pas d'argent, vous ne

mettez pas d'argent pour soutenir les industries à Montréal, pour soutenir de façon importante la métropole. Ce sont donc

des enjeux extrêmement majeurs. J'espère que cette interpellation va nous permettre, effectivement, de pouvoir

sensibiliser le ministre, sensibiliser le gouvernement sur le fait que Montréal est

plus importante que jamais. Le Québec ne peut pas avancer si Montréal n'avance

pas, et je pense qu'il est du devoir

et de l'intérêt public pour le gouvernement de vraiment accorder à Montréal l'importance

au niveau du développement. Et le

constat aujourd'hui, c'est que l'absence de leadership du Parti québécois quant

aux enjeux liés à la métropole risque d'entraîner des conséquences sérieuses pour

Montréal, et ce sont des conséquences dont on pourrait visiblement se passer. Merci beaucoup, M. le

Président.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le député de Mont-Royal. Maintenant, je cède la parole à M.

le ministre, également député de Rosemont,

pour une période de 10 minutes.

Lisée : Merci,

M. le Président. Je salue mon collègue de Mont-Royal, de Verdun, le collègue de La Prairie. De mon côté, j'ai avec moi le député de

Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député de

Sanguinet, mon chef de cabinet et le sous-secrétaire adjoint à la Métropole.

Je vais d'abord

reprendre une des déclarations du député de Mont-Royal. Il dit : Il n'y a

pas une personne des milieux d'affaires qui

ne vous dira pas que c'est inquiétant pour Montréal, qu'il est inquiet pour

Montréal. Il n'y a pas une personne

des milieux d'affaires qui va dire ça. Et je comprends qu'on est dans un

système d'opposition et que l'opposition dit que ça va mal, que le gouvernement dit que ça va mieux. Lorsque l'opposition

était au pouvoir, elle disait que ça allait mieux, l'opposition disait que ça allait mal. On connaît les règles du

jeu, on sait que ça fait

partie du dialogue. Mais, quand même, il faut rester dans le cercle du

vraisemblable, hein, dans ces discussions. Il est bon que l'opposition mette

constamment le gouvernement en état de vigilance, puisse mettre la lumière sur

les insuffisances, les défaillances. C'est

excellent dans le système parce que ça permet, lorsqu'un gouvernement est

réactif et… Si, parfois, il n'avait pas jugé à sa bonne mesure l'ampleur d'un problème, bien, l'opposition, la presse

sont là pour faire en sorte que ce ne soit pas le cas. Mais, enfin, lorsqu'on dit qu'il n'y a pas

une personne des milieux d'affaires à Montréal qui n'est pas inquiète,

bien, moi, je dirais qu'il y en a au moins

une personne, une personne, et, en fait, une personne qui a été désignée par

toutes les autres personnes des

milieux d'affaires pour représenter le milieu d'affaires de Montréal, ce serait

le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain,

M. Michel Leblanc.

il a déclaré en mars 2013, donc plusieurs mois après l'élection du Parti

québécois, plusieurs mois après que, selon le député de Mont-Royal, l'inaction, le

manque de leadership... Lui n'a pas dit ça, mais certains de ses collègues

ont dit l'angoisse fiscale. L'angoisse

fiscale, hein, selon des membres de l'opposition, qui aurait pris à la gorge l'ensemble

des créateurs d'emplois à Montréal et qui expliquerait pourquoi tout va si mal

et que plein de projets d'investissement qui foisonnaient,

pourrait-on penser à entendre les libéraux, seraient tout à coup disparus dans

la brume à cause de cette angoisse forcée par l'arrivée du méchant

gouvernement du Parti québécois.

bien, là, il y a plusieurs mois, là, on est en septembre, octobre, novembre,

décembre, janvier, février, mars… On est sept

mois après, et, pourtant, que nous dit le président de la Chambre de commerce

du Montréal métropolitain devant 350

personnes qui étaient venues l'entendre? Il dit : «Avec plus de

80 grues en activité, le dynamisme de notre métropole n'est plus à démontrer. Les projets présentés aujourd'hui — ce

jour-là de mars 2013, sept mois après l'élection

du PQ — annoncent

un visage nouveau pour la métropole : densification du centre-ville avec

des immeubles d'habitation en hauteur, construction des premières tours de

bureaux depuis près de 20 ans…» Imaginez, depuis 20 ans, il n'y avait

pas eu de tours de bureaux, pendant les neuf

ans du gouvernement libéral et même avant. Et là, tout à coup, le président de

la chambre de commerce nous dit : Pour

la première fois, malgré l'élection du Parti québécois ou peut-être à cause de

l'élection du Parti québécois... Enfin, c'est soit l'un ou soit l'autre, soit

ni l'un ni l'autre, hein? Parce que vous m'avez bien dit, M. le député, qu'il ne fallait pas dire que tout

ce qui arrive est la faute de l'ancien gouvernement. Donc, je suppose

que ces tours à bureaux qui se construisent ne sont pas de votre faute, hein?

Mais vous m'avez dit

aussi : C'est difficile… Parce que vous avez lu le texte de Réal Ménard ce

matin dans le journal et qui dit un certain

nombre de choses qui se produisent, il dit : Tout ça, c'est grâce à nous.

Alors, ne nous dites pas des choses

qui se passent maintenant qui sont grâce à nous et ne dites pas que qui n'arrive

pas est de notre faute. Alors, on ne peut

rien dire. On ne peut rien dire. Mais, en tout cas, ce qu'on peut dire

certainement, c'est que les choses qui se déroulent quand même, hein, qui, selon vous, n'auraient pas

dû se dérouler, puisque ça va si mal, bien, si elles se déroulent quand

même, n'ont pas été arrêtées malgré notre présence. Ça, c'est le minimum qu'on

peut dire. Nous, on pense qu'on aide, hein? Mais, en tout cas, de toute

évidence, on ne nuit pas autant que ce vous dites.

Alors,

je continue. Alors, il dit, monsieur... C'est toujours Michel Leblanc, président

de la chambre de commerce : Les projets annoncent un visage nouveau pour

Montréal : «…construction des premières tours de bureaux depuis

près de 20 ans, revitalisation des quartiers

comme ceux entourant la gare de triage Outremont et la Maison de Radio-Canada.

C'est tout le territoire qui bénéficie

maintenant de la relance de la métropole…» Peut-être qu'il s'est trompé, mais

il a dit «la relance de la

métropole». Mais comment est-ce que le président de la Chambre de commerce de

Montréal peut parler de relance de la

métropole? Il n'a pas entendu le député de Mont-Royal dire que ça va

extraordinairement mal. Je veux dire, il faudrait que vous vous parliez,

là, parce que, certainement, vous ne parlez pas de la même métropole. Bon.

Alors,

il continue, il dit : «En plus des grands projets institutionnels, le

secteur privé est de nouveau au rendez-vous…» De nouveau au rendez-vous. Alors, j'ai

trouvé ça drôle parce qu'il dit «de nouveau», comme si, avant, il ne l'était

pas, hein? Avant, ce n'était pas nous. Bon,

il dit : «...de nouveau au rendez-vous, avec de nombreux projets

résidentiels, commerciaux et à usage mixte. L'annonce d'un projet majeur dans

la Quartier des spectacles par Canderel et le Fonds immobilier de solidarité

FTQ...»

Bon,

là, je sais que je ne suis pas censé parler du fédéral, mais j'espère que le

fait que le gouvernement fédéral ait sabré dans le crédit fiscal au fonds de la FTQ ne

nous empêchera pas de continuer à développer le Québec comme nous l'avons fait. Et, comme le fonds FTQ, avec

Canderel, là, une grande société privée, fait un investissement important

dans le Quartier des spectacles, alors ce projet «améliorera l'offre d'espace

de bureaux prestigieux dans un milieu urbain unique.

Le projet L'Avenue de Construction Broccolini deviendra la plus haute tour à

usage mixte à Montréal avec ses 50 étages. Cadillac Fairviewa quant à

elle annoncé un plan à long terme d'investissement de plus de 2 milliards

de dollars dans le secteur de la gare Windsor.»

En plus, ils l'ont réannoncé en mars.

Malgré le pessimisme

distillé par le Parti libéral, et pas par vous, M. le député de

La Prairie, mais un de vos collègues, hein, qui a dit, comme l'a dit le

député de Mont-Royal, que Montréal était morte ou à l'agonie, bien, ils

ne sont pas au courant, là, à Cadillac Fairview, ils investissent

2 milliards de dollars en mars de cette

année autour de la gare Windsor. «Il y avait longtemps — et là c'est Michel Leblanc qui parle — que nous n'avions pas assisté à un tel — tenez-vous

bien — enthousiasme.» Enthousiasme. Je veux dire, c'est quand même extraordinaire, le député

de Mont-Royal habite Montréal et il n'a rien vu de ça. Michel Leblanc habite

Montréal, il parle de la relance de Montréal et de l'enthousiasme du

secteur privé pour l'investissement dans la ville.

là j'ai peur de manquer de temps, M. le Président, mais je n'ai pas terminé de

citer M. Michel Leblanc. Mais j'ai beaucoup de choses, hein, sur lesquelles je veux

revenir, mais peut-être, tout à l'heure, je pourrai le faire. Mais, je

pense, c'est important juste pour tracer, là, le fond de scène de la relance de

Montréal et de l'enthousiasme du privé : «Le redéploiement du Parc olympique est sur la bonne voie avec

200 millions de dollars d'investissements prévus au cours des quatre

prochaines années. L'attrait d'Espace pour la vie et l'ouverture prochaine du

tout nouveau planétarium...» C'est ouvert,

je suis allé, c'est extraordinaire. Je vous invite tous à aller au planétarium

voir les deux salles du planétarium, c'est vraiment... c'est fabuleux. C'est un équipement dont on vient de se

doter, et, encore là, ce n'est pas grâce à nous, ce n'est pas de notre faute, hein, c'était prévu depuis

longtemps, mais ils n'ont pas arrêté de le construire quand on est arrivés, ils

l'ont quand même terminé, ils l'ont quand

même ouvert. Les gens étaient là, ils ont dit : Ils sont enthousiastes, ça

fait

partie de la relance de Montréal.

Alors :

«…un investissement de 48 millions de dollars, contribueront à bonifier l'offre

touristique de la métropole. Ces projets renouvellent le milieu de vie des

quartiers avoisinants et agissent comme catalyseurs d'une offre de

services commerciaux améliorée.»

Alors,

je vais choisir, là, dans la minute qui reste : «Le Quartier de l'innovation,

qui sera officiellement lancé en mai 2013, est un exemple de meilleures pratiques

en matière d'intégration [de] milieu de vie. Technoparc Montréal et son

éco-campus Hubert Reeves ont annoncé un potentiel d'investissement de

250 millions de dollars. Le développement du site Outremont par l'Université

de Montréal...», etc. Je n'ai pas le temps, là, il reste juste 38 secondes.

Alors,

écoutez, ce qu'on voit, d'une part, ce sont des Montréalais du secteur privé

qui investissent dans la relance de Montréal, qui sont enthousiastes, qui ont des

projets, et moi, comme ministre de la Métropole, j'en vois tous les

jours, des gens de toutes les grappes

industrielles, des gens des jeux vidéo, des gens de la pharmaceutique, des gens

de l'aérospatiale. On a encore

annoncé récemment, il y a deux semaines, avec le ministre Marceau, un

investissement dans l'aérospatiale pour reprendre une

partie d'Aveos, et

on n'est pas dans la pénurie de projets, on est dans l'abondance de projets.

Voilà, M. le Président.

Le Président (M.

Claveau) : Merci, M. le ministre.

Nous allons maintenant entamer la période d'échange. M. le député de

Mont-Royal, vous avez la parole pour un maximum de cinq minutes.

Arcand : Merci,

M. le Président. Vous savez, lorsque je vois le ministre arriver comme ça avec

une certaine forme

de patinage, je dois vous dire que je suis toujours surpris parce que ça

démontre, en tout cas, jusqu'à quel point il y a des choses qui ne mentent pas. Les chiffres, en général, ne mentent pas.

Il a parlé abondamment de M. Michel Leblanc. Moi, je peux bien le citer.

Moi, j'ai une citation ici en date du 13 avril 2013, et c'est marqué ici :

Vision opposées de Montréal. Les gens d'affaires

et le maire Applebaum ne s'entendent pas sur l'état de santé de la métropole . Alors, j'imagine que, comme le maire est optimiste, j'imagine que les gens d'affaires

étaient pessimistes. Et, à l'intérieur de ça, bien, on le cite, Michel

Leblanc. Et là il dit que Montréal est une ville fragilisée, etc., un

centre-ville exsangue, etc. Mais ce qu'il dit aussi,

et ça, de façon très claire, c'est qu'il attend de façon importante qu'il y ait

des réalisations de projets d'infrastructure majeurs, et il dit qu'il attend après Québec. Il a cité l'implantation d'un

système rapide par autobus sur l'avenue Pie-IX qui se fait toujours attendre après une annonce qui

avait été faite il y a quelque temps. «C'est en voie de d'obtenir — dit-il — le record du plus long projet à réaliser…»

Alors, quand on

regarde la situation de cela, on voit jusqu'à quel point le gouvernement ne s'intéresse

pas à Montréal. Il y a peu de choses qui ont

été faites jusqu'ici pour Montréal, et même dans des secteurs particulièrement

majeurs où, normalement, on dit

toujours : C'est l'apanage du Parti québécois. Vous vous êtes gargarisés

en vous disant, par exemple, que vous

alliez aider les familles de Montréal, que vous alliez travailler à ça. Moi,

ici, j'ai plein de lettres que je reçois qui m'enjoignent, d'ailleurs… des centres de la petite enfance qui m'enjoignent

de dire au gouvernement d'arrêter de faire des compressions de plus de 56 millions dans des réseaux de services de

garde parce que la situation, elle est particulièrement dramatique.

Alors, d'un côté, on nous dit qu'il va y avoir plus de services de garde et, d'autre

côté, on coupe. Allez comprendre dans quelle direction on va.

Moi,

ce que je vois, en tout cas… Et je ne demande pas aux gens de croire moi ou de

croire le ministre. Qu'on regarde ce que les analystes disent sur Montréal,

qu'on regarde ce que les analystes, sur une base indépendante, disent de

la situation économique de Montréal, et je

pense que, sans être une situation catastrophique, tout le monde va

reconnaître que c'est une situation extrêmement préoccupante. Et, je pense que

le dernier budget, c'est ce qui, d'habitude, détermine les efforts qui doivent être faits pour aider une métropole, bien, il n'y

avait rien. Tout le monde l'a dit, et ça, c'est quelque chose qui fait l'unanimité, c'est-à-dire qu'il n'y

a pas eu d'actions de la part du gouvernement. Dans le secteur pharmaceutique,

on avait une mesure où on avait une dépense

d'à peu près 175 millions pour essayer de relancer l'industrie

pharmaceutique. On a remplacé ça par une dépense de 25 millions, alors que

tout le monde au Canada et aux États-Unis, actuellement, essaie d'aller

chercher des nouvelles biotechs, des nouvelles entreprises de ce type-là.

Ça a été la même chose

pour l'industrie du jeu vidéo. M. le ministre, qu'est-ce qu'on fait dans le cas

de l'industrie du jeu vidéo? À toutes les semaines, il y a une annonce, actuellement, d'une

entreprise qui va mettre à pied des gens dans l'industrie du jeu vidéo. Il avait été question, à un moment donné, d'aider

ces entreprises-là dans cette industrie, il avait été question... On en avait parlé qu'il fallait

continuer à travailler en ce sens-là, le budget arrive, absolument rien pour

cette industrie-là. Vous le savez très bien que ce sont des emplois d'avenir,

ce sont des emplois importants pour Montréal. C'est

une marque de commerce de Montréal et c'est une marque d'avenir pour nos

jeunes. Or, il n'y a rien de ce côté-là.

Et je pourrai certainement avoir l'occasion d'y

revenir également en matière de transport parce que, là aussi, il semble y avoir des

problèmes importants. Et, lorsqu'on fait un peu de sémantique, comme vous le

faites actuellement, c'est parce qu'il n'y a pas d'argent sur la table,

ça m'apparaît très clair.

Le Président (M. Claveau) : Merci, M. le député de Mont-Royal. Je

cède maintenant la parole à M. le ministre.

Lisée : Merci, M. le Président.

Écoutez, dans mon intervention précédente, je me suis limité à citer le responsable, le représentant des milieux d'affaires.

Alors, vous pouvez être en désaccord avec lui, c'est ce que j'ai fait. J'ai

oublié de dire qu'il avait comptabilisé, lui, pour 14 milliards de dollars

de projets privés sur la table en ce moment à Montréal

qui non seulement sont confirmés, mais ont été réaffirmés. Et, dans le cas de

Cadillac Fairview, ils les ont faits.

Alors, vous parlez du jeu vidéo, oui,

effectivement, Montréal est un centre mondial de jeu vidéo grâce à l'action du Parti

québécois. Ça, c'est certain, il n'y a aucun doute que ça n'existait pas avant

que Bernard Landry décide de mettre énormément

d'efforts pour faire de Montréal un centre mondial du jeu vidéo en inventant un

crédit d'impôt extrêmement attractif

qui faisait en sorte de mettre ensemble des aides gouvernementales, de

remplacer par une aide à la formation… et ce crédit d'impôt, il est toujours là. Alors, il y a des entreprises qui

embauchent, des entreprises qui n'arrivent pas à prendre le virage

actuel du jeu en ligne. Et j'ai rencontré, M. le député de Mont-Royal, j'ai

rencontré récemment les gens d'Ubisoft. D'ailleurs,

j'ai soupé à Paris, la semaine dernière, avec le président d'Ubisoft

International et je suis allé visiter leurs studios ici. J'ai vu des

gens de Warner Bros, et on m'a parlé des projets qu'ils avaient de

développement, pour lesquels ils demandent

un accompagnement gouvernemental, et, bien sûr, nous sommes en train de les

accompagner dans ces projets de

développement… un projet de développement du jeu vidéo à Montréal. On s'en

occupe, c'est très important, c'est très intéressant, et nous avons un

avenir important là-dedans et dans la jonction entre le jeu vidéo et les films

3D qui sont en train de se faire.

Vous avez cité notre ami commun Michel

Leblanc pour parler de Pie-IX et vous avez dit : C'est le record du plus long projet à se

réaliser. Oui, mais, quand vous dites ça, là, on est arrivé il y a sept mois.

Alors, ce n'est pas nous, le record, hein? Le record, il a commencé bien

avant nous. Alors, je suis content que vous le souligniez, et qu'effectivement,

lorsqu'on est arrivé au pouvoir, on a été pris devant un certain nombre de

projets mal ficelés, mal pensés, laissés à l'abandon.

Et, d'ailleurs, ce que M. Leblanc disait au sujet de la ville exsangue, il

référait très précisément aux manifestations quotidiennes de l'an

dernier.

Alors,

si on se demandait, à l'inverse, quelles seraient les pires choses qu'on

pourrait faire pour nuire à la métropole — or, la situation n'est

pas catastrophique, comme le député l'a dit, mais qui devrait être meilleure,

on va s'entendre là-dessus, qui devrait être meilleure — alors, que pourrions-nous faire si quelqu'un avait de la

mauvaise volonté pour Montréal? Bien, c'est,

évidemment, créer une crise sociale telle que, tous les jours, il y aurait des

manifestations à Montréal. Ça, ce serait une chose à faire pour nuire à

Montréal. C'est ce qu'a fait l'ancien gouvernement. Pour nuire à Montréal, ce serait refuser de donner les outils

à Montréal pour se débarrasser de la corruption et de la collusion. Et,

par exemple, j'aimerais quand même vous dire que, sur cette question d'une

commission d'enquête sur la corruption, unanimement, les membres du conseil

municipal de Montréal, unanimement, ont demandé en décembre 2009 au

gouvernement libéral de créer une commission d'enquête. C'est ce dont Montréal

avait besoin de toute urgence. Et, même à la

fin 2010, la FTQ-Construction s'est rendue à la nécessité de créer cette

commission d'enquête, et, pourtant, il a encore fallu jusqu'en octobre

2011 pour que, contraint et forcé, le gouvernement Charest décide de cette

commission.

Ça veut dire qu'au minimum, là... Et puis, en

2008, évidemment, il y avait un membre de l'ADQ qui le demandait. Bon, M.

Legault était parti ailleurs, ça ne l'intéressait pas, ces commissions d'enquête,

pendant très longtemps. Mais, en tout

cas, pendant deux ans après la demande unanime du conseil municipal de

Montréal, le gouvernement libéral a refusé d'ouvrir la commission d'enquête. La pire chose qu'on pouvait faire pour

nuire à Montréal, c'était de ne pas aller au fond des choses là-dedans. Et je comprends que M.

Tremblay est un ancien ministre libéral, que M. Zampino était un ancien

candidat libéral, qu'il y a beaucoup de gens, là, qui sont aujourd'hui à

Charbonneau qui sont des anciens libéraux, mais l'intérêt national, l'intérêt

de la métropole, c'est ce qui primait et ce qui qu'il fallait faire.

Et, si ce qu'il fallait faire aussi pour ne

pas nuire à Montréal, c'était bien gérer le dossier du CHUM, alors là on est vraiment au-delà de toute incompétence politique

dans la gestion du dossier du CHUM, qui, finalement, va ouvrir. On ne pensait pas que ça se ferait de notre

vivant, mais ça va être fait, là. Et, quant au dossier du CUSUM, bien, on

voit l'extraordinaire gabegie dans la gestion des fonds — les gens qui ont été nommés là, un bon ami du nouveau chef libéral — qui fait en sorte que, pour l'instant, c'est une honte.

Alors, si on voulait nuire à Montréal, on aurait fait ce que l'ancien gouvernement a fait.

Le Président (M. Claveau) : Alors, merci, M. le ministre. Juste

avant de céder la parole à un autre député, je

fais un petit rappel, qu'on ne nomme pas les députés par leur nom, mais par le

comté qu'ils représentent. Alors, M. le député de L'Assomption, qui est chef de

la deuxième opposition officielle. Alors, je cède la parole à M. le député de

Sainte-Marie—Saint-Jacques pour une période

de cinq minutes.

Breton : Merci, M. le Président.

Parfait. C'est M. le député de Mont-Royal qui disait : Laissons parler les

chiffres. Parfait, je vais donner quelques

chiffres : 2001, 2003, 2011. 2001, le gouvernement du Parti québécois a

convoqué la commission Nicolet pour parler

des pistes de solution pour l'avenir du transport Montréal—Rive-Sud.

2003, c'est en 2003 que le rapport Nicolet a été remis au gouvernement précédent. Qu'est-ce

qui a été fait entre 2003 et 2011? Réponse : Rien. On s'est retrouvé avec des infrastructures

qui tombaient et donc, pendant huit ans, on a assisté à un total manque

de planification et de vision au niveau du transport dans la région de

Montréal.

D'autres

chiffres maintenant : 320, 500, 1 100, zéro. 320, puisque vous aimez

les chiffres, c'était le montant qu'était supposé coûter l'îlot Voyageur. 500, c'est le

montant final. Mais 1 100, ce sont les 1 100 logements étudiants qu'il

était supposé y avoir. Puis zéro, c'est le

résultat. Ça fait que, si vous voulez laisser parler les chiffres, moi, je

trouve que ces chiffres-là sont assez parlants.

Maintenant,

parlons 80. 80, c'est le surplus, au niveau de la construction du CHUM, que ça

coûte, 80 % plus cher que ce qui avait

été planifié par votre gouvernement.

peut donner d'autres chiffres aussi. Il y a un projet dont M. le ministre n'a

pas parlé où il y a des chiffres que je trouve assez intéressants — et M. le député de Mont-Royal, à cette époque-là, était

ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, il n'y avait pas la

Faune à l'époque — moins six, moins 20, deux. Moins six,

ça, c'étaient les objectifs du Protocole de

Kyoto fixés, que son gouvernement avait dit qu'il atteindrait, que le ministre

précédent de l'Environnement et des Parcs a

dit qu'on était pour atteindre et que le Commissaire au développement durable a

dit qu'on n'avait pas atteint.

Pourtant, il y avait un projet qui s'appelait Turcot, le plus gros projet d'infrastructure

routière au Québec. Et, quand est

venu le temps de voir comment est-ce qu'on pourrait diminuer les émissions de

gaz à effet de serre avec le plus

gros projet d'infrastructure routière au Québec, c'est drôle, mais on n'a pas

entendu beaucoup de pistes de solution de la part du gouvernement précédent. Quand on a fait l'annonce, il y a

deux semaines, trois semaines, à peu près, de ce qu'on était pour faire

avec Turcot, c'est-à-dire qu'on partait d'un projet qui avait été lancé il y a

sept ans… Autre chiffre, sept ans, c'est

assez long, je trouve. Donc, ce projet-là, il y a sept ans, on nous a présenté

un projet avec une vision des années

50, une vision complètement dépassée. Soyons francs, le projet Turcot qu'on

présente, ce n'est pas le projet Turcot idéal qu'on aurait voulu si on était arrivés au pouvoir avec la

possibilité de présenter un nouveau projet Turcot. Mais on a quand même

rattrapé les choses de façon intéressante, je crois.

D'abord,

en présentant un projet où on va pouvoir faire en sorte qu'il y ait deux

personnes par voiture aux heures de pointe qui vont se promener de façon pendulaire,

ça, ça va diminuer la circulation de 40 %. 40 %, au niveau des

émissions de gaz à effet de serre, M. le

député de Mont-Royal, vous le savez, c'est un impact énorme. Mon étonnement, c'est

que vous, qui avez été ministre de l'Environnement,

vous n'ayez pas proposé une telle solution. Vous parliez de manque de

vision tout à l'heure. Pour moi, c'est un

parfait exemple du manque de vision de votre gouvernement. Rappelez-vous que leCommissaire au développement durable, lorsqu'il

a remis le rapport sur votre plan d'action sur les changementsclimatiques… On va donner d'autres chiffres. Le

plan d'action 2006‑2012, qu'est-ce qu'il a dit que vous aviez fait avec

le 1,5 milliard? Ça, c'est un autre chiffre intéressant. Pas eu de suivi,

pas eu de résultats concrets.

Donc,

si on veut parler de chiffres, moi, je suis prêt à parler de chiffres pendant

toute la matinée, parce que j'en ai d'autres,

dans l'autre période de cinq minutes qui va m'être donnée à parler. Je vous

remercie, M. le Président.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. On vous rappelle aussi qu'on s'adresse

toujours au président, puis pas directement au député de l'opposition. Alors,

maintenant, pour un cinq minutes, le député de Verdun ou le... C'est M.

le député de Verdun ou c'est le député de Mont-Royal?

M. Gautrin : On va permuter, M. le Président.

Le Président (M.

Claveau) : M. le député de

Mont-Royal.

M. Arcand : Bon, alors, écoutez, je vais, d'abord, essayer de

répondre... Parce que, vous savez, le député de Sainte-Marie, M. le Président, a parlé de nombreux chiffres, là, sur les

gaz à effet de serre, et je pense que le public n'est pas toujours nécessairement informé, là, du détail

technique de ces éléments-là. Moi, je dirai la chose suivante.

Premièrement, quand on parle du projet Turcot, on s'aperçoit que nous, on avait

présenté un projet à 3 milliards, et essentiellement, à quelques légères

modifications près, ce projet-là est essentiellement le même que celui qui a

été annoncé par la première ministre lors d'une conférence de presse avec

quelques modifications. Il coûte 3,7 milliards cette fois-ci, et non pas

3 milliards. Mais, essentiellement, c'est ça.

Mais

il y a un chiffre qui, pour moi, est encore plus important puis plus

fondamental, c'est que, lorsque nous étions au gouvernement, dans le transport en commun, les

wagons de métro, tout ce qui a été fait pour l'amélioration du transport

en commun, c'est plus de 1 milliard de

dollars qu'on a dépensés, contrairement à l'ancien gouvernement, qui en

dépensait à peu près 200 millions.

Alors, moi, je veux bien être vertueux sur le plan de l'environnement et

entendre... Les gens du Parti québécois disent qu'ils sont vertueux sur

ce plan-là, mais une chose est très claire, c'est que les chiffres, encore une fois, indiquent que nous avons investi

beaucoup plus dans le transport en commun au fil des dernières années

que le Parti québécois n'aura jamais investi en ce sens-là.

Deuxièmement,

moi, je lance un défi au député de Sainte-Marie. Le défi est très, très simple.

Nous avons présenté un plan d'action sur les

changements climatiques, et une grande

partie de ce plan d'action, bien sûr,

touche la ville de Montréal. Nous avons dit

que nous allions réduire les gaz à effet de serre. L'objectif, c'était

20 % d'ici 2020. Or, le Parti québécois

parle d'une réduction de 25 %. Le problème, c'est que je veux bien

25 %, mais on ne nous dit pas qu'est-ce qu'on va faire. Est-ce qu'on va empêcher les gens à

Montréal d'avoir une deuxième voiture, comme l'ancien député de

La Prairie en

avait parlé à un moment donné? Qu'est-ce qu'on va faire exactement pour

entendre à un moment donné le député de Sainte-Marie sur ces

questions-là.

Alors,

encore une fois, ce que je dis, c'est que, sur l'essentiel de ces questions-là

de transport, je pense que le record de notre gouvernement est un record qui est très

important. Je pense que nous avons fait des efforts majeurs, que ce soit

un plan pour l'auto électrique, que ce soit

au niveau des investissements majeurs dans le transport en commun. Le

problème, c'est que, dans le fond, on a une

vision qui se ressemble entre le Parti québécois et nous sur ces éléments

d'environnement… Le problème, c'est que vous n'investissez pas à Montréal. Vous

n'êtes pas capables d'aller chercher les revenus qui permettent actuellement au Québec de grandir, et ça se reflète sur vos

investissements à Montréal. Vous avez, depuis que vous êtes arrivés au

pouvoir, fait de nombreuses coupures, des coupures extrêmement importantes, et

plusieurs de ces coupures-là touchent la région de Montréal de façon

significative.

en ce sens-là, à un moment donné, très honnêtement, j'ai eu l'impression que le

ministre, à quelque part, qui, pourtant, est

quelqu'un d'intelligent, qui veut que Montréal grandisse, qui veut qu'il y ait

des projets financés par le gouvernement du Québec, j'ai eu l'impression, à un

moment donné, que le ministre était quelque peu boycotté par ses collègues de

région. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais on dirait qu'à chaque fois qu'on

a parlé de Montréal il y avait à quelque

part un blocage parce que, justement — et je pense que le dernier

budget du ministre des Finances est un exemple

concret — il n'y a rien qui a suivi

les belles paroles qui ont été faites et qui ont été dites sur Montréal.

donc, moi, je ne veux pas être négatif à outrance sur Montréal, mais, une chose

est claire, l'interpellation que nous avons

aujourd'hui, ce n'est pas sur le fait que Montréal est terminée, que Montréal

est morte, que Montréal n'avancera pas. L'interpellation

que nous avons aujourd'hui, c'est sur l'inaction du gouvernement en matière de

projets pour la métropole. Le gouvernement doit comprendre que, si le Québec

veut avancer, c'est beau, investir dans les régions,

il faut le faire, on est tous d'accord avec ça, mais une priorité doit être

donnée à Montréal de façon importante.

Le Président (M.

Claveau) : Alors, merci, M. le député

de Mont-Royal. Alors, on poursuit pour un autre cinq minutes avec M. le

ministre.

Lisée : Le

député de Mont-Royal et moi sommes tout à fait d'accord que, si on veut que le

Québec fonctionne, si on veut que le Québec avance, Montréal, qui est la locomotive du

Québec, doit avancer. Ça ne fait aucun doute ni dans mon esprit, ni dans

l'esprit du gouvernement, ni dans l'esprit de mes collègues des régions.

d'ailleurs, je vais revenir sur cette question de budget parce que le député de

Mont-Royal y tient, il en avait déjà parlé au moment des crédits. Il aura remarqué qu'il

n'y a pas de

section Montréal dans le budget de novembre. C'est vrai, il n'y a pas de

section Montréal. Et le maire de

Québec a vu qu'il n'y avait pas de

section Québec, et le maire de

Saguenay a vu qu'il n'y avait pas de

section Saguenay. En fait, le budget est

un budget pour tout le Québec. Et, comme Montréal, c'est la moitié de la

population et la moitié du PIB, bien, c'est un budget pour Montréal.

Alors,

le député a déjà mentionné le crédit fiscal de 10 ans pour les

investissements de 300 millions, nous

espérons pouvoir annoncer des choses en ce

sens-là. Évidemment, il y a une chance sur deux que ça tombe à Montréal, au

moins une chance sur deux. Mais, pour le

pharmaceutique, la règle des 15 ans, qui était désuète, que le gouvernement

libéral aurait dû la modifier il y a

plusieurs années, nous l'avons modifiée pour faire en sorte qu'il y ait un

crédit d'impôt spécifique pour le nouveau

modèle d'affaires de la pharmaceutique et nous avons déjà des résultats. Par

exemple, l'Institut Neomed, dont nous

avons annoncé le 23 novembre dernier un investissement, un consortium de

recherche compétitive public-privé dans

le secteur biopharmaceutique. Et, comme je suis ministre de Montréal, je peux

vous dire qu'il y a d'autres investissements comme ceux-là qui sont dans

les tuyaux.

Dans

ce budget, il y a évidemment une certitude qui a été réaffirmée, c'est à la

fois celle que les travaux d'infrastructure…

Parce qu'on a déposé juste avant une étude de KPMG-SECOR qui montrait combien

les travaux d'infrastructure avaient dérivé

au point, sous l'ancien gouvernement, d'avoir des dépassements de coûts de

80 %, donc un gaspillage éhonté,

que, nous, nos travaux d'infrastructure auraient les chiffres corrects, les

budgets corrects et seraient réalisés dans les délais. C'est ce que nous

avons fait.

Alors,

des investissements, j'ai parlé de Neomed. J'étais, le 4 avril dernier,

avec le ministre Marceau pour annoncer AJW Technique, qui est un investissement de

30 millions de dollars sur l'aérospatiale. Et, sur l'aérospatiale, là,

depuis septembre, parce qu'il y en a qui

étaient dans le pipeline avant, il y en a qu'on a accompagnés, il y a une

dizaine d'investissements dans l'aérospatiale à Montréal et un important

investissement, là, qu'on est sur le point de ficeler. Alors, ça, ça se passe

très bien.

20 décembre, on a lancé le Fonds Mosaïque, 2 millions de dollars; le

5 octobre, Les Fermes Lufa, 16 millions de dollars pour le secteur de l'agriculture

urbaine, c'est à Montréal; Croissance Québec Techno, le 2 avril, pour l'accompagnement,

une dizaine d'entrepreneurs dans le domaine de la technologie, etc. J'en ai

plusieurs comme ça.

Écoutez,

le gouvernement du Québec est non seulement présent, est non seulement en

accompagnement, mais le nombre de projets qui se développent à Montréal,

comme le dit le président de la chambre de commerce, c'est... Son terme,

je n'oserais pas l'utiliser. Mais son terme,

c'est «enthousiasme». Son terme, c'est «enthousiasme». O.K.? Moi, je

dirais qu'il y a un foisonnement de projets.

Maintenant,

pour les infrastructures de transport, effectivement, moi, je suis très

impatient parce que je... Un des gros

investissements québécois pour Montréal, c'est de faire en sorte que le

transport y soit plus fluide. Bon, bien, donc, on a refait les calculs, refait

les travaux pour Turcot, c'est annoncé. Des investissements de transport ont

été annoncés mon collègue des Transports, et

il y a une déclinaison qui sera faite bientôt, entre autres pour désengorger

le port de Montréal. Ça, ça s'en vient pour

bientôt. Nous avons finalement les projets de métro qui sont sur la table, qui

sont sous discussion, sur lesquels nous aurons des annonces à faire bientôt.

Donc, il y a un certain nombre de choses sur lesquelles, d'ici l'été, les Montréalais sauront

quelle est l'orientation du gouvernement, quels sont les investissements,

quels sont les calendriers, et, enfin, on aura une vision lisible de l'avenir

du transport à Montréal.

Évidemment,

le député a mentionné Champlain. Si seulement il pouvait utiliser ses contacts

parmi les fédéralistes pour nous dire pourquoi le gouvernement fédéral, qui a investi dans d'autres

ponts dans le reste du Canada et qui a investi dans des systèmes légers sur rail ailleurs au Canada, refuse de mettre

un seul cent sur le pont le plus achalandé au Canada. Ça, c'est une

réponse qu'on essaie d'avoir.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Sanguinet pour une

période de cinq...

Therrien :

Merci, M. le Président. Ce qui ressort de la discussion actuellement, c'est un

peu ce qu'on voit depuis le 4 septembre. On est critiqués par rapport à une

certaine forme d'immobilisme ou je ne sais pas comment appeler ça, mais il faut comprendre qu'on a eu un héritage.

Puis je ne veux pas passer de temps là-dessus trop, trop, mais juste

comparer ce que nous, on propose depuis le début de nos actions et ce qui

précédait.

Alors,

on a parlé du budget Marceau. C'est sûr que, quand tu regardes le budget

Marceau… Je peux dire «budget Marceau», M. le

Président?

Le Président (M.

Claveau) : Budget du ministre des Finances.

M. Therrien : Budget du ministre des Finances, oui. C'est parce que,

quand j'étais étudiant en histoire, mon professeur

me disait toujours : Gouverner, c'est prévoir. Et, donc, on installe des

mesures qui vont, à moyen et long terme, porter des côtés positifs à notre environnement économique et social.

Bien, disons que le gouvernement précédent y allait en réaction. Il y a un pont qui tombe, réaction. Il y

a telle affaire qui se produit, réaction. Et ce qu'il avait proposé pour

relancer Montréal, c'était le Plan Nord,

puis il disait qu'en développant le Nord il y aurait des répercussions sur le

développement de Montréal. En tout cas, il

avait élaboré un stratagème extraordinaire pour le développement de la ville de

Montréal, c'est que Montréal

devenait, si on veut, là, à la remorque de ce qui se passait dans le Nord du

Québec. C'était leur grande trouvaille. Il y en a d'autres qui pensent

au Projet Saint-Laurent, c'est de décontaminer les terres, mais peu importe.

Alors,

nous, notre action, c'est du concret, c'est de la vision. Quand on parle du

budget Marceau, déficit zéro, c'est de la vision. Quand on parle que le budget du

gouvernement, c'est un budget qui veut éliminer le déficit, bien, c'est

parce que ça va encourager les

investissements étrangers, qui vont venir ici davantage. Quand tu arrives avec

un assainissement des finances

publiques, c'est sûr que les étrangers viennent davantage ici. Et où est-ce qu'ils

viennent, les étrangers? C'est prouvé, c'est à Montréal qu'ils viennent davantage,

c'est le pôle d'attraction des investissements étrangers. Alors donc, ce budget

du ministre des Finances, c'est une relance à moyen et long terme. C'est

sûr que ce n'est pas tellement sexy parce qu'on se dit : Bien, écoutez, qu'est-ce que ça vient avoir avec Montréal?

Bien, il faut être visionnaire puis il faut s'apercevoir que c'est un

plan de développement sur du moyen, du long terme. Puis, même à court terme, je

regardais les chiffres des investissements

étrangers, on remarque déjà, déjà qu'il y a une augmentation des

investissements étrangers au Québec, et à Montréal en particulier.

Québec inc. Le Québec, c'est un pays de petites et de moyennes entreprises. On

sait que le parti qui était au pouvoir précédemment, c'est un parti de la grande

entreprise. Ils ont laissé tomber les petites entreprises, les moyennes

entreprises, les actions n'étaient pas concertées en ce sens-là, et, oui, on a

eu une baisse de l'activité économique qui découlait

de ces PME. Mais, nous, avec la relance qu'on propose, avec les politiques qu'on

propose, c'est justement de relancer

les PME, qui sont très implantées sur l'île de Montréal. C'est quelque chose qu'il

faut comprendre aussi. Quand on parle de gérer avec vision, c'est de ça

qu'on parle.

Quand on parle d'intégrité,

mon ami Robert Gagné, qui vient de sortir une étude la semaine passée aux HEC qui dit : Il y a 400 millions de dollars

qui ont été gaspillés à cause de la collusion, la corruption,

400 millions. Qu'est-ce qu'on aurait pu faire dans la ville de Montréal

avec ce 400 millions là? C'est oublié, ça. Or, si on avait eu un

gouvernement visionnaire autant que nous

précédemment, on n'aurait pas attendu au-dessus de deux ans pour avoir une

commission d'enquête sur la

corruption puis la collusion, on aurait eu un 400 millions qui aurait été

disponible pour le développement du Québec ou le développement de la ville de

Montréal. Mais ce n'est pas ce qu'on a vu, on était toujours en attente. Et,

nous, bien, on récolte les pots cassés,

puis, avec notre dynamisme puis avec notre vision économique claire, bien, on a

pu rétablir et on va rétablir Montréal sur les rails, surtout avec le

ministre qui est délégué à la métropole, qui travaille très fort en ce sens.

Quand on parle de la

construction, on parle de Montréal, qui est comparée à Toronto et Vancouver.

Espérons qu'on ne comparera jamais à Toronto

et Vancouver. Je ne le sais pas si le député de Mont-Royal est au courant

comment les bulles spéculatives ont écrasé

le marché, le marché immobilier à Toronto et à Vancouver. Une personne de

Vancouver ne peut même plus s'acheter une maison à Vancouver. On ose comparer

la situation de Montréal à la situation de Vancouver, espérons que c'est une rigolade. Les permis de

construction, en février, sur l'île de Montréal, ont augmenté de 14,6 % en février. On veut des chiffres, on

les a ici. En mars, ça a augmenté de 18,5 %. Là, on parle de croissance.

Là, on parle d'espoir, d'optimisme. Quand on

décide de construire, c'est parce qu'on a un optimisme, on a confiance en l'avenir.

C'est unepreuve, ces chiffres-là. C'est

de ça qu'il faut parler, pas se comparer à des villes qui ont été écrasées par

des bulles spéculatives.

Président (M. Claveau) : Alors, merci, M. le député de Sanguinet. Maintenant, on laisse la

parole au député de La Prairie, député du

deuxième groupe d'opposition. M. le député de La Prairie.

M. Le Bouyonnec : Merci, M. le Président. J'en profite

pour saluer M. le ministre, le député de Laurier—Saint-Marie, mon turbulent voisin le député de Sanguinet et...

Une voix : Sainte-Marie‑Saint-Jacques.

M. Le Bouyonnec : Sainte-Marie—Saint-Jacques

et le député de Verdun, le député de Mont-Royal. J'ai changé un peu l'ordre de mon intervention. J'avais l'intention

d'interpeller immédiatement le ministre, comme il se doit, mais vraiment, en entendant mes collègues de l'opposition

officielle, j'admire la retenue dont fait preuve le ministre parce que,

cette interpellation, je pense que c'est une audace ultime. C'est peut-être de

l'inconscience, mais il y a une forme de dissonance

cognitive, de déni alors qu'on sait très bien que les libéraux, pendant leur

règne, ont laissé tomber Montréal comme

ce n'est pas possible. Ils ont tardé, comme on l'a dit tout à l'heure, à lancer

la commission d'enquête Charbonneau. Ils

ont annoncé des projets… Comme, par exemple, le projet du collègue de

Louis-Hébert sur la fluidité, l'accès au port de Montréal qui avait été annoncé, c'était ferme, ça a été laissé tomber.

Que penser, par exemple, du fait qu'on ait décidé de construire le CHUM au-dessus de Saint-Luc, de

détruire à toutes fins un hôpital alors qu'on va manquer de lits de

longue durée à Montréal, simplement parce

que le nouveau chef du Parti libéral voulait, envers et contre tous, envers

toute la communauté d'affaires qui promettait d'investir dans le nouveau

CHUM, a préféré, envers et contre tous, construire le CHUM sur Saint-Luc?

Moi, je pense que c'est ce genre de

comportement là qui fait en sorte que l'opposition officielle, qui a été chassée du pouvoir,

Dieu merci, sera encore davantage et sévèrement jugée par les Québécois au fur

et à mesure que l'on verra se dérouler les annonces et les rapports au

niveau de la corruption, de la collusion suite à la commission Charbonneau. Ils ont géré Montréal, M. le Président, de manière

pitoyable. Par contre, ils avaient une gestion bien huilée de leurs

intérêts personnels ainsi que de ceux de

leurs amis. Pour avoir passé le gros de ma carrière, 25 ans, dans les milieux

financiers à Montréal, c'était partout, et

on remarque aujourd'hui que les principaux interpellés sont soit d'anciens

ministres libéraux ou des candidats

libéraux. Puis ce n'est même pas juste à Montréal, c'est même à Laval. Mais,

par contre, on le nie. Même au niveau du financement des partis

politiques, on voit très, très bien où le gros des sommes sont allées. Je n'en

dirai pas plus parce que je risquerais de déborder et je préfère regarder vers

l'avenir et interpeller le ministre sur la situation de Montréal maintenant.

Lors d'un débat lors de la campagne

électorale avec le député d'Outremont, il indiquait, par exemple, il disait : Montréal

a eu beaucoup de chance parce que, finalement, le responsable de la métropole,

c'était le ministre des Finances. Moi,

ma réaction, ça a été de dire : Ah! mon Dieu! qu'est-ce que ça aurait été

si ça n'avait pas été lui au sein du Conseil des ministres pour répondre

de Montréal?

Le nouveau gouvernement a décidé d'avoir un

ministre de la Métropole. La question pour le ministre, c'est : Je sais qu'il jouit d'une autorité morale au cabinet, il

va sans dire, mais est-ce que ça va plus loin que ça? C'est une responsabilité transversale. On voit très bien que — et tous gouvernements confondus — le gouvernement du

Québec a une tendance à procrastiner versus

Montréal, à faire l'autruche, c'est toujours un prétexte à un report, peu

importe le type de projet. J'ai été

très déçu de voir que Turcot… Je suis en désaccord avec mes collègues de l'opposition

officielle en disant que c'est le

même projet à quelques différences près, je ne sais pas comment ils peuvent

dire ça. C'est un nouveau projet, mais le résultat net, c'est quand même qu'on reporte de deux ans. Lorsqu'on

regarde l'échangeur Dorval, c'est de deux à trois ans par manque de planification. M. le ministre, vous êtes

aussi responsable du commerce extérieur, c'est l'arrivée sur Montréal pour les investisseurs étrangers. Le Train de l'Est,

on apprend que le précédent gouvernement, avec Joël Gauthier, n'avait

pas fait les réserves foncières, il y a un dépassement de coûts, on m'indique

que le Train de l'Est est stoppé. Le boulevard Notre-Dame, c'est la même chose. L'accès au port de Montréal, on en a

parlé, la voie rapide. Le toit du stade, on voit encore des reports sur

le toit du stade. Avez-vous une autorité, M. le ministre, pour intervenir?

Président (M. Claveau) : Merci, M. le

député de La Prairie. Alors, M. le ministre.

M. Lisée : M. le député de La Prairie,

merci pour votre question. Je partage entièrement la première

partie de votre intervention et je suis content de pouvoir répondre

à la deuxième. La question que vous posez sur l'autorité morale, évidemment,

moi, je répondrai oui, mais la dynamique, elle est bien réelle et elle existe

depuis... J'étais conseiller de M. Bouchard

au moment de la création du ministère de la Métropole, qui était un véritable

ministère. Mais, effectivement, que l'on

soit un véritable ministère ou, dans mon cas, un ministre responsable de la

métropole avec la responsabilité d'un secrétariat

à la métropole, il se pose toujours le problème de la transversalité. Et c'est

à dire que, les transports, qui sont très

importants à Montréal — 80 %

des investissements en transport public se font sur le territoire de la

métropole — bien, il y a un ministre des Transports, puis il y a un ministre

de la Santé, puis un ministre de l'Éducation. Puis, quand on est une région qui

englobe la moitié du PIB et la moitié de la population, bien, c'est sûr que c'est

tout le gouvernement qui est impliqué à un

titre ou à un autre.

Et, donc, la question qui est posée, c'est :

Comment est-ce qu'on fait cet arrimage? Alors, la première ministre a décidé que j'allais

diriger le comité ministériel sur Montréal, ce qui fait en sorte qu'autour de

la table du comité que j'ai le privilège

de diriger il y a la moitié du Conseil des ministres, avec le ministre des

Finances, le ministre des Transports, ministre

des Régions, le ministre de la Culture, bon, et parfois des ministres invités

selon... Et je peux vous dire que c'est un lieu de grands débats parce

que mon rôle à moi, c'est non seulement d'essayer de donner un sens de

direction, de priorités, de dire combien est

essentiel pour l'action gouvernementale et même, pour le gouvernement, d'être

une

partie de la solution, d'accompagner Montréal dans sa relance... Le

fait est que, lorsqu'on réunit les ministres de la métropole autour de la table, la pression combinée et

volontaire de l'ensemble des ministres de la métropole est très forte, et, en

fait, bon, mon autorité, quelle qu'elle

soit, est renforcée par l'intérêt que porte sur le Stade olympique, sur le

Train de l'Est, sur Champlain, sur...

Tous les grands débats qui animent Montréal font l'objet de débats au comité

ministériel et font en sorte que nous avons un ordre de priorité, qui est responsable de quel

dossier, à quelle vitesse ça avance, comment est-ce qu'on peut faire une pression collective, aller

chercher nos alliés. Bon, mon rôle en ce sens-là en est un de

coordination et de donner une direction.

Et je peux vous dire que je suis très... j'avais

des appréhensions parce que je savais ce qui s'était produit dans le passé parfois entre

les responsables de la métropole et les responsables sectoriels, mais là je

dois vous dire qu'on tire tous dans la même direction. Évidemment, il

arrive des moments où il y a des arbitrages qui sont faits, on veut avoir des infrastructures, etc., et je dois dire, encore là,

que le président du Conseil du trésor, qui vient d'une région, est très

conscient de l'importance de Montréal. Je

vais vous donner une anecdote. Une fois, je lui ai dit : Bon, bien,

écoutez, pour telle ou telle

raison... Il dit : Regarde, il dit, il faut le faire parce que c'est une

priorité. Il ne voulait même pas savoir d'autres raisons latérales de

bénéfices marginaux qu'on pourrait en tirer, c'est une priorité. Moi, je suis

un impatient. Alors, ça se voit parfois, j'essaie de bousculer mes

collègues. Je veux qu'une annonce soit faite rapidement, j'aimerais fixer une date et qu'on travaille à rebours par rapport à

cette date-là pour une annonce importante. Bon, c'est peut-être la

pratique d'avoir une heure de tombée régulière, de vouloir constamment... Mais

c'est cette énergie-là que je mets pour Montréal.

Alors, effectivement, lorsqu'on fait la

liste, comme vous venez de le faire… comme vient de le faire le député de La Prairie,

le rond-point Dorval, bien, c'est une catastrophe, le rond-point Dorval est une

catastrophe, comment se fait-il qu'un

rond-point prenne 10 ans à se construire? Bon. Et c'est la porte d'entrée de

Montréal, et pourquoi est-ce qu'on n'a pas

une desserte ferroviaire pour Dorval? Bon, ce sont tous des sujets sur

lesquels, moi, je voudrais que ça soit réglé dans deux ans, je voudrais qu'on prenne la décision

maintenant. Bon, on essaie de toutes les façons. Au moins, maintenant,

pour la desserte aéroportuaire, contrairement aux années précédentes, il y a

une discussion positive qui se fait entre l'AMT,

et le CP, et les autorités aéroportuaires pour essayer d'arriver à quelque

part. Pour les dessertes internationales de Dorval, il y a eu une

rencontre récemment avec les principaux partenaires pour essayer de trouver des

solutions pour avancer. Donc, on prend chacun de ces dossiers-là, et j'aimerais

qu'ils soient tous réglés, mais on fait en sorte de faire avancer chacun des

dossiers. Le désengorgement du port de Montréal en est un. Le Train de l'Est,

ça progresse, ça progresse. Ça progresse

moins vite qu'on le voudrait, mais ça progresse. Le Train de l'Ouest, on fait

cette discussion...

Le Président (M. Claveau) : Alors, merci, M. le ministre. On va

poursuivre avec le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.

M. Breton : Merci, M. le Président. Moi, je

voudrais souligner d'entrée de jeu, le député de Mont-Royal m'est, somme toute,

très sympathique, on a souvent des discussions comme ça dans un corridor. Mais

je dois dire que je trouve intéressante

son inquiétude parce que je me dis : Qu'est-ce qui peut faire qu'un homme

devienne si inquiet? Puis là je me préoccupe

de sa santé. Et qu'est-ce qui fait qu'il semblait, aussi bien lui que ses

collègues, pendant neuf ans, si confiant? Moi, je me dis que… tout à coup, s'est-il passé un cataclysme, une catastrophe?

Pourtant, je veux dire, les cataclysmes, les catastrophes, j'en ai parlé tout à l'heure, je l'ai évoqué, et le député

de La Prairie l'a bien dit, lui aussi, il y a beaucoup de choses qui sont arrivées sous leur gouvernement.

Mais je suis, pour reprendre un petit peu les termes de M. le ministre,

montréalo-réaliste. Je pense que la réalité, c'est qu'il y a effectivement une

relance. Moi, je peux vous dire que, dans ma circonscription, on travaille très

fort pour faire en sorte de rattraper, de réchapper des catastrophes telles que

l'îlot Voyageur. Et je peux vous dire que ce

n'est pas le boulot que vous nous... Vous nous en avez laissé, du travail. Je

peux vous dire qu'on ne s'ennuie pas.

Mais, ceci dit, on aime les défis. Donc, la

raison pour laquelle je dis ça, c'est qu'aussi bien qu'il s'agisse de l'îlot Voyageur que du

projet du CHUM... Le CHUM, on le voit, là, ça grossit, ça grandit. Je veux

dire, il y a quelque chose qui se

passe. Donc, de parler de projets, de dire : Oui, ça prend des projets…

Oui, ça prend des projets, mais ça prend des projets éthiques. Et une

des prérogatives principales de notre gouvernement, c'était justement de faire

en sorte que les choses se fassent de façon

éthique. Et c'est justement quand vous parlez... Parce que le député de

La Prairie a parlé du projet Turcot qui était retardé, bien c'est

justement pour des raisons éthiques qu'il faut retarder un peu la livraison de

ce projet-là. C'est important de ramener ça dans le sens du monde, en bon

québécois.

Donc, moi, je vais vous dire honnêtement, je

suis montréalo-réaliste, et la réalité, c'est que l'ampleur du défi est énorme, mais la bonne volonté, aussi bien de la part

des gens d'affaires de Montréal... J'étais, hier, avec les gens qui travaillent sur le PPU du Quartier latin, que

notre collègue connaît bien, et ces gens-là veulent voir ce qui a été fait

pour la première

partie du Quartier des spectacles, pour lequel, je dois le

dire, le gouvernement précédent a fait une part positive. Mais la suite doit être faite pour le Quartier latin, c'est-à-dire

la rue Saint-Denis, le Théâtre Saint-Denis, qui fête ses 100 ans

bientôt. Tout ça doit être fait de façon à ce qu'on puisse faire ressurgir

Montréal.

Il ne faut pas oublier de dire une chose, c'est

important de noter que l'étalement urbain et l'arrivée de théâtres un peu partout en région et en banlieue, que ce soit dans

le Dix30, que ce soit à Hector-Charland, ça fait en sorte d'avoir un impact sur les assistances dans les théâtres du

centre-ville. Il y a beaucoup de théâtres dans ma circonscription. Donc,

il faut voir ça comme un défi. Je vais vous dire, ce n'est pas facile. Ce n'est

pas facile, mais une chose est certaine, c'est

qu'avec des gens visionnaires comme ceux qui travaillent sur la nouvelle

mouture du PPU du Quartier latin, sur le Quartier des spectacles,

deuxième version, avec ce que nous, on propose aussi bien pour le

pharmaceutique, que l'aéronautique, que le

culturel avec mon collègue le député de Bourget et ministre de la Culture et

des Communications, moi, je vais vous

dire, mon optimo-réalisme fait en sorte que je suis persuadé que, lorsqu'on va

arriver au 375e anniversaire de Montréal, au 50e anniversaire de l'Expo,

on va être capables... On a déjà commencé à relancer Montréal, comme Québec s'est

vue propulsée par son 400e. Je vous remercie, M. le Président.

Le Président (M. Claveau) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.

Maintenant, la parole est au député de Verdun.

Gautrin : Je

vous remercie, M. le Président. Je voudrais prendre les quelques minutes qui

sont disponibles actuellement pour essayer de

convaincre le ministre d'intervenir dans le domaine de la santé, actuellement,

sur Montréal. La situation est assez

dramatique. On a voulu… Et je pense que le ministre l'a toujours supporté

lorsqu'il était président de CERIUM,

le principe de créer de Montréal un pôle international santé — et

je ne pense pas, à l'heure actuelle, que ça

soit remis en question par les différents gouvernements — ça a voulu dire la création du CUSUM, la création du

CHUM. On pourra revenir sur les financements de chacune des parties.

Là, à l'heure

actuelle, il y a deux problèmes importants dans ce cadre-là. Le premier

problème, c'est celui, évidemment, de la

diminution des fonds de recherche au Fonds de recherche en santé qui a pu avoir

un effet sur l'attraction des chercheurs sur Montréal. On pourra en

discuter aussi après.

L'autre

problème, c'est les compressions qui ont été faites à l'Agence de santé et des

services sociaux de Montréal. Alors, probablement, le ministre doit le savoir,

actuellement, M. le Président, la mécanique de financement des agences

de santé et de services sociaux est un mécanisme double. Il y a une

partie du

financement qui est un financement dit historique avec un élément d'indexation.

Il y a une autre

partie du financement qui vient sur un financement sur la population avec le phénomène que, d'ailleurs, sur

Montréal on a un problème sur la première et deuxième ligne. Dans le cas,

il y a des gens de la couronne qui viennent se faire soigner sur Montréal et

sur lesquels il n'y a pas nécessairement un remboursement par rapport aux

coûts.

problème qu'il y a actuellement avec les compressions qui sont faites et la

nouvelle compression qui est faite à l'agence, c'est que l'agence, après, répartit ses

compressions sur les CSSS de Montréal. Alors, le ministre doit le

savoir, puisqu'on applique, à ce moment-là,

dans la répartition des compressions, un principe historique avec indexation,

donc on maintient, à l'heure actuelle, la disparité et les éléments de

distorsion qu'il y a entre les différents CSSS sur Montréal. C'est-à-dire les CSSS n'ont pas le même type de

financement. Puisqu'on comprime actuellement l'agence de santé et des services sociaux, elle ne peut pas... Et c'est

indépendamment des partis politiques, hein, qu'on se comprenne à ça. Et

je voudrais réellement convaincre aujourd'hui

le ministre d'intervenir auprès de son collègue de la Santé parce que, si

on comprime actuellement les budgets à l'agence

de Montréal, elle est obligée de retransmettre ces compressions sur une

base historique et elle ne peut pas faire la correction, qui était la volonté

de l'agence, de pouvoir corriger les disparités qu'il y a sur le territoire de Montréal — et

je suis sûr que le secrétaire doit le savoir — entre

les différents CSSS de Montréal actuellement,

et ça, ça pose, à l'heure actuelle, un problème.

si je pouvais simplement utiliser ces quelques minutes que je peux avoir pour

sensibiliser le ministre sur l'effet pernicieux que peuvent avoir ces compressions… Et

je comprends qu'on doit arriver à l'équilibre budgétaire, je comprends

ça, etc., mais l'effet pernicieux, à l'heure actuelle, qu'il y a d'une

compression faite à l'agence sans nécessairement lui permettre, à ce moment-là, puisqu'il y a une compression importante, de

pouvoir faire les corrections qu'elle voulait faire. Normalement, il

doit le savoir, la tendance qui vient du rapport Clair, qui vient du

rapport Rochon, etc., c'est d'avoir sur un financement basé sur les

activités, hein? On n'y est pas encore arrivés, mais il y a toujours une

tendance qui va aller sur un financement basé sur les activités. Si on comprime

comme ça, on des difficultés.

remet en question, par exemple, le programme «lean», qui a donné d'excellents

résultats un peu partout. Le programme «lean»,

que le député — je ne peux pas dire

son nom non plus, moi non plus — le député de Jean-Talon avait

mis en place, a permis des gains importants sur les différents hôpitaux de

Montréal, mais aussi sur l'ensemble de la province. Donc, l'aller vers

le programme «lean» pour... on ne peut plus continuer à aller dans ce sens-là à

cause des compressions. Ça a donné des

effets, je vois, moi — moi, je suis député de

Verdun — sur l'Hôpital de Verdun. Ça avait

donné des effets importants sur la diminution des temps d'attente sur les

scans, la diminution du temps d'attente sur les

échographies. Et ces compressions ont cet effet pernicieux actuellement sur

Montréal. Si je pouvais simplement prendre cette minute-là et de

dire : Pouvez-vous, dans votre comité ministériel de Montréal, asseoir le

ministre des Finances et comprendre qu'il y a un élément pernicieux…

Le Président (M.

Claveau) : Merci, M. le député de Verdun.

Maintenant, la parole est au ministre.

Lisée : Je

remercie le député de Verdun. Oui, j'ai rencontré les gens de l'agence il y a

quelque temps et puis je commence à connaître

pas mal tous les hôpitaux de Montréal. Certains où j'étais allé comme patient,

mais plusieurs autres quand ma santé avait

été suffisamment bonne pour ne pas rendre nécessaire ma tournée des hôpitaux.

Alors, c'est un sujet qui est

important, évidemment. Et, ces derniers jours, la première ministre et le

ministre de la Santé ont annoncé qu'un certain nombre d'investissements

dans la couronne de Montréal vont permettre de réduire la pression artérielle

sur les organismes de santé de l'île de Montréal. Évidemment, ça ne sera pas

immédiat, ça va prendre un peu de temps.

Mais

on m'a aussi beaucoup sensibilisé au fait qu'il y avait 400 000 habitants

de la couronne qui avaient choisi d'avoir leur médecin personnel sur l'île de

Montréal pour des raisons pratiques. Ils sont là pendant les heures de

bureau, ils vont voir le médecin pendant les

heures de bureau, et donc... Mais ce calcul-là n'est pas fait dans la

distribution des fonds pour les médecins personnels. Bon. Alors, c'est

un certain nombre d'ajustements qui doivent être faits, le ministre de la Santé

en est conscient.

Et puis je vais

revenir avec, spécifiquement, ce que vous mentionnez ce matin, ça fait

partie d'une

discussion constante sur tout ça. Puis je suis content de voir que le député

comprend que, même si son parti avait remporté la dernière élection et avait voulu faire le déficit zéro, aurait été

confronté, dans le principal poste budgétaire du gouvernement, à des

dilemmes de cette ampleur.

Mais, puisqu'on est là, on

m'apporte une nouvelle de dernière minute, le grand Montréal a obtenu la

première classe du classement American Cities of the Future, villes d'avenir, du fDi

Magazine , pour la meilleure stratégie d'attraction des

investissements étrangers. Montréal a devancé 126 villes d'Amérique du Nord.

Alors là, je pense qu'on peut parler d'enthousiasme.

la semaine dernière, on a su que Montréal avait obtenu, pour 2017, le grand

congrès international des transports publics, ce sur quoi l'AMT et la ville de

Montréal travaillaient depuis quelque temps.

Et, que ce soit en matière de design ou

autrement, bien, on a su aussi qu'on avait obtenu les Jeux du Québec pour 2016. Ce sera l'anniversaire, la date anniversaire

des Jeux olympiques de Montréal. Il y a, d'ici 2017, un très grand nombre d'activités

qui sont en train de se greffer à Montréal pour s'en aller vers cette

célébration de 2017, et on voit les projets se préparer et se réaliser l'un

après l'autre.

Je voudrais revenir, pendant que j'ai le

temps... Le député de Mont-Royal avait parlé des nids-de-poule au début, et je ne voudrais pas terminer sans pouvoir

répondre à la question. C'est un vrai problème. C'est un vrai problème, et, chaque printemps, avec la sève, les fleurs et les

jupes, reviennent les nids-de-poule sur les rues de Montréal. Et, cette

année, il y avait un problème

particulièrement du fait qu'un certain nombre des entreprises qui, normalement,

font ce travail ont été mentionnées à

la commission Charbonneau. Alors, quelle est la solution à ce problème? Bien,

la première solution, ça aurait été de tenir la commission deux ans

avant. Ça, c'est la première chose. Alors, la raison pour laquelle les élus de Montréal ont été mis dans un problème éthique, c'est

l'inaction du gouvernement précédent. Premièrement, non seulement sur la commission Charbonneau, mais avoir adopté

une loi leur permettant de faire le tri entre les entreprises éthiques

et non éthiques, si ça avait été fait en 2007, ou en 2008, ou en 2009, ou en

2010, ou en 2011, ou en 2012, ça aurait réglé le problème. Ça n'a pas été fait.

Alors, nous, nous l'avons fait, notre premier projet de loi. Dès qu'on est

arrivés, c'est le premier projet de loi qu'on a déposé.

Et évidemment, dans la lettre qu'on a envoyée

au maire de Montréal — et le président du Conseil du trésor l'a montrée en Chambre, ici, il y a quelques semaines — on indique : Écoutez, pour les contrats qui sont sous

le seuil d'approbation par l'Autorité des

marchés financiers, vous pouvez simplement intégrer dans le contrat un

paragraphe qui dit que, si, pendant la période d'exécution du contrat,

il y a une accusation qui est portée, la

partie contractante pourra se voir relevée de l'exécution du contrat. Alors

donc, nous avions prévu au moment de l'adoption de la loi n° 1 un

mécanisme qui permettait à la ville de Montréal de procéder sans devoir revenir

devant l'AMF ou le gouvernement du Québec à l'ensemble

de ces contrats. Le maire était libre de le faire. Il a choisi de ne pas le

faire, c'est sa décision. Mais tous les outils législatifs et

réglementaires ont été mis à sa disposition pour résoudre son problème éthique.

Et moi, en tant que ministre de la

Métropole, j'ai indiqué qu'à choisir entre mettre en danger les carrosseries de

tout Montréal et attendre un peu pour les contrats éthiques je préférais

protéger les carrosseries de Montréal.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le

ministre. Maintenant, la parole est au député de Sanguinet.

M. Therrien : Merci, M. le Président. J'ai oublié

tantôt de saluer mes collègues, saluer le président, le ministre et son équipe, mes amis de l'opposition, M. le

député de Mont-Royal, de Verdun, et mon estimé collègue, qui est mon voisin, M.

le député de La Prairie.

D'abord, je suis heureux d'entendre la

nouvelle, M. le ministre, qui va un peu dans le sens de ce que j'ai dit tantôt par rapport aux investissements étrangers. Tantôt,

je parlais de vision d'un gouvernement, de ce qu'on voulait établir comme étant les priorités de notre gouvernement,

que la moitié du Québec, c'est Montréal, donc, quand on s'attaque aux problèmes du Québec, on s'attaque aux problèmes de

Montréal. J'aurais juste une anecdote à vous raconter. Un de mes grands

amis, c'est un historien, c'est un prof d'histoire au cégep, et il avait fait

faire un travail à ses étudiants, puis il disait :

Depuis 1939, sortez-moi une action majeure d'un gouvernement, pour chaque

gouvernement jusqu'à aujourd'hui. Alors,

par exemple, René Lévesque, ils ont sorti la loi 101 ou le dézonage agricole,

des choses comme ça. Et il y a une étudiante en panique qui est allée

voir mon ami professeur, qui a dit : Mais comment se fait-il qu'on n'est

pas capable de rien sortir de l'époque de Jean Charest? Poser la question, c'est

y répondre. Alors...

M. Therrien : Bien, c'est quand même un fait. C'est

une anecdote, c'est un clin d'oeil à mes amis de

l'opposition. Le Québec, habituellement,

comment il fonctionne depuis plus de 100 ans économiquement, c'est que Montréal

était la locomotive, et il y avait...

Même, des fois, on s'inquiétait, on disait qu'il y avait un effet de polarisation,

ce qui était rare à travers le monde.

C'est que tu avais un centre urbain qui traînait l'ensemble de la communauté

des régions, et ce qu'on s'apercevait au Québec, c'est que notre centre

urbain, Montréal, ne traînait pas nécessairement les régions. Il était au devant des régions, mais la croissance économique

de la ville de Montréal, son dynamisme n'amenaient pas un dynamisme dans

les autres régions. Et ce qu'on a noté depuis une dizaine d'années, depuis l'augmentation

des prix des matières premières — qui sont en train de s'affaisser, d'ailleurs — c'est que les régions prenaient le devant de la ville de Montréal. Et ça, c'est

sûr que ça amène un certain pessimisme. Quand tu regardes ça, tu te dis :

Bien, notre métropole est en train de tirer de la patte comparativement aux régions. Et ça, c'était un cas assez

spécial, particulier et, surtout, inédit dans l'histoire.

Mais

il faut comprendre que Montréal a de belles richesses. Je pense qu'on est tous

d'accord. L'intervention du député de

La Prairie allait un peu dans ce sens-là aussi, et du ministre, on parle

de diversification économique, on parle d'universités extrêmement dynamiques. Je suis allé au festival South by

Southwest accompagné, justement, des jeunes dynamiques du multimédia et

je vous dirais que la réponse est extraordinaire. On se démarque de façon

incroyable, les Américains en redemandent.

Ils distribuaient des cartes d'affaires, c'était extraordinaire. Et, donc, il y

a un dynamisme, la compétitivité des

entreprises de la ville de Montréal, de la région de Montréal, n'est pas à

faire en termes de réputation.

Et, en plus, étant donné

qu'on a une belle diversification, on est en train de vivre une certaine

mutation que souvent, à travers les époques, les économies vont avoir. On appelle ça des

changements structurels. Bien, la ville de Montréal étant à cette étape-là, il y a des domaines à saveur

technologique qui sont en train, si on veut, d'aller chercher les emplois

qui sont disparus dans d'autres secteurs. C'est sûr que ça se fait toujours sur

du moyen ou du long terme.

Le passage est quelquefois difficile, mais il se

fait et il se fait quand même bien.

On parle d'intégrité, j'en ai parlé tantôt.

Est-ce que ça vaut la peine d'y revenir? Je pense qu'on en a assez parlé, mais dire que c'est

sûr que ça blesse la réputation d'une région. La commission Charbonneau, à

chaque fois qu'elle parle, qu'elle agit, c'est le coeur montréalais qui

saigne parce que c'est de mettre à jour une situation problématique dans une ville. Ce n'est jamais, jamais gagnant comme

situation. Si on rajoute la paix sociale, qui a été menacée et qui a été

vraiment remise en question avec le

printemps érable, ça fait en sorte que la réputation de Montréal en a pris pour

son rhume. Et il ne faut jamais oublier que,

grâce à nos actions, on est en train de rétablir cette situation-là, qui va

justement permettre de remettre l'économie montréalaise sur ses rails. Il ne

faut pas oublier cette action importante.

Finalement, que dire du culturel? Montréal, c'est

une ville qui respire la culture, qui respire les événementsextraordinaires. Et on

va à travers le monde, et on parle beaucoup de cet aspect-là. Et n'oubliez

jamais que la culture, c'est le premier

pas à l'économie. Parce que, quand tu entres, quand tu t'imposes par ta

culture, l'économie n'est jamais bien loin. Et c'est ça qui est une grande nouvelle, et c'est pour ça qu'il ne faut pas

désespérer. Et, avec un ministre aussi dynamique, je peux vous dire que

les lendemains seront faits de joie et de prospérité. Merci.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le

député de Sanguinet. On poursuit avec le député de Mont-Royal.

M. Arcand : Merci beaucoup, M. le Président. On a

parlé d'économie, on a parlé d'environnement, on a parlé de développement social. Je pense que, dans le cas

de Montréal, il y a un élément qui qui m'apparaît particulièrement important et qui est certainement... devrait, en

tout cas, préoccuper le ministre, c'est, évidemment, toute la question

de la langue, et en particulier le projet de loi n° 14. Que je sois

dans Côte-des-Neiges, lorsque je me promène dans Côte-des-Neiges, lorsque je me promène dans différentes régions à l'ouest de

Montréal, il est clair qu'il y a une préoccupation. J'ajouterais même qu'il y a même une colère

actuellement de la part des résidents, de plusieurs résidents qui n'acceptent

pas le projet de loi n° 14, c'est-à-dire

cette modification à la loi 101. Il y a eu une série de consultations qui ont

été faites et qui démontrent, encore une fois, que c'est un projet de

loi qui est loin de faire l'unanimité.

Le ministre a déclaré par le passé, et par

ses actions, qu'il était ouvert à la communauté anglophone du Québec et, je dirais,

une certaine partie, bien sûr, de la communauté allophone plutôt anglophile

pour des raisons historiques. Le problème du projet de loi n° 14, c'est que, d'abord, on parle de plus d'inspections,

on parle d'un déséquilibre, on parle d'une approche très coercitive au

niveau des inspecteurs, des pouvoirs accrus des inspecteurs. On parle aussi d'une

perte non justifiée de droits. On a parlé

des enfants des militaires canadiens, entre autres. On parle d'une perte d'un

statut bilingue de certaines municipalités,

dont celle de Mont-Royal, qui est, évidemment, touchée à l'intérieur de ça. Et

on donne une priorité aux anglophones

sur les francophones quant à l'accès aux cégeps anglophones, et le tout

indépendamment du dossier académique.

Enfin,

inutile de dire que, dans ce projet de loi, pour les entreprises de la région

de Montréal, plusieurs de ces entreprises,

on parle, bien sûr, d'une augmentation très substantielle de la paperasse, de

la lourdeur administrative. Lorsqu'on parle de petites entreprises d'une

vingtaine d'employés, 26 à 49, lorsqu'on parle de l'obligation, pour tout

employeur, d'évaluer de façon rigoureuse les besoins linguistiques réels, de

réévaluer ces besoins périodiquement, ça me semble être beaucoup de

paperasserie là-dedans.

Maintenant, lorsqu'on regarde la situation,

on peut, bien sûr, dire que le français à Montréal est en péril, mais rien actuellement ne semble justifier une situation qui

mérite ce type de projet de loi et qui va, à quelque part, se refléter à l'intérieur

de l'image de Montréal. Surtout que, lorsqu'on regarde les chiffres, on s'aperçoit

qu'en 1971 9,5 % des anglophones fréquentaient l'école primaire et

secondaire en français, on est maintenant rendu à 24,5 %. Et ça, c'était en 2010. Les allophones, en 1971, c'était

14,6 % à l'école primaire et secondaire en français, c'est maintenant

85,4 % des allophones. Les allophones, en 1981, 15,6 %

allaient au cégep français, et c'est maintenant 53 %. Et, évidemment, les

Québécois qui utilisent principalement le français au travail, c'était, en

1971, dans l'ensemble du Québec, 83 %, c'est 89 % maintenant. Et, au cours du témoignage de la Fédération

canadienne des entreprises indépendantes, lorsqu'il y a eu, entre autres, la question de la langue, ils ont

dit : 99,6 % de nos membres se conforment aux exigences actuellement

de la langue.

Alors, le ministre, qui est celui qui a écrit

le discours, le fameux discours du Centaur, celui qui va se promener dans les

officines de la municipalité de Westmount pour tendre la main aux anglophones,

j'ai de la difficulté à comprendre en quoi peut-il s'enthousiasmer devant

ce projet de loi n° 14, qui est un projet qui, à mon avis, va être

extrêmement divisif à l'intérieur de la ville de Montréal. Et, vous savez, la

communauté anglophone...

Le Président (M. Claveau) : Alors, merci beaucoup, M. le député

de Mont-Royal. On donne la parole maintenant à

M. le ministre.

M. Lisée : Merci. Je suis très heureux de

pouvoir aborder cette question et je suis content des chiffres qu'a énumérés le député de

Bourg-Royal. Il dit : Aujourd'hui, 85 % des allophones vont à l'école

française. C'est vrai, c'est extraordinaire. Bien, c'est parce qu'il y a

une loi qui a été adoptée, qui était la loi 101. Et le Parti libéral du Québec

a voté contre la loi 101, il trouvait qu'à ce moment-ci, même si certains peuvent

dire que le français est en déclin, rien ne justifie une mesure aussi

draconienne. C'était le discours du Parti libéral du Québec en 1977.

Sur le français au

travail, c'était bien pire. Vous dites : Bien, c'est passé de 83 %

dans le Québec à 89 % aujourd'hui. Mais, si vous saviez ce que le Parti

libéral du Québec a dit en 1977 contre le fait d'obliger les grandes entreprises à avoir un certificat de francisation et à

établir le français langue commune, langue habituelle et normale de travail dans les grandes entreprises du Québec,

mais c'était l'apocalypse. Le chef du Parti libéral, Daniel Johnson, a

écrit que ce projet de loi 101 allait faire des Québécois des analphabètes

fonctionnels, des analphabètes fonctionnels.

Alors

là, on est quelques années plus tard, il y a eu ces progrès qui ont été faits

contre la volonté du Parti libéral du Québec, qui, quand même, dans sa grande sagesse, n'a

pas démantelé ces éléments, s'est rendu, finalement, au constat que c'étaient de bonnes mesures, c'étaient de bonnes

mesures. Et, aujourd'hui, on dit : Bien, écoutez, si on se promène un

peu partout à Montréal, on se rend compte

que l'utilisation de l'anglais dans les petites entreprises est très grande et,

selon le Conseil supérieur de la

langue française, est en progression. L'utilisation de l'anglais comme langue

normale et habituelle de travail dans les petites entreprises de

Montréal est en progression. Il y a eu un déclin, il y a eu un moment où c'était

mieux, mais, depuis quelques années, il y a eu une régression du français dans

les petites entreprises.

C'est

d'autant plus important que, si on veut intégrer les nouveaux arrivants qui

sont ni francophones ni anglophones à la majorité francophone en majorité — pas besoin de tous les intégrer, mais en majorité — pour reproduire l'équilibre

linguistique, on sait que la langue de

travail est une des variables principales. Alors, on nous dit aujourd'hui comme

en 1977 : Ah! ça va être de la

paperasse, on va demander des choses aux employeurs, etc. Oui, c'est vrai, le

laisser-faire, le laisser-aller, c'est moins compliqué. Mais le

laisser-faire et le laisser-aller, c'est se contenter d'une perte de poids du français à Montréal, et nous, nous ne voulons pas

ça. Nous voulons que l'équilibre linguistique dans lequel on a des

Anglo-Québécois qui ont une communauté qui est en vie, qui est en vitalité et

qui est en sécurité linguistique à Montréal soit

dans un lieu où la majorité francophone ne soit pas en déclin, qu'elle soit en

vitalité, qu'elle ait gardé sa masse critique. Or, pendant les neuf ans

précédents, le nombre de rapports qui ont été déposés sur la table de l'ancien

gouvernement pour dire… Ce n'est plus une

théorie, là, c'est une vérité que la proportion de Montréalais qui ont le

français comme langue première

baisse. C'était de 60 % en 1970. C'est maintenant environ 50 %, ça

sera bientôt 47 %, puis ça baisse. Et ça, il faut faire quelque chose. Mais, à chaque fois que

ces chiffres sont arrivés, l'ancien gouvernement disait : Ah! il faut

les contextualiser — ça, c'était la meilleure

de M. Charest — il faut les

contextualiser. Qu'est-ce que ça voulait dire? On attend encore, on attend encore la contextualisation. La

contextualisation, c'est qu'on est en Amérique du Nord et que la force d'attraction

de l'anglais ne se réduit pas, elle ne se réduit pas.

Donc,

on est face à, à la fois, un impératif qui est de faire en sorte que, pour les

générations à venir, le français va garder sa masse critique sur l'île de Montréal,

qui est le lieu de toutes les rencontres… Et, pour ça, il faut agir de

plusieurs façons. Il faut agir sur la rétention des familles sur l'île de

Montréal, il faut agir sur la composition linguistique de l'immigration et, oui, par le projet de loi

n° 14, il faut agir sur la langue de travail des petites entreprises, le

faire de façon humaine, le faire de

façon progressive, le faire de façon la moins lourde possible pour les

entreprises. Mais c'est faux de dire que

ça n'aura aucun impact sur la gestion de l'entreprise de passer d'un

environnement anglophone à un environnement francophone, il y aura de l'impact. Alors, il faut avoir le courage de

dire : Nous allons le faire, et nous, nous avons ce courage.

Le Président (M.

Claveau) : Merci, M. le ministre. M.

le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.

Breton : Merci,

M. le Président. Intéressant qu'on parle du projet de loi n° 14 parce que

je siège justement sur la commission

parlementaire sur le projet de loi n° 14 où… Je suis ce dossier-là depuis

très longtemps parce que, comme je l'ai mentionné, un des pères de la loi 101,

un de ceux qui a travaillé de près sur la loi 101, qui s'appelle Jean-Claude Corbeil, je le connais depuis plus de

30 ans et j'ai même dit en commission parlementaire que c'est mon ancien

beau-père. Donc, je suis le dossier depuis longtemps.

J'ai beaucoup apprécié

les commentaires du ministre par rapport au projet de loi n° 14 quand il

parlait de contextualisation, qui était le

mot que l'ancien premier ministre utilisait, et je veux faire une référence

avec ce que le député de Mont-Royal a

dit, quand il disait : Vous savez, un projet de loi coercitif... Tu sais,

j'entends beaucoup ça de la part de l'opposition

officielle que... Et, dans le fond, ils disent : Le fait que ce soit

coercitif, c'est une mauvaise chose. Là, je me dis : Qu'est-ce qu'on fait ici si on ne fait pas des lois? On est à

l'Assemblée nationale pour voter des lois. Si tout ce qu'on veut, c'est

de belles intentions, il y a quelqu'un qui a déjà dit — je ne me souviens plus qui — l'enfer en est pavé. Je veux dire, à un moment donné,

il faut aller au-delà des intentions, il faut aller dans les projets de loi. Il

faut encadrer, réglementer la vie publique.

Moi,

je me souviens qu'il y a quelqu'un qui nous parlait beaucoup de

contextualisation dans un autre domaine que, vous

savez, je connais assez bien. Il y avait quelqu'un qui nous parlait : Vous

savez, le réchauffement climatique est un problème vraiment sérieux, et il faut

réglementer là-dessus. Et il y avait un homme qui était président des États-Unis, il dit : Regardons les choses aller, ça

ne nous semble pas si pire que ça. Il s'appelait George W. Bush. Vous

savez, on ne peut pas avoir été ministre de

l'Environnement et ne pas être en faveur d'une certaine coercition. Moi, je

sais que les mesures volontaires qu'on a proposées, par exemple, aux

constructeurs automobiles dans les années 70 pour dire : Il faudrait que vos automobiles consomment moins… Ils

n'ont rien fait tant qu'on n'a pas obligé les constructeurs à avoir des quotas de consommation. On appelait ça les normes

CAFE. O.K.? Imaginez-vous donc que ces normes de consommation là ont été mises en place en 1977, et on a

vu la consommation des véhicules baisser de façon importante jusqu'à temps qu'il

y ait un laisser-aller par des gouvernements

subséquents. Et là on a vu tout à coup que la consommation des véhiculess'est mise à remonter, et ça a pris une

volonté politique et une nouvelle réglementation sous un nouveau

gouvernement en 2009 pour recommencer à voir baisser les normes de

consommation.

Bien,

moi, j'ai vu la même année que les normes de consommation américaines la loi

101. On a vu de réels progrès être faits par

rapport à la loi 101, par rapport à l'utilisation du français dans la vie

publique. Mais là, depuis, qu'est-ce qui est

arrivé? La même chose qu'avec les constructeurs automobiles. Ce qu'on a vu, c'est

quoi? C'est qu'on trouve des trous

dans la loi pour faire en sorte de passer à côté de la réglementation au fil

des années. Donc, de la même manière que le président des États-Unis, Obama, a dit : Là,

il faut moderniser la

loi sur la consommation des véhicules automobiles,

moi, je pense qu'il faut moderniser la loi,

la Charte de la langue française. C'est de la même manière. Et je trouve ça

étonnant qu'un ancien ministre de l'Environnement... Je comprends que, dans le

fond, ça nous prend la carotte, c'est-à-dire il faut encourager les gens à mieux parler français. Mais la coercition a

sa place. Sinon, qu'est-ce qu'on fait à l'Assemblée nationale? Merci, M.

le Président.

Président (M. Claveau) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Maintenant, on va au deuxième groupe d'opposition, M. le député de

La Prairie.

Le Bouyonnec :

Oui, M. le Président. En 2001, nous avions une île, une ville, les fusions

forcées. En 2003, nous avions l'élection du Parti libéral et les défusions en catastrophe

qui ont laissé Montréal dans un état affaibli et pour lequel il y a eu

depuis lors de nombreux écrits quant à la gouvernance, son dysfonctionnement,

etc.

Nous

avons 19 arrondissements, 103 élus, comparé, par exemple, à Toronto avec 44

élus. La masse salariale des élus à Montréal

dépasse les 12 millions de dollars, alors qu'elle est de 4,5 millions

pour la Ville Reine canadienne.

Nous

voyons en ce moment, à l'approche des élections de cet automne, de même que

lorsqu'il a été question de remplacer le directeur général de la ville, que

les candidats de valeur ne se bousculaient pas aux portes. Certains

pensent que la collusion et la corruption sont un problème majeur. D'autres

pensent que la gestion de Montréal est devenue, pour quelques personnes que cela soit, difficile, voire impossible, les

deux problèmes mis ensemble, devient une mission impossible même pour

quelqu'un qui serait volontairement courageux. Pourtant, nous savons que nous

avons besoin pour Montréal de leadership. Nous voyons ce que peut donner du

leadership, nous le voyons, par exemple, avec le maire Labeaume à Québec.

question pour le ministre de la Métropole, M. le Président, c'est : A-t-il

l'intention, peut-être à travers son comité

restreint autour de la métropole, de tenter, avant les élections de cet

automne, d'outiller le nouveau maire davantage, entre autres, par exemple, en réduisant le nombre d'élus, entre autres,

en faisant en sorte que les arrondissements n'aient pas tant de

pouvoirs? On sait que maintenant, à Montréal, il y a différents types de

règlements dépendamment des arrondissements.

Ça devient un peu un capharnaüm, ça devient difficile d'imposer par la ville

centre un certain nombre de règles à

travers la ville. Certains pensent que les arrondissements ne devraient, un peu

comme à Paris… n'avoir que les pouvoirs

subsidiaires par délégation. Ça nous permettrait de peut-être redonner

confiance, attirer de nouveaux candidats, faire en sorte que Montréal,

au niveau de la gouvernance, reparte du bon pied.

ça a un impact, cette question de gouvernance là, parce que, lorsque nous

avions fait les fusions à l'époque, Lucien

Bouchard prévoyait une baisse des budgets des villes de 5 %. Évidemment,

ce n'est pas ça qui est arrivé, les villes défusionnées ont vu leurs comptes de

taxes... Et j'étais parmi… dans le West Island, là, un des citoyens des

villes défusionnées, ça a augmenté de manière assez importante. Même encore

aujourd'hui, on traverse l'île de Montréal,

et le compte de taxes tombe, grosso modo, de moitié. Les augmentations en 2010

ont été de 4,8 %, 4,3 % en 2011,

en 2012, 5,2 %. Donc, la question de la collusion, de la gouvernance amène

éventuellement une note plus salée pour les citoyens, et avec les résultats de problèmes de taxation que l'on

peut envisager. D'ailleurs, l'ancien maire de Westmount, M. Trent, disait que le problème de la corruption

et collusion à Montréal coûtait peut-être éventuellement la bagatelle de

150 millions par année alors que le problème de gouvernance coûtait

peut-être, lui, 400 millions de dollars par année.

Entre

autres, sous-jacent à ce problème de gouvernance, il y a la capacité pour les

élus municipaux de négocier avec sa fonction publique. On a vu le maire

Labeaume réclamer des pouvoirs additionnels comme, par exemple, le droit

de lock-out. On voit que le maire Applebaum aimerait bien — ou tout maire de Montréal — que Québec l'appuie,

appuie le maire, donne des outils

législatifs éventuellement additionnels pour permettre, entre autres, d'attaquer

la question des fonds de pension,

laquelle, on rappellera, que, même si Applebaum s'est entendu, par exemple,

avec les cols bleus, ce n'est pas vrai qu'il va avoir la même entente

avec les pompiers, avec le policiers puis avec la cols blancs de la ville. Nous

pensons qu'il y a urgence, et on aimerait vous entendre là-dessus, M. le

ministre, si vous jugez que, sur cette question-là de la gouvernance de

Montréal, il n'y a pas lieu d'agir immédiatement.

Aussi,

sur la question des contrats publics, nous avons adopté la

loi sur l'intégrité

des contrats publics juste avant Noël afin de

donner des certificats de probité aux firmes d'ingénierie, de construction,

etc. Aujourd'hui, on réalise qu'à toutes

fins pratiques la totalité des grandes firmes d'ingénierie sont impliquées dans

le mécanisme de collusion, on peut penser que les firmes de construction

aussi. Allez-vous donner une amnistie générale à toutes ces firmes par une

forme de certificat de repentir sincère?

Le Président (M.

Claveau) : Merci, M. le député de

La Prairie. Nous en sommes rendus maintenant aux dernières interventions.

Il nous reste un bloc de 20 minutes. Alors, on débute, pour une période de 10

minutes, avec M. le ministre.

Lisée : Alors, d'abord,

je vais répondre aux questions fort pertinentes du député de La Prairie.

Non, il n'y aura pas d'amnistie générale. Ça,

c'est certain, il n'y aura pas d'amnistie générale. Cependant, les firmes sont

libres de se départir des gens qui sont sous

accusation ou qui ont été reconnus coupables de fraude et de faire cette

démonstration-là à la satisfaction de l'AMF.

Sur la question de la

gouvernance de Montréal, la question est importante, elle est saisie... Bon, la

Chambre de commerce

du Montréal métropolitain a publié un rapport, Côté-Séguin, là-dessus il y a

quelque temps. Les partis politiques qui

vont s'affronter pour l'élection de novembre ont déjà déposé des projets de

modification du nombre d'élus ou de la répartition

des pouvoirs entre la ville centre et les arrondissements. Ce qui est certain,

c'est que nous nous sommes engagés, la

première ministre, que ce gouvernement ne va pas refaire un débat de

structures. C'est-à-dire fusions, défusions, il n'est pas question qu'on retouche à ça. Cependant, nous

sommes conscients du fait que des améliorations peuvent être faites dans

la gouvernance pour faire en sorte que la

ville soit plus efficace, la ville de Montréal, l'agglomération et la

communauté.

point de vue là-dessus, c'est que le gouvernement du Québec doit accompagner la

réflexion et la rendre possible parce que c'est

le gouvernement du Québec, l'Assemblée nationale qui détient le pouvoir des

chartes des villes, mais que le temps

où c'était Québec qui disait aux villes comment s'organiser, ça, c'est révolu.

Ça, c'est révolu. Nous allons négocier une grande entente

Québec-municipalités dans la foulée de la précédente, bien sûr, sur un certain

nombre de sujets d'un commun accord. Mais,

pour ce qui est de dire aux Montréalais au sens large comment ils doivent

s'organiser et se gouverner, je pense que c'est fini, le moment de dire :

Bien, Québec, c'est mieux.

Cependant,

je suis très intéressé de voir comment les partis politiques vont faire ce

débat. Et je sais qu'ils vont le faire, je

sais qu'il y a des candidats déclarés ou des candidats à être déclarés qui

auront des propositions à faire sur la

méthode de réforme de la gouvernance. On va voir ce que les Montréalais vont

décider en se choisissant un maire, en se

choisissant une équipe. On va voir ce que le nouveau conseil municipal va

proposer. On va voir ce qui va se passer à Laval, on va voir ce qui va se passer ailleurs. Et, sur la base de cette

légitimité démocratique d'un débat qui aura été fait, à ce moment-là le

gouvernement du Québec pourra être un facilitateur, ou un médiateur, ou faire

preuve de leadership pour dire : Bon, bien, voilà, sur la base de nos

débats, voilà là où on peut aller améliorer cette gouvernance.

Est-ce que c'est nécessairement plus de

pouvoirs à la ville centre ou aux arrondissements, plus d'élus ou moins d'élus? Il n'y a pas de dogme là-dessus. Il y a des

villes qui ont très peu d'élus et un pouvoir très centralisé qui sont efficaces, et il y en a qui sont centralisées qui

sont inefficaces. Il y a des villes comme Boston ou San Francisco, où le

pouvoir est très décentralisé, qui sont

relativement efficaces. Ça dépend des lignes d'autorité. Ça dépend de la façon

dont ça fonctionne. Ça dépend de la fluidité du pouvoir.

Maintenant, je sais que la formation

politique à laquelle vous adhérez dit : C'est très important de décentraliser le pouvoir aux écoles — vous avez raison — aux hôpitaux, aux

CSSS — vous avez raison — mais, pour ce qui est des villes,

il faudrait que ça soit au centre. Bien, pas nécessairement, il n'y a pas de

dogme là-dessus non plus, hein? Il y a des pouvoirs, selon le principe de la subsidiarité, qui sont mieux utilisés

au niveau de l'arrondissement, il y en a d'autres qui ne doivent pas. Mais il y a des projets transversaux,

il y a des grands projets où, là, effectivement, le morcellement nuit,

il y a des projets où la proximité aide.

Donc, c'est un débat où il faut trouver un bon équilibre. Mais, encore là, moi,

je préfère que les débats se fassent là où ils doivent se faire, chez

les villes, et qu'ensuite le gouvernement accompagne. Donc, il n'est pas

question qu'avant l'élection nous disions autre chose que ce que je viens de

dire.

Cependant,

nous avons fait une nomination importante il y a quelques mois, Jacques

Léonard, qui dirige un comité à la ville de

Montréal pour essayer d'améliorer les processus de la ville, en particulier en

matière de contrats, et il déposera

un rapport d'ici l'été ou au début de l'automne qui pourra alimenter les

discussions sur les réformes. Ce rapport est en voie de préparation. Il le signera, il avancera ses propositions, qui

le lieront, lui, mais qui permettront d'alimenter ce débat d'une façon,

j'en suis certain, assez compétente.

Pour

ce qui est du temps qu'il reste, j'aimerais donner peut-être une vision plus d'ensemble

sur la direction en général. Le député

mentionnait tout à l'heure au sujet de Québec 2008... Avant 2008, à Québec, l'économie

allait assez bien, mais la ville n'avait

pas un dynamisme optimal. Il y a eu toutes sortes de débats, il y avait des

causes célèbres. Bon. Et 2008 est

devenu un moment où Québec a réussi à se dépasser par sa célébration, par un

certain nombre de réalisations. Et ce

qui est intéressant, ce que je dis aux auditoires de Montréal, c'est que les

Québécois ont retrouvé leur fierté mais n'ont pas arrêté d'être fiers en

2008, ils ont continué en 2009 et jusqu'en 2013.

Et, donc, parfois, le calendrier nous donne

une occasion de se ressaisir et de se relancer. Alors, je sais bien que le président de la

chambre de commerce dit qu'on est déjà dans la relance, mais ça pourrait être

encore mieux. Et, donc, le calendrier

nous a donné 2017, on dit : Ah! 375e anniversaire de la fondation de

Montréal. C'est vrai, mais je trouve que le 50e anniversaire de l'Expo, ça parle encore plus. Pourquoi? Parce que,

si c'est vrai que Maisonneuve et Jeanne Mance ont mis Montréal au monde

dans l'île de Ville-Marie, les Montréalais se sont mis au monde en 1967. Les

Montréalais se sont montré leur modernité, les Montréalais se sont dépassés, se

sont épatés et ont épaté le reste du monde.

Évidemment,

on ne refera pas une exposition universelle en 2017, mais on peut faire en

sorte de se donner ce rendez-vous en

disant : On va se réépater d'ici 2017, hein, l'an prochain, en 2016-2017,

puis, ensuite, on va continuer à avoir retrouvé notre fierté. Mais je

pense que, pour ça, il fallait réparer le passé. Réparer le passé, c'est l'intégrité,

évidemment, puis on y travaille énormément. Je pense qu'avec le recul on va se

rendre compte que l'automne 2012 et le printemps 2013 seront une période où le

gouvernement du Québec, les Montréalais ont décidé de faire reculer la

collusion, la corruption et ont transformé le Québec, et Montréal en

particulier, en un des lieux les plus inhospitaliers pour la fraude au monde. C'est

là qu'il faut aller.

Réparer le passé, c'est les infrastructures,

investir dans les infrastructures, réaliser Turcot, réaliser le métro, les voies réservées, etc. C'est ce qu'on est en train de

faire. Mais préparer l'avenir, c'est aussi accompagner tous les projets, que ce

soit la Cité de la technologie, avec McGill et l'ETS ou la relance du Pôle

olympique. Il y en a des tonnes. On va accompagner tous ces projets-là, lever

les obstacles. Réparer le passé, c'est aussi l'îlot Voyageur, évidemment, sur

lequel on travaille et on espère avoir un résultat très bientôt.

Mais

préparer l'avenir, c'est aussi savoir quelle carte jouer pour Montréal. Puis la

carte à jouer pour Montréal, c'est celle de la créativité, créativité en

technologie, en sciences de la santé. Alors, le CUSM puis le CHUM, ce n'est pas rien, là. Tu sais, on

s'est tous débattus pendant des années, on va les avoir. On va avoir, sur le

continent nord-américain, deux des meilleures infrastructures les plus

modernes en santé qui soient. Alors, il faut en faire le maximum, il faut en faire le maximum. Même chose avec l'Espace pour

la vie, qui est un équipement de niveau international. Mais, il faut dire, la créativité culturelle, la créativité

technologique, la créativité en matière d'intervention sociale, tout ça fait de

Montréal un des lieux où le XXIe siècle est en train de se préparer.

Ça commence à se savoir. Bien, il faut que ça

se sache encore plus, que les Montréalais le comprennent, s'y investissent — et moi, comme je vous dis, je vois plein de projets dans

ce sens-là — et que 2016-2017 soit le moment où ça devienne clair pour nous et pour les autres

qu'on est sortis du passé, on s'est tournés vers l'avant, puis il y a plein de projets et que des gens de partout au

monde, des jeunes, «wiz kids», se disent : Bien, moi, je veux aller dans

un des endroits où se fait le XXIe siècle,

puis un de ces endroits-là, c'est Montréal. Puis, si on est investisseur

étranger, on regarde dans le magazine Foreign Direct Investment ,

on dit : Quel est le lieu en Amérique du Nord où aller? C'est Montréal la première. Puis on lit KPMG, on

dit : Quel est le lieu où les coûts de production sont parmi les moins

élevés dans le monde? C'est Montréal. Vous

voyez, c'est toutes des raisons pour lesquelles Montréal doit surgir. Et on a

une date pour le faire, une date pour

retrouver sa fierté, puis le rôle du gouvernement du Québec, le rôle du

ministre de la Métropole, c'est de

faire en sorte d'accompagner les Montréalais vers ce rendez-vous-là qu'ils ont

avec eux-mêmes et que le reste du Québec..

Et, je le dis à tous les collègues des régions, il y a eu un moment pour

Québec, ça a été bon pour tout le Québec. Il y a un moment pour Montréal, ça va être bon pour tout le Québec. Il faut

que tout le monde y participe. Merci, M. le Président.

Président (M. Claveau) : Alors,

merci, M. le ministre. Pour un dernier 10 minutes, alors le député de

Mont-Royal.

M. Arcand : Merci beaucoup, M. le Président. Je

pensais, aujourd'hui, convaincre le ministre de la Métropole d'être, à

tout le moins, montréalo-réaliste. Je crois qu'il verse encore dans un

optimisme démesuré alors que, dans le cas de Montréal, même si, selon ce qu'il dit, il y a tellement de projets qu'on

ne sait plus où aller… Mais la réalité actuelle, c'est que, depuis le mois de janvier 2013, il y a près

de 40 000 emplois de moins à Montréal, et, donc, la situation n'est pas

aussi rose que celle qu'il veut bien décrire

aujourd'hui. Mais, moi, ce que je trouve le plus sérieux encore une fois, c'est

le fait que ce gouvernement,

actuellement, arrive avec de grandes idées, de grands forums, mais sans réussir

à y mettre l'argent qu'il faut pour

soutenir ces ambitions. Parce que c'est bien beau, vouloir avoir des ambitions,

mais faut-il encore les soutenir.

Quand je regarde ce que nous avons fait comme

gouvernement, quand je regarde les projets concrets qui ont été faits, que ce soit

le Quartier des spectacles, la Maison de l'OSM, de nombreux partenariats

public-privé, que ce soient les investissements au niveau des

biotechnologies, que ce soient les actions massives au niveau de la STM, l'achat

des nouveaux wagons, entre autres, qui nous ont aidés, le financement qu'on a

donné, important, à la ville… On est allés chercher le Grand Prix en plus. On a

eu des pistes cyclables, entre autres, l'industrie du jeu vidéo, les programmes

ClimatSol. Ça, ce sont des choses qui ont

été faites parce qu'on réalisait qu'à Montréal il y a une structure

actuellement qui est particulière, c'est qu'il

y a plus d'investissement public que d'investissement privé. Il faut donc que

les gouvernements fassent des efforts particulièrement importants avec

Montréal, et c'est ce qu'on n'a pas actuellement. Je n'ai pas vu de mesures dans le budget du ministre des Finances,

il n'y a pas de stratégie efficace actuellement pour soutenir, entre

autres, la croissance des secteurs biopharmaceutiques et également l'industrie

du jeu vidéo.

Pour ce qui est du pharmaceutique en

particulier, à notre époque, nous avions parlé du corridor Québec-Ontario où il y avait vraiment, à ce niveau-là, une utilité

pour nous de s'entendre avec nos voisins ontariens afin de créer véritablement un secteur, là, du biopharmaceutique

qui était particulièrement majeur. J'imagine qu'avec le Parti québécois

cette idée du corridor Québec-Ontario n'avance plus.

Et, en plus de ça, j'ai eu l'occasion de le

dire à plusieurs reprises, il est clair que le projet de loi n° 14, qui arrive à point nommé, ne fait rien pour réunir les

Montréalais. S'il y a quelque chose actuellement, ce projet de loi là divise

les Montréalais.

je demanderais au ministre aujourd'hui d'arriver avec certains éléments qui,

certainement, vont être des éléments empreints d'une certaine substance. Par

exemple, vous aviez annoncé que vous vouliez retenir les familles à Montréal. Vous avez formé des comités, vous avez

dit : On va avoir une série d'annonces à venir sous peu, et on

attend toujours cette politique de rétention

des familles ou, enfin, qu'est-ce que vous voulez faire, qu'est-ce que vous

avez voulu dire en matière de rétention des familles à Montréal.

Et le ministre ne m'a pas répondu aujourd'hui

lorsque j'ai dit : Bien, votre mesure de 300 millions avec congé de taxe de 10 ans pour les entreprises qui veulent

investir, est-ce qu'on a des résultats? Vous aviez annoncé ça au mois de

novembre, on est rendus maintenant au mois d'avril, est-ce qu'il y a des

résultats? Est-ce qu'il y a des entreprises… Mes

informations démontrent qu'il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui semblent se

bousculer aux portes. Donc, on peut bien

annoncer toutes les mesures, si elles ne sont pas efficaces, ces mesures-là ne

donnent pas grand chose actuellement.

Vous avez coupé lors du dernier budget, entre

autres, 12,5 millions de dollars dans le soutien à la promotion au développement de la

région de Montréal, les budgets de la CRE. J'ai eu le député de Sainte-Marie...

D'ailleurs, je pense que… fait assez

cocasse, au niveau de la CRE de Montréal, je pense que le caucus du Parti

québécois, des députés du Parti québécois,

s'opposait à la coupure qui a été faite au niveau de la CRE. Je pense que le

député de Sainte-Marie—Saint-Jacques était là à ce moment-ci.

Alors, c'est une

situation qui a besoin, à mon avis, d'un sérieux redressement. Mon collègue de

Verdun a eu l'occasion de vous parler de l'état

très important de la santé à Montréal et des défis que nous avons à ce

niveau-là. M. le ministre des Relations internationales

et ministre de la Métropole, lorsque j'ai exercé la fonction au niveau des

relations internationales et qu'on demandait, entre autres, aux 50 quelques

consuls qui sont présents à Montréal quels étaient

les deux problèmes, pour eux, les plus évidents, il y en avait un qui était

très pratico-pratique, c'était l'entretien des rues à Montréal. Eux n'avaient jamais vu un entretien si épouvantable.

Et le deuxième défi pour eux, c'était de trouver un médecin de famille

sur l'île de Montréal. Ça semblait être une problématique majeure, et ça s'ajoute

à ce que mon collègue de Verdun a pu exprimer sur les enjeux de la santé.

moi, très sincèrement, je pense que vous avez un problème avec le ministre de

la Santé, qui n'a pas l'air, lui, très intéressé à suivre ce qui se passe à

Montréal. Je regardais, entre autres, les annonces encore, on investit à

Repentigny, on investit en Montérégie, mais

jamais rien à Montréal. Et non seulement il n'y a rien à Montréal, mais, en

plus de ça, au niveau de la santé,

dans… je ne sais pas si Maisonneuve-Rosemont, c'est dans votre comté, où

exactement, ils sont obligés d'embaucher des lobbyistes pour convaincre

le gouvernement de pouvoir relancer, si on veut, les travaux, là, de l'urgence

de l'hôpital. C'est vous dire jusqu'à quel point la situation à Montréal est

une situation qui est extrêmement inquiétante, si on veut. C'est le moins que l'on

puisse dire.

Alors, moi, ce que je

demande au ministre, c'est de vraiment regarder la situation de près. Il y aura

bientôt, M. le ministre, un dossier, d'ailleurs…

Puis j'en profite parce que le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques

est là, il y a un dossier qui va peut-être

aider à la relance de Montréal si ce dossier-là est un dossier

sécuritaire — c'est ce qu'on va voir — c'est le dossier Enbridge. Je ne

sais pas quelle sera votre position sur ces questions-là. Je sais que le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques

n'est pas très, très... je dirais même opposé, je pense, au projet Enbridge. Je

ne sais pas s'il va statuer là-dessus, mais, à

une certaine époque, en tout cas, il n'était pas très, très intéressé à ce

genre de projet là. Mais c'est un projet qui pourrait créer des centaines d'emplois

pour les Montréalais.

Alors,

il faut travailler, il faut s'assurer également que la ville de Montréal puisse

fonctionner efficacement. Nous avons des doutes encore sur la capacité de l'Autorité

des marchés financiers de pouvoir fonctionner efficacement. Nous

demandons au ministre de continuer à oeuvrer auprès du président du Conseil du

trésor. Pourquoi limiter à 25, là, le nombre

de contrats? Pourquoi, dans le décret, on a mis cette limite-là? Pourquoi on ne

va pas à 50? Vous savez très bien que la ville de Montréal réclame ça de

façon importante. Et il faut absolument que l'Autorité des marchés financiers

soit équipée parce que l'aspect éthique ne veut pas dire non plus de l'immobilisme.

Je pense que M. le ministre comprend ça de façon très importante.

Alors,

moi, ce que je dis par rapport à ça, c'est qu'on est prêts à travailler avec le

gouvernement, travailler à faire en sorte que

Montréal retrouve cet élément, cet esprit de fierté, mais faut-il encore que

vous aidiez la ville par le biais de programmes

et par le biais de subventions. Je comprends que vous êtes un gouvernement qui

avez, je dirais, un élément extrêmement

partisan parfois, mais il est clair que, même si Montréal, électoralement, n'est

peut-être pas l'endroit où vous pouvez

faire des gains considérables, je pense que, pour le reste du Québec, une ville

comme Montréal, qui est une ville très importante

pour le reste du Québec, vous savez très bien que ça va générer des actions et

des activités très importantes.

Alors,

je termine là-dessus, en vous disant simplement que j'invite le ministre à

vraiment mettre tout son poids au sein du Conseil des ministres, au sein de ses

collègues pour que, véritablement, Montréal retrouve sa place et

réussisse à vraiment tirer son épingle du jeu parce que c'est tout le Québec

qui va en bénéficier.

Le Président (M.

Claveau) : Alors, merci, M. le député

de Mont-Royal.

Ayant accompli son

mandat, je lève donc la séance de la commission et j'ajourne les travaux sine

die. Merci beaucoup.

(Fin de la séance à

11 h 5)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2013-04-16
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-40-1 journal-debats CAT-130416
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier45b18dbe4f86f6a3bff9bf596b15483d9da78dfa

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