CAT — 26 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CAT 2026-02-26
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 26 février 2026
Vol. 48 N° 19
Étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte. La commission, je vous le rappelle, est réunie pour
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à
favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant
diverses dispositions. Est-ce qu'il y a des remplaçants ce matin, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Ciccone (Marquette) par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Kelley par Mme Prass (D'Arcy-McGee) et Mme Labrie
(Sherbrooke) par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, de l'ajournement de la dernière séance, nous étions à l'article
six, qui introduit par l'article 2 du projet de loi. Alors, je sais que M. le
ministre venait de lire l'article, alors j'imagine qu'il y a des questions en
lien avec l'article. M. le ministre, je vous donne la parole.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, chers collègues des oppositions, chers
collègues de nos équipes qui sont avec nous aujourd'hui. M. le Président, je
commencerais par une petite entorse en présentant des gens qui sont dans la
salle avec nous aujourd'hui, M. le Président, et ce sont des policiers de
Trois-Rivières. Je les ai présentés à mes collègues des oppositions qui ont mis
en place un outil de prévention qui est vraiment, vraiment intéressant, M. le
Président, ça s'appelle la trousse anti-troll. Et là, leur premier défi, ils
vont apprendre que dans une salle de commission comme ça, quand on veut se
lever, c'est difficile de ne pas partir avec la table. Alors je vais commencer
avec Maxime Gagnon qui est avec nous, Samuel Milot, Alexandrine Garceau et
Isabelle Blanchette. Alors, ils nous ont... ils étaient de passage aujourd'hui
à l'Assemblée pour parler de cet outil-là qui est disponible en ligne pour les
gens qui nous écoutent à la maison et qui va être déployé aussi dans des
écoles. Alors, merci d'être avec nous, merci de votre beau projet de prévention,
bien content de vous voir. Voilà, M. le Président. Bien oui.
(Applaudissements)
M. Lafrenière : Voilà, M. le Président.
Alors, on revient à l'article six. La dernière fois, j'avais fait la lecture,
mais on n'est pas à une lecture près, si mes collègues le demandent avec
beaucoup d'insistance, je vais la relire.
Il y a eu beaucoup d'insistance. Alors, M.
le Président, l'article six : «Nul ne peut exposer à la vue du public,
notamment en le portant, en le diffusant, en l'affichant ou en l'étalant, tout
objet identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein
criminel établie par le ministre qui exhibe l'un des symboles ou des noms
suivants :
«1° un symbole, tel un emblème, un insigne
ou une représentation, utilisé par l'entité ou qui lui est associé ou un
symbole susceptible d'être confondu avec un tel symbole;
«le 2° le nom de l'entité ou un autre nom,
tel un sigle ou un acronyme, utilisé par elle ou qui lui est associé ou un nom
susceptible d'être confondu...
M. Lafrenière : ...avec un de
ces nombres. L'interdiction prévue aux premiers alinéas s'applique à un objet
identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel à
compter de la date de la publication à la Gazette officielle du Québec ,
en vertu du premier alinéa de l'article 8 de la décision du ministre d'inscrire
le nom de l'entité sur cette liste.»
Comme commentaires, M. le Président :
L'article 6 interdit l'exposition à la vue du public d'un objet identifiant une
entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel, laquelle sera
établie par le ministre. De plus, l'article définit ce que constitue un tel
objet et précise à compter de quel moment l'interdiction à son égard sera
applicable.
M. le Président, on en a parlé la dernière
fois, je nous rappelle que l'objectif de tout ça, c'est de rétablir
l'équilibre, l'équilibre entre la population et le crime organisé. Cette
interdiction vise particulièrement à réduire la visibilité des entités à
dessein criminel. On veut affaiblir leur notoriété, leur force d'attraction,
notamment pour lutter contre l'exploitation et le recrutement des jeunes. Ça,
ma collègue de l'opposition officielle et moi-même, on en a parlé beaucoup
récemment. De plus, on veut diminuer le sentiment de peur et d'insécurité
qu'elles inspirent au sein de la population, notamment pour lutter contre
l'intimidation et je vous dirais même, M. le Président, l'extorsion, qui est
quelque chose de bien, bien, bien présent. Je sais que c'est un sujet qui est
très cher pour ma collègue, l'extorsion, les crimes qui sont commis contre les
commerçants. Alors, on veut affaiblir cette notoriété-là et le fait que
d'exposer ces signes-là puisse contribuer à l'extorsion ou l'intimidation, M.
le Président, voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que nous avons des questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, j'ai
plusieurs questions. J'ai du mal à déterminer où je dois commencer...
Une voix : ...
Mme Maccarone : Oui, mais
c'est parce que j'ai plein de débuts, alors je pense que je vais commencer avec
le titre. Le ministre a entendu, puis je sais qu'il a lu les mémoires, on a eu
plusieurs groupes, entre autres, l'Association des directeurs de police qui
nous disent que, peut-être, on ne devrait pas utiliser la terminologie qui
existe déjà puis l'expression «entité à dessein criminel». Ils proposent qu'on
utilise «organisation criminelle».
Leur argumentaire, c'est que c'est déjà la
terminologie qui est utilisée dans la jurisprudence, dans le Code criminel,
c'est accepté dans la jurisprudence, c'est déjà connu puis c'est une expression
aussi large qu'entité à dessein criminel... ouvre aussi la discussion de :
on arrête où, ça comprend quoi? Ça peut être ouvert à plusieurs
interprétations. Je partage aussi leur point de vue, ça fait que... Quelle est
la réponse du ministre en ce qui concerne cette proposition?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, puis merci à ma collègue pour la question. Un,
exactement, on ne fait pas référence au Code criminel parce qu'on ne fait pas
de législation au niveau criminel, on y va beaucoup plus large, M. le
Président, quand on parle d'une entité à dessein criminel. Et quand je lis
l'article 6, puis on l'a déjà fait dans le passé, il faut quasiment référer aux
autres articles où on va aller confirmer de quelle façon les groupes vont être
inscrits, M. le Président. Et c'est une entité policière, on l'a déjà échangé
avec les collègues des oppositions, le Service de renseignement criminel du
Québec, le SRCQ, qui aura cette tâche de mettre les entités criminelles... des
entités à dessein criminel. On a utilisé ce terme-là parce que c'était plus
large, c'était plus englobant, M. le Président. Et je comprends ce que ma
collègue veut amener comme point en disant : Bon, parfait, mais comment on
va se mettre une mesure de sûreté, de sécurité pour ne pas qu'il y ait d'abus?
C'est vraiment une liste qui va être faite par les entités policières et non
pas les entités politiques, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme la députée.
Mme Maccarone : Merci. Vous le
savez sans doute, M. le ministre, que même la SQ ont dit que l'application
éventuelle importe de souligner la technologie... la terminologie «entité à
dessein criminelle», puis là, je cite, «serait nouvelle dans le corpus
législatif et que les critères établis par le projet de loi pour qu'une entité
puisse être listée en tant que telle laissent une grande latitude à leur
application, contrairement à la définition d'organisation criminelle prévue au
Code criminel, qui a été amplement éprouvée et interprétée par les tribunaux».
Puis eux, ils disent, encore une fois, la SQ : «Qu'il serait important de
suivre avec attention toute décision judiciaire relative à l'application de
cette loi afin d'en soupeser les impacts. Bien, on ne dit pas qu'on devrait
faire référence à le Code criminel, mais on dit qu'il y a quand même de la
jurisprudence qui existe, on a déjà une terminologie qui est existant.
Et moi, j'essaie de comprendre pourquoi
qu'on a besoin d'être plus large. Parce que, si la terminologie «organisation
criminelle» fonctionne, est reconnue, on a de la jurisprudence, on a besoin
d'être plus large parce que qui ne sera pas, qui ne fera pas
partie d'un groupe
qui identifie comme organisation criminelle? On s'attend que ça comprend tout
le monde, mais c'est qui qui ne sera pas capté par cette définition? On a
besoin d'avoir une terminologie...
Mme Maccarone : ...entité à
dessein criminel, parce qu'il y a du monde qui ne tombe pas sous la définition
d'organisations criminelles, c'est ça que j'essaie de comprendre. On veut être
plus large, mais pourquoi? Qui ne sera pas capté par la définition proposée par
la SQ puis par l'ADPQ?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, deux points importants, le premier, puis je le dis
d'emblée, c'est vrai que... c'est nouveau, ce qu'on fait, on l'a dit souvent,
puis je pense qu'avec les collègues, on s'est rappelé à plusieurs reprises à
quel point on était dans du nouveau, puis c'était... c'est intrigant, c'est
intéressant, mais ça veut dire de... d'aller à des... dans des chemins qui sont
différents. Ce qu'on ne voudrait pas faire, M. le Président, c'est se faire,
justement, taxer ou, je vous dirais, challenger, même, devant les tribunaux, en
disant qu'on a tenté, indirectement, d'aller dans le droit criminel, c'est pour
ça qu'on est resté loin des définitions de «criminel» là-dessus.
• (12 heures) •
Cependant, M. le Président, je vais peut-être
vous lire quelque chose qui va nous aider à comprendre : L'objectif est
d'avoir un terme suffisamment large afin de ne pas restreindre l'application
des dispositions aux groupes organisés. D'ailleurs, le terme «entité» est
utilisé dans le corpus législatif québécois pour viser des groupes au statut
juridique plus ou moins défini. Alors, on l'a déjà dans le corpus législatif
québécois. Je comprends très bien, en passant, que les groupes policiers qui
sont venus nous voir en disant : On applique déjà le Code criminel, c'est
un terme qu'on connaît, mais ici, notre... notre intention, M. le Président,
c'est de légiférer non pas dans un but d'appliquer le Code criminel, mais c'est
vraiment différemment, ce qu'on veut faire, on veut agir, puis on a parlé souvent
de prévention, on va agir sur ces groupes-là pour... pour s'assurer d'affaiblir
leur position de force, leur position attractive, aussi, pour aller chercher
des jeunes qui seraient intéressés à joindre les rangs, et je vous dirais,
aussi, le pouvoir d'intimidation, c'est pour ça qu'on s'est détaché du Code
criminel, ici, M. le Président.
Mme Maccarone : Est-ce que ça
veut dire, en utilisant la terminologie «entité à dessein criminel» au lieu
d'«organisations criminelles», on va pouvoir dire que ça s'applique à des
organisations terroristes?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, j'entends la question de la collègue, honnêtement, j'y allais
d'expérience policière où je n'ai jamais vu d'affichage pour un groupe
terroriste.
Une voix : ...
M. Lafrenière : À l'étranger,
puis on faisait référence à des groupes qu'on a vus à l'extérieur, M. le
Président, mais en toute bonne foi, en toute transparence, on parlait des
groupes émergents, on parlait des groupes, pour ne pas nommer, les motards, les
groupes de motards criminalisés qui nous écoutent sûrement, ils m'ont déjà
promis de contester notre loi, mais notre but est vraiment de viser ces groupes
là qui, présentement, font de l'intimidation, font de l'extorsion. Je vous
dirais, M. le Président, des groupes comme ISIS ou des groupes comme ça, je
n'avais pas prévu, là, qu'ils porteraient nécessairement des couleurs ou des
patches pour faire de l'intimidation, de l'extorsion, mais s'ils le faisaient,
puis je me tourne en même temps devant mes légistes, je pense qu'ils seraient
inclus dans cette définition-là. Mais, vous savez que les légistes, si on le
souhaite, peuvent venir nous expliquer cette définition-là et, M. le Président,
j'ai deux nouveaux légistes aujourd'hui, parce qu'ils sont tous excellents,
puis il y a toujours de la rivalité entre elles, à savoir qui était là, qui a
parlé, puis ils ont beaucoup apprécié, puis là, je fais affaire avec des gens
qui n'étaient pas là la dernière fois.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre, nous avons un vote au Salon rouge, alors, je vais devoir
suspendre... suspendre, nous allons revenir dans quelques... quelques minutes.
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
Haut de la page
12 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 20)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux étant donné que le vote au salon rouge a été fait.
Je donne... À qui je donne? M. le ministre, vous aviez la parole, je pense.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président, et, avec le consentement de mes collègues, on
pourrait entendre Me Noémie Potvin.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, j'ai besoin du consentement. Oui. Parfait. Alors, Mme Potvin, veuillez vous
nommer par votre nom et titre.
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Bonjour. Noémi Potvin, je suis avocate aux affaires juridiques du ministère de
la Sécurité publique. Si je comprends bien, là, parce qu'il y a quelques
minutes qui se sont écoulées quand même depuis les dernières interventions,
vous voulez que j'explique pourquoi on s'est écartés de la définition d'organisation
criminelle du Code criminel et pourquoi on a fait un régime autoportant, c'est
bien ça? OK. Ce qu'il faut savoir, c'est un choix qu'on aurait pu faire,
référer à la définition d'organisation criminelle dans le Code criminel, sauf
que ce n'est pas une liste précise, hein, c'est des critères qui définissent ce
qu'est une organisation criminelle. Donc, chaque fois qu'il y a un procès
criminel qui met en jeu ces définitions-là, bien, il faut refaire la preuve que
l'organisation répond bien à la définition d'organisation criminelle. Donc,
cette preuve-là peut se faire par des experts, ça peut se faire aussi via une
jurisprudence abondante, là. On connaît quand même des groupes où c'est
notoire, là, la jurisprudence a reconnu qu'ils étaient des organisations
criminelles.
Maintenant, nous, on a décidé de faire un
régime autonome parce qu'on n'a pas besoin de référer à ces définitions-là,
même ça nous compliquerait la vie. Pourquoi? Parce que, un, on ne veut pas être
pris avec la jurisprudence qui a été rendue en vertu du Code criminel parce que
c'est autre chose qu'on fait. Il y a aussi des groupes qu'on veut viser qui
pourraient ne pas répondre à la définition d'organisation criminelle au sens du
code, mais pour lesquels c'est important de lutter contre l'attractivité que
ces groupes-là peuvent susciter ou contre l'intimidation qu'ils peuvent
générer, par exemple, chez les commerçants. Bien, là, je n'ai pas d'exemples
comme ça, mais, dans les échanges qu'on a eus avec les milieux policiers, on
parlait de groupes émergents, par exemple, qui sont en constante mouvance, on
va dire, donc, qui n'ont pas, là... Je n'ai pas de nom à vous donner, là,
malheureusement, mais donc, ces groupes-là pourraient être sur la liste des
entités à dessein criminel. Cette liste-là peut être mise à jour assez
facilement. On va le voir un petit peu plus loin dans le projet de loi.
Donc, nous, ce qu'on a établi comme
régime, ça, ça va être à l'article 9, bien, c'est que le Service du
renseignement criminel du Québec va faire l'analyse des critères qui sont là,
qui sont prévus à l'article 9. Il va regarder : Est-ce que c'est
nécessaire d'inscrire l'entité sur la liste... de recommander, en fait, au
ministre d'inscrire l'entité sur la liste en vue de lutter contre l'attractivité
qu'elle peut susciter ou l'intimidation qu'elle peut générer? Et puis, après
ça, la recommandation va être faite. Et là la liste va être publiée et il va y
avoir tous les noms des organisations. Le mécanisme qui est prévu est assez
agile, donc elle va pouvoir être modifiée souvent, ce qui va permettre de
suivre les groupes émergents, comme ça, qui sont appelés à être en constant
mouvement, bref.
Je ne sais pas si c'est assez clair. Pour
nous aussi, c'était plus avantageux. Justement, il n'y aurait pas d'incidence
entre un procès pénal où est-ce qu'on viendrait se faire dire : Bien,
écoutez, nous, on a eu une décision au niveau criminel qui est venue nous dire :
On n'est pas une organisation criminelle. Bien, c'est correct. Là, avec notre
régime, ça n'a pas d'impact sur nos poursuites à nous.
Mme Maccarone : ...vous
sauve, là, avec des explications de même.
M. Lafrenière : ...aussi, M.
le Président, si vous voulez parce que la... Pendant l'échange...
Mme Maccarone : Oui, allez-y.
J'ai d'autres questions, mais allez-y.
M. Lafrenière : Pendant l'échange,
j'ai eu des belles choses qui ont été partagées. Merci beaucoup, maître. Puis je
relisais, en passant, M. le Président, ce que la Sûreté du Québec est venue
nous dire. Je pense que c'est important de le rappeler. Cependant, le fait qu'une
infraction ne viserait que les entités inscrites sur la liste par le ministre,
suivant une recommandation d'une composante du milieu policier qu'il désigne
dont le mandat est en lien avec la gestion du renseignement criminel, devrait
permettre de limiter les risques associés à la latitude de cette nouvelle
définition. Et, par ailleurs, pour le prochain article, là, la Sûreté du Québec
nous dit que la composante du milieu policier devrait être SRCQ. M. le
Président, parce qu'on parle d'exemples, pendant qu'on se parle...
M. Lafrenière :
...présentement, il y a une opération policière de la Sûreté du Québec à
Montmagny, qui vise un groupe émergeant qui s'appelle le BFM. Alors, peut-être,
ce groupe-là ne serait pas défini par le Code criminel comme une organisation
criminelle, mais peut-être, le CRCQ depuis... Puis là on donne des cas
d'exemple, là. On aurait pu décider de le mettre sur la liste des entités,
alors ça nous permettrait d'agir quand même. Et, tout à l'heure, ma collègue
avait posé une question hypothétique pour les groupes terroristes qui agissent
ailleurs dans le monde, on va le voir tout à l'heure, mais il faut se rappeler
qu'un des éléments qu'on rajoute dans notre projet de loi, il faut que ce soit
des groupes qui agissent sur le territoire québécois. C'est des limites qu'on
s'est mis. Je reviens tout le temps avec mon exemple du carré de sable, là, on
a voulu s'assurer, justement, qu'on agisse sur des groupes qui ont des intérêts
ou qui agissent ici, sur le territoire québécois.
Mme Maccarone : Merci. C'est
clair. Merci beaucoup. La raison de la question que je posais, M. le ministre,
c'est parce que, si on va, mettons, sur le site du gouvernement du Canada, on a
des listes des entités terroristes inscrites, écoute, ce n'est pas petit, c'est
quand même volumineux, le nombre d'entités qui se sont inscrites. Et, l'année
passée, quand on était aux crédits budgétaires, on avait posé une question par
rapport à le cartel... Puis on a eu une réponse de M. Dubé, parce que c'était
son
article où il a dit... C'est vrai, dans l'article, il a dit trois
fois : Je suis inquiet, parce qu'on voit qu'il y a une émergence ici, puis
nous avons se préoccuper d'eux. Mais ces gens d'affaires qu'il me semble, on a
autres groupes, puis on dit qu'ils sont ici au Canada... ils sont ici à Canada.
On a aussi le combat 18, c'est un réseau néonazi international qui se
retrouve aussi au Canada. Ça fait que de la question que je posais, c'était de
m'assurer que ces groupes-là vont aussi se retrouver.
Et les critères pour déterminer, je sais
qu'on s'en va... ça, ça va être à l'article 9, mais les critères, il me
semble, sont sont très importants parce que... puis aussi les gens qui vont
nous aider à élaborer la définition puis de soumettre les noms. On a entendu
les groupes, on souhaite avoir peut-être une définition plus large de qui peut
élaborer la liste par des recommandations, par des mises à jour. Je suis
surprise d'entendre que BFM, c'est un groupe émergeant, parce que fait
longtemps depuis qu'on parle de BFM, ça fait que ça m'aiderait aussi d'avoir
une meilleure définition. Mais... ce n'est pas clair s'ils sont ici ou pas ici,
ça fait que, est-ce que ça veut dire qu'ils vont faire
partie de listes des
entités? Parce qu'on dit que c'est émergeant, il s'en vient, mais ils ne sont
pas actuellement peut-être sur le sol québécois.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis on l'a fait depuis le début, ça fait qu'on ne
se privera pas de le refaire encore aujourd'hui. Je vais. Je vais référer à
l'article neuf, parce que je pense que la discussion va nous aider pour deux
articles, puis je veux pas prêter des intentions qu'on va toutes adopter ça en
même temps, ça va peut-être nous aider à comprendre l'article 9 aussi.
Alors, dans l'article 9, on donne
des conditions, M. le Président, des membres de l'entité ou des personnes qui y
sont associées ou liées sont actifs sur le territoire du Québec, première
condition. Deuxième, il existe des motifs raisonnables de croire que des
membres de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées poursuivent,
individuellement ou collectivement, un dessein criminel en commettant ou en
tentant de commettre des infractions criminelles, en participant ou en
collaboration à la commission de telles infractions, ou en facilitant ou en
faisant la promotion de la commission de telles infractions. Ça, tantôt, je
vais y revenir, M. le Président. Celle-là est très importante pour éviter,
justement, des dérives avec des gens au pouvoir qui pourraient décider
d'exclure certaines opinions politiques, exemple, là, cela est... c'est très
important de s'en souvenir. Trois, des membres de l'entité ou des personnes qui
y sont associées ou liées sont susceptibles d'exposer à la vue du public un
symbole ou un nom visé par le premier alinéa de l'article 6. Alors,
M. le Président, ma collègue, tout à l'heure, quand j'ai parlé de groupes
émergents, puis je ne veux pas faire... je ne veux pas embarquer trop loin sur
le crime organisé, on laissera des experts le faire, parce que, justement, la
beauté de la chose, on veut que ce soit une entité qui est complètement
autonome, qui n'est pas reliée au gouvernement, c'est-à-dire c'est le CRCQ
qu'on veut utiliser. On veut que ce soit eux qui mettent sur la... cette liste-là,
les groupes qui doivent en faire partie, les entités, et ce ne sera pas une
commande politique, on fait référence au ministre, parce c'est lui qui va le
publier, mais c'est vraiment la composante policière qui va mettre les noms à
jour, on va en reparler tantôt avec... à quelle fréquence. Je sais que ma
collègue avait une interrogation là-dessus, sur la fréquence de remettre à jour
cette liste, mais c'est une liste qui va être composée vraiment par une entité
policière.
Et pourquoi on qualifie le BFM de groupe
émergeant, même si ça fait longtemps qu'il émerge? C'est parce que ce n'est pas
des groupes traditionnels comme on a connu, c'est-à-dire les motards
criminalisés, le crime organisé traditionnel italien, le COTI, on connaît bien
ceux qui l'appellent, la mafia. Alors vous comprenez, c'est ce qu'on qualifie
dans les groupes émergents, mais oui, ils pourraient faire
partie de la liste,
mais ce ne serait pas au ministre en poste de le décider, ce serait vraiment la
composante policière.
Mme Maccarone : Si je
comprends bien, il faut qu'ils sont actifs, c'est ça qu'on dit dans le
paragraphe 1°.
M. Lafrenière : Absolument.
Mme Maccarone : Pourquoi qu'on
arrête là? Le cartel que je viens d'élaborer...
Mme Maccarone : ...Tren de
Aragua, c'est un réel problème dont nous sommes confrontés. La SQ sont à
l'affût de cette tendance. Ils disent que nous devons se préparer. Ça s'en
vient des États-Unis. Puis la façon qu'ils infiltrent les communautés, c'est
«quietly», tu sais, on... tu sais, c'est bien caché, en douceur, en douceur. Ça
fait que, des fois, ça ne paraît pas, puis là c'est deux ans, trois ans plus
tard que, maintenant, on est au courant, oups, puis c'est presque trop tard. Ça
fait que je trouve bien que la SQ, ils sont en train de... qu'ils sont
préoccupés. Comme je le dis, ça a été nommé trois fois dans un article. Quand
la SQ dit qu'ils sont inquiets, je suis inquiète. Ça fait que je suis contente
de savoir que c'est une préoccupation, mais pourquoi attendre? La SQ l'a déjà
soulevé comme une préoccupation pour eux.
• (12 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, encore une fois, je veux juste qu'on soit prudents pour
ne pas mélanger les deux concepts. Ça ne veut pas dire que les autorités
policières, les enquêtes pas ne font pas de travail sur eux.
Mme Maccarone : Je ne parle
pas de ça.
M. Lafrenière : Je vous
rappelle que notre projet de loi qu'on dépose aujourd'hui, c'est pour faire en
sorte que les gens ne puissent pas s'afficher. Puis ma collègue disait qu'ils
le faisaient vraiment d'une façon qui était cachée, tout ça. Alors, s'il n'y a
aucun symbole qui peut être affiché ou aucune façon pour eux de se faire connaître...
parce que, vous savez, il y a deux façons de faire du côté criminel, soit on
s'affiche parce qu'on fait de l'intimidation ou soit on le fait en sous-marin
puis on s'assure que personne ne le sait jamais. Cependant, je veux rassurer la
collègue, je ne parlerai pas au nom des policiers, mais je sais très bien
qu'ils font des enquêtes sur un paquet de groupes qu'on ne connaît pas ici,
aujourd'hui.
Cependant, je vous donne l'exemple des
cartels qui, présentement, sévissent au Mexique, je pense que tout le monde a
vu ce qu'il se passe, alors est-ce que le CRCQ pourrait mettre le nom d'un de
ces cartels sur la liste parce qu'il y aurait un sigle, ils décideraient de
s'afficher, puis, je vous dis, il y a un paquet de groupes qu'on connaît comme
ça, oui, il pourrait le faire si ça répond aux trois critères qu'on a mis. Et
je veux rassurer la collègue, même s'ils ne sont pas visés par cet article-là,
ça n'empêche pas les autorités policières québécoises, canadiennes de faire
leurs enquêtes, de les enquêter, de les accuser, mais, vraiment, ce qu'on
présente ici, M. le Président, c'est pour les gens qui s'exposent, qui exposent
donc un logo, on a dit un logo, un nom, un acronyme aussi. Vous savez pourquoi,
M. le Président? Parce qu'on connaît entre autres les Hells Angels qui aiment
utiliser le 81, huitième lettre de l'alphabet pour le H, première lettre de
l'alphabet pour le A, donc support 81, pour essayer de contourner certaines
règles à certains endroits.
Alors, on a vraiment tout mis ça dans
notre projet de loi, mais c'est... ce qu'on cible aujourd'hui, c'est vraiment
les gens qui s'exposent publiquement. Pour les autres, je peux vous rassurer,
les policiers n'arrêteront vraiment pas d'enquêter puis de les accuser s'il le
faut. Parce que, oui, il y a des groupes qui fonctionnent d'une façon
différente. Je ne me rappelle pas, moi, comme policier, d'avoir vu le COTI, le
crime organisé traditionnel italien, vraiment avoir des écussons, des façons
très visibles, parce qu'ils agissent normalement pour que les gens ne les
voient pas, ne les reconnaissent pas. Ça fait que ce n'est pas mieux, ce n'est
pas pire, c'est juste deux outils différents.
Mme Maccarone : Bien, je ne
m'en doutais pas qu'il y avait des enquêtes. Ce n'était aucunement le sens de
mon intervention, c'est plus de...
M. Lafrenière : Non, non,
mais s'ils s'affichent, on va les... ce sera à la CRCQ de décider.
Mme Maccarone : La CRCQ qui
va décider. J'avoue que j'aurais voulu avoir une réponse plus : Vous
n'êtes pas bienvenus parce qu'on est au courant. Si je regarde sur le site,
encore une fois, du gouvernement du Canada Tren de Aragua, ils disent que Tren
de Aragua a recours au crime, à la violence, à l'intimidation, à contrôler des
nouveaux territoires. On dit qu'ils sont connus de venir pour les organisations
illicites... ouf! c'est une grosse affaire, je ne suis pas capable de voir,
qu'ils viennent de New York, puis on sait qu'ils s'en viennent chez nous, au
Québec. Puis je ne peux pas vous dire si... je n'ai pas vérifié, je ne sais pas
s'ils ont un logo, mais, même s'ils sont connus... pour moi, là, le fait qu'ils
sont connus sur un nom, tu sais, des fois c'est assez. Parce que la définition
de symbole, un signe ou, tu sais, BFM, on sait que c'est un acronyme, mais
peut-être c'est comme ça qui s'identifient, puis il n'y a pas d'acronyme puis
il n'y a pas de symbole, mais ils font
partie de ces groupes. Ça fait que j'ai
de la misère à comprendre, avec une définition plus large parce qu'on a «entité
à dessein criminel» et non «crime organisé», pourquoi qu'on ne peut pas les
mettre sur la même liste.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis ma collègue fait référence à cette liste des groupes criminels,
puis c'est important pour les policiers pour accuser des gens, des individus de
gangstérisme, en passant, puis c'est un outil qui est extrêmement important. Je
nous rappelle ce qu'on fait aujourd'hui, puis je sais que ma collègue veut
aller à la bonne place, là, ça fait que je veux juste qu'on s'aide à
comprendre. Si un groupe ne s'affiche pas, il n'utilise pas soit son nom, soit
un dessin, soit un sigle, soit peu importe quoi, M. le Président, notre
article, bien, ne nous aidera pas vraiment à agir sur ces gens-là s'ils ne
s'affichent pas, s'ils ne se font pas connaître comme ça.
Alors, je reviens avec le nom de certains
cartels, certains types de crimes organisés, qui sont beaucoup moins forts
sur...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Lafrenière : ...comment se
faire connaître et reconnaître, ça ne veut pas dire qu'ils sont meilleurs pour
autant. On va les avoir d'autres façons, les policiers vont pouvoir les accuser
de gangstérisme. Nous, ce qu'on veut venir faire aujourd'hui, M. le Président, pour
que ce soit très clair, c'est à partir du moment, puis on prend l'exemple du
BFM, si, d'aventure, je prends le terme que le député de Lafontaine utilise
souvent, si d'aventure le BFM avait décidé de se faire... même si ce n'est pas
un logo, juste de mettre les toilettes BFM sur un manteau, sur un capuchon, sur
un drapeau, sur ce qu'ils veulent et que le nom figurait sur la liste, bien, oui,
notre réglementation qu'on veut faire ensemble aujourd'hui s'appliquerait à
eux. Alors, ce n'est pas juste les motards criminalisés, je veux ça soit très
clair, M. le Président, tout groupe qui utilise un nom, un acronyme, un
dessein, «name it», bien, notre réglementation va pouvoir s'appliquer à eux.
L'autre volet qui est super important, ce que
la collègue fait mention, c'est le côté criminel, puis c'est pour ça que c'est
vraiment deux volets. Alors, les accuser de gangstérisme, sans aucun problème.
Nous, on veut venir réagir, puis j'appellerais ça en prévention, parce que
notre prétention, M. le Président, puis ma collègue de l'opposition et moi, on
a rencontré des commerçants voilà pas très, très longtemps qui ont vraiment
fait comprendre à quel point ils vivaient un calvaire quand ces gens-là
rentrent dans leurs commerces puis ils disent à partir de maintenant, c'est de
même ça va marcher. Et c'est clair que la patch qu'ils ont dans le dos ou le
nom avec qui ils font référence, ça fait peur aux gens. C'est ceux-là qu'on
veut cibler, mais il y a beaucoup d'autres outils, dans le Code criminel entre
autres, qui vont venir chercher les gens qui font du gangstérisme.
Mme Maccarone : ...la raison
du «mention» puis la raison que je voulais quand même vider la question, c'est
parce que ça paraît déjà sur la liste Canada, puis ils ne sont pas
nécessairement sur le sol canadien, puis il y a une liste longue, longue, longue,
écoute, je ne sais même pas combien de pages que c'est, là, mais il y a des
centaines de noms qui sont là. Ça fait que je vois ça comme un mesure de
prévention, puis je ne sais pas s'il va y avoir un lien ou des vérifications
avec ça, parce que, là, on parle du terroriste, pas nécessairement de la notion
de crime organisé typique dont nous sommes en... en train d'ici d'en débattre,
Hell's Angels, BFM, etc. Mais je comprends le point de vue du ministre. J'ai
une autre question...
M. Lafrenière : Juste un
instant, si vous me permettez, parce que la collègue amène un point intéressant,
puis je ne m'étendrai pas beaucoup sur le sujet parce qu'il y a beaucoup de
détails qu'on ne donnera pas, là, mais les gens qui font
partie de ces listes-là,
que la collègue fait référence, pourrait se voir interdit de séjour s'ils
veulent venir aussi dans le pays. Donc, c'est utilisé à plusieurs entités le
CRS, la SFC et compagnie. Alors, il faut comprendre, le but est différent, mais
elle a raison de dire qu'il faut être à l'affût de ce qui se passe dans le
monde, parce que ça a un impact chez nous. C'est vrai.
Mme Maccarone : OK, merci. J'ai...
j'ai une autre question, puis vous savez sans doute que ça s'en vient, Hell's
Angels. Tu sais, je comprends l'article 6, puis ce qu'on souhaite faire. Ils
sont déjà sortis sur la place publique pour dire que, nous, là, on a l'intention
de contester. Puis, si moi, je regarde sur les sites Internet fédéral, on voit
que, sur le rubrique d'index, Hell's Angels, c'est un marque de commerce enregistré,
leur logo, c'est un marque de commerce enregistré. Comment allons-nous appliquer
l'article 6 face à ces informations-là?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je veux bien comprendre la question de ma collègue. Le fait qu'il
soit enregistré ne change pas grand-chose dans ce qu'on met en place aujourd'hui,
M. le Président. Alors, leur prétention, pour eux, puis je ne vais pas parler à
leur place, parce que vous pouvez être assuré que je vais faire bien des choses
dans la vie, mais je ne serais jamais leur porte, eux, ils vont venir nous dire
que, dans le fond, c'est une entité sociale qui aide les gens plus âgés qui
veulent faire de la motocyclette. Puis on aura des spécialistes des entités
policières qui vont venir dire à quel point ils peuvent pourrir la vie de gens
dans certaines communautés. Je comprends, mais je comprends aussi leur
prétention de venir dire : Écoutez, vous nous ciblez. Mais, nous, ce qu'on
cible aujourd'hui, là, ce sont des gens, puis on le définit tout à l'heure, là,
qui commettent des crimes puis qui font de l'extorsion. Alors, le fait qu'il
soit enregistré, qu'il soit incorporé, je comprends ce que ma collègue vient de
dire, puis je vais aller faire une vérification du côté des légistes, mais je
ne vois aucun changement pour notre application.
Mme Maccarone : C'est... La
raison de l'intervention, ce n'est pas pour être à la défense de crime
organisé, mais c'est parce que c'est un marque de commerce reconnu puis ils ont
des droits. Ça fait que, qu'est-ce qu'on fait avec ça?
M. Lafrenière : M. le
Président, encore une fois, dans un souci d'équité, parce que, dans nos
dernières sessions, les légistes a parlé entre deux et trois fois, ça fait qu'on
peut retourner avec une de nos légistes qui trépignent d'impatience de nous
expliquer, parce c'est une bonne question. Et je comprends qu'on parle des
droits des... des membres de ces groupes-là, mais je vous dirais, comme société...
je vous parlais tout à l'heure que je veux ramener l'équilibre aussi. Ils ont
des droits puis ils ont des responsabilités, mais, maître, vous pouvez
répondre, Me Potvin, vous pouvez répondre à cette question.
Mme Maccarone : Juste avant
de répondre, je veux préciser, parce que quand c'est un marque de commerce, ils
ont droit de l'afficher. Ça fait que c'est ça que j'essaie de voir, parce que
je comprends, eux, leur point de vue, pas que je sanctionne, mais je comprends
qu'ils viennent avec ça, puis, si eux, ils peuvent, puis il y a autres groupes
qui y vont enregistrer leur marque de...
Mme Maccarone : ...commerce
aussi, mais là comment est-ce qu'on va appliquer cet article?
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, elle s'est présentée tout... tout à l'heure, ça fait que c'est...
c'est correct, il n'y a pas de problème. Allez-y...
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Donc, écoutez, c'est sûr qu'on le sait, hein, nous aussi, on a lu les articles,
ça va être contesté, évidemment. Ce que je voudrais vous dire : Je ne veux
pas embarquer dans les arguments qu'on a à faire valoir pour des raisons
évidentes, mais sachez que cet aspect-là, marque de commerce, on l'a considéré,
on a consulté les équipes spécialisées en droit constitutionnel, ça a été
réfléchi, et on pense qu'on a des sérieux arguments à faire valoir pour dire
que, comme province, on a le droit d'agir sur les aspects qu'on a ciblés, soit
de supprimer les conditions qui facilitent le crime. Donc, je ne veux pas
vous... je ne peux pas vraiment vous donner plus de réponse que ça, mais on
pense qu'on est en droit de faire ça.
• (12 h 40) •
Mme Maccarone : Est-ce qu'on
a consulté le gouvernement fédéral pour comprendre un peu leur rôle? Moi,
j'essaie de comprendre comment que ça se fait qu'on peut avoir une marque de
commerce d'un crime organisé protégée par la charte. Comment ça se fait? Puis
est-ce qu'eux, ils ont un rôle à jouer pour nous aider à appliquer l'article 6?
M. Lafrenière : ...Me Potvin.
Écoutez, je fais toujours attention parce que je ne veux pas non plus
déclencher leur frustration, mais ce n'est pas parce qu'ils sont enregistrés
qu'ils font des bonnes actions pour autant. Et vous savez, M. le Président,
clairement, quand ils se sont enregistrés, je ne pense pas qu'ils aient déclaré
que leurs buts dans la vie étaient de commettre des meurtres et de vendre de la
drogue. Alors, c'est sûr que ça a été un autre type d'enregistrement. On le
sait, il y a même des gens dans le passé qui ont voulu utiliser une image qui
ressemblait, et ce groupe criminalisé a poursuivi les gens qui l'ont fait.
Mais ici, M. le Président, nous, notre
prétention... Puis il y a deux volets. Rappelez-vous, depuis le début, je vous
parle de deux volets. Le premier, je veux nous rappeler, puis on a eu cette
discussion-là avec les collègues pas plus tard que cette semaine, quand on a
parlé des manifestations, moi, je serais heureux aujourd'hui que les gens nous
entendent et qu'ils décident de ne plus porter leurs vestes, qu'ils décident de
ne plus mettre de drapeaux, qu'ils décident de ne plus s'afficher. S'ils le
font puis on n'est pas obligés de mettre en place l'article, je serai l'homme
le plus heureux du monde, M. le Président, parce qu'au final ce qu'on veut
ensemble, c'est faire en sorte que les restaurateurs, les opérateurs de
commerces puissent tenir leurs commerces sans se faire intimider, sans se faire
harceler.
Cependant, pour avoir fait de la police
quelques années, M. le Président, malheureusement, toujours un 5 % de gens
qui ne se conforment pas à ça. C'est pour ça qu'on se donne un outil pour
dire : On va vous aider. Et on va même aider les commerçants, M. le Président,
parce que, pour le commerçant, le fait d'avoir des gens qui rentrent dans son
commerce avec des écussons, et tout, lui, il va avoir un outil en disant :
Vous ne pouvez pas rester ici, moi, je vais contribuer à l'infraction, je vais
être dans le trouble, vous devriez quitter.
Alors, c'est des outils de plus qu'on
donne pour nos policiers pour agir, c'est vrai, puis aussi pour envoyer un
message, puis un message aux jeunes, M. le Président. On a vu toutes sortes de
séries qui étaient fort intéressantes, Sons of Anarchy , qui était très,
très, très intéressante. Ça a amené un engouement où les gens voulaient voir ce
que c'était, certains qui s'affichent sur la limite. Alors, M. le Président,
nous, ce qu'on cible, ça va être des entités qui vont... sur cette liste-là.
Puis je vais devancer la question. Il y a d'autres groupes, des groupes de
vétérans qui mettent des écussons dans leurs dos, et tout. Vous comprenez que
ce qu'on va cibler, c'est vraiment la liste des entités qui va être faite par
la ressource policière et non pas quelque chose qui ressemblerait à. Il faut
être prudent là-dedans aussi, M. le Président.
Mme Maccarone : ...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Maccarone : Est-ce que je
peux juste poser une dernière question?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parce que... souci d'alternance, là.
Une voix : ...
Mme Maccarone : Juste une
dernière question, parce qu'on est là-dessus. Est-ce qu'on s'est inspirés des
autres provinces aussi? Parce que je comprends qu'on a besoin d'avoir des
arguments, mais on a... on a demandé une recherche de la bibliothèque puis on
sait, comme par exemple, Saskatchewan avait une disposition qui a été
invalidée, Manitoba aussi, une disposition qui a été abrogée. Qu'est-ce qu'on
fait, nous, qui est différent pour s'assurer que notre
article ne sera pas
abrogé ou invalidé?
M. Lafrenière : ...alors,
oui, on s'est inspirés des meilleures pratiques, entre autres de la Nouvelle-Zélande.
Au Canada, il y a eu des tentatives, la Saskatchewan l'a tenté. On a appris...
Moi, j'aime bien dire qu'on apprend des des «best practices», des meilleures
pratiques puis des pas si meilleures pratiques que ça. Alors, oui, ça a été
partagé. On a regardé ce qui avait causé des... ce qui avait causé la fin de ce
règlement-là, puis je ne le partagerai pas ici aujourd'hui, M. le Président, on
s'en est inspirés puis on s'est assurés de ne pas prendre le même chemin, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Merci,
M. le Président. Évidemment...
Le Président (M. Schneeberger) : Votre
micro, M. le député.
M. Fontecilla : Ah! oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va aller mieux.
M. Fontecilla : Merci. Donc,
évidemment, c'est un
article qui... avec lequel nous sommes foncièrement
d'accord, mais il suscite quand même un certain niveau de questionnement
concernant l'étendue, l'étendue de cette nouvelle...
M. Fontecilla :
...capacité-là, les prérogatives que cela donne aux corps policiers, entre
autres. Et la question est à savoir... Et évidemment, c'est un... comme l'a dit
le... comme l'a dit le ministre, c'est un outil de plus, un outil très
intéressant, mais qui... qui ne va pas... qui n'est pas non plus une formule
magique, hein, c'est... C'est sûr qu'une... qu'un symbole peut avoir un effet,
comment dire, intimidateur, là, sur... sur certains commerçants, sur certaines
victimes de façon générale, là, mais on n'a pas besoin de porter ce symbole-là
pour être intimidateur, là, c'est... Et puis, je suis convaincu que les... les
criminels sont assez intelligents pour s'adapter très rapidement au nouvel
environnement légal, là. Donc, c'est un outil important, utile, mais qui n'est
pas... qui n'est pas... qui ne va pas régler l'ensemble de la situation. Quoi
qu'il en soit, je pense que c'est un outil, c'est éminemment utile de
l'utiliser.
Moi, je voudrais avoir... je voudrais bien
clarifier dans mon esprit, là, l'existence du nouveau régime qu'on est en train
de créer, là, mais, en fait, en ce moment, en ce moment, il y a un régime, là,
qui est la liste. On a... on a nommé... on a nommé, et corrigez-moi si je me
trompe, l'organisation criminelle qui est détenue par... qui est sous
juridiction fédérale. Et je suis allé... allé voir, là, puis je pose la
question en même temps... au même titre. Ce n'est pas des organisations
criminelles, mais c'est des organisations terroristes, OK? Évidemment, tous les
terroristes sont des criminels, mais tous les criminels ne sont pas
terroristes. Je... il y a une... comment dire, il y a une sémantique importante
à utiliser, à mettre... à mettre en place. Et donc, en ce moment, je vais
utiliser le... les noms qui... comment dire, le nom de la liste qui est... qui
est, en ce moment, utilisé. C'est la question que je voudrais poser. En ce
moment, les corps policiers du Québec, là, utilisent à des fins d'enquête de...
afin... pour porter des accusations et etc., là, utilisent, lorsque... lorsque
ça s'impose, la liste d'entités terroristes inscrites au fédéral. C'est...
c'est ce qui est utilisé en ce moment, là.
M. Lafrenière : ...Président,
pour des accusations terroristes...
M. Fontecilla : Criminelles.
M. Lafrenière : Terroristes.
M. Fontecilla : Ah!
Terroriste.
M. Lafrenière : Si on y va
par du gangstérisme... et là il va falloir le prouver dans le cas par cas,
puis, M. le Président, ce qu'on ne voulait pas faire ici, au Québec, c'est
revivre ça. Imaginez, si, à chaque fois qu'un policier voulait remettre un
constat à une personne qui porte une veste marquée H1, on devait aller devant
les... les tribunaux, pardon, et faire la preuve que c'est une organisation... une
organisation criminelle, pardon, M. le Président, on ne veut pas faire ça, mais
on s'entend, on parle du Code criminel, on s'est détaché du Code criminel, on
n'est pas là...
M. Fontecilla : Tout à fait.
M. Lafrenière : ...on n'agit
pas dans le Code criminel. Lui, Il a une liste, une liste qui sera mise à jour,
une liste qui va être populée par des services policiers et non pas par une
volonté politique. Et c'est comme ça que les gens vont avoir des constats parce
qu'ils portent une veste. La grande différence que le collègue parle, parce
qu'il y a comme trois niveaux, encore là, j'aime les dessins, là. Le premier
niveau, quand on parle d'entités terroristes, c'est une chose, de faire
partie
d'une entité terroriste, on peut être accusé. Et, si on veut aller dans du
gangstérisme, les policiers vont devoir prouver justement comment les gens ont
travaillé ensemble et comment ils faisaient du gangstérisme.
M. Fontecilla : Je veux
comprendre, monsieur... M. le ministre, quand vous parlez de gangstérisme,
est-ce que c'est... de facto c'est une organisation terroriste aussi?
M. Lafrenière : Absolument
pas.
M. Fontecilla : Absolument
pas. Expliquez-nous, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, je suis
obligé de remonter dans le temps, mais ça va bien aller. Alors, entité
terroriste, on s'entend. Puis le collègue, à juste part, fait référence à une
liste qui existe déjà. Tantôt, je le disais, pour les organisations policières,
pour les douanes, pour différentes agences de renseignement, bien, c'est
utilisé pour même empêcher des gens d'avoir un séjour au Canada, on s'entend,
ce sont des groupes terroristes. Premier volet.
Nous, on se retrouve à l'autre... l'autre
extrême, où on vient dire : Lorsque... pour des motifs de prévention...
puis c'est ce qu'on veut faire, hein? Puis, après ça, je vais revenir sur le
point du collègue qui disait : Les criminels vont s'ajuster, ils vont
changer, je vais m'inscrire en faux, puis il va comprendre pourquoi. Nous, ce
qu'on veut faire, c'est affaiblir leur notoriété, parce que c'est tellement
vrai, M. le Président, qu'avant même que notre projet de loi soit en force il y
a déjà une organisation qui a dit : On va contester. S'ils n'y tenaient
pas tant que ça, ils laisseraient ça aller. Je pense qu'ils y tiennent
beaucoup. Puis ce n'est pas juste parce que c'est des belles couleurs, puis ça
paraît bien, ce n'est pas juste parce que c'est enregistré ou incorporé, c'est
parce qu'ils savent très bien quelle est l'utilité derrière tout ça, c'est de
faire de l'extorsion. C'est notre... notre prétention, M. le Président. Puis ça
fonctionne parce qu'on le voit, pour des humains, des gens... des gens, M., Mme
Tout-le-monde qui vivent sur la Côte-Nord, qui vivent un calvaire grâce à eux
ou à cause d'eux. Et c'est pour ça qu'on veut agir.
Si on veut parler d'individus qui
pourraient être accusés... Puis là je fais attention, là, je pourrais être
accusé de gangstérisme, mais là les policiers vont devoir faire cette
preuve-là, et c'est quelque chose de complètement différent. Ça fait que je
fais les trois niveaux pour que les gens comprennent bien, ici, à la maison, ce
qu'on fait aujourd'hui, une liste qui va mettre les entités criminelles...
M. Lafrenière : ...et sur cette
liste-là, les groupes vont être mentionnés parce qu'il y a des... le service de
renseignements qui va le mettre à jour, et là les policiers vont pouvoir
remettre des constats à ceux qui portent une veste, qui s'affichent :
veste, chandail, casquette, drapeau. Alors, vous comprenez, tout pour
intimider, pour faire comprendre qu'ils sont forts, qu'ils sont... de nos lois,
au-delà de nos lois.
Puis, M. le Président, je parle beaucoup
d'équilibre, vous pourrez comprendre que ces gens-là, normalement, lorsqu'ils
vont porter une veste, c'est parce qu'ils ont commis un crime. Ils viennent
nous le dire, à l'ensemble de la société : Moi, j'ai commis un crime,
c'est comme ça que j'ai pu avoir cette veste-là, puis ils viennent narguer les
citoyens aussi et leur faire peur.
M. Fontecilla : Très bien.
Écoutez, avant... Une question que vous avez sans doute prévue, là, parce que
ça tombe du sens, et je veux la poser tout de suite, mais je veux revenir sur
la question de l'entité, là... Il y a des... il y a, évidemment, des symboles
qui sont affichés publiquement, tout objet, etc., un emblème, un insigne, une
représentation, mais qu'arrive-t-il lorsque c'est... parce que ça existe,
lorsque ces emblèmes-là sont portés sur la peau, un tatouage? Vous avez... Vous
devez avoir la réponse, là...
• (12 h 50) •
M. Lafrenière : Je veux
rassurer mon collègue, on ne l'enlèvera pas sur-le-champ.
M. Fontecilla : Wow! Bonne
nouvelle!
M. Lafrenière : J'espère que
ça le rassure. On ne peut pas agir à ce moment-là, M. le Président.
M. Fontecilla : OK, parfait,
c'est exclu de facto. OK. Très bien.
M. Lafrenière : La raison
l'emporte, M. le Président.
M. Fontecilla : Très bien.
Donc, les services policiers du Québec vont confectionner une liste à part, là,
pour les fins de cet article-là seulement, là, pour les emblèmes, les insignes,
etc., et... mais ils vont... Pour qualifier une organisation d'entité à dessein
criminel, est-ce qu'ils... quels critères vont-ils utiliser? C'est les critères
définis par le Code criminel? Comment vont-ils faire pour identifier : tel
groupe, on va l'inscrire sur cette liste-là, et que ce soit évidemment... que
ça passe le test juridique, là?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis je veux rassurer mon collègue, la liste va être faite et elle
va être publique. Les gens vont pouvoir voir s'ils sont sur la liste. Alors,
des groupes, des organisations de bienfaisance qui veulent faire la promotion
de la motocyclette qui ne seraient pas heureux de se retrouver sur la liste
pourraient contester ça, et ça, on va le voir plus loin, M. le Président. On a
même prévu comment les gens vont pouvoir contester.
Alors, tantôt, à l'article 9... puis ce
qu'il y a de bien, c'est qu'on va dans tous les articles, ça fait que ça va
passer tellement vite tantôt... Alors, on va dire que le nom d'une entité peut
être inscrit sur la liste des entités à dessein criminel et on donne des
caractères, dont 1° des membres de l'entité ou des personnes qui y sont
associés ou liés sont actifs sur le territoire du Québec. On l'a dit
tantôt : il existe des motifs raisonnables de croire que les membres...
Puis ça, motifs raisonnables de croire, avec mon collègue, on a eu une belle
discussion, dans les manifs, où on disait : Ce n'étaient pas des soupçons,
donc, ce sont des motifs raisonnables de croire que des membres de l'entité ou
des personnes qui y sont associées ou liées poursuivent individuellement ou
collectivement un dessein criminel. Alors, ça, c'est très clair. Et 3° des
membres de l'entité ou des personnes qui y sont associés ou liés sont
susceptibles d'exposer à la vue du public un symbole ou un nom visé au premier
alinéa de l'article 6.
Alors, c'est ce qui va être utilisé par
une entité qui... sa job, dans la vie, c'est de faire du renseignement, donc,
c'est d'aller... guider, de proposer ces noms-là. Et, M. le Président, la
raison pour laquelle je reviens souvent là-dessus, je l'ai déjà dit : Moi,
je trouve que l'article, on est à bonne place, il est important pour la prévention.
On veut s'assurer que, dans un futur, personne n'utilise ça pour empêcher des
gens d'avoir une opinion différente. Ça va être vraiment une entité policière
qui va se baser sur les critères que je vous ai donnés là, donc, poursuivre un
dessein criminel.
M. Fontecilla : Très bien. Et
je suppose qu'en ce moment les organisations policières du Québec ont déjà une
liste, peut-être en vertu de la liste fédérale, parce que, bon, leur travail,
là, c'est le renseignement, là, c'est... Le ministre va nous éclaircir. Donc,
cette liste-là n'existe pas présentement, elle va être élaborée. Est-ce que ça
va être élaboré à travers le temps? Est-ce qu'il y a déjà... il y a déjà des
groupes qui ont été identifiés? Justement, je trouverais ça étrange que la
police n'ait pas déjà une certaine idée des groupes criminels qui sont actifs
sur le territoire, là, qui pourraient correspondre à cette... à cette
définition-là, mais au-delà, à des fins d'accusations criminelles, carrément,
là, comme les motards, etc.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Mon collègue a raison que les organisations policières
connaissent les groupes. Il y a du renseignement, c'est vrai, mais il n'y a pas
de liste présentement. Et avec ce qu'on s'apprête à mettre en place, M. le
Président, on charge une entité dont le travail à temps plein est de faire du
renseignement pour mettre cette liste-là, pour la mettre publique, et là on
verra les noms qui vont y figurer, selon ce qu'on a énoncé tout à l'heure à
l'article 9. Alors, il n'y a pas de liste pour l'instant. Ça va être fait, ça
va être public.
Je vous dirais qu'il y a un sens de
prévention aussi, M. le Président, où les gens vont pouvoir aller voir la liste
des groupes... les groupes, les noms, les acronymes...
M. Lafrenière : ...alors, il y
a un but éducatif aussi, M. le Président, puis un but... un but préventif.
M. Fontecilla : Pour bien
comprendre, les groupes qui... susceptibles de... ou qui seront inscrits sur
cette liste-là ne pourront jamais... ne pourront pas, en fait, être poursuivis
criminellement, criminellement parce qu'ils sont sur cette liste-là? On a... On
va... On va avoir recours à un autre...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : La réponse,
M. le Président, est non, oui. Pourquoi non, oui? Pas à cause de la liste, mais
parce qu'ils sont des criminels.
Je recommence mon explication, M. le
Président. Puis je prends pour acquis, peut-être, je me trompe, peut-être que
les Hells Angels vont être sur la liste. Ils pourraient recevoir un constat
parce qu'ils ont mis une patch, un écusson des Hells Angels. Cependant, s'ils
commettent des crimes, ils peuvent être accusés au criminel. Ça va être deux
choses. Mais pas parce qu'ils sont sur la liste.
M. Fontecilla : Donc, la
liste en soi n'est pas une preuve?
M. Lafrenière : J'ai regardé
tout le monde, M. le Président, puis c'est unanime avec la famille, la réponse
est non.
M. Fontecilla : Très bien...
M. Lafrenière : Et c'est pour
ça, M. le Président... Je veux juste terminer cette réponse-là. Puis ça,
tantôt, quand je vous disais : Il y a le Code criminel puis il y a ce
qu'on présente aujourd'hui, ce n'est pas pour rien que j'ai pris mes deux mains
pour faire un geste d'être à part. On ne vient pas agir en droit criminel
aujourd'hui. C'est un règlement que le Québec se donne pour faire la
prévention, M. le Président.
Et je crois comprendre que mes deux
collègues devaient nous quitter un peu plus tôt. Alors, moi, je... Il y aurait
consentement pour suspendre nos travaux, si c'est correct pour les collègues,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait que c'est ça. Compte tenu de l'heure, nous allons suspendre les travaux
jusqu'à 14 h.
(Suspension de la séance à 12 h 56)
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14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi. Nous sommes de retour à la Commission de l'aménagement du
territoire.
Alors, je... vous rappelle que nous
poursuivons toujours le projet de loi numéro 13, Loi visant à favoriser la
sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses
dispositions.
Alors, avant la pause, nous étions
toujours à l'article six. Je ne sais pas s'il y avait d'autres questions.
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
M. Lafrenière : ...le permet,
M. le Président, lorsqu'on a étudié ensemble la première
partie du projet de
loi, on avait parlé du registre des délinquants sexuels à haut taux de
récidive. Et je m'étais engagé à remettre aux collègues la description des cinq
membres. Alors, ça nous permet de continuer de travailler, M. le Président,
mais je voulais, juste pour les fins de l'enregistrement, vous confirmer que
vous l'aurez dans Greffier, mais je vais le partager aux collègues
physiquement. Ils auront une copie. Je tenais juste à tenir ma promesse. Chose
dite, chose faite aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci,
M. le Président. J'aurais deux... deux éléments à soulever, là. Et le premier
concerne le symbole, l'emblème, l'insigne, la représentation utilisée par l'entité
ou qui lui est associée. Évidemment, l'article nous dit qu'il va y avoir une
entité... une liste d'entités à dessein criminel. Très bien, là. Ensuite, l'article
nous informe que tout symbole associé à cette entité-là est, bien, passible d'être...
d'être... sanctionné, selon cet article-là. La question que je voudrais lui poser,
c'est : Est-ce que, dans la liste des entités à dessein criminel, elle va
être accompagnée des symboles, l'emblème, l'insigne ou la représentation? Vous
savez, M. le Président, on vit dans une société de l'image, là. Il y a... Il y
a des images, il en circule, des symboles, il en circule peut-être plus que
jamais. Et donc il peut y avoir toutes sortes de variantes d'un symbole, de...
etc., etc. Mais est-ce que... On nous dit qu'il va y avoir spécifiquement une
liste d'entités à dessein criminel, le groupe criminel Y, mais est-ce qu'il va
y avoir... Est-ce que ce groupe criminel va être associé à des symboles
spécifiquement dans cette liste-là ou c'est laissé à... C'est... Comment ça va
être déterminé, le symbole, en quelque sorte?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis, en même temps que le collègue pose la
question, je voudrais m'assurer de ce qui était pour être fait. Puis la liste,
on l'a dit plus tôt aujourd'hui, M. le Président, que cette liste-là était
pourrait être publique aussi, donc les gens vont y avoir accès. Ça va être le
nom de l'entité, M. le Président, qui va figurer sur la liste. Cependant, l'entité,
puis on y fait référence depuis quelques jours déjà, le SRCQ va avoir comme
tâche, justement, de diffuser à l'interne, aux services de police, les
acronymes, les desseins, tout ce qui peut en résulter. Mais, sur la liste, ça
va être le nom de l'entité. Ça fait que, si on prend un cas de figure, là,
qui... au hasard, comme ça, M. le Président, là, Hell's Angels serait
possiblement sur la liste, ce qui en découlerait, support 81, H-A, dessein,
tout ce qu'on peut connaître avec eux, ce serait diffusé par le SRCQ aux
policiers, mais ce ne serait pas sur la liste publique. Ce serait seulement
Hell's Angels...
M. Fontecilla : ...Très bien.
Donc, il va y avoir une liste, comment dire, publique et ensuite il va y avoir
une liste interne avec des emblèmes, des symboles, etc., qui sera... comment
dire, il va y avoir une compilation faite par les corps policiers, là, mais
c'est à la discrétion des corps policiers, ces emblèmes-là, là. Parce
qu'écoutez, on peut jouer au chat et à la souris longtemps, là, c'est-à-dire,
au lieu de H, A, ça peut être cinq lettres plus loin, etc., qui renvoient à la
chose, et puis, voilà, là, ça n'a plus de fin, là. Parce qu'encore une fois, le
symbole, les emblèmes, là, sont infinis, là.
• (14 h 10) •
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis mon collègue le disait plus tôt aujourd'hui, que les gens
s'ajustaient rapidement. Puis, dans le mot «crime organisé», il y a le mot
«organisé», ça fait qu'on sait qu'ils vont trouver d'autres façons de tenter de
contourner. L'information va être mise à jour rapidement, là, par le CRCQ,
cependant, je nous rappellerais un autre point cependant, M. le Président, s'il
devait faire une notion qui serait tellement codée que personne ne les
reconnaîtrait, ils perdraient de... ils perdraient leur but, c'est-à-dire de
faire de l'intimidation, de faire connaître qui ils sont. Ça fait que, oui, ils
vont trouver des façons peut-être de passer à côté ce qu'on veut faire
aujourd'hui, mais le CRCQ va donner l'information aux policiers. Mais je nous
rappelle que leur but quand ils mettent l'écusson, ce n'est pas de se cacher,
sinon ils ne la porteraient pas.
M. Fontecilla : Parfait. Je
pense que c'est intéressant, ce que le ministre nous dit là, c'est parce que
l'article, l'objectif, c'est d'envoyer un message public qui est intimidant en
soi, là, ce n'est pas à des fins d'identification entre eux. Ça, c'est
important. Parce... parce qu'en termes de preuve, là, je suppose, là, si
l'utilisation est faite pour démontrer à un certain public, ou à une victime,
ou, etc., que j'appartiens à telle organisation, et, par conséquent, ce serait
mieux que tu agisses comme je te dis d'agir, là, et non pas pour s'identifier
entre eux avec un code tellement secret, etc., là. Je soumets cette nuance-là
qui me paraît... qui me paraît importante.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, c'est tellement vrai que mon exemple fictif que j'ai pris, cette
organisation-là a même cru bon en faire une marque de commerce et
l'enregistrer.
M. Fontecilla : Oui, mais
quand on... Tout à fait, et je suis tout à fait d'accord pour... concernant les
Hells Angels, mais il y a toutes sortes d'organisations qui existent
maintenant, qui vont exister dans le futur, etc. Donc, on doit... comment dire,
on légifère pour une organisation, mais on doit, en même temps, légiférer pour
l'ensemble d'organisations qui viendront, là. Il y a d'autres organisations qui
peuvent avoir toutes sortes de... peuvent avoir les deux objectifs,
c'est-à-dire intimider avec un symbole, mais, en même temps, de se reconnaître
entre eux. Et tout dépendamment du moment politique, on va dire, entre
guillemets, entre eux, là, ils vont privilégier une identification ou une
autre.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président. Puis c'est important, ce que mon collègue dit,
puis c'est pour ça que, tout à l'heure, on va arriver à l'article, parce que ça
va bien, on va arriver à l'article où on dit que ça doit être mis à jour. C'est
clair que cette liste-là doit être mise à jour parce que les gens vont changer.
Il va y avoir des nouveaux groupes. Plus tôt ce matin, avec la collègue de Westmount—Saint-Louis,
on parlait justement de d'autres groupes émergents. Ça fait que c'est clair,
cette liste-là va être mise à jour. Et le but, c'est justement de proscrire le
fait de faire de l'intimidation et de... même d'attirer des jeunes dans leur
membership. C'est ça, le but aussi. On se rappellera les deux buts, hein,
diminuer l'extorsion, l'intimidation et diminuer l'intérêt d'avoir une
allégeance avec ce groupe-là pour les jeunes qui voudraient aller retrouver
cette organisation-là.
M. Fontecilla : Très bien.
Une dernière question concernant cet aspect-là, le ministre m'indique que...
nous informe que l'emblème, l'insigne, la représentation va être... ne sera pas
publique. Mais si jamais il y a une décision... comment dire, un litige, on va
l'appeler comme ça, là, qui se rend devant les tribunaux, est-ce que les corps
policiers, le ministre prévoit que cette liste-là, c'est... comment dire, le
symbole, l'insigne, la représentation sera présentée devant un tribunal et, par
conséquent, va être... ça va être public, là?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. On l'a dit plus tôt, il y a deux volets. Le premier volet avec
le CRCQ, c'est la liste qui va être populée, et qui va être publique. Les gens
vont voir le nom des organisations, des entités qui sont présentes. Et, par la
suite, ce que le collègue dit, exemple, encore là, un cas fictif, une
organisation qui aurait deux lettres dans le dos, HA, et qui voudrait aller
devant le tribunal pour contester le fait qu'ils sont reliés à une entité qui
est criminelle, bien, oui, il y a une preuve qui sera faite par le CRCQ qui
devra venir étaler, si vous voulez, le renseignement qu'on a sur ce groupe-là,
mais on garde ça flexible parce que le collègue a tellement raison, il y a des
groupes qui vont... qui vont s'ajouter, pardon, ça va bouger dans le temps, ça
fait qu'on va être flexible et on veut suivre... on veut suivre tout ça.
M. Fontecilla : Très bien.
Deuxième élément, à deux reprises, à tout le moins, aujourd'hui, là, le
ministre...
M. Fontecilla :
...ministre a dit que ce ne serait pas lui qui va inscrire des entités dans
cette liste-là. Pourtant, dans l'article qui nous est présenté, c'est
clairement identifié comme quoi le ministre va présenter, va... va inscrire le
nom de l'entité sur cette liste-là. Et je cite l'article. Est-ce qu'il prévoit
nous présenter un amendement pour corriger cette... cette notion-là?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Non, c'est un arrêté ministériel. Alors, le SRCQ ne pourrait pas
faire un arrêté ministériel, ça va être fait par le ministre de la Sécurité
publique qui sera là. Mais la liste... va être faite par le SRCQ. Je ne veux
pas jouer sur les mots, mais je fais une différence entre le ministre qui
décide de mettre une entité sur la liste et le ministre qui présente la liste,
qui la dépose pour que ce soit public. Ça passe ici.
M. Fontecilla : Excusez-moi,
là, j'ai de la difficulté à... vous avez parlé d'un arrêté ministériel. Là,
ici... ici je lis qu'en vertu du premier alinéa de l'article 8 qu'on
va étudier, là... «L'interdiction prévue au premier s'applique à un objet
identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel, en
vertu du premier, de la décision du ministre d'inscrire le nom de l'entité sur
cette liste-là.» Là, le ministre nous dit que ça va être une entité... un arrêt
ministériel, que ça va être les services de renseignements criminels du Québec.
Mais, pourtant, moi, ce que je lis ici, c'est que c'est le ministre qui inscrit
les noms, là... Est-ce que c'est le ministre ou ce n'est pas le ministre?
Grosso modo.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui.
Merci... merci beaucoup, M. le Président. Puis, depuis le début, on le fait, on
se promène d'un
article à l'autre, ça fait que ça ne me dérange pas. Ça va nous
aider à comprendre l'ensemble des articles puis ça va nous permettre d'aller
plus vite par la suite. On lit plus loin que : «Toute décision du ministre
est publiée à la Gazette officielle du Québec .» Alors, oui, le ministre
est lié par la recommandation de la composante du milieu policier, c'est-à-dire
le CRPQ... SRCQ. Je m'excuse. Il ne peut décider de son propre chef d'inscrire
une entité sur la liste ou de la retirer. C'est vraiment ce que le SRCQ va
présenter. Le ministre le dépose à la Gazette officielle.
M. Fontecilla : Mais
dans l'article tel qu'on le lit, il n'y a pas cette mécanique-là. Pourquoi ne
pas l'inscrire... si je comprends bien le ministre, c'est... c'est le service
de l'enseignement criminel du Québec qui produit une liste qui est, je ne sais
pas, validée et ensuite présentée par et inscrite à la... publiée à la Gazette
officielle du Québec .
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : ...Président.
Je vais lire l'article 8.
M. Fontecilla : OK.
Allez-y.
M. Lafrenière : Je pense
que ça va nous faciliter la vie, parce que je vois qu'on se promène d'un
article à l'autre. Alors, je pense qu'à la lecture, on va prendre un instant,
on va le décanter puis vous allez voir, c'est assez clair : «Le ministre
inscrit le nom d'une entité sur la liste des entités à dessein criminel visées
pour l'application de l'article 6 ou l'en retire sur recommandation
motivée d'une composante du milieu policier dont le mandat est en lien avec la
gestion du renseignement criminel qu'il désigne.» Et là, il faut bien comprendre
qu'on parle du SRCQ : «Toute décision du ministre est publiée à la Gazette
officielle du Québec . La composante du milieu policier désignée peut
consulter tout corps de police aux fins de faire toute recommandation au
ministre en application de la présente section.»
Alors, je reviens à l'explication. Le SRCQ
détermine le groupe, et le ministre va le déposer à la Gazette officielle. Ça
ne peut pas être fait par le SRCQ à la Gazette officielle.
M. Fontecilla : Très
bien. Ça ne peut pas être fait... Expliquez-moi la mécanique institutionnelle.
C'est le ministre qui peut inscrire quelque chose sur la Gazette officielle
du Québec pour une composante?
M. Lafrenière : ...la
réponse est oui.
M. Fontecilla : Très
bien. Le ministre dit que la composante du milieu policier désigné... Quelle
est la mécanique pour désigner formellement cette... cette composante-là?
Est-ce que c'est le ministre qui dit, bien, ça va être le service de police de
Longueuil, ou ça va être le Service du renseignement criminel du Québec? Quelle
est la mécanique qui sert à désigner cette composante-là?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Je l'ai dit clairement, ce n'est pas un service de
police, c'est le SRCQ. La raison pour laquelle je le dis, il n'y est pas écrit,
c'est... on a une mécanique à faire de notre côté pour qu'il y en soit désigné
puis que ce soit son mandat. Mais ce sera le Service du renseignement criminel
du Québec et non pas une... et non pas un service de police. Ça fait que, juste
pour... m'assurer que mon collègue comprenne ce que ça veut dire. Puis j'ai été
au renseignement pendant une période de temps de ma vie. Alors, on a des
policiers qui sont prêtés de plusieurs entités qui sont là, qui font une
composante. On s'assure d'avoir de l'information de vraiment partout, de ne pas
y aller avec une sûreté municipale ou la Sûreté du Québec ou un autre corps de
police. C'est vraiment, si vous voulez, une composante mixte. Et c'est pour ça
que ça allait de soi, M. le Président.
M. Fontecilla : Très
bien. Le ministre est catégorique, ça va être le Service du renseignement
criminel du Québec...
M. Fontecilla : ...mais
pourquoi ne pas l'inscrire? Pourquoi ne pas l'inscrire formellement dans la
loi? Pourquoi laisser cette... comme une situation de floue, comme quoi...
comme si le ministre pouvait désigner une composante qui n'est pas... qui est
plutôt vague comme terme, hein?
M. Lafrenière : ...M. le
Président, oui, excusez-moi, je me suis retourné vers la famille, que j'aime
bien décrire, et on peut demander à nos légistes, on sait à quel point ils
trépignent d'impatience de témoigner à tour de rôle. Mais sinon, je vais
prendre une première... une première tentative, puis mon collègue me le dira,
c'est que c'est un... c'est comme une unité mixte, si vous voulez, M. le
Président, mais il n'y a pas d'existence légale du SRCQ. Alors, c'est un groupe
qu'on va... c'est comme n'importe quelle unité mixte qui existe, les policiers
sont là, ils sont prêtés, mais on ne peut pas y faire référence dans le cadre
de loi, mais avec toute tentative de volonté... Ah! je vois que mon collègue
est très d'accord, alors, M. le Président, on pourrait faire témoigner une de
nos légistes.
• (14 h 20) •
M. Fontecilla : Je veux
comprendre.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
alors... je ne sais pas...
M. Lafrenière : C'est à tour
de rôle.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, madame, excusez-moi, je ne connais pas votre nom. Veuillez vous... Bien,
premièrement, consentement de la table?
Oui. Alors, veuillez vous présenter par
votre nom et titre, s'il vous plaît.
Mme Dufour (Julie) : Julie
Dufour, de la Direction des affaires juridiques pour le ministère de la
Justice. En fait, on ne peut pas désigner le SRCQ directement dans la loi parce
que le SRCQ, c'est... c'est simplement une entité administrative, là, qui n'a
pas d'existence dans notre corpus législatif. Donc, si on le désignait dans la
loi, on ne saurait pas à quoi ça réfère. Puis, pour que la loi reste stable,
bien, c'est mieux d'utiliser un terme qui est général. Le ministre, lui, va
pouvoir prendre une décision pour désigner le service de renseignement
criminel. Si jamais le service de renseignement criminel, qui n'existe pas dans
la loi, change de nom éventuellement, bien, le ministre aura juste à changer sa
décision, mais on n'aura pas besoin de changer la loi. C'est pour ça.
M. Fontecilla : ...donc, elle
n'a pas d'existence... c'est une entité administrative, n'a pas d'existence
légale, mais on... formulé, mais en même temps, on dit une composante, c'est ce
n'est pas plus plus spécifique que ça. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est de
formaliser les choses en quelque sorte. Vous avez parlé, M. le ministre, d'un
arrêt ministériel. Est-ce qu'il va y avoir une décision publique un moment...
un moment donné, qui dit : Le ministre de la Sécurité publique désigne
telle instance, en l'occurrence le service de renseignement criminel du Québec,
pour faire cette liste-là? Ou ça va rester sur... ça reste dans le vague?
Mme Dufour (Julie) : Ça ne
peut pas rester dans le vague, là, quand même. Le ministre, lui, doit faire une
action pour désigner le service de la manière qu'il décidera de le faire, là, il
peut prendre une simple décision, pas nécessairement publier à la Gazette, mais
il peut quand même la rendre publique après, quand elle sera prise, sa
décision. Après, il pourra changer l'entité... la composante, en fait, si
nécessaire.
M. Lafrenière : ...pour
compléter la réponse de maître, merci beaucoup, je pense que ça fait... d'après
moi, je dois être rendu à peu près à 12 fois, puis je m'engage d'ici la
fin de l'étude du projet de loi de l'utiliser minimalement un autre
12 fois, le nom du SRCQ, et ce n'est pas très contraignant, M. le
Président, pour peu importe qui va être assis dans cette chaise-là pour le
futur, c'est l'entité de choix, ce sont les spécialistes du renseignement
criminel. Je comprends très bien ce que mon collègue dit, puis je suis... vous
savez comment j'aime la clarté, moi aussi, mais là on arrive avec une étape
légale, où on dit : Bon, bien, c'est une entité administrative, ce n'est
pas comme un corps de police qu'on peut désigner, mais je vous dirais, M. le
Président, je vois très mal comment quelqu'un pourrait désigner un autre
service de police que l'entité qui existe, c'est-à-dire le SRCQ.
M. Fontecilla : Encore une
fois, et malheureusement le ministre n'est pas éternel dans son... Et,
aujourd'hui, le ministre nous a dit 12 fois il va nous le dire un autre 12
fois que c'est le service de renseignement criminel. Mais, après-demain, il va
y avoir le quatrième ministre de la Sécurité publique après lui, qui peut très
bien dire : Bien, ce n'est plus le service de renseignement pour je ne
sais plus quelle raison, ça va être autre chose, une autre composante, la
police de Longueuil, etc., etc. Donc, on nous... Et c'est quand même important
parce que ça fait... ce service-là va produire une liste officielle qui, du jour
au lendemain, selon la décision du ministre, peut... peut changer. Aujourd'hui,
c'est... Et il peut y avoir des décisions, comment dire, controversées, en tout
cas, certains groupes peuvent recourir au... au système judiciaire pour
contester et le ministre, là, bon, mais là, aujourd'hui, ça peut être telle
entité, telle composante, demain matin, ça peut être une autre qui produit des
listes des groupes, là, qui sont passible de tomber sous la...
M. Fontecilla : ...juridiction
de ces articles-là. Il me semble qu'il y a une... comment dire... il y a... on
ouvre la porte à une dose d'arbitraire dans cette... dans ce domaine-là. Ce
serait mieux de formaliser les choses. Je ne sais pas... je ne sais pas
comment, hein? Parce qu'on me dit que le service de renseignements criminels du
Québec est une instance administrative. Mais il n'y aurait pas... est-ce qu'on...
c'est-à-dire, il n'y a pas un précédent où est-ce qu'on... on renvoie à une
instance administrative la responsabilité légale de faire quelque chose? Je
pose la question.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Puis je l'avais dit 12 autres fois, je l'ai
dit une fois, ça fait que je vais tomber à 10. Le CRCQ, pourquoi je suis si à
l'aise de le répéter? Je vais relire avec vous l'article 8, puis je veux dire,
on ne peut pas être plus précis que ça. Là, on dit : «Le ministre inscrit
le nom de l'entité sur la liste des entités à desseins criminels visées par
l'application de l'article 6 ou l'en retire sur recommandation motivée», et,
attention, c'est là que ça arrive, «d'une composante du milieu policier dont le
mandat est en lien avec la gestion du renseignement criminel.» M. le Président,
je suis d'accord avec mon collègue, on dit... bon, écoutez, on n'a pas marqué
«CRCQ», sauf que la seule entité qui s'occupe de la gestion du renseignement
criminel aujourd'hui, c'est la CRCQ. Je ne sais pas si je réponds assez? Pas
directement? Là, je suis rendu à neuf fois.
Ça fait que je comprends ce que mon
collègue dit, puis moi aussi, je veux la même chose, puis je veux qu'on soit
béton, et tout. Mais admettons, M. le Président, qu'un autre ministre est assis
ici plus tard, puis il décide, lui, que la CRCQ, pour, peu importe la raison,
ça n'existe plus, puis c'est la Sûreté du Québec ou une autre entité qui gère
le renseignement criminel avec ce nouveau mandat, bien, on n'aurait pas besoin
de se rasseoir ici, M. le Président, on pourrait continuer d'opérer. Mais c'est
écrit clairement. Quand je dis... je vais le relire dans cet ordre-là, là, «une
composante du milieu policier», donc ça ne peut pas être une autre organisation
de bienfaisance, ou quoi que ce soit, «dont le mandat est en lien avec la
gestion du renseignement criminel». C'est le seul organisme présentement. M. le
Président.
M. Fontecilla : Je n'ai pas
d'autres questions.
Le Président (M. Schneeberger) :
...oui, députée de D'Arcy-McGee. Bonjour.
Mme Prass : ...M. le
Président. Quels vont être les critères par lesquels le... SRCQ va établir
quels sont les groupes qui vont être sur la liste?
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. On va le répéter, parce que c'est important pour les gens qui
sont à la maison. On a fait un petit bout de travail tantôt là-dessus, à
l'article 9. C'est toujours bon de répéter, puis ça va nous permettre d'avancer
rapidement après.
Alors : «Le nom d'une entité peut
être inscrit sur la liste des entités à desseins criminels en vue de lutter
contre le sentiment d'insécurité ou l'attractivité qu'elle peut susciter aux
conditions suivantes.» Première condition, M. le Président, «des membres de
l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées sont actifs sur le
territoire du Québec». Deuxième condition, «il existe des motifs raisonnables
de croire que les membres de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou
liées poursuivent, individuellement ou collectivement, un dessein criminel en
commettant ou en tentant de commettre des infractions criminelles, en
participant ou en collaborant à la commission de telles infractions, ou en
facilitant ou en faisant la promotion de la commission de telles infractions».
Troisième condition, M. le Président, «des membres de l'entité ou des personnes
y sont associés ou liées sont susceptibles d'exposer à la vue du public un
symbole ou un nom visé au premier article... au premier alinéa, pardon, de
l'article 6.» Ça fait que c'est les trois conditions, M. le Président.
Mme Prass : D'accord. Donc,
je vous donne le scénario des néonazis et swastika, parce qu'on sait que, par
exemple, il y a de la... trafic de... ils sont impliqués, par exemple, dans le
trafic de drogue. Est-ce que... Bien, deux questions. Premièrement, s'il y a
des entités qui ne sont pas sur la liste dont le ministre trouve... devraient
être sur la liste, est-ce qu'il peut faire une recommandation à la SRCQ pour
l'ajouter? Et, je vous demande, l'exemple du swastika et des néonazis, qui...
On a parlé d'un sentiment d'insécurité. Bien évidemment, ça amène un sentiment
d'insécurité, et le fait que c'est... c'est du crime organisé. Donc, je vous
pose la question.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président, puis merci à la collègue pour sa question, parce qu'elle est
importante, puis je pense qu'on va éclaircir quelque chose. Je comprends ce que
ma collègue dit, puis, aujourd'hui, on me fait confiance, puis on a un bon
lien. Mais imaginons, dans un futur, qu'il y ait quelqu'un d'autre qui est
assis ici qui déciderait de demander au CRCQ de mettre le nom d'une entité
politique, le nom d'un groupe qui a des visions différentes, que le ministre
n'aime pas, ou que son parti politique aime pas. Ce serait une dérape, M. le
Président. Alors, le CRCQ, on veut que ce soit eux qui soumettent la liste. On
ne veut pas qu'il y ait d'interférence politique, on ne voudrait pas... Puis,
présentement, on est toutes des bonnes personnes, puis je sais que mon collègue
dit souvent : Il faut penser au futur, mais, dans un futur, d'avoir
quelqu'un ici qui prendrait la décision qu'un groupe ils ont des propos qui le
dérangent un peu, puis de les mettre sur une liste, comme ça, ce serait
vraiment dangereux, M. le Président. Alors, c'est le CRCQ qui va le soumettre.
Mais je veux rassurer ma collègue. Pour
avoir travaillé aux renseignements moi-même pendant deux ans, les gens sont
bien à l'affût de ce qui se passe et ils ne s'empêcheront pas de rajouter des
groupes, si ça correspond aux trois critères qu'on leur donne là. Mais je pense
que ma collègue va comprendre que le danger, ce serait qu'un individu, un parti
politique décide de rajouter des gens sur cette liste-là. Ce serait vraiment
dangereux.
Mme Prass : Et dans...
Mme Prass : ...même sens.
Est-ce que des membres de la population peuvent faire des suggestions, par
exemple à la SRCQ, qui prendrait la décision finale, mais les sensibiliser à la
réalité que certaines personnes vivent sur le terrain? Donc, question
d'intimidation, question de sentiment d'insécurité, etc. Est-ce que la
population peut avoir un mot à dire? Pas dans la décision finale, mais peut
suggérer des groupes compte tenu de la réalité qu'ils vivent?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Directement, non, mais indirectement, oui. Puis je vais vous dire
comment, avec le quatrième pouvoir. C'est très clair, quand il arrive des
événements, quand les gens se sentent en situation d'insécurité, parce qu'il y
a des nouveaux groupes ou des tendances, hein, on parle de groupes, des
entités. Ça peut être une tendance. Clairement, par le biais des médias, de
sensibiliser par le biais des oppositions, par le biais des élus dans cette
Assemblée, de venir le dire pour que ça ressorte publiquement, c'est très clair
que le CRCQ va suivre ce qui se passe. Mais, encore une fois, je comprends très
bien ce que ma collègue dit, puis je viens... je viens vraiment de mettre un
mur entre les deux, un mur que tout le monde va devoir respecter. Ça fait que
oui, d'être entendu, mais de parler directement puis tenter d'influencer, moi,
je ne voudrais pas vivre dans un monde comme ça.
• (14 h 30) •
Mme Prass : Non, mais on veut
quand même que la population puisse s'exprimer et puissent...
M. Lafrenière : Absolument,
ils vont le faire puis ça va être entendu, M. le Président, mais directement,
je pense qu'on aurait tous un malaise.
Mme Prass : D'accord. Et là on
parle d'enseignes, d'objets, etc. Il y a certaines entités criminelles, par
exemple les Bloods et les Crips, qui n'ont pas de... oui, mais aussi c'est des
couleurs. Des fois, c'est juste porter un bandana rouge ou un bandana bleu,
pour des gangs, justement, qui s'identifient avec des couleurs plutôt que des
symboles, mais qui pourraient être inscrits sur la liste, comment est-ce qu'on
fait la distinction pour les repérer dans... avec ce qui est proposé dans le
projet de loi?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : ...M. le
Président, puis ma collègue se joint à nous. On a eu une bonne
partie de la
discussion là-dessus en disant : Le danger de tomber dans les... Ce que
j'appelle les apparences vestimentaires. Puis ce qu'on vous propose ici, M. le
Président, ça ne vient pas tout régler, on l'a dit dès le départ, on y va pour
l'attractivité. On veut contrer l'attractivité... ne pas la favoriser, mais la
contrer. On veut contrer aussi le phénomène de faire de l'extorsion. Est-ce que
ça va tout couvrir? Puis tantôt, quand ma collègue parlait, j'ai pris la peine
de faire un geste des doigts que je ne referai pas, qui n'était pas méchant
envers elle du tout, c'était pour identifier comment les groupes
s'identifiaient entre eux autres. On ne réglera pas ça, M. le Président. On ne
pourra pas intercepter quelqu'un, l'interpeler ou donner un constat parce qu'il
a fait un signe. Les signes sont bien connus dans le milieu des gangs de rue,
des gangs émergents, exemple. Ça ne vient pas régler ça, M. le Président.
Et le danger à ça, parce qu'on a... on en
a parlé quand on a consulté, c'est... Exemple, si on arrivait avec quelque
chose de très large en disant «le bleu», on sait qu'il est relié à un groupe
que je ne nommerai pas, mais là on embarque dans une... dans une approche qui
pourrait avoir une dérive ou quelqu'un qui porte un chandail bleu pourrait se faire
intercepter puis dire : Tu n'as pas le droit d'avoir un chandail bleu à
tel coin de rue. Et on n'est pas là, M. le Président. On est très, très,
très... Je mets tout le temps le signe du petit carré de sable, je mets ça très
serré, parce que, oui, c'est comme... tu sais, on s'entend que la liberté
d'expression, elle est importante, mais là ce qu'on cible, ce n'est plus la
liberté d'expression du tout, c'est des gens qui utilisent ça à mauvais
escient.
Mme Prass : Également, comme
ça a été mentionné, je pense, plus tôt, les Hells Angels, ils ont quand même...
C'est quand même une marque de commerce reconnu au Canada, et ils peuvent
continuer à vendre leurs marchandises sur des sites Web, que les gens peuvent
commander, même des sites comme Temu qui vend plein de reproductions puis des
«knock-off», la possibilité qu'eux, ils vont continuer à vendre des
«knock-off», des... de la marchandise des Hells Angels. Donc, je commande mon
chandail et je le porte chez nous, derrière les portes closes. Est-ce que j'ai
le droit de le porter? Est-ce que j'ai le droit de l'acheter? Comme c'est
disponible en ligne avec une marque de commerce reconnue au Canada. Et
allez-vous avoir des conversations avec vos homologues fédérals, justement?
Parce que, si c'est une marque de commerce qui est reconnue, mais que là, c'est
interdit au Québec, il y a une certaine contradiction.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président, puis on a eu la discussion plus tôt, sur la marque de commerce,
puis on va... on va le répéter, ce n'est pas parce que la marque de commerce
est enregistrée que ça devient légal et que ça devient correct pour autant de
l'utiliser. Et ma collègue amène un bon point, par exemple, si demain matin...
Puis là je fais attention, j'ai tout le temps le malaise de donner des idées,
mais les gens vont les avoir, les idées eux-mêmes, là, de décider de vendre ça
sur le Web, est-ce que ça devient... est-ce que c'est une facilité pour les
policiers d'intervenir? La réponse, c'est non. Les gens vont pouvoir l'acheter,
se le faire livrer, mais ils ne pourront jamais le porter à la vue du public.
Alors, si on revient à la base, que le but ultime de tout ça, c'est quoi? C'est
d'être capable d'intimider, d'être capable de faire de l'extorsion parce qu'on
le porte au vu et au su de tout le monde. Est-ce que les policiers vont aller
dans la maison des gens pour voir quel chandail, quelle veste qu'ils ont? La
réponse, c'est non. Mais s'ils le portaient à l'extérieur, peu importe où il
l'a acheté, peu importe que ce soit une marque qui soit enregistrée, notre
règlement est très clair. Et, plus est, M. le Président, tantôt, on va en
parler à l'article 14, mais, au niveau des amendes pour une personne
physique, c'est-à-dire pour un...
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14 h 30 (version non révisé
e) M. Lafrenière : ...quand on
arrive avec un commerce, pardon, l'amende peut aller de 3 000 $ à 15 000 $,
dans les autres cas, quand ce n'est pas une personne physique. Alors, tout le
monde connaît le fameux camion qui se promène d'événement en événement avec le
«Support 81», où ils vendent des vestes, des chandails pour supporter un
groupe. Eux auraient des amendes de 3 000 $ à 15 000 $.
Alors c'est assez dissuasif pour ceux qui vont vouloir le vendre, ceux qui vont
vouloir l'afficher et le mettre dans leur commerce au vu et au su de tout le
monde. Juste ça, pour un commerçant, serait de 3 000 $ à 15 000 $.
Mme Prass : ...exemple,
quelqu'un fait un don de vêtements à une friperie, y compris un t-shirt des
Hell's. Est-ce que la friperie va être tenue responsable parce qu'ils vendent
sans... sans nécessairement savoir que c'est une infraction à la loi, sans
nécessairement reconnaître c'est quoi, au juste? Est-ce que la friperie, par
exemple, peut être en infraction sans savoir qu'elle l'est?
M. Lafrenière : J'ai compris.
J'ai compris, M. le Président. Puis je comprends, on veut aller dans les cas d'exception.
Puis c'est important parce que souvent le diable est dans le détail.
Mme Prass : C'est des
scénarios. C'est ça.
M. Lafrenière : Je le
comprends. Là, finalement, ce qui est de bon, M. le Président, tantôt, ça va
aller vite parce que toutes les articles, on va en avoir jasé. Je pense, le
sept, c'est seul qu'on n'en avait pas parlé. Ça fait que j'ai l'impression que
tantôt, on va être comme un «auction», là, ça va aller très... une mise aux
enchères, ça va aller très vite.
Je vais lire l'article sept, si vous me
permettez, M. le Président : «Il est fait... Il est fait exception, au
premier alinéa de l'article six, dans les cas où un objet identifié à une
entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel est, de bonne foi
et de manière raisonnable, exposé à la vue du public dans l'un des contextes
suivants :
«1 dans un contexte journalistique.
On comprendra, M. le Président, que si un
journaliste voulait faire un reportage et que d'aventure, dans ce reportage-là,
il devait l'exposer puis démontrer la veste d'un groupe criminalisé, on a une
exception.
«2 dans un but éducatif ou pédagogique.
Alors, encore une fois, formation des
policiers du SRCQ, il pourrait l'utiliser.
«Troisième contexte, dans un contexte
artistique ou culturel, dans la mesure où l'exposition de cet objet est
nécessaire dans le cadre de représentations de l'exposition, la diffusion ou de
la distribution d'une œuvre.
On le comprendra aussi. Dans le cas
judiciaire, on se retrouve devant un procès dans un palais de justice. On ne
pourra pas accuser les gens d'avoir exhibé une veste.
«4 tout autre contexte où l'exposition de cet objet
est manifestement pertinente ou dans... ou pour l'intérêt public.»
M. le Président, vous savez, quand on a
parlé des manifestations avec le collègue de Laurier-Dorion, on a parlé du
pouvoir discrétionnaire du policier aussi. Puis ce que ma collègue apporte
comme... comme exemple, je pense, c'est un exemple parfait du pouvoir
discrétionnaire du policier qui pourrait arriver dans un endroit. Mais... Puis,
on s'entend, les policiers n'iront pas fouiller dans les friperies pour voir s'il
y a des chandails à l'effigie des Hell's. Mais un citoyen de bonne foi pourrait
rentrer dans le commerce puis dire : Écoutez, j'ai vu un chandail, parce
que la personne n'a jamais vu ça. Mais là le policier va avoir son pouvoir
discrétionnaire. Puis s'il ne l'avait pas, M. le Président, parce que, là, on
peut continuer avec des si, s'il ne l'avait pas, que ça se retrouverait devant
les tribunaux, on verra bien quelle serait la décision qui serait prise. Mais
on peut en douter largement.
Mme Prass : ...de la discrétion
du policier. Mais je veux juste noter que dans l'article sept, les contextes
suivants, il n'y a pas de vente au détail qui est... qui est compris. Donc, l'exemple
que je vous ai donné ne tombe pas nécessairement...
M. Lafrenière : C'est le...
Mme Prass : C'est ça.
M. Lafrenière : Je voulais...
Je voulais démontrer, M. le Président, parce qu'on ne l'avait pas lu encore,
puis c'est... J'avais beaucoup d'envie de le lire, mais je donnais tous les
exemples où il n'y avait pas d'accusation. Mais, en plus de ça, il y a toujours
le pouvoir discrétionnaire.
Mme Prass : Pouvez-vous me
dire ou indiquer que la police a un pouvoir discrétionnaire justement à cet
égard?
M. Lafrenière : C'est... En
bon français, c'est de la common law, M. le Président. C'est établi. C'est
clair. Pour les policiers, c'est clair, le pouvoir discrétionnaire.
Mme Prass : Mais est-ce que c'est...
C'est... C'est inscrit où dans la loi?
M. Lafrenière : Ce n'est pas
inscrit dans l'article de loi que je vous présente aujourd'hui, comme ce n'est
pas écrit dans tous les articles de loi, M. le Président.
Mme Prass : Donc, on prend
pour acquis qu'ils sont sur...
M. Lafrenière : On ne prend
pas pour acquis. Je vous ai dit : C'est de la common law. Je peux demander
à un légiste de nous expliquer la common law. Là, on va avancer dans notre
cours de légiste aujourd'hui, mais c'est de la common law.
Mme Prass : Oui, je voudrais
l'explication, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : On est rendu
au tour de? Ce ne sera pas long, M. le Président.
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Bonjour. En fait, le pouvoir discrétionnaire du policier, c'est un concept, là,
justement de common law. La common law, c'est... c'est quelque chose qui est
développé par les pratiques au fil des années. Ça a été reconnu par les
tribunaux canadiens depuis très longtemps. Il y a aussi un arrêt, l'arrêt
Beaudry, qui est venu, il y a plusieurs années, expliquer, là, l'étendue du
pouvoir discrétionnaire du policier. Il l'a dans toutes les circonstances, donc
ce n'est pas quelque chose qui est prévu dans les lois spécifiques. Vous ne
verrez jamais ça, en tout cas dans une loi au Québec, là, de dire : «Le
policier à la discrétion de». Ce n'est pas quelque chose qu'on rédige. Puis
je... je n'ai pas vraiment d'explication supplémentaire à ça, là. C'est... Ça
fait vraiment le tour.
Mme Prass : Donc, on est pour
l'article en question, mais comme j'ai dit, je pose la question. Donc, si la
police a un pouvoir discrétionnaire, il n'y a pas besoin de cette loi pour
aller voir quelqu'un et dire : Vous portez un signe qui représente...
Mme Prass : ...non, je pose la
question...
Le Président (M. Schneeberger) : ...M.
le Président, parce que vous comprenez qu'un policier... si on disait que le
policier, vu qu'il a un pouvoir discrétionnaire, peut agir comme il veut... je
ne pense pas qu'on veut ça, là. Je veux bien comprendre la question.
Mme Prass : Non, bien, c'est
ça, moi, je veux comprendre l'encadrement du pouvoir discrétionnaire, justement.
M. Lafrenière : Il y a un
article, et le pouvoir discrétionnaire n'est pas d'inventer une loi qui
n'existe pas. Le pouvoir discrétionnaire du policier, à l'inverse, c'est de
dire : Dans des circonstances exceptionnelles, je ne l'applique pas.
Sinon, on ne voudrait pas qu'à la discrétion de chacun des policiers, il y en a
15 000 au Québec, que chacun décide ce qui, pour lui, est correct ou n'est
pas correct. Et on comprend que c'est des cas d'exception, mais je veux
rassurer la collègue, encore une fois, s'il fallait, d'aventure, que la
personne qui a une boutique qui vend des vêtements usagés ait un chandail comme
ça puis se retrouve devant les tribunaux, on peut s'imaginer quel serait le
résultat.
• (14 h 40) •
Mme Prass : Et je comprends
que, dans les dernières années, justement, la police a pu identifier des
membres de gangs criminels. Par exemple, on a entendu à plusieurs reprises, il
y a un bunker des Hell's, puis les membres arrivent, la police n'est pas loin,
prend des photos des différents membres puis ils peuvent les identifier,
justement, parce qu'ils portent des logos, des emblèmes de cette gang-là.
Est-ce que ça ne va pas faire en sorte que ça va rendre cette tâche plus
difficile, d'identification? Parce que, là, les criminels, justement, n'auront
plus le droit de porter ces dessins-là. Donc, est-ce que ça ne va pas rendre le
travail des policiers de les identifier en amont plus difficile?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. C'est une très bonne question. La réponse est non, parce qu'on
a des beaux albums de famille de ces gens avec et/ou sans patch, mais la
question est bonne.
On se rappellera que le but premier de
notre... de notre loi, aujourd'hui, ce qu'on présente, c'est de venir diminuer
ou de réduire l'attractivité de ces groupes criminels avec des jeunes et...
d'un autre côté, de faire de l'extorsion. Alors, oui, si ma collègue me demande :
Est-ce qu'il peut y avoir un inconvénient? C'est vrai, mais quand je regarde la
balance des pour et des contre, il y a beaucoup plus de pour que de contre. Ça
va demander à nos policiers de regarder d'autres attributs physiques, de
confirmer que c'est bien la bonne personne, mais je veux la rassurer à chaque
fois qu'il y a un événement tel un mariage, tel un «first run», à chaque fois
qu'il y a un déplacement, on se fait... les policiers, pardon, se font plaisir
de remettre leurs albums photos à jour pour avoir des beaux portraits de ces
gens-là.
Mme Prass : Parce qu'on
s'entend que les photos, les albums photos sont de membres existants ou membres
qui existaient. Pour les futurs membres, ça va être plus difficile.
M. Lafrenière : Ah! puis il y
a beaucoup de changement. M. le Président, je peux vous dire que leurs
ressources humaines fait en sorte qu'il y a beaucoup de changement aussi. Je le
dis en restant très sérieux, M. le Président.
Mme Prass : Et vous avez
mentionné plus tôt que la liste des entités va être rendue disponible dans la Gazette
officielle , mais qu'uniquement les policiers auraient accès aux images.
M. Lafrenière : Ce que je
disais, M. le Président, un petit peu plus complexe que ça, c'est que la liste
va exister, les gens vont pouvoir la consulter. Cependant, comme ce sont des
gens qui sont... qui se débrouillent... comme je dis souvent, dans le mot
«crime organisé», il y a le mot «organisé», ils vont sûrement trouver des
subterfuges, des façons de se faire reconnaître ou connaître. Alors le SRCQ va
s'assurer, avec les organismes policiers, de mettre à jour les acronymes, ce
qui est utilisé comme dessin. S'ils décidaient de changer l'aile traditionnelle
pour la mettre dans l'autre sens, tout ça serait mis à jour pour pouvoir
refléter la réalité, M. le Président.
Mme Prass : Et, justement,
est-ce que ce ne serait pas utile que le public ait accès à ces images-là,
également? Par exemple, je suis un parent d'un adolescent, je vois que mon
enfant porte un certain chandail, je ne sais pas si c'est lié à un gang
criminel ou non et je voudrais aller consulter, justement, les images que la
police, que les forces de l'ordre ont entre les mains, justement, pour
déterminer si ça représente un dessin qui serait illégal dans ce sens-là. Donc,
pourquoi est-ce que le grand public ne pourrait pas avoir également accès à ces
images qui leur permettraient, eux aussi, d'identifier ces personnes-là et
potentiellement, justement, faire une dénonciation auprès des forces de
l'ordre?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Le but étant d'être le moins limitatif possible, parce que, si on
faisait une liste en disant : Voici, il faudrait la remettre à jour
fréquemment. Mais je tiens à rappeler deux éléments à la collègue. Tantôt,
quand j'ai lu l'article 7, j'ai rappelé que, dans un but journalistique, il y
avait la possibilité pour les journalistes de mettre au vu et au su, exemple,
un logo, une image, le nom d'un groupe criminel. Puis je veux nous rappeler une
autre chose, ici, pour on en a parlé plus tôt, en l'absence de ma collègue...
mais bref, on en a parlé plus tôt, excusez-moi, parce que je ne suis pas
supposé de dire que quelqu'un n'est pas là, ça fait que je fais attention,
mais, bref, on a parlé avec un autre collègue qui n'avait pas la même coupe de
cheveux et, quand on a parlé de cette réalité-là, on s'est rappelé à quel point
les groupes criminalisés nous attendent déjà en disant qu'ils veulent nous
amener en cour avec ce règlement-là, parce qu'ils tiennent à leurs noms, ils
tiennent à leurs images. Alors, oui, ils vont peut-être essayer de trouver des
petits subterfuges, mais, au final, ils y tiennent énormément. La preuve, ils
sont prêts à aller en cours avec nous pour rappeler qu'ils ont le droit de
porter ça.
Alors je fais attention, je dis : Il
va y avoir des dérivés, mais, entre ça puis faire quelque chose de tellement
secret que personne ne va les reconnaître, il n'y a plus aucun avantage...
M. Lafrenière : ...s'ils
mettent un signe que personne ne connaît, on va être tous très heureux de ça,
parce qu'ils ne feront pas d'intimidation puis ça ne dérangera pas grand monde.
Mme Prass : Et, justement,
pour la question des recours potentiels, est-ce que vous avez fait un avis
juridique? Parce que, là, on voit que dans d'autres provinces, par exemple...
il y a eu des situations à Saskatchewan, par exemple, où ils ont mis une loi
similaire de l'avant, qui a été retournée par les cours. Donc, je suis curieuse,
justement, avec cet exemple-là, est-ce qu'il y a eu un avis juridique, et, pour
vous, quel est le potentiel que ce qui s'est produit au Saskatchewan se
produise au Québec?
M. Lafrenière : M. le
Président, on en a parlé un peu plus tôt aujourd'hui, on s'est inspirés des
meilleures pratiques, puis on s'est aussi inspirés des moins bonnes pratiques.
Ce que je veux dire par là... En Nouvelle-Zélande, ça a très bien fonctionné,
on s'est inspirés de leurs pratiques. En Saskatchewan, ils ont eu des ratés, on
s'est assurés de ne pas prendre le même chemin qu'eux, mais je ne donnerai pas,
M. le Président, devant les gens qui nous écoutent, les points qu'on n'a pas
voulu reproduire, parce que ce serait un petit peu de donner des moyens de
défense à ces groupes criminalisés.
Mme Prass : Donc, selon
l'avis juridique que vous avez reçu, c'est à partir de ces données ou ces
informations que vous avez choisi de procéder de façon différente.
M. Lafrenière : Ce n'est pas
avec ma collègue qu'on a eu ce très beau débat sur les avis juridiques, qu'on a
passé, je pense, une demi-heure en présentiel, une heure en caucus. C'était un
moment qui était merveilleux, qu'on va tous se rappeler longtemps, mais, en
tout respect, on a vraiment passé au travers ce point-là. On a dit qu'il n'y
avait pas d'avis juridique, qu'on travaillait que les juristes, je les ai
qualifiés avec beaucoup d'amour, de boulets, c'est-à-dire qu'à chaque fois que
je dois déposer un changement, un mot... bien, je le regarde à chaque fois pour
me faire pardonner, mais c'était très gentil. En disant ça, ce que je voulais
dire par là, c'est qu'on ne peut rien présenter sans que les juristes aillent
se valider au droit constitutionnel avec la... alors, il n'y a rien qui est
présenté là qui n'est pas passé entre les mains, entre autres, des avocats,
mais il n'y a pas un avis juridique que je peux vous remettre pour chacun des
points qu'on fait.
Mme Prass : Donc, pour vous,
vous vous sentez assuré que ce qui est arrivé à la loi en Saskatchewan, ça
n'arrivera pas ici, avec certains changements que vous avez faits au niveau
de...
M. Lafrenière : Je vais
répondre avec plus de nuances dans ce que ma collègue dit. Est-ce que je pense
qu'on a la bonne loi? Oui. Est-ce que j'ai confiance? Oui. Est-ce que je peux
vous assurer que ça n'arrivera pas? Je serais tout un devin, M. le Président,
je pense que j'aurais une autre job. Ça fait que moi, je pense que ce qu'on
dépose aujourd'hui, avec tout ce qu'on a reçu, comme avis qu'on a vérifiés...
moi, je suis très confiant, mais je ne peux pas promettre qu'on ne sera jamais
devant les tribunaux et je ne peux pas promettre qu'on va gagner, mais moi, je
suis... j'ai vraiment confiance. Pourquoi j'ai confiance? Parce que les
citoyens s'attendent de nous à ce qu'on agisse. Avec la collègue de Westmount—Saint-Louis,
on a rencontré plusieurs commerçants qui sont vraiment, excusez l'expression,
M. le Président, à bout, ils sont tannés de se faire écœurer, intimider, puis
je pense, M. le Président, que l'ensemble des Québécois qui nous écoutent sont
vraiment écœurés de ça, de savoir que les gens rentrent dans leurs communautés
avec des patches, qu'ils rentrent dans les commerces en disant : À partir
de maintenant, vous allez me remettre 500, 1 000 $ par semaine, parce
que c'est moi le «king» de la place. Les gens sont tannés de ça, ils sont
tannés de voir du monde qui se promène avec des vestes qui viennent confirmer
que les individus qui les portent ont fait un crime pour avoir cette veste-là.
Moi je parle souvent de ramener
l'équilibre là. Ça vient me chercher au cœur parce que je pense aux victimes,
M. le Président, je pense aux victimes collatérales. On se souviendra tous,
l'an passé, quand, dans un certain cimetière, il y avait une pierre tombale
avec un logo des Hell's qui était là, à quel point les gens étaient choqués en
disant : Moi, j'ai perdu un de mes proches, puis ils viennent me narguer
jusqu'au dernier repos. Alors, je comprends, M. le Président, que les citoyens
s'attendent de nous à ce qu'on agisse, puis on a eu des bonnes discussions
ensemble, ils s'attendent à ce qu'on agisse avant que l'été arrive, avant
qu'ils fassent leur première grande randonnée de motocyclette, puis qu'on
puisse les accueillir avec tout ce qu'ils ont de besoin, c'est-à-dire des
constats d'infraction.
Mme Prass : Vous avez
mentionné aussi que la liste serait mise à jour. Elle va être... À quelle
fréquence est-ce qu'elle sera mise à jour?
M. Lafrenière : Je pense que
c'est un des articles qu'on n'avait pas lus. Ce que j'aime... M. le Président,
je pense qu'on va avoir passé au travers tous les articles. J'en ai mis un de
côté, je vais le relire après, puis on pourrait peut-être l'adopter en bloc, M.
le Président. Alors... Vous savez que je fais des boutades, là, on aime bien
trop travailler ensemble. Alors, à l'article 11, la liste des entités à dessein
criminel doit faire l'objet d'une révision aux cinq ans. À cette fin, la
composante du milieu désigné vérifie pour chacune des entités que les
conditions prévues à l'article 9 sont remplies.
Là, je veux faire un petit point
important, M. le Président... bien, je vais vous lire aussi le commentaire
comme si on faisait l'article, l'article 11 impose la vérification quinquennale
de la liste des entités à dessein criminel par la composante du milieu policier
désigné, qui devra, à cette fin, vérifier que l'inscription de chaque entité
est toujours conforme à la loi.
Puis là je veux faire attention, M. le
Président, parce qu'en continu la liste va être mise à jour. Cependant, ce
qu'on vient de dire... aux cinq ans, on demande à l'entité : Regardez tout
ça, là, il y a peut-être des groupes qui ne sont plus d'actualité, il y a
peut-être des choses qu'on devrait changer, mais tantôt on reparlera de
l'article 11, mais c'est... comme barème, là, on pourrait dire qu'au... au
maximum, pardon, aux cinq ans, on impose à l'entité : Repars sur les