House Proceedings — 4 June 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-06-04
Quebec — Debates (Hansard)
M. Leitão : Merci, Mme
la Présidente. Alors, depuis déjà
quelques mois, l'humanité entière compose avec les répercussions de la COVID-19 : contagion,
maladie, confinement, mises à pied massives. Tout ça, c'est venu chambouler
notre quotidien, notre vie.
Malgré cela, les
citoyens de l'Ouest-de-l'Île de Montréal et de mon comté de Robert-Baldwin demeurent unis et solidaires; l'esprit communautaire
est toujours très fort. Il est important de souligner ici combien nous sommes chanceux d'avoir parmi nous des
banques alimentaires avec des gens aussi dédiés que ceux de mon comté, Mme
la Présidente.
In these very difficult times, with
donations and volunteers in short supply, food banks like On Rock Community Services, West Island Mission, and West Island Assistance Fund
remained open and committed to helping our most vulnerable. Saying thank you
will never be enough to express our gratitude.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Robert-Baldwin. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert :
Merci, Mme la Présidente. Je veux rendre un hommage à un homme influent, un
agriculteur mémorable de ma circonscription, M. Alain Bouffard,
décédé le 18 mai dernier à seulement 69 ans, de Stanstead-Est.
Exploitant une ferme
d'élevage de bovins, M. Bouffard et sa conjointe, Pauline Carrier,
ont mis sur pied une entreprise agricole d'envergure, une entreprise qui a de
la relève, car le couple a eu 12 enfants.
ce projet de vie, des boucheries de renom ont vu le jour en Estrie. Les
boucheries Face de boeuf sont un bel exemple de relève entrepreneuriale.
S'étant
connus enfants sur deux fermes voisines, Mme Carrier et M. Bouffard
ont réalisé leur rêve de fonder une grosse et prospère famille. Ils ont
si bien réussi que le quotidien La Tribune leur a décerné un mérite
estrien en 2018. M. Bouffard
aimait bien être entouré, sentir la chaleur humaine. Il avait la fibre
entrepreneuriale et a su transmettre sa passion et sa vision à sa
famille. Il avait une fierté pour son travail et sa profession qui nous
nourrit.
J'offre mes condoléances à Mme Carrier et à
leur nombreuse descendance.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Saint-François. Et maintenant je reconnais M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Mme la
Présidente, j'ai l'honneur de
souligner les contributions exemplaires de trois individus et un organisme communautaire qui ont enrichi la vie
des résidents de la circonscription de D'Arcy-McGee, que je représente.
Le 16 juin, lors d'une sixième cérémonie
annuelle, je leur décernerai la médaille de civisme de l'Assemblée nationale
pour la circonscription de D'Arcy-McGee.
Les récipiendaires sont : Sima
Paris, founder of the Friendship Circle of Montréal. She and the service she
created are a light onto the families and their
autistic children whom she so lovingly supports. David Lisbona, whose Nellie
Philanthropy Foundation has come to the aid of countless seniors with emergency
grocery deliveries during this terrible pandemic. George Nashen, 94, who we
honor in the name of those few surviving Veterans who fought for Canada in World War II. And MultiCaf, un organisme communautaire
d'entraide et d'accompagnement des nouveaux arrivants et des personnes
vulnérables.
The ceremony, alas, will be by Zoom,
but I promise the hugs and the handshakes will come as soon as possible.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de D'Arcy-McGee.
Maintenant, M. le député d'Orford, à vous de faire votre déclaration.
M. Bélanger : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, je veux rendre hommage à un ancien élu de l'Assemblée nationale, M. Reed Scowen, député
libéral de Notre-Dame-de-Grâce de 1978 à 1987. Il est décédé jeudi dernier
à l'âge de 88 ans. Toutes mes condoléances à sa famille.
Il a été ici,
en ces murs, un proche conseiller de l'ex-premier ministre Robert Bourassa.
C'était un passionné de politique, pas de pouvoir, mais de réflexion.
A fervent defender of the
rights of English-speaking Quebeckers, he wrote several books on the subject. Sensitive to the reality of Anglo-Quebeckers, he
was also empathetic to Québec identity issues. Perfectly bilingual, he has always shown a great interest in Québec
culture. A great promoter of Québec, he held a position of «délégué général»
of Québec in London, then in New York.
Reed Scowen est né à
Sherbrooke. Il a étudié à l'Université Bishop's, à l'Université Harvard et à la
London School of Economics.
Il reposera
désormais à North Hatley. Et, comme me l'a dit un de ses citoyens : Que sa
réflexion puisse se poursuivre pour le mieux-être du Québec. Merci, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
d'Orford. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. Il y a exactement 25 ans aujourd'hui, plus de
800 femmes arrivaient ici, à
l'Assemblée nationale, après avoir marché pendant 10 jours pour lutter
contre la pauvreté. J'avais sept ans, et, aujourd'hui, c'est moi
qui suis ici, et c'est ma fille qui a sept ans.
Le Québec a
beaucoup changé depuis. Dans ma classe, à l'époque, il y avait une seule enfant
racisée; dans la classe de ma fille,
c'est un enfant sur cinq. Mais il y a des choses qui n'ont pas changé. Les
femmes sont toujours plus pauvres que les hommes, et les femmes racisées,
encore plus que les Blanches.
Les femmes qui ont marché jusqu'ici en 1995
peuvent revendiquer fièrement des gains, entre autres une augmentation historique du salaire minimum, le
prélèvement automatique des pensions alimentaires et la
Loi sur l'équité
salariale. Mais leur lutte pour l'égalité est loin d'être finie parce qu'on a
encore cruellement besoin de logements sociaux, d'augmenter le salaire minimum, de stages rémunérés et de meilleures conditions
de travail pour les travailleuses des services essentiels.
Leur lutte, c'est maintenant notre lutte, et les
prochains gains dépendent de nous, de notre volonté politique. Et j'espère que, dans 25 ans, la génération
de ma fille pourra souligner les gains que nous avons réussi à obtenir ensemble
pour poursuivre le travail des femmes qui nous ont précédées.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Sherbrooke.
Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Jean-Talon.
Mme Boutin : Merci, Mme la Présidente. Nous le savons, la crise de la COVID-19 a
bouleversé le quotidien de tous les Québécois, mettant en état de
fragilité de nombreuses personnes, dont les étudiants. Aujourd'hui, j'aimerais
souligner l'apport exceptionnel de l'Université Laval en ces moments
difficiles.
Dirigée de main de
maître par sa rectrice, Mme Sophie D'Amours, l'université a su démontrer,
au cours des derniers mois, une grande force
de résilience et d'innovation. L'Université
Laval, qui emploie près de 10 000 personnes, a été à même de convertir 95 % de ses cours en
cours en ligne afin de permettre à plus de 40 000 étudiants de
poursuivre leur session universitaire déjà entamée.
Aussi,
devant l'urgence de supporter sa communauté étudiante, l'Université Laval et sa
fondation ont recueilli plus de 1 million de dollars pour répondre
à ses étudiants dans le besoin en raison de la pandémie.
L'Université
Laval peut également compter sur des professeurs de haut calibre qui mènent des
recherches sur la vaccination, la
médication, la détection de la maladie et les comportements liés à la pandémie,
des recherches qui aideront le Québec et la planète entière à sortir de
la crise actuelle et à en prévenir d'autres.
En tant que diplômée
de l'Université Laval et députée de Jean-Talon, je tiens sincèrement à
remercier toute l'équipe de l'Université Laval pour votre travail formidable.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Jean-Talon. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Bonaventure.
M. Roy : Merci, Mme
la Présidente. En cette Journée de la
Gaspésie, faisons un peu d'histoire. De 1730 à 1758, le poste de pêche de Pabos, sous le Régime français,
a exporté des milliers de tonnes de morues et a permis de mettre fin à
des famines en Europe. La Gaspésie, une terre généreuse.
1760,
la bataille de la Ristigouche. Quand les Français sont arrivés dans le fond de
la baie des Chaleurs, ils ont découvert
un village de 1 500 âmes où
les Acadiens s'étaient réfugiés pour fuir la déportation. Donc, la Gaspésie,
une terre de refuge.
Après
la chute du Régime français, des Gaspésiens ont organisé leur refus de la
domination. De l'Anse aux pirates à
Escuminac, tout près de chez moi, la nuit, les barques coulaient les bateaux
ennemis. La Gaspésie, une terre de résistance.
Le commerce dans les
ports de mer a permis aux Gaspésiens de développer un rapport positif avec
l'étranger, ce qui a initié l'industrie touristique. La Gaspésie, une terre
d'accueil.
ce contexte de pandémie, la Gaspésie n'a pas changé. Nous vivons sur une terre
généreuse, de résistance, qui a valeur de refuge, où les gens sont
accueillants. En cette Journée de la Gaspésie où le bleu est à l'honneur, je
vous rappelle qu'il représente l'horizon où
le ciel et la mer ne font qu'un, et de ce paysage émergent les plus grands
rêves de liberté. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Bonaventure. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Les Plaines.
Mme Lecours
(Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Cette
déclaration devait être présentée avant que l'Assemblée nationale ne
ferme compte tenu de la situation actuelle de pandémie. Mais, plus que jamais,
dans le contexte de sécurité et
d'autosuffisance alimentaire, elle prend tout son sens. Les phrases qui vont
suivre ont donc été écrites pour rendre hommage à
M. Gilbert Mathieu, pionnier de l'industrie laitière dans Les
Plaines.
Après avoir gradué à
l'Université Laval en agronomie, M. Mathieu a repris l'entreprise
familiale, la Ferme Caribou, une ferme
laitière et de grandes cultures sur laquelle il a travaillé pendant plus de
30 ans. Grâce à une éthique de travail
hors pair, M. Mathieu a permis à la ferme familiale de devenir un
véritable leader en production laitière dans la province. Sa passion,
son dévouement et son intégrité, eh bien, il les a transmis à ses fils, qui,
aujourd'hui, dirigent l'entreprise.
En plus de son
travail sur la ferme, M. Mathieu a toujours jugé nécessaire et important
de s'impliquer dans plusieurs domaines
connexes à l'agriculture. Il a en effet été président du réseau Agriconseils de
Lanaudière, président du Centre régional d'établissement en agriculture de
Lanaudière et président du syndicat de l'UPA Lanaudière. Notre passionné
célèbre cette année 50 ans d'expertise en agronomie, un accomplissement
qui mérite d'être souligné.
M. Mathieu,
continuez votre travail exemplaire, et merci d'être synonyme d'excellence dans
Les Plaines, mais aussi dans toute la province. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Les
Plaines. Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations de
députés, je cède la parole à M. le député de Montmorency.
M. Simard :
Merci à vous, Mme la Présidente. Vous savez que derrière la terrible pandémie
que nous vivons se manifeste une extraordinaire solidarité sociale depuis des
semaines. Et, dans le comté de Montmorency, cette solidarité porte des noms que
j'aimerais ici saluer.
D'abord, le centre
communautaire Le Pivot, qui est un peu l'âme de notre comté, dirigé,
depuis 38 ans, par Ginette Faucher et son équipe : Marc,
Martine, Christian. Je pense à Re-Fa-Vie, avec Alain Benoit, à la
Fraternité Saint-Alphonse, avec le père André Morency.
Je pense au carrefour jeunesse-emploi dirigé par Sonia Noël depuis
22 ans, au Centre d'action
bénévole Aide 23, au Centre ressources pour femmes de Beauport, dirigé par
Ariane Gauthier-Tremblay. Je
pense à nos différents conseils de Chevaliers de Colomb. J'en salue deux :
ceux de Sainte-Thérèse et ceux de la nativité de Beauport. Je pense au dynamique Club Lions de
Sainte-Brigitte-de-Laval, animé par Jacinte Chapados. Je pense également
à la très dynamique Cuisine collective de Beauport, animée par Karina Bédard.
Je pense à la Distribution alimentaire du Vieux-Bourg, animée par
Carol Lepage.
J'en oublie beaucoup,
mais je dis à tous ces gens merci du fond du coeur.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Je vous
remercie, M. le député de
Montmorency. Alors, ceci met
fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 54 h 54)
Président : Mmes, MM.
les députés, bonjour. Bonne journée. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. C'est avec un grand
plaisir que je vais vous demander d'appeler l'article a, s'il
vous plaît.
Président : Et je le
ferai. À l'article a du feuilleton, Mme la ministre de la Justice présente le projet de loi n° 55,
Loi modifiant le Code civil pour notamment
rendre imprescriptibles les actions civiles en matière d'agression à caractère
sexuel, de violence subie pendant l'enfance et de violence conjugale. Mme la
ministre, la parole vous appartient.
Mme LeBel :
Merci, M. le Président. C'est en effet avec beaucoup de fierté que je vous
présente aujourd'hui et que je dépose le
projet de loi n° 55, la Loi modifiant le Code civil pour notamment rendre
imprescriptibles les actions civiles en matière d'agression à caractère
sexuel, de violence subie pendant l'enfance et de violence conjugale.
Ce projet de loi rend
imprescriptible l'action en réparation du préjudice corporel résultant d'un
acte pouvant constituer une infraction
criminelle lorsque le préjudice résulte d'une agression à caractère sexuel, de
la violence subie pendant l'enfance ou de la violence d'un conjoint ou
d'un ancien conjoint.
projet de loi prévoit toutefois qu'une action en réparation du préjudice
corporel résultant d'un acte pouvant constituer
une infraction criminelle contre l'héritier, le légataire particulier ou le
successible de l'auteur de l'acte, ou le liquidateur de la succession de celui-ci, doit être intentée dans les
trois ans du décès de l'auteur de l'acte, sous peine de déchéance, sauf si le défendeur est poursuivi pour
sa faute ou à
titre de commettant. De même, l'action exercée en raison
du préjudice subi par la victime doit être intentée dans les trois ans suivant
son décès.
Le projet de loi établit certaines règles
relatives à l'excuse, dont notamment qu'elle ne peut constituer un aveu.
Enfin, le projet
de loi prévoit des mesures
transitoires. Il prévoit notamment qu'une action ainsi imprescriptible qui a
été rejetée dans le passé au seul motif que la prescription était acquise
puisse être introduite de nouveau devant un tribunal, et ce, pour une période
de trois ans. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, effectivement, un projet de loi très important.
Pourrions-nous avoir la confirmation par le leader du gouvernement que nous
pourrons également procéder à des consultations particulières?
Le Président : M. le leader
du gouvernement. Par la suite, M. le leader du deuxième groupe.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe, allez-y. Probablement dans le même sens?
M. Nadeau-Dubois : Bien, d'abord, je veux réitérer... En fait, je veux d'abord
dire à quel point c'est un moment important puis un beau moment qu'on vit à l'Assemblée nationale du Québec, M. le
Président. Je veux saluer le fait que
ce projet de loi là est issu de travaux de collaboration entre les différentes
formations politiques. Tous les partis représentés ici ont travaillé, disons,
aux... ont contribué aux réflexions qui ont accouché de ce projet de loi.
Puis je m'en
voudrais de ne pas souligner particulièrement l'incroyable travail de la députée de
Sherbrooke, qui a travaillé,
avec tout l'engagement dont elle capable, à la rédaction de... bien,
disons, à la réflexion autour de ce projet
de loi là. Et elle avait déposé un projet de loi similaire il y a un an.
Aujourd'hui, c'est tous ensemble qu'on salue ce projet de loi de la ministre
de la Justice. On apprécierait également des consultations particulières, qui pourraient être très rapides. Et je partage
au leader du gouvernement notre souhait qu'on travaille rapidement à l'adoption de ce projet
de loi, si possible d'ici le
12 juin. M. le Président, il y a trop de femmes, au Québec, qui attendent
depuis trop longtemps que ce projet de loi soit adopté. Procédons rapidement.
Merci.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour aussi de joindre ma voix aux autres leaders. Oui, des consultations.
Mais, comme ma collègue de Joliette a travaillé très fort aussi à ce projet de
loi là, on a commencé par le dépôt
d'une motion, on est contents de voir l'évolution. On a senti hier l'empressement
du gouvernement à aller de l'avant
avec la relance de l'économie. Mais, s'il veut aussi montrer un empressement
pour mettre fin à ce type de violence et s'assurer qu'on a les meilleurs
garde-fous possible, on est prêts aussi à collaborer très rapidement pour
adopter ce projet de loi là très prochainement, et, si on peut avant le
12 juin, ça va nous faire plaisir d'y collaborer. Merci.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je suis heureux d'entendre les collègues leaders des autres
formations politiques relativement à leur
souhait que ça soit adopté rapidement. S'il est de la volonté de l'Assemblée
nationale de l'adopter rapidement, le
gouvernement le fera très certainement avec enthousiasme. Alors, on est ouverts
à trouver les modalités, si c'est
possible, d'ici le 12 juin, M.
le Président, parce que
c'est un projet de loi d'une très grande importance, qui a été
porté notamment par notre formation politique lors de la 41e législature, et
vous le savez tous.
Alors, moi,
je suis ouvert à discuter, à trouver une solution très rapidement, à court
terme. Vous comprendrez que, la
semaine prochaine, il pourrait y avoir ce projet de loi là pour
l'adoption ainsi que le projet de loi qui a été déposé par le président
du Conseil du trésor, le n° 61, aussi. On a du temps la semaine prochaine pour faire tous les deux,
alors je suis en mode collaboration avec l'ensemble des collègues.
Président : À ce
moment-ci, bien sûr, j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote
de leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi.
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Je vous remercie. En conséquence, la présentation
de ce projet de loi est adoptée. Je reconnais à ce moment-ci
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article b du
feuilleton.
Président : À
l'article b du feuilleton, M. le
député de Laurier-Dorion présente le projet de loi
n° 595, Loi créant le
registre des loyers. M. le député.
M. Fontecilla : Merci, M.
le Président. C'est avec un sentiment
d'urgence que je présente aujourd'hui en Chambre le projet de loi n° 595, Loi créant le registre des loyers.
Ce projet de loi crée le registre des loyers,
lequel permet à un locataire de connaître le loyer payé au cours des
cinq dernières années pour la location d'un logement.
projet de loi modifie le Code civil afin qu'un locateur soit tenu d'inscrire
tout bail de logement auquel il est
partie au registre des loyers et de
divulguer le loyer qui y est prévu. Il prévoit que le locateur doit transmettre
au registraire des loyers un avis de mise à jour du loyer pour toute
modification apportée au loyer.
Enfin,
le projet de loi prévoit que la tenue du registre des loyers est assurée par le
registraire des loyers, lequel est un membre du personnel du Tribunal
administratif du logement. Merci, M. le Président.
Président : J'invite
maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes à
ce sujet.
M. le leader du
deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence, la présentation est également adoptée.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Alors, M.
le Président, permettez-moi de
déposer des amendements au projet de
loi n° 61, Loi visant la relance de l'économie du Québec et
l'atténuation des conséquences de l'état d'urgence sanitaire déclaré le
13 mars 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Il n'y a pas de... M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, simplement vous informer que le président du Conseil du trésor
vient de déposer une série d'amendements que
j'avais annoncés hier au briefing technique, qui s'est fort bien déroulé, je le
crois, hier soir, avec l'ensemble des collègues des oppositions.
tiens à réitérer, M. le Président, que, si les oppositions souhaitent avoir de
nouveau des rencontres de nature technique,
que ce soit aujourd'hui ou demain, pour répondre à leurs questions en lien avec
les amendements que le président du Conseil du trésor vient de déposer ou avec d'autres questions qui pourraient émaner à la
lecture du projet de loi, pour faciliter
la compréhension et les objectifs du projet de loi, le gouvernement se rendra
disponible. Donc, l'ensemble des leaders peuvent me contacter.
On a reçu, M.
le Président, également, une liste de groupes de l'opposition officielle. On
est en attente aussi du deuxième groupe d'opposition, du troisième groupe
d'opposition. Notre souhait, M. le Président, est d'accommoder le plus possible les
oppositions pour adopter le projet de loi d'ici le 12 juin. Cela étant
dit, M. le Président, vous comprendrez que,
si on tient des consultations, il va falloir s'assurer de pouvoir convoquer les
groupes le plus rapidement possible, mais aussi d'avoir des consultations larges, mais dans un temps aussi qui est
restreint, considérant que la plage horaire pour adopter le projet de
loi d'ici le 12 juin est quand même assez limitée.
Alors, je
veux juste vous partager le fait qu'on est très flexibles, M. le Président,
mais qu'il va falloir s'entendre sur les groupes rapidement.
Le Président : M. le
leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
J'entends le leader du gouvernement. Notre liste de groupes va suivre dans les
prochaines heures. On travaille le
plus rapidement que nos moyens le permettent. J'entends aussi que le projet de
loi est perfectible. Je suis content de l'entendre, puisque, pour
obtenir notre consentement, il faudra qu'il soit, en effet, amélioré. Merci.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Effectivement, heureux que le leader du gouvernement ait souligné qu'avec
diligence nous avons transmis notre
liste de personnes que nous aimerions — et de groupes — entendre. Ça peut se faire de façon rapide
et diligente, mais évidemment, et
vous verrez, à la période de questions qui est devant nous, qu'il y a des
éléments sur lesquels le gouvernement devra faire des modifications
majeures.
Alors, oui sur cet objectif commun de faire
avancer le Québec, mais, tel que présenté, et d'autant plus les 31 amendements déposés ce matin, il y a
énormément d'écueils. On est prêts à le travailler et à collaborer, mais ça ne
sera pas lettre à la poste, là.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, en conclusion, simplement pour
dire, et je pense que le président du Conseil du trésor l'a dit très clairement hier, lors du dépôt et de sa
conférence de presse aussi, oui, M. le Président, on souhaite vraiment que le projet de loi soit adopté d'ici le
12 juin. Si les oppositions ont des bonifications à apporter au projet de
loi ou s'il y a des éléments qu'ils
souhaitent discuter, tout ça, on peut le faire préalablement aux travaux de la
commission, on peut le faire en
commission. On est très flexibles, M. le Président. Mais l'objectif réel, c'est
de relancer l'économie avec une série
de projets d'infrastructure qui vont pouvoir permettre aux gens de travailler
au Québec et de s'assurer aussi que notre
économie se rétablisse. Parce que la pandémie de la COVID-19 apporte des conséquences économiques importantes
pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises, et il faut penser à eux dans
ces temps-ci.
Le Président : Merci. Alors,
nous poursuivons.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni dépôt de pétitions.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur
une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M. le
Président. Alors, le président du Conseil du trésor a proposé aux Québécois le projet de loi n° 61. Et, lorsqu'on a lu le titre, on s'en est réjouis parce qu'on s'est dit : De la relance économique. Il y a
des volets de la relance économique
qui ne se retrouvent pas dans ce projet
de loi. Et on parle davantage
d'accélération des infrastructures, soit, parce qu'on pense qu'accélérer
les infrastructures, c'est une bonne chose.
Mais, à la
lumière de ce que nous avons lu, il y
a plusieurs questions qui sont
soulevées. Saviez-vous, M. le Président,
que le gouvernement peut maintenant déterminer les conditions différentes de celles
qui sont prévues dans la
Loi sur les
contrats des organismes publics pendant deux ans après l'adoption
de la loi? Saviez-vous que le projet
de loi du premier ministre
facilite l'acquisition de gré à gré, par expropriation de terrains par son gouvernement?
Et, parlant d'expropriation, les Québécois
seront sans doute heureux d'apprendre qu'ils ne pourront pas contester les expropriations comme c'était le cas
sous l'ancienne loi. D'ailleurs, le ministre
responsable de la
Loi sur les expropriations, le ministre des Transports,
pourra déléguer son pouvoir à ses collègues comme bon lui semble, M. le Président.
Et on
continue, à la lecture du projet de
loi, de découvrir des choses. Nous
avons également appris hier que tous les projets
de loi qui ont lieu sur les terres de
l'État n'auront besoin d'aucune autorisation pour l'utilisation de celles-ci.
M. le Président, pourquoi s'embarrasser des règles quand on a juste à
passer une loi pour les éviter? Est-ce
que le projet de loi qui est présenté
ici, c'est le projet du premier
ministre, c'est-à-dire de gouverner avec le moins
d'entraves possible?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, le Québec fait face à une situation exceptionnelle qui demande
de poser des gestes exceptionnels. Je pense
que tous les Québécois vont convenir qu'entre le moment où on décide de faire
un projet puis le moment où on
commence le projet, là, comme disait Monique Jérôme-Forget, avec la pépine, il
se passe beaucoup d'étapes qui sont
très longues. M. le Président, l'objectif du projet, c'est de réduire les
délais. Ce n'est pas de réduire les exigences,
c'est de réduire les délais, donc les délais pour les autorisations
environnementales, les délais pour les autorisations des différents
ministères, tous les délais administratifs.
Donc,
M. le Président, la cheffe de l'opposition officielle est sûrement au courant
de projets importants, entre autres à
Montréal, où on a besoin d'expropriations qui pourraient durer pendant des
années. Pourtant, ce sont des projets qui sont attendus par les Québécois. Donc, M. le Président, l'objectif, encore
une fois, c'est d'accélérer des
projets, de faire travailler les gens
dans le domaine de la construction, rapidement, parce qu'on a un taux de chômage qui est très
élevé, puis ce sont tous des projets qui sont attendus par les Québécois.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Réduire les délais, ça ne veut pas dire nécessairement
contourner les lois. Et, pour une raison aussi étrange que surréaliste, le premier ministre permet de contourner les règles d'urbanisme, de contourner la
Loi sur les cités et villes, de passer outre le processus d'appel d'offres
municipal. Alors, je demande au premier ministre de convoquer la Vérificatrice
générale en commission parlementaire pour qu'elle puisse donner son avis quant aux
risques associés au projet de loi.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, ça me fait plaisir d'accepter la proposition de la cheffe de l'opposition
officielle, discuter en commission parlementaire avec la Vérificatrice
générale. Bon, peut-être que je l'apprends à la cheffe de l'opposition officielle,
mais, dans les lois, il y a des délais. Donc, il y a effectivement, à certains endroits, un certain temps qui est permis avant de donner des autorisations. Ce qu'on va
essayer de faire, je pense que c'est possible, compte tenu de la situation exceptionnelle, de dire :
Réduisons ces délais sans réduire les exigences, pour le bien des Québécois.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Réduire les délais sans réduire les exigences. M. le Président, si le projet de loi est adopté, le gouvernement de la Coalition
avenir Québec peut maintenant
se passer du BAPE pour évaluer la qualité environnementale d'un projet. Ça, je ne le savais pas non plus. Que
ce soit pour les poissons, la faune, la flore, l'environnement, le projet de loi prévoit que des projets, sans évaluation,
soient réputés conformes. Et dire, M.
le Président, que cette année devait
être l'année de l'environnement.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, j'invite la cheffe de l'opposition officielle à relire le projet ou à
consulter des experts parce que, malheureusement, ce qu'elle vient de
dire, ce n'est pas ça dans le projet. Un projet qui avait besoin d'un BAPE va toujours avoir besoin d'un BAPE. Ça
ne peut pas être plus clair, là. S'il y avait besoin d'un BAPE, il y aurait
besoin encore d'un BAPE. Ce qu'on veut, M.
le Président, c'est de réduire les délais administratifs. Je comprends que la
cheffe de l'opposition officielle n'a
peut-être pas eu tout le temps de bien lire le projet, mais je l'invite à le
faire rapidement.
Le Président :
Troisième complémentaire, s'il vous plaît, Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, j'invite le premier ministre à lire les articles 36 et 38
du projet de loi qui a été déposé. La
Loi sur la santé publique énonce
que l'état d'urgence sanitaire vaut pour une durée maximale de 10 jours, renouvelable au besoin. Le projet de loi permet au
gouvernement de prolonger l'urgence sanitaire de manière indéterminée et
jusqu'à ce qu'il le juge nécessaire.
Est-ce qu'on est en
train de transférer l'indépendance de la Santé publique au premier ministre du
Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, l'objectif, je le répète,
c'est le même, c'est ce qu'on vient de répéter à plusieurs reprises, réduire les délais administratifs sans
réduire les exigences, pour faire travailler plus de monde à construire des
écoles, à construire des projets en
transport en commun. J'invite la cheffe
de l'opposition officielle à aller voir la liste des 200 projets. Peut-être qu'il y a des projets avec lesquels elle
n'est pas d'accord. Peut-être qu'elle veut en ajouter. On est ouverts à
la discussion.
Le Président :
Question principale — s'il
vous plaît, sans commentaire — M. le député La Pinière.
M. Barrette : Oui, M. le Président. Je prends la balle au bond.
Les règles régissant les projets d'infrastructure, là, elles découlent
toutes de la commission Charbonneau et, à ce jour, M. le Président, elles
demeurent incontestées. Me Gallant, le
premier inspecteur général de Montréal, de même que la Vérificatrice générale,
hier, se sont exprimés. Ils sont
inquiets parce qu'en temps d'urgence, selon eux, modifier les règles peut
égaler explosion des coûts et autres choses. Hier, le ministre affirmait ne rien changer des règles découlant de
Charbonneau. En fait, il garde le nom des règles, mais il en change l'application. Un BAPE? Bien oui, on va
en faire un, mais très court, M. le Président, et il appelle ça de l'agilité.
Est-ce que le
président du Conseil du trésor va admettre que ce qu'il appelle agilité est
carrément une diminution de la portée et de
l'efficacité de tout ce qui découle de la commission Charbonneau, et la
conséquence sera une possible augmentation importante...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je sens qu'on va avoir des conversations très
intéressantes durant la commission parlementaire, parce que j'aimerais rappeler
au député de La Pinière que, depuis que la commission Charbonneau a fait ces recommandations-là, toutes ces recommandations
ont été mises en place. Et on n'a pas l'intention de retourner aux
années libérales, pas du tout.
Alors, ce qu'il faut
faire, c'est appliquer la même rigueur que l'on fait présentement. On a dit
hier, je l'ai dit à cette Assemblée, qu'on
était d'accord avec les recommandations de la Vérificatrice générale. Elle n'a
mentionné aucun lien avec
l'intégrité. Elle a parlé de surpassement des coûts. On a dit qu'on était en
train d'adresser cette question-là. Mais jamais la vérificatrice n'a parlé
d'intégrité.
Alors,
lorsqu'on essaie de faire un lien entre la commission Charbonneau et le projet
de loi en question, je pense qu'on est sur deux terrains complètement
différents. Si le Parti libéral veut reparler du passé avec la commission
Charbonneau, c'est son choix. Mais,
je vous dis, M. le Président, nous, ce qu'on veut, c'est la relance économique
du Québec. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : La même rigueur, c'est d'appliquer la même règle.
Le président du Conseil du trésor, en conférence de presse, a dit hier : Un
BAPE, ça prend entre 12 et 18 mois, on voudrait que ce soit entre trois et
six mois ou moins. Alors, faisons un
parallèle. Un chirurgien qui fait une opération que ça lui prend en moyenne
sept heures, le président du Conseil
du trésor, pour avoir un bloc
opératoire plus efficace, lui dit : Tu vas le faire en deux heures. Est-ce que ça va donner le même résultat?
Est-ce que le président
du Conseil du trésor se ferait opérer par un tel chirurgien?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Ça, je dois vous dire, M. le Président, je l'aime beaucoup, cette question-là. Vraiment, là, ça va être
vraiment intéressant. Premièrement, ce n'est pas la durée de l'opération dont
on parle. C'est la préparation pour l'opération, O.K.? Pour un bon chirurgien,
si ça prend sept heures, il devrait prendre sept heures.
Là, ce qu'il est en train de me dire, le député de La Pinière, c'est qu'on devrait choisir le médecin en fonction du temps qu'il opère. Ce n'est pas ça du tout, M. le
Président. On va continuer de demander aux gens de bien se préparer, tout en
étant agiles, M. le Président, puis on va continuer d'avoir des bonnes
discussions au cours de la commission parlementaire. Merci, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Côté préparation,
M. le Président, on n'a pas vu ça pendant la pandémie. On n'y reviendra pas aujourd'hui. Ça, M. le Président, là, ça, M. le
Président, c'est un programme électoral. La population, quand ils ont lu ça
hier, c'était un engagement.
Est-ce que le
président du Conseil du trésor, qui dépose aujourd'hui une loi qui veut
accélérer les choses, qu'il veut
faire adopter en une semaine, s'engage à ce que les 202 projets qui sont
ici soient en réalisation, pas nécessairement terminés, mais en réalisation
d'ici 2022?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je vais m'engager qu'avec la collaboration de
l'opposition, ce que j'ai senti un peu hier, que je sens un peu moins aujourd'hui,
le maximum de projets qui sont listés à l'intérieur du projet de loi, le
maximum... et on serait les plus heureux à
ce que les 202 soient réalisés ou commencés durant la période. Alors, ça
dépendra de l'opposition, de la
flexibilité et des qualités de discussion qu'on aura au cours de la commission
parlementaire. On sera les plus heureux au monde de les réaliser, les 202.
Pourquoi? Parce que c'est pour les Québécois et pour la relance
économique qu'on le fait. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Merci,
M. le Président. Depuis le début de
la pandémie, l'état d'urgence sanitaire au Québec permet à la ministre
de la Santé de s'approprier toutes sortes de pouvoir. Par
décret, elle peut intervenir dans à
peu près tous les dossiers. Avec
l'état d'urgence sanitaire actuel, la ministre peut ordonner que les autres ministères
lui donnent accès à tout document ou renseignement personnel, même s'il est de nature confidentielle, peut
ordonner la construction d'ouvrages. Elle peut autoriser des dépenses,
conclure des contrats qu'elle juge nécessaires, sans limites.
En court, la ministre de la Santé a en ce moment
à peu près tous les pouvoirs au Québec. Et, pour maintenir ces pouvoirs
extraordinaires là, elle doit régulièrement demander l'approbation et le
justifier. Mais, avec le projet de loi
n° 61, le gouvernement veut prolonger ses pouvoirs, pas pour un mois, pas pour
six mois, pour au minimum deux ans, selon le président du
Conseil du trésor. Elle aura tous ces pouvoirs-là jusqu'à ce qu'elle n'en
veuille plus.
Vu qu'elle
nous répète depuis des semaines, M.
le Président, que c'est la Santé
publique qui décide, est-ce que
la Santé publique a demandé à ce qu'elle ait ces pouvoirs-là de façon
permanente?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Écoutez, je pense qu'il va falloir très bien lire
le projet de loi, M. le
Président. Je pense qu'au cours des
prochains jours... Encore une fois, là, je comprends qu'on demande à
l'opposition d'être agile, d'être capable de prendre connaissance de l'importance du plan de relance
qu'on a mis sur la table. La cheffe de l'opposition l'a bien dit, c'est une
situation urgente, les infrastructures en font partie. La façon dont on a... La
terminologie dans le projet de loi, on est prêts
à le bonifier, on l'a dit. S'il y a des éléments qui vous agacent, que vous
trouvez qu'on n'est pas confortables, on en discutera, mais je pense que, ce matin, on aimerait sentir de la part de
l'opposition qu'ils sont ouverts à cette discussion-là.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
L'état d'urgence sanitaire, M. le Président, c'est une situation exceptionnelle
en réponse à une situation sanitaire
exceptionnelle. Mais, dans deux ans, dans trois ans, M. le Président, la ministre de la Santé va encore avoir besoin d'avoir accès à
toutes les données personnelles qu'elle veut? Elle va encore pouvoir faire
toutes les dépenses, conclure tous les contrats qu'elle
veut sans limites, sans approbation? Si ce n'est pas demandé par la Santé
publique, M. le Président, l'état d'urgence sanitaire, ça n'a pas sa place.
Pourquoi elle aurait encore ces pouvoirs-là dans
deux ans?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
O.K. Alors, écoutez, je pense que je vais être très, très clair, là, puis on a
vu... on a commencé la discussion... je
dirais au député de Pontiac, hier, de... ses collègues étaient au briefing
technique que nous avons eu. On a
commencé à avoir une discussion, c'était quoi, la différence entre le deux ans
qui était demandé pour la durée des projets, pour qu'ils soient commencés, versus l'extension de la période
sanitaire. Ce sont deux éléments complètement différents.
Bon, alors, si la
question de l'expérience sanitaire ou de l'extension de la période sanitaire
peut être discutée séparément, nous en ferons la discussion lors de la commission
parlementaire.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé : Alors, il n'y a pas de lien du tout. Puis il n'y
a aucune demande de la Santé publique que nous pourrons...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Pontiac. Nous sommes attentifs à votre
question.
M. Fortin : M. le Président, depuis le début de la crise, la ministre de la
Santé s'est servie de l'état d'urgence sanitaire
à toutes les sauces. Elle a suspendu des conventions collectives sans processus
de consultation, sans parler aux groupes
concernés, sans débattre publiquement, et maintenant on veut rendre permanent
l'état d'urgence sanitaire et réduire les études environnementales,
exproprier des citoyens, accorder des contrats sans appel d'offres, outrepasser
des conclusions de la commission Charbonneau.
L'état
d'urgence sanitaire, ce n'est pas un buffet à volonté. La ministre de la Santé
ne peut pas s'en servir comme elle veut. C'est là pour protéger la santé
des Québécois, et rien d'autre.
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : On pourra continuer
ces discussions-là, parce que je
pense qu'il y a beaucoup
d'enjeux qui sont soulevés par le député de
Pontiac, mais je vous rappelle, M. le
député... ou M. le Président, pardon, je vous rappelle qu'une des raisons pour lesquelles il
faut travailler dans les projets de relance, c'est la prévisibilité de ces
projets-là. C'est important d'avoir la
prévisibilité parce qu'on parle de projets d'infrastructure qui vont s'étaler
sur les trois à cinq prochaines années.
Alors, lorsqu'on fait
le parallèle avec la santé publique, c'est tous les achats qui ont été faits et
qui vont continuer d'être faits. J'aimerais bien penser qu'il n'y aura pas une
deuxième phase de la pandémie, mais il y en aura probablement une, et il faut
s'y préparer.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
Donc, on ne peut pas toujours continuer comme ça, au jour le jour, il faut
avoir de la prévisibilité.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci. Je pensais que le premier ministre avait compris, M. le Président, qu'il
n'y avait pas d'opposition entre l'économie et l'écologie. Même, la
semaine dernière, le gouvernement a fait adopter une motion. D'ailleurs, voici ce qu'elle disait : Il
s'engage à accélérer les investissements dans les métros, les écoles, les
hôpitaux «sans affaiblir les protections environnementales». On a voté
pour, on était d'accord avec la CAQ.
Mais là le
gouvernement nous présente un projet de loi qui retire des droits à
l'environnement, des droits aux citoyens et des droits aux parlementaires.
Encore une fois, le premier ministre oppose économie et écologie. M. le Président, on peut relancer l'économie sans
compromettre notre environnement. On peut créer des emplois sans créer des
problèmes demain. On peut faire un pas en avant, bien sûr, sans faire deux pas
en arrière.
Ils veulent aller vite, vite, vite, M. le
Président, mais, à force d'aller vite, l'enjeu, le danger, c'est de manquer le
virage écologique.
Est-ce que le premier ministre
reconnaît que ça va un petit peu trop vite? Puis est-ce que le premier ministre
est prêt, veut s'asseoir avec les
oppositions pour qu'on améliore ensemble le projet de loi et qu'on relance
l'économie sans relâcher l'écologie?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, la réponse, c'est oui. On est prêts à s'asseoir ensemble pour
trouver un moyen de concilier l'économie et l'environnement.
Mais
je veux quand même... Puis j'invite la cheffe de Québec solidaire à aller
s'informer un peu des progrès, par exemple,
de la ligne bleue du métro à Montréal. Si on ne fait rien, actuellement, là, on
pourrait passer les deux prochaines années
à ce qu'il ne se passe rien, rien. Je suis certain que ce n'est pas ça qu'elle
souhaite. Je suis certain qu'elle souhaite qu'enfin le projet de la
ligne bleue avance.
le Président, dans le projet qui est
déposé, il y a des dizaines de projets de transport collectif qu'on veut
accélérer, puis tous les projets qui sont dans le projet de loi vont... quand
c'était un BAPE avant, c'est un BAPE après, donc il n'y a pas de réduction des exigences. Ce qu'on veut, c'est
réduire les délais, parce que les Québécois s'attendent à ce qu'on investisse dans les transports
collectifs, s'attendent à ce que ces projets-là enfin se réalisent. On ne peut
plus laisser pendant des années les projets traîner avant qu'on commence
à construire.
Donc,
M. le Président, j'invite effectivement la cheffe à ce qu'on travaille ensemble
à bonifier le projet de loi, mais je pense qu'on a le même objectif.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : M. le Président, avoir des exigences, c'est
aussi, des fois, prendre le temps, prendre le temps de consulter, prendre le temps de discuter. Et je
vous donne un exemple : actuellement, à Valleyfield, il y a une maison des
aînés qui est en train de se construire dans
un parc, dans un quartier défavorisé, où est-ce qu'il y a des îlots de chaleur
comme on n'a pas envie de vivre dedans,
personne. Alors, au lieu de prendre le temps de faire les choses, discuter avec
les citoyens, dans ce cas-là, des citoyens
plus défavorisés, bien, on crée des problèmes. Alors, c'est ça que je veux
dire.
Est-ce que le
gouvernement est prêt à inclure les citoyens et les parlementaires?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, la majorité des Québécois trouvent
que ça prend trop de temps pour réaliser des projets. Que ce soient des écoles, que ce soient des maisons des aînés,
que ce soient des projets en transport, au Québec, il y a trop de
délais, il y a trop d'étapes, il y a trop de bureaucratie.
le Président, moi, je suis convaincu qu'on est capables, tout en respectant les
exigences qu'on s'est données, par exemple, en environnement, de faire avancer
les projets plus rapidement pour qu'entre autres nos aînés aient accès à...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...des belles maisons des aînés climatisées le plus rapidement possible.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : C'est ça, l'enjeu, il y a trop de délais. C'est
sûr que de s'occuper de l'environnement, s'occuper des gens, s'occuper
des conditions de travail et entendre les gens, ça prend du temps, mais, ceci
étant dit, on ne peut pas se faire un
by-pass en disant, maintenant : Les délais, c'est trop long. Ça ne se peut
pas, ça. Puis je ne dis pas que... On
peut agir là-dessus, et c'est pour ça qu'on veut travailler avec vous, mais
d'éliminer les délais, c'est juste épeurant, puis particulièrement, M.
le Président, pour...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je veux inviter la cheffe de Québec solidaire, au cours des
prochains jours, peut-être en fin
de semaine, à aller rencontrer les
gens qui travaillent sur le projet de la ligne bleue, hein? On sait, la ligne
bleue, pendant les 15 années libérales
ça n'a pas avancé. Si vous allez voir les gens qui sont responsables de la
ligne bleue, à Montréal, ils vont vous dire que, si on ne fait rien, il
ne va rien se passer pendant les deux prochaines années.
Donc, quand la cheffe de Québec
solidaire dit : Moi, je suis confortable avez ces délais, bien, moi, je
l'invite à aller jaser avec les gens de son comté. Je pense qu'ils vont lui
dire qu'ils sont plutôt d'accord avec nous.
Président : En terminant... Merci. Question principale. Je vous invite à éviter d'échanger, d'un
côté et de l'autre, et de vous attarder aux questions et aux réponses. M.
le leader du troisième groupe d'opposition.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Ouellet : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Nous voulons tous relancer l'économie du Québec et lever les obstacles inutiles, mais la CAQ nous magasine une deuxième commission Charbonneau avec un mauvais projet de loi. Le gouvernement se donne des pouvoirs presque illimités sur
l'expropriation, pour ignorer les règles environnementales, pour contourner les règles des organismes
municipaux et celles des aménagements
des MRC. Il se donne le pouvoir de changer toutes les lois et règlements
pour agir selon son bon vouloir. Il veut même pouvoir contourner la
loi sur les
contrats publics pour deux ans, à
l'article 50, et ça ne s'applique pas juste aux projets qui sont
sélectionnés, M. le Président, mais à tous les contrats gouvernementaux.
Est-ce que le
ministre peut se rendre à l'évidence et reconnaître que, son projet de loi, en
se donnant les pleins pouvoirs et en abolissant des droits, il ne fait
que relancer la collusion et la corruption au Québec?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Alors, écoutez, je
vais prendre ça en deux étapes, parce que le député de René-Lévesque est sur la
commission que nous allons commencer, alors
je pense qu'on va garder le bon ton et mettre les bonnes choses aux bonnes
places.
On ne veut
pas retourner à l'avant de la commission Charbonneau, c'est certain, M. le
Président. Les Québécois ont payé
trop cher pour toutes ces erreurs-là qui ont été faites dans les
15 dernières années, on ne veut pas y retourner.
Il est évident qu'il va falloir trouver des
aménagements pour qu'on puisse faire la relance. Je vous donne un exemple. Si on avait fait ce projet de loi là, M.
le Président, sans mettre une liste de 200 projets, je pourrais comprendre
certains des arguments qui sont donnés, mais
nous avons été très transparents et nous avons dit : Voici pour quels
projets nous demandons des
aménagements. Alors, moi, j'aimerais ça, lorsqu'on va discuter en commission
parlementaire avec l'opposition, dont
le député de René-Lévesque, qu'ils nous disent les articles qui ne font pas
leur affaire en fonction de certains
projets — le
premier ministre vient de faire référence à la ligne bleue, mais il y a
201 autres projets qu'on pourra discuter — et
nous dire comment...
Le Président : En terminant.
M. Dubé : ...ça ne vient pas
aider à la relance économique.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader du troisième groupe.
M. Ouellet : Ce qui ne fait pas notre affaire, M. le
Président, c'est que le gouvernement se donne les pleins pouvoirs. Alors, pourquoi le président du Conseil du trésor
ne veut pas enlever ce pouvoir absolu là et plutôt inscrire dans la loi ce
qu'il veut comme mesures d'accélération, et ce qu'il a en tête, et de quelle
façon il veut le faire? Mais présentement c'est les pleins pouvoirs sur plein
de décisions, sur toutes les décisions, alors qu'on cherche à circonscrire dans
certains domaines, et c'est ça qu'on n'a pas dans le projet de loi. Alors, je
demande au président du Conseil du trésor d'enlever les pleins pouvoirs et de
circonscrire dans cette loi ce qu'il compte faire étape par...
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
En fait, c'est intéressant, parce qu'on a une commission parlementaire qui va
commencer, j'espère, dans les
prochaines heures, dans les prochains jours; la discussion à laquelle le député
de René-Lévesque fait référence, c'est exactement ça qu'on a commencé
hier soir dans le briefing technique. Donc, je salue l'ouverture du député de René-Lévesque. Et je lui
ai dit exactement : Donnez-moi des exemples d'améliorations. Je vous l'ai
dit : Le projet, il est perfectible.
On a un objectif commun, il l'a dit, c'est la relance économique. Alors, qu'on
s'assoie en commission parlementaire. Je l'ai prouvé avec la même équipe,
lorsqu'on a discuté le projet de
loi sur les centres d'acquisition, on a fait
des amendements...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...qui ont été acceptés et qui ont été discutés. On va faire la même chose.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. M. le Président, la pandémie, ça devrait être l'occasion pour faire une
relance économique verte et durable, mais la CAQ n'a rien compris.
Article 15, elle se donne le pouvoir unilatéral de contourner la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Article 21,
elle marchande la destruction d'habitats d'espèces menacées ou vulnérables.
Est-ce
que le ministre de l'Environnement peut nous expliquer comment il a été capable
de se faire tasser comme ça par les ministres économiques de ce
gouvernement?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Peut-être rassurer mon collègue : et le ministère
de l'Environnement et moi, comme
ministre, avons participé à toutes les étapes de la rédaction de ce projet de
loi. Donc, je vous confirme être parfaitement à l'aise et cautionner
l'entièreté du projet de loi en question.
faut faire attention et surtout bien lire. Le projet de loi en question ne
modifie aucune norme environnementale, ne
modifie aucun seuil environnemental. Il change quoi? Il change essentiellement
les façons de faire. Donc, les exigences au niveau de la protection de notre environnement sont entièrement
maintenues. Pour le BAPE, tous projets qui doivent s'y retrouver s'y retrouveront.
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
Donc, je cautionne le projet de loi avec... sans aucune hésitation.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : M. le Président, c'est un fait, la CAQ ne s'est
jamais intéressée à l'environnement. Ce n'est un secret pour personne.
Vous le savez, je le sais, tout le monde ici le sait. À l'opposition, la CAQ
n'a jamais parlé d'environnement. Pendant la
dernière campagne électorale, la CAQ n'a jamais prononcé le mot
«environnement». Il aura fallu que
des centaines de milliers de personnes marchent dans les rues pour que le
premier ministre se sente enfin obligé d'en parler. Mais ça n'aura pas
duré longtemps, M. le Président.
Il a promis aux Québécois
que l'année 2020 serait l'année de l'environnement. Bien, vous savez quoi, M.
le Président? Avec le projet de loi n° 61,
ce que le ministre nous confirme, c'est que sa promesse, bien, c'était de la
foutaise.
M. le Président, on
l'a dit...
Le Président :
Non, il y a des termes qu'on ne souhaite pas voir être utilisés ici. Celui-là,
je vous demande...
Le Président :
M. le leader du gouvernement...
M. Jolin-Barrette :
On a retiré?
Président : ...je
pense que le contexte est bien fait. O.K. Mme la
députée de Maurice-Richard, poursuivez.
Mme Montpetit : Je vais reformuler. Donc, avec le projet de loi n° 61, ce que le premier
ministre nous confirme, c'est que sa promesse, c'était de la bouillie
pour les chats.
le Président, on l'a dit, je le répète, l'urgence climatique n'est pas mise sur
pause par la crise climatique. 19 mois
au pouvoir, et la CAQ n'a toujours pas de plan en environnement. Et en plus
elle démantèle une à une les balises environnementales.
Est-ce que le
gouvernement est en train...
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement, à vous la parole maintenant.
M. Charette :
M. le Président, je vais me rappeler certains rappels que vous m'avez faits
gentiment, m'invitant à répondre de façon polie. C'est ce que je ferai.
Mais je veux quand même souligner l'ironie, vous me permettrez.
Le gouvernement a
priorisé un projet de loi, au cours de la présente session parlementaire, avec
une étude accélérée
article par article, et
c'est un projet de loi qui traite d'environnement. Et la réponse de ma
collègue, en début de semaine, c'est
questionner pourquoi le gouvernement ramène ce projet de loi là important pour
l'environnement, disant que c'était
plus important de parler de pandémie. Donc, celle qui nous reproche de ne pas
être intéressés à l'environnement déplorait
qu'on rappelle un projet de loi capital pour la protection de notre environnement
et surtout la saine gestion d'un fonds important, qui est le Fonds vert, qui a
malheureusement été entièrement dénaturé par les libéraux au cours des
dernières années, rapport de la Vérificatrice générale après rapport de la
Vérificatrice générale.
Ceci
dit, le projet actuel, le projet de loi n° 61, a été entièrement élaboré
en collaboration avec l'Environnement. On ne modifie pas les seuils, on
ne modifie pas les normes.
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
C'est un projet souhaitable pour l'ensemble des Québécois.
Président : Je vais vous demander votre collaboration et d'être
attentifs, hein, autant aux questions qu'aux réponses. Je pense que vous
connaissez... Puis c'est ce qu'on souhaite aussi.
Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : M. le
Président, parlons-en, du projet de loi du ministre de
l'Environnement. Le seul projet qu'il
a déposé, c'est pour abolir la structure, l'organisme qui est le plus efficace
au Québec pour la réduction de GES. C'est ça, son projet de loi. Non seulement
il ne fait rien pour l'urgence climatique, mais aujourd'hui il en rajoute une
couche en venant cautionner la diminution des règles environnementales. Avec le projet de loi
n° 61, on comprend que le ministre
de l'Environnement a complètement capitulé, il ne fait pas sa job pour protéger
l'environnement. Comment le ministre de l'Environnement a-t-il pu
laisser faire ça, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement — on évite de
s'interpeler — à
vous la parole.
M. Charette :
J'aimerais rappeler poliment à ma collègue les principes de développement
durable des Nations unies, qui font une
part
importante à la promotion de la santé, une
part importante à la promotion du
développement économique, une
part importante à la promotion de l'éducation.
Regardez la liste des projets qui sont inclus dans le projet de loi n° 61, on parle d'écoles, on parle de
maisons des aînés, on parle d'hôpitaux. Ce sont tous les principes de
développement durable.
Donc,
c'est un projet de loi qui va non seulement améliorer grandement la relance
économique, mais qui va aussi assurer la défense...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...de l'ensemble des principes des Nations unies en développement durable.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Je n'ai pas entendu le mot «environnement» dans la réponse du ministre. Et,
dans un contexte d'urgence climatique, s'il y a une chose dont on peut
s'attendre d'un ministre de l'Environnement, c'est qu'il fasse preuve de
courage et d'ambition.
Est-ce
que le ministre de l'Environnement peut enfin avoir une colonne ou est-ce qu'il
va laisser son collègue au Trésor faire de lui le fossoyeur de tous nos
règlements en environnement?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Le Président : Deux secondes.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, question de règlement. C'est des
propos blessants. Envers nous, on doit avoir du respect, M. le Président. Mardi, j'ai fait une intervention ici, au
salon bleu, pour demander qu'on ait du respect entre collègues, notamment avec le député de
Laurier-Dorion. Je pense que la députée de Maurice-Richard devrait faire la même chose envers le ministre de
l'Environnement.
Le Président : Vous aurez
compris une règle fondamentale — je vous demande votre attention, et très rapidement — ne pas imputer des motifs indignes. Vous le
savez, vous le réfléchissez. Alors, ça se résume aussi dans l'utilisation des mots. Il y a des mots à ne pas
employer. Il y en a eu un, là, notamment, il y a des termes similaires qui ne
sont pas acceptés. Je vous demande également de faire preuve, dans ce
dossier-là, de mots appropriés pour continuer à passer vos idées.
Mme la
députée, il vous reste quelques secondes... Vous avez complété? M. le ministre
de l'Environnement, en réponse.
M. Charette :
M. le Président, la pandémie a clairement changé l'ensemble des Québécois. Vous
êtes en mesure de constater à quel
point elle m'a transformé, je suis maintenant serein face aux questions de ma
collègue de Maurice-Richard.
Mais qu'elle
me dise clairement, dans la liste de projets, qui touchent, d'ailleurs, sa
circonscription, qu'est-ce qui n'est
pas conforme au développement durable. Est-ce que le réaménagement du centre
jeunesse Dominique-Savio ne serait pas conforme aux principes de développement
durable? Est-ce que l'agrandissement et le réaménagement de l'école Sophie-Barat ne serait pas du développement
durable? Est-ce que le réaménagement de l'Hôpital Fleury, dans la grande
région de Montréal, ne serait pas du développement durable?
Le Président : En terminant.
M. Charette : Je l'invite
sincèrement à relire l'ensemble des critères des Nations unies en développement
durable...
Président : Question principale, M. le député de Rosemont. Vous
êtes le seul à avoir la parole. À votre tour.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Le Québec doit se relever économiquement, c'est un
fait, mais ça ne doit pas être un
projet écrit sur une napkin ou sur un napperon, comme nous l'a joliment dit le
président du Conseil du trésor hier. Quand
des amendements arrivent le jour même, vous comprendrez, M. le Président, qu'on est sur nos gardes. Là, le gouvernement veut qu'on aille
à 180 kilomètres à l'heure sur l'autoroute sans ceinture, sans garde-fou,
avec pas de casque. Ça ne tourne pas
rond aux Transports. L'AMP a une portée limitée. La
loi sur les lanceurs
d'alerte est inadéquate. M. le
Président, ce projet de loi confond urgence et précipitation.
Avant de nous
lancer dans une telle aventure, est-ce
que le gouvernement peut au moins
nous dire sérieusement que tous les garde-fous sont en place?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, avec plaisir, parce que je veux continuer, effectivement, sur la qualité
de la discussion que nous avons eue en briefing technique hier.
Premièrement,
lorsque le député de Rosemont fait référence à un napperon, nous avons voulu
être accommodants, hier, et présenter
un
sommaire de tous les articles de loi groupés par sujets. Bon, s'il veut
choisir un autre nom, choisissons de parler d'un
sommaire. Nous avons
fait ça pour être accommodants.
Deuxièmement,
M. le Président, ils nous ont demandé à l'avance d'avoir les amendements qu'on
pourrait avoir tout au long du
processus. À cette demande nous avons acquiescé immédiatement et nous avons
fourni des amendements hier soir.
Alors, c'est juste pour vous donner un exemple, M.
le Président, de quelle façon on veut collaborer avec l'opposition, parce qu'on a un objectif, je le répète, on ne fait pas de
partisanerie, ici : on a besoin d'une relance économique.
M. Dubé :
Pardon? Pardon?
M. Dubé :
O.K. Alors, on a besoin de faire une relance économique. C'est ça que les
Québécois, M. le Président, s'attendent
de nous, qu'on ne fasse pas de partisanerie, mais qu'on relance l'économie avec
des projets réels. Et nous, on veut le faire.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
Si jamais l'opposition ne veut pas le faire, ils en paieront le prix politique,
M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire...
Président : Encore une fois, je vous demande d'être attentifs
aux questions et aux réponses. S'il vous plaît! La parole n'appartient
qu'à vous, M. le député.
M. Marissal :
Bon, bien, on a pris note pour l'ouverture, en tout cas. Il y a des périls
évidents, dans ce projet de loi, M.
le Président. Par exemple, n'importe quel ministre peut arriver avec n'importe
quel projet n'importe quand, puis tout ce qu'il y aura à faire, c'est
une heure de commission parlementaire; après, on remballe puis on envoie les
pépines. C'est inquiétant, M. le Président.
Alors,
j'ai une proposition pour le ministre, le président du Conseil du trésor.
Est-ce qu'il est prêt à élargir la portée de l'Autorité des marchés
publics là où elle n'a pas juridiction en ce moment?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, je trouve intéressante cette recommandation-là parce qu'on nous demande
de respecter les lois, alors... Et
c'est ce qu'on a dit qu'on ferait. On voulait des aménagements dans les
procédures en amont pour réduire les délais.
Je serais ouvert à regarder avec le député de
Rosemont quels sont les aménagements qu'il veut faire, si
ça peut aider à donner une garantie supplémentaire qu'on ne retournera
pas aux années libérales, je le répète, avant la commission Charbonneau. Alors,
s'il y a des aménagements qu'ils veulent nous suggérer...
Mais, encore une fois, ayons un objectif en tête. Nous voulons,
avant le 12 juin, avoir un projet de loi qui nous permet de mettre en
place...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...la relance économique.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Marissal : ...on dit qu'il y a juste une façon de
manger un éléphant ou un mammouth, c'est pareil, c'est une bouchée à
la fois. Là, le ministre,
le président du Conseil du trésor, voudrait qu'on avale ça tout d'un coup. Ça fait
une sacrée grosse bouchée tout d'un coup.
Alors, ma
question : Quels contre-pouvoirs le gouvernement s'engage-t-il à proposer
pour éviter les périls nombreux, innombrables de son projet de loi?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Alors, moi, j'invite le député de
Rosemont, M. le
Président, à relever le défi que nous
avons déjà relevé une
fois ensemble par le p.l. n° 37.
On avait justement défini — le député de La Pinière appelait ça les gros cailloux — c'est qu'est-ce qu'il était important de
s'entendre pour avoir un projet de loi qui faisait consensus. C'est comme ça
que nous avons bâti le consensus dans
le p.l. n° 37, que nous avons fait avec la même équipe : le
député de Rosemont, le député de René-Lévesque
et le député de La Pinière, avec ses collègues. Moi, je l'invite à relever
ce défi-là et de nous mettre au défi de trouver les arrangements
nécessaires pour que, le 12 juin prochain, on ait un projet de relance...
Le Président : En terminant.
M. Dubé :
...qui est acceptable aux Québécois et à l'ensemble de l'Assemblée nationale.
Le Président : Question
principale, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : En 18 ans au Parlement, je
n'ai jamais vu un tel projet de loi être présenté à l'Assemblée, un projet de loi massif, dans lequel ce gouvernement
se donne tous les pouvoirs. Il ratisse pas mal large : redditions de
comptes réduites, procédures légales
allégées, extension sans limite de l'état d'urgence, quasi-élimination des
pouvoirs de protection environnementale et, la cerise sur le sundae, des
expropriations de terrains partout dans les territoires municipaux.
Aucun secteur
n'est épargné. Au diable les règlements, M. le Président, le buffet est ouvert.
Parcs, stationnements, terrains
résidentiels, milieux humides, tout est disponible, vous n'avez qu'à choisir.
Le coronavirus aura donné tous les pouvoirs à ce gouvernement pour
exproprier les terrains qu'il convoitait, au grand dam des municipalités.
M. le
Président, comment la ministre peut-elle justifier des expropriations de masse
de terrains municipaux ou privés sans
que les villes et propriétaires n'aient quoi que ce soit à dire ou à faire pour
s'opposer, négocier ou même contester l'application et leur territoire?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
...peut-être prendre la première partie, parce que je tiendrais à rappeler...
Puis je pense que la députée d'Anjou
connaît très bien le projet de la ligne bleue, c'est dans son comté. Et les
commentaires du premier ministre sont assez
importants. Moi, j'aimerais ça aussi qu'elle ait la réflexion, au cours des
prochains jours, d'aller voir, M. le Président, les gens dans son comté et de lui demander s'ils pensent qu'on devrait
faire les arrangements au niveau de l'expropriation pour être sûrs que
le projet ne soit pas retardé encore de deux, trois ans. Je pense que c'est
intéressant pour elle.
Deuxièmement, M. le Président, les commentaires qu'elle fait, qu'elle n'a jamais
vu un projet de loi comme ça, j'ai entendu exactement les mêmes commentaires lors du p.l. n° 37.
Puis pourquoi le p.l. n° 37, lorsqu'elle disait qu'elle n'avait jamais vu un projet de loi qui pouvait être aussi désorganisé... qui fait que nous avons réussi à
obtenir en consensus?
Alors, si
elle veut participer à la commission,
à la commission parlementaire sur le
p.l. n° 61, j'espère qu'elle pourra aussi amener
des suggestions pour la bonne façon de faire.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée.
Mme Thériault : Oui. M. le Président, le 20 février dernier, lors de l'étude du projet de loi de la ville de Saint-Tite, nous avons identifié une faille
majeure. Sans notre vigilance, la ministre aurait suspendu l'application de la
Loi sur l'aménagement et de l'urbanisme. À
cette époque, elle s'était montrée reconnaissante, nous avait félicités et retiré
le projet de loi.
Trois mois plus tard, ils reviennent à la charge pas pour une ville, pour tout
le Québec cette fois-ci. Avec le projet de loi, ce gouvernement se fout
complètement de la
Loi sur l'aménagement et de l'urbanisme.
Comment la ministre peut-elle justifier ce
virage à 180 degrés? Qu'elle se lève.
Le Président : Mme la... M.
le leader du gouvernement.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, dans le cadre du projet de loi qui a été déposé par mon collègue, le projet de loi n° 61, et je l'ai très bien expliqué hier aux
collègues des oppositions, ce qu'on fait, c'est qu'on accélère en amont
certaines procédures, notamment en matière d'expropriation.
Pour ce qui
est du dossier de la ligne bleue, il y a des articles particuliers prévus dans le projet de loi, avec un
régime particulier, parce que la
députée d'Anjou—Louis-Riel
sait très bien que le métro de la ligne bleue, notamment dans son comté, est promis depuis 40 ans, depuis les
gouvernements successifs, qu'ils soient libéraux et péquistes. Nous, on prend
les mesures, dans le cadre du projet de loi,
pour que ce métro-là se réalise. Et notamment elle sait qu'il y a des
difficultés avec les expropriations...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...présentement au niveau de la ligne bleue. On
veut régler la situation pour faire avancer le métro de la ligne bleue.
Est-elle d'accord avec ça?
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Mme Thériault : Oui. M. le Président, deux des
piliers fondamentaux de notre société, c'est la démocratie et la justice : le pouvoir de s'exprimer, le
pouvoir de choisir, le pouvoir de dire non, le pouvoir de contestation.
Dorénavant, n'importe qui pourra être exproprié sans pouvoir contester.
Ça me rappelle les expropriations de Mirabel.
La ministre
se rend-elle compte qu'avec ce projet de loi le droit à la propriété privée
sera aussi bafoué? Est-elle fière d'abdiquer ses responsabilités, elle
qui est la gardienne du monde municipal?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Je pense qu'il faut, M. le Président... Puis on aura la chance, encore une
fois, d'en parler. Je pense, c'est
une bonne période de réchauffement aujourd'hui, mais on aura la chance d'en
reparler. Les aménagements que l'on veut
faire sont dans le cadre de projets spécifiques. Et, lorsqu'on parle de
projets spécifiques, par exemple la ligne bleue, on a vu comment l'expropriation, par exemple, dans le
cadre du projet du REM se sont bien déroulées parce qu'il y a eu des aménagements dans ces projets-là qui ont permis de
faire l'expropriation et de bien dédommager les personnes qui étaient
sujettes à l'expropriation.
Donc, il y a d'autres façons de faire, que nous
voulons répliquer dans ce projet de loi là. Et je pense que...
Le Président : En terminant.
M. Dubé : ...l'expropriation de
la ligne bleue fait exactement
partie de cette approche-là.
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui, M. le Président. Avec le projet de loi n° 61, le gouvernement caquiste passe la gratte. Il
se donne d'énormes pouvoirs, les
collègues l'ont démontré durant la période de questions, du jamais-vu dans
notre État moderne. Depuis le régime de Maurice Duplessis, c'est sans
précédent, au Québec, c'est incontestable.
La cerise sur le sundae, M. le Président, c'est
l'article 51 du projet de loi, qui prévoit, tenez-vous bien, que le
gouvernement ne peut pas être poursuivi en justice pour l'exercice des pouvoirs
qu'il se donne. Dans nos lois, M. le Président,
ce type de clause existe pour protéger une personne qui fait des enquêtes, des
vérifications ou qui est nommée administrateur
provisoire. L'autre endroit où une telle clause existe, c'est dans la
Loi sur
la santé publique, et c'est pour appuyer les actions posées pour
protéger la santé de la population. Le gouvernement veut se donner une immunité
judiciaire pour toutes ses décisions, c'est du jamais-vu.
Pourquoi la ministre cautionne ce retour à Maurice
Duplessis?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président... Que d'exagération, M. le
Président! Le député de LaFontaine fait référence à Maurice Duplessis, hein, à l'époque où les moeurs politiques
étaient à tout le moins dissolues, douteuses. Savez-vous quoi, M. le Président? Moi, en début d'année, j'ai
entendu le député de LaFontaine lui-même plaider avec ardeur dans des entrevues pour dire que l'UPAC devait arrêter ses
enquêtes sur la gestion libérale. M. le Président, notre collègue, la défunte
Sylvie Roy, s'est levée pendant deux ans
ici, à l'Assemblée nationale, face au gouvernement libéral, pour demander une
commission d'enquête...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Jolin-Barrette : ...une commission d'enquête sur l'industrie de la
construction. Son gouvernement, auquel il a adhéré, d'ailleurs,
lorsqu'il s'est présenté, a plaidé contre, contre une commission d'enquête. Et
lui fait référence à Maurice Duplessis avec notre
formation politique? Je pense que le député de LaFontaine, sérieusement,
devrait se questionner et faire un examen de conscience lorsqu'il dit en
janvier même...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...qu'il ne doit plus y avoir d'enquête
sur l'ancien premier ministre.
Le Président :
Première complémentaire... Question principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, à voir la réaction du leader du gouvernement, je pense qu'on
vient de toucher à quelque chose, là, de
névralgique. Il a été piqué au vif. Mais c'est les faits, M. le Président.
C'est sans précédent. Notre époque moderne, depuis la Révolution
tranquille de Jean Lesage, Parti libéral, nous nous sommes dotés de poids et contrepoids. Pourquoi le président du Conseil du trésor dit : On respecte toutes les lois, mais qu'il a besoin d'un projet de loi pour amender des lois qu'il respecte par ailleurs, M. le Président? Le poids et contrepoids, c'est ce qu'il n'y avait pas suffisamment dans l'époque de Maurice Duplessis. Poids et contrepoids, c'est ce
qu'on s'est donné comme société,
post-Charbonneau également, M. le Président...
Le Président :
...premier ministre.
M. Tanguay :
...pour faire en sorte de se donner, M. le Président, un équilibre et faire en
sorte que l'octroi de contrats soit fait
selon les meilleures règles de l'art. Et là on dit : On ne veut pas
toucher à ça, on veut juste réduire les délais, aller bien, bien, bien
vite, M. le Président...
M. Tanguay :
M. le Président, je peux-tu terminer tranquillement?
Président : M. le leader du gouvernement, je vais vous demander, s'il vous plaît, de ne pas interpeler. Vous n'avez
pas la parole, c'est le député de LaFontaine. Et je vous demande, à tout le monde, d'être attentifs, tant aux questions qu'aux réponses, s'il vous
plaît, c'est la norme. Il vous reste trois secondes, monsieur...
M. Tanguay :
La ministre de la Justice peut-elle se lever pour justifier ce retour à Maurice
Duplessis?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice...
Le Président :
Encore une fois, votre attention à tous, nous sommes en fin de période de
questions. À vous la parole.
Mme LeBel : Merci,
M. le Président. Je ne sais pas si
mon collègue de l'opposition va juger que j'ai une crédibilité quelconque quand je vais affirmer la chose
suivante : Je peux vous assurer que les enseignements, et les
consignes, et les règles qui découlent de la commission Charbonneau sont
très bien intégrés au sein de ce gouvernement.
Ceci
étant dit, je pense qu'il faut dégonfler un peu
la balloune de l'article 51. Je vais le lire, c'est important de
revenir à la base, hein? Mon collègue,
qui a une formation juridique, va comprendre. Que dit le code? «Le gouvernement, un ministre, un organisme [...] ou toute autre personne
ne peut être poursuivi en justice pour un acte accompli de bonne foi...»
Ceci n'est pas une immunité totale. Cette règle existe dans d'autres lois et
elle est tout à fait appropriée.
Ceci
étant dit, vous aurez le loisir d'en débattre en commission parlementaire. Et,
si on peut bonifier cette règle, comme on le fait avec les autres projets
de loi, on le fera.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
la rubrique, maintenant, Motions
sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre
de la motion suivante conjointement avec le leader du gouvernement, le
député de La Pinière, le leader du troisième
groupe d'opposition, la députée de Marie-Victorin et le député de
Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale affirme sa volonté indéniable de relancer l'économie du
Québec affectée par la crise sanitaire;
«Qu'elle
réitère la motion présentée par le gouvernement et adoptée le 27 mai[...],
qui affirmait que la relance
économique devait se faire — je cite — "sans affaiblir les protections
environnementales" — fin de la citation;
«Qu'elle affirme que
la relance économique doit également se faire en préservant entièrement les
droits fondamentaux des Québécoises et des Québécois;
«Qu'elle prenne acte du fait que le projet de loi
n o 61 a été présenté après le 15 mai [...] et que par
conséquent, son adoption avant l'ajournement de la période des travaux
nécessite le consentement unanime des membres de l'Assemblée nationale;
«Finalement,
que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de s'engager à collaborer
pleinement avec les partis d'opposition et les [députés indépendants et
indépendantes].» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président :
Consentement, sans débat. J'invite maintenant les leaders de me faire part du
vote de leurs formations respectives. M. le leader du deuxième groupe
d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Président : Cette motion est donc adoptée. Je reconnais
maintenant M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le ministre des Finances, le député de Pontiac, le député de Rosemont, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec déplore que la part des dépenses en santé couvertes par les
transferts canadiens en santé ait diminué de plus de la moitié depuis leur
introduction, passant de 50 % à 23 %;
«Qu'elle
demande au gouvernement fédéral de revoir rapidement le financement des
transferts canadiens en santé pour le
rehausser de manière significative pour la présente année et pour les années
subséquentes et en l'augmentant d'au moins 6 % et ce, sans
condition;
«Qu'elle réitère
toute l'importance du respect des compétences du Québec en matière de santé.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. J'invite les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes respectifs. M. le
leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Président : Cette motion est donc adoptée. Je reconnais
maintenant M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Pontiac, le député de Laurier-Dorion, le député de Rimouski,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le Mois de l'AVC qui se déroule en ce mois de juin;
«Qu'elle
rappelle que les accidents vasculaires cérébraux sont la troisième cause
prédominante de décès et l'une des principales causes d'incapacités
graves au pays;
«Qu'elle
reconnaisse que l'AVC a un impact majeur sur le plan de la mortalité et de la
morbidité en raison des conséquences
tant physiques que psychologiques ou sociales qu'il peut entraîner sur les
personnes de tous âges et ses proches;
«Qu'elle
rappelle qu'une urgence comme un AVC nécessite une intervention médicale
immédiate et que les gens qui en
ignorent les signes risquent de subir des conséquences encore plus graves,
comme une incapacité plus importante, voire la mort;
«Qu'en
ce sens, elle demande au gouvernement de poursuivre ses efforts afin que la
population du Québec soit mieux
outillée pour en reconnaître les signes pour agir vite selon les normes
internationales promues par la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC :
«V [comme] visage
est-il affaissé?;
«I pour incapacité
pouvez-vous lever les deux bras normalement?;
«T pour trouble de la
parole, trouble de [la] prononciation?;
«E pour extrême
urgence composez le 9-1-1.» Merci, M. le Président.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat.
Le Président :
Alors, j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leur groupe.
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe?
Président : Cette motion est donc adoptée. Je reconnais, à ce
moment-ci, M. le député de La Pinière.
Barrette : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
député de Rosemont, le député de René-Lévesque, le député de Chomedey, la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que parmi les
conclusions-phares du rapport de novembre 2015 de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics
dans l'industrie de la construction, la commission Charbonneau, il est pertinent de souligner :
la nécessaire autonomie à accorder aux donneurs d'ouvrage publics, hors de
toute influence politique, en ce qui a trait à l'adjudication des
contrats publics; et
le respect à accorder aux règles permettant à un donneur d'ouvrage public
d'établir les délais raisonnables de réception et d'analyse des
soumissions et d'adjudication des contrats, le tout, notamment en fonction de
l'importance financière et de la complexité du projet faisant l'objet d'un appel
d'offres;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse, à la lumière des conclusions de l'enquête
exhaustive et du rapport final de la
commission Charbonneau, que toute accélération des processus d'analyse et
d'octroi des contrats publics représente un risque accru de collusion et
d'inflation des coûts reliées à la réalisation desdits projets.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, puisque notre proposition d'amendement n'a pas été acceptée, il n'y aura
pas de consentement.
Le Président :
Pas de consentement.
Nous sommes maintenant
à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que
la Commission des transports et de l'environnement
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 44, Loi visant
principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements
climatiques et à favoriser l'électrification, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil législatif.
Président : À la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Tout à l'heure, j'ai bien
entendu les leaders des formations politiques et qu'ils souhaitaient que le projet de
loi sur la prescription soit
adopté rapidement. Peut-être, pour fins de réflexion, on pourrait avoir des échanges au courant de la journée, mais peut-être vous proposer déjà,
d'entrée de jeu, si on pouvait faire le
principe de ce projet de loi demain. Et, s'il y a consultations à avoir, on
pourrait peut-être faire les consultations la semaine prochaine, le temps de convoquer les groupes aujourd'hui. On pourrait déposer une motion de
consultation pour les groupes demain,
mais déjà on a du temps au salon bleu demain pour débuter le principe. Ça
pourrait être une option, M. le Président.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
On aura des échanges en ce sens-là, M. le Président, mais effectivement c'est
un important projet de loi, et on
veut qu'il avance rondement et qu'il soit adopté dans les meilleurs délais,
alors on aura des échanges, tout à fait.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe.
M. Nadeau-Dubois :
Je répète qu'on est très ouverts à procéder rapidement, et si c'est le type
d'accommodement qui est nécessaire
pour qu'on y arrive, on va vraiment l'envisager. On a juste... Le projet de loi
vient d'être déposé, ma collègue
députée de Sherbrooke va prendre le temps de le lire, confirmer que tout va
bien dans ce projet de loi, et on aura des
échanges au courant de la journée pour, souhaitons-le, arriver à ce genre
d'entente. On va juste faire les choses dans l'ordre et dans la rigueur.
Le Président :
J'entends le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : M. le Président, ça me donne le goût de danser, la musique est bonne,
alors nous allons l'étudier.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président, j'entends bien, donc nous aurons des échanges.
Une deuxième question
sur nos travaux, M. le Président. Lorsque le président du Conseil du trésor,
tout à l'heure, a déposé les amendements que j'ai fait parvenir hier soir aux
formations politiques, on a offert également aux
groupes d'opposition, si c'était souhaitable pour eux d'avoir une deuxième
rencontre de briefing technique, que ce soit aujourd'hui ou demain, donc
on l'offre aussi. Et j'ai cru constater qu'il y avait toujours plusieurs
interrogations dans le cadre de nos travaux
qui viennent de se terminer à la période des questions relativement au projet
de loi n° 61, alors on se rend disponibles, le président du Conseil
du trésor, pour répondre aux interrogations et d'ailleurs aussi, idéalement pour demain, déposer une motion en vue
de la consultation sur les groupes. À ce jour, on a reçu 36 groupes
du Parti libéral. Vous comprendrez, M. le Président, si on veut adopter le
projet de loi d'ici vendredi, il va falloir faire ça rapidement et peut-être
trouver une voie de passage, peut-être avec un nombre réduit de groupes. On va
discuter avec l'ensemble des oppositions, mais, si on pouvait adopter la motion
demain, ça nous permettrait déjà de convoquer
les groupes pour qu'ils puissent se préparer en vue d'auditions en commission
parlementaire la semaine prochaine.
Le Président :
Je comprends. Le message est maintenant passé, vous aurez l'occasion d'en
discuter.
La période des
affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour.
Je suspends les
travaux pour quelques instants. Merci à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
11 h 12)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux.
Et nous en sommes aux
affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Caire : Merci, Mme la Présidente. Pourriez-vous appeler l'article 44
de notre feuilleton, Mme la
Présidente, s'il vous plaît?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 44 du feuilleton,
conformément à l'ordre spécial adopté le 13
mai 2020, il est prévu que l'Assemblée complète l'étude et procède à l'adoption du projet de loi n° 213, Loi
concernant la Municipalité des
Îles-de-la-Madeleine, qui, le 27 mai
2020, a été déféré en commission
plénière. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, conformément à
l'article 108 de notre règlement, je fais motion afin que
l'Assemblée nationale se constitue en commission plénière.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, j'ai besoin de votre approbation, de
votre consentement concernant le vote de votre groupe. Alors, Mme la leader
adjointe de l'opposition officielle?
Mme Melançon :
Consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Consentement. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, j'imagine que vous consentez.
M. Arseneau :
Consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée, et, en conséquence, je vais suspendre
les travaux quelques instants afin de nous
permettre de nous constituer en commission plénière pour l'étude détaillée du
projet de loi n° 213.
Alors, je suspends
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 22)
Mme Gaudreault (présidente
de la commission plénière) : Alors, nous
reprenons nos travaux, et, conformément à la motion qui vient d'être adoptée et
conformément à l'ordre spécial adopté le 13 mai 2020, nous sommes réunis en commission plénière pour étudier
en détail le projet de loi n° 213, Loi concernant la Municipalité des
Îles-de-la-Madeleine.
Nous allons
donc dès maintenant entreprendre l'étude détaillée du projet de loi, et, si
vous avez des remarques préliminaires, Mme la ministre des Affaires
municipales et de l'Habitation, je vous céderais la parole.
Mme Laforest :
Alors, merci, Mme la Présidente. Ça me fait plaisir de présenter le projet de
loi concernant la municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Évidemment, je
comprends la situation. Ce PLIP là, ce projet de loi là, évidemment, concernant le logement et l'habitation
aux Îles était vraiment prioritaire dans nos délais, alors on a essayé de
le passer rapidement. Je remercie mes
collègues, évidemment, et on pourrait commencer
article par
article dès que
vous êtes prête.
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, pour vos remarques
préliminaires.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente.
Évidemment, Mme la Présidente, heureuse de pouvoir travailler à l'avancement de ce projet de loi là. Vous savez
que, présentement, il y a probablement plus de Madelinots à l'extérieur des Îles-de-la-Madeleine, particulièrement dans le
comté de ma collègue de Verdun, je sais qu'il y en a aussi dans mon
comté, Mme la Présidente. On vit une situation particulière, ce qui est un peu
dommage, parce que j'adore les Îles.
Je dois dire
que je me suis entretenue avec le maire des Îles-de-la-Madeleine, qui vous
salue, Mme la Présidente, qui salue
les parlementaires, M. Jonathan Lapierre. Je viens juste de lui parler,
avant qu'on débute. Évidemment, nous sommes
tous conscients qu'aux Îles-de-la-Madeleine il y a un facteur très particulier,
le facteur de l'insularité, qui fait que, lorsque les gens ont besoin de
rénover leur maison, quand ils ont besoin de faire de la construction, tout
coûte plus cher : il faut
importer les matériaux de construction, il faut importer les armoires, il faut
importer les bains, il faut importer... on importe tout, Mme la Présidente. Évidemment, ça arrive, la plupart du
temps, par bateau, donc, ce qui fait qu'il y a des coûts
supplémentaires. Puis là je ne vous parle pas de la main-d'oeuvre, parce qu'un
coup que tu t'en vas aux Îles-de-la-Madeleine
on comprend que tu dois rester là, donc la main-d'oeuvre coûte beaucoup plus
cher. Il a été prouvé que ça coûte plus cher, le député aura
certainement l'occasion de pouvoir en parler.
Donc, le projet de loi qu'on a devant nous, qui
est parrainé par le député des Îles, c'est un projet de loi pour faire en sorte
qu'on donne la possibilité aux Madelinots d'avoir des subventions. On sait
également qu'il y a eu un incendie qui a fait que les HLM ont passé au feu,
donc les gens se sont ramassés à la rue. La rareté de logements aux
Îles-de-la-Madeleine fait qu'on doit se préoccuper de la question, et le maire
entend bien dégager des montants d'argent à
même ses budgets pour pouvoir aider financièrement les gens à rénover ou à
faire des logements, donc c'est la raison pour laquelle on est ici.
Ce n'est pas la première fois qu'on fait un
projet de loi comme ça, Mme la Présidente, c'est important de le rappeler. Nous avons eu l'occasion de parler de la
loi n° 207 à Murdochville, la loi n° 205
à Gaspé. Oui, la Gaspésie et les
Îles-de-la-Madeleine sont deux
régions où on a dû faire des particularités sur des projets de loi pour pouvoir
permettre aux municipalités de subventionner, particulièrement de par
l'éloignement ou l'insularité, le fait qu'il y a des coûts supplémentaires et le fait qu'il y a, évidemment,
une crise du logement qui est très grave dans ces deux régions-là. Donc,
voilà pourquoi on est ici, et nous serons
très heureux à collaborer à adopter rapidement le projet de loi, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, M. le député de
Laurier-Dorion, est-ce que vous avez des remarques préliminaires?
M. Fontecilla :
Quelques-unes, très rapidement. Merci, Mme la Présidente. Donc, je suis très
heureux d'être ici pour appuyer ce
projet de loi concernant la municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Et, comme ça
a déjà été dit, ce n'est pas la
première fois qu'on a devant nous un projet de loi de cet ordre-là visant à
octroyer aux municipalités davantage de
pouvoirs visant le développement du logement. Cela témoigne d'une situation
excessivement préoccupante partout au
Québec, même dans des régions aussi éloignées que les Îles-de-la-Madeleine. Ça
ne concerne pas seulement les grands centres
urbains comme Montréal, Québec, Sherbrooke, etc., mais ça concerne aussi des
petites municipalités. Et donc ça nous appelle à innover, à se préoccuper de
cette question-là, à présenter des solutions, des propositions qui peuvent
réabsorber cette crise du logement qui
concerne spécifiquement des gens, des familles qui ont beaucoup, beaucoup de
difficultés à se loger. Et, pour les régions
éloignées telles que les Îles-de-la-Madeleine, la question du logement
constitue un facteur excessivement important pour le maintien et
l'attraction des nouvelles familles dans ces régions-là.
Donc, je suis très heureux, encore une fois, de
pouvoir participer à l'adoption de ce projet de loi là. Merci.
Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. D'abord, M. le député Îles-de-la-Madeleine, je dois m'excuser. Parce que vous
êtes l'auteur et c'est vous qui présentez ce projet de loi, vous auriez dû être le premier à présenter vos remarques
préliminaires. Alors, toutes mes excuses, et maintenant je vous cède la parole.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Alors, les derniers seront les premiers. Et je suis, en fait,
heureux d'entendre mes collègues et de voir
que l'ensemble des partis se sont entendus pour prioriser, dans le menu
législatif, là, qui était quand même
intense pour la reprise des travaux, donc, ce projet de loi qui est de la plus grande
importance pour la communauté des
Îles-de-la-Madeleine, pour la municipalité, mais évidemment, au premier chef,
pour les résidents des Îles-de-la-Madeleine.
On a évoqué
le fait qu'on vit une pénurie de logements. Elle est réelle et elle se vit de
façon importante et même dramatique chez des dizaines, voire des centaines
de personnes qui sont aux prises avec la période estivale où souvent,
parce qu'une certaine pression touristique fait que les gens préfèrent louer le
parc de logements locatifs à la clientèle touristique...
et on a des résidents qui, eux, se retrouvent en quelque sorte à la rue pendant
un certain nombre de semaines, même de
mois, pendant l'été et qui doivent se magasiner un abri de fortune, une
roulotte ou un autre logement temporaire, le temps de la saison touristique, pour ensuite regagner le parc
immobilier qui devient disponible avec le retour à une saison plus tranquille, à l'automne. Cette situation-là,
elle a commencé il y a nombre d'années, mais elle s'est accentuée avec
le développement touristique des dernières années, avec l'augmentation de
l'achalandage.
Et un autre
facteur qui devient aussi extrêmement préoccupant, c'est en même temps une
bonne nouvelle, c'est que les Îles-de-la-Madeleine, avec tous les efforts qui ont été consentis et
déployés pour inverser la tendance démographique à la baisse, on a
réussi, donc, depuis quelques années, après maints efforts, à favoriser une
migration positive vers les Îles-de-la-Madeleine, mais le facteur d'attraction numéro un,
évidemment, ou la condition, plutôt, pour s'établir, c'est la disponibilité du logement. Les gens qui souhaitent
venir chez nous vont le faire parfois pour un contrat, un contrat d'un an,
pour une durée de cinq ans, pour la vie, on le souhaite, qu'ils vivent le
plus longtemps possible chez nous, mais la première étape, souvent, c'est une
étape exploratoire. On a besoin de se louer un logement, et ils sont
essentiellement extrêmement, extrêmement rares. On a un taux d'inoccupation de
1 %, ce qui est évidemment très, très bas.
Alors, pour
combler ce manque, cette pénurie de logements, il faut favoriser la
construction de logements locatifs à
longueur d'année, à l'année, et malheureusement ce n'est peut-être pas aussi
rentable pour un promoteur de construire un logement pour des résidents et le louer à l'année, alors que, pendant
la saison touristique, on pourrait essentiellement, en l'espace d'une
semaine, obtenir le même revenu qu'on aurait pour un logement locatif à
l'année, par mois. Vous comprenez qu'on a
besoin d'avoir un petit incitatif supplémentaire, surtout, comme l'a mentionné
ma collègue, que les frais de développement d'un projet immobilier sont supérieurs. On parle
d'un surcoût lié à l'insularité de l'ordre de 30 % à 60 % aux Îles-de-la-Madeleine. Alors,
le programme que cette loi-là permettra à la municipalité des Îles-de-la-Madeleine de mettre en place pourra donc amenuiser la différence entre le coût de construction dans
le Québec continental et aux Îles-de-la-Madeleine et favoriser le
déploiement de nouveaux projets pour les résidents de chez nous. Merci.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Alors,
nous allons débuter l'étude détaillée. Alors, je vous recède la parole pour la
lecture de l'article 1 du projet de loi.
M. Arseneau :
«1.
Malgré la
Loi sur l'interdiction des subventions municipales (chapitre
I-15), la municipalité des
Îles-de-la-Madeleine peut adopter par règlement un programme visant à favoriser
la construction, la rénovation et la location annuelle de logements
locatifs servant à des fins résidentielles.
«L'aide prévue au programme ne peut servir au
bénéfice de logements loués en tout ou en
partie à des fins touristiques.»
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il des interventions suite à la lecture de
l'article 1? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui,
merci, Mme la Présidente. Je trouve intéressant qu'on ait ajouté que l'aide
prévue au programme ne pourra pas servir au
bénéfice de logements loués pour des fins touristiques. Évidemment, je pense
que le collègue des
Îles-de-la-Madeleine a bien dit que l'enjeu, c'est le logement pour que les
gens demeurent là en tout temps. Et
il est évident que, pour les fins touristiques, il y a eu une augmentation
considérable des Airbnb dans l'archipel, ce qui fait en sorte que ça a
contribué à retirer du logement locatif pour les résidents de l'île, pour les
Madelinots.
Donc,
il est évident que d'exclure ici volontairement... félicitations, parce que
c'est une
partie du problème qui est réelle.
Donc, ça permet de pouvoir aller de l'avant et s'assurer que ça soit vraiment
les Madelinots qui puissent bénéficier de l'aide qui sera accordée par
la ville par ce projet de loi là.
Lorsqu'on
regarde... quand on a fait pour Gaspé, là, tu avais l'inverse, tu avais et pour
les travailleurs qui venaient travailler et pour développer le tourisme. Donc,
on voit qu'on est capables d'adapter nos lois en fonction des enjeux.
Et, dans ce cas-ci, pour les îles, on voit que c'est vraiment les insulaires
qu'on veut favoriser. Donc, c'est très bon.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Bien, je veux renchérir sur ce qui a été dit, parce que je pense que cet
article-là, il était essentiel parce qu'on ne pouvait mettre en place
des mesures de construction d'immeubles à des fins touristiques. Il faut absolument l'interdire. C'est le coeur, en fait,
de la problématique et c'est la raison pour laquelle on a prévu que ça exclue
en tout ou en
partie les fins touristiques,
parce que c'est de notre monde, chez nous, dont il faut s'occuper dans ce
projet de loi là. Et je pense que
cette mesure-là, elle est absolument essentielle. Et c'est la raison pour
laquelle aussi, on le verra un peu
plus tard, en collaboration avec la municipalité, on a vu que ce programme-là,
il devait aussi être subventionné
à travers les fonds municipaux.
Alors,
évidemment, on va collectivement, comme contribuables madelinots, pouvoir
contribuer à régler une
partie de la problématique des gens souvent les
plus vulnérables, souvent ceux qui n'ont pas, justement, les moyens de se payer une hypothèque ou d'investir, les familles
de nouveaux arrivants ou qui sont de retour et qui doivent, pendant un certain temps, quelques mois ou quelques années,
prendre un logement, s'installer et ensuite, probablement, se faire un petit
capital pour investir, parce qu'il faut quand même le dire qu'aux Îles-de-la-Madeleine
il y a une forte proportion des gens qui
sont propriétaires et qui veulent évidemment réaliser... Il y a des gens qui
veulent réaliser leur rêve d'avoir une maison bien située avec vue sur
la mer, mais souvent il y a une période de transition qui nécessite d'avoir des
logements locatifs, et c'est très, très
clair qu'il faut que ça exclue toutes fins touristiques, parce que,
pour ça, on a déjà un parc pour répondre à cette clientèle-là.
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député. Maintenant, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. C'est intéressant,
cette exclusion des logements loués en tout ou en
partie à des fins touristiques. Évidemment, depuis
quelques décennies déjà, là, mais particulièrement depuis quelques années,
on connaît une explosion de l'industrie
touristique. C'est une bonne chose. Les gens voyagent énormément. Bon, là, on a
connu, disons, une petite pause. Combien de
temps ça va durer, on ne le sait pas, mais on peut prévoir qu'à moyen terme la
question du tourisme, le développement touristique va continuer à se
développer. Et ça affecte des endroits très touristiques
comme les Îles-de-la-Madeleine, mais ça affecte l'ensemble des grandes villes et
des villes touristiques au Québec et ailleurs dans le monde.
À Montréal,
on calcule qu'il y a entre 5 000 et 7 000 logements qui sont
retirés du marché locatif pour être loués sur les plateformes d'hébergement temporaire comme Airbnb et d'autres, parce qu'il y en a d'autres. Et donc c'est un
nouveau type de commerce qui se fait au détriment des populations locales et ça
affecte tout aussi des grandes villes comme
Montréal, Québec, ou des petites municipalités, comme les Îles-de-la-Madeleine,
où les effets sont encore plus visibles,
parce que, dans des grands centres, c'est un peu difficile de savoir qu'est-ce
qui est un hébergement touristique temporaire
et qu'est-ce qui ne l'est pas, mais, dans des endroits avec moins de
population, c'est très facile, c'est très visible comme phénomène, là.
Donc, ce type de développement de ces
plateformes-là vient avec le développement de différents types de plateformes comme Uber, l'économie collaborative,
de partage, qu'on appelle. Et des fois on se demande qu'est-ce qu'elle a de
partage, mais c'est plutôt des développements qui se font au détriment des intérêts des populations, des populations locales.
Donc, ça nous
appelle à une réflexion approfondie sur le développement touristique, sur
ses effets délétères, parce qu'il n'y
a pas que des bons effets, il y a des effets qui peuvent être négatifs. Et un
des effets négatifs, très clairement négatif, c'est le développement des plateformes d'hébergement temporaire qu'on
doit sévèrement réguler, voire interdire dans certaines villes comme
Montréal ou comme Québec.
Dans la ville
de Québec, le Vieux-Québec est à toutes fins pratiques exclu pour la population
locale, ce qui est un non-sens. La
ville de Québec, l'ensemble de la ville de Québec, surtout le Vieux-Québec,
devrait être accessible en termes de logement à la population de cette
ville-là, mais ce n'est pas le cas.
Donc, on voit
que le développement touristique, oui, on doit l'encourager, mais
aussi on doit contrôler et réguler certains aspects qui se développent
au détriment des intérêts des populations locales.
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, y a-t-il d'autres interventions? Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. J'aimerais mentionner et dire, pour
information, que la réglementation
pour l'hébergement touristique à
court terme, le 1er mai, a été changée par ma collègue au Tourisme. Alors,
c'est important de voir qu'on donne
plus de pouvoirs aux municipalités, évidemment, pour les résidences
principales. Donc, celles-ci sont obligées de s'inscrire. Puis, si les
municipalités veulent restreindre cette pratique, alors, maintenant, elles ont
beaucoup plus de pouvoir. Alors, c'est important de le mentionner, ça vient
juste de passer. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est moi qui vous remercie. Maintenant,
j'inviterais les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leur groupe sur cet article. Alors, madame... On va
débuter par M. le leader du troisième groupe d'opposition.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le député de Laurier-Dorion?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cet
article est adopté. Je vous recède la parole, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Pour
l'article 2 : «L'aide financière accordée en vertu du programme visé
à l'article 1 peut, notamment, prendre la forme d'un crédit de taxe, d'une
subvention ou d'un prêt.
«Sous réserve
des articles 3 à 6, les conditions et modalités relatives à l'application
de ce programme sont fixées par un règlement adopté par le conseil
municipal.»
Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des interventions? Il n'y en a pas. Alors, je demande aux
leaders de m'indiquer le vote de leur groupe sur cet article.
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le député de Laurier-Dorion?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, l'article 2 est adopté. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Article 3 :
«La période d'admissibilité au programme visé à l'article 1 ne peut
dépasser le 31 décembre 2025.»
Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des commentaires, interventions? M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, je
pense que c'est une bonne idée de
baliser le programme au départ. On se donne une période de cinq ans. Et vous comprendrez que, si le projet de loi est adopté, le temps que le règlement municipal
soit également adopté, que les
promoteurs puissent imaginer des projets, les mettre en chantier, et tout ça,
on a encore plusieurs mois devant nous avant
d'avoir les premiers effets d'un projet
de loi comme celui-là. Donc, on peut
penser qu'il y aura une
période d'environ quatre ans pour réaliser un certain nombre de projets.
Et, nous, ce
qu'on souhaite, c'est à la fois susciter un certain engouement pour ce projet
en disant : On a des balises, qui
sont celles de l'horizon 2025. Mais, en même temps, vous verrez un peu
plus tard que, si le programme donnait des résultats positifs et si la
demande continue, ce qu'on souhaitera certainement, c'est pouvoir le prolonger
un peu.
Alors, sous
réserve, là, de l'approbation des différents articles du projet de loi, on est
évidemment d'accord avec une
balise 2025, mais avec une certaine flexibilité dans le développement de
projets à venir ou plus tard, au-delà de cette date.
Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il d'autres commentaires, interventions? M. le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Mme
la Présidente, en fait, je voudrais poser une question au député des
Îles-de-la-Madeleine. Ce programme-là, il est envisagé... Quels sont les
besoins, en fait, en termes de logements? Combien de logements,
idéalement, idéalement, parce que la réalité et l'idéal, c'est deux choses
différentes, faudrait-il construire d'ici 2025? Est-ce qu'il y a des estimés
dans ce sens-là?
La Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Bien, évidemment, les projections qui ont été faites en lien avec, par
exemple, la stratégie d'attraction
des personnes qui est en développement actuellement aux Îles-de-la-Madeleine,
donc, les évaluations font état d'une
centaine de nouvelles personnes qui pourraient venir à chaque année. C'est
l'objectif à atteindre. Et, conséquemment, il est calculé par une firme, LGP
stratégies, qui a regardé l'ensemble du portrait immobilier aux Îles-de-la-Madeleine, qu'il serait tout à fait
possible d'absorber une centaine de logements locatifs, donc d'appartements,
par le... bien, en fait, par clientèle
actuelle, par... et à venir, c'est-à-dire, là, par la population locale des
Îles-de-la-Madeleine. On parle d'une
centaine de logements. C'est à la fois la capacité d'absorption évaluée du
milieu et c'est aussi un objectif à atteindre.
La Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Vous avez un
autre commentaire? Allez-y.
M. Arseneau :
...simplement pour relativiser, en complément d'information, lorsqu'on parle
ici d'une centaine de logements, il faut
penser que le parc immobilier, à
l'heure actuelle aux Îles-de-la-Madeleine, comporte 5 400 logements, dont 85 % sont essentiellement des maisons
unifamiliales. Alors, lorsqu'on parle d'une centaine de logements, c'est un
apport significatif, là, pour une population de 12 600 habitants.
La Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Mme la
Présidente, vous savez que le diable
se cache dans les détails quelquefois. Lorsqu'on a adopté le projet
de loi n° 207 et le projet de loi n° 205, on les adoptés au mois de décembre
avec une date de fin, avec décembre 2025, donc cinq ans pile. Là, on est en
train de faire la même chose pour les Îles-de-la-Madeleine, et la même date a été reprise, soit décembre 2025. Il
m'apparaît peut-être opportun de vérifier s'il n'y
a pas la possibilité de faire juin 2026, d'autant plus qu'on sait que, l'hiver, on ne
construit pas, ce qui permettrait de donner un peu plus de temps.
j'ai comme l'impression qu'il y a eu un copier-coller qui a été fait, parce que,
la plupart du temps, on va s'inspirer des autres projets de loi qui ont déjà été
faits. Donc, je ne sais pas s'il
faut que je prépare un amendement
en bonne et due forme. Peut-être
que, du côté de la ministre, on pourrait nous indiquer si c'est recevable.
Moi, je pense que c'est correct, là, ça permet juste de donner un peu plus de latitude, parce que c'est du copier-coller sur ce qu'on a fait dans
les 205 et 207.
Donc,
au lieu de mettre une date de fin avec le 31 décembre 2025, ce qui
était tout à fait logique sur projets de loi 205 et 207, 31 décembre 2025, puisqu'on
est déjà en 2020 au lieu de 2019 puis qu'on a déjà
fait cinq ans pile pour ces deux
projets de loi là, mais je pense qu'il apparaît opportun de faire
30 juin 2026 pour permettre vraiment d'avoir le même laps de temps d'un projet de loi à l'autre. Donc, si on doit
préparer un amendement, ça me fera plaisir de le préparer.
La Présidente
(Mme Gaudreault) : J'aimerais vous entendre suite à cette proposition
de Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bien, en fait, l'élaboration du projet de loi a été faite en collaboration complète entre le bureau de circonscription, la municipalité des Îles et le
ministère, évidemment, des Affaires municipales et de l'Habitation. La date qui avait été inscrite semblait convenir aux
requérants, et nous, on la voyait aussi comme étant opportune avec les balises que j'ai mentionnées tout à l'heure, avec
la possibilité d'un prolongement. Mais moi, je ne suis pas contre le fait
d'y aller pour un cinq ans pile, parce que
l'idée, c'est de se donner le temps de recevoir des projets. Si la ministre a
un point de vue là-dessus, j'aimerais l'obtenir.
La Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la ministre.
Mme Laforest :
En fait, vous avez raison, la députée d'Anjou—Louis-Riel a raison, parce que les autres projets
de loi, n° 205, n° 207,
mentionnaient les mêmes dates de fin. Donc, on fonctionne avec la fin des
exercices financiers des municipalités.
La municipalité était tout à fait à l'aise,
tout à fait d'accord avec cette date-là. Je pense qu'on devrait plutôt
la laisser, parce que les autres projets de loi, comme Gaspésie, qu'on vient d'accepter récemment, ont cette date de fin également, puis les trois
projets de loi sont similaires.
Donc,
nous, ce qu'on pense, c'est de les laisser les trois comme ça. Mais, ceci
étant, il y a une réflexion à avoir aussi, parce qu'on sait que les taux
d'inoccupation dans certaines régions sont très bas. Alors, il y a une certaine
réflexion à avoir aussi qu'on ne commencera
peut-être pas, pour nous, à changer toujours les dates de fin, mais plutôt à
accélérer la construction de logements,
c'est ce qu'on fait, et évidemment on est en négociation, vous le savez, pour
le logement partout au Québec.
Alors, on
croit que les trois projets de loi étaient nécessaires. Mais, ceci étant,
considérant que la ville est d'accord avec
cette date de fin là et que les trois projets de loi sont finaux à cette date,
moi, je les laisserais comme ça, parce que la municipalité était
d'accord.
contre, c'est important de voir que, si on a d'autres demandes de d'autres
municipalités, bien là, il faut voir est-ce
qu'on ne ferait pas un projet de loi pour toutes les municipalités qui sont en
taux d'inoccupation comme ça. Donc, on n'est pas rendu là aujourd'hui
parce qu'on a juste la demande de ces trois municipalités-là.
Moi, je le
laisserais comme ça, bien entendu, à moins que le député des Îles voie une
possibilité, parce que, dans le fond,
s'il y a une demande de reconduction, bien, on peut demander tout de suite, on
peut proposer une autre date de fin. Ça
fait que la date, oui, c'est le 31 décembre 2025, mais, s'il y a une
problématique de construction ou encore de taux d'inoccupation, on peut
prolonger la date à ce moment-là.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente. Vous
allez me permettre d'insister un peu, parce que je comprends qu'on veut faire
comme les autres projets de loi, sauf que les autres projets de loi ont déjà
été adoptés, alors que celui-là, il
n'est pas adopté, ce qui donne un six mois de retard. Puis tout le monde qui
fait de la construction comprend très
bien que, lorsqu'on a fait le projet de loi, au mois de décembre, on avait le
temps de tout lancer les projets, de faire les appels d'offres, de faire les appels de proposition, de donner les
soumissions puis de lancer les projets au printemps. Là, on est au début du mois de juin, donc il est
évident que, quand tu vas faire tes affaires, quand bien même que tu fais
tous tes appels d'offres, tous les lancements puis que tu reçois toutes tes
propositions, on ne construit pas l'hiver.
Donc, je me dis, je trouve ça plate parce que,
quelque part, le fait que la municipalité, on présente le projet de loi six
mois après, bien, dans les délais de construction, c'est hyperimportant, tout
le monde va vous le dire. Puis, honnêtement,
Mme la Présidente, je viens d'envoyer un message au maire, je peux vous le
lire : «Aimerais-tu une date de fin juin 2026?» «Oui, minimum cinq
ans.»
Donc là, avec
le projet de loi qu'on a devant nous, ça donne quatre ans et demi, et le temps
de construction est vraiment
impor