House Proceedings — 2 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-12-02
Quebec — Debates (Hansard)
M. Birnbaum : Mme la Présidente, celui qui sauve une seule vie
sauve le monde entier, peut-on lire dans le Talmud. Maxime Chartier,
33 ans, de Mascouche, a sûrement sauvé le monde le 13 novembre
dernier.
Cet homme
courageux, de retour progressif, lui-même, au travail à la suite d'une
dépression, n'a pas hésité une seconde,
il est intervenu en urgence pour sauver la vie de Cindy Perron. Maxime a
répondu à la seconde qu'il a lu un tweet accidentellement partagé par Cindy, qui n'en pouvait plus, qui était
prête à passer à l'acte ultime et à mettre fin à sa vie.
Elle
dit, et je la cite : L'intervention de Maxime m'a sauvée.
Que cette Assemblée dise : Merci, Maxime.
Qu'à son honneur on s'engage solennellement à intervenir, chacun de nous aussi, quand quelqu'un
autour de nous est en détresse. Qu'on s'engage, nous aussi, à intervenir pour
les sauver; enfin, pour sauver le monde.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert : Merci, Mme
la Présidente. J'aimerais souligner
qu'une entreprise de ma circonscription célèbre son 25e anniversaire
le coeur sur la main. Il s'agit de Sports Trans-Action, dans l'arrondissement
de Fleurimont.
En plus de
vendre des articles de sport neufs et usagés, la boutique offre des services de
location, d'entretien et de réparation.
L'initiative
de Sports Trans-Action s'intitule 25 actes de bienfaisance pour
25 ans de fidélité. Nouveaux propriétaires depuis le printemps 2019, Nicolas Anctil,
Yannick Charbonneau et Samuel Benoit remercient ainsi leur fidèle
clientèle en redonnant à la collectivité. Parmi les actions accomplies avec
leur personnel et leurs partenaires, je signale une participation au Panier de l'espoir de la Fondation
Rock-Guertin, des initiatives gratuites d'enfants à la pratique sportive ainsi
que des services et des dons en matériel à des écoles et à des
organismes. Ces gestes s'inscrivent dans la tradition familiale du commerce,
que la nouvelle direction a voulu poursuivre en imprimant sa marque de
reconnaissance dans le milieu.
veux donc féliciter les propriétaires et le personnel de Sports Trans-Action
pour leur implication dans la communauté. Bon 25e!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un ami, El Mahdi Ziani, un homme
infatigable, un homme tellement dévoué, mais qui nous a quittés beaucoup trop
tôt. À l'âge de 42 ans, il a perdu sa bataille face à un cancer qui
l'a frappé de façon foudroyante, et en quelques jours il nous a quittés.
El Mahdi
était un militant infatigable qui voulait vraiment s'assurer que tout le monde trouve sa place. À travers son
implication à la présidence de l'association Mémoires et Dialogue, il a fait
une série d'événements pour que les gens de la communauté juive et
musulmane se rencontrent. À chaque fois qu'il croisait un jeune qui, des fois,
avait besoin d'orientation, bien, il s'en
occupait, peu importe son origine. À la ville de Saint-Constant, là où il résidait,
il passait son temps à s'impliquer dans différents comités, toujours
présent pour aider des concitoyens, et ce, malgré qu'il ait plusieurs
enfants et une épouse.
Cher El Mahdi, tu nous quittes, aujourd'hui, et
c'est une grande tristesse. Sache qu'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, on reconnaît tout ce que tu as fait
pour la communauté à Montréal, Québec, au Canada et, bien sûr, au Maroc. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de Masson.
M. Lemay : Mme la
Présidente, je souhaite souligner aujourd'hui l'exploit de Samuel Trudel, un athlète de ma circonscription, car, au courant de l'été, M. Trudel s'était
lancé comme défi personnel de courir 100 kilomètres, oui, oui, 100 kilomètres en une seule course. Donc, il
profita de l'occasion pour s'associer avec Uniatox, un organisme communautaire en toxicomanie,
pour organiser une levée de fonds à travers ce grand défi.
C'est donc le
8 novembre dernier, après des mois d'entraînement, qu'est venu le grand
jour. M. Trudel dut courir 20 boucles
de cinq kilomètres, sous les encouragements de ses proches. Alors, il réussit, Mme la Présidente, un véritable exploit physique et mental parce qu'il termina
cette épreuve en 7 h 33 min, soit à peine quelques minutes de
plus que l'objectif qu'il s'était fixé. Alors, il réussit à récolter
près de 4 000 $ pour
l'organisme. Et vous savez, Mme la Présidente, à quel point
nos organismes communautaires ont besoin de ces fonds en cette période de pandémie.
Alors, pour
terminer, j'aimerais remercier M. Trudel ainsi que tous ceux et celles qui
ont fait des généreux dons pour cet organisme communautaire. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Sans plus tarder, je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Mme la Présidente,
la centralisation des soins de santé dans les centres régionaux oblige de plus en plus les patients à effectuer des déplacements
sur de longues distances et à débourser des coûts additionnels importants.
À
titre d'exemple, des patients de La Matanie
et de La Matapédia qui doivent suivre des traitements en hémodialyse
doivent se rendre impérativement au centre hospitalier régional de Rimouski
trois fois par semaine pour des séances de plusieurs heures chacune. Selon leur point de départ, les patients
parcourent plusieurs centaines de kilomètres par semaine, beau temps, mauvais temps. Si certains se
résignent à déménager et à quitter leurs familles, d'autres refusent et
décident de se laisser tranquillement mourir. Cela a une incidence
majeure sur leur qualité de vie et celle de leurs proches.
Tout comme
c'est le cas au centre hospitalier de Saint-Anne-des-Monts depuis trois ans
déjà, les centres hospitaliers de La Matanie
et de La Matapédia doivent pouvoir offrir les services d'hémodialyse pour réduire
les déplacements obligés vers Rimouski et ainsi améliorer la qualité de
vie des citoyens déjà grandement éprouvés.
Le ministère de la Santé doit permettre une
meilleure accessibilité et une équité des soins en hémodialyse aux patients de
ma région. C'est ma demande au ministre de la Santé. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Labelle.
Mme Jeannotte :
Merci, Mme la Présidente. Dans le cadre des 12 jours d'action contre la
violence faite aux femmes, il est essentiel de soutenir tous les efforts pour
protéger les victimes.
Au Québec, beaucoup
d'hommes ont évolué, mais il reste du chemin à faire. C'est pourquoi je veux
saluer le travail de la Maison Lyse-Beauchamp, de Mont-Laurier, qui offre depuis
20 ans des ateliers aux hommes en difficulté. À travers les activités de
groupe, on propose des sorties de crise sans violence. Selon Michel Bolduc, le
directeur de la Maison Lyse-Beauchamp, il faut aider les hommes à se défaire
des stéréotypes et des mythes qui les empêchent de demander de l'aide. Des
ressources existent, il n'y a pas de honte à les consulter.
Dans la prévention de
la violence faite aux femmes, les hommes font
partie de la solution. Aujourd'hui, Mme la Présidente, j'invite les gentlemen de cette Assemblée et de
tout le Québec à se montrer solidaires et à promouvoir les relations égalitaires et respectueuses envers
les femmes. C'est unis que nous éradiquerons le fléau des violences faites
aux femmes et aux filles. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. Et j'aimerais aujourd'hui prendre la parole pour souligner l'importance des initiatives en
sécurité alimentaire dans ma circonscription.
remercie du fond du coeur les organismes communautaires et les bénévoles. Ces
organismes ont non seulement dû
assumer une forte hausse de la demande en aliments avec un financement très
limité, mais, surtout, ils ont accueilli avec beaucoup de dignité de
nombreuses personnes qui se tournaient pour la première fois vers l'aide
alimentaire.
J'aimerais
souligner toutes les initiatives d'entraide mutuelle qui ont vu le jour dans
Parc-Extension et Villeray au cours des derniers mois. Que ce soient des
voisins qui offrent d'aller prendre une marche avec une personne seule qui a
besoin de ventiler ou encore une troupe de bénévoles qui vont distribuer des
repas chauds avec de l'argent récolté dans le voisinage, ça fait
vraiment chaud au coeur et ça me rend très fier d'être député de Laurier-Dorion.
Finalement,
je rappellerais qu'en cette année bien spéciale les efforts de collecte de
denrées alimentaires et de dons sont plus difficiles que jamais, alors
j'invite la population à donner généreusement. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Beauce-Nord.
M. Provençal :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. L'année qui se termine aura été marquante
pour un jeune Beauceron qui grâce à sa
persévérance et détermination, accompagné du soutien indéfectible de sa famille,
vient de vivre une magnifique aventure.
effet, notre jeune prodige, Raphaël Lessard, 19 ans, de
Saint-Joseph-de-Beauce, a fait sa marque, cette année, sur le circuit
NASCAR. Au sein de l'équipe KBM, dans la série des camionnettes, Raphaël
termine sa saison avec une victoire,
termine quatre fois dans le top 5 et six fois dans le top 10. Au
classement final, il termine 12e. Quand même pas mal pour un jeune homme
qui a remporté sa première course automobile à 12 ans, soit bien avant
d'obtenir son permis de conduire.
Raphaël passe
maintenant à l'équipe GMS Racing pour la saison 2021. Bien que confirmé
pour 12 courses sur 22 l'an
prochain, nous osons croire que d'autres partenaires beaucerons et québécois
souhaiteront l'appuyer pour qu'il puisse participer à l'ensemble de la
saison. Félicitations, Raphaël, et bon succès pour la suite des choses!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Pour conclure cette rubrique,
je cède la parole à M. le député de Beauharnois.
M. Reid : Merci, Mme la Présidente. C'est avec grande
tristesse que j'ai appris le décès tragique de M. Denis Poirier, un artiste formidable de Salaberry-de-Valleyfield.
J'invite d'ailleurs les citoyennes et citoyens du comté de Beauharnois à se joindre à moi pour offrir
toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches.
Denis Poirier était un sculpteur
extraordinaire, un professeur aguerri, mais surtout un homme inspiré et
inspirant.
Malgré un terrible
accident survenu en Thaïlande il y a 15 ans, il a toujours su faire preuve
de résilience, même s'il était confiné à un fauteuil roulant. Il avait même
pris l'habitude d'ouvrir les portes de son atelier, rue Saint‑Hippolyte,
près du vieux canal de Beauharnois, à l'occasion des Journées de la
culture.
Comme le mentionnait
sa belle-fille Chloé, il aura su marquer tant de générations grâce à sa verve,
son talent et son savoir. On se rappellera de lui à travers son immense
optimisme, sa détermination, ses projets grandioses et son incommensurable
générosité.
À toi, cher Denis,
sache qu'à chaque moment où je croiserai une de tes oeuvres qui ornent la ville
de Salaberry‑de-Valleyfield, comme Le
souffle d'Éole ou la place Neptune , je me souviendrai de toi comme
une force créatrice qui ne s'éteindra jamais. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, bon mercredi. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. Pourriez-vous appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît?
Le Président :
À l'article a du feuilleton, M. le ministre des Finances présente le projet
de loi n° 74, Loi donnant suite à des
mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur le budget du
10 mars 2020 et à certaines autres mesures. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président. Alors, projet de loi n° 74.
Ce projet de loi vise à donner suite à des mesures
fiscales annoncées lors du discours sur le budget du 10 mars 2020
et à certaines autres mesures.
Dans
le but d'introduire ou de modifier des mesures propres au Québec, le projet de
loi modifie la
Loi sur les impôts et la
Loi sur les paramètres
sectoriels de certaines mesures fiscales afin notamment :
d'instaurer un crédit d'impôt remboursable pour les personnes aidantes, en
remplacement de l'aide fiscale existante pour les aidants naturels;
2° de simplifier le
versement du crédit d'impôt remboursable pour la solidarité en faveur du
conjoint survivant et des prestataires d'un programme d'assistance sociale;
3° d'instaurer un
crédit d'impôt remboursable pour les petites et moyennes entreprises à l'égard
de personnes ayant des contraintes sévères à l'emploi;
4° de prolonger le
mécanisme d'étalement du revenu pour les producteurs forestiers;
5° d'instaurer une
déduction incitative pour la commercialisation des innovations;
6° d'instaurer un crédit
d'impôt relatif à l'investissement et à l'innovation;
7° de prolonger le
congé fiscal pour grands projets d'investissement;
8° d'instaurer un crédit
d'impôt remboursable pour soutenir la presse écrite et de prolonger le crédit
d'impôt remboursable pour la transformation numérique de la presse écrite;
9° d'apporter des modifications
à certains crédits d'impôt remboursables du domaine culturel;
10° d'apporter
certaines modifications à la taxe compensatoire des institutions financières.
De plus, en raison de
la pandémie de la COVID-19, le projet de loi introduit diverses mesures
transitoires ayant pour effet :
1° de prolonger plusieurs
délais qui viennent à échéance en 2020 et qui sont prévus par la
Loi sur l'assurance
parentale, la
Loi sur l'impôt minier, la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la
publicité légale des entreprises, la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec, la
Loi sur le régime de rentes
du Québec et la
Loi sur la taxe de vente du Québec, dont ceux applicables à la production de la
déclaration fiscale d'un particulier, au paiement, dans certains cas, du solde
d'impôt à payer et des acomptes provisionnels, au versement de la taxe
de vente du Québec et à la production de la déclaration de la taxe sur
l'hébergement et au versement s'y rattachant;
de modifier la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec afin
d'instaurer un crédit de cotisation des employeurs au Fonds de services
santé, en complément à la Subvention salariale d'urgence du Canada;
3° de
réduire de 25 %, en harmonisation avec la législation fiscale fédérale, le montant minimum à retirer
d'un fonds enregistré de revenu de retraite pour l'année 2020.
En outre, le
projet de loi modifie la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la taxe de vente du
Québec afin d'y apporter des modifications
semblables à celles qui ont été apportées à la Loi de l'impôt sur le revenu et
à la
Loi sur la taxe d'accise par des projets
de loi fédéraux sanctionnés principalement en 2017, en 2018 et en 2019. Ces
modifications concernent, entre autres :
1° le gain en capital découlant de l'aliénation
d'une résidence principale;
2° la déduction relative à une option d'achat de
titres en cas de décès;
3° le remboursement du salaire versé par erreur;
l'élimination de la possibilité pour certains professionnels de recourir à la
méthode de comptabilité fondée sur la facturation;
5° la perception de la taxe de vente du Québec
lors de la vente d'unités d'émission de carbone;
6° la détaxation et l'exonération de certaines
fournitures liées à la santé;
7° les règles sur les livraisons directes du
régime de la taxe de vente du Québec.
Enfin, le projet de loi apporte des modifications à caractère
technique, de concordance ou de terminologie. Merci.
Président : Merci. Et
j'inviterais maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de
leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi, suivi, évidemment, des
députés indépendants. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Voilà. En
conséquence, cette motion est donc adoptée.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, je comprends qu'il y a consentement pour que
je procède au dépôt de rapports de commissions.
Je dépose
donc le rapport de la Commission des finances publiques qui, le
1er décembre 2020, a procédé au débat sur la mise à jour
économique présentée le 12 novembre 2020, conformément
à la motion adoptée par l'Assemblée le 17 mars 2020 .
Je dépose également le rapport de la Commission
des relations avec les citoyens qui, les 12, 13 et 26 novembre ainsi que
le 1er décembre 2020, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi
n° 70, Loi visant à protéger les personnes contre les thérapies de
conversion dispensées pour changer leur orientation sexuelle, leur identité de
genre ou leur expression de genre. La commission a adopté le
texte du projet de loi avec des amendements.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, le premier ministre s'est présenté en campagne
électorale en affirmant qu'il serait un
premier ministre économique, qu'il avait une équipe économique, lui aussi, et
qu'il allait faire plus, et qu'il
allait faire mieux. Le premier ministre a pris des engagements auprès des
Québécois, il parlait même d'un effet CAQ. Il allait protéger nos sièges
sociaux, créer une nouvelle Baie James, mettre en place son plan Saint-Laurent.
Deux
ans plus tard, juste avant la pandémie, on se rend compte que, malgré la
situation financière exceptionnelle laissée par le gouvernement, des finances
publiques saines, une économie qui tournait à plein régime, rien de tout
cela n'a été fait.
Aujourd'hui,
la santé de nos finances publiques repose maintenant sur des hypothétiques
transferts fédéraux de 6 milliards de dollars. La stratégie de développement
économique se résume en des investissements hasardeux comme Flying Whales et les ballons gonflables. Plusieurs
de nos entreprises stratégiques sont vendues à des compagnies étrangères.
Notre propriété intellectuelle dans les
secteurs stratégiques quitte le Québec. Aucune entreprise n'a touché un sou du
milliard de dollars réservé aux sièges sociaux. M. le Président, ils ont
fait moins, ils ont fait pire.
Est-ce que c'était
ça, l'effet CAQ?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : M. le
Président, c'est toujours
étonnant d'entendre le Parti libéral comme ça, là, critiquer sur des sujets
pour lesquels, pourtant, notre gouvernement a mieux performé en deux ans que le
Parti libéral en 15 ans...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Guilbault : M. le
Président, je pourrais commencer en
rappelant l'exemple déplorable de RONA, de RONA. Qu'est-ce que le précédent gouvernement
libéral a fait pour l'histoire de
RONA, Bombardier, etc.? La cheffe de
l'opposition officielle était elle-même ministre de l'Économie, vice-première ministre, dans le précédent gouvernement. Et il y a une
série d'échecs comme ça qu'on pourrait relater.
Mais,
M. le Président, dans le but d'être constructifs, effectivement,
on s'est toujours targués qu'on serait le gouvernement de l'économie. On a nombre de
mesures qu'on a mises en place. On a déjà réduit notre écart de richesse avec l'Ontario. Et, si la cheffe de l'opposition officielle était attentive à notre récente mise à jour économique, qui repose sur des secteurs de développement clés, le développement économique
régional, l'intelligence artificielle, oui, effectivement, les secteurs stratégiques, l'aérospatiale, la
réduction de notre balance de déficit commercial, qui n'avait jamais été réglée
par le précédent gouvernement...
Le Président :
Première complémentaire. Je vous rappelle, hein, on est attentifs, bien sûr,
toutes et tous. Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Je ne pense pas que c'était aujourd'hui qu'il fallait parler d'intelligence
artificielle, M. le Président.
réalité, M. le Président, c'est que le gouvernement caquiste a laissé
tomber des milliers d'entrepreneurs dans toutes les régions du Québec avec la COVID. La présidente-directrice
générale de l'association des hôtels
de Québec et du
Grand Montréal dit la chose suivante : «C'est [...] un
S.O.S. que nous adressons aujourd'hui à toute la classe politique! Il est urgent
d'intervenir avec une aide directe aux hôtels afin que ces derniers puissent
traverser l'hiver.»
M. le Président, est-ce
qu'encore une fois, ça, c'est l'effet CAQ?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault :
M. le Président, je ne sais pas si elle a suivi aussi, dernièrement, notre
intervention pour Premier Tech, une
très, très belle annonce dont elle ne parle pas, on s'en rend compte. Et, si
elle est attentive, aussi, elle a vu
qu'on a récemment annoncé 65 millions de dollars pour le secteur hôtelier.
On est en discussion aussi avec les autres gros joueurs de l'industrie pour voir la façon dont on peut le mieux
possible les aider. Ça s'ajoutait à un plan de 753 millions, en
juin dernier, seulement pour l'industrie du tourisme. On a énormément d'autres
programmes en place, le programme PACTE, etc.
Donc, M. le
Président, on est un gouvernement résolument économique. C'est peut-être ce qui
dérange, au final, la précédente ministre de l'Économie, qui n'aura pas
su en faire autant...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...que notre actuel ministre de l'Économie. Mais, M. le
Président, on est très fiers de...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition.
Mme Anglade : M. le Président,
excusez-moi, là, les commentaires qui sont faits... Mais, ce matin, la vice‑première
ministre, prenons un exemple spécifique, a annoncé de nouvelles mesures pour
endiguer la pandémie, et, M. le Président, nous souhaitons tous endiguer la
pandémie et le virus, mais, compte tenu des nouvelles contraintes pour nos commerçants, nous aurions souhaité que
des mesures d'aide et d'accompagnement viennent avec cette annonce. Or, le gouvernement resserre les règles, mais rien
de nouveau pour les entrepreneurs. Ils sont encore laissés à eux-mêmes.
Encore une fois, est-ce que vous voulez enrichir
Jeff Bezos ou bien...
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : M.
le Président, effectivement, on a annoncé des nouvelles règles, puis je suis contente qu'elle le
soulève, parce qu'il faut tous mettre la main à la pâte, les 125 élus,
pour rappeler les consignes, pour encourager les gens à les suivre pour
contrôler la pandémie et la situation épidémiologique.
Mais, sur l'aide à nos entrepreneurs, puis ça me
donne l'occasion de revenir encore là-dessus, on a, d'une part, le programme des FLI, le Programme d'aide
d'urgence aux PME et le PACTE pour les entreprises qui ne sont pas en région en alerte maximale, et on a le programme AERAM
pour les entreprises qui sont effectivement
fermées, malheureusement, en ce moment, dans lequel on a mis de l'argent
rapide, rapidement accessible, des liquidités pour les frais fixes.
Donc, on a
énormément de programmes d'aide, M. le Président, la cheffe de l'opposition
officielle en conviendra avec nous.
Président : Troisième complémentaire, Mme la cheffe de
l'opposition officielle. À vous la parole. Vous êtes la seule à l'avoir.
Mme Anglade : Des programmes
d'aide qui semblent ne pas livrer la marchandise, M. le Président. La réalité, l'effet CAQ, M. le Président, vous savez c'est
quoi? C'est 30 millions investis dans Flying Whales et les ballons
gonflables, c'est 1 milliard de dollars qui dort présentement dans
les coffres, quelque part, du ministère des Finances, ce sont des entrepreneurs laissés à eux-mêmes pendant la
COVID, ce sont les actionnaires du Québec qui ont été réellement floués dans
Nemaska Lithium, et maintenant c'est le
secteur stratégique de l'intelligence artificielle qui est offert en cadeau à
des intérêts étrangers. C'est ça, l'effet CAQ, M. le Président.
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, pour continuer sur le soutien à nos
entrepreneurs, si la cheffe de l'opposition officielle parle, comme nous, aux
principaux joueurs de l'industrie, elle saura qu'ils sont très à l'aise avec
les mesures qu'on a annoncées ce
matin. On souhaite que le maximum de commerces encore ouverts restent ouverts,
d'où l'importance d'ajouter des mesures pour faire en sorte que ça ne
devienne pas des lieux d'éclosion.
Et, pour ce
qui est de l'aide directe, bien, on a énormément de programmes, le PACTE, le Programme
d'aide d'urgence à nos PME, le programme AERAM, dans lesquels il y a
encore de l'argent. Et, quand il n'y en a plus, on en remet.
Donc, M. le
Président, j'ai annoncé récemment une alliance économique dans notre
Capitale-Nationale pour que tous les partenaires soient ensemble. Ça
s'ajoute à l'Accès entreprise Québec pour s'assurer de l'accessibilité de nos intervenants économiques
dans chacune des régions du Québec. On a mis de l'argent pour que les MRC
puissent embaucher des ressources.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : Donc, M. le Président, on fait énormément de
choses et on est fiers de notre bilan économique.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
On fait énormément de choses qui ne marchent pas. Les programmes que vous avez
annoncés ne marchent pas. Les programmes d'aide d'urgence aux PME, l'argent ne
se rend pas.
Alors, M. le Président,
la CAQ se targue, justement, depuis deux ans, d'être le parti de l'économie, le
parti qui protégera les sièges sociaux. CO2 Solutions,
Dare, Fordia, Frank & Oak, Groupe Maurice, Nordresa, Plastique IPL, juste
ceux-là ont quitté le Québec récemment, M. le
Président. Toutes des entreprises établies ici depuis longtemps et qui
contribuaient à l'économie québécoise.
y a un programme de ce gouvernement pour protéger les sièges sociaux, établi au
budget de mars 2019, à 1 milliard de dollars, mais l'argent ne s'est pas encore rendu au ministère de
l'Économie. Ce n'est pas tellement loin par contre, mais l'argent
n'arrive pas, là.
Alors, M.
le Président, après des années à
critiquer les autres, on s'attendait à avoir quelque chose de concret de la
part de ce gouvernement.
Pourquoi ce programme
n'est pas encore en place?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Merci, M. le Président. Merci pour la question.
Premièrement, je pense qu'il y
a plusieurs faits que j'aimerais
corriger. Le premier, c'est que, quand on regarde le nombre de transactions de sociétés
québécoises qui ont acheté des sociétés étrangères par rapport aux ventes qu'il y a
eu, le ratio, en 2020, est de deux
pour un. Donc, il y a deux fois plus d'entreprises québécoises qui
achètent des sociétés étrangères que l'inverse.
a vu ce matin... On a parlé d'Element AI, je vais en parler tantôt si j'ai le
temps. On a vu ce matin Logibec, par
exemple, qui est une société détenue par des fonds américains, qui ont été
achetés par Investissement Québec et Novacap.
Il y a plusieurs initiatives
qui ont été mises en place, nous sommes sur l'offensive depuis plusieurs
années. Le milliard de dollars auquel on réfère, c'est une source d'argent.
Entre Ressources Québec, Investissement
Québec, des fonds propres, le
FDE, il y a amplement d'argents qui ont été déployés depuis maintenant deux
ans.
exemples. Lightspeed, on parle d'intelligence
artificielle, c'est une icône, maintenant,
a fait une acquisition, hier, de 500 millions. Nous avons plusieurs exemples, là, où
l'agressivité du gouvernement pour supporter les entreprises... Je pense
à Premier Tech, on l'a annoncé la semaine passée, 500 nouveaux emplois.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
Beaucoup d'argents ont été investis dans le système depuis deux ans.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M. le Président, deux pour un, bravo! Quand nous, on était là,
c'est trois pour un. Alors, la CAQ fait moins en dépensant plus.
M. le Président... Mais j'aimerais parler un
peu de l'intelligence artificielle, parce que,
dans ce domaine-là, ce qui est vraiment clé, la clé de la situation, la
clé de l'avenir, c'est la propriété intellectuelle. Dans la transaction récente
d'Element AI, 84 brevets s'en vont en Californie. Comment avez-vous fait
pour permettre ça, M. le ministre?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Merci pour la question. Element AI, effectivement, quand on regarde, la création, en 2017, avait été la création pour permettre le pont applicatif
pour les entreprises. Il faut le reconnaître, la Caisse de dépôt l'a dit hier,
ça a été un échec total.
Alors,
effectivement, quand on regarde, par contre, le côté applicatif de l'intelligence
artificielle, je pense à Lightspeed, je pense
à Coveo, je pense à Imagia, je pense à Hopper, je pense
à Ivado Labs, je pense à BrainBox, puis il m'en manque une dizaine, nous
avons fait des choses incroyables sur l'application fondamentale de l'IA à l'entreprise.
Element AI est un
échec. Et je dois avouer...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...que nous avons considéré l'acheter et nous avons refusé. Ça aurait été
mal...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin. À vous la parole.
M. Leitão : Ça, c'est intéressant, M. le Président, très intéressant. Je ne parle pas de la compagnie, M. le Président, je parle des brevets, je parle de la propriété
intellectuelle qui se trouvait chez Element AI. Le gouvernement aurait dû, le gouvernement aurait pu protéger cette propriété intellectuelle
là. L'avenir, notre avenir, la richesse collective des Québécois
dépend de notre capacité de créer et
de protéger la propriété intellectuelle. C'est ça qu'il fallait faire, c'est ça
qui n'a pas été fait.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Fitzgibbon :
Les experts du dossier, qu'on a regardé depuis un an avec la Caisse de dépôt,
ont une opinion totalement différente du
député de Robert-Baldwin. Le chèque
qu'il aurait fallu faire pour acheter Element AI, que nous avons considéré, aurait été déraisonnable. On est
mieux de travailler avec nos sociétés que j'ai mentionnées tantôt, propriétés
québécoises.
Deuxièmement, ServiceNow, qui a acheté Element AI, nous leur avons parlé, ils vont
garder les employés. Certes, le plan
d'affaires n'a pas réussi. Ils vont garder les employés ici, au Québec,
entre 200, 300 personnes, vont même potentiellement augmenter le
nombre d'employés.
Alors,
je pense que, dans les circonstances, c'était une bonne transaction. Et finalement
ça aurait été une erreur grossière...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...du gouvernement d'acheter Element AI.
Le Président :
Question principale. S'il vous plaît! La parole appartient au député de Nelligan.
M. Derraji : Quand on écoute la vice-première ministre et le ministre de l'Économie parler, on sent beaucoup de jovialisme.
M. le Président, des commerçants, des entrepreneurs, des restaurateurs, des femmes et
hommes d'affaires, qui, eux, doivent appliquer les mesures sanitaires,
doivent vivre avec des revenus beaucoup moindres que d'habitude et vivre des échanges interminables avec ce gouvernement
pour obtenir des prêts. Le ministre de l'Économie caquiste est de plus en
plus isolé de la communauté d'affaires. La preuve, de plus en plus d'organismes
sont mécontents de ses programmes et
l'absence de l'aide. Exemple, la FCEI a lancé une pétition afin de démontrer le
mécontentement de ses membres pour donner suite au minibudget et
l'absence de l'aide directe.
Dans
le comté du ministre, M. le
Président, Éric Champoux, les restaurateurs, les gyms, les salles de cinéma et tous les
commerces fermés ont investi des milliers de dollars afin de se conformer aux
normes que vous aviez demandées.
M. le Président,
est-ce que le ministre de l'Économie est vraiment fier de son bilan avec les
PME du Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
La réponse est oui.
Deuxièmement, je pense que, quand on mentionne qu'on est déconnectés, la CAQ, des
entreprises, j'ai probablement
rencontré plus d'entrepreneurs en deux ans que vous l'avez fait en quatre ans.
Deuxièmement, le programme d'AERAM est un programme qui a été, on l'a avoué, dur à
mettre en place. Maintenant, on a à ce jour, aux dates du 30 novembre,
une somme de 30 millions de
dollars qui a été accordée, avec des
pardons qui approchent 20 millions de dollars. La plupart des MRC, aujourd'hui, ont sept jours,
sept jours entre la demande et le chèque, certaines vont à
10 jours. Le programme fonctionne.
Et, comme
j'ai dit aux entrepreneurs de tous les secteurs, on va suivre qu'est-ce qui va
se passer avec le nouveau programme fédéral, et le Québec doit
complémenter les programmes existants. Présentement, on est probablement la
meilleure province en termes d'implication du gouvernement provincial pour nos
PME, et j'en suis fier.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président, si le ministre de l'Économie est fier, je l'invite à déposer en Chambre les
communiqués de presse qui vantent son action et qui démontrent que ses
programmes marchent. Moi, je suis prêt à déposer en Chambre les communiqués de presse qui démontrent le contraire, que
ses programmes ne marchent pas. J'espère qu'il va accepter mon défi, M. le
Président. Je peux citer d'autres secteurs : les écoles de danse, les
camps de vacances, les compagnies d'événementiel, les gyms, les salles
de réception, les érablières, les cabanes à sucre, tous unanimes : vos
programmes ne marchent pas.
Qu'allez-vous faire pour sauver nos PME?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Nous sommes la province où les programmes
marchent le mieux. Alors, la question, évidemment, est la suivante : À
quelle vitesse les secteurs mous de l'économie... Puis il reste principalement
la culture, le tourisme et l'aéronautique.
On va oublier l'aéronautique. Pour nos PME, on parle de tourisme et on parle de
culture. Il est clair que, dépendant des mesures sanitaires, dépendant
de la réouverture de ces secteurs-là, j'ai toujours dit que le gouvernement était pour agir. Nous avons des liquidités dans
les PME avec les FLI et avec les AERAM, on est rendus à 180 millions de
dollars de prêts à des entreprises. Il n'y a
pas une province qui a fait ça. Alors, la question que le gouvernement doit se
poser, c'est comment on ajuste ce programme-là...
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...dépendant de la vitesse à laquelle on va
revenir. Et nous sommes attentifs et en contact avec tout le monde.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président, parlant toujours de sa fierté,
la France, le gouvernement, a annoncé un plan d'urgence de soutien dédié aux start-up de près de
4 milliards d'euros. Je vais déposer le plan du gouvernement français,
peut-être que le ministre reviendra à la raison et annoncera finalement de
l'aide à notre écosystème des start‑up, qui souffre encore des effets de
la pandémie.
M. le
Président, avec son inaction, le ministre
de l'Économie abandonne les start-up
et encourage nos jeunes pousses à quitter la province. Est-ce qu'il s'en
rend compte, de l'ampleur de son inaction?
Le Président : Y a-t-il
consentement pour le dépôt du document? Consentement.
M. le ministre de l'Économie, en réponse.
M. Fitzgibbon : Écoutez, je
pense... Je ne sais plus quoi répondre, là. Je pense que le système fonctionne.
Des liquidités, il y en a. On a toujours dit
aux PME, avec qui on est en contact très étroit, qu'on va regarder l'évolution
de la situation. Il fallait permettre
aux entreprises de continuer. J'ai dit, l'autre fois, que les faillites, au
Québec, sont plus faibles qu'elles n'ont jamais été. La fragilité du système... — non, regardez-moi pas comme ça, c'est
vrai — la
fragilité du système fait en sorte
qu'il faut réagir. Alors, on va réellement s'ajuster au fur et à mesure. On ne
doit pas mettre des gestes prématurés. Et, pour l'instant, les
programmes d'aide fonctionnent.
Président : Je vous demande toujours de vous adresser à la
présidence. Question principale, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Hier, le premier ministre a suggéré aux partis de
l'opposition d'aller prendre un café
avec les dirigeants d'entreprise. Je ne sais pas où est-ce qu'il va prendre des cafés parce que, dans ma circonscription, les cafés puis les
restaurants sont fermés, puis il y en
a un sacré paquet, M. le Président, qui ne rouvriront pas. C'est partout comme ça au Québec. Prenez le Restaurant L'Harmonie d'Asie, une institution sur la rue Duluth. Ça fait 30 ans qu'ils sont là. Ils n'ont pas eu l'aide du gouvernement parce que la nièce des propriétaires a repris l'entreprise l'an dernier, ça fait juste un an. Ça fait 30 ans que le
restaurant est là, mais elle n'a pas eu d'aide. C'est complètement aberrant, M.
le Président.
Quand le ministre
aura fini sa ronde de cafés avec les dirigeants d'entreprise, les grands
dirigeants d'entreprise, est-ce qu'il pourrait enfin s'attarder au désespoir
des petits entrepreneurs?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Je confirme au député de Rosemont
que je passe beaucoup de temps avec les petits entrepreneurs
aussi. J'en ai rencontré des centaines depuis plusieurs mois. La situation est
la suivante, il est...
Le Président :
Allez-y, M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Il est clair que les commerces, les restaurateurs
principalement, ont besoin d'aide. Nous avons été la première province à mettre le programme
AERAM en place. Heureusement, le fédéral, avec l'aide au loyer, un programme qu'on
est en train d'analyser au moment où on se parle, on est en train de paramétriser.
Qu'est-ce qui va arriver avec les salaires?
Qu'est-ce qui va arriver avec les loyers? Et qu'est-ce qui arrive avec l'AERAM?
J'ai promis aux restaurateurs, à qui
j'ai parlé la semaine dernière, qu'on va regarder quels sont les trous qui
restent en termes d'assistance
requise, et le programme AERAM sera ajusté, au besoin.
faut comprendre que le fédéral a mis deux programmes en place qui sont
costauds, on doit voir quelles sont les brèches qu'il faut colmater. Le provincial, notre rôle, c'est de
colmater des brèches. C'est ce que nous allons faire, au besoin.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
À force d'ajuster, là, d'ici deux ans le programme devrait être pas pire, mais
tous les commerces seront fermés. Ceux qui ont besoin d'aide là... On s'entend
au moins sur une affaire, le ministre et moi, là, oui, les restaurateurs
ont besoin d'aide. C'est là, là, c'est là, là,
pas dans deux ans, pas dans trois mois, c'est maintenant. Le programme ne
fonctionne pas, il ne se rend pas. Il
est tatillon. On demande à des entrepreneurs 30, 40 pages, on demande des
prévisions budgétaires sur deux ans; ils ne savent pas s'ils vont être
ouverts dans deux mois.
Qu'est-ce qu'il
attend, le ministre, pour entendre la détresse de ces gens-là?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
...j'aimerais corriger ce qui a été dit qui est faux. Premièrement, le
document, je ne l'ai pas devant moi,
là, mais le document a cinq pages. Le premier, c'est de donner ta date de
naissance, ton nom, où tu demeures; le deuxième, l'actionnaire; le troisième, un état financier maison, de montrer qu'il
y a un besoin de liquidités. Alors, le formulaire n'est pas un enjeu.
Deuxièmement, comme
je l'ai dit tantôt, maintenant que le système est rodé, il y a 25 millions
de prêts qui ont été accordés, la hausse de demande est de près de 25 %
depuis une semaine. Tout le monde ont accès... Accès Montréal, il y a six bureaux. Tout le monde a accès, l'argent est là, et ça va bien. Vous
êtes de Montréal. Dans les régions, on parle de
sept jours, dans la plupart des cas, peut-être 10 jours.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
Le système fonctionne. Et il faut juste ajuster l'AERAM, au besoin, mais il est
accessible.
Président : Je vous
invite d'être prudents dans le choix des mots. Vous les connaissez également.
Alors, c'est un petit rappel à la prudence. M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Je ne sais bien pas avec qui le ministre prend
des cafés, là, mais pas avec le même monde qui m'appelle puis qui appelle à mon
bureau. Les attachés, chez nous, ont des dizaines et des dizaines de cas, et
c'est partout pareil, là. Il y a des
députés de la CAQ qui ont fait de superbes témoignages, notamment à La Presse , récemment, avec des restaurateurs qui avaient des idées suicidaires parce que
l'aide n'arrive pas, parce qu'ils
passent des heures et des heures puis ils dépensent des milliers de
dollars avec leurs comptables pour préparer des dossiers.
Alors, elle est où,
l'aide? Et elle est où, la connexion de ce ministre de l'Économie avec
l'économie?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, je pense que je passe pas mal plus de temps que vous avec les
entrepreneurs. Puis je ne prends pas de cafés, je fais des Zoom puis des
Teams.
Alors,
deuxièmement, je pense qu'encore une fois, de demander à un entrepreneur de
préparer sur une page un état financier qui montre sa perte de revenus, la MRC
peut réagir en dedans de deux, trois jours. Alors, les demandes qui sont
faites ne sont pas onéreuses.
Au début, le
programme a été plus lent parce que, malheureusement, on voulait donner
beaucoup de pouvoirs aux MRC, pouvoirs
qu'ils avaient perdus depuis une dizaine d'années. Donc, on remet dans les MRC
le pouvoir de faire des prêts via les FLI. Ça a été long. On a mis des
ressources, on a ajouté 3 % des fonds pour faire de l'accompagnement.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
Alors, je pense qu'aujourd'hui nous sommes capables d'être efficients avec le
programme.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, depuis le début de la pandémie, le premier
ministre insiste sur l'importance d'acheter
localement pour aider les entreprises québécoises à se relever de la crise. Il
a laissé entendre à plusieurs reprises qu'il
fallait favoriser davantage la production québécoise, notamment en matière de
matériel médical. Or, le gouvernement lui-même
n'encourage pas cette production. Les équipements québécois de pointe sont
boudés par les acheteurs du système de
santé. Pour faire des économies de bouts de chandelles, on préfère les produits
étrangers. Qu'est-ce que ces entreprises étrangères entraînent comme
retombées économiques au Québec? Rien du tout.
J'ai
déposé une motion pour inviter le gouvernement à renverser la tendance, même le
gouvernement l'a appuyée, et pourtant on apprend encore par les médias que
notre génie manufacturier trouve plus de place sur le marché international
que chez nous.
On sait que, dans sa
mise à jour économique, le gouvernement s'est fixé comme objectif d'acheter
25 % d'équipement de protection individuelle. Du côté du Parti québécois,
on propose 70 % chaque fois que c'est possible.
Est-ce que le
ministre serait d'accord?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, je suis entièrement d'accord que l'autosuffisance des
équipements médicaux est importante
pour le gouvernement. D'ailleurs, le ministère de l'Économie, durant le début
de la crise, a été responsable pour identifier des producteurs
québécois, et je suis fier de confirmer aujourd'hui que nous pouvons maintenant.
au Québec, produire nos masques
chirurgicaux, les N95, ou masques de procédure, à peu près à 60 %,
70 %. Deuxièmement, toutes les visières sont faites à Saint-Jérôme
par une compagnie qui faisait d'autre chose. On est pas mal autosuffisants. Les
ventilateurs sont maintenant faits par CAE.
Alors, écoutez, c'est
un chemin qui va prendre du temps. L'intention est d'avoir l'autosuffisance. Et
je pense que le progrès qui a été fait depuis le début de la pandémie est
remarquable.
Deuxièmement,
quand on parle d'achat local, vous avez entièrement raison, c'est important. Le
Québec importe 90 milliards, par
année, d'importations. Au ministère de l'Économie, on a identifié des secteurs,
pour 31 milliards, qui incluent équipements
médicaux, les médicaments, côté alimentaire, 31 milliards qui, sur une
base d'une dizaine d'années, il va falloir réduire nos importations.
Investissement Québec a une équipe...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...qui ne fait que ça pour prendre les Québécois puis les faire produire plus
de produits ici, au Québec.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : M. le
Président, les entreprises du Québec sont boudées par le gouvernement, le
gouvernement qui a tous les leviers pour favoriser l'achat québécois en matière
de matériel médical. J'aimerais rappeler à cette Chambre que ce type
d'équipement peut être soustrait des accords internationaux pour des raisons de
sécurité nationale. Regardez ce que ça donne, des économies de bouts de
chandelles. Ça donne des employés de la santé mal protégés, avec des visières qui leur tombent sur le nez, alors que nous
avons au Québec, ici, à 85 kilomètres de l'Assemblée nationale,
chez Optimoule, des visières beaucoup plus convenables et beaucoup plus
durables.
M. le Président, où est-ce que ça accroche?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Et, encore une fois, je pense que le Québec fait un grand travail pour prendre
l'approvisionnement local. Encore une fois, N95, masques de procédure,
ventilateurs, respirateurs, dans les hôpitaux, et les visières, on veut éventuellement être 100 % autosuffisant. Il
faut aussi combiner avec les entreprises, qui doivent avoir de l'investissement
pour produire. Nous avons financé trois
entreprises ou quatre, à date, pour qu'ils puissent avoir la production à des
coûts efficients par rapport aux coûts d'approvisionnement externe.
Alors, je
pense que le gouvernement, dans les circonstances... On n'a pas fini, il y a
encore du travail à faire, mais je pense qu'on a très bien fait depuis
le début de la pandémie.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Pour que les chaînes d'approvisionnement continuent
d'exister, là, il faut qu'on augmente nos
objectifs dès maintenant. On est venu à un cheveu de manquer d'équipement de
protection. À la demande du premier ministre,
des entreprises se sont retroussé les manches et en fabriquent d'excellents à
des prix compétitifs. On a été chanceux de les avoir. Il faut prioriser la proximité et la qualité, pas juste le
plus bas prix.
Malgré les promesses et les engagements de la CAQ, ça ne marche pas. Est-ce qu'on pourrait
au moins sécuriser cette chaîne de production pour les entreprises et leurs
travailleurs?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Je suis totalement d'accord avec vous sur l'achat local au niveau du
gouvernement. D'ailleurs, je pense
que, quand on regarde l'autosuffisance, je vais aller plus large que juste
l'équipement médical, on veut être autosuffisants dans plusieurs
secteurs, et on doit commencer par le gouvernement.
L'achat par
le gouvernement, c'est complexe, et on remonte à des «legacies»
de 10, 15 ans. Tranquillement,
on veut changer pour que le plus bas soumissionnaire ne soit pas le seul
critère, mais aussi la qualité, proximité. On y va progressivement. Et, je pense, d'autant plus, il va falloir aider nos
entreprises québécoises pour qu'elles puissent produire à des coûts efficients où la comparaison des
approvisionnements, en termes financiers, de l'extérieur, va être au moins
égale ou légèrement supérieure.
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : Je pense que
les efforts sont mis en place.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, M. le Président. Dans plusieurs secteurs d'activité économique, le
gouvernement ne livre tout simplement pas. M.
le Président, que se passe-t-il quand un premier ministre fait deux tournées
des régions en promettant des
changements et des investissements dans le monde forestier, que le ministre de
la Forêt ne fait pas réellement de
changements mais quelques ajustements cosmétiques, et que le ministre de
l'Économie promet des investissements mais ne livre rien? Eh bien, je vous le dis, il y a
moins de coupe en forêt, plus de copeaux qui s'accumulent, moins de plantation
pour renouveler nos forêts, et, en bout de ligne, ce sont nos familles, nos
villages, nos villes qui en paient le frais.
M. le
Président, le ministre de l'Économie refuse d'investir pour assurer le maintien
des activités des usines de Fortress
à Thurso, Résolu à Amos et Baie-Comeau, toutes trois qui sont des maillons
essentiels dans nos régions. C'est plus de 600 familles, M. le
Président. Pourquoi le ministre de l'Économie abandonne 600 familles des
régions du Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Premièrement, je pense que, quand on a mentionné, dans la relance économique...
Mon collègue le ministre des Finances
a identifié des secteurs où nous devions investir. Un des secteurs
stratégiques, c'est les pâtes et papier,
c'est les forêts. Avec mon collègue Pierre Dufour, on travaille étroitement
pour revoir comment le bois va être alloué dans les différentes sections
du Québec.
Il faut
reconnaître, Mme la députée, que la situation des entreprises forestières du
Québec est déficiente à l'extrême, on
ne peut pas toutes les aider. Premièrement, dans le cas de Fortress, on
travaille depuis six mois pour voir qui veut reprendre l'entreprise. Je peux vous confirmer aujourd'hui
que le gouvernement du Québec ne sera pas le seul actionnaire. S'il n'y a
personne qui est prêt à prendre l'entreprise, il va falloir voir d'autres
vocations.
Le gouvernement
a investi dans les pâtes et papiers depuis deux ans, je n'ai pas le chiffre
exact chez Investissement Québec, massivement. Il y a des projets qui
s'en viennent, qui sont massifs aussi. On ne peut pas, en un an, corriger le
sous-investissement depuis 10 ans, c'est impossible.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : M. le Président,
le ministre de l'Économie continue d'ignorer ce qui se passe à Montréal. Après
avoir retiré un prêt de
400 millions pour aider l'aéroport de Montréal, il n'a plus de fonds pour
aider les bars et les restaurants du centre-ville. Imaginez, c'est
maintenant la ville de Montréal qui doit avancer des millions. Ça, c'est
l'effet CAQ.
Est-ce que le
ministre de l'Économie va encore rester les bras croisés alors que les pertes au centre-ville s'aggravent et
dépassent maintenant les 8 milliards de dollars?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Nous sommes très préoccupés du centre-ville de Montréal,
il n'y a aucun doute. Comme la plupart des grands pays du monde, on suit la
situation de très près. Je suis en contact avec plusieurs gens d'affaires,
plusieurs associations, chambres de
commerce, j'étais avec M. Leblanc récemment, la mairesse et son équipe
multisectorielle, on travaille avec
la ministre responsable de Montréal. On a eu 50 millions de dollars, entre
autres, dans la mise à jour
économique, pour les centres-villes,
donc Montréal va en avoir une grande partie. Nous avons
d'autres projets aussi ou d'autres sources d'argent.
Il est clair
que le centre-ville de Montréal est un souci pour nous, au même
titre que pour tout le monde, et on travaille avec les intervenants...
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...et on
devrait faire des annonces bientôt en ce sens-là.
Le Président : Très bien.
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Dans le secteur de l'hôtellerie, le gouvernement caquiste a enfin vu la lumière et a annoncé de l'aide directe,
timide mais directe, pour certains hôteliers, mais toujours rien pour les
hôtels de plus de 300 chambres, puisque
la ministre du Tourisme a abdiqué ses responsabilités au profit du ministre de l'Économie. Avec des frais fixes élevés, un taux
d'occupation de 3 %, les grands hôteliers craignent maintenant de devoir
vendre à des entreprises étrangères.
Est-ce que le ministre de l'Économie va prendre
ses responsabilités et s'occuper de ces hôteliers?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, effectivement, les hôtels,
c'est quelque chose qu'on regarde de très près. Avec ma collègue la ministre du Tourisme, on a mis
différents programmes en place. Il y a eu le programme du PACTE tourisme,
où on a quand même
100 000 $ de pardon qui est donné par établissement. Mme la ministre a changé le programme pour donner
la THS, donc... la TSH, je m'excuse, donner un remboursement de la taxe sur
l'hébergement. On a les programmes du fédéral.
Donc,
présentement, on travaille avec l'association, on travaille avec, d'ailleurs,
un ancien ministre sous le Parti
libéral, on travaille pour
paramétriser, pour les hôtels urbains,
pas rien que 300 chambres, les hôtels urbains, quelle est la
situation des hôtels aujourd'hui...
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...après le
salaire, les loyers, la TSH et le PACTE.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : M. le Président,
tout le monde le sait ici, M. le ministre de l'Économie aime ça, les gros
projets étrangers. Moins ça profite au peuple québécois, plus c'est «winner».
Ça tombe
bien, GNL Québec répond à tous les critères du ministre. Actionnaires
américains, «check». Structure opaque,
«check». Recours aux paradis fiscaux, «check». Désastre environnemental
annoncé, «check». Vraiment, tous les critères sont là pour plaire au
ministre de l'Économie.
En septembre
dernier, il est allé au Saguenay pour
faire lever l'appui au projet, et je le cite : «Les gens [qui sont ici et] qui sont pour [le projet], ils ne sont pas
tellement vocaux. Je pense que ça va être important dans les prochains mois
que [ces gens-là] s'expriment.»
Il va être
content, ce matin, les gens se sont exprimés dans un sondage Léger : 54 % des Québécois ne veulent pas qu'un
seul sou d'argent public soit mis dans GNL Québec. Les Québécois ont dit non au
gouvernement.
À toutes les
occasions, ce gouvernement dit qu'il est là pour la majorité. Quand est-ce
qu'il va accepter que ce n'est pas un projet acceptable pour le Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Comme ministre
de l'Économie, j'ai toujours dit que tous les projets doivent être analysés. On
a dit aussi...
M. Fitzgibbon : Ils rient parce
que... je ne suis pas sûr qu'ils comprennent ce que je dis, là, mais on a dit
aussi qu'acceptabilité sociale était la condition numéro un. Si un projet n'était
pas acceptable socialement, le gouvernement n'ira
pas. Deuxièmement, le respect des normes environnementales, le BAPE. Dans le
cas de GNL Québec, le gouvernement
n'a jamais dit qu'il investirait à moins que les deux conditions soient
livrées.
Alors, pour
l'instant, les conditions ne semblent pas avoir été livrées. Le BAPE, on n'a
pas eu encore le rapport, qui va sortir, je pense, dans quelques mois. On va
attendre de voir ce qui va arriver. Aujourd'hui, l'enjeu n'est pas sur la table.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Bien, écoutez, depuis que Warren Buffet a eu la bonne idée de
lâcher le projet, bien, GNL est en plein
naufrage. Son président a démissionné le 11 novembre dernier. Le président
de Gazoduq a plié bagage une semaine plus tard. Les dirigeants de GNL Québec
eux-mêmes ont perdu confiance.
Pourquoi est-ce que le gouvernement continue
d'accorder sa confiance? Il n'y a pas d'acceptabilité sociale. Est-ce
que le gouvernement, et le ministre,
peut le reconnaître? Il n'y en a pas, d'acceptabilité sociale. C'est sorti aujourd'hui dans un sondage.
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Depuis deux mois, j'ai passé zéro temps sur GNL Québec.
Alors, je pense, j'ai beaucoup d'autres projets aussi à faire. C'est un
projet comme les autres. Il n'y a pas eu...
M. Fitzgibbon : Vous voulez
parler encore?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
M. Fitzgibbon : Alors, je pense qu'il faut faire attention, on
prête des interprétations, on prête des propos qui ne sont pas matériels. Nous ne travaillons pas GNL Québec.
Si le projet a l'accord du BAPE, si, le projet, les gens voudraient le
faire un jour, on le regardera. Pour l'instant, le gouvernement a mis zéro sou
dans le projet. Il ne fait aucun effort, présentement. Donc, je pense, la
question est...
Président : Vous aurez
compris qu'on laisse, évidemment, les gens intervenir, question, réponse. Moi, je
veux les entendre, d'un côté comme de l'autre. Mme la députée, à vous la
parole.
Mme Ghazal : Merci, M.
le Président. Il dit zéro sou, ce
n'est pas vrai. Le gouvernement a déjà engagé de l'argent public dans GNL Québec.
Le rabais d'Hydro-Québec accordé à GNL par la CAQ, c'est des dizaines de
millions de dollars pour les six
prochaines années. On va leur donner notre électricité propre, qui n'est pas
chère, pour qu'ils en fassent du gaz polluant. Ça, ce n'est pas «winner»
du tout, M. le Président.
Est-ce que
le gouvernement va couper les vivres à GNL Québec
et dire aujourd'hui qu'il ne mettra pas un seul sou et qu'il
ne va pas accepter ce projet?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le Président,
la question ne se pose pas. Il n'y a aucune demande au gouvernement,
présentement. Le programme auquel la députée réfère pour les tarifs
hydroélectriques, ce sont des programmes normés. Il n'y a aucun engagement du gouvernement, aujourd'hui, envers GNL
Québec parce qu'il n'y a pas de demande qui est faite. GNL Québec doit passer
par le BAPE, on n'a pas le rapport qui a été émis encore, et doivent regarder
leur propre financement. Nous avons dit
toujours que ce financement-là, si on participait, je dis bien, bien si, se ferait après le BAPE. Alors, la question est hypothétique. Il n'y a rien
qui se passe présentement de la part du gouvernement avec le projet de
GNL Québec.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, il y a un mois, j'ai interpelé la ministre
déléguée aux Sports et aux Loisirs pour
lui demander que le sport organisé soit un secteur prioritaire de
déconfinement. Je l'ai dit et je le répète, le sport organisé est
sécuritaire. Les organisations sportives ont établi des règles sanitaires
strictes qui sont respectées. Il n'y a eu aucune éclosion de COVID-19 au sein des fédérations sportives du Québec.
Malgré
ça, nos jeunes sportifs perdent espoir de reprendre leurs activités sportives, plus particulièrement
nos jeunes hockeyeurs et hockeyeuses, qui sont privés de leur sport depuis
le 8 octobre dernier pour plusieurs. Le
hockey, c'est notre sport national. Le hockey, c'est près de
100 000 jeunes dans les ligues organisées.
M. le Président,
considérant que le hockey organisé se pratique avec l'encadrement d'entraîneurs
et les règles sanitaires strictes, est-ce que la ministre peut s'engager
à annoncer un déconfinement du hockey mineur organisé?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest : Oui, merci. Merci
à ma collègue de Gaspé pour la question. Évidemment, ça fait
partie de nos priorités. On le dit depuis le début, à quel point
le sport est important pour nos jeunes, pour leur développement, pour leur
épanouissement. On travaille de très près
avec les fédérations, on travaille de très près avec la Santé publique pour
faire en sorte de pouvoir déconfiner.
Maintenant, évidemment,
le hockey, c'est très important, mais comme tous les autres sports. Alors,
vraiment, on s'affaire pour faire en sorte de déconfiner tous les sports avec
des engagements, avec des directives précises. Et c'est ce qu'on fait.
Maintenant,
il faut comprendre que la situation épidémiologique est celle qu'elle est. Bon,
la députée dit qu'il n'y a pas eu d'éclosion
dans le sport. Ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a eu des éclosions dans le
sport, dans plusieurs sports, d'ailleurs.
Alors,
encore une fois, on travaille avec les fédérations, avec les organisations,
avec la Santé publique pour faire en sorte que nos enfants puis nos
jeunes puissent retrouver le sport le plus rapidement possible.
Le Président :
Mme la députée de Gaspé, pour la complémentaire.
Mme Perry
Mélançon : La ministre dit qu'elle travaille avec les fédérations. Les
fédérations nous disent qu'il n'y a pas
eu d'éclosion dans les fédérations. Et j'en ai une ici, Hockey Québec, qui a déposé,
il y a quelques semaines, un plan étoffé
qui permet le retour à la pratique du hockey de façon sécuritaire. Bénévoles,
équipes, ligues, parents, participants, tous les membres s'efforcent de respecter les critères pour assurer la
santé et la sécurité des jeunes. En permettant le retour de la pratique organisée du hockey, on évite les
dérives de la pratique sans encadrement sanitaire. Est-ce que la ministre peut
enfin faire confiance aux acteurs sur le terrain?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Encore une fois, je réitère à quel point on a
confiance en nos organisations. Et
c'est d'ailleurs ce que je fais valoir à la Santé publique, à quel point ils se
sont pris en charge pour, justement, faire
des protocoles, pour appliquer les directives, et c'est ce que je fais valoir
jour après jour à la Santé publique, parce qu'on sait qu'un certain
encadrement, en fait, l'encadrement que le sport offre, peut faire en sorte
qu'on puisse reprendre le sport le plus rapidement possible.
Maintenant,
on est dans une situation épidémiologique très difficile. On voit les chiffres
qui continuent d'augmenter, on voit
les cas dans les écoles, on voit à quel point c'est un poids sur le système de
santé. Alors, on travaille de concert avec les fédérations, on est en
discussion avec les fédérations constamment...
Le Président :
En terminant.
Mme Charest :
...pour pouvoir déconfiner le plus rapidement possible.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, on a ici une situation chaotique à
prévenir. D'un côté, on interdit la reprise du hockey organisé et, de l'autre,
on permet à 25 personnes de patiner avec leurs bâtons sur une patinoire
extérieure, mais ils ne peuvent surtout pas jouer au hockey ensemble.
Voyons! Ça n'a aucun sens!
Est-ce que la
ministre peut clarifier les directives concernant la pratique du hockey sur les
patinoires extérieures cet hiver?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Merci, M. le Président, de pouvoir clarifier. En fait, ce n'est pas une
nouvelle directive, c'est la même directive
qui est là depuis, en fait, le mois d'octobre, là, je ne sais plus exactement à
quel moment. Il faut comprendre que
ce qui est permis, c'est de pouvoir être sur une glace, à deux mètres de
distance, en respectant les capacités. Donc, les gestionnaires
d'infrastructure doivent faire appliquer les mesures.
Donc, le hockey,
malheureusement, si on le joue normalement, bien, on n'est pas toujours à deux
mètres de distance. Donc, voilà. On est en
pratique libre, on peut s'entraîner en dyade, on peut le faire à l'extérieur
comme à l'intérieur, mais maintenant les directives sont celles de la
Santé publique, et c'est celles-là qui sont mises en application.
Le Président :
Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. Vous le savez, on est dans une grave
récession, et plus que jamais on a besoin d'un ministre de l'Économie qui
comprend ce que vivent les Québécois, qui est à l'écoute et qui va trouver des
solutions.
Clairement,
le ministre de l'Économie ne répond pas aux attentes. Au-delà des programmes
inadéquats, l'enjeu, M. le Président, c'est
souvent les réponses qu'il donne aux citoyens, aux Québécois qui lui posent des
questions. Il y a, dans les
propos du ministre de l'Économie, un certain détachement que ne peuvent pas se
permettre d'avoir les entrepreneurs. Quand
il se place en apparence de conflit d'intérêts et que l'ensemble de l'Assemblée
nationale, dont son propre parti, le reconnaît,
pour lui, c'est comme s'il n'y avait pas de faute. Quand il y a des pertes
d'emploi chez Velan, par exemple, pour lui,
c'était bien géré, et il faut accepter qu'il y a de la réorganisation mondiale.
Quand 170 emplois sont perdus chez Agropur, il nous dit : Inquiétez-vous pas, dans un an, là, vous allez être
satisfaits de ce qu'on a fait. Quand le gouvernement a fermé des secteurs
complets de l'économie, dû à la COVID, il nous dit : C'est sûr que,
naturellement, il y a des commerces qui ferment. Pour lui, M. le
Président, c'est la loi de la jungle et rien d'autre.
Sa job, ce n'est pas
de se fermer les yeux et dire que ça va bien aller, c'est...
Le Président :
M. le ministre de l'Économie, à vous la parole.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, quand on regarde la fermeture de l'économie puis on regarde la
réouverture de l'économie, on est la
province qui a le mieux fait, encore une fois. Nous sommes à peu près à
3 % de moins de l'emploi que nous
avions au mois de février 2020. On reconnaît qu'il faut corriger cet écart-là
le plus rapidement possible. Deuxièmement, le programme que nous avons mis en place, de production, innovation,
avec Investissement Québec, de 2,4 milliards se veut un programme
pour augmenter la productivité des entreprises québécoises.
Alors, je pense que,
pendant qu'on a des programmes à court terme, une tactique pour être sûr qu'on
maintienne une relation d'emploi avec les
sociétés, on a un programme costaud, dans la relance économique, pour la
productivité, pour la numérisation, pour l'achat local. Alors, je pense
que le gouvernement est capable de faire les deux choses en même temps, protéger l'écosystème du mieux qu'on peut,
il y a 3 % d'emploi qui manque, et en même temps que nos entreprises
québécoises bénéficient d'un support,
augmenter de façon substantielle leur productivité, qui va leur assurer une
pérennité, d'une part, et d'avoir plus d'achat local qui va se faire au
Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
M. le Président, quand les propriétaires de PME le contactent, ils reçoivent
des réponses comme celle-là, que je vais
déposer, qui disent qu'il n'y a pas d'aide possible, ou encore ils reçoivent du
ministre des réponses directes qui
disent : «Je vous suggère — et là je le cite directement — que, si votre enjeu est relié à votre
hypothèque, de considérer vous
protéger de vos créanciers.» Mot pour mot, là. Ça, c'est le ministre de
l'Économie, à un propriétaire de cabane à sucre. Tant qu'à y être, qu'il dise : Je ne vous aiderai pas, le
gouvernement ne vous aidera pas. Votre entreprise, elle est foutue.
le Président, les gens qui interpellent le ministre ont besoin de son aide, ils
n'ont pas besoin d'entendre de mettre la clé à la porte.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie. Il y a consentement pour le dépôt du document?
Consentement. M. le ministre.
M. Fitzgibbon :
Quand on comprend un peu l'environnement financier, on regarde ce que les
banques ont fait depuis le début de la
pandémie, et plusieurs banques ont participé activement à réduire le fardeau de
la dette. Alors, dans bien des
situations, présentement, la problématique des entreprises, des entrepreneurs,
c'est qu'ils ont trop de dettes. Est-ce que c'est au gouvernement de
faire un chèque pour rembourser des dettes? La réponse, c'est non.
Conséquemment,
ce qu'on suggère, dans bien des cas, le gouvernement doit travailler sur les
frais fixes, ce qu'on fait avec l'AERAM, qu'on va modifier peut-être,
dépendant ce qui va arriver avec la reprise économique au niveau du tourisme, et de la culture, et de la restauration,
mais, au niveau des endettements, nous pouvons remplacer une banque, ce
qu'on fait généralement aussi.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
Ce n'est pas au gouvernement du Québec à faire des chèques pour rembourser des
prêts.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
M. le Président, la façon que le ministre traite les gens qui lui écrivent,
c'est complètement déplacé. Après avoir vanté le projet de Nemaska Lithium,
après qu'Investissement Québec...
Président : M. le leader du gouvernement.
Caire : M. le Président, là je pense qu'on est clairement dans un cas où le leader de l'opposition officielle prête
des intentions au ministre. Je pense qu'il fait son travail du mieux qu'il peut.
Puis je lui demande de retirer ses propos, M. le Président.
Le Président :
Je pense que, là, il y a une...
Président : ...il y a
une opinion qui a été émise, il y a une opinion qui a été émise. Et évidemment, monsieur, je vous demande de poursuivre votre
question.
M. Fortin : M. le
Président, il a vanté le projet de
Nemaska Lithium, le gouvernement s'est investi dans le projet, et il a écrit à des petits investisseurs qui ont tout perdu : «You
should get over your bad investment and stop blaming other than yourself!» Passez par-dessus vos mauvais
investissements, vous avez juste vous autres à blâmer. Il parle de même à des
investisseurs qui ont suivi son exemple et qui ont tout perdu. Aucune empathie.
Comment le premier
ministre accepte ça?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Premièrement, on réfère à quelque chose qui s'est passé avec un investisseur de
la Grande‑Bretagne. Deuxièmement, j'ai toujours dit : Nemaska a été
un désastre financier, en fait, causé par vous, vous‑mêmes, parce que l'investissement a été fait dans une période...
eux-mêmes, l'investissement a été fait en 2018. Nous avons sauvé le projet
parce qu'il s'en allait en faillite. La structure financière de Nemaska qui a
été mise en place avec l'ancien gouvernement était
un arbre de Noël dans lequel il y a eu une disjonction des lumières. Alors,
c'est un projet qui n'avait aucun bon sens. Il fallait reconnaître l'erreur du passé avant que le gouvernement
réinvestisse, comme ils ont fait dans McInnis, mettre un autre 200 millions
puis le perdre encore une fois.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
C'est fini.
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Dans le fond, M. le Président, le ministre de l'Économie, c'est un artiste, il
aime les premières et il aime les
tapis rouges. Exemple, c'est le premier ministre de l'Économie à dérouler le
tapis rouge pour un ami et lui octroyer le plus haut salaire jamais vu dans l'histoire du Québec, presque
1 million de dollars. Ensuite, le ministre nous a parlé de bonis, comme dans le privé, où on retrouve en
premier lieu l'atteinte des objectifs corporatifs. Au gouvernement, on ne sait
pas c'est quoi. Ça doit être de dire bonjour au ministre à tous les jours.
Par-dessus ça, comme au privé, on a des bonis de performance.
Alors, à Investissement Québec, ça, ça ressemble à un
mélange du jeu de parchési et de Monopoly. Tu attrapes le serpent,
tu tombes sur la case «passez go et recevez un bonus».
le Président, sérieusement, est-ce que le ministre peut nous décrire
précisément chaque critère de performance qui donne droit à un bonus et
ainsi que nous donner le montant associé à chaque critère de performance?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Évidemment, l'information est publique, mais je vais donner quelques chiffres.
Il me reste combien? Deux secondes? Bien, je vais continuer pareil.
Pour
Investissement Québec, les bonis ont été inférieurs à l'année passée, d'une
part. Deuxièmement, 1,5 million a été
donné à 500 employés d'Investissement Québec, 500, ça fait
3 000 $ par employé; 1,2 million donné à 95 gestionnaires,
13 000 $ par gestionnaire. La
performance d'Investissement Québec, au 15 mars, était exemplaire. La
pandémie a causé des enjeux de
retour. Et, deuxièmement, M. Guy LeBlanc, ce n'est pas 1 million
qu'il a fait, il a fait 500 000 $, ce qui représente à peu
près, je dirais, 15 % à 20 % de plus que le P.D.G. avant lui.
Dernier
commentaire : On va voir un Investissement Québec qu'on n'a jamais vu dans
le passé. On a présentement des
lignes à l'eau, on a présentement une démarche agressive avec nos PME du
Québec, et les gens ne reconnaîtront pas ce qu'est le nouvel
Investissement Québec. Merci.
Le Président :
Cela... M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Je viens de voir le ministre
citer un document. En
vertu de l'article 214, je vais lui demander de le déposer, s'il
vous plaît.
Le Président : Consentement
pour le dépôt? M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : ...des
notes personnelles sur le document.
Le Président : La période de
questions et réponses orales est maintenant terminée.
Nous passons
à la rubrique des motions sans préavis, et je reconnais Mme la ministre
responsable des Aînés et des Proches
aidants. Tous attentifs pour la période des motions, s'il vous plaît. La parole
appartient à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Maurice-Richard, le leader du deuxième groupe
d'opposition, le député de Rimouski, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rejette la volonté du gouvernement du Canada d'imposer
des normes canadiennes dans les CHSLD et les centres d'hébergement pour
aînés, un champ de compétence exclusif au Québec;
«Qu'elle
exprime sa déception face à l'absence de hausse des transferts fédéraux en
santé dans la dernière mise à jour économique
du gouvernement fédéral, alors que les provinces doivent assumer d'importantes
dépenses en santé dans le contexte de la pandémie de la COVID-19;
«Qu'elle demande
au gouvernement fédéral de s'engager à ne pas imposer de normes canadiennes
dans les CHSLD et les centres d'hébergement pour aînés et d'augmenter les
transferts en santé à hauteur de 35 % des coûts du réseau.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vous demanderais de
m'indiquer les votes de vos groupes respectifs. M. le leader adjoint du
gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Sherbrooke, la députée de Joliette,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que depuis le 13 mars 2020, les éducatrices
oeuvrant dans le réseau des services de garde ont toujours assuré des
services pour les travailleurs essentiels;
«Qu'elle
souligne que le réseau de services de garde est composé de plus de
34 000 éducatrices et responsables de services de garde en
milieu familial, une profession presque exclusivement composée de femmes;
«Qu'elle rappelle
que le réseau des services de garde fait actuellement face à une grave pénurie
de main‑d'oeuvre qualifiée;
«Qu'elle
souligne que la pandémie amène un épuisement professionnel et psychologique
pour beaucoup d'entre elles;
«Qu'elle
rappelle que le gouvernement caquiste a refusé d'octroyer une prime COVID pour ces femmes qui ont maintenu le
réseau, sans arrêt de service, depuis les tous débuts de la première vague;
«Qu'elle rappelle que nous devons mettre en
place des mesures d'aide directe afin de conserver les éducatrices actuellement
dans le réseau et ainsi éviter d'accentuer le manque d'éducatrices qualifiées;
«Qu'elle
souligne que lors de l'annonce faite par le premier ministre le
19 novembre dernier, d'un "contrat moral", rien n'a été prévu pour les services de garde pendant la période des fêtes, notamment afin d'offrir un temps d'arrêt
et de repos à ces femmes qui sont à bout de souffle;
«Qu'elle
rappelle que depuis l'annonce dudit "contrat moral" le gouvernement caquiste est demeuré silencieux face aux demandes pressantes des
éducatrices du réseau des services de garde;
«Qu'elle
exige du gouvernement caquiste qu'il dépose, d'ici le 7 décembre,
un plan complet relatif aux mesures qu'il mettra en place dans les services
de garde éducatifs à l'enfance en prévision notamment de la période des fêtes.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de consentement.
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le
Président. Je demande le consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Maurice-Richard,
le député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que le "contrat moral" proposé par le premier ministre dans le cadre du temps des
fêtes implique que le gouvernement du
Québec fasse tout en son pouvoir pour
limiter la transmission du virus, notamment en protégeant de manière
optimale les travailleurs et travailleuses du réseau de la santé;
«Qu'elle
prenne acte que l'Organisation
mondiale de la santé a reconnu
l'existence de la transmission aérienne de la COVID-19 dès le
7 juillet dernier;
«Qu'elle prenne acte que l'Agence de santé
publique du Canada reconnaît également ce mode de transmission;
«Qu'elle
prenne acte de la lettre signée par 94 scientifiques québécois,
adressée aux ministres du Travail et de
la Santé et des Services sociaux, demandant que le gouvernement du
Québec reconnaisse ce mode de transmission;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec, en cohérence avec l'état actuel de la science,
de reconnaître que le virus de la COVID-19 présente un risque de
transmission aérienne;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre en place les moyens de lutte adéquats,
notamment en fournissant aux
travailleurs et travailleuses de la santé des appareils de protection
respiratoire appropriés, tels que des masques N95, lorsque ceux-ci
sont en contact avec des patientes et patients contaminés ou à risque de
l'être.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée de Maurice-Richard, le leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Chomedey
et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale réclame du gouvernement
qu'il dépose publiquement, d'ici la fin de la présente période [des] travaux,
un plan détaillé de vaccination contre la COVID-19;
«Que les décisions concernant la vaccination,
particulièrement celles en lien avec la priorisation, soient prises de
manière indépendante, publique et basée sur la science;
«Que le plan inclue, notamment, la date du début de la
vaccination, la capacité journalière, la logistique de distribution des vaccins sur le territoire, la liste des
groupes prioritaires à être vaccinés, le lieu des centres de vaccination ainsi
que la liste des professionnels de la santé qui seront appelés à
vacciner lors de cette campagne.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement.
Nous
en sommes à la rubrique Avis touchant
les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que
la Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 66,
Loi concernant l'accélération de certains projets d'infrastructure, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à
18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du
Conseil législatif;
La Commission des
institutions entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 75,
Loi visant à améliorer l'accessibilité et
l'efficacité de la justice, notamment pour répondre à des conséquences de la
pandémie de la COVID‑19, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à
18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission des
transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 71,
Loi sur
les véhicules hors route,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 67, Loi instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs et
des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à répondre à certains besoins et
modifiant diverses dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30,
aux salles Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera
à l'étude détaillée du projet de loi
d'intérêt privé n° 218, Loi concernant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, le mercredi 9 septembre 2020, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Marie-Claire-Kirkland.
Président : Merci. Pour ma part, je vous avise que la
Commission de la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
18 heures à 19 heures, à la salle Pauline-Marois, afin de déterminer
les observations, conclusions ou
recommandations de la commission dans le cadre du mandat d'initiative sur
l'augmentation préoccupante de la consommation de psychostimulants chez les enfants
et les jeunes en lien avec le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité.
Nous
en sommes à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. Parce
que le leader adjoint du gouvernement vient de mentionner le projet de
loi d'intérêt privé n° 218, qui va être étudié le 9 décembre, si
j'ai bien compris ce que voulait dire le leader adjoint du gouvernement, et c'est une bonne chose, mais je
lui demanderais ce qui se passe avec le 217 et le 219, qui ont été déposés
il y a quelque temps déjà par la députée de Westmount. 217, c'est à propos de la
Corporation archiépiscopale catholique romaine de Montréal, et le
219, à propos d'un immeuble situé sur la rue University, à Montréal.
J'aimerais savoir les indications du gouvernement. Ça fait
plusieurs fois qu'on relance le gouvernement sur ces
projets de loi d'intérêt privé là, alors on aimerait savoir si, comme le 218,
ils seront étudiés d'ici la fin de la session.
Président : M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Merci, M. le
Président. Il faut comprendre qu'il y a six projets de loi... sept, pardon,
projets de loi d'intérêt privé qui ont été déposés aux dates prescrites par le
règlement. Dans le cas du projet de loi qui a été déposé via le député des Îles-de-la-Madeleine, ça s'adresse à une situation qui était
urgente. Dans le cas des six autres projets de loi d'intérêt privé, compte tenu de l'achalandage dans les commissions
parlementaires, l'opportunité de les faire cheminer d'ici la fin de la
session est encore en évaluation.
Le Président : Merci. La période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour.
Et je
vais suspendre nos travaux pour quelques instants. Merci à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
11 h 8)
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous allons reprendre nos travaux. Nous sommes aux affaires du
jour. M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, Mme la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article 8
du feuilleton.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Donc, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 1er décembre 2020 sur la motion de scission présentée par M. le député de D'Arcy-McGee dans le cadre de l'adoption de principe du projet de
loi n° 72, Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant principalement des organismes du domaine de la
sécurité publique.
Avant de
céder la parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il reste
1 h 49 min 17 s au débat, dont
49 min 17 s au groupe parlementaire formant le gouvernement,
35 min 45 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 12 min 46 s au deuxième groupe d'opposition
et 11 min 29 s au troisième groupe d'opposition.
Alors, est-ce qu'il y a un intervenant? Bon,
alors, oui, allez-y.
M. Derraji : ...est-ce que le
leader adjoint du gouvernement peut nous confirmer s'ils ont l'intention
d'utiliser l'entièreté de leur enveloppe de temps alloué? Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. M. le leader du
gouvernement, est-ce que vous voulez répondre à cette question?
M. Schneeberger :
Oui, Mme la Présidente. Il n'y aura pas d'autre intervention de ce côté-ci de
la Chambre.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Alors, je suis prête à
reconnaître un autre intervenant. M. le député de Vimont, la parole est
à vous.
M. Rousselle :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, on demande une scission, c'est sur,
justement, un projet de loi fourre-tout
un peu, un projet de loi que la ministre appelait son omnibus, un projet de loi
qui touche à trois volets, dans le fond, mais on pourrait le scinder en
deux, justement. C'est pour ça qu'on demande une motion... on a mis une demande
de scission là-dedans, parce qu'il y a un sujet qui ne touche pas les deux
autres, c'est le côté alcool. Nous, qu'est-ce qu'on
veut vraiment, là, c'est qu'au niveau des alcools, au niveau des permis, au
niveau des restaurants, au niveau des bars, au niveau de la livraison, peut-être, des microbrasseries et tout ça se
fasse rapidement. Ils en ont besoin, ils en ont besoin vraiment, et ça,
très rapidement.
Vous savez, ce projet de loi là, Mme la
Présidente, a été déposé le 21 octobre, pas en septembre, le
21 octobre. On a eu les rencontres avec
les gens, donc, le 5, 10 et 11 novembre, et le principe a commencé le
26 novembre. Là, il ne reste plus grand temps. Vous savez que, Mme
la Présidente, c'est que la semaine prochaine, c'est la dernière semaine. Donc, moi, je pense qu'encore une fois on essaie
de... Puis je ne comprends pas. Hier, j'écoutais le député, député de
La Peltrie, qui est aussi leader adjoint, je l'entendais, qui ne
comprenait pas, il ne comprenait pas, il ne comprenait pas, puis même il ne voulait pas sortir des mots, puis qu'il
disait : Bien, si je sors des mots, ça va être des mots pas parlementaires
puis... bon, donc, qui était comme un
désarroi total, qui ne comprenait vraiment pas, puis en plus il dit : Nous
autres, on va voter contre, c'est certain. Quelle ouverture du gouvernement!
Wow! Félicitations! Belle ouverture, vraiment, vraiment.
On est ici...
Moi, en tout cas, j'ai été élu, là, pour travailler pour les gens que je
représente. Puis actuellement, là, moi,
je sais qu'il y a des restaurateurs, des microbrasseries, des brasseries qui
sont dans mon territoire, des gens qui travaillent, qui demeurent dans ma circonscription, et puis ils
ont hâte que ce projet de loi là passe, le volet 3 de ce projet omnibus
là, le projet de loi n° 72. Là-dedans, puis j'en parle à des gens, il y en a
même là-dedans qui réhypothèquent, ils essaient de tenir à bout de bras, justement,
leurs microbrasseries, ils essaient de tenir à bout de bras leurs restaurants
puis leurs... bien, les bars, dans
les zones rouges, on n'en parle pas. Mais justement je pense
qu'en avançant d'une manière correcte dans le projet de loi n° 72, en
scindant le projet de loi, bien, on pourrait avancer rapidement
puis le clore, justement, avant la fin des fêtes. Aïe! on parle de 14, 15 articles, là, ce n'est pas tant que
ça. C'est sûr qu'il y a des choses à voir dans ces 14, 15 articles
là. Comme on veut regarder au niveau de l'âge minimum, de la livraison
par une tierce partie, et tout ça.
Mais pourquoi
qu'on veut la scission, c'est que le problème, où le bât blesse, c'est surtout le volet 1,
le volet 1 qui parle, justement, de l'UPAC, les nominations de
l'UPAC puis le BEI. Pas besoin de vous dire, vraiment pas besoin de vous dire qu'actuellement l'UPAC, leur cote d'amour au niveau du Québec, ce n'est pas fort, donc je
pense qu'il faudrait peut-être commencer par là. Là, on parle de changer la
manière de nommer les gens, qu'ils vont pouvoir nommer, justement, leurs
propres enquêteurs, et tout, ça va. Puis, quand le député de La Peltrie
encore mentionnait : Je ne comprends pas, vous avez dit que vous étiez d'accord, bien oui, on est tous d'accord
avec ces segments-là, mais chacun en son temps. Il n'y a pas un livre
vert, actuellement, qui fonctionne? Bien oui, il y a un livre vert. Et j'espère
qu'on ne fera pas aucune modification, mais
aucune modification à aucun corps de police, que ce soit un corps de police
spécialisé ou un corps de police sur le territoire québécois, avant
d'entendre, justement, le comité qui a été nommé par le gouvernement. Il y a tellement de mémoires, là-dedans, puis il y a
tellement d'idées... Puis j'entendais la ministre parler, justement, au niveau
des échanges qu'on a eus, elle parlait que, oui, je veux avoir une
police de l'avenir, puis du futur, puis... Bien oui, on veut tous ça. Puis moi le
premier, ayant déjà été policier, je veux ça, c'est certain. On veut toujours
améliorer qu'est-ce qu'on a sur notre territoire, c'est comme normal. On ne
veut pas régresser, on veut avancer, on veut améliorer les choses. Mais, pour avancer correctement au niveau de l'UPAC,
entre autres, je peux vous parler du BEI après, mais de l'UPAC en premier,
bien, je pense qu'il faudrait peut-être commencer à régler les problèmes internes. On le
sait, qu'à l'intérieur, justement... problèmes
avec le personnel, ça ne fonctionne pas bien, l'atmosphère n'est vraiment pas
bonne. Et, encore une fois, comme je
vous ai dit ce matin, on le voit dans les médias comme quoi que, wow! un autre
échec. On peut-u voir, avant de s'en aller, de mettre un plasteur... parce que,
dans le fond, c'est ça qu'on va mettre, on va mettre un plasteur sur un gros
bobo, bien, je pense... à la place de
régler, justement, le problème de l'UPAC. Je pense qu'on devrait commencer par
le commencement. Aïe! en plus, je
voyais dans les journaux qu'ils se voyaient comme le FBI du Québec.
Wow! Wow! Là, je pense que, là, on pousse, on pousse vraiment.
C'est pour ça
que moi, je pense qu'on devrait, premièrement, commencer à regarder c'est quoi, le problème,
à l'UPAC. Il y a un comité de surveillance qui est là, il y a un
comité de surveillance qui s'occupe de l'UPAC. Je ne sais pas si vous le
saviez, mais il y a un comité de surveillance, puis ils font un
rapport à chaque année. Ils en ont fait un en 2019, ils en ont fait un en 2020. Puis saviez-vous quoi? Puis là je
vais aller chercher... il y a un
article au
niveau du rapport d'activité pour
l'année, là, je l'ai ici, devant moi, là, ça, c'est le rapport, que vous pouvez
avoir facilement, là, il y a un
article là-dedans qui vient mentionner, puis ça, c'est la
page... pour ceux qui veulent le regarder, à un moment donné, à la page 17
du rapport, tu sais, c'est comme... je suis assez précis, je ne peux pas
être plus précis que ça : «Cela dit, le comité n'a pas été invité à comparaître devant la commission
compétente de l'Assemblée nationale comme [...] prescrit [à] l'article 35.18
de la loi.» Là, qu'est-ce que je suis en train de vous annoncer, là, que le gouvernement ne les a pas demandés en 2019 puis ne les a pas demandés en
2020. Wow! Puis là, après ça, je... Puis, après ça, le leader adjoint, il dit :
Je ne comprends pas. Bien, premièrement...
Puis il avait hâte de m'entendre parler, j'espère qu'il m'entend parler, mais
je peux vous dire qu'il aurait dû,
avant de m'entendre parler, avant de dire : Nous autres, on vote contre...
Ça fait que, comme je vous ai dit, l'ouverture n'est pas bien, bien là,
on le voit vraiment.
Donc, en
partant le rapport d'activité... Puis eux, justement, ils veulent se faire
entendre. Je pense qu'avant de modifier quelque chose le moindrement à l'UPAC, le moindrement, juste un petit
peu, bien, je pense que ce serait normal, et même bien normal, et correct de
les entendre avant de modifier quoi
que ce soit à l'UPAC. C'est la moindre des choses, parce que, d'abord, à ce
moment-là, ça sert quoi, une vérification et le comité de surveillance? Ça sert à quoi? Ça ne sert à rien.
Bien oui. Puis en plus, vous le savez comme
moi, hein, l'UPAC, là, il y a eu tellement de choses qui s'est passé... Même, il y a
un collègue ici, de l'Assemblée nationale, qui y a goûté par l'UPAC, comprenez‑vous?
C'est comme il y a quelque chose qui ne marche pas à l'intérieur de l'UPAC, puis je pense qu'on devrait aller plus loin. Parce
qu'eux autres, en passant, le comité de surveillance, ils peuvent intervenir en
tout temps. Il y a quelque chose quelque part qui dit : Ils peuvent
intervenir en tout temps. Bien, j'aimerais savoir pourquoi qu'ils n'ont pas
intervenu quand l'UPAC faisait les médias puis que ça allait... que ça ne va
pas bien, ça ne va pas bien encore, là. Je ne comprends pas qu'on ne les a pas
entendus là-dessus. Il y a sûrement une
raison. Eux, ils ont une raison. Bien, moi, j'aimerais ça entendre leur raison,
puis j'aimerais ça les entendre vraiment.
Une autre
chose que je veux aller en ce sens, c'est qu'on a demandé des groupes, on a
demandé des groupes, puis je trouvais :
Voyons, comment ça se fait qu'il n'y a pas beaucoup de groupes de services
policiers qui viennent en commission, qui
n'ont pas fait de mémoire? Pourquoi que... En tout cas, c'est un questionnement
que j'ai eu. Puis, après d'avoir fait plusieurs téléphones, on me dit :
Bien, Jean, voyons, ils marchent à l'envers. Ils ont dit : Il y a le
comité, il y a le livre vert qui s'en
vient, on fait nos représentations là, au livre vert, on ne les fera pas au
p.l. n° 72. Même ils ont dit : Même, ce serait
intéressant qu'on arrête le p.l. n° 72 en
attendant de voir, le comité du livre vert, qu'ils sortent leur rapport. Ce serait-u logique, ça? Je pense, c'est la simple
logique, simple, simple, simple. Puis là on n'a pas besoin de réfléchir trop
fort, là, c'est bien «basic», l'affaire, qu'est-ce que je vous dis. Je
pense que ce serait comme intéressant, très intéressant de voir avant, le livre vert, qu'est-ce qui arrive. Parce
que, dans le livre vert, là, il va arriver quoi à l'UPAC? Est-ce qu'il va y avoir d'autres idées? À moins que la ministre de
la Sécurité publique me dise : Non, non, non, c'est déjà canné. J'espère
que non, j'espère que non. Parce que, si c'est tout canné, là, donc, à ce
moment-là, le comité du livre vert, et tout, là, quoi, c'est de la poudre aux yeux? C'est quoi? Moi, je
vous dis : Avant de faire une modification moindrement petite, peu importe
le corps de police, surtout un corps de police spécialisé, mais peu importe le
corps de police au Québec, moi, je pense qu'on
devrait attendre le rapport du livre vert. Je pense que ça va de soi, je pense
que c'est la logique parce que sinon, comme je vous dis, bien, tout l'exercice que le comité fait actuellement,
bien, ils le font pour rien, c'est de la poudre aux yeux, ça ne sert
absolument à rien. Parce que c'est bien beau, penser à la police du futur,
mais, justement, il faudrait peut-être commencer à écouter ceux qui amènent les
mémoires puis ceux qui se présentent, justement, devant ce comité-là.
Une fois que ce rapport-là va être fait, là, on
pourra voir, et eux, peut-être, ils vont peut-être dire : Bien, écoute, ce serait peut-être le temps de modifier l'UPAC, peut-être
le temps aussi de modifier le BEI. Ça se peut. Là, je vous dis des
hypothèses. Ça fait qu'on ne sait pas, le comité, où il va atterrir dans ses
recommandations, hein? Personne ne le sait.
Je sais que la ministre, quand elle a parti le comité, et tout ça... je
sais qu'elle a donné des enlignements, elle a parlé que, bien, moi, je serais prête que ça aille dans
le privé puis je serais prête que... Bon, je trouvais même malheureux qu'elle
donne des enlignements, parce que, si on veut vraiment laisser libre cours au
comité, bien, tu les laisses libre cours. Tu
sais, tu ne leur donnes pas un enlignement, tu les laisses aller, sinon tu ne
fais pas un livre vert. À ce
moment-là, tu fais un livre blanc, tu sais, il y a une différence entre les deux. Donc, tu es mieux de faire un livre
blanc, à ce moment-là, t'enligner avec ta pensée puis «go ahead». Là,
on comprend que, là, on veut fonctionner avec un livre vert, on veut comme
s'abriller avec un comité. Bien, écoutons-le, ce comité-là. Parce que,
je vous dirais, c'est là, le problème, c'est au niveau de l'UPAC, c'est...
On ne peut pas s'en aller. Puis il y
a tellement de choses à voir,
donc il faudrait rencontrer le comité de surveillance,
il faudrait rencontrer d'autre monde, et là, dans une semaine... parce que je
vous rappelle encore, là, hein, je vous
rappelle encore, déposé le 21 octobre; 5, 10, 11 novembre, on est en commission,
on rencontre les groupes, puis le 26 novembre on commence les
principes.
Ça fait que, moi, je
pense, ce serait bien plus simple... puis j'aimerais ça que le gouvernement
réfléchisse, dire : Bien, écoute, peut-être qu'une scission, ce serait
intéressant puis peut-être qu'on pourrait, justement, reporter le côté police
après l'hiver, après, justement, avoir
rencontré le comité de surveillance, puis allons-y au plus pressant, le plus
pressant étant, justement, le volet 3, les mesures concernant les
permis d'alcool, les boissons alcooliques.
Vous savez, j'ai
parlé puis je parle régulièrement à des gens à l'intérieur des commerces, à
l'intérieur... que ce soient des
microbrasseries, que ce soient des restaurants, que ce soient... peu importe
dans le domaine où les modifications peuvent
apporter, ils attendent après ça. Ils attendent vraiment, et moi, je vous
dirais, c'est que, si le gouvernement ne veut pas aller avec la scission... parce
que je comprends bien qu'à ce moment-là c'était une promesse, mais on ne s'en
va pas à l'action. Mais c'est l'action que
je veux aller, c'est à l'action que je veux aller, je veux vraiment
le modifier. Parce que ça,
là, on l'avait vu, ça, cette modification-là. Encore une fois, on l'avait noyée dans le 61,
61 qui n'a pas apparu nulle part, là.
À un moment donné, il est mort de sa belle mort, là. Mais là,
encore une fois, des gens du milieu disent : Aïe! j'espère qu'on ne sera
pas en otage. Puis même les gens du milieu disaient : On trouve ça donc
bizarre. Puis même, quand ils se sont présentés,
comment ça se fait que des affaires de loi de... la police, les nominations de
police, les libérations conditionnelles, on a quoi à faire là-dedans,
nous autres? Nous autres, on veut que notre projet de loi passe. C'est ça qu'on
veut.
Vous savez, il y
avait Martin Coiteux qui a travaillé fort sur le projet de loi n° 170
puis André Drolet aussi. Je peux les nommer puisqu'ils ne sont plus en
Chambre maintenant. André Drolet aussi qui a travaillé très fort
là-dedans, deux personnes qui ont fait
avancer dans le domaine. Puis André Drolet, lui, justement, c'est une personne
qui a toujours vécu dans le milieu,
toujours gardé des bons contacts avec les gens de la restauration, des bars et
tout. Eh, «my God», toutes les
modifications qu'ils ont apportées, ils applaudissaient, ils applaudissaient,
ils applaudissaient. Mais, dans les modifications, il y en a qui n'ont pas été mises en place. Il y
en a qui n'ont pas été mises en place encore. Et ça, ça ne prenait pas un
projet de loi pour ça, là.
je vous rappelle que ça fait deux ans. Tu sais, c'est bien beau, là,
j'entendais le député, toujours, de La Peltrie, hier, leader adjoint,
parler, dire : Bien, les libéraux, tout le kit... Non, non. Arrêtons, là.
Assumez-vous, là. Ça fait deux ans que
vous êtes là. Ça fait deux ans que vous êtes là. Là, ce serait le temps, bon,
que vous assumiez un petit peu. Ça fait deux ans que la loi n° 170 est là, il y a des modifications par règlement
qui auraient dû être faites. Ça n'a pas été fait, mais pas du tout. Et même les
restaurateurs puis les bars ont venu m'en mentionner, justement, tu sais :
Bien, on s'attendait... on applaudissait, on attendait, justement, les modifications
apportées, mais on ne les a pas. On ne les a pas, on aimerait ça. Là, on
arrive, après ça, avec un projet de loi
comme celui-là, omnibus, puis là, après ça, comme je vous dis, il est arrivé le
61. 61, encore, on allait dans un noyau... noyer le
poisson, je vous dirais, un petit peu, parce que, là, quand tu mêles ça avec
plein de choses, plein de sujets, bien, à un
moment donné, bien, ça se peut que l'intérêt comme tel du sujet se perde un
peu. Mais moi, là, aujourd'hui,
qu'est-ce que je fais, là, je le fais pour les restaurateurs, je le fais pour
les brasseries, je le fais pour les tavernes, je le fais pour tous les gens au
niveau... il y a les microbrasseries qui ont besoin, justement, de ce projet de
loi là. Je fais ça aujourd'hui pour ça. Pourquoi? Bien, justement, scindons-le,
allons rapidement. Il y a 14, 15 articles. Il faut vraiment y aller dans le domaine, il faut vraiment
régler le problème une fois pour toutes puis arrêtons de faire des omnibus
à une date, là... Écoutez, le
21 octobre puis, encore une fois, je vous dis 5, 10, 11 novembre,
26 novembre, là, c'est comme vouloir... J'ai l'impression, c'est de mettre
de la pression, nous mettre de la pression en disant : Bien, on va mettre
des choses puis peut-être des choses
qui ne passeront pas entre-temps, sachant vraiment... puis ils le savent, le
gouvernement le sait, on tient vraiment au volet n° 3.
C'est sûr qu'il va falloir regarder, à un moment donné, le
chapitre I puis le
chapitre II, les niveaux des
libérations conditionnelles puis au niveau des enquêteurs. Bien oui, c'est
vrai. Puis comme, encore une fois, le
leader adjoint hier, il mentionnait, eh oui, on est d'accord avec tout ça. Il
faut tout regarder ça, il a raison, mais chaque chose en son temps. Chaque chose en son temps. Donc là, allons au plus
pressant. Le plus pressant, c'est le volet n° 3
au niveau des permis d'alcool.
Vous savez, il y a
des microbrasseries, il y a des gens qui... Parce que, tu sais, on a parlé de
timbrage. Encore là, en passant, le
timbrage, il est dans le 170. On pourrait régler ça par bien plus facile qu'un
projet de loi, là. Comprenez-vous, là,
on pourrait faire ça rapidement, mais là on est rendus avec un projet de loi.
C'est correct. L'objectif, c'est de le faire, puis l'objectif, c'est de le
passer, l'objectif, c'est d'y aller, mais c'est d'y aller... On y va, là. Tu
sais, on va arrêter justement de faire
du blabla, puis on va arrêter de faire, justement, des shows de boucane, je
pourrais vous dire, là. Allons à l'action, allons directement pour
régler le problème de l'alcool au Québec.
Je pense qu'on...
effectivement, puis je pense qu'on est tous d'accord, là, on est d'accord qu'on
est rendus là, au Québec. On a eu tellement
de monde en comité. Puis d'ailleurs, moi puis la ministre, on se regardait,
puis oui, effectivement, même ça a
été très cordial entre moi puis elle. Ça a été vraiment des rencontres, qu'on a
eues avec les gens du milieu, très cordiales. Et on le voyait, justement,
que mutuellement on veut avancer là-dedans.
Mais,
si le gouvernement veut vraiment avancer là-dedans, comme je vous dis, pourquoi
qu'on a mis comme... j'allais dire une patate chaude, mais je devrais dire
d'autre chose. On met un sujet qui est vraiment... qui a besoin de réflexion
encore plus — ça, c'est encore mieux dit, oui — un sujet qu'on a besoin de réflexion encore
plus, parce qu'on a des groupes à rencontrer, on a comme le comité de
surveillance, entre autres, à regarder, et en plus que l'association des
directeurs de police demande qu'on le reporte, le p.l. n° 72. Donc, eux autres, quand ils disent : Reportez
le p.l. n° 72, c'est le volet au niveau de l'UPAC, BEI, c'est ce côté-là qu'ils
veulent. Quand l'association de directeurs, elles disent : Vous devriez
tasser ça, ce n'est pas au niveau de l'alcool puis ce n'est pas au niveau des
libérations conditionnelles. On s'entend, là, ils veulent vraiment parler, dire : Bien,
écoutez, on est en train de faire des... on a fait des projets... dans le
projet de loi, justement, au niveau
de la rencontre du projet du livre vert, on a fait des documents. Ils sont
déposés ou ils ne sont pas encore déposés parce qu'il y a encore des
groupes à rencontrer.
C'est pour ça que je vous dirais
qu'allons vraiment... puis, pour le BEI, bien, écoutez, il y a le rapport aussi
qui a été fait par Mme Lafontaine.
Au BEI avec, là, tu sais... je vous parle depuis tout à l'heure de l'UPAC, mais
le BEI aussi, là, ça ne va pas si bien que ça, puis je pense qu'il
faudrait regarder ça. Et l'important là-dedans, c'est la transparence, puis je
pense... que ce soit le BEI ou l'UPAC, bien, je pense qu'il faudrait régler
rapidement, mais pas par le p.l. n° 72, pas en disant : Bien, vous allez avoir votre
personnel permanent, puis c'est ça que ça va régler. Non, non, ce n'est pas ça qui va
régler le problème, là. Il faut y aller en profondeur puis il faut y aller
comme ça.
Donc, pour vous dire, allons au pressant, allons vraiment où
on en a besoin, puis je vais dire où on en a besoin, là,
c'est les restaurateurs, les brasseries, les tavernes, les microbrasseries. Les
microbrasseries, tout à l'heure, je parlais avec
quelqu'un, il disait : Écoutez, moi, là, je suis dans la région... Moi, je
ne peux même pas envoyer ma bière. Ils peuvent commander en ligne, mais il faut
qu'ils viennent la chercher, puis je suis en Estrie, ou : Je suis en
Outaouais, ou... Mais là, moi, je ne peux même pas l'envoyer par un
tiers. Puis là on approche des fêtes. Imaginez-vous, là, ils pourraient, eux, dire : Bien, écoute, ce serait intéressant
qu'on règle ça rapidement, puis qu'eux autres peuvent, pour le temps des fêtes,
bien, pouvoir prendre de la bière... parce qu'il y a bien des gens de
leur région qui sont rendus à Laval, à Montréal, ou peu importe, dire :
Bien, écoute, moi, je vais commander de la bière de ma région, tu sais, sachant
qu'on ne peut pas avoir trop, trop de partys
de Noël, hein ? Mettons, ça va être très, très familial, mais petit noyau,
hein, vraiment petit noyau. Bien, au
moins, ces gens-là pourraient avoir le plaisir de goûter à la bière de leur
provenance de région, mais ce serait au moins ça, mais surtout aussi pour l'économie québécoise, parce que je
n'entends pas ça, là. Tu sais, encore une fois, l'économie québécoise,
elle en mange un coup.
Vous savez, dans ma circonscription, à Vimont — puis je dis toujours Vimonteuil, parce que je couvre deux secteurs à Laval — il y a des restaurateurs qui sont rendus qu'ils ont réhypothéqué pour
essayer de survivre leur restaurant. Ils font juste du prêt-à-apporter, j'allais
dire «takeout», mais du prêt-à-manger, là, puis une chance que mon collègue est
toujours là pour me
ramener sur le mot français, puis c'est correct, mais dans le sens... c'est que
ces restaurateurs-là et peut-être... Parce que, dans le projet de loi,
peut-être qu'on va peut-être arriver avec des bars, avec un permis MAPAQ,
peut-être qu'ils vont pouvoir justement
livrer, eux autres aussi, puis livrer de la boisson par un tiers. Parce que,
vous savez, tous les petits
restaurants, là, ils ne peuvent pas se permettre, là, d'avoir un livreur à eux.
Ils ne peuvent pas, là, c'est trop dispendieux. Donc, ils vont fonctionner avec
tous les tiers qui peuvent servir, puis là je ne veux pas nommer aucun nom,
mais vous savez comme moi, il y a
beaucoup de compagnies maintenant qui livrent, justement, à la maison et
puis... bien, c'est ça, moi, je pense que les 14, 15 articles, là,
on pourrait y donner, excusez l'expression, on pourrait y donner la claque. On
pourrait vraiment y donner la claque, vraiment régler ça le plus vite possible
pour que les gens, justement, puissent en profiter, que les restaurateurs, les gens d'affaires puissent en profiter, qu'ils
puissent livrer, justement, de la boisson... et la population aussi,
comprenez-vous?
Bien
souvent, pour la période des fêtes, il va arriver quoi? Bien, ce serait
peut-être intéressant, pour la période des
fêtes, que certains restaurateurs disent : Bien, moi, je fais des menus, là, pour le temps des fêtes, puis, en même temps, bien, je peux vous livrer même une bouteille de vin puis, bon... puis là
je vais livrer ça par un tiers. Tu sais, je ne parle pas des grands restaurants... des chaînes de
restaurants qui ont leur propre livraison. Eux autres, ils n'ont pas trop ce
problème-là. Mais aidons justement
les petits restaurateurs, aidons justement les microbrasseries, aidons justement
les bars là-dedans.
Donc, pour vous dire,
je ne comprends pas l'attitude qu'a eue le leader adjoint hier, vraiment pas,
parce que moi, je m'attends vraiment
à une ouverture, vraiment, du gouvernement. Si on veut vraiment être ensemble pour
travailler pour notre population,
travailler pour nos restaurateurs, bien, je pense que ce n'est pas une question
de partisanerie, ce n'est pas une question...
Pensons donc à eux. Moi, je pense que... Mettons de côté, justement,
le côté police puis allons directement,
justement, au volet 3.
Puis, comme je vous dis, là, il reste quoi... on
est rendu... on est mercredi, aujourd'hui, donc il ne reste pas grand temps, là, il reste deux jours cette semaine puis
il reste la semaine prochaine. Donc, si on veut aller rapidement,
bien, je pense, ce serait le temps de le faire, de faire ça simplement, mais de
le faire correctement. Puis je vous dirais que, le milieu, ils
attendent juste ça de nous. Ils attendent juste ça de nous, là, qu'on se mette
ensemble puis qu'on avance dans... C'est juste
ça qu'ils attendent de nous. Bien beau, j'ai entendu le non, hier, de... non,
on va voter contre, là, du leader adjoint. Bien, j'aimerais ça que vous réfléchissiez là-dessus. Pensons donc à notre
monde, pensons donc justement aux commerçants qui souffrent actuellement,
puis je pense qu'on peut se...
Puis
je vous dis, là, on va aller ensemble, avec la ministre... Je suis certain qu'on
s'assoit ensemble puis on règle ça assez rapidement. Oui, il y a encore
des questionnements, on s'entend, là, mais on est capable de régler ça, justement,
avant la fin des travaux. Et c'est juste ça
que les gens attendent de nous, c'est juste ça que les gens attendent de nous,
qu'on s'entende et puis qu'on puisse avancer, parce qu'actuellement ils
se sentent en otage.
Et l'affaire que je
trouve malheureuse, c'est qu'en ayant mis, justement, le volet 1 et 2 dans
le p.l. n° 170, c'est comme... on les met un peu en otage. On sait qu'il y a
des sujets... ce n'est pas juste la nomination, parce qu'on parlait hier, j'écoutais, encore
une fois, le leader adjoint parlait : Bien, c'est juste des modifications
administratives. Non, c'est plus profond que
ça. Coudon, c'est donc ben simple. Non, c'est juste des modifications administratives. Bien, voyons donc, j'espère que vous êtes plus
profond que ça, là. J'espère qu'on va aller plus en profondeur que ça, là. Ce
n'est pas juste des modifications administratives, c'est plus profond que ça. Il faut aller vraiment
en profondeur pour l'UPAC puis le BEI. Là, arrêtons de dire que c'est
juste des petites modifications administratives. Écoutez, moi, je pense qu'avec
tout ce que je vous ai dit puis tout ce que
j'ai dit aussi au principe... Puis j'ai annoncé mes couleurs au principe, là.
Tu sais, j'étais tout étonné, hier,
que c'était comme : Wow! il s'en va où avec la scission? Bien, à moins
qu'on ne m'ait pas écouté au principe, mais c'est ça que je parlais. Je
sentais... je disais mon malaise, ayant mis tout ça ensemble, un genre de projet
de loi fourre-tout qui fait qu'à moment donné, bien, on en perd l'essentiel,
parce que l'essentiel, pour le moment, là, c'est les restaurateurs, les bars,
les tavernes et puis les microbrasseries.
Allons plus sur le côté
business, surtout dans une période... parce que, là, c'est un projet de loi qui
va perdurer après, là, ce n'est pas juste
pour la COVID-19. Mais encore plus, à cause de la COVID-19,
on devrait faire ça plus rapidement parce
que c'est là qu'ils en ont vraiment besoin. Donc, accélérons le processus.
J'espère que vous allez modifier votre pensée, j'espère que vous allez
l'accepter cette scission-là pour qu'on puisse s'entendre rapidement.
Puis, je vous
dis, les gens du milieu, ils attendent juste ça. Je vous ai parlé même ce
matin, ils attendent juste ça, qu'on
puisse s'en aller dans ce sens-là pour qu'on puisse régler ça rapidement. Puis
arrêtons, à un moment donné, de faire de la politique là-dessus, allons à l'essentiel. Puis moi, je vous dirais, Mme la Présidente, que c'est les gens du Québec qui vont en bénéficier, si on est capables
de travailler de même.
Moi, en tout
cas, je suis en politique, moi, vraiment, comme je voulais dire tantôt, c'est
pour les gens du Québec, et je
pense que quelque part, là, à un moment donné, il faudrait enligner nos
bicycles pour qu'on puisse avancer rapidement dans ce projet de loi là et surtout prendre le troisième volet du
p.l. n° 72 pour qu'on puisse, justement... les restaurateurs,
les bars puissent en profiter. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
J'aime les allégories de bicycles, ça nous maintient en forme, ça nous
maintient l'esprit éveillé. J'interviens donc, évidemment, sur la proposition
de scission, la motion de scission que nous appuyons.
Dès le départ, quand le projet de loi a été déposé, on était un peu surpris de son
contenu. J'en ai fait mention aussi dans mon intervention la semaine
dernière déjà, jeudi dernier, à savoir que c'est un étrange mariage.
On a compris
que c'étaient des dispositions qui étaient dans une première version, là, du
fameux projet de loi n° 61 qui a
fait couler beaucoup d'encre et qu'on a voulu reprendre dans ce projet de loi là pour qu'il soit adopté plus rapidement. Bon, là-dessus, on en est.
Là-dessus, on veut, en effet, rapidement qu'il y ait des modifications. C'est
une réforme qui aurait dû être faite depuis longtemps, une réforme qui
est incomplète, mais bon, un pas dans la bonne direction.
L'idée de
scinder, dans le fond, ce projet de loi là en deux, d'un côté les motions sur
tout ce qui concerne les boissons alcoolisées,
de l'autre, les organismes de sécurité publique, est une bonne idée, surtout si
ça pourrait participer à faciliter et
accélérer l'adoption du volet sur les boissons alcoolisées. Je pense que
l'Association des restaurateurs et d'autres groupes réclament rapidement
l'adoption de ce volet-là pour que le temps des fêtes leur soit plus agréable
d'un point de vue financier. J'ai parlé
aussi la semaine dernière des défis des restaurateurs dans mon quartier d'Hochelaga-Maisonneuve, qui ont
de la misère ces temps-ci, évidemment, comme la plupart des restaurateurs du Québec, certainement, ceux et celles qui sont dans
les zones rouges. Donc, oui à la scission, oui à l'idée de rapidement
adopter celui sur le volet des
boissons alcoolisées.
l'autre... On a eu quelques questions, j'en ai soulevé quelques-unes la semaine
dernière, des questions qu'on aura le
temps d'approfondir, qu'on est... Ce n'est pas des urgences nationales. La
façon dont on embauche certaines personnes au BEI, à l'UPAC, on a l'occasion de peut-être prendre un peu plus de
temps, là, on n'est pas particulièrement pressés. Donc, moi, je participe à cette idée-là. On en est à
Québec solidaire à cette idée-là de scinder pour, je l'espère, accélérer, donc,
les choses. C'est un message que j'envoie
aussi à la
partie gouvernementale. Peut-être que si, dans l'organisation des
travaux, on était capables de mieux se parler aussi, de mieux faire des
compromis sur les dates où on convoque les députés, particulièrement les vendredis matin, par exemple, si on était plus en
mesure de se parler et d'éviter ce genre d'imbroglio, bien, on ne serait
certainement pas ici, là, à discuter de tout ça.
Donc, moi,
j'en appelle aussi à une meilleure collaboration, je dirais, entre les bureaux
de leaders des différents partis, une
meilleure collaboration, une meilleure ouverture à nos différents rôles de
députés. On est importants dans nos circonscriptions,
particulièrement en ce moment, dans cette crise de pandémie. On doit être à
l'écoute, on doit être le plus possible sur le terrain.
Donc, c'est important qu'on travaille rapidement
à l'adoption, donc, du volet des boissons alcoolisées du projet de loi n° 72. On se do