Health and Social Services — 7 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-05-07
Quebec — Committees
(Dix-neuf heures trente-deux
minutes)
Présidente (Mme Proulx) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de la santé
et services sociaux ouverte. Je demanderais
à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Alors, la commission est réunie afin de procéder
à l'étude détaillée du projet de loi n° 29, Loi modifiant la
Loi sur
Héma-Québec et sur le Comité d'hémovigilance.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Roy (Bonaventure) est remplacé par Mme Bouillé (Iberville); M. Bergman (D'Arcy-McGee) est remplacé par Mme
Gaudreault (Hull); et Mme Daneault (Groulx) est remplacée par M. Deltell
(Chauveau).
La Présidente (Mme Proulx) : Merci.
Alors, avant de passer aux remarques préliminaires, je dépose les commentaires
de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Voici, M. le secrétaire.
Alors, nous allons débuter sans plus tarder avec
les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez d'un maximum de 20
minutes pour vos remarques préliminaires.
Hébert : Alors, Mme la
Présidente, permettez-moi d'abord de saluer nos collègues de l'opposition, le
député de Jean-Talon, la députée de Gatineau, de Bourassa-Sauvé, Mme la députée
de Hull et M. le député de...
Hébert : Chauveau,
excusez-moi. Et je voudrais saluer mes collègues qui m'accompagnent, Geneviève
Gourde, attachée politique, Cyril Malouet
également et plusieurs personnes du ministère et également d'Héma-Québec, que
je salue et qui vont être ici pour répondre, éventuellement, à certaines des
questions posées.
Alors, je
suis très heureux, donc, d'intervenir lors de l'étude détaillée de ce projet de
loi. Nous avons eu six heures de
consultations en commission parlementaire, ce qui nous a permis d'entendre des
groupes qui ont à coeur l'adoption de ce
projet de loi. On a eu des témoignages assez touchants parfois pour soutenir l'adoption
de ce projet de loi et rendre disponible, notamment, la banque de lait
maternel pour les grands prématurés.
Alors, c'est
un projet de loi qui vise, bien sûr, à élargir le mandat d'Héma-Québec pour une
banque de lait maternel, mais aussi de
moderniser la
Loi sur Héma-Québec et sur son comité, qui est appelé
actuellement un comitéd'hémovigilance,
qui sera appelé à élargir son mandat pour devenir un comité de biovigilance, et
ça, c'est pour refléter la nouvelle réalité d'Héma-Québec, qui a
beaucoup évolué depuis sa création en 1998.
Le projet de
loi nous permettra de faire bénéficier à l'ensemble de la population québécoise
l'expertise développée par
Héma-Québec, une expertise qui est largement reconnue, et cette expertise-là va
pouvoir être mise au bénéfice des besoins
actuels et futurs de notre système de santé, mais aussi permettra à Héma-Québec
de contribuer à sauver plus de vies.
Alors, j'aimerais,
avant d'aller dans l'examen
article par article, faire un bref historique d'Héma-Québec
pour voir pourquoi ce projet de loi là est
nécessaire, important et où se situe ce projet de loi là dans l'évolution d'Héma-Québec.
En 1998, Héma-Québec a été fondé, dans la foulée
des recommandations de la commission Krever et de la commission Gélineau, en réponse au scandale du sang contaminé, dont on
se souvient tous. C'est une loi qui reconnaissait avant tout la mission d'Héma-Québec comme
fournisseur unique de sang et de produits sanguins pour le Québec. Mais
le législateur, à cette époque, avait déjà envisagé d'étendre les activités d'Héma-Québec
au-delà du sang, à l'article 3, dernier
paragraphe, et je cite, on mentionnait que «le ministre peut également confier
[...] des attributions semblables pour la moelle osseuse [et] tout autre tissu humain». Alors, en 2001, des
mandats ont donc été ajoutés formellement pour répondre à de nouveaux besoins du système de santé. On y a
ajouté, à ce moment-là, les tissus humains, la moelle osseuse et le sang
de cordon pour l'utilisation des cellules souches.
Ces mandats
ont été confiés à Héma-Québec par les dispositions de la loi originale qui
permettait d'étendre à tout autre tissu humain le mandat d'Héma-Québec.
Depuis 2001, Héma-Québec a donc élargi sa gamme de produits, a augmenté, bien
sûr, le volume des donneurs et le volume des tissus distribués, si bien qu'actuellement
Héma-Québec distribue, conditionne des
tissus, par exemple des tissus cardiaques pour le remplacement des valves
cardiaques, des tissus cutanés pour être capable de traiter les grands brûlés, des tendons pour
la chirurgie sportive, des os pour la greffe ou le remplacement de prothèse de hanche ou de genou et
des cornées pour être capable de traiter les maladies de la cornée par
greffe.
Héma-Québec
gère aussi des cellules souches, des cellules de sang de cordon. Il gère un
registre des donneurs de cellules
souches, une première banque de sang de cordon au Canada, et il y a un mandat
de recherche et développement dans des domaines couverts par sa mission,
donc recherche sur des produits cellulaires, par exemple, pour procéder à des thérapies cellulaires. Mais les dispositions
actuelles de la loi limitent l'attribution à Héma-Québec de nouvelles
fonctions par le ministère de la Santé et
des Services sociaux en dehors de celles qui sont liées au sang et aux produits
dérivés du sang, à la moelle osseuse
et aux tissus humains. Le projet de loi que nous devons étudier aujourd'hui,
article par article, prévoit donc, notamment, l'élargissement de la
mission d'Héma-Québec en lui confiant des attributions pour le lait maternel et
tout autre produit biologique humain déterminé par le gouvernement.
Il reconfirme
donc des attributions qui étaient déjà présentes dans la loi originale, c'est-à-dire
les tissus humains et les cellules souches, mais on les nomme maintenant
explicitement pour intégrer ce qui a été ajouté aux attributions d'Héma-Québec en 2001. Il habilite aussi le
gouvernement à lui confier tout autre mandat accessoire à ses
attributions, et on a donné comme exemple que les services d'Héma-Québec
pourraient être mis à contribution pour améliorer l'accessibilité à des centres de prélèvement, par exemple, pour donner
un meilleur accès aux citoyens à ces ressources.
Il adapte également à certains éléments de la
Loi sur Héma-Québec pour mieux correspondre à sa réalité présente et future. Puisqu'on n'ouvre pas à tous
les jours ou à tous les ans une loi, il était important de prévoir l'évolution
du mandat d'Héma-Québec dans le temps.
Alors, nos objectifs avec ce projet de loi n° 29, c'est donc de
mettre à profit l'expertise qui a été
développée par l'ensemble de l'organisation d'Héma-Québec, incluant tout ce qui
a été développé à Héma-Québec et qui en fait un leader au niveau mondial
dans la sécurité notamment et la qualité de ses produits.
Alors,
Héma-Québec pourra, avec ce projet de loi, mettre sur pied et gérer une banque
publique de lait maternel au bénéfice des nouveau-nés prématurés au
Québec. On sait que ces banques de lait maternel existent ailleurs dans le monde. Elles existent en Colombie-Britannique, il
y a aussi l'Alberta, mais, partout ailleurs dans le monde, elles ne sont
jamais gérées par un organisme avec la notoriété, l'expertise d'Héma-Québec.
Alors, je pense que ça, ça sera une composante extrêmement originale du projet
de loi québécois.
Elle pourra permettre à Héma-Québec de
poursuivre son développement grâce à une loi rénovée, une loi plus adaptée aux
besoins du réseau de la santé d'aujourd'hui, mais il faut aussi prévoir les
besoins de demain parce que l'évolution de
la science dans ce domaine est assez fulgurante, et il faut prévoir que les
produits biologiques vont faire l'objet
de nombreuses découvertes dans le futur, un futur très proche, au bénéfice des
patients. Il faut donc qu'Héma-Québec puisse être
partie prenante à ce
développement et même pouvoir contribuer à l'essor économique du Québec en
mettant à profit son expertise.
Alors, ce
projet de loi s'inscrit donc dans la volonté de notre gouvernement d'offrir de
meilleurs soins de santé à tous les Québécois, et je pense que cet
examen
article par
article nous permettra d'en arriver à un projet de loi qui
va répondre aux besoins actuels, mais aussi
aux besoins futurs et qui va consolider le rôle d'Héma-Québec. Je vous
remercie, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Proulx) :
Merci, M. le ministre. Alors, j'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de santé et député de Jean-Talon à faire ses remarques
préliminaires pour une période maximale de 20 minutes.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Merci, Mme
la Présidente. D'abord, il faut reconnaître qu'au Québec on a de très bonnes
organisations. On parle d'Héma-Québec, on parle de l'INSPQ, de l'INESSS, de la
RAMQ. Et on est choyés au Québec parce qu'on
peut compter sur des organisations de très haute qualité, que, lorsqu'on fait
du développement, on peut avoir
confiance que ces organisations vont être capables de faire le travail. Donc,
je comprends que le ministre voulait revoir le travail d'Héma-Québec et
je comprends également qu'il va y avoir des nouvelles fonctions, et ça, nous
sommes en faveur de ça.
Le projet de
loi comporte trois grands volets. Le premier volet, c'est celui de la création
de la banque maternelle. Ça, on est d'accord,
je pense que ça a été publicisé en fonction de cette création, sauf que le
projet comporte deux autres niveaux
qu'il va falloir discuter très en profondeur. Premier niveau, banque de lait
maternel. Deuxième niveau, réviser les fonctions d'Héma-Québec devant
tout ce qui concerne la question bio, donc ce n'est pas pour rien qu'on parle
maintenant de biovigilance versus hémovigilance. Donc, c'est un changement qui
est majeur. Et on salue également cette
décision parce que, quant à avoir une excellente organisation, autant lui
redonner les mandats qui sont considérés comme étant fondamentaux.
Le troisième
niveau, c'est toute la révision de la gouvernance, et je vois que le ministre a
décidé de renouveler la loi en revoyant la gouvernance au niveau d'Héma-Québec.
Il y a des éléments qui sont préoccupants, dont, entre autres, je l'ai dit, la question que le ministre va avoir un observateur
sur le conseil d'administration, alors qu'on nomme déjà des membres au niveau du conseil d'administration
via le côté gouvernemental. Nous allons en faire la discussion. Je pense
que c'est un point qui est important. On veut surtout protéger Héma-Québec d'ingérence
politique, et on pense qu'Héma-Québec devrait rester indépendant.
Nous saluons l'arrivée de ce projet de loi, et c'est
lors des commissions... Lors de la commission parlementaire, nous avons écouté
des groupes, aucun n'était contre la création de la banque maternelle. Tous ont
salué également l'arrivée des nouvelles fonctions d'Héma-Québec.
Personne ne s'est vraiment opposé à la nouvelle gouvernance, mais je comprends qu'Héma-Québec est en conflit d'intérêts,
ils ne peuvent pas s'opposer à ce... qu'on va leur dire quoi faire. On sait qui est l'organisme aussi… qui sont ceux
qui sont au-dessus d'eux autres au niveauhiérarchique. Donc, nous comprenons ça, mais on a un rôle au niveau de l'opposition,
et ce rôle est très important. C'est très important de poser toutes les
questions, faire le tour des questions. Ce que nous voulons, c'est
définitivement avoir le meilleur projet de
loi pour le Québec. Donc, nous tenons à vous le dire, la discussion va être
positive, nous voulons garder un ton
qui va être approprié, mais nous avons l'intention de discuter certains points
de façon très minutieuse pour s'assurer
que le projet de loi qui va entrer en fonction, si le projet de loi passe
toutes les étapes, lorsque le projet de loi va être mis en place, que ça
va être le meilleur projet de loi disponible pour le Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme