Institutions — 23 August 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-08-23
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-trois minutes)
Le Président (M. Ouellette) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Président (M. Ouellette) :
Je nous rappelle qu'on est en direct maintenant. Je nous rappelle qu'on est en direct, oui?
Merci.
La commission
est réunie afin de poursuivre les audiences
publiques dans le cadre la consultation générale sur le rapport
quinquennal 2016 intitulé Rétablir l'équilibre — Rapport
sur l'application de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels et de la
Loi sur la protection des renseignements
personnels dans le secteur privé .
Mme la secrétaire, il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Rousselle (Vimont) est remplacé par M. Girard (Trois-Rivières); M. Marceau (Rousseau) est remplacé par Mme Léger (Pointe-aux-Trembles);
et Mme Roy (Montarville) est remplacée par M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière).
Le Président (M. Ouellette) : Bon,
bien, bon début de journée aux collègues, Mme la ministre.
Nous
entendrons cet avant-midi les organismes suivants : l'organisme d'autorégulation du courtage immobilier du Québec et
L'Orange bleue, affaires publiques.
Nous débutons
nos travaux immédiatement ce matin avec les représentants de l'organisme
d'autorégulation du courtage
immobilier du Québec, représenté par sa vice-présidente, Mme Dominique Derome,
qui est accompagnée d'une autre vice-présidente exécutive, Mme Claudie
Tremblay. Et j'ai compris que vous allez vous partager la période de 10 minutes. Et j'ai aussi compris que vous
aviez demandé du renfort à Me Mélanie Dufault, qui va répondre aux questions,
là. Vous, vous allez faire votre petit bout, puis après ça c'est elle qui va
prendre les questions.
Président (M. Ouellette) :
Bien, ça ne sera peut-être pas exactement comme ça que ça va se passer, mais,
après votre présentation de 10 minutes,
Mme Derome et Mme Tremblay, vous allez avoir un échange avec Mme la ministre
et les porte-parole des deux oppositions. Je vous laisse la parole, Mme Derome.
Tremblay (Claudie) :
Parfait. Alors, bonjour à tous. Tout d'abord, nous tenons à vous remercier, M.
le Président, ainsi que les membres
de la commission, et Mme la présidente de la commission, de nous permettre,
hein, de permettre à l'OACIQ de venir vous présenter ses observations et
commentaires quant aux recommandations portant sur le rapport quinquennal de la Commission
d'accès à l'information.
Je me présente. Je suis Claudie Tremblay, vice-présidente
exécutive de l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec,
l'OACIQ. Je suis vice-présidente exécutive, mais notamment responsable des
affaires juridiques. Je suis
accompagnée de Mme Dominique Derome, vice-présidente, Finances et technologies de l'information, qui
est en charge de toutes les matières d'accès et de protection des
renseignements personnels à l'organisme, ainsi que Me Mélanie Dufault, qui est aux affaires
juridiques, qui s'occupe évidemment de nous accompagner dans le cadre des
questions relatives à cette matière.
Alors,
peut-être une petite mise en bouche. L'OACIQ, l'Organisme d'autoréglementation
du courtage immobilier du Québec, existe depuis 2010 par la
Loi sur le
courtage immobilier. Alors, l'organisme est le régulateur en courtage immobilier et hypothécaire au Québec. Nous
relevons directement du ministre des Finances par la
Loi sur le courtage
immobilier. La mission de l'OACIQ est la
protection du public par l'encadrement des quelque 16 000 titulaires
de permis, courtiers,
agences immobilières et hypothécaires, qui sont composés tant de personnes physiques que de personnes morales.
Alors, la gouvernance de l'OACIQ est assumée par un conseil d'administration de
13 administrateurs, dont trois sont nommés par le ministre et 10 sont élus
auprès des titulaires de permis.
Évidemment,
l'OACIQ compte plus de 145 employés. Et, pour réaliser sa mission, on y
compte divers services tels qu'un centre d'info, ouvert au public et aux
titulaires de permis, qui reçoit plus de 55 000 appels par année, un service d'assistance au public, en lien avec les demandes
d'assistance aux plaintes, qui traite plus de 2 000 demandes par
année, un service d'inspection, un syndic qui, l'an dernier, à
titre d'exemple,
a ouvert 546 enquêtes, donc les enquêtes de nature disciplinaire, un fonds d'indemnisation ainsi
qu'un service de formation de base et continue, évidemment, pour les courtiers
immobiliers et dirigeants d'agences.
matière d'accès, l'OACIQ est soumis à la Loi d'accès depuis 2010, mais n'est
toutefois pas soumis au règlement de
diffusion dans l'état actuel des choses. L'an dernier, nous avons reçu
44 demandes d'accès. Alors, c'est une quarantaine de demandes
d'accès par année que nous avons à traiter.
nos commentaires vont principalement, dans une trame de transparence
organisationnelle, que l'on salue,
porter sur trois éléments. Le premier
élément, qui est un peu plus
préoccupant, là, pour l'organisme, c'est la restriction concernant la communication fournie par un tiers à l'OACIQ.
La protection des dossiers d'enquête disciplinaire est le deuxième élément.
Et le troisième élément est l'autorisation
de communication de renseignements personnels à des tiers sans le consentement de la personne concernée.
Alors, avec votre
permission, M. le Président, je céderais la parole à ma collègue, Mme Dominique
Derome.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme Derome.
Mme Derome (Dominique) : Alors, merci, Mme Tremblay. M. le Président, Mme la ministre, permettez-moi, avant de débuter l'exposé sur les éléments plus spécifiques et
techniques de notre présentation, de saluer le fait que le rapport
quinquennal intitulé Rétablir l'équilibre est vraiment un très bon
rapport et très bien étoffé.
L'importance...
est le fait que le gouvernement veut s'engager dans une transparence accrue et
qu'il souhaite qu'en matière d'accès
à l'information les organismes
publics et privés soient de plus en plus proactifs plutôt que réactifs, concepts pour lesquels l'OACIQ
est en faveur et endosse les orientations prises dans cette perspective pour
une plus grande transparence.
En matière de proactivité, je rappelle que l'OACIQ n'est pas un organisme public au sens strict de la définition de la Loi d'accès, mais plutôt
une personne morale de droit public, et, de ce fait, il n'est pas soumis au règlement
de diffusion. Néanmoins, suite aux consultations de 2015 sur les orientations gouvernementales, je suis fière de vous dire que l'OACIQ a décidé d'être proactif en matière d'accès à l'information et de rendre
disponibles les informations concernant notamment le salaire de la présidente et chef de direction, ainsi que les échelles salariales de différents postes
de l'organisme, sur son site Internet, dans la
section dédiée «accès à
l'information».
Cette
transparence accrue, sans y être soumise, est une action
proactive de l'OACIQ afin de permettre au public de bien s'informer. Ce projet se veut un projet d'envergure qui doit
s'échelonner sur une période de trois à quatre ans... devait toucher la
diffusion de plusieurs informations, notamment la réglementation et les
engagements financiers. Il est à noter
toutefois que des ressources internes ont été monopolisées dans ce dossier afin
d'établir des concordances avec le règlement de diffusion. Dans le cadre
de l'exercice de concordance, nous avons constaté l'absence d'équivalent à
l'OACIQ de renseignements à être diffusés par les organismes publics, tels que
les classes d'emploi et les listes d'engagements financiers transmises au Conseil
du trésor. Nous avons dû donc procéder à certaines adaptations.
J'attire
également votre attention à l'effet que, puisque l'OACIQ
n'est pas un organisme public au sens de la loi, il ne peut bénéficier
de l'expertise de Services Québec afin de favoriser une diffusion proactive de l'information.
Or, advenant l'obligation de diffusion par l'OACIQ,
il y aura lieu de prévoir une période de transition afin de mobiliser les
ressources à l'interne en vue de procéder
aux analyses de concordance et aux arrimages nécessaires s'il y a
lieu, tout cela dans l'objectif ultime, là, que nous puissions bien nous
conformer en matière de diffusion et surtout de transparence.
Maintenant,
au niveau des points plus spécifiques, de manière générale, l'OACIQ est en faveur de la révision
des restrictions au droit d'accès en
fonction de l'intérêt privé à protéger. Toutefois, nous aimerions attirer
l'attention que le gouvernement
considère le contexte particulier des domaines impliquant les activités de
courtage et, par le fait même, la
présence d'un intermédiaire dans la chaîne de transmission de l'information. La
définition d'un tiers doit être beaucoup plus large que présentement
celle qui est prévue.
Essentiellement,
comme vous le savez, dans un contexte de courtage, l'information, entre autres,
du vendeur, de l'acheteur ou de
l'emprunteur transite par le courtier, qui est défini ici comme étant le tiers,
mais la personne concernée, donc
l'acheteur, ou le vendeur, ou l'emprunteur, n'a pas nécessairement donné son
accord à la transmission de renseignements
personnels la concernant. Il y a ici une perte de liberté de choix de la
personne dont les renseignements personnels peuvent être divulgués.
L'OACIQ
propose donc que la définition du tiers incorpore la notion de la personne
directement concernée. De ce fait, il y aurait, pour la personne, une
plus grande liberté de choix. Il en va de la confiance du public. Et, de plus,
cela faciliterait des restrictions... l'application des restrictions, plutôt,
et de l'analyse du préjudice qui pourrait être causé au tiers concerné. Nous retrouvons cette situation dans les dossiers
d'assistance au public ou d'enquête puisque les documents fournis par le courtier immobilier concernent soit
un acheteur ou un vendeur qui a fourni une information pour laquelle cette personne s'attendait à ce que l'information
soit conservée de façon confidentielle. Il serait donc normal que ce soit
ce client qui donne son accord à la divulgation de l'information.
Au niveau de
la protection des dossiers d'enquête, l'OACIQ est en accord avec la révision
des restrictions au droit d'accès en
fonction de l'intérêt public à protéger, notamment en matière de la bonne
administration de la justice et des enquêtes. Mentionnons que les documents et
renseignements qui sont contenus au dossier du service de l'assistance au
public et du syndic de l'OACIQ sont protégés
par les restrictions au droit d'accès prévues à l'article 28, et notamment,
là, pour les méthodes d'enquête et les
sources confidentielles d'information. Donc, nous réitérons que, s'il advenait
une modification à l'article 28, il y
a lieu de prendre en compte la nature des activités de l'OACIQ à l'effet que
cette disposition est la seule
protection accordée à certains documents et/ou renseignements contenus dans un
dossier de service, d'assistance au public ou du syndic. Il en est de
même pour les autres régulateurs.
Donc, si nous
tentons d'illustrer ce fait, la personne du public pourrait craindre de fournir
une information ou un document pour
les fins de l'enquête en raison d'une crainte de représailles. Sans vouloir
restreindre l'accès aux documents, il est
du devoir de l'OACIQ, en tant que régulateur, de fournir un climat propice à la
confiance envers les consommateurs afin
de bien s'acquitter de sa mission de protection du public. Il doit y avoir un équilibre entre le
droit à l'information et d'autres intérêts légitimes.
Le dernier
élément pour lequel nous voulions vous entretenir et commenter est
l'autorisation de communication des renseignements personnels sans consentement. Vous conviendrez qu'en tant
que régulateur, pour mener à bien sa mission, il arrive que l'OACIQ souhaite transmettre de l'information, soit à
l'interne soit à l'externe, dans des circonstances où l'organisme juge que le public serait mieux
protégé s'il était informé d'une situation. Dans le cas qui nous concerne, et
si la modulation des articles 67, 68, et 68.1 rendait exigible l'obtention d'un
consentement préalable des personnes concernées,
cela aurait pour effet de paralyser les processus de l'OACIQ et ultimement
empêcher l'application de la
Loi sur le courtage immobilier ainsi que la
réalisation de sa mission.
Afin
d'illustrer ce propos, un directeur d'agence a, dans ses obligations, la
supervision de courtiers. Donc, lorsqu'une
inspection professionnelle révèle qu'il y a
un enjeu de compétence, on doit informer le directeur d'agence à cet effet. Or,
si l'article 67 venait à être modifié afin
de demander le consentement, il y a de fortes chances que celle-ci ne le donne
pas, et l'OACIQ ne pourrait, à ce moment,
remplir sa mission de protection du public. Une situation similaire se retrouve
au niveau de la transmission d'informations
à l'interne lorsqu'un service possède une information qui peut mettre en jeu la
protection du public. L'objectif ici de la
communication est qu'il soit possible de communiquer les renseignements en
permettant d'identifier la personne, mais de
communiquer seulement l'information pertinente pour s'assurer de la protection
du public.
Par ailleurs, les risques d'atteinte à la vie
privée découlant de l'utilisation des renseignements personnels sont minimisés et le bénéfice de la communication...
sont dans l'intérêt du public. Nous enjoignons donc la commission à la prudence si celle-ci décidait de redéfinir les
articles 67 et 68. Il nous ferait plaisir à ce moment-là de partager davantage,
là, au niveau de la modification réglementaire.
Donc, avec
votre permission, M. le Président, je céderais maintenant la parole pour la
conclusion de Mme Claudie Tremblay. Merci.
Tremblay (Claudie) : Alors,
étant un travail d'équipe, évidemment, en terminant, vous pouvez absolument
compter sur la disponibilité de l'OACIQ que
ce soit pour participer aux travaux en matière d'accès et éventuellement dans
une révision de la Loi d'accès. Il nous fera évidemment plaisir de commenter un
éventuel projet de loi qui viendrait modifier
les lois actuelles. On vous remercie de votre attention sur les trois points
dont on vous a mentionné, mais évidemment nous sommes à votre
disposition pour répondre à vos questions.
Le Président (M. Ouellette) : Là,
c'est au tour à Me Dufault probablement. Mme la ministre.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Mme Tremblay, Mme Derome et Mme
Dufault, bienvenue. Ça nous fait
plaisir de vous recevoir ici ce matin et prendre quelques minutes d'échanger
avec vous. Et merci pour votre mémoire.
J'aimerais
comprendre un petit peu mieux les enjeux des articles 23 et 24 de la
loi sur
l'accès sur vous. Je vois qu'à l'article 24 de la loi «un organisme
public ne peut communiquer un renseignement fourni par un tiers lorsque sa divulgation risquerait vraisemblablement
d'entraver une négociation en vue de la conclusion d'un contrat, de causer une
perte à ce tiers — donc, c'est le même tiers qui a fourni les
renseignements — de
procurer un avantage appréciable à une autre
personne ou de nuire de façon substantielle à la compétitivité de ce [même]
tiers [qui a fourni les renseignements], sans son consentement».
Donc, vous arrivez et vous nous apportez une
situation qui devrait nous faire réfléchir à comment on devrait modifier les articles 23 et 24. J'aimerais que
vous expliquiez un peu plus pour que tout le monde comprenne c'est quoi
que vous présentez.
Le Président (M. Ouellette) : Me
Dufault.
Dufault (Mélanie) : Oui, M.
le Président. Mme la ministre, en fait, dans le cadre des demandes d'accès
qu'on a eu à traiter, on s'est rendu compte
de la problématique des articles 23, 24 en lien avec la notion de tiers. Vous
l'avez soulevé, on fait référence à un préjudice concernant ce tiers, donc le
tiers ayant fourni les renseignements directement
à l'organisme, donc à l'OACIQ. Donc, il
faut comprendre, dans le cadre d'un dossier d'assistance au public ou dans le cadre
d'une enquête du syndic, il y a des documents qui sont demandés directement
auprès des agences ou des courtiers qui ont mené à bien la transaction
immobilière ou hypothécaire. Ces documents-là, nécessairement, sont des
documents qui contiennent des renseignements personnels concernant des
individus à une transaction en cours. Donc, à partir du moment où on a une
demande d'accès et qu'on arrive à vouloir appliquer la restriction de 23 ou 24,
on a la problématique de l'identification du tiers qui est concerné par le
renseignement financier.
Par exemple, dans le cas d'une
promesse d'achat, comment identifier le tiers qui est visé par ce
renseignement-là? Si on regarde le
libellé de l'article 24, on doit nécessairement s'adresser au courtier ou
à l'agence qui a fourni les documents parce
que c'est le tiers ayant fourni les documents à l'organisme. Donc, dans la
mesure où on ne tient pas compte du fait que le courtier est une
courroie de transmission et que le renseignement visé par la restriction est
originalement le renseignement personnel du
client à la transaction, c'est là la problématique d'appliquer 23, 24 dans le
cadre des documents qui sont souvent au sein de dossiers d'assistance ou
du syndic.
Donc, je ne sais pas
si l'explication est un peu plus claire ou si ça vous éclaire plus sur la
problématique?
de Santis : Je comprends bien votre explication. Ça serait la même
chose si vous receviez des renseignements d'une banque, par exemple,
directement de la banque, sur...
Mme Dufault
(Mélanie) : ...un emprunteur à une transaction.
de Santis : Exactement. Les renseignements viennent de la banque.
C'est le tiers, mais le tiers qui pourrait souffrir le préjudice, ce
n'est pas ce tiers, la banque, c'est l'autre tiers.
Une voix :
Exactement.
Mme de
Santis : O.K. Parfait.
Mme Dufault (Mélanie) : Et là je pourrais ajouter... Dans ce contexte-là, si je fais un parallèle avec ce
que la commission propose aussi, de mettre en place un mécanisme
de consultation des tiers justement lorsque
leurs renseignements sont
concernés, on aurait la problématique au même
titre que présentement on la vit dans le cadre des avis aux tiers avant de communiquer un renseignement qui est visé par
23, 24 : Quel tiers on consulte, quel tiers on avise? Présentement, la
façon dont la loi est rédigée, on se doit
d'aviser le tiers qui a fourni le renseignement. Donc, on se doit d'aviser le
courtier. Mais, au-delà de ça, je pense que le client devrait également être
consulté, à tout le moins pour peut-être bonifier l'information puis être en mesure de donner à
l'organisme plus, justement, d'information pour être en mesure d'évaluer
le préjudice potentiel de la diffusion d'un renseignement qui le concerne.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la ministre.
de Santis : O.K. J'aimerais vous poser une question sur les courriels.
Vous dites qu'il est important pour vous
de soulever la question à la lumière des avancées technologiques des dernières
années, et je cite : «Notre souhait serait de connaître la position de la commission à ce sujet, idéalement
par le biais de balises claires, destinées à l'ensemble des organismes
assujettis à la
loi sur l'accès.»
ne comprends pas exactement ce que vous voulez dire. Les courriels sont aussi
des documents. C'est quoi que vous voulez apporter à notre attention?
Le Président
(M. Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : Alors, en fait, le propos était plus largement
qu'uniquement la question des courriels, c'était vraiment la communication hors Québec
dans sa généralité. Dans ça, j'englobe les courriels, évidemment, mais surtout la gestion électronique de documents.
Donc, par exemple, on a des agences qui vont gérer de façon électronique
leurs dossiers, qui vont héberger leurs documents, les renseignements
personnels de leurs clients, sur des serveurs de fournisseurs de gestion électronique de documents, qui, eux, ne sont
peut-être pas situés au Québec, donc
qui pourraient être des fournisseurs dont les serveurs sont aux
États-Unis, en Europe ou ailleurs.
Donc, la
problématique, justement, en ce moment... Étant donné la nécessité d'évaluer le
caractère équivalent des lois étrangères à
la protection des renseignements personnels qui est offerte aux lois québécoises
et étant donné qu'on constate des avis d'experts
différents concernant le niveau d'équivalence, c'est dans cette optique-là
qu'on demande, en fait, ou qu'on
souhaiterait avoir une directive claire à l'effet de quelle disposition ou
quelle loi étrangère serait équivalente pour justement outiller, entre autres, les courtiers
qui ont à protéger les renseignements
personnels lorsqu'ils
hébergent, entre autres, leur documentation.
Donc, c'est plus largement que le simple courriel, c'est vraiment, dans son
ensemble, d'avoir des balises qui permettent d'éclairer un peu les
organismes publics, mais également les entreprises privées.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme de Santis :
Vous faites référence à l'article 17 de la
loi sur le privé.
Mme Dufault
(Mélanie) : Entre autres, oui, c'est ça, en équivalence, oui.
de Santis : O.K.
Parfait. Vous, vous dites ne pas être d'accord avec la commission quand la commission
recommande de prévoir que la communication
de renseignements sensibles ne peuvent être utilisés qu'à la fin
pour laquelle ils sont collectés. O.K.
Vous n'êtes pas d'accord avec ça. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous
n'êtes pas d'accord?
Le Président (M. Ouellette) : Me
Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : Oui. En fait, je peux peut-être
illustrer ça par un cas qui pourrait se présenter. Plusieurs informations arrivent à l'organisme par différents
départements. Tout à l'heure, Mme Tremblay parlait du centre d'appels, du centre d'assistance, mais on a également
un service de certification qui délivre les permis. Donc, par exemple, il se pourrait qu'une information, au moment du renouvellement de permis... une personne ne soit pas en mesure,
à la date du renouvellement, de renouveler parce qu'elle a une condition
médicale ou une condition de santé x qu'elle nous fait part par un billet médical. Dans ces situations-là,
il peut arriver que justement l'information qui entre permette de douter de la capacité de la personne à exercer ses activités
de courtier immobilier ou hypothécaire.
Donc, nous, ce qu'on souhaite... Puis
l'organisme a besoin, à l'interne, de pouvoir faire circuler cette
information-là puis peut-être l'acheminer au service interne compétent pour vérifier si la personne est
encore, puis c'est toujours dans l'optique de protection du public, là, apte à exercer. Donc, on ne peut pas travailler en
silos séparés et conserver l'information dans les différents départements
sans qu'à l'interne ça puisse circuler.
Donc, ça, c'est un exemple que je pourrais vous donner à l'interne. Donc, je
pense que c'est le plus parlant.
Mme de
Santis : Pour vous, c'est quoi, les renseignements sensibles?
Mme Dufault (Mélanie) : Renseignements sensibles? Je pourrais entendre
renseignements médicaux, situation financière,
donc tout ce qui est sensible. C'est difficile à définir. C'est subjectif comme
définition, mais certainement les renseignements financiers, les
renseignements médicaux, certainement.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : À la page 12 de votre rapport, vous dites que vous tenez à
faire part de votre préoccupation à l'égard des tiers qui devront être
convenablement outillés pour exercer l'autonomie que la Commission d'accès à l'information souhaite leur conférer. Pouvez-vous
m'expliquer qu'est-ce que vous voulez dire par ça et qu'est-ce que vous
suggérez?
Mme Dufault
(Mélanie) : Vous êtes à la page...
Mme de
Santis : Je suis à la page 12, haut de la page.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : Oui, justement, dans
le cadre des avis aux tiers qu'on
transmet, lorsqu'on en transmet, lorsqu'il y a des renseignements qui concernent les tiers, des
renseignements financiers ou commerciaux, on s'est rendu compte que les tiers n'étaient pas suffisamment
outillés ou n'avaient pas une connaissance suffisante des règles en matière
de protection des renseignements personnels.
Donc, on devait souvent apporter un certain soutien au niveau de l'application
des règles visant la protection des
renseignements personnels. Donc, ce qu'on soulève, c'est de dire : Oui, le
mécanisme de consultation que la
commission propose auprès des tiers,
c'est intéressant, mais il
y a plus que ça. Je pense qu'il
faut qu'il y ait de l'information, il faut qu'il
y ait du soutien, il faut que les tiers ou les personnes soient outillés pour
être en mesure d'être capables de répondre correctement aux obligations
que la loi pourrait leur donner, là.
de Santis : Comment vous proposez que les tiers soient outillés?
Qu'est-ce qu'il faut faire dans la vraie vie, dans la pratique?
Le Président
(M. Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : Je pense que déjà le site de la Commission
d'accès à l'information a beaucoup de fiches d'information. Je pense que ça pourrait être une bonne avenue de
préparer peut-être des outils, des guides de pratique ou des lignes directrices avec les informations
pertinentes, de la formation également. Donc, vraiment de l'information, de
la sensibilisation, je pense que tout passe
par là. Après ça, là, il reste aux gens de s'informer également, là, on ne peut
pas faire plus que... C'est toujours
perfectible, là, mais il faut quand même que les gens aillent de l'avant avec
un désir quand même de s'informer, là. Mais je pense que de mettre de
l'information à la disposition, ça serait une bonne avenue.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la ministre.
de Santis : Est-ce que cet accompagnement devrait être gratuit ou
est-ce qu'on pourrait prévoir un accompagnement, même, payant?
Le Président
(M. Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault
(Mélanie) : Écoutez, la question... c'est une bonne question...
Le Président
(M. Ouellette) : Mme Tremblay va vous aider.
Mme Dufault (Mélanie) : Oui?
Mme Tremblay (Claudie) : S'il vous plaît, avec votre permission. Écoutez,
l'OACIQ, en tant que régulateur, évidemment,
offre de la formation auprès des gens qu'elle encadre, hein, les courtiers, les
agences immobilières et hypothécaires.
Il y a de la formation aussi, une nouvelle formation en matière d'accès et de
protection des renseignements personnels,
qui est offerte. Cette formation n'est pas gratuite, les titulaires de permis,
les professionnels doivent payer pour
pouvoir, évidemment, s'informer et mener à bien leurs obligations, qu'ils
soient tiers ou pour la gestion de leurs propres agences. Alors, c'est un des rôles du régulateur de faire en sorte qu'un
programme de formation continue soit pertinent. Et je pense qu'un des éléments en matière d'accès et de protection des
renseignements personnels constitue un des outils.
où est-ce qu'il y a peut-être un besoin, c'est lorsque le tiers n'est pas dans
l'encadrement de l'OACIQ, lorsque le
tiers... Par exemple, on parlait d'une institution financière. Lorsque le tiers
est un autre tiers que ceux sur lesquels on peut encadrer, c'est peut-être là où est-ce qu'il y a des enjeux
d'information et de communication qui devront peut-être être mis de l'avant. À savoir si ça devra être
payant ou gratuit, c'est sûr que ça dépend toujours du type de service, si
c'est de l'information, des capsules
vidéo ou... auprès de la commission, il faudrait voir, là. Mais, auprès de
l'OACIQ, cette formation-là, elle est
développée par l'OACIQ, et les titulaires de permis doivent payer,
nécessairement, pour suivre la formation.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : Est-ce que ce cours-là existe depuis longtemps ou c'est
récent?
Mme Tremblay (Claudie) : C'est relativement récent. Et en fait je voudrais
quand même mentionner, depuis 2010,
l'OACIQ est soumis à la Loi d'accès. Évidemment, avant, il y avait toujours de
Code civil. Il reste quand même qu'à
l'OACIQ nous avons établi tout d'abord une direction de la gestion
documentaire, avec les calendriers de conservation. Il a fallu former le personnel aussi de l'OACIQ
pour bien comprendre les rouages, hein, de la loi de l'accès et de la
protection des renseignements personnels. Joint à ça l'utilisation des
nouvelles technologies.
Alors,
il est bien certain que, par la suite, nous, comme régulateurs, il fallait bien
comprendre la Loi d'accès, et comment
bien l'appliquer, et par la suite dire : Bien, comment est-ce que les
agences immobilières, hypothécaires que l'on encadre... comment ça va
s'inscrire et comment ça va se traduire en matière de protection des
renseignements personnels? Évidemment, ils
ne sont pas soumis à la Loi d'accès, ce sont des entreprises privées. Par
contre, la nouvelle formation, elle
date. Et là je regarde Me Dufault parce que c'est Me Dufault qui la
donne, la formation, je dirais peut-être quelques mois?
Mme Dufault
(Mélanie) : Quelques mois, peut-être...
Le Président
(M. Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : ...six à 10 mois environ. C'est une formation, pour l'instant, qui
est essentiellement donnée en webinaires d'une durée de trois heures,
et on fait vraiment le tour de la loi dans le secteur privé avec
toutes les obligations
qui concernent la notion de consentement libre et éclairé, manifeste, les conditions de
cueillette, d'utilisation, de conservation et destruction. Mais on fait vraiment
le tour de la loi dans le secteur privé, tout en faisant le lien avec les
activités du courtier dans le cadre de la transmission de l'information, là,
via les formulaires que nous éditons, les formulaires
obligatoires qui contiennent déjà plusieurs clauses de consentement, qui ont
été élaborés pour s'assurer que justement
les clients ont des consentements valides à ce que leurs renseignements
personnels soient communiqués ou utilisés dans le cadre des transactions. Donc, déjà là, c'est, je dirais, un
outil qu'on donne, un soutien qu'on donne qui permet de protéger les
renseignements des clients dans le cadre d'une promesse d'achat.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme Tremblay, en complément.
Mme Tremblay (Claudie) : S'il vous plaît. Alors, il y a également, hein,
je vous l'ai mentionné tout à l'heure, au départ, en introduction, un service d'inspection. Ce service
d'inspection, les inspecteurs vont dans les agences, il y a la gestion électronique des documents, la GED, alors
les inspecteurs de plus en plus s'assurent que la gestion électronique documentaire se fait de façon conforme à la
protection des renseignements et que les systèmes soient assez solides pour
venir rassurer le consommateur.
Parce
qu'au départ rappelons que la protection du public est au coeur des décisions
de l'organisation, de l'OACIQ, et on
doit s'assurer que les agences sont tenues au niveau des dossiers, livres et
registres, pour tenir compte, notamment, de ces obligations-là de protection des renseignements personnels, qui
doivent être dévolues par les courtiers, et les agences, et leurs
dirigeants d'agences. Alors, tout ce secteur d'activité là est souvent
informatisé par la gestion électronique documentaire,
et c'est ce que nous... Nous, comme régulateurs, nous avons même été jusqu'à
accréditer des firmes de gestion
documentaire qui répondaient à certains critères de base pour assurer cette
confiance-là dans leurs systèmes, dans les systèmes utilisés par les
agences.
Le Président
(M. Ouellette) : 20 secondes, Mme la ministre.
Mme de
Santis : Est-ce que vous avez un responsable de l'accès?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme Derome.
Mme Derome (Dominique) : Oui. La responsable relève de moi. Elle n'est pas
ici présentement, là, vous comprendrez
qu'on est à la fin de la période estivale, mais, oui, c'est sûr et certain que
ça relève de la présidente et chef et direction, mais qu'on a dévolu la
responsabilité à quelqu'un dans mon équipe.
Le Président
(M. Ouellette) : Merci. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, bonjour, mesdames. Je me posais la
question, on a trois femmes devant nous :
Où les femmes sont, dans les organisations gouvernementales? Là, vous êtes dans
la régulation, de ce que je comprends,
de l'organisme. Puis j'aimerais comprendre l'organisme, là, parce que... Je ne
vois pas des contradictions, mais je
vois des interrogations que je peux vous apporter. Vous relevez du ministre des
Finances. Depuis 2010, c'est la nouvelle association... bien, votre nouveau
nom, qui est l'OACIQ, anciennement l'association... bien, anciennement,
l'Association des courtiers immobiliers et hypothécaires. Donc, votre
organisme, c'est un organisme de régulation.
Pour
mieux comprendre ce que c'est, la régulation, là, vous nous avez un peu
expliqué votre mission de protection du
public, réguler, dans le fond, bon, donner de la formation, évidemment, vous
avez un code de déontologie important, vous
faites des inspections, vous veillez à l'application de la loi, bon, c'est un
peu ça que j'ai pu lire et comprendre de l'organisation que vous êtes. Mais vous dites, à la page 3 de votre
mémoire, que vous n'êtes pas un organisme public au sens strict, mais plutôt une personne morale de
droit public soumise à la Loi d'accès. Là, expliquez-moi, là, parce que vous relevez quand même du ministère des Finances,
à mon avis... Je croyais que vous étiez un organisme public. Alors,
expliquez-moi.
Le Président
(M. Ouellette) : Ça va être Mme Tremblay qui va nous
expliquer ça.
Mme Tremblay
(Claudie) : Bien. Merci. Écoutez, l'explication, c'est que la
gouvernance de l'OACIQ est majoritairement
élue parmi les hauts conseils d'administration, parmi les titulaires de permis.
Et le financement de l'OACIQ est
totalement privé, c'est-à-dire c'est par le biais, évidemment, du coût des
permis de l'OACIQ, des permis qui sont payés par les titulaires de permis, agences et courtiers immobiliers et hypothécaires. Alors, oui, on a une vocation
publique, de protection du public, mais nous ne sommes pas pour autant
un organisme public où, par exemple, la totalité ou la majorité des membres du conseil
d'administration serait nommée par le gouvernement. On est une personne morale.
Mme Léger : Dans la
Loi sur l'accès... Parce que l'article 3
détermine qui sont les organismes
publics : le gouvernement, le Conseil exécutif, le Conseil
du trésor, les ministères,
les organismes gouvernementaux, les organismes
municipaux, les organismes scolaires et les
établissements de santé et de services sociaux. «Sont [aussi] assimilés à des organismes publics...» Bon, on donne d'autres...
Donc, vous n'êtes pas... vous ne vous situez pas au 3 ni à l'article 4,
soit : «Les organismes gouvernementaux comprennent les
organismes non visés dans les articles [qui suivent].» Alors, on vous dit : Vous êtes
un... On vous nomme comment, donc ? Un organisme, une personne morale de
droit public?
Mme Tremblay (Claudie) : C'est ça, on est un organisme privé mais
qui a une mission... qui est créé par une loi, hein, la
Loi sur le courtage immobilier,
alors qui a une vocation publique avec une mission de nature publique. Mais la
gouvernance ne fait pas de nous un organisme public au sens des lois.
Mme Léger : O.K. Merci. Maintenant,
concernant particulièrement la dérogation à la
Loi sur l'accès, au début de votre mémoire, à la page 1,
premièrement : «L'OACIQ bénéficie, dans sa loi constitutive, d'une
dérogation à la
Loi sur l'accès en
lien avec le droit d'accès à un document contenu dans un dossier de
conciliation, de médiation ou d'arbitrage.» Alors, pouvez-vous m'en dire
davantage?
Mme Tremblay
(Claudie) : Me Dufault, je vais vous demander...
Président (M. Ouellette) : Me Dufault.
Mme Dufault (Mélanie) : Oui, effectivement. En fait,
l'article 134 de la
Loi sur le courtage immobilier est une des seules dispositions
dérogatoires à la
Loi sur l'accès que l'OACIQ a dans sa législation. C'est une
disposition qui, en fait, s'applique aux dossiers de médiation. Donc,
malgré la
Loi sur l'accès, les dossiers de médiation demeurent confidentiels,
donc on ne peut avoir accès au contenu des dossiers de médiation. Cette
exception-là, on la retrouve également, là,
de façon générale, dans le Code de procédure civile en matière de règlement des
différends. Donc, c'est un principe
reconnu que les procédures de médiation, de façon générale, pour favoriser le
règlement des différents, sont de
nature confidentielle. Donc, pour l'instant, c'est la seule dérogation à la Loi
sur l'accès qui est prévue dans la
Loi sur le courtage immobilier.
Mme Léger : Plusieurs groupes,
associations, organismes sont venus nous dire qu'il y en avait pas mal, de dérogations, que la
Loi sur l'accès en
elle-même, ça va, mais qu'il n'y avait pas loin de 150 dérogations de tous bords tous côtés, différentes lois. Est-ce que la dérogation que vous avez
pour la médiation, vous considérez qu'elle devrait rester dérogatoire, dans le fond, de rester une dérogation?
Et ma deuxième question, qui sous-jacent ça, c'est : Est-ce que vous
trouvez qu'effectivement il y en a beaucoup, de dérogations?
Le Président (M. Ouellette) :
Me Dufault.
Mme Dufault
(Mélanie) : Pour répondre au
premier volet de la question, oui, effectivement, l'article 134 devrait
demeurer. Comme je le dis, c'est un principe que l'on retrouve dans d'autres
lois et dans le Code de procédure, là, le nouveau
code, qui justement met l'accent sur le règlement des différends. Donc, je
pense que le principe de confidentialité des dossiers de médiation
devrait demeurer.
Maintenant, à
savoir, est-ce qu'il y a trop de dérogations dans les lois particulières,
peut-être, mais, en même temps, chaque
organisme a sa façon de fonctionner. Je sais, par exemple, que l'AMF et les
chambres qu'elle supervise ont des dispositions particulières, entre
autres, à leurs activités spécifiques. Donc, il faudrait voir, dans la
révision, justement, qu'est-ce qu'on peut
garder et qu'est-ce qu'on pourrait peut-être atténuer comme restriction. Mais,
quand on regarde juste la liste de
dérogations qui est en
annexe du rapport de la Commission d'accès, je vous
concède qu'effectivement la liste est longue.
Mme Léger :
Mais en ce qui concerne la vôtre, votre dérogation, sur la médiation
particulièrement, vous désirez la maintenir, mais est-ce que vous avez
des effets pervers de ça? Est-ce qu'il y a des situations où le fait d'avoir
cette dérogation-là ne rend pas justice
vraiment à l'accès? Est-ce qu'il y a des gens qui veulent avoir accès à cette
information-là puis qu'on peut considérer juste de le faire?
Mme Dufault (Mélanie) : Je vous
dirais que...
Mme Léger : Ma question
était peut-être un peu difficile.
Mme Dufault
(Mélanie) : Je vous dirais
que, pour l'instant, on n'a pas vu d'effet pervers ou négatif, là, en lien
avec cette disposition-là. Il faudra
voir, là, éventuellement, au fil de son application, s'il y a
des cas problématiques qui se soulèvent, mais, pour l'instant,
non, je dirai qu'il n'y a pas... ce n'est pas un cas...
Mme Léger : Dans le sens plus général et global d'une
loi sur
l'accès et de protéger... de permettre d'avoir accès à l'information dans une société transparente, c'est cet équilibre-là à trouver.
Alors, comme il y a beaucoup de dérogations, parfois peut-être
correctes, parfois non, c'est pour ça que je vous pose cette question-là,
s'il y avait vraiment des demandes d'accès ou pas, dans la
partie plus
médiation, en ce qui vous concerne. Mais c'est de trouver... Parce qu'il
faut ouvrir à plus d'accès parce qu'on voit
qu'il y a des refus de beaucoup d'organismes, là.
Est-ce que c'est à bon escient ou mauvais escient? C'est la question
qu'il faut se poser ici en commission aussi.
Mme Tremblay (Claudie) :
...votre permission...
Le Président (M. Ouellette) :
Oui, Mme Tremblay.
Mme Tremblay
(Claudie) : ...j'aimerais
ajouter, d'un point de vue peut-être... pour justement la réflexion. Et je
pense que le coeur, justement,
de la protection des renseignements personnels, versus l'accès à l'information en lien avec les organismes, c'est... Comme organisme, ce qui peut-être
peut être discutable ou en tout cas qui porte à réflexion, c'est lorsque certains demandeurs d'accès souhaitent
utiliser — je le dis comme ça, mais avec respect — un service ou faire des demandes d'accès dans le but d'aller chercher
des documents pour régler un litige civil. Alors, là où, entre guillemets,
on ne rend pas service, je pense, comme organisation, en donnant l'information
sans se poser plus de questions...
Je vais
illustrer mon propos. À
titre d'exemple, que ce soit un dossier d'assistance ou
un dossier de médiation, il faut
s'assurer que le consommateur qui choisit de faire appel à ces services-là...
Bien, en médiation, on le sait, hein, c'est pour éviter les tribunaux, alors ce
n'est pas dans le but, justement, de faire une plainte, d'amener ça en
assistance ou en médiation pour
obtenir l'information et ensuite, bon, bien, maintenant, j'ai toute ma preuve
pour aller devant un tribunal civil, sans savoir si cette preuve-là,
elle est admissible nécessairement.
Alors, il faut bien balancer le fait qu'à
l'OACIQ, on en parlait, là, notre deuxième point, c'est évidemment la confidentialité des dossiers d'enquête, la
confidentialité — et là il
y a la dérogation en matière de médiation — je pense, doit s'inscrire dans cette confiance que le public doit avoir au
régulateur lorsqu'il a à tenter de trouver des méthodes alternatives de
règlement de conflit entre un consommateur et un courtier, dans notre cas, ou
un dirigeant d'agence, et non pas un conflit privé où est-ce que les parties
vont, par la suite, aller chercher cette documentation-là pour pouvoir nourrir un dossier ou un litige civil. Alors,
l'organisme doit utiliser ou doit prendre des ressources pour répondre à des
besoins qui ne sont pas... qui n'est pas la protection du public au sens
strict.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
O.K. Oui, merci. Une autre question que j'ai à vous poser, particulièrement sur
les articles 23, 24 de la Loi
sur l'accès. La Commission d'accès à l'information n'a pas cru bon de faire,
une recommandation sur le 23, 24. Pour vous,
pourquoi cet oubli ou pourquoi de ne pas le faire? Quelle est la raison, vous
pensez, qu'il n'y a pas... Parce que vous demandez une modification... en tout cas vous avez une réflexion par
rapport aux 23, 24. Pourquoi vous pensez que la commission n'a pas cru bon de
modifier ou de recommander des modifications à la
loi sur ça?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme Dufault.
Mme Dufault
(Mélanie) : Alors, en fait,
je pourrais peut-être répondre. Je ne peux pas présumer des intentions de la commission, mais je pense que peut-être le
contexte de courtage étant particulier, c'était peut-être... Peut-être qu'on
est le seul organisme qui vit cette problématique-là,
mis à part peut-être d'autres organismes qui encadrent des activités... qui impliquent des activités de courtage. Mais,
nous, c'est ce qu'on a vécu dans l'application de la
Loi sur l'accès, donc
on trouvait important de le soulever. Donc,
moi, je pense que ce n'est peut-être pas une problématique qui a été vécue largement. Donc, je pense
que c'est plutôt spécifique à nos activités comme organisation.
Mme Léger : Comment on
pourrait répondre, dans la loi... qui vous toucherait plus particulièrement,
sans nécessairement toucher tout le monde?
Mme Dufault
(Mélanie) : Bien, peut-être
en étant moins restrictif dans la rédaction de l'article, là. On voit que,
présentement, on se limite vraiment à la
notion de tiers ayant fourni. Peut-être qu'on pourrait être plus largement...
donc, faire référence à la notion de tiers plus largement.
Mme Léger : ...définir
«tiers» peut-être ou ouvrir sur le tiers? Parce que là : «Un organisme
public ne peut communiquer le secret industriel d'un tiers — ça, c'est
le 23, là — et
les renseignements industriels, financiers et commerciaux.»
Puis le 24 : «Un organisme public ne peut communiquer [...] risquerait
vraisemblablement d'entraver une négociation en vue de...» Bon, c'est un
peu dans ce sens-là, les deux articles.
Mme Derome
(Dominique) : Mais «tiers»,
si je peux me permettre, comme je faisais référence dans mes propos, c'est vraiment d'essayer de la rattacher à
l'information pour la personne concernée, et que ce ne soit pas un tiers
transmetteur d'information, une
courroie de transmission. Donc, est-ce qu'on peut avoir une définition plus
large, comme Me Dufault nous dit, à
l'effet de rattacher le tiers à l'information qui est directement liée à la
personne, là? Donc, ici, pour nous, c'est la personne... Oui, c'est le courtier qui nous soumet le dossier et le
contrat de courtage ou les promesses d'achat, mais, dans le fond, la
personne visée est vraiment le client ici.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci, Mme Derome.
Mme Léger : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Mme Tremblay,
Mme Derome, Me Dufault, bonjour. Merci d'être présentes à la commission parlementaire. Je vais
poursuivre sur les articles 23, 24, les pages 6 et 7 de votre
mémoire. Dans le fond, à la
page 7, vous nous dites : Les sociétés, dans le fond, vont être
considérées comme des tiers, elles ne sont pas visées.
Mme Dufault
(Mélanie) : En fait, ce
qu'on dit à 23, 24... Et ce qu'il faut comprendre, c'est que 23, 24
s'appliquent largement aux
renseignements financiers et commerciaux, comparativement à ce que je peux
appeler la deuxième portion de la Loi
sur l'accès, qui vise la protection des renseignements personnels. Donc, 23,
24, souvent, nous, on va l'appliquer à
des transactions immobilières qui vont impliquer des clients corporatifs. Parce
que, quand des clients... des individus sont impliqués, on va se rabattre sur les renseignements personnels et
on va appliquer 53, 54 pour protéger. Dans le cas d'un client corporatif qui fait l'acquisition dans
le cadre d'une transaction, on n'a pas la possibilité de protéger ses
renseignements financiers confidentiels sur la base d'un renseignement
personnel, compte tenu de son statut.
Donc, 23, 24
devient la protection qu'on peut accorder pour refuser, justement, de donner...
Parce que ce n'est pas parce qu'on est une société que, nécessairement,
nos documents doivent être rendus publics. Donc, c'est là qu'on vient dire : 23, 24, c'est notre porte de...
pas de sortie, mais c'est notre dernière protection, mis à part, là, si
d'autres articles peuvent restreindre
l'accès. Mais 23, 24 est vraiment pertinent pour les sociétés. Et là, bien,
toute la question, comme on vient de
parler, si le tiers n'est pas consulté et qu'on ne va pas aviser cette
société-là, je pense qu'on manque un bout, là, dans la protection de ses
renseignements.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Puis, pratico-pratique, là, dans le cadre d'une
transaction immobilière, là, la distinction entre ce qui est présent dans le dossier, dans le fond,
qu'on ne donne pas en vertu de la
Loi sur l'accès, en vertu des exceptions,
qu'on soit une personne physique ou une
personne morale, versus ce qui est publié, supposons, au rôle d'évaluation
foncière, versus ce qui est publié au registre foncier, c'est... Comment
est-ce qu'on pourrait qualifier, dans le fond, la quantité d'informations qui se retrouvent dans un dossier
où est-ce qu'il n'est pas accessible, où est-ce qu'on invoque, dans le fond,
ces exceptions-là à la loi de l'accès à
l'information, dans le fond, qu'on dit : Bon, bien, 23, 24 ou les
articles 50 et suivants, que
vous nous disiez? Est-ce qu'il y a beaucoup d'informations qui sont dans le
dossier, mais qui ne sont pas publiques versus ce qui est publié, là?
Mme Dufault
(Mélanie) : Oui. Bien, il
faut comprendre que, dans le cadre de la transaction... Tantôt, on faisait
allusion aux formulaires recommandés et aux
formulaires obligatoires que l'organisme met à la disposition des courtiers
pour les transactions.
Donc, c'est certain qu'ils ont... les courtiers ont des obligations
déontologiques en matière de cueillette de renseignements personnels, que ce soit une vérification d'identité...
Donc, à partir du moment où on débute une transaction, on a un formulaire de vérification d'identité.
Donc, dans ça, on va déjà avoir, justement, les coordonnées, l'identification
de la personne, donc souvent des renseignements personnels sensibles, des
adresses, et tout ça.
M. Jolin-Barrette : Là-dessus, supposons, ces informations-là, elles
se retrouvent sur le Registre foncier, déjà. Tu sais, supposons, moi, je consulte le Registre foncier puis je vois
qu'il y a un acte hypothécaire, supposons. Bien, ça va dire : Simon Jolin-Barrette, domicilié au x,
tout ça, célibataire, ou conjoint de fait, ou marié en premières noces. Dans
le fond, cette information-là, elle est déjà publique sur le registre.
Mme Dufault (Mélanie) :
L'adresse, oui. Mais je donne par exemple la vérification d'identité. On note,
par exemple, une pièce d'identité, un numéro
de permis. Donc, ça, c'est des renseignements qui sont quand même personnels,
qui se retrouvent dans ces formulaires-là. Donc, là, je parle juste au niveau
de la vérification d'identité.
Après, quand on débute le processus, on a le
contrat de courtage qui va avoir aussi d'autres renseignements, peut-être moins sensibles, mais quand même
personnels — qu'est-ce
que je suis prête à... qu'est-ce que je recherche, comme propriété, c'est quoi, mon budget, qu'est-ce que
je suis prête à concéder. Donc, il y a des renseignements financiers mais
aussi stratégiques dans ces documents-là.
Et là, si on
continue plus loin, les promesses d'achat, bien, encore là, on est dans de la
négociation entre des parties privées.
Donc, j'ai beaucoup d'information sur des prix d'achat, des offres. Donc, tout
ça mis ensemble, c'est beaucoup d'informations
personnelles qui ne se retrouveront pas au Registre foncier. Au Registre
foncier, on va avoir l'acte de vente, mais on n'aura pas tout le
processus de la transaction.
M. Jolin-Barrette : Donc,
d'où...
Le Président (M. Ouellette) :
...Tremblay en complément, M. le député?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Tremblay
(Claudie) : Oui, s'il vous
plaît. Puis il ne faut pas oublier non plus que le courtage immobilier, vous avez le courtage immobilier résidentiel, qui
occupe une partie, mais il y a tout le courtage immobilier commercial également. Alors, quand on rentre dans des
transactions commerciales au niveau des entreprises, que ce soient les états
financiers, que ce soient toutes les
informations qu'une entreprise peut détenir ou... évidemment, pour une société,
ce n'est pas quelque chose qui va se
retrouver sur un registre, lors des transactions, lorsqu'on rend le registre
public, évidemment, lors des transactions pures.
Alors, oui,
il y a le volet privé, mais les transactions commerciales aussi comportent bon
nombre d'informations, de stratégies,
de bilans qui n'ont pas à être diffusés normalement. Et ce qu'il faut
comprendre aussi, c'est que la personne ou l'entreprise qui fait affaire avec une agence ou un courtier
immobilier pour trouver un local, ou pour louer son local commercial, ou
pour acheter une bâtisse commerciale s'attend à avoir une protection des
renseignements personnels, évidemment, et
s'attend à avoir une certaine protection des renseignements, puisque le
courtier lui-même a l'obligation de
protéger ses renseignements. Alors, il ne faudrait pas qu'on arrive au service
d'assistance ou du syndic, et que, parce que le dossier a dû aller en
enquête, que tout d'un coup cette information-là devienne publique. D'où le 23,
Le Président (M. Ouellette) :
Oui. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Donc, la nécessité de l'exception, elle est
pertinente, à être maintenue. Sur la question du syndic, dans le fond, vous l'abordez aussi dans votre mémoire, vous
dites, dans le fond : Il faut plus de transparence, mais il ne faut
pas que tout devienne public non plus. Pourquoi? C'est le même raisonnement?
Mme Dufault (Mélanie) : Bien
là, le même raisonnement, c'est que le dossier de syndic qui transige par la demande d'assistance contient tous les documents
qu'on vient d'énumérer. Donc, nécessairement, le dossier du syndic qui contient ces renseignements-là devrait être
protégé puis toujours dans l'optique d'avoir une bonne enquête, aussi. À
partir du moment où les gens vont douter de
la confidentialité d'un dossier d'enquête, je pense qu'il y aurait peut-être
une hésitation, éventuellement, à porter
plainte ou à dénoncer des comportements qui pourraient mener à des enquêtes,
sous peine... ou crainte, là, soit de
représailles... Parce que, dépendamment, là, de la nature de la plainte, que ce
soit de la fraude ou une infraction
déontologique du courtier, là... parce qu'on a une panoplie de motifs
d'enquête, mais ça pourrait être un
frein à la réalisation d'une bonne enquête. Donc, je pense qu'il faut quand
même rester serré dans la confidentialité des dossiers de syndic.
M. Jolin-Barrette : Au
paragraphe 4.2, vous traitez la notion de la mobilisation des ressources,
ce que ça va prendre comme une organisation
comme la vôtre pour faire face au changement ou pour gérer, dans le fond, les
demandes d'accès. C'est quoi, votre crainte, au niveau de la
mobilisation des ressources que ça peut prendre?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme Dufault, une minute, ou... Ah! Mme Derome.
Mme Derome
(Dominique) : Je peux peut-être,
pour ma part... On a déjà une équipe, hein, qui s'occupe de l'accès à
l'information, et tout, mais, s'il arrivait plusieurs modifications... Et, comme
j'en ai parlé, j'ai fait état qu'on n'était pas soumis présentement au règlement de diffusion où on s'est autoprescrit à
le faire et on a dû faire des adaptations, ce qui a nécessité beaucoup
de ressources à l'interne.
On fait
simplement dire : Bien, s'il y a des changements majeurs, il faudra
prévoir une période de transition pour s'assurer
qu'on veut se conformer, parce que, pour nous, la transparence est très
importante. Donc, c'est à ce niveau-là.
Jolin-Barrette : ...une
période de transition, dans une expectative de temps, c'est quoi, une période
de transition raisonnable, si on assujettit, dans le fond, les
organismes comme le vôtre?
Mme Derome (Dominique) :
Raisonnable, je vous dirais, là, on pourrait penser à 24 mois. Ça pourrait
être...
M. Jolin-Barrette : Deux ans.
Mme Derome (Dominique) : Oui.
Président (M. Ouellette) :
Merci, M. le député de Borduas. Mme Claudie Tremblay, Mme Dominique
Derome et Me Mélanie Dufault,
représentant l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec,
merci d'être venues déposer à la commission.
Je suspends
quelques minutes et je demanderais à L'Orange bleue, affaires publiques de bien
vouloir s'avancer, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 31)
Président (M. Ouellette) :
Nous reprenons nos travaux. Nous recevons maintenant L'Orange bleue,
affaires publiques. M. Sébastien
Verret, qui est agent en affaires publiques, et M. Mathieu Santerre. Je pense
que c'est M. Verret qui va faire la présentation?
M. Santerre (Mathieu) : C'est M.
Santerre qui va partir le bal.
Président (M. Ouellette) :
Ah! c'est M. Santerre qui va faire la présentation. Donc, merci de le préciser.
Vous avez 10 minutes pour faire votre présentation, et après il y
aura échange avec Mme la ministre et les porte-parole des deux oppositions. Ça
fait que, M. Santerre, à vous la parole.
Santerre (Mathieu) :
Excellent. Merci, M. le Président. Alors, bonjour, Mme la ministre, Mme et MM.
les députés. Donc, je suis Mathieu
Santerre, associé chez L'Orange bleue, affaires publiques. Je suis accompagné par M. Sébastien Verret qui est
agent en affaires publiques au sein de l'entreprise.
L'Orange
bleue, c'est une firme de relations publiques et gouvernementales, en fait,
active partout au Québec, notamment
dans les boîtes de courriel de plusieurs d'entre vous depuis quelques
années. Nous sommes reconnus comme organisme formateur agréé et, bien
sûr, inscrit au Registre des lobbyistes du Québec. Donc, nous sommes donc un
organisme privé, bien sûr.
Dans le cadre de notre travail, nous sommes très souvent amenés à rédiger et à
transmettre des demandes d'accès
à l'information auprès de tout ce qui
grouille comme organisme gouvernemental au Québec, incluant les municipalités.
Ces demandes nous aident à documenter des dossiers et à prendre connaissance
des priorités des décideurs et du gouvernement,
évidemment à mieux conseiller nos clients. Comme firme, on a beaucoup plus
l'habitude d'être sur les lignes de
côté, bien sûr. Nous sommes donc d'autant plus honorés aujourd'hui d'avoir la
chance de vous transmettre nos observations directement à cette table.
Alors,
d'entrée de jeu, vous pourrez noter que nous nous sommes concentrés, dans notre
mémoire, sur la notion d'accès à
l'information. Ce n'est pas un manque d'intérêt pour la question des données
ouvertes ni pour la protection des renseignements
personnels, mais évidemment c'est là que se situe davantage notre expérience de
terrain. Donc, nous nous sommes concentrés sur cet aspect.
Le premier
sujet que nous souhaitons aborder est l'urgence qu'un projet de loi soit
présenté pour donner suite au discours
inaugural du premier ministre et ainsi réformer cette loi qui est devenue
carrément une loi du non-accès à l'information aujourd'hui. Nous
comprenons bien sûr que le gouvernement a de multiples priorités, mais l'accès
à l'information, bien, c'est une pierre
angulaire de notre régime démocratique. Personnellement, je suis convaincu de
la sincérité de la ministre dans son désir d'aller de l'avant dans ce
dossier. Alors, nous invitons donc l'ensemble de ses collègues au gouvernement à prendre exemple sur elle et à faire une
place au Conseil des ministres pour un projet de loi de cette nature. Comme vous le savez tous, le temps
s'écoule très rapidement et s'écoulera très rapidement d'ici aux prochaines
élections.
Cela étant dit, notre
principale recommandation en termes de contenu est de réduire et de simplifier
de façon significative les nombreuses
exceptions à la loi qui permettent à un organisme de refuser l'accès à un
document. En fait, les motifs de
refus, les exceptions, appelez-les comme vous voudrez, c'est bien détaillé dans
la loi, sont si nombreux et parfois si tordus que les organismes ont
l'embarras du choix s'ils décident de refuser l'accès à un document. Presque chaque appel, par ailleurs, que nous recevons de
la part d'un responsable de l'accès d'un organisme public est une tentative
pour nous soutirer un consentement pour réduire la portée de notre demande. En
fait, à l'interne, on pourrait presque prendre
des paris pour tenter de deviner en vertu de quelle disposition de la loi on va
nous refuser un document. Pour nous, ces
exceptions menacent carrément la transparence gouvernementale par, donc, les
abus que ces exceptions peuvent justifier. C'est une entrave majeure à
l'idée de transparence, donc.
Maintenant,
la liste des exceptions amène aussi d'autres problèmes, notamment une grande
incohérence dans le traitement des
demandes. En effet, le processus de traitement des demandes est terriblement
irrégulier d'un organisme public à un
autre autant sur le plan des délais que sur le plan de l'information transmise.
Je vous dirais même que parfois ça varie selon la période de l'année où
vous faites votre demande. De grands médias en ont d'ailleurs fait les frais récemment, alors que certains obtiennent des
documents et d'autres non, ce qui est plutôt particulier. À notre avis, il est
grand temps de faire le ménage dans tout cela et que les exceptions deviennent
véritablement des exceptions et non pas la règle comme c'est le cas à
l'heure actuelle.
Notre seconde
grande recommandation est l'idée d'introduire à l'intérieur de la loi la notion
toute simple de l'accès à l'information
elle-même et non pas aux documents. Vous aurez certainement noté que la loi se
nomme
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics.
Actuellement, ça veut donc dire qu'un citoyen n'a accès qu'à des documents qui existent et il doit même pouvoir généralement les
identifier pour les obtenir. C'est une conception plutôt contre-intuitive
de l'accès à l'information, pour nous.
Ainsi, si l'information qu'on recherche est connue, mais inscrite nulle part
ailleurs que dans une base de données
gouvernementale, bien, malheureusement, c'est impossible d'y avoir accès, et
concrètement, dans le quotidien, cette situation mène à des parties de
pêche de la part de citoyens qui demandent des masses de documents et qui doivent ensuite fouiller à
l'intérieur de tout ce qui est reçu pour tenter de trouver l'aiguille dans la
botte de foin. C'est aussi beaucoup de temps perdu pour les
responsables de l'accès qui ne sont,
bien évidemment, pas nécessairement
satisfaits de cette situation non plus. Et enfin quel citoyen va faire une
demande d'accès s'il sait qu'il devra passer des heures à dépouiller les
documents reçus pour finalement peut-être trouver ce qu'il cherchait?
Alors, comme
on vous le disait, le principe de l'accès à l'information elle-même devrait, à
notre sens, être introduit dans la loi
et non pas seulement l'accès au document qui contient cette information. En ce
sens, nous attirons votre attention sur la recommandation 5 de la
Commission d'accès à l'information qui donne une piste très intéressante de
réflexion. Cette recommandation-là, si on
examine l'ensemble, là, du laïus qui l'entoure, vise à faire en sorte qu'un
extrait de base de données gouvernementale soit considéré comme un
document que l'organisme doit produire et transmettre.
Maintenant, nos recommandations visent également
à faire en sorte que l'ensemble du processus d'accès à l'information soit soumis à une plus grande imputabilité. En effet, à
l'heure actuelle, l'arbitraire règne trop souvent et personne n'a de compte à rendre, sauf si on se
fait prendre par un journaliste. Alors, tel que le recommande la
Commission d'accès à l'information, les organismes devraient être plus
structurés et surtout plus transparents sur le processus de traitement des
demandes. Nous croyons même que les organismes devraient publier des statistiques
complètes sur le traitement des demandes, des délais moyens et surtout les
refus. Il y a là un manque à combler, à notre avis.
Avant de
conclure avec nos recommandations complètes, j'aimerais ajouter une remarque
concernant l'idée qu'un mur devrait
être instauré entre les cabinets ministériels et les responsables de l'accès à
l'information. Nous ne croyons pas à
une telle chose. En fait, l'autorité du ou de la ministre demeurera là de toute
manière. Par ailleurs, comme l'annexe 1 de notre mémoire le démontre, les cabinets peuvent s'impliquer dans une
certaine mesure à l'intérieur des dossiers d'accès à l'information, ce qu'il faut éviter. Et le vrai
débat, c'est éviter que la loi soit contournée. En ce sens-là, nous croyons
que des mesures destinées à améliorer l'imputabilité sont à privilégier.
En terminant,
je vais vous faire lecture de l'ensemble de nos recommandations. Bon, d'abord,
qu'un projet de
loi sur l'accès à
l'information soit présenté le plus rapidement possible; que le champ d'application
de la loi soit élargi; que les demandes
d'accès puissent être faites plus facilement par des personnes morales; que les
restrictions au droit d'accès soient revues pour augmenter la
transparence et éviter les irrégularités; que les organismes publics détaillent
le processus décisionnel en matière d'accès
à l'information et que ce document soit transmis avec les réponses aux
demandes; que les organismes publics
soient tenus de produire des bilans annuels sur le traitement des demandes,
dont les refus; que soit ajoutée dans
la loi la notion d'accès à l'information en plus de l'accès aux documents
détenus par les organismes publics; que
le délai de 10 jours supplémentaires, qui est actuellement, disons,
utilisé systématiquement, soit tout simplement aboli; que soit précisé dans la loi que la transmission
de documents par Internet est gratuite en toutes circonstances; et que les
organismes publics fournissent obligatoirement les documents sur un support
électronique lorsque c'est disponible.
Alors, voilà. Je vous remercie. Nous sommes
maintenant prêts à répondre à vos questions.
Le Président (M. Ouellette) : Merci,
M. Santerre. Mme la ministre.
Mme de
Santis : Merci beaucoup, M. le Président. Bienvenue, M. Santerre,
M. Verret. Nous sommes très heureux de
vous recevoir ce matin. Nous allons passer quelques instants ensemble et
discuter votre mémoire. Merci de votre mémoire.
Ma première question : Combien d'employés
vous avez?
Le Président (M. Ouellette) : M.
Santerre.
Santerre (Mathieu) : Oui.
L'équipe de L'Orange bleue, affaires publiques, c'est six personnes. Alors,
c'est une équipe de moins en moins petite.
Mme de
Santis : Six personnes. Une des recommandations qui a été faite par la
commission, c'est la recommandation
21, c'est la désignation d'un responsable d'accès dans les entreprises. Et
aussi, à la recommandation 20, inclure une obligation de responsabilité
des entreprises.
Quelle est votre réaction à ces deux
recommandations?
Le Président (M. Ouellette) : M.
Santerre.
Santerre (Mathieu) : Si je
comprends bien, vous faites appel à notre responsabilité d'entrepreneur ici par
cette question-là.
Mme de Santis : Oui, exact.
Santerre (Mathieu) : Tout à
fait. Comme on vous l'a indiqué, on est tout à fait sensible à l'importance de
la protection des renseignements
personnels, et ça couvre évidemment les renseignements personnels ou
confidentiels qui pourraient être détenus par une entreprise que ce soit
la nôtre ou qui que ce soit d'autre.
Alors, sans
qu'on ne l'ait détaillé dans notre mémoire, nous n'avons aucune objection à ce
qu'une personne au sein de
l'entreprise soit désignée comme étant responsable de l'accès dans la mesure où
il y a des renseignements personnels qui
circulent dans notre entreprise. Dans notre cas, je vous dirais, c'est plutôt
rare, mais d'autres entreprises peuvent disposer de plus d'informations.
Donc, pas d'objection de ce côté-là évidemment.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme de
Santis : Même dans une entreprise qui est une petite, petite
entreprise comme la majorité des entreprises au Québec, parce qu'il y a certains qui nous ont dit que ça pourrait alourdir vraiment les responsabilités à
l'intérieur des petites,
petites et même des moyennes.
M. Santerre (Mathieu) : Je
comprends leurs préoccupations. Par ailleurs, vous avez tout à fait raison de
dire qu'il y a de très, très, très
nombreuses contraintes à l'exercice des droits d'une personne morale à faire
des affaires au Québec. Alors la simplification
réglementaire est la bienvenue, sauf que, dans la mesure où il s'agit
simplement de désigner une personne
qui est responsable de l'application de la loi qui s'appliquerait de toute
manière, on ne voit pas nécessairement de
contrainte, sauf si ça signifie moult
rapports, transmission auprès du gouvernement sur un exercice annuel ou quelque chose comme ça.
En soi,
la loi est là pour le secteur privé aussi. On n'a pas d'objection à ce que la
loi s'applique à toutes les entreprises du Québec dans la mesure où ça ne se transforme pas en
paperasse supplémentaire. Mais là c'est à l'entrepreneur que vous avez
posé la question évidemment.
Mme de
Santis : Merci. Vous dites que vous voudriez plutôt un
titre pour ce
projet de loi qui serait un accès à l'information
au lieu d'accès aux documents des organismes publics. Vous savez, dans le cadre
juridique des technologies de
l'information, dans cette loi, on explique c'est quoi une notion de document, et un document est constitué d'informations portées par un support. Ce n'est pas nécessairement sur papier, ça peut être n'importe
quel support. Si on va vers un accès à
l'information, des informations sont aussi verbales. Des informations qui sont
simplement dans des discours, comment avoir
accès à cela? Parce que vous allez demander accès à l'information,
l'information, c'est très large comme concept.
Est-ce que
vous pouvez expliquer un peu, considérant aussi que nous avons une
recommandation n° 5 de la CAI avec
laquelle vous êtes d'accord? Et pour ceux qui nous écoutent, c'est de modifier
la loi pour préciser les obligations d'un
organisme public concernant l'accès à des renseignements contenus dans un
document informatisé, plus précisément dans
une base de données. Alors, on élargit vraiment la notion de document et
comment ça va être appliqué et on peut toujours retourner à la
définition de document dans le cadre juridique des technologies de
l'information.
Alors, est-ce que je peux avoir votre réaction?
M. Santerre (Mathieu) : Tout à
fait.
Le Président (M. Ouellette) :
M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Merci, M. le
Président. Écoutez, dans le passé, il nous est arrivé de faire des demandes
d'accès, auprès du réseau de la santé
notamment. Comme on vous le disait, la réponse est plutôt variable selon
l'organisme, mais certains organismes nous envoyaient l'impression
d'écran d'un terminal de base de données en PDF, et on nous envoyait ça. Et d'autres nous disaient :
C'est dans la base de données, on ne peut pas vous le transmettre, ce n'est pas
un document.
Je n'ai pas
de solution pour l'information qui circule de façon verbale à l'intérieur d'un
ministère ou d'un organisme. Maintenant,
considérant tout ce qui circule par écrit à l'intérieur d'un ministère ou d'un
organisme et aussi ce qui se récupère à l'intérieur des bases de données
de ces entités-là, comme on vous l'a dit tout à l'heure, cette recommandation
de la Commission
d'accès à l'information nous semble une
piste vraiment très intéressante pour résoudre le problème qu'on tente de souligner ici, c'est-à-dire qu'on n'a pas
accès à l'information vraiment, mais qu'il faut tomber par hasard sur le
document qui la contiendrait. Si les bases
de données du ministère, y incluant leur système d'information, sont
considérées comme un document, ce qui est notre compréhension de la
recommandation de la commission d'accès, on résout le problème d'une façon relativement commode, je dirais. Mais vous avez
raison de signaler qu'on n'attrape pas les communications verbales de
cette façon-là, mais, comme je vous le dis, on n'a pas de solution pour cet
aspect.
Mme de
Santis : Mais est-ce que vous pensez qu'on devrait attraper des
communications verbales?
M. Santerre (Mathieu) : Comme vous le voyez, en toute franchise, on n'a
pas abordé cette question-là. On n'y a pas
réfléchi. On ne croit pas nécessairement que ce soit une bonne chose. Ce qu'on vous dit,
c'est que les bases de données et ce
qui est à l'intérieur des serveurs informatiques de chacune des entités du gouvernement devraient être accessibles et surtout
que l'entité en question doive produire un extrait d'une base de données si
c'est là que se trouve l'information.
existe autre chose comme phénomène aussi dans le merveilleux monde de l'accès à
l'information, c'est que vous posez
une question précise et vous recevez un fichier Excel qui nécessite des heures,
voire des jours, à examiner. Donc, trop d'information, parfois, c'est
aussi pire que pas d'information du tout, là.
de Santis : C'est à l'article
42 de la
Loi sur l'accès où on dit qu'une demande d'accès à un document
doit, pour être recevable, être
suffisamment précise pour permettre de le trouver. Est-ce que, vous, vous avez
des modifications que vous voudriez voir à cet
article 42?
M. Santerre (Mathieu) : Écoutez, notre recommandation générale vise à
inverser la philosophie qui est, à l'heure actuelle, en application. À l'heure actuelle, on fait des demandes
précises et on se fait répondre, parce
que la réponse serait trop lourde, peut-être, on se fait répondre
que ce n'est pas suffisamment précis. Un nombre de places en soins palliatifs
dans un CISSS, c'est précis, ça, ce n'est
pas quelque chose de vaste. La liste des contrats de telle entreprise,
c'est très précis, mais on se fait répondre, sur le terrain : Ce
n'est pas suffisamment précis.
Donc,
on n'a pas de recommandation précise sur 42 mais ce qu'on vous dit, c'est que
dans les faits, sur le terrain, à
cause du manque d'imputabilité, à cause du fait qu'il n'y a personne, entre
guillemets, police, les responsables de l'accès, eh bien, on se fait
répondre n'importe quoi et on se fait répondre non la plupart du temps.
de Santis : Donc, si je
comprends bien, vous acceptez l'article 42, mais vous trouvez que peut-être
dans l'application...
M. Santerre (Mathieu) : Bien, vous avez davantage de connaissances
juridiques que moi, Mme la ministre. Donc, sur le terrain, les gens
interprètent cette disposition de façon abusive de mon point de vue.
de Santis : Vous êtes
d'accord avec la recommandation 4 de la commission. Vous dites qu'il faut avoir une révision des restrictions au droit d'accès.
Alors, est-ce que vous pouvez identifier des restrictions, d'après vous, qui
devraient être revues et est-ce que vous
êtes d'accord avec la manière dont la commission propose d'effectuer la révision, par
exemple, en faisant référence à un risque de préjudice?
M. Santerre (Mathieu) : Je comprends bien votre question. Encore là, le
problème se situe du côté du terrain. Sur le terrain, parce qu'il est impossible d'obtenir une audience en temps
opportun à la commission, parce
que personne ne surveille la façon dont la loi est appliquée dans
l'ensemble des ministères et organismes, on peut nous répondre n'importe quoi.
tant que telle, la question qui a été soulevée par la commission,
on ne souhaite pas nécessairement rajouter un
examen obligatoire de la notion de risque de préjudice pour l'intérêt
public à l'intérieur du traitement des demandes d'accès à l'information. Vous voyez, ce qui a été recommandé, d'ajouter
un examen supplémentaire du risque de préjudice, on croit que ça va
ralentir les choses plus qu'autre chose, en fait, là.
vous ramène aux propos que je signalais il y a quelques
instants. S'il y avait davantage d'imputabilité dans la façon
dont c'est géré, peut-être que cette recommandation-là de la commission serait
inutile. Bon, évidemment, on reconnaît le
problème qu'ils ont signalé, mais au-delà
de ça on vous recommande d'améliorer l'imputabilité dans la gestion des demandes d'accès.
de Santis : Dans les orientations qui ont été publiées en 2015, et il y a eu des consultations en automne 2015, on a des propositions de donner plus de responsabilités au ministre
responsable de l'Accès, et aussi de modifier les fonctions du responsable, et d'encadrer ça un peu mieux. Je
ne sais pas si... je vous pose la question, si les recommandations qui se
trouvaient dans les orientations vont dans la direction que vous souhaitez. Je
ne sais pas si vous pouvez me répondre, parce que c'est vrai que c'est quelque
chose qui a été publié en 2015, mais qui fait vraiment... on l'utilise avec les
consultations qui ont eu lieu comme la base sur laquelle on travaille pour
produire un projet de loi.
Le Président (M.
Ouellette) : M. Santerre.
Santerre (Mathieu) : Bien,
écoutez, sur le plan du principe, bien sûr qu'il est bienvenu que le ou la
ministre responsable, je vous dirais, dispose de davantage de latitude
pour s'assurer que la loi qui est sous son parapluie soit appliquée correctement par l'ensemble des
ministères et organismes. On est tout à fait d'accord avec ça. Ça peut passer
par d'autres moyens, tels que la publication
des délais, de statistiques, et ainsi de suite, bien sûr, sauf qu'en effet que
cette responsabilité ministérielle,
disons, se concrétise par une capacité, là, à interagir avec les responsables
de l'accès au sein du gouvernement, on n'est pas contre, bien au
contraire. C'est dans l'esprit de ce qu'on recommande.
Mme de
Santis : J'avais souligné aussi que, dans les orientations, on
recommandait que le ministre aussi fasse un rapport et que, dans ce rapport... C'est un rapport sur l'application
de la loi, donc c'est un peu cette imputabilité dont vous parlez.
M. Santerre (Mathieu) : Oui, tout à
fait, avec la précision supplémentaire toutefois qu'on recommande que
l'organisme X, Y ou Z doive par ailleurs publier certaines statistiques quant à
sa façon dont il gère la Loi d'accès.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme de
Santis : Je vais passer la parole à mon collègue, mais une dernière
question. Vous parlez d'abolir le délai de 10 jours, les 20 jours plus 10 jours. Est-ce que vous
voulez qu'on réponde uniquement dans 20 jours? Voulez-vous que les 20 jours deviennent 30 jours? Et
vous ne trouvez pas qu'il y a des situations réelles où c'est impossible de
répondre dans une période limitée et qu'il faudrait demander pour un
délai additionnel?
M. Santerre (Mathieu) : Je vais
d'abord passer la parole à M. Verret pour l'instant.
Le Président (M. Ouellette) : M.
Verret.
M. Verret
(Sébastien) : Oui. En fait,
pour les délais, la question de délais, 20 jours ou 30 jours, le
problème qu'on a vu au niveau
opérationnel, c'est le fait qu'il y a un problème... on se retrouve avec une
demande de 10 jours supplémentaires presque systématiquement. Donc,
que ce soit 20 jours ou 30 jours, il faut que le délai soit fixe. On fait simplement
recevoir un courriel additionnel avec une
demande... C'est une tâche supplémentaire inutile, finalement, à notre avis, de
ce qu'on a constaté. Je peux laisser Mathieu compléter.
Le Président (M. Ouellette) : M.
Santerre.
Santerre (Mathieu) : Oui.
Bien, alors, comme vous voyez, c'est ce qui se passe sur le terrain. Dans les
faits, tous les organismes ou presque
réclament le 10 jours de plus. Donc, c'est une étape inutile, c'est de la
paperasse. On nous envoie un accusé
de réception, on nous promet les choses dans 20 jours, on reçoit quelques jours
plus tard un avis à l'effet que le 10 jours supplémentaire sera utilisé.
Évidemment,
l'esprit de cette disposition-là, c'est de ne pas mettre en péril les
opérations normales d'une entité gouvernementale. Vous verrez, dans
notre mémoire, qu'on a eu toutes sortes d'excuses sympathiques pour justifier l'utilisation du 10 jours, le classique, entre
guillemets, certaines contraintes étant très usité ou encore on nous a parlé de
la période des vacances. Alors, je
m'excuse, là, mais la période des vacances, ce n'est pas remettre en question
le cours normal d'une entité
gouvernementale. Alors, 20 ou 30 jours, pour nous, l'important, c'est qu'il y
ait un délai et qu'on cesse cette mascarade de 10 jours supplémentaires.
Maintenant,
vous avez raison, il existe des situations où ce n'est pas possible de répondre
en dedans du délai. Je vous dirais
que, dans ce cas, peut-être que... en fait, dans les faits, sur le terrain, les
gens nous répondent parfois avec un peu de retard, mais on nous explique pourquoi. On nous dit : Écoutez, M. Verret, M. Santerre, ce n'est pas
possible de sortir tout ça en
20 jours, ou encore : Votre demande s'était perdue au bureau du sous-ministre adjoint, on vous revient dès que possible. Et on obtient parfois, parfois, là, des réponses de cette
façon-là. Donc, pour nous, l'important, ce n'est pas 20, ce n'est pas 30, c'est qu'il y a
un délai fixe, que la notion de 10 jours disparaisse. Bon, il restera
toujours certaines catégories de demandes qui vont prendre plus de temps, et
elles tomberont dans les statistiques qu'on vous recommande de faire
publier, par ailleurs, comme étant les cas d'horreur parce que ça a été trop
difficile à publier, là.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci. M. le député de La Prairie.
M. Merlini :
Merci, M. le Président. Dans votre allocution, M. Santerre, vous avez fait
plusieurs énonciations qui m'ont
frappé l'imaginaire. Quelques questions. Vous avez d'abord dit... Vous l'appelez
la loi de non-accès à l'information, dans
son état actuel, et évidemment vous êtes en faveur de réduire les motifs de
refus d'accès à un document. Lesquels motifs
que vous voulez... Parce que, là, vous dites qu'il y en a une panoplie qui fait
que vous avez toutes sortes de réponses classiques et non traditionnelles, si je peux dire, à vos demandes
d'accès. Qu'est-ce que vous voyez... Quels seraient des motifs, selon
vous, raisonnables pour refuser l'accès à un document ou refuser de l'accès à
une information?
Le Président (M. Ouellette) :
M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) :
Parfait. Merci pour la question.
En soi, on n'en a pas
contre l'idée qu'il y ait des restrictions pour... je ne sais pas, par
exemple — vous
avez rencontré des gens d'une entité
d'autoréglementation tout à l'heure — dans des cas de secrets industriels,
protection de la propriété
intellectuelle, capacité à conclure de façon imminente une transaction. On
comprend tout ça. Maintenant, on croit
que le ménage devrait être fait pour qu'on cesse d'interpréter les exceptions
qui sont dans la loi de façon si large que, dans le fond, ça devienne la
norme.
Donc,
vous comprenez l'énoncé. Loi du non-accès, c'est pour signaler qu'aujourd'hui,
en réalité, quand on fait des demandes, on s'attend à un refus, et
l'exception, c'est lorsqu'on reçoit les documents demandés. C'est anormal.
Maintenant,
si à l'intérieur de chacune des nombreuses catégories, par ailleurs, des
exceptions à la loi, on y allait de façon
plus précise et plus restrictive, je vous dirais, bien, c'est là qu'on
pourrait, pour prendre l'envers de la médaille, avoir une
loi sur
l'accès et non du non-accès.
Mais
notre propos n'est pas de dire : Telle ou telle catégorie de restriction
est inutile. On comprend très bien, sauf qu'il y a des catégories comme pour des raisons économiques. Oui, bien,
écoutez, comme le disait mon collègue Sébastien, tout est économique, alors on peut refuser l'accès pour n'importe quoi
en raison de cette disposition. Donc, la question, c'est comment c'est appliqué. Donc, certaines
précisions dans le libellé de chacune des exceptions seraient les bienvenues,
y incluant les notions de tiers, soit dit en passant.
M. Merlini :
Merci. Vous avez aussi parlé de l'incohérence dans le processus des traitements
des demandes. C'est-à-dire est-ce qu'à
chaque fois que vous demandez à des différents organismes, la procédure n'est
pas nécessairement la même? Est-ce
qu'il y a toujours une personne qui est attitrée à l'accès à l'information qui
vous répond dans chacune des... peut-être
pas la même personne, mais dans chaque organisme, il y a une personne
responsable de ça ou la façon dont vous envoyez votre demande, et là, ça
vous revient, puis ce n'est jamais la même chose dans le type de réponse?
Le Président
(M. Ouellette) : M. Verret.
M. Verret
(Sébastien) : Dans l'expérience concrète, on s'est rendu compte, à
travers les demandes d'accès à l'information
qu'on a faites, que pour une même demande envoyée à plusieurs organismes le
traitement est complètement différent.
Parfois, simplement dans la liste des responsables d'accès à l'information à
qui on doit transmettre la demande, certains
organismes, la liste n'est pas à jour. Pour le même libellé exactement, on va
se faire poser des questions différentes d'un organisme à un autre. Par exemple, dans le réseau de la santé, il y
a une multitude d'établissements. Une demande qui vise l'information sur tous les établissements, ça devient un
capharnaüm, là, ça devient très complexe. On doit se faire des fichiers pour suivre quelle demande est rendue
où parce que le processus est complètement disparate, là, d'une place à
l'autre.
M. Merlini :
Est-ce que ça serait souhaitable de codifier un certain processus dans une
nouvelle loi?
M. Verret
(Sébastien) : Oui. Je laisse Mathieu...
Merlini : Je dis «codifier»... donner une façon, là, de dire là :
Bien, vous avez... voici la... une procédure, oui.
M. Verret
(Sébastien) : Oui. Je laisserais Mathieu, mon collègue, répondre.
Le Président
(M. Ouellette) : M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Si je peux me permettre — merci, M. le Président — donc,
oui, bien sûr, il serait à propos, et on le
recommande, que les organismes mettent par écrit leurs procédures, la façon
dont c'est fait. Je vous dirais, là, pour bien comprendre la façon dont la bête
se gouverne, nous avons fait une demande d'accès à l'information pour savoir quelle était la procédure de traitement
pour les demandes d'accès à l'information, vous auriez dû voir la pizza qu'on
a reçue en termes de réponse. Donc, chaque organisme a sa préférence. Certains
n'ont aucune procédure autre que l'application
de la loi, et c'est laissé au jugement des juristes qui sont à l'intérieur,
d'autres ont des procédures très structurées. Comme la commission le précise, il serait à propos que chaque organisme
étaye son processus et idéalement le publie publiquement, voire même le
joigne aux réponses aux demandes pour qu'on sache qu'est-ce qui se passe,
finalement.
M. Merlini :
Dans le but d'éviter cette incohérence dans le processus, selon vous, est-ce
que les organismes pourraient soumettre un
plan, une procédure pour leur organisme que le ministère ou la ministre
pourrait, à ce moment-là, avaliser et
dire : Oui, ça, c'est raisonnable, ça va fonctionner de cette façon-là
pour avoir un peu plus de cohérence entre les différents organismes ou autres tout en laissant une certaine
latitude à l'organisme, dépendamment de sa grosseur et de son nombre
d'employés et de personnel, mais quand même avoir un certain standard qui
dit : Voici, quand vous allez adresser
une demande à un organisme du gouvernement du Québec, il y a un certain cadre,
il y a une certaine façon qui fait que vous n'aurez pas de pizza à
toutes sortes de saveurs?
Le Président (M. Ouellette) : C'était le commentaire de M. le député de
La Prairie. Et maintenant nous allons du côté de l'opposition
officielle avec Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Santerre. On vous croise souvent dans
ces coulisses. Bonjour, M. Verret, merci d'être là.
C'est intéressant de voir, dans le fond, un
organisme comme le vôtre qui a affaire avec la
Loi sur l'accès aux documents, qu'on reviendra sur ce terme-là. Vous
agissez, vous êtes enregistrés comme lobbyistes, donc c'est intéressant de voir comment un
lobbyiste ou comment les clients que vous représentez ou que vous... que vous
avez à souvent aller chercher des
documents... en tout cas, parfois aller chercher... avoir accès aux documents,
donc, détenus par les organismes publics.
Votre propos
principal, dans le fond, est vraiment la culture de ce qui sous-tend la
loi sur
l'accès à l'information, mais c'est
la culture même des organismes qui devraient donner accès aux documents, mais
que vous... Dans le fond, c'est plus
qu'ils ne donnent pas accès aux documents, donc c'est tout l'esprit, et le fait
de revoir la loi, il devrait y avoir des recommandations à la Commission d'accès à l'information. C'est
intéressant, ça nous permet de peut-être réajuster certains tirs et de
donner, je pourrais dire, l'encadrement nécessaire à cette loi-là pour qu'elle
soit modernisée.
J'entendais
le député de savoir, précédemment, mon collègue, de connaître un peu les motifs
ou les raisons qu'on vous invoque.
Mais généralement... Parce qu'avec ce qu'on entend des différentes
organisations qui sont venues nous rencontrer,
il y a de multiples raisons que les organismes, les organisations ou ministères
donnent pour ne pas donner accès aux
documents. Mais vous, principalement, là, principalement, si on avait à faire
ces correctifs-là d'une façon plus claire, oui, de rendre les choses claires. Mais, pour vous, comme lobbyistes,
quels sont les refus systématiques que vous avez, à quel niveau ou pour
quelles raisons?
Le Président (M. Ouellette) :
M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Merci. Oui, tout
à fait. Bien, écoutez, évidemment, dans le cadre de notre travail, on fait
des demandes, mais je vous dirais que ce n'est pas nécessairement pour le
bénéfice de nos clients qu'on fait cette démarche. On épouse la cause de
l'accès à l'information sur une base de l'entité corporative, là. Parce que,
lorsqu'on commence à faire des demandes
d'accès à l'information, la première chose qu'on vit, c'est un certain
désenchantement parce qu'on a
beaucoup d'attentes sur notre capacité à aller chercher de l'information et on
s'attend à ce que le gouvernement, disons,
entité par entité, nous réponde de façon adéquate. Et ce qu'on reçoit comme
réponse, c'est non. Donc, on épouse cette cause de façon générale comme
entité, nous, L'Orange bleue, mais...
Mme Léger :
Donc, majoritairement, c'est un non à vos demandes. Ou, comme tout à l'heure,
vous disiez : On peut faire une
demande très précise, on reçoit un lot de documents... de façon immense. On
demande quelque chose de pas nécessairement
précis, puis on vous donne quelque chose de superprécis. On voit qu'il y a
quand même toutes sortes de formes, là, de réponses.
M. Santerre
(Mathieu) : Écoutez, on ne
blâme pas la personne qui est chargée de traiter la demande à l'intérieur de
chaque entité, mais, on le sait, lorsque la demande est transmise, l'objectif est de nous dire non, et on trouve
ensuite une clause qui justifie de nous dire non. C'est ça, la...
Mme Léger : ...que vous
avez.
M. Santerre
(Mathieu) : Tout à fait.
C'est la pratique qu'on constate. Écoutez, le nombre d'objections de la part d'un
organisme public, qui sont par ailleurs totalement injustifiées, qui
s'accumulent avec le temps dans, je vous dirais, là, les dizaines, voire la centaine de demandes qu'on fait à chaque
année, eh bien, c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui : des vacances; votre demande n'est pas assez
précise, alors qu'on demandait un nombre x d'une telle donnée très précise; une
demande abusive, alors qu'on demande un document qui peut être une liste sur
support électronique toute simple. Donc,
on n'a pas une seule, disons, solution à proposer. Humblement, en fonction de
ce qu'on voit, nous, sur le terrain, on
vous parle de l'idée de clarifier les exceptions parce que les exceptions sont
utilisées à tort et à travers aujourd'hui. La clause des extraits de base de données soulevée par la Commission
d'accès à l'information, c'est très intéressant parce qu'on se fait dire
non souvent alors qu'on sait très bien que l'information est à l'intérieur des
bureaux.
Mme Léger : Alors,
pourquoi, pensez-vous? Tout à l'heure, vous dites, vous ne blâmez pas nécessairement les personnes qui font cette tâche, mais pourquoi
on vous répond ce genre de... Est-ce que vous pensez que vous vous faites
niaiser? Est-ce que c'est parce que les gens
ne le savent pas? Est-ce que c'est parce que les mandats ne sont pas assez
clairs? Qu'est-ce qui fait que ces réponses-là ne sont pas adéquates?
M. Santerre
(Mathieu) : Écoutez,
quand une firme de relations publiques fait une demande d'accès à
l'information, il y a quand même
des petites chances qu'il se passe quelque chose ensuite de la part de
quelqu'un dans l'environnement public. Quand un citoyen fait une demande pour
un document particulier, si tout allait bien, le citoyen
n'aurait rien à demander. C'est parce
qu'il y a quelque chose qui ne va pas bien, il y a une récrimination ou, à tout
le moins, une doléance à formuler par
la suite. L'information pure simplement pour le plaisir de savoir, c'est plutôt rare que
ça se conclue par une demande d'accès
à l'information, sauf pour le secteur académique. Donc, la pratique, c'est la
résistance à l'intérieur des organismes publics.
Comme je vous
dis, on ne blâme pas les responsables de l'accès, sauf que toutes les
interactions qu'on a visent à restreindre le plus possible la portée des
demandes qu'on fait. Et là, bon, soit, nous sommes une entreprise, mais on pense aux citoyens aussi. Je fais des demandes
comme citoyen aussi par ailleurs, mais mon deuxième voisin qui veut faire
une demande, pensez-vous vraiment qu'il va
se farcir tout ce processus, recevoir des non et devoir faire quatre demandes
avant de trouver exactement le bon libellé
pour obtenir son document? Pensez-vous ensuite qu'il va dépouiller des dizaines
de pages? Je veux dire, le citoyen n'a pas accès à l'information aujourd'hui,
c'est tout.
Mme Léger :
Je pense que c'est important, ce que vous apportez, dans le sens qu'il y en a
plusieurs, autres personnes qui sont venues
nous dire des choses semblables. Je pense qu'il y a une culture à casser. Ça,
c'est évident. Puis c'est
dans le bien-être de tout le monde, autant du gouvernement, autant du citoyen,
autant des organisations qui en ont besoin.
Il faut probablement préciser davantage le rôle du responsable de l'accès à
l'information dans les organismes publics et ministères, mais je pense que le rôle n'est pas... Si je
regarde juste la loi, c'est à l'article 8, là, qu'on voit : «La personne
ayant la plus haute autorité au sein d'un
organisme public exerce les fonctions que la présente loi confère à la personne
responsable de l'accès aux documents
ou [à] la protection des
renseignements personnels.» C'est sûr qu'il n'y a pas de... Le respect de l'accès à l'information peut être
n'importe qui, n'importe comment, tu sais, on ne sent pas, là, qu'il y a...
Alors, je pense que, dans la loi,
évidemment, j'interpelle la ministre, là, il faut vraiment clarifier le rôle du
responsable de l'accès à l'information.
On a vu, les
dernières semaines, évidemment, plusieurs articles de journaux qui parlaient
d'ingérence politique des cabinets,
etc. La ministre a répondu, d'autres ministres ont répondu, mais c'est sûr que
ça met un doute quand même dans la population, ça met un doute à savoir
s'il y a vraiment une distance. Vous avez parlé que vous ne croyez pas
nécessairement qu'il devrait y avoir un mur entre les cabinets politiques. Ce
qui est surtout important, c'est que le responsable
de l'accès à l'information dans les organismes publics et ministères puisse
être imputable. Je pense que ça, c'est
un élément que la ministre devrait regarder. Ce responsable-là, il faut qu'il
ait la marge de manoeuvre nécessaire, il
faut qu'il n'y ait pas d'ingérence politique, évidemment. De là à mettre un
mur, je suis en accord avec vous, je pense qu'on peut se parler par en haut,
à côté, à droite, à gauche. Le responsable doit être capable d'avoir la marge de manoeuvre qu'il faudra, mais il faut lui donner l'autonomie, l'indépendance absolument importante de ce
responsable-là. Mais en même temps ce
responsable-là doit être formé. Alors, la loi, si on veut qu'une société soit
transparente, si on veut qu'une société
puisse avoir accès aux informations qu'ils voudront, que ce soit un document...
On pourrait préciser, peut-être, «documents».
Les interrogations de la ministre sur le verbal, tout ça, c'est une réaction
importante. Évidemment, tout ce qui
est verbal, comment est-ce qu'on peut... Enfin, il faut que ce soit applicable,
là, tout ça aussi. Ça fait qu'il faut être aussi sérieux dans la façon
de faire la loi.
Mais je pense que toutes vos demandes... On ne
peut pas avoir, d'une façon inéquitable, des réponses à des demandes très simples et très correctes. Alors,
ça, pour moi, ça, je conviens avec vous complètement qu'il faut revoir
son statut. Être imputable, c'est
être autonome aussi, c'est être indépendant, c'est être capable de prendre les
décisions qu'il veut. S'il veut
parler au cabinet, il peut bien peut-être parler à un cabinet. Tu sais, tout le monde est concerné par les dossiers. Vous
l'avez dit vous-même, un dossier... Et même politiquement, les dossiers
sont... on est intéressés dans les ministères, dans
les gouvernements puis dans les cabinets. Par contre,
il faut qu'il ait son indépendance, il faut qu'il ait sa marge de manoeuvre. Puis ça, bien, là on a vu plusieurs
articles qui nous amènent un petit
peu partout, c'est comme s'il
faudrait qu'il y ait un mur. Bon, c'est un questionnement qu'on peut se
poser. Mais moi, je pense que, pour répondre à votre demande ou au propos principal que vous avez, il faut revoir la culture, évidemment. Ce n'est pas une culture de non-recevoir, on doit avoir accès
aux documents, c'est important. On doit être capable, le citoyen doit être
capable...
Évidemment, il y a
des litiges. Ça, quand on est dans un processus judiciaire ou,
bon, ça, on est dans un autre cadre, là.
Alors, moi, je pense... Je ne sais pas si vous le voyez bien, là, le rôle du
responsable de l'accès à l'information. Est-ce
que vous voyez qu'il doit être formé, il doit avoir un rôle plus outillé, tu
sais?
Le Président (M. Ouellette) :
M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Parfait. Merci.
Oui, bien, écoutez, merci de cette intervention. Évidemment, on s'entend,
je ne crois pas que le ou la ministre
peut raisonnablement être la dernière personne informée à l'intérieur de son ministère. Donc, pour des raisons apparentées, là, on est
plutôt sceptiques face à l'idée d'un mur. Bien sûr, ça prend une
certaine indépendance dans la capacité à appliquer la loi. D'ailleurs,
petit clin d'oeil par rapport à des gens que tout le monde ici
connaît bien, là, mais il y a des juristes aussi impliqués dans les cas
litigieux de demandes d'accès à l'information.
Maintenant,
je crois que le maître mot que je retire de votre intervention, c'est la notion
d'imputabilité. Bien
sûr, il faut que les responsables de l'accès soient
imputables, dans le
fond, par rapport au résultat
du traitement d'une demande, certes. Ils pourraient être également
soutenus par d'autres... Je fais du pouce pour me rendre jusqu'à l'intervention
de M. le député tout à
l'heure, en effet
ils pourraient être mieux soutenus par
ailleurs dans leur rôle, par exemple, par des gens du secrétariat responsable.
Le Président (M. Ouellette) : Mme
la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Et vous, vous dites que vous croyez que les
demandes d'accès devraient pouvoir être faites par des personnes
morales. Qu'est-ce que vous voulez dire par ça?
M. Santerre
(Mathieu) : Écoutez, c'est
simplement une question de pratique. Formellement, l'article
de loi dit qu'une personne peut faire
une demande. Donc, on comprend qu'une personne morale pourrait normalement en faire une, sauf que, dans
la pratique, les gens sont habitués de traiter avec des individus, et l'idée
qu'une personne morale fasse une demande
et donc que, par exemple, n'importe quelle personne à l'intérieur de notre bureau puisse prendre le relais pour le suivi de cette demande-là, bien, cette idée-là est
plutôt contre-intuitive, là, au sein des organismes publics. Alors,
c'est pour ça que, dans le cadre de
la petite introduction que j'ai faite tout
à l'heure, j'ai signalé que ça serait
intéressant que ce soit facilité.
Mme Léger :
Vous dites... J'ai encore du... Oh! je n'ai plus de temps? Ouf!
Le Président
(M. Ouellette) : 40 secondes.
Mme Léger :
Oui, ça va. Merci. Ça va être plus...
M. Santerre
(Mathieu) : O.K., merci. Merci à vous.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci, M.
le Président. Bonjour, M. Santerre, M. Verret. Tantôt, vous avez
indiqué une centaine de demandes
d'accès... une dizaine ou une centaine, en tout cas. J'aimerais savoir plus précisément le nombre puis le nombre de demandes qui n'ont pas été problématiques,
disons, là, qui ont été répondues dans les 20 jours ou dans les
30 jours — parce que je comprends que la mécanique, c'est plus du 30 jours — pour
voir, là, l'ampleur du problème. Allez-y.
M. Santerre (Mathieu) : Bien, écoutez, si on vous fait une moyenne d'un peu plus d'une centaine par année, donc c'est une moyenne, là — évidemment, là, tout ça varie en
fonction, je vous dirais, de si on s'attaque au réseau de la santé ou aux municipalités, évidemment, parce que,
là, le nombre de demandes se multiplie — il y a quand même une proportion
appréciable, il faut le dire, de gens qui répondent à l'intérieur des délais ou
presque. Donc, je n'ai pas de statistiques en lien avec ça, sauf qu'il y a une
quantité quand même notable de gens qui répondent dans les délais.
Maintenant,
nous donnent-ils l'information précise qui est demandée? Souventefois, non. Et,
comme je vous disais tout à l'heure,
le délai va varier. Je vous dirais, un cas classique — je vous fais une illustration à
titre
d'exemple — un
cas classique auprès du réseau de la
santé : vous faites une demande auprès de 35 établissements, vous
recevez la moitié des accusés de
réception à l'intérieur d'une semaine; pour les autres, ça va varier. Vous
pouvez recevoir aisément la moitié de
vos réponses à l'intérieur du délai, l'autre moitié, plus tard, et parfois il
faut interpeler le P.D.G. du CISSS ou du CIUSSS pour obtenir la réponse. Évidemment, ça se corse quand vous commencez à
dépouiller vos réponses. Là, c'est le festival des refus pour des
raisons parfois étonnantes. Certaines pratiques se rajoutent à cela. On
demande, par exemple, des documents, on nous
fournit une liste de documents. Par exemple, si vous demandez des contrats,
c'est assez fréquent qu'on nous fournisse
une liste de contrats, même si on sait très bien que tous les contrats sont sur
support électronique à l'intérieur du
disque dur de l'entité. On nous envoie une liste en PDF impossible à
travailler, ce qui est, soit dit en passant, assez éloigné de l'idée de données ouvertes, là. Donc, à
défaut de statistiques précises sur cette question, je vous en ai fait une
illustration.
M. Picard :
O.K., merci. Votre cabinet a été
fondé en 2013, c'est bien ça, mais vous êtes dans le domaine depuis plusieurs années quand même. Est-ce qu'il y a eu,
comment dire, un durcissement dans l'application de la loi ou, depuis que la loi existe, cette culture-là, est-ce
qu'elle s'est développée avec les années, avec les médias? Parce que souvent,
comme vous disiez tout à l'heure, à propos, c'est que c'est certain,
lorsque l'organisme reçoit une demande, elle se doute qu'il y a un problème, il y a un problème à venir ou il va y avoir un
problème. Donc est-ce qu'avec... Dans le temps, est-ce que vous avez
perçu que c'est plus difficile ou c'est comme ça depuis le début?
M. Santerre (Mathieu) : Je vous remercie pour cette question. C'est, en
effet, très intéressant de voir s'il y a des tendances qu'on peut capter
ou appréhender. Comme vous le savez, j'ai déjà travaillé pour un groupe de
retraités très actifs en santé et
services sociaux, et on continue à travailler dans ce réseau-là. Donc, disons
que, sur une perspective, je vous dirais,
d'à peu près 10 ans, je peux me permettre de vous signaler qu'on sent un
certain raidissement du côté des demandes d'accès. Disons que ça résiste davantage. Ce qui m'étonne, c'est de
recevoir de plus en plus — et M. Verret aussi, là — des appels.
On nous appelle pour nous demander de restreindre notre demande, de restreindre
le nombre d'années, de restreindre le
sujet, on passe à l'argumentaire et on nous travaille au corps pour réduire la
portée de nos demandes. Alors, je ne sais pas si ça se confirme auprès
des services de recherche de l'Assemblée nationale, mais, en tout cas, pour
nous, oui.
M. Picard :
Je peux vous dire que ça se confirme, à ma connaissance. Mais vous dites que,
là, vous recevez de plus en plus
d'appels pour réduire la portée ou, en tout cas... Est-ce qu'on devrait
prévoir, dans la loi, si c'est un projet de loi qui est déposé, que,
lorsqu'il y aura des interactions comme ça, elles se fassent par écrit? Parce
que, tantôt, on parlait, là, que, pour ce
qui est du verbal, on ne peut pas avoir accès, là, puis c'est... Donc,
j'aimerais vous entendre si c'est une précision qu'on devrait prévoir.
M. Santerre (Mathieu) : On ne l'a pas documenté dans notre mémoire, mais
je vais répondre par une illustration. Notre
façon de procéder à l'interne, c'est justement, le plus possible, d'éviter les
appels, et d'exiger une demande écrite, et de répondre par écrit. Alors,
cette précision serait la bienvenue, je crois.
M. Picard :
O.K. Si je poursuis sur le durcissement, je dirais, est-ce que vous avez
perçu... On va parler du mur, là. Vous
dites que vous ne voyez pas la
nécessité du mur, mais vous mettez une
annexe comme de quoi, là, il y a
un échange, là, entre la responsable
puis un membre du cabinet d'un ministre. Pour vous, là, est-ce que c'est... Vous dites
qu'il n'y a pas besoin de mur, le ou
la ministre peut être informée, mais elle peut être informée
à quel moment de la demande? Est-ce que
c'est lorsque la réponse part ou si le responsable de l'accès à l'information demande la permission de... En tout cas,
j'aimerais... Parce que je l'ai relu, votre texte sur le mur, là, puis il est
bien écrit, il n'est pas si clair que ça.
M. Santerre
(Mathieu) : Merci pour le compliment.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Santerre
(Mathieu) : Donc, écoutez,
je vais prendre un léger détour qui sera clair, je l'espère. Dans une ancienne
vie, j'ai déjà eu l'opportunité et, je
dirais, la chance de travailler dans un cabinet ministériel, et une question
similaire s'était posée, c'était la question à savoir si le cabinet du ou de la ministre
peut recevoir des informations nominatives sur le dossier fiscal d'un particulier. Vous comprenez que ce sont des
choses éminemment personnelles. La conclusion des experts en législation, c'est que c'est
impossible d'empêcher le ministre d'avoir accès à l'information, à quelque information que ce soit à l'intérieur de son ministère.
Par contre,
il a été convenu, avec le bureau du sous-ministre, à l'époque, d'établir un registre pour consigner
chaque transmission d'information fiscale du ministère vers le cabinet. Et je vous garantis que la
simple existence de ce document
avait un effet dissuasif assez important
sur le nombre de demandes qui pouvaient être formulées par moi, par exemple. Donc, soyez certain que,
quand on laisse des traces écrites de ce qu'on fait, bien, on y pense à deux
fois avant de faire une demande.
Alors, c'est
pour ça qu'en lien avec la notion de cabinet ministériel pour les demandes d'accès à l'information ce qu'on dit c'est qu'une meilleure imputabilité serait une bonne protection. Si vous savez que des documents
sortent et que ce n'est pas la bonne
réponse, si vous savez que les documents sortent avec des délais incroyables, bien là, à un moment donné, le responsable de
l'accès va se faire poser des questions à l'intérieur du ministère. Donc, c'est en ce
sens-là qu'on fait des recommandations. J'espère que c'est un peu plus
clair de cette façon-là.
M. Picard : Bien, je
vais continuer sur votre...
Le Président (M. Ouellette) :
30 secondes, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : ... — oh!
merci — votre
registre, là. Si je comprends bien, ce serait bien qu'il y ait
un registre pour indiquer que le
cabinet ministériel a été informé de la demande. Ça pourrait être... Bien, si
je fais le lien avec le dossier fiscal, là, c'est ce que j'ai compris,
M. Santerre
(Mathieu) : En fait, le lien
avec le dossier fiscal, c'est surtout qu'on ne peut pas empêcher une personne
titulaire d'une autorité ministérielle de
gérer son propre ministère. Cela étant dit, il y a aussi des personnes qui
ont une certaine indépendance à l'intérieur, notamment les juristes, qui
sont capables de dire non à un ministre.
M. Picard : Merci. C'est
tout, M. le Président?
Président (M. Ouellette) : Ça a l'air que c'est tout. Merci, M. Mathieu Santerre,
M. Sébastien Verret, représentant
L'Orange bleue, affaires publiques.
Nous
suspendons nos travaux jusqu'à 14 heures, où nous allons continuer
l'audition de différents groupes. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
Président (M. Ouellette) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des institutions reprend ses travaux.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre
la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons la consultation générale et les
auditions publiques sur le rapport quinquennal 2016 intitulé Rétablir l'équilibre — Rapport
sur l'application de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et
sur la protection des renseignements
personnels et de la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le
secteur privé .
Nous
entendrons cet après-midi les personnes et organismes suivants : le Syndicat canadien de la fonction publique, M.
Réal Cloutier, M. Pierre Bellec, M. Serge Gauthier et Mme Johane de Champlain — et
je fournirai aux membres de la commission les paramètres dans lesquels l'intervention des gens que je viens de vous nommer se déroulera cet après-midi — et
la Commission d'accès à l'information.
Nous
recevons dès maintenant le Syndicat
canadien de la fonction publique et
son secrétaire général, M. Benoit Bouchard. J'ai compris que c'est vous qui allez faire la présentation de
10 minutes. Vous allez pouvoir vous faire aider des gens qui vous
accompagnent. Par la suite, il y aura un échange avec Mme la ministre et les porte-parole
des deux oppositions. M. Bouchard, à vous la parole.
M. Bouchard (Benoit) : Merci, M. le
Président. Membres de la commission, merci de nous accueillir cet après-midi.
Le SCFP est le plus grand syndicat au Canada
avec ses 650 000 membres. Au Québec, on représente près de 114 000
membres au Québec dans 10 secteurs d'activité. On a les secteurs des
affaires sociales, éducation, énergie, les municipalités, le secteur universitaire, les
sociétés d'État et organismes publics, transport urbain, communications,
le transport aérien et finalement le secteur mixte, qui regroupe des
entreprises du secteur privé.
Soulignons
en partant que le SCFP représente 72 % de l'ensemble des employés
municipaux au Québec. Le SCFP est
présent dans de nombreux établissements de santé et services sociaux, les
universités, les collèges, les commissions scolaires, le secteur de l'éducation avec toutes les commissions
scolaires aussi, les employés de l'État, comme Hydro-Québec, la SAQ, etc., et beaucoup de membres qui sont
régis par le code fédéral et provincial, notamment ceux qui sont dans les
médias d'information et les secteurs de
transport de valeurs. Donc, on représente un environnement assez large, là,
dans les membres au Québec.
SCFP milite en faveur d'une plus grande transparence de l'information de tous
les organismes publics du Québec afin
de favoriser une bonne gouvernance et une saine démocratie à l'intérieur de nos
institutions. Le SCFP est en faveur des
recommandations contenues dans le rapport quinquennal et a sélectionné celles
qui étaient les plus importantes et qui permettaient d'améliorer la
Loi sur l'accès. Les trois thèmes suivants
ont été retenus pour notre présentation : la transparence des organismes publics, parapublics ou financés
par le public, la primauté de l'intérêt public et les données ouvertes.
D'autres thèmes et recommandations se
retrouvent dans notre mémoire. Évidemment, n'hésitez pas à nous poser des
questions sur l'ensemble du mémoire par la suite.
Améliorer
la transparence des organismes publics, parapublics ou financés par le public.
Le SCFP représente les sections
locales de membres qui travaillent chez des employeurs du secteur municipal et
du secteur du transport terrestre plutôt
atypique. C'est notamment le cas pour les centres sportifs gérés par des
organismes à but non lucratif privés ou encore des entreprises privées de transport contractant avec des
conseils intermunicipaux de transport, les CIT, qui sont des organismes
publics mais qui sont gérés par des sous-traitants.
sections locales du SCFP peinent à obtenir l'information publique, comme les
contrats ou encore les sommes reçues
à partir de sources publiques pour l'octroi de ces services. On pense par
exemple aux centres sportifs en PPP ou gérés
par des OBNL dans les municipalités, ou encore aux CIT, qui vont jusqu'à
sous-traiter la gestion des demandes d'accès à l'information du public,
et où on retrouve des entreprises de transport en commun comme Transdev, dont
les revenus proviennent en majorité de sources publiques ou de revenus
tarifaires.
notre avis, l'argent public ne devrait pas être utilisé d'une manière secrète
par des entreprises sous-traitantes. Le
SCFP appuie sans réserve le constat de la Commission d'accès à l'information
que vous trouverez à la page 12 du rapport quinquennal. Le SCFP appuie donc la troisième recommandation de la CAI,
soit modifier la
Loi sur l'accès afin qu'un plus grand nombre d'organismes y soient assujettis, notamment en
s'inspirant des critères retenus par d'autres juridictions. Le SCFP souhaite cependant qu'elle soit bonifiée.
Nous recommandons, tel que rédigé dans le rapport quinquennal au deuxième paragraphe de la page 9, que le secteur
municipal de la santé et de l'éducation soient aussi assujettis au règlement
sur la diffusion, qui rendrait obligatoire la diffusion proactive de
l'information publique.
Pour
le secteur municipal, cette recommandation est d'autant plus nécessaire étant
donné les récents changements législatifs qui font en sorte que les
indicateurs de gestion n'auront plus à être calculés et que les rapports
financiers uniformisés des municipalités
disparaîtront à cause des dispositions contenues dans le projet de loi
n° 122. Les données seront
encore accessibles, mais ne seront plus présentées dans un format intelligible.
Le SCFP avait d'ailleurs dénoncé la disposition
du projet de loi n° 122 qui lève l'obligation pour les villes d'envoyer un
rapport financier annuel au ministère des
Affaires municipales, ce qui veut dire qu'il y aura autant de modèles de
rapports financiers qu'il y aura de villes ou de municipalités au
Québec.
Le ministre des
Affaires municipales allègue plutôt que le projet de loi n° 122 permettra
une plus grande divulgation de l'information
des villes, des organismes publics visés par le projet de loi, car ils devront
publier sur le système électronique
d'appel d'offres tous les contrats de plus de 25 000 $. Le SCFP
appuie toutes les mesures qui permettront une plus grande transparence de l'information, mais en inondant le public
d'informations, il devient alors difficile de s'y retrouver et de donner
un sens à toutes ces données.
C'est
d'ailleurs ce qu'avait dénoncé Robert Gagné, professeur aux HEC et directeur du
Centre sur la productivité et prospérité, lorsque le règlement sur la
production des indicateurs du projet de loi n° 122 fut adopté pour le
secteur municipal. Lui et son équipe
expliquèrent que les données sont disponibles, mais sont colligées dans un
tableau de plus de 1 100 lignes
et de 4 129 colonnes, ce qui fait près de 4,5 millions de données à
analyser. La recommandation... avait été
faite par le SCFP au ministère des Affaires municipales était la
suivante : «Que le [ministère] des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire améliore le
projet de loi n° 122 en contraignant les municipalités à diffuser le plus
clairement l'information financière sur leur site Internet, [et] en leur
imposant [des] règles uniformisées pour la divulgation de l'information
financière contenue dans leurs rapports financiers.»
Malheureusement, il
n'y a pas eu d'amendement au projet de loi, mais le SCFP croit que la
Commission des institutions devrait prendre
en compte cette réalité et recommander au législateur d'améliorer la
Loi sur
l'accès et assujettir les municipalités, les secteurs de l'éducation, de
la santé et du règlement sur la diffusion.
Le SCFP tient aussi à
informer la commission que le projet de loi n° 121, Loi augmentant
l'autonomie et les pouvoirs de la Ville de
Montréal, de la métropole du Québec, comporte des dispositions qui pourraient
permettre à la ville de Montréal de
créer des OBNL, notamment pour le stationnement à Montréal, d'où l'importance
pour la commission de faire sienne la recommandation n° 3 de la
Commission d'accès à l'information. D'ailleurs, lors des échanges en commission
parlementaire, même le maire Denis Coderre souhaitait que ces organismes soient
assujettis à cette loi. Le SCFP appuie donc
la recommandation n° 3 tout en recommandant qu'elle soit améliorée en
ajoutant les organismes publics du secteur municipal, de la santé et de
l'éducation assujettis au règlement sur la diffusion.
Primauté de l'intérêt
public. L'inclusion dans la Loi de l'accès sur les dispositions prévoyant
la primauté de l'intérêt public serait
bienvenue. Ce nouveau critère permettrait notamment aux médias de jouer
pleinement leur rôle de chien de garde de la démocratie, ce qui serait un avantage pour
l'ensemble de la société québécoise. De plus, le SCFP estime que les
personnes à qui sont transférées les tâches de responsabilités à l'information
devraient avoir le moins possible de lien
avec la direction élue de l'organisation et être en priorité membre du Barreau.
La loi devrait également lui accorder une
protection contre les représailles, afin qu'elle puisse agir en toute latitude
et impartialité nécessaires dans l'exercice de sa fonction, et ce, dans l'intérêt public. Pour ces raisons, le SCFP
appuie la recommandation n° 4 de la commission d'accès, même
souhaite que les modifications à l'article 8, telles que présentées
ci-haut, soient apportées à celle-ci.
L'importance
des données ouvertes. Au Québec, la production de données ouvertes et
accessibles publiquement semble être
la dernière priorité du gouvernement actuel, au détriment des citoyens et du
développement socioéconomique de la nation. La charte des données
ouvertes qui a été adoptée en 2013 par les pays du G8 n'est tout simplement pas
respectée au Québec. Le Québec fait piètre
figure en matière de divulgation de données. Pourtant, les scandales de
corruption et de collusion ne cessent de faire la manchette, et ce,
depuis plusieurs années. L'opacité dans laquelle évoluent les organismes publics au Québec crée un terreau
fertile à l'épanouissement d'une telle culture et, malheureusement, à part quelques
faibles efforts, rien n'est fait pour améliorer la situation.
Dans
le réseau de la santé et des services sociaux, la Loi modifiant l'organisation
de la gouvernance du réseau de la
santé et des services sociaux, notamment par l'abolition des agences
régionales, a eu comme effet de
brouiller les cartes. Nous donnons des exemples concrets dans notre
mémoire.
Dans le secteur
municipal, tel que précédemment évoqué, les projets de loi n° 121 et
n° 122 vont faire reculer l'accessibilité
de l'information de façon importante puisque les données, en p