House Proceedings — 11 June 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-06-11
Quebec — Debates (Hansard)
Aussi,
je profite de ce moment solennel pour exprimer ma profonde reconnaissance à ces femmes engagées et vouées
à l'amélioration de la qualité
de vie de leurs semblables,
contribuant ainsi à faire de notre collectivité un milieu où il fait toujours davantage bon vivre. Merci et longue vie au Cercle
Monseigneur-Poissant 1025 des Filles d'Isabelle de Boucherville et à ses
membres!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Verchères. Et, pour la prochaine déclaration, je cède maintenant la parole à M. le député de Papineau.
Iracà : Merci, Mme la Présidente. Mme Carole Robert a toujours
fait du bénévolat. Au tout début, elle suivait ses parents dans leurs
différentes tâches à
titre de bénévoles parce que, chez les Robert, le
bénévolat, c'est important. Les premières activités auxquelles elle participe furent les visites aux
résidents du centre d'accueil afin de leur remettre des cadeaux durant
la période des fêtes et chanter des airs de Noël.
Mme Robert
fait
partie de la chorale de l'église, elle joue du piano et de l'orgue et elle
joue aux mariages et aux funérailles,
ce qu'elle fait encore aujourd'hui depuis plus de 40 ans. Elle fait
partie du
comité de l'exposition Georges-Étienne Robert, qui se déroule à chaque année à
la fête des Mères depuis 41 ans, une foire artisanale où se rencontrent
près de 100 artisans et commerçants
durant deux jours. Depuis 12 ans, elle joue un rôle important
sur le comité du Relais pour la vie
de la Petite-Nation. Mme Robert s'occupe des survivants. Elle prépare la
soupe durant la nuit et elle aide le matin pour le déjeuner.
Je tiens à
remercier Mme Carole Robert pour son dévouement et son travail de
bénévolat. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Papineau. Et, pour la prochaine déclaration, je me tourne vers M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Pour une septième année consécutive, le Marché public du Vieux-Saint-Eustache permettra aux citoyens
de la région de découvrir une multitude de produits alimentaires et artisanaux
de producteurs locaux et régionaux chaque samedi, à compter du 27 juin, et
ce, jusqu'au 5 septembre 2015.
En plus d'offrir une vitrine d'exception à plus
de 30 producteurs et artisans, le marché public sensibilise les consommateurs à l'importance de l'économie
locale, à l'environnement ainsi qu'au maintien d'une bonne santé en offrant
des produits frais et cultivés... et
récoltés, c'est-à-dire, sans l'utilisation de pesticides. Il est définitivement devenu, avec
les années, un véritable lieu d'échange et de découverte pour tous.
Mme la Présidente, je suis fier de m'associer au
Marché public du Vieux-Saint-Eustache et de souligner qu'il est rendu le rendez-vous
annuel entre producteurs et commerçants dans la circonscription de Deux-Montagnes.
Et je souhaite, naturellement, que cette septième édition soit aussi grandiose que les précédentes. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci, M. le député de Deux-Montagnes. Et, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je
cède maintenant la parole à M. le député de Lotbinière-Frontenac.
Lessard : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux souligner la détermination et le
courage d'une citoyenne de Lotbinière-Frontenac, Mlle Emmanuelle Beaumont,
qui est avec nous.
Enfant, Emmanuelle a été diagnostiquée
dysphasique et dyslexique sévère; elle était la deuxième fille de la famille à recevoir ce diagnostic. Aujourd'hui âgée de 21 ans, elle a déjoué le pronostic des spécialistes, et
elle qui ne devait pas compléter ses
études primaires vient de terminer un diplôme d'études collégiales en graphisme
et est de retour depuis peu d'un stage en Belgique.
Pour une personne atteinte de dysphasie et
dyslexie sévère, chaque mot entendu, chaque mot à écrire est un obstacle en soi. Avec l'aide indéfectible de ses
parents, Emmanuelle a réussi à surmonter les préjugés de cette maladie
invisible. Elle voudrait un jour apporter à son tour une contribution aux
enfants vivant avec cette même déficience.
Pour toutes
ces raisons, je lui remettrai aujourd'hui une Médaille de l'Assemblée nationale pour son
courage et sa détermination. Bravo,
Emmanuelle! Tu es la preuve que les gens vivant avec cette limitation peuvent
aussi croire en leurs rêves.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bienvenue à l'Assemblée
nationale, Mlle Beaumont, et félicitations!
Et, pour la prochaine déclaration, je cède
maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Ouest.
Gendron : Mme la Présidente, dimanche dernier, la société
nationale des Québécois de l'Abitibi-Témiscamingue décernait le
titre de
Patriote de l'année à M. Hauris Lalancette, de Rochebaucourt, en Abitibi-Ouest.
Pionnier de la première heure,
M. Lalancette s'avère un très grand régionaliste. Il est l'homme qui
parfois élève la voix, mais qui a toujours été un
farouche défenseur des petites communautés rurales. C'est celui qui a défendu avec
acharnement et fierté les paroisses, dites marginales à l'époque, menacées
de fermeture et qui a gagné sa cause, le fameux rapport Côté-Duvieusart.
Y en a-tu parlé!
Personnage coloré, plus vrai que
nature, Hauris a notamment été retenu par M. Lévesque lui-même
à l'élection de 1973. Connu pour sa verve légendaire,
M. Lalancette a fait l'objet de plusieurs documentaires,
dont ceux signés par Pierre Perrault
et Denys Desjardins. Il a même participé au documentaire de
Denys Arcand, Le confort et l'indifférence, sur le référendum de 1980. À
titre de député
d'Abitibi-Ouest, je tiens à saluer cet homme aux convictions inébranlables,
qui a porté et porte toujours le flambeau de
l'indépendance. Merci, Hauris, de ta généreuse contribution au développement
régional et à celui du pays. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député
d'Abitibi-Ouest. Et, toujours à la rubrique des déclarations de députés,
je vais céder la parole à M. le député de Chapleau.
Carrière : Merci, Mme la Présidente. Samedi, le 6 juin
dernier, avait lieu la deuxième édition d'une activité de levée de fonds
tout à fait originale et pour le moins spectaculaire au profit des Grands
Frères et Grandes Soeurs de l'Outaouais,
activité de financement pour laquelle j'ai eu le plaisir d'agir à
titre de
président d'honneur. Il s'agit d'une journée
de sauts en parachute organisée avec la complicité de Go Skydive Gatineau.
J'ai eu le plaisir de sauter une seconde fois pour la cause.
tiens à souligner l'apport exceptionnel de Marc-Philip Lapperrière,
président du conseil d'administration des Grands Frères et Grandes Soeurs de l'Outaouais, d'Annie Sabourin,
également membre du C.A., ainsi que Mme Yvonne Dubé, directrice générale, pour l'organisation de ce bel
événement. Je lance à tous les fervents d'émotions fortes ainsi qu'à vous,
Mme la Présidente, le défi de participer à la troisième édition de ce grand
événement le samedi 1er juin 2016.
terminant, un grand merci à vous tous, Grands Frères et Grandes Soeurs de
l'Outaouais, de faire une énorme différence dans la vie de nombreux
enfants de chez nous. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le député de
Chapleau. Merci de ce défi, mais je ne crois pas que je vais le relever.
Je vais faire autre chose pour aider la cause.
Alors,
maintenant, toujours à la rubrique des déclarations de députés, je vais céder
la parole à Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci, Mme la Présidente. Je tiens à souligner,
aujourd'hui, l'implication d'un Repentignois, Richard Marchand, qui s'implique, depuis 15 ans, auprès d'Opération
Enfant Soleil. De prime abord, il faut savoir que Richard Marchand doit composer avec la
trisomie 21 et qu'il s'est donné comme mission de venir en aide aux
enfants malades. Depuis 15 ans, avec l'aide de ses proches, il organise,
en collaboration avec parents et amis, des activités de financement pour Opération Enfant Soleil. Jusqu'à présent, il a amassé
près d'un demi-million de dollars pour cette cause qui lui tient tant à
coeur.
Malgré
une santé fragile, lui qui a subi pas moins de 30 opérations, dont une à coeur
ouvert lorsqu'il était tout petit,
Richard Marchand n'a jamais cessé de s'investir personnellement en cognant
aux portes des entreprises repentignoises et en vendant, dans les lieux publics, des bracelets qu'il fabrique
lui-même. Je tiens donc à saluer le travail et le courage de Richard Marchand, qui, le
7 juin dernier, annonçait un don de 66 356 $, fruit de ses
efforts acharnés au téléthon d'Opération Enfant Soleil. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Repentigny. Et, pour la prochaine déclaration, je
cède la parole à M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : Merci, Mme la Présidente. Le 12 mai dernier, à la salle André-Mathieu
de Laval, avait lieu la
31e édition du gala des prix Hosia, qui sert à souligner la contribution
remarquable de femmes et d'homme lavallois qui s'impliquent bénévolement
dans nos organismes à but non lucratif.
J'aimerais féliciter
les trois récipiendaires de ma circonscription. Tout d'abord, Mme Julie
Cérat, pour son implication auprès du
Service des loisirs de Laval-Ouest, et M. Réjean Gravel, qui était,
jusqu'à tout récemment, le président du
conseil d'administration de l'Association pour la protection du boisé
Sainte-Dorothée. Tous deux ont reçu un prix Hosia dans la catégorie Vie
de quartier.
son côté, Mme Monique Petit, de l'organisme d'Aide aux personnes âgées,
défavorisées et handicapées de Laval,
qui a déjà fait l'objet d'une de mes déclarations ici même, a pour sa part reçu
un prix Hosia dans la catégorie Vie communautaire, régional.
Ils méritent
toute notre admiration et tout notre respect pour leur engagement et leur
dynamisme qui leur permettent de redonner, sans compter les heures, à
nos concitoyens. Du fond du coeur, merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Fabre. Et maintenant je suis prête à céder la parole à M. le
député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Merci, Mme la Présidente. Le 30 juin prochain, M. Michel
Gauthier, un pilier du développement local dans ma circonscription de Saint-Jérôme,
profitera d'une retraite bien méritée. Embauché en 1987 à
titre de commissaire industriel pour la ville de Saint-Jérôme, M. Gauthier prendra la barre du CLD de la Rivière du Nord en
1998, lors de sa création, et en
assurera la direction générale. Pendant 28 années, il aura mobilisé
l'ensemble des acteurs locaux pour
favoriser le développement économique, la création d'emplois et de richesse. Il
aura été un partenaire majeur dans de nombreuses implantations
d'entreprises, dans le développement des zones industrielles et dans de
nombreux projets municipaux.
Cher Michel, je vous remercie pour ces années
consacrées à l'essor économique de notre région et au soutien aux entreprises et aux entrepreneurs. Votre apport
au développement de la ville de Saint-Jérôme, de la MRC de La Rivière-du-Nord et des
Laurentides est considérable. Merci, Michel, encore une fois, et très bonne
retraite.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
député de Saint-Jérôme. Et ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 59)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci, veuillez vous asseoir, ou presque.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans
nos tribunes, de M. Robert Benoit, l'ancien député d'Orford.
Et je
voudrais aussi souligner, dans nos tribunes, la présence des participants de la
première édition du Programme international
de formation parlementaire, qui forme, entre autres, des secrétaires généraux
et des cadres supérieurs de d'autres Parlements,
particulièrement en Afrique, qui est une initiative conjointe de
l'Université Laval, de l'Assemblée
nationale du Québec et du Groupe de la Banque mondiale, réalisée avec
le soutien financier de l'Organisation
internationale de la Francophonie. Bienvenue à Québec.
Nous poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui,
il n'y a pas de déclarations ministérielles.
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui, M. le
Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Le Président : À
l'article a du feuilleton, M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale présente le projet de loi n° 57 modifiant la
Loi sur les
régimes complémentaires de retraite principalement quant au financement des
régimes de retraite à prestations déterminées. M. le ministre.
Hamad :
M. le Président, ce projet de loi modifie la
Loi sur les régimes
complémentaires de retraite afin principalement
d'établir une nouvelle méthode de financement applicable aux régimes de retraite à prestations
déterminées en remplaçant le financement selon l'approche de solvabilité
pour un financement axé sur la capitalisation.
projet de loi prévoit par
ailleurs la cotisation d'une
provision de stabilisation dont le niveau sera déterminé selon une grille prévue par règlement, applicable
en fonction de la politique de placement du régime de retraite. Cette
provision sera constituée par des gains actuariels et des cotisations
particulières d'exercice et d'équilibre.
projet de loi prévoit aussi que les régimes de retraite devront
se doter d'une politique de financement répondant aux exigences qui seront prévues
par règlement.
projet modifie les règles d'affectation et d'attribution des excédents d'actif
en cours d'existence du régime et en
cas de terminaison de celui-ci. L'utilisation d'un excédent d'actif ne sera
permise que si, d'une part, le régime est capitalisé, et que le niveau visé par la provision de stabilisation est
dépassé de cinq points de pourcentage, et que, d'autre part, le degré de
solvabilité du régime est d'au moins 105 %. Le projet de loi précise que
l'excédent d'actif devra être affecté en
priorité à l'acquittement des cotisations patronales d'exercice. S'il subsiste
un solde de l'excédent, celui-ci pourra, jusqu'à concurrence de
20 % et selon les dispositions du régime
de retraite, être affecté à
l'acquittement des engagements supplémentaires
résultant d'une modification au régime ou être remis à l'employeur — M. le Président, restez assis, ça va être long. Alors, ça
va continuer. Je vois que vous êtes prêt, là.
Alors,
le projet de loi indique que les cotisations patronales
d'équilibre technique et de stabilisation, à l'exception de celles
acquittées au moyen d'une lettre de crédit, devront être comptabilisées de
manière particulière. Ces sommes serviront à
déterminer, en cas d'excédent d'actif, le montant maximum de l'excédent qui pourra être affecté à l'acquittement des
cotisations patronales.
projet de loi requiert la préparation d'évaluations actuarielles aux trois ans.
Toutefois, un avis annuel relatif à la situation
financière du régime devra être fourni à la Régie des rentes du Québec dans les
quatre mois de la fin de tout exercice
financier du régime. Si le degré de
solvabilité est inférieur à 85 %, le régime devra faire l'objet d'une
évaluation actuarielle.
L'utilisation
d'une méthode de lissage de l'actif en capitalisation sera permise, mais la
période d'étalement serait limitée à cinq ans.
projet de loi prévoit également que les engagements supplémentaires résultant
de toute modification du régime devront
être payés en un seul versement si le degré de capitalisation au régime de
retraite est inférieur à 90 %. Dans le cas contraire, ces
engagements pourront être financés sur une période maximale de cinq ans.
Le projet de loi
modifie le test de la cotisation patronale minimale en permettant de distinguer
les cotisations d'équilibre advenant qu'une part en soit assumée par les
participants, tout en maintenant que les cotisations salariales d'exercice d'un
participant ne pourront pas servir à financer plus que 50 % de la valeur
de ses prestations.
Aussi,
l'obligation d'inclure la prestation additionnelle sera supprimée pour
l'ensemble des régimes de retraite.
Le projet de loi
précise par ailleurs que les droits de participants qui cessent leur
participation active seront acquittés en
fonction du degré de solvabilité du régime, sans droits résiduels, sauf le cas
de participants et de bénéficiaires qui
doivent transférer leurs droits sans avoir la possibilité de demander que leurs
droits soient maintenus dans le régime. De plus, pour les régimes dotés
d'une politique d'achat de rentes satisfaisant aux exigences prévues par
règlement, l'acquittement de tout ou
partie
d'une prestation effectuée conformément à cette politique pourra constituer un
acquittement final des droits ainsi acquittés.
Le projet de loi comporte enfin des mesures
diverses, de concordance et transitoires utiles à la mise en oeuvre de
l'ensemble des mesures qu'il propose.
Le Président :
C'était très intéressant. Je pense que tout le monde a...
Président : Je pense que tout le monde aura compris. On ne vous
demandera pas de le répéter. M. le leader de l'opposition officielle.
Bédard : Oui, nous allons accepter. J'ai même pensé pendant
un certain moment que le ministre se filibustait lui-même. Mais j'en conclus effectivement, à la lecture des notes, que
c'est un projet de loi fort important, qui intéresse beaucoup de gens, évidemment, dans le domaine des
régimes de retraite. Donc, ça intéresse, comme on dit, du vrai monde.
Alors, nous souhaitons avoir des consultations particulières.
Le Président :
M. le leader.
M. Fournier :
...j'attendais la question, et évidemment il y aura des consultations
particulières. Et, lorsque le ministre lisait, j'avais l'impression que notre
ancien collègue Henri-François Gautrin va sûrement vouloir venir à ces
consultations, pour le plus grand bonheur du ministre.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté. M. le leader.
M. Fournier :
Je vous demanderais d'appeler l'article b, M. le Président.
Président : À l'article b. Bon! Ce n'est pas notre journée. À
l'article b du feuilleton, M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale présente
le projet de loi n° 58, Loi regroupant la Commission administrative des
régimes de retraite et d'assurances et la Régie des rentes du Québec. Ah! à
vous, M. le ministre.
Hamad :
Alors, M. le Président, ce projet de loi procède au regroupement des activités
de la Régie des rentes du Québec et
de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances et
modifie le nom de cette dernière en celui de Retraite Québec.
Il apporte
également des modifications de concordance à certaines lois pour tenir compte
de ce regroupement et contient des dispositions transitoires, notamment
en ce qui concerne la haute direction des organismes regroupés.
Jusqu'à la
mise en place de Retraite Québec, le projet
de loi donne notamment
au ministre du Travail, de l'Emploi
et de la Solidarité sociale un pouvoir temporaire de directive à l'égard des
organismes regroupés.
Le Président : C'est Retrait
Québec ou Retraite Québec?
Le Président : Retraite
Québec.
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de
ce projet de loi? M. le leader de l'opposition.
Bédard :
Oui, M. le Président. Nous souhaiterions des consultations très particulières.
Évidemment, il y a les principaux concernés là-dedans, les
fonctionnaires du gouvernement du Québec principalement, donc...
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : ...M. le
Président.
Le Président : Alors, adopté?
Le Président : Adopté.
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Je vous
demanderais d'appeler l'article c, M. le Président.
Président : Alors, à l'article c du feuilleton, M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles présente le projet de loi n° 49, Loi assurant la mise
en oeuvre de l'Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement
du Québec sur la gestion conjointe des hydrocarbures dans le golfe du
Saint-Laurent. M. le ministre.
Arcand : M. le Président, je
ferai un bref résumé des notes explicatives qui accompagnent le projet de loi
n° 49.
Ce projet de
loi, M. le Président, a pour objet de mettre en oeuvre l'Accord entre le
gouvernement du Canada et le gouvernement
du Québec sur la gestion conjointe des hydrocarbures dans le golfe du
Saint-Laurent signé le 24 mars 2011.
Le projet de
loi institue un régime transitoire de gestion conjointe des hydrocarbures
visant à encadrer les activités pétrolières
et gazières dans cette zone. À cette fin, il définit les limites de la zone de
gestion conjointe des hydrocarbures et
prévoit des dispositions préservant la position du Québec sur le statut
constitutionnel du golfe et sur ses compétences législatives à l'égard
de cette zone. Il prévoit que le gouvernement bénéficie de l'ensemble des
recettes propres aux hydrocarbures.
Pour assurer la gestion conjointe des
hydrocarbures, le projet de loi accorde au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles les pouvoirs de prendre,
conjointement avec le ministre du gouvernement du Canada chargé des
ressources naturelles, les mesures nécessaires à son application. Ceux-ci sont
responsables de délivrer conjointement, notamment à la suite d'appels d'offres,
les licences d'exploration et les autres titres relatifs à la mise en valeur
des hydrocarbures.
projet de loi attribue les fonctions des réglementations des opérations
pétrolières et gazières conjointement à la Régie de l'énergie et à l'Office national de l'énergie. À cette fin,
le projet de loi établit un processus de coordination entre les deux organismes pour qu'ils rendent des
décisions conjointes et délivrent conjointement les permis de travaux et
les autorisations requises pour exercer les activités liées à la recherche, à
la production et au transport par pipeline d'hydrocarbures.
En matière d'évaluation environnementale, le
projet de loi prévoit que les activités définies par règlement ne pourront faire l'objet d'une autorisation avant
qu'un avis soit délivré en vertu de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Il prévoit l'approbation d'un plan de
retombées économiques, la constitution d'un comité de maximisation des
retombées économiques.
Pour exercer certaines activités, les personnes
concernées devront déposer, à
titre de preuve de solvabilité, un montant de
100 millions de dollars. Elles devront aussi faire la preuve qu'elles
possèdent les ressources financières nécessaires
pour payer la somme de 1 milliard de dollars correspondant à la limite de
responsabilité financière pour les dommages
causés par des rejets, même en l'absence de preuve de faute. Les personnes
concernées dont la conduite fautive sera reconnue demeureront
responsables de la totalité des pertes et dommages causés par les rejets.
Le projet de
loi vise aussi à assurer la sécurité,
la santé des travailleurs oeuvrant dans la zone de gestion conjointe
des hydrocarbures en rendant applicables, en
plus des lois du travail du Québec, par renvoi, le règlement sur la sécurité
et la santé du travail fédéral et les
dispositions de la
partie II du Code canadien du travail nécessaires à l'application de ce règlement.
Ce projet de loi instaure un régime d'infractions pénales dont l'amende maximale est de
6 millions de dollars ainsi qu'un régime de sanctions administratives
pécuniaires dont le montant maximal est de 25 000 $ pour une personne
physique et de 100 000 $ pour une personne morale.
Les règlements
comprenant des dispositions relatives à la protection de l'environnement devront être recommandés conjointement
par le ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles et par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques, alors que ceux qui concernent la santé et la sécurité
du travail le seront conjointement par le
ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et le ministre du Travail,
de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Le projet de
loi modifie la
Loi sur les mines afin de préciser que les redevances sur les
hydrocarbures seront fixées par règlement et qu'elles pourront varier
selon le milieu terrestre ou marin.
Il modifie la
Loi sur la qualité de l'environnement pour accorder au ministre responsable de
son application le pouvoir de
déterminer la liste des substances ou des moyens autorisés pour traiter des rejets
de contaminants. Des modifications sont également apportées à cette loi
pour assujettir les activités prévues par règlement à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement prévue à cette fin ainsi que pour confirmer que les dispositions
relatives au système de plafonnement et
d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre s'appliquent aux
émetteurs exerçant des activités d'exploration et d'exploitation
d'hydrocarbures dans la zone.
Le projet de
loi modifie la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie
du Québec, la
Loi sur la taxe de
vente du Québec et le Règlement sur les impôts de façon à harmoniser
l'application des régimes fiscaux fédéral et québécois dans cette zone.
Finalement,
ce projet de loi comporte diverses dispositions transitoires et de concordance.
Merci, M. le Président.
Président : Quoique
tout cela soit très intéressant, j'ai l'impression que ce matin nous assistons à
un concours de la part de nos collègues pour qui ferait le meilleur
résumé ou le plus court. M. le leader de l'opposition.
Bédard : Alors, sur ces importantes questions,
nous souhaiterons des consultations particulières mais élargies, sinon générales, parce que c'est un sujet
d'ordre... d'intérêt, je vous dirais, qui est partagé par tout le monde, pas
strictement les gens liés à l'industrie.
Le Président : M. le leader.
Fournier : Je partage la même analyse que mon collègue et j'en
arrive à la même conclusion, M. le Président.
Le Président : Bon! Alors, ça
va bien, c'est bien parti. C'est dommage que ça finisse demain.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour prolonger la
session? Non? Non. Bon, O.K. J'essayais comme ça, là, guidé par cet
enthousiasme.
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de
ce projet de loi?
Le Président : Adopté.
Présentation de projets de loi. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je vous demanderais d'appeler l'article d, M. le Président.
Président : Alors, à
l'article d du feuilleton, M. le ministre
délégué aux Mines présente le projet de loi n° 55,
Loi sur les mesures de transparence
dans les industries minière, pétrolière et gazière. M. le ministre.
M. Blanchette : Alors, M. le
Président, je serai tout aussi succinct que mes collègues qui m'ont précédé.
Ce projet de loi vise à instaurer des mesures de transparence dans les industries minière, pétrolière et gazière en imposant aux entreprises de ces secteurs la
déclaration obligatoire des paiements en espèces ou en nature qu'elles font
dans le cadre de leurs projets liés à l'exploration et à l'exploitation des
ressources naturelles. Ces mesures visent à décourager et à détecter la
corruption, ainsi qu'à favoriser l'acceptabilité sociale de ces projets.
Le projet de loi prévoit qu'y est assujettie toute entité qui exerce des activités liées
à l'exploration et à l'extraction de
substances minérales ou d'hydrocarbures et qui remplit l'une des conditions
suivantes : premièrement, ses titres sont inscrits à la cote d'une bourse canadienne et son siège est au Québec; deuxièmement, elle a un établissement au Québec, y exerce des
activités ou y possède des actifs et, selon ses états financiers consolidés,
remplit au moins deux des conditions suivantes pour au moins un de ses deux derniers exercices : elle possède des
actifs d'une valeur d'au moins 20 millions elle génère des revenus d'au moins 40 millions
ou elle emploie en moyenne 250 employés ou plus.
assujettis devront produire une déclaration annuelle dans laquelle ils
divulgueront tous les paiements faits à un même bénéficiaire au cours
d'un exercice, lorsque le total de ces paiements est égal ou supérieur à 100 000 $.
Le projet de loi définit un bénéficiaire comme
un gouvernement, un organisme établi par au moins deux des gouvernements, une municipalité ou une communauté
autochtone, ainsi que certaines entités qui exercent des attributions
publiques pour de tels bénéficiaires.
Le projet de loi couvre tout paiement en espèces
ou en nature se rapportant à des activités d'exploration ou d'exploitation de substances minérales ou
d'hydrocarbures à un bénéficiaire au
titre notamment de taxes et d'impôt, de
redevances, de frais de location ou de
nature réglementaire, des droits découlant de la production et des contributions
pour la construction ou l'amélioration d'infrastructures.
Le projet de loi prévoit que cette déclaration
sera publique pendant une période de cinq ans.
Il prévoit
qu'une déclaration produite en vertu des exigences d'une autorité compétente
autre que le Québec peut être
substituée à la déclaration exigée en vertu de la loi québécoise si le
gouvernement a désigné par règlement les exigences de cette autorité
comme un substitut acceptable et si l'assujetti a transmis copie de cette
déclaration.
Le projet de loi confie à l'Autorité des marchés
financiers, l'AMF, les pouvoirs nécessaires pour en assurer l'administration et lui accorde des pouvoirs
d'enquête. Il prévoit des sanctions administratives pécuniaires ainsi que des
dispositions pénales.
Il permet au
ministre de conclure une entente avec une autre autorité compétente ou l'un de
ses organismes chargé de la mise en oeuvre d'exigences similaires,
notamment pour permettre l'échange de renseignements.
Le projet de loi prévoit que l'Autorité des marchés
financiers devra transmettre annuellement au ministre un rapport de ses activités relatives à
l'administration de la loi. Le ministre déposera ensuite ce rapport à
l'Assemblée nationale.
Finalement — tout le monde est content — ce projet de loi prévoit des dispositions
transitoires visant à différer son
application pour les paiements faits au bénéfice d'une communauté autochtone.
Un assujetti ne sera également pas tenu de produire une déclaration pour
son exercice en cours à la date de l'entrée en vigueur de la loi.
Le Président : Je vous
remercie. M. le leader de l'opposition.
Bédard :
On pensait qu'on était presque à l'étude détaillée, M. le Président. Donc, je
vais souhaiter des consultations particulières sur cet enjeu.
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : ...M. le
Président.
Le Président : Je comprends
que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président : Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Oui, merci, M. le Président. Il me fait plaisir de
déposer aujourd'hui le plan d'action gouvernemental 2015‑2018 intitulé La
radicalisation au Québec : agir, prévenir, détecter et vivre ensemble ,
élaboré conjointement avec ma collègue la ministre de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre du Développement durable.
Heurtel : Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer le livre
vert Moderniser le régime d'autorisation environnementale de
la
Loi sur la qualité de l'environnement .
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Simplement
pour informer les membres de cette Assemblée qu'on a commencé les échanges
avec les différentes formations politiques
et les députés indépendants pour
essayer de voir comment on pourrait organiser des consultations sur le sujet et en espérant que, dès demain, nous
pourrions avoir une motion à cet effet. Donc, il est possible que demain
il y ait une suite à ce dépôt. Merci, M. le Président.
Le Président :
Bienvenue. M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, je dépose aujourd'hui le rapport annuel 2014‑2015 de
Loto-Québec.
Le Président :
Ce rapport est déposé. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, conformément à l'article 100 de la
loi constitutive de cet institut, je dépose le rapport final intitulé Évaluation de la mise en oeuvre
de la
Loi sur l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux
et des impacts de ses activités .
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre des Forêts.
Lessard : M. le Président, je dépose le rapport annuel 2014‑2015
de la Société des établissements de plein air du Québec.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader.
Fournier : Je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées par le député de La Prairie le 6 mai 2015 et
par le député de Beauharnois le 13 mai 2015.
dépose également les réponses du gouvernement aux questions inscrites au
feuilleton : le 13 mai, par le député de Drummond—Bois-Francs et adressée au ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, le 21 mai 2015,
par le député de Groulx et adressée au
ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, et le
27 mai 2015, par la députée de Mirabel et adressée au ministre
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Merci.
Le Président : Ce document
est déposé. Pour ma part, en application de l'article 98 du Code d'éthique
et de déontologie des membres de l'Assemblée
nationale, je dépose un rapport intitulé Rapport du Commissaire à l'éthique et à la déontologie au président de l'Assemblée nationale
au sujet de M. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux et député de La Pinière . Dans ce rapport, en date du
10 juin 2015, le commissaire conclut que le ministre n'a
pas commis de manquement à l'article 16 du code. Il indique en effet
que son examen des différentes circonstances
qui lui ont été décrites au cours de l'enquête ne lui permet pas d'arriver à
une compréhension claire d'une tentative d'influencer le directeur général du CHUM de façon à favoriser d'une
manière abusive les intérêts d'une autre personne. En conséquence,
l'Assemblée n'a pas à se prononcer sur ce rapport.
dépose également copie de la lettre que j'ai adressée à M. Jean Dussault,
secrétaire général du Commissaire au
lobbyisme, le désignant pour remplir les fonctions du Commissaire au lobbyisme
à compter du 10 juin 2015, pour une période d'au plus six mois, et ce, en application de l'article 34.1
de la
Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme et
après consultation des chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale et
des députés indépendants.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement...
Président : Ah oui?
Ça vous intéresse, le calendrier? Oui. Oui, il y a encore deux choses,
dont le calendrier pour l'année qui s'en vient. Ça... Détail.
Je dépose d'abord le
rapport d'activité 2014‑2015 de l'Assemblée nationale du Québec.
finalement je dépose le calendrier des travaux de l'Assemblée 2015‑2016. C'est
probablement des travaux qui ont été faits préalablement dans les
caucus.
j'en étais à la rubrique Dépôt de rapports de commissions. M. le président de
la Commission de l'aménagement du territoire et député de Champlain.
Auger : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui a siégé, le 10 juin 2015, afin d'entendre les intéressés et de procéder à
l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 205, Loi
concernant la Ville de Sherbrooke. La commission a adopté le texte du projet de
loi sans amendement.
Le Président :
Ce rapport est adopté?
Le Président :
...rapport est déposé.
Dépôt de pétitions, M.
le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
526 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement du Québec a lancé une initiative de gouvernement ouvert et
mis en place un portail de données ouvertes en 2012;
«Considérant que le
gouvernement du Québec a procédé à l'ouverture des données du système électronique
d'appel d'offres — ce
qu'on appelle le SEAO — du
Québec en juin 2013; et
«[...]que le
croisement des données du SEAO du Québec avec celles du registre des
entreprises du Québec et du Registre des lobbyistes du Québec servirait
grandement l'intérêt public;
«Considérant
que le public québécois exprime de fortes attentes en matière d'accès à
l'information, de transparence des processus décisionnels et de
collaboration entre l'État et la société civile;
«Considérant — enfin — que
nous sommes des citoyens intéressés à comprendre et surveiller les activités de
l'industrie de l'influence à l'aide d'outils électroniques libres et
accessibles à tous et [à] toutes;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de publier les données du
registre des entreprises du Québec et
du Registre des lobbyistes du Québec dans un format ouvert — XML, CSV, JSON — sur le portail Données.gouv.qc.ca
et que lesdites données soient mises à jour quotidiennement et à perpétuité.»
Je certifie, M. le Président, que l'extrait est
conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. M. le
député de Mercier, je pense que vous en avez une autre.
M. Khadir : Merci, M. le
Président. Je vais essayer de faire vite. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 476 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la taxe foncière est
régressive;
«[...]qu'il n'y a pas de lien direct entre
l'évolution [de] la hausse de la taxe foncière et les revenus des contribuables
qui doivent l'acquitter;
«[...]que la taxe foncière ne tient pas compte
de la capacité de payer des contribuables;
«[...]que la taxe foncière ne tient pas compte
des inégalités de revenus qui existent entre les individus;
«[...]que la taxe foncière encourage la
spéculation immobilière;
«Considérant que les hausses de valeur foncière
diminuent l'accessibilité à des logements abordables;
«[...]que les
hausses de valeur foncière heurtent de plein fouet les petits commerces de proximité
et les forcent souvent à fermer boutique; [et]
«[...]que la taxe foncière encourage les
municipalités à rechercher de nouveaux revenus et favorise ainsi l'étalement
urbain;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
citoyens et citoyennes du Québec, demandons l'abolition de taxe foncière et le
remplacement de celle-ci par une taxe progressive et progressiste.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 577 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les parents-étudiants qui
élèvent seuls leurs enfants et qui reçoivent une rente d'orphelins avec une rente de survivant comme soutien
financier d'un conjoint décédé sont actuellement pénalisés par les règles du
régime d'aide financière aux études, tout
comme les parents- étudiants recevant une pension alimentaire pour enfants de
leur conjoint vivant;
«Considérant
qu'une rente de survivant est une aide versée par un conjoint qui, de son
vivant, a suffisamment cotisé au
régime des rentes du Québec, et qu'elle l'est au même
titre que l'aide
financière qu'un conjoint vivant pourrait apporter;
«Considérant qu'il est difficilement explicable
qu'un parent-étudiant veuf recevant une aide de conjoint survivant reçoive
moins qu'un parent- étudiant en couple ou même séparé;
«Considérant
qu'un étudiant ayant eu la tristesse d'avoir perdu un parent ne devrait pas
être pénalisé en plus par le calcul de l'aide financière, pas plus que
les victimes d'actes criminels qui subissent le même traitement;
«Considérant
que le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études s'est, en
2010, prononcé sur le fait que les
rentes concernant les enfants, comme les pensions alimentaires pour enfants, ne
devraient pas être retirées de l'aide financière aux études;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de modifier le Règlement de
l'aide financière qui pénalise, dans la catégorie "autres
revenus", les parents-étudiants qui reçoivent des rentes de conjoints
survivants, d'orphelins et ceux qui reçoivent une pension alimentaire pour
enfant.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 189
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que la commission scolaire de Sorel-Tracy
et la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu font face à une augmentation importante de leur
population respective, scolaire et citoyenne;
«Attendu
que, selon les statistiques du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche, il
manquera deux classes pour l'année 2015‑2016 et trois classes pour l'année 2017‑2018
à l'école Saint-Roch;
«Attendu
que le projet d'agrandissement consiste à ajouter deux classes, une classe
science et technologie, un gymnase et une bibliothèque;
«Attendu que des
accommodements temporaires occasionnent plusieurs problèmes;
«Attendu
que ces besoins différents, mais communs à plusieurs égards, ont entraîné
l'élaboration d'un partenariat opérationnel
et financier pour répondre aux besoins des parents et élèves de l'école
Saint-Roch et des citoyens de la municipalité;
«Attendu
que nous considérons le projet d'agrandissement de l'école Saint-Roch comme la
"pierre angulaire" du développement durable de notre
communauté;
«Attendu
que, sans l'agrandissement de l'école, il y aura à très court terme des impacts
sociaux, économiques et environnementaux néfastes;
«Attendu
que le coût estimé pour la municipalité est de 688 000 $ en
considérant une subvention du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche de 323 000 $;
«Attendu que le coût
estimé total pour la commission scolaire et la municipalité est de
4 252 000 $;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
citoyennes et citoyens du Québec, réclamons au gouvernement du Québec :
«De considérer
prioritaire la demande de subvention pour ce projet;
permettre la réalisation de l'agrandissement de l'école Saint-Roch en accordant
dans les meilleurs délais la subvention de 323 000 $ du
ministère...»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. Et j'ai
reçu, de la part de M. le député d'Argenteuil, une demande de
dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement?
Consentement. M. le député d'Argenteuil.
M. St-Denis :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 7 265 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que nous revendiquons le droit à la pleine jouissance et sans discrimination de
tous les accès publics aux plans
d'eau qui se trouvent sur le territoire du Québec, et ce, sans égard à la
résidence ou non dans la municipalité riveraine concernée;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«En conséquence, nous
demandons au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire d'intervenir énergiquement et sans délai dans ce dossier, en mettant
en place une réglementation à l'intention des municipalités
afin que cette discrimination [...] cesse immédiatement et qu'à nouveau tous
les Québécois et usagers de notre
merveilleux patrimoine puissent en profiter d'une façon juste et équitable, tel
que prévu dans la Charte des droits et libertés dont s'est doté le
Québec.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Et vous me
permettrez, M. le Président, de saluer la présence dans les tribunes des
représentants de l'Association des pêcheurs sportifs du Québec. Merci.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu, de la part de M. le député de Richelieu, une demande d'une
pétition non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M. le
député de Richelieu.
M. Rochon :
Bien oui, c'est comme si je souhaitais que le ministre de l'Éducation ait bien
compris.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale signée par 214
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que la commission scolaire de
Sorel-Tracy et la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu font face à une augmentation importante de leur
population respective, scolaire et citoyenne;
«Attendu
que, selon les statistiques du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche, il manquera deux classes pour l'année 2015‑2016
et trois classes pour l'année 2017‑2018 à l'école Saint-Roch;
«Attendu que
le projet d'agrandissement consiste à ajouter deux classes, une classe science
et technologie, un gymnase et une bibliothèque;
«Attendu
que des accommodements temporaires occasionnent plusieurs problèmes;
«Attendu
que ces besoins différents, mais communs à plusieurs égards, ont entraîné
l'élaboration d'un partenariat opérationnel
et financier pour répondre aux besoins des parents et élèves de l'école
Saint-Roch et des citoyens de la municipalité;
«Attendu
que nous considérons le projet d'agrandissement de l'école Saint-Roch comme la
"pierre angulaire" du développement durable de notre
communauté;
«Attendu que, sans l'agrandissement de l'école, il
y aura à très court terme des impacts sociaux, économiques et environnementaux
néfastes;
«Attendu
que le coût estimé pour la municipalité est de 688 000 $, en considérant une subvention du
ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
de 323 000 $;
«Attendu que le coût
estimé total pour la commission scolaire et la municipalité est de
4 252 000 $;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
citoyennes et citoyens du Québec, réclamons au gouvernement du Québec :
De considérer
prioritaire la demande de subvention pour ce projet;
permettre la réalisation de l'agrandissement de l'école Saint-Roch en
accordant, dans les meilleurs délais, la subvention de
323 000 $ du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et
de la Recherche.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai, en terminant, une dernière pétition, de la part de M. le député de Pontiac qui demande la permission
de pouvoir déposer une pétition non conforme. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. M. le député de Pontiac.
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 533 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu que le pont
Félix-Gabriel-Marchand est un site du patrimoine provincial, depuis 1989;
«Attendu
que le pont a été construit en l'honneur du premier ministre du Québec
M. Félix-Gabriel Marchand;
«Attendu
que [le pont couvert est] le plus long dans la région [de l'Outaouais] et le
deuxième [...] le plus long au Québec, et le seul ouvert à la
circulation automobile;
«Attendu
que le pont rouge, construit en 1898, est un des derniers ponts couverts au
Québec, [alors qu'il] y en avait 100, le pont est donc une attraction
touristique majeure;
«Attendu que le pont
est pratique et est un lien vital et important entre les deux villages, [ceux
de] Mansfield-et-Pontefract et [de]
Fort-Coulonge, et est une route supplémentaire en cas d'urgence, pour les
résidents et les entreprises établies;
«L'intervention
réclamée se résume donc ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec, de [réouvrir] le pont Félix-Gabriel-Marchand,
situé à Mansfield-et-Pontefract, à la circulation automobile.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
Juste un détail,
j'aimerais revenir sur le dépôt du rapport des commissions. Je sais que,
lorsque le député de Champlain a déposé son
rapport, il s'agissait d'un projet de loi privé, hein? Alors, un projet de loi
privé, j'ai besoin, je requiers l'adoption de l'Assemblée pour
l'adoption du rapport. Adopté?
Le Président :
Adopté.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
J'ai
été avisé qu'après la période de questions et de réponses orales il pourrait y
avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales. Je cède la parole à
M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. La saignée libérale se poursuit en
santé au Québec. Autre jour, autre coupure. Le premier ministre nous répondait hier qu'il voulait, et je le cite,
«valoriser le rôle de l'infirmière dans [notre] système de santé».
Pourtant, nous sommes plutôt à l'ère des coupures de postes et de services aux
patients.
Nous
apprenons que 25 postes d'infirmières et d'infirmières auxiliaires ont été
abolis au CSSS du Nord-de-Lanaudière. Nous
parlons d'infirmières qui travaillent en cardiologie, à l'unité de médecine de
jour, en chirurgie et au bloc opératoire. Aux soins intensifs, on compte
huit infirmières au lieu de neuf la fin de semaine. Du côté du Centre
d'hébergement Saint-Eusèbe, à Joliette, le
nombre de professionnels en soins est passé de 11 à huit. Pendant ce temps, les
hôpitaux de Lanaudière arrivent au
sommet du palmarès de l'attente à l'urgence avec une moyenne de
25 h 12 min pour la région, en hausse de
1 h 18 min par rapport à l'année dernière.
Alors, comment le premier ministre peut-il dire
qu'il valorise le rôle des infirmières, alors qu'il coupe partout dans le réseau, alors qu'il alourdit leurs tâches
au travail et qu'il veut réduire leurs salaires sous prétexte qu'il n'y a plus
d'argent et qu'il a tout donné à ses collègues médecins?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
vais encore être obligé d'expliquer à mon collègue pourquoi la situation financière du Québec est ce qu'elle est. Nous
avons à résorber une impasse de plus de 7 260 000 000 $, et
je vois qu'on trouve ça drôle du côté
du l'opposition officielle, ce qui est assez paradoxal, M. le Président.
Et on est allé en élections sans
crédits, et on présente une option politique qui vise à dépouiller le Québec de
milliards de dollars de revenus, et on se demande bien comment lesdits
services publics pourront être soutenus dans le cas où, malheureusement, ceci se produirait.
Maintenant, je vais répéter que, oui, oui, M. le
Président, c'est nous qui avons ouvert la porte à la profession d'infirmière
praticienne et nous continuerons à le faire. C'est nous qui avons ouvert la
porte à la collaboration interprofessionnelle
et nous continuerons à le faire. Et, dans les négociations en cours — et
je comprends que le collègue
veut participer aux négociations, on l'a vu il y a quelques instants à peine — se
trouvent justement la revalorisation du rôle de l'infirmière et l'ouverture que
nous avons, nettement — et
le ministre de la Santé l'a exprimé à plusieurs reprises — à ce
que ce rôle non seulement soit affirmé, mais soit développé davantage, M. le
Président.
Le Président : M. le chef de
l'opposition, en première complémentaire.
Péladeau : Merci, M. le Président. Alors, pendant que le gouvernement exige plus des infirmières, il réduit les exigences envers les médecins spécialistes dans le projet de loi n° 20. Nous constatons, à la lecture des amendements,
que l'obligation pour les spécialistes de dispenser
des services aux patients qui sont en attente depuis plus de six mois a
été retirée.
Pourquoi
en demander moins aux médecins alors qu'on augmente leur salaire et, au
contraire, en demander plus aux infirmières en coupant le leur?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, avouez que c'est paradoxal, mais l'opposition n'en est pas à un
paradoxe près, là. Il y a quelques semaines à peine, on nous poussait de
répondre aux besoins des médecins, de ne pas leur demander de donner du
service supplémentaire, d'oublier le projet de loi n° 20. Et maintenant, bien
sûr, comme les circonstances changent, on change de discours. On y est
habitués, M. le Président.
Et je vais
répéter ce que j'ai dit hier également : Je me souviens très bien que,
lorsque ces négociations ont eu lieu, l'opposition
officielle maintenant pressait le gouvernement de conclure une entente parce
qu'elle disait qu'il fallait faire en sorte que le revenu des médecins
s'approche de la moyenne canadienne.
Alors, c'est
ce qui a été fait. On a réussi à étaler l'impact de ces hausses. C'est une
bonne nouvelle, M. le Président, et
on continue à travailler pour l'ensemble des Québécois et l'ensemble des
patients, surtout, avant tout des patients...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire.
Péladeau : Merci, M. le Président. Au CSSS de Chicoutimi, ce sont
16 postes d'infirmières qui ont été abolis en cardiologie, en pédiatrie et en périnatalité, sans parler du seul
poste d'infirmière praticienne spécialisée, qui a été supprimé l'automne
dernier.
Comment, avec
toutes ces coupures touchant les infirmières, le premier ministre peut-il
continuer de dire que les mesures d'austérité libérale n'affectent pas
les soins et les services des patients au Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, quand on représente le seul parti politique à avoir diminué la
rémunération des employés du secteur
public la seule fois dans l'histoire du Québec où ça s'est produit, le
parti politique qui a fermé des hôpitaux, fermé des lits
de soins prolongés, qui a agi de façon très négative pour le réseau de santé...
Le Président : Mme la députée
de Pointe-aux-Trembles, je vous entends. Vous avez une jolie voix, mais je l'entends trop bien. Je voudrais demander au premier ministre d'avoir autant de possibilités de répondre que le chef de l'opposition a eu pour poser sa question.
M. le premier ministre.
Couillard : Et, bien sûr,
nul n'est besoin de rappeler le triste épisode des mises à la retraite, M. le Président.
Mais, ceci
dit, il faut rappeler que ce réseau de santé coûte très cher
aux Québécois, et c'est justifié
qu'il coûte cher parce que ce sont
des services essentiels, que la responsabilité que nous avons, c'est non
seulement de maintenir, mais
d'améliorer les services en gérant mieux ces services et en utilisant mieux
l'argent que les contribuables, qui nous écoutent, nous confient chaque
année. Alors, ça fait
partie des outils qu'il faut développer et qu'on va...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...continuer à développer. On voit que le
ministre est très actif dans l'amélioration des services, et il va
continuer de l'être.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Péladeau :
Merci, M. le Président. En Outaouais, coupe de 19,5 millions au CSSS de
Gatineau, 33 postes d'infirmières supprimés et deux infirmières sur trois
coupées à l'urgence psychiatrique; coupe de 6 millions de dollars
au CSSS de Papineau.
Alors, M. le
Président, ma question est simple : Est-ce que c'est comme ça que le
gouvernement libéral valorise le rôle des infirmières?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
vais encore une fois être obligé de relever le total manque de crédibilité de l'opposition officielle dans cette question, sur
la question des hydrocarbures, sur la question des finances publiques. Je
ne peux pas faire autrement que de le
répéter, je regrette. Quand on n'a pas l'élémentaire décence, par rapport à la population, en quittant un mandat gouvernemental,
de présenter non seulement un budget, mais les crédits, quand on n'est pas
capable de dire clairement s'il faut ou non rétablir l'équilibre budgétaire,
quand on n'est pas capable d'avoir présenté à la population la vérité sur les finances publiques du Québec et une
impasse de plus de 7 milliards de dollars, on ne donne pas de leçon
à ceux qui la gèrent de façon responsable.
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bédard : M. le
Président, sur la décence, on
repassera, mais j'aimerais quand même que le premier
ministre retire ses propos quant à la vérité.
Président : Je vais
demander à tout le monde de faire attention à ses propos. Prochain
intervenant, Mme la députée de
Taschereau, en principale.
Maltais :
Le 21 janvier 2014, le premier ministre a déclaré en point de presse ici,
à l'Assemblée nationale, que le tchador véhicule, je le cite, un
«message d'oppression, de soumission et de retrait social de la femme» et que «pour nous, [ce] n'est pas acceptable et n'est pas
compatible avec les services publics». «Notre approche vient de ce que les Québécois veulent», disait-il. Et il ajoutait
aussi que, pour avoir vécu en Arabie Saoudite... il disait alors bien
comprendre «les messages qui sont envoyés par les vêtements».
Or, soudainement, hier, pour la
ministre de la Justice, le tchador est redevenu une simple pièce de vêtement
comme les autres. C'est un recul qui est totalement inacceptable.
Comment
la ministre de la Justice, qui est aussi responsable de la Condition
féminine — tiens,
tiens — peut-elle
oser maintenant défendre le port du tchador dans la fonction publique?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le projet de loi qui a été déposé
hier, le projet de loi n° 62, prévoit des balises très claires pour les demandes d'accommodement
raisonnable, des demandes d'accommodement basées sur des motifs religieux.
Je pense qu'il est important de regarder ces
balises-là et de les analyser chacune les unes avec les autres. L'un des
principes prévus dans ces demandes
d'accommodement, c'est l'importance du respect de l'égalité hommes-femmes,
justement, le respect de la neutralité religieuse de l'État, M. le
Président, ces balises-là sont à la base du projet de loi. Et les collègues de l'opposition peuvent y chercher des
failles, mais, pour ce qui est de l'égalité hommes-femmes, je serais un petit peu gênée de me lever ce matin, si j'étais
de l'autre côté, parce que le projet de loi n° 60, il excluait beaucoup de
femmes, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
C'est un recul inacceptable. Le tchador, c'est un voile noir qui recouvre la
femme de la tête jusqu'aux chevilles. Et,
puisqu'on parle de femmes congédiées, selon Fatima Houda-Pepin, le tchador est
l'expression même de l'oppression des femmes, en plus d'être la
signature de l'intégrisme radical.
Est-ce
qu'on doit comprendre que la ministre de la Justice, qui est, tiens, tiens,
responsable de la Condition féminine, n'est plus d'accord avec cette
définition du tchador? Comment a-t-elle pu laisser passer un recul aussi
inacceptable?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, les projets de loi qui ont été déposés hier — il y
a le projet de loi n° 62, mais il
y a aussi le projet de loi n° 59 — ce sont des projets de loi qui visent à
inclure et à protéger l'égalité entre les hommes et les femmes, à
protéger les personnes vulnérables.
Je l'ai dit tout à l'heure,
le Parti québécois n'est pas à une contradiction près. On se lève ce matin et
on prétend préserver l'égalité hommes-femmes
et vouloir protéger l'égalité hommes-femmes? Le projet de loi n° 60
prévoyait des motifs d'exclusion et
de discrimination sans précédent au Québec non seulement à l'égard des femmes,
mais à l'égard de bien des citoyens et des citoyennes, bien des
Québécois et des Québécoises.
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
Alors, le Parti québécois, sur cet aspect, n'a aucune leçon à nous faire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : En 2014, il y a eu un rapport, qui est le rapport
du député de Fabre, qui disait que le tchador serait, par le gouvernement libéral, interdit dans la
fonction publique. C'est un recul inacceptable. Et ce matin la ministre, en
entrevue avec Richard Martineau, a refusé de
dire... simplement de répondre à une question toute simple : Est-ce que le
tchador est inclusif? Elle est même incapable de répondre à ça.
Pourquoi un tel recul
pour les Québécoises?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, encore une fois, encore une fois, le
Parti québécois nous amène dans un débat et tente d'amener un débat de diversion, tente de faire diversion dans un
dossier d'importance. Pour le moment, au Québec, là, il n'y a pas une
fonctionnaire qui porte le tchador, c'est une question complètement
hypothétique. Ce que le Parti québécois veut faire, M. le Président, c'est,
encore une fois, de légiférer sur les vêtements, ce qui va complètement à
l'encontre de nos valeurs québécoises.
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : Et il ne faut pas légiférer sur des hypothèses, M. le Président. Et ça, c'est M. Parizeau qui le disait.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, après des mois d'attente, le gouvernement a décidé,
finalement, d'agir sur les questions de neutralité de l'État puis de
l'intégrisme. En fait, c'est un dossier qu'on aurait dû régler depuis 2018, au
moment où le... 2008, pardon...
Le Président :
Comme je le dis souvent, ce n'est pas le premier lapsus qui se dit dans cette
Chambre. Alors, M. le chef du deuxième groupe d'opposition, c'est à vous la
parole, mais seulement à vous.
Legault : Oui. M. le Président, excusez-moi, en 2008, le rapport
Bouchard-Taylor a fait un rapport qui
est substantiel, et, dans ce rapport,
M. le Président, on dit clairement : «On peut [...] avancer
que l'exigence d'une apparence d'impartialité
s'impose au plus haut point dans le cas des juges, des policiers [...] des
gardiens de prison, qui détiennent tous
un pouvoir de sanction et même de coercition à l'endroit de personnes qui se
trouvent en position de dépendance et de vulnérabilité.» M. le Président,
le rapport Bouchard-Taylor fait consensus au Québec.
Est-ce que
le premier ministre est prêt à s'asseoir avec les partis d'opposition
pour trouver un compromis honorable pour qu'on adopte ce consensus du rapport
Bouchard-Taylor?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, bien
sûr, on va avoir des longues commissions parlementaires où on aura l'occasion d'entendre divers avis et d'en parler. Cependant,
je sais que c'est un lapsus, mais je peux lui dire une chose. En 2018, il
y aura
des projets de loi qui auront été adoptés, et, dans la campagne qui
suivra, nos adversaires pourront expliquer aux Québécois et aux Québécoises
sur la base de quelle urgence réelle et véritable, sur la base de quelle
priorité, par rapport à toutes les autres priorités du Québec,
ils proposeraient ou proposeront d'en ajouter, des composantes visant à brimer
la liberté des gens.
Maintenant,
sur ce rapport, il y a déjà plusieurs recommandations, en passant,
qui ont été adoptées. Sur la question des juges, je l'amènerais à éliminer ce
point-là de sa discussion, les juges sont indépendants de cette Assemblée, je
voudrais lui rappeler ça.
Deuxièmement,
M. le Président, sur la question des agents de coercition — au moins, il n'emploie pas le terme
«agent d'autorité» qui l'a fait glisser, à une certaine époque, vers les
enseignants, il emploie le terme d'«agent de coercition»,
c'est bien — il y a
un règlement qui s'applique sur le port de l'uniforme pour les policiers.
D'ailleurs, on en a parlé hier dans un autre contexte. On aura
l'occasion de préciser davantage, de donner encore plus d'énergie à ce règlement et de préciser les moments et les
circonstances dans lesquels quelqu'un peut faire une demande, qui est loin
d'être assurée d'être accueillie favorablement, compte tenu des balises qu'on a
fixées hier, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, je veux poser une question très
claire au premier ministre : Est-ce que, selon lui, un policier ou une policière devrait avoir le
droit de porter une croix visible, un voile ou un turban? Est-ce qu'il est
d'accord? S'il est d'accord avec ça,
comment il explique que la grande majorité des Québécois, eux, voudraient qu'on
interdisse ces genres de signes à ces personnes? Qu'est-ce qu'il pense?
Pourquoi?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Oui. Beaucoup voudraient qu'on interdi-se. D'ailleurs, M. le Président,
on le sait, c'est quelque chose qui
est demandé. Et il faut se méfier, M. le Président, et c'est le devoir d'un Parlement.
C'est le devoir d'un Parlement et
d'une société démocratique, il faut se méfier des interventions portant sur les
minorités s'appuyant sur la règle simple de la majorité. C'est une règle
démocratique, parlementaire tout à fait élémentaire.
Deuxième
règle élémentaire également, si on veut restreindre les libertés des gens — et c'est ce que le collègue préconise — il faut que ça s'appuie sur une situation
réelle. Il n'y a pas un seul policier qui porte quoi que ce soit qu'il vient de décrire
actuellement au Québec. Il faut qu'il y ait une urgence et il faut que la
solution soit proportionnelle au problème.
Rien dans ce qui est dit ne répond à ces demandes. C'est des principes
élémentaires de législation, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, d'abord, quand on dépose puis on
adopte des lois, c'est pour l'avenir. Ce n'est pas pour les trois prochains mois, c'est pour
l'avenir. Il y a un consensus au Québec. Lorsqu'on gouverne, on a la
responsabilité d'écouter les consensus.
Est-ce que le premier
ministre est d'accord pour s'asseoir avec l'opposition, trouver un compromis,
réfléchir sereinement, qu'on travaille
ensemble? On ne peut pas parler du mieux-vivre ensemble si on n'est pas capable
de travailler ensemble à trouver un...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Je crois comprendre qu'il y a de nombreux points du projet
de loi et du plan d'action envers lesquels
le collègue est d'accord parce
qu'il n'en parle pas. Maintenant,
on va être prêts à discuter avec lui certainement,
mais je veux répéter ce que j'ai dit hier : Jamais, jamais je ne
m'engagerais dans une surenchère visant à brimer les libertés fondamentales des Québécois et Québécoises de toutes origines, les Québécois
et les Québécoises qui participent avec nous à la
construction et au progrès du Québec. Jamais!
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
Le Président :
Il n'y a qu'une personne, là, qui a le droit de parole, c'est Mme la députée de
Montarville.
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
Ah! M. le député de Rousseau.
(Montarville) : Alors, M. le Président, après plus d'un an d'attente, la ministre de la Justice a, finalement,
déposé hier un projet de loi pour lutter contre l'intégrisme religieux. Le projet de loi n° 59 contre les discours haineux est un pas dans la bonne direction, mais
comporte des lacunes qui l'empêcheront de réaliser l'entièreté de son objectif.
On constate que la ministre a retenu certaines de nos propositions, mais qu'elle en a, malheureusement, laissé plusieurs
de côté. Les nouveaux pouvoirs accordés au Tribunal des droits de la personne se limiteront à faire cesser les
propos haineux et à imposer des amendes. Les
sanctions pourraient pourtant être plus dissuasives et frapper davantage
au coeur du problème.
Comment
la ministre peut-elle accepter que les activités des corporations religieuses
qui diffusent de tels discours haineux
ou encouragent des actes discriminatoires continuent d'être indirectement
subventionnées par les contribuables du Québec avec de généreuses
exemptions fiscales?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le projet de loi n° 59 est un
projet de loi important. C'est un projet de loi qui répond à des demandes formulées notamment par la commission
des droits de la personne et de la jeunesse, qui visent à encadrer toute la question du discours haineux, du discours
qui incite à la violence. Ce qui est proposé en fait d'amendes, c'est aussi
une provision qui est proportionnelle. Donc,
il y a des sanctions. Celui ou celle qui aura été reconnu comme ayant porté
des paroles, un discours haineux... comme
ayant tenu des propos haineux ou incitant à la violence sera sur une liste. Il
y a des conséquences de l'inscription
sur cette liste-là, notamment les pouvoirs donnés à notre collègue ministre de
l'Éducation qui lui permettraient
d'intervenir si de telles personnes sévissaient à l'intérieur d'institutions
d'enseignement, dans les écoles, dans les cégeps,
dans les universités. Alors, cette disposition-là prévoit d'encadrer le
discours haineux, mais prévoit aussi une proportionnalité dans les sanctions
qui seront imposées, et ça, évidemment...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...c'est toujours important de le considérer lorsque nous légiférons.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Donc, j'ai bien compris, rien sur les taxes scolaires et municipales. La
ministre est-elle consciente qu'avec ses
projets de loi elle n'aide pas les municipalités? Que feront les villes quand
un prédicateur radical voudra venir y
installer des locaux dans lesquels il pourra continuer à prêcher contre nos
valeurs de démocratie et d'égalité entre les hommes et les femmes?
Pourquoi ne pas donner d'outils aux municipalités pour qu'elles soient en
mesure d'empêcher des cas comme celui de l'imam Chaoui, par exemple?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je pense qu'il est important pour la
collègue de bien lire le projet de loi, puisque le projet de loi prévoit la possibilité d'obtenir une ordonnance pour
faire cesser la diffusion et la tenue des propos haineux. Donc, il y a déjà des outils à l'intérieur du
projet de loi qui permettent à la Commission des droits de la personne de
saisir le tribunal afin d'obtenir une
ordonnance pour faire cesser la diffusion de ces propos-là. Les outils sont là,
M. le Président, et c'est la commission
des droits de la personne et de la jeunesse, qui est un organisme spécialisé en
la matière, qui aura le pouvoir d'intervenir, pouvoir d'enquête par
lui-même ou même suite à une dénonciation.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Donc, rien en amont. Le projet de
loi n° 59 est incomplet. C'est une solution insuffisante pour un
problème fort complexe qui crée une infraction pénale copiée sur une infraction
criminelle déjà existante. Le gouvernement
laisse tomber les municipalités et il accepte que des deniers publics servent à
subventionner des corporations religieuses intégristes qui prônent la
charia et font l'apologie du terrorisme.
Est-ce
que la ministre comprend que la population est déçue de ce projet de loi, qui
ne s'attaque pas aux dérives
de l'intégrisme religieux?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le projet de loi vise à contrer le
discours haineux, le discours incitant à la violence. C'est un projet de loi important, ce sont des
avancées importantes. Je comprends que ma collègue a des idées et souhaite
échanger. On aura amplement le temps, lors
des travaux parlementaires, d'écouter, d'entendre et de voir comment nous
pouvons possiblement bonifier le projet de
loi. Je ne suis pas fermée à l'idée de ce travail-là. On n'est pas dogmatiques,
de ce côté-ci de la Chambre, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, dans les derniers mois, on a pu constater
d'importants problèmes de gouvernance dans
nos universités. À moins d'avis contraire, l'ex-rectrice de l'Université du
Québec à Trois-Rivières va conserver, malgré sa contre-performance spectaculaire, son salaire de rectrice à vie. À
McGill, l'ex-rectrice a reçu 750 000 $ depuis qu'elle a quitté
ses fonctions. À l'Université Laval, même chose, des hauts dirigeants ont des
conditions et des primes d'après mandat indécentes.
Pendant ce temps-là, bien, le réseau
universitaire, lui, traîne un déficit accumulé de 2,8 milliards. Les hauts
dirigeants partent avec la cagnotte pendant
que les universités peinent à remplir leur mission et font des déficits. Cette
situation a été dénoncée à plusieurs reprises dans cette Chambre. Ça a assez
duré.
Qu'est-ce que le ministre va faire pour mettre
fin à ces aberrations?
Président : M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Peut-être quelques corrections, si vous voulez bien, M. le
Président, là. À ma connaissance, selon les informations qu'on a — j'ai encore vérifié ce matin — donc, la rectrice démissionnaire de l'UQTR
n'a pas droit, là, à son salaire de
rectrice pour les années qui viennent. Alors, il faudra continuer peut-être
l'échange, mais les informations que j'ai ce matin, là, du siège social
de l'UQ, c'est que ce n'est pas le cas.
Pour
l'essentiel, maintenant, des préoccupations du collègue, là, je vous rappelle
que nous nous sommes quand même donné
une règle budgétaire pour contrôler non pas le passé — hein, il faut bien le comprendre, c'est une
question de justice élémentaire — mais pour contrôler l'avenir.
Cette règle budgétaire, qu'est-ce qu'elle prévoit? C'est que les cadres supérieurs du monde universitaire doivent
présenter, hein, avant de faire une demande à leur conseil d'administration,
doivent présenter... et obtenir du ministre
de l'Éducation l'autorisation pour des changements, là, à leur situation, à leur
traitement, à leur rémunération globale, et on entend bien continuer à faire
respecter cette règle budgétaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, manifestement, la règle budgétaire dont
parle le ministre, bien, elle n'est pas suivie. Au bout du compte, ce sont les étudiants et les institutions qui paient
le prix pour la mauvaise gouvernance parce que, bien, nos universités coupent dans les services aux étudiants et font
des déficits année après année. Le ministre se trouve dans une situation où il est impuissant à corriger
la situation, il nous faut donc une loi-cadre sur les universités pour régler
cette situation.
Le ministre peut-il
s'engager à déposer une loi-cadre au cours de la prochaine session pour que les
hauts dirigeants ne s'octroient plus des bonis indécents?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Je pense qu'il faut être prudent, il faut faire attention,
quand même, là. Les règles budgétaires dont on parle, là, elles sont respectées, et, quand elles ne le sont pas...
Rappelez-vous, là, on a eu un échange avec Bishop's cette année sur la situation. On considérait qu'il y avait
un problème important, les gens de l'Université Bishop's ont compris la situation. J'ai parlé au président du conseil
d'administration, j'ai parlé aussi au recteur. Ils ont compris la situation,
ils sont revenus en arrière. Je pense
que c'est très bien, c'est ce qu'on demande à l'ensemble des universités. Pour
l'essentiel, là, cette règle-là, me
semble-t-il, elle est respectée. Il y a un petit contentieux, vous le savez
bien, avec l'Université Laval. J'ai répété que, bien sûr...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...les contribuables ne paieront pas pour ça, et on attend encore...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, le ministre banalise la situation, qui est
pourtant grave. On a un rapport devant nous, le rapport du Sommet sur l'enseignement supérieur, et il est clair, il
propose d'établir une loi-cadre sur la gouvernance des universités. Le
rapport souligne que, dans l'état actuel des choses, le ministre n'a aucune
prise pour formuler des exigences aux
universités. Je tends la main au ministre pour travailler avec lui à élaborer
une loi-cadre sur la gouvernance des universités.
Quand
le ministre et le gouvernement se donneront-ils enfin des moyens pour empêcher
les hauts dirigeants de s'octroyer des bonis injustifiés?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, je remercie
mon collègue de l'offre, hein? J'apprécie toujours, hein, quand il me
fait des offres pour travailler ensemble. Écoutez, contrairement à lui,
je ne crois pas qu'il y a une crise de gouvernance dans le monde universitaire. Il y a, effectivement, un certain
nombre d'enjeux. On ne peut pas revenir sur le passé. C'est pour ça que je
fais, bien sûr, mention, là, de ce qu'on a
vu dans les journaux par rapport à McGill, on ne peut pas revenir sur le passé.
Mais on peut contrôler l'avenir. Je pense
qu'on a une bonne règle budgétaire qui, pour l'essentiel, est respectée — il faut le dire, là, pour l'essentiel — est respectée par les universités. Il y a un
écart en ce moment, puis on essaie de le corriger.
Le Président :
Principale, M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le Président, avec l'abandon, par le gouvernement libéral, du Programme de
création d'emplois en forêt, ce sont
6 millions de moins pour les travailleurs forestiers du Bas-Saint-Laurent
et de la Gaspésie. Lors de sa tournée régionale qui s'appelait Faire +, le
ministre s'est fait interpeller pour maintenir les budgets en forêt privée. Or,
la seule réponse qu'il avait à donner aux
forestiers est une coupe de 30 % de leur budget. À New Richmond, c'est
plus de 500 travailleurs qui
l'attendaient pour lui faire comprendre l'importance de la forêt privée,
gagne-pain de plusieurs centaines de familles.
le Président, on a dans nos tribunes des gens qui vivent de la forêt privée et
qui sont extrêmement inquiets de leur
avenir. Est-ce que le ministre peut leur annoncer qu'il va rétablir les budgets
dédiés à la forêt privée en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : Oui, M. le Président. Donc, dès l'an passé, nous
avons annoncé des investissements record en travaux sylvicoles partout, dans
toutes les régions du Québec, puis, en fait, c'était plus que n'importe quel
parti a pu faire avant. Ça s'est traduit dans toutes les régions du
Québec par une amélioration, donc, des enveloppes pour les forêts publiques.
Maintenant, quant à la forêt privée, donc, le ministère aussi a été mis à
contribution, et on a maintenu, depuis l'an
passé, aussi l'enveloppe de 28,5 millions pour les agences de forêt privée
qui se traduit autant pour la Gaspésie puis le Bas-Saint-Laurent... puis
mon collègue de Rivière-du-Loup—Témiscouata
qui m'en parle aussi à toutes les semaines,
donc l'enveloppe, là, qui est dédiée à chacune des régions, ce qui se traduit,
pour le Bas-Saint-Laurent, à
24,1 millions encore cette année pour envoyer les gens travailler en forêt
et, en Gaspésie, à 18,1 millions, donc, pour cette année. Et, comme on a annoncé les travaux
sylvicoles pour la prochaine année, donc le montant en forêt publique
est toujours présent.
Maintenant,
en forêt privée dans le Bas-Saint-Laurent, il y a quelque chose de particulier
pour lequel on travaille. En 1980, il
y a eu la tordeuse de bourgeons d'épinette, ce qui a résulté, donc, à replanter
la forêt, et il y a un mur de bois qui s'en vient dans le
Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie et pour lequel nous consacrons tous nos
efforts à...
Le Président :
En terminant.
Lessard :
...faire cette récolte de première éclaircie commerciale.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Matapédia-Matane.
Bérubé : M. le Président, le ministre dit aux travailleurs
qu'on a assez d'argent pour débuter la saison et qu'on verra pour le
reste de l'année. Il leur demande de vivre dans l'incertitude, sans garantie.
Comment le ministre peut-il demander à ces
familles de vivre au jour le jour sans savoir si, oui ou non, ils auront un
revenu jusqu'à la fin de l'année?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : Bien, je répondrai qu'il y a quand même
18,1 millions de dollars qui est donné à toutes les entreprises, des entreprises de travaux sylvicoles, des
entrepreneurs de chez vous qui, aujourd'hui, donnent du travail aux gens qui
vont dans le bois. Donc, il y a
1,9 million de dollars qui est donné à l'agence de la forêt privée, qui
consacre 100 % de son enveloppe
à faire des travaux sylvicoles, préparer des terrains, faire de la plantation,
mobiliser du monde, première éclaircie, deuxième éclaircie, donc
pour s'assurer maintenant qu'on arrive à la récolte.
y a une forêt de 35 ans qui est là, qu'on appelle le mur de bois du Bas-Saint-Laurent
et de la Gaspésie, puis on a dit
qu'on allait consacrer tous les efforts possibles pour s'assurer, un, que les
usines qui sont présentes autant en Gaspésie qu'au Bas-Saint-Laurent
puissent prendre le bois...
Le Président :
En terminant.
Lessard :
...d'une certaine valeur et de travailler, donc, à s'assurer que ce bois-là...
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : En campagne
électorale, le Parti libéral a fait des promesses. En tournée régionale, le ministre
a fait des promesses. Il y a
deux semaines, le ministre régional a fait des promesses, au nom du ministre
de la Forêt, à ces gens-là qui sont ici, en haut.
Ils sont tannés des
promesses, ils veulent avoir des vraies réponses. Est-ce que le ministre peut
les rencontrer tantôt, après la période des questions, et leur donner
l'heure juste, et rétablir les budgets dans la forêt privée, chez nous,
dans le Bas-du-Fleuve puis en Gaspésie?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : M. le Président, j'arrive d'une tournée de toutes les régions du Québec.
Au Bas-Saint-Laurent, on a
rencontré des entreprises de travaux sylvicoles, les groupements
forestiers, la Fédération des producteurs de bois. Je les ai rencontrés
encore la semaine passée à Saint-Georges de Beauce.
Dans
le Bas-Saint-Laurent, ce qu'on nous demande, ce n'est pas faire des
travaux sylvicoles. L'ancienne
conférence régionale des élus nous a déposé un plan pour la récolte,
donc, du bois à maturité pour alimenter les usines. Ils n'ont pas dit : Mettez de l'argent pour faire des
travaux sylvicoles puis pour la préparation de terrains. Ils n'ont pas
dit : Mettez de l'argent pour
faire du débroussaillage. Ils ont dit : Récoltez le bois qui est à
maturité après 35 ans. C'est ce qu'ils nous ont demandé, puis c'est
à ça qu'on se...
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
Bédard :
Article 79, M. le Président. La question est :
Ces gens-là ont fait un long parcours, est-ce qu'il est prêt à les
rencontrer, oui ou non?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : ...la question. Il faisait référence à des engagements
préélectoraux, à des engagements depuis la période électorale, des
engagements pris par le ministre régional, et la réponse venait à l'ensemble de
ce...
Le Président :
M. le ministre, avez-vous conclu? Terminé? Terminé. M. le député de Mercier, en
principale.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. La multinationale McKesson est l'un des principaux
distributeurs de médicaments au Canada.
Basée à San Francisco, McKesson déclare ses impôts à Luxembourg, un
paradis fiscal qui fait mal à
l'économie de beaucoup de pays. En 2012 et en 2015, McKesson a été condamnée à
payer un total de 340 millions de dollars d'amende pour avoir
fraudé le gouvernement américain en gonflant ses prix.
enquête de la RAMQ a forcé McKesson à verser 40 millions de dollars au
gouvernement du Québec en 2013 pour
éviter des poursuites judiciaires à cause d'arrangements cachés entre ce
distributeur et des fabricants et aussi des ristournes aux pharmaciens.
Tout ça a empêché les contribuables, en fait, et la RAMQ d'obtenir de meilleurs
prix. McKesson empoche les rabais que la
RAMQ et les contribuables doivent obtenir. Selon nos calculs, juste pour les
génériques, ça pourrait représenter, en économies perdues par la RAMQ,
410 millions de dollars.
Est-ce que le
ministre peut nous dire si la RAMQ mène d'autres...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, les enquêtes de la RAMQ
sont confidentielles. Parce qu'il y a des enquêtes, je ne veux pas
étaler ici ni la procédure d'enquête ni des résultats potentiels.
contre, M. le Président, je pense que le député de Mercier nous indique assez
clairement qu'il y a une mécanique qui
fonctionne et qui se fait aussi en collaboration avec l'ordre professionnel des
pharmaciens. Ce n'est pas simplement une
question gouvernementale ou de la RAMQ, mais aussi de l'Ordre
des pharmaciens, qui a dans son intérêt de faire en sorte qu'il n'y ait
pas ce genre de situation là.
Alors, la
réponse, je ne suis pas nécessairement d'accord avec la hauteur de l'économie
potentielle que le député de Mercier
nous amène, nous propose, mais il est clair qu'il y a certainement des
économies à aller chercher, et on a bien l'intention d'aller les chercher, tout comme on a l'intention de faire
en sorte que la RAMQ continue à faire ses enquêtes et que l'on puisse
continuer à collaborer avec l'ordre professionnel des pharmaciens.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président, les restrictions
prévues à la loi du Québec visent à assurer que le prix de vente payé
par les patients ou remboursé par la RAMQ ne soit pas touché par ce type
d'arrangement qu'on vient de dénoncer. Mais,
malgré l'entente de 2013, la réalité, c'est que McKesson a poursuivi ses
tactiques illégales pour mettre dans sa poche des centaines de millions
de dollars qui devraient normalement aller à la RAMQ ou aux contribuables.
Ma question,
c'est que, tant que le gouvernement ne négocie pas lui-même ses prix puis n'a
pas une approche globale, ces multinationales vont toujours contourner
la loi. Quand est-ce qu'on va faire ça?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, ce
n'est pas que question, c'est une affirmation politique de Québec solidaire. Il
a le droit de le faire, évidemment. C'est normal, on est dans une assemblée de
débats.
Maintenant,
M. le Président, les mesures... ou la proposition que fait le député de Mercier
visent une avenue qui n'est pas
nécessairement praticable dans les conditions économiques actuelles. Quand je dis
«économiques», M. le Président, je
dis simplement qu'il y a des règles à suivre selon certains paramètres,
notamment toutes nos ententes de commerce international qui font en
sorte qu'il y a des choses qu'on peut faire et des choses qu'on ne peut pas
faire.
Ceci dit, M. le Président, je suis tout à fait
d'accord avec le député de Mercier à l'effet qu'on doive faire des efforts pour
aller chercher les meilleurs prix et aller chercher...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...les économies dont
on a besoin, et c'est ce à quoi on travaille actuellement, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président,
un propriétaire de pharmacie qui en a assez de se voir forcé de participer à
ces tactiques déloyales qui coûtent cher aux contribuables du Québec s'est
ouvert récemment aux médias. L'Ordre des pharmaciens
veut agir. La Sûreté du Québec a commencé une enquête, mais ils ont besoin de
la collaboration du gouvernement et
de la RAMQ. J'ai parlé à ce pharmacien — appelons-le monsieur X — et il est prêt à rencontrer le ministre
pour lui apporter des preuves pour qu'il agisse.
Est-ce que le ministre accepte de le rencontrer
et qu'on en arrive à une solution globale?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je comprends de l'intervention du député de Mercier
qu'actuellement il y a des enquêtes,
à la limite, policières. Si la police est là-dedans, il y a
une enquête policière, alors je ne vais certainement pas
intervenir dans le processus d'une enquête policière.
Alors, maintenant,
M. le Président, comme le
député de Mercier
semble avoir des contacts particuliers, je pense qu'il serait un intermédiaire tout
à fait approprié pour que lui m'amène
des informations plutôt que moi, j'intervienne. Ça
m'apparaîtrait plus respectueux des procédures qui existent actuellement, M. le
Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, plutôt que de lancer sa stratégie maritime, le gouvernement a choisi de faire du surplace
depuis un an. Les deux seules mesures qu'il a mises en oeuvre sont celles
annoncées dans le budget 2014, soit deux incitatifs fiscaux pour
aider les armateurs à construire ou rénover des bateaux au Québec.
Un an plus
tard, nous avons demandé : Combien de projets ou d'armateurs se sont prévalus de ces mesures? La réponse du gouvernement : Zéro, M. le
Président, pas un seul projet, pas un seul armateur n'a bénéficié de ces
mesures fiscales. Ce n'est pas le
député de Groulx mais bien le milieu qui a porté un jugement. C'est un naufrage
déplorable. Encore de belles annonces
qui ne donnent rien, qui ne sont rien d'autre qu'un écran de fumée. Le ministre
responsable et le premier ministre font de beaux discours, donnent de
belles conférences, mais il n'y a aucun résultat concret.
Alors,
est-ce que le ministre reconnaît que ces mesures sont des échecs et qu'il
patauge dans l'indifférence, M. le Président?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Simplement pour offrir 10 secondes de réponse avant
que mon collègue puisse répondre à la question, pour juste préciser dans la question de notre collègue : Lorsque
l'annonce devait être faite, M. Parizeau est décédé. Il nous a
semblé approprié de ne pas le faire à ce moment-là. Ça viendra bientôt.
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, je serais très heureux de rencontrer le député de Groulx
sur la question de la stratégie maritime, parce qu'on lui a fait la proposition et on n'a pas eu de retour, parce que
la stratégie maritime, M. le Président, c'est un vaste chantier. Évidemment, on parle des chantiers maritimes,
c'est important. Il y a des avantages fiscaux qui ont été offerts dans les deux budgets présentés
par notre collègue des Finances, il y a d'autres outils qui sont en
planification. Je tiens à souligner
au député de Groulx, M. le Président, qu'élaborer un chantier maritime, ça se
fait dans le temps. Ce n'est pas
parce qu'on décide de construire un navire aujourd'hui que demain c'est prêt,
ce chantier, à être réalisé. Alors, il faut prendre le temps de faire
les choses correctement.
Ceci
dit, effectivement, on a travaillé de façon sérieuse et minutieuse depuis un an
pour mettre en place une stratégie maritime. Et je dois vous dire que
j'ai bien hâte de la rendre publique, parce que la stratégie maritime renferme
des objectifs qui sont ambitieux pour le
Québec. On parle de créer 30 000 emplois sur un horizon de 15 ans et
nous allons nous attarder à tous les aspects de la vie maritime
québécoise...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...surtout aux régions, M. le Président, pour créer des emplois à travers tout
le Québec.
Le Président :
Première complémentaire. M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, au niveau de la stratégie,
effectivement, il y a eu un événement malheureux récemment, mais il y a eu plusieurs fois par le passé des
annonces qui étaient faites que ça devait se faire, et ça n'a jamais encore été
fait.
Alors donc, par le
passé, nous avions pourtant mis le ministre en garde, M. le Président, sur le
faible potentiel des mesures fiscales
annoncées, et le temps nous a donné raison. Il n'y a pas un seul projet, pas un
seul armateur, pas un seul bateau qui a bénéficié des incitatifs
financiers. Encore demain, le ministre et le premier ministre vont défiler au
Vieux-Port de Québec, alors qu'il n'y a encore rien de concret sur la table.
Comprennent-ils que
le Québec a besoin d'autre chose que des promesses en l'air...
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, définitivement, je crois que le député
aurait avantage à venir nous rencontrer, j'aurais donc le plaisir de pouvoir échanger avec lui sur l'ensemble des
projets, sur l'ensemble de la stratégie maritime, parce qu'il y a des projets partout — M. le Président, j'ai déjà eu l'occasion de
le préciser à cette Chambre — que ce soit au niveau de nos ports de mer, il y a des projets;
que ce soit au niveau de l'industrie des pêches, il y a des projets; les
chantiers maritimes, nous sommes en
lien avec eux. Il y a également des projets. Nous avons annoncé récemment, le
premier ministre et moi, à Rimouski, la création d'un institut
franco-québécois sur la recherche dans le domaine maritime.
stratégie s'intéresse à l'environnement, aux pêches, aux régions, à l'ensemble
de l'oeuvre au niveau maritime, M. le Président. C'est important pour
nous...
Le Président :
En terminant.
D'Amour : ...et j'aurais bien aimé, la semaine dernière, pouvoir être
en mesure de lancer la stratégie maritime. Ce n'est...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, alors, à la question qu'on lui avait
posée, il nous a effectivement répondu que c'était bel et bien zéro
comme résultat. Alors, ça vient d'eux.
Alors,
il ne cesse de nous dire, le ministre, qu'il va annoncer sa stratégie maritime
et que ce sera la huitième merveille du
monde. C'est le même discours depuis un an, mais, pendant ce temps, les mesures
censées aider nos armateurs n'intéressent
même pas les armateurs eux-mêmes.
Alors, tout ce qu'il a fait jusqu'ici, c'est couler sa stratégie maritime dans
les journaux.
Alors, ce gouvernement
est en poste depuis 14 mois. Peut-il enfin agir et proposer un plan ambitieux
pour développer le Québec, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre aux Transports.
D'Amour : M. le Président, ce que nous allons proposer aux Québécois
très bientôt, très prochainement, c'est une véritable révolution maritime pour le Québec. Je tiens à vous dire,
M. le Président, que ce sera la première stratégie maritime annoncée et implantée dans chacune des
régions du Québec. C'est ça, la stratégie maritime. On ne l'a pas cachée.
qu'on prévoit à l'intérieur de la stratégie : bien sûr, des
investissements gouvernementaux, dans une mesure de 1,5 milliard, pour le Québec au cours des cinq prochaines
années. Il y aura des investissements privés, il y aura des investissements fédéraux. Alors, c'est une grande
révolution maritime qu'on veut offrir aux Québécois, parce que nous, on
a à coeur de développer chacune des régions. C'est la raison pour laquelle j'ai
déjà effectué près de deux tournées complètement au Québec et que je vais
reprendre la route bientôt...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...pour annoncer des projets et créer des emplois, parce que c'est notre
gouvernement.
Le Président :
Principale, M. le député de Bourget.
Kotto : M. le Président, à la suite de la confirmation de la
condamnation du blogueur Raif Badawi par la Cour suprême d'Arabie
saoudite dimanche, la ministre des Relations internationales a dit, et je la
cite : «Mon rôle va être de mettre
davantage de pression [sur le gouvernement fédéral].» À l'évidence, jusqu'à
présent, toutes ses démarches dans ce
sens n'ont rien donné de tangible. La semaine dernière, nous avons proposé au
gouvernement du Québec d'aller plus loin
en posant un geste fort pour Raif Badawi en lui octroyant un certificat de
sélection du Québec pour motif humanitaire.
Alors,
le gouvernement va-t-il accepter notre proposition en lui accordant de façon
exceptionnelle ce certificat afin d'en faire un Québécois d'adoption?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Bien sûr, nous réitérons
notre appui sans équivoque à la mobilisation mondiale envers M. Badawi. La mobilisation est énorme non seulement
au Québec, au Canada, mais ailleurs dans le monde, en Angleterre, aux États-Unis, dans la Communauté
européenne. Plusieurs organismes, évidemment, mettent leurs voix
ensemble pour dénoncer cette situation, qui est tout à fait cruelle et
inhumaine.
Alors,
les pressions doivent se poursuivre bien sûr à trois niveaux, c'est-à-dire des
pressions politiques — et j'ai parlé, eu une
conversation téléphonique cette semaine avec mon homologue fédéral,
M. Nicholson, on doit se rencontrer bientôt; également, les
organismes non gouvernementaux — il faut saluer le travail d'Amnistie
internationale, travail exceptionnel dans ce
dossier, Avocats sans frontières; également les médias. Les médias ont un rôle
important à jouer, parce que cette histoire ne doit pas évidemment
sombrer dans l'oubli, M. le Président.
Alors, nous sommes de
tout coeur avec M. Badawi, sa famille, son épouse, ses enfants et nous
poursuivons nos conversations, nous poursuivons...
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
Bédard : En toute amitié...
Article 79, M. le Président, en
toute amitié, d'autant plus que nous en sommes ici... Comme on va suspendre nos travaux, c'est la
dernière fois qu'on va se réunir, la proposition était, et c'est vraiment la
main tendue, d'émettre de façon exceptionnelle un certificat à M. Badawi,
et cette responsabilité relève de la ministre et du premier ministre.
Nous
souhaitons que cette proposition soit acceptée de façon à démontrer que le
Québec parle d'une voix forte en faveur de M. Badawi. Donc,
j'aimerais voir si le...
Le Président : Vous avez
terminé? Alors, cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Oui. M. le leader de...
Fournier : Oui, sur la main tendue qui est adressée — permettez-nous
au moins de prendre connaissance du
contenu — on vous
reviendra. Peut-être qu'à la période de questions de demain, d'ailleurs, il
pourrait aussi en être question. Je crois que nous allons encore siéger
demain. Pas la semaine prochaine, mais demain encore.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous en sommes maintenant à la rubrique des
motions sans préavis. Et je vais maintenant céder la parole à M. le premier
ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, je propose, après consultation auprès des partis
d'opposition et des députés indépendants :
«Que, conformément
aux articles 478 et 479 de la Loi électorale, Me Pierre Reid,
secrétaire général associé chargé du
Secrétariat du Conseil exécutif, administrateur d'État II, soit nommé
Directeur général des élections pour un mandat de sept ans à compter du 12 juillet 2015 et que sa
rémunération et ses autres conditions de travail soient celles contenues
dans le document ci-annexé que je dépose.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Et je
rappelle aux membres de l'Assemblée que,
pour être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins le deux tiers
des membres de l'Assemblée, elle doit
donc être suivie d'un vote par appel nominal.
Alors,
je mets aux voix la motion de M. le
premier ministre telle que lue
précédemment. Et que les députés en faveur de cette motion veuillent
bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Hamad (Louis-Hébert), M. Dutil (Beauce-Sud),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M.
Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M.
D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau), M.
Arcand (Mont-Royal), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust (Verdun), Mme Vien
(Bellechasse), M. Blais (Charlesbourg), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid
(Orford), Mme Boulet (Laviolette), Mme Vallières (Richmond), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey), Mme
Charlebois (Soulanges), Mme Ménard
(Laporte), Mme Blais (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Matte (Portneuf), M. Simard (Dubuc), M. Bolduc
(Mégantic), Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Ouimet (Fabre), M. Fortin
(Sherbrooke), M. Fortin (Pontiac), M.
Bourgeois (Abitibi-Est), M. Boucher (Ungava), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M.
Auger (Champlain), M. Rousselle (Vimont), M. Giguère (Saint-Maurice), M.
Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil).
M. Péladeau (Saint-Jérôme), M. Bédard
(Chicoutimi), M. Marceau (Rousseau), Mme Hivon (Joliette), M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Gendron (Abitibi-Ouest),
Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre (Taillon), M. LeBel (Rimouski), M. Lelièvre (Gaspé), M. Kotto
(Bourget), M. Gaudreault (Jonquière), M. Therrien (Sanguinet), Mme Maltais
(Taschereau), M. Dufour (René-Lévesque), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M.
Traversy (Terrebonne), M. Cousineau (Bertrand),
M. Rochon (Richelieu), M. Villeneuve (Berthier), Mme Ouellet (Vachon), M.
Bergeron (Verchères), M. Turcotte (Saint-Jean), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure).
Legault (L'Assomption), M. Caire (La Peltrie), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), Mme
D'Amours (Mirabel), Mme Lavallée (Repentigny), M. Surprenant (Groulx),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Paradis (Lévis), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Arthabaska).
David (Gouin), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, que les députés contre cette motion veuillent
bien se lever. Des abstentions? Alors, M. le secrétaire général, pour le
résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 100
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée.
Maintenant, toujours
à la rubrique des motions sans préavis et en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions, je suis
prête à reconnaître un membre du deuxième
groupe d'opposition. Et je cède la
parole à Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, je demande le
consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la
députée de Taschereau et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale exige du gouvernement d'appliquer les recommandations du rapport Bouchard-Taylor en matière de laïcité, notamment
celles concernant l'interdiction du port de signes religieux par des agents de
l'État en position d'autorité.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : On me dit qu'il n'y a pas de consentement. Alors, maintenant,
je vais reconnaître un membre du groupe formant le gouvernement et je
cède la parole à Mme la ministre de la Famille et ministre responsable des
Aînés.
Charbonneau : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Richelieu,
le député de Lévis et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la journée mondiale de lutte contre la maltraitance envers
les personnes aînées, qui [aura] lieu [comme à] chaque année le 15 juin;
«Qu'à cette occasion,
elle reconnaisse la nécessité de lutter contre toute forme de maltraitance à
l'égard des personnes aînées;
«Enfin,
qu'elle salue les activités réalisées dans toutes les régions du Québec pour
contrer le phénomène de la maltraitance et qu'elle encourage le port du
ruban mauve pour mettre en lumière notre solidarité dans cette lutte.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la ministre. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vien :
...l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Et maintenant je vais céder
la parole à M. le chef de l'opposition officielle pour la prochaine
motion sans préavis.
Péladeau : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le premier ministre, le chef du deuxième groupe d'opposition
et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que les pensionnats autochtones étaient un
outil de génocide culturel à l'égard des nations autochtones du Québec.
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec et au gouvernement du
Canada de mettre en oeuvre les recommandations de la Commission de
vérité et [de] réconciliation du Canada.
«Que
l'Assemblée nationale réitère que l'action du Québec, en ce qui concerne les
nations autochtones, est toujours fondée
sur les 15 principes adoptés par l'Assemblée nationale en 1985, lesquels
reconnaissent des droits aux Premières Nations et à la nation inuite, et
jettent les bases des relations entre nos nations.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le chef
de l'opposition officielle. Et maintenant y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? Mme la leader adjointe.
Mme Vien : Alors,
ce que nous vous proposons, Mme la Présidente, c'est le consentement pour des
interventions d'environ trois minutes et dans l'ordre suivant :
d'abord, M. le chef de l'opposition officielle, suivi par le chef du deuxième groupe de l'opposition, suivi par la
suite par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et, finalement, par notre
premier ministre.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Je cède
maintenant la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, Mme la Présidente. Alors, tout le monde en convient,
les pensionnats autochtones sont l'une des
pages les plus sombres de l'histoire canadienne. Il faut remonter aux années
1870 pour voir éclore sur notre territoire les premiers pensionnats. Ces écoles étaient en place pour éliminer le
rôle des parents autochtones dans l'épanouissement intellectuel, culturel et spirituel de leurs
enfants. Cette politique visait à détruire la culture, le mode de vie, les
traditions, la langue et les familles
autochtones. Bref, cet instrument était utilisé pour faire disparaître tous les
fondements et les assises sur lesquels repose la survie d'une nation.
Au-delà du rôle
d'assimilation des pensionnats autochtones, les conditions de vie y étaient
inhumaines, et les pensionnaires subissaient
de la violence physique, psychologique et sexuelle. Jusqu'à
6 000 enfants pourraient avoir trouvé la mort dans ces écoles.
L'objectif avoué des pensionnats était, et je cite John A. Macdonald, de
«sortir l'Indien de l'enfant».
Après
ce constat, après des excuses, après la prise de conscience, il ne nous reste
qu'une seule possibilité : regarder vers l'avenir. Ce fut le mandat de la Commission de vérité et
réconciliation durant les sept dernières années. La commission a visité plus de 300 communautés et recueilli
les témoignages de 7 000 survivants. Le 2 juin dernier, elle
dévoilait son rapport, qui incluait
94 recommandations. Dans les premières pages du rapport, la commission
critique les politiques du gouvernement
fédéral, je cite : «L'établissement et les activités de ces pensionnats
autochtones étaient une
partie centrale de cette politique, qui ne peut
être décrite que comme un génocide culturel.»
Aujourd'hui,
la commission demande à tous les parlementaires de faire un pas vers la
réconciliation. En guise de respect
pour ces enfants et ces familles, qui ont été brisées, pour ces nations, qui
ont été ravagées, pour panser ces blessures, qui ne seront jamais cicatrisées, je demande aujourd'hui aux élus du
Québec de poser ce geste symbolique,
de se tenir debout et de reconnaître
les erreurs du passé. Je souhaite également que tous les Parlements et que tous les gouvernements du Canada fassent de
même.
En terminant, comme
je l'ai mentionné à plusieurs reprises lors des dernières semaines, nous devons
avoir constamment en tête une pensée
particulière pour les Premières Nations et la nation inuite, des gens fiers qui
ont accueilli nos ancêtres dans ce
beau pays du Québec. La devise du Québec est Je me souviens . Nous
les avons trop souvent oubliés. Souhaitons
que la reconnaissance, par l'Assemblée nationale du Québec, de la triste
histoire des pensionnats contribue à
changer cette situation et améliore le respect qui prévaut dans notre dialogue
de nation à nation. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le chef
de l'opposition officielle. Je cède maintenant la parole à M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Effectivement, la semaine dernière, la
Commission vérité et réconciliation a déposé
un rapport qui était attendu, sur la situation des autochtones au Canada. Ce
rapport visait à faire la lumière,
bien sûr, sur les pensionnats autochtones, mais aussi sur la stratégie qu'a
adoptée le gouvernement canadien par rapport aux Premières Nations.
rapport, quand on le survole, on voit que c'est vraiment accablant. Je ne pense
pas que de parler de «génocide» culturel,
ça soit un mot qui soit trop fort, surtout, comme le disait le chef de
l'opposition officielle, quand on se souvient des mots de John A. Macdonald, qui était le premier ministre du Canada,
qui avait dit : Sortir l'Indien de chaque enfant. Juste entendre
ces mots-là, c'est choquant.
Donc,
pour accomplir son objectif, je pense que ce n'est pas trop fort de dire que le
gouvernement canadien a abusé de ses
pouvoirs d'une façon inacceptable en sortant carrément les enfants des villages
pour briser les communautés qu'on avait
à l'époque. Donc, il y a là-dedans une violence. Et puis, vous savez, dans
l'histoire de chaque pays, il y a une part d'ombre. Bien, ça fait
partie
de la part d'ombre du Canada, le sort qui a été réservé aux Premières Nations.
C'est une évidence qui doit être dite, surtout
par nous, les élus, parce qu'on a un rôle symbolique qu'on doit assumer sur des
questions qui sont aussi sensibles.
Et notre tâche comme parlementaires, c'est de travailler au rassemblement, à
l'unité, mais, pour que ça soit
possible de se rassembler, il faut oser nommer la réalité, y compris lorsque
cette réalité est moins glorieuse. Donc,
on ne peut pas bâtir la solidarité sur le mensonge, on la bâtit sur la vérité.
Puis, en ce sens, bien, la Commission vérité et réconciliation avait
d'abord bien choisi son nom.
rapport, c'est aussi le moment de se rappeler nos responsabilités par rapport
aux autochtones. Et puis, quand on
regarde le rapport, il y a des recommandations qui touchent les compétences du
gouvernement du Québec. Donc, le gouvernement du Québec est interpellé,
et je veux déjà assurer le gouvernement de toute notre collaboration.
Donc,
je termine, Mme la Présidente, en disant que nos actions pour les autochtones
doivent être à la hauteur de la valeur que nous accordons à notre
démocratie puis à tous les citoyens ici. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, je vous
remercie de votre intervention, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition. Et je cède la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : «Meegwetch», Mme la Présidente. Je suis très heureuse aujourd'hui de pouvoir m'exprimer un tant soit peu sur les dures réalités que nos frères et
soeurs autochtones ont eu à subir pendant des décennies, voire même un
siècle et que collectivement, comme élus,
comme Assemblée nationale, on soit en mesure de se dire que ça n'avait pas
de bon sens, qu'on soit en mesure de
se dire qu'on reconnaît qu'il y a eu là des choses, en complicité entre l'État,
l'Église... il s'est passé là des
choses totalement inacceptables. Et d'ailleurs je salue le Cercle des femmes, qui, déjà il y a quelques semaines... ou peut-être même deux mois, avait accueilli les femmes élues
autochtones des différentes communautés ici, au Québec, et s'était assuré...
Entre nous, les femmes élues des différents paliers de gouvernement, si je peux dire ainsi, on s'était
entendues pour dire qu'il y a quelque
chose qui nous préoccupait et qu'on
voulait voir le gouvernement canadien, certes, mais, à tout le moins, le
gouvernement québécois pour commencer agir, c'est celui de prendre au sérieux...
et d'ailleurs la Commission vérité et réconciliation le relève comme étant quelque chose de majeur, de prendre au sérieux la disparition et l'enlèvement des femmes
autochtones à travers le pays du Canada, mais aussi à travers notre pays, le Québec.
Alors,
je pense que ce rapport vient nous rappeler individuellement qu'on a peut-être
à faire mieux dans ce qui est de
reconnaître nos frères et soeurs autochtones comme étant des humains,
premièrement, à part entière. On les sait pris dans une loi qui les traite comme des mineurs, et ça, c'est dur à
prendre. Qui ici, autour de la table, accepterait d'être traité en
mineur à l'âge qu'on a? Le rapport, bien sûr, parle des pensionnats. Et, si
vous n'avez pas eu ce devoir, vous n'avez
pas eu le privilège d'assumer votre devoir de mémoire en participant à la
Commission vérité et réconciliation lors de ses différents passages, je peux vous dire que c'était très dur, très
dur à entendre, parce qu'on se dit : Bien, voyons donc, on est au Québec, on est au Canada, mais très dur aussi à
prendre notre bout à nous là-dedans.
Parce que, oui, ce que la commission fait ressortir, ça appartient en
partie au passé, mais c'est à chaque jour que ça se passe quand il est question des conditions de vie. Puis il
y a plusieurs ici de mes confrères et
consoeurs qui ont des communautés autochtones sur leurs territoires. Quand on pense aux conditions de vie, quand on
pense au logement, à la santé et à l'éducation, c'est des
éléments que nous pouvons, aujourd'hui, agir dessus, et, dans ce sens-là, le rapport de
la commission nous interpelle, comme gouvernement provincial, entre autres, à intervenir sur la question
de la surreprésentation des autochtones en milieu carcéral.
Alors,
pour moi, une motion sans préavis, ce n'est pas quelque chose de hasardeux,
c'est quelque chose qu'on s'engage, et je suis très heureuse
que mon nom va être associé à cette motion.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et je cède maintenant la
parole à M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, Mme la Présidente. Le gouvernement du Québec reconnaît le rôle important de la Commission de vérité et réconciliation du Canada
afin de mettre en lumière la vérité sur les pensionnats autochtones.
Pendant
150 ans, ces écoles ont suivi une politique dont l'objectif était d'effacer les langues et cultures
autochtones et de déraciner les
enfants de leurs milieux. Bien sûr, le mot «génocide» est chargé d'histoire et de
tragédie et doit donc être utilisé
avec prudence. Cependant, rappelons que, selon la juge en chef de la Cour
suprême du Canada, Beverley McLachlin, les autochtones ont
été victimes d'un génocide culturel.
Québec a toujours privilégié une approche basée sur le respect et
un dialogue ouvert avec les Premières Nations et les Inuits sur le principe d'une véritable relation de nation à
nation, et j'accueille avec plaisir et intérêt l'appui du chef de l'opposition
officielle sur ce principe de
relation de nation à nation et, bien
sûr, toutes les implications que ce
principe comporte. Plusieurs ententes de collaboration ont été conclues
entre le gouvernement du Québec et les communautés autochtones. Cependant, la
publication de ce rapport nous invite à aller encore plus loin. Nous devons
donc continuer de travailler étroitement
ensemble afin de rebâtir nos relations avec les peuples autochtones, et ce,
pour leur permettre de s'épanouir
pleinement. Le rapport de la commission nous invite maintenant à nous tourner
vers l'avenir, et ce rapport doit guider nos relations futures avec les
Premières Nations et les Inuits.
Concernant
les actions du gouvernement, le rapprochement entre les peuples est au coeur de
notre orientation. Nous nous
assurerons d'établir des relations harmonieuses entre les autochtones et le
gouvernement mais aussi entre les autochtones et la population en
général.
réconciliation passe par l'enseignement approfondi dans nos écoles de
l'histoire des autochtones au Canada. Pour
notre gouvernement, faire connaître les réalités autochtones aux Québécois et
aux Québécoises est la voie à suivre, car
trop souvent c'est dans l'ignorance que naissent les préjugés. Dans ce sens,
nous travaillons en collaboration avec le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
et responsable des Loisirs afin de modifier le curriculum scolaire ou
plutôt d'y ajouter les éléments que je viens de mentionner.
La réconciliation
passe par la nécessité de trouver des solutions qui respectent la culture et
les traditions des Premières Nations et des
Inuits. La réconciliation passe par le bien-être des enfants autochtones,
c'est-à-dire la mise en place de
mesures qui visent une meilleure coordination des services à l'enfance. À cet
égard, la ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux travaille
actuellement avec les Inuits dans le cadre du projet Saqijuq.
réconciliation passe par un développement socioéconomique des différentes
communautés autochtones, telle la réalisation de projets énergétiques
communautaires comme la minicentrale de Val-Jalbert, qui implique les Innus de Mashteuiatsh, le parc éolien en
partenariat avec les Micmacs en Gaspésie et la «Paix des Braves», bien sûr,
avec les Cris.
réconciliation passe par la négociatio