Health and Social Services — 6 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2025-05-06
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon matin à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Santé des crédits budgétaires, du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice
financier 2025‑2026. Une enveloppe de six heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne) est remplacé par M. Marissal
(Rosemont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs, incluant les questions et les réponses.
La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est
alloué, soit vers 18 h 45. Puisque nous avons débuté à
9 h 47 et qu'une période de 2 h 45 doit être consacrée à
l'étude de ces crédits cet avant-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre
nos travaux au-delà de l'heure prévue pour récupérer les quelques minutes?
Consentement? Merci beaucoup.
Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la
parole est à vous.
M. Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Bonjour. Bonjour, tout le
monde. Merci d'être là, M. le ministre, MM.
les députés. Commençons tout de suite, là, parce qu'on est... on a beau avoir
toute la journée, ça semble très peu, étant donné le nombre de dossiers
qu'on a devant nous.
Je vais revenir sur les nouvelles de ce matin
tant pour Maisonneuve-Rosemont que pour l'hôpital à Victoriaville. Dans les dernières semaines, M. le ministre, là, il y a
eu... Dans les dernières semaines, les derniers mois, il y a eu beaucoup de pressions publiques sur
vous, sur votre gouvernement, au sujet de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, depuis que vous avez annoncé le
report des travaux. Vous n'êtes pas sans savoir également qu'il y a une
partielle à Victoriaville qui s'en vient dans les prochaines semaines, les
prochains mois.
Puis
l'impression que ça donne, quand votre gouvernement fait une annonce que...
comme quoi vous avez gratté des fonds de tiroir pour
Maisonneuve-Rosemont, une annonce comme quoi le projet de Victoriaville va être
relancé, l'impression que ça donne, c'est que la CAQ commençait à en prendre
pour son rhume, et que ça devenait de plus en plus
difficile à justifier, le report du projet de Maisonneuve-Rosemont, que ça a
affectait votre formation politique, et que vous deviez avoir, avant
qu'on reprenne les travaux aujourd'hui, une réponse, puis que, puisqu'il y a une
partielle à Victoriaville, vous vouliez envoyer un signal pour que la CAQ soit
prête pour les élections.
Est-ce que...
M. le ministre, est-ce que vous êtes en train de faire de la politique avec des
projets de santé parce qu'il y avait un risque pour votre formation
politique?
Dubé : Bien, peut-être juste avant de vous répondre, M.
le député de Pontiac, que j'apprécie beaucoup parce qu'on travaille
souvent ensemble, je veux juste remercier tout le monde qui est ici
aujourd'hui, là, parce que, pour des crédits
de cette importance-là, il y a non seulement mes collègues députés, mais il y a
les mêmes collègues, là, de la commission qui sont ici, les trois
oppositions, avec qui on travaille souvent. Ça fait que merci d'être là. Je
suis certain que vous allez avoir des bonnes questions pour nous aujourd'hui.
Mais je veux aussi remercier mes collègues députés, mais aussi tout le réseau,
qui est assez bien représenté ici, notamment au niveau du ministère, puis je
vais terminer, mais aussi avec la nouvelle équipe de Santé Québec qui est là ce
matin, avec Mme Biron puis quelques-uns ou quelques-unes de ses collègues
ce matin. Ça fait que je voulais juste les saluer puis les remercier.
En fait, moi,
je n'ai jamais annoncé qu'on reportait. Ce que je me suis fait demander sur
Maisonneuve-Rosemont, c'est : Est-ce que vous avez une date? Puis
j'ai dit : En ce moment, je n'en ai pas, de date. Puis c'est ça qui a
soulevé un tollé énorme il y a quelques
semaines, et c'est... Et je l'ai dit ce matin avant de rentrer en salle, puis
je vais le répéter pour que tous les Québécois l'entendent, on a
augmenté, de façon majeure, les investissements qu'on fait dans nos infrastructures au niveau de l'ensemble du Québec,
donc, les transports, l'éducation, etc., de l'ordre de 19 milliards. On
est passés de 9 à 19 milliards.
Mais, pour la santé, cette
année, le budget qu'on a, pour le PQI, pour l'ensemble de nos projets, c'est 3,6 milliards, et de ce budget-là, qui nous a
été alloué vers la fin février, début mars par le ministère des Infrastructures
et par le Conseil du trésor par le fait même... était de
3,6 milliards, et c'est ce qu'on a transféré à Santé Québec, qui est
maintenant la nouvelle façon de travailler. C'est qu'on se fait donner un
budget, on le discute avec Santé Québec, mais, à un moment donné, un montant
final étranger... est tranché, pardon, pour donner le budget.
Où je salue aujourd'hui... puis vous pouvez dire qu'on fait de la politique avec ça, moi, je
vous dis non, puis je vais vous dire
pourquoi, parce que... Puis on va s'améliorer dans ça parce que j'en ai parlé
beaucoup avec Mme Biron dans les
dernières semaines. Il faut rappeler que Santé Québec, c'est tout
récent, puis moi, je leur ai demandé... j'ai dit : Maintenant que vous savez que vous avez le
3,6 milliards, est-ce que c'est la meilleure utilisation des fonds que
l'on a pour l'ensemble... On a souvent dit, en Chambre, dans les 30... dans les
dernières semaines, il y a 38 projets qui étaient en réalisation qu'il fallait continuer, mais on
n'avait pas assez d'argent pour lancer quelques projets. Vous vous souvenez, on
l'a dit souvent. Et là, grâce au travail qui a été fait non seulement par Santé
Québec, par le bureau du PM, par l'ensemble de nos intervenants, puis, je le
répète, là, Infrastructures, de M. Julien, le bureau du PM... Moi, je suis
très content aujourd'hui d'être capable
d'annoncer ce qu'on a annoncé ce matin et qui va être présenté comme solution
au Conseil des ministres demain.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Fortin :
Oui. Derrière vous, là, vous avez des gens de Maisonneuve-Rosemont qui sont
venus entendre vos réponses aujourd'hui, et je ne sais pas si vous avez entendu
le point de presse qu'ils ont fait avec mes collègues des partis d'opposition
et moi-même aujourd'hui, ils ont qualifié votre annonce, ce matin, là, de
frime. Eux, ce qu'ils veulent... et je pense
que le personnel de Maisonneuve-Rosemont est en droit d'avoir cette
information-là. Les patients de l'est de Montréal et de partout au
Québec qui fréquentent Maisonneuve-Rosemont sont en droit d'avoir cette
information-là. Lorsque les travaux du stationnement vont être complétés,
est-ce que, le lendemain, les travaux de l'hôpital vont pouvoir commencer?
M. Dubé : C'est non. C'est mathématiquement impossible, puis
je vais l'expliquer, et les gens de Maisonneuve-Rosemont le savent.
Soyons très, très clairs, là, puis je vais essayer de vous expliquer ça avec un
dessin très simple, il y a un stationnement,
en ce moment, où il y a plusieurs automobiles de médecins, d'employés et de
patients, qui se stationnent tous les jours,
puis ça, le député de Maisonneuve... de Rosemont le sait très bien, on ne peut
pas commencer la construction de l'hôpital sur un terrain de stationnement où
il y a des automobiles.
M. Dubé : Oui, c'est ça, la
question.
M. Fortin :
Non, ce n'est pas ça, la question.
M. Dubé : Bien, répétez votre question.
M. Fortin : Tout le monde le comprend, là, tout le monde
comprend qu'il y a un stationnement, et que c'est là que va aller
l'hôpital, et qu'on doit refaire un autre stationnement pour ensuite pouvoir
utiliser le stationnement actuel puis créer l'hôpital, construire l'hôpital. Le
jour où le stationnement va être... où les 85 millions vont être utilisés
et le nouveau stationnement va être complété, est-ce que, le lendemain, vous
allez lancer des travaux pour la construction
de l'hôpital? Est-ce que vous avez les fonds pour le lendemain, pour ne pas
qu'il y ait de période, là... qu'on ne soit pas pris à attendre six mois,
un an, deux ans pour lancer les travaux?
M. Dubé : Je suis content que
vous ayez précisé la question parce que ce n'est pas ce que j'ai entendu la première fois. Maintenant, vous me dites :
Quand le stationnement est terminé... Excusez ma voix, là, je n'ai pas beaucoup...
M. Fortin :
Non, ça, je vous le pardonne, ça, il n'y a pas de problème.
M. Dubé : Vous êtes bien
gentil, M. le député. Vous avez des pastilles? O.K., merci.
La journée que le stationnement va être prêt, le
nouveau stationnement qui est juste l'autre côté de la rue, les sommes sont
déjà provisionnées, puis les sommes qui ne sont pas provisionnées vont l'être
parce que la façon dont fonctionne le PQI... Vous le savez, vous avez déjà été
ministre, les règles ont changé avec le Vérificateur général. Il nous demande, pour les projets de 1 milliard
et plus, de prévoir des provisions à chaque année pour que, quand on est prêts à
annoncer qu'on commence, les argents sont là. Ça, c'est des règles du
Vérificateur général qui ont été acceptées par le Trésor.
Alors, à
votre question, la réponse, c'est oui. La minute que le stationnement va être
terminé... et c'est ça que je vais présenter comme solution demain, qui va être
présentée au Conseil des ministres. Quand le stationnement va être terminé, les
sommes vont être là pour qu'on fasse l'entièreté du projet. Est-ce que c'est
clair?
Fortin : C'est quoi, l'argent provisionné, pour la première
année, suivant la construction du stationnement?
M. Dubé : Bien
là, je n'irai pas dans ce détail-là parce que l'enveloppe centrale, c'est une
question qui est gérée par le projet... par
nos gens d'infrastructures. Ce que je vous dis, c'est que l'engagement est très
clair, l'engagement va être là pour commencer les travaux quand le
stationnement est prêt.
Fortin : Mais vous n'êtes pas capable de nous dire combien
d'argent va être nécessaire la première année?
M. Dubé : Bien, écoutez, la première
chose... Vous avez déjà été ministre. La dernière chose qu'on veut dire, c'est
combien d'argent... Quand on va aller en appel d'offres pour dire :
Maintenant, le stationnement est prêt, on est capables
de commencer les travaux, je n'irai pas dire comment qu'on pense que ça va
coûter tant qu'on veut aller en appel d'offres.
Fortin : Non, mais je ne vous demande pas... Je ne vous
demande pas les prix pour l'ensemble du projet, là. Ce n'est pas ça, la
question. Ce qu'on vous demande, c'est l'argent pour la première année. Alors
là, parlez aux gens de Maisonneuve-Rosemont,
là. Aujourd'hui, là, ils vous demandent une date. La date pour le début des
travaux, ça va être quoi? Disons, je
vais commencer comme ça. La date à laquelle vous allez lancer l'appel d'offres,
ça va être quand?
M. Dubé : Bien là, vous voulez aller
dans un niveau de détail, puis je comprends, là, puis c'est correct, mais
laissez-moi vous dire une chose, M. le député, là. On a fait des travaux, au
cours des dernières semaines, pour être capables
d'avoir cette présentation-là au Conseil des ministres demain. L'information a
circulé aujourd'hui, c'est correct, là,
c'était... En tout cas, ce n'était pas ma façon de travailler, mais ça va être
demain que ça va être au Conseil des ministres.
Ce que je vous dis, c'est que, là, on est capables
de lancer des appels d'offres aussitôt qu'on sort du Conseil des ministres, là.
Ça ne prendra pas bien, bien du temps, là. On est capables de lancer un appel
d'offres dans les prochaines semaines pour lancer le stationnement, pour un
appel d'offres pour le stationnement. Est-ce que ça va prendre deux mois pour avoir un résultat d'appel d'offres? Faisons les
travaux correctement. Moi, ce que je dis, c'est que l'échéancier que
j'avais prévu, des travaux préparatoires, donc, le stationnement, pour 2025, on
va le réaliser, puis moi, je veux que ça se fasse cet automne.
M. Fortin : Quand vous avez reporté, là, les travaux, quand vous avez
dit...
M. Dubé : Je n'ai pas reporté les
travaux.
M. Fortin : Quand vous avez dit...
M. Dubé : J'ai dit que je n'avais
pas de date, monsieur. Faites-moi pas dire des choses que je n'ai pas dites.
J'ai dit... Quand on m'a posé la question, on m'a demandé : Avez-vous une
date? J'ai dit : En ce moment, je ne suis pas capable de vous donner une
date. Je n'ai jamais...
Fortin : Vous avez dit que vous n'étiez pas capable de
dire, de confirmer que ce serait lancé avant l'élection. C'est ça que
vous avez dit. Après ça, vous avez dit : Ah! bien là, je vais tout faire
pour le faire dans mon mandat.
M. Dubé : Bien, M. le député, je
vous apprécie beaucoup...
M. Fortin : C'est ça que vous avez dit.
M. Dubé : Vous pouvez me faire dire
des choses, là. Moi, ce que j'ai dit, c'est que je n'étais pas capable de
confirmer une date. C'est ça que j'ai dit, il y a quelques semaines.
Fortin : O.K. Est-ce que vous avez dit que vous n'aviez pas
l'approbation du Conseil des ministres pour aller de l'avant avec le
projet?
M. Dubé : Bien, je ne l'ai pas
encore, je vais l'avoir demain. Je ne l'avais pas encore.
Fortin : Qu'est-ce qui vous fait penser, aujourd'hui, alors
que vous n'étiez pas capable de l'avoir le mois dernier ou il y a deux
mois, l'approbation du Conseil des ministres, que vous allez l'avoir demain?
M. Dubé : Bien, c'est une...
M. Fortin : C'est les mêmes personnes qui siègent autour du Conseil des
ministres, là.
M. Dubé : C'est une très bonne
question. Je viens de vous dire qu'on a passé plusieurs semaines à retourner toutes les pierres de tous les 38 projets, de
toute la façon dont on fait le PQI, de la façon dont on travaille. Moi, je vous
le dis, là, les gens qui sont là, à
Santé Québec, là, puis ils ne sont pas tous là parce qu'il y a bien des gens
qui ont travaillé là-dessus, ils nous
sont arrivés avec de très, très bonnes solutions. Moi, je suis très content
d'avoir ces gens-là avec nous aujourd'hui.
M. Fortin : C'est les
gens de Santé Québec qui ont trouvé la solution pour le 85 millions?
M. Dubé : Bien,
entre autres, entre autres.
Fortin : O.K. Alors, peut-être...
M. Dubé : Puis
c'est pour ça que je suis content d'avoir des gens qui arrivent avec un esprit
innovant, qui regardent les différents dossiers puis qui nous disent : Bien,
on est capables maintenant, avec cette enveloppe-là de 3,6 milliards, de
faire ce qu'on vous annonce demain.
Fortin : Peut-être que vous pouvez nous
dire, M. le ministre, là... parce que ce qu'on comprend, c'est que l'enveloppe, elle ne change pas, que
vous avez identifié... pour trouver le 85 millions, là, vous avez trouvé
des projets qui coûtent moins cher que prévu. Pouvez-vous nous dire
lesquels?
M. Dubé : Je
ne vous dirai pas ça aujourd'hui, là. Je ne vous dirai pas des choses que je
vais dire au Conseil des ministres demain.
Vous allez comprendre, puis je le répète, M. le député, là, je vous apprécie
beaucoup, vous avez été ministre. Je n'irai pas donner
du détail qui n'est même pas encore connu du Conseil des ministres... demain.
Fortin : Mais est-ce que ce sont des
projets en santé ou ce sont des projets dans d'autres domaines?
M. Dubé : Non,
non, on reste à l'intérieur du 3,6 milliards de la santé.
Fortin : Donc, vous avez trouvé des
projets en santé. Ce n'est pas des projets en éducation, en culture, en
transport, là, qui coûtent moins cher que prévu. C'est en santé.
M. Dubé :
Pas du tout, pas du tout. En santé.
M. Fortin : Et
là vous n'êtes pas... Il me semble, un ministre, d'habitude, là, devrait
s'étirer les bretelles loin, là, pour
se féliciter d'avoir des projets qui coûtent moins cher que prévu. J'ai de la
misère à comprendre pourquoi vous ne voulez pas vous avancer sur quels
projets coûtent moins cher que prévu en ce moment.
M. Dubé : Pas
sûr que vous avez le bon ministre pour dire qu'il se pète les bretelles, là.
Alors, non, je n'embarquerai pas dans ce jeu-là, M. le député.
Fortin : O.K. Est-ce que vous avez...
M. Dubé : Je
suis content du travail... Je suis vraiment content du travail qui a été fait
par toutes les équipes. Est-ce que j'aurais
aimé ça que ça se fasse plus tôt? La réponse, c'est oui. Tout le monde aurait
aimé ça que ça se fasse plus tôt.
M. Fortin : Est-ce
que vous allez nous dire ça après l'approbation du Conseil des ministres, quels projets coûtent moins cher, d'où
vient ce 85 millions là?
M. Dubé : Je
verrai à quel niveau de détail, parce que je veux juste bien faire réaliser
qu'on va s'en aller en appel d'offres pour
un stationnement. Il y a une foule de choses, puis vous le savez, M. le député,
là, je vous parle de choses qui sont très délicates en ce moment. Moi,
je suis très confortable avec l'approche qu'on a en ce moment.
Fortin : Vous avez... Du moins, là, je me
fie au... je me fie à l'article de La Presse ce matin, parce
que je ne vous ai pas entendu vous prononcer
là-dessus encore, là, peut-être ça va venir dans nos échanges, on aurait identifié
un problème de planification des projets au PQI pour dire qu'on peut trouver
l'argent supplémentaire en ce moment. Qu'est-ce que ça veut dire, ça, on avait
des problèmes de planification des projets au PQI?
M. Dubé : Je vous avoue que je n'ai pas vu cette... je n'ai
pas vu ça. Ce matin, j'ai fait d'autre chose, là, que... mais je n'ai pas vu
l'article... J'ai vu l'article dont vous... Vous parlez de l'article de
Mme Lévesque, Fanny Lévesque?
M. Dubé : Je
n'ai pas vu cette information-là.
M. Fortin : O.K.
Bien, c'est correct, on est ici toute la journée. Vous pourrez nous revenir
tantôt, si vous voulez, puis nous dire...
M. Dubé : Je
la regarderai, mais...
M. Fortin : ...c'était quoi, un problème de planification des projets au PQI. Parce
que je vous le dis gentiment, là, mais votre gouvernement nous dit,
depuis qu'il est élu : On est un gouvernement de comptables, on sait
comment regarder les colonnes des chiffres. Alors, problème de planification
des projets pour lesquels on a fait... on a repoussé des projets, on a retardé
des projets, on a arrêté des projets en construction, on a envoyé des signaux
mixtes à à peu près toutes les régions du Québec sur leurs projets, je ne peux
pas croire que ça découle simplement d'un problème de planification.
M. Dubé : Moi,
je ne vois pas... Bien, premièrement, comme je vous dis, là, je n'ai pas lu en
détail tous les articles qui sont sur la santé ce matin, là, pour être honnête
avec vous, là, mais il n'y a pas d'enjeu de planification.
M. Dubé : Ce
que j'ai dit tantôt, qui est, je pense, très important, M. le député, puis je
vais le rappeler, là : l'arrivée de Santé Québec est un bel exemple de
pouvoir changer les choses puis faire les choses autrement. Ils se sont fait
donner un budget de PQI de 3,6 milliards. Je leur ai demandé de regarder
ça en détail, de retourner toutes les pierres puis qu'ils nous arrivent avec
ces solutions-là qu'on va présenter demain. Moi, je l'apprécie énormément.
Alors, quand vous me demandez est-ce que je suis content de Santé Québec, la
réponse, là, j'en ai un bel exemple aujourd'hui, là.
M. Fortin : O.K.
Victoriaville, là, ça, c'est l'autre aspect de votre annonce ce matin, là.
L'hôpital de Victoriaville, je pense, tout le monde va être content que
les travaux reprennent.
M. Dubé : ...vous
êtes content, vous?
Fortin : Bien, tout le monde est content
que les travaux reprennent à l'hôpital de Victoriaville...
M. Dubé : O.K.
Bien, moi aussi, moi aussi, moi aussi.
Fortin : ...mais on veut savoir sur quels
critères vous vous basez pour reprendre ces travaux-là. Parce que, à ce que je sache, là, il y en a quatre, des
travaux, dans le grand monde de Santé Québec, là. Il y en a quatre, des projets
d'infrastructure qui sont en réalisation, qui se sont fait dire : Holà! On
n'a pas les sommes nécessaires pour aller de l'avant. Sur quels critères vous
vous basez pour que ce soit Victoriaville qui reprenne?
M. Dubé : Bien, ça, je voudrais vous revenir, parce que je
vais vérifier, comme vous dites, durant la journée, là, parce que...
Excusez-moi, j'ai pris un bonbon pour mes cordes vocales, là.
M. Fortin : Vous
pouvez prendre autant de bonbons... autant de petits caramels que vous voulez
aujourd'hui, il n'y a pas de problème.
M. Dubé : Non,
ce n'est pas bon, les caramels. Ce n'est pas bon, les caramels. Là, j'ai pris
une pastille, excusez-moi, ce n'est pas poli, là.
grand principe que j'ai expliqué en Chambre, puis vous êtes là, vous êtes là à
tous les jours, M. le député, là, ce que j'ai expliqué en Chambre, c'est
qu'à la limite de 3,6 milliards qu'on avait cette année... puis les gens
savent que c'est pour des raisons budgétaires, puis le PQI, et toute la
question de... les agences de crédit qui allaient donner leur opinion. À 3,6 milliards, ce qu'on
voulait faire, c'était au maximum faire tous les projets qui étaient en
réalisation. On ne voulait pas
arrêter des constructions, O.K. C'est ce qui faisait qu'on n'avait pas d'argent
pour construire... pour lancer des nouveaux projets.
Là, vous me demandez,
Arthabaska, moi, ce que j'ai compris, puis c'est comme ça qu'on a discuté au
cours des dernières semaines avec le ministère puis Santé Québec, Arthabaska,
c'est un de ceux... je ne sais plus il y en a combien, je pourrais...
M. Dubé : ...il y en a quatre, qui était important parce
qu'il était déjà avancé dans sa construction. Pour les autres, là, je ne
pourrais pas commenter maintenant.
Fortin : Est-ce que les quatre vont
reprendre?
M. Dubé :
En ce moment, je ne le sais pas. Dépendamment de ce que je vais me faire
autoriser demain au Conseil des ministres,
je pourrai vous revenir. Moi, je vous dis, puis merci pour la question, ce
matin, avec l'information qui est sortie au Conseil des ministres,
demain, je ne vais pas uniquement pour Maisonneuve-Rosemont, je vais pour des projets en réalisation, dont Arthabaska et les
autres projets qui étaient en planification. Parce que, quand ils sont en planification, et c'était ça qui était un peu la
décision : Est-ce qu'on arrête les bureaux de projets, hein, vous comprenez
ça... on arrête les bureaux de projets?
Nous, on dit : Non, aujourd'hui, continuons dans les bureaux de projets
pour qu'on soit capables d'être prêts quand l'argent est disponible.
M. Fortin : O.K. Mais
le premier projet, là, en réalisation, que vous voulez reprendre, c'est
Arthabaska.
M. Dubé : Oui,
parce que ce qu'on me dit...
Fortin : O.K. Mais là...
M. Dubé : ...ce
qu'on me dit, basé sur les discussions que j'ai eues avec toutes les personnes
que j'ai nommées, là, qui ont travaillé là-dessus depuis des semaines,
Arthabaska est celui qui est le plus avancé.
Fortin : Mais le critère sur lequel vous
vous basez, c'est l'état d'avancement?
M. Dubé : Bien, je vous dirais que c'en est un. C'en est un.
C'est les dollars disponibles. Il y a une foule de critères.
Fortin : Ce n'est pas les critères électoraux, ce n'est pas
parce que c'est le seul où il y a une partielle qui s'en vient dans les
prochains mois.
M. Dubé : M.
le député, je vous ai répondu ça souvent en Chambre, s'il fallait que
j'investisse uniquement dans les comtés où on est, bien, il y aurait bien des
projets, puis je les ai nommés...
M. Fortin : Bien,
c'est le premier ministre qui l'a dit la semaine dernière. Ça, c'est votre...
Vous l'avez entendu, le premier ministre, il a dit : Nous, on n'est
pas un parti de Montréal, en parlant de Maisonneuve-Rosemont.
M. Dubé : Ça
n'a rien à voir avec les comtés, ça. Ce que je vous dis, M. le député,
soyons très clairs, là, on a des projets, je l'ai dit... Est-ce que le fait
qu'on mette de l'argent en ce moment dans Santa Cabrini, qui est à moins de 10 kilomètres de HMR, fait que c'est un
projet qu'on fait pour des raisons politiques? C'est dans le comté du député de Rosemont. S'il vous plaît, changez de discours
là-dessus, M. le député. On ne fait aucun projet d'hôpital pour des raisons politiques.
Il y avait un système, un réseau qui manquait d'argent, on est en train de
faire ce que les gouvernements précédents, dont le vôtre, n'ont jamais fait.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Provençal)
: Nous en
serions maintenant à la deuxième opposition. Donc, M. le député de Rosemont, je
vous cède la parole.
M. Marissal :
Merci. Combien de temps j'ai, M. le Président?
Le Président (M.
Provençal)
: Vous
avez 13 min 3 s.
M. Marissal :
O.K. Merci. Bonjour, M. le
Président. Content de vous revoir. Bonjour, M. le ministre, votre équipe. Un
salut, bonjour à l'équipe de Santé Québec, dont c'est la première ici. Pas de
pression, mais Michael Sabia a l'habitude de
dire que les crédits, c'est comme le barbecue du printemps. On va faire ça
quand même correctement et dans l'ordre.
Mais je suis content de vous voir parce qu'on a beaucoup de questions, beaucoup
de questions sur l'arrivée de Santé Québec, mais, pour le moment, on va
continuer sur l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
M. le ministre, je
vais poursuivre là où mon collègue de Pontiac a arrêté. Je vais vous le dire
comme je l'ai dit ce matin en point de
presse puis comme je vous l'ai déjà dit, je suis transparent là-dessus, là, je
ne vous surprendrai pas, puis comme tous les gens derrière vous l'ont
dit, là, on ne se fera pas passer un stationnement pour un hôpital.
je veux être très, très clair, là, puis comme on n'a pas beaucoup de temps, je
vais le dire sans gants blancs, là. Moi, j'ai vu neiger, j'ai joué dans
ce film-là. Depuis six ans et demi que je suis député, là, je vois l'état de
cet hôpital-là. Je considère l'héroïsme avec
lequel les gens travaillent dans cet hôpital-là, puis malheureusement l'orage
de la semaine dernière nous a donné une démonstration presque fictive...
presque fictionnelle.
Alors, le
stationnement, oui, c'est bon, on en a besoin. Puis je connais bien les lieux,
là, je connais très, très bien les lieux,
c'est vrai qu'il faut déplacer le stationnement, puis il y a même un autre
stationnement d'appoint ailleurs. Je comprends ça. C'est déjà assez
compliqué d'aller dans ce coin-là, s'il faut se stationner à deux kilomètres,
on va perdre du monde. Je comprends
l'histoire du stationnement, mais un stationnement, c'est un stationnement. On
ne soignera personne dans le stationnement.
S'il est vrai que
c'est la première pièce du casse-tête, est-ce que vous pouvez nous garantir
qu'à partir du moment où le stationnement
est complété, ou à peu près complété, parce qu'on peut faire deux choses en
même temps, là, que les pépines ne
vont pas arrêter, elles vont traverser le boulevard Rosemont puis elles vont
aller faire le travail l'autre côté?
Pas arrêter les pépines en attendant les prochaines élections, ce qui est un
air connu et un scénario malheureusement connu dans l'est de Montréal et avec HMR, puis là on va perdre encore
deux, trois ans, puis il y a un nouveau gouvernement qui va arriver avec
des nouveaux plans. Autrement dit, là, on n'arrête pas le moteur des pépines,
elles font juste traverser le boulevard,
puis on creuse pour faire la tour de 720 lits. Ça peut se faire, ça, dans
un geste continu. Est-ce que vous vous engagez à ça?
M. Dubé : Bien, c'est exactement la
stratégie qui va être présentée au Conseil des ministres demain. J'ai répondu
tout à l'heure à votre collègue député de Pontiac. C'est exactement la
stratégie qui va être proposée. Quand le stationnement est prêt, c'est une
acceptation d'ensemble qui va être votée demain au Conseil des ministres.
Marissal : Avec le budget.
M. Dubé :
Avec le budget.
M. Marissal :
O.K. Parce que, là aussi, j'ai vu neiger, là, en septembre...
M. Dubé :
On est dans le même Québec, vous et moi, on a vu neiger.
M. Marissal :
Oui, puis c'est la fin de l'hiver, alors on a vu beaucoup neiger. En
septembre...
M. Dubé : Oui,
même au mois de mai.
M. Marissal :
En septembre 2023, là, quand
on a fait l'annonce, vous avez fait l'annonce, là, vous n'aviez pas voulu vous
engager sur le prix total de l'hôpital. À la limite, je peux comprendre, là,
même si on peut... on est capable de
faire une règle de trois, notamment avec ce qui s'est fait ailleurs, à
Vaudreuil et ailleurs. Vous aviez dit, grosso modo, la coquille, c'est
2 milliards. Après ça, il faut meubler la coquille, là, puis on ne fait
pas ça avec des chaises IKEA, évidemment,
là, ça prend du matériel de pointe, et tout ça. Vous aviez dit
2 milliards, là, généralement. Ça, c'était il y a un an et demi, ça
fait que ce n'est plus 2 milliards, là, mais mettons, là.
ce qu'on comprend ces jours-ci, c'est que vous n'aviez pas l'aval du Conseil
des ministres. Avez-vous juste comme
lancé les dés en vous disant, comme Kevin Costner : Si je le construis,
ils vont venir, vous n'aviez pas l'assurance d'avoir l'argent, vous avez juste
lancé ça de même? Il me semble, je vous connais mieux que ça, je ne peux pas croire
que vous avez fait ça. Mais ce que vous nous dites, c'est que vous n'aviez pas
l'aval du Conseil des ministres.
M. Dubé : Alors, M. le député, là, je peux faire longuement
le procès du passé, mais je vais vous dire une chose : les règles
du Trésor puis du PQI ont évolué dans les dernières années. Lorsqu'on prend un
projet, qu'il soit de 3, 4 ou 5 milliards, puis je ne mettrai pas de
chiffres sur la table aujourd'hui... Vous pouvez vous y prendre de plusieurs
façons, je ne vous mettrai pas de chiffres sur la table aujourd'hui. Mais ce
que je veux vous dire, c'est que quand on obtient...
puis on est en discussion avec le Conseil des ministres pour des projets, puis
je n'aurais pas fait les annonces que j'ai faites si je n'avais pas une
confiance qu'on s'en allait dans la bonne direction.
Mais il y a une chose
que je vais vous dire : Quand il arrive des projets ailleurs dans le
réseau de nos infrastructures... puis je
vous donne juste un exemple, là, d'un pont qui tombe, le pont de
l'Île-aux-Tourtes, où il a fallu mettre des milliards, ou il y a un
tunnel qui commence à couler, comme le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine
qui va coûter presque 3 milliards à rénover. Tous ces projets-là, là,
rentrent dans le PQI, et on doit en tenir compte parce qu'il y a une capacité maximale de payer. Et ça, malheureusement, là, je
ne veux pas faire de politique, mais vous le savez, on n'a pas le choix, à ce moment-là, de faire ces
investissements-là qui arrivent. Puis, à un moment donné, le président
du Conseil du trésor ou la présidente du Conseil du trésor, le ministre qui est
responsable des Infrastructures, il dit : Aïe! les amis, là, je n'en ai
plus, d'argent, là, parce qu'on a eu tellement de choses qui sont arrivées.
Alors, aujourd'hui,
quand on m'a dit que j'avais une enveloppe de 3,6 milliards, j'ai
dit : Maintenant... parce que tout le monde le sait que HMR, c'est urgent,
eux autres le savent, moi, je le sais, puis on essaie de trouver des solutions. Alors, aujourd'hui, je ne peux pas
juste vous dire d'autre chose que : Est-ce que je suis content que c'est
allé assez vite? Non, mais je suis satisfait qu'on ait trouvé une solution.
Puis demain, quand j'aurai l'autorisation complète du Conseil des
ministres qui, lui, sait dans quel ordre il faut faire les travaux, dans quel
séquencement, que je viens d'expliquer,
excusez-moi si ça a été long de faire le tour du stationnement, mais vous
comprenez, parce que vous l'avez vu, vous le connaissez, le site,
vous-même, c'est très clair, les étapes sont claires, puis on va les suivre.
M. Marissal :
L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, là, je pense que c'est à la Santé ce que le
pont de l'Île-aux-Tourtes est aux
Transports. Pourtant, vous avez agi très, très rapidement pour le pont de
l'Île-aux-Tourtes, mais on pourrait débattre de ça, mais vous avez agi
quand même pas mal plus rapidement que pour HMR. Le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui est un lien
d'ailleurs vers l'est de Montréal, oui, il est en très, très, très mauvais
état. Il fallait faire vite, mais, dans le grand ordre des priorités,
là, si vous êtes en train de me dire que ça coulait puis qu'il fallait faire vite dans le tunnel
Louis-Hippolyte-La Fontaine, vous avez vu l'état de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, puis
on est là encore, trois ans plus tard après votre première annonce, à débattre
de comment ça va se faire puis si ça se fait.
M. Dubé : Ce n'est pas... M. le député, je m'excuse, là, je
vais être très zen avec vous ce matin, là, ce n'est pas si ça va se
faire, ça va se faire.
M. Marissal :
Ça, je l'ai déjà entendu.
M. Dubé : O.K.
Parfait. Bien, moi, je vous le dis aujourd'hui puis je suis au Conseil des
ministres avec ça demain. Voilà. Je ne peux pas être plus clair que ça, là.
M. Marissal :
Oui, mais le problème que moi,
j'ai, là, puis je pense que je parle pour les gens qui sont derrière vous,
là, c'est qu'on vous a cru en septembre 2023.
M. Dubé : Oui. Et je vous dis qu'il
est arrivé...
M. Marissal : Puis
la bonne foi se présume... la bonne foi se présume, mais vous n'aviez pas de
plan. Vous n'aviez pas de plan. Vous avez lancé les dés pour 2 milliards
de dollars. On a perdu deux ans de plus. Alors, parlons donc de la suite...
M. Dubé : M. le député...
M. Marissal : Je comprends...
Dubé : Mais, M. le député, je veux juste dire une
chose : En septembre 2023, là, ce que j'ai dit, là, c'est que
les travaux allaient débuter en 2025.
M. Marissal : 2024. Vous êtes cité
par Patrice Roy, là, ça tourne en boucle depuis trois jours, là.
M. Dubé : O.K., parfait.
M. Marissal : C'est 2024.
Dubé : Alors, moi, je vous dis ce que moi, j'ai dit. Puis
ce que je vous dis, c'est que cette année, comme prévu, on va commencer
les travaux en 2025 comme prévu.
M. Marissal : Oui, mais la semaine
dernière, vous disiez le contraire.
M. Dubé : O.K., parfait. C'est bon.
M. Marissal : La bonne foi se
présume, mais je ne suis pas totalement naïf non plus, là.
M. Dubé : Qu'est-ce qui est
important, M. le député, aujourd'hui, là?
M. Marissal : C'est qu'on ait un
plan avec un échéancier puis un budget total. Est-ce que c'est à ça que vous
vous engagez?
M. Dubé : Oui, je l'ai dit tout à
l'heure au député de Pontiac, je vous le redis à vous, c'est ça, la stratégie
qui va être présentée au Conseil des
ministres demain. Je ne peux pas vous le dire plus clairement que ça, là, c'est
ça qui va être présenté demain.
M. Marissal : O.K. Puis dites-moi
donc pourquoi ça a pris la catastrophe de mardi passé pour en arriver là.
Dubé : Si vous pensez que c'est la catastrophe qui a fait
débloquer tout ça, vous vous trompez. On travaille là-dessus depuis des
semaines, depuis des semaines.
M. Marissal : Des années, je dirais,
oui.
M. Dubé : Non, non, mais depuis...
Non, non, ne jouons pas sur les mots, M. le député, je vous dis depuis...
M. Marissal : Vous l'avez annoncé en
M. Dubé : Oui, puis le
Dr Barrette l'a annoncé en...
Marissal : Votre prédécesseure, Mme McCann, m'a dit, en
2018 : Ne posez plus de questions, c'est réglé.
M. Dubé : Non, non, mais le
Dr Barrette l'a annoncé en 2018, le Dr Bolduc...
Le Président (M. Provençal)
: J'aimerais ça que chaque... quand une
personne pose la question qu'on lui permette
de finaliser sa question et, la même chose, qu'on permette de finaliser la
réponse, s'il vous plaît, parce que, là, ça devient cacophonique.
Dubé : Merci. Alors, le Dr Bolduc l'a aussi promis
en 2015, Barrette l'a promis en 2018. Alors, aujourd'hui, nous, on va le
réaliser, puis c'est ça, la bonne nouvelle, aujourd'hui.
Marissal : O.K. J'accepte, là, mettons que c'est vrai, là,
puis que ça roule, on en a pour au moins huit, neuf, voire 10 ans.
Le premier ministre, il a dit, la semaine dernière, en Chambre, je crois que
c'était une question de mon collègue de
Pontiac : Les écureuils, puis tout ça, c'est réglé. Je trouve qu'il
s'avance un petit peu vite, là, parce qu'on est à une chauve-souris de
dire le contraire, là. O.K., mais mettons que les écureuils, c'est réglé... je
ne pense pas, là, mais mettons. Il a aussi dit : Il reste des problèmes
mineurs qu'on est en train de régler, des problèmes mineurs. Ça coule de partout. Il fait
38 degrés en haut, dans les étages. Il y a de l'eau qui s'infiltre dans
les murs. Les fenêtres éclatent. Je peux
continuer, là, si vous voulez, là. Est-ce que vraiment vous êtes d'accord avec
le premier ministre quand il dit qu'il reste des problèmes mineurs qu'on
est en train de régler?
M. Dubé : Je pense que les gens qui ont vu, entre autres,
les images au niveau, je dirais, de l'état de salubrité, là... parce que je les
ai vues, moi aussi, puis, comme vous le savez, je suis allé souvent à
Maisonneuve-Rosemont dans les dernières années. Il y a une chose que
moi, j'ai demandé à Santé Québec, là, puis on va le voir, on va s'assurer que ces éléments-là, je vais les appeler de
salubrité... après ça, on parlera des enjeux mineurs, s'il y en a. C'est
vraiment une question de salubrité qui doit être dans tous nos hôpitaux,
incluant HMR, parce qu'on a... puis je sais que... peut-être que vous n'aimez pas la réponse, mais notre
réseau, il est vraiment dans un état difficile dans plusieurs de nos hôpitaux
au Québec, plusieurs. Donc, le problème de
HMR, lorsque vous me dites que des écureuils... à rentrer, réussissent à
rentrer, on ne l'a pas juste à HMR.
Alors,
moi, ce que j'ai demandé à Santé Québec, c'est : On peut-tu s'assurer que
cet élément-là, là, de salubrité, est
remis comme priorité? On a 1 milliard... Une des raisons pour laquelle on
a un budget de 3,6 milliards, on a 1 milliard en maintien d'actif.
Puis ce que j'ai dit à Santé Québec : Assurez-vous qu'à l'intérieur de cet
argent-là on n'ait plus d'enjeu de
salubrité. Et ça, encore une fois, quand je dis Santé Québec est là pour être
dans le détail des opérations, c'en est un, exemple, ça. Bon,
maintenant...
M. Marissal :
Les ascenseurs, là, qui tombent en panne avec du monde en réanimation
dedans, c'est-tu un problème de salubrité, ça?
M. Dubé : Non,
je vous ai parlé...
M. Marissal :
O.K. Mais il me reste 45 secondes. Le plan de contingence, est-ce que
vous allez en proposer un aussi à vos
collègues du Conseil des ministres pour être capable de maintenir cet
hôpital-là en fonction, considérant son état, jusqu'à ce qu'on ait un
nouvel hôpital, un vrai plan de contingence avec de l'argent?
M. Dubé : Bien,
c'est exactement ça, mon point, monsieur... Je suis content de la question.
J'aimerais ça avoir moins que
1 milliard en maintien d'actifs. Ça voudrait dire que mes actifs seraient
en bon état puis que je pourrais faire des nouveaux projets. Parce que
l'état est lamentable en ce moment, j'ai besoin de 1 milliard d'actif...
1 milliard de dépenses en maintien
d'actif, pardon, donc c'est pour faire des choses comme ça, pour s'assurer que
ça n'arrive plus, et c'est ce qu'on va faire. J'ai parlé de la fameuse
chambre 804, plusieurs fois en Chambre, vous vous souvenez de ça. C'est la
même chose, j'ai ce problème-là à bien des endroits, puis on a
mis 1 milliard cette année pour être capable de régler ces
problèmes-là.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Merci beaucoup, M. le
ministre. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, prenez la suite.
M. Arseneau : Merci, M. le Président. Je vais prendre la suite,
effectivement, on va continuer sur la même thématique, vous ne serez pas surpris. M. le
ministre, je vous salue, vos équipes également, les représentants de
Santé Québec.
L'enveloppe centrale
du PQI est dotée d'un montant de 15 milliards de dollars réservé pour la
contribution financière à des projets
majeurs qui seraient priorisés par le Conseil du trésor, par le Conseil des
ministres. Hier, dans le reportage
d'Alain Laforest, on apprenait qu'il y aurait de l'argent pour HMR dans ce
fonds-là, mais pour les années 5 et les suivantes. Est-ce que, lorsque vous parlez de prioriser HMR et avec
la décision de demain, est-ce que c'est à même l'enveloppe centrale
qu'on va chercher cet argent-là?
M. Dubé :
Oui, bien, c'est ce que j'ai expliqué tout à l'heure, puis je vais le
réexpliquer, parce que les règles du PQI
sont intéressantes, sont complexes, mais elles sont importantes à respecter. Un
PQI qu'on a augmenté cette année, encore
une fois, à 163 milliards, c'est sur 10 ans. Quelqu'un pourrait faire
le calcul de dire : Bien, 163 milliards sur 10 ans, c'est
16 milliards par année, hein? Mais ce n'est pas ça, la réalité.
La réalité, c'est
qu'on a beaucoup de rattrapage à faire. On a eu des explosions de coûts, durant
la pandémie, pour une foule de raisons. En
ce moment, ce qu'on a réussi à faire, puis même ça nous a causé des difficultés
avec une des agences, c'est que notre PQI, pour les trois premières années,
donc l'année en cours et les deux années suivantes... sont à 19 milliards. Et c'est ça que mon
collègue le ministre Julien a fait, il les a fait passer de 17... 16
ou 17 milliards à 19.
Pendant qu'on fait
ces provisions-là... puis là on dit, là : On est au bouchon à
19 milliards, on ne peut pas aller plus
que ça, puis dont le 3,6 milliards qui est en santé, dans ce 19 là, ça va?
À chaque année, on prend de l'argent puis on dit : Quand je vais être prêt
à construire, qui était la question du député de Pontiac tantôt, quand je vais
être prêt à construire, est-ce qu'il va y avoir l'argent nécessaire?
M. Arseneau :
Bien, c'est ça, la question, parce qu'il faut équilibrer le temps de questions
et de réponses, là. Est-ce que l'argent est
provisionné, pour les 10 prochaines années, à HMR dans la proposition que
vous faites demain au Conseil des ministres?
M. Dubé : Il y en a une grande
partie qui l'est puis il y
en a une
partie qui ne l'est pas encore, parce qu'il nous reste quelques
années, pendant qu'on fait le stationnement, pour être certain que la provision
est suffisante et que le Vérificateur
général, quand il fait ses analyses, dit : O.K., vous annoncez qu'on
commence à travailler, bien, c'est exactement... la provision est là, et
c'est exactement ce qu'on va présenter au Conseil des ministres demain.
M. Arseneau :
Bien, alors, s'il y a des années qui ne sont pas provisionnées, qu'est-ce qui
nous garantit aujourd'hui que l'annonce ne
va pas résulter en un bris d'investissement du projet, comme on l'a vu,
justement, dans un projet en réalisation à... Ah! mon Dieu, c'est dans
Arthabaska, à Victoriaville, où on a dépensé, avant 2025‑2026, 43,4 millions, et cette année, il n'y a rien
qui est provisionné, puis ensuite on revient avec 308 millions pour les
années suivantes. Qu'est-ce qui nous
garantit qu'il n'y aura pas de pause dans l'élaboration et la réalisation du
projet de HMR?
M. Dubé : Bien, c'est exactement ce que j'ai clarifié tout
à l'heure, là, qu'un des projets qu'on avait à corriger, c'était
Arthabaska, parce que les travaux étaient commencés. C'est ce que j'ai expliqué
tout à l'heure. Alors donc, pour revenir à
HMR, il y a une obligation pour les Infrastructures, pour le groupe de
M. Julien, de s'assurer que dans les... Puis c'est ça que le
Vérificateur général fait à chaque année, il dit : Vous avez un projet majeur
qui s'en vient, qui est dans le PQI, qui a
été annoncé, assurez-vous que vous prenez une provision suffisante pour que,
lorsque l'annonce va se faire, les argents sont là. Et c'est exactement
ce qu'ils font.
M. Arseneau :
Donc, pour l'année... Les 85 millions sont trouvés cette année pour le
stationnement. Pour l'année suivante, on nous parle de 300 millions.
M. Arseneau :
C'est attaché ou ce n'est pas attaché?
M. Dubé :
Bien, c'est attaché, c'est provisionné dans le PQI. Je vous dis...
M. Arseneau :
Bien, pas encore. Ce le sera demain, à partir de la décision du Conseil des
ministres, c'est ça?
M. Dubé : Je vous dis, puis je le répète pour que tout le
monde comprenne, c'est des règles qu'on doit suivre du Conseil du trésor. Maintenant, les
infrastructures, pour le PQI, c'est de s'assurer que, quand les projets peuvent
commencer, que toutes les provisions sont là, et c'est ce qu'on s'assure
de faire pour HMR.
M. Arseneau :
O.K. Alors, si les règles sont aussi claires et limpides que ce que vous venez
de nous exposer, je vais faire une petite
parenthèse sur Victoriaville. Comment expliquez-vous que, dans le PQI que vous
avez déposé en mars, nous n'ayons pas d'argent pour la poursuite des
travaux d'agrandissement et de réaménagement de l'hôpital de Victoriaville,
l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska? Sur quels critères le gouvernement a-t-il décidé de
sauter une année si, aujourd'hui, on nous dit qu'il n'y aura pas ce même...
cette même approche-là avec HMR?
M. Dubé : Je pense que, dans le cas d'Arthabaska, il y avait
des enjeux. Puis c'est pour ça que j'ai dit tout à l'heure au député que
je vais revenir sur les quatre qui étaient en réalisation, parce que je
comprends... puis là j'y vais de mémoire, mais j'aimerais mieux vous donner une
réponse plus exacte, mais on avait aussi trois maisons des aînés. Comme on a réalisé... Je pense que, sur les quatre
projets, là, il y avait Arthabaska puis il y avait trois maisons des aînés.
Ma collègue la ministre Bélanger a fait beaucoup, beaucoup d'annonces et
beaucoup de réalisations, là. Je suis très content pour elle. Ça fait que je ne
me souviens pas c'est quoi, les critères, exactement, qui ont été faits, mais
ce que je vous dis aujourd'hui, c'est qu'on ne parle pas du tout de la même
chose lorsqu'on parle d'un projet comme une maison des aînés.
M. Arseneau :
Ce qu'on comprend de votre réponse, c'est qu'il y avait beaucoup de projets
dans la région, des maisons des aînés, l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, puis on a
décidé de suspendre Arthabaska pour une année, parce que ça faisait beaucoup
dans la même région. C'est ça? Ce qu'on pourrait aussi faire à Montréal, ce
qu'on pourrait faire ailleurs, si je comprends bien, même si le projet est
prêt.
M. Dubé : Non,
non, non. Là, vous me faites dire des...
M. Arseneau :
Bien, en fait, je vais poser ma question plus...
M. Dubé : ...vous
me faites dire des choses que je n'ai jamais dites, là.
M. Arseneau :
Non, O.K., mais je vais poser ma
question. Qu'est-ce... Que veut dire maintenant l'inscription d'un projet au
PQI si, qu'il soit en réalisation ou en planification, on peut accorder des
budgets ou ne pas les accorder, donc les mettre sur pause, comme ça a
été le cas pour l'hôpital Hôtel-Dieu d'Arthabaska? Qu'est-ce que ça veut dire,
maintenant, l'inscription au PQI, si on joue avec ces catégories-là?
Dubé : Bien, je pense que... M. le député, il n'y a rien qui est
changé. Je vous dis, on respecte les règles du Trésor. Dans le cas
d'Arthabaska, je voudrais creuser durant la journée, mais vous m'avez
dit : On va revenir...
M. Arseneau :
Mais on va y revenir, si vous voulez.
M. Dubé : On
reviendra, je n'ai pas de problème. Je n'ai pas de problème.
M. Arseneau :
Si vous voulez. Donc, ce qu'on comprend, c'est qu'à l'heure actuelle le
plafond fixé à 3,6 milliards $
pour des infrastructures en santé, même avec la proposition que vous allez
déposer demain au Conseil des ministres, il ne varie pas.
M. Arseneau :
Donc, ce qu'on va faire, c'est ce
que le premier ministre et vous-même nous demandiez de faire, cet
exercice-là, à savoir : Quels projets voulez-vous couper si vous voulez
nous convaincre d'investir dans l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont?
Donc, vous avez fait cet exercice-là, qui vous appartient, en tout respect,
donc on va couper ailleurs pour mettre de l'argent dans ce
stationnement.
M. Dubé : Moi,
j'aimerais mieux utiliser l'expression qu'on va «gérer autrement».
M. Arseneau :
Est-ce que vous allez nous
annoncer quels sont les projets qui seront affectés par le déplacement
de sommes?
M. Dubé : Bien là, je vois que vous avez changé de mot, vous
parlez... «affectés», là, ce que je vous dis, c'est qu'on va respecter
l'enveloppe. Moi, je pense aussi qu'on va avoir l'opportunité, dans les
prochaines semaines, de voir ce qui
va se passer au gouvernement fédéral, entre autres, avec les projets
d'infrastructure que M. Carney a annoncés. Est-ce qu'on pourrait avoir des bonnes nouvelles du côté
du fédéral en plus, en bonus, dans les prochaines semaines? Je sais que vous,
vous n'y croyez pas, puis c'est correct, là, mais on verra.
M. Arseneau :
Nous, on ne croit pas au fédéral, point.
M. Dubé : Peut-être
que mon collègue de Pontiac y croit plus.
M. Arseneau :
On pense qu'on est mieux gérés
avec nos propres moyens et nos propres pouvoirs décisionnels. Vous avez
raison de le rappeler.
M. Dubé : Je
suis content d'entendre ça. Je suis content d'entendre ça.
M. Arseneau :
Et d'avoir l'ensemble des
82 milliards que l'on envoie à Ottawa serait, effectivement, une
excellente idée pour nous. Mais revenons...
M. Dubé : Mais,
en attendant, il faut faire nos projets d'infrastructure.
M. Arseneau :
En attendant, il faut aller chercher l'argent qui nous revient, on est
d'accord là-dessus, mais...
M. Dubé : Et voilà. O.K. Bien, mon Dieu, on est... on
commence à s'entendre beaucoup ce matin, c'est important.
M. Arseneau :
Ça va bien aller pour le reste de la journée. Maintenant, la question clé,
pour finaliser, parce que mes deux collègues ont posé des questions qui
s'apparentent aux miennes : Puisqu'on a, au PQI, une catégorie qui s'intitule Projets en planification, et une
autre catégorie, en réalisation, est-ce que demain, la proposition que vous
faites au Conseil des ministres, c'est de prendre le projet de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, sa modernisation, et de l'inscrire au rang des
projets en réalisation, avec un budget conséquent, pour arriver à la fin de ce
projet-là? Est-ce qu'il sera inscrit en réalisation?
M. Dubé : Bien
là, ce que j'aimerais vous dire, puis je vous en ai déjà dit beaucoup
aujourd'hui, dans une annonce qu'on va faire après le Conseil des ministres
demain, je pense que j'en ai dit assez pour rassurer tout le monde
qu'au Conseil des ministres, demain, on va avoir le O.K. d'une stratégie qui
permet de faire l'hôpital au complet mais en commençant, comme on avait prévu,
avec les travaux préparatoires pour être capables de commencer la
construction sur le site.
Écoutez,
moi, j'ai... Je ne sais pas s'il est là, parce que je n'ai pas eu le temps de
voir tous les gens qui sont... mais, s'il vous reste 30 secondes...
Comment il lui reste de temps?
Le Président (M.
Provençal)
: Trois
minutes.
M. Arseneau :
Merci de vous préoccuper de mon temps.
M. Dubé : Non,
mais c'est parce que je voulais envoyer un message très clair. On a la chance
d'avoir M. Fortin Verreault, qui est le P.D.G. du CIUSSS de l'Est de
Montréal. C'est lui qui était au CHUM quand le projet a été fait, et toute l'organisation de construire alentour de
Saint-Luc pour faire le CHUM, bien, c'est lui qui l'a faite. C'est lui qui l'a faite il y a plusieurs années.
Alors, cette organisation du travail dont j'ai expliqué tout à l'heure, là,
c'est lui qui est maintenant à Maisonneuve-Rosemont pour le réaliser.
M. Arseneau :
Mais je voulais vous poser la question tout à l'heure, là : Est-ce que
vous avez un échéancier clair pour la réalisation et la complétion du projet Hôpital
Maisonneuve-Rosemont?
M. Dubé : Bien, comme vous savez, on va commencer par faire
le stationnement. On va commencer par faire ça.
M. Arseneau :
C'est ce qui nous inquiète, d'ailleurs...
M. Dubé : Oui. O.K. Bien, vous pouvez être inquiet. Moi, je
suis rassuré maintenant, depuis que je sais que j'ai...
M. Arseneau :
...qu'on n'ait que la première étape qui soit claire.
M. Dubé : Oui. Bien, écoutez, c'est toutes ces étapes-là
qu'on va confirmer demain, au Conseil
des ministres.
M. Arseneau :
Toutes ces étapes-là?
M. Dubé : Et
voilà. C'est bon.
M. Arseneau :
D'accord. Entre-temps, on sait qu'on a dépensé 140 millions pour le...
tenir debout le... tenir les briques,
installer la broche, et ainsi de suite, depuis une dizaine d'années. Est-ce
qu'on a provisionné des sommes au cours des cinq ou 10 prochaines
années pour s'assurer que l'hôpital continue de fonctionner? Lorsqu'on regarde
la catastrophe qui s'est produite la semaine dernière...
M. Dubé : Bien,
c'est ce que j'ai répondu tout à l'heure, là, si ce n'était pas clair, là.
M. Arseneau :
...est-ce qu'on a des sommes?
M. Dubé : Malheureusement, on a 1 milliard en maintien
d'actifs, puis il faut s'assurer que des actifs comme celui de
Maisonneuve-Rosemont vont avoir les sommes nécessaires en attendant qu'on fasse
les...
M. Arseneau :
Oui, bien, c'est ça, ma question porte sur Maisonneuve-Rosemont...
M. Dubé : La
réponse...
M. Arseneau :
...est-ce qu'on a projeté les sommes du milliard qui seraient affectées?
M. Dubé : La
réponse est oui, puis c'est l'exercice qu'on a demandé. On a demandé à Santé
Québec de faire cet exercice-là au cours des prochains mois. Je le répète, là,
Santé Québec est arrivé il y a quelques mois.
M. Arseneau :
Oui, oui, mais c'est combien? On veut savoir combien.
M. Dubé : Ah!
mais je ne peux pas vous dire ça aujourd'hui dans le détail de chacun des
hôpitaux. C'est l'exercice qu'on a demandé à Santé Québec de faire.
M. Arseneau :
Est-ce que ce sera éventuellement connu, révélé?
M. Dubé : Je
ne sais pas si on va dans ce niveau de détail là, M. le Président, là.
Commençons par laisser Santé Québec faire le travail. C'est ce qu'on leur a...
de faire.
M. Arseneau :
La dernière fois qu'on a fait
l'analyse du niveau de vétusté de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ça remonte à quand? Est-ce que vous avez des
informations plus récentes qui auraient pu vous motiver à aller de l'avant
plus rapidement, en d'autres mots?
M. Dubé : Ça
faisait très longtemps qu'il n'avait pas été fait sur certains des immeubles,
puis c'est... Une des choses que j'ai
demandées à Santé Québec, c'est de remettre toutes ces données-là à jour pour
qu'on ait l'information la plus à jour. D'ailleurs, on en a parlé encore
cette semaine.
M. Arseneau :
Est-ce que vous avez un échéancier pour cette mise à jour là?
M. Dubé : On veut faire ça d'ici
l'automne pour qu'on soit prêts pour le prochain PQI.
Arseneau : Et est-ce que ça, ça va comporter les projets qui
sont en réalisation, en planification, et y compris la nouvelle
catégorie que vous avez créée pour Sainte-Croix, où on a essentiellement les
mêmes problèmes qu'à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, mais on n'a pas inscrit ce
projet-là au PQI?
M. Dubé : Bien, c'est exactement...
Non, mais je suis content d'avoir cette question-là parce que...
M. Arseneau : Je suis content
d'avoir la réponse éventuelle.
M. Dubé : ...puis là je regarde Mme
Biron, là, pas plus tard que... je ne me souviens pas si c'est vendredi dernier ou dans notre rencontre qu'on a toujours
les lundis, je leur ai demandé : Faites-moi le tour de tous nos hôpitaux,
de taux de vétusté qu'on va soumettre au
Trésor à l'automne, puis je veux avoir un plan de maintien d'actifs pour être
certain qu'on a les bonnes priorités sur tous nos... On a plus de
100 hôpitaux, on a plus de 1 100 installations, alors...
Arseneau : Mais est-ce qu'on pourrait faire non seulement une
photo par cinq ans, mais faire ça en continu?
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le député des Îles...
Président (M. Provençal)
: ...votre temps était écoulé. Alors, je vais
redonner la parole au député de Pontiac, s'il vous plaît.
Fortin : Merci, M. le Président. Le ministre nous fait
essentiellement, là, aujourd'hui, là, une troisième annonce pour
Maisonneuve-Rosemont. C'est ce que moi, j'entends, là, de la part du ministre
aujourd'hui, là. Il a fait une annonce en
2021, si je ne m'abuse, et, deux ans plus tard, il a refait une autre annonce
en 2023, en disant... et là il ne pourra pas m'accuser de ne pas le
citer correctement, là, il a dit : Tu sais, des fois, là, on fait des
annonces parce qu'on veut vraiment que ça
avance, hein, mais on n'est pas tout à fait prêt. Puis il a dit : Notre
gouvernement aussi, on est coupables de ça, parlant du sien.
Alors là, en 2023, il nous a fait une annonce en
disant... et c'est effectivement... on est retournés voir, juste pour être 100 % certains, pour 2024, le début
de la construction. Le ministre de la Santé a fait une annonce en 2023 en disant : Début de la construction l'année
prochaine, la pépine va être là en 2024. Et il nous a dit : Cette fois-ci,
c'est la bonne, parce qu'on est tellement, tellement sûrs de ce qu'on
veut faire, on est tellement avancés, on est tellement confiants, cette fois-ci, c'est la bonne. Il a dit ça à la télévision,
il y a du «tape» de ça. Il ne peut pas me dire le contraire, c'est ça
qu'il a dit.
Qu'est-ce qui
lui fait penser qu'aujourd'hui, là, l'annonce qu'il nous fait, elle a plus de
crédibilité ou de valeur que l'annonce qu'il a faite il y a deux ans?
Dubé : Bien, je pense que j'ai répondu à ça tout à
l'heure. J'ai dit qu'il peut y arriver des événements fortuits,
malheureusement, qui fait... puis j'ai répondu tantôt au député de Rosemont,
qui fait qu'à un moment donné, quand on regarde l'ensemble de notre portefeuille
d'investissements pour l'ensemble du gouvernement, transport, écoles...
Écoutez, moi,
j'écoutais... M. le député, j'écoutais monsieur... mon collègue le ministre
Drainville à Tout le monde en parle dimanche dernier, qui expliquait
comment il a fallu investir dans nos écoles avec l'augmentation de la population, puis tout ça. Je comprends que moi,
comme ministre de la Santé, j'aimerais en avoir plus. Je l'ai toujours dit,
j'aimerais en avoir plus, mais, à un moment
donné, on vit des situations excessivement difficiles au Québec :
vieillissement de la population,
augmentation de la population, faire des écoles, faire des autoroutes, faire
des ponts, réparer des ponts et, entre autres, la santé.
Alors, moi,
on m'a donné des budgets. Je suis limité par les budgets qu'on fait. J'ai une
bonne équipe, maintenant, qui va être capable de réadresser certaines
priorités. Moi, je vous dirais, on peut bien discuter le passé, M. le député,
puis c'est correct, là...
Fortin : Mais... Non, mais le passé, souvent, là, peut nous
dire ce qui s'en vient aussi, là. Alors, votre façon de procéder, là... En
2023, quand vous avez fait cette annonce-là, quand vous êtes allé à
Maisonneuve-Rosemont... après la discussion que vous avez eue avec les
médecins, avec le personnel, vous êtes allé à Maisonneuve-Rosemont, vous avez
dit : Il va y avoir une pépine en 2024, vous aviez l'aval du Conseil des
ministres, vous aviez de l'argent de provisionné comme c'est le cas cette
semaine, là, comme c'est le cas... ça va être le cas demain, on l'espère.
Dubé : Bien, M. le député, moi, je ne sais pas, là, puis
on pourra trouver les écrits... parce que, si vous tenez tellement à
ressasser le passé... puis c'est correct, là, vous avez de la politique à
faire, puis je l'apprécie...
Fortin : Non, mais je vais vous le... je vais vous le dire,
là, ça veut dire que, dès la semaine prochaine, il y a des
professionnels qui vont dessiner et quantifier pour qu'on ait, dès 2024, une
pépine dans la cour.
M. Dubé : C'est
ce qu'on a mis dans le communiqué aussi. Alors, moi, ce que je vous dis :
On a dit 2025 dans le communiqué qui a été...
M. Fortin : Mais ça, vous ne ferez pas croire à personne aujourd'hui que le début
des travaux était pour 2025, là. Vous avez dit 2024 sur toutes les
tribunes médiatiques.
M. Dubé : M.
le député, je pense qu'on peut ressasser le passé. Tout le monde comprend tout
ce qu'on a vécu au cours des dernières
années. J'ai parlé des ponts, j'ai parlé de tout ça. Moi, j'ai des montants qui
me sont alloués puis avec la capacité
de payer des Québécois. Vous en avez fait, des annonces, aussi, au Parti
libéral. J'ai noté, M. Bolduc, en 2015, il a dit : C'est fini,
c'est réglé, on va le faire.
Fortin : Non, mais là c'est un enjeu de...
M. Dubé : Non,
mais, M. le député, vous voulez parler du passé, on va parler du passé.
M. Fortin : Mais
vous avez un enjeu... Tu sais, si vous voulez que les gens vous croient
aujourd'hui, là, je pense que vous devez nous expliquer ce qui s'est
passé il y a deux ans. Parce qu'en 2023 vous nous avez dit : Les travaux vont être lancés l'an prochain. Là, vous nous
dites : Les travaux vont être lancés prochainement. C'est quoi, la
différence? Est-ce que l'argent, en 2023, il était, pour utiliser vos
termes d'aujourd'hui, provisionné? Est-ce que vous aviez cet engagement-là du Conseil
des ministres que cet argent-là serait disponible pour vous l'année prochaine,
en 2024?
M. Dubé : Alors, ce que je vous dis, M. le député, là,
l'important... Puis on va se voir dans les prochains mois, là, hein, on
va se voir, ensemble, là.
M. Dubé : Vous
me dites : Est-ce que cette fois-ci, c'est la bonne? C'est ça que vous me
demandez. C'est ça que le député... Moi, je
vous dis, on va se voir dans les prochains mois, là. Puis, avec ce qu'on va se
faire autoriser demain, on est
capables de lancer l'appel d'offres pour les travaux dans les prochaines
semaines puis d'être capables de commencer les travaux cette année. Ça,
c'est l'engagement qu'on a puis c'est ce qu'on va faire.
M. Fortin : Est-ce
que vous aviez, en 2023, l'argent nécessaire pour lancer les travaux de
provisionné? Est-ce que, cet argent-là, vous aviez l'engagement du Conseil
des ministres que vous pourriez aller de l'avant en 2024?
M. Dubé : Ce que j'ai expliqué et que je vais redire pour
une autre fois : On avait une vision, à ce moment-là, qui nous
permettait de faire certaines étapes. Il y a eu d'énormes discussions. Je me
souviens même de discussions, à un moment donné, avec le bureau de Mme Plante,
qu'on ne pouvait pas défaire le fameux cruciforme parce que c'était vu comme un immeuble patrimonial.
Imaginez-vous que ça change drôlement la construction... Ah! mais, M. le député
de Rosemont, vous vous souvenez de
ça, là. Ça fait qu'il y en a eu, des changements, il y en a eu, des événements.
Moi, ce que je vous
dis aujourd'hui, puis c'est ça que je pense qui est important pour non
seulement les Québécois, mais pour les patients, pour les professionnels de la
santé : On a réussi à trouver une solution. Ça a pris beaucoup de travail, on a une solution, laissez-moi
aller en appel d'offres, commençons les travaux préparatoires, puis là
tout le reste va débouler dans les prochaines années.
Fortin : Mais vous nous avez dit, là,
tantôt, que, suite à votre annonce de 2023... parce que moi, en septembre 2023, là, vous aviez la... vous aviez
l'air confiant, là, vous aviez l'air... vous avez dit : Cette fois-ci,
c'est la bonne. Là, vous nous dites : Il peut y arriver des événements
fortuits, et vous nous parlez d'un pont, d'un tunnel. Est-ce que je comprends
de vos explications qu'il y a une
partie du PQI Santé qui est allé au PQI
Transports?
M. Dubé : C'est
des décisions qui sont prises, M. le député... puis c'est drôle parce que je me
souviens que vous avez été comme ministre
au... dans un gouvernement. La décision du PQI, elle se prend tous les ans. On
a toujours une fenêtre de 10 ans d'avance. On regarde ce qui a été
dépensé pour l'année courante. On dit : O.K., l'argent, le 9, 10, 15 ou 20 milliards a été dépensé,
qu'est-ce qu'on peut faire pour les 10 prochaines années? À chaque année,
on révise.
Moi, ce que je vous
dis en ce moment : Avec la décision qui va être prise au Conseil des
ministres demain, l'argent va être
disponible pour être capables de faire l'entièreté du projet. C'est ce que je
peux vous dire aujourd'hui.
M. Fortin : Mais
le problème avec ça, M. le ministre, là, c'est... quand vous le dites comme ça,
quand vous êtes incapable ou que vous ne voulez pas, pour une raison ou
une autre, nous dire ce qui s'est passé entre 2023 et le début supposé des
travaux en 2024, c'est que vous laissez planer le doute sur votre capacité à
commencer les travaux dans les prochains
mois et dans la prochaine année, suite à la construction du stationnement. Ce
qu'on veut, là, ce qu'on veut comprendre en comprenant ce qui s'est
passé en 2024, c'est que vous ne permettrez pas à la même situation de se
reproduire.
est-ce qu'on comprend... parce que c'est vous qui avez... qui l'avez dit comme
ça, là : Il peut y arriver des événements fortuits, en parlant d'un tunnel
et d'un pont. Est-ce que, comme gouvernement, vous avez pris la décision
de prendre du PQI Santé, de prendre des
sommes qui vous avaient été allouées pour Maisonneuve-Rosemont et de les
mettre sur des projets de transport?
Dubé : Écoutez, je pense que j'ai déjà répondu, mais je
vais me permettre une dernière fois. Nos plans ont été toujours de
commencer en 2025, ont toujours été... puis ça a été dans nos communications
écrites.
Deuxièmement, si vous voulez revenir là-dessus,
moi, je me dis, expliquez-moi comment ça se fait que le Parti libéral, par M. Bolduc, a annoncé qu'il était prêt à commencer en
2012, pourquoi M. Barrette a annoncé, en 2018, qu'il était prêt à
commencer Maisonneuve-Rosemont alors que le site n'était même pas choisi. Le
site n'était même pas choisi, on voulait faire ça sur une track de chemin de
fer au bout de la rue.
Écoutez une minute, moi, je peux bien faire le
procès du passé, comme vous essayez de faire ce matin. Moi, je pense que les
Québécois devraient être contents de l'annonce qu'on fait aujourd'hui puis
qu'on va faire...
M. Fortin : Est-ce qu'en 2023 votre PQI Santé a été alloué au
transport? Parce que c'est ce que vous avez sous-entendu tantôt.
M. Dubé : C'est... Ah! ce n'est pas
ça du tout que j'ai dit. Ce que j'ai...
Fortin : Bien, vous avez dit : Il y a des événements
fortuits. Vous avez parlé du pont de l'Île-aux-Tourtes et du tunnel,
parce que ça coulait puis parce que ça s'écroulait.
M. Dubé : Mais j'ai aussi dit qu'on
a construit 200 écoles au cours des dernières années, ce que vous n'aviez
pas fait...
M. Fortin : Alors, est-ce que le PQI Santé a été envoyé en éducation?
Dubé : Non, mais écoutez ma réponse, s'il vous plaît. M.
le Président, là, vous l'avez dit tantôt, j'ai le droit à une réponse.
J'ai parlé du
transport, mais j'ai parlé des écoles. Le gouvernement libéral, dans les
15 années qu'ils ont été là, ils n'en construisaient pas, d'écoles.
Ils n'en construisaient pas. Nous, on a été obligés, avec l'augmentation de la
population, de construire de nombreuses écoles, des écoles secondaires.
Écoutez, ce n'est pas... c'est un ensemble de projets d'infrastructures qu'il a
fallu faire au cours des dernières années pour rattraper le retard des
gouvernements précédents. Alors,
aujourd'hui, moi, je ne le ferai pas, le procès du passé. Moi, on me donne une
enveloppe, je m'arrange avec puis je fais le mieux que je peux. Je suis
content d'avoir une solution, en ce moment, pour demain.
Fortin : Je ne ferai pas le procès du passé, en faisant le
procès du passé. D'accord, mais juste... s'il veut revenir là-dessus,
là, moi, je n'ai pas de problème. Le ministre Drainville, je l'ai entendu... Le
ministre de l'Éducation, je l'ai entendu à
la radio de Cogeco, cette semaine, nous dire : Aïe! on est donc bons, on
est passés de 100 milliards au PQI à 164 milliards. L'inflation, en construction, c'est 7 % par
année. 7 % par année fois sept, là, c'est à peu près 60 milliards
avec l'intérêt. Vous n'en faites pas plus qu'avant.
Dubé : Je peux-tu vous
demander vous l'avez augmenté de combien pendant que vous étiez au
gouvernement?
M. Fortin : Et voilà. Et voilà.
M. Fortin :
Vous n'en faites pas plus qu'avant, mais je veux... Mais je veux revenir...
M. Dubé : Vous n'avez pas répondu.
Fortin : ...je veux quand même revenir, M. le Président,
là, parce que c'est un exercice de reddition de comptes, là, ce qu'on
fait aujourd'hui, supposément.
ministre nous a dit tantôt : Il y a eu des événements fortuits. Il nous a
parlé du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine,
il nous a parlé du pont de l'Île-aux-Tourtes.
Le problème, c'est que son annonce à lui, c'était en septembre 2023. Le contrat
pour le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, là, il a été signé en 2020, puis le contrat pour
le pont de l'Île-aux-Tourtes, il a été signé au début de 2023, avant son annonce
à lui. Alors, il ne peut pas nous dire aujourd'hui : Il y a eu des événements
fortuits qui nous ont empêchés d'aller de
l'avant avec Maisonneuve-Rosemont, ces contrats-là étaient déjà signés. Alors,
qu'est-ce qui a fait en sorte que l'argent ne lui était pas disponible pour
Maisonneuve-Rosemont?
M. Dubé : Bien, écoutez, on va
continuer, moi... c'est vous qui avez le choix des questions que vous posez. Moi, je n'ai aucun problème parce que j'ai les
réponses pour vous. Moi, ce que je regarde, M. le député, c'est que, dans
le temps que vous étiez au gouvernement, là,
des projets en rénovation d'hôpital, il y en avait 12. Il y en avait 12. On l'a
dit souvent en Chambre, là, nous, en ce moment, là, malgré des budgets qui sont
quand même limités, on en fait 38, 12 versus
38. Ça, ça n'a rien à voir avec l'inflation, c'est le rattrapage qu'on fait,
que vous n'avez pas fait. Alors, moi, en termes de crédits, là, je peux
en parler très, très longtemps.
La question
de l'éducation... Je pense que les Québécois comprennent qu'on ne peut pas
juste regarder la santé. J'aimerais ça qu'on regarde juste la santé puis
d'avoir beaucoup plus, mais j'ai l'éducation, on a la... on a les transports, on a toutes sortes de
projets. Alors donc, moi, je vous dis, aujourd'hui, avec la situation qu'on
connaît, malgré les difficultés qu'on a eues dans les dernières années,
je suis content de dire ce qu'on a aujourd'hui puis je suis très content pour
les Québécois.
M. Fortin : Le ministre et son gouvernement, là... Je comprends, là, on
n'aura pas de réponse aujourd'hui. Il a
utilisé deux exemples qui ne tenaient pas la route pantoute, des projets qui
avaient déjà... des budgets qui avaient déjà été alloués pour justifier son échec sur Maisonneuve-Rosemont, là. Je
comprends qu'on n'aura pas de réponse, malheureusement, mais là
j'aimerais quand même, M. le Président, que le ministre nous explique son
processus du PQI. Parce que le gouvernement
aime ça nous dire : Aïe! il y a tellement de projets au PQI, là, on en
rajoute, des projets, au PQI, on en
fait plus que quiconque. Il y a des projets au PQI, là, qui sont à l'étude
depuis l'arrivée de son gouvernement. Le
projet de rénovation majeur à la Cité de la santé de Laval, ça fait sept ans
que c'est au PQI, sept ans à l'étude. Alors, je sais qu'il y a bien du monde dans le réseau de la santé, de
l'éducation, des transports et ailleurs qui disent : Le PQI, ça
ressemble de plus en plus à un parking de projets, hein? On les envoie là, on
fait une belle annonce, on dit : C'est au PQI, mais ça ne bouge pas.
Alors, j'aimerais comprendre.
Dans le cas,
par exemple, de la Cité de la santé, qui a été inscrite en 2018, pourquoi les
projets comme ça ne bougent pas? Ça ne prend pas sept ans, un projet à
l'étude, à l'étudier. On peut décider, oui ou non, bien avant sept ans.
Dubé : Bien là, je pense qu'on revient sur les
questions... puis, encore une fois, c'est une très bonne question, puis
je vais prendre le temps d'y répondre, M. le député.
La question que vous posez par rapport à la cité
de Laval, par rapport à bien d'autres projets, là, qui sont... la liste qu'on a dite, sur lesquels il fallait
continuer de travailler pour être sûrs qu'on est prêts lorsque les argents vont
être nécessaires, c'est exactement le
travail que j'ai demandé à Santé Québec, de prendre du recul au cours des
prochains mois, pour la Cité de la santé mais tous nos hôpitaux, prendre
un peu de recul puis de dire : Selon vos critères, selon des critères de vétusté, selon des critères... comment
c'est important... cet hôpital-là est important pour le besoin populationnel de la région? Selon un ensemble de critères,
êtes-vous capables de me dire, dans le prochain PQI, quel ordonnancement qu'on
devrait avoir pour les différents projets qui sont...
Vous le savez, moi, je le sais, il y a une
capacité de payer qu'on a, qui est limitée. Moi, ce que j'ai demandé à Santé
Québec... puis, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai dit : Là, on a
le temps, là, vous êtes arrivés au mois de
décembre, vous avez commencé au mois de décembre. Là, on arrive avec un PQI, on
fait ce qu'on peut avec, c'est ce qu'on est en train de faire, mais je
vous dis : Préparons-nous d'avance pour le PQI qu'on va discuter cet
automne, d'avoir fait cette analyse-là.
Alors, la Cité
de la santé et tous les autres projets d'hôpitaux, de maisons des aînés, de
CLSC, je les nomme tous, c'est ça qu'on leur a demandé — on en
a plus de 1 100, 1 100, 1-1-0-0, 1 100 projets — qu'il
faut maintenant avoir un code de priorités
pour être capables de dire, la vétusté, l'enjeu populationnel, etc., comment on
va faire maintenant notre projet de PQI.
M. Fortin : Mais est-ce que le ministre, M. le Président, est en train
de nous dire... parce qu'il a demandé à Santé Québec de faire le travail
d'ordonnancement, là. Est-ce qu'il est en train de nous dire qu'il n'y en a
pas, d'ordonnancement, en ce moment?
M. Dubé : Bien, premièrement, il
fallait faire ceux que vous n'avez pas faits. Ça, c'était ça...
M. Fortin : Parce que le ministre de l'Infrastucture...
M. Dubé : Non, non, mais...
Fortin : Non, mais le ministre de l'Infrastructure nous a
dit que c'était son travail à lui. Il nous a dit : C'est ma job de
faire de l'ordonnancement.
Dubé : Je veux juste être clair, là. On est arrivés... On
a une année de transition avec Santé Québec, M. le député. J'ai expliqué qu'en ce moment, là, on était
limités à faire les projets que vous n'aviez pas faits. Donc, il faut les
réaliser. Ça, c'est la... Ça, c'est important.
Deuxièmement, Santé Québec ne pouvait pas nous
faire des recommandations, ils viennent d'arriver. Alors, moi, ce que j'ai demandé à Mme Biron... j'ai
dit : Maintenant... Là, vous venez d'arriver, vous avez maintenant
l'équipe de M. Kik, au niveau des
infrastructures, qui va nous dire maintenant : Voici les recommandations
que j'aimerais vous faire l'automne prochain. Ça sera toujours au gouvernement
de faire les décisions finales, puis ça, c'est la façon dont on veut travailler, mais moi, je veux avoir du monde
qui fait du travail en amont puis qui nous amène des recommandations en
fonction de tout le portefeuille qu'on a à faire.
M. Fortin : Mais je veux juste clarifier quelque chose avec le
ministre, là. Il nous dit : Santé Québec va se pencher sur l'ordonnancement. Est-ce que le ministère... Il y a une
grosse
partie de Santé Québec, là, c'est du monde qui viennent du
ministère. Est-ce que le ministère de la Santé n'a pas, aujourd'hui, ou n'avait
pas, avant l'arrivée de Santé Québec, un ordonnancement de ses projets?
M. Fortin : Vous en aviez un, bien évidemment.
M. Dubé : Bien, il y en avait un.
M. Fortin : Bon. Et vous nous dites, quoi, qu'il n'est pas bon, le
travail doit être refait complètement par Santé Québec?
M. Dubé : Mais, tout à l'heure,
le...
M. Fortin : Vous avez quand même été à la tête d'un ministère de la
Santé, là, pendant des années, et j'ose croire
que, le travail d'ordonnancement, vous aviez une petite idée de ce que vous
vouliez faire et de ce qui était le plus pressant.
M. Dubé : Et on le revoit... je le
répète, on l'a revu à toutes les années. Je l'ai expliqué tout à l'heure.
M. Fortin : O.K. Alors, l'exercice que vous faites, ce n'est pas
nouveau, c'est juste que vous demandez à Santé Québec de le faire au lieu du
ministère?
M. Dubé : Oui. Mais, en fait, ce qui
était un peu plus difficile... Puis je dois l'expliquer parce que, quand les
gens me demandent c'est quoi, les bénéfices d'avoir Santé Québec, puis, quand
je vous ai parlé, M. le député, vous m'avez aidé, là, je vais le dire comme ça,
à faire le projet de loi qui a créé Santé Québec, un des bénéfices, c'est la
coordination. Puis avant, ce qu'on avait, c'est qu'on avait
35 établissements qui nous présentaient leurs projets. Là, maintenant, on a un groupe, groupe de Santé
Québec, qui connaît le réseau, qui est là, qui est capable de dire : Je
vais vous faire des recommandations.
Et ça, pour moi, là, cette coordination globale là qu'on a maintenant puis qui
va donner des grands bénéfices au cours des prochains mois, moi, je suis
très content de les avoir maintenant. Il y aura toujours une décision qui va
être de dire : Bien là, je vous ai écouté, puis on fait ça. Mais on
n'avait pas cette vision-là, globale, et je pense que Santé Québec nous amène
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
M. Dubé : Très bien. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je vais céder maintenant la
parole à la députée de Bonaventure.
Blouin : Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre,
bonjour. Chers collègues, députés de la banquette gouvernementale, députés de
l'opposition, très heureuse de vous retrouver. Salutations, bien sûr, à tous
les gens du réseau, qui sont nombreux
aujourd'hui. Je suis très contente de prendre la parole dans le cadre de cet
exercice important et, ce matin, je vais me permettre un bref historique
pour rappeler un peu d'où on part et pourquoi on a fait certains choix.
D'abord, depuis 2018, notre gouvernement a pris
un engagement très clair, qui est celui d'améliorer l'accès aux soins, et, pour
faire ça, on doit assurer une meilleure coordination des services et répondre
aux besoins réels de la population, et ça,
c'est partout au Québec. C'est une transformation ambitieuse, on le sait, qui
s'inscrit dans la volonté de bâtir un
système de santé plus humain et plus efficace. Et, dès l'arrivée au pouvoir de
notre gouvernement, on a eu à faire face à des défis importants qui ont
vraiment testé les limites du réseau de la santé, hein? Que ce soit la pandémie, la pénurie de main-d'oeuvre, les
changements démographiques, notre réseau a traversé beaucoup, beaucoup de
bouleversements au cours des dernières années. Et, encore à ce jour, trop de
Québécoises, trop de Québécois ont encore de
la misère à accéder à un médecin ou encore à un groupe de professionnels, et
ça, ça contribue, bien évidemment, à la
surcharge des urgences, ça allonge aussi les délais pour une consultation.
Alors, ce sont toutes ces raisons-là qui ont
mené mon collègue le député de La Prairie, ministre de la Santé, à
présenter son plan santé, il y a maintenant trois ans, et c'est aussi pour ça
que Santé Québec a été créé.
Et, parmi les leviers qu'on a instaurés pour
améliorer l'accès à un professionnel de la santé, il y a le Guichet d'accès à la première ligne, qu'on connaît, bien
sûr, sous le nom du GAP, qui représente un changement majeur. Donc,
depuis quelques années maintenant, les Québécois peuvent obtenir rapidement une
consultation auprès d'un médecin ou encore
ils peuvent se faire orienter vers le professionnel le mieux placé pour
répondre à leurs besoins. Vous comprendrez que ça permet de désengorger
les services d'urgence.
On a aussi accéléré le virage vers la
télémédecine, hein, qui est devenue un outil indispensable pour rejoindre les patients, notamment en région ou encore dans
des contextes de mobilité réduite. C'est un changement technologique qui
permet au réseau de la santé de diversifier les formes de consultations, de
libérer du temps aussi pour les cas plus complexes.
En parallèle, on a investi massivement dans les
groupes de médecine familiale, qu'on connaît aussi sous le nom de... l'acronyme, en fait, GMF, en leur
fournissant des ressources nécessaires pour mieux fonctionner en équipes interprofessionnelles.
C'est un modèle collaboratif qui permet une prise en charge plus globale, plus
continue des patients, et ça renforce aussi l'attractivité des milieux de
travail pour les professionnels de la santé.
Une des pierres angulaires
de ces changements-là, c'est évidemment l'implantation de Santé Québec. On rappelle que c'est la structure qui vise à
renforcer la communication entre le terrain et les gestionnaires. Santé Québec,
ça vient alléger la bureaucratie, ça favorise aussi la prise de décision
locale. On harmonise les pratiques cliniques et, surtout, on vient assurer une meilleure coordination de la première
ligne. Grâce à Santé Québec, on est mieux outillés aussi pour déployer
des solutions rapides, suivre les résultats en temps réel mais aussi ajuster
les interventions selon les besoins de chaque
région. La démarche repose aussi sur un principe fondamental, qui est celui de
rapprocher les soins des citoyens, et
ça, ça veut dire plus de services dans les communautés, un accès plus rapide
aux soins et plus de décisions locales, encore une fois.
Et aujourd'hui, je pense que c'est bon de le
rappeler, les résultats sont encourageants, et je le dis même si on est très, très lucides face à l'ampleur de la
tâche. Le réseau de la santé se transforme, gagne en agilité, en transparence,
en efficacité, et surtout on reste
déterminés à poursuivre ce travail-là, en partenariat, bien sûr, avec les
professionnels, avec les gestionnaires, avec les communautés et avec
l'ensemble de la population québécoise.
Ceci étant dit, M. le ministre, pour le bénéfice
de tous les gens qui nous écoutent, j'aimerais que vous nous rappeliez certains éléments. D'abord, comment
est-ce que les outils qu'on a mis en place améliorent l'accès au système de
santé? Donc, si vous pourriez... si vous
pouvez d'abord répondre à cette première question là, puis je pourrai
poursuivre par la suite.
M. Dubé : Bien, écoutez, la
situation a beaucoup évolué depuis qu'on a formé le gouvernement. Si vous vous souvenez, lorsqu'on est arrivés au
gouvernement — puis
moi, pour moi, l'accès, c'est ce qui est le plus important en ce moment,
là, puis on le dit assez souvent — les gens avaient, dans certains cas, un
médecin de famille auquel ils étaient identifiés mais malheureusement, pour
toutes sortes de raisons, n'étaient, des fois, pas capables de le voir au
moment où ils en avaient besoin. Et il y a
eu toute la discussion dans les années qui ont suivi : Est-ce que c'est
vraiment un médecin de famille qu'on devrait avoir? Quelle est la
solution temporaire qu'on peut mettre en place?
Puis, encore
une fois, ici, en commission parlementaire, je me souviens très bien, là, on a
fait le projet de loi n° 11, où grâce à... au travail qui a été
fait par les parlementaires ici mais sur une recommandation très forte du
Collège des médecins... de dire : Bien, à court terme, est-ce qu'on
pourrait trouver d'autres solutions puis que ça ne soit pas uniquement un médecin de famille qui soit la
personne de référence? Et ça... puis là je résume, est arrivé le GAP, le GAP
qui a été pensé par des professionnels, le Dr Lavoie à Rimouski, et qui a amené
à trouver une solution, que j'appelle temporaire, pour donner un accès à un
professionnel de la santé à ceux qui n'avaient pas de médecin de famille.
Aujourd'hui, quelques années plus tard, on a, en
ce moment, à peu près plus de 1 million de personnes qui ont accès à un
médecin de famille ou un groupe de médecine familiale, qui n'avaient pas de
médecin de famille, qui sont capables de le
consulter. Puis ça, je pense qu'on entend les gens très satisfaits de ça. On a
même amélioré les délais de réponse de façon très importante, au cours des
dernières années, sur le temps de réponse que les gens ont au GAP pour
avoir accès à un professionnel. Je pourrai y revenir plus tard.
Maintenant, est-ce que cette approche-là est
suffisante? La réponse est non. Nous, comme gouvernement, on s'est engagés à ce
que 100 % de la population soit pris en charge, soit par un médecin de
famille ou par un groupe de médecins, mais en plus, de le faire dans un milieu
de soins. Un milieu de soins, ça veut dire quoi? Ça veut dire de le faire soit dans un GMF, dans un CLSC, pour que la
personne qui a un besoin de santé, à un moment donné dans sa vie, puisse
avoir un endroit où elle peut référer, pas uniquement une personne. Parce que
souvent, cette personne-là à qui elle est identifiée, pour x raisons, n'est pas
disponible, mais on peut avoir accès au milieu de soins qui va trouver une
alternative à cette personne-là.
Alors, on est
en train de discuter cette approche-là avec la fédération médicale de médecins
de famille pour être capables de pousser cet engagement populationnel de
100 % de la population qui a été commencé avec le GAP, lorsqu'on a
fait ce premier aménagement là.
Alors, la
réponse courte ou longue, dépendamment comme... le dossier a beaucoup évolué au
cours des dernières années, mais je pense qu'on est dans la bonne
direction pour être capables de réaliser notre engagement pour 2026.
Mme Blouin : Merci. J'aimerais qu'on
parle maintenant un peu des changements apportés par l'implantation de Santé
Québec. En fait, comment est-ce que
l'arrivée de Santé Québec améliore la coordination de la première ligne
au Québec?
M. Dubé : Oui. Ça, c'est une bonne
question, parce que les gens réfèrent souvent au projet de loi n° 15, qui
nous a pris beaucoup de temps... Puis j'en profite pour remercier mes collègues
ici, là, autant du gouvernement que l'opposition.
On avait passé plus de 250 heures en étude pour ce projet de loi là. Les
gens associent beaucoup le p.l. n° 15 à la création de Santé Québec,
mais sur 1 600 articles, il y en avait moins de 100 qui étaient sur
Santé Québec. Il y en avait plus de... plusieurs centaines d'articles qui
portaient, entre autres, sur la gouvernance médicale.
Puis qu'est-ce que ça veut dire, ça? C'était de
donner... en résumé, là, je vous résume, c'était de donner à nos gestionnaires de Santé Québec, donc, dans tous les
établissements, des leviers, des leviers de gestion pour être capables
de mieux travailler avec les professionnels de la santé.
Puis je pense ici... là, je vais vous donner un
exemple. On a, dans chacun de nos établissements, des RLS, hein, on a une centaine de... des régions de
services. Dans ces régions-là, on a un DRMG, un directeur médical de médecine
générale. Mais on a aussi ajouté un
directeur médical pour les spécialistes pour justement que Santé Québec ait les
bonnes personnes qui vont travailler sur le terrain, puis de dire :
Est-ce que nos médecins font la prise en charge, font les gardes
nécessaires, font l'accès nécessaire, soit pour des médecins... l'accès à un
médecin de famille ou à un médecin spécialiste.
Alors, je reviens,
p.l. n° 15 a été fait pour implanter cette nouvelle gouvernance médicale
là ou la préciser, parce que, des fois, il y
avait des éléments qui n'étaient peut-être pas clairs dans l'ancienne loi.
Elles ont été clarifiées, et c'est ça
que Santé Québec est en train maintenant... d'avoir les leviers pour s'assurer
que l'accès est autant du côté des médecins de famille que des
spécialistes.
Mme Blouin : Et, en date d'aujourd'hui, est-ce qu'on a déjà des
améliorations qu'on peut nommer en lien avec l'arrivée de Santé Québec?
M. Dubé : Bien, moi, je pense qu'il y en a une qui est
évidente, c'est au niveau des chirurgies. Je pense que... puis on pourra
peut-être le demander plus en détail à l'équipe de Mme Biron, mais, si je
regarde... Et puis encore une fois, je vais
le dire, je trouve que ça ne va pas assez vite. Mais il y a eu une amélioration
importante, particulièrement dans la
dernière année, parce que ce qu'on a demandé à Santé Québec depuis leur
arrivée, c'est de se focusser sur les chirurgies qui étaient en retard
de plus qu'un an. Alors, on les voit, là, à chaque mois, ça baisse. On est
rendus à peu près aux alentours de
6 000 alors qu'à la période de pointe on était à peu près à 23 000.
Alors, on se rapproche de plus en plus du niveau prépandémique. Donc, avant la pandémie, on roulait à peu près à
2 000, 3 000 chirurgies qui étaient en attente de plus
qu'un an. J'aimerais ça que ce soit zéro, mais je veux juste vous dire, ça,
c'est un accomplissement très clair de Santé Québec du côté des chirurgies de
plus qu'un an.
Mme Blouin : Et est-ce que vous pouvez nous parler des autres
actions prioritaires qui ont été mises en oeuvre, justement, pour approcher les
services santé des citoyens et répondre aussi aux besoins croissants, toujours
en lien avec les soins de première ligne?
M. Dubé : Bien,
écoutez, tout à l'heure, je vous ai dit que, dans nos mesures temporaires, le
GAP, pour moi, il est majeur. Et on a
demandé aussi à Santé Québec d'améliorer le service, je vais l'appeler
temporaire, tant qu'on n'a pas une
prise en charge complète, que j'ai expliquée tout à l'heure, qui est notre
objectif de 2026, de s'assurer que le temps de réponse est amélioré. Puis je
peux vous dire que pour que... les Québécois qui l'ont utilisé le savent maintenant,
vous pouvez communiquer avec le GAP, soit par téléphone ou ce qu'on appelle le
GAP numérique. Vous rentrez vos données, vos
questions, puis il y a quelqu'un qui va vous rappeler. Les temps d'attente...
puis je peux vous citer un chiffre, là, qu'on m'a donné ce matin, parce
que...
(Interruption) Oh!
excusez! Excusez-moi. Le temps d'attente pour un appel... Alors, si un patient
place une commande soit numérique ou par téléphone, le temps d'attente, il y a
un an, était de 50 heures. Ça, c'est un peu plus que deux jours de temps de rappel, en moyenne. Là, je ne parle pas des
appels urgents, je reviendrai plus tard, mais ce temps-là est passé de
50 à 18. Ça, ça veut dire qu'en ce moment la moyenne des appels sont retournés
à l'intérieur de 18 heures. Est-ce que c'est suffisant? La réponse est
non. Mais est-ce que c'est une grosse amélioration par rapport à un an? C'est
majeur. Donc, ça, ça veut dire que quelqu'un se dit : Moi, j'ai un
problème, je peux communiquer avec le GAP puis je vais avoir une réponse.
Maintenant,
ce temps-là, de 18 heures, pour la moyenne des appels, passe à
12 heures pour les appels prioritaires. Est-ce que c'est correct?
La réponse est non, mais c'est une amélioration majeure aussi par rapport à
l'an dernier.
Donc, ce sont tous
des exemples. Puis, comme Mme Biron se plaint à me le dire à tous les
lundis quand on se rencontre : Est-ce que c'est parfait? Non, mais est-ce
qu'on est dans la bonne direction puis est-ce que c'est une amélioration
continue? Mais, je le répète, ce sont des mécanismes qui sont temporaires. Moi,
je veux que chaque Québécois, d'ici 2026, soit pris en charge par un
professionnel ou par un médecin dans un milieu de soins, puis c'est là-dessus
qu'on travaille.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Alors, ce bloc-là est terminé. Je reviens avec
M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci.
Merci, M. le Président. Oui, je ne pense pas qu'on va refaire l'exercice qu'on
a fait l'an dernier, là, pour voir si c'est facile de prendre un rendez-vous,
là, mais éventuellement, on pourra peut-être y revenir, voir si c'est
vraiment plus simple que c'était.
M. Dubé :
...aujourd'hui.
Fortin : Oui. Vous aimeriez ça?
M. Dubé :
Oui, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
M. Fortin :
Ah! O.K. On va s'en reparler.
Je veux revenir sur
ce qu'on se disait tantôt, là. Vous nous disiez : Une des choses qu'on est
vraiment contents, on est vraiment fiers,
là, c'est que Santé Québec va faire cet ordonnancement-là des projets qui sont
inscrits au PQI et de tous les
autres, là. Parce que vous avez parlé de 1 000 quelques projets. Là, on va
se concentrer sur des projets du PQI, là. Là, je veux... Mettons les
choses au clair, là, il y a un ordonnancement aujourd'hui, oui ou non? Il y a
un ordonnancement des projets au PQI?
Dubé : Oui. La réponse est oui, il y en a un en ce moment, oui, tout à
fait. Tout à fait.
Fortin : O.K. Alors, qu'est-ce que Santé
Québec va faire différemment de ce que le ministère faisait? Parce que vous nous disiez : Ah! Santé Québec
va amener une vision globale de tout ça. J'ose croire qu'il y en avait une, vision
globale, au gouvernement. Parce que c'est un peu ça, l'exercice
d'ordonnancement du PQI, c'est de regarder les besoins, partout au Québec, de
voir lesquels sont prioritaires puis de faire un ordonnancement.
M. Dubé : Bien,
écoutez, je l'ai dit tout à l'heure... Puis je vais juste faire attention, là,
de... que vous ne mettiez pas dans ma bouche des mots que je n'ai pas dits,
juste clarifier ça, là. Moi, ce que je vous ai dit, ce que j'ai demandé à Santé
Québec pour cet automne, puis ça va venir vite cet automne pour être prêts
pour le PQI, c'est de nous faire des
recommandations. Les priorités, là, c'est une combinaison des recommandations
qu'on va avoir avec eux, qu'ils
regardent en fonction de différents critères. Tantôt, je vous ai parlé de
critères, de charge populationnelle. Je pense que Maisonneuve-Rosemont est un
bel exemple, puis c'est pour ça qu'on a trouvé des solutions pour
Maisonneuve-Rosemont, mais il y a plusieurs de ces critères-là, de vétusté,
etc.
Donc, moi, ce que je
vous dis, c'est que, oui, il y en avait un, ordonnancement. Il y en avait un.
Il y en avait un quand vous étiez au gouvernement. Il y en avait un pour nous.
La chance qu'on a maintenant, c'est de prendre du recul. Puis, quand vous
dites... puis, je pense, ça vaut la peine, un jour, je pense que je le
montrerai, là, dans un post à quelque part, la carte du Québec avec le nombre
d'établissements qu'on a... bien, on appelle ça des «installations» pour ne pas
se mêler avec le mot «établissement», là, vous le savez, mais des hôpitaux, des
CHSLD, des CLSC, des centres de jeunesse, parce qu'il ne faut pas oublier qu'est-ce
qu'on a, des maisons des aînés.
Alors,
moi, c'est ça que je leur demande maintenant : Faites-moi des
recommandations, avec le budget qu'on sait, un ordre de grandeur qu'on va avoir l'an prochain, qu'est-ce qu'on
devrait faire, est-ce qu'on devrait modifier l'ordonnancement de nos projets actuellement, peut-être, mais
faites-nous une recommandation puis prenez le temps de le regarder comme
il faut. C'est ça qu'on leur a demandé.
M. Fortin :
O.K. Quand vous avez créé Santé Québec, vous nous avez dit : En partie, ça
va dépolitiser le réseau de la santé. Alors, est-ce que vous vous engagez à
prendre leurs recommandations à la lettre ou est-ce qu'il va y avoir des
modifications qui vont être faites dans l'ordonnancement des projets?
M. Dubé :
Bien, je vais vous dire, M. le député, c'est drôle parce que j'étais à...
j'étais, hier, à une soirée où était
M. Couillard, que je respecte beaucoup, là, qui est un de... un collègue
que vous avez fréquenté longtemps, qui me disait : C'est très,
très, très difficile de sortir la politique de la santé.
M. Fortin :
C'est vrai. C'est vrai.
M. Dubé :
Il disait ça, puis moi, je pense qu'il a raison.
M. Fortin :
Il n'a pas tort.
M. Dubé :
Il n'a pas tort. Puis d'ailleurs il a fait une très belle présentation hier
soir sur Santé Québec pour ceux qui étaient
là. Et donc d'essayer de vous dire qu'on va sortir complètement la politique de
la santé, moi, je trouve que c'est
difficile. Par contre, ce qu'on veut, c'est mieux appuyer nos décisions. Puis
je pense que c'est ça que je demande à
Santé Québec dans cette transition-là. C'est quand même le gouvernement qui
donne les budgets. Je vais le dire comme ça.
C'est ça qu'on a
convenu ensemble, c'est que le ministre restait responsable des budgets, hein?
Quand on a discuté le p.l. n° 15,
on a eu longtemps ces discussions-là. Moi, ce que je vous dis aujourd'hui,
c'est qu'on a mis en place des gens compétents, entre autres aux
infrastructures de Santé Québec, pour nous faire ces recommandations-là. Mais est-ce qu'il y aura un jugement politique? Moi, je
pense que les gens s'attendent à ça, par rapport aux recommandations qui
vont nous être faites.
M. Fortin : O.K. Là, vous me dites qu'il va y avoir un exercice, à l'automne,
d'ordonnancement, qui va être... entre autres, là, qui va s'amorcer en
vue du PQI de l'an prochain. Bien là, on va parler du PQI de cette année. Là,
je mets les projets en réalisation de côté, parce qu'en théorie ils sont en
réalisation, à
part certains, là, qui vont peut-être reprendre, dépendamment de ce que vous avez comme discussion demain. Mais
les projets en planification, Maisonneuve-Rosemont,
il est dans la liste. Là, je comprends aujourd'hui que vous nous dites :
Dans l'ordonnancement de ces projets-là, Maisonneuve-Rosemont, c'est là,
là. Ça va en haut de la liste. C'est bien ça?
M. Dubé :
Ah! bien, c'est plus que ça dans le cas de Maisonneuve-Rosemont, là.
M. Dubé : Nous, on dit qu'on est prêts à le commencer la
journée qu'on a le O.K. du Conseil
des ministres, demain.
M. Fortin :
Pouvez-vous nous donner le prochain projet que vous voulez lancer?
M. Fortin : Bien, c'est une
question d'ordonnancement. Vous nous dites : On en a un, ordonnancement.
Le ministre de l'Infrastructure, il y a
exactement une semaine, là, dans le même forum, nous a dit : C'est moi qui
a la charge de contrôle, c'est moi qui est en charge de l'ordonnancement
des projets. Alors, j'aimerais ça savoir, c'est quoi, l'ordonnancement des
projets, au gouvernement.
M. Dubé :
Bien là, on a un... Peut-être qu'on se comprend moins bien, mais je vais juste
être très, très clair. Le ministre nous a donné une enveloppe de
3,6 milliards cette année, puis, dans le rôle, il y avait une transition
avec Santé Québec. On a dit clairement qu'on
ne pouvait pas faire plus que ceux qui étaient en réalisation. Puis tantôt, je
ne savais pas, c'étaient quoi, les trois autres, là, quand vous me le... Je
pense, c'est votre collègue qui... C'est vous qui me le demandiez? Je ne me
souviens pas. C'est trois maisons des aînés. Ça fait que ça, on pourra en
reparler, là, mais...
Alors, pour répondre
à votre question, aujourd'hui, tout ce que je dis qui va être demandé ou que je
peux vous dire qui va être demandé au Conseil des ministres demain, c'est de
dire : Il y a plusieurs projets qui étaient en planification qu'on veut
s'assurer qu'on a l'argent nécessaire pour qu'ils puissent continuer d'avancer.
Parce que, vous le savez, quand on fait un
projet en planification, ce que ça veut dire, c'est qu'on donne des budgets,
des fois, de 1 million, des
fois, de 5 millions pour que les gens préparent puis arrivent au Conseil des ministres puis qu'ils disent : Là, on est prêts
à y aller, on peut-tu lancer l'appel d'offres?
M. Fortin : Mais est-ce que vous voulez nous donner... est-ce que vous pouvez nous
donner l'ordonnancement de ces projets-là?
M. Dubé : En ce moment, la réponse, c'est... Je peux juste
vous dire qu'ils sont tous dans le même paquet parce qu'on ne pouvait
pas les faire cette année.
M. Fortin :
Mais le problème avec ça, c'est que, la question que je vous ai posée, là,
quand vous êtes arrivé avec l'enjeu de
l'ordonnancement, c'est des projets qui étaient à l'étude depuis sept ans. Vous
nous avez dit : Santé Québec va faire un travail d'ordonnancement
de ces projets-là.
M. Dubé : Mais
je vous ai...
M. Fortin : Mais
là vous nous dites : On n'a pas d'ordonnancement à vous offrir pour des
projets qui ne sont pas à l'étude, en planification.
M. Dubé : Oui. Mais c'est... Bien, en tout cas, on va finir
par se comprendre, là, c'est correct. Ce que je vous dis, c'est que les
projets qui sont, en ce moment, en planification, on n'avait pas l'argent
nécessaire jusqu'au...
Fortin : Pour maintenir la planification?
M. Dubé : Pour maintenir la planification, parce qu'il y a
des... il y en a qui ne sont pas prêts à faire la recommandation. Il y
en a qui ne sont pas prêts.
Alors, moi, ce que
j'ai dit... puis c'est ça que... j'apprécie tout le travail qui a été fait par
mon collègue aux Infrastructures, par le bureau du premier ministre, par Santé
Québec. Est-ce qu'on est capables d'avoir assez d'argent supplémentaire puis respecter notre 3,6 pour être
capables de faire continuer d'avancer ces projets-là, pour être capables
de prendre des décisions dans les prochains mois?
M. Fortin : C'est
quoi, l'argent que ça prend pour que les 32 projets, là, puissent
continuer d'être en planification?
M. Dubé : Il
faut que ça reste à l'intérieur de l'enveloppe de 3,6 milliards. Il y a
plusieurs façons de me le demander, ce que
vous êtes en train de faire. C'est correct, mais je vous répondrai que je vous
ai répondu ce matin. Ça va rester à l'intérieur de l'enveloppe de
3,6 milliards.
M. Fortin : Alors,
si on... Non, mais, si on maintient toute l'enveloppe en planification, c'est
qu'on va réduire l'enveloppe en réalisation?
M. Dubé : Bien, pas nécessairement, M. le député. J'ai dit
tout à l'heure... puis j'espère qu'on aura des bonnes nouvelles, mais ce n'est pas la seule. Il y a,
premièrement, une gestion différente de certains projets qu'on est en train
de faire pour être certains que le montant qui a été pris peut être différent,
si on fait bien les choses, je pense.
Fortin : O.K. Pouvez-vous... parce que là,
si je comprends bien, là, les projets qui sont en planification, les 32 projets, pour l'instant, là, en date
d'aujourd'hui, il n'y a pas d'argent d'alloué pour leur planification cette
année. Il n'y en a pas, zéro. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi les
députés de la Coalition avenir Québec, les ministres régionaux allaient dans les différentes régions du Québec et
disaient : Oui, ça ne s'applique pas à notre hôpital, nous autres,
on continue comme si de rien n'était?
Dubé : Bien, parce que, comme je vous dis, je pense que
le... et ça, le premier ministre a été très, très clair, au cours des
dernières semaines, on était dans un mode de solutions pour dire : Oui, on
a eu une enveloppe maximale de 3,6 qui avait des implications sur les projets en planification.
Puis, avant de prendre une décision finale sur ces projets-là, on s'est
dit : Est-ce qu'on peut trouver des solutions?
Et c'est pour ça que,
ce matin, quand j'ai vu que l'information avait circulé déjà, j'ai dit :
Ce n'est pas juste pour HMR que c'est une bonne nouvelle. C'est qu'avec tout le
travail qui a été fait par les équipes, c'est qu'on a trouvé de l'argent pour que ces projets-là puissent continuer d'être à
l'étude, et de faire avancer les dossiers pour que, quand l'argent va
être disponible, on puisse les faire. Alors, oui, c'est une bonne nouvelle pour
HMR ce matin, mais c'est une très bonne nouvelle...
Fortin : Oui, mais là je ne vous parle pas
de HMR. Là, on parle des 32 projets, là, qui sont...
M. Dubé : Non,
mais c'est ça que... c'est ça que je vous dis, M. le député, là.
Fortin : O.K. Mais c'est...
M. Dubé : On va trouver de l'argent. C'est ça qui va être
présenté demain au Conseil des
ministres. On va avoir de
l'argent disponible pour faire ces projets-là.
Fortin : Vous nous dites : On va
trouver de l'argent, ça va être à l'intérieur de la même enveloppe. On ne vous
dit pas comment, on ne vous dit pas quels projets vont être affectés, on ne
vous dit pas c'est quoi, la nouvelle façon de faire, on ne vous dit pas quels
projets vont coûter moins cher, on... Ce que vous nous demandez, là,
c'est : Faites-nous confiance aveuglément, là, essentiellement, on va
trouver l'argent pour ces 32 projets là, mais vous...
M. Dubé : Bien,
à moins que vous vouliez venir au Conseil des ministres demain avec moi, là.
Fortin : Si vous m'invitez, je vais être
M. Dubé : O.K.
Mais ce que je vous dis, M. le député... ce que je vous dis, M. le député...
Fortin : Est-ce que j'ai une invitation?
C'est-tu ça?
M. Dubé : Je
vais... J'aimerais ça la reconsidérer.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Dubé :
Ce que je veux vous dire, moi, je pense qu'on a travaillé assez fort avec
toutes les équipes dans les dernières semaines pour être capables de faire une
recommandation demain, au Conseil des ministres, qui va être une bonne
nouvelle. C'est ça que je dis.
Fortin : O.K. Là, il y a des projets
là-dedans... puis je vais vous le dire, là, M. le ministre, il y a...
M. Dubé : Moi,
je veux juste être certain que vous êtes content de l'annonce qu'on a faite ce
matin, là.
M. Fortin : Bien, c'est une annonce qui...
M. Dubé : Parce que, tu sais, je vous vois creuser, creuser,
creuser, mais c'est une bonne nouvelle qu'on annonce aujourd'hui, là.
Fortin : Bien, si vous avez l'aval de
votre Conseil des ministres.
M. Fortin : Parce
que, de ce qu'on a compris, il y a des gens, au Conseil des ministres, qui
n'étaient pas très chauds à l'idée de Maisonneuve-Rosemont, en partant,
M. Dubé : Vous
avez compris ça, vous?
Fortin : Est-ce que... disons, est-ce que
le premier ministre, vous avez toujours...
M. Dubé : Je
ne sais pas où c'est que vous avez...
Fortin : Est-ce que vous avez toujours
senti l'appui du premier ministre dans le dossier de Maisonneuve-Rosemont,
disons? Parce que vous voulez revenir à Maisonneuve-Rosemont, là. Est-ce que
vous avez toujours senti son appui? Parce qu'il n'était pas là dans les
annonces.
M. Dubé : Moi, je veux revenir à
Maisonneuve-Rosemont? O.K. C'est bon. Si vous...
M. Fortin : Il semblait... La semaine dernière, il nous disait : Ah oui! nous,
on est un parti de région, oubliez ça, Montréal. Est-ce que vous sentiez
son appui?
M. Dubé : En
termes de hockey, là, je dirais 120 %.
Fortin : Est-ce que vous sentiez l'appui
de vos collègues de Québec?
M. Dubé : J'ai toujours eu un appui. Dans toute la
transformation qu'on a faite du réseau, M. le député, du réseau de la
santé, j'ai eu un appui indéniable du caucus et du conseil.
Fortin : Pour le projet de HMR?
M. Dubé : Pour
l'ensemble de nos projets.
Fortin : Pour le projet de HMR?
M. Dubé : Pour
l'ensemble de nos projets.
Fortin : Pour le projet de HMR?
M. Dubé : Pour
l'ensemble de nos projets, M. le député.
Fortin : O.K. Des fois, on en dit
beaucoup, sans dire beaucoup.
M. Dubé : Ah!
il s'en dit des choses.
M. Fortin : Oui.
Là, je veux... Une des caractéristiques, là, qui semble de plus en plus
évidente au gouvernement de la CAQ, c'est qu'on fait des annonces, on met des
dates et on n'arrive pas à les réaliser. Et, dans la liste de projets en
planification, là, c'est quelque chose qui revient souvent, ça.
Je vous donne
l'exemple du projet de La Malbaie. Hein? Vous le connaissez, le projet de La
Malbaie, vous deviez commencer des travaux,
encore là, l'année passée, si ce n'est pas il y a deux ans. Ça, c'était un
engagement qui avait été pris par votre député, localement, par votre
gouvernement, par vous-même. Alors, pouvez-vous nous dire qu'est-ce qui se
passe avec le projet de La Malbaie?
M. Dubé : Je
vous dirai ça après le Conseil des ministres de demain.
Fortin : Non, mais... Non, non, mais...
Fortin : Non. Mais, si tout va bien, là,
au Conseil des ministres, tout ce que vous faites, c'est revenir à la
planification, tout ce que vous faites, c'est continuer la planification de ce
projet-là. Je pense que les gens, là-bas, ce qu'ils
vous demandent, c'est : Il est rendu où, le projet, et c'est quoi, les
dates prévues pour la réalisation que vous aviez promise l'année
passée... pour l'année passée?
M. Dubé : Non,
mais, M. le député...
Fortin : Moi, je ne veux pas vous donner
des tapes dans le dos pour juste continuer parce que c'est ça que vous nous dites aujourd'hui, là. Ces
projets-là, ils sont inscrits en planification en date du budget qui a été présenté,
dernièrement. Puis là vous nous dites aujourd'hui : Ah! bien, on va
s'assurer que, ces projets-là, ils continuent d'être en planification. Ils
étaient en planification. Là, il n'y avait plus d'argent pour la planification.
Là, vous nous dites : Il y a de l'argent pour la planification, si tout va
bien. D'accord, là, mais, les gens, ils veulent quand même savoir qu'est-ce qui
se passe avec leurs projets. C'est juste ça, ma question.
M. Dubé : Non, mais ça... M. le député, je comprends très
bien votre question, mais on peut passer tous les projets qui sont en...
Fortin : Bien, ce n'est pas une mauvaise
idée.
M. Dubé : Oui,
mais je vais vous répondre la même chose à chaque fois. Là, ce qu'on... on
vient de trouver une solution avec un budget
limité de 3,6 milliards qui est consacré uniquement sur réaliser des
projets. On est en train de trouver une solution pour les projets qui
sont en planification. Il y en a plusieurs aussi. Alors, moi, je peux... Vous
me demandez : Qu'est-ce qu'on fait avec La Malbaie? Qu'est-ce que...
M. Fortin : Moi, je vous demande,
là... Il y a des gens, à La Malbaie, là, qui sont allés manifester, le mois
dernier, là, parce que le gouvernement de la CAQ avait pris un engagement que
les travaux commenceraient l'année passée, hein? Le maire est sorti sur la place publique, le comité des usagers est
sorti sur la place publique, les citoyens ont manifesté. Ils veulent
savoir, c'est quoi, le plan de match pour leur hôpital.
Là, ce que
vous nous dites aujourd'hui, c'est qu'il reste en planification. Il y a de
l'argent pour la planification, si le Conseil
des ministres l'approuve. D'accord,
mais ça ne leur en dit pas plus sur ce qui va se passer pour la suite
des choses. C'est ça qu'on vous demande.
Dubé : Puis je pense que les gens vont comprendre que je
ne répondrai pas aujourd'hui à ça, mais... Non, mais...
Fortin : Bien, voyons! Vous avez pris un engagement. Votre
député est sur la place publique en disant : Ce projet-là va
commencer en 2024.
M. Dubé : Est-ce que... Je peux-tu
compléter ma réponse? Je peux-tu compléter ma réponse? Le PQI se met à jour une fois par année, une fois par année. Là,
on a fait un PQI qui donne 3,6 milliards pour des projets en réalisation.
Ça, c'est ce qu'on a fait, là, il y a
quelques semaines, puis on vient de trouver des solutions, là, pour ce qu'on
vient de discuter.
Moi, ce que j'ai demandé à Santé Québec, puis je
reviens, c'est de dire : Vous l'avez, la liste, là, de tous les projets qui pourraient être faits, faites-nous des
recommandations de ceux qu'on devrait faire lorsqu'on fera le prochain
PQI. Écoutez, je ne peux pas vous en dire plus que ça.
Fortin : Mais le prochain PQI, M. le ministre, c'est dans
un an. Là, il y en a un qui vient de sortir, là, il est encore chaud de
l'imprimante, là. C'est sorti il y a quelques semaines à peine, puis là vous
nous dites aujourd'hui : Ça, là, on
va refaire tout un travail d'ordonnancement, alors je ne suis pas capable, pour
aucun de ces projets-là, pour l'Hôpital d'Amos, pour l'Hôpital de La
Malbaie, pour l'hôpital... l'Hôtel-Dieu de Lévis...
M. Dubé : Non, mais c'est... Vous
oubliez juste une partie...
M. Fortin : Le maire vous interpelait, hier, à savoir qu'est-ce qui se
passe avec son projet. Pour le projet en Outaouais,
chez nous, vous nous dites : On n'est plus capables de vous dire c'est
quoi, la date. Parce que, pour tous ces projets-là, vous êtes allés sur
place... pour la grande majorité de ces projets-là, vous êtes allés sur place,
vous avez dit à la population locale : On va commencer ces projets-là à
telle date. Là, vous n'êtes plus capable de faire ça?
Dubé : M. le député, puis je reviens, vous avez été
ministre, vous savez qu'un PQI se met à jour annuellement, en fonction
des disponibilités que l'on a. Ces projets-là, la bonne nouvelle qu'on a
aujourd'hui, ils peuvent continuer d'être en
planification. On a l'argent nécessaire. Ce que je vous ai dit... ce que je
vous ai dit, et je vais le répéter, ça prend de l'argent pour que les bureaux
de projets puissent compléter les différentes analyses pour être capables de
faire des annonces lorsque les projets seront prêts à être annoncés.
Alors, moi,
ce que je vous dis des projets qui sont en planification en ce moment :
Prenons la bonne nouvelle, j'espère,
qu'on aura demain, qu'on peut continuer d'être en planification, qu'il y a les
budgets nécessaires pour les faire, et, quand on aura réglé ça, on
pourra faire des annonces au bon moment.
M. Fortin : Vous avez... votre gouvernement, vos députés, le premier
ministre, vous-même, vous avez mis des dates sur ces projets-là. Personne qui
vous a tordu le bras puis qui a dit : Vous êtes obligés de faire ça, là.
Vous avez pris des engagements auprès de la population. Et là, aujourd'hui,
est-ce que je vous comprends bien que vous ne voulez pas répéter ces
engagements-là? Vous ne voulez pas confirmer les dates que vous avez vous-même
mises de l'avant pour tous ces projets-là?
M. Dubé : Bien, écoutez, quand on
rentre dans la spécificité des projets, là... puis je veux juste vous dire...
puis je pense que vous connaissez ça, c'est d'être capable de finir la
planification. Puis, pour que la planification soit terminée puis d'être
capable de dire : Bien là, je sais comment ça coûte, je sais quel va être
l'échéancier... exemple, dans le cas de La Malbaie, ce projet-là, la
planification n'est pas terminée.
Fortin : Mais pourquoi vous êtes allé sur la place publique
pour dire... pour donner une date dans ce cas-là?
M. Dubé : Quand on donne un ordre de
grandeur de ce qui pourrait être fait, c'est avec l'information qu'on a à ce
moment-là. Moi, ce que je vous dis... et c'est ça que je demande à Santé
Québec, de revoir tous nos projets en planification puis de revenir avec des
recommandations spécifiques. Vous savez que ça fonctionne comme ça. Alors, je
vais continuer de fonctionner comme ça.
Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Je vais maintenant céder la parole au député de Rosemont.
Marissal : Merci, M. le Président. Alors, on va continuer, et
peut-être finir, en fait, pour aujourd'hui, en tout cas en ce qui
me concerne, sur Maisonneuve-Rosemont. Quoique ce dossier ne sera-t-il jamais
fini? J'en doute.
Mais vous avez parlé de
hockey tout à l'heure, M. le ministre, je vais parler de baseball. Il y a une
règle immuable au baseball qu'après trois prises on est retiré. Là, vous en
avez deux, 2021 et 2023, deux annonces, il vous reste une prise. Est-ce que vous êtes prêt à mettre carrément votre
siège en jeu, là, si vous n'êtes pas capable de livrer ce que vous nous annoncez, y compris avec votre Conseil des ministres demain, avec vos collègues du Conseil des ministres?
Mais je vais aller plus loin que ça, parce qu'on
n'est pas assurés à 100 % que vous allez vous représenter. Alors, c'est
sûr que remettre votre siège en jeu, si vous ne vous représentez pas, ça ne
veut pas dire grand-chose. Mais avez-vous
l'impression que vous allez pouvoir continuer, si vous n'êtes pas capable de
pondre ce que vous nous avez promis encore une fois aujourd'hui? Puis
vous l'avez fait devant les journalistes, là, c'est déjà imprimé partout dans
tous les journaux du Québec, là, puis ça roule en boucle, dans les télés, que
vous allez livrer l'entièreté. Vous savez, si vous ne vous représentez pas en
2026, l'entièreté du programme... du projet, ça ne vous regardera plus tant que
ça. C'est pour ça que ça nous prend un échéancier puis un budget avant, pas une
intention.
Alors, est-ce que vous êtes prêt à mettre carrément
votre siège en jeu que, non seulement le fameux projet de construction du
stationnement, là, c'est dans les semaines que ça vient, là, ça n'a pas besoin
d'être bien, bien plus long que ça, là, mais
que, d'ici l'analyse du prochain PQI, puisque vous nous dites que ça se fait
chaque année, on aura l'ensemble du projet avec un échéancier ferme et
un budget fermé? Êtes-vous prêt à aller jusque-là?
M. Dubé : Bien, écoutez, je pensais
que j'avais répondu clairement à ça ce matin. Vous allez... On va être ensemble, là, dans toute la session qui va se
terminer au mois de juin. Moi, je vous ai dit qu'on va lancer l'appel d'offres
dans les prochaines semaines. La première
chose, je pense, que M. Fortin Verreault va faire, dans les prochaines
heures suivant le Conseil des ministres, c'est de s'assurer que l'appel
d'offres est lancé.
M. Marissal : Pour le stationnement,
oui, oui, oui.
M. Dubé : Pour le stationnement.
C'est la première chose qu'il va faire. Mais, dans la décision du Conseil des ministres, l'ensemble du projet, toute cette stratégie-là, sur combien d'années
ça va se faire, tout ça, ça va être voté demain avec le consensus de
tout le monde. Alors, que je me représente aux prochaines élections, pour moi,
là, ce n'est pas la question. J'ai déjà
répondu à ça, M. le député, vous le savez. Alors, il y a une chose qui est
certaine, c'est que moi, je veux
m'assurer que demain, au Conseil des ministres, on a une réponse très claire,
et c'est à ça que je m'engage, et vous allez le voir dans les prochaines
semaines. Cet appel d'offres là va sortir, puis vous le verrez.
M. Marissal : Oui, mais là je pense
qu'on joue sur les mots puis on n'est plus là, là, après tant d'années...
M. Dubé : Sur quels mots vous
trouvez que je...
Marissal : Bien, vous parlez d'un appel d'offres pour un
stationnement. Moi, je veux bien, le stationnement, là, puis je vous ai
dit, je comprends le domino, là. Je le comprends, là, je le connais très, très
bien, là, le projet, mais c'est un
stationnement, puis moi, j'ai juste peur de me faire dire, par le premier
ministre ou par vous, dans les prochaines semaines : Bien, arrêtez donc de chialer, là, vous vouliez des
pépines, il y a des pépines, là. Ça fait qu'il y a des pépines, c'est ça, puis là on se rend jusqu'en 2026. Vous
n'avez toujours pas de budget attaché. Vous n'avez toujours pas d'échéancier
ferme pour un hôpital de 720 lits. D'ailleurs, c'est toujours 720 lits? On est
toujours là-dessus, juste qu'on règle ça d'abord, là, oui? Vous dites
oui?
Marissal : Oui, d'accord, on est toujours sur 720 lits. Moi,
je crains juste que ça soit ça, puis un projet de cette ampleur, pas d'échéancier, pas de budget ferme, ce
n'est pas un projet, c'est une intention, puis des intentions, là, on en a
entendu plus que moins dans l'est de Montréal.
Alors, je vous repose la question, là. Vous
dites, aujourd'hui, ici, puis devant les journalistes : Je vais livrer
l'entièreté, pas l'entièreté du stationnement, l'entièreté de
Maisonneuve-Rosemont.
M. Dubé : Bon, je vais recommencer,
100 fois sur le métier, remettez votre ouvrage, O.K.
M. Marissal : Et à chaque jour
suffit sa peine.
Dubé : Et à chaque jour suffit sa peine. Des fois, chaque
demi-journée suffit sa peine. Le PQI, avec les règles du Trésor, avec ce que la
VG nous a demandé de faire, c'est de s'assurer que, quand on passe à une étape
d'un projet... qu'on a le «funding»
nécessaire, que le financement est au PQI. J'ai expliqué ça ce matin. Le gros
enjeu est dans les années qu'on a en cours en ce moment. On a déjà
remonté à un PQI annuel, donc, un investissement annuel de l'ordre de 19 milliards, qui est beaucoup plus que la
moyenne de 16 milliards par année, pour un PQI de 160 milliards. Je
l'ai expliqué au député des Îles-de-la-Madeleine tout à l'heure.
Ce qu'on est en train de faire, puis c'est ça,
la stratégie qui va être discutée demain puis, je pense, qui permet de faire... d'annoncer le projet de loi pour son
entièreté, c'est d'être capable, dans les deux années difficiles qui sont en
train d'être faites en ce moment... c'est
d'avoir le projet de stationnement qui rentre à l'intérieur de cette
enveloppe-là qui est limitée à 19 milliards et de commencer le
projet de x milliards, dont je ne