CRC — 5 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2015-05-05
Quebec — Committees
Je vous dirai
d'entrée de jeu que je suis fière des avancées que nous avons connues en 2014‑2015
pour favoriser le développement des
enfants et l'épanouissement des familles. Avec le nouveau budget 2015‑2016, le
gouvernement est venu confirmer la pérennité des mesures de la politique
familiale québécoise. Ce budget vient apporter un soutien financier additionnel
à certaines mesures importantes pour les familles et les enfants du Québec tout
en permettant l'atteinte de l'équilibre
budgétaire. Il s'agit d'un tour de force que de conjuguer l'équilibre
budgétaire et les services aux familles.
Nous avons réussi là où certains gouvernements ont échoué en coupant
massivement dans les services publics. Au
fil des ans, le gouvernement du Québec a développé une politique familiale basée sur
les valeurs fondamentales que sont
l'égalité des chances pour tous les enfants, l'égalité entre les hommes et les
femmes, la solidarité intergénérationnelle et le respect de la diversité des réalités familiales et des parcours de
vie. Les gestes posés depuis notre arrivée au gouvernement démontrent plus
que jamais notre désir de consolider notre politique familiale. Ces
gestes mettent en lumière l'engagement du gouvernement
envers le développement des enfants et le mieux-être des familles du Québec.
Notre politique familiale se situe parmi les meilleures politiques
familiales des pays développés, et, comme société, nous devons en
être fiers.
Notre politique familiale est généreuse. Ainsi,
cette année, les familles québécoises bénéficieront encore d'un soutien financier de près de 8 milliards de dollars. Les familles québécoises peuvent bénéficier
de mesures d'aide financière importantes, dont le Soutien aux enfants et
le crédit d'impôt remboursable pour les services de garde.
De plus, le
Régime québécois d'assurance
parentale facilite la vie de beaucoup
de jeunes couples qui décident de
fonder une famille. Ce régime souple et généreux se compare avantageusement à
ce qui se fait ailleurs au Canada et
dans le monde en matière de congés
parentaux. Je ne peux passer sous silence que notre gouvernement a annoncé son
intention de conserver intégralement le
Programme de soutien aux enfants et du Régime québécois d'assurance parentale.
Enfin, parce que le gouvernement croit que
les enfants du Québec ont droit à l'égalité des chances, il a suscité et
soutenu le déploiement, sur tout son
territoire, d'un vaste réseau de services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés
constitué de centres de la petite
enfance, de garderies et de services de garde en milieu familial. C'est
d'ailleurs avec fierté que je souligne
que nous avons livré, cette année et à cette date bien précise... puisqu'il
faut se rappeler, M. le Président, qu'établir des CPE, ouvrir des
places, ça a toujours certains délais, mais on est à plus de
5 484 places à contribution réduite, du jamais-vu en une décennie.
Toutes ces places ont d'ailleurs été livrées en installation, c'est-à-dire soit
en centre de la petite enfance soit en
garderie subventionnée, et ce, tel que les parents l'avaient souhaité dans le
cadre de l'enquête sur l'utilisation, les besoins et les préférences des
parents en matière de services de garde réalisée il y a quelques années.
Et, M. le
Président, ce n'est pas écrit sur ma feuille, mais je me permets de le dire,
nous avons quand même livré les
places qui avaient été octroyées par les gouvernements précédents et ceux
d'avant. Donc, les places octroyées ne sont pas des places voulues par
la ministre en
titre mais octroyées par les ministres précédents.
Quotidiennement,
ce sont 17 000 services de garde qui veillent au bien-être des
enfants en leur permettant de se développer tant sur les plans affectif,
social, cognitif et langagier que moteur et physique. Ils jouent un rôle
essentiel d'abord parce qu'ils
offrent des services éducatifs de qualité et sont des lieux d'accueil pour ces
enfants et aussi parce qu'ils
constituent des mesures de conciliation travail-famille pour les parents et
l'égalité des chances, notamment pour les enfants issus de milieux
défavorisés et les enfants handicapés.
M. le
Président, le réseau des services de garde est l'une des mesures-phares de la
politique familiale du Québec, nous
entendons donc poursuivre nos efforts pour répondre aux besoins des parents en
matière de services de garde dans le
cadre de cette politique. C'est pourquoi notre gouvernement s'est engagé à
maintenir le programme de services de garde subventionnés et à poursuivre la création de nouvelles places à
contribution réduite à un rythme soutenu mais qui respecte la capacité
de payer des Québécois. Notre gouvernement s'est engagé à concrétiser
10 300 nouvelles places d'ici le 31 mars 2016, dont plus de la moitié
de ces places ont déjà été réalisées.
Avec le
budget 2015‑2016, les services de garde recevront d'ailleurs 89 millions
de dollars de plus cette année.
Cette hausse s'explique par la création des
places additionnelles, par l'instauration du nouveau Fonds des services de garde éducatifs à l'enfance et
par l'indexation de la contribution parentale.
M. le Président, en novembre dernier, le
gouvernement a annoncé son intention de procéder à la révision du programme des services de garde éducatifs à
l'enfance subventionnés. Après plus de 15 ans, le programme des services
de garde se devrait d'être révisé en
profondeur. Nous souhaitons mettre en place les mesures nécessaires à une
gestion optimale de ce programme, si
cher aux yeux des Québécois, pour assurer la pérennité, la qualité,
l'accessibilité et l'équité des services de garde offerts aux familles
du Québec.
Ainsi, des
modifications ont été apportées à la
Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance afin de revoir les règles déterminant la contribution exigée
d'un parent dont l'enfant bénéficie d'un service de garde fourni par un prestataire de services de garde subventionnés.
Ces nouvelles règles sont effectives depuis le 22 avril 2015. La contribution
parentale est maintenant composée de la
contribution de base de 7,30 $ par jour, par enfant, à laquelle s'ajoute
maintenant une contribution
additionnelle modelée selon le revenu familial. La contribution de base et la
contribution additionnelle seront
indexées annuellement à compter du 1er janvier 2016 pour qu'elles reflètent
davantage les coûts du programme. 30 %
des familles ne subiront pas de hausse, puisqu'elles ont un revenu de moins de
50 000 $. Les familles ayant un revenu entre 50 000 $ et 75 000 $ paieront un tarif de
8 $ par jour. Près de 60 % des familles paieront un tarif de moins de
9 $ par jour, M. le Président.
La contribution de l'ensemble des parents, en 2015‑2016, passera de 19,7 %
du total des coûts des services de garde subventionnés, le même
pourcentage qu'en 1997. Aussi, afin d'atténuer l'effet auprès des familles nombreuses, aucune contribution additionnelle ne
sera demandée à partir du troisième enfant d'une même famille fréquentant
au cours d'une même année un service de garde subventionné.
M. le
Président, les sommes de la contribution additionnelle versée par les parents
serviront exclusivement au financement des services de garde éducatifs
via la création du Fonds des services de garde éducatifs à l'enfance. Son objectif premier est d'assurer la pérennité des
services de garde éducatifs subventionnés qui sont offerts aux familles du
Québec aujourd'hui et demain. Nous venons
consolider l'existence de services dont bénéficient plus de
227 000 jeunes Québécois.
M. le
Président, le gouvernement a à coeur d'assurer un accès équitable à des
services de garde de qualité à un coût
respectueux de la capacité de payer de chaque famille. Nous voulons maintenir
le programme des services de garde subventionnés, qui a un impact
important dans la société québécoise. Les sommes additionnelles injectées par
le programme cette année le prouvent une fois de plus. Pour assurer la
pérennité du programme des services de garde, l'optimisation
du service demeure aussi essentielle. Nous avons commencé cet exercice avec nos
partenaires en 2014‑2015 et nous
continuerons notre travail en ce sens au cours des prochains mois. Je souhaite
un réseau de services de garde fort, de qualité qui s'adapte aux
réalités des familles d'aujourd'hui et non plus que les familles s'adaptent au
réseau.
lutte contre l'intimidation — M. le Président, vous le savez, c'est un
dossier qui m'est cher — est l'une des priorités
de notre gouvernement. Tel qu'annoncé par le premier ministre, le Forum sur la
lutte contre l'intimidation a eu lieu
le 2 octobre dernier à Québec — j'étais d'ailleurs très bien accompagnée par
mes collègues le député de Terrebonne et la députée de Repentigny.
L'objectif du forum était de mobiliser les différents acteurs concernés par la
lutte contre l'intimidation au Québec et de
dégager des pistes d'action en vue d'élaborer un plan d'action concerté en
matière de lutte contre
l'intimidation. Il a été l'occasion d'aborder l'intimidation à tous les âges,
des tout-petits aux aînés, dans le monde réel et dans le monde virtuel.
Attendu pour
l'automne 2015, le plan d'action proposera des solutions souples et adaptées
aux différents milieux et à toute la
population. À cette fin, dans le budget 2015‑2016, des sommes additionnelles
seront consenties sur trois ans, soit
4,4 millions de dollars : 400 000 $ pour l'année 2015‑2016,
1,5 million pour 2016‑2017 et 2,5 millions pour 2017‑2018.
La responsabilité de la ministre de la Famille ne se tient pas que sur deux
dossiers, un troisième s'y rajoute : soutenir la Fondation du
Dr Julien par le biais de la pédiatrie sociale. La pédiatrie sociale en communauté
est une intervention multidisciplinaire
auprès des enfants vulnérables et de leurs familles afin de prévenir les
difficultés qu'ils peuvent vivre et assurer leur plein développement.
Par l'instauration d'un partenariat avec la Fondation du Dr Julien, des
services de pédiatrie sociale en communauté
seront offerts à 20 000 enfants
vulnérables au Québec d'ici 2020. Pour ce faire, la fondation prévoit étendre le réseau à 42 centres
répartis sur l'ensemble du territoire québécois. Ainsi, le budget 2015‑2016
prévoit une première contribution financière de 22 millions de
dollars pour les cinq prochaines années.
Le Curateur
public veille à la protection des personnes inaptes. Il fait aussi
partie de la
responsabilité que nous détenons, au ministère de la Famille. Le Curateur
public s'assure que les décisions sont prises dans l'intérêt de la personne
représentée et le respect de ses droits et pour la sauvegarde de son autonomie.
Le Curateur public représente 13 000 personnes
inaptes placées sous régime public. Le Curateur public veille au meilleur
intérêt des personnes représentées et s'assure qu'elles ne subissent
aucun préjudice.
M. le
Président, les municipalités jouent un rôle important auprès des familles,
elles sont de précieux partenaires de
la politique familiale québécoise. Par le programme de soutien financier aux
politiques familiales municipales, nous appuyons les municipalités et les MRC dans l'élaboration et la mise à
jour de leurs politiques familiales. La mise en oeuvre d'une politique
familiale municipale favorise l'adaptation des services à la réalité des
familles du Québec pour ainsi mieux répondre
à leurs besoins. Dans le cadre de l'appel de projets 2014‑2015, le ministère a
reçu 56 projets dans le but de
soutenir l'élaboration, la mise en oeuvre et la mise à jour d'une politique
familiale municipale, pour un montant total de 924 000 $. À ce jour, 722 municipalités, 32 MRC
s'étaient dotées d'une telle politique ou étaient en voie de le faire. Actuellement, c'est 87 % de la population
québécoise qui habite dans une municipalité ou une MRC engagées dans ce programme. Je vous rappelle, M. le Président, que,
la semaine passée, je vous disais que 85 % des citoyens étaient couverts
par le principe MADA. Eh bien, Municipalité
amie des aînés, municipalité aussi avec politique familiale, on s'assure d'un
service aux citoyens le plus proche
possible. Les organismes communautaires Famille et les haltes-garderies
communautaires sont aussi des
partenaires importants du ministère en matière de soutien aux familles. Les
organismes communautaires Famille et
les haltes-garderies communautaires font un travail considérable auprès des
parents et des enfants du Québec.
M. le
Président, le budget 2015‑2016 permettra d'assurer la pérennité des mesures de
la politique familiale du Québec. Le
réseau des services de garde est l'une des mesures-phares que nous devons
préserver. Aussi, la révision des programmes des services de garde
assurera la pérennité de ce précieux programme pour les générations à venir. Le
budget 2015‑2016 apportera aussi un soutien
financier additionnel pour les familles et les enfants du Québec tout en
assurant l'atteinte de l'équilibre budgétaire.
M. le Président, je nous souhaite un six heures
productif.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Traversy, porte-parole de
l'opposition officielle.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président, de toujours faire
ma publicité. Si je suis réélu, ça va être grâce à vous, encore une fois. Et je tiens tout d'abord à
souligner la présence, bon, de la ministre évidemment, de ma collègue de Repentigny, saluer également les collègues du
gouvernement qui sont toujours présents pour ce genre de discussion. Jonathan, Florence et Mme Bérubé, merci
beaucoup d'être là avec l'ensemble de vos collègues et partenaires de
différents milieux pour répondre à nos questions.
Alors, il est
évident que la ministre de la Famille a tracé un portrait plutôt rose de la
situation, là, qui se déroule présentement
au niveau des familles du Québec. Laissez-moi vous donner l'envers de la
médaille, M. le Président, pour ce
qui s'y déroule. Selon nous, l'opposition officielle, nous voyons un
gouvernement, depuis plusieurs années déjà, là, qui travaille à développer un réseau et depuis un an, avec l'arrivée de
ce nouveau gouvernement, on voit le relâchement, on voit le retard qui se fait dans la création de places, des places qui
sont attendues par les jeunes familles et les jeunes parents du Québec
depuis de nombreuses années.
À pareille
date l'année dernière, nous avions un premier ministre qui dans cette salle
même nous faisait un discours inaugural
rempli d'émotions, rempli d'exaltation, avec des belles promesses, avec des
belles phrases toujours aussi inspirées, là, par Saint-Exupéry et d'autres grands penseurs de ce monde. Je vous rappellerais que le premier ministre, à pareille date l'année
dernière, nous disait que la famille était extrêmement importante,
qu'aucun enfant ne serait laissé derrière et que ça serait une de ses
priorités pour le Québec.
qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui? Aujourd'hui, lorsqu'on regarde l'état de la situation, on constate, tout d'abord, des bris de
promesses faites en campagne
électorale par le gouvernement en place. On voit également le retard qui a été pris au
niveau des places, qui sont reportées
maintenant, M. le
Président, jusqu'en
2020‑2021, des places qui auraient dû être
disponibles pour 2016 à l'origine, donc on parle de plusieurs années de retard
qui feront en sorte que toute une génération
d'enfants ne pourront peut-être pas avoir accès à des places à contribution
réduite. On parle évidemment de coupures dans le milieu familial,
autant chez les organismes communautaires qu'au niveau des allocations qui sont
données pour les services aux enfants. On
parle de hausses de tarifs qui ont donné lieu à des mobilisations générales au cours des derniers mois. Vous avez vu les acteurs
de la société civile se mobiliser et se regrouper pour venir défendre une politique familiale, une politique familiale qui est
basée sur des piliers forts, des piliers qui se sont fortifiés au cours
des années, soit la qualité, l'universalité et l'accessibilité.
Or, ce qu'on
constate du gouvernement actuel, M.
le Président, et c'est ce que nous
allons tenter de vous démontrer aujourd'hui, c'est que la qualité va en
diminuant dans nos services de garde à l'heure actuelle non pas parce que les services qui sont actuellement offerts ne sont
pas bien encadrés, mais parce qu'il y a une prolifération de garderies privées non subventionnées qui ne sont
pas balisées par le gouvernement à l'heure où on se parle et qui livrent des
services où le nombre de plaintes sur
la qualité est assez faramineux, contrairement
aux autres modèles de garderie subventionnée de l'État québécois, que ce soit le milieu familial subventionné, que ce
soient les garderies privées subventionnées ou encore les centres de la petite enfance. On voit que la
qualité, dans certains milieux de garderie... sont beaucoup plus, comment
je pourrais dire, dénoncés, et on voit
plutôt la ministre essayer d'encourager ce genre de prolifération de garderies
privées non balisées, non encadrées
pour les enfants du Québec. Au niveau de l'universalité, on voit également
qu'elle est brisée, parce qu'on a
l'imposition d'une nouvelle taxe famille, M. le Président, où les gens de la
classe moyenne devront payer une première fois l'imposition normale des
revenus au Québec de par leur salaire familial mais une deuxième fois maintenant pour les tarifs en garderie. On voit
également que l'accessibilité est limitée, étant donné le retard des places
jusqu'en 2020-2021, comme on l'a dit.
La ministre
nous parle d'un portrait rose. Or, on constate que, dans le budget cette année,
c'est une coupure de 4,6 % qui
est faite, encore une fois, dans le ministère de la Famille, une coupure qui va
engendrer donc, nécessairement, des
choix difficiles ou en tout cas, du moins, une réorganisation, et on va tenter
de comprendre au niveau, là, des chiffres qui nous ont été donnés quels seront les avantages pour les jeunes
familles du Québec, puisqu'elles devront payer plus cher et qu'à
première vue il semble qu'elles auront moins de services.
Alors, M. le Président, je vais me garder du
temps pour poser des questions. Je tenais donc à vous réitérer la vigilance de l'opposition officielle d'être une
opposition constructive et une opposition intraitable sur certains enjeux,
notamment les services aux enfants. C'est ce que nous discuterons au cours des
prochaines heures.
Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Terrebonne.
Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Repentigny. Vous
avez un maximum de sept minutes pour vos remarques préliminaires.
Lavallée : Je serai brève.
Donc, je vais saluer M. le président, saluer la ministre, saluer le député
de l'opposition officielle et saluer tout le personnel politique,
les sous-ministres et les représentants du ministère qui sont ici. Et je vais contribuer au travail, à cette journée que je veux claire au niveau des réponses, donc je vais limiter mon intervention ici.
Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Nous allons entreprendre notre période
d'échange. Donc, je cède maintenant la parole à M. le député de Terrebonne
pour une période de 20 minutes.
M. Traversy : Merci beaucoup,
M. le Président. Ce fut bref mais intense.
J'aimerais tout d'abord discuter avec la ministre de
la Famille concernant cette nouvelle
taxe imposée et modulée selon les
revenus qui a été officialisée par notre Assemblée nationale il y a quelques
jours par le moyen d'un projet de
loi bâillon sur la question dans le cadre d'un projet de loi mammouth de plus
de 150 pages.
M. le
Président, vous comprendrez que les familles du Québec qui ont fait leurs
rapports d'impôt — ils ont
jusqu'à demain pour le faire,
d'ailleurs, si ce n'est pas encore fait — veulent pouvoir être capables de prévoir
quel genre de dépenses ils auront à
leurs budgets pour la garde de leurs enfants dans nos services de garde au
Québec. Présentement, on sent, là, que
c'est un peu compliqué : il y a un méli-mélo de tarifs, les gens ne savent
pas trop à combien s'attendre. On a sorti des calculettes ou des calculatrices pour essayer d'y voir un peu plus clair. La ministre parle d'exemples mais
parle d'un exemple qui peut porter à
confusion. Lorsqu'on parle, exemple, de familles qui gagnent 50 000 $ de revenu familial, on
peut effectivement avoir une somme de tarifs de garderie pour leurs enfants,
mais, lorsque les deux parents gagnent 50 000 $,
bien là c'est différent, et là il faut y aller selon le portrait de la classe
moyenne. Deux parents qui gagnent 50 000 $, M. le Président, vont devoir payer, là, plus de
1 000 $ nets par année pour leurs enfants au cours de la prochaine
année, ce qui n'est quand même pas
négligeable, ce qui n'est quand même pas banal pour une famille qui souhaite
justement se voir dégager des marges
de manoeuvre plutôt que s'en voir imposer davantage. Donc, on trouve que c'est
déstabilisant, c'est stressant, et on
voudrait donc bien comprendre avec la ministre de quelle façon va fonctionner,
justement, là, ce calcul concernant la modulation des tarifs en
garderie.
pourrait commencer par des exemples, là, qui nous ont été soumis par des
parents du Québec qu'on a dans nos
circonscriptions, M. le Président, là, avec qui on parle à chaque semaine. On
voulait voir, au niveau des parents divorcés et en couple avec des nouveaux conjoints ou des nouvelles conjointes,
comment pourrait s'arrimer la tarification du revenu. On veut savoir, autrement dit, est-ce que le parent
qui gagne le moins dans le couple doit être celui qui a tout avantage à signer une entente de service pour diminuer, dans
le fond, sa tarification en service de garde, là, pour ses enfants ou si
c'est la moyenne des deux parents qui est
calculée. On aimerait voir avec la ministre de la Famille, dans le cas de
familles reconstituées, comment on doit s'attendre à calculer les tarifs
en garderie pour les enfants.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. J'avais un doute qu'on irait rapidement dans le coeur
du sujet puis je pense que c'est
important de rassurer les parents du Québec. On pourrait s'amuser à faire peur,
puis, oui, peut-être que je le vois
rose, mais je le vois surtout dans le quotidien du travail que je fais, la
réalité, comment on s'organise dans le quotidien
pour aider nos familles, pour mettre en place des meilleures places. Et,
heureusement pour nous, les places qu'on a développées, on avait l'argent pour les faire, ce qu'on ne peut pas dire
dans chacun des partis, puisqu'on a annoncé des places et on n'avait pas nécessairement les crédits pour le faire. Un
coup que j'ai dit ça, je ne reviendrai pas sur le budget qui n'avait pas de crédit, ça ne me donne
absolument rien, puis j'aimerais ça qu'on soit dans un mode constructif plutôt
que dans un mode qui ne l'est pas.
Et, dans la
volonté qu'on a de développer les places, et je vous en informe, M. le
Président, parce que peut-être que
les parents ne le savent pas, mais on développe encore des places qui ont été
attribuées en 2008. C'est facile d'offrir des places, de donner des places, mais il faut qu'à partir de ce
moment-là l'ensemble du système se mette en branle, trouver les terrains, faire les plans, et ça ne se fait
pas en se disant : Je te donne des places, puis sois prêt dans six mois, à
moins que ce soient des installations
déjà toutes faites, et ça, on a pas mal réglé cet aspect-là par rapport au
développement des places. Donc, je reviens un peu là-dessus parce que je
pense que c'est important de bien le comprendre.
Maintenant,
effectivement, une nouvelle tarification. Pourquoi? Pour pouvoir permettre aux
familles du Québec de bénéficier le
plus longtemps possible d'un système qu'on veut garder. Je nous rappelle aussi,
avec, je vous dirais, même une petite
pointe, parce qu'on va jouer à ça toute la journée, que le Parti québécois
avait annoncé un 9 $ par famille. Eh bien, pour nous, une famille
qui gagne moins de 50 000 $ après déductions, bien, sa contribution
nette sera de 6,09 $.
Rappelons-nous,
parce qu'il faut vraiment le faire, cet exercice-là, qu'avant, quand on payait
juste 7,30 $, que personne
d'autre ne contribuait, qu'on avait juste une facture de 7,30 $, le parent
n'avait pas accès au retour d'impôt fédéral. En ce moment, nos familles auront droit à un retour d'impôt de
l'ensemble des gouvernements auxquels elles sont rattachées, donc fédéral et provincial. Alors, une famille qui
gagne 50 000 $ par année... Et là on parle, M. le député de
Terrebonne... ou M. le Président, de
familles vraiment qu'il faut favoriser. Il faut permettre à ces femmes d'aller
sur le marché du travail, il faut
permettre à ces jeunes familles, qui commencent et qui ont le goût de
contribuer, d'avoir des places. Eh bien, M. le député, pour ces familles, c'est 6,02 $ par jour, pas 7,30 $,
pas 9 $, 6,02 $. Je pense qu'il faut revenir aussi à cette base-là
où on veut une société qui partage cette responsabilité de s'occuper des
enfants du Québec. Donc, oui, oui, rendue à 200 000 $
par année, ma facture sera différente. De combien je paierai par jour pour un
service pour un enfant si j'ai un revenu
familial de 200 000 $? 15,66 $. Bien, j'ai des parents qui m'ont dit : Mme la ministre, ça serait 20 $ que je paierais pareil, parce que je reçois un service de qualité et j'apprécie le
fait que je peux avoir la tête tranquille,
rentrer au travail puis ne pas avoir de souci.
Donc, la
volonté du gouvernement du Québec mettre en place une contribution parentale
qui arrive à un moment où nos familles
ont un revenu plus substantiel — ils ne sont pas riches à
200 000 $, on en convient, là — mais ça permet à chacun de contribuer à sa façon pour avoir des
services importants et dans son quotidien. Maintenant, comment on fait quand on est divorcé, quand on est séparé, quand
on joue d'une différente façon dans cette société? Parce que j'ai eu des
enfants et j'apprécie énormément, M. le Président, que mon collègue ne me fasse
pas l'exemple de : le A plus B qui a eu un enfant avec C puis que c'est D qui paie. Ça a été assez complexe au
moment où j'ai entendu son collègue en parler, donc je suis heureuse de
voir qu'il me donne un cas vraiment concret.
Nous avons
mis déjà en branle tout un processus de communication avec nos parents. Je vous
le montre si vous le souhaitez, parce
que je suis très, très, très transparente aujourd'hui. Je vous montre une
feuille qui sera affichée partout. Si
vous en désirez une copie, je pourrais la déposer, puis vous pourriez avoir une
copie de l'affiche qui sera affichée partout pour aider nos parents à
mieux comprendre, mais aussi à aider nos services de garde à mieux expliquer le
processus qu'on veut mettre en branle avec
nos parents. Le revenu familial sera pris en compte. Est-ce que c'est un parent
qui va payer? C'est l'ensemble du
revenu familial qui va être pris en considération et c'est celui qui va signer
l'entente de service qui aura la
responsabilité de cette facture mais aussi la responsabilité de recevoir le
petit billet qu'il mettra sur son rapport d'impôt pour dire qu'il a contribué puis qu'il a payé pour tant de jours
à tant pour avoir un service de garde en CPE ou en garderie privée.
Donc, ça vous
donne une idée. Puis, je vous rassure, M. le député, on n'est pas le seul
programme, on vient tout juste
d'arriver au même stade que tous les autres programmes qu'on a pour les
familles du Québec, c'est-à-dire que le revenu familial est pris en
compte au moment d'attribuer des sommes ou de demander un financement.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, effectivement, on va
vouloir une copie, là, de l'affiche en question. Et je suis un peu myope, là, peut-être, mais ça me semblait quand même
complexe, là, à quelques mètres de distance, là. Je le reverrai d'un petit peu plus proche, là,
tout à l'heure. Mais on a besoin donc d'éclaircissements pour diminuer un
peu l'inquiétude des parents, et c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui; vous
dire qu'une chose qui inquiète les parents notamment,
dans votre commentaire, c'est que les tarifs vont augmenter, donc les parents
vont payer plus cher, mais ça n'amènera
pas nécessairement des places à contribution réduite d'une manière plus rapide
ou plus substantielle. Donc, on a
hâte de voir où vont être les services supplémentaires pour cette augmentation
de tarifs importante pour les gens de la classe moyenne. Je reviendrai
tantôt sur les barèmes, là, de tarification.
Donc, pour
bien comprendre, dans l'exemple que vous me donnez, Mme la ministre, vous me
dites que c'est le revenu global des
parents qui va être pris en considération. Dans l'exemple que nous avions, donc
de famille recomposée, je voudrais juste avoir une précision, là,
supplémentaire, là. Disons qu'une dame a deux enfants avec un mari, ils se divorcent — puis on m'a dit en commission parlementaire,
là, qu'il y avait environ 15 000 divorces par année, je ne le souhaite à personne, mais semble-t-il que c'est
monnaie courante au Québec — donc, elle décide d'avoir une nouvelle
relation avec un autre homme, a deux enfants
avec cette personne-là aussi. Donc, je veux voir de quelle manière, là, donc,
on va s'arranger pour bien calculer le revenu familial avec l'ex et avec
le nouveau conjoint.
Puis, puisque
le troisième enfant semble être exempté de tarif, de quelle façon une mère qui
a des enfants avec plus d'un conjoint peut calculer si son enfant est
exempt ou non de la tarification modulée selon les revenus?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Permettez-moi de taquiner mon collègue puis dire : Ça prend neuf mois de
grossesse, et il y a un congé
parental de tout autant. Donc, si la dame a quatre enfants, il y en a au moins
un qui ne fréquente pas le service de
garde, si on y va dans les délais des congés parentaux et de la volonté de la
procréation, à moins qu'elle les adopte.
Là, on est dans tout autre... Mais je suis en train de vous donner des cas
complexes que vous pourrez me relancer. Mais, ceci...
Charbonneau :
Oui, c'est ça. Ceci dit, rappelons-nous que, dans la volonté de mettre en place
un processus familial — et, oui, vous avez raison de nous
rappeler qu'il existe au Québec différentes façons de vivre sa vie, puis quelquefois, bien, les parcours changent, puis les
vies changent auprès de nos enfants mais aussi auprès de nos familles — ça fait
en sorte qu'il serait... En tout cas, je serais très étonnée de trouver une
famille de quatre enfants où les quatre sont en service de garde.
Ceci dit, je
vais vous lire le paragraphe
pour que ce soit le plus clair possible, parce que quelquefois, j'en conviens, mes propos
peuvent être mélangeants. Alors, je vous le lis pour être sûre que c'est bien
encadré : «La contribution parentale sera calculée selon le revenu
net, qui inclut quelques déductions, dont les trois plus fréquentes sont la
déduction pour travailleur, celle pour les REER et celle pour les employés
qui bénéficient d'un régime de retraite. Autrement, le soutien pour
enfants est calculé à partir de ce même montant.»
Donc, pour
chacune des familles qui voit ou qui reçoit le soutien pour jeune enfant, bien
le calcul se fait de la même façon
pour sa contribution qui sera faite au service de garde de par l'entente qu'il
aura signée, parce qu'on sait tous les deux que quelquefois les ententes
peuvent être différentes — des
fois cinq jours, des fois quatre jours, des fois trois jours — et
on souhaite que chaque parent puisse demander une entente qui lui ressemble et
non demander aux parents de ressembler à une entente qu'on veut avoir.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Vous
savez, la vie est parfois remplie de surprises, puis effectivement il y a des calculs standard, il y a
des fois des situations qui sortent un peu, là, de la routine
quotidienne. D'ailleurs, je ne sais pas si la ministre
a déjà connu des gens qui ont eu des jumelles ou des triplés, mais, si jamais ça arrive, ça peut compliquer un peu les
choses. Alors, il y a plein
d'équations qui sont possibles, là, dans ce genre de calcul. Mais, pour aller
plus loin puis pour répondre à des préoccupations
de parents, dans l'exemple que vous me donnez, peu importe, là, la famille,
reconstituée ou non, est-ce que, dans
le revenu familial, on calcule également la pension alimentaire que le père ou
la mère, en l'occurrence, là, paie, là, pour... Est-ce que la pension
alimentaire fait
partie du calcul pour la tarification?
Charbonneau :
Alors, l'écho que j'entends, c'est : Non, il n'y a pas de calcul qui est
fait à partir de la contribution d'un parent
qui n'habite pas avec l'enfant, sur la pension alimentaire. C'est la personne
qui signe l'entente. Dans le fond, il
faut comprendre deux choses : il y a quelqu'un qui va signer l'entente, et
cette personne-là, elle a une adresse avec
une famille, et c'est son revenu familial, là, qui va contribuer. Mais on
s'entend aussi pour : la personne qui signe l'entente, c'est aussi
la personne qui fait le rapport d'impôt avec ledit revenu et la contribution.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Parfait. Donc, la recommandation de la ministre
aujourd'hui, c'est de dire aux parents du Québec, si je comprends bien... puis vous me corrigerez,
c'est que pour la tarification c'est la personne qui signe l'entente qui sera,
dans le fond, analysée pour le tarif. Est-ce
que c'est plus avantageux pour les parents de prendre la personne qui a le
moins haut salaire, le moins haut revenu pour diminuer leurs frais?
Est-ce que ça serait une recommandation intéressante?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau :
Je vous dirais, M. le Président, que la personne qui signe l'entente a un
revenu familial. Maintenant, dans son
revenu familial, j'imagine que, dans une situation complexe — je vais prendre une situation complexe
parce que, dans une situation dite régulière,
il n'y a pas trop de complexité — dans une situation complexe, il y a nécessairement des discussions qui se font entre
les conjoints sur la pension alimentaire, sur les revenus qu'ils se doivent
de contribuer de part et d'autre pour leurs
enfants. Donc, la volonté qu'on a, c'est de mettre en place un système simple
pour les parents. Et je vous rassure aussi
sur un autre aspect, puisque c'est une question qui peut venir de mon
collègue : deux parents peuvent
signer une entente, là. Ils peuvent fractionner l'entente, ils peuvent
dire : Bon, bien, moi, je vais payer trois jours, puis mon
ex-conjointe va payer deux jours. Il y a toujours cette possibilité-là, mais ça
passe par le prestataire de services et non
par la famille. Donc, le prestataire de services peut faire une entente
fractionnée — deux
jours à un, trois jours à l'autre,
deux jours et demi, deux jours et demi — et à ce moment-là le reçu qui est fait pour retour
d'impôt est fait dans cette mesure-là.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Donc, on peut avoir des ententes fractionnées, des
ententes qui sont faites entre les deux personnes. Si jamais, en cours de route, parce que la vie
étant pleine de surprises, les personnes finissent par ne plus s'entendre, que
se passe-t-il à ce moment-là pour les
parents? Est-ce que c'est le ministère de la Famille qui va s'assurer d'un
suivi avec eux pour réviser leur situation? Comment ça fonctionne?
Charbonneau :
Habituellement, on accompagne le service de garde pour pouvoir réviser puis
s'assurer que ce qui se passe dans le
milieu familial n'a pas d'impact sur ce qui se passe à la garderie. Je vais
dire «garderie», mais vous avez compris
que ça peut être CPE, ça peut être milieu familial. Mais on veut préserver les
gens qui offrent... les prestataires de
services, de cette mésentente-là, donc le ministère accompagne les gens qui offrent le service pour
s'assurer d'une belle façon de faire.
Mais, vous avez compris, parce que l'être humain étant ce qu'il est,
quelquefois il y a mésentente entre les conjoints, et on
essaie de préserver le système de ça.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Vous n'avez
pas peur que ça crée une certaine lourdeur dans l'appareil administratif de
gérer tout ça?
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre.
Charbonneau : M. le
Président, on a, au ministère de la Famille, et ça peut étonner bien des gens... moi, je dis tout le temps «les 50 000 auditeurs qui nous écoutent», mais
on a toujours accompagné, quelle que soit la situation. Quand on était à 7,30 $ par jour, ce n'était
pas plus simple si une famille décidait de se chamailler pour toutes sortes de
raisons. Donc, le ministère a des bureaux
régionaux, des gens qui s'occupent des gens qui s'occupent de nos enfants, et
c'est dans cette perspective-là qu'on continue à donner des services. Mais, mon
collègue fait bien de le souligner, la réalité
du quotidien de nos services de garde, quels qu'ils soient, milieu familial, ou
CPE, ou services de garde, ce sont des gens qui s'occupent des gens, et
on se doit, comme ministère, de se préoccuper d'eux et de les accompagner.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, écoutez, il y a encore
beaucoup de questions concernant le fonctionnement modulé selon les revenus, là. Je vais prendre
tantôt le temps, là, d'analyser — de toute façon, on va revenir cet
après-midi, là — la feuille explicative, là, que la ministre
semble avoir préparée. Donc, peut-être que, déjà là, certaines questions, là,
seront répondues, parce que, bon, la façon
dont on calcule l'enfant qui est exempté, là, dans différentes situations qui
sont atypiques, peut-être, d'une
majorité de Québécois... mais, encore, les familles recomposées puis
reconstituées, il y en a de plus en
plus, puis, bon, ça devient presque monnaie courante, hein, donc, autrement
dit, le côté divorce et reconstitution semble devenir de plus en plus la
norme, en fait, au Québec, malheureusement, à voir, là, les situations se
dérouler.
Vous parliez également, tout à l'heure, de la
progressivité, dans le fond, de la tarification modulée. Moi, j'aimerais comprendre quelque chose. Parce que
vous me dites : Les gens qui sont plus fortunés pourront payer davantage
que ceux qui n'ont pas de revenu.
Évidemment, je ne suis pas un député qui est contre le fait que des gens paient
moins lorsqu'ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais pourquoi mettre un
plafond, à ce moment-ci, dans le cadre de votre tarif modulé, à 20 $ par jour? Je vous donne un exemple, là : deux
médecins spécialistes, par exemple, qui gagnent 300 000 $ par année parce que le gouvernement a décidé de
leur donner une bonne augmentation de salaire, pourquoi on plafonne à 20 $ par jour leur tarif en service de
garde à contribution réduite plutôt que de les moduler selon des revenus qui
sont les leurs, qui sont bien payés par l'État québécois?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre, il reste une minute.
Charbonneau :
...c'est fort simple. Je suis toujours un peu étonnée, puisque je nous connais,
je connais la vision de nos partis,
d'entendre des gens défendre les plus fortunés puis dire aux moins
fortunés : Bien, c'est le fun, là, mais ça aurait été plus le fun de charger 9 $
à tout le monde. Un coup que j'ai dit ça, on a regardé vraiment le principe
de base qui avait été mis en place dans la
réflexion des services à la petite enfance. C'est-à-dire, au moment où on a
créé ce programme-là, on a dit :
Pour responsabiliser les gens qui vont venir chercher des services, on va
regarder ça à 20 % de la facture. Rappelez-vous — puis
peut-être que vous étiez plus en service de garde qu'en politique au moment où
les services de garde sont apparus, puisque vous êtes beaucoup plus jeune que
nous — mais
il y avait une contribution parentale de 20 % de la facture. À ce
moment-là, c'était 5 $. Oui, c'était il y a à peu près 15 ans, mais, ceci
dit...
Le Président (M. Picard) : En
terminant.
Charbonneau :
...maintenant, on a regardé la facture en se disant : Comment on peut
arriver à 20 %? Bien, je vous dirais que 200 000 $,
20 %... regardez-le comme ça.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Mme la
ministre, est-ce que je comprends que, le document, vous allez le
déposer ce matin? O.K. Donc, merci. Maintenant, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Merci, M. le Président. J'aimerais d'abord vous saluer, et le personnel de
cette commission parlementaire. Je salue la ministre et toutes les personnes
qui l'accompagnent ainsi que mes collègues députés du gouvernement et de
l'opposition.
Il y a deux
semaines et demie, je suis devenue grand-mère pour la première fois. En
septembre, je vais devenir grand-mère
pour une deuxième fois. Première belle-fille habite le Québec, deuxième
belle-fille habite Toronto. Ma belle-fille ici, au Québec, paiera, au maximum, 100 $ par semaine pour les
frais d'une garderie subventionnée. À Toronto, ma belle-fille, si elle est chanceuse, si elle est chanceuse,
paiera 450 $ par semaine; 100 $, 450 $ par semaine. La moyenne
de la contribution parentale au coût
de garde d'enfants pour l'ensemble du Canada, lorsqu'on exclut le Québec, est
un petit peu moins que 50 % des coûts. En Europe, c'est 25 %
des coûts.
En 1997, au
moment de la mise en place du Programme de places à contribution réduite, la
contribution parentale représentait
près de 20 % des coûts totaux. Depuis, en raison de la hausse des coûts du
programme et du maintien, au même niveau,
de la contribution parentale, cette proportion s'est réduite graduellement et
ne représentait en 2014‑2015 qu'environ 13,6 % des coûts. Les modifications proposées... et ce n'est plus
des modifications, mais maintenant on nous ramène à une proportion
d'environ 20 % des coûts.
Je souhaite
rappeler l'importance de retrouver des finances publiques équilibrées. Le
pourquoi est important. Le Québec et
tous les Québécois et Québécoises veulent retrouver la liberté de faire des
choix de société. On doit s'assurer de
la pérennité et la qualité des services dont jouiront tous les Québécois par un
financement adéquat et équitable. L'équilibre budgétaire n'est pas une fin en soi, l'équilibre budgétaire est
uniquement une étape majeure vers le Québec que veulent tous les Québécois : un Québec plus prospère,
plus fort, plus juste aujourd'hui et, ce qui est important, pour les
générations futures.
Quant aux tarifs de garde, est-ce que vous savez
qu'avant la modulation, avec une contribution de 7,30 $ par enfant, par jour, une famille avec un revenu
annuel de 100 000 $ payait une contribution nette de 5,88 $ par
enfant, par jour? Cela était moins
que ce que les familles ayant un revenu familial annuel de 85 000 $
et moins payaient. Moi, je ne trouvais
pas cela équitable. Dorénavant, les tarifs de garde seront modulés selon le
revenu des familles, 30 % des familles ne subiront aucune hausse de
tarifs, et 60 % paieront moins de 9 $ par enfant, par jour, ce qui
était la proposition du Parti québécois. Je
veux souligner et en particulier à mon collègue le député de Terrebonne que la
modulation existe dans de nombreux pays qui ont un système universel de
services de garde, entre autres le Danemark, où les tarifs varient jusqu'à
25 % à 28 % des coûts totaux des gardes. Le calcul des frais de garde
tenant compte du revenu familial, on le retrouve aussi en Norvège, en Finlande,
en Suède, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, entre autres.
Alors, ma première question à la ministre,
c'est : Est-ce qu'elle peut nous expliquer en quoi consistent cette
nouvelle tarification et les raisons invoquées par le gouvernement d'apporter
de tels changements?
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Permettez-moi, puisque je l'apprends en même temps que
vous, de féliciter ma collègue de
devenir une «nonna». C'est un mot très beau qui veut dire «grand-mère» en
italien. J'ai voulu l'apprendre à mes
petits-enfants, mais ils m'appellent mamie, c'est beaucoup plus facile, et,
dans un centre d'achats, bien, tout
le monde sait que c'est des enfants plutôt français. Mais, «nonna», j'ai trouvé
ça tellement beau comme nom pour donner... Je le trouve douteux pour le
grand-père, mais c'est parce qu'en...
Charbonneau :
C'est ça. C'est parce que, en français, «nono», ça veut dire autre chose. Mais,
si j'étais en Italie et je disais à
un homme «nonno», ça ne serait pas lui dire qu'il a des drôles d'idées, ça
serait plutôt pour lui dire qu'il est
grand-père. Donc, félicitations à ma collègue qui aura le bonheur de devenir
grand-mère pas une fois, mais deux fois cette année. Ça, c'est vraiment
extraordinaire.
Je vous dirai que je lui souhaite la switch gaga, parce que
ça, c'est une switch qui existe sur chacun d'entre nous, qui fait en sorte que, quand on a nos
petits-enfants, on devient un petit
peu démesurés dans la dose d'amour
qu'on veut donner. Mais je vous
dirais en même temps que, veux veux pas, on n'a qu'à les aimer. On n'a
pas besoin de les élever puis de contribuer à faire en
sorte qu'on les discipline, on a
juste à donner de l'amour, et ça, M.
le Président, vous le savez peut-être
plus que moi encore, c'est quelque
chose de superfacile, puisqu'être
grand-parent, c'est vraiment un privilège.
Maintenant,
comment le gouvernement du Québec a regardé pour faire en sorte que le principe
même des services de garde
soit regardé sur une tarification différente plutôt que juste le 7 $ par jour? Premier constat : Comment
faire plus de places, comment activer
la machine pour faire en sorte qu'on peut créer des places et les rendre
accessibles à l'ensemble des enfants
du Québec? Oui, c'est vrai que c'est facile de dire : Je vais créer
15 000 places, mais, à partir du moment où le Conseil du trésor ne met pas l'argent au
rendez-vous, bien les 15 000 places sont annoncées, puis les gens sont en
attente, puis là on dit habituellement aux gens : Bien, prenez
votre temps pour trouver vos affaires, parce qu'on n'est pas trop pressés, le budget ne nous le permet pas. J'aimerais
vous dire, Mme la députée, que c'est quelque chose que j'invente de mon propre chef, mais c'est le Vérificateur
général qui avait fait le constat qu'on avait annoncé des places mais qu'on
n'avait pas l'argent. Donc, la
responsabilité que nous avons eue, et celle à laquelle mes collègues de
l'opposition m'ont vite donné un
objectif... c'est-à-dire, il faut créer des places, il faut trouver comment, il
faut savoir comment faire les choses.
Alors, nous avons regardé différentes avenues.
On les a regardées avec l'ensemble des collègues pour voir comment on peut faire mieux au Québec pour offrir
plus, non seulement offrir plus, mais maintenir les services qu'on a et faire en sorte que chacun s'y retrouve. Donc,
la première réalisation : revoir l'ensemble de nos services, ça ressemble
à quoi? Eh bien, M. le Président, il y a des
CPE affectueusement appelés sous cette rubrique-là, mais c'est des centres
de la petite enfance, il y a des garderies
privées subventionnées, il y a des services de garde en milieu familial, et ces
trois-là sont subventionnés par le gouvernement, hein, les trois
reçoivent des sommes pour leurs journées, dépendamment de l'installation, c'est-à-dire, si c'est un CPE, un
service de garde privé ou en milieu familial, l'attribution du gouvernement
est différente, puisque le montant de la subvention est différent. Et il y a le
quatrième, qui est la garderie privée non subventionnée, et celle-là, elle est
pour nous tout aussi importante en services aux enfants qu'on donne au Québec.
Maintenant, on s'est dit : Comment on fait
pour donner plus aux citoyens du Québec, comment on fait pour attribuer une somme importante à un et conserver
l'ensemble du programme? Eh bien, on l'a regardé sous une forme assez logique. Je vous dirais qu'on a revu dès le départ
la genèse du service de garde. Donc, comment on fait? On a regardé qu'au moment où on l'a mis en place — puis je le disais un peu plus tôt à mon
collègue de Terrebonne — au moment où on l'a mis
en place, on a dit : Les parents vont contribuer à 20 % de la
facture. Pourquoi? Bien, c'était une façon de les responsabiliser, puis, en même temps, le
gouvernement contribuait pour le reste, donc le 80 % venait du
gouvernement. On a regardé qu'est-ce
que le gouvernement est capable de contribuer, comment on peut faire mieux, ça
représente quoi, 80 % de la facture, puis ça représente quoi,
20 % de la facture.
Maintenant,
quand on regarde une facture, et une attribution, puis une façon de faire pour
pouvoir départir une tarification de
façon à ce que chaque famille y donne le meilleur de sa contribution, on s'est
dit : Les familles qui gagnent en
bas de 50 000 $, là, les familles de 50 000 $ et moins, ces
femmes et ces hommes qui... quelquefois, c'est des femmes monoparentales
qui retournent sur le marché du travail pour survivre — on en
parlait tantôt, des nouvelles réalités familiales,
ça arrive — mais ça
peut être aussi deux personnes qui travaillent dans des milieux qui sont moins
bien nantis pour donner des gros salaires, donc deux plus petits
salaires, puis on arrive à 50 000 $... bien, est-ce que ces familles seraient justifiées de payer le même montant
qu'une famille qui, à elle, gagne 200 000 $? Est-ce que la facture...
Le service se doit d'être le même, la
qualité des services. Et, encore une fois, dans la genèse du programme des
services de garde, c'était pour
donner une chance égale à chacun des enfants. Donc, si je suis un enfant et que
mon parent gagne moins que le voisin,
est-ce que je dois le savoir? Est-ce que je me dois de le ressentir, surtout si
je vais chercher un service en service de garde? Eh bien, non.
Alors, on
s'est dit : Il faut faire en sorte que nos familles s'y retrouvent mais
que chacune trouve son gain par rapport aux services qu'elle se doit d'avoir. Donc, on a regardé la tarification des services de garde de
cette façon, en se disant : Bien,
une famille qui gagne 50 000 $ et moins, hein, parce qu'on se
rappellera que 30 % de nos familles ne vont pas payer plus que 7,30 $ par jour, peut-être
même moins... J'ai des familles qui vont payer jusqu'à 5,13 $ par jour
avec le retour d'impôt fédéral et
provincial. Mais, à 200 000 $, cette famille peut contribuer à payer
20 % de la facture qui va lui être dévolue par le service qu'elle va chercher. Donc, dans une société
juste et équitable, tout le monde contribue aux services qu'on veut bien se donner, et, de ce fait, les
familles mieux nanties... Et là je n'utiliserai pas «les familles riches», parce
qu'à 200 000 $ on s'entend pour
dire que ce n'est pas riche, là. Il y a des familles qui, à
200 000 $, ont quelquefois des difficultés, mais, à 200 000 $, ma facture au niveau du gouvernement du Québec pour des
services de garde que je reçois, après les deux retours d'impôt, revient
à 15,66 $.
Eh bien, Mme
la députée, quand moi, j'ai eu mes enfants — et probablement vous aussi — il n'y avait pas de service organisé, et c'était 15 $ par jour.
Et là je vous parle d'un enfant que j'ai eu il y a de ça 27 ans, parce que,
oui, la plus vieille a 27 ans. Donc,
il y a 27 ans, on payait 15 $ par jour, et, à ce que je sache, mon salaire
était vraiment différent de celui que
j'ai présentement, puisque les salaires ont graduellement pris un peu d'ampleur
avec les années, comme il se doit
d'être. Mais, ceci dit, il y avait une différence marquée entre les services
que je pouvais recevoir et la facture que j'avais. En ce moment, 2015... pas 1988, l'année où j'ai eu ma fille,
mais, en 2015, les familles de 200 000 $ et plus auront une
contribution de 20 $ par jour, mais, après les deux retours d'impôt, ça
revient à 15,66 $.
Donc, notre
volonté, c'est d'essayer de trouver une justice sociale qui fait qu'on peut
maintenir un service, attribuer aux
familles à faibles revenus la volonté d'avoir une chance égale sur le marché du
travail, pour les enfants, la stimulation et tout ce qui vient avec les
services avec la même chance que les familles qui sont mieux nanties. Et je
suis sûre, Mme la députée, que, quand vous
avez fait votre recherche pour voir comment ça se passe ailleurs, vous êtes
vous-même restée surprise, parce
qu'on s'amuse à citer les autres pays quand on veut nous donner une mauvaise
note, mais, quand on regarde comment
ça se fait ailleurs, on s'aperçoit rapidement que la volonté de la justice
sociale, c'est de partager cette facture et se donner des services auxquels on peut
attribuer chances égales aux enfants, en éducation, en service de garde,
mais aussi en santé, et c'est exactement sous cet angle-là qu'on l'a regardé.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis :
Merci, M. le Président. Un argument qu'on entend assez souvent, c'est
que la modulation fait en sorte qu'il y a une double taxation pour
certaines personnes. Comment la ministre répond à cet allégué?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau :
C'est vrai qu'on a étiré la sauce par rapport à cette volonté de regarder l'attribution.
Vous faites bien de nous le dire,
parce que, dans le fond, Mme la
députée, vous nous rappelez que vous
payez pour les services de garde,
mais vos enfants ne sont plus aux services de garde. Je paie pour les services
de garde, le président aussi, les gens
avec qui il travaille à la grande table aussi, mes collègues en face, à la
recherche. Qu'on ait des enfants ou qu'on n'en ait pas, au Québec, tout
le monde contribue aux services de garde.
Maintenant,
quand les gens ont voulu nous dire qu'on faisait une double imposition, c'était
de nous dire que, dans cette
volonté-là, on facturait non
seulement la personne qui d'emblée,
dans ses impôts, payait pour le service de garde, mais en plus elle devait payer au quotidien pour
le service qu'elle recevait. Ce qu'on cherche à faire, comme gouvernement,
c'est de faire en sorte qu'on responsabilise
le parent et qu'on le fait contribuer pour un service qu'il reçoit et, je vous
le dis, qu'il considère comme un
service essentiel. Que ce soit quand je vais faire l'épicerie, que ce soit
quand je me promène dans des
activités, plusieurs parents me reviennent en me disant : Moi, Mme la ministre, j'étais prête à payer plus, faites juste vous assurer que je peux maintenir ma place, que je ne perde pas
ma place, que je peux faire en sorte que mon CPE, ma garderie privée subventionnée, mon milieu
familial ne me dit pas qu'il ferme, parce que, si vous touchez autrement
à l'application de la subvention à nos
services de garde, le danger qui nous guette, c'est qu'on puisse regarder ça
sous en angle différent puis qu'on
arrête de faire des places, qu'on arrête de créer cette possibilité-là pour nos
familles d'avoir accès à ça.
Donc,
la double tarification, c'est une volonté négative que les gens veulent donner
à une volonté du Québec à maintenir
des services de garde pour chacune des familles qui en a besoin. Ce qui
me fait le plus mal au coeur, ce n'est pas
quand on accuse le service de toutes sortes de choses, c'est beaucoup
plus quand je rencontre des parents qui me disent : Je n'ai pas de place, je cherche encore, je suis
sur une liste d'attente, j'aimerais mieux que. Et à certains on dit :
Faites affaire alentour de votre
milieu de travail, il y a peut-être de la place alentour de votre milieu de travail,
plutôt que proche de la maison. Et quelquefois c'est la piste de solution qui est trouvée, parce qu'il y a des endroits où ils sont superoccupés puis il y a des
endroits où il y a encore de la place disponible. Je pense à Montréal, où notre
milieu familial n'est pas comblé. Il y a
encore de la place dans le milieu familial au niveau des services de garde à Montréal. Et, de ce fait, bien, les gens se doivent
de le savoir.
Donc,
notre volonté, c'est que chacune des familles s'y retrouve et que chaque Québécois
sache que, quel que soit son revenu,
quel que soit ce qu'il fait dans la vie, il contribue à un service de garde
pour l'ensemble des Québécois, il
contribue à sa façon, par le principe du paiement de ses impôts, mais que les
familles qui utilisent le service ont aussi des responsabilités et
contribuent au niveau du service au quotidien.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Mme la députée.
de Santis :
Merci, M. le Président. Il y a un autre argument qui se fait qui dit que la
nouvelle tarification va empêcher les femmes de se retrouver sur le
marché du travail ou que ça a diminué la participation des femmes sur le marché du travail. Personnellement, j'ai mes doutes
quand j'entends ça. Il y a d'autres provinces au Canada où
la participation des femmes est
similaire à la participation des femmes ici, au Québec, nonobstant que le coût
de garde dans les autres provinces
est beaucoup plus élevé qu'ici, au Québec.
Je peux citer le Centre canadien de politiques alternatives, qui, en novembre dernier, avant la modification au tarif, a
publié qu'à Toronto le tarif médian payé pour la garde de la
petite enfance était de 998 $ par enfant, par mois; à Edmonton,
781 $; et, au Québec, 158 $ par mois.
Alors,
Mme la ministre, qu'est-ce
que vous dites à ceux et celles qui
disent que les femmes sont pénalisées avec cette nouvelle tarification?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre, 1 min 30 s.
Charbonneau :
1 min 30 s, M. le
Président, pour faire mon
argumentaire, c'est difficile. Je vous dirais, Mme la députée, que non seulement on a pris en considération l'ensemble des possibilités, hein — les
femmes seules, les hommes seuls, les familles reconstituées, les
familles dites régulières, les familles nombreuses, les familles moins nombreuses — mais
on a aussi pris en considération ou on a surtout pris en considération les
familles à faibles revenus. Et
rappelons-nous, là, que, nos femmes seules qui sont à un salaire quelquefois beaucoup plus faible que si elles étaient en revenu familial, bien, il fallait les
sauvegarder, il fallait faire en sorte qu'elles, elles aient accès à ce
service-là. Mais je vais aller plus
loin, puisque c'est quelque
chose qu'on n'a jamais relevé, puis
j'invite la population à l'entendre : si un jour on avait décidé de fermer, de ne pas ouvrir,
de faire en sorte que le système de services
de garde ne se développe pas pour sauvegarder ce qu'on a déjà, ce
que j'ai déjà entendu de certains collègues
de l'opposition, c'est-à-dire «arrêtez de développer des places
puis investissez plus»... Bien, Mme
la députée, savez-vous que 98 %,
sinon 100 % du service de
garde au Québec est géré par des femmes?
Donc, on a non
seulement sauvegardé le prix, mais on a aussi sauvegardé des emplois de femme
au Québec.
Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Repentigny pour une période de
24 min 30 s.
Lavallée : Merci, M. le Président. J'entends des commentaires tout à l'heure la préoccupation du gouvernement d'obtenir l'équilibre budgétaire
et je suis préoccupée par l'endettement, donc je salue cette inquiétude. L'endettement est dû à une série de décisions qui
ont été prises par le passé, et, de
toute évidence, dans le passé, on ne
s'en est pas préoccupé. Donc, cette
année, on se ramasse avec une inquiétude qui est justifiée, mais il aurait été intéressant qu'on y pense dans le passé.
Ce que je trouve
regrettable aussi, c'est que les services de garderie existent depuis 15 ans à
peu près et les gouvernements qui se sont succédé ont renoncé souvent à
l'indexation des tarifs de garderie, ce qui fait que, oui, aujourd'hui les gens sont choqués par ces annonces-là. Il y en a eu, mais pas à
tous les ans. Ils sont choqués par les décisions qui ont été prises par le gouvernement cette année, parce que
tout d'un coup on réajuste les tarifs, alors que, si on avait indexé annuellement, fort possiblement qu'on serait arrivé à un résultat sensiblement le
même. Ce qui est aussi regrettable, c'est que le Parti libéral, en
campagne, a déchiré sa chemise sur l'augmentation annoncée par le Parti
québécois; c'était d'augmenter une première
fois à 8 $ et une deuxième fois
à 9 $. Donc, on a pris un chemin différent pour arriver au même résultat, parce qu'il y a quand même un gros
pourcentage de gens qui vont payer 8 $ et 9 $, même s'ils vont avoir
droit aux déductions. C'était la même
chose si le Parti québécois augmentait les tarifs à 8 $ et 9 $, il
allait chercher les déductions fédérales. On arrive au même résultat,
mais c'est le chemin détourné qu'on a pris pour annoncer ces annonces-là.
vais quand même arriver à l'étude des crédits, donc, la question des chiffres,
c'est ce qui me préoccupe beaucoup. Dans
le plan budgétaire, vous annoncez une baisse de 1,9 million des dépenses
et vous mentionnez qu'on parle de réduction des dépenses de nature administrative. Dans la préoccupation du
gouvernement de réduire la taille de l'État, est-ce qu'on comprend qu'il
y aura des coupures de poste et des mises à la retraite, ce qui explique un peu
cette baisse de budget?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau : En
premier lieu, M. le Président, vous me permettrez de revenir un peu sur le
préambule, je pense
qu'il est important, puisque la
députée a fait vraiment
un parcours pour nous rappeler les décisions qui avaient été annoncées dans le Parti québécois par rapport au 9 $.
Puis, vous avez raison, c'était sur deux temps, il faut se le rappeler :
8 $, 9 $. Mais je veux quand même
prendre le temps de lui rappeler que nos familles de moins de
50 000 $, là, n'auront jamais
9 $ à payer et je pense que c'est important qu'on se le rappelle, parce
que, oui, on peut taper sur une promesse, puis on peut se rappeler les chiffres, puis on peut revenir sur le
passé, mais, avec un clin d'oeil, je vous dirais : Si je savais maintenant tout ce que je sais, il y a bien des
choses, dans le passé, que je n'aurais pas faites. Mais, ceci dit, puisque je
ne peux pas revenir dans le passé, je n'ai pas vu qu'on avait inventé
cette machine-là.
décision qu'on a prise, ce n'était pas un détour pour arriver au même résultat.
Si ça avait été ce fait-là, bien on
aurait chargé 9 $ à tout le monde. Le 9 $ arrive, là, je vous le dis,
là, quand une famille arrive à 100 000 $. À 100 000 $,
là, j'arrive à 9 $. Donc, je pense que
c'est important de remettre ça en ligne, puisque vous avez affirmé qu'on
faisait la même chose en le faisant
différemment. Maintenant, quand on parle de la réduction des frais auprès du ministère,
il n'y a pas de coupure de poste qui
a été annoncée de notre côté, il y a nécessairement une optimisation des postes
qu'on a, hein, parce que notre
responsabilité est un petit peu élargie. À chaque fois qu'on ouvre plus de
services de garde, on a plus de gens
qui travaillent pour ces services de garde, hein, il faut toujours se le
rappeler, parce que ce n'est pas quelque chose qui se fait comme ça, en disant : Bon, il y en a 20 de plus, ce
n'est pas grave, on s'arrangera. Donc, il n'y a pas de coupure de poste. Il y a nécessairement une attrition au
sein du ministère sur différentes responsabilités qui nous appartiennent,
et on a regardé partout où on était capables
de poser des gestes concrets pour aller, je vous dirais, couper à des endroits.
Je vous donne un exemple qui semble banal,
mais on s'en est parlé avant de commencer : les déplacements. Alors, au
niveau du ministère, puis on a eu ce plaisir-là à différents moments, là, on
fait des rencontres par visioconférence. Comme
ça, les gens de Montréal restent à Montréal, les gens de Québec restent à
Québec, et on ne paie pas de déplacement, parce que, oui, à chaque fois
qu'un personnel ou un attroupement de personnel, parce que des fois c'est plus
qu'une personne, change de place, bien il y a nécessairement pour nous une
facture qui nous arrive en déplacement.
Donc,
on a regardé partout où on était capable de poser des gestes. Quelquefois, ça
nous demande un exercice ardu, parce que vous avez compris que, un, dans
la relation humaine, entre parler à une TV puis parler à une vraie personne, des fois c'est plus agréable quand la
personne est là. Mais les choix qui ont été faits, c'est vraiment pour
s'assurer que chacun des endroits où on était capables d'aller poser des
coupures était cumulé. Et je nous rappelle, hein, que le ministère, il couvre beaucoup
plus large que juste les services de garde. Donc, on a regardé partout,
partout.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée.
Lavallée : Oui. Merci beaucoup. Dans le plan budgétaire, au programme 2, Mesures d'aide à la famille, il est mentionné que le budget des dépenses pour
le programme baisse de 94,5 millions par rapport à l'année passée, puis on
explique que la variation s'explique par la croissance du budget pour le développement de 4 000 places mais
également par la révision de la
contribution parentale ainsi que par des mesures d'économie à l'égard du
financement des services de garde.
Pouvez-vous m'expliquer ce
que vous voulez dire par «la révision de la contribution parentale et les
mesures d'économie pour le financement»? Pouvez-vous m'en parler?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Dans la volonté qu'on a mise en place et qui a été adoptée par le projet de loi
n° 28, il y a nécessairement la
contribution parentale qui rentre en ligne de jeu, et la baisse de la
contribution parentale, d'un côté, mais l'augmentation de l'autre fait en sorte qu'on a 162 millions qui
seront entièrement versés dans un fonds au niveau des services de garde. Donc, il y a là une volonté de
poser un geste pour être capables, je vous le disais un peu plus tôt, hein,
de conserver le service qu'on a et faire en sorte
aussi que cette contribution-là passe par le service du ministère de la
Famille.
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée.
Lavallée : Oui. Donc, je comprends que ce qui est indiqué, «la
révision de la contribution parentale», c'est suite à l'adoption du projet de loi n° 28. Et les documents qui
nous ont été remis pour le budget dataient de mars 2015, et le projet de loi n° 28 a été adopté en avril
2015. Donc, vous aviez déjà convenu que les tarifs seraient adoptés tels quels
au niveau de la révision de la modulation des tarifs.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Vous avez compris, Mme la députée, que, un, la création de ces dits crédits,
là, puis de toute la création de la
documentation est déjà planifiée de par les propositions que le gouvernement
fait, mais, si jamais il y avait eu
un changement, il y a à ce moment-là une correction qui est affichée et
attribuée à chacune des pages où la correction est appliquée.
Donc, quand
vous dites : On a pris pour acquis que ça serait adopté, la réponse,
c'est : Non, on souhaitait un débat. Je pense que vous avez participé au projet de loi n° 28, là, aux
auditions, vous avez entendu l'ensemble de nos partenaires. Il aurait pu y avoir des modifications, mais, à ce
moment-là, ça aurait été d'imprimer une page pour corriger. Mais toute cette documentation qu'on nous distribue, qui
quelquefois nous dit qu'on devrait utiliser des clés USB pour se donner des documents, fait en sorte que c'était déjà
imprimé dans cette perspective. Mais tout changement aurait pu arriver de
par des amendements ou des papillons, et on
aurait corrigé, à cette fois-là, une page plutôt que l'ensemble de la brique
que vous avez reçue ou des trois briques, parce que c'est trois documents assez
substantiels.
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée.
Mme Lavallée : C'est juste que
l'impression est là. Au niveau des services de garde, je vois que cette année, vraiment, au niveau des subventions, vous
détaillez selon les services de garde. Vous avez, dans les crédits de
transfert, à la page 116, les
subventions annuelles pour les garderies. Donc, je comprends, c'est les
garderies privées subventionnées, subvention
de la garde en milieu familial et subvention des centres à la petite enfance.
Pour chacune de ces subventions-là, les montants, on parle de combien de
places en garderie spécifiques pour chacun de ces services?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Permettez-moi, M. le Président, de dire à ma collègue,
s'il lui reste du temps, de m'offrir
une autre question, parce qu'on va aller chercher le détail précis. Je pensais
qu'on allait plus sur les chiffres,
donc on a sorti l'aspect budgétaire, mais on va vous chercher les chiffres
exacts du nombre de places auxquelles on associe chacune de ces
sommes-là.
Je vous le
donne dans le mille, M. le Président. Alors, pour les CPE, c'est 89 833
places; pour le milieu... Je vais attendre que vous me faites signe pour
me dire que...
Charbonneau : O.K.
Alors, pour le milieu familial, c'est 91 664 places; pour les services de
garde subventionnés, c'est 45 770 places.
Lavallée : ...basé sur ce nombre de places là. Les régimes d'assurance
collective et congés de maternité, ça, c'est offert pour les garderies
en milieu familial et les CPE?
Mme Lavallée : En milieu familial?
Charbonneau : Non,
CPE et garderies.
Lavallée : Les garderies privées subventionnées aussi ont droit à
ces... C'est payé par le gouvernement?
Charbonneau : Subventionnées, oui.
Lavallée : O.K. Puis avez-vous la répartition pour chacune de ces
garderies-là? Combien chacun reçoit?
Charbonneau :
La répartition de chacun des services de garde?
Lavallée : Oui, combien qui est payé pour les CPE ou les...
Charbonneau : Non,
je n'ai pas ça avec moi, je m'en excuse. Ça va avec la masse salariale, ça va
avec des chiffres qui sont vraiment différents pour chacun d'eux, ça
fait que non, on n'a pas ça avec nous, M. le Président.
Lavallée : Pour les régimes de...
Charbonneau : Il
faut calculer à peu près 4 %
de la masse salariale, là. Donc, à partir du moment où vous me dites «chacune d'elles», ça devient un peu
complexe, parce que vous avez compris qu'on en a énormément. Donc, on n'a pas les chiffres détaillés de chacune des
garderies, chacune de sa masse salariale et chacune du nombre de gens
qui reçoivent un retour par rapport à ce que vous me demandez.
Lavallée : ...de retraite, c'est la même chose?
Charbonneau : Les régimes de retraite, c'est pour tous les
employés que nous avons qui sont reconnus en CPE puis en garderie.
Lavallée : Puis ce que je comprends, c'est qu'avec la subvention que
vous donnez à des garderies privées subventionnées vous assumez le coût
des avantages sociaux et du fonds de retraite en plus de verser la subvention. C'est ça? Ensuite, vous avez, plus haut :
Autres mesures pour les employés syndiqués des centres de la petite enfance,
5 millions, puis ensuite Autres mesures
pour les responsables d'un service de garde en milieu familial,
3 825 000 $. Quelles sont les autres mesures?
Charbonneau : C'est attribué beaucoup aux libérations
syndicales et tout ce qui est le droit d'association.
Charbonneau : Les maternités sans danger. C'est ça? Parce
que vous savez qu'en service de garde c'est un peu comme au scolaire : on libère plus rapidement les employés,
puisqu'ils sont en contact avec la petite enfance, donc la cinquième maladie puis tout ce qui s'ensuit.
Donc, c'est tout ce qui se rattache à ce principe-là au niveau de nos services
de garde.
Lavallée : C'est quoi, le rapport avec les syndicats, libérations
syndicales? C'est un ensemble de tout ça?
Charbonneau : Oui, c'est un ensemble de mesures, c'est ça.
Le chiffre est calculé dans une totalité. Mais c'est un ensemble de
mesures qui arrive à ce montant-là, qui passe autant par la libération
syndicale que par le congé préventif au sein de nos employés pour le régime des
femmes enceintes et tout ce qui s'ensuit, là.
Lavallée : Merci. La subvention pour le financement des
infrastructures, 37 564 000 $. Quand vous parlez de
l'infrastructure, est-ce que ça comprend exclusivement le coût de construction
d'une bâtisse?
Charbonneau : Bien, vous avez compris que l'infrastructure,
ça peut être l'aménagement, la construction, la rénovation. Il y a plusieurs aspects au niveau de... dans le mot
«infrastructure», qui est juste la construction. Donc, c'est plusieurs aspects. Je vous reviens en
disant : Construction, rénovation, aménagement. Donc, ça rentre tout dans
le principe de l'infrastructure.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée.
Lavallée : Merci. Dans les dépenses que vous assumez au niveau des CPE,
on s'est fait dire souvent par les
garderies privées qu'en plus de la subvention — c'est ça que je voudrais avoir comme
détail — en plus
de la subvention que vous versez aux
CPE, donc le montant de 1 063 000 $, vous assumez le salaire de
la directrice du CPE, vous assumez les
coûts d'entretien jusqu'à un maximum... vous avez une subvention pour les
salaires des employés, vous assumez les taxes foncières, vous assumez le crédit des TPS-TVQ. Est-ce que c'est
inclus dans les infrastructures ou il y a d'autres chiffres là-dedans
qui...
Charbonneau : Dans la subvention, les salaires sont inclus,
je veux que vous le sachiez, parce que ça ne passe pas par un autre
principe. L'entretien est inclus aussi dans la subvention.
Charbonneau : Pardon?
Lavallée : La gestionnaire aussi?
Charbonneau : Oui, oui, la gestionnaire aussi, elle fait
partie des gens. D'ailleurs, vous savez que les grands débats existentiels, hein, dans les CPE, ce sont
les parents qui se doivent de se pencher sur le principe même de l'attribution
d'une hausse salariale ou du salaire de la
directrice ou du directeur du CPE. Donc, il y a là quelquefois des parents qui
nous ont interpellés sur cet aspect-là. Mais
c'est conclu dans la somme que le CPE reçoit pour attribuer l'ensemble des
services qu'il se doit d'offrir. Donc, le
salaire de la directrice, ou de la gestionnaire, ou des adjoints, c'est aussi
dans la subvention qu'ils reçoivent. L'entretien...
Charbonneau :
Je m'excuse, je ne vous ai pas...
Lavallée : Dans le 1 063 000 000 $? C'est ça?
Charbonneau :
Dans les sommes que vous avez dénotées au niveau de la subvention, oui.
Lavallée : O.K. Puis pour les autres montants, l'entretien, les taxes
foncières, les TPS-TVQ?
Charbonneau : C'est tout inclus dans la subvention que vous
voyez devant vous avec l'ensemble de la liste que vous avez, là. Donc,
les sommes que vous voyez là incluent l'ensemble de ce que vous me demandez,
donc l'entretien, les salaires, la
subvention au quotidien pour ce qu'on donne comme services à la petite enfance,
le matériel pédagogique — je peux vous nommer toutes les rubriques,
là — mais
on ne donne pas...
Mme Lavallée :
Les taxes foncières, et tout ça.
Charbonneau :
...on ne donne pas de somme parallèle et on n'assume pas une somme parallèle
pour un service ou une localisation d'un CPE ou d'une garderie privée
subventionnée.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée.
Lavallée : Merci. Dans le budget des dépenses, il y a : Soutien
financier aux centres de la petite enfance et autres services de garde,
215 millions. C'est quoi, ça? À la page 115 du budget des dépenses.
Charbonneau : Je vais me rendre à la page que vous avez,
puisque vous avez de l'avance sur moi quand vous le regardez. Vous me
dites : La page 115...
Lavallée : Du budget des dépenses.
Charbonneau :
...la rubrique Budget de dépenses, quand on regarde l'élément 2, Soutien
financier aux centres de la petite enfance et autres services de garde...
C'est-u la bonne ligne?
Charbonneau : Je veux être sûre que je suis à la bonne
ligne. Donc, dans le Soutien financier aux centres de la petite enfance, parce qu'on spécifie
exactement c'est quoi, c'est le crédit qui est à voter pour 2016‑2017. Donc, ce
n'est pas encore... Il faut quand même se le
dire, hein, il faut que les crédits soient votés. Je pense qu'on va... Si la
tendance se maintient, on devrait faire ça cette semaine, jeudi qu'on
m'a dit, peut-être, mais ils ne sont pas encore votés.
Charbonneau :
...une autre question.
Lavallée : Non, non. Mais c'est parce que vous me dites : C'est
2016‑2017. Mais j'aimerais ça avoir l'explication sur le 215 millions,
c'est quoi.
Charbonneau : Ce qu'on m'informe, c'est qu'annuellement, à
chaque fois qu'on vote un budget pour le ministère de la Famille, on vote en
partie un budget pour l'année qui va
suivre. Donc, le montant que vous voyez là, c'est un montant qui est
dans une volonté de l'année ensuite.
Maintenant, au
dernier budget qu'on a fait, celui de l'année passée, on avait voté... cette
fois-là, plutôt que 2 150 000 $,
c'était 2,3 millions. Donc, la somme avait été un petit peu différente, un
petit peu augmentée. Mais là vous avez
compris que tout le monde fait un effort. Donc, la somme pour l'année prochaine
est un peu moindre que celle qui a été votée pour cette année.
Mme Lavallée :
O.K. Mais ce 215 millions là va servir à quoi? Est-ce qu'on a...
Charbonneau :
Bien, je vous dirais que la complexité qu'on a, puis je suis sûre que vous
allez le comprendre, c'est un peu
comme au scolaire, c'est-à-dire que notre calendrier à nous, il ne se gère pas
de janvier à décembre, il se gère d'avril à mai. Est-ce que je... J'ai
besoin de l'écho.
Mme Lavallée : ...c'est pour payer
quoi? C'est pourquoi?
Charbonneau :
C'est une prévision. Je ne peux pas vous dire à quoi il va servir, c'est
vraiment un budget prévisionnel pour
l'année qui va suivre. Donc, on n'a pas statué à lui donner une marge ou une
fonction très, très, très précises,
c'est vraiment le budget qui va suivre dans l'année qui va suivre. Donc, il y a
l'aspect salarial, il y a l'aspect des
installations, il y a tous ces aspects-là, mais il n'est pas attribué de façon
pointue, il est vraiment prévisionnel à l'année qui va suivre.
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée.
Lavallée : Au niveau des infrastructures, au niveau des coûts,
l'argent qui a été investi... Parce que j'ai vu que, depuis quelques mois, vous avez annoncé pour à peu près
10 millions d'investissement dans des CPE et il y a probablement une légende urbaine à l'effet que les
garderies privées bénéficient d'un coût d'aménagement et de construction
inférieur aux CPE.
Qu'est-ce que
les fonctionnaires du ministère mettent en place pour s'assurer que le prix
payé pour la construction... parce
qu'on parle de rigueur budgétaire, que le prix payé pour la construction de nos
centres à la petite enfance reflète les coûts payés pour les garderies
privées subventionnées et non subventionnées? Parce que j'ai entendu beaucoup
de choses puis j'ai entendu parfois des
tarifs qui baissaient de moitié lorsqu'on savait qu'on faisait affaire avec une
garderie privée versus un CPE. Et,
comme on est conscients que l'argent doit être bien investi, j'aimerais savoir
s'il y a des mesures pour s'assurer que...
Charbonneau :
La première
partie de ma réponse sera celle-ci — puis ma collègue m'a déjà entendue le
dire : Les mêmes règles s'appliquent
aux uns et aux autres. Que je sois une garderie privée, ou que je sois
subventionnée ou pas, ou que je sois
un CPE, la même rigueur, la même règle
s'appliquent à un comme à l'autre. Pourquoi? Bien, parce qu'on considère que quelqu'un qui veut construire
une garderie ne peut pas la construire n'importe comment vu que c'est lui qui paie. Ce n'est pas une légende urbaine de
dire qu'ils n'ont pas la même subvention, parce qu'un paie ses infrastructures, puis, l'autre, c'est la communauté
qui paie l'infrastructure. Parce qu'on se rappellera que le CPE — et on a eu le plaisir d'échanger là-dessus à plusieurs reprises — le CPE, c'est un bâtiment qui appartient au
gouvernement, hein, c'est le
gouvernement qui paie pour l'ensemble de l'infrastructure, du moins pour
l'instant, et, de ce fait, on exige la même qualité de bâtiment et on se
souhaite que la même facture serait pour un ou pour l'autre.
Maintenant, l'enjeu où ça devient un peu plus
mélangeant, puis je vous rejoins où est-ce que vous allez dans votre questionnement, c'est-à-dire : Est-ce que
construire une garderie privée à Rimouski coûte la même chose que construire
un CPE à Montréal?, bien la réponse à ça,
c'est non, et on cherche à voir comment les gens font pour nous dire qu'un
coûte plus cher que l'autre. Par
contre, je vous dirais que, quand on choisit de construire un CPE, l'ensemble
de la construction se fait par les
devis qui ont été faits, tandis qu'une personne qui a une garderie privée — non subventionnée ou subventionnée — peut aussi mettre la main à la pâte, mais
l'exigence est la même pour la qualité des infrastructures et la
sécurité pour les enfants.
Le Président (M. Picard) :
...il reste deux minutes.
Lavallée : Oui. Merci. Ma question
n'était pas vraiment... Vous n'avez pas répondu à ma question.
C'est que les garderies privées, depuis que j'ai été en campagne
électorale et par la suite, les garderies privées, lorsqu'elles demandent des
soumissions, se font constamment demander : Est-ce pour un CPE ou une
garderie privée?, comme s'il y avait deux
façons de faire. Et j'ai une garderie privée qui a fait faire une soumission
pour un aménagement de terrain, et elle
a eu une soumission et elle a fait le saut quand elle a vu le prix. Puis, quand
elle lui a expliqué que c'était pour une garderie privée, la facture a
baissé de moitié.
Ma question
est de savoir de quelle façon on s'assure que le coût, le prix payé pour un CPE
équivaut au prix payé dans le marché privé.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la...
Mme Lavallée : ...toutes les sommes
d'argent investies.
Le Président (M. Picard) :
Charbonneau :
Alors, rapidement, M. le Président. Les exigences, je le disais, sont les
mêmes, et on fait des appels d'offres,
et, dans les appels d'offres, il y a nécessairement un regard porté sur le
prévisionnel puis la réponse de
l'appel d'offres. Et, je vous le dis, là, si jamais il y a une autre personne
qui vous interpelle là-dessus, il faut dénoncer. On ne peut pas faire la police des contrats de
partout, partout, là, mais il faut que nos gens soient capables de nous dire :
Il y a quelque chose qui se passe sur le
terrain qui est inacceptable parce que, quand je dis que je suis privé, ça me
coûte moins cher, puis, quand je dis
que je suis public, la personne se permet de me charger plus cher. C'est
inacceptable, puis il faut que chacun
de nous prenne sur soi de dénoncer ces situations-là, parce qu'un contracteur
qui fait ça, là, il ne devrait pas faire affaire avec personne.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Il reste 30 secondes.
Lavallée : Ma question, elle reviendra cet après-midi, mais qu'est-ce
que le ministère fait pour s'assurer que le prix payé est équivalent au privé?
Président (M. Picard) : ...Mme la députée. M. le député de
Montmorency, pour une période de 20 minutes.
Bernier : Merci, M. le Président. Je veux vous saluer, saluer les
collègues qui sont ici présents, collègues de l'opposition, collègues du gouvernement également. Ça nous fait plaisir
d'avoir la chance d'être ensemble ici ce matin pour discuter d'un sujet fort important en ce qui regarde les garderies
et, bien sûr, les mesures contre l'intimidation. Mais, de par mes travaux, je n'ai pas le choix, je dois
débuter en parlant du budget, étant président de la Commission des finances
publiques.
Le gouvernement du Québec s'est donné comme
priorité de rétablir l'équilibre budgétaire, et son travail a commencé voilà déjà un an, voilà déjà un an, quand
on est arrivés après notre élection. Premièrement, nous avons constaté qu'à ce moment-là il n'y avait pas de crédit qui
avait été déposé par le précédent gouvernement, et on devait s'assurer d'aller rapidement pour mettre en place un budget
avec des crédits. Ça a touché également en ce qui regarde le développement
des garderies, en passant, parce qu'à ce
moment-là il y avait eu des promesses de faites à des gens, des promoteurs,
mais, malheureusement, il n'y a jamais eu de sous de disponibles pour
être capables de les réaliser. Il a fallu travailler pour réexpliquer la chose.
Maintenant, un an plus tard, on dépose un budget
équilibré, ce qui s'est fait à la fin du mois de mars, budget équilibré qui demande bien sûr des efforts budgétaires importants. On ne parle pas de compressions, on
parle de réduction des dépenses, O.K., et ça, je veux le spécifier parce qu'on a eu
à vivre, dans les années 90, des budgets pour équilibrer également. À ce moment-là, le gouvernement du
Parti québécois désirait... parce qu'il faut toujours essayer de raconter
l'histoire pour mieux connaître le présent,
avait décidé d'équilibrer le budget — le gouvernement Bouchard — mais à ce moment-là on était arrivé avec des coupures de budget. Ça a donné quoi?
Bien, il y a beaucoup d'éléments d'information qui circulent
actuellement. Ça a donné qu'à ce moment-là on a même fermé des hôpitaux, et ça,
les gens, il faut s'en rappeler, ça. Ça
s'est fait dans les années 90. Ici, à Québec, il y a eu l'Hôpital
Chauveau, il y a eu l'Hôpital Christ-Roi, il y a eu l'Hôpital Jeffery-Hale, O.K., qui ont été fermés. C'est ça,
des coupures, O.K., et on a réellement coupé des services, là.
Nous, ce
qu'on présente, c'est un budget équilibré, mais un budget demeure quand même
une prévision, parce qu'en cours
d'année ce qu'on doit faire, c'est de travailler à réaliser la prévision
budgétaire. Et, pour ce faire, bien là on demande et on a demandé aux
ministères et organismes du gouvernement d'avoir des plans de réduction.
Le ministère
de la Famille, comme tous les autres ministères, a dû contribuer et doit
contribuer à cette mesure, parce que
ce qu'on vise, c'est qu'au moment où on connaîtra les chiffres définitifs sur
l'année budgétaire 2015‑2016 on puisse
à ce moment-là accomplir le projet qu'on s'est donné d'avoir un budget
équilibré, O.K.? C'est ce qu'on souhaite. Puis ça, je veux saluer la députée de Repentigny. Tout à l'heure, elle
mentionnait qu'elle appuyait en ce qui regarde les mesures pour la
réduction de la dette. Bien, ce qu'on voudrait, c'est que les oppositions nous
appuient aussi dans ce processus-là, parce
que c'est un défi national de rétablir l'équilibre budgétaire. C'est un défi
aussi grand que le Québec s'est donné
comme défi, dans les années passées, de construire la Baie James ou
d'avoir des projets semblables. Pourquoi? Parce qu'on doit, pour le faire... Le président Clinton disait : Un
budget équilibré, c'est mathématique. Il avait parfaitement raison. Maintenant, on se doit de le réaliser. Et,
pour le réaliser, on doit changer les choses, on doit changer les façons
de faire, sinon, si on ne le fait pas, on ne
pourra pas avoir un budget équilibré. Donc, il faut changer les choses, il faut
changer les façons de faire. Mais on a dit également qu'on veut préserver les
grands services à la population. On veut préserver
la santé, on veut préserver l'éducation. On veut préserver, parce que les
Québécois y tiennent, nos services de garde,
nos services à la famille, nos politiques familiales parce que le Québec est
dans une situation vieillissante et on se doit d'aider et de supporter nos
familles pour assurer notre développement futur et permettre aussi à ceux qui
en font le choix de venir s'établir ici, au Québec.
Dans ces
efforts de réduction budgétaire, le ministère de la Famille a dû et doit
prendre des mesures importantes aussi de façon à limiter ses dépenses.
Ces mesures-là sont également demandées au niveau du réseau des services de garde. On l'a vu, la ministre a déposé un montant
qu'elle va nous préciser tout à l'heure, pour faire un effort budgétaire
pour rencontrer les attentes
gouvernementales. On a vu également que, dans certains milieux, il y a eu des
réponses qui sont un peu plus difficiles par rapport aux efforts
demandés. Je ne vais pas très loin, je vais juste ce matin.
Ce matin, si
on va... j'imagine que la nouvelle est également dans Le Journal de
Montréal : Un CPE coupe dans le lait — Les compressions budgétaires forcent la
direction à éliminer une portion le matin : «Un CPE de la Rive-Sud de Montréal supprimera une portion de lait par
jour aux enfants, en réponse aux compressions budgétaires du gouvernement.»
Écoutez, je pense qu'à ce moment-là, là, il y a
exagération, parce qu'il y a toutes sortes d'autres éléments administratifs qui
peuvent être regardés. Parce que, quand on vient s'attaquer justement par
rapport aux services aux enfants, je pense
qu'on a un problème, un problème majeur, parce que je n'ai pas lu... en tout
cas, je n'ai pas eu l'occasion de lire que les services de garde privés, qui ont une tarification et qui n'ont pas
de subvention, parce
qu'ils n'augmenteront pas leurs tarifs cette année, vont couper dans les
services aux enfants. Je n'ai pas lu ça nulle part. Mais là on vient de lire
pour des CPE, là, ce matin qu'on vient couper au niveau de l'alimentaire.
Mme la ministre, moi, j'aimerais dans un
premier temps connaître, en ce qui regarde les budgets des différents services de garde... on a les CPE,
les services privés subventionnés, les services en milieu familial, on va bien
sûr mentionner ces trois-là, là, le service
privé n'est pas concerné par les efforts budgétaires, que vous puissiez nous présenter quels sont les efforts budgétaires
que vous avez demandés à ces organismes. Et bien sûr, en regard des
budgets, il serait intéressant de
connaître également les budgets qui sont rattachés à chacun de ces
services de garde, parce qu'on sait que les CPE n'ont pas nécessairement
la même tarification, parce que, vous l'avez mentionné tout à l'heure, on
inclut, à ce moment-là, des bâtiments, tandis que, du côté des services
de garde privés subventionnés, eux paient le bâtiment. Puis ensuite de ça
il y a le milieu familial.
Donc, il serait intéressant de connaître quels
sont les efforts que vous avez demandés ou que vous demandez, Mme la ministre,
à ces organismes-là.
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre.
Charbonneau : Merci,
M. le Président. Je vous dirais que,
ce matin, c'est une question plus que pertinente, parce que,
depuis un bon trois semaines, on entend du n'importe quoi, du n'importe quoi
dans ce sens où on contribue au quotidien, on finance de la même façon. Puis je nous le rappelle parce
que nous, politiciens, on est
confrontés à cette question-là, hein : Est-ce que le financement
pour un enfant en garderie a changé depuis trois semaines?
Eh bien,
non, M. le député de Montmorency, il n'y
a pas... puis je vais le dire comme je le pense, là, il n'y
a pas une cent qui a changé dans le financement que nos services reçoivent pour
les services à la petite enfance dans nos garderies. Ça veut
dire quoi? Bien, ça veut dire que c'était 60 $ il y a trois semaines, c'était 60 $ la semaine passée, puis
savez-vous quoi?, ça va être
60 $ la semaine prochaine. Donc, il n'y a aucune raison valable en ce moment
pour demander... ou pour dire à nos
parents qu'il y a un service direct aux enfants qui va être touché. Je vous le
dis, puis j'essaie de me contenir parce
que ça ne me donne rien de m'emporter, mais on a entendu des choses terribles
sur des annonces qu'on a faites à nos parents, nos parents qui vont porter nos
enfants au quotidien dans nos CPE,
qui sont des fois même les gestionnaires de ces CPE et qui ont reçu des messages alarmants qu'on va couper dans
les lunchs, on va couper même peut-être dans les verres
de lait. C'est inacceptable. Bon, un coup que je vous ai dit ça, votre question
était plus précise, à savoir : Quel est l'effort budgétaire qu'on a
demandé?
En premier lieu, il faut se demander pourquoi on
a le droit de demander un effort budgétaire aux gens qu'on subventionne. Ah oui! c'est vrai, la réponse est
faite très facilement : on les subventionne, M. le député de Montmorency. Donc, je le disais un peu plus tôt, le président,
la secrétaire de la table, les gens en arrière de moi, moi, vous et mes
collègues, tout le monde finance les services de garde au Québec,
ça vient de la poche de chacun des Québécois. Et qu'est-ce
qu'ils nous ont dit, ces Québécois? Ils nous ont dit : Soyez vigilants, ne
dépensez pas notre argent n'importe comment. D'ailleurs, ils nous le disent à chaque fois qu'ils ont la
chance de nous rencontrer : Ne dépensez pas de façon importune, faites les
choses correctement, donnez-nous une reddition de comptes sur qu'est-ce que vous prenez sur notre paie puis comment
vous l'investissez. Bien, on demande la même chose à l'ensemble de nos
partenaires.
On finance
les services de garde à la petite enfance, les centres de la petite enfance,
le milieu familial et les garderies privées
subventionnées, alors on s'est tournés, puis on a regardé de ce côté-là, puis on s'est dit : Est-ce
qu'il y a un effort qui peut être
demandé? Je vous dirais que j'aurais aimé ça dire non. Ça aurait été bien de
dire non, de ne pas demander d'effort,
mais, à partir du moment où je regarde l'ensemble des finances et que je vois
qu'il y a 177 millions de surplus au niveau des CPE, que je vois qu'il y a 27 millions de surplus au niveau
des bureaux de coordonnateurs — là, on est toujours dans le même financement, là — et qu'en plus une dépense prévisionnée ou
non prévisionnée... parce que, pour les garderies privées subventionnées, c'est un petit peu plus
complexe, le calcul, mais on est capables de voir 178 millions là aussi.
Alors, vous comprendrez que, quand on se
tourne puis on dit : Est-ce qu'on se doit de demander un effort aux
partenaires?, la réponse a été fort simple : Oui, on peut demander
un effort.
Quelle est la
hauteur de cet effort? Eh bien, 74 millions, M. le député,
74 millions sur la somme que je viens de vous décrire. Donc, je n'arrive même pas à la moitié des surplus qu'on a dans l'ensemble
du réseau des services de garde
qu'on a au Québec. Comment ça se décline?
Je vais vous le donner dans le mille,
puis je le sais, que mes collègues
sont toujours intéressés à cet aspect-là. C'est 49,2 millions au
niveau des services à la petite enfance, c'est 2,3 millions au niveau des
bureaux coordonnateurs, donc 2,3 millions sur 27 millions de surplus, là — et là, quand je parle des bureaux coordonnateurs, je ne suis pas dans le quotidien
d'un CPE, je suis dans un bureau coordonnateur qui offre des services de coordination et de soutien aux centres de la
petite enfance dans nos réseaux familiaux — et on demande au réseau privé subventionné 22,5 millions. Est-ce qu'on exagère? Je vous dirais que, si je reçois de l'argent, ma réponse, ce
serait : Oui, vous exagérez, parce que,
l'argent que vous me donnez, je veux le garder, mais c'est
l'argent de chacun d'entre nous qui contribue à un
service à la petite enfance pour chacun des enfants qui sont inscrits dans un service
de garde.
Maintenant,
je pourrais vous décliner toutes les choses que je trouve terribles dans ce
qu'on dit, mais je pourrais aussi
vous dire qu'en moyenne, la gestion d'un service de garde, là, un centre de la petite enfance, bien c'est 17 %
de sa masse qui sert à
l'administration. Moi, je ne le sais pas pour vous, là, dans mon ancienne vie,
d'où je viens, on gérait un service à
la clientèle ou un service pédagogique de 45 000 élèves et on était à
4,5 du pourcentage du budget pour la gestion totale. Cette année, la commission scolaire de Laval peut se vanter
d'avoir une gestion à 3,5 %. Je vous parle d'un CPE qui est à 17 % du taux de son budget pour
l'administration. Est-ce qu'il faut se questionner? Oui. Est-ce qu'il faut
regarder avec eux? Et c'est la
volonté qu'on a au niveau du ministère pour aller voir comment on peut faire
mieux. Maintenant, quand on dit : Une rigueur budgétaire puis une volonté de faire
mieux, puis qu'on leur a demandé avec eux... Parce qu'on s'est assis avec eux pour expliquer correctement,
avec les bonnes lignes, la bonne façon, pourquoi on voulait aller chercher
74 millions. Chacun d'eux est venu à
cette rencontre avec énormément d'ouverture, et je salue chacun d'eux qui nous
écoute aujourd'hui avec beaucoup d'attention
en pensant qu'on va faire des grandes annonces pendant les crédits; de dire que,
l'ouverture qu'ils ont eue, ils nous l'ont en quelque sorte imposée, et ce
rendez-vous a été vraiment intéressant. On a regardé ensemble les façons
de faire, ils nous ont parlé de flexibilité de notre côté, puis on leur a parlé
de rigueur budgétaire de leur côté. Et le
rendez-vous qu'on s'est donné fait en sorte qu'on se parle encore. Je vous
dirais, encore ce week-end, M. le député, on parlait à un regroupement
qui nous disait : Avez-vous regardé cet aspect-là, parce que ça pourrait
être intéressant? Et on étudie chacune des propositions qu'ils nous font parce
qu'on croit que c'est ensemble qu'on peut arriver à mieux regarder la volonté
de cette rigueur budgétaire là.
Est-ce que ça
fait en sorte que ce matin, quand j'ai vu la revue de presse, j'étais heureuse
de voir que des parents ont été
sensibilisés sur le fait qu'on va peut-être... je dis «peut-être» parce que je
trouve ça inacceptable puis je suis sûre qu'on peut réviser cette décision-là auprès des personnes qui l'ont
annoncée, on va peut-être couper un verre de lait? On a réuni les parents pour les informer qu'on va
peut-être couper un verre de lait. Bien, un verre de lait, une portion de lait,
par jour, dans un CPE, là, un verre de lait,
ça coûte 0,38 $, M. le député, 0,38 $. Et, je vous le rappelle parce
que je pense que c'est important de
le faire comprendre aux parents du Québec, là, la subvention qui est offerte
aux familles du Québec pour un enfant en CPE, elle est toujours de
60 $ — 60 $
la semaine passée, 60 $ cette semaine — et je vous réitère le fait que, la semaine prochaine, ça sera encore
60 $. Il n'y a rien qui a changé dans la subvention donnée pour un service
à la petite enfance, aux enfants qui
sont inscrits. Alors, il n'y a aucune raison valable... je vous le dis, là,
puis je vous le dis avec mon coeur de
grand-mère, je pense, plus qu'avec mon coeur de ministre, il n'y a aucune
raison valable d'aller toucher à l'alimentation,
à la collation, aux services directement à la petite enfance sous prétexte
qu'on demande un effort budgétaire à l'ensemble d'un système. Ce n'est
pas comme si on avait dit à un service plutôt qu'à un autre : Toi, tu dois
payer le 74 millions, là.
On se
rappelle : 49,2 millions de dollars pour les services, les centres de
la petite enfance. Et, en ce moment, on parle autant à l'AQCPE qu'au RG... ils ont tous des acronymes
impressionnants, RGPQ pour voir c'est quoi, les meilleures pistes de solution pour faire en sorte qu'on va récupérer des surplus, qu'on va regarder nos
façons de faire pour s'assurer qu'on
donne le meilleur service aux CPE, aux CPE, pas aux enfants. Les enfants, il
n'y a rien qui change dans leur quotidien, c'est 60 $ de subvention qu'ils reçoivent pour pouvoir donner le meilleur
service. Et, j'en conviens, ils donnent un service exceptionnel. Mais de réunir des parents pour leur
dire qu'on va toucher directement, dans le quotidien, à l'alimentation de ces enfants, c'est inacceptable, et, comme
ministre, comme grand-mère... Je vous dirais que la députée à côté de vous le décrierait aussi fort que moi comme nouvelle
grand-mère. C'est inacceptable qu'on réunisse des gens pour leur dire :
Savez-vous quoi?, le gouvernement nous fait
ainsi mal qu'on va couper un verre de lait aux enfants. C'est inacceptable.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Montmorency, il reste 2 min 30 s.
M. Bernier : Oui. Mme la ministre,
je veux vous faire part... Vous avez rencontré les associations et vous rencontrez les associations pour parler avec eux
et discuter avec eux justement sur les mesures qui peuvent être prises de façon à ne pas toucher le service aux enfants.
Comme vous le mentionnez, le montant est là. Ce qu'il faut, c'est ne pas
toucher...
Comme
président de la Commission des finances publiques, j'ai eu à entendre bien sûr
les organismes qui sont venus lors du
projet de loi n° 28, O.K., et ce qui m'a surpris... J'ai regardé la liste
des organismes qui étaient présents au niveau
des garderies. Il y avait l'Association des garderies privées du Québec,
l'Association québécoise des centres de la petite enfance, la Coalition des garderies privées non subventionnées
du Québec, le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance, l'Équipe de recherche Qualité éducative des
services de garde et petite enfance, la Fédération des intervenantes en petite enfance, le
Rassemblement des garderies privées du Québec. J'en ai eu sept, mémoires sur ça,
et sans compter les autres associations
régionales qui peuvent exister un peu partout, là, que ce soit dans l'Est du
Québec, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, la région de Québec,
Chaudière-Appalaches, île de Montréal, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue,
Nord-du-Québec.
Mme la ministre, la question que je me pose,
c'est... Toutes ces associations-là, j'imagine que c'est tous des bénévoles, personne ne paie rien là-dessus, tout
le monde travaille bénévolement. Ça ne coûte rien, ça, au niveau des services
de garde, au niveau administratif? Personne
ne paie une cotisation, personne ne paie rien? Tout ça, toutes ces
associations-là travaillent toutes pour rien?
Vous avez eu également une nouvelle qui a sorti
en ce qui regarde les colloques, un colloque au Château Frontenac. Je n'ai rien contre que les gens puissent se rencontrer puis
qu'ils puissent discuter. C'est normal qu'on puisse échanger, qu'on puisse avancer, sauf qu'il y a des
façons raisonnables de faire les choses, O.K.? Quand on vient avec des propositions de couper dans le service à
l'enfance, là je ne suis pas d'accord, parce que moi aussi, je suis un
grand-père puis je ne suis pas d'accord
qu'on vienne faire ça. Puis, comme citoyen, je paie des impôts puis je paie mes
taxes pour être capable de donner un
service de garde adéquat aux jeunes du Québec, O.K., ne pas se ramasser avec
des situations semblables où on vient prendre les enfants en otages.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre, 20 secondes.
Charbonneau :
20 secondes. Le député a raison de s'inquiéter des frais qui sont
attribués à l'association ou aux différentes associations du Québec.
J'aurai sûrement la chance d'y revenir.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Maintenant, M. le député de Terrebonne, pour
13 min 30 s.
M. Traversy : Merci, M. le
Président. On va les utiliser au mieux de nos capacités, M. le Président.
Alors, c'était intéressant de voir l'échange
entre le député de Montmorency et la ministre de la Famille, qui évidemment, là, dénoncent cette situation très
déplorable que nous avons vue ce matin dans les journaux, à Otterburn Park
exactement, donc, le CPE Petite Loutre.
Mais la
question que je vais poser à la ministre, parce que, puisque vous parlez de ce
genre de situation... bon, va pouvoir
peut-être nous éclairer davantage. Vous avez coupé 45,6 millions l'année
passée, au niveau de la Famille, dans les
garderies. Vous coupez 74 millions cette année, et on nous dit que,
l'année prochaine, c'est une coupure de 129 millions qui est prévue. À force de couper constamment dans
le ministère de la Famille, là... Cet argent-là, il faut bien aller le chercher
quelque part. Et là moi, je me mets à la
place, là, de la directrice générale d'Otterburn Park, là, avec son CPE, qui se
fait couper 60 000 $ dans ses budgets, là. Elle va le chercher
où, ce 60 000 $ là? Est-ce qu'elle abolit le poste d'une éducatrice? Est-ce qu'elle décide de fermer plus
tôt? Parce que c'est ce qui est marqué dans l'article aujourd'hui : on
voudrait fermer 15 minutes plus tôt
le CPE. Est-ce qu'elle décide d'aller vers d'autres solutions? Qu'est-ce que la
ministre ferait à la place de la
directrice générale? Parce qu'à un moment donné c'est bien beau toujours
couper — puis on
ne veut pas que les services aux
enfants soient touchés, je suis d'accord avec le député de Montmorency, moi non
plus, je ne veux pas que ce soit
touché — mais, de
l'argent, on n'en imprime pas, et le coût de la vie augmente, et, les services,
on veut les garder de la même qualité.
Comment on
peut couper 60 000 $ dans un centre de la petite enfance puis
conserver les mêmes services? Et ce que je trouve déplorable, c'est que
les parents de ce CPE là qui sont de la classe moyenne, eux, vont voir leurs
tarifs augmenter d'une façon considérable. On l'a vu, là, tantôt, on a fait la
démonstration avec l'échange qu'on a eu avec la
ministre puis son tableau. Si une famille gagne 50 000 $ chacun, là,
le père et la mère, ça va leur coûter au-dessus de 2 000 $ peut-être de plus par année, M.
le Président, s'ils ont deux enfants dans des centres de la petite enfance, et
ça va leur coûter plus cher. Mais ce
qu'on se rend compte, c'est que les services ne seront pas augmentés, il n'y
aura pas des services de meilleure
qualité. Au contraire, on semble couper de plus en plus, justement, dans
l'argent qui est donné aux installations en garderie subventionnée, que
ce soit CPE, que ce soit garderie privée subventionnée ou milieu familial
subventionné.
Alors,
qu'est-ce que la ministre peut nous dire pour nous rassurer? Parce que, d'un
côté, on réduit les dépenses dans ces
CPE là et là on arrive à un stade où les choix difficiles commencent, là.
Qu'est-ce qu'on recommande à une dame qui
doit couper 60 000 $ dans son CPE, là, de choisir comme... Parce que
ce n'est pas en coupant simplement des portions de collation qu'on va y
parvenir, là. Ça, c'est sûr que non, puis ce n'est pas ce qu'on veut. Alors,
qu'est-ce qu'on lui recommande? On lui dit de couper une éducatrice en
garderie? Qu'est-ce qui va être enlevé?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
M. le Président, je vais commencer comme mon collègue, par un préambule. Puis
on va s'en aller en caucus tous les deux après, là. Assoyez-vous avec
votre collègue qui était ministre de la Famille pour lui demander comment elle a fait pour décider que 29,9 millions
étaient pour être coupés en CPE puis en BC puis 14,6 millions
étaient pour être coupés en garderie privée subventionnée. Je ne pense pas que
de déchirer sa chemise pour un effort budgétaire,
ça a commencé par nous autres. Ça a commencé par une volonté de bien investir
l'argent du Québec. Et vous aviez le
même souci que nous. Et je ne vous le reproche pas, M. le député, je vous dis
juste que, la volonté de bien investir l'argent, vous l'aviez comme nous
l'avions.
Maintenant, qu'est-ce que je dis aux parents qui
gagnent 100 000 $ puis qui vont payer 9 $ par jour? Bien, savez-vous quoi?, si c'était le PQ, ça aurait été
9 $ pour tout le monde, même les familles de 50 000 $. Ça fait
que je veux bien qu'on me garroche
des roches, mais on va se souvenir que des décisions puis des promesses qui ont
été faites de votre côté ne nous donnent pas, à nous, la tristesse de
penser qu'on est odieux puis qu'on ne pose pas les bons gestes.
Par contre,
dans cette rigueur-là, on met au rendez-vous des gens, on leur demande de
réfléchir par rapport aux façons de
faire. Quand vous me dites : Est-ce qu'elle va couper une éducatrice?,
c'est donc facile de faire peur aux parents du Québec! Mais est-ce qu'elle doit réfléchir à sa gestion?
Nécessairement, nécessairement, comme tous les autres gens qui gèrent l'argent du Québec. Est-ce que j'ai
besoin d'une directrice, d'une directrice adjointe puis d'une autre directrice
adjointe pour avoir à peine un peu plus de
80 enfants? C'est une question qu'on devrait peut-être se poser, mais je ne la
poserai pas, parce que, savez-vous quoi, le
calcul qu'elle a fait n'est pas juste. Les normes ne sont pas encore annoncées.
Donc, le calcul qu'elle a fait, de 60 000 $, là, il va falloir qu'on
m'en fasse la démonstration, parce que je ne le sais pas, comment qu'elle y arrive. Elle ne sait pas encore,
cette directrice-là, quelles sont les propositions des deux associations
qu'on a eues et quel sera l'effet sur
l'ensemble des CPE du Québec. Donc, moi, je veux bien qu'on parte en peur, là,
mais notre volonté, c'est de
travailler avec les associations, et les associations nous ont demandé la même
chose. Donc, elle devrait peut-être prendre contact avec son association
pour voir comment faire mieux.
Mais vous me
demandez des propositions, je vais vous en donner, puisque j'en ai, parce que
je me suis dit : Il faut avoir au moins la volonté de regarder plus
loin que la subvention, parce qu'elle n'a pas changé, la subvention pour le service à l'enfant, là. Elle est toujours de
60 $ dans ce CPE, il n'y a rien qui a changé, là. Dans son quotidien, dans
le verre de lait qu'elle donnait la
semaine passée, il n'y a rien qui a changé dans son financement. Qu'elle ait
choisi de dire aux parents qu'elle va couper le verre de lait, là, il va
falloir qu'elle assume la décision qu'elle prend, parce que c'est inacceptable. Ça ne passe pas par le 60 $, ça
passe par des surplus qu'on a puis une volonté de mieux utiliser l'argent du
Québec. Mais comment peut-elle faire mieux? Je vous en donne quelques
rubriques : elle peut regarder ses frais de déplacement, de séjour et de représentation, parce
que, oui, le colloque, c'est la semaine prochaine — je ne sais pas si elle va y participer, mais c'était quand même aux
frais, hein, des gens qui travaillent dans nos CPE; la publicité et l'information, la papeterie, l'impression, les
articles de bureau, les abonnements puis les cotisations à ces abonnements-là,
parce que, oui, il faut les regarder aussi;
les frais reliés au matériel roulant, les contrats de services, l'aménagement
paysager, si on passe par là, ou bien
l'entretien ménager comme tel; la formation et le perfectionnement — mais ça, je vous dirais que j'aimerais mieux qu'on le regarde avec plus
d'attention parce que, dans le perfectionnement, l'effet wow, là, ça ne
m'impressionne pas.
Qu'on regarde l'aspect pédagogique, qu'on
regarde comment on peut parler de la petite enfance puis de la psychologie à la petite enfance, ça, c'est de la formation,
mais «happy, zen and sexy», là, c'est loin de la formation de la petite enfance qu'on devrait avoir auprès de nos
enfants. La location d'équipement, la fourniture... Je pense qu'il y a
un paquet de places où on peut
regarder avant même d'avoir la réflexion — je vous le dis, là, M. le député de Terrebonne,
là — d'annoncer
à des gens que les enfants vont arriver avec des boîtes à lunch ou avant même
de dire qu'un enfant qui veut un
verre de lait... Je ne vous dis pas qu'on doit lui... je vous dis : Il
veut juste le verre de lait, là. Si la réponse de la directrice du CPE,
c'est «on coupe là», c'est inacceptable.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
M. Traversy : M. le Président,
là, il semblerait que les centres de la petite enfance ou les garderies qui
sont à contribution réduite financées par le gouvernement ont des surplus extraordinaires, parce
que, là, de la façon dont j'entends
la ministre, là, ça a l'air qu'ils nagent, là, dans de
l'abondance, puis on le... jusqu'au cou, qu'ils ont le moyen de couper l'année dernière, ils ont le moyen de couper
l'année d'avant, ils vont couper encore cette année, ils vont couper l'année
prochaine. Finalement, en bout de ligne, il y a
eu du laxisme incroyable au niveau des garderies, à écouter la ministre,
là. Puis je tiens à rappeler, là, que, depuis les dernières années, là, on a
été 18 mois, le PQ, au pouvoir, là. Donc, si la ministre dit qu'il y a eu du laxisme dans
les places en garderie puis que les garderies sont surfinancées, bien là c'est
toute une surprise; il faudrait en parler en
Mme James, il faudrait en parler à M. Tomassi, il faudrait en parler
à ceux qui ont été là avant elle puis à Mme Léger, qui avait
commencé à couper, comme elle l'a si bien dit, il y a quelque temps.
Moi, ce que je comprends, c'est qu'à force de
couper des revenus puis couper des sommes dans les places en garderie on finit par devoir faire des choix
difficiles. C'est bien beau, là, mettre, là, la lorgnette puis
la loupe, là, sur un événement, là, qui effectivement est déplorable et déplacé — je
suis d'accord avec vous, moi aussi, l'effet wow, ça ne m'a
pas fait triper bien, bien — mais,
au-delà de l'effet wow, là, il y a des services aux enfants qui sont là, puis il
y a des garderies qui ont des programmes
éducatifs, puis là on leur coupe des allocations qui leur sont données depuis
des années, puis ça les force à se
réhabiliter. Ce n'est pas évident, ce n'est pas évident. Puis, les parents, on
leur demande de payer plus cher leurs
tarifs en garderie. Les gens de la classe moyenne, là, vont payer plus cher sans
avoir de garantie d'avoir des
meilleurs services. Donc, on va couper dans le matériel qu'on fournit aux
enfants dans ces garderies-là, on va couper... Il n'y a pas juste des
surplus. Moi, on me dit qu'il y a des garderies qui sont déficitaires, on me dit qu'il y a
des garderies qui ont des surplus. Chaque garderie a sa particularité.
Ce n'est pas si simple que ça.
Alors là, à
un moment donné, je crains pour la
qualité des services qui vont être là puis j'ai des signaux qui me permettent aussi de commencer à m'inquiéter. Là, il y a
aujourd'hui, là, effectivement, des témoignages qui nous sont dits, mais je vous rappellerais, Mme la ministre, qu'il y a même certains de vos collègues qui nous ont lancé
des signaux à cet effet-là, comme
quoi la qualité allait être peut-être en danger avec la rigueur budgétaire
que vous avez mise. Oui, oui, oui, il y a
des gens qui l'ont dit, là. Le ministre de la Solidarité
sociale, là, nous a dit : «"La qualité des services va
diminuer", prévient
[celui-ci] — par
rapport à la rigueur budgétaire.» Vous irez voir, écoute, le bulletin de
nouvelles du 7 avril dernier 2015 à
11 h 6 de TVA Nouvelles , puis vous verrez en plus ses
déclarations. Donc, à un moment donné, à force de couper toujours, il
finit par y avoir des conséquences.
Moi, je me demande si, Mme la ministre, vous ne
devriez pas essayer justement de défendre davantage le portefeuille que vous gérez au Conseil des ministres, en disant :
Peut-être que la famille a assez écopé jusqu'à maintenant, il semblerait qu'il y ait des signaux, dans les
milieux, qui nous disent qu'on a atteint un peu le fond du baril, là, on n'a
plus beaucoup de marge de manoeuvre puis on
n'a pas beaucoup non plus d'espace, là, pour réussir à se développer des
liquidités.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. En premier lieu, tous les services offerts se doivent
d'avoir un programme éducatif. Il n'y en a
pas un qui a le luxe de dire : Nous, on n'en a pas puis on n'en fera pas.
Ils ont tous la même obligation.
Deuxièmement, si ça peut m'écourter la recherche, je vous dirais que
j'apprécierais que mon collègue dépose l'article, parce que je suis sûre
que mon collègue ne parlait pas des CPE, des BC puis des services de garde à la
petite enfance. Donc, s'il veut bien le
déposer, je vais pouvoir au moins citer mon collègue correctement, puisqu'on
s'amuse à le citer différemment.
Maintenant,
mon collègue est en train de me dire : Mme la ministre, ce n'est pas parce
qu'il y a des surplus qu'on doit les
adresser, ce n'est pas parce qu'il y a des surplus qu'il faut fermer les yeux
puis ne pas les regarder. Au contraire, puis vous faites bien de nous signaler, on des petits CPE qui ont de la
difficulté des fois à 24 enfants, un peu plus serrés dans le budget. Par contre on en a d'autres où il
y a 160 enfants où, là, les surplus... et la gestion est très bien faite.
Qu'est-ce qu'il faut se poser,
c'est : Est-ce qu'il faut revoir le financement des CPE? La réponse à ça,
c'est oui, mais ça ne se fera pas du
jour au lendemain puis ça ne se fera pas n'importe comment, ça va se faire
assis avec les gens qui donnent le service. Mais il faut se questionner parce qu'on a des
milieux où il y a moins d'enfants, moins de nombre d'enfants, l'utilisation
est moins fréquente, hein — à la place d'être occupés à 100 %, ils
sont occupés à 78 % — mais les places toutes prises à 100 %.
Il faut se
questionner là-dessus aussi. Les surplus, et c'est triste que je doive vous le
rappeler, parce que vous les avez,
les surplus n'appartiennent pas à n'importe qui, c'est la communauté qui
contribue à ces surplus, c'est vous et moi, c'est l'ensemble du Québec qui fait en sorte qu'il y a des surplus. Je
ne regarde pas le financement d'un CPE avec la volonté d'aller chercher dans ses coffres propres, je
regarde avec l'ensemble des associations comment on peut faire mieux pour
aller chercher l'effort budgétaire demandé. Maintenant, vous avez compris, M.
le Président, que, s'il n'y avait pas de surplus,
s'il n'y avait personne qui arrivait, si on ne trouvait pas écoute auprès de
nos partenaires pour dire : Écoutez, là, on n'arrive pas, puis en plus on n'a pas de surplus, puis en plus nos
bâtisses sont en décrépitude, puis en plus on... on ne serait pas où on en est maintenant. La volonté
qu'on a, c'est de bien gérer l'argent du Québec, et il y a des surplus dans
les trois infrastructures que je vous ai nommées, et c'est pour ça que les
trois sont au rendez-vous.
Maintenant, est-ce qu'on se doit d'être
responsables? La réponse, c'est oui. Est-ce que les services de garde peuvent passer à côté d'une responsabilité...
Parce que le député de Terrebonne considère que les services de garde doivent
être protégés à ce point de ne pas regarder
la gestion puis comment on en fait la gestion, de cet argent-là. La réponse,
c'est non. On se doit de regarder
comment on fait la gestion et d'aider les petits CPE qui ont de la difficulté.
Ça, c'est notre responsabilité aussi. On n'a pas le droit de priver des
parents de services parce que le CPE a de la difficulté. Mais la répartition de comment on fait les choses, comment
on peut mieux faire les choses, c'est exactement ce à quoi on se donne
nous-mêmes rendez-vous dans le quotidien.
Le Président (M. Picard) : En
terminant, s'il vous plaît.
Charbonneau :
Donc, M. le député, rassurez-vous, on ne permettra à personne de poser des
gestes odieux par rapport aux
services à la clientèle, si on peut l'appeler comme ça, et on ne permettra pas
aux petits CPE d'avoir des difficultés parce qu'on veut que le service
soit maintenu.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. M. le député,
est-ce que vous voulez déposer le document ou non?
M. Traversy : Oui, oui, on
peut le déposer, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Picard) :
O.K. Donc, je confirme que M. le député dépose le document. Et, tout à l'heure,
Mme la ministre, vous avez déposé un document; j'en confirme la réception.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'après les affaires courantes.
(Suspension de la séance à 12 h 7)
Président (M. Picard) : Nous allons reprendre nos travaux. Je
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre à l'étude des crédits budgétaires du volet Famille et
lutte contre