Transportation and the Environment — 2 June 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-06-02
Quebec — Committees
I remember, not too long ago, I was going to a charity event in
Pointe-Claire. There was a conflict over a parking spot. This young woman of African descent was
there with her young daughter, and this man started yelling at her to go
back to her country, over a parking spot. I went over with another gentleman to
defuse the situation, he kept going, kept yelling.
These
are just my experiences. Multiply that by all the experiences of people in Canada and in Québec. It's not to say that people in our society, tous les Québécois, c'est tous des racistes, ce n'est pas vrai. Je connais que la majorité des gens ne le sont pas. Mais, comme le premier ministre
a dit hier et, quand même, le ministre délégué à la Santé et des Services
sociaux aujourd'hui, M. Carmant a dit : Il faut parler de racisme, il
faut parler de discrimination.
Clifford Lincoln, the former MNA for Nelligan, is best known for saying : A right is a
right is a right. But I think he said it best in that speech that rights are
bridges that unite people. I think that's extremely true. I can stand up for my
own rights, I have a voice here. There are many people who can't. Je ne sais pas où
on peut commencer comme une société, je sais que ça commence avec un
dialogue.
I don't want to get into a
debate about systemic racism, and all that, and there's lots of things we need
to talk about. But I want to remind everyone
in this house here, and in this Chamber, of at least one piece of legislation in existence in this country which is racist, and that is the
Indian Act. And if you don't believe me, go read it, go read it. This is
an act that prohibited First Nations from having political organizations. This
is
an act that prohibited pool hall owners from letting First Nations people be served in their stores. This is
an act
that denied women status, created reserves, introduced residential schools, which reminds you, Mrs.
Speaker, the last one closed in the 1970's. You can go through this act,
and look at it, and you'd almost be shocked to realize this is Canada.
Ce n'est pas la faute du Québec, ce n'est pas ni la faute de mes collègues,
ici, autour de la table, que cet act existe, mais c'est une réalité. Et
j'espère que dans l'avenir, Québec va jouer un rôle pour changer ça, et je sais
qu'on est capables. Je sais que Québec a
un grand rôle à jouer, nous avons déjà fait la démonstration plusieurs fois comment on
est capables de bâtir les ponts comme une société.
But I just wanted to make that point
because there's so many things we can cover but if there's one thing to look at as a piece of
legislation that exists in our society that needs to change quickly it is the Indian Act, and I know my colleague from D'Arcy-McGee, here, cares very much about it. I know all my colleagues
around this table veulent voir des changements et ça va prendre du temps, mais
j'espère qu'on est vraiment à l'écoute, Mme la Présidente.
Alors, juste merci pour ça, mais c'était
vraiment difficile de ne pas parler de ça aujourd'hui, comme un élu, quelqu'un
qui veut voir du changement et quelqu'un qui écoute la réalité sur le terrain.
Quand 10 000 personnes sont présentes
pour une manifestation à Montréal, ça dit quelque
chose. Alors, merci pour l'écoute, Mme la Présidente. Je pense, c'était juste important de m'exprimer un petit peu
là-dessus ce matin.
Je reviens
sur le sujet du jour, sur la motion de ma collègue la députée de Maurice-Richard. Je sais que j'ai déjà pris un petit peu de temps là-dessus, mais j'ai trouvé
que, depuis le début de la crise, comme en opposition, et c'est le même pour mes collègues de deuxième et troisième
opposition, on était tous en mode de propositions et des solutions. On
arrive ici avec quelque chose... transition énergétique du Québec. On a entendu les différents experts,
mais on a quand même eu depuis la dernière
fois qu'on était tous ensemble un budget qui a été déposé et je sais qu'on va
voir, c'est sûr, des modifications. Je ne sais pas si ça va toucher le côté de lutte contre les changements
climatiques et l'électrification des transports et de notre société,
mais, quand même, je
trouve que c'est toujours
intéressant pour nous d'avoir le ministre présent ici, en commission, pour poser
certaines questions, juste parce que... C'est quoi, la vision? C'est quoi, le plan
de match? Et, quand même si des choses changent avec le budget, des assurances
qu'on va toujours mettre une priorité là-dessus.
J'ai vu une
excellente nouvelle la semaine dernière, quand le gouverneur Andrew Cuomo a dit
qu'il veut accélérer la ligne de
transmission entre le Québec et l'État de New York. C'est une
excellente, formidable nouvelle. C'est parti de la vision qu'il faut avoir pour la suite des choses pour les
prochaines années qui va être complètement difficiles pour pas juste notre économie, mais pour l'économie de l'Amérique du Nord. Et ça, c'est une chose... On peut peut-être trouver des revenus supplémentaires. C'est de continuer
de créer cette batterie verte qu'est le Québec est présentement puis de
chercher des contrats avec nos voisins à côté.
Mais, quand même,
je veux juste savoir, avec tout le Fonds vert, comment ça va jouer un rôle dans
notre plan de match pour, oui, vendre
l'électricité à l'extérieur, oui, quand
même, d'aider nos entreprises ici, au
Québec, ou, comme je dis, il sera
difficile... Puis il faut avoir une stratégie puis un plan de match en
place pour mettre à l'avant des solutions concrètes. Et de mettre... de donner à nos entreprises une occasion
d'être dans un avantage contre nos voisins, d'être plus compétitifs. Alors, pour moi, Mme la Présidente, ça, c'est une les raisons que je
pense important de discuter le
budget qui est pas mal important
puis les sommes qui étaient dédiées aussi à la lutte contre les changements climatiques et l'électrification
de notre société, il y a des fonds, comme je vous dis, importants...
excusez-moi, je vais juste trouver le document
ici. Le budget, c'est quand même : Bâtir une économie verte
— Électrification et lutte contre les changements climatiques .
Alors, c'est sûr qu'on a fusionné les deux, que ça, c'est l'objectif et
priorité du gouvernement. Et, si je regarde juste ici sur la page... On va mettre quand même, juste pour l'illustrer, comme j'ai parlé, c'est important, 1 milliard de dollars
et 200 millions de dollars envers l'appui aux industries. Alors, ça, c'est
important. Moi, je veux entendre le ministre expliquer à nous c'est quoi, le plan de match exactement, comment il va
subventionner les entreprises. Est-ce qu'on va donner un avantage à nos
petites et moyennes entreprises, les plus petits joueurs, pas juste les grands?
Je pense que c'est important pour nous.
Comme avec les transports, c'est quoi, la prochaine étape?
Ce n'est pas juste l'électrification des chars, mais c'est
quoi, le plan pour tout le réseau électrique
ici, au Québec? Parler de transport, je sais qu'on a eu le débat concernant
un tiers... excusez-moi, un tiers des
budgets qui sont dédiés pour le transport en commun. On a vu des articles qui ont déjà sorti que des municipalités sont en trouble déjà avec
leur propre budget. Alors, comment on va gérer tous ces fonds-là?
Comment on va aider
des municipalités pour encourager des gens de prendre le transport en commun
dans un moment où ce n'est pas difficile... pas juste à Montréal, pas
juste à Québec, mais dans les régions aussi.
Alors,
je pense, pour toutes ces raisons-là, Mme la Présidente, c'est important
d'écouter le ministre, mais aussi j'appuie fortement la motion de la
députée de Maurice-Richard. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député de D'Arcy-McGee, vous avez
10 minutes.
M. Birnbaum :
Merci, Mme la Présidente. 10 minutes, merci. M. le ministre, l'équipe
ministérielle, son cabinet, chers collègues
de l'opposition officielle, deuxième et troisième opposition, ça nous fait
plaisir de nous retrouver dans cette période assez, assez unique, et
difficile, et douloureuse.
J'espère
que vous allez comprendre aussi, Mme la Présidente, que j'aimerais ouvrir avec
un petit mot pour mes concitoyens et
citoyennes de la circonscription de D'Arcy-McGee. Une circonscription, comme
nous tous, assez, assez touchée par la pandémie devant nous.
My riding is home to probably the
largest proportion of seniors in Québec, and the largest proportion of seniors who are over 80, and so on. Many spend parts of their
winter in Florida and came back at the heart of this «pandémie».
L'autre moitié de ma circonscription, c'est une grande proportion de
Snowdon, Côte-des-Neiges, avec toutes ses propres particularités aussi, mais qui faisait en sorte qu'ils ont été
touchés de façon profonde et ils continuent de l'être, de la pandémie devant nous. On parle de plusieurs
décès, on parle des CHSLD en crise, on parle des aînés en solitude, des familles monoparentales, des enfants en difficulté, avec des défis quasi
existentiels dans le monde dont on vit actuellement.
So, my thoughts are with them. I'm
honored to be able to return here, to the Assembly, to be one of their voices as we live through this difficult period.
C'est
inextricable, ce qu'on discute actuellement, tout ce qu'on va discuter dans les
prochains mois, et COVID-19. Je me permets
de dire, dans un premier temps, et je le dis en tout grand respect, le choix
que la seule et unique commission qui siège actuellement siège sur un
sujet d'une importance, j'en conviens, mais pas directement lié aux solutions
qui devraient être notre mode chaque moment, aux solutions à la crise devant
nous et à la préparation d'une éventuelle deuxième vague me laisse... et je
crois qu'elle laisse beaucoup de Québécois et de Québécoises perplexes. Alors,
je me permets de dire que le choix de siéger est discutable.
le disant, je ne veux aucunement, mais aucunement minimiser l'importance du projet
devant nous. Et, une autre fois, et j'espère qu'on va le faire comme
réflexe, une autre fois, je m'attache, Mme la Présidente, aux circonstances tellement sérieuses actuelles. C'est-à-dire, dans
le contexte d'un monde en pandémie toujours, mais qui va devenir, on espère, dans le plus court délai, post-pandémie,
comment est-ce que ce projet de loi s'insère? Comment est-ce que les
modalités vont répondre à nos nouvelles réalités?
Alors,
évidemment, on n'a pas devant nous dans le projet de loi le moindre libellé à
ce sujet-là, mais je me donne... et j'invite le ministre, et j'imagine
qu'il va s'entendre avec moi sur cette même piste, chacune de nos réflexions
devrait passer par le prisme de COVID-19, c'est notre monde.
là, bon, je fais le saut à la motion devant nous pour... comme prochaine façon
de discuter de ce projet de loi. Je nous
rappelle, Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre
les changements climatiques et à favoriser l'électrification. Comment,
comment on peut oser de songer à discuter un tel sujet sans avoir le mot,
l'analyse, qui aurait été fournie par le
ministère du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et pour les
deux ministres les plus visés et le
gouvernement qui aurait implanté les mesures dans ce projet de loi à bonifier,
je l'espère, une autre fois dans un contexte de COVID-19?
Dans
un premier temps, une de mes grandes inquiétudes, et, j'ose croire, partagée
par plusieurs, c'est que nous risquons
de nous trouver devant un triage assez brutal dans la période post-pandémie. Et
je trouve qu'il y a deux façons d'aborder ce triage qui nous attend,
c'est-à-dire avec les contraintes budgétaires, avec le chômage, avec la
réduction brutale de notre PIB, il y aurait
des choix très importants devant nous. Et ce triage peut se faire d'une façon
ou d'une autre. Une de mes grandes
craintes, ça serait, comme on dit en anglais, «the survival of the fittest».
Les multinationales qui ont les moyens de passer à travers les tempêtes
avec leurs ressources et qui n'ont pas toujours l'obligation ou la tendance de
protéger l'intérêt des plus démunis ou le tout le monde.
Est-ce
qu'on va voir une espèce de phénomène de même? Est-ce qu'on va voir, sur une
liste de priorités, et nous serons là
pour accompagner le gouvernement, une liste de priorités très, très, très
difficiles, dans les mois qui s'en viennent, pour protéger nos jeunes qui vont avoir de la grande difficulté à
trouver de l'emploi cet été, pour
reprendre les études, pour relancer
l'économie en région? Et, dans ce triage-là, où va se situer notre obligation
mondiale, primordiale et identifiée comme
essentielle ici, au Québec, de poursuivre le développement durable? Alors,
je le dis, Mme la Présidente, parce que, pour moi, dans ce contexte-là,
le projet de loi devant nous prend toute son ampleur.
Maintenant,
dans ce contexte-là, nous avions eu et nous avons posé déjà beaucoup
de questions. Si on parle du mariage essentiel entre le développement de l'économie, de l'exploitation de nos
ressources formidables de l'énergie, il faut parler, dans la même voie, d'un tel développement durable qui
implique des choix à chaque seconde et à chaque moment. Pour faire ces bons choix, ce n'est pas juste ma
lecture, il y a des éléments qui sont nécessaires,
des données probantes, de l'appui à
la recherche, l'évaluation, l'indépendance des experts de la recherche, la
transparence, l'évaluation. Ce n'est pas des opinions. Si on est pour poursuivre un développement durable, premièrement, la vision doit être énoncée, et de façon claire
et nette, parce que ce n'est pas évident, si on ne le dit pas, que
chaque projet économique va avoir son volet durabilité, protection
environnementale. Si la vision n'est pas là, ça ne va pas se passer.
plus, ces cinq valeurs, critères dont j'ai mentionné sont assujettis au projet de loi devant nous, et la façon qu'on va
aborder ces critères implique, par définition, le ministre
qui est responsable de l'énergie et des ressources naturelles. Il y a plusieurs
experts, mais il n'y en avait pas assez, en toute franchise, qui ont été
invités aux audiences, mais ils ont constaté,
à juste titre, que les gaz à l'effet
de serre viennent en 70 % de la
consommation de l'énergie. Ça ne nous surprend pas, évidemment, mais, avec tout respect pour le ministre de l'Environnement, ce n'est pas lui qui gère ces projets-là
qui sont la source des GES en grande majorité. Alors, comment ça peut être le
moindrement cohérent de ne pas trouver nécessaire d'entendre de l'individu qu'au sein du Conseil des ministres a à défendre les projets énergétiques et a... et
là on a nos quelques difficultés, a
dorénavant, si ce projet de loi est adopté, Mme la Présidente, à défendre
que, oui, les contraintes, les exigences... Oh! c'est terminé.
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui.
Birnbaum : Déjà. En tout cas, tout cela pour dire, si je peux conclure, Mme la Présidente, c'est une logique normale qu'on entend du ministre de l'Énergie
sur le projet de loi. Merci.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci beaucoup. Y
a-t-il d'autres interventions? M. le ministre.
M. Charette :
Oui, merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, saluer les collègues. Ça fait
effectivement plusieurs semaines
qu'on n'a pas eu l'occasion de se croiser. Mon chef de cabinet, que je salue,
m'a rappelé, tout à l'heure, que c'est la
première fois en deux mois que l'on se voit. On se parlait à tous les jours à
travers nos écrans respectifs, mais c'est la première fois qu'on se retrouve dans la même salle depuis de nombreuses
semaines. Donc, un beau bonjour à tout le monde, un réel plaisir de vous retrouver. Lorsque l'on s'est laissés, il y a
quelques semaines, sur la motion préalable du collègue, on ne pouvait
pas imaginer qu'on allait attendre non pas quelques jours, mais quelques
semaines, sinon quelques mois avant de se retrouver.
Ceci dit, je
comprends plusieurs des interventions des collègues. C'est bien vrai que le
Québec vit une situation particulière. Je dis «le Québec»,
mais c'est la planète en entier qui vit cette situation. On a, heureusement,
au Québec, des gens dédiés à tenter
de minimiser les impacts de cette crise sanitaire, ce qui ne nous empêche pas
de travailler sur d'autres dossiers, Mme la Présidente. Et je dois
avouer être surpris un petit peu des interventions de mes collègues ce matin.
On nous a,
dans les dernières semaines, réitéré l'importance de réouvrir le Parlement. On
nous a, au niveau des oppositions,
réitéré l'importance de permettre le débat public. On ramène un débat public à
travers la présente commission et on
nous dit que ce n'est pas le temps. Ces mêmes collègues, que j'apprécie, au
demeurant, qui, au cours des dernières semaines,
des derniers mois, des dernières années, nous ont dit : On doit faire de
l'environnement une priorité, aujourd'hui nous disent que ce n'est pas le temps d'en parler.
Donc, je trouve la situation tout à
fait ironique. C'est à l'image de
ce qu'ils veulent projeter, je le respecte,
mais c'est eux qui assumeront la responsabilité. Au moment où, ce matin, on nous dit, du côté de l'opposition officielle, que ce
n'est pas le temps de parler d'environnement, on a des groupes environnementaux qui, jour après jour, nous interpellent pour
dire : Profitons de la crise actuelle pour, justement, revoir et ajuster
nos pratiques. Ils nous prient de ne pas mettre de côté l'environnement
tant la pandémie occupe une place qui est importante, et on le conçoit
aisément.
Du côté du gouvernement, on pense qu'on peut et parler de pandémie, et amenuir ses
conséquences, et préparer l'avenir
aussi à travers l'environnement. Le projet
de loi que l'on débat présentement, il est fondamental, il revoit
une gouvernance, notamment, de notre
principal outil pour améliorer notre situation, pour diminuer nos émissions de
gaz à effet de serre. Donc, ce projet
de loi, dans une perspective de relance, il est urgent, il est important, il
est fondamental. Et le fait que
l'on... qu'on ait, au niveau du gouvernement, priorisé ce projet de loi parmi
d'autres, c'est démontrer l'importance que l'on accorde à cette relance
que l'on souhaite la plus équitable et la plus verte possible.
Donc,
l'opposition officielle me surprend ce matin. Et la contradiction est d'autant
plus grande, Mme la Présidente, qu'on
nous dit : Ce n'est pas le temps de parler d'environnement, mais on nous
demande de convoquer plus de groupes, donc
une incohérence que l'opposition officielle aura à défendre. Ceci dit, du côté
du gouvernement, on est déterminés à faire
avancer ce projet de loi là pour que l'argent qui est investi dans l'actuel
Fonds vert soit utilisé au meilleur escient possible et avec les meilleurs résultats possible. Donc, toujours
intéressé d'entendre les collègues, mais j'ai hâte que l'on puisse parler du fonds, que l'on puisse parler du
projet de loi lui-même pour que l'on puisse travailler à le bonifier
ensemble.
Donc, vous ne
serez pas surprise, Mme la Présidente, d'entendre que nous n'entendrons pas cet
autre intervenant avec qui on travaille, au demeurant, à réaliser ce
projet de loi, soit mon collègue au niveau des Ressources naturelles. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de
Bourget.
M. Campeau : Juste une très
courte intervention. J'aimerais aller, très, très brièvement, un peu dans le
même sens que mon collègue de la première
opposition tantôt, quand il a fait des commentaires sur le racisme. Et beaucoup
de gens savent que mes enfants sont
d'origine étrangère, et des commentaires drôles ou pas drôles, j'en ai entendu
quelques fois, puis des fois c'est mesquin,
tout ça. Mais, même une blague répétée, comme «une tête carrée», là, je l'ai
malheureusement faite,
cette blague-là, des fois, ça dépend à qui on la fait, ça dépend quand on la
fait, et, quand on la répète souvent,
elle finit par être moins drôle. Alors, je pense qu'on a tous un rôle à avoir
là-dedans, individuellement, dans les
mots qu'on utilise, à qui on les dit, le nombre de fois qu'on les dit. Et
parfois ce qu'on pensait drôle est moins drôle pour certaines personnes.
Ceci dit, sur... juste abonder exactement dans
le même sens que le ministre, ce n'est pas anodin que la seule commission parlementaire qui se tienne, actuellement,
soit sur le projet de loi n° 44. Alors, quand on parle qu'on veut avoir
une relance véritable pour le Québec, qui en a besoin, qu'elle soit verte,
c'est quand même un lien. Alors, tout ce que j'espère,
c'est qu'on aura une excellente collaboration de l'ensemble des oppositions
pour faire avancer rapidement le projet de loi n° 44, parce que le
fait qu'on ait ce projet de loi là, le fait qu'on ait besoin de faire une
relance au Québec et le fait qu'on tienne une commission parlementaire, la
seule en ce moment-ci, c'est extrêmement significatif. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. D'autres
interventions?
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Jonquière, vous avez déjà intervenu et écoulé vos
minutes. J'en suis sincèrement désolée.
Donc, s'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la
secrétaire, veuillez procéder au vote nominal, s'il vous plaît.
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Au nom des membres du
groupe parlementaire formant l'opposition officielle, Mme Montpetit
(Maurice-Richard)?
Secrétaire : Au nom des membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire : C'est rejeté.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, la motion préliminaire est rejetée.
S'il n'y a pas d'autre motion préliminaire, nous
allons procéder... nous allons... M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Bien, j'en
aurais une, motion préliminaire.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Est-ce que vous l'avez transmise
au secrétariat? Oui?
Donc, nous allons suspendre les travaux quelques
instants afin que tous puissent en prendre connaissance.
(Suspension de la séance à 10 h 37)
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Jonquière, vous avez déposé une motion préliminaire. Elle
est recevable, évidemment. Donc, est-ce que vous souhaitez nous la lire?
M. Gaudreault : ...moi, je ne
l'ai pas.
La Présidente
(Mme Grondin) : Est-ce que vous
préférez que je la lise?
M. Gaudreault :
Ah oui! «Motion M. Gaudreault», c'est moi, ça. On s'habitue, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Je suis très patiente.
M. Gaudreault :
O.K. Oui, je peux la lire.
Présidente (Mme Grondin) : Et vous disposez de
30 minutes.
M. Gaudreault : Parfait. Alors, Mme la Présidente, conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée
nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission
des transports et de l'environnement, avant d'entreprendre l'étude détaillée du
projet de loi n° 44,
Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les
changements climatiques et à favoriser l'électrification,
tienne des consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende dès que
possible l'Union des municipalités du Québec (UMQ).»
Alors,
c'est cette motion que j'ai déposée. Je peux plaider tout de suite? Oui? Donc, Mme la Présidente, c'est... dans cette série de motions préliminaires pour entendre des intervenants
supplémentaires, je pense que c'est très important de
pouvoir entendre l'Union des municipalités du Québec.
Mais
je voudrais quand même, avant d'entreprendre une plaidoirie sur le fond
de cette motion, moi aussi, saluer les collègues
et tous les collaborateurs à cette commission
parlementaire, les équipes qui
accompagnent les différents partis, les employés de la fonction publique,
les employés politiques du ministre.
Il y a quelque chose
de surréel, là, d'avoir terminé... juste avant la suspension des travaux le
12 mars, je me souviens, et de
reprendre aujourd'hui, après autant
de semaines, dans un contexte de distanciation physique. Je n'aime pas le terme «distanciation sociale». Je pense qu'on
est en train de s'habituer à dire plutôt «distanciation physique» parce
que «distanciation sociale», ça m'apparaît
être un oxymoron. Socialement, il faut qu'on soit ensemble, il faut qu'on soit
proches, il ne faut pas qu'on soit
distancés, alors j'aime mieux parler de distanciation physique, quoique je
n'aime pas cette notion. Je ne suis pas
un colleux de nature, mais là il y a des limites, tu sais. Je veux dire,
j'aimerais... j'aime bien, surtout quand on est en politique, là, serrer des mains, embrasser des bébés, voir des
gens, mais là ce n'est pas possible. Alors, c'est vraiment, vraiment, vraiment très, très difficile. Alors,
moi aussi, je suis heureux, quand même,
d'être ici et de pouvoir entreprendre les travaux sur ce projet de loi
qui est très important.
Puis ce n'est pas
vrai, Mme la Présidente, que parce que nous sommes dans un contexte social,
économique difficile, un contexte sanitaire
inusité, un contexte extraordinaire qui va marquer l'histoire contemporaine, ce
n'est pas vrai que, sous prétexte de
cela, on va faire des gestes ou qu'on va adopter des lois dans la précipitation.
Alors, je veux dire, on ne peut pas
reprocher à aucun parlementaire, ici, d'avoir eu une suspension des travaux du
12 mars jusqu'à aujourd'hui pour étudier des projets de loi. Alors,
c'est dommage, mais il y a eu plein, plein, plein de projets de loi et de
procédures parlementaires. Même le budget
qui a été présenté le 10 mars semble aujourd'hui être un artéfact issu de
la période des Étrusques tellement qu'on semble être dans un autre monde
depuis la pandémie.
Donc,
il faut qu'on travaille correctement. Puis ce n'est pas vrai que, comme
parlementaires, on va se laisser mener par
un argumentaire qui serait de dire : Bien là, il faut faire vite parce
qu'on est en pandémie, il faut faire vite pour adopter des mesures en matière d'environnement et de
changements climatiques, vous êtes les premiers, l'opposition, à dire
qu'il faut qu'on agisse rapidement en
matière de changements climatiques. C'est vrai, mais ça ne veut pas dire qu'il
faut agir n'importe comment non plus, Mme la Présidente.
D'ailleurs,
cet argumentaire-là ne peut pas tenir de la part du gouvernement parce que,
d'un côté, le gouvernement, s'ils
disent aux oppositions : Il faut pousser la machine au max pour adopter ce
projet de loi là le plus rapidement possible parce que c'est important d'engager des mesures en environnement, des
mesures fortes pour la reconstruction puis la relance économique, bien, c'est parce que je voudrais
juste rappeler à ce même gouvernement qu'ils n'ont même pas inclus le ministre de l'Environnement dans l'escouade de
relance économique. Alors, si c'est si fort que ça, l'argument de
dire : Bien, il faut adopter à toute
vapeur le projet de loi n° 44, bien, c'est parce que, le minimum, s'ils
croyaient vraiment... s'ils y
croyaient vraiment, du côté du gouvernement, bien, ils incluraient le ministre
de l'Environnement dans l'escouade de reconstruction,
d'autant plus que ce propre projet de loi donne un rôle transversal, un
rôle-conseil, un rôle d'intervention à tous
égards sur les projets qui sont proposés par le gouvernement, donne ce rôle-là
au ministre de l'Environnement. Alors, on
ne peut pas dire une chose d'un côté de la bouche puis dire son contraire de
l'autre côté de la bouche, ça ne marche pas.
Alors,
nous, comme opposition, ce qu'il nous reste, ce qui nous appartient, bien,
c'est de faire des propositions pour revenir
à du contenu avec les moyens qu'on a. Puis les moyens qu'on a, ça s'appelle une
motion préliminaire, alors on va l'utiliser.
Parce que, très franchement, là, dans le fond de moi-même, Mme la Présidente,
là, on a une motion préliminaire sur
l'Union des municipalités du Québec, pour les recevoir ici, mais très
franchement, là, considérant qu'on a l'impression que ce qui se passait il y a trois mois appartient
à de l'histoire ancienne, ou voire à la préhistoire, ou à un autre
monde, quant à moi, là, sur le projet de loi n° 44,
je pense qu'il faudrait refaire complètement les consultations. Il faudrait
refaire complètement la mise à jour parce qu'on n'est plus dans le même
univers. On n'est plus dans le même univers. Donc,
les prétentions du ministre, comme...
je suis prêt à dire comme les miennes, comme celles des autres
oppositions, ne sont plus les mêmes, considérant la situation.
Imaginez, on avait un
débat avant le 12 mars sur l'atteinte des cibles de réduction de gaz à
effet de serre, et là le fait qu'on a mis le Québec sur pause, que le
gouvernement a mis le Québec sur pause pendant plusieurs semaines va réduire de
façon importante les émissions de GES pour l'année 2020. Ça fait que ne
serait-ce que ça, déjà là, ça change la donne, déjà là, on déplace le débat. Le
ministre qui nous disait sans relâche : Ah! on ne sera pas capables, c'est
impensable d'atteindre les gaz à effet... les cibles de réduction de gaz à
effet de serre pour 2020, c'est dû à des... à de l'inaction des gouvernements
précédents, blablabla. Bien, c'est parce que, là, les résultats ne seront pas
les mêmes.
Ça fait que je trouve qu'on a comme un
décalage... pas comme, on est en décalage de faire le débat aujourd'hui sur le
projet de loi n° 44 comme si on n'avait pas connu de pandémie depuis la
mi-mars. Je veux dire, ça a eu un impact majeur sur les émissions de gaz à
effet de serre, ça a un impact majeur sur les enjeux de transition énergétique,
ça a un impact majeur sur les transports qui risquent d'être financés en
partie
par le Fonds vert, les enjeux de transport, les infrastructures de transport.
Juste pour vous dire, là, vous avez vu comme moi
les résultats d'un sondage dans Le Journal de Québec , Journal de
Montréal qui disent que l'adhésion des gens de Québec a changé sur les
infrastructures, les prochaines infrastructures de transport dans la région de
Québec à cause de la pandémie, autant sur le tramway que sur l'espèce de lubie
du troisième lien entretenue par le gouvernement. Alors, on ne peut pas faire
comme si ça n'existait pas. Moi, je... s'il y avait eu une motion, dans notre
droit parlementaire, là, une motion «reset», je l'aurais plaidée aujourd'hui.
Il faut peser sur «reset», remettre le compteur à zéro parce que la situation
est trop changée.
Donc, c'est pour ça que, minimalement,
minimalement, il faut entendre d'autres groupes qu'on n'a pas entendus,
minimalement. Moi, je pense que ça ferait
partie d'une prise de conscience
publique du ministre et du gouvernement dans son ensemble, de dire : On ne
peut pas faire comme si la pandémie n'existait pas. Et là, moi, ce que je sens,
c'est que le gouvernement, en ce qui concerne le projet de loi n° 44 à
tout le moins, agit comme si ça n'existait pas, c'est «business as usual», on
continue comme si de rien n'était. Puis on ne peut pas faire ça. Donc, le
minimum qu'on a à faire, c'est d'élargir un petit peu le débat pour qu'on
puisse, nous, comme parlementaires, se mettre à jour quant aux nouvelles
données issues de la réalité de la pandémie. Là-dessus, l'UMQ en aurait long à
dire, j'en suis convaincu. C'est pour ça qu'on fait cette motion-là, puis il va
y en avoir d'autres.
Moi, c'est pour ça que je voulais intervenir
tantôt, là. Je ne me souvenais plus que j'avais épuisé mon temps sur la motion
de la députée de Maurice-Richard concernant le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles. Moi, je pense qu'on aurait dû
l'entendre aussi pour parler de cette nouvelle réalité dans laquelle nous
sommes depuis cette pandémie. On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas.
Je le répète, puis vous allez m'entendre souvent dire ça, Mme la
Présidente, on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Puis là ce n'est
pas vrai qu'on va faire un exercice aussi fondamental que d'adopter une loi ou
d'étudier un projet de
loi sur la gouvernance en changements climatiques sans
se faire une mise à jour en cette matière en temps de pandémie. Je pense que ça
ne serait pas responsable. Moi, je pense que les Québécois s'attendent de leur gouvernement,
s'attendent de leur Assemblée nationale, s'attendent de leurs parlementaires
qu'on ait un minimum de contact avec la réalité qui s'appelle une pandémie
historique, qui vient jouer de façon inéluctable et de façon déterminante pour
le futur sur la gestion du risque climatique. Il y a plein d'articles qui
nous... il y a plein d'intervenants dans les médias qui nous interpellent à le
faire.
Hier encore, il y avait une lettre cosignée,
entre autres, par Équiterre appelant à une prise de conscience sur les enjeux
climatiques et de redessiner un avenir qui sera différent, de profiter de cette
opportunité que personne n'avait souhaitée, bien évidemment, de la pandémie
pour rebâtir sur des bases nouvelles. Donc, pour faire ça, il faut entendre d'autres
groupes que ceux qu'on a entendus avant la pandémie et surtout poser des
questions concernant la nouvelle réalité collée à la pandémie et éventuellement
postpandémique, nous l'espérons. Même le FMI le dit. Quand c'est rendu que le
Fonds monétaire international plaide pour une prise de conscience aiguë des
élus de la planète sur une relance basée sur autre chose que l'économie
traditionnelle ou le paradigme avant la pandémie, ça va quand même assez loin.
Alors, moi, je demande minimalement au gouvernement
de dire : O.K., prenons un petit pas de côté et étudions... c'est-à-dire
écoutons quelques groupes supplémentaires pour venir nous dire quelle est cette
nouvelle réalité climatique, économique, écologique, énergétique qui va
interpeler le Québec pour la suite, après la pandémie. Et un des premiers
intervenants qu'on doit entendre là-dessus, c'est l'Union des municipalités du
Québec. Puis ça tombe bien parce que vous avez sûrement constaté que la
nouvelle présidente de l'Union des municipalités du Québec a été élue, a été
confirmée dans son poste il y a à peine, je pense, deux semaines,
Mme Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie, en Montérégie. D'ailleurs, je
la félicite, j'en profite pour la féliciter publiquement de sa nomination comme
présidente de l'UMQ. Elle a déjà été présidente de l'UMQ, mais jusqu'à
récemment, avant de redevenir présidente de l'UMQ, elle était en charge des
enjeux de développement durable, d'environnement, d'adaptation aux changements
climatiques au sein de l'UMQ. Donc, on a un bel alignement de planètes, si on
entendait l'UMQ, nous aurions justement la personne qui connaît ou, en tout
cas, qui était la porte-parole puis qui connaît sûrement le mieux, parmi les
membres du conseil d'administration de l'UMQ, sans rien enlever à personne
d'autre, là... mais, en tout cas, elle était responsable du dossier des
changements climatiques puis du développement durable au sein de l'UMQ, ça fait
que ça tombe joliment bien de venir nous dire ici ce qu'elle en pense, surtout
considérant le contexte de la pandémie.
Et on a reçu déjà à cette commission
parlementaire les représentants de la FQM, la Fédération québécoise des
municipalités. Mais, comme vous le savez, la FQM ne représente pas l'ensemble
des municipalités. Il y a deux unions, comme... pour
paraphraser Yvon Deschamps, il y a deux unions dans le monde municipal au
Québec, il y a l'Union des municipalités puis il y a la FQM. Alors, je pense
que le minimum, c'est d'entendre les deux. Alors, moi, je souhaiterais qu'on
entende l'UMQ, considérant qu'ils représentent quand même une bonne part des
municipalités, notamment les municipalités les plus populeuses, les
municipalités les plus grandes, ce qui représente 85 % de la population et
du territoire du Québec. Donc, c'est quand même important, là, d'entendre cette
institution. Je ne vois pas comment on pourrait étudier le projet de loi
n° 44 sans les entendre. Puis, comme je vous disais tantôt, ça nous
permettrait de faire un peu une pause sur la question des changements climatiques
versus la pandémie, pour ne pas qu'on agisse comme si ça n'existait pas, la
pandémie. Ça existe, il n'y a que ça. Je veux dire, c'est assez... ça serait
assez surréel de penser ou de procéder à l'étude du projet de loi comme si ça
n'existait pas.
Donc, moi, je pense qu'il faut absolument
entendre l'UMQ, d'autant plus, Mme la Présidente, qu'une des leçons qu'on doit
nécessairement tirer de ce qui s'est passé dans les dernières semaines, c'est
le fait que les instances interpelées au premier chef sur le territoire sont
les instances municipales. Je suis sûr que tous les collègues, ici, qui ont eu
à se concentrer sur du travail dans leurs bureaux de circonscription depuis le
12 et le 13 mars sont d'accord avec ça ou, si ne le sont pas, en tout cas,
ils vont au moins reconnaître que c'est vrai que les municipalités sont
interpelées au premier chef.
Encore la semaine passée et encore aujourd'hui,
prenez juste l'exemple des camps de jour, comment les parents se préoccupent
des camps de jour cet été pour leurs enfants. Bien, c'est qui qui organise les
camps de jour? C'est les municipalités. Dans ma région, quand on... puis, dans
d'autres régions dites périphériques au Québec, des régions ressources, quand
le gouvernement a annoncé des barrières ou des fermetures, les... qui qui a été
interpelé en premier lieu? C'est les municipalités. Notamment, à Saguenay, par
exemple, c'était la sûreté municipale qui devait gérer les postes de... les
points de contrôle à l'entrée de la ville de Saguenay pour bien contrôler, là,
les vas-et-viens... les va-et-vient, c'est-à-dire, entre les autres régions et
le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Alors, ça, c'est la sûreté municipale, bien, c'est... ça découle de la
municipalité.
Toute la question de la gestion des parcs, de la
gestion des travaux publics qui ont été interpelés, la question de l'entretien
des routes, de la collecte des ordures ménagères, de la gestion des centres de
tri, c'est les municipalités qui ont été interpelées au premier rang. Qui était
membre des différents comités de liaison? Je ne sais pas, au juste, comment ça
se passait dans les autres régions, là, mais chez moi, en tout cas, on avait un
genre de comité de liaison, là, présidé par la ministre du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Qui était là? Les municipalités puis les MRC, la ville de Saguenay, la ville
d'Alma, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui sont membres de l'Union des municipalités du Québec.
Je veux dire... puis c'est comme ça partout à
travers le monde. Qui a été les premiers à interpeler, dans l'État de New York,
pour la gestion de la pandémie, malheureusement, qui est devenue un peu... un
peu beaucoup l'épicentre aux États-Unis? C'est la ville de New York. Qui,
présentement, au Québec, là où il y a encore les plus gros foyers d'éclosion,
malheureusement, ou les plus grands, les plus hauts taux de contamination...
C'est la ville de Montréal. C'est la mairesse de Montréal, avec la directrice
de la santé publique sur l'île de Montréal, qui gère ça. Qui a été le premier
interpelé, avec les taux alarmants, à Montréal-Nord puis à Saint-Michel? C'est
le conseil d'arrondissement, c'est les gouvernements de proximité.
Puis là on a un gouvernement qui nous dit :
Ah! il faut aller vite pour adopter le projet de loi n° 44, parce que ça
parle d'environnement puis il faut mettre le focus sur l'environnement pour la
suite des choses. Mais il ne tient pas compte que les premiers interpelés dans
le contexte de la pandémie ont été les institutions municipales puis que ça
serait peut-être approprié de les entendre. Alors, moi, c'est pour ça que je
fais cette motion qui vise à entendre l'UMQ. Ils vont en avoir long à dire. Ça
a été les premiers au front, puis c'est comme ça partout à travers le monde,
c'est comme ça partout à travers le monde.
En Inde, les mesures de confinement étaient
gérées par les municipalités. Bombay, qui est quand même plus gros que
Saint-Raymond-de-Portneuf, mettons, avait à gérer la question du confinement au
niveau de la municipalité puis n'attendait pas les directives de New Delhi.
Alors, ce n'est pas nouveau, là. Même chose en Allemagne, même chose ailleurs
dans le monde. Quand je vous disais, tout à l'heure, aux États-Unis, c'est New
York, par exemple, qui est intervenue, avec le maire, Bill de Blasio, pour les
premières mesures.
Alors, les municipalités sont au front dans la
gestion des risques pandémiques, dans la gestion des mesures sanitaires, et
c'est fondamental pour la suite des choses. On ne peut pas penser avoir une gouvernance
sur les changements climatiques dans un contexte postpandémique sans tenir
compte de l'avis des villes. Moi, ça ne me rentre pas dans la tête. Puis en
plus ça nous permettrait de prendre un petit pas de recul pour dire :
Quelle est la situation depuis... tu sais, en toute matière, en ce qui concerne
les changements climatiques puis l'environnement depuis le 12 mars 2020?,
qui ne remonte pas à il y a si longtemps, mais on a l'impression que c'est
l'ancien régime. Je pense qu'on a besoin de se faire une tête là-dessus, et
l'UMQ y contribuerait de façon puissante, parce que, je le répète, ce sont les
premiers interpelés, ce sont... les municipalités, ce sont les premiers à être
au front, et ça nous permettrait d'avoir un meilleur contenu, comme parlementaires.
Donc, les municipalités aussi sont les premières
interpelées sur la question du transport, dans le transport collectif. Ça va quand
même être un enjeu pas banal pour la suite des choses. Le premier ministre
lui-même a dit : Pour accélérer la reprise économique, on va décaisser
plus vite pour les projets d'infrastructures dans le PQI. Il a dit ça. Bon,
c'est le bon vieux canadianisme, là, dans une période de crise, c'est l'État
qui intervient pour faire rouler l'économie, puis c'est correct. Mais c'est
parce qu'il y a quand même des projets importants en matière de transport
collectif, que ce soit à Montréal, que ce soit ici, à Québec, avec le tramway,
ou ailleurs dans d'autres régions. Je veux juste vous dire que les municipalités
au Québec, là, elles assument un... elles assument le financement des
transports collectifs
à la hauteur de 1,1 milliard par année. Ça équivaut à 107 000 kilomètres de routes, de rues, de
chemins locaux, donc c'est quand même un rôle important.
Alors, si,
effectivement, le ministre, avec le projet de loi n° 44, ouvre la porte
davantage pour puiser dans le Fonds vert,
dans le financement des transports collectifs, ou on veut faire un débat sur
cet enjeu-là, bien, ça serait important d'avoir l'opinion des premiers concernés par les transports collectifs au
Québec, et ça, bien, ce sont les municipalités, ce sont les plus grandes municipalités. Puis les plus grandes
municipalités sont regroupées où? Dans l'UMQ. Alors, moi, je demande
qu'on entende l'UMQ ici concernant cet enjeu-là. On ne peut pas... je le
répète, on ne peut pas faire comme si la pandémie n'existait pas, puis l'UMQ
doit en avoir long à nous dire sur cet enjeu-là.
Donc, Mme la
Présidente, moi, je soumets respectueusement que, pour faire le point, pour
bien poser les questions sur la suite
des choses, pour voir comment le Québec doit se repositionner dans un contexte
pandémique et postpandémique, nous
devons prendre un pas de recul, on doit se faire une tête sur ce qui s'est
passé sur le plan climatique et de l'environnement, et se poser les bonnes questions, et entendre
l'UMQ. Quand c'est rendu que des baleines se promènent à Montréal, je
pense que ça démontre qu'il y a des petits changements. On ne peut pas entendre la baleine,
là, ici, là, malheureusement, mais il faut
certainement entendre les principaux acteurs concernés par la
gestion d'une crise comme celle que nous vivons, et les premiers acteurs
concernés sont les municipalités.
Donc, il me reste combien de temps, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Grondin) :
Il vous reste deux minutes, M. le député.
M. Gaudreault : Deux minutes? O.K. Bien, écoutez,
deux minutes pour dire que j'aimerais entendre les autres collègues
là-dessus, j'aimerais entendre le ministre.
Moi, je suis convaincu que les gens de l'UMQ souhaitent être entendus. D'ailleurs,
ils nous ont envoyé une lettre le 3 février dernier pour faire part de
leurs commentaires sur le projet
de loi n° 44. Mais une lettre, ce n'est pas assez, il faut aller
plus loin que ça, vous le savez, vous avez déjà vécu des commissions parlementaires avec des auditions. Ça permettrait d'aller plus loin sur ce qu'ils nous
disent dans leur lettre du 3 février. Ça nous permettrait également de leur demander un mémoire
plus détaillé sur la réalité vécue par les municipalités dans le
contexte de la pandémie et après la pandémie.
Donc, c'est
ce que j'avais à proposer, Mme la
Présidente, à ce stade-ci, comme motion préliminaire, d'entendre l'Union des municipalités du Québec. J'espère qu'il va y avoir une oreille attentive pour ça. Puis je pense
que ce n'est pas quelque chose qui demanderait énormément de temps, là. Je
suis sûr, connaissant l'UMQ, qu'ils seraient capables de se revirer de
bord assez rapidement, puis on serait capables de faire ça, même, en tout cas, certainement
d'ici la fin de la session, là, qui est la semaine prochaine, là. Je suis sûr
que, si aujourd'hui on adopte cette motion-là puis on appelle Mme Roy, là, là, tout de suite après, elle va dire : Oui, c'est beau, je vais être là. Peut-être
même... On est quoi, aujourd'hui, on
est mardi? Peut-être qu'elle serait capable, même, de la faire pour
vendredi ou, au pire, en début de semaine prochaine, mardi.
Alors, moi,
je pense que ça serait vraiment important d'entendre... d'entendre l'UMQ pour les
raisons que je disais tout à l'heure. Ce sont les premiers sur le terrain. Les municipalités, ce sont les premières à intervenir sur le terrain en matière climatique mais en matière aussi de
gestion de santé publique. Donc, voilà, Mme la Présidente, je vais
terminer là-dessus et en espérant que les collègues appuient ma motion. Merci.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre,
souhaitez-vous intervenir?
M. Charette : Si les collègues
le souhaitent...
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Maurice-Richard, vous avez 30 minutes. Vous êtes...
Parfait.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, Mme la Présidente. Contente de vous retrouver ici dans un contexte
très particulier. On a un petit peu plus de
distance entre chacun d'entre nous, mais ça ne m'empêche pas de saluer mes
collègues ainsi que les collègues de la
deuxième et de la troisième opposition, le ministre ainsi que les gens qui
l'accompagnent.
souhaiterais, si vous me le permettez aussi, avant que je commente directement
sur la proposition du député de Jonquière,
prendre aussi quelques instants pour revenir... C'est la première fois, moi,
que je reviens à l'Assemblée nationale depuis
que les travaux ont été suspendus dans le contexte de la pandémie, et je
voudrais commencer par transmettre mes sympathies
à tous les Québécois et toutes les Québécoises qui ont perdu un proche pendant
cette pandémie. C'est une situation
dramatique. Et on parle beaucoup de nombres, on parle beaucoup de chiffres,
mais je pense qu'on ne souligne pas assez
souvent que, derrière ces chiffres, il y a des noms, il y a des visages et il y
a surtout des familles, il y a des proches, il y a des conjoints, et des
conjointes, et des enfants qui entourent et qui sont marqués par ces décès.
Et je voudrais également en profiter aussi pour
saluer les gens de ma circonscription. La circonscription de Maurice-Richard est dans le nord de Montréal, c'est... elle couvre, dans le fond,
l'arrondissement d'Ahuntsic et une
partie de Montréal-Nord. Donc, elle
se trouve dans une situation qui est encore très difficile aujourd'hui. Les
CHSLD de ma circonscription aussi, qui sont
assez nombreux, et les RPA sont dans une situation, également, qui est très
difficile. Et je nous souhaite que
les décisions qui sont prises soient les bonnes et soient assez rapides pour
s'assurer, justement, que cette pandémie soit restreinte le plus
rapidement possible.
voudrais aussi en profiter pour saluer tout le personnel du réseau, notamment
du réseau de la santé et notamment ceux et celles avec qui j'ai eu l'occasion
de travailler en CHSLD durant la pandémie. Et j'ai eu l'occasion de rencontrer des préposés aux bénéficiaires,
inhalos, infirmières, infirmières auxiliaires, du personnel administratif aussi, d'une générosité, d'une bienveillance sans nom — moi, j'y suis arrivée à la cinquième semaine de
pandémie — donc, des gens qui
étaient essoufflés, qui étaient fatigués, qui étaient épuisés parce qu'ils
faisaient des quarts de travail doubles depuis déjà cinq semaines, qui, pour plusieurs, n'avaient pas
pris de fin de semaine, n'avaient pas pris de jour férié et ils
continuaient d'entrer... malgré tout cet
épuisement, continuaient de rentrer au travail avec le sourire aux lèvres. Et
j'ai été accueillie dans un... oui,
un certain... une situation de crise, dans un certain chaos assez dramatique,
mais avec des équipes et un personnel vraiment, vraiment
extraordinaires.
Ils font un travail
extraordinaire en tout temps, mais je veux le souligner particulièrement dans
ce contexte, parce qu'ils auraient pu faire
le choix de... ils auraient pu faire le choix de quitter le navire, et ils sont
restés parce qu'il y en a qui ont accepté,
jour après jour, moi, je l'ai vu, de faire un chiffre supplémentaire, et d'en
faire un autre, et d'en faire un autre, au détriment de leur santé
physique, au détriment de leur santé mentale, pour certains, parce qu'il y a eu
de l'épuisement en cours de route aussi. Et
ils sont restés parce qu'ils voulaient s'assurer que les personnes aînées qui
étaient sur les étages soient nourries, soient hydratées et soient
accompagnées. Et ça, pour ça, je les salue bien bas et j'aurai l'occasion, certainement, de les revoir. J'ai pris
une période de quarantaine légitime pour pouvoir être avec vous
aujourd'hui sur ce projet de loi, mais je peux les assurer que je retournerai
leur donner un coup de main si c'est nécessaire, parce que la situation,
malheureusement, n'est pas encore stabilisée dans plusieurs CHSLD, notamment,
de Montréal.
Concernant
les affaires qui nous occupent aujourd'hui, je pensais qu'on allait reprendre,
Mme la Présidente, dans de meilleures
dispositions. Et je ne suis pas intervenue plus tôt, lors de l'intervention du
ministre, je pensais que vous alliez peut-être
le faire, et ce n'est pas du tout un reproche, mais dans le souci de garder une
bonne collaboration... On vient tout juste
de débuter après plusieurs semaines, effectivement, où on n'a pas travaillé sur
le projet de loi, je ne suis pas intervenue lors de l'intervention du ministre, mais je m'attends nécessairement à
ce qu'on parte sur de bonnes bases, sur de bonnes dispositions, et il a insinué... il nous a prêté
des intentions, et c'est à cet effet-là que j'aurais pu intervenir, il nous a
prêté des interventions comme quoi l'environnement n'était pas une priorité
pour nous...
Charette : ...prêté d'intentions, mais clairement la collègue m'en
prête, actuellement, donc je lui demanderais d'être prudente dans ses
propos.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, je vous invite, chers collègues... c'est un
projet important, je vous invite à tenter d'avoir des échanges qui sont
plutôt rassembleurs, et je serai à l'écoute, très, très, très. Donc, Mme la
députée.
Montpetit : Merci, Mme la Présidente. Donc, je vais continuer. Ce que
j'essaie de faire, c'est de tendre la main
au ministre, donc qu'il la reçoive. Mais qu'il soulève des propos du genre...
ce qu'il a dit à mon collègue de D'Arcy-McGee,
comme quoi il est surpris et il laisse sous-entendre que l'environnement n'est
pas une priorité pour nous et qu'on
soulève des questions sur le fait que l'environnement ne devrait pas être à
l'ordre du jour, je pense que ça n'a pas sa place dans les échanges qu'on a aujourd'hui puis je trouve ça dommage.
Vous le savez très bien, Mme la Présidente, on a siégé sur plusieurs choses... plusieurs dossiers ensemble en
environnement, vous savez notamment que j'ai une maîtrise en lutte aux changements climatiques, en
environnement, en santé environnementale, je pense qu'il n'y a personne qui
doute, ici, de la priorité et de l'intérêt
que j'accorde à la lutte aux changements climatiques, pas plus que mes
collègues qui sont assis à mes côtés.
Donc, il n'est pas du tout question... et je trouve ça dommage que le ministre
laisse entendre que les commentaires
que l'on fait sont en ce sens, parce que ce n'est absolument pas, mais
absolument pas le cas. Et donc la lecture
que j'en fais, c'est qu'il nous prête des propos qui ne sont pas les nôtres,
puis je trouve ça déplorable comme façon de commencer les échanges,
surtout que ça fait à peine 20 minutes que ces échanges étaient commencés.
Ce que mon collègue... Donc, je l'invite,
moi aussi, à être prudent, pour réutiliser ses mots, dans le genre de propos
qu'il... si on veut continuer, parce que nous, on arrive ici dans une
démarche de collaboration.
Je pense que, quand
on a l'environnement à coeur, et c'est ce que mon collègue mentionnait, quand
on a l'environnement à coeur... mon collègue
de D'Arcy-McGee, mais le collègue de Jonquière
aussi le mentionnait, on se serait
attendus à ce que le ministre, en temps de crise et de pandémie, fasse
minimalement partie, en effet, du comité de relance du Québec. Et on se serait attendus, justement,
à ce que l'environnement, la lutte aux changements
climatiques fassent
partie de façon
prioritaire et importante de ce plan de relance, justement,
parce que, dans une relance économique, on souhaite que cette relance-là soit
économiquement verte et économiquement durable également, et qu'il y ait une
priorité qui soit donnée, notamment, à tout ce qui est projet vert, qu'il y ait
une voie rapide.
le remets sur la table pour le ministre. Je lui rappelle qu'on avait déposé une
proposition à l'automne dernier déjà sur
l'intérêt de mettre en place une voie... et on l'avait
appelée voie rapide, mais elle pourrait s'appeler voie accélérée, pour s'assurer que les projets qui ont une valeur
économique environnementale puissent être traités beaucoup
plus rapidement qu'ils ne le sont
pour... Puis, dans le contexte de relance économique du Québec,
c'est encore plus pertinent que ce l'était. C'était extrêmement pertinent, mais je pense qu'il devrait
sincèrement considérer cette proposition. Elle a été remise de l'avant
par plusieurs groupes dans les dernières semaines, et je pense que c'est le
genre de chose à laquelle il devrait consacrer
son temps et son énergie, s'assurer que la relance du Québec
soit ambitieuse au niveau environnemental, soit ambitieuse au niveau
climatique et qu'il soit bien assis autour de la table de ce comité de relance
du Québec. C'est le commentaire que nous
faisions, et c'est ce qu'exprimaient mes collègues non pas sur l'importance de
l'environnement, mais bien sur l'importance du projet de loi n° 44
dans le contexte actuel.
Puis je partage complètement les propos du
député de Jonquière sur le fait que c'est vrai que c'est surréel de se
retrouver ici, et c'est ce que soulignait le collègue de D'Arcy-McGee aussi,
c'est surréel de reprendre les travaux sur ce projet comme si de rien n'était. Je pense
que la dernière fois qu'on a été ici ensemble, c'est le 19 février, si je
ne me trompe pas, ça fait presque trois
mois. C'est un projet de loi, en plus, qui est... puis là je vais dire «à
peine entamé», mais qui n'est pas entamé du tout. On n'a pas commencé
l'étude de l'article 1. Je me dis : Si, ce projet-là, on avait été
dans les derniers milles à la fin, puis qu'il avait été hyperpertinent,
jour 1, puis qu'en termes de gouvernance climatique la démonstration a été faite que ça allait nous
permettre d'atteindre nos cibles qui sont fixées, on s'empresserait et on
aurait été les premiers à dire : Il
faut que ce projet de loi là soit remis à l'étude à la commission pour
s'assurer qu'on puisse le terminer rapidement
parce qu'il va faire une différence. Force est de constater
qu'on n'a pas débuté encore l'étude, et non seulement on ne l'a pas débutée, ce projet de loi était déjà questionnable avant la pandémie, en ce sens que
le ministre nous a répété à plusieurs reprises, à
l'époque, que ce n'est pas un projet
de loi... ce n'est pas une loi
climat. Il a péremptoirement refusé de doter
le Québec d'une véritable loi climat
et, à l'époque, il n'a pas su démontrer la plus-value du projet de loi avant
la crise. Il n'a pas su démontrer que
l'abolition des deux instances, que ce soit Transition énergétique, que ce soit
le Conseil de gestion du Fonds
vert... n'a pas été capable de démontrer en quoi ces deux instances-là ne nous
ont pas permis d'atteindre les
objectifs ou les missions qu'on leur avait confiées. Même, au contraire,
nombre, et nombre, et nombre de groupes, rappelons-nous, sont venus nous
dire, à l'époque, que c'était une erreur d'abolir Transition énergétique
Québec, qu'il y avait des enjeux au niveau
de la reddition de comptes, qu'il y avait des enjeux au niveau de la transparence,
au niveau de l'efficacité, au niveau de l'agilité, et le ministre
n'a pas été capable non plus de faire la démonstration en quoi la
nouvelle gouvernance qu'il propose va nous garantir le respect de nos engagements
climatiques.
Donc, c'est
sûr qu'à ce stade-ci... avant la
pandémie, j'avais plusieurs, plusieurs interrogations, et inquiétudes,
et bémols, et objections au projet de loi.
C'est sûr que se retrouver aujourd'hui, presque trois mois plus tard, avec le
même projet de loi, où on reprend à pleine vapeur, où on dit : Go, on
pèse... on s'en va en session intensive, on pèse sur l'accélérateur et on ne... Le ministre n'a pas revu son projet de loi.
Moi, je me serais attendue à un certain... effectivement, à ce qu'il prenne un certain pas de recul, à ce
qu'il réfléchisse à son projet, à ce qu'il réfléchisse aux moyens qu'il
souhaite... dont il souhaite doter le Québec
pour atteindre ses objectifs climatiques dans un contexte de pandémie, dans un
contexte... Là, je ne sais plus si on dit... on ne dit pas «postpandémie», mais
il y aura un mot, certainement... mais, dans un contexte de crise — on est encore en pandémie — c'est curieux puis c'est vraiment
questionnable, c'est questionnable, c'est... de se retrouver ici.
Donc, je
trouve ça dommage qu'on parte sur ces bases-là, mais je pense que c'est des
questions qui sont tout à fait légitimes
de poser de la part des oppositions, de dire : Bien, ce n'est pas... il
n'y a pas eu une parenthèse qui... On ne peut pas dire que ce qui s'est passé dans les trois derniers
mois n'a eu aucun impact sur le Québec. Je veux dire, il n'y a personne
ici, autour de la table, qui pense ça, j'en
suis certaine. Et, que ce soient des impacts, justement, économiques ou que ce
soient des impacts environnementaux, que ce
soient des impacts climatiques, bien, il faut retourner à la table à dessin sur
plein, plein, plein d'aspects, en effet, sur
toutes les questions budgétaires, notamment, mais il faut repenser le projet de
loi et le...
Ce qui est...
je ne sais pas si c'est ironique... oui, c'est ironique — je me demandais si c'est sarcastique, mais
c'est ironique aussi — de voir que... Puis je réinvite, je vais le
faire régulièrement... On a déposé une motion de scission en Chambre, on a fait plusieurs propositions au
ministre, mais je le réinvite à reconsidérer la
partie dans son projet de
loi qui est l'abolition de Transition
énergétique Québec. Et ce qui est ironique, c'est que la seule société d'État,
pendant l'actuelle pandémie... la
seule société d'État qui a déposé des mesures de relance, c'est Transition
énergétique Québec. Donc, c'est démontrer
à quel point c'est une organisation qui est... Puis, on l'avait dit, les
experts qui sont venus, les organisations qui sont venues, les entreprises qui sont venues nous l'ont dit, elle est
agile, elle est fiable, elle est flexible. Et, même dans un contexte de pandémie, ce ne sont pas ni le
ministère de l'Environnement ni le ministère des Ressources naturelles qui
ont présenté un plan... des mesures de
relance économique, c'est Transition énergétique Québec. Donc, c'est
démontrer... je ne sais pas si c'est par l'absurde, à quel point ils sont
pertinents.
Donc, dans le
contexte, je pense que ces réflexions-là doivent absolument se faire de la part
du ministre, et on doit se donner
l'opportunité d'entendre des groupes. Et je reviens aux propos du ministre, qui
trouvait discordant le fait qu'on questionne l'empressement du
gouvernement à déposer le projet de loi à l'heure actuelle, versus le fait
qu'on veuille entendre des groupes. Bien,
écoutez, dans la mesure où on est convoqués par le gouvernement pour faire
l'étude du projet, je ne vois pas
pourquoi on serait revenus sur notre demande d'entendre le ministre des
Ressources naturelles — donc, c'était l'objet de l'échange qu'on avait — dans un contexte où je continue de penser
que le principal intéressé pour la moitié du projet de loi aurait dû
être entendu.
En ce qui
concerne la demande... la motion qui a été déposée par le député de Jonquière,
je partage pleinement chacun des
éléments qu'il a portés à l'attention des parlementaires autour de cette table.
L'Union des municipalités du Québec,
les municipalités sont directement touchées par tout ce qui est changements
climatiques, adaptation aux changements climatiques, devraient avoir leur mot à dire sur toutes les questions de
gouvernance, devraient avoir leur mot à dire sur l'intention, justement, du ministre d'enlever l'obligation que le
fonds... le deux tiers du Fonds vert soit consacré au transport en commun. Ils ont assurément beaucoup de choses à
nous dire là-dessus. Et, oui, ils nous ont fait... ils nous ont transmis
un mémoire pour nous faire part de leurs commentaires, mais, oui, ils nous
rappelaient, à juste titre, justement, dans ce mémoire, comment ils sont directement
interpelés.
Je pense
qu'il ne faut pas se priver de l'opportunité de les entendre, d'avoir des
échanges avec eux. C'est des acteurs de premier plan lorsque vient,
justement, la question de réduire les émissions de GES, d'oeuvrer dans la
transition énergétique du Québec. Ils sont
touchés directement. On l'a vu à plusieurs reprises dans la dernière année, que
ce soit l'UMQ ou la FMQ aussi, qui
sont... tous deux ont été très vocales sur le fait que les municipalités
étaient financièrement touchées et
allaient être encore davantage financièrement touchées dans la prochaine
décennie, dans le contexte de la lutte aux... bien, par les changements
climatiques, que ce soit au niveau de l'érosion des berges, que ce soit au
niveau des inondations.
Ils font affaire, justement, avec les différents... avec le Fonds vert. Ils ont
assurément beaucoup de choses à nous
dire sur, justement, ces programmes, de la façon que ça fonctionne, comment...
qu'est-ce qui va bien, qu'est-ce qui va moins bien, comment ils voient
Et, le député
de... le collègue le soulignait, les municipalités, c'est vrai qu'elles ont été
des acteurs de premier plan dans
l'actuelle pandémie. Moi, je peux vous dire qu'à Montréal... Puis je pense que
mes deux collègues ont été dans la même
situation, où on a travaillé de façon extrêmement étroite avec... non seulement
avec les CIUSSS pour le côté sanitaire, mais avec les arrondissements
aussi, que ce soit pour la distribution de masques, que ce soit au début,
aussi, pour les banques alimentaires, hein? La crise a eu plusieurs étapes, je
vais le dire comme ça, mais on s'est retrouvés dans des situations où la première étape, c'est presque 100 000 personnes
qui perdent leur emploi, quoi, en 48 heures. Donc, c'est les banques alimentaires... c'est de venir les
soutenir, qu'ils n'ont plus de personnel, leur assurer d'avoir du matériel.
Donc, on a travaillé très étroitement avec les arrondissements... s'assurer que
toutes les consignes, par exemple, se retrouvent dans les HLM, dans les endroits un petit peu plus vulnérables. Là, en ce
moment, ce qui se passe, c'est les cliniques de dépistage mobiles dans nos circonscriptions, donc, s'assurer d'être
capable de rejoindre les citoyens. Donc, c'est sûr que ça, c'est quelque chose qu'on travaille extrêmement
étroitement avec les municipalités, donc. Et là il y a toute la
question, bien, de la distanciation. À Montréal, c'est sûr qu'il y a eu un
impact sur toutes les questions de transport collectif.
Moi, je vois
mal... et j'espère que le ministre pourra... prendra son temps de parole à la
fin de nos interventions sur la
pertinence de recevoir l'UMQ, et j'espère qu'il prendra son temps de parole
pour nous expliquer, si d'aventure il devait refuser qu'on puisse les
entendre en consultations... qu'il pourra nous... à tout le moins, qu'il aura
le respect de nous expliquer pourquoi il
juge que, l'UMQ, ce n'est pas pertinent qu'on les reçoive ici, en
consultations. Il y a près de 390... si ma mémoire est bonne, près de 400 municipalités qui sont membres de
l'UMQ, et ça représente 85 % de la population du Québec. Donc, assurément... et l'UMQ couvre aussi
toutes les régions du Québec. Je pense qu'il y a certainement des particularités régionales ou des particularités
municipales qui nous échappent, là. Je ne pense pas qu'ici personne ne
peut prétendre connaître tous les villages
ou toutes les villes du Québec et comprendre les particularités de chacune
d'entre elles par rapport à la lutte aux
changements climatiques puis à l'adaptation aux changements climatiques. Je
pense que d'avoir un porte-parole qui
est l'UMQ qui viendrait nous présenter leurs enjeux à venir, leurs besoins, ce
qu'ils ont besoin de retrouver dans
ce projet de loi en termes de gouvernance, comment ils peuvent être accompagnés
dans... pour répondre, dans le
fond, à cette crise climatique... Donc,
j'ose espérer que le ministre partagera notre besoin de les entendre et la
pertinence de les entendre pour venir
bonifier son projet de loi. Puis, comme j'imagine aussi qu'il travaille
sûrement sur un... bien, je ne le sais
pas, peut-être... sur un plan en environnement, je suis certaine que c'est toujours intéressant d'avoir
des acteurs aussi importants qui viennent donner des idées et qui
viennent faire... qui viennent faire des suggestions.
Donc, tout ça
pour dire, Mme la Présidente, que j'abonde dans le même sens que le député de
Jonquière et que je suis très
favorable, mais extrêmement favorable... Et je pense qu'ils auraient dû être
dès le départ dans les consultations qu'on
a faites, mais, dans le contexte, ce n'est pas plus mal, comme on le
soulignait, qu'on vient de passer à travers une pandémie... ce n'est pas
plus mal et c'est même heureux, je pense, qu'on puisse avoir l'opportunité
d'avoir certains groupes qui viennent discuter avec nous.
Et j'abonde
aussi dans le sens que, si on voulait faire un travail comme il faut, non
seulement le ministre devrait retourner à la planche à dessin et prendre
un petit pas de recul, mais on devrait aussi se donner l'opportunité de cibler certains groupes. Je ne pense pas qu'il faut
reprendre les consultations dans leur entièreté, mais je suis certaine qu'il
y a des groupes sur lesquels on pourrait
s'entendre tous ensemble, qui pourraient peut-être nous donner, dans le
contexte, une lecture différente de
celles qu'ils avaient faite avant la pandémie et qui pourraient venir nous
éclairer, chacun d'entre nous, pour bonifier le projet de loi. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres
interventions? Mme la députée de Mercier, vous avez 30 minutes.
Mme Ghazal :
Très bien. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Même si c'est la première fois
que je prends la parole à l'Assemblée
nationale depuis la pandémie, depuis qu'on s'est quittés à la mi-mars... Et je
veux, bien, saluer d'abord mes
collègues qui sont ici présents dans cette commission, saluer aussi le
personnel qui est avec nous, qui nous accompagne,
et aussi saluer tous les Québécois qui ont été éprouvés par la COVID-19, que ce
soient eux-mêmes, leur santé, leurs
proches, et aussi tous les Québécois et Québécoises qui travaillent dans nos
services publics, qui sont aussi importants et qui prennent soin de nous dans les hôpitaux, dans les CHSLD, les
résidences pour personnes âgées partout au Québec, qui se sont démenés et qui continuent encore
aujourd'hui à se démener pour prendre soin de la population québécoise,
des plus vulnérables d'entre nous. Et ça, on
ne l'oubliera jamais, en tout cas pour ma part, j'espère que ce sera le cas
pour tout le monde, et que ce moment va nous permettre de... va nous avoir
permis d'apprendre des leçons pour le futur, disons.
Puis aussi,
comme les autres... mes autres collègues députés, même, je suis certaine, pour
M. le ministre... il y a plusieurs
pans à notre métier de député, hein, on connaît beaucoup celui à l'Assemblée
nationale, c'est celui qui est le plus connu,
mais il y a aussi une
partie qui est dans notre comté, et ça a totalement
changé, cette crise-là, la façon qu'on pratique notre métier dans notre
comté, où moi, j'ai eu l'impression... en fait, vu que j'étais confinée chez
moi, comme beaucoup de gens, de devenir moi-même une attachée politique,
c'est-à-dire de faire ce que j'ai toujours dit à mes employés : Vous êtes chanceux, vous êtes près des gens et vous
répondez à leurs besoins tous les jours en notre nom. Nous, on intervient à certains moments, d'autres, c'est
eux qui le font en notre nom. Et, pendant la COVID, bien, j'ai pu expérimenter vraiment c'est quoi, ce travail-là,
en étant très proche des gens, très proche des organismes, que ce soient
des gens qui avaient
des problèmes, par exemple, perte d'emploi, qui voulaient visiter leurs parents
dans les CHSLD, des gens qui avaient
aussi des problèmes dans leur logement, beaucoup, aussi, toute la question de
la sécurité alimentaire. Donc, ça a
été un moment — je suis
certaine, c'est la même chose pour les collègues — d'apprentissage aussi. Et je remercie
aussi les gens pour... tous les organismes
communautaires, aussi, qui ont travaillé très, très fort pour, eux aussi, avec
le peu de ressources qu'ils ont,
prendre soin des gens puis répondre à leurs besoins qui étaient encore plus
grands que d'habitude à cause de cette crise incroyable qu'on est en
train de vivre tout le monde ensemble.
Pour revenir... pour... sur, en fait, la
commission puis surtout aussi la proposition de mon collègue député de Jonquière d'inviter l'Union des municipalités du
Québec, j'entendais l'échange qui a eu lieu sur est-ce que l'environnement,
c'est important; moi, je trouve que c'est
important, etc. L'enjeu n'est pas là. L'enjeu n'est pas de dire : Moi, je
trouve que l'environnement, c'est important,
donc on devrait en parler ou pas.
Tous les sujets, avec la COVID, de
toute façon, 19, avec cette pandémie-là, tous les secteurs d'activité, peu importe, auxquels on pense ont été touchés, que ce soit la culture, la santé, bien
sûr, le logement, l'emploi, le
chômage. On était en plein-emploi jadis, naguère, il y a
deux mois, et là on est... On a un taux
de chômage, malheureusement, qui est élevé et qui augmente, et donc qu'il va falloir s'occuper...
Donc, le monde du travail... Tous les
secteurs, sans aucune exception, ont été touchés par cette crise, par cette
pandémie, et évidemment... et tous ces secteurs-là sont importants,
comme l'environnement aussi l'est.
La question,
maintenant, est en lien avec le projet de loi n° 44, qui est sur la gouvernance climatique. De
quelle façon... Avec cette crise-là qui
change la donne, de quelle façon est-ce
que ce projet de loi demeure
pertinent? En fait, il l'est toujours. La gouvernance climatique est pertinente. Mais
les solutions qui sont à l'intérieur pour nous permettre d'être prêts à affronter la crise climatique et aussi à la
prévenir, de quelle façon est-ce que ce projet
de loi permet d'y répondre?
Comme dans tous les secteurs, tout le monde, avec la crise de la pandémie, se sont posé des questions
sur leurs façons de faire.
Tout est à revoir.
Et moi, je suis convaincue, je suis certaine, il
y a... je n'ai aucun doute là-dessus, que le ministre, aussi, de l'Environnement ait réfléchi sur comment est-ce que
mon projet de loi... Il s'est probablement posé la question,
comment est-ce qu'il est encore pertinent, aujourd'hui, après... En fait, on est encore en pleine pandémie, mais, à la suite de
tous ces bouleversements-là, est-ce qu'il est permis d'y répondre? Je suis certaine qu'il a réfléchi à la question...
et de la même façon que, par exemple, l'Union des municipalités du
Québec ou les autres groupes qui sont venus en commission parlementaire, en plénière, nous parler et nous dire... et nous présenter leurs mémoires
sur ce projet de loi là, eux-mêmes
aussi... Certains sont intervenus sur la
place publique, des groupes écologistes, par exemple, pour parler de la
question et comment est-ce que
la crise climatique non seulement renforce leurs convictions sur le fait qu'il faut
être prêts et il faut être résilients pour la crise climatique, mais ça
l'a encore plus renforcé, parce que, s'il y a une chose...
Je parlais
d'apprendre des leçons de la crise, de la pandémie, et je suis certaine que l'Union des municipalités du Québec,
comme d'autres aussi, ont réfléchi à la question. C'est clair qu'on
n'était pas prêts face à la COVID-19. Le premier ministre l'a dit, tout le
monde l'a dit, nous n'étions pas prêts. Nos systèmes... Notre système de santé, nos résidences, nos CHSLD,
qui prennent soin de nos personnes aînées, n'étaient pas résilients, n'étaient
pas prêts à accueillir cette crise, ça, c'est sûr et certain. Et là c'est clair que c'est une priorité... c'est
la priorité des priorités pour que, s'il
y a d'autres crises, parce
qu'on sait qu'il va en avoir d'autres, sanitaires ou autres, bien, est-ce qu'on
va être prêts à les accueillir... pas à accueillir, mais à être... au moins à
répondre aux impératifs de la crise au lieu d'être toujours pris de court et de
vivre des drames humains?
Bien, la
crise climatique, c'est la même chose, il faut avoir la même réflexion. Il ne
faut pas dire : Bien là, on a eu une
crise, c'est la crise pandémique, il
y a aussi la crise économique,
et on laisse tout de côté, parce
qu'il va y avoir une autre crise, et on la connaît. Je veux dire, on n'a pas besoin d'être devin. Les scientifiques qui... qu'on a
entendus beaucoup durant la pandémie,
bien, ça fait de nombreuses années qu'ils nous disent qu'il y a
cette crise climatique, et il faut y être préparés. Donc, il ne faut pas la délaisser et mettre ça de côté. Au
contraire, il faut être prêts aussi pour la crise climatique qu'on est en
train de vivre aussi petit à petit. Ce n'est pas, tout simplement, tout d'un
coup, un jour, qu'on la vit, en 2030 ou en
2050, c'est petit à petit, rien que les bouleversements... Les bouleversements
dans la température climatique qu'on
vit, et qu'on a vu, par exemple, des épisodes de canicule à un moment qu'on n'a jamais
vu, c'est aussi une sorte de bouleversement climatique qu'on va voir de
plus en plus.
Donc, des
fois ça peut être intense, la crise. D'autres fois, c'est... petit à petit, on
voit des changements. Et donc il faut être résilients et être prêts et
il faut que... Je suis certaine que le ministre... et peut-être, pendant qu'on
va être en train d'étudier... en faisant
l'étude détaillée, on va avoir des amendements, ou des changements, ou des
modifications au projet de loi qui...
On n'était même pas prêts avant la
crise. Peut-être que le ministre va pouvoir, peut-être, nous amener
des surprises où il va dire : Bien, à cause de la COVID-19 et à cause de
la crise, bien, j'ai de nouveaux amendements qui n'étaient pas là, présents, peut-être. Moi, je suis convaincue qu'il a eu cette
réflexion-là, comme tous les groupes, aussi, qui sont venus nous parler
en commission parlementaire ont réfléchi et ont vu peut-être les choses
différemment.
Il y a
aussi TEQ, Transition énergétique
Québec, qu'on aurait aimé entendre.
Eux aussi, ils ont présenté, en fait, tout leur programme. Ils ont
bonifié de façon exceptionnelle les programmes qui sont... qui existent, par
exemple, pour la construction résidentielle,
pour les entreprises et aussi pour l'électrification et le transport des
marchandises au Québec. Donc,
eux-mêmes se sont ajustés. Tout le
monde partout, dans tous les
secteurs, est en train de s'ajuster. Donc, je ne peux pas croire que ce projet de loi qu'on est en
train d'étudier, bien, on continue «business as usual», comme si de rien
n'était. C'est juste impossible.
Donc, je me
dis que, dans cette réflexion-là que, probablement, le ministre
a faite, et les modifications qu'il va nous présenter pour son projet de
loi, peut-être qu'il a réfléchi à inviter aussi... Il pourrait réfléchir, maintenant,
avec nous à inviter d'autres acteurs, comme l'Union des municipalités, à venir nous dire
comment est-ce que ce projet de loi devrait tenir compte aussi des enjeux auxquels ils font
face quotidiennement. On l'a dit, mes collègues l'ont dit, évidemment,
ce sont des gouvernements de proximité. Et
d'ailleurs, quand il y a une crise, ce sont les premiers répondants. On l'a vu,
par exemple, avec les inondations. On le
voit avec la crise de la COVID-19. On le voit dans tous les secteurs. C'est eux
qui font face, par exemple, à des défis
d'étalement urbain, toute la question des transports, qui est un des plus
grands émetteurs de gaz à effet de
serre, et ils font face à ce défi-là. Déjà, avant la COVID-19, les coûts
d'opération, ils étaient tout le temps déficitaires,
et, partout à travers le Québec, les sociétés de transport, bien, ils n'ont pas
assez d'argent pour ne serait-ce que juste mettre en opération leurs
systèmes de transport.
Je pense même
aussi au transport interurbain. Moi, il y a ma collègue de Rouyn-Noranda—Abitibi-Témiscamingue qui me dit la même chose, qui... le transport
interurbain qui a été arrêté pendant la crise. Et, même avant, la société
de transport interrégional, qui est privée,
bien, avait de la difficulté à entrer dans son argent et demandait tout le
temps aux municipalités, aux conseils
municipaux de lui donner de l'argent pour pouvoir continuer ses opérations, et
ça, c'est très, très lourd pour les municipalités, et c'est pour ça que
les municipalités demandent au gouvernement plus... d'appuyer encore plus le
transport en commun.
Et là,
aujourd'hui... Ça, c'était avant la crise. Aujourd'hui, c'est encore plus
criant. Quand on le sait, que les gens ont
peur, maintenant, de prendre le transport en commun parce qu'ils le voient
comme un lieu... même avec masque, parce qu'ils le voient comme un lieu de propagation de la pandémie, bien,
c'est clair que le poids des coûts est encore de plus en plus important et de plus en plus grand sur les
sociétés de transport, et, par le fait même, sur, aussi, les municipalités,
qui doivent le financer et qui demandent de
l'aide, que ce soit, bien, du Québec et aussi du fédéral, pour pouvoir
continuer à le financer, parce qu'un jour le
transport en commun va revenir, et ça va être important qu'il revienne après
parce que ça fait
partie aussi de la
relance économique, toute la question du transport en commun. Il y a eu, je
pense que c'était en fin de semaine,
les syndicats, aussi, CSN, FTQ, qui ont dit que ça va être important que le
gouvernement investisse rapidement aussi
dans le transport en commun, puis ça va être un moyen, aussi, de relance
économique, et l'Union des municipalités du Québec... Un peu partout, toute la question de la mobilité durable,
bien, ce sont elles, ces municipalités-là, qui font face à ça, et ils
pourraient être ici et nous parler de cet enjeu très, très important.
Je parlais
aussi de l'adaptation aux changements climatiques. Il faut qu'on soit
résilients. Notre système de santé et nos
CHSLD ne l'étaient pas, ne le sont toujours pas. Et là on travaille très, très
fort tout... en pleine crise, et on est en train de payer le prix de ce qu'on... de notre inaction
passée, de notre désinvestissement passé, de notre, même, je dirais... On a totalement
ignoré ces lieux-là qui accueillaient nos aînés, et aujourd'hui on en paie le
prix. Bien, c'est la même chose aussi pour
la crise climatique, pour les changements climatiques. Et on ne peut pas dire
qu'on ne le savait pas. De la même façon que, pour les CHSLD, où il y avait rapport après rapport qui disait qu'il y a... qu'il faut investir dans ces lieux-là
pour offrir des soins dignes des personnes
qui ont bâti le Québec, bien, la même chose aussi... il y a rapports de
scientifiques après rapports de
scientifiques qui nous disent que, les gaz à effet de serre, il faut les
réduire. Et il ne faut pas se réjouir du fait qu'en ce moment les gaz à effet de serre ont été réduits à cause de la
pause économique du Québec. Ce n'est pas comme ça qu'on va être résilients pour les changements climatiques, loin de
là, ce n'est pas de cette façon-là, parce qu'une fois qu'on va... que ça
va reprendre, ça va reprendre de plus belle.
Et il y avait
aussi, même, tout l'impact de la crise de la pandémie sur l'environnement.
Peut-être, à cause de la réduction du
transport, il y a eu une réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais,
par exemple, pour l'environnement, tout...
par exemple, le matériel de protection jetable, de protection dans les
hôpitaux, je ne dis pas qu'il ne faut pas les utiliser, mais il faut... tout ça, c'est du matériel qui est utilisé en
quantité industrielle, qui est jeté, ça a un impact. La crise de la consigne aussi, où, à cause de la pandémie, les
détaillants ont cessé de prendre les contenants consignés, qui se
retrouvent maintenant encore plus, peut-être, dans les déchets, qui ne sont pas
réutilisés, les sacs non réutilisables, etc.
Donc, il y a
une pression aussi sur l'environnement. Donc, il ne faut pas se réjouir de la
réduction momentanée des émissions de
gaz à effet de serre parce que, de toute façon, ça va reprendre de plus belle.
Et, pour l'Union des municipalités du Québec, un autre défi que celui du
transport en commun est tout l'aménagement, aussi, urbain, l'aménagement de
l'espace. Avec la distanciation physique, il faut qu'il y ait encore plus
d'espace pour les gens pour circuler. Donc, ils font face à ces éléments-là.
Il y a aussi...
Avec les changements climatiques, il y a toute une... On le sait, avec le
changement climatique, il y a une
quantité importante, par exemple, de pluie, et c'est ce qui cause, notamment,
les inondations très, très rapides, et tout le système, le réseau d'égout, par exemple, des villes n'a pas la capacité
d'avoir et d'absorber toute cette quantité qui va augmenter de plus en
plus... quantité d'eau qui va augmenter de plus en plus, et un des moyens d'y
remédier ou de donner une pause, si on veut,
aux systèmes, aux réseaux d'égout des villes, c'est, par exemple, le
verdissement urbain.
En fin de
semaine, avec... la cheffe du deuxième groupe d'opposition et moi, nous sommes...
nous avons fait une sortie pour
dire : Bien, il faudrait que le gouvernement écoute la demande de 600
médecins, 600 professionnels de la santé, au début de l'année, avant la COVID, qui ont dit : Bien, il
faudrait qu'il y ait plus de verdissement urbain, c'est bon pour la santé, pour la santé des citoyens, mais c'est
aussi bon... moi, je le dis ici, c'est aussi bon, par exemple, pour absorber
toute cette quantité d'eau de pluie, par exemple.
Et donc ça,
c'est des investissements qui ne devraient pas incomber uniquement aux
municipalités, mais il faudrait que
le gouvernement du Québec investisse. Et la recommandation, c'était de faire un
peu comme en culture, dans les bâtiments publics, où on investit
1 % pour des oeuvres d'art, bien, ça serait d'investir de tout ce qui
est... tous les coûts d'investissement des infrastructures urbaines,
bien, qu'il y ait 1 % qui soit donné au verdissement. On pense, par exemple, aux CHSLD, où est-ce que c'est des îlots
de chaleur, c'est du béton partout, nos écoles, nos cours d'école. Bien,
si on prenait le coût... par exemple, là, le
gouvernement veut investir pour les maisons des aînés, le coût du bâtiment ou
de tout cet investissement-là, de mettre
1 % de verdissement, bien, peut-être, il faudrait climatiser, mais on
climatiserait peut-être moins.
Donc,
tout ça, ce sont des... il ne faut pas que ça incombe uniquement aux
municipalités, qui disent : Bien, nous, on est une municipalité, on veut devenir... on veut être verts et on
veut investir. Il faut aussi qu'il y ait de l'aide de la part du gouvernement pour leur permettre d'arriver à
ça, donc, de s'adapter aux changements climatiques puis aussi de faire
face aux défis. Il y a certaines municipalités, comme la ville de Montréal, par
exemple, qui s'est dotée d'objectifs de réduction
de gaz à effet de serre très, très ambitieux, plus ambitieux que ceux du gouvernement
du Québec, bien, il faudrait aussi
qu'ils aient l'appui du gouvernement, qu'ils sentent cet appui-là. Et ils
pourraient venir ici et nous dire de quelle façon est-ce que, par exemple, la gouvernance climatique pourrait les aider,
eux, dans les défis auxquels ils font face, puisqu'ils sont les premiers répondants à ces crises-là. C'est
eux qui font face à toute la question des... aux conséquences des changements
climatiques.
Donc, moi, je trouve aussi que c'est intéressant.
J'invite le ministre... De la même façon qu'il a réfléchi, probablement, pendant les deux mois ou les... Je ne le sais plus. Ça fait plus que
deux mois, maintenant, qu'on... que la crise a commencé. Bien, je suis certaine qu'il a
réfléchi à quelle façon est-ce qu'il pourrait rendre son projet de loi... qu'il ne soit plus caduc,
mais qu'il puisse répondre à la nouvelle donne, à la nouvelle situation
dans laquelle on se trouve. Moi, je l'invite aussi à réfléchir, bien, peut-être, d'écouter aussi les oppositions, quand on
dit : Bien, il faudrait peut-être écouter ces groupes-là qu'on n'a pas
entendus, écouter d'autres groupes, réécouter d'autres groupes — moi,
j'appuie cette idée —
qui ont... qui, eux-mêmes, ont réfléchi,
puis qu'il y a peut-être des changements dans leurs mémoires qu'ils ont
présentés face... à la lumière de la COVID.
Vous savez,
pendant cette crise-là, au début, tout allait très, très vite, tout
déboulait très, très vite, et on voyait les programmes des gouvernements pour y répondre,
le gouvernement du Québec, on a vu aussi le gouvernement fédéral, pour répondre très, très rapidement à tout
ce que la crise amène, tous les... pour colmater aussi toutes les craques du
filet social québécois, que ce soit, par exemple, pour la sécurité alimentaire, où les organismes ne pouvaient plus
répondre à la population. Donc, moi, j'étais... je parlais beaucoup
avec des gens, aussi, du gouvernement pour des situations particulières qu'on vivait, des citoyens qui nous interpelaient. On a senti qu'en tant
que députés, même si on était de l'opposition, on était les oreilles du gouvernement
face... les yeux et les oreilles du gouvernement face à ce qui se passait sur
le terrain, et il y avait une écoute.
Bon, au
début, ça allait très, très vite, et moi, je me suis dit : Mon Dieu!
Mais c'est extraordinaire, moi, qui suis dans une commission
parlementaire, ne serait-ce que
demander un amendement pour changer un peu un
article
ou demander à des groupes de venir,
c'est quasiment mission impossible. On prend du temps, on essaie de convaincre
le ministre qui est devant
nous, on se met, les oppositions, ensemble parfois pour faire changer le gouvernement.
Et là, tout d'un coup, il y avait une écoute qui était très, très
présente, dans l'effervescence de la crise, qui était très bienvenue et qui
était très, aussi, bienvenue de la
part de la population, qui disait... Même, à la limite, ils avaient
l'impression que tout le monde,
on était... tout le gouvernement... en fait, pas le gouvernement, mais
les 125 députés, on travaillait main dans la main, mais à distance
sanitaire, ensemble, pour répondre aux urgences qui étaient vécues par les
gens.
Et c'est cet
esprit-là, des fois, que j'ai envie... maintenant, qui s'est un petit peu
éloigné, qui s'est, bien sûr, érodé au travers
du temps. Maintenant que la crise est encore là, on est... on fait attention,
évidemment, mais qui... disons qu'on n'est pas dans le... plus dans le pic, et donc on a envie de retrouver cette
effervescence-là ou ce moment où on sent que, ah! bien, ce qu'on propose, comme députés de l'opposition,
eh bien, c'est entendu par le ministre. Et, quand on dit, par exemple, d'écouter d'autres groupes pour avoir ce moment de
réflexion que le ministre a eu, mais ce serait bien aussi de l'avoir
ensemble, pas uniquement lui tout seul, puis il nous arrive avec le fruit de sa
réflexion, bien, qu'il la partage aussi avec nous, cette réflexion-là.
Donc, ça
serait... Moi, j'inviterais... je vais finir là-dessus, j'inviterais... et
j'aimerais beaucoup que le ministre intervienne
et nous présente... et qu'on retrouve cet esprit qu'on avait au début de la
crise, où on se tenait ensemble et on disait
qu'on était là pour répondre à l'urgence, bien, de dire : Bien, pour ce
projet de loi là, oui, je vous entends, je vous écoute, le monde d'avant n'est plus celui d'après. Et, oui, je vais, moi
aussi, appuyer la proposition du député de Jonquière et demander à l'Union des municipalités du Québec
de venir. Peut-être qu'ensemble on va pouvoir apprendre quelque chose, et ça va peut-être me permettre aussi de
modifier ce projet de loi en conséquence. Au lieu de faire cette
réflexion-là tout seul, on pourrait la faire tout le monde ensemble. Merci.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, Mme la députée.
Compte tenu
de l'heure, je vais suspendre les travaux à cet après-midi, à
15 h 30. Il vous restera sept minutes, Mme la députée, pour
intervenir. Merci.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, à l'ordre, s'il vous
plaît! La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 44,
Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les
changements climatiques et à favoriser l'électrification.
Lors de la
suspension de nos travaux cet avant-midi, nous étions rendus à l'intervention
de la députée de Mercier. Mme la députée, aviez-vous terminé?
Mme Ghazal : Oui,
bien, j'avais terminé. J'ai... Tout ce que je veux dire, c'est que j'ai très,
très hâte d'entendre le ministre sur
la motion d'inviter l'Union des municipalités du Québec et peut-être d'inviter d'autres personnes, parce qu'on ne peut pas étudier ce projet
de loi n° 44,
le seul, je pense, à l'étude
détaillée en ce moment, comme si de rien n'était, comme si on avait laissé les choses... Et je suis certaine que le ministre
comprend ça lui-même, j'en suis profondément convaincue, a
fait une réflexion sur son projet de loi en lien avec les nouvelles
circonstances, et ce serait intéressant qu'on puisse, tout le monde ensemble... peut-être qu'il nous fasse part
de sa réflexion, où il en est rendu, mais aussi d'entendre l'Union des municipalités du Québec et d'autres intervenants
venir nous parler, parce qu'eux aussi ont fait cette réflexion-là, pour
nous en faire part.
L'idée,
ce n'est pas juste d'adopter un projet de loi pour le terminer et parce que
c'est ça, l'objectif du ministre. Ce
n'est pas juste ça. L'important, c'est de faire les choses comme il faut pour
ne pas le regretter plus tard, une fois qu'il est trop tard. Donc, ayons
une réflexion saine, prenons le temps de la faire, de façon publique et
transparente, avec les intervenants, comme
par exemple l'Union des municipalités du Québec. Donc, j'ai très, très hâte
d'entendre le ministre et son ouverture face à cette motion.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le
ministre, vous souhaitez intervenir.
M. Charette :
Oui. Bien, en fait, tout simplement pour dire que j'ai bien noté les différents
arguments. Certains ont ébranlé mes
convictions. Mais cependant je pense qu'une valeur fondamentale que nous devons
tous retenir est celle du respect.
Et, par respect, je ne convoquerai pas l'UMQ parce qu'eux-mêmes se sont
désistés. Donc, je vais respecter la décision
de l'UMQ de ne pas venir présenter de mémoire en personne pour bien respecter
leur décision. Ils faisaient
partie de la motion initiale, donc ils ont
été invités en bonne et due forme à présenter leurs avis, leurs opinions, mais
ils ont plutôt préféré opter par la transmission d'un mémoire, que, j'espère,
tous ont lu ici.
moi, il y a un paragraphe qui me semble particulièrement intéressant dans la
communication qu'ils nous ont transférée,
c'est : «D'entrée de jeu, l'UMQ souhaite saluer l'intention du
gouvernement du Québec dans ses réformes de la gestion du Fonds vert. Les dernières années ont démontré la pertinence
d'une révision des façons de faire, et c'est dans cette optique que les gouvernements de proximité
accueillent avec déférence les modifications contenues dans le
p.l. n° 44. Le
législateur doit pouvoir avoir l'autonomie nécessaire dans les solutions qu'il
souhaite mettre en place pour améliorer la gestion du Fonds vert et réviser les dépenses engagées pour atteindre
les objectifs de réduction des GES qu'il s'est fixés.»
Donc,
tout à fait d'accord avec les collègues sur l'importance de l'UMQ, tout à fait
d'accord pour entendre l'UMQ. Maintenant,
je vais inviter mes collègues de l'opposition à entendre cette voix-là, qui est
celle de l'UMQ, et qui salue les avancées
proposées par le projet de loi n° 44. Donc, ce n'est pas nécessaire de les entendre.
Ils ont refusé notre invitation, mais ils nous ont quand même fait
parvenir un mémoire très, très éloquent, là, qui a guidé notre réflexion.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, Mme la Présidente. Bon, les précisions du ministre sont intéressantes.
Comme plusieurs l'ont constaté,
avec... en raison, depuis le début de notre session ce matin, on est dans un
autre contexte. Dans un premier temps,
on est dans un contexte qui change tout. Deux autres aspects qui m'intéressent.
Il y a une nouvelle présidence, une nouvelle
présidente au sein de l'UMQ, alors peut-être que ça change la donne. J'ignore
aussi comme plusieurs groupes qui auraient désisté de témoigner.
M. Birnbaum :
Est-ce que... Est-ce qu'il y a un point de règlement ou est-ce que je peux me
prononcer?
La Présidente
(Mme Grondin) : Non, ce
n'était pas un point de règlement, c'était un complément d'information.
Mais je...
M. Birnbaum :
D'accord. Alors, c'est ça, est-ce que les circonstances ont changé, dans un
premier temps?
Dans
un deuxième temps, il y avait plusieurs groupes, parce que... l'UMQ était parmi
ces groupes-là, qui se sont désistés aussi parce qu'ils n'avaient pas
beaucoup de temps. Je vais poursuivre, parce qu'il me semble que, de mise, il y
avait, comme je dis, le contexte changé, qu'on poursuit la considération comme
il faut de cette motion.
en quelque part, je veux juste généraliser le principe que, j'ose croire, est
derrière cette motion, comme les autres qui ont été rejetées déjà, c'est que nous avons devant nous, là, le fardeau de la preuve, l'obligation de ventiler tous les enjeux devant nous, d'assurer un débat
probant, basé sur les... pardon, sur les données, sur la recherche, sur les
principes de transparence pour nous assurer qu'on aurait bien saisi
l'affaire. De refuser... Et comme je dis, je comprends les précisions, mais l'invitation peut être réitérée. Est-ce que
80 % des Québécois et
Québécoises qui sont touchés par l'UMQ et pas la FMQ n'ont pas besoin de s'assurer qu'une des instances qui les
représentent ait l'opportunité, l'opportunité de pleinement parler et examiner les enjeux devant nous? Et les
enjeux qui ne sont pas anodins, c'est une tendance des fois inquiétante
du gouvernement actuel.
Ici,
on élimine une agence, un organisme qui a la responsabilité d'évaluer, de
proposer, et de chapeauter, et d'être notre
voix, en quelque part, sur des... la transition énergétique sans qu'il ait
l'opportunité de nous parler de qu'est-ce qu'ils font, sans données probantes et claires, Mme la Présidente, sur la
performance de cet organisme sur le TEQ sans que les autres regroupements aient à parler de leur bilan,
sans le moindre dépôt de document ou d'analyse du gouvernement sur la performance d'un tel organisme, sans... comme on
vient de le constater, de toute évidence, sans l'implication ou
l'expertise du ministre et du ministère qui va hériter de ces tâches qui, de
toute évidence, risquent de le mettre presque en situation de conflit.
Alors, on est... on est déjà rendus au point où
on sait qu'on ne pourrait pas bénéficier d'une analyse des plus concernées. Et là, avec cette motion, on essaie au
moins, avec une liste qui est de plus en plus restreinte de partenaires très, très impliqués, de se prévaloir de
l'expertise pour qu'on puisse faire notre travail, comme parlementaires, c'est-à-dire,
dans les journées qui s'en viennent, de peaufiner
article par
article le projet
de loi devant nous.
Et, quand on
pense aux gouvernements de proximité, dont ce gouvernement, comme le
gouvernement précédent, veut assurer la plus grande marge de manoeuvre
pour agir sur le terrain et sur les choses qui nous touchent, Mme la Présidente, l'Union des municipalités du Québec
représente des administrateurs du gouvernement de proximité. Dans le contexte actuel, et je me permets juste de donner
un exemple, si on parle du transport en commun et une transformation énergétique, on parle, dans le contexte actuel,
comme je dis, que j'insiste, et notre contexte qui nous touche dans tout
ce qu'on va faire dorénavant, le transport
en commun est devant des déficits faramineux avec un revenu presque rendu
de zéro pour quelques mois à partir du
12 mars. Comment est-ce que... Et avec... souvent, bon, chapeauté et géré,
en quelque part, par des municipalités, voilà justement un élément
touché par l'éventuelle implantation du projet de loi devant nous, comment ces services vont être gérés, financés à
leur juste taille, privilégiés aux dépens d'autres modes de transport
qui sont plus polluants? Comment ils vont
rétablir toute leur importance et importance croissante dans les années qui
s'en viennent si un de leurs partenaires primordiaux, c'est-à-dire les gouvernements de proximité, les municipalités, ne sont pas
interpelés pour jouer leur rôle dans les délibérations devant nous, s'ils ne
sont pas en mesure de nous aider dans nos réflexions?
Alors, je
comprends et j'attendrai les précisions... d'autres précisions du ministre,
mais je crois que notre demande peut
être nuancée par — et
c'est le but, j'ose croire, de la motion — nuancée par une incitation de réinviter aujourd'hui,
dans les circonstances actuelles, l'UMQ et de comprendre si leur désistement est
peut-être lettre morte, est peut-être comme nous, dans notre lecture des circonstances et contenant, en quelque part,
je me permets de m'exprimer ainsi, leurs obligations. Ils ont tout un rôle qui est touché par le projet de loi,
de dire : «Nice to see you, I like what I see, I'm good.» Je ne sais pas si telle lettre est suffisante. Alors,
j'attends avec intérêt les clarifications du ministre, mais c'est avec aise
que, je crois, notre formation continue d'appuyer la motion devant nous. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? M. le ministre,
c'est vrai, vous souhaitiez compléter...
M. Charette : Un complément
d'information.
La Présidente
(Mme Grondin) : Un complément d'information. Pardon?
Présidente (Mme Grondin) : O.K., une seule intervention. Je suis désolée. Donc, ça prend un
consentement si... est-ce que vous acceptez que le ministre complète?
Des voix : Consentement.
M. Charette :
C'est juste un complément d'information. Lorsque l'UMQ a décliné l'invitation
pour se présenter devant nous, c'est la mairesse Roy qui était déjà
présidente à
titre intérimaire, là. Elle l'est de façon officielle pour la
prochaine année, mais c'est déjà elle qui avait refusé l'invitation. Ceci dit,
le mémoire a été transmis.
Et, autre
complément d'information, on reconnaît tout à fait la pertinence et
l'importance des gouvernements de proximité,
des municipalités. Et la ville de Montréal, par l'entremise de sa mairesse
elle-même, est venue en commission parlementaire. Et autant l'UMQ que la
FQM ont participé à nos rencontres pour élaborer certains aspects du projet de
loi n° 44.
Donc, à
partir du moment où on va commencer véritablement l'étude
article par article,
ce sont des précisions qu'on pourra vous donner avec plaisir. Mais le
milieu municipal est un partenaire incontournable, là, pour la suite des
choses.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il d'autres
interventions? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, je pense
qu'il me restait du temps. Juste en complément, ici...
Présidente (Mme Grondin) : Non. Il s'agit, comme je viens d'apprendre... C'est une seule
intervention. Donc, vous avez déjà
fait votre intervention, mais il faudrait un consentement. Est-ce que vous
acceptez, par consentement, que la députée de Mercier intervienne?
M. Charette :
En guise de complément... ne pas développer un nouvel argumentaire, par contre.
Présidente (Mme Grondin) : En guise de complément
d'information, Mme la députée.
Mme Ghazal :
...la question qui avait été posée, c'est aussi... Bien, le... C'est-à-dire que
le ministre dit qu'ils ont refusé de venir, et c'est la raison qu'il invoque,
pour laquelle il dit : Par respect, je ne veux pas leur redemander encore
de revenir.
Mais,
moi, quand j'avais dit que j'ai hâte d'entendre le ministre, c'était par
rapport au fait que toutes ces personnes-là qui sont venues, notamment l'UMQ, il y a deux mois, c'était jadis, il
y a très longtemps, avant que le ciel nous tombe sur la tête, et ces
personnes-là ont eu une nouvelle réflexion.
Donc,
j'avais envie d'entendre le ministre sur cet aspect-là plus précisément au lieu
d'aller sur un élément plus technique.
Il n'est pas obligé de répondre, mais, moi, c'était mon souhait. Ce n'est pas
sur des éléments techniques : Bien, ils avaient refusé, on leur a
demandé... Ça, c'était avant.
y a l'avant, il y a aujourd'hui. Tout le monde, le ministre aussi, j'en suis
parfaitement convaincue, a mis à jour sa réflexion par rapport à son projet de loi ou par rapport à leur
réflexion par rapport à crise climatique depuis la crise de la COVID, et
c'est cette réponse-là que je n'ai pas obtenue, mais, bon, c'est... Voilà.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, vous... avant de poursuivre les échanges,
vous comprenez que, quand on est en mode motion préliminaire, on n'a
qu'une seule intervention que l'on peut faire.
Mme Ghazal :
...c'est le fun, qu'on ait des consentements puis qu'on soit dans cette
atmosphère de collaboration, c'est extraordinaire.
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui,
et... à moins qu'il y ait consentement,
effectivement. M. le
député de... j'ai un blanc de mémoire...
M. Kelley :
Jacques-Cartier.
Présidente (Mme Grondin) : ...Jacques-Cartier. J'en suis
désolée, cher collègue.
M. Kelley :
Ce n'est pas grave. Merci, Mme la Présidente. Je pense que... C'est sûr que
j'appuie la motion de mon collègue de
Jonquière et je soutiens les argumentaires qui ont été faits par mes collègues
sur comment la situation a changé. Et,
quand même, si l'UMQ a dit non au début du processus... projet de loi, les
échanges des consultations publiques, des choses, au Québec, ont vraiment changé. Et puis je peux juste penser
d'un membre, et c'est la ville de Montréal. Mais, quand même, si on
regarde les chiffres sur comment leur situation budgétaire a changé, c'est
vraiment incroyable.
on le sait, qu'on a parlé plusieurs fois autour du sujet du transport en
commun, mais, quand même, la ville de Montréal,
présentement, il y a une perte dans leur budget pour la STM entre environ
150 millions puis peut-être 240 millions
en termes des personnes qui n'ont pas utilisé ça. Ça, c'est les prévisions.
Peut-être que le reste de l'année... Parce que, c'est vrai, on a un
enjeu à Montréal, les gens ne sont pas confiants encore de continuer de
reprendre le transport en commun.
Moi,
j'ai pris le métro, la semaine dernière, pour la première fois. C'est sûr, Mme
la Présidente, j'ai essayé, depuis le
début de la pandémie, si je dois sortir, de marcher ou, quand même, de prendre
mon vélo pour aller à une épicerie, mais je dois être honnête, là, j'ai décidé d'éviter d'utiliser le transport en
commun. Je suis quelqu'un qui utilise les transports en commun de Montréal tout le temps et je vais
probablement continuer de faire ça pour le reste de l'été, et ça, c'est
juste un choix personnel, mais je sais qu'il
y a plusieurs de mes amis qui ont dit la même chose, peut-être que c'est juste
plus facile de prendre un vélo pour
aller voir un ami ou, quand même, de juste faire l'épicerie, et tout ça. Mais
c'est juste... c'est un gros enjeu
pour tout le transport en commun parce que, si c'est moi puis si c'est mes
amis, j'imagine que ça répète un petit peu partout sur l'île de
Montréal. Alors, c'est juste une petite mention qu'il y a des énormes enjeux
déficitaires pour les municipalités partout au Québec. Et c'est sûr que le
Fonds vert, c'est une source de revenus très importante, pas juste pour le
transport en commun, mais aussi pour les autres projets.
Alors,
maintenant que ça a changé un petit peu puis il y a une réalité pour les
municipalités, qui ont... obligées de faire
des choix parce que c'est... sur le moment qu'on a des déficits, chaque
municipalité doit revoir leur propre budget, et comment le Québec peut appuyer, parce que, comme mon collègue de
Jonquière a mentionné dans son intervention, c'est la première ligne
dans la lutte contre les changements climatiques, c'est les municipalités
partout au Québec, c'est eux autres qui
développent des projets. Et, quand même, si je regarde juste la gestion, le
rapport sur la gestion du Fonds vert, il y a des programmes qui
existent, comme le programme de compostage pour des petites municipalités au
Québec. J'imagine, ça, c'est un programme
qui est tellement important. Et je sais que c'est tellement important, parce
que, quand même, dans le rapport, on
a la liste de toutes les différentes municipalités qui a reçu l'argent du Fonds
vert, et il y a environ, ici, sept,
huit pages de différentes municipalités qui ont reçu des sommes pour faire
juste le compostage. Un élément qui est important dans la lutte contre les changements climatiques, c'est
important dans la mission du Québec d'avoir moins de déchets. C'est très important puis c'est juste un
exemple. Et peut-être maintenant où on est dans une situation budgétaire
tellement différente, les municipalités vont
dire : Peut-être, il faut faire un choix, là, puis, pour ça, il faut
couper un petit peu. C'est peut-être
la réalité de l'avenir, alors, ça, c'est pourquoi je pense que c'est important
d'entendre l'UMQ, puis ce n'est pas juste pour des
grosses villes, mais aussi pour des programmes qui existent qui appuient nos
petites municipalités partout au Québec.
puis il y a des autres... et je reviens encore, parce que, pour moi, c'est
important, mais c'est toujours le transport en commun dans les régions. J'imagine qu'à Montréal on va avoir des gros
enjeux avec les déficits pour ces programmes-là, et je sais que le ministre a déjà mentionné que le ministère va être
là pour eux autres, mais peut-être eux autres ont des suggestions sur comment les choses vont développer
dans les prochaines deux années. Alors, ça, c'est pourquoi je pense que c'est important, juste sur ces éléments,
d'entendre l'UMQ. Parce que, comme on a dit, des choses ont vraiment
changé puis on va avoir une période où ça va
être difficile pour les municipalités partout au Québec. Alors, ça, c'est
toutes mes pensées sur le sujet,
présentement, mais c'est sûr que j'appuie la motion de mon collègue. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote. Madame... Par vote nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
Pour les membres du gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Montpetit
(Maurice-Richard)?
La Secrétaire :
Et Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
C'est rejeté.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, la motion préliminaire
est rejetée. Y a-t-il d'autres interventions? Donc, nous allons...
Présidente (Mme Grondin) : Pardon? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Alors, j'aurais une motion préliminaire à déposer.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Vous l'avez transmise?
Présidente (Mme Grondin) : Oui?
M. Gaudreault :
Je l'ai vue passer.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous allons suspendre les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15
h 51)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous allons... nous
reprenons les travaux.
M. le député de
Jonquière, est-ce que vous souhaitez lire votre motion, s'il vous plaît?
M. Gaudreault :
Oui, bien sûr. Alors, Mme la Présidente, conformément à l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission des
transports et de l'environnement, avant d'entreprendre l'étude détaillée du
projet de loi n° 44,
Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les
changements climatiques et à favoriser l'électrification[...] — on dirait qu'il manque un bout de
phrase — des
consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende dès que
possible la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.»
On dirait
qu'il manque un petit bout de phrase, Mme la Présidente, attendez un peu.
«Tienne», il manque le mot «tienne des consultations particulières».
La Présidente
(Mme Grondin) : ...après le nom... le
titre
de la loi.
M. Gaudreault :
Après le
titre de la loi, «tienne des consultations particulières».
La Présidente
(Mme Grondin) : «Tienne». Donc, je peux...
M. Gaudreault :
Est-ce que vous l'acceptez quand même?
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui, je l'accepte.
M. Gaudreault :
O.K. Merci. Vous êtes très magnanime.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, je vous invite... Vous
avez 30 minutes.
M. Gaudreault :
Oui, parfait. Merci. Alors, bien, c'est un peu dans le même souci que
les interventions précédentes. Nous n'avions
pas eu l'occasion d'entendre une institution importante dans la lutte contre
les changements climatiques au Québec
qui s'appelle la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.
Nous avons eu, depuis la mi-mars, une
pandémie, ce qui n'est quand même pas banal dans l'histoire de l'humanité. En
tout cas, je pense qu'il n'y a
personne ici qui avait déjà vécu une pandémie avant, à moins d'avoir été là en
1918, ce qui serait étonnant. Et c'est de nature, évidemment... Cet
événement-là a changé de façon fondamentale les... la situation puis les
données notamment sur l'atteinte des cibles
de gaz à effet de serre, sur la structure ou la gouvernance en matière de lutte
contre les changements climatiques. C'est
également de nature à nous inspirer pour la suite des choses, sur la
reconstruction du Québec après la
COVID. Comme ailleurs dans le monde, il y a des initiatives pour reconstruire
chacune des économies nationales. Donc,
dans cette optique, je pense que c'est tout à fait pertinent d'entendre la
Chaire en éco‑conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.
Pour ceux et
celles qui ne la connaissent pas, et pour ceux et celles qui la connaissent, je
pense que ce n'est pas mauvais de se le rappeler, alors, la Chaire en
éco‑conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi, c'est un organisme
universitaire dont l'un des principaux modes d'intervention est l'assistance
professionnelle auprès d'organismes, ou d'institutions, ou d'entreprises qui souhaitent élaborer des projets
dans un cadre de développement durable. La Chaire en éco-conseil s'engage uniquement dans des projets
dont l'aspect innovateur comporte des éléments susceptibles de générer de nouvelles connaissances ou de nouvelles
pratiques qui pourront être enseignées aux écoconseillers ou partagées
avec la communauté scientifique. La mission
de la Chaire en éco-conseil... vous comprenez que je lis, là, je suis sur leur
page Web. Donc, la mission de la Chaire en
éco-conseil, c'est de «formaliser les savoirs issus de la communauté de
pratique en éco-conseil par la réalisation de recherches, l'actualisation des
connaissances sur le développement durable et ses applications pour la
diffusion et pour l'enrichissement des formations en écoconseil».
Les objectifs de la chaire :
«1. Produire des nouvelles connaissances en diffusant, au moyen des outils appropriés — comme les journaux
scientifiques, les colloques, les conférences — les résultats des
travaux de la chaire et du réseau des éco-conseillers;
«2. Offrir du perfectionnement aux
professionnels dans le domaine du conseil en environnement pour le
développement durable;
Intervenir et collaborer par le biais des services à la collectivité, avec des
partenaires externes à l'université (entreprises, regroupements professionnels et
communautaires, gouvernement, etc.) pour la formation et l'amélioration
continue dans le domaine du développement durable;
Soutenir et initier des projets de deuxième et troisième cycle universitaire
sur l'exercice du métier d'éco-conseiller; et
Développer et maintenir les liens avec l'UNESCO, les grands programmes
internationaux, les autres formations universitaires de
cycles supérieurs et le réseau international des éco-conseillers.»
Donc,
ça, c'est les objectifs de la chaire, qui est composée d'une équipe reconnue,
une équipe d'administrateurs, de professeurs, de professionnels de recherche et d'étudiants reconnus,
dont le plus connu est Claude Villeneuve. Claude Villeneuve, qui était... qui est, depuis fort longtemps, une référence
en matière de changements climatiques et qui a écrit, déjà il y a
plusieurs années, sur les changements climatiques. Avant même que ça soit un
enjeu plus important dans l'actualité ou plus présent dans l'actualité, déjà
Claude Villeneuve était à l'avant-plan, comme un penseur, mais pas juste un penseur, un spécialiste, un expert sur la
question du réchauffement climatique et, plus globalement, des
changements climatiques.
Donc, c'est une institution reconnue, c'est une institution
qui a lancé plusieurs projets qui sont encore aujourd'hui
d'actualité, des mémoires de maîtrise,
supervision de mémoires de maîtrise, supervision de thèses de doctorat,
publication de nombreux articles, des
rapports d'intervention, des conférences, des livres, également,
sur les changements
climatiques notamment. La recherche, du côté de la Chaire en éco‑conseil
de l'UQAC... «La recherche sur les changements climatiques vise à augmenter les connaissances sur la
quantification des émissions de gaz à
effet de serre, l'atténuation des
émissions de gaz à effet de serre et l'adaptation aux impacts des changements climatiques», notamment en réduisant à la source les émissions de gaz à effet de serre, atténuer
les effets des émissions passées ou inévitables. D'ailleurs, la chaire a mis
sur pied le projet Carbone boréal, qui vise
à compenser les émissions de gaz à
effet de serre, et fait également
de la recherche sur l'adaptation face aux changements climatiques.
«Depuis sa
création, la chaire a développé une expertise pointue dans le domaine de
l'atténuation des impacts et de l'adaptation
aux changements climatiques. Son expertise dans les inventaires et la
quantification des gaz à effet de
serre ont permis de faire avancer plusieurs projets de réduction d'émissions
avec des partenaires industriels diversifiés. En collaboration avec
l'Association canadienne de normalisation, la chaire a développé la
méthodologie pour la comptabilisation du carbone séquestré dans la forêt
boréale.» Alors, c'est encore, Mme la Présidente, un pionnier en cette matière.
«La chaire a
aussi contribué, à travers le consortium Ouranos — que
nous connaissons bien et qui sont venus ici, d'ailleurs, en commission parlementaire, donc — à la publication des rapports Savoir s'adapter
aux changements climatiques et Vivre
avec les changements climatiques du ministère des Ressources naturelles du
Canada — collaboré
aussi — pour les sections
traitant de la biodiversité et des changements climatiques.» Dans le livre de
M. Villeneuve, dont je vous parlais tout à l'heure, et de François Richard, Vivre les changements climatiques ,
première publication, 2007, donc c'est... Quand je vous dis que c'était
déjà, là, une référence depuis longtemps, c'est le cas.
«En 2013,
Claude Villeneuve a publié le livre Est-il trop tard? Le point sur
les climatiques , où il examine la fiabilité des modèles climatiques et des prédictions qui en résultent, les
réactions de la communauté internationale à la notion de risque
climatique et les conséquences auxquelles on peut s'attendre pour la suite des
choses.»
Alors, quand
on regarde ça, là, notamment ce que je viens de dire, examiner la fiabilité des
modèles climatiques et des prédictions qui en résultent, les réactions
de la communauté internationale à la notion de risque climatique et les conséquences auxquelles on peut s'attendre pour la
suite des choses, bien, ils sont en plein dedans. Alors, quand on parle
de changements climatiques et d'une loi-cadre, ou d'une loi d'encadrement, ou
d'une
loi sur la gouvernance sur les changements
climatiques, comme le veut ou comme le prétend le projet de loi n° 44,
bien, je pense qu'on ne peut pas passer à côté d'avoir la Chaire en
éco-conseil.
Moi, je vous
dirais, c'est d'autant plus pertinent considérant la situation dans laquelle
nous sommes présentement, après la...
bien, après, on ne sait pas quand est-ce qu'on sera après, mais, en tout cas,
pendant la pandémie et éventuellement dans un après qui viendra et que
nous aurons à gérer.
Et on ne fait
pas, ici, de la législation pour seulement les six prochains mois ou la fin du
mandat du gouvernement actuel. On
est, comme législateurs, dans un processus où on doit se projeter à long terme.
On ne fait pas une loi en pensant